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N OT R E C I N Q U I È M E CHRONIQUE…

Chapitre

Les autes erres


rthuriennes

Le samedi 30 mars 2019


’est donc le samedi 30 mars 2019 que le Chapitre des Hautes Terres Arthuriennes de l’Ordre
International des Chevaliers et Gentes Dames de la Table Ronde à la Cour du Roi Arthur s’est
réuni pour la cinquième fois…. en toute autonomie…

Depuis le 30 août 2018, dernier chapitre, nous nous sommes retrouvés, pour ceux et celles qui le pou-
vaient pour les P’tits Rois…. C’était le 12 janvier de notre ère… c’était en la demeure de Nicole qui nous
ouvrait les portes de sa maison, tant pour une réunion en amont qui permettait de balayer nombre de
sujets, que pour avoir le plaisir de se retrouver et nous permettre de nous voir à raison de quatre fois
dans l’année au lieu des seuls chapitres.

A cette occasion, si la date de notre Chapitre était confirmée au 30 mars, il fallait encore trouver le lieu…

Fanny, jeune impétrante qui avait manifesté son souhait de rejoindre l’Ordre dès septembre dernier a
spontanément proposé d’organiser le chapitre dans son village… belle petite église, elle est tout à côté
à l’entrée du village…

Ce choix fut validé… et dans la semaine qui suivait les P’tits Rois Fanny me confirmait la possibilité d’or-
ganiser le chapitre à Dommartin les Vallois…

Pour le chapitre des Hautes Terres Arthuriennes dont l’ADN est le nomadisme… par choix… ce sont
toujours de bons « présages » quant à savoir où nous nous poserons pour notre prochaine rencontre….

Pour ma part, les jours s’égrainèrent au fil de l’eau… on discuta du menu… l’engouement et la mobili-
sation de Fanny nous conquirent…

Et vint la semaine qui précéda le week-end du 30 mars….

Si le vendredi soir Nicole, Céline et Lili étaient à la maison pour m’aider à terminer mes petits livres, c’est
samedi matin que tout prit son ampleur…
omme vous le savez, c’est toujours un vrai déménagement… la table ronde bien sûr qui se
replie, fabriquée par un ami de Thélod, les tréteaux, notre « caisse » où quasi tous les symboles
qui décorent la Table Ronde sont protégés et consignés… et puis la lance, les épées, la pierre, la trom-
pette tibétaine et pour finir le chapitre lui-même, les costumes à descendre du deuxième étage ainsi
que le portant… un vrai déménagement !

De la vaisselle pour compléter celle de Fanny, quelques réalisations culinaires… et Gino est parti en
éclaireur pour donner le coup de main à Fanny pour la mise en place de la Table Ronde au sein du lieu
que Fanny nous avait réservé…

Pour notre part Claude et moi-même, nous avons quitté Epinal vers 14 h 45… quelques 37 kilomètres
pour rejoindre Dommartin les Vallois…. petites routes sous un joli soleil.

Dommartin-les-Vallois n’est pas un village que nous connaissions avec Claude…petites chaussées pour
y accéder et quel fût notre plaisir de découvrir cette petite commune avec sa petite église… si jolie, si
joliment entretenue. Fanny nous disait qu’il n’y avait plus qu’un office dans l’année pour fêter la Saint
Martin.
ors que nous n’étions pas là pour la Saint Martin,
nous sommes « repérés » et accueillis par Mon-
sieur le Maire qui nous attendait et nous ouvre
les portes de la petite église qui baigne dans le so-
leil…

Ouverture du petit portillon qui nous sépare de ses


parvis… quelques tombes l’entourent.

A l’ouverture des portes, nous sommes accueillis


par une douce chaleur… le poêle fonctionne déjà…
Fanny est venue dès le matin avec du bois pour ré-
chauffer les murs.

La lumière y est vive avec le soleil qui caresse de ses


rayons généreux les vitraux… et il en est un qui nous
frappe tout de suite…. Juste en face de nous se tient
Saint Martin sur son cheval tel un chevalier…

La table est dressée… tout y est… tout est prêt…

Gino a d’ores et déjà installé le matériel pour la


musique… et Fanny a eu la délicate attention de
poser au sol de part et d’autre de l’allée centrale
des petites lanternes.

Ça y est, nous y sommes…. Le chapitre peut donc


commencer !
uelques minutes sont consacrées à l’Assemblée Générale de l’Association Les Hautes Terres Ar-
thuriennes… menues informations… quelques chiffres, les cotisations, le voyage futur….

Et les cloches sonnent pour nous rappeler qu’il est temps de s’habiller dans la sacristie… et oui… car
l’heure du Chapitre a retentit….

Il est temps pour moi de vous accueillir… quelques mots pour vous exprimer ma joie de toutes et tous
vous retrouver. De nouveaux visages …. Julian, Brigitte, Didier et son épouse nous font le bonheur de
venir nous visiter pour découvrir avant tout.
t le plaisir de retrouver Catherine qui
nous vient de Dijon… Catherine était
avec nous lors de notre installation en
mai 2017… elle est accompagnée d’une amie
Ghislaine…

