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m

-fi

I

,v/TEXTES

CHOIX

UK

RELIGIEUX

ASSYROBABYLONIENS

Ayant

lu, par ordre du IV" Père MotlreGénéral des Frères Prêcheurs,

intitulé : Choixde textes religieux assyrobabylonient, par sous lo

rapport

lo R. P. de la fol

l'ouvrage

Paul Dhorme,je déclare n'y avoir rien trouvé qui,

ou des moeurs, puisse en empêcher la publication, et je lo regarde comme propre à faire connaître cette branche des civilisationsorientales.

JOrujalem,le 6 janvier1900, en la fV'lede l'É|>I|>han!e de N.-S. Fr.

M.-Joseph LAGRAXCE, des Frères

Prêcheurs, Maitroen s. Théologie.

ordre du R""Père Maître Général des Frères Prêcheurs,

l'ouvrage intitulé : Choixde textes religieux assyro-babyloniens,par le R. P.

Paul Dhorme, 0. P., je déclare

le crois

Ayant lu, par

n'y

avoir rien trouvé qui, sous le rapport

la

publication je

:

même fort utile, comme édition critique et

quiconque veut travailler sur des matériaux do première main.

de la foi ou de3 moeurs, puisse en empêcher

philologique de ces textes, à

Jérusalem,le 8 janvier 1906.

Fr. Paul-M.SÉJOURNÉ,

des Frères-Prêcheurs,

Prieur,l.cct.en Théologie.

s.

approbationibus suprapositis, opus dari permiltimus.

Attentis

ad

quod

referunlur

lypis

Fr. Hyaeinthus M* CORMIER, M.G.o. t.

IMPRIMATUR :

Parlsiisdie 23 julil, laOG.

G. LEFEBVRE,

v. g.

«rOdU'IMEFIKVIXIHDOTtr L".—M» Ml(Ilnri.

AU

PÈRE

UG1UNGE

PREFACE

La présence do cet ouvra go parmi les « Études Bibliques » indique assez le but poursuivi par l'auteur. Au fur et à mesuro que des fouilles méthodiques faisaient revivre les civilisations de l'Euphrnte et du Tigre, les progrès de l'épigraphie cunéi- forme permettaient aux savants de se mettre directement en contact avec la littérature historique et religieuse de l'antique Chaldée. On comprit do bonne heure le concours très utile que pouvait apporter aux études exégétiques une connaissance plus complète des productions littéraires laissées par une race apparentée aux Israélites et si souvent en rapport avec eux. Déjà eu 1873, E. Sehrader faisait paraître en Allemagne son livre sur « Les inscriptions cunéiformes et l'Ancien Testa- ment »; en 1875, Georges Smith attirait l'attention du public anglais sur les fragments alors connus du récit babylonien do la création. Depuis lors les diverses publications du British Muséum ont mis à la disposition des assyriologues les nom- breux documents religieux qui faisaient partie de la biblio-

thèque d'Assourbanipal à Ninive. Ces matériaux ont été exploi- tés de divers côtés comme fournissant un précieux secours à l'intelligence de la Bible. Mais si des esprits pondérés se sont contentés d'utiliser sans parti pris les résultats acquis par la science, d'autres, moins bien inspirés, ont cherché dans les

Il

textes co qui n'y était pas et ont abouti de la sorto à jeter un certain discrédit sur la doctrine do la révélation. Do là le con- flit qui s'est élevé durant ces dernières années entre exégètes et assyriologuos. Les retentissantes conférences do Delitzsch sur liabel und Jiibcl en ont été lo point do départ. La réédi- tion do Scliradcr par Wincklcr et Zimmern n'a fait qu'enve- nimer lo débat. Des esprits insuffisamment éclairés so sont demande do quel côté so trouvait la vérité, car, si les assyrio- loguos ont pénétré do plain-pied dans le domaine biblique, il est malheureusement trop vrai que peu d'exégètes sont à môme

do les suivro sur leur propro terrain.

d'obvier en partie à cet inconvénient, c'était do fournir aux exégètes uno traduction aussi complèto et aussi exacte que possible des textes religieux babyloniens dont la connaissance est d'une importance capitale pour uno étude approfondie do l'Ancien Testament. J'ai visé à étro objectif avant tout. Jo mo suis interdit tout rapprochement formel avec la Bible. Si ça et là un passage a été cité, c'est uniquement — comme on pourra s'en convaincre — à titro do donnée philologique ou do rensei- gnement historique. Mon but est do livrer des matériaux, non de les exploiter. Aussi mon principal souci a-t-il été la plus scrupuleuse fidélité dans la traduction. J'avais pour y atteindre

un guide et un modèlo dans l'ouvrage do Jensen, Assyrisch- Uabylonischc Mylhen und Epen. Les nombreuses références à cet ouvrage dans lo cours des pages qui suivent attesteraient à elles seules combien je lui suis redevable. Ceux qui ont pra- tiqué les textes religieux de Chaldée savent bien qu'une tra- duction do ces textes no peut être présentée au public sans qu'un commentaire littéral vienne justifier l'interprétation pro- posée ou expliquer les passages obscurs. C'est la raison des notes philologiques ou des considérations historiques que l'on trouvera sous la transcription et la traduction. A d'aucuns elles sembleront longues et fastidieuses. Qu'ils me le pardon- nent en considération des exigences do nombreux esprits à notre époque.

PREfACE.

Un moyen s'offrait

PBErACE,

III

Si ce livre, avec ses imperfections trop évidentes, pouvait offrir quelque secours à ceux qui consacrent leurs efforts à l'étude assidue des textes sacrés pour mieux servir la cause de l'Église, il aurait atteint son but et je m'estimerais digne- ment récompensé,

Jérusalem.

Fr. Paul DHOBME, O. IV

SIGI.ES

ET ABREVIATIONS

l) Transcription.

