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Elevage avicole à Madagasikara : cas des poules

L’élevage de poules prend une place importante dans l’aviculture malagasy,


surtout au niveau de l’aviculture traditionnel. Elles sont surtout rentables pour leur
production de viande et d’œufs, indispensable aux mœurs et à la vie malagasy. Rendre
plus professionnel cet élevage, en créant des industries par exemple, est un des
facteurs de développement de notre secteur primaire qui se base malheureusement sur
l’agriculture. En effet, les poules constituent la moitié des effectifs des volailles
malagasy.

I/Morphologies
I/Morphologies externes :
Le corps des poules est recouvert de plumes, celles-ci ont un rôle locomoteur et
protecteur. La pousse des plumes fatigues beaucoup les jeunes oiseaux, il faut alors
leur donner une alimentation riche et les garder à l’abri de l’humidité, du vent et du
froid.
Il y a plusieurs types de plumes, les deux principaux sont :
- les plumes de couvertures qui couvrent le corps, en délimitent le contour et qui
ont un rôle isolant en maintenant sa température interne.
- les pennes les plumes d’envol, elles sont plus importantes, plus résistantes, plus
rigides et ont un profil aérodynamique (moins incurvées que les plumes du
corps).
II/ Les différentes races de poule à Madagasikara :
Actuellement dans la grande île, l’élevage des poules s’est beaucoup
développé et on peut considérer plusieurs races suivant les productions voulues
(viandes, œufs de consommation ou encore poussins d’un jour). La dominance est
encore marquée par la race locale (Akoho gasy). Cependant, on peut considérer d’autres
tels :

a) La race RHRODE ISLAND :


Origine :
Elle est originaire des Etats-Unis, de l’Etat de Rhode island d’où son nom. Elle est issue
de sélection de combattants Malais rouges croisées avec d’autres races asiatiques,
créée en 1860.

Description :
C’est une race de taille moyenne, à forme rectangulaire avec ligne de dos horizontale,
sélectionnée pour sa bonne productivité et sa beauté. La couleur du plumage est rouge
foncé acajou à reflets brillants pour la variété la plus répandue mais elle existe
également en plumage blanc.
o Crête : simple ou frisée
o Couleur des oreillons : rouge
o Couleur des yeux : rouge orangée
o Couleur de la peau : jaune
o Couleur des tarses : jaune
o Variétés de plumage : acajou et blanc
Grande race :
o Masse idéale : COQ=3 à 4 kg ; POULE= 2.4 à 3 kg
o Œufs à couver : 60 g au minimum et coquille de couleur brune
o Diamètre des bagues : COQ=22mm ; POULE=20mm.

Naine :
o Masse idéale : COQ= 1 kg ; POULE= 800g
o Œufs à couver : 40 g au minimum et coquille de couleur brun clair
o Diamètre des bagues : COQ=14mm ; POULE=12mm

(RHODE ISLAND de couleur acajou)

b) La race SUSSEX :
Origine
Origine :
Elle est originaire du sud de l’Angleterre, plus précisément du compté de Sussex. Cette
race de gallinacés est très rustique, elle supporte sans aucun problème le froid. Sa
réputation fait de cette volaille une valeur sure dans un poulailler familial.

Description :
La Sussex est une race lourde et compacte, la poule pèse 2.5 à 3 kg et le coq 3 à 4 kg.
Il existe quelques variétés : blanche, blanc herminé noir, coucou, dorée ou brune, gris
argenté, rouge herminé noir ou encore tricolore.
Elle a de nombreux atouts :
o Une pondeuse régulière, très bonne pondeuse (l’œuf pèse environ 55 gr)
o Sa chair à peau blanche est très appréciée
o Son aspect est esthétiquement soigné
o Les qualités de mère font également toute sa réputation

(SUSSEX herminé)
c) La race LEGHORN :
La Leghorn est une race de poule domestique des plus répandues à travers le monde,
servant notamment dans la création de souches de poules pondeuses industrielles.

