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ANNUAIRE

DU

COLLÈGE DE FRANCE 2007-2008
RÉSUMÉ DES COURS ET TRAVAUX

108 e année PARIS 1 1 , p l a c e Ma rc e l i n - Be r t h e l o t ( Ve )

Photo couverture : Statue de Guillaume Budé (1467-1540) à l’origine de la fondation du Collège de France (par M. Bourgeois, 1880)

La loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article 41, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article 40). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. © Collège de France, 2008, ISSN 0069-5580 ISBN 978-2-7226-0082-9

LE COLLÈGE DE FRANCE
QUELQUES DONNÉES SUR SON HISTOIRE ET SON CARACTÈRE PROPRE

I. LES ORIGINES Les lecteurs royaux. — Le Collège de France doit son origine à l’institution des lecteurs royaux par le roi François Ier, en 1530. L’Université de Paris avait alors le monopole de l’enseignement dans toute l’étendue de son ressort. Attachée à ses traditions comme à ses privilèges, elle se refusait aux innovations. Ses quatre facultés : Théologie, Droit, Médecine, Arts, prétendaient embrasser tout ce qu’il y avait d’utile et de licite en fait d’études et de savoir. Le latin était la seule langue dont on fît usage. Les sciences proprement dites, sauf la médecine, se réduisaient en somme au quadrivium du moyen âge. L’esprit étroit de la scolastique décadente y régnait universellement. Les écoles de Paris étaient surtout des foyers de dispute. On y argumentait assidûment ; on y apprenait peu de chose. Et il semblait bien difficile que cette corporation, jalouse et fermée, pût se réformer par elle-même ou se laisser réformer. Pourtant, un esprit nouveau, l’esprit de la Renaissance, se répandait à travers l’Europe. Les intelligences s’ouvraient à des curiosités inédites. Quelques précurseurs faisaient savoir quels trésors de pensée étaient contenus dans ces chefs-d’œuvre de l’Antiquité, que l’imprimerie avait commencé de propager. On se reprochait de les avoir ignorés ou méconnus. On demandait des maîtres capables de les interpréter et de les commenter. Sous l’influence d’Érasme, un généreux mécène flamand, Jérôme Busleiden, venait de fonder à Louvain, en 1518, un Collège des trois langues, où l’on traduisait des textes grecs, latins, hébreux, au grand scandale des aveugles champions d’une tradition sclérosée. L’Université de Paris restait étrangère à ce mouvement. François Ier, conseillé par le savant humaniste Guillaume Budé, « maître de sa librairie », ne s’attarda pas à la convaincre. Il institua en 1530, en vertu de son

6 autorité souveraine, six lecteurs royaux, deux pour le grec, Pierre Danès et Jacques Toussaint ; trois pour l’hébreu, Agathias Guidacerius, François Vatable et Paul Paradis ; un pour les mathématiques, Oronce Finé ; puis, un peu plus tard, en 1534, un autre lecteur, Barthélémy Masson (Latomus), pour l’éloquence latine. Les langues orientales autres que l’hébreu firent leur entrée au Collège avec Guillaume Postel (1538-1543), l’arabe en particulier, avec Arnoul de L’isle (1587-1613). Le succès justifia cette heureuse initiative. Les auditeurs affluèrent auprès des nouveaux maîtres. Par là, un coup mortel venait d’être porté aux arguties stériles, aux discussions à coups de syllogismes, aux recueils artificiels qui avaient trop longtemps tenu la place des textes eux-mêmes. Par l’étude des langues, on remontait aux sources. On y retrouvait le pur jaillissement d’une pensée libre et féconde. Ainsi naquit le Collège de France. Ne relevant que du roi, dégagés des entraves qu’imposaient aux maîtres de l’Université les statuts d’une corporation trois fois séculaire, affranchis des traditions et de la routine, novateurs par destination, les lecteurs royaux furent, pendant tout le xvie siècle, les meilleurs représentants de la science française. Le Collège, pourtant, n’avait pas encore de domicile à lui. Il ne constituait même pas une corporation distincte, à proprement parler ; il n’existait, comme personne morale, que par le groupement de ses maîtres sous le patronage du grand aumônier du roi. Mais son unité résultait de leur indépendance même. Et déjà, il assurait son avenir par la valeur et l’influence de quelques-uns d’entre eux, tels qu’Adrien Turnèbe, Pierre Ramus, Jean Dorat, Denis Lambin, Jean Passerat, comme aussi par la reconnaissance qu’ils inspiraient à d’illustres auditeurs, un Joachim du Bellay, un Ronsard, un Baïf, un Jacques Amyot. Leurs méthodes d’enseignement étaient variées. Les uns faisaient surtout œuvre de critiques et d’éditeurs de textes ; d’autres commentaient, quelquefois éloquemment, comme Pierre Ramus, les orateurs ou les philosophes, les historiens ou les poètes de l’antiquité classique. Tous, ou presque tous, étaient vraiment des initiateurs en même temps que des érudits.

II. LE DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE Cette bonne renommée de l’institution royale se soutint pendant les xviie et xviiie siècles. Le Collège vit alors se préciser son organisation et s’accroître ses chaires, au nombre d’une vingtaine à la fin de l’Ancien Régime. Depuis le xviie siècle, les lecteurs royaux forment vraiment un corps, symbolisé par l’apparition, sur les affiches de cours, du nom définitif, sous sa forme latine : Collegium regium Galliarum. En 1610, le projet d’une demeure propre, élaboré sous Henri IV, connaît un début de réalisation : Louis XIII, âgé de 9 ans, pose la première pierre du Collège royal. Mais c’est seulement à la fin du xviiie siècle que Chalgrin le mènera à terme sur des plans entièrement remaniés ; les lecteurs royaux

7 possèdent désormais, sur la place de Cambrai, un lieu spécifique où enseigner et relèvent directement du secrétaire d’État chargé de la Maison du roi. En 1772, une décision royale réorganise entièrement la répartition des chaires de manière à intégrer les enseignements novateurs : physique de Newton, turc et persan, syriaque, droit de la nature et des gens, mécanique, littérature française, histoire, histoire naturelle, chimie — à côté des domaines de recherche déjà en place : médecine, anatomie, arabe, philosophie grecque, langue grecque, éloquence latine, poésie latine, droit canon, hébreu, mathématiques. Le Collège de France semble viser à justifier l’ambitieuse devise de son blason : Docet omnia et, de fait, il a « vocation à tout enseigner ». En même temps, son ouverture au monde et l’originalité de sa conception lui valent, presque seul entre les institutions de l’Ancien Régime, d’être épargné par la Révolution ; et, malgré plusieurs projets de réformation qui n’aboutirent pas, il se retrouve au temps de l’Empire, et par-delà, tel qu’il était auparavant, bénéficiant même d’une liberté accrue : la loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) lui accorde en effet l’initiative de présentation des candidats, à l’origine de l’actuel système de cooptation. La souplesse de son organisation va lui permettre de s’adapter sans peine à des conceptions changeantes et de se prêter à tous les progrès. Ainsi s’expliquent son extension considérable au cours du xixe siècle et son rôle dans le développement d’un grand nombre de sciences. En fait, sous une apparence inchangée, il a subi une réelle transformation qui se continue au xxe siècle. Elle s’est accomplie, comme il est naturel, en accord intime avec celle qui se produisait simultanément au-dehors dans presque tous les ordres de connaissance. Mais il est à noter que, très souvent, c’est le Collège de France qui a frayé ou élargi les voies nouvelles, et qu’il continue de le faire. Pour compléter et préciser les données précédentes, on pourra se reporter à l’ouvrage d’Abel Lefranc, intitulé Histoire du Collège de France, Paris, 1893 ; au livre jubilaire Le Collège de France, publié en 1932, où vingt-cinq notices ont été consacrées à l’histoire de l’enseignement donné au Collège de France dans les principales disciplines de l’ordre littéraire et de l’ordre scientifique ; à la Revue de l’Enseignement supérieur qui a publié, sous la plume de Marcel Bataillon, dans son no 2 de 1962 (p. 1 à 50) un aperçu de l’histoire du Collège de France, de son fonctionnement institutionnel et de ses moyens d’action ; à la conférence d’ Yves Laporte publiée en 1990 sous forme de plaquette par le Collège de France ; à Christophe Charle et Éva Telkès, Les Professeurs du Collège de France, dictionnaire biographique 1901-1939, Institut national de Recherche pédagogique et Éditions du CNRS, Paris, 1988 ; Christophe Charle, « Le Collège de France », dans Les lieux de mémoire, sous la direction de Pierre Nora, II : La Nation, t. 3, p. 389-424. En 1998 est également publié le livre Les origines du Collège de France (1500-1560), sous la direction de Marc Fumaroli,

8 aux Éditions Klincksieck, et en 2006 le premier tome de l’Histoire du Collège de France : I. La Création 1530-1560, sous la direction d’André Tuilier, avec une préface de Marc Fumaroli, aux Éditions Fayard.

III. LES CHAIRES DU COLLÈGE DE FRANCE DEPUIS LE XIXe SIÈCLE Antiquité grecque et romaine. — Dans la chaire de Langue et littérature grecques où s’étaient illustrés Jean-Baptiste Gail (1791-1829) et Jean-François Boissonade (1829-1855), Jean-Pierre Rossignol (1855-1892) eut comme successeurs Maurice Croiset (1893-1930) et Émile Bourguet (1932-1938). Une chaire d’Épigraphie et antiquités grecques a été instituée en 1877, et occupée successivement par Paul Foucart (1877-1926), Maurice Holleaux (1927-1932) et Louis Robert (1939-1974). Une chaire dénommée La Grèce et la formation de la pensée morale et politique a été créée en 1973 pour Mme Jacqueline de Romilly, première femme à occuper une chaire au Collège (1973-1984), puis transformée, en 1984, en chaire de Tradition et critique des textes grecs pour M. Jean Irigoin (1986-1992). — Gabriel Millet, qui occupa de 1926 à 1937 la chaire d’Esthétique et histoire de l’art, l’orienta vers l’étude du byzantinisme, auquel fut consacrée une chaire d’Archéologie paléo-chrétienne et byzantine pour André Grabar (1946-1966) puis une chaire d’Histoire et civilisation de Byzance pour Paul Lemerle (1967-1973) ; elle est devenue Histoire et civilisation du monde byzantin pour M. Gilbert Dagron de 1975 à 2001. En 1992, a été créée une chaire d’Histoire économique et monétaire de l’Orient hellenistique pour M. Georges Le Rider (1993-1998), et en 2002, une chaire d’Épigraphie et histoire des cités grecques occupée par M. Denis Knoepfler à partir de 2003. Une chaire de Philosophie grecque et latine eut comme titulaires Édouard Bosquillon (1775-1814), Jean-François Thurot (1814-1832), Théodore Jouffroy (1832-1837), Jules Barthélémy Saint-Hilaire (1838-1852), Émile Saisset (chargé de cours 1853-1857), Charles Lévêque (chargé de cours 1857-1860, titulaire 1861-1900), Henri Bergson (1900-1904). Une chaire d’Histoire de la pensée hellénistique et romaine a été créée en 1981 pour M. Pierre Hadot (19821991). Pour l’enseignement du latin, deux chaires existaient depuis l’Ancien Régime : l’Éloquence latine, tenue successivement par Pierre Gueroult (1809-1816), Jean-Louis Burnouf (1817-1844), Désiré Nisard (1844-1852), Wilhelm Rinn (1853-1854), Ernest Havet (1854-1885), et la Poésie Latine, par Jacques Delille (1778-1813), Pierre-François Tissot (1813-1821), Joseph Naudet (1821-1830), Pierre-François Tissot à nouveau (1830-1854), Charles-Augustin de Sainte-Beuve (1854-1869) qui, toutefois, ne put jamais enseigner. La prédominance de curiosités et de méthodes nouvelles se manifesta par la transformation de la chaire d’Éloquence

9 latine en Philologie latine, avec pour titulaire Louis Havet (1885-1925), et de la Poésie latine en Histoire de la littérature latine, occupée par Gaston Boissier (18691906) et Paul Monceaux (1907-1934). Ces enseignements ont été complétés par ceux de disciplines qui attestaient l’élargissement de l’horizon scientifique ; une chaire d’Épigraphie et antiquités romaines, créée en 1861, pour Léon Renier (18611885) a été occupée par Ernest Desjardins (1886), et ensuite par René Cagnat (1887-1930), puis, sous le titre élargi de Civilisation romaine, par Eugène Albertini (1932-1941), André Piganiol (1942-1954), et Jean Gagé (1955-1972) ; elle est devenue, de 1975 à 1999, Histoire de Rome pour M. Paul Veyne. Une chaire d’Histoire de l’Afrique du Nord, où furent spécialement étudiées les périodes romaine et post-romaine, a eu pour titulaire Stéphane Gsell (1912-1932). Une chaire d’Histoire de la langue latine, occupée par Alfred Ernout (1944-1951), a été transformée en 1951 en chaire de Littérature latine pour Pierre Courcelle (19511980). En 2000, une chaire intitulée Religion, institutions et société de la Rome antique a été créée pour M. John Scheid et est occupée depuis 2001. Une chaire de Numismatique de l’Antiquité et du Moyen Âge, inaugurée en 1908 par Ernest Babelon, a été transformée, en 1924, en une chaire de Numismatique de l’Antiquité, que Théodore Reinach a occupée jusqu’en 1928. Philosophie. — Un enseignement de Philosophie moderne créé en 1874 a été assuré par Jean Nourrisson (1874-1899), Gabriel Tarde (1900-1904), Henri Bergson (1904-1921), Édouard Le Roy (1921-1940), Louis Lavelle (1941-1951), Maurice Merleau-Ponty (1952-1961). En 1962, fut créée une chaire de Philosophie de la connaissance pour Jules Vuillemin qui l’occupa jusqu’en 1990. Une chaire d’Histoire de la philosophie au Moyen Âge, tenue de 1932 à 1950 par Étienne Gilson, a été remplacée par une chaire d’Histoire et technologie des systèmes philosophiques pour Martial Guéroult (1951-1962), et dénommée ensuite chaire d’Histoire de la pensée philosophique pour Jean Hyppolite (1963-1968). Cette chaire a été transformée en chaire d’Histoire des systèmes de pensée pour Michel Foucault (1970-1984), puis, de 1985 à 1990, en chaire d’Épistémologie comparative pour M. Gilles-Gaston Granger. Une chaire de Philosophie du langage et de la connaissance, créée en 1994, est occupée depuis 1995 par M. Jacques Bouveresse. En 1999, ont été créées une chaire de Philosophie des sciences biologiques et médicales pour Mme Anne Fagot-Largeault et une chaire de Philosophie et histoire des concepts scientifiques pour M. Ian Hacking (2001-2006). Linguistique générale. — L’enseignement de la Grammaire comparée fut inauguré au Collège de France par Michel Bréal (1866-1905), qui eut pour successeurs Antoine Meillet (1906-1936) et Émile Benveniste (1937-1972). Pendant un temps s’y trouva rattaché un Laboratoire de phonétique expérimentale, dont le premier directeur fut l’abbé Rousselot ; une chaire de Phonétique expérimentale fut occupée par ce savant de 1923 à 1924. Une chaire de Théorie linguistique est créée en 1986 pour M. Claude Hagège (1988-2006).

10 Langues, histoire et littératures occidentales. — L’enseignement de la Littérature française fut d’abord représenté par Antoine de Cournand (1784-1814) et Stanislas Andrieux (1814-1833). Ce fut le début d’une tradition à laquelle se rattachent les noms de Jean-Jacques Ampère (1833-1864), de Louis de Loménie (1864-1878), de Paul Albert (1878-1880), d’Émile Deschanel (1881-1903), d’Abel Lefranc (1904-1937). La chaire a été transformée en une chaire de Poétique, occupée par Paul Valéry (1937-1945), puis en une chaire d’Histoire des créations littéraires en France pour Jean Pommier (1946-1964). Cette chaire a été ensuite consacrée à l’enseignement de la Littérature française moderne ; elle a été occupée par M. Georges Blin de 1965 à 1988. Une chaire de Sémiologie littéraire a été créée pour Roland Barthes (1976-1980). En 1986, a été créée une chaire intitulée Rhétorique et société en Europe (xvie-xviie siècles) pour M. Marc Fumaroli (19872002) ; et une chaire de Littératures modernes de l’Europe néolatine a été créée pour M. Carlo Ossola en 1998. En 2005 sont créées une chaire de Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie, occupée à partir de 2006 par M. Antoine Compagnon, et une chaire intitulée Écrit et culture dans l’Europe moderne, occupée depuis 2006 par M. Roger Chartier. Une chaire spécialement consacrée à la Langue et littérature françaises du Moyen Âge, a été inaugurée par Paulin Paris (1853-1872), qui eut pour successeurs Gaston Paris (1872-1903), puis Joseph Bédier (1903-1936). Remplacée ensuite par une chaire d’Histoire du vocabulaire français occupée par Mario Roques (1937-1946), elle a été rétablie sous son ancien titre pour Félix Lecoy, de 1947 à 1974, puis en 1993 sous le titre de Littératures de la France médiévale pour M. Michel Zink. En 1905, une chaire d’Histoire et antiquités nationales s’y ajouta pour Camille Jullian (1905-1930), tenue ensuite par Albert Grenier (1936-1948). En 1964, a été créée une chaire d’Archéologie et histoire de la Gaule pour Paul-Marie Duval (1964-1982), transformée en 1983 en chaire d’Antiquités nationales pour M. Christian Goudineau. D’autre part, deux chaires nouvelles instituées en 1925 et en 1932, concernaient l’Europe médiévale : l’une, occupée par Edmond Faral (1925-1954), s’intitulait Littérature latine du Moyen Âge, l’autre déjà mentionnée en philosophie, fut occupée par Étienne Gilson, de 1932 à 1950. En 1969 a été créée une chaire d’Histoire des sociétés médiévales pour Georges Duby, devenue en 1991 Histoire de l’occident méditerranéen au Moyen Âge pour M. Pierre Toubert, qui l’a occupée de 1992 à 2003. Consacrée à l’activité extérieure de la France, une chaire, fondée par les principales colonies d’alors, a été occupée sous le titre d’Histoire coloniale par Alfred Martineau (1921-1935), puis, sous le titre d’Histoire de la colonisation, par Edmond Chassigneux (1939-1946), et ensuite, sous le titre d’Histoire de l’expansion de l’Occident, par Robert Montagné (1948-1954).

11 Enfin a été créée, en 1984, une chaire d’Histoire de la France contemporaine, pour M. Maurice Agulhon, qui l’a occupée jusqu’en 1997. La chaire de Langues et littératures slaves fut inaugurée en 1840 par le poète polonais, chargé de cours, Adam Mickiewicz (1840-1852) puis par Cyprien Robert (chargé de cours 1852-1857) et Alexandre Chodzko (chargé de cours 1857-1883), et occupée plus tard par Louis Léger (1885-1923), André Mazon (1923-1951) et André Vaillant (1952-1962). En 1992 a été créée une chaire d’Histoire moderne et contemporaine du monde russe pour M. François-Xavier Coquin (1993-2001). Une chaire de Langues et littératures de l’Europe méridionale, qui eut pour titulaires successifs Edgar Quinet (de 1841 à 1852 et de 1870 à 1875), Paul Meyer (18761906), Alfred Morel-Fatio (1907-1924), a été rétablie, en 1925, sous le titre d’Histoire des littératures comparées de l’Europe méridionale et de l’Amérique latine pour Paul Hazard (1925-1944). Depuis, deux des domaines qu’elle recouvrait ont été distingués par la création, en 1945 et en 1946, de deux chaires consacrées l’une aux Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine, tenue par Marcel Bataillon (1945-1965), puis par Israël Révah (1966-1973) ; l’autre à l’Histoire de la civilisation italienne pour Augustin Renaudet de 1946 à 1950, transformée en chaire de Langues et civilisation italienne pour André Pézard de 1951 à 1963. En 1992, une chaire de Langues et littératures romanes a été créée pour M. Harald Weinrich, qui l’occupa jusqu’en 1998. Une chaire de Langues et littératures d’origine germanique eut pour premiers titulaires Philarète Chasles (1841-1873) et Guillaume Guizot (1874-1892). Celui-ci fut suppléé par Jean-Jules Jusserand, puis par Arthur Chuquet, qui devint titulaire de la chaire en 1893 et l’occupa jusqu’en 1925. Lui succédèrent Charles Andler (1926-1933), Ernest Tonnelat (1934-1948), Fernand Mossé (1949-1956), et Robert Minder de 1957 à 1973. En 1984 a été créée une chaire de Grammaire et pensée allemandes, pour M. Jean-Marie Zemb, qui l’occupa jusqu’en 1998. Une chaire de Langues et littératures celtiques a été occupée par Henry d’arbois de Jubainville (1882-1910) puis par Joseph Loth (1910-1930). Une chaire de Civilisation américaine, créée en 1931, pour Bernard Faÿ (révoqué en 1945), a été transformée pour Marcel Giraud, de 1947 à 1971, en chaire d’Histoire de la civilisation de l’Amérique du Nord. Une chaire d’Étude de la création littéraire en langue anglaise a été créée en 2001 pour M. Michael Edwards (2003-2008). Langues, histoires et littératures orientales. — L’enseignement de l’Hébreu, le plus ancien de tous, donné par Étienne Quatremère (1819-1857), puis par Louis Dubeux (chargé de cours 1857-1861), a été illustré ensuite par Ernest Renan (1862-1864 et 1870-1892), par Salomon Munk (1864-1867) et par

12 Philippe Berger (1893-1910). Celui de l’Araméen a été assuré par Rubens Duval (1895-1907). Après un long intervalle, une chaire intitulée Hébreu et Araméen a été instituée de 1963 à 1971 pour André Dupont-Sommer ; puis pour André Caquot de 1972 à 1994. Une chaire d’Épigraphie et antiquités sémitiques a été créée pour Charles Clermont-Ganneau (1890-1923), une autre d’Histoire ancienne de l’Orient sémitique a été occupée par Isidore Lévy (1932-1941) et de 1995 à 2001, une chaire d’Antiquités sémitiques occupée par M. Javier Teixidor. L’égyptologie a fait son entrée au Collège avec son fondateur, Jean-François Champollion (1831-1832), dans une chaire d’Archéologie tenue ensuite par Jean-Antoine Letronne (1837-1848), puis par Charles Lenormant (1849-1859). Elle devint chaire de Philologie et archéologie égyptiennes avec Emmanuel de Rougé (1860-1872) et Gaston Maspero (1874-1916), fut reprise par Alexandre Moret (1923-1938), et occupée successivement par Pierre Lacau (1938-1947), Pierre Montet (1948-1956), Étienne Drioton (1957-1960), et Georges Posener (19611978). Elle a subsisté sous le titre d’Égyptologie pour M. Jean Leclant (1979-1990), puis pour M. Jean Yoyotte (1991-1997). En 1999, une chaire de Civilisation pharaonique : archéologie, philologie, histoire a été créée pour M. Nicolas Grimal. L’enseignement de l’assyriologie a été ouvert aussi par un fondateur, Jules Oppert (1874-1905), dans une chaire de Philologie et archéologie assyriennes où lui a succédé Charles Fossey (1906-1939). Après un intervalle, il a été repris par Édouard Dhorme (1945-1951) sous le titre de Philologie et archéologie assyro-babyloniennes et poursuivi sous celui d’Assyriologie par René Labat de 1952 à 1974, puis par M. Paul Garelli, de 1986 à 1995 et par M. Jean-Marie Durand depuis 1999. Une chaire d’Archéologie de l’Asie occidentale a été créée en 1953 pour Claude Schaeffer-Forrer qui l’a occupée jusqu’en 1969. Enfin, en 1973 était créée une chaire de Langues et civilisation de l’Asie Mineure pour Emmanuel Laroche, qui l’a occupée jusqu’en 1985. Une chaire d’Histoire et civilisation du monde achéménide et de l’empire d’Alexandre a été créée en 1998 pour M. Pierre Briant, qui l’occupe depuis 1999. La chaire d’Arabe a été tenue successivement par Antoine Caussin de Perceval (1783-1833), Armand-Pierre Caussin de Perceval (1833-1871), Charles-François Defrémery (1871-1883), Stanislas Guyard (1884), Adrien Barbier de Meynard (1885-1908), Paul Casanova (1909-1926), William Marçais (1927-1943). Elle a été transformée en chaire d’Histoire du monde arabe pour Jean Sauvaget (1946-1950). Devenue chaire de Langue et littérature arabes, elle a été occupée par Gaston Wiet (1951-1959). À côté d’elle, furent fondées : en 1902, une chaire de Sociologie et sociographie musulmanes, inaugurée par Alfred le Chatelier (1902-1925), occupée ensuite par Louis Massignon (1926-1954), modifié en chaire de Sociologie musulmane pour Henri Laoust de 1956 à 1975, et transformée en 1976 en une chaire de Langue et littérature arabes classiques pour M. André Miquel, occupée jusqu’en 1997 — puis en 1941, une chaire d’Histoire des arts de

13 l’Orient musulman pour Albert Gabriel (1941-1953). En 1956 était créée une chaire d’Histoire sociale de l’Islam contemporain, occupée par Jacques Berque jusqu’en 1981. Une chaire d’Histoire contemporaine du monde arabe est créée en 2003 pour M. Henry Laurens. Les chaires de turc et de persan ont été réunies de 1784 à 1805 par Pierre Ruffin, qui abandonna à partir de 1805 le persan au plus illustre islamisant de l’époque, Isaac Silvestre de Sacy (1806-1838). Lui succédèrent : Amédée Jaubert (18381847), Jules Mohl (1850-1876), Adrien Barbier de Meynard (1876-1885), James Darmesteter (1885-1894). Après Pierre Ruffin (1805-1822) l’enseignement du turc seul a été assuré par Daniel Kieffer (1822-1833), Alix Desgranges (18331854), Mathurin-Joseph Cor (1854), Abel Pavet de Courteille (chargé de cours 1854-1861, titulaire 1861-1889). En 1997, a été créée une chaire d’Histoire turque et ottomane pour M. Gilles Veinstein, qui l’occupe depuis 1999. Les domaines de recherche nouveaux entrés dans l’enseignement du Collège au xixe siècle ont d’abord été ceux de l’Inde et de la Chine, dont l’étude avait été amorcée en Europe par plusieurs orientalistes du Collège au siècle précédent. En 1814, furent créées ensemble les chaires de Sanscrit et de Chinois. La première a été inaugurée par Léonard de Chézy (1814-1832), illustrée par Eugène Burnouf (1932-1852), et reprise après un intervalle de suppléances par Édouard Foucaux (1862-1894), puis Sylvain Lévi (1894-1935) et Jules Bloch (1937-1951). L’enseignement y débordant traditionnellement le domaine du sanscrit, elle a repris en 1951, la dénomination de chaire de Langues et littératures de l’Inde et a eu pour titulaire Jean Filliozat de 1952 à 1978. En 1983 a été créée une chaire d’Histoire du monde indien pour M. Gérard Fussman, et, en 1993, une chaire de Langues et religions indo-iraniennes pour M. Jean Kellens. La seconde, dont l’enseignement s’est, de son côté, constamment étendu à l’ensemble de la sinologie, a été tenue par Jean-Pierre Abel-Rémusat (1814-1932), Stanislas Julien (1832-1873), Léon d’Hervey de Saint-Denys (1874-1892), Édouard Chavannes (1893-1918), Henri Maspero (1921-1945), Paul Demiéville (1946-1964), M. Jacques Gernet (1975-1992) ; depuis 1991 une chaire d’Histoire de la Chine moderne est occupée par M. Pierre-Étienne Will et une chaire d’Histoire intellectuelle de la Chine est confiée en 2008 à Mme Anne Cheng. Étendant le champ des enseignements aux pays d’influence indienne et chinoise et aux civilisations propres à ces pays, trois chaires ont été créées : la première de Langues, histoire et archéologie de l’Asie centrale pour Paul Pelliot (1911-1945), qui devait prendre le titre d’Histoire et civilisations de l’Asie centrale pour Louis Hambis, de 1965 à 1977, et se transformer en chaire de Sociographie de l’Asie du Sud-Est pour Lucien Bernot (1978-1985) ; la deuxième d’Histoire et philologie indochinoises pour Louis Finot (1920-1930), auquel ont succédé Jean Przyluski (1931-1944), puis Émile Gaspardone, de 1946 à 1965, et qui a été alors transformée en chaire d’Étude du monde chinois : institutions et concepts pour

14 Rolf A. Stein (1966-1981) ; enfin la troisième, sous le titre de Civilisations d’Extrême-Orient, a été occupée par Paul Mus (1946-1969). Une chaire d’Étude du Bouddhisme a été créée en 1970 pour André Bareau, qui l’a occupée jusqu’en 1991. Enfin, en 1979, a été créée une chaire de Civilisation japonaise pour Bernard Frank qui l’a occupée jusqu’en 1996. Droit et sciences humaines. — Depuis l’Ancien Régime existait une chaire de Droit de la nature et des gens, tenue au xixe siècle par Pierre de Pastoret (1804-1821), Xavier de Portets (1822-1854), Adolphe Franck (1856-1887). En 1831 commençait, avec Eugène Lerminier (1831-1849), un enseignement d’Histoire générale et philosophique des législations comparées, qui fut continué par Édouard Laboulaye (1849-1883), et par Jacques Flach (1884-1919). En 1979, une chaire de Droit international est créée pour René-Jean Dupuy qui l’a occupée jusqu’en 1989. Une chaire d’Études juridiques comparatives et internationalisation du droit a été créée en 2001 pour Mme Mireille Delmas-Marty qui l’occupe depuis 2002. Dès 1831, était instituée pour Jean-Baptiste Say une chaire d’Économie politique, qui fut occupée après lui par Pellegrino Rossi (1833-1840), Michel Chevalier (1840-1879), et Paul Leroy-Beaulieu (1880-1916). Une chaire d’Histoire des doctrines économiques, créée en 1871 pour Émile Levasseur, fut transformée sur sa demande en 1885 en chaire de Géographie, histoire et statistiques économiques. En 1911, elle devint chaire d’Étude des faits économiques et sociaux pour Marcel Marion (1912-1932). De 1955 à 1974 une chaire d’Analyse des faits économiques et sociaux a été occupée par François Perroux ; en 1987 a été créée une chaire d’Analyse économique pour M. Edmond Malinvaud qui l’a occupée jusqu’en 1993. Une chaire de Théorie économique et organisation sociale a été créée en 1998 pour M. Roger Guesnerie, qui l’occupe depuis 2000. En 1958 une chaire d’Anthropologie sociale était créée pour M. Claude LéviStrauss (1959-1982), et en 1971, une chaire d’Anthropologie physique pour Jacques Ruffié (1972-1992). En 1981, a été créée pour Mme Françoise Héritier une chaire d’Étude comparée des sociétés africaines (1982-1998) et en 1992 pour M. Nathan Wachtel une chaire d’Histoire et anthropologie des sociétés méso- et sudaméricaines (1992-2005). En 1999, une chaire d’Anthropologie de la nature a été créée pour M. Philippe Descola, qui l’occupe depuis 2000. En 1917, un cours complémentaire d’Assurances sociales fondé par Alfred Mayen, a été transformé, aux frais de la Ville de Paris et du Département de la Seine, en une chaire de Prévoyance et assistance sociales, qu’occupa Édouard Fuster (1917-1935). En 1920, une chaire instituée pour dix ans, à l’initiative de la Fédération des Sociétés coopératives, et affectée à l’Enseignement de la Coopération, a eu pour titulaire Charles Gide jusqu’en 1930.

