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Shaykh Atiyatoullah

Réponse à une question au


sujet du Djihad défensif
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,

Louange à Allah Seigneur de l’univers, et qu’Allah prie sur son serviteur et son messager notre
prophète Mohammad, qu'Il le salue et qu'Il le bénisse ainsi que sa famille et ses compagnons.

Ces questions me sont parvenues à plusieurs reprises de la part des frères du Global Islamic
Media Front, mais j'avais négligé d'y répondre en leur disant que c'étaient des questions bornées
émanant des gens de l’aberration, de l’égarement et du trouble, non les questions de ceux qui
recherchent la vérité et aspirent à la voie juste. Car, sachant pertinemment, que ces questions, ou
plutôt ces ambiguïtés sont recueillies d'une catégorie particulière de gens à savoir les égarés
kharidjites qui se sont éloignés de l'attache de l’islam. Et en l'occurrence, il s'agit du groupe du
dénommé Moukhlif Abou Maryam, comme m'en ont parlé ceux qui ont entendu leurs propos, lu
leurs écrits ou débattu avec eux sur Internet.

Cependant, les frères ont insisté pour que j'écrive une réponse, car la chose devint ambiguë pour
certains honorables frères parmi les gens du bien. Alors, j’ai imploré l’aide d’Allah dans la rédaction
de cette réponse, en Lui demandant de me guider vers la bonne voie, vers la rectitude et vers la
justesse.

La question :

Le Djihad défensif n'a été légiféré que pour défendre la demeure de l’islam que les mécréants
assaillent. Comment peut-on accomplir le Djihad aujourd’hui, alors que toutes les demeures des
musulmans se sont transformées en demeures de mécréance du fait que les mécréants y ont
étendu leur hégémonie ?
Comment répondre à cette ambiguïté ?
Ensuite, le statut général des résidents dans les demeures de mécréance n'est-il pas d'être des
mécréants associateurs ? De quel droit juge-t-on la masse des habitants de ces demeures comme
musulmans ?

Avant de répondre à ces questions, et en remettant notre confiance sur le Seigneur des
seigneurs, le Roi, le Donateur, nous signalons pour nos frères en introduction quelques
enseignements et avertissements quant au mauvais état de ces déviants et de leurs semblables, de
même qu'un exposé concis des fondements de leurs égarements, et des recommandations pour
que nos frères en tous lieux s’en méfient, et c’est d'Allah que vient le secours.
Section 1

Sachez mes frères qu’Allah vous bénisse, ô partisans du bien, qui recherchent la vérité, qui
demandent la vertu et espèrent la miséricorde d’Allah et désirent Sa satisfaction, que cette
question bien qu'elle vienne de votre part à la manière de l’interrogateur perplexe qui cherche à
repousser une entrave et à acquérir la quiétude et la certitude en ayant une réponse à l'aberration
des aberrants et à la sédition des séditieux, qu'il en est autrement à l'origine où ces questions
émanent d'égarés kharidjites sortant de la religion de l’islam comme sort la flèche de l’arc, il s'agit
des partisans de l'égaré Moukhlif, qu’Allah préserve les musulmans de son mal et du mal de toute
personne mauvaise. Ces « questions » ne sont pas vraiment des questions selon eux, mais des
« preuves » ! Ils sont citées à l'encontre de la vérité claire, du chemin droit, de la science et de la
guidée telles qu'expliquées par tous les savants musulmans. Et ils reposent sur des fondements
erronés et corrompus que Moukhlif l'égaré leur a posés, et découlent de l'assise déviante de sa
pensée et de son chemin tordu. Il est essentiel que vous sachiez cela.

Ensuite, il faut savoir que cette « plante » Moukhlifite infâme qui a poussée ces jours-ci n’est pas
la première du genre, elle tire son origine de gens connus dans l’histoire de l’Islam, à savoir, les
kharidjites hérétiques, dont nous a informé le Prophète (pbsl), et lesquels il a ordonné et
encouragé à combattre et à tuer, et mis en garde fortement contre eux, et nous a informé que ce
sont « les chiens de l’enfer ». Ceux-là, dont les savants ont divergé sur leur statut, s'ils sont
mécréants ou pas, et que les nobles Hadiths prophétiques ont mentionné les caractéristiques
blâmables.

Ces hérétiques, Moukhlif et ses suiveurs, sont sans doute des Kharijites, nul savant ou étudiant
en science n'en douterait un instant, vu qu'ils ont excommunié l'ensemble des musulmans
habitant la Terre aujourd'hui, et par conséquent, ils ont rendu licites leurs sangs, leurs biens et
leurs honneurs. Pire, certains d’entre eux considèrent que les générations musulmanes ayant vécu
durant les derniers siècles sont toutes mécréantes, exception faite des musulmans des trois ou
quatre premiers siècles ou quelques autres exceptions rarissimes ! sans parler d'autres idées et
croyances tout aussi infâmes…

Ce n'est pas la première « pousse » à cette époque, et ce ne sera certainement pas la dernière,
puisque des hadiths prophétiques attestent que leur plante ne cessera de repousser jusqu'à la fin
des temps.

Nous les avons connus ainsi que la masse de gens dans beaucoup de pays : en Égypte, en Libye,
en Algérie, en Afghanistan, au Pakistan, et ailleurs. La tradition d’Allah à leur propos est sue, écrite,
et connue des gens de science, de raison, et de considération : Ils excommunient les savants, les
étudiants de la science, les moudjahiddins, et tous les gens, ensuite ils s’excommunient les uns les
autres, et ils aboutissent finalement dans des conditions infâmes à tel point qu'ils peuvent rendre
licite beaucoup d'interdits formels tels que le vin, la drogue, l'adultère explicite, et d'autres choses
encore.

On les a vus, par exemple, au Pakistan rendre licites le Hachich et les drogues. Ils ont évolué
graduellement à commencer par considérer leur commerce comme licite avant d'en prendre et de
déclarer qu'ils ne sont pas interdits ou de prétendre que nous somme dans une période semblable
à l'ère mecquoise qui est une ère d'appel exclusif au Tawhid, et qu'il n'y a pas encore de législation
pour interdire ces choses-là, ou d'autres interprétations du même type que rejette l'ensemble des
gens de la science. Au nom de semblables ambiguïtés, ils ont rendu licites beaucoup d'autres
interdits. Ainsi, certains d’entre eux pratiquent l'adultère explicite en Europe et ailleurs sous des
prétextes dont la fausseté ne fait guère de doute, comme de prétendre que ces femmes ont un
statut de captive de guerre !

Leurs différents, leurs divergences et leurs oppositions abondent et atteignent des limites
obscènes dont les natures saines répugnent. Ils se querellent, ils se tournent le dos, ils se
boycottent les uns les autres, et ils se divisent, et en arrivent à s'entretuer s'ils ont des armes entre
les mains ou s'ils se trouvent dans des territoires d'armement.

Ils se fractionnent en groupes dont les uns surpassent les autres en exagérations et en tyrannie,
sans parler de corruption de morale, de perte de noblesse d'âme, et de mort des consciences. Ils
contredisent les principes les plus élémentaires du bon comportement sur lesquels se sont mis
d'accord les gens de toutes les communautés et de tous les groupes qu'ils soient mécréants ou
musulmans, comme le fait de rendre licite le mensonge clair, la traîtrise et toutes les sortes de
trahison et de tromperie interdites. La miséricorde s'est effacée de leurs cœurs et fut remplacée
par des degrés de dureté très étranges et (dont résulte) des comportements sauvages qu'il est
difficile pour qui n'en connaît pas des spécimens de croire à ce que nous disons sur eux.

L’usage d’Allah (exalté soit-Il) à leur sujet comme l'ont observé les gens de considération, c'est
qu'il leur advient une tempête et un vacarme, et au cours des troubles qui s'en suivent des
partisans plus ou moins nombreux les rejoignent, avant qu'une grande partie d'entre eux ne
revienne à la vérité et ne découvre l'égarement qui les a touchés et au contact duquel ils se sont
brûlés. Nous demandons à Allah la préservation ! Et ainsi, ils finissent par se dissiper et disparaître.

Certains repentants auxquels Allah a accordé d'être guidés vers la bonne voie, après qu'ils aient
traversé un long parcours en leur compagnie, et ceci est une chose peu fréquente d’habitude ;
nous ont racontés, une fois, qu’ils sont arrivés a des états de doute au sujet d’Allah (le Très-Haut) et
de Mohammad (pbsl), et au sujet de son message, et du Coran ! Car à force de dureté, d'excès, de
rigorisme dans la religion, et d’exagération, ils n'acceptaient pas la large miséricorde d’Allah et ils
n’admettaient pas la grâce d’Allah et sa bienveillance, ils demeuraient excessifs envers eux-mêmes
tellement qu'ils périssaient par le fait que le diable et ses suggestions les dominaient. Ils doutaient
d'eux-mêmes à tout instant. Ainsi, il était courant que l'un d'entre eux se lève le matin et déclare :
moi j’étais mécréant hier, et aujourd’hui je suis de nouveau musulman ! ou qu'il excommunie son
frère dans une assemblée avant de revenir le juger musulman, puis de l’excommunier à plusieurs
autres reprises par la suite, ou d'affirmer : j'ai apostasié il y a quelques instants et me revoilà je
reviens à l'islam. De la même façon, un homme peut excommunier chaque jour sa famille, sa
femme, et ses enfants. Et de là découlent de nombreux dégâts sociaux et humains qu'ils ne
peuvent, avec le temps, supporter.

Tout ceci, car ils se sont laissé tomber dans le durcissement, dans la difficulté et dans ce que les
natures humaines ne peuvent supporter normalement de façon continue. Ils n'ont pas accepté les
faveurs que leur a faites Allah en terme de largesse et de facilitation. Ils ont durci, alors Allah s'est
montré durcissant envers eux.

Il arrive que, certains, atteignent des situations de mécréance claire en Allah (exalté soit-Il), ses
Prophètes et ses messages révélés. Et ils en arrivent à l’insulte d’Allah directement ! Qu’Allah nous
préserve de ces situations affreuses ! Et certains parmi eux en arrivent à des états de désespoir et
de découragement, les conduisant au suicide !
La cause apparente et directe à tout ceci, et Allah est le plus savant, c’est le grand nombre et
l'ampleur des contradictions à la nature humaine et à la religion de la saine nature (l’islam est la
religion de la saine nature). Et la fréquence et l'ampleur du resserrement envers leur âme au point
qu’elle se lasse, s’exténue, se fatigue et finit par se détacher et ne plus pouvoir porter les charges
de la religion. Puis elle en vient à des variétés de ruses maléfiques et d'interprétations vicieuses et
inadmissibles.

Cela les conduit, encore, à être constamment en contradiction avec les apparences de la Shariaa
et ce qu'elle implique comme vérités. Ils en viennent dans un premier temps, à une sorte
d’opiniâtreté. Puis ils découvrent d'autres preuves, et butent sur des invraisemblances qui
s'accumulent et prennent le dessus sur eux. Et là, ils s'embrouillent à trouver une réponse, et
s'entêtent davantage, surtout quant il s'agit d'un leader de groupe qui a des partisans, et qui après
s'être avancé a eu des suiveurs, et s'est distingué par des avis et une doctrine propre. Il est difficile
pour celui-là de revenir à la vérité. C'est là le sens de Sa parole (exalté soit-Il) : « et sachez qu’Allah
s’interpose entre l’homme et son cœur. »

De ce fait, les remords les assaillent, et ils ressentent avec force des contradictions en eux-
mêmes. Ce qui peut atteindre des cas extrêmes de maladies psychiques, de confusion mentale, ou
d'en arriver à la Zandaqa (hypocrisie dogmatique) et à la mécréance. Qu'Allah nous en préserve !

Parmi les paradoxes et contradictions auxquelles ils se heurtent en permanence, on peut citer ces
exemples :

• Ils excommunient l'ensemble des musulmans avec ce qu'ils comptent comme adorateurs,
ascètes, moudjahiddins, martyrs, et gens de la science, de l'appel et du sacrifice dans le sentier
d'Allah. Ils les excommunient tous, et ne jugent musulmans qu'un petit groupe, le leur, et leurs
semblables. Il se peut même qu'ils jugent mécréante toute la Oumma durant les derniers siècles.
Ceci alors qu'ils trouvent dans les narrations prophétiques et les apparences de la Shariaa, que la
Oumma islamique ne cessera d'être existante, et restera jusqu'à l’approche de l’avènement de
l’Heure, lorsque Allah (exalté soit-Il) ordonnera la saisie des âmes de tous les gens de la foi.

De plus, ils trouvent dans les Hadiths des éloges à certaines époques et à certains lieux où se
trouve la Oumma, et des informations sur la pérennité de l’islam, de la foi et de la piété en son
sein et parmi ses partisans. Tels que les Hadiths sur le groupe victorieux prédominant sur ses
ennemis, qui ne cessera d’être présent jusqu'à l’avènement de l’heure. Et d'autres choses encore. Il
en résulte chez eux beaucoup de contradictions, et des remords accablants et destructeurs.

• Ils voient des signes de piété et de foi sincère, semblables à ceux dont Allah et son messager
nous ont informés, de même que des signes de bonne fin chez beaucoup de musulmans, en
particulier chez les moudjahiddins et les martyrs. Et ils constatent la patience des patients et la
force de foi et de certitude des croyants. Tandis qu'eux les jugent mécréants et leur dénient
l'appartenance à l'islam. Ils demeurent ainsi dans une contradiction que ne connaît qu'Allah, et ils
ne peuvent en leur for intérieur la repousser en raison de sa multiplicité, de sa forte signification et
de son innéité !

• Ils excommunient l'ensemble des savants de la Oumma. Et parmi eux, de grands savants,
connus pour leur piété, leur sincérité, leur compréhension et leurs authentifications. Tandis qu'en
s'observant et en se comparant à ces derniers, ils se trouvent être des ignorants, dépendant d'eux
et de leurs travaux !

• En jugeant mécréant l'ensemble des générations musulmanes des derniers siècles, sauf un
petit groupe d’individus, il advient chez eux des suggestions et des doutes sur l'authenticité de la
transmission de la religion et son arrivée jusqu'à eux. Car la religion, c'est à dire : le Coran, la
Sunna, leurs explications, et ce qu'ils impliquent comme consensus et analogies justes, ainsi que
les instruments permettant de les comprendre comme la langue arabe, ne leur sont certainement
arrivés que par ces générations. Or, s'ils sont mécréants, comment leur faire confiance dans la
transmission de la religion et de ses explications ? Ainsi, ils tombent dans un paradoxe semblable à
celui auquel font face les chiites déviants. L'un d'entre eux ne peut que revenir au droit chemin, ou
sinon il sombre dans la Zandaqa. Qu’Allah nous en préserve !

• ils découvrent chaque jour de nouvelles preuves contredisant


leur doctrine. Alors, ils s'entêtent à les réfuter. Mais elles prennent le dessus sur eux du fait de leur
grand nombre, de leur force, et de leur concordance. En réponse à quoi, ils s'enfoncent de plus en
plus dans leur entêtement jusqu'à ce qu'ils finissent par savoir au plus profond d’eux-mêmes qu’ils
sont des entêtés. Mais Allah scelle les cœurs de beaucoup d’entre eux, alors ils ne reviennent pas.

C'est le cas de certains propos de savants de l'appel Najdite dont ils prennent connaissance et qui
contredisent leurs opinions. Ces savants, ils les respectent dans un premier temps, mais finissent
par les excommunier par la suite (et il n'est pas impossible que Moukhlif le fasse à son tour s'il
persiste sur cette voie et qu'Allah ne l'atteigne pas par sa miséricorde). Il en va de même des
propos de shaykh Mohammad ibn Abdelwahhab lui-même, de shaykh Al-Islam Ibn Taymiyya, et
d'autres savants et guides.

Ils constatent à travers les écrits de ces savants ou à travers leurs biographies leur indulgence et
leurs excuses aux opposants et leur clémence envers les ignorants. Ils demeurent pendant un
certain temps à s'entêter et à tordre le cou à leurs paroles et prises de position pourtant claires.
Mais l'amour et le respect qu'ils leur portent se mettent à fléchir. Ensuite, ils commencent à
émettre des doutes sur eux, mais ils redoutent de les excommunier durant une certaine période,
car l'essentiel de leurs égarements est bâti sur une mauvaise compréhension des propos de ces
savants et parce qu'ils craignent que leurs contradictions n'apparaissent au grand jour. Puis ils
peuvent arriver à un degré de déviance au cours duquel ils ne soucient plus de personne, et là ils
prononcent leur excommunication comme nous l'avons mentionné.

• Avec le temps, ils découvrent l'ampleur, et la force de leur contradiction avec les desseins de la
loi, avec son esprit, et avec les fondements de la religion établis par les différents types de
significations non textuels. Ainsi, ils trouvent que la Loi tend vers l'excuse, y aspire, et multiplie
l'éloge et l'incitation à celle-ci. Comme l'a dit le prophète (prières et bénédictions d'Allah sur lui) :
« Personne n'aime autant qu'Allah l'excuse et c'est à cause de cela qu'Il a révélé le Livre et envoyé
les prophètes. » (Muttafaqun 'alayh, les termes sont de Mouslim). De même, la Loi aspire à
faciliter, à simplifier, et à alléger. Alors qu'eux sont à l'opposé de tout cela, chose qui provoque chez
eux des remords supplémentaires et répétés. Au point où il en arrive pour certains d'entre eux de
détester écouter ou lire du Coran et du Hadith, ce qui est relatif à la facilité, à l'excuse, à
l'allégement, ou à ce qui va dans ce sens.

