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ISSN 1563 – 3756

ECONOMIE ET GESTION APPLIQUEES


Revue Semestrielle
N°13, Juillet – Décembre 2016

APPLIED ECONOMICS AND MANAGEMENT


Semestrial Review
N°13, July – December 2016

Presse Universitaire de DOUALA


Mars 2017

1
ECONOMIE ET GESTION APPLIQUEES/APPLIED ECONOMICS AND MANAGEMENT
Revue Semestrielle n013, Juillet - Décembre 2015 / Semestrial Review n013 July-dec 2015

Directeur de publication : Professeure Marie Thérèse UM-NGOUEM,


Doyen de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion Appliquée,
Université de Douala.

Comité de rédaction
Professeur Alexis NGANTCHOU, FSEGA, Université de Douala.
Professeur Georges Bertrand TAMOKWE, Université de DOUALA
Dr Georges Dieudonné MBONDO, Université de Douala.

Comité Scientifique de lecture


Y ABESSOLO, Université de Yaoundé II ; E.M. ASSIGA ATEBA, Université
de Douala ; D. AVOM, Université de Yaoundé II ; B. BEKOLO EBE,
Université de Douala ; C. BEKOLO, Université de Douala ; BIGOU-LARE
NADEDJO, Université de Lomé Togo; BIWOLE FOUDA, Université de
Yaoundé II ; M. FOUDA ONGODO, Université de Douala ; J. G. DEGOS,
Université Montesquieu Bordeaux I ; DONTSI, Université de Yaoundé II ;
C. EBOUE, Université NancyII ; S. EVAERT, Université de Bordeaux IV ; J.
P.HELFER, Ecole Supérieure de commerce de Nantes ; C. HIRIGOYEN,
Université de Bordeaux IV ; A. GBAKA, Institut National Polytechnique
de Yamoussoukro ; G. GRELLET, Université de Paris I (Panthéon-
Sorbonne) ; E. KAMDEM, Université de Douala ; D. KAMDEM, Université
de Dschang ; F. KAMADJOU, Université de Dschang ; G. KOBOU,
Université de Yaoundé II ; L. KOMBOU, Université de Douala ; F. KOUM
EKALLE, Université de Douala ; J. P. LAFFARGUE, Université deParis I
(Panthéon-Sorbonne) ; D. LEPELLEY ; Université de Caen ; B. MBIH,
Université de Caen ; B. MUKOKO, Université de BUEA ; G. NDJIEUNDE,
Université de Yaoundé II ; NDOUMEESSIGONE, Université Omar Bongo ;
2
A. NGANTCHOU, Université de Douala ; L. NDJETCHEU, Université de
Douala ; C. NJONGANG, Université de Yaoundé II ; C. OUAPOU, Université
de Bangui ; B. SAPORTA, Université Bordeaux IV; TAFAH EDOKAT
Université de Bamenda ; G. B. TAMOKWE, Université de DOUALA ; B.
TIDJANI, Université Anta Diop ; TOUNA MAMA, Université de Yaoundé
II ; V. TSAPI, Université de Ngaoundéré ; M-T. UM-NGOUEM, Université
de Douala ; H. WAMBA, Université de Yaoundé II.

ORIENTATION ET OBJECTIFS

Créée en mars 1998, la Revue Economie et Gestion Appliquées


(la REGA) est une tribune internationale bilingue (Français et Anglais)
et semestrielle, axée sur la problématique du développement et
l’exploitation des techniques économiques et de gestion. Elle est ouverte
à toutes les orientations théoriques et stratégiques en économie et
gestion, et publie des recherches originales de bonne facture
scientifique. Particulièrement intéressée par des applications pratiques
des théories économiques et de gestion aux problèmes de
développement, la REGA accepte des articles théoriques, mais accorde
la priorité à ceux issus des recherches empiriques et aux études de cas
ayant pour but d’améliorer la compétitivité des entreprises ainsi que les
performances macroéconomiques et financières des économies du Sud.
Elle accepte également des articles courts présentant une expérience ou
une réflexion personnelle sur un ou plusieurs aspects des pratiques ou
des politiques économiques ou managériales. Les articles constituant un
échange de vues sur un sujet traité dans un numéro antérieur de la REGA
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ou des actes des colloques sont aussi considérés.

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ECONOMIE ET GESTION APPLIQUEES/APPLIED ECONOMICS AND MANAGEMENT
Revue Semestrielle n013, Juillet-Décembre 2016 /Semestrial Review n013 July-December 2016

Le Classement des Modes de Financement Alternatif des PME


en situation de Rationnement du Crédit Bancaire au
Cameroun

NDJECK Noé
FSEGA, Université de Douala Email : ndjeck@yahoo.com
Tél : 699308545/650517751
Résumé

L’objectif du présent article est de proposer un classement des modes de


financement alternatif, de manière à permettre aux PME en situation de
rationnement excessif du crédit bancaire de déterminer une structure de
financement d’équilibre. A partir d’une enquête sur 452 PME camerounaises
effectuée entre 2013 et 2016, nous effectuons une régression Logit pour expliquer
empiriquement la probabilité des choix de modes de financement opérés, et
utilisons ensuite des techniques de classement pour mettre en évidence un ordre
de recours aux modes de financement alternatifs les plus appropriés. Nous
aboutissons alors à l’ordre suivant : tontines, établissements de microfinance,
crédit interentreprises, aides familiales, aides des amis, concours courants
d’associés, établissements de crédit-bail, associations et l’augmentation de capital.
Les résultats ainsi atteints pourraient constituer une perspective fructueuse dans
la lignée des modèles de Modigliani et Miller, si l’on veut se préoccuper du
financement des PME dans des situations de rationnement excessif de crédit.
Mots-clés : Rationnement, financement alternatif, financement hiérarchique.

JEL : G32, O17

The Classification of Alternative Financing Modes of SMEs in


the Rationing Situation of Banking Credit in Cameroon
Abstract
The aim of this article is to propose a classification of alternative financing
modes so as to enable SMEs with excessive rationing of bank credit to
determine a balanced financing structure. Based on a survey of 452
Cameroonian SMEs carried out between 2013 and 2016, Logit regression is
used to explain empirically the probability of the choice of financing
methods used, and then use classification techniques to demonstrate an

1
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

order of recourse The most appropriate alternative forms of financing. We


then come to the following order: tontines, microfinance institutions, inter-
company credit, live-in caregivers, help from friends, current partners'
contributions, leasing institutions, associations and the capital increase. The
results thus achieved could be a fruitful prospect in line with the Modigliani
and Miller models if we are to address the financing of SMEs in situations of
excessive credit rationing.
Keywords: Rationing, alternative financing, hierarchical financing.

JEL: G32, O17

1. Introduction
Le financement des petites et moyennes entreprises demeure une
préoccupation centrale dans les pays en développement d’Afrique
subsaharienne, caractérisés par un rationnement des plus
contraignants des crédits bancaires. A cet égard, des modes
alternatifs de financement locaux peuvent permettre de faire face à
la rareté des fonds bancaires tout en maintenant l’équilibre
financier des entreprises. Seulement, face à la diversité des origines
des fonds et à la variété des échéanciers de remboursement, un
classement desdits modes alternatifs semble nécessaire pour
garantir la survie et même le développement de la petite et
moyenne entreprise du fait de ses caractéristiques.

En effet, la petite entreprise (PE) est considérée comme une


entreprise ayant un chiffre d’affaires allant de 15 à 100 millions de
francs et employant de 6 à 20 personnes. La moyenne entreprise
(ME) réalise un chiffre d’affaires de 100 millions à 1 milliard de
francs et emploie de 21 à 100 personnes1. Ainsi, plusieurs raisons

1Loi n° 2010/001 du 13 avril 2010 portant promotion des petites et moyennes


entreprises au Cameroun
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Revue Semestrielle n013, Juillet-Décembre 2016 /Semestrial Review n013 July-December 2016

expliquent qu’on veuille assurer sa survie et son développement.


