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Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux.

Paix
Et salut soient accordés à notre prophète Seydina
Mouhammad, à sa famille et à tous ses compagnons

Conférence Religieuse

Animée par :

Le Professeur Ibrahim Mahmoud Diop

Sur le thème :

Le Saint Coran le plus grand


Des miracles

Par référence aux paroles de Dieu le Très Haut :

« S’il existait un Coran par lequel les montagnes seraient


mises en marche, la terre mise en pièces, et les morts amenés à
parler !... Mais non !... Le commandement appartient en entier
à Dieu. »
(Le tonnerre, XIII 31)
Le Saint Coran le plus grand des miracles

Que Dieu nous préserve de Satan le maudit, au nom de Dieu le


Clément, le Miséricordieux, grâce lui soit rendue.

Grâce soit rendue à Dieu qui envoya son livre à son prophète :

«Alîf, Lâm, Râ. Voici un livre dont les versets ont été
confirmés, puis expliqués de la part d'un Sage parfaitement
informé».
(Sourate 11-1 Houd.)

«L'erreur ne s'y glisse nulle part, c'est une révélation d'un


sage Seigneur et digne de louanges».
(Sourate 41.42)

Paix et salut soient accordés au plus honorable des prophètes, Sidna


Mohammed, maître des prédécesseurs et des successeurs, à sa famille, à
ses compagnons et à tous ceux qui suivirent la voie tracée par lui jusqu'au
jour du Jugement dernier.

« Ils dirent : Gloire à Toi. Nous ne savons rien en dehors de ce


que tu nous as enseigné ; tu es, en vérité, l'Omniscient, le Sage
».
(Sourate La Génisse (II).32)

Sire, Commandeur des Croyants, le Roi Hassan II, astre brillant de


notre assemblée et sa pleine lune, Président vénéré de l'organisation de la
Conférence Islamique à qui nous souhaitons, en toute sincérité, que Dieu
lui assure protection et succès dans tous les domaines et surtout dans celui
de la solidarité islamique véritable qui demeure votre souci permanent.

La solidarité islamique est le terrain privilégié pour faire parvenir le


message de Dieu grâce à la parole juste, l'action bénéfique, la sagesse
clairvoyante et l'exemple probant et ce, en s'appuyant sur un dialogue
sincère, en s'imprégnant de paix et de sérénité et en ayant la conscience
tranquille. C'est là une action que vous menez, Majesté, en toute modestie
et sincérité. Nous espérons que les hommes justes et équitables, où qu'ils
se trouvent, prennent conscience, comme vous le souhaitez, de la pureté
de l'Islam hors de toutes les projections qui sont étrangères à sa vérité, à
sa nature, à sa magnanimité et à sa perfection. Une pareille conduite ne
peut être qu'une manifestation de la miséricorde divine visant à libérer
les nations que préoccupe le message divin des flétrissures génératrices
de faiblesse et de dispersion et à faire en sorte que les croyants se
réjouissent du triomphe de Dieu.
L'Islam, comme vous l'avez annoncé lors de l'inauguration du
"Sommet des sommets" comporte un appel à la cohabitation pacifique
entre les nations, à l'entente universelle et à la glorification de la personne
humaine. En effet, l'Islam n'établit aucune séparation entre les individus,
que leurs différences soient ethniques ou religieuses. Il ne dresse aucune
barrière entre les êtres humains, comme le souligne le saint hadith : «
Vous êtes des fils d'Adam et d'Eve. Un Arabe ne l'emporte sur un non-
Arabe, et un blanc sur un noir, que par la piété ». Personne n'est dans
l'obligation d'embrasser cette religion. Dieu, le Très-Haut dit :
« Nulle contrainte en religion !» (Sourate II, Verset 255), La
Génisse)
Et il dit aussi :
« Dis : «la vérité émane de votre Seigneur, quiconque le veut,
qu'il soit croyant, et quiconque le veut, qu'il soit mécréant ».
(La Caverne, XVIII - 29)

Sire, je considère ma présence parmi les personnes ici réunies, à la


chaire de cette vénérable assemblée hassanienne, comme un immense
bienfait qui me fait à chaque fois répéter humblement les paroles de Dieu,
le Très-Haut :