Tel est l'état de tout adepte d'une innovation ou de perversité (perversité – Fisq – veut dire la
sortie de l'obéissance d'Allah et de son droit chemin), il éprouve une gêne envers les versets et
Hadiths qui s'opposent à son innovation et à sa perversité, entrant ainsi sous le coup de la parole
d'Allah : « et qu'ils n'auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu'ils se
soumettent complètement. » Cette leçon (fa'ida) a été évoquée par Ibn Al-Qayyim dans quelques-
uns de ses livres. Et il a cité dans « Ijtima' Al-Jouyouch Al-Islamiya » citant Ibn Abi-Hatim et
Abdallah (fils de l'imam Ahmed) dans leurs deux livres intitulés « As-sunna » que Al-Jahm Ibn
Safwan a lu « Le Tout Miséricordieux S'est établi “Istawa” sur le Trône. » Il a alors dit : si j'avais
trouvé moyen afin que je l'efface des feuillets je l'aurais certes fait !

Nous demandons à Allah le salut, le bon état, et la fermeté dans la vérité. Amin !

Ibn Al-Qayyim (ra) a dit dans son livre « Al-Fawa'id » en parlant des types de délaissement (hajr)
du Coran : « … Nous ne trouvons point d'innovateur dans sa religion, sans qu'il n'ait dans son cœur
de la gêne envers les versets qui contredisent son innovation, de la même façon que l'on ne trouve
point un pervers injuste sans qu'il n'ait dans sa poitrine une gêne vis-à-vis des versets qui entravent
ses volontés... »

Section 2

Tout cela, chers frères, va dans le sens du Hadith du prophète (pbsl): « les Mutanatiuun sont
perdus ! », et il l'a répété trois fois. (Rapporté par Mouslim, Ahmad, et Abi-Daoud).

Ibn Al-Athir a dit dans Gharib Al-Hadith : « ce sont ceux qui s'approfondissent et exagèrent dans
leurs paroles, et ceux qui parlent du plus haut de leurs voix. Mutanatiuun vient de An-Nit3 qui
désigne l'antre supérieur à l'arrière de la cavité buccale. Puis le terme fut utilisé dans tout
approfondissement en parole et en action. »

Les Oulémas ont dit : ce hadith est ou bien une invocation, ou bien une annonce. Dans le premier
cas, l'invocation du prophète (pbsl) est acceptée. Dans le second cas, l'annonce du prophète est
véridique et ne manque pas d'arriver. Il a annoncé qu'ils sont forcément perdus. Nous cherchons
refuge auprès d'Allah !

Il (pbsl) a également dit : « La religion est facile. Jamais quelqu’un ne cherchera à rivaliser de
force avec elle sans être vaincu. » (Rapporté par Al-Boukhari et Annassa'i). C.-à-d. sans être vaincu
par la religion. L'homme devient vaincu, ne pouvant pas porter cette religion et la mettre en
pratique. Pourquoi ? Parce qu'il a rivalisé de force avec elle, c.-à-d. il s'en est saisis et l'a mis en
pratique avec excès, essayant de la vaincre, en y étant excessivement rigoureux, malgré que ce soit
une religion de facilité, de simplicité, et d'indulgence.

Il (pbsl) a dit : « Gardez-vous bien de ne pas exagérer dans la religion, car ceux d’avant vous
furent perdus en raison de l’exagération dans la religion. » (Rapporté par Ahmad, Annassa'i, et
d'autres). Voyez comment le prophète a informé que la raison de la perte des nations qui nous ont
précédés fut leur exagération dans leur religion.

Il (pbsl) a dit : « j'ai été envoyé avec la droiture indulgente. » (Rapporté par Ahmad et Tabarani).
C'est une religion indulgente, simple, facile, il n'y a pas en elle une difficulté qui sort de l'ordinaire
de façon à placer le musulman dans la contrariété, la gêne, et la forte difficulté. Comme le dit Allah
exalté : « Luttez comme il se doit pour la Cause de Dieu ! C’est Lui qui vous a élus, sans vous
imposer aucune gêne dans votre religion, qui est la religion de votre père Abraham, lequel vous
a lui-même déjà nommés «les musulmans», nom que vous portez encore dans ce Coran, afin que
le Prophète soit témoin contre vous, et que vous soyez vous-mêmes témoins contre les hommes.
Accomplissez donc la salât ! Acquittez-vous de la zakât et attachez-vous fortement au Seigneur !
C’est Lui votre Protecteur ! Quel excellent Seigneur et quel excellent Soutien ! »

Et IL a dit : « Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous. »

Et IL a dit : « Et si Allah avait voulu, Il vous aurait accablés. Certes Allah est Puissant et Sage. »
C.-à-d. IL vous aurait fait tombé dans l'accablement (Al-'anath), soit: la gêne, la détresse, et la
difficulté importante et insurmontable. Mais Il ne l'a pas fait, plutôt Il a été envers vous
miséricordieux et doux. Il vous a facilité, et ne vous a chargé que de ce que vous pouvez comme
actes dans les situations habituelles des hommes. Et Louange à Allah seigneur de l'univers.

Allah exalté a dit : « Et sachez que le Messager d'Allah est parmi vous. S'il vous obéissait dans
maintes affaires, vous seriez en difficultés (la aanith-toum). » C.-à-d. vous seriez tombé dans Al-
aanath qui est la gêne, la détresse, et la forte difficulté ; « Mais Allah vous a fait aimer la foi et l'a
embellie dans vos cœurs et vous a fait détester la mécréance, la perversité et la désobéissance.
Ceux-là sont les bien dirigés. »

Les versets et les Hadiths qui vont dans ce sens sont nombreux et connus. Et Louange à Allah !

Notre but est de mettre en garde contre l'état de ces personnes, en donnant des exemples, et en
faisant connaître à nos honorables frères leur situation mauvaise et la gravité de leur fin, et ce
qu'ils ont comme contradictions les conduisant à la mécréance manifeste dans de nombreux cas,
et à la déviance manifeste par la perversité et la désobéissance claire.

C'est pour cela que shaykh Abou-Mohammad Al-Maqdissi (qu'Allah le délivre), qui les connaît
bien et connaît les chemins de leur égarement, a titré son livre « Arrissala Athalathiniya » (la lettre
en trente points) : la lettre d'Al-Jafr sur le fait que l'exagération dans l'excommunication conduit à
la mécréance.

De toute évidence, ce sur quoi sont ces gens, n'est pas l'état du « musulman » décrit dans le
Coran et la Sunna. Et leur religion n'est pas la religion de l'islam que Mohammad (pbsl) et ses
compagnons suivaient.

Non, par Allah, ces personnes sont déviantes. Ils ont dévié de la religion par la porte de
l'exagération, du rigorisme, de l'excès, et de l'ajout dans la religion. Tout comme les laïcistes et les
irréligieux modernistes sont sortis de la religion par la porte de la diminution de celle-ci, par le fait
d'y faire défaut et de l'abandonner en suivant leurs désirs.

Ce sont les deux voies de Satan pour faire sortir les gens de la lumière vers les ténèbres. Ainsi
qu'ont dit quelques pieux prédécesseurs : Allah ne charge pas les gens d'une chose, sans que Satan
n'intervienne dans celle-ci de deux manières sans se soucier laquelle obtiendra-t-il, ou
l'exagération ou la négligence.

Attendez donc, et vous verrez de vos propres yeux que deviendra la situation de ces détournés
déviants, Al-Moukhlif et ses suiveurs, s'ils continuent sur ce chemin, et qu'Allah ne les atteint pas
par sa miséricorde.

Par Allah, nous les avons vus, et nous les avons expérimentés dans plus d'un pays. Les Tyrans
apostats, les laissent agir en toute liberté et parcourir tout le pays sans leur faire le moindre mal.
Nous avons vu cela de nos propres yeux, et nous l'avons vécu en Libye à la fin des années 80 du
siècle chrétien passé, les campagnes visant les frères attachés à la religion battaient leur plein,
menés par le Taghout Qaddafi, ses sbires et ses services secrets, tandis qu'ils laissaient tranquille
les Kharidjites "Takfiris". Ils n'approchaient pas d'eux, ils leurs ouvraient plutôt tous les chemins.
Pourquoi ? Car ils savent qu'ils leur rendent un service important, et qu'ils ne représentent aucun
danger pour eux, et qu'ils les aident en réalité contre les musulmans oppressés.

Comment en serait-il autrement alors que leur qualité avec laquelle les a décrite le véridique
(pbsl) est qu' : ils tuent les musulmans et laissent les idolâtres ?!

De la même manière, nous avons entendu parler d'eux dans d'autres lieux et d'autres pays, et les
histoires se ressemblent partout.

Vous verrez cela même dans ces gens. Tirez-en une leçon, ô vous qui êtes doués de clairvoyance.

Ceci, par Allah, est une preuve pour celui qui a un cœur, qui médite, et qui aspire à la vérité.
Puisque, comment le Taghout serait-il satisfait d'eux, et les laisserait-il agir en toute liberté et
parcourir le pays, s’ils étaient dans le vrai, dans le chemin du Tawhid, et dans la voie de
Mohammad (pbsl) ?!

Or, le Taghout sait qu'ils sont une graine de corruption dans « le groupe musulman », c.-à-d. au
centre des musulmans. Il les laisse semer le désordre, et peut être les aurait-il aidés et leur aurait-il
ouvert le chemin et prolongé leur transgression pour frapper, avec, les musulmans !

Allah nous suffit, IL est notre meilleur garant !

« Ils complotèrent, mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en
stratagèmes. »

C'est une introduction visant à conseiller nos frères, un rappel et un avertissement pour celui qui
veut profiter des conseils et en tirer une leçon. Le sage est celui qui tire les leçons des expériences
d'autrui, et n'essaie pas tout par lui-même. Si chacun venait à faire cela, tous les gens seraient
perdus.

L'heureux est celui qui a été protégé des tentations. Écartez-vous-en, éloignez-vous d'elles et de
leurs partisans. Et cramponnez-vous à Allah. Multipliez les invocations au Seigneur le Tout Puissant
et insistez y pour qu'IL vous accorde la bonne voie et la rectitude, car tout le succès est dans la
main d'ALLAH seul sans associé.

Je signale que le but des propos précédents est de parler des caractéristiques, de l'état, et de la
fin de semblables gens. Cela n'implique pas que je vise les actuels déviants dans tout ce que j'ai
cité comme détails. Ceux-là ont peut-être, à présent, un peu ou beaucoup de ce qu'on a cité, et ils
sont en grand danger. Que ceux qui tirent les leçons le fassent, et que ceux qui sont doués de
raison méditent. Nous demandons à Allah le salut et le bon état !
Section 3

Se préserver de la déviance de ces déviants nécessite des mesures importantes, avec l'aide
d'Allah, parmi lesquelles :

Premièrement :

S'attacher à la foi générale et dire à propos des détails et des branches qu'on ne connaît pas, et
dont on n'a pas acquis un savoir certain, ou que l'on a pas étudié en détail : je l'ignore, je ne sais
pas. Allah n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Allah n'impose à personne
que selon ce qu'Il lui a donné.

Abdellah ibn Mas'oud (RA) a dit : « Ô les hommes, craignez Allah ! Que celui parmi vous qui
connaît une chose, qu'il la dise ; ou bien qu'il dise : Allah est Celui qui sait le mieux. C'est déjà faire
preuve de science que de dire d'une chose qu'on ne sait pas: je l'ignore. Allah exalté soit-Il a dit à
Son Prophète (pbsl): "Dis : Pour cela, je ne vous demande aucun salaire ; "wa ma ana mina
lmutakallifin" (et je ne m'embarrasse pas pour vous expliquer ce rappel, car il est évident et
accessible)1. »2

Sachez que celui-là est un des fondements important de la méthodologie de l'islam et du droit
chemin. Ce qui est demandé à la personne au début c'est la foi générale, c.-à-d. : la soumission par
principe à Allah et à son prophète. C'est le sens du témoignage qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que
Mohammad est son prophète, car celui-ci veut dire : se diriger par le culte à Allah seul sans
associés, et délaisser et mécroire en tout autre adoré en dehors de Lui ; et suivre Son prophète
Mohammad (PBSL) dans tout ce qu'il a ramené, et croire en tout ce dont il nous a informés.

C'est cela la foi, le Tawhid, et l'islam généraux.

Ensuite, les détails viennent successivement selon le savoir de chacun, et ils sont de différents
degrés. Toutes les branches et tous les détails de la foi ne sont pas au même degré comme l'a
signifié le Hadith : « La foi comporte soixante-dix et quelques branches dont la plus haute est le
témoignage qu’il n’y a d’autre dieu que ALLAH, et la dernière branche est d’éloigner tout obstacle
nuisible se trouvant sur les chemins », ainsi que d'autres preuves, c'est une question qui fait
consensus chez les gens de la science.

La foi détaillée est différente d'une personne à l'autre selon le savoir atteint par la personne, par
ses efforts, son apprentissage, et sa connaissance de ce qu'a rapporté le prophète (pbsl) et de ce
qu'a signifié la Shariaa. Le savant n'est pas pareil que la personne commune ignorante, et le
spécialiste des sciences de la religion et de Shariaa n'est pas pareil que le Fellah analphabète ou
que la vieille femme invalide qui ne quitte pas son village, et ainsi de suite…

Celui à qui parvient le savoir dans une question qu'il a étudiée en détail et su que sa filiation est
authentique à la religion d'Allah, en ayant appris sa preuve dans le Coran et la Sunna s'il fait partie
des gens de la science, de l'examen, et de la compréhension du Livre et de la Sunna, et de ceux qui
connaissent les significations ; ou en ayant questionné un savant dont on se fie à sa religion et à
son savoir, lequel la lui a montrée et expliquée. Celui-là doit croire en ce savoir dont « la preuve » a
1
Cf. l'exégèse d'Ar-razi du verset 86 de la sourat çad.
2
Muttafaqun 3alayh (rapporté par Boukhari et Mouslim)
montré qu'il fait partie de la religion d'Allah, que ce soit un interdit ou une permission, une
information ou un décret, une promesse ou une menace.

Quant à celui auquel n'est pas parvenu le savoir, ce n'est pas obligatoire pour lui d'y croire. Tout
en sachant, qu'il peut dans certains cas être obligatoire de rechercher, d'étudier, et de questionner,
et que l'on est blâmé en cas de défaut. Car là aussi, le savoir peut différer entre ce qui est
obligatoire individuellement, obligatoire collectivement, appréciable, et ainsi de suite.

Je veux dire : le conseil le plus important que je peux donner aux frères, c'est de s'attacher à la foi
générale, la foi des vielles personnes si vous préférez. Et de laisser ce qu'ils ne peuvent
comprendre et authentifier aux spécialistes parmi les gens de la science.

Qu'ils disent : « Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! », et s'en remettent à
Allah dans ce qu'ils n'ont pas compris et dont ils n'ont pas sût l'authenticité du lien à Allah. Et Allah
leur ouvrira une voie par leur confiance en Lui, leur patience, leur sincérité dans la recherche et la
demande, et en s'introduisant aux choses par leurs portes et en évitant l'empressement blâmable.

Et je conseille à mes frères de se méfier de ces égarés, de s'éloigner d'eux et de les délaisser, de
ne pas les écouter ou polémiquer avec eux, et de ne discuter avec eux que d'une façon
superficielle si cela est nécessaire. Qu'ils patientent et soient persévérants dans la religion d'Allah
(exalté soit-Il). Il ne faut pas qu'ils s'empressent à chercher à débattre avec eux ou à trouver
réponse à toutes leurs assertions. Mais qu'ils s'attachent aux certitudes claires dans la religion de
l'islam, et prennent en exemple les imams enracinés dans la science et adoptent les positions de la
masse d'entre eux. Et qu'ils se méfient des excentricités et des singularités et laissent le savoir des
choses qu'ils ignorent à Allah. Et Allah leur ouvrira une voie.

Ibn Alqayyim a dit : Shaykh Al-islam m'a dit alors que j'étais en train de lui mentionner assertion
après assertion : Ne laisse pas ton cœur être envers les assertions et les ambiguïtés tel une éponge
qui va les absorber et en être imbiber. Mais rends-le comme une bouteille de verre sur lequel les
ambiguïtés passent, mais ne s'y installent pas. Il les voit clairement par la transparence du verre et
les repousse par sa dureté. Sinon, si ton cœur absorbait toutes les ambiguïtés qu'il rencontrait, il
serait un siège d'ambiguïtés." (Et Ibn Alqayyim d'ajouter), je ne me rappelle pas avoir profité d'une
recommandation pour repousser les ambiguïtés plus que celle-ci. En réalité, la Choubha
(ambiguïté) a ainsi été nommée en raison de la ressemblance (Tachabouh) du vrai et du faux. Car
elle met l'habit du vrai par-dessus un corps de faux. Or la majeure partie des gens s'arrête aux
bonnes apparences. Ils observent ce qu'elle a mis comme habit et pensent qu'elle est juste. Tandis
que celui qui a du savoir et de la certitude, celui-ci n'est pas trompé, car il voit plus loin et observe
son intérieur et ce qu'elle a sous ses habits, ainsi sa réalité lui apparaît. (…) voir la suite de ses
propos dans "Miftah dar as-sa3ada", et méditez-les, car ils sont pleins de sagesse.

Deuxièmement :

Méditez sur les hadiths parlant de la foi, et observez comment l'homme venait chez le prophète
(pbsl) et lui disait : qu'est-ce que la foi ? Le prophète répondait par exemple : la foi c'est de croire
en Allah, Ses Anges, Ses Livres, Ses prophètes, le jour dernier, et la destinée ce qui en est bien ou
mal.