Au Cameroun, 24% des entreprises sont des PME (INS, 2010). Le
rôle économique et social de ces dernières est tel qu’elles
constituent le véritable noyau pourvoyeur d’emplois (55% des
emplois sur le plan national et 68% des emplois du secteur privé
(Ndong-Ntah 2002, Kasereka Mbahweka 2009), contribuant à près
de 57% de la production du secteur privé et 53% de recettes
fiscales au niveau national (Taka, 2010). Par ailleurs, les PME sont
considérées par les pouvoirs publics camerounais comme un
instrument de densification du tissu industriel, un socle d’une
dynamique de croissance et de développement (Um-Ngouem et
Edding, 2006) et concentrent donc une attention particulière
prouvée par la création des organismes d’encadrement et de
nombreuses actions en leur faveur (Yamb et Ndjeck, 2016).

Ainsi donc, face à la rigidité du financement bancaire l’usage des


modes de financement alternatif essentiellement de court terme
(Bokolo-Ebe, 1993 ; Edding, 2002 ; Assiga, 2002 ; Wamba, 2003)
devient incontournable. Mais puisque les PME ont particulièrement
besoin des ressources de long et moyen terme pour financer leur
cycle d’investissement (Essomba-Ambassa, 1990 ; Bekolo-Ebe,
1996 ; Um-Ngouem, 1997 ; Edding, 2002 ; Ndong-Ntah, 2002), le
financement des besoins s’effectuant dans un ordre hiérarchique
( Myers et Majluf, 1984) et la répartition entre fonds propres et
dettes devient cruciale (Modigliani et Miller, 1958 ; Modigliani et
Miller, 1963 ; Miller, 1977). Dans un environnement de
rationnement du crédit bancaire et d’absence du marché financier
ou d’inaccessibilité au marché financier, la structure de
financement est plus préoccupante encore.

3
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

L’objectif du présent article est de proposer un classement


des modes alternatifs de financement, de manière à permettre aux
PME en situation de rationnement excessif du crédit bancaire de
déterminer une structure de financement d’équilibre. A partir
d’une enquête sur 452 PME camerounaises effectuée entre 2013 et
2016, nous effectuons une régression Logit pour expliquer la
probabilité des choix de financement opérés et utilisons ensuite
des techniques de classement pour mettre en évidence un
classement des modes de financement alternatifs les plus
appropriés. La suite de l’article comporte trois sections : la section
2 propose une revue de la littérature sur le rationnement de crédit
et le financement des firmes ; la section 3 expose les propriétés
statistiques des données et la méthodologie d’estimation par le
logit ; la section 4 présente les résultats et leur discussion et la
section 5 conclut l’article.

2. Le rationnement du crédit et le financement des


firmes : Revue de la Littérature et hypothèses de
travail
La détermination d’une structure équilibrée de financement
des PME n’est pas, en soi, une préoccupation nouvelle en analyse
financière. Toutefois le classement des modes alternatifs de
financement en contexte de rationnement de crédit bancaire
semble constituer une piste novatrice de recherche. En effet, les
pionniers de la théorie du rationnement du crédit expliquent celui-
ci par le taux d’intérêt élevé résultant du risque de défaut de
l’emprunteur (Hodgman, 1960, Jaffee, 1971 ; Jaffe et al., 1976).
Pourtant d’autres risques tels que le risque d’exposition, le risque
de récupération et le risque d’immobilisation apparaissent. Autre
que le taux d’intérêt prohibitif, la structure de l’industrie bancaire
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Revue Semestrielle n013, Juillet-Décembre 2016 /Semestrial Review n013 July-December 2016

influe sur le rationnement du crédit bancaire (Jaffee et Modigliani,


1976). C’est le cas des pays au Sud du Sahara dont le Cameroun où
il n’existe que les banques commerciales disposant des ressources
de court terme et concentrées dans de grandes agglomérations.
Jaffee et Modigliani(1976) sont parvenus à la détermination des
conditions de détermination d’un rationnement optimal puis d’un
rationnement différentiel. Il en est de même de Stiglitz et
Weiss(1981). Toutefois, l’analyse de Stiglitz et Weiss(1981) est
fondée sur les asymétries d’information ex-ante. En confirmant la
position de Stiglitz et Weiss(1981) de l’existence du rationnement
du crédit à l’équilibre du marché du crédit, Williamson(1986,1987)
a apprehendé le rationnement du crédit en situation de
rationnement ex-post. On peut attirer l’attention de Willliamson
(1986,1987) de n’avoir pas précisé le type d’entreprises concerné
par le rationnement ex-post. On peut cependant se prononcer sur
le cas du Cameroun où les PME démissionnent volontairement de
leurs obligations de remboursement (Akerlof, 1970 ; Taka, 2005,
P.11). La qualité du dirigeant (Janssen et Witerwulghe, 2000),
l’étude des dossiers de demande de crédits inadaptée au contexte
des PME au Sud du Sahara notamment le Cameroun (Lanha, 2006,
P.46), la corruption (Bekolo-Ebe et al., 2002) et l’environnement
socio-économique (Joseph, 2000) participent du rationnement du
crédit.

Cependant, les développements plus récents de la théorie du


rationnement du crédit relèvent l’existence des mécanismes
réducteurs du rationnement sur le marché du crédit (Cieply et
Grondin, 2000 ; Peterson et Rajan, 1994 ; Levratto, 1990 ; Psilliki,
1995). Au rang de ces mécanismes figurent le contrat de crédit, la
relation de clientèle, les garanties, l’analyse financière spécifique

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NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

de la PME, le contrôle. Malgré l’existence des mécanismes réduisant


le rationnement du crédit, ce phénomène survit et prend de
l’ampleur au Cameroun (Taka, 2011), d’où le recours des PME aux
modes de financement alternatifs, notamment le financement
informel et par les établissements microfinanciers. Cependant le
financement informel et par les établissements microfinanciers
dispose des ressources limitées et de court terme. Ce qui soulève le
premier problème de la structure financière reposant sur la
répartition des ressources en emplois. En effet, d’après la règle de
l’équilibre financier minimum, les ressources destinées à financer
un emploi doivent rester à la disposition de l’entreprise pour une
durée au moins équivalente à ceux des emplois financés (Hirigoyen
et Jobard, 1997). Toutefois, les entreprises vivent et se développent
en finançant une partie de leurs emplois stables par les ressources
de court terme constamment renouvelées (Hirigoyen et Jobard,
1997).
La deuxième préoccupation de la structure financière est la
répartition entre fonds propres et dettes. Modigliani et Miller
(1958) ont pensé dans un premier temps que la répartition entre
fonds propres et dettes n’avait pas d’influence sur la valeur de
l’entreprise. On peut alors se demander pourquoi les entreprises
sollicitent à la fois plusieurs sources de financement tout en veillant
au respect de certains ratios, notamment d’autonomie financière,
de capacité de remboursement, d’équilibre financier (financement
des emplois stables par les ressources stables).

La répartition entre fonds propres et dettes trouve son


intérêt lorsqu’intervient l’impôt sur les sociétés dont l’économie
sur les charges financières augmente la valeur de l’entreprise
(Modigliani et Miller ; 1958). Ceci étant, l’on peut se demander
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pourquoi les entreprises ne s’endettent pas le plus possible ?


