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UNIVERSITE DE MONASTIR

FACULTE DE MEDECINE
DENTAIRE DE MONASTIR

Année 2020 Thèse N°.....

THESE
POUR LE DIPLOME NATIONAL
DE DOCTEUR EN MEDECINE DENTAIRE

Présentée et soutenue publiquement le 20/07/2020


PAR

Né le 20 avril 1992 à Tunis

Les empreintes globales et modèles de travail en prothèse fix


implanto-portée : les clés de réussite

Examinateurs de la Thèse

JURY :
Président : Pr. Mounir CHERIF Directeur
Assesseurs : Pr. Ag. Anissa BEN MOUSSA Pr. Ag. Amani ADLI
Pr. Ag. Rihab DAKHLI
Ministère de l'Enseignement
Supérieur et de la Recherche
Scientifique Université de Monastir
Faculté de Médecine Dentaire de Monastir
Année Universitaire 2019/2020

Doyen: Professeur Féthi Maâtouk


Directrice des Etudes - Vice-Doyen: Professeur Ahlem Baâziz
Directrice des Stages: Professeur Sonia Zouiten
Secrétaire Général: Monsieur Ridha Ben Abdelhafidh

DEPARTEMENT D'ODONTOLOGIE CHIRURGICALE


Directeur du Département: Pr. Souha Boudegga Ben Youssef
Mohamed Habib Hamdi P.H.U
Jamil Selmi P.H.U
Souha Boudegga Ben Youssef P.H.U
Mohamed Bassem Khattèche P.H.U
Mohamed Ben Khelifa P.H.U
Lamia Oualha P.H.U
Ikdam Blouza P.H.U
Hajer Hentati P.H.U
Samah Sioud P.H.U
Wafa Hasni P.H.U
Médecine et chirurgie buccales Kawthar Souid M.C.A
Raoua Belkacem Chebil A.H.U
Hend Ouertani A.H.U
Dorsaf Touil A.H.U
Adel Bouguezzi A.H.U
Nour Saida Ben Massoud A.H.U
Eya Moussaoui A.H.U
Mounir Omami A.H.U
Ghada Bouslama A.H.U
Obaïd Garouachi A.H.U
Marwa Garma A.H.U
Ridha M'barek P.H.U
Leïla Guezguez P.H.U Détachée
Sofiène Turki P.H.U
Héla Jegham M.C.A
Parodontologie Sofien Ben Abdallah A.H.U
Wafa Nasri A.H.U
Rym Masmoudi A.H.U
Walid Aouini A.H.U
DEPARTEMENT D'ODONTOLOGIE RESTAURATRICE ET
D'ORTHODONTIE
Directeur du Département: Pr. Samir Tobji
Hédia Ben Ghénaïa P.H.U Détachée
Saïda Sahtout P.H.U
Nabiha Douki P.H.U
Sonia Zouiten P.H.U
Neïla Zokkar P.H.U
Najet Aguir P.H.U
Chems Belkhir P.H.U
Sana Bagga P.H.U
Afef Oueslati M.C.A
Inès Kallel M.C.A
Imène Gnaba M.C.A
Odontologie Conservatrice
Mohamed Béchir Annabi A.H.U
Mayada Jemâ a A.H.U
Amira Kikly A.H.U
Ihssen Abdelmoumen A.H.U
Emna Hidoussi A.H.U
Rim Mabrouk A.H.U
Jihed Ben Ammar A.H.U Détaché
Omar Marouane A.H.U
NesrineTebbeb A.H.U
Meriem Fejjari A.H.U
Féthi Maâ touk P.H.U
Hichem Ghédira P.H.U
Ahlem Baâ ziz P.H.U
Imen Gharbi P.H.U
Fatma Masmoudi P.H.U
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Odontologie Pédiatrique et Jihène Zaroui M.C.A
Prévention Inès Mahmoudi A.H.U Détachée
Dorsaf Jarrar A.H.U Détachée
Yamina Elelmi A.H.U
Imene Jazi A.H.U
Farah Chouchène A.H.U
Anas Beji A.H.U Détaché
Manel Chelbi A.H.U
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Adel Ben Amor P.H.U
Samir Tobji P.H.U
Orthopédie Dento-Faciale Anissa El Yemni-Zinelabidine P.H.U
Nedra Khedher M.C.A Détachée
Inès Dallel M.C.A
Sana Hannachi A.H.U
DEPARTEMENT DES PROTHESES
Directeur du Département: Pr. Jamila Jaouadi
Mounir Cherif P.H.U
Belhassen Harzallah P.H.U
Hayet Hajjami P.H.U
Jilani Saâ fi P.H.U Détaché
Imène Nawel Gasmi P.H.U Détachée
Zohra Nouira P.H.U
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Dalenda Hadyaoui P.H.U
Adel Amor P.H.U Détaché
Nouha M'ghirbi M.C.A
Sihem Hajjaji M.C.A
Ameni Adli M.C.A
Prothèse Conjointe
Anissa Ben Moussa M.C.A
Mouhamed Mouldi Chebil M.C.A
Rihab Dakhli A.H.U
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Yosra Gassara A.H.U
Imène Debbabi A.H.U
Zeineb Riahi A.H.U
Pr. Mounir Trabelsi P.H.U
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Insaf Farhat M.C.A Détachée
Prothèse Partielle Amovible Bassem Mogaâ di M.C.A Détaché
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Sana Bekri A.H.U
Sameh Bouraoui A.H.U Détachée
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Amel Laabidi A.H.U
Haifa Braham A.H.U
Yosra Mabrouk A.H.U
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Mohamed Ali Bouzidi P.H.U
Houda Chraïef P.H.U
Sonia Marouane P.H.U
Prothèse Totale Jamila Jaouadi P.H.U
Karim Masmoudi M.C.A
Achraf Fnaiech A.H.U
Prothèse Maxillo-Faciale Karim Chebbi M.C.A

DEPARTEMENT DES SCIENCES FONDAMENTALES ET MIXTES


Directeur du Département: Pr. Hédi
Harizi
Faten Ben Abdallah P.H.U
Mohamed Salah Khalfi P.H.U
Anatomie Walid Ghorbel M.C.A
Faten Khanfir A.H.U
Mohamed Tlili A.H.U
Soumaya Touzi P.H.U
Chiraz Baccouche P.H.U
Anatomie dentaire Aymen Ben Hadj Khalifa A.H.U
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Anglais Imène Ghadhab P.P.E
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Biochimie Samia Dabbou M.A
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et Moléculaire Hédi Harizi M.C
Mounir Trabelsi P.H.U
Biomatériaux Dorra Kammoun P.H.U
Sabra Jaafoura A.H.U
Biophysique Abdellatif Chokri M.C.A
Chimie Abdelwaheb Fékih P.U
Mohamed Ali Mahjoub M.A
Education Physique Mohamed Trabelsi P.E.P.S
& Sport Mehdi Fadhloun P.E.P.S
Sonia Ghoul P.H.U
Rym Kammoun A.H.U
Histologie Buccale Tarek Zmantar M.A
Yosra Ayed A.U Détachée
Informatique Sellami Ben Hamroun P.P.E
Microbiologie - Latifa Berrezouga P.H.U
Immunologie Amira Besbes A.H.U
Odontologie Légale Nadia Frih P.H.U
Jihène Ghabri A.H.U
Monia Dhidah P.H.U
Raja Chebbi M.C.A
Physiologie Meriem Denguezli-Bouzgarrou M.C
Mehdi Khémiss A.H.U
Hanène Ben Khélifa A.H.U
Touhami Ben Alaya P.H.U
Radiologie - Imagerie Imène Chaâ bani M.C.A

En Gras: Chef de Service

- P.H.U : Professeur Hospitalo-Universitaire


- M.C.A : Maître de Conférences Agrégé
- A.H.U : Assistant Hospitalo-Universitaire
- P.U. : Professeur Universitaire
- M.C : Maître de Conférences
- M.A : Maître-Assistant
- A.U : Assistant Universitaire
- P.P.E : Professeur Principal Emérite
- P.E.P.S : Professeur Education Physique et Sport
République Tunisienne Ministère de l'Enseignement Supérieur
et de la Recherche Scientifique
Université de Monastir
Faculté de Médecine Dentaire de Monastir

«MISE EN GARDE CONTRE LE PLAGIAT»

Cette thèse d'exercice est un travail personnel réalisé dans le but d'obtenir le
Diplô me National de Docteur en Médecine Dentaire. La thèse a été examinée et
approuvée par un jury de soutenance. Elle est mise à disposition de la
communauté universitaire élargie mais reste la propriété intellectuelle de
l'auteur, d'où l'obligation de citation lors de son utilisation. Ainsi, l'auteur de
plagiat, de contrefaçon ou de reproduction illicite prouvés, encourt des sanctions
disciplinaires ou même judiciaires selon le décret du Ministère de l'Enseignement
Supérieur et de la Recherche Scientifique N° 2008-2422 du 23 juin 2008.

«NOTE»

Par délibération du Conseil Scientifique en date du 22 mars 2018, la Faculté de


Médecine Dentaire de Monastir a arrêté que les opinions émises dans les thèses
et mémoires qui y sont soutenus sont propres à leurs auteurs. Elle n'en est pas
responsable et n'entend leur donner, ni approbation, ni improbation.

FMDM Avenue Avicenne 5019 - Monastir- Tunisie - Tel.: +216.73.463.200 - 73.461.152


Fax: +216.73.461.150 - 73.463.828 - Site Web: www.fmdm.rnu.tn
‫بسم هلال ّال رمحان اّل رحيـ ـم‬

‫سبحانك ال علم لنا إّال اا عّلت نا‬


‫إنّك أنت العليم احلكيم‬

‫صدق ّ العظيـــم‬
‫ل‬
‫ا‬
‫بسم هلال ال رحمان ال رحي ـم‬

‫قسـم ال ّطبيب‬
‫أقسم باهلل العظيـــم‬

‫أن أراقب هلال يف اهنيت‪...‬‬


‫وأن أصون حياة اإلنسان يف كاّفة أطوارها يف ك ّل‬
‫الّظروف‬
‫واألحوال ابذال وسعي يف اس نقاذها ان اهلالك واملرض واألمل والقلق‪.‬‬
‫وأن أحفظ للّناس كراانهم وأسرت عور تهم وأكنم ّس رهم‪.‬‬
‫وأن أكون على ال ّدوام ان وسائل رمحة هلال اس ّخرا رعا يت الطّبية‬
‫لل قريب و البعيد لل ّصاحل واخلاطئ وال ّصديق والعدّ و‪.‬‬
‫وأن أاثبر على طلب العلم أس ّخره لنفع اإلنسان‪ ...‬ال ألذاه‪.‬‬
‫وأن أ ّو قر ان عّلتين وأ ّع لم ان يصغرين وأكون أخا لك ل زايل‬
‫ّ يف‬
‫املهنة الطّبية انعاونني على ال ّرب والّنقوى‪.‬‬
‫وأن تكون حيايت اصداق إمياين يف ّس ري وعالنّيت نقّية ّمما يشينها‬
‫جتاه هلال و رسوله و املؤانني‪.‬‬

‫و هلال على ا ــا أقول شهي ــد‬


Serment d'Hippocrate
En présence des maîtres de cette école, de mes chers

condisciples, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de

l'honneur et de la probité dans l'exercice de la médecine

dentaire.

Je donnerai mes soins gratuits à l'indigent et

n'exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail.

Admis dans l'intimité des maisons, mes yeux ne

verront pas ce qui s'y passe.

Ma langue taira les secrets qui me seront confiés et

mon état ne servira pas à corrompre les mœurs ni à

favoriser le crime.

Respectueux et reconnaissant envers mes maîtres, je

rendrai à leurs enfants l'instruction que j'ai reçue de leurs

pères.

Que les hommes m'accordent leur estime si je suis

fidèle à mes promesses. Que je sois couvert d'opprobre et

méprisé de mes confrères si j'y manque.


Dédicaces
En témoignage de reconnaissance du cadet de la famille, qui voue pour vous tous
un amour indéfectible,
Je dédie cette thèse de Doctorat :
A MA MAMAN CHERIE SAMIRA Chabou, épouse H.Habouria
Source inépuisable de tendresse, de patience et de sacrifices, malgré les déboires de
santé de ces dernières années
Repère et Modèle de mère de famille
Puisse Dieu Tout Puissant, te garder pour nous tous et t'accorder Santé, Longue
vie et Félicités. ;

A MON TRÈS CHER PÈRE Habib


Puisse cette thèse soit le fruit de toutes les peines endurées et de tous les sacrifices
consentis pour ta famille
Que le Tout-Haut te préserve et te procure Santé et Bonheur ;

A Mon cher Frère Sami,


A mes adorables sœurs et Belle-sœur :
Imen, Dr.Chaima & Asma
A ma tendre nièce Yesmine
à mes admirables neveux Youssef et
Aziz A mon beau-frère Sabeur
J’'implore Allah de vous réserver un avenir meilleur.
Je vous souhaite tout le bonheur du
monde Que Dieu exauce vos vœux.
Remerciements
A notre Maître et Président de jury
Monsieur le Professeur Mounir
CHERIF A notre Maître et juge
Madame le professeur agrégé Anissa Ben
Moussa A notre Maître et juge
Madame le professeur agrégé Rihab Dakhli
Vous nous faites un très grand honneur en siégeant à notre jury de thèse et juger
notre modeste travail, nous vous en sommes sincèrement reconnaissants.
Veuillez trouver ici le témoignage de notre sincère gratitude, de nos vifs
remerciements et de notre profond respect.

A notre Maître et directrice de thèse


Monsieur le professeur Agrégé Amani
Adli
Nous ne saurons assez-vous remercier pour le très grand honneur que vous nous
avez fait en nous confiant le sujet de cette thèse.
Nous vous sommes très reconnaissants pour l’aide précieuse et généreuse ainsi que
pour les précieux conseils que vous n’avez cessé de nous prodiguer tout au long de
l’élaboration de ce travail.
Qu’il nous soit permis, à travers ce travail que vous avez si aimablement accepté de
diriger, de vous exprimer notre profond respect, et de vous témoigner notre estime
et notre vive reconnaissance.
Sommaire
Sommair
e

Sommaire
INTRODUCTION................................................................................................................................. 1

PRINCIPES GENERAUX DES EMPREINTES

I. Définitions............................................................................................................................................. 7
1. L’implant.......................................................................................................................................... 7
2. Le pilier............................................................................................................................................. 7
3. L’empreinte..................................................................................................................................... 8
II. La place de l’empreinte dans le plan de traitement...........................................................8
III. Particularités de l’empreinte en implantologie..................................................................9
IV. Préalables aux empreintes implanto-portées fixées.....................................................10
1. Matériel.......................................................................................................................................... 10
1.1. Porte-empreinte...............................................................................................11
1.2. Les transferts d’empreinte...............................................................................13
1.3. Les analogues d’implants................................................................................14
2. Matériaux...................................................................................................................................... 15
2.1. Les Silicones réticulant par addition (Les Silicones A)...................................16
2.2. Les polyéthers.................................................................................................16
2.3. Le plâtre..........................................................................................................17

LES TECHNIQUES D’EMPREINTES PHYSICO-CHIMIQUES

I. Techniques d’empreintes conventionnelles........................................................................18


1. Technique Indirecte, Standard, Twist-lock ou « fermée »........................................19
1.1. Définition et principe.......................................................................................................19
1.2. Préalables............................................................................................................................. 19
1.3. Technique d’empreinte proprement dite................................................................22