Le prophète a dit à un homme : sois musulman tu seras sauvé (aslim taslam). L'homme a
répondu : qu'est-ce que l'islam ?
Le prophète : c'est de soumettre ton cœur à Allah, et que les musulmans soient épargnés par ta
langue et ta main.
L'homme : Quel élément de l'islam est mieux ?
Le prophète : La foi.
L'homme : qu'est-ce que la foi ?
Le prophète (pbsl) : croire en Allah, en ses anges, en ses livres, en ses prophètes, et dans la
ressuscitation après la mort.
L'homme : qu'est-ce qui est le mieux dans la foi ?
Le prophète : la migration.
L'homme : qu'est-ce que la migration ?
Le prophète : délaisser le vice.
L'homme : quelle est la meilleure migration ?
Le prophète : le djihad.
L'homme : qu'est-ce que le djihad ?
Le prophète : que tu combattes les mécréants quand tu les trouves, et que tu ne prennes pas le
butin qui ne te revient pas, ni fasse preuve de lâcheté.
Ensuite le prophète a dit: deux actes sont meilleurs que tout autres sauf celui qui en fait autant,
et il les a répété trois fois : un Hajj sincère et une Omra.

Dans un autre hadith : on a dit au prophète (pbsl), c'est quoi l'islam ? Il a dit : donner la
nourriture et dire de bonnes choses. On lui a dit : c'est quoi la foi ? Il a dit : le pardon et la
patience. On a dit : quel est le musulman qui a le meilleur Islam ? Il a répondu : celui dont les
musulmans sont épargnés par sa langue et sa main. On a dit : quel est le croyant qui a la meilleure
foi ? Il a répondu : celui qui a le meilleur comportement. On a dit : quelle est la meilleure
migration ? Il a répondu : celui qui quitte ce que Allah a interdit. On a dit : quelle est la meilleure
prière ? Il a répondu : le Qounout prolongé. On a dit : quelle est la meilleure aumône ? Il a
répondu : celle où le pauvre donne ce qu'il peut. On a dit : quel est le meilleur djihad ? il a dit : que
tu fasses le djihad avec ton argent et ta personne et que ta monture soit blessée et que ton sang
soit versé. On a dit : quelle est la meilleure heure ? Il a répondu : le milieu de la nuit passé.

Ce sont tous des Hadiths authentiques, et il y en a d'autres biens connus qui vont dans le même
sens.

Voyez la facilité, la globalité et la sagesse de cette religion, et combien elle est loin des
chuchotements des chuchoteurs, des hérésies des hérétiques et de leurs sophismes. C'est la
religion des illettrés « C’est Lui qui a envoyé aux gens sans Livre un Prophète issu d’eux-mêmes3»,
« le Prophète illettré qui croit en Allah et en Ses paroles4», « nous sommes une nation illettrée,
nous ne calculons pas ; le mois c'est ça, ça, et ça… »

Comparez cela avec les outrances et les excès de ces détournés, ou comment ils ont fait de la
religion une sorte de loi positive dont ils ont eux-mêmes forgé les limites et tracé les contours.
Celui qui va à l'encontre de quoi que ce soit de ce qu'ils ont décrété est considéré par eux comme
sorti de l'islam. Qu'Allah les extermine comme les voilà détournés du droit chemin !

Ces détournés posent des règles et tracent des limites de leur propre chef à la religion d'Allah, et
ils formulent cela avec des expressions nouvelles par lesquels ils jugent les gens. Ainsi, celui qui se
situe dans le cadre qu'ils ont défini est musulman, sinon c'est un mécréant.

3
sourat 62 Al-jumu'a, verset 2.
4
sourat 7 Al-a'raf, verset 158.
C'est là l'affaire des gens des passions et de l'innovation en tout temps, comme l'a dit Ibn
Taymiyya : l'affaire des gens de l'innovation c'est d'inventer des propos qu'ils rendent obligatoires
dans la religion, ils en font même des articles de foi nécessaires, et par la suite considèrent
mécréants et rendent licite le sang de celui qui diverge avec eux. C'est le fait des kharidjites, des
Djahmites, des rafidhites, des Muutazilites, et d'autres. Les gens de la sunna pour leur part
n'inventent pas des paroles, et ne considèrent pas mécréants celui qui interprète, mais se trompe,
même s'il diverge avec eux ou même s'il rend licite leur sang.

Troisièmement :

Connaître le mal pour s'en éloigner. Et tirer des leçons et prendre en exemple les situations
similaires à ceux que l'on rencontre dans le sens que je vous ai expliqué au début de ce texte. Celui
qui ne profite pas des leçons et n'écoute pas les avertissements, qu'il ne blâme que sa propre
personne ! « Voudriez-vous donner à Dieu une raison valable de vous punir ?5 » !

Connaître l'état de ces gens impose de les fuir. Les personnes raisonnables et intelligentes qui
veulent le bien savent que ces gens ne suivent pas la religion du prophète, sa voie, sa manière et sa
tradition, ils en sont le plus éloignés. Ainsi, il s'éloignera d'eux et de leur chemin, et ne leur
donnera pas sur lui un moyen de le faire douter ou de l'influencer par leurs chuchotements.

Quatrièmement :

S'attacher aux choses certaines, claires et tranchées de ce qui est connu de la religion. Et pour ce
qui est des questions pointues ou celles qu'il ne maîtrise pas, il ne faudrait pas s'empresser de
prendre pour argent comptant les réponses des gens égarés et détournés, mais il faut patienter et
s'assurer des réponses auprès des gens de science et de confiance. Si Allah lui permet de
comprendre ce qu'il ignorait, et de dissiper les difficultés qu'il éprouvait, et de clarifier cette
question, qu'il louange Allah, sinon qu'il louange Allah également, car Allah est celui qui est
louangé dans tous les cas, et c'est lui à qui reviennent exclusivement les louanges. Qu'il patiente
alors, et laisse la connaissance de la question à Allah, et dise : « Nous y croyons : tout est de la
part de notre Seigneur ! », il n'y a pas de mal à cela. Et qu'il dise : Seigneur, si je savais où est la
vérité et ce qui est juste et ce que tu aimes et ordonnes, je l'accomplirai, je le croirai, et ferais mon
possible pour agir en conformité avec. C'est cela la religion, et c'est cela le Tawhid, Allah n’impose
rien à l’âme qui soit au-dessus de ses moyens, Allah n’impose jamais à l’homme une charge qui
excède ses moyens.

Allah exalté a dit : « C'est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s'y trouve des versets sans
équivoque, qui sont la base du Livre, et d'autres versets qui peuvent prêter à d'interprétations
diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclinaison vers l'égarement, mettent l'accent sur
les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation,
alors que nul n'en connaît l'interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans
la science disent : “Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! ” Mais, seuls les doués
d'intelligence s'en rappellent.6 »

5
sourat 4 Annissaa, verset 144.
6
Sourat Al-imran verset 7.
Cinquièmement :

Il faut savoir que la voie de l'égarement de ces personnes, ces kharidjites déviants, qu'Allah nous
protège de leur état et de leur chemin, est bâtie sur le rigorisme et sur l'approfondissement que la
shariaa a blâmé et dont elle nous a mis en garde et que Allah et son prophète ont interdit. En plus
du « tanato3 » qui veut dire comme mentionné avant : l'excès, l'approfondissement blâmable, être
maniéré et ne pas se suffire de ce qu'Allah a facilité et demander ce qui est plus dur et difficile
croyant avoir en soi une capacité supérieure à la masse des gens, et il y a, là, majoritairement un
désir caché d'être distingué de la masse des gens et de ses semblables. Tout cela va à l'encontre de
la tradition du prophète (pbsl), de son exemple et de son comportement. L'imam Boukhari dans
son Sahih, Livre des prophètes, chapitre sur le caractère du Prophète, a cité de nombreux Hadiths
parmi lesquels le Hadith de Aicha la mère des croyants qu'Allah l'agrée : « le prophète (pbsl)
n'avait le choix entre deux choses qu'il en choisissait la plus facile tant que ce n'est pas un pêché. Si
tel était le cas, il en était, des gens, le plus éloigné ; de même, il ne riposta jamais pour sa propre
personne, mais quand les choses rendues sacrées par Allah étaient profanées il ripostait pour Allah
à cela. »

Sixièmement :

Il faut savoir que parmi les fondements de l'égarement de ces détournés, il y a le fait qu'ils ne
différencient pas entre les degrés des questions et les niveaux des preuves, même s'ils prétendent
le contraire, la réalité leur donne indéniablement tort. En plus du fait qu'ils accordent un caractère
péremptoire aux arguments hypothétiques, tel que nos savants ont mentionnés au sujet des
kharidjites.

Vous voyez bien comment ils nomment leurs argumentations contradictoires « décisifs » et
« preuves décisives » et autres titres du même genre.

Et vous voyez comment Moukhlif s'empresse de rapporter mensongèrement un consensus sur


plusieurs questions.

Et vous voyez combien ils sont loin des manières des pieux prédécesseurs qui disaient « on pense
ceci », « on présume cela », « on suppose que », « on craint que », « et on aime ceci… et on n'aime
pas cela », à tel point que certains d'entre eux dont l'imam Malik avaient ce verset comme devise
quand on leur posait des questions : « Tout au plus, nous n’en avons qu’une idée assez vague,
sans aucune certitude »

Ces détournés égarés vous répondront que cette attitude concerne les branches de jurisprudence
et les jugements légaux qui prêtent à Ijtihad. Ceci est vrai. Mais ce qui est également vrai, c'est que
beaucoup des questions abordées par Moukhlif et ses suiveurs sont des questions de
jurisprudence appartenant aux branches et sujettes à Ijtihad, et à leur tête la mère de toutes ces
questions (comme d'ailleurs pour leurs prédécesseurs des groupes de Takfir wal Hijra et des
groupes kharidjites contemporains), à savoir la question de l'excuse par l'ignorance. Celle-ci est
une question jurisprudentielle que doit examiner un jurisconsulte, alors qu'elle est considérée par
eux comme faisant partie des fondements de la religion et de la croyance et comme une des
questions tranchées du Tawhid.

Il en va de même pour la question de « celui qui ne considère pas mécréant ou doute de la


mécréance d'un mécréant » dans ses applications et dans les branches de ses détails par rapport à
la réalité.

De même que la question de savoir si la mécréance et l'association sont une et même chose, ou
bien s'il y a une différence entre les deux, et laquelle ?

Ainsi que d'autres questions qui relèvent, toutes, des questions jurisprudentielles et des
jugements légaux, et qui peuvent être connues comme ignorées par les gens qui diffèrent quant à
leur authentification et à leur connaissance de ces questions. Dans l'ensemble, ces questions sont
sujettes à l'Ijtihad et les savants anciennement ou actuellement n'ont cessé de diverger à leur
propos et à propos de leurs applications concrètes. Ce qui ne conduit pas à des ruptures ou à des
conflits, leurs cœurs restants sains et affectueux pour les uns les autres, chacun excuse l'autre. Ce
sont plutôt les ignorants qui s'exaspèrent quand on diverge avec eux dans leurs prétendues
« questions tranchées » et qui s'allient et se désavouent par rapport à cela, et prononcent
l'égarement ou la mécréance sur cette base, suivant leurs passions troublées et leurs esprits
égarés.

Si l'aspirant au bien et demandeur de la vérité et de l'agrément du Tout Miséricordieux


réfléchissait sur l'égarement de ces gens, il le trouverait basé sur un ensemble de questions dont
les plus importantes sont les trois susmentionnées.

C'est généralement les questions suivantes :

1- La question de l'excuse par l'ignorance : ils disent qu'il n'y a pas d'excuse par l'ignorance
s'agissant du fondement du Tawhid, et ils ajoutent que croire cela relève également du fondement
du Tawhid. Celui qui ne croit pas à cela est par conséquent mécréant. Ainsi, est mécréant celui qui
diverge avec eux à propos de l'excuse par l'ignorance, et il n'est pas excusé par son Ijtihad, par son
ignorance, ou par quoi que ce soit d'autre.

Ils disent par exemple : Shaykh Abu Qatadah Al-Falasteni est mécréant, car il excuse les
associateurs par leur ignorance. Ainsi disent-ils ! Malgré que cela ne soit pas une narration exacte
de l'avis de Abu Qatadah, mais une narration falsifiée et abusive. Le plus juste serait de dire : Abu
Qatadah (et d'autres nombreux savants) pense que le musulman dont le contrat de l'islam est
avéré, s'il commet une quelconque association majeure par ignorance et que cette ignorance est
valable, il n'est pas mécréant obligatoirement. C'est-à-dire qu'on ne juge pas qu'il soit mécréant et
qu'il soit sorti de la communauté par ce simple fait. Il faut auparavant établir sur lui la preuve et
qu'il passe outre. C'est là, grosso modo, son avis, qui est un des différents avis sur la question, et
c'est l'avis le plus solide, avec les détails et les conditions nécessaires qui sont exposés en leur lieu.

Ceci est la narration de l'avis des savants, notre but n'est pas d'étudier la question dans le menu
détail des arguments de part et d'autre et de trancher entre les avis opposés, ce serait difficile et
prendrait beaucoup de place et ce n'est pas là le lieu pour cela. Notre objectif est de montrer un
des fondements de l'égarement de ce groupe débordant. Quand ils ont incorporé une question où
divergent les savants, dans ce qu'ils ont appelé les fondements et les bases de la religion et qu'ils
l'ont considérée comme tranchée, ils n'ont par conséquent pas distingué entre celui qui commet
l'acte d'association et celui qui parlant de ce dernier l'excuse ou ne l'excuse pas. Ensuite, ils ont
considéré que la distinction entre mécréance et association dans ce contexte était tout aussi
tranchée et relevait des fondements de la religion. Ils se sont heurtés à ce malheur et sont tombés
dans ce piège, et donc, il leur fut facile de décréter la mécréance de la Oumma et de ses imams.
Certains d'entre eux peuvent considérer cette question comme relevant des « questions
cachées » (selon leurs classifications), mais ils ne restent pas longtemps avant de jeter l'anathème
sur les savants qui ont divergé avec eux sous prétexte que la preuve leur a été exposée. En raison
de cela, ils déclarent mécréants ceux qui sont pourtant de leur avis sur la question de l'excuse par
l'ignorance, tels que Shaykh Abu Mohammad Al-Maqdese, Shaykh Al-Khdheir, Shaykh Al-Fahd,
Shaykh Hamoud Al-Oqla, Shaykh Hamid Al-Ali, Shaykh Abdul-Qader ibn Abdel-Aziz, et beaucoup
d'autres qui sont d'avis que l'excuse par l'ignorance est nulle en ce qui concerne les fondements de
la religion (l'association majeure). Malgré cela, Moukhlif et ses partisans les jugent mécréants. Car,
disent-ils, s'ils sont d'avis qu'il n'y a pas d'excuse par l'ignorance dans le fondement de l'Unicité, ils
ont néanmoins excusé ceux qui ont divergé avec eux dans ces questions et ils ont considérées ces
dernières comme des questions de divergence. Et par conséquent, ils n'ont pas jugé mécréants
ceux qui ont un autre avis.

Ils disent : ils sont mécréants, car ils n'ont pas jugé mécréants ceux qui le sont et la preuve contre
eux a été établie. Ainsi, ils prétendent !

2- la question de la distinction entre mécréance et association à la façon dite par Moukhlif. Car la
question contient des développements, peut-être Allah (exalté soit-Il) facilitera leur exposé en un
autre lieu.

3- la question de « celui qui ne considère pas mécréant ou doute de la mécréance d'un mécréant
est lui-même un mécréant » : c'est une parole vraie, mais dans le sens voulu par les savants qu'ils
l'ont dite et écrite. Cela est expliqué dans plusieurs endroits des livres des gens de la science et je
l'ai expliqué dans quelques-uns de mes écrits publiés, louange à Allah, et Shaykh Nasser Al-Fahd en
a une explication facile dans une épître, de même que Shaykh Abu Mohammad Al-Maqdese, et
d'autres encore, que l'étudiant peut rechercher.

Ils sont prompts à juger mécréant celui qui diverge avec eux sur le fait de décréter comme
mécréant une personne ou un groupe, en argumentant avec cette expression. C'est leur tendance
et leur voie, même s'ils polémiquent théoriquement et prétendent connaître son sens.

C'est tellement éloigné de la méthodologie des gens de la science parmi les anciens et les
contemporains, qui étaient des gens de prudence, de vérification, de fort scrupule, et de recherche
d'intégrité dans la religion, en dépit de leur prééminence dans la jurisprudence, dans la science,
dans la clairvoyance, et dans l'application des ordres de la religion.

Citons, à cet égard, deux exemples dont on se suffira en attendant qu'Allah facilite un autre
endroit pour plus d'explications, ces exemples sont : Ibn Arabi le soufi irréligieux faux dévot
(Zindiq), et le savantissime Ibn Hajar Al-Haythami le jurisconsulte Shaféite.

Ibn Arabi, le partisan de la doctrine de l'unicité de l'être, dont les aberrations et la vilenie
n'échapperaient pas à une réflexion de base, au point même où la masse trouve ses écrits
abominables sans parler des élites. Ses écrits sont gorgés de turpitudes, et c'est à longueur de
livres qu'il théorise sa doctrine. Cette parole suffit pour s'en faire une idée : « le seigneur est Vrai,
et le serviteur est Vrai; mais à mon grand étonnement, qui est-ce qui légifère ? ; Si tu dis que c'est
le serviteur, celui-là est éphémère ; si tu dis que c'est le seigneur, mais comment peut-il le faire ? »
qu'Allah soit élevé très haut de ce que dit cet injuste !
Il écrit ces mécréances clairs en toute conscience et en y mettant de l'art. En effet, les écrits qu'il
a tracés ne sont pas des expressions passagères ou des lapsus, voir l'erreur d'un savant ou un
Ijtihad erroné. Pourtant, les savants ont divergé quant à le juger mécréant. On trouve des savants
qui ont un mérite attesté au sein de la Oumma qui le respectent et l'honorent et ajoutent en citant
son nom « qu'Allah sanctifie son âme » ou semblable expression, et le qualifient de connaisseur
d'Allah et de Shaykh le plus grand, comme le fait l'imam Al-Aloussi dans son Tafsir.

