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LE LIBRE OURNAL ade la France Courtoise ae > 4 we . SS W i) SALUT L’ ARTISTE DECADAIRE ction fe dain capac |_J Racisme antifrangais : d’autres scandales |_] Comique : ce que « pensent » les jeunes socialistes (J Stratégie : le Soudan |_J Grigneux découvre Dem (J Une lettre de Bretagne |_J Le « Nouvel Obs » a Toulon : enquéte au scanner LJEt ADG qui continue de se ronger. 10 janvier 1996, Prix au numéro 27 francs A JEAN... Nous apprenons le rappel 4 Dieu de la maman de notre ami Jean Silve de Ventavon. Cette adorable vieille dame était d'une élégance rare, d'une discrétion parfaite, ‘un dévouement admirable. Elle a été, dans la souffrance des derniers jours, d'un héroisme magnifique et elle est morte doucement en demandant pardon a son fils, quitté, de cette premiere défection. ‘Nous partageons la peine immense de Jean parce qu’il est un ami profondément aimé . Et parce que nous savons que, face a la mort d'une mere, un homme redevient un petit enfant, nous Vembrassons avec tristesse que seule la certitude de a vie eternelle peut tempérer. Le Libre Journal qu'elle n’avait jamais ° ; RECONFORT J’ai été consterné en apprenant le vol de votre fichier. J’ai i regu pendant les i gréves quelques } numéros du “Quoti- : dien de Paris” mais n’ai malheureuse- ment pas gardé les étiquettes d’envoi. Je fais ce jour une lettre 4 monsieur Miguet, directeur du “Quoti- dien de Paris” qui est responsable de son } journal. On ne i ‘dénonce pas les magouilles de cer- tains si I’on se livre solméme a ce genre de malhonnéteté. Joint le renouvelle- ‘ment de mon abon- nement ainsi que la valeur de deux autres que vous utiliserez a votre gré. Je prie pour vous chaque Jour et vous remercie pour Je réconfort que vous nous apportez par votre courage et votre “Libre Journal". Que 1996 soit pour vous et ceux que vous aimez une i meilleure année. : R. C. (Montreuil) Lettres de chez nous ; JE N’ATTENDS PAS | L’éditorial du n° 84 m/apprenant vos dif- ficultés de trésorerie i dues aux gréves, je n’attends pas Ia fin de mon abonnement : pour le renouveler.J‘ai bien regu en décembre 1995 quelques exemplaires du “Quotidien de Paris” Si les renseigne- ments me concer- nant se sont faufilés hors de votre fichier, Je vous rassure : cela ne m‘importe pas, car leur lecture n’apprendra rien de plus sur mes opi- nions qui ne soit connu, en particulier du fait de mes fonc- tions de secrétaire de l'association France-Valeurs du général Delaunay. Je profite de cette occasion pour sou- haiter Bonne Année 4 toute ’équipe du “Libre Journal” P. V. (Saint Gratien * , PAR “PRESENT” J’apprends par Présent”, auquel i Je suis aussi : abonnée, que votre : fichier avait été i vole. J’ai regu i effectivement } a titre gratuit i quelques exemplaires du “Quotidien de Paris”. Aprés lecture : rapide, je ne les : ai pas conservés : mais j’ai retrouvé une des étiquettes ! utilisées pour ces i envois. Je vous Vadresse. Mon abonnement au “Libre Journal” expire avec le n° 89. ! Toutefois, je profite de cette correspondance pour me réabonner : par anticipation pour un an. Meilleurs voeux et bon courage. AL (Chamblay-lés- Tours) 00 la France 139, boulevard de Magenta 75010 Paris ‘Tel. : (1) 4280.09.53. Fax: (1) 42.80.19.61, Directeur : Serge de Beketch -« Lelibre Journal de la France Courtoise» est édité par la Sarl de presse SDB, ‘au capital de 2 000 francs, = Principaux associés : Beketch, Fournier = Commission paritaire 74371 = Dépot egal a parution = Imprimerie G.C.-Conseil 8, rue de Atlas, 75019 Paris Directeur de publication : D, de Beketch ISSN : 1244-2880 Abonnement 1 an 600 Frs, a SDB, 139 boulevard de Magenta 75010 Paris 4280.09.33 ‘Ce numéro contient un encart de 2 pages entre les pages 12 et 13 Editorial Salut lartiste ! Juge-t-on un homme 4 l’aune de ses ennemis ou de ses amis ? Ia question se pose, obsédante, devant les réactions a la mort de Francois Mitterrand. Convient-il de se ranger au cété des socialistes corrompus, des histrions invertis, des intellectuels de brasserie chic, des maquereaux de la mémoire, pour pleurer en choeur devant le mur des lamentations la perte du « big boss », du « parrain », du distributeur de bonnes planques et de combines juteuses ? Vaut-il mieux, a lexemple des génocideurs islamistes de Yougoslavie et des tapettes kagébistes du mouvement Vert allemand, cracher sur le cadavre encore chaud ? Ou bien, comme des millions de Francais (ceux qu’en tout cas la télé nous montre), passerons-nous par pertes et profits deux septennats de magouilles, de gabegies, de tricheries et de mensonges pour panthéoniser le vieux filou ? Ensevelirons-nous sous la cendre de l’oubli les nouveaux pauvres, le chémage, les faillites, la fiscalité écrasante, le totalitarisme administratif, la loi Gayssot, le sang contaminé, la toxicomanie galopante, l'immigration déferlante, les communistes installés au gouvernement, les gangsters faits ministres (et les ministres devenus gangsters), les Tapie, Boucheron, Max Théret, Pelat, Traboulsi et compagnie, le « Carrefour du développement », les gendarmes sacrifiés 4 Ouvéa, les tueurs d’Action directe remis en liberté, les écoutes de l'Elysée... ? Aurons-nous 4 ce point, comme disait le Maréchal du temps que le défunt portait sa francisque, « la mémoire courte » ? Certainement pas. Pour autant, on ne nous empéchera pas de dire que le vieux avait du panache, du culot, de la morgue et une formidable réserve de mépris pour la valetaille qui 'entourait. On ne nous fera pas oublier le fameux « Non ! Non ! Non et non ! » qui sonne encore a de certaines oreilles, ni ’arrogance avec laquelle il parlait de Dieu a ce monde impie et magonnisé. En somme, on ne nous enlévera pas de lidée que le seul drame de cet homme est de s’@tre trompé. Sil avait écrit des livres plut6t que de gribouiller Histoire, nous saluerions aujourd’hui un écrivain de droite.au lieu de voir partir un politicien de gauche. CAG Un des gags les SE plus récurrents ‘auxquels aura donné lew ta mort de Mit- errand porte sur les “révéla- tions”. A lire la presse, entre deus: encensements, tout a &4érévélé par tout le monde. “LBuénement du jeudi” aurait rév6é “te passé vichyste”, “Le Monde” aurait révéé “a vérité sur la maladie”, “Match” Nouvelles d LE CLOWN EST MORT APRES QUA ‘Tant pis pour les conve-| Au fond, lorsque I’on | dans cette métamor- nances : l'homme qui| regarde le visage impas- | phose le souci constant vient de disparaitre était | sible du “sphinx”, ne|de la gauche pour la le plus grand farceur que | retrouve-t-on pas I’inef- | défense de la dignité des la terre ait porté depuis | fable Buster Keaton? __| travailleurs. Jongtemps. De méme, le choix des | Le prestidigitateur entre La chose, si I’on veut| ministres ne parait-il pas | alors en piste pour un bien s’y arréter un ins-| avoir été décidé a la lec- | formidable numéro tant, est évidente et sym-| ture de I’Almanach Ver- | d’illusion qui, au Salon bolisée, d’une facon tel-| mot ? Qui peut croire | du Bourget, fait dispa- lement criante que| que c’est par hasard que | raitre les missiles des personne n’a osé la| ce fou des mots qu’était | avions de chasse vendus remarquer, par ce simple | Mitterrand a placé Cres- | par la France. fait : Shimon Perez, pre-| son a l’Agriculture, Le | Puis, c’est la grande mier ministre israélien, | Pensec a la Mer, Lorrain | parade, A Bujumbura, est le seul homme poli-| aux Anciens Combat- | capitale d’un des pays tique au monde (France| tants, Lalumiére a la|les plus déshérités du comprise) qui ait té| Fonction publique (EDP), | tiers-monde, le sommet, autorisé a assister aux| Rausch al’extérieur ? | baptisé par dérision “du obséques privées de Mit | Comme pour montrer | développement”, sera un terrand, dernier voyage a| tout le dérisoire de ce | sommet de rigolade. Vissue duquel il retrou-| jeu ministériel of l’on | On distribue aux Negres vera son ami René Bous-| peut mettre n‘importe | des baudruches qui quet, chef de la police de | qui n‘importe ott (y com- | exploseront, libérant des ces gens-li n'ont rien révélé qui ne fit para dix ans plus tt dans “Minute” GAG BIS A beouter les gens qui racontent aujourd'hui dans 1a presse, @ ta radio ou & la télé leur “dgjeuner en tte téte avec Mitterrand”, on comprend quit ait &é en mawuaise santé il devait “faire au moins six repas par jour A GAUCHE... “Mitterrand atu. | Vichy. pris Nallet, trésorier du | pices d’or que les orga- SE diant. Surla pho- | C’est & croire que toute | PS ala Justice). nisateurs du spectacle wtare Vaction politique de Mit-| Bt les choses sont allées | confisqueront aussitot terrand, depuis lentrée | ainsi pendant quatorze | sous les rires et les de clown du Panthéon ot | ans, comme au cirque. _| applaudissements. il faisait sortir des roses | Roulements de tambour | Un des effets comiques de sa manche derriére | et de tonnerre a la Bas- | favoris de Mitterrand les piliers du temple, | tille, illumination de la | aura été l’antiphrase. jusqu’a cet invité para-| piste. Monsieur Déloyal | Vieille entrée de clown doxal dans le cimetiére | annonce : “La France | qui consiste a dire “je de Jarnac, en passant| passe de l’ombre a la | m’en vais par la gauche” par le tour de prestidigi- | lumiére”. quand on arrive par la tation du cancer annoncé | Et le spectacle com- | droite. a la veille du referen-| mence. Ainsi, le coup de lanti- dum, semble avoir été| Scene d’entrée : le | phrase devint-ll un des placée sous le signe du| matraquage en régle | gags répétitifs les plus “private joke, comme| devant une centrale | courus des deux septen- gauche.” C'est la légende d'un views cliché publié par “Libé” ; detail: cette photo a Gt prise au cours d'une ‘manifestation estudiantine onganisée contre Vouverture de Vuniversié aux étran- gers. Les banderoes indi- quaient “Dehors les ‘Mais “Libé” ne le dit pas. LE PASSE Ge plow ht | disent les Anglais. nucléaire des militants | nats. Exemples, les dis- a | Regardez sa tenue favo-| écolos dont le candidat | cours formidablement presse des années rite : ce grand manteau | vient de se désister en | hilarants sur “l'indépen- noir et ce chapeau aj faveur de Mitterrand. dance de la justice”, “la large bord. Ne dirait-on | Puis, les sidérurgistes | séparation des pou- pas, vraiment, une de| lorrains qui, inquiets | voirs”, “le respect des ces “silhouettes” que les | pour leur emploi, avaient | pauvres”, “I’argent qui grands clowns aiment | conduit les cortéges de | corrompt”, “le progres imposer et dont la sim-| l’opposition a Giscard, | social”, “intégration et plicité austére est pro-| sont transformés en | culture”, “morale et poli- portionnelle au talent du! Schtroumpfs. Le peuple | tique’. On en oublie. comique ? applaudit, reconnaissant Au passage, rappelons 30 ppar Vincent Acker, alors ‘chef des informations de “Minute”. Elle fut publie en 1985 dans le cadre une série d’enguétes sur le passé de Mitterrand qui révélait pour la premiére fois Vengagement & Vestréme u Marigot TORZE ANS DE FARCE TRANQUILLE un des sketches les plus réussis mais qui relevait moins du cirque que du cabaret : “plans sociaux et défense des acquis sociaux", suivi aussitot du fameux numéro sur les “nouveaux pauvres* et du célébrissime “Je m’y engage, nous ne franchirons pas la barre des deux millions de chémeurs”, éblouissant monologue dit par Mau- roy sur un texte de Mit- terrand. ‘A propos des SDF (same- dis, dimanches et fetes, sur les horaires de la SNCF), on n’a pas oublié le gag sémantique consistant a leur dédier la dalle du Trocadero. Ce “Que dalle !" était bien dans la maniére de réblouissant jongleur de mots que fut Mitterrand. La mode s’installa rapi- dement. On vit ainsi les publici- taires s’essayer Ace sym- pathique mélange de calembours et de cynisme avec, par exemple, le slogan fameux “mettre de Vargent a gauche, c’est adroit” qui fleurit sous le septennat le plus cor- rompu de I'Histoire. Certains proches du pré- sident, sans doute pour le dérider, poussérent