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Introduction

La montée en puissance de la microfinance s’est naturellement accompagnée de


reconnaissances institutionnelles majeures : 2005 fut déclarée année du microcrédit par les
Nations-Unies tandis que le prix Nobel de la paix 2006 fut attribué à Mohammad Yunus,
fondateur de la Grameen Bank et pionnier de la microfinance.
La microfinance est traditionnellement définie comme une finance à petite échelle regroupant
principalement les activités de microcrédit, de micro-assurance et de micro-épargne. Les
microcrédits qui représentent une part substantielle de l’activité des institutions de microfinance
(IMF) se définissent comme des prêts de faible ampleur (généralement inférieurs à 40% du
produit national brut par tête, Nowak [2005]) accordés à des personnes ayant un accès limité
aux ressources bancaires

afin qu’elles puissent créer leur propre activité. Si les services microfinanciers sont, de part le
monde, délivrés par une grande diversité d’institutions (de la banque commerciale à l’ONG), ils
poursuivent trois objectifs fondamentaux: réduire la pauvreté, promouvoir la création d’entreprises et
favoriser l’empowerment des personnes socialement défavorisées, en particulier les femmes.
Les travaux de Sen ont depuis longtemps démontré que l’absence de capabilités était vecteur
de pauvreté et d’exclusion sociale. Une étude menée par Beck, Demirguc-Kunt et Soledad Martinez
Peria [2006] a ainsi pu mettre en évidence que de nombreuses barrières à l’accès aux services
bancaires (dépôts, crédits et moyens de paiement) subsistaient de part le monde, pouvaient exclure une
part significative de la population et, en conséquence, pénaliser tant la croissance que le
développement économique. Gloukoviezoff [2004] a de la même façon pu montrer dans le cas français
que nombre de bénéficiaires des minima sociaux étaient victimes d’exclusion bancaire: 48% d’entre
eux ne disposent pas de chéquiers, tandis que 96% n’ont pas de carte de crédit. Délivrer des services
financiers à des personnes pauvres et/ou exclus socialement sans collatéral permettant de garantir les
emprunts est en effet souvent perçu par le secteur bancaire comme problématique et, in fine, peu
rentable compte-tenu de la faible ampleur du prêt, du coût de suivi et du risque de défaut supposé
élevé de ce type de personnes. L’offre de crédit bancaire pour les titulaires des minima sociaux est en
conséquence faible.
Le succès de la microfinance, perçu par certains comme une révolution, peut s’expliquer en
partie par l’utilisation de techniques spécifiques de prêt. Les IMF ont en effet pu démontrer que le
risque de défaut des personnes en situation de précarité pouvait être géré en substituant à une caution
matérielle inexistante ou inadaptée des incitations personnelles (prêt progressif) et/ou sociales (prêt de
groupe) au remboursement du prêt contracté. L’existence de telles techniques fait que les bénéfices de
la microfinance ne peuvent être résumés aux seuls aspects financiers. Comme le rappelle Mc Kernan
[2002], « les programmes de prêt de groupe n’ont pas pour seul effet d’offrir une réponse aux
imperfections du marché des crédits (…). La cohésion qui naît de la constitution d’un groupe, la
responsabilité partagée, les incitations au partage d’informations et l’accompagnement social, qui
permettent de différencier les prêt de groupe de ce que font les banques ou les institutions pratiquant le
prêt individuel, sont un facteur important expliquant le succès de la microfinance ».
Les ambitions de la microfinance ne doivent cependant pas être mal interprétées. Développée pour
lutter contre l’exclusion bancaire, elle trouve sa justification sociale dans le fait d’offrir un service
financier à une population qui en était auparavant privée. Pour autant, nombre d’IMF recherchent
activement une viabilité fonctionnelle, financière, mais aussi institutionnelle (Nowak [2005]). Il
importe donc que les microcrédits soient pleinement remboursés et qu’ils soient assortis d’un taux
d’intérêt reflétant, au moins pour partie, le coût du prêt. Comme le rappellent Littlefield et Rosenberg
[2004], « La plupart des pionniers du micro-financement moderne étaient des organisations non
gouvernementales à vocation sociale sans but lucratif qui ont mis au point une gamme de techniques
de crédit : au lieu d’exiger des garanties, elles ont réduit leurs risques en
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réclamant une garantie de groupe, en analysant les flux de trésorerie des ménages et en accordant, pour
commencer, des prêts peu élevés afin de tester le client. L’expérience montre que les pauvres
remboursent sans faillir les prêts non garantis et sont disposés à payer l’intégralité de leur coût, ce
dernier étant pour eux moins important que l’accès au crédit ».
Compte-tenu de l’importance des enjeux, il importe d’évaluer très précisément la capacité des IMF à
atteindre les objectifs qu’elles se sont fixés, notamment en matière de performance sociale, qu’il
s’agisse de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement ou de soutien à la création
d’entreprises par des personnes socialement défavorisés dans les pays industrialisés. S’attachant à la
mesure de cette performance dans le cas français, cet article nous permet dans un premier temps
d’établir une succincte revue de la littérature sur la mesure de la performance sociale puis précise, dans
un second temps, les caractéristique du secteur de la microfinance en France. Nous développons dans
une dernière section une analyse statistique et économétrique de la microfinance dans ce pays grâce à
une base de données unique constituée de 3866 microcrédits accordés en Aquitaine de 2000 à 2006.
Cette étude nous permet d’envisager quatre questions fondamentales : qui sont les clients de la
microfinance en France ? Quelles sont les caractéristiques des microcrédits délivrés dans ce cadre ?
Quels sont les besoins sociaux et entrepreneuriaux auxquels répond la microfinance et enfin, quel lien
existe-t-il entre les caractéristiques sociales de l’emprunteur et sa capacité à honorer le remboursement
du microcrédit qu’il a contracté ?

