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Les sanctuaires

Définition : c’est un endroit ou on fait un rite. N’importe quel endroit peu faire
office de sanctuaire, dès qu’il y a objets rituels, ça peut être considéré comme
sanctuaire.
Mais petit à petit, on va à tel ou tel endroit pour faire un sacrifice.
Question clé de la délimitation du sol. Temenos/templum, idée de découpage de
quelque chose, idée de découper un territoire qu’on considérera sacré. Pour le
découper, il faut des points de repères : bornes, piliers ou rochers. Soit on
rajoute un signe, un cercle. Plus tard on peut trouver dans les rochers des
inscriptions, quelque fois on va rajouter des choses en plus. Dans sanctuaires les
plus importants, muraille (taille humaine environ), idée qu’on cache mais pas
complètement, c’est un péribole. Le plus important ce sont les limites.
Autel = deuxième élément important. C’est là qu’on va faire le sacrifice (à côté),
au mieux, une table en marbre, souvent modèle circulaire, ou modèle plus naturel.
Ils plaisent beaucoup, le rocher (un peu plat). Dans très grand sanctuaire, autel
qui se fabrique lui-même avec les restes du sacrifice. L’autel est le symbole de la
réussite du sanctuaire donc c’est bien, pas dégoutant.
Troisième élément, la statue, sorte de centre à la religiosité.
Dernière chose, le temple pour les sanctuaires les plus importants. Il n’a aucun
intérêt pour les sacrifices, il sert juste à protéger la statue, c’est la maison du
dieu, quasiment aucun rituel dans le temple. Les rituels se passent devant, on
ouvre les portes et la statue du dieu voit les sacrifices qu’on fait pour lui.
Question clé : pourquoi on installe un sanctuaire ici et pas ailleurs ?
Première idée : notion de paysage, endroits agréables, spectaculaire. Soit on les
voit de l’extérieur, ou il sera vu de très loin, enthousiasme et émotion. Ou bien, le
panorama vu depuis le sanctuaire. Rarement dans un endroit caché ou que
personne ne connait. Chaque fois l’optique c’est important. L’œil est mis en
pratique et après l’odorat.
Géographie objective, dans quelle zone dvlpmt des sanctuaires : les sites de
carrefours, d’étapes. Sécurité fondamentale. Sacralisation de l’espace, on va
échanger des paroles, marchandises et richesses. A l’origine, lieux d’échanges de
biens, protection symbolique. Rapport foire (panégyrie)/religion. Un sanctuaire
est toujours un lieu de commerce. Notion de frontières : politique, protection
symbolique et réelle, propice pour installer les sanctuaires, frontière zone rurale
(gens)/zone forestière (monde sauvage). Artémis propice à ce genre de
sanctuaire. Endroit ou les êtres humains se sentent bien. Parfois endroits
exceptionnels (surtout monde arabe). Rapport à l’eau essentiel, la source. Parfois
endroits miraculeux avec formes naturelles bizarres (pierre, météorite … 
sacralisation). Cas ou des êtres humains trouvent des ruines anciennes. Les gens
vont dire que si des gens se sont installés là, c’est parce que c’est un endroit
important. [Cas de Philostrate, il a écrit un livre : Les Héroïka.]

