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Jocelyn Létourneau

Le Coffre à outils
du chercheur débutant
Guide d’initiation au travail intellectuel

Nouvelle édition revue, augmentée et mise à jour

Boréal
Chapitre 1

Comment faire la recension d’une lecture

Parmi les premiers travaux demandés aux étudiants blement (section 2). Ceux-ci prendront deux
qui fréquentent le cégep ou l’université, il y a celui formes : la présentation d’une démarche métho-
qui consiste à réaliser l’étude approfondie et com- dique et systématique de travail ainsi que l’indication
mentée d’un ouvrage. Les avantages de cet exercice de quelques trucs sans prétention mais efficaces. Le
sont nombreux : il permet de découvrir les travaux chapitre sera complété par des exemples de
d’un auteur, d’apprécier les subtilités de sa réflexion, comptes rendus rédigés selon les recommandations
de se mettre au diapason de la science, d’assimiler de prescrites (section 3). Un tableau récapitulera les
nouvelles connaissances, de se familiariser avec des principaux acquis du chapitre.
façons de faire, des méthodes de travail et des pro-
cédés d’analyse.
Dans la majorité des cas, c’est par la rédaction 1. Ce qu’est un compte rendu
d’un compte rendu de lecture que le chercheur en de lecture
herbe effectue l’étude de l’ouvrage qui lui est sug-
géré. Il s’agit d’un apprentissage très fécond qui per- Le but premier du compte rendu est de présenter à
met à l’étudiant d’acquérir un savoir, de s’initier aux un lecteur la thèse et l’argumentation centrales d’un
contraintes de la démarche méthodique et rigou- ouvrage en essayant de dégager l’intérêt ou la bana-
reuse, d’aiguiser son esprit critique et de développer lité, la puissance et les lacunes de cette thèse et de
son autonomie intellectuelle. cette argumentation — et donc de cet ouvrage.
L’objet de ce chapitre est d’énoncer les pro- Le compte rendu de lecture représente un
blèmes que pose la rédaction d’un compte rendu de moyen efficace de diffusion du savoir dans les mi -
lecture. Après avoir précisé en quoi consiste cet exer- lieux de la recherche parce qu’il informe le lecteur du
cice intellectuel (section 1), nous formulerons contenu et de l’intérêt d’un ouvrage sans que ce lec-
quelques conseils permettant de le réaliser convena- teur ait à prendre connaissance de l’ouvrage au com- 19
plet. À une époque où, par sa quantité, la production 2. Rédiger un compte rendu de lecture
scientifique dépasse de loin les capacités de lecture Assimiler une démarche méthodique
du spécialiste le plus zélé, le compte rendu permet de travail…
au lecteur de se tenir à jour et d’inventorier un maxi-
mum de publications en un minimum de temps. Il Soyons honnête : il n’existe pas une méthode uni-
s’agit d’un moyen éprouvé d’augmenter la produc- verselle, supérieure à toutes les autres méthodes et
tivité intellectuelle du chercheur. acceptée par l’ensemble des chercheurs, qui per-
Le compte rendu de lecture est un exercice qui mette de réaliser un bon compte rendu de lecture.
exige énormément d’attention, beaucoup de L’expérience démontre cependant qu’un certain
rigueur, un grand effort de synthèse et un esprit cri- nombre de caractéristiques se retrouvent dans la très
tique développé. Il requiert aussi, de la part de la per- grande majorité des comptes rendus. La démarche
sonne qui fait la recension, une bonne connaissance proposée ici s’appuie sur la prise en considération de
du contexte de production de l’ouvrage évalué, une ces caractéristiques récurrentes qu’elle ordonne sui-
connaissance minimale du profil intellectuel de son vant un patron logique allant du général au particu-
auteur et une connaissance approfondie du débat lier.
large — théorique, méthodologique, historiogra-
phique ou politique — dans lequel s’inscrit cet Première partie : cadre et origine de l’ouvrage
ouvrage.
Le compte rendu se distingue du simple résumé La première partie du compte rendu a pour objectif
de lecture par la distance relative qu’il faut de bien situer l’ouvrage recensé ainsi que son auteur,
prendre par rapport à l’ouvrage évalué. En effet, le de relever les buts que vise celui-ci et les limites qu’il
compte rendu ne consiste pas en la répétition fixe à son projet et à sa démarche, et de préciser les
condensée du contenu d’un livre. Il s’agit plutôt traits distinctifs de l’ouvrage.
d’accéder à la structure fondamentale de cet Bien situer un ouvrage, cela veut dire, pre-
ouvrage, à ses propriétés distinctives et à certaines de mièrement, repérer le thème abordé dans le livre, le
ses caractéristiques non immédiatement visibles : la sujet sur lequel il porte. Par exemple : de quoi cet
thèse avancée, l’intention de l’auteur, la progression ouvrage traite-t-il ? À quelle question générale l’au-
du raisonnement, etc. Cette distance relative exige teur du livre s’intéresse-t-il ? De quel problème fon-
plusieurs niveaux de lecture. On en compte trois damental débat-on dans cette publication ?
principaux. Nous les nommons lecture d’assimi- Bien situer un ouvrage, cela veut dire, deuxiè-