J’ai bien entendu une pensée pour celles et


ceux absents ce jour…. je pense à François,
Eric, Laurent et son amie, Jacqueline et Jacky,
Félix…. Nous savons tous que l’harmonisation
des emplois du temps n’est pas toujours ai-
sée…et comme il en est l’usage, quelques mots
importants sur l’Ordre, son histoire et le chemi-
nement de Georges BERTIN qui est aujourd’hui
Grand Maître International de l’Ordre.
Le hérault se dirige vers l’autel pour prendre
Vous pourrez retrouver mon intervention à l’is- place à la Table Ronde. Il se saisit de sa trompette
sue de la chronique en pièce annexe, comme et annonce donc ses fonctions. Il appellera cha-
le seront les travaux de nos deux « plancheurs » cun des officiers à le rejoindre. Le rituel a bel et
ainsi que la présentation que nous a fait François bien commencé….
WILDEBERG pour expliquer le choix de son nom
de chevalier. Chacun de nous prend part à cette marche vers
l’autel pour siéger autour de la Table Ronde. Les
L’église et sa nef s’emplissent de musique…. Tout objets symboliques sont dévoilés au fur et à me-
le monde est assis…. Seuls les douze officiers sure et plus rien n’a d’importance que ce temps
sont allés sur les parvis de l’église… sacré où le rituel nous réunit.
e rituel nous amène au fait de la réception de notre Compagnon François WILDENBERG pour
l’adouber chevalier. Il s’agit pour moi d’un moment fort et l’émotion me gagne.

Nicole, la Dame de la Quête appelle ce compagnon à se présenter devant moi, Un genou en


terre, je sens le poids de l’épée que je pose sur chacune de ses épaules. Je lui remets l’Eperon d’Or qui
désormais sera son insigne.

A l’issue, François partagera avec nous les raisons de son choix


quant à la recherche qu’il a fait depuis quelque temps pour
trouver et s’approprier son
nom de Chevalier. Il s’ap-
pellera désormais le
Chevalier WOOW. Je
vous laisse le plai-
sir de découvrir
son cheminement
qu’il nous livre avec
beaucoup de pu-
deur et de simplici-
té. Pour moi, Grande
Maîtresse qui l’aura
donc adoubé tant par
le geste que par la sym-
bolique, je suis restée très
touchée par la confiance qu’il
nous a témoignée. Son choix est
éminemment personnel et il dévoile
aussi une partie de sa vie qui n’est pas sans
émouvoir.
’est au tour maintenant de deux nou-
velles « compagnonnes » de nous
rejoindre. Elles y sont invitées
par notre Dame de la Quête qui les in-
vite à prendre place à mes côtés.

Ce sont Elise et Fanny qui affir-


ment, à tour de rôle, leur engage-
ment auprès de notre Ordre.

Elles sont revêtues de l’insigne des Compagnons.


Ce sont les treize sections représentées. Elise

Je leur remets la Charte de l’Ordre qui re-


prend les treize principes de la Cheva-
lerie.

Chacune d’elles va ensuite se


présenter, comme je leur avais
demandé ; elles exprimeront
tour à tour leurs motivations
ainsi que le plaisir qu’elles ont
de nous rejoindre. Nous ne
pouvons que nous réjouir de
ces deux nouveaux maillons
qui viennent étoffer notre Cha-
pitre. Nous leur souhaitons bien
entendu la bienvenue.

Fanny
est temps maintenant d’appeler Lili au-
près de nous. Elle arrive, intimidé près
de Claude qui après quelques mots
va donc lui relater qu’elle est à l’aube de ses 7
ans et qu’elle va donc pouvoir être reconnue
comme Page. Claude, en s’adressant à elle, va
lui expliquer le cheminement des grades de
la Chevalerie. Il va lui parler des nobles idées
et comportements qui l’amène aujourd’hui
à me présenter Lili pour être reconnue Page
auprès de notre Chapitre des Hautes Terres
Arthuriennes. Il prend aussi à témoin tous les
présents pour attester de la qualité de Page que
revêt dès aujourd’hui Lili.

Après que la Dame de la Quête et l’Officier des Cortèges se soient


approchées du Chevalier WOOW, respectivement sa grand-mère et
sa maman, chacun des trois posera sa main droite sur la tête de Lili.

J’ai un grand plaisir à lui offrir pour l’occasion une belle édition de la
Légende du Roi Arthur… qu’elle serre très fort dans sa main.
près un intermède musical, il
est maintenant temps d’appeler
notre Compagnon Jean Marie que
j’invite à prendre la parole pour nous pré-
senter son travail.

Il est question de la Quête… quête de soi,


Quête de son propre cheminement. Jean
Marie nous attire dans sa réflexion fouil-
lée, profonde et tellement sensible. Il nous
invite à sortir de notre « zone de confort »
pour apprécier le parallèle avec la cheva-
lerie et le cadre de la légende arthurienne.
Il nous invite à devenir notre propre hé-
ros pour pouvoir encore mieux revenir en
nous même, de ce long voyage initiatique.

Après qu’il y ait eu des prises de paroles, il


est temps pour moi d’appeler le Compa-
gnon Gino à venir me rejoindre. Il est main-
tenant question du « merveilleux »…

Gino nous ouvre les portes d’une lec-


ture du monde du Merveilleux, des
contes et fait naturellement un lien
avec les légendes et aventures du Roi
Arthur. Il nous intime de garder notre
âme d’enfant et nous suggère de la
cultiver et de ne pas tomber dans les
bras d’un âge adulte sans rêve ni rêve-
rie magique.

La légende arthurienne est pour lui


un terrain de jeu où son approche du
monde du Merveilleux trouve toutes
ses aises et peut ainsi s’épanouir au
gré de la capacité que nous avons
tous d’être « créateur ».
près un nouvel intermède musical qui nous invite à chemi-
ner encore, le rituel nous appelle au partage de l’hydromel
après que soient lus les treize principes de la Chevalerie. Le
tonnerre gronde dans la petite église qui nous accueille entre chacun
des principes….