Les sanctuaires spartiates : sujet d’illustration, 3 sanctuaires différents, les


plus importants mais pas les seuls, beaucoup de sanctuaires. Types différents,
cités différentes mais certains points communs. Information essentiellement
archéologique, étrangers qui parlent sur Sparte et non les spartiates eux-mêmes.
Quasiment aucun texte spartiate. Rapport avec l’ethnologie, spartiates = tribus
primitive (pour Orthia notamment).
- Orthia : sanctuaire initiatique. Texte très rares, n°50 polycop, date de la
paix romaine (150). Situation étrange pour un sanctuaire, installé au niveau
du fleuve, installation catastrophique, pire endroit possible car trop
proche du fleuve, chose étrange. Rien avant, sanctuaire commence dans les
années 1 000 BC, construction d’un monticule de terre donc
transformation d’un monticule avec rien en dessous, sorte d’acropole, de
petite colline. On peut penser que c’est un autel. Les romains ont constitué
au milieu du sanctuaire un amphithéâtre, construction comme une scène de
théâtre donc cérémonie sûrement spectaculaire (tourisme romain).
Avantage = empêché que les gens pillent le sanctuaire. En enlevant
l’amphithéâtre, on a trouvé beaucoup d’offrandes. Le site le plus ancien :
territoire qu’on découpe, 2 territoires (un petit et un plus grands) donc
augmentation du sanctuaire donc succès. Constitution vers le mur
d’enceinte de l’autel, le centre. Puis installation d’un tout petit temple très
basique, très simple. Apparence très petite pour un sanctuaire très
prestigieux. Divinité : Orthia. Mélange entre le nom de la déesse et le lieu
ou elle est adorée. Plus tard, association à Artémis Orthia mais en vrai que
Orthia qui compte. Orthos = droit. Lié de quelque chose qui pousse droit,
donc de la végétation mais aussi de la jeunesse. Passage de l’âge d’enfant à
l’âge d’homme. Orthia = apparence rien de grec/spartiate, très ancienne
forme avec bonnet sur la tête et jupe droite, origine anatolienne, forme
qui vient de l’étranger, divinité très ancienne et lointaine. Elle aurait des
ailes (orientales), représentation d’animaux à côté de la déesse, donc c’est
une potnia therôn = maitresse des fauves, elle domine les animaux les plus
féroces, en apparence divinité qui vient d’ailleurs, rien de spartiate. Masse
de toutes les offrandes retrouvée fait que c’est bizarre. Dans rare texte,
ce qui se passe est inquiétant. Amoncellement des offrandes =
attachement de la population à ce sanctuaire. On a retrouvé 100 000
soldats de plombs, plus ou moins différents, moulé, représente des
guerriers, enterré dans tout le sanctuaire. On peut penser que chaque
jeune enterrait un soldat en guise de passage à l’âge d’adulte après le rite.
Petits objets en plomb représentant des boucliers spartiates (soldats qui
déposent ça pour partir à la guerre … peut être). Figures divines : Poséidon
signifie le seigneur, c’est le seigneur de la terre et du sous sol, dieu des
chevaux et tremblement de terre, dieu de la terre sur laquelle sont les
hommes, le socle, en fait dieu honoré par les spartiates mais ils sont
terrestres et pas du tout maritime ; et Héraclès honoré par les (jeunes)
spartiates, dieu des étudiants et des jeunes spartiates, idée de passer
des épreuves, initiation, dieu qui se transforme par les épreuves qu’il
passe, par l’effort et l’examen. On demande des choses au dieu mais on lui
fait aussi des offrandes. On a aussi retrouvé des peignes en ivoire, seul
objets de luxe, avec des représentations qui viennent de l’étranger (sphinx
…), scène d’un suicide aussi (Ajax, il s’empale sur son épée, fonction
religieuse, il a fait tomber une statue, donc il est maudit donc il se
suicide), scène de rapt (homme qui attrape un enfant ou une femme, le
fort à tout les droits sur le faible, normal). Des bijoux, soit des vrais soit
des faux, des objets qui viennent d’Égypte. Offrandes différentes, toutes
les classes de la société, autant d’accumulation d’objets = sanctuaire qui a
duré longtemps. Grand mystère pour cet objet : serpe en fer intégré dans
des inscriptions. Deux rituels, succès international. 1er rituel : source
byzantine, barykilla = ce serait une danse de déguisement, jeunes hommes
se transformeraient en vieilles femmes. Rituel d’inversion, repoussoir
absolu. Chose très primitive, découverte de masques qu’on met sur la
figure (masques assez atroces), rituel d’inversion et initiatique. 2ème rituel
(le top) : rituel principal, très sanglant, diamastigôsis = idée de la
bastonnade à outrance, on frappe très très fort sur les gens jusqu’à mort
parfois. Ce qui devait se passer c’est qu’il y avait du fromage sur l’autel,
éphèbes de l’autre côté et gens avec massue au milieu pour les frapper.
Bizutage = héritage de ça, rituel d’initiation. Très brutale mais très habile.
- Amyclées : sanctuaire patriotique. Juste à côté de Sparte, sanctuaire
double, construit sur une sorte de colline, colline avec une petite falaise
sur le bord. Deux sanctuaires : 1er = tombe pour un héros, Hyakinthos,
pratiquement héros fondateur du peuple spartiate, reste de ruines
mycéniennes. De l’autre côté, ils ont reconstruit son tombeau avec une
statue. Statue immense d’un apollon, très spectaculaire, mais apollon très
guerrier, hoplite. Très grande quantité d’offrande. Double sanctuaire,
l’ancien et le nouveau, apollon dieu national des spartiates. Très
patriotique.
- Ménélaion : sanctuaire héroïque. Il surplombe la vallée, très spectaculaire.
Nom qui pose problème, référence à Ménélas, roi de Sparte. Juste à côté,
un palais mycénien, association avec quelque chose de plus ancien. Ancien
palais implanté. Sanctuaire particulier, sommet d’une colline, ils ont cru
que c’était mais une tombe mais c’est juste un rocher circulaire. Ils ont
construit à partir des 700’s BC, un petit temple (naiskos, chapelle) par-
dessus la pseudo tombe de Ménélas. Ils ont rajouté un péribole autour de
ce temple. Ils ont fait une terrasse et une rampe d’accès. Création d’un
certain raffinement. Offrandes découvertes pas aussi importantes, 6 000
soldats en plomb. On a retrouvé des inscriptions, dédicaces très courtes
(découverte incroyable) : Euthytrates dit : « les consacre à Menelaos » =
l’armée qui tient bon, comme un vrai nom, ça parle de Ménélas. Deinis
« offre quelque chose de Ménélas ». « A Hèlènè » = femme de Ménélas,
femme méchante par excellence. Problème car on a peut être pas à faire à
la même Hélène. Pausanias va parler de ce sanctuaire : il le décrit en disant
que c’est une tombe de Ménélas et Hélène mais surtout une tombe
d’Hélène, qui est d’origine divine et de la famille des Dioscures (fils de
Zeus, Castor et Pollux). C’est d’abord un sanctuaire pour une déesse
féminine, Hèlènè (peut être rapport avec la lune, Selene) puis spartiates
dit rapport avec Ménélas (Homère, épopée = origine). Puissance féminine
puis puissance masculine. On a à faire à l’homérisation.