lation, lecture de compréhension et lecture mement, donner un certain nombre d’informations
critique. Nous distinguerons ces niveaux de lecture sur le contexte de production du livre. Par exemple :
un peu plus loin. à quel public est destiné cet ouvrage ? Dans quelle
Un bon compte rendu est ordinairement com- conjoncture politique, sociale ou intellectuelle a-t-il
posé de trois parties. La première partie situe l’ou- été rédigé ? À quel courant théorique, méthodolo-
vrage, la deuxième le dissèque et en révèle le gique ou historiographique son auteur le raccroche-
contenu, et la troisième l’apprécie. t-il ?
20 Bien situer l’auteur d’un ouvrage, cela
signifie, le cas échéant, indiquer pourquoi un ou- — établir la progression de l’argumentation
vrage, parce qu’il a été rédigé par un ou des auteurs en sachant distinguer l’essentiel de l’accessoire.
en particulier, possède de ce fait un intérêt nouveau Dans cette partie, l’étudiant présente au lecteur
ou singulier et prend une orientation originale. les principales hypothèses énoncées, les points forts
Relever les buts visés par un auteur et les de la démonstration, l’originalité et l’audace des for-
limites qu’il fixe à son projet et à sa mulations, la profondeur de l’analyse, la finesse des
démarche, cela veut dire, d’abord, bien faire res- observations, l’intérêt des exemples mentionnés et la
sortir la perspective que cet auteur a retenue pour portée des conclusions. L’ampleur de la recension
approcher son objet d’étude, pour définir le cadre de dépend évidemment de l’espace de rédaction qui
son analyse et pour délimiter l’espace acceptable de est accordé à l’étudiant.
son argumentation. C’est aussi reconnaître le chemi- Dans cette deuxième partie, le jeune chercheur
nement utilisé par l’auteur pour faire progresser doit être extrêmement respectueux du raisonne-
sa démonstration. Cela signifie, enfin, mettre en ment de l’auteur et de la complexité de l’argumen-
lumière les choix fondamentaux qui sous-tendent la tation développée. Il doit donc éviter à la fois de cari-
démarche intellectuelle de l’auteur : ses méthodes, caturer et de simplifier la thèse ou l’analyse. Il doit en
ses procédés d’analyse, le genre de preuve, le style, le fait rechercher un judicieux mélange de synthèse et
ton du texte, etc. La détermination des buts et des de nuance, afin de mettre en valeur la richesse des
limites d’un ouvrage constitue une condition essen- arguments. Pour cette raison, le compte rendu d’un
tielle pour éviter de commenter celui-ci en fonction ouvrage exige de l’étudiant une compréhension
de critères irrecevables et faciles, et de trahir ainsi le approfondie du livre ou du document qu’il a entre
projet de son auteur. les mains.
Préciser les traits distinctifs d’un ou -
vrage, cela veut dire mettre en relief les parti- Troisième partie : bilan et appréciation critique
cularités de cet ouvrage, de même que les éléments de l’ouvrage
qui lui donnent son originalité, sa pertinence ou son
intérêt. La troisième partie du compte rendu porte sur le
bilan et sur l’appréciation critique de l’ouvrage
Deuxième partie : schéma et analyse de l’ouvrage recensé. Ce bilan et cette appréciation doivent s’ali-
gner sur les objectifs et les limites assignés par un
La deuxième partie d’un compte rendu a pour objec- auteur à son projet scientifique. Le bilan a pour fon-
tif d’exposer au lecteur la démarche de raisonne- dement l’évaluation critique et intelligente de l’ou-
ment de l’auteur et le contenu de l’ouvrage. Idéa- vrage. Quant à l’appréciation, elle doit être autre
lement, cette partie se décompose en trois chose qu’une somme de propos banals ou complai-
sous-parties qui correspondent à autant de para- sants.
graphes : Dans cette troisième partie, il est essentiel d’éta-
— cerner la thèse développée dans l’ouvrage ; blir clairement et de façon concise :
— repérer le fil conducteur et les différentes — ce qu’il importe de retenir de l’ouvrage
articulations de la démonstration effectuée ; recensé ; 21
— ce pour quoi cet ouvrage mérite ou ne … et connaître certains trucs
mérite pas d’être lu, une façon de dégager ses points
forts et ses points faibles. Si l’assimilation et la maîtrise d’une démarche
Dans le premier paragraphe, l’étudiant doit pré- méthodique de travail représentent une condition
ciser de quelle manière l’ouvrage analysé permet nécessaire à la rédaction d’un bon compte rendu, la
d’avancer dans la compréhension d’une question connaissance de quelques trucs, fruits de l’expé-
intellectuelle ou dans l’approfondissement d’un pro- rience, ne peut qu’améliorer la qualité générale de
blème théorique ou méthodologique. Il doit établir l’exercice, sur le plan du fond comme sur celui de la
en quoi l’ouvrage apporte une réponse aux ques- forme.
tions posées à l’origine par l’auteur ou véhicule des
perspectives nouvelles par rapport au débat dans Avant la lecture
lequel il s’inscrit.
Dans le deuxième paragraphe, le jeune cher- À l’encontre de ce que l’on pense, le travail précé-
