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Chapitre 1
METHODES D'ETUDE DES POLYNOMES
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• Contrairement à une idée répandue, Il nous semble que les exercices' sur;'i~s
polynômes ne sont pas aussi simples que ce que les candidats ne le pensëfit
habituellement. .. .~~".'
il,: \:~,.;:;

En effet. les polynômes sont des êtres mathématiques assez pervers. :2'6i
protéiformes: ce sont des Objetssitués à l'intersection de' ·tousles domaines du
programme:
- algèbre générale (théoriedes groupes.divisibilité... .)
-:- algèbre linéaire(structurenatUrelled'espace vectoriel)
- algèbre bilinéaire (existencede produitsscalaires)
- analyse (fonction continue.racines.....),

Face à un exercice portant surlespolynômes.et tout partlcullérement lorsd'un oral.


la première des chosesà faire est d'essayerde déterminer si c'est plutôt l'aspect
algébrique pur. ou au contraire l'analyse. qui est en Jeu, Ce n'est pas forcément
immédiat. ni méme possible.et ce pour deux raisons:
- d'une part. l'exercicepeut parfaitement taire appel à plusieurscaractéristiques:
- d'autre part. une même propriété peut parfaitement être à cheval sur les deux
aspects (algébriqueset analytiques).
Prenonsquelques exemplespour illustre,cette dernièresituation :
-les racines: aspect analytique(p(a); 0) molsaussialgébre pure (X -a 1 P),
- le degré: aspect algébrique(cf, lien avec la décomposition en facteurs premiers).
algèbre linéaire (lien avec la dimensiondes espaces de polynàme) et analytique
(lien avec le nombre de racines),
i -,les coefficients: algèbre linéaire(coordonnées dans la base canonique). ospect
(
\, asalytique çexpresslonen fonction des racines.ou des dérivées successives,..) .. ' ~:;:"~

QUefaire dans ce cas? Reposerle livré. et retoumervers un bon cours classique'!;it;


.. 1
moinsIconoclaste? Surtoutpas 1Eneffet. la présentationqui est habituellement faitel;';,
mélange tous ces aspects. ce qui complique notablement la compréhension aEis}':'
divers phénomènes. . .-,,'
"\._j
• Nousproposonspour notre part une approche en deux temps :
; - présentaHon.. horizontale" des quatre pointsde vue (algèbre générale. linéaireet
bilinéaire.puisanalyse): paragrapheslà 4.
- presentaHon..verHcole»thématlque,(raclnes.coefficients. nullité) : paragraphes 5
et suivants.
Evidemment, nous seronsconduit à. nous répéter. Mais la répétition est le principe
éléfentalre de la pédagogie... . .
NoiJs donnerons assez peu d'exemples dans ce chapitre (contrairement aux
suivants) car les résultats présentéssont bien connus de tous et surtout car les
polynômesInterviendrontdanstous leschapitres suivants,
Le'but recherché Ici est de structurer les connaissancés en listes de méthodes
organisées ef efficaces. :~.
De nombreux renvois sont. faits aux chapitres suivants (.; Cf. ) ;' nous vous:
encourageons à vous y reporterà chaque fols. ,.',' ':":'1::",,;:. ,.'

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~~~?:::::-.,
..~
METHODIX AlGEBRE ~1~.~M~e~·t~h~0~d~e~S~d~·~é~tu~d~e~~~e~s~p_o~ly_n_6_m_e~s ' '~;~~

3. Méthodes liées à l'algèbre bilinéaire :,~ Un polynôme borné sur R est constant (car pour un polynôme non constant:
.... IIm Ip(x)I=+~). . .
Ixl....+-
• Un polynôme périodique est constant (car Il est bomé).
METHODE
5 : Comment construire des produits scalaires sur Kn[X] ?

• Exemples: • Un polynôme admet au plu~deg (P) racines.S'ilen a pius,il est nul. ..;': ~-'

Deuxtypes de produitsscalairessontco~stamment utiliséssur Kn[X] : -::;'' <><::'.,.::~(-.


