MISSION D’EVALUATION CONJOINTE POUR LES REFUGIES CENTRAFRICAINS DANS LA REGION DE SALAMAT DAHA ET HARAZE – SUD EST DU TCHAD

RAPPORT-DRAFT

Octobré 2009

Avec la participation de

CCSI-ITS
CNAR
Centre de Support en Santé Internationale

Table de Métiers
1. INTRODUCTION.............................................................................................................................................. 2 1.1 CONTEXTE ..............................................................................................................................2 1.2. 1.3. OBJECTIF DE LA MISSION ......................................................................................................3 METHODOLOGIE ...................................................................................................................4

2 : PRINCIPAUX RESULTATS, CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS....................................................... 5 2.1. NOMBRE DE REFUGIES ET DEMOGRAPHIE ................................................................................5 2.2. SANTE, EAU ET ASSAINISSEMENT...............................................................................................7 2.2.1 SANTE .................................................................................................................................................... 7 i) Les infrastructures sanitaires................................................................................................................ 7 ii) Les ressources humaines........................................................................................................................ 8 iii) Les équipements et médicaments....................................................................................................... 8 iV) Prestations de service.......................................................................................................................... 9 v) Infection a VIH/SIDA...........................................................................................................................10 2.2.2 EAU HYGIENE ET ASSAINISSEMENT............................................................................................10 2.3 NUTRITION ...............................................................................................................................11 2.4 EDUCATION ..............................................................................................................................14 2.5 SECURITE ALIMENTAIRE ET POSSIBILITES D’AUTOSUFFISANCE ................................................15 2.5.1 Pratique de l’agriculture...................................................................................................................15 2.5.2 Marché et les prix des denrées alimentaires ..............................................................................15 2.5.3 Sources de revenus et Moyen d ‘existence..................................................................................16 2.5.4 Diète et fréquence de consommation des aliments ....................................................................16 2.2.5 Possibilités d’autosuffisance............................................................................................................17 2.2. 6 Ciblage, distribution et suivi de l’aide alimentaire...................................................................17 3 : PRÉOCCUPATIONS NON ALIMENTAIRES...................................................................................................18 3.1 SECURITE ET PROTECTION ........................................................................................................18 3.2 VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES BASEES SUR LE GENRE (SGBV) .......................................19 3.3. DENREES NON-ALIMENTAIRES ET SERVICES COMMUNAUTAIRES ...........................................20 4 : CONSIDERATION LOGISTIQUE..................................................................................................................20 5 : PARTENARIATS, COORDINATION ET PLANIFICATION..........................................................................21 5.1 PARTENARIATS ET COORDINATION ........................................................................................21 5.2. Plan prévisionnel .......................................................................................................................22 6. OPTIONS DE REPONSE ...................................................................................................................................22

Mission d’Evaluation conjointe pour les réfugies centrafricains dans la région de Salamat (Daha et Haraze) sud est du Tchad

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1.

INTRODUCTION

Une mission d'évaluation conjointe (JAM) s'est déroulée du 16 au 20 Octobre 2009 avec la participation des agences des nations unies (PAM, HCR, OCHA), le Gouvernement Tchadien représenté par CNAR et ONG Solidarité et CCSI. La mission a pu se dérouler grâce à l'appui des autorités administratives et militaires qui ont assuré tout au long de l'exercice la sécurité des équipes et l'accès aux sites et UNHAS, AIRSERV et MINURCAT qui ont assuré le transport aérien pour l’équipe. L’équipe de la mission d’évaluation conjointe1 remercie le Gouvernement Tchadien, les autorités administratives de Haraze et Daha, les Représentants du PAM et du HCR, le chargé du Bureau d ÓCHA et CCSI, SOLIDARITE, le Ministre de l’Intérieur et le Directeur de CNAR, les sous préfets et les collègues du PAM, UNHCR, SOLIDARITE, CCSI de Daha et Haraze, et les forces de sécurité d’avoir pris toutes les dispositions pour rendre possible et faciliter la mission, ainsi que les populations locales et les réfugiés qui ont accepté de recevoir les membres de la mission. Grâce au soutien et à l’appui multiforme de tous, la mission a pu se dérouler dans de très bonnes conditions et dans une atmosphère très cordiale. La réussite de la mission doit beaucoup à la disponibilité de toutes ces autorités. Au nom de l’équipe JAM, les chefs de mission expriment leur profonde gratitude à toutes les autorités et aux populations.

1.1

CONTEXTE

Depuis plus d’une dizaine d’années, la République Centrafricaine (RCA) souffre d’une instabilité politique et de conflits internes répétitifs : six coups d’états entre 1996 et 2001 ; plusieurs mouvements rebelles qui occupent des zones dans le nord du pays (Armée Populaire pour la Restauration de la République et de la Démocratie – APRD ; Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement - UFDR et Front démocratique du Peuple Centrafricain - FDPC) ; multiplication des actions de coupeurs de route ; représailles des forces armées Centrafricaines (FACA) sur les populations. Cette instabilité a entraîné une détérioration des conditions de vie de la population et une amplification de la pauvreté. L’insécurité dans le nord empêche les cultivateurs de mener leurs activités agricoles ; les greniers sont régulièrement pillés, les animaux volés, les villages brûlés. Les populations sont contraintes de déserter les villages et de fuir dans la brousse, dans les centres urbains ou dans les pays voisins2. L’afflux des réfugiés centrafricains au Tchad date depuis Octobre 2002 suite aux affrontements armés entre les forces gouvernementales centrafricaines et l’opposition armée. Les réfugiés (77,000) sont installés essentiellement au Sud du Tchad dans la bande du territoire tchadien qui fait frontière avec la République Centrafricaine (RCA) et sont regroupés dans trois zones : aux environs de Goré dans le la Région de Logone Oriental ; et aux environs de Maro dans le la Région de Moyen Chari.

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PAM : Wilfred Nkwambi, Programme Officer –VAM (PAM N’djamena) Chef d’Equipe , Dr Kodingar Djero-Roadje, Programme Officer Nutrition (PAM Abeche), UNHCR : Juan Carlos Martinez Bandera, Programme Officer-Nutrition (UNHCR Abeche), Roger Daniel TAM, Officer-in-Charge UNHCR Daha-Haraze OCHA : NDjekounkosse Guelnoudji , Liaison Officer OCHA Goz Beida, CNAR : Ousmane Abba Goni CNAR Ndjamena SOLIDARITE : Nicolas Malaize WatSan Daha CCSI : Dr Besso Ernest, Superviseur des camps à Daha Il y’ a environ 62,500 et 77,000 réfugies centrafricaines au Cameroun et Tchad respectivement. Mission d’Evaluation conjointe pour les réfugies centrafricains dans la région de Salamat (Daha et Haraze) sud est du Tchad