Les différents types :


Du fait de sa renommée internationale et de sa grande diffusion, la Leghorn a été
sélectionnée et améliorée dans divers pays, ayant ainsi abouti à quatre types de
Leghorn :
∼ La Leghorn dit « type ancien » (la forme d’origine de la race)
∼ La Leghorn dit « type moderne » (sélectionnée en Allemagne)
∼ La Leghorn dit « type américain » et
∼ La Leghorn dit « type anglais »

1) La Leghorn « type ancien » :

C’est la variété représentant le véritable type italien d’origine, issu des volailles
fermières de la région de Livourne. Parvenue en Angleterre via l’Amérique vers 1875,
elle est connue et élevée en Europe depuis cette date.
C’est une volaille de bonne taille, au corps long et profond, à poitrine pleine avec un
abdomen bien développé tout en ayant une allure svelte et élégante. C’est une race vive
à croissance et emplumage rapide des jeunes, une mue tardive et rapide des adultes.

o Masse idéale : COQ=2.25 à 3 kg ; POULE=1.75 à 2.5 kg


o Crête : simple et grande
o Couleur des oreillons : blanc
o Couleur des yeux : rouge
o Couleur de la peau : blanche
o Couleur des tarses : jaune
o Variétés de plumage : uniquement doré saumoné poncé
o Œufs à couver : 55 g minimum à coquille blanche
o Diamètre des bagues : COQ=18mm ; POULE=16mm.

2) La Leghorn « type moderne » :

La Leghorn de type moderne doit son type et son coloris au travail des sélectionneurs
allemands. Les lignes du corps sont harmonieuses, la queue pleine avec faucilles larges
et la crête typique à dentelure régulière.
On peut aussi apercevoir une variété autosexable dite LEGBAR (le coq et la poule sont
de coloris diffèrents). Pour la race standard les caractéristiques sont les suivants :

o Masse idéale : COQ=2 à 2.7 kg ; POULE=1.8 à 2.4 kg


o Crête : simple et moyenne, crête frisée admise
o Couleur des oreillons : blancs
o Couleur de la peau : blanche
o Couleur des tarses : jaune
o Variétés de plumage : doré saumoné, argenté saumoné, orange, noire, noire
caillouté, blanc, fauve, bleue, rouge, pile, barrée, tricolore, Legbar et d’autres.
o Œufs à couver : 55 g minimum à coquille blanche
o Diamètre des bagues : COQ=18mm ; POULE=16mm.
3) La Leghorn « type américain » :

C’est une volaille de forme pleine et racée, avec une position moyenne, un corps porté à
l’horizontale et une poitrine profonde, proéminente et arrondie. Son ossature est fine et
ses cuisses sont bien visibles.
Voici ses caractéristiques :

o Masse idéale : COQ=2 à 2.7 kg ; POULE=1.7 à 2.2 kg


o Crête : simple, frisée
o Couleur des oreillons : blancs
o Couleur des yeux : rouge orangé
o Couleur de la peau : blanche
o Couleur des tarses : jaune
o Variétés de plumage : uniquement blanc
o Œufs à couver : 60 g minimum à coquille blanche
o Diamètre des bagues : COQ=18mm ; Poule=16mm

4) La Leghorn « type anglaise » :

C’est une souche améliorée et transformée en Angleterre, de forme svelte, de grandeur


moyenne, d’allure fière avec une poitrine large et haute.

o Masse idéale : COQ=2 à 2.5 kg ; POULE=1.5 à 2 kg


o Crête : simple
o Couleur des oreillons : blanc
o Couleur des yeux : rouge orangé
o Couleur de la peau : blanche
o Couleur des tarses : jaune
o Variétés de plumage : uniquement
o Œufs à couver : 55 g minimum à coquille blanche
o Diamètre des bagues : COQ=18mm ; POULE=16mm

d) La race HARCO :(*)


La Harco est obtenue par le croisement de la race RHODE ISLAND avec la race
PLYMOUTH ROCK BARRE (Harco sex link pour l’élevage français ou Star line pour
l’élevage belge). Les poussins de cette race autosexable présentent une couleur noire
avec une tache blanche sur la tête pour les mâles et sans tache pour les femelles. Pour
les adultes, la Harco pondeuse est une poule basse sur patte avec un plumage noir
tacheté de jaune brun au niveau du camail.
Au niveau industriel et dans des bonnes conditions d’élevage (alimentaire, sanitaire ...),
elle possède les caractéristiques suivant :
o Taux de mortalité poussins de 1 à 8 semaines : 1%
o Taux de mortalité en période d’élevage 8 à 22 semaines : 2.1%
o Poids à l’entrée en ponte (semaines) : 1.95 kg
o Poids en fin de ponte : 2.4 kg
o Production par pondeuse entrée en poulailler : 250 oeufs
o Production par poule : 270 œufs
o Poids moyen des œufs pendant toute la durée de ponte : 63 g
o Aliment par œuf produit : 159 g
o Taux d’éclosion : 60%

(*) D’après ANDRIANARIVONY Bodo Fara Volana, dans La Harco en élevage artisanal
malgache, mémoire de fin d’étude 1981-1984)

III/ Elevage des poules à Madagasikara


Cet élevage atteigne presque toutes les régions malagasy que ce soit urbaine
ou rurale. Cependant, les textes ci-dessous résultent des études faites sur deux zones
biens définies : zone 1 se trouvant à 10 Km de la capitale, dans la commune
d’Ambohimangakely, sous préfecture d’Antananarivo Avaradrano et zone 2 située dans
la sous préfecture de Moramanga, province de Tamatave à une centaine de kilomètre
de la capitale. Chaque zone est composée de trois villages formées chacune d’au moins
égal à 4 ménages.