15 Dans le même ordre d’études, d’autres développements se sont encore produits. Une chaire de Philosophie sociale, créée pour Jean Izoulet (1897-1929), a été transformée en chaire de Sociologie pour Marcel Mauss (1931-1942), puis en chaire de Psychologie collective pour Maurice Halbwachs (1944-1945). Une chaire d’Histoire et structure sociales de Paris et de la région parisienne, fondée par la Ville de Paris en 1950, a été occupée par Louis Chevalier (1952-1981). Une chaire d’Histoire du travail, fondée en 1907 par la Ville de Paris, a été occupée par Georges Renard (1907-1930), par François Simiand (1932-1935), puis, de 1936 à 1957, par Émile Coornaert. Une chaire de Démographie sociale : la vie des populations, lui a succédé et a eu pour titulaire Alfred Sauvy de 1959 à 1969. Cette chaire a été transformée en chaire de Sociologie de la civilisation moderne pour Raymond Aron de 1970 à 1978. Enfin a été créée, en 1981, une chaire de Sociologie pour Pierre Bourdieu (1981-2001). Une chaire d’Histoire moderne et contemporaine du politique a été créée en 2001 pour M. Pierre Rosanvallon. En 2005 est créée une chaire de Rationalité et sciences sociales, occupée par M. Jon Elster. Géographie. — Une chaire de Géographie humaine, créée grâce à une libéralité d’Albert Kahn, a été occupée de 1912 à 1930 par Jean Brunhes. En 1932 était créée la chaire de Géographie économique et politique, où enseigna André Siegfried (1933-1946). La Géographie historique de la France fut enseignée, de 1892 à 1911, par Auguste Longnon ; elle a été rétablie de 1947 à 1968 pour Roger Dion, puis transformée en chaire de Géographie du continent européen pour Maurice Le Lannou, de 1969 à 1976. Une chaire d’Étude du monde tropical (géographie physique et humaine) a été créée en 1946 pour Pierre Gourou (1947-1970). Histoire des religions. — Une chaire d’Histoire des religions, créée en 1880, a eu pour titulaires Albert Réville (1880-1906), Jean Réville (1907-1908), Alfred Loisy (1909-1932), Jean Baruzi (1933-1951) et Henri-Charles Puech (19521972). Une chaire d’Histoire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne a été créée en 1973 pour M. Jean Delumeau qui l’a occupée de 1975 à 1994 et une chaire d’Étude comparée des religions antiques en 1973 pour Jean-Pierre Vernant, qui l’a occupée de 1975 à 1984. En 1977, a été créée une chaire intitulée Christianisme et gnoses dans l’Orient préislamique pour Antoine Guillaumont qui l’a occupée jusqu’en 1986 et en 1990 une chaire d’Histoire des syncrétismes de la fin de l’Antiquité pour M. Michel Tardieu (1991-2008). En 2006 est créée une chaire intitulée Milieux bibliques pour M. Thomas Römer. Préhistoire. — Fut créée, en 1929 une chaire de Préhistoire, tenue par l’abbé Henri Breuil (1929-1947), discipline reprise de 1969 à 1982 par André LeroiGourhan, puis transformée en 1982 en chaire de Paléoanthropologie et préhistoire pour M. Yves Coppens (1983-2005), elle-même transformée en chaire de

16 Paléontologie humaine en 2005. En 1993, une chaire de civilisations de l’Europe au Néolithique et à l’Âge du Bronze a été créée pour M. Jean Guilaine (1994-2007). Histoire générale. — L’histoire générale était professée au Collège de France depuis le dernier tiers du xviiie siècle. On l’associait alors à la morale, et cette union persista, nominalement au moins, pendant tout le xixe siècle. À Pierre Daunou (1819-1830), succédèrent Jean-Antoine Letronne (1831-1837), et Jules Michelet (1838-1852), puis, un peu plus tard, Joseph Guigniaut (1857-1862), et Alfred Maury (1862-1892). Une chaire d’Histoire de la civilisation moderne tenue par Lucien Febvre (1933-1949), puis par Fernand Braudel (1950-1972), subsiste pour M. Emmanuel Le Roy Ladurie, qui l’occupa de 1973 à 1999. En 1997, une chaire d’Histoire de la France des Lumières créée pour M. Daniel Roche (1999-2005), transformée en chaire intitulée Écrit et cultures dans l’Europe moderne pour M. Roger Chartier (2006). Une chaire de Civilisation indo-européenne a été occupée de 1948 à 1968 par Georges Dumézil. Une chaire d’Histoire générale des sciences, créée en 1891, a été occupée par Pierre Laffitte (1892-1903), Grégoire Wyrouboff (1903-1913) et Pierre Boutroux (1920-1922). Art. — Une chaire d’Esthétique et histoire de l’art, créée en 1878, a eu pour titulaires, successivement Charles Blanc (1878-1882), Eugène Guillaume (1882-1905) ; Georges Lafenestre (1905-1919), André Michel (1920-1925) (qui la spécialisa en Histoire de l’art français), Gabriel Millet (1926-1937), Henri Focillon (1938-1943). En 1970 a été créée une chaire d’Art et civilisation de la Renaissance en Italie pour André Chastel (1970-1984). Une des chaires fondées par la Ville de Paris, affectée en 1933 à l’Histoire de l’art monumental, a été occupée par Paul Léon (1933-1944). Une autre a été affectée à la Psychologie des arts plastiques pour René Huyghe de 1951 à 1976 ; désormais chaire d’État, elle a été transformée en 1976 en Histoire de la création artistique en France pour M. Jacques Thuillier, qui l’a occupée de 1977 à 1998. En 2000, une chaire d’Histoire de l’art européen médiéval et moderne a été créée pour M. Roland Recht qui l’occupe depuis 2001. Une chaire d’Intervention, technique et langage en musique a été créée en 1975 pour M. Pierre Boulez (1976-1995) ; elle fut transformée de 1996 à 1999 pour Jerzy Grotowski en chaire d’Anthropologie théâtrale. En 1980, a été créée pour M. Yves Bonnefoy, une chaire d’Études comparées de la fonction poétique (1981-1993). Mathématiques. — L’enseignement des mathématiques fut assuré par AntoineRémy Mauduit (1770-1815), Sylvestre-François Lacroix (1815-1843), Guillaume Libri-Carucci (1843-1848), Joseph Liouville (1851-1882), Camille Jordan (1883-1912), Georges Humbert (1912-1921), Henri Lebesgue (1921-1941). S’y ajoutait l’Astronomie, professée par Jérôme de Lalande (1768-1807), puis par

17 Jean-Baptiste Delambre (1807-1822) et Jacques Binet (1823-1856). La chaire d’Astronomie fut transformée, en 1856, en une chaire de Mécanique céleste pour Joseph Serret (1861-1885). Elle devint chaire de Mécanique analytique et mécanique céleste pour Maurice Lévy (1885-1908), et Jacques Hadamard (1909-1937). Une chaire de Mathématique et mécanique a été occupée de 1938 à 1972 par Szolem Mandelbrojt, puis transformée en chaire d’Analyse mathématique des systèmes et de leur contrôle pour Jacques-Louis Lions (1973-1998). Une chaire de Théorie des équations différentielles et fonctionnelles a été occupée par Jean Leray de 1947 à 1978. Une chaire d’Algèbre et géométrie occupée par M. Jean-Pierre Serre de 1956 à 1994 a été transformée, en 1995, en chaire intitulée Équations différentielles et systèmes dynamiques pour M. Jean-Christophe Yoccoz. Une chaire de Théorie des groupes a été créée pour M. Jacques Tits (1973-2000) ainsi qu’une chaire d’Analyse et géométrie depuis 1983 pour M. Alain Connes. En 1999, une chaire de Théorie des Nombres a été créée pour M. Don Zagier qui l’occupe depuis 2000. Une chaire d’Équations aux dérivées partielles et applications a été créée en 2001 pour M. Pierre-Louis Lions qui l’occupe depuis 2002. Physique. — En 1769, une chaire de Physique mathématique remplaça l’ancienne chaire de Philosophie grecque et latine ; Jacques-Antoine Cousin l’occupa jusqu’en 1800 ; il eut pour successeur Jean-Baptiste Biot, à la fois physicien et mathématicien (1801-1862). Devenue chaire de Physique générale et mathématique, elle fut occupée par Joseph Bertrand (1862-1900), Marcel Brillouin (1900-1931) ; sous le titre de Physique théorique, elle a été occupée par Léon Brillouin (1932-1949) et par Jean Laval (1950-1970), puis transformée en 1971 en chaire de Physique de la matière condensée pour Pierre-Gilles de Gennes (1971-2004). D’autre part, en 1786, fut créée une chaire de Physique générale et expérimentale, occupée par Louis Lefèvre-Gineau jusqu’en 1823, André-Marie Ampère (1824-1836), Félix Savart (1836-1841), Henri-Victor Régnault (1841-1871), Élie Mascart (1872-1908), Paul Langevin (1909-1946). À la chaire de Physique générale et expérimentale, tenue par Maurice de Broglie de 1942 à 1944 et sur laquelle fut réintégré Paul Langevin, révoqué en 1940, succéda une chaire de Physique atomique et moléculaire par transformation de la chaire de Physique mathématique créée en 1933 pour Albert Einstein et qu’il n’avait jamais occupée. Elle eut pour titulaire de 1946 à 1972 Francis Perrin auquel succéda M. Claude Cohen-Tannoudji, de 1973 à 2004. Une nouvelle chaire de Physique mathématique a été créée en 1951 pour André Lichnerowicz (1952-1986). Une chaire de Chimie nucléaire occupée par Frédéric Joliot (19371958) a été transformée de 1958 à 1972 en chaire de Physique nucléaire pour Louis Leprince-Ringuet puis en chaire de Physique corpusculaire de 1973 à 2004 pour M. Marcel Froissart. Une chaire de Physique cosmique, occupée de 1944 à 1962 par Alexandre Dauvillier, a été transformée en 1962 en chaire d’Astrophysique théorique pour M. Jean-Claude Pecker (1964-1988), puis, en 1989, en chaire d’Astrophysique observationnelle pour M. Antoine Labeyrie. Une chaire de Magnétisme nucléaire, créée en 1959, a été occupée par M. Anatole Abragam

18 jusqu’en 1985 et une chaire de Méthodes physiques de l’astronomie par André Lallemand de 1961 à 1974. En 1982, une chaire de Physique statistique a été créée pour M. Philippe Nozières (1983-2001). Une chaire nouvelle, créée par la loi de Finances de 1964, et portant le titre de Physique théorique des particules élémentaires a été occupée par M. Jacques Prentki jusqu’en 1983. En 2000, une chaire de Physique quantique a été créée pour M. Serge Haroche qui l’occupe depuis 2001. M. Gabriele Veneziano occupe depuis 2004 la chaire de Particules élémentaires, gravitation et cosmologie créée l’année précédente. En 2005 est créée une chaire de Physique mésoscopique, occupée depuis 2007 par M. Michel Devoret. Chimie. — Une chaire de Chimie et une chaire d’Histoire naturelle, fondées en 1774, furent quelque temps réunies, sous le titre de chaire de Chimie et histoire naturelle pour Jean Darcet, qui d’ailleurs limita son enseignement à la première de ces deux sciences. Le titre primitif de la chaire de Chimie fut repris quand la chaire fut attribuée à Nicolas Vauquelin (1801-1804) auquel succéda LouisJacques Thénard (1804-1845). En 1845, elle se spécialisa sous le titre de Chimie minérale, et elle eut pour titulaires Théophile-Jules Pelouze (1845-1850), AntoineJérôme Balard (1851-1876), Paul Schützenberger (1876-1897), Henri Le Chatelier (1898-1907) et Camille Matignon (1908-1934). Une autre chaire, attribuée à la Chimie organique, eut pour premier titulaire Marcelin Berthelot (1865-1907), auquel succédèrent Émile-Clément Jungfleisch (1908-1916), Charles Moureu (1917-1929), Marcel Delépine (1930-1941) et Charles Dufraisse (1942-1955) ; elle a été transformée en 1955 en chaire de Chimie organique des hormones, pour Alain Horeau (1956-1980). En 1979 a été créée pour M. Jean-Marie Lehn une chaire de Chimie des interactions moléculaires, et de 1996 à 1998 pour Jean Rouxel une chaire de Chimie des solides. En 2000, une chaire de Chimie de la matière condensée a été créée pour M. Jacques Livage qui l’occupe depuis 2001. En 2007 est créée une chaire de Chimie des processus biologiques pour M. Marc Fontecave. Histoire naturelle et sciences biologiques. — L’enseignement de l’histoire naturelle fondé en 1774 n’étant pas effectivement donné par Jean Darcet, une chaire consacrée à la seule Histoire naturelle fut créée en 1778 et attribuée à Louis Daubenton (1778-1799), puis à Georges Cuvier (1800-1832). Cette chaire nouvelle ne tarda pas à être elle-même dédoublée. D’une part, une chaire d’Histoire naturelle des corps inorganiques fut donnée à Léonce Élie de Beaumont (1832-1874) et fut ensuite occupée par Charles Sainte-Claire Deville (1875-1876), Ferdinand Fouqué (1877-1904), Auguste Michel-Lévy (1905-1911). À cette chaire succèdent une chaire de Géologie, occupée par Lucien Cayeux (1912-1936) puis une chaire de Géologie méditerranéenne pour Paul Fallot (1938-1960) et une chaire de Géodynamique pour M. Xavier Le Pichon (1986-2008). En 2000 est créée une chaire d’Évolution du climat et de l’océan pour M. Édouard Bard. Entretemps, une création temporaire de chaire consacrée aux Études coloniales, protistologie

19 pathologique a eu pour titulaire Louis Nattan-Larrier (1923-1943). D’autre part, une seconde chaire fut consacrée à l’Histoire naturelle des corps organisés : elle eut pour titulaires Georges Duvernoy (1837-1855), Pierre-Jean-Marie Flourens (1855-1867), Étienne-Jules Marey (1869-1904), Nicolas François-Franck (1905-1921), et André Mayer (1922-1946) ; elle a été transformée pour Jean Roche, de 1947 à 1972, en chaire de Biochimie générale et comparée, puis en chaire de Biochimie cellulaire pour M. François Gros (1973-1996) et enfin en 1996 en chaire d’Immunologie moléculaire pour M. Philippe Kourilsky. En 1980, une chaire de Bio-Énergétique cellulaire a été créée pour M. Pierre Joliot (1981-2002). En 1995 a été créée pour M. Armand de Ricqlès une chaire de Biologie historique et évolutionnisme. En 1844 fut créée une chaire d’Embryogénie comparée, tenue par Victor Coste (1844-1873), Édouard Balbiani (1874-1899), Félix Henneguy (1900-1928), puis par Emmanuel Fauré-Frémiet (1928-1954). Consacrée ensuite à l’Embryologie expérimentale, elle a été occupée de 1955 à 1974 par Étienne Wolff. Depuis 1974 elle a été transformée en chaire de Communications cellulaires pour M. Jean-Pierre Changeux (1976-2006). Enfin, en 1964, une chaire nouvelle a été créée par la loi de Finances sous le titre de Génétique cellulaire pour M. François Jacob (1965-1991). Elle a été transformée en chaire de Génétique moléculaire pour M. Pierre Chambon (1992-2002), puis en chaire de Génétique humaine pour M. Jean-Louis Mandel (2003). En 1967 était créée pour Jacques Monod une chaire de Biologie moléculaire, qui l’occupa jusqu’en 1973. Une chaire de Génétique et physiologie cellulaire a été créée en 2000 pour Mme Christine Petit, qui l’occupe depuis 2001, et une chaire de Processus morphogénétiques est créée en 2006, occupée à partir de 2007 par M. Alain Prochiantz. Médecine. — La médecine, enseignée au Collège dès le xvie siècle, disposait de quatre chaires, progressivement spécialisées. L’anatomie fut professée par Antoine Portal de 1773 à 1832, tandis que la médecine dite pratique était attribuée à d’autres titulaires, parmi lesquels JeanNicolas Corvisart (1796-1804), Jean-Noël Hallé (1805-1822), René-Théophile Laennec (1822-1826), et Joseph Récamier (1827-1830). François Magendie (1830-1855) eut pour successeurs Claude Bernard (1855-1878), Charles BrownSéquard (1878-1894), Arsène d’Arsonval (1894-1930) et Charles Nicolle (1932-1936). Une chaire d’Épidémiologie fut créée pour Hyacinthe Vincent (1925-1936). La chaire de Médecine a été occupée par René Leriche (1937-1950) ; transformée ensuite en chaire de Médecine expérimentale, elle a été occupée par Antoine Lacassagne (1951-1954), Charles Oberling (1955-1960), Bernard Halpern (1961-1975), M. Jean Dausset (1977-1987), et subsiste sous cette même dénomination pour M. Pierre Corvol (1989).

20 Furent encore créées successivement plusieurs chaires nouvelles : en 1875, une chaire d’Anatomie générale, occupée par Louis-Antoine Ranvier (1875-1911), et transformée d’abord en chaire d’Histologie comparée pour Jean Nageotte (1912-1937) puis en chaire de Morphologie expérimentale et endocrinologie pour Robert Courrier, de 1938 à 1966, puis en chaire de Physiologie cellulaire de 1967 à 1993 pour François Morel ; enfin en chaire de Biologie moléculaire des plantes pour Joseph Schell de 1994 à 1998. En 1903, une chaire de Pathologie générale et comparée fut créée pour Albert Charrin (1903-1907). Cette chaire fut transformée en chaire de Biologie générale, successivement occupée par le physiologiste Émile Gley de 1908 à 1930 et par le physico-chimiste Jacques Duclaux de 1931 à 1948. Elle fut remplacée par une chaire de Neuro-physiologie générale pour Alfred Fessard, de 1949 à 1971, et modifiée en 1971 en chaire de Neurophysiologie pour M. Yves Laporte, de 1972 à 1991. Elle est devenue depuis 1992 chaire de Physiologie de la perception et de l’action pour M. Alain Berthoz. En 1925, une chaire d’Histophysiologie, attribuée à Justin Jolly (1925-1940), a été remplacée par une chaire de Radiobiologie expérimentale, occupée par Antoine Lacassagne de 1941 à 1951 où il devint titulaire de la chaire de Médecine expérimentale mentionnée au paragraphe précédent ; cette chaire a repris de 1951 à 1966, son ancienne affectation pour Jacques Benoit ; elle est devenue en 1973 chaire de Physiologie du développement pour Alfred Jost (1974-1987), puis, chaire d’Embryologie cellulaire et moléculaire pour Mme Nicole Le Douarin (1988-2000). En 1993, une chaire de Fondements et Principes de la reproduction humaine a été créée pour M. Étienne-Émile Baulieu (1993-1998), transformée en 1998, en chaire de Biologie et génétique du développement pour M. Spyros ArtavanisTsakonas qui l’occupe depuis 2000. En 2006 est créée la chaire de Microbiologie et maladies infectieuses pour M. Philippe Sansonetti. En 1929, une chaire de Mécanique animale appliquée à l’aviation, attribuée à Antoine Magnan (1929-1938), a subsisté de 1939 à 1955 sous le titre d’Aérolocomotion mécanique et biologique, et a été occupée par Étienne Oehmichen. À ces disciplines s’ajoutèrent, en 1887, l’enseignement alors nouveau de la Psychologie expérimentale et comparée, confié successivement à Théodule Ribot (1888-1901) et à Pierre Janet (1902-1934), puis les chaires de : Physiologie des sensations, attribuée à Henri Piéron (1923-1951), Psychologie et éducation de l’enfance occupée par Henri Wallon (1937-1949) ainsi que Neuropsychologie du développement créée en 1975 pour Julian de Ajuriaguerra qui l’occupa jusqu’en 1981 et qui a été transformée, en 1982, en chaire de Neuropharmacologie pour M. Jacques Glowinski (1983-2006). En 2005 est créée la chaire de Psychologie cognitive expérimentale, confiée à M. Stanislas Dehaene la même année. Chaire européenne. — Cette chaire destinée à une personnalité scientifique originaire d’un pays membre de la communauté économique européenne, pour une année académique, a été créée en 1989. Elle a été occupée par M. Harald Weinrich, Professeur à l’Université de Munich qui a traité de la Mémoire

21 linguistique de l’Europe pendant l’année 1989-1990. Le Professeur Cesare Vasoli, de l’Université de Florence, nommé pour l’année 1990-1991, n’a pu assurer son enseignement à la suite d’un accident de santé. En 1991-1992, M. Wolf Lepenies, Professeur au Wissenschaftskolleg de l’Université libre de Berlin a traité du sujet suivant : Les intellectuels et la politique de l’esprit dans l’histoire européenne ; en 19921993, M. Umberto Eco, Professeur à l’Université de Bologne, de La quête d’une langue parfaite dans l’histoire de la culture européenne ; en 1993-1994, M. Werner Hildenbrand, Professeur à l’Université de Bonn, du Contenu empirique des théories économiques ; M. Norbert Ohler, Professeur à l’Université de Fribourg, en 19941995, de l’Apport des pèlerins à la formation de l’Europe ; M. Klaus Rajewski, Professeur à l’Université de Cologne, en 1995-1996, des Nouvelles approches génétiques chez la souris ; M. Pieter Westbroek, Professeur à l’Université de Leyde, en 1996-1997, de Géophysique : esquisse d’une nouvelle Science de la Terre ; M. Abram de Swaan, Professeur à l’Université d’Amsterdam, en 1997-1998, de Langue et culture dans la société transnationale ; M. Thomas W. Gaehtgens, Professeur à l’Université libre de Berlin, en 1998-1999, de l’Image des collections en Europe au XVIII e siècle ; M. Hans-Wilhelm Müller-Gärtner, Professeur à la Faculté de Médecine de Düsseldorf, en 1999-2000, des Bases neuronales de la conscience : apport de l’imagerie cérébrale ; M. Michael Edwards, Professeur à l’Université de Warwick, en 2000-2001, de Poétiques de l’anglais et du français ; M. Claudio Magris, Professeur à l’Université de Trieste, en 2001-2002, de Nihilisme et mélancolie. Jacobsen et son Niels Lyhne ; M. Hans Belting, Professeur à l’Université de Heideberg, en 2002-2003, de L’histoire du regard. Représentation et vision en Occident ; M. Theodor Berchem, Professeur émérite de l’Université de Wurzbourg, de L’Avenir de l’Université — l’Université de l’Avenir, en 2003-2004 ; M. Sandro Stringari, Directeur du Research and Development Center on BoseEinstein Condensation à Trente, de Condensation de Bose-Einstein et superfluidité, en 2004-2005. Les titulaires de cette chaire ont été ensuite, en 2005-2006, M. Maurice Bloch : L’anthropologie cognitive à l’épreuve du terrain ; en 2006-2007, M. Daniele Vitali : Les Celtes d’Italie ; en 2007-2008, M. Manfred Kropp : Études coraniques. En 2008-2009, cette chaire est thématisée « Savoirs contre pauvreté » et confiée à Mme Esther Duflo. Chaire internationale. — Créée en 1992 pour accueillir, pendant une année académique, des personnalités scientifiques originaires des pays de l’Europe de l’Est ou appartenant à d’autres continents, cette chaire a eu pour premier titulaire Bronislaw Geremek, Professeur à l’Académie des Sciences de Varsovie, qui a traité en 1992-1993 du sujet suivant : Histoire sociale : exclusions et solidarités. En 19931994, M. Zhang Guangda, Professeur à l’Université de Pékin, a traité de La Chine et les civilisations de l’Asie centrale du VII e au XI e siècle ; M. Orest Ranum, Professeur à l’Université Johns Hopkins de Baltimore, en 1994-1995, de La France des années 1650 ; histoire et historiographie ; M. Harris Memel-Fotê, Professeur à l’Université d’Abidjan, en 1995-1996, de L’esclavage lignager africain et l’anthropologie des Droits de l’Homme ; M. Igor Mel’čuk, Professeur à l’Université de Montréal, en 1996-1997,

22 de Linguistique « Sens-Texte » ; M. Brian Stock, Professeur à l’Université de Toronto, en 1997-1998, de La Connaissance de soi et la littérature autobiographique au Moyen Âge ; M. Patrice Higonnet, Professeur à l’Université d’Harvard, en 1998-1999, des Mythes de Paris, des Lumières au Surréalismes ; M. James Watson Cronin, Professeur à l’Université de Chicago, en 1999-2000, du Développement de la physique des particules et des grandes expériences ; M. Miklós Szabó, Professeur à l’Université Eötvös Loránd de Budapest, en 2000-2001, de l’Histoire des Celtes danubiens et leur romanisation ; M. Paul Farmer, Professeur à la Harvard Medical School de Boston, en 2001-2002, de La violence struturelle et la matérialité du social ; M. Stuart Edelstein, Professeur à l’Université de Genève, en 2002-2003, des Mécanismes de la transduction du signal en biologie. M. Jayant Vishnu Narlikar, Professeur à l’InterUniversity centre for Astronomy and Astrophysics de Pune (Inde) a traité en 20032004 de Cosmology : Theory and Observations ; M. A. M. Celâl Şengör, Professeur à l’Université technique d’Istanbul, en 2004-2005, de L’histoire de la tectonique depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’apparition de la tectonique des plaques : une étude épistémologique. Les titulaires de cette chaire ont été ensuite, en 2005-2006, M. Thomas Pavel : Comment écouter la littérature ? ; en 2006-2007, M. Guy Orban : La vision, mission du cerveau ; en 2007-2008, à M. Pierre Magistretti : Cellules gliales, neuroénergétique et maladies neuropsychiatriques. En 2008-2009, cette chaire est thématisée « Développement durable » et est confiée à M. Henri Leridon. Chaire de création artistique. — Créée en 2004 pour accueillir, pendant une année académique, une personnalité illustrant la création artistique contemporaine, et consacrée à toutes les formes de création artistique, cette chaire a eu pour premier titulaire, en 2005-2006, M. Christian de Portzamparc, architecte, qui a traité de : Architecture : figures du monde, figures du temps. La chaire est ensuite occupée, en 2006-2007, par M. Pascal Dusapin, compositeur, dont le cours a pour titre : Composer : musique, paradoxe, flux. En 2007-2008, la chaire est confiée à Mme Ariane Mnouchkine et en 2008-2009 à M. PierreLaurent Aimard. Chaire d’innovation technologique-Liliane Bettencourt. — Créée en 2007, en partenariat avec la fondation Bettencourt-Schueller, cette chaire a pour vocation d’accueillir, pour chaque année académique, un nouveau titulaire chargé de proposer un enseignement à la pointe de la recherche dans les secteurs hautement innovants des nanotechnologies, de l’informatique, des réseaux de communication, du transfert et du cryptage de données, des sciences du vivant. Le premier titulaire, en 2006-2007, a été M. Jean-Paul Clozel, chercheur et P.-D.G. de la société ActelionLtd, qui a traité de : La biotechnologie : de la science au médicament. En 2007-2008, la chaire est occupée par M. Gérard Berry, directeur scientifique de Esterel Technologies, qui s’est consacré à la question : Pourquoi et comment le monde devient numérique. Lui succède, pour 2008-2009, M. Mathias Fink, professeur à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris et directeur du Laboratoire Ondes et acoustique.

le maintien ou la transformation de la chaire. L’année indiquée est celle de la délibération de l’Assemblée des Professeurs sur la création. .TABLEAU DES CHAIRES DEPUIS 1800 Chaire ancienne 1800 1 Physique mathématique Jacques-Antoine Cousin (1769-1800) Histoire naturelle Louis Daubenton (1778-1799) Chaire nouvelle Physique mathématique Jean-Baptiste Biot (1801-1862) Histoire naturelle Georges Cuvier (1800-1832) 1801 Chimie Jean Darcet (1774-1801) Chimie Nicolas Vauquelin (1801-1804) 1804 Droit de la nature et des gens Mathieu-Antoine Bouchaud (1773-1804) Chimie Nicolas Vauquelin (1801-1804) Création Droit de la nature et des gens Pierre de Pastoret (1804-1821) Chimie Louis-Jacques Thénard (1804-1845) Grec moderne Jean-Baptiste d’Ansse de Villoison (1804-1805) 1805 Persan et Turc Pierre Ruffin (1784-1805) Médecine Jean-Nicolas Corvisart (1796-1804) Persan Antoine-Isaac Silvestre de Sacy (1806-1838) Médecine Jean-Noël Hallé (1805-1822) 1.

24 Grec moderne Jean-Baptiste d’Ansse de Villoison (1804-1805) Turc Pierre Ruffin (1805-1822) 1807 Astronomie Jérôme de Lalande (1768-1807) Astronomie Jean-Baptiste Delambre (1807-1822) 1809 Éloquence latine Charles-François Dupuis (1787-1809) Éloquence latine Pierre Guéroult (1809-1816) 1812 Histoire et morale Pierre-Charles Lévesque (1791-1812) Histoire et morale Étienne Clavier (1812-1817) 1813 Poésie latine Jacques Delille (1778-1813) Poésie latine Pierre-François Tissot (1813-1821) 1814 Philosophie grecque et latine Édouard Bosquillon (1775-1814) Littérature française Antoine de Cournand (1784-1814) Création Langue et philosophie grecques Jean-François Thurot (1814-1832) Littérature française Stanislas Andrieux (1814-1833) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Jean-Pierre Abel-Remusat (1814-1832) Langue et littérature sanscrites Léonard de Chézy (1815-1832) 1815 Mathématiques Antoine-Rémy Mauduit (1770-1815) Mathématiques Sylvestre-François Lacroix (1815-1843) 1816 Éloquence latine Pierre Guéroult (1809-1816) Éloquence latine Jean-Louis Burnouf (1817-1844) 1817 Histoire et morale Étienne Clavier (1812-1817) Histoire et morale Pierre Daunou (1819-1830) 1819 Hébreu Prosper-Gabriel Audran (1799-1819) Hébreu Étienne-Marc Quatremère (1819-1857) Création .

25 1821 Droit de la nature et des gens Pierre de Pastoret (1804-1821) Poésie latine Pierre-François Tissot (révoqué) (1813-1821) Droit de la nature et des gens Xavier de Portets (1822-1854) Poésie latine Joseph Naudet (1821-1830) 1822 Médecine Jean-Noël Hallé (1805-1822) Turc Pierre Ruffin (1805-1822) Astronomie Jean-Baptiste Delambre (1807-1822) Médecine René-Théophile Laennec (1822-1826) Turc Daniel Kieffer (1822-1833) Astronomie Jacques Binet (1823-1856) 1823 Physique générale et expérimentale Louis Lefèvre-Gineau (révoqué) (1786-1823) Physique générale et expérimentale André-Marie Ampère (1824-1836) 1826 Médecine René-Théophile Laennec (1822-1826) Médecine Joseph Récamier (1827-1830) 1829 Langue et littérature grecques Jean-Baptiste Gail (1791-1829) Langue et littérature grecques Jean-François Boissonade (1829-1855) 1830 Histoire et morale Pierre Daunou (1819-1830) Poésie latine Joseph Naudet (1821-1830) Histoire et morale Jean-Antoine Letronne (1831-1837) Poésie latine Pierre-François Tissot (rétabli) (1830-1854) 1831 Médecine Joseph Récamier (1827-1830) Création Création Création Médecine François Magendie (1831-1855) Économie politique Jean-Baptiste Say (1831-1832) Archéologie Jean-François Champollion (1831-1832) Histoire générale et philosophique des législations comparées Eugène Lerminier (1831-1849) .

26 1832 Anatomie Antoine Portal (1773-1832) Histoire naturelle Georges Cuvier (1800-1832) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Jean-Pierre Abel-Rémusat (1814-1832) Langue et philosophie grecques Jean-François Thurot (1814-1832) Langue et littérature sanscrites Léonard de Chézy (1815-1832) Économie politique Jean-Baptiste Say (1831-1832) Chaire supprimée Histoire naturelle. puis Histoire naturelle des corps inorganiques Léonce Élie de beaumont (1832-1874) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Stanislas Julien (1832-1873) Philosophie grecque et latine Théodore Jouffroy (1832-1837) Langue et littérature sanscrites Eugène Burnouf (1832-1852) Économie politique Pellegrino Rossi (1833-1840) 1833 Arabe Antoine Caussin de Perceval (1784-1833) Littérature française Stanislas Andrieux (1814-1833) Turc Daniel Kieffer (1822-1833) Arabe Armand-Pierre Caussin de Perceval (1833-1871) Littérature française Jean-Jacques Ampère (1833-1853) Turc Alix Desgranges (1833-1854) 1836 Physique générale et expérimentale André-Marie Ampère (1824-1836) Physique générale et expérimentale Félix Savart (1836-1841) 1837 Archéologie Jean-François Champollion (1831-1832) Histoire et morale Jean-Antoine Letronne (1831-1837) Philosophie grecque et latine Théodore Jouffroy (1832-1837) Création Archéologie Jean-Antoine Letronne (1837-1848) Histoire et morale Jules Michelet (1838-1852) Philosophie grecque et latine Jules Barthélémy Saint-Hilaire (1838-1852) Histoire naturelle des corps organisés Georges Duvernoy (1837-1855) 1838 Persan Antoine-Isaac Silvestre de Sacy (1806-1838) Persan Amédée Jaubert (1838-1847) .

chargé de cours (1840-1852) 1841 Physique générale et expérimentale Félix Savart (1836-1841) Création Physique générale et expérimentale Henri-Victor Régnault (1841-1871) Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1841-1853) Création Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (1841-1852) 1843 Mathématiques Sylvestre-François Lacroix (1843-1848) Mathématiques Guillaume Libri-Carucci (1815-1843) 1844 Éloquence latine Jean-Louis Burnouf (1817-1844) Création Éloquence latine Désiré Nisard (1844-1852) Embryogénie comparée Victor Coste (1844-1873) 1845 Chimie Louis-Jacques Thénard (1804-1845) Chimie minérale Théophile-Jules Pelouze (1845-1850) 1847 Persan Amédée Jaubert (1838-1847) Persan Jules Mohl (1850-1876) .27 1840 Économie politique Pellegrino Rossi (1833-1840) Création Économie politique Michel Chevalier (1840-1879) Langue et littérature slaves Adam Mickiewicz.