« Permets-moi de te remercier pour le bienfait dont tu m'as


comblé, ainsi que mes parents, et d'accomplir le bien que tu
agrées. Fais-moi entrer, par ta miséricorde, parmi tes
serviteurs vertueux ».
(Les Fourmis 27-19)
Votre ancêtre, le Prophète intègre, dit dans un hadith : « Remerciez
celui qui vous accorde un bienfait, et si vous n'avez guère le moyen de le
faire [et c'est la situation qui prévaut entre vous et moi], priez pour lui
jusqu'à ce que vous soyez sûrs de l'avoir réellement remercié.
Sire, c'est à Dieu que je demande, au nom du Saint Coran en
l'implorant par les noms lui appartenant, révélés dans le Coran, qu'Il vous
accorde longue vie. Puisse-t-il nous permettre de jouir de votre présence
et de la permanence de votre gloire, qu'il vous protège de jour comme de
nuit de tout mal, qu'il vous guide dans le droit chemin et qu'il fasse du
succès votre allié permanent dans tout ce que vous entreprenez. Chef
glorieux et victorieux ! Astre qui indique le droit chemin à ceux qui vous
aiment, au Maroc comme au sein de la grande nation islamique. Nous
implorons Dieu de préserver votre famille tout entière, chose qui n'est pas
impossible pour Dieu.
Il apparaît donc, à la lumière du titre de ma modeste conférence, "le
Saint Coran, le plus grand des miracles", que je recherche, à travers mon
propos, l'honneur de demeurer un certain moment en votre présence, avec
l'aide de Dieu, pour parler du Saint Coran et de ses prodiges permanents,
bien entendu d'une manière assez sommaire par respect du temps qui
m'est imparti.
Le sujet est vaste et profond et il a été traité de tous temps, dans le
passé comme de nos jours par des Oulémas érudits qui ne nous ont guère
laissé le loisir d'ajouter des choses signifiantes dans ce domaine. J'implore
Dieu pour qu'Il m'aide à réussir dans mon propos afin que je puisse
contribuer à arroser la terre de la croyance, ne serait-ce que de quelques
gouttes.
"Al Mo'jiza" (le miracle), est un terme qui, selon les théologiens, les
traditionalistes et d'autres spécialistes de l'exégèse peut revêtir plusieurs
sens. Dans l'ensemble, le terme indique "quelque chose qui sort de
l'ordinaire". Il est aussi marqué par le sens de "défi", ou d'un état qui
n'admet pas la contradiction. En langue arabe, dans sa forme quadrilitère,
le terme est dérivé du verbe "A'jaza". En toute simplicité, le terme a lancé
le "'ajz", (le défi) aux impies, aux infidèles qui persistaient dans leur
opposition au prophète (P.S) dont ils niaient la prophétie et qu'ils
accusaient d'être lui-même l'auteur du Saint-Coran. Ils s'entêtaient à
prétendre que le Coran est une parole humaine et non divine. Donc, Dieu
leur lança un "défi" par l'intermédiaire du Coran même. Il les accula et les
mit au pied du mur en exigeant d'eux qu'ils produisent une parole
semblable. Il les somma de présenter leur propre coran puisqu'ils étaient
des Arabes, qu'ils étaient éloquents et que la rhétorique était une
discipline florissante de leur temps. Ils refusèrent le défi ou plutôt ils
essayèrent, de le relever mais échouèrent. Ainsi, ils devinrent l'objet de la
risée générale. Le miracle se confirma et le défi ne put être relevé.
L'homme moderne est plutôt hostile à tout discours sur les miracles,
car il est leurré par les sciences et leurs réalisations. Mais pour nous
Musulmans, le discours sur les miracles est lié au "Livre de la Vérité",
c'est un domaine où il n'y a nulle place pour l'allégation, la faiblesse ou le
mensonge. C'est pourquoi nous y sommes attachés en tant que "Livre
inimitable" et comme défi. Ce miracle nous permet de défier tous les êtres
humains depuis que sa parole est apparue, surpassant les Arabes
éloquents par son style, et s'imposant comme miracle véritable. L'être
orgueilleux demeure ainsi dans une position inconfortable, car il ne peut
et ne pourra jamais produire quelque chose de semblable au Coran. C'est
un bienfait de Dieu qui exige de nous un moment de réflexion.
Cette incapacité à produire un discours semblable à celui du Coran
constitue un échec cuisant pour les impies et une preuve irréfutable que
notre prophète (P.S) est un Messager de Dieu ; et ce résultat est une
récompense pour tous les efforts consentis en ce sens.
Commençons donc, avant toute chose, par rappeler les versets
concernant le "miracle", auxquels nous avons fait allusion. Ces versets
sont contenus dans cinq sourates du Saint Coran.

Dans la sourate de "Jonas" par exemple:


«S'ils disent : "il l'a inventé", dis : "composez donc une sourate
semblable et invoquez qui vous pourrez en dehors de Dieu, si
vous êtes véridiques».
(Jonas, 10- 38)