Page 1
Sommair
e
1.4. Avantages..............................................................................................................................25
1.5. Limites................................................................................................................................... 25
1.6. Indications............................................................................................................................ 26
2. Technique d’empreinte à ciel fermé avec transfert clipé « snap-on ».................26
2.1. Définition et principe.......................................................................................................26
2.2. Préalables............................................................................................................................. 27
2.3. Technique d’empreinte proprement dite................................................................28
2.4. Avantages..............................................................................................................................30
2.5. Limites................................................................................................................................... 30
2.6. Indications............................................................................................................................ 31
3. Technique directe, pick-up ou « à ciel ouvert ».............................................................31
3.1. Définition et principe.......................................................................................................31
3.2. Préalables............................................................................................................................. 32
3.3. Technique d’empreinte proprement dite................................................................35
3.4. Avantages..............................................................................................................................38
3.5. Limites................................................................................................................................... 38
3.6. Indications............................................................................................................................ 38
4. Technique directe modifiée...................................................................................................39
4.1. Le sablage des transferts................................................................................................39
4.2. La technique d’empreinte directe modifiée par solidarisation des transferts à la
résine............................................................................................................................................... 39
4.3. Technique d’empreinte directe modifiée par solidarisation des transferts au
plâtre............................................................................................................................................... 42
II. Techniques d’empreinte conventionnelle mixte en implantologie...........................45
1. Principe et objectifs.................................................................................................................. 46
2. Empreinte mixte « dent-implant » en un temps...........................................................46
2.1. Préalables............................................................................................................................. 46
2.2. Technique d’empreinte proprement dite................................................................47
3. Empreinte mixte « dent-implant » en deux temps.......................................................47
3.1. Principe.................................................................................................................................. 47

Page 2
Sommair
e
3.2. Technique d’empreinte proprement dite................................................................48
III. Techniques d’empreinte particulières en implantologie.............................................52
1. Empreinte après modification du pilier en bouche.....................................................52
1.1. Principe.................................................................................................................................. 52
1.2. Critiques................................................................................................................................ 53
1.3. Indications............................................................................................................................ 54
2. Empreinte des formes de contours muqueux péri-implantaires...........................54
2.1. Principe.................................................................................................................................. 54
2.2. Première technique..........................................................................................................55
2.3. Seconde technique............................................................................................................58
IV. Techniques d’empreinte pour la mise en charge immédiate (MCI)........................59
1. Définition...................................................................................................................................... 60
2. Principe.......................................................................................................................................... 60
2.1. Empreinte à l’aide d’une clé de repositionnement..............................................60
2.2. Empreinte à ciel ouvert avec utilisation de transferts d’empreinte vissés du
type pick-up................................................................................................................................... 61
2.3. Empreinte à ciel fermé avec transferts vissés et repositionnés dans l’empreinte
ou de transferts clipés snap-on...............................................................................................62
3. Les impératifs des techniques d’empreintes lors de la MCI.....................................62
V. Traitement de l’empreinte.........................................................................................................64
1. La désinfection de l’empreinte.............................................................................................64
2. Positionnement de l’analogue d’implant dans l’empreinte......................................65
3. Le transport de l'empreinte..................................................................................................67
4. Coulée de l’empreinte..............................................................................................................67
4.1. Le modèle avec fausse gencive.....................................................................................67
4.2. Le modèle tout en plâ tre : sans fausse gencive.....................................................69
5. La validation du modèle de travail.....................................................................................69
5.1. Réalisation d’une clé en plâ tre.....................................................................................70
5.2. Transferts métalliques unitaires.................................................................................71
5.3. Réalisation d’une clé de repositionnement............................................................72

Page 3
Principes généraux des
empreintes

LES TECHNIQUES D’EMPREINTES OPTIQUES

1. Historique..................................................................................................................................... 73
2. Principe.......................................................................................................................................... 73
3. La technique « individualized scanbody technique » (IST)......................................74
3.1. Principe...........................................................................................................74
3.2. Matériel........................................................................................................... 74
3.3. Description de la technique............................................................................................75
3.4. Le modèle virtuel...............................................................................................................76
4. La technique par codification des vis de cicatrisations ENCODE®......................77
4.1. Principe...........................................................................................................77
4.2. Matériel........................................................................................................... 77
4.3. Description de la technique d’empreinte..................................................................78
4.4. Le modèle virtuel................................................................................................................79
4.5. Avantages.......................................................................................................80
4.6. Inconvénients..................................................................................................80
5. La technique Profile Designer IPHYSIO............................................................................81

DISCUSSION

I. Techniques d’empreintes conventionnelles........................................................................83


1. Quelle empreinte pour quelle situation clinique ?.......................................................83
2. Quel matériau d’empreinte choisir ?.................................................................................86
II. Empreinte conventionnelle versus empreinte optique.................................................87
1. Avantages des techniques d’empreinte optique intra-orale....................................87
1.1. Précision.........................................................................................................87
1.2. Gain de temps.................................................................................................88
1.3. Ergonomie, confort de travail........................................................................................89
1.4. Confort des patients..........................................................................................................89
1.5. Coût des composants.......................................................................................................90

Page 4
1.6. Respect des tissus mous..................................................................................................90
1.7. La correction d’angle par le logiciel...........................................................................90
2. Limites de l’empreinte optique intra orale.....................................................................90

Conclusion............................................................................................................................92

Références............................................................................................................................94
Introduction
Introduction

a dentisterie
INTRODUCTION
a connu de

L
nombreuses
évolutions
qui lui
permettent
actuellement
de concilier
dans de
multiples cas,
esthétique et
fonction. Ces
progrès ont
été permis
notamment
avec
l’avènement
des implants
et de la
prothèse supra
implantaire.

Au-delà de l’aspect
spectaculaire que
représente l’acte
chirurgical aux yeux
des patients,
l’implantologie est
avant tout une
thérapeutique à
finalité prothétique.
Il est donc évident
que le succès de la
restauration
implanto-portée, comme celui de la prothèse fixée Page 6
conventionnelle, dépend de chaque étape de la
chaîne prothétique, notamment de la prise de
l’empreinte. Pour les considérations précité es, ce
travail va s’intéresser aux différentes techniques
d’empreintes qui sont à la disposition du praticien,
ayant comme objectif commun l’obtention d’un
maître modèle précis et fiable.

Nous abordons dans la première partie des


généralités concernant la définition de l’empreinte
supra-implantaire, sa spécificité, ainsi que les
matériaux et matériels nécessaires à sa réalisation.

Une deuxième partie, dédiée aux empreintes


physico-chimiques, permettra de clarifier et
d’illustrer leur principe, leur chronologie et leur
mise œuvre. Les indications, les avantages ainsi que
les limites de chacune d’entre elles seront détaillés
afin de minimiser les différentes erreurs
susceptibles d’être commises. Nous poursuivrons
par détailler les traitements à effectuer sur cette
empreinte, pour aboutir à un modèle de travail
fiable.

Dans un troisième volet, nous nous penchons sur les


empreintes optiques en décrivant leur principe ainsi
que les différentes techniques d’empreintes
numériques intra-orales proposées aujourd’hui en
implantologie.

Une quatrième partie concernera une discussion


que nous aborderons, à la lumière des études
cliniques et expérimentales, permettant de
comparer les différentes techniques d’empreintes
physico-chimiques aux empreintes optiques.
Principes généraux
des empreintes
Principes généraux des
empreintes

I. Définitions [14-22-26]
1. L’implant
Il s’agit d’une « racine artificielle » endo-osseuse permettant la stabilisation d’un
élément prothétique.

Figure 1: Description des différentes parties constituant un implant[14-22-26].

On distingue trois parties au niveau d’un implant (fig.1) :

 Le col qui réalise la connexion avec le pilier.


 Le corps, composé de spires et assurant la stabilité, qui est la partie la plus
étendue de l’implant.
 L’apex, qui est la partie terminale, peut être passif ou actif.

2. Le pilier
Le pilier implantaire est un élément intermédiaire qui réalise la jonction entre
l’implant et la prothèse implanto-portée. En règle générale, chaque pilier a un
analogue de laboratoire.

Le choix du type de piliers implantaires dépend bien sû r du type d’implant utilisé


mais aussi du type de prothèse envisagée (scellé e ou transvissée)

 Piliers pour prothèse scellée : la restauration prothétique est scellée à un


pilier lui-même transvissé à l’implant. Une fois le pilier prothétique
connecté
Page 7
à l’implant, il s’apparente à un pilier dentaire. Il peut être modifié en bouche
ou au laboratoire ;
 Piliers pour prothèse vissée : l’élément prothétique unitaire ou plural est
vissé sur un pilier lui-même transvissé à l’implant. Il est généralement en
titane et ne peut pas être modifié.

3. L’empreinte
L’empreinte se définit comme l’enregistrement en négatif de la topographie d’une
région de la cavité buccale ou d’un modèle. Son moulage permet d’obtenir une
réplique en positif.

L’empreinte est avant tout un moyen plus qu’une fin en soi. Un moyen de
reproduire et de transmettre au laboratoire une partie de la cavité buccale d’un
patient le plus fidèlement possible. Plusieurs applications peuvent en découler :
l’observation et l’étude des arcades dentaires (empreintes préliminaires d’aide au
diagnostic) mais aussi la constitution d’une des séquences du processus de
fabrication d’une prothèse.

L'empreinte implantaire permet le transfert sur le modèle de travail :

- de la situation des implants dans l'environnement buccal


- du contour gingival
- du profil d'émergence

II. La place de l’empreinte dans le plan de traitement


[24- 25-26-27-40]

Avant la description des différentes techniques d’empreintes implantaires, il


semble indispensable de rappeler la place de l’empreinte dans le cadre de la
réalisation d’une prothèse sur implant.

En prothèse implantaire, si une mise en charge ou bien une mise en temporisation


immédiate sont indiquées, l’enregistrement de la position de l’implant se fait lors
du stade I chirurgical, à l’aide d’un guide en résine élaboré sur le modèle d’étude.
En dehors de cette situation particulière, l’étape de la prise d’empreinte se déroule
classiquement à la suite de la période de cicatrisation au stade II chirurgical
(aménagements tissulaires réalisés, muqueuse cicatrisée et stabilisée au biais de
piliers de cicatrisation ou de couronnes provisoires), après la validation de
l’ostéointégration. Dans leur étude, Small et Tarnow préconisent une attente de 3
mois de stabilisation des tissus en zone esthétique avant de procéder à l’empreinte
finale.

III. Particularités de l’empreinte en implantologie [26-

27- 41-42-62]

En implantologie l’empreinte est un acte différent de l’empreinte des dents


naturelles préparées. Elle fait appel à des matériaux utilisés en prothèse dento-
portée, elle diffère toutefois, par sa mise en œuvre et par sa planification.

Elle peut sembler plus simple car elle s'affranchit de certaines difficultés des
empreintes sur préparations dentaires, par exemple l'accès aux limites cervicales.
Mais elle ne tolère pas la moindre déformation. La plus légère imprécision de
l'armature entraîne automatiquement un défaut d'adaptation et la création de
contraintes.

Deux notions confèrent à l'empreinte en implantologie sa particularité :

 Différence de support

Si en prothèse conventionnelle, nous pouvons nous contenter d’un degré


d’imprécision relatif qui donne toutefois des résultats satisfaisants, il n’en est pas
de même en prothèse implantaire, et ce du fait de l’absence de ligament intercalé
entre l’implant et son environnement osseux (Fig 2).

En l'absence de ligament alvéolo-dentaire, rupteur de force et véritable


amortisseur de la dent, l'implant ostéo-intégré, avec une mobilité ne dépassant pas
10 µm, a une adaptation quasiment nulle aux forces qui lui sont appliquées.
L'armature d'une prothèse sur implant ne doit donc engendrer aucune contrainte
sur le pilier et/ou l'implant. L'adaptation passive est obligatoire.
Figure 2 : a- Lors de l’insertion d’une armature sur des piliers dentaires, la laxité ligamentaire permet de corriger
un léger défaut d’adaptation.
b- A contrario, la rigidité des piliers implantaires ne permet pas de compenser un petit défaut d’adaptation des
armatures. Une contrainte lors de l’insertion entraîne une mauvaise fermeture du joint pilier/armature et se
répercute sur le tissu osseux au niveau cervical des implants.[27]

 Utilisation de pièces usinées


En prothèse fixée sur dent naturelle, l’empreinte consiste à enregistrer la
morphologie du support prothétique et son environnement dentaire et muqueux.
En prothèse implantaire, la précision de l’enregistrement des positions spatiales est
capitale, alors que l’enregistrement des états de surface est une chose moins
importante ; ce qui différencie les objectifs de l’empreinte par rapport à celle
destinée à la prothèse fixée sur dents naturelles.
En effet, la morphologie et l’état de surface du support sont connus, et le laboratoire
utilisera une réplique de ce support.
L’empreinte est donc une empreinte de position et d’environnement, utilisant un
transfert d’empreinte qui positionne la réplique par rapport à l’environnement
implantaire. La précision d’adaptation de l’implant avec la connexion prothétique
est alors déterminée par la qualité d’usinage et ne dépend pas de celle de
l’empreinte.

IV. Préalables aux empreintes implanto-portées fixées


1. Matériel [44]
Le matériel nécessaire lors de la prise d’empreinte se résume à :
 Un porte-empreinte
 Des transferts d’empreinte correspondant au nombre d’implants
 Des analogues d’implants
1.1. Porte-empreinte [28-41-42-73]
Quelle que soit la technique utilisée, un porte-empreinte rigide est indispensable, à
l’exception d’une empreinte pour une restauration prothétique unitaire où un
porte-empreinte déformable peut être employé (fig.3). C’est cette rigidité qui
permet un enregistrement précis de la situation clinique, et donc l’obtention d’un
modèle de travail fidèle et précis.

Figure 3 : Le porte-empreinte en plastique est à éviter pour son manque de rigidité[28]

Le choix se fait entre :

 Les porte-empreintes du commerce


 En métal, présentant, dans leur plus grande majorité, une rigidité
maximale mais qui manquent d’adaptation (fig.4a)
 En polycarbonate pouvant être perforés pour les empreintes
implantaires dites « à ciel ouvert » (fig.4b et 4c)
 Les porte-empreintes individuels

L’utilisation d’un porte-empreinte individuel reste préférable. Issu d’une


empreinte préliminaire, le PEI par ses fenêtres aménagées facilite l’insertion des
transferts, permet un positionnement du porte-empreinte plus aisé, ainsi qu’une
homogénéisation de la quantité de matériaux utilisé (fig.4d et 4e).
a b
c

d e

Figure 4 : Les divers types de porte-empreintes. a : porte-empreinte métallique de commerce. b: porte-


empreinte en polycarbonate pour empreinte indirecte c : porte-empreinte en polycarbonate évidé pour réaliser
une empreinte directe d : porte-empreinte individuel pour empreinte directe e : porte-empreinte individuel pour
empreinte indirecte

Actuellement, l’implantologie se voit dotée de nouveaux porte-empreintes qui, dès


l’instant où des restaurations en technique directe sont nécessaires, trouvent tous
leurs intérêts. Ils apportent à la fois la garantie d’un repositionnement rapide,
facile, net et précis, d’une économie de temps et de frais de laboratoire.

Le Wintray, porte-empreinte rigide à fenêtres amovibles, et le Miratray par sa


membrane occlusale transparente, simplifient le processus des prises d’empreinte
en technique « pick-up » et permettent l’élaboration d’un modèle de travail en une
seule séance (fig. 5).

a b

Figure 5 : a- Porte-empreinte métallique modulable (comportant des volets amovibles pour une ouverture adaptée à la
situation clinique des implants) : le Wintray ;
b- Porte-empreintes avec membrane transparente permettant une meilleure visibilité des transferts : le Miratray[73]
1.2. Les transferts d’empreinte [2-22-27-55-69]
L’objectif principal de l’empreinte est d’enregistrer de façon précise la position
tridimensionnelle des implants par rapport au reste des structures anatomiques
des arcades dentaires.

L’élément offrant la possibilité de transmettre la position exacte de l’implant est le


transfert. Ce sont des pièces usinées en métal qui se transvissent directement sur
les implants ou sur les piliers. Ils sont disponibles pour chaque diamètre
implantaire et peuvent présenter, selon les systèmes d’implants, des profils
d’émergence plus ou moins évasés pour chaque diamètre (fig. 6).

Figure 6 : Les transferts d’empreintes et les répliques varient selon le diamètre du col implantaire.
a-implant standard avec un col de 4,1 mm de diamètre ; b- implant de petit diamètre avec un col de 3,4 mm de
diamètre[69]

Il en existe deux types, standard (ou twist-lock) et pick-up, à utiliser, selon que la
technique d’empreinte est indirecte ou directe. Ce sont d’ailleurs les deux
techniques les plus communément décrites (fig. 7).
a

Figure 7 (a) : Différents transferts d’empreinte emportés (Pick-Up) et analogues.


(b) :Différents transferts d’empreinte repositionnés (Twist-Lock) et analogues[55].