cheur doit poser une appréciation critique sur l’ou- dant la lecture intégrale et attentive de l’ouvrage
vrage. Cette appréciation porte sur des éléments recensé est très important, voire déterminant dans
propres à l’ouvrage (on parle alors d’une évaluation certains cas.
interne) ou se fait à partir d’une perspective exté- Il paraît ainsi essentiel de connaître un tant soit
rieure à celui-ci (il s’agit ici d’une évaluation externe). peu l’auteur de l’ouvrage évalué, c’est-à-dire ses tra-
L’étudiant peut aussi exploiter les deux possibilités à vaux, les sujets sur lesquels il a écrit, son chemine-
la fois. Dans le cas d’une évaluation interne, il se ment intellectuel, les réseaux professionnels dont il
demande si les problèmes exposés par l’auteur dans fait partie, etc. Il s’agit en effet d’indices susceptibles
son ouvrage sont formulés clairement, si son argu- de nous renseigner sur plusieurs caractéristiques
mentation s’appuie sur des données vérifiées, si son internes de l’ouvrage, telles que le ton du texte et le
raisonnement et son propos progressent de façon style, l’approche méthodologique choisie, les ques-
logique et cohérente, si ses conclusions sont origi- tions abordées ou le genre de preuve utilisée. Un
nales, et ainsi de suite. Dans le cas d’une évaluation ouvrage rédigé par Condoleezza Rice sur l’interven-
externe, l’étudiant évalue l’ouvrage par rapport à la tion militaire américaine en Irak ne peut être évalué
contribution d’autres livres abordant des sujets simi- de la même façon qu’un ouvrage écrit sur ce sujet
laires ou utilisant une approche méthodologique par un altermondialiste avoué ou encore par un uni-
semblable. versitaire qui, sans attache partisane précise, entend
Précisons qu’il est également possible de poser respecter toutes les facettes de l’analyse nuancée.
certains jugements critiques de façon ponctuelle, Certes, il n’est pas toujours facile de trouver des
ailleurs qu’à la toute fin du compte rendu, par renseignements sur l’auteur d’un ouvrage. Mais on
exemple pour relever une lacune, une contradiction, peut s’en tirer en exploitant diverses sources d’infor-
une incohérence, une erreur, ou encore une faute mation. En plus de profiter des ressources d’Internet
grammaticale ou typographique. en recherchant le nom de l’auteur par l’intermédiaire
de moteurs de recherche connus (Google, Yahoo !,
22 AltaVista, Infomine, etc.), on peut utiliser la notice
biographique figurant souvent sur la jaquette des tout un ensemble de détails à première vue insigni-
ouvrages ou dans les pages liminaires du livre. On fiants : la date de publication initiale de l’ouvrage,
peut également recourir au catalogue électronique qui permet d’identifier la conjoncture politique,
des grandes bibliothèques, qui, à la rubrique « Au- sociale et intellectuelle dans laquelle le livre a été
teur », mentionne en tout ou en partie la liste des écrit ; la collection dans laquelle il est publié, qui
ouvrages publiés par un auteur. De même, on peut informe sur les limites éditoriales du projet de l’au-
parcourir la bibliographie incorporée à l’ouvrage teur (un ouvrage publié dans une collection com-
recensé, qui, dans bien des cas, établit la liste partielle manditée doit se conformer à certaines exigences
ou complète des travaux publiés ou inédits de l’au- qui influent décisivement sur son fond et sa forme) ;
teur. Par ailleurs, certains répertoires et dictionnaires les travaux cités dans les références, qui en disent
spécialisés présentent des notices biographiques long sur l’effort de recherche de l’auteur et sur le type
pour une foule d’auteurs plus ou moins connus1. Évi- de savoir à partir duquel il a décidé de composer son
demment, un chercheur efficace aura toujours sous livre.
la main un dictionnaire des noms propres, par
exemple Le petit Robert des noms propres. Précisons Pendant la lecture
enfin que certaines grandes bibliothèques possèdent
des fichiers centralisés de notices biographiques qui L’étudiant chargé d’évaluer un ouvrage doit s’as-
peuvent être d’un grand secours pour l’étudiant. treindre à trois niveaux de lecture pour bien se péné-
Une façon de déterminer rapidement le thème trer du contenu du livre. Avec l’expérience, on en
abordé par un ouvrage, de connaître précisément les vient toutefois à effectuer ce travail de façon simulta-
intentions de l’auteur, de cerner la méthodologie née.
dont il se sert, de savoir à quel public il s’adresse et Le premier niveau de lecture consiste à assimi-
d’avoir une idée du plan suivi et de l’articulation des ler le contenu de l’ouvrage. L’objectif visé est d’ap-
parties du livre consiste à lire attentivement l’intro- prendre, de se renseigner, d’écouter l’auteur. À la
duction du volume. Une bonne introduction donne suite de cette lecture, il s’agit de pouvoir répondre à
habituellement toutes ces informations en les justi- une question élémentaire : que dit l’auteur dans son
fiant. Une lecture appliquée de l’introduction est la ouvrage ? Ce premier niveau de lecture peut déjà
condition nécessaire à une lecture intelligente de donner lieu à un important travail de « défrichage »
