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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON


Paix – Travail - Patrie Peace – Work – Fatherland
------------- -------------
MINISTERE DU DEVELOPPEMENT URBAIN MINISTRY OF URBAN DEVELOPMENT
ET DE L'HABITAT AND HOUSING

AOUT 2011

RAPPORT FINAL Page 0


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

AVANT PROPOS

L a vision de développement du Cameroun à l’horizon 2035 est celle d’un pays émergent,
démocratique et uni dans sa diversité. Sa déclinaison dans le Document de Stratégie pour
la Croissance et l’Emploi (DSCE) pour les dix prochaines années, met l’accent sur la
croissance, la création d’emplois et la redistribution des revenus pour une meilleure lutte contre
la pauvreté. Pour atteindre les objectifs de cette vision, le DSCE place le développement urbain
parmi les défis que le Cameroun doit relever, en précisant qu’il «s’agit non seulement de
maîtriser le développement des villes(…) et d’en faire des centres de production et de
consommation nécessaires à l’essor du secteur industriel, mais également de promouvoir
l’émergence des agglomérations périphériques, le développement des villes moyennes ou
secondaires capables de structurer les activités économiques dans l’espace urbain et de
concourir au développement des zones rurales environnantes».

C’est hautement conscient de ce qui précède et de la nécessité de rompre avec le pilotage à vue
du développement que le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA, a instruit les ministères à
assurer une meilleure lisibilité et visibilité des activités menées dans leurs secteurs respectifs.
Cette volonté est fortement affirmée depuis 2000, dans les circulaires présidentielles relatives à
la préparation du budget, qui obligent les départements ministériels à présenter à l’appui de
leurs projets de Budget d’Investissement Public (BIP), des documents de politique et de
stratégie, en vue de légitimer les programmes et projets à mettre en œuvre.

En janvier 2010, la population urbaine était estimée à 10 091 172 âmes sur les 19 406 100
habitants que compte le Cameroun et les statistiques montrent qu’en 34 ans (1976-2010),
l’effectif de cette population urbaine a été multiplié par 4,6.

Avec un taux d’urbanisation de 52 % en 2010, le Cameroun, comme la plupart des pays en


développement, connaît une urbanisation galopante et insuffisamment maîtrisée. Tout laisse
croire que cette tendance ira croissant. Cette situation qui a pour corollaires majeurs
l’aggravation du chômage, l’accroissement de la criminalité, l’insuffisance qualitative et
quantitative des logements l’aggravation de la pauvreté, l’insuffisance des infrastructures de
communication, l’augmentation de la pollution, est vraisemblablement à l’origine de nombreux
dysfonctionnements auxquelles nos villes sont confrontées, avec pour conséquences la
régression de la production, la stagnation du revenu urbain, l’exposition des populations aux
risques divers et à l’aggravation de la pauvreté.

L’armature urbaine du Cameroun, avec ses 312 villes réparties sur l’ensemble du territoire
national, peut toutefois être un atout indéniable pour l’économie et le développement de notre
pays, dans la mesure où les villes constituent bien des pôles de croissance tant au niveau de
l’économie locale, que nationale et sous régionale, pour peu que les instruments de maîtrise et
de gestion de la croissance urbaine soient adéquats.

RAPPORT FINAL i
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Les défis1 auxquels doit répondre le Cameroun face aux fortes pressions annoncées des
populations urbaines dans les prochaines années, concernent :
 d’une part, les types d’organisation institutionnelles et d’arrangements à prévoir pour
accueillir les populations supplémentaires, pour leur offrir des logements décents et des
opportunités d’emplois suffisantes, pour réduire la pauvreté des populations et faire en
sorte de leur fournir une qualité et un niveau de vie acceptable, ;
 d’autre part, le développement de la productivité par le renforcement des connaissances,
des savoir-faire, de la technologie et de l’innovation, le développement du secteur privé
pour soutenir le développement des entreprises, promouvoir le partage de l’information
et faciliter l’accès au crédit.

Le présent document de la Stratégie du Développement du Sous Secteur urbain constitue la


version révisée et actualisée de celui produit en 2006. Il est le résultat d'une longue démarche
qui a conduit le comité de pilotage assisté d’une équipe pluridisciplinaire de spécialistes
nationaux, avec l'appui des consultants national et internationaux, chargés de son élaboration, à
organiser des sessions de travail et des séminaires externes de validation des différentes
parties, conformément à la démarche retenue dans le guide méthodologique élaboré par le
MINEPAT.

Comme on le constatera à sa lecture, ce document emprunte abondamment aux multiples


travaux qui ont été réalisés dans le domaine de l’urbanisme, de l'environnement et du
développement durable au cours de ces dernières années. Il se veut la synthèse d'une quantité
considérable d'informations et d'une longue réflexion à laquelle ont participé les différents
acteurs de la société camerounaise. C’est donc un document national, fruit d'un consensus
entre les différents partenaires du secteur public, du secteur privé et de la société civile qui ont
été appelés à participer à la définition et à l'élaboration de son contenu.

Il présente les principaux problèmes de développement et d'environnement urbains dans les


différentes villes du pays et résume les grandes préoccupations exposées par tous ceux qui ont
contribué à sa préparation.

Un effort particulier a été consenti pour le rendre synthétique. Mais compte tenu de la quantité
de matériaux disponibles, des choix, et quelques fois des arbitrages ont été nécessaires pour sa
réalisation.

Le présent document compte quatre parties :

La première partie, tout en rappelant le contexte général dans lequel le document a été
préparé, présente l’état des lieux et le bilan-diagnostic dans le sous secteur. On y traite
notamment des grandes activités économiques et de l'impact des grandes politiques
sectorielles. L'approche qu'elle emprunte permet un rapide tour d'horizon de la situation à
travers les principales composantes du milieu : i) Urbanisme, habitat et cadre de vie – ii)

1 Akin l. Mabogunje, Ibadan 1er juin 2006

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transports urbains - iii) secteur privé urbain - iv) gouvernance urbaine. Elle fournit des
indications précieuses qui en faciliteront la compréhension.

La deuxième partie présente les axes stratégiques et analyse les différents types d'interventions
possibles. Cette partie est centrale dans le processus de l’élaboration de la stratégie. Elle
indique la direction à suivre et le cadre de référence pour le choix des différentes actions à
réaliser. C'est précisément ce chapitre qui traduit le consensus obtenu entre les partenaires.
C’est ainsi que cinq axes stratégiques ont été définis : (i) Développement de l’habitat urbain, (ii)
Développement des infrastructures de transport urbain, (iii) Amélioration du cadre
institutionnel et juridique, (iv) Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
et, (v) Promotion de la gouvernance urbaine.

Ces axes stratégiques se sont déclinés en cinq programmes :


1. Le développement de la planification urbaine pour assurer la maîtrise du
développement des villes et rationaliser l’occupation de l’espace urbain ;
2. L’amélioration de l’habitat pour augmenter l’offre de logements décents pour le grand
nombre ;
3. L’amélioration de l’environnement urbain et de l’accessibilité aux services urbains de
base pour améliorer le cadre et les conditions de vie des populations ;
4. Le développement des infrastructures de transport urbain pour accroître la mobilité
intra-urbaine ;
5. Le renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain pour
augmenter la qualité et la quantité de l’offre du secteur privé des services urbains
(notamment dans les domaines de la construction et de l’assainissement), pour
renforcer le cadre institutionnel et juridique, les ressources humaines et financières du
sous secteur et améliorer la gouvernance urbaine.

Par conséquent, toutes les actions qui seront menées dans le sous-secteur urbain dans les
prochaines années découleront de ces programmes.

La troisième partie présente la matrice globale de la stratégie et le plan d’actions prioritaires.

Enfin la quatrième partie fournit les principaux éléments de la mise en œuvre de la stratégie.
Le présent document de la stratégie du développement du sous secteur urbain, cadre de
référence par excellence, est donc une réponse en matière de rationalisation des choix du
Gouvernement sur le plan de développement urbain et de l’habitat. C’est un cadre d’orientation
des activités susceptibles d’assurer une meilleure contribution du développement urbain et de
l’habitat aux objectifs globaux de développement définis dans la vision nationale de
développement et dans le DSCE.

Pour cela, j’invite tous les acteurs urbains, qu’ils soient publics, privés ou de la société civile,
ainsi que les populations, à s’associer et à se mobiliser pour la mise en œuvre des actions
définies dans le Plan d’Actions Prioritaires de cette stratégie.

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En outre, je voudrais remercier les intervenants de l’Administration et des institutions


publiques, du secteur privé et de la société civile pour leur collaboration tout au long du
processus d’élaboration de cette stratégie. Ces remerciements s’adressent particulièrement au
Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) pour
l’appui technique apporté par les cadres mis à la disposition du Comité de Pilotage dans la mise
en œuvre de ce chantier.
Pour terminer, je félicite enfin, toute l’équipe de la cellule technique partenariale, cheville
ouvrière dans l‘élaboration de cette stratégie et également les consultants externes d’appui
méthodologique et technique qui ont participé de près ou de loin à la réussite de ce projet,
notamment pour leur dynamisme, leur engagement et leur disponibilité tout au long du
processus qui a conduit à l’aboutissement de l’élaboration de la stratégie du développement du
sous secteur urbain.

Puisse cette grande réflexion permettre au Cameroun de relever le défi d’une croissance
maîtrisée de ses villes, pour le bien-être de nos populations et dans le respect de notre
environnement.

Le Ministre du Développement Urbain et de l’Habitat

CLOBERT TCHATAT

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SOMMAIRE
AVANT PROPOS ......................................................................................................................................................................... I

LISTE DES ACRONYMES ................................................................................................................................................... VIII

LISTES DES CARTES, ENCADRES, IMAGES, FIGURES ET TABLEAUX ....................................................................XI

INTRODUCTION GENERALE ................................................................................................................................................. 1

1 – CONTEXTE GENERAL ............................................................................................................................................ 1


2 – METHODOLOGIE ................................................................................................................................................... 3
3 – ARTICULATION DU RAPPORT GLOBAL.................................................................................................................. 4
DEFINITION DES CONCEPTS GENERAUX ......................................................................................................................... 5

1 – EN MATIERE D’URBANISME, HABITAT ET CADRE DE VIE ....................................................................................... 5


2 – EN MATIERE DE TRANSPORTS URBAINS ................................................................................................................. 8
3 – EN MATIERE DE SECTEUR PRIVE URBAIN............................................................................................................... 8
4 – EN MATIERE DE GOUVERNANCE URBAINE............................................................................................................. 9

............................................. 11

SECTION 1 – GENERALITES SUR LE DEVELOPPEMENT URBAIN AU CAMEROUN ............................................. 12

I – PRESENTATION GENERALE DU CAMEROUN ........................................................................................................... 13

II – HISTORIQUE DE LA POLITIQUE DE DEVELOPPEMENT URBAIN ET DE L’HABITAT ................................. 18

III – IMPORTANCE SOCIO-ECONOMIQUE DU DEVELOPPEMENT URBAIN .......................................................... 21

1 – ARMATURE ET HIERARCHIE URBAINES AU CAMEROUN ...................................................................................... 21


2 – URBANISATION ET POPULATION URBAINE .......................................................................................................... 23
3 - CARACTERISTIQUES DEMOGRAPHIQUES ET SOCIO-ECONOMIQUES DU MILIEU URBAIN ........................................ 23
SECTION 2 – DELIMITATION ET DESCRIPTION DU SOUS-SECTEUR URBAIN AU CAMEROUN ....................... 26

I – DELIMITATION .................................................................................................................................................................. 27

A - COMPOSANTES ................................................................................................................................................... 27
B - ACTEURS DU DEVELOPPEMENT URBAIN .............................................................................................................. 27
II – DESCRIPTION .................................................................................................................................................................... 29

A - COMPOSANTE URBANISME-HABITAT-CADRE DE VIE ......................................................................................... 29


B – COMPOSANTE TRANSPORTS URBAINS ............................................................................................................... 57
C – COMPOSANTE SECTEUR PRIVE URBAIN .............................................................................................................. 69
D – COMPOSANTE GOUVERNANCE URBAINE ........................................................................................................... 79
SECTION 3 – BILAN-DIAGNOSTIC DU SOUS-SECTEUR DU DEVELOPPEMENT URBAIN AU
CAMEROUN ............................................................................................................................................................................... 98

A – COMPOSANTE URBANISME-HABITAT-CADRE DE VIE ........................................................................................ 99

Urbanisme .................................................................................................................................................................. 101


1 – Problème central ............................................................................................................................................. 101

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

2 – Causes et conséquences ............................................................................................................................... 101


Habitat ........................................................................................................................................................................ 102
1 – Problème central ............................................................................................................................................. 102
2 – Causes et conséquences ............................................................................................................................... 103
Cadre de vie ............................................................................................................................................................... 104
1 – Problème central ............................................................................................................................................. 104
2 – Principales causes et conséquences ........................................................................................................ 104
Arbre à Problèmes / Urbanisme-Habitat-Cadre de vie .......................................................................... 108
B – COMPOSANTE TRANSPORTS URBAINS ................................................................................................................... 109

1 – Problème central ............................................................................................................................................. 109


2 – Causes et conséquences ............................................................................................................................... 109
Arbre à Problèmes / Transports urbains ..................................................................................................... 114
C – COMPOSANTE SECTEUR PRIVE URBAIN ............................................................................................................... 115

1 – Problème central ............................................................................................................................................. 115


2 – Causes et conséquences ............................................................................................................................... 115
D – COMPOSANTE GOUVERNANCE URBAINE ............................................................................................................. 118

1 – Problème central ............................................................................................................................................. 118


2 – Causes et conséquences ............................................................................................................................... 118
E - LECONS TIREES............................................................................................................................................................... 122

........... 125

PRESENTATION ..................................................................................................................................................................... 126

1 – OBJECTIF .......................................................................................................................................................... 126


2 – METHODOLOGIE ............................................................................................................................................... 126
3 – ARTICULATION ................................................................................................................................................. 126
SECTION 1 – VISION DU DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN AU CAMEROUN ........................... 127

1 – RAPPEL DE LA VISION NATIONALE DE DEVELOPPEMENT ................................................................................... 128


2 – VISION DU DEVELOPPEMENT URBAIN ET DE L’HABITAT .................................................................................... 129
3 – OBJECTIFS DU GOUVERNEMENT EN MATIERE DE DEVELOPPEMENT URBAIN ..................................................... 129
SECTION 2 – OBJECTIFS ET STRATEGIES .................................................................................................................... 130

2 – 1. OBJECTIFS ET STRATEGIES PAR COMPOSANTE ............................................................................................. 131

A – COMPOSANTE URBANISME-HABITAT-CADRE DE VIE ...................................................................................... 131

1 – RAPPEL DE LA PROBLEMATIQUE ....................................................................................................................... 131


2 – OBJECTIF STRATEGIQUE ET OBJECTIFS SPECIFIQUES ......................................................................................... 131
3 – AXES D’INTERVENTION .................................................................................................................................... 131
4 – RESULTATS ATTENDUS ET INDICATEURS.................................................................................................... 132
B – COMPOSANTE TRANSPORTS URBAINS ................................................................................................................... 136

1 – RAPPEL DE LA PROBLEMATIQUE ....................................................................................................................... 136


2 – OBJECTIF STRATEGIQUE ET OBJECTIFS SPECIFIQUES ......................................................................................... 136
3 – AXES D’INTERVENTION .................................................................................................................................... 136

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

4 – RESULTATS ATTENDUS ET INDICATEURS.................................................................................................... 136


C – COMPOSANTE SECTEUR PRIVE URBAIN ............................................................................................................... 140

1 – RAPPEL DE LA PROBLEMATIQUE ....................................................................................................................... 140


2 – OBJECTIF STRATEGIQUE ET OBJECTIFS SPECIFIQUES ......................................................................................... 140
3 – AXES D’INTERVENTION .................................................................................................................................... 140
4 – RESULTATS ATTENDUS ET INDICATEURS .......................................................................................................... 141
D – COMPOSANTE GOUVERNANCE URBAINE ............................................................................................................. 144

1 – RAPPEL DE LA PROBLEMATIQUE ....................................................................................................................... 144


2 – OBJECTIF STRATEGIQUE ET OBJECTIFS SPECIFIQUES ......................................................................................... 144
3 – AXES D’INTERVENTION .................................................................................................................................... 144
4 – RESULTATS ATTENDUS ET INDICATEURS .......................................................................................................... 145
2 – 2. AXES STRATEGIQUES ................................................................................................................................................ 148

SECTION 3 – DETERMINATION DES PROGRAMMES .............................................................................................. 15150

............................... 157

PRESENTATION ..................................................................................................................................................................... 158

1 – OBJECTIF .......................................................................................................................................................... 158


2 – METHODOLOGIE ............................................................................................................................................... 158
3 –ARTICULATION .................................................................................................................................................. 159
– SECTION 1 : DESCRIPTION DES PROGRAMMES ................................................................................................ 160

PROGRAMME 1 : DEVELOPPEMENT DE LA PLANIFICATION URBAINE ................................................ 161


PROGRAMME 2 : AMELIORATION DE L’HABITAT ..................................................................................... 163
PROGRAMME 3 : AMELIORATION DE L’ENVIRONNEMENT URBAIN ET ACCES AUX SERVICES DE
BASE .................................................................................................................................................................... 167
PROGRAMME 4 : DEVELOPPEMENT DES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORTS URBAINS ............. 171
PROGRAMME 5 : RENFORCEMENT DES MOYENS D’ACCOMPAGNEMENT DU SOUS-SECTEUR
URBAIN ............................................................................................................................................................... 176
– SECTION 2 : MATRICE GLOBALE DE MISE EN ŒUVRE DE LA STRATEGIE ......................................... 18282

– SECTION 3 : PLAN D’ACTIONS PRIORITAIRES POUR LA PERIODE 2011-2015........................................... 219

.............. 267

PRESENTATION ..................................................................................................................................................................... 268

– SECTION 1 : DISPOSITIFS DE MONITORING DE LA STRATEGIE .................................................................. 269

– SECTION 2 : AUTRES CONDITIONS DE REUSSITE DE LA MISE EN ŒUVRE DE LA STRATEGIE ......... 274

ANNEXES ................................................................................................................................................................................. 276

Références Bibliographiques............................................................................................................................. 277


Listes des participants aux seminaires de validation des différentes étapes de la stratégie . 277

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Organe chargé de l’élaboration de la stratégie (CTP) ............................................................................. 284


Personnes ressources ........................................................................................................................................... 284
Equipe de consultants d’appui à la CTP ........................................................................................................ 284

LISTE DES ACRONYMES

AFD Agence Française de Développement


ARSEL Agence de Régulation du Secteur de l’Electricité
BAD Banque Africaine de Développement
BEAC Banque des Etats de l'Afrique Centrale
BIP Budget d'Investissement Public
BIRD Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement
BUCREP Bureau Central des Recensements et des Etudes de Population
CDS City Development Strategy
C2D Contrat de Désendettement-Développement
CAVIE Enquête Cadre de Vie
CDE Camerounaise des Eaux
CDMT Cadre de Dépenses à Moyen Terme
CEV Compte d'Entretien Voiries
CFC Crédit Foncier du Cameroun
CNUEH Conférence des Nations Unies sur les Etablissements Humains
CTD Cllectivités Territoriales Décentralisées
CTP Cellule Technique Partenariale
CU Communauté Urbaine
CUD Communauté Urbaine de Douala
CUY Communauté Urbaine de Yaoundé
DGI Direction Générale des Investissements
DGSN Délégation Générale à la Sûreté Nationale
DSCE Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi
DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
EAMAU Ecole d’Architecture et des Métiers d’Aménagement Urbain
ECAM Enquête Camerounaise Auprès des Ménages
EESI Enquête sur l’Emploi et le Secteur Informel
FACILS Facilité d'Actions pour des Initiatives Locales de Solidarité
FASR Facilité d'Ajustement Structurel Renforcée
FED Fonds Européen de Développement
FEICOM Fonds d'Equipement et d'Intervention inter-Communale
FMI Fonds Monétaire International
FOGAPE Fonds de Garantie (des financements) aux Petites et Moyennes Entreprises
IED Investissements Etrangers Directs
INS Institut National de la Statistique

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

IPPTE Initiative Pays Pauvre Très Endetté


MAETUR Mission d'Aménagement et d'Equipement des Terrains Urbains et Ruraux
MAGZI Mission d'Aménagement des Zones Industrielles
MINATD Ministère de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation
MINDAF Ministère des Domaines et des Affaires Foncières
MINDUH Ministère du Développement Urbain et de l'Habitat
MINEE Ministère de l'Energie et de l'Eau
MINEP Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature
MINEPAT Ministère de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire
MINFI Ministère des Finances
MINMEE Ministère des Mines, de l'Eau et de l'Energie
MINPOSTEL Ministère des Postes et Télécommunications
MINTP Ministère des Travaux Publics
MINTRANS Ministère des Transports
MIPROMALO Mission de Promotion des Matériaux Locaux
ONAC Ordre National des Architectes
ONIGC Ordre National des Ingénieurs de Génie Civil
OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement
PACDDU Programme d'Appui aux Capacités de Développement Utrbain
PADY Programme d'Assainissement Yaoundé
PAS Plan d’Ajustement Structurel
PDL Plan de Développement Local
PDU Projet de Développement Urbain
PDU Plan Directeur d’Urbanisme
PDUE Projet de Développement des secteurs Urbain et de l'approvisionnement en Eau
PIB Produit Intérieur Brut
PID Programme d’Infrastructures de Douala
PNDP Programme National de Développement Participatif
PNG Programme National de Gouvernance
POS Plan d’Occupation des Sols
PPBS Planification-Programmation-Budgétisation-Suivi/Evaluation
PPTE Pays Pauvre Très Endetté
PS Plan de Secteur
PSU Plan Sommaire d’Urbanisme
PUD Plan d’Urbanisme Directeur
RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SAD Société d'Aménagement de Douala
SCI Société Civile Immobilière
SDAU Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme
SFI Société Financière Internationale
SITRASS Solidarité Internationale sur les Transports et la Recherche en Afrique Sub-Sahélienne

RAPPORT FINAL Page ix


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

SIC Société Immobilière du Cameroun


SMIG Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti
SNEC Société Nationale des Eaux du Cameroun
SOCATUR Société Camerounaise de Transport Urbain
SONEL Société Nationale d'Electricité
SOTUC Société des Transports Urbains du Cameroun
VRD Voiries et Réseaux Divers

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Listes des cartes, encadrés, images, figures et tableaux

Liste des cartes


Carte 1 : Carte administrative du Cameroun............................................................................................................ 14
Carte 2 : Distribution spatiale des villes au Cameroun en 2005 .............................................................................. 22

Liste des encadrés


Encadré 1 : Des insuffisances multiples qui handicapent le développement urbain) ........................................... 122
Encadré 2 : Une nouvelle vision pour le développement du Cameroun ................................................................ 128
Encadré 3 : Dispositifs de monitoring : structures de veille de la mise en œuvre ................................................. 270

Liste des images


Image 1 : Habitat spontané à Yaoundé ………………………….………………………………………………..2
Image 2 : Une vue partielle du quartier Vogt Ada à Yaoundé ……….…………………………………..41
Image 3 : Un quartier spontané à Douala …………………………………………………………………….…42
Image 4 : Décharge sauvage à Douala …………………………………………………………………………...49
Image 5 : Inondation à l’école publique des brasseries à Garoua …………………………………….……….51
Image 6 : Une rue du quartier Etetak à Yaoundé, 2006 …………………………………………..…….……. 60

Liste des figures


Figure 1 : Evolution du taux de croissance du PIB entre 2000 et 2007 ................................................................... 17
Figure 2 : Evolution de l’indice des prix à la consommation (IPC) ......................................................................... 17
Figure 3 : Schéma organisationnel des transports urbains ...................................................................................... 57

Liste des Tableaux


Tableau 1 : Quelques données sur la population Camerounaise en Janvier 2010 .................................................. 15
Tableau 2 : Croissance de la population urbaine ...................................................................................................... 23
Tableau 3 : Quelques indicateurs socio-économiques des populations urbaines .................................................... 25
Tableau 4 : Production des parcelles par la MAETUR résumée par grandes périodes : ...................................... 32
Tableau 5 : Les grandes étapes de la réalisation des logements SIC ....................................................................... 34
Tableau 6 : Etapes et intervenants dans les opérations d'urbanisme opérationnel................................................ 39
Tableau 7 : Financement du logement social / 1979–2002 ........................................................................................ 53
Tableau 8 : Répartition des grandes opérations d’aménagement fiancées par le CFC ......................................... 54
Tableau 9 : Répartition géographique des prêts sociaux du CFC/1979 – 2002 ...................................................... 54
Tableau 10 : Infrastructures nécessaires aux transports .......................................................................................... 58
Tableau 11 : Longueurs des réseaux de quelques voiries ......................................................................................... 60
Tableau 12 : Linéaires des voiries par rapport à la population de quelques villes................................................. 61
Tableau 13 : Avantages et inconvénients des différents modes de transport .......................................................... 62
Tableau 14 : Quelques données relatives aux deux opérateurs de transport de masse .......................................... 63
Tableau 15 : Montants des investissements en infrastructures / voiries urbaines (en milliards de francs CFA) ... 68
Tableau 16 : Utilisation des ressources du CEV ........................................................................................................ 69
Tableau 17 : Evolution des ressources d’entretien affectées à la voirie urbaine (Millions de FCFA) .................. 69
Tableau 18 : Contribution du secteur privé de l’habitat au PIB ............................................................................. 74
Tableau 19 : Performances des trois principaux opérateurs de téléphone au Cameroun ..................................... 77
Tableau 20 : Répartition des compétences transférées aux CTD ............................................................................ 87
Tableau 21 : Récapitulatif du diagnostic de l’urbanisme-habitat-cadre de vie en milieu urbain ....................... 106
Tableau 22 : Récapitulatif du diagnostic des transports urbains au Cameroun .................................................. 112
Tableau 23 : Récapitulatif du diagnostic du secteur privé urbain au Cameroun ................................................. 117
Tableau 24 : Récapitulatif du diagnostic de la gouvernance urbaine au Cameroun ........................................... 120
Tableau 25 : Cadre logique de planification stratégique de la composante «urbanisme-urbanisme-cadre de
vie» ..................................................................................................................................................................... 134
Tableau 26 : Cadre logique de planification stratégique de la composante «Transports urbains» .................... 138

RAPPORT FINAL Page xi


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 27 : Cadre logique de planification stratégique de la composante «secteur privé urbain» ................... 142
Tableau 28 : Cadre logique de planification stratégique de la composante «Gouvernance urbaine» ................ 146
Tableau 29 : Passage des axes d'intervention aux axes stratégiques ..................................................................... 148
Tableau 30 : Passage des axes stratégiques aux programmes ................................................................................ 152
Tableau 31 : Identification des programmes de développement urbain ............................................................... 153
Tableau 32 : Actions à mettre en œuvre dans les cinq programmes retenus ........................................................ 183
Tableau 33 : Programmes P1, P2, P3 ....................................................................................................................... 185
Tableau 34 : Programme P4 (Développement des infrastructures de transports urbains) ................................. 198
Tableau 35 : P5. Programme Support (Renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain)201
Tableau 36 : Identification des actions du Programme P1. Développement de la planification urbaine ........... 220
Tableau 37 : Eléments de contenu des actions de P1 .............................................................................................. 221
Tableau 38 : Chiffrage du coût des actions de P1 ................................................................................................... 223
Tableau 39 : Programmation pluriannuelle des actions de P1 ............................................................................... 224
Tableau 40 : Identification des actions du Programme P2. Amélioration de l’habitat ........................................ 225
Tableau 41 : Eléments de contenu des actions de P2 .............................................................................................. 226
Tableau 42 : Chiffrage du coût des actions de P2 ................................................................................................... 229
Tableau 43 : Programmation pluriannuelle des actions de P2 ............................................................................... 230
Tableau 44 : Identification des actions du programme P3. Amélioration de l’environnement urbain et de
l’accès aux services urbains de base ................................................................................................................ 231
Tableau 45 : Eléments de contenu des actions de P3 .............................................................................................. 232
Tableau 46 : Chiffrage du coût des actions de P3 ................................................................................................... 236
Tableau 47 : Programmation pluriannuelle des actions de P3 ............................................................................... 237
Tableau 48 : Identification des actions du Programme P4. Développement des infrastructures de transport
urbain ................................................................................................................................................................ 242
Tableau 49 : Eléments de contenu des actions de P4 .............................................................................................. 244
Tableau 50 : Chiffrage du coût des actions de P4 ................................................................................................... 247
Tableau 51 : Programmation pluriannuelle des actions de P4 ............................................................................... 249
Tableau 52 : Identification des actions du Programme P5. Renforcement des moyens d’accompagnement du
sous-secteur urbain ........................................................................................................................................... 251
Tableau 53 : Eléments de contenu des actions de P5 .............................................................................................. 254
Tableau 54 : Chiffrage du coût des actions de P5 ................................................................................................... 263
Tableau 55 : Programmation pluriannuelle des actions de P5 ............................................................................... 265

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

INTRODUCTION GENERALE

1 – Contexte général

Le Cameroun est un pays qui regorge d’énormes potentialités. Il dispose en effet d’importantes
ressources naturelles notamment agricoles, minières, hydriques et touristiques en plus des
ressources humaines de qualité. À la faveur de la dévaluation du FCFA en 1994 et de la première
génération des réformes structurelles, le pays a retrouvé le sentier de la croissance économique
et l’amélioration de la situation macroéconomique après la récession de la fin de la décennie 80.
Cette croissance qui s’est située en moyenne à 4,5% sur la période 1996-2003, est principalement
tirée par le secteur tertiaire dont la contribution à la croissance se chiffrait à 2,5% en 2002. Les
secteurs primaire et secondaire n’y ont contribué respectivement qu’à hauteur de 0,8% et 0,3%
la même année.

A partir de 2004, l’on observe un ralentissement économique qui s’est poursuivi jusqu’en 2008
avec une croissance moyenne de 3,1%. Ce ralentissement est au premier chef le fait du secteur
secondaire dont les activités baissent en moyenne de 0,1% l’an, et de l’agriculture d’exportation
qui enregistre une décroissance en 2006 et 2007. Les recettes d’exportation proviennent
essentiellement des matières premières (pétrole, bois, cacao, coton, banane, caoutchouc, etc.)
dont les prix ne sont pas toujours favorables, alors que plus de 50% des importations sont
constituées des produits manufacturés, plus coûteux. Il en résulte des termes de l’échange
défavorables à l’économie nationale.

Toutefois, ces résultats négatifs n’ont pas entaché la volonté du Gouvernement d’exécuter de
façon satisfaisante son programme économique et financier appuyé par le Fonds Monétaire
International (FMI) et d’autres partenaires au développement au titre de la Facilité d’Ajustement
Structurel Renforcée (FASR). Le Cameroun a atteint le point d’achèvement de l’Initiative Pays
Pauvres Très Endettés (IPPTE) en avril 2006, ce qui a permis de réduire substantiellement le stock
de sa dette extérieure, et de dégager des marges budgétaires devant permettre de mieux
répondre aux besoins de développement économique et social du pays à court terme.

Le Cameroun a adopté en 2009 une nouvelle vision pour son développement baptisée «Vision-
2035». L’objectif global de cette vision est de faire du Cameroun un pays émergent,
démocratique et uni dans sa diversité à l’horizon 2035, avec pour objectifs généraux :
(i) - réduire la pauvreté à un niveau socialement acceptable ;
(ii) - atteindre le stade de pays à revenus intermédiaires ;
(iii) - devenir un Nouveau Pays Industrialisé ;
(iv) - consolider le processus démocratique et renforcer l’unité nationale.

Pour baliser la première étape vers les objectifs de cette vision, un Document de Stratégie pour la
Croissance et l’Emploi (DSCE) a été également adopté en 2009 pour la période 2010-2020, en
remplacement du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) dont la mise en
œuvre a abouti à des résultats plutôt mitigés. Le DSCE sert désormais de cadre de référence qui
doit inspirer les politiques et stratégies sectorielles et régionales, d’où découleront les
programmes et projets de développement à mettre en œuvre.

RAPPORT FINAL Page 1


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Sur la base de ce cadre de référence, chaque secteur de l’économie doit élaborer (ou
réactualiser) son document de stratégies, afin d’organiser et de présenter la manière d’apporter
sa contribution à l’atteinte de l’objectif général de développement du Cameroun recherché pour
2035.

L’une des orientations de la vision «sera la maîtrise du développement urbain et l’amélioration du


cadre et des conditions de vie des populations urbaines à l’effet d’accroître la compétitivité et
l’efficacité économique, sociale et environnementale des villes du Cameroun». Il est établi que les
problèmes qu’engendre une urbanisation accélérée et mal maîtrisée, déjà importants dans les
métropoles de Douala et Yaoundé, se décupleraient si aucune action prospective n’est engagée.
D’où la nécessité d’anticiper le développement indispensable des villes (Image 1).

Image 1 : Habitat spontané à Yaoundé

Il est à noter que le DSCE mentionne le développement urbain parmi les défis que le Cameroun
doit relever pour atteindre les objectifs de la vision, en précisant qu’il «s’agit non seulement de
maîtriser le développement des villes (taux d’urbanisation de 57,3% en 2020) et d’en faire des
centres de production et de consommation nécessaires à l’essor du secteur industriel, mais
également de promouvoir l’émergence des agglomérations périphériques, le développement des
villes moyennes ou secondaires capables de structurer les activités économiques dans l’espace
urbain et de concourir au développement des zones rurales environnantes».

C’est dans ce contexte que le Ministère du Développement Urbain et de l’Habitat (MINDUH) qui
intervient dans le secteur des infrastructures, a pris l’initiative de fédérer toutes les réflexions
engagées depuis 2002, pour produire un document de stratégies de développement du sous-
secteur urbain.

RAPPORT FINAL Page 2


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Ce document de stratégie est un outil de planification de référence en matière de formulation et


de mise en œuvre de politiques efficaces. Il permettra d’avoir dans le sous secteur, une meilleure
vision et lisibilité des activités à mener pour le développement de l’urbanisme et de l’habitat au
Cameroun, conformément aux orientations du Document de Stratégie pour la croissance et
l’emploi (DSCE) et aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

C’est le document de base d’élaboration des CDMT et du Budget du MINDUH, conformément à la


nouvelle loi portant nouveau régime financier de l’Etat, d’autant plus que les circulaires du Chef
de l’Etat relatives à la préparation du budget font obligation à toutes les administrations
publiques de présenter à l’appui de leur projet de Budget d’Investissement Public (BIP) un
document de politique/stratégie sectorielle.

Enfin, la stratégie est un document de plaidoyer pour la mobilisation des acteurs et des
ressources en vue d’assurer un développement urbain durable.

2 – Méthodologie

L’élaboration de cette stratégie a été menée selon le canevas prescrit par le Guide
méthodologique conçu par le Ministère en charge de la planification stratégique (MINEPAT) pour
encadrer l’élaboration des stratégies de développement économique et social au Cameroun.

Organisation du travail

Il convient de préciser qu’en 2006, un projet de stratégie de développement urbain a été élaboré,
mais non adopté. Pour la reprise du processus, le MINDUH a mis en place un Comité de Pilotage
(COPIL) et une Cellule Technique Partenariale (CTP) multi-acteurs, appuyés par trois consultants
(deux internationaux et un national).

La CTP a procédé à la revue et à l’analyse de la documentation existante en matière de


développement urbain. A cet égard, le document issu du processus de 2006 a été complété par
d’autres études et des informations collectées sur des grands programmes relatifs au
développement urbain engagés au Cameroun.

Processus de validation

Le Guide méthodologique du MINEPAT prévoit trois rapports principaux qui constituent le


document de stratégie (n°1 sur l’Etat des Lieux et de Bilan-Diagnostic, n°2 sur les Stratégies
adoptées, n°3 sur le Plan d’Actions Prioritaires et les dispositifs de mise en œuvre et de
suivi/évaluation de la stratégie) et qui doivent être accompagnés d’un projet de Déclaration de
Politique Sectorielle.

Les trois rapports, élaborés à l’issue des réunions et retraites de rédaction organisées par la CTP,
ont bénéficié des contributions de partenaires du secteur privé et de la société civile impliqués
dans le développement urbain. Après acceptation par le COPIL du travail accompli par la CTP,
chaque rapport a été envoyé au MINEPAT pour observations avant l’organisation d’un séminaire
national de validation. L’ensemble du processus a ainsi connu quatre sessions du COPIL (dont une
consacrée au lancement du processus), et trois séminaires nationaux de validation. Chaque
séminaire a regroupé une soixantaine de responsables de haut niveau dont : des Délégués du
Gouvernement auprès de Communautés Urbaines, l’Association CVUC, les ordres nationaux du
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

sous-secteur (urbanistes, architectes, ingénieurs de génie civil), des PTF, des représentants des
administrations et établissements publics du sous-secteur, des communicateurs, ainsi que des
OSC.

Données utilisées

Au Cameroun, un certain nombre d’études générales ont été réalisées, notamment «l’étude sur
l’état d’urbanisation du Cameroun» (ETURCAM), «la revue du développement du secteur urbain
par la Banque Mondiale (2002)», les consultations de villes, etc. Parce qu’on dispose d’un plus
grand nombre d’études sur Yaoundé et Douala, les données sur ces villes sont amplement citées,
mais les problématiques dégagées peuvent être étendues aux villes secondaires. Cependant,
d’une manière générale, ces études présentent des insuffisances en termes de données. Aussi,
tout en exploitant ces sources, les données issues des enquêtes de l’Institut National de la
Statistique (INS) ont été utilisées, mais elles ne sont pas assez fines pour les questions de
développement urbain, en plus du fait que la plupart d’entre elles ne sont disponibles que tous
les cinq ans (au mieux). Les chiffres du 3ème RGPH, également utilisés, ont été publiés 23 ans après
ceux du 2ème RGPH réalisé en 1987. Les données administratives produites par les services publics
du secteur urbain ont été aussi utilisées. Toutes ces données ont été complétées par quelques
informations pertinentes collectées auprès d’autres sources.

3 – Articulation du Rapport Global

Le présent rapport fusionne en un seul document les trois rapports validés. Il comporte, en plus
de cette introduction générale, un chapitre consacré à la définition des concepts généraux et des
annexes, quatre parties comportant chacune plusieurs sections :
(i) Etat des lieux et bilan-diagnostic (3 sections) ;
(ii) Choix stratégiques de développement urbain (3 sections) ;
(iii) Plan d’actions prioritaires (3 sections) ;
(iv) Outils de mise en œuvre de la stratégie (2 sections).

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Définition des concepts généraux

1 – En matière d’urbanisme, habitat et cadre de vie

Notion de ville : selon la loi n°2004/003 régissant l'urbanisme au Cameroun, la ville est définie
comme un milieu urbain qui couvre l’ensemble des agglomérations ou établissements humains
remplissant les trois conditions suivantes :
 une concentration de constructions contiguës (art 4-1) ;
 une population d’au moins 2 000 habitants (art 4-1) ;
 la présence d’activités visant à favoriser l’amélioration du cadre de vie, le
développement économique et le développement social (art. 3). Ce qui implique des
activités professionnelles diversifiées à titre principal dans le commerce, l'industrie,
l'administration.
Dans la pratique, les chefs lieux d'unités administratives sont classés parmi les villes, même s’ils
ont moins de 2 000 Habitants.

Armature urbaine : l'armature urbaine est l'ensemble des villes hiérarchisées et de leurs aires
d'influence. Deux autres notions sont liées à la notion d'armature urbaine:
la notion de réseau urbain qui est l'inscription géographique de l'armature urbaine, traduite
par des flux de personnes, de marchandises, de communications immatérielles et de
capitaux entre les villes;
la notion de hiérarchie urbaine qui implique une structuration en différents niveaux et des
rapports de dominance entre villes voisines de différents niveaux.

Aire d’influence d’une ville : L'aire d'influence d'une ville est l'espace entourant la ville, que cette
dernière domine ou qui exerce sur elle une domination à travers des liens administratifs,
économiques ou sociaux. La notion d’influence est difficile à préciser. Elle se mesure à partir des
fréquences (ou des probabilités) de déplacement des résidents de la région périphérique vers le
centre. Selon que l’influence est mesurée à partir de l’extension du bassin d’approvisionnement
en produits frais, des navettes domicile-travail (bassin d’emploi), de la fréquence du recours des
populations environnantes aux commerces et aux services urbains, d’après le recrutement des
élèves et étudiants, ou de la diffusion de la presse régionale, l’étendue de la zone d’influence
pour une même ville peut varier de quelques kilomètres à quelques dizaines, voire centaines de
kilomètres de rayon2.

Urbanisation : Le terme «urbanisation» a deux sens distincts : (i) c’est l’action d’urbaniser, de
créer des villes ou d’étendre l’espace urbain ; (ii) elle est la concentration croissante (de la
population) dans les villes et dans les agglomérations urbaines3.

L’urbanisation est un processus universel qu’on peut aussi globalement définir comme la
transformation d’un peuplement rural, fait de villages, petites unités d’habitat regroupant
chacune au plus quelques centaines ou quelques milliers d’habitants, qui sont peu espacées,
dispersées sur tout le territoire et relativement homogènes en dimension, en un peuplement
urbain, concentré et hiérarchisé, formé de villes, qui sont des agrégats de populations denses, de

2 D. PUMAIN, T. PAQUOT, R. KLEINSCHMAGER, Dictionnaire, La ville et l’urbain.


3 P. Merlin, F. Choay : Dictionnaire de l’Urbanisme et de l’Aménagement

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tailles inégales, et qui peuvent atteindre des dimensions de mille à cent mille fois plus grandes
que celles des villages4. L’urbanisation est donc l’essor des villes dans un pays donné.

Le taux d'urbanisation d’un pays ou d’une région se définit par la proportion de la population
urbaine du pays ou de la région par rapport à sa population totale. Tout dépend donc de la
définition de la population urbaine.

Urbanisme: au sens de la loi n°2004/003 du 21 avril 2004 régissant l’Urbanisme au Cameroun,


"l’Urbanisme est l’ensemble des mesures législatives, réglementaires, administratives,
techniques, économiques, sociales et culturelles visant le développement harmonieux et
cohérent des établissements humains, en favorisant l’utilisation rationnelle des sols, leur mise en
valeur et l’amélioration du cadre de vie, ainsi que le développement économique et social". La
gestion stratégique du développement urbain comprend fondamentalement l'urbanisme
réglementaire et l'urbanisme opérationnel.

Urbanisme réglementaire : C’est l’ensemble des procédures en matière de règlementation et


planification de la gestion du sol en milieu urbain (production des documents de planification,
mise en place d’un cadre législatif et réglementaire, définition des outils de gestion et des
mécanismes de contrôle).

Urbanisme opérationnel : C’est la mise en œuvre des programmes physiques pour répondre aux
multiples besoins : production de parcelles assainies pour divers usages y compris les réserves
foncières pour équipements publics, protection et sécurisation des zones écologiquement
sensibles (plans d’eau urbains, zones marécageuses, flancs de collines, etc.), restructuration et
rénovation des espaces urbains.

Espace urbanisé : Espace urbain aménagé selon les normes de l’urbanisme

Restructuration et Rénovation urbaines :


Selon la loi 2004/003 régissant l’urbanisme, la restructuration urbaine est un ensemble d’actions
d’aménagement sur des espaces bâtis de manière anarchique, dégradés ou réalisées en secteur
ancien, destinées à l’intégration d’équipements déterminés ou à l’amélioration du tissu urbain
des agglomérations.

La Rénovation urbaine est un ensemble de mesures et opérations d’aménagement qui consiste


en la démolition totale ou partielle d’un secteur urbain insalubre, défectueux ou inadapté, en vue
d’y implanter des constructions nouvelles.

Habitat (entendu comme une habitation annexée de son environnement) : Il définit le cadre et
les conditions de vie d’une population en général, un mode de groupement des établissements
humains en particulier.

En milieu urbain le terme habitat signifie «la part d’un tissu bâti spécialement affectée au
logement des habitants» (Pierre Merlin et Françoise CHOAY, dans «Dictionnaire de l’urbanisme et
de l’Aménagement», PUF, Paris, 1996).

Habitat «spontané» : on entend par habitat spontané «les multiples formes d’habitat en marge
de la légalité, notamment au regard du droit foncier, du droit de l’urbanisme et du raccordement
aux voiries et réseaux divers de base (eau et électricité).

4 D. PUMAIN, T. PAQUOT, R. KLEINSCHMAGER, Dictionnaire, La ville et l’urbain.

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Logement décent : C’est un logement bâti dans un environnement loti et sûr au plan des droits
d’occupation, disposant des services de base individuellement ou collectivement (eau, électricité
et assainissement des eaux usées par égouts ou fosses septiques), qui rendent cet habitat
fonctionnel et vivable en termes de santé environnementale.

Logement social : logement individuel ou collectif décent (voir définition ci-dessus), et dont
l’occupation (locative ou en accession à la propriété) est accessible financièrement aux couches
de populations à faibles revenus, qu’il s’agisse du logement aidé par l’Etat (aide au constructeur
promoteur ou aide à la personne) et/ou promu par tout acteur public, parapublic, d’économie
mixte ou privé.

Autopromotion de l’habitat : on parle d’autopromotion lorsque le candidat à l’accession au


logement organise lui-même la construction de son habitat mais ne prend pas directement part à
l’exécution des travaux.

Auto-construction : filière de production de l’habitat dans laquelle le candidat à l’accession au


logement participe directement à l’essentiel de sa construction.

Promoteur immobilier : personne physique ou morale qui réalise ou fait réaliser des opérations
de lotissement, d’aménagement de terrains, de construction ou de rénovation d’immeubles en
vue de la vente ou de la location aux particuliers.

Agent immobilier : personne physique ou morale qui accomplit comme profession habituelle
l’achat/vente d’immeubles bâtis ou non, ou la gestion immobilière.

Matériaux locaux : le matériau local est celui dont la matière première, exploitée dans des
conditions environnementales acceptables, est transformée au moins partiellement en produit
semi-fini dans une aire géographique locale de rayon raisonnable et dont la transformation
complète en produits finis a lieu dans l’aire géographique couvrant sa zone de marché.

Cadre de vie : C’est un espace intégré au bâti. Il traduit l’ensemble des caractéristiques qualifiant
l’environnement du logement.

Un cadre de vie sera jugé décent s’il est exempt de toutes nuisances et risques naturels et
anthropiques, et s’il est rendu fonctionnel par la présence de services, d’infrastructures (voirie et
drainage des eaux pluviales) et d’équipements de base tels qu’énoncés dans la définition d’un
logement décent.

Services urbains : ensemble des services publics et privés s’adressant à la collectivité urbaine
quel que soit leur mode de gestion : eau potable, énergie, assainissement, télécommunications,
voirie tertiaire, distribution d’images par câble, transport, etc.

Equipements publics urbains : Il s’agit :


 des équipements collectifs de superstructure (les espaces plantés et de sport, les
équipements scolaires et sanitaires, les équipements commerciaux, les équipements
sociaux et culturels, les équipements administratifs généraux),
 des infrastructures, en particulier les voiries et réseaux divers (VRD) ;
 des équipements sociaux et culturels
 des équipements marchands (marchés, abattoirs et gares routières).

Environnement urbain : Il définit l’ensemble d’éléments constitutifs du milieu de vie d’un être
vivant. La ville exerce une action directe sur l’environnement naturel, d’où elle prélève les

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

ressources dont elle a besoin pour vivre et où elle rejette les déchets qu’elle produit. La
protection de l’environnement urbain participe de la gestion durable des ressources.

Assainissement : Dans le contexte de ce document, l’assainissement sera considéré comme


l’ensemble des actions, programmes et projets visant à rendre un milieu sain, dans la perspective
de l’atteinte des objectifs d’un développement urbain durable.

Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) : ce vocable regroupe les régions, les


communautés urbaines et les communes

2 – En matière de transports urbains

Mobilité urbaine : Capacité de déplacement des personnes et des biens à l’intérieur de l’espace
urbain.

Infrastructures de transport urbain. Elles comprennent les réseaux intra urbains viaires [voiries
primaires et secondaires et ouvrages connexes (trottoirs, éclairage public, passerelles, circulation
en site propre, barrières mobiles, ponts mobiles, passages a niveaux, signalisation et marquage,
parkings publics, aires de stationnement, etc.)], ferroviaires et fluviaux le cas échéant (quais de
navettes fluviales et/ou lagunaires, etc.).

Moyens de transport urbain. Il s’agit des différents modes de transport (individuel, collectif ou
semi-collectif), leur organisation en offre marchande de moyens de transport : taxis, deux roues,
bus, véhicules particuliers, etc.).

Ils sont examinés sous l’angle du transport des passagers mais aussi de celui des marchandises
(fret urbain et logistique) notamment à destination des équipements de transport interurbains :
ports, aéroports, gares routières et ferroviaires, centres commerciaux et marchés de gros.

Gestion du trafic et de la circulation. Elle est relative à l’ensemble des interventions visant à une
amélioration des conditions de circulation sur les réseaux de transport existants, que ce soit par
des actions ponctuelles visant à fluidifier la circulation (traitement des points critiques,
amélioration des carrefours, création de couloirs réservés à la circulation des autobus, marquage
au sol et signalisation, enlèvement rapide des véhicules accidentés ou en panne sur les grands
axes de la circulation), ou par une réglementation locale (restrictions de stationnement et de
virage des automobilistes, restrictions éventuelles de l’usage des véhicules individuels et des
poids lourds à certaines périodes, pour certains itinéraires, etc.) ou encore par le biais d’un plan
global, (mise au point/changement de plans de circulation et leur application).

3 – En matière de secteur privé urbain

Secteur privé urbain : Il regroupe l’ensemble des activités du secteur non public intervenant (ou
pouvant intervenir) dans l’offre de biens et de services en milieu urbain.

PME : Selon la Loi n°2010/001 du 13 avril 2010, les PME comprennent les Très Petites Entreprises
(TPE), les Petites Entreprises (PE) et les Moyennes Entreprises (ME).
-La TPE est une entreprise qui emploie au plus cinq personnes et dont le chiffre d’affaires annuel
hors taxes n’excède pas quinze millions de FCFA.
- La PE est une entreprise qui emploie entre six et vingt personnes et dont le chiffre d’affaires
annuel hors taxes est supérieur à quinze millions de FCFA et n’excède pas cent millions de FCFA.

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

- La ME est une entreprise qui emploie entre vingt-et-une et cent personnes et dont le Chiffre
d’affaires annuel hors taxes est supérieur à cent millions de FCA et n’excède pas un milliard de
FCA.

Artisanat : Selon l’article 2 de la loi n°2007/004 du 03 juillet 2007 régissant l’Artisanat au


Cameroun, «l’Artisanat est constitué de l’ensemble des activités d’extraction, de production, de
transformation, d’entretien, de réparation ou de prestation de services essentiellement
manuelles et exercées à titre principal».

Maître d’Ouvrage : Selon les dispositions du décret N°2004/275 du 24 septembre 2004 portant
Code des Marchés Publics, le Maître d’Ouvrage est une personne, Chef de département
ministériel ou assimilé, Chef de l’exécutif d’une collectivité territoriale décentralisée, Directeur
Général et Directeur d’un établissement public et d’une entreprise du secteur public ou
parapublic, représentant l’administration bénéficiaire des prestations prévues dans le marché.

Maître d’Ouvrage Délégué : Selon les dispositions du décret N°2004/275 du 24 septembre 2004
portant Code des Marchés Publics, le Maître d’Ouvrage Délégué est une personne exerçant en
qualité de mandataire du maître d’ouvrage, une partie des attributions de ce dernier.

Il s’agit du Gouverneur de province (région), du Préfet de département, du chef d’une mission


diplomatique du Cameroun à l’étranger, habiletés à passer et à signer les marchés financés sur
crédits délégués par le Maître d’Ouvrage et le cas échéant, du chef d’un projet bénéficiant d’un
financement extérieur.

Maître d’œuvre : C’est un personne physique ou morale de droit public ou privé chargée par le
Maître d’Ouvrage ou le Maître d’Ouvrage Délégué d’assurer la défense de ses intérêts aux stades
de la définition, de l’élaboration, de l’exécution et de la réception des prestations objet du
marché.

Promoteur immobilier : il s’agit de toute personne morale ou physique qui prend l’initiative des
réalisations immobilières, assure la coordination des opérations, intervient dans l’étude des
programmes immobiliers à réaliser et met à la disposition des usagers des logements construits
par attribution ou par vente à terme ou à l’état futur d’achèvement.

4 – En matière de gouvernance urbaine

Gouvernance urbaine : pour les besoins de cette étude, on retiendra la définition de la


gouvernance urbaine donnée par le Fonds des Nations Unies pour la Population en 2007: «Les
processus par lesquels les autorités urbaines, en partenariat avec d’autres organismes publics et
différents segments de la société civile, répondent aux besoins sociaux de manière efficace,
participative et transparente et sont tenues responsables de leurs actions».

Décentralisation : au sens de la loi d’orientation, la décentralisation est définie comme le


transfert de compétences d’un organisme central à des organismes régionaux ou locaux.

Contrat de ville : c’est «un document cadre, limité dans le temps, qui engage les acteurs sociaux
que sont l’Etat, les collectivités territoriales décentralisées, la société civile dans toutes ses
composantes, en vue d’impulser le développement global et cohérent d’une ville par la
mobilisation des énergies et des moyens financiers pour l’amélioration du cadre de vie des
populations, la réduction de la pauvreté et le développement urbain».

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Contrat de partenariat : l'article 2 alinéa 2 de la loi n°2006/012 du 29 décembre 2006 définit le


contrat de partenariat comme "le contrat par lequel l'Etat ou l'un de ses démembrements confie
à un tiers, pour une période déterminée, en fonction de la durée d'amortissement des
investissements ou des modalités de financement retenues, la responsabilité de tout ou partie
des phases suivantes d'un projet d'investissement : la conception des ouvrages ou équipements
nécessaires au service public, le financement, la construction, la transformation des ouvrages ou
des équipements, l'entretien ou la maintenance, l'exploitation ou la gestion".

Démocratie participative : C’est le processus qui permet aux populations et aux organisations de
la société civile de prendre part à la gestion des affaires publiques, et de pouvoir veiller à la prise
en compte de leurs préoccupations.

Développement social : Le développement social est l’ensemble des mesures cohérentes visant à
s’assurer qu’aucune frange de la population ne se trouve marginalisée du fait de son incapacité à
accéder aux services offerts, à s’intégrer dans la société ou à participer à la vie de la
communauté.

Communication urbaine : elle doit être entendue ici comme processus au cours duquel le citoyen
est informé et consulté par rapport aux questions urbaines.

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

SECTION 1 – GENERALITES SUR LE


DEVELOPPEMENT URBAIN AU CAMEROUN

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

I – Présentation générale du Cameroun

Le Cameroun est un pays d’Afrique Centrale d’une superficie de 475 650 Km² qui s’étend du 2 ème
au 13ème degré de latitude Nord, et du 9ème au 16ème degré de longitude Est. C’est le seul pays de
la CEMAC à avoir une frontière avec les cinq autres que sont : le Tchad au Nord-Est, la
Centrafrique à l’Est, le Congo, le Gabon et la Guinée Équatoriale au Sud. A l’Ouest, il partage avec
le Nigeria une longue frontière de 1 200 Km qui va du lac Tchad à l’océan Atlantique. Il est ouvert
sur l’océan Atlantique sur une distance de 420 Km, allant du Nigeria à la partie continentale de la
Guinée Equatoriale. Cette position confère au Cameroun un rôle prépondérant dans la stratégie
d’intégration sous-régionale en Afrique Centrale, et dans la liaison entre cette sous-région et
l’Afrique de l’Ouest. Le Cameroun occupe une position géoéconomique remarquable, en raison
de l'enclavement de ses voisins tels que le Tchad et la République Centrafricaine.

Le Territoire national est découpé en 10 régions (carte 1), 58 départements et 323


arrondissements placés respectivement sous l’autorité de gouverneurs, préfets et sous-préfets.

1 - Atouts géographiques et ressources

Du sud au nord, le territoire camerounais s'étire sur quelques 1 250 Kms jusqu'au lac Tchad. La
forêt du sud cède progressivement la place à une zone dite soudanienne, couverte de hautes
herbes, mais boisée au niveau des hauts plateaux de l'Adamaoua, de l'Ouest et du Nord-Ouest. La
forêt et les savanes boisées couvrent ainsi 75 % du territoire.

Prenant naissance dans les hauts plateaux du pays, une multitude de fleuves et de cours d'eau se
dirigent, soit vers la côte atlantique en formant des chutes et cascades qui fondent le potentiel
hydroélectrique du pays, soit vers le bassin du Congo en pente douce à l'instar de la Ngoko,
fleuve qui, via la Sangha, l'Oubangui et le Congo, permet de relier Brazzaville à partir de
Moloundou, plaque tournante de l'exploitation forestière, située au sud-est du Cameroun. Les
fleuves qui coulent sur le versant Nord alimentent soit le bassin du Lac Tchad, soit le bassin du
Niger, permettant même de relier par voie fluviale le Nord du Cameroun au Nigeria, jusqu’à
l’océan Atlantique. Toutefois, contrastant avec l'aridité ambiante de la région sahélienne, les
abords du Lac Tchad sont inondables.

Doté d'une végétation et d'une pluviométrie aussi variées, le territoire camerounais offre
presque partout des sols aptes à la culture, tant pour les cultures pérennes d'arbres, d'arbustes,
que pour les céréales, les cultures maraîchères et des tubercules. Des sols plus riches s'étendent
à proximité d'anciens volcans.

Le Cameroun dispose d’abondantes ressources naturelles (eau, sol riche, etc.). On y trouve, entre
autres : pétrole, gaz naturel, bauxite, fer, dont les gisements pourraient contribuer à son
industrialisation, dans un contexte mondial marqué par une demande croissante d’énergie et
autres matières premières notamment par les pays émergents.

RAPPORT FINAL Page 13


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Carte 1 : Carte administrative du Cameroun

RAPPORT FINAL Page 14


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

2 - Population, urbanisation et développement humain

Tableau 1 : Quelques données sur la population Camerounaise en Janvier 2010

Population Au moins 60 Répartition par


Population urbaine Moins de 15 ans
N° ans sexe
Totale
Chiffre % Chiffre % Chiffre % Femmes %
19 406 100 10 091 172 52 8 465 364 43,62 961 285 4,95 9 806 876 50,54
ème
Sources des données de base : 3 RGPH

Ce tableau montre que le Cameroun avait en janvier 2010 une population en majorité jeune
(43,62% des moins de 15 ans et seulement 4,95% de 60 ans et plus), et un taux d’urbanisation de
52%. La moyenne de personnes par ménage était de 5,2. Si le taux d’accroissement
démographique de 2,6% par an constaté entre 2005 et 2010 se maintenait, la population du
Cameroun doublerait dans 25 ans.

La population urbaine risque de continuer à augmenter fortement, du fait de l’exode rural poussé
par la pauvreté en milieu rural. En effet, selon les enquêtes ECAM, tout en restant pratiquement
au même niveau en moyenne nationale (39,9% en 2007 contre 40,2% en 2001), l’incidence de la
pauvreté a augmenté en milieu rural de 3 points (passant de 52% à 55%), tandis qu’elle a baissé
en milieu urbain de près de 6 points (passant de 17,9% à 12,2%). Par ailleurs, la simulation selon
les scenarii de croissance (Vision-2035 et DSCE) aboutit à un taux de pauvreté national de 28,8%
en 2015 dans le meilleur des cas et 35,2% dans le cas contraire. A cette échéance, le taux de
pauvreté dans le secteur primaire (essentiellement en milieu rural) avoisinerait les 45% en 2015,
c’est-à-dire cinq points au-dessus du taux national de pauvreté de 39,9% calculé en 2007, alors
que l’incidence de la pauvreté en milieu urbain aura encore certainement diminué.

3 – Contexte législatif et réglementaire

Le dispositif institutionnel en matière de développement urbain a connu un tournant décisif en


2004, avec la promulgation de la loi n°2004/003 du 21 avril 2004 régissant l’urbanisme au
Cameroun. Des textes réglementaires subséquents ont contribué à la fois à renforcer et à clarifier
les responsabilités en matière de gestion urbaine.

Par ailleurs, et à la faveur de la constitution du 18 Janvier 1996 qui réaffirme le statut d’état
unitaire décentralisé du Cameroun, une série de textes législatifs dont la loi d’orientation de la
décentralisation (loi n°2004/017 du 22 Juillet 2004) ont contribué à accroître les responsabilités
des collectivités territoriales décentralisées.

4 – Contexte économique et social

Le développement économique du Cameroun repose essentiellement sur l’agriculture, l’élevage,


la pêche, l’industrie, les services, ainsi que sur l’exploitation forestière, minière et pétrolière. En
raison d’une conjonction de facteurs d’origine interne et externe, le Cameroun est entré de plain-
pied dans une profonde crise économique en 1987 qui a duré plus d’une décennie. La chute de la
croissance qui en a découlé a occasionné une désorganisation du tissu social, engendrant de

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

nombreux déficits notamment en termes d’alimentation, de revenu, d’emploi, d’infrastructures,


de sécurité et même de crédibilité internationale.

Pour y faire face, le Gouvernement a engagé un certain nombre de reformes visant à remettre le
pays dans la voie du progrès économique et social. Admis à l’Initiative PPTE en 1999, le
Cameroun en a franchi le Point de Décision en 2000, et le Point d’Achèvement en 2006, après
élaboration et mise en œuvre d’un Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP)
adopté en 2003. Le profil de la pauvreté au Cameroun en 2007 montre que les résultats de la
mise en œuvre du DSRP n’ont pas été à la hauteur des attentes, et que le pays risque de ne pas
atteindre la plupart des OMD en 2015. Pour proposer des correctifs aux insuffisances constatées,
le pays a adopté en 2009 une Vision de son développement à l’horizon 2035, et un Document de
Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) qui vient remplacer le DSRP.

Les stratégies adoptées dans le cadre de ces réformes ont identifié entre autres, les secteurs
agricole et industriel comme piliers pour la relance de la croissance. En effet, il est prévu que ce
sont ces secteurs qui assureront la génération des ressources nécessaires, devant permettre au
pays de retrouver un niveau de croissance susceptible de promouvoir les investissements et par
delà, le développement économique et social.

Dans cette perspective, le Gouvernement, avec le concours financier de l’Union Européenne est
en train d’élaborer une stratégie de développement du secteur de l’industrie et des services à
haute valeur ajoutée dont les centres d’activités se trouvent essentiellement dans les villes. Sa
mise en œuvre doit contribuer à la création d’emplois, à une meilleure protection des
consommateurs, à l’instauration de pratiques commerciales loyales, susceptibles de permettre
au pays de jouer pleinement son rôle de moteur dans le commerce sous-régional et participer
substantiellement au commerce international.

L’augmentation de ressources suite au franchissement du Point d’Achèvement de l’initiative PPTE


en 2006 a permis d’allouer plus de moyens aux secteurs sociaux (santé et éducation notamment),
au développement rural et au développement urbain (notamment dans le cadre du C2D).

Le niveau du taux de croissance est encore insuffisant pour réduire efficacement la pauvreté au
Cameroun, conformément aux OMD (Figure 1). Le niveau souhaitable, d’après les estimations du
MINEPAT dans le cadre du DSCE et au regard des inégalités accentuées, devrait se situer entre 7
et 8%.