Il est important que le transfert d’empreinte, qu’il soit standard ou pick-up,


s’adapte précisément sur le système anti-rotationnel de l’implant ou sur le pilier
pour reproduire sans équivoque la position de l’implant dans le modèle de travail.

Aussi, pour la plupart des techniques utilisées, une radiographie de contrô le doit
être prise pour vérifier la bonne position du transfert et la fermeture parfaite du
joint entre l’implant et le transfert d’empreinte (fig. 8).

Figure 8 : La radiographie rétro-alvéolaire d’une prothèse maxillaire de trois éléments implanto-portés montre
une mauvaise adaptation de l’armature sur les piliers. Elle est nettement visible par le hiatus qui existe entre la
prothèse et le pilier. Le problème est dû à une mauvaise empreinte[27]

1.3. Les analogues d’implants[3]


L’analogue est une réplique de l’implant qui servira lors de la phase prothétique de
laboratoire. Il simule l’implant et permet donc au prothésiste de travailler tout en
ayant pour support une reproduction fidèle de l’implant en bouche (fig. 9).
a b

Figure 9 : (a) Le transfert est connecté à l'analogue approprié en utilisant le tournevis de transfixation
(b) Replacé dans l'empreinte, l'analogue a la même orientation que l'implant en bouche[3]

2. Matériaux [7-9-13-15-19-20-26-28-30-33-37-42]
Le choix du matériau d’empreinte adéquat revêt une importance capitale dans la
réussite de l’empreinte. Il doit répondre à un cahier des charges précis pour le
résultat final ne soit pas compromis. Ainsi il doit :

 Présenter une rigidité suffisante ainsi qu’une déformation résiduelle faible


après prise pour limiter le risque de déformation lors de sa manipulation
(désinsertion de l'empreinte, repositionnement des transferts, vissage des
analogues, coulée).
 Afficher à la fois une haute fermeté et des propriétés élastiques optimales lui
permettant de s’affranchir des contre-dépouilles sans se déformer de façon
permanente ni se déchirer
 Avoir une stabilité dimensionnelle excellente. En raison de ce constat, on peut
dire que les faiblesses physico-chimiques des hydrocolloïdes et des
polysulfures ne permettent pas à ces matériaux d'entrer dans le cahier des
charges.
 Permettre un enregistrement précis des tissus mous autour de l’implant. La
mouillabilité et l’hydrophilie sont des caractères à prendre en compte et qui
conférent à l’empreinte sa précision afin d’enregistrer le profil gingival. Avec
des pièces usinées, la précision de surface n'est plus un facteur décisionnel
dans le choix du matériau d'empreinte. Cependant cette qualité reste
importante pour l'enregistrement de la morphologie des dents adjacentes et de
l'environnement muqueux du col implantaire

A ces propriétés essentielles en implantologie viennent s'ajouter des propriétés


communes à tous les matériaux d'empreinte, telles qu'une mise en œuvre la plus
simple possible, un temps de travail suffisant et un temps de prise court. En outre,
il est important que le matériau d'empreinte soit compatible avec tous les
matériaux de réplique (Plâ tre, résine époxy).

Les matériaux disponibles remplissant ces conditions sont le plâ tre, le polyéther et
le vinylpolysiloxane. Chacun de ces matériaux étant adapté à des situations
cliniques différentes, il n’existe pas de matériau idéal.

2.1. Les Silicones réticulant par addition (Les Silicones A)


Appelés aussi les vinylpolysiloxanes, ils se présentent sous forme de base et de
catalyseur. Leur temps de prise est de 4 à 5 minutes. A l’opposé des silicones C
réticulant par condensation, qui sont à écarter en raison de leurs variations
dimensionnelles, les Silicones A sont largement indiqués pour les empreintes
d’enregistrement de la position de l’implant en raison de leurs qualités :

 Une grande stabilité dimensionnelle dans le temps ;


 Une grande résistance au déchirement ;
 Peu de réactions tissulaires ainsi que des caractéristiques mécaniques
excellentes ;
 Une extrême élasticité.

Toutefois, ils présentent un problème majeur : l’hydrophobie. Il faut donc sécher


les surfaces que l’on cherche à enregistrer

2.2. Les polyéthers


Depuis les années 70, les élastomères polyéthers sont indiqués en prothèse
conjointe pour l’enregistrement de préparations cavitaires et périphériques. Leur
grande rigidité leur donne aujourd’hui un nouvel élan dans la réalisation des
empreintes implantaires. Ils se présentent sous forme de base et de catalyseur, ils
peuvent être monophasiques ou bien à deux viscosités.
Par leur facilité d’utilisation, leur stabilité dimensionnelle et leur dureté ils
constituent des matériaux très fiables offrant d’excellents résultats. Néanmoins
leur utilisation se trouve contre indiquée dans un certain nombre de cas à savoir :

 Atteinte parodontale modérée à sévère


 Présence de bridges ou couronnes avec piliers fragiles
 Implants divergents

2.3. Le plâtre
Les plâ tres sont des matériaux rigides avec une faible variation dimensionnelle. Ils
peuvent donc être utilisés pour des restaurations de grande étendue. Pour certains
auteurs, c'est le matériau de choix pour les empreintes chez les édentés totaux.
Les techniques
d’empreintes physico-
chimiques
Les techniques d’empreintes physico-
chimiques

I. Techniques d’empreintes conventionnelles


Bien que l’ancrage de la prothèse définitive sur les implants constitue la dernière
étape du processus implantaire, il nous est apparu important à ce stade, de
rappeler brièvement les modes de fixation possibles de la prothèse, qui vont
permettre au praticien d’avoir dans l’esprit que :

- pour une prothèse scellée l’empreinte aura pour but d’enregistrer la


position et la morphologie de la partie la plus cervicale de l’implant.
- et pour une prothèse transvissée le but de l’empreinte est d’obtenir sur le
maître modèle la réplique de la tête de l’implant ou bien du pilier choisi et
placé en bouche.

Ainsi, choisir entre prothèse scellé e ou bien vissée est une décision clarifié e par
l’EBD (L’Evidence-Based Dentistry) qui préconise l’utilisation d’un modèle de
décision clinique à quatre composantes à savoir :

- la situation clinique ;
- les données de la science ;
- l’expérience clinique ;
- les préférences du patient.

En prothèse implanto-portée, trois techniques d’empreintes sont classiquement


décrites :
- L’empreinte standard à ciel fermé (ou technique indirecte) avec
utilisation de transferts d’empreinte vissés puis repositionnés
secondairement dans l’empreinte.
- L’empreinte à ciel fermé (technique indirecte) avec un transfert clipé (snap-
on) solidaire du matériau d’empreinte lors de la désinsertion.
- L’empreinte à ciel ouvert (technique directe) faisant appel à des
transferts pick-up qui doivent être désolidarisés des implants avant de
retirer l’empreinte de la bouche.

Page 18
→ Diverses variantes de cette technique ont été proposées : techniques
directes modifiées par solidarisation des transferts

1. Technique Indirecte, Standard, Twist-lock ou « fermée »


[14-15-16-20-26-27-28-33-42-45-49-59-60-63-65]

1.1. Définition et principe


Il s’agit d’une technique d’empreinte simple qui se rapproche le plus des
techniques d’empreintes conventionnelles pour dents naturelles.

Elle consiste à retirer l’empreinte en laissant en place les transferts d’empreintes


standard Twist-Lock fixés à l’implant (fig.10), puis à les replacer dans un second
temps dans l’empreinte, étant connectés aux analogues d’implants.

Figure 10 : Schéma du transfert standard pendant la phase d’empreinte.[59]

1.2. Préalables
Pour les différentes techniques décrites, l’étape de prise d’empreinte suit un
cheminement précis dans sa réalisation. Quant à la technique indirecte, dite encore
de repositionnement, elle reste la plus habituelle dans son déroulement et ses
étapes ressemblent aux empreintes des préparations dentaires. Ainsi avant de
procéder à l’empreinte proprement dite :
- Les bagues trans-gingivales ou vis de cicatrisation, mises en place lors de la
dernière étape chirurgicale, sont déposées à l’aide du tournevis adéquat (fig.
11). Le col implantaire est ainsi visible et accessible, la gencive marginale et
le profil d’émergence seront alors contrô lés (fig. 12). Un éventuel
saignement, lié à la rupture d’attache entre la gencive et le pilier, ne sera pas
considéré comme signe de gravité à ce stade.

Figure 11 : Situation clinique après Figure 12 : Sommet implantaire après dépôt du


cicatrisation du second temps chirurgical, pilier de cicatrisation [26]
pilier de cicatrisation en place. [26]

- Sur le col implantaire, un transfert d'empreinte est immédiatement vissé à


l’aide d’une clé spéciale de serrage (fig.13). La fixation des transferts doit se
faire dans de brefs délais, et ce afin d’éviter le risque d’affaissement de la
gencive marginale qui, après retrait des piliers de cicatrisation, ne reçoit
plus de soutien. Pour éviter que ce soit douloureux, il sera conseillé
d’utiliser des anesthésiques injectés ou de contact, surtout en présence d’un
grand nombre d’implants.
Les transferts d’empreinte utilisés sont de forme conique et présentent des
gorges et des méplats. Ils sont droits, et mesurent 10 à 12 mm de hauteur.
La base usinée du transfert s’adapte parfaitement à l’implant. Cette
morphologie particulière permet la désinsertion de l'empreinte sans
déchirement du matériau et son repositionnement secondaire dans le
matériau à empreinte.
Par ailleurs, pour éviter qu’aucun relief du matériau à empreinte ne gêne le
replacement du transfert, l’orifice d’accès à la vis est obturé à la cire basse
fusion ou d’autres produits plus spécifiques (fig.14).

Figure 13 : Positionnement du transfert d'empreinte sur le Figure 14 : Le transfert d'empreinte est


col implantaire. [26] transvissé sur l'implant, l'orifice d'accès
à la vis est obturé à la cire[63]

- Une fois le transfert vissé, une radiographie de contrôle est réalisée pour
vérifier la bonne adaptation du transfert sur l'implant et donc la fermeture
parfaite du joint transfert / implant (fig.15). Pour apprécier la continuité
entre les pièces, le rayon incident doit être perpendiculaire à l'axe de
l'implant. Dans ce cas, les spires de l'implant sont bien individualisables.

Figure 15 : Contrôle radiographique de la bonne adaptation du transfert sur l’implant.[26]

- Si la radio confirme la bonne adaptation du transfert, l'empreinte est


réalisée grâ ce à un porte-empreinte du commerce ou un porte-empreinte
individuel.
Le porte-empreinte est ainsi essayé en bouche. On veille à ce que les bords
ne blessent pas le patient et à ce qu’il n’y ait aucune interférence avec les
tissus dentaires ou les transferts.

1.3. Technique d’empreinte proprement dite


L’empreinte est réalisée à la manière d’une prothèse conventionnelle, en double
mélange, ou à l’aide d’un matériau monophasé en un seul temps. Des silicones ou
polyéthers sont utilisés après avoir enduit le porte-empreinte d’adhésif spécifique.

L'empreinte en double viscosité en implantologie nécessite certaines précautions


concernant notamment la quantité de matériau de basse viscosité injectée au
niveau du col implantaire. Elle doit être suffisante pour enregistrer
l'environnement muqueux péri-implantaire tout en étant minime pour permettre
au matériau de haute viscosité, possédant les propriétés mécaniques optimales, de
bien englober le transfert.

- Ainsi une fois la cavité buccale asséchée, une seringue remplie de matériau
light permet de recouvrir le transfert et la face occlusale des dents (fig.16).
- Le porte-empreinte chargé du matériau lourd est ensuite placé en bouche
où la prise du matériau va durer quelques minutes (fig. 17).

Figure 16 : Le silicone fluide est injecté Figure 17 : Prise de l’empreinte à ciel fermé avec
contre la muqueuse autour du transfert[16] porte-empreinte de commerce en un seul temps en
technique double mélange[15]
- Après polymérisation du matériau, l’empreinte est désinsérée avec
précaution, séchée et examinée. Il est nécessaire de s’assurer que le
matériau à empreinte ait parfaitement épousé le transfert, lequel bien
évidemment laissé en bouche (fig.18).

Figure 18 : Retrait de l'empreinte, transfert laissé en bouche[26]

- Une fois l’empreinte validée, les transferts sont dévissés et retirés des
implants. Les vis de cicatrisation seront à leurs tours replacés
immédiatement sur l’implant pour éviter que la gencive ne vienne recouvrir
le col de l’implant ou du piler (fig.19). En fait, « l’urgence » n’est réelle que
pour l’empreinte de l’implant qui est profondément enfoui.

Figure 19 : Vissage immédiat du pilier de cicatrisation [17]


- Par la suite, chaque transfert va être délicatement réuni à l’analogue du
diamètre correspondant (fig.20). Les deux pièces solidaires transfert /
analogue seront ainsi replaceés dans un second temps au niveau de
l’empreinte, en prenant garde à ne pas déchirer le matériau.
- Les rainures et les méplats figurant sur le fû t du transfert permettent un
repositionnement fiable de celui-ci dans l’élastomère, confirmé par une
sensation tactile de « clippage », et par une parfaite immobilité de
l’ensemble une fois repositionné (fig.21 et 22).

Figure 20 : Assemblage du couple transferts / analogue[63].

Figure 21 : Le transfert dévissé et connecté à une réplique, l’ensemble est repositionné dans l’empreinte réalisée avec
la technique double mélange[26]

Figure 22 :Empreinte en coupe, sans le transfert standard et avec le transfert repositionné[26]


- Une empreinte de l’arcade antagoniste est prise, l’occlusion est enregistrée
et l’ensemble est envoyé au laboratoire pour l’élaboration du modèle de
travail. Lors du transport, l’empreinte contenant les transferts devra être
soigneusement protégée pour ne pas les endommager.

1.4. Avantages
Le contrô le visuel de la bonne adaptation de l’analogue reste l’atout majeur de cette
technique, et ce en plus de :

- La simplicité de sa mise en œuvre ;


- La faible hauteur nécessaire (une ouverture buccale limitée ne constitue pas
une contrainte à sa réalisation).

1.5. Limites
C’est manifestement la technique qui donne les moins bons résultats, en regard de
la majorité des études [26]

 L'un des inconvénients majeurs de cette technique est l'aléa de


repositionnement des transferts dans l'empreinte générateur d’imprécision,
surtout en présence d’un nombre important d’implants
 Technique inadaptée en présence des implants trop divergents ou
convergents, où la désinsertion devient quasi-impossible (fig.23).

Figure 23 : Des axes implantaires divergents limitent l’indication de la technique standard à ciel fermé.[33]
1.6. Indications
En raison des réserves émises précédemment, la technique indirecte est plutô t
réservée aux cas d'implantation unitaire.

De même, la technique fermée peut être utilisée lorsque plusieurs implants sont en
bouche, pourvu toutefois qu’ils soient peu nombreux et surtout rigoureusement
parallè les.

Cette technique est indiquée dans les cas de faible ouverture buccale avec un
implant postérieur, l'espace inter-arcade étant insuffisant pour le dévissage d’un
transfert d’implant dans le cas de la technique Pick-up.

Notons aussi que cette technique est à privilégier en cas d’un patient anxieux ou
présentant un réflexe nauséeux qui peut nécessiter une désinsertion de
l’empreinte en urgence.

2. Technique d’empreinte à ciel fermé avec transfert clipé


« snap-on » [10-14-26-27-33-45-52-55]

2.1. Définition et principe


A l’origine, cette technique d’empreinte a été développée par Nobel BioCare®[63]
pour le pilier Ceraone®. Actuellement la plupart des systèmes implantaires
proposent des transferts en plastique clipables (fig.24).

Cette technique, réservée généralement aux empreintes d’implants non enfouis, ou


de piliers prothétiques standardisés, se veut plus simple que les autres, car ne
nécessitant pas d’accastillage particulier. Elle utilise des transferts en plastique
clippés, soit sur l’implant, soit sur les piliers définitifs préalablement mis en place
et choisis en fonction de l’axe et de l’espace inter-occlusal disponible.
Figure 24 : Transfert clipé.[55]

Le Snap-On correspond ainsi à un sertissage périphérique du pilier permis par la


partie cervicale des transferts. Cette technique ressemble par ailleurs à la
technique directe puisque les transferts restent dans l’empreinte et ne seront pas
repositionnés, cependant les analogues devront être clipés sur cette coiffe en
plastique contenue dans l’empreinte.