Les verres sont offerts aux visiteurs afin qu’ils puissent eux aussi per-
cevoir la chaleur du breuvage et la notion de partage est encore plus
présente.

Il est maintenant temps de nous réunir en une fraternelle chaîne d’union…. Nous invitons les visiteurs
à nous rejoindre. La musique remplit notre petite église dédiée à Saint Martin… plus rien ne compte
que cette communion qui rend nos mains enlacées plus fortes de notre
énergie commune.

Avant de nous séparer, j’invite Lili à me rejoindre et je lui confie,


comme il en est l’usage dans notre Chapitre, un panier rem-
pli de petits sacs que je l’in-
vite à distribuer.

Il s’agit d’un livre miniature


qui retrace l’histoire de la
mort du Roi Arthur… il est
en anglais… un bricolage
assez long où Nicole et Cé-
line sont venues m’épauler
car le temps aurait pu me man-
quer….
l est bien tard… 20 heures ont d’ores et
déjà sonné…. Le soleil s’est couché et la
fraîcheur du soir en campagne s’est instal-
lée. Il fait nuit noire quand après avoir tout rangé…
nous allons tous chez Fanny… elle nous attend se-
reine dans sa jolie maison… tout y est chaleureux…
le thème de la forêt si cher à son cœur est présent à
tout instant…

Maintenant ce sont des agapes gargantuesques


qui nous attendent !

Un apéritif bien « charnu » en partage pour démarrer…


c’est Gino qui s’est afféré à la fabrication de l’hypocras
et de la cervoise… une broussade de poissons, un pasté
de foies confits… et du pain
de petit épeautre au-
gurent des saveurs
gustatives de la
soirée qui ne fait
que commen-
cer…

Nous rentrons
au chaud pour
le repas… aux
teintes médié-
vales sans aucun
doute…
près une tarte aux
herbes, aux champignons
et une tarte bourbon-
naise, Fanny nous offre
une venaison de sanglier…
au miel de sapin et dans sa
sauce marinée… elle a choisi
d’accompagner ce « grand » des
forêts par une porée de navets et
de pommes qui confère une douceur en
bouche tout à fait étonnante et magnifique au palais…
Elle nous a encore gâtés pour le dessert où la pomme est
reine…. Des recettes de sa grand-mère, nous confie-t-elle….
La table n’est pas muette…cliquetis des couverts dans les
assiettes… et c’est Gino qui ouvre le bal en chanson… repris
quelques minutes après par Elise qui nous offre un solo…
C’est au tour de Nicole de chanter elle aussi…
Le groupe chantera aussi des classiques de colonie de va-
cances et de feux de camps… difficile d’échapper à la chan-
son des Chevaliers de la Table Ronde…
Les voies sont fortes et sans gêne aucune… le plaisir et la
joie s’entendent jusqu’au loin derrière les collines…
Si la dernière chronique vous est parvenue tardivement, je
pressens que celle-ci vous arrivera avant même que vous
l’attendiez….
L’année 2019 nous offre de bien jolies rêveries…. Et je puis
déjà vous annoncer la venue de Catherine et de Ghislaine en qualité de compagnonnes pour notre pro-
chain Chapitre… elles nous viennent de Dijon en Bourgogne…nous nous réjouissons de leur venue….

e notre cercle s’ouvre aux Amis… pour s’ouvrir davantage sur le Monde et
que nos voix et notre engagement rayonnent de bienveillance…

Que nos chemins nous mènent en Ile d’Avalon… et que ce temps d’errance qui
nous sépare d’une nouvelle rencontre soit propice à chacun et chacune pour
que toujours nous cherchions ce qui est de plus précieux en notre coeur…
Que vive la mémoire et les exploits du Roi Arthur….
A la gloire du Roi Arthur…
Et Vive le Roi Arthur !
A très bientôt pour mon plus grand bonheur….
Dame Enora des Terres du Milieu…
Lundi 1er avril de l’ère 2019
Allocution de la Grande Maîtresse
pour le chapitre mars 2019

Mes très chers amis,

C’est toujours un réel plaisir quand arrive les jours qui précèdent nos Chapitres.
Ces rendez vous me sont chers.
Aujourd’hui, des nouveaux visages connus ou non qui viennent découvrir. Nous sommes très
touchés de votre intérêt.
Aujourd’hui, toujours le même plaisir pour moi de vous accueillir.
De l’émotion, j’en ai bien entendu. Notre dynamisme est bien là, encré dans notre ADN, si je
peux me permettre de le dire ainsi.
D’un noyau dur de quelques-uns début 2017 pour nous lancer dans l’aventure, aujourd’hui,
nos « rangs » s’étoffent tranquillement.
Pour celles et ceux qui ont acté leur souhait d’être membre de l’Ordre International des
Chevaliers et Gentes Dame de la Table Ronde à la Cour du Roi Arthur, votre implication et votre
présence sont autant d’’éléments qui me confortent dans le choix fin 2016 de la création du
Chapitre des Hautes Terres Arthuriennes.
Ces moments de partage ont contribué à ce que nous puissions éprouver notre volonté
commune de poursuivre nos travaux et cette si belle aventure humaine.
Aujourd’hui encore, ce qui nous unit, ce sont autant cet engagement que nous partageons,
nos travaux, que la notion de plaisir qui est pour moi indispensable.