Michelet. chargé de cours (1840-1852) Langue et littérature slaves Cyprien Robert. Turc et Poésie latine. Langue et littérature slaves Adam Mickiewicz. Faustin Hélie Économie générale et statistique de la population. Le 14 novembre 1848. un décret du gouvernement provisoire supprima cinq chaires : Économie politique. Alphonse de Lamartine Droit privé. Mickiewicz. Alexandre Ledru-Rollin Mécanique. Jean-Martial Bineau Économie générale et statistique des travaux publics. Droit de la nature et des gens. Augustin Serres Économie générale et statistique de l’agriculture. usines. Jean-Victor Poncelet. Législations comparées. Jean Reynaud Droit international et histoire des traités. Louis-Marie Delahaye de Cormenin Histoire des institutions administratives françaises et étrangères. Alfred-Charles Franquet de Franqueville Économie générale et statistique des finances et du commerce. l’Assemblée Nationale rétablit les cinq chaires supprimées et leurs titulaires furent réintégrés au Collège. arts et manufactures. Chaire ancienne 1849 Histoire générale et philosophique des législations comparées Édouard Laboulaye (1849-1883) Archéologie Jean-Antoine Letronne (1837-1848) Histoire des législations comparées Eugène Lerminier (1831-1849) Archéologie Charles Lenormant (1849-1859) 1850 Mathématiques Guillaume Libri-Carucci (1843-1848) Chimie minérale Théophile-Jules Pelouze (1845-1850) Mathématiques Joseph Liouville (1851-1882) Chimie minérale Antoine-Jérôme Balard (1851-1876) 1852 Langue et littérature sanscrites Eugène Burnouf (1832-1852) Langue et littérature sanscrites Théodore Pavie. Louis-Antoine Garnier-Pagès Droit administratif. pour en créer douze nouvelles destinées à instituer une École d’Administration dont l’existence fut éphémère : Droit politique français et droit politique comparé. chargé de cours (1853-1857) Chaire nouvelle Révocation de Quinet.28 1848 Le 7 avril 1848. Armand Marrast Droit criminel. Joseph Decaisne Économie générale et statistique des mines. chargé de cours (1852-1857) .

29 Éloquence latine Désiré Nisard (1844-1852) Éloquence latine Wilhelm Rinn (1853-1854) 1853 Littérature française Jean-Jacques Ampère (1833-1853) Philosophie grecque et latine Jules Barthélémy Saint-Hilaire (1838-1852) Fusion des chaires de : — Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (révoqué) (1841-1852) — Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1841-1853) Création Langue et littérature françaises du Moyen Âge Paulin Paris (1853-1872) 1854 Droit de la nature et des gens Xavier de Portets (1822-1854) Poésie latine Pierre-François Tissot (1830-1854) Turc Alix Desgranges (1833-1854) Histoire et morale Jules Michelet (révoqué) (1838-1852) Éloquence latine Wilhelm Rinn (1853-1854) Turc Mathurin-Joseph Cor (1854) Droit de la nature et des gens Adolphe Franck. titulaire (1857-1862) Éloquence latine Ernest Havet (1854-1885) Turc Abel Pavet de Courteille. titulaire (1856-1887) Poésie latine Charles-Augustin de Sainte-Beuve (1854-1869) Turc Mathurin-Joseph Cor (1854) Histoire et morale Joseph Guigniaut. chargé de cours (1854-1857). chargé de cours (1854-1861). chargé de cours (1853-1857) Langues et littératures étrangères de l’Europe moderne Philarète Chasles (1853-1870) . chargé de cours (1854-1856). titulaire (1861-1889) 1855 Langue et littérature grecques Jean-François Boissonade (1855-1892) Médecine François Magendie (1831-1855) Histoire naturelle des corps organisés Georges Duvernoy (1837-1855) Langue et littérature grecques Jean-Pierre Rossignol (1829-1855) Médecine Claude Bernard (1855-1878) Histoire naturelle des corps organisés Pierre-Jean-Marie Flourens (1855-1867) Langue et littérature françaises modernes Jean-Jacques Ampère (1853-1864) Philosophie grecque et latine Émile Saisset.

chargé de cours (1857-1883) Philosophie grecque et latine Charles Lévêque. et syriaque Salomon Munk (1864-1867) Grammaire comparée Michel Bréal. et syriaque Langues hébraïque. titulaire (1861-1900) Langue et littérature sanscrites Édouard Foucaux. et syriaque Ernest Renan (révoqué) (1862-1864) Création Langue et littérature françaises modernes Louis de Loménie (1864-1878) Langues hébraïque. chargé de cours (1864-1865). chargé de cours (1857-1862). chaldaïque. chargé de cours (1852-1857) Philosophie grecque et latine Émile Saisset. titulaire (1866-1905) 1865 Création Chimie organique Marcelin Berthelot (1865-1907) . chargé de cours (1857-1861) Langue et littérature slaves Alexandre Chodzko.30 1857 Hébreu Étienne-Marc Quatremère (1819-1857) Langue et littérature slaves Cyprien Robert. chargé de cours (1853-1857) Langues hébraïque. chaldaïque. chaldaïque. chargé de cours (1857-1861) Ernerst Renan (1862-1864) Création Épigraphie et antiquités romaines Léon Renier (1861-1885) 1862 Physique mathématique Jean-Baptiste Biot (1801-1862) Histoire et morale Joseph Guigniaut (1857-1862) Physique générale et mathématique Joseph Bertrand (1862-1900) Histoire et morale Alfred Maury. et syriaque Louis Dubeux. chargé de cours (1853-1857) Langue et littérature sanscrites Théodore Pavie. chargé de cours (1861). chargé de cours (1857-1860). titulaire (1862-1892) 1864 Langue et littérature françaises modernes Jean-Jacques Ampère (1853-1864) Langues hébraïque. titulaire (1862-1894) 1860 Astronomie Jacques Binet (1823-1856) Archéologie Charles Lenormant (1849-1859) Mécanique céleste Joseph Serret (1861-1885) Philologie et archéologie égyptiennes Emmanuel de Rougé (1860-1872) Langues hébraïque. chaldaïque. chaldaïque. et syriaque Louis Dubeux.

et syriaque Salomon Munk (1864-1867) Rétablissement Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1870-1873) Langues hébraïque. chaldaïque. et syriaque Ernest Renan (rétabli) (1870-1892) Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (1870-1875) 1871 Arabe Armand-Pierre Caussin de Perceval (1833-1871) Création Arabe Charles-François Defrémery (1871-1883) Histoire des doctrines économiques Émile Levasseur (1871-1885) 1872 Physique générale et expérimentale Henri-Victor Régnault (1841-1871) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Paulin Paris (1853-1872) Physique générale et expérimentale Élie Mascart (1872-1908) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Gaston Paris (1872-1903) 1873 Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Stanislas Julien (1832-1873) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Léon d’Hervey de Saint-Denys (1874-1892) . chaldaïque.31 1869 Poésie latine Charles-Augustin De Sainte-Beuve (1854-1869) Histoire naturelle des corps organisés Pierre-Jean-Marie Flourens (1855-1867) Poésie latine Gaston Boissier (1869-1885) Histoire naturelle des corps organisés Étienne-Jules Marey (1869-1904) 1870 Langues et littératures étrangères de l’Europe moderne Philarète Chasles (1853-1870) Langues hébraïque.

32 Embryogénie comparée Victor Coste (1844-1873) Philologie et archéologie égyptiennes Emmanuel de Rougé (1860-1872) Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1870-1873) Embryogénie comparée Édouard Balbiani (1874-1899) Philologie et archéologie égyptiennes Gaston Maspero (1874-1916) Langues et littératures d’origine germanique Guillaume Guizot (1874-1892) 1874 Histoire naturelle des corps inorganiques Léonce Élie de Beaumont (1832-1874) Création Création Histoire naturelle des corps inorganiques Charles Sainte-Claire Deville (1875-1876) Histoire de la philosophie moderne Jean Nourrisson (1874-1899) Philologie et archéologie assyriennes Jules Oppert (1874-1905) 1875 Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (1870-1875) Création Langues et littératures de l’Europe méridionale Paul Meyer (1876-1906) Anatomie générale Louis Ranvier (1875-1911) 1876 Persan Jules Mohl (1850-1876) Chimie minérale Antoine-Jérôme Balard (1851-1876) Histoire naturelle des corps inorganiques Charles Sainte-Clairedeville (1875-1876) Persan Adrien Barbier Demeynard (1876-1885) Chimie minérale Paul Schützenberger (1876-1897) Histoire naturelle des corps inorganiques Ferdinand Fouqué (1877-1904) 1877 Création Épigraphie et antiquités grecques Paul Foucart (1877-1926) 1878 Médecine Claude Bernard (1855-1878) Langue et littérature françaises modernes Louis de Loménie (1864-1878) Création Médecine Charles-Édouard Brown-Séquard (1878-1894) Langue et littérature françaises modernes Paul Albert (1878-1880) Esthétique et histoire de l’art Charles Blanc (1878-1882) .

33 1880 Économie politique Michel Chevalier (1840-1879) Langue et littérature françaises modernes Paul Albert (1878-1880) Création Économie politique Paul Leroy-Beaulieu (1880-1916) Langue et littérature françaises modernes Émile Deschanel (1881-1903) Histoire des religions Albert Réville (1880-1906) 1882 Mathématiques Joseph Liouville (1851-1882) Esthétique et histoire de l’art Charles Blanc (1878-1882) Création Mathématiques Camille Jordan (1883-1912) Esthétique et histoire de l’art Eugène Guillaume (1882-1905) Langues et littératures celtiques Henry d’Arbois de Jubainville (1882-1910) 1883 Histoire des législations comparées Édouard Laboulaye (1849-1883) Arabe Charles-François Defrémery (1871-1883) Histoire des législations comparées Jacques Flach (1884-1919) Arabe Stanislas Guyard (1884) 1884 Langue et littérature slaves Alexandre Chodzko. chargé de cours (1857-1883) Arabe Stanislas Guyard (1884) Langues et littératures slaves Louis Léger (1885-1923) Arabe Adrien Barbier de Meynard (1885-1908) 1885 Éloquence latine Ernest Havet (1854-1885) Mécanique céleste Joseph Serret (1861-1885) Épigraphie et antiquités romaines Léon Renier (1861-1885) Poésie latine Gaston Boissier (1869-1885) Histoire des doctrines économiques Émile Levasseur (1871-1885) Persan Adrien Barbier de Meynard (1876-1885) Philologie latine Louis Havet (1885-1925) Mécanique analytique et mécanique céleste Maurice Lévy (1885-1908) Épigraphie et antiquités romaines Ernest Desjardins (1886) Histoire de la littérature latine Gaston Boissier (1885-1906) Géographie. et statistiques économiques Émile Levasseur (1885-1911) Langues et littératures de la Perse James Darmesteter (1885-1894) . histoire.

et syriaque Philippe Berger (1893-1910) Langues et littératures d’origine germanique Arthur Chuquet (1893-1925) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Édouard Chavannes (1893-1918) 1894 Langue et littérature sanscrites Édouard Foucaux (1862-1894) Médecine Charles-Édouard Brown-Séquard (1878-1894) Langues et littératures de la Perse James Darmesteter (1885-1894) Langue et littérature sanscrites Sylvain Lévi (1894-1935) Médecine Arsène d’Arsonval (1894-1930) Langue et littérature araméennes Rubens Duval (1894-1907) 1897 Chimie minérale Paul Schützenberger (1876-1897) Création Chimie minérale Henri Le Chatelier (1898-1907) Philosophie sociale Jean Izoulet (1897-1929) . chaldaïque et syriaque Ernest Renan (1870-1892) Langues et littératures d’origine germanique Guillaume Guizot (1874-1892) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Léon d’Hervey de Saint-Denys (1874-1892) Langue et littérature grecques Maurice Croiset (1893-1930) Langues et littératures hébraïque.34 1886 Épigraphie et antiquités romaines Ernest Desjardins (1886) Épigraphie et antiquités romaines René Cagnat (1887-1930) 1887 Droit de la nature et des gens Adolphe Franck (1856-1887) Psychologie expérimentale et comparée Théodule Ribot (1888-1901) 1890 Turc Abel Pavet de Courteille (1861-1889) Épigraphie et antiquités sémitiques Charles Clermont-Ganneau (1890-1923) 1892 Histoire et morale Alfred Maury (1862-1892) Création Géographie historique de la France Auguste Longnon (1892-1911) Histoire générale des sciences Pierre Laffitte (1892-1903) 1893 Langue et littérature grecques Jean-Pierre Rossignol (1855-1892) Langues hébraïque. chaldaïque.

35 1899 Histoire de la philosophie moderne Jean Nourrisson (1874-1899) Embryogénie comparée Édouard Balbiani (1874-1899) Philosophie moderne Gabriel Tarde (1900-1904) Embryogénie comparée Félix Henneguy (1900-1928) 1900 Philosophie grecque et latine Charles Lévêque (1861-1900) Physique générale et mathématique Joseph Bertrand (1862-1900) Philosophie grecque et latine Henri Bergson (1900-1904) Physique générale et mathématique Marcel Brillouin (1900-1931) 1901 Psychologie expérimentale et comparée Théodule Ribot (1888-1901) Psychologie expérimentale et comparée Pierre Janet (1902-1934) 1902 Création Sociologie et sociographie musulmanes Alfred Le Chatelier (1902-1925) 1903 Langue et littérature françaises du Moyen Âge Gaston Paris (1872-1903) Histoire générale des sciences Pierre Laffitte (1892-1903) Création Langue et littérature françaises du Moyen Âge Joseph Bédier (1903-1936) Histoire générale des sciences Grégoire Wyrouboff (1903-1913) Pathologie générale et comparée Albert Charrin (1903-1907) 1904 Histoire naturelle des corps organisés Étienne-Jules Marey (1869-1904) Histoire naturelle des corps inorganiques Ferdinand Fouqué (1877-1904) Langue et littérature françaises modernes Émile Deschanel (1881-1903) Philosophie moderne Gabriel Tarde (1900-1904) Histoire naturelle des corps organisés Nicolas François-Franck (1905-1921) Histoire naturelle des corps inorganiques Auguste Michel-Lévy (1905-1911) Langue et littérature françaises modernes Abel Lefranc (1904-1937) Philosophie moderne Henri Bergson (1904-1921) 1905 Grammaire comparée Michel Bréal (1866-1905) Philologie et archéologie assyriennes Jules Oppert (1874-1905) Esthétique et histoire de l’art Eugène Guillaume (1882-1905) Grammaire comparée Antoine Meillet (1906-1936) Philologie et archéologie assyriennes Charles Fossey (1906-1939) Esthétique et histoire de l’art Georges Lafenestre (1905-1919) .

36 Philosophie grecque et latine Henri Bergson (nommé en 1904 titulaire de la chaire dePhilosophie moderne) (1900-1904) Histoire et antiquités nationales Camille Jullian (1905-1930) 1906 Langues et littératures de l’Europe méridionale Paul Meyer (1876-1906) Histoire des religions Albert Réville (1880-1906) Histoire de la littérature latine Gaston Boissier (1885-1906) Langues et littératures de l’Europe méridionale Alfred Morel-Fatio (1907-1924) Histoire des religions Jean Réville (1907-1908) Histoire de la littérature latine Paul Monceaux (1907-1934) 1907 Chimie organique Marcelin Berthelot (1865-1907) Chimie minérale Henri Le Chatelier (1898-1907) Pathologie générale et comparée Albert Charrin (1903-1907) Création Chimie organique Émile Jungfleisch (1908-1916) Chimie minérale Camille Matignon (1908-1934) Biologie générale Émile Gley (1908-1930) Histoire du travail Georges Renard (1907-1930) 1908 Physique générale et expérimentale Élie Mascart (1872-1908) Arabe Adrien Barbier Demeynard (1885-1908) Langue et littérature araméennes Rubens Duval (1895-1907) Histoire des religions Jean Réville (1907-1908) Physique générale et expérimentale Paul Langevin (1909-1946) (révoqué en 1940. réintégré en 1944) Langue et littérature arabes Paul Casanova (1909-1926) Numismatique de l’Antiquité et du Moyen Âge Ernest Babelon (1908-1924) Histoire des religions Alfred Loisy (1909-1932) 1909 Mécanique analytique et mécanique céleste Maurice Lévy (1885-1908) Mécanique analytique et mécanique céleste Jacques Hadamard (1909-1937) 1910 Langues et littératures celtiques Henry d’Arbois de Jubainville (1882-1910) Langues et littératures celtiques Joseph Loth (1910-1930) .

histoire et statistiques économiques Émile Levasseur (1885-1911) Géographie historique de la France Auguste Longnon (1892-1911) Histoire naturelle des corps inorganiques Lucien Cayeux (1912-1936) Création temporaire (fondation Albert Kahn) Histologie comparée Jean Nageotte (1912-1937) Mathématiques Georges Humbert (1912-1921) Étude des faits économiques et sociaux Marcel Marion (1912-1932) Histoire de l’Afrique du Nord Stéphane Gsell (1912-1932) Géologie Auguste Michel-Lévy (1905-1911) Géographie humaine Jean Brunhes (1912-1930) 1914 Histoire générale des sciences Grégoire Wyrouboff (1903-1913) Chaire supprimée 1916 Philologie et archéologie égyptiennes Gaston Maspero (1874-1916) Chimie organique Émile Jungfleisch (1908-1916) Création (fondation de la Ville de Paris) Chaire supprimée Chaire supprimée Prévoyance et assistance sociales Édouard Fuster (1917-1935) 1917 Économie politique Paul Leroy-Beaulieu (1880-1916) Chimie organique Charles Moureu (1917-1929) 1919 Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Édouard Chavannes (1893-1918) Esthétique et histoire de l’art Georges Lafenestre (1905-1919) Langue et littérature chinoises Henri Maspero (1921-1945) Histoire de l’art français André Michel (1920-1925) 1920 Histoire des législations comparées Jacques Flach (1884-1919) Histoire des sciences Pierre Boutroux (1920-1922) . chaldaïque. et syriaque Philippe Berger (1893-1910) Langues. histoire et archéologie de l’Asie centrale Paul Pelliot (1911-1945) 1912 Anatomie générale Louis Ranvier (1875-1911) Mathématiques Camille Jordan (1883-1912) Géographie.37 1911 Langues et littératures hébraïque.

protistologie pathologique Louis Nattan-Larrier (1923-1943) 1924 Langues et littératures de l’Europe méridionale Edmond Faral (1925-1954) Numismatique de l’Antiquité et du Moyen Âge Théodore Reinach (1924-1928) Littérature latine du Moyen Âge Alfred Morel-Fatio (1907-1924) Numismatique de l’Antiquité Ernest Babelon (1908-1924) 1925 Philologie latine Louis Havet (1885-1925) Langues et littératures d’origine germanique Arthur Chuquet (1893-1925) Phonétique expérimentale Jean Rousselot (1923-1924) Histoire des littératures comparées de l’Europe méridionale et de l’Amérique latine Paul Hazard (1925-1944) Langues et littératures d’origine germanique Charles Andler (1926-1933) Histophysiologie Justin Jolly (1925-1940) .38 Création Création temporaire Histoire et philologie indochinoises Louis Finot (1920-1930) Enseignement de la coopération Charles Gide (1921-1930) 1921 Philosophie moderne Henri Bergson (1904-1921) Histoire naturelle des corps organisés Nicolas François-Franck (1905-1921) Mathématiques Georges Humbert (1912-1921) Création Philosophie Édouard Leroy (1921-1940) Histoire naturelle des corps organisés André Mayer (1922-1946) Mathématiques Henri Lebesgue (1921-1941) Histoire coloniale Alfred Martineau (1921-1935) 1922 Histoire des sciences Pierre Boutroux (1920-1922) Égyptologie Alexandre Moret (1923-1938) 1923 Langues et littératures slaves Louis Léger (1885-1923) Épigraphie et antiquités sémitiques Charles Clermont-Ganneau (1890-1923) Création Création temporaire Langues et littératures slaves André Mazon (1923-1951) Physiologie des sensations Henri Piéron (1923-1951) Phonétique expérimentale Jean Rousselot (1923-1924) Études coloniales.

39 Création Épidémiologie Hyacinthe Vincent (1925-1936) 1926 Épigraphie et antiquités grecques Paul Foucart (1877-1926) Sociologie et sociographie musulmanes Alfred Le Chatelier (1902-1925) Langue et littérature arabes Paul Casanova (1909-1926) Histoire de l’art français André Michel (1920-1925) Épigraphie grecque Maurice Holleaux (1927-1932) Sociologie et sociographie musulmanes Louis Massignon (1926-1954) Langue et littérature arabes William Marçais (1927-1943) Esthétique et histoire de l’art Gabriel Millet (1926-1937) 1928 Embryogénie comparée Félix Henneguy (1900-1928) Embryogénie comparée Emmanuel Fauré-Frémiet (1928-1954) 1929 Philosophie sociale Jean Izoulet (1897-1929) Chimie organique Charles Moureu (1917-1929) Numismatique de l’Antiquité Théodore Reinach (1924-1928) Création Sociologie Marcel Mauss (1931-1942) Chimie organique Marcel Delépine (1930-1941) Préhistoire Henri Breuil (1929-1947) Mécanique animale appliquée de l’aviation Antoine Magnan (1929-1938) 1930 Histoire et philologie indochinoises Louis Finot (1920-1930) Histoire et philologie indochinoises Jean Przyluski (1931-1944) 1931 Épigraphie et antiquités romaines René Cagnat (1887-1930) Langue et littérature grecques Maurice Croiset (1893-1930) Médecine Arsène d’Arsonval (1894-1930) Physique générale et mathématique Marcel Brillouin (1900-1931) Histoire du travail Georges Renard (1907-1930) Biologie générale Émile Gley (1908-1930) Civilisation romaine Eugène Albertini (1932-1941) Langue et littérature grecques Émile Bourguet (1932-1938) Médecine Charles Nicolle (1932-1936) Physique théorique Léon Brillouin (1932-1949) Histoire du travail François Simiand (1932-1935) Biologie générale Jacques Duclaux (1931-1948) .

Einstein.40 Langues et littératures celtiques Joseph Loth (1910-1930) Création Histoire de la philosophie au Moyen Âge Étienne Gilson (1932-1950) Civilisation américaine Bernard Faÿ (1932-1945) 1932 Histoire des religions Alfred Loisy (1909-1932) Histoire de l’Afrique du Nord Stéphane Gsell (1912-1932) Étude des faits économiques et sociaux Marcel Marion (1912-1932) Création temporaire (fondation de la Ville de Paris) Histoire de la civilisation moderne Lucien Febvre (1933-1949) Histoire ancienne de l’Orient sémitique Isidore Lévy (1932-1941) Géographie économique et politique André Siegfried (1933-1946) Histoire de l’art monumental Paul Léon (1932-1944) 1933 Langues et littératures d’origine germanique Charles Andler (1926-1933) Épigraphie grecque Maurice Holleaux (1927-1932) Création (pour A. qui ne devait jamais l’occuper) Suppression par décret des chaires de : Psychologie expérimentale et comparée Pierre Janet (1902-1934) Histoire de la littérature latine Paul Monceaux (1907-1934) Chimie minérale Camille Matignon (1908-1934) 1935 Histoire et antiquités nationales Camille Jullian (1905-1930) Prévoyance et assistance sociales Édouard Fuster (1917-1935) Histoire du travail François Simiand (1932-1935) Antiquités nationales Albert Grenier (1936-1948) Psychologie et éducation de l’enfance Henri Wallon (1937-1949) Histoire du travail Émile Coornaert (1936-1957) 1936 Langue et littérature sanscrites Sylvain Lévi (1894-1935) Médecine Charles Nicolle (1932-1936) Chimie nucléaire Frédéric Joliot (1937-1958) Langue et littérature sanscrites Jules Bloch (1937-1951) Langues et littératures d’origine germanique Ernest Tonnelat (1934-1948) Histoire des religions Jean Baruzi (1933-1951) Physique mathématique 1934 .

réintégré en 1944) Philosophie Édouard Leroy (1921-1940) Mathématiques Henri Lebesgue (1921-1941) Histophysiologie Justin Jolly (1925-1940) Chimie organique Marcel Delépine (1930-1941) Histoire des arts de l’Orient musulman Albert Gabriel (1941-1953) Physique générale et expérimentale Maurice Debroglie (1942-1944).41 1937 Langue et littérature françaises du Moyen Âge Joseph Bédier (1903-1936) Langue et littérature françaises modernes Paul Valéry (1937-1945) Grammaire comparée Antoine Meillet (1906-1936) Géologie Lucien Cayeux (1912-1936) Histoire coloniale Alfred Martineau (1921-1935) Épidémiologie Hyacinthe Vincent (1925-1936) Histoire du vocabulaire français Mario Roques (1937-1946) Poétique Abel Lefranc (1904-1937) Grammaire comparée Émile Benveniste (1937-1972) Géologie méditerranéenne Paul Fallot (1938-1960) Histoire de la colonisation Edmond Chassigneux (1939-1946) Médecine René Leriche (1937-1950) 1938 Mécanique analytique et mécanique céleste Jacques Hadamard (1909-1937) Histologie comparée Jean Nageotte (1912-1937) Égyptologie Alexandre Moret (1923-1938) Esthétique et histoire de l’art Gabriel Millet (1926-1937) Mécanique animale appliquée à l’aviation Antoine Magnan (1929-1938) Langue et littérature grecques Émile Bourguet (1932-1938) Mathématique et mécanique Szolem Mandelbrojt (1938-1972) Morphologie expérimentale et endocrinologie Robert Courrier (1938-1966) Égyptologie Pierre Lacau (1938-1947) Esthétique et histoire de l’art Henri Focillon (1938-1942) Aérolocomotion mécanique et biologique Étienne Œhmichen (1939-1955) Épigraphie et antiquités grecques Louis Robert (1939-1974) 1941 Philologie et archéologie assyriennes Charles Fossey (1906-1939) Physique générale et expérimentale Paul Langevin (1909-1946) (révoqué en 1940. puis à nouveau Paul Langevin Philosophie Louis Lavelle (1941-1951) Affectation réservée Radiobiologie expérimentale Antoine Lacassagne (1941-1951) Chimie organique Charles Dufraisse (1942-1955) .

. postérieur de quelques mois. peut être parfois daté de l’année suivante. Einstein en 1933) Poétique Paul Valéry (1937-1945) Psychologie collective Maurice Halbwachs (1944-1945) Langue et littérature chinoises Paul Demiéville (1946-1964) Histoire du monde arabe Jean Sauvaget (1946-1950) Philologie et archéologie assyro-babyloniennes Édouard Dhorme (1945-1951) Physique atomique et moléculaire Francis Perrin (1946-1972) Histoire des créations littéraires en France Jean Pommier (1946-1964) Histoire de la civilisation italienne Augustin Renaudet (1946-1950) 1946 Physique générale et expérimentale Paul Langevin (1909-1946) Langues. réintégré en 1944) Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Marcel Bataillon (1945-1965) Psychologie collective Maurice Halbwachs (1944-1945) Histoire de la langue latine Alfred Ernout (1944-1951) Physique cosmique Alexandre Dauvillier (1944-1962) 1945 2 Langue et littérature chinoises Henri Maspero (1921-1945) Langue et littérature arabes William Marçais (1927-1943) Histoire ancienne de l’Orient sémitique Isidore Lévy (1932-1941) Physique mathématique (chaire créée pour A. histoire et archéologie de l’Asie centrale Paul Pelliot (1911-1945) Histoire naturelle des corps organisés André Mayer (1922-1946) Histoire et philologie indochinoises Jean Przyluski (1931-1944) Théorie des équations différentielles et fonctionnelles Jean Leray (1947-1978) Archéologie paléochrétienne et byzantine André Grabar (1946-1966) Biochimie générale et comparée Jean Roche (1947-1972) Histoire et philologie indochinoises Émile Gaspardone (1946-1965) 2. l’arrêté ministériel déclarant la vacance de la chaire.42 Civilisation romaine Eugène Albertini (1932-1941) Civilisation romaine André Piganiol (1942-1954) 1943-1944 Histoire des littératures comparées de l’Europe méridionale et de l’Amérique latine Paul Hazard (1925-1944) Sociologie Marcel Mauss (1931-1942) Esthétique et histoire de l’art Henri Focillon (révoqué) (1938-1942) Mathématique et mécanique Szolem Mandelbrojt (1938-1972) (révoqué en 1942. L’année indiquée est celle de la délibération de l’Assemblée des Professeurs.

43 Civilisation américaine Bernard Faÿ (révoqué) (1932-1945) Géographie économique et politique André Siegfried (1933-1946) Histoire du vocabulaire français Mario Roques (1937-1946) Création Histoire de la civilisation de l’Amérique du Nord Marcel Giraud (1947-1971) Étude du monde tropical Pierre Gourou (1947-1970) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Félix Lecoy (1947-1974) Civilisations de l’Extrême-Orient Paul Mus (1946-1969) 1947 Préhistoire Henri Breuil (1929-1947) Égyptologie Pierre Lacau (1938-1947) Histoire de la colonisation Edmond Chassigneux (1939-1946) Géographie historique de la France Roger Dion (1948-1968) Égyptologie Pierre Montet (1948-1956) Histoire de l’expansion de l’Occident Robert Montagné (1948-1954) 1948 Biologie générale Jacques Duclaux (1931-1948) Langues et littératures d’origine germanique Ernest Tonnelat (1934-1948) Antiquités nationales Albert Grenier (1936-1948) Neurophysiologie générale Alfred Fessard (1949-1971) Langues et littératures d’origine germanique Fernand Mossé (1949-1956) Civilisation indo-européenne Georges Dumézil (1949-1968) 1949 Physique théorique Léon Brillouin (1932-1949) Histoire de la civilisation moderne Lucien Febvre (1933-1949) Psychologie et éducation de l’enfance Henri Wallon (1937-1949) Physique théorique Jean Laval (1950-1970) Histoire de la civilisation moderne Fernand Braudel (1950-1972) Psychologie des arts plastiques René Huyghe (1951-1976) 1950 Médecine René Leriche (1937-1950) Histoire de la civilisation italienne Augustin Renaudet (1946-1950) Histoire du monde arabe Jean Sauvaget (1946-1950) Création (fondation de la ville de Paris) Médecine expérimentale Antoine Lacassagne (1951-1954) Littérature et civilisation italiennes André Pézard (1951-1963) Langue et littérature arabes Gaston Wiet (1951-1959) Histoire et structure sociales de Paris et de la région parisienne Louis Chevalier (1952-1981) .

44 1951 Langues et littératures slaves André Mazon (1923-1951) Physiologie des sensations Henri Piéron (1923-1951) Histoire de la philosophie au Moyen Âge Étienne Gilson (1932-1950) Histoire des religions Jean Baruzi (1933-1951) Langue et littérature sanscrites Jules Bloch (1937-1951) Philosophie Louis Lavelle (1941-1951) Histoire de la langue latine Alfred Ernout (1944-1951) Philologie et archéologie assyro-babyloniennes Édouard Dhorme (1945-1951) Radiobiologie expérimentale Antoine Lacassagne (nommé en 1951. titulaire de la chaire de Médecine expérimentale créée l’année précédente) 1953 Histoire des arts de l’Orient musulman Claude Schaeffer-Forrer (1954-1969) Archéologie de l’Asie occidentale Albert Gabriel (1941-1953) 1954 Littérature latine du Moyen Âge Edmond Faral (1925-1954) Embryogénie comparée Emmanuel Fauré-Frémiet (1928-1954) Civilisation romaine André Piganiol (1942-1954) Médecine expérimentale Antoine Lacassagne (1951-1954) Analyse des faits économiques et sociaux François Perroux (1955-1974) Embryologie expérimentale Étienne Wolff (1955-1974) Civilisation romaine Jean Gagé (1955-1972) Médecine expérimentale Charles Oberling (1955-1960) 1955 Sociologie et sociographie musulmanes Louis Massignon (1926-1954) Aérolocomotion mécanique et biologique Étienne Œhmichen (1939-1955) Sociologie musulmane Henri Laoust (1956-1975) Algèbre et géométrie Jean-Pierre Serre (1956-1994) Langues et littératures slaves André Vaillant (1952-1962) Physique mathématique André Lichnerowicz (1952-1986) Histoire et technologie des systèmes philosophiques Martial Guéroult (1951-1962) Histoire des religions Henri-Charles Puech (1952-1972) Langues et littératures de l’Inde Jean Filliozat (1952-1978) Philosophie Maurice Merleau-Ponty (1952-1961) Littérature latine Pierre Courcelle (1952-1980) Assyriologie René Labat (1952-1974) Histophysiologie Jacques Benoit (1952-1966) .