Et c'est là toute la différence entre ce que prétendent les infidèles et


la vérité : "Si vous êtes véridiques". Appuyez-vous sur qui vous voulez
pour produire à votre tour un coran (semblable).
Dans la sourate de "Houd" :
« Il a forgé cela." Dis : "Apportez donc dix Sourates forgées
par vous et semblables à ceci ! invoquez alors qui vous pourrez
en dehors de Dieu, si vous êtes véridiques ».
(Houd 11- 13)
Le coup fatal leur sera porté dans la sourate de la Génisse.
« Si vous êtes dans la doute au sujet de ce que Nous avons
révélé à Notre Serviteur, apportez-Nous une sourate semblable
à ceci, appelez vos témoins en dehors de Dieu si vous êtes
véridiques ».
(La Génisse 2-23)
A chaque fois, la locution "si vous êtes véridiques" est répétée.
« Si Vous n'y parvenez pas - Et vous n'y parviendrez jamais -,
craignez le Feu qui a pour aliment les hommes et les pierres et
qui a été préparé pour les incrédules ».
(La Génisse 2-24))
Admirez, au passage, la proposition incise, décisive et
convaincante : "Et vous n'y parviendrez jamais". Le feu qui attend les
impies détruit hommes et pierres ! C'est là une image impressionnante.
Dans la Sourate "Le Mont" nous relevons ceci : « Qu’ils
produisent donc un récit semblable à celui-ci (le Coran) s'ils sont
véridiques ».
At-Tūr (Le Mont)52-34)
Dans "Le Voyage nocturne"
Dis : « Si les hommes et les djinns s'unissaient pour produire
quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne produiraient
rien qui lui soit comparable, même s'ils s'aidaient
mutuellement ».
(Le voyage Nocturne 17- 88)
Même si ces deux sortes de créatures s'assemblaient pour former des
groupes, des équipes, des assemblées, des comités afin de réaliser un
coran semblable, ils ne le pourraient. Cela constitue, selon les Oulémas,
la meilleure des preuves pour celui qui considère que Dieu a attribué à la
oumma un "Livre" où ne peut se glisser le mensonge, de quelque côté que
ce soit.
D'aucuns relatent que certaines expériences avortées eurent lieu
dans ce sens. On rapporte que Ibn Al Mouqqafaâ, dont les capacités
littéraires et linguistiques étaient réelles (il était l'auteur de plusieurs
ouvrages), fut entraîné pour son orgueil et eut la prétention de relever le
défi, à condition qu'on lui laissât le temps nécessaire pour une telle
entreprise, dans un lieu agréable et avec les instruments de travail
nécessaires. On répondit à ses exigences ; et il se retira, à sa demande,
pendant une période fort longue. Quand on ouvrit sa porte, on découvrit
un homme perdu au milieu d'une montagne de papiers déchirés et
éparpillés, signes de nombreuses tentatives infructueuses et de son
incapacité à réaliser ce à quoi il prétendait. "Si vous ne le faites pas - et
vous ne le ferez point - craignez le feu".
On peut aussi rappeler, à cet égard, la bouffonnerie devenue célèbre
du faux prophète Mussaï1ima.
Al Imam Al Baquillani considère que "l'Inimitabilité du Coran" est
valable pour toutes les époques et touche à de nombreux points, ce que
nous allons voir par la suite. Le savant érudit Ibn Hajar dit : "Le miracle
du Coran durera jusqu'au jour du jugement dernier ainsi que les
merveilles de son style, de sa rhétorique et des vérités qu'il recèle. Il ne se
passe guère d'époque sans que soit confirmée une réalité qu'il avait
annoncée auparavant, ce qui constitue la preuve éclatante de la véracité
de sa vocation. Ses bienfaits touchent ceux qui ont disparu comme ceux
qui sont encore en vie (dont nous faisons partie) et couvrent toutes les
générations, passées, actuelles et futures".
Certes, tous les prophètes et messagers de Dieu furent favorisés de
prodiges et de miracles qui ont soutenu leur appel à la croyance en Dieu.
Notre prophète (P.S) a bénéficié, lui aussi, des prodiges et des miracles
qui furent longuement évoqués dans les livres retraçant sa vie, mais le
plus grand des miracles est, comme je l'ai dit, le Saint Coran : la Lumière
éclatante. Sa présence est la plus ineffaçable ; sa parole est la plus
véridique, son discours le plus éloquent, sa voix la plus forte et sa voie la
meilleure des voies.
Si vous demandez à des membres d'une société ayant connu par le
passé des miracles de vous en fournir les preuves formelles, ils ne
peuvent que se troubler, car le bâton de Moïse n'est plus, et n'a plus
aucune existence ; et la capacité de Jésus-Christ à ressusciter les morts
par la grâce de Dieu est une démonstration qui n'est plus perceptible pour
nous, même si c'est une réalité prouvée. Mais pour ce qui est du Saint
Coran, il est là d'une manière tangible, ses vérités et son haut niveau et
même le mouvement du monde qu'il contient sont autant d'aspects
semblables aux miracles.
J'ai connu des savants et des érudits de grand renom, je les ai vus
lire le Coran et pleurer et j'ai attribué leur émotion à leur connaissance
profonde du Coran. Mais, j'ai rencontré un enfant de l'Inde qui déclamait
le Coran de la manière la plus parfaite qui soit tout en pleurant. Dans un
village sénégalais, à quelques kilomètres de Dakar, j'ai vu un autre enfant
réciter le Coran en pleurant. Ni l'enfant hindou, ni l'enfant sénégalais ne
comprenaient un mot, de ce qu'ils récitaient et n'en saisissaient le sens.
Seule leur sensibilité était touchée et c'est ce qui explique leurs larmes.
En outre, en l'espace de douze mois, le petit sénégalais put mémoriser les
trois quarts du Saint Coran. Ne remarquez-vous pas avec moi que ce don,
cette propension à prendre soin du Coran, aussi bien chez les riches que
chez les pauvres, chez les campagnards que chez les citadins, est
l'argument irréfutable de la promesse de Dieu faite à l'aube de l'appel à la
croyance ; personne à part Dieu, ne pouvait concevoir une telle phrase :
« Nous avons fait descendre le Rappel et Nous en sommes le gardien ».
(Al-Hijr, 15- 9)
Au début de la Révélation, les forces en présence étaient inégales ;
le mal montrait ses crocs ; les croyants étaient peu nombreux et
disposaient de peu de moyens, mais leur force résidait dans leur croyance
ferme et solide et ce fut ce que nous connaissons tous, la propagation de
l'Islam et les résultats qu'il obtient sur le plan scientifique, grâces en
soient rendue à Dieu.
L’Imam Al Boukhari dans son "Sanad" et l'Imam Muslim dans Le
Livre de la Croyance "Kitab Al Imane", citent les paroles du prophète
(P.S) qui étayent nos propos : "Tout prophète eut des miracles en
l'absence desquels personne ne peut croire. Ce que j'eus est une
Révélation que Dieu m'envoya et j'espère être celui qui aura le plus
d'adeptes le Jour du Jugement dernier". Nous parvenons ainsi à la
conclusion que le but des discours autour des miracles est d'accroître le
nombre des croyants, et partant, le nombre de ceux qui seront élus par
Dieu.
Certes, les miracles matériels et les prodiges de la nature ont leurs
heureux impacts sur les personnes, mais pour les mécréants, entêtés et
obstinés, ces manifestations n'ont aucun sens. En effet, rares sont les
occasions où les infidèles se soumettent à la logique. Dieu, le Très-Haut
dit :
« Même si Nous avions fait descendre les Anges vers eux, si les
morts avaient parlé, si Nous avions rassemblé toutes choses devant
eux, ils n'auraient cru que si Dieu l'avait voulu ». (Les Troupeaux,
6. 111)
« Même si Nous avions fait descendre sur toi un Livre écrit sur
un parchemin qu'ils pouvaient toucher de leurs mains, les
incrédules auraient dit : Cela n'est évidemment que de la
magie pure ». (Les Troupeaux – 6-7)

« Nous n'envoyons les signes que pour effrayer ».


(Le Voyage Nocturne – 17. 59)

Revenons aux versets de notre conférence :


« S’il existait un Coran par lequel les montagnes seraient
mises en marche, la terre mise en pièces, et les mots amenés à
parler ! Mais non !... Le commandement appartient en entier à
Dieu ».
Je me rappelle mon aventure avec ces versets pendant que
j'apprenais la grammaire arabe et certains de ces merveilleux aspects.
Mon professeur Cheikh Ahmed Abdallah, - qu'il en soit ici remercié-
m'avait habitué à une pédagogie spéciale qui consiste à comprendre et
non à apprendre sans discernement. Il m'expliquait que pour la grammaire
arabe, le groupe "Moubtadaa", "Le thème", est un groupe qui appelle la
réponse : "oui". Tu peux dire, par exemple, "Zaïd", "est venu hier" ? oui ;
donc le groupe contenant le verbe se trouve toujours être le prédicat
"Khabar" du Thème. A la lumière de cet enseignement je lui exposai ma
perplexité face à ce verset :

