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CNQP/2019 BTS2 M.

BOYE

MACHINE ELECTRIQUE ET REGULATION

1. Introduction.
Ces dernières années, une véritable révolution a eu lieu concernant les moteurs d’automatisme. Alors
qu’il y seulement une dizaine d’années, ce sont principalement des moteurs à courant continu de
fabrication très soignée qui étaient utilisés, les moteurs alternatifs asynchrones constituent aujourd’hui
l’essentiel des moteurs utilisés pour les nouvelles installations. A cela deux raisons:
• Un coût moindre ou égal à l’achat ;
• Un coût très inférieur à l’entretien.
La commande de ces moteurs est plus complexe que celle des moteurs à courants continu et fait
largement appel à l’électronique. Cette partie dépasse le cadre de ce cours. Cependant, la
modélisation des machines reste basée sur les mêmes équations ; nous allons donc parler
essentiellement (pour simplifier) de moteurs à courant continu sachant que les équations que nous
écrirons restent valables pour les moteurs asynchrones.

2. Relations Générales.
Les moteurs à courant continu comportent un induit bobiné (le rotor) et un inducteur bobiné ou à
aimant permanent. Le rotor tournant confère une inertie propre (J), et son implantation sur paliers
implique des frottements mécaniques (f). Le schéma traditionnel pour un moteur à courant continu
est donc celui de la figure 1.
Induit: i(t)

u(t)

Inducteur J

iind(t) f

Figure 1. Schéma de principe du moteur à courant continu.

Le schéma électrique équivalent de l’induit est donné sur la figure 2.


i(t)
E

u(t)

Figure 2. Schéma électrique équivalent de l’induit du moteur à courant continu.


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E représente la force électromotrice ; L représente la self équivalente de l’enroulement d’induit ; R


représente la résistance équivalente de l’induit (résistance des fils du bobinage et résistance de
contact au niveau des balais).

Le schéma électrique équivalent de l’inducteur est donné sur la figure 3.


Iind(t)

l
v(t)

Figure 3. Schéma électrique équivalent de l’inducteur du moteur à courant continu.

l représente la self équivalente de l’enroulement inducteur ; r représente la résistance équivalente de


l’induit (résistance des fils du bobinage).
Les équations régissant le fonctionnement du moteur de la figure 1 sont les suivantes :

Domaine temporel Domaine de Laplace

u(t ) = E(t ) + Ri(t) + L


di
U (p)= E(p)+ RI (p)+ LpI (p) (1)
dt

E(t ) = K(t )(t ) E ( p ) = K ( p ) ( p ) (2)

M (t ) = K(t )i(t ) M (p) = K ( p)I ( p ) (3)

(t) = l.iind (t ) (p) = l.Iind ( p ) (4)

v(t ) = l
diind
+ ri
ind (t) V ( p ) = lpI ind (p)+ rI ind (p) (5)
dt

= M (t ) − f(t )
d
J Jp(p)= M (p) − f(p) (6)
dt
où : M est le moment moteur ;

K est une constante générale liée à la machine tournante (MKSA) ;


 représente le flux inducteur (Weber).

Si le flux inducteur (t ) et le courant dans l’enroulement d’induit i(t ) sont variables, les équations
(2) et (3) traduisent un système non linéaire (produit de deux variables).
Pour se placer dans le cas du fonctionnement linéaire, une des grandeurs i(t )ou (t ) doit être
maintenue constante. Ceci impose une excitation séparée. On obtient alors deux modes de
fonctionnement avec commande par l’induit ou par l’inducteur.
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3. Commande par l’inducteur i(t ) = I 0 .


Ce mode correspond évidemment au cas d’un inducteur bobiné dans lequel le courant pourra varier, entraînant
un flux variable. Le courant d’induit est maintenu constant à l’aide d’une source
extérieure que l’on peut représenter par une source de courant I0.