Microfinance et mesure de la performance sociale


Une abondante littérature existe sur la microfinance des pays en développement. Deux thèmes
de recherche peuvent être plus particulièrement identifiés, l’un traitant de la performance financière
des IMF ((Baumann [2004], Montgomery and Weiss [2005]), l’autre de leur performance sociale. La
mesure de la performance financière a donné lieu des études de nature variée : incidence du genre sur
la performance en termes de remboursement (Cloud and Panjaitan-Drioadisuryo [1999]), analyse des
asymétries d’information propres à la relation de microcrédit, évaluation des techniques de prêts au
regard de ce critère de performance financière (Egly [2004], Godquin [2004], Tedeschi [2006]), mais
aussi incidence du cadre réglementaire sur l’activité de microcrédit (Arun [2005]).
Un deuxième axe majeur de la recherche en microfinance s’est attaché à la mesure de sa capacité à
atteindre les plus pauvres et, plus généralement, de sa performance sociale. La « Social Performance
Task Force » du groupe consultatif d’assistance aux plus pauvres (CGAP) définit la performance
sociale d’une IMF comme la mise en pratique de ses ambitions sociales afin qu’elle puisse
durablement servir un nombre croissant de personnes pauvres ou exclues, améliorer tant la qualité que
la pertinence des services financiers proposés, agir sur l’environnement socio-économique de ses
clients tout en garantissant à ces mêmes clients, à leurs employés, et d’une manière générale, à
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la communauté que les principes de responsabilité sociale sont pleinement respectés . L’évaluation de
la performance sociale impose en conséquence de ne pas se limiter aux études d’impact, mais
d’évaluer l’intégralité de la chaîne de distribution du microcrédit. En dépit de ce principe, une des
interrogations fondamentales mais controversées de la microfinance est de déterminer si les
programmes doivent et, le cas échéant, peuvent atteindre les pauvres et ainsi contribuer à améliorer
leur bien-être. Haley and Morduch [2003] ont ainsi pu montrer dans le cas des pays en développement,
que la capacité des IMF à atteindre des populations pauvres était extrêmement variable, les unes ne
ciblant que les ménages à faible revenu, les autres finançant de manière effective les personnes en
situation de réelle pauvreté. Un consensus semble néanmoins exister à l’échelle internationale pour
considérer que les programmes de microfinance ne ciblent pas les plus pauvres des pauvres, mais ceux
qui demeurent proches du seuil de pauvreté. Gonzalez-Vega et alii [2000] par exemple, montrent dans
le cas Bolivien que les 5 IMF considérées dans l’étude ne touchent que les pauvres situées juste au
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dessous et en dessus du seuil de pauvreté . De la même façon, Amin, Rai and Topa [2003], utilisent
des données de panel provenant de deux villages du Bengladesh afin de tester cette même hypothèse et
démontrent que si la microfinance est effectivement capable d’atteindre des personnes pauvres, elle
peut paradoxalement exclure ceux qui sont dans le plus grand besoin, les pauvres en situation de
vulnérabilité. Coleman [2006] a lui aussi mesuré l’impact social de deux programmes de microfinance
au sein de villages situés au Nord-est de la Thailande et montre que non seulement les villageois les
plus riches ont, comparativement aux villageois pauvres, une probabilité accrue de participer à ces
programmes, mais aussi que les plus riches membres de la caisse villageoise utilisent leur situation
sociale pour emprunter davantage auprès de cette caisse. L’étude met en outre en évidence que les
ménages possédant des terres ont une probabilité accrue d’être sélectionnés en tant que membres de la
caisse villageoise. La mesure de la performance sociale des IMF laisse assurément apparaître quelques
zones d’ombre quant à l’efficacité de la microfinance à combattre la pauvreté et l’exclusion.