45 Chimie organique Charles Dufraisse (1942-1955) Histoire de l’expansion de l’Occident Robert Montagné (1948-1954) Chimie organique des hormones Alain Horeau (1956-1980) Histoire sociale de l’Islam contemporain Jacques Berque (1956-1981) 1956 Égyptologie Pierre Montet (1948-1956) Philologie et archéologie égyptiennes Étienne Drioton (1957-1960) 1957 Langues et littératures d’origine germanique Fernand Mossé (1949-1956) Langues et littératures d’origine germanique Robert Minder (1957-1973) 1958 Histoire du travail Émile Coornaert (1936-1957) Chimie nucléaire Frédéric Joliot (1937-1958) Création Démographie sociale : la vie des populations Alfred Sauvy (1959-1969) Physique nucléaire Louis Leprince-Ringuet (1959-1972) Anthropologie sociale Claude Lévi-Strauss (1959-1982) 1959 Langue et littérature arabes Gaston Wiet (1951-1959) Magnétisme nucléaire Anatole Abragam (1960-1985) 1960 Géologie méditerranéenne Paul Fallot (1938-1960) Médecine expérimentale Charles Oberling (1955-1960) Philologie et archéologie égyptiennes Étienne Drioton (1957-1960) Méthodes physiques de l’astronomie André Lallemand (1961-1974) Médecine expérimentale Bernard Halpern (1961-1975) Philologie et archéologie égyptiennes Georges Posener (1961-1978) 1961 Philosophie Maurice Merleau-Ponty (1952-1961) Philosophie de la connaissance Jules Vuillemin (1962-1990) 1962 Histoire et technologie des systèmes philosophiques Martial Guéroult (1951-1962) Langues et littératures slaves André Vaillant (1952-1962) Histoire de la pensée philosophique Jean Hyppolite (1963-1968) Hébreu et araméen André Dupont-Sommer (1963-1971) .

46 1963 Physique cosmique Alexandre Dauvillier (1944-1962) Langue et littérature chinoises Paul Démiéville (1946-1964) Histoire des créations littéraires en France Georges Blin (1965-1988) Littérature et civilisation italiennes André Pézard (1951-1963) Création Création Astrophysique théorique Jean-Claude Pecker (1964-1988) Histoire et civilisations de l’Asie centrale Louis Hambis (1965-1977) Littérature française moderne Jean Pommier (1946-1964) Archéologie et histoire de la Gaule Paul-Marie Duval (1964-1982) Physique théorique des particules élémentaires Jacques Prentki (1965-1983) Génétique cellulaire François Jacob (1965-1991) 1965 Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Marcel Bataillon (1945-1965) Histoire et philologie indochinoises Émile Gaspardone (1946-1965) Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Israël Révah (1966-1973) Étude du monde chinois : institutions et concepts Rolf A. Stein (1966-1981) 1967 Morphologie expérimentale et endocrinologie Robert Courrier (1938-1966) Archéologie paléochrétienne et byzantine André Grabar (1946-1966) Histophysiologie Jacques Benoit (1952-1966) Physiologie cellulaire François Morel (1967-1993) Histoire et civilisation de Byzance Paul Lemerle (1967-1973) Biologie moléculaire Jacques Monod (1967-1973) 1968 Civilisation indo-européenne Georges Dumézil (1949-1968) Préhistoire André Leroi-Gourhan (1969-1982) 1969 Géographie historique de la France Roger Dion (1948-1968) Archéologie de l’Asie occidentale Claude Schaeffer-Forrer (1954-1969) Démographie sociale : la vie des populations Alfred Sauvy (1959-1969) Histoire de la pensée philosophique Jean Hyppolite (1963-1968) Géographie du continent européen Maurice Lelannou (1969-1976) Histoire des sociétés médiévales Georges Duby (1970-1991) Sociologie de la civilisation moderne Raymond Aron (1970-1978) Histoire des systèmes de pensée Michel Foucault (1970-1984) .

47 1970 Civilisations de l’Extrême-Orient Paul Mus (1946-1969) Étude du monde tropical Pierre Gourou (1947-1970) Physique théorique Jean Laval (1950-1970) Art et civilisation de la Renaissance en Italie André Chastel (1970-1984) Étude du Bouddhisme André Bareau (1971-1991) Physique de la matière condensée Pierre-Gilles de Gennes (1971-2004) 1971 Histoire de la civilisation de l’Amérique du Nord Marcel Giraud (1947-1971) Neurophysiologie générale Alfred Fessard (1949-1971) Hébreu et araméen André Dupont-Sommer (1963-1971) Anthropologie physique Jacques Ruffié (1972-1992) Neurophysiologie Yves Laporte (1972-1991) Hébreu et araméen André Caquot (1972-1994) 1972 Physique atomique et moléculaire Francis Perrin (1946-1972) Biochimie générale et comparée Jean Roche (1947-1972) Physique nucléaire Louis Leprince-Ringuet (1959-1972) Physique atomique et moléculaire Claude Cohen-Tannoudji (1973-2004) Biochimie cellulaire François Gros (1973-1996) Physique corpusculaire Marcel Froissart (1973-2004) 1973 Grammaire comparée Émile Benveniste (1937-1972) Mathématique et mécanique Szolem Mandelbrojt (1938-1972) Histoire de la civilisation moderne Fernand Braudel (1950-1972) Histoire des religions Henri-Charles Puech (1952-1972) Civilisation romaine Jean Gagé (1955-1972) Langues et littératures d’origine germanique Robert Minder (1957-1973) Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Israël Révah (1966-1973) Langues et civilisation de l’Asie Mineure Emmanuel Laroche (1973-1985) Analyse mathématique des systèmes et de leur contrôle Jacques-Louis Lions (1973-1998) Histoire de la civilisation moderne Emmanuel Le Roy Ladurie (1973-1999) La Grèce et la formation de la pensée morale et politique Jacqueline de Romilly (1973-1984) Théorie des groupes Jacques Tits (1973-2000) Étude comparée des religions antiques Jean-Pierre Vernant (1975-1984) Histoire sociale et intellectuelle de la Chine Jacques Gernet (1975-1992) .

technique et langage en musique Pierre Boulez (1976-1995) Histoire de Rome Paul-Marie Veyne (1976-1999) Histoire et civilisation du monde byzantin Gilbert Dagron (1975-2001) Langue et littérature arabes classiques André Miquel (1976-1997) 1976 Psychologie des arts plastiques René Huyghe (1951-1976) Médecine expérimentale Bernard Halpern (1961-1975) Géographie du continent européen Maurice Lelannou (1969-1976) Histoire de la création artistique en France Jacques Thuillier (1977-1998) Médecine expérimentale Jean Dausset (1977-1987) Christianisme et gnoses dans l’Orient préislamique Antoine Guillaumont (1977-1986) 1977 Histoire et civilisations de l’Asie centrale Louis Hambis (1965-1977) Sociographie de l’Asie du Sud-Est Lucien Bernot (1978-1985) 1978 Philologie et archéologie égyptiennes Georges Posener (1961-1978) Égyptologie Jean Leclant (1979-1990) 1979 Théorie des équations différentielles et fonctionnelles Jean Leray (1947-1978) Droit international René-Jean Dupuy (1979-1989) .48 Biologie moléculaire Jacques Monod (1967-1973) Histoire et civilisation de Byzance Paul Lemerle (1967-1973) Physiologie du développement Alfred Jost (1974-1987) Histoire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne Jean Delumeau (1975-1994) 1974 Embryologie expérimentale Étienne Wolff (1955-1974) Méthodes physiques de l’astronomie André Lallemand (1961-1974) Communications cellulaires Jean-Pierre Changeux (1975-2006) Neuropsychologie du développement Julian de Ajuriaguerra (1975-1981) 1975 Épigraphie et antiquités grecques Louis Robert (1939-1974) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Félix Lecoy (1947-1974) Assyriologie René Labat (1952-1974) Analyse des faits économiques et sociaux François Perroux (1955-1974) Sociologie musulmane Henri Laoust (1956-1975) Sémiologie littéraire Roland Barthes (1976-1980) Invention.

Stein (1966-1981) Sociologie Pierre Bourdieu (1981-2001) Étude comparée des sociétés africaines Françoise Héritier (1982-1998) Histoire de la pensée hellénistique et romaine Pierre Hadot (1982-1991) 1982 Histoire sociale de l’Islam contemporain Jacques Berque (1956-1981) Préhistoire André Leroi-Gourhan (1969-1982) Neuropsychologie du développement Julian de Ajuriaguerra (1975-1981) Physique statistique Philippe Nozières (1983-2001) Paléoanthropologie et préhistoire Yves Coppens (1983-2005) Neuropharmacologie Jacques Glowinski (1982-2006) 1983 Anthropologie sociale Claude Lévi-Strauss (1959-1982) Archéologie et histoire de la Gaule Paul-Marie Duval (1964-1982) Physique théorique des particules élémentaires Jacques Prentki (1964-1983) Histoire du monde indien Gérard Fussman (1984) Antiquités nationales Christian Goudineau (1984) Analyse et géométrie Alain Connes (1984) 1984 La Grèce et la formation de la pensée morale et politique Jacqueline de Romilly (1973-1984) Étude comparée des religions antiques Jean-Pierre Vernant (1975-1984) Tradition et critique des textes grecs Jean Irigoin (1986-1992) Grammaire et pensée allemandes Jean-Marie Zemb (1986-1998) .49 Langues et littératures de l’Inde Jean Filliozat (1952-1978) Sociologie de la civilisation moderne Raymond Aron (1970-1978) Civilisation japonaise Bernard Frank (1979-1996) Chimie des interactions moléculaires Jean-Marie Lehn (1979) 1980 Chimie organique des hormones Alain Horeau (1956-1980) Sémiologie littéraire Roland Barthes (1976-1980) Bio-Énergétique cellulaire Pierre Joliot (1981-2002) Études comparées de la fonction poétique Yves Bonnefoy (1981-1993) 1981 Littérature latine Pierre Courcelle (1952-1980) Histoire et structure sociales de Paris et de la région parisienne Louis Chevalier (1952-1981) Étude du monde chinois : institutions et concepts Rolf A.

50 1985 Histoire des systèmes de pensée Michel Foucault (1970-1984) Art et civilisation de la Renaissance en Italie André Chastel (1970-1984) Langues et civilisation de l’Asie Mineure Emmanuel Laroche (1973-1985) Épistémologie comparative Gilles-Gaston Granger (1986-1991) Histoire de la France contemporaine Maurice Agulhon (1986-1997) Assyriologie Paul Garelli (1986-1995) 1986 Physique mathématique André Lichnerowicz (1952-1986) Magnétisme nucléaire Anatole Abragam (1960-1985) Christianisme et gnoses dans l’Orient préislamique Antoine Guillaumont (1977-1986) Sociographie de l’Asie du Sud-Est Lucien Bernot (1978-1985) Analyse économique Edmond Malinvaud (1987-1993) Géodynamique Xavier Le Pichon (1987-2008) Théorie linguistique Claude Hagège (1988-2006) Rhétorique et société en Europe (XVI e-XVII esiècles) Marc Fumaroli (1987-2002) 1987 Physiologie du développement Alfred Jost (1974-1987) Embryologie cellulaire et moléculaire Nicole Le Douarin (1988-2000) 1988 Médecine expérimentale Jean Dausset (1977-1987) Médecine expérimentale Pierre Corvol (1989) 1989 Astrophysique théorique Jean-Claude Pecker (1964-1988) Droit international René-Jean Dupuy (1979-1989) Création Astrophysique observationnelle Antoine Labeyrie (1991) Histoire des syncrétismes de la fin de l’Antiquité Michel Tardieu (1991-2008) Chaire européenne Harald Weinrich (1989-1990) 1990 Littérature française moderne Georges Blin (1965-1988) Égyptologie Jean Leclant (1979-1990) Histoire de la Chine moderne Pierre-Étienne Will (1991) Égyptologie Jean Yoyotte (1991-1997) .

et sud-américaines Nathan Wachtel (1992-2005) Wolf Lepenies (1991-1992) 1992 Génétique cellulaire François Jacob (1964-1991) Étude du Bouddhisme André Bareau (1971-1991) Histoire sociale et intellectuelle de la Chine Jacques Gernet (1975-1992) Histoire de la pensée hellénistique et romaine Pierre Hadot (1982-1991) Chaire européenne Création Génétique moléculaire Pierre Chambon (1993-2002) Histoire moderne et contemporaine du monde russe François-Xavier Coquin (1993-2001) Langues et religions indo-iraniennes Jean Kellens (1993) Histoire économique et monétaire de l’Orient hellénistique Georges Le Rider (1993-1998) Umberto Eco (1992-1993) Chaire internationale Bronislaw Geremek (1992-1993) 1993 Anthropologie physique Jacques Ruffié (1972-1992) Études comparées de la fonction poétique Yves Bonnefoy (1981-1993) Tradition et critique des textes grecs Jean Irigoin (1986-1992) Chaire européenne Chaire internationale Fondements et principes de la reproduction humaine Étienne Baulieu (1993-1998) Littératures de la France médiévale Michel Zink (1994) Les civilisations de l’Europe au néolithique et à l’âge du bronze Jean Guilaine (1994-2007) Werner Hildenbrand (1993-1994) Zhang Guangda (1993-1994) 1994 Physiologie cellulaire François Morel (1967-1993) Hébreu et araméen André Caquot (1972-1994) Biologie moléculaire des plantes Joseph Schell (1994-1998) Antiquités sémitiques Javier Teixidor (1995-2001) .51 1991 Philosophie de la connaissance Jules Vuillemin (1962-1990) Histoire des sociétés médiévales Georges Duby (1970-1991) Neurophysiologie Yves Laporte (1972-1991) Épistémologie comparative Gilles-Gaston Granger (1986-1990) Chaire européenne Langues et littératures romanes Harald Weinrich (1992-1998) Histoire de l’Occident méditerranéen au Moyen Âge Pierre Toubert (1992-2003) Physiologie de la perception et de l’action Alain Berthoz (1992) Histoire et anthropologie des sociétés méso.

technique et langage en musique Pierre Boulez (1976-1995) Assyriologie Paul Garelli (1986-1995) Chaire européenne Chaire internationale Équations différentielles et systèmes dynamiques Jean-Christophe Yoccoz (1996) Anthropologie théâtrale Jerzy Grotowski (1996-1999) Chimie des solides Jean Rouxel (1996-1998) Klaus Rajewski (1995-1996) Harris Memel-Fotê (1995-1996) 1996 Biochimie cellulaire François Gros (1973-1996) Chaire européenne Chaire internationale Immunologie moléculaire Philippe Kourilsky (1998) Pieter Westbroek (1996-1997) Igor Mel’čuk (1996-1997) 1997 Civilisation japonaise Bernard Frank (1979-1996) Égyptologie Jean Yoyotte (1991-1997) Chaire européenne Chaire internationale Histoire de la France des Lumières Daniel Roche (1999-2005) Histoire turque et ottomane Gilles Veinstein (1999) Abram Deswaan (1997-1998) Brian Stock (1997-1998) 1998 Langue et littérature arabes classiques André Miquel (1976-1997) Étude comparée des sociétés africaines Françoise Héritier (1982-1998) Histoire de la France comtemporaine Maurice Agulhon (1986-1997) Langues et littératures romanes Harald Weinrich (1992-1998) Assyriologie Jean-Marie Durand (1999) Littératures modernes de l’Europe néolatine Carlo Ossola (1999) Théorie économique et organisation sociale Roger Guesnerie (2000) Histoire et civilisation du monde achéménide et de l’empire d’Alexandre Pierre Briant (1999) .52 Histoire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne Jean Delumeau (1975-1994) Analyse économique Edmond Malinvaud (1987-1993) Chaire européenne Chaire internationale Biologie historique et évolutionnisme Armand de Ricqlès (1995) Philosophie du langage et de la connaissance Jacques Bouveresse (1995) Norbert Ohler (1994-1995) Orest Ranum (1994-1995) 1995 Algèbre et géométrie Jean-Pierre Serre (1956-1994) Invention.

53 Fondements et principes de la reproduction humaine Spyros Artavanis-Tsakonas (2000) Chaire européenne Chaire internationale Biologie et génétique du développement Étienne-Émile Baulieu (1993-1998) Thomas W. institutions et société de la Rome antique John Scheid (2001) . histoire Nicolas Grimal (2000) Hans-Wilhelm Müler-Gärtner (1999-2000) James Watson Cronin (1999-2000) 2000 Histoire de la civilisation moderne Emmanuel Le Roy Ladurie (1973-1999) Histoire de Rome Paul Veyne (1976-1999) Physique statistique Philippe Nozières (1983-2001) Embryologie cellulaire et moléculaire Nicole Le Douarin (1988-2000) Anthropologie théâtrale Jerzy Grotowski (1996-1999) Chimie de la matière condensée Jacques Livage (2001) Histoire de l’art européen médiéval et moderne Roland Recht (2001) Évolution du climat et de l’océan Édouard Bard (2001) Génétique et physiologie cellulaire Christine Petit (2001) Religion. Gaehtgens (1998-1999) Patrice Higonnet (1998-1999) 1999 Analyse mathématique des systèmes et de leur contrôle Jacques-Louis Lions (1973-1998) Histoire de la création artistique en France Jacques Thuillier (1977-1998) Grammaire et pensée allemandes Jean-Marie Zemb (1986-1998) Histoire économique et monétaire de l’Orient hellénistique Georges Le Rider (1993-1998) Biologie moléculaire des plantes Joseph Schell (1994-1998) Chimie des solides Jean Rouxel (1996-1998) Chaire européenne Chaire internationale Théorie des Nombres Don Zagier (2000) Philosophie des sciences biologiques et médicales Anne Fagot-Largeault (2000) Philosophie et histoire des concepts scientifiques Ian Hacking (2000-2006) Anthropologie de la Nature Philippe Descola (2000) Physique quantique Serge Haroche (2001) Civilisation pharaonique : Archéologie. philologie.

54 Chaire européenne Chaire internationale Michael Edwards (2000-2001) Miklós Szabó (2000-2001) 2001 Théorie des groupes Jacques Tits (1973-2000) Sociologie Pierre Bourdieu (1981-2001) Antiquités sémitiques Javier Teixidor (1995-2001) Chaire européenne Chaire internationale Histoire moderne et contemporaine du politique Pierre Rosanvallon (2001) Études juridiques comparatives et internationalisation du droit Mireille Delmas-Marty (2002) Équations aux dérivées partielles et applications Pierre-Louis Lions (2002) Claudio Magris (2001-2002) Paul Farmer (2001-2002) 2002 Histoire et civilisation du monde byzantin Gilbert Dagron (1975-2001) Rhétorique et sociétés en Europe (XVI e-XVII esiècles) Marc Fumaroli (1987-2002) Histoire moderne et contemporaine du monde russe François-Xavier Coquin (1993-2001) Génétique moléculaire Pierre Chambon (1993-2002) Chaire européenne Chaire internationale Étude de la création littéraire en langue anglaise Michael Edwards (2003-2008) Épigraphie et histoire des cités grecques Denis Knoepfler (2003) Histoire contemporaine du monde arabe Henry Laurens (2003) Génétique humaine Jean-Louis Mandel (2003) Hans Belting (2002-2003) Stuart Edelstein (2002-2003) 2003 Bioénergétique cellulaire Pierre Joliot (1981-2002) Chaire européenne Chaire internationale Particules élémentaires. gravitation et cosmologie Gabriele Veneziano (2004) Theodor Berchem (2003-2004) Jayant Vishnu Narlikar (2003-2004) 2004 Physique atomique et moléculaire Claude Cohen-Tannoudji (1973-2004) Histoire de l’Occident méditerranéen au Moyen-Âge Pierre Toubert (1992-2003) Rationalité et sciences sociales Jon Elster (2006) Psychologie cognitive expérimentale Stanislas Dehaene (2005) .

55 Chaire européenne Chaire internationale Sandro Stringari (2004-2005) Celâl Sengör (2004-2005) 2005 Physique de la matière condensée Pierre-Gilles de Gennes (1971-2004) Physique corpusculaire Marcel Froissart (1973-2004) Histoire de la France des Lumières Daniel Roche (1999-2005) Chaire européenne Chaire internationale Chaire de création artistique Physique mésoscopique Michel Devoret (2007) Littérature française moderne et contemporaine : histoire. théorie Antoine Compagnon (2006) Écrit et cultures dans l’Europe moderne Roger Chartier (2006) Maurice Bloch (2005-2006) Thomas Pavel (2005-2006) Christian de Portzamparc (2005-2006) 2006 Histoire et anthropologie des sociétés méso-et sud-américaines Nathan Wachtel (1992-2005) Chaire européenne Chaire internationale Chaire de création artistique Chaire d’innovation technologiqueLiliane Bettencourt Processus morphogénétiques Alain Prochiantz (2007) Daniele Vitali (2006-2007) Guy Orban (2006-2007) Pascal Dusapin (2006-2007) Jean-Paul Clozel (2006-2007) 2007 Communications cellulaires Jean-Pierre Changeux (1975-2006) Neuropharmacologie Jacques Glowinski (1982-2006) Paléoanthropologie et préhistoire Yves Coppens (1983-2005) Théorie linguistique Claude Hagège (1988-2006) Les civilisations de l’Europe au néolithique et à l’âge du bronze Jean Guilaine (1994-2007) Philosophie et histoire des concepts scientifiques Ian Hacking (2000-2006) Chimie des processus biologiques Marc Fontecave (2008) Microbiologie et maladies infectieuses Philippe Sansonetti (2007) Paléontologie humaine Michel Brunet (2007) Milieux bibliques Thomas Römer (2007) Physique de la matière condensée Histoire intellectuelle de la Chine Anne Cheng (2008) . critique.

Développpement durable Chaire de création artistique Chaire d’innovation technologiqueLiliane Bettencourt Henri Leridon (2008-2009) Pierre-Laurent Aimard (2008-2009) Mathias Fink (2008-2009) Chaire internationale .Savoirs contre pauvreté Esther Duflo (2008-2009) .56 Chaire européenne Chaire internationale Chaire de création artistique Chaire d’innovation technologiqueLiliane Bettencourt Manfred Kropp (2007-2008) Pierre Magistretti (2007-2008) Ariane Mnouchkine (2007-2008) Gérard Berry (2007-2008) 2008 Chaire européenne .

et. à décider à quel enseignement il conviendrait d’affecter le crédit qui se trouve ainsi sans emploi. Nulle part. des résultats nouveaux. comme il a été dit plus haut. elle a déterminé son organisation. mais celles qui sont en voie de se faire » (Questions contemporaines p. cette liberté est devenue sa loi. 144). Elle peut demander au Ministre le maintien de l’enseignement dont le titulaire vient de disparaître . par des travaux originaux. Selon que les sciences diverses se modifient et selon que se produisent des hommes aptes à les faire progresser. C’est ce qui a fait dire à Ernest Renan qu’« à côté des établissements où se garde le dépôt des connaissances acquises. à son tour. qui communique les documents à l’une des cinq Académies de l’Institut de France : celle-ci présente. à des enseignements nouveaux qui n’avaient pas encore reçu ailleurs droit de cité. de plus en plus. l’un en première ligne. la recherche scientifique ne jouit d’une indépendance aussi large. l’autre en seconde . l’inviter à y substituer un enseignement différent. loi de finances du 24 mai 1951. Le nombre des chaires de professeurs titulaires est actuellement de cinquantedeux (décret du 22 juin 1934. D’autre part. dès que sa proposition est acceptée. non les branches de la Science qui sont faites. l’Assemblée des professeurs est appelée. elle peut. à partir de 1969 intégration des trois chaires municipales dans le budget de l’État). il est donc nécessaire qu’il y ait des chaires indépendantes où s’enseignent. par conséquent. Le Collège de France recrute sans condition de grades universitaires . Dans un cas comme dans l’autre. par aucune condition de grade. De plus en plus. des enseignements nouveaux peuvent être institués. deux candidats. ses enseignements ne sont assujettis à d’autre programme que celui défini chaque année par le titulaire de la chaire et approuvé par l’Assemblée des Professeurs. et. Il appartient au Ministre de . il ne prépare à aucun examen et. de droit. Elle transmet les procès-verbaux de ses délibérations et ses votes au Ministre. le Collège de France n’a pas. de chaires permanentes. les enseignements anciens peuvent disparaître ou se transformer. et dans les mêmes formes. démission ou décès d’un titulaire. N’étant pas enfermé dans un cycle d’études invariables. et par là. du 30 décembre 1957 et de 1964 . dans le domaine de leurs recherches propres. Il suffit qu’on soit en droit d’attendre d’eux. par des vues personnelles.57 IV. en principe. LE RÔLE PROPRE ET L’ORGANISATION DU COLLÈGE DE FRANCE De cet historique des chaires. elle désigne deux candidats. selon l’esprit de son royal fondateur. si elle juge préférable. du 4 août 1956. elle n’est liée. il ressort que le Collège de France a servi souvent. Chaque fois qu’un de ces traitements devient disponible par retraite. il lui est possible d’appeler à lui des savants qui ne sont pas des professeurs de carrière mais qui se sont signalés par des découvertes. parce qu’elle est sa raison d’être . dans cette désignation.

par les travaux divers qu’ils font eux-mêmes ou qu’ils suscitent et dirigent. consacrée à toutes les formes de création artistique. Il est entendu. en 2007. qui accueille chaque année un professeur différent. il arrive qu’on juge nécessaire de conserver une chaire. vues ou interprétations propres. destinée à une personnalité scientifique originaire d’un pays membre de la Communauté économique européenne . celui-ci est nommé par un décret du Président de la République. les enseignements ont pour règle commune de viser au développement de la science. Enfin. Dans la pratique. et généralement dans l’ordre particulier de recherches auxquelles il s’applique à ce moment. et deux crédits de chaire ont été ouverts à cet effet au budget de l’État. qui est un élément constitutif de l’institution du Collège. comme il a été indiqué plus haut. la liberté de transformation. s’il y a lieu de faire place à un maître original. un enseignement relatif à leurs recherches. pendant un ou deux mois. l’Assemblée des Professeurs cherche à conserver une juste proportion entre chaires de Sciences exactes et chaires de Lettres et Sciences humaines. par des missions. . en 2004 est créée une chaire de création artistique. À partir de 1970 le principe de chaires de « professeur associé » a été admis. que cet enseignement même n’est que l’une des formes extérieures de leur activité scientifique. par des publications. Une partie de l’enseignement peut être donné dans des institutions françaises en dehors de Paris. Puis. analyses plus exactes ou synthèses plus suggestives. le sujet de son cours dans le domaine scientifique qui lui est propre. bien que de nombreuses chaires de même titre existent dans les Universités. laquelle se traduit aussi bien. destinée à une personnalité originaire des pays de l’Europe de l’Est ou d’autres continents. une chaire dite européenne. au reste. Dans l’enseignement aussi prédomine le même principe de liberté. éclaircissements personnels. le futur professeur . En outre deux chaires permettant l’accueil de savants étrangers pour la durée d’une année académique ont été créées : — en 1989. entre les candidats proposés. sans doute. Chaque professeur choisit.58 choisir. Des savants étrangers sont ainsi invités chaque année par l’Assemblée à venir au Collège donner. La simple vulgarisation en est exclue. ne saurait être absolue . en France ou dans d’autres pays . cette possibilité a été étendue à l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur européens à partir de 1989. est créée une nouvelle chaire annuelle. une chaire dite internationale. — en 1991. Il le soumet ensuite à l’approbation de l’Assemblée des professeurs du Collège. En outre. Quelle qu’en soit la forme. ou mieux. chaire d’Innovation technologique-Liliane Bettencourt. d’année en année. Les professeurs s’accordent à prendre comme point de départ ce qui est connu et se proposent toujours d’y ajouter quelques éléments nouveaux : faits d’expérience. extraeuropéens à partir de 1992. en partenariat avec la fondation BettencourtSchueller.

Jules . à côté de lui. L’Assemblée du Collège de France comprend les 52 professeurs titulaires avec voix délibérative . les deux professeurs associés dans les chaires européenne. dont le bureau comprend. l’autre chargé des affaires administratives et financières. L’exécution de ces décisions et la direction des services sont confiées à un Administrateur. un travail personnel et vraiment scientifique. exception faite pour les doctorats. outre l’Administrateur. par délégation. Elles sont surtout l’affaire de chercheurs déjà engagés dans une voie déterminée. de la part de ceux qui les font auprès des professeurs. Il ne s’agit en aucun cas de préparation aux examens universitaires. qui déjà était investi de la personnalité civile. Il relève directement de son protecteur. Le Collège de France ne fait pas partie des Universités de Paris. Voici la liste des Administrateurs du Collège. le Chef de l’État. aux leçons proprement dites. Isaac Silvestre de Sacy (1824-1838). Il préside l’Assemblée.59 C’est pourquoi. L’avis du Conseil d’établissement — qui comprend. modifie les textes antérieurs (décrets de 1911 et 1935). il n’y a ni immatriculation ni droits à payer. Celui-ci doit être pris parmi les professeurs. Les cours du Collège étant ouverts à tous. ces recherches comportent toujours. Un décret du 5 octobre 1990 portant organisation du Collège de France. L’accès des salles d’enseignement est entièrement libre. choisis l’un et l’autre parmi les professeurs. toutes les décisions relatives aux intérêts généraux de l’établissement. Elle détermine la politique scientifique de l’établissement et joue également le rôle d’un Conseil d’administration. qui viennent demander les conseils de savants connus. l’établissement. Il stipule notamment que « le Collège de France est administré par l’Assemblée du Collège de France. sous réserve de l’approbation ministérielle. se familiariser avec leur méthode. depuis l’institution de ce titre : Louis Lefèvre-Gineau (1800-1823). sur la proposition du Ministre. Louis Thénard (1838-1840). C’est à l’Assemblée des professeurs qu’appartiennent. Il est doté d’un Conseil d’établissement ». et un secrétaire. Il est dirigé par un administrateur assisté de deux directeurs adjoints. nommé selon les mêmes règles. Il est présenté par ses collègues et nommé par trois ans par décret du Président à la République. profiter de leurs suggestions et des ressources spéciales qu’ils ont pu réunir. internationale et de création artistique peuvent y siéger avec voix consultative. viennent s’adjoindre les directions données aux recherches individuelles qui se font dans les divers laboratoires. quatorze représentants élus des personnels et quatre personnalités extérieures — doit précéder la délibération de l’Assemblée dans les matières énumérées par le décret. neuf professeurs. Par une loi du 31 décembre 1932. un vice-président. et. Jean-Antoine Letronne (1840-1848). Bien entendu. l’un chargé des affaires culturelles et des relations extérieures. a été également doté de l’autonomie financière. du ministre ayant en charge l’Enseignement supérieur et la Recherche. dans la limite des places disponibles. qui ne sont pas assujettis à des programmes.