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Source : MINFI, Direction des Affaires Economiques (DAE)


Figure 1 : Evolution du taux de croissance du PIB entre 2000 et 2007

La croissance au Cameroun est principalement tirée par la consommation intérieure. Sur les
3,03% de taux de croissance en 2006, la consommation représente 2,89 points, les
investissements 0.34 points et les exportations nettes–0,20 points. Ainsi, la consommation aurait
contribué à la croissance en 2006 pour 95,4% alors que les contributions respectives de
l’investissement et des exportations sont de 11,2% et de moins 6,6%.

Après la forte envolée observée en 2006, les prix à la consommation ont connu une décélération
en 2007. Le taux d’inflation est passé de 5.5% en 2006 à 1,1% en 2007, soit 4.4 points de moins
(Figure 2).

Source : MINFI, Direction des Affaires Economiques-DAE (* = estimations)


Figure 2 : Evolution de l’indice des prix à la consommation (IPC)

En 2008, la hausse du coût du pétrole et du carburant sur le marché international et la flambée


des prix des denrées alimentaires ont fait anticiper une hausse du niveau de l’inflation.
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II – Historique de la politique de développement urbain et de l’habitat

Les orientations politiques et les actions auxquelles elles ont donné lieu en matière de
développement urbain et de l’habitat au Cameroun ont évolué de l’indépendance du pays à nos
jours, sous l’influence de plusieurs facteurs tels que les réflexions engagées et les options prises
en la matière au niveau international, le développement du pays de manière générale, et des
décisions fortes émanant des plus hautes autorités de l’Etat. Ces influences ont parfois conduit à
des modifications des institutions chargées de la mise en œuvre des programmes et projets
arrêtés.

Comme dans les autres secteurs de développement, les programmes et projets réalisés en milieu
urbain résultaient des prévisions des plans quinquennaux de développement économique et
social, jusqu’à leur mise en veilleuse en 1987 du fait de la crise économique. D’autres réalisations
d’envergure faisaient partie de grands travaux engagés en prélude à certains grands évènements
(congrès du parti, comices agro-pastoraux). C’est ainsi que plusieurs capitales provinciales ont
bénéficié d’infrastructures à l’occasion de grands évènements. Les dernières villes à en bénéficier
sont Douala (1975), Bafoussam (1978), Bamenda (1985), Maroua (1988). C’est ce qui s’est fait en
2010 à Bamenda pour le cinquantenaire des armées, ou à Ebolawa pour le comice agro-pastoral.

De manière plus détaillée, trois périodes peuvent être considérées pour suivre l’évolution de la
politique de développement urbain au Cameroun :

1) La première période couvre les années 1960 à 1976

Le développement urbain vise avant tout la satisfaction des besoins exprimés par les citadins.
Parce que ceux-ci ne représentaient qu’une faible proportion de la population camerounaise en
1960, les problèmes urbains n’avaient pas l’acuité qu’ils ont aujourd’hui. Même seize ans après,
au recensement général de la population et de l’habitat en 1976, les citadins n’étaient que 28,5%
des 7,6 millions d’habitants (contre 52% des 19,4 millions en 2010).

La période 1960-1976 a été celle de la gestation de la politique urbaine, avec la mise en place des
premiers instruments de gestion d’une politique de l’urbanisme et de l’habitat : plans
d’urbanisme directeur de Douala (Dorian, 1959) et de Yaoundé (Salomon, 1964), code de la
construction et de l’habitation et code de l’urbanisme (1968), ordonnance de 1973 qui a régi
l’urbanisme jusqu’en 2004, ordonnances de 1974 sur le régime foncier, le régime domanial et
l’expropriation, loi 74/023 sur l’organisation communale. Ces derniers textes font suite à la
mutation du Cameroun en Etat unitaire en 1972, et expriment le souci d’harmoniser les
différents systèmes fonciers existants. En effet, de 1960 à 1972, le Cameroun étant une
République Fédérale, le niveau de compétences et de ressources des communes est adossé sur le
système en vigueur dans chaque Etat fédéré.

Pendant cette période (1960-1976), l’Etat n’avait aucune difficulté à affecter des terrains à la
construction des bâtiments administratifs et des logements des fonctionnaires. La population
drainée par l’exode rural trouvait sans difficulté des terrains à bâtir auprès de particuliers, sur des
domaines coutumiers. Peu de personnes étaient motorisées et, de toute façon, la faible étendue
des villes faisait que la plupart des déplacements pouvaient se faire aisément à pied. Le niveau
d’exigences en services urbains pouvait également être satisfait avec les moyens dont
disposaient les pouvoirs publics.
RAPPORT FINAL Page 18
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Sur le plan institutionnel, les questions de développement urbain étaient prises en charge par
quelques services éparpillés dans plusieurs ministères différents (l’urbanisme et l’habitat au
Ministère de l’Equipement, le cadastre et les domaines étant ballotés entre ce ministère et celui
des Finances). La politique de l’énergie et de l’eau relève alors du Ministère des Mines, de l’Eau
et de l’Energie (MINMEE) créé en 1972, qui aura sous sa tutelle la Société Nationale des Eaux du
Cameroun (SNEC) et la Société Nationale d’Electricité (SONEL).

En 1973, l’Etat concrétise son option pour les transports collectifs de masse dans les villes de
Douala et Yaoundé, en créant la Société des Transports Urbains du Cameroun (SOTUC). Mais, les
problèmes de gestion de cette société, ajoutés à l’incapacité de l’Etat à continuer le versement
des subventions pour cause de crise économique, amènent à sa dissolution en 1990. Deux
sociétés privées assurent depuis peu le transport collectif de masse à Yaoundé (Le Bus) et Douala
(Société Camerounaise des Transports Urbains-SOCATUR).

2) La deuxième période va de 1976 à 1996

Avec les recommandations de la Conférence de Vancouver (1976) sur les établissements humains
(Habitat I) et les résultats du 1er RGPH, l’Etat engage des efforts pour promouvoir l’habitat social
visant le plus grand nombre. La Mission d’Aménagement et d’Equipement des Terrains Urbains et
Ruraux (MAETUR) et le Crédit Foncier du Cameroun (CFC) sont créés en 1977 pour concourir avec
la Société Immobilière du Cameroun (SIC existante depuis 1952) à l’atteinte de cet objectif. Le
Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat (MINUH) est créé en 1979 pour coordonner les
interventions de l’ensemble des acteurs.

De nouveaux instruments de planification urbaine sont conçus pour répondre à la croissance


géographique de la plupart des centres urbains : règles relatives à la délimitation des périmètres
urbains et celles relatives à la création de lotissements (1979), Schémas Directeurs
d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) et Plans d’Urbanisme Directeurs (PUD). Les SDAU de
Yaoundé et de Douala sont produits respectivement en 1983 et 1984. Des PUD sont produits pour
les villes de Dschang (1980), Garoua, Maroua, Ngaoundéré (1982), et Bamenda (1985), Bertoua,
Bafoussam, Kumba. Cette génération des plans d’urbanisme a été le véritable début de la
planification urbaine au sens propre et plusieurs opérations ont été mises en œuvre en se
référant à ces documents. Les documents étaient réalisés, soit par une Cellule d'urbanisme mise
en place à la Direction de l'Urbanisme et de l'Habitat, soit par des bureaux d'études
internationaux.

Mais, à partir de 1986, la crise économique marque comme un coup d’arrêt à l’efficacité de ce
schéma organisationnel. Elle conduit à une contraction des financements de l’Etat avec, entre
autres, l'arrêt des grands investissements urbains, au moment où la proportion des citadins
dépasse les 37% de la population totale (37,8% au 2ème RGPH en 1987). Les plans quinquennaux
sont mis en veilleuse et remplacés par les Plans d’Ajustement Structurels (PAS) en vue de la
stabilisation des finances publiques. Non seulement l’Etat n’a plus les moyens financiers pour
assurer les contributions publiques prévues, il contraint la SIC à baisser les loyers des logements
occupés par des fonctionnaires, après les baisses successives des salaires en 1993. La Mission de
Promotion des Matériaux Locaux (MIPROMALO) est créée en 1990. Cet organisme dépendant du
Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, a pour objectif de contribuer à la
réduction des coûts de construction par l’utilisation de matériaux locaux.

RAPPORT FINAL Page 19


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

A partir de 1990, l’environnement du secteur privé s’est enrichi de plusieurs textes de loi
régissant les principales professions utiles au développement urbain (Géomètre, urbaniste,
architecte, Ingénieur-conseil, Promoteur immobilier, Agent immobilier, Artisanat, etc.). Le code
de travail de 1992 donne plus d’ouverture et de facilités aux entreprises pour les négociations
salariales.

Le sous-secteur des transports routiers est libéralisé en 1990 par un loi fixant les conditions
d’exercice de la profession de transporteur routier, complétée en 1997 et 2004 par des décrets
fixant les conditions et modalités d’exploitation à titre onéreux des autobus et minibus ainsi que
les conditions d’exercice de la profession. En 1995, un décret (modifié en 2009) fixe les conditions
et modalités d’exploitation des motocycles à titre onéreux ;

3) La troisième période court depuis 1996

En 1996, la conférence Habitat II tenue à Istanbul sous le thème "Des établissements humains
plus viables dans un monde en voie d'urbanisation" apporte une nouvelle donne. Après avoir
évalué les résultats des politiques antérieures depuis la conférence de Vancouver, Habitat II a fixé
de nouveaux principes de gestion des villes en mettant l'accent sur la gouvernance urbaine, et
particulièrement le renforcement du partenariat avec les autres acteurs urbains que sont le
secteur privé et la société civile.

Comme suite à cette conférence, le Ministère de la Ville (MINVIL) est créé le 7 Décembre 1997
(chargé, entre autres, de la planification urbaine, des infrastructures des transports urbains et
des questions sociales dans les villes d’au moins 100 000 Habitants et les chefs lieux de
provinces), en plus du Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat (pour la gestion foncière et le
développement des villes de moins de 100 000 Habitants). En matière d’approvisionnement en
eau potable, la privatisation de la SNEC, engagée en 1999, a abouti en 2008 par la création de
deux entités dans le cadre du partenariat public-privé : la CAMWATER chargée de la gestion du
patrimoine et la Camerounaise des Eaux (CDE) chargée de la distribution. La réforme du secteur
de l’électricité crée l’Agence de Régulation du Secteur de l’Electricité (ARSEL) chargée de
préserver les intérêts des consommateurs et de s’assurer de l’équilibre de l’offre et de la
demande ainsi que du développement régulier du secteur, et préconise la privatisation partielle
de la SONEL.

Les axes d'une nouvelle politique urbaine ont été annoncés dans une série de discours prononcés
respectivement à Maroua le 10 Octobre 1997 puis le lendemain à Douala par le Chef de l'Etat,
préconisant en matière d'urbanisme une politique plus dynamique incluant entre autres
l'instauration d’une nouvelle phase dans la politique de l'habitat social, avec au besoin la
participation du secteur privé. A la faveur du retour à la planification du développement avec la
création en décembre 1997 du Ministère des Investissements Publics et de l’Aménagement du
Territoire (MINPAT), chaque Département ministériel est désormais invité, lors des conférences
budgétaires, à présenter un document de stratégies à l’appui de ses demandes de financement.

C’est dans ce cadre que le Gouvernement adopte en 1999 une stratégie urbaine ayant pour
principaux objectifs de : (i) susciter une dynamique régulatrice des interventions en milieu urbain
en vue d’encourager et d’encadrer les initiatives des différents acteurs dans un esprit de
partenariat, (ii) maîtriser la croissance urbaine et promouvoir une occupation rationnelle des sols,
(iii) assurer la protection civile des populations et, (iv) impulser et appuyer les actions de
promotion et de protection de l’environnement urbain.
RAPPORT FINAL Page 20
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

A partir de 1999, le Cameroun est rentré dans le processus PPTE, avec le DSRP adopté en 2003, la
Vision-2035 et le DSCE adoptés en 2009.

En prolongement de la stratégie urbaine, un processus est engagé en 2002 par le Ministère de la


Ville pour permettre de disposer d’un document de stratégies pour les villes de sa compétence.
Le processus a continué à partir de 2004 après la réorganisation gouvernementale de 2004, par le
MINDUH pour l’ensemble du sous-secteur urbain. Le processus s’est arrêté en 2006 sans
document validé.

En 2004, les lois sur la décentralisation transfèrent de nombreuses compétences aux collectivités
territoriales décentralisées. Le Programme National de Gouvernance (PNG) préconise également
la pleine participation des citoyens à la gestion des affaires publiques.

La réorganisation gouvernementale de 2004 scinde les missions autrefois dévolues au MINUH et


au MINVIL, entre le Ministère du Développement Urbain et de l’Habitat (MINDUH), et celui des
Domaines et des Affaires Foncières (MINDAF) qui traite du Cadastre, des Domaines et du
Patrimoine de l’Etat.

Le MINDUH a repris en 2009 le processus d’élaboration de la stratégie de développement urbain


arrêté en 2006.

III – Importance socio-économique du développement urbain

1 – Armature et hiérarchie urbaines au Cameroun

L’armature urbaine du Cameroun présente une image assez équilibrée au plan de la distribution
spatiale (carte 2). On constate en effet qu’en 2005 le Cameroun avait 9 villes d’au moins 100 000
habitants (dans huit régions sur dix), 23 villes d’au moins 50 000 habitants et 78 localités d’au
moins 10 000 habitants réparties entre toutes les régions.

Les villes de Douala et Yaoundé exercent incontestablement une domination sur les autres
centres urbains au Cameroun. Cette domination se traduit par une forte immigration ayant pour
origine toutes les régions du pays, et par le fait que les flux d'échanges les plus importants ont
pour origine ou destination ces deux villes.

Plusieurs facteurs expliquent la domination de Douala : principal port par lequel transite plus de
90% des échanges maritimes du Cameroun, essentiel du tissu industriel du pays, sièges de la
plupart des grandes sociétés et banques nationales et multinationales, Bourse des Valeurs,
renforcement de l’axe de transport terrestre Douala–Yaoundé–Ndjamena et Bangui comme
corridor d'intégration régionale, etc. La domination de Yaoundé est due essentiellement à sa
fonction administrative de capitale politique du Cameroun.

En dehors de Douala et Yaoundé, d’autres centres urbains régionaux exercent une certaine
influence pour des multiples raisons : Bafoussam et Maroua à cause d’arrière-pays densément
peuplés, Limbe à cause du fort potentiel agricole développé dans son hinterland par la Cameroon
Development Corporation (CDC), et la présence de la société nationale de raffinage (SONARA) et
des Chantiers Navals et Industriels du Cameroun (CNIC), Ngaoundéré pour sa position de nœud

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

de transport entre les parties septentrionale et méridionale du Cameroun, et entre le Cameroun


d'une part, le Tchad et la RCA d'autre part, et pour son l'Université.

Carte 2 : Distribution spatiale des villes au Cameroun en 2005

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

2 – Urbanisation et Population urbaine

Avec sa définition de la ville5 (agglomération ou établissement humain d’au moins 2 000


habitants ou chef-lieu d'unité administrative), le Cameroun comptait en 2005 (3 ème RGPH) 312
villes (dont 66 de moins de 2 000 Habitants). Avec des populations évaluées respectivement à
1 817 524 et 1 907 479 habitants, les villes de Yaoundé et Douala abritaient à elles seules 21,3%
de la population totale et 43,7% de la population urbaine (ces deux villes représentaient 35,3%
de la population urbaine en 1976 et 36,8% en 1987).

Comme rapport de la population urbaine à la population totale, le taux d’urbanisation au


Cameroun connaît une augmentation forte et régulière. En janvier 2010, les villes abritaient
10 091 172 des 19 406 100 habitants. Le taux d’urbanisation est passé de 28,5% en 1976 à 37,8%
en 1987, 48,8% en 2005 et 52% en 2010. En 34 ans (1976-2010), l’effectif de la population
urbaine a été multiplié par 4,6 (Tableau 2).

Tableau 2 : Croissance de la population urbaine

Population Population Taux


N° Années
Totale Urbaine d'urbanisation
1 1976 7 663 246 2 184 242 28,5
2 1987 10 493 655 3 968 919 37,8
3 2005 17 463 836 8 514 938 48,8
4 2010 19 406 100 10 091 172 52,0

Le rythme annuel d’augmentation de la population urbaine a quelque peu ralenti (5,5% entre
1976 et 1987, et seulement 4,3% entre 1987 et 2010).

La structure démographique camerounaise illustre une population essentiellement jeune avec


43,6% des personnes âgées de moins de 15 ans et 20,7% de personnes d’âges compris entre 15
et 24 ans, soit 64,3% de la population d’âge inférieur à 25 ans. L’application de ce taux donne
pour le milieu urbain près de 6,5 millions de personnes âgées de moins de 25 ans en 2010.

L’importance des jeunes en milieu urbain a des conséquences sur des besoins spécifiques à
satisfaire et des défis à relever en matière d’habitat et de transport (par exemple, le scolaire
représente en général 30 a 40% des usagers des transports collectifs).

Environ 1 940 600 ménages vivaient dans les villes en Janvier 2010, avec une taille moyenne du
ménage estimée à 5,2 personnes. Ce qui donne une idée de la demande en logements en milieu
urbain.

3 - Caractéristiques démographiques et socio-économiques du milieu urbain

Sur le plan économique, les villes ont contribué au PIB national pour 65,5% en moyenne sur la
période 2003-2007, largement plus que la proportion de la population urbaine pendant cette
période (moins de 50%). La productivité urbaine est par conséquent très largement supérieure à

5
Dans ses enquêtes ECAM, l’Institut National de la Statistique (INS) classe dans le secteur urbain uniquement les
localités d’au moins 50 000 habitants,
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

celle des zones rurales. Cependant, il existe une difficulté réelle à estimer le produit urbain au
Cameroun, du fait qu’une part non négligeable des activités urbaines (du secteur dit “informel”)
n’est pas enregistrée. Ce qui conduit en général à une sous-estimation statistique importante du
produit économique des villes tel que défini dans la comptabilité nationale. C’est le cas en
particulier du secteur informel dans les branches du BTP et des services urbains (transport et
assainissement). L’essentiel de la construction de l’habitat (plus de 90%, en «autoproduction»),
et des transports urbains et est assuré par le secteur informel.

Concernant le secteur informel et sa contribution au PIB urbain l’approximation est par


conséquent la règle. On estime que les activités informelles urbaines (“non primaires”, non
agricoles) contribuent à un tiers du PIB total au Cameroun6. On considère par ailleurs, que ce
secteur a un très fort impact sur le taux d’activité des populations puisqu’il occupe entre 60 et
80% des actifs des villes (61% en moyenne en Afrique sub-saharienne) et qu’il offrirait plus de
90% de l’emploi des femmes (hors secteur agricole et auto emploi, ou travail à son propre
compte) 7.

Mieux connaître ce secteur de l’économie et son fonctionnement est important non seulement
pour mieux mesurer la contribution des villes à la formation de la valeur ajoutée, à la croissance
économique nationale et à la réduction de la pauvreté, mais aussi parce que la formalisation de
ce secteur, son intégration à l’économie et aux entreprises formelles (par le biais de la sous-
traitance dans les branches de la construction et des services notamment) est un enjeu
stratégique majeur dans la perspective d’une augmentation de la productivité des facteurs et
d’une croissance élevée des revenus au Cameroun, ces éléments allant de pair avec le taux
d’urbanisation.

Pour mieux cerner le secteur non enregistré de l’économie urbaine et son fonctionnement, y
compris ses relations avec le secteur formel, des méthodologies existent mais elles ont été
insuffisamment développées au Cameroun : DIAL sur Yaoundé8 ou ECOLOC. Ces approches
mériteraient d’être plus largement mises en œuvre, non seulement dans la perspective d’une
meilleure appréciation du rôle de l’économie urbaine dans la croissance économique nationale
au niveau macro-économique, mais parce que ce type d’approche est très éclairant sur les
potentialités et dynamiques de l’économie urbaine. Ils facilitent la prise de décision sur les
priorités de l’action en matière de développement économique local, qu’elles soient fondées sur
la complémentarité entre les villes et les espaces ruraux qui les entourent en ce qui concerne les
villes moyennes, ou sur la compétitivité des services pour les plus importantes d’entre elles
(Douala et Yaoundé) qui sont dans une logique de compétition à l’échelle mondiale.

Le milieu urbain contribue de manière significative à la lutte contre la pauvreté. Selon l’ECAM3
(Troisième Enquête Camerounaise Auprès des Ménages) de 2007, la proportion de la population

6
Club du Sahel et Programme de développement municipal (PDM) 2004. Evaluation et prospective de l’économie
locale. Document technique 1,3, Cadre conceptuel de l’approche Ecoloc-vol.1. Doc. technique No.1
7
Voir C. Kessides à ce sujet: “La transition urbaine en Afrique subsaharienne; impact sur la croissance économique et
la réduction de la pauvreté” page 12 : http://www.citiesalliance.org/doc/resources/paper-
pres/ssa/french/ssa_french_full.pdf

8
Voir Cogneau, D.Razafindrakoto et Roubaud, F., "Le secteur informel urbain et l'ajustement budgétaire au
Cameroun : faits empiriques et modélisation macro-économique"
www.dial.prd.fr/dial_publications/PDF/Dialogue/vieux_numerosGB/dial5/ art1.htm - 48k –

RAPPORT FINAL Page 24


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

urbaine9 en dessous du seuil de pauvreté a diminué de près de 6 points entre 2001 et 2007
(tableau 3). Le taux de chômage des jeunes de 15-24 ans est en baisse constante en milieu urbain
(52,3% en 2001, 21,9% en 2005, et 19,4% en 2007).

Tableau 3 : Quelques indicateurs socio-économiques des populations urbaines


Libellés des taux Milieu de 2001 2005 2007
résidence
Yaoundé 13,3% 5,9%
Incidence de la pauvreté Douala 10,9% 5,5%
Total Urbain 17,9% 12,2%
Yaoundé 53,4% 70,9% 73,6%
Taux d'informalité Douala 56,9% 73,2% 75,8%
Total Urbain 83,5% 89,3% 90,3%
Yaoundé 34,5% 18,0% 16,1%
Taux de chômage élargi Douala 38,1% 16,1% 16,3%
Total Urbain 31,9% 14,4% 12,4%
Yaoundé 52,4% 29,5% 27,2%
Taux de chômage des 15-24 ans Douala 60,8% 20,7% 26,1%
Total Urbain 52,3% 21,9% 19,4%
Yaoundé 55,2% 52,5% 46,4%
Taux de salarisation non agricole Douala 53,1% 48,3% 41,7%
Total Urbain 45,9% 38,8% 36,5%
Sources : Publications de l’INS

Du fait de l’existence d’un réseau urbain hiérarchisé et en raison de l’étroitesse des relations entre
les villes et leur hinterland rural (notamment pour ce qui concerne les villes secondaires), les villes
jouent aussi un rôle essentiel dans la réduction de la pauvreté en milieu rural.

En outre, au niveau actuel du développement du Cameroun, les attaches tribales et culturelles


amènent encore de nombreux citadins à investir de diverses manières et à effectuer de nombreux
séjours dans les villages, ce qui est une autre forme de contribution à la réduction de la pauvreté
rurale, à travers une redistribution des revenus obtenus en milieu urbain. Par rapport au monde
rural, les villes apportent donc la plus grande contribution à l’économie camerounaise et à
l’élévation du niveau de vie général et des revenus, y compris en milieu rural.

La croissance urbaine a aussi engendré une série de problèmes spécifiques :

- Insécurité (dans les quartiers et les transports/déplacements), délinquance urbaine ;


- Déscolarisation, chômage des jeunes diplômés ;
- Maladies respiratoires liées à la pollution de l’air, maladies liées à l’eau et aux déficiences des
services d’assainissement ;
- Déstructuration de la vie sociale : déstructuration des liens traditionnels, des relations de
voisinage et de la vie familiale ;
- Croissance de la contamination humaine par le VIH due à la prostitution et la pauvreté ;
- Etc.

9
Pour l’ECAM, il s’agit de personnes vivant dans des établissements humains d’au moins 50.000 habitants
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

SECTION 2 – DELIMITATION ET
DESCRIPTION DU SOUS-SECTEUR URBAIN
AU CAMEROUN

RAPPORT FINAL Page 26


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

I – Délimitation

A - Composantes

Les centres urbains se caractérisent par de fortes concentrations de populations. Ce qui entraîne
de nombreux besoins, d’autant plus difficiles à satisfaire que les uns dépendent des autres tout
en étant parfois concurrents. Les populations urbaines ont besoin, sur un espace réduit, de
mener des activités génératrices de revenus, de se loger décemment et à distance acceptable des
centres d’activités, de pouvoir se déplacer et transporter aisément les outils et produits de leur
travail, de disposer d’établissement sociaux capables de fournir les services adéquats, et de lieux
de loisirs.

En admettant que l’activité économique est l’une des premières motivations pour qu’un individu
cherche à résider à un endroit ou accepte de le faire, on peut considérer que tous ses autres
besoins constituent en réalité des conditions de facilitation de ce besoin économique. Les
réponses à ces autres besoins peuvent être recherchées dans deux grands ensembles. D’une part
la disponibilité et la mise en cohérence des espaces pour les logements et les lieux de travail ou
de loisir, et d’autre part la possibilité d’assurer le déplacement des personnes et des biens. Ces
deux domaines peuvent constituer les composantes verticales de la stratégie de développement
du sous-secteur urbain, à savoir :
 L’urbanisme, l’habitat et le cadre de vie ;
 Les transports urbains.

Pour assurer un impact maximum des politiques, programmes et projets mis en œuvre dans ces
domaines sur la croissance économique, le développement social et le développement durable
des ressources du pays, la stratégie devra également s’appuyer sur deux composantes
horizontales, communes à d’autres secteurs mais qui ont une importance et un contenu
particuliers pour le sous–secteur urbain, à savoir :
 le secteur privé, restreint ici aux métiers qui contribuent à la construction et au
fonctionnement des villes (maîtres d’œuvre, promoteurs, constructeurs, entreprises de
BTP, entreprises de services urbains, transporteurs, organismes financiers spécialisés,
fabricants et distributeurs de matériaux, etc.) ;
 la gouvernance urbaine, notamment dans le contexte de la décentralisation en cours.

B - Acteurs du développement urbain

Deux principales catégories d’acteurs sont concernées dans la mise en œuvre de la stratégie de
développement urbain : les acteurs institutionnels (Etat, CTD), et les acteurs non institutionnels.

Parmi les acteurs institutionnels figurent :


 Des services publics de l’Etat, et plus spécialement ceux chargés des questions
d’urbanisme et d’habitat (MINDUH), des affaires cadastrales et foncières (MINDAF), des
infrastructures routières et de la construction (MINTP), des transports (MINT), de
l’administration territoriale et de la décentralisation (MINATD), de l’énergie et de l’eau
(MINEE), de la gestion du trafic routier (DGSN et MINDEF), des finances (MINFI) et de
l’aménagement du territoire (MINEPAT), etc. ;
RAPPORT FINAL Page 27
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

 les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) ;


 les établissements publics chargés de l’appui aux CTD (FEICOM), de l’aménagement des
trames foncières (MAETUR et MAGZI), du financement (CFC) ou de la construction des
logements (SIC).

S’agissant des acteurs non institutionnels, on pourrait citer :


 les entreprises privées opérant en milieu urbain (y compris les artisans de la construction,
les producteurs et fournisseurs de matériaux de construction, les entreprises de
promotion immobilière, les opérateurs de transport urbain, les prestataires de services
d’assainissement) ;
 les organisations de la Société civile (ordres professionnels, associations et ONG) ;
 les concessionnaires et autres fournisseurs de services urbains d’eau (CAMWATER, CDE,
etc.), d’assainissement, d’énergie électrique (AES-SONEL, etc.), de téléphone (CAMTEL,
ORANGE, MTN, etc.) ;
 les partenaires au développement (Banque Mondiale, BAD, FED, SFI, France, etc.)

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

II – Description

A - Composante Urbanisme-Habitat-Cadre de vie

Dans cette composante, on traite de l’urbanisme, de l’habitat et du cadre de vie en milieu urbain.

1 - Résultats des politiques, stratégies et programmes mis en œuvre

Globalement, au cours des trois périodes considérées dans l’évolution de la politique en matière
d’urbanisme, habitat et cadre de vie, les interventions du secteur public pour l’essentiel ont porté
sur : (i) l’urbanisme réglementaire (production de textes et documents d’urbanisme), (ii)
l’urbanisme opérationnel (réalisation d’opérations d’urbanisme en zones périurbaines et dans
des zones déjà urbanisées), (iii) le financement et la construction de logements sociaux, (iv)
l’appui à la production de matériaux locaux; (v) l’amélioration du cadre de vie, (vi) la protection
des zones sensibles et la constitution de réserves foncières, (vii) le contrôle du secteur privé
professionnel de la promotion foncière et immobilière.

L’état des lieux s’est fait en examinant chaque sous-composante à travers les résultats des
politiques, stratégies et programmes mis en œuvre, les aspects d’ordre organisationnel et
juridique, et enfin l’analyse de l’offre et de la demande.

1.1 - Urbanisme Réglementaire

Ayant fait le constat de l’insuffisance des apports des premiers documents d’urbanisme, pour
obsolescence ou à cause des nombreux écueils rencontrés dans leur mise en œuvre, l’Etat a fait
adopter la loi n°2004/003 du 21 avril 2004 régissant l’Urbanisme au Cameroun, dont les décrets
d’application ont été signés le 23 avril 2008. Ces textes présentent l’avantage de fédérer les
réglementations et les procédures entre les deux espaces linguistiques du Cameroun, de combler
les vides juridiques existant dans les textes de 1968 et de 1973, de mieux s’adapter aux nouvelles
contraintes de développement urbain par l’introduction des notions de permis d’implanter et la
définition de documents de planification plus souples, moins onéreux et plus opérationnels. Enfin
ils s’inscrivent entièrement dans le contexte de la décentralisation, en consacrant le transfert aux
Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), de nombreuses responsabilités de gestion urbaine
autrefois dévolues à l’Administration centrale.

L’article 26 de la loi précitée précise le type de documents de planification urbaine : le Plan


Directeur d’Urbanisme (PDU), les Plans d’Occupation des Sols (POS), le Plan de Secteur (PS) et le
Plan Sommaire d’Urbanisme (PSU). Ces documents «déterminent les conditions permettant
d’une part, de limiter l’utilisation de l’espace, de maîtriser les besoins de déplacements, de
préserver les activités agricoles, de protéger les espaces forestiers, le patrimoine culturel, les
sites et paysages naturels ou urbains, de prévenir les risques naturels et les risques
technologiques, ainsi que les pollutions, les nuisances de toutes natures et, d’autre part, de
prévoir suffisamment d’espaces constructibles pour les activités économiques et d’intérêt
général, ainsi que pour la satisfaction des besoins présents et futurs en matière d’habitat et
d’équipements publics».

La loi 2004/003 régissant l’urbanisme contient également des dispositions adéquates visant à
mettre fin au désordre urbain. On citera parmi ces dispositions les articles 6, 11, 13, 16, 19, 48,
53, 60, 62, 64, 87, 91 et 104. L’application de ces dispositions permettrait notamment
d’empêcher l’occupation des emprises de routes et du domaine public, les constructions dans les

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

zones non aedificandi, garantir l’accès de tout logement au réseau de voirie et faciliter la mise en
place, grâce à ces emprises, des infrastructures et équipements. Mais ces dispositions ne peuvent
être appliquées, juridiquement et pratiquement, que si elles se fondent sur des documents
d’urbanisme approuvés.

Depuis l’adoption de cette loi, peu de documents ont été élaborés et aucun d’entre eux n’a été
approuvé hormis le Plan Directeur d’Urbanisme de Yaoundé. Cette situation tient à deux raisons
principales :
o Plus de sept ans après sa promulgation, la loi régissant l’urbanisme au Cameroun, bien
que vulgarisée, reste mal maîtrisée par les principaux acteurs.
o La loi précise que l’initiative de tels document et leur financement incombent
principalement aux CTD. Mais, ces dernières manquent d’expertise en plus de
l’insuffisance de ressources financières, d’autant plus que les ressources généralement
allouées au MINDUH ne leur sont pas systématiquement transférées (même si c’était le
cas, 400 millions de FCFA, cumul de cinq exercices budgétaires, seraient bien insuffisants
pour plus de 300 communes) ;

Il faut cependant signaler l’élaboration d’une nouvelle typologie de documents de planification


non prévus par la loi. Ce sont les Stratégies d’Aménagement des Villes et de leurs aires
métropolitaines. Celle de Douala est désormais disponible alors que l’élaboration de celle de
Yaoundé est en voie de lancement.
Pour le cas particulier des villes de Yaoundé et de Douala, la gestion des opérations d'urbanisme
ne repose sur aucun document actualisé. A Douala, on se base sur des actualisations officieuses
du plan Dorian (Programme d'Aménagement de la ville de Douala) approuvé par décret en 1959,
qui aurait dû être mis à jour suite à l'élaboration du schéma directeur lancé en 1982 mais qui n’a
jamais fait l'objet d'approbation officielle. Seulement, ce premier document d'urbanisme, seul
légalement opposable, ne couvre pas les extensions des périmètres urbanisés. Il est vrai, la
révision de ce plan en vue de l’élaboration d’un PDU de Douala est engagée. A Yaoundé, la
situation est quasi identique, malgré l’existence d’un PDU approuvé le 12 septembre 2008. Les
documents subséquents pour son application sont toujours attendus.

Par conséquent, dans ces deux villes, l'instruction des différents projets d'aménagement et de
construction se réfère aujourd'hui, soit aux plans directeurs d'origine, soit aux cahiers des
charges spécifiques d'aménageurs publics en l'occurrence la MAETUR.

Ces dysfonctionnements expliquent en partie la faiblesse du nombre de permis de construire:


482 permis de construire instruits par la CUD (moyenne 2008-2009, dont 430 concernent
l'habitat individuel, soit à peine 2% des constructions), et 728 à la CUY (dont environ 650 en
habitat individuel, ce qui représente une couverture de 3% de la demande annuelle en
logement).

1.2 - Urbanisme opérationnel et Habitat

En matière d’urbanisme opérationnel et d’habitat, le secteur public est intervenu directement


dans les trois domaines essentiels que sont l’offre de terrains à bâtir, l’offre de logements sociaux
“clés en main” (locatifs et en location-vente), et l’amélioration de l’habitat dans les zones
urbanisées. On a ainsi rencontré dans le passé trois types d'opérations d'urbanisme
opérationnels : les lotissements communaux et domaniaux, les opérations d'habitat MAETUR-SIC,

RAPPORT FINAL Page 30


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

et les opérations de restructuration des quartiers. Les interventions du secteur privé ont
également contribué à l’offre de terrains à bâtir et de logements.

a) Les lotissements domaniaux et communaux

L’offre en aménagement foncier a résulté des lotissements domaniaux et communaux, de ceux


de la MAETUR, et de la filière privée qui représente 70 à 80% de la production.

Les lotissements domaniaux (réalisés par les Directions du Cadastre et des Domaines de l’ex-
MINUH ainsi que leurs services extérieurs) et communaux, se caractérisent par un niveau
d’équipement des plus sommaires au départ (voiries, eau et électricité) car la viabilisation s’est
faite progressivement au gré de la disponibilité des crédits10. Les parcelles produites sont
vendues à des prix au bas mot trois fois en dessous du prix du marché et bien souvent
gratuitement ou à un prix inférieur au prix de revient du bornage. D’une manière quasi générale,
les lotissements domaniaux ne prennent pas vraiment en compte les documents d’urbanisme et
même le lotissement est parfois fait sans respect des règles minimales de l’art.

Il importe cependant de relever le cas particulier de Yaoundé, dans les années 1970-1980 où les
trames de recasement étaient des lotissements sommaires engagés par la Commune pour y
installer les familles déplacées en vue de réaliser des grands projets d’infrastructure. Il s’agit de
terrains mis à disposition par le domaine privé (de l’Etat et de la Commune), lotis et dotés d’une
voirie régulière en terre, équipée d’eau potable et d’électricité, sur lesquels les «bénéficiaires»
ont construit en autopromotion des maisons traditionnelles correspondant à leurs moyens et à
l’indemnisation de déplacement reçue. De tels lotissements ont permis de contrôler le
développement de grands quartiers à l’intérieur de la ville (Essos, Nkoldongo, Kondengui,
Mimboman, Mballa IV, Oliga). Une vingtaine d’années plus tard, ces quartiers présentent encore
un aspect ordonné, les emprises des voiries et équipements publics sont libres de constructions
et de squatters, même si les infrastructures sont elles-mêmes parfois très dégradées. Malgré leur
caractère modeste, ces lotissements de recasement apparaissent, comme une solution
infiniment préférable aux quartiers spontanés anarchiques qui ont proliféré depuis lors. Les
différences positives observées sont que ces quartiers occupent des sites relativement bien
choisis, en général non inondables, (au contraire des quartiers spontanés), qu’il subsiste des
emprises permettant le passage des piétons, des mototaxis et parfois des véhicules automobiles,
et pouvant accueillir des équipements. D’autre part les maisons bénéficiant de la sécurité
foncière sont plutôt mieux entretenues que celles qui ont été construites sans titre dans les
quartiers spontanés anarchiques.

Globalement, l’on peut dire que, produits à grande échelle comme à Yaoundé, ces lotissements,
malgré un niveau d’équipement sommaire au départ, ont permis l’installation d’une bonne partie
de la population dans des conditions acceptables et progressivement améliorées. Ils ont ainsi
largement contribué à structurer l’occupation de l’espace. A l’inverse et en particulier ces
dernières années, ce genre d’opérations, directement conduites par les services des domaines,
au-delà des insuffisances techniques identifiées ici et là, ont pour principal inconvénient de
perturber le marché foncier car les parcelles sont attribuées (sur la base d’un tarif
«administratif») à des montants trois fois inférieurs au prix du marché.

10
A Yaoundé, ville où les opérations les plus importantes ont été réalisées, les lotissements communaux, tous réalisés
pendant les années 1970-1980, représentent environ 14.000 lots de 400 m2 chacun, soit environ 1.000 ha (5% de la
superficie de la ville aujourd’hui, environ 150.000 habitants). Toutefois, à l’époque de leur réalisation, ils
représentaient certainement entre 10 et 15% de la superficie de la ville, ce qui était significatif.
RAPPORT FINAL Page 31
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Les exemples de Yaoundé montrent que des lotissements réguliers, même sommaires et
relativement bon marché, accompagnés d’une petite subvention à l’investissement (en
l’occurrence les indemnisations des familles déplacées) peuvent constituer une solution minimale
acceptable à moyen et long termes pour les quartiers périphériques.

b) L’offre foncière de la MAETUR

Les opérations réalisées par la MAETUR de 1977 (sa création) à 1987 (crise économique) couvrent
25% de la surface totale urbanisée à Douala (4 500 ha), et 17% à Yaoundé (3 000 ha). De 1977 à
2002, l'ensemble représente approximativement 43 000 parcelles dont 30 400 viabilisées et un
peu plus de 12 000 issues d’opérations de restructuration (tableau 4).

Tableau 4 : Production des parcelles par la MAETUR résumée par grandes périodes :

Parcelles Lots de
N° Périodes
viabilisées restructuration
1 .1977-1986 9 000 4 000
2 .1986-2002 6 400 8 000
3 Depuis 2002 15000
4 Total 30 400 12 000
Sources : MAETUR

Quatre vingt cinq pour cent (85%) de son activité est antérieure à 1987. Le coup de frein est
imputable à la crise économique qui n'a plus permis à l'Etat de prendre en charge la viabilisation
hors site des opérations potentielles.

La situation actuelle de la MAETUR peut se résumer comme ci-après :


- Au plan juridique une incertitude entoure le statut de la MAETUR, du moins ce statut est
juridiquement indéterminé, la société n’ayant (toujours) pas mis ses statuts en conformité
avec les dispositions de la loi n°99/016 du 22 décembre 1999 relatives aux
établissements publics (elle avait 12 mois pour le faire) ;
- En matière d’acquisition foncière, elle se heurte aujourd'hui au déclassement massif du
domaine foncier national au profit des coutumiers ;
- Elle a produit jusqu'alors en aménagement concerté des parcelles à caractère social, de
standing et de haut standing allant de 150 à 2 000m 2. Cet éventail était croisé avec des
niveaux de service d'infrastructures variables : électrification systématique, voies
latéritiques ou bitumées, réseau d'eau potable ou bornes-fontaines ;
- L'opération la plus significative est celle de Douala nord qui projetait l'urbanisation de 3
200ha. Sur les six phases prévues trois ont été entièrement réalisées et la quatrième
partiellement. Le tiers de la surface a été rétrocédée à la collectivité coutumière ;
- Autres opérations importantes : celle de Nylon, 13 000 parcelles, et de Ndogpassi, 100 ha
urbanisés, qui sont toujours en cours d'apurement. Moins de 30% des coûts
d'aménagement de Nylon ont pu être récupérés auprès des occupants (10 milliards de
FCFA qui concernent 8 000 familles).

RAPPORT FINAL Page 32


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

En 2009, la MAETUR entreprend de se positionner comme un des acteurs du Programme


gouvernemental de construction de 10 000 logements et d’aménagement de 50 000 parcelles
viabilisées.

A son actif, on peut noter qu’elle a permis, en particulier pendant la période où elle a bénéficié
de subventions de l’Etat, de satisfaire une partie de la demande foncière, à un niveau de qualité
élevé. Au passif, on notera que la quantité produite reste faible pour satisfaire la demande et,
surtout, la politique des subventions a montré ses limites, puisque celles-ci ne sont pas allées à
ceux-là qui n’avaient pas les moyens de se loger eux-mêmes.

c) Les interventions du MINDAF

Ce Département ministériel a pour missions principales de reconstituer les réserves de l’Etat et


de moderniser le cadastre, missions auparavant rattachées au MINUH.

Concernant les réserves foncières, le Plan d’action (Programme CRF) prévoit le «prélèvement» de
2 millions d'hectares pour un coût estimé à 1 070 milliards FCFA (hypothèse : prélèvement sur la
2ème catégorie de dépendances, sans compensation). Le secteur urbain et de l’habitat, identifié
comme l’un des quatre secteurs prioritaires pour la reconstitution de ces réserves, ne
représenterait que 309 ha demandés par le MINDUH pour permettre l’exécution du Programme
Gouvernemental.

Dans cette tâche, le MINDAF se heurte à deux obstacles majeurs :


 le manque de support cartographique, notamment sur Yaoundé, en raison de la
multiplicité des systèmes réseaux. Ceci retarde l’identification précise des prélèvements à
effectuer ;
 le manque de financement approprié : il envisage la mise en place d’un Fonds CRF et
d’Aménagement dont les sources d’alimentation restent à définir.

Concernant la modernisation du cadastre, le MINDAF est appuyé par la BAD. Cette composante
est particulièrement stratégique pour les activités du ministère, car elle devrait permettre de
fiabiliser les titres fonciers et de faciliter la localisation des lotissements.

d) Les réalisations de la SIC

A sa création, la SIC avait pour vocation de construire et de commercialiser les logements


sociaux. Son évolution a globalement été marquée par trois périodes :
 Entre 1952 (sa création) et 1977 (création de la MAETUR et du CFC pour travailler en
synergie avec elle), la société a produit en moyenne 100 logements/an ;
 Entre 1977 et la fin des années 1980, la SIC a connu une accélération sensible de ses
activités avec la construction d’environ 9 000 logements. La production a été dopée par (i)
la disponibilité de liquidités au niveau de l’Etat et (ii) la mise à disposition de terrains
aménagés par la MAETUR ;
 Depuis 1990, en raison de la crise financière de l’Etat et de l’absence de terrains
aménagés mis à disposition, l’activité a ralenti de manière drastique.

A sa création, la société visait la réalisation de logements pour les ménages à revenus


intermédiaires. Les plans quinquennaux fixaient à la SIC, pour des raisons sociopolitiques, la

RAPPORT FINAL Page 33


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

satisfaction des besoins des ménages disposant d’un revenu mensuel compris entre 200 000 et
500 000 FCFA. Il s’agissait alors de créer un habitat intermédiaire entre le «quartier» et les zones
résidentielles.

En six (6) décennies d’existence, la SIC a réalisé 11 250 logements dont 80% destinés à la location
des fonctionnaires. Le tableau ci-après en dégage les grandes étapes :

Tableau 5 : Les grandes étapes de la réalisation des logements SIC

Logements en Logements
N° Périodes
accession locatifs
1 Avant 1977 640 2 560
2 .1977-1986 1 640 6 560
3 .1986-2009 160
4 Total 2 440 9 120
Situation du
5 parc après 2 440 5 000
cession
Sources : SIC

Aujourd’hui, il reste 5 000 logements locatifs dont l’exploitation est équilibrée en apparence. En
effet, si les produits permettent de couvrir les frais de fonctionnement de la structure, le
patrimoine est grevé d’une dette financière de 32 milliards de FCFA à l’égard du CFC, car la
capacité de remboursement de la SIC a été affectée par une mauvaise gestion et par le niveau
anormalement bas de certains loyers, fixés par le Gouvernement. A la dette financière s’ajoute
une dette physique de plusieurs milliards de FCFA, qu’il serait nécessaire de réinvestir sur le
patrimoine aujourd’hui en mauvais état, faute d’entretien régulier. Ce potentiel financier négatif
lui interdit tout accès à des financements bancaires pour investir dans la promotion de nouveaux
logements.

On estime que pendant sa période de gloire (1975 à 1985), la SIC a produit 10% des
investissements en valeur et 5% en termes d’unités. On estimait aussi que 75% au moins des
logements subventionnés construits pendant cette période étaient hors de portée des ménages à
faibles revenus (revenus annuels de l’ordre de 1,2 million de FCFA de l’époque).

La SIC est le promoteur privilégié de la première tranche du programme d'urgence


gouvernemental, avec des opérations lancées en janvier 2010 à Yaoundé et Douala. Toutefois, il
faut déjà relever que le coût, de 20 millions FCFA en moyenne par logement, exclut 95 % des
ménages de l’accès à la subvention de l’Etat, tout en bénéficiant de taux d’intérêt réduit puisque
le financement est assuré par le CFC. En effet, les études montrent que :
 sauf apport exceptionnel, un investissement immobilier de plus de 12 millions n’est
accessible qu’aux ménages les plus riches, que les ressources situent dans le 5 ème quintile
de la distribution des dépenses de consommation totale ;
 un investissement maximum de 4 à 5 millions FCFA est accessible à 20% des ménages
urbains (4ème quintile), sous réserve qu’ils consentent un effort financier de 15%,
équivalent à celui d’un loyer. Pour les ménages de cette catégorie qui peuvent parvenir à
réaliser un effort régulier de 35 % de leurs ressources, l’investissement maximum possible
en 10 ans est de 9 à 12 millions FCFA ;

RAPPORT FINAL Page 34


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

 pour les ménages dont les ressources sont les plus faibles, mais au-dessus du seuil de
pauvreté, ceux des 2ème et 3ème quintiles, l’investissement maximum possible se situe
entre 3 et 3,5 millions pour un effort de 15% et entre 6 et 8 millions FCFA pour un effort
de 35% ;
 enfin, un ménage sur quatre parmi les ménages pauvres (1er quintile) a des capacités
d’épargne certes réduites mais pas nulles (ECAM 2). Pour une partie des ménages
pauvres, vraisemblablement limitée, mais qui n’est pas pour autant négligeable, ceux
dont les ressources se situent entre 100 000 et 150 000 FCFA par mois, un investissement
de 2 à 2,8 millions avec un effort de 15% est dans certains cas possible, ou de 5 à 6,5
millions FCFA avec un effort de 35%.

Les risques et les implications attachés au sort qui sera réservé à cette société apparaissent très
élevés et concernent:
 son endettement qui est proche des 100 milliards de FCFA (50 milliards vis-à-vis de l’Etat
et environ 32 vis-à-vis du CFC). Cette situation fragilise la SIC, réduite à intervenir
éventuellement, non plus comme promoteur immobilier, mais comme simple prestataire
de services dans la réalisation de logements, puisqu’elle ne peut plus avoir accès à des
concours bancaires ;
 sa situation patrimoniale est peu reluisante. Entrée dans le schéma OHADA seulement
depuis 2001, la SIC offre des informations approximatives : information financière non
transparente, inexistence d’audit, propriétés non connues de l’information comptable. Il
est difficile dans de telles conditions de conduire une gestion financière optimale, d’avoir
des capacités d’action à la hauteur des défis ;
 son parc qui nécessiterait des investissements considérables pour être mis à niveau ;
 ses charges d’exploitation qui constituent un facteur de limitation de ses capacités
d’intervention. Le niveau des loyers ne permet pas de couvrir la maintenance du parc
locatif. Non seulement les loyers sont globalement bas par rapport aux prix du marché,
mais en plus les fonctionnaires bénéficient d’un abattement de 50%. En outre, divers
services publics de l’Etat occupent des bâtiments SIC et paient des loyers dits « loyers
administratifs » et le taux de recouvrement est à peine de 20%. Les effectifs semblent
pléthoriques, ce qui réduit sa capacité d’action ;
 son statut formel de SEM : mais on note un déséquilibre de l’actionnariat. Elle semble
être, en droit, une société d’économie mixte, mais dans les faits, elle est une société à
capitaux publics. En effet, l’Etat et la CUD contrôlent respectivement 86% et 5% du
capital ; le reste est réparti entre quelques entreprises publiques et une trentaine
d’actionnaires minoritaires privés dont la participation aux instances de gestion de la SIC
semble erratique. En outre la tutelle, loin de se limiter à l’orientation telle que prescrite
par la loi, semble permettre à l’Etat de décider en lieu et place des instances statutaires
de la société, en particulier dans la fixation des loyers. En définitive, l’autonomie de
gestion de la société est précaire.

e) Les opérations urbaines (restructuration et rénovation)

Elles concernent les quartiers dits spontanés, dans lesquels on note une densification abusive et
dont les constructions d’origine ont été réalisées sans respect des règles d’urbanisme et sans le
moindre contrôle, et constituent aujourd’hui de véritables «cancers», en l’absence de voies
permettant l’amenée des services. Deux grandes opérations de restructuration/rénovation ont
été réalisées au cours des trois dernières décennies :

RAPPORT FINAL Page 35


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

o La plus importante restant l’opération Nylon réalisée par la MAETUR en 1985. Si cette
opération a permis la régularisation foncière ainsi que l’amenée de l’infrastructure et des
équipements permettant une amélioration sensible des conditions de vie des populations,
elle s’est traduite par des niveaux de service et coûts particulièrement élevés qui ont
hypothéqué sa reproductibilité. Par ailleurs, elle a été marquée par des coûts sociaux
élevés, près de 700 ménages (soit environ 3 500 personnes) déguerpis dans le cadre de
cette opération n’ayant été ni recasés ni indemnisés11. En outre, elle s’est soldée par des
effets pervers, puisqu’elle a entraîné la création d’un tissu urbain spontané et insalubre à
proximité du site restructuré (quartier village) par les plus pauvres parmi les déguerpis.
o La Communauté Urbaine de Yaoundé a engagé depuis 2008, une opération de
déguerpissement dans les quartiers insalubres de la ville. Un peu plus de 50 ha ont ainsi
déjà été «libérés» mais aucune opération d’envergure n’a encore été engagé sur ces sites
jusqu’en 2009. Par ailleurs, la destruction des constructions a mis dans la rue au moins
une dizaine de milliers de sans-abris. Elle conduit donc in fine à simplement repousser les
pauvres vers la périphérie, où ils s’installent dans des conditions encore plus précaires.
o Les autres programmes et projets engagés au cours des dix dernières années (PACDDU,
PID, C2D, PDUE, PPAB) ainsi que des opérations menées dans le cadre de la coopération
décentralisée, avec les ONG ou certaines communes, ont surtout visé le relèvement du
niveau d’équipement des zones concernées, sans faire une restructuration proprement
dite.

Malgré l’importance de ces opérations, les villes de Douala et de Yaoundé, en tant que capitales
économique et politique respectivement du pays, n’ont pas encore pu se doter d’infrastructures
leur permettant de conserver et d’améliorer leur compétitivité au niveau régional. Elles
manquent cruellement de zones urbaines centrales de niveau international. De telles zones
centrales constituent un préalable indispensable à l’installation de sièges des grandes sociétés et
institutions internationales.

D’une manière générale, on pourrait donc distinguer trois cas de figure :


o Les quartiers centraux sous-structurés et sous-équipés : le relèvement du niveau
d’équipement (en particulier l’amenée des services autres que la mobilité piétonne) est
difficile, sans une restructuration. La restructuration elle-même se heurte à la question du
financement des investissements et de la prise en charge des coûts sociaux. A l’inverse,
ces quartiers centraux constituent d’importants gisements fonciers qui, au regard de leur
valeur marchande relativement importante, pourraient être le cadre de vraies opérations
de rénovation dégageant des plus-values permettant à la fois de réaliser l’équipement des
terrains et de recaser les déguerpis dans de meilleures conditions 12.
o Les quartiers périphériques sous-structurés et sous-équipés : l’amenée des services et/ou
la restructuration de ces quartiers sont encore possibles à moindre frais, en raison de leur
densité relativement moins importante. Ces opérations de réaménagement devraient
toutefois, pour garder toute leur pertinence, comporter un volet régularisation foncière.

11
C’est l’une des causes de l’arrêt des financements de la Banque Mondiale dans le secteur urbain au Cameroun au
milieu des années 90.
12
Au quartier Briqueterie à Yaoundé par exemple, le coût des terrains est de l’ordre de 150.000 F/m 2, alors que celui
des constructions existantes est d’à peine 50.000 F. On voit bien que la marge brute de 100.000 F/m2 est largement
suffisante pour réaliser les aménagements (20.000 F/m2 à la MAETUR) et indemniser les déguerpis. Le gouvernement
vient de demander une définition des modalités de limitation des impacts sociaux négatifs de ces opérations, ce qui
devrait se traduire par un arrêt des opérations sur le terrain (cf. Communiqué du gouvernement à l’issue de la réunion
interministérielle du 07 avril 2009).
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

o Les quartiers structurés mais sous-équipés : dans ces zones de lotissement plus ou moins
correctement réalisés, des actions permettant un relèvement du niveau d’équipement
pourraient être envisagées. Toutefois, vu l’ampleur des besoins, ceci devrait se faire à
grande échelle et de manière progressive.

f) Les aménagements concertés

En matière d’aménagement concerté, la seule opération d’envergure qui ait été engagée est celle
de la grande trame foncière de Mbanga-Japoma à Douala, initiée en 1996, et conduite par la
Société d’Aménagement de Douala (SAD), organisme parapublic placé sous le contrôle de la
Communauté Urbaine de Douala. Cette expérience, initiée avec le concours financier de l’AFD a
conduit à une formule originale d’aménagement foncier : les terrains ont été négociés avec une
collectivité coutumière contre la restitution, «in fine» d’une partie (45%) des parcelles
aménagées que ladite collectivité a la latitude de commercialiser. L’objectif était de réaliser
l’amenée de l’infrastructure principale (voirie, eau et électricité structurantes à l’échelle de la
zone) et produire des grandes «mailles» de 1,5 à 10 ha. Celles-ci devaient ensuite être vendues à
des promoteurs privés qui se chargeraient de l’aménagement tertiaire et de la vente aux usagers
(avec un cahier des charges fixant, entre autres, les prix de vente des parcelles individuelles, soit
environ 2 000 parcelles de 500m² en moyenne).

Cette opération avait pour finalités principales : (i) la maîtrise et la structuration du


développement des extensions périurbaines, (ii) la fourniture de terrains équipés pour l’habitat
populaire, (iii) la mise en place d’un mécanisme susceptible de financer l’aménagement foncier,
(iv) l’association des collectivités coutumières à l’aménagement de leurs terrains (ou de ceux
qu’elles revendiquent), (v) la concurrence à la promotion «informelle», (vi) l’association des
promoteurs privés à la mise sur le marché de quartiers formels, et (vii) la réalisation d’îlots de
qualité dans les zones d’extension afin de favoriser la concrétisation du SDAU.

Une évaluation de l’opération13 commanditée en 2004 par l’AFD dans le but d’étudier la
faisabilité d’opérations similaires dans le cadre du C2D, a conclu que les finalités principales n’ont
pas été atteintes. En effet, l’opération n’avait pas réussi à provoquer la construction de maisons
et l’implantation de ménages modestes sur le site et la commercialisation ne s’est pas faite dans
les formes ni au rythme espérés (seulement 54% de la surface aménagée avait été vendue 6
années après le début de l’opération).

Les raisons avancées pour justifier cet état de choses étaient de plusieurs ordres :
o Le faible intérêt des promoteurs «grossistes» : il y a eu peu d’acheteurs de mailles, ce qui
fait que, au moment de l’évaluation, les 2/3 des mailles vendues avaient été achetées par
des opérateurs parapublics (MAETUR et CFC) ;
o Les premières mailles ont été produites avec des standards d’aménagement très élevés
(supérieurs même à ceux de la MAETUR), ce qui a entraîné ces coûts relativement élevés
en valeur absolue. Les prix de vente des mailles (entre 3.000 et 5.000 FCFA par mètre
carré) sont apparus trop élevés pour permettre d’atteindre l’objectif de vente des
parcelles aux ménages de classes moyenne et inférieure (2 à 3 millions F CFA par parcelle
à l’époque), puisque le prix de sortie est de l’ordre de 7 000 F/m 2 pour des parcelles de

13
«Evaluation de l’opération pilote de Mbanga-Japoma, Communauté Urbaine de Douala, Urbaplan-Frisa-Cible, mars
2004»
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

800 à 1.000 m2, soit en valeur absolue 6 à 8 millions14. Par conséquent, les produits de la
SAD ne s’adressent qu’aux classes moyennes supérieures (parcelles et logements pour
plus de 12 millions), où se retrouvent tous les opérateurs publics, puisqu’elles
représentent la clientèle solvable («bancable»)15.
o Le montage même de l’opération a été source de difficultés : (i) la clé de répartition entre
la SAD et la collectivité coutumière a contribué à déséquilibrer le projet, l’augmentation
de standing (par rapport aux prévisions de départ) ayant été supportée par la SAD, qui a
seule financé les investissements ; (ii) le montage de l’opération est peu attractif
notamment pour les promoteurs privés, surtout que ceux-ci estiment que l’on pourrait
lotir «impunément» ailleurs dans la ville, avec beaucoup moins de contraintes ; (iii) la
collectivité coutumière a mené une concurrence déloyale, puisqu’elle a conservé des
terrains à proximité de la zone, qu’elle a continué à vendre à des prix plus compétitifs,
alors que ceux-ci bénéficiaient partiellement des plus-values de la «grande trame».

A la fin de l’opération et pour faire face à ses charges de fonctionnement, la SAD s’est résolue à
aménager et commercialiser elle-même les parcelles à 5.000 F/m2, avec un niveau
d’aménagement évolutif. Toutefois, le site reste globalement inoccupé. L’une des raisons
régulièrement avancées pour justifier cette situation était le relatif enclavement de la zone, la
voie d’accès n’ayant été que récemment aménagée. Cette argumentation n’est pas très
convaincante, dans la mesure où les photos aériennes de 2004 montraient déjà une nette
évolution des quartiers voisins (en particulier Nkolmbong, en face). En fait, on assiste
probablement là à un phénomène de thésaurisation foncière : au regard du niveau d’équipement
des parcelles, les acheteurs pensent pouvoir les revendre plus cher, lorsque «la ville viendra vers
eux». Au plan comptable, on reste loin du compte, puisque le fonds de roulement initial n’a pu
être entièrement régénéré pour permettre la réplication de l’opération.

Par ailleurs, il faut noter que la «grande trame» n’a pas eu les effets escomptés par le SDAU : (i)
pas d’effet organisateur sur les grands éléments du réseau de voirie, (ii) pas d’arrêt de l’évolution
de manière spontanée des terrains avoisinants, et (iii) pas d’effet d’entraînement du
développement de services publics, commerciaux ou de zones d’emplois, ni sur son site ni à
proximité.

Cependant, on peut retenir que cette opération a montré que des terrains peuvent être
aménagés de façon correcte, au niveau des grandes mailles, et de façon plus sommaire à
l’intérieur de celles-ci, pour un prix final moyen de 7 500 à 8 000 FCFA le m 2, et des parcelles de
200 à 300 m2pour un prix final de l’ordre de 1,2 à 1,5 million, tout en recouvrant au moins 80 %
de la dotation initiale apportée par l’AFD, sans subvention et en prenant en charge une grande
partie des infrastructures hors site.

En 10 ans d’activités dans un contexte difficile, la SAD a aménagé et loti 300 ha (2 500 lots) et
construit environ 200 logements (2 des 5 phases de l’opération de Mbanga Japoma). Les
parcelles de 200 à 1 000 m2 ont été cédées à des prix compétitifs compris entre 1,3 et 1,5 million
de FCFA. Les logements réalisés seraient intégralement vendus. Le module standard est de 80 m2
sur une petite parcelle pour un prix de sortie de 19 millions FCFA, ce qui reste élevé mais moins

14
A moins de réduire la taille des parcelles, mais cela conduirait à des prix de revient bien plus élevés, en raison de la
proportion plus élevée de terrain pour les voiries.
15
Mais qui ne représente, selon les estimations de l’étude de marché réalisée dans le cadre de l’évaluation de
l’opération, qu’environ 5% des ménages de Douala (300 à 400 parcelles par an), créneau sur lequel il y avait plutôt un
excédent d’offres.
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

cher que l’offre des promoteurs formels. La clientèle serait composée pour un tiers par la
diaspora. La SAD prévoit pour les cinq prochaines années l’aménagement de 300 ha
supplémentaires (opération de Bonamatoumbé).

Sa clientèle n’est constituée que de ménages relativement aisés (plus de 300 000 FCFA /mois de
revenus) malgré des prix contenus. Il semble rester assez de demandes sur ce segment pour
assurer l’avenir de la SAD et une urbanisation progressivement maîtrisée.

Les prix de sortie restent trop élevés pour répondre à une demande sociale. Comme les autres
lotisseurs/promoteurs, la SAD attend une meilleure structuration des appuis de l’Etat, de la CUD
et des banques.

Statutairement, la SAD est confrontée à deux situations: (i) les dispositions de la loi de 2004 sur la
décentralisation qui prévoit que la contribution des CTD dans les sociétés ne peut excéder 33%
et, (ii) la nécessité d’avoir un actionnariat évolutif ou de recourir à d’autres montages
opérationnels, plus en accord avec les opérations d’aménagement concerté qu’elle mène avec
différentes collectivités coutumières.

On note également que le mode d’aménagement concerté qu’elle applique avec les coutumiers
est laborieux : la SAD est dépendante de négociations toujours difficiles avec les collectivités
coutumières pour acquérir du foncier dans un cadre concerté (avec rétrocession de terrains
et/ou de logements).