« S’il existait un Coran par lequel les montagnes seraient


mises en marche. ».
Et qui laissait en suspens le prédicat du thème. Or, selon les
exégètes, "Al Khabar" de la proposition est sous-entendu ; ce serait : "ce
Coran". En d'autres termes : « s’il existait une incantation ce serait ce
Coran ». D'autres Oulémas avancent une autre explication ; ce qui est
sous-entendu est ; "ils n'auraient pu croire". Pour l'explication de ces
versets, Ibn Kathir dit ; "S'il Y avait dans les livres anciens un livre où les
montagnes seraient mises en marche, où la terre se fendrait et où les
morts parleraient, ce livre serait le Coran et aucun autre livre", car le
Coran est le livre des miracles. Même si les hommes et les djinns
s'unissaient pour produire quelque chose de semblable, ils ne le
pourraient pas.
Pourtant, les impies et les incroyants restent insensibles, leur
attitude est vraiment étrange, comme le dit si bien l'auteur de "Roh al
Bayane" ; « Il est étrange que l'être humain recherche le mal alors que le
bien nous entoure, et qu'il fasse la sourde oreille à un ordre impératif qui
nous en dissuade ».
Revenons à nos versets et continuons en disant que l'ellipse est un
procédé courant dans la stylistique arabe ; il s'agit d'un procédé subtil,
presque magique comme le précise le grand savant Al Jurjani -que Dieu
ait son âme. L'ellipse est parfois plus éloquente que l'évocation elle-
même. Nous sentons cela à travers un exemple fort simple, mais
significatif ; "Al Bassmala"
(Au nom de Dieu le Clément et le miséricordieux). Al Bassmala est
obligatoire à la lumière du hadith où le prophète (P.S) dit ; "Toute action
d'importance qui ne commence pas par Bissmilah" est entachée
d'invalidité. Ce qui implique que chaque acte accompli par nous doit
commencer par "Au nom de Dieu le Clément et le Miséricordieux". Au
nom de Dieu, j'étudie, au nom de Dieu, j'assure un modeste cours, au nom
de Dieu, je mange, je bois... Donc l'expression "Au Nom de Dieu", qui est
plus rapide, plus courte que "Au Nom de Dieu le Clément et le
miséricordieux", elle permet ainsi de multiples emplois et se trouve être
plus englobante et plus extensive.
L'ellipse est inhérente à la tournure stylistique arabe. Certes, le
Coran est le livre par excellence de la langue arabe, il est la source de la
grammaire de cette langue. Ses bienfaits en ce domaine sont réels et ne
peuvent être ignorés. En effet, le Coran a permis de limiter les différences
entre les dialectes arabes, surtout entre "Al 'Adnania" dans le Hijaz et "Al
Qahtania" au Yémen, patrie de nos deux hôtes dans cette assemblée. Les
divergences sémantiques et syntaxiques étaient si grandes que Abou Amr
Ibn al 'Ala' a dit ; "La langue de Himyar et des confins du Yémen n'est
point notre langue et leur arabe n'est point le nôtre. "Or, de nos jours,
nous rencontrons des Arabes originaires du Yémen et nous avons aussi
l'occasion d'écouter leurs éloquentes conférences, nous comprenons alors
tout le rôle joué par le Coran en ce sens, au point qu'un homme de l'ouest
africain s'accoutume sans effort à la langue parlée au pays de Himyar et
vice-versa. Le docteur 'Alam Eddine Al Joundi a entrepris l'énumération
des dialectes dans le commentaire qu'il a fait de "Al Bahr Al Mouhit" de
Abi Hayan dans ses huit volumes. Il se rendit alors compte que l'auteur
avait mentionné soixante-quatre tribus. Cependant, ces différents
dialectes eurent tôt fait de s'amalgamer sous l'égide du Saint Coran.
Chaque tribu s'est empressée de se forger son dialecte selon la langue du
Coran et de se conformer aux normes de ce Livre dans ses discours. Le
professeur Mustapha Sadiq al Rafi’i a eu raison de mettre en exergue le
rôle joué par le Coran dans la consolidation de la langue arabe. En effet,
les Arabes atteignaient au moment de la révélation du Coran un degré
inégalé dans la maîtrise de l'éloquence et de l'art oratoire. La Foire de
"’Okadh" et d'autres réunions similaires étaient un rendez-vous littéraire
et culturel pour les orateurs chez qui le poème créait un effet proche de la
folie. Ils appréciaient à sa juste valeur la poésie. De plus, leurs capacités
d'assimilation et de mémorisation étaient légendaires. Ce pouvoir était tel
qu'il a été possible à Ibn Abbas, que Dieu ait son âme, de retenir un
poème célèbre du poète libertin, Omar Ibn Abi Rabi’a, après l'avoir
entendu une seule fois. Il affirma même qu'il était en mesure de le réciter
sur le champ et quand ses auditeurs eurent l'air surpris de sa proposition,
il leur répondit qu'il trouvait inconcevable qu'on entende un texte et qu'on
ne le mémorise pas.

Il faut aussi rappeler qu'une telle capacité de mémorisation constitua


elle aussi un des aspects du miracle du Coran à une époque où la
conservation par l'écriture n'existait pas encore, car comme il est dit
souvent : "Quand Dieu veut une chose, il lui assure les meilleures
conditions de succès".

Le professeur al Rafi’i a donc eu raison de rappeler le rôle joué par


le Coran au sein de la communauté arabe, elle qui était connue par sa
rhétorique, son éloquence... Les Arabes se tournaient vers la tribu de
Koraïch qui était devenue pour eux l'exemple à suivre. Ils purent ainsi
constituer un Etat, mais auquel manquait un roi, et ce roi fut justement le
Saint Coran, expression d'une rare beauté et revêtant un aspect positif et
bénéfique.