méme le sens du gag trop loin en imitant Zavatta dans son (trés mauvais) numéro dadieu. Mais, voulant surpasser le maitre, un des éléves gacha le gag : il se tira deux balles dans la téte, ce qui, méme pour quelqu’un de totalement déses- péré, est au moins une de trop. Pendant ce temps, les architectes présidentiels s‘attachaient a transfor- mer Paris en jardin d’enfants gateux. Un cube a la Défense, une pyramide au Louvre, une sphére a La Villette, des batons a la Grande Bibliotheque, ¢a tournait au jeu de construction. Les derniers développe- ments de la technique imposant le code barres, le vieil enfant en fit éri- ger un géant par Buren au Palais Royal. Du coup, toutes les élites se mirent de la par- tie. Ce fut a celui qui ferait le plus rire : on vit des médecins inoculer le Sida a leurs malades hémophiles, pendant que d'autres médicastres relisaient ludiquement le serment Hippocrate rebaptisé querre des cli- niques. Des magistrats emportérent a la maison les objets placés sous scellés dans leur tribu- naux, les journalistes laissérent tomber le verre de whisky au profit du pot-de-vin. Ace stade du spectacle, le grand farceur langa ce qui devait en rester pour longtemps l’insurpas- sable clou : V'irruption, sur la piste, de Tapie habillé en ministre. Ce fut un déchainement de tires, Le reste parut presque fade. L’apparition sous les sunlights d'une fille naturelle baptisée Maza- rine, méme agrémentée des meilleurs ingrédients du vaudeville classique : double ménage, apparte- ment secret, chassé- croisé d’épouse et de maitresse , des autres enfants, de journalistes, de gendarmes, d’ agents secrets, d’ amis person- nels, et sans doute des anes de Latché.ne sou- leva que des sourires entendus 11 fallait trouver plus fort. Ce fut le coup du septen- nat : le bétonneur Bouygues se voyant confier la premiére chaine au nom du “mieux disant culturel". La, tout le monde en convint, il était impos- le de faire mieux. Jamais président ne serait si populaire. On pouvait — reprendre confiance et entonner en cheeur les vieux slogans “Pain, Paix et Liberté”, y ajouter les Jeux de vingt heures oi les questions sur I’affaire Péchiney, les délits d’initiés, le trou de VOpéra-Bastille, les matchs de foot truqués et autres sujets du méme métal seraient prohibées. On croyait vraiment que personne, jamais, ne pourrait faire mieux et que Mitterrand avait atteint le sommet de son art. Erreur. Il préparait un feu artifice final que meme les plus optimistes n’avaient jamais osé rever. Il ne se présenta pas pour un troisiéme sep- tennat et Chirac fut élu. Vépoque, aucun “confrére” ne reprit la moindre des informations pourtant sen- sationnelles exkumées par Acker PILLAGE, Cen'est qu'apris le refus de Mitter- ‘rand de se proster ner devant les boutiquiers de la mémoire que la presse ct Védition commencérent & lever le wile et, pour cela, pillérent littévalement Penquéte d’Acker, ta collec tion de “Minute” et le trois uméras du *Crapouillot” qui, des années avant, auaient publié tout ce gui allait devenir des *révéla- tioms sur le passé de Miter rand’. FEU VERT ‘Ala relecture, chronologique, des faits, iLest evident qu'une consigne de silence et de censure a 6é levte et que Vautorisation a été don- née de publier ce que tout le petit monde des initiés sacl On constate que ce feu vert ‘est interven quelques semaines apris que Serge Klarsfeld, qui n'avait pas prt obtenir Vannulation du dépat de gerbe d Pétain, eut annoneé qu'il avait les :moayens de faire plier Mitter- rand. “REVELATION” ‘Mardi, les radios “évélation’” par “Le Monde” que Mitter rand était en fait atteint d'un cancer depuis le début de son premier seplennat, Révélation, tu parts !. Dis 1981, “Minute” avait donné tous les détails sur la maladie. Indiquant méme qui s‘agissait d'un cancer de la prostate et annoncant son évolution probable. ee ese PIQUEURS “Le Monde” Oe iret ulres iNouvelles tides « "Mite went polos es jours; is fino - i . eels "| Racisme antifrancais : de Karim en Sylla tion accompagnée d'un com- setae loner = : oe “pritendiues révélaions de Lz de ces der-| jeunes Négresses se ser- | municipalité d’un Bonne- Thebdowadatre d'esiieme éres semaines| vent sur un plateau chez | maison dont on ne se droite” fmontre encore a| un commergant d’articles | recommande pas, est ‘Non seulement ils sont nuls, | quel point les Frangais| de sport de Vitry-sur- | démantelé par la police. ‘mais en pilus ils sont sont persécutés dans leur | Seine, d’ethnie cauca- | Venue de la sinistre cité piqueuers propre pays. sienne, cela va de soi. | Salvador Allend, ils Pas une journée qui| Aprés avoir aspergé avec | dépouillaient les automo- PORTRAIT n’apporte son lot de| une bombe lacrymogéne, | bilistes aux feux rouges On avait du pillages, de meurtres, de | elles lui volent pour plu- | (avec une préférence mar- mal, tundi sox | yiols, d’agressions. sieurs milliers de francs | quée pour les femmes...). oe ene son Comme si cela ne suf-| de marchandise. Le 28, un gang de ‘funébre prononcée par Chi- rac en se souvenant du portrait de Uintéressé tracé ‘un jour par le défunt “Velléitaire, vorace, vulgai- re et voyou. at fisait pas, la presse se| L’enqueéte, _menée | Turcs est interpellé a Metz complait dans Vincitation | directement par la police | dans une affaire de trafic a la haine, I’appel au| au lycée Jean-Macé | de drogue. meurtre permanent| (I’habitude ?)permet Le 30 novembre, a contre ceux qui ont) d’arréter les receleurs, | Rennes, un concert de décidé, parfois au pérll de| deux autres mélano-| rap est le théatre de vio- leur vie, de défendre les | dermes lents incidents, alors que MOT DELAFIN Frangais et de lutter pour) Le jeudi, tout ce petit | des casseurs sévissent On pensait aussi | assurer un avenir meilleur | monde est libéré. Paris, a Nantes et a Mont- SE au mat que Léon | Anos enfants. Le 23, un gang d’Epi- | pellier. Daudet préta a Le 21 novembre, six! nay-sur-Seine, I'ancienne| Le 2 décembre, un Zola apprenant la mort de Vor tage “Enfin !” Avis de chiens : = sacra wer F 16s MMs Be SERIE soar it bases ) a pan qesrri faces) (,fMe, fUSEABOS UKs? AUKKUENT SERV! A ABAT ERE eee DES SECTES. ses VicTMes. 68 Restee: ieee oe AVEU Saisi au vol tors SE dun “micro-trot- oir” télevisé, cet hommage d'une Beurette “Nous, on aime Mitter- rand parce qwil a fait plus pour les étrangers que pour les Frangais. Ben voilé... COSMOPOLITE Crest VEspagnol Placido Domingo qui ait venw chanter U’ “Hymne dla joie” au Panthéon pour Ventrée en fonction de Ton- ton ; c'est ’Américaine Barbara Hendrickx qui a chanté “Le Temps des cerises” pour son départ. - as 6c! Fase 4 éinenee run aoetre \ WN ge obiiie oe eS oi Teo, LWRRATOM DE EES SECTS fea ser) us dere 3 BUN PET | €e9 Aue geome! Ord KAHNE oe ON ene y YINS £9 FONCTION ouvrier francais est assas- siné a Toulouse par Moha- med Rhamani, ancien cadre du gouvernement national-socialiste de Bou- medienne replié sur Tou- louse. Le pere de famille, magon dont les travaux génaient le dignitaire FLN. a été abattu froide- ment d’une balle de revol- ver La “Dépéche du Midi” offrira a la victime un éloge funéraire plein de retenue: “Si seulement le mur était tombé plus tot, la rue aurait été libre et rien ne serait arrivé ", A Cannes, depuis quelques mois, des groupes de Maghrébins se livrent en toute impunité a des attaques racistes sur des jeunes filles qui ont le malheur d’afficher un profil aryen, notam- ment de petites Autri- chiennes en séjour lin- quistique. Certaines se sont méme retrouvées a Yhopital. Il va de soi que es organisations préten- dument antiracistes ne disent mot, donc consen- tent. Le 11 décembre a vu la mise en examen de deux immigrés qui ont agressé la famille d'un directeur de foyer Sona- cotra et torturé a mort sa fille de 20 ans ; et I’incul- pation de Hansa Chebabi, qui assassina Régis Schmidlin a la sortie d’un bar de Strasbourg. Trois Jours plus tot, un fleuriste parisien avait été sérieu- sement blessé a coups de battes de base-balll et de marteaux par une bande de “jeunes” qui ont sac- cagé son magasin. Le 12, a Toulon, une employée municipale est attaquée, devant I’école du Jonquet, par quatre Maghrébins qui lui repro- chent de “travailler pour la mairie raciste F.N” . Elle avait déja été victime d'une agression de ce type au printemps. Le 15, le SCHFEN rend public un rapport sur la violence en banlieue. I dénombre pas moins de cent quarante trois gangs racistes non-européens, dont soixante et un en Région parisienne. Soixante quinze sont It sinistre secte Abdulai, qualifiée d’ “ouvertement raciste, connue des ser- vices de police pour des faits délictueux, voire cri- minels, se livrant a des vols, agressions, vols, viols et trafics di contre les Blancs”. Cette secte, dont 87 % des membres sont connus des services de police, est représentée par l'ignoble groupe rap- ciste Ministre Amer, qui chante avec la bénédic- tion de la LICRA, du MRAP et de Martine Aubry, pour le plus grand bénéfice financier de sieur Fran- ois Grandchamp PDG de la société Musidisc, Petit a petit, nos ban- ues ressemblent a VAmérique. Non seulement le pou- voir ne fait rien, mais , par le biais de “aide a la cul- ture” il subventionne les rapeurs négres qui appel- lent aux crimes racistes, montrant oti sont ses pré- ferences... Comme pour confir- mer ce rapport, une mere de famille de 35 ans, habitante des Mureaux, va vivre un veritable calvaire. Le terrorisme arabe avait déja frappée dans son ame, aux Galerie Lafayette, lors de 'atten- tat du 7 décembre 1985. Dix ans plus tard, presque jour pour jour, elle allait étre frappée par les mémes Arabes, cette fois dans sa chair. Sortait de Vhopital of on traite les troubles dus a V’attentat, elle croise un Négre et deux Arabes. Entrainée dans un garage, elle est battue et violée. Elle veut porter plainte. Une ins- pectrice la regoit, l'aide, s 4 I'Islam, dont la | ja réconforte.. Le lende- main, on la force a rettirer | sa plainte et la fonction- esheets each ere cine es a aaa i956 & naire qui I’a recue est mutée, Pour finir, ses tortion- naires qui lui ont volé ses papiers la menacent a ile de représailles uur son fils de 12 ans. Ni la LICRA, ni le MRAP, ne se sont intéressés a Vaffaire, au contraire de VAGRI - Le 18 décembre, Nadira Bitach, cette Beu- rette de Romainville qui brila vive une jeune fille de 16 ans par haine reli- gieuse (sa victime était catholique), n’a été con- damnée qu’a 12 ans de prison. Les lecteurs du “Libre Journal” étant des adultes responsables (sinon, ils liraient “Le Nouvel Obs" ou, pire, “Var Matin’), ils savent trés bien les conclusions a tirer de tels événements. Pour ceux qui 'ignoreraient encore, VAGRIF est domiciliée au 70 boulevard Saint-Ger- main, 75005 Paris ; Vadhésion est de 50 francs par an et le télé- phone est le 40 46 96 51. Henri de FERSAN SUCCESSION Quand Juppé Se inn sé, Chirac aurait décidé de confier Matignon @ Toubon. Crest Ia rumeur méchante que fait circuler Giscard. A ce train, le dernier premier ‘ministre du septennat sera Garcimore. AMUSANT On n'a pas fini SE d'en apprendre, sembleil, avec le seandale autour de UARC, association de financement de la lutte contre te cancer dont plus de 70 % des revenus servent & payer les salaires des permanents, la publicité et bien d'autres choses Lévencom, ily a dix ans que “Minute” avait tout amis au grand jour, mais personne n'avait bronché FRANC MAG Lexplication est SE simple le boss de VARG, Crovema- rie, faux professeur, est un grand ponte de la franc- ‘maconnerie. Il bénéficiait depuis des années de la protection de ses freres dans la presse, la police, la magistrature et la poli- tique. Apparemment, ila da ‘oublier un virement. RICHISSIME, Du coup, les aii nen, On décousre que ce petit homme ron- douillard, qui prétendait vivre avec méman et ne détenir aucun patrimoine, vit en réalité dans une somptueuse propridté entourée de hauts murs @ Bandol, une des villes les plus cheves de VEsteret copropridtaire d'un yacht somptueux. Son