Ces imams malgré l'enracinement de leur science et la précision de leur compréhension


considèrent que leurs esprits sont en deçà de comprendre le sens des expressions de ce déviant.
Ainsi, ils adoptent une attitude d'impuissance et de capitulation face à ses propos qu'ils
considèrent comme le fondement tranché fussent-ils pleins de blasphèmes et de vilenies. S'ils leur
trouvent une interprétation possible, ainsi font-ils ; sinon, ils déclarent que l'auteur sait mieux ce
qu'il veut dire !

Regardez ce que dit l'imam Al-Aloussi sur la tête de l'irréligion Ibn Arabi : j'ai écouté de certaines
personnes que le Shaykh le plus grand Mohierddin Ibn Arabi qu'Allah sanctifie son âme est tombé
un jour du dos de son âne et s'est contusionné la jambe, on est venu pour le porter, mais il leur a dit
laissez moi, on l'a laissé un moment après quoi il leur a permis de le porter, et quant on l'a
questionné à ce propos, il a répondu qu'il a révisé le Livre d'Allah le Très Haut et trouvé cet incident
mentionné dans la Fatiha, et cela est certes au-delà de nos raisons.

Avez-vous constaté que les savants qui ont déclaré la mécréance d'Ibn Arabi (et combien
nombreux ils sont) jeter l'anathème sur leurs frères savants qui ne l'ont pas fait (et combien
nombreux ils sont aussi) ? L'ont-ils seulement fait avec ceux qui ne considèrent pas Ibn Arabi
comme égaré ? Ont-ils utilisé la règle de « celui qui ne juge pas mécréant le mécréant » à leur
encontre? L'ont-ils sorti comme une épée et une arme dévastatrice contre leurs opposants qui ont
divergé avec eux sur sa mécréance et son apostasie ? Non ! Et cela n'est dû qu'à leur forte
clairvoyance, leur précaution dans la science et dans la religion, et leur connaissance des excuses.

Quelques-uns de nos Shouyoukhs nous disaient : à mesure que s'enracine la science du savant il
devient plus observant des excuses, et plus excusant aux gens. Cela est juste pour qui y médite, et
cela est évidemment borné par les bornes de la Loi authentique et par la jurisprudence plausible
fondée sur la crainte d'Allah le Très Haut.

Le fait est que les savants débattaient à propos de ce Zindiq Ibn Arabi, et ils écrivaient des livres
pour dénoncer sa vilenie et dévoiler sa Zandaqa, et dans certains cas, ils en sont arrivé à la
Moubahala à propos de son égarement, sans aller au-delà et juger mécréant leurs opposants sur
cette question. Comme l'atteste l'histoire du débat du Hafiz Ibn Hajar avec certains qui aimaient
Ibn Arabi.

Ainsi, le respect dû à ces savants qui n'étaient pas d'accord pour considérer Ibn Arabi comme
mécréant est demeuré intact. On a continué à prendre de leur science, et à profiter de leurs livres.
Et on a répliqué par la science et par l'argumentation à leurs tentatives scandaleuses et étendues
d'excuser ce Zindiq. Cela n'a pas été une raison pour leur jeter l'anathème ou les accuser d'être des
égarés, sauf chez les idiots et les immatures qui sortent de la religion comme sort la flèche de
l'arc !

Quant à Ibn Hajar Al-Haythami, c'était un soufi qui révérait le susmentionné Ibn Arabi, de même
il défendait les associateurs tombolâtres. Il a en outre autorisé l'invocation (istighatha) d'autre
qu'Allah (exalté soit-Il) tel que les sains et le fait de se rendre à leurs mausolées. Shaykh Al-Islam
Ibn Taymiyya l'a vivement critiqué et dénoncé pour cela, et il l'a vraisemblablement déclaré
mécréant ou du moins s'en est-il approché. Ses catastrophes sont connues, mais en dépit de cela
les savants ne l'ont pas jugé mécréant et ils l'ont excusé en raison de son enracinement dans la
science et la jurisprudence, parmi ces savants, ceux de l'appel Najdite comme on peut le lire dans
« Addorar Assaniya » dans la lettre de Shaykh Abdellah ibn Mohammad ibn Abdelwahhab qui
commence ainsi :

« Louange à Allah seigneur des mondes, que les prières et le salut soient sur notre prophète
Mohammad le fidèle, ainsi que sur sa famille, ses compagnons et leurs partisans des générations
suivantes. Quant à ce qui suit : Nous autres conquérants unicitaires, quant Allah nous a gratifiés
d'entrer à La Mecque au milieu du samedi 08 du mois Muharram de l'an 1218 hégirien, et que les
notables, les savants, et la masse des gens ont demandé la sûreté à l'émir de l'expédition
Saoud… »

Puis se poursuit plus loin :

« Si quelqu'un disait dans le but de repousser les gens d'accepter la vérité et de s'y soumettre :
votre conclusion selon laquelle quelqu'un qui dit "ô prophète je te demande d'intercéder en ma
faveur" devient par conséquent mécréant et son sang licite, vous oblige à considérer que la
majeure partie de la oumma est mécréante notamment dans les dernières générations, vu que ses
savants reconnus ont déclaré que cela était permis et ont mené une guerre sans relâche à celui qui
s'y est opposé. Je réponds à cela : pas forcément, puisque comme cela est établi, les implications
d'une doctrine ne sont pas la doctrine elle-même. Par exemple : on est pas forcément
anthropomorphistes en indiquant le sens de l'attribut de l'élévation suivant ce qu'a mentionné le
Hadith connu. Aussi, disons-nous à propos des décédés : une telle génération a disparu… et nous
ne jugeons comme mécréant que celui auquel est parvenu notre appel à la vérité, et auquel les
signes sont devenus clairs, et la preuve fut parfaitement établie, mais qui persiste
orgueilleusement dans leur transgression. Comme c'est le cas de la majorité de ceux que l'on
combat aujourd'hui qui persistent dans cette association, se refusent à faire les devoirs, et se
vantent de pratiquer les pêchers majeurs. Ou comme c'est le cas d'une minorité que l'on combat
pour avoir porté secours à de tels gens, pour avoir grandi leur nombre, et inciter à les aider. Quant
aux générations passées, nous les excusons pour s'être trompés étant donné que personne n'est
infaillible.

« Quant à celui qui a mené une guerre sans relâche pour cette cause, il s'est certes trompé. Et il
n'est pas étonnant qu'il se soit trompé puisque de bien meilleurs l'ont fait avant lui, comme Omar
ibn Alkhattab (ra), quand la femme l'a corrigé sur la question de la dote, il s'est rétracté. Ou dans
d'autres questions que l'on peut trouvé en révisant sa biographie. Les compagnons se sont même
trompés en étant groupés, alors que le prophète était parmi eux et sa lumière les entourant, ils ont
dit accorde nous un ‘Dhata Anouat’ ! Si tu objectes : ceci concerne l'inattentif qui a recouvré raison
après avoir été rectifié, qu'en est-il alors de qui a recensé les preuves et pris connaissance des
paroles des savants exemplaires, mais il a persisté sur cette voie jusqu'à sa mort ? Je réponds : il
n'y a pas de raison pour ne pas excuser une telle personne ou ne pas s'abstenir de dire : c'est un
mécréant ! et pas de raisons non plus de considérer qu'il est égaré quand bien même il aurait
persisté sur son erreur. La raison en est l'absence en son temps de ceux qui défendent le vrai avec
leurs langues et leurs armes. Ainsi, la preuve n'a pas été établie à son encontre et la question ne lui
a pas été clarifiée. D'ailleurs, la norme à cette époque était au délaissement complet des paroles
des imams de la sunna, et même ceux qui les lisaient s'en détournaient avant qu'ils n'aient touché
leurs cœurs. Leurs grands mettaient en gardes ceux qui étaient moindres de ne rien lire de ces
paroles. Et la répression des rois était implacable pour qui, dans son cœur, était resté quelque
chose de cela. Sauf à qui Allah a fait grâce…

« Nous ajouterons que Moawiya et ses compagnons se sont opposés à l'émir des croyants Ali ibn
Abi Talib, lui ont déclaré la guerre et se sont battus contre lui, ils sont en cela fautifs par consensus.
Et bien qu'ils aient persisté sur leur faute, aucun des pieux prédécesseurs ne s'est fait connaître
dire qu'ils fussent mécréants ou égarés, on a plutôt considéré leur position comme relevant de
l'Ijtihad erroné et récompensé, et tel est l'avis notoire des gens de la sunna. De la même façon,
nous ne déclarons pas mécréant, pour notre part, celui dont la religion s'est avérée juste et la piété
était notoire, et à propos duquel on a appris la dévotion, l'ascétisme, et le comportement
vertueux, ainsi que les efforts durant toute sa vie pour conseiller la Oumma en lui enseignant les
différentes sciences et en écrivant des livres, même s'il se trompe sur l'une ou l'autre des
questions, comme c'est le cas d'Ibn Hajar Al-Haythami dont nous connaissons les propos dans
‘Addarrou Al-Mounadham’, et nous ne nions pas son érudition au reste. En raison de ce qui a
précédé, nous nous intéressons à ses livres tels que le commentaire des quarante Hadiths et
‘Azzawajir’, et nous nous fions à ses narrations, car il fait partie des savants musulmans. »

Je m'arrête à ces deux exemples par crainte de faire long, néanmoins les exemples qui
témoignent de cette méthodologie droite des savants de la Oumma sont très nombreux. Qu'Allah
soit loué !

4- la question des noms (Al-Asmaa) et des jugements (Al-Ahkam) avec laquelle ils fanfaronnent
alors qu'ils n'en connaissent pas la réalité comme je vais le démontrer dans un autre endroit si
Allah le veut, que les frères ne s'empressent pas et patientent, car Allah est avec les patients.

5- les revendications de consensus, de certitudes, et de verdicts tranchés, tel que mentionné


précédemment.

6- et avant tout cela, le fait qu'Allah les a détournés et égarés et qu'Il les a privés de la bonne
voie, à moins qu'Il décrète autre chose (magnifié soit-Il), Il est le possesseur de toute chose, Il
guide qui Il veut et égare qui Il veut, Il n'y a de divinité que Lui et de Seigneur que Lui. Nous Lui
demandons de nous guider de même qu'eux vers le vrai, le juste, le bien et la réussite. Amin !

Septièmement :

Il faut savoir que ces gens sont des ignorants en plus d'être des menteurs, et qu'ils ont une
morale mauvaise et corrompue, et qu'ils n'en sont arrivés là – en majeure partie – que du fait
d'une corruption dans leurs intentions, et de maladies dissimulées telles que l'ostentation,
l'orgueil, la volonté d'être au-dessus des autres, ainsi que l'arrogance. Nous en cherchons refuge
auprès d'Allah !

Allah le Très Haut dit : « Mais comme ils déviaient du droit chemin, Allah fit dévier leurs
cœurs ».

Il dit aussi : « Sachez que Allah peut S’interposer entre l’homme et son cœur, et que c’est devant
Lui que vous serez tous rassemblés. »
Et Il dit : « Allah affermit les croyants par une parole ferme, dans la vie présente et dans l'au-
delà. Tandis qu'Il égare les injustes. »

Et Il dit : « Allah ne saurait en vérité guider des gens pervers. »

Pour ce qui est de leur ignorance, elle est manifeste. La plupart d'entre eux ne savent rien de la
science, de ses disciplines, et de ses outils. Et ils n'ont pas acquis la science qui les désigne pour
être même des étudiants de science, ni ils ont pris la science par une voie authentique convenable.
Leur chef Moukhlif, bien qu'il est connu pour avoir étudié et parlé de la science depuis un temps,
cependant les savants et les étudiants connaissent sa faiblesse, son ostentation, son orgueil, ses
approximations, ses excès, et ses transgressions aux fondements de la science, de même que sa
faiblesse dans la langue du coran, l'arabe. Et ils savent qu'il n'a pas recueilli la science de
shouyoukhs connus et bons, ses fondements se résumant à la lecture de livres sans qu'il n'ait la
bonne assise qui le préserve des excès, ou un bon passé dans la modération, la rectitude, et la
fréquente justesse dans la science. Questionnez à son propos les gens du savoir parmi ceux qui
l'ont connu ou écouté ou lu. Quant à la masse et aux ignorants parmi les musulmans, ils ne
peuvent connaître le rang des gens dans la science.

Celui-là est leur aîné, leur chef, leur mufti, et leur instituteur qui leur a instruit l'égarement. Qu'en
est-il donc des cadets et des suiveurs ? Des ténèbres entassées les unes sur les autres en terme
d'ignorance, d'aveuglement, de peu de savoir et de perte de clairvoyance, sans parler de toutes les
maladies (du coeur) dont ils sont atteints.

Puis dans l'hypothèse même où Moukhlif a demandé la science, et s'y est distingué, et qu'il ait
appris les narrations et maîtrisé leurs explications avec art. En considérant cette hypothèse comme
juste, il n'est pas plus savant que Iimran bnou HaTTan, ni plus que Nafii bnoul Azraq, ni plus que
Najda Al Harori et leurs semblables parmi les Kharijites qui apparurent à la fin de l'époque des
compagnons et qui furent combattu par Ali ibn Abi Talib et les imams après lui. Il n'est même pas
plus savant que Shoukri Moustafa et quelques-uns de ses proches, au mieux il appartiendrait à la
même classe que le docteur Ahmad l'Algérien que nous avions connu en Afghanistan et à
Peshawar.

Ils ont pour toute assise scientifique l'apprentissage des textes des savants de la prédication
Najdite, et se plonger dans certains chapitres des livres d’Ibn Taymiyya, avec des faiblesses
manifestes dans la plupart des chapitres de la science et de ses outils, et une réception de la
science par de mauvais canaux.

Sachez, mes frères, que ce Moukhlif prétend connaître le Coran et la Sunna à la perfection et se
baser sur eux directement. Et il multiplie les reproches aux savants de s'éloigner du Coran et de la
Sunna et d'argumenter avec les paroles des hommes. Que cela ne vous impressionne pas ! Ce ne
sont que des prétentions que tout un chacun peut faire. Les véritables champs de distinction sont
plutôt : l'authentification de la science, et la bonne compréhension de cette dernière attestée par
ses gens, et la fréquence de l'atteinte du vrai et de la justesse de l'opinion. Et si vous méditez bien,
beaucoup de questions où il s'est distingué et où il s'est égaré tournent autour de deux choses :

- des questions où il imite autrui et suit leur chemin sans grand discernement ou
authentification !
- ou d'autre où il prétend avoir une compréhension particulière du Coran et de la Sunna (comme
c'est le cas de la distinction entre mécréance et association, ou quant il argumente sur l'excuse par
l'ignorance avec le verset « Allah ne pardonne point qu’on Lui associe d’autres divinités »), et à
bien voir ce n'est qu'un prétentieux dont les erreurs sont dues à sa mauvaise compréhension, et
peut être également à son orgueil et à son ostentation, alors qu'il croit avoir accaparé la
compréhension des choses et la connaissance des vérités !

Quant aux mensonges, Moukhlif ment souvent pour appuyer sa religion forgée pleine
d'égarements. Il ment en prétendant que les savants sont unanimes à ne pas excuser par
l'ignorance dans le fondement de la religion (ou comme il dit : dans le chapitre de la grande
association), alors qu'à l'examen il n'y a pas de véritable consensus. Laissez donc à Moukhlif une
année s'il peut rapporter la narration d'un seul consensus clair et dénué d'objection à ce sujet de
façon qui soit admissible chez la communauté des savants.

Que l'individu sage réfléchit : si la question était tranchée et faisait l'objet de tout ce consensus,
pourquoi donc y a-t-il autant de livres, de recherches, et d'études sur la question affluant sur les
étagères des librairies chaque jour ? Et pourquoi y a-t-il autant de différents entre les grands
savants sur la question ?

Si quelqu'un avait soutenu que l'on ait rapporté le consensus sur l'opposé, il aurait été plus
proche de la vérité. Bien que nous n'avons pas eu la présomption à rapporter un consensus sur
cette question.

L'imam Ibn Hazm Adh-dhahiri (décédé en 456 A.H.), fut l'un des premiers à avoir traité de cette
question en détail dans son livre « Al-Fasl ». Il dit après avoir exposé un ensemble de paroles et
d'arguments sur la question :

« Abou Mohammad (ibn Hazm) dit : c'est une déduction qui est nécessaire et ne souffre d'aucune
divergence. La oumma est unanime que toute personne qui change volontairement un verset du
Coran tout en sachant qu'il est autrement dans les Livres, qui omet volontairement un mot, ou
ajoute volontairement un autre; est de ce fait mécréante par consensus. Cependant, si une
personne se trompe dans la récitation (du Coran) en ajoutant un mot ou en diminuant un autre,
changeant ainsi les mots du Coran en pensant être dans le vrai, et s'entêtant et débattant sur cela
avant que la vérité ne lui apparaisse. Cette personne n'est pas à cause de ça mécréante, perverse,
ou pécheresse. Personne au sein de la oumma ne le dit. Par contre, si elle consulte les Livres ou que
l'un des Lecteurs (qui connaissent le Coran) parmi ceux que la preuve s'établisse par leur indication
l'en informe, et qu'elle persiste sur son erreur, elle est sans doute mécréante dans ce cas. Toute la
oumma s'accorde sur cela. Ce jugement est celui qui est en cours dans toute la religion. »

Pour information : Moukhlif et ses partisans vont répondre que ceci ne concerne pas
l'association. Ils citeront leur fondement défaillant que nous avons mentionné concernant la
séparation entre mécréance et association, et soutiendront que l'association n'est pas excusée par
l'ignorance contrairement à la mécréance. Cette réponse n'est pas valable, car Abu-Mohammad
Ibn Hazm n'a pas distingué entre mécréance et association. Chez lui cela revient au même. S'il
faisait une distinction, il l'aurait cité. Plus encore, sa dernière phrase est claire à ce propos, quand il
dit : « Ce jugement est celui qui est en cours dans toute la religion. »

Cette affirmation d'Ibn Hazm est un coup fatal porté à l'argumentaire de Mouklif et ses suiveurs.
Celle-ci rapporte quasi explicitement un consensus, mais sur la distinction entre mécréance et
association. C'est en outre, l'une des plus anciennes paroles précises et détaillées que nous
pouvons trouver sur cette question. Il y a donc une réponse au prétendu consensus que soutient
Moukhlif. D'ailleurs, Ibn Hazm a même rédigé un chapitre dans ce même livre « Al-Fasl » pour
démontrer que mécréance et association sont une même chose dans la religion au sens légal,
répliquant à celui qui différencie entre les deux.

