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ARRÊT N°11

du 09 février 2017 RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL


AU NOM DU PEUPLE SÉNÉGALAIS
N° AFFAIRE ----------------
J/486/RG/15 COUR SUPRÊME
Du 21/12/15 ----------------
CHAMBRE ADMINISTRATIVE
Administrative ----------------
------ A L’AUDIENCE PUBLIQUE ORDINAIRE
DU NEUF FEVRIER DEUX MILLE DIX SEPT
Arona CISSE
ENTRE :
Contre 
Arona CISSE, Ingénieur-Mécanicien d’Exploitation technique des
-L’A.N.A.C.I.M. aéronefs et des moteurs d’avions, spécialiste en Techniques de
& diagnostics et des Méthodes de Contrôles non Destructives des Aéronefs
-Etat du Sénégal et des Moteurs d’Avions demeurant au 26, Ouakam Niayes 2, à Dakar ;
Demandeur
PRÉSENTS : D’UNE PART
Abdoulaye NDIAYE
Mahamadou Mansour MBAYE ET :
Waly FAYE
Adama NDIAYE -L’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie dite
Aïssé Gassama TALL l’A.N.A.C.I.M., poursuites et diligences de son Directeur Général, en
ses bureaux sis à l’Aéroport Dakar Yoff, à Dakar, ayant domicile élu en
RAPPORTEUR : l’étude de Maître Fatimata SALL, Avocat à la cour, 35 bis, Avenue
Mahamadou Mansour MBAYE Malick Sy à Dakar ;

PARQUET GENERAL: -L’Etat du Sénégal, pris en la personne de l’Agent Judiciaire de l’Etat,


Jean Aloïse NDIAYE Avenue Carde x Boulevard de la République à Dakar ;
Défendeurs 
GREFFIER :
Macodou NDIAYE D’AUTRE PART
AUDIENCE: La COUR,
09 février 2017

MATIÈRE : Vu la requête reçue le 21 décembre 2015 au greffe central par laquelle


Administrative Arona Cissé, agissant en personne, sollicite l’annulation de la décision
n°000093 du 17 juillet 2015 du Directeur général de l’Agence nationale
RECOURS : de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) lui infligeant un
Excès de pouvoir blâme ;
Vu la loi organique n°2008-35 du 8 août 2008 sur la Cour suprême ;
Vu le décret n°2011-1055 du 28 juillet 2011 portant création et fixant
les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Agence nationale de
l’Aviation civile et de la Météorologie ;
Vu l’exploit du 29 décembre 2015 de Maître Mame Gnagna Seck Sèye,
huissier de justice à Dakar, portant signification de la requête ;

1
Vu le mémoire en défense de l’ANACIM reçu le 25 février 2016 au
greffe ;
Vu le mémoire en réplique du requérant reçu le 31 mars 2016 au greffe ;
Vu la décision attaquée ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Ouï Monsieur Mahamadou Mansour Mbaye, conseiller, en son rapport ;
Ouï Monsieur Jean Aloyse Ndiaye, avocat général, en ses conclusions
tendant à l’annulation ;
Après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Considérant qu’à la suite de la fusion de l’Agence nationale de
l’Aviation civile du Sénégal (ANACS) et de l’Agence nationale de la
Météorologie du Sénégal (ANAMS) qui a donné naissance à l’Agence
nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) suivant
décret n°2011-1055 du 28 juillet 2011, le Directeur général de la
nouvelle agence, en application de la directive n° 26 du 7 mai 2015 de
l’Inspection générale d’Etat, a infligé la sanction de blâme à Arona
Cissé, ès qualité de Directeur général de l’ANACS, devenu agent de
l’ANACIM ;
Qu’Arona Cissé a formé le présent recours en articulant quatre moyens ;
Considérant que l’ANACIM conclut à l’irrecevabilité de la requête aux
motifs que :
- le requérant a agi en personne alors que sa requête aurait dû être
signée par un avocat,
- les adresses des parties défenderesses, à savoir l’Etat et le
Ministre du Tourisme et des Transports aériens, sont imprécises
ou non mentionnées,
- elle a reçu signification de la requête sans être visée par celle-ci
en tant que partie avec ses noms et adresses et qu’en
conséquence, elle ne peut être installée dans la procédure ;
-
Considérant que d’une part, en matière de recours pour excès de
pouvoir, le demandeur est dispensé du ministère d’avocat en vertu de
l’article 73 in fine de la loi organique sur la Cour suprême ;
Considérant que d’autre part, le recours est dirigé contre la décision de
blâme du Directeur général de l’ANACIM, partie adverse, qui a reçu
signification et conclu ;
Qu’il s’ensuit que l’irrecevabilité n’est pas encourue ;