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Vers la fin de 2008 jusqu’au mois de Mai 2009, environs 20,000 réfugiés se sont installés au sudest du Tchad dans la région de Salamat (Daha et Haraze) résultant de combats qui ont commencé en décembre 2008 suite à l’activité des rebelles centrafricains et accrochages entre ces derniers et les forces gouvernementales. Il semble que l’insécurité a commencé avec l’incursion des rebelles vers fin décembre qui ciblaient en particulier les éléments des forces de l’ordre ainsi que les garde forestiers notamment pour leur subtiliser les armes. Ce qui fait qu’au départ, les demandeurs d’asile étaient majoritairement composés des fonctionnaires. A l’annonce de l’arrivée des forces gouvernementales en vue de déloger les rebelles vers le 16 ou 17 janvier 2009, les populations des villages concernés ont commencé à fuir massivement craignant pour leur sécurité dans l’affrontement. Les villages (de la RCA) Acrosurba, Birkignan, Ngarba, Koundé, Ambassadina, Doum, etc. sont situés entre 3 et 50 Km de la frontière avec le Tchad. Ils appartiennent à une dizaine d’ethnies dont les Banda et les Ndouka. Les relations avec la population hôte sont jugées bonnes et il y a des familles qui ont des relations de parenté avec la population hôte. Certaines ethnies sont retrouvées des deux côtés de la frontière en RCA et au Tchad. Ces nouvelles vagues de refugiés ne sont pas encore installés dans un camp. La plupart des nouveaux arrivants sont des femmes et des enfants. Leur nombre est aujourd’hui évalué à 13, 500. Au vu de la situation, le Gouvernement tchadien a accordé à ces demandeurs d’asile, le statut de réfugié sur une base prima facie suivant la convention de l’OUA de 1969 (fuite du fait d’événements troublant gravement l’ordre public dans le nord est de la RCA). Plusieurs missions humanitaires conjointes d’évaluation de la situation humanitaire de ces réfugiés ont été effectuées depuis février 2008 dans les localités de Daha et Haraze. Ces missions ont permis d’identifier les besoins des ces réfugies. Ils reçoivent donc la protection et assistance de la part de agences du SNU, des ONGs et du Gouvernement de la République du Tchad. Au regard de l’insécurité persistante au nord de la RCA, il est peu probable que les réfugiés regagnent leur pays dans un proche avenir. Aussi, considérant la situation nutritionnelle ainsi que les besoins actuels d’assistance alimentaire aux réfugiés, la stratégie de la communauté humanitaire est de continuer l’assistance alimentaire et non alimentaire jusqu’ à ce que les refugiés soient autosuffisants.

1.2. OBJECTIF DE LA MISSION
L’objectif général de la mission est d’évaluer la situation des différents groupes de réfugiés et leurs besoins (alimentaires et non alimentaires) et de formuler des suggestions et des recommandations relatives au type d’assistance (stratégies, mise en œuvre, suivi et évaluation) à apporter à cette population en particulier. Les objectifs spécifiques sont : a) Analyser les caractéristiques générales des conditions de vie des deux groupes (Daha et Haraze) de réfugiés et des besoins alimentaires et non alimentaires spécifiques à chaque groupe ; b) Déterminer les mesures et l’assistance requise pour garantir aux réfugiés : • Un accès à une alimentation appropriée et suffisante pour couvrir leurs besoins nutritionnels afin d’assurer ou rétablir un bon état nutritionnel dans les 12-18 mois à venir ; • La possibilité d’atteindre progressivement une autosuffisance stable dans l’attente d’une solution durable (en évitant des stratégies de survies extrêmes, préjudiciables et indésirables) ; c) Définir les formes d’aides alimentaires liées à la sécurité alimentaire en tenant compte : • des habitudes alimentaires des bénéficiaires; • du nombre de personnes à prendre en charge et les méthodes appropriées de
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• •

sélection/ciblage des bénéficiaires de l’assistance ; les différents types de vivres, la/les ration(s) pour différents groupes, la quantité totale et le calendrier de livraison des denrées ; des modalités de distribution de nourriture et d’assistance en NFI ;

d) Évaluer les capacités logistiques (facilité d’accès, transport, entreposage, manutention) et les possibilités d’approvisionnement à travers les achats locaux et internationaux. e) Examiner les modalités de distribution d’aide alimentaire et formuler des suggestions pour le suivi et l’évaluation ; f) Déterminer si des mesures immédiates sont nécessaires et, si oui qu’elle assistance est requise pour: • prévenir toute atteinte à la sécurité alimentaire de la population hôte locale ; • prévenir toute action portant atteinte à l’exploitation durable des ressources naturelles de base de la région du fait des activités des réfugiés (collecte du bois de chauffage, agriculture, élevage); • Parer à tout problème grave de pénurie alimentaire ou de malnutrition au sein de la population locale. g) Identifier et évaluer les ressources et les capacités des potentiels partenaires susceptibles de mettre en œuvre, s’il y a lieu, les activités de distribution des aliments, de suivi et d’autosuffisance. h) Collecter les données nécessaires à la planification et la budgétisation opérationnelle, ainsi qu’à la mise en œuvre d’un programme.

1.3. METHODOLOGIE
Sur la base des rapports du recensement/enregistrement du HCR, les réfugiés sont localisés dans les régions de Daha (deux sites) et Haraze (trois sites). Tenant compte de ces éléments, la mission d’évaluation a décidé de visiter Daha et Haraze et collecter les information en utilisant les discussions en groupe (Focus Group Discussion) sur la base d’un questionnaire et un check-list établis pour collecter des données sur différentes caractéristiques liées à la protection, sécurité alimentaire, Santé, Accès à l’eau, Agriculture/élevage, Sources de revenus, Consommation alimentaire, et leurs problèmes et capacités de réponse. Les discussions en groupe ont été également faites avec les populations hôtes et les autorités locales sur les thématiques comme mouvements des populations, Education, Santé, Marché, Assistance externe et Systèmes de vie et vulnérabilité. Les données secondaires et les rapports des partenaires on été exploités Tenant compte du problème du temps et accessibilité, la méthodologie d’échantillonnage utilisée étant de prendre un site dans chaque localité et de discuter avec les groupes des femmes , hommes et les jeunes séparément. A Haraze, le site Koy (12 km de Haraze) a été retenu à cause de son accessibilité. L’entretien avec le représentant des réfugiés du site de Masmaye I situé à environ 75 Km de Haraze a été effectué à Koy à cause d’inaccessibilité par la route à partir de Haraze. A Daha, le site de Daha 1 a été retenu mais les délègues du site Daha 2 étaient présents pendant les discussions. En plus des enquêtes et des entretiens en groupe, la mission a rencontré les autorités locales : les soupréfets, chefs centres de la Santé, et les maîtres des écoles. Trois équipes1 ont été constituées pour

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a) Equipe Sante-Nutrition-Watsan-VIH /SIDA (PAM, UNHCR, CCSI, SOLIDARITE) b) Equipe Sécurité Alimentare-Moyene d’existence- Environnement- Logistique-Coordination (PAM, OCHA) c) Equipe Protection-Education-SGBV et NFI (UNHCR-CNAR) Mission d’Evaluation conjointe pour les réfugies centrafricains dans la région de Salamat (Daha et Haraze) sud est du Tchad

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la collecte des données. Faute de temps, une séance de briefing et présentations des outils (Questionnaire Focus Groupe et check-list) ont été faites dans l’avion en route pour Haraze.

2 : PRINCIPAUX RESULTATS, CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
2.1. NOMBRE DE REFUGIES ET DEMOGRAPHIE
La population réfugiée est estimée à environ 15, 500 personnes pour près de 5,500 ménages. Les réfugiés sont dispersés sur des milliers de 90 à 150 km² dans les localités de Haraze et Daha dans la Région de Salamat, le long de la frontière avec la Centrafrique (voir carte de localisation). Les réfugiés vivent avec la population tchadienne dans les sites daignées par les autorités locales et dans des abris temporaires en pailles et avec les bâches. Depuis le début de la saison pluvieuse, le flux d’arrivée des réfugiés a fortement diminué. D’après l’information de discussions en groupe, l’arrivée des réfugiés a commencé en Décembre 2008 et s’est intensifié en janvier /février 2009 dans la localité de Daha. Dans la localités de Haraze, les réfugies sont arrivés vers la fin d’avril et mai 2009. Les femmes représentent plus de la moitié des réfugiés, les hommes un peu moins. Environ, 66% et 62% des réfugiés à Haraze et Daha respectivement sont les femmes. La taille moyenne du ménage est de 3 dans les deux localités.
Tab. 1. Répartition de la population par âge et par sexe Statistiques démographiques LOCALITE Site Massambagne 1 Massambagne 2 Haraze Betimera Koy Total Haraze Daha 1 Daha Daha 2 Total Daha Nombre de Ménages Population totale Taille de ménages 3 3 3 3 3 2 4 3