Nous reviendrons, si Allah le veut, pour expliciter cette question et commenter cette affirmation
d'Ibn Hazm, si Allah le facilite par sa grâce et sa faveur. Je commenterais alors quelques propos de
Moukhlif et saperais ses fondements déviants, et montrerais la fausseté de ses arguments et
l'ampleur de ses excès et de ses falsifications, et c'est Allah seul qui accorde le succès.

Moukhlif ment donc en prétendant que les savants sont unanimes que l'association et la
mécréance sont différents dans le sens que lui explique aux gens. Il ment en outre dans beaucoup
d'autres questions qui relèvent de la science comme de l'action.

Parmi ces derniers : il raconte à ses suiveurs, et ils le diffusent parmi les gens, qu'ils ont débattus
avec les frères moudjahiddins, avec leurs shouyoukhs et leurs savants, et qu'ils leur ont
prétendument fait parvenir leurs preuves, mais les moudjahiddins n'ont fourni aucune réponse,
car ils n'ont pas de preuve à opposer. Ceci est un mensonge manifeste.

Les moudjahiddins, j'entends leurs commandants, leurs savants, et leurs shouyoukhs, ne


connaissent pas dans leur majorité l'existence en ce monde de Moukhlif et de ses partisans, ils
n'ont pas entendu parler de leurs troubles, et ils n'ont pas d'information à leur propos, sauf peut
être une nouvelle entendue par hasard de quelques frères à propos de gens égarés dans le lieu
untel qui professent l'excommuniation des musulmans et considèrent qu'il n'y a pas de Djihad
aujourd'hui.

Je ne pense pas qu'il leur est parvenu ce que Moukhlif ou ses partisans écrivent. Et quand bien
même de tels écrits leurs parviendraient, ils ne vont pas, et n'auront pas besoin de les examiner, et
de perdre leur temps à s'occuper avec. Car leurs préoccupations sont plus élevées, et ils ont de
quoi être occupé par les actions vertueuses et importantes. Puisse Allah les aider et les faire
triompher ! Car ils savent que c'est un trouble, une hérésie, une tempête qui prendra un peu de
temps et s'estompera. Elle n'est pas plus grave que ce qu'ils ont connu auparavant.

Malgré tout cela, ce menteur prétentieux et ses suiveurs ignorants égarés, mentent aux gens
parmi les ignorants et les non arabes en leurs disant « voici notre preuve, nous l'avons écrite et dite
aux moudjahiddins, lesquels n'ont pas pu répondre. » Ils prennent pour alibi le fait que les
moudjahiddins ne leur ont pas répondu, et mentent aux gens. Ignorent-ils que les moudjahiddins
ne répondent guère à leurs semblables dans la plupart des cas que par ce qui ressemble à la parole
d'Allah : « Dis : “chacun agit selon sa méthode, alors que votre Seigneur connaît mieux qui suit la
meilleure voie”. » ? Qu'Allah combatte les menteurs !

La voie des moudjahiddins, de leurs savants, de leurs Shouyoukhs, et de tous les savants de la
Oumma connus par leur science, leur intégrité et l'appel à Allah (exalté soit-Il) et au Tawhid, à
propos de ces questions et d'autres questions, est connue et consignée. Quelle utilité y a-t-il à
rédiger une réponse, ou s'occuper à débattre avec un prétentieux menteur instable ? En fait, il
suffit juste de connaître et d'examiner la conception générale de sa pensée pour se rendre compte
que c'est un égarement manifeste et un débordement de la religion.

Que le frère musulman fasse attention à ça ! On ne réplique pas à toute personne, et on ne


répond pas à tout questionneur. C'est ce que nous ont appris le Coran et la Sunna.
Un poète a dit : Si le sot parle, ne lui réponds pas. Se taire est mieux que de lui répondre.

Un autre a dit : Si tu lançais une pierre sur tout chien qui hurlerait. Les pierres vaudront alors un
dinar la pesée.

Ceci est une sagesse connue de ses gens : « Celui qu'Allah veut éprouver, tu n'as pour lui aucune
protection contre Allah. » Allah (pbsl) a dit à son prophète : « Nous savons mieux ce qu'ils disent.
Tu n'as pas pour mission d'exercer sur eux une contrainte. Rappelle donc, par le Coran celui qui
craint Ma menace. »

Huitièmement

Il faut que les frères sincères, aspirant à la vérité, espérant la miséricorde d'Allah et cherchant sa
satisfaction, sachent que la science doit être prise de ses gens, de ceux qui s'y sont fait connaître,
et y ont obtenu une reconnaissance, et se sont fait connaître par leur rectitude et la justesse de
leur opinion globalement, et par leur honorabilité, leur probité, et leur éloignement des
aberrations, des excès, des manquements, et de la fascination pour les étrangetés et les
excentricités.

Comment un musulman ou juste un homme raisonnable se permet-il de prendre les choses


minutieuses qu'il ne comprend pas bien, où il est un simple imitateur ou comme tel, d'une
personne dont il ne connaît pas le rang dans la science, ni sa reconnaissance par les gens de savoir,
de vertu et de religion, et qu'il n'a pas testée dans le Djihad et dans les bonnes actions, ou
fréquentée et connue de façon à ce qu'il puisse donné un crédit total à sa religion et à sa piété ? La
situation étant que cette personne a divergé avec l'ensemble des Oulémas et des gens du bien, de
probité, de leadership, et de chefferie parmi les musulmans, et pris des positions singulières,
aberrantes et déviantes.

Le moindre des choses, c'est de s'arrêter et de ne pas s'empresser d'accepter ce que dit une telle
personne (Moukhlif ou ses semblables), et de ne pas adopter un avis dont sont apparus des signes
d'excentricité et d'étrangeté.

C'est pour cela que les mises en garde des pieux prédécesseurs ont abondé contre les étrangetés
dans les questions relatives à la science. Et les preuves de la législation ont démontré la vertu
d'être parmi « le groupement » et avec « la masse des gens » autant que possible. Ceci dans les
circonstances autres que ceux où la vérité apparaît à l'homme d'une manière certaine. Car à ce
moment, il se doit de suivre la vérité qui lui est apparue à partir de la preuve et des arguments
qu'ils l'étayent, même s'il diverge avec tout le monde. C'est à ce moment-là que « la vérité c'est le
groupement même si tu es seul » tel qu'Ibn Messouad (ra) a dit.

C'est pour cela, aussi, qu'un groupe parmi les gens de la science est d'avis que « la position de la
masse », c'est-à-dire celle de la majeure partie des savants, est un élément pour opter pour l'un ou
l'autre des avis dans le cas où les preuves se valent.

L'étrangeté est un signe, ou « un indice » comme on dit dans le langage d'aujourd'hui, de la


fausseté de l'avis. Elle requiert de s'arrêter et d'examiner minutieusement et avec une rigueur
supplémentaire la question, et laisser tomber l'empressement, surtout si l'on a affaire à un
inconnu ignorant qui se vante de ce qu'il n'a pas.

Comment une personne raisonnable qui cherche le salut et la réussite se permet-elle de prendre
sa religion de Moukhlif via Internet et Paltalk, alors qu'elle ne le connaît pas de la manière dont on
a parlé, et au moment où elle voit en lui toute cette extravagance et cette étrangeté, et cette
quantité énorme de prises de position singulières et anticonsensuelles ? Comment donc, si on y
ajoute d'autres signes de son immoralité et de la corruption de son âme ?

Comment une personne raisonnable accepte elle de se laisser tromper par l'éloquence d'un
intervenant ou ce qui apparaît être un solide argumentaire basé sur le Coran, les Hadiths, et les
paroles des savants, alors qu'elle ne comprend pas bien ces textes, ne peut les authentifier d'une
manière concluante, et ne comprend pas ce qui se cache derrière les belles paroles et les
apparences attrayantes. Si un meilleur rhétoricien venait lui parler, cette personne inverserait elle
sa religion, et le suivrait elle ?! ou comme l'imam Malik a dit : « à chaque fois que nous vient un
homme plus convaincant en polémique qu'un autre, délaisserons-nous ce que Djibril a descendu
sur Mohammad (pbsl) à cause de ses polémiques ?! » en agissant ainsi, elle mettrait en danger sa
religion en l'exposant aux apprentis rhétoriciens et aux pseudo savants dont nous a mis en garde le
prophète (pbsl) et dont il a dénoncé les méfaits.

Comment une personne raisonnable se permet-elle cela, alors qu'elle voit tout ce que nous avons
cité comme étrangetés, singularités, extravagances, dureté, excès, et opposition aux évidences ?
Ceci, par Allah, est étrange ! Que celui qui cause sa perte n'en fasse de reproches qu'à lui-même !
Nous demandons le bon état et le salut à nous et à tous les musulmans !

Ibn Al-Wazir dit dans « Ithar Al-Haq 'ala Al-Khalq » (préférer la vérité aux gens) dit :

Certes dans une situation où Moussa fut perplexe ;


Et il ne put être patient en compagnie du plus savant des hommes ;
Cela mériterait des recherches importantes et de douter ;
Des illusions prises par tout savant pour des certitudes.

Les derniers vers interpellent les théologiens et d'autres, sur le fait que les Grands n'auront de
cesse de tomber dans des prétentions de certitudes et d'y croire sans authentification préalable.
Ainsi, Moise (psl) s'il n'avait pas eu la certitude que Khidr était dans l'erreur, il ne l'aurait pas
désapprouvé. De la même manière, beaucoup de savants théologiens (3oulamaou Al-kalam) ont
considéré comme justes leurs arguments qui poussent à interpréter les paroles du Connaisseur de
l'Invisible. Or, ils sont inférieurs en rang à Moussa, le rapproché, l'infaillible, et ce de distances que
ne peuvent appréhender les pensées. Et rapporter le savoir d'Allah (exalté) au savoir de tous les
hommes – comme cité dans l'authentique – est tel que ce qu'un oiseau collecte de l'océan
inépuisable.

Celui qui se conforme aux règles et recommandations profitables, que nous avons citées, avec
toutes les autres causes de bonne guidée, puis place sa confiance en Allah, en étant véridique et
insistant dans ses demandes et invocations au Pourvoyeur de tous les bienfaits. Allah (exalté soit-Il)
lui ouvrira une porte et le guidera certainement. Et il n'y a de force ni de puissance que par Allah !
Section 4

Un autre avertissement :

Quelques questions et déductions sur lesquelles se base Moukhlif ont été dites avant lui par des
savants honorables tels que Shaykh Ali Al-khdheir et d'autres contemporains, ou tel que certains
savants de la prédication Najdite bénie. Ils ont fait un Ijtihad dans ces questions et ils y ont dit ce
que Allah leur a montré. Certains de ces avis, je n'en doute pas, constituent des erreurs et entrent
dans le cadre de « l'erreur du savant », c'est le cas de certaines déductions de Shaykh Ali Al-
khdheir qu'Allah le libère et lui pardonne ! Amin !

Il est connu ce qui s'est établi dans la shariaa, dans la compréhension des compagnons et des
pieux prédécesseurs et dans ce que les savants qu'Allah leur fasse miséricorde ont consigné par
écrit, à propos de l'attitude à avoir par rapport aux erreurs des savants et dans le fait de mettre en
garde contre celles-ci et contre leur danger. On peut lire à ce sujet « Jaami' bayan al-iilm wa
fadhlih » de Ibn Abd-el-bir et « Almouwafaqaat » de Shatibi, et d'autres ouvrages.

Cependant, la différence entre ces honorables savants et les égarés du type de Moukhlif, c'est
que les honorables savants ont déduit ces questions à la manière des gens de la science, et ils ont
excusé ceux avec qui ils ont divergé par Ijtihad ou interprétation. Et ils avaient l'assise scientifique,
la compréhension de l'esprit, et la méthodologie saine – en raison de l'apprentissage de la science
par les voies authentiques –, ce qui les a protégés de tomber dans l'excommunication de
l'ensemble des savants qui ont divergé avec eux, ou celle de l'ensemble des musulmans.

On peut constater que Shaykh Ali Ben Khdeir à titre d'exemple dit que la question de « la non-
excuse par l'ignorance » dans l'association majeure est une question consensuelle qui fait
l'unanimité. Il le rapporte de quelques savants récents de la prédication Najdite et il les suit à ce
sujet. Également, il établit la distinction entre mécréance et association de manière semblable ou
proche à Moukhlif, et évoque des choses sujettes à discussion. Mais malgré cela, c'est un savant
honorable parmi les gens du bien et de la rectitude, nous le considérons ainsi. Allah l'a protégé des
troubles de ces ignorants par l'authenticité de la science dans l'ensemble et par la bonne intention.
Nous le considérons ainsi et Allah observe et tient compte de tout.

Également, Shaykh Abou Mohammad Al-Maqdissi dont l'avis sur la question est semblable ou
proche à l'avis de Shaykh Al-Khdheir. Il n'excommunie pas ceux avec qui il diverge. Et cette position
ne l'a pas entraîné à faire l'excommunication de l'ensemble des musulmans, ni à renier le Djihad.

En conclusion, l'aspirant à la vérité doit être vigilant vis-à-vis de ces choses, et ne pas être trompé
par l'erreur d'un savant. Qu'il suive les chemins de la bonne guidée, et frappe continuellement à la
porte du Grand Juge, de l'Omniscient. Et Allah lui ouvre les portes de la vérité !

Dans « Sounan Abi Daoud » et c'est rapporté également dans d'autres livres. Mouadh ibn Jabal
qu'Allah l'agrée dit : je vous mets en garde contre l'écart du sage, car Satan peut dire un mot
d'égarement par la bouche du sage. Son interlocuteur (Yazid ibn Omeirah, un compagnon de
Mouadh) : j'ai dit à Mouadh « qu'Allah te fasse miséricorde, comment savoir si le sage peut dire un
mot d'égarement, et si l'hypocrite peut dire un mot de vérité ? » Il me répondit : c'est le cas. Écarte-
toi des paroles du sage qui paraissent exceptionnelles et sur lesquelles on dit « c'est quoi ça ?! »,
mais que cela ne te détourne pas de lui, car il est probable qu'il révise sa parole, et prend de lui la
vérité si tu l'entends, car sur la vérité il y a une lumière.
Rappelez-vous ce que nous avons dit sur la mise en garde des pieux prédécesseurs contre les
étrangetés. C'est ce que Mouadh a nommé dans le récit précédent « les paroles exceptionnelles »,
ou dans une autre version rapportée dans « Jamii al-oussoul » : ce qui vous parait ambigu dans le
discours du sage, au point où vous vous dites où il veut en venir ? »

Que l'aspirant à la vérité fasse attention à ne pas respecter les paroles des grands plus qu'il ne
respecte la vérité, en raison de l'amour des Shouyoukh ou du partie pris pour les factions. Ceci est
une source grave de méprise et une cause de perte.

Ibn Al-Jawzi qu'Allah lui fasse miséricorde écrit dans « Sayd Al-Khatir » :

« Mon intention est que tu saches que la loi est achevée, qu'elle est complète. S'il t'est accordé de
la comprendre, c'est que tu suis le chemin du prophète (psl) et de ses compagnons, que tu
t'éloignes des chemins sinueux, et que tu n'imites pas les hommes dans ta religion. Si tu fais cela,
tu n'as guère besoin d'une autre recommandation. Aussi, garde-toi de l'inertie des imitateurs, des
libertés des théologiens, des rassemblements des ascètes, de l'excès des gens de passion, de
s'arrêter comme certains savants à la forme de la science sans (la faire suivre de) l'action, ou
comme certains adorateurs à s'occuper dans l'action sans acquérir la science. Celui qu'Allah assiste
par sa bonté, Il lui accorde la compréhension et le délivre des chaînes de l'imitation. Et il fait de lui
une oumma à lui seul en son temps, ne faisant pas attention à ceux qui font preuve d'incohérences,
et ne se retournant pas face à ceux qui font des reproches. Celui-là a placé son salut entre les
mains d'un guide dont le chemin est clair. Qu'Allah nous protège ainsi que vous de l'imitation de
ceux qui révèrent les hommes, et qu'il nous inspire le suivi du prophète (pbsl) ! »

Sachez que cela fait partie des épreuves avec lesquelles Allah teste les gens. Je parle des erreurs
des savants. Pour qu'Allah regarde qui lui obéit sincèrement, en étant véridique dans la recherche
de la vérité et en faisant son possible pour l'atteindre. Et inversement, celui qui ne fait aucun effort
pour la recherche de la vérité et de la vertu. Et dans cela il y a de précieuses sagesses, en plus de
« l'épreuve » à laquelle fait face toute personne adulte (responsable), tel que : différencier les gens
par leurs degrés, s'exonérer devant eux sur le devancement de ceux qui ont devancé et le recul de
ceux qui sont restés. Et au Matin les gens louangent l'écoulement de la nuit. Et à Allah reviennent
tous les motifs de louanges.