l’ouvrage. Dans certains cas, on peut compléter la du livre : la recherche des affirmations principales
lecture de l’introduction par l’étude minutieuse de la (têtes de paragraphes) autour desquelles se structure
table des matières lorsqu’elle est détaillée. et se développe le propos ; la numérotation des élé-
Enfin, avant d’aborder la lecture intégrale de ments de preuve servant à soutenir ces affirmations ;
l’ouvrage, l’étudiant malin prendra en considération le repérage des incohérences dans l’argumentation ;
l’annotation systématique des erreurs, des coquilles,
des fautes, des formulations lourdes, etc. L’étudiant
1. Voir, au chapitre 2, la rubrique « Répertoires biogra- doit reconstituer sur des feuilles à part la charpente
phiques » dans la section intitulée « Un cybercoffre à outils de chacun des chapitres en résumant l’essentiel d’un
documentaires », p. 73. paragraphe, d’un bloc de paragraphes ou d’une 23
24
sous-partie par une phrase ou un mot-clé. Ce travail, 1. D’abord, il faut réfléchir. Le mauvais compte
qui est fondamental, permet de ne rien oublier et rendu est presque toujours le produit d’un étudiant
rend possible la distinction immédiate entre l’essen- automate qui lit sans assimiler ni comprendre les
tiel et l’accessoire. Un exemple de lecture d’assimila- pages qu’il dévore, qui ne laisse pas sa lecture se
tion incorporant un travail de défrichage est donné à décanter avant d’écrire et qui rédige machinalement
la page précédente. son texte en croyant que le respect scrupuleux d’une
Le deuxième niveau de lecture a pour but de méthode de travail peut lui faire réaliser l’économie
comprendre la démarche suivie par l’auteur, de d’un travail d’intelligence.
reconnaître et d’accepter ses choix et ses intentions, 2. Ensuite, il est essentiel d’utiliser un diction-
et de saisir la logique du raisonnement et de la naire analogique pour trouver le mot juste et la
démonstration qu’il effectue. Au terme de cette lec- nuance appropriée, et pour améliorer l’élégance de
ture, l’étudiant peut répondre aux questions sui- l’expression écrite.
vantes : comment l’auteur s’y prend-il pour énoncer 3. Enfin, il faut soigner son style, rechercher la
ses idées ? Quel cheminement suit-il pour parvenir à synthèse et toujours s’efforcer de bien situer le lec-
ses objectifs ? Quelles limites assigne-t-il à son pro- teur dans la progression de son propre texte. Cette
pos ? Quels étaient ses postulats de départ ? Par cette mise en situation peut être obtenue par le recours à
lecture de compréhension, le jeune chercheur accède certaines phrases de cadrage. Voici des exemples
à la structure de l’ouvrage et atteint le cœur de la pen- de phrases de cadrage : « La question traitée dans
sée de l’auteur. C’est la condition nécessaire pour cet ouvrage est… » ; « L’objectif de l’auteur est… » ;
prendre cette fameuse distance par rapport à l’ou- « La thèse développée par l’auteur peut être énoncée
vrage dont nous parlions précédemment, distance comme suit : » ; « Cette thèse se décompose en …
qui permet de se détacher du texte (et donc d’éviter parties » ; « Du texte recensé ressortent les enseigne-
de verser dans le résumé) sans trahir le projet de l’au- ments suivants :».
teur ni son raisonnement ou sa démonstration.
Le troisième niveau de lecture consiste à exa-
miner l’ouvrage de manière critique. Cette lec- 3. Exemples de recensions
ture permet à l’étudiant de répondre aux questions
suivantes : Quelle est la portée des idées de l’auteur ? Pour rendre plus évidentes les recommandations for-
Leur valeur, leur intérêt ou leur faiblesse ? Son propos mulées précédemment, nous proposons dans les
est-il original, nouveau, stimulant ? En mettant à pro- pages qui suivent deux exemples de comptes rendus.
fit les acquis de ses deux précédentes lectures, le Le premier exemple porte sur un texte court, le
jeune chercheur aboutit à une évaluation pertinente, second sur un ouvrage au complet. Dans le but de
nuancée et fondée du livre. maximiser l’effet didactique, nous avons signalé, en
marge des deux recensions, les éléments d’informa-
Au moment de la rédaction tion qui forment habituellement le contenu d’un
compte rendu. Précisons que ces exemples ne sont
Lorsque vient le moment de rédiger un compte pas des modèles parfaits ; ils représentent tout simple-
rendu, il importe de respecter trois principes : ment des façons convenables d’accomplir l’exercice. 25
Avant de terminer, une remarque s’impose. procéder de façon conventionnelle en mettant en
Depuis un certain temps déjà, on a vu se multiplier le relief la contribution de chacun des auteurs au thème
nombre d’ouvrages collectifs. Or, un ouvrage collec- central de l’ouvrage ; relever un certain nombre de
tif n’est jamais facile à recenser étant donné l’hétéro- sous-thèmes articulant la matière du livre et faire res-
généité fréquente des textes qui le composent. Deux sortir l’apport de l’ou ou l’autre des textes au regard
possibilités s’offrent néanmoins au jeune chercheur : de l’un ou de plusieurs de ces sous-thèmes.