2.2. Préalables
Selon le système et l’indication clinique, cette technique peut être utilisée
directement sur l’implant ou sur pilier. L’empreinte est réalisée avec un porte-
empreinte à ciel fermé : il peut s’agir d’un porte-empreinte du commerce, ou d’un
porte-empreinte individuel.

La méthode « Snap-on » a l’avantage d’être très simple à réaliser. Pour ce faire, on


doit se disposer d’un système qui se compose de :

- Un cylindre de repositionnement qui s’adapte sur le pilier usiné ou bien sur


la tête de l’implant et qui se clipe sur celle-ci (fig.25c et 26b)
- Un transfert s’adaptant sur le col implantaire ou bien sur le pilier (fig.25b et
26a)
Une fois le cylindre clipé et le transfert d’empreinte inséré :

- le contrô le radiologique de la bonne assise de la coiffe n’est pas


envisageable, étant un transfert en plastique. Il est alors essentiel de
bien percevoir le
« clip » tactile et parfois audible de cette immobilisation.
- un léger mouvement de rotation permet aussi de constater l’assise correcte de la
coiffe

2.3. Technique d’empreinte proprement dite


 Les transferts étant clipés en bonne place, l’empreinte est alors prise avec
un élastomère, en double mélange (silicone A) ou avec un produit
monophasé (polyéther), après avoir enduit le porte-empreinte de l’adhésif
spécifique.
 Après prise du matériau, l’empreinte est retirée avec le cylindre et le
transfert d’empreinte emprisonnés dans l’élastomère (fig.25d et 26c).
 Il est nécessaire avant de passer à l’étape suivante de protéger l’implant par
la vis de cicatrisation (ou à l’aide d’un capuchon en plastique s’il s’agit d’un
pilier) ou d’une couronne provisoire.
 Les analogues des implants ou de piliers sont délicatement clipés dans
l’intrados des transferts restés dans l’empreinte. Cette étape est très délicate
car la force nécessaire à cet emboitement est susceptible de déformer le
matériau d’empreinte. Il est donc souhaitable que cette opération soit
exécutée au cabinet par le praticien pour pouvoir contrô ler toute erreur
éventuelle et reprendre l’empreinte si besoin (fig.25e).
 Une empreinte de l’arcade antagoniste est prise, et l’ensemble est envoyé au
laboratoire pour être coulé au plâ tre dur.
a b

c d

e f

Figure 25 : Etapes de l'empreinte en technique Snap-On sur pilier a- Les piliers choisis sont vissés à la clé
dynamométrique. b- La coiffe d’empreinte se clipe sur la périphérie du col implantaire. c- Les cylindres de
positionnement sont mis en place. d- Les transferts sont emportés dans le matériau à empreinte. e- Analogues en
place. f- Vue du modèle de travail avec les répliques des piliers [33]
a b

Figure 26 : Empreinte en technique Snap-on directement sur implant. a- Coiffe d’empreinte qui s’ajuste sur la
périphérie du col implantaire. b- Cylindre de positionnement qui se clippe sur le cône interne. c- les
transferts désinserés avec l’empreinte pour recevoir les répliques d’implants fixées par simple pression[45]

2.4. Avantages
 L’avantage majeur de cette technique découle de sa simplicité
 C’est une technique avec un temps de travail relativement court

2.5. Limites
Bien que facile à mettre en œuvre, la précision de l’empreinte en technique Snap-
on suscite quelques réserves :
 Le transferts étant en plastique, il n’est pas possible de verifier son bon
positionnement par radiographie. Un mouvement du transfert dans le sens
axial est ainsi possible, ce qui nuirait à la précision de l’empreinte.
 Pour pallier cet inconvénient Sheridan et Koka [59] préconisent de maintenir le
transfert avec le doigt durant la prise d’empreinte, à travers la fenêtre d’un PEI
confectionné au préalable, ce qui complique cette méthode censée être
simple.
 Les forces nécessaires au clippage de l’analogue risquent de déformer le
matériau à empreinte et de compromettre la fiabilité de l’enregistrement.
D’autre part, lorsqu’il s’agit de l’empreinte d’un pilier défintif, cette technique se
trouve parfois compliquée par un choix restreint de piliers, ou alors par une
modification nécessaire en hauteur ou en angulation de ces piliers.

2.6. Indications
 Cette technique est reservée généralement pour l’enregistrement de la
position d’un implant non enfoui ou bien de piliers définitifs pour prothèse
scéllée.
 Elle convient particuliérement aux implants unitaires, exceptionnellement
pour des restaurations plurales.
 Elle est également indiquée lorsque l’angulation trop marquée des implants
ne permet pas le positionnement de transferts ou lorsque ceux-ci sont en
contact.
 C’est la technique à adopter pour un patient avec une faible ouverture
buccale ou présentant un reflèxe nauséeux.

3. Technique directe, pick-up ou « à ciel ouvert »[3-4-13-14-16-20-24-


26-27-28-33-42-45-49-55-59-60-69]

3.1. Définition et principe


Ces empreintes sont les premières qui ont été décrites et proposées par l’école
suédoise [59]. Elles nécessitent la préparation d’un porte-empreinte individuel dont
le toit a été évidé en regard des transferts, d’où le nom d’empreinte « à ciel ouvert
» (fig.27).

La particularité de cette technique est que les transferts doivent pouvoir être dévissés
pour retirer l’empreinte et rester ainsi solidaires dans cette dernière après sa
désinsertion.
Figure 27 : Schéma de transfert pick-up pendant la phase d’empreinte [59]

3.2. Préalables
Cette technique dite directe nécessite l’utilisation d’un porte-empreinte individuel
fenestré à l’aplomb des implants. Ce PEI est confectionné à partir d’une empreinte
primaire à l’alginate qui permet d’enregistrer la position des vis de cicatrisation.
Une attention particulière doit être portée au diamètre de l’évidement. En effet, un
large orifice facilitera l’insertion du porte-empreinte et l’accès à la tête de vis, mais
il réduira tout de même la compression du matériau à empreinte, sa rétention et
son soutien. On évitera ainsi de trop ouvrir le PEI.

Un porte-empreinte de commerce en plastique, rigide et perforé (fig.28) ainsi que


le Wintray peuvent aussi être utilisés et permettent de minimiser le nombre de
séances. Ce porte-empreinte, au biais de ses segments amovibles, assure un gain
de temps au praticien en évitant la modification artisanale d’un porte-empreinte
plastique.
a
b

Figure 28 : a-Cire basse fusion sur le transfert b- Insertion du PE en bouche, la cire colle à l'intrados et
permet d'objectiver l'emplacement du trou à réaliser[55].

 Lors d’une deuxième visite, le praticien retire les piliers de cicatrisation et


s’assure que les plates-formes de l’implant sont libres des débris d’os ou des
tissus (fig.29 et 30).

Figure 29 : Pilier de cicatrisation en place.[3] Figure 30 : Situation clinique après dépose


des piliers de cicatrisation.[3]

 Il monte ensuite les transferts d’empreinte sur les implants avec délicatesse.
Ces transferts spécifiques à la technique pick-up sont plus longs avec une
configuration externe très rétentive (fig.31). Le vissage des transferts doit
avoir lieu le plus rapidement possible après dépose des piliers de
cicatrisation pour éviter à la gencive péri-implantaire de se gorger de sang
et au patient d’avoir mal.
Figure 31 : Transferts en place.[3]
 Un contrô le radiologique s’impose pour vérifier le bon positionnement des
transferts (fig.32).
a b

Figure 32 : Radiographie de contrôle : a- hiatus entre les deux pièces b- parfaite coaptation des deux pièces.[55]
 Le porte-empreinte est ensuite essayé en bouche afin de s’assurer que les
fenêtres ménagées pour les transferts soient suffisamment larges et qu’elles
permettent l’émergence de la vis (fig.33).

Figure 33 : Le porte-empreinte fenestré est essayé pour contrôler la facilité d'accès au vis[3]
 Des mouvements d’insertion/désinsertion à vide du porte-empreinte sont
souhaitées pour mémoriser le trajet d’insertion.
Il est préférable de prendre des repères de positionnement du PEI, en
marquant au stylo les téguments du patient, car lorsque le PEI sera chargé
de matériau, la visibilité sera réduite et le risque d'erreur de
positionnement sera plus grand (fig.34).
Il est également conseillé de placer de la cire sur la tête des vis afin que le
matériau à empreinte ne vienne s'insérer et compliquer leur dévissage
futur.

Figure 34 : PEl en bouche, prise de repères.[26]

3.3. Technique d’empreinte proprement dite


 Le porte-empreinte est enduit d’adhésif (fig.35a) et l’empreinte est prise en
un temps, avec une ou deux viscosités selon le matériau choisi (polyéther ou
silicone A).
Pour les Silicones, la viscosité la plus élevée est placée dans le porte-
empreinte tandis que la plus basse est injectée autour des transferts
(fig.35b).

a b
Figure 35 : a- L'intrados du PEI garni d'adhésif b- PEI chargé par le matériau à empreinte [3]
 Il est essentiel de bien enfoncer le porte-empreinte afin que la vis de
transfert émerge du matériau et qu’elle puisse être dévissée. Ainsi, et avant
que la polymérisation du matériau ne soit complète, il convient de s’assurer
que toutes les vis des transferts sont accessibles en les dégageant avec le
doigt ou à l’aide d’une spatule (fig.36).

Figure 36 : Les têtes des vis de transfixation des transferts émergent du matériau à empreinte[3]

 Une fois la polymérisation terminée, les vis de transferts sont complétement


dévissées (fig.37a). L’empreinte est retirée d’un geste bref pour minimiser
les déformations, emmenant avec elle les transferts prisonniers de
l’élastomère (fig.37b).

Figure 37 : a- Retrait des vis de transfixation des transferts b- Désinsertion de l'empreinte [3]

 Un contrô le visuel doit confirmer l’absence de bulle autour des transferts,


afin de valider l’enregistrement des tissus environnants. L’immobilité des
transferts dans le matériau doit être vérifiée (fig.38).
Figure 38 : Intrados de l'empreinte : validation de l'enregistrement des structures environnantes.[3]

 Les vis de cicatrisation sont replacé es immédiatement sur les implants.


 Les analogues sont, en dernier lieu, connectés aux transferts avec précision.
Il faut vérifier leur adaptation mais surtout ne pas chercher à serrer trop
fort sous peine de déplacer le transfert dans l’empreinte (fig.39).

Figure 39 : Mise en place des analogues au niveau des transferts emprisonnés dans l'empreinte[3]

 Enfin, une empreinte de l’arcade antagoniste est effectuée et l’ensemble est


envoyé au laboratoire afin d’obtenir le modèle de travail.
3.4. Avantages
 Comparée aux autres techniques, l’atout majeur de celle-ci est sa meilleure
précision.
 Elle permet d’éviter le risque d’erreur lors du repositionnement manuel des
transferts dans l’empreinte et se révèle ainsi plus rassurante pour le
praticien.
 Elle génère moins de contraintes lors de la désinsertion et s’affranchit ainsi
du problème de déchirement du matériau.

3.5. Limites
- Cette technique est ardue, si l'ouverture buccale est faible, car la mise en
place des transferts nécessite un espace important. Donc l'espace inter-
arcade insuffisant peut être une contre-indication à cette technique.
- Elle est clairement plus longue à mettre en œuvre que les autres ; elle
demande par ailleurs une séance supplémentaire pour la réalisation du PEI.
- L’insertion est très délicate, d’autant plus que la désinsertion n’est rendue
possible qu’après avoir dévissé tous les transferts, ce qui impose de revisser
toutes les vis de cicatrisation en même temps.
- Technique à proscrire dans le cas d’un patient ayant un réflexe nauséeux
important.

3.6. Indications
- C’est la technique à privilégier, si la hauteur inter-arcade le permet, dans le
cas de plusieurs implants.
- Elle est préférentiellement indiquée en cas d’axes implantaires très
divergents.
- Elle convient parfaitement à l’empreinte des implants très enfouis.
4. Technique directe modifiée
Plusieurs auteurs proposent d’améliorer la précision de la technique directe, pour
ce faire, trois solutions sont envisagées.

4.1. Le sablage des transferts [26-42]


La technique consiste, à sabler le transfert pour créer une surface rugueuse, puis à
l’enduire d’adhésif. Cela permet de renforcer la rétention du transfert dans le
matériau à empreinte et de limiter ainsi les risques de mouvements. Vigolo et
coll[26] rapportent que la précision des empreintes est significativement amélioré e
lorsque les transferts sont ainsi modifiés comparativement aux empreintes
utilisant les mêmes transferts non modifiés.

4.2. La technique d’empreinte directe modifiée par


solidarisation des transferts à la résine[3-4-6-25-26-41-53]

4.2.1. Principe et protocole


C’est la technique le plus communément décrite parmi les techniques modifiées. Le
principe étant de solidariser en bouche les transferts pick-up entre eux, lorsqu’il y
a plusieurs implants contigus, dans le but de réduire leurs micromouvements au
cours des phases de prise d’empreinte, de désinsertion, et de manipulation avant
et pendant la coulée au plâ tre.
- Branemark et coll[59], suggèrent de relier les transferts avec de la résine
chémo-polymérisable (type Duralay®) sur une trame en fil de soie (fig.40a).
Loos[59] propose d’utiliser un fil d’orthodontie entrelacé autour des
transferts comme support de la résine.
- La résine est ajoutée progressivement au pinceau autour des transferts et le
long de la trame (fig.40b). Il convient de prendre garde, d’une part à
l’utiliser en faible quantité pour éviter toute contrainte sur les transferts
lors de la polymérisation, et d’autre part à ne pas en laisser au contact de la
muqueuse afin de ne pas gêner l’enregistrement de l’environnement
muqueux péri- implantaire par le matériau d’empreinte.
- Ainsi, et avant de procéder à l’empreinte, un délai minimum de 18 min
(3min pour la prise et 15min, voire plus, pour la stabilisation), doit être
respecté, pour que la polymérisation de la résine soit la plus complète
possible. Pendant cette phase, il est souhaitable de refroidir la résine avec le
spray. Cela évite la génération d’un effet de chaleur à l’interface implant/os
survenant
lors de la réaction de prise exothermique de la résine.
- L’empreinte est ensuite prise en un seul temps, en double mélange ou avec
un matériau monophasé (fig.40e et 40f). Au terme de sa prise complète,
l’empreinte est désinsérée et l’ensemble est envoyé au labo pour la
réalisation du modèle de travail.
Principes généraux des
empreintes

a b

c d

e f

g h

Figure 40 : Empreinte directe modifiée par solidarisation à la résine a-Solidarisation des transferts avec du fil de
soie b- Application de la résine Duralay c-Essayage du porte-empreinte perforé d-Enduction du PE avec l’adhésif
e-Injection du matériau light autour des transferts f-PE chargé du lourd inséré en bouche et prise d’empreinte en
double mélange g-retrait des vis de transfixation h-désinsertion de l’empreinte et montage des analogues.[3]

Page 42
Les techniques d’empreintes physico-
chimiques
4.2.2. Critiques [59]

Indépendamment du fait que cela complique les manipulations cliniques, plusieurs


auteurs révèlent ne pas être partisans de cette pratique. En effet pour être
complète la polymérisation de ces résines est longue, et à moins d’attendre en
bouche des délais incompatibles avec une pratique clinique normale, la
désinsertion de l’empreinte risque fort d’être faite bien avant que cette
polymérisation soit achevée. Elle se poursuivrait donc en dehors du contexte
buccal ce qui reviendrait à induire une cause supplémentaire de déformation.

A cet effet Assif et coll[59] proposent de préparer au laboratoire, à partir d’une


empreinte primaire, une attelle en résine qu’il suffit d’adapter aux transferts en
bouche pour réaliser l’empreinte définitive. Ceci permet de raccourcir le temps de
travail au fauteuil et de diminuer l’effet de contraction de prise.