Ensuite, sachez que le savant qui fait l'effort d'aspirer au bien et d'atteindre le vrai, son erreur est
pardonnée, et il est récompensé par une seule récompense, la récompense de l'Ijtihad et d'avoir
fait l'effort d'atteindre le vrai et le bien, comme cela fut rapporté unanimement dans le Hadith
authentique. Cependant, celui qui imite un savant et le suit dans son avis erroné, peut ne pas être
récompensé, ni excusé, ni pardonné, ceci si son imitation découle de la simple révérence qu'il a
envers son Shaykh et du fanatisme pour lui, non de la volonté d'agir dans le bien et pour la
recherche du vrai avec sincérité.

Ibn Rajab Al-Hanbali (qu'Allah lui fasse miséricorde) dit à ce propos :

Sur ce point, il y a une question cachée à laquelle il faut faire attention. Beaucoup d'imams de la
religion peuvent donner un avis faible dans lequel ils ont fait un effort d'Ijtihad, pour lequel ils sont
récompensés, et leurs erreurs absoutes. Alors que d'autres qui défendent cet avis n'ont pas le
même degré sur cette question. Car certains peuvent ne défendre cet avis que parce que la
personne qu'ils suivent l'a soutenu. De sorte que si cet avis avait été dit par un autre imam, ils ne
l'auraient pas accepté ou défendu, et ils ne se seraient pas alliés à celui qui est de cet avis et ne se
seraient pas désavoués de celui qui a un avis opposé. Mais malgré cela, ces personnes peuvent
croire qu'ils défendent la vérité et qu'ils sont au même degré que celui qu'ils suivent. Or ce n'est pas
le cas. Celui qu'ils suivent voulait défendre la vérité même s'il s'est trompé dans son Ijtihad. Quant
aux suiveurs, leur défense de ce qu'ils pensent être la vérité fut altérée par la volonté de voir leur
Shaykh gagner en autorité et ne pas être rattaché à l'erreur. Ceci est un piège qui compromet leur
intention de défendre la vérité. Comprends cela, car c'est important. Et Allah guide qui il veut vers
le droit chemin.

Section 5

Ces égarés disent aux gens d'après ce que m'a rapporté ceux qui les ont écoutés sur Paltalk : « si
nous sommes dans l'erreur, expliquez-nous avec des preuves. Mais si c'est vous qui êtes dans
l'erreur, vous êtes dans le feu ! »

Ceci fait partie des arguments rhétoriques dont l'objectif est d'impressionner son interlocuteur et
de détourner son attention. Surtout qu'ils s'adressent à des gens chez qui il y a peu de science, et
l'on m'a dit que nombre d'entre eux sont en plus non arabes, et donc il leur est difficile de
comprendre ces choses minutieuses en raison de l'obstacle linguistique.

Je dis à mes frères pour répondre à cette ambiguïté moukhlifienne de leur dire :

Si vous êtes dans l'erreur, vous n'êtes pas sauvés. Vous êtes plutôt des kharidjites ayant débordé
de la religion. Et vous serez les chiens de l'enfer le jour de la résurrection. Nous en cherchons
refuge au près Allah ! En outre, les savants ont divergé dans l'excommunication de vos semblables,
et ceci suffit comme grand danger pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque
Allah fréquemment.

Il n'est pas obligatoire que nous sachions répondre à vos ambiguïtés ou que nous débattions avec
vous. Ceci est de la prérogative des gens de la science. De notre côté, nous nous attachons à
l'islam, à l'unicité, et à la foi généraux. Ce que nous avons appris comme détails – avec rigueur en
suivant la voie scientifique authentique –, nous le disons et nous le mettons en application. Et ce
que nous ne savons pas, nous n'en parlons pas, et nous disons à son propos : Allah sait mieux !

Et ce à quoi nous nous attachons – par la faveur d'Allah – est la vérité claire, le chemin droit, et la
voie claire et évidente. Quant aux tempêtes de vos ambiguïtés qui vous ont aveuglé de voir la
lumière de la vérité. Il n'impose pas aux savants de s'occuper à y répondre toutes, et à fortiori, il
n'impose pas que nous y croyions et qu'on en ait connaissance, même si vous exagérez la question
et lui donnez une taille plus grande que la sienne, et que vous la faites apparaître comme si elle
faisait partie des certitudes de la loi et des évidences de l'islam. Comme l'a dit Ibn Al-Qayyim dans
« Shifaa Al-3alil » en parlant des objections de quelques innovateurs qui avancent leurs ambiguïtés
devant les versets clairs du Coran : « c'est évoqué maintes fois dans le Coran, et le bon sens en
témoigne, une ambiguïté qui s'y oppose est inacceptable. Le statut de cette ambiguïté est le même
que s'en prendre aux évidences, donc on n'y fait pas attention. Et le savant n'est pas obligé de
répondre à toute ambiguïté qu'aurait quelqu'un. Ceci n'aurait pas de fin."

Ça ne nous fait pas de torts de nous tromper dans une question d'excuse à propos de quelqu'un
ou dans un jugement à son égard sur la base d'un Ijtihad, ou par précaution, ou suivi de la masse
des gens de la science, de la droiture et de l'excellence au sein de la Oumma. Et ça ne nous fait pas
de torts si l'on ignore ces questions et que nous ne savons pas l'authentifier. Ces questions sont
connues des gens de la science qui s'y sont spécialisés. Donc, non, par Allah, ne fait pas partie des
gens du feu celui qui ignore « y a-t-il une excuse par l'ignorance dans le Tawhid ou non ? » ou s'il
ignore ou se trompe dans « est-ce que la mécréance et l'association sont une même chose ou
sont-ils différents ? » Ou : comment juger quelqu'un parmi les gens de la Qibla, est-il sorti de
l'islam ou pas encore ? Ou : est-ce que la faction ou le groupe untel parmi les gens de la Qibla sont
mécréants ou ne le sont pas ?

Ceci à l'exception de la mécréance claire et évidente sur laquelle ne diverge pas les savants, et sur
quoi s'accorde les musulmans : telle que la mécréance des juifs, des chrétiens, des mazdéens, et
des idolâtres qui n'ont pas adhéré à la base à l'islam, ou telle que la mécréance de Moussaylima le
menteur et ses semblables qui prétendent à la prophétie ou déclarent l'adoration d'autre que
Allah ou adopter des divinités avec Allah, ou telle que la mécréance de celui qui déclare quitter
l'islam ou telle que celui qui insulte Allah, dénigre le prophète, ou se moque de la religion de
manière ouverte et claire, ou ce qui va dans ce sens.

Nous revenons pour distinguer entre les degrés des questions et leurs niveaux en terme de
l'authenticité et de la clarté de leur rattachement à Allah (exalté) et à sa religion. Lesdits niveaux
peuvent varier entre ce qui est certain et catégorique, ou incertain et vacillant. De même, il y a les
questions connues de la religion par nécessité qui ne peuvent être ignorées, et ce qui ne l'est pas.
Et il est connu que ces choses sont relatives. comme le dit Shaykh Al-Islam :

« Également, le fait que la question soit certaine ou probable est une chose relative qui dépend
de l'état des personnes qui y croient. Ce n'est pas une qualification de l'avis en lui-même. Car
l'homme peut trancher de choses qu'il a sues par nécessité ou à partir de sources narratives dont la
véracité lui est acquise. Alors que d'autres ne connaissent pas cela ni avec certitude ni par
supposition. Aussi, l'homme peut être intelligent et vif d'esprit et ainsi connaître la vérité et
trancher de son authenticité. Alors qu'un autre n'arriverait pas à cette conclusion ni avec certitude
ni par supposition. Ainsi, la certitude ou la supposition dépendent de ce qui est parvenu à l'homme
comme preuves et ensuite de sa capacité de déduction. Les gens sont différents dans ceci et dans
cela.

« Le fait de dire que la question est certaine ou probable n'est pas une qualification qui concerne
l'avis sur lequel porte la divergence pour que l'on dise que quiconque le renie, renie une certitude.
C'est plutôt une qualification qui concerne l'état du chercheur qui déduit ou croit à cette question.
Et sur cela les gens ne sont pas à un même niveau. »

Dites leurs : nous serons, si Allah le veut, sur quoi était Mohammad (psl) et ses compagnons, et
sur quoi était le comportement de nos pieux prédécesseurs : pas d'excès et pas de manquements.
Nous serons avec l'extrême majorité des musulmans, avec les gens de la science, du bien, de la
droiture et du Djihad, ceux dont l'excellence et la vertu ont été démontrées, et dont les bienfaits et
le bon labeur dans l'islam sont apparus par leurs contributions dans la science, l'appel au bien, le
Djihad dans le sentier d'Allah, et les sacrifices pour Lui (qu'Il soit glorifié et magnifié). Nous serons
avec le Groupe victorieux si Allah le veut qui continuera d'exister arborant la vérité et combattant
dans le sentier d'Allah jusqu'au jour de la résurrection. La grande partie d'entre eux est connue des
gens doués de raison de par leurs caractéristiques, et leur chemin clair et évident. Et louange à
Allah seigneur de l'univers.
Quant aux manies de Moukhlif l'égaré et de ses partisans, leurs mascarades, leurs charlataneries,
leurs mensonges sur Allah et son prophète, leurs mises en doute et leurs fables, ils ne font pas
partie de la voie de ceux-là. C'est plutôt des innovations, des débordements et des hérésies, nous
nous en réfugions auprès d'Allah. Nous nous en sommes innocents et nous nous en écartons et
éloignons.

« Demeure sur le droit chemin comme il t'est commandé, ainsi que ceux qui sont revenus [à
Allah] avec toi. Et ne commettez pas d'excès. Car vraiment Il observe ce que vous faites.7 »

« Dis j'ai cru en Allah, ensuite demeure sur le droit chemin.8 »

« il en est trois qualités, quiconque les possède, trouvera la douceur de la foi : aimer un autre et
ne l'aimer qu'en vue d'Allah, aimer Allah et Son envoyé plus qu'on aime toute autre chose, préférer
d'être précipité dans le feu que de revenir apostat après qu'Allah l'en ait sauvé.9 »

Sachez que les troubles, les oppositions, et les mises en doute des gens de l'égarement et de
l'innovation, ne s'interrompent pratiquement pas. Car ce sont des gens de l'innovation et de
passion. Presque rien ne les dissuade jusqu'à ce qu'ils se heurtent au rocher de la réalité et qu'ils
voient les douloureux tourments, ou que la mort les surprend et à ce moment il n'y a pas de retour
ou de regret possible ! Nous demandons Allah de nous éviter les troubles source d'égarement !

Par exemple, Moukhlif vous dira que ce à quoi il appelle, relève de la religion et de ce que le
musulman se doit de demeurer sur lui. Et il ne sera « demeurant » (sur le droit chemin) qu'en
demeurant sur lui. Et il ne sera ainsi qu'en étant ceci et cela, et ainsi de suite de ce que vous
connaissez et avez expérimenté comme amplifications et mensonges sur Allah et la religion.

Mais vous, il vous suffit ce qui est clair et évident dans le Livre d'Allah et la tradition du prophète
(psl), et sur quoi étaient nos pieux prédécesseurs et ceux qui ont suivi leur voie, comme dit
précédemment. Dites-lui : Allah (exalté soit-Il) dit « Demeure sur le droit chemin comme il t'est
commandé ». Où Allah nous a-t-Il commandé ce que toi tu commandes ô Moukhlif ? Il ne trouvera
de réponses que les falsifications, les prétentions, et les imaginations incohérentes.

Dites-lui : Allah (exalté soit-Il) a ajouté : « Et ne commettez pas d'excès. » C'est-à-dire, ne


dépassez pas ce qu'Allah vous a tracé comme limite, et ce qu'Il vous a montré de la religion.
L'excès en général a lieu avec l'ajout et le dépassement de la limite, et il peut se produire avec la
diminution et le manquement. Car dans les deux cas il y a désobéissance et sortie de la limite. En
résumé, Allah nous a ordonné de demeurer sur le droit chemin qu'Il nous a commandé. Et il nous a
interdit d'en sortir et de le dépasser.

Ce qu'Allah a commandé est évident et clair dans le Coran et la tradition du prophète. Et ce qui a
besoin de clarification, les savants l'ont expliqué et clarifié. Allah (exalté soit-Il) dit : « Il vous a
détaillé ce qu'Il vous a interdit ». Ce qui n'est pas comme ça, ne fait pas partie de ce qu'Allah a
commandé. Sauf si un jurisconsulte dit : j'espère que c'est ainsi, je crains que ce ne soit ainsi. Par
contre, ce qu'Allah a commandé, et à propos de quoi on peut dire avec certitude qu'Allah l'a
commandé. Celui-la est claire et ne contient aucune obscurité. Comme l'a dit le prophète (pbsl) :
« le licite est évident ainsi que l'illicite. Et entre les deux il y a des choses ambiguës… », Et il a dit :

7
s.11, v.112
8
Rapporté dans Sahih Mouslim, mousnad Ahmad, et dans d'autres recueils.
9
Rapporté par Boukhari et Mouslim.
« ce que je vous ai interdit, écartez-vous-en. Ce que je vous ai ordonné, faites-le autant que vous
pouvez. Car ce qui a perdu ceux qui vous ont précédé, ce fut l'excès de questions et leurs
divergences envers leurs prophètes. »

Moukhlif, détourné qu'il est, ne dit pas : j'espère que…, je crains que… il dit : je certifie…,
j'assure…, ceci est le jugement d'Allah et sa religion... Et ce, dans des questions dont tous les
savants savent qu'elles sont sujettes à études et à Ijtihad, qu'elles sont hypothétiques, et basés sur
l'argumentation (pas sur un texte clair). Et que les chercheurs peuvent y diverger. Que trancher
d'un avis et l'affirmer avec certitude représente une source de méprise. Et qu'il est difficile qu'un
homme ait des certitudes dans toutes ces questions ou la majeure partie d'entre elles, car leur
connaissance découle de suppositions. Allah (exalté soit-Il) dit : « Et ne dites pas, conformément
aux mensonges proférés par vos langues : “Ceci est licite, et cela est illicite”, pour forger le
mensonge contre Allah... »

Méditez chers frères sur cet autre verset de Sourate Ach-choura, lisez son exégèse, et découvrez
ce qu'il contient comme significations importantes :

« Appelle donc (les gens) à cela ; reste droit comme il t'a été commandé ; ne suis pas leurs
passions ; et dis : “Je crois en tout ce qu'Allah a fait descendre comme Livre, et il m'a été
commandé d'être équitable entre vous. Allah est notre Seigneur et votre Seigneur. A nous nos
oeuvres et à vous vos oeuvres. Aucun argument [ne peut trancher] entre nous et vous. Allah
nous regroupera tous. Et vers Lui est la destination”. »

Allah nous suffit, Il est notre meilleur garant.

Ce sont quelques introductions et recommandations que j'aie choisies de mettre en avant-propos


pour prévenir les insouciants et mettre en garde les sincères aspirants au vrai et au bien. Il n'était
pas dans mon intention d'être exhaustif, préférant faire court. Ce ne sont que des mots brefs et
des conseils, j'espère qu'Allah en fera bénéficier ceux qui les liront parmi les frères. Quant à
répondre aux égarements de Moukhlif ou ce qu'il appelle les preuves « tranchantes » de ses
égarements, peut être qu'Allah facilitera une autre occasion, ou qu'il nous suffira par ceux qui sont
meilleurs que moi parmi les étudiants de la science et les savants, qui auront la patience de lui
répondre, et réfuter et clarifier ses mensonges et ses charlataneries. Et c'est d'Allah que vient la
réussite.
Réponse

Commençons, à présent, à répondre à leur question égarée et à réfuter leur argument satanique
infâme, avec la force d'Allah et son concours.

La réponse se fera par différents angles :

Premièrement :

La question est biaisée, car elle est basée sur leur foi en l'excommunication de tous les
musulmans résidents aujourd'hui dans les pays à population musulmane gouvernés par des
mécréants et des apostats – lesquels pays sont de notre point de vue suivant l'avis le plus fort
parmi les avis des gens de la science, des demeures de mécréance, eu égard à la prédominance en
leur sein des lois des mécréants et des apostats. La raison de leur excommunication des
populations de ces pays c'est qu'ils croient en un lien d'inhérence entre le statut du pays et le
statut de ses habitants, c'est ce qu'ils ont déclaré à la fin de la question, et c'est là, la raison de leur
erreur énorme et de leur égarement flagrant. Moukhlif déclare la même chose ou le fait à demi-
mot dans ce que j'ai pu lire de ses écrits. Et il faut savoir que cet avis n'est connu que de quelques
Kharijites parmi les plus anciens.

La vérité sur laquelle il n'y a point de doute, et dont nous ne lui connaissons pas de divergence
entre les savants musulmans, c'est qu'il n'y a pas d'inhérence entre le statut du pays et celui de sa
population. Le pays est nommé demeure d'islam ou demeure de mécréance suivant la
prédominance des lois islamiques ou de mécréance qui gouvernent ledit pays et qui sont
instaurées par l'autorité politique gouvernante possédant le contrôle. On trouve ainsi une
demeure d'islam dont la totalité ou la plupart des habitants sont musulmans, de même qu'une
demeure d'islam dont la totalité ou la plupart des habitants sont mécréants c'est le cas par
exemple si ses habitants entrent sous notre autorité et que nous leur accordons la Dhimma et
qu'ils se soumettent aux lois de notre Shariaa qui les concernent. Tout comme on peut trouver une
demeure de mécréance dont toute ou majorité de la population est musulmane, et une demeure
de mécréance dont toute ou majorité de la population est mécréante.

Cette question est connue des gens de science et elle est expliquée dans leurs livres. Elle a été
amplement traitée par Shaykh Abou Mohammad Al-Maqdissi pour citer un contemporain, dans sa
lettre en trente points en évoquant la deuxième erreur parmi les erreurs relatives à
l'excommunication sous le titre : l'excommunication basée sur la règle « les gens sont mécréants à
la base », car la demeure est une demeure de mécréance.