2
Considérant que l’ANACIM soulève également la nullité de l’exploit
de signification pour avoir omis de reproduire les dispositions de
l’article 39 de la loi organique ;
Considérant que la signification a rempli son objet dès lors que
l’ANACIM a produit un mémoire en défense dans le délai requis et
n’établit aucun préjudice ;
Qu’il s’ensuit que le moyen de nullité est mal fondé ;
Considérant que l’ANACIM conclut à la déchéance en faisant valoir
que la requête vise l’Etat du Sénégal, pris en la personne de l’Agent
judiciaire, et le Ministre du Tourisme et des Transports aériens, mais
qu’aucune de ces deux parties n’a reçu notification de la requête,
l’Agence judiciaire de l’Etat ayant reçu signification de la requête ès
nom et non en sa qualité de représentant de l’Etat ;
Considérant que l’Etat du Sénégal n’étant pas partie adverse, le
requérant n’est pas tenu de lui signifier la requête ;
Qu’ainsi, la déchéance n’est pas encourue ;
Sur le premier moyen tiré de la violation du titre 7 du statut unique
du personnel de l’ANACIM relatif à la discipline et aux sanctions et
sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens ;
Considérant que le requérant soutient qu’il a été sanctionné dans le
cadre des missions qui lui étaient assignées du temps où il était directeur
général alors que l’article 45-2 du texte susvisé prévoit que le pouvoir
disciplinaire s’exerce sur les agents de l’ANACIM et non sur un
directeur général ;
Considérant que l’ANACIM fait valoir que le statut visé au moyen
n’est pas applicable en l’espèce et que la mesure disciplinaire prise à
l’encontre d’Arona Cissé, ès qualité de Directeur général nommé par
décret présidentiel, relève des dispositions de la loi n°61-33 du 15 juin
1961, modifiée, relative au Statut général des fonctionnaires ; qu’elle
ajoute que son directeur général a agi sur délégation de l’autorité
investie du pouvoir de nomination et du pouvoir disciplinaire,
en application de l’article 44 de cette loi ;
Considérant que l’ANACIM n’établit ni la qualité de fonctionnaire du
requérant ni une quelconque délégation du pouvoir disciplinaire du
Président de la République à son directeur général ;

Qu’ainsi, le directeur de l’ANACIM ne saurait prendre une mesure de


sanction contre le requérant pour des faits à lui reprochés en sa qualité
de Directeur général de l’ANACS ;

Qu’il s’ensuit que la décision attaquée encourt l’annulation ;


Par ces motifs,

3
Annule la décision n°000093 du 17 juillet 2015 du Directeur général de
l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie
(ANACIM) infligeant un blâme à Arona Cissé.
Ainsi fait, jugé et prononcé par la Cour suprême, Chambre
administrative, en son audience publique ordinaire tenue les jour, mois
et an que dessus et où étaient présents :

Abdoulaye NDIAYE, Président de Chambre ;


Mahamadou Mansour MBAYE, Conseiller - rapporteur ;
Waly FAYE,
Adama NDIAYE,
Aïssé Gassama TALL, Conseillers;
Macodou NDIAYE, Greffier ;

En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le Président, les Conseillers
et le Greffier.
Le Président

Abdoulaye NDIAYE

Les Conseillers

Mahamadou Mansour MBAYE Waly FAYE

Adama NDIAYE Aïssé Gassama TALL

Le Greffier

Macodou NDIAYE