• Tout polynôme de degré Impair admet au moins une racine réelle (conséouencà.
n. n r du NI). . , . .c.
si P(X)= l OrX'et Q(X)'" l biX on peut poser:
»,

r=o i=O
n >- Cf. paragraphe suivant pour une étude plus complète des racinés.
(PjQ)= l ëii·br
;=0
ou

(P,Q) '" f P(t;"Q(t)dt ou


a
(P, Q) '" 7
0-
e-t' .P(t;"Q(t)dt METHODE8 : Utiliser la densité des fonctions polynômes
REMARQUE:
La conjugaison est Inutile pour K-=R.
• Rappel: théorème de Weierstrass

• Intérêt : Toute fonction continue est limite uniforme sur [a, b] d'une suite de
polynômes.
Une fols' un produit scalaire construit. on dispose d'une structure euclidienne (ou
hermitienne). On peut en particulier en déduire une norme, etc ... ce qui permet par autrement dit:
exemple de montrer facilement la nullité d'un polynôme, ou l'égalité de deux Pour toute fonction continue f. il existe une suite de .polvnôrnes qui
polynômes,etc ... converge uniformément sur [a. b] vers f.

>- Cf. chapitre 14. méthodes 19à24. REMARQUE:

La démonstration de ce résultat n'est pas totalement ImmédIate, mals faIsable et


METHODE6 : Comment construire une base orthonormale? classique. L'une des façons de faire utiliselespolynômes de BernsteIn.

• Intérêt: .
• Principe: Ge résultat. peut parfois servir dans des exercices théoriques. d'analyse où 1'0(1
Une fols qu'on dispose du produit scalaire, le plus simple est d'utiliser le procédé di:lmande de montrer une propriété pour une fonction continue guelconque. <?n1.!3,.
d'orthonormalisallonde Schmidt. ~ontre d'abord pour une fonction polynôme, puison l'étend aux f0nctlons.cQnti~u~~'
" y a évidement autant de variétésde basesorthonormalesque de produits scalaires. par passage à la limite. . .;"
..,. ../,.. -,'.
>- Cf. chapitre 14. méthode 26. ':-~ • r , ,:,.: ";, '.~.,

'."
• Intérêt: 5. Racines <"'::'., .: ..'::~;.~
Lescalculs « d'algèbre bilinéaire» se font toujours plus simplement dans une base
orthonormale.
On ne s'intéresseévidemment qu'aux racines d'un élément de Kn[X] dans 1(.

4. Méthodes liées à l'analyse A) Aspect algébrique


k.
Qn_sepl~tc~~iqernment dansle cas.où.K=R.. _. _ _ _
.~- -MlrnODE 9 :Comment exprimerque a est racine de -P ? ---
_____./
METHODE7 : Utiliserles propriétés d'une fonction polynôme
. Le fait que a soit racine de Ps'exprime.algébrlquement en termes de divisibilité,

• Un polynôme est une fonction de classe C- ; donc on peut notamment utiliserle TVI • a est racine de P Ç) X-a j P
(théorème des valeurs Intermédiaires),TAF(théorème des accroissementsfinis), des • a est racine de Pd'ordre au moinsk Ç) (X- alj P
formulesde Tayloradaptées...
• a racine de P d'ordre k exactement ~ (X_a)k 1 P et (X- O)k+l.r p
>- Cf. M&thodlx tome L chapitres 5et 7.
._._--_._-------

Ecrivonsque p(~) = 0 ce qui donne par rnultipllcotlon por qn : • les ~oefflclents peuvent s'exprimeren fonction des racines; dans les cas de petits
degres cela se fait «' à la motn ». Dansle cas général, an peut utiliserles formulesde
Newton faisant Intervenirles fonctions symétriquesélémentairesdes racines:
qu'on réécrit: (X-01)·(X-a2) ...(X-an)=X''+ L" (,.1)k I!k(al,,··an).Xn-k
.' -an,pn =an_l,pn-l,q+ ...+al·p·qn-l +ao,q" k=I
q divise clairement le membre de droite de cette équation (car Il divise tous ses où:
termes) donc Il divise le membre de gauche. Mals q est premier avec p donc .'
(théorème de Gauss)q divise a".