727 162 194 823
1906

2,253 486 555 2,206
5500

2,421 1,217
3,638

5,308 4,624
9,932

TOTAL GENERAL

5,544

15,432

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Source: UN HCR Octobre 2009

Selon, les informations fourni par les réfugies, a ce jour, de nouveaux réfugiés continuent à arriver de la RCA en petits groupes de deux a trois personnes par semaine ; sont enregistrés par le HCR. En général, les réfugiés n’ont pas l’intention de retourner en RCA pour le moment à cause de l’insécurité. Cependant, à Daha (2km de la frontière centrafricaine), certains réfugiés originaires des villages proches de Daha comme Ngarba effectuent des mouvements de va et vient dans leurs villages pour chercher le manioc. Ceux qui sont plus loin ne s’hasardent pas dans leurs villages d’origine de peur d’être tués par les Forces armées centrafricaines qui n’hésiteraient pas à tirer sur les civils considérés comme rebelles ou complices des rebelles. En effet, en Mai 2009, les chiffres des réfugiés dans la région de Salamat (Daha et Haraze) ont été estimés à 20.000 personnes. Apres enregistrement et vérification de UNHCR du moi d’octobre 2009 les chiffres sont descendus (environ 15. 432 personnes). En effet, ni les réfugiés, ni les populations locales d’accueil, encore moins les autorités administratives n’ont une connaissance précise du nombre
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de réfugiés dans les différents sites. Les réfugiés eux-mêmes sont incapables de donner des chiffres sur le nombre de personnes même dans les petits campements de quelques abris. La saison sèche qui va bientôt commencer et l’éventuelle régression des eaux diluviennes dans la Région de Salamat, risque d’intensifier le flux d’arrivée des réfugiés. Il s’agit en effet d’une période propice aux déplacements et au cours de laquelle on assiste généralement à une recrudescence des actions violentes des groupes rebelles, des forces gouvernementales et des coupeurs de route centrafricains. La situation en République Centrafricaine est loin d’être stabilisée et le climat d’insécurité qui prévaut dans le Nord et Nord Est de ce pays risque d’accentuer la fuite des populations à cause de harcèlement par des groupes de bandits et autres bandes armées.
Fig. 1 Localisation des camps et sites des réfugies centrafricains au sud et sud est du Tchad.

Dans ces conditions et tenant compte de l’arrivée timide de nouveaux réfugiés et les mouvements de va-et-vient surtout dans la localité de Daha, la mission recommande : 1. La détermination des chiffres de planification pour les mois à venir doit prévoir un effectif de contingence. L’hypothèse réaliste serait de retenir 15. 000 réfugiés pour la planification et plus une contingence de 5. 000 réfugiés additionnels ; 2. La poursuite de l’opération d’enregistrement de nouveaux réfugiés tout au long de l’année 2010 et l’établissement effectif des cartes et des certificats de réfugiés qui doivent servir de support pour les différents types d’assistance alimentaire et non alimentaires ;
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3. Initier une mission pour l’ídentification du nouveaux site pour l’éventuel transfert des réfugies centrafricaines a Daha (2km de la frontière).

2.2. SANTE, EAU ET ASSAINISSEMENT
2.2.1 SANTE La mission JAM a visité le camp des réfugiés centrafricains de Haraze le 16 octobre 2009. Dans le domaine de la santé, plusieurs constats ont été faits suite à la visite au centre de santé (CS) du village de Haraze et aux séances de travail avec le personnel de santé. Au niveau épidémiologique, le profil est dominé au moment de la mission par le paludisme, les infections respiratoires aiguës et les maladies diarrhéiques. Les prestations de service de santé sont assurées par un centre de santé étatique appuyé par l’UNICEF avec parfois des donations des autres agences du SNU. A Daha, plusieurs constats ont été faits suite à la visite au centre de santé (CS) du village de Daha et aux séances de travail avec le personnel de santé du MSP et de l’ONG CSSI. Au niveau épidémiologique, le profil est dominé au moment de la mission par les infections respiratoires aiguës, le paludisme et la MAM. Les prestations de service de santé sont assurées par un centre de santé étatique appuyé par le CSSI avec parfois des donations des agences du SNU. i) Les infrastructures sanitaires Le centre de santé de Haraze dispose d’un bâtiment de 2 salles dont une salle de consultation et une pharmacie. Un bâtiment annexe d’une salle fait office de salle d’accouchement et trois constructions en paille tenant lieu de centres nutritionnels et de cuisine.

Photo1 : Centre de Santé de Haraze et Daha

Problèmes identifiés a Haraze : une insuffisance d’infrastructures pouvant améliorer la qualité des services notamment :Un espace réduit de la salle d’accouchement avec un manque d’équipements adéquats (absence de salle de consultation, de table d’accouchements) ; • absence et manque d’espace pour le laboratoire de base, le seul examen de confirmation disponible étant le Paracheck pour la confirmation du paludisme ; • absence de source d’eau potable au niveau du CS. Mission d’Evaluation conjointe pour les réfugies centrafricains dans la région de Salamat (Daha et Haraze) sud est du Tchad 7 •

Le centre de santé de Daha dispose de 02 bâtiments dont un pour la pharmacie et de chaîne de froid et l’autre de magasin de stockage de vivres et quelques intrants thérapeutiques. Le reste des infrastructures est composé de structures non durables et comprend les services de triage, de consultation externe, salle d’observations et d’hospitalisations, la maternité avec les services de consultation prénatale. La capacité du CS est de 10 lits. Une tente fait office de bloc opératoire pour la prise en charge des urgences gynéco-obstétricales. Le CS offre des prestations tant à la population locale qu’aux réfugiés dont le camp est situé à 1Km du village de Daha. Problèmes identifiés à Daha : • une insuffisance d’infrastructures en matériaux durable pouvant améliorer la qualité des services notamment pour la construction du bloc opératoire ; • absence et manque d’espace pour le laboratoire de base, le seul examen de confirmation disponible étant le Paracheck pour la confirmation du paludisme ; ii) Les ressources humaines Les soins de santé primaire sont fournis par 5 infirmiers dont 2 déployés par le MSP et 3 pris en charge financièrement par l’UNICEF. Un agent technique de Santé fait office de sage-femme. Les 3 infirmiers de l’UNICEF sont chargés de la prestation des soins au camp de Koy suivant une stratégie de rotation hebdomadaire. Il n’existe pas de centre de santé au camp de Batimera. Le centre de santé couvre les 2 camps de Massambaye 1 et 2 et est appuyé par 2 infirmiers financés par l’UNICEF. Problèmes identifiés : • Manque de techniciens de laboratoire au CS et de sage-femme pour les camps. A Daha les soins de santé primaire sont fournis par 5 infirmiers et 3 sages-femmes et un médecin travaillant pour CSSI. Problèmes identifiés : • Manque de techniciens de laboratoire au CS. iii) Les équipements et médicaments Globalement, le centre de santé de Haraze dispose d’un faible niveau d’équipement technique avec du matériel vétuste ou inexistant. Problèmes identifiés : • absence de table d’accouchement au niveau de la salle d’accouchement ; • absence de tests de laboratoire spécifiques/ Syphilis,VIH, bandelettes urinaires pour les Nitrites, sucre et albumine ; • insuffisance d’approvisionnement en médicaments essentiels notamment les associations antipaludiques dues à des difficultés logistiques. Le centre de santé de Daha dispose d’un faible niveau d’équipement technique avec du matériel inadéquat. Problèmes identifiés : • absence de table d’accouchement au niveau de la salle d’accouchement ;
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• absence de tests de laboratoire spécifiques/ Syphilis, VIH, bandelettes urinaires pour les Nitrites, sucre et albumine ; • insuffisance d’accès à l’énergie électrique pour la pratique des actes chirurgicaux ; • insuffisance d’approvisionnement en médicaments essentiels, notamment les anti-paludiques, sérums anti-antitétaniques, anti-rabiques dus à des difficultés logistiques et de l’enclavement.