[ ] indique passages restitues. var. indique variante cntro parenthèses. var. om. indique que la variante omet la syllabe ou le mot qui précède immédiatement la parenthèse. var. add. = variante ajoute. Les mots assyriens entre parenthèses non précédés do l'indi- cation var. sont des déterminatifs qu'on no lisait pas. Les grandes capitales sont des lectures idéographiques. Les points de suspension indiquent les lacunes du texte.

La lettre h indique le n fort (arabe p, s = y, s = v, t= n, t = v.

~), le q indique le p, s =

2) Traduction.

Les passages en italique sont les restitutions. Lorsque la restitution est rendue certaine par un passage parallèle ou par une locution usuelle, le passage n'est pas en italique. Les points de suspension indiquent les lacunes. Les mots entre parenthèses sont ajoutés pour la clarté du sens.

Ouvrages cités en abrégé.

BA. Beitrage zur Assyriologic mul semitischen Sprachwis- senschaft.

VI

SIGLESETABREVIATIONS.

Br. BRUNKOW,a classified lisl ofail simple and compound cuneiformi ideographs.

CIS. Corpus inseriptionum

Code de Ilammourabi. Édition Scheil, Paris, 1902. CT. Cuneiform texts from babylonian tablels etc in the

British Muséum. DELITZSCH,AHW. Assyrisches llandwôrterbuch.

semiticarum.

Ass. Gr. Assyrische Grammatik (lrc édition).

B\V. Das babylonischc Weltschopfungsepos.

IiS. Assyrische Lesestûcke. (Le chilîre en expo- sant indique l'édition.)

FHG. Fragmenta hisloricorum groecorum (édition Didot). IIOMMEL,Au/s. und Abh. Aufstttzo und Abhandlungen.

GGAO (ou G. G. A. O). Grundriss der Géographie und Geschichte des alten Orients. I-iN. Izdubar-Nimrod (par Alfred Jeremias).

JAOS. Journal of the american oriental society.

JASTROW,Religion

riens.

Die Religion Babyloniens und Assy-

JENSEN, Mylhen und Epen. Assyrisch-babylonische Mythen

undKpen(=KD,

VI, I).

JEREMIAS, A. T. A. O. (ou ATAOj. Das alte Testament ini Lichto dos nlten Orients.

l-N (cf. I-N). KAT*. Die Keiliuscliriften und das nlte Testament von Ebcr- hard Schrader (2maéd.). KAT 3. Même ouvrage, 3°" édition entièrement refondue par Zimmern et H. Winckler. Kl). Keilinschriftlichc Bibliothek. KT. Cf. WINCKIKH.

LAUIUNOE,KRS. Études sur les religions sémitiques (2°" i

MASPEIIO,Histoire

rient classique. MDVG. Mittcilungen der vorderasiatischen Gescllschaft.

édition).

Histoire ancienne des peuples de l'O-

SIOLESET ABRÉVIATIONS.

VII

MEJSSNEI;, Supplément. Supplément zu den assyrischen Wôrterbûchern. MUSS-AHNOLT,Dicllonary. Assyrisch-englisch-deutschcs Handwôrterbueh. iNE. Das babylonischo Nimrodepos (par P. Ilaupt).

PSBA. Proccedings of tbe society of biblical archoeology.

H. The cuneiform inscriptions of western Asia (par Rawlin- son). Le chiffre romain en coefficient indique le volume.

BB. Revue Biblique. Bec. de trav. Hecueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes (publié par Maspero).

B. H. R. Bévue de l'histoire des religions.

S-, Sb, S'. Syllabaire a, b, c. SCUEIL, Text. ilam.-sém. Textes élamitcs-sémitiqucs. TALLQUIST,JI/ff(|r/(?.DieassyrischoBeschwûrungsstrieMaqlû. WINCKLEH,KT. Keilinschriftliches Textbucli zum alten Tes-

tament. ZA. Zeitschrift fur Assyriologie und vcrwaudlc Gebiete. ZIMMEHN, ItBR. Beitrilge zur Kennliiis (1er babylouischeii Beligion.

— KA'P. Cf. KAT». Le texte de Damascius auquel il est fait allusion dans le Poème de la création est extrait de l'ouvrage du philosophe

intitulé â-spfet *.x\ Xi«ij r,=.f\ tûv zfûwt iy/â-i édile par J. Kopp

en 1820. On trouvera

note. Le texte de Bérose sur la création dans l'MG, vol. Il, p. 407 s.; sur les rois primitifs, il/id., p. 500; sur le déluge, ibid., p. 501 B.

le passage dans LAGHANOE,liBS, p. 370,

ERRATA

3, n. 'i (vers la fin), au lieu de : munwallidnt, lire : minvtvallidnt.

P.

P. 'i, n. 3, 1. 12,

fciifsuru,

siipiï,

)iart-a,

usahhirii,

kissiini.

siipii.

n. 7,

P. 29, 1. 128,

P. 53, n. 108,

P.

P.

P.

P.

P. 212,1. 29,

parla.

usahhirii.

G3, n. 83, au lieu do : nianzéz (ilu) Bal, lire : manzaz {Un) Del.

101,1. 8,

103, n. '§7, 1. 0. s, lire : «Hre mal, tant au physique qu'au moral.

128, n. 29, au lieu de : issiqa, lire issiqa. —

supprimer les guillemets.

iq-li-ti, ik-li-ti.