Une identification des institutions de microfinance en France


Les ambitions de la microfinance dans les pays industrialisés ne sont, nous l’avons vu, pas les
mêmes que celles des programmes de microfinance dans les pays en développement. Si la
microfinance vise a priori à lutter contre la pandémie de pauvreté des pays en développement, elle
doit être cressources financières d’un créateur d’entreprise en situation sociale défavorable et, a priori,
dépourvu de ressources bancaires. Elle répond en cela à un besoin majeur, tant économique que social.
Les micro-entreprises, définies selon la Commission européenne comme des entreprises ayant moins
de 10 salariés et ayant un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 2 millions d’euros, peinent en effet à
obtenir des financements bancaires alors qu’elles représentent près de 99% des entreprises
nouvellement créées en France. Dans un contexte de forte concurrence bancaire ou de conjoncture
économique morose, la personne socialement défavorisée apparaît d’autant plus pénalisée. Un rapport
établi en 2003 par la DG Entreprise de la Commission Européenne confirme cette assertion dans le cas
européen. Trois facteurs explicatifs de cette exclusion bancaire sont avancés :

(i) des coûts de traitement et/ou opérationnels élevés pour les établissements de crédit sur ce
type de population,
(ii) une absence de garantie chez les micro-entrepreneurs,
(iii) une perception, au sein du secteur bancaire, d’un risque élevé associé au financement de la
TPE, en partie liée aux statistiques concernant le taux élevé de disparition des
entreprises nouvellement créées.