Photo 2 : Table d’accouchement en bois à Daha

iV) Prestations de service A Haraze, les prestations de service sont fournies selon la politique de la gratuité des soins tant dans les sites des réfugiés qu’au niveau des populations locales. La prise en charge des cas compliqués se fait à Am-Timan ou à Abéché. Les services de vaccination sont fournis tous les jours au CS de Haraze pour les populations locales alors qu’ils sont fournis une fois par mois qu’au niveau des camps. Les registres SIS du HCR ne sont pas utilisés dans les camps de réfugiés ni au niveau du CS de Haraze. Par contre, les informations du système de santé sont collectées par les registres du MSP. Problèmes identifiés : • Manque de moyens de transport adéquat pour la référence des cas compliqués du camp au CS étant donné que le CS se trouve à 12 Km ; • Absence de partenaire de santé du HCR pour la prise en charge globale des réfugiés et populations locales. A Daha, les prestations de service sont fournies selon la politique de la gratuité des soins tant dans les camps des réfugiés qu’au niveau des populations locales. La prise en charge des cas compliqués se fait à Am-Timan ou à Abéché. Les services de vaccination sont fournis une fois par semaine au CS de Daha à l’endroit des populations locales et des réfugiés. Il n’existe pas de CS dans les camps mais au niveau du village de Daha. Les registres SIS du HCR ne sont pas utilisés au niveau du CS de Daha. Par contre, les informations du système de santé sont collectées par les registres du MSP. Problèmes identifiés : • Difficultés d’évacuations sanitaires à Abéché ou Am-Timan dues à l’enclavement et à l’irrégularité des vols vers Daha. • Inadéquation du système de reporting pour la collecte des informations spécifiques au SIS du HCR.
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v) Infection a VIH/SIDA Le taux de prévalence de VIH/SIDA dans la région de Salamat est de 4.2%1 . En plus, les réfugies viennent de RCA où le taux de prévalence nationale est de 6.2 % et 10.6% 2 dans la département de Bammigui–Bamngoran où les réfugies des Daha et Haraze sont les ressortissants. La prise en charge de l’infection à VIH est inexistante à Haraze et Daha. Les problèmes identifiés sont : • absence de moyens de dépistage et de centre de conseils ; • absence ou insuffisance de préservatifs ; • Absence/ insuffisance de séances de sensibilisations à l’endroit des populations locales et réfugiées ; • absence du programme PTME • indisponibilité des ARV pour la prise en charge des cas déjà sous traitement et malgré la présence d’un médecin prescripteur Dans ces conditions, la mission conjointe recommande aux HCR/PAM et ses partenaires de : 1. Identifier un partenaire pour les activités de Santé, Nutrition et VIH à Haraze ; 2. Renforcer le partenariat avec CSSI dans l’implémentation des activités de Nutrition et VIH/SIDA à Daha ; 3. Construire en matériaux durables les infrastructures qui abritent actuellement les activités de santé primaire à Haraze et Daha ; 4. Fournir les équipements adéquats pour l’accouchement, réactifs et tests de laboratoire appropriés spécifiques aux soins de santé primaire ; 5. Prépositionner un stock suffisant minimum de 8 mois de médicaments essentiels grâce à une coordination entre les délégations concernées et les agences des NU; 6. Améliorer le système de rapportage avec l’introduction du SIS dans le monitoring des activités de santé dans les camps des réfugiés ; 7. Renforcer la prestation des services grâce à un recrutement de personnel technique qualifié; 8. Améliorer l’accès à l’énergie électrique et à l’eau potable pour les centres de santé. 2.2.2 EAU HYGIENE ET ASSAINISSEMENT La disponibilité en eau respecte les normes SPHERE de 15 L/pers/jour. Il existe 2 forages avec les pompes dans le site de Koye et un forage avec une pompe dans le village de Haraze. Environ 86 latrines communautaires sont fonctionnelles au niveau des camps de réfugiés. Les infrastructures de

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National survey on HIV/AIDS prevalence rate in Chad, 2005 CAR MICS 2006

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drainage et d’élimination des déchets solides sont gérés par un personnel réfugié composé de 2 personnes payées par l’UNICEF.

Photo 3 : Photo Point d’eau à Haraze et Daha

La fourniture en eau à Daha, est assurée par l’ONG Solidarités et l’UNICEF. Deux forages avec 2 pompes sont fonctionnels à Daha Centre contre 5 forages avec 2 pompes au camp des réfugiés de Daha. L’UNICEF a rendu disponibles 6 forages avec une pompe. La norme de 01 latrine pour 30 personnes est respectée dans le camp de Daha. Environ 250 latrines communautaires sont opérationnelles. La gestion des latrines est assurée par des groupements identifiés au sein de la communauté avec la supervision des « ambassadeurs du propre » responsables de chaque latrine. En outre, Solidarités dispose d’une équipe de 8 personnes chargées des activités d’éducation et de sensibilisation de la communauté. La mission conjointe recommande que les Le HCR, UNICEF et ses partenaires doivent : 1. Améliorer la disponibilité des latrines en nombre suffisant pour atteindre le ration standard de 01 latrines pour 30 bénéficiaires dans les sites des réfugies 2. Renforcer la coordination générale entre les acteurs du secteur notamment Solidarités, l’UNICEF et le HCR

2.3 NUTRITION
Les activités nutritionnelles sont implémentées au niveau du CS de Haraze par l’UNICEF essentiellement dans le domaine de la prise en charge des malnutris sévères. De 22 enfants malades pendant la 41ème semaine épidémiologique, 04 sont affectés par la malnutrition aiguë. La surveillance nutritionnelle est faite à travers les screenings réguliers dans les camps des réfugiés. Un centre nutritionnel construit en matériaux non durable est fonctionnel au niveau du CS de Haraze. Il est composé de trois constructions en paille tenant lieu de centres nutritionnels thérapeutique et de cuisine. Les activités nutritionnelles sont implémentées au niveau du CS de Daha par les agents de l’Etat avec un financement de l’UNICEF essentiellement dans le domaine de la prise en charge des malnutris sévères. De 170 enfants malades pendant la 41ème semaine épidémiologique, 20 sont affectés par la MAM. La surveillance nutritionnelle est faite à travers les screenings irréguliers dans les camps des réfugiés. La prise en charge de la malnutrition aiguë est assurée par 2 infirmiers formés par l’UNICEF sur la prise en charge de la Malnutrition Aigue Sévère (MAS). Ces infirmiers sont appuyés par 01 agent de santé communautaire (ASC). Mission d’Evaluation conjointe pour les réfugies centrafricains dans la région de Salamat (Daha et Haraze) sud est du Tchad 11

Globalement, le centre nutritionnel de Haraze dispose d’un faible niveau d’équipement technique avec du matériel vétuste ou inexistant. Le centre dispose d’un stock suffisant de produits thérapeutiques pour la prise en charge de la MAS au moment du passage de la JAM. Le centre nutritionnel assure uniquement la prise en charge de la MAS pour les réfugiés et populations locales. Il existe un accord tripartite pour la mise en place des programmes nutritionnels entre UNHCR, l’UNICEF et le PAM pour les réfugiés et populations locales.