Pourquoi certaines entreprises s’endettent plus que d’autres quand
bien elles présentent les mêmes caractéristiques ? Modigliani et
Miller (1958) invoquent la flexibilité financière pour limiter
l’endettement. En effet, l’économie d’impôt engendrée par
l’endettement et qui permet de privilégier l’endettement par
rapport aux capitaux propres n’est effectuée que si la capacité
bénéficiaire de l’entreprise est suffisante et qu’elle ne bénéficie pas
d’autres exonérations (Vernimmen, 1997). Revenant sur le modèle
de Modigliani et Miller (1958), Miller (1977) démontre que la prise
en compte des impôts sur le revenu des personnes physiques
annule les avantages fiscaux entraînés par la déductibilité des
intérêts. Dans certains pays commme le Maroc, l’économie d’impôt
générée par l’endettement au niveau de l’entreprise est plus que
compensée par l’impôt au niiveau de l’individus ( Vernimmen,
2010, p.801) . Cependant, ne perdons pas de vue que certains
revenus de personnes physiques sont exonérés. A côté de ces
exonérations, il existe aussi des planchers et des abattements.
L’impôt sur le revenu des personnes physiques se caractérise par
ailleurs par sa multiplicité.

Se fondant sur les imperfections des marchés financiers qui


offrent des situations de rationnement du capital et la présence des
coûts de transaction, en présence d’impôt sur les sociétés, la valeur
de l’entreprise s’accroît dans un premier temps sous l’effet des
économies fiscales pour diminuer ensuite quand ces gains sont
compensés par les coûts de faillite. On aboutit ainsi à la structure
optimale (Stiglitz, 1981 ; Ginglinger, 1997 ; Ziane, 2002 ; Hirigoyen
et Jobard, 1997 ; Albouy, 1997 ; Jensen et Meckling, 1976).
Seulement, les PME au Cameroun n’ont presque pas accès au

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NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

marché du financement classique (Bekolo-Ebe, 2002 ; Um-Ngouem,


1997 ; Eboué, 1988 ; Wamba, 2001 ; Essomba-Ambassa et Um-
Ngouem, 2002). Elles vont vers des financements parallèles,
notamment le financement informel et le financement par les
établissements de microfinance, qui disposent des moyens de
financement naturellement de court terme et très limités, car
n’ayant pas le pouvoir de création monétaire. L’effet de levier
semble alors limité dans le contexte des PME au Cameroun. De
même, les coûts de faillite au Cameroun dus à l’endettement
excessif semblent inexistants ou faibles dans le même contexte.

La troisième préoccupation de la structure financière réside sur


la hiérarchie des moyens de financement. Et d’après Myers et
Majluf (1984), le financement interne vient en première position,
l’endettement en deuxième et l’augmentation du capital en
dernière position. L’ordre de préférence des moyens de
financement par Myers et Majluf (1984) est controversé. Ainsi,
l’état du marché peut être plus favorable à l’augmentation du
capital qu’à l’endettement (Ginglinger, 1997). De même la nature
de l’actif à financer peut conduire à un financement n’obéissant pas
à cet ordre préconisé (Vernimmen, 1997). Par ailleurs, cet ordre est
véhiculé à partir des études menées dans les pays avancés où le
système financier est articulé et développé et les PME ayant à leur
disposition des organismes d’appui.

L’ordre de préférence des modes de financement par Myers et


Majluf (1984) ne nous semble pas absolument correspondre à la
structure financière optimale puisque la dette y est secondaire,
donc le bénéfice de l’économie de l’impôt sur les charges
financières est moindre, malgré l’impôt personnel et les coûts de
faillite réducteurs de l’effet de cette économie. Rappelons-nous
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Revue Semestrielle n013, Juillet-Décembre 2016 /Semestrial Review n013 July-December 2016

toutefois que dans certaines hypothèses, la structure financière est


neutre sur la valeur de l’entreprise. C’est pourquoi la section
suivante justifie la méthodologie adoptée sur la base la présente
littérature ainsi que des données récoltées sur le terrain.

3. Propriétés statistiques des données et Méthodologie


d’estimation et de classement
La méthodologie d’estimation des décisions de choix des modes de
financement et leur classement sont étroitement dépendante des
modèles théoriques de financement mais aussi et surtout des
propriétés statistiques des données de l’enquête qu’il convient de
présenter au préalable.

3.1. Propriétés statistiques des données sur les


modes alternatifs de financement
Pour mettre en évidence les modes de financement
alternatifs des PME en rationnement du crédit bancaire, il a été
procédé à un sondage aléatoire simple. Comme nous sommes dans
l`impossibilité de déterminer une valeur P approximative à travers
un sondage, c’est-à-dire, la proportion des PME interrogées dans le
cadre d’une étude préalable, nous fixons P à 0,5, cette valeur
représentant le cas le plus défavorable, c’est-à-dire la valeur qui
donne le plus grand écart type possible pour la distribution
d’échantillonnage de P . Dans ce cas, la taille de l’échantillon
requise pour assurer une marge d’erreur E (en valeur absolue)
n’excédant pas 4 % avec un niveau de confiance de 95 % sera
d’environ2 :

2Gérald Baillargeon, ’’Probabilités, Statistiques et Techniques de Régression, 1989 pp


256-257, les Editions SMG

9
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

Z2 / 2 P(1  P) Z2 / 2  (0,5)(0,5) (1,96)2


n    600
E2 E2 4(0,04)2

Dans cette formule, E désigne la marge d’erreur, Z, la loi normale


centrée réduite, P est l’estimateur de P dans l’étude préalable. 500
des PME de la ville de Douala, tous secteurs d`activités confondus
ont été consultées et parmi elles, 452 ont retourné le questionnaire
correctement rempli, soit un taux de retour d`environ 90%.

Les caractéristiques de l’échantillon portent sur les PME


interrogées3, leurs promoteurs ou principaux associés ainsi que
leurs dirigeants. Les tableaux en annexe résument ces différentes
caractéristiques. En effet, il ressort de ces tableaux que les sociétés
à responsabilité limitée (S.A.R.L) sont les plus nombreuses (56% de
la population des PME ayant collaboré), suivies des entreprises
individuelles (21,9%), des sociétés anonymes (19,9%), des sociétés
en nom collectif (1,8%) et d’autres formes juridiques (0,4%). La
structure de la propriété du capital dominante des PME étudiées
est l’appartenance à un seul individu (42,9%), ensuite la famille
(31%), les amis (18,6%), d’autres formes d’appartenance (4%), et
des collègues ou anciens collègues (2,7%). La nationalité
dominante des promoteurs est camerounaise (90,5%) suivie de
l’Europe (6,9%).

3
Le Cameroun compte environ 21436 PME dont 16937 PE et 4499 ME. La
ville de Douala regorge à elle seule pres de 9770 PME dont 7305 PE et 2465
ME. L`enquete a été effectuee uniquement sur les PME de la ville de Douala
ECONOMIE ET GESTION APPLIQUEES/APPLIED ECONOMICS AND MANAGEMENT
Revue Semestrielle n013, Juillet-Décembre 2016 /Semestrial Review n013 July-December 2016

Les PME sont reparties dans tous les secteurs d’activités.


Toutefois, les prestations de services constituent le secteur
dominant (44,2%). Elles sont suivies du commerce (28,8%), de la
fabrication des emballages plastiques, de l’industrie métallurgique
et des travaux publics (8%), de l’industrie alimentaire (6,6%), de
l’industrie du bois (4,6%), des établissements de micro finance
(4%), de l’agriculture, pêche et élevage (1,8%), de l’extraction des
carrières (0,90%), de l’industrie d’habillement (0,90%).

64,6% des PME réalisent un chiffre d’affaires hors taxes


compris entre 15 et 100 millions de FCFA, 33,4% un chiffre
d’affaires compris entre 100 millions et 1 milliard de FCA. 69,3%
des PME enquêtées réalisent le plus souvent des bénéfices. 11,6%
ont au moins 19 ans d’expérience, 25,6% 15 ans au moins, 51,20%
6 ans au moins et 81,40% 4 ans au moins. 92,3% des PME tiennent
une comptabilité. Toutefois, le simple fait de tenir un seul livre est
réputé tenir une comptabilité.