Comme ce Coran présente de nombreux miracles dont il est


impossible de rendre compte dans cette modeste conférence ! C'est un
défi dans le domaine stylistique. Personne, même parmi les plus grands
orateurs ne fut en mesure de relever ce défi dans le passé comme de nos
jours. Qui a bien pu empêcher abou Jahl, par exemple, lui dont la
vocation était de contrarier la marche triomphale de l'Islam, de produire
le plus simple verset de la stature de "Lorsque viennent le secours de
Dieu et la victoire", dans le but de stigmatiser et démasquer ceux qui
seraient susceptibles de l'être ? Mais leurs efforts furent voués à l'échec et
ils restèrent déconfits et chargés de dépit. En effet, aucune main ne peut
masquer la lumière du soleil.
Laissons pour un autre jour l'évocation des miracles du Coran dans
le domaine de la législation. Penchons-nous plutôt sur d'autres miracles et
d'autres prodiges. Toute information, même la plus ancienne, venue du
fond des siècles la plus séculaire qui demeure incompréhensible à ceux à
qui elle est adressée, sera un jour dévoilée comme la lumière éclatante du
jour. De ce domaine relèvent ce que les chercheurs nomment : "Les
miracles scientifiques". Ce que nous en dirons plus tard constituera la
meilleure conclusion pour notre propos.
Ce sujet est pour l'être humain sur terre une préoccupation digne du
plus grand intérêt. La révélation rapporte des faits dont personne n'a
témoigné et n'a apporté des preuves quant à la véracité de ces faits. Tout
être humain ne peut-être que subjugué par un pareil phénomène d'autant
plus que le prophète (P.S), à qui fut révélé ce Coran était connu parmi les
Arabes pour son analphabétisme, il ne savait ni lire ni écrire et il n'était le
lauréat d'aucune école, institution ou université. Il ne s'adonnait guère aux
pratiques intellectuelles et le Coran l'a bien indiqué :

« Tu ne récitais aucun livre avant celui-ci, Tu n'en écrivais


aucun de ta main droite ; sinon négateurs auraient eu des
doutes ».
(L'Araignée – 29. 48)
Tu n'es ni un écrivain, ni un intellectuel ; si tu avais été instruit, issu
d'une grande école, tes détracteurs auraient émis des soupçons, car tu
parles de faits extraordinaires, tu évoques l'inconnu, tu attestes une réalité
scientifique et ils diraient : ce qu'il avance est le produit de ses études et
de sa formation. Mais tu es analphabète. Ce dont nous parlons est une
preuve supplémentaire que tout est du ressort du Créateur des Mondes.

Dans ce contexte, revenons à un fait qui piqua la curiosité des


Arabes réfractaires et conforta la position des Musulmans. Il s'agit de la
bataille qui opposa les Perses, païens el adorateurs du feu aux Byzantins
chrétiens à cette époque de la Révélation. Quand ces derniers furent
battus par les Perses, ce fut la consternation pour les Musulmans, car les
Byzantins étaient quand même monothéistes. La victoire des Perses
constitua un avantage pour les non-croyants cars, apparemment, le
mensonge avait triomphé de la vérité.

Puis vint le Coran :


«Alif - Lam - Mim. Les Romains ont été vaincus dans le pays
voisin; mais après leur défaite, ils seront les vainqueurs dans
quelques années. Le commandement appartient à Dieu, avant
comme après cela. Ce jour-là, les croyants se réjouiront de la
victoire de Dieu. Il donne la victoire à qui Il veut; Il est le
Puissant, le Miséricordieux».
(Les Romains – 30. 1-5)
Ce fut une prédiction de la victoire finale des Byzantins pour le
bonheur des Musulmans affectés par les défaite des Chrétiens qui, comme
eux, croient en un seul Dieu. Mais à quand cette victoire ? Le Calife
Abou Bakr le véridique, bien avant son califat crut en cette prédiction:
n'est-il pas le véridique ? Il paria avec un impie que la revanche des
Chrétiens était proche. Chacun d'entre eux misa une somme d'argent ou
un certain nombre de chameaux. Il informa le prophète (P.S) de ce qu'il
avait entrepris. Fort de sa connaissance du dialecte de Koraïch, le
prophète (P.S) lui conseilla d'augmenter la mise, mais aussi le nombre
d'années, car il était sûr du succès final des Byzantins.
Moins de dix ans s'écoulèrent et les Byzantins furent victorieux des
Perses. L'histoire est fort longue et elle est pleine de curiosités. Que
d'informations contenues dans le Coran seront confirmées par la suite !
Ce qui indique que la source de l'information vient de Celui qui s'est
décrit, dans un verset que je citerai tout à l'heure, comme "omniscient".
Feu Ahmed Sekou Touré - que Dieu ait son âme - me disait lors
d'une visite effectuée à un pays frère au nom de l'Islam : "les données du
Saint Coran et ses théories ne craignent ni ne souffrent aucune critique".
J'ai dit : "pourquoi ?", il me répondit : "Dieu qui fournit ces informations
est omniscient", et il ajouta : "Dieu, le Très-Haut, n'est guère soumis au
problème du temps. Hier et demain n'existent pour nous que parce que
leur support matériel est le soleil qui se lève et se couche. Et comme Dieu
est au dessus du temps et de l'espace, il est en mesure de gouverner les
choses. Passé, présent et futur sont les mêmes pour Dieu. C'est pourquoi,
nous ne craignons guère l'avènement d'une époque où on tenterait
d'infirmer les vérités du Coran.
Ce qui nous reste à entreprendre c'est de nous armer d'une volonté fondée
sur la foi de façon à aider les Musulmans à comprendre le Coran d'une
manière adéquate.

Revenons aux versets de notre conférence pour remarquer que leur


sens est presque explicite dans sa manière d'attirer l'attention sur le fait
que le message du Coran est plus important que tout miracle cosmique.
Ce message, formé de paroles divines, est adressé à l'univers, son effet est
par conséquent plus miraculeux que tout ce qu'exigent les non-croyants
du prophète (P.S). Le Coran est le Livre qui indique le chemin du salut
pour l'ensemble de la race humaine et même pour les djinns. Il indique la
voie la meilleure en toute chose, que ce soit pour ici-bas au pour l'au-delà.
Cet aspect du Coran n'est point en contradiction avec ce qu'il recèle
comme pouvoir spirituel profond, remède de l'âme et du corps. Nous
avons tous été confrontés à ces vérités et c'est la pudeur qui nous
empêche de nous étendre sur ce point, de peur d'être accusé de fabulateur.