asso- cié dans Vaffaire ant le fils du sénateur Gaillavet, grand promoteur de Veutha- ASSOCIES Or, curieusement, teur de Veuthana- sie est Schwarteenberg, le cancérologue potiticard ex- larbin de Tapie le fameux yachtman. Gomme dit ADG, le cancer fait décidément vivre plus de ‘gens quiil nen tue CONNEXION conseit”, perceoait des hono- raires pour des études sur divers sujets de la part d'une société qui, par ailleurs, fournissait é VARC te Peapier nécessaire @ ses formi- dables mailings de dizaines de millions de prospectus. BENEFICE LIARG, présidée par Crozemarie, ‘achetait @ la socié 1 intermédiaire employeur de Croxemarie. Le papier tail facturé vingt mille francs la tonne alors qu'il ‘avait &é payé moins de cing mille francs. On se demande ‘raiment on: passait la diffé- PRIX FORT ‘Autre exemple: a seule mise en page de "Fondamental”, revue de seize pages jrblide par VARG, était facturée six cent mille francs ! Alors que, dans ta presse, letarf le plus levé pour ce genre de travail ‘ne saurait en aucun cas dépasser cing mille francs ar page POUR RIRE UN PEU: CE QUE « PENSENT » LES JEUNES SOCIALISTES u mois de dé- cembre dernier est tenu a la Faculté des lettres Orléans le deuxiéme congrés du Mouvement des jeunes socialistes. Réunion trés fermée, comme on I’imagine, a laquelle, pourtant, quelques individus sans scrupules appartenant au Front national de la Jeunesse ont pu assister en s‘infiltrant dans les lieux (ces jeunes fachistes ne reculent devant rien 1). Pire : non contents de s‘inviter en un lieu od ils n’étaient pas bienve- nus (pensez a la téte du doyen si le FNJ préten- dait organiser un congrés dans les locaux de la fac !), les militants du Front de la jeunesse ‘ont emporté les docu- ments qui leur ont été remis et notamment le “Texte d'orientation pro- posé a l’unanimité par le Conseil national”. Pas moins... Les lecteurs du “Libre Journal” vont donc pou- voir étre informés de la pensée politique des Jeunes socialistes en mouvement. Que veulent-ils donc, ces gamins roses ? Eh bien, d’abord, ils constatent que “la droite au pouvoir n’a rien compris a la colére et aux revendications des victimes du sys- téme dominant’. Les “victimes du sys- téme dominant” étant, on vous explique puisque vous n’étes ni jeune ni socialiste, les fonctionnaires, ces modernes esclaves contraints d’étre pré- sents au bureau sept heures par jour, cing | jours par semaine, ce qui leur donne a peine [le temps de faire la gréve payée pour la semaine de trente heures, le mois de quinze jours et la retraite a cinquante ans. Ensuite, nos jeunes socialistes remarquent que, “au coeur méme de l'Union européenne, la préférence nationale connait un succés inquiétant”, ce a quoi ils proposent, comme reméde, de “dissocier la citoyenneté et la natio- nalité”. Simple, non ? Ils déplorent aussi que formisation et la isation du fait cul- turel (sic) menacent ce lent processus qui fait les valeurs d'une société et I’identité d’un pays” et que la “mon- dialisation, les lieux de décision et de pouvoir échappent de plus en plus a la sphére poli- tique et au controle démocratique”. La encore, Ils ont la solution : “transposer au niveau européen une souveraineté qui ne peut plus s’exercer dans le cadre national”. En somme, ces jeunes telligences dénoncent d'une méme voix ceux qui refusent le métis- sage culturel et ceux qui en profitent. Et pro- posent de les combattre en leur donnant le pou- voir. Crest ca, la cohérence socialiste 1 Autre exemple : d’une méme voix encore, les jeunes PS exigent un “parlement plus repré- sentatif des courants d’opinion dans la société” et condam- nent, depuis les locaux de la fac, la distribution de “tracts et affiches vecteurs de l'idéologie nationaliste”. Autrement dit, tous les courants d’opinion doi- vent étre représentés sauf le nationalisme, “*démarche politique qui conduit a la victoire du FN a Toulon, a l’épura- tion ethnique a Sara- Jevo ou aux incendies de foyers d’immigrés a Dresde” (pas un mot sur la responsabilité des nationalistes dans les inondations au Bengla- desh). Mais, qu’on se rassure, tout cela va s’arranger. En effet, assurent les jeunes socialistes (qui devraient sortir plus souvent des beaux quartiers), “T'intégration est globalement en marche”, En somme, un docu- ment bien réconfortant qui démontre qu’au PS comme ailleurs les tra- ditions sont sauves ; les Jeunes sont aussi abru- tis que leurs anciens. ‘iI fallait d’une phrase résumer les trois précé- dentes chroniques, toutes consacrées au phénomene si méconnu et trop souvent décrié de I'anthro- pophagie, nous dirions avec les éminents auteurs cités que, si Yhomme est bon, le cannibalisme ne peut pas étre tout a fait mau- vais. Et vice et versa, En revanche, il ne faudrait pas crotre que cette pratique, qui consiste a tellement aimer son pro- chain qu’on en reprendrait bien une petite portion, soit limitée a VOcéanie. Certes, énumére Rienzi « les naturels de Ile d’Ombai, les tribus noires de Timor, les Dee Se eee ei ras de Maidanao, les Battas de Soumadra, 1es habitants de Noussa-Laout, quelques tribus célébiennes et javanaises man- | gent parfois le ceur de leurs | ennemis » mais il ne faudrait peut- | | | | etre pas généraliser, méme s'il ajoute : « Dans l'Australie on retrouve Yanthropophagie chez les natu- rrels les plus abrutis de Port-Wes- tern (...) ainsi que parmi les nombreuses peuplades tannées (‘tanné” est d'un assez joli goat) de Ia Nouvelle-Zéeland, les tribus noires de Ia Nouvelle-Calédonie, des archipels de Salomon, des Nouvelles-Hiébrides et de la Loui- | siade. Dans la Polynésie, les can- | nibales les plus féroces sont les naturels de Varchipel des Vidis ou Fidji, surtout ceux de File | Naihl-Levou, les naturels des | archipels de Samoa et ceux de | ‘Nouka-Hiva (...). Les naturels de Malilegotot, dans Ie groupe | oriental de l'archipel des Caro- lines, et ceux des groupes de Repith-Urur et de Palliser, sont | anthropophages, et les habi- ¢ tants des archipels de Tonga | ee 1 Lomou...) ou des Amis, et | de Pellou ou Palaos (a | moelle ?), les plus humains et | BSwoe Brace Et c'est ainsi par ADG ¢ Lyhomme de gout(4) Cs 50 des cannibales océaniens | - Exemple brésilien - Succulence et grandeur consécutives de ‘homme. % Jes plus réservés des Polyné- siens le sont également, malgré Jes éloges exagérés que leur ont prodigués Cook (le bien nommeé) et Wilson. Les habitants de Varchipel de Taiti n’y ont renoncé que depuis environ un demi-siécle » (publié en 1836, fais gaffe, Gégé 1). ‘On sait que l'Afrique a produit éga- lement sa sérieuse collaboration a la cause gastronhommique mais VAmérique du Sud y a aussi apporté sa contribution, ainsi que le rapporte la chronique des Jésuites au Brésil : | «Un jésuite portugais, Simon de Vasconcelos, trouva un jour une femme brésilienne, d'un age trés avancé, qui était a l'article de Ia mort (qu’on se rassure tout de suite, le pere Simon ne va pas boulotter la mémé et, d’ailleurs, mon directeur ma explicitement défendu de bouffer du curé dans | ces colonnes). Aprés Favoir Ins- | truite, aussi bien qu'il lui fut | possible, des vérités du christia- nisme. et s‘étre ainsi occupé du | salut de son ame, i lul demanda | si elle avait besoin de manger, et quelle espéce de nourriture elle pourrait prendre. “Ma meére, Jui dit-il, si je vous donnais un morceau de sucre, ou une bou- chée de ces bonnes choses que | nous avons apportées d’au-dela des mers, croyez-vous pouvoir les manger ?” — “Ah I mon fits, répondit la vieille, nouvellement convertie, mon estomac ne peut supporter aucune espéce d‘all- ment. Il n'y a qu'une seule chose dont je pourrais goiter. Si JSavais la petite main d'un petit gargon “tapouya”, je pense que Jen grignoterals les petits os avec plaisir... Mais, par matheur, ily aici personne pour en aller chasser un et le tuer pour mol”. » Nul peuplade, en vérité, n’est a Vabri de cette gottteuse coutume et ‘on me rapporte méme -mais sans encore m’en avoir envoyé les preuves- qu‘elle se pratiquait chez les aborigénes toulonnais *. Néces- sité protéique (a Tahiti, les périodes de disette étaient appelées “saison A manger de homme’) ou dimen- sion sacrée de l'appropriation de ame par ingestion de son corps, Il est a peu prés acquis que nos ancétres étaient anthropophages et, de nos jours encore, certaines affaires de “serlal-iller” ressusci- tent ces pratiques, sans parler du Japonais qui faisait sashiminette ou des rescapés du crash des Andes qui remirent au goat du jour les alléchantes anciennes histoires de naufragés amateurs de tendres mousses. Nous concluerons la fois pro- g chaine et il sera ainsi définitive- ment prouvé que, si Yhomme est grand, encore faut-il qu’ll soit $ ABs aussi gouteux. (A SUIVRE) arsaeget ies his Carnets par Perre Monnier Expliquez-moi. Un prineipe scro-saint de Finwestigation ‘eutt que toute mize en cause fit pour raison d'etre um “mobile”. Dans tous les cas Sauf en ce qui coneere le Front national, contre qui FFacensation est toujours ‘ite, abstraite et privée rene un. rie te: “Pourquoi faccuse2- ‘vous, sans la moindre justfi- cation, de fascisme, de inazisme, de xénophobie, ‘antisémitisme ? — Je he sai pas Das le mis, on ime dit de accuser. Alors je Fracense. Cest tone” Pour illustrer ee qui précéde des enseigants du college Jean Giono éerivent, propos des activités de In municipa- lite FN d Orange. gurls “sopposeront & tnt applica "une idéologie once sur des données reise exé- cerables dont la préference nationale est Pexemple le plus criant”. C'est fale type meme ‘du racrourei contraictoire ‘dans ses termes. Lav fs, par nature, par pat essence, le contra, la ggation dt racisme. La nation francaise est un chet- ruvre dnification:ras- semblement de Bretons, de Lorrains, de Basques, a Auversmats, de juifs Arabs. Anilas, de Pro- ‘veneauns, de Picard ot de tant autres Pour asocier dans oe ee tides macistes” et “preference ‘nationale’, i faut étre dune ‘imorance encyclopeédique on. ‘un abrutissement rédhibi- tole... Et ce sont des ensei- i fe grand évéement social ot ceanoire époque est. Dyan etatiecsa 1a cause de la Pattie travers Te Front national, Pour eux Fernald na Crest dans i ead de la Patrie retrouvée quilshutent ef avancent, Ex gales conmard den face, gales emeede AAcceux de mes lecteurs qui penseraient que, parfois, je nn¥exprime avoe grossiret je tiens faire savenr que jai requ ne tres hone édnca~ ee ‘rts vite & quel point, pour ime faire eomprendlre, il valait ies appelr es choees par Stratégies par Henri de Fersan Soudan: le régime aux abois... ondominium anglo- égyptien jusqu’en 1956, le Soudan est le plus grand pays Afrique, avec un peu plus de 2,5 millions de kilometres carrés, dont les deuxctiers de désert. Les deux tiers nord du Pays sont peuplés de musulmans arabes et bedjas (les arabes le long du Nil, les bedjas le long de la mer Rouge), le reste étant peuplé de Noirs chré. tiens que les musul- mans considérent comme des esclaves. Les Noirs se répartissent entre nilotiques (ethnies dinkas, nouers, anouaks, shillouks...) et soudanais (Zandés, Mourlé, Komas, Bertas, Fours). La population du Soudan semble étre de 25 millions d’habitants. Récemment, une intense activité diploma- que s’est déroulée dans la capitale souda- naise, de méme qu’a Asmara, capitale de VErythrée mais aussi de la résistance noire. Fin décembre 1994, le Sou- dan et I’Erythrée sont entrés quasiment en état de guerre, échan- LE LIBRE JOURNAL ee ter France Gourtoise (premiere partie) geant des tirs d’attillerie lourde. Reprenant une bonne vieille tradition de la guerre froide, la junte islamique de Khar- toum finance le Harakat al-vJihad al-Islami, oppo- sition érythréenne armée. Rendant la poli- tesse, Asmara soutient Vopposition noire... En janvier 1995, le maré- chal Kadhafi signe un accord avec le Soudan pour un transit d’armes a destination des milices du seigneur de guerre somalien Aidid, Au début du mois de février, les chasseurs chinois de I’aviation gouvernementale vio- lent l'espace