Les opérations d'urbanisme opérationnel découlent désormais de l'application des documents de


planification urbaine ou d'une politique sectorielle gouvernementale. Elles ont comme principaux
acteurs l’Etat, les CTD, la Société Civile et autres intervenants. Ces autres intervenants étant les
bénéficiaires, les propriétaires fonciers, les organismes privés d'études et d'exécution. Leur
montage se fait dans un cadre concerté, tel que stipulé dans la loi n°2004/003 régissant
l’Urbanisme au Cameroun. Les étapes du processus et les rôles des intervenants sont résumés
dans le tableau qui suit :

Tableau 6 : Etapes et intervenants dans les opérations d'urbanisme opérationnel

Etapes du processus Intervenants publics et Intervenants privés,


leurs rôles Société civile et leurs rôles
Elaboration du plan MINDUH, Communes: Cabinets d'urbanistes,
d'aménagement (études - Lancent et approuvent les architectes, de géomètres,
foncières et urbanistiques, études BET:
montage technique et - Montage financier - exécutent les études
financier) - assistance au Maître
d'ouvrage
Publicité et consultation Etat, Communes: Population/ Sté civile:
des populations et de la sensibilisent les - émettent leur opinion
société civile populations - produisent l'information
relative à l'aménagement
Approbation par l'autorité Etat, Communes:
compétente approuvent les plans
d'aménagement

RAPPORT FINAL Page 39


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Signature éventuelle des Etat, Communes: Population, Opérateurs


conventions de partenariat - préparent et signent les d'aménagement:
conventions - signent et exécutent les
conventions
Maîtrise foncière Communes: Propriétaires fonciers:
- engagent les procédures - cèdent leurs terrains
MINDAF: - érigent des constructions
- facilite les opérations de
maîtrise foncière
Travaux d'aménagement Organismes
MAETUR d'aménagement:
- pilotent les travaux
SAD Entreprises de travaux
- exécutent les travaux
Géomètres
- exécutent les bornages et
subdivisions de parcelles
Commercialisation. Opérateurs publics Agences immobilières,
- commercialisent les - commercialisent les
terrains et logements terrains et logements.

La nouvelle législation définit les opérations d'urbanisme opérationnel suivantes en les classant
toutes comme opérations d'aménagement :
- la restructuration et/ou la rénovation urbaine ;
- les lotissements ;
- les opérations d'aménagement concerté.

g) La production privée quasi-formelle de terrains

Ces dernières années, un secteur qualifiable de «non réglementaire» s’est développé autour des
villes et principalement à Douala et Yaoundé. Il répond à des procédures officieuses mises en
place par les agents du Cadastre ou assimilés qui ont défini un principe de plan de lotissement
simplifié appelé «plan de découpage» approuvé. On considère que, par ce montage, environ 10
000 parcelles sont mises chaque année sur le marché, permettant de répondre à environ 25% de
la demande potentielle. La majeure partie des terrains à la périphérie de Yaoundé et de Douala
se trouve dans cette situation.

Ces «lotissements» assurent aux acquéreurs de lots des parcelles munies de titres fonciers, et des
équipements minimaux (sans lesquels les Conservateurs fonciers ne devraient pas inscrire les
«parcelles-filles» résultant du lotissement). Cette filière d’offre de terrains à bâtir est
insatisfaisante à plusieurs égards :
o très peu de promoteurs font appel à des compétences (agents immobiliers assistés
d’urbanistes et de géomètres) pour la conduite de ces opérations (conception du
lotissement, implantation des emprises et terrains individuels, négociations avec les
concessionnaires des réseaux, démarches administratives, commercialisation et autres
tâches légales qui s’y rapportent) ;
o d’une manière générale, ces lotissements ne sont pas considérés comme des opérations
d’urbanisme, mais se réduisent à des implantations de parcelles après tracé des voies,

RAPPORT FINAL Page 40


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

quelques fois confiés à des géomètres (dont le lotissement n’est pas, à proprement
parler, le métier), de telle sorte que les règles élémentaires de taille des parcelles et des
voies ainsi que d’orientation des eaux ne sont souvent pas respectées ;
o pour des raisons de rentabilité et par défaut d’application d’un plan d’occupation des sols
ces lotissements sont en général parcellisés en totalité, sans que les surfaces nécessaires
aux équipements collectifs aient été mises en réserve au profit de la collectivité publique.
Dans l’ensemble, si l’on excepte quelques opérations récentes conduites par des promoteurs
immobiliers dans la ville de Yaoundé, les lotissements privés ont surtout conduit à la production
d’une urbanisation diffuse et anarchique. Cet état de fait se justifie essentiellement par
l’apparente simplicité de ces formes para-légales. Les agents du Cadastre, qui se substituent ainsi
aux professionnels, sont en majorité des fonctionnaires, qui utilisent leurs positions pour faire
«avancer» les dossiers. Ainsi, l'approbation du «plan de découpage» se gère au Cadastre en deux
semaines, alors que le permis de lotir relève d'un arrêté préfectoral dont l'approbation est
espérée au mieux au bout de deux à trois mois.

Ces opérations constituent, malgré tout, le meilleur moyen pour les classes moyennes d’accéder
à la propriété immobilière à des coûts inférieurs à ceux de la production entièrement formelle.

h) La production informelle de terrains

Cette production non programmée est la plus importante, puisqu’elle représenterait environ 70%
de la superficie totale des villes. Les constructeurs se procurent un terrain de diverses manières :
en squattant des terrains non occupés et mal surveillés, appartenant souvent au domaine privé
ou public de l’Etat ou au domaine national, dans des zones délaissées, souvent impropres à
l’habitat (bas-fonds, zones marécageuses, fortes pentes, zones soumises à des fortes nuisances
d’origine industrielle etc). L’appropriation se fait souvent de façon progressive : d’abord, le
constructeur occupe temporairement et de façon tout à fait précaire le terrain ; ensuite, ne
constatant pas de réaction, il s’enhardit et construit un abri, qu’il consolide au fur et à mesure de
ses possibilités. De nombreux quartiers se sont formés de cette manière (Image 2).

Image 2 : Une vue partielle du quartier Vogt Ada à Yaoundé

Cette façon de créer des terrains urbanisés a été relayée, au cours des dernières décennies, par
un processus tout aussi informel mais moins néfaste, celui de l’acquisition sans titre de terrains
au statut mal défini. Ces terrains, prélevés de façon irrégulière sur des dépendances du domaine
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

national, acquis auprès des collectivités coutumières se réclamant d’un droit traditionnel de
propriété, sont transformés par le biais de lotissements de fortune sans titre de propriété ni
droits établis. On note également des opérations informelles sur des terrains régulièrement
immatriculés, qui profitent de l'ambiguïté de la loi 2004/003, dont l'article 59 autorise un
morcellement en quatre lots ou moins sans une quelconque procédure de lotissement.

Ces pratiques conduisent toutefois à la production de quartiers moins insalubres, bien que
dépourvus d’infrastructures d’accès et d’équipement publics (Image 3).

Image 3 : Un quartier spontané à Douala

Elles sont imposées par la pauvreté et l’abandon par l’Etat (et ses démembrements) de la plupart
de ses tâches de contrôle. Elles sont ainsi devenues des facteurs aggravant de la pauvreté et
constituent une des causes des conditions déplorables que l’on observe dans la plupart des
quartiers populaires (mortalité infantile élevée, insécurité, insalubrité, etc.). Il faut cependant
relever que ces pratiques se sont aussi étendues, faute de meilleure solution, aux classes
moyennes qui dépassent les seuils de pauvreté absolue ou relative. Nombre de ménages situés
dans les catégories comprises entre 150 000 et 300 000 FCFA mensuels préfèrent à une maison
ou un appartement réglementaire, des installations plus vastes et moins chères qui sont
partiellement au moins «non réglementaires», soit par le statut de propriété du terrain, soit en
raison de la non-conformité avec les documents d’urbanisme, soit par la construction en
autopromotion par des tâcherons et des entreprises informelles qui sont loin de payer toutes les
taxes et impôts, soit pour profiter d’une taxation foncière incomplète, sous-évaluée, ou
inexistante. On peut donc dire que les classes moyennes participent aussi de façon sensible à la
vitalité de la «ville informelle».

i) Le secteur privé réglementé du logement

Plusieurs textes portant sur la promotion immobilière et la profession d’agent immobilier ont été
pris, à partir de 1997 (en particulier la loi n°97/003 du 10 janvier 1997 relative à la promotion
immobilière, et la loi n° 2001/020 du 18 décembre 2001 portant organisation de la profession
d’agent immobilier. Ces lois ont fait l’objet de textes d’application en 2008). Les éléments clés de
ces textes sont les suivants :
 définition de l’habitat social comme «celui dont une partie du coût est à la charge de
l’Etat, d’une Collectivité Territoriale Décentralisée ou de toute autre institution publique,
et destiné aux ménages à faible revenu» ;

RAPPORT FINAL Page 42


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

 normes d’habitat social : dimensions minimales des opérations, des parcelles, des
logements et des pièces principales, conditions d’accessibilité, règles d’implantation,
matériaux à utiliser, modes de financement, plafonds de prix de cession, etc.
 avantages accordés aux promoteurs agréés : théoriquement, mise à disposition du
foncier, octroi du financement direct ou de facilités fiscales, prise en charge totale ou
partielle des infrastructures d’approche ;
 critères d’éligibilité aux programmes d’habitat social : non possession d’un lot dans la
ville, engagement de mise en valeur dans un délai de trois ans, plafond de revenus
annuels, engagement à occuper personnellement le logement.

En application de ces dispositions législatives et réglementaires, le MINDUH a délivré des


agréments à des promoteurs/constructeurs privés. Les raisons qui ont milité pour une restriction
de l’accès à la profession ne sont pas clairement affichées, mais elles semblent tourner
essentiellement autour du souci des pouvoirs publics de «protéger» les populations contre des
aventuriers de toutes sortes. On peut néanmoins s’interroger sur la pertinence de certaines
dispositions d’accès et d’exercice de la profession de promoteur immobilier :
 L’agrément préalable octroyé par un arrêté du ministre chargé de l’habitat : si tout
candidat à l’agrément doit remplir certaines conditions, le décret y relatif renvoie encore
à une décision du ministre chargé de l’habitat. Ce passage obligé pour toute opération à
caractère social n’a pas encore eu d’application concrète, car il n’existe pas de dispositif
finalisé d’aide au logement.
 La garantie financière exigée du promoteur immobilier par la loi : elle ne peut être
inférieure à 25 millions de FCFA et «s’applique uniquement aux opérations effectuées
dans le cadre de la profession». Cette disposition ne constitue pas une garantie de
professionnalisme ni de solidité financière du promoteur. Les opérations montées une
fois l’agrément obtenu ne font l’objet d’aucun contrôle ou autorisation particulière. Les
litiges et/ou les sanctions contre les délits commis le cas échéant devront être traités dans
le cadre du droit commun. Les acquéreurs et délégataires de la maîtrise d’ouvrage ne sont
pas protégés par ce texte.

En outre, l’arrêté n°009/E/MINDUH du 21 Août 2008 fixant les normes d’habitat social est
difficilement applicable, puisqu’il fait référence à des textes complémentaires nécessaires qui ne
sont pas encore pris pour réglementer les prix, les loyers et les conditions de revenus des
ménages.

Par ailleurs, les prestations définies dans l’arrêté correspondent à des standards relativement
élevés, qui répondent à un objectif qualitatif, mais dont l’application conduira à des prix de
revient des logements élevés au regard du coût actuel des intrants et du foncier. Toutes choses
qui nécessiteraient une aide importante d’au moins 50 % du prix de revient, pour que le prix du
logement ou le loyer soient accessibles à des ménages à faibles revenus.

Pour ce qui est des incitations fiscales, la loi de finances de 2008 et le décret n°2008/2304/PM du
29 juillet 2008 définissent un ensemble de mesures d’allègement fiscal en faveur des sociétés
réalisant des projets dits structurants intégrant des projets de logement social. En dépit des
imprécisions relatives à la définition des modes de production de l’habitat social, plusieurs
dossiers de promoteurs immobiliers semblent avoir reçu l’agrément de l’Agence de Promotion
des Investissements et de la DGI pour bénéficier des avantages prévus par ces textes. L’obtention

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

de l’agrément du MINDUH à la profession de promoteur immobilier ne figure pas dans les


conditions d’éligibilité.

A la fin de l’année 2009, vingt trois (23) opérateurs avaient reçu des agréments et étaient par la
suite autorisés à exercer légalement la profession de promoteur immobilier. Ce statut leur a en
outre donné droit aux avantages qui pourraient les orienter vers l’habitat social au cas où leurs
programmes respectif seraient éligibles au programme gouvernemental d’habitat social.

En plus des raisons citées plus haut, liées aux difficultés d’application des textes, les enquêtes
menées sur le terrain ont permis de constater que :
 les programmes n’ont pas le caractère social recherché ou ne répondent pas à la cible
telle que définie par les textes (excepté pour la MUPROF-GIC, qui propose des logements
d’un prix inférieur à 10 millions FCFA) ;
 la définition des programmes est faible (plans de masse, etc.), les bilans prévisionnels
n’existent manifestement pas, les appuis sollicités de l’Etat, de la CTD et des
concessionnaires sur le hors site et sur des aides directes ou indirectes ne sont pas
précisés;
 le financement acquéreur constitue un souci important des promoteurs, l’absence de
terrain titré au profit des promoteurs rendant impossible l’obtention de prêts de la part
du CFC.

En définitive, l’on peut conclure que :


 le secteur de la promotion immobilière privée apparaît très composite, avec des acteurs
d’origines diverses, qui dans l’ensemble ne sont pas encore structurés techniquement et
financièrement pour réaliser un volume significatif et régulier d’opérations ;
 la production effective de la promotion privée réglementaire se limite actuellement à
quelques programmes qui ne dépassent pas 100 logements par programme. Elle joue,
d’un point de vue quantitatif, un rôle très marginal dans la production annuelle globale
qui se situe à environ 70 000 logements urbains.
 la capacité de production réglementaire de la promotion privée en dessous de 10 millions
de FCFA par logement est aujourd’hui quasi-nulle, en raison des coûts de production trop
élevés du foncier équipé et des logements semi-finis ou finis répondant aux normes de
l’administration.

Dans les conditions actuelles (2009), la production effective de la promotion privée


réglementaire n’est accessible qu’à moins de 5% des ménages urbains ayant ce niveau de
ressources, soit environ 97 000 ménages en 2010, presque exclusivement des résidents de
Yaoundé et Douala, dont au moins 30% sont déjà propriétaires d’un logement.

j) L’auto promotion / auto construction

Les réalisations qui rentrent dans ce cadre représentent en 2009 environ 93% de la production
annuelle de logements d’acquisition directe et ne concernent pas que les bas revenus, car
l’autopromotion et l’auto-construction ne produisent pas que des logements pour les classes
défavorisées même si celles-ci en sont les demandeurs majoritaires. Associées au morcellement
informel et au «plan de découpage», elles restent les voies les plus économiques d'accès au
logement : le recours à l’artisan ou à la petite entreprise permettent de contourner les charges

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fiscales. Ainsi, à prestations égales, le prix de revient de la construction est de l'ordre des deux
tiers de celui de la même construction réalisée avec une entreprise structurée.

A l’inverse, elle pose de nombreux problèmes du point de vue de la qualité des constructions
dont on peut retenir que :
 rares sont les chantiers menés avec des plans établis par des architectes ou des bureaux
d’études techniques (la plupart des tâcherons ne disposent que de plans dessinés par des
non professionnels et nombreux sont ceux qui travaillent sans plan) ;
 le manque de maîtrise technique des tâcherons (parfois pour des constructions sur
plusieurs niveaux) conduit à des défauts de construction importants, particulièrement au
plan de la structure (avec des risques d’accident) ;
 nombreux sont les défauts de conception relevés, notamment en ce qui concerne les
implantations, les ouvertures et les aménagements (escaliers trop petits, descentes des
sanitaires, surdimensionnement ou sous-dimensionnement), etc. ;
 des normes de sécurité ne sont presque pas respectées, en particulier en ce qui concerne
la plomberie et l’électricité.

Cette situation est largement due, outre les insuffisances du contrôle réglementaire évoquées
par ailleurs, à la fois à l’incompétence des tâcherons mal formés et peu outillés, aux conditions
d’approvisionnement (il y a de plus en plus de quincailleries informelles) et à la mentalité des
promoteurs.

k) La promotion des matériaux locaux de construction

Selon l’ECAM3, une bonne partie des habitations des ménages pauvres de Yaoundé (40%) et de
Douala (27%) ont des murs en matériaux précaires (41% pour l’ensemble urbain national). La
précarité des constructions n’est pas exclusivement le lot des ménages les plus pauvres ; elle
concerne aussi les ménages non pauvres, et ce dans les mêmes proportions. Pour les matériaux
du sol, il n’y a pas de problème particulier, puisque l’ensemble du secteur est à 12% (8% à Douala
et 4% à Yaoundé). Toutefois, la précarité frappe majoritairement les ménages pauvres (33,2%
dans l’ensemble, 31% à Douala, contre seulement 10% à Yaoundé).

Le secteur de la construction en général et celui de l’habitat en particulier a souffert, ces


dernières années, de difficultés d’approvisionnement en matériaux (ciment et fer
principalement), qui se sont traduites par la raréfaction de ces produits sur le marché et des
hausses vertigineuses de prix. Les justificatifs de ces tensions sont restés peu clairs, mais on
pourrait citer les situations de monopole ou de quasi monopole de certains fabricants. D’autres
sources évoquent la forte demande mondiale (en particulier de la Chine) pour justifier les
pénuries locales. Bien que l’intervention des autorités ait permis de ramener la situation à la
normale, on n’est pas à l’abri de tels soubresauts. Les conditions d’importation restent elles aussi
peu claires, des doutes persistant sur la qualité des produits et en particulier du ciment. Il semble
donc se poser un problème de disponibilité en quantité des principaux intrants.

L’alternative qu’auraient pu constituer les matériaux locaux offrant des meilleures conditions
d’habitabilité à un meilleur prix n’est pas encore une réalité. La MIPROMALO créée en 1990
mène des recherches sur les matériaux locaux (briques en terre et ciment, briques cuites, tuiles),
en vue de leur amélioration et de la création de normes de qualité pour les matériaux et leur
mise en œuvre, dans le but de contribuer à la réduction des coûts de construction. Elle a identifié

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un certain nombre de gisements de matériaux pouvant être utilisés (argiles), et produit des
normes techniques pour les briques en terre. De façon générale son activité n’a guère dépassé le
stade de la recherche de laboratoire. Les utilisateurs éventuels considèrent que les matériaux
locaux sont trop chers, et que leur mise en œuvre est compliquée (il faut transporter sur le site
une presse pour fabriquer les briques, ce qui est difficile et onéreux pour une production
individuelle). La MIPROMALO convient que les murs en briques de terre sont plus chers que ceux
en parpaings, mais fait remarquer qu’au final les matériaux locaux permettent des économies
sensibles sur les enduits, et que les maisons sont meilleur marché pour une qualité supérieure.

Quelques rares promoteurs utilisent ces briques mais sur un nombre réduit de maisons. Ni les
architectes privés, ni la SIC ni le MINDUH ne se sont encore intéressés à ces matériaux, qui
pourraient aussi convenir pour la réalisation d’équipements publics (écoles, dispensaires,
bureaux administratifs, logements de fonction) particulièrement en zone rurale. Cette absence
d’intérêt de la part de la maîtrise d’ouvrage publique rend difficile tout effort de vulgarisation
auprès des privés.

Il faut cependant relever que l’instruction du Premier Ministre définissant les taux minima
d’utilisation des matériaux locaux dans la construction des édifices publics, représente une
opportunité pour leur véritable promotion.

1.3 - Amélioration du cadre de vie

Malgré les efforts consentis pour agrémenter le cadre de vie en milieu urbain, ce dernier est
caractérisé par des manquements et des insuffisances dans la mise en œuvre de ses entités
constituantes. Bien que des actions ponctuelles aient été engagées afin de résoudre les difficultés
les plus immédiates, il n’y a pas encore au niveau national des orientations claires ou des options
de solutions qui s’intègrent dans un programme en vue de l’amélioration du cadre de vie dans sa
globalité.

En matière de services urbains de base, si la situation s’est améliorée en termes d’accès à l’eau
potable, à l’énergie et au téléphone, les difficultés perdurent en ce qui concerne l’assainissement
(gestion des déchets solides et liquides). La mise à disposition de ce dernier service demeure un
grand défi pour les gestionnaires de la ville.

Quant aux voiries et réseaux tertiaires et autres équipements de proximité qui constituent le
socle de l’amélioration du cadre de vie, les réalisations sont éparses et ne concourent pas à la
satisfaction totale de la demande (besoins réels).

De manière spécifique, les diverses situations se présentent comme suit :

a) Accès à l’eau potable

L’eau potable est aujourd’hui accessible à près de 3 citadins sur 4 (contre 61,5% en 2001) 16. Dans
le détail, 55% seulement des ménages pauvres ont accès à l’eau potable (77% des non pauvres).
A Douala et Yaoundé, les proportions sont meilleures. Toutefois, ces pourcentages ne

16
Les enquêtes ECAM, qui sont les seules à fournir des données sur l’ensemble du secteur urbain et en fonction du
niveau de pauvreté, ne concernent que les villes de 50.000 habitants et plus. La raison en est que, du point de vue de la
consommation, en dessous de ce seuil, la différence avec les zones rurales n’est pas significative.
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

correspondent pas seulement aux ménages raccordés au réseau d’eau potable de la CDE (qui
estime qu’il y a trois utilisateurs pour un branchement), mais incluent les ménages qui se
ravitaillent aux bornes-fontaines ou achètent l’eau auprès de voisins, avec moins de 30 minutes
de trajet. L’accessibilité à l’eau potable reste très difficile pour les ménages pauvres puisqu’en
milieu urbain ils résident en moyenne à 2,5 km d’un point de branchement au réseau d’eau. Seuls
environ 25% des ménages disposent d’un branchement individuel. La majeure partie de la
population se ravitaille chez les revendeurs d’eau de robinet (51% à Yaoundé et 37% à Douala) 17.
A Yaoundé et Douala, les mêmes statistiques montrent que seuls 22,9 et 22,2% des ménages
respectivement disposaient d’un branchement direct d’eau potable en 2002, et près de 10% de la
population de Douala déclaraient s’approvisionner auprès de puits, sources, rivières ou marigots.
Dans les villes secondaires, la situation est plus précaire encore. Selon les diagnostics établis dans
le cadre du PACDDU en 2003, le taux de raccordement au réseau d’eau potable est de l’ordre de
27,5% à Foumban, 38% à Bamenda et 20% à Maroua. Le recours à des puits et aux sources d’eau
de qualité douteuse pour la boisson reste donc important, y compris dans certains quartiers
centraux des villes de Douala et Yaoundé. Cette situation est, au-delà des problèmes liés à la
fourniture de l’eau (production insuffisante dans certaines villes, faibles performances du service,
coût élevé du branchement), due à la faible structuration des quartiers, qui ne permet que
difficilement le passage des réseaux. Dans ces conditions, l’impact du programme de
branchements sociaux (1 200 bornes fontaines et 70 000 branchements subventionnés à 90%,
soit environ 1 200 000 personnes) en cours d’exécution dans le cadre du PDUE (financement
Banque Mondiale), ne pourrait être que limité. Il y a cependant lieu de noter qu’avec la mise en
service récente de l’adduction d’eau de Souza réalisée avec l’appui de la coopération chinoise, la
situation des citadins de Douala pourra connaître une certaine amélioration. La mise en place de
mini-réseaux dans certaines localités (Soa, Bangoua, Bana, Endom, Bikoka, Bidjoka, Magba,
Nkwem, etc.) contribue aussi à l’amélioration de l’approvisionnement des populations urbaines
en eau potable.

b) Accès à l’électricité

En 2007, l’éclairage électrique était accessible à 90,4% de la population urbaine (contre 88,2% en
2001), avec un taux de 93% pour les ménages non pauvres, et seulement 68% des ménages
pauvres, proportions que l’on retrouve à Douala, alors qu’à Yaoundé l’accès est meilleur et
dépasse 90% des ménages. Ces chiffres incluent les sous-locations et branchements non
autorisés plus faciles pour l’électricité que pour l’eau, en particulier dans les quartiers d’habitat
spontané. Une bonne partie des habitants n’a pas d’abonnement d’électricité et s’alimente chez
le voisin (55% à Yaoundé et 45% à Douala)18, dans des conditions d’insécurité, en raison de la
qualité approximative des branchements secondaires (multiplication des «toiles d’araignée»). Par
ailleurs, ce mode d’approvisionnement, comme pour l’eau, a pour effet pervers de sortir les
ménages les plus pauvres de la «tranche sociale» appliquée par le concessionnaire. Cette
situation est également partiellement imputable aux conditions de structuration des quartiers,
qui limitent la pénétration des réseaux et, ce faisant, l’impact des campagnes de branchements
sociaux menées par le concessionnaire.

c) Elimination des eaux usées

17
Données de l’enquête CAVIE réalisée en 2002 par l’Institut National de la Statistique
18
Les ménages abonnés en électricité représentaient respectivement 43,2 et 47,1% des ménages de Yaoundé et Douala (CAVIE,
2002). Le taux de raccordement à l’électricité était de 29,5% à Foumban (PACDDU, 2003).

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En 2007, 18% des ménages les plus aisés, étaient équipés de WC avec chasse d’eau, et
pratiquement aucun ménage pauvre. Un peu plus de la moitié seulement des ménages pauvres à
Douala et les deux tiers à Yaoundé sont équipés d’installations sanitaires améliorées (latrines
aménagées). C’est le cas d’environ trois quarts des ménages non pauvres de ces villes. Dans les
autres villes de 50 000 habitants et plus, le taux d’équipement en latrines aménagées est proche
de la moitié des ménages seulement. Les autres habitations ne disposent que d’un système
d’assainissement sommaire consistant en des latrines non étanches qui, en particulier dans les
zones basses des villes comme Douala, contaminent les ressources souterraines en eau. On
rencontre les fosses septiques surtout dans les zones d’habitat de moyen et haut standing.
Toutefois, nombre d’entre elles sont construites dans des conditions qui ne garantissent pas leur
rôle épuratoire. Globalement, les latrines et les fosses septiques sont rarement vidangées, et il
n’existe pas d’équipement spécifique pour un traitement approprié des déchets liquides.

Ce recours à l’assainissement individuel pose des problèmes de pollution des nappes dans les
quartiers pauvres où une partie de la population a recours aux puits pour l’eau de boisson. Le
quartier New-Bell à Douala est l’une des zones les plus sensibles, qui a enregistré des épidémies
de choléra en 2005, manifestement liées à la consommation de l’eau des puits dans un contexte
où la nappe affleure pratiquement, et est souillée par les eaux usées. Cela pose donc, au moins
dans certaines zones basses, le problème de la qualité des installations, qui sont loin d’être
hygiéniques. Quelques initiatives de réalisation de latrines à fosses ventilées sèches, moins
polluantes, ont été réalisées dans quinze quartiers dans la commune d’arrondissement de
Yaoundé 6ème et à Limbe, entre autres, mais sont restées au niveau expérimental et se
caractérisent par des coûts particulièrement élevés, en tout cas hors de la portée des ménages
les plus modestes19.

Il a également été noté que les villes de Douala et Yaoundé disposent de stations d’épuration des
eaux usées dans certains grands équipements (hôpitaux, campus universitaires, lycées,
ministères, Palais présidentiel, etc.) et de certaines zones d’habitat planifié (cités SIC). Seulement,
toutes ou presque sont hors d’usage. A titre d’illustration, sur les onze (11) stations existantes à
Yaoundé en 2003, sept (7) étaient hors service et seules 4 étaient en bon état de fonctionnement
et régulièrement entretenues. A Douala, on estime que les zones couvertes par des réseaux
collectifs représentent 400 à 500 ha, essentiellement localisés au nord de la ville, mais même les
vestiges des stations d’épuration construites au milieu des années 1980 ne sont plus visibles.
Dans ces conditions, les eaux vannes sont ainsi directement déversées dans les collecteurs,
aggravant les conditions d’hygiène des populations déjà très fragiles. Les eaux usées sont pour la
plupart rejetées dans les bas-fonds ou dans les lits des cours d’eau sans traitement. La
contamination des ressources naturelles menace à terme l’approvisionnement en eau potable
des grandes villes et augmente les risques de contamination des eaux de captage ainsi que la
prolifération des maladies issues de la mauvaise qualité des eaux. Il se pose un problème
institutionnel et financier pour l’entretien des stations d’épuration des opérations MAETUR et
SIC.

Globalement, l’évacuation des eaux vannes et des eaux usées des ménages est mal assurée. Ici
aussi, l’offre n’a pas suivi la demande. Les maigres performances obtenues peuvent se justifier
par :
 le faible raccordement au réseau d’eau potable, qui limite l’utilisation de fosses septiques ;

19
Source : ERA-Cameroun
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

 la faiblesse des revenus des populations et l’ignorance des risques encourus par une
mauvaise évacuation des eaux usées/vannes ;
 les difficultés de circulation à l’intérieur des quartiers précaires (zones sous- structurées ou
structurées mais sous-équipées), qui limitent le passage des véhicules de vidange ;
 le faible rendement de la Taxe d’Assainissement, dans les communes où elle est
appliquée ;
 l’absence d’équipements pour le traitement des boues de vidange ;
 la non prise en charge de l’entretien et de l’exploitation des stations réalisées, en raison,
d’une part, de conflits de compétences entre la SIC et les CTD de céans, à cause de la
faiblesse des moyens financiers des ces dernières, elle-même conséquence de l’absence de
sources de financement.

d) Evacuation des ordures ménagères

Selon ECAM3, 56% de la population déclarent avoir un accès aux services d’enlèvement des
ordures en 2007, (contre 42% en 2001). Cela est principalement dû au fait que, là où le service
existe, la distance pour atteindre le point d’enlèvement des ordures le plus proche (quel que soit
le mode utilisé) est relativement importante, et atteint dans certains cas 1700m 20 alors qu’il est
évident qu’au-delà de 100 à 150 m, toutes les bonnes volontés s’émoussent. Pour ce qui est des
villes de Douala et Yaoundé, les tonnages moyens d’ordures enlevées quotidiennement dans
chacune des villes, en 2010, sont de l’ordre de 1200 à 1000 tonnes, pour des quantités produites
estimées de l’ordre de 1 700 et 1 600 tonnes respectivement, à raison de 0,8 kg/habitant/jour.

Le taux de couverture des besoins se situe donc, au mieux, à 60% des quantités effectivement
produites. Le traitement des déchets est loin d’être systématique : seules les villes de Douala,
Yaoundé, Edéa et Dschang disposent de décharges réunissant les conditions minimales. En
l’absence de décharge proprement dite, il s’agit de rejets sauvages dans des conditions
dommageables au plan environnemental, de par les risques que cela fait courir aux ressources en
eau (Image 4).

Image 4 : Décharge sauvage à Douala

Les déchets industriels et hospitaliers posent également des problèmes en raison de leur
complexité, les techniques de traitement par incinération laissant encore subsister des rebuts.

20
Source : Enquête CAVIE
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

D’une manière générale, il s’avère que malgré les importants moyens déployés par l’Etat et les
municipalités, le service offert aux populations reste largement insuffisant aussi bien en quantité
qu’en qualité. Les raisons que l’on peut avancer pour justifier cette situation sont nombreuses :
 dans la plupart des villes, le service est soit inexistant soit assuré en régie avec des
moyens limités, en raison principalement de l’insuffisance des ressources financières ;
 dans les villes sous contrat avec une société privée, les techniques et systèmes de collecte
utilisés (camions, bacs à ordures et même service de porte à porte, tout cela sans
indicateur de niveau de service) apparaissent peu adaptées au contexte des quartiers
pour la plupart sous-structurés, peu accessibles aux camions. Ceci exclut, d’emblée, une
bonne partie de la population ;
 Le coût du service de la collecte des ordures ménagères dans les villes couvertes par
HYSACAM (16.000 FCFA HT/tonne pour Douala et Yaoundé)21, apparaît très élevé, si on le
rapproche de ce que l’on a sur d’autres villes de niveau comparable. Ceci se justifie
certainement par la conjugaison de plusieurs situations : (i) le monopole de fait de la
société en charge du service, comme on a pu le constater lors des rares appels à la
concurrence lancés pendant les vingt dernières années, (ii) le niveau de service trop élevé
(collecte en porte à porte) dans les quartiers structurés. Ces coûts sont sans rapport avec
les moyens des municipalités, ce qui fait que l’essentiel des charges est supporté par
l’Etat. A Yaoundé par exemple, le contrat triennal 2001-2004 coûtait 2 milliards FCFA par
an, soit environ 33% des ressources de la Communauté Urbaine. Au final, la ville ne
supportait que 0,5 milliard par an, le reste étant payé par l’Etat. Il faut également noter
que le fait que seules quelques villes soient couvertes par un contrat d’enlèvement
d’ordures largement payé par l’Etat apparaît totalement inéquitable.
 le financement du service est problématique : les charges devraient théoriquement (en
partie au moins) être couvertes par la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM,
qui fait partie de la taxe d’assainissement perçue par les Communautés Urbaines), mais le
rendement de celle-ci est médiocre, en raison de la faiblesse de l’assiette et du taux. Il
s’agit de taxes communales, assises sur les revenus des salariés, dont le nombre est faible
par rapport à l’ensemble des ménages. En 1993-1994, le MINUH a conduit diverses
réflexions qui tendaient à relever le niveau de ces taxes et à l’adosser aux factures
d’électricité, permettant ainsi un élargissement de l’assiette. Elle a fait long feu, dans un
contexte social agité, en particulier marqué par la baisse des salaires des agents publics ;
 les quelques initiatives de pré-collecte auto-rémunérée et de compostage décentralisé
ont été menées dans quelques villes dont Yaoundé, Bafoussam, Bafang, Nkongsamba,
Garoua, Dschang, etc. Ces opérations, conduites principalement par des OSC ont été peu
durables du fait de la faiblesse de soutien des administrations centrales et locales.

e) Evacuation des eaux pluviales

Selon ECAM3, 16% des ménages urbains (majoritairement pauvres) sont exposés aux inondations
et 38% habitent près d’un cours d’eau. Dans la plupart des villes, le drainage des eaux de
ruissellement est assuré par le réseau hydrographique naturel qui en constitue l'ossature
primaire. Des fossés et caniveaux disposés le long des voiries composent les réseaux secondaire
et tertiaire. Dans les zones d'habitat non structurées, des rigoles formelles ou informelles,
pallient tant bien que mal l'absence de véritables ouvrages de drainage. Les problèmes se posent

21
Source : Ngnikam, les villes d’Afrique face à leurs déchets, 2006.
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

avec une certaine acuité dans des villes comme Douala, Maroua, Kousseri et Yaoundé, où de
nombreuses populations sont régulièrement victimes des inondations.

D’une manière générale, les conditions d’écoulement sont difficiles, en particulier dans les zones
sous-structurées; ce qui se traduit par l’immersion des voies de circulation mais surtout par de
nombreuses inondations (Image 5), dont certaines sont mortelles, en particulier à Douala où les
pentes sont plus faibles. On note également, dans les zones de fortes pentes, une aggravation
des phénomènes d’érosion, avec l’apparition de ravines et talwegs de taille plus ou moins
importante, qui constituent des menaces pour les populations riveraines (glissements de terrain,
destruction de constructions, etc.).
L’évacuation des eaux est insuffisante, pour plusieurs raisons :
 la densité d’ouvrages tertiaires (normalement à la charge des lotisseurs) est faible, en
particulier dans les zones sous-structurées ;
 le manque d’entretien des réseaux tertiaires existants colmatés par des déchets divers, en
particulier dans les zones où les pentes sont relativement faibles ;
 l’insuffisante capacité des réseaux primaires et secondaires face aux importants débits à
transiter (débits sans cesse croissants sous la pression démographique) qui augmente le
ruissellement ;
 l’encombrement des réseaux primaires par les constructions qui rétrécissent les lits des
écoulements naturels, et les déchets solides de toutes sortes, conséquence des
insuffisances du système de collecte des ordures.

Image 5 : Inondation à l’école publique des brasseries à Garoua

f) Accès aux équipements de loisirs

En dehors des villes de Douala et Yaoundé où des efforts d’aménagement des espaces réservés
aux parcs, jardins et autres divertissements sont visibles, on note dans les autres villes l’absence
de ce type d’équipements. Au Cameroun la ville de Limbe est unique en ce sens qu’elle héberge
le parc écologique Botanical Garden, avec une richesse en faune et flore assez diversifiée.

A l’échelle des quartiers, la situation est plus préoccupante car rien ou presque n’est fait. On note
plutôt une dégradation de la situation : dans des camps SIC, les surfaces jadis prévues pour

RAPPORT FINAL Page 51


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

accueillir les aires de jeux sont mal entretenues ou utilisées pour construire des boutiques et des
maisons d’habitation.

g) Accès aux services sociaux et éducatifs

Du point de vue du développement urbain, l’accès aux services éducatifs et de santé s’apprécie
essentiellement en termes de distance à parcourir pour avoir accès à ces équipements. L’ECAM3
de 2007 permet à ce sujet de constater que :
 Seulement 28% des ménages se situent à moins de 500 m (soit théoriquement 5 mn de
marche pour un adulte) d’une école primaire publique, avec une faible incidence du
niveau de revenu. Ce taux passe à 72% par rapport aux écoles privées.
 Seulement 41% des ménages se situent à moins de 500 m (soit théoriquement 5 mn de
marche pour un adulte) d’une formation sanitaire publique, avec une baisse en fonction
de l’augmentation du niveau de revenu.

L’enquête CAVIE-2002 indique que le temps moyen mis pour atteindre un établissement scolaire
est de 28 mn à Douala et 20 mn à Yaoundé, et pour un centre de santé, 52 mn et 49 mn
respectivement.

Tout ceci est la conséquence d’une urbanisation peu maîtrisée, les réserves pour équipements
étant insuffisantes.

h) Lutte contre l’insécurité

Les consultations des populations à l’occasion des projets (PACDDU, PDUE, PGU, etc.) mettent en
exergue l’insécurité à l’intérieur des quartiers comme un des problèmes majeurs. S’il s’agit d’un
phénomène aux origines complexes qui dépassent le seul cadre du secteur urbain, il apparaît que
l’insuffisance de l’éclairage public accentue le caractère criminogène de certains points. Les
premières actions d’éclairage de points criminogènes ayant pour but de réduire le sentiment
d’insécurité, ont été réalisées à Yaoundé 6ème et à Douala dans le cadre de l’opération pilote
d’amélioration des conditions de vie dans certains quartiers (dans le cadre du PID à Douala), et
d’autres sont en cours de mise en œuvre dans le cadre du PDUE. Le volet «Villes plus sûres» du
PGU a permis de dresser le diagnostic de délinquance urbaine à Yaoundé et à Douala, et
d’élaborer les stratégies de lutte y relatives. Une autre forme d’insécurité est liée à l’installation
des populations sur des sites à risques (bas fonds marécageux, flancs de colline, autres zones non
aedificandi.

i) Autres préoccupations

L’amélioration du cadre de vie et la protection de la santé des populations en milieu urbain sont
aussi fortement conditionnées par les actions en matière de protection de l’environnement qui
visent : la protection contre des nuisances comme le bruit, la pollution de l’air et les mauvaises
odeurs, la protection des plans d’eau très souvent utilisés comme déversoirs de déchets de
toutes sortes, la protection des eaux souterraines pour prévenir la pollution des nappes
souterraines, la protection des zones sensibles (bas fonds, flancs de collines, tout autre espace
dont l’instabilité de la structure du sol est prouvée).

Selon ECAM3, 42% des ménages urbains sont exposés au bruit, 31% aux mauvaises odeurs et plus
des trois quarts aux insectes et rongeurs nuisibles à l’hygiène et à la santé. Pour la plupart de ces
RAPPORT FINAL Page 52
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

questions, les réalisations se limitent à quelques études et actions pilotes. L’amélioration du


cadre de vie en milieu urbain dépend également de plusieurs types d’équipements et
d’aménagements de proximité comme les voiries de desserte, les chemins piétonniers, les petits
ouvrages de franchissement. Des opérations pilotes de cette nature ont été réalisées dans les
quartiers d’habitat spontané par des ONG, des programmes étatiques (FOURMI, PACDDU, C2D).
Des opérations d’embellissement ont été initiées par plusieurs communes (création de jardins
publics, plantation d’arbres le long des rues, etc.).

1.4 - Financement de l’habitat

a) Contribution des ménages

La très grande majorité de l’habitat urbain au Cameroun est réalisée par autopromotion et
autofinancement des ménages ayant parfois recours à des associations ou tontines pour financer
les étapes les plus lourdes de la construction (fondations, linteaux, charpente/couverture).
Certaines estimations montrent que le financement de la construction d’immeubles d’habitation
est en fait assuré presqu’exclusivement par les ménages, par l’investissement de leur épargne,
directement ou à travers des entreprises. La majeure partie de ces investissements est réalisée
par les circuits du secteur informel. Certaines estimations permettent de situer le montant des
investissements immobiliers des ménages à environ 300 milliards FCFA par an sur les deux
grandes agglomérations de Douala et Yaoundé.

b) Contribution de l’Etat

Les budgets d’investissement de l’Etat et des CTD dans le secteur urbain sont relativement
importants mais ne sont pas affectés prioritairement à l’aménagement de terrains dédiés à
l’habitat. La quasi-absence de réserves foncières de l’Etat pouvant être affectées à l’urbanisation
à des prix adaptés au logement économique ou social limite toute intervention de l’Etat par ce
biais. Par ailleurs, les avantages fiscaux consentis depuis 2009 au titre de l’application de la loi de
finances pour 2008 et du décret d’application n°2008/2304/PM du 29 juillet 2008 restent à
chiffrer.

La seule contribution régulière de l’Etat au financement de l’habitat est celle qui provient de la
taxe de 2,5% calculée sur la base des salaires, payée par les employeurs et les salariés, et affectée
au CFC (12,5 milliards FCFA en 2008).

c) Rôle du CFC

La politique de financement et de construction de logements visait prioritairement le logement


dit “social” produit par les institutions urbaines du secteur public (MAETUR, SIC, CFC). Le CFC
avait pour mission de financer les activités des établissements publics du secteur (aménagement
foncier par la MAETUR et construction de logements par la SIC) et l’acquisition des logements par
les particuliers. D’abord créé sous la forme d’un établissement public à caractère commercial, il a
été transformé en société à capital public en 2001. Ses ressources proviennent, d’une part, du
prélèvement à la source sur les salaires de 2,5%, et d’autre part des remboursements des prêts
antérieurement accordés (affectés d’un taux d’impayés en diminution mais encore élevé).
Quelques résultats obtenus par le CFC sont repris dans les tableaux qui suivent.

Tableau 7 : Financement du logement social / 1979–2002


RAPPORT FINAL Page 53
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Promoteurs Total Douala Yaoundé Autres villes


Promoteurs privés 1 839 177 866
MAETUR 20 717 284 737 12 240 000 000 8 077 284 737 400 000 000
SIC 26 123 590 407 15 091 272 150 5 570 044 219 5 462 274 038
Total 48 680 053 010 27 331 272 150 13 647 328 956 5 862 274 038
Source: CFC, Direction du Réseau

Les promoteurs privés sont soit des employeurs qui désirent loger leur personnel, soit des
entreprises privées qui lotissent ou construisent des logements à des fins commerciales sans
objectif social affiché.

Pendant cette période 1979-2002, le CFC a également financé des prêts-équipement à hauteur
de 775 530 215 FCFA. Les ressources y relatives proviennent d’une ligne de crédit de la Banque
Mondiale d'un montant total de 2 milliards de FCFA, destinée à appuyer la construction par les
communes d'équipements marchands, marchés et gares routières, dans le but d'accroître leurs
recettes. Ces prêts ne constituent pas une mission fondamentale du CFC, mais une opportunité
dans le cadre du Projet de développement urbain II. Dix sept (17) de ces équipements ont ainsi
pu être réalisés pendant la période.

Tableau 8 : Répartition des grandes opérations d’aménagement fiancées par le CFC

Types Total Douala Yaoundé Autres villes


Logements SIC 8 799 2 606 5 544 649
Parcelles MAETUR (ha) 1 582 598 870 113,5

Source: Rapports SIC, MAETUR

En ce qui concerne les prêts aux particuliers, environ 18 000 prêts ont été accordés pour
l’acquisition des terrains à la MAETUR et des logements à la SIC, comme le montre le tableau
suivant.

Tableau 9 : Répartition géographique des prêts sociaux du CFC/1979 – 2002

Promoteurs Total Douala Yaoundé Autres villes


Terrains MAETUR 13 628 6 370 6 942 316
Logements SIC 4 307 2 521 1 271 515
Total accès à la propriété 17 935 8 891 8 213 831
Source: CFC, Direction du Réseau

Disposant d’abondantes ressources, le CFC a pu pratiquer des taux largement hors marché tant
sur les dépôts d’épargne que sur les crédits (consentis actuellement au taux de 7%). Mais ces
ressources ont permis aussi une dérive considérable des coûts de fonctionnement. Par ailleurs,
une politique de recouvrement laxiste a conduit à un taux d’impayés de plus de 80% du
portefeuille, une part significative des créances douteuses ayant pour origine des concours à la
SIC de l’ordre de 32 milliards FCFA, et à l’Etat. Plus récemment, le CFC s’est lui aussi positionné
directement comme promoteur immobilier sur des opérations telles qu’Olembé Horizon 2001 à
Yaoundé. Cela semble plutôt relever d’une opportunité que d’une stratégie clairement définie.

RAPPORT FINAL Page 54


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Après une récente réorganisation interne et l’abandon de l’activité de banque traditionnelle qui
avait contribué à grever la trésorerie, la situation financière du CFC est aujourd’hui satisfaisante
du point de vue de sa trésorerie et indépendamment de considérations autres sur son bilan et
son potentiel financier. Cette liquidité lui permet de maintenir des prêts aux particuliers, et
d’apporter son concours direct au financement des opérations initiées par le Gouvernement.
Toutefois, il semble exclu que le CFC finance directement la production de la SIC, déjà
lourdement endettée vis-à-vis de cette structure de financement.

Le CFC reste aujourd’hui le principal octroyeur de prêts immobiliers au Cameroun, avec un bilan
d’environ 110 milliards FCFA et une production de l’ordre de 3 500 prêts par an (constituée à 95%
de crédits à moyen terme : équipement, terrains, amélioration). Le volume des prêts accordés a
été de 13,5 milliards de FCFA en 2008 pour 3 384 prêts. Il devrait approcher 15 milliards FCFA en
2009. Au cours des neuf premiers mois de 2009, un total de 20,3 milliards FCFA de prêts a été
accordé, pour 3 088 prêts devant financer 4 394 logements.

Ce montant se répartit comme suit :


– prêts pour travaux et acquisitions : 52%
– prêts investissements locatifs et SCI : 47%
– prêts promoteurs : 1% (1 seul prêt de 129 millions).

Dans le cadre de son programme de 10 000 logements et 50 000 parcelles, le Gouvernement a


mobilisé en 2009 le CFC pour financer (à hauteur de 24 milliards de FCFA) une 1 ère tranche de
1 200 logements à Olembé à Yaoundé, avec la SIC comme maître d’ouvrage. Le financement
projeté suppose l’immobilisation de 2 ans de taxe de 2,5% sur les salaires, qui seront remboursés
sur 20 ans par les acquéreurs. Avec un même montant de capital, un effet de levier de 5 à 10 sur
l’investissement privé pouvait être obtenu.

Ce coût, de 20 millions FCFA en moyenne par logement, faut-il le répéter, exclut 95% des
ménages de l’accès à l’aide de l’Etat à cause de la faiblesse de leurs revenus, tout en bénéficiant
d’un taux d’intérêt réduit.

d) Contribution du secteur bancaire

L’offre de financement bancaire pour l’habitat est extrêmement réduite. En avril 2009, les
encours recensés étaient de l’ordre de 10 milliards de FCFA22 ; ce qui ne dépasse pas le niveau
marginal de 0,8 % de l’ensemble des crédits bancaires à la clientèle non financière.

Même si l’on y ajoute les encours du CFC de 83 milliards FCFA à fin 2009 (au sein desquels les
créances compromises, SIC et autres, sont majoritaires), les crédits à l’habitat ne dépasseraient
pas 1% du PIB. Les contraintes techniques et financières qui pèsent sur le développement du
crédit sont nombreuses et importantes. Toutefois, le principal obstacle réside dans la faiblesse
des revenus et le niveau des prix des logements dans le secteur formel, qui limitent la demande
solvable.

1.5 - Contrôle du secteur privé professionnel de la promotion foncière et immobilière

Plusieurs textes portent sur la promotion immobilière, notamment :


1. la loi n°81/03 du 07 juillet 1981 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis ;

22 2 044 milliards FCFA de crédits à l’habitat immobilier à long terme (plus de 10 ans) et 7 968 milliards FCFA de
crédits à l’habitat immobilier à moyen terme (2 à 10 ans).
RAPPORT FINAL Page 55
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

2. la loi n°97/003 du 10 janvier 1997 relative à la promotion immobilière ;


3. la loi 2001/020 du 18 décembre 2001 portant organisation de la profession d’agent
immobilier ;
4. le décret n°83/609 du 26 novembre 1983 fixant les conditions d’obtention des titres de
propriété dans le cadre de la copropriété des immeubles bâtis ;
5. le décret n°2007/1138/PM du 03 septembre 2007 fixant les modalités d’application de la
loi N°2001/020 du 18 décembre 2001 organisant la profession d’agent immobilier ;
6. le décret n°2007/1419/PM du 02 novembre 2007 fixant les conditions d’application de la
loi n°97/003 du 10 janvier 1997 relative à la promotion immobilière ;
7. l’arrêté n°0003/E/2/MINDUH de 2008 portant organisation de la commission d’éligibilité
aux programmes d’habitat social ;
8. l’arrêté n°0009/E/2/MINDUH du 21 août 2008 fixant les normes d’habitat social ;
9. la décision n°0020/E/2/MINDUH/SG du 02 avril 2008 fixant les conditions d’obtention de
l’agrément à l’exercice de la profession de promoteur ;
10. la décision n°0021/E/2/MINDUH/SG du 07 avril 2008 portant organisation et
fonctionnement de la commission consultative de promotion immobilière ;
11. la décision n°0030/E/2/MINDUH/SG du 02 avril 2008 constatant la composition de la
commission d’éligibilité aux programmes d’habitat social ;
12. la décision n°0018/E/2/MINDUH/SG du 02 avril 2008 fixant les modèles de registre
répertoire et de carnet à souches spéciales utilisés par les agents immobiliers ;
13. la décision n°0019/E/2/MINDUH/SG du 02 avril 2008 fixant le modèle de la carte
professionnelle des agents immobiliers.
Par rapport aux insuffisances de l’offre publique, l’objectif de cette politique est de faciliter l’offre
privée en matière de production de logements décents en milieu urbain. Elle vise à donner plus
d’avantages à des constructeurs privés répondant à certaines normes de qualité et produisant
des parcelles ou du logement social. Dans le cadre de cette politique, les
promoteurs/constructeurs privés qui opèrent sans agrément sont considérés comme des acteurs
du secteur informel et ces derniers produisent l’essentiel de logements pour le plus grand
nombre. En application de ces dispositions législatives et réglementaires, des agréments ont été
délivrés à 14 promoteurs/constructeurs en 2008 et 12 en 2009 et 2010.

2 - Aspects d’ordre organisationnel et juridique

Dans l’organisation du Gouvernement, les questions liées au développement urbain sont


réparties entre plusieurs départements ministériels notamment : le MINDUH pour l’urbanisme et
l’habitat, le MINDAF pour le foncier, le MINATD pour l’organisation des CTD, le MINEE pour la
fourniture des services de l’eau et de l’énergie, et le MINEP pour les questions
environnementales, MINPOSTEL pour les télécommunications.

Un tel montage institutionnel exige une forte coordination pour que les contributions de toutes
ces administrations soient disponibles en qualité, quantité et temps, pour concourir efficacement
au développement du secteur urbain.

3 - Analyse de la situation (offre et demande)

Les enquêtes ECAM2 et ECAM3 montrent que, depuis le début des années 2000, les effectifs de
ménages, et donc de logements occupés, se sont accrus en moyenne de près de 23 000 unités
par an à Yaoundé, de 26 000 à Douala et de 18 700 pour l’ensemble des autres villes de 50 000

RAPPORT FINAL Page 56


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

habitants et plus. Les données issues du 3ème RGPH montrent qu’entre novembre 2005 et janvier
2010, la population urbaine est passée de 8 514 938 à 10 091 172 personnes dont près de 72%
dans les villes d’au moins 50 000 habitants (soit une augmentation de plus de 200 000 ménages
dans ces villes en quatre ans), avec pour effet une forte pression sur les espaces périurbains, et la
densification de l’occupation du sol dans les quartiers pauvres.

Selon les données de l’ECAM3, 36% des ménages à Douala et 24% à Yaoundé étaient
propriétaires de leurs logements23 en 2007. Pour les ménages pauvres de ces villes, les
proportions sont respectivement de 64% et 30%, mais une grande majorité d’entre eux habite
dans des conditions de précarité, sans titre foncier, dans des habitations en matériaux précaires,
et sans accès aux services de base. Seul un propriétaire de logement urbain sur trois possède un
titre foncier (EESI 2005).

Le statut dominant en milieu urbain est donc la location. La proportion des locataires est
nettement plus élevée parmi les ménages non pauvres à Douala, qui ont accès à une offre
diversifiée incluant le parc de la SIC et de la location de standing, trop chers pour les ménages
pauvres. Les résultats de l’ECAM3 reflètent des conditions d’habitat largement déficientes pour
les ménages les plus pauvres, et plus globalement le déficit qualitatif du parc urbain.

B – Composante Transports Urbains

Plusieurs sous-composantes interagissent pour assurer une bonne mobilité urbaine. Il s’agit
essentiellement des moyens de transport, des infrastructures et de leur gestion et de la capacité
de pilotage pour assurer une bonne coordination de l’ensemble des interventions dans ce
secteur, et un cadre institutionnel approprié. Ces interactions peuvent être schématisées dans la
figure 3.

INFRASTRUCTURES GESTION DU TRAFIC MOYENS DE


DE TRANSPORT ET DE LA TRANSPORT
URBAIN CIRCULATION

TRANSPORTS
URBAINS

CADRE INSTITUTIONNEL ET
REGLEMENTAIRE DES FISCALITE ET FINANCEMENT DU
TRANSPORTS URBAINS SECTEUR

Figure 3 : Schéma organisationnel des transports urbains

23 Il est difficile de tirer des conclusions sur l’articulation entre niveau de revenu et statut d’occupation (propriétaire
ou locataire), les deux villes faisant apparaître des situations très contrastées.
RAPPORT FINAL Page 57
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Légende : Les flèches pleines sont relatives à ce qui peut être considéré comme les éléments
essentiels des transports urbains, du point de vue de l’administration chargée du développement
urbain. Les flèches en pointillés schématisent les contributions des administrations chargées de la
réglementation et des finances, au développement et au fonctionnement des transports urbains.

1 - Analyse de la situation des transports urbains

La photographie de la composante est essentiellement donnée suivant l’offre et la demande de


transports urbains.

1.1 -Analyse de la demande de transports urbains


La demande de transports s’analyse généralement au moyen des indicateurs clés suivants: les
dépenses de transport, le temps d’attente moyen d’un moyen de transport, et le temps moyen
passé dans un bus ou dans un taxi.
Or ces indicateurs ne sont pas disponibles. Cette situation tient à deux causes essentielles :
 L'irrégularité des recensements qui ne permet pas de connaître la population réelle des
villes. Les données du dernier recensement général de la population et de l’habitat (3 ème
RGPH) ont été publiées 23 ans après celles du précédent recensement.
 L'arrêt des études sur les transports urbains. Ces études devraient permettre de mesurer
la demande (calcul de la mobilité, détermination des flux de déplacements) et d'apprécier
l'offre (capacité des infrastructures existantes, capacité des moyens et services de
transports existants).

Les seules données disponibles sont celles des enquêtes camerounaises auprès des ménages
(ECAM 1, 2 et 3 de 1996, 2001 et 2007) conduites par l’INS pour suivre l’évolution des conditions
de vie des ménages. Elles indiquent que la route constitue, après l’emploi et le niveau des
revenus, la première demande des populations, quel que soit leur niveau de vie. Mais ces
enquêtes restent trop générales pour préciser et évaluer la demande de transport urbain, dans
les principales villes tout au moins. Les communautés urbaines de Yaoundé et Douala disposent
de systèmes d’information géographiques, mais qui sont insuffisamment renseignés. La demande
en matière de transports urbains est donc très mal connue.

Infrastructures

Le tableau ci-dessous précise la nature des infrastructures nécessaires au fonctionnement


efficace des différents types de transport routier de personnes. Ces exigences minimales
reflètent le besoin (ou la demande) en infrastructures qui pourra être comparé à l’offre.

Tableau 10 : Infrastructures nécessaires aux transports

Mode de transport Infrastructures minimales nécessaires


Transport collectif (bus) Voirie bitumée large et en bon état
Circuit avec bouclage ou demi-tour
Transport semi-collectif (minibus ou taxis)
Transport individuel particulier (voiture Voirie en terre carrossable en bon état

RAPPORT FINAL Page 58


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

individuelle)

Transport individuel (mototaxis) Cheminement d’au moins 2 mètres de


largeur
Transport individuel particulier en 2 roues
Aménagement des franchissements
d’obstacles
Déplacement pédestre Cheminement d’au moins 1 mètre de large

Moyens de transport

Sur la base des données du 3ème RGPH, les ménages urbains étaient estimés à près de 1.400.000
en janvier 2010 pour une population de 7,2 millions (un ménage urbain compte en moyenne 5,2
personnes) dans les villes d’au moins 50 000 habitants. La population urbaine effectuait en 1983
en moyenne 1,1 déplacement par personne/jour (selon les études du SDAU de Douala). Même
avec cette moyenne de 1983, dans les villes de Yaoundé et Douala, l'on pourrait actuellement
estimer à près de 5 000 000 le nombre total de déplacements journaliers.

La possession d'un véhicule est un phénomène marginal dans les villes camerounaises. Selon
l'étude CAVIE-2002, seulement 11% des ménages à Douala et 12% à Yaoundé disposent d'une
voiture. Le taux de possession d'une moto ou d'une bicyclette est de 4% à Yaoundé et 5% à
Douala. Ainsi la voiture particulière n'assurerait que 13% environ des déplacements.

La demande est contrainte essentiellement par le coût. Le coût de transport est en effet très
différent suivant les services de transport. Plusieurs études sur Douala (Pauvreté et Mobilité
Urbaine-2003, SDAU, SITRASS-2004) montrent que les ménages pauvres consacrent plus du
cinquième de leur budget pour assurer leur mobilité quotidienne. Sachant que le seuil de
pauvreté se situe à 738 FCFA par jour et par adulte, la dépense de transport se situerait à environ
150 FCFA par jour. Ce montant est largement insuffisant pour permettre à cette population
d’accéder aux transports collectifs. En effet, dans une ville comme Yaoundé ou Douala, le fait de
se rendre de son domicile à son lieu de travail induit une dépense minimale de 400 FCFA en taxis
collectifs (2 taxis) et de 300 FCFA en bus (2 voyages).

1.2 - Analyse de l’offre de transports urbains

L’analyse de l’offre de transports urbains s’est faite suivant les infrastructures et les moyens de
transport.

Infrastructures

Le linéaire total des réseaux de voirie urbaine du Cameroun est mal connu. Il est estimé à 2700
kms. Ce défaut d’information est dû à la fois à l’absence de lisibilité des limites respectives des
missions qui sont dévolues aux différents intervenants, et à l’absence d’une hiérarchisation et
d’une classification des voies (Image 6).

RAPPORT FINAL Page 59


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Image 6 : Une rue du quartier Etetak à Yaoundé, 2006

On retrouve ainsi des voies construites et parfois entretenues par l'Etat24 (traversées urbaines de
routes nationales, boulevards urbains et voies rapides urbaines), et des voies secondaires
construites et entretenues à la fois par l'Etat et les communes.

Les quelques données existantes sont donc parcellaires. Seuls les réseaux primaires et
secondaires des villes de Douala et de Yaoundé ont fait l’objet d’une évaluation25.
Le tableau ci-après donne les longueurs des réseaux de voirie connues.

Tableau 11 : Longueurs des réseaux de quelques voiries

Villes
Type d’infrastructure Yaoundé Douala Buea Limbe Edéa Kumba
Voies revêtues 420 414 63 39 15 16
Voies et terre 780 1830 149 320 20 107
Total routes 1 200 2 244 212 359 35 123
Sources : CU et Délégations Régionales du MINDUH (données de 2010)

Il ressort du rapport diagnostic de la stratégie de développement de l’aire métropolitaine de


Douala (2008) que le réseau routier de cette ville est composé :
 d’environ 410 km de voiries bitumées dont la remise à niveau est en cours, et qui sont,
pour la plu4art, parfaitement carrossables et en général suffisamment larges.
Globalement tout ce réseau revêtu converge sur le centre-ville, avec peu de voiries
transversales. Les usagers sont donc généralement obligés de passer par le centre pour se
déplacer d'une périphérie de la ville à l'autre. Par conséquent, ce secteur central subit une
forte pression de trafic. Hormis quelques exceptions en rive Ouest du Wouri (Bonabéri),

24
Par Etat, il faut entendre plusieurs départements ministériels qui entre eux n'ont pas défini non plus un régime de
responsabilités sur les voiries concernées.
25
Elaboration de la stratégie d’entretien de la voirie de la ville de Douala », BCEOM/SCET-
CAMEROUN/SCETAUROUTE, Mars 2006,
RAPPORT FINAL Page 60
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

les activités de la ville sont concentrées le long des axes routiers revêtus, dans les parties
de la ville où le maillage de ce réseau est le plus important c'est-à-dire dans le centre-ville
et sur les pénétrantes ;
 de 1 830 km de voiries non revêtues souvent dégradées et peu praticables car, lors de la
saison des pluies, les fortes précipitations suffisent à anéantir les mesures de restauration
au fur et à mesure qu'elles sont réalisées. Ces voiries non revêtues desservent l'ensemble
des quartiers populaires de la ville dont certains particulièrement denses (Oyak,
Nkololoun, Bonanloka). Les quartiers résidentiels de Bonassama dans l’arrondissement de
Douala 4è (Bonabéri) ne bénéficient pas de réseaux revêtus non plus.

Globalement, tous modes confondus, les charges de trafic sur ce réseau revêtu sont très élevées
puisque nettement supérieures à 20 000 véh/jour et atteignant jusqu'à 71 500 véh/jour dans le
secteur du carrefour Agip. Ces charges sont particulièrement élevées pour un milieu urbain et
pour des axes où la circulation se fait réellement sur une chaussée à une voie et demie par sens.
Malgré les importantes largeurs, l'encombrement général des chaussées réduit les espaces
disponibles pour la circulation routière, et les carrefours sont fortement saturés.

Cet important niveau de charge du trafic est également dû à un nombre élevé de deux-roues
(deux-roues motorisés pour la plupart et quelques pousse-pousse), qui représentent entre 35%
et 60% du trafic sur les pénétrantes du centre, et jusqu'à 75% du trafic en section dans le centre.
Ce sont essentiellement les "Bendskins"26 qui fonctionnent comme des taxis individuels et
concurrencent les transports publics classiques.

Ainsi, le trafic en accès à la ville de Douala atteint globalement 55 000 véhicules/jour (trafic en
entrée et sortie de la ville par les pénétrantes Est et Ouest principalement et par l'ancienne route
de Yaoundé). Avec les hypothèses d'occupation des véhicules, ces 55 000 véh/jour assurent
environ 260 000 déplacements de personnes/jour, alors que le trafic en accès au centre-ville par
les axes structurants (revêtus et d'importance) s'élève à environ 355 000 véhicules/jours qui
assurent environ 1,05 million de déplacements de personnes/jour.

Par rapport à la population dans les deux plus grandes villes, le linéaire des voies est près de
quatre fois plus important à Douala qu’à Yaoundé (tableau 12).

