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D r S.

ABDELHAMID
Maitre de Conferences
Dép. de Français
Université de Batna

Les origines du langage.


Les différentes théories sur l’origine du langage (cf G. REVESZ Origines et
préhistoire du langage1954) :

1) - Les thèses biologiques :


On a deux hypothèses :
- La première hypothèse : le langage est né lentement de l’évolution des
mouvements et des sons spontanément expressifs des émotions chez l’animal
et chez l’homme.
- la deuxième hypothèse : le langage est le produit de l’imitation des cris ou les
bruits de la nature (Saussure Les onomatopées)
2) - Les thèses anthropologiques : les origines du langage étaient attribuées soit aux
émissions sonores accompagnant l’effort musculaire soit au développement du premier
babil enfantin.
3) - Les thèses philosophiques : elles ont soutenu soit que le langage est inné, soit
qu’il est acquis, soit qu’il résulte d’une invention volontaire mais fortuite.
4) - Les thèses théologiques : elles posaient que le langage est le don d’un Dieu.

Les thèses les plus usuelles sont : Nature / Convention


Naturalistes : Pour les représentants de ce courant les mots sont construits en se
référent à la nature. Exemple: « souffler » imiter réellement l’objet au niveau de la forme
du bruit du vent. ( cf. les onomatopées )

Conventionnalisme : Le lexique ne s‘est pas uniquement formé à partir de choses


existantes dans la nature mais sur une base conventionnelle.
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Critique :
L’étude sur l’origine de la langue est considérée comme un problème non
linguistique. La Société de Linguistique de Paris 1866 avait refusé des communications sur
l’origine du langage. Comme illustration on cite les travaux de J. VENDRYES, il dit à ce
sujet: « le désir de se mettre en garde contre des discussions passionnées, incompatibles
avec l’origine de la science. ». Il fait dans son œuvre «le langage» l’inventaire des
arguments qui montrent qu’il n’y a rien à espérer ni des études des langues anciennes, ni
celles des langues des sauvages, ni celle du langage enfantin, pour résoudre le problème.
Antonio TOVAR, dans son article, «Linguistique et préhistoire» adopte la même position :
« du point de vue du linguiste, la contemplation des millénaires de la préhistoire fait
apparaître insoluble le problème de l’origine du langage. »

La grammaire Indienne
Avec l’Inde ancienne, on rencontre probablement la première réflexion manifeste que
l'homme ait conduite sur le langage ; et, surtout, la première description d’une langue en
tant que telle. La grammaire hindoue s’est illustrée par l’analyse des unités de la première
articulation et aussi l’analyse du mot en monèmes, qui n’aura pas d’égale en Europe
jusqu’au 19e siècle. John BROUGH, à cet égard, a toutefois raison de formuler la chose
ainsi : «Panini fut naturellement aidé dans son analyse par l’extraordinaire clarté du
sanskrit ; mais nous sommes exposés à négliger le fait que cette structure pourrait n’avoir
pas semblé si claire et si évidente à nos yeux si Panini ne l’avait pas d’abord analysée pour
nous.». PANINI est l’un des grammairiens le plus connu de l’Inde.

La grammaire grecque
L’intérêt scientifique que les Grecs portent à leur langage les a amenés à réaliser le
perfectionnement final, en jetant les bases d’une analyse syntaxique, avec une théorie de la
structure de la phrase, à deux pôles « sujet et prédicat ». La première grammaire grecque
proprement dite a été élaborée par les philosophes : PLATON, ARISTOTE ET APPOLON
DYSCOLE qui ont distingué les huit parties du discours : article, nom, pronom, verbe,
participe, adverbe préposition et conjonction ; cette grammaire sera traduite dans toutes les
langues. Toutes ces notions seront reprises par les Alexandrins (ARISTARQUE DE
SAMOTHRACE ET DENYS DE THRACE qui auront pour objectifs :
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1 - Etablir et expliquer cette langue à travers les textes écrits la grammaire
devient un objet secondaire.
2 - Conserver la langue de la corruption.

Critique
Toutes ces démarches ont engendré deux erreurs :
„ Les travaux s’appliquent uniquement sur la langue écrite littéraire.
„ Les grammairiens considèrent la langue écrite comme la première langue à
partir de laquelle dépend la seconde.

La grammaire romaine
Les romains ont toujours été considérés comme les élèves des grecs. Ils n’ont fait
qu’apprendre, répéter et transmettre l’enseignement grec.

La linguistique comparative
La découverte du sanskrit a permis l’étude de la linguistique comparative et historique
des langues. Cette dernière a pour objectif de rechercher les ressemblances des langues et de
les classer en familles. Les linguistes ont concentré leurs efforts sur le changement
phonétique d’ou l’émergence des familles de langues. Ils ont pu établir les lois phonétiques
qui régissent ce changement (cf. Jacob GRIMM, Rasmus RASK et les Néogrammairiens).