4.3. Technique d’empreinte directe modifiée par solidarisation


des transferts au plâtre [4-8-35-36]
4.3.1. Principe

Il s’agit d’une technique d’empreinte mixte plâ tre-élastomère, indiquée pour les
édentements partiels et complets, permettant d’obtenir en un seul temps
l’empreinte des tissus mous et la solidarisation rigide des transferts.
Le transfert de position de l'implant est assuré par un matériau très fidèle (le
plâ tre), alors que les tissus environnants (dentaires et muqueux) bénéficient de la
finesse de reproduction et de la souplesse d'utilisation des élastomères

4.3.2. Protocole

Empreinte initiale

Une empreinte globale au silicone de type A de haute viscosité est prise avec un
porte-empreinte du commerce plastique ou en métal (fig.41).

Page 43
Figure 41 : Empreinte initiale (édentement complet)[35]

Contrôles et aménagements

Après contrô le de l'empreinte, un large bloc de silicone est supprimé en regard des
implants pour ménager la place des transferts d'empreinte. Certains excès de
silicone peuvent être supprimés pour faciliter le repositionnement précis de
l'empreinte. Pour les situations d'édentements partiels, les languettes
interdentaires sont préservées. Enfin, le porte-empreinte est largement ajouré sur
sa face supérieure pour un accès direct aux vis (fig.42).

Figure 42 : Empreinte initiale rectifiée pour ménager la place des transferts.[35]

Essai de l'empreinte

À cette étape, les transferts d'empreinte sont mis en place et l'empreinte est
replacé e en bouche pour vérifier l'espacement autour des transferts et l'accès aux
vis guides (fig.43).
Figure 43 : Contrôle de l'espacement autour des transferts[36]

Solidarisation au plâtre

L'empreinte est maintenue en place ; un plâ tre à empreinte de type 1 est préparé.
Le dosage doit être précis afin de contrô ler la fluidité du matériau. La consistance
obtenue doit être fluide pour permettre l'aspiration à la seringue. Le temps de
travail autorise facilement le remplissage de 2, 3, voire 4 seringues selon les
besoins.

Le plâ tre est injecté avec la seringue en matière plastique de la base des transferts
jusqu'au sommet des vis guides (fig.44 et 45). Les têtes de vis sont dégagées après
quelques instants (fig.46). Le temps de prise plâ tre est respecté, on attend
l'exothermie de prise du matériau.

Figure 45 : La seringue remplie avec le plâtre Figure 44 : Injection autour des transferts[36]
fluide[36]

Figure 46 : Clé de solidarisation. L'accès aux vis est


dégagé[36]
Désinsertion et contrôles

Le dévissage des vis guides permet la libération des transferts. L'empreinte est
alors désinsérée, entraînant la clé en plâ tre et les transferts (fig.47).

Après vérification de l'immobilité des transferts dans la clé et de l'absence de


fêlures au sein du plâ tre, les défauts éventuels sont comblés à la
cire La fixation des répliques de laboratoire précède le traitement de
l'empreinte. Le modèle de travail est obtenu après coulée.

Figure 47 : Empreinte finale avec les transferts « emportés ».[35]

II. Techniques d’empreinte conventionnelle mixte en

implantologie[26-27-42-51-56-60]
Il est fréquent de rencontrer des situations cliniques où cohabitent, sur une même
arcade, des implants et des dents naturelles devant être restaurées par prothèse
fixée.

Sachant que les objectifs, les techniques et les matériaux utilisés en prothèse
implantaire et en prothèse dento-portée sont différents, le praticien peut
s’interroger sur l’approche à aborder face à ces cas particuliers.

Pour lever cette ambiguïté, une solution a été proposée, celle d’une empreinte
mixte, impliquant les dents naturelles et les implants.
1. Principe et objectifs
Bien que très fréquentes en implantologie, ces empreintes sont peu décrites dans la
littérature.

L’objectif étant d’enregistrer à la fois la position des implants et les préparations


dentaires, cette empreinte devra ainsi répondre simultanément aux impératifs :

- de l’empreinte sur dents naturelles : enregistrement des formes de


contours, des lignes de finition et de la zone d’information anatomique
- de l’empreinte de situation des implants ;
- et de ne pas avoir d’antagonisme entre les deux

Deux techniques sont à envisager pour ce type d’empreinte :

 Une technique d’empreinte globale en un temps


 Une technique d’empreinte globale en deux temps nécessitant la réalisation
de deux empreintes et des chapes de transferts

En fonction de la situation clinique, chaque type de ces techniques peut être soit à
ciel ouvert soit à ciel fermé. Le recours à l’une ou à l’autre de ces techniques (en un
temps, en deux temps, à ciel ouvert ou à ciel fermé) nécessite une certaine
réflexion et logique du praticien pour pouvoir poser l’indication de la technique la
plus appropriée.

2. Empreinte mixte « dent-implant » en un temps

Qu’elle soit à ciel ouvert ou à ciel fermé, cette technique rend possible
l’enregistrement simultané des préparations dentaires et des implants au sein
d’une seule empreinte globale et par conséquent elle permet d’obtenir un seul et
même modèle de travail au laboratoire.

2.1. Préalables
Outre les préalables spécifiques à chaque technique d’empreinte décrites
précédemment (à ciel ouvert ou bien à ciel fermé), une éviction gingivale autour
des
piliers dentaires préparés est à prévoir si la ligne de finition est intrasulculaire
(fig.48a).

2.2. Technique d’empreinte proprement dite


L’empreinte est réalisée en un seul temps, avec deux viscosités (Silicone A)
(fig.48b) ou bien avec un matériau monophasé (Polyéther). Une fois l’empreinte
retirée, les piliers de cicatrisation sont immédiatement remis en place, puis les
analogues connectés aux transferts, et l’ensemble est envoyé au laboratoire pour
l’élaboration du modèle de travail ainsi que le découpage des modèles positifs
unitaires MPU pour les préparations dentaires (fig.48c).

a b

Figure 48 : Technique d'empreinte mixte "dent-implant" en un seul temps / a-Déflexion gingivale et mise en place des
transferts d'empreinte des transferts / b-Empreinte en un seul temps avec la technique double mélange / c-Modèle de
travail[26]

3. Empreinte mixte « dent-implant » en deux temps

3.1. Principe
Si les transferts d’empreinte gênent, par leur nombre et/ou leur position, l’accès
aux piliers dentaires pour les manœuvres de rétraction gingivale, il est peut-être
sage de procéder en deux empreintes distinctes.
3.2. Technique d’empreinte proprement dite
Il s’agit d’une double empreinte avec des chapes de transferts :

 La première empreinte ne concerne que les piliers dentaires et fait


intervenir les techniques habituelles de rétraction gingivale. A cet instant
les piliers de cicatrisation sont toujours en place (fig.49)

Figure 49 : a- Situation clinique initiale, mise en place de cordonnet rétracteur autour des dents préparés, piliers
de cicatrisation en place b-Empreinte des piliers naturels[60]

- Sur le modèle de travail issu de cette empreinte, le prothésiste réalise des


chapes métalliques ajustées sur les préparations, permettant un
repositionnement précis des MPU sans frottement ni mobilité. Afin de
parfaire leur préhension et leur rétention dans le matériau à empreinte,
ces chapes seront surmontées par des butées en résine pouvant
éventuellement servir de cales occlusales pour vérifier le rapport
intermaxillaire (fig.50 et 51).

Figure 50 : Modèle issu de la première Figure 51 : Chapes de transfert réalisées


empreinte, MPU détourés.[60] sur les préparations dentaires [60]
- Encore, et à partir du même modèle un PEI est confectionné avec
des fenêtres en regard des piliers de cicatrisation (fig.52).

Figure 52 : Réalisation d'un PEI fenestré en regard des implants[60]

 La deuxième empreinte est une empreinte implantaire spécifique au


repositionnement des chapes de transferts.
Lors d’une deuxième séance clinique, ces chapes sont tout d’abord vérifiées
en bouche avant d’être enduites d’adhésif et placé es parfaitement sur les
préparations.
Les transferts sont à leurs tours montés sur les implants (ou piliers) après
dépô t des vis de cicatrisation (fig.53).

Figure 53 : Contrôle des chapes et mise en place des transferts vissés[60]

Une seconde empreinte peut alors être prise, en un seul temps, avec une ou
deux viscosités selon la technique d’empreinte choisie (ciel ouvert, ciel
fermé, avec ou sans solidarisation…)
Après prise du matériau, les répliques d’implants seront fixées aux
transferts et les modèles positifs unitaires MPU issus de la première
empreinte seront repositionnés dans les chapes de transfert
correspondantes (fig.54). Le
prothésiste pourra ainsi réaliser l’ensemble de ces prothèses à partir de ce
modèle « mixte ».
a b

Figure 54 : a-Deuxième empreinte globale réalisée en polyéther, les chapes et les transferts d’empreinte sont
emportés b- Repositionnement du dies dans les chapes de transfert[60]

Les indications, les avantages, les limites de chaque technique sont résumées
dans le tableau suivant (Tableau I)
Les techniques d’empreintes physico-chimiques

Tableau I Récapitulatif des indications, avantages et inconvénients des techniques d'empreinte mixte.

Empreinte mixte « dent-implant » en un temps Empreinte mixte « dent-implant » en deux temps

Indications  Technique à privilégier pour un enregistrement précis de la


 Son indication est très restreinte et doit être réservée,
position des implants ainsi que des préparations dentaires :
compte tenu de sa complexité, aux rares cas où la
- Nombre d’éléments prothétiques limité.
technique mixte en un temps ne peut être réalisée.
- Position des transferts ne gêne pas les manœuvres
d’éviction gingivale.
- Pallier les inconvénients de la technique mixte en un
Avantages - Plus simple à mettre en œuvre.
seul temps.
- La plus courante. - Elle répond plus précisément aux objectifs de chaque
type d’empreinte.
- Elle est onéreuse.
Inconvénients - L’empreinte étant réalisée en un seul temps, le praticien ne peut
donc pas bénéficier des avantages, parfois recherchés, des
- Elle est très longue à mettre en œuvre (deux longues
séances minimum).
techniques en deux temps dites « Wash technique » au niveau des
préparations dentaires. - Elle est plus complexe, car elle demande une grande
précision dans les manipulations cliniques et de
- Les matériaux à empreinte très durs privilégiés pour les implants
laboratoire pour obtenir un modèle global sans
ne trouvent pas toujours leurs indications pour l’enregistrement
défauts.
des préparations dentaires.
- La mise en œuvre est relativement longue, surtout lorsqu’on est - La multiplication des étapes augmente les risques
d’imprécision finale.
en présence de nombreuses dents préparées et/ou de nombreux
implants
- Si les transferts et les dents sont très proches, le risque de
déchirement du matériau est accru.
- L’accessibilité aux piliers est parfois réduite par la mise en place
des transferts (Chee et Alexander)[21].

Page 51
Les techniques d’empreintes physico-
chimiques

III. Techniques d’empreinte particulières en


implantologie
Ces techniques d’empreinte spécifiques ont été mises au point pour certaines
situations cliniques où le traitement nécessite d’intégrer des compromis.

On distingue deux techniques.

1. Empreinte après modification du pilier en bouche[26-38-42-56-


57]

1.1. Principe
Cette technique s’apparente à l’empreinte en prothèse conjointe conventionnelle.
Elle paraît très simple et devient ainsi plus rassurante pour le praticien débutant
qui méconnait l’implantologie, car elle le ramène à des situations de prothèse sur
dents naturelles qu’il maîtrise.

Elle consiste, à placer directement le pilier définitif sur l’implant, à le préparer à


l’image d’une dent naturelle avec des fraises adaptées, et tout comme en prothèse
conventionnelle, l’éviction gingivale est réalisée (fig.55b et 55c). Le pilier
implantaire est séché et une empreinte double mélange ou rebasée (dite «Wash
technique »), est réalisé e avec un porte-empreinte du commerce (fig.55d).

Page 52
Figure 55 : Etapes de réalisation d’empreinte après modification du pilier en bouche a- Radiographie du pilier
définitif positionné sur l’implant b- Modification du pilier à l’aide d’une fraise adaptée c- Mise en
place d’un cordonnet rétracteur d- Empreinte en un temps et deux viscosités[56]

1.2. Critiques
Cette technique, bien controversée, n’a que l’apparente facilité de ramener le
praticien à des situations de prothèse conventionnelle. Travailler ainsi nous prive
cependant d’un des grands avantages de la prothèse sur implants qui est de
pouvoir réaliser des armatures directement sur les piliers. En effet, le prothésiste
sera amené à travailler sur une réplique en plâ tre du pilier préparé, ce qui rend
l’adaptation de la couronne prothétique moins bonne que si le travail est exécuté
directement sur le pilier définitif.

De plus, en cas de piliers multiples, le parallélisme entre les piliers est plus difficile
à obtenir pour le praticien en bouche que pour le prothésiste au laboratoire qui
peut utiliser un parallé liseur.
Cette retouche du pilier en bouche reste une manœuvre délicate, vu le risque
d'échauffement de l'implant et la lésion de l'os périphérique qui s’ensuit.

Il existe également une contrainte supplémentaire représentée par la nécessité de


la rétraction gingivale qui n'est pas évidente à réaliser. En outre, les limites
périphériques des prothèses en implantologie sont souvent très infra-gingivales
pour obtenir un résultat esthétique, donc l'enregistrement peut être compliqué et
délicat.

1.3. Indications
En raison des réserves émises précédemment, cette technique est souvent
déconseillé e. Néanmoins elle peut être réalisé e dans des situations particulières :

 Le patient présente une faible ouverture buccale avec une impossibilité de


connecter les transferts sur les implants. Mais une telle situation est rare car
en cas de limitation extrême de l’ouverture buccale la mise en place des
implants ne serait pas envisageable
 La divergence des implants ne permet pas la mise en place des transferts
d’empreinte, car ils se touchent et se gênent pour être parfaitement
connectés aux implants.

2. Empreinte des formes de contours muqueux péri-

implantaires[5-26-31-42-45-46-54-56-72]

2.1. Principe
Dans le secteur antérieur, l’obtention d’un profil d’émergence prothétique
similaire à celui de la dent naturelle remplacée est un critère essentiel à la réussite
esthétique.

Ainsi, après la mise en place d’un implant, le recours à une couronne provisoire
vissée directement sur la tête de cet implant est particulièrement justifié dans ces
zones esthétiques. Cet artifice prothétique fréquemment employé permet en outre
de guider la maturation des tissus mous pendant la phase de cicatrisation et
d’optimiser le résultat esthétique.
Le profil ainsi obtenu doit être reproduit très fidèlement sur le modèle de travail.
Mais en absence de maintien, les tissus péri-implantaires risquent de s’effondrer
lors de l’empreinte car l’espace entre le transfert usiné et la gencive sculptée par le
provisoire n’est pas comblé (fig.56).

Dès lors, il est légitime de penser que les techniques conventionnelles ne


permettront plus l’enregistrement avec précision du profil d’émergence.

Figure 56 : Les transferts d’empreinte sont vissés sur la tête des implants. On peut noter l’espace entre les
transferts et la gencive. Par ailleurs, la papille entre les deux implants risque d’être déplacée lors de la
prise d’empreinte.[72]

Pour parer à ce problème, deux techniques simples sont à envisager

2.2. Première technique


Proposée par Hinds[59] en 1992, cette technique consiste à transformer le transfert
d’empreinte par adjonction de composite fluide photopolymérisable.

L’empreinte va suivre alors le déroulement suivant :

 Dépose de la couronne provisoire, après stabilisation des tissus mous, et


montage d’une réplique d’implant (fig.57).
Figure 57 : Vissage de la couronne provisoire sur une réplique d’implant[31]

 Enregistrement de la partie enfouie de la couronne provisoire et de


l’analogue d’implant grâ ce à un polyéther ou un silicone (fig.58).

Figure 58 : Le couple couronne provisoire-analogue d'implant est inséré dans le silicone[31]

 La provisoire est ensuite désolidarisée de l’analogue. Ce dernier se retrouve


pris dans le matériau à empreinte. La situation figée dans le matériau
d’enregistrement est celle du profil de la couronne provisoire et donc du
profil d’émergence (fig.59).
Figure 59 : Dévissage de la couronne provisoire après prise du matériau[31]

 Un transfert est vissé sur l’analogue comme il l’aurait été en bouche sur
l’implant (fig.60a). Le puit formé est rempli par une résine acrylique qui
duplique le profil d’émergence de la couronne provisoire (fig.60b).