Tableau 12 : Linéaires des voiries par rapport à la population de quelques villes

Quantités
Type d’infrastructure
Yaoundé Douala Autres
Routes bitumées 240 m pour 1000 habts 220 m pour 1000 habts
Routes non revêtues 200 m pour 1000 habts 970 m pour 1000 habts
Total routes 440 m pour 1000 habts 1190 m pour 1000
habts
Sources : Communautés Urbaines de Douala et Yaoundé

26 Benskin est l’appellation locale des motos taxis


RAPPORT FINAL Page 61
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Moyens de transport

Les seules données disponibles en matière de répartition du marché des services de transport
concernent la ville de Douala où les enquêtes réalisées dans le cadre de la préparation de la
stratégie de développement de la ville de Douala ont permis de dégager les éléments suivants :
 les bus et minibus (formels et informels) assurent, avec 2% seulement, une part dérisoire
du trafic en accès au centre, mais permettent 25% des déplacements de personnes/jour
sur ces axes27 ;
 les taxis assurent 18% du trafic et 21% des déplacements en accès au centre ;
 les mototaxis assurent 59% du trafic mais moins de 40% des déplacements en accès au
centre.

Les différents modes qui constituent l’offre de transport sont récapitulés dans le tableau ci-
dessous qui précise les avantages et les inconvénients en regard des objectifs définis dans la
section 4 ci-dessus, sans tenir compte de l’existence des infrastructures nécessaires.

Tableau 13 : Avantages et inconvénients des différents modes de transport

Mode de transport Avantages Inconvénients


Transport collectif (bus) Confort (intempéries) Pas de souplesse
Sécurité (horaires)
Peu polluant Peu rapide
Faible coût Exigeant en
infrastructures (bitume
bon état)
Transport semi-collectif (minibus ou Souplesse (pas d’horaires) Prix plus élevé
taxis) Confort (intempérie) Générateur
Transport individuel particulier Assez rapide d’encombrement
(voiture individuelle) Assez polluant Peu rapide (idem bus)
Peu exigeant en
infrastructures (voies en
terre)
Transport individuel (mototaxis) Très souple Très polluant
Transport individuel particulier en Rapide Risques d’accidents élevés
motos Porte à porte
Très faible coût
Générateur d’emploi
Très peu exigeant en
infrastructure
Déplacement pédestre et bicyclette Quasi gratuit Très peu rapide
Souplesse maximale Risques d’accidents élevés
Très peu exigeant en
infrastructures

27 Sources : Rapport de l’étude du Plan des Déplacements de la Ville de Douala, 1984


RAPPORT FINAL Page 62
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

L'offre en moyens de transport est contrainte essentiellement par la disponibilité des


infrastructures, essentiellement en ce qui concerne les transports en commun (bus et minibus).

Le transport urbain (notamment par moto) offre nombre d’emplois peu qualifiés, accessibles aux
pauvres (on estimait à 45 000 les emplois directs dans les transports collectifs urbains à Douala
en 2004). Toutefois, les conditions de travail apparaissent difficiles.

Les éléments qui caractérisent l’offre de chaque type de transport sont détaillés ci-après.

Offre de transport par bus

Seules les villes de Douala et de Yaoundé bénéficient de ce mode de transport.

Le tableau ci-dessous récapitule les données relatives aux deux sociétés de bus qui opèrent dans
ces deux villes :

Tableau 14 : Quelques données relatives aux deux opérateurs de transport de masse

Données SOCATUR LE BUS


Ville Douala Yaoundé
Réseau concédé 13 lignes 13 lignes
Nombre de lignes en 9 lignes 9 lignes
opération
Longueur des lignes 130 km
Nombre d’arrêts 400
Nombre de bus en service 130
Nbre d’heures de véhic/mois 16.800
Nbre de passagers par jour 30.000
Attente moy/heures de 10 à 15 mn
pointe
Attente moy/heures creuses 20 à 30 mn
Taux de remplissage 50 %

A Douala, la SOCATUR, qui a signé avec le gouvernement une convention d’exploitation


(concession) le 27 octobre 2000, a été formellement créée le 13 mars 2001, et a démarré ses
activités le 12 novembre 2001. C’est une société d’économie mixte dont le capital est détenu,
depuis 2007, à 33% par la Communauté urbaine et les communes d’arrondissement de la ville de
Douala. Le potentiel de développement de cette société est important : elle exploite seulement
la moitié des lignes concédées, elle a identifié 30 lignes supplémentaires susceptibles d’être
exploitées et elle a projeté de passer à 300 bus en fin 2010. Ceci démontre le dynamisme de la
société. Par ailleurs, l’augmentation du nombre d’autobus devrait permettre d’ouvrir de
nouvelles lignes et d’accroître le nombre d’autobus par ligne. Ce qui devrait améliorer la qualité
de l’offre en augmentant la surface de la zone de couverture et la fréquence des passages. Ce

RAPPORT FINAL Page 63


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

programme semble trop ambitieux. La société a acquis, en mai 2009, une soixantaine de bus, ce
qui permet de pratiquement doubler le parc, mais on reste loin des objectifs de départ. Il est
vraisemblable que les décalages entre la réalité et les prévisions de développement résultent des
contraintes liées aux caractéristiques insuffisantes des infrastructures sur les itinéraires concédés
ou susceptibles d’être exploités.

A Yaoundé, la société LE BUS est une société d’économie mixte à capitaux majoritairement
privés, avec participation de l’Etat (à travers la Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures
– CSPH) et de la CUY. Elle a bénéficié d’un appui des pouvoirs publics sous forme
d’aménagements divers de la voirie et de mise à disposition de l’ancienne base SOTUC.

On dispose de peu de données concernant cette société et ses activités. Toutefois, le nombre de
bus pour 100 000 habitants serait légèrement supérieur à celui de Douala et les taux de
remplissage et les fréquences se situeraient globalement au même niveau qu’à Douala.

Dans les autres villes, il n’existe pas de société de transport collectif, et donc aucune offre pour
le mode de transport par bus.

Le transport par bus est l’offre qui permet le mieux de répondre aux objectifs en termes de
qualité du cadre de vie du point de vue de l’environnement. C’est en effet le type de transport
qui consomme le moins d’énergie et qui émet le moins de gaz polluant par passager et qui
génère le moins de congestion de trafic. C’est également celle qui offre la meilleure qualité en
termes de confort (protection contre les intempéries) et en termes de sécurité et de coûts.

Offre de transport par minibus et «cargos»28

A Douala et Yaoundé, les minibus et «cargos» ont un mode d'exploitation particulier : points de
chargement fixes et desserte en ligne des quartiers éloignés à partir du centre. La capacité des
minibus est inférieure à 30 passagers par véhicule. Les cargos sont des véhicules de transport de
marchandises adapté au transport de personnes pour permettre une plus grande capacité que le
minibus.

Ce mode de transport, qui est en mesure de contribuer efficacement à améliorer les conditions
de mobilité urbaine, répond moins bien que le transport pas bus aux objectifs sectoriels en
termes de qualité du cadre de vie du point de vue de l’environnement : il est plus consommateur
d’énergie et plus polluant notamment du fait de la vétusté des véhicules et des encombrements
qu’il génère. Il offre à peu près le même niveau de confort que le transport par bus mais des
conditions de sécurité plus faible en raison de la vétusté des véhicules et de la généralisation de
la surcharge.

En revanche, c’est un mode de transport moins exigeant en termes d’infrastructure car il peut
s’accommoder des voiries bitumées en état moyen et des voiries en terre en bon état. Ce mode
assure donc une bien meilleure qualité de service en termes de couverture géographique et de
proximité de desserte. Etant plus souple et plus léger, il est plus à même que le bus de s’adapter
à la demande en termes de quantité et de fréquence. C’est la raison pour laquelle il assure, par
rapport aux bus, une bien meilleure desserte des quartiers périphériques et des quartiers sous-
équipés à Douala et Yaoundé.

28
Sources : Rapport de l’étude «Pauvreté et mobilité urbaine à Douala» réalisée par le SITRASS, 2004.
RAPPORT FINAL Page 64
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Le tarif de transport par minibus et par bus est officiellement le même (150 FCFA), quelle que soit
la longueur de la ligne. Cependant, dans la pratique, les tarifs réels de transport par taxis et
minibus sont un compromis par rapport à la propension à payer des usagers. Ce mode de
transport est donc en mesure, comme les mototaxis, d’adapter ses tarifs à la capacité financière
de la clientèle. Cependant, comme le bus, le minibus va nécessiter en général la connexion avec
un autre mode de transport et il est de ce fait plus cher et plus consommateur de temps que les
mototaxis.

A Douala, l’arrivée de la SOCATUR avait conduit à une restructuration de l’offre des minibus et
cargos. Depuis que les pouvoirs publics ont accordé à la SOCATUR l'exclusivité de l'exploitation
des véhicules de plus de 30 places, l'offre de minibus en ville s’est accrue et les cargos se sont
repliés dans des zones périphériques de la ville. Leur nombre actuel à Douala est de 300-400
véhicules, avec un millier d’emplois directs.

Offre de transport par taxis

Les taxis constituent le plus ancien mode de transport urbain réglementé au Cameroun : ce sont
des véhicules de 5 places peints en jaune et affichant un numéro aux portières avant. En général,
chaque véhicule est exploité par deux conducteurs qui se répartissent le travail en fonction des
périodes de la journée, des jours dans la semaine ou tout simplement des besoins de repos de
chacun. Leur nombre est estimé à 12 000 pour un parc de 6 000 à 7 000 véhicules pour la ville de
Douala, soit environ 3 véhicules pour 1 000 habitants.

Il n’y a généralement pas de liaison fixe, les taxis roulant au gré de la clientèle et des choix du
conducteur. Mais les chauffeurs peuvent privilégier certaines dessertes et s’y cantonner durant
tout ou partie du service quotidien : on voit alors se former des têtes de ligne pour ces dessertes.

Les véhicules utilisés sont des véhicules d’occasion importés d’Europe et qui se détériorent
d’autant plus facilement que la voirie est fortement dégradée. Les opérateurs de taxi doivent
«sacrifier» les vieux véhicules à la desserte des quartiers difficiles d’accès ou abandonner ce
terrain aux transporteurs clandestins.

Les avantages et les inconvénients de ce mode de transport pour les usagers sont similaires à
ceux des minibus avec toutefois une plus grande souplesse dans la desserte et les fréquences de
passage. Il s’avère cependant globalement plus cher et plus polluant.

Lorsqu’ils fonctionnent en mode collectif («ramassage»), le tarif de base est fixé à 200 FCFA à
Douala et Yaoundé et 150 FCFA dans les autres villes. Mais, dans la réalité, ce prix peut être
négocié avant l’embarquement. L’extension urbaine et le développement des embouteillages les
poussent à pratiquer un sectionnement des parcours.

Les opérateurs affirment que l’activité n’est plus aussi rentable qu’avant et en veulent pour
preuve la réduction importante du parc de taxis. Ceci s’expliquerait par des coûts d’exploitation
élevés du fait de la dégradation des voies et les tracasseries policières. Certains taximen se
seraient reconvertis en conducteurs de mototaxis pour échapper à ces tracasseries.

Offre de transport par mototaxis

RAPPORT FINAL Page 65


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Les mototaxis ont fait leur apparition à Douala au début des années 1990 et leur nombre n’a
cessé d’augmenter depuis. Estimés à près de 10 000 en 1997 (Godard, Ngabmen, 2002), leur
nombre a été évalué à 22 000 en 2004 par le SITRASS (pour 30 000 emplois directs environ). Il
aurait au moins doublé depuis lors. Des usines de montage de motos de petite cylindrée se sont
développées dans la ville pour répondre à cet important marché. L’activité est surtout le fait de
jeunes déscolarisés ou d’anciens taximen et autres chauffeurs.

Certaines capitales régionales (Maroua, Garoua, Ngaoundéré, Bertoua) et de nombreuses villes


secondaires n’ont que les motos taxis comme mode de transports.

Ses avantages propres permettent à ce mode d’être le plus performant du point de vue de
l’amélioration de la mobilité à moindre coût au sens de la durée et de la souplesse des
déplacements. Son coût très faible et l’absence de connexion le rendent beaucoup plus
accessible aux plus pauvres que le transport collectif ou semi collectif.

De l’avis des opérateurs, les motos taxis doivent essentiellement leur essor au fait qu’ils peuvent
accéder à des endroits inaccessibles aux quatre roues, à leur faible coût (tarif de base de 100
FCFA, inférieur à celui des taxis) ainsi qu’au développement des embouteillages qui les rendent
plus rapides que les autres modes de transport aux heures de pointe.

Compte tenu du faible investissement que ce service nécessite et de sa grande souplesse


d’organisation et de fonctionnement, il est en mesure de s’adapter très rapidement à la demande
et aux variations dans les conditions d’exploitation.

Cependant, ces avantages ne doivent pas masquer les nombreux griefs à leur endroit du point de
vue de la sécurité et de l’environnement : i) la conduite imprudente, voire dangereuse, à
l’origine de multiples accidents, ii) les accidents sont souvent très graves dans la mesure où les
passagers des motos taxis ne sont pas protégés comme dans les véhicules carrossées et, de
surcroît, ne portent pas de casque, iii) les motos utilisées sont en général équipées de moteurs 2
temps très polluants et, iv) du fait que ces véhicules ne transportent au plus que 2 passagers, la
consommation et les émissions de gaz par déplacement individuel sont plus élevés qu’avec les
autres modes. Le coût collectif de ce mode de transport est donc élevé bien qu’il soit
financièrement le plus avantageux du point de l’usager.

Ce mode est en plein développement dans la plupart des villes, mais cette évolution se traduit
par une concurrence qui tend à réduire de plus en plus la place des autres modes de transports
plus chers et plus rigides. La réglementation appliquée depuis le 1 er juillet 2009 limite leur
périmètre d’intervention aux zones périurbaines et rurales de Yaoundé et Douala, mais son
application est particulièrement difficile.

Offre des transporteurs clandestins

Ce sont, pour la plupart, des véhicules en très mauvais état que les propriétaires affectent aux
dessertes de zones très enclavées du fait de l'état des infrastructures. Ces véhicules sont en
général non affiliés aux syndicats existants. Il y aurait environ 200 véhicules de ce type à Douala
(probablement autant sinon plus à Yaoundé), pour 200 à 300 emplois directs. Mais, à côté de
ceux-ci, on trouve aussi des particuliers qui utilisent leur véhicule personnel pour faire du
transport dans la ville. Leur nombre, impossible à évaluer, fluctue toutefois beaucoup en fonction

RAPPORT FINAL Page 66


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

de l’intensité des contrôles de police. Cette offre est négligeable par rapport à celle des autres
modes.

2 - Financement des infrastructures de transports urbains

2.1 - Analyse de la demande

La demande (ou le besoin) concerne le financement public qui doit couvrir le développement,
l’entretien et la gestion des infrastructures urbaines de transport.

Les données concernant les coûts de la construction et d’entretien des voiries de différents types
sont fonction des caractéristiques techniques. Ces coûts sont en moyenne de l’ordre de :
 650 millions par km pour la construction de voies revêtues
 400 millions par km pour leur réhabilitation
 200 millions par km pour l’entretien périodique des chaussées revêtues à réaliser tous les
15 ans
 100 millions au km pour la construction des voies non revêtues avec drainage
 40 millions par km pour l’entretien périodique de leur couche de roulement tous les 5 ans
 40 millions par km tous les 5 ans pour l’entretien périodique des voies non revêtues.

Sur ces bases on peut grossièrement estimer le besoin annuel en investissement à un total de 55
milliards de FCFA par an pour les seules villes de Yaoundé et de Douala se décomposant comme
suit :
 21 milliards pour l’extension du réseau bitumé
 6 milliards pour l’extension du réseau non revêtu
 11 milliards pour l’entretien périodique du réseau revêtu
 17 milliards par an pour l’entretien périodique des voies non revêtues

En ce qui concerne le financement des moyens de transport, il est en premier lieu du ressort du
secteur privé qui assure l’acquisition et l’entretien du parc depuis que le secteur a été
entièrement libéralisé en 1995. Cependant, des financements publics sont encore requis, d’une
part lorsque l’Etat est actionnaire de sociétés de transports et, d’autre part, lorsque des
orientations stratégiques nécessitent des interventions directes sous forme de subvention ou
indirectes sous forme d’allègements fiscaux (par exemple pour encourager l’acquisition de
certains véhicules ou privilégier certains modes de transport).

2.2 - Analyse de l’offre

Investissements. Les données sur l’offre de financement sont récapitulées ci-dessous et sont
relatives d’une part aux différentes dotations budgétaires des années 2000 à 2008, et des
financements effectivement décaissés, eu égard aux travaux exécutés ou en cours d’exécution.

Le tableau ci-après ressort les prévisions budgétaires successives des Ministères qui ont été en
charge des infrastructures urbaines pendant la période sus indiquée.

RAPPORT FINAL Page 67


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 15 : Montants des investissements en infrastructures / voiries urbaines (en milliards de


francs CFA)
Année BIP PPTE/ C2D Banque Fonds CEV CEV
IADM Mondiale Routier
(CUD) (CUY)

99-00 2,3 -

00-01 2,508 -

01-févr 14,858 -

T02 6,175 3,005 -

2003 10,05 6 2,682 0.854

2004 7,5 10,332 2,949 5.591

2005 5,85 7 26,5 4,138 5.205

2006 3,95 13,5 4,712 7.098

2007 5,5 13,5 29


75 4,862 6.775

2008 15,125 5,402 6.445

2009 5 5,900 6.045

Il est important de souligner que certains travaux majeurs réalisés par les Communautés urbaines
de Yaoundé et de Douala ont été réalisés sur financement du MINDUH.

La plupart des investissements ont été réalisés dans les villes de Douala et de Yaoundé. A titre
d’exemple :
- Pour l’année 2005 : les investissements réalisés sont allés pour l’essentiel sur Yaoundé
(60%) et Douala (33%). 75 kms de voiries ont été réhabilités dont 21 km à Yaoundé.
- Pour l’année 2007 : la ville de Douala a bénéficié sur les financements PPTE à elle
seule de la somme de 9 368 066 595 FCFA, soit de 74,94% du budget disponible.
- Les projets structurants de l’année 2007 financés sur ressources C2D30 ont été répartis
de la façon suivante : Douala : 29,827 milliards de FCFA et Yaoundé 12,6 milliards de
FCFA. Les fonds PPTE affectés et utilisés pour l’ensemble des autres villes sont évalués
à 7,450 milliards de FCFA.

Les financements accordés par le FEICOM aux communes des années 1979 à 2000 se sont élevés
au total à 2,8 milliards dont seulement 500 millions pour les villes autres que Yaoundé et Douala.

Il ressort du rapport (produit par la CUY) de la quatrième session du comité de pilotage du


contrat de ville, que les ressources du Compte d’Entretien Voiries sont issues d’une part du
traitement par une convention des dettes croisées entre l’Etat et la CUY du 13 septembre 2005,
et d’autre part de l’engagement pris par la CUY de provisionner ce compte à l’exercice n par 15%
de ses recettes de l’année n-2.

La convention a permis à l’Etat de s’engager à verser dans le CEV entre 2006 et 2011 une somme
totale de 5 292 350 376 FCFA en 60 mensualités de 88 205 839 FCFA, et le programme C2D a
permis de conforter ce compte par une allocation de 404 000 000 de FCFA. Les montants
traduisant les 15% à verser par la CUD ne sont pas disponibles.

29 Montant global couvrant toute la période du C2D de 1ère générattion


30
Sources : Rapport sur l’évaluation de l’Etat de mise en œuvre du C2D urbain, MINDUH
RAPPORT FINAL Page 68
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

L’audit du Compte d’Entretien Voiries de la CUY (effectué par le Cabinet BEKOLO and PARTNERS)
a permis d’établir les répartitions ci après :

Tableau 16 : Utilisation des ressources du CEV

Emplois Utilisation des ressources disponibles


2006 % 2007 %
Travaux d’entretien courant et 743 146 757 33,5 769 995 976 39,3
périodique
Travaux d’entretien des ouvrages 28 755 945 1,3 151 295 470 7,7
d’assainissement
Etudes et controles 56 737 626 2,6 13 591 585 0,7
Travaux d’entretien de l’éclairage et 729 863 103 32,9 450 911 258 23,0
de la signalisation lumineuse
Autres dépenses 487 037 164 22,0 435 787 507 22,2
Travaux en régie 171 729 101 7,7 139 956 140 7,1
Total 2 217 269 696 100 1 961 537 936 100
Source : Extraits des lois de finances de 1999 à 2007

Le tableau suivant présente l’évolution des ressources d’entretien affectées à la voirie urbaine
depuis 2003 (en millions de FCFA).

Tableau 17 : Evolution des ressources d’entretien affectées à la voirie urbaine (Millions de FCFA)

01-02 et 2003 2004 2005 2006 2007 2008


Libellés
02T
39 000 26 000 27 000 35 125.5 40 000 45 000 50 000
Ressources totales du Fonds Routier
Ressources allouées aux VU (tous 4 486 4 023 4 423.7 4 138.3 4 712.5 4 862.1 5 402.3
ordonnateurs)
Ressources allouées aux VU en % 11.5% 15.5 % 16.4% 11.8 % 11.8 % 10.8 % 10.8 %
Source : Extrait de la base de données du Fonds Routier, Département Technique.

Financement des structures de transports urbains

Les opérateurs privés de transport sont également limités dans leurs moyens. Les entreprises de
transport restent pour la plupart de petite taille. Elles fonctionnent avec des fonds de roulement
insuffisants.

S'agissant de la SOCATUR, elle a bénéficié d’un prêt d’assurance CHANAS pour l’acquisition de 80
bus auprès de la RATP et d’une entrée dans son capital de la Communauté Urbaine de Douala.

Quant à la société LE BUS, elle fonctionne sur fonds propre. L’Etat a néanmoins concédé à cette
structure le siège de la défunte SOTUC.

C – Composante Secteur privé urbain


Le secteur privé urbain porte sur l’ensemble des acteurs et des métiers du secteur privé qui
jouent un rôle dans la construction, l’aménagement et la fourniture des services urbains, et sans
lesquels les villes ne pourraient croître ni fonctionner. Il s’agit des maîtres d’œuvre, des artisans
de la construction et entreprises du BTP, des ingénieurs-conseil, des promoteurs, constructeurs

RAPPORT FINAL Page 69


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

et aménageurs, des entreprises privées de services urbains, des organismes de financement de


l'habitat, etc.

L’amélioration quantitative et qualitative de l’offre du secteur privé urbain, la structuration


progressive de ce milieu et sa professionnalisation, constituent des enjeux majeurs vis à vis de
l’objectif général de développement lié au secteur urbain visé par le DSCE : optimiser la
contribution des villes à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté.

1 - La demande et l’offre

Le développement du secteur privé urbain est un enjeu important pour le Cameroun tant en ce
qui concerne la création d'emplois que la croissance économique, notamment dans la branche
BTP.

La demande
La demande de travaux et prestations diverses dans le secteur privé urbain émane des acteurs
des différents secteurs :

- le secteur public (réalisation d’infrastructures urbaines, construction/réhabilitation et entretien


de logements, aménagement de terrains urbains, etc.) ;
- le secteur privé lui-même (construction de logements et aménagement de terrains par les
promoteurs privés) ;
- les usagers pour les transports et les autres services urbains tels que l’énergie, l’eau potable et
l’assainissement ;
- les «auto-promoteurs» de logements pour les matériaux de construction et la main d’œuvre
artisanale du secteur informel.
L’offre
L’offre est constituée de l’ensemble des métiers et professions du secteur informel et formel
privé urbain tel que défini dans cette composante.
Au vu de l’importance croissante de la population urbaine et des exigences en termes d’habitat
décent et d’amélioration des conditions de vie des citadins, la fourniture des travaux et
prestations de services ci-dessus est un énorme potentiel de développement du secteur privé
urbain. La description de cette composante sera par conséquent une revue de ce qui se fait pour
exploiter ce potentiel, et du rôle de l’Etat en vue de faciliter les activités des opérateurs privés
des services urbains.

2 - Exercice de la profession dans les métiers urbains

2.1 – Les entreprises du secteur formel du bâtiment et des travaux publics


La branche des BTP représente entre 4 et 7% du PIB du Cameroun. Elle a apporté un point de
croissance réelle du PIB au Cameroun sur la période 1999-2002, soit entre 20 et 25% de la
croissance économique (selon le document de stratégie du secteur BTP). Plus de la moitié des
activités de ce secteur est constituée de travaux urbains.

2.2 – L’artisanat de la construction

RAPPORT FINAL Page 70


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

L’artisanat de la construction, essentiellement informel, produit plus de 90% de l’habitat urbain


et intervient dans des proportions significatives sur les grands chantiers de construction comme
main d’œuvre temporaire (pour l’essentiel non enregistrée) des entreprises attributaires de
marchés et/ou des PME sous-traitantes.

L’offre de services de ce secteur est très importante, puisqu’elle satisfait (au plan quantitatif) la
forte demande de l’habitat populaire qui se fait, pour l’essentiel, en autopromotion. Elle présente
comme principal avantage d’être moins coûteuse (leur prix est généralement deux fois inférieur à
celui d’une PME camerounaise et trois fois inférieur à celui d’une grosse entreprise expatriée).

L’effectif des artisans a augmenté entre 1996 et 2001, passant de 79 700 à 99 30031.

Il s’agit d’artisans qui travaillent en indépendant et sont en général non déclarés. Ces tâcherons
interviennent dans l’ensemble des activités de construction, en dehors de quelques corps d’état
spécialisés qu’ils sous-traitent à d’autres artisans plus ou moins spécialisés. En général, ils
interviennent sans contrat formel avec le maître d’ouvrage, et sont rémunérés à l’avancement
des travaux (par tranche de travaux achevés). L’artisanat de la construction inclut les maçons,
aides maçons, plombiers, électriciens, charpentiers, etc.

Les sociétés artisanales de production des filières bâtiment et terre, concernent divers corps de
métiers tels que la briqueterie, la tuilerie et la fabrication d’agglomérés (banco, terre stabilisée),
la taille des pierres, le ferraillage, et la maçonnerie.

La rémunération
Le revenu mensuel moyen des actifs du secteur informel est de 29 600 FCFA (inférieur au
minimum officiel fixé à 30 000 FCFA). Il est de 43 500 FCFA à Douala et de 63 400 FCFA à
Yaoundé.

La formation
La formation par compagnonnage et l’apprentissage sont largement dominants. En effet, la
quasi-totalité des artisans ont appris leur métier sur le tas dans les ateliers d’autres artisans.
D’une manière générale, la formation scolaire des artisans est insuffisante (sans diplôme : 18%,
diplômés du primaire : 35%, diplômés du secondaire 38%, diplômés du supérieur : 9%).

Les données récentes concernant la formation des ouvriers sont rares, mais une enquête menée
en 1990 dans le cadre de l’Espace-Métiers, faisait apparaître que si 44% des menuisiers
métalliques, 60% des électriciens du bâtiment et 55% des peintres vitriers avaient suivi au moins
le niveau du 1er cycle de l’enseignement secondaire général, 60% des électriciens, 88% des
peintres vitriers et plus de la moitié des menuisiers métalliques n’avaient pas suivi de formation
professionnelle autre que la formation sur le tas ou l’apprentissage.

Bien que ces données soient relativement anciennes, il est peu probable que le personnel qualifié
dépasse 10% de l’effectif, puisque la branche a certainement accueilli, depuis 1990, des hordes
de sans emplois sans références dans les métiers concernés.

31
Sources : Diagnostic du secteur des PMEESA, y compris les données sur la rémunération et la formation
RAPPORT FINAL Page 71
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Cette situation est d’autant plus surprenante que de nombreux établissements scolaires publics
et privés (Sections artisanales rurales, collèges d’enseignement technique et lycées techniques)
existent depuis des dizaines d’années, répartis sur l’ensemble du territoire, qui délivrent des
diplômes de niveau CAP, BEP et Baccalauréat de l’enseignement technique. Il apparaît donc
probable que les diplômés de l’enseignement technique s’orientent principalement vers d’autres
branches d’activités ou le secteur formel (PME), laissant le secteur artisanal à des personnes sans
qualification, dont la formation ne peut se faire que par «rattrapage». Les formations sur le tas
réellement suivies sont celles délivrées par le biais du Fonds National de l’Emploi et des OSC.

L’une des faiblesses de l’artisanat est l’inorganisation des artisans qui constitue un réel handicap
à leur promotion. Cette inorganisation est le fait de :
- l’individualisme très marqué des artisans ;
- la méconnaissance de la réglementation et de l’importance de l’artisanat par le public ;
- l’insuffisance des actions d’appui de la part de l’Etat ;
- l’absence de synergie entre les institutions étatiques et les ONG d’appui ;
- l’inefficacité des structures de représentation des artisans récemment mises en place ;
- la faible connaissance du volume des activités artisanales.

S’agissant de ce dernier point, l’administration ne dispose pas de données statistiques régulières


et fiables. Cette carence a des conséquences graves sur les mesures d’ajustement
macroéconomiques car elle rend difficile une évaluation précise de la contribution de ce sous-
secteur à l’économie nationale. Toutefois, la stratégie de développement du secteur des PMEESA
en cours d’élaboration révèle que la plupart des artisans disposent d’un document de suivi des
recettes et de dépenses plus ou moins bien tenus.

Dans l’ensemble, le principal constat que l’on peut faire de l’artisanat de la construction c’est
que, malgré une contribution importante en quantité, la production de la branche est largement
insuffisante en qualité. L’offre de cette branche d’activités se caractérise globalement par une
mauvaise qualité des réalisations :
 le non respect de la réglementation (reculs, etc.) ;
 de fréquentes erreurs de conception, notamment en ce qui concerne l’implantation des
bâtiments, la réalisation des ouvertures ;
 des problèmes de dimensionnement : surdimensionnements (en particulier des parties en
béton) entraînant des accroissements inutiles des coûts de construction, ou sous-
dimensionnement (charpentes bois par exemple) avec des risques au plan de la sécurité,
etc. ;
 de nombreuses erreurs de construction, en particulier en ce qui concerne les escaliers, les
descentes des sanitaires, l’électricité, la plomberie, etc. ;
 le non respect des normes de sécurité aussi bien pour les travailleurs que pour les
ouvrages eux-mêmes.

Cette situation semble s’expliquer essentiellement par l’insuffisance de formation professionnelle


des acteurs.

2.3 – Les géomètres, architectes et urbanistes

Plusieurs ordres professionnels régissent les professions de ces spécialistes en 2009:


- Ordre National des Urbanistes : 46 inscrits dont 6 exerçant en clientèle privé ;
RAPPORT FINAL Page 72
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

- Ordre National des Architectes : 231 inscrits dont 71 exerçant en clientèle privée ;
- Ordre National des Géomètres : 37 inscrits dont 20 exerçant en clientèle privée ;
- Ordre National des Ingénieurs de Génie Civil (ONIGC) : 453 inscrits ;
- Chambre des Notaires.

Cependant, en dehors de l’ONIGC et de la Chambre des Notaires (qui est un maillon très
important dans la régulation du marché foncier), ces Ordres ont du mal à fonctionner et donc à
contrôler véritablement l’exercice de leur profession à cause :
- de la méconnaissance de ces professions par le grand public ;
- de l’insuffisance d’encadrement des tutelles techniques ;
- de l’empiétement du domaine de compétences par d’autres professions et
- de certains blocages réglementaires.

En ce qui concerne le calcul des honoraires, le décret du 7 janvier 1958 (revu par le décret 77/468
du 15 novembre 1977) fixe les honoraires des architectes, et le décret n°95/038 du 25 février
1995 le tarif des actes notariés.

Bien que difficile à estimer, la demande pour ces différents corps de métier, pour les architectes
et géomètres tout au moins, apparaît d’évidence importante, en raison du fort potentiel en
termes de construction de logements, avec ses corollaires que sont l’aménagement de parcelles
et le bornage des terrains. D’une manière générale, les conditions dans lesquelles ces professions
sont exercées sont difficiles à cerner.

Les géomètres interviennent dans les opérations de bornage et d’aménagement. Parfois ils se
substituent aux urbanistes pour réaliser entièrement des opérations de lotissement.

Les services d’urbanistes sont peu sollicités en dépit de l’existence des textes. Du fait de la
faiblesse de l’offre, de nombreux urbanistes sont sans attache professionnelle, et les six encore
installés en clientèle privée exercent en même temps d’autres métiers.

En ce qui concerne les architectes, la demande privée de leurs services pour les logements
individuels reste faible du fait du laxisme dans le contrôle du permis de construire. Par
conséquent, la plupart des architectes ne trouvent à s’employer que dans le secteur public.

2.4 – Les ingénieurs de génie civil et les Bureaux d’Etude Techniques (BET)

La demande potentielle des prestations d’ingénieur est importante au regard du volume de


constructions réalisé chaque année, en particulier de bâtiments et VRD.

Regroupés au sein de L’ONIGC crée par la loi n°2000/09 du 13 juillet 2000, cet Ordre a concentré
ses activités sur la tenue du fichier des inscrits au Tableau de l’Ordre.

Les Bureaux d’Etudes Techniques interviennent surtout dans le contrôle des travaux routiers, et
très peu exercent dans les études techniques de bâtiments, qui sont surtout l’apanage
d’individuels. Vingt et quatre des plus importants Bureaux d’Etudes Techniques du Cameroun
regroupés au sein de l’Association Professionnelle des Ingénieurs conseils et Sociétés d’Ingénierie
du Cameroun (API-CAM) opèrent dans les domaines des études et contrôles dans le secteur des
travaux publics (infrastructures routières, bâtiments, VRD, environnement, etc.). Il s’agit pour la
plupart d’entreprises de 15 à 60 personnes, avec des chiffres d’affaires qui se situent entre 450
RAPPORT FINAL Page 73
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

millions et 7 milliards de FCFA. Selon l’APICAM, la part de la commande de l’Etat dans ce chiffre
d’affaires est d’environ 70%. Le reste revenant aux CTD (20%) et les autres demandeurs (10%),
essentiellement les grandes sociétés privées.

2.5 – Les opérateurs de transport

Deux sociétés assurent le Transport collectif à Yaoundé à Douala. Elles ont été mises en place
avec l’appui du secteur public et emploient 300 à 400 personnes chacune. Elles comptent
globalement une centaine de bus.
Les facilités accordées par le secteur public sont relatives à :
 l’aménagement des arrêts bus et divers travaux d’aménagement de la voirie à Yaoundé,
afin d’améliorer les conditions d’exploitation de la société «Le Bus» ;
 un régime fiscal et douanier à Yaoundé également qui prend en compte la spécificité de
l’activité (exonération de la TVA sur le prix facturé et sur les intrants, exonération ou
imposition à taux réduit au titre de droits de douanes pour l’importation des matériels
roulants et pièces de rechange, imposition à taux réduit au titre de l’impôt sur les
sociétés, allocation d’une subvention pour compenser les pertes d’exploitation) ;
 la prise de participation de la CUD et des communes d’arrondissement dans le capital de
la SOCATUR à concurrence de 33%.

Les autres opérateurs des transports urbains sont essentiellement les taximen (près de 12 000
personnes au Cameroun dont environ 7 000 dans la ville de Douala), les mototaximen ou
benskineurs (dont le nombre évalué à environ 30 000 en 2004 a certainement plus que doublé à
ce jour), et des transporteurs clandestins (près d 300 emplois directs à Yaoundé et Douala).

2.6 – Les promoteurs immobiliers et agents immobiliers

L’exercice de la profession de promoteurs immobiliers est soumis à un agrément préalable du


ministre en charge de l’Habitat après avis favorable de la commission consultative de la
promotion immobilière. Il n’en est pas de même pour l’agent immobilier.

L’émergence de véritables professionnels de ce secteur est récente et timide. Cette situation est
principalement due à l’absence d’incitations fiscales en particulier, des problèmes de
financement propres à ces domaines d’activité (difficulté d’accès au crédit promoteur et au crédit
acquéreur, micro crédits).

Globalement, il y a insuffisance quantitative et qualitative de l’offre dans cette profession.

D’une manière générale, l’habitat urbain (construction et promotion immobilière) est une activité
qui génère des revenus par la création des emplois, et contribue de manière significative à la
croissance économique nationale (tableau 18).

Tableau 18 : Contribution du secteur privé de l’habitat au PIB


Type PME Production Valeur ajoutée Effectif des
(en milliards FCFA) (en milliards FCFA) employés

RAPPORT FINAL Page 74


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

PME de la Construction 84 14 3 909


Activités immobilières 16,9 7,1 1 793
Total 100,9 21,1 5702
Source des données de base : Rapport d’Etat des lieux et diagnostic du secteur des PMEESA, juillet
2008.

Plusieurs textes portant sur la promotion immobilière et la profession d’agent immobilier ont été
pris, à partir de 1997 (en particulier la loi n°97/003 du 10 janvier 1997 relative à la promotion
immobilière, et la loi n°2001/020 du 18 décembre 2001 portant organisation de la profession
d’agent immobilier). Ces textes définissent la nature des opérations susceptibles d’être
accompagnées par les pouvoirs publics, les conditions d’accès à la profession (agrément) et les
avantages consacrés aux promoteurs agréés (mise à disposition du foncier, octroi du financement
direct ou de facilités fiscales, prise en charge totale ou partielle des infrastructures d’approche).
En application des dispositions législatives et réglementaires, 26 opérateurs avaient reçu un
agrément au 11 mai 2010 (et sont donc autorisés à faire de la promotion immobilière), et 18
agents immobiliers étaient agréés au 31 mars 2010.

Toutefois, ce statut ne leur a donné droit à aucun avantage qui puisse les orienter vers l’habitat
social, les incitations fiscales prévues pour être inscrites dans la Loi de Finances n’ayant jamais
été votées. Il faut également noter que les «normes d’habitat social» définies par les textes
apparaissent difficilement applicables. Par exemple, les niveaux de revenus plafonds prévus n’ont
jamais été fixés, et les normes techniques apparaissent rigides, puisqu’elles limitent les
possibilités (par exemple, pas de logement en état d’achèvement).

Signalons que l’Etat, à travers le MINDUH, apporte un appui aux promoteurs privés disposant
d’un programme d’habitat social. Les promoteurs doivent alors transmettre au MINDUH un
dossier présentant leur projet, dossier qui est ensuite soumis à l’examen de la Commission
d’Eligibilité aux programmes d’Habitat Social. En cas d’avis favorable, la commission définit le
type et la nature de l’appui que l’Etat peut apporter au programme : réalisation des
infrastructures d’approche (construction de voiries secondaires et tertiaires), exonération des
taxes fiscales et douanières (pour ce dernier cas, le promoteur doit faire une demande
d’éligibilité de son projet au programme structurant), etc.

2.7 – Les opérateurs de l’enlèvement des déchets

Le principal opérateur est une société privée (HYSACAM), qui est sous contrat avec les
communautés urbaines de Douala et Yaoundé, ainsi que neuf villes secondaires (Bafoussam,
Maroua, Garoua, Ngaoundéré, Kribi, Limbe, Edéa, Bangangté et Bangou). Tous ces contrats sont
subventionnés par l’Etat. La société emploie 3 000 personnes et traite environ 5 000 tonnes de
déchets par jour. Elle est soumise à tous les impôts et taxes, sans avantage particulier.

Quelques autres opérateurs exercent dans le domaine de la pré-collecte et même de la collecte.


Il s’agit, pour l’essentiel, de structures ayant le statut d’association au sens de la loi
camerounaise, et qui sont rémunérées par la contribution directe des bénéficiaires. Leur activité
est marginale, mais il faut dire qu’en se substituant aux entreprises en violation de la loi sur les
associations (leur statut d’association ne les autorise pas à recevoir des financements publics,
tant qu’elles ne sont pas reconnues d’utilité publique, ce qui n’est pas le cas), elles ne favorisent
pas l’émergence d’un secteur privé en la matière.

RAPPORT FINAL Page 75


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

On dénombre quelques petits opérateurs de pré-collecte opérant dans les villes de Yaoundé,
Douala, et Bafoussam, offrant une cinquantaine d’emplois. L’assainissement des eaux usées est
assuré par une soixantaine de sociétés privées de vidange à Douala et Yaoundé. Les autres villes
n’en sont pas dotées. Cette profession n’est pas organisée.

2.8 – Les autres secteurs : eau, électricité et téléphone

L’approvisionnement en eau, électricité, télécommunications, est délégué à des sociétés privées


ou sociétés d’économie mixte.

En ce qui concerne l’eau potable, la SNEC, société parapublique, assurait la gestion du réseau
grâce à une convention d'affermage. Les investissements étaient réalisés par l'Etat, et la SNEC en
assurait l'entretien ainsi que les investissements nécessaires à la distribution. En 2006, cette
société avait un chiffre d’affaires de 32 425 millions de FCFA, avec une valeur ajoutée de 13 672
millions de FCFA32. Le processus de privatisation de la SNEC a abouti en décembre 2007 à sa
disparition, avec création de deux nouvelles sociétés :

La CAMWATER, société à capitaux publics, chargée, pour le compte de l’Etat, des biens et
droits affectés au service public de l’eau potable en milieu urbain et périurbain. Elle
prévoit d’investir 300 milliards de FCA dans les dix prochaines années qui permettront à la
Camerounaise Des Eaux (CDE) de réaliser 50 00033 branchements au profit de couches
défavorisées, l’objectif étant d’accroître de 18% le nombre d’abonnés au réseau.

La Camerounaise Des Eaux (CDE), société privée qui gère (en monopole) le service de
l’eau, emploie 2 283 personnes et a investi 7,5 milliards de FCFA.

Concernant l’électricité, la distribution est assurée par la société AES-SONEL, née de la


privatisation de la SONEL. Elle assure la gestion du réseau grâce à une convention d'affermage
signée en 1999 au terme d'un processus de privatisation. AES-SONEL a hérité des investissements
réalisés par l'Etat et concédés en gestion à la SONEL. Cinquième entreprise du pays en termes de
chiffre d’affaires, la société assure l'entretien du réseau ainsi que les investissements nécessaires
à la distribution. Au moment où la privatisation devient effective en 2001, la société a un chiffre
d’affaires de 120 milliards de FCFA et 5 000 employés. En 2008, le chiffre d’affaires est passé à
155 milliards de FCFA, soit une augmentation de 29%, mais les effectifs ont été réduits à 3 200
salariés34.

Bien que la loi offre la possibilité à d’autres investisseurs de produire leur électricité, depuis 2007,
AES-SONEL reste en situation de monopole dans son secteur.

Plusieurs entreprises privées de sous-traitance interviennent également dans le domaine. C’est le


cas de la CEGELEC qui en 2005, déclarait un chiffre d’affaires de 4 793 097 348 FCFA, dont 48,34%
dans l’électricité, et employait 165 personnes.

Il y a lieu de signaler également l’existence d’une Agence de Régulation du Secteur de l’Electricité


(ARSEL) qui, comme son nom l’indique, est chargée de réguler les activités du secteur.

32
Source : Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic.
33
Source : Site web de la CDE, y compris pour les branchements, le nombre d’abonnés, et les investissements
34
Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic, y compris les données pour
CAMTEL.
RAPPORT FINAL Page 76
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

En matière de télécommunications, trois grandes sociétés interviennent : la CAMTEL (téléphone


fixe et mobile), et les opérateurs privés de téléphone mobile (Orange Cameroun et MTN
Cameroun). L’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) est chargée de réguler le
secteur.

CAMTEL est née de la fusion entre l’ancienne société de télécommunications internationales du


Cameroun (INTELCAM) et l’ancienne direction des télécommunications du ministère des P&T. La
société CAMTEL assure la gestion du réseau grâce à une convention d'affermage signée en 2004.
Elle a hérité des investissements réalisés par l'Etat et concédés en gestion à INTELCAM. La société
assure l'entretien du réseau ainsi que les investissements nécessaires à la distribution.

Quelques données sur ces trois opérateurs pour 2008 sont récapitulés ci-après (tableau 19)

Tableau 19 : Performances des trois principaux opérateurs de téléphone au Cameroun

Société Chiffre d’Affaires en Nombre Nombre d’abonnés


milliards de FCFA d’emplois
CAMTEL 59.5 2453 -fixe : 469 648
-mobile : 350 000
ORANGE 120.9 630 3 639 724
MTN 199.6 661 4 365 099
Source : Etude des segments/SOFRECOM 2009

3 - Rôle de l’Etat

Le rôle de l’Etat en vue de faciliter l’exercice des métiers urbains peut être apprécié à travers
l’organisation mise en place (réglementation et institutions), les facilités prévues en matière
fiscale et de financement, et les appuis à la formation dans les métiers concernés.

3.1 – En matière d’organisation

L’environnement du secteur privé urbain se caractérise par un cadre législatif et réglementaire


riche et favorable. Outre la loi n°92/007 du 14 août 1992 portant code du travail, une multitude
de textes régissent ces métiers urbains. Il s’agit de :

- la loi n°90/37 du 10 août 1990 relative à l’exercice et à l’organisation de la profession d’Expert


technique ;
- la loi n°90/39 du 10 août 1990 relative à l’exercice et à l’organisation de la profession de
Géomètre ;
- la loi n°90/40 du 10 août 1990 relative à l’exercice et à l’organisation de la profession
d’urbaniste ;
- la loi n°90/41 du 10 août 1990 relative à l’exercice et à l’organisation de la profession
d’architecte ;
- l’ordonnance n°90/007 du 08 novembre 1990 portant Code des Investissements ;
- la loi n°90/1463 du 09 novembre 1990 portant réglementation de la profession d’Ingénieur-
conseil ;
- le Décret n°92/238/PM du 24 juin 1992 fixant les modalités d’application de la loi n°90/037
du 10 août 1990 organisant la profession d’expert technique ;
RAPPORT FINAL Page 77
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

- la loi n°97/003 du 10 janvier 1997 relative à la promotion immobilière réorganise la


profession de promoteur immobilier ;
- la loi n°2001/020 du 18 décembre 2001 portant organisation de la profession d’agent
immobilier ;
- la loi n° 2000-09 du 13 juillet 2000 organisant la profession d’ingénieur en génie civil ;
- la loi n°2007/2004 du 03 juillet 2007 régissant l’Artisanat au Cameroun ;
- la loi 2010/001 du 13 avril 2010 portant promotion des PME au Cameroun ;
- le décret n°95/034 du 24 février 1995 fixant le tarif des actes notariés ;
- le décret du 07 janvier 1958 fixant les honoraires des architectes, revu par le décret 77/468
du 15 novembre 1977 relevant ces honoraires.

Ces lois fixent les conditions d’accès aux professions (agrément) et d’exercice et, pour certaines,
fixent le champ de compétence. Ainsi, la nouvelle loi sur les architectes rend le recours à ceux-ci
obligatoire pour toute construction d’une superficie au moins égale à 400m 2, et la loi de 2004
régissant l’urbanisme au Cameroun exige que les études d’élaboration des documents de
planification urbaine soient faites sous la responsabilité d’un urbaniste agréé, ou exécutées par
un cabinet d’urbanisme agréé. Mais, en réalité ces textes ne favorisent pas particulièrement les
professionnels du secteur privé urbain, puisqu’ils ne sortent pas des dispositions générales du
code du travail. A titre d’exemple, l’accès aux marchés de ces opérateurs est soumis (comme
pour tous les opérateurs économiques en dehors des ONG et GIC qui sont des associations à but
non lucratif) à la réglementation des marchés publics. Par ailleurs, la plupart de ces textes
souffrent d’une insuffisance d’application.

Au plan institutionnel, le dispositif étatique prévoit, en matière de développement du secteur


privé urbain, outre les Services du Premier Ministre, plusieurs départements ministériels chargés
respectivement de l’économie et planification (MINEPAT), des routes (MINTP), du
développement urbain et de l’habitat (MINDUH), des domaines et des affaires foncières
(MINDAF) des petites et moyennes entreprises et de l’Artisanat (MINPMEESA), des finances
(MINFI) et du commerce (MINCOMMERCE).

3.2 – En matière de fiscalité

Les entreprises du secteur ne disposent pas d’avantages fiscaux particuliers, la mesure


d’exonération de la TVA sur les matériaux de construction de 2008 qui visait à alléger
considérablement les coûts de construction n’ayant été appliquée que pendant six mois.

Mais de manière générale, il a été mis en place depuis janvier 2009, le Cameroon Business Forum
(CBF) dont les missions sont : la promotion du dialogue public-privé, l’amélioration du climat des
affaires, le renforcement du secteur privé. Ce dernier a commencé par la mise en place des
réformes dans les domaines de la facilitation des procédures de création d’entreprise et de la
fiscalité.

En ce qui concerne le domaine fiscal, des mesures en vue de la simplification des procédures et
d’un allègement fiscal ont été décidées et partiellement inscrites dans la loi des finances depuis
2008 Il s’agit entre autres de : la suppression des frais d’enregistrement pour la constitution ou
l’augmentation de capital, la suppression de la retenue à la source de l’acompte sur l’impôt, et la
suppression des timbres pour l’enregistrement des actes de constitution ou de prorogation de
sociétés.

RAPPORT FINAL Page 78


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

3.3 – En matière de financement

D’une manière générale, il n’existe pas de politique de financement des PME (le FOGAPE, seule
structure publique mise en place en 1986 par l’Etat pour pallier ce manquement, a
malheureusement disparu pour mauvaise gestion). Par conséquent, celles-ci accèdent
difficilement aux financements bancaires courants à cause des lourdeurs des garanties exigées.

Les entreprises et les artisans du secteur ont donc fréquemment recours aux sources informelles
et alternatives de financement qui sont :
 Le crédit fournisseur basé sur des relations personnelles et du capital de confiance que
créent ou permettent des liens commerciaux classiques entre un entrepreneur et ses
fournisseurs pour une petite entreprise. Des emprunts peuvent aussi être contractés dans
la famille au sens large ;
 L'épargne collective (au cours des tontines).

3.4 – En matière de formation et renforcement des capacités

La formation initiale dans le secteur urbain se fait dans les filières disponibles dans des
établissements de formation professionnelle, technique et supérieure. Dans les métiers du BTP,
les effectifs annuels issus des formations initiales de la filière sont évalués à près de 4000. Pour
les métiers de l’urbanisme, l’offre locale en formation est limitée. Il en est de même pour l’offre
de bourses de formation à l’Etranger (environ 2 à 3 étudiants à l’EAMAU de Lomé par an).

Depuis quelques années, les pouvoirs publics tentent de remédier à cette carence à travers : (i)
une professionnalisation plus poussée de l’enseignement secondaire et supérieure
(multiplication de lycées d’enseignement technique, création d’Instituts Supérieurs de
Technologie, de filières spécialisées, d’une faculté de génie industriel et l’augmentation des
effectifs dans les établissements supérieurs et les universités), (ii) l’augmentation de la capacité
d’accueil dans certains établissements (le nombre d’étudiants à l’entrée de l’Ecole Nationale
Supérieure Polytechnique est passé à 300 par an et, (iii) la création d’un Ministère en charge de la
formation professionnelle.

Le processus d’offre de formation continue, s’il s’adapte à court terme à la demande dans le
domaine du BTP, n’est pas opérant dans les métiers de l’urbanisme. Pour les métiers du BTP, le
processus suit six étapes : (i) identification de la demande, (ii) transformation en projet
pédagogique, (iii) recherche d’enseignants qualifiés, (iv) organisation matérielle de la formation,
(v) évaluation de la formation (par les formateurs et bénéficiaires) et (v) révision si nécessaire
pour l’édition suivante (contenu, durée, intervenants).

En ce qui concerne l’apprentissage qui assure la transition entre formation initiale et exercice
professionnel, il est à la discrétion des employeurs et n’est pas véritablement organisé quant à sa
consistance (compagnonnage, apprentissage sur le tas, etc.), à ses objectifs et à sa durée.

D – Composante Gouvernance Urbaine

La promotion de la gouvernance urbaine, parce qu’elle renvoie à une utilisation efficace et


efficiente du potentiel et des différentes ressources disponibles en milieu urbain, contribue au
rayonnement intérieur et extérieur du pays.

Le Programme National de Gouvernance révisé, qui couvre la période 2006-2010, élaboré sur une
base participative et consensuelle et avec la contribution des partenaires au développement, a

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

identifié prioritairement les actions fortes qui apportent une valeur ajoutée à la politique de
développement économique et social du Cameroun, à savoir :
- Celles qui consolident la fonction de dépositaire de l’intérêt général de l’Etat en
renforçant ce dernier dans son rôle de facilitateur et de régulateur de l’activité
économique et sociale (la réforme administrative, la réforme judiciaire, l’amélioration de
la gestion économique, financière, sociale et environnementale, le renforcement des
capacités du Parlement, la décentralisation, la lutte contre la corruption, la lutte contre
l’insécurité en milieu urbain) ;
- Celles qui améliorent l’environnement des affaires, consolident le partenariat entre le
secteur public et le secteur privé ainsi que la gouvernance d’entreprise ;
- Celles qui améliorent la participation des citoyens et de la société civile à la gestion des
affaires publiques (renforcement des capacités de la société civile, défense et promotion
des droits de l’homme, amélioration du cadre électoral, diffusion du droit).

La gouvernance urbaine s’intéresse plus particulièrement à ce dernier groupe d’actions. En effet,


une implication coordonnée et responsable de tous les acteurs est indispensable pour atteindre
les objectifs visés dans les deux composantes verticales de la stratégie de développement urbain,
que sont l’Urbanisme-Habitat-Cadre de Vie et les Transports Urbains. L’examen de la question de
gouvernance urbaine vise à apprécier la manière dont le Cameroun s’organise pour appliquer les
principes de bonne gouvernance à ces sous-secteurs, y compris dans les aspects liés au secteur
privé urbain.

La décentralisation vise à donner aux CTD les moyens d’engager des actions à leur niveau, pour
concevoir et mettre en œuvre des programmes et projets de développement, en impliquant
étroitement les populations et la société civile locales et en prenant en compte leurs
préoccupations.

Dans le contexte de la stratégie de développement urbain, il s’agit d’examiner comment les


populations et la société civile sont (ou doivent être) mobilisées pour prendre une part active à la
gestion urbaine. En effet, de la bonne gouvernance des villes dépend, en grande partie, leur
capacité à fournir un habitat décent à une population urbaine en constante augmentation,
assurer une mobilité urbaine qui facilite les activités des citadins et le développement
économique, et enfin assurer un épanouissement social optimum à toutes les populations vivant
en milieu urbain. Pour ce faire, la conception et la mise en œuvre participatives des stratégies,
programmes et projets urbains permettent à la fois d’éviter (ou tout au moins atténuer) les effets
négatifs qu’ils peuvent avoir sur l’environnement urbain et les conditions de vie des populations,
et de rechercher des solutions aux problèmes environnementaux et sociaux dont la survenue n’a
pas pu être évitée.

Cette composante porte donc sur l’ensemble des acteurs intervenant dans la mise en œuvre de
la gouvernance urbaine, en assurant la préservation de l’environnement urbain et la mobilisation
de toutes les ressources humaines nécessaires à l’aboutissement de ce processus qu’est la
décentralisation. Ce processus met un accent particulier sur l’échange des informations entre
acteurs en vue d’assurer une meilleure définition des actions à mener.

Il est donc particulièrement important de mobiliser l’ensemble des acteurs urbains : les acteurs du
secteur public, d’une part, les acteurs de la société civile locale, d’autre part, dont plus
particulièrement les populations à travers leurs organisations représentatives (syndicats,
RAPPORT FINAL Page 80
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

organisations professionnelles, organisations non gouvernementales, organisations de proximité,


organisations communautaires, associations de quartier, associations de femmes, associations de
jeunes, etc.).

La gouvernance urbaine au Cameroun est confrontée à l'important défi de la maîtrise d'une


croissance urbaine accélérée. Le déficit en matière de bonne gouvernance urbaine a pour effets
une croissante urbaine mal maîtrisée, une pauvreté rampante, les difficultés de gestion des
conflits, et l'aggravation des fléaux sociaux. Les problèmes les plus aigus à résoudre concernent:
 la question foncière ;
 la prolifération de l'habitat informel ;
 les difficultés de circulation et de déplacement ;
 la dégradation des conditions d'hygiène et de salubrité ;
 l'insécurité ;
 le chômage.

Les politiques urbaines antérieures, caractérisées par les seules interventions de l'Etat central ont
montré leurs limites au bout de 40 ans. Une nouvelle politique de développement urbain intégré
requiert que les autorités locales et les acteurs de la société civile en milieu urbain, se voient
céder plus de pouvoir dans le cadre d'un partenariat plus équilibré et ouvert.

Les questions clés que l’on se pose au niveau de la gouvernance urbaine en tant que composante
transversale du secteur urbain sont celles de savoir:
 si le bien-être de toutes les couches de la population urbaine est assuré à travers les
politiques menées en matière de logement adéquat, de sécurité foncière, d'accès à l’eau
potable, à l'assainissement, à un environnement sain, à la santé, à l’éducation, à la
nutrition, à l’emploi, à la sécurité publique et à la mobilité;
 si le degré d’implication des différents acteurs que sont les administrations publiques, les
collectivités locales, les opérateurs privés, les communautés et organisations de base, les
organisations de la société civile (OSC), etc., est satisfaisant pour garantir une véritable
citadinité;
 si les responsables chargés de définir et de mettre en œuvre les politiques urbaines sont à
même de rendre compte de leur gestion.

L’état des lieux en matière de gouvernance urbaine peut s’apprécier en examinant les capacités
des acteurs, et la manière dont ces capacités ont été utilisées pour mettre en œuvre les trois
volets que sont la décentralisation, la coordination et les partenariats, et la démocratie
participative.

1 - Capacités des acteurs de la gouvernance urbaine

Les capacités des acteurs sont analysées sous la forme de capacités institutionnelles, de capacités
financières, et de capacités techniques pour jouer leur rôle dans la gouvernance urbaine.

1.1 – Capacité de planification, de programmation et d’exécution des activités par les CTD

Le rôle des CTD ayant évolué, elles ont désormais la possibilité d’exercer la maîtrise d’ouvrage et
donc, de gérer, dans son ensemble, le cycle des projets. Elles le font globalement, sur des petites
opérations d’investissement, en particulier de voirie et autres services urbains. Jusqu’au début

RAPPORT FINAL Page 81


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

des années 2000, les projets de taille importante (globalement, travaux de voirie d’un montant
supérieur à 1 milliard FCFA) n’ont été entièrement conduits que par la CUD et, dans une moindre
mesure, par la CUY. Depuis 2000, avec l’appui des bailleurs de fonds et dans le cadre des contrats
de ville, les deux communautés urbaines assurent la maîtrise d’ouvrage complète d’opérations
relativement importantes. Il aura fallu pour cela, prendre des dispositions particulières y compris
le recrutement de cadres en nombre et qualité.

D’une manière générale, si l’on excepte les communautés urbaines de Yaoundé et Douala, la
capacité de maîtrise d’ouvrage des autres CTD est faible, quelle que soit l’étape du cycle de
projet, en ce qui concerne la gestion des infrastructures. En particulier, les «plans de campagne»
qui en réalité constituent les budgets d’investissement des communes, ne sont qu’une
juxtaposition d’opérations sans lien entre elles et sans objectifs précis en termes d’amélioration
des conditions de vie des populations ou de développement économique de la ville.

Pour ce qui est de la planification urbaine, le suivi de l’occupation des sols reste très faible, y
compris à Douala et Yaoundé, et cela même avant le récent transfert de nouvelles compétences.
Cette situation est due à une insuffisance quasi généralisée des ressources humaines doublée
d’un fonctionnement déficient. Les quelques diagnostics organisationnels et financiers conduits
dans certaines communes du pays, bien que l’échantillon ne soit pas forcément représentatif, ont
mis en exergue des insuffisances criardes, imputables aux magistrats municipaux eux-mêmes :
 une mauvaise gestion des ressources humaines : effectifs en surnombre, absence de
procédures, etc. qui font que les charges de personnel représentent, dans la plupart des
cas, un poids excessif sur le budget ;
 une organisation inefficiente, avec des organigrammes inadaptés ne permettant pas de
couvrir l’ensemble du champ des responsabilités, et sources de conflits divers entre
agents ;
 des modes de gestion inadaptés, avec des processus archaïques qui affectent la qualité de
l’information financière notamment ;
 des dysfonctionnements dans les chaînes de recettes et de dépenses, avec de
nombreuses violations de la réglementation tant en matière de la terre, de passation des
marchés que de recouvrement des recettes.

Quelques communes disposent de services techniques dotés d’un ingénieur. Mais, le contexte de
fonctionnement des institutions et les faibles motivations accordées par le statut de ce type de
personnel inhibent la plupart des initiatives. La seule insuffisance des ressources financières ne
justifie pas tout puisque, comme on l’a vu dans le cadre du PDUE, les plus grandes communes
(celles qui disposent de ressources d’au moins 250 millions de FCFA (au moins les 12
communautés urbaines nouvellement créées) sont en mesure de recruter un ingénieur. Il y a
donc, pour les plus importantes tout au moins, un problème de volonté des magistrats
municipaux.

Au plan organisationnel et toujours dans le sens de l’encadrement, l’Etat a rendu exécutoire, le


24 août 2009, un tableau-type des emplois communaux, et les communes disposaient d’un délai
de 6 mois pour s’y conformer. Ce texte, au-delà des organigrammes, fixe les emplois ouverts,
ainsi que les procédures de recrutement (autorisation préalable et approbation du contrat par le
MINATD pour les cadres des catégories 7 à 12, et par le Préfet pour les autres).

1.2 – Capacités d’appui des services de l’Etat.

RAPPORT FINAL Page 82


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Face aux faibles capacités des communes, les services de l’Etat auraient pu constituer un palliatif.
L’appui des services déconcentrés de l’Etat reste malheureusement très faible, pour des raisons à
la fois structurelles et liées à la pratique. L’étude portant sur la décentralisation et l’organisation
déconcentrée de l’Etat du Cameroun (MINATD, 2008) relève ainsi, d’une manière générale mais
cela est entièrement valable pour le secteur urbain, «des faiblesses dans la coordination des
services», tant au plan horizontal (à l’échelle locale) que vertical (résistance de certaines
administrations centrales).

Aujourd’hui, face aux défis posés par le nouveau contexte marqué par la disponibilité de
financements et la réforme intervenue dans la gestion urbaine, les ressources, humaines du
MINDUH apparaissent nettement insuffisantes tant en qualité qu’en quantité. Selon une
évaluation interne, la couverture des besoins des services déconcentrés et centraux nécessite de
disposer d’environ 150 cadres de haut niveau (60 au niveau départemental, 40 au niveau régional
et 50 au niveau central), besoins qui ne sont pas couverts aujourd’hui.

A ces raisons objectives viennent s’ajouter des pratiques relevant d’une faible gouvernance, qui
font que le cycle des projets est peu maîtrisé. Cela se traduit par des insuffisances à toutes les
phases :
 les phases de planification et de programmation ne sont pas correctement menées, les
budgets par exemple, n’étant pour l’essentiel qu’une juxtaposition d’opérations sans
logique d’ensemble (indicateurs d’effets ou d’impacts), et dont l’impact sur les conditions
de vie des citadins reste faible, malgré l’importance des investissements réalisés. Cette
situation résulte principalement, d’une part, de l’absence de données statistiques sur les
conditions d’accès aux services urbains et, d’autre part, de l’absence d’outils d’adéquats
de planification et d’aide à la décision.
 les phases d’exécution souffrent également d’un déficit de qualité des dossiers et de
lenteurs dans la mise en œuvre, ce qui est de nature à limiter sérieusement l’efficacité
des actions engagées.