La majorité des promoteurs des PME a fait des études


supérieures (77,9%). Ils sont longuement expérimentés (65,5%
ont plus de 10 ans d’expérience) et sont en majorité de l’Ouest
Cameroun (63,5%). 58% de ces promoteurs ont entre 30 et 50 ans.
Ils sont suivis de ceux dépassant 50 ans (39,8%). Les dirigeants
sont aussi en majorité des universitaires (77,9%). Ils sont aussi
expérimentés (50,9% ont une expérience de plus de 10ans). Ils sont
également pour la plupart de l’Ouest (63,1%) et sont membres des
tontines (65,3%) (Comme les promoteurs) et d’associations
(67 ,5%).

Enfin, 55,1% des PME enquêtées estiment être victimes du


rationnement qualitatif. 43 PME sur les 199 ayant bénéficié du

11
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

financement bancaire n’ont pas pu obtenir le montant du crédit


sollicité, soit environ 9,5% des PME ayant participé à l’étude et
21,60% des PME ayant bénéficié du financement bancaire font
l’objet d’un rationnement quantitatif.

3.2 Méthodologie d’estimation des choix des modes de


financement et leur classement

La décision de faire recours à un mode de financement ou à un


autre est une variable qualitative déterminée par un certain
nombre de facteurs. Cela explique que nous fassions recours à un
modèle logit qui permet d’expliquer la probabilité de la décision
d’opter pour un mode de financement ou pas. On s’attèlera à
prédire la probabilité pour qu’une PME donnée recoure ou non à
un type de financement (court terme(CT), long ou moyen terme
(LMT)), ceci étant donné le rationnement du crédit bancaire
(Stiglitz et Weiss 1981 ; Williamson 1986 ; Bekolo-Ebe 1993, 1996 ;
Um-Ngouem 1997 ; Eboue 1998 ; Joseph 2000 ; Mayoukou 2008).
Ainsi, la typologie de rationnement du crédit et les modes de
financement alternatif utilisés dans le cadre de ce travail sont issus
de la littérature théorique classique sur le financement des
entreprises. Pour ce faire, le modèle logistique suivant a été utilisé :

1 𝑠𝑖 𝐶𝑇 = 𝜇 + ∑ 𝛽𝑘𝑋𝑖 + 𝜀𝑖
Type de financement ={
0 𝑠𝑖𝑛𝑜𝑛

Avec : CT = Financement de court terme, Xi = Un vecteur


représentant l’ensemble des types de rationnement du crédit
bancaire et εi : une perturbation aléatoire qui suit un bruit blanc.

4. Présentation et discussion des Résultats


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Revue Semestrielle n013, Juillet-Décembre 2016 /Semestrial Review n013 July-December 2016

L`enquête effectuée nous a permis de mettre en évidence les


modes de financement alternatif les plus sollicités, leur ordre de
préférence et leur utilisation, en situation de rationnement du
crédit bancaire. Le tableau ci-après indique le nombre de fois que
les entreprises ont eu à solliciter (nombre de citations) un mode de
financement particulier pour un type de rationnement donné.

Tableau 1 : La détermination des modes de financement alternatif les


plus sollicités
Nombre de PME ayant choisi le mode de
financement
Rationne
Modes de financement Rationn Rationne Rationn TOT
- ment RANG
(FF) e- ment -ment de e- ment AL
de
d’exploi long quantit
moyen
ta-tion terme atif
terme
Crédit interentreprises * 65 28 2 10 105 5e
Tontines * 112 49 14 28 203 1er
Associations * 56 10 - 16 82 6e
Aides familiales * 62 27 8 22 119 3e
Aides des amis * 60 28 4 21 113 4e
Ets de microfinance * 62 39 6 25 132 2e
Concours courants d’associés
31 21 2 - 54 7e
*
Augmentation de capital ** 5 8 12 - 25 8e ex
Ets de crédit bail ** - 21 4 - 25 8e ex
Sociétés de capital risque ** - 4 - - 4 11e
Céssions d’immobili-sations
- 8 4 - 12 10e
**
Particuliers (usuriers) *
- 1 - - 1 12e

Source : Calcul de l’auteur, à partir des donnees d’enquête *Modes de


financement de court terme ** Modes de financement de long et moyen
terme.
Du tableau ci-dessus, il apparaît que les tontines et les
établissements de microfinance sont les plus sollicités. Cependant,
les résultats ne sont pas rigoureusement identiques à l’intérieur de
chaque type de rationnement du crédit bancaire. Le rationnement

13
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

du crédit bancaire d’exploitation conduit plus au financement


informel, interentreprises et par les établissements de
microfinance. Le rationnement du crédit bancaire de moyen terme
conduit plus aux financements informels, interentreprises et par
les établissements de microfinance. Le rationnement du crédit
bancaire de long terme conduit plus au financement informel, inter
entreprise et par les établissements de microfinance. Les
financements informels, interentreprises et par les établissements
de microfinance sont les plus sollicités en situation de
rationnement qualitatif du crédit bancaire. Les financements
informel, interentreprises et par les établissements de
microfinance sont les plus sollicités en présence du rationnement
quantitatif. Pour le financement de long et moyen terme, on
s’attendrait à ce que les sources de financement de long et moyen
terme (augmentation de capital, crédit-bail, capital-risque), soient
les plus sollicitées pour permettre l’équilibre financier. Les
résultats descriptifs ci-dessus sont confirmés par les estimations ci-
après. Ainsi, le tableau 2 ci-dessous montre bien le lien existant (la
statistique de khi-deux est hautement significative à 1%) entre le
type de rationnement et les différents modes de financement
alternatifs envisagés.

Tableau 2 : La relation entre le rationnement du crédit bancaire et les modes de


financement alternatifs
Statistics for table of MODEFI by TYPERA
Statistic DF Value Prob
Chi-square 33 182.0704 . 0001
Likelihood Ratio Chi-Square 33 166.5362 . 0001
Mantel-Haenzel Chi-Square 1 4.8711 0.0273
Phi Coefficient 0.4562
Contingency Coefficient 0.4150
Cramer’s V 0.2634
Source : résultats obtenus à partir des données du tableau 1
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De même, il est vérifié par le test de khi-deux que le


rationnement du crédit bancaire conduit essentiellement aux
ressources de court terme (tableau3)

Tableau 3 : relation entre rationnement du crédit bancaire et modes de


financement alternatifs de court terme.
Statistics for table of MODEFI by TYPERA
Statistic DF Value Prob
Chi-square 21 139.7413 . 0001
Likelihood Ratio Chi-Square 21 134.5665 . 0001
Mantel-Haenzel Chi-Square 1 4.2961 0.0382
Phi Coefficient 0.5424
Contingency Coefficient 0.4768
Cramer’s V 0.3132
Source : L’auteur, par le traitement des données à partir du tableau 1 ne
retenant que les modes de financement de court terme et les types de
rationnement.

Nous pouvons mettre en évidence la relation entre les types


de rationnement bancaire et les types de financement.

Tableau 4 : Les types de rationnement (RL et RQ) et les types de financement


Types de financement (TF)
Types de rationnement (TR) CT (1) LMT (2)

1- Rationnement qualitatif (RL) 687 66


2- Rationnement quantitatif (RQ) 112 -
Source : L’auteur à partir du tableau 1

Ce tableau nous montre que, lorsque les PME sont victimes


du rationnement bancaire qualitatif, elles ont le plus recours au
financement alternatif de court terme ; 687 citations contre 66. Et
en présence du rationnement bancaire quantitatif, elles affluent
uniquement au financement alternatif de court terme, 112 contre
0.

15
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

Nous pouvons prolonger l’étude de cette relation en


analysant le rationnement qualitatif en trois types.

Tableau 5 : Les types de rationnement et les types de financement


Types de financement (TF)
Types de rationnement (TR) CT (1) LMT (2)

1- Rationnement d’exploitation (RE) 448 5


2- Rationnement de moyen terme (RMT) 203 41
3- Rationnement de long terme (RLT) 36 20
4- Rationnement quantitatif (RQ) 112 -
Source : L’auteur, à partir du tableau 1

Il ressort de ce tableau que, lorsque les PME connaissent le


rationnement d’exploitation, elles ruent plus vers le financement
de court terme, 448 citations contre 5. En cas de rationnement de
moyen terme, elles sollicitent plus le financement alternatif de
court terme, 203 contre 41. Lorsqu’elles sont en situation de
rationnement de long terme, elles courent plus vers le financement
alternatif de court terme ; 36 contre 20. Face au rationnement
quantitatif, elles ne vont que vers le financement alternatif de court
terme.