Jacques Glowinski (2000-2006). et selon sa volonté.1903). de favoriser certains efforts de la pensée scientifique. Donation Voronoff Par décret du 28 septembre 1920. Depuis le décès de la donatrice. d’histologie ou autres laboratoires similaires. Alain Horeau (19741980). Wilhelm Rinn (1853-1854). en souvenir de Winnaretta Singer. Joseph Bédier (1929-1936). chaque année. DONATIONS Les ressources mises à la disposition du Collège par divers donateurs lui permettent. Gaston Boissier (1892-1894). princesse Edmond de Polignac.60 Barthélémy Saint-Hilaire (1848-1852). André Miquel (1991-1997). V. le revenu annuel est attribué aux laboratoires de biologie. Étienne Wolff (1966-1974). Ernest Renan (1883-1892). Xavier Deportets (1852-1853). . Émile Levasseur (1903-1911). « au progrès des connaissances ». Don Singer-Polignac Le Collège de France a reçu depuis 1950. Marcel Bataillon (1955-1965). épouse Voronoff. Stanislas Julien (1854-1873). selon l’avis de l’Assemblée des professeurs. Donation Jean Ébersolt Mme Jean Ébersolt a fait une donation en 1968 dont les arrérages doivent être affectés au développement des études d’Histoire et civilisation de Byzance. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter. L’affectation précise des fonds est déterminée chaque année par l’Assemblée des professeurs. Donations Gustave Schlumberger Par décret du 24 juin 1932. Maurice Croiset (19111929). Gilbert Dagron (1997-2000). Edmond Faral (1937-1954). Yves Laporte (1980-1991). au nom du Collège. des dons importants dont les revenus doivent servir. d’autre part à des études de numismatique. Pierre Corvol. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter les legs faits au Collège par Gustave Schlumberger. Les revenus des sommes provenant de ces legs doivent être affectés d’une part à des études d’histoire et d’archéologie byzantines. la donation faite à cet établissement par Mme Frances Évelyn Bostwick. pour la création et l’entretien d’une « Station de chirurgie expérimentale. de façon générale. fondation Voronoff ». Gaston Paris (1894. Édouard Laboulaye (1873-1883).

en 1984 à M. par le Docteur J. en 1972. en 2005 à Mme Ana Cumano. Dominique Stehelin. Cohen . en 1980 à M. Le prix Dellheim pour l’année 2004 est attribué à M. en 1990 à M. en 1994 à M. Prix décerné en 1977 à Mme Andrée Tixier-Vidal. Mariano Sigman. François Cuzin. en 1993 à M. en 1975. en 1973. par M. . qui fut titulaire de la chaire de Médecine expérimentale (de 1951 à 1954). en 1974. Robert M. en 2006 à M. en vue de recherches scientifiques susceptibles de contribuer au soulagement de l’humanité ». en 1992 à Mme Anne-Marie Thierry. en 1998 à Mme Marie-Aimée Teillet. en 1991 à Mme Françoise Dieterlen. Jean-Antoine Giraud. seront jugés aptes à poursuivre leurs travaux dans les laboratoires du Collège de France. Michel Bornens. en 1986 à M. Georges N. en 1981 à M. Antonio Coutinho. François Gros . les résultats de leurs recherches. Guy Blaudin de Thé. Claude Kordon . Thomas Bourgeron. Michel Imbert. François Chapeville . Harel . Des conférences ont été données en 1966. Pierre Tiollais. par M. Werner Graf. Philippo Rijli. en 1976. Jean Girard. pour l’année 2005 à M. par M. en 1979 à M. en 1977. Fazilleau. en 1978 à M. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le don fait au Collège de France par Antoine Lacassagne. en 1968. Jean-François Nicolas. en 1999 à M. en 1987 à M. en 1997 à M. en 1995 à M. en 1989 à M. par Mme Nicole Le Douarin . Alexeï Grantyn. en français. Philippe Kourilsky. Liyuan et pour l’année 2006 à M. Stéphane Romero. en 1988 à M. par le Docteur Patrick Derome . L’Assemblée des professeurs du 20 février 1977. en 1967. en 1985 à M. Alain Doucet.Paul Lévy . par M. Dellheim « pour aider les jeunes savants peu fortunés qui. Luc Montagnier . Serge Jard. en 2004 à M. en 2002 à M. du montant du prix de 10 000 dollars que lui a décerné l’organisation des Nations Unies pour ses travaux sur le cancer. Michel Hamon. Pierre Freychet. par le Docteur Michel Boiron . Fondation Antoine Lacassagne Par décret du 6 janvier 1964. en 1982 à M. Le prix Delheim est attribué en 2007 à M.61 Fondation Paul Dellheim Par décret du 5 juin 1956. Gérard Couly. après avoir fait de fortes études. par M. Jules-Alphonse Hoffmann. en 1971. par M. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le legs fait au Collège de France par Mme J. Emmanuel Pierrot-Deseilligny. a décidé que désormais serait attribué un prix Antoine Lacassagne auquel seraient associées deux conférences . par M. Jacques Glowinski. Fauve. en 1996 à M. Les revenus de cette somme permettent d’inviter de jeunes biologistes français ou étrangers à venir chaque année au Collège exposer. Jean. en 1983 à M. son montant est de 1 600 €. en 1970. en 2007 à M.

René de Possel. Bortniker. 1905. Paul Frion. Guillaume Servant. Bernard Malgrange. Jean-Benoît Bost. Cédric Vilani. Joseph Marty. Paul Lévy. Voici. 1911. Roux. Pierre Fatou. Georges Bourion. Wladimir Bernstein. François Bruhat. Claude Chevalley. 1901. 1908. une charge de cours. Hervé Jacquet. Gérard Petiau. 1er . à partir de 1900. Fondation Claude-Antoine Peccot Plusieurs donations successives (en 1886. Gaëtan Chenevier. Pierre Boutroux. Jacqueline Ferrand. Les revenus de ce legs sont affectés à des études de linguistique théorique. Élie Cartan. Jean-Louis Destouches. PaulAndré Meyer. au bénéfice de mathématiciens âgés de moins de trente ans et s’étant signalés dans l’ordre des mathématiques théoriques ou appliquées. puis. en 1897. Coty. Pierre Cartier. Albert Chatelet. Jean-Pierre Serre. Osée Marcus. 1907. Jacques Hadamard. Noam Elkies. Haïm Brézis. en outre. qui fut titulaire de la chaire de Grammaire comparée (de 1906 à 1936). Paul Dubreil. René Baire. la liste des personnes qui ont bénéficié des prix ou ont reçu la charge du cours : Bourses et prix À partir de 1885 : L. Pierre Boutroux. suivant les vœux du donateur. Jules Drach. 1912. Jules Bocquet. Henri Lebesgue. Léon Brillouin. Jean-Louis Koszul. F. Louis Rémy. Emmanuel FauréFremiet. Gabriel Pélissier. Frédéric Roger. Vincent Lafforgue. Émile Borel. Maurice Gevrey. en 1902) ont permis de créer d’abord des bourses. Paul Malliavin. Lafore. Hubert Delange. Ludovic Zoretti. Jacques Deny. Gabriel Mesuret. Jacques Solomon. Szolem Mandelbrojt. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le legs fait au Collège par Antoine Meillet. Roger Apéry. Marcel Froissart. Adolphe Bühl. Marcel Courtines. Grégory Choodnovsky. Laurent Lafforgue.62 Legs Antoine Meillet Par décret du septembre 1937. Alain Connes. Albert Laborde-Scar. Jean-Pierre Demailly. depuis l’origine. Laurent Schwartz. 1902. Maurice Roseau. Jean Combes. Henri Cartan. Henri Lebesgue. transformées par la suite en prix . Émile Borel. René-Maurice Fréchet. Émile Borel. Jean Chazy. Jean Leray. Daniel Dugué. Yves Rocard. Jean Dieudonné. André Weil. René Garnier. 1903. Jean Chazy. Jacques Dufresnoy. Louis-Emmanuel Leroy. en 1894. 1910. Maurice Janet. 1904. Philippe Michel. Chargés de cours 1900. Henri Galbrun. Gabriel Mokobodzki. 1906. 1909. Émile Terroine. Gaston Julia. Michel Demazure. Georges Giraud. Émile Traynard.

Uriel Frisch. Michel Raynaud. Maurice Roseau. Claude Morlet. Roger Godement.63 1913. Marcel Froissart. Jean-Pierre Kahane. 1933. 1964. Yvette Amice. Maurice Gevrey. Pierre Deligne. Haïm Brézis. Maurice Janet. Hubert Delange. René Thiry. André Neveu. Édouard-René Garnier. 1931. Michel Demazure. Georges Bourion. Paul Malliavin. 1936. 1965. Hervé Jacquet. 1941. Wladimir Bernstein. Arnaud Denjoy. 1938. Georges Giraud. Joseph Kampé Defériet. 1944. 1968. 1949. 1954. Gaston Julia. 1966. Jean Leray. 1934. Paul-André Meyer. 1974. Édouard-René Garnier. Jean-Michel Bony. Claude Chabauty. 1927. Jean Combes. Louis Boutet de Monvel. Jean Delsarte. 1963. Michel Duflo. Jacques Deny. Jean Ville. 1920. 1932. 1918. 1953. 1921. Yves Rocard. 1969. 1947. Paul Lévy. Philippe Nozières. Jean Zinn-Justin. 1915. Gabriel Mokobodzki. Jean Favard. 1952. Yves Meyer. Alexandre Grothendieck. . Jean-Marc Fontaine. Henri Cartan. 1951. 1924. Laurent Schwartz. Léon Brillouin. 1945. Paul Dubreil. Henri Milloux. Jean-Pierre Ferrier. 1970. 1928. Marie-Louise Dubreil-Jacotin. Jacques Solomon. Pierre Gabriel. René Lagrange. 1935. Alain Connes. Frédéric Marty. 1972. 1961. 1957. Yvonne Fourès-Bruhat. Jean-Louis Koszul. Roger Apéry. Jacqueline Ferrand. Marie-Antoinette Tonnelat. 1914. 1962. Bernard Teissier. 1929. 1956. René Depossel. 1943. Claude Chevalley. 1971. André Weil. Gérard Pétiau. Bernard Malgrange 1960. Jean-Pierre Serre. 1930. Szolem Mandelbrojt. Evry Schatzman. Gustave Choquet. Michel Hervé. 1955. Jean-Paul Benzécri. Gérard Schiffmann. André Lichnerowicz. Pierre Grisvard. 1946. 1958. Gaston Julia. Torsten Carleman. 1973. Jean Dieudonné. Jacques-Louis Lions. Pierre Cartier. 1926. Jacques Dufresnoy. 1975. 1923. Robert Deltheil. 1959. Marcel Legaut. Jean Ginibre. François Laudenbach. 1942. François Bruhat. 1967. 1925. 1922. Jacques Neveu. Roger Temam. Robert Roussarie. 1919. Jean-Louis Destouches. 1937. Marcel Berger. 1950. 1976.

Jean-Michel Coron. 1941. Arnauld Beauville. 1983. Vincent Lafforgue. François Golse. 1993. 1981. Fabrice Bethuel. 1945. Guy Henniart. d’un cours complémentaire d’Antiquités américaines. 1948. Voici la liste des conférenciers qui ont répondu à l’appel du Collège : 1939. Claude Viterbo. puis au docteur Louis Capitan (1908-1929). Gaëtan Chenevier. Jean-Loup Waldspurger. Ce cours a été confié à Léon Lejeal (1902-1907). Loïc Merel. Artur Avila. 1982. 1979. Karine Beauchard. 2007. Emmanuel Breuillard. 2005. Laurent Clozel. Éric Séré. Christophe Soulé. Fondation Loubat Par deux décrets en date du 16 avril 1902 et 28 juillet 1903. Depuis 1939. 1988. le Collège de France a été autorisé à accepter la donation faite par le duc de Loubat. 1999. 2004. Franck Barthe. Noam Elkies. Jean-Pierre Demailly. Laurent Fargues. Michel Talagrand. Erwan Rousseau. Marc Rosso. Claude Lévi-Strauss. 1985. Grégory Choodnovsky. les revenus de cette fondation ont permis de demander des conférences à des américanistes. Laurent Lafforgue. Bernard Gaveau. Joseph Oesterlé. 1987. Claire Voisin. 1998. 1996. Laurent Berger. Jean-Bernard Baillon. Gilles Pisier. 1946. Pierre-Louis Lions. Julien Dubédat. Jean-Claude Sikorav. 2008. Laure Saint-Raymond. Thierry Bodineau. Ricardo Perez-Marco. Wendelin Werner. 1990. Luc Tartar. 1950. 2003. Jean Lannes. Bernard Larrouturou. Gilles Robert. 1984. Denis Auroux. 1942. 2000. Stefaan Vaes. Jean-François Legall. Olivier Mathieu. . membre associé de l’Institut de France. 1980.64 1977. Raphaël Rouquier. 1995. Henri Vallois. Jérémie Szeftel. 1986. Philippe Michel. Marcel Giraud. Christophe Breuil. 2002. 1997. 2006. Frédéric Helein. 1994. Emmanuel Grenier. 1989. Cédric Villani. Guy Stresser-Péan. Jean-Benoît Bost. en vue de la fondation. 1992. André Leroi-Gourhan. Jean-Christophe Yoccoz. Michel Waldschmidt. Raoul d’Harcourt 1943 Maurice Leenhardt. 1978. Joseph Ayoub. Benoît Perthame. dans l’établissement. Jean-Luc Brylinski. 1991. 2001. Jacques Soustelle. Christine Lescop. Jean-Lin Journé. Frédéric Leroux.

David Wiggins. 1912. M. 1973. Édouard Naville. 2002. 1917. 1977. 1965. Joséphine Ioteyko. 1996. 1995. Lorentz. 1961. 1955. Jean Piaget. Charles Detolnay. 2004. 1923. Petrascheck. Jacques Galinier. Danielle Lavallée. Charles Michel. 1980. Gomperz. 1929. 1924. Guglielmo Ferrero. Jorga. 1973. Paul Rivet. 1925. 1906. Jon Landaburu. 1914. Georges D. Oleg Grabar. Michonis a commencé en 1905. Walter E. Alexandre Rosetti. 1965. Adorno. Nathan Wachtel. autant que les circonstances le permettront. et qui sera. Frédéric Engel. Charles de La Vallée-Poussin. Alfred Métraux. 2007. Édouard Montet. 1989. 1969. Pierre Clastres. Jean-Claude Quilici. 1934. 1968. Philippe Descola. Stanislas Kot. Franz Cumont. Paul Frédéricq. 1908. Henri Pirenne-Anesaki. 1975. Holger Pedersen. 1937. 1936. Christian Duverger. 1915. Maxime Kowalewsky. 1938. Serge Gruzinski. Michonis a légué au Collège de France une somme dont les revenus doivent servir à « faire faire. par un savant ou un penseur étranger désigné par les professeurs ou l’administrateur du Collège de France. Hrozny. Jean Rudhart. Ernest Muret. A. Michel Rostovtzeff. Voici la liste des conférenciers invités par le Collège : 1905. 1984.I. Georges Larrouy. Birkoff. 1951. 1919. Christophe Nyrop. Jacob Jud. toutes les fois que ce sera possible. 1930. 1947. Jacques Pirenne. 1910. Georges Doutrepont. 1940. 1916. 1943. L’exécution des volontés de M. Wolfgang Koehler. Albert Einstein. V. Xénopol. Théodor W. Delannoy. 1920. une série de conférences ». 1945. . Ludovico Geymonat.65 1952. 1948. 1942. 1953. Franz Cumont. Carmen Bernand. Jehan Vellard. Adorno. 1997. Hans Selye. Albert Michotte. 1998. Giorgio Levi Della Vida. Magnus Olsen. Georges Dossin. 1933. au moins une fois sur trois un philosophe ou un historien de sciences religieuses. Nicolas Alexeieff. 2002. 1918. Albert Brachet. Raffaele Altamira. Harl Jaberg. 1922. Étienne Lamotte. Philippe Borgeaud. 1974. Abaev. 1935. 1926. Laming-Emperaire. 1956. Théodor W. Fondation Michonis Par décret du 10 mars 1903. 1927. Ettore Pais. Gino Luzzatto. G.

M. Chauvin. René Vallois. Maurice Leenhardt. Mlle Ioteyko. René Pintard. M. Ce prix. M. M. M. M. Hallion. M. M. M. Marcel Simon. André Landesman. M. M. Jean Riché. André Pézard. M. M. Paul Garelli. Terroine. M. Valois. Charles Morazé. Philippe Glangeaud. Gaffiot. M. M. M. M. Mlle Marchal. M. Ce prix a été attribué depuis sa fondation (1893) à M. Georges Mayer. Mme Skreb-Guilcher. M. Alfred Quinquaud. Victor Goldschmidt. Noailhon. Contineau. W. Boudréaux. Jean Fourquet. et Mme Marouseau. Chassinoit. M. M. M. M. Turcan. M. Jean Pouilloux. M. Mme d’Also. Abel Lefranc. M. André Adam. Émile Benveniste. M. Paul-Henri Michel. M. Lenestour. M. Sommerfelt. M. M. René Clozier. Richard Gascon. Homo. M. M. M. M. M. R. Casteras. Millon. Paul Kessler. M. M. M. sur la présentation qui lui est faite. M. M. M. Jules Bloch. Gilles Granger. M. M. Delaruelle. M. M. M. Édouard Salles. Umbegaun. Boris Ephrussi. Marc Cohn. M. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le legs fait au Collège de France par le Dr Saintour pour la fondation d’un prix. M. M. M. M. Roger Guillemin. LouisCharles Damais. M. Mlle Blanchard Demonge. Leroux. M. Mlle Maitret. Virolleaud. M. Léon Lecornu. M. M. l’abbé Busson. Henri Rolland. M. M. baudot. Les trois sections comprennent ensemble la totalité des professeurs. Fréjacques. Pierre Rancastel. Delapparent. Laurent. Claude Blanchel. M. périodiquement revalorisé. M. Boulard. Champy. M. M. Meyerson. M. Doutrepont. Jules Chauvin. M. par l’une des trois sections instituées à cet effet. M. Louis Bodin. Ouveriaux. Samara. Adigard des Gautries. M. Salovine. M. Mme Martha Spitzer. M. Guy Lasserre. M. Robert Courrier. Paul Langevin. M. M. Matignon. Caridroit. M. M. M. Père Estugière. Mme Boudréaux. M. Armand Hampé. d’après un roulement déterminé. M. M. M. Valentin Nikiprowetzky. Ernest Charles. Achille Millien. Bernard Leroy. M. M. M. Mlle Loyez. P. Rév. M. M. Roux. Jules Driessens. M. M. M. M. M. Pierre Pascal. M. M. Chabot. Prosper Alfaric. Lacôte. Gaston Colin. Biquard. Lemagnen. Mlle Alice Hulubet. Brillaut. M. M. Lejeune. M. Mlle Chevroton. M. Streiff. M. M. Paul Pelissier. M. Jean Filliozat. Alexandre Dufour. M. Martini. Venceslas Kruta. Foulet. René Henry. Michel Gaudin. Flato. M. Mlle bezard. Pierre Leroux. Albert Houstin. Jean- . M. André Vaillant. M. M. Chapire. Georges Lecarpentier. Henri Heine. Paul Mazon. Alfred Ernout. M. M. Jost. Albert Dauzat. Julien Barat. M. André Chevalier. M. M. Sartre.66 Fondation Saintour Par décret du 25 juillet 1889. Yves Lecorre. Marty. Jacques Fontaine. M. M. Klein. M. Chaque section regroupe les titulaires de chaire pour lesquels les différentes Académies composant l’Institut ont concurremment avec le Collège le droit de présentation. M. M. est décerné tous les deux ans par l’Assemblée des professeurs. Misconi. Gaston Cohen. M. M. Mlle Odette Taffanel. Randouin. Paul Émard. Hervé Savon. M. Hans Glattli. M. M. Lévy. M. Taha Hussein. M. M. Henri Clouzot. Rolland. M. M. M. Daniel Estève. M. Neil Sullivan. A. Mlle Marie Cochet. Étienne Wolff. M. M. M. M. Copaux.

M. Jacques Boutet de Monvel. Mme Marianne Mahn-Lot. M. biophysicien de la cochlée. conformément aux intentions de ses bienfaiteurs. la Fondation s’efforce de développer toutes études. . M. Woods Hole. Banyuls. Willy Clarysse. philosophe coréen. celui de 2005-2006 est M. C’est à Concarneau que furent réalisés les premiers élevages de poissons marins. Pour ce faire. Les études de Laurent Chabry dans les années 1880 ont apporté les bases techniques et conceptuelles de l’embryologie expérimentale. éventuellement renouvelable une fois) ainsi qu’une somme de 4 000 € versée par la Fondation Hugot. « la rencontre de diverses disciplines qui œuvrent à la connaissance. M. Hélène et Jean-Pierre Hugot.67 Pierre Mahé. Claude Ghesquière. pour l’année 2003-2004. Il a été décidé que ce prix serait attribué dans une discipline différente chaque année. Ce prix consiste en l’attribution d’un poste de Maître de conférences au Collège de France (traditionnellement pour un an. les travaux de Jean Roche et de ses collaborateurs ont jeté les bases d’une biochimie comparée s’appuyant sur la grande diversité structurale et fonctionnelle des organismes marins. Plus près de nous. Le premier lauréat. Han Hee-Jin. faisait droit à la demande de l’Assemblée reconnaissant comme établissement d’utilité publique autonome ladite Fondation. recherches et activités ayant un double caractère à la fois humaniste et pluridisciplinaire. En 2001. à la formation et à l’épanouissement de l’homme. l’Assemblée des Professeurs du Collège de France décidait à l’unanimité de créer une fondation dite Fondation Hugot du Collège de France consacrée. Piemontese. Le Conseil d’État. Le lauréat de l’année 2004-2005 est M. M. M. par delà toutes les frontières. est un mathématicien mexicain. Wouter Henkelman. M. le rapprochement. L’établissement ainsi créé. André Langaney. le Conseil d’Administration de la Fondation a décidé de la création d’un « Prix de la Fondation Hugot du Collège de France ». Station Marine de Concarneau La Station de Biologie Marine de Concarneau a été fondée en 1859 par Victor Coste titulaire de la chaire d’Embryogénie au Collège de France. historien néerlandais et celui de 2007-2008 est M. M. Plymouth. Ricardo Uribevargas. Christian Giaume. Roscoff. à favoriser au mieux de ses moyens et en étroit accord avec le Collège de France. par décret en date du 7 février 1979. Loïc Merel. M. connu également sous le nom de Vivier-Laboratoire fut le premier d’une longue série : Naples. des meilleurs esprits animés de ce même souci ». Jean-Marie Durand. Fondation Hugot du Collège de France En 1977. Pierre Milza.

enzymes. de diffusion des connaissances. La Fondation est administrée par un Conseil constitué de 12 membres (le collège des membres fondateurs constitué de professeurs de l’Institution. a été publié au Journal officiel du 7 avril 2008. la station est devenue Station de Biologie Marine du Muséum National d’Histoire Naturelle et du Collège de France. biologie des espèces des grands fonds sous leurs aspects fondamentaux mais aussi pratiques : biotechnologies. Depuis 1996. d’acquérir des équipements techniques de dernière génération. exposition ouverte au public et de modernisation des locaux scientifiques et de l’accueil des chercheurs et stagiaires a été élaboré. dans l’esprit du Collège de France et de son ouverture. . gestion de l’espace marin. de fonds européens et de l’aide des collectivités locales. écobiochimie. biomatériaux. de favoriser l’accès aux connaissances et aux dernières recherches menées par les chaires et par les équipes accueillies. la gestion scientifique et administrative étant assurée dans le cadre du Muséum National d’Histoire Naturelle. Ils serviront l’exigence d’une recherche de haut niveau tournée vers la société. reconnue d’utilité publique. Ce projet bénéficie du concours du Collège de France. le collège des personnalités qualifiées qui fait appel à des personnalités de la société civile et académique et le collège des donateurs). La composition du Conseil illustre la volonté de dialogue et d’échange de la Fondation avec la société civile et les acteurs du monde économique. le développement et la valorisation des activités d’enseignement. partie historique du laboratoire. Fondation du Collège de France Le décret de création de la Fondation du Collège de France. la Station de Biologie Marine de Concarneau a offert sur près de 140 ans. Cette Fondation a pour but. Le Conseil d’administration est assisté d’un Comité d’orientation scientifique composé de 6 à 8 membres issus du corps professoral du Collège de France. le soutien. de recherche. de moderniser des laboratoires.68 Ainsi. Les fonds privés mobilisés permettront de répondre aux besoins de financement de projets de recherche de l’Institution. d’accroître les ressources nécessaires à l’animation de la vie scientifique des chaires. du Muséum. d’extension du Marinarium. de formation. en France et à l’étranger. d’amplifier la formation des jeunes chercheurs. Un programme de réhabilitation des viviers. l’exemple d’une recherche parfois marginale au regard des activités pratiquées dans les autres laboratoires marins : endocrinologie comparée.

... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 22 juillet 2007) nommant M........ Délibération de l’Assemblée des Professeurs demandant la création d’une chaire de Physique de la matière condensée (en remplacement de la chaire de Civilisations de l’Europe au Néolithique et à l’âge de bronze).. Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 21 novembre 2007) nommant M. Michael Edwards et Michel Tardieu sont admis à faire valoir leurs droits à la retraite à compter du 1er septembre 2008. .... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 25 juillet 2007) nommant Mme Ariane Mnouchkine professeure associée à temps plein au Collège de France sur la chaire de Création artistique 2007-2008.. Gérard Berry professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire d’Innovation technologique-Liliane Bettencourt 20072008 4 août .CHRONIQUE DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE 2007-2008 2007 20 juillet . et M. Michel Brunet professeur au Collège de France sur la chaire de Paléontologie humaine....... 30 juillet ....... Thomas Römer professeur au Collège de France sur la chaire de Milieux bibliques. 19 novembre ....... Pierre Magistretti professeur associé à temps plein au Collège de France.. sur la Chaire internationale 2007-2008..... Par arrêté ministériel.. 23 novembre . Publication au Journal officiel de l’avis de création des chaires de Chimie des processus biologiques et d’Histoire intellectuelle de la Chine........ Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 28 novembre 2007) nommant M.. Manfred Kropp professeur associé à temps plein au Collège de France sur la Chaire européenne 2007-2008.. 25 novembre ... 13 septembre........ et M. Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 1er août 2007) nommant M.... MM.............. Philippe Sansonetti professeur au Collège de France sur la chaire de Microbiologie et maladies infectieuses.... 23 juillet .........

..... 11 juin .... 19 mai . Mathias Fink professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire d’innovation technologique – Liliane Bettencourt 2008-2009. 2 mai ..70 CHRONIQUE DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE 20072008 2008 19 février......... Par arrêté ministériel.... 5 juillet .. Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 29 août 2008) nommant M.. 7 avril.. Marc Fontecave professeur au Collège de France sur la chaire de Chimie des processus biologiques.... Mme Anne Fagot-Largeault est admise à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er septembre 2009.. Henri Léridon professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire européenne – développement durable 2008-2009 et M................. Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 21 mai 2008) nommant Mme Esther Duflo professeure associée à temps plein au Collège de France sur la chaire internationale – Savoirs contre pauvreté 2008-2009........ Pierre-Laurent Aimard professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire de Création artistique 2008-2009................. reconnue d’utilité publique... 27 août .... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 9 juillet 2008) nommant M......................... Publication au Journal officiel du décret de création de la Fondation du Collège de France........... Publication au Journal officiel de l’avis de création de la chaire de Physique de la matière condensée.... .... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 4 mai 2008) nommant Mme Anne Cheng professeure au Collège de France sur la chaire d’Histoire intellectuelle de la Chine et M.

sinon un dispositif extraordinairement précis et ingénieux. Cette approche permet d’aborder in vivo. Son père était titulaire de la chaire de Psychiatrie dans cette ville. dans cette ironie distante vis-à-vis de son travail qui. ce qui l’a sans doute incité à entreprendre des études de médecine. en citant une réflexion du poète danois Isak Dienesen qui met dans la bouche d’un marin arabe naviguant au large des côtes africaines sous un ciel étoilé : « Qu’est-ce en définitive que l’homme quand on y réfléchit un peu. le rein. Comme beaucoup de physiologistes rénaux dans les années cinquante. de 1947 jusqu’à la fin de son parcours au Collège en 1993. il est licencié ès sciences et. avec un art consommé.NÉCROLOGIE François MOREL (1923-2007) Le 9 mai 2007. Il ne s’est jamais départi de cette ligne de recherche. titulaire de la chaire d’Endocrinologie et de morphologie expérimentale (1938-1966) au Collège de France. En fait. . après toute une vie consacrée à la recherche sur la physiologie rénale qu’il a réalisée en grande partie au Collège de France où il a été titulaire de la chaire de Physiologie cellulaire de 1967 à 1993. il n’a jamais exercé la médecine car. par le fait de rencontres fortuites. François Morel aurait pu exploiter la technique des clairances rénales pour étudier la fonction du rein. s’est concentré sur la compréhension des mécanismes cellulaires aboutissant à la réabsorption de l’eau et des électrolytes par le rein. de façon globale et quantitative. À cette époque. à qui il succédera en 1967. il découvre le laboratoire de Robert Courrier. le vin rouge de Chiraz en urine ? » Tout François Morel est là. pour transformer. quatre ans avant de passer son diplôme de Médecine. effectivement. François Morel conclut sa leçon inaugurale au Collège par la mention d’un compagnon de longue date. la capacité du rein à réabsorber l’eau. il a été attiré par la démarche expérimentale. François Morel était né à Genève en 1923. En 1944. François Morel nous quittait à l’âge de 84 ans. les électrolytes ou d’autres substances mais elle ne donne aucune indication sur les mécanismes de transport. très vite.

était « Voyez. Afin de comprendre en finesse les mécanismes mis en jeu dans les différents secteurs du rein. un rongeur du désert qui n’excrète que quelques microlitres d’urine par mois. à partir de 1967. Méthodologiste précis et rigoureux. il analyse les propriétés particulières du rein de la gerboise. François Morel possédait les qualités qu’une telle recherche exigeait : extrême minutie. qui lui a permis d’utiliser des produits radioactifs provenant du tout jeune CEA. En s’appuyant sur la physiologie rénale. de la calcitonine. lui sert à analyser le transport vectoriel du sodium.72 NÉCROLOGIE de sécrétion et de réabsorption qui sont impliqués. des α-adrénergiques. Ce fut une période pionnière de la physiologie et de l’endocrinologie rénales qui. . Il analyse ensuite mathématiquement les résultats de ses expériences. François Morel étudie in vitro les différentes entités qui composent le tube néphronique en analysant les caractéristiques propres des différents segments du néphron. Il met au point une microméthode extrêmement sensible de dosage l’adénylate cyclase qui lui permet de déterminer les cellules cibles des hormones. Ses premières recherches ont été favorisées par sa rencontre avec Frédéric JoliotCurie au Collège de France. comme il le souligne lui-même. Afin de résoudre certaines questions de physiologie. de la vasopressine. c’est tout simple et ça marche ». il met au point plusieurs micro-techniques ingénieuses et novatrices. du glucagon. Il suit le transport des ions et de l’eau à travers les membranes cellulaires en utilisant les isotopes radioactifs dont c’était l’une des premières applications en biologie. qui possède des analogies avec le tube urinifère de mammifère. Il caractérise les récepteurs membranaires de la parathormone. les modélise et en tire les conclusions. Il installera par la suite son laboratoire au Collège de France. il fait appel à la physiologie comparée : pour étudier les mécanismes aboutissant à l’élaboration d’une urine concentrée. Il ne se donnait pas un rôle dans sa recherche mais valorisait son équipe et était attentif à ceux qui l’entouraient. lui a permis pendant plusieurs années d’avoir le rare privilège d’accumuler des résultats originaux en l’absence de compétiteurs. la fonction de divers types cellulaires dans un même segment tubulaire en termes de métabolisme intermédiaire et de réponse hormonale. Dans les années 70. que ses nombreux élèves français et étrangers ont gardée en mémoire. François Morel est engagé comme médecin biologiste au CEA en 1948 et deviendra chef du laboratoire de Physiologie physicochimique du département de Biologie du CEA de Saclay. Il montre la complexité et l’hétérogénéité des différents segments du néphron. L’épithélium de batracien. Il utilise la toute naissante technique de microperfusion des tubules rénaux. Il sépare les différents segments du néphron par microdissection et développe les microméthodes biochimiques nécessaires à ses travaux. rigueur de l’analyse. François Morel s’intéresse à l’action des hormones sur les différentes régions du néphron. il a parfaitement démontré que l’on pouvait disséquer un organe complexe en ses différentes fonctions cellulaires et étudier en retour comment le travail des cellules spécialisées assure une grande fonction intégrée de l’organisme. Sa phrase favorite. ténacité et modestie.

mais François Morel disait modestement qu’il avait eu la chance d’être du bon côté de la balance. il y avait le goût du bel ouvrage et l’émerveillement devant la nature. Pierre Corvol.NÉCROLOGIE 73 Il se décrivait comme un manuel. le 29 juin 2008 . Lors de ma leçon inaugurale au Collège. Son action a été aussi déterminante comme membre du Conseil supérieur des universités dans la réforme des Diplômes d’études épprofondies en 1985. et le Collège de France un ami. Il a vécu de près un débat scientifique entre deux théories qui s’opposaient sur les mécanismes de concentration des urines. Elle s’est avérée exacte. qu’il a constituée en partie avec Christian de Rouffignac. qui supposait un mécanisme de concentration à contre-courant des urines. Scientifique modeste. Il a estimé qu’il ne pouvait rester en marge des questions qui se posaient alors et déjà ! sur l’orientation et le développement de la recherche en France. Il l’a constituée par 18 voyages qu’il avait intitulés « Calendrier de mes chasses aux papillons exotiques ». Sa collection de papillons. notamment comme Président d’une action « Membranes biologiques » dans les années 60 où il a joué un rôle important. A la fois esthète et scientifique. Chez François Morel. scientifiques ou médecins. Celle de Khun et Wirtz. comme un artisan qui. prêt à rendre service et de haute tenue morale. Nous gardons de lui un souvenir vivace. affable. La communauté scientifique nationale et internationale perd l’un des pionniers de la physiologie et de l’endocrinologie rénales. suivaient assidûment. avait la faveur de François Morel. C’était un homme de devoir. Il s’est impliqué dans plusieurs actions concertées de la Direction générale de la Recherche scientifique et technique (DGRST). ni d’un homme de pouvoir. Luimême ne s’est jamais attribué une grande théorie bien qu’il ait été souvent l’initiateur de nouveaux concepts. il a marqué toute une génération de chercheurs et de néphrologues qu’il a formée à une méthodologie rigoureuse et innovante au service d’idées et de concepts originaux. est exceptionnelle. il admirait la beauté des papillons et cherchait à en comprendre le mimétisme. je rappelais les cours de François Morel sur le mode d’action des hormones que nombre d’entre nous. à l’inverse de l’artiste. ne signe pas ses œuvres. François Morel n’avait rien d’un mondain. un des chercheurs de son laboratoire au CEA.