De même, Seikh Hassan Qayed Abou Yahya Al-liby a évoqué cette question dans son livre
« Minnat Al-Khabiir fi Houkm iqaamat Al-Houdoud fi daar Al-Harb wa Ta3ziir » au début du livre en
traitant de la division du monde en demeure d'islam et demeure de mécréance, et il a authentifié
l'avis sur la limite des deux demeures et sur les jugements qui leur sont relatifs, puis il a attiré
l'attention sur cette question et rapporter un ensemble de paroles des savants à son propos.

Que le frère aspirant à la vérité se réfère aux deux ouvrages, car c'est un sujet important, par
l'intermédiaire duquel on connaît la réponse au second volet de la question. Quant à moi, je
cherche à abréger et me contente de références et d'indications. Et c'est d'Allah que vient la
réussite.

Que l'on sache, cette erreur flagrante que Moukhlif et ses partisans ont commise démontre leurs
lacunes dans le savoir et leur éloignement de l'authentification de la science, et le fait qu'ils ne font
partie d'aucune manière des gens de la science. Bien qu'ils s'illusionnent, en utilisant des notions,
des concepts et des expressions sans authentification ou distinction de leur sens.

Deuxièmement :

Je cite « le Djihad défensif fut institué en réalité pour défendre la demeure de l'islam », c'est là, la
même expression utilisée par Moukhlif. Ce qui montre que la question vient de lui.

Cette restriction est infondée. Le Djihad nommé par les jurisconsultes Djihad défensif, fut institué
pour défendre les musulmans avant la demeure. Cette dernière suit et dépend des musulmans. Et
la terre n'est pas sacrée. Elle n'a aucun jugement propre de ce point de vue. Le jugement concerne
ses habitants, et dépend de ses habitants, et des jugements qui y sont prédominants et qui
touchent ses habitants. Le Djihad défensif fut institué pour défendre les musulmans avant la terre
des musulmans.

En outre, c'est un Djihad pour repousser l'assaillant qui s'en prend à la religion, à l'honneur, à la
terre, et aux biens.

Il n'y a alors pas de conséquences dans le fait que la terre soit devenue une demeure de guerre
et de mécréance, ou qu'elle soit restée une demeure d'islam.

Cela dit, supposons que l'on ait opté pour l'un des autres avis sur la question de la demeure.
Comme l'avis de quelques jurisconsultes qui disent : la demeure d'islam ne se transforme en aucun
cas en demeure de mécréance. Ou comme la parole d'Abou Hanifa : elle ne se transforme en
demeure de mécréance que sous trois conditions qu'il a citées. Votre argumentaire tomberait à
l'eau à ce moment. Et nous reviendrons à discuter sur la question de la demeure. Laquelle
question vous ne pourriez pas tranché de manière certaine, car c'est une question connue sujette
à divergence et à Ijtihad, et chaque avis fut soutenu par de grands imams parmi les savants
musulmans.

En résumé : le Djihad défensif ne veut pas dire défendre la demeure d'islam uniquement. Au
mieux, on pourrait dire que c'est l'une de ses significations et l'une de ses finalités. Mais ce n'est
pas toute sa signification, ni toute sa finalité. Le Djihad défensif c'est combattre les mécréants
assaillants s'en prenant à la religion en premier lieu, ensuite aux autres sacralités tels que la vie, les
biens, l'honneur, la terre, etc.

C'est cela « repousser l'assaillant » à propos de quoi Shaykh Al-Islam a dit :

« Quant au combat défensif, de tous les actes pour repousser l'assaillant qui s'en prend à la
sacralité et à la religion, c'est le plus important et il est obligatoire par consensus. L'ennemi
assaillant qui corrompe les affaires religieuses et matérielles, il n'y a pas plus obligatoire après la
foi que de le repousser. Il n'y a pas de conditions préalables pour cela, mais on le repousse autant
que possible. Les savants de notre école et d'autres l'ont mentionné. Il faut donc différencier entre
le fait de repousser l'assaillant injuste mécréant, et le fait de le demander dans son pays. »
Troisièmement :

Quelles sont les frontières géographiques des demeures de mécréance et ceux de l'islam dans la
réalité d'aujourd'hui ? Concrètement, on voit actuellement plusieurs demeures mélangées… Qu'en
est-il du Waziristan par exemple ? Si l'on retient la carte politique qui reflète les situations
juridiques internationales des États aujourd'hui, le Waziristan fait partie de l'État du Pakistan, or
cela ne suffit pas pour émettre un jugement, ce qui est pertinent ce sont les lois qui gouvernent et
prédominent, et leur caractère contraignant. En l'occurrence, les habitants du Waziristan affichent
la religion et jugent par la loi d'Allah avec fierté et par leur libre choix, et ce, dans plusieurs
localités, qu'Allah soit loué ! On ne doit pas dire qu'ils gouvernent par la Shariaa avec l'accord des
mécréants, car l'État pakistanais n'y a pas un pouvoir total, son autorité est à peine nominale, et il
ne peut imposer ou interdire beaucoup de choses. Aussi, les musulmans quant ils gouvernent avec
la Shariaa là-bas, le font de façon indépendante et l'État ne peut les empêcher, tout ce que ce
dernier peut faire c'est de les astreindre et de les oppresser par d'autres voies politiques ou
économiques, et c'est là une situation politique et sociale particulière qui a ses propres tenants et
aboutissants.

Mais si l'on considère que « l'indépendance de fait » de cette région et de ses tribus est un type
d'indépendance, eu égard à leur juridiction qui repose sur la Shariaa ainsi que leur
accomplissement de la plupart des actes cultuels de l'islam c'est-à-dire ceux qu'ils peuvent
accomplir, et également leur levée de la bannière du Djihad, et leur non-reconnaissance de l'État
pakistanais apostat ; mais d'un autre côté, ils ne sont pas arrivés à la totale indépendance à cause
de leur faiblesse, et ils n'ont pas annoncé leur indépendance de l'État pakistanais et n'agissent pas
militairement dans cette perspective, pour des raisons liées au rapport de force et à l'intérêt
général. Dans ces conditions, leurs localités peuvent être assimilés à des demeures de l'islam selon
les catégories posées par les jurisconsultes.

Il en va de même pour de grandes parties des territoires afghans où les moudjahiddins possèdent
le contrôle. Car bien qu'ils soient en perpétuels combats avec les ennemis d'Allah, ceux-ci n'ont
pas de contrôle sur eux, de même que les moudjahiddins ne les ont pas totalement repoussées.
L'exemple le plus clair est Helmund, les moudjahiddins le contrôle quasi entièrement, et il y a des
tribunaux légaux auxquels la masse des gens trouve recours, louange à Allah ! Tout en sachant que
les combats avec le gouvernement de Karazai et les croisés sont émaillés de mouvements de replis
et d'assauts.

Il en va également de même pour l'État islamique d'Irak, ou pour certaines régions en


Tchétchénie ou en Somalie, ainsi que dans d'autres lieux.

On dira au questionneur contradicteur : il est fort probable que ces régions soient appelées des
demeures de l'islam. C'est même l'avis le plus fort et le plus apparent. Nos maîtres Shaféites ont
dit : « s'il peut demeurer hors d'atteinte dans la demeure de guerre et d'autarcie, il lui est
obligatoire d'y rester, car l'endroit où il se trouve est une demeure de l'islam ; s'il émigre, cette
demeure se transformera en une demeure de guerre, ce qui fait que c'est interdit. Après, s'il peut
combattre les mécréants et les appeler à l'islam, cela, lui est obligatoire, sinon ça ne l'est pas. » Ce
sont là les propos de Nawawi qui cite Mawardi en l'approuvant, et les autres savants de cette école
qu'Allah leur fasse miséricorde sont du même avis.
De l'avis d'autres savants, ce seraient aussi des demeures de l'islam, comme pour ceux qui
soutiennent qu'une demeure de l'islam ne redevient jamais une demeure de mécréance, ou pour
ceux qui posent des conditions non remplies actuellement pour que la demeure se transforme en
demeure de mécréance.

Comme le dit Dassouqi par exemple dans ses notes sur l'explication de Dardir de
« Moukhtassar » de Khalil le Malékite : « la terre islamique ne devient pas une demeure de
mécréance du simple fait de sa prise forcée par les mécréants, tant que les actes cultuels y ont
cours. »

Notre sujet ne concerne pas les jugements relatifs aux demeures ou le choix de l'opinion la plus
juste à ce propos. Mais dans tous les cas, le contradicteur n'a pas un moyen définitivement tranché
pour les appeler des demeures de mécréance.

Et si l'on pose une autre catégorie intermédiaire entre les deux précédentes à savoir la demeure
composite, tel que prôné par Shaykh Al-Islam Ibn Taymiyya dans sa Fatwa à propos de « Mardin ».
Ces régions peuvent entrer dans cette catégorie également.

Ainsi, si l'on concluait que ce sont des demeures de l'islam ou encore des demeures composites,
l'argumentaire du contradicteur tomberait à l'eau.

Et fondamentalement, comment est ce qu'un musulman qui croit en Allah et au jour dernier
peut-il bien interdire le Djihad dans la voie d'Allah qui est l'une des plus importantes obligations
attestées et tranchées par la loi, et ce, pour des motifs hypothétiques voir illusoires ?

N'est-ce pas là un égarement flagrant et une mise en péril ou plutôt une mise en jeu de la
religion, et une preuve d'abandon de la part du Tout Puissant ?

Est-ce que cela n'entre pas sous le coup des paroles semblables à celle d'Ibn Hazm (ra) : « il n'y a
pas un péché pire que d'interdire le djihad contre les mécréants, laissant les femmes musulmanes
en proie à eux, pour le motif qu'un homme musulman est pervers lequel seul sera juger pour cette
perversité (cette perversité n'a d'incidence que sur lui) » ?

Ces gens ont proscrit le Djihad contre les mécréants et ordonné de livrer les femmes
musulmanes. C'est ce qu'implique leur position, même s'ils ne l'admettent pas. Tout cela en raison
d'une illusion selon laquelle il faut une demeure de l'islam ou un État islamique consolidé duquel
démarrera le djihad et qui pourra alors être défendu, de même que ses habitants, ou pour l'illusion
qu'il n'y a aucun endroit aujourd'hui qu'on peut qualifier de demeure de l'islam.

Tout cela en leur concédant leur postulat. Mais sinon, il n'y a pas de lien d'inhérence entre le
statut de la demeure et celui du Djihad défensif. Dire que le djihad défensif est conditionné par
l'existence d'une demeure d'islam est tout bonnement faux et sans preuve tirée du Coran, de la
Sunna, du consensus, ou de l'analogie correcte !

Ces déviants prétendent s'attacher au Coran et à la Sunna dans toutes les questions importantes
comme moins importantes, et ils prétendent s'arrêter scrupuleusement sur leurs significations.
Nous leur disons alors : cette condition (d'existence de la demeure de l'islam pour valider le djihad
défensif), vous vous l'êtes vous-même prescrite, vos esprits malades et corrompus vous l'ont
imposée du fait des ambiguïtés qui s'y trouvent. Autrement, où avez-vous trouvé dans le Coran,
dans la sunna, dans le consensus, dans l'analogie, dans les propos d'un compagnon ou d'un savant,
un avis qui proscrit le djihad dans une telle situation, car il n'est obligatoire que pour défendre la
demeure de l'Islam ? Quel savant a compris cette compréhension ou suivi cet avis ?

C'est bien une preuve que ces déviants ne font pas attention aux excentricités et aux singularités
dans les questions importantes comme moins importantes. Cela montre aux personnes objectives
qu'ils ne se basent pour comprendre les paroles des savants que sur leur propre vision, et ce que
leur esprit leur dicte, et qui va dans le sens de leurs passions, sans recherches ou examens
minutieux, et sans suivre la voie des gens de la science, ou réfléchir à ce que ces derniers ont écrit
comme paroles qui clarifient la question, mettent des conditions à ce qui est absolu et spécifient
ce qui est général.

Quatrièmement :

En concédant que ce type de combat nommé par les jurisconsultes « Djihad défensif » a pour but
de défendre le territoire (les terres de l'islam). Il faut comprendre par là : défendre ce territoire et
combattre pour le récupérer des mains des mécréants et le rendre aux possessions de l'Islam, de
façon à ce qu'il redevienne une demeure de l'Islam. L'appellation « demeure de l'Islam » dans ce
cas de figure renvoie au passé de cette demeure. Ce sens est celui noté par ceux qui soutiennent
qu'une demeure de l'Islam ne redevient jamais une demeure de mécréance, c'est un avis de
certains Shaféites, qui est, par ailleurs, un avis faible.

L'obligation de combattre pour récupérer chaque pouce de territoire pris aux musulmans par les
mécréants est une question consensuelle sur laquelle s'accordent les savants de toutes les écoles.
Leurs textes à ce propos sont connus. Ils peuvent être consultés en leur lieu au sein des livres de
jurisprudence, pour ne pas trop s'attarder.

Cela dit, ce n'est pas grave de citer quelques-uns des avis les plus connus, dans un souci de
rappel.

Les Hanafites :

Al-Jassaass (ra) dans « Ahkam Al-Quraan » : « il est connu dans la croyance de l'ensemble des
musulmans, que si les défenseurs des frontières craignent l'ennemi et ne peuvent lui résister, et que
par conséquent ils craignent pour leur pays, leur personne, et leurs enfants, l'obligation de voyager
pour les défendre incombe alors à tous les musulmans dans la limite de la suffisance. Ceci ne
souffre d'aucune divergence parmi la Oumma, car aucun musulman ne peut dire qu'il est licite de
rester immobile jusqu'à ce que leur sang soit profané et leurs enfants faits captifs. »

Al-Kassani (ra) : « si la mobilisation se généralise, en cela que l'ennemi a attaqué une localité. Le
Djihad est alors une obligation individuelle pour tout musulman. »

Zin Al-Abidiin ben Najim, dans « Al-Bahr Ar-raiiq » : « À sa parole : c'est une obligation
individuelle quand l'ennemi attaque que sortent pour l'affronter la femme sans l'accord de son
mari et l'esclave sans l'accord de son maître. Je dis : car la finalité dans cette situation n'est
atteinte que par la réalisation du tout, ainsi le tout est obligatoire. Ceci s'apparente à la prière ou
au jeûne, contrairement à ce qui a précédé où leur concours n'est pas nécessaire et donc il n'y avait
pas de besoin à annuler le droit du maître ou du mari. Cela nous informe en outre, et à plus forte
raison, que le fils peut sortir sans l'accord de son père et l'endetté sans l'accord de l'emprunteur. De
même, si le mari ou le maître s'interposent, ils pèchent. Pareillement que s'ils interdisent les
provisions dont ils disposent. Cependant, il y a une condition pour que le djihad soit une obligation
individuelle, c'est la capacité. Est exclu, donc, le malade alité, quant à celui qui est capable de sortir
sans être porté, il doit le faire pour accroître le nombre des musulmans, car cela terrorise l'ennemi.
Tels sont les propos figurant dans “Fath AlQadiir ”. Et le mot “attaque” signifie l'avènement
brusque et l'entrée sans autorisation. Si l'ennemi attaque une localité parmi les territoires
musulmans, il faut que tous les habitants de cette localité, ainsi que leurs voisins, si eux-mêmes ne
peuvent faire face à l'attaque, ou les voisins de leurs voisins si ces derniers ne suffisent pas ou s'ils
s'attardent ou désobéissent, et ainsi de suite jusqu'à ce que cela soit obligatoire pour tous les
musulmans de l'Est comme de l'Ouest. »

Dans les notes d’Ibn Abidin (ra) : « c'est une obligation individuelle quand ils attaquent une
frontière de l'islam, une obligation incombant à tous ceux qui sont proches d'eux et qui sont
capables de Djihad. Et l'auteur du “Nihaya” a rapporté que quand vient la mobilisation, le Djihad
devient, en fait, obligatoire individuellement pour ceux qui sont proches de l'ennemi ; quant à ceux
qui en sont éloignés, il est obligatoire collectivement si bien qu'ils peuvent le délaisser si l'on a pas
besoin d'eux, mais si en revanche l'on avait besoin d'eux tel que dans le cas où les plus proches
n'ont pas pu résister à l'ennemi ou s'ils ne l'ont pas fait par paresse, alors il devient pour ceux qui
sont autour d'eux tout aussi obligatoire de façon individuelle que la prière et le jeûne, ils ne
peuvent le délaisser, et ceci est valable successivement pour ceux qui suivent jusqu'à englober tous
les musulmans de l'est comme de l'ouest. »

Les Malékites :

L'imam Ibn Abd-el-Bir (ra) dans son livre « Al-Kafi » : « Est une obligation générale incombant à
chaque individu qui peut lutter, combattre et porter des armes, parmi les pubères libres, de le faire
quand l'ennemi atteint la demeure des musulmans dans une action guerrière. Dans ce cas, il faut
que tous les habitants de cette demeure se mobilisent et sortent, légers et lourds, jeunes et vieux,
et que nul ne fasse défaut s'il peut sortir, que sa participation soit minimale ou importante. Et si les
habitants de cette cité sont incapables de rivaliser avec leur ennemi, les habitants de leur proche
voisinage doivent les aider avec le nombre qu'il leur faut jusqu'à ce qu'ils sachent qu'ils ont
l'énergie nécessaire à rivaliser avec leur ennemi et à le repousser. Ainsi, tous ceux qui ont appris
leur faiblesse par rapport à leur ennemi, et su qu'ils peuvent les atteindre et leur venir en aide, il
leur est obligatoire de sortir pour les aider. Car les musulmans ensemble doivent être une seule
main contre celui qui les prend pour ennemi. Si, en fin de compte, les habitants de la région ont pu
repousser l'assaillant occupant, alors l'obligation est levée pour leurs voisins. Et même si l'ennemi
atteint un lieu proche de la demeure de l'islam, mais n'y entre pas, il faut sortir. »