aérien ougandais pour aller bombarder un camp de la SPLA (Sudanese People’s Liberation Army), la résistance noire commandée par le colonel John Garang, appartenant a l’ethnie dinka qui fut souvent trahie par ses fréres de couleurs et qui contréla en son temps pres d'un quart du pays avant que le génocide de 1987 (15 million de morts au bas mot) ne soit lancé contre son peuple. En avril 1995, deux visites pour la junte isla- mique : celle de Jacques Cheminade et, surtout, d’une déléga- tion militaire russe. Le Soudan signa avec Mos- cou un accord militaire visant a l’entrainement des cadres de son armée et la fourniture de piéces détachées. A noter que cette ren- contre eut lieu grace aux bons offices de Téhéran... | En mai, le chef de la | junte, le général Omar Béchir, limogea son état-major plutot incom- pétent : exit le général Ibrahim Souleiman, cri- minel de guerre notoire, et le général Faycal Mohamed Sanada, son adjoint ; remplacés par le général Sayyed Ahmad Sarraj et le géné- ral Mohamed Abdelka- der. La ville de Juba, située au coeur de I’eth- nie baris, importante métropole du sud et pouvant devenir Ia capi- tale du Soudan noir, encerclée depuis avril 1990 par la résistance, est confiée au général Farouk Ali Mohamed, (A suivre.. Le journal de Séraphin Grigneux «Homme de lettres» par Daniel Raffard de Brienne Le 2 décembre 1995 J’ai recu ce matin un beau petit livre da ala plume d’un cer- tain Monsieur Dem. Un Vietnamien, sans doute. Je suis d’autant plus flatté du bon pro- cédé de mon anamite qu’il l’accompagne d'une dédicace qui, sans forcer dans le compliment, n’en témoigne pas moins de toute l’urbanité asiatique. Je lis : “A Séraphin Grigneux, qui n’aurait pas manqué, lui présent, de jeter une puissante lumiére sur cette affaire”. Sur quelle affaire dois-je donc jeter cette puissante lumiére que me recon- nait le perspicace auteur ? Je m’apercois que le livre se pré- sente comme une sorte de roman poli- cier écrit pour les jeunes et les anciens jeunes, Piqué au vif, je commence mon en- quéte en flairant Vencre de la dédicace. Une légére odeur de scaferlati m’améne aussitot a une pre- miére conclusion : Vauteur fume la pipe. Puis je commence ma lecture. L’affaire se passe dans un collége religieux. Un de ces établissements dont me faisait des récits horrifiants feu mon pére qui, lui, se dévoua a l’école laique pour transfor- mer en bons républi- cains des petits pay- sans rétrogrades. La solution me parait alors aveuglante : il faut chercher le cou- pable parmi les calo- tins du sinistre col- lege. A mesure que je m’enfonce dans le livre, mes soupgons se confirment tout en se resserrant plus spécia- lement autour du Pére économe. Patatras ! Ce n’est pas ¢a du tout. Pour- tant la piste était bonne. A mon avis, Vauteur s’est perdu dans les méandres de son intrigue. I devrait reprendre l’affaire au début, sinon les Péres s’en tireront trop faci- lement. Mais, tel quel, le livre (1) se lit avec beaucoup de plaisir. C’est bien écrit : le style s‘apparente au haut de gamme du catalogue de négri- tudes que je propose A mes clients. Le 8 décembre 1995 Les gréves conti- nuent et tout le monde en est bien ennuyé. Et d’abord Juppé. Il veut faire une petite réforme de rien, nécessaire mais trés insuffisante, et tout le monde se fache. Il faut dire que son modeste tour de vis contraste mécham- ment avec les pro- messes électorales de Véquipe Chirac. C’était, en vrac : la retraite a trente ans, extinction de la fisca- lité, la semaine des quatre jeudis, la Légion d’honneur au troisiéme avortement, et tutti quanti. Chirac aussi est bien ennuyé. Mais trés gaullien, il a filé a Vétranger. En bout de circuit, il se retrouve a Baden-Baden, comme VAutre en mai 68. II pourra toujours renier Juppé en rentrant. Les socialistes sont peut-étre encore plus ennuyés. Ils craignent que Juppé ne céde et n’abandonne la réfor- me qu’ils n’ont jamais osé proposer mais qu’ils aimeraient bien trouver toute faite quand ils reprendront le pouvoir. Alors, si J/ose dire, ils font les gros yeux du bout des lévres. Jospin fait sem- blant de soutenir Juppé. Le seul qui ne soit pas ennuyé, c'est Balladur, En revanche, les usagers (comme on dit) le sont. Mais cela n’intéresse per- sonne. Le peuple est souverain, n’est-ce pas ? C’est donc a lui de se débrouiller. Et de payer. Il parait que les ter- roristes sont aussi trés ennuyés. Sans trains ni métros, ils ne savent plus oii poser leurs bombes. C’est ce que me disait quel- qu’un l'autre jour, alors que, au sein d’une foule morne et résignée, nous atten- dions un RER qui n’est jamais venu. Un de nos voisins, un brave travailleur basané, a alors poussé un gros soupir et s‘est éloigné, les épaules basses, avec sa pendulette et sa bombonne a gaz. (1) Mare Dem, » L’enfant qui ne savait pas dormir » (lota- com), 126 p; 60 F. Sion Devoir de mémoire Le roi lion Lehomme, qui peut-étre un Joup pour ses semblables, a a possbilité de devenir lion, IHlui sulfica de se coucher en bordure de son lit et d’étirer ses jambes velues, longuement, en biillant d'un baillement bruyant, aux frontiéres du rugissement retenu, puis de Jaisser pendre ses bras dans le vide, les ongles longs et jaunes effleurant parfois la ‘moquette couleur savane. Il verra le point rouge da réveil-radio s'enfoncer peu {peu sous la pénombre des voilages, inutiles obstacles une nuit sans hue. Imprégné de Vexquise torpeur qui envahit ses muscles, ses pattes, sa criniére, il entendra les derniers tam-tam de la Place de la Chapelle Janene vere cate de longues files bigarrées funt entre es bennes de ia voirie. L’homme lion ronflera énormément, la cule ouverte, pour Boe als ‘eanines le gay carbonique Shap de a jungle, évera i la lionne qui, pour ee ee chasser... 9¢s mauvais chants qui la poussent Set eka ils vont boire ow & admirer par Henri de Fersan Intelligentsia et Bolchevisme (premiére partie) La colonisation des | qui voulait le pouvoir, la | Indonésie, Nigeria, Tur- organes vitaux de la| petite élite : intellectuels | quie, Iran...) et les PMA France par la peste rose | de second ordre, cadres, | toujours en jeux et convol ou rouge ne date pas de | bas clergé, officiers subal- | tés par leurs excamarades mai 1981, ni méme de | termes. du Tiers Monde. mai 1968, mais de bien| — - La troisiéme, le petit | Et toujours la catégorle plus tot. Regardez I'intelli-| peuple : paysannerie, pro- | des renégats, les I-bis, qul gentsia francaise : les | létariat, fonctionnariat. —_| eux seuls permettent a la Sartre, les Aragon, les Fou-| Ces trois classes sont | catégorie 2 de triompher. cault, les Althusser eurent | une permanence histo- | ainsi, pour la Révolution pignon sur rue et purent | rique, définie comme telle, | francaise : qui permit a la répandre la philosophie | et fondamentalement occi- | pourgeoisie de prendre le marxiste a 'université, pro-| dentale, par Georges | pouvoir, sinon Robes- duisant entre autres un | Dumézil, dans ses mul- | pierre, un noble, Danton, PoLPot. On assista alors a tiples travaux consacrés | tn noble, Philippe-Egallte, une vérité officielle oi | aux Indo-européens : on la | ie propre cousin du roi, “Tous les anticommunistes | voyait jadis avec la divi- | gamras, un noble, Sieyes et sont des chiens !* comme | sion clergé, guerriers, atti- | Gregoire, des abbés ? Et le disait ayatollah du sans ; puis, sous la Révolu- | Socialicme, volonté “Flore”. Pour quelle cause | tion francaise, avec les | Gimposer le triomphe de se sont donc battus ces | nobles, tes bourgeois, les | fy pette elite, n'est pas inflltrés ? paysans. La société japo- | né'ge ia volonte du capita Diabord 'URSS, la stali- | naise se trouve également | Teste rngels et de lintellec. nienne puis la krouchtché- | dans ce cas: jadis, la pyra- | Ste Engels et de linteliee: vienne, celle du Goulag. Ils | mide comprenait le Tenno | factors me étaient fascinés par le | (empereun) le samoural, le [te recone 3 régime totalitaire le plus | paysan ; aujourd’hui, la PS yoda. Tes graciles femmes rates || | aicyminabie et le plus | pi ® | nobles ont cédé le pas aux grec sire plus | Nippon Corporation fonc- | " ‘ ema meurtrier de l'histoire. | tionne sous sa forme | intellectuels, les bourgeois attitude héronniére aux aux cadres et le peuple est Leur antifascisme n’était | restructurée : Tenno, qu’un masque de carna- | I’entreprise, l’employé. | festé le peuple... La Révo- val, Meme lordre international | lution russe ne vit la vic- Echafaudons une théo- | se définit en trois camps : | tire du putsch commu- rie analysant la haine sou-| puissances en place, puis- | "iste que par la trahison daine de la gauche pour le | sances montantes, zones | “es intellectuels bourgeois petit peuple et divisons la | contestées ; un peu la | Oulianov ou Bronstein France en trois castes, cal- | “noblesse” au pouvoir et | (Lénine et Trotski). carrefours dla temps qui passe, Il songera a la phrase cle Roland Barthes, pour une fois Inmineux, deéfinissant deux catégories de femmes : celles qui vous rasent et celles qui vous tondent. Il souriera, dun sourire nocturne et camassier. Au matin, il quées sur le “Parti inté-| en déclin, les “querriers’ | _ Quant aux jacqueries dévorera une gazette rieur’, le “Parti extérieur’ | tentant de s‘imposer et le | Populalres de type 5, elles fraiche, pleine de sang ala ] | et le “Prolétariat”. “Tiers Etat” subissant les | n’ont AUCUNE chance de tne, dans la elameur = La premiere caste est | assauts des deux autres. | réussir sans l’appui de obs ne qi celle qui détient le pouvoir) De 1945 a 1989, on | cadres, donc de ’élite. A Gee depuis toujours, Cette | eut l'Ouest - en place -, | chaque révolution, on Prabshant rleveau a la classe est celle de 1a| I'Est-tentant de s‘imposer | trouve des intellectuels : la Rae adele grande élite : patronat, | par la force - et le Tiers: | revolution prolétarienne, le réglemontaire des gardiens | | politiciens, universitaires, | Monde - au centre du | pouvoir spontané au du Jardin des Plantes, haut clergé, aristocratie, | confit, Maintenant, ily ale | peuple n’est qu’une chi- Joseph Gree | | officiers supérieurs, G7, les puissances mon- | mere. = La seconde est celle ! tantes (Brésil, Inde, Chine, (Asuivre) ous sommes en visite a Nites Dés qu'elle entend le roulement des chariots apportant le gotter, ma mere se léve. Pour elle aussi le | “méren anderrd” (gouter) est un | moment privilégié | Je gare ma voiture Place de la Duchesse Anne et nous prenons la rue Nationale pour aller au salon de thé. Pas n‘importe lequel ! Non seulement celui-ci | est tenu par I’arriére-petite-fille | d'un employé du pére de ma| mére, cela crée des liens, mais elle sait, elle, que pour ma mére le café du “quatre heures” se sert dans un bol et non dans une tas- se | “Bara amonen’ (pain-beurre), C'est mieux, mais la brioche ce n’est pas mal non plus, & con: tion qu’elle ne soit pas chaude | Ma mére Ieve légérement sa can- ne : "Paotz pé plah” ? (gargon ou fille). Alors 1a 11: pantalon brun assez serré, du genre que ma mere appelle “des juste-fesses”... Peut-étre un peu fessu pour un homme ? Je me rappelle que, toute jeune institutrice dans une école maternelle rurale, a l'époque — pas si lointaine — od tous les petits garcons n’étaient pas culottés, je veux dire : ne portaient pas la culotte, j’étais assistée par une femme d’un cer- tain age qui avait en charge tous les problémes mateériels... Un Jour, je lui dis que je ne savais pas toujours qui était garcon et qui était fille. Elle leva un sourcil étonné et me dit : “Vous n’avez qu’a leur changer de bout” ! Tout simple, il suffisait de le faire ; | mais ici ? Ma mére pointe a nou- | veau sa cane, presque a I'hori- 8 zontale. “Sellet | Rer ur gaseg” 1! | Sj wreaaraer 1 la croupe d’une | jument). J’écris “croupe” car | cela est plus distingué mais, en | breton, on appelle chat un chat | Lettres de Bretagne ¢ Ce que prophétisait le petit Curé noir... ¢ et “ur rer” cest un cul. C’était tel- Jement ca ! Tellement bien