Photo 4 .Vue de centre nutritionnel thérapeutique de Haraze et Daha

Problèmes identifiés à Haraze : • une insuffisance d’infrastructures pouvant améliorer la qualité des services • un espace unique combinant les 3 phases de la prise en charge ; • manque de structure en matériel durable ; • absence de centre nutritionnel supplémentaire (CNS) et de MCHN. • insuffisance de formation notamment dans le domaine de la prise en charge de la Malnutrition Aigue Modérée (MAM) • insuffisance du nombre des ASC ; • absence de nutritionniste ou de superviseur de centre nutritionnel. • Inexistence de matériels de cuisine pour la préparation de laits thérapeutiques ; • Absence de matériels pour la préparation du prémix et des séances de démonstrations culinaires pour le CNS ; • Absence de lits d’hospitalisation pour les malnutris sévères au CNT. • retard dans la mise en place du CNS et MCHN dû au manque de formation des parties impliquées dans la mise en œuvre du programme; • manque de différenciation des phases de prise en charge de la MAS avec risque d’infections nosocomiales élevés ; • absence d’appui alimentaire aux accompagnantes des enfants de moins de 5 ans occasionnant une augmentation du taux d’abandon de traitement ; • insuffisance d’éducation nutritionnelle par le personnel soignant notamment dans la lutte contre les mauvaises pratiques nutritionnelles liées à l’allaitement maternel exclusif, le sevrage précoce et l’utilisation du colostrum. Les activités nutritionnelles sont implémentées au niveau du CS de Daha par les agents de l’Etat avec un financement de l’UNICEF essentiellement dans le domaine de la prise en charge des malnutris sévères. De 170 enfants malades pendant la 41ème semaine épidémiologique, 20 sont affectés par la MAM. La surveillance nutritionnelle est faite à travers les screenings irréguliers dans les camps des réfugiés. Mission d’Evaluation conjointe pour les réfugies centrafricains dans la région de Salamat (Daha et Haraze) sud est du Tchad 12

Un centre nutritionnel construit en matériaux non durable est fonctionnel au niveau du CS de Daha. Il est composé de deux constructions en paille tenant lieu de centre nutritionnel thérapeutique et de cuisine. La prise en charge de la malnutrition aiguë est assurée par 03 assistants nutritionnistes formés par l’UNICEF sur la prise en charge de la MAS. Ce personnel est appuyé par 03 agents de santé communautaire (ASC). Globalement, le centre nutritionnel de Daha dispose d’un faible niveau d’équipement technique avec du matériel inadéquat. Le centre dispose d’un stock suffisant de produits thérapeutiques pour la prise en charge de la MAS et MAM au moment du passage de la JAM. Le centre nutritionnel assure uniquement la prise en charge de la MAS pour les réfugiés et populations locales. Il existe un accord tripartite pour la mise en place des programmes nutritionnels entre UNHCR, l’UNICEF et le PAM pour les réfugiés et populations locales. Problèmes identifiés à Daha: • une insuffisance d’infrastructures pouvant améliorer la qualité des services notamment • un espace unique combinant les 3 phases de la prise en charge ; • manque de structure en matériaux durables ; • absence de centre nutritionnel supplémentaire (CNS) et de MCHN. • insuffisance de formation notamment dans le domaine de la prise en charge de la MAM ; • insuffisance du nombre des ASC pour la promotion des bonnes pratiques de santé et de nutrition; • absence de nutritionniste ou de superviseur de centre nutritionnel. • absence de matériels pour la préparation du prémix et des séances de démonstrations culinaires pour le CNS ; • absence de lits d’hospitalisation pour les malnutris sévères au CNT. • retard dans la mise en place du CNS et MCHN dû au manque de formation des parties impliquées dans la mise en œuvre du programme; • manque de différenciation des phases de prise en charge de la MAS avec risque d’infections nosocomiales élevées ; • absence d’appui alimentaire aux accompagnantes des enfants de moins de 5 ans occasionnant une augmentation du taux d’abandon de traitement ; • insuffisance d’éducation nutritionnelle par le personnel soignant notamment dans la lutte contre les mauvaises pratiques nutritionnelles liées à l’allaitement maternel exclusif, le sevrage précoce et l’utilisation du colostrum. La mission conjointe recommande que le PAM, UNCEF, HCR et ses partenaires doivent : 1. Former le personnel identifié sur la prise en charge de la MAM ; 2. Mettre en œuvre immédiatement le programme CNS et MCHN ; 3. Construire en matériaux durables le CNS, MCHN et le CNT en application du protocole national de prise en charge de la malnutrition aiguë ; 4. Identifier un partenaire pour les activités de nutrition ; 5. Fournir les matériels de préparation du prémix, laits thérapeutiques et de démonstrations culinaires ;
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6. Renforcer les activités de sensibilisation et éducation nutritionnelle avec recrutement en nombre suffisant d’ASC ; 7. Explorer les possibilités de mise en œuvre d’une assistance alimentaire aux accompagnantes pour mitiger le risque d’abandon de traitement au CNT.

2.4 EDUCATION
La majorité des enfants en âge de scolarisation fréquentent l’école. Cependant certains enfants issus de familles pauvres – certains parents n’ont pas assez de moyens pour acheter les habits, chaussures et matériel scolaire pour leur progéniture – ne vont pas a l’école ou bien abandonnent quelque temps après le début de l’année scolaire. Environ 20% de cas d’abandon sont enregistrés par an à cause de la pauvreté. Sur un effectif total de 840 enfants inscrits à l’école primaire de Daha plus de 700 sont des enfants réfugiés. Les enfants reçoivent du matériel scolaire mais cela reste insuffisant. Une partie du matériel scolaire est fournie par l’Etat Tchadien – les enfants réfugiés fréquentent les mêmes écoles publiques créées par le gouvernement du Tchad – et l’autre provient des dons de l’UNICEF. Deux salles de classe sont construites en dur au niveau de l’école primaire de Daha. L’UNICEF a installé 12 hangars (construits avec de la paille) au niveau de l’école et qui tiennent lieu de salles de classe.

Photo 5 École primaire du site de Koy

Il existe un seul forage pour la fourniture à l’école et 2 latrines dont l’une est utilisée par le corps enseignant, et l’autre mise à la disposition des élèves. Il n’existe aucune cantine scolaire dans les écoles du département de Haraze-Mangeuigne. Les parents estiment que l’ouverture des cantines scolaires encouragerait des élèves a fréquenter de façon assidue les écoles. Depuis que UNICEF a arrêté de distribuer les biscuits au niveau des espaces amis d’enfants des camps, on constate un recul de la fréquentation des dits espaces par les enfants. Il n’y a pas de table bancs dans les salles de classe. Les élèves s’asseyent à même le sol. De même le
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nombre d’enseignants semble insuffisant au regard du nombre d’élèves et de classe à tenir dans chacun des établissements scolaires de la région. La mission recommande : 1. Un appui aux enfants réfugiés en fournitures scolaires (cahiers, bics, ardoises, crayons, bics, gommes, craie) et en manuels scolaires, latrines, eau potable et pré positionnement des stocks de contingence. 2. Un appui ponctuel aux établissements scolaires avec les matériels didactiques pour enseignants et tables/bancs dans les écoles qui accueillent des enfants de réfugiés. 3. Un programme d’alphabétisation des adultes réfugiés et la population hôtes
4. Compte tenu du taux élevé d’abandon des classes par les enfants en âge scolaire il est urgent

d’explorer la possibilité de l’ouverture de cantines scolaires dans la localité. 5. Plaidoyer auprès des autorités pour améliorer les infrastructures et la capacité d’accueil des écoles dans les sites où sont localisés les réfugiés.