Le juge Ibn Al-Arabi (ra) : « si le djihad est obligatoire pour les individus, et ce, quand l'ennemi
prend le dessus sur une contrée ou y pénètre, il faut que tous les gens le combattent et sortent pour
l'affronter, et s'ils font défaut, ils auront désobéit. »

Al-Qortobi (ra) a rassemblé leurs propos en disant : « si le djihad est obligatoire pour les
individus, et ce, quand l'ennemi prend le dessus sur une contrée ou y pénètre, alors dans ce cas, il
faut que tous les habitants de ce territoire se mobilisent et sortent légers et lourds, jeunes et vieux,
chacun à mesure de sa capacité, celui qui a un parent sans son accord préalable comme celui qui
n'a pas de parent, personne ne doit faire défaut que sa contribution soit modeste ou importante. Et
si les habitants de cette cité sont incapables de rivaliser avec leur ennemi, les habitants de leur
proche voisinage doivent les aider avec le nombre qu'il leur faut jusqu'à ce qu'ils sachent qu'ils ont
l'énergie nécessaire à rivaliser avec leur ennemi et à le repousser. Ainsi, tous ceux qui ont appris
leur faiblesse par rapport à leur ennemi, et su qu'ils peuvent les atteindre et leur venir en aide, il
leur est obligatoire de sortir pour les aider. Car les musulmans ensemble doivent être une seule
main contre les autres. Si, en fin de compte, les habitants de la région ont pu repousser l'assaillant
occupant, alors l'obligation est levée pour leurs voisins. Et si l'ennemi atteint un lieu proche de la
demeure de l'islam, mais n'y entre pas, il faut également sortir pour l'affronter, jusqu'à ce que la
religion d'Allah soit apparente, que la demeure soit défendue, que les propriétés soient protégées,
et que l'ennemi soit sanctionné. Il n'y a pas de divergence à ce propos. »

Les Shaféites :

L'imam Nawawi a dit dans son commentaire du Sahih de Muslim : « Nos compagnons ont dit que
le Djihad est une obligation collective à moins que l'ennemi n'arrive dans le pays des musulmans, il
devient alors une obligation individuelle. Si les gens de ce pays ne suffisent pas, ceux qui les
avoisinent doivent combler le manque. »

Les Hanbalites :

L'imam Ibn Qudama, en citant les situations où le djihad est individuellement obligatoire, a dit :
« deuxièmement, si les mécréants envahissent un pays appartenant aux musulmans, il faut que
chaque individu habitant ce pays les combatte et aille les affronter. Personne ne doit rester, sauf
celui dont on a besoin qu'il reste. »

Shaykh Al-Islam Ibn Taymiyya dans son « Al-Fatawa Al-Koubra» : « si l'ennemi entre dans un pays
appartenant aux musulmans, il n'y a pas de doute que de proche en proche il faille le repousser.
Car les pays musulmans sont semblables à une seule cité. Il faut donc y aller sans la permission
d'un père ou d'un créancier. Les textes d'Ahmad sont explicites à cet égard. » Il a aussi dit dans le
même livre : « mais si l'ennemi attaque, la divergence devient hors de propos. Repousser leur mal
envers la religion, la vie, et le sacré, est obligatoire par consensus. »

Remarque : ces jurisconsultes qu'Allah leur fasse miséricorde parlent d'un cas de figure fréquent
à savoir l'attaque par l'ennemi envahisseur des frontières de la demeure de l'islam puis son entrée
en son sein, car c'est la situation normalement imaginable surtout en leur temps. Il ne faut pas
tirer la conclusion, comme l'ont fait les ignorants, que la défense concerne uniquement la demeure
de l'islam ou les musulmans à condition qu'ils se trouvent dans cette demeure de l'islam. Car avant
tout, on défend la religion, la vie, l'argent, et tout ce qui est sacré. Pour cette raison, la formulation
de Shaykh Al-Islam est la plus pertinente : Repousser leur mal envers la religion, la vie, et le sacré,
est obligatoire par consensus.

Que l'on sache, en outre, que cette subdivision du Djihad entre Djihad défensif et Djihad offensif
n'est qu'une subdivision convenue posée par les jurisconsultes pour faciliter l'assimilation et
l'apprentissage de questions annexes, mais sinon, ce qui est digne de considération c'est la réalité
pure et le sens des mots lesquels ne se résument pas à des mots ou à des constructions
syntaxiques.
Il y a là, en partie, le secret de l'incompréhension de Moukhlif et de ses adeptes, car ils se sont
appuyés sur des notions convenues sans chercher à authentifier les vérités qui se cachent derrière,
ou à épurer leur sens en donnant à chaque chose ce qu'il lui revient suivant la preuve légale.

À cet égard, on peut demander au questionneur : qu'est-ce déjà que le djihad défensif ? Et où et
quand se réalise-t-il ?

Si, par exemple, dans un pays isolé et lointain des autres pays musulmans, et gouverné
conformément au Coran et à la sunna par un gouverneur musulman avec des habitants
musulmans, et qu'un coup d'État politique ou militaire renverse ce régime et porte au pouvoir une
élite qui affiche la mécréance et l'apostasie et interdit l'institution de la Salat, et aidée par les
militaires contrôle tout le pays en quelques jours, abolit les lois islamiques, les remplace par
d'autres lois positives qu'ils imposent aux gens… qu'est-ce que les musulmans sont censés faire
dans ce cas ?

La seule réponse sensée est qu'il faille qu'ils refusent ce gouverneur mécréant et qu'ils
s'opposent à lui par les armes et le combat pour l'écarter du pouvoir, et placer quelqu'un qui les
gouverne avec le Livre d'Allah et la Sunna de son prophète, tous les savants sont d'accord là-
dessus. Et ce devoir n'est suspendu que par leur incapacité à l'accomplir. Si tel est le cas, et qu'ils
pensent qu'ils soient trop faibles pour résister à ce gouverneur mécréant et qu'ils seraient
inéluctablement anéantis s'ils l'affrontent. Alors, leur devoir est de se préparer jusqu'à atteindre le
niveau de force leur permettant de combattre ce gouverneur mécréant. Dans l'attente, il faut qu'ils
résistent par ce qu'ils peuvent de prédication, de paroles ou de toute autre activité légale
permettant l'atteinte de l'objectif recherché par l'institution de la Loi d'Allah et l'annulation du
pouvoir des mécréants.

Moukhlif et ses adeptes sont-ils d'accord avec cela ?

S'ils ne le sont pas, alors ils sont sortis du consensus de tous les gens de la science et ont suivi
une autre voie que celle des croyants, et ils se sont écartés des textes du Coran et de la Sunna, et
se sont égarés bien loin.

S'ils sont d'accord, alors la preuve est établie et leur faux balayé. Car bien que ce pays est devenu
selon l'opinion la plus forte un pays de mécréance et de guerre dés son contrôle par les mécréants
et l'institution de leurs jugements de mécréance. Il faut que ses habitants combattent, c'est leur
devoir ou au moins c'est légal de le faire par consensus de tous les savants. Ainsi, s'ils se soulèvent
et se mettent au combat, qu'est-ce sinon un djihad défensif (selon la subdivision classique, car ils
défendent leur religion, leur argent, leur honneur, et leur terre)? Mais on peut tout aussi l'appeler
Djihad offensif, il n'y a pas de mal à le faire, à condition de retenir seulement les jugements
impliqués par la catégorie convenue de "djihad défensif", dont le plus important est qu'il est
obligatoire pour chaque individu dans cette région. Ce ne sont en définitive que des expressions.
L'important est que c'est un djihad légal et même obligatoire si la capacité est réunie. Celui qui y
fait défaut sans excuse est un pervers qui mérite la punition et dont la probité est remise en
question.

Méditez sur cet exemple pour vous rendre compte de l'erreur de ces gens qui s'appuient sur des
mots et des expressions tout en étant loin de l'authentification et de la science utile.
Allah guide qui Il veut vers le droit chemin.

Quant ils disent que pour qu'il y ait un Djihad légal, une demeure de l'islam doit exister afin que
le Djihad et les Moudjahiddins la prennent pour point de départ, c'est-à-dire, ils posent comme
condition à la légalité du Djihad, la présence d'un État islamique consolidé. C'est faux, et c'est un
mensonge sur Allah, son prophète et sa religion. Car rien ne le prouve, Allah n'a descendu aucune
preuve l'accréditant, et à ce que je sache, aucun savant de Ahl Sunna à travers l'histoire n'a eu
d'opinion semblable. Par contre, ça ressemble aux chiites (qu'Allah dévoile leurs plans) quant ils
disent pas de djihad sans imam faisant référence à l'imam infaillible, et ce jusqu'à la venue de
Khomeyni qui leur posa la théorie de la Wilayat Al-faqih qui institua un représentant de l'imam
occulté, les faisant ainsi sortir de cet embarras légal historique !

Prenons un autre exemple ressemblant à ce qui a déjà cité, pour démontrer la fausseté de cette
opinion et l'égarement qu'elle contient. Si l'on considère qu'un pays musulman était gouverné par
l'islam et ses lois, mais qu'un ennemi l'ait envahi avec force et armée dans le but d'en prendre le
contrôle et de vaincre sa population. Dans ce cas de figure, le djihad de cette population, dès le
premier cm2 foulé par l'ennemi, est clairement un djihad défensif, de l'avis même de cet égaré de
Moukhlif. Mais si l'ennemi prenait le dessus et étendait son hégémonie à tout le territoire,
l'opinion de cet égaré implique que la situation changerait soudainement et le statut légal aussi en
un clin d'œil, et le djihad deviendrait illégal au premier moment où les mécréants étendent leur
pouvoir, car il n'y a plus de demeures islamiques à défendre après que le pouvoir soit passé aux
mains des mécréants dominants. Est-ce que quelqu'un de raisonnable qui sait ce qu'il dit peut dire
de telles choses ? Ou bien est-ce un chuchotement satanique et une ambiguïté démoniaque ayant
pour dessein de faire chuter l'obligation du Djihad dont les sens et les réalités ont commencé à
parcourir la Oumma islamique ? Que ceux doués de raison y réfléchissent ! Et c'est par Allah que
vient la réussite.

Cinquièmement :

Parmi les motifs du Djihad, où celui-ci devient obligatoire pour tous jusqu'à ce que la suffisance
ait lieu : soit, si assez de personnes le font alors ils en sont récompensés et le Djihad n'incombe
plus pour tous ; mais s'il n'y a pas assez de personnes, tout le monde devient fautif, et ce, jusqu'à
ce qu'ils le fassent ou qu'un nombre suffisant le fasse : il y a la libération des prisonniers
musulmans des mains des mécréants.

Il est connu, combien de musulmans sont aujourd'hui prisonniers chez les mécréants.

Si les moudjahiddins décident de combattre les ennemis d'Allah, de leur faire subir des pertes, et
de guetter les occasions pour libérer les prisonniers musulmans, c'est sans doute légal, il s'agit là
d'une bonne action, qui plus est obligatoire de l'avis de tous les savants.

Le juge Malékite Ibn Al-Arabi (ra) a dit : « quant aux prisonniers oppressés, le droit d'alliance et
de soutien vis-à-vis d'eux reste de vigueur, c'est un devoir de les assister physiquement et que nos
paupières de se referment plus jusqu'à ce que nous partions les libérer si notre nombre nous le
permet, ou que nous dépensions notre argent jusqu'au dernier Dirham à cette fin. C'est ce que
Malik a dit ainsi que tous les savants. À Allah nous sommes et à Lui nous revenons ! Qu'est-il arrivé
aux gens pour qu'ils laissent leurs frères dans les prisons de l'ennemi, alors que leurs trésors
regorgent d'argent, et leur situation est favorable en terme de nombre, d'équipement et de
force ? »

Il ne fait aucun doute que l'une des raisons qui font du Djihad une obligation aujourd'hui, et une
obligation individuelle pour chaque musulman, c'est la libération des prisonniers. Et il ne fait pas
de doute que les moudjahiddins d'Al-Qaida ainsi que tous leurs frères parmi les gens du Tawhid,
combattent pour cette raison entre autres finalités poursuivies. Louange Allah seigneur des
mondes !

Sixièmement :

Quand bien même l'on concéderait à ce contradicteur ignorant son postulat (sur la mécréance
des peuples), nous lui disons : admettons que les moudjahiddins se soient levés pour libérer leurs
peuples « mécréants » – de ton point de vue erroné ! – ou n'importe quels mécréants opprimés,
cherchant par là à les libérer des injustices des pharaons oppresseurs et de l'asservissement des
despotes et des tyrans. Quel est le jugement légal de ton point de vue ? Peut on dire : ce combat
est dans le sentier du taghout ? ou dire : c'est une mécréance et une alliance avec les mécréants
associateurs ? ou dire : ce n'est pas un combat pour élever la parole d'Allah ? Ou quoi encore ?

Nous autres, et nous louangeons Allah, nous disons que si l'on estime qu'il y a un intérêt pour
l'islam et pour les musulmans à libérer les gens de l'oppression, et des oppresseurs qui les
asservissent, en miséricorde pour eux et par bienfait, et pour qu'ils soient en mesure de choisir, et
si l'on s'attend de leur part s'ils se libèrent à ce qu'ils soient plus disposés à accepter notre appel et
plus proche à accepter d'entrer dans l'islam ou d'y retourner, et pour que nous arrivions par cette
voie à instituer la religion et à lever les étendards du Tawhid que les gens puissent prendre pour
refuge, et si en même temps, dans des circonstances particulières, il n'y a pas d'autres voies pour
combattre les ennemis d'Allah et atteindre les finalités du Djihad ; alors dans ces conditions, ceci
est permis, si Allah le veut, suivant l'avis de quelques savants, c'est alors un djihad sur le sentier
d'Allah dont la finalité est d'élever l'étendard de l'islam.

À ce propos, vous pouvez vous référer aux paroles des savants rassemblées par Shaykh Abu
Qatadah dans l'épître « Jouunat Al-Mutayabiin », dans la section relative à l'authentification du
Hadith du combat de Zoubayr (ra) aux côtés du Négus. Il y a cité des paroles importantes et des
avis de savants sur cette question.

Ci suit, une partie de ce que Abou Qatadah a rapporté :

Dans « Al-Moudawwana » de Sahnoun le malékite : À propos de prisonniers dans les pays des
associateurs qu'on utiliserait pour combattre des ennemis (...) Malik dit : ils n'ont pas à combattre
pour cela, et il ne leur est pas permis de verser leur sang dans cette entreprise. En vérité, on
combat les gens pour qu'ils entrent en islam et abandonnent la mécréance, mais qu'ils combattent
les mécréants pour qu'ils passent d'une mécréance à une autre et qu'ils versent pour cela leur
sang, ceci ne doit pas avoir lieu. (1/391)

Et dans « Massaiil Al-imam Ahmad » (les questions à l'imam Ahmad) de Abi Daoud :

L'imam Ahmad a dit : si le roi des mécréants qui détiennent les prisonniers musulmans leur dit :
venez combattre à mes côtés et je vous donne ceci et cela, il ne leur est pas licite de le faire. Mais
s'il dit : en contrepartie, je vous libère. Alors, il n'y a pas de mal s'ils ont espoir de s'en sortir saufs.
On lui demanda : si le roi des mécréants leur dit : je vous donnerais des cadeaux et je vous
traiterais bien. Peuvent-ils combattre à ses côtés ?

Il répondit : le prophète que la prière et le salut d'Allah soient sur lui a dit « celui qui combat pour
que la parole d'Allah soit la plus haute, c'est cela le combat dans le sentier d'Allah. » Je ne sais pas.
(pp. 248-249)

Abou Qatadah commente : qu'Allah fasse miséricorde aux gens de la science et de la crainte,
comment ils étaient clairvoyants dans leur religion, et comment était leur crainte d'Allah ! Voila
l'imam Ahmad qui dit je ne sais pas à une question qui si elle était posée aujourd'hui à un gamin
ignorant, il s'y lancerait de sa propre opinion sans sourciller, puis n'hésiterais pas à distribuer des
accusations d'égarement à ceux qui divergeraient de cette opinion. (Fin de citation)

Remarquez comment l'imam Ahmad a différencié entre leur combat aux côtés du roi pour qu'ils
se libèrent, ou pour recevoir ce qu'il leur a promis en disant « je vous donnerais des cadeaux et je
vous traiterais bien ». Il a permis le premier cas, mais il a hésité dans le second de peur que le
combat ne soit pas pour la cause d'Allah, mais juste pour le bas monde.

Ceux-ci sont quelques paroles des imams relatives à cette question. Où sont la mécréance et
l'alliance avec les mécréants de ce qui a été dit ? il est question plutôt de permission ou de non-
permission, et les imams ont hésité sur quelques cas de figure.

En Allah nous recherchons refuge ! Et Allah sait mieux !

C'est tout ce qui a été permis d'écrire sur la question.

Je demande à Allah d'en faire profiter celui qui l'a écrit, celui qui l'aura lu, et celui qui l'utilisera à
bon escient, et qu'il le mette dans balance de leurs bonnes actions.

Seigneur ! Ne fais pas dévier nos cœurs, après nous avoir mis dans le droit chemin ! Étends sur
nous Ta grâce, car Tu es le Dispensateur de toutes les grâces !

Et louange à Allah seigneur des mondes, avant tout et après tout ! Et que les prières et les
bénédictions d'Allah soient sur son serviteur et prophète Mohammad, ainsi que sa famille, ses
compagnons, et ceux qui les ont suivis avec bienfaisance jusqu'au jour du jugement !

Écrit par Atiyatullah


Rajab 1428 h.