Induit: I0
iind

Inducteur v J

r, l f

Figure 4. Commande par l’inducteur.

Dans cette configuration, on a :


(t ) = l.iind (t ) (7)

avec l=Cte si l’on considère le circuit magnétique inducteur non saturé, et donc:
M (t ) = K.l.iind (t )I 0 (8)

soit en simplifiant:
M (t) = k.iind (t ) (9)

En considérant les équations (5), (6) et (7), le diagramme fonctionnel du moteur est alors celui de la
figure 5.
V 1 Iind M 1 Ω
l. p + r k J. p + f

Figure 5. Diagramme fonctionnel de la commande par l’inducteur.

Remarque : les éléments électriques et mécaniques interviennent sous des constantes de temps
séparées, il n’y a pas de réaction d’induit à considérer puisque le courant d’induit est maintenu
constant quelle que soit la vitesse (voir cours électrotechnique).

4. Commande par l’induit iind (t ) = Cte (t ) = Cte =  .

Dans ce cas le flux inducteur est maintenu constant, par l’utilisation soit d’un aimant permanent pour
la création directe du flux, soit d’une source de courant régulée.
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i(t)


u(t) J

f
Induit R,L

Figure 6. Commande par l’induit.

on a: M (t ) = K(t )i(t ) avec (t) =  0 donc on peut écrire :

M (t ) = k 'i (t ) . (10)
Le moment du couple est directement proportionnel au courant d’induit. De
même, on obtient à partir de la relation (2) :
E(t ) = k '  (t ). (11)
A l’aide des relations (1), (6), (10) et (11), on peut construire le diagramme fonctionnel du moteur
de la figure 7.

1 1
M Ω
+ L. p + R k’ J. p + f
-
E

k’

Figure 7. Diagramme fonctionnel de la commande par l’induit.


( p)
La fonction de transfert U ( p ) s’écrit à partir du diagramme fonctionnel :

En identifiant à un système du second ordre, soit en écrivant


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on obtient :
k
Gain statique : Ks =
k 2 + Rf

k 2 + Rf
Pulsation propre du système non amorti : ωn =
LJ
Coefficient d’amortissement : ξ= 1 ωn JR + Lf = k 2 + Rf JR + Lf 1 JR + Lf
=
LJ k + Rf
(
2 2
2 k + Rf 2 LJ k 2 + Rf

4.1 Cas L = 0

En général, la self d’induit L est négligeable car le nombre de spires est faible pour les moteurs
d’automatisme.

Avec L = 0 , on obtient :

J
Cette relation correspond à un système du premier ordre de constante de temps  = et de
k 2/ R + f

k
gain statique Ks = .
k + Rf
2

4.2 Cas f = 0
k 2
Le terme est homogène à un frottement, il correspond au frottement d’origine électrique de
R

l’induit tournant dans le champ et il est généralement plus important que les frottements
mécaniques. On peut donc négliger également le terme f.
Finalement, avec f = 0 :

Cette relation correspond au cas où le système est dépourvu de charge, sinon il est impératif d’écrire la
relation de couple complète pour obtenir la fonction de transfert du système.

5. Génératrice tachymétrique.
Quand les moteurs à courant continu sont de fabrication très soignée, ils fonctionnent très bien en
génératrices tachymétriques et délivrent des tensions proportionnelles aux vitesses de rotation avec
une excellente linéarité. L’inducteur est à champ permanent. Le fonctionnement dans ce type
d’utilisation est d’autant plus linéaire que la génératrice est peu chargée car dans ce cas le circuit
magnétique n’est pas saturé du tour
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TRAVAUX DIRRIGES
Exercices1 : Modélisation d'un moteur à courant continu:
a) L'induit d'un moteur à courant continu peut être schématisé par une fém E en série avec une
résistance R et une inductance L. Dessiner le schéma en plaçant Um et Im, puis donner l'équation
temporelle liant Um, Im et E.
b) Le comportement du moteur est complété par les relations suivantes
Cm=k.i (Cm : couple moteur , i courant)
E=k. Ω (Ω : vitesse angulaire)
L'équation mécanique du moteur est donnée par:
(J inertie du moteur, Cr : couple résistant, f coefficient de frottement
visqueux)
Transformer les 4 équations temporelles en Laplace.
c) Compléter alors le schéma bloc suivant :

d) Donner la fonction de transfert : (sans prendre en compte Cr.)