INTRODUCTION

I. - LES TEXTES.

La plupart des textes contenus clans ce recueil faisaient partie de

la

à Koyoundjik,

sions, avait été doué d'un grand entendement

sa parèdre Tasmêt, montra,

préoccupation

gieux ils soin d'apposer à la fin de leur ». Ce n'était

l'antique exemplaire longtemps avant l'époque

avaient rédigé cl compilé les légendes religieuses de leur pays. Le Ihitlsh Muséum a édité déjà un groupe de ces légendes dont l'écri-

ture et la

ou littéraires des siècles antérieurs. Aussi les scribes avaient-

la formule officielle: « selon là une fiction littéraire. Dès

pas d'Assourbanipal, les prêtres de Chaldée

bibliothèqued'Assourbanipal,

en I85'i. Ce

anglaises

monarque qui, selon ses propres expres-

découverte

les fouilles

par

par règne (CG8-020), la

le dieu Nabou et

durant tout son

de colliger et de faire recopier le3 documents reli-

copie

langue Nous avons un fragment du récit du

d'Ammizadougga, le quatrième successeur de ce roi (inf. p. 120). Ce texte lui-même

cien. Un des débris qui nous restent du

une date

ère (inf. p. 16'i).

fragment de l'épopée do Gilgamès édité par

On

n'avait pas fait pour la littérature sacréo ce qu'il fit pour le droit, et

s'il n'existait

peut se demander, en présence do ces faits, si Hammourabi

sont antérieures à Hammourabi

(20Ô0 av. J.-C.) (1).

déluge qui appartient au temps

n'est que la reproduction d'un original plus an-

d'Etana remonte à

mythe

du milieu du troisième millénaire avant notre

peu éloignée

A

la période llammourabienne appartient encore le

Meissner

(inf. p. 298).

de véritables collections de textes

en

rapport

avec la

pas, k son époque,

par

elles sur les

la haute antiquité des traditions conservées

religieux. En tout cas,

par ces textes ne peut être sujette à contestation, pas plus que l'in-

fluenceexercée

nie. Nous savons, en effet, que toute une partie du mythe d'Adapa

Uabylo-

peuples

(I) Cf. CuntifvrmTerl»frvmhabyloniiinlnOlets,tl<: ,vol.XV,|>l.I

M.

;§£*«%>*:*

X

IXTRODUCTIOX.

ne nous est connue

Le pays de Canaan pouvait donc connaître, avec l'écriture cunéi-

forme, les récits transmis par cette écriture et constituant le fonds

commun de la

que par les tablettes d'El-Amarna (inf. p. 150).

tradition sémitique.

Celte tradition se

la lumière de

Tantôt un texte

précise chaque jour davantage. nouvel élément à ce que nous connaissions déjà

religion babylonienne; tantôt un passage mal compris s'éclaire

élude philologique plus

les textes

nouveau apporte un

de la

à

diligente. Un travail utile serait de classer et de

religieux jusqu'ici connus, pour

s'occupe de l'histoire des religions. Un pareil corpus Les

les documents sont traduits çà et

là dans des ouvrages spéciaux inaccessibles au grand public. C'est

surtout en France n'cst-il pas urgent

pourtant

de mettre à la portée de tous le trésor d'idées

pas. à telle ou telle

passages parallèles

ou d'une

grouper

les rendre accessibles à

quiconque

n'existe

spécialistes préfèrent généralement s'attaquer

catégorie de textes, en sorte que

que

se fait sentir cet inconvénient.Et

religieuses que nous a légué la littérature cunéiforme? La

théologie

a suf-

d'influence a été assez

élude aussi complète que possible. Les

nous saurons

les mages de Chaldée sur les origines des dieux et

du monde, sur la destinée de l'homme, sur les rapports entre l'hu-

manité et les êtres Comment et par gonies répondent à

pris

naissance (1). L'intervention de

mythiques qui ser- imaginations popu-

ouvre la série de nos textes est, a

ce point de vue, d'intérêt majeur. Non contenl de rechercher la genèse

du ciel et de la terre, il remonte au moment où a aucun des dieux

n'était créé » (2) et nous fait assister à une véritable théogonie. Par couples successifs les dieux sortiront d'un couple primitif constitué

par Apsou,

la mer « tumul-

tueuse >, dont « les eaux so confondaient en un » (3). Vient alors la

lutte entre Tiârnat et les dieux, dont les péripéties constituent le noeud de l'action. Tiâtnat, puissance aveugle cl désordonnée, donne

babylonienne, pour imparfaitement connue qu'elle soit encore,

fisamment de traits

originaux et sa sphère

par

vaste pour nécessiter une

textes seuls permettent celte étude. C'est

ce que pensaient

eux

que

supérieurs. le monde a-t-il été fait? Les diverses cosmo-

qui celle question. L'on reconnaît dans chacune d'elles

l'influence du milieu où elle a

la divinité est revêtue de traits plus ou moins

vaient à fixer la

conception théologique

qui

laires. Le Poème de la création

dans les

l'océan

qui entoure notre sol, el'i'iâmat,

(I)

(i)

(3)

Cf.spécialementp. S!, n. I cl |>.91,

P. 5,1. 7.

1>.3.

INTRODUCTION.

XI

le jour à uno série do monslres, à la tête desquels marchera l'époux

(i). Contre celle année luttera l'armée des

dieux. Parmi ceux-ci, seul, Mardouk est capable de prendre le com-

mandement (2).

veut exalter au-dessus de tous les autres. La quatrième tablette

qu'on

nous montre l'Olympe tout entier assemble autour de Mardouk et

de la suprématie (3). Suit le combat sin-

gulier

entre Tiamat et Mardouk. La première est battue. De son

corps est formé le monde ('i), tandis que son armée est jetée en pri-

son

dans le ciel (0). C'était, pour les prêtres de Chaldée, le point capital

magie, leur principale oc-

Ils lisaient dans lo ciel les événements que les dieux y

avaient écrits avant de les réaliser sur terre. Car l'homme n'appa-

raît ici-bas que lorsque le ciel est achevé et orné. 11est

de Mardouk (7). Son rôle est d'entretenir le culte des dieux (8), en

des temples. Lorsque Mardouk a achevé son oeuvre,

de son coeur,

Qingou

11

est le dieu de

Babylone; c'est lui, naturellement,

lui remettant les

insignes

(5). Dans la cinquième tablette,

Mardouk installe les astres

de la création. L'astrologie était, avec la

cupation.

pétri du sang

leur érigeant

la

ration do ses attributs divins (0).

qu'un

septième

Il est clair

tablette interprète ses cinquante noms qui sont l'cnumé-

mythe quelconque se trouvait a la base de notre

si le « Poème de la création » est tout imprégné

chal-

et

populaires,

la et

Cosmogonie

un récit de la création plus abstrait et théolo-

mais nous n'assistons

de

le but

l'Ksaggil, trans- pour lequel est

épopée. Les diverses interprétations qu'on a pu en fournir ont été

résumées et discutéesailleurs (10) : il est inutile d'y revenir ici. Disons

seulement

d'idées mythologiques deenne»

gique. Le monde sort encore de la mer (12),

a la naissance des dieux. Le dieu créateur est Mardouk, comme dans pas le « Poème de la création ». Le point essentiel de la cosmogo-

que

(11) présente

nie est la formation <'es temples, spécialement

porté d'Kridou à Babylone(13). C'est même

(I)

(2, P. 39,1. lit 5<.