vu I Pour ma mere, c'est donc une femme qui marche devant nous. Elle s’est baissée pour ramasser quelque chose sur le trottoir ; ce falsant, le tissu trés souple du pantaion s’est tendu et la couture est entrée dans la rale des fesses ! Frappant ! Une vraie croupe | “Manque la queue pour cacher ga”, bougonne ma mere... Quand nous entrons dans le salon, la patronne n’y est pas mais, avertie par une serveuse, elle arrive tout de suite ; aprés un coup d’ceil circulaire, elle nous conduit dans un angle ; cela, cest ce qui subsiste des années d’Occupation ; “Il vaut mieux ne as avoir trop d’oreilles autour de soi” | Nous sommes servies, tout va bien, mais ma mére est son- geuse... Puis elle me raconte que “er vam goh Guern’ (la grand- mére de Guern) disait que “er bel | gig du” (le petit prétre noir) avait prédit : “Digoéh € hrei un amzér | hag er merhed um huiskei el er baotred’ (il arrivera un temps ot les filles s‘habilleront comme les garcons)" ; elle continue : “Tout a Vheure, nous ne savions pas si c’était un homme ou une femme qui marchait devant nous”, Son- geuse a nouveau, elle reprend : “Er bel gig du” a prédit aussi : *arlerh, arriii e hrei un aiazer arall hag e vo ret d’er baotred krimpetal ba gué aveit achap dor er merhed” (apres, arrivera un autre temps oi II faudra aux gar- ons grimper dans les arbres pour échapper aux filles) et ma mere d’ajouter ; "Mar chomei qué” !! (s’il reste encore des arbres). Nous étions en plein remembrement | En plein arase- ment des talus... Des arbres arra- | chés s‘entassaient aux bords des champs, aux bords des chemins et méme aux bords des routes. | Sommes-nous en passe d’aborder | Ia deuxiéme phase de la prophé- tie ? Je vous fais juge. Un jeune homme est EOR & Coétquidan. Sa dulcinge est étu- diante a Rennes. Elle a une chambre dans la Cité universital- re mais, c’est elle qui raconte : Cette Cité est bruyante comme pas possible ! Des portes qui cla- quent ! Des interpellations et des cavalcades dans les couloirs | Elle n’arrive pas a se concentrer ! Elle ne peut pas bacher la- dedans, Alors ? Tres simple | Elle va a Coat dans la chambre de son... puisje écrire “chevalier servant” ? Oh mais | Attention 1 Elle est discréte ! Trés tres discré- te 1... Jamais, jamais elle ne se que dans le couloir sans bien vérifier qu'il ne s’y trouve person- ne Hf Elle termine en me disant "Je ne sais pas ce que vous pen- g serez 2"... Si, tout de suite : “ b plus-grand-mal 1" Ger. p TL, LA POUBELLE OBS SE DEVERSE SUR TOULON... Par Henri de Fersan Le directeur de la com- munication de Ia ville de Toulon avait spéci- fié dans une missive aux vieux nazis rouges de "Charnier Hebdo” : “La municipalité tou- lonnaise est chargée du ramassage des ordures et non de leur sécurité.” Dans cette perspec- tive, la rédaction de Vhebdomadaire de la gauche caviar “Nouvel Obs” crut bon de lais- ser en dépot dans la préfecture du Var une dénommée Chantal Rudder. La notion de service (salubrité ?) public n’étant pas un vain mot a Toulon, le ramassage eut lieu... En récompense, les Toulonnais eurent le droit a sept pages de haine Ia plus ignoble. Analyser toutes les saloperies débitées a la ligne par cette “jour- naliste” dont les ini- tiales, coincidence sinistre, sont les mémes que celles de la Gestapo cubaine, reviendrait a recopier son texte in extenso. Rudder a passé trois semaines dans la pré- [Le LIBRE JOURNAL at ter Fran Cove fecture varoise, c’est notre seul point com- mun, Soyons plus intelligents que les gens du “Nouvel Obs”, ce qui ne sera pas trés | difficile, et essayons de comprendre le message que veut faire passer a ses camarades de la gauche friquée et fli- quée la susdite. En fait, cet article révéle la mauvaise conscience de la gauche. L’auteur pro- jette sur le Front natio- nal la vision de sa propre abjection et de sa lacheté maladive qui la pousse a refuser d’admettre ses crimes. Rudder affiche une petite cinquantaine. Elle a eu vingt ans en mai 68. Le transfert, la projec- tion de tous les péchés du monde sur le Front national devenu un bouc émis- saire permet a la gauche de se déculpa- biliser des fantomes qui la hantent, Crest l'oeil de Cain qui hante Rudder et ses pareils. Charger le Front c’est se déculpabiliser, “faire un transfert”, comme disent les per- sonnages de Brete- cher. Montrer les natio- nalistes du doigt, les marquer de la rouelle. Eros et Thanatos, comme on le dit chez les psychiatres, corpo- ration qui fournit en vrac des lecteurs au “Nouvel Obs” et des experts aux Einsatz- kommandos. Cing millions d’élec- teurs ravalés au rang d’objet, d’exutoire a un ramassis de ratés. Rudder abomine ces gensa ; cette France, la France, elle la hait. Elle ne peut la suppor- ter qu’humiliée, per- vertie, vaincue, I'ana- lyse stylistique le prouve. Elle veut reve- nir a 1944, a 'Epura- tion. Elle les tuerait si elle en avait le pouvoir, La photo page 16 le révéle. A droite, Rud- der, Ia lippe haineuse, le regard dur, le doigt tendu comme les pro- cureurs staliniens des grandes purges. A gauche, recevant le choc de plein fouet, comme fouetté par la haine, abasourdi, le maire-adjoint a la Cul- ture Louis Soccoja, un pied-noir littéralement adorable, chaleureux comme le simoun de labas. Quand Rudder ouvre les yeux, elle couche ses fantasmes meur- triers peuplés de haine, d’exclusion, de négation, de déporta- tion... elle ne supporte pas le portrait qu’elle fait des gens du Front national, ce n’est pas d’eux qu’elle parle. |Elle s’en moque, ils n’existent pas a ses yeux. Ce sont des objets. Elle ne fait que dépeindre son image dans le miroir, nous parler de sa propre noirceur. Trois cibles pour Rud- der, trois cibles choi- sies selon les critéres mémes du racisme fondamental, non pas pour ce qu’elles font mais pour ce qu’elles sont. Coupables de troubler la conscience encras- sée de leurs tourmen- teurs : Louis Soccoja, les Fraisse, Franck Giletti ; un pied-noir fier de ses racines et directeur d’école, une famille de la droite monarchiste et catho- lique et un jeune patriote qui refuse Vembrigadement et la décadence. Le travail, a famille, la patrie LAHAINE ANTI FRANCAISE Quel crime les Soc- coja, Louis et Eliane, | ontils pu commettre ? Celui d’avoir survécu, tout simplement. Rudder est pied-noir, de Tunisie ; mais elle a sombré corps et ame dans le tribalisme. Avant qu’un triste matin de juin le soleil ne se fat brusquement éteint, juifs, pieds- noirs et Arabes vivaient en bonne intelligence. La guerre d’Algérie, voulue par les intellos de gauche, a tout détruit. En 1830, les Séfarades avaient appelé les Frangais pour conqué- rir Algérie. En 1980, ils inversent leur alliance, préférant une chimérique solidarité sémite a un front com- mun contre I’Islam. Rudder rejoint la liste des grossistes de la haine antifrangaise, des renégats de la vingt-troisiéme pro- vince : Hanin, Lévy, Daniel, Halimi, Bruel... Le mérite est d’autant plus grand a ceux qui | entendus, imprégnée, refusent cette concep- tion ethnique et défen- dent les mémes valeurs qui portaient les combattants de V'Algérie francaise, comme Jean-Pierre Cohen ou Fernand Teboul. Rudder crache sa haine a la figure des pieds-noirs ! Une haine secouée de sous- trente ans plus tard, des saloperies de cette vieille canaille de Def- ferre, qui appelait a jeter “les piedsnoirs a la mer... Elle consacre aux “braves gens du Cercle | national des Rapatriés” | trois colonnes igno-| bles. Les guillemets ne| sont pas 1a par hasard. Pour le “Nouvel Obs”,| les gens du Front| national sont ce que les nazis appelaient “des vies indignes de vivre”. Rudder nie tout, salit jusqu’au bénévo- lat, ricane des souf- frances inscrites au fer rouge dans la mémoire de ces exilés dans leur propre patrie. Elle a, la-des- sus, des mots qu’elle roserait jamais, s’agis- sant de la souffrance des juifs. Le crime des Soccoja, c'est d’étre des pieds- noirs debout, pas des collabos du FLN facon Jean Daniel, patron du “Nouvel Obs". Des nazis, les Soccoja ? Il faut étre pourrie de méchanceté comme une Rudder pour oser Vécrire. Je me souviens, moi, de ma premiere récep- tion toulonnaise. La premiére élue a venir me voir, moi, le Parigot exilé en Provence, c’est Eliane Soccoja. Avec beaucoup d’hu- mour et la chaleur de la-bas, elle me parla de la politique locale. lly a chez les pieds- noirs cette gentillesse, cette fraternité pion- niére que I’on retrouve chez les békés et les caldoches. Dans le cceur des pieds-noirs, ily a toujours de la place pour un ami de plus. Raciste, Soc- coja ? Lui qui a instruit des générations de petits Arabes, cette jeunesse algérienne dont lavenir a été assassiné par la mafia corrompue et marxiste des amis de Bensaid et de Rudder ? Louis Soccoja a évo- qué le calvaire des pieds-noirs chassés de leur pays. Rudder Vaccuse de ruminer une vendetta. Bien sur, le “Nouvel Obs” trou- va, en son temps, par- faitement justifiée la purification ethnique polonaise et russe qui massacra trois millions sept cent mille civils allemands de Poméra- nie, de Prusse orien- tale, de Bohéme et de Silésie... Rudder — s‘indigne qu’aux yeux des pieds- noirs la guerre d’Algé- rie ne soit pas finie ; que ces colonialistes indécrottables osent prétendre au devoir de mémoire. Selon Rudder, évoquer le martyre des pieds- noirs, le génocide har- ki, c'est vouloir la ven- detta. En fait, elle ne veut surtout pas que Yon rappelle cela, la rédaction du “Nouvel Obs” y a trop colla- boré. Elle n’est pas tranquille, elle a peur qu’on lui réclame des comptes. D’ou, entre parenthéses, sa solida- rité avec les vicilles badernes criminelles de I’Europe de l'Est dont le “Nouvel Obs” se réjouit du retour, repeints en rose démo- crasse. Il y a des crimes dont on n‘a pas le droit de parler car les coupables, et leurs amis, courent tou- jours. POUR CRIME DE CATHOLICISME Quel crime la famille Fraisse a-t-elle com- mis ? Celui d’apparte- nir a cette France catholique que le “Nouvel Obs” exécre. La photo montre une bien sympathique famille, comme on en voit le dimanche sur le parvis de Saint-Nicolas- du-Chardonnet. Le pére a la distinction RG cee ee ee ee ene ts & trés vieille France ; on | dérangent le “Nouvel | moment oi celle-ci| sent de demander Vimagine officier de | Obs”, pour trois rai- | décline. Ce n’est pas | pardon, toujours per- cavalerie. La maman | sons : culturelle, his- | de leur faute, ils ont | suadés de leur supé- incame l'idée que l'on |torique, morale. | toujours eu un train | riorité. Toujours la se fait de la mére de | Encore le poids de la | de retard. Marxistes | méme haine des gens famille exemplaire, | culpabilité, au crépuscule de la| ne pensant pas “cor- veillant a I’éducation | + Culturelle, d’abord, | classe ouvriére, ils ne | rect”, des “vies des enfants et a la | car ils incarnent une | pouvaient que devenir | indignes de vivre” bonne marche du | famille heureuse et | égoistes a la fin des | Chouans et Vendéens foyer. L’héritier a le | unie, ce modeéle par- | Trente Glorieuses. _| en France, Koulaks en regard fier du jeune | fait que les “intellec- | Historique, ensuite. | Ukraine, le fameux Francais attaché a | tuels” voulaient abat- | Catholiques et fran-| mythe du complot Dieu et a la patrie, |tre. Aux premiéres | cais toujours, les | “réactionnaire”, “clé une allure que I’on | loges de la lutte anti- | Fraisse incarnent ce | cal”, “bourgeois”, retrouve chez les | familiale, les journa- | qu’en d’autres con- | accommodeé si sou- saint-cyriens. _La | listes de I’ “Obs” ont | trées on appellerait | vent par le “Nouvel demoiselle a la frai- | pu constater, avec | des Chouans. Encore | Obs” quand il s‘agis- cheur et la sponta- |!’explosion des divor- | la culpabilité histo- | sait de justifier les néité que _ I’on | ces et les troubles qui | rique, qui explique | génocides commis constate dans I’élite | s’ensuivirent, com- | I’hystérie de Rudder | par ses amis a Phom des cadettes de Fran- | bien leur idéologie | brandissant le spectre | Penh, & Hanoi, a Sai- ce que sont les | était un échec. Parun|d’une République | gon, a Pékin ou a Scouts d'Europe et le | phénoméne connu | menacée dans ses | Alger... N’oublions MJCF, ce mélange si | des psychiatres, ils | voleurs, pardon, dans | pas que des millions particulier d’enthou- | ont projeté leur haine | ses valeurs. Les | de Chinois, de Vietna- siasme juvénile et de | sur le modéle parfait | Fraisse, dans incons- | miens, de Cambod- sérieux. Meme le chat | qu’ils enragent de voir | cient collectif de | giens, d’Africains et qu’elle tient en mains | réussir 1a of eux ont | I’ “Obs”, c’est le Ven-| d’Arabes ont été a quelque chose que | échoué. Morbidité, | déen que l'on a mas- | exterminés sous les n‘auront jamais les | politique du pire, bien | sacré avec toute sa | applaudissements des journalistes de | dans la tradition de | famille, que I’on a fait | Daniel, Lacouture, \“Obs”. Vhédonisme, de I’ego | braler vif dans ses | July, Geismar, Cohn- Quant au décor de | matérialiste de 1a| églises ou dans les | Bendit... leur logis, il montre | gauche : puisqu’on ne | fours crématoires, |- Morale, enfin. Les une certaine modes- | peut pas controler, on | que 1’on a voulu | catholiques de tradi- tie, presque monas- | détruit. Détruire la | gazer, dont on a fait| tion incarnent 1a tique, loin du clin- | famille, ce havre qui | des pantalons avec la| morale. Comment quant tape-a-l’ceil et | empéche la société | peau. C’est cet autre | 1 “Obs” pourrait il les vulgaire des | modéle “1984”, le | que l'on a exterminé | admettre, ce journal luxueuses datchas | régne de I'ultraindivi- | parce qu’il était diffé-| qui se maintient a des apparatchiks de la | dualisme, de la so-| rent, au nom d’une | flots grace au Minitel gauche caviar. Il-est | ciété du fric roi. Fina- | supériorité culturelle, | rose, qui compta dans évident qu’avec de | lement, les fils 4 papa | comme d’autres, plus | son comité directeur telles vertus Rudder | dégénérés de 68 ont | tard, parleront de | Guy Sitbon, caid du les a immédiatement | fini, comme tous les | supériorité raciale... | porno-business, enri- détestés. Crime | convertis, par devenir | Les Fraisse incarnent | chi sur le commerce supréme a ses yeux, | les Torquemada d'une |la_mémoire d'un | des pulsions animales ils sont catholiques de | société de consom- | génocide républicain | dont on sait, depuis tradition et monar- | mation qu’ils vou- | face 4 des gens s’en | I’affaire Théodore chistes. La aussi, ils |laient détruire, au | réclamant et qui refu- | Bundy, la grande res- ponsabilité dans les crimes d’enfant ? Les Fraisse sont heureux sans avoir a recourir aux paradis artificiels, a la drogue ou a la débauche dont use et abuse la gauche caviar. Et cela, I’ “Obs” ne peut le tolérer. Par jalousie, bien sar ; par mauvaise conscience, aussi. LA MEMOIRE INTERDITE Quel crime a commis Frank Giletti ? Simple- ment d’étre un jeune qui refuse la politique d’abétissement, un rebelle, un vrai. La, on quitte la mau- vaise conscience pour passer directement a la jalousie, a la ran- ceeur, a la haine. Bien sir, Rudder l’accuse de tous les maux. Pour elle, les jeunes mili- tants du Front sont dun “archaisme des plus éculés”. Alors, moderne, elle évoque la Saint-Barthéleémy que Franck est soup- conné de vouloir rayer de IHistoire. Belle lecon de déontologie de la part de gens qui ne veulent pas que Yon parle de la guerre de Vendée, de l'Epura- tion, des massacres républicains de la guerre d’Espagne, des crimes de guerre soviétiques et de ces heures sombres-la ; celles od c'est I'intelli- gentsia de gauche qui éteignait la lumiére. Et de citer I’inénar- rable Cyruinik, vieil agité du bocal, qui vaticine, justifiant tous les terrorismes contre la recherche histo- rique : “Le révision- nisme systématique, c’est le langage de tous ceux qui veulent s‘emparer du pouvoir. Il s‘agit d'une prépara- tion de guerre.” Frank Giletti, un belli- ciste ? Jugeons sur piéce... Avec lui, on se tutoie d’emblée, on sympathise sur l'heure et, au bout de cing minutes, on parle comme si on avait milité dix ans ensemble. Le benja- min du conseil munici- pal prend les choses avec philosophie. La journaliste — est-ce étonnant ? — a déformé ses propos quand elle ne les a pas carrément inventés. Il va de soi que le jeune responsable du FNJ 83 est détesté par Rudder. Il est illustration méme de son échec. La génération 68 avait tout et s’est acharnée, avec un plaisir malin, A tout foutre en lair. Rudder compare la “love generation” qu’elle est censée incarner, la génération qui adula Pol-Pot et Mao, a la prétendue “génération de la haine”. PRETS A TOUT CONTRE LE FRONT La détestation exhalée par Rudder est une réaction typique de bas-bleu aigri, qui ne supporte pas de voir les autres réussir Ia ot elle a échoué. Le peuple qui a rejeté la révolution gauchiste aspire au changement frontiste. Alors, il faut dissoudre le peuple, comme disait Brecht. Rudder n’a que le mot de démocratie a la bouche ; mais, la démocratie, c'est comme la bagatelle, plus on en parle, moins on en fait. Rudder, c’est la bour- geoise de la chanson de Brel, qui dinait chez la Monthalant en 68 et fréquente maintenant l'hotel des Trois Fai- sans... Tant que la gauche gagne, on la voit mielleuse, onc- tueuse, rose bonbon et bonbon rose... Mais, le sort des urnes lui estil défavorable et voila sa vraie nature qui réapparait comme une maladie chro- nique : haine, intolé- rance, sectarisme, dénigrement systéma- tique de l'adversaire, création d’un mythi- que péril menagant des valeurs auxquelles on a cessé de croire, si tant est que I’on y ait cru un jour, le tout amenant au rouge sang. L’article de Rudder aurait pu étre écrit dans “L’Ami du peuple”, la “Pravda”, “Zexi i Populit” ou “Le Quotidien du peuple”. Ia été écrit dans le “Nouvel Observateur”. Ily a maintenant des gens a Toulon qui sont marqués d’une étoile jaune en forme de flamme. Les lecteurs de I’hebdomadaire croient maintenant connaitre la réalité tou- lonnaise. On leur a donné des noms, des victimes, comme dans les plus ignobles tor- chons nés dans le fumier de l’Epuration. Voici ce que dissimu- lent les pensées de Rudder : les derniéres cartouches de gens aux abois, morts de trouille d’avoir a rendre des comptes, refusant leurs responsabilités ; des gens préts a tout pour maintenir leurs priviléges et leurs pré- varications, drogués par le pouvoir et se refusant a le rendre. Pour ¢a, oui, ils sont préts a tout, A mentir, a calomnier, a salir, a dénoncer. A emprison- ner, peut-étre. A tuer, sil le faut. Is ont déja fait ; rien ne dit qu’ils ne le refe- ront pas. H. de F. Video C’est a lire , surgit et reven= ique non seulement la garde « TAIA » par Albert T’Serstevens De Mayerling a Sarajevo, fr enfant il en passant par... Tahiti jent le retour a un domicile onjugal qu'elle a délibéré- ent ignoré, Afin de briser idylle de son exnari, la jeune ferme n’hésitera pas 2 utiliser son fils ainé dans un plan diabolique. Les multiples rebondissements de ce film de kérie donnent cette histoire an rythme trépidant. Ames snsibless'abstenir, [Distribution : Fim Office) I srown away ffm de Stephen Hopkins, favec Jeff Bridges JlUn émigré inlandais devenu ppolicier américain, spécaliste fi déminage,retrouve sur sa fFoute un de ses anciens com- Jpuciotes,teroriste notire ct Fabricant de bombes hors pair: sir, les explosions, pls sctacullaires les unes que les ftir, se suceéderont pen- Hint prés de deux heures mais fe spectateur francais ne Jpoutrra mangucr de fire le pprochement avec 'actia- fite de ces demiers mois sur le igoissant. |(Distribution : Warner Home fi convenait done de redécou- Mort en 1974 a 88 ans, Albert T’Serstevens subi sait depuis l'inévitable injustice du purgatoire. Ses livres n’étaient plus réédités, son nom n’étai plus cite. C’était d’autant plus navrant que ce Belge devenu francais fut un trés grand écrivain, Son 1 petit fantome n’ayant peur que... d'effrayer les gens. [Les petits Américains connais- st ce personage depuis des Hlécennies alors que sa car- lewrait permettre de réparer coubli [Distribution : Film Office.) imagination est puissante et légere. Sa plume est vigoureuse et juste. Mi comme sa morale est aussi exigeante que son refus de la mode est hau- tain, comme son adresse a botter les faux culs est aussi réjouissante que son rejet dédaigneux du politi quement correct, il n’entre pas dans les cal- culs des égoutiers de la pensée de le faire lire aujourd'hui, Exit, donc, T’Serste- vens, aristocrate grand voyageur. Heureusement, Vactua- té aidant, un éditeur vient de le ressusciter et, qui plus est, de le ressus- dans une collection la portée de toutes les bourses puisque deux de ses romans sont réédités dans Ia collection “Librio” vendue dix francs. Le premier est “L’Or du Cristobal’, superbe évoca- tion des aventures de fli- bustiers transposées a r'époque moderne. Le deuxiéme est “Tala”. “Taia” est paru en 1928, dix ans aprés “L’Atlantide” auquel il fait songer parfois et, vrai- ment, on ne s’explique pas quel méchant sort a voulu qu’il reste a ce point méconnu. Pour I'in- trigue, il vaut ceuvre de Pierre Benoit ; pour le style, il est digne de Mac Orlan (qui fut d’ailleurs le meilleur ami de T’Serste- vens) ; pour le contenu historique, il dépasse toutes les vulgarisations du temps et, pour l’effet de surprise romanesque, il l'emporte sur les plus abracadabrantes inven- ons de la fiction moderne. “Taia” commence en Polynésie, dans la moiteur odoriférante des iles. Pui a sa surprise ahurie, le Ia veille de la premiere térature romanesque. On lecteur se voit d’un coup guerre mondiale et 4 une bocal, un maitre d’hotel, _n’en dira pas plus de peur emporté sur la cote dal- portée de canon de Sara- tantot canaque, tantot de rompre par avance mate. Il y rencontrera des jevo, le lecteur croisera turc, tantot hongrois mais I’enchantement de la Croates ensoutanés, des tous les personnages que toujours silencieux et découverte. Bosniaques a cimeterre et I’'on peut espérer voir sur 2é1é. Et pour conclure, le des Serbes cruels, tous gir en pareil lieu dans des —_Enfin, le lecteur tom- lecteur trouvera I'explica- engagés dans d’obscurs temps troublés. Un magni: bera obligatoirement tion de deux des énigmes complots (c’est sans fique officier de la Royale, amoureux de I’un des_ historiques les plus corus- doute la raison pour un espion autrichien plus extraordinaires, des _cantes du siécle : la tragé- laquelle I’éditeur a eu extrémement prussien, un plus fascinants, des plus die de Mayerling et I'atten- Vidée de sortir ce livre de autre, tout a fait russe, adorables, des plus invrai-_ tat de Sarajevo. Youbli). trafiquant de perles et vir semblables personnages _C’est dire si, pour 10 Et, comme nous tuose du volant, un irré- de femme qui ait jamais francs, on en a pour son sommes en juin 1914, 4 dentiste Serbe sujet au traversé I’univers de la lit- argent. «RIC HOCHET : QUIAPEUR — occupé a éviter les rafales de petit cirque et du corbac aux D'HITCHCOCK ? » mitraillette et les coups de basquets publie une histoire de Tibet et Duchateau matraque. Les aficionados dela fantastique et presque ‘Le Lombard ; 46 p. série ne seront pas décus. s incroyable puisqu’il fait Le reporter de la Rafale est une nouvelle fois plongé dans une « L'HISTOIREDUCONTEUR — ‘°babiter réve et télévision. aventure qui va l'emmener sur ELECTRIQUE » Dessinateur et scénariste des Ja Cote d'Azur. Mais notre héros de Fred plus originaux, Fred a tout n’aura guére le loisir de se Editions Dargaud ; 60 p. simplement concocté un petit prélasser sur les plages, trop Le créateur de Philémon, du _chef-d’ceuvre. J.