Ses buts : Chapitres (cérémonies) : ils ont
- « promouvoir et préserver les souvenirs du lieu, pour chaque branche, deux fois l’an à
Roi Arthur et de ses chevaliers, les idéaux de des dates proches des solstices et se tiennent
la Quête du Graal, dans des lieux chargés d’une symbolique en
rapport avec la matière arthurienne. L’assiduité
- défendre les droits de l’homme et de tous les est indispensable. Les travaux portent
hommes dans le respect de leurs différences exclusivement sur le symbolisme de la légende
religieuses, culturelles, philosophiques». arthurienne tel que l’ont transmis traditions
orales poètes et historiens.
L’ordre est signataire de « l’appel commun
à la Fraternité» des grandes organisations
Autres activités : voyages d’études,
réunions de travail, actions humanitaires.
humanitaires et religieuses en 1983.
A périodes régulières, les membres de l’Ordre
Le Compagnonnage (période d’errance) se rendent en l’Ile Avalon (Glastonbury) et au
est lié à une production de travaux avant de Grand Hall de Chevalerie de Tintagel (haut lieu
devenir chevalier ou dame arthurien), tout membre se devant de les visiter
au moins une fois dans sa vie.
Depuis mai 2017, il existe en France quatre
branches : Normandie, Ile de France, Anjou et
Vosges.
09- 1967 : 
Georges Bertin a 17 ans. Passionné de littérature arthurienne, il rencontre, à La Ferté Macé (61) où il
habite, un érudit local, René Bansard qui l’initie à la recherche arthurienne de terrain, ils prendront
contact avec J.C. Payen, professeur arthurien à l’Université de Caen, en 1969. Correspondances.

10- 11-1969 : 
adhésion, en Angleterre, de René Bansard, Georges et Annie Bertin. à la fraternité des Chevaliers de la
Table Ronde (OTR), ordre chevaleresque hospitalier international, fondé par Thomas Glasscock, qui a
pour but de proclamer les hauts faits du Roi Arthur et de ses chevaliers et de militer pour la fraternité
universelle.

Pentecôte 1978 : 
Georges et Annie Bertin et Michel Goussin se rendent à Glastonbury pour être invités par Tom Mor,
1er chevalier de l’OTR, à poursuivre leur quête arthurienne sans relâche.

27-12-1983 : 
Georges Bertin et Michel Goussin se rendent à Tintagel où ils sont reçus par le chapitre anglais de
l’OTR et adoubés chevaliers avec mission de créer un chapitre en France.

Pentecôte 1984 : 
Tom Mor, International First Knight, vient en Normandie adouber publiquement de sa main 10 nou-
veaux chevaliers et dames français qui ont manifesté leur attachement aux valeurs de l’OTR.
Georges Bertin est le premier Grand-Maître de l’OTR en France. Il occupera cette fonction 8 années,
jusqu’en décembre 1992.

Solstice d’hiver 2004 : 


Tom Mor International First Knight vient à Paris pour célébrer le vingtième anniversaire de la nais-
sance du chapitre français au chapitre d’hiver. Il rappelle les principes fondateurs de l’ordre et son
caractère d’ouverture et de tolérance absolue.

2010 :
Tom Mor transmet la grande maîtrise internationale de l’Ordre à Georges et Annie Bertin. Il reste GM
pour le Royaume Uni.

2011 :
création de la branche Ile de France

2013 :
création de la branche Anjou Plantagenêt, dont le Grand Maître actuel est Lauric GUILLAUD

2017 (mai) :
création de la branche vosgienne de l’Ordre à Epinal par Claude Vautrin et moi-même.
Pour ma part, comme certains d’entre vous le savent déjà, j’ai rencontré Georges BERTIN en mai 2016
lors du festival des Imaginales à EPINAL… des échanges qui nous ont conduit à la création d’un cha-
pitre sur nos terres vosgiennes…
Pour terminer, je citerai Georges BERTIN « l’Ordre est ouvert aux hommes et aux femmes majeur(e)
s qui acceptent de pratiquer les uns vis-à-vis des autres une solidarité active. Ni société secrète, ni
confrérie folklorique, l’Ordre tente, sur la base de l’étude et de la pratique de la symbolique des Ro-
mans de la Table Ronde, d’apporter une pierre à l’édifice d’une humanité plus fraternelle, à la cause
de la paix et de la compréhension universelle. »La Dame de la Quête :

Après que Lili ait été reçue « page », mon propos :
« Et maintenant Lili, au nom de tous les membres du Chapitre,
je suis heureuse de te remettre ce présent. Et nous sommes
fiers de te compter parmi nous. »
Choisir un nom de chevalier
Cher Gentes Dames, chers Chevaliers de tous les horizons, chers
Compagnons et vous toutes et tous très chers amis

1/ La difficulté
Ainsi donc il fallait urgemment choisir un nom de chevalier. Cela peut sembler tout simple. Pourtant cela m’a pris plusieurs
années. Comment expliquer ce blocage, cette impossibilité ?
J’ai toujours été étonné, sidéré par ceux qui quasiment instantanément savent à qui s’identifier. Mais comment font-ils ?
Encore aujourd’hui je ne sais pas. Et pourtant il fallait choisir un nom nouveau.

2/Choisir un nouveau nom c’est tout à fait normal


L’initiation est une mort suivie d’une renaissance dans un être différent. C’est un passage. Il est donc normal et logique de
changer de nom à l’occasion d’une initiation. De toute éternité cela a existé. Dans toutes les tribus à la surface du globe cela
a existé. Cela existe aussi chez les scouts et les éclaireurs et même dans une obédience maçonnique comme OITARD. C’est
donc normal.