(3)P.

(i)

(5)P.5Î.

(G)P.

l'i)

(S;P. 67,1. * »j. cl CosmogoniechaMctnnr,I. 1?.

(9; P. 60ss.

(to; Lumicc, KRS,y. 3*7s*.

(II)

P.

15 SS.

13SS.

P.

55 SS.

5'JM.

P.

05.

lut |>.83 ss.

(12)P. Si, I. 10.

(13)

P. ss,

1.n

(note'.

Σ*THRUICIEII.

xii

iNTnonicTiox.

créée l'humanité : « pour faire habiter les dieux dans une demeure

qui réjouisse

Mardouk et Arourou (2).

Si, pour les Babyloniens, le dieu national, Mardouk, est considéré

comme l'auteur du monde et

le coeur » (1). L'homme est formé par un couple divin :

des hommes, il est tout naturel que les

Assyriens aient confié ce rôle à Aslour, leur dieu. Celui-ci se présente

sous sa forme An~sar dans la « Cosmogonie d'Assour » (3); la ville

qui sera créée tout d'abord est celle d'Assour (4).

relatives à la création, c'est

« Création des êtres animés » (5),

ce que prouve le fragment sur la

nous voyons les dieux collaborer ensemble à la formation du ciel et

de la terre.

A côté de ces cosmogonies savantes et traditionnelles, circulaient

Qu'il existât encore d'autres

légendes

d'autres

hypothèses sur les origines

général. Telle,

rentrent

celle qui figure au début d'une in-

du monde. 11 en est

(0) :

qui

dans le folklore

cantation pour conjurer

le mal de dents

Apresqu'Anoueut crié

Quele cieleutcréé luterre, Quela terre eut créé lesneuves. Quelesfleuvescurentcréé lesfossés, Quelesfosséseurent créé la vase, Que la vaseeut créé le ver, etc

le ciel,

Nous sommes en présence d'une fantaisie

quelle l'imparfait procède du plus parfait par diaires. On trouvera en tète des notes de la p. 08

d'Kridou »

ici sur sa teneur et son sens.

suivant la-

populaire, une série d'intermé-

« L'arbre

dans notre choix de textes. Il est inutile d'insister

pourquoi

figure

Du récit du déluge nous possédons trois recensions. L'une d'elles,

d'une deuxième recension du déluge » (7), est surtout

C'est dans l'épopée de Gilgamès

total, intitulé simplement « Le déluge » (8).

Les dieux sont réunis dans la vieille cité de Souripak. Ils déci-

que figurait l'épisode

célèbre

o Fragment

par

son ancienneté (cf. sup.).

(I) P. 87,

(1)P. 87,I. (3)P. 91 S1.

I. 19.

21.

(4)P. 9J, I. 37.

97.

(6)

(»)P.

1905,p.

I). MILISSXER,AssyriotogiicHeStuilitn, 11,p. 13 (MDVO,1901,3).CT.Il»,

600.

(7)P. 121s». (8) P. loi «s.

IXTHODICTIOX.

XIII

dent de faire le déluge. La légende ne donne pas la cause du

cataclysme. Le dieu Ka révèle le dessein des immortels à

Oula-napistim « celui qui a trouvé la vie ». Il lui suggère de con-

struire un vaisseau et de fuir sur l'océan avant

n'éclate le fléau.

que Suit la construction du vaisseau par Outa-napistim. Les dimensions

Après

sont soigneusement mentionnées, ainsi que les matériaux.

un sacrifice et une fêle « comme au jour du nouvel an ». le héros

embarque

et ferme

la porto derrière lui. Un pilote dirige le vaisseau. Au point du jour,

l'orage

». La description de la

mythologiques. On sent

est en dehors de toutes les lois naturelles. Ce sont

répandent l'orage et l'incendie. Finalement eux-mêmes : « ils s'enfuirent, ils montèrent au ciel d'Anou. Le3

dieux s'accroupissent comme le chien, sur la muraille ils sont

son protégé

sa familleet ses biens. Lui-mêmemonte le dernier

qui

etc

de traits

« du fondementdes deux monta une nuée noire, Adad (dieu de

et de l'inondation) en elle rugissait

catastrophe est sobre et parsemée

que le phénomène

les dieux

sont effrayés

couchés ». Alors intervient la déesse Utar : «

change en boue, ce jour

j'ai

dit le mal dans l'assemblée des dieux :

commandé le combat ». C'est donc elle

Klle avait

peut-être

réclamé

rigoureux que celui envoyé

gens, pour que,

parles dieux : « Ksl-cc

commo les petits des

so

dit le mal dans l'assemblée des dieux.

Que ce jour-là

Car j'ai

qui, en somme, a

ignorons dans quelles con-

un châtiment, mais moins

mes

la mer? » Href, lorsque le septième jour arrive,

Outa-napistimjette un coup

était changée en boue ! » Le héros s'assied et pleure. Une ile apparaît

à l'horizon. C'est le sommet du mont Nisir, où ira aborder le vaisseau.