Le modèle logit confirme les résultats obtenu ci-dessus, en


mettant en relation les types de rationnement du crédit bancaire et
les types de financement alternatif.

Tableau 6: La relation entre les types de rationnement du crédit


bancaire et les types de financement (estimation de l’équation 1)
The GENMOD Procedure (logit) : Analysis Of Parameter Estimates
Paramet D Estimat Standar Wald 95% Chi- Pr Odds
er F e d Confidence Squar >ChiSq Ratio
Intercept 1 5.4161 Error
1.4173 2.638Limits
8.194 e
14.60 0.0001*
1 0 **
TR 1 -3.0802 1.4231 - - 4.68 0.0304* 0,0459
RL 5.869 0.290 * 5
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TR 0 0.0000 0.0000 0.000 0.000 1


RQ 0 0
Scale 0 1.0000 0.0000 0.000 0.000
0 0

LR Statistics For Type 3 Analysis


Source DF Chi-Square Pr > ChiSq
TR 1 15.45 <.0001
Source : L’auteur, à partir de la relation types de rationnement et types de
financement (tableau 4)
NOTE: The scale parameter was hedl fixed ; ** Significatif à 5% ; *** Significatif à
1%

Le modèle logit nous montre que le rationnement du crédit


bancaire conduit plus au financement de court terme. Et le
rationnement quantitatif le fait plus que le rationnement qualitatif
(Odds Ratio du rationnement quantitatif = 1 et Odds Ratio du
rationnement qualitatif = 0,0459). Ainsi, « Quelle que soit la nature
du rationnement du crédit bancaire, les PME ont recours à des
financements alternatifs identiques, essentiellement de court
terme ».

Nombre de PME ayant exprimé le mode de ce


financement comme 1er choix Rang du
Modes de Rationne Rationne- mode de
Rationne- Rationne- Total
financement - ment ment de finance-
ment de long ment
d’exploit moyen ment
terme quantitatif
a-tion terme
Crédit 43 18 2 6 69 3e
interentreprises
Tontines 74 20 4 27 125 1er
Associations 12 2 - 6 20 8e
Aides familiales 23 10 4 16 53 4e
Aides des amis 18 20 4 11 53 4e ex
Ets de microfinance 36 19 2 22 79 2e
Concours courants 20 19 2 - 41 6e
d’associés
Augmentation de 2 6 6 - 14 9e
capital

17
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

Ets de crédit bail - 19 2 - 21 7e


Sociétés de capital - - - - - -
risque
Céssions - - - - - -
d’immobili-sations
Particuliers - - - - - -
(usuriers)
Les financements sont sollicités dans un ordre de
préférence. Nous pouvons resumer dans un tableau l’ordre de
préférence des modes de financement alternatifs.

Tableau 7 : La synthèse de l’ordre de préférence des modes de


financement alternatif
Source : L’auteur, à partir de l’enquête

Globalement, en situation de rationnement du crédit


bancaire, les PME choisissent en premier lieu les tontines (125
PME), en deuxième lieu les établissements de microfinance (79
PME), en troisième lieu le crédit interentreprises (69 PME), en
quatrième lieu les aides familiales (53 PME) et les aides des amis
(53 PME), en sixième lieu les concours courants d’associés (41
PME), en septième lieu les établissements de crédit-bail (21 PME),
en huitième lieu les associations et en neuvième lieu
l’augmentation de capital. Ainsi, la hiérarchie des modes de
financement décrite par Myers et Majluf est différente en situation
de rationnement du crédit bancaire.

Cet ordre est cependant parfois bouleversé à l’intérieur des


types de rationnement. En situation de rationnement du crédit
bancaire d’exploitation, les PME choisissent en premier lieu le
financement informel, en second lieu le financement
interentreprise, en troisième lieu les établissements de
microfinance et en dernier lieu les apports des associés.
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En situation du rationnement du crédit bancaire de moyen terme,


les PME choisissent en premier lieu le financement informel, en
second lieu les établissements de microfinance, en troisième lieu
les concours courants d’associés, en avant dernier lieu le crédit
interentreprise et en dernier lieu l’augmentation de capital.

En situation de rationnement du crédit bancaire de long


terme, les PME ont recours en premier lieu à l’augmentation de
capital, en second lieu au financement informel, en troisième lieu
aux établissements de microfinance et en dernier lieu aux concours
courants d’associés, aux crédits inter-entreprises et au crédit-bail.

En situation de rationnement quantitatif du crédit bancaire, les


PME choisissent en premier lieu le financement informel, en
deuxième lieu les établissements de microfinance et en troisième
lieu le crédit inter entreprise.

Les financements de long et moyen terme ne sont pas


toujours préférés pour couvrir les besoins à long et moyen terme.
Ce qui fragilise la situation financière de l’entreprise. Certes, les
crédits de court terme constamment renouvelés se substituent aux
financements de long et moyen terme, avec pour contrepartie, le
risque d’immobilisation. Par ailleurs ils sont plus coûteux.
Cependant, la préférence aux modes de financement de court terme
peut être dû d’une part à la rigidité des PME à ouvrir leur capital
(Beyina, 2008, p.325 ; Janssen et Wtterwulghe, 2000) et d’autre
part aux nouvelles exigences des établissements de crédit-bail qui
se rapprochent de celles des banques (analyse du risque)
(Depallens et Jobard, 1990, p.737).

19
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

Le rationnement de crédit n’est pas seulement qualitatif, il


peut aussi être quantitatif et entraîner des mécanismes de
financement spécifiques.

L’ordre de préférence des modes de financement alternatif des


PME, lorsqu’elles sont en situation de rationnement quantitatif du
crédit bancaire est le suivant :
Tableau 8 : L’ordre de préférence des modes de financement alternatif des PME
en présence du rationnement quantitatif du crédit bancaire

Nombre de PME Rang du


Modes de ayant exprimé mode de
financement le mode de financement
alternatifs financement
comme 1er choix
Tontines 27 1er
Crédit 6 5èmeex
interentreprises
Associations 6 5èex
Aides familiales 16 3è
Aides des amis 11 4è
Etablissements 22 2è
de microfinance
Source : L’auteur, à partir de l’enquête.

En présence du rationnement quantitatif du crédit


bancaire, les PME choisissent en premier lieu les tontines, en
second lieu les établissements de microfinance, en troisième lieu
les aides familiales, en quatrième lieu les aides des amis et en
cinquième lieu le crédit interentreprises (cinquième excéco) et les
associations (cinquième excéco). En situation de rationnement
quantitatif du crédit bancaire, les PME choisissent en premier lieu
le financement informel, en second lieu les établissements de
microfinance et en troisième lieu le crédit interentreprises.
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Le recours ici au financement alternatif de court terme ne


nous semble pas alarmant dans la mesure où ce financement est
complémentaire. Cependant, il est embarrassant, s’il est important.
L’utilisation des modes de financement alternatif qui peut être
exclusive ou conjointe succède à l’ordre de préférence de ces
modes. Outre le fait que 288 PME sur 292 (connaissant le
rationnement qualitatif ou quantitatif) déclarent obtenir à la fois
des financements de plusieurs sources, on observe que, sur 43 PME
victimes du rationnement quantitatif, 122 PME ont eu recours aux
différents modes de financement alternatifs pour satisfaire leurs
besoins de financement. En conséquence, l’utilisation des modes de
financement alternatif est conjointe, en situation de rationnement
quantitatif du crédit bancaire.