3/Pourquoi je n’y arrivais pas ? Voici peut-être quelques pseudos bonnes raison :
--- Enfant j’avais lu les mémoires du médecin personnel de Winston Churchill. Il avait été constamment à ses côtés pendant
toutes les heures héroïques de la guerre. Il disait, avec de multiples exemples à la clef : « il n’est pas de grand homme pour
son médecin ». Ainsi le héros grandissime ne devenait qu’un héros de façade. En vrai le héros n’était qu’un humain avec de
multiples facettes fort contradictoires.
Je reprendrai aussi l’image qu’utilise François Delivré : en chaque humain il y a un chevalier en fer blanc + un masque + un
prince + un crapaud.
Alors choisir un nom est-ce que cela serait trahir la réalité ? Comment trouver un nom qui ne soit pas un paravent ?
--- Mon nom vient de mes grands-parents. Or ils ont subi la shoah. Ainsi mon grand-père avait 10 frères et sœur et une
nombreuse parenté et il n’y a eu aucun survivant. Ainsi ma grand-mère avait 10 frères et sœurs et une nombreuse parenté
et c’est la seule qui a survécu avec ses 4 enfants. Ainsi mon nom a survécu comme miraculeusement. Depuis ma plus tendre
enfance et encore aujourd’hui cela ma’ donné des devoirs, des responsabilités. Toute ma vie, dans les conditions difficiles
ou dangereuses, je m’en suis souvenu et cela m’a donné la rage pour me battre et survivre. Alors changer de nom est-ce se
renier, est-ce une trahison, est-ce un oubli du devoir de mémoire ?

4/ Une rencontre
Lors des Imaginales j’ai écouté puis j’ai rencontré Lauric Guillaud chez Anne Laure, Dame Enora des Terres du Milieu. C’est
ça aussi les hasards de la vie. J’ai alors eu envie de lire un de ses livres. Il y parlait de l’image de la wilderness dans l’explo-
ration du continent américain. Ce livre m’a profondément touché. En effet il parlait de la découverte traumatisante de la
wilderness par de prétendus civilisés. En découvrant bon grès, mal grès les paysages nouveaux et la wilderness chacun
pouvait penser à sa wilderness cachée.
Je me suis alors souvenu que chaque humain est supposé travailler et s’efforcer de se civiliser. Il n’y a pas de bon sauvage.
L’enfant est un pervers polymorphe. C’est par un travail sur soi qu’il arrive éventuellement et partiellement à s’extraire de sa
wilderness, de sa sauvagerie, de sa bestialité originelle.
Subitement je me suis alors souvenu de mon nom. Il y a wild dans mon nom. Est-ce que cela m’a inconsciemment influencé
depuis mon enfance ? Je ne sais pas. Mais ce n’est pas impossible. Comment ? Je ne sais pas.
Subitement il m’est apparu que le combat de ma vie avait été de comprendre, de déchiffrer, de tenter de sortir (au moins par-
tiellement) de cette wilderness. J’étais donc bien ce « Wildenberg out of wilderness ». Et en plus l’abréviation était amusante
WOOW. Cela correspond à une onomatopée d’étonnement admiratif qui est fréquente dans certaines bandes dessinées.
Bien évidemment vous pourriez avoir une lecture différente. Je vous laisse donc le choix. C’est à chacun de choisir: soit
“Wildenberg out of Wilderness” soit “Wilderness out of Wildenberg”. Dans 4 heures je ramasse les copies sur parchemins.
WOOW sera donc mon nom de Chevalier. C’est bref, cela sonne bien et cela a un sens très fort pour moi. Cela me plait. Cela
me donne beaucoup de joie.
Merci à vous tous.
Présenté le samedi 30 mars 2019
Chapitre des Hautes Terres Arthuriennes
François WILDENBERG
La quête

Dame Enora,
Gentes Dames et demoiselles,
Chevaliers, compagnons et apprentis

En lisant de nombreux ouvrages sur le Graal, Le Roi Arthur, Merlin, et bien


d’autres ; je constate que chaque auteur à sa vision des légendes arthuriennes.
Les historiens ne sont pas non plus d’accord entre eux et le matériau manque.
Plutôt que de poser ma réflexion sur une partie de l’histoire, un fait, un
personnage,…J’ai tenté de poser un regard sur un point commun à tous ces
ouvrages et qui me paraît être essentiel à notre époque. La Quête.
La quête est suivant la définition du Larousse une recherche d’un objet, d’une
valeur ou même d’une personne qui prend sa source dans les convictions et la
volonté de l’individu à accomplir son objectif.
Le thème de la quête est indissociable des légendes arthuriennes. Ce sont des
romans de formation dans lesquels on suit l'itinéraire de héros qui, à travers
leurs errances et leurs aventures, se découvrent eux-mêmes, découvrent le
monde, l'amour et leur destin.
La quête est prédominante au Moyen Age, parce que la conception que l'on se
fait de la vie s'assimile à un voyage au terme duquel on a réussi sa vie ou on l'a
manquée, on a trouvé le salut ou la damnation.
Au moyen-âge, elle pose des problèmes moraux ou religieux: la découverte de
soi , de ce qu'on va faire de sa vie, de son destin?
A une époque, la nôtre, où l'individu recherche tant l'épanouissement personnel,
c'est-à-dire la réalisation de son destin, l'idée de la quête est centrale: on se
construit au cours de sa vie, à partir de ce que l'aventure (c'est-à-dire ce qui est
«à venir») nous révèle sur nous-mêmes.