L’étude/MINATD citée plus haut formule un ensemble de recommandations dont la plus


directement applicable aux ministères du secteur et en particulier au MINDUH est relative à la
nécessaire adaptation des services centraux et des services déconcentrés à leurs missions :
application du principe de subsidiarité avec d’une part, missions à caractère national ou
stratégique (conception, orientation, impulsion, animation, régulation, monitoring, évaluation et
prospective) pour les administrations centrales et, d’autre part, volet opérationnel pour les
services déconcentrés, avec pour point d’ancrage le département, qui serait l’échelon de pilotage
opérationnel des projets de l’Etat, des communes, des établissements publics et des acteurs non
étatiques nationaux ou étrangers. Les autres recommandations générales sont relatives à la
modernisation du cadre de gestion des crédits délégués et au renforcement du dispositif de
coordination au niveau local, qui ne relèvent pas directement du secteur.

Les plates formes de collaboration entre l’Etat et les CTD font l’objet d’une réflexion devant
compléter les lois 2004/017 et 2004/018 visant à clarifier les modes de coopération entre l’Etat
et les CTD, suivant six possibilités : (i) délégation de gestion, (ii) mise à disposition de tout ou
partie des services déconcentrés de l’Etat, (iii) «coopération statutaire» par détachement ou mise
à disposition de personnel, (iv) «coopération partenariale» qui s’apparenterait à des contrats de

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

ville, (v) assistance à la maîtrise d’ouvrage et, (iv) «coopération d’expertise» visant à renforcer la
capacité d’action et l’expertise des agents des CTD.

Pour encadrer le processus de décentralisation, le Conseil national de la décentralisation et le


Comité interministériel des services locaux ont été mis sur pied en 2008 : le premier pour
l’évaluation et le suivi de la mise en œuvre, et le second pour la concertation dans le cadre de la
préparation et du transfert des compétences et ressources aux CTD.

1.3 – Capacités des organisations de la société civile

Une bonne gouvernance urbaine exige que l’Etat et les CTD d’une part, et la société civile dans
toutes ses composantes d’autre part, s’appuient mutuellement pour l’atteinte des objectifs d’un
développement urbain harmonieux. Autant les responsables publics doivent, dans leurs
initiatives, éviter de créer des problèmes sociaux aux populations, autant celles-ci doivent
contribuer au respect des règles d’urbanisation et de fonctionnement des villes.

Le Programme National de Gouvernance a mené une enquête dont les idées forces sont les
suivantes, par rapport au milieu urbain :
 les OSC sont surtout des organisations de citoyens et d’habitants des quartiers présentant
des capacités très diversifiées de représentation des points de vue, des droits et des
intérêts des populations, et qui sont largement influencées par la présence des autorités
traditionnelles (chefs de quartier) et des leaders locaux ;
 les activités de ces OSC sont principalement centrées sur (i) la prestation de service pour
améliorer les conditions de vie des populations et leur bien-être physique, (ii) le
renforcement des capacités et «empowerment» des individus, des communautés et des
populations, pour leur permettre d’entreprendre leur propre développement humain
(réalisation des actions et initiatives d’auto-aide, information publique et éducation
sociale, etc.).

Les OSC souffrent aujourd’hui, tant au niveau national qu’à l’échelle du sous-secteur du
développement urbain, de leur faible institutionnalisation, qui a pour conséquence leur faible
prise en compte dans la gestion urbaine. Nombre d’organisations ont atteint un bon niveau de
structuration, mais leur participation effective au processus de développement reste inhibée par
la prévalence des approches classiques. Les exemples d’interaction véritables avec les pouvoirs
publics restent liés à la mise en œuvre de projets soutenus par les bailleurs de fonds
internationaux, dont l’action présente le défaut d’une concentration sur des priorités et qui, de
ce fait, ne permettent pas un déploiement efficace des OSC. En second lieu, il y a le problème des
capacités même de ces structures qui restent marquées par une insuffisance de transparence,
une faible capacité de rendre compte ainsi qu’une faiblesse des capacités managériales.

Le Gouvernement recherche constamment les voies et moyens pour renforcer les capacités des
OSC, y compris à travers des projets dont certains bénéficient de financements extérieurs. On
peut citer à cet égard l’implication des OSC au processus de préparation et de suivi du DSRP puis
du DSCE, qui s’est poursuivie par une représentation de celles-ci dans le suivi des projets PPTE.
Toutefois, il s’est posé un problème de représentativité et on a regretté le fait que la démarche
n’ait pas été générée par les populations à la base, mais du type «Top-Down». On peut
également relever, sur la dernière décennie, les activités ci-après, conduites par et en direction
des organisations de la société civile :

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

 les programmes FOURMI II (Douala et Yaoundé) et PACDDU (Bafoussam, Bamenda,


Foumban, Maroua et Ngaoundéré), terminés à ce jour, financés par l’Union Européenne,
le PGU financé par ONU-Habitat et le PNUD dans 23 communes, se sont focalisés sur la
participation des populations au processus de développement et au renforcement des
capacités des acteurs locaux en termes de conception et implémentation des projets ;
 le PDUE financé par la Banque Mondiale (Bamenda, Douala, Maroua, Mbalmayo,
Yaoundé), le PADDY financé par la BAD (Yaoundé), contribuent eux aussi à l’amélioration
de la participation des populations à la gestion urbaine ;
 le PADDL s’adresse, entre autres, aux populations de certaines villes secondaires (ayant
un potentiel de développement social et économique), dans le but de renforcer les
capacités organisationnelles et la productivité des principaux acteurs impliqués dans la
mise en œuvre d’initiatives locales de développement ;
 l’Union Européenne finance depuis trois ans un projet d’appui aux acteurs non étatiques
(PASOC), et la Banque Mondiale à travers l’ACDI, finance également un projet d’appui aux
OSC ;
 d’autres programmes/projets comme le FACILS ou encore la coopération décentralisée
Région d’Alsace–Ville de Douala mènent également des actions de renforcement des
capacités des OSC.

1.4 – Les moyens financiers des communes

Selon le législateur, les nouvelles missions confiées aux collectivités territoriales ne doivent pas
générer de nouvelles charges financières : l’Etat s’engage à compenser intégralement le coût des
nouvelles charges qu’il leur confie, soit par un transfert de fiscalité, soit, pour le solde, par
dotations, soit encore les deux à la fois. Le transfert des ressources pour faire face à ces nouvelles
compétences a commencé au cours de l’exercice 2010.

Pour l’instant donc, les ressources des communes restent, pour l’essentiel, tributaires de celles
de l’Etat au travers des Centimes Additionnels Communaux (CAC), qui sont une fiscalité
additionnelle de 10% sur un certain nombre d’impôts et taxes de l’Etat. Ces ressources sont allées
croissantes avec les réformes menées au niveau de l’Etat et en particulier avec l’introduction de
la TVA. Le volume des CAC centralisés a ainsi plus que doublé entre 2000 et 2007, pour se situer à
près de 29 milliards de FCFA, sur un total des recettes recouvrées de près de 43 milliards. On
pourrait y ajouter la «redevance forestière», versée à 40% à une quarantaine de communes
situées en zone forestière, et qui représente, pour la plupart d’entre elles, une part
prépondérante des recettes (au total, un peu plus de 6 milliards reversés aux communes chaque
année).

Les CAC représentent plus de 90% des ressources des communes, si l’on excepte les
communautés urbaines de Douala et Yaoundé, ainsi que certaines communes forestières.
Autrefois collectés et gérés par la Direction des Impôts (ce qui se traduisait par d’importants
retards de reversement en raison de l’unicité de caisse), ils sont, depuis quelques années,
prélevés à la source par certaines municipalités et le FEICOM. 70% sont répartis entre les
communes, 10% sont retenus par l’Etat au titre des frais d’assiette et 20% par le FEICOM. La
retenue de base des communes (directement prélevée par celles qui en ont les moyens)
représente 40%, et le reste est soumis à péréquation à l’ensemble des communes, par le
FEICOM, suivant une clé de répartition basée sur le chiffre de la population.

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Ce schéma, et en particulier le fait qu’une partie des recettes reste estimée et collectée par les
services de l’Etat, conduit encore à des restes à recouvrer non négligeables. Une estimation faite
en 2004 dans le cadre de la préparation des contrats de ville de Douala et Yaoundé faisait ainsi
apparaître un cumul d’arriérés de créances de chacune de ces deux collectivités sur l’Etat
dépassant la dizaine de milliards, accumulés sur la seule période 1999-2003.

Le FEICOM, créé en 1977, reste donc l’acteur central des finances communales. Après une
période quelque peu tumultueuse, marquée notamment par une réduction drastique des crédits
aux communes (en plus d’une certaine opacité dans l’attribution des concours aux communes),
au profit d’une explosion des charges de fonctionnement, il a été récemment réformé et
regroupé sur quatre centres d’intérêt :
 L’entraide entre les communes, notamment par des contributions de solidarité et des
avances de trésorerie ;
 La couverture des frais relatifs à la formation du personnel communal ;
 le crédit communal à travers le financement de travaux d’investissement ;
 la centralisation et la redistribution des CAC.

Par ailleurs, un nouveau manuel de procédures (Code d’intervention) a été adopté, pour clarifier
les conditions d’appui aux communes. Dans le même temps, des efforts notables ont été fournis
pour maîtriser les charges d’exploitation.

Les réalisations du FEICOM en termes de financement du développement local (prêts et


subventions) se sont chiffrées à 4,5 et 6,2 milliards de FCFA, en 2006 et 2007 respectivement. Ce
qui reste bien loin des prévisions établies par ce même organisme (15 milliards pour chacune des
deux années), et plus loin encore des besoins de financement des communes, puisque les
sommes disponibles ne permettent le financement que de petites opérations pour les communes
de taille relativement modeste. Les grandes collectivités, et en particulier les communautés
urbaines de Douala et de Yaoundé, ont des besoins bien plus importants que cette institution ne
peut satisfaire. Par ailleurs, l’examen de la ventilation des apports du FEICOM par secteurs
d’investissements montre que la part des ressources consacrées aux infrastructures urbaines
(voiries, eau, électricité) est restée relativement modeste (6%, le maximum, en 2006).

Au total il apparaît que, malgré des évolutions significatives, en particulier avec la disparition de
l’unicité de caisse et les réformes au niveau des finances de l’Etat qui ont accru de manière
significative le montant brut des recettes transférées aux communes, la part des ressources des
communes reste globalement inférieure à 3% du budget de l’Etat et 1% du PIB. Par rapport à
l’exercice 1986/1987 qui correspondait à une période faste pour l’économie nationale, ces ratios
sont en net recul. Aujourd’hui, en dehors de quelques villes forestières et de Douala, le niveau
des recettes ne dépasse pas 2.500 FCFA/hab, qui est le niveau de la plupart des villes moyennes
dans les pays à niveau de développement comparable. Douala, l’une des plus riches, se situe à
peine au dessus de 10.000 FCFA/hab. Ce qui n’est suffisant que pour le financement de petits
travaux, et reste inférieur au niveau atteint par la ville au milieu des années 1980.

Par comparaison avec d’autres pays, on peut estimer que l’on ne peut pas véritablement parler
de fiscalité locale au Cameroun, la marge de manœuvre des communes sur les taux d’imposition
et les barèmes étant limitée à la fiscalité indirecte qui, comme indiqué plus haut, rapporte peu.

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Toutefois, une évolution importante dans le cadre de la décentralisation a été enregistrée au


cours de l’année 2009 :
 l’adoption d’une loi portant régime financier des collectivités territoriales décentralisées,
qui définit les conditions d’élaboration, de présentation, d’exécution et de contrôle des
budgets des communes. Entre autres dispositions pertinentes, elle indique (art. 39) que
les prévisions de dépenses d’investissement ne doivent pas se situer en deçà de 40% des
dépenses totales, que celles de fonctionnement ne doivent pas excéder 60%, et que les
dépenses de personnel ne doivent pas excéder 35% des dépenses de fonctionnement
(soit 21% de l’ensemble des dépenses). Ces dispositions devraient conduire à un
ajustement des communes, sur une période fixée à 5 ans, de manière à améliorer la
gestion de ces structures et dégager une marge de manœuvre pour les investissements ;
 la loi portant fiscalité locale, qui détermine les impôts, taxes et redevances prélevés au
profit des CTD institue, entre autres innovations, une «taxe de développement local»
destinée à financer les services de base. Elle affecte aussi aux communes un certain
nombre d’impôts et taxes : (i) 80% du produit de la taxe foncière et du produit des droits
de mutations, (ii) 70% des centimes additionnels communaux, (iii) 100% des droits de
timbre automobile, (iv) 50% de la quote-part de la redevance forestière affectée aux
communes ;
 la mise en place effective de la dotation générale de décentralisation, d’un montant de
9,9694 milliards FCFA (dont 4,694 milliards pour l’investissement) au titre de l’exercice
2010 ;
 la loi de finances 2010 rétrocède la totalité des centimes additionnels communaux sur la
TVA aux communes (au lieu de 80% auparavant), qui représente, par rapport aux chiffres
de recettes TVA de ces dernières années, au moins 5 milliards de FCFA.

C’est donc dire que, même si on ne peut pas encore les quantifier avec exactitude, les ressources
financières allouées aux collectivités locales, en particulier les transferts de l’Etat, sont en nette
augmentation. Cette augmentation devrait également être perceptible au niveau du FEICOM, qui
disposerait alors de plus de ressources.

Passation des marchés

La réforme des marchés publics (Code des Marchés Publics de 2004) s’inscrit entièrement dans le
processus de décentralisation, et consacre le renforcement des pouvoirs de maîtrise d’ouvrage,
en ce qui concerne les exécutifs communaux. Aux considérations générales relatives à l’ensemble
des acteurs de la passation des marchés et portant essentiellement sur la faible maîtrise des
procédures, vient s’ajouter une problématique particulière en ce qui concerne les communes : les
dispositions réglementaires relatives aux émoluments à payer aux membres des commissions de
passation des marchés apparaissent élevées non seulement pour les ressources des communes,
mais surtout par rapport à la taille des marchés à passer.

2 - Mise en œuvre des trois volets de la décentralisation

2.1 – En matière de décentralisation

A ce jour, les compétences décentralisées se présentent comme suit, par rapport aux
composantes du sous-secteur urbain :

Tableau 20 : Répartition des compétences transférées aux CTD


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Secteur Région Communauté Urbaine


- Elaboration, mise en - Création, entretien et gestion des - Alimentation en eau potable,
œuvre des plans ou espaces verts, parcs et jardins
- Nettoiement des rues, chemins et espaces pub
schémas Régionaux communautaires,
d’action pour - Suivi et contrôle de gestion des déchets indust
- Gestion des lacs et rivières d’intérêt
l’environnement
communautaire, - Opérations de reboisement et de création de b
- Suivi et contrôle de la gestion des - Lutte contre l’insalubrité, les pollutions et les n
déchets industriels,
- Protection des ressources en eaux souterraine
- Nettoiement des voies et espaces
- Elaboration de plans communaux d’action pou
publics communautaires,
- Création, entretien et gestion d’espaces verts,
- Collecte, enlèvement et traitement
des ordures ménagères, - Gestion au niveau local des ordures ménagère

Cadre de vie - Création, aménagement, entretien, - Contribution à l’électrification des zones néces
exploitation et gestion des
équipements communautaires en
matière d’assainissement, eaux
usées et pluviales,
- Elaboration de plans
communautaires d’action pour
l’environnement, notamment en
matière de lutte contre les nuisances
et les pollutions, de protection des
espaces verts ;
- Création et aménagement
d’espaces publics urbains d’intérêt
communautaire.
- Participation à - Opérations d’aménagement - Création et aménagement d’espaces publics u
l’élaboration des d’intérêt communautaire
- Elaboration des plans d’occupation des sols, de
documents de
- Constitution de réserves foncières rénovation urbaine et de remembrement,
planification urbaine et
d’intérêt communautaire.
des schémas directeurs - Réalisation d’opérations d’aménagement,
Urbanisme et des collectivités
habitat - Délivrance des certificats d’urbanisme, des aut
territoriales
démolir,
- Soutien à l’action des
- Aménagement et viabilisation des espaces hab
communes en matière
d’urbanisme et - Création de zones d’activités industrielles.
d’habitat
- Participation à - Participation à l’organisation et la - Organisation et gestion des transports publics
l’organisation et à la gestion des transports urbains de
- Création et entretien de voiries urbaines, et ré
gestion des transports voyageurs.
publics interurbains - Eclairage des voies publiques,
- Planification urbaine, plans et
schémas directeurs d’occupation des
sols ou documents d’urbanisme en
Transports tenant lieu. Avis sur le projet de
schéma Régional d’aménagement du
territoire,
- Création, aménagement, entretien,
exploitation et gestion des voiries
communautaires primaires et
secondaires, de leurs dépendances
et de leurs équipements, y compris

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

l’éclairage public, la signalisation,


l’assainissement pluvial, les
équipements de sécurité et les
ouvrages d’art,
- Plans de circulation et de
déplacements urbains pour
l’ensemble du réseau viaire.
- Elaboration et - Elaboration et exécution de plans - Elaboration et exécution de plans d’investissem
exécution des plans communautaires d’investissement,
- Passation, en association avec l’Etat ou la Régi
Régionaux de
- Passation avec l’Etat ou la Région développement,
développement
de contrats de plan pour la
- Adressage et dénomination des rues, places et
- Passation, en réalisation d’objectifs de
association avec l’Etat, développement communautaire,
de contrats de plan
- Coordination des réseaux urbains
pour la réalisation
de distribution d’énergie, d’eau
d’objectifs de
potable, de télécommunications et
Gouvernance développement
de tous les intervenants sur le
- Coordination des domaine public viaire
actions de communautaire,
développement,
- Elaboration,
conformément au plan
national, du SRAT
(schéma Régional
d’aménagement du
territoire)
- Promotion des petites Appui aux micro-projets générateurs de revenu
et moyennes
entreprises
- Encouragement à la
création de
Développe – regroupements
ment du Régionaux pour les
secteur privé opérateurs
économiques,
- Appui aux micro-
projets générateurs
d’emplois et de
revenus.

Cette nouvelle répartition des compétences repose sur les principes classiques de subsidiarité,
d’équilibre et d’égalité. La loi d’orientation du 22 juillet 2004 consacre, certes, la répartition des
compétences entre l’Etat et les collectivités territoriales. Mais, les deux lois fixant les règles
applicables aux communes et aux régions conservent la clause générale de compétence. Ce
faisant, elles pérennisent la notion d’affaires locales qu’a priori contredit la délimitation formelle
ou, si l’on veut, le partage des compétences entre l’Etat et les collectivités territoriales. La
législation camerounaise a donc privilégié le partage de toute compétence, aussi insignifiante
qu’elle puisse paraître, plutôt que l’affectation à chaque échelon d’une compétence exclusive.
C’est le sens de l’alinéa 2 de l’article 15 de la loi de d’orientation : «les compétences transférées
aux collectivités territoriales par l’Etat ne sont pas exclusives. Elles sont exercées de manière
concurrente par l’Etat et celles-ci, dans les conditions et modalités prévues par la loi».

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

En Mars 2010, une série de décrets du Premier Ministre déterminent «les modalités d’exercice
de certaines compétences transférées», en matière de : (i) alimentation en eau potable dans les
centres non couverts par le contrat de concession, (ii) gestion et entretien des centres de
promotion de la femme et de la famille, (iii) production agricole et piscicole, (iv) santé publique,
(v) éducation de base, et (vi) culture. Ces textes apportent des précisions sur les modalités
d’intervention des communes aux côtés de l’Etat, qui garde ses prérogatives en matière de
définition et mise en œuvre de la politique nationale, d’adoption des objectifs et orientations
générales et de contrôle.

2.2 – En matière de Coordination et Partenariat

Coordination au niveau des services de l’Etat

Les champs d’action couverts par les deux composantes verticales du sous-secteur urbain
(urbanisme-habitat-cadre de vie, transports urbains) nécessitent l’intervention des départements
ministériels suivants :
 le MINDUH, en charge des questions des questions urbaines ;
 le MINATD, qui assure la tutelle administrative des communes ;
 le MINDAF, en charge des questions foncières ;
 le MINT, chargé de la politique nationale des transports ;
 le MINTP, en charge des traversées urbaines des routes nationales et du volet BTP d’une
manière générale.

A ces entités, il faudrait ajouter :


 le ministère chargé des finances (MINFI) en ce qui concerne les aspects fiscaux ;
 le ministère chargé de la planification et de l’aménagement du territoire (MINEPAT), non
seulement pour la cohérence avec les autres secteurs, mais aussi pour la programmation
des investissements.

Les relations entre ces différentes entités sont caractérisées par la concurrence et des
chevauchements :
 les aménagements urbains, en particulier les opérations de lotissement, qui semblent être
perçues non pas comme des opérations d’urbanisme, mais uniquement sous l’angle de la
gestion foncière (bornage de parcelles). Au-delà de ce que ces opérations sont conduites
par des personnes n’ayant pas la compétence, la coordination entre les services chargés
des domaines et ceux de l’urbanisme est inexistante, et donc les documents d’urbanisme
ne sont pas pris en compte ;
 la délivrance des titres de propriété, qui, malgré une importante évolution au plan de la
célérité dans le traitement des dossiers, semble se limiter au caractère purement
administratif (délivrance de l’acte), sans prise en compte des règles d’urbanisme ;
 les transports urbains et la gestion des traversées urbaines des routes nationales (à
l’instar du pont du Wouri et des sorties des villes de Douala et Yaoundé). Le MINTP a
même réalisé des voiries urbaines à Buéa, Mamfe, Kumba, et Yaoundé, tout comme le
MINEPAT à Yaoundé.

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Ces problèmes relèvent à la fois de la faiblesse observée dans les textes (en particulier pour ce
qui est de la gestion foncière) et de la pratique (gestion foncière, construction de voiries
urbaines, etc.).

Ces conflits, déjà patents à l’époque du MINUH, semblent s’être aggravés avec la création d’un
ministère spécifiquement chargé de la question foncière.

Globalement, en ce qui concerne les établissements publics du secteur, la coordination n’a pas
semblé poser de problème particulier puisque la MAETUR, la SIC et le CFC sont souvent
intervenus et en synergie. En effet, la MAETUR, aménageait les terrains dont certains sont
occupés par la SIC pour produire des logements, et le CFC accordait des financements aux
acquéreurs pour les deux types de produits. Leurs relations avec l’Etat n’ont pas semblé non plus
poser de problèmes, ceux-ci appliquant la politique définie par le gouvernement et souvent avec
des moyens fournis par l’Etat (mise à disposition d’assises foncières et de subventions).
Toutefois, on notera la prescription par le Gouvernement de tarifs réduits dans la gestion des
logements des fonctionnaires comme un conflit. En effet, ces tarifs réduits ont engendré un
manque à gagner qui apparaît comme une charge financière pour la SIC qui est un établissement
à caractère commercial.

Relations Etat-Communes

D’une manière générale, les relations entre l’Etat et les collectivités territoriales décentralisées
sont passées du climat de méfiance à la confiance, voire de collaboration.
 L’Etat s’est régulièrement substitué aux communes, même là où ces dernières avaient les
moyens d’exercer tout ou partie des compétences, en contradiction avec le principe de
subsidiarité qui est le pilier de la décentralisation. Cela est le cas en particulier pour la
programmation des investissements qui, dans la plupart des cas et même pour ceux
relatifs à des opérations relevant de la proximité, a été faite sans l’avis des communes.
Cela s’est également traduit au niveau de l’exécution. On s’est donc, dans de nombreux
cas, retrouvé avec des ouvrages non pris en charge par la suite, aussi bien pour leur
exploitation que pour l’entretien. On citera le cas particulier des équipements et
infrastructures construits par la MAETUR, les stations d’épuration de la SIC et de
nombreuses voiries du MINDUH.
 La concurrence a été surtout observée dans les villes de Douala et Yaoundé, ces dernières
disposant de capacités de maîtrise d’ouvrage, et s’est traduite par des interventions sur
des sites identiques ou proches, avec des logiques parfois contradictoires.
 La méfiance, même si elle est loin d’être généralisée, semble être due au manque de
transparence ou à tout le moins de visibilité dans les actions des uns et des autres, et
donc une conséquence de ce qui précède.

Les contrats de ville

Depuis 2003, le gouvernement, en accord avec les principaux bailleurs de fonds du secteur urbain
(Banque Mondiale, AFD, Union Européenne, etc.), a retenu le contrat de ville comme devant être
un outil stratégique de gouvernance locale. Ainsi que le précisera plus tard la Lettre de Politique
Sectorielle, il s’agit d’un outil qui permet d’accroître l’efficacité des interventions en milieu
urbain, par une démarche de réflexion globale et concertée, formalisée dans un cadre juridique
engageant les différents partenaires. Il devrait également permettre de renforcer le processus
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

participatif qui est à la base de la mise en œuvre des cadres stratégiques de lutte contre la
pauvreté (hier le DSRP, et aujourd’hui le DSCE).

L'objectif des contrats de villes est donc de définir une plate forme de collaboration entre les
administrations d’Etat et les CTD, en vue de la réalisation de projets de développement urbain
sur une base concertée.

Depuis 2003, quelques actions ont été engagées dans ce sens, avec signature et mise en œuvre
de quelques contrats, mais elles restent trop singulières pour que l’on puisse dire qu’il s’agit
désormais d’un véritable instrument d’intervention pouvant être étendu à d’autres villes. Les
expériences de contractualisation des rapports Etat-CTD au Cameroun sont pour l’instant limitées
à Douala et Yaoundé, ainsi que, dans une certaine mesure, à la ville de Limbe.

L’expérience de contractualisation de Douala et Yaoundé commence avec la conclusion des


«Contrats d’objectif», le 29 décembre 1999. Ils sont destinés à préparer le terrain à la signature
de contrats de ville. Ils sont alors caractérisés par : (i) une forte composante institutionnelle et
financière (traitement des dettes croisées avec l’Etat, amélioration de la gestion, coordination
des interventions sur la voirie avec les concessionnaires des réseaux), (ii) le financement de
travaux de réhabilitation de grandes voiries à Douala et Yaoundé, sur financement AFD et, (iii) le
financement de l’entretien de la voirie et des efforts d’amélioration de la gestion, financés par les
deux CU. En termes de bilan, on pourrait dire qu’il a été largement positif : (i) la dette a été
entièrement réglée, (ii) les travaux ont été entièrement réalisés, (iii) les moyens financiers pour
l’entretien ont été mobilisés, (iv) la coordination des interventions sur le réseau viaire a été
amorcée.

Par la suite et comme prévu à la signature des contrats d’objectif, on est passé à des contrats de
ville. Préparés en 2003 dans la perspective de l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative
PPTE, ils n’ont été signés que le 06 mars 2006, en raison du retard accusé dans ce processus. Leur
horizon était de 2009 pour Douala et 2011 pour Yaoundé. Ils se caractérisent par : (i) une forte
composante investissement sur financement C2D, PPTE, BAD, (ii) un volet institutionnel organisé
autour d’un ensemble de mesures d’amélioration de la gestion et de traitement des dettes
croisées avec l’Etat, (iii) un volet entretien-voirie financé par les deux CU. En termes de bilan, on
peut relever, comme points positifs que :
 les programmes d’investissement identifiés ont été exécutés ou à tout le moins entamés ;
 l’alimentation des comptes d’entretien voirie s’est faite de manière plus ou moins
régulière, et même avec des sommes mobilisées bien au-delà des prévisions ;
 l’apurement de la dette de l’Etat envers les CU s’est poursuivi, même si cela s’est
quelques fois fait de manière erratique ;
 les CU ont assuré la maîtrise d’ouvrage d’opérations relativement importantes.

Au passif, on pourrait dire que :


 l’objectif de mise en cohérence des interventions Etat/CU avec une vision pluriannuelle
des investissements est loin d’être atteint, d’autres interventions (en particulier de l’Etat à
Yaoundé) ayant été conduites sans concertation apparente avec la CUY (et pas intégrées
au Contrat de Ville à travers des conventions comme prévu) ;
 si les comptes d’entretien voirie ont été alimentés, on peut douter de la qualité des
emplois, une bonne partie ayant servi à financer des opérations qui ne relevaient pas
stricto sensu de l’entretien.

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Il était prévu, dans le cadre du PACDDU, l’élaboration de contrats de ville de Bafoussam,


Bamenda, Foumban, Maroua et Ngaoundéré. Cet exercice n’est pas allé à son terme, le projet
ayant été clôturé.

Le PDUE a engagé la préparation de contrats de ville pour les municipalités de Bamenda, Maroua,
Mbalmayo, Yaoundé III, Yaoundé IV et Douala II.

Le contrat de ville de Limbe, apprêté par les services du MINDUH en 2003 avec l’appui de la
Coopération Française, est mort-né, puisque n’ayant pratiquement pas connu de début
d’application. Les raisons de cet échec restent à étudier en détail mais on peut se risquer à
avancer les quelques thèses suivantes :
 un volume d’investissement (de l’Etat) trop important non seulement par rapport à ses
moyens, mais aussi à la capacité d’absorption de la ville ;
 une disproportion entre les engagements de l’Etat et ceux de la ville ;
 des sources de financement incertaines.

C’est dire que, du point de vue de l’approche «contrat de ville», les villes du Cameroun peuvent
être regroupées en trois (3) catégories :
 Douala et Yaoundé : Bien qu’ils soient assis sur des délibérations du «conseil de
communauté», ces contrats ne semblent pas directement engager les communes
d’arrondissement. Au niveau de Douala, l’étude d’une stratégie de développement est en
cours et devrait, en toute logique, déboucher sur la conclusion d’une Charte du
développement de la ville et, probablement, d’un nouveau contrat de ville couvrant un
plus large éventail de secteurs d’intervention.
 Bamenda, Maroua, Mbalmayo, Yaoundé III, Yaoundé IV et Douala II, qui sont engagées
dans le processus.
 Toutes les autres villes, qui ne sont engagées dans aucun processus de contractualisation
avec l’Etat.

De ce qui précède, il apparaît que les contrats de ville n’ont pas donné jusqu’ici toute la mesure
des attentes. Les seules initiatives en cours (Douala et Yaoundé) sont trop singulières pour
conclure à des avancées réelles depuis les annonces faites en 2003.

Coopération intercommunale

Les exemples de coopération intercommunale sont trop rares pour être soulignés. La seule
approche significative mais qui n’en est qu’au stade de l’initiative, concerne la ville de Douala et
les communes environnantes, dans le cadre de la stratégie de développement (CDS) de Douala,
en cours de préparation. Les communes de la zone d’influence directe avec la ville ont été
associées à l’exercice et la Charte du développement de la ville attendue au terme de l’exercice,
devrait fixer un cadre de partenariat entre elles.

Dans le même registre, il faudrait citer les relations entre les communautés urbaines et les
communes d’arrondissement qui se partagent un même territoire dans 14 villes du pays, non
sans difficultés. Une étude diagnostique du fonctionnement des communautés urbaines de
Douala et Yaoundé, réalisée en 2008, a ainsi relevé les points de chevauchement ou de
concurrence de compétences entre les deux catégories de CTD. Ces difficultés constatées au

RAPPORT FINAL Page 93


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

niveau des plus grandes communautés urbaines risquent de se reproduire au niveau des
nouvelles entités créées en 2007 et effectivement entrées en activité en février 2009.

Relations Etat-Bailleurs de fonds

En l’absence de stratégies nationales, les actions des bailleurs ont, pour l’essentiel, été inscrites
dans des axes stratégiques définis par ces derniers, avec parfois des logiques contradictoires. Si,
d’une manière générale, l’AFD et la Banque Mondiale ont coordonné leurs récentes actions sur
Douala et Yaoundé, une plate forme de collaboration entre le PACDDU (Union Européenne) et le
PGU (ONU-HABITAT/PNUD) a permis, à travers l’approche consultations de ville, de répliquer
dans cinq villes PACDDU, une approche méthodologique initiée et développée par le PGU dans 23
villes pilotes. Cette floraison d’intervenants appuyés par des bailleurs, aurait pu donner
l’impression, avec les actions du PDUE (Banque Mondiale), d’une dispersion d’énergie, loin s’en
faut.

Fort heureusement, la Déclaration de Paris offre l’opportunité d’une concertation multi-acteurs


pour des interventions cohérentes.

Autres formes de partenariat (coopération décentralisée et actions des ONG, Partenariat Public-
Privé)

Plusieurs villes camerounaises ont conclu avec des communes de pays amis des accords de
jumelage qui ont donné lieu à l’exécution de nombreux projets de coopération décentralisée, y
compris dans le secteur urbain (aménagements urbains aussi bien en ce qui concerne les
transports, l’amélioration du cadre de vie que des volets particuliers comme l’eau). Si ces
opérations ont permis, d’une manière générale, une amélioration du cadre et des conditions de
vie, elles ont, pour la plupart, été exécutées d’une manière éparse sans véritable coordination,
limitant ainsi leur impact.

D’autres encore ont été menées dans des conditions techniques déplorables, sans respect ni des
règles de l’art, ni de certaines spécificités du contexte local. C’est le cas en particulier de certains
projets directement gérés au niveau des organisations de la société civile dans les quartiers sans
association ni des services locaux de l’Etat ni de la commune, et qui viennent contrarier certaines
initiatives ou approches en cours au niveau de ces institutions.

Pour ce qui est du partenariat public-privé, un cadre formel existe (loi du 29 décembre 2006
relative aux contrats de partenariat). Dans le secteur, ils se sont matérialisés essentiellement
sous la forme de concessions accordées par les communautés urbaines de Douala et Yaoundé à
des opérateurs privés pour le transport de masse et la gestion des ordures ménagères. La durée
de vie de ces contrats, surtout dans un secteur aussi spécifique que le transport urbain, ne
permet pas encore de tirer de conclusion définitive.

2.3 – En matière de démocratie participative

Participation des populations

La loi n°2004/003 du 21 avril 2004 régissant l’urbanisme et son décret d’application


n°2008/0736/PM du 23 avril 2008 prévoient clairement la participation des citoyens, en
disposant que tous les acteurs urbains sont associés à l’élaboration des documents de
RAPPORT FINAL Page 94
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

planification, à la mise en œuvre des projets urbains dans toutes les phases desdits projets. Mais
tout cela demande l’existence ou la mise en place de mécanismes appropriés. La question de la
participation des citoyens est communément abordée sous deux angles : (i) l’information et, (ii)
l’obtention de l’adhésion.

L’information

C’est la forme la plus élémentaire de participation. Il s’agit d’informer les citoyens sur les actions
envisagées et de recueillir leurs points de vue, dans le but d’améliorer la qualité de la décision.
Dans le sous-secteur, les expériences récentes en la matière restent parcellaires, limitées à
quelques projets (en particulier ceux mis en œuvre par des ONG), où des sondages ou des
recours à des informateurs bien placés sont effectués (normalement, l’information des citoyens
nécessite la création dans les communes urbaines de points associatifs ou de plateformes de
dialogue social). De manière indirecte, on pourrait citer les consultations participatives dans le
cadre de la préparation et du suivi/évaluation du DSRP, qui ont en particulier permis aux
décideurs d’être informés sur la perception que les populations avaient de la notion de pauvreté.

L’obtention de l’adhésion du public

C’est la forme la plus élaborée, mais avec différents niveaux d’implication des populations. Elle se
démarque de «la communication», en ce qu’elle passe par la concertation.

On peut signaler quelques initiatives localisées dans le temps et dans l’espace, suivant quatre
possibilités :
 les réunions publiques : forme la plus répandue, elles sont régulièrement utilisées par les
gestionnaires publics, en particulier dans la mise en œuvre de projets (CDS de Douala,
«consultations de ville» PNUD/ONU-Habitat, PDUE, etc.) ;
 les comités consultatifs : les deux principaux projets urbains récents (PACDDU et PDUE)
ont particulièrement promu cette forme «républicaine» de participation qui regroupe les
représentants des groupes concernés (secteur privé, associations de quartiers, institutions
étatiques, etc.). De tels dispositifs ont été mis en place à Yaoundé (Groupe consultatif du
contrat de ville), Bamenda, Maroua, Bafoussam, Ngaoundéré et Foumban (Comité
Consultatif Local, co-présidé par le Préfet et le Magistrat municipal, dans le cadre de
l’exécution du PACDDU) et à l’échelle de certains quartiers des villes de Yaoundé, Douala,
Bamenda, Maroua et Mbalmayo (PDUE). La confection et le suivi de l’exécution du budget
d’investissement public de l’Etat à l’échelle des régions et des départements, organisés
annuellement par le ministère en charge de l’économie, pourraient également rentrer
dans cette catégorie ;
 la coproduction de services a été mise en œuvre par divers projets, essentiellement pour
des opérations de proximité. La mise en œuvre de microprojets (PACDDU, programmes
FOURMI et autres) a ainsi associé les bénéficiaires en termes de contribution financière
ou matérielle. Dans ce registre, on pourrait également citer les opérations «ville propre»
conduites dans certaines villes à l’instar de Bamenda, dans lesquelles les populations
participent, dans un cadre formel, au nettoyage des espaces publics. Les plus significatives
restent les procédures d’aménagement concerté réalisés principalement à Yaoundé et
Douala, par la MAETUR et la SAD, pour la production de parcelles, avec l’apport de
terrains fait par des propriétaires terriens ;
 des actions de bénévolat sont enregistrées ici et là, mais de manière erratique.

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Aucune des formes nouvelles de participation (ombudsman, bureau des plaintes, médiation, etc.)
n’a jusqu’ici été expérimentée à une échelle sensible.

Il en découle que la participation des citoyens demeure faible, aussi bien quantitativement que
qualitativement : les opérations sont restées parcellaires, les formes d’association n’ont pas
toujours été heureuses et, dans certains cas, elles ont même conduit à sacrifier l’intérêt général
au profit des intérêts particuliers, contribué à promouvoir des valeurs contraires (par exemple, la
gratuité des services urbains) ou alors se sont déroulées dans des conditions telles qu’elles
risquent de jeter du discrédit sur la démarche.

Au total, les effets attendus restent très limités, en termes d’amélioration : (i) de la qualité des
décisions, (ii) du rendement et de l’efficacité dans la mise en place des services et, (iii) de la
compréhension du fonctionnement des pouvoirs publics. A l’actif des quelques initiatives
menées, on pourrait citer, pour certains quartiers et villes : (i) la dynamique introduite, même si
celle-ci risque de s’estomper en l’absence de continuité et (ii) l’amorce d’une démocratie locale.
C’est ainsi que des conflits ont pu être réglés et que quelques groupes plus ou moins organisés se
sont mis en place.

L’opération en cours d’embellissement de la ville de Yaoundé est de celles qui soulèvent le plus
d’interrogations. Elle engendre de nombreux déplacements de populations, avec des pertes
relativement importantes d’activités et parfois de biens, et ce pour des ménages les plus
financièrement vulnérables. A chaque occasion, les populations touchées se plaignent de ne pas
avoir été associées à une quelconque démarche en vue de limiter les impacts sociaux de ces
actions qui ont déjà touché des dizaines de milliers de personnes. Les termes de la loi n°74/3 du
06 juillet 1974 relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique et aux modalités
d’indemnisation et son décret d’application n°87/1072 du 16 décembre 1987 contiennent des
prescriptions en matière d’expropriation, recasement et compensation des populations dans le
cadre de la réalisation des opérations d’aménagements urbains.

Les causes principales de ces insuffisances résident dans (i) l’absence d’un cadre réglementaire
permettant d’ouvrir le champ des incitations à la participation et (ii) les difficultés d’adaptation
des gestionnaires, qui refusent de partager le pouvoir. Nombre d’entre eux apparaissent ainsi
isolés, ce qui limite leur action.

Suivi, évaluation, transparence, imputabilité

D’une manière générale, à l’exception des approches du PDUE, aucun acteur n’a véritablement
mis en place de dispositifs de suivi-évaluation permettant d’apprécier les performances.
Toutefois, un dispositif de contrôle et d’audit interne est assuré par l’Inspection Générale à
travers ses deux unités administrative et technique au niveau de chaque département
ministériel. On peut cependant regretter que les rapports et recommandations produits par les
organes d’audit interne ne fasse pas l’objet d’une exploitation systématique. Cette situation est
globalement tributaire de la faible culture du résultat, les programmes et projets ne visant pas
toujours des objectifs de développement précis avec des indicateurs objectivement vérifiables,
mais se limitant à une juxtaposition d’opérations).

Au niveau des CTD, la situation est plus préoccupante. Malgré l’évolution enregistrée au niveau
des textes, qui responsabilisent davantage ces dernières et privilégient le contrôle a posteriori de
RAPPORT FINAL Page 96
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

la plupart des actes, cette dernière activité est faiblement exercée. A titre d’illustration,
l’approbation des comptes administratifs par l’autorité de tutelle, pour la plupart des communes,
n’est que rarement faite avant trois années. On note cependant que la Chambre des Comptes de
la Cour Suprême, récemment créée, a commencé un travail d’examen des comptes de gestion.

Au niveau de l’imputabilité et de la transparence, ne s’appliquent que les dispositions générales,


en particulier celles relatives à la passation des marchés, qui responsabilisent les maîtres
d’ouvrage. Au niveau des CTD, la situation apparaît très préoccupante : la réglementation, en
particulier celle relative à la passation des marchés, n’est que rarement appliquée et des
violations flagrantes sont enregistrées, même au niveau de certaines municipalités importantes
(fractionnement des commandes et recours au gré à gré sans respect de la procédure en
particulier). En règle générale, aucune procédure n’est appliquée.

L’information en direction des populations sur les actes pris reste faible. Sur les dernières années,
l’action la plus visible reste la communication menée par le MINDAF sur la nouvelle procédure
d’obtention du titre foncier, par la publication de guides et la conduite de campagnes
d’information. Par ailleurs, les supports de communication les plus utilisés restent les media
publics, ce qui limite l’atteinte des cibles. Les quelques activités de communication menées
restent liées à des événements, gardent un caractère trop administratif (communiqués de
presse) ou sont souvent trop centrées sur les personnalités (ministre, maire, etc.), sans
dimension pratique ni présentation des enjeux réels des activités. Certains actes, pourtant d’une
portée importante, n’ont même jamais été diffusés (cas en particulier des textes d’application de
la loi portant code de l’urbanisme).

En perspective et dans le cadre du PDUE, il est envisagé de tester la mise en œuvre de


mécanismes d’information des citoyens (pour la transparence) ainsi que des dispositifs de
recours, au niveau des municipalités.

RAPPORT FINAL Page 97


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

SECTION 3 – BILAN-DIAGNOSTIC DU SOUS-


SECTEUR DU DEVELOPPEMENT URBAIN
AU CAMEROUN

RAPPORT FINAL Page 98


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

A – COMPOSANTE URBANISME-HABITAT-CADRE DE VIE


Au vu de la description des résultats des politiques, stratégies et programmes mis en
œuvre en matière d’urbanisme, habitat et cadre de vie, on peut conclure que dans
chacun des domaines d’intervention du secteur public, les résultats obtenus ont été
satisfaisants au plan qualitatif mais peu significatifs au plan quantitatif. Ils ne peuvent
donc constituer une réponse satisfaisante à la demande en matière d’habitat décent tel
que défini, ni au souci de maîtriser la croissance spatiale urbaine, de rendre les villes plus
performantes au plan économique et plus vivables au plan environnemental et social.
La production de documents de planification (SDAU, PDL, PDU, POS, PS, etc.) a été très
limitée, ne couvrant que les deux CU et quelques villes secondaires (67 documents de
planification ont été élaborés depuis l’indépendance sur près de 312 villes actuellement).
Actuellement, seul le PDU de Yaoundé est approuvé (Arrêté préfectoral n°1365 du 12
septembre 2008). Il reste cependant à le faire compléter par des documents détaillés
(POS, PS). L’inexistence de ces documents de détails dûment approuvés, est à l’origine de
nombreux désordres urbains observés dans la plupart des villes. Faute de révisions
périodiques, ces documents, lorsqu’ils existent, ne portent pas sur les zones périurbaines
en voie d’urbanisation, lesquelles sont par définition mouvantes et situées en dehors du
périmètre des communes et des CU. Les CTD, désormais responsables de l’élaboration de
ces documents et de leur application, n’ont en général ni la capacité technique ni les
ressources financières nécessaires pour le faire.
L’occupation et l’usage des sols en zone périurbaine et dans les centres urbains ont été
réformés à travers une loi et des décrets, qui placent désormais la commune au centre de
l’établissement des documents d’urbanisme. Cependant, la loi et ses décrets d’application
n’ont pas été suffisamment vulgarisés et sont actuellement mal maîtrisés par les autorités
communales désormais compétentes en matière d’urbanisme. Par ailleurs, celles-ci ne
disposent pas des ressources humaines pour faire appliquer une réglementation de
l’usage des sols.
Les opérations d’aménagement de terrains (acquisition de terrains, réalisation de grandes
trames et reventes par îlots aux promoteurs) sont intéressantes parce qu’elles portent sur
d’importantes zones à urbaniser. Leur conception et leur montage n’ont toutefois pas
permis la mise au point d’un mécanisme de financement des VRD à l’intérieur des
opérations par revente de la charge foncière aux promoteurs privés. Comme elles ne se
sont pas inscrites dans un schéma directeur d’aménagement, elles ne sont pas raccordées
à la trame viaire, ce qui a ralenti la commercialisation des parcelles par les promoteurs et
la construction des logements par les acquéreurs. La réalisation la plus convaincante en
matière de parcelles sociales est celle de la SAD, et elle est quasiment réplicable avec les
montants recouvrés.
Malgré l’important dispositif mis en place depuis 1997, l’action des promoteurs
immobiliers privés reste peu significative, du fait de leur manque de professionnalisme
mais surtout de certaines incohérences et insuffisances au niveau du cadre réglementaire
de l’habitat dit «social». Ceux-ci présentent en effet des contradictions entre les
standards et les cibles annoncés.
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Les opérations de lotissement de la MAETUR se sont réduites en taille et en nombre au


cours des dernières années. Leur niveau d’équipement situe le prix des parcelles
équipées en haut de la gamme de ce type de produits. Plus rien ne permet de distinguer
les activités actuelles de la MAETUR de celles d’un lotisseur privé. En outre, sa situation
financière est précaire.
Les autres opérations de lotissement menées par le secteur public (lotissements
domaniaux et communaux) n’ont pas représenté plus de 10% de l’offre de terrains à bâtir,
et se sont faites sans équipement et sans raccordement aux services de base. Ces
opérations ont le plus souvent consisté en un simple bornage. Il s’agit d’une
«urbanisation de géomètres» peu soucieux d’urbanisme et du cadre de vie.

Les opérations de construction de logements par la filière institutionnelle ont offert un


niveau de qualité acceptable au regard des critères d’habitat décent, mais elles sont
restées quantitativement marginales surtout dans les dernières années compte tenu de
leur poids sur les finances publiques. Elles ont raté leur cible en raison de la rareté sur le
marché de ce type de produit. Ceci a conduit à des effets pervers de sous-location des
logements sociaux au prix du marché et d’attribution des logements en accession à des
couches de la population qui auraient pu se loger dans le secteur privé libre si ce dernier
avait été suffisamment développé.
La recherche sur les matériaux locaux a permis de mettre au point des composants de
substitution au parpaing de ciment à des coûts globaux compétitifs (en tenant compte
des enduits). Ces produits n’ont toutefois pas intéressé les constructeurs de logements,
qu’ils soient publics ou privés. Ils n’ont pas non plus été mis en œuvre dans la
construction des équipements collectifs. Le parpaing de ciment reste le plus utilisé et le
“lingot du pauvre” (transformation de l’épargne des ménages candidat à l’autopromotion
de leur habitat en matériaux de construction).
L’aide publique au financement de l’habitat a pendant longtemps principalement reposé
sur le subventionnement de la charge foncière et de la construction de logements sociaux
par les opérateurs publics. Elle a très peu porté (via le CFC) sur le crédit acquéreur (aide à
la personne) et s’est limitée dans ce cas à l’acquisition de logements réalisés par le
constructeur public (SIC). Cette aide n’a ni porté sur le crédit promoteur privé
(préfinancement de ce type d’opérations et/ou garanties d’emprunts des promoteurs) ni
sur l’appui au microcrédit à l’auto-promoteur ou à la petite entreprise de construction. La
principale filière de production de l’habitat (l’autopromotion de l’habitat) a donc été
entièrement financée par l’épargne des ménages et le recours à des systèmes de
financement privés communautaires de type “tontines”.
L’administration en charge de la gestion foncière et domaniale n’a pas su anticiper sur la
nécessité de constituer des réserves foncières notamment dans les zones périurbaines.
C’est ainsi que des emprises destinées à la voirie primaire ou aux zones sensibles, ont été
incorporée dans le domaine privé de l’Etat. Cette manière de gérer le domaine privé de
l’Etat ou des CTD n’a pas répondu aux attentes.

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Il y a eu peu d’opérations de restructuration / rénovation des quartiers centraux, pourtant


indispensables, non seulement pour permettre l’amenée des services urbains mais aussi
pour valoriser ces terrains utiles pour l’économie urbaine.
Par conséquent, le problème générique de la composante est le fait qu’un habitat
indécent s’est développé de façon anarchique dans l’essentiel des zones urbaines au
Cameroun. Cet habitat est coûteux à desservir par les commodités de base (voirie, eau et
électricité, assainissement) et constitue ainsi un cadre de vie peu propice à la productivité
des villes et de leurs habitants.
Cause générique (ensemble de la composante)
Les faiblesses de l’urbanisme réglementaire (non application des textes, non approbation
des documents, non application des rares documents approuvés), et les insuffisances
(principalement quantitatives) des opérations d’urbanisme sont à l’origine des principaux
problèmes rencontrés au Cameroun dans les trois sous-secteurs de cette composante. Les
principaux problèmes, causes et conséquences sont listés ci-après.

Urbanisme
1 – Problème central
Le problème central de cette sous-composante est l’insuffisance d’espaces aménagés.
2 – Causes et conséquences
La cause principale de ce problème a été la non maîtrise de la gestion foncière.
Les causes sous-jacentes de ce problème sont les suivantes :
 La séparation des responsabilités en matière de droit foncier et d’urbanisme : les
administrations en charge de la gestion foncière n’ont pas tenu compte de la
réglementation de l’urbanisme pour accorder des permis de lotir ;
 L’absence ou la non application des documents d’urbanisme et de la réglementation
de l’occupation et de l’usage des sols ;
 L’existence d’un droit foncier archaïque par rapport à la réalité de l’urbanisation. La
fiction du droit éminent de l’Etat sur le domaine national non mis en valeur (lequel
est, de fait, l’objet de multiples transactions marchandes entre collectivités et
particuliers et entre particuliers) a renforcé l’idée que la maîtrise foncière et la
réalisation de lotissements domaniaux sur les réserves étaient suffisantes à assurer
les fonctions qui sont normalement celles de l’urbanisme pour assurer la maîtrise de
l’urbanisation. A l’inverse du Code foncier, le droit de l’urbanisme a été modernisé et
simplifié, mais il n’a pas été appliqué ;
 La production des lotissements domaniaux et communaux sommairement aménagés
qui, autrefois produits à grande échelle ont permis de satisfaire une bonne partie de
la demande des ménages de la tranche inférieure, est aujourd’hui limitée ;
 La faible professionnalisation de la promotion foncière et immobilière privée explique
une partie des problèmes en matière d’urbanisme opérationnel et les semi-échecs

RAPPORT FINAL Page 101


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

des opérations pilotes d’aménagement de grandes trames du type de celle de Douala


(opération Mbanga Japoma). Cette filière s’est très peu développée de façon formelle
et structurée au Cameroun alors qu’elle joue un rôle essentiel dans tous les pays
émergents pour répondre à la demande de parcelles et de logements, y compris en
matière d’habitat social. La fiscalité pesant sur ces activités et la règlementation
contraignante (demande d’agrément) ainsi que l’absence de produits spécialisés en
matière de crédit promoteur ou de garanties d’emprunt ont été les facteurs
principaux du faible développement de cette offre. L’offre s’est limitée à celle des
investisseurs non promoteurs de métier, faisant des opérations ponctuelles comme
placement, notamment dans le domaine des surfaces commerciales de détail et des
logements locatifs populaires. Cette offre présente des insuffisances notoires en
matière de qualité de la construction et de confort/salubrité des logements.
Avec pour conséquences que :
 la quasi-totalité des villes ne disposent pas de documents de planification actualisés
et approuvés ;
 la réglementation en vigueur est faiblement appliquée ;
 l’occupation des sols à la périphérie des villes se fait dans l’anarchie, aboutissant à un
étalement démesuré des centres urbains, qui deviennent des «monstres urbains» ;
 il y a, de manière générale, une absence de stratégies de développement des villes
(SDV) et de leurs aires métropolitaines ;
 des zones inconstructibles (au sens de la loi régissant l’urbanisme) et impropres à
l’installation de l’habitat sont squattérisées ;
 les opérations de lotissement quels qu’en soient les promoteurs (à l’exception des
opérations de la MAETUR jusque dans les années 90) ont été approuvées par
l’administration foncière sans qu’elles respectent les principes minimum en matière
d’urbanisme notamment pour ce qui est des réserves pour équipements collectifs de
proximité ;
 le caractère peu ordonné des installations humaines et l’absence de réserves
foncières pour les équipements collectifs rendent le coût des améliorations de
l’habitat et du cadre de vie extrêmement élevé pour les ménages qui ont investi dans
l’autopromotion et pour la collectivité lorsqu’il s’agit de financer les réseaux. Les
opérations de desserte par les services de base et de construction d’équipements
collectifs impliquent des déguerpissements qui sont souvent effectués sans
compensation, créant une population de déplacés qui ont perdu ainsi leur seul
capital ;
Habitat
1 – Problème central
Le problème central de la sous-composante est l’insuffisance de l’offre de logements
décents et de terrains à bâtir.

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

2 – Causes et conséquences
La principale cause de l’insuffisance de l’offre est la faiblesse des dispositifs
d’accompagnement, d’orientation, de canalisation et de facilitation des interventions des
promoteurs (publics ou privés, personnes morales ou individus).
Les causes sous-jacentes de cette situation sont les suivantes :
 la politique de l’Etat de soutenir budgétairement l’habitat planifié n’a pas survécu à la
crise économique. Elle a par ailleurs conduit à une dilapidation des ressources et
s’avère aujourd’hui inadaptée pour espérer avoir un impact quantitatif significatif ;
 l’offre du secteur privé formel (promoteurs immobiliers) est jusqu’ici insuffisante en
quantité, du fait d’une faible professionnalisation des promoteurs, d’une
réglementation comportant de nombreuses incohérences avec la politique
annoncée ;
 l’autopromotion a permis de satisfaire la majeure partie de la demande, mais dans
des conditions largement insatisfaisantes, du fait de l’absence de contrôle de la part
des pouvoirs publics ;
 l’approvisionnement en matériaux de construction est problématique depuis
quelques années avec des pénuries régulières, en particulier en ce qui concerne le
ciment et le fer pour des raisons qui semblent liées aux conditions de fabrication et
de commercialisation marquées par des monopoles ;
 les matériaux locaux (en fait matériaux traditionnels), qui auraient pu servir de
substitution aux matériaux classiques, permettant ainsi des économies (aussi bien sur
les coûts de construction que sur la balance commerciale du pays) et même un
renforcement de la durée de vie et de l’habitabilité des logements, restent peu
utilisés, leur promotion n’a pas dépassé le stade de l’expérimentation ;
 la faible professionnalisation des artisans et PME de construction qui présentent des
insuffisances notoires en matière de qualité de la construction et de confort/salubrité
des logements ;
 l’absence d’un système de crédit et/ou de garanties d’emprunts adaptés aux besoins
des promoteurs privés, des constructeurs et des auto-promoteurs de l’habitat du plus
grand nombre, pour préfinancement d’opérations (“aide à la pierre”), pour
acquisition de logement (“aide à la personne”), ou pour construction individuelle dans
le système d’autoproduction de l’habitat ;
 le coût élevé des matériaux de construction.
Avec pour conséquences que :
La grande majorité des ménages (estimée à plus de 90%) n’a eu d’autre choix que
“l’autoproduction” d’un habitat précaire pour échapper au statut de locataire. Cette
autoproduction s’est faite sur des terrains au statut foncier incertain, très mal desservis
par les transports du fait de leur éloignement par rapport au réseau viaire et mal
raccordés aux services urbains de base en matière d’eau et d’assainissement. Cette
situation est caractéristique d’un habitat spontané en zone périurbaine.
Le rapport coût/efficacité de l’autopromotion/autofinancement de l’habitat (y compris au
plan environnemental) est faible. Il s’agit pourtant de la filière de production dominante,

RAPPORT FINAL Page 103


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

en particulier pour ceux des ménages qui ont des revenus non salariaux. Les dés-
économies entraînées par ce mode de production sont multiples :
 durée excessive des chantiers de construction (plus d’une année dans la grande
majorité des cas) du fait de l’absence de crédit autre que celui des tontines
s’appliquant seulement à certaines étapes de la construction, et du recours à un
artisanat de la construction peu qualifié et peu structuré ;
 effort financier très lourd des constructeurs, en particulier pour les premiers
accédants à la propriété, qui sont obligés de continuer de payer une location pendant
la construction ;
 surcoûts de production en main d’œuvre et de transport de matériaux liés à l’absence
d’eau et d’électricité et à l’éloignement du réseau viaire carrossable en toutes
saisons ;
 etc.
Le caractère diffus de l’occupation du sol provoque un étalement coûteux des villes en
termes de raccordement aux réseaux et de transport intra-urbain, alors que les centres-
villes ne sont pas suffisamment densifiés.
L’édification des villes n’est pas maîtrisée, du fait de l’absence de contrôle des
constructions sur le terrain.
Les ménages les plus pauvres qui ne peuvent acheter de parcelle de terrain ni payer un
loyer dans le secteur privé (en particulier les “déplacés”) se sont rabattus sur l’occupation
illicite de terrains du domaine public ou privé de l’Etat, lesquels terrains sont souvent
situés dans des zones peu propices à la construction (zones inondables, sujets à l'érosion,
etc.).
Cadre de vie
1 – Problème central
Le problème central ici est une fourniture insuffisante des services urbains de base.

2 – Principales causes et conséquences


La cause principale de ce problème est la forme d’urbanisation non structurée et
fortement consommatrice d’espace qui domine au Cameroun, rendant délicate et
coûteuse la fourniture des services de base, réseaux de desserte et équipements collectifs
de proximité, dans un contexte de raréfaction des ressources financières du secteur
public et des ménages.
Même dans les centres villes, l’absence d’organisation de l’espace et de réserves
foncières pour les équipements et les VRD, rend l’amélioration a posteriori de la
densification de l’occupation de ces zones, également délicate et coûteuse.
Dans les zones périphériques, le coût des extensions des réseaux est très élevé du fait de
leur étalement et de leur éloignement des réseaux existants. Ces coûts sont supportés
partiellement par la collectivité. De ce fait, la répercussion sur les ménages des coûts de

RAPPORT FINAL Page 104


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

raccordement est forte, rendant ces services de base inabordables pour une majorité des
citadins.
Comme causes secondaires, on peut citer, pour ce qui est des ordures ménagères,
l'inadaptation des méthodes de collecte. Tout est centré autour d’une gestion
monopolistique qui ne s’occupe qu’imparfaitement d’une partie de la chaîne. Cela est
d’autant plus dommage que l’implication de petits opérateurs privés chargés de la pré-
collecte auto-rémunérée permettrait à la fois d’améliorer sensiblement le niveau de
service offert, de réduire le coût du service, et de créer de nombreux emplois.
Pour ce qui est de l’évacuation des eaux pluviales, on se heurte à un contexte
institutionnel peu clair, qui se traduit par une dilution des compétences, en particulier
entre l’Etat d’une part et les communes d’autre part, mais aussi par la faible priorité
accordée à la question de l’évacuation des eaux pluviales (des études de schémas
directeurs d’assainissement ont même été réalisées sur les villes de Douala et Maroua où
le problème se pose avec une certaine acuité, mais les travaux n’ont toujours pas suivi).
Avec pour conséquences que :
 l’insuffisance d’approvisionnement en eau potable aggrave la situation sanitaire de la
population (maladies hydriques: choléra, dysenterie) et affecte directement son
développement. L’insuffisance de la fourniture d’électricité dans les centres urbains
conduit à une aggravation de l’insécurité ;
 en matière d’assainissement, les eaux usées sont directement déversées dans les
collecteurs, aggravant les conditions d’hygiène des populations déjà très fragiles. Ces
eaux usées sont pour la plupart rejetées dans les bas-fonds ou dans les lits des cours
d’eau sans traitement. La contamination des ressources naturelles dans les villes
entraîne des risques majeurs de contamination des eaux de captage, et menace à
terme leur approvisionnement en eau potable ;
 les eaux de ruissellement s’accumulent dans les bas-fonds, causant des inondations
ravageuses aux graves conséquences humaines et économiques ;
 en matière de voiries tertiaires, de nombreux quartiers périphériques sont
pratiquement enclavés et desservis par réseau essentiellement en terre (à 60% à
Douala et à Yaoundé). Du fait d’un faible niveau d’aménagement au départ (à la
charge du lotisseur), puis d’un manque d’entretien, ce réseau se retrouve dans un
état de dégradation alarmant, le rendant impraticable durant les saisons pluvieuses,
empêchant du même coup l’extension des réseaux d’eau, d’électricité et
d’assainissement ainsi que toute tentative d’amélioration de la collecte des déchets
solides ;
 en matière d’environnement urbain, il y a une dégradation continue du cadre de vie
en milieu urbain et une aggravation de l’exposition aux risques naturels.