Discussion des résultats


L’étude sur le terrain nous a révélé la structure de
financement alternatif des PME. Nous voulons maintenant leur
proposer une qui nous semble plus adaptée.

Sur la structure de financement alternatif des PME

La proposition que nous entendons faire est fonction du


type de rationnement du crédit bancaire, à savoir le rationnement
qualitatif et le rationnement quantitatif. En termes de
rationnement qualitatif, nous avions distingué le rationnement
d’investissement du rationnement d’exploitation. Une structure de
financement des PME en situation de rationnement du crédit
d’investissement peut alors apparaître.

Nous allons énumérer les modes de financement alternatif


préconisés et indiquer l’ordre de préférence de ces modes de

21
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

financement. Lorsque les PME ont été rationnées du crédit


d’investissement, nous leur proposons les modes de financement
alternatif suivants : les concours d’associés bloqués, le crédit-bail,
le crédit interentreprises, le capital-risque, l’augmentation de
capital, les établissements de microfinance et les tontines.

Cette structure se justifie par le fait que, autres que les tontines et
les établissements de microfinance, les modes de financement ci-
dessus proposés sont des ressources durables. Comme ces
ressources durables vont financer les emplois stables, la
préoccupation de l’équilibre financier minimum sera satisfaite. Les
emplois stables seront ainsi financés par les ressources durables.

De plus en plus, les établissements de crédit-bail procèdent aux


mêmes analyses de risque que les banques, réduisant ainsi les
possibilités de financement des PME par ce moyen (Depallens et
Jobard, 1990, P.737). Le dossier à fournir par l’entreprise à l’appui
de sa demande à l’établissement de crédit-bail comporte des
renseignements très proches de ceux de la banque : les documents
de synthèse des trois derniers exercices, des renseignements sur
ses engagements financiers et des renseignements sur
l’investissement à effectuer (Depallens et Jobard, 1990, p.737).
L’établissement de crédit-bail procède en outre, à l’évaluation du
risque qui tient à la solvabilité future du locataire. Il s’intéresse
aussi à l’utilisation du bien lorsqu’il doit le récupérer (Deppallens
et Jobard, 1990, 737).

Nous pouvons signaler que certaines PME ne tiennent pas


une comptabilité normalisée ou que la comptabilité n’existe pas, et
sont par conséquent incapables de fournir l’information
nécessaire. Les exigences des sociétés de capital-risque telles que
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le revêtement ou la prise de la forme d’une société anonyme et


l’immixtion à la gestion de l’entreprise peuvent constituer une
barrière à ce mode de financement. Les entreprises camerounaises
acceptent d’ailleurs difficilement l’ouverture du capital.

L’augmentation du capital ne semble pas évidente pour les


PME au Cameroun pour plusieurs raisons principales. La première,
elles ne remplissent pas souvent les conditions d’accès au marché
financier (forme juridique, exigence d’un minimum de capital
social…). La deuxième, les PME au Cameroun sont allergiques à
l’ouverture du capital et à l’affaiblissement de leur pouvoir de
contrôle (dilution du pouvoir de contrôle). L’augmentation du
capital par le promoteur lui-même est plus aisée. Mais celle-ci ne
permet pas souvent de disposer des ressources suffisantes.

Nous avons complété le financement permanent lorsque les


PME souffrent du rationnement bancaire d’investissement, par les
établissements de microfinance et les tontines. L’environnement
dans lequel évoluent les PME au Cameroun l’oblige. En effet la
récente crise économique mondiale a renforcé les circuits
financiers informels et a favorisé le développement des
établissements de microfinance. La perte de confiance en les
banques et l’éloignement géographique de celles-ci ont dirigé
davantage les épargnants vers la microfinance. Les PME se créent
et se développent en se finançant par la microfinance. Cependant,
nous avions dit plus haut qu’il existait une intégration entre les
banques et les établissements de microfinance.

Remarquons que ce sont les tontines avec enchères qui sont


de véritables financiers d’hommes d’affaires, car elles amassent des
sommes très importantes. Nous pouvons regretter dans le

23
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

financement de l’investissement par les établissements de


microfinance et les tontines que les ressources dont disposent
ceux-ci sont de court terme. Toutefois les entreprises se
développent en finançant une partie de leurs emplois stables par
les crédits de court terme constamment renouvelés (Hirigoyen et
Jobard, 1997).

Nous préconisons l’ordre de préférence des modes de


financement stable comme suit : en premier lieu, nous proposons
de recourir au compte courant d’associés bloqués, en second lieu
au crédit-bail, en troisième lieu au crédit interentreprises, en
quatrième position au capital-risque et en dernier lieu à
l’augmentation de capital. Les raisons de cet ordre sont multiples.

Le compte courant d’associés bloqué permet à l’entreprise


de solliciter les associés en augmentant les fonds propres sans
recourir à l’augmentation du capital qui est une opération
coûteuse. Le compte courant d’associés est relativement facile à
constituer et améliore l’autonomie financière, la capacité
d’endettement et la flexibilité financière de l’entreprise, lorsqu’il
s’agit du compte courant d’associés bloqué. Toutefois, les associés
peuvent ne pas avoir des moyens pour répondre convenablement
aux concours sollicités.

Le crédit-bail vient en seconde position de par son


caractère pratique et de la simplicité administrative de sa mise en
place d’une part et de l’assouplissement de la contrainte de
financement externe et d’accroissement indirect de la capacité
d’endettement, d’autre part (Charreaux, 1991, p.541). Le caractère
pratique, applicable surtout au crédit-bail mobilier, permet
l’utilisation des biens d’équipement, sur des périodes brèves, sans
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passer par les formalités et les risques liés à une procédure d’achat
et de revente. Le risque lié à l’incertitude sur la valeur de revente
est paré (Charreaux, 1991, P.541). Le crédit-bail peut constituer la
solution idoine dans des circonstances nécessitant un
investissement immédiat et à rentabilité élevée dans la mesure où
la réalisation des opérations financières classiques est souvent
assez longue (Depallens et Jobard, 1990, P.737). Le financement
par crédit-bail est intégral. Ce qui peut être encourageant pour les
entreprises à forte rentabilité interne, qui peuvent par ce moyen,
conserver à leur disposition les 25% à 30% du coût de
l’investissement qu’elles auraient nécessairement autofinancé
dans le cas de crédits à moyen terme (Barreau et Jibard, 1983,
P.300). Toutefois, certains établissements de crédit-bail exigent de
l’entreprise une avance remboursable au terme du bail. Cette
avance constitue une caution (Charreaux, 1991, P.541). Le crédit-
bail laisse intacte la capacité d’endettement de l’entreprise
(Barreau et Delahaye, 2003, P.374). Mais pour Charreaux, (1991,
P.542), le crédit-bail améliore cette capacité.

Le crédit interentreprises vient en troisième position. Le


crédit interentreprises peut aussi être une source de financement
de moyen terme. Nous pouvons en citer les contrats à long terme,
l’acquisition d’immobilisations dont le prix est indexé, l’acquisition
d’immobilisation au moyen des redevances annuelles, l’acquisition
d’immobilisations contre versement d’une rente viagère. Ce crédit
interentreprises de moyen terme peut permettre le financement du
haut du bilan des PME. Le contrat à long terme porte sur la
construction ou la réalisation d’un bien, d’un service, ou d’un
ensemble de biens ou de services complexes. La perception des
revenus contractuels est fonction du travail exécuté au contrat. Les

25
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

contrats à forfait pour lesquels l’entreprise accepte la réalisation


d’un travail sur la base d’une rémunération fixe arrêtée dès la
conclusion du contrat assortie le cas échéant, d’une clause de
révision ou d’intéressement, font partie des contrats à long terme.
Le contrat à long terme peut être envisagé dans les PME dans le
cadre de l’acquisition des constructions. On peut dans le cadre du
contrat à long terme regretter que la conclusion du contrat
s’accompagne le plus souvent des avances et acomptes. Par ailleurs,
les livraisons partielles donnent lieu à paiement. Ce qui ne semble
pas tellement attractif pour les PME.