Recension d’un texte court

Robert, Jean-Claude. Du Canada français au Québec libre : histoire d’un mouvement indépendantiste, Paris, Flamma-
rion, 1975, 323 p., cartes, bibliogr., p. 199-206. Republié sous le titre « La Révolution tranquille », dans Le Québec en
textes, 1940-1980, textes réunis et présentés par Gérard Boismenu, Laurent Mailhot et Jacques Rouillard, Montréal,
Boréal Express, 1980, 574 p., tabl. chronol., bibliogr., p. 207-213.

Cadre et origine

Genre de texte (indicatif Dans ce texte de synthèse rédigé pour un public surtout français,
des limites du texte)

Compétence de l’auteur Jean-Claude Robert, historien réputé et auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire du
Québec et sur celle de Montréal,

Intention de l’auteur cherche à déterminer et à définir les principales caractéristiques d’un épisode célébré de
et sujet abordé l’histoire récente du Québec : la Révolution tranquille.

Objectifs spécifiques Son objectif est triple : repérer les principaux changements survenus au sein de la société
du texte québécoise durant les années 1960-1966 ; relever les discontinuités apparentes entre la
période de la Révolution tranquille et celle du régime duplessiste ; proposer une chro-
nologie des événements scandant la Révolution tranquille.

Genre d’analyse L’analyse proposée par l’auteur de cette période est essentiellement descriptive et son
interprétation, assez classique.
26
Influence Rédigé dans une conjoncture politique et sociale marquée par l’effervescence d’un
de la conjoncture sur nationalisme agressif et par la montée du projet autonomiste québécois, le texte de
les questions abordées Robert s’inscrit dans un courant historiographique qui vise à rendre compte du long
processus d’affirmation de la société québécoise comme société distincte et entière.

Schéma et analyse

Thèse avancée Pour Robert, la Révolution tranquille est « l’ensemble des transformations subies par la
province de Québec entre 1960 et 1966 ».

Progression de la thèse Selon lui, ces transformations sont de trois ordres : la prise en charge des intérêts des
Québécois par leur gouvernement, l’affirmation d’un pluralisme idéologique et la nais-
sance d’un nouveau nationalisme.

Fil conducteur Ces transformations distinguent nettement la période 1960-1966 des années anté-
rieures, qualifiées de manière caricaturale mais significative d’années de la « Grande
Noirceur ». Loin d’être nées du hasard, ces transformations sont provoquées par de nou-
velles couches sociales qui réussissent à culbuter les anciennes élites.

Éléments essentiels L’intervention de plus en plus soutenue de l’État en matière de développement écono-
de l’argumentation mique et social, la volonté de démocratiser la vie politique, notamment l’ouverture de
la culture québécoise à la culture française, le déclin de la religion et l’émergence d’un
nouveau nationalisme combatif et assuré constituent, pour Robert, les caractéristiques
de la période 1960-1966. Rythmée par plusieurs événements forts qui incarnent son
caractère de renouveau (arrivée au pouvoir des libéraux, parution des Insolences du frère
Untel, commission Parent, inauguration de la Délégation générale du Québec à Paris,
nationalisation de l’électricité), la Révolution tranquille s’essouffle toutefois à partir
de 1964.

Bilan

Principaux Du texte de Robert se dégage la conclusion suivante : avec la Révolution tranquille


enseignements du texte s’amorce une nouvelle phase de l’évolution historique du Québec, phase marquée par
l’intervention accrue et ubiquitaire de l’État et par la volonté des Québécois d’assurer et
d’assumer leur devenir collectif.

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Recension d’un ouvrage au complet

Létourneau, Jocelyn. Compte rendu de K. J. Rea, The Economic History of Ontario, 1939-1975, Toronto, University of
Toronto Press, 1985, Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 40, no 4, printemps 1987, p. 618-622.