Ainsi, pour l’Agence française de développement [2005], la microfinance ne doit pas dans ce
cadre avoir pour objectif de créer de nouveaux guichets pour satisfaire aux besoins des populations
pauvres, mais leur donner accès à un crédit productif et, si nécessaire, les aider à se réinsérer dans le
système bancaire existant. En favorisant la création d’entreprises par des personnes socialement
défavorisées, la microfinance participe indirectement à leur inclusion sociale.
Trois arguments peuvent être avancés pour justifier cette orientation particulière des programmes de
microfinance dans les pays industrialisés et notamment en France. La pauvreté est en premier lieu un
phénomène complexe dans ces pays et s’avère particulièrement difficile à combattre. L’exclusion
bancaire peut en ce sens être vue tant comme une cause qu’une conséquence de la pauvreté et de
l’exclusion sociale. Promouvoir, pour les IMF, la création de sa propre activité comme solution à
l’exclusion sociale plutôt qu’un objectif « direct » de lutte contre la pauvreté est dès lors une stratégie
plus prudente, offrant de meilleurs gages de réussite. Il apparaît en second lieu que nombre d’IMF ont
fait évoluer leurs objectifs : de l’amélioration réelle du bien-être des emprunteurs à la recherche d’une
meilleure performance financière (Shekh [2006]). En privilégiant l’objectif de soutien à la création
d’entreprises au détriment de cette lutte directe contre le phénomène de pauvreté, il devient plus facile
de justifier ce souci d’une telle performance et notamment la volonté affichée de nombre d’IMF de
voir les taux d’intérêt refléter le coût réel de l’emprunt. Cet objectif répond en dernier lieu à un autre
problème économique majeur des pays industrialisés, le chômage stucturel, vecteur lui aussi
d’exclusion sociale.
Bien qu’une définition communément admise de ce qu’est la microfinance existe à l’échelle
internationale, force est de reconnaître qu’il n’existe pas de modèle unique de microfinance. Au-delà
de divergences d’objectifs évoquées précédemment, des différences importantes existent dans les
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Expériences du Sud en Microfinance »


Aujourd’hui, la communauté internationale accorde une place de plus en plus importante à
la lutte contre la pauvreté et des inégalités, en particulier de genre, et aux différents moyens
susceptibles de réduire voire d’éradiquer ces phénomènes. La fourniture des services financiers
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est devenue un des enjeux majeurs des politiques de développement. La microfinance, après
d’intéressantes expériences en Asie, a émergé comme l’un des instruments privilégiés en matière
de lutte contre la pauvreté et l’importance de faciliter l’accès des femmes à ces services. Le
manque de moyen financier, se présentant comme l’une des principales causes de la pauvreté, et
un handicap pour l’entreprise ou le développement d’une activité donnée, inciterait les
populations à adhérer aux institutions microfinancières.
La microfinance, et particulièrement le microcrédit dans son acception plus étroite, peut
contribuer à la réduction de la pauvreté et de la vulnérabilité des pauvres à travers la
multiplication de leurs sources de revenu par l'auto-emploi et, par le développement des activités
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génératrices de revenus. La littérature actuelle permet de répertorier deux principaux canaux par
lesquels, la microfinance pourrait améliorer la situation des hommes et des femmes en particulier.
D’une part, la microfinance peut directement aider à l’amélioration des conditions de vie des
femmes grâce aux financements des activités de production (la création d’une activité) et/ ou à
la consommation individuelle/ du ménage. D’autre part, existerait un lien indirect à travers la
génération des revenus via l’activité entreprise, les dépenses en faveur du ménage. Néanmoins,
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quelques controverses théoriques et empiriques à partir de certains témoignages de femmes
(Koloma, 2007) permettent de relativiser et que dans bien des cas, le microcrédit pourrait
conduire à l’effet inverse. L’insuffisance de ressources financières n’étant qu’un problème parmi
d’autres, considérer la microfinance comme une «panacée » pour éradiquer la pauvreté serait lui
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prêter des vertus excessives (BIT, 1998) .