Certes, maints exégètes, purs dans leur cœur leurs d'actions et leurs
paroles, s'appuient sur les versets du Saint Coran pour que Dieu
accomplisse son œuvre. Ce dont nous parlons ici, ce sont des faits
tangibles et ce qui est "entendu" n'a jamais la valeur de ce qui est "vu".
L'auteur des "Dhilal" commenta ce verset en disant : "Ce Coran a produit
dans les âmes qui l'ont reçu un impact supérieur à la mise en marche des
montagnes, à la destruction de la terre et à la résurrection des morts. Il a
donné naissance dans ces âmes à des miracles dont les conséquences sont
considérables sur le déroulement de la vie et même sur la terre elle-
même". Les Musulmans n'ont-ils pas modifié le cours de l'histoire et le
destin de la terre ?
La nature du Coran elle-même, que ce soit dans l'expression, les
sujets et leur vérité, est d'une force extraordinaire, force à laquelle est
sensible toute personne douée de discernement et de perception, situation
à laquelle la prépare l'éducation. Ceux qui se sont imprégnés du Coran
ont fait mouvoir plus que les montagnes. Nous faisons allusion ici à
l'histoire des nations et des générations. Ils ont pu fendre quelque chose
de plus solide que la terre: il s'agit, en l'occurrence, de l'inertie de la
pensée et l'immobilisme des traditions. Ils ont pu ressusciter plus que les
morts, en imprimant leur élan aux nations figées par le despotisme et
l'immobilisme.

Les mutations intérieures et extérieures qu'ont connues les Arabes ne


sont que le fruit de ce Livre et de la voie qu'il trace au sein des âmes. Ces
mutations sont autrement plus importantes que de faire marcher les
montagnes ou de redonner la vie aux morts. Que l'on se souvienne du sort
des Arabes et de ceux qui les entouraient le jour où fut révélé ce Livre. La
transformation s'est faite dans le sens le plus positif qui soit : le
paganisme s'est mué en croyance, l'animosité à l'égard de l'autre s'est
transformée en amour et en attachement, et l'ignorance a cédé le pas à une
maîtrise universelle du savoir.
Les croyances mensongères étaient telles qu'un homme modelait de
ses propres mains une icône à partir d'un peu de farine pétrie, lui
attribuait un pouvoir surnaturel et se comportait à son égard comme à
l'égard de Dieu. Mais en l'absence de toute nourriture et pour peu que
l'adorateur fut tenaillé par la faim, la galette perdait ses vertus divines et
devenait un simple gâteau qu'on finissait par croquer.
Il leur arrivait aussi de sculpter des dieux laids et difformes hélas
bien éloigner étaient loin de la beauté des statues grecques, ces prétendus
dieux servaient parfois d'urinoirs aux animaux errants. Ce qui fit dire à un
Arabe, moqueur : «Quoi ? Un dieu sur la tête duquel urine un renard ? Il
n'y a pas plus grande humiliation !».
Les exemples que nous venons d'évoquer donnent une idée les
changements vécus par les Musulmans. Ils reçurent la bénédiction de
Dieu, ils lurent le Coran, l'interprétèrent et vécurent à sa lumière. Ils s'en
imprégnèrent tant que certains d'entre eux devinrent eux-mêmes de
véritables Corans évoluant sur terre. Quand ils parlaient, Dieu leur
donnait raison. Mais hélas, leur exemple n'est pas près de se renouveler
de si tôt.

De nos jours, l'un des domaines privilégiés de l'étude du Coran est


celui du "miracle scientifique". Il s'agit ici des miracles du Coran dans le
domaine scientifique et non des miracles de la science elle-même. Nous
ne reconnaissons point aux sciences expérimentales la qualité de miracle
et de défi. Celui dont nous parlons est le miracle d'un verset prophétique
dans le domaine des sciences expérimentales. Le problème soulevé est
d'une extrême sensibilité et, puisque nous si nous ne sommes guère en
mesure de nous étendre sur ce point, nous pouvons tout de même
l'évoquer brièvement vu toute l'importance qu'il revêt.

Il a été établi que le Prophète (P.S) a informé ses compatriotes d'une


vérité et la leur a enseignée, alors que l'expérience a démontré qu'on ne
pouvait y parvenir avec les moyens de l'époque. Puis, la science, par la
suite, est venue confirmer cette vérité. C'est là un véritable miracle du
Coran dans le domaine scientifique. Le texte coranique regorge
d'exemples de ce genre et maints versets et sourates sont là pour nous
aider à consolider et à affermir la foi chez les êtres humains, comme je
l'ai dit auparavant. Ces vérités énoncées et prouvées par la suite
démontrent en outre la véracité du message révélé par Dieu à son
Prophète (P.S).
L'intérêt de ce genre de miracles, et non bien entendu, des preuves
scientifiques qui viennent les confirmer, réside tout particulièrement, en
les entourant de toutes les précautions utilisées jusque là, dans le fait
qu'ils sont susceptibles d'engendrer une ouverture culturelle et spirituelle
pour tous ceux qui n'excellent pas dans la langue et qui s'intéressent à la
pensée, à la culture et à la religion. Car le miracle du Coran par la langue
une fois assimilée, est à même de convaincre l'hésitant, celui qui doute et
celui qui désire retrouver la bonne voie.