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SCIENCES MATHÉMATIQUES.RÉSUMÉ DES COURS ET TRAVAUX DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE 2007-2008 I. PHYSIQUES ET NATURELLES .

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η ∈ H∞. a p]. T ]. (5) Le A-module H∞ = ∩ Dom Dm est projectif de type fini. a1] … [D. (4) Il existe un cycle de Hochschild c ∈ Zp (A. πD (c) = γ est une /2 graduation. (3) Pour tout a ∈ A. De plus l’égalité suivante le dote d’une structure hermitienne ( | ) : ξ. Le symbole – représente la trace de Dixmier. ∀a ∈ A.1) πD (a0 ⊗ a1 ⊗ … ⊗ a p) = a0[D. en dimension p. Alain Connes. membre de l’Institut (Académie des Sciences). Introduction J’ai donné cette année dans mon cours la solution d’un problème que j’avais formulé il y a quelques années et qui donne une caractérisation spectrale des variétés Riemanniennes. Les axiomes et la caractérisation Les cinq conditions.Analyse et géométrie M. ∫ . aη = – a (ξ|η) |D|–p. A) tel que πD (c) = 1 pour p impair. ∀ξ. alors que pour p pair. ∀a j ∈ A. a] appartiennent au domaine de δm. ∫ L’application πD est définie par (2. sont (1) La valeur caractéristique μn de la résolvante de D vérifie μn = O(n–1/p). 2. professeur Caractérisation spectrale des variétés 1. b ∈ A. b] = 0 ∀a. a]. a et [D. (2) [[D. pour tout entier m où δ est la dérivation : δ(T ) = [|D|.

T ] sont dans le domaine de δm. pour tout entier m. Théorème 2.1. — le cycle de Hochschild c est antisymétrique. On suppose que la multiplicité de l’action de A ′′ dans H est 2 p/2. avec c antisymétrique. on suppose que : — la régularité (3) est vérifiée par tous les endomorphismes de H∞ . Il existe alors une variété compacte X (spinc ) telle que A = C ∞(X ). Topologie de A Le lemme suivant montre que le triplet spectral (A. H. D) est uniquement déterminé par ( A ′′ . Il existe alors une variété compacte orientée X telle que A soit l’algèbre C ∞(X ) des fonctions de classe C ∞ sur X.1. Un triplet spectral est fortement régulier si tous les endomorphismes du A-module H∞ appartiennent au domaine de δm. D) un triplet spectral. D) un triplet spectral. Soit (A. pour tout entier m (4) TH∞ ⊂ H∞ . La condition de réalité sélectionne ensuite les variétés spinorielles et l’action spectrale sélectionne la connection de Levi-Civita. définie ainsi : Définition 2. Les conditions suivantes sont équivalentes : (1) T ∈ A (2) [D. vérifiant les cinq conditions ci-dessus. avec A commutative. vérifiant les cinq conditions ci-dessus. avec A commutative. Il y a trois étapes dans la démonstration : a) Montrer que le spectre X de l’algèbre A est suffisamment grand i. Soit (A. Cette hypothèse de multiplicité est une forme faible de la dualité de Poincaré qui était la condition (6) de ma formulation du problème. Lemme 3. 3.2. On a aussi la variante suivante qui ne suppose plus la régularité forte. c) Appliquer l’estimation de l’obstruction de Voiculescu sur les unités quasicentrales et en déduire que les « cartes locales » sont localement injectives.3. pour tout entier m (3) T est dans le domaine de δm. H. H. D) où A ′′ est l’algèbre de von Neumann commutative fermeture faible de A. que l’image d’une « carte locale » aα contient un ouvert de p.e. H. T ] est borné et T et [D. j b) Montrer que la mesure spectrale des a α ( j > 0) sur une « carte locale » est la mesure de Lebesgue. Soit T ∈ A ′′ . J’avais montré dans un cours antérieur que l’opérateur D est alors un opérateur de Dirac.78 ALAIN CONNES Théorème 2. De plus toute variété compacte orientée apparaît de cette manière.

1) m D Tξ = ∑ m k =0 m m−k δ k (T ) D ξ. (4) Tout T ∈ EndA H∞ agit continûment dans H∞ et définit un opérateur borné dans H. aξ et le produit à valeurs dans A sont des applications (6) L’application (a.1 donne des estimés de Sobolev.….ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 79 On utilise l’égalité : (3. p ([ D . (2) On a des estimés de Sobolev de la forme (3. (5) L’isomorphisme algébrique H∞ = eAn est topologique. an) ∈ A appartient à A ⊂ A. Le Lemme 3.2. ξ) continues A × H∞ → H∞ et H∞ × H∞ → A.3) pk(x) = ρk(x) . . ρk(x)= δ(x ) x x 0 δ k (x ) / k ! δ(x ) x a sobolev = ( s ∑ μ (1 + D 2 ) s / 2 aη μ 2 1/ 2 ) . Soient ημ des générateurs du A-module H∞.4). ∀a ∈ A a ∀a ∈ A avec c k < ∞. n éléments auto-adjoints de A et f : n j une fonction de classe C ∞ définie sur un voisinage du spectre des aj.2) p k ( xy ) ≤ p k ( x ) p k ( y ). associées à la condition de régularité. x 0 0 où ρk est une représentation de A. (1) Munie des normes (3. k k (3) Le spectre X = Spec(A) est métrisable. Alors f (a1. s ′ > 0. s′ k ∀x. A est un espace de Fréchet nucléaire séparable. a ]) ≤ c ′ k k sk sobolev . Soient a j = a * . y ∈ A (3. c ′ < ∞ et des suites s k > 0.3.5) pk (a ) ≤ c k a sobolev . On a de plus la stabilité par calcul fonctionnel démontrée par Varilly et Rennie : Proposition 3. k ∀ξ ∈ Dom|D|m On montre alors que A est une algèbre de Fréchet avec les semi-normes sousmultiplicatives (3. on définit les normes de Sobolev sur A par (3.4) On a Proposition 3.

a α ( p ) ]). On note que p0 = 0. On a une décomposition finie de la forme (4. pour ξj ∈ H∞. β Cα = {x ∈ X | ρα(x) = 0} c et on désigne par Uα = C α son complément i.3) β 0 c = ∑ a α ω α . On utilise alors le lemme suivant : Lemme 4.2. Les Uα forment un recouvrement ouvert de X = Spec(A). par (4. par l’égalité (4. Soit A commutative. p éléments auto-adjoints de A.e. sont auto-adjoints pour μ > 0. et a = (a j ). . Fonctions implicites et cartes locales Soit (A. où e ∈ Mn(A) est un idempotent auto-adjoint. Lemme 4.5) EA (T ) = ∑ j >0 1 pj j ∑Tkk . a ] = ∑ δ j ( a ) γ j . — le déterminant de la matrice χ(δj(ak)) n’est pas nul. Lemme 4. Le module où l’on peut supposer que les projectif de type fini H∞ sur A est de la forme H∞ = eAn.4) τ = Tr(e ) = ∑ j pj ∑ pj = 1.3. La trace τ = Tr(e ) = ∑ e jj ∈ A détermine uniquement les projecteurs pj ∈ A associés à la dimension j de la fibre.80 ALAIN CONNES 4. ω α = ∑ ε(β )1 ⊗ a α (1) ⊗ α μ aα β β ⊗ aα ( p ) ∀a ∈ A.7) ρα = i 2 β β E A (γ ∑ ε (β )[ D. Par hypothèse le cycle c est de la forme : (4. a ]ξ j ).1. On définit une espérance conditionnelle EA : EndA(H∞) → A. D) un triplet spectral vérifiant les cinq conditions du §2. l’ouvert où ρα ne s’annule pas.1) [ D.2) δ j ( a ) = i(ξ j [ D. ∀T = (Tkl ) ∈ eMn(A)e On définit alors ρα ∈ A par p ( p +1) (4. où γj ∈ B et les δj sont des dérivations (4. ∀a ∈ A. et δj ∈ DerA des dérivations telles que — chaque δj s’exponentie . Soit χ un caractère de A. Soit B l’algèbre des endomorphismes of H∞.6) On pose (4. a α (1) ] [ D. H.

dépendant continûment de κ. 5. 1]). Il existe de plus une famille de classe C ∞. Réciproquement. le commutateur [D. a]] = 0.2 montre que. γ1= 2. a ∈ A. h] = ∂x h γ1. (5. Dérivations dissipatives Commençons par la propriété de dissipativité des dérivations.3. Supposons que les dérivations de la forme (4. Alors. cette propriété entraîne que les dérivations ± δj de la forme (4.4) τ →∞ lim τ −1 e iτ h | D | e − iτ hξ = |[ D. ∀x ∈ A. Si l’on fait l’hypothèse de régularité forte de la Définition 2. . ∀h = h∗. h] | ξ . Soit h = h∗ ∈ A. ∀ξ ∈ Dom D. h]2 ∈ A.5) [|[D.2) s’exponentient. h] avec h et l’auto-adjonction de D ne suffisent pas à entraîner la conclusion du Lemme 5.6) [D.) ξ2 Pour tout h ∈ A on a [D. On notera que la commutativité de [D.ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 81 Alors l’image par a de tout voisinage de χ dans Spec(A) contient un voisinage de a(χ) dans p. l’application t a(κ ◦ σt) soit un diffeomorphisme.) x + λδj(x) ≥ x .1. ∀h = h∗ ∈ A. Un point crucial est la détermination du symbole principal de |D| sous la forme.1.2. Proposition 5.3. t ∈ p. D= 0 −∂x ∂x 0 Dom D = {ξ = ξ 1 |ξ1(0) = 0. σt ∈ Aut(A). ξ2(1) = 0} 0 1 −1 0 Ainsi [D. sous l’hypothèse de régularité. de W avec un voisinage de a(κ) dans p. un voisinage Z de χ dans X = Spec(A) et W de 0 ∈ p tels que. La Proposition 5.2) sont dissipatives i.e. pour tout κ ∈ Z. h] commute avec h. pour tout h = h∗ ∈ A. λ ∈ .2. En effet considérons le triplet spectral (5. H = L2([0. alors on a pour la convergence en norme dans H: (5. (5. Remarque 5.2 on obtient (5. h] ne s’annule pas en ce point.) A = C∞([0. On a en effet : Lemme 5. [D. Mais pour h(x) = x le maximum est en x = 1 et [D. h]|. h] est nul là où h atteint son maximum. 1]) ⊗ avec la condition au bord (5.1.

. bη = ab∗Tξ.1) Tξ. On applique ce résultat aux endomorphismes du A-module H∞ qui sont de rang un. Alors pour tout h = h∗ ∈ A. Soit ξ. Théorème 5. ∀a. où (η|ζ) est le produit à valeurs dans A.1.ξ Le résultat principal est le suivant : Théorème 6. Le symbole principal de l’opérateur (5. H. la formule suivante définit un endomorphisme du A-module H∞ : ∀ζ ∈ H∞ (6. La limite des A∗DA(1 + ε|D|)–1ξ donne Hξ .η(ζ) = (η|ζ)ξ. Les dérivations ±δj du Lemme 4. H. Soit A un opérateur régulier. η ∈ H∞. |χ(h)| maximum. Soit h = h∗ ∈ A.2. le commutateur [D. Proposition 6.1. H. vérifiant la condition d’ordre un. vérifiant les cinq conditions du §2.5.η. pour obtenir un opérateur de A dans A. h] s’annule là où h atteint son maximum.4 et du Lemme 5.82 ALAIN CONNES On montre de plus que la régularité suffit à assurer la propriété de dissipativité du Lemme 5. Le domaine de la fermeture de H est l’ensemble des ξ ∈ H pour lesquels A∗DA(1 + ε|D|)–1ξ converge en norme pour ε → 0.3. On a (6.1. Soit (A. i. Corollaire 5. D) un triplet spectral fortement régulier. Alors toute dérivation de A de la . D) un triplet spectral avec A commutative vérifiant les cinq conditions du §2.η = Tη. on a [D. h]bn → 0. Dérivations auto-adjointes Nous dirons qu’un opérateur borné A est régulier si il appartient au domaine de δm pour tout m. pour toute suite bn ∈ A.4. b ∈ A. Soit (A. D) un triplet spectral régulier. bn ≤ 1.7) Grad(h) = [D2.6. Alors l’opérateur H = A∗DA de domaine Dom D est essentiellement auto-adjoint.2) Taξ. Lemme 6.1 sont dissipatives.e. de support tendant vers {χ}. Cela résulte du Théorème 5. avec A commutative. Soit (A. h] est nul là où h atteint son maximum. Tξ∗. Corollaire 5.

a]ξ). Alors j — la mesure spectrale jointe des aα |V est la mesure de Lebesgue sur sα(V ) .3) est localement équivalente à la mesure spectrale de la représentation de A = C(X ) dans H. Pour tout ouvert V ⊂ X les mesures suivantes sont fortement équivalentes : — la restriction λ|V à V de la mesure λ de (6.1) mac ( y) ≥ n ( y) = #{ sα ( y) V } . A↑1 J où R + est l’ensemble partiellement ordonné des opérateurs positifs de rang fini.ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 83 forme (4. — L’application (t. On peut alors montrer directement la continuité absolue des mesures σ t∗ (λ) par rapport à λ. ∀y ∈ sα(V ). Nous dirons qu’une mesure μ est fortement équivalente à υ si et seulement si il existe c > 0 tel que cυ ≤ μ ≤ c–1υ. H. Soit (A.4. δ0(a) = i(ξ|[D. Alors pour tout t ∈ la mesure λ de (6.2) i. On a en effet : Lemme 7.3) ad λ = – a|D|–p. est le générateur d’un groupe à un paramètre d’automorphismes σt ∈ Aut(A) tels que — ∂t σt(a) = δ0(σt(a). ξ) est strictement positif sur V .3.1. Multiplicité spectrale La mesure (6. est fortement équivalente à ses transformées par σt . . Soit V ⊂ Uα un ouvert et aα |V la restriction des aα ∈A au sousespace 1V H ⊂ H. Proposition 6.e. . Forme locale des estimés L (p. 1 de norme ≤ 1. a) ∈ × A σt(a) ∈ A est continue. a j ] A∈R1+ . dans H. — la multiplicité spectrale mac(y) vérifie −1 (7. 1) L’obstruction de Voiculescu relative à un idéal J d’opérateurs compacts est donnée par (8.2.3) . δ0 et σt comme dans le Théorème 6. ∀a ∈ A. ∀a ∈ C(X ).1) k J ({a j }) = lim inf max [ A. — la restriction à V de la mesure spectrale associée à un vecteur ξ ∈ H∞ pour lequel (ξ. . presque partout pour la mesure de Lebesgue. On a de plus j j Théorème 7. D).

3. tels que p — les x μ définissent un homéomorphisme d’un voisinage de χ avec un ouvert de . de classe C ∞. à 1VH vérifie : (8. ∀x ∈ W = sα(V ) Corollaire 8. t ∈ p.4) −1 #( sα ( x) V ) ≤ m.2. Pour tout point χ ∈ X il existe p éléments auto-adjoints x μ ∈ A et une famille.3 ainsi que l’existence de suffisamment d’automorphismes de A pour démontrer le lemme clef suivant : Lemme 9. b1 K =1 K κJ ({aj 1K }) ≤ κp max δ(aj) ∞(λ(K)) 1/p inf –b|D|–p. V Corollaire 8.1. Il en résulte alors Lemme 9. En utilisant ce lemme. Théorème de Reconstruction On utilise le Corollaire 8. Il existe C < ∞ tel que la multiplicité spectrale mac ( x) du spectre j j absolument continu de la restriction aα |V des aα . Il existe m < ∞ tel que (8. Il existe une constante finie κp telle que pour tous aj ∈ A et tout compact K ⊂ X on ait.2) où : λ(K ) = b∈A + .1.3) V mac ( x) ≤ C .2. . — l’application x ◦ h est un difféomorphisme local. τ0 = id. avec J = L (p. p — l’application t h(t) = χ ◦ τt est un homéomorphisme d’un voisinage de 0 dans avec un voisinage de χ . τt ∈ Aut(A). L’algèbre A est localement l’algèbre des restrictions de fonctions C ∞ sur p à un ouvert borné de p. 1). l’on montre que l’on peut doter le spectre X de A d’une unique structure de variété compacte lisse telle que A = C ∞(X ).84 ALAIN CONNES Théorème 8. l’inégalité (8. ∀x ∈ W = sα(V ) .

C. 1 conférence à Oberwolfach. M. Quantum Fields. Consani. Vol. Octobre 2007. A. 2008. 1 conférence à l’IHÉS (50e anniversaire). .ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 85 Conférences Septembre 2007. Octobre 2007. A paraître dans JNT. Mai 2008. 3 conférences à Toronto (Fields Lectures). Publications A. Marcolli. Connes. Marcolli. Octobre 2007. Mai 2008. Connes. Trieste. Fun with 1. Colloquium Publications. 1 conférence à ICTP. New York. 1 conférence à Rutgers. Noncommutative Geometry. 1 conférence à NYU. American Mathematical Society. 55. 5 conférences à Vanderbilt (Fifth Spring Institute in Non-commutative Geometry and Operator Algebras). Mai 2008. M. and Motives.

.

nous . f un homéomorphisme de X. Soient X un espace topologique. c > 0 et une décomposition F-invariante E = E s ⊕ E u vérifiant F n (v s ) ≤ c λ n v s pour n ≥ 0. Un critère classique d’uniforme hyperbolicité est basé sur l’existence d’un champ de cônes vérifiant certaines propriétés. v ) = (σ n ( x ). F −n (v u ) ≤ c λ n v u pour n ≥ 0. Dans la situation considérée. R ) qui ne dépend que de la lettre en position zéro dans un élément de ∑. vu ∈ E u . f est le décalage σ : ∑→∑. R )) A . si n < 0. Jean-Christophe Yoccoz. Les cocycles uniformément hyperboliques correspondent à une partie ouverte H qu’on se propose d’étudier. Le sous-décalage ∑ étant fixé. et F est déterminé par une application A : ∑ → SL(2. Le cours a présenté des résultats obtenus en collaboration avec A. On va considérer la situation spécifique suivante : X est un sous-décalage de type fini ∑ sur un alphabet fini A. avec A n ( x ) = A x n−1 … A x 0 = − −1 A x n1 … A x −1 si n ≥ 0. 2. Un tel cocycle est uniformément hyperbolique s’il existe 0 < λ < 1.Équations différentielles et systèmes dynamiques M. E est le produit ∑ × R2. membre de l’Institut (Académie des Sciences). Bochi. l’espace des paramètres est donc (S L(2. R )) A via la formule F n ( x . vs ∈ E s . et p : E → X un fibré vectoriel de base X. Avila et J. A n ( x )v ). Un cocycle linéaire au-dessus de f est un isomorphisme F de E vérifiant f p = p F . Le cocycle F est donc déterminé par une famille ( Aα )α ∈A ∈(S L(2. professeur Cours : cocycles uniformément hyperboliques 1.

les composantes connexes de U et S sont alternées − pour l’ordre cyclique de P1 et on a Aα U ⊂ U . Appelons noyau instable (resp. notons e s (x). Lorsque ∑ est un décalage complet.α ∈A tels que Aβ Mα ⊂ Mβ pour chaque transition admissible α → β. des −1 u s composantes connexes de P 1 − K α qui rencontrent Aα K α ). pour chaque α ∈A s K α = e s ({ x ∈ . d’emploi plus simple. x −1 = α }). stable) la partie U (resp. Cette croissance est obtenue en munissant les multicônes de leur métrique de Hilbert. Dans ce cas. Le multicône M est alors un épaississement approprié de U (ne rencontrant pas S). le cocycle associé à ( Aα )α ∈A est uniformément hyperbolique si et seulement s’il existe un multicône M tel que Aα M est contenu dans M pour tout α ∈A . Lorsque ∑ est un décalage de type fini général. Alors S et U sont des parties compactes non vides et disjointes de P1 qui n’ont qu’un nombre fini de composantes connexes. Le multicône Mα est un épaississement approprié de U α . Pour x ∈ . Le critère est plus simple à énoncer lorsque ∑ est un décalage complet. De plus. En particulier.88 JEANCHRISTOPHE YOCCOZ avons découvert un critère alternatif. et la façon dont elles sont envoyées les unes dans les autres par les Aα. restent les mêmes dans une composante connexe du lieu d’hyperbolicité H. Le noyau instable (resp. On notera que les cônes stables et instables dépendent continûment des paramètres. Sα ) est alors le complémentaire de s u l’union des composantes connexes de P 1 − K α qui rencontrent Aα K α (resp. basé sur la notion de multicône. . e u (x) les directions stables et instables (considérées comme des points de P1). S) de P1 dont le complémentaire est l’union des composantes connexes de P1 – Ku qui rencontrent K s (resp. Aα 1 S ⊂ S pour tout α ∈A. posons K s = e s (∑). stable) U α (resp. Supposons inversement que le cocycle défini par ( Aα )α ∈A soit uniformément hyperbolique. non vide et distincte de P1. qui a un nombre fini de composantes connexes. x 0 = α }). Les parties U α . Sα sont compactes non vides et n’ont qu’un nombre fini de composantes connexes. Les parties U α et Aα Sα sont disjointes et leurs composantes connexes sont alternées. la condition est qu’il existe des multicônes M α . Nous appelons multicône une partie ouverte de P1 = P1(R). u K α = e u ({ x ∈ . on doit définir. K u = e u (∑). des composantes connexes de P1 – K s qui rencontrent K u). Pour voir que ces conditions impliquent l’uniforme hyperbolicité. le nombre de composantes connexes. Aα Sβ ⊂ Sα pour chaque transition admissible α → β . R) sur une base compacte) : il faut et il suffit que la norme des produits An(x) croisse de façon uniformément exponentielle. Dans le cas général d’un décalage de type fini. on fait appel à un autre critère d’uniforme hyperbolicité (valable pour les cocycles à valeurs dans SL (2. −1 On a Aβ U α ⊂ U β .

4.ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ET SYSTÈMES DYNAMIQUES 89 3. On montre aisément qu’un N-uplet hyperbolique ( Aα )α ∈A appartient à H0 si et seulement si le cône instable U est connexe. B) = (A. lorsque A est parabolique mais distincte de ± id. B). Il y a 2N composantes principales . Théorème – Les composantes de H sont exactement les composantes de H0 et les composantes des HF . Avila a montré que E est dense dans le complémentaire de H. B) telles + que Tr A > 2. on notera uA = sA l’unique direction invariante. . R))2 formée des matrices (A. β tels que uAα = s Aβ. H id est l’union de deux composantes connexes de H qui se déduisent l’une de l’autre par une conjugaison renversant l’orientation de P1 et Hid est donc union de huit composantes de H. leur union est notée H0. Deux composantes connexes distinctes sont d’adhérences disjointes. sA) la direction stable (resp. une partie compacte de (SL(2. soit il existe des indices distincts α. Tr B > 2. On désigne par E l’ensemble des paramètres ( Aα )α ∈A tels qu’il existe un point périodique x de ∑ (de période n) telle que la matrice An(x) associée soit elliptique. Pour un sous-décalage de type fini général. C’est une partie ouverte de l’espace des paramètres. TrAB < −2. D’autre part.R))2 ne rencontre qu’un nombre fini de composantes connexes. Les éléments de Hid sont exactement les paires ( A. TrA TrB TrAB < 0 . De plus. on introduit les difféomorphismes de (S L(2. Nous décrivons dans cette section le lieu d’hyperbolicité H lorsque ∑ est le décalage complet sur 2 symboles. En fait. Pour le décalage complet sur deux symboles. F−. Considérons la partie ouverte Hid de (S L(2. instable) d’une matrice hyperbolique A . Notons H id la partie de Hid formée des matrices telles que TrA > 2. Tr AB > 2. Pour F ∈M. Une composante connexe de H est dite principale s’il existe (ε α )α ∈A ∈{−1. + 1} A tel que (ε α A )α ∈A appartienne à cette composante pour toute matrice A telle que TrA > 2. TrB > 2. Pour décrire toutes les composantes connexes de H. on pose HF = F−1 (Hid). et on note M le monoïde (libre) engendré par F+. Chaque HF a donc 8 composantes connexes. B) = (BA. On suppose dans cette section que ∑ est un décalage complet sur N ≥ 2 symboles. on a un résultat plus précis. AB). disjointe de H. F décrivant M. alors soit l’une des matrices Aα est parabolique. si un N-uplet ( Aα )α ∈A appartient à la frontière ∂H0 . R))2 F+(A. On a désigné par uA (resp. F−(A. + On montre que Hid est contenu dans H − H0. B ) ∈H telles que le noyau instable U a deux composantes connexes.

et enfin alternativement. On munit O( p 0 q 0 ) O( p1 q1 ) de l’ordre cyclique l’union disjointe O := O( p q ) suivant (où Θ0. Posons IA = [0.1] → { A. puis le mot Θ( R q1 q (0)) = Θ(1 − ). IB = [1 − p q . Si on se trouve dans les cas iii) ou iv) on applique à nouveau le lemme à la paire obtenue. ii) ( A. Le cas i) est impossible par hypothèse. B) n’appartient pas à H0 . où q désigne la longueur du mot F(AB) et p le nombre d’occurences de B dans ce mot. On dispose d’une description explicite des multicônes correspondant aux composantes non principales de H pour le décalage complet sur 2 symboles. Pour x ∈[0. alors une et une seule des quatre propriétés suivantes est satisfaite : i) AB est elliptique . Indiquons quel est le lemme principal dans la démonstration des théorèmes précédents. On dit qu’une paire (A. 1). Ceci étant. iii) (A. Θ1 sont définis à partir de p 0 q 0 . On prend donc une paire (A. L’image Θ([0.1)) = : O( p q ) est un ensemble de q mots de longueur q qui se déduisent les uns des autres par permutation cyclique. Notons M* le monoïde opposé de M . B) est tordue si A et B ne sont pas elliptiques et (A. Soit [ p 0 q 0 . et notons θ : [0. 0 < j < q 0 .1). Il s’agit de voir qu’on ne peut indéfiniment éviter le cas ii). Θ1(0) puis on rencontre alternativement.90 JEANCHRISTOPHE YOCCOZ Théorème – On a ∂E = ∂H = (H ∪ E )c . Si (A. B) est tordue. tr B. on veut montrer que (SL(2. p1 q1 ] l’intervalle de Farey dont p q est le centre. les mots Θ( R ip q (0)) et Θ 1( R ip1 q1 (0)). il existe une composante de (S U )c dont les extrémités sont sC et uC. iv) (BA. 1 − p/q).B} l’application qui vaut A sur IA et B sur IB. et les 2q composantes connexes du complémentaire de S U sont naturellement paramétrées par O : pour C ∈O. 1 0 < i < q1.1). 5. F ∈M. posons Notons Rp/q l’application x Θ( x ) = (θ ( R ip q x )) 0≤i < q . . E et des HF . L’application j est une bijection de M* sur Q ∩ (0. tr AB) au cours de ce processus. par ordre lexicographique croissant. p1 q1 comme l’a été Θ à partir de p q ) : on commence par Θ0(0). les mots Θ 0 ( R p0 q 0 (0)) et Θ( R p q (0)). ce qui résulte de l’étude de la dynamique sur les triplets (tr A. les cônes stable et instable ont chacun q composantes connexes. posons j ( F ) = p q . B) qui n’appartient pas à H0 ∪ E et on applique le lemme. Fixons p q ∈Q ∩ (0. B) appartient à une composante connexe de H associée à p q . x + p q mod 1. pour F ∈M*. Lemme – Si (A. Θ(0). B ) ∈ Hid . par ordre p q −j −j lexicographique décroissant. B) est tordue. AB) est tordue . R))2 est l’union disjointe de H0.1).

Cet homomorphisme possède de plus les propriétés suivantes : il est hyperbolique. iii) C ∩ (Mu × Mu) est le graphe {(xu. iv) C peut être muni d’un ordre cyclique tel que l’élément suivant (x. y+). Les correspondances monotones forment un monoïde associatif C (M) pour la composition. on introduit la notion de multicône combinatoire : un ensemble fini M = Mu Ms muni d’un ordre cyclique tel que Mu et Ms soient de même cardinal et alternés. c’est-à-dire que les images des C u recouvrent Mu et les images des α recouvrent M . soit (x+. Cs s En résumé. soit (x. Chaque Aα définit une correspondance monotone C α. α et il est réduit. Notons FN le monoïde libre à N générateurs (indexés par l’alphabet A. On appelle correspondance monotone une partie C de M × M telle que i) C ⊂ (Ms × Ms) ∪ (Mu × Mu) . On appelle rang de M le cardinal q = # Ms = # Mu. Soient alors H une composante connexe du lieu d’hyperbolicité H. tout morphisme hyperbolique réduit est associé à exactement 4 composantes de H (se déduisant les unes des autres par changements de signes). On revient dans cette section au cadre général d’un décalage ∑ de type fini. ii) C ∩ (Ms × Ms) est le graphe {(Cs(xs). xu ∈ Cu} d’une application Cu : Mu → Mu . on peut construire des exemples de morphismes hyperboliques réduits avec N > 2 qui ne sont associés à aucune composante de H. y) est soit (x++. restent invariants par déformation donc constants dans chaque composante connexe de H. 7. xs ∈ Cs} d’une application Cs : Ms → Ms . y). Inversement. Par contre. c’est-à-dire que l’image de tout mot assez long est une correspondance constante . à chaque composante de H est associée un multicône combinatoire M et un morphisme hyperbolique réduit de FN dans C (M). . U ). donc on a un homomorphisme de FN dans C (M). y++) (on note x+ l’élément suivant x pour l’ordre cyclique de M). Cu (xu)). Mu) correspondent aux composantes de S (resp. ainsi que la dynamique induite par les Aα sur les composantes de S et U . Les éléments de Ms (reps. xs). On suppose dans cette section que ∑ est un décalage complet sur N ≥ 2 symboles. Pour formaliser ceci. et (Aα)α∈A un paramètre appartenant à ∂H. lorsque N = 2. On dit qu’une correspondance monotone est constante si Cs et Cu le sont. On a remarqué plus haut que le nombre de composantes de S et U .ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ET SYSTÈMES DYNAMIQUES 91 6.

les entiers k.92 JEANCHRISTOPHE YOCCOZ Théorème – L’une au moins des deux propriétés suivantes a lieu : i) il existe un point périodique x de ∑. comme c’est le . l’hypersurface {CuB = sA} sépare un voisinage V de (A0. Corollaire – Chaque composante connexe de H est un ensemble semi-algébrique. E )c. Lorsque ∑ est un décalage complet. B0. trAαAβ est bornée sur Z. l’une est contenue dans H tandis que l’autre rencontre H suivant une suite de composantes connexes dont les combinatoires associées sont de plus en plus compliquées. H n’est pas une composante principale. pour le décalage complet sur 2 symboles. tel que |trAk(x)| = 2 . R))N vérifiant H ⊂ g gKg −1 ? On dispose d’un critère intéressant pour tester cette propriété : une partie Z de (SL(2. Le bord de chaque composante est aussi semi-algébrique. de période k. en raison d’un phénomène de bifurcation hétérocline. R))3 avec ( A0 . l. et (Aα) ∈ ∂H comme ci-dessus. Mentionnons ici simplement l’une d’entre elles : existe-t-il des composantes connexes H de H qui soient bornées modulo conjugaison. C0) ∈ + (SL(2. toute partie compacte de l’espace des paramètres ne rencontre qu’un nombre fini de composantes connexes de H. Ceci n’est plus vrai quand on considère le décalage complet sur 3 symboles. y de ∑. B 0 ) ∈ H id C 0uB 0 = sA0. de période respective u s k et l. ii) (connexion hétérocline) il existe des points périodiques x. un entier n ≥ 0 et un point z ∈W loc ( x ) ∩ σ −nW loc ( y ) tels que Ak(x). C0) en deux composantes . On a étudié une occurrence de ce phénomène : on a un triplet (A0. Par contre. Al(y) soient hyperboliques et on ait : An(z) · u(Ak(x)) = s(Al(y)). B0. H lui-même n’est pas (en général) semi-algébrique. c’est-à-dire telles qu’il existe une partie compacte K de (SL(2. 9. De plus. puisqu’il a une infinité de composantes connexes. De nombreuses questions concernant H et ses composantes connexes restent ouvertes. même pour les décalages complets sur N ≥ 3 symboles. 8. on peut montrer qu’aucun produit des Aα ne peut être égal à ± id. Localement dans l’espace des paramètres.R))N est bornée modulo conjugaison si et seulement si chacune des fonctions trAα. On aimerait aussi savoir si on a toujours ∂H = ∂E = (H cas pour le décalage complet sur 2 symboles. n sont majorés par une constante ne dépendant que de H. On a vu que.