RAPPORT FINAL Page 105


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 21 : Récapitulatif du diagnostic de l’urbanisme-habitat-cadre de vie en milieu urbain

Causes immédiates Causes sous-jacentes Conséquences


Problème générique

Séparation des responsabilités en matière de droit foncier Pas de documents de planification actualisés et
Urbanisme et d’urbanisme approuvés pour la quasi-totalité des villes
Absence ou non application des documents d’urbanisme et Faible application de la réglementation en vigueur
de la réglementation de l’occupation et de l’usage des sols

Insuffisance d’espaces aménagés Existence d’un droit foncier archaïque par rapport à la Absence de Stratégies de Développement des
réalité de l’urbanisation Villes (SDV) et de leurs aires métropolitaines
Lotissements domaniaux et communaux sommairement Caractère peu ordonné des installations humaines
aménagés et absence de réserves foncières pour les
équipements collectifs
Imbroglio foncier Parcellisation anarchique des terrains coutumiers

Urbanisation de zones inconstructibles (au sens


de la loi régissant l’urbanisme) et impropres à
l’installation de l’habitat
Faible professionnalisation de la promotion foncière et
immobilière privée
Développement d’un
habitat insalubre et Habitat Désengagement de l’Etat dans le soutien budgétaire à - Autoproduction de leur habitat par la grande
anarchique dans les Insuffisance quantitative et qualitative l’habitat planifié majorité des ménages (estimée à plus de 90%),
zones urbaines de l’offre de logements décents et de pour échapper au statut de locataire
terrains à bâtir Insuffisance de l’offre quantitative du secteur privé formel - Faible rapport coût/efficacité de
(promoteurs immobiliers) l’autopromotion/autofinancement de l’habitat (y
compris au plan environnemental)
Absence d’accompagnement, d’orientation, de - Caractère diffus de l’occupation du sol
canalisation, d’incitation et de contrôle de la part des provoquant un étalement coûteux des villes en
pouvoirs publics termes de raccordement aux réseaux et de
transport intra-urbain alors que les centres-villes
ne sont pas suffisamment densifiés
- Développement accru des quartiers d’habitat
spontané

RAPPORT FINAL Page 106


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Difficultés d’approvisionnement en matériaux de - Occupation illicite de terrains du domaine public


construction ou privé de l’Etat, lesquels terrains sont souvent
situés dans des zones peu propices à la
construction (zones inondables, sujettes à
l'érosion, etc.).
Faible professionnalisation des artisans et PME de la - Développement de constructions précaires
construction
Absence d’un système de crédit et/ou de garanties - Prolongement des délais de construction
d’emprunts adaptés aux besoins des promoteurs privés Faiblesse dans le développement des parcelles
assainies

Forme d’urbanisation non structurée et fortement Aggravation de la situation sanitaire de la


Cadre de vie consommatrice d’espace, dominante population (maladies hydriques: choléra,
dysenterie), qui affecte directement son
développement.
Absence d’organisation de l’espace et de réserves
Fourniture insuffisante des services foncières pour les équipements et les VRD
urbains de base. Coût des extensions de réseaux très élevé, du fait de leur aggravation de l’insécurité du à l’insuffisance de la
étalement et de leur éloignement des réseaux existants fourniture d’électricité dans les centres urbains
Inadaptation des méthodes de collecte des ordures Aggravation des conditions d’hygiène des
ménagères populations déjà très fragiles
Enclavement des quartiers périphériques où le réseau est Dégradation continue du cadre de vie en milieu
essentiellement en terre (à 60% à Douala et à Yaoundé). urbain et aggravation de l’exposition aux risques
naturels

RAPPORT FINAL Page 107


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Aggravation de la
Arbre à Problèmes / Urbanisme-Habitat-Cadre de vie Autoproduction de situation sanitaire de la
Urbanisation de zones l’habitat par la grande population (maladies
Caractère peu ordonné des inconstructibles (au sens de la loi majorité des ménages
installations humaines et
hydriques: choléra,
régissant l’urbanisme) et (estimée à plus de 90%). dysenterie) qui affecte
absence de réserves foncières
impropres à l’installation de directement son
pour les équipements collectifs
l’habitat développement

Un habitat indécent s’est développé de façon


anarchique et inorganisée dans l’essentiel des
zones urbaines au Cameroun

Insuffisance quantitative et Fourniture insuffisante des


Insuffisance d’espaces qualitative de l’offre de logements
services urbains de base
urbanisés décents et de terrains à bâtir

Séparation des responsabilités en Désengagement de l’Etat Difficultés Forme d’urbanisation non Coût des extensions de
matière de droit foncier et dans le soutien budgétaire à d’approvisionnement en structurée et fortement réseaux très élevé
d’urbanisme l’habitat planifié matériaux de consommatrice d’espace
construction

Absence ou non application des


documents d’urbanisme et de la Inadaptation des
réglementation de l’occupation et Insuffisance de l’offre Faible Absence d’organisation de méthodes de collecte des
de l’usage des sols. quantitative du secteur professionnalisation des l’espace et de réserves ordures ménagères
privé formel artisans et PME de la foncières pour les
construction équipements et les VRD

Existence d’un droit foncier archaïque


par rapport à la réalité de l’urbanisation

Lotissements domaniaux et Absence d’accompagnement, Absence d’un système de


communaux sommairement d’orientation, de canalisation, crédit et/ou de garanties Enclavement des quartiers
aménagés et faible d’incitation et de contrôle de la d’emprunts adaptés aux périphériques où le réseau
besoins des promoteurs est essentiellement en terre
professionnalisation de la promotion part des pouvoirs publics
privés
foncière et immobilière privée.

RAPPORT FINAL Page 108


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

B – COMPOSANTE TRANSPORTS URBAINS

1 – Problème central

Pour assurer durablement et dans des conditions environnementales et de sécurité


satisfaisantes le développement de la mobilité urbaine en améliorant le cadre de vie,
le transport collectif est le mode de transport qui présente le plus d’avantages et qui
possède le plus de potentialités.

La faiblesse quantitative et qualitative de l’offre de transports collectifs et semi-


collectifs accessibles au plus grand nombre dans les grandes villes, apparaît
clairement comme le problème central en matière de transports urbains au
Cameroun.

En effet, une partie importante de la population urbaine n’a toujours pas accès aux
services de transport de qualité, ce qui favorise l’émergence du transport par
mototaxis. Or, ce mode de transport, s’il présente un intérêt incontestable pour les
usagers en termes d’accessibilité et d’efficacité, comporte des inconvénients majeurs
pour la collectivité du fait de la pollution et des encombrements qu’il génère, et du
point de vue de la sécurité et du confort.

2 – Causes et conséquences

Le développement des transports urbains collectifs motorisés par bus est freiné par
un certain nombre de contraintes dont : (i) l’inadaptation des infrastructures du
réseau viaire principal aux transports collectifs et semi collectifs, (ii) l’insuffisance des
moyens de transport collectif et semi-collectif et, (iii) la faible fluidité du trafic. Par
ailleurs, le chevauchement des interventions des différents acteurs publics sur le
terrain et l’absence d’un cadre de concertation ne sont pas de nature à faciliter la
recherche de solutions aux problèmes à résoudre.

2.1. Insuffisance de la couverture des villes par un réseau viaire principal (primaire et
secondaire) adapté aux transports collectif et semi-collectif

L’inadaptation des infrastructures du réseau viaire principal aux transports collectifs


et semi-collectifs est due principalement aux insuffisances de la politique et de la
stratégie d’extension, d’aménagement et d’entretien des voiries urbaines, et à
l’insuffisance des financements alloués à la satisfaction de ces besoins. Et ce, d’autant
plus que l’extension urbaine caractérisée par un étalement non planifié augmente
constamment les besoins.

Les opportunités créées par l’existence des réseaux ferroviaires ou des plans d’eau,
n’ont pas été mise en contribution pour que soient développés des modes alternatifs

RAPPORT FINAL Page 109


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

de transport autres que les routes. Les infrastructures existantes ne défavorisent pas
ou restent inadaptées pour le transport en commun par bus ou minibus, qui
nécessite des routes revêtues présentant des caractéristiques techniques
appropriées. L’une des solutions résiderait dans la réhabilitation lourde.

Par ailleurs, l'entretien est plus souvent limité aux chaussées revêtues. Les chaussées
non revêtues sont encore plus mal entretenues, réduisant les performances du
transport par taxis et mototaxis et les transports personnels, De plus, les
dépendances ne sont pas traitées systématiquement. A l'exception des villes de
Douala et de Yaoundé, qui exécutent un programme annuel systématique sur les
dépendances (caniveaux, trottoirs), l’entretien des abords n’est généralement pas
inclus dans les interventions de voirie. Ces manquements nuisent également aux
performances des déplacements pédestres.

On peut également relever le chevauchement des missions des différentes


administrations qui interviennent, sans cadre de concertation.

2.2. Politique peu incitative de développement du transport urbain de masse

Bien que le transport collectif et semi-collectif présente le plus d’avantages sous les
aspects confort, sécurité, pollution et coût, il représente une part faible des
transports motorisés de personnes avec un taux de l’ordre de 25%. Le
développement de ce mode de transport est entravé par des problèmes liés à la
faible couverture spatiale par un réseau adapté, mais aussi par des coûts élevés
d’acquisition des matériels, par l’insuffisance de mesures fiscales et réglementaires
incitatives pour les entreprises de transport collectif, et par des conditions difficiles
d’exploitation du fait des encombrements.

Cette offre dessert systématiquement les zones centrales en délaissant les secteurs
les plus éloignés du centre ou les plus défavorisés, ce d'autant que ceux-ci sont moins
bien équipés en routes bitumées. Ce sont donc surtout les quartiers les plus pauvres
qui sont les moins bien desservis par ce mode de transport, contribuant ainsi à
entraver la réalisation de l’objectif d’accroissement de la mobilité urbaine.
Globalement, les coûts de déplacements sont élevés comparativement aux revenus;
ce qui explique le poids très élevé (20%) que représente la rubrique transports dans
les dépenses des ménages pauvres.

Les mototaxis, au-delà de leur intérêt incontestable en termes de rapidité du


déplacement, de coût (le tarif des mototaxis est actuellement de 100 FCFA, inférieur
à celui du bus. Cependant, dans les transports inter-quartiers, il se situe entre 300 et
500 FCFA avec des bagages, ce qui rend le transport par bus largement compétitif sur
ce type de liaison) et de création d’emplois, posent de nombreux problèmes du point
de vue de la collectivité : pollution et maladies respiratoires qu’elle favorise,
accidents fréquents et encombrement des voies, etc.

RAPPORT FINAL Page 110


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

2.3. Faible fluidité du trafic

La fluidité du trafic est conditionnée essentiellement par la longueur, la répartition


spatiale et les caractéristiques géométriques des voies, la signalisation routière, et le
respect des règles de circulation et d’occupation de la voie publique. Les villes
camerounaises souffrent d’insuffisances sur tous ces aspects, en plus de l’absence de
voies de contournement des grands centres urbains, et de l’insuffisance
d’aménagement des marchés de vivres frais aux abords des voiries urbaines.

RAPPORT FINAL Page 111


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 22 : Récapitulatif du diagnostic des transports urbains au Cameroun

Problème central Causes immédiates Causes sous-jacentes Conséquences


Chevauchement des interventions des acteurs - Réduction du nombre et de la longueur
publics sur le terrain et absence d’un cadre de des itinéraires exploitables par les
concertation transports en commun. Ce qui encourage
les types de transports polluants et
dangereux (taxis et mototaxis)
Insuffisance de la couverture Insuffisances de la politique et de la stratégie de - Plusieurs chaussées inutilisables pour
des villes par un réseau viaire construction et d’entretien des voiries urbaines des transports motorisés pour cause de
principal (primaire et dégradation avancée
secondaire) adapté au Insuffisance des financements alloués à - Augmentation des dépenses de
transport collectif et semi- l’aménagement des voiries transport pour les usagers.
Faiblesse collectif - Enclavement des populations dans les
quantitative et quartiers périphériques, ce qui réduit
qualitative de l’offre l’accès aux services de transport,
de transports particulièrement pour les plus pauvres
collectifs et semi Formes d’extension urbaine peu favorables au
collectifs développement des transports collectifs
(étalement urbain non planifié)
Chevauchement des interventions des acteurs Allongement du temps d’attente d’un
publics sur le terrain et absence d’un cadre de moyen de transport
concertation
Coût élevé d’acquisition des matériels roulants
Politique peu incitative de neufs et absence de réglementation relative à
développement du transport l’importation des véhicules d’occasion
urbain de masse Mesures fiscales et réglementaires peu Allongement des distances parcourues à
incitatives pour les entreprises de transport pied
collectif

RAPPORT FINAL Page 112


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Conditions d’exploitation difficiles du fait des Renchérissement du coût des


encombrements déplacements du fait du recours à
plusieurs moyens de transport pour un
Inadaptation des infrastructures au transport en même déplacement
commun (absence de couloirs de circulation Prolifération des mototaxis et des
réservés aux bus et aux taxis collectifs) transports clandestins polluants
(pollution de l’air) et dangereux
(fréquence élevée des accidents)
Chevauchement des interventions des acteurs
publics sur le terrain et absence d’un cadre de
concertation
Absence de voies de contournement des grands
centres urbains
Inadéquation des caractéristiques géométriques
des voiries
Insuffisance de la signalisation routière - Fréquence élevée des accidents et des
encombrements de la voie publique
Absence de plans de déplacement - Allongement du temps de déplacement

Insuffisances dans l’application de la - Ralentissement des activités


réglementation en matière d’occupation de la économiques
voie publique - Organisation déficitaire de l’utilisation
des espaces de voirie, qui sont parfois
suffisants en largeur mais mal affectés
(circulation motorisée, espaces
piétonniers, stationnement, commerce,
etc.)
Insuffisance d’aménagement des marchés de
vivres frais aux abords des voiries urbaines

RAPPORT FINAL Page 113


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Arbre à Problèmes / Transports urbains

Allongement du temps Prolifération des Fréquence élevée des


Augmentation des d’attente d’un moyen mototaxis
accidents,
dépenses de transport de transport encombrement des
pour les usagers voies

Faiblesse quantitative et qualitative de l’offre


de transports collectifs et semi collectifs

Politique peu incitative de Faible fluidité du trafic Faible fluidité du trafic


Insuffisance de la développement du
couverture des villes par un transport urbain de masse
réseau viaire principal

Chevauchement des Chevauchement des Coût élevé d’acquisition Insuffisante application Inadéquation des
interventions des acteurs missions et absence d’un des matériels roulants de la réglementation sur caractéristiques
publics sur le terrain et absence cadre de concertation neufs et absence de l’occupation de la voie géométriques des
d’un cadre de concertation réglementation relative à publique voiries
l’importation des
véhicules d’occasion
Insuffisance de la politique et
Mesures fiscales et Absence de voies de Insuffisance
de la stratégie de construction réglementaires peu
et d’entretien des voiries contournement des d’aménagement
incitatives pour les Conditions
urbaines entreprises de transports d’exploitation difficiles
grands centres urbains des marchés de
collectifs du fait des vivres frais
encombrements
Insuffisance des financements
alloués à l’aménagement des
voiries Chevauchement des Absence de
Inadaptation des infrastructures missions et absence d’un plans de
au transport en commun
Insuffisance de la cadre de concertation déplacement
(absence de couloirs de
Formes d’extension urbaine peu circulation réservés aux bus et signalisation routière
favorables
RAPPORT au développement des
FINAL aux taxis collectifs) Page 114
transports collectifs (étalement
urbain non planifié)
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

C – COMPOSANTE SECTEUR PRIVE URBAIN

1 – Problème central
L’insuffisance quantitative et qualitative de l’offre du secteur privé urbain est le
problème central. Cette situation concerne surtout les PME nationales, les
entreprises modernes, souvent à capitaux étrangers, étant mieux structurées. D’un
point de vue stratégique, la situation des PME locales du secteur, y compris
l’artisanat, mérite plus d’attention, compte tenu de leur impact sur la création
d’emplois et le développement économique local. Ce sont ces PME qui connaissent le
plus de difficultés, aussi bien à la création qu’à la consolidation et au développement.
2 – Causes et conséquences
Les PME connaissent d’importantes difficultés dont les principales sont présentées ci-
après.
Les difficultés d’accès aux financements bancaires : On relève une absence de
mécanismes de financement appropriés à la création et au développement de PME
locales opérant en milieu urbain. Que ce soit dans le secteur privé ou public, il
n’existe pas d’instruments spécialisés de crédit aux entreprises du secteur pas plus
que de mécanismes de garantie de crédit, de refinancement ou de bonification
d’intérêt des prêts du secteur privé bancaire. Les quelques tentatives effectuées dans
ce domaine ont échoué faute de transparence et d’efficacité dans la gestion de ces
instruments (problème de «gouvernance»). Les retards récurrents dans l’obtention
des mainlevées (au-delà des délais réglementaires) sont une entrave supplémentaire
pour les entreprises qui ont pu bénéficier d’une caution auprès d’un établissement
financier. L’absence d’un financement adapté au mode de production dominant de
l’habitat au Cameroun (l’autopromotion) a rendu cette filière peu productive et a
constitué un obstacle majeur au développement d’un artisanat structuré et productif
dans le domaine de la construction.
L’insuffisance d’une politique fiscale incitative facilitant la création et le
développement des PME locales opérant dans le secteur (matériaux de construction,
promoteurs, entrepreneurs du BTP, transporteurs, artisans de la construction, etc.).
Toutefois, dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires au Cameroun, des
mesures visant la simplification des procédures de création d’entreprises et un
allègement fiscal sont mises en œuvre depuis l’exercice 2010.

Les difficultés d’accès aux marchés publics : Elles sont justifiées par les coûts élevés
des cautions, la multiplicité des certificats exigés, le caractère informel des activités,
doublée de la lenteur de paiement par l’administration pour les travaux financés par
le BIP (l’ANNEER-TP, une fédération des entreprises du secteur BTP, signale 9 mois
d’impayés).

RAPPORT FINAL Page 115


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

La faible demande (publique et privée) de l’expertise de certains professionnels


(aménageurs, urbanistes, maîtres d’œuvre notamment pour les ingénieurs conseils
indépendants), faute d’une application rigoureuse des textes.
L’insuffisance quantitative et qualitative des ressources humaines, due notamment à
la faiblesse des filières de formation publiques aux métiers urbains de qualification
supérieure (urbanisme, ingénierie urbaine, conduite d’opérations, etc.) ou technique
(métiers du BTP), aux faibles capacités techniques et managériales des promoteurs
due à leur formation scolaire insuffisante et à la faible expertise dans certaines
spécialités (électricité, plomberie, climatisation, etc.).
La faible organisation des acteurs du secteur privé urbain, en raison notamment de la
faiblesse des instances représentatives dans certains domaines. A titre d’exemple, les
syndicats des chauffeurs de taxis et des transporteurs par mototaxis, sont encore mal
structurés pour être des interlocuteurs valables de l’Etat ; leurs membres n’ayant pas
encore une culture associative et syndicale.
Les professionnels de l’artisanat de la construction, de la promotion immobilière, de
la planification et de l’aménagement urbains ne sont pas encore suffisamment
organisés.
Les géomètres, urbanistes, architectes, et ingénieurs sont organisés en ordres
professionnels, mais, ne parviennent pas toujours à influer sur l’application des
textes. On relève toutefois que certaines organisations professionnelles telles que
l’ANNER-TP, la FECAP-TP et l’APICAM se manifestent de plus en plus pour faire valoir
les intérêts communs et réfléchir aux besoins de leurs membres.

RAPPORT FINAL Page 116


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 23 : Récapitulatif du diagnostic du secteur privé urbain au Cameroun

Causes immédiates Causes sous-jacentes Conséquences


Problème central

Absence de mécanismes de financement appropriés

Absence de structures spécifiques d’encadrement et de financement Les PME ont fréquemment recours aux
Difficultés d’accès aux financements pour les des PME sources informelles de financement
entreprises du secteur privé urbain (PME (tontines, usure, et autres types
locales et entreprises de construction d’emprunt)
notamment) Montants élevés des garanties exigées par les structures existantes

Faible capacité et manque d’information des entreprises sur les


Insuffisance quantitative questions financières
et qualitative de l’offre Retards dans l’obtention des mainlevées, au-delà des délais
du secteur privé urbain réglementaires, ce qui représente un préjudice financier pour
l’entreprise, et qui empêche le développement des entreprises du
secteur.
Absence d’une politique fiscale incitative

Difficultés d’accès aux marchés publics Lourdeur des cautions et multiplicité des certificats exigés
Informalité dans laquelle évoluent beaucoup d’acteurs
Faible demande (publique et privée) pour Insuffisance d’application du cadre réglementaire De nombreux professionnels exercent en
certaines professions même temps d’autres activités
Insuffisance quantitative et qualitative des Faiblesse des filières de formation
ressources humaines De nombreuses malfaçons entachent
Insuffisance des capacités techniques et managériales des promoteurs
certaines réalisations, provoquant parfois
due à leur formation scolaire insuffisante
de graves accidents
Faible expertise dans certaines spécialités (électricité, plomberie,
climatisation, etc.)
Faible organisation des acteurs du secteur
privé urbain

RAPPORT FINAL Page 117


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

D – COMPOSANTE GOUVERNANCE URBAINE

La demande des villes est à la fois complexe et fluctuante. A l’observation, les villes
camerounaises apparaissent comme de vastes organisations sociales en crise. Cette
crise de la société urbaine se manifeste à travers diverses formes de lutte pour
l’appropriation de la cité impliquant les différents acteurs et les différentes catégories
de la population urbaine, dans le but d’accéder aux ressources et/ou au pouvoir, de
préserver leur identité et leur reconnaissance sociale, et enfin d’assurer leur insertion
en milieu urbain à travers une amélioration de leurs conditions de vie dans toutes ses
composantes, et notamment l’accès pour tous aux services urbains et sociaux de base.
Pour apporter une réponse satisfaisante aux attentes des uns et des autres, le
Gouvernement a proposé un éventail de solutions qui à ce jour n’est pas encore
parvenu à combler les attentes des populations urbaines.
A l’analyse, les problèmes majeurs de la gouvernance urbaine se situent principalement
à trois niveaux :
 la non participation des populations urbaines à la gestion de leurs problèmes ;
 la faible prise en compte des aspirations, des besoins et des attentes des
populations, notamment l’accès aux différents services de base ;
 l’inadéquation entre le système de gestion des problèmes urbains actuels et
l’évolution sociale du milieu urbain.
1 – Problème central
Le problème central de la gouvernance urbaine est la difficulté de la mise en cohérence
de tous les leviers novateurs d’une gestion optimale de la cité.
2 – Causes et conséquences
Les principales causes de ce problème sont :
En matière de décentralisation :
 la gestion des communes présente de nombreuses insuffisances, tant au plan
organisationnel que financier, malgré les dispositions en cours relatives à la mise
en œuvre du nouveau régime financier ;
 la plupart des villes ont encore une productivité assez faible, la création de
conditions idoines pour un développement économique n’étant pas encore
perçue comme une priorité pour les élus ;
 la réglementation des marchés publics comporte des dispositions (budget de
fonctionnement des commissions de passation des marchés) difficilement
applicables par les communes, du fait de leur coût élevé par rapport aux moyens
des communes et à la taille des marchés à passer ;
 les moyens financiers et humains des communes apparaissent encore
insuffisants, en raison du retard pris dans le transfert des moyens financiers
consécutif au transfert des compétences, même si la situation devrait s’améliorer
RAPPORT FINAL Page 118
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

avec les dispositions prises depuis 2010 pour l’augmentation des ressources
propres et des transferts de l’Etat ;
 les capacités des services de l’Etat restent limitées, en raison d’une insuffisance
qualitative et quantitative des ressources humaines et de l’absence de données
fiables sur le développement urbain ;
 l’accompagnement des services de l’Etat reste lui-même très faible, du fait à la
fois de la forte résistance de la plupart des administrations à déconcentrer leurs
activités, de l’insuffisance des moyens humains de l’Etat, mais aussi des
insuffisances de gestion au niveau même de l’Etat, qui se répercutent au niveau
local ;
En matière de coordination et partenariats
Le cadre institutionnel de l’Etat fait apparaitre un chevauchement des compétences
entre diverses administrations sans une véritable coordination.
Le partenariat Etat-communes est effectif pour les communautés urbaines de Douala et
de Yaoundé, mais reste limité aux opérations financées sur des ressources
exceptionnelles. La coordination entre services publics (tant au niveau central que
local), entre Etat et CTD et entre CTD elles-mêmes reste insuffisante, du fait d’un faible
respect des textes, d’un éclatement des compétences au niveau de l’Etat et de l’absence
d’approche concertée à l’échelon local.
En matière de démocratie participative
Les cadres formels de participation de la population restent inopérants. Les
Organisations de la Société Civile (OSC) présentent des disfonctionnements profonds.
Par conséquent, la participation de la société civile demeure limitée et inefficace.
Les modalités de fonctionnement des services étatiques mais plus encore des CTD
(absence de procédures) ne permettent d’assurer que très partiellement l’imputabilité.
Les notions d’imputabilité et de transparence restent donc peu ancrées, du fait à la fois
des insuffisances d’un cadre formel, mais aussi du non-respect des dispositions en
vigueur tant par les CTD que par les autres services de l’Etat.

RAPPORT FINAL Page 119


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 24 : Récapitulatif du diagnostic de la gouvernance urbaine au Cameroun

Problème Causes immédiates Causes sous-jacentes Conséquences


central
- difficultés de transfert de
En matière de décentralisation compétences Etat-CTD
- faible appui des CTD aux
populations urbaines
- faiblesse des appuis structurel et
-Insuffisances organisationnelles, Faible productivité de la plupart des villes organisationnel des services
financières, humaines ; déconcentrés de l’Etat ;
- faible productivité des villes ; - faiblesse de planification,
- inadéquation des marchés publics par programmation et exécution.
rapport aux réalités des communes. Nombreuses insuffisances dans la gestion des
communes, tant au plan organisationnel que financier,
malgré les dispositions en vigueur
Difficulté de la
Insuffisance des moyens financiers et humains des
mise en
communes, en raison du retard pris dans le transfert des
cohérence de
moyens financiers consécutif au transfert des
tous les leviers
compétences
novateurs d’une
Difficulté d’application de certaines dispositions
gestion
financières de la réglementation des marchés publics
optimale de la
cité. Forte résistance de la plupart des administrations à
déconcentrer leurs activités, insuffisance des moyens
humains et de gestion au niveau même de l’Etat
Capacités des services de l’Etat limitées, en raison d’une
insuffisance qualitative et quantitative des ressources
humaines et de l’absence de données fiables sur le
développement urbain

RAPPORT FINAL Page 120


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

En matière de coordination et Faible respect des textes, éclatement des compétences,


partenariats absence d’approche concertée

Insuffisances de la coordination entre


services étatiques, entre Etat et CTD, et
entre les CTD
En matière de démocratie participative

- faible participation des populations de


communes aux activités de l’Etat ; Insuffisances diverses au niveau des OSC
- reconnaissance des procédures et
fonctionnement des services étatiques ; Faible ancrage des notions d’imputabilité et de
La participation de la société civile reste transparence, du fait à la fois des insuffisances d’un
limitée cadre formel, mais aussi du non-respect des dispositions
en vigueur tant par les CTD que par les services de l’Etat

RAPPORT FINAL Page 121


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

E - LECONS TIREES

1) Les principaux constats

Au terme de cette première partie consacrée à l’état des lieux et au bilan-diagnostic, on


comprend mieux pourquoi la contribution des villes camerounaises au développement du
pays peut être qualifiée d’insuffisante par rapport à son potentiel. Les principaux constats
sont repris dans l’encadré qui suit.

Encadré 1 : Des insuffisances multiples qui handicapent le développement urbain)

 L’urbanisme n’est pas suffisamment réglementé, et les textes en vigueur sont mal
maîtrisés ou mal appliqués ;
 La crise économique a raréfié les ressources allouées à l’aménagement urbain, et en
particulier aux opérations de restructuration et de rénovation des quartiers dans les
villes ;
 L’offre de logements décents accessibles au plus grand nombre est insuffisante. Il en
est de même pour la fourniture des services urbains de base ;
 L’insuffisance des aménagements à caractère socio-économique entraîne des
désordres urbains, et amoindrit l’apport économique attendu des villes ;
 La mobilité urbaine est réduite, notamment du fait de l’insuffisance quantitative et
qualitative d’un réseau viaire adapté au transport collectif et semi-collectif ;
 Les difficultés d’accès aux financements, couplés à l’insuffisance de la
réglementation ou à sa mauvaise application, freinent l’exercice des entreprises du
secteur privé et des professionnels des métiers urbains ;
 Les mécanismes de la gouvernance urbaine sont insuffisants et ne jouent pas leur
rôle de manière satisfaisante, du fait en particulier du faible niveau des capacités
techniques et organisationnelles des acteurs ;

 Les données statistiques disponibles sur les questions urbaines sont très globales et
insuffisantes pour permettre de bien cerner les problématiques du sous-secteur.

Etant donné l’importance socio-économique des villes, tant que ces problèmes relevés
dans les quatre composantes du développement urbain ne seront pas résolus ou tout au

RAPPORT GLOBAL 122


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT URBAIN ET DE L’HABITAT

moins atténués, il est peu probable que le Cameroun s’achemine réellement vers les
objectifs qu’il s’est fixé dans la Vision-2035 et le DSCE.

2) Enjeux et Défis

L'état des lieux et le bilan-diagnostic mettent en exergue les enjeux et défis repris dans le
tableau synoptique ci-contre.

ENJEUX DEFIS
Accroissement du niveau d’investissement
Maîtrise de l’urbanisation pour un dans le sous-secteur
développement économique et social Renforcement des capacités des acteurs
durable
Facilitation de l’accès au foncier
Accroissement des ressources financières
allouées au sous-secteur
Accroissement de la production des Renforcement des capacités des acteurs
espaces urbanisés (aménagés selon les
Systématisation de la production et de
règles de l’urbanisme)
l’application des documents de planification
Facilitation de l’accès au foncier
Accroissement des ressources financières
allouées au sous-secteur
Facilitation de l’accès au foncier
Amélioration de l’accès des
populations aux logements décents et Facilitation de l’accès aux matériaux de
aux services urbains de base construction en général et aux matériaux
locaux en particulier
Accroissement de l’implication du secteur privé
et de la société civile
Accroissement des ressources financières
allouées au sous-secteur
Mise à niveau et entretien des voiries urbaines,
Amélioration de la mobilité urbaine
notamment dans les capitales régionales
Elaboration et Mise en œuvre de plans de
déplacement
Accroissement des ressources financières
allouées au sous-secteur
Accroissement de l’offre de transport Aménagement des infrastructures appropriées
urbain de masse au transport urbain de masse
Facilitation de l’implication du secteur privé
urbain
RAPPORT GLOBAL 123
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT URBAIN ET DE L’HABITAT

Amélioration de l’offre du secteur Facilitation de l’implication du secteur privé


privé opérant en milieu urbain urbain
Accélération de la décentralisation
Renforcement des mécanismes d’implication
Amélioration de la gouvernance des populations et des cadres de concertation
urbaine des acteurs
Renforcement des capacités des acteurs
Renforcement de la lutte contre la corruption

RAPPORT GLOBAL 124


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT URBAIN ET DE L’HABITAT

RAPPORT GLOBAL 125


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

PRESENTATION

1 – Objectif

Les leçons tirées à l’issue de la première partie de ce rapport global montrent que le Cameroun,
comme la plupart des pays en développement, connaît un phénomène d’urbanisation accéléré
et non maîtrisé, avec des écarts qualitatifs et quantitatifs significatifs entre l’offre et la
demande en matière de sécurité foncière, d’habitat, d’infrastructures et moyens de transports
urbains, de gouvernance urbaine et de moyens de mise en œuvre.

La réduction de ces écarts se situe au centre de la problématique du développement de


l’Economie du pays tel qu’exprimée à travers les orientations de la Vision-2035 et les objectifs
fixés dans le DSCE.

Cette deuxième partie propose des choix stratégiques pour résoudre les problèmes identifiés et
analysés dans la première partie.

2 – Méthodologie

La démarche méthodologique suivie pour cette partie est présentée ci-après :


- Pour chaque composante du développement urbain, le bilan-diagnostic se présente sous la
forme d’un problème central, de causes immédiates, de causes sous-jacentes, et de
conséquences.
- Un objectif stratégique est fixé pour résoudre chaque problème central, avec des objectifs
spécifiques pour supprimer les causes immédiates, et des axes d’intervention pour supprimer
les causes sous-jacentes.
- La mise en cohérence de l’ensemble des axes d’intervention a permis ensuite de définir les
axes stratégiques. Les axes stratégiques découlent logiquement des propositions de solutions à
l’ensemble des préoccupations identifiées dans le bilan-diagnostic et des objectifs globaux de
développement du sous-secteur. Ils donnent lieu à la définition des programmes et des actions
à mettre en œuvre; et s’adossent sur des choix de politiques nationales.

- Globalement, la démarche peut être schématisée comme suit :

Partie 1 : Arbres à problèmes  Objectifs -Stratégies–Programmes (Partie 2)

Problème central  Objectif stratégique


Causes immédiates  Objectifs spécifiques
Supprimer les causes sous-jacentes  Axes d’intervention
Axes d’intervention Axes stratégiques
Axes stratégiques  Programmes

3 – Articulation

En plus de sa présentation, la deuxième partie de ce rapport comporte trois sections qui


traitent: (i) du rappel de la vision du développement urbain, (ii) des objectifs et stratégies et,
(iii) des programmes.

RAPPORT GLOBAL 126


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

SECTION 1 – VISION DU DEVELOPPEMENT


DU SOUS-SECTEUR URBAIN AU CAMEROUN

RAPPORT GLOBAL 127


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

1 – Rappel de la vision nationale de développement

Encadré 2 : Une nouvelle vision pour le développement du Cameroun

Le Cameroun a adopté en 2009 une nouvelle vision pour son développement à long terme baptisée «Vision-2035», dont
l’objectif global est d’en faire un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité à l’horizon 2035.

Cette vision se traduit par quatre objectifs généraux, à savoir : (i) réduire la pauvreté à un niveau socialement acceptable, (ii)
Atteindre le stade de pays à revenus intermédiaires, (iii) devenir un Nouveau Pays Industrialisé, (iv) Consolider le processus
démocratique et renforcer l’unité nationale.

a - Réduire la pauvreté à un niveau socialement acceptable : Les résultats de la dernière enquête camerounaise auprès des
ménages (ECAM III) indiquent que le taux de pauvreté monétaire n’a pas significativement changé entre 2001 et 2007. De
40,2% en 2001, il se situe autour de 39,9% en 2007. Dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), la
réduction de l’incidence de la pauvreté de moitié à l’horizon 2015, signifiait qu’il soit ramené dans la fourchette 20% - 25% à
cet horizon. Les résultats de l’ECAM III donnent une idée du chemin à parcourir pour ramener ce taux à moins de 10% en
2035. De manière spécifique, il s’agit d’augmenter les infrastructures de facilitation du développement (énergie, routes,
ports et aéroports, télécommunications, eau potable, etc.), d’intensifier la création d’emplois notamment pour les jeunes et
les femmes, tout en généralisant la disponibilité et la qualité des services de santé et d’éducation.

b - Atteindre le stade de pays à revenus intermédiaires : Selon la classification de la Banque Mondiale de 2002, les pays à
revenus intermédiaires sont ceux dont le revenu par tête est compris entre 2 936 et 9 075 dollars. Actuellement, le
35
Cameroun avec un revenu de 630 dollars par tête se classe dans la tranche des pays à faibles revenus. L'ambition de
devenir un pays à revenus intermédiaires se décline spécifiquement par la nécessité pour le pays d’accélérer et de conforter
le rythme de croissance économique dont dépend l'accroissement des revenus. Ceci nécessite une croissance à deux chiffres

c – Devenir un Nouveau Pays Industrialisé : La principale caractéristique d’un Nouveau Pays Industrialisé (NPI) est une
industrialisation rapide et une évolution accélérée du secteur manufacturier. L’ambition du Cameroun à travers la vision de
développement à long terme, est de passer de la phase primaire où la production manufacturière représente moins de 11%
du PIB, avec une exportation essentiellement des biens primaires et une importation des produits manufacturiers légers et
lourds, à la phase de deuxième import substitution. Dans cette perspective, la vision retient comme objectifs spécifiques
d’améliorer le poids des produits issus de l’industrie manufacturière dans le PIB et d’infléchir les importations de tels
produits tout en améliorant leur part dans les exportations.

d - Consolider le processus démocratique et renforcer l’unité nationale : L’objectif de consolidation du processus


démocratique est de garantir l’existence des espaces d’expression et de libertés, la stabilité des institutions, l’existence de
contre-pouvoirs et d’organes de régulation opérationnels et crédibles. Il renvoie également à la promotion d’un Etat fort,
doté d’une administration et d’un système juridique sains et dont les actions reposent sur les principes de droits édictés et
mis en application partout et pour tous.

La vision d’unité renvoie à la mobilisation des différentes composantes (sociologiques,


religieuses, linguistiques, corporatistes, etc.) de la société, pour promouvoir les idéaux
de paix, de progrès social, et de solidarité nationale.
Pour baliser la première étape du chemin vers les objectifs de cette vision, un Document
de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) a été également adopté en 2009 pour
la période 2010-2020, en remplacement du Document de Stratégie de Réduction de la
Pauvreté (DSRP) dont la mise en œuvre a abouti à des résultats plutôt mitigés. Le DSCE,
à la différence du DSRP plus orienté vers des mesures de réduction de la pauvreté, met
l’accent sur la relance de la croissance par les secteurs productifs, la création de
nombreux emplois et une meilleure redistribution des fruits de la croissance, afin que
le pays soit à même de relever ses défis de développement, notamment au plan de
l’atteinte des OMD. Il sert désormais de cadre de référence qui doit inspirer les

35 Cameroun Vision-2035, juin 2009 (les objectifs quantitatifs de la vision Cameroun 2035)
RAPPORT GLOBAL 128
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

politiques et stratégies sectorielles et régionales, d’où découleront les programmes et


projets de développement à mettre en œuvre.
Sur la base de ce cadre de référence, chaque secteur de l’économie doit élaborer (ou
réactualiser) son document de stratégies, pour organiser et présenter la manière
d’apporter sa contribution à l’atteinte de l’objectif général de développement du pays.
2 – Vision du développement urbain et de l’habitat
La vision mentionne le développement urbain parmi les défis que le Cameroun doit
relever pour atteindre le stade de pays émergeant en 2035. Pour cela l’orientation
principale en la matière est «la maîtrise du développement urbain et l’amélioration du
cadre et des conditions de vie des populations urbaines à l’effet d’accroître la
compétitivité et l’efficacité économique, sociale et environnementale des villes du
Cameroun».Ceci pourrait être obtenu en (i) rationalisant l’occupation de l’espace urbain
et des implantations humaines dans les zones d’extension et dans les zones urbanisées,
(ii) améliorant l’habitat et le cadre de vie du plus grand nombre, notamment en termes
d’accessibilité aux services urbains de base et au transport en commun, (iii) accroissant
la mobilité intra urbaine à un moindre cout pour les transporteurs et pour les usagers,
(iv) augmentant la qualité et la quantité de l’offre du secteur privé et des services
urbains notamment dans la construction, le transport et l’assainissement, (v)améliorant
la gestion des villes par une meilleure allocation des responsabilités et des ressources,
notamment fiscales entre l’Etat, les CTD et la société civile36.
3 – Objectifs du Gouvernement en matière de développement urbain
En vue d’atteindre les orientations de la vision, le DSCE fixe comme principaux objectifs
«de maîtriser le développement des villes (taux d’urbanisation de 57,3% en 2020) et d’en
faire des centres de production et de consommation nécessaires à l’essor du secteur
industriel, mais également de promouvoir l’émergence des agglomérations
périphériques, le développement des villes moyennes ou secondaires capables de
structurer les activités économiques dans l’espace urbain et de concourir au
développement des zones rurales environnantes».
Pour ce faire, le DSCE identifie six axes stratégiques : (i) l’entretien et la réhabilitation
des infrastructures urbaines, (ii) le développement des infrastructures urbaines, (iii)
l’amélioration de l’accès aux services urbains de base, (iv) la maitrise de l’occupation du
sol, (v) la protection des groupes sociaux vulnérables et, (vi) le renforcement des
capacités institutionnels37.
Compte tenu de tout ce qui précède et au vu du bilan-diagnostic dressé dans le
document n°1, le développement urbain devrait viser en finalité «Un secteur urbain
maîtrisé pour un développement économique et social durable», slogan fédérateur
pour la mobilisation de toutes les parties prenantes.

36
Cameroun vision-2035, juin 2009, page 45
37
Cameroun vision-2035, juin 2009, page 45 / DSCE, août 2009, PP 61et 62
RAPPORT GLOBAL 129
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

SECTION 2 – OBJECTIFS ET STRATEGIES

RAPPORT GLOBAL 130


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

2 – 1. OBJECTIFS ET STRATEGIES PAR COMPOSANTE


Les objectifs stratégiques et spécifiques de chaque composante ont été déduits de la
problématique de la première partie portant sur le bilan-diagnostic, pour déboucher sur
les axes d’intervention, les résultats attendus et les indicateurs de ladite composante.

A – COMPOSANTE URBANISME-HABITAT-CADRE DE VIE


1 – Rappel de la problématique
Du rapport diagnostic produit dans le cadre de cette étude, il se dégage comme
problème majeur le développement d’un habitat indécent et anarchique dans
l’essentiel des zones urbaines. Les conséquences sont le renchérissement des coûts de
desserte en services urbains de base (voirie, eau, assainissement, électricité, etc.) et le
développement d’un cadre de vie peu propice à la productivité de la ville et à
l’amélioration des conditions de vie des populations.
Le problème principal tel que posé a pour causes essentielles :
a. Les faiblesses de l’urbanisme réglementaire (non application des textes, non
approbation des documents, non application des rares documents approuvés), et les
insuffisances (principalement quantitatives) des opérations d’urbanisme;
b. l’insuffisance de l’offre de logements décents (en locatif et en accession) et de
terrains à bâtir (pour les candidats à la construction et pour les promoteurs, publics ou
privés), qui n’a répondu ni qualitativement ni quantitativement à la demande ;
c. la fourniture insuffisante des services urbains de base.
2 – Objectif stratégique et objectifs spécifiques
Face à ces problèmes et en cohérence avec la vision de développement du Cameroun à
l’horizon 2035 et le DSCE pour la période 2010-2020 (dont l’un des objectifs est la
maîtrise du développement urbain), l’objectif stratégique de la composante est de
réduire de façon significative la proportion de l’habitat indécent en milieu urbain.
Cet objectif stratégique se décline en trois objectifs spécifiques qui sont :
Objectif spécifique 1 : Améliorer quantitativement et qualitativement la production
des espaces urbanisés ;
Objectif spécifique 2 : Accroître l’offre de parcelles et de logements décents ;
Objectif spécifique 3 : Améliorer l’accès des populations aux services urbains de
base.
3 – Axes d’intervention
L’atteinte des objectifs tels que définis ci-dessus exige des pouvoirs publics un
engagement fort et constant de procéder à une transformation profonde de l’espace
urbain actuellement peu décent par des textes appropriés, des opérations urbaines
ciblées, et la maîtrise des ressources de toutes natures. Elle s’appuiera sur les axes
d’intervention suivants :

RAPPORT GLOBAL 131


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Axe UH.1 - Systématisation de la planification urbaine : la planification urbaine devrait


précéder toute action en milieu urbain. Au regard du diagnostic, tel n’est pas le cas pour
la plupart des villes camerounaises. Pour remédier à ce dysfonctionnement, l’exercice
consistera à les actualiser lorsque ces documents sont caducs, les élaborer lorsqu’ils
n’existent pas, procéder à leur approbation, et surtout veiller à leur mise en œuvre
scrupuleuse ;
Axe UH.2 - Amélioration de l’habitat : elle porte essentiellement sur des opérations
urbaines telles que la restructuration, la rénovation des quartiers d’habitat spontané et
la réhabilitation des infrastructures urbaines, l’aménagement des zones d’extension
urbaines et la construction de logements neufs ;
Axe UH.3 - Promotion d’un cadre de vie décent en milieu urbain : il s’agit ici d’engager
des actions de proximité visant à transformer l’environnement de l’homme ;
Axe UH.4- Amélioration du cadre institutionnel et juridique de gestion des
installations humaines : les dispositifs institutionnel, réglementaire et juridique actuels
ne facilitent pas une production satisfaisante de l’habitat décent en milieu urbain. Cet
axe portera plus particulièrement sur la restructuration des institutions du secteur (SIC,
MAETUR et CFC) ainsi que sur le renforcement du dispositif légal et réglementaire
régissant les activités de l’urbanisme, de l’habitat et du cadre de vie.
Axe UH.5 - Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles :
l’insuffisance dans la maîtrise de la croissance urbaine est corrélative à l’insuffisance
qualitative et quantitative en ressources humaines, financières et matérielles. L’accent
sera mis ici sur le renforcement des effectifs, le renforcement des capacités à travers la
formation continue du personnel du MINDUH et des autres structures partenaires. Des
actions viseront également l’amélioration du financement et de la disponibilité des
équipements, matériels et matériaux de construction.
4 – Résultats attendus et indicateurs
a) Résultats attendus
 la production des espaces urbanisés est qualitativement et quantitativement
améliorée ;
 l’offre en parcelles et en logements décents s’est accrue ;
 l’accès des populations aux services urbains de base est amélioré ;
 des opérations de lotissement à équipements minimum sont mises en œuvre ;
 le cadre institutionnel et juridique de gestion des installations humaines est
amélioré;
 les ressources humaines, financières et matérielles sont améliorées.

b) Indicateurs (avec cibles pour 2015)

RAPPORT GLOBAL 132


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

 superficie des quartiers d’habitat spontané restructurés ou rénovés ;


 proportion des infrastructures urbaines réhabilitées ;
 superficies des espaces en zones d’extensions urbaines aménagées ;
 nombre d’opérations de lotissement à équipements minimum mis en œuvre
(30000);
 nombre de nouveaux logements décents produits (40 000) ;
 taux d’accès des populations aux services urbains de base (50% contre 20%
actuellement) ;
 taux d’accès des populations aux infrastructures et assainissement (35% contre
15% aujourd’hui) ;
 taux d’accès des populations à l’eau potable (50% contre 29% actuellement) ;
 nombre des textes réglementaires en matière d’urbanisme, habitat et cadre de
vie élaborés et vulgarisés ;
 nombre de documents de planification urbaine élaborés et/ou actualisés ;
 nombre de villes disposant de documents de planification urbaine élaboré et
approuvés (au moins 20) ;
 taux d’application par ville des documents de planification urbaine approuvés (au
moins 40%) ;
 nombre de personnes formées ou recyclées par secteur d’activité (public, privé,
société civile) dans les domaines liés à l’urbanisme, l’architecture, le génie civil,
etc. ;
 part du budget de l’Etat allouée au développement de l’urbanisme, de l’habitat et
du cadre de vie (accrue) ;
 pourcentage d’entreprises du secteur ayant accès aux matériels, équipements et
matériaux nécessaires pour la production de parcelles, logements décents et
services urbains de base (en hausse) ;
 taux d’accroissement des ressources humaines, financières et matérielles au
cours des cinq ans (au moins 5%).

Les éléments ci-dessus, relatifs à la composante une, sont consignés dans le cadre
logique ci-dessous.

RAPPORT GLOBAL 133


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 25 : Cadre logique de planification stratégique de la composante «urbanisme-


urbanisme-cadre de vie»

Source de
Objectifs Indicateurs objectivement vérifiables Hypothèques / risques
vérification

Objectif stratégique : Réduire de façon Financement disponible,


Niveau de réduction de la proportion de Rapport annuel
significative la proportion de l’habitat droits fonciers apurés /
l’habitat indécent en milieu urbain d’activités
indécent en milieu urbain consolidés
Pourcentage des superficies des quartiers
d’habitat spontané restructurées ou
rénovées
Objectifs spécifique 1 : Améliorer
Rapport annuel Terrains d’assiette
quantitativement et qualitativement la Proportions des infrastructures urbaines
réhabilitées d’activités disponibles
production des espaces urbanisés
Pourcentage des superficies des espaces
en zones d’extension urbaine aménagés
Objectifs spécifique 2 : Accroitre Pourcentage de nouveaux logements
l’offre de parcelles et de logements décents et de nouvelles parcelles Rapport d’activités Financement assuré
décents produites
Tous les acteurs urbains
Objectif spécifique 3 : Améliorer Rapports
Proportion des populations ayant accès (administrations, sociétés
l’accès des populations aux services d’enquêtes
aux services et équipements urbains civiles) impliqués dans la
urbains de base périodiques
production de la ville
-Superficie des quartiers d’habitats
Financement disponible
spontanés restructurés ou rénovés
Résultats 1 : La production des espaces
-Nombre d’infrastructures urbaines Document de planification
urbains est qualitativement et Rapport d’activités
réhabilitées disponible
quantitativement améliorée
-Superficies des espaces en zones Terrains d’assiette
d’extension urbaine aménagés disponibles

Superficie des parcelles produites dans Apurement des droits


Résultats 2 : L’offre en parcelle et en les villes fonciers
Rapport d’enquêtes
logement décents s’est accrue Nombre de nouveaux logements décents Production des réserves
produits foncières

Rapports
Disponibilités des
Résultats 3 : l’accès des populations Effectif de la population ayant accès aux d’enquêtes
différentes stratégies de
aux services urbains de base est services et équipements urbains (eau, Rapports d’activités fourniture des services
amélioré électricité etc.) des urbains
concessionnaires
Résultat 4 : les opérations de
Nombre d’opérations de lotissement à Rapport annuel Production des réserves
lotissement à équipements minimum
équipements minimum mises en œuvre d’activités foncières
sont mises en œuvre

-Nombre de textes réglementaires en


matière d’urbanisme élaborés et
Répertoire des
Résultat 5 : Le cadre institutionnel et vulgarisés
textes signés dans Délai de réactivité des
juridique de gestion des installations
l’année (journal services compétents
humaines est amélioré
-Nombre de documents de planification officiel)
élaborés et/ou actualisé

RAPPORT GLOBAL 134


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Résultat 6 : Tous les chefs lieux de Nombre de ville disposant de documents


Rapport annuel
régions disposent de document de de planification urbaine élaborés et
d’activités
planification urbaine approuvés

-Nombre de personnes formées ou


recyclées par secteur d’activité (public,
privé, société civile) dans les domaines
liés à l’urbanisme, l’architecture, le génie
civil, etc.
-Proportion d’entreprises ayant accès aux
matériels, équipements et matériaux
Des écoles de formation
Résultats 7 : Les ressources humaines, nécessaires pour la production des
sont créées
financières et matérielles sont parcelles, logements décents et services Rapports d’activités
améliorées urbains de base
-Taux d’accroissement des ressources
humaines, financières et matérielles au
cours des cinq ans

-Part du budget de l’Etat allouée au


développement de l’urbanisme, de
l’habitat et du cadre de vie

RAPPORT GLOBAL 135


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

B – COMPOSANTE TRANSPORTS URBAINS


1 – Rappel de la problématique
Le bilan-diagnostic du sous secteur urbain a montré qu’au Cameroun, une partie
importante de la population urbaine n’a pas accès aux services de transport de qualité.
En effet, ce rapport a mis en évidence que le problème central en matière des
transports urbains est la faiblesse quantitative et qualitative de l’offre de transports
collectifs et semi collectifs.
Une analyse multicritère de cette composante a permis de déterminer trois causes
principales à ce problème central, à savoir :
a. L’insuffisance de la couverture des villes par des réseaux adaptés au transport
collectif et semi-collectif ;
b. La politique peu incitative de développement des moyens de transport urbain de
masse ;
c. La faible maîtrise de la gestion des réseaux et du trafic.

2 – Objectif stratégique et objectifs spécifiques


De ce qui précède, il apparaît que l’objectif stratégique en matière de Transports
Urbains est d’améliorer la mobilité intra urbaine.
Cet objectif stratégique se décline en trois objectifs spécifiques qui sont :
Objectif spécifique 1 : Améliorer et étendre le réseau viaire dans les villes ;
Objectif spécifique 2 : Mettre en place une politique incitative de développement des
moyens de transport urbain de masse;
Objectif spécifique 3 : Assurer une meilleure gestion des réseaux et du trafic.
3 – Axes d’intervention
Pour l’atteinte de ces objectifs, et en cohérence avec les orientations du Document de
Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), quatre axes d’intervention majeurs ont
été définis qui permettront, au travers de programmes et actions subséquents, de
maintenir et améliorer le niveau de service dans les centres urbains tout en résorbant
progressivement le déficit de couverture en réseaux de transport dans les zones
d’extension.
Axe TU.1 - Développement de l’offre d’infrastructures de transports urbains
Axe TU.2 - Amélioration de la gestion des réseaux et du trafic
Axe TU.3 - Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axe TU.4 - Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles

4 – Résultats attendus et indicateurs


a) Résultats attendus
 L’état du parc infrastructurel s’est amélioré ;
 Le potentiel des infrastructures de transports urbains est amélioré

RAPPORT GLOBAL 136


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

 La gestion des réseaux de transports urbains s’est améliorée ;


 Les zones de stationnement sont aménagées
 Les modes de transport sont diversifiés ;
 Les ressources humaines, financières et matérielles sont améliorées ;

b) Indicateurs (avec cibles pour 2015)


 Linéaire de voirie construite (au moins 100 km)
 Linéaire de voie ferrée en site propre (au moins 13 km)
 Linéaire de voiries revêtues entretenu dans les villes (au moins 400 km) ;
 Linéaire de voiries en terre entretenus dans les villes (au moins 800 km) ;
 Linéaire de voiries réhabilité dans les villes (au moins 100 km) ;
 Temps moyen de déplacement réduit d'au moins 50% ;
 Temps d’attente d’un moyen de transport réduit d'au moins 50% ;
 Nombre de plates formes construites (au moins 01 dans les chefs lieux de régions
et les villes de transit) ;
 Nombre Textes élaborés, signés et publiés
 Nombre de personnes formées ou recyclées par secteur d’activité (public, privé,
société civile) dans les domaines liés aux transports urbains ;
 Part du budget de l’Etat allouée au développement des transports urbains ;
 Proportion d’entreprises ayant accès aux matériels, équipements et matériaux
nécessaires pour le développement des transports urbains de masse ;
 Taux d’accroissement des ressources humaines, financières et matérielles au
cours des cinq ans.

Les éléments ci-dessus, relatifs à la composante deux, sont consignés dans le cadre
logique ci-dessous.

RAPPORT GLOBAL 137


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 26 : Cadre logique de planification stratégique de la composante «Transports


urbains»

Indicateurs objectivement Source de Hypothèques /


Objectifs
vérifiables vérification risques
Objectif stratégique :
Niveau d’amélioration de la
Améliorer la mobilité intra
mobilité intra urbaine
urbaine
Objectifs spécifique 1 : Nombre de kilomètres du Les ressources
Rapports
Améliorer et étendre le réseau viaire améliorés ou financières sont
d’activités
réseau viaire dans les villes étendus dans les villes disponibles
Objectifs spécifique 2 :
Document de MINT a intégré cette
Mettre en place une
Textes élaborés, signés et stratégie du préoccupation dans
politique incitative de
disponibles sous secteur son programme
développement des moyens
transport d’actions
de transport urbain de masse
Les usagers des
Objectifs spécifique 3 : Niveau de diminution du temps réseaux de
Rapport
Assurer une meilleure moyen de déplacement et /ou transports urbains
d’enquête de
gestion des réseaux et du d’attentes d’un moyen de sont sensibilisés sur
trafic
trafic transport urbain la conservation du
patrimoine
Linéaire de voirie et de voie
Résultats 1 : L’état du parc Rapport Financement mis en
ferrée entretenu et/ou
infrastructurel s’est amélioré d’activités place
réhabilité
Résultats 2 : Le potentiel des
Linéaire d’infrastructures de Rapport Financement mis en
infrastructures de transports
transports urbains construit d’activités place
urbains est amélioré
Résultats 3 : La gestion des Temps moyen de déplacement Rapport sur la
réseaux de transports et /ou d’attentes d’un moyen gestion des
urbains s’est améliorée de transport urbain réseaux
Procès verbaux
Résultat 4 : Les zones de de réception
Nombre de plates formes Financement
stationnement sont des plates
construites disponible
aménagées formes
aménagées
Recueil
Résultat 5 : Les modes de Textes élaborés, signés et (journal
transport sont diversifiés disponibles officiel) des
textes signés
• Nombre de personnes
formées ou recyclées par
Résultat 6: Les ressources
secteur d’activité (public, privé,
humaines, financières et
société civile) dans les
matérielles sont améliorées ;
domaines liés aux transports
urbains

RAPPORT GLOBAL 138


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

• Part du budget de l’Etat


allouée au développement des
transports urbains
• Proportion d’entreprises
ayant accès aux matériels,
équipements et matériaux Rapport
nécessaires pour le d’activités
développement des transports
urbains de masse
• Taux d’accroissement des
ressources humaines,
financières et matérielles au
cours des cinq ans

RAPPORT GLOBAL 139


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

C – COMPOSANTE SECTEUR PRIVE URBAIN

1 – Rappel de la problématique

Il ressort du bilan-diagnostic que l’insuffisance quantitative et qualitative de l’offre du


secteur privé urbain constitue le problème central qui se pose au secteur privé local
urbain Cette offre est constituée de l’ensemble des métiers et professions du secteur
formel et informel, notamment des PME locales.

Les principales causes identifiées sont :


a. L’insuffisance quantitative et qualitative des ressources humaines ;
b. La faible organisation des acteurs du secteur ;
c. Les difficultés d’accès au financement bancaire ;
d. L’insuffisance d’une politique fiscale incitative ;
e. Les difficultés d’accès aux marchés publics ;
f. La faible demande (publique et privée) de certaines professions ;

2 – Objectif stratégique et objectifs spécifiques

Pour pallier ces insuffisances, les actions à mener par le Gouvernement doivent avoir
pour objectif stratégique de Développer la capacité et la compétitivité du secteur privé
urbain dans le domaine des infrastructures et de la production des services.

L’atteinte de cet objectif passe par la mise en place d’une politique publique d’appui
favorisant le développement des professions et métiers du secteur (PME, artisans,
travailleurs indépendants du BTP, de la production des matériaux de construction, des
transports urbains, de l’assainissement, de la promotion immobilière et de la maîtrise
d’œuvre urbaine). D’où les objectifs spécifiques ci-après :
Objectif spécifique 1 : Améliorer les capacités humaines, techniques, managériales,
matérielles et organisationnelles du secteur privé urbain ;
Objectif spécifique 2 : Améliorer l’accès des acteurs du secteur privé urbain aux
financements ;
Objectif spécifique 3 : Améliorer le cadre institutionnel et juridique ;
Objectif spécifique 4 : Faciliter l’accès des acteurs locaux aux marchés publics;

3 – Axes d’intervention

L’atteinte de ces objectifs et la mise en place des politiques susmentionnées se fera à


travers deux axes d’intervention.

Axe SP.1 – Renforcement des ressources humaines, techniques, managériales,


matérielles et organisationnelles ;
Axe SP.2 - Renforcement du cadre institutionnel et juridique.

RAPPORT GLOBAL 140


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Les résultats ci-après sont attendus de la mise en œuvre de la stratégie de


développement du secteur privé urbain.

4 – Résultats attendus et indicateurs

a) Résultats attendus
 Les conditions d’accès des acteurs du secteur privé urbain aux financements sont
améliorées ;
 l’accès aux marchés publics est facilité pour les locaux ;
 les textes législatifs et règlementaires complémentaires sont disponibles et
appliqués ;
 les capacités managériales, organisationnelles et techniques des entreprises du
secteur privé urbain sont améliorées ;
 les ressources humaines et matérielles sont renforcées.

Le renforcement des ressources humaines, techniques, managériales, matérielles et


organisationnelles et le renforcement du cadre institutionnel et juridique du secteur
privé urbain peuvent être mesurés à travers les indicateurs suivants :

b) Indicateurs (avec cibles pour 2015)


 Proportion d’entreprises du secteur ayant bénéficié d’un financement bancaire
(50%) ;
 Nouveau code des marchés publics disponibles ;
 Taux d’accession des PME du secteur à la commande publique (50%) ;
 Nombre de textes complémentaires élaborés ;
 Nombre d’entrepreneurs inscrits annuellement dans le secteur ;
 Pourcentage de marchés entièrement exécutés ;
 Proportion de personnel technique qualifié par entreprise ;
 Part du secteur informel dans la production des infrastructures et services
urbains (au moins 50%) ;
 Part d’emplois des artisans qualifiés ;
 Nombre de corporations constituées ;
 Nombre de formations dispensées.

Les éléments ci-dessus, relatifs à la composante trois, sont consignés dans le cadre
logique ci-dessous.

RAPPORT GLOBAL 141


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 27 : Cadre logique de planification stratégique de la composante «secteur privé


urbain»

Indicateurs objectivement Source de Hypothèques /


Objectifs
vérifiables vérification risques
Niveau de compétitivité du
Objectif stratégique : secteur privé urbain (taux
Développer la capacité et la d’accroissement global du
compétitivité du secteur chiffre d’affaires généré par ce
privé urbain secteur)
Pourcentage de marchés
entièrement exécutés ;
Objectifs spécifique 1 : Nombre d’organisations du
Améliorer les capacités secteur privé urbain ayant
humaines, techniques, bénéficié d’un programme de Rapport Financement
managériales, matérielles et renforcement des capacités d’activités disponible
organisationnelles du secteur Part du secteur informel dans
privé urbain la production des
infrastructures et services
urbains
Les conventions de
financement du
Objectifs spécifique 2 : Rapport annuel
Proportion d’entreprises du secteur privé sont
Améliorer l’accès des acteurs d’enquêtes au
secteur bénéficiant d’un signées entre le
du secteur privé urbain aux près des
financement bancaire MINFI et les
financements banques
structures de
financement.
Objectifs spécifique 3 : Recueil des
Nombre de textes
Améliorer le cadre textes ( journal
complémentaires élaborés ;
institutionnel et juridique officiel)
Le Président de la
Pourcentage des marchés Journal des
république a signé le
publics attribués aux locaux du marchés
Objectifs spécifique 4 : nouveau code des
secteur publics
Faciliter l’accès des acteurs marchés publics
locaux aux marchés publics Taux d’accès des PME du
secteur à la commande
publique
Résultats 1 : Les conditions
d’accès des acteurs du Nombre d’entreprises du
secteur privé urbain aux secteur bénéficiant d’un
financements sont financement bancaire
améliorées
Résultats 2 : l’accès aux
Nouveau code des marchés
marchés publics est facilité Nouveau code
publics disponible
pour les locaux

RAPPORT GLOBAL 142


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Résultats 3 : les textes


Recueil des
législatifs et règlementaires
Nombre de textes élaborés textes (journal
complémentaires sont
officiel)
disponibles et appliqués
Des écoles de
Résultat 4 : les capacités formations ont été
managériales, Nombre de programmes de Rapport créées en nombre
organisationnelles et renforcement de capacité des général des suffisant
techniques des entreprises entrepreneurs du secteur privé séminaires de Les grandes écoles
du secteur privé urbain sont urbain formation développent en leur
améliorées ; sein le système de
formation continue
Existence d’un plan de
renforcement des ressources
humaines et matérielles
Proportion de personnel
Rapport
Résultat 5 : les ressources technique qualifié par
d’activités ou Disponibilité du
humaines et matérielles sont entreprise
de suivi financement
renforcées. Part d’emplois des artisans
évaluation
qualifiés
Nombre de formations offertes
Nombre de facilités offertes au
secteur en termes de matériel

RAPPORT GLOBAL 143


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

D – COMPOSANTE GOUVERNANCE URBAINE


1 – Rappel de la problématique
La promotion de la gouvernance urbaine renvoie à une utilisation efficace et efficiente
du potentiel humain ainsi que des différentes ressources disponibles.
Il s’agit en fait pour le Cameroun de réaliser sa vision d’être un pays émergent,
démocratique et uni dans la diversité d’ici 25 à 30 ans.
A cet effet, le problème central identifié dans la composante gouvernance urbaine est la
difficulté de la mise en cohérence de tous les leviers novateurs d’une gestion optimale
de la cité.
Cette difficulté découle d’un ensemble de facteurs dont les principaux sont :
a. Des insuffisances multiples dans la gestion des collectivités territoriales
décentralisées ;
b. Une faible capacité organisationnelle, financière, et opérationnelle ;
c. Une faible coordination entre les services centraux et déconcentrés de l’Etat ;
d. Un partenariat insuffisamment développé entre l’Etat, les CTD, la Société civile et
le Secteur Privé ;
e. Une faible implication des populations aux initiatives de l’Etat ;
f. Une faible communication sociale en matière de gestion urbaine.
Sur la base des disfonctionnements ci-dessus énumérés, un objectif stratégique assorti
de cinq objectifs spécifiques a été retenu.