A. Taille et composition du cheptel :


Le recensement a donné un effectif total de 398 volailles dans l’ensemble des deux
zones dont 363 poules, 22 canards, 10 pigeons et 3 oies.

Zone Nombre Nombre Nombre Nombre Nombre total


de famille de poules de de d’oies
canards pigeons
1 15 150 22 10 -- 182
2 18 213 -- -- 3 216
total 33 363 22 10 3 398
Tableau I : Taille et composition du cheptel

En tenant compte uniquement des poules, la moyenne par ménage s’élève à


11 oiseaux. La poule domine l’effectif total vue qu’elle représente environ 91% de ce
dernier. La composition globale du cheptel est de 157 poussins (43.3%), 105 poulets
(28.9%), 79 poules (21.8%) et 22 coqs (6%) respectivement. Le sex-ratio est de 1 coq
pour 3.6 poules.

B. Alimentation :
Une alimentation correcte et régulière demeure nécessaire pour le bon développement
des poules, surtout les poules pondeuses. Par contre ici, les poules se nourrissent
d’elles même autour de la propriété familiale, elles sont donc appelées SCAVENGERS.
Les nourritures sont constituées d’insectes, de vers de terre, de sauterelles, de larves,
de la verdure, des récoltes, de l’herbe, des graines et du sable.
Toutefois des supplémentations sont apportées aux volailles telles les déchets de
cuisine, du riz (blanc ou paddy), du mais, du manioc et du provende quand les moyens
le permis. En plus, la plupart des ménages offre de l’eau à leurs animaux dont l’origine
reste très variable.

composants provende
poussin (kg) poulette (kg) pondeuse (kg)
Mais 200 250 200
Son fin 40 50 35
Tourteaux(arachide) 100 60 72
Poissons secs 40 10 30
Farine de sang 3 10 20
Poudre d’os calciné 4 10 20
Coquillage -- 4 16
Sel 1 1 2
Vitamines 7 5 5
Tableau II : formule de provende

C. Production d’œufs/poussins :
A partir de 34 poules, on a pu enregistrer au total 587 œufs dont 457 sont
incubés et le reste (130) disponible pour la consommation et la vente. Cette production
se repartit en 34 couvées. Parmi les œufs incubés, 399 ont donné 327 poussins d’où un
taux d’éclosion de 82%

Village Ménage Nombre Nombre Œufs Œufs Œufs Taux


de de produits incubés éclos d’éclosion
poules couvées
111 6 7 92 61 54 88.5
112 4 6 65/46 37 31 83.8
11 113 1 0 40 -- -- --
114 2 2 25 26 22 88.0
115 2 3 55/40 39/24** 20 83.3
121 7 8a/9 86/84* 83/70 61 87.1
12 123 4 7 100 97/85 65 76.5
125 3 4 46/24 38/20 12 31.6
131 2 2 26 26 75 57.7
13 132 -- -- -- -- -- --
133 3 4 43 42 39 92.8
134 1 1 9 9 8 88.8
12 34 45/44 587/551 457/399 327 82.0
Production poussins/œufs pour la zone 1
a : nombre de couvées dont les œufs sont incubés, * : numérateur=nombre total d’œufs
produit ; dénominateur=nombre total d’œufs incubés, ** : numérateur= nombre total
d’œufs incubés ; dénominateur= nombre total d’œufs incubés donnant des poussins.
11 : zone 1, village 1
111 : zone 1, village 1, ménage 1

Il en découle les performances suivantes caractérisant la poule de la zone 1 : 17.3