Successivement,Outa-napistim lAchc une tin corbeau. La colombe et l'hirondelle ne

patte, elles rentrent dans l'arche. Le corbeau ne revient

pas :^les

pas où poser la

colombe, une hirondelle,

jonctures.

pour faire périr mes

gens j'ai occasionné la décision divine. Nous

«pie moi j'enfante

poissons, ils remplissent

le

déluge s'apaise.

d'ail autour de lui : o Toute l'humanité

trouvent

eaux ont disparu. Oula-napistim peut sortir de l'arche. Son premier

grâces. « Les mouches, se

soin est d'offrir à la divinité un sacrifice d'action de

dieux flairèrent la bonne odeur; les dieux, comme des

rassemblèrentau-dessus du sacrificateur ». Bel arrive avec les autres.

Il est vivement

as-tu fait

»

Bel va

maintenant

et sa femmo seront semblables a nous, les dieux ».

C'est « au loin, à l'embouchure des fleuves », que vont demeurer les

pris

sa

n

partie par

Klnr

qu'il

qui

lui reproche de n'avoir

Pourquoi

ait décimé les

gens! tic

pas

réfléchiet d'avoir fait le déluge. De même Ka : «

le déluge? Qu'un lion soit venu cl

réparer

faute par l'apothéose d'Oula-uapislim

était

un humain,

et do sa

femme : « Auparavant Oula-napistim

Outa-napi«lim

XIV

IXTItODUCTIOX.

deux élus. C'csl là que les a rencontrés

nations à la recherche du secret de l'immortalité.

déluge que nous ait transmis

Gilgamès dans ses pérégri-

Ce récit du

est un des

plus l'antiquité babylonienne. L'action

beaux morceaux de littérature

est conduite

avec une

simples prennent parti pour ou contre l'humanité. Ha révèle leur secret à son

mortels. Ils

grande simplicité qui n'exclut pas la couleur dramatique.

Les dieux conversent entre eux comme de

protégé par un procédé qui rappelle celui du barbier de Midas (1).

entre Ha et Xisou-

thros » (2), le héros demande au dieu de lui dessiner sur le sol le plan

du vaisseau à construire. A la suite des morceaux qui traitent directement du

se

trouve l'histoire d' « Ha et Atarljasis » (3;. 11 est très probable que

cet Atarljasis est le même

vivant du déluge. Celui-ci, en effet, porte l'épithète

Alra bâtis, dans « Déluge

figure dans le « Fragment d'une deuxième recension du déluge » (4)

et dans le « Dialogue

Dans un troisième

fragment,

intitulé «

Dialogue

déluge

personnage qu'Outa-napiitim,

de « très

le sur-

sage »,

qu'il

», I. 1VH3.C'est sous ce vocable

entre Ha et Xisouthros » (5); la tradition

conservée par Bérose no lut connaît pas d'autre nom (G).Or, dans

une série de châtiments car, dans la dernière co-

la déesse Mami travaille à reconstituer

l'humanité. Le morceau s'achève en incantation pour la réussite

de l'enfantement. Comme chez la plupart des peuples,

une tradition rattachant le sacerdoce à une révélation divine. C'est

Hnmedouranki, connu de Bérose sous lo nom

lonne (7), il semble bien que

« Ha et Atarljasis », nous voyons figurer aboutissaient au

qui, peut-être,

déluge,

nous trouvons en

Dabylonie

un roi de Sippar; i'VMiiùfT/fii,qui

voirs sacrés. Très important à ce point de vue, le morceau « In-

pou-

(8) ne l'est pas

qu'il impose à tout membre du collège sacerdotal (9).

moins par les conditions

reçoit la communication des mystères et des

stitution du sacerdoce »

Pour les mythes d'Adapa (10) et d'Htana (11) ainsi que pour l'épo-

(2)P. (1) 126S».

(3)I'. 12'J8».

P.

(5)

(c;

(î)

(8)P.

(I)

P.

P.

1».1375».

111M.

P.

(«)

1'.

102.n. 20.

123, col. Mil, I. t.

127,I. 11. Il», n. IM.

113,1.20M.

P. 119M.

(10)

(II)

P. 163«S.

I

IPSPW"^"

INTRODUCTION.

XV

pée de Gilgamès (1), il nous suflit tic renvoyer aux analyses dé- taillées du Père Lagrange, dans les Eludes sur les religions sémi- tiques (2). Le grand intérêt de la « Descente d'Islar aux enfers » (3) est do

nous renseigner très exactement sur la conception que les Baby-

loniens se faisaient de l'autre vie. Istar a résolu de se rendre au

royaume des ombres. Le

royaume,

semblable en tous points à celle qui nous est donnée dans

l'épopée de Gilgamès {'). La déesse arrive à la porte et fait une

scène

moi! Si tu n'ouvres

foncerai la porte, je briserai le verrou, etc » Le monde infernal

Kreskigal. Celle-ci

qui impose

est que

A chacune des

septuple muraille

la

les lois

au royaume des ombres. La première de ces lois

poème débute par une description de ce

au portier : « Ah çà! portier, ouvre ta porte! pour que j'entre,

pas

la

porte et que je ne puisse entrer, je dé-

et

est gouverné par un couple divin, Nergal

s'appelle

personne

sept qui clôt la demeure

la « souveraine do la grande terre », c'est elle

qui descend dans l'Itadès ait

quitté

tous ses ornements.

portes par ou l'on franchit la

d'Kreskigal,

dépouiller garnie de pierres doivent

tomber devant les

sence de sa soeur Éreikigal que celle-ci la fait enfermer et lâche

contre elle les soixante maladies. Istar est prisonnière dans les enfers. Mais cela ne va pas sans inconvénients. La déesse de la

féconditéne peut plus exercer son influence : « le taureau ne monte

plus

Le

vache, l'âne ne s'approche plus de l'Anessc, etc ».

la déesse Klar doit se

d une parure ou d'un vêtement. Mômesa ceinture

d'enfantement, même le vêtement qui protège sa

exigences

du

portier.

pudeur,

A peine est-elle en

pré-

sur la

messager divin Papsoukal

se plaint de cet état de choses au

ses propres mains pour

infernaux, Istar peut

des « eaux de la vie

»,

qu'elle

dieu Sût. Celui-ci envoie une créature de

sauver la déesse. Sur la décision des juges

regagner la terre. Ou

et, a chaque porte,

du y laisser. La fin du

scène Tammouz, l'amant de la

l'asperge, d'abord,

on lui rend la partie du vêtement

avait

poème, très dillicile à coordonner, met en

déesse, qui joue de la flûte avec les

pleureurs et pleureuses. C'est un précieux renseignement sur le

époques : déjà les

culte de Taminouz-Adonis aux plus lointaines

(I)

{2}M5II1CJ'AJapa,p. 3t>ls«. M)(licJKtana,p. 38" si.