Ces nouvelles orientations ont amené les autorités maliennes à en faire des axes
prioritaires, dans la conduite des programmes de développement en se focalisant sur les groupes
vulnérables et pauvres, à savoir les femmes et les jeunes. Comme, la réduction de la pauvreté est
devenue le cheval de bataille de l’ensemble de la communauté nationale et internationale, les
principales études engagées, ont permis de déceler l’ampleur de la pauvreté au Mali, et de rendre
compte des personnes les plus touchées par ce phénomène et qui apparaissent les plus vulnérables.
Une étude réalisée récemment, montre que les ménages de femmes chefs de ménages sont
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fortement et doublement plus pauvres que les ménages d’hommes chefs , quel que soit le milieu
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de résidence. Ainsi, cette pauvreté différentielle que nous appelons « pauvreté de genre » , montre
la nécessité de prendre plus en considération le genre féminin.
A cet égard, compte tenu de l’importance accordée à ce secteur et l’ampleur de cette
pauvreté différentielle dans de nombreux pays d’Afrique Subsaharienne, et au Mali en particulier,
la question des liens entre microfinance et réduction de la « pauvreté de genre », se pose avec
acuité. Ce présent tente simplement d’apporter une contribution à la compréhension de cette
question à partir d’une enquête réalisée auprès d’une institution de microfinance Nyèsigiso.
L'objet de notre papier est donc d'étudier l’implication de la microfinance dans la
réduction de la pauvreté de genre, plus spécifiquement de la femme, en estimant aussi bien son
impact global via l’accès au microcrédit, à la microépargne, la scolarisation des enfants, le statut
dans le ménage, les dépenses du ménage que son impact selon le statut du membre (cliente
nouvelle ou cliente de longue date). A ce titre, l’hypothèse principale à tester, à l’état statique,
dans cet article est l’hypothèse selon laquelle une longue présence dans le programme de
microfinance améliore les conditions d’existence. Ce qui signifierait que plus le membre dure
dans le programme de microfinance, plus l’impact apparaît plus important en termes
d’amélioration du bien être. Pour ce faire, la suite du papier est organisée de la manière suivante :
Dans un premier temps, la principale source de données de notre étude d’impact sera
décrite, en mettant l’accent sur le contexte de l’étude, la méthodologie d’enquête et les principales
difficultés auxquelles nous avons été confrontées et qui constitueraient les limites essentielles de
cette étude.
Dans une deuxième section, il sera important de définir la méthode d’analyse à travers la
description du modèle théorique en s’intéressant à la mise en relation globale de la
formes institutionnelles des IMF tant entre pays industrialisés et pays en développement qu’au sein des
pays industrialisés, notamment en raison de l’hétérogénéité des systèmes de réglementation de
l’activité de microcrédit. Le cas français illustre ce point. Le marché de la microfinance en France est,
à premier vue, marqué par la prédominance d’une association, l’Adie (Association pour le Droit à
l’Initiative Economique) opérant à l’échelle nationale et fondée sur le modèle de la Grameen Bank.
Cette association a, selon ses propres statistiques, contribué de 1989 à 2005 à la création de plus de 36
700 entreprises, de 36 900 emplois et délivré une volume total de prêt de 98 millions d’euros. Au sein
des clients de l’Adie, 56% sont bénéficiaires des minima sociaux tandis que 35% d’entre eux sont en
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situation d’inactivité . A l’échelle régionale cependant, et notamment celle de l’Aquitaine, d’autres
IMF apparaissent : (i) des réseaux de prêt d’honneur (France Initiative Réseau) structurés en plates-
formes d’initiatives locales (PFIL) et revendiquant eux aussi leur appartenance au secteur du
microcrédit professionnel ; (ii) des institutions de microfinance dédiées au financement de projet de
création, de développement ou de reprise d’entreprises par des femmes ou par des jeunes (Clefe and
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Clej ) et dont la présence, marginale en termes de volume et de nombre de prêt accordés, démontre la
possibilité de mettre en place des mécanismes d’épargne collective, en amont de l’activité de
microcrédit et (iii) des institutions proches de l’Adie mais n’opérant que sur une base communale ou
départementale (ex : Caisse sociale de développement local). Des institutions, non de microcrédit,
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mais de micro capital-risque (en particulier les Cigales ) peuvent enfin être identifiées.
Au-delà de ces divergences institutionnelles, force enfin est de constater que les stratégies de lutte
contre l’exclusion sociale par la création d’entreprises varient selon les IMF considérées. Certaines
IMF vont chercher à couvrir une part importante du besoin de financement du créateur tandis que
d’autres n’auront pour seul objectif que d’octroyer des ressources permettant de faciliter, par un effet
de levier, l’accès au crédit bancaire. Ces différences imposent une analyse empirique approfondie des
acteurs de la microfinance en France pour mettre en lumière, au-delà des statistiques officielles, la
réalité de leurs performances sociales. onsidérée dans les pays industrialisés comme un levier
permettant d’améliorer l’accès aux