Figure 60 : a- Le transfert d'empreinte est vissé sur la réplique d'implant b- puis le composite est injecté et
photopolymérisé[31]

 Le résultat est un transfert personnalisé. Vissé sur l’implant, il maintient les


tissus mous selon leur profil d’émergence validé par la provisoire (fig.61a).
 Une empreinte est ensuite réalisé e (fig.61b).
a

Figure 61 : a- Le transfert d'empreinte modifié est vissé sur la tête de l'implant b- l'empreinte en double
mélange est prise[31]

Cette technique d’enregistrement du profil d’émergence est adaptée aux


couronnes unitaires, plus particulièrement dans les zones antérieures où la
demande esthétique est importante. Cependant, ce protocole semble être
chronophage.

2.3. Seconde technique


Cette technique est différente dans le sens où le transfert d’empreinte n’est pas
modifié. Il est vissé sur la tête de l’implant (fig.62) et un silicone fluide est injecté
autour du transfert pour combler l’espace disponible (fig.63).

On attend la prise du matériau avant de procéder à une empreinte en double


mélange classique (fig.64).

Le silicone injecté au préalable empêche la gencive de se refermer sous l’effet de


la compression du silicone lors de l’empreinte en double mélange.

Cette technique présente l’avantage d’être très rapide et suffisamment fiable. Elle
ne nécessite pas de transformer le transfert d’empreinte
Figure 62 : Vissage du transfert d'empreinte [72] Figure 63 : Le silicone fluide est injecté pour
combler l’espace disponible[72]

Figure 64 : L’empreinte en double mélange est prise et une réplique d’implant est vissé sur le transfert
d’empreinte[72]

IV. Techniques d’empreinte pour la mise en charge

immédiate (MCI)[23-24-25-33-41-43-46-47-50-56-64-69-70]
La mise en charge immédiate peut être définie comme l’obtention d’implants
fonctionnels le jour même de leur pose, ou dans tous les cas dans les 48 heures
après la pose. Une prothèse provisoire est donc placé e le jour de la chirurgie. Mise
en sous occlusion, elle permet de parfaire la cicatrisation des tissus mous et
d’obtenir un maximum de confort et d’esthétique pour le patient.

Dans le passé, ce protocole n’était que rarement couronné de succès car les macro-
mouvements provoqués par la charge infligeaient des dommages sérieux à
l’interface os/implants. Actuellement, l’amélioration des protocoles, des formes et
des états de surface des implants ainsi que la maîtrise des principes
biomécaniques ont permis une utilisation plus étendue de cette technique.

Cette couronne provisoire est réalisée selon deux techniques :

 Soit directement en bouche après montage du pilier définitif


 Soit au laboratoire en passant par une étape d’empreinte

1. Définition
Il s’agit d’une empreinte réalisée le jour même de la pose de l’implant au biais d’un
transfert spécifique monté directement sur l’implant. Le recours à cette technique
est toutefois conditionné par l’importance de l’ancrage initial de l’implant. Il
apparaît qu’en dessous d’un couple d’insertion de 35 N/cm, cette empreinte n’a
pas lieu d’être.

Trois méthodes sont à envisager pour ces empreintes :

 Empreinte à l’aide d’une clé de repositionnement ;


 Empreinte à ciel ouvert avec utilisation de transferts d’empreinte vissés du
type pick-up
 Empreinte à ciel fermé.

Ces empreintes ne seront jamais mixtes.

2. Principe

2.1. Empreinte à l’aide d’une clé de repositionnement


On enregistre la position de l’implant en solidarisant les transferts avec de la
résine à une clé de repositionnement (fig.65a et 65b). Cette dernière, ayant servi
de guide chirurgicale lors de la pose de l’implant, est préparé e à l’avance sur un
modèle d’étude.

Les répliques d’implant seront ensuite vissées dans les transferts solidarisés à la
clé de repositionnement et l’ensemble est replacé sur le modèle (fig.65c et d).
a

c d

Figure 65 : Empreinte à l’aide d’une clé de repositionnement. a- Les transferts vissés sur les implants. b-
Solidarisation des transferts à la clé de repositionnement. c- Montage des analogues d’implants d- Report de la
clé de repositionnement sur le maître modèle évidé.[24]

2.2. Empreinte à ciel ouvert avec utilisation de


transferts d’empreinte vissés du type pick-up
Il s’agit d’une empreinte prise en technique directe, telle que précédemment
décrite, réalisée immédiatement après la pose des implants.

L’empreinte est prise à l’aide d’un porte-empreinte ajouré en regard des implants,
qui après sa désinsertion va emporter les transferts (fig.66 et 67). Afin de limiter
les contraintes lors de la désinsertion et si on est en présence de plusieurs
provisoires à réaliser, on privilégie le sablage des transferts, voire leur
solidarisation.
Figure 66 : Transferts Pick-up montés sur les Figure 67 : Empreinte en un temps et deux viscosités
implants[69]. avec repositionnement des analogues des implants au
niveau de l’empreinte[69].

2.3. Empreinte à ciel fermé avec transferts vissés et


repositionnés dans l’empreinte ou de transferts clipés snap-on
L’empreinte est réalisée exactement selon le même principe que celui pour les
empreintes conventionnelles :

- avec des transferts coniques vissés repositionnés dans l’empreinte ;


- avec des cylindres de positionnement et des transferts clipés emmenés dans
l’empreinte

3. Les impératifs des techniques d’empreintes lors de la MCI


Cette technique nécessite une augmentation importante du temps chirurgical, et
une certaine dextérité de la part de l'opérateur. L’obtention d’un résultat optimal
dépend du respect des impératifs suivants :

- réaliser l’empreinte dans un court laps de temps pour ne pas perturber la


formation du caillot ;
- respecter au mieux les règles d’asepsie chirurgicale.

Les indications, les avantages, les inconvénients ainsi que les limites de
chaque technique sont résumés dans le tableau suivant (Tableau II).
Les techniques d’empreintes physico-chimiques

Tableau II : Indications, Avantages, Inconvénients et Limites des différentes techniques d’empreinte lors de la MCI

Empreinte à ciel ouvert avec Empreinte à ciel fermé


Empreinte à l’aide d’une clé de utilisation de transferts
repositionnement d’empreinte vissés du type pick-up
Indications Pour tout type d’édentement unitaire -Pour tout type d’édentement (unitaire, - Pour des restaurations provisoires
dans le secteur esthétique, lorsqu’une plural ou total) ; immédiates de petites étendues (2 ou
mise en charge immédiate à l’aide -Un nombre d’implants important ; 3 implants) ;
d’une provisoire en sous-occlusion est -Une convergence ou divergence des - Pour des implants parallèles entre
prévue et réalisable. implants ; eux (limitation des contraintes lors
-Un édentement complet restauré par de la désinsertion de l’empreinte) ;
une prothèse fixée implanto-portée. - Dans les secteurs postérieurs (axe de
désinsertion du porte-empreinte plus
proche de l’axe implantaire).
Avantages - Un bon enregistrement, en clinique, - Elle limite les risques des contraintes
de la position de l’implant avec la clé ; implantaires individuelles lors d’une
-Un bon repositionnement, au mise en charge immédiate ;
laboratoire, de la clé et de l’analogue
d’implant sur le modèle primaire ; - Elle permet d’augmenter la rigidité du
- Une prothèse provisoire dans un délai dispositif globale, lorsqu’il y a plusieurs
minimal de quelques heures. provisoires, par solidarisation.
Inconvénient -Temps d’intervention prolongé ; Cette technique est fortement
-Longue à mettre en œuvre, complexe et
s et limites -Indications limitées aux restaurations ne tolère aucune approximation ; déconseillée en présence :
peu étendues, vu que la clé doit - de nombreux implants (contrainte
impérativement être supportée et -L’asepsie n’est pas toujours garantie vu importante et risque de mauvais
stabilisée par des dents adjacentes ; le contact avec le matériau d’empreinte repositionnement des transferts) ;
-N’est pas toujours précise. - des implants trop convergents ou
divergents (contraintes importantes
qui peuvent mobiliser les implants )

Page 63
Les techniques d’empreintes physico-
chimiques

V. Traitement de l’empreinte
De nombreux auteurs ont souligné l’importance d’obtenir une adaptation précise
et passive des armatures prothétiques implanto-portées. Un des pré-requis
indispensable est la réalisation d’une empreinte précise.

Cependant l’empreinte n’est pas le seul élément important à appréhender. Un


grand nombre de paramètres doivent être pris en compte pour s’approcher de la
parfaite passivité recherchée.

Le traitement de l’empreinte est ainsi une étape au moins aussi importante que la
technique d’empreinte elle-même, car ce traitement doit préserver la validité des
enregistrements tout en incorporant les répliques dans le moulage.

Le succès prothétique repose de toute évidence sur le degré de conformité entre le


modèle de travail et l'original clinique. Ce modèle sur lequel toutes les
manipulations technologiques peuvent être envisagées constitue les véritables
fondations de la construction prothétique.

1. La désinfection de l’empreinte[11-12-39-67-68]
Les empreintes sont source d’infection potentielle et le simple rinçage à l’eau
courante, s’il est indispensable pour l’élimination des résidus salivaires et
sanguins, ne peut en aucun cas supprimer les risques de contamination croisée. La
décontamination de l’empreinte est ainsi impérative et doit se faire en toute
logique au cabinet dentaire de façon à éviter tout transfert de germes au
laboratoire.

Le choix d’une technique appropriée de décontamination (immersion,


pulvérisation…) est directement lié au choix du matériau d’empreinte (fig.68) :

 Les Silicone A ou vinylpolysiloxanes sont décontaminés communément par


immersion dans une solution désinfectante de type hypochlorite de sodium
à 2.5 %.
 Les Polyéthers leur décontamination se fera par pulvérisation d'une
préparation à base de glutaraldéhyde à 2 %, plutô t que par immersion dans

Page 64
une solution à base de formaldéhyde ou d'hypochlorite de sodium qui peut
altérer la stabilité de l'empreinte.
 Le plâtre : étant altéré par immersion prolongée dans un milieu aqueux, il
semble raisonnable d’envisager une décontamination à l’aide de solutions
en spray.

Après la décontamination, chaque empreinte doit encore être rincée


soigneusement sous l’eau courante afin d’éliminer la solution désinfectante
susceptible d’interférer avec le matériau de réplique.

Figure 68 : Protocole de décontamination[11]

2. Positionnement de l’analogue d’implant dans l’empreinte[1-55-


61]

Cette étape, est préférentiellement effectué e par le praticien en continuité de la


séance clinique de prise d’empreinte. Toutefois rien ne s’oppose à ce qu’elle soit
réalisée au laboratoire par un prothésiste expérimenté.

La multiplicité des systèmes prothétiques supra-implantaires interdit une


standardisation rigoureuse du protocole de travail. Il est donc souhaitable que le
praticien précise sur la fiche de laboratoire le diamètre, et la référence de chaque
implant utilisé

Ainsi, et lors du repositionnement de l’analogue il convient de vérifier :

 Dans le cas d’une technique repositionnée ou Twist-Lock : l’analogue est


vissé sur le transfert d’empreinte. On vérifie visuellement la bonne
coaptation des deux pièces. L’ensemble est ensuite réinséré dans le
logement de l’empreinte, jusqu’à une sensation de clipage. Afin de vérifier
cette étape, le prothésiste exerce une légère rotation sur l’analogue afin de
sentir une légère résistance, témoin d’un bon repositionnement.
 Dans le cas d’un transfert emporté ou Pick-Up : l’analogue est solidarisé au
transfert d’empreinte, emporté dans cette dernière. Il convient de maintenir
ce transfert pour éviter toute contrainte dans le matériau d’empreinte
(fig.69).
Un contrô le visuel de la bonne coaptation des deux pièces est nécessaire.

Figure 69 : Repositionnement d'un transfert Pick-Up[55]

 Dans le cas d’un transfert clipé ou Snap-On : le transfert ayant été clipé sur
l’implant et emporté dans l’empreinte, l’analogue est tout simplement clipé
fermement dans le transfert d’empreinte et contrô lé visuellement.

Les analogues sont souvent détériorés et perdent de leur précision d'usinage au


cours des différentes manipulations, il est donc recommandé de les utiliser une
seule fois.
3. Le transport de l'empreinte
Le transport est un moment délicat. Souvent les empreintes sont placées dans des
boîtes, mais lorsque les analogues sont en place, ils peuvent buter contre les parois
de la boîte ce qui peut provoquer leur déplacement. Il est donc important
d'essayer de les immobiliser et de les protéger afin de sécuriser leur transport.

4. Coulée de l’empreinte [2-22-26-55-61]


Si toutes les conditions et le matériel sont réunis au cabinet, il est alors
intéressant de couler l'empreinte sur place. Le praticien pourra ainsi vérifier son
travail, l'exactitude de son empreinte, et le positionnement des analogues. De plus,
les analogues ne risqueront pas d'être déplacés lors du transport. Mais l’empreinte
peut nécessiter une préparation initiale pour éviter par exemple que le plâ tre ne
casse lors du retrait du transfert. La coulée de l'empreinte au laboratoire présente
donc de nombreux avantages mais nécessite un transport délicat.

La coulée de l’empreinte est réalisée au plâ tre de type IV pour sa résistance et


son minime variation dimensionnelle (moins de 0.01%).

Le prothésiste emboxe l’empreinte suffisamment haut pour recouvrir totalement


l’analogue implantaire. Il vaporise par la suite un réducteur de tension superficiel
dans l’empreinte pour augmenter la mouillabilité de son plâ tre, et coule
l’empreinte en respectant le rapport eau/poudre spécifié par le fabricant.

Avant la coulée de l’empreinte, il faut distinguer deux méthodes pour la confection


du modèle, avec ou sans fausse gencive.

4.1. Le modèle avec fausse gencive


Dans la grande majorité des cas, il est vivement conseillé de réaliser une fausse
gencive amovible en silicone au niveau des futures couronnes sur implants. Cela
permet :

 D’appréhender la hauteur de gencive péri-implantaire,


 De préparer un profil d’émergence gingival adapté à la dent à restaurer,
 De préfigurer précisément le résultat esthétique, par le biais d’un « masque
en silicone », coulé directement dans l’empreinte.

Pour ce faire, le prothésiste commence par délimiter le volume gingival à


reproduire en positionnant deux lames parallè les (fig.70a). L’empreinte est à ce
stade isolée à l’aide d’un agent de démoulage afin d’éviter toute adhésion des
silicones entre eux. Le silicone servant de fausse gencive est alors injecté
autour de l’analogue, sur une épaisseur d’environ 2mm, puis l’empreinte est
coulée au plâ tre (fig.70b et 70c).

a b

Figure 70 : Mise en place des lames de bistouri avant la coulée de la fausse gencive, b-Injection de la
fausse gencive c- Modèle de travail avec fausse gencive souple[55]

Cette technique avec fausse gencive présente toutefois des inconvénients :

 Matériau trop souple pouvant se déformer voire se déchirer facilement


(fig.71a).
 L’élasticité du matériau rend les retouches difficiles à réaliser, et l’ajustage
du biscuit très délicat (fig.71b).
 Si on décide de retirer cette fausse gencive pour faciliter le montage de la
céramique, l’opérateur se trouvera sans guide risquant ainsi des

a b
surcontours.

Figure 71 : a- La fausse gencive est déchirée, infidèle à la situation clinique. b-


Résultat inesthétique avec mauvaise adaptation marginale[22]

4.2. Le modèle tout en plâtre : sans fausse gencive


Lorsque la fausse gencive en élastomère n’est pas confectionnée la jonction
analogue/transfert est alors cirée.

En effet, il arrive parfois que lorsque l'empreinte est coulée, et que l'on dévisse le
transfert, le plâ tre casse au niveau du col implantaire, car celui-ci est trop fin.
Pour éviter cette déconvenue, de la cire est placé e autour du col implantaire avant
de couler l'empreinte, ainsi lors du dévissage du transfert, la cire reste en place et
on garde donc toutes les indications fournies par l'empreinte.

Sur ce modèle de travail uniquement fait de plâ tre, le prothésiste pourra modeler
le contour gingival par soustraction de plâ tre, selon un profil d'émergence
prothétique idéal issu de la céroplastie diagnostique.