V. 183ss.

I^j.oi^e Je Gilgami'*,

|>.

d'Klana (inf.p. 101s.) et celleJe l'épopée Je Gilgaw'j en\Hc Jcs notesJe chaque

tal.lcllo. (3;t\ 327s*. W P. 213,I. 30 M.

313a. Pour les Jeux derniersJe ces tejlcs, cf.

encore l'atialjso Ju injthc

."4**??-^

XVI

INTRODUCTION.

chants de fête et les chants de deuil sont réunis dans une môme solennité.

légendes sacrées, il y avait, toute une littérature

Tigre,

d'hymnes et de prières destinées au service liturgique ou au culte

ont

été déjà traduits en français par le Père Scheil (1) et M. Martin (2).

privé. Un certain nombre de morceaux

A côté des récits

mythiques

et des

et du

chez les peuples de l'Euphrate

appartenant à ce genre

quelques échantillons. « La

parole de Bél-Mardouk » (3) exalto le verbe tout-puissant du dieu

national de Babylone. Sous forme d'incantation, 1' hymne à Mar-

prière d'un fidèle qui réclame à la fois

la santé du corps et la force morale. Un des plus beaux modèles

du lyrisme sémitique est, sans contredit, 1' « hymne à Istar » (5)

où vibrent le souille

l'dmc

pénitente, f.e parallélisme y est transparent et l'on y trouve

de véritables strophes. Ce morceau est d*un

l'élude de la forme

C'est pourquoi nous n'en donnons

douk » (4) est la touchante

que

«

de la passion religieuse

et l'humble accent de

intérêt capital j.jur

métrique dans la poésie babylonienne.

propres grandeurs

les

et celui-ci

Le

est un dialogue entre la déesse et son ado-

implorant propriétés du feu sont

purifier

[8} met

proie

« psaume à Istar »

pitié.

Dans la «

(0)

rateur, celle-là vantant ses

la

célébrées, aussi lui demande-ton de faire briller et de l'homme « enfant de son dieu ». Enfin « le juste souffrant »

prière à Gibil » (7),

en scène l'homme abandonné des dieux et des hommes, en

qui,

Les deux morceaux

à toutes les adversités et nocence. Les plaintes du

sur l'inconstance du sort et la versatilité des humains.

qui nien » (0} et la « tablette cultuelle do

des

prescriptions tant dans leur vie

Le second de -ces morceaux doit être rapproché de l'« institution

cependant, a conscience de son in-

malheureux sont entremêlées de réflexions

suivent

: « le prétendu sabbat babylo-

Sippar » (10), sont un exemple

auxquelles étaient soumis les rois et les prêtres,

privée que dans leurs rapports avec la divinité.

(1)Choit de Icites religieuxassyrien), dansla Revuede l'histoiredes reli- gions, 1807. (2)Dan»Textesreligieuxassyriens et babylonien'.I0.}0cl 1303. (3)P. 312s*. 0) P. 353ss.

(S) P. 337«s.

(G)P. 307s».

(8} (7;P. P. 373SS. 371. (!>)P. 381. (I0; P. 38J85,

INTRODUCTION-.

XVII

du sacerdoce » (1). 11 contient une énumération des redevances

prêtres sur les sacrifices et donations de toute

prélevées par les

part dont sont gratifiés

les ministres du culte. 11

dotaux pour les grandes solennités. L'acte royal a pour motif l'inau-

guration

et le mode d'exécution de sa statue.

Proverbes » (2) qui

d'une statue do Samas. Le dieu lui-même a révélé le dessin

une donation de vêlements sacer-

nature. C'est le roi lui-même qui fixe la

y ajoute

Il ne nous a pas été possible

d'ajouter aux «

terminent cet ouvrage les autres

lan (3). On en trouvera des extraits dans la Revue biblique d'oc-

tobre K10G (*).

exemples étudiés par Mucmil-

11. — LA. ItELIGIOX.

permis, assez exacte de ce

minons successivement les

avec la divinité, et les idées eschalologiquës.

Kst-il

à l'aide de ces documenls, de nous faire une idée

que

fui la religion de Dabylone et de Xinive? Exa-

dieux, l'homme, les rapports de l'homme

A) LES DIEIX.

Le point de départ de toute idée religieuse est la conception d'un

ou de plusieurs êtres supérieurs à l'humanité vis-à-vis desquels celte

humanité est tenue à certains devoirs.

à

culte d'un dieu

sionnée

certaines

les attributs môme, dans la

assemblés en concile et conférant leurs

douk (5). Le fait s'explique

et même à l'absorber dans la

même alors,

cumule et ceux-ci, d'ailleurs, continuent de

y

sine par les fonctions

(ij l».tti. (i) r. 3w. (3)BA.V,p. 1*.617. 519. (1) (»)l\ 70, IICtt 120.