Situation de l’ouvrage Cet ouvrage est le premier d’une série de trois à paraître sur l’histoire économique de
l’Ontario. Les deux autres ouvrages porteront sur des tranches chronologiques anté-
Genre d’ouvrage
rieures à celle qui est étudiée par l’auteur. Rédigé par un économiste réputé de l’Univer-
sité de Toronto, ce livre de synthèse s’adresse à un public large. On peut penser qu’il sera
Question principale tout particulièrement apprécié par les chercheurs désireux de trouver dans un seul
abordée dans l’ouvrage ouvrage un panorama assez complet des principales facettes du développement éco-
nomique de l’Ontario depuis 1939.

Objectif poursuivi L’objectif visé par l’auteur est clairement énoncé dans la préface. Il s’agit, en insistant sur
par l’auteur le rôle joué par l’État dans l’organisation et la régulation de la vie économique, de rendre
compte des principales caractéristiques du développement économique de l’Ontario au
cours de la période 1939-1975. La contribution du secteur privé à ce développement
est laissée de côté. L’objectif de l’auteur détermine l’organisation générale du livre. Sur
Organisation générale onze chapitres (incluant la conclusion), trois traitent de l’apport de divers facteurs à la
de l’ouvrage croissance économique ontarienne, quatre retracent l’évolution des principaux secteurs
d’activité économique de la province et deux autres mettent en relief le rôle croissant de
l’État en matière de gestion de la force de travail sociale, d’allocation des ressources et
de régulation économique. Dans le chapitre d’ouverture, l’auteur brosse un tableau des
conditions économiques de l’Ontario durant la période de l’après-guerre. Il y fait état
des principaux défis qu’avaient à relever les élus de l’époque et mentionne certains
enjeux importants soulevés au cours des débats publics.

Méthodologie Dans l’ensemble, l’argumentation est surtout descriptive. C’est d’ailleurs la principale
force et tout l’intérêt du livre. L’auteur se défend de faire reposer son propos sur un
modèle explicite d’analyse économique. En clair, Rea n’entend pas construire son argu-
Limites de la discussion mentation sur une perception axiomatique du fonctionnement d’une économie natio-
nale. En pratique, il reprend les classifications conventionnelles apparaissant dans la plu-
part des manuels d’économie. Cette méthode n’enlève toutefois rien à l’intérêt de
l’ouvrage, l’objectif premier étant d’informer et de documenter, et non d’interpréter et
de débattre. Très prudent dans ses propos, plaidant toujours l’absence de preuves
concluantes, l’auteur refuse d’endosser une position l’obligeant à trancher. L’exemple le
plus évident, qui revient souvent, est celui de savoir si l’intervention régulatrice de l’État
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a eu des effets positifs sur la croissance économique de la province. S’il est vrai que la
croyance de l’époque, inspirée par la diffusion des idées keynésiennes, était favorable à
la thèse des effets bénéfiques de l’intervention de l’État, l’analyse économique est très
rarement parvenue, de son côté, à démontrer la réalité de ces effets.

Caractéristiques Écrit dans un style sobre, s’appuyant sur une documentation composée principalement
distinctives de l’ouvrage d’archives ministérielles, de rapports de commissions d’enquête, de recueils statistiques
et d’études spécialisées, l’ouvrage est agrémenté d’un index utile. Cinquante et un
tableaux accompagnent le texte. L’absence d’une bibliographie et de quelques cartes
permettant au lecteur de visualiser la configuration changeante de l’espace écono-
mique ontarien est à noter. Cependant, l’ouvrage appartient à une série qui comprend
aussi un guide bibliographique (Olga B. Bishop et al., Bibliography of Ontario History,
1867-1976 : Cultural, Economic, Political, Social, 2 vol., 1980) et un atlas historique (R.
Louis Gentilcore et C. Grant Head, Ontario’s History in Maps, 1984).

L’argumentation développée par l’auteur s’organise autour de deux lignes directrices


qui s’entrelacent continuellement. On peut résumer de la manière suivante les points
saillants de cette argumentation :

Thèse avancée 1. Après la guerre, l’Ontario, la région du Sud-Ouest en particulier, consolide sa position
de premier centre industriel et financier du Canada. Plusieurs facteurs concourent à cet
état de fait : une croissance démographique appréciable couplée à des mouvements
internationaux et intraprovinciaux de migration favorables à la province ; un fort taux de
Principaux éléments participation de la main-d’œuvre, particulièrement de la main-d’œuvre féminine, aux
de la démonstration activités rémunérées ; l’expansion, grâce à la maîtrise de nouvelles technologies per-
mettant l’exploitation rentable du potentiel minier et forestier de la province, de l’es-
pace économique existant ; un volume d’investissements privés et publics très élevé,
notamment dans la construction résidentielle et commerciale, dans les infrastructures
de transport et dans l’aménagement du potentiel hydroélectrique ; une augmentation
constante de la demande de biens d’équipement et de services rendue possible par la
progression des revenus réels, de meilleures conditions de l’offre et une transformation
des pratiques de consommation populaires. Les conséquences que ces tendances de
fond ont engendrées sur la structure industrielle de l’Ontario ont été remarquables. On
a observé une progression considérable des secteurs des services, du commerce et de la
finance ainsi que du tourisme ; un déclin relatif, comme sources de revenus et d’emplois,
des activités liées aux secteurs de l’agriculture, des pêches et des fourrures ; une conso-
lidation de l’importance des activités minières et forestières, particulièrement généra-

29
trices de développement dans les régions situées plus au nord de la province ; le main-
tien de l’industrie manufacturière comme source importante d’emplois, de revenus et
de valeur ajoutée.