26 novembre-7 décembre 2007 : Mission à l’Instituto de Matematica Pura e Aplicada à Rio de Janeiro. – Exponential mixing for the Teichmüller flow. Séminaire Bourbaki. 385-401. Espagne. Volume 2005/2006. 2-6 juin 2008 : Une conférence lors d’un workshop “Dynamique dans l’espace de Teichmüller” à Roscoff. et une cinquième lors d’un workshop la semaine suivante. Canada. Chéritat]. IHP.ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ET SYSTÈMES DYNAMIQUES 93 Conférences. Avila et S. Italie. Math. 5 mars 2008 : Conférence lors de la journée de Rham à l’École Polytechnique de Lausanne. 17 décembre-21 décembre 2007 : Mission à la Scuola Normale Superiore de Pise. Suisse. 5-16 mai 2008 : Mission à l’Université de Montréal. 14 juin 2008 : Conférence au Séminaire Bourbaki. exposé n° 966. Paris. j’ai donné 4 conférences dans ce cadre. 26-30 mai 2008 : Coorganisateur d’un colloque à la mémoire d’Adrien Douady à l’IHP. IHES (104). Trieste. Missions 11 octobre 2007 : Colloquium à l’Université de Provence. 143-211 (avec A. 7-18 juillet 2008 : Co-directeur d’une école d’été en Systèmes dynamiques à l’ICTP. 16 avril 2008 : Colloquium à l’Université Paris-Nord. Titulaire de la chaire Aisenstadt. 4-8 février 2008 : Mini-cours de 4 conférences dans le cadre d’une École d’hiver à Séville. Gouezel). Publications – Ensembles de Julia de mesure positive et disques de Siegel des polynômes quadratiques [d’après X. . 2007. Astérisque (311). Buff et A. Paris. Italie. Brésil. Publ.

.

chaque joueur interagissant avec les autres en « moyenne ».Équations aux dérivées partielles et applications M. Jean-Michel Lasry. Les équations que nous introduisons de cette manière sont très générales et contiennent comme cas particuliers de nombreux systèmes et équations classiques : les équations elliptiques semilinéaires. suite de celui de l’an dernier. nous considérons des équilibres de Nash à N joueurs. Introduction Le cours. D’autres domaines d’applications concernent les transports et l’étude du trafic ou la Biologie et l’Écologie. Pierre-Louis Lions. Plus précisément. les modèles cinétiques (équations de Vlasov. les équations des milieux poreux. Professeur Cours : Jeux à champ moyen (suite) 1. Fokker-Planck. d’analyser et d’appliquer dans différents contextes une nouvelle classe de modèles mathématiques permettant d’étudier des situations faisant intervenir un très grand nombre de joueurs rationnels (au sens de l’Économie. Ce type de situations est fréquent en Économie et en Finance où chaque agent (joueur) optimise ses actions en tenant compte d’informations globales c’est-à-dire moyennées sur l’ensemble des joueurs. appelée théorie des « jeux à champ moyen ». a porté sur une théorie nouvelle élaborée en collaboration avec M. et analysons mathématiquement ces systèmes. les équations de type Hartree de la Mécanique Quantique. c’est-à-dire optimisant leur comportement). les équations d’Euler compressibles de la Mécanique des Fluides. membre de l’Institut (Académie des Sciences). Boltzmann…). faisons tendre N vers l’infini. obtenons ainsi des systèmes d’un type nouveau d’Équations aux Dérivées Partielles (EDP en abrégé) non linéaires modélisant des équilibres (ou points de Nash) pour des continua de joueurs. L’objectif de cette théorie est d’introduire rigoureusement. les équations du transport optimal de masse (problème de Monge-Kantorovich) ou les équations d’Euler-Lagrange associées à des problèmes de contrôle optimal d’EDP… .

ayant les mêmes caractéristiques). 42 (1971). preprint. ou aussi simplement le cas 1. Arch. théorie du transport et systèmes de particules (éventuellement stochastiques) en interaction. On the large N limit of the Itzykson-Zuber integral. Grunbaum 1 qui contient une esquisse du cadre général abstrait que nous introduisons. grandes déviations pour des EDP stochastiques. nous ne considérons ici que le cas de variables décrivant un ensemble Q = O où O est un ouvert borné régulier de d (d ≥ 1) muni de la métrique euclidienne usuelle (|x – y|) — nous pourrions aussi bien considérer le tore ou [0. De plus. Anal. Signalons en outre une direction importante de notre théorie : dans tout ce qui précède.. 1]d avec périodicité. Ce cadre mathématique permet de comprendre le comportement asymptotique des fonctions symétriques d’un grand nombre de variables et de leur calcul différentiel. . Enfin. Mech. le cours a porté sur le cadre théorique mathématique nécessaire à la justification (rigoureuse) de la limite quand le nombre de joueurs N tend vers l’infini. indiquons que les résultats que nous présentons s’appliquent à de nombreux autres sujets que la théorie des jeux à champ moyen : EDP à N variables quand N tend vers l’infini. le nombre total de joueurs n’est pas nécessairement constant dans le temps (naissance et mort. ou organismes vivants…). et les considérations heuristiques d’A. chaque catégorie étant composée d’un très grand nombre de « joueurs identiques ». Indiquons simplement qu’un cas particulier de notre théorie est celui où les joueurs n’ont plus de possibilité d’influer sur (en optimisant) leur comportement et sont alors soumis passivement aux interactions avec le reste des joueurs ce qui est bien sûr le cas des « particules » en Physique ou des éléments de matière en Mécanique des milieux continus. dont beaucoup restent à résoudre. nous avons implicitement considéré un ensemble homogène de joueurs « identiques » (en fait. échanges d’attributs…). Il est donc clair que la classe de systèmes que nous obtenons par cette approche de modélisation est extrêmement vaste et que de très nombreuses questions d’Analyse Mathématique se posent. 2. Les systèmes que nous introduisons dans ces cas contiennent alors comme cas particuliers des modèles de dynamique des populations ou de réactions chimiques… Cette année. p. Matytsin 2. 2. Signalons le travail antérieur d’A. ainsi que des solutions symétriques d’EDP en très grande dimension. Rat. 323-345. Il est en fait utile et souvent réaliste d’introduire plusieurs catégories de joueurs (ou agents. Fonctions symétriques d’un grand nombre de variables Afin de simplifier la présentation et les notations.96 PIERRELOUIS LIONS La terminologie « champ moyen » provient de la Physique et de la Mécanique et est naturelle puisque notre approche contient effectivement les théories classiques de champ moyen en Physique et en Mécanique (voir d’ailleurs les exemples mentionnés plus haut). Propagation of chaos for the Boltzmann Equation.

ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 97 d’un espace métrique Q compact quelconque. …. N En observant que les mesures m X sont denses dans P. xN) symétriques par rapport à (x1. dp (X. L’objectif étant de comprendre le comportement quand N tend vers l’infini de suites de fonctions « continues » uN(x1. Y ∈ Q LP ( X . ∀ σ ∈ SN. où X = (x1. On note enfin P = P (Q) l’ensemble des mesures de probabilité sur Q. ….e. il nous faut introduire diverses 1 métriques sur QN (et sur l’espace quotient QN/SN ) : d p ( X . P) i N i =1 nontrivial (fixé dans tout ce qui suit) prenant les valeurs x1.Y ) = inf d LP ( X . …. Malheureusement.Y σ ).Y ) < ε } = 0 ⎪ ⎩ (1) Alors. Y ) = inf {ε > 0 / N (#{i / x i − y i > ε }) < ε }.Y ) = ( N ∑ x i − y i p )1/p i =1 N (pour 1 σ ∈S N p 1 ∞). m2) = inf {ε > 0. …. dLP (m X . d ). ∀ X ∈ QN. Y ). soit une variable aléatoire dans un espace de probabilité (Ω. espace N métrique compact pour les distances dites de Wasserstein dp (m1.Y σ ). …. X a pour loi m1. d LP ( X . σ ∈S N L’idée essentielle sera de considérer un point X = (x1. d LP ( X . on notera Pp l’espace P muni de la distance dp et P = P2. m2) = inf {E [|X – Y|p]1/p / X ∈ L p (Ω . On suppose que ⎧sup sup | u N ( X ) |< ∞. xN avec probabilité 1 . xσ(N ))) et SN désigne le groupe des permutations de l’ensemble {1. xd) ∈ QN (i.d ⎪−u N (Y ) | / X . P (|X – Y | > ε) < ε}. mY ) = dp (X. lim sup sup{| u N ( X ) ⎪ ⎪ N X ∈Q d ε →0 N ⎪ ⎨ ⎪ N . demi-limites au sens des solutions de viscosité…). xN) ∈ QN (identifié à ses permutations…) comme soit une mesure de probabilité « empirique » N mX = 1 N ∑ δ x . réitération. Toutes ces distances (à nouveau si p < ∞) induisent sur P la convergence faible des mesures et N N N N on a bien d p (m X . Y). F. …. modules de continuité en d ∞ . xN). Enfin. Y a pour loi m2} (en tout cas pour p < ∞) ou de Lévy-Prohorov dLP (m1. . on peut extraire une sous-suite (encore notée uN pour simplifier) telle qu’il existe U ∈ C (P ) vérifiant (2) N →∞ X ∈Q N lim N sup | u N ( X ) − U (m X ) | = 0 Remarques : i) De multiples variantes et extensions de ce résultat sont possibles (plusieurs groupes de variables symétriques. …. Y ) = inf d p ( X . mY ) = dLP (X. on obtient facilement le Théorème 1 : Soit uN ∈ C (QN) symétrique. la terminologie consacrée oublie que les distances dp ont été introduites (et identifiées dans le cas p = 1) par Monge et Kantorovich. uN (X ) = uN (Xσ). N }). Xσ = (xσ(1).

k (3) M k (m ) = QK ϕ i =1 dm( x i ) . ce qui n’est pas le cas du calcul différentiel élaboré (ou esquissé) dans l’espace (dit) de Wasserstein par de nombreux auteurs. Le résultat ci-dessous est en quelque sorte dual d’un résultat classique à savoir le théorème d’Hewitt et Savage (que l’on peut en fait redémontrer très simplement grâce à notre point de vue…). Calcul différentiel Le but est de définir sur P un calcul différentiel compatible avec la limite considérée au paragraphe précédent. après extraction éventuelle d’une sous-suite. On dit alors que fN converge vers π (et on dira que uN converge vers U si (2) a lieu). d )) possédant la propriété d’invariance ou de symétrie suivante : U (X ) = U (Y ) si X et Y ont la même loi. iii) Il sera utile dans la suite d’observer qu’une fonction U dans C (Pp) peut être identifiée à une fonction dans C (L p) (où L p = L p (Ω . Théorème 2 : Soient U ∈ C (P). On note CL le sous-espace vectoriel formé composé de telles fonctions. Alors. étant donnés k 1 (ordre) et ϕ ∈ C (Qk) ou pour simplifier C ∞ (Qk) symétrique (coefficient). uN ∈ C (QN) symétrique et fN ∈ P (QN) symétrique. On suppose que uN converge vers U et que fN converge vers π. vers f dxk + 1 (∀k 1). si ( fN)N 1 est une suite de mesures de probabilité sur Q N symétriques. f k = ∫ f k + 1 faiblement. Et la donnée d’une telle suite consistante ( f k)k 1 est équivalente (Hewitt-Savage) à la donnée d’une mesure de probabilité π sur P telle que f k = ∫P k i =1 m( x i ) d π (m ). Bien sûr. on k peut supposer que les marginales f N = ∫ f N ( X )dx k +1 …dx N convergent k ∈ P (Q k) symétrique.e. . Et l’ensemble des polynômes est dense dans C (application du théorème de Stone-Weierstrass ou démonstration constructive directe…). pour tout k 1.98 PIERRELOUIS LIONS ii) Un exemple important de fonctions U dans C (P ) est fourni par les polynômes i. les combinaisons linéaires finies de monômes définis par. Rappelons que. La présentation la plus simple de notre calcul différentiel consiste en se servir d’une part de la structure Hilbertienne de L2 (Ω) et du calcul différentiel induit et d’autre part de la troisième remarque faite après le théorème 1. π ∈ P (P). on a (4) QN uN d f N → U (m ) d π (m ) si N → ∞ P Remarque : Si π = δf (« chaos moléculaire »…) alors on déduit de (4) le fait suivant (5) QN | uN − QN u N d f N |2 d f N → 0 si N → ∞ 3.

dt où mt est défini par ∫Q ϕ dmt = ∫Q2 ϕ ((1 – t) x + ty) dM (x. les résultats mentionnés ci-dessus ne sont que des échantillons (à peine) représentatifs du calcul différentiel mis en place et présenté dans le cours. Remarque : Bien sûr. On dit alors que U est différentiable en m0 ∈ P s’il existe X0 tel que L ( X 0 ) = m0 et U L est différentiable en X0 (on peut vérifier que cette propriété est équivalente à la différentiabilité de U L en tout point de L −1(m0 )). a (0 < α biais : par exemple. y) ∈ P (Q 2). pour tous X. peut s’illustrer par l’exemple suivant des résultats que nous avons obtenus. alors U définie par U (m ) = U ( X ) si L ( X ) = m est différentiable en m0 = L ( X 0 ) et U ′( X 0 ) (∈ L2 (Ω)) est mesurable par rapport à la tribu engendrée par X0. Tel est bien le cas et nous nous contenterons d’illustrer ces deux faits par quelques exemples. Si U est une fonction définie sur P (ou sur un voisinage de m0 ∈ P ) alors U L est définie sur L2 et U L ( X ) = U L (Y ) si X et Y ont même loi. Bien sûr. y). on note L l’application qui à X ∈ L2 (Ω) associe sa loi. il est naturel de définir les fonctions C k. Ensuite. (8) |(πN U ) (Y ) – (πN U ) (X ) – (∇(πN U ) (X ). U ∈ C 1 (P) si U L ∈C 1 ( L2 )… 1) sur P par ce Se posent alors les questions de savoir si le calcul différentiel que nous venons de définir est i) d’une part intrinsèque. la notion naturelle de variations dans P correspond au transport des mesures par des champs de vecteur B sur d (ou sur Q…) supposés. m1 )ω (d 2 (m0 .ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 99 Plus précisément. Y ) ω (d2 (X. à savoir la cohérence avec la limite étudiée précédemment. on montre que si U est différentiable en m0 alors U (mt ) est dérivable en t = 0 et d U (mt ) |t =0 = E[∇(U L )( X 0 ) B( X 0 )] où L ( X 0 ) = m0 dt De plus. on peut démontrer que si U est différentiable en X0 ∈ L2 et U ∈CL ( L2 ) (par exemple). Y )). Y – X )| d2 (X. En N notant πN U la fonction symétrique définie sur QN par π N U ( X ) = U (m X ). réguliers. Le deuxième point. U est différentiable en m0 si et seulement si on peut trouver U . pour simplifier. Signalons qu’il est possible d’obtenir de nombreuses autres . C k. Tout d’abord. En identifiant différentielle et gradient grâce à la structure Hilbertienne de L2 (Ω). U ∈C 1( P ) telles que : U U U sur P et U (m0 ) = U (m0 ).α ( L2 ). U (mt )| t =0+ dt existe et (6) (7) d U (m1 ) | d 2 (m0 . on démontre que U ∈ C1 (P ) si et seulement si il existe un module de d continuité uniforme ω tel que. En notant par (mt )t ∈ le groupe induit. pour toute mesure M (x. α (P ) (0 α 1) si et seulement si U L ∈C L 0. Y ∈ QN. ii) d’autre part cohérent avec la limite « N → ∞ ». m1 )) . U ∈ C 0. ∀ϕ C (Q). on démontre que U ∈ C1 (P) si et seulement si πN U ∈ C 1 (QN ) et il existe un module de continuité uniforme ω indépendant de N tel que. |U (m1 ) − U (m0 ) − Enfin.

. on démontre que u N N U ∈ C ( P ×[0. nous pouvons ainsi introduire une notion de fonction convexe sur P (U est convexe si U L est convexe sur L2) qui a de nombreuses applications… 4. on peut alors écrire une équation « Eikonale » dans P et démontrer que la formule (12) est bien l’unique solution (de viscosité) de cette équation. t ) = inf u N (Y ) + 1 d 2 ( X . j =1 ∑ ∇x ∇x U N = 0 dans ( i j N d ) N ×]0. 2t 1 d 2 (m. m ′ ) 2 . ) = 0 et U |t =0 = U 0 ∂x i ∂x i 2 ∑ i =1 d ∂m ∂m Il est bien sûr possible et utile d’aller au-delà de ces deux exemples. nous nous contenterons de quelques exemples. ce que nous ferons dans le cours de l’année 2008-2009. +∞[ i 0 uN |t =0= u N 0 0 → où u N est symétrique et u N N U 0 ∈ C ( P ). 2t Bien sûr. La solution (de viscosité) de (9) est donnée par la formule de Lax-Oleinik (11) u N ( X . ∞[ ) où U est l’unique solution (de viscosité par exemple) d’une équation de diffusion sur P que l’on peut écrire formellement comme (14) ∂U ∂t i . d’introduire des méthodes de régularisation et d’étudier l’approximation (par exemple par des polynômes)… Enfin. α2 2 Δm ) − β2 D 2U ( .100 PIERRELOUIS LIONS caractérisations. uN est symétrique et u N N U ∈ C ( P ×[0.Y ) 2 . + ∞[ + (∇U . Exemple 2 : Équation de diffusion à coefficients constants On considère la solution uN de (13) ∂u N ∂t − α2 2 ∑ i =1 N Δ xi u − N − β2 2 avec la condition initiale (10). Là encore. t ) = inf U 0 (m ′ ) + m′∈P Grâce au calcul différentiel introduit ci-dessus. + ∞[ ) donnée par (12) U (m. Équations aux dérivées partielles Là encore. Exemple 1 : Équation eikonale On considère la solution uN (solution de viscosité) de (9) ∂u N +N ∂t avec la condition initiale (10) ∑|∇x u N |2 = 0 dans ( i d )N ×]0.

Université Paris-Dauphine). New York). — 28 mars 2008 : Herbert Koch (Université de Bonn). Séminaire de Mathématiques Appliquées — 12 octobre 2007 : Olivier Pironneau (Laboratoire J. Strong uniqueness for elliptic and parabolic equations.-L. Méthodes adaptatives en dynamique moléculaire. — 9 novembre 2007 : Christian Klingenberg (Université de Wuerzburg. Autour des grandes cartes planaires aléatoires. « Rigidité » dans les matériaux fracturés. Régularité d’EDS rétrogrades et approches probabilistes pour la résolution d’équations semilinéaires paraboliques. — 4 avril 2008 : Tony Lelièvre (CERMICS.ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 101 Cours et Séminaire Cours : Le cours a eu lieu du 12 octobre 2007 au 11 janvier 2008. — 15 février 2008 : Jean-François Le Gall (Université de Paris-Sud 11). — 30 novembre 2007 : Albert Cohen (Laboratoire J. Université Paris 6). Propagation d’interfaces avec termes non locaux. — 19 octobre 2007 : Bruno Bouchard (Ceremade. Allemagne).-L. — 23 mai 2008 : Nader Masmoudi (Courant Institute of Mathematical Science).and Magnetohydrodynamics. Encore et toujours l’équation de la chaleur. Université Paris 6). École Polytechnique). Lions. Passage à la limite de Klein-Gordon-Zakharov vers Schrödinger non linéaire. Un résultat de compacité pour l’état de Landau en micromagnétisme. — 11 janvier 2008 : Jean-Michel Morel (CMLA-ENS Cachan). Méthode de Monte Carlo pour les EDP non linéaires. — 8 février 2008 : Sergio Guerrero Rodriguez (Université de Paris 6). Lions. — 1er février 2008 : Sylvia Serfaty (Université de Paris 6 & Courant Institute. — 7 décembre 2007 : Stefano Olla (Ceremade. — 11 avril 2008 : Claude Viterbo (École Polytechnique). — 23 novembre 2007 : Nizar Touzi (CMAP. De la théorie de PerronFrobenius à la programmation dynamique et vice versa. — 21 mars 2008 : Peter Constantin (Université de Chicago). Lions.-L. Triangulations adaptatives et algorithmes greedy pour l’approximation et l’apprentissage. Homogénéisation symplectique. Configurations de vortex dans le modèle de Ginzburg-Landau de la supraconductivité. — 16 mai 2008 : Antonin Chambolle (École Polytechnique). Contrôle optimal singulier pour quelques équations aux dérivées partielles. Université Paris 6). ENPC). — 18 janvier 2008 : Pierre Cardaliaguet (Université de Brest). Université Paris-Dauphine). — 16 novembre 2007 : Xavier Blanc (Laboratoire J. Zooms numériques et méthodes de sous-domaines. Particles and Fluids. — 25 janvier 2008 : Stéphane Gaubert (INRIA-Rocquencourt). Modèles microscopiques pour la conductivité thermique. Quelques résultats d’hypocoercivité en théorie cinétique collisionnelle. — 14 mars 2008 : Radu Ignat (Université de Paris-Sud 11). New numerical solvers for Hydro. — 14 décembre 2007 : Clément Mouhot (Ceremade. Vortex dans des condensats de Bose-Einstein en rotation rapide. . Université Paris-Dauphine).

Cardialaguet et P. 391-426. En collaboration avec J.-M. 103-172. p.P. Lasry. En collaboration avec J. — On the energy of some microscopic stochastic lattices. En collaboration avec M. Souganidis. — Existence and uniqueness of solutions to Fokker-Planck type equations with irregular coefficients. P. Non Linear Analysis.-M. 41 (2007). # 1919. 33 (2008).H. Lasry. En collaboration avec P. — Deux remarques sur les flots généralisés d’équations différentielles ordinaires. 41 (2007). Maths. ESAIM M2AN. 1-16.R. 344 (2007). En collaboration avec C. Blanc et C.H. 24 (2007).E. — A discussion about the homogenization of moving interfaces. 15-20. Japanese Journal of Mathematics. 24 (2007). Le Bris. Hauray et C. (2007). — 13 juin 2008 : Ivan Gentil (Ceremade. Le Bris. p. 345 (2007). Paris. Variational principles for elastodynamics and Maxwell’s equations in inhomogeneous bodies. En collaboration avec M. p. — Large investor trading impacts on volatility.E. . — Molecular simulation and related topics : some open mathematical problems. — Préface du numéro spécial de ESAIM M2AN sur la Modélisation Moléculaire. C. Economica. 759-764. Annales de l’I. En collaboration avec X. A paraître dans J. 361-368. 303-340.D. p.102 PIERRELOUIS LIONS — 30 mai 2008 : François Golse (École Polytechnique). Springer. Arch.-M.-A. — Instantaneous self-fulfilling of long-term prophecies on the probabilistic distribution of financial asset values.-M. Annales de l’I. 2008. Lasry. Comm. 21 (2008). 1272-1317. En collaboration avec J. Publications — Towards a self-consistent theory of volatility. Masmoudi. Non Linear Analysis. Sur l’équation du transport stochastique et les EDS avec dérive irrégulière. En collaboration avec J. En collaboration avec N.P. Lasry. — Préface de Finance and Sustainable Developement.. 24 (2007). 184 (2007). — Atomistic to continuum limits for computational materials science. Le Bris. — Trois chapitres du Lecture Notes in Maths. Blanc et C. Convergence entropique et inégalités fonctionnelles. Blanc et C. 311-323. p. Musiela. p. — 6 juin 2008 : Massimiliano Gubinelli (Université de Paris-Sud). Non-linearity. Non Linear Analysis. En collaboration avec M. — 20 juin 2008 : Graeme Milton (University of Utah).-M. En collaboration avec X. Université Paris-Dauphine). Lasry. Mech. Acad. Anal. 2 (2007). En collaboration avec J. — Résumé du Cours au Collège de France (2006-2007) : Jeux à champ moyen. En collaboration avec X. Paris-Princeton Lectures In Mathematical Finance 2004. — Mean Field Games. p. — Convexity and non-convexity of option prices for SABR models. C. — Correlations and bounds for stochastic volatility models. Lasry. Le Bris. Chiappori et J.H. Le gaz de Lorentz périodique dans la limite de Boltzmann-Grad. Paris. Berlin. Acad. Rat.R. Le Bris. 229-260. — Stochastic homogenization and random lattices. Musiela. Sci. Annales de l’I. Pures Appl. p. Sci. p. En collaboration avec P.. Paris. p. — Global existence of weak solutions to some micro-macro models.P.-M.

La Havane. Rosario (26 octobre 2007). — Membre du Visiting Committee du CEA. (18 octobre 2007). — Membre du Haut Conseil de la Science et de la Technologie. — Président du Conseil Scientifique de l’ENS puis Membre du Conseil d’Administration de l’ENS. Invitations. — Professeur à temps partiel à l’École Polytechnique. d’Argentine et du Brésil . — Conférence publique à l’Académie des Sciences. « Topics in PDE and applications 2008 ». — Conférence « Magna ». — Cours (8 h) à l’Université du Texas à Austin (10-21 février 2008). Tunis (5 février 2008). Mello (27 juin 2008). UFRJ. Bruxelles (15-16 avril 2008. — Président du Conseil Scientifique d’EDF. de l’Académie des Sciences d’Italie. Vienne. — Cours (2 h) à l’Université de La Havane (28 février 2008). — Conférence à l’Académie des Sciences d’Autriche : Johann Radon Lectures. Naples (11-14 octobre 2007). — Conférences du Collège de France à Tunis « L’homme artificiel ». — Conférence pour l’élection à l’Académie des Sciences d’Argentine. — Cours (8 h) à l’Université du Texas à Austin (13-26 janvier 2008). « Analyses. Responsabilités collectives et fonctions diverses — Membre de l’Académie des Sciences . de l’Istituto Lombardo. on the occasion of the 60th birthday of Tadeusz Iwaniec. . Bibliothèque Nationale (4 février 2008). modèles et simulations ». — Cours (6 h) dans le cadre du « Collège de France à Bruxelles ». Académie des Sciences du Brésil. Rio de Janeiro (8 mai 2008). — Conférence au Congrès « 8th International Conference on Operations Research ». — Président du Conseil Scientifique du CEA-DAM. — Président du jury du prix « Science et Défense ». Ischia. — Président du Conseil Scientifique de ParisTech. — Conférence dans un lycée dans le cadre de la « Junior Academy ». Château de la Princesse. — Président du Conseil Scientifique de la Fondation de Recherche pour l’Aéronautique et l’Espace. de l’Académie des Technologies . — Président du Conseil Scientifique de France Telecom. Conférences — Conférence au Colloque « Geometric Function Theory and Nonlinear Analysis ». Grenade (7-9 avril 2008). — Cours (4 h) à l’École d’Été.ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 103 Missions. 21-22 avril 2008). — Conférence au Colloque « Chicago-Paris Workshop in Financial Mathematics ». — Conférence COPEA. Vienne (17 octobre 2007). — Président du Conseil Scientifique de la Chaire de Finance et Développement Durable de l’Université Paris-Dauphine. Cuba (28 février 2008). Rio de Janeiro (6 mai 2008).

Morningside Institute. — Membre du Conseil d’Administration et du Conseil Scientifique de la Fondation Sciences Mathématiques de Paris. Chinese Academy of Sciences. — Membre de l’International Advisory Board de l’Institute of Mathematical Sciences de l’Imperial College. . — Membre du Conseil d’Administration de la Fondation d’Entreprise IXIS.104 PIERRELOUIS LIONS — Membre du Conseil Scientifique de l’Institut Europlace de Finance. REECH. — Conseiller Scientifique auprès de BNP PARIBAS. Fisiche e Mathematiche « Vito Volterra ». — Membre du Conseil Scientifique de la Fondation du Risque. — Membre du Board of Trustees et du Conseil Scientifique de l’IMDEA (Madrid). — Membre du Scientific Advisory Panel de l’European Mathematical Society. EADS-ST. — Membre fondateur du Comité International de l’« International Summer School of Applied Mathematics ». — Administrateur de Sark et Channel Bridge. — Membre de la Société des Amis du Palais de la Découverte. — Membre du Comité d’Orientation de l’ENS. Chimiche. — Membre du Comité des Programmes Scientifiques du CNES. CALYON. — Membre de l’International Advisory Board of the Scuola di Dottorato in Scienze Astronomiche.

a trouvé : • la définition de la fonction zêta dite « de Riemann » comme somme infinie. p premier 1 − p • les formules ζ(2 ) = π2 6 . ζ( 4 ) = π4 90 . professeur Cours : Fonctions de Green et valeurs spéciales de fonctions L Le thème du cours de cette année était le lien entre les valeurs spéciales des fonctions L motiviques (et de leurs dérivées) d’un côté et les invariants algébrogéométriques des objets auxquels ces fonctions sont liées de l’autre. Travaux d’Euler L’année 2007 ayant été le 300e anniversaire de la naissance d’Euler. Les invariants en question. sauf pour rappeler qu’Euler. … . dans ses travaux datés de 1734 et 1749. ζ(6 ) = π6 945 . 1 ζ( s ) = ∏ −s . • la décomposition multiplicative de cette fonction comme produit portant sur les nombres premiers. se calculent à l’aide de fonctions spéciales telles que les fonctions logarithme ou polylogarithme dans les situations les plus simples et des fonctions de Green dans des situations plus générales. ζ( s ) = ∑ ns n=1 ∞ 1 . Cette partie ne sera pas reproduite ici.Théorie des nombres M. du type « régulateur généralisé ». le cours a commencé par un aperçu historique des travaux d’Euler sur les fonctions zêta. Don Zagier.

En d’autres mots.106 et plus généralement DON ZAGIER (k > 0 pair. donnés tous les deux par Riemann dans son mémoire célèbre de 1859. Bk = k-ième nombre de Bernoulli) 2k pour les valeurs de ζ (s) pour s un entier pair strictement positif . prolongement à s < 1. valeurs spéciales pour s = 1. avec des arguments théoriques et des vérifications numériques à haute précision pour appuyer cette conjecture . … 12 120 et plus généralement (k > 0. • l’équation fonctionnelle (sans démonstration) ζ(1 − s ) = 2 cos( πs Γ( s ) B ζ(1 − k ) = (−1) k −1 k (2) 2 (2 π ) s ) ζ( s ) de la fonction ζ (s) pour s réel.. Euler a trouvé toutes les propriétés essentielles de la fonction zêta connues actuellement sauf la preuve de l’équation fonctionnelle et l’énoncé de l’hypothèse de Riemann. 5.. 7. • les formules ζ(0) = − . ζ(−4 ) = 0. χ ) = ∑ ∞ χ(n ) n=1 ns = 1− 1 1 + −… 3s 5s pour le caractère χ (n) = (– 4/n) et les généralisations de toutes les propriétés cidessus (produit d’Euler. 3. Bk = k-ième nombre de Bernoulli) k pour les valeurs de ζ (s) pour s un entier négatif . ζ(−3) = . Une telle fonction est toujours donnée par une ∞ série de Dirichlet du type L( s ) = L X ( s ) = ∑ a(n ) / n s où les an sont des entiers n=1 (ou des entiers algébriques) liés aux propriétés d’un certain objet algébrique ou . • l’extension de ζ (s) à des valeurs de s inférieures à 1 . ζ(−2 ) = 0. ζ(−1) = − B ζ(k ) = − k (2i π ) k (1) 1 2 1 1 . énoncé de l’équation fonctionnelle) pour cette fonction. . et pour s ∈ ≤ 0. Fonctions zêta motiviques La liste des propriétés de ζ (s) trouvées par Euler peut nous servir encore aujourd’hui comme guide dans l’étude des fonctions zêta et fonctions L qui nous intéressent en théorie des nombres. • la définition de la série L « de Dirichlet » L( s .