Que dirait-t-on d'une personne versée dans la langue arabe et tout à


fait au courant même des secrets de sa rhétorique et de sa grammaire ? On
raconte qu'un réfractaire polythéiste, quant il entendit le verset :
«proclame ce qui t'est ordonné...» se prosterna. Ses amis crurent qu'il
avait accédé à la croyance et s'était converti, mais il leur cria : «Je n'ai
point cru, je ne fais que me prosterner par humilité devant cette
éloquence». Celui qui ne goutte guère l'esthétique de ce verset ne peut
ressentir le même enchantement.
C'est donc en formant les gens dans les domaines de la littérature,
de la langue et de la rhétorique qu'on peut les amener à saisir toute la
beauté et l'esthétique contenue dans le Coran et à se convaincre que de
telles paroles ne peuvent émaner que de Dieu. Cette formation étant
difficile à atteindre, sauf pour quelques personnes, il nous reste quand
même l'alternative du "miracle coranique dans le domaine des sciences",
car le Coran aborde bien des questions en rapport avec les sciences.
Certaines personnes, par ignorance, soulèvent une question. Ils se
demandent si les religions et particulièrement l'Islam, ont un rapport avec
les sciences. Nous pensons, disent-ils, que la religion est du domaine de
l'inconnu alors que les sciences relèvent du monde sensible et de
l'expérimental. Il y a deux semaines seulement, il m'a été donné, par la
grâce de Dieu, lors d'un déplacement au Sénégal sur 3 000 kilomètres, de
rencontrer des jeunes avec parmi eux des musulmans.
Je leur ai rétorqué que cela dépendait de quelle religion il s'agissait.
Ils disent qu'on leur a dit que la religion et la révélation appartiennent au
domaine métaphysique alors que les sciences dépendent de l'expérience.
L'Islam est différent des autres religions. Si, historiquement, il existe des
religions qui se sont opposées aux sciences et aux savants et les ont
persécutés, il suffit de se rappeler que le premier verset révélé par la
doctrine musulmane se trouve être celui-ci :

«Lis au nom de ton Seigneur qui a créé ! qui A créé l'homme à


partir d'un caillot de sang. Lis ! Car ton Seigneur est le très
généreux, qui a enseigné l'homme au moyen du kalam, et lui a
appris ce qu'il ignorait»
(L'Adhérence, 96.1-5)

Imaginez toute l'étendue de "ce qu'il ne savait point"; il t'a appris ce


que tu ignorais.
Cette religion dont les premiers propos s'adressent à un analphabète
qui dit : «Je ne sais point lire», lui parle en termes de génétique. Je saisis
cette occasion pour vous parler d'une expérience à laquelle j'ai assisté et
que j'ai vécue intensément. Sessions, séminaires et rencontres concernant
ce qu'on appelle le miracle scientifique sont de plus en plus organisés un
peu partout. L'association à laquelle j'appartiens et dont je suis le
président, intéressée par les études et les recherches sur l'Islam et le
développement, a organisé avec la Ligue du Monde Islamique, à la
Mecque, une session concernant le miracle du Coran et de la Tradition du
Prophète (P.S) dans le domaine des sciences. Ont répondu à notre
invitation des sommités de sciences contemporaines telles que la
médecine, la biologie et autres. Je me souviens que, après avoir clos ces
enrichissantes journées, qualifiées par l'un des professeurs participants de
merveilleuse ascension vers la foi, nous nous sommes réunis en comité
restreint avec le professeur (une sommité en la matière) Kethmor du
Canada, Marcel Jhonson des Etats Unis d'Amérique et d'autres. Le
professeur Kethmor, le maître incontesté de la génétique à notre époque,
nous dit alors que son équipe et lui avaient commencé à faire des
recherches dans le Coran et le hadith "afin d'y glaner" des concepts qu'ils
espèrent plus justes et plus précis. Ce professeur qui a composé divers
ouvrages traduits dans plusieurs langues au profit de nombreuses facultés
de médecine, dont un livre sur la formation de l'homme, a recours au
Coran pour mieux déterminer les concepts de la génétique.
Je lui ai demandé les raisons d'une telle démarche. Il m'a répondu :
"Nous définissons les étapes de la formation de l'homme en nous servant
de chiffres, nous disons première étape, seconde étape, troisième étape.
Or j'ai été surpris de constater que votre Livre parle de "sperme", de
"caillot de sang"; de "bouchée", "Nous avons revêtu les os de chair". "Il
continua en disant : "j'ai agrandi les images des milliers de fois et je me
suis rendu compte que ce que vous appelez '''Alaq'' "caillot de sang",
ressemble effectivement à un "caillot de sang" dans la nature, et que la
"semence" attachée" à l'utérus est aussi une étape, et cette étape est
qualifiée ainsi dans le Coran. Si tu prenais une image de ce que nous
avons dans nos livres de médecine, tu te rendrais compte que cela est très
proche d'une "bouchée" bien mastiquée. L'image de ce que sera la
colonne vertébrale est semblable aux dents d'une personne humaine ayant
mastiqué quelque chose. Grâce soit rendue à notre Seigneur ! Ainsi, notre
éminent professeur cherche dans le Coran des termes assez précis, assez
justes pour qualifier les différentes étapes de la formation de l'homme !
Dans cette évocation des bienfaits de Dieu, rappelons qu'un
professeur comme Marcel Johnson, quand il fut introduit dans le comité
de recherche des miracles coraniques dans les sciences, commença par
nous interroger sur les objectifs de ce comité (ceci se passait à Riad).
Nous lui répondîmes que le comité cherchait des données scientifiques en
médecine, par exemple, comme celles qui sont évoquées par le Coran.
Surpris, il se leva et nia à plusieurs reprises que le Coran pût avoir une
quelconque relation avec ce qu'il a appris. Nous lui demandâmes de
patienter et d'écouter, puis il écouta les versets concernant la formation de
l'homme jusqu'à :
« Gloire à Dieu, le meilleur des créateurs !».
(Les Croyants – 23. 14)