Thèse avancée 2. Graduellement au cours de la période considérée, l’intervention régulatrice de l’État


se manifeste dans à peu près toutes les sphères de l’activité économique. Encore faut-il
souligner que cette présence de l’État est moins étendue en Ontario que dans d’autres
provinces. Recherche d’un certain aménagement des rapports intercapitalistes par la
Principaux éléments régulation des marchés, recherche d’une gestion de la main-d’œuvre par l’extension de
de démonstration la législation du travail, recherche d’un contrôle relatif des conditions d’exploitation des
richesses naturelles par l’instauration de mesures disciplinaires, recherche d’une certaine
régularisation des conditions d’existence de la population par la prise en charge d’une
partie des coûts inhérents à la reproduction des ménages et des particuliers (éducation,
santé, bien-être), voilà autant d’exemples qui confirment l’importance acquise par
l’État. Selon l’auteur, cette intervention croissante du gouvernement dans la vie écono-
mique et sociale tient à quatre raisons principales : à une « demande accrue d’État » par
quasiment toutes les couches sociales, aux pressions causées par le processus d’indus-
trialisation et d’urbanisation, à la volonté des décideurs publics ontariens de résister à la
prétention du gouvernement fédéral à assumer une responsabilité grandissante en
matière d’organisation de la vie économique, de même qu’à l’idée de plus en plus
répandue, dans toutes les couches de la société, de la pertinence d’une intervention sta-
bilisatrice de l’État, ce que d’autres auteurs ont appelé la diffusion d’une culture social-
étatiste.

Bilan critique Si l’ouvrage de Kenneth Rea constitue une référence indispensable pour apprécier dans
ses grandes lignes le développement économique de l’Ontario dans la période de
l’après-guerre, il comporte également un certain nombre de faiblesses qui ne tiennent
pas nécessairement à son genre.

1er élément de critique Premièrement, l’auteur n’a pas vraiment mis en contexte le développement écono-
mique de l’Ontario par rapport à ce que j’appellerais « l’économie politique du fédéra-
lisme rentable » au Canada, à l’environnement concurrentiel spécifique dans lequel s’in-
sère la province et aux grandes tendances se manifestant à cette époque au sein de
l’espace nord-américain. C’est ainsi que le développement économique de l’Ontario
apparaît comme le résultat d’une dynamique relationnelle entre un certain nombre de
facteurs produisant des effets de croissance dans un espace pratiquement clos. À l’ex-
ception de quelques allusions qui n’ont pas de portée significative sur l’argumentation

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principale, aucune analyse spécifique n’est faite des effets engendrés au sein de l’espace
économique ontarien par la stratégie de croissance mise en œuvre par le gouvernement
fédéral au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Le développement économique de
l’Ontario n’est presque jamais mis en rapport avec la dynamique interindustrielle propre
à la région des Grands Lacs (environnement économique et concurrentiel auquel, pour-
tant, appartient fondamentalement la province). Enfin, le développement économique
de l’Ontario n’est pas non plus étudié à la lumière de la division économique du travail
qui s’impose à l’échelle du continent nord-américain après la guerre (effets générés par
ce que plusieurs auteurs ont appelé « l’intégration continentale dépendante »). Toute la
contribution conceptuelle et analytique de chercheurs tels Wallace Clement, Glen
Williams et David Wolfe, pour n’en nommer que trois, est ainsi négligée. Ce fait résulte
certes d’un choix de l’auteur, mais il l’empêche d’accéder à un niveau de lecture plus fin
du développement économique de l’Ontario et appauvrit l’analyse empirique à laquelle
il se livre.

2e élément de critique Deuxièmement, on comprend mal pourquoi l’auteur traite de la « régulation étatique
du rapport salarial » (ma formulation) dans un chapitre qui s’intéresse principalement
aux mouvements de population, au taux de participation de la main-d’œuvre, à sa com-
position et à sa répartition par grands secteurs économiques (chapitre 2). L’étude de
l’extension du système des relations industrielles et le rôle joué par l’État dans l’établis-
sement de nouvelles normes salariales et dans la détermination des conditions de travail
auraient dû faire l’objet d’un chapitre en soi, étant donné l’importance de ces volets
dans les efforts de régulation macrosociale et macroéconomique qu’ont déployés les
divers niveaux de gouvernement après la guerre.