De même en réécrivant l'équation sousla forme:


an.pn + a,,_1.pn-l.q+...+al.p.qn-1 = -ao·qn
p divisele membre de gauche donc Il divisele membre de droite donc p divise 00' 7. Nullité d'un polynôme
Conclusion:
METHODE15 : Comment montrer qu'un polynôme est nul?
. " a,xl
% est racine de P(X)= 2: ~ p divise 00 et q divise On.
1=0 • soit supposer qu'II ne l'est pas.ce qui veut dire qu'IIoun coefficient non nul; on peut
alors parler de son degré et de sa valuation. .
Attentlon, Il ne s'agit que d'une condition nécessaire et pas d'une condition nécessalie • soit démontrer qu'il a plusde racinesque son de'gré(notamment montrer qu'II a une
et suffisante.Cele signifieque cette méthode vous donne une liste finie de candidats Infinité de racines). '.
potentiels (déclarés, ceux-là, pas comme. d'autres qui commencent à nous gonfler'
sérieusement, à se faire prier...). Il suffit de les tester tous pour voir s'Ils sont
effectivement racines. Proûtons-en pour rappeler les formulesrelativesau 'de.gié:

• Exemple,'factoriser complètement: P(X),.2X3- X2- X- 3 deg(P+Q} s max(degP;degQ}


Avec les notations précédentes on obtient (attention à ne pas oublier les signes, on deg(PQ)= degP + degQ
travaille dans Z) : ,, . deg(PoQ)= degP.degQ
pl-3 et ql2 soit: p e {3,-3,1,
-l} et q e {l. 2} d où: % e {±1. ±3,±~,±!}
(éviter de faire un mégamlx de ces trois formules,votre examinateur ne vous en sera
Cela fait donc 8 calculs à effectuer. On constate que ! est roclne de P. La que plus reconnaissant).
factorisation sefait ensuitepar divisioneuclidienne: P(X)= (2X- 3)( X2 + X + 1). ______ .~._ .__ ___eyj_d..e.m.rnenr,-pOUf-r:l1GR·trer--Ejue-e!-etlx-poiyn-ômes····s-ètirêgaux,
ori-montrequeleUr'-"-- - -
- _.-_--- --------
--------_.---"~----------- différence est nulle. . .

6. Coefficients

8. Polynôme interpolateur de Lagrange


METHODE14: Comment utiliser les coefficients d'un polynôme?
Il est tr~s Important de savoir que, étant donné n scalairesdistincts ao,...an_1et n
Les coefficients d'un polynôme peuvent être Interprétés de différentes façons. et
chocune d'elle a sonutilité. scalaires' quelconques bQ, •.• bn_1Il existeun unique polynôme de .gegré n- 1 tel que:

• Ies coefficients sont lescoordonnées d'un polynôme sur la base canonique donc Ils Vle[O,n-l] P(a!)=b, , '
sont uniques (on Invoque souvent l'unicité pour conclure, comme pour les séries
entières). Ce polynôme est donné par:
• lescoefficients d'un produit C=A.Bse calculent à partir des coefficients de A et B :
. • . . 1 . n-l n (X-al)
CI = 2: a k- bl_k, P(X) = I. bl' 1" .
k=O '=0 n (Of -al)
• les coefficients peuvent s'exprImerfacllemehten fonction des dérivées successives 1".1
dePenO:
Il Joueun rôle essentielen algèbre linéaire(cf. chapitre 4, chapitre 17par exemple).
(L'unicité est claire: s'IIy en a 2. leur différence cfdmet n racinesor elle est de degré au
plus n-l donc elle est nulle. L'existencese prouve en montrant que le polynôme
précédent convient). . .

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