2.5 SECURITE ALIMENTAIRE ET POSSIBILITES D’AUTOSUFFISANCE
2.5.1 Pratique de l’agriculture L’agriculture dans les zones d’implantation des réfugiés est essentiellement de subsistance, c’est-à-dire pratiquée sur de petites surfaces (une dizaine de mètres carrés), des récoltes faibles, avec les échanges commerciaux limités surtout dans la région de Daha. De façon générale, en ce qui concerne les activités agricoles, il a été constaté que la population locale de Daha ne fait pas de grands champs. Elle est approvisionnée en céréales à partir de Haraze et du village centrafricain, Ngarba, situé à un Km de l’autre rive du Bahr Ahouk. Certains réfugiés à Daha ont cultivé l’arachide à grande échelle pour un but commercial. La récolte de l’arachide vient de démarrer. D’autres se sont livrés à la culture du maïs, pois de terre, sorgho, haricot pour la consommation du ménage. A Haraze, les réfugiés ont pu avoir de la terre octroyée gratuitement par les autorités locales notamment le Chef de canton. Ils y ont cultivé du sorgho blanc, le mil pénicillaire, l’arachide, le poids de terre, le haricot. Si la récolte de l’arachide et du pois de terre qui vient de commencer est considérée comme bonne, il n’en est pas de même en ce qui concerne le sorgho blanc et le petit mil dont les semences ont été reçues tard (juillet). Le second problème évoqué est que les pluies se sont arrêtées très tôt. Ce qui fait que les prévisions en matières de récoltes de ces spéculations qui constituent la base du régime alimentaire de cette population ne sont pas bonnes dans l’ensemble. L’accès à la terre ne pose pas un problème pour la non pratique de l’agriculture. Selon les autorités et la population locale, les récoltes de cette année ne seront pas bonnes dans la région et une pénurie de denrée alimentaire de base dans la zone cette année est très probable. 2.5.2 Marché et les prix des denrées alimentaires Les principales céréales consommées par les populations tchadiennes et les réfugies dans la région de Salamat, sont le mil, le maïs, le sorgho et le riz importé aussi bien que local. Cependant le mil pénicillaire apparaît en première position comme la céréale la plus consommés dans l’alimentation quotidienne de la région. Les marchés hebdomadaires sont l’occasion pour les populations locales et les réfugiés de vendre Mission d’Evaluation conjointe pour les réfugies centrafricains dans la région de Salamat (Daha et Haraze) sud est du Tchad 15

leurs produits mais également de s’approvisionner en denrées alimentaires et non alimentaires et autres produits d’usage. Les niveaux des prix dans les marchés sont donc des indicateurs de l’état d’approvisionnement et des conditions d’accès des ménages aux aliments. Daha est alimenté uniquement par Sarh et Haraze en produits manufacturés et quelques fois en produits alimentaire tels que le riz. Mais l’enclavement de cette zone en saison de pluies limite fortement ces échanges. Le pouvoir d’achat des ménages est faible au sein de la majorité de la population. Dans les sites visités par la mission, il n y’as pas de marché dans les camps. A Daha, le marché en ville est déjà coupé d’une partie de la ville par un bras du fleuve Bahr Ahouk. Pour le traverser, il faut utiliser une pirogue pour lequel il faut payer 50 FCFA en aller-retour. Les réfugies attestent que les prix des denrées alimentaires sont moins chèrs au Tchad en comparaison avec la RCA. Mais la difficulté réside dans le manque d’activités génératrices de revenu pour en acquérir. Les différents relevés de prix et les entretiens réalisés dans les marchés hebdomadaires à Haraze et Daha montrent que les prix des denrées sont restés stables mais la tendance est à la baisse avec les récoltes des certains produits qui sont déjà sur le marché. A Daha, le prix dún coro de mil en Octobre est de 650FCFA par rapport à 750 FCFA en juillet 2009. Le riz coûte 2000FCFA en octobre par rapport à 3000FCFA le coro en juillet 2009. Cependant, à Haraze, les prix sont beaucoup moins bas par rapport a Daha. Par exemple, le prix d’ ún coro de mil en Octobre est a 600FCFA par rapport à 700 FCFA en juillet 2009. 2.5.3 Sources de revenus et Moyen d ‘existence Avant l’entrée au Tchad, le commerce, exploitation minière (diamant), l’agriculture, la pêche, l’élevage étaient les sources principales de revenus. En RCA, adonnés à l’agriculture à grande échelle pour les spéculations comme sorgho, arachide, mais, petit mil, haricot, riz, et le tubercule comme le manioc mais dans le lieu d’installation actuel, le climat ne favorise la culture du manioc. Au Tchad, aujourd’hui, les revenus des réfugiés proviennent de l’agriculture, la pêche, travail journalière, vente du bois et pailles et petits commerces. La coupe et vente de bois de chauffe et travail temporaire ou journalier dans les champs sont maintenant les principaux source de revenues des ménages. Comme certains hommes, certaines femmes sont arrivées à avoir des opportunités de travailler dans les champs des autochtones pour gagner un peu d’argent (500 FCFA/journée de travail) pour subvenir à certains besoins de la famille. Certaines d’entre elles étaient livrées aux activités de crédit par groupements en RCA. Même dans le camp, elles avaient continué avec l’argent de la caisse ; mais comme la vie dans le camp est dure, elles ont été amenées à se partager le fond de commerce. 2.5.4 Diète et fréquence de consommation des aliments Pour la population locale, les adultes et les enfants prennent en moyenne deux repas par jour. Cependant, pour les réfugiés, les adultes mangeant une fois par jours et ils se débrouillent que les enfants prennent en moyenne deux repas par jours. En RCA, la diète des réfugiés comprendrait des tubercules (manioc, igname), les légumes et du viande et poisson. Au Tchad, ils sont obligés de manger le sorgho, mil et mais, et en peu du poisson et viande. Il apparaît ainsi clairement une alimentation à base de féculents qui procurent certes de l’énergie mais peu d’autres éléments essentiels comme les protéines et les lipides. Le panier alimentaire distribue par le PAM est composé de : céréale, légumineuse, CSB, l’huile et le sel. Mais depuis le mois d’août, la ration a été coupée de 50%. Lors des réunions de groupe, les réfugiés ont tous posé le problème de l’insuffisance de nourriture.
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En plus les réfugiés sont obligés d’être pris en charge par les communautés locales, celles-ci ont fait état des difficultés qu’elles rencontrent dans l’assistance alimentaire qu’elles apportent aux réfugiés depuis leur arrivée. Par ailleurs, les conditions d’accès pourront être plus difficiles dans les mois à venir à cause d’un mauvaise campagne agricole et la présence des réfugies. Le principal mode d’accès aux aliments pour les réfugies est l’aide alimentaire et pour la populations hôte c’est la propre production et l’achat sur le marché. Dans ces conditions, pour réduire la vulnérabilité des ménages, accroître les conditions d’accès aux aliments, et renforcer les moyens de production agricoles, la mission conjointe recommande : 1. Une assistance alimentaire d’urgence limitée aux réfugiés pendant une durée de 12 mois. 2. Un contrôle et un suivi régulier des distributions et de l’utilisation des rations 3. Un appui en matériel agricole (houe, pioches, pelles, machettes, haches, limes, engrais, etc.) aux réfugiés qui pratiquent l’agriculture et encadrement des réfugiés agriculteurs par des techniciens compétents. 4. Une dotation de semences aux réfugiés qui pratiquent ou souhaiteraient pratiquer l’agriculture pendant la prochaine campagne agricole. 5. Une assistance alimentaire ciblée des enfants malnutris et des mères présentant des signes de déficience nutritionnelle (cf. volet nutritionnel). 2.2.5 Possibilités d’autosuffisance Avant leur entrée au Tchad, la crise en Centrafrique a eu comme impact chez les réfugiés la perte de leur moyen existence, la perte de outils de travails, la réduction et la perte totale des productions agricoles et semence. Au Tchad les réfugies dépendent uniquement de l’assistance humanitaire, la solidarité des communautés locales, emprunt auprès des famille, produits de cueillette, la vente du bois et de la paille, et le travail occasionnel. Les ménages projettent de développer davantage l’agriculture dans le court et moyen terme. Pendant la mission sur le terrain, les réfugiés ont manifesté presque unanimement leur désir de rester vivre au tchad. Personne n’envisage un retour en Centrafrique. À long terme, si ce désir persiste, le HCR, le gouvernement du Tchad et les partenaires doivent rechercher les moyens d’accompagner ce processus. Les questions à examiner en profondeur concernent la localisation définitive des intéressés, l’attribution de terres pour des activités agricoles, la gestion partagée des ressources avec les populations locales. Recommandation de la mission : La mission recommande au HCR, PAM et Gouvernement Tchadien d’entreprendre une mission spécifique pour examiner les modalités pratiques sur les possibilités d’intégration des réfugiés centrafricaines avec la population locale. 2.2. 6 Ciblage, distribution et suivi de l’aide alimentaire La distribution de vivres concernera tous les réfugiés après vérification des listes et l’établissement de cartes d’identification des réfugiés et de leurs dépendants. Cependant, en raison de la prévalence de
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la malnutrition aiguë parmi certains groupes de réfugiés, un ciblage sera effectué pour toucher les enfants de 6 à 59 mois, les femmes enceintes et les mères allaitantes. Le critère utilisé est le taux de malnutrition. Avec l’appui de partenaires opérationnels Ministère de la santé CSSI, UNICEF, un dépistage sera effectué pour constituer les différents groupes admis aux programmes d’assistance spécifique. Les options pour la distribution sont une ration complète de 2100 kcals à tous les réfugiés pendant la période considérée et des rations spécifiques pour les enfants malnutris sévères et modérés et les femmes enceintes et allaitantes. Sur la base des cartes de ration et des listes établies par le HCR, le PAM procèdera à une distribution mensuelle de vivres. Les personnes admises aux programmes d’assistance spécifique seront suivies régulièrement dans les centres de santé. Les personnels des partenaires opérationnels seront formés pour assurer et suivre les distributions de vivres dans de bonnes conditions. Le PAM mettra en place des outils pour le suivi des distributions et l’utilisation des rations par les ménages. Des rapports PDM et FBM seront produits régulièrement par le PAM et les partenaires opérationnels. Dans ce cadre, la mission conjointe recommande le renforcement des personnels (Food Aid Monitors) pour le suivi régulier des distributions et de l’utilisation des rations par la production de rapports PDM et FBM après chaque distribution alimentaire.