e) Application numérique : f est négligée par rapport aux autres valeurs f = 0
k = 0.1 N.m/A U = 25 V J = 0.01 kg.m² L = 0.5 mH R = 0.1 Ohm
Calculer :
- le gain statique K
- la pulsation propre ω0
- le coefficient d’amortissement ξ
f) D'après la valeur de m, sous quelle forme peut-on mettre H(p) ? Procéder à ce changement.
g) On réalise un essai avec une tension du type U(t) = 25 V u(t) (attention u(t) est la fonction
existence u(t)=1 lorsque t > 0)
- Exprimer Ω(p) sous la forme d’une somme de transformées de Laplace connues. (Cr(p)=0)
- Donner l’expression de la réponse indicielle ω(t) dans le domaine réel
- Quelle est la vitesse atteinte en régime permanent ?

Exercices2 :
La vitesse de rotation n ( en trs/mn) d’un moteur est liée à sa tension d’alimentation v et au couple C (
en Nm) qu’il fournit par la relation :
n = 100.v – 5.C
Le moteur est dit « à vide » s’il ne fournit aucun couple, et « en charge » lorsqu’il fournit un couple
de C = 10 Nm.
1) Pour une tension d’alimentation de v = 10V, calculer la vitesse de rotation à vide n0 et en charge n1
. En déduire la variation relative de vitesse due à la charge.
Pour améliorer le comportement de ce moteur vis-à-vis de la charge, on asservit sa vitesse à l’aide
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d’une génératrice tachymétrique selon le schéma fonctionnel suivant :

2) Retrouver sur ce schéma fonctionnel les blocs qui traduisent l’équation précédente décrivant le
moteur.
3) Le moteur n’est pas chargé (C = 0). Etablir la relation entre n et x et en déduire la valeur de la
consigne x0 qui donne une vitesse de rotation de n0 = 1000 trs/mn.
4) Etablir la relation entre la sortie n, la consigne x et le couple fourni C.
5) Pour la valeur de consigne x0 calculée précédemment, calculer la nouvelle valeur n2 de la vitesse
en charge et en déduire la nouvelle variation relative de vitesse.
6) Conclure quant à l’efficacité de la solution mise en œuvre. Comment pourrait-on encore améliorer
la régulation de vitesse ?
Exercices3 :
Exercice 3
Soit un moteur à courant continu et à excitation constante. Son induit,
constitué d’une résistance R et d’une inductance L, est alimenté par une
tension v(t).
L’arbre rotorique a un moment d’inertie J et est soumis à un frottement
visqueux f.
Les coefficients de couple et de force contre-électromotrice sont
respectivement a c et a e . Montrer que dans un système d’unités cohérent, les
valeurs de a c et de a e sont les mêmes.
La vitesse angulaire de l’arbre rotorique est ω(t).
Faire le graphe de transfert donnant le fonctionnement de ce moteur afin de
relier l’image de la vitesse engendrée ω à l’image de la tension appliquée v.
En déduire l’expression de la fonction de transfert
Ω
V
du moteur.
A.N.: a c = 0,4 N.m/A a e = 0,4 V.s/rad R = 0,1 Ω L = 20 mH
f = 0,4 kg.m 2 /s J = 1,6 kg.m 2 .
Donner l’expression de l’évolution de la vitesse ω(t) en réponse à un échelon
de tension d’induit de 100 V (table de transformées de Laplace).
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