5. La validation du modèle de travail[1-2-13-56-61-75]


Le maître mot étant la passivité, on doit vérifier la parfaite exactitude du modèle
obtenu avec l'empreinte, il doit être la réplique parfaite de ce qui est présent en
bouche. On réalise donc une clé de vérification sur le modèle en plâ tre, puis on la
positionne en bouche afin de valider le modèle.

Trois techniques différentes peuvent être utilisées lors d'une séance clinique de
contrô le.
5.1. Réalisation d’une clé en plâtre
Une première méthode de validation est proposée par le test de SHEFIELD.
Ce test imaginé pour vérifier la passivité d’une armature métallique en bouche
après qu’elle ait été élaborée au laboratoire, permet aussi de valider le modèle de
travail. Pour réaliser cette vérification, les piliers implantaires montés sur le
modèle de travail, sont solidarisés par une clé en plâ tre de faible épaisseur, donc
fragile (fig.72).

Les piliers ainsi solidarisés sont essayés en bouche (fig.73) ; Si lors du vissage de la
clé, le plâ tre se fracture, le maître modèle n'est pas fiable et la fracture traduit une
erreur d'adaptation (fig.74). Ainsi, et selon l’importance du défaut deux solutions
sont envisageables :

 Réalisation d’un modèle de travail modifié : la clé de solidarisation en plâ tre


fracturée, vissée à fond sur tous les piliers, est réparée en bouche avec un
plâ tre à prise rapide.
 Reprise de l’empreinte dans le cas où le défaut est exagéré

Figure 72 : Clé de validation en plâtre sur le Figure 73 : Clé da validation en bouche. Les
modèle de travail. [75] transferts sont parfaitement adaptés aux
surfaces prothétiques ; le modèle de travail est
validé.[75]
Figure 74 : Clé de Sheffield fracturée sur implants ; problème de précision d’empreinte.[75]

5.2. Transferts métalliques unitaires


Cette technique fait appel à des transferts métalliques coulés qui sont adaptés sur
les piliers implantaires sur le modèle (fig.75). Ces transferts unitaires seront ainsi
montés sur les piliers en bouche et solidarisés à la résine (fig.76).

Par la suite, le report des transferts solidarisés sur le modèle de travail permet de
contrô ler sa fiabilité ou de le modifier pour l’adapter à la situation clinique réelle.

Figure 75 :Des piliers implantaires avec transferts Figure 76 : Les transferts sont solidarisés à la
métalliques unitaires sur le modèle de travail. [61] résine.[61]

Figure 77 : Contrôle radiologique de l’enfoncement des transferts métalliques [61]


5.3. Réalisation d’une clé de repositionnement
Réalisée sur le modèle de travail, en même temps que les piliers implantaires,
cette clé permet le repositionnement précis des piliers en bouche et le contrô le de
la précision du modèle (fig.78).

Pour une fiabilité maximale, ces clés ne doivent pas être déformables et sont donc
réalisées de préférence en métal basse-fusion ou résine très rigide.

Figure 78 : Mise en place de la clé de repositionnement [1]

Cette méthode, surtout en cas d’utilisation d’une clé en résine, est simple, rapide,
fiable et peu onéreuse et c’est la méthode de choix en dehors des édentements
complets.
Les techniques
d’empreintes
optiques
Les techniques d’empreintes
optiques

1. Historique [18-58]
Ce sont les travaux du Dr François DURET, initiateur de la C.F.A.O, qui ont permis
de prétendre à l’utilisation de la C.F.A.O au sein de la pratique dentaire
quotidienne. En effet, dans sa thèse intitulée “Empreinte optique” de 1973, il décrit
les grands principes ainsi que les différentes techniques utilisées en C.F.A.O
dentaire. Au travers de cette thèse, il met en place l’idée d’une machine capable
d’enregistrer la cavité buccale du patient en relief et d’y combiner un système
d’usinage permettant la fabrication immédiate de l’élément prothétique.

C’est en 1984 qu’il développe et dépose le brevet du premier système de CFAO. Ce


dernier était présenté au congrès « the Chicago Mid-winter Meeting » en 1989 et
était capable de fabriquer une couronne en 4H.

L’empreinte optique est ensuite restée confidentielle durant des années mise à
part pour les utilisateurs du système CEREC®, premier système commercialisé
pour la réalisation de restaurations prothétiques et développé par le chirurgien-
dentiste suisse le Docteur Wermer Morman ainsi que par l’ingénieur électricien
suisse Marco Bradestini en 1980.

Aujourd’hui, on compte plus de dix systèmes d’empreinte optique commercialisés


dans le monde entier. Ce développement est en partie lié à l’essor spectaculaire de
l’informatique et de l’internet, permettant la modélisation virtuelle et la circulation
de tout type de données.

2. Principe[32-34-66]
L’empreinte optique est définie par François Duret comme « une perturbation
imposée à la lumière ». Selon lui, si nous sommes capables de mesurer cette
perturbation, nous sommes donc capables de mesurer la forme de l’objet. En effet,
c’est la surface de cet objet qui va créer la perturbation.

Le principe consiste donc à projeter un rayonnement incident (dont les


caractéristiques sont connues : longueur d’onde, intensité, « couleur » du

Page 73
rayonnement, caractéristiques du milieu duquel il est émis) sur l’objet que l’on
souhaite enregistrer.

L’objet éclairé par la source lumineuse va renvoyer une partie du rayonnement


qu’il reçoit. Cette partie va être mesurée à l’aide d’une caméra photosensible et
sera convertie, grâ ce à un logiciel, en données numériques afin de former une
image complète en trois dimensions de la zone scannée.

Nous pouvons donc nommer deux étapes de la prise d’empreinte optique, à savoir :

1) Le captage c’est-à -dire la numérisation ou enregistrement du pilier en


bouche.
2) La modélisation en trois dimensions.

Dans le cadre de l’implantologie, l’empreinte optique a pour but de capter et de


retransmettre numériquement la position de l’implant en bouche ainsi que la
position des autres dents et éléments prothétiques présents.

3. La technique « individualized scanbody technique » (IST)


[18-29-34-66-71]

3.1. Principe
Au moment de la prise d’empreinte, le transfert d’empreinte conventionnelle est
remplacé par un transfert d’empreinte optique préfabriqué appelé aussi « corps de
scannage » ou « scanbody » en anglais. Ils sont numérisables et reproduisent la
position de l’implant, comme les transferts conventionnels.

On parle de Technique de corps de Scannage Individualisé (en anglais IST), car on


utilise un scanbody conforme aux dimensions et au profil d’émergence de
l’implant.

3.2. Matériel
Le Scanbody est une pièce à forme particulière permettant une reconnaissance par
le logiciel. Il s’agit d’un capuchon à usage unique surmonté d’une pyramide à pans
asymétriques.
Il existe une multitude de « scanbody » ou corps de scannage, selon les marques et
la compatibilité avec les caméras.

Sirona a développé des corps de scannage pour tous les implants communément
utilisés. Le «corps de scannage» TiBase est vissé sur l’implant et revêtu d’un
capuchon en plastique pouvant être scanné et faisant partie du set (fig.79)

Figure 79 : Corps de scannage TiBase[29]

3.3. Description de la technique


Au niveau du secteur implanté, l’empreinte optique se fait en deux temps.
Dans un premier temps, la vis de cicatrisation est déposée (fig.80a). La caméra
enregistre l’hémi-arcade concernée par la zone de l’implant pour capter
l’environnement muqueux péri-implantaire. Puis un transfert d’empreinte
(scanbody) est mis en place (fig.80b). Une seconde passe enregistre la position du
transfert, ce qui est très rapide (fig.80c et 80d). Il faut également scanner l’arcade
antagoniste et enregistrer l’occlusion en OIM, une fois le transfert déposé.
a

c d

Figure 80 : Empreinte optique "IST" a-Implant après retrait du pilier de cicatrisation b-Mise en place d’un transfert
numérique d’implant. c-Empreinte optique d-Maître modèle virtuel. e-Position calculée de l’implant.[18]

3.4. Le modèle virtuel


Après la prise d’empreinte optique, le logiciel de CFAO mettra en forme le modèle
numérique avec l’analogue de l’implant, puis il concevra le pilier aux dimensions
correspondantes à l’implant ainsi qu’à la situation intraorale.
4. La technique par codification des vis de cicatrisations

ENCODE®.[18-32-58-66]

4.1. Principe
La deuxième technique d’empreinte optique que nous allons décrire a pour
objectif d’utiliser une vis de cicatrisation particulière posée directement après la
pose de l’implant.

Son profil spécifique permet au scanner intra-buccal d’obtenir les informations


concernant le type d’implant nécessaires à la réalisation d’un pilier implantaire
personnalisé.

4.2. Matériel
Les vis de cicatrisation utilisées sont toutes de la marque Biomet 3i : vis Encode
Bella Tek. L’utilisation de ces vis impose la mise en place des implants de la
marque Biomet 3i et la commande des supra-structures implantaires au
laboratoire Biomet 3i.

Il s’agit d’un pilier de cicatrisation que l'on peut scanner et qui nous permet de ne
pas utiliser de « Scan-body ».

Ces vis de cicatrisation au corps cylindrique comportent un système d’encoches en


surface, assimilables à un code-barres, pour indiquer le type d’implant (Système
Encode®) (fig.81).

Figure 81 : Vis de cicatrisation Encode Bellatek (Biomet 3I) en deux pièces [18]
Les vis Encode sont disponibles en plusieurs tailles et avec plusieurs profils
d’émergence. Des indentations et dépressions sont perceptibles à la surface de ces
piliers en titane lors de l’empreinte optique permettant d’identifier :

 la position de l’implant
 le diamètre du profil d’émergence,
 le diamètre de la plate-forme
 la hauteur du pilier de cicatrisation
 le type de connexion interne ou externe.

4.3. Description de la technique d’empreinte


Les vis de cicatrisation, mises en place lors du stade I chirurgical, jouent le rô le de
transferts numériques et ne sont pas déposées pour les phases d’empreinte.

Pour une empreinte optique optimale, il est nécessaire que ces pièces émergent
suffisamment au-dessus de la gencive (2 à 3mm) et que les encoches gingivales
soient bien visibles (fig.82).

La vis Encode® est serrée à 20 Ncm à l’aide du tournevis et vérifiée


radiologiquement avant d’entamer la prise d’empreinte.

Figure 82 : Situation supra-gingivale du pilier Encode (Biomet 3I) [58]

En fonction du système utilisé, un poudrage de la zone d’enregistrement est


nécessaire afin de limiter les phénomènes de réflexion lumineuse.
Le praticien scanne le vis BellaTek® Encode® et les dents adjacentes avec la caméra
intraorale. De même, l’arcade antagoniste ainsi que la relation intermaxillaire sont
enregistrées

Ces informations sont analysées par le logiciel pour pouvoir numériser le modèle
avec la vis de cicatrisation en place. On obtient un modèle numérique en trois
dimensions (fig.83).

Figure 83 : Modélisation des arcades et mise en occlusion[58]

Grâ ce au codage inscrit sur la vis de cicatrisation, le logiciel place numériquement


l’implant. La banque de données du logiciel reconnait le type d’implant et respecte
sa direction dans l’espace. On obtient ainsi la position exacte de l’implant dans sa
situation endo-osseuse (fig.84)

Figure 84: L'implant numérique intégré dans le modèle virtuel.[58]

4.4. Le modèle virtuel


Ces données numériques sont ensuite transférées via Internet vers le laboratoire
de prothèse qui va modéliser les piliers et l’armature (fig.85).
Une fois cette étape validée, l’usinage du pilier implantaire peut alors être lancé. Le
modèle en polyuréthane est usiné par stéréolithographie en même temps pour
éviter toute perte de temps. Ce modèle sera utilisé pour réaliser la couronne sur
implant (fig.86)

Figure 85 : Le pilier implantaire modélisé[58] Figure 86 : Modèle en polyuréthane usiné[58]

4.5. Avantages
- Simplicité et rapidité de l’empreinte
- Respect de la muqueuse péri-implantaire par la diminution de
manipulations du pilier
- Grande précision du process d’usinage et d’adaptation des pièces

4.6. Inconvénients
- Technique limitée à 3 implants contigus.
- Nécessité de mettre en place une vis de cicatrisation haute (qui dépasse d’au
moins1 mm la gencive) ce qui rend la temporisation en phase
d’ostéointégration de l’implant, délicate, voire impossible, notamment dans
le secteur antérieur.
- Ne permet pas de réaliser de la prothèse transvissée
5. La technique Profile Designer IPHYSIO[32-66-74]
La société Euroteknika propose elle aussi une solution qui permet de combiner le
rô le de vis de cicatrisation qui modèle le profil gingival péri-implantaire et la prise
d’empreinte numérique.

Il s’agit d’une base en titane Esthetibase vissée à l’implant, et servant de base à un


capuchon clipsé : le Profile Designer iPhysio.

Sa particularité réside dans sa forme qui favorise la cicatrisation et l’obtention


d’un vrai profil d’émergence non circulaire. Il est disponible sous 3 formes
anatomiques et 3 hauteurs différentes pour se rapprocher au mieux de l’anatomie
de la dent à remplacer (fig.87).

Figure 87 : Diverses formes et hauteurs des piliers iPhysio®[74].

En plus d’être un pilier de cicatrisation anatomique, l’iPhysio fait également office


de pilier d’usage et de corps de scannage.

Il est mis en place directement après la chirurgie implantaire et reste en place


pendant toute la durée de l’ostéointégration (fig.88). Puis, ce pilier sert de
transfert numérique d’implant lors de l’empreinte (fig.89). Il permet de localiser
l’implant et de transmettre le profil d’émergence exact sur le modèle virtuel grâ ce
au codage inscrit sur sa face occlusale.
Figure 88 : Pilier de cicatisation iPhysio en place Figure 89 : Empreinte optique intrabuccale du pilier
iPyhsio

Figure 90 : Au laboratoire, corrélation entre la surface du pilier et son analogue virtuel[32].

Cette technique s’apparente ainsi au système Encode. Mais contrairement à ce


dernier, iPhysio se dit universel.

Initialement réservé aux implants ETK, iPhysio est devenu disponible pour un plus
large éventail d’autres implants grâ ce à un large choix de connexions compatibles.
Discussion
Discussio
n

I. Techniques d’empreintes conventionnelles :

1. Quelle empreinte pour quelle situation clinique ? [26-30-41-


48--52-56]

Vu la multitude des techniques d’empreinte mises à la disposition du médecin


dentiste, une discussion critique doit être menée afin d’analyser la précision des
différentes techniques d’empreinte d’enregistrement de la position spatiale des
implants.

Ainsi, des études ont été réalisées pour déterminer la fiabilité des différentes
techniques d’empreinte basée sur la comparaison de l’adaptation et la passivité
des armatures obtenues sur les différents modèles de travail.

Tout d’abord, notons que les études comparant initialement les techniques directe
et indirecte aboutissent à des résultats variés, parfois même contradictoires, à
savoir :

Spector et coll., 1990[26] n’observent aucune différence significative entre les


différentes techniques et ils estiment par ailleurs que toutes les distorsions
découlent de trois sources d’erreur potentielles :

- dévissage du transfert et vissage de l’analogue ;


- repositionnement manuel incorrect du transfert d’empreinte ;
- contraction (retrait de polymérisation) de la résine dans le cas de la
solidarisation des transferts.
 Philips et coll. [26] prouvent, quant à eux, que la meilleure précision est
obtenue avec la technique indirecte utilisant des transferts non solidarisés.
 Humphries et coll. [30] constatent de leur part que le plus faible taux de
distorsion est obtenu avec la technique indirecte.
 Cependant, des résultats complètement contradictoires présentés par Assif
et coll. [26] prouvent que la meilleure précision d’adaptation de l’armature
est obtenue avec la technique directe utilisant des transferts d’empreinte

Page 83
solidarisés à la résine, et qu’en revanche une empreinte en technique
indirecte avec des transferts non solidarisés est moins précise, et elle a un
taux plus élevé de déformations.

Ainsi, la solidarisation des transferts d’empreinte entre eux avec de la résine


semble toujours être un sujet controversé. On est donc en droit de se poser la
question suivante : ces techniques de solidarisation ont-elles un réel intérêt
clinique ?