L’acquisition d’immobilisations dont le prix est indexé


s’accompagne parfois d’un crédit de longue durée par le
fournisseur (Caspar et al. 2005, P.124 ; Dietsch, 1997 ; Joseph,
2000 ; Tchouassi et Ndjanyou, 2002), ce qui peut faciliter
l’acquisition des immobilisations par les PME. Toutefois,
l’indexation du prix rend l’opération coûteuse.

L’acquisition d’immobilisations au moyen des redevances


annuelles permet de régler tout ou partie du prix au moyen de
redevances périodiques calculées en fonction de l’activité
engendrée par cette acquisition (Caspar et al. 2005, P. 124). Ce
mode de financement semble très adapté aux PME, compte-tenu du
fait que les redevances à payer sont fonction de l’activité engendrée
par l’acquisition de l’immobilisation. Par ailleurs le paiement peut
se faire en totalité sous forme de redevances, ce qui constitue une
modalité de paiement souple pour les PME. Toutefois, comme le
crédit-bail, cette opération peut être coûteuse.

L’acquisition d’immobilisations contre versement d’une


rente viagère permet, selon la volonté des parties, de disposer
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d’une immobilisation en payant le prix sur la durée de vie du


vendeur ou crédirentier. Ce mode d’acquisition peut toutefois être
onéreux dans la mesure où la rente peut être indexée. En plus la
durée de vie du vendeur peut être beaucoup plus longue qu’on ne
l’a pensée.

L’acquisition d’immobilisations au moyen de redevances


annuelles et l’acquisition d’immobilisations contre versement
d’une rente viagère semblent peu répandues dans notre
environnement. Les contrats à long terme sont observés dans le
bâtiment dans notre espace. Le capital-risque vient en quatrième
position de notre choix. Ce choix s’explique par le fait que le capital-
risque constitue un apport en fonds propres, ce qui améliore aussi
la capacité d’endettement, la flexibilité financière de l’entreprise.
Mais l’allergie à l’ouverture du capital pour la plupart des
entreprises au Cameroun et leur rigidité à se transformer en société
anonyme constitue un frein à ce type de financement.

Nous pensons que l’augmentation du capital peut suivre le


capital-risque. De tous les modes de financement, l’augmentation
constitue la source la plus onéreuse pour deux raisons : l’opération
en elle-même est coûteuse (publicité, honoraires, droits
d’enregistrement) et le taux de rentabilité exigé par les
actionnaires (le coût des fonds propres) est naturellement plus
élevé que le coût de la dette. Cependant, l’état du marché financier
est parfois plus favorable à l’augmentation du capital. Ainsi, outre
la peur de la dilution du pouvoir et la perte du contrôle, on va
préférer l’augmentation du capital à l’endettement. Donc, lorsque
les PME sont victimes du rationnement du crédit bancaire
d’investissement, elles peuvent premièrement faire appel à
l’augmentation du capital.

27
NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

L’ordre de préférence préconisé n’est donc pas immuable.


Il repose sur l’état du marché financier. Ainsi après l’augmentation
du capital, les établissements de microfinance et les tontines
viennent respectivement clôturer notre ordre de préférence. Ces
deux dernières formules viennent en dernier lieu par le fait qu’elles
se caractérisent par des ressources de court terme. Assurer
l’adéquation ressources de court terme - emplois stables n’est pas
aisé. La transformation des ressources de court terme en
ressources de long terme comporte un risque d’immobilisation.

Les établissements de microfinance épousent actuellement


les habitudes des banques et manifestent un rationnement du
crédit pas loin de celui de ces dernières (Mayoukou, 2008 ; Lanha,
2006, p.23). Ils ont tendance à s’internationaliser et à adopter une
analyse du risque fondée sur l’analyse financière calquée de
l’Occident (Mayoukou, 2008) que sur la proximité relationnelle.
Ainsi, après l’augmentation du capital, le passage peut être direct
aux tontines.

Le deuxième volet du rationnement qualitatif est le


rationnement du crédit d’exploitation. Lorsque les PME sont
rationnées du crédit d’exploitation, elles peuvent faire appel au
financement inter-entreprises, au financement informel, au
financement par les établissements de microfinance et aux
concours courants d’associés.

Le rationnement du crédit bancaire d’exploitation ne pose


pas trop de problème aux PME dans la mesure où il y a adéquation
entre les ressources accessibles et les emplois à financer, c’est-à-
dire qu’ici, la règle de l’équilibre financier minimum est respectée.
Seulement ces ressources sont plus limitées car, que ce soit le
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financement informel, que ce soit les établissements de


microfinance, la création de monnaie n’est pas possible. De même,
le souci de l’autonomie financière, de la flexibilité financière limite
les possibilités d’endettement à court terme. Les moyens de
financement alternatif, en situation du rationnement bancaire
d’exploitation étant connus, dans quel ordre de préférence seront-
ils choisis ? En présence du rationnement du crédit bancaire
d’exploitation, nous proposons l’ordre de préférence suivant des
modes de financement alternatifs : les PME choisiront en premier
lieu le crédit interentreprises, en second lieu les établissements de
microfinance, en troisième lieu le financement informel,
notamment les tontines et en quatrième lieu les concours courants
d’associés.

Le crédit interentreprises est plus pratique et plus facile à


obtenir lorsqu’on veut acquérir des stocks. Il repose sur les
relations commerciales. Certaines entreprises ont pu se mettre en
place et se développer en acquérant les stocks à crédit et en réglant
le fournisseur après avoir écoulé le stock et encaissé le prix de
ventes auprès des clients. C’est une source de financement non
gagée. Il se caractérise par un simple formalisme. Il ne fait pas
l’objet de signature d’un contrat (Assiga-Ateba, 2002 ; Tchouassi et
Ndjanyou, 2002). Le crédit fournisseur constitue une forme de
crédit moins coûteuse que le crédit bancaire, car la précision de
l’information détenue par le fournisseur sur la situation de
l’acheteur est plus élevée que celle de la banque (Dietsch, 1997). Le
crédit interentreprises constitue aussi un moyen de financement
limité (très limité).

Les établissements de microfinance viennent en seconde


position par le fait que les tontines, surtout à enchères, pratiquent

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NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

le plus souvent un taux d’intérêt plus élevé (Ngongang et Wandji,


2002). Par ailleurs, les établissements de microfinance incitent à la
modernité par l’exigence de l’information comptable et financière
et parfois l’assistance à la gestion des affaires de leurs clients. La
microfinance moderne constitue aussi une source de financement
permanente dans la mesure où on peut y aller à tout moment, au
contraire des tontines dont les opérations sont souvent
périodiques. Toutefois, de par leur impossibilité à créer de la
monnaie, les établissements de microfinance disposent des
ressources très limitées.

Le financement informel, notamment les tontines, arrive au


dernier plan. Malgré l’importance des ressources dont le secteur
financier informel regorge et ses procédures plus simples et plus
rapides, nous ne souhaitons pas que les PME se développent et
deviennent pérennes à travers l’informel. Elles doivent intégrer la
modernité. Le secteur financier informel, en principe, dispose des
ressources plus limitées que la microfinance formelle. Les
pratiques individuelles (l’usure) sont plus coûteuses et plus
limitées en terme de ressources.

Les aides des proches ne sont pas une source de


financement sûre, dans la mesure où on ne sait pas si le proche
dispose des moyens. Par ailleurs, on ne sait pas si le proche va
adhérer au soutien financier. Les aides des proches constituent
encore des ressources plus limitées et aléatoires.

Les concours courants d’associés peuvent intervenir en


dernier lieu, soit pour répondre à un appel de fonds qui n’a pas pu
être satisfait par les premières sources soit pour renforcer d’une
certaine manière la flexibilité financière de l’entreprise (malgré
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que ces concours constituent aussi des dettes). Ils constituent aussi
une source de financement très limitée, les promoteurs étant
allergiques à l’ouverture du capital.