2 – Objectif stratégique et objectifs spécifiques


Objectif stratégique : Asseoir une bonne gouvernance urbaine.
Cet objectif stratégique se décline en cinq objectifs spécifiques qui sont :
Objectif spécifique 1 : Améliorer l’organisation et le fonctionnement des CTD ;
Objectif spécifique 2 : Améliorer la coordination des services centraux et
déconcentrés de l’Etat ;
Objectif spécifique 3 : Développer le partenariat entre l’Etat, les CTD, la Société civile
et le Secteur Privé;
Objectif spécifique 4 : Inciter les populations à s’impliquer aux initiatives de l’Etat;
Objectif spécifique 5 : Améliorer la communication sociale.
3 – Axes d’intervention
L’atteinte des objectifs spécifiques ci-dessus énumérés passe par quatre axes
d’intervention ainsi définis :
Axe GU.1 - Renforcement des capacités des CTD ;
Axe GU.2 - Poursuite de la mise en œuvre de la décentralisation ;
Axe GU.3 - Promotion de la gestion urbaine participative ;
Axe GU.4 - Renforcement de la communication sociale ;

RAPPORT GLOBAL 144


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

4 – Résultats attendus et indicateurs


a) Résultats attendus
En raison de son importance centrale pour le succès de la stratégie de développement
du sous-secteur urbain, les résultats attendus de la mise en œuvre de la gouvernance
urbaine sont :
 Le cadre et les conditions de vie en milieu urbain sont améliorés ;
 Les mécanismes de communication et de transparence sont fonctionnels ;
 La Fracture sociale est réduite ;
 Les Acteurs urbains sont plus performants ;
 Les Populations urbaines sont plus impliquées dans la gestion de la cité ;
 La Productivité urbaine est améliorée,
 Le cadre institutionnel et réglementaire est amélioré.
b) Indicateurs (avec cible en 2015)
L’amélioration de la gouvernance urbaine peut être mesurée à travers quelques
indicateurs englobants tels :
 Le taux d’augmentation de la production des biens et services ;
 La Baisse du taux de chômage ;
 La Baisse du taux d’insécurité ;
 L’augmentation du taux de transfert financier élevé ;
 Le taux de transfert de compétences aux CTD en hausse ;
 La proportion des ressources humaines renforcée (au moins 80%) ;
 La proportion des ressources matérielle et financière disponibles (au moins
90%) ;
 Le nombre de projets dont la maîtrise d’ouvrage urbaine est assurée par les
communes en hausse;
 Le nombre de programmes de développement urbain impliquant la participation
des populations. en augmentation
Les éléments ci-dessus, relatifs à la composante quatre, sont consignés dans le cadre
logique ci-dessous.

RAPPORT GLOBAL 145


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 28 : Cadre logique de planification stratégique de la composante «Gouvernance


urbaine»

Indicateurs objectivement Source de Hypothèques /


Objectifs
vérifiables vérification risques
Objectif stratégique : Asseoir
une bonne gouvernance
urbaine
Le MINADT a donné
Objectifs spécifique 1 :
Niveau de transfert de Textes du un délai aux CTD de
Améliorer l’organisation et le
compétences aux CTD MINATD mettre en pratique
fonctionnement des CTD
l’organigramme type
Le développement urbain se Rapports
Objectifs spécifique 2 : Les autorités
fait dans un cadre planifié d’activités des
Améliorer la coordination administratives ont
services
des services centraux et Nombre de réunions de institué des
centraux et
déconcentrés de l’Etat coordination par mois réunions mensuelles
déconcentrés
Contrats de
Objectifs spécifique 3 :
ville
Développer le partenariat Nombre de projets réalisés
Protocoles de
entre l’Etat, les CTD, la annuellement en partenariat
partenariat
Société civile et le Secteur avec les autres acteurs urbains
Rapports
Privé
d’activités
Protocole de
Objectifs spécifique 4 : Nombre de projets réalisés
partenariat
Inciter les populations à annuellement avec la
Contrat de ville
s’impliquer aux initiatives de participation de tous les
Rapports
l’Etat acteurs urbains
d’activités
Termes de
Objectifs spécifique 5 :
Nombre de réunions référence
Améliorer la communication
organisées Rapports
sociale.
d’activités
Existence d’un programme Journal des
Résultats 1 : Un cadre et
d’amélioration du cadre et projets
conditions de vie en milieu
condition de vie en milieu Rapport
urbain améliorés
urbain d’activités
Procès verbal
Résultats 2 : Mécanismes de
Existence d’un plan de de validation
communication et de
communication du plan de
transparence fonctionnels
communication
Nombre de projets réalisés
Résultats 3 : Fracture sociale annuellement avec la Rapport
réduite participation de tous les d’activités
acteurs urbains

RAPPORT GLOBAL 146


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Les populations, la société


Résultat 4: Populations
civile, le secteur privé
urbaines plus concernées
participent aux programmes de
dans la gestion de la cité
développement urbain
La maîtrise d’ouvrage des
projets urbains confiée aux
(communes jouent pleinement Recueil des
Résultat 5 : Productivité
leur rôle dans la maitrise textes signés à
urbaine améliorée
d’ouvrage urbaine) cet effet
Existence d’un protocole de
PPP dans les communes
Résultat 6 : Cadre
Existence du cadre Recueil des
institutionnel et
institutionnel et règlementaire textes signés
réglementaire amélioré
Résultat 7 : Personnels
Le personnel nommé en Qualification
administratif et technique
fonction du profil exigé du personnel
plus performants

RAPPORT GLOBAL 147


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

2 – 2. AXES STRATEGIQUES

Le bilan-diagnostic a permis de relever que le développement urbain au Cameroun est


peu harmonieux et mal coordonné. Pour inverser cette tendance les stratégies à mettre
en œuvre doivent être réalistes et s’appuyer sur les choix porteurs.

Ainsi, des différents objectifs et résultats ci-dessus identifiés, se dégagent cinq axes
stratégiques tels que présentés dans le tableau 29 ci-après :

Tableau 29 : Passage des axes d'intervention aux axes stratégiques

Axes d’intervention Axes stratégiques (AS)


UH.1 - Systématisation de la planification urbaine
UH.2 - Amélioration de l’habitat
AS.1 - Développement de l’habitat
UH.3 - Production d’un cadre de vie décent en milieu
urbain
urbain

UH.1 - Systématisation de la planification urbaine


TU.1 - Développement de l’offre d’infrastructures de AS.2 – Amélioration des
transports urbains infrastructures de transport urbain
TU.2 - Amélioration de la gestion des réseaux et du trafic

UH.4 - Amélioration du cadre institutionnel et juridique de


gestion des installations humaines AS.3 - Amélioration du cadre
TU.3 - Amélioration du cadre institutionnel et juridique institutionnel et juridique
SP.1 - Amélioration du cadre institutionnel et juridique

UH.5 - Amélioration des ressources humaines, financières


et matérielles
AS.4 - Amélioration des ressources
TU.4 - Amélioration des ressources humaines, financières
humaines, financières et matérielles
et matérielles
SP.2 - Amélioration des ressources humaines

GU.1 - Renforcement des capacités des CTD


GU.2 - Poursuite de la mise en œuvre de la
décentralisation AS.5 - Promotion de la gouvernance
urbaine
GU.3 - Promotion de la gestion urbaine participative
GU.4 - Renforcement de la communication sociale

RAPPORT GLOBAL 148


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

AXE STRATEGIQUE 1 : DEVELOPPEMENT DE L’HABITAT URBAIN


Cet axe stratégique est spécifique à la composante Urbanisme-Habitat-cadre de vie, et découle
des axes d’intervention UH1, UH2 et UH3 de cette composante du développement urbain.
Les objectifs poursuivis dans cet axe portent essentiellement sur la planification urbaine,
l’amélioration de l’habitat et la Promotion d’un cadre de vie décent en milieu urbain.
Développement de la planification urbaine
La planification urbaine devrait précéder toute action en milieu urbain. Il s'agira
d'actualiser les documents de planification devenus caducs, les élaborer lorsqu’ils
n’existent pas, procéder à leur approbation, et surtout veiller à leur mise en œuvre
Amélioration de l’habitat
Les actions du Gouvernement porteront essentiellement sur les opérations urbaines
telles que la restructuration, la rénovation des quartiers d’habitat spontané et la
réhabilitation des infrastructures urbaines, l’aménagement des zones d’extension
urbaines et la construction des logements neufs.
Promotion d’un cadre de vie décent en milieu urbain
Le Gouvernement engagera des actions de proximité visant à améliorer
l’environnement de l’homme en milieu urbain.

AXE STRATEGIQUE 2 : DEVELOPPEMENT DES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORTS URBAINS


L’amélioration quantitative et qualitative de l’offre des transports urbains passe par des actions
significatives sur plusieurs leviers au rang desquels l’élaboration d’une politique globale des
transports urbains, et évidemment la construction des infrastructures de transport urbain. En
effet, c’est de l’accroissement de la mobilité intra urbaine que découleront les actions qui
permettront de réduire les coûts de transaction, de faciliter l’activité économique et d’impulser
le progrès social.
Dès lors le «Développement des infrastructures de transport urbain» constitue un axe
stratégique majeur dans la stratégie de développement urbain au Cameroun. Cet axe
stratégique découle des axes d’intervention UH1, TU1 et TU2.
Les pistes d’actions privilégiées par le Gouvernement portent sur le Développement de l’offre
d’infrastructures de transports urbains et l’Amélioration de la gestion des réseaux et du trafic.
Amélioration de l’offre d’infrastructures de transports urbains

Il sera principalement question pour le Gouvernement d’améliorer la couverture des


villes par des réseaux de transport urbain adaptés au transport collectif et semi
collectif et de mettre en place une politique plus incitative de développement des
moyens de transport urbain de masse.
Amélioration de la gestion des réseaux et du trafic

Le Gouvernement entend assurer une meilleure maîtrise de la gestion des réseaux et


du trafic en milieu urbain

RAPPORT GLOBAL 149


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

AXE STRATEGIQUE 3 : AMELIORATION DU CADRE INSTITUTIONNEL ET JURIDIQUE


Les dispositifs institutionnel, réglementaire et juridique actuels ne facilitent pas une production
adéquate de la ville. Ceci a été clairement exprimé à travers les axes d’intervention des trois
premières composantes et a permis de dégager ce troisième axe stratégique.
Dans cet axe, le Gouvernement entend poursuivre essentiellement l’amélioration du cadre
institutionnel et juridique de gestion des installations humaines et l’amélioration du cadre
institutionnel et juridique de gestion des installations humaines. Cet axe stratégique découle des
axes d’intervention UH4, TU3 et SP1.
Dans ce cadre, il sera principalement question de renforcer le dispositif légal et
réglementaire régissant les activités de développement urbain et de l’habitat.

AXE STRATEGIQUE 4 : AMELIORATION DES RESSOURCES HUMAINES, FINANCIERES ET


MATERIELLES
l’insuffisance des ressources humaines, financières et matérielles constitue l’une des
préoccupations majeures issues du bilan-diagnostic et reprises à travers les axes d’interventions
des trois premières composantes desquelles découle l’axe stratégique n°4. Cet axe stratégique
résulte des axes d’intervention UH5, TU4 et SP2.
L’accent sera mis sur le renforcement des effectifs, le renforcement des capacités à
travers une formation permanente du personnel du MINDUH ainsi que des acteurs
de développement urbain. Le Gouvernement compte également engager des actions
pour améliorer le financement et les conditions matérielles du sous secteur urbain

AXE STRATEGIQUE 5 : PROMOTION DE LA GOUVERNANCE URBAINE


La gestion urbaine comporte plusieurs dimensions (technique, administrative financière et
autres). La mise en œuvre des différents programmes de développement urbain interpelle
plusieurs acteurs (Etat, CTD, société civile, populations) et nécessite par ailleurs une bonne
coordination.
Le bilan-diagnostic a permis de relever que la composante gouvernance urbaine constitue un
pilier du développement urbain. Les dysfonctionnements observés dans la mise en œuvre des
politiques urbaines ne pourront être réduits qu’à travers la promotion d’une bonne gouvernance
urbaine ; d’où l’importance de ce cinquième axe stratégique, découlant des axes d’intervention
GU1 à GU4.
Dans cet axe, les pistes d’actions du Gouvernement se concentreront
essentiellement sur la promotion de la gestion urbaine participative, et
l’amélioration de la mise en œuvre de la décentralisation.

RAPPORT GLOBAL 150


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

SECTION 3 – DETERMINATION
DES PROGRAMMES

RAPPORT GLOBAL 151


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

DETERMINATION DES PROGRAMMES

Au regard de ces axes stratégiques, deux types de programmes ont été identifiés : quatre
programmes opérationnels et un programme support tels que spécifiés dans le tableau 30 ci-
dessous.

Tableau 30 : Passage des axes stratégiques aux programmes

Axes Stratégiques (AS) Programmes (P)

P1 : Développement de la planification urbaine


AS.1 - Développement de l’habitat P2 : Amélioration de l'habitat
urbain P3 : Amélioration de l’environnement urbain et accès
aux services urbains de base

AS.2 – Aménagement des P4 : Développement des infrastructures de transport


infrastructures de transport urbain urbain
AS.3 - Amélioration du cadre
institutionnel et juridique
AS.4 - Amélioration des ressources
humaines, financières et Programme Support (P5) : Renforcement des moyens
matérielles d’accompagnement du sous-secteur urbain
AS.5 - Promotion de la
gouvernance urbaine

a) Programmes opérationnels
 Programme 1 : Développement de la planification urbaine ;
 Programme 2 : Amélioration de l’habitat (à travers des rénovations et des
restructurations de l’habitat existant, la construction de logements neufs et
l’aménagement des zones d’extension urbaine) ;
 Programme 3 : Amélioration de l’environnement urbain et accès aux services urbains de
base ;
 Programme 4 : Développement des infrastructures de transports urbains.

b) Programme support

Il est composé de l’ensemble des actions de renforcement des moyens d’accompagnement du


développement urbain et de l’habitat, et concerne essentiellement les questions d’amélioration
du cadre institutionnel et juridique, ainsi que l’amélioration des ressources humaines,
financières et matérielles.

Le tableau 31 qui suit identifie ces programmes, à partir de l’ancrage du développement urbain
dans le DSCE.

RAPPORT GLOBAL 152


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 31 : Identification des programmes de développement urbain

Objet du tableau : (Identifie les programmes, articule le lien entre le cadre stratégique et le cadre de programmes)
Ancrage dans le DSCE :
Paragraphe 179: Maîtriser le développement des villes (taux d’urbanisation de 57,3% en 2020) et en faire des centres de production et de consommation nécessaires à l’essor du
secteur industriel, mais également promouvoir l’émergence des agglomérations périphériques, le développement des villes moyennes ou secondaires capables de structurer les
activités économiques dans l’espace urbain et de concourir au développement des zones rurales environnantes

Paragraphe 181 :
- Entretien et réhabilitation des infrastructures urbaines
- Développement des infrastructures urbaines
- Amélioration de l’accès aux services urbains de base
- Maîtrise de l’occupation du sol
- Protection des groupes sociaux vulnérables
- Renforcement des capacités institutionnelles du sous-secteur urbain

- La production des espaces urbanisés est qualitativement et quantitativement améliorée


- La population a accès à des infrastructures et à des services urbains de qualité
Impacts attendus (2020) : - Les infrastructures urbaines contribuent efficacement au développement de l’économie du Cameroun
- Les cadres institutionnels accompagnent efficacement le développement du sous-secteur urbain
- Les modes de transport urbain sont diversifiés
 Les opérations test de restructuration de quartiers sont réalisées avec succès à Yaoundé et à Douala
 L’insécurité urbaine nocturne est réduite
La production de logements urbains s’est accrue
L’extension des villes de Yaoundé et Douala est maîtrisée
L’application de la réglementation en matière d’expropriation est améliorée
Des réserves foncières sont créées dans les communes
Des grandes trames foncières sont aménagées dans les villes
Effets poursuivis (2015) : Des plans d’assainissements et de drainages sont opérationnels
L’accès aux services de base dans les quartiers anarchiques s’est amélioré
Les aires de détente sont aménagées dans les zones urbaines
Des zones à risque sont délimitées et protégées
Des plans de gestion de l’assainissement sont mis en œuvre
Un dispositif institutionnel de gestion de l’environnement urbain est mis en place
La performance de l’industrie de la construction s’est accrue
La demande en matériaux locaux est satisfaite

153
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

 Le potentiel des infrastructures de transports urbains s’est amélioré


 La gestion des réseaux de transports urbains s’est améliorée
La gestion des villes est plus efficace et efficiente
Les acteurs du secteur urbain sont plus compétents
Le taux de chômage et de sous-emploi est réduit en milieu urbain

Paragraphe 180 :
1. ralentir le rythme d’augmentation du taux d’urbanisation (parvenir à un taux de 57% en 2020);
2. construire 150 km de voies bitumées et au moins 17 000 logements sociaux, aménager 50 000 parcelles ;
3. réduire de moitié le pourcentage de la population urbaine qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement
en eau potable, à l’électricité et aux TIC ;
4. renforcer l’industrie, le secteur privé, la gouvernance et les ressources humaines du sous-secteur urbain
Objectifs sectoriels (y. compris les 5. Contribuer à la réduction du chômage et du sous-emploi à travers la promotion de l‘approche HIMO
indicateurs, résultats, délais) :
Sous-secteur : Développement urbain et habitat
Axes Fonction Programmes Objectifs Indicateurs Baseline Cible
95 documents de
planification pour les
Développement 20 documents de
Encadrer et Nombre de documents de planification chefs lieux de région et de
urbain planification
1. Développement de maîtriser le élaborés ou actualisés et approuvés départements et les villes
élaborés
Développement de la planification développement secondaires d’au moins
l’habitat urbaine urbain 20 000 habitants
Réduire de façon - 2000 ha
significative la - SAD : 300 ha en - 30 000 parcelles
Développement de Développement 2. Amélioration de proportion de - Nombre de logements construits et 10 ans - Au moins 17000
l’habitat urbain l’habitat l’habitat Superficies des espaces aménagés, - MAETUR : 43 logements sociaux
indécent en restructurés ou rénovés 000 construits
milieu urbain - SIC : 14 000
3. Amélioration de Assainir et - Proportion des populations urbaines 35% 50%
Promotion d’un cadre de l’environnement embellir l’espace ayant accès aux infrastructures de
Développement
vie décent en milieu urbain urbain et de l’accès urbain proximité
Urbain
aux services urbains Taux d’accès des populations aux 20% 50%
de base services urbains de base
PM - Au moins 6000 km de
Développement Linéaires de voiries construits,
voirie en terre entretenus
Urbain entretenus ou réhabilités
- Au moins 3000 km de

154
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

voiries en terre réhabilités


- Au moins 1500 km de
voirie revêtue entretenus
- Au moins 300 km de
4. Développement des Améliorer la voirie revêtue réhabilités
Développement des infrastructures de mobilité urbaine - Au moins 600 km de
infrastructures transport urbain voiries construits
5. Programme
support : renforce- Assoir une
Développement Taux d’exécution des actions du sous-
Renforcement du cadre ment des moyens bonne PM Au moins 80%
Urbain secteur urbain
institutionnel et juridique d’accompagnement du gouvernance
sous-secteur urbain urbaine

155
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Diagramme 1 : Cadre d’intervention du sous-secteur urbain

Axe 4 Axe 5
Axe 1 Axe 2 Axe 3 Amélioration des
Développement Amélioration du Promotion de la
Développement de ressources humaines,
des infrastructures cadre institutionnel gouvernance
l’habitat urbain financières et
de transport urbain et juridique matérielles
urbaine
PROGRAMMES OPERATIONNELS

Programme 4 : Développement des infrastructures


de transport urbain

Programme 3 : Amélioration de l’environnement urbain et


accès aux services urbains de base

Programme 2 : Amélioration de l’habitat (à travers des


rénovations et des restructurations de l’habitat existant, la
construction de logements neufs, et l’aménagement des
zones d’extension urbaine)

Programme 1: Développement de la planification urbaine


PROGRAMME
SUPPORT

. Programme support: Renforcement des moyens


d’accompagnement du sous secteur urbain

156
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

RAPPORT GLOBAL 157


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

PRESENTATION

1 – Objectif
La deuxième partie de ce rapport global définit quatre programmes opérationnels et un
programme support pour supprimer ou tout moins réduire les écarts relevés dans la
première partie, entre l’offre et la demande en matière de sécurité foncière, d’habitat, de
services urbains de base, d’infrastructures de transports urbains, de capacités des acteurs
du secteur privé urbain, et de gouvernance urbaine.
Cette troisième partie consacrée au plan d’actions prioritaires décline ces programmes en
actions et activités.

2 – Méthodologie
Les cinq programmes sont présentés sous forme d’une matrice globale composée
d’actions et d’activités, avec des objectifs, des résultats, des indicateurs et des acteurs. De
cette matrice globale (cf section 2) est extrait un programme d’actions prioritaires à
l’horizon 2015 avec des résultats quantifiables. Les indicateurs qui en découlent
permettront d’évaluer le taux de réalisation des objectifs définis. Ils ont été choisis pour
permettre de :
 Quantifier, suivre et évaluer ;
 Mesurer le degré de succès dans l’atteinte des objectifs spécifiques et des objectifs
globaux ;
 Caractériser en qualité et en quantité les résultats, les objectifs spécifiques et les
objectifs globaux.

Ils répondent aux caractéristiques suivantes :


 spécifiques, avec des cibles claires;
 mesurables en termes de qualité et/ou quantité;
 pertinents par rapport aux besoins d’information de leurs utilisateurs;
 pouvant être fournis à temps afin d’être utiles à la gestion des projets.

La détermination de l’ordre de priorité entre les activités de chaque action s’est effectuée
suivant une analyse multicritère. Pour chaque programme, une priorité est établie à
travers une action déterminée, portant notamment sur des activités pouvant être
réalisées à l’horizon 2015. La démarche retenue pour le classement par ordre de priorité
des activités au sein d’une action s’appuie sur cinq critères, à savoir :
i) La gravité du problème à résoudre en termes d’incidence sur la population ;
ii) La pertinence des activités par rapport aux objectifs fixés dans le DSCE ;
iii) L’efficience (atteinte des objectifs au moindre coût) ;

RAPPORT FINAL 158


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

iv) La possibilité de disposer de ressources financières nécessaires pour sa


réalisation (ressources internes et externes);
v) La disponibilité des ressources humaines suffisantes pour la mise en œuvre des
activités.

Chaque critère est noté sur une échelle de trois (3) points repartis ainsi qu’il suit :

Très bien Moyen Faible


3 2 1

La somme arithmétique des notes obtenues pour chaque activité permet d’établir un
classement par ordre de priorité, sachant que la note maximale est de quinze (15) points.
Le plan d’investissement prioritaire est présenté par programme en termes d’actions et
d’activités à conduire au cours de la période allant de 2011 à 2015.

3 –Articulation
Cette troisième partie comporte trois sections :
1) la présentation des cinq programmes retenus pour apporter des solutions à
l’ensemble des problèmes identifiés, sous forme de texte ;
2) la matrice globale de mise en œuvre de la stratégie, qui détaille les actions et
activités des cinq programmes ;
3) Le Plan d’Actions Prioritaires regroupant les actions et activités à mettre en œuvre
d’ici à 2015 ;
4) la présentation des dispositifs de monitoring de la stratégie ;
5) les principales conditions de réussite de la mise en œuvre de la stratégie.

RAPPORT FINAL 159


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

– SECTION 1 : DESCRIPTION DES PROGRAMMES

Les programmes susvisés dans les tableaux 30 et 31, sont déclinés ci-dessous en actions
nécessaires pour leur mise en œuvre. Dans la présentation de chacune des actions il est rappelé
son l’intérêt, l’idée générale sur sa faisabilité et les différentes parties prenantes.

RAPPORT FINAL 160


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

PROGRAMME 1 : DEVELOPPEMENT DE LA PLANIFICATION URBAINE

Le Bilan-Diagnostic a montré que les villes camerounaises soufrent de l’insuffisance


d’espaces aménagés, dont l’une des principales causes est l’absence ou la non application
des documents d’urbanisme, de la réglementation de l’occupation et de l’usage des sols.
Pour remédier à ce dysfonctionnement qui handicape à la fois la production de masse de
l’habitat décent et le développement des infrastructures de transport urbain, la deuxième
partie consacrée aux choix stratégiques prévoit d’actualiser les documents d’urbanisme
lorsqu’ils sont caducs, de les élaborer lorsqu’ils n’existent pas, de procéder à leur
approbation, et surtout veiller à leur mise en œuvre scrupuleuse. C’est l’objectif de ce
premier programme.

RESPONSABLE DE MISE EN OEUVRE: MINDUH (DIVISION DES ETUDES, DE LA


PLANIFICATION ET DE LA COOPERATION(DEPC))

Il comporte deux actions :


ACTION 1 : ELABORATION DES DOCUMENTS DE PLANIFICATION URBAINE
ACTION 2 : ACTUALISATION DES DOCUMENTS DE PLANIFICATION URBAINE

La méthodologie d’intervention pour les deux actions étant pratiquement la même et aux
fins d’éviter les répétitions, l’on a procédé à une description unique pour les deux.

 Intérêt de ces actions


Le bilan-diagnostic a établi qu’un habitat insalubre s’est développé de façon anarchique et
inorganisée dans l’essentiel des zones urbaines au Cameroun qui, de manière générale,
présentent un caractère peu ordonné et une absence de réserves foncières pour les
équipements collectifs, une urbanisation de zones inconstructibles, avec pour causes :
l’insuffisance d’espaces aménagés, l’absence ou la non application des documents
d’urbanisme et de la réglementation de l’occupation et de l’usage des sols, l’absence de
documents de planification à jour approuvés pour la plupart des villes.

Or la loi régissant l’urbanisme au Cameroun impose à chaque commune de disposer de son


plan d’urbanisme. Par ailleurs, dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi
(DSCE), le Gouvernement s’est engagé à :
 maîtriser le développement des villes et en faire des centres de production et de
consommation ;
 promouvoir l'émergence des agglomérations périphériques et le développement des villes
secondaires.

Il s’agira donc de doter progressivement les villes de document d’urbanisme, en


commençant par les chefs-lieux de régions, les communautés urbaines, les chefs-lieux de
département et enfin, les petites localités.

 Idée générale des actions

RAPPORT FINAL 161


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Face à l’absence et/ou à l’obsolescence généralisée des documents de planification dans la


plupart des villes, la loi régissant l’urbanisme prévoit, entre autres, l’élaboration de
documents simplifiés, pour parer aux besoins pressants, notamment l’élaboration des Plans
sommaires d’urbanisme.

Aussi, tout en recevant l’appui du MINDUH, les collectivités territoriales seront encouragées à
prendre des initiatives dans l’élaboration des documents de planification de leurs localités.

 Parties prenantes aux actions


La mise en œuvre desdites actions implique les communes, auxquelles la loi de
décentralisation transfère les compétences en matière de planification urbaine. En 2011, un
décret du Premier Ministre Chef du Gouvernement est venu consacrer l’effectivité du
transfert de ces compétences. Le MINDUH et le MINDAF interviennent également.

RAPPORT FINAL 162


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

PROGRAMME 2 : AMELIORATION DE L’HABITAT

Le Bilan-Diagnostic, réalisé dans le cadre de cette étude, a relevé d’énormes problèmes en


matière d’habitat en milieu urbain. Ces problèmes sont caractérisés par le développement
d’un habitat indécent et anarchique dans l’essentiel des zones urbaines. L’une des
principales causes de ces problèmes est l’insuffisance de l’offre de logements décents (en
locatif et en accession) et de terrains à bâtir (pour les candidats à la construction et pour les
promoteurs, publics ou privés). Avec de tels problèmes, le Cameroun atteindra difficilement
ses objectifs de développement économique et social tels que fixés dans le Vision-2035. Par
conséquent, des voies et moyens doivent être trouvés pour qu’à l’horizon de la Vision, la
proportion de l’habitat indécent en milieu urbain soit réduite de façon significative, et que la
production de terrains et de logements décents réponde aux besoins des populations. A cet
effet, la deuxième partie de cette stratégie consacrée aux choix stratégiques prévoit une
amélioration de l’habitat à travers des actions de : (i) Restructuration/rénovation de l’habitat
existant, (ii) Construction de logements neufs (sociaux, moyen et haut standings) et, (iii)
Aménagement des zones d’extension urbaine.

Conformément aux dispositions du DSCE et de la Stratégie de Promotion de l’approche


Haute Intensité de Main d’œuvre (HIMO), certaines tâches liées à la réalisation de ces
actions se feront avec recours à l’approche HIMO. Ces tâches seront identifiées au moment
des études et précisées dans les dossiers d’appel d’offres.

RESPONSABLE DE LA MISE EN ŒUVRE : MINDUH (DIRECTION DU DEVELOPPEMENT


URBAIN (DDU) ET DIRECTION DE L’HABITAT ET DE L’ARCHITECTURE(DHA))

ACTION 1. CONSTITUTION DES RESERVES FONCIERES

 Intérêt de l’action
Du bilan-diagnostic il ressort que l’’insuffisance de l’offre de logements décents (en locatif et
en accession) et de terrains à bâtir (pour les candidats à la construction et pour les
promoteurs, publics ou privés), qui n’a répondu ni qualitativement ni quantitativement à la
demande, constitue l’une des principales causes du développement d’un habitat insuffisant,
anarchique et indécent en milieu urbain. En effet, malgré les efforts consentis par l’Etat, la
production des espaces urbanisés et des réserves foncières n’a pas répondu favorablement à
l’importante demande de terrains pour la production des infrastructures, des logements, des
services et équipements sociaux et autres, nécessaires pour accueillir la croissance urbaine.

 Idée générale de l’action


L’objectif de cette action, dont la mise en œuvre se fera conformément à la loi régissant
l’urbanisme au Cameroun et aux textes sur le foncier, est de permettre à l’Etat de disposer
des réserves foncières en milieu urbain. Ainsi, la constitution, la sécurisation et la
viabilisation des sites des réserves foncières de l’Etat sont les activités relatives à la mise en
œuvre de cette action.

RAPPORT FINAL 163


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

 Parties prenantes à l’action


Le MINDAF en est l’acteur principal. Le MINDUH, le MINEE, MINPOSTEL, le MINFI, le
MINEPAT, les CTD et les institutions liées à ces départements ministériels tels que la
MAETUR, le CFC, le FEICOM en sont les autres acteurs ainsi que les Organisations de la
Société Civile et les populations concernées.

ACTION 2. RESTRUCTURATION ET RENOVATION URBAINES

 Intérêt de l’action
Le diagnostic posé sur l’habitat a révélé qu’environ 70% de l’espace urbain est occupé par les
quartiers d’habitat spontané, anarchique et indécent. L’objectif de cette action est donc de
réduire de façon significative la proportion de l’habitat indécent en milieu urbain. Pour ce
faire, la réalisation des opérations urbaines telles que définies dans la loi N°2004/003 du 21
avril 2004 régissant l’urbanisme au Cameroun est nécessaire. En effet, l’article 54 de cette loi
stipule que la restructuration et la rénovation urbaines concourent à l’amélioration des
conditions de vie et de sécurité des populations au regard de la situation foncière, de l’état
des constructions, de l’accès aux habitations, des espaces verts, de l’environnement et des
voiries et réseaux divers.
Par ailleurs, le décret d’application N°2008/0738/PM du 23 avril 2008 portant organisation
des procédures et modalités de l’aménagement foncier vient renforcer la loi régissant
l’urbanisme, en ce sens qu’il fixe les procédures et modalités d’exécution des opérations
d’aménagement foncier et celles de création et de fonctionnement des organismes d’études
et d’exécution desdites opérations.
Ces opérations d’aménagement foncier participent à l’amélioration du tissu urbain des
agglomérations en vue d’y implanter des constructions nouvelles. Elles permettent ainsi
d’améliorer le cadre de vie des populations dans les quartiers, l’offre de logements décents
(en locatif et en accession) et de terrains à bâtir.

 Idée générale de l’action


Toute opération de restructuration ou de rénovation urbaine doit être exécutée suivant les
recommandations d’une étude de faisabilité préalable qui détermine un plan de
restructuration/rénovation urbaine suivant les dispositions prévues par la loi, les conditions
techniques et financières, les délais de l’opération, la déclaration de l’utilité publique des
travaux et la réalisation des opérations projetées conformément à la réglementation en
vigueur.
Les activités y afférentes porteront sur la définition et la mise en œuvre d’une politique
d’amélioration de l’habitat existant, la réalisation des études techniques spécifiques et des
travaux.

 Parties prenantes à l’action


Les administrations publiques ont un rôle prépondérant dans la mise en œuvre de cette
action. En effet, l’Etat (à travers le MINDUH, le MINDAF, le MINATD et les CTD) en est
l’acteur principal. Le MINDUH, sur proposition d’une commune ou d’un groupement
d’initiative foncière urbaine, identifie les sites à restructurer ou à rénover et en délimite le

RAPPORT FINAL 164


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

périmètre en collaboration avec le MINDAF. Un texte du MINDUH précise les modalités


d’exécution des travaux, les sources de financement, les acteurs impliqués dans l’opération,
la destination finale de l’opération, les modalités de création de la zone de recasement et
d’attribution des parcelles.
La MAETUR, le CFC, les promoteurs immobiliers et les organisations de la société civile
constituent également des parties prenantes dans cette action.

L’approche participative, c’est-à-dire l’implication des populations concernées à toutes les


phases de ces opérations est vivement recommandée par la loi. En effet, le MINDUH, à
travers sa direction chargée des questions sociales en milieu urbain (Division de
l’Environnement Social Urbain), doit organiser un dialogue permanent avec les populations
concernées pour avoir leur adhésion durant tout le processus.

ACTION 3. AMELIORATION DE L’ACCES ET DE L’UTILISATION DES MATERIAUX DE


CONSTRUCTION

 Intérêt de l’action
Parmi les causes du renchérissement du prix de production des logements décents, l’on a
identifié dans le bilan-diagnostic la non disponibilité des matériaux de construction et la
faible utilisation des matériaux locaux de construction. Cette action vise donc à développer
des activités nécessaires pour faciliter l’accès du plus grand nombre aux matériaux de
construction. Il se base sur les textes existants relatifs aux normes en la matière et à la
création de la Mission de Promotion des Matériaux Locaux (MIPROMALO).

 Idée générale de l’action


La maîtrise de l’information sur les matériaux locaux, la mise en place des unités pilotes de
fabrication et d’utilisation de ces matériaux, l’élaboration d’un guide d’assistance à l’auto
construction et à la vulgarisation des matériaux locaux sont autant d’activités à développer
dans le cadre de la mise en œuvre de cette action.

 Parties prenantes à l’action


Le Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI), à travers la
MIPROMALO, en est le chef de file. Le MINDUH, le MINDAF, le MINTP à travers le
LABOGENIE et les CTD en sont également des acteurs importants.

ACTION 4. CONSTRUCTION DE LOGEMENTS NEUFS

 Intérêt de l’action
Du bilan-diagnostic, il ressort que le déficit actuel en logements décents est estimé à environ
1 000 000 d’unités auxquelles s’ajoutent au moins 60 000 nouvelles demandes annuelles. En
effet, malgré les multiples efforts déployés par l’Etat Camerounais, l’offre publique et privée
de logements n’a pas répondu qualitativement et quantitativement à la demande. De ce
diagnostic ressort donc la nécessité d’améliorer l’offre de logements décents et de terrains à
bâtir en milieu urbain.

RAPPORT FINAL 165


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

En vue de s’arrimer aux orientations stratégiques nationales définies dans le DSCE, il s’avère
important d’une part de mettre en place de vastes programmes nationaux de construction
de logements sociaux et de bâtiments publics à usage de bureaux et de résidences, et
d’autre part, de mettre en œuvre une politique incitative pour l’amélioration de l’offre
privée de logements et de terrains.

 Idée générale de l’action


Pour atteindre l’objectif de réduire le déficit en logements décents et d’améliorer l’accès aux
logements décents pour un plus grand nombre, les activités à développer porteront sur
l’achèvement du programme gouvernemental de construction de 10 000 logements sociaux,
quelques études techniques spécifiques et la mise en place d’un vaste programme de
construction de logements sociaux.

 Parties prenantes à l’action


Le MINDUH, le MINDAF, le MINFI, le MINEE, les CTD, les promoteurs immobiliers et les
organisations de la société civile sont les acteurs principaux concernés par cette action. Les
organismes tels que la SIC, la MAETUR, le CFC, la MIPROMALO et la MAGZI sont également
des acteurs importants.

ACTION 5. AMENAGEMENT DES ZONES D’EXTENSION URBAINE

 Intérêt de l’action
Le développement anarchique des villes a été constaté comme l’un des problèmes majeurs
dans le diagnostic du sous-secteur urbain. La maîtrise du développement urbain constitue
donc l’une des préoccupations majeures du DSCE. En effet, l’option choisie par le
Gouvernement Camerounais est d’empêcher l’extension infinie des zones urbaines. Ces
zones seront aménagées pour accueillir la croissance urbaine en vue de satisfaire les
nouveaux besoins liés au développement des villes. La conduite d’une telle action s’appuie
non seulement sur les textes régissant l'urbanisme et l'aménagement foncier, mais aussi sur
ceux régissant l’expropriation pour cause d’utilité publique.

 Idée générale de l’action


Tout prélèvement dans une réserve foncière urbaine est subordonné à l’élaboration et à
l’approbation d’un plan d’aménagement approprié ou d’un document de planification
urbaine. Les activités ici porteront sur les travaux d’aménagement des réserves foncières
identifiées dans les communes, les études suivies des travaux d’aménagement de grandes
trames foncières communales dans les périphéries des villes.

 Parties prenantes à l’action


Le MINDUH, le MINDAF et les CTD en sont les principaux acteurs. Le MINDUH et/ou les CTD
initient les opérations, le MINDAF définit le statut juridique des zones à aménager et enfin le
MINEE, le MINEP, la MAETUR, le CFC, les organisations de la société civile et les acteurs du
secteur privé interviennent également dans l’aménagement des zones d’extension urbaine,
chacun selon ses missions régaliennes ou son secteur d’activité.

RAPPORT FINAL 166


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

PROGRAMME 3 : AMELIORATION DE L’ENVIRONNEMENT URBAIN ET ACCES AUX SERVICES


DE BASE

Le Bilan-Diagnostic a relevé une détérioration accentuée du cadre de vie en milieu urbain. Ce


programme comporte un ensemble d’actions destinées à l’amélioration dudit cadre. Il
s’agira de la réalisation des infrastructures de proximité (voies de desserte, ouvrages
d’assainissement, ouvrages de drainage, aires de détente) et la fourniture des services
urbains de base (accès à l’eau potable, éclairage public, élimination des déchets solides,
protection et sécurisation des zones à risques et limitation des nuisances diverses).
RESPONSABLE DE MISE EN OEUVRE: MINDUH (DIRECTION DU DEVELOPPEMENT URBAIN
(DDU) ET DIVISION DE L’ENVIRONNEMENT SOCIAL URBAIN (DESU))

ACTION 1: EMBELLISSEMENT DES CENTRES URBAINS


 Intérêt de l’action
Il ressort du bilan-diagnostic du sous-secteur urbain que les villes camerounaises, malgré la
fonction de divertissement qu’elles doivent remplir, et nonobstant les efforts isolés faits
dans les villes de Yaoundé et de Douala, brillent toutes par une absence prononcée des aires
de détente et d’espaces récréatifs. Au plan de l’attrait, elles apparaissent davantage comme
des villes peu vivantes.
L’embellissement des centres urbains vise à rendre ces villes plus accueillantes et plus
attrayantes dans un but touristique, mais davantage dans le but de permettre aux
populations de se récréer et de limiter le stress, gage d’une meilleure santé.
 Idée générale de l’action
Les activités qui doivent être développées à travers cette action sont relatives à la création
et/ou l’aménagement d’espaces verts et/ou boisés, de places aménagées, de promenades,
de monuments et d’espaces ludiques, le ravalement des façades, les plans d’épannelage, et
l’amélioration du mobilier urbain dans l’ensemble du périmètre urbain des grandes
agglomérations, en réponse à la feuille de route instruite par le Premier Ministre, Chef du
Gouvernement en 2009.
 Parties prenantes à l’action
Bien que le rôle majeur de mise en œuvre de cette action incombe aux Collectivités
Territoriales Décentralisées (CTD), elles doivent être appuyées et accompagnées par le
Ministère du développement Urbain et de l’Habitat (MINDUH), dans une moindre mesure, le
Ministère du Tourisme (MINTOUR), le Ministère de la Culture (MINCULT), le Ministère de
l’Environnement et de la Protection de la nature (MINEP), les Organisations de la Société
Civile (OSC) et les populations, principales bénéficiaires du capital de bien être que cette
action procure.
ACTION 2 : GESTION DES ZONES A RISQUES
 Intérêt de l’action
Le bilan-diagnostic a identifié l’occupation anarchique de l’espace (bas fonds marécageux,
flancs de colline, etc.) comme vecteur «d’insécurité» ayant pour corollaire des inondations
fréquentes et des éboulements de terrain. Il convient également de relever que Les risques

RAPPORT FINAL 167


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

technologiques, liés à la présence des établissements classés à proximité des zones d’habitat
dense constituent aussi des dangers latents pour les populations.
Les lois N°2004/003 du 21 avril 2004 régissant l’urbanisme au Cameroun et N°96/12 du 05
Aout 1996 portant loi cadre relative à la gestion de l’environnement au Cameroun ainsi que
celle de 98 sur les établissements classés dangereux, incommodes et insalubres, prescrivent
entre autres la protection des populations, de l’environnement, et la prise en compte des
risques naturels et anthropiques.
 Idée générale de l’action
Cette action vise à protéger les populations des risques naturels, anthropiques, des
pollutions et nuisances de toutes sortes. Il s’agira, pour mener à bien cette action, de réaliser
des études pour identifier, matérialiser et sécuriser ces zones exposées aux risques d’une
part, d’effectuer des opérations d’aménagement appropriés pour les sécuriser d’autre part.

 Parties prenantes à l’action


La mise en œuvre de cette action incombe au Ministère du Développement Urbain et de
l’Habitat (MINDUH). Il est assisté et appuyé par le Ministère de l’Economie, du Plan et de
l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), le Ministère de l’Environnement et de la
Protection de la Nature (MINEP), le Ministère des Domaines et des Affaires Foncières
(MINDAF), le Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation (MINATD), le
Ministère des Finances (MINFI), les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), les
Organisations de la Société Civile (OSC) et les populations.
ACTION 3: AMELIORATION DE L’EVACUATION DES EAUX PLUVIALES ET EPURATION DES
EAUX USEES

 Intérêt de l’action
Le bilan-diagnostic fait apparaître que 38% de la population urbaine habite près d’un
ruisseau et 16% est exposé aux inondations qui surviennent après de fortes pluies.
L’écoulement des eaux de pluie se fait selon la topographie naturelle des sites, créant parfois
d’énormes rigoles en travers des voies, des ravins et même des éboulements dans les zones
de fortes pentes , des pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants.
Le même bilan révèle une prédominance de latrines individuelles, un déficit très important
de latrines aménagées dans le respect des normes environnementales, une nette
insuffisance de réseaux d’égouts collectif (peu fonctionnel quand ils existent) et de stations
d’épuration.
Cette action vise l’assainissement des milieux à travers l’exécution des activités permettant
d’éviter la pollution des sols, des puits d’approvisionnement en eau, des cours d’eau et de la
nappe phréatique (déversement non contrôlé des effluents) permettant d’éviter la
récurrence des maladies hydriques (diarrhées, choléra, etc.).
 Idée générale de l’action
Les activités qui doivent être déployées pour la concrétisation de cette action sont relatives
à:
- l’amélioration des systèmes d’évacuation des eaux pluviales par l’élaboration des plans
directeurs d’assainissement et de drainage et leur mise en œuvre ;

RAPPORT FINAL 168


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

- la construction des ouvrages de drainage et des ouvrages longitudinaux d’assainissement


connexes des voies (calibrés en fonction des volumes à écouler) ;
- l’évacuation des eaux usées et des eaux vannes à travers des réseaux de collecteurs, des
puits perdus et des fosses septiques étanches ; et le traitement avant rejet des effluents
dans les cours d’eau à travers des stations d’épuration mécaniques ou par lagunage ;
- la maintenance des ouvrages existants et à construire.
 Parties prenantes à l’action
La mise en œuvre de cette action interpelle au premier plan le Ministère du Développement
Urbain et de l’Habitat (MINDUH) et les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). Ils
bénéficient de la collaboration du Ministère des Mines, de l’Eau et de l’Energie (MINEE), du
Ministère de la Santé (MINSANTE), des Organisations de la Société Civile (OSC) et des
populations.
ACTION 4 : AMELIORATION DE LA GESTION DES DECHETS SOLIDES
 Intérêt de l’action
Il ressort du bilan-diagnostic que, malgré les importants moyens déployés par l’état et les
municipalités pour la gestion des déchets, le service offert aux populations reste largement
insuffisant aussi bien en quantité qu’en qualité.
Les lois N°96/12 du 05 Août 1996 portant loi cadre relative à la gestion de l’environnement
au Cameroun et N°2004/018 du 22 Juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes
traitent entre autres des dispositions légales relatives à la gestion des déchets. Cette
dernière loi stipule que les déchets doivent être traités rationnellement en tenant compte
des contraintes écologiques afin d’éliminer ou de réduire leurs effets nocifs sur la santé de
l’Homme et sur la qualité de l’environnement dans une perspective de développement
durable.
 Idée générale de l’action
L’action vise à améliorer quantitativement et qualitativement la gestion des déchets solides.
Dans ce contexte, l’amateurisme et l’improvisation doivent céder la place à une approche
plus pragmatique et professionnelle basée sur un système intégré et participatif de gestion
des déchets. Il faudra donc mener des études spécifiques pour l’élaboration des plans locaux
de gestion des déchets, et réaliser un plan pour chaque ville assorti de l’aménagement de
sites de décharge appropriés.
 Parties prenantes à l’action
La mise en œuvre de cette action incombe au Ministère du Développement Urbain et de
l’Habitat (MINDUH) et aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). Ils bénéficient de
l’appui financier du Ministère des Finances (MINFI) et du FEICOM, de la collaboration du
Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature (MINEP), du Ministère des
Domaines et des Affaires Foncières (MINDAF), du Ministère de l’Administration Territoriale
(MINATD), des Organisations de la Société Civile (OSC) et des populations.
ACTION 5 : AMENAGEMENT ET DEPOLLUTION DES PLANS D’EAU
 Intérêt de l’action
Le bilan-diagnostic révèle que dans la quasi-totalité de nos villes la croissance urbaine prend
diverses formes et génère de multiples dysfonctionnements à travers la concentration de

RAPPORT FINAL 169


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

populations : déséquilibres sociaux, déficit d’équipements, pollutions diverses dues surtout à


l’insuffisance et à la non maîtrise des systèmes d’assainissement et de drainage. Dans ce
contexte, les eaux vannes et de ruissellement se déversent directement dans les collecteurs
au cas où ils existent, mais généralement, elles se jettent directement dans les lits des cours
d’eau sans traitement. Il en résulte une eutrophisation généralisée des cours d’eau urbains.
Au plan légal, ces actions sont régies par la loi N°96/12 du 05 Août 1996 portant loi cadre
relative à la gestion de l’environnement qui traite de la protection des eaux continentales et
des plaines d’inondation, et la loi N°98/005 du 14 Avril 1998 portant régime de l’eau qui
précise quant à elle les modalités de protection des eaux de surface et des eaux souterraines
contre la pollution.
 Idée générale de l’action
Cette action vise à assainir et à aménager les plans d’eau urbains. Ceci passe par la
réalisation des études spécifiques :
- pour la maîtrise des techniques de dépollution ;
- pour la détermination des méthodes d’aménagement.
Cette phase d’études sera suivie de la réalisation des travaux de dépollution et
d’aménagement des plans d’eau dans les villes cibles.
 Parties prenantes à l’action
La mise en œuvre de cette action interpelle au premier plan le Ministère du Développement
Urbain et de l’Habitat (MINDUH) et les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). Ils
bénéficient de l’appui financier du Ministère des Finances (MINFI) et du FEICOM, de la
collaboration du Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature (MINEP), du
Ministère de la Santé (MINSANTE), des Organisations de la Société Civile (OSC) et des
populations.
ACTION 6: AMELIORATION DE L’ECLAIRAGE PUBLIC DANS LES VILLES
 Intérêt de l’action
Il ressort du bilan-diagnostic que les consultations menées en prévision de la mise en œuvre
de certains projets de développement des services urbains tels que le PDUE, Le PACDDU et
le PGU ont mis en exergue le problème de l’insécurité dans nos villes.
Cette action vise à la recherche des solutions idoines et de proximité devant permettre, au
terme de leur mise en œuvre de réduire de façon sensible l’insécurité dans nos villes.

 Idée générale de l’action


Pour permettre aux populations de se déplacer, de circuler et de vaquer à leurs occupations
en toute quiétude et à toute heure sans craindre des agressions, il est recommandé de
construire les équipements d’éclairage public dans les chefs lieux de département et de
régions, et notamment de doter les zones et les rues à forte tendance criminogène de points
lumineux et de l’éclairage public.
 Parties prenantes à l’action
La mise en œuvre de cette action incombe au Ministère du Développement Urbain et de
l’Habitat (MINDUH) et aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), mais aussi aux
aménageurs traditionnels que sont la MAETUR, la SIC, la MAGZI, aux aménageurs privés et
aux populations.

RAPPORT FINAL 170


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

PROGRAMME 4 : DEVELOPPEMENT DES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORTS URBAINS

Le bilan-diagnostic a montré que dans les villes camerounaises, la mobilité urbaine est
handicapée par la faiblesse quantitative et qualitative de l’offre de transports collectifs et
semi-collectifs. Les principales causes identifiées sont l’insuffisance de la couverture des
villes par un réseau viaire principal, et une politique peu incitative de développement du
transport urbain de masse. Le développement des activités économiques et sociales en
milieu urbain souffre de cette situation.
Pour y remédier, la deuxième partie consacrée aux choix stratégiques prévoit un programme
de développement des infrastructures de transport urbain, dont la mise en œuvre, par les
huit actions identifiées, permettra d’améliorer la mobilité urbaine par le relèvement du
niveau de service du réseau existant, tout en résorbant progressivement le déficit constaté.

RESPONSABLE DE MIDE EN ŒUVRE MINDUH (DIRECTION DU DEVELOPPEMET URBAIN)


(DDU)

ACTION 1 : PROGRAMMATION DES INTERVENTIONS EN MATIERE DE VOIRIE URBAINE

 Intérêt de l’action
Le diagnostic a montré que les interventions en matière de voirie urbaine ne sont pas faites
sur la base d’une programmation rationnelle et efficiente. Cette absence de programmation
a pour conséquences, entre autres, des investissements sans valeur ajoutée sensible sur le
Produit Intérieur Brut (PIB), et le saupoudrage des moyens financiers disponibles.
La présente action vise à rationnaliser les interventions pour tirer le meilleur profit des
investissements consentis.

 Idée générale de l’action


Sur la base d’une étude multicritère, il faudra définir un programme d’intervention cohérent
en matière de voiries urbaines, grâce à une étude sur l’ensemble du territoire.

 Parties prenantes à l’action


Le MINDUH à travers ses directions techniques, les CTD, le MINFI et le MINEPAT sont les
principaux responsables de cette action. Y seront associées les administrations assurant la
tutelle des concessionnaires de réseaux de services publics que sont le MINTP et le MINEE.

ACTION 2: APPUI A L’ENTRETIEN/REHABILITATION DE LA VOIRIE EN TERRE

 Intérêt de l’action
La loi n°2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes, en son
article 17 stipule que «la création et l'entretien de voiries municipales ainsi que la réalisation
de travaux connexes» relèvent des compétences transférées aux communes. En application
de cette loi, le MINDUH, par arrêté n°0001/E/2/A/MINDUH du 29 mars 2011 a défini le cadre
réglementaire dans lequel devront s’exécuter les compétences transférées par l’Etat aux

RAPPORT FINAL 171


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

communes en matière de planification urbaine, de création et d’entretien des voiries


urbaines en terre.

Avec plus de 10 000 km de linéaire, la voirie en terre est la plus étendue du réseau viaire
urbain. Le bilan-diagnostic a montré que son mauvais état affecte considérablement les
échanges intra-urbains.
La présente action vise à appuyer les CTD dans leurs efforts pour maintenir leur voirie en
terre dans un état de praticabilité acceptable.

 Idée générale de l’action


En plus des moyens propres que pourra dégager chaque CTD pour l’entretien ou la
réhabilitation de sa voirie en terre, l’Etat apportera un appui à ces initiatives locales. Suivant
le cas, cet appui peut consister en une assistance technique, en formations spécifiques ou en
transferts des ressources financières.

 Parties prenantes à l’action


La responsabilité de la mise en œuvre de cette action incombe en premier chef au MINDUH
et aux CTD. L’appui pourra également provenir des bailleurs de fonds et autres partenaires.

ACTION 3: ENTRETIEN DE LA VOIRIE REVETUE

 Intérêt de l’action
Le DSCE, dans son chapitre III consacré à la Stratégie de Croissance, fait de l’entretien routier
une action devant «permettre d’améliorer nettement le niveau de service du réseau
routier». La loi n° 2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes,
prescrit entre autres, l’entretien des voiries municipales comme une compétence des
communes.
Le maintien en bon état des voiries urbaines et la pérennisation des investissements en
matière de voiries urbaines nécessitent un entretien courant et périodique systématique des
routes construites.
Bien que ne disposant pas de statistiques fiables sur un plus grand nombre de villes, le bilan-
diagnostic a montré que la quasi-totalité du réseau viaire urbain revêtu souffre d’une
insuffisance d’entretien courant. L’entretien périodique n’est pas non plus systématisé.
L’objectif de cette action est de maintenir les voiries dans un bon état grâce aux opérations
de point-à-temps, pour assurer en permanence leur praticabilité et accroître les échanges s.

 Idée générale de l’action


Il est question de systématiser l’entretien des infrastructures de transport urbain, en
l’occurrence les voiries urbaines revêtues, par des opérations d’entretien courant ou
périodique préventif et curatif.

 Parties prenantes à l’action


La responsabilité de la mise en œuvre de cette action incombe concomitamment au
MINDUH et aux CTD.
RAPPORT FINAL 172
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

ACTION 4: REHABILITATION DE LA VOIRIE REVETUE

 Intérêt de l’action
Le DSCE, dans son chapitre III sus-visé, a prescrit la réhabilitation du réseau routier et des
ouvrages d’art comme une action qui permettra de préserver les lourds investissements déjà
consentis.
Avec les statistiques disponibles, le bilan-diagnostic a montré que l’état de dégradation de la
voirie urbaine est très avancé dans les villes.
L’objectif de cette action est de rétablir les performances des routes urbaines qui ont atteint
leur durée de vie, afin de maintenir ou améliorer leur niveau de service.

 Idée générale de l’action


Il est question de planifier la réhabilitation des voiries dans les villes prioritaires, en
procédant à des études techniques suivies des travaux.

 Parties prenantes à l’action


La responsabilité de la mise en œuvre de cette action incombe respectivement au MINDUH
et aux CTD.

ACTION 5: CONSTRUCTION DE LA VOIRIE URBAINE

 Intérêt de l’action
Convaincu du rôle moteur des infrastructures dans la facilitation des échanges et la
promotion d’une croissance forte et durable, l’Etat, dans le DSCE en son point 165 sur le
«bitumage du réseau routier», a prévu une intensification du bitumage du réseau routier
tant urbain que inter-urbain.
La voirie urbaine revêtue représente encore moins de 20% du linéaire total des voiries dans
nos villes (selon des statistiques de la Direction du Développement Urbain en 2009). Selon la
même source, près de 60% de villes chefs lieux d’arrondissement ne comptaient en 2009
aucune voie revêtue.
Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, à travers le Conseil National de la Route
(CONAROUTE), a donné en 2009 des directives visant à doter, à très court terme, chaque
chef-lieu de département de voiries revêtues.
Cette action vise non seulement à traduire en actes cette directive gouvernementale, mais
aussi à mettre en œuvre les prévisions des documents de planification en matière de voiries
et combler ainsi le déficit général en voirie bitumée relevé dans le bilan-diagnostic.

 Idée générale de l’action


Pour atteindre cet objectif, des études techniques devront être menées en vue de constituer
une banque de projets prêts au financement, suivies ensuite de travaux.

RAPPORT FINAL 173


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

 Parties prenantes à l’action


La responsabilité de la mise en œuvre de cette action incombe en premier lieu au MINDUH
et aux CTD.

ACTION 6: APPUI AU DEVELOPPEMENT DE L’OFFRE DE TRANSPORT PAR RAIL

 Intérêt de l’action
Le bilan-diagnostic a relevé une insuffisance de l’offre de moyens de transport urbain de
masse. Pour l’heure, les villes de Douala et de Yaoundé sont traversées par la voie ferrée
exploitée par CAMRAIL. Les deux communautés urbaines ont déjà prévu dans leurs Plans
Directeurs d’Urbanisme, le développement du transport par rail sur le tronçon urbain de
cette voie.
La présente action vise à apporter un appui de l’Etat à ces initiatives qui constitueront une
alternative à l’offre actuelle de transport urbain de masse.

 Idée générale de l’action


Un appui multiforme devra être apporté aux deux communautés urbaines pour la conduite
des études techniques nécessaires.

 Parties prenantes à l’action


La responsabilité de l’appui incombe au MINDUH, au MINT et aux deux communautés
urbaines (CUD et CUY).

ACTION 7: APPUI AU DEVELOPPEMENT DE ZONES DE STATIONNEMENT ET DE PLATES


FORMES D’ECHANGE

 Intérêt de l’action
Le bilan-diagnostic a relevé la faible mobilité urbaine comme conséquence majeure de
l’insuffisance en quantité et en qualité de l’offre de transport urbain de masse.
L’amélioration de cette mobilité nécessite, entre autres, la prise en compte dans
l’aménagement de l’espace urbain, des zones de stationnement et des plates formes
d’échange qui serviront soit comme points de rupture, soit comme des zones d’attente pour
certains modes de transport. Il s’agit là des actions à mener au niveau des CTD dans le cadre
de la mise en œuvre de leur politique de développement économique.
La présente action vise à apporter un appui de l’Etat à ces opérations, compte tenu de leur
importance dans les échanges.

 Idée générale de l’action


Il sera question d’apporter un appui pour les études techniques et les travaux proprement
dits en vue de doter certaines villes de transit de ces aménagements.

 Parties prenantes à l’action

RAPPORT FINAL 174


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

La responsabilité de la mise en œuvre de cette action incombe au MINDUH, au MINDAF, au


MINT et aux CTD.

ACTION 8: APPUI A L’AMELIORATION DE LA GESTION DU TRAFIC URBAIN

 Intérêt de l’action
Les villes ne pourront jouer pleinement leur rôle de « moteurs de la croissance
économique » sans une maîtrise des problèmes de déplacements dans l’espace urbain. Le
Rapport 1 sur l’état des lieux et le bilan-diagnostic a relevé que l’un des problèmes majeurs
actuellement rencontrés par les populations est l’allongement du temps de déplacement
dans les grandes agglomérations.
La CUD et la CUY ont déjà engagé des actions visant à doter leurs villes de plans de
déplacements. Les autres Communautés urbaines devront certainement leur emboîter le pas
dans les années à venir.
La présente action vise à apporter un appui de l’Etat à ces initiatives qui contribueront à
l’amélioration de la mobilité urbaine.

 Idée générale de l’action


Pour atteindre cet objectif, un appui devra être apporté aux communautés urbaines non
seulement pour la conduite des études techniques nécessaires, mais également pour la mise
en œuvre desdits plans.

 Parties prenantes à l’action


La responsabilité de la mise en œuvre de cette action incombe au MINDUH, au MINT, à la
DGSN et aux CTD.

RAPPORT FINAL 175


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

PROGRAMME 5 : RENFORCEMENT DES MOYENS D’ACCOMPAGNEMENT DU SOUS-SECTEUR


URBAIN

Le développement urbain s’articule autour des composantes principales et spécifiques à ce


sous-secteur que sont l’urbanisme, l’habitat, le cadre de vie et les transports urbains. L’état
des lieux et le bilan-diagnostic ont montré que les efforts dans ces domaines ne peuvent
permettre d’atteindre les résultats escomptés que si une attention particulière est portée
sur les interventions du secteur privé urbain et l’effectivité de la gouvernance urbaine.

D’autres considérations doivent être également prises en compte pour contribuer à réunir
les conditions idoines d’une mise en œuvre efficace et efficiente des programmes
opérationnels destinés à apporter des solutions à l’ensemble des problèmes identifiés. Il
s’agit notamment des questions d’ordre institutionnel et juridique de manière générale, et
d’affectation de ressources humaines, matérielles et financières compatibles avec les
missions assignées aux structures chargées de la mise en œuvre.

Le programme «Renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain» se


présente ainsi comme un support aux programmes opérationnels. Il comporte une dizaine
d’actions regroupant des activités relatives aux préoccupations rappelées ci-dessus. Ces
actions concourent à la consolidation des acquis du sous-secteur dans les domaines
institutionnel et juridique, des ressources humaines matérielles et financières, de la gestion
stratégique, de la gouvernance urbaine et de la communication urbaine.

RESPONSABLE DE MISE EN ŒUVRE MINDUH, SECRETARIAT GENERAL.

ACTION 1 : AMELIORATION DU CADRE INSTITUTIONNEL ET JURIDIQUE

 Intérêt de l’action
Le bilan-diagnostic a relevé une insuffisance dans les dispositifs institutionnel, réglementaire
et juridique de gestion des installations humaines.
Cette action a pour objet de compléter le dispositif institutionnel, juridique et réglementaire
existants, afin de mieux recentrer les rôles des principaux acteurs urbains.

 Idée générale de l’action


Pour améliorer la contribution du sous-secteur urbain à l’épanouissement local et national, il
semble important que le rôle de chaque acteur soit clairement défini et joué à fond. Pour ce
faire, la mise sur pied d’un ensemble de textes alignés sur le nouvel environnement
institutionnel est indispensable.

 Parties prenantes à l’action


Le MINDUH est le principal acteur de cette action pour laquelle les Directions techniques
sont chargées d’élaborer les textes, le Secrétariat Général de la mise en forme, les autres
intervenants étant le MINDAF, le MINATD, les CTD et les Organisations de la Société Civile.

RAPPORT FINAL 176


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

ACTION 2 : RENFORCEMENT DES RESSOURCES HUMAINES ET MATERIELLES

 Intérêt de l’action
Il ressort du bilan-diagnostic la nécessité de promouvoir la qualité des ressources humaines
si l’on veut parvenir à une réalisation satisfaisante des réformes mises en place ou à venir.
De plus, la circulaire du Président de la République relative à l’élaboration du budget 2011,
le programme économique et social du Gouvernement pour l’année 2011 et la vision de la
hiérarchie du MINDUH, rappellent que les moyens de déploiement du personnel impliqué
dans la gestion urbaine conditionnent le rendement de celui-ci.
Le renforcement des capacités des ressources humaines des institutions responsables de la
gestion urbaine et des autres acteurs urbains justifie cette préoccupation.

 Idée générale de l’action


Il s’agit d’une part, de doter ces institutions de moyens humains performants afin de garantir
un développement urbain de qualité et d’autre part, d’améliorer le cadre de travail du
personnel en mettant à sa disposition des locaux, des équipements et un matériel
appropriés.
Pour ce faire, au-delà de leurs formations spécialisées initiales, les personnels techniques en
charge du développement urbain devront maîtriser le nouvel environnement législatif et
règlementaire mis en place et être en mesure de gérer les mutations en cours. Ceci pourrait
nécessiter des recyclages.

 Parties prenantes à l’action


Cette action incombe au premier chef au Secrétariat Général du MINDUH qui met en place
les différentes formations. Sa concrétisation incombe à tous ceux qui ont un rôle à jouer en
milieu urbain notamment les départements ministériels (MINSUP, MINSEC, MINEFOP,
MINATD, MINEPAT, MINEE et MINTP), les CTD, les ordres professionnels, le FNE, les
partenaires au développement. Cela concerne également les personnels techniques dans un
souci permanent d’amélioration de leurs connaissances.