œufs par poule au bout de 5 mois d’observation (mai à octobre) en 1.25 couvées, soit
environ 13.3 œufs par couvée ; le nombre d’œufs disponible par couvée s’élève à 2.95
œufs.
Village Ménage Nombre Nombre Œufs Œufs Œufs Taux
de de produits incubés éclos d’éclosion
poules couvées
213 3 3 23 16 16 100.0
214 4 6 91/83 55 38 69.1
215 1 2 17 17/11** 9 81.8
218 2 2 20 20/10 9 90.0
219 1 1 10 10 3 30.0
221 5 12 157 94 92 97.9
222 5 6 79 74 63 85.1
223 5 8 101/54 47 35 74.4
224 1 1 10 10 10 100.0
225 2 3 38 37 35 94.6
226 3 5 75 67 48 71.6
227 3 6 77 59/50 41 82.0
231 1 3 28 28 26 92.8
232 7 10 85 81 8 83.9
233 1 1 9 9 9 100.0
234 1 1 13 13 11 84.6
235 3 4a/5 56 56/41 39 95.1
236 3 4 40 40 37 92.5
18 51 78/79 929/874 730/693 584 84.3
Production poussins/œufs zone 2

Pour la zone 2, 51 poules ont pondu 929 œufs en 79 couvées, dont 730 sont incubés.
Parmi ces derniers 693 ont donné 584 poussins ; ce qui correspond à un taux d’éclosion
de 84.3%. Comme pour la première zone, la poule de cette zone produit 18.2 œufs
pendant les 5 mois en 1.54 couvées, le nombre d’œufs par couvée s’élève à 11.75 ;
tandis que les disponibles pour la consommation/vente à 2.5 œufs couvée.

D. Santé :
Le problème sanitaire est l’un des facteurs qui bloque le développement de l’aviculture
à Madagasikara.
Chez les poussins, une liste de symptômes a été souvent rencontrée à savoir :
o La prostration avec ou sans dyspnée
o La diarrhée
o L’amaigrissement
Ces symptômes apparaissent dès le milieu de la deuxième semaine d’age. Des
autopsies effectuées ont démontrées qu’il s’agit des cas de parasitisme interne dans
lequel sont associés certains vers ou helminthes. Le polyparasitisme semble être de
règle dans le sous- secteur avicole traditionnel des zones étudiées où les associations
sont fréquentes. Les parasites les plus fréquents rencontrés sont les Tetrameres,
Syngamus, Ascarida, Hetrakis, Taenia. Des analyses coproscopiques effectuées chez
toutes les classes d’age ont renforcé ce constat car plus de 74% des analyses se sont
montés positives avec présence d’œufs de parasites. Toute la population est
identiquement infestée, mais seulement les poussins présentent des symptômes de
maladie.
E. Bâtiment et matériels d’élevage :
Chaque ménage possède sa propre structure du poulailler mais généralement ce
dernier est en bois sur pilotis. Les quatre murs sont en bois à claire-voie enduit d’huile
de vidange pour le conserver, la toiture en chaume, le plancher en lattes. Les pendoirs
et la mangeoire sont disposés de façon à ce que le service (collecte des œufs et
distribution de provende) soit fait de l’extérieur. Le plancher en lattes met les pondeuses
à l’abri des infestations parasitaires et maladies infectieuses pouvant être transmises
par les déjections. Des dispositifs fixés sur les pilotis empêchent les rats d’arriver dans
le poulailler.
L’abreuvoir est représenté par une boite de conserve ou de lait concentré sucré,
retenue par des brique, ou par des cuvettes en plastique.

 La poussinière :
Pour les petits ménages, construire une poussinière reste à choisir. Ils laissent
tout simplement les poussins avec leur mère. Cependant, nous allons définir une
poussinière suivant la norme car ce bâtiment est très important pour la bonne
croissance et le bon développement des poussins :
 les bâtiments sont en dure, le sol est cimenté, nu pour les uns, recouvert de
copeaux de bois pour d’autres. Des lampes à infrarouge sont utilisées pour le
chauffage des poussins jusqu’à 2 mois. A défaut de ces lampes et ses
complémentaires, des éleveurs utilisent des lampes à pétrole ou des lampes à
néon.
 Les mangeoires sont linéaires, en bois (les premiers jours) ou en tôle galvanisé
de 0.5 à 1 mètre de long. Les abreuvoirs sont siphoïdes de 51 et de 20 litres de
capacité.
Pour le éleveurs plus avancés qui ont les moyens, leur ferme peut disposer de couveuse
ou incubateurs de capacité variable.

A Madagasikara, l’aviculture est en voie de développement durable en particulier la


filière « poule ». En effet, l’élevage de poule représente la moitié de l’aviculture
malagasy donc son évolution demeure très important pour l’essor cette aviculture.
Vulgariser les diverses pratiques et techniques au niveau des paysans, multiplier les
techniciens avicoles et faciliter l’accessibilité des éleveurs aux différents matériels sont
les principaux problèmes à résoudre. Et enfin, trouver d’autres débouchés pour écoulés
ou exportés les produits.