1
JM Hody mars 2019
Nous sommes hétérodirigés !!

Umberto Eco (1) énonce à propos de l'« Homme hétérodirigé », l’explication


suivante :

« Un homme hétérodirigé est quelqu'un qui vit au sein d'une communauté à


niveau technologique élevé, dotée d'une structure socio-économique
particulière, auquel on suggère constamment, ce qu'il doit désirer et comment
l'obtenir selon certains canaux préfabriqués qui lui évitent d'avoir à faire des
projets de manière risquée et responsable. »

« L'homme hétérodirigé entend parfois l'appel du rêve et de l'aventure, cette


invitation à s'évader de la prison d'un quotidien aliénant sur lequel il n'a que
peu d'emprise, d'une routine qui, pour lui, ne fait plus sens, qui est donc
insensée, absurde ! »

Une quête initiatique naît du besoin de dépasser les limites imposées par la
prison du quotidien, ce n'est pas un voyage anodin, purement touristique.

Elle nous invite à sortir de notre contexte habituel, notre zone de confort, hors
de nos frontières, pour s'ouvrir à de nouveaux horizons, espace des possibilités
de notre Chemin de vie.

C'est un voyage de développement personnel, de croissance personnelle et


spirituelle, à la rencontre de soi, plus en profondeur, où les évènements, les
rencontres, ce qui est vécu au sein de notre groupe par exemple et avec les
personnes extérieures, sont tous porteurs de Sens, Sens qui vient vous parler de
vous, de votre Chemin, de ce qui pourrait vous permettre de vous épanouir
d'avantage et d'être plus en connexion encore avec vous-même.

Lors du voyage initiatique, ce que vous portez en vous se manifeste de manière


amplifiée, pour que vous puissiez prendre conscience éventuellement des
croyances inconscientes qui vous empêchent d'être plus heureux, et aussi vous
permettre d'expérimenter en accéléré, ce qu'est la Vie lorsqu'on est au service
de son esprit et de sa dimension spirituelle : de très belles expériences de
douceur, de joie pure, et bien d'autres...

C'est également l'opportunité d'une immersion complète au sein de notre


groupe où nous amplifions la joie, l'optimisme, la confiance, la fraternité,
l'Amour, et la Vie, où chacun est dynamisé, écouté, respecté, boosté, révélé ou
tout simplement bousculé. Nous prenons conscience de notre pouvoir de

2
JM Hody mars 2019
créateur, de la puissance de nos pensées, nos paroles et nos émotions, qui sont
à l'origine de ce que nous vivons, et pouvons faire l'expérience consciente de
recevoir ou d’offrir plus de bonheur et atteindre nos objectifs.

Il arrive souvent que l'on découvre parfois des parcelles de « Lumière » au cours
de ces voyages, et c'est aussi ce que je souhaite pour chacun (e) d'entre vous.

L'initiation (tout comme le salut) est ouverte à tous.

L'initiation est l'action de révéler ou de recevoir la connaissance de certaines


pratiques.

Lors du voyage initiatique tel que je le conçois il est question de faire un voyage
intérieur, ou hors du temps, à l'étranger, dans un autre pays que celui que l'on
connaît, qui va permettre de s'éveiller à une nouvelle connaissance,
connaissance du Soi, de sa dimension spirituelle, vécue en conscience. Une
nouvelle connaissance par le biais de l'expérience vécue lors du voyage, qui
ouvre à un renouveau en soi et fait que, quand on rentre du voyage, quelque
chose a changé en nous.

Chez les Chevaliers de la Table Ronde, le monde ancien est le point de départ de
la quête initiatique.

Le voyage terrestre représente une manifestation très caractéristique de cette


recherche du héros, on devient son propre héros.

Mais qu'est-ce qu'un héros ?

Joseph Campbell (1) nous disait que : « Le héros est celui qui sacrifie sa vie à
quelque chose de plus grand que lui. » Le héros est celui qui se dépasse, qui
transcende ses limites personnelles pour accéder à un état supérieur. Selon
Campbell, c'est par un sacrifice que le héros entreprend cette aventure: le
sacrifice, c'est-à-dire le risque, celui de sa propre vie. En effet, le héros est, par
nature, un aventurier, un être d'exception qui défie l'inconnu, qui toise la mort.
Le héros est un aventurier qui quitte tout pour poursuivre une quête; qui investit
son existence dans une entreprise qui le transformera radicalement. On ne
revient jamais tout à fait le même d'une telle odyssée.

Joseph Campbell nous décrit le sacrifice qui se trouve à la source de ce qu'il


nommera lui-même l'expérience ou le voyage initiatique:

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« Quand vous comprenez la véritable nature du problème ; se perdre,
s'abandonner à quelque chose de plus grand que soi ; vous comprenez aussi
qu'elle est l'ultime épreuve. Quand on arrête de penser à soi, à la préservation
de sa propre vie de façon primaire, on subit une transformation véritablement
héroïque de la conscience. »

Le héros est celui qui accepte de se perdre pour mieux se retrouver, qui consent
à risquer le dépassement de ses limites personnelles. « Le GRAAL, qui sans doute
aujourd’hui », dit FULCANELLI (3) « est le mystère le plus élevé de la chevalerie
mystique et de la Franc-Maçonnerie qui en découle. »

Au Moyen-Âge, les chevaliers de la table ronde avec le voyage initiatique de la


quête du Graal sont l'exemple le plus célèbre du héros. Pour les chevaliers du
Roi Arthur, comme pour tout héros, trois phases se dérouleront successivement.

Le héros se sépare d'abord de son environnement habituel: c'est la première


phase du voyage, qui illustre le passage du domaine profane au domaine sacré.

Le terme «sacré» peut surprendre. En effet, qu'y a-t-il de sacré dans l'aventure
du héros ?