3e élément de critique Troisièmement, le chapitre 10, dans lequel l’auteur s’intéresse au rôle économique du
gouvernement provincial, laisse l’observateur sur sa faim. Il est vrai qu’il s’agit d’une
question très difficile à maîtriser. Malgré tout, on aurait pu s’attendre à une argumenta-
tion plus riche, tout au moins plus suggestive, sur la dynamique à l’origine de l’expan-
sion des dépenses publiques. La croissance du rôle économique du gouvernement est
interprétée comme le résultat imprévisible de contraintes conjoncturelles et de contin-
gences pour lesquelles il est pratiquement impossible de trouver un principe directeur,
une cohérence d’ensemble. L’auteur a peut-être raison. Mais on garde l’impression que
cette interprétation résulte beaucoup plus d’une démission devant l’effort pour com-
prendre que d’une réflexion le moindrement approfondie au regard du problème sou-
levé. En aucun temps l’État n’est considéré comme un appareil possédant une certaine
autonomie institutionnelle et agissant positivement en vue d’infléchir des tendances ou

31
d’orienter un devenir. La pauvreté de la réflexion du chapitre 10 découle vraisembla-
blement du choix de l’auteur de s’en tenir à une analyse empirique stricto sensu et de son
refus de tirer profit de certaines problématiques développées par la science politique et
la sociologie contemporaines. Il se peut que le genre de preuve considérée comme
valable par ces disciplines ne satisfasse pas l’économiste incapable de se défaire, au fond,
du paradigme de la quantification.

Mérite principal Dans l’ensemble, l’ouvrage de Kenneth Rea constitue une base solide à partir de laquelle
il est possible d’entreprendre de nombreuses autres études portant sur l’histoire écono-
mique de l’Ontario. Si l’argumentation qui y est développée n’est pas très audacieuse,
étant donné la grande prudence de l’auteur, elle a au moins le mérite d’établir certaines
balises dont il est impossible de ne pas tenir compte. L’ouvrage réalisera son objectif
quand d’autres chercheurs, plus aventureux, décideront de pénétrer dans l’univers tou-
jours risqué de l’interprétation en s’appuyant sur la contribution de l’auteur.

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Faire la recension d’une lecture

Objectifs
Situer l’ouvrage Révéler son contenu L’apprécier
du compte-rendu

• Sujet du livre • Quelle est la thèse avancée dans l’ou- • Procéder au bilan :
• Question spécifique abordée par l’au- vrage ? — principaux enseignements de l’ou-
teur • Comment l’auteur fait-il progresser vrage
• Qui est l’auteur ? Est-il spécialiste du sa thèse ? (L’auteur structure sa thèse — évaluation critique (interne ou
sujet ? Notes sur son cheminement en … parties. Il suit le cheminement exerne)
intellectuel récent suivant : il commence d’abord par
• Ce pourquoi l’ouvrage mérite ou ne
…)
• Quels sont ses intentions, ses objectifs mérite pas d’être lu
• Quels sont les points saillants de l’ar-
à travers l’ouvrage ?
gumentation développée ? (mise en
• À qui l’auteur s’adresse-t-il ?
relief des principales affirmations et
• Quels sont les choix fondamentaux
Éléments conclusions — commentées, le cas
qui sous-tendent sa démarche (mé-
échant, par le recenseur)
d’information thodes ; procédés d’analyse ; genre
à donner au lecteur de preuve ; style d’écriture ; ton du
texte ; etc.) ?
• Caractéristiques distinctives de l’ou-
vrage, par exemple : possède-t-il une
bibliographie, un index, des ta-
bleaux ?
• Limites de l’ouvrage : celles détermi-
nées par l’auteur et celles posées par
certaines contraintes éditoriales

• Se renseigner sur l’auteur Un préalable • Tirer profit des lectures précédentes


• Lire attentivement l’introduction de • S’astreindre à trois niveaux de lecture • Consulter le cas échéant une syn-
l’ouvrage de l’ouvrage : thèse portant sur le sujet du livre de
• Étudier la table des matières — une lecture d’assimilation (que dit façon à bien évaluer sa contribution,
• Scruter la bibliographie l’auteur ?) son apport, son originalité

• Identifier les auteurs cités dans l’ou- — une lecture de compréhension


vrage (comment s’y prend-il pour le dire ?)
• Noter la date de publication de l’ou- — une lecture critique (quelles sont la
vrage et la collection à laquelle il ap- valeur et la portée de ce qu’il dit ?)
Trucs partient
Comment ne rien oublier ?
• Tenir compte du genre d’ouvrage : • Utiliser la méthode des mots clés pour
synthèse, ouvrage de vulgarisation ; reconstituer la charpente de l’argu-
manuel ; précis ; ouvrage théorique, mentation développée par l’auteur
etc. • Noter toute caractéristique particu-
lière au fur et à mesure de la lecture

Précautions à prendre au moment de la rédaction

• Soigner son style • Utiliser un dictionnaire analogique • Mettre son lecteur en situation
• Rechercher l’écriture synthétique

Licence enqc-62-222124377-sg300419515 accordée le 06 janvier 2014 à


Alain Beaulieu