Il nous interrogea sur l'origine de ces paroles, nous lui répondîmes


que ces paroles étaient les paroles de Dieu. Il nous demanda : «Où est ce
Dieu ?» nous lui rétorquâmes que Dieu n'est pas tributaire d'un lieu; il
nous interrogea sur l'origine de ce Coran, nous lui parlâmes du texte
arabe, puis nous lui présentâmes l'excellente traduction de Mohamed Ali
dans la version anglaise. Il lut et posa une dernière question : «qui a dit
cela et quand cela fut-il dit ?». Il lui fut répondu que ces paroles
remontent à plus de quatorze siècles. Il nous répondit qu'à cette époque,
personne ne connaissait ces vérités scientifiques qui n'ont été découvertes
que récemment. On croyait que l'être humain était seulement formé par ce
qui était évacué par l'homme, or cette explication est erronée, car on s'est
rendu compte que "la semence" est constituée de deux parties. Le
prophète (P.S) selon les lectures de Marcel Johnson avait dit : «l'être
humain n'est pas seulement créé à partir du spermatozoïde de l'homme».
Marcel Johnson se convertit à l'Islam avant la fin de notre réunion.
Un autre professeur thaïlandais prit la parole le troisième jour après qu'il
eût entendu les versets sur les miracles scientifiques et dit : «Ma probité
scientifique m'impose d'accepter ce que vous avez accepté. Celui qui
rapporta ces paroles ne pouvait les avoir apprises lui-même, et il ne
pouvait pas les trouver chez quelqu'un d'autre, car à l'époque, on ignorait
cela. Seul un Etre qui englobe tout peut savoir cela». Nous lui dîmes que
cet Etre se nomme "Dieu". Il s'écria : «Je crois en un Dieu seul et unique
et je crois que Mohammed est son prophète».

Tels sont les fruits des miracles coraniques de la science, si la


recherche est menée selon les normes qui s'imposent sans blasphème et
sans hâte, sous l'égide des Oulémas de l'Islam, des exégètes, des experts
et par ceux qui ne cherchent pas une gloire éphémère. A ce moment-là, et
selon le sens de l'histoire, nous pouvons atteindre ce qui pourrait
consolider l'Islam. Les versets coraniques corroborent cette tendance, ce
qui ne peut qu'apaiser nos cœurs et renforcer nos convictions. Dieu le
Très-Haut dit :

«Dis : quelle preuve plus certaine pourrait-on apporter comme


témoignage ?» «Dis : Dieu est témoin entre moi et vous. Ce
Coran m'a été révélé pour que je vous avertisse, vous et ceux
auxquels il est parvenu».
(Les Troupeaux – 6. 20)

«Ceux qui ont reçu la science voient que ce qui t'a été révélé
de la part de ton Seigneur, est la vérité qui dirige les hommes
sur le chemin du Tout-Puissant, du Digne de louanges».
(Les Saba' –34. 6)

Sans doute, la conversion de Marcel Johnson et du Professeur


thaïlandais est la preuve qu'ils ont été menés dans le chemin de la vérité.
« Ceci (le Coran) n'est qu'un rappel à l'univers. »
«Vous en aurez sûrement des nouvelles dans quelque temps».
(Çad – 38.87/88)
C'était une promesse qui fut accomplie. Le monde assiste de nos
jours à une véritable révolution scientifique qui conduira, nous l'espérons,
au chemin du salut ceux que Dieu veut bien conduire.

En définitive :

«Nous leur montrerons bientôt Nos signes, dans l'univers et en


eux-mêmes, jusqu'à ce qu'ils voient clairement que ceci (le
coran) est la vérité. Ne suffit-il pas que ton Seigneur soit
témoin de toute chose ?».
(Les versets clairement exposés – 41.53)
Pour ne pas trop m'étendre sur ce sujet, alors que j'en ai bien envie,
je conclurais par ce que la probité exige. Si quelqu'un a l'intention
d'entreprendre une recherche dans le domaine "des miracles
scientifiques", il doit se soumettre à certaines règles. La science de Dieu
est la science totale qui englobe tout, qui n'est pas sujette à l'erreur et qui
ne souffre aucune insuffisance. La science de l'homme par contre reste
limitée, admet l'élargissement, l'approfondissement et elle est soumise à
l'erreur.
Nous dirons donc que nous avons des textes révélés dont l'acception
est catégorique, mais chez l'homme aussi nous trouvons des
connaissances universelles et définitives. La révélation renferme aussi des
textes dont l'acception est hypothétique, et l'homme aussi peut présenter
certaines théories encore supposées justes. Il ne peut donc y avoir de
heurt entre ce qui est catégorique dans la science et dans la Révélation.

Pour conclure, j'implore Dieu le Très-Haut, le Clément, le


Miséricordieux pour qu'Il rétribue le Commandeur des Croyants de la
meilleure manière qui soit.

Puisse-t-IL nous permettre de jouir de sa longue vie, de son


ascension permanente dans les échelons de la gloire. Que le Seigneur soit
pour lui le guide suprême et qu'Il assure le succès de toutes ses actions
qui n'ont d'autre but que la réalisation du bonheur de la personne humaine
musulmane et marocaine.

Puisse Dieu l'aider dans sa présidence de l'Organisation de la


Conférence Islamique, car cette organisation incarne l'espoir des
Musulmans. Sire, Vous avez été à l'origine de sa création, vous avez
présidé son Comité d'Al qods, et Al Qods n'est pas une œuvre
surérogatoire pour les Musulmans, mais bien plutôt un devoir religieux
canonique. Vous voilà Sire, encore une fois à la tête de cette
Organisation. Puisse Dieu assurer le succès de votre réunion pour que les
Musulmans songent à vous en confier la présidence une seconde fois.

Nous implorons Dieu de vous combler en la personne de son


Altesse Royale le Prince Héritier Sidi Mohamed, de son jeune et heureux
frère son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid et de tous les membres
de la famille royale.

Puisse Dieu accorder ses bienfaits au Maroc et puisse-t-Il réaliser


vos vœux chaque fois que vous le demandez par la bénédiction de votre
ancêtre, l'élu de Dieu et grâce à la protection du Saint Coran que nous
évoquions tout à l'heure.
Et pour conclure, la parole est au Commandeur des Croyants.
«Gloire à ton Seigneur, le Seigneur de la puissance, bien au
dessus de tout ce qu'ils décrivent. Paix aux Messagers !
Louange à Dieu, le Souverain des Mondes !».
(Les Rangés 37.180/182)

Au nom d'Allah, le Clément, le Miséricordieux. Paix


Et Salut soient accordés à notre Prophète Seydina
Mouhammad, à sa famille et à tous ses compagnons.