 Tout d’abord, plusieurs études prouvent que la solidarisation des transferts


sur une trame de fil de soie par une attelle en résine est une étape
indispensable à l’obtention d’un modèle de travail fidèle et précis
(Brå nemark et coll. ;1985[56])
 D’autre part, certains auteurs semblent confirmer qu’il n’existe aucun
avantage statistiquement significatif à solidariser les transferts à la résine
(Humphries et coll., Hsu et coll., Herbst et coll. [52])
 De plus Philips et coll[26] insistent qu’elle serait même une source
d’imprécision supplémentaire. La contraction de prise inhérente à la
polymérisation de la résine constitue en fait la principale source d’erreur.

Pour conclure, il faut noter que toutes ces études montrent que, quelle que soit la
technique utilisée, un certain nombre d’erreurs et de distorsions sont observées.
Aucune étude n’a pu faire état d’un modèle reproduisant la position exacte des
implants. Il en découle la difficulté de fixer une ligne de conduite précise ou de
déterminer la technique d’empreinte idéale.

Toutefois, l’application des règles décisionnelles simples peut se révéler utile pour
pouvoir choisir la bonne technique et minimiser ainsi le risque d’erreur. Cela
présume que la réussite de l’empreinte dépend en premier lieu de la bonne
connaissance des indications, des avantages, et des limites de chaque technique
bien détaillées précédemment. D’autre part, il faut souligner l’importance d’un
certain nombre de facteurs qui entrent en jeu dans ce choix, à savoir, l’affinité du
praticien à une technique, le nombre d’implants et leur divergence, l’ouverture
buccale, etc.
De ce fait, ce sont seulement les conditions cliniques qui peuvent imposer telle
technique plutô t que l’autre. C’est pour cette raison qu’il est permis d’avancer
l’idée qu’aucune technique ne peut être privilégié e aux dépens de l’autre. Chacune
des techniques peut d’ailleurs présenter, dans une situation clinique spécifique,
des avantages. A titre d’exemple, la technique indirecte se trouve privilégiée (Liou
et coll. [49]) dans le cas où l’espace inter-arcade est insuffisant et/ou la zone d’accès
postérieure est difficile. Le tableau ci-dessous permet d’illustrer les différents
facteurs influençant les choix de la technique d’empreinte.

Tableau III : Récapitulatif des indications et contre-indications des différentes techniques.

Twist-lock Snap-on Pick-up


Ouverture buccale Faible, Moyenne, Faible, Moyenne, Importante
Importante Importante
Réflexe nauséeux Oui Oui Non
Axes implantaires Parallèles Divergence > 15° Divergence > 15°
possible
Nombre 1à 3 Maximum si Maximum
d’implants parallèles entre
eux
Profondeur Infra-gingival Juxta ou Infra-gingival
profond
d’enfouissement profond légèrement infra-
gingival
Mise en charge Retardée Immédiate Immédiate

Avant de terminer cette discussion, il faudrait souligner que le choix de la bonne


technique n’est pas le seul élément important à appréhender. L’utilisation du
porte- empreinte et du matériau adaptés à la technique choisie sont encore autant
de facteurs importants sur lesquels repose la réussite de l’empreinte.

Alors existe-t-il un matériau plus précis qu’un autre pour les empreintes en
prothèse implanto-portée ?
2. Quel matériau d’empreinte choisir ? [7-9-14-26-37-57]
Au regard des études, les polyvinylsiloxanes et les polyéthers semblent être les
matériaux de choix pour les techniques d’empreintes implantaires.

Les polyéthers en particulier rencontrent un large succès, puisque presque toutes


les études y font référence. Il est vrai qu’ils sont parmi les matériaux les plus
adaptés aux techniques d’empreintes implantaires, en raison de leur viscosité, de
leur bonne stabilité dimensionnelle et de leur rigidité très apprécié e dans le
repositionnement des transferts d’empreinte en technique pick-up et snap-on,
ainsi que le revissage des répliques d’implants. Pour mieux exploiter cette rigidité,
les praticiens préfèrent l’obturation, au préalable, de toutes les contre-dépouilles
et des embrasures avec de la cire. Par contre, cette rigidité est génératrice de
contraintes pour l’empreinte twist lock. De plus leur manipulation est rendue
difficile par leur haute viscosité. Cela peut conduire à un mélange poreux et non
homogène.

Pour palier cet inconvénient, le fabricant de Impregum Penta a commercialisé un


mélangeur automatique (le Pentamix ®) permettant un remplissage rapide et un
dosage économique du matériau. Cela permet d’obtenir des empreintes précises et
homogènes, exemptes de bulles d’air.

D’autres auteurs préfèrent plutô t les polyvinylsiloxanes pour leurs excellentes


qualités mécaniques. En effet, ils permettent un temps de travail long, une
meilleure facilité de retrait grâ ce à leur moindre rigidité et ils se déchirent à un
stade où la déformation permanente est minimale. Cependant, leur utilisation avec
une technique double mélange lorsque les axes implantaires sont divergents
risque de compromettre l’intégrité de l’empreinte en créant des arrachements.
Certains praticiens préconisent l’utilisation d’une fine couche de lubrifiant «
vaseline » sur les transferts afin de faciliter leur glissement et de limiter ainsi les
arrachements.

Lue et coll., 2004[9] ont comparé les polyéthers et les silicones A sans trouver de
différences significatives. Cela permet donc de conclure que ce facteur n’a pas
d’influence en ce qui concerne la précision d’enregistrement.
D’ailleurs, lorsque la technique directe modifiée est indiquée, le matériau
d’empreinte n’a plus d’influence sur la précision. Ainsi, il est choisi selon d’autres
facteurs, tels l’enregistrement des tissus mous, la stabilité du matériau et la
commodité d’utilisation.

II. Empreinte conventionnelle versus empreinte

optique [4-18-25-28-32-71]

1. Avantages des techniques d’empreinte optique intra-


orale

1.1. Précision :
La précision des empreintes influe grandement sur le succès clinique des
restaurations implantaires. Mais qu’en est-il de la précision des empreintes
optiques par rapport à la précision des empreintes physico-chimiques
conventionnelles ?

Il est difficile de réellement répondre à cette question, vu la rareté des études


scientifiques complètes à ce sujet. Les quelques études qui existent sont limitées à
un seul système ; quelques-unes suivent des protocoles différents selon les articles
ou sont majoritairement in vitro.

Certaines études montrent la supériorité des techniques numériques, alors que


d’autres concluent en faveur des empreintes traditionnelles.

Cependant, le fait que la chaîne prothétique est dématérialisé e, on évite les


problèmes liés à l’empreinte conventionnelle :

→ Lors de l’empreinte (au cabinet) :

Des défauts comme tirages, bulles, arrachements, déformations sont à l’origine de


l’effet chance lors de l’empreinte et entrainerait un échec de cette dernière (fig.91).
Figure 91 : Empreintes présentant des bulles et un déchirement[71].

→ Entre le cabinet et le laboratoire :

En effet, on peut avoir une déformation de l’empreinte conventionnelle due à des


problèmes de stabilité des matériaux, et ce lors :

• du stockage de l’empreinte car des réactions chimiques vont avoir


lieu avec le matériau et le milieu ambiant
• de l’utilisation d’une solution antiseptique
• du transport et stockage de l’empreinte au laboratoire
• des variations de températures

→ Au laboratoire

Le traitement de laboratoire, la coulée, la réalisation du modèle positif unitaire, le


détourage, l’usure du plâ tre lors des réglages des points de contacts sont tout
autant de risques d’obtenir une prothèse qu’il faudra ajuster en bouche

Pour ces raisons certains auteurs privilégient tout de même les empreintes
optiques qui permettent de diminuer, voire de supprimer l’accumulation d’erreurs
dues aux imprécisions directement liées aux empreintes conventionnelles
(déformation) ainsi qu’à la coulée et au traitement du modèle de travail.

1.2. Gain de temps


Des temps de préparation et de manipulation plus longs en empreinte physico-
chimique ont aussi été observés dans une étude menée par LEE et coll. (46) De
plus,
comme signalé précédemment, la possibilité de répéter l’acquisition de scannage
de manière focalisée au niveau des zones mal enregistrées permet un gain de
temps conséquent. Une empreinte sélective peut être réalisé e alors que le
protocole dans sa totalité doit être une fois de plus entrepris dans le cadre d’une
empreinte physicochimique.

Par ailleurs, la durée des étapes ultérieures (transfert des données au prothésiste
ainsi que le traitement de l’empreinte) est en faveur de l’empreinte optique. Le
système C.F.A.O a permis la réalisation prothétique dans un laps de temps réduit,
sur une même journée.

1.3. Ergonomie, confort de travail


Pour l’acquisition optique, l’ergonomie est amélioré e du fait d’un confort de travail
supérieur. Une appréciation directe et très précise de la situation clinique
(possibilité de zoom) est observée.

Le temps réduit d’une nouvelle empreinte sélective atténue la peur de l’échec.

De plus, l’acquisition progressive peut être améliorée et corrigée jusqu’à


l’obtention d’un résultat idéal.

On peut aussi noter une nouvelle organisation dans l’échange des données entre le
praticien et le prothésiste. En effet, l’acquisition par C.F.A.O permet l’établissement
d’une relation plus étroite, avec la possibilité d’une communication en temps réel,
rendant possible une modification immédiate, sans perte de temps.

Les données obtenues par empreintes optiques sont des informations virtuelles et
sont par conséquent inaltérables au cours du temps et réutilisables à souhait. En
effet, ces données sont pérennes contrairement aux modèles physiques obtenus à
l’aide d’une empreinte physico-chimique qui se dégradent sous l’effet du temps et
de leurs utilisations.

1.4. Confort des patients


L’empreinte optique est significativement plus agréable pour le patient, car elle est
plus rapide et ne demande l’utilisation d’aucun matériau d’empreinte, pouvant
être
à l’origine de réflexes nauséeux. L’attente au fauteuil est moins longue, la bouche
reste peu de temps ouverte. De plus les caméras optiques tendent à être de plus en
plus compactes.

1.5. Coût des composants


Aucun achat des transferts d’empreinte pour la technique utilisant les vis Encode,
porte-empreintes, analogues d’implant et matériaux d’empreinte n’est nécessaire.

1.6. Respect des tissus mous


Pour la technique utilisant la vis de cicatrisation Encode, celle-ci n’est déposée que
lors de la pose des prothèses, évitant toutes déchirures des cellules gingivales
créées lors de la cicatrisation.

Par ailleurs, la technique CFAO permet la fabrication d’un pilier implantaire


personnalisé par le logiciel, qui est adapté anatomiquement à la plateforme de
l’implant, contrairement au pilier implantaire usiné ou coulé.

1.7. La correction d’angle par le logiciel


La suprastructure implantaire peut être située jusqu’à 30 degrés par rapport à
l’implant. Cette correction peut se faire directement par le logiciel de CAO sans
passer par une étape de laboratoire.

2. Limites de l’empreinte optique intra orale


- L’expérience : Cette technique requiert une certaine expérience en CFAO pour
pouvoir entreprendre l’empreinte dans de brefs délais.

- Coû t : Les coû ts sont élevés au démarrage pour l’achat des scanners intra-oraux
et peuvent de ce fait limiter leur utilisation.

- Accès aux parties postérieures : Dans certaines situations, le balayage des parties
postérieures sont difficiles, voire impossibles, pour les patients ayant une
ouverture buccale limitée.
- La présence de salive peut perturber la précision de l’empreinte optique. Mais on
retrouve ce problème également pour les techniques d’empreintes
conventionnelles.

- L’empreinte des tissus mous : La plupart des scanners intra-oraux utilisent le


principe de la triangulation optique, et par conséquent, seules les surfaces
«capté es» directement par le faisceau lumineux peuvent être numérisées. Les
zones rentrantes (contre-dépouilles), les espaces proximaux étroits et profonds,
ou les préparations intrasulculaires sont difficiles à placer correctement dans la
trajectoire du faisceau lumineux.

- L’utilisation de la poudre : Pour certaines caméras, l’épaisseur de la poudre peut


compromettre la précision des empreintes.

- Système fermé à une seule marque d’implant pour la technique utilisant la vis
Encode® car l’utilisation de ce système est limitée à la mise en place exclusive
d’implants Biomet 3i.
Conclusion
Conclusio
n

Conclusion

L’empreinte globale, en prothèse implanto-portée et dento-portée, reste une étape


primoridiale pour la réussite de la restauration prothétique.

L’empreinte en prothèse fixe implantaire recherche avant tout le positionnement


tridimesionnel de l’implant par rapport aux structures anatomiques environnantes
et la stabilité dimensionnelle la plus parfaite possible, alors que l’empreinte des
dents naturelles préparées recherche la reproductibilité du détail et
l’enregistrement précis des limites cervicales.

De ce fait, l’empreinte des appuis dentaires est plus délicate et complexe à mettre
en oeuvre que l’empreinte des implants qui, lorsqu’elle est menée avec rigueur,
garantit un résultat presque toujours fiable et constant

Hormis l’habilité du praticien et sa maitrise technique, le bon déroulement de tout


traitement prothétique implantaire dépend également de la rigueur du prothésiste
pour l’élaboration d’un modèle fiable et précis. Donc il est impératif que s’établisse
dès le départ une véritable collaboration entre le laboratoire et le cabinet dentaire.

L’empreinte implantaire nécessite l'utilisation d'un dispositif de « transfert » qui


va venir se connecter à l'implant et émerger dans la cavité buccale.
L’enregistrement de la position de ce transfert permettra de connaitre la position
de l’implant. L'introduction des premiers « transferts numériques » a permis à
l'empreinte optique de se développer dans le domaine de l'implantologie au
détriment des empreintes conventionnelles qui n’utilisaient jusqu’alors que des
transferts emportés ou repositionnés dans le matériau à empreinte.

Les différentes études ne permettent pas de dégager des conclusions définitives


quant à la supériorité d’un tel matériau ou d’une telle technique par rapport à
l’autre, les résultats sont parfois même contradictoires.

Quelle que soit la technique utilisée un certain nombre d’erreurs et de distorsions


peuvent etre observées. En termes cliniques cela signifie que l’adaptation parfaite

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de l’armature sur piliers est inaccessible avec les techniqes actuelles et que même
les mots “précision” et “joint” sont relatifs et soumis à l’appréciation subjective du
clinicien. Dans le futur, toutes ces techniques conventionnelles vont peu à peu
laisser place à des techniques d’empreinte optique avec la conception d’armature
assistée par ordinateur. La majeure partie des difficultés que l’on rencontre
aujourd’hui sera éliminée, avec un net bénéfice pour le patient.
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Master impressions and working casts in implant-supported


prostheses: keys of success
Thèse de Deuxième Cycle - Médecine Dentaire - Monastir
100 Pages - 91 Figures – 3 Tableaux
Résumé :
L’objectif principal d’une empreinte en implantologie est d’enregistrer de façon précise la
position tridimensionnelle des implants par rapport au reste des structures anatomiques
des arcades dentaires, ce qui permet d’obtenir un modèle de travail fiable.
Ce travail consiste à passer en revue toutes les techniques d’empreintes (physico-
chimiques et optiques) en prothèse implanto-portée tout en insistant sur les points clés de
leur réussite ainsi que la démarche à suivre pour obtenir le modèle de travail.
Dans la dernière partie, les avantages et les inconvénients de chaque technique ont été
discutés à travers les données de la littérature.
Abstract:
The main objective of impressions for implants is to accurately record the three-
dimensional position of the implants relative to the rest of the anatomical structures of the
dental arches, which allows obtaining a reliable working cast.
This work consists in reviewing all the impression techniques (traditional and digital) in
implantology while insisting on the key points of their success as well as the followed
procedure to obtain the master cast.
In the last part, the advantages and disadvantages of each technique have been discussed
through the literature.

Rubrique de classement : Prothèse conjointe.

Column of classification: Fixed prosthesis.


Mots Clés : - Implant - empreinte physico-chimique - empreinte optique – modèle de travail.
Keywords: - Implant – conventionnal impression – digital impression – master cast.

Directeur de la Thèse : Pr. Ag Amani Adli.

Adresse de l’auteur : habouriaghassen@gmail.com.