3 : PRÉOCCUPATIONS NON ALIMENTAIRES
3.1 SECURITE ET PROTECTION
Les populations aussi bien réfugiées que communautés locales se sentent en sécurité. Il y a certes quelques mouvements de rebelles centrafricains au niveau de Daha qui se trouve à la frontière entre le Tchad et la RCA mais ceci est sans conséquence majeure sur la sécurité dans la zone. Les rebelles viennent généralement a Daha pour faire leurs achats mais aussi pour rendre visite a leurs parents qui eux vivent dans les camps de réfugiés. Leur entrée sur le territoire tchadien se fait sur autorisation de la brigade territoriale de gendarmerie. Il faut cependant signaler que la brigade de gendarmerie de la localité ne dispose que de 6 éléments permanents qui travaillent sur place. Il n’ y a pas encore des crimes dans la communauté et personne ne se sent discriminée ou stigmatisée. Il faut noter que : • La plupart des réfugiés sont enregistrés exception faite des nouveaux venus, des enfants (20 à 30) qui avaient perdu leur bracelet avant la remise des token aux familles de réfugiés, ainsi que les personnes qui étaient en déplacement au moment où se faisait l’enregistrement des réfugiés. • Oui les naissances sont enregistrées de façon systématique. Le centre de santé délivre a cet effet une déclaration de naissance laquelle est utilisée par la CNAR et l’UNHCR pour augmenter la taille de la famille. • Les décès sont aussi enregistres de façon ponctuelle. La mission recommande que :
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1. Vu le rôle très important que joue la CNAR dans le cadre de la protection des réfugiés et de la mise en œuvre par les partenaires opérationnels des programmes d’assistance aux réfugiés, il est souhaitable que soit renforcé le personnel de cette institution (branche militaire et civile) et la dotation des moyens de travail s’avère indispensable pour le bon fonctionnement de la CNAR sur le terrain. 2. Afin de mieux faire comprendre le rôle que doit jouer chacune des parties concernées (autorités administratives, militaires, traditionnelles, partenaires opérationnels et staff des agences humanitaires), il est indispensable que soient organisés des séminaires/ateliers de formation sur « la protection des réfugiés».

3.2 VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES BASEES SUR LE GENRE (SGBV)
Selon l’information des discussions en groupe avec les femmes, aucune femme n’a jusqu'à présent été victime d’un incident de violence. Il peut avoir de petits différends au sein des ménages. Mais ceux-ci sont règlés en interne sans l’intervention de qui que ce soit. Quelques rares cas de femmes opposées à un mariage forcé ont cependant été signalés par le chef de canton de Daha. Ce dernier finit par trouver un arrangement à ces cas. Cependant, le staff des services communautaires de l’UNHCR a rapporté sept cas de tentative de viol et sept cas de mutilations génitales féminines pour la période mai – septembre 2009. L’excision est une pratique courante dans la région. Cependant, ce n’est pas toutes les ethnies qui la pratiquent. Il existe une ou deux communautés (telles que les peuls) qui ne font pas l’excision. Bien que ce phénomène fasse partie de leur coutume, les (femmes) réfugiés déclarent ne l’avoir jamais pratique depuis leur arrivée au camp. Globalement, les réfugiés et quelques personnes parmi la population autochtone ont déjà assisté a des séances de sensibilisation (fait a l’intérieur des camps de réfugiés) sur le phénomène de SGBV. Il y a eu des réunions de sensibilisation sur les méfaits de l’excision à l’intérieur des camps de réfugiés. Mais cette sensibilisation n’a pas été faite de façon approfondie. La mission recommande que : 1. Pour mieux suivre au quotidien les aspects de violence basée sur le genre (SGBV) il est nécessaire de trouver les partenaires opérationnels qui seront principalement charges du suivi des victimes de SGBV ainsi que la prévention. 2. Les femmes qui pratiquent l’excision aussi bien à l’intérieur des camps que dans les villages avoisinant doivent être identifiées, sensibilisées sur les méfaits de cette pratique et encadré dans le sens de leur permettre d’arrêter l’excision. 3. Les leaders religieux doivent également être touchés par les campagnes de sensibilisation et d’information sur les effets néfastes de l’excision.

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3.3. DENREES NON-ALIMENTAIRES ET SERVICES COMMUNAUTAIRES
Les denrées non alimentaires comprenant les matériels de cuisine, les outils agricoles et professionnels (machines à coudre, machettes, pelles…) et les combustibles. Les réfugiés utilisent le bois de chauffe comme fuel pour la préparation des aliments. La coupe du bois est parmi les causes qui peuvent créer à moyen terme une mésentente entre les réfugiés et les communautés des villages d’accueil. La mission recommande : 1. Une distribution des denrées non-alimentaires comme les couvertures, nattes, jerricanes, ustensiles de cuisine, savon, kits hygiéniques pour les femmes. 2. Une dotation en pioches, pelles, machettes, houes, haches et limes pour renforcer les capacités d’autosuffisance. 3. Un appui en matériel végétal (semences, boutures) pour les réfugiés qui pratiquent l’agriculture ou souhaitent s’orienter dès cette année vers cette activité. 4. Une protection où l’aménagement des sources d’eau naturelles, forages ou une installation de puits et/ou de forages pour réduire les risques de contamination. 5. Un appui ponctuel aux établissements scolaires qui accueillent des enfants de réfugiés. 6. Un appui aux réfugiés en ressources financières dans le cadre des activités génératrices de revenus 7. l’ouverture des centres de formation professionnelle au profit des jeunes garçons et filles (maçonnerie, menuiserie, artisanat, couture etc.)