Olympe cl chaque divinité se distingue de sa voi-

qu'elle exerce ou par le domaine qu'elle occupe

La religion babylonienne est,

revendiquer pour le résultat d'une illusion occa-

et

elle le

cet

égard, franchement polythéiste,

unique ne peut

par les

être

que

époques, on a fait converger

caractéristiques

septième

efforts d'un syncrétisme tardif. Il est sûr que, à

sur lel ou tel dieu national

des autres divinités. Nous voyons

tablette du Poème do la création, les dieux

noms au dieu Mar-

propres par la tendance à hiérarchiser le panthéon

personne

du dieu local. Mais il faut,

qu'il avec lui. Il

de ses confrères les titres

gouverner

que ce dieu reçoive

a donc tout un

XVIII

INTRODUCTION.

dans le monde. La théologie babylonienne groupait en triades les d'entre elles.

principales

sur le ciel, Bel sur la terre et les airs, Ka sur

BAL, ÉA. — Ces trois dieux constituaient la triade su-

prême : Anou régnait

la

antérieur,

totalité des choses célestes, et l'élément femelle, Kisar, la totalité

des choses terrestres (2). Ces deux personnages ne sont eux-mêmes

que les rejetons d'un autre couple, Laljmou et Laljamou. Ceux-ci descendent directement du couple initial constitué par Apsou et Tia-

le cercle

conception

des Babyloniens,

mat

l'océan qui entoure le inonde

Tous trois sont issus d'un couple

I.

Axou,

(1).

Ansar et Kisar, dont

l'élément niAle, Ansar, symbolise

(3).

Le

premier représente

d'cau,qui,

selon la

enlace notre terre ; la seconde n'est autre

la mer.

que

Il est fort possible, en outre, que, selon la remarque de Jensen ('i), ils

l'un à l'autre comme l'eau douce à l'eau salée. C'est donc

s'opposent

des choses, comme dans la théorie de Tha-

ïes, et c'est de cette eau que naissent les choses célestes et les cho-

ses terrestres

par l'intermédiaire de Laljmou et de Laljamou. Qua-

tre régions bien distinctes constituent ainsi le monde visible : le ciel,

la terre,

et l'apsou Ea. Quant à la mer toujours indomptée, elle sera la puis-

sance aveugle et sans frein, contre

l'eau qui est à l'origine

l'apsou

et la mer. Le ciel aura pour roi Anou, la terre Bel,

laquelle

devront lutter les dieux.

dignité

(a), devint le type du pou-

lorsque Tiamat intronise son amant Qingou

d'A-

11était naturel que le dieu du ciel, Anou

suprême.

qui

Aussi

voir

tomme chef des dieux révoltés, elle lui attribue « la

nou » (01.Et, de même, quand Mardouk reçoit le commandement des

dieux

d'Anoti » (7). Non content d'être le

l'Olympe, il est encore considéré comme leur

grande déesse lstar est fdlc de Sin. elle est aussi la lille d'Anou

c'est

et habitent le même temple K-Anna « demeure d'Anou >>ou « maison du ciel (10). » Ce dieu céleste possède une armée, « l'armée d'A-

(l)I>.57, 110;859, 13tic (2)P. 6, n. tl;6, n. 14. (3)I'. 3. (») KB,VI,I, p. biOss. (5) Le nomdu dieun'est autreque 11 formesémitiséi;de l'idéograMMeAN >jui représenteprlmillTeincnt uneétoilecl, par extension,le ciel,s'umii.

vont lutter contre Tiamat, « sa parole est comme celle

premier parmi

les habitants do

père (8). Si parfois la

(9),

Anou et lstar sont unis dans le même culte, à Krccli,

pourquoi

(6)

(î)

(*) P.103, 15.

(y) 1'. 253, 108.

(lo; P, 109, 37#41(avecle»notes).

1'.10, 139;25, »S. P. 43, 1, C.

INTHODICTIOX.

XIX

non » (1). Il siège sur un trône au point

leste qu'on nomme les cieuxd'Anou

dieux

terre doit avoir eu

l'homme ait été créé à

(2).

dans

pour échapper au

son prototype

l'image Bel est le roi de la terre.

d'Anou (4).

des

pays

culminant de la région cé-

les

déluge (3). Et comme tout ce qui existe sur

le ciel, on comprend que

C'est là

que

se

réfugient

Son qualificatif est simplement « sei-

gneur

parce que la terre est envisagée comme une montagne culminant vers

« temple de la mon- le titre de père des

le

tagne » (8). Comme Anou, il porte quelquefois

dieux (9). Il est surtout leur conseiller (10), et c'est lui qui a con-

seillé le déluge (11).

particulière.

irrévocable

»

(ô). On l'appelle aussi la <t grande montagne » ((>)

ciel (7). Son temple Nippour est E-KUll,

à

Aussi sa parole jouissait-elle d'une efficacité

à la

11est celui « qui fixe la destinée » et « dont le verbe est

royauté (13). H est le

n'est pas étouffée » (14). La plupart de

Mar-

usurpés par de 13Ô1était Délit, « la dame », dont le nom fut

pour et « mère des

» (12). C'est lui qui appelle

« puissant Hèl dont la parole

ses attributs et même son nom furent finalement

douk. La compagne

usurpé par litar (15). En tant que « grande montagne

parèdre Nin-ljarsag, « dame de la montagne » dieux»

suprême K-A (17) signifie la « maison de l'eau ». 11est roi de l'apsou. Aussi

son temple est-il simplement

aménagé

sou » (18).

sun lieu de repos sur cette terre (19;. Mais sa demeure véritable est

», il avait

(10).

Le troisième membre de la triade

est Ka dont le nom

bit a psi (E-ZU-AB) « maison «le l'ap-

Sa ville sainte est Éridou. C'est là que se trouve

fl) P. 101, 4; 201, 28.

{2}P. 05, I; 163, 2 s<i 167, 12; 177, 10) 170,11.

(3)

(I) P. 180, 3i.

(S)P. 70. IIC(note).

P. 111, 115.

6) P. 360, vorso,7.

\lj

(8) P.83, 6

;o; p. 133, col. m, i s*.

(in; P. 103, 16. il 1,1'.117, le» M.

(12)Codede lllnitiioural.i,m>c>,XWI, M **.«t XXVIII,80 s». (13)/Mrf.,recto,I, 50s«.

(14) P.