Pour les besoins de la cause, nous emprunterons à Roger Caillois (4) sa définition
du mot «sacré»: « pour désigner ce à quoi chacun voue le meilleur de lui-même,
ce que chacun tient pour la valeur suprême, ce qu'il vénère, ce à quoi il
sacrifierait au besoin sa vie. »

Le chevalier entre dans l'univers du sacré, ai-je dit, grâce à l'aide procurée par
des forces ou des êtres surnaturels. Ces êtres et ces forces ne symbolisent-ils pas
l'acte de transcender un quotidien que l'on laisse derrière soi, un quotidien jugé
banal duquel on se détache pour faire le saut dans l'aventure ? En franchissant
le seuil, le chevalier laisse, le superflu, pour se consacrer tout entier à l'essentiel,
à ce qu'il juge essentiel, à ce sacré qu'il a choisi et qui donnera sens à tout: son
Graal.

N'en est-il pas de même lorsque nous venons au chapitre ? Ne franchissons nous
pas le seuil en laissant nos soucis quotidiens pour nous retrouver dans le sacré
et la fraternité ? Nous pouvons ressentir des ondes positives et pourquoi pas un
Egrégore, sorte de fusion spirituelle entre les membres présents, cela ne fait-il
pas partie du sacré ?

La seconde phase est constituée par l'aventure initiatique et ses difficultés, ses
épreuves. Le succès n'est pas assuré, le doute envahit le héros, souvent son

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esprit, le désespoir également. La route conduisant au Graal est longue et
pénible, les leurres et les faux espoirs, abondants. Beaucoup d'appelés, peu
d'élus. Nombre de chevaliers périssent au combat, succombent aux tentations,
abandonnent la quête... Le héros doit apprendre à mourir à lui-même pour
rencontrer l'ultime !

Rappelons-nous cet épisode où Perceval, tombé dans une douve, suffoque par
noyade, entre la vie et la mort, il abandonne tout. Nu, symbole de l'humilité
absolue, de l'abandon total de lui-même, il entre dans le château du Roi-Pêcheur
et parvient au Saint Graal.

Tout le voyage initiatique a pour centre cette transformation radicale: celle du


profane en sacré. C'est en mourant à son moi profane que le héros peut
fusionner avec le sacré. Le moi qui vivait dans le quotidien qu'il jugeait banal,
aliénant, le même moi devient, UN avec le merveilleux, UN avec l'ultime !

Cet « Autre », ce fondement symbolique garant de l'identité du « je »: fusionner


à l'autre, C'est fusionner à son origine; c'est, occuper la place de son père
derrière le roi, qu'il n'y a plus de garant: c'est l'angoisse, la béance (vide
impossible à combler).

Enfin, vient la troisième phase de l'expérience initiatique: le retour à la vie


«normale» où le héros, imbu d'une sagesse nouvelle, partage avec ses
semblables les fruits de son aventure spirituelle.

Le héros doit revenir, sous peine de sombrer dans la folie ou dans l'oubli. Le
retour n’est jamais facile. Le seuil devra de nouveau être franchi, mais en sens
inverse. Il faut que l'extase prenne fin et que le héros redevienne lui-même. Or,
l'entreprise ne peut être aisée, car le héros qui revient au monde profane n'est
plus exactement le même. Le ravissement a laissé des traces. Puisque c'est un
homme nouveau qui revient au monde.

Le quotidien ne peut plus jamais être « comme avant », parce que le héros est
revenu transformé de son voyage initiatique. Un travail attend le héros et
empêche son retour d'être paisible et sans histoire : puisqu'il est revenu enrichi
de son aventure spirituelle, il doit maintenant renouveler le monde. Ayant fait
l'expérience de l'autre, ayant été revêtu de l'autre, le héros est maintenant
investi d'une mission : ayant renoncé à lui-même et au monde, il doit maintenant
sanctifier le monde.

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Voilà le destin du héros. Il lui est impossible de se détacher totalement et
définitivement de la réalité quotidienne : s'il s'en détache, c'est temporairement
et dans le but d'y revenir.

Platon (5), dans l'allégorie de la caverne au VIIe livre de La République, nous


raconte ce qui attend celui qui, ayant vu le soleil, redescend et en témoigne.

- Imagine encore ceci, repris-je; si notre homme redescendait et reprenait son


ancienne place, n'aurait-il pas les yeux offusqués par les ténèbres, en venant
brusquement du soleil ?

- Assurément si, dit-il.

- Et s'il lui fallait de nouveau juger de ces ombres et concourir avec les
prisonniers qui n'ont jamais quitté leurs chaînes, pendant que sa vue est encore
confuse et avant que ses yeux se soient remis et accoutumés à l'obscurité, ce
qui demanderait un temps assez long, ne prêterait-il pas à rire et ne diraient-
ils pas de lui que, pour être monté là-haut, il en est revenu les yeux gâtés, que
ce n'est même pas la peine de tenter l'ascension; et, si quelqu'un essayait de
les délier et de les conduire en haut, et qu'ils pussent le tenir en leurs mains et
le tuer, ne le tueraient-ils pas ?

- Ils le tueraient certainement, dit-il.

À ce point de notre réflexion, il nous semble opportun de nous porter à l'avant


d'une objection légitime qui peut s'élever: à quoi bon ? À quoi bon rêver de
chevalerie et d'aventure initiatique, quand un monde réel reste à transformer ?
La pauvreté, la maladie, l'ignorance et toutes les formes de la misère humaine
sont bien concrètes. La véritable humilité nécessaire à la transformation du
monde ne passerait-elle pas plutôt par le renoncement à ces chimères, à cette
culture héroïque justement, qui n'est que perte de temps ? Force nous est
d'avouer que l'objection est de taille.