-M. FENOT FABRICANT Bijoux de tradition oriatir de Miele ot de Gaia Atelier de Joaillerie sur place 3 LES V@EUX DE M. TEIGNARDIER — On parle du cancer mais je suis bien siir que c'est du pareil au méme pour le Sida et pour le Télécon, disait M. Teignardien, accoudé au zinc devant un Picon-biére, sa boisson favorite. Si on faisait les comptes, avec tout ce qu’ils nous piquent, on Sapercevrait qu'il y a davantage de gens quien vivent que de gens qui en meurent ! A Vangle du bar, suspendu ainsi que du poisson a ‘fuumer, ily avait un poste de télé qui fonctionnait en permanence et que M. Teignardier, ce vieillard irascible, surveillait comme s'il s'éait agi d’une béte fauve, aux reactions imprévisibles et dont il aurait été le dompteur attitré. Rien n'attirait pour le moment sa vigilance fouetteuse : Vécran diffusait un dessin animé japonais oit les personnages, soigneusement débridés et déasiétisés, combattaient une créature de Vespace en qui il n'était pas malaisé de reconnaitre un démon occidental au long nez. M, Teignardier considérait comme au-dessus de son acaridtre mérite de s'intéresser & des gamineries. — Vous vous souvenex des publicités de VARC pour nous soutirer du pognon ? reprit-il aprés avoir léché dune langue étonnamment rose sa petite moustache mitée de vieux beau atrabilaire. C’était des anges avec des harpes qui faisaient la retape assis sur des nuages roses... Z’auraient mieux fait d’utiliser les jréres Rapetou, c'aurait été davantage en situation : tiens, Crozemarie, voild cent sous, pompe-moi le view et garde trois francs ! Non, monsieur, c'est bien trop peu pour pomper un si gros veru... MU chantonnait. Le cousinage de son ulcére a Pestomac avec le Grabe le mettait de méchante tumeur et Vamertume du Picon n'adoucissait en rien ses crampes, — Kif le Sida, pouves étre certain qu'il en a qui en croquent un max : dela pédale qui s'enrichit pendant que les copines clabotent, du gros malin qui «a déposé le brevet du Gamma milico inversé et qui touche @ chaque fois en chantant “Viens voir les miliciens”... Pendant Voccupe, faut pas croire, Cétait un atelier du Sentier qui fabriquait les étoiles jaunes et, pendant la Révolution, un sans-culotte se ee Braxer Fidéle faisait du lard avec les briques de la Bastille, Tu ‘changeras pas Uhumain, il te piquera toujours tes ‘crocs en jonc pendant que tagonises la gueule ouverte et il viendra te chauffer ton linceul pour le fourguer au décrochez-moi-¢a, Marcel Kébir, rhabille les gamins ! S'avais oublié de dire que le rade favori de M. Teignardier était tenu par un vieux Berbere timide qu'il avait rebaptisé du nom d’une de ses défaites favorites et qu'on appelait aussi “le Kabyle téléphonique” quand on venait y passer un coup de grelot. Marcel Kébir était proprément terrorisé par M. Teignardier qui affirmait voter Le Pen quand bien méme sa préférence allait a Barre, méchant du type rondouillard. jens, voila autre grand couillon ! expectora M. Teignardier en voyant apparaitre Jacques Chirac sur Vécran tamisé par la nicotine. Vous avez remarqué, continua-t.il, que pendant quatorze ans, quand Mitterrand radinait pour filer ses veux métaphoriques, on disait : “Tiens, voila le viewx filow”, alors que pour Chirac, instinctif, c'est “grand ‘couillon” qui vous vient a Vesprit. Le président de la République dévidait avec application son discours on les neeuds de la vacuité ponctuaient le néant de la pensée. — Vous avez vu, commentait M. Teignardier, ily a le texte qui s'inscrit en-dessous, une seconde avant qui le dise, Pas si couillon que ¢a, aprés tout, le Jacquot, il vient d'inventer le prompteur apparent. Pas de raison que les téléspectateurs soient privés de cette invention qui rend les spiqueurs brillants et les cancres doués d'une mémoire d'oliphant. Premier discours en karakoé, tout pour que chacun, chez soi, puisse dire les couenneries présidentielles & Vunisson. Les sourds ? Un pré-texte ! On coupe le son et la France entiére communie en dnonnant & Vunisson de son gourou. Le grand couillon nous la fait au Temple Scolaire, UElysée, c'est le Mandarom et, ce soir, cest les veux de Waco Chirac ! M. Teignardier, pour étayer sa démonstration, fit couper le son par un Marcel Kébir empressé et se mit 4 diriger la chorale des consommateurs plus ow moins avinés. C’était d’un effet comique assuré que entendre une dizaine de voix braillant les phrases creuses dévidées par un Chirac muet, presque aussi au poste ADG rigolo que les Anglais sautillant sur place pendant le “Rule Britannia” lors des “Prom’s” de UAlbert-Hall. Le discours s'acheva dans une gaie cacophonie. — Des veux, mézigue, j’en ai aussi..., dit M, Teignardier apris avoir accepté Voffrande de ma tournée et constaté que les moujingues étaient diiment reloqués. Les points de suspension, lourds de menaces, et le regard courroucé qu'il porta vers Vécran oit des publicités avaient succédé aux deux pendules Ayséennes, laissaient entendre que ces veux teignardesques concernaient la télévision. On sentait qu'il y avait conftit entre le poste suspendu par un incongru ‘macramé et le petit homme ‘moustachu accroché a sa chope aux reflets versicolores, Entre ces deux-la, haine et amour se confondaient, dépendance et soumission Saffrontaient, manque et troprplein s'annulaient, — Je ne souhaite pas une bonne santé é la télé, commenga-til, bicause elle a besoin d'étre malade. Une télé florissante, pétante de vie, grasse aux coutures, c'est une télé satisfaite et qui se laisse aller. Faut quelle s'amaigrisse, qu’elle perde du suif et méme des couleurs. Sauf pour les reportages sur les poissons exotiques et le carnaval de Rio, je souhaite méme qu'elle revienne au noir et blanc. On vit une époque terne, quielle suive le train de poussier, qu'elle chome, qu'elle ‘mendie, qu'elle briffe aux restos de la peur, qu'elle sniffe du smog, quelle se piquouze au sang anémié et quelle se traine sur les accords de galetas, Quielle cesse d’habiller sa médiocrité innée dans des oripeaux arlequins, qu'elle endosse Vuniforme gris de la misére et qu'elle chausse les galoches des exclus. On a vu Vapothéose de ses amitions chamarrées : dragkouines et cupagnie, “Zozons” de Sébastien. Aprés ca, plus qu’a lirer les chaines et a repeindre le plafond en livide de la pensée. Faire morne, voila son salut, le visage pale ira bien @ sa langue fourchue. Quand elle rote aise comme un carré-rous, elle est insupportable, une cure de thalasso sur les brisants d’Ouessant en compagnie des soupirs des noyés, ¢a lui redonnera de Vame. M., Teignardier défiait du regard le poste dont le son était toujours coupé et ott le journal télévisé étalait des plaines neigeuses de Yougoslavie, comme si Vactualité Vavait entendu. Rien ne lui plaisait davantage que Vapocalyptique et la morbidesse, le champ de cendre et la vieille fille en deuil. Il reprit son raisonnement. —Il faut que la télé créve un peu pour'revivre, qu'elle perde ses bonnes joues factices et qu'elle devienne sans codicille fixe. Fini de distraire, attristons, terminées les soirées festives, creusons les mines denterrement. A bas la graisse antique, allons oii ily a du glas. Et surtout, oui surtout... Nous étions suspendus a ses levres minces de pénible jouisseur. Il finit d'un geste étriqué la derniére iampée de son brewvage et tendit un billet chiffonné d Marcel Kébir. — Qu’on remette Nounours 4 vingt heures et dans les couleurs d'origine, conclit-il, Jemen allai d’un air pensif. Je ne m/habituerai jamais aux gens méchants. Sans Portée Des sons argentins Letango, c'est sournois! En aucun cas, ane peut étve grave, ‘mais tout de méme. (Cost un peu Chistoire du veller de ‘nuit quia ebousé la femme de journée, Ex bref i Vavancs, st recs. Rien n'est facile. Timage de celui de Maitre Antifer— chanté par Jules Verne. Toulouse, la ville mse (rien ne nous sera épargnd), es clarsobscur si), les srs sur les ‘Minimes et un va-nupieds ow son talent a des fronts, ‘las! (appelecle Achille) t des limites... Ine supperte pas, ite sit ‘hors du commun, i veut re econ Cost un chapeau, une écarpe, une gare for eer tn paguebot et. ane petit ous, est UArgentine. Tout un pays se econnaitra dans cet ‘nig pour Vavénement d'une ‘elution culture: le tango. Le Irandonéon déarnera Vaccordéon dans ‘une eslasion existentile Une race faite de sangs mils, de candattier aux dents identifi dans cette musique et nous Jour apres jour, ces "Linoubliable chanteur de tangos” ou encore Astor Piazol et son accodéom, Stacie ages ‘vous couper le sone celui pourtant | Hé les anciens un pasen avant, —_| deux ?Allonsy | Mais attention: | deux pas en arrive... Cait ea la politique dus tango ; neste Ss Cuter? DELAIGLE | « Les Trois Fréres » de Didier Bourdon et Bernard Gampan Divine surprise : Les Incon- nus ont du talent, Jusqu’alors leurs prestations télévisuelles et théatrales m’avaient laissé de marbre. Dans ce film, ils font tous les trols, a part éga- le, montre d’un beau savoir- faire. Trois garcons qui ne se connaissent pas apprennent simultanément qu’ils sont demi-fréres et qu’ils hérite- ront une fortune de leur mére décédée aux Etats-Unis. Leurs vies sont bouleversées et, imprudents, ils vendent la peau de l’ours avant de Yavoir tué. Lorsque le notaire leur annonce qu’en raison de la législation américaine ils n’ont plus droit a rien et leur présente sa note d’hono- raires, leurs existences bas- culent dans une cascade d’aventures désopilantes. Les tuiles successives vont rap- procher ces trois garcons dont I’un d’eux se retrouve avec un adorable gamin dont il ignorait etre le pére. Ces relents de “Trois Hommes et un couffin” sont fort bien venus. Les réalisateurs n’ont pas trop abusé du procédé consistant a faire dire des énormités a un gosse. effet comique assuré. Ces trois mousquetaires (ils sont quatre avec le gosse, comme ceux de Dumas) des temps modernes ne manquent ni de Panache ni de générosité. Parfois amorale, cette histoire revient vite dans Ia ligne des bons principes. Ce film a un défaut majeur : il est furieu- sement francais et il se termi ne blen... Rafraichissant par tes temps présents, c’est un grand moment de divertisse ment familial que nous propo- sent Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus, trois garcons qui se mettent en quatre pour notre plaisir. OLMETTA. Balades par Olmetta Champs-Elysées (suite XVI) Le Second Empire, dans le domaine du luxe, peut étre symbolisé par le flacon semé d’abeilles sculptées dans le verre, couronné d’une boule, dans lequel Pierre: Francois Guerlain présenta a I'impératrice Eugenie une fraiche eau de toilette : I’ “Eau impériale’... Plus tard, 'Empereur eut droit alla sienne : I’ “Eau du Coq” | Trés vite, tou- te l'Europe des cours s‘enticha du parfu meur impérial... Sissi raffolait de ses pro- duits, Devenu ‘Tiche et célebre, le premier Gueriain, par voie testamentaire, se vengea des parfumeurs-distributeurs parisiens q lui avaient refusé de vendre sa production a ses débuts. Il stipula que la marque Guer- lain, pour la ville de Paris, ne pourralt-etre vendue_ qu’exclusivement dans les maga- sins portant son nom. C’est pourquol encore aujourd'hui, les produits de la célébre maison sont introuvables ailleurs que dans les boutiques Guerlain. En revanche, le plus petit parfumeur de ban- lieue peut les proposer... La dynastie Guer- lain est toujours fiere de l’élégante maison- mere réalisée par Méwés qui a marié har- monieusement le style classique et I'acier sur trois étages. La boutique est éclairée dappliques de Diego Giacometti et la déco- ration de l'institut, de beauté, ouvert en 1939, est I'ceuvre de Jean-Michel Franck et de Christian Bérard... Ce sont toujours des jeunes filles du meilleur monde qui nous accueillent ici délicieusement, méme pour Vachat d'une modeste savonnette... Cinquante ans aprés, le commerce affiche un style bien différent avec le Prisu- nic et le Virgin-Megastore aux numéros de 56 a 60. L’immeuble fut construit en 1951 par Arfvidson, pour la First National City Bank. La monumentale ordonnance des piliers, les étages en retrait et le spectacu- laire escalier méritent vraiment le coup d’cell avant de céder a la fiévre acheteu se... Au Sous-sol, les “jeux-culturels-vidéo" sont présentés dans l’ancien coffre-fort de la banque... Et cela vaut le détour ! En 1777 avait été édifié ici Hotel de Massa qui fut démonté pierre par pierré en 1928 et remonté rue du