(15) P. 357. S: 350, 23; 365, 103. (10;P. 143, n. 20. (17)Peul-étrjAlire A-E,d'aprîs'A»;d.; (18)Codede lliintnO'jrabi,recto,II, I. (19) P.00.

Cf.L\r.m\GE,EUS,p. fJî.

(note).

347.

.18;340, 11.

UJimiciu*.

XX

IXTItODUCTIOX.

l'npsou(l). Or l'eau do l'apsou est spécialement l'eau des incanta-

spéciale des incanta-

tions (3). C'est

du

tions (2). Kl, do même, Kridouest aussi la ville

que, en effet, primitivement Éridou était au confluent

golfe Persiquo (4). L'eau

Tigre et do l'Kuphrate, sur le rivage du

que

que

des issues

par

douce do ces deux fleuves

présenter la terre reposant tout entière sur la surfaco

l'apsou no formait

alors

Kridou située à l'embouchure des deux

provenait do l'apsou, car on pouvait se re-

dont

lo contour. Les sources des fleuves no sont

liquide

où celle eau sainte se répand sur la terre.

plus grands

fleuves de la

est, par excellence, la

magie.

Chaldée est toute baignéo do cetto eau, elle

Aussi Ka

poi

dieu de la suprême sagesse, celui qui connaît toutes choses (0). Aussi

est-ce lui qui donne lo

inir

chargé arrache lo héros du

qui, dans le code de Hammourabi,

a pour mission de retirer « entendement et sagesse » au contempteur

des prescriptions du monarque (10). Mais l'honneur suprême d'Ka

sera d'avoir été lo père do Mardouk, le dieu qui devait

les autres

avait pris le dessus sur les autres cités de l'antique Chaldée.

panthéon babylonien, comme Babylonc

déluge nant, alors, que ce soit le dieu Ha

ville des incantations et son dieu sera lo dieu de la

tc-l-il

le nom do « magicien des dieux » (5). Il est, par suite, lo

jour au sage Adapa (7), qui créo Asousouna-

par

un

procédé magique (8), et qui

Hien d'éton-

(9).

de délivrer Istar

au destin de l'humanité

supplanter

personnalités

du

purement astrale.

(rnnïf?) la pla-

nète Vénus, vénérée à la fois commo étoile du malin et étoilo du soir (12;. Ces trois dieux sont reliés entre eux par des relations de

II. Six, SAMAS,ISTAR. — La deuxième triade est

Sin est le dieu lune (11), Samas (OCC)le soleil, Istar

(1)

P.57, IS2s.

.Notretraductionpar Océanest

troplarge.Il s'agit dan»le telle

de l'ïblmequi formelalimitecirculaire (DIX) Je la surfaceterrestre.

(2)P.09, 9.

(3) P. 08,

(I)

n. I.

P.84, n. 8; 99, n. S.

(5)P. 08, n. I. (G)P.11, GO;102, n. 19;389, IV,li ss. (7)P. 149, 3 ss.; 153, It. (8)P. 337.11 «. (9)P. 103; 117, 177ss.

(10} Codede Hainmourabi,verso,XXVI,93 s».Lamalédictionse poursuit:

< qu'il

obstruesesfleuresdansla source»

on l'a ru plushaut, lesHeuresne sont que lesécoulementsde l'eaude

mained'Ëa.

(XXVII,7 ss.).Etcelas'entendtrès biensi,comme

l'apsou, do-

(II) Cf. 61, il ss.

(12)P. 369, 19et 20.

p.

INTHODl'CTIOX.

XXI

parenté. Sin est lo pèro

encore Xannar, c'cst-à-diro lo brillant (2). C'est lui qui détermino

les jours, cl les semaines et les mois {.'<). Aussi Hammourabi a-Nil

soin do

larmes les

fasso achever « dans les soupirs et les

d'Blar(l). On l'appelle

commun Ue Samas et

l'invoquer pour qu'il

jours,

les mois, les années do

gouvernement » de qui-

code ('i). Kl, comme-c'est le

qui esl, par excellence, celui qui porte la couronne royale

(tigii) (."»;, c'est lui qui sera chargé d'enlever au transgresscur « la

» (0). Le culte de Sin était surtout

est NIX-

GAL = sarralu « la reine » (7). On la connaît encore sous le nom

de Nikkal (Su) dans les inscriptions de Xcirab (8j. l,o fils du dieu luno est le dieu soleil, Samas. Il so montro

matin à l'horizon avec une

la lumière, il doit lutter contro les ténèbres de la nuit. Dieu de la

chaleur, il doit vaincre les frimas de l'hiver. Aussi est-il le brave des

braves, qitradu (9), c'cst-à-diro le guerrier et le héros. C'est lui

a donné à

chaque

nouvelles. Dieu de

couronno et le trôno

aura transgressé ou modifié le

de la royauté

conquo

dieu lune

llorissant à Ourou (v,n) et à llarran

(pn). Son épouse

vigueur et une jeunesse

qui

qui

fronter les

Ulerculo

le chéri de Samas et sa mère est prétresse du dieu (11).

Ham-

(12). Dans

le mythe d'Ktana, c'est Samas qui fera rendre justice au serpent

lésé (13). Ses rayons sont un filet

Faire le mal, c'est franchir i la frontière de

Samas » et encourir les

le grand rôle dans les oracles et la divination (10). C'est devant

qui enlace toutes choses et auquel

mourabi l'appelle le « grand juge

Gilgamès

« un coeur

no dort

lui fait af-

Gilgamès,

l'image du soleil. Il est

pas

» et

qui

périls d'une campagne

babylonien,

contre Houmbaba (10).

que

n'est d'ailleurs

Mais le vrai caractère do Samas est celui de dieu

juge. Déjà

des cieux et de la terre »

rien n'échappe (l'i).

de sa

justice (15). Avec Adad, il joue

coups

(1)

(2)

(3)

(i)

(5)

(6)

(7)

(8)

(9)

(10)P. 221, Sss.

327,1; 335, verso,3; 365, 105;367, 13, li.

P.

1'.367, 15(arecla note).