Comme le rationnement qualitatif, le rationnement


quantitatif est à la fois d’investissement et d’exploitation. Lorsque
la quantité de monnaie obtenue de la banque n’a pas suffi, les PME
peuvent recourir à des financements alternatifs précis. Le
rationnement quantitatif d’investissement peut conduire aux
modes de financements alternatifs suivants : le compte courant
d’associés bloqués, l’augmentation de capital, le compte courant
d’associés classique, le financement par les établissements de
microfinance, le financement informel.

Le compte courant d’associés bloqué et l’augmentation du


capital permettent d’assurer l’adéquation emplois stables-
ressources stables, donc l’équilibre financier. Comme les
financements longs sont rares dans notre contexte pour les PME,
on peut compléter le crédit bancaire par le compte courant
d’associés classique, les établissements de microfinance et le
financement informel qui sont tous des financements de court
terme. Certes l’équilibre financier est rompu, mais il n’est pas grave
dans la mesure où ces formules de financement ne sont que
complémentaires et que les entreprises se développent en réalité,
en finançant une partie de leurs emplois stables par les crédits de
court terme renouvelés (Hirigoyen et Jobard, 1997).

Ce qui peut nous intéresser maintenant, est de savoir dans


quel ordre de préférence vont intervenir ces modes de

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NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

financement. Les financements sollicités peuvent se succéder


comme suit : en premier lieu le compte courant d’associés bloqué,
en second lieu l’augmentation de capital, en troisième lieu le
compte courant d’associés classique, en quatrième lieu les
établissements de microfinance et en dernier lieu de financement
informel. Les raisons avancées plus haut pour l’ordre préconisé
valent ici.

Le rationnement quantitatif d’exploitation peut avoir les


voies de recours différentes de celles du rationnement quantitatif
d’investissement. C’est ainsi que peut apparaître une structure de
financement des PME en situation de rationnement quantitatif
d’exploitation. Lorsque les PME n’ont pas obtenu le montant du
crédit sollicité pour financer les besoins d’exploitation, elles
peuvent recourir à des modes de financement alternatifs relevés ci-
dessous. En situation de rationnement quantitatif d’exploitation,
les PME peuvent se contenter du financement interentreprises, des
établissements de microfinance, du financement informel et des
concours courants d’associés. Ces modes de financement
correspondent bien au financement du bas du bilan.

Il reste à déterminer l’ordre de préférence dans lequel ils


vont intervenir. Nous préconisons en premier lieu le crédit
interentreprises, en second lieu le financement par les
établissements de microfinance, en troisième lieu le financement
informel et en dernier lieu les concours courants d’associés. Que ce
soit le rationnement qualitatif, que ce soit le rationnement
quantitatif, l’utilisation des modes de financements alternatifs est
combinée, mais suit un ordre de préférence. Il serait prétentieux de
nous limiter à la structure de financement alternatif proposée. C’est
aberrant qu’une économie fonctionne hors du circuit bancaire.
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Pour cela, nous formulons des propositions allant dans le sens


d’améliorer le financement bancaire des PME.

Sur l’amélioration du financement bancaire des PME

Les PME doivent entreprendre des efforts dans le but de


réduire, voire supprimer l’asymétrie d’information et le risque qui
les caractérisent par la relation de clientèle, la communication, les
accords de coopération avec les établissements de crédit, les Prêts
de groupe, la bonne gestion et la tenue d’une comptabilité
régulière.

Les banques peuvent aussi contribuer à la réduction de


l’asymétrie d’information et du risque par la relation de clientèle,
les accords de coopération, la participation au capital ou à la
gestion des PME, la surveillance ou le contrôle et les clauses
restrictives. Toutefois, les clauses restrictives réduisent les
opportunités de l’entreprise. De même, la participation au capital
et à la gestion des PME, la surveillance ou le contrôle alourdissent
la gestion de la banque et peuvent entraîner l’aggravation du coût
du capital.

L’intervention des pouvoirs publics s’articule autour des


points suivants : la création des organismes de soutien aux PME
(banques de développement, fonds de garantie aux PME,
organismes d’assistance aux PME), l’assainissement de
l’environnement macroéconomique (lutte contre la corruption,
appareil judiciaire efficace, promotion de la centrale des risques,
fiscalité attrayante) et la collaboration avec la banque centrale
(côtes de réescompte réservées aux PME, conditions de crédit plus
souples).

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NDJECK Noé, Le Classement des modes de financement alternatif des PME en situation
de rationnement de crédit bancaire

5. Conclusion
Que ce soit sur le plan théorique qu’empirique, le
financement demeure une préoccupation majeure des PME.
L’étude que nous avons menée sur le terrain nous a permis de
constater que sur 452 PME interrogées, 249 PME n’ont pas pu
bénéficier du financement bancaire (soit 55,1% des PME
interrogées et ayant répondu au questionnaire). Il s’agit là du
rationnement qualitatif. Parmi les 203 PME ayant bénéficié du
crédit bancaire, 43 PME ne parviennent pas à obtenir le montant
demandé (soit 21,18% des PME bénéficiaires du crédit bancaire).
Ces dernières sont victimes du rationnement quantitatif.

L’ampleur du rationnement du crédit bancaire des PME a


eu entre autres comme conséquence le recours des PME aux
mécanismes de financement alternatif. Ainsi les PME font appel, en
situation de rationnement du crédit bancaire, au financement
formel (établissements de crédit-bail, sociétés de capital-risque,
crédit interentreprises, établissements de microfinance, concours
des associés, financement interne (céssions d’immobilisations) et
au financement informel (tontines, aides des proches, associations
et particuliers). Les tontines, les établissements de microfinance, le
crédit interentreprises et les aides des proches sont des modes de
financement alternatif les plus sollicités. Et nous les avons cités,
obéissant chacun à un ordre de préférence bien précis des PME.
Le travail que nous avons effectué a le mérite d’une part d’enrichir
la théorie financière et d’autre part d’orienter les PME dans leur
stratégie de financement. Ce travail enrichit la théorie financière
par le fait qu’il précise les mécanismes de financement alternatif
auxquels ont recours les PME pour un rationnement du crédit
bancaire donné. Il s’agit des modes de financement alternatif les
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plus sollicités, de leur ordre de préférence et de leur utilisation


conjointe. L’apport pratique de ce travail réside dans le fait qu’il
nous indique qu`à chaque type de rationnement, correspondent
des mécanismes de financement auxquels peuvent avoir recours
les PME dans un contexte de rationnement du crédit bancaire. C’est
ainsi que nous avons préconisé en situation de rationnement
qualitatif, avec ses variantes, qu’en situation de rationnement
quantitatif, les modes de financement alternatif auquels les PME
peuvent avoir recours, ainsi que l’ordre de préférence de ces modes
de financement.

Cependant, ce travail n’est pas parfait. Il comporte aussi des


limites. Ainsi, certains aspects de ce travail auraient pu être
précisés. Il s’agit notamment du rationnement du crédit bancaire
par type d’entreprise (petite entreprise, moyenne entreprise), du
rationnement du crédit bancaire par nature d’activité (prestations
de services, commerce, industrie…), des modes de financement
alternatif les plus sollicités et leur ordre de préférence par type
d’entreprise, par nature d’activité de l’entreprise. Notre méthode
de collecte des informations par questionnaire pouvait se doubler
de l’entretien pour comprendre davantage les mécanismes de
financement alternatif des PME face au rationnement du crédit
bancaire. Toutefois, les objectifs de ce travail, à savoir :la mise en
exergue des modes de financement hors bancaires accessibles aux
PME au Cameroun, la mise en relief des modes de financement
alternatif appropriés à chaque type de rationnement et l`indication
de l’utilisation de ces modes de financement ainsi que leur ordre de
préférence semblent être atteints. La précision de certains aspects
de ce papier pourra être envisagée dans nos travaux futurs.

7- REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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