Faubourg SaintJacques pour héberger la Société des Gens de lettres... Clin dceil du raffinement a la *cul- ture de masse” | A coté, le cinéma (multi-salles) Ambas- sade-Gaumont, qui connut les plus belles files d’attente de V'histoire du cinémato- graphe lors de la sortie du film “Apocalypse Now, demiére grande prestation de Marlon Brando... L’avidité des promoteurs explique peut-étre, au n° 34, un immeuble a Fetroite facade a peine plus large qu’une fenétre ; endroit devait étre agreable, néanmoins, puisque Marie Bell et son mari Jean Chevrier y vécurent. (A suivre) « Occupe-toi d’Amélie » de Georges Feydeau Amélie est une prostituée (une cocotte) gentille qui a un amant titré, dont le meilleur ami doit, pour recevoir Ihérita- ge de ses parents, se marier avec une jeune fille de bonne famille. ‘Il envisage donc d’épouser fictivement Amélie. Bien entendu, rien ne fonction- nera comme prévu. Feydeau nous amuse en dénongant les tares de la société dite “bonne” | Lune des grandes spécialités du théatre francais était les mises en scéne de Yoeuvre de Feydeau qui est fai te de rythme et d’astuces. Voila qui est remis en question par Roger Planchon. Le metteur en scéne a planché sur l'aspect soclologique (tu parles...) des personnages. D’un divertisse- ment capricant il a fait une lourde machine qui traine labo- rieusement sur plus de deux heures trente. Il est aidé dans cet assassinat par le célébre décorateur d’opéras Ezio Frige- rio (entre autres, La Bayadere, chant du cygne de Noureey) qui a concocté un dispositif scénique massif, baroque et clinquant. Les costumes sont Favenant, Pour mol, un spectacle est totalement raté lorsqu’ll suinte Yargent quill a cotte.,. et réus- si quand il fait cossu avec peu de moyens. Le théatre, c'est Vart de illusion. Le poulet de carton-pate poussiéreux doit nous faire saliver a la maniére dont V’acteur le déguste si auteur I'a indiqué comme suc- culent, Si le coeur vous en dit vous pouvez venir admirer la subvention dégouliner sous vos yeux. Une grande partie de la troupe est impliquée dans cette luxueuse exhibition : Bérangére Dautun, Alain Pra- lon, Francois Beaulieu, Nicolas erg, etc. Tous s’ennuient avec application dans cette his- toire censée nous distraire.. Conventionnel, de pacotilie et... sporifique. Amélie, réveille-snous | Comédie-Francaise, Salle Richelieu : 40 15 00 15. OLMETTA, Rendez a ces Arts GEN-PAUL ya peut-étre des raisons politiques E et injuste oubli dans lequel les médias, méme spécialisés, tlennent le peintre Gen-Paul, Et la belle rétros- pective qui lui est consacrée au musée de Montmartre, pour le centenaire de sa naissance, n'a guére eu d’échos dans les gazettes et les journaux télévi- sés. I faut dire que Gen-Paul choisissait mal ses amis. Qu’on en juge : Le Marcel Aymé, Céline:... Un Céline qui Vadmirait tant qu'il ne voulut que lui pour illustrer “Voyage au bout de la nuit et “Mort a crédit*. Un Marcel Aymé qui le met en scéne dans de nombreuses nouvelles et décrit son atelier. Mais ce n'est pas tout. Gen-Paul fuyalt les milieux de l'art mondain, Dans le style ours mal leché causant l'argot des faubourgs, il ne décarre pas de Montmartre, retranché dans son atelier bastion de avenue Junot, alors que c’est Montparnasse quill fallait fréquenter dans les années trente pour asseoir sa réputation, ILn’est pourtant pas resté méconnu de ses contemporain, Mais on le confon- dait avec d‘auires rapins montmartrois. qui ont fait — et font encore, hélas — les delices touristiques de la Place du Tertre. Il a eu pourtant (et a encore) ses collectionneurs, tels Ava Gardner ‘ou Kirk Douglas pour les plus connus. Bref, il n’entre pas dans les normes, ni dans sa vie, ni dans son ceuvre. La ‘gauche ne parvient pas a le récupérer, comme elle 'a fait de Céline. Et la drot te “traditionnelle”, trop souvent figée dans les académismes, n’entrevoit méme pas les beautés fulgurantes et Jes constructions pourtant réfléchies de ses toiles. Sill faut le classer, Gen-Paul est un expressionniste, C’est-a-dire qu'il recompose les sujets qu'il peint sui- vant sa vision personnelle, Une vision dans laquelle le dessin est primordial = et c'est preuve d’équilibre. Il le ponctue, le nthme de traits noirs qui enclavent la couleur toujours recom- mencée en gestes vifs, guerriers meme, jusqu’a ce qu'il obtienne la *sculpture” chromatique qui exprime un paysage montmartrois, une terrasse de café, une mére a enfant, une natu te morte aux poissons, un musicien... Nathalie Manceaux 12, rue Cortot, Paris XVille : tous les jours sauf lundi, de 11h a 18h ; jusqu’au 11 février. Un _Jour 8 janvier 1917 La princesse Kilavoudra-Laura e 8 janvier 1917 mourait Ward dont la vie allait | i inspirer la plupart des seéna- ine hh de con tant en scbne rist Ie. A dix-huit ans, la richissime orphe- line Clara Ward, dont le pare, mil- Jiardaire en dollars, ayait fini ses jours dans un asile daliénés, était tune superbe créature, Le jeune prince de Caraman Chi- may, fils du ministre des Affaires 6trangéres du Royaume de Bel- gique, en tomba fou amoureux et Pépousa. Six ans plus tard, au cours «Cun diner dans un restaurant elle s'enfuit avec le violoniste t: gane qui conduisait Porchestre Hongrois nommé Rigo qu épousa aprés avoir fait annuler union prineiére mais tout en gar- le titre qu’elle lui avait apporté, Rigo dura le temps d'une ezarda. Glara le quitta pour un cheminot yeontré dans une gare, Peppino Rieciardo, qu'elle abandonna bien vite pour se jeter dans les bras d'un Levantin du nom de C Sur quoi, el pei A Paris, Clara Ward avait ée la“ Kilavoudra ries de peau orn couronne princiére et d’un petit drapeau américain, Un soir, au cerele, trois beaux tocrates sortirent en méme temps leur porte-cartes. Il y eut un silence. Pais, Pun d’eux, avec le sourire, eut “Eh bien mes- sieurs, je vois que nous avons servi dans le méme corps.” Le premier littérateur & s'emparer du personnage fut Abel Hermant eat en sedne dans “Transat- lantiques”, imaginant pour elle un souper du eentiéme amant Mes bien chers freres Un nouveau produit Usure ? Routine ? {arcuménisme ne concerne ‘que les catholiques, les protestants et les anglicans. En revanehe, un nou- veau produit est en promotion actuellement, c'est le dialogue inter- confessionnel. Et celui-ct intéresse juifs, chrétiens et musulmans. Su tout depuis “Assise” et la Guerre du Golf sition est le plus sou- vent cathdlque, Mais, officellement, Vinitiative est municipale. Nos ‘aires, ordonnés grands prétres des Droits de P Homme, ont ouvert géné- reusement leurs salles municipales ‘aux réunions interconfessionnelles, Teurs mairies aux expos bibliques. Les plus naifs, les plus hétes, sont 6videmment les cathos, Uautre jour, m’a-t-on rapporté, au conrs d'une table ronde interconfessionnelle, chaque représentant des trois reli- gions devait prononcer un discours — pardon : faire une intervention, Sur quel sujet ? Le méme, toujours Je méme : “Liapport des religions & Ja Démocratie, & la paix sociale, aux Droits de THomme”. Le eatho, un lic, fut particuliérement brillant. I commenta — 6 courage ! — le récit de la multiplication des pains. “ly avait environ eing mille hommes, Gcrit saint Luc au chapitre 9. Or, Fésus dit & adresse de ses disciples “Paites-les coucher par tablées environ einquante.” Et pourquoi par cinquante, demanda le eatho ? Pour dia-lo-guer ! Jésus est pour le dialogue intervonfessionnel : il en est méme, d'une certaine fagon, le fou- dateur, Pour conclure, le représentant de la communauté juive prit la parole. I éblonit tous tes participants, surtout les cathos, par sa grandeur d'dmne, Les Israélites sont décidément plus intelligents que nous. Il dit en sub- stanee : “Ie voudrais, pour conclure, attirer Pattention sur la pauvreté de nos fréres musulmans en lieux de culte, Alors qu’ils sont en pine expansion, ne faudraitil pas que les plus riches d'entre nous en lieux de coulte, par esprit de justice et de par- tage, leur ouvrent leurs portes es, en effet, riches en Abbé ay-Marie La Grande Guerre A la demande de nom- breux lecteurs, nous repre- nons notre série consacrée a “La Grande Guerre”. L’exor- ciste s‘en est allé avec Nico- Jas Bonnal, mais nos plus anciens lecteurs verront pro- chainement réapparaitre, en page intérieure, Nicolas Per- egrin et sa chronique “De guerre lasse”. En janvier 1916, Paris voit apparaitre, non sans une cer- taine stupeur, les premiers objets guerriers d’étrennes, En téte du palmarés des cadeaux a la mode : les culots d’obus, D‘abord, ce sont de véritables piéces de cuivre que l'on offre comme cache-pot puis, bientot, des simulacres de carton emplis de confiseries. On trouve aussi des bagues en alu- minium, bronze, des colliers d’acier ouvragé. Tout cela vient du front, envoyé par des poilus qui, notent les chroniqueurs, “ont le sens du pittoresque”. En fait, ils ont surtout le sens de la nécessité. Car, dans les tranchées, point de boutiques pour faire ses emplettes. On se contente de ce qui tombe sous la main ; et ce qui tombe le plus souvent, ce sont les obus. L’autre sujet qui passion fortifications de Nancy”, ou plu- tot des non-‘fortifications, Car ahurissement que I’une des villes de l'Est les plus expo- sées a linvasion n’était pas @. fortifie. rasser a ; pine 4 le pays vient de découvrir avec | des bracelets de | Pourquoi ? demande-t-on. La réponse montre, a quatre- vingts ans de distance, que Vincurie, la sottise de la cama- rilla politicienne est aussi ancienne que la démocratie. La plus grande ville de l'Est a été laissée sans défense parce que, figurez-vous, au moment de signer I'armistice de 1870 dans cette maison de la rue de Provence, a Versailles, qui appartenait 4 madame Curelli, la grand-mére de Jessé-Curelli, ce distingué diplomate qui occupait Bismarck, Monsieur Thiers avait donné sa parole au nom de la France que Nancy resterait 4 jamais sans fortifica- tion. Et cette parole, quoique purement verbale et consignée dans aucun protocole, fat-il secret, fut toujours respectée par les gouvernements qui se | succédérent jusqu’a la déclara- | tion de guerre. | En 1886, le général Billot, ministre de la guerre, envisagea bien de faire construire les for- tifications imaginées par Saus- sier, Abbatucci et Pouvourville. Mais Bismarck déclara que ce serait un “casus belli’. Et qua- rante-huit heures plus tard, les travaux étaient suspendus et | tout ce que I’on avait com- mencé détruit. L’autre préoccupation, en ce | début d’année 1916, c’est la | mode. “Il y a donc des Pari- siennes que la mode préoccupe | en ces journées de guerre ?” | s’étonne un moraliste. “Oui, | quelques-unes*, répond un “ chroniqueur qui s‘empresse de les Francais, c'est “'affaire des | noter que les Parisiennes qui se proménent sur les boulevards vétues 4 la mode du jour “res- semblent a de véritables sau- teuses de cirque’. Et de citer cette anecdote a Vappui de son appréciation : une jeune femme qui désire envoyer des colis au front est vétue de maniére si voyante et maquillée avec une telle abon- dance que le préposé ne lui montre pas tout le respect habi- tuellement da a la pratique. Le ton monte, la querelle éclate et la jeune beauté finit par traiter le fonctionnaire de balourd. — Si moi je suis un balourd, réplique ’insulté, vous, vous étes une grue, Alors la jeune femme, sou- dain trés calme : ~ C'est bien, mon ami ; a pré- sent que vous m’avez baptisée, envoyez donc ces colis 4 mes filleuls de guerre, Ce sont des poilus qui ne me connaissent pas mais qui ont sans doute de moi une autre opinion que vous. Et le témoin de cette scéne de rue de conclure : “Ce mot trés Joli rappelle un autre mot de madame de Mailly qui, aprés avoir été la maitresse de Louis XV, s’était rabattue sur le repentir et la religion. Un jour, un homme du peuple qui Yavait reconnue au porche de Veglise Saint-Roch qu’elle fré- quentait assidament |ui déco- che le mot de p... Et I’ancien- ne favorite royale de répondre : P Mon ami, puisque vous me connaissez, priez donc Dieu 4% pour moi.” aS g