4 : CONSIDERATION LOGISTIQUE
Les zones d’installation des réfugiés sont particulièrement difficiles d’accès surtout en saison pluvieuse. Les capacités de stockage des vivres sont très insuffisantes et difficiles surtout dans la Zone de Daha qui a le plus grand effectif de réfugiés enregistrés à ce jour. Les sols hydromorphes et la remonté des eaux pendant la saison de pluie demandent une pre-positionnement des vivres et les NFI pour six mois avant le mois de mai. En plus, d’autres contraintes importantes devront être surmontées dans les localités de Daha et Haraze :
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L’insécurité. La circulation dans les zones d’installation des réfugiés nécessite une escorte des forces de sécurité ; ce qui peut accroître non seulement les coûts des prestations (transports, stockage, gardiennage, distribution). La distribution de vivres peut présenter un risque à cause des denrées qui constituent une source possible de gain pour des groupes qui déstabilisent la zone frontalière entre le Tchad et la Centrafrique. (Cas de Daha moins de deux kilomètre de la frontière centrafricaine) La dispersion des réfugiés. Les réfugiés sont localisés sur une bande de 90 à 150 km de la frontière sud-est du Tchad avec la Centrafrique. Ils sont logés autour de villages éloignés les uns des autres (Cas de Haraze) parfois de plusieurs dizaines de kilomètres. Cet éparpillement des habitats aura des effets amplificateurs sur les coûts récurrents de transport secondaires et de distribution des vivres. Les centres de distribution peuvent être identifiés, mais le problème du transport des vivres par les réfugiés de ces centres vers leurs lieux de résidence présentera un risque supplémentaire pour leur sécurité dans un « no man’s land ».
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Même si les capacités actuelles des magasins sont bonnes, une éventuelle augmentation des effectifs va beaucoup poser les problèmes. Certains magasins sont situés près des frontières (Daha) avec le RCA. La pauvre infrastructure routière et manque des partenaires d’exécution dans la gestion du transport secondaire des vivres de EDPs vers les FDPs pose un autre problème.

Afin d’éviter toute surprise désagréable sur le plan sécuritaire pour les staff humanitaires sur place, pour faire la distinction entre rebelles et réfugiés, mais aussi en vue d’assister les populations de réfugiés dans de meilleures conditions, la mission recommande vivement La relocalisation de tous les réfugiés vers le nouveau site identifié par le gouvernement tchadien, situe beaucoup plus à l’intérieur du territoire Tchadien (aux alentours de Am Timan).

5 : PARTENARIATS, COORDINATION ET PLANIFICATION
5.1 PARTENARIATS ET COORDINATION
Dans le cadre des mécanismes de coordination des Programmes de l’Equipe de pays des Nations Unies (UNCT), la coordination de l’assistance aux réfugiés est dirigée par le UNHCR et OCHA. Cela implique aussi des réunions régulières au niveau des représentants des Directeurs de pays et des Représentants au niveau central, puis des concertations opérationnelles sur le terrain, à Daha et Haraze. Les autorités gouvernementales (Ministère de l’Intérieure, Santé, Education, Affaires Etrangère, Défense….) et locales ainsi que les partenaires opérationnels et les donateurs sont parties prenantes dans ces concertations. Sur le terrain, les équipes techniques se réunissent chaque semaine pour faire le point de l’exécution des programmes et préparer des rapports de distribution et d’utilisation des vivres et les NFI. La nutrition, la sécurité, la protection des groupes vulnérables, la sécurité alimentaire et le ciblage des ménages, sont des sujets à suivre de façon rapprochée et à analyser en détails le plus souvent possible. Pour la mise en œuvre, différents partenaires opérationnels sont sur place (Solidarité, CCSI, CNAR, PAM, UNHCR). Les défaillances observées des partenaires d’exécution au cours de la mise en œuvre de l’opération sont dues à leur faible capacité, faible coordination, l’enclavement de la région, les problèmes logistiques, incertitude sur la durée de l’opération Daha/Haraze et le risque d’insécurité pendant la saison sèche. La mission recommande : 1. Des réunions mensuelles de coordination centrale entre l’UNHCR, le PAM, l’UNICEF, OCHA, OMS et leurs partenaires et gouvernement, doivent être organisés au niveau de Ndjamena avec l’objectif d‘apprécier l’état d’avancement et identifier les lacunes opérationnels et de définir des stratégies pour l’assistance aux réfugiés. 2. Implication de tous les acteurs, en particulier les partenaires opérationnels et les représentants des réfugiés dans les réunions sur le terrain 3. Former les partenaires d’intervention aux procédures, pratiques et obligations en matière d’intervention humanitaire, incluant la politique de prévention du harcèlement des Nations Unies, gestion d’entrepôts, SGBV etc..)
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5.2. Plan prévisionnel
L’insécurité et instabilité politique persistante en RCA restent toujours un grand problème dans la sousrégion de l’Afrique Centrale. Il est peu probable que la situation va se stabiliser dans les six à douze mois. Si la tendance se poursuit, le nombre de réfugiés pourrait être modifié et les chiffres de planification vont changer par rapport à cette évaluation. La saison sèche qui s’annonce est traditionnellement la période propice aux déplacements et au cours de laquelle on assiste généralement à une recrudescence des actions violentes des groupes rebelles et des coupeurs de route centrafricains. La situation en RCA est loin de se stabiliser et le climat d’insécurité qui prévaut dans le Nord Est et le nord de ce pays va accentuer la fuite des populations qui sont harcelées par des groupes de bandits et autres bandes armées. La mission conjointe recommande : 1. Pour tenir compte d’une évolution défavorable en RCA qui pourrait se traduire par l’arrivée d’autres milliers de réfugiés, la mission recommande de prévoir un stock de contingence dans le plan d’assistance aux réfugiés. 2. La mise à jour des plan de contingence de chaque agence et élaboration d’un plan interagence pour le sud (assistance au réfugies centrafricaines) pour les six à douze prochains mois.

6. OPTIONS DE REPONSE
Pour les options de programme, la mission recommande : Pour le Gouvernement tchadienne : ¾ Appui renforcé du Gouvernement dans la région à travers les divers plans et programmes sectoriels, en particulier dans les domaines de la protection, la sécurité, la santé, la nutrition et l’éducation. Pour le PAM : ¾ Une extension d’Intervention Prolongée de Secours et Réhabilitation (PRRO) d’assistance alimentaire aux réfugiés Centrafricains au Tchad pour couvrir la période de avril 2010 à Décembre 2011. Ce programme sera centré sur les réfugiés avec deux volets : Assistance alimentaire générale avec une ration complète et une assistance alimentaire ciblée pour les enfants de moins de cinq ans, les mères allaitantes et les femmes enceintes souffrant de malnutrition. L’objectif de l’opération sera de sauver des vies humaines (cas des personnes malnutries et nouveaux arrivé) et de protéger les moyens de subsistance et d’accroître la résistance aux chocs (autres réfugiés). ¾ Une évaluation de la situation alimentaire et nutritionnelle des ménages en Octobre 2010 pour projeter d’autres types d’intervention s’il y a eu lieu (révision budgétaire si nécessaire). Pour le HCR : ¾ Renforcement du Programme Réfugiés Centrafricains au Tchad : protection, santé, éducation, abris, non-vivres, eau, appui à l’agriculture. ¾ Transfert urgente des réfugies centrafricaines dans le nouveaux site loin de la frontière (Am Timan) pendant la saison sèche.
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Pour l’UNICEF et OMS: ¾ Renforcement du volet préparation et réponse aux urgences et la prise en charge de la malnutrition sévère, MCHN, vaccination, sensibilisation sur VIH/SIDA, SGBV, FGM etc dans le sud-est du Tchad dans le cadre du programme de coopération avec le gouvernement tchadienne Pour la FAO : ¾ Mise en place d’un TCP (Programme de coopération technique) pour l’assistance aux réfugiés Centrafricains au Tchad Pour OCHA ¾ La réponse requiert l’engagement et la coordination des différentes parties pour la mise en œuvre des activités. Chaque agence et partenaires doivent préparer son plan d’action qui donne quelques actions principales et un calendrier sera présenté au comité de coordination de l’urgence pour un bon suivie et coordination.

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