ACTION 3 : PROTECTION DES GROUPES SOCIAUX VULNERABLES EN MILIEU URBAIN

 Intérêt de l’action
Le DSCE indique que : «dans le but de consolider les acquis et d’élargir le champ de la
sécurité sociale, le gouvernement entend réformer le dispositif central de la protection
social au Cameroun. L’objectif étant d’intégrer progressivement l’ensemble des catégories
sociales jusqu’ici en marge du système».
Le bilan-diagnostic présenté dans le présent document a relevé que la crise urbaine se
manifeste à travers diverses formes de lutte pour l’appropriation de la cité, impliquant les
différents acteurs et les différentes catégories de la population urbaine, dans le but
d’accéder aux ressources et/ou au pouvoir, de préserver leur identité et leur reconnaissance
sociale, et enfin d’assurer leur insertion en milieu urbain à travers une amélioration de leurs
conditions de vie dans toutes ses composantes, et notamment l’accès pour tous aux services
urbains et sociaux de base.
Parmi les problèmes identifiés et qui empêchent la satisfaction des uns et des autres par
rapport à leurs attentes on peut citer :

RAPPORT FINAL 177


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

 la non participation des populations urbaines à la gestion de leurs problèmes ;


 l’inadéquation entre le système de gestion des problèmes urbains actuels et
l’évolution sociale du milieu urbain.
La présente action vise à apporter des reformes nécessaires en vue d’impliquer les groupes
sociaux vulnérables dans le processus de développement des villes.

 Idée générale de l’action


Il s’agit d’une part, de mettre en place un plan de formation des acteurs sociaux, notamment
des jeunes en difficulté et des associations, aux fins de leur permettre d’exercer l’un des
petits métiers du secteur urbain en vue de leur insertion dans la cité et de leur participation
à la gestion de la cité.

 Parties prenantes à l’action


La responsabilité de la mise en œuvre de cette action incombe en premier au MINDUH à
travers la Division du Développement social urbain. Elle devra se faire en relation avec le
MINAS, le MINJEUN et les CTD.

ACTION 4 : AMELIORATION DE L’ORGANISATION DU SECTEUR PRIVE URBAIN :

 Intérêt de l’action
La faible organisation des acteurs du secteur privé urbain a été identifiée dans le bilan-
diagnostic comme l’une des causes immédiates du problème central qui est l’Insuffisance
quantitative et qualitative de l’offre du secteur privé urbain.
Cette action vise à pallier cette insuffisance dans l’organisation des acteurs, en encourageant
d’une part le regroupement de certains corps de métiers du sous-secteur urbain, et d’autre
part en apportant un appui à ceux déjà organisés.

 Idée générale de l’action


L’amélioration substantielle de l’organisation du secteur privé urbain induit la réalisation
d’un certain nombre d’activités spécifiques telles que le regroupement des corps de métiers
du sous–secteur urbain en associations et fédérations, la détermination et la concrétisation
des appuis à leur apporter.

 Parties prenantes à l’action


L’acteur principal de cette action est le MINDUH. Mais celui-ci sera appuyé par le
MINPMEESA et les CTD pour une réelle efficacité.

ACTION 5 : PROMOTION ET/OU CONSOLIDATION DES FILIERES SPECIALISEES DE


FORMATION

 Intérêt de l’action
“L’insuffisance quantitative et qualitative de l’offre du secteur privé urbain“ avait été
retenue dans le bilan-diagnostic comme étant l’un des problèmes centraux du sous-secteur
urbain.
L’une des causes immédiates identifiées à cet effet était l’insuffisance qualitative et
quantitative des professionnels de certains corps de métiers.

RAPPORT FINAL 178


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

De même, dans la stratégie de l’emploi retenue par le Gouvernement camerounais dans le


DSCE, la mise en adéquation de la demande d’emplois est basée sur l’augmentation et la
diversification de l’offre de formation à travers entre autres la diversification des modes de
formation et des filières de formation dans les secteurs porteurs.
Au regard de ce qui précède, l’action 5 vise non seulement à pallier cette insuffisance
relevée dans le diagnostic, mais aussi à intégrer la politique de l’emploi telle que définie
dans le DSCE.

 Idée générale de l’action


La conduite de cette action nécessite que l’Etat apporte un appui à la création des filières
identifiées (Architecture, Urbanisme, SIG, etc.), renforce le partenariat avec les Institutions
Universitaires concernées et apporte un appui au Centre des Métiers de la Ville, qui dispense
déjà des formations spécialisées dans les métiers urbains.

 Parties prenantes à l’action


L’Etat à travers le MINDUH, le MINESUP et le MINATD, est le principal responsable de cette
action, qui est une des préoccupations relevées dans le diagnostic du sous-secteur urbain et
dans le DSCE. Cependant, l’implication du FEICOM et des CVUC, partenaires privilégiés des
communes, est indispensable pour une réussite de l’action.

ACTION 6 : AMELIORATION DE LA GOUVERNANCE URBAINE


 Intérêt de l’action
Dans le cadre de sa stratégie de développement et de croissance à l’horizon 2020, le
Gouvernement entend consolider les acquis du Programme National de Gouvernance mis en
place en 2003.
Cependant dans le cadre de cette stratégie de développement du sous-secteur urbain, il a
été identifié comme frein à la bonne gouvernance urbaine, la difficulté de la mise en
cohérence de tous les leviers novateurs d’une gestion optimale de la cité.
L’action 6 est une réponse à toutes ces préoccupations.

 Idée générale de l’action


Un certain nombre d’étapes doivent être franchies pour parvenir à l’amélioration de la
gouvernance urbaine.
L’Etat doit apporter des appuis à la création de structures spécialisées de contrôle et de
gestion dans les CTD et les quartiers, promouvoir les budgets participatifs et renforcer la
lutte contre la corruption.

 Parties prenantes à l’action


L’Etat (MINDUH et MINATD) est le principal acteur de l’amélioration de la gouvernance
urbaine. Pour une efficacité totale, les acteurs sur le terrain que sont les CTD et la société
civile, doivent être étroitement impliqués.

RAPPORT FINAL 179


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

ACTION 7 : RENFORCEMENT DU SYSTEME STATISTIQUE DU SOUS-SECTEUR URBAIN.

 Intérêt de l’action
Dans le bilan-diagnostic, il s’est constamment posé le problème d’absence de données
urbaines.
Par ailleurs, l’une des préoccupations du DSCE est relative à la nécessité de maîtriser
entièrement les données sur la situation socioéconomique du pays afin de pouvoir à terme
améliorer l’élaboration des politiques de développement.
Le renforcement du système statistique du sous-secteur urbain est donc une réponse à ces
deux préoccupations.

 Idée générale de l’action


Pour l’atteinte de cet objectif, la mise en place d’un système de collecte des données est
indispensable.

 Parties prenantes à l’action


La DEPC du MINDUH en collaboration avec les services déconcentrés du MINDUH sont les
acteurs principaux de cette action. Cependant ces structures seront appuyées par les CTD et
les autres services nationaux compétents.

ACTION 8 : AMELIORATION DE LA GESTION STRATEGIQUE DU SOUS-SECTEUR URBAIN

 Intérêt de l’action
Il ressort du bilan-diagnostic que les interventions du MINDUH aussi bien en matière
stratégique qu’opérationnel ne sont pas toujours planifiées (voiries urbaines, préoccupations
des populations, programmation de ses activités, etc.).
De même dans le cadre du DSCE, la gestion stratégique du développement visée par les
autorités a pour effet d’offrir aux citoyens et aux investisseurs des orientations claires sur le
moyen et le long terme.
Cette action a donc pour objectif, de permettre une meilleure visibilité et une plus grande
lisibilité des interventions en milieu urbain, enrayant ainsi la navigation à vue existante dans
ce milieu.

 Idée générale de l’action


La réalisation de cette action permettra d’avoir des outils nécessaires pour une meilleure
connaissance du milieu urbain, en vue de la formulation de stratégies d’intervention
adéquates.

 Parties prenantes à l’action


L’Etat (MINDUH) joue le rôle d’impulsion. Cependant, l’appui du FEICOM et des CVUC
partenaires privilégiés des communes, est indispensable pour un résultat à la hauteur des
attentes.

RAPPORT FINAL 180


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

ACTION 9 : AMELIORATION DE LA COMMUNICATION DANS LE SOUS-SECTEUR URBAIN

 Intérêt de l’action
Il ressort du bilan-diagnostic que le déficit en matière de communication entre les différents
acteurs urbains et en particulier avec les populations, est une des causes sous-jacentes du
problème central qui est la «Difficulté de la mise en cohérence de tous les leviers novateurs
d’une gestion optimale de la cité».
Par ailleurs, le DSCE fait de la communication un outil indispensable pour parvenir à une
maîtrise de la gestion urbaine.
L’amélioration de la communication dans le secteur urbain permettra de développer le
dialogue permanent entre les acteurs urbains, leur permettant ainsi d’avoir un même niveau
d’information.

 Idée générale de l’action


L’idée générale de cette action est de mettre en place un plan de communication urbaine,
d’informer et de sensibiliser les acteurs urbains et notamment les populations, sur les
nouvelles technologies en matière de construction, les normes en matière d’habitat, et faire
connaître à tous les textes régissant l’urbanisme et l’habitat au Cameroun.

 Parties Prenantes à l’action


Le MINDUH est le principal responsable de cette action (Directions techniques, CELCOM).
Pour plus d’efficacité, il devrait être appuyé dans cette tâche par les structures suivantes :
MINCOM, MINATD, MINDAF, MINTP, CTD et autres partenaires du secteur.

ACTION 10 : COORDINATION DES SERVICES

 Intérêt de l’action
La stratégie du Gouvernement en matière de poursuite de la modernisation des finances
publiques dans le DSCE met l’accent entre autres sur le plan de modernisation des finances
publiques (PMFP). L’un des objectifs visés par ce PMFP est de renforcer le rôle de l’Etat et
l’efficacité des services publics. De même, la politique du MINDUH pour l’atteinte des
objectifs assignés à la structure met l’accent sur une bonne coordination de tous les services
et au renforcement de l’audit interne. Il s’agit plus précisément de l’affectation des
ressources financières pour le fonctionnement des services du MINDUH.

 Idée générale de l’action


La réalisation de cette action passe par une bonne coordination non seulement à l’intérieur
de toutes les structures du MINDUH, mais aussi par une coordination et un contrôle de
l’ensemble des services du MINDUH.

 Partie prenante à l’action


Le MINDUH est l’unique responsable de cette activité.

RAPPORT FINAL 181


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

– SECTION 2 : MATRICE GLOBALE DE


MISE EN ŒUVRE DE LA STRATEGIE

RAPPORT FINAL 182


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 32 : Actions à mettre en œuvre dans les cinq programmes retenus

Programmes Actions (AC)

AC1 : Elaboration des documents de planification urbaine


P1. Développement de la
planification urbaine
AC2 : Actualisation des documents de planification urbaine

AC1 : Constitution des réserves foncières

AC2 : Restructurations et rénovations urbaines

P2. Amélioration de l’habitat AC3 : Amélioration de l'accès et de l'utilisation des matériaux de construction

AC4 : Construction de logements neufs

AC5 : Aménagement des zones d'extension urbaine

AC1 : Embellissement des centres urbains

AC2 : Gestion des zones à risques


P3. Amélioration de
AC3 : Amélioration de l'évacuation des eaux pluviales et épuration des eaux usées
l’environnement urbain et
accès aux services urbains de
AC4 : Amélioration de la gestion des déchets solides
base
AC5 : Aménagement et dépollution des plans d'eau

AC6 : Amélioration de l'éclairage public dans les villes

AC1 : Programmation des interventions en matière de voirie urbaine

AC2 : Appui à l'entretien/réhabilitation de la voirie en terre

AC3 : Entretien de la voirie revêtue

AC4 : Réhabilitation de la voirie revêtue

P4. Développement des AC5 : Construction de la voirie urbaine


infrastructures de transport
urbain AC6 : Appui au développement de l'offre de transport par rail

AC7 : Appui au développement de zones de stationnement et de plates-formes


d'échange

AC8 : Appui à l'amélioration de la gestion du trafic urbain

AC9 : Développement de l’offre de transport fluvial

AC1 : Amélioration du cadre institutionnel et juridique

AC2 : Renforcement des ressources humaines et matérielles

AC3 : Protection des groupes sociaux vulnérables en milieu urbain


P5. Renforcement des moyens
d’accompagnement du sous- AC4 : Amélioration de l'organisation du secteur privé urbain
secteur urbain
AC5 : Promotion et/ou consolidation des filières spécialisées de formation

AC6 : Amélioration de la gouvernance urbaine

AC7 : Renforcement du système statistique du sous-secteur urbain

RAPPORT FINAL 183


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

AC8 : Amélioration de la gestion stratégique du sous-secteur urbain

AC9 : Amélioration de la communication dans le sous-secteur urbain

AC10 : Coordination des services

Les actions présentées dans le tableau 32 ci-dessus sont déclinées dans la matrice globale
qui suit (en trois tableaux), en activités susceptibles d’apporter des solutions idoines à
l’ensemble des problèmes identifiés dans le bilan-diagnostic du sous-secteur urbain au
Cameroun. Sont également précisés les résultats attendus, les valeurs de référence, les
cibles et les indicateurs.

RAPPORT FINAL 184


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 33 : Programmes P1, P2, P3

Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
la stratégie
Axes stratégiques Développement de l’habitat urbain
P1. Développement de la planification urbaine
Programmes P2- Amélioration de l’habitat
P3. Amélioration de l’environnement urbain et de l’accès aux services urbains de base

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
Elaboration des Les cartographies de base de
cartographies de base par 60 villes secondaires (villes
MINDUH
images satellites de 60 villes érigées en communautés - Nombre de villes
MINDAF
secondaires (villes érigées urbaines, chefs lieux de disposant d’une
P1. 60 MINATD 1250
AC.1.1. Elaboration en communautés urbaines, départements et autres villes cartographie de base
Développement CTD
des documents de chefs lieux de départements de plus de 20 000 habitants)
de la planification MINRESI (INC)
planification et autres villes de plus de sont élaborées et disponibles
urbaine 20 000 habitants)
urbaine
Elaboration des Plans Les PDU des villes érigées en - Nombre de PDU MINDUH
Directeurs d’Urbanisme communautés urbaines sont élaborés et approuvés MINDAF
800
(PDU) des villes érigées en élaborés et approuvés 10 MINATD
communautés urbaines. CTD

RAPPORT FINAL 185


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
Elaboration des plans Les POS de Yaoundé et de 60
d’occupation des Sols de villes secondaires sont
MINDUH
Yaoundé et de 60 villes élaborés et approuvés
MINDAF
secondaires (villes érigées - Nombre des POS
87 MINATD 2500
en communautés urbaines, élaborés et approuvés
CTD
chefs lieux de départements
MINRESI (INC)
et autres villes de plus de
20 000 habitants)
Elaboration des Plans de Les Plans de Secteurs sont Nombre de Plans de Au moins 14 MINDUH
Secteurs dans les élaborés et approuvés Secteurs élaborés et MINDAF
1500
communautés urbaines. approuvés MINATD, CTD
MINRESI (INC)
Elaboration des Plans Les Plans Sommaires - Nombre de Plans MINDUH
Sommaires d’Urbanisme d’Urbanisme (PSU) des 50 Sommaires d’Urbanisme MINDAF
(PSU) de 50 villes villes secondaires de moins (PSU) de villes 50 MINATD ?
secondaires de moins de de 20 000 habitants sont secondaires élaborés et CTD
20 000 habitants élaborés et approuvés approuvés
Elaboration des stratégies Les stratégies de Nombre de SDV Toutes les villes
de développement des villes développement des villes élaborées 1000
(SDV) sont élaborées
Actualisation des Les cartographies de base de
cartographies de base par 60 villes secondaires (villes
AC. 1.2. MINDUH
images satellites de 60 villes érigées en communautés - Nombre de villes
Actualisation des MINDAF
secondaires (villes érigées urbaines, chefs lieux de disposant d’une
documents de 10 MINATD 250
en communautés urbaines, départements et autres villes cartographie de base
planification CTD
chefs lieux de départements de plus de 20 000 habitants)
urbaine MINRESI (INC)
et autres villes de plus de sont actualisées et approuvés
20 000 habitants)

RAPPORT FINAL 186


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
Actualisation des Plans Les PDU des villes érigées en - Nombre de PDU des MINDUH
Directeurs d’Urbanisme communautés urbaines sont autres CU élaborés et MINDAF
160
(PDU) des villes érigées en actualisés et approuvés approuvés 04 MINATD
communautés urbaines. CTD
Les sites sont constitués s Superficies des sites 500 ha MINDAF 50 par an
Choix des sites
constitués MINDUH
MINATD, CTD
Les sites sont sécurisés Superficies des sites MINDAF
Sécurisation des sites 1000 par
AC.2.1. Constitution sécurisés 500 ha MINDUH
an
de réserves MINATD, CTD
foncières Appui à la constitution des Des réserves foncières MINDAF
réserves foncières communales sont - Nombre et Superficies MINDUH
communales constituées des réserves foncières 1300 ha MINATD, CTD 7000 par
constituées MINEE, MINEP an
FEICOM et OSC
Travaux d’aménagement Les réserves foncières Superficie de réserves MINDAF 1 000 par
P2. Amélioration
des réserves foncières identifiées dans les foncières aménagées MINDUH an
de l’habitat
identifiées dans les communes ne disposant pas dans les communes ne MINATD, CTD
communes ne disposant pas de POS sont aménagées. disposant pas de POS 250 ha MINEE, MINEP
AC.2.2. de POS. FEICOM et OSC
Restructuration/rén
ovation de l’habitat
existant/réhabilitati Identification, sécurisation Les zones spéciales sont 60 MINDUH
on et maintenance et aménagement des zones constituées , sécurisées et - Nombre de zones MINDAF
des bâtiments spéciales dans les villes. aménagées dans les villes spéciales constituées, MINDEF
3000
publics sécurisées et aménagées PM CTD
dans les villes

Etude de réactualisation de Le plan d’aménagement de la Rapport d’étude MINDUH


1 120
l’aménagement de la Vallée Vallée de l’Ancienne Gare disponible MINDAF

RAPPORT FINAL 187


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
de l’Ancienne Gare (VAG). (VAG) est réactualisé CTD
Travaux d’extension de la La zone de la VAG étendue Superficie de l’extension MINDUH
zone de la VAG. de la zone de la VAG 1 MINDAF PM
CTD
Etudes d’aménagement des Plan d’aménagement des MINDUH
Le plan d’aménagement des
abords du palais des sports. abords du palais des MINDAF
abords du palais des sports 1
sports validé et CTD
est réalisé
disponible
Etudes d’aménagement du Le plan d’aménagement du Plan d’aménagement du MINDUH
nouveau centre nouveau centre administratif nouveau centre MINDAF
1
administratif de Yaoundé. de Yaoundé élaboré administratif de Yaoundé CTD
validé et disponible
Travaux d’aménagement du Nouveau centre administratif Superficie du nouveau MINDUH 1500
nouveau centre de Yaoundé aménagé centre administratif MINDAF
administratif de Yaoundé aménagé CTD
Etude de la Les plans de Plans de MINDUH 2000
restructuration/rénovation restructuration/rénovation restructuration/rénovati MINDAF
des quartiers dans les chefs des quartiers sont élaborés. on des quartiers validés 10 CTD
lieux de régions et de et disponibles
départements
Travaux de Les plans de Superficie des quartiers MINDUH PM
restructuration/rénovation restructuration/rénovation restructurés ou rénovés MINDAF
des quartiers dans les chefs sont mis en œuvre et les CTD
lieux de régions. quartiers sont restructurés
ou rénovés.
Etude en vue de la Les plans de réhabilitation ou Plans de réhabilitation MINDAF, CTD
réhabilitation et de maintenance des ou de maintenance des MINDUH
maintenance des bâtiments bâtiments publics des chefs bâtiments publics validés 10 Promoteurs 1000
publics dans les chefs- lieux lieux de régions sont disponibles immobiliers
de régions élaborés Populations

RAPPORT FINAL 188


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
Travaux de réhabilitation ou MINDAF, CTD
de et maintenance des Les travaux de réhabilitation Nombre de bâtiments MINDUH
bâtiments publics dans les ou de maintenance des réhabilités Promoteurs
PM PM
chefs-lieux de régions bâtiments publics des chefs- immobiliers
lieux de régions sont réalisés Populations

Etudes en vue de la Etudes réalisées et validées Les rapports d’études MINMID


réhabilitation des zones sont disponibles MINDAF
industrielles de Bonabéri et 2 MINDUH , 200
de Bassa à Douala MAGZI
CTD
Travaux de réhabilitation Les zones industrielles de Superficie des zones MINMID
des zones industrielles de Bonabéri et de Bassa à industrielles réhabilitée MINDAF
Bonabéri et de Bassa à Douala sont réhabilitées 190 ha MINDUH PM
Douala MAGZI
CTD
Etude en vue de Etude en vue de Rapport d’étude validé MINDUH 500
l’aménagement de grandes l’aménagement de grandes et disponible MINDAF
trames foncières trames foncières CTD
1
communales dans les communales dans les
périphéries des 10 chefs - périphéries des 10 chefs lieux
lieux de régions - de régions réalisée
Travaux d’aménagement de Les grandes trames foncières - Nombre de grandes MINDUH 2000
grandes trames foncières communales des périphéries trames foncières MINDAF
communales dans les des 10 chefs lieux de régions aménagées dans les PM MINEE
périphéries des 10 chefs sont aménagées périphéries de 10 chefs- CTD
lieux de régions lieux de régions
AC.2.3.Amélioratio Elaboration d'une l’étude de cartographie des Cartographie nationale MINDUH 500
n de l’accès et de cartographie des matériaux matériaux locaux réalisée des matériaux locaux 1 MINTP
l’utilisation des locaux disponible MINRESI (INC,

RAPPORT FINAL 189


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
matériaux de MIPROMALO)
construction CTD
Elaboration d'une Une application pour la Application pour la MINDUH 200
application pour la gestion gestion du fichier central de gestion du fichier central MINTP
1
du fichier central de la la construction est élaborée de la construction CTD
construction. et validée. disponible
Création d’unités pilotes de - Des unités pilotes de Nombre d’unités pilotes MINDUH
fabrication et d’utilisation fabrication et d’utilisation de fabrication et MINRESI
des matériaux locaux dans des matériaux locaux sont d’utilisation des 10 CTD 2000
les chefs- lieux de régions. créées dans les chefs- lieux matériaux locaux créées.
de régions.
Etude en vue de - Le guide d’assistance à - Guide d’assistance à 1 MINDUH
l’élaboration du guide l’auto construction et à la l’auto construction et à MINTP
d’assistance à l’auto vulgarisation des matériaux la vulgarisation des MINRESI
100
construction et à la locaux est élaboré et validé matériaux locaux CTD
vulgarisation des matériaux disponible
locaux
Création de magasins de Des magasins de grands Nombre de magasins de 12 soient 2 MINCOMMERC PM
grands achats achats sont créés dans les grands achats créés dans dans les la ville E
chefs-lieux de régions les villes de Yaoundé et de Yaoundé 2 à MINDUH
Douala et dans les autres Douala, 1 dans MINRESI
chefs-lieux de régions chacune des MIPROMALO
autres villes MIRAP
chefs -lieux de CTD
régions
AC.2.4.Construction Achèvement du programme Programme gouvernemental Nombre de logements MINDUH En cours
de logements neufs gouvernemental de de construction de 10 000 sociaux produits dans le MINDAF
10 000
(sociaux, moyen et construction de 10 000 logements achevé cadre de ce programme CTD
haut standings) logements

RAPPORT FINAL 190


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
Etude et réalisation d’un Au moins 75 000 logements - Nombre de logements MINDUH (SIC) 975
vaste programme de sociaux sont construits par sociaux construits 75 000 par an MINDAF 000 par
construction de logements an (MAETUR) an
sociaux MINEE
MINFI
(CAA)(Concessi
onnaires)
CTD
CFC
MIPROMALO
Etude et construction de 25 000 logements sont Nombre de logements MINDUH (SIC) 750 000
logements moyen et haut construits par an, à raison de moyen et haut standings MINDAF par an
standings 15 000 de moyen standing et construits par an (MAETUR)
10 000 de haut standing MINEE MINFI
25 000 par an
(CAA)(CFC)
(Concessionaire
s) CTD
MIPROMALO
Elaboration d'un Le Programme national de Programme national de MINDUH 500
programme national de construction de bâtiments construction de MINDAF
construction de bâtiments publics à usage de bureaux et bâtiments publics à 1 CTD
publics à usage de bureaux de résidences est élaboré usage de bureaux et de
et de résidences résidences disponible
Travaux de construction des Des bâtiments publics à Nombre de bâtiments MINDUH PM
bâtiments publics à usage usage de bureaux et de publics à usage de MINDAF
PM
de bureaux et de résidences résidences sont construits bureaux et de résidences CTD
construits
Encadrement de l’auto L’auto construction est Nombre d’auto MINDUHMINTP
construction encadrée par l’Etat constructions encadrées MINDAFMINFI
par l’Etat CTD

RAPPORT FINAL 191


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
Encadrement des Promoteurs immobiliers Nombre de promoteurs MINDUH
promoteurs immobiliers encadrés par l’Etat immobiliers encadrés MINDAF
par l’Etat MINTP
MINFI
Les études en vue de Rapports d’études MINDAF 500
l’aménagement de grandes validés et disponibles MINDUH
trames foncières MINATD, CTD
communales dans les 10 rapports MINEE, MINEP
périphéries des 10 chefs - FEICOM et OSC
lieux de régions sont
réalisées
Travaux d’aménagement de De grandes trames foncières Superficie des grandes MINDUH PM
grandes trames foncières sont aménagées dans les trames foncières MINDAF
communales dans les périphéries des 10 chefs lieux aménagées dans les MINATD, CTD
PM
périphéries des 10 chefs de régions périphéries des 10 chefs MINEE, MINEP
lieux de régions lieux de régions FEICOM et OSC

Etudes en vue de L’étude en vue de l’extension Rapport d’étude validé MINDUH 200
l’extension des zones et de l’aménagement des et disponible MINDAF
industrielles zones industrielles est MAGZI
1
réalisée MAETUR
CTD
Populations
Extension et aménagement De nouvelles zones Superficie de nouvelles MINMID PM
des zones industrielles industrielles sont identifiées zones industrielles MINDUH
et aménagées identifiées et aménagées MINDAF
400 ha MAGZI
MAETUR
CTD
Populations

RAPPORT FINAL 192


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
Etudes en vue de Rapports d’études
MINDUH
l’aménagement des aires de Etudes réalisées validés et disponibles 50 2500
MINDAF CTD -
détente dans les villes
Aménagement des aires de Nombre d’aires de
MINDUH
détentes dans les villes Aires de détentes aménagées détente aménagées par 100 100000
MINDAF CTD -
ville
Etude pour la promotion et
MINDUH
la préservation du Etude réalisée Rapports d’études
10 MINDAF 500
patrimoine architectural approuvés et disponibles
CTD -
national
AC 3.1.
Elaboration des plans Nombre de plans Toutes les villes CTD, MINDUH
Embellissement des
d’épannelage et Plans d’adressage et d’épannelage et capitales
centres urbains
P3. Amélioration d’adressage des axes d’épannelage élaborés et d’adressage des axes régionales
de primaires des capitales disponibles primaires des capitales
l’environnement régionales régionales élaborés
urbain et accès Nombre de plans de Toutes les villes CTD, MINDUH
Elaboration des plans de Les villes disposent de plans
aux services gestion des espaces verts
gestion des espaces verts et de gestion des espaces verts
urbains de base et de places publiques
des places publiques et des places publiques
élaborés
Nombre de façades Toutes les CTD, MINDUH
Toutes les façades sont
Ravalement des façades le ravalées voiries
ravalées sur les voiries
long des voiries primaires primaires des
primaires des capitales
des capitales régionales capitales
régionales
régionales
Aménagement des espaces Nombre d’espaces verts CTD, MINDUH
Des espaces verts sont
verts et des places aménagés PM
aménagés dans les villes
publiques
AC.3.2. Etudes en vue de MINDUH
Gestion des zones l’identification des zones à Etudes réalisées Rapports d’études MINDAF
à risques (bas fond, risque dans les chefs -lieux approuvés et disponibles 50 /MINATD 2500

RAPPORT FINAL 193


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
flancs de collines, de départements CTD
etc.)
Aménagement des zones à - Les Zones à risques sont - Nombre de zones à 100
risques dans les villes chefs- identifiées et aménagées risques aménagés par MINDUH
lieux de département ville MINATD/CTD 1000

Elaboration des plans de Les plans de sécurité Nombre de plans


sécurité incendie dans les incendie dans les villes sont élaborés Au moins 200 MINDUH 400
villes élaborés MINATD/CTD

Mise en œuvre des plans de Les plans de sécurité Nombre de plans mis en Au moins 150
MINDUH
sécurité incendie dans les incendie dans les villes sont œuvre mis en œuvre
MINATD
villes mis en œuvre
CTD
Etudes en vue de la
réalisation d’ouvrages de
drainage et d’évacuation Les études sont réalisées Rapports d’études
MINDUH
des eaux usées dans les approuvés et disponibles 08 400
CTD -
villes chefs lieux des régions
autres que Yaoundé et
Douala
Construction des drains Linéaire de drains
principaux et autres Les drains principaux et principaux construit par
ouvrages de drainage dans autres ouvrages de drainage ville 100 km MINDUH 24000
les villes chefs -lieux de sont construits CTD - 16000
AC 3.3. régions autres que Yaoundé 02
Réalisation des et Douala
ouvrages de Études spécifiques en vue
MINDUH
drainage et de l’élaboration des Les études sont réalisées Rapports d’études 7000
CTD -
d’assainissement schémas directeurs approuvés et disponibles 14

RAPPORT FINAL 194


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
d’assainissement dans les
Communautés urbaines
Réalisation de schémas Les schémas directeurs et les Nombre de schémas
directeurs et de plans plans d’assainissement sont directeurs et de plans 14 MINDUH
14.000
d’assainissement dans les réalisés d’assainissement réalisés CTD -
communautés urbaines
Etudes en vue de la Les études sont réalisées
MINDUH
construction de toilettes Rapports d’étude 10 100
CTD
publiques dans les villes
Réhabilitation des stations Les stations d’épuration des Nombre de stations
MINDUH
d’épuration des eaux usées eaux usées sont réhabilitées d’épurations réhabilitées 20 100.000
CTD -
à Yaoundé et Douala
Études en vue de
l’élaboration de plans Les études pour l’élaboration Rapports d’études
locaux de gestion des des plans locaux de gestion approuvés et disponibles 50 2500
MINDUH
déchets dans les villes chefs des déchets sont réalisées
CTD -
lieux de départements
autres que Yaoundé et
Douala
AC.3.4. Elaboration de plans de Les villes disposent de plans PM
Nombre de plans validés MINDUH
Amélioration de la gestion des déchets de gestion des déchets
et disponibles CTD
gestion des déchets plastiques plastiques
solides Mise en œuvre des plans de Les plans de gestion des PM
Nombre de plans mis en MINDUH
gestion des déchets déchets plastiques sont mis
œuvre CTD
plastiques en œuvre
élaboration de plans locaux
de gestion des déchets dans Les plans de gestion des Nombre de plans de
MINDUH
les villes chefs-lieux de déchets sont élaborés gestion des déchets 50 5000
CTD -
Régions autres que Yaoundé élaborés
et Douala

RAPPORT FINAL 195


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
Études en vue de la Les études pour la
construction de décharges construction des décharges Rapports d’études
contrôlées dans les villes contrôlées sont réalisées validés et disponibles 50 MINDUH 2500
chefs lieux de départements CTD -
autres que Yaoundé et
Douala
Construction de décharges Les décharges contrôlées
Nombre de décharges
contrôlées dans les villes sont construites dans les
contrôlées construites MINDUH
chefs lieux de départements villes chefs lieux de 50 5000
(01 par ville) CTD -
autres que Douala et départements autres que
Yaoundé Douala et Yaoundé
Études en vue de la Les études pour la Rapports d’études
construction d’une construction d’une décharge validés et disponibles 05 MINDUH
décharge pour déchets pour déchets industriels à CTD - 100000
industriels à Douala Douala sont réalisées
Construction de la décharge la décharge pour les déchets
Procès verbal réception MINDUH
des déchets industriels à industriels à Douala est 01 540000
des travaux CTD -
Douala construite
Études en vue de la
contribution des ménages Les études sont réalisées
Rapports d’études MINDUH
au financement de la pré- 02 100
validés et disponibles CTD
collecte des ordures
ménagères
Réalisation des audits des Les audits des décharges Rapports d’audit validés 02 MINDUH 2000
décharges existantes existantes sont réalisés et disponibles CTD
Etudes en vue de
AC.3.5.
l’aménagement des plans Etudes realisée Rapports d’étude 70 MINDUH
Aménagement et
d’eau dans les villes, chefs- approuvés et disponible CTD - 150
dépollution des
lieux de régions, de
plans d’eau
départements et villes de

RAPPORT FINAL 196


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Indicateurs Valeurs cibles à Acteurs Coût (en


Programmes Actions Activités Résultats attendus l’horizon 2020 millions
de FCFA)
plus 20.000 habitants

Aménagement des plans Les plans d’eau sont Nombre de plans d’eau
d’eau dans les villes, chefs- aménagés dans les villes aménagés 70 MINDUH
lieux de régions, des chefs-lieux de régions, de CTD - 7000
départements et villes de départements et villes de
plus 20.000 habitants plus 20.000 habitants
Etudes en vue de la Les études sont réalisées Rapports d’études
MINDUH
AC.3.6. construction des validés et disponibles
MINMEE
Amélioration de équipements d’éclairage 10 500
CTD
l’éclairage public dans les villes
dans les villes construction des Les équipements d’éclairage Nombre de points MINDUH
équipements d’éclairage sont construits dans les villes lumineux par ville 4000 MINMEE 5000
dans les villes CTD

RAPPORT FINAL 197


Tableau 34 : Programme P4 (Développement des infrastructures de transports urbains)

Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
de la stratégie
Axes stratégiques – Aménagement des infrastructures de transport urbain
Programmes P4. Développement des infrastructures de transport urbain
Coût en
Résultats à l'horizon Valeurs
Actions Activités Indicateurs Baseline Acteurs milliers de
2020 cibles
FCFA
A.1.
01
Programmations Etude de programmation des Document de
programme - MINDUH
des interventions interventions en matière de L’étude est réalisée Programmation 0
d’interventio - CTD
en matière de voirie urbaine disponible
n
voirie urbaine
A.2. Appui à Travaux 2250 km/an 10 000/km
La voirie et les Linéaire de voirie en
l’entretien/réhabi d’entretien/réhabilitation de 230 - MINDUH
ouvrages sont terre entretenu ou
litation de la la voirie en terre et km/an - CTD
entretenus réhabilité par an
voirie en terre d’ouvrages dans les villes
Linéaire de voirie 50 000 /km
La voirie et les
A.3. Entretien de Travaux d’entretien de la revêtue entretenu par 70 km/an 1500 km
ouvrages sont - MINDUH
la voirie revêtue voirie revêtue dans les villes an
entretenus - CTD
Etudes de réhabilitation de la Les études sont Linéaire de voirie en 0 150 km/an 3 600 / km
A.4.
voirie revêtue dans les villes réalisées terre étudié
Réhabilitation de
Réhabilitation de la voirie La voirie revêtue est Linéaire de voirie - MINDUH 250 000 / km
la voirie revêtue
revêtue dans les villes réhabilitée réhabilité par an 15 km/an 150 km/an - CTD

RAPPORT FINAL 198


Appui à la réalisation des 27 500 / km
travaux d’aménagement des Les trottoirs sont Linéaire de trottoirs 100 k/an 250 km/an - MINDUH
trottoirs le long de certaines aménagés aménagé - CTD
voies dans les villes
DAO disponibles pour la 15 000 / km
Etudes techniques en vue de
Les études sont construction d’au moins 275 km/an - MINDUH
la construction de voiries
réalisées 275 km/an de voirie - CTD
revêtues dans les villes
revêtue dans les villes
Construction de la voirie dans Les voiries sont Linéaire de voirie - MINDUH 1 500 000 / km
les villes construites construit 15 km/an 150 km/an - CTD
Etudes techniques en vue de DAO disponibles pour la 5 000 / km
la création de chemins construction d’au moins 25 km/an
Les études sont - MINDUH
piétonniers dans les 100km de chemins
réalisées - CTD
A.5. Construction communautés urbaines piétonniers dans les
de la voirie communautés urbaines
revêtue Appui à la construction de Les Chemins
Linéaire de chemins - MINDUH
chemins piétonniers dans les piétonniers sont 25 km/an 50 000 / km
piétonniers construit - CTD
Communautés urbaines construits
900 000 / u
Etudes en vue de la DAO disponibles pour la
Les études sont 03 10 carrefours - MINDUH
construction et de la construction des
réalisées carrefour - CTD
réhabilitation des carrefours carrefours
s
Construction et 7 000 000/u
Les carrefours sont Nombre de carrefours - MINDUH
réhabilitation des carrefours 0 07
construits construits - CTD
à Yaoundé
A.6. Appui au 0
développement Etudes de développement de
- Etude de faisabilité Linéaire de voie ferrée - MINDUH
de l’offre de l’offre de transport par rail à 450 000
disponible étudié - CTD
transport par rail Yaoundé et Douala

RAPPORT FINAL 199


Les études
d’aménagement de 7 07
Etude d’aménagement de 7 plates formes
plates formes d’échange dans d’échange dans les
Nombre de plates - MINDUH
les villes de transit (Kousseri, villes de transit 0
formes étudiées - CTD
kyé ossi, Limbé, Obala, (Kousseri, kyé ossi,
Dschang, Yaoundé, Edéa) Limbé, Obala,
Dschang, Yaoundé,
A.7. Appui au
Edéa) sont réalisées
développement
Appui à la construction de Les plates formes 07
des zones de Nombre de plates - MINDUH
plates formes d’échange dans d’échange sont 0
stationnement et formes construites - CTD
les villes de transit construites
des plates formes
Etudes techniques en vue de 6
d’échange
la Construction de parkings
Les etudes sont Nombre de parkings - MINDUH
hors voirie dans les villes de 0
réalisées étudiés - CTD
Yaoundé, Douala, Bafoussam
et Bamenda
Appui à la construction de 6
parkings hors voirie dans les Les parkings sont Nombre de parkings - MINDUH
0
villes de Yaoundé, Douala, construits construits - CTD
Bafoussam et Bamenda
Appui à l’élaboration de Les plans de
Nombre de plans de
A.8. Appui à plans de circulation dans les circulation sont 2 12 - - MINDUH
circulation élaborés
l’amélioration de communautés urbaines élaborés
la gestion du Appui à la mise en œuvre de Au moins 2
- MINDUH
trafic urbain plans de déplacements dans communautés Nombre de plans PM
- CTD
les communautés urbaines urbaines appuyées réalisés
A.9. 0
Développement Etudes de développement de Les études sont Rapport d’étude PM - MINDUH
de l’offre de l’offre de transport fluvial réalisées disponible - CTD
transport fluvial

RAPPORT FINAL 200


Tableau 35 : P5. Programme Support (Renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain)

Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
Systématisation du classement Les établissements Nombre MINDUH
des établissements humains en humains sont classés en d’établissements 0 40 MINDAF
centres urbains. centres urbains humains classés en MINATD 1200
centres urbains CTD
Ordres professionnels
OSC
Finalisation et vulgarisation des Les textes d’application Nombre de textes MINDUH
textes régissant l’urbanisme au régissant l’urbanisme au élaborés et disponibles 05 24 MINJUSTICE
Cameroun Cameroun sont finalisés CTD
AC1. Amélioration du et publiés Ordres professionnels 800
cadre institutionnel et OSC
juridique Identification des domaines et Les textes y relatifs sont MINDUH
élaboration des textes pour la élaborés et appliqués MINDAF
promotion du développement Nombre de projets de MINEP
urbain durable des villes. textes élaborés 0 04 CTD 320
Ordres professionnels
OSC
Systématisation de la Les relations Nombre de documents 03 contrats de ville et 40 MINDUH 1000
contractualisation des relations MINDUH/CTD sont contractuels entre le 10 protocoles de protocoles CTD
MINDUH-CTD (protocoles de contractualisées et mieux MINDUH et les CTD partenariat signés et 40 Ordres professionnels
partenariat, contrats de ville) définies signés contrats de OSC

RAPPORT FINAL 201


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
ville signés

0 01 MINDUH
Elaboration du décret de La valeur juridique du Textes de classification CTD
classification des contrats de ville contrat de ville est élaborés Ordres professionnels
au rang de documents de établie et mieux spécifiée OSC 50
planification
Etudes d’évaluation des besoins Une grille d’équipements Grille validée et 0 01 MINDUH
en équipements publics dans les publics (catalogue disponible MINAS/MINSANTE 50
villes d’équipements et 60 villes MINPROF
d’ouvrages communaux) couvertes à MINEE /MINPOSTEL
est élaborée l’horizon CTD /Ordres
2020 professionnels
OSC
création des banques de l’habitat Les banques de l’habitat Nombre de banques 01 02 MINFI
sont créées créées MINEPAT
MINDUH
MINDAF
CTD
OSC

RAPPORT FINAL 202


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
Etude, sur les mécanismes de Les études sont réalisées Rapport d’étude 01 MINDUH 100
financement du secteur urbain disponible MINFI
MINDAF
MINEPAT
CTD
Restructuration des institutions Les institutions publiques Nouveaux MINFI
publiques du secteur habitat du secteur habitat organigrammes de ces MINDUH
(MAETUR, SIC, CFC, MIPROMALO) (MAETUR, SIC, CFC, institutions disponibles 0 04 MINDAF
MIPROMALO) sont MINEPAT 2000
orientées vers les
objectifs du DSCE en
matière d’habitat
Etude en vue de la création d’un Rapport d’étude MINDUH 50
office national de l’habitat L’office de l’habitat est disponible 0 01 MINFI
créé CTD
Ordres professionnels
OSC
Elaboration des textes en vue Les textes en vue d’un Nombre de textes 0 02 MINDUH 100
d’un meilleur encadrement de meilleur encadrement de signés et disponibles MINDAF
l’auto construction. l’auto construction sont MINSANTE
élaborés. MINPROF
CTD
Ordres professionnels
OSC

RAPPORT FINAL 203


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
Des études sont réalisées MINDUH 600
dans plusieurs domaines MINDAF
tels que : création d CTD
agences d’urbanisme et Ordres professionnels
de sociétés Rapports d’études 0 40 Secteur privé
d’aménagement, validés et disponibles OSC
Elaboration des études profession d’aménageur, Populations
sectorielles spécifiques et/ou artisanat de la
complémentaires construction,
coopératives d’habitat,
associations de
populations, cadre
juridique de la maîtrise
d’ouvrage publique,
gestion déléguée des
services publics, etc.
Des textes sur la Textes validés et 0 MINDUH
Elaboration de textes sur la
classification du disponibles MINATD, MINCULT
classification du patrimoine
patrimoine architectural CTD, OSC
architectural historique
historique sont élaborés
Identification/actualisation des Rapport d’étude validé 0 08 MINDUH
normes de développement urbain Le sous-secteur urbain et disponible MINDAF/ANOR 240
et de l’habitat est normalisé CTD/ Ordres
professionnels

RAPPORT FINAL 204


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
OSC

Le suivi-évaluation de la Dispositif de 0 01
Mise en place d’un dispositif de stratégie du monitoring mis en MINDUH
monitoring (mise en œuvre et développement du sous- place et fonctionnel MINEPAT 480
suivi-évaluation) de la stratégie secteur urbain est effectif S/PM
et mieux organisé
Elaboration d’un guide technique Le dimensionnement des Guide technique 0 01 MINDUH 50
de dimensionnement des voiries voiries urbaines est disponible CTD
urbaines mieux connu
Elaboration et mise en œuvre des Un plan de formation et Plan de formation et 01 MINDUH 100
plans de formation des acteurs de renforcement des de renforcement des CTD
urbains (personnel du MINDUH, capacités des acteurs capacités des acteurs Ordres professionnels
ordres professionnels, urbains est élaboré (types urbains validés et OSC
groupements et associations de de formation et nombre disponibles
PME, artisans du secteur) de domaines de
AC2. Renforcement des formation identifiés)
ressources humaines et
matérielles Appropriation du nouveau régime
financier de l’Etat du Cameroun Le nouveau régime
par tous les acteurs financier est mieux MINDUH /MINFI 600
maîtrisé par les cadres du Nombre de cadres /MINEPAT

RAPPORT FINAL 205


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
Renforcement des capacités des MINDUH) formés
ressources humaines (bourses,
stages et représentation à Les cadres du MINDUH
l’étranger) sont enrichis des 100% 2160
expériences des autres Nombre de cadres MINDUH
Appropriation des logiciels et ayant bénéficié des Partenaires
schémas directeurs informatiques bourses et stages
(amélioration fonctionnelle Les logiciels et schémas Nombre de cadres du
formation des utilisateurs, directeurs informatiques MINDUH maîtrisant les
sécurisation des données) du MINDUH sont mieux logiciels et schémas 300
maîtrisés par le personnel directeurs 100% MINDUH
Création d’une mutuelle du informatiques du
personnel du MINDUH MINDUH
200
Formation des acteurs sociaux Les capacités des couches MINDUH
(jeunes en difficulté, OCB, vulnérables en milieu 01
associations) aux petits métiers urbain sont renforcées
du secteur (fabrication et pose de Nombre d’acteurs
pavés, horticulture urbaine, etc.) sociaux formés MINDUH 1000
CTD
MINAS

RAPPORT FINAL 206


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)

Mise en œuvre d’un programme Plans de formation mis Nombre d’acteurs MINDUH
de renforcement des capacités du en œuvre formés par corps de 30/an et MINTP 600
personnel et des acteurs urbains métier par corps MINESUP ,MINESEC
de métier MINEFOP,FNE
Renforcement des capacités des Tous les acteurs Un programme de PM 200
acteurs institutionnels de la mise intervenant dans la mise formation des acteurs
en œuvre de la stratégie de en œuvre de la stratégie institutionnels est
communication de communication élaboré, validé et
(CELLCOM, points focaux exécuté
sectoriels, points focaux
communaux, Hommes de
médias,
ONG/Associations, etc.)
sont formés en matière
de communication pour
le développement et en
TIC.
Renforcement des capacités de - Les capacités de 5000 100
Nombre de séminaires
5000 acteurs sur le contrôle des acteurs (MINDUH : 500, séminaires MINDUH
de renforcement des
règles d’urbanisme et des CTD : 3500, ordres organisés CTD
capacités organisées ; 0 2500
documents de planification professionnels : 200 et et 100 MINATD
urbaine. OSC: 800) sont rapports
renforcées en matière de disponibles

RAPPORT FINAL 207


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
contrôle ;

Equipement des services du Les services du MINDUH Nombre de services du


MINDUH en matériels techniques sont équipés en matériels MINDUH équipés en 40
spécifiques techniques spécifiques matériels techniques MINDUH 2000
spécifiques
Equipement des services centraux Les services centraux et Nombre de services 80 MINDUH 1000
et déconcentrés du MINDUH déconcentrés du centraux et
MINDUH sont équipés déconcentrés équipés
Etude en vue de la mise en place Les conditions de mise en Rapport d’étude 0 01 MINDUH
d’un fonds de garantie de place d’un fonds de disponible MINFI , MINDAF 50
l’habitat garantie de l’habitat sont MINEPAT, CTD
mieux connues
Equipement des services centraux Tous les services centraux Nombre de services 40 (30 pour les 120 MINDUH
et déconcentrés en matériels et déconcentrés sont centraux et services véhicules 1600
roulants équipés déconcentrés équipés déconcentrés et 10
pour les services
centraux)
Mise en place d’un système Tous les services centraux Nombre de services 1 65 MINDUH 100
d’archivage et déconcentrés sont centraux et MINFI
dotés d’un système déconcentrés sont MINEPAT
d’archivage dotés d’un système
d’archivage

RAPPORT FINAL 208


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
Rénovation du réseau Tous les services centraux Nombre de services 0 58 MINDUH 200
informatique du MINDUH et déconcentrés sont centraux et MINFI
équipés et raccordés à la déconcentrés équipés MINEPAT
fibre optique
Achat du matériel informatique et Tous les services centraux Nombre de services MINDUH
bureau tique en nombre suffisant et déconcentrés sont centraux et 110 ordinateurs 500 MINFI
suffisamment équipés déconcentrés équipés ordinateurs MINEPAT

Formation des acteurs sociaux Les capacités des couches


(jeunes en difficultés, OCB, vulnérables en milieu
associations) aux petits métiers urbain sont renforcées 1.000
du secteur urbain (horticulture Nombre d’acteurs 2000 MINDUH
urbaine, fabrication et pose de sociaux formés 100 CTD
Action 3 : Protection des pavés, fabrication et production MINAS
groupes sociaux des matériaux locaux de
vulnérables en milieu construction etc.)
urbain
Appui à l’insertion Les appuis en matériel
socioprofessionnelle des jeunes sont apportés aux jeunes PM MINDUH 2.000
Nombre de matériel
en difficulté en milieu urbain en difficulté en vue de MINAS
fournis aux jeunes
leur insertion CTD
socioprofessionnelle

RAPPORT FINAL 209


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
Construction des centres Les centres d’insertion MINDUH
d’insertion des jeunes en des jeunes sont Nombre de centres 30 4.800
4 MINAS MINJEUN
difficulté dans les villes construits dans une construits
trentaine de villes CTD
Equipement des centres Les centres d’insertion MINDUH
d’insertion des jeunes en des jeunes sont équipés Nombres de centre 2.200
2 MINAS MINJEUN
difficulté et fonctionnels d’insertion équipés
30 CTD
Sécurisation des centres Les centres d’insertion MINDUH
d’insertion des jeunes en des jeunes sont sécurisés Nombre de centres 1.500
2 MINAS MINJEUN
difficulté en milieu urbain d’insertion sécurisés
30 CTD
Construction des aires de jeu Les aires de jeux sont MINDUH
multisports dans les centres construites dans les Nombre d’aires de jeu 1500
2 MINAS MINJEUN
d’insertion des jeunes centres d’insertion des construites
jeunes 20 CTD
Réalisation de microprojets Les microprojets sont MINDUH
Nombre de villes
d’intérêt communautaire avec réalisés dans les chefs - 58
bénéficiant de micro 4 MINAS MINJEUN
recours à l’approche HIMO dans lieux de département
projets CTD 10.000
les chefs-lieux de région
Total : 23.300

RAPPORT FINAL 210


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
10 MINDUH 240
MINMESA
Types d’appui identifiés Rapports d’études MINTP
Etudes d’encadrement des CTD
AC4. Amélioration de acteurs non institutionnels du
l’organisation du secteur secteur urbain
privé urbain
Promotion des groupements Les artisans de la Nombre de 24 MINDUH 240
d’artisans du secteur de la construction sont mieux groupements d’artisans MINMESA
construction organisés constitués

Appui à la création de filières La qualité et la quantité Nombre de filières 0 10 MINDUH 300


spécialisées en urbanisme et des ressources humaines spécialisées mises en MINESUP
aménagement urbain, ont augmenté place et appuyées
AC5. Promotion et/ou architecture et en Système
consolidation des filières d’Information Géographique
spécialisées de formation Appui au Centre des Métiers Le Centre des Métiers de Quantité de ressources PM MINDUH/MINATD 300
de la Ville la Ville mieux structuré et allouées MINESUP/FEICOM
fonctionnel - CVUC

RAPPORT FINAL 211


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
-
Coopération avec les La coopération avec les Nombre de 10 MINDUH MINESUP
institutions universitaires Universités est renforcée conventions signées 0 400
avec les Universités

Appui à la création dans les La mise en œuvre de la Nombre de brigades de 0 24 MINDUH 1000
CTD de brigades de contrôle de réglementation en contrôle mises en place MINATD
l’application des documents de matière de dans les communautés
planification urbaine et de la développement urbain urbaines DGSN
réglementation en matière est mieux suivie ; FEICOM
d’urbanisme CVUC
AC6. Amélioration de la CTD
gouvernance urbaine Mise en place de cadres de La participation de tous Nombre de cadres de 0 10 CTD 500
concertation formels Etat- les acteurs à la gestion concertation créés MINDUH
opérateurs privés-société civile urbaine est plus
dans les 10 chefs lieux de efficiente MINATD
région Société civile
Opérateurs privés
Appui à la création de cadres - Les cadres consultatifs - Nombre 0 50 MINDUH 400
consultatifs et associatifs de la et participatifs sont créés d’associations de MINDAF
société civile et des dans les quartiers les plus quartiers créées (au
MAETUR

RAPPORT FINAL 212


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
Groupements d’Initiative représentatifs des moins un / quartier) MINATD
Foncière Urbaine (GIFU) principales villes ;
FEICOM
0 CVUC
CTD
Promotion des budgets Les budgets participatifs Nombre de budgets 00 PM MINDUH 150
participatifs sont mis en place participatifs élaborés MINATD, CTD OSC

Mise en œuvre de la stratégie La corruption a Nombre de cas de 36 MINDUH, CONAC 400


nationale de lutte contre la sensiblement diminué corruption élucidés
corruption

Etude en vue de la mise en Les conditions de mise en


place d’un Observatoire urbain place d’un observatoire Rapport d’étude 0 01 MINDUH 50
AC7. Renforcement du national urbain sont connues
système statistique du disponible
secteur urbain Actualisation et mise en place L’information urbaine est - SIG disponibles 0 MINDUH 400
des SIG et des outils d’aide à mieux maîtrisée ; PM CTD

RAPPORT FINAL 213


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
la décision en matière de
planification et de gestion
urbaine 400

0
Appui à l’élaboration des plans Le développement des Nombre de plans de PM CTD
de développement des quartiers est mieux quartiers élaborés CVUC 100
quartiers contrôlé
FEICOM,
MINDUH,MINATD
Elaboration des CDMT Le programme triennal - CDMT de base PM
du MINDUH est actualisé actualisé et disponible
et disponible - CDMT révisé et profil MINDUH 100
de la dépense annuelle
actualisé et disponible MINEPAT

Relecture /actualisation du Le Plan d’Actions PAP actualisé et PM MINDUH 100


Plan d’Actions Prioritaires de la Prioritaires (PAP) de la disponible MINEPAT
stratégie stratégie est à jour
Partenaires
Elaboration et mise en œuvre MINDUH
des Plans de Développement Nombre de PDS 02 20 (au moins 2 MINAS 500
Social (PDS) ; élaborés et mis en par an)
Les différents plans sont CTD

RAPPORT FINAL 214


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
élaborés et mis en œuvre œuvre

Elaboration de la stratégie de Les axes de Le document de 20


communication du sous- communication, les stratégie de 0 1 MINDUH
secteur urbain messages-clés, les canaux communication du
et supports de sous-secteur urbain MINCOM
communication définis est validé et diffusé
par la stratégie sont suivis auprès de toutes les
et respectés par tous les parties prenantes
acteurs au cours de la
mise en œuvre
AC9. Amélioration de la Mise en œuvre du plan de Toutes les activités de Un tableau de suivi- PM MINDUH 1500
communication dans le sous- communication du sous- communication définies évaluation des activités MINCOM
secteur urbain secteur urbain du Cameroun dans le plan stratégique de communication est
sont mises en œuvre, élaboré, validé et suivi CTD
« monitorées » et par tous les acteurs de CRTV
évaluées. Ces activités la mise en œuvre SOPECAM
sont subdivisées en
plusieurs rubriques à
savoir : le plaidoyer, la
mobilisation
communautaire, les
campagnes d’IEC, la

RAPPORT FINAL 215


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
communication média, la
gestion évènementielle
(Salons du bâtiment, etc.)

Evaluation de la mise en Tous les indicateurs de Rapport d’enquête CAP PM MINDUH 20


œuvre du plan de processus, de résultats et auprès des MINCOM
communication d’impacts sont mesurés bénéficiaires et de
et évaluées. l’ensemble des parties CTD
prenantes à la mise en CRTV
œuvre SOPECAM

Diffusion de l’information Le secteur urbain est Nombre de supports de Au moins 02 MINDUH 400
urbaine mieux connu diffusion de par an MINCOM
l’information urbaine
élaborés CTD

Sensibilisation des acteurs et Les nouvelles


Vulgarisation des nouvelles technologies en matière MINDUH
technologies en matière de de développement Nombre d’ateliers de
0 10 MINATD 400
développement urbain et de urbain et de l’habitat vulgarisation organisés
l’habitat sont vulgarisées dans les MINTP
dix régions

RAPPORT FINAL 216


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
Organisation de salons Les bonnes pratiques et MINDUH
internationaux du bâtiment et innovations en matière Nombre de salons
0 5 Partenaires du sous- 1500
de l’immobilier d’habitat sont vulgarisées organisés secteur
Organisation des campagnes Les populations sont
d’IEC informées, sensibilisées Nombre de campagnes MINDUH, MINDAF,
et impliquées dans la d’IEC organisées MINATD, MINCOM
gestion urbaine
1. renforcement du dispositif Le fonctionnement du
Cabinet du Ministre
de supervision du Cabinet du Cabinet du Ministre est MINDUH 2600
fonctionnel
Ministre assuré
2 renforcements du dispositif Le fonctionnement du
Secrétariat Général
de coordination du Secrétariat Secrétariat Général est MINDUH 2500
fonctionnel
AC10 : Coordination des Général assuré
services 3. renforcement des stratégies Le fonctionnement de
Inspection Générale
d’audits internes de l’Inspection Générale est MINDUH 1200
Fonctionnelle
l’Inspection Générale assuré
4. renforcement du dispositif Le fonctionnement des services des Conseillers
de coordination des services des Conseillers Techniques MINDUH 240
Conseillers Techniques Techniques est assuré fonctionnels

RAPPORT FINAL 217


Objectif sectoriel Améliorer substantiellement le taux d’accès aux infrastructures en générant une offre qui anticipe la demande
Fonction Infrastructures
Objectif général de la
Mettre en place les conditions essentielles de maîtrise du développement urbain en renforçant les programmes en cours
stratégie
A1. Amélioration du cadre institutionnel et juridique
Axes stratégiques A2. Amélioration des ressources humaines, financières et matérielles
A3. Promotion de la Gouvernance urbaine
Programmes P5. Programme support : renforcement des moyens d’accompagnement du sous-secteur urbain
Indicateurs Valeurs Acteurs Coût (en
Résultats horizon
Actions Activités Base line cibles millions de
2020
FCFA)
5. renforcement du dispositif Le fonctionnement des Directions du MINDUH
MINDUH 9600
de coordination des Directions Directions est assuré fonctionnelles

6. renforcement du dispositif Le fonctionnement du


Secrétariat Particulier
de coordination du Secrétariat Secrétariat Particulier du MINDUH 1800
du Ministre fonctionnel
Particulier du Ministre Ministre est assuré
7. renforcement du dispositif Le fonctionnement de la
Cellule PPTE/C2D
de coordination de la Cellule Cellule PPTE/C2D est MINDUH 800
fonctionnelle
PPTE/C2D assuré
8. renforcement du dispositif Le fonctionnement des
Délégations Régionales
de coordination des Délégations Régionales MINDUH 4400
fonctionnelles
Délégations Régionales est assuré
Le fonctionnement des
9. renforcement du dispositif Délégations
Délégations
de coordination des Départementales MINDUH 4000
Départementales est
Délégations Départementales fonctionnelles
assuré
10. renforcement du dispositif Nombre de comités et
Les travaux spéciaux sont
de coordination des Comités, commissions MINDUH 1500
mieux coordonnés
commissions et conseils coordonnés
Les dépenses communes Nombre de dépenses
11. Dépenses communes du
du MINDUH sont communes MINDUH MINDUH 12 000
MINDUH
couvertes couvertes

RAPPORT FINAL 218


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

– SECTION 3 : PLAN D’ACTIONS PRIORITAIRES


POUR LA PERIODE 2011-2015

Le plan d’actions prioritaires (PAP), composé d’activités réalisables d’ici 2015, est extrait de la
matrice globale de mise en œuvre de la stratégie du sous-secteur urbain présentée dans la
section 2. Dans ce PAP, chaque programme est présenté en quatre tableaux (identification des
actions, contenu des actions, chiffrage des actions, et programmation pluriannuelle).

RAPPORT FINAL 219


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 36 : Identification des actions du Programme P1. Développement de la planification urbaine

Objet du tableau : (identifie pour chaque programme, les actions permettant de réaliser l’objectif du programme et en précise le degré de priorité)
PROGRAMME 1: DEVELOPPEMENT DE LA PLANIFICATION URBAINE
Objectif : Assurer la maîtrise de l’occupation des sols
Indicateur : Nombre de documents de planification élaborés ou actualisés et approuvés
Baseline : 20
95 documents de planification pour les chefs lieux de région et de départements et les villes secondaires d’au
Cible :
moins 20 000 habitants
- Coordination : Division des Etudes, de la Planification et de la Coopération (DEPC)
Responsable de mise en œuvre :

Actions Objectifs Indicateurs Baseline Cible Niveau de priorité


Assurer la maîtrise de Nombre de documents de
Action 1. Elaboration des
l’occupation des sols planification élaborés et 10 91
documents de planification
approuvés
Nombre de documents de
Action 2. Actualisation des Mettre à jour tous les 20 plans
planification actualisés et Au moins 4
documents de planification documents existants d’urbanisme
approuvés

RAPPORT FINAL 220


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Tableau 37 : Eléments de contenu des actions de P1


Objet du tableau : (Liste les activités de chaque action pour permettre de mieux cerner cette dernière, chiffrage du coût de chaque activité)

PROGRAMME 1: DEVELOPPEMENT DE LA PLANIFICATION URBAINE


Objectif : Assurer la maîtrise de l’occupation des sols
Indicateur : Nombre de documents de planification élaborés ou actualisés et approuvés
Baseline : 20
Cible : 95 pour les chefs lieux de région et de départements et les villes secondaires d’au moins 20 000 habitants
- Coordination : Division des Etudes, de la Planification et de la Coopération (DEPC)
Responsable de mise en œuvre :

Principales
Extrants attendus par Coût par activité
Actions Liste des activités parties
activité (en millions)
prenantes
Elaboration des cartographies de base par
images satellites de 30 villes secondaires
Cartographie de base de 30 MINDUH, CTD,
(villes érigées en communautés urbaines, 120
villes disponible INC
chefs lieux de départements et autres
villes de plus de 20 000 habitants)
Elaboration des Plans Directeurs
MINDUH, CTD,
d’Urbanisme (PDU) de 6 villes érigées en 6 PDU élaborés et approuvés 480
MINDAF
communautés urbaines.
Action 1 : Elaboration des Elaboration des plans d’occupation des
documents de planification Sols de Yaoundé et des villes secondaires
40 POS élaborés et MINDUH, CTD,
(villes érigées en communautés urbaines, 1600
approuvés MINDAF
chefs- lieux de départements et autres
villes de plus de 20 000 habitants)
Elaboration des Plans de Secteurs dans les 5 plans de secteurs élaborés MINDUH, CTD,
700
communautés urbaines. et approuvés MINDAF
Elaboration des Plans Sommaires
40 PSU élaborés et MINDUH, CTD,
d’Urbanisme (PSU) de 40 villes 800
disponibles MINDAF
secondaires de moins de 20 000 habitants

RAPPORT FINAL 221


STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUS-SECTEUR URBAIN DU CAMEROUN

Elaboration des stratégies de Les stratégies de


MINDUH, CTD,
développement des villes (SDV) développement de 12 villes 240
MINDAF
sont élaborées
Total 3 940
Appui à l’actualisation des Plans
Directeurs d’Urbanisme (PDU) de 3 villes 3 PDU actualisés et MINDUH,