Il me semble opportun de soulever une objection tout à fait légitime qui peut
s'élever: à quoi bon ? À quoi bon rêver d'aventure initiatique, quand un monde
réel reste à transformer ? La misère du monde est bien concrète. La véritable
humilité nécessaire à la transformation du monde ne passerait-elle pas plutôt
par le renoncement à ces chimères, à cette envie de voyage initiatique
justement, qui n'est que perte de temps ? Il faut avouer que l'objection est de
taille.

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En réponse, je pense que :

L'être humain a besoin de rêve. À l'heure où, dans nos écoles, on s'interroge sur
la pertinence de certains cours alors que des étudiants descendent dans la rue
et manifestent pour que des mesures soient prises pour le climat. N’y a-t-il pas
un paradoxe ?

Le « sérieux » et l'« utile » ne peuvent suffire à l'humain.

À l'heure où notre société rationaliste et « techniciste » met l'accent sur ce que


Gilbert Durand(6) appelle le régime diurne de l'imaginaire, celui où tout est
éclairé par les lumières de la raison. L'être humain a besoin de rêve ! On ne
chasse pas facilement le régime nocturne de l'imaginaire.

Donner sa place aux émotions, aux fantaisies plus ou moins incohérentes, aux
fantasmes de l'esprit et au plaisir sous toutes ses formes, reste indéniablement
apeurant. Tout parait tellement plus clair sous les lumières de la raison : les faits,
les choses et les êtres peuvent être nommés, classés, planifiés.

À l'opposé, la face nocturne se présente comme pure émanation du vécu : la


spontanéité est reine. Tout vient sans s'être annoncé, tout se vit sans pouvoir
trop s'expliquer, tout s'en va sans raison... simplement... spontanément !
L’immédiat, on ne peut nommer ce qui relève d'une singularité. On ne peut la
nommer, mais, incontestablement, elle fait vibrer, elle fait vivre, mourir pour elle
!

Puisque de toute façon cette face nocturne s'imposera... aussi bien lui laisser
place et l'endiguer.

Une fois la fête terminée, une fois le jeu achevé, chacun rentre chez soi, chacun
revient à son univers quotidien... L'expérience initiatique est complétée.

Assumée, l'élévation de soi ne représente pas un danger, mais bien au contraire


un formidable moteur d'évolution personnelle aussi bien que collective. Sans
elle, l'homme se condamne lui-même à une vie sans relief où il n'est que
spectateur de sa propre existence. À l'inverse, grâce à cet état d'esprit, à ce
courant de société en quête de héros, l'Homme se construit les héros dont il a
besoin pour s'engager dans son quotidien et construire son devenir.

En tout homme sommeille un chevalier. Chacun doit devenir le héros de sa


propre existence.

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1. Eco. De Superman au Surhomme. Traduction de Meriem Bouzaher. Paris:
Bernard Grasset, 1993, p. 150.
2. Joseph Campbell, Puissance du mythe. En collaboration avec Bill Moyers.
Traduction de Jazenne Tanzac. Paris: J'ai lu, 1991, p. 209.
3. Fulcanelli Demeures philosophales et le Symbolisme hermétique dans ses
rapports avec l'art sacré et l'ésotérisme du grand-œuvre. Dernière
réédition : Société nouvelle des Éditions Pauvert, Paris, 2001.
4. Roger Caillois, L'homme et le sacré, Paris: Gallimard, 1950, p. 170.
5. Platon. Oeuvres complètes, t. VII. La République, livre VII. Traduction de
Émile Chambry. Paris: Les Belles Lettres, 1933, 516e-517
6. Gilbert Durand, Les structures anthropologiques de l'imaginaire, Paris:
Dunod, 1981.

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Branche

Les autes erres rthuriennes


de l’Ordre International des Chevaliers et Dames
de la Table Ronde de la cour du Roi Arthur à Camelot

Charte de l'Ordre
Principes de la Quête
1) Un vrai chevalier doit être un gentilhomme et ne point faillir à son honneur.
2) Un vrai chevalier doit soutenir la dignité de l’Homme et de la Femme, et se rappeler que
tous sont nés égaux en dignité et en droits.
3 Le savoir-vivre d’un vrai chevalier est un exemple pour la jeunesse.
4) Un vrai chevalier ne saurait jamais agir de façon outrageante, ni tuer ou être cruel envers
aucun homme ni amimal.
5) Un vrai chevalier respecte et défend les droits de tous les hommes et femmes à avoir et
pratiquer des croyances religieuses qu’il ne partage pas.
6) Un vrai chevalier ne prend pas part à de mauvaises querelles, mais en toutes circonstances
soutient les droits légitimes de tout homme et de toute femme.
7) Un vrai chevalier est l’esclave de sa parole.
8) Un vrai chevalier doit être honorable en toutes choses et discerner le bien du mal.
9) La conduite d’un vrai chevalier doit être modeste, il ne doit pas rechercher les honneurs
pour lui-même.
10) Un vrai chevalier doit chercher à protéger les opprimés et ne jamais faillir à la charité, la
fidélité et la vérité.
11) Un vrai chevalier ne dit du mal de personne. Une langue médisante apporte honte et
opprobre à un honorable chevalier.
12) Un vrai chevalier ne trahit jamais la confiance ou les confidences qui lui sont faites par un
de ses frères chevaliers.
13) Un vrai chevalier doit consacrer sa vie à ce que les peuples du monde puissent vivre
ensemble dans la plus grande paix et la plus grande tolérance.

Charte délivrée le 30 mars de l’ère 2019


en l’église de DOMMARTIN-LES-VALLOIS