Fonctions zêta de Dedekind. l’entier d défini par (4) ou par le degré des facteurs d’Euler de la fonction zêta est égal au degré [F : ]. Fonctions L de Dirichlet. Plus précisément. Fonction zêta de Riemann. et on conjecture que toutes les racines de la fonction L X ( s ) se trouvent sur la droite (s) = k/2. la fonction φp (t) est égale à 1/(1 – χ (p)t). et il y a des formules spéciales qui donnent les valeurs de LX (s) pour certaines valeurs intégrales de l’argument s. …. les racines du polynôme Pp (t) (pour les p pour lesquels le degré est égal à d ) et tous leurs conjugués algébriques ont la valeur absolue p–(k–1)/2.THÉORIE DES NOMBRES 107 géométrique X (qui peut être un corps de nombres. et on a l’équation fonctionnelle (3) avec k = 1. où χ : → est un caractère de Dirichlet.) . qui généralisent les trois précédentes. la fonction LX (s) est une fonction dont on sait ou dont on conjecture qu’elle est entière (ou ne possède qu’un nombre fini de pôles. etc. l’entier k dans l’équation fonctionnelle (3) est égal à 1. une représentation galoisienne. 3. L (s. où X* est un objet algébrique/ géométrique « dual » à X ) pour un certain entier k > 0. α d ∈ ) (4) 2 2 liée aux propriétés de X sur le corps ou . et γ (s) comme dans (4) avec d = 1 et α1 = 0 ou 1 selon la valeur de χ (– 1). Ici encore on a k = 1. sont attachées à une représentation irréductible ρ du groupe de Galois d’une extension galoisienne F/ . où γ (s) est une fonction de la forme s + α1 s +αd ) … Γ( ) ( A ∈ >0 . tandis que le nombre d . L (s. ρ). 1. Ces fonctions. ζF (s). et les αj dans (4) sont égaux à 0 ou à 1. signe +. elle a un produit d’Euler de la forme LX (s) = p φp ( p–s). avec le même entier d que dans (4) . et γ (s) = π –s/2 Γ (s/2). Fonctions L d’Artin. α 1. elle a une équation fonctionnelle du type L X ( s ) := γ ( s ) L X ( s ) = ± L X (k − s ) (3) (où quelquefois L X ( s ) = w L X *(k − s ) avec |w| = 1. χ). le nombre de chaque type étant déterminé par le nombre de plongements réels de F dans . dans les cas les plus intéressants. 2. les fonctions φp (t) intervenant dans le produit d’Euler ont la forme 1/Pp (t) où Pp (t) est un polynôme de degré d pour presque tout nombre premier p (et < d pour les autres). une variété algébrique sur un corps de nombres. une forme automorphe. Dans ce cas le nombre a (n) ∈ ≥0 compte le nombre des idéaux entiers de norme n dans un corps de nombre fixé F . la fonction φp (t) est égale à 1/(1 – t) pour tout p. avec le même entier k que dans (3) (hypothèse de Riemann locale) . signe +. où φp (t) est une fonction rationnelle dont les coefficients sont liés aux propriétés p-adiques de X . et on a une équation fonctionnelle du type (3) avec k = 1. γ ( s ) = A s Γ( Regardons quelques exemples avant de continuer. ζ (s). Ici on a a (n) = χ (n). 4. Ici on a a (n) = 1 pour tout n. comme le pôle en s = 1 de ζ (s)) . toujours avec le même k (hypothèse de Riemann globale).

On en mentionne deux. Fonction L de Hecke d’une forme modulaire. Fonctions L associées à la cohomologie d’une variété. alors la série de Dirichlet L (f. 7. propre pour les opérateurs de Hecke et normalisée par a (1) = 1. Tous ces exemples sont liés aux corps de nombres ou aux « motifs de dimension 0 » et ont k = 1 (c’est-à-dire que l’équation fonctionnelle relie les valeurs s et 1 – s de l’argument de la fonction zêta. 6. Ça ne sera plus le cas dans les exemples venant de la géométrie. s) = n >0 a (n)n–s a un produit d’Euler Pp (p–s)–1 avec Pp (t) = 1 – a (p)t + pk–1t 2 pour p N et possède un prolongement analytique (entière si f est parabolique. 5. on n’a aucune démonstration du prolongement analytique ou de l’équation fonctionnelle en général. mais non-triviale. L’hypothèse de Riemann locale. Enfin. d = 2. α1 = 0 et α2 = 1. 8. α2 = 1. mais le prolongement analytique et l’équation fonctionnelle restent conjecturales sauf pour certains cas particuliers comme les courbes modulaires. où g est le genre de la courbe C définie sur . α1 = 0. | a( p ) | ≤ 2 p . avec k = d = 2. est l’inégalité connue. Dans cet exemple. En voici quelques-uns. sont également connus. identiques avec les fonctions du type 7. que les racines des polynômes Pp (t) ont toutes la valeur absolue 1. d’après le programme de Langlands. et avec un seul pôle en s = k sinon) et équation fonctionnelle du type (3) avec d = 2. soit par le degré des facteurs d’Euler typiques de la fonction L) est égal au degré de la représentation ρ. Pour une courbe elliptique E/ on définit L (E. où Pp (t) = 1 – a ( p)t + pt2 avec a ( p) = p + 1 – |E ( p)| pour presque tout p. Les ∞ . L (C.108 DON ZAGIER (défini soit par le nombre de fonctions gamma intervenant dans le facteur gamma de l’équation fonctionnelle. Bien sûr. avec k = 2. On n’a aucune définition directe de ces fonctions comme séries de Dirichlet (et c’est l’une des raisons principales pour la difficulté de démontrer leurs propriétés essentielles telles que le prolongement analytique ou l’équation fonctionnelle). s) = Pp ( p–s)–1. on associe au groupe i-ième de cohomologie d’une variété X définie sur une fonction L donnée par un produit eulerien dans lequel Pp (t) est un polynôme de degré d = dim H i (X ) (i-ième nombre de Betti) et qui satisfait à l’hypothèse de Riemann locale avec k = i + 1 (conjecture de Weil. Fonction L d’une courbe elliptique. et que l’hypothèse de Riemann généralisée prédit ℜ( s ) = 1 pour 2 les racines de la fonction zêta dont il s’agit). Le prolongement analytique de L (E. il y a les fonctions L attachées aux formes automorphes (mais qui seront.). s) et l’équation fonctionnelle. L ( f . sauf que les polynômes Pp (t) pour p générique ont le degré d = 2g. L (E. s). La définition de la fonction L dans ce cas est analogue au cas des courbes elliptiques. s). Si f ( z ) = ∑ a(n )e 2i πnz n=0 est une forme modulaire sur Γ0 (N ). dans beaucoup de cas). s). Fonction L d’une courbe. L’hypothèse de Riemann locale est connue encore dans ce cas. qui généralise les deux précédents. démontrée par Deligne). mais extrêmement difficiles (théorème de Wiles et al.

C’est le cas. pour les fonctions L associées aux produits symétriques de degré supérieur de f. L (Sym2 f. qui. s). et les éléments de la matrice qui définit le régulateur sont des logarithmes d’unités algébriques. et donc que l’hypothèse de Riemann locale |a (p)| ≤ 2p(k–1)/2 (hypothèse de Ramanujan) est vérifiée. Son prolongement méromorphe a été démontré par Rankin et Selberg et son prolongement holomorphe (pour f parabolique) par Shimura et l’auteur. où L (s) est du type 4. Plus généralement. Beilinson et Scholl. . sera conjecturalement un multiple algébrique d’une certaine − période (= intégrale d’une forme différentielle définie sur sur un cycle fermé). sera un carré dans son corps de définition naturel. Des propriétés semblables sont conjecturées. On a une équation fonctionnelle du type (3) (avec k remplacé par 2k – 1) et facteur gamma donné par (4) avec d = 3. 9. Une autre généralisation de la conjecture de Deligne est l’énoncé que si l’argument central s0 = k/2 est critique. Supposons donnée une fonction L motivique. Valeurs spéciales Les valeurs spéciales (1) et (2) de ζ (s) données par Euler ont une vaste généralisation conjecturale due à Deligne. Nous en reprenons quelques-uns ici. ou la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer. ci-dessus. par exemple. qui est toujours un carré) et pour les valeurs centrales des séries L associées aux caractères de Hecke. Ces conjectures contiennent comme cas spéciaux des conjectures classiques célèbres telle que la conjecture de Stark. correctement normalisées. De nombreux exemples spéciaux de ces conjectures ont été discutés dans le cours. Alors la valeur de L (s0). divisée par une période correctement normalisée. dans la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer (où la valeur centrale normalisée est égale à l’ordre du groupe de Shafarevich-Tate. s0 = 0. alors la valeur de la dérivée r-ième de L ( s ) en s = s0 (ou s = k – s0) sera le produit d’une période et d’un « régulateur » défini comme le déterminant d’une certaine matrice réelle de taille r × r. Fonction L du carré symétrique d’une forme modulaire. Pour f comme ci-dessus. et démontrées dans certains cas.THÉORIE DES NOMBRES 109 résultats d’Eichler et Shimura (pour k = 2) et Deligne (en général) implique que cette fonction est du type 7. dans laquelle L (s) est la fonction L d’une courbe elliptique E sur . si s0 est un entier quelconque et on note par r l’ordre de L ( s ) en s = s0 (ou s = k – s0). sont toujours des carrés (théorème de Villegas et l’auteur . r est conjecturalement égal au rang du groupe de Mordell-Weil de E. cette fonction L est donnée par un produit eulerien du type Pp (p–s)–1 avec Pp (t) = (1 – pk–1t) (1 – (a (p)2 – 2pk–1) t + p2k–2t2) pour p N. s0 = 1. d’après des conjectures dues à Bloch. alors la valeur de la série L en s0. avec équation fonctionnelle donnée par (3) et (4). voir le résumé de cours de 2001-2002). On appelle critique une valeur entière s0 de l’argument s telle que ni s0 ni k – s0 sont des pôles du facteur gamma γ (s). et les éléments de la matrice qui définit le régulateur sont donnés par les hauteurs des points rationnels sur E.

où 〈⋅. la fonction dilogarithme elliptique dont il s’agit est définie comme la somme sur une orbite de q de la . d’après lesquelles les valeurs en s = m de la fonction zêta de Dedekind ζF (s) d’un corps de nombres F quelconque.110 DON ZAGIER Le régulateur dans la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer Soit E/ une courbe elliptique avec groupe de Mordell-Weil de rang r. . 1) aussi s’exprime en termes des périodes des formes algébriques . et démontrées dans certains cas par Deligne. évaluée dans des points algébriques de E. avec générateurs (modulo torsion) P1.. cette fois de taille (r + 1) × (r + 1). encore non résolue. égale au produit de la période réelle ΩE de E et du régulateur R = det (〈Pi. à un facteur élémentaire près. des conjectures générales sur les périodes nous permettraient d’espérer pouvoir démontrer l’égalité voulue. La grande question.) Valeurs des fonctions zêta de Dedekind et polylogarithmes Il s’agit ici des conjectures énoncées il y a quelques années par l’auteur. Kontsevich et l’auteur il y a quelques années et présenté dans le cours. (Pour l’instant la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer n’est vérifiée que numériquement dans aucun cas avec r > 1. Beilinson et Goncharov.. 1) sera. (Si on écrit E ( ) comme */q pour un nombre complexe q avec |q| < 1. Un cas particulier d’un résultat de Scholl.r). s’exprimeraient comme le déterminant d’une matrice ayant comme coefficients des combinaisons linéaires rationnelles des valeurs de la m-ième fonction polylogarithme Dm (convenablement définie) avec arguments dans F. serait alors de démontrer que la valeur L(r) (E. des idées et résultats de Bloch et de Beilinson impliquent que la valeur non-critique L (E. avec la métrique hyperbolique. dit que le produit ΩER s’écrit lui-même comme le déterminant d’une matrice. est dans un certain sens typique de la situation générale. ⋅〉 est l’accouplement canonique sur E ( ) ⊗ .. à coefficients dans . de la fonction dilogarithme elliptique associée à E.. Pr . dont les coefficients sont des périodes « mixtes » de la courbe. La conjecture de Birch et SwinnertonDyer prédit que la série L de E aura un zéro d’ordre exactement r en s = 1 (ce que l’on sait dans certains cas) et que la dérivée L(r) (E. Pj〉i.j =1.. Fonctions L des courbes sur en s = 2 Si E est une courbe elliptique. si c’était le cas. au moins dans des cas concrets. qui est appuyée par beaucoup de calculs numériques et arguments théoriques. On a expliqué aussi comment on peut retrouver les fonctions Dm (x) comme des fonctions de Green associées au quotient du demiplan de Poincaré modulo le groupe des translations par des entiers. Cette conjecture. 2) peut s’exprimer comme un multiple simple d’une combinaison linéaire. qui a été explicité dans un article de M. et pour un entier m > 1 quelconque... L’espace vectoriel sous-jacent à cette matrice est le « m-ième groupe de Bloch » et devrait être isomorphe au K-groupe algébrique K2m–1 (F ) ⊗ .

mais aussi (dans le même cas) pour l’étude arithmétique des valeurs de la fonction modulaire j (z) dans des points z à multiplication complexe. qui a été étudié et vérifié numériquement dans beaucoup de cas (tous hyperelliptiques. mais ne sont plus donnés en termes d’une fonction explicite comme le dilogarithme elliptique. et l’un des arguments de la fonction de Green est −1) ont été présentés dans le cours. de Jeu. Les conjectures et résultats peuvent s’interpréter aussi comme des énoncés sur les valeurs spéciales de certaines fonctions qui satisfont à une équation différentielle à coefficients rationnels ou algébriques. Si on remplace E par une courbe C/ de genre g > 1.) Une description précise des combinaisons linéaires permises a été donnée il y a quelques années par l’auteur (avec des corrections dues à Schappacher et Rolshausen dans certains cas) et présentée dans le cours. Ces résultats dans le cas k = 2 avaient des conséquences pour la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer. a été discuté en détail. 2) en termes d’un certain régulateur dont les coefficients sont des intégrales sur la courbe. Mellit qui démontrent l’algébricité prédite dans certains cas (notamment quand k = 4. Pour k > 2. Un aspect intéressant est le lien entre les fonctions de Green qui interviennent ici et les fonctions polylogarithmes qui interviennent dans les conjectures concernant les valeurs spéciales des fonctions zêta de Dedekind.THÉORIE DES NOMBRES 111 fonction dilogarithme modifiée qui intervient dans le calcul des valeurs des fonctions zêta de Dedekind en s = 2. le groupe modulaire en question est SL (2. ). Dokchitser et l’auteur. ils ont mené à une conjecture d’après laquelle les valeurs de ces fonctions de Green dans les arguments à multiplication complexe seraient dans certains cas les logarithmes de nombres algébriques. et des résultats très récents de A. mais sont trop techniques pour être repris ici. Gross il y a un certain nombre d’années. Le problème de construire des éléments non-triviaux du K-groupe K2 (C ) dans ces cas mène à des problèmes élémentaires en théorie des nombres où il s’agit de trouver des polynômes f définis sur pour lesquels f (x)2 – f (0)2 se factorise en autant de facteurs rationnels que possible. avec la métrique hyperbolique. . Un nombre de résultats obtenus par l’auteur dans l’entretemps. de genre allant jusqu’à 6) dans un article récent de R. Valeurs des fonctions de Green modulaires Dans des travaux joints avec B. Le groupe sur lequel ces intégrales doivent être évaluées est le K-groupe algébrique K2 (C/ ). un exemple typique étant la décomposition (x6 + 2x5 – 787x4 – 188x3 + 150012x 2 – 149040x – 3326400) 2 – 3326400 2 = (x – 22) (x – 20) (x – 18) (x – 12) (x – 10) (x – 1)x (x + 7) (x + 15) (x + 18) (x + 23) (x + 24). les conjectures générales impliquent toujours une expression pour L (C. T. Ce cas. un lien a été établi entre les dérivées centrales L′ (f. k/2) des séries L des formes modulaires (propres pour les opérateurs de Hecke) de poids pair k et des valeurs de certaines fonctions de Green modulaires associées aux quotients du demi-plan de Poincaré par un groupe fuchsien.

Banff. An pourrait être le nombre de courbes algébriques de degré n passant par 3n – 1 points génériques dans le plan. Allemagne. A500) des An ? 4. ∞ . Number Theory Seminar. Conférence à l’occasion du 80e anniversaire de Friedrich Hirzebruch. Max-Planck-Institut für Mathematik. Université de Bordeaux I. janvier 2008 : The Riemann zeta function and the Selberg zeta function as determinants. comment peut-on trouver les premiers coefficients A. x = 1060 à 100 chiffres près ? De tels problèmes se posent partout en mathématiques et en physique mathématique mais les méthodes pour les résoudre de façon efficace ne sont en général pas très bien connues. Allemagne. Conférences invitées Bordeaux. Quel est le comportement asymptotique quand x tend vers 0 d’une série lentement convergente de la forme ∑ f (nx ) . janvier 2008 : Gaussian periods and finite projective planes. octobre 2007 : Verknotete Modulformen. Bonn. C0. Conférence à l’occasion du 60e anniversaire d’Henri Cohen. Canada. janvier et février 2008 : Asymptotic methods (deux conférences). Si on a une suite de nombres An (par exemple. Allemagne. Bonn. pour lequel Kontsevich a trouvé une récurrence non-linéaire) dont on conjecture qu’ils ont un comportement asymptotique de la forme An ∼ nαe An (C0 + C1n–1 + C2n–2 + …). Hausdorff Mathematics Institute. octobre 2007 : Quantum modular forms. Séminaire Bourbaki. an pourrait être le nombre de partitions de n) dont on connaît ∞ « explicitement » la fonction génératrice ∑ an x n ? n=0 ∞ 3. Conférence sur « Lowdimensional Topology and Number Theory ». Institut Henri Poincaré. Universität Bonn. Conférences pour membres de l’école doctorale « IMPRS ». C2. disons. octobre 2007 : Modularity and three-manifolds. Paris. …. novembre 2007 : Les « mock theta functions » de Ramanujan (d’après Zwegers et Bringmann-Ono). … à haute précision à partir d’un nombre limité (par exemple. Colloque. Workshop « Random matrices and number theory ». Lille. Comment trouve-t-on une formule asymptotique précise pour des nombres an (par exemple. A1. Bonn. décembre 2007 : Les fausses formes modulaires. Max-Planck-Institut für Mathematik. Banff International Research Station.112 DON ZAGIER Cours à l’École Normale Supérieure : « Bouillon Mathématique » Dans le cours « Bouillon » de cette année on a présenté des méthodes explicites qui permettent de résoudre des diverses types de problèmes asymptotiques tels que : 1. α. Université de Lille I. Allemagne. Bonn. où f (x) est une fonction dont n=1 le comportement pour x petit est connu ? 2. Comment calculerait-on la valeur de la fonction S ( x ) = ∑ n=1 sin( x / n ) / n de Hardy-Littlewood pour. C1.

Haifa. Pays-Bas. Invariants and Modular Forms. Bonn. avril 2008 : Modular forms and not-so-modular forms in mathematics and physics. février 2008 : Modular Green’s functions. Dublin. Bielefeld. juillet 2008 : Teichmüller curves and modular forms. avril 2008 : Quantum ideas in number theory and vice versa. Colloquium Universiteit Utrecht. Universiteit Amsterdam. Conférence populaire. Moduli spaces and Representation Theory. Université de Bar-Ilan. juin et juillet 2008 : Periods of modular forms (trois conférences). University of Texas. juillet 2008 : Diophantische Gleichungen: 2000 Jahre alt und noch nicht gelöst. États-Unis. Colloquium. Utrecht. Allemagne. février 2008 : Finite projective planes. Baton Rouge. Allemagne. Amsterdam. Hausdorff Institute for Mathematics. indefinite theta series and wallcrossing formulas. Trinity College.THÉORIE DES NOMBRES 113 Paderborn. Bonn. and Gaussian periods. janvier 2008 : Warum ich von Primzahlen träume. Nixdorf-Zentrum. Max-Planck-Institut für Mathematik. Allemagne. Bonn. février 2008 : Mock theta functions and their applications. mai 2008 : Differential equations and curves on Hilbert modular surfaces. Conférence pour lycéens. Max-Planck-Institut für Mathematik. Dublin. Colloquium. Conférence d’intérêt général dans le cadre du programme « Mathe für alle—Vorlesungen im Freien ». Amsterdam. Pays-Bas. Dublin. Colloquium. mai 2008 : Diophant und die diophantischen Gleichungen. juin 2008 : Das Geheimleben der Zahlen. avril 2008 : Gaussian periods and finite projective planes. Bar-Ilan. juillet 2008 : Mock theta functions. Israël. Fermat curves. Conférence populaire dans le cadre du programme « Zahlen. Irlande. Allemagne. Second Japanese-German number theory workshop. Trinity College. . juillet 2008 : Von Zahlentheorie zu Knotentheorie zu Quantentheorie. Allemagne. Conférence générale dans la série « Jahrtausendprobleme der Mathematik ». Workshop on Codes. Conférence « Hirz80 » en l’honneur du 80e anniversaire de Friedrich Hirzebruch. Pays-Bas. États-Unis. « Nacht der offenen Tür » du Max-Planck-Institut für Mathematik. bitte! ». mai 2008 : The mysterious mock theta functions of Ramanujan. Louisiana State University. Irlande. Vienne. avril 2008 : The « q » of « quantum » (trois conférences). University College Dublin et Trinity College. Allemagne. Irlande. Bonn. juin 2008 : On the conjecture of Birch and Swinnerton-Dyer. Max-Planck-Institut für Mathematik. Number theory seminar. avril 2008 : The amazing five-term relation. Allemagne. février 2008 : Spectral decomposition and the Rankin-Selberg method. Bonn. Bonn. Allemagne. avril 2008 : Mock modular forms. Bayreuth. Workshop on Mirror Symmetry. Conférence plénière à l’occasion du 15e anniversaire de l’Institut Ernst Schrödinger. Israël. Conférence spéciale dans le cadre du Tag der Mathematik de l’Université de Bayreuth. Conférences pour membres de l’école doctorale « IMPRS ». University of Haifa. Austin. Porcelli Lectures 2008. Louisiana. Bonn. Conférence populaire. Intercity number theory seminar « L-functions and friends ». Workshop on Gauge Theory. Allemagne. Texas. Autriche. Allemagne.

Weng) Deligne products of line bundles over moduli spaces of curves. février 2008 : Entretien enregistré avec Deutschlandfunk. Japon. 33-34. Tokyo University. Dans Modular Forms and String Duality. Moree. Evaluation of S (m. mai 2009 : Membre du jury. Grünberg et P. Universität Bonn. discussion publique avec R. Berlin. août 2008 : q-series and modularity. Séminaire Bourbaki. pp. août 2008 : The mathematics of and around Seki Takakazu as seen through the eyes of a contemporary mathematician. Integral solutions of Apéry-like recurrence equations. Akademientag. Utrecht. Tokyo. Deutsche Union der Akademien der Wissenschaften. Commun. Taschner. thèse de Sarah Carr (« Multizeta values : Lie algebras and periods on 0. pp. 020. 47 (2008). Paris. mars 2008 : Entretien enregistré avec WDR. International Conference on History of Mathematics in Memory of Seki Takakazu.114 DON ZAGIER Tokyo. Allemagne. Vanhove. . Centre de Recherches Mathématiques. Algebra Colloquium. Appendice à « Sequences of enumerative geometry : congruences and asymptotics » par D. Fields Institute Communications 54 (2008). J. Ramanujan’s mock theta functions and their applications (d’après Zwegers and Bringmann-Ono). Allemagne. 21-24. Exact and asymptotic formulas for vn. in Math. 163-177. 20 pages. Autres Missions et Activités Bonn. diffusé le 12 mai 2008. Bonn. Publications et Prépublications (avec L. à paraître dans Astérisque. Green. diffusé le 29 avril 2008. CRM Proceedings and Lecture Notes of the American Mathematical Society. A paraître dans Groups and Symmetries : From the Neolithic Scots to John McKay. Allemagne. Zinger) Some properties of hypergeometric series associated with mirror symmetry. mai 2008 : Beirat (comité scientifique).n »). thèse de Oliver Lorscheid (« Toroidal automorphic forms for function fields »). juin 2008 : « Mathematik im Gespräch ». Phys. no 3. n). Bonn. Allemagne. 60e année. Tokyo University of Science. Appendice à « Low energy expansion of the four-particle genusone amplitude in type II superstring theory » par M. Russo et P. pp. JHEP 02 (2008). juin 2008 : Rapporteur et membre du jury pour la thèse de mon étudiant Anton Mellit (« Higher Green’s functions for modular forms »). 793-803. à paraître dans Experimental Mathematics. juin 2008 : Rapporteur et membre du jury. 18 pages. (avec A. Japon. Universiteit Utrecht. no 986. Emmy Noether Institute. 281 (2008). Pays-Bas. Israël. Université de Paris 6. Bar-Ilan. 2006-2007.

à l’invitation de l’université de cette ville.Physique quantique M. Ces mesures QND permettent la reconstruction complète de l’état quantique du champ dans la cavité. Serge Haroche. Cette propriété les rend potentiellement utiles à la détection ultra-sensible de faibles perturbations. de janvier à mars 2008. d’intrication et de décohérence.cqed. Elles constituent une nouvelle façon de « voir » la lumière en suivant en temps réel les trajectoires stochastiques du nombre de photons et en enregistrant les sauts quantiques associés à la perte ou à la création d’un seul quantum. superpositions cohérentes d’états photoniques de phase ou d’amplitudes différentes. Un tiers de l’enseignement de la chaire a par ailleurs été donné à Chicago. Chaque leçon était accompagnée d’une présentation par ordinateur consultable dès le jour du cours sur le site internet du Collège de France et de l’Ecole normale supérieure ou. professeur Le cours de l’année 2007-2008 Le cours donné au Collège de France. Un des cours a été présenté dans le cadre des Colloquiums du département de physique de l’université et les autres donnés . ouvrant la voie à l’étude détaillée des états de type « chat de Schrödinger ». en redonnant le même résultat tant que le système n’est pas perturbé. était intitulé « Mesures quantiques non destructives ». plus directement. Il s’est ensuite focalisé sur l’analyse des mesures non destructives (Quantum Non-Demolition ou QND en anglais). membre de l’Institut (Académie des Sciences). L’histoire des mesures QND de la lumière a été rappelée et les expériences récentes d’électrodynamique quantique en cavité qui ont permis la détection non destructive de photons uniques ont été décrites. Ces expériences sont réalisées sur des champs de quelques photons piégés pendant une fraction de seconde dans une cavité de très grand facteur de qualité. Il a analysé les propriétés fondamentales de la mesure en physique quantique et ses relations avec les concepts de complémentarité. à l’adresse internet www.org. Celles-ci projettent le système mesuré dans un des états propres de l’observable mesurée et peuvent être répétées un grand nombre de fois.

Après ces rappels généraux. Mesures généralisées et POVM (Positive Operator Valued Measures). en physique quantique une mesure est un processus plus complexe. Glauber (1963). constitue le cadre d’analyse de toutes les expériences d’optique. Le cours donné à Paris. L’essentiel de l’information qui nous provient du monde est véhiculé par lui. née avec le laser en 1960. 5. Comprendre la mesure de la lumière dans la théorie quantique a toujours préoccupé les physiciens. Alors qu’en physique classique. souvent décrites négativement. Mesures projectives en physique quantique. j’ai décrit les mesures non-destructives de lumière réalisées dans mon groupe de recherche à l’ENS (voir plus loin). Ce transfert s’effectue en général . 7. 3. La dualité de la lumière (onde et ensemble de photons à la fois) joue un rôle fondamental dans cette théorie. La théorie de la mesure de la lumière. a traité les questions suivantes : 1. Dans ces présentations. Einstein (1905) et les débuts de la mécanique quantique moderne (expériences de pensée de Bohr. Comptage QND de 0 ou 1 photon. la leçon a abordé le problème plus spécifique de la mesure quantique de la lumière. la théorie ne pouvant que déterminer la loi de probabilité du processus (« Dieu joue aux dés »). La mesure de la lumière implique son interaction avec un milieu matériel auquel l’information véhiculée par le champ est transférée. réparti sur sept leçons. Comptage QND de N photons : projection progressive du champ. Expériences QND en électrodynamique quantique avec des atomes de Rydberg. le comptage de photons. Perspectives ouvertes par les mesures QND en électrodynamique quantique en cavité. Le champ électromagnétique est un système central en physique. le système étudié peut se trouver dans un état indépendant de tout observateur et être mesuré sans perturbation. depuis Planck (1900). Les propriétés de la mesure quantique entraînent des limitations (certaines mesures sont incompatibles entre elles — cf. dans lequel l’état de l’objet mesuré est en général modifié. 6. peuvent être exploitées de façon positive pour réaliser des opérations impossibles en physique classique (cryptographie et calcul quantiques). Einstein et Schrödinger). a reposé dans un contexte moderne les questions posées dans les années 1920. Le résultat de la mesure et son effet sur le système sont décrits de façon statistique.116 SERGE HAROCHE aux étudiants et post-docs dans le domaine de la physique atomique et de l’optique quantique. La première leçon a commencé par rappeler de façon générale les propriétés essentielles de la mesure d’un système microscopique en physique quantique. 4. Ces caractéristiques. 2. Par « mesure » on comprend au sens large toute expérience qui extrait de l’information d’un système quantique. L’optique quantique. Généralités sur les mesures quantiques non-destructives (QND). établie par R. relations d’incertitude de Heisenberg) et des impossibilités (par exemple théorème de « non-clonage » d’un état inconnu).

Nous avons en particulier analysé un modèle simple dans lequel l’appareil de mesure est un moment angulaire. L’énergie du . L’importance de la décohérence dans le processus de mesure a été soulignée. superposition symétrique de spins ½. Il s’agit de la mesure projective d’une observable qui ne change pas entre deux détections successives sous l’effet de l’évolution Hamiltonienne. comment détecter les photons de façon non absorptive. de l’utilisation indue de concepts classiques pour décrire une situation quantique. et la limite que ces incertitudes imposent sur la précision des mesures a été discutée. Le but en est de mesurer une observable du champ sans la perturber de façon à pouvoir répéter la mesure et retrouver le même résultat dans une mesure ultérieure. les laissant présents après la mesure. les propriétés des corrélations entre mesures effectuées sur des parties spatialement séparées d’un système nous ont conduit à rappeler l’aspect non-local de la physique quantique. Le lien entre mesures généralisées. dans lequel il semble que l’information soit obtenue « sans que le système mesuré ait interagi avec l’appareil ». Le paradoxe provient. nous avons décrit des mesures « généralisées » n’obéissant pas aux critères restrictifs de la mesure projective idéale de von Neumann. Nous avons conclu la leçon en considérant un exemple curieux de mesure. comme dans d’autres cas du même genre. Certains aspects « paradoxaux » de la mesure ont été soulignés (effet Zenon).PHYSIQUE QUANTIQUE 117 par absorption d’énergie (effet photo-électrique étudié par Einstein en 1905). POVM et mesure projective a été rappelé et un certain nombre d’exemples intéressants pour la suite ont été présentés. Les physiciens se sont demandés. si bien que le champ est détruit par la mesure. un modèle simple de processus de mesure est réalisé par le couplage d’un système quantique S à un ensemble de N spins ou « qubits » de mesure indépendants (constituant un moment angulaire J = N/2). Nous avons montré que l’acquisition partielle d’information résultant du couplage de S avec un seul qubit est un POVM et avons décrit comment l’accumulation de mesures POVM résultant du couplage avec un ensemble de qubits se transforme en mesure projective. Nous avons ensuite décrit différents modèles d’appareils réalisant une mesure projective idéale. Un cas particulier important de mesure généralisée est défini par un ensemble d’opérateurs hermitiques positifs formant un « POVM » (Positive Operator Valued Measure). Nous avons aussi montré que l’acquisition d’information sur S résultant de la mesure POVM s’apparente à un processus d’inférence bayesienne en théorie des probabilités. Les incertitudes sur les mesures de variables conjuguées ont été rappelées. Cette destruction est une limitation des expériences d’optique non imposée par la physique quantique. Ces mesures qui donnent une information plus ou moins partielle sur l’état d’un système quantique correspondent souvent à des situations plus proches des expériences réelles que les mesures projectives. Un tel procédé dit QND (pour Quantum Non-Demolition) ouvrirait la voie à de nombreuses applications. depuis les années 1970. La troisième leçon a introduit les mesures QND du champ électromagnétique. Comme nous l’avions vu dans la première leçon. Dans la deuxième leçon. Enfin.

à condition d’éviter l’absorption de photons dans le détecteur. en n’introduisant les concepts quantiques (quantification des orbites atomiques et du champ rayonné) que de façon minimale. et laissé la description de la cavité pour la leçon suivante. ce qui nous a conduit à définir de façon rigoureuse un opérateur de phase. soit sur une discussion en terme de bruit de photon. Nous avons évoqué brièvement des expériences de CQED faites dans le domaine optique pour les distinguer des études micro-onde qui nous intéresseront plus particulièrement ici. Cette méthode QND. Le photon n’étant pas détruit. des photons uniques piégés. L’analyse s’appuie soit sur une description des champs en terme de vecteurs d’états (ce qui est bien adapté au cas où la mesure projette le champ sur un état de Fock). après C. à l’image de la description de l’ancienne théorie des quanta de Bohr. la mesure peut en principe être indéfiniment répétée. A partir de la quatrième leçon. Deux expériences ont été analysées. soit sur l’effet Kerr croisé dans un milieu optique non linéaire. préparée avant l’entrée des atomes dans C par une première impulsion micro-onde R1 et analysée. qui atteint la résolution des quanta de rayonnement. Le détecteur D mesure l’état final de l’atome. dont nous avons commencé par rappeler les principes. commode lorsque la mesure ne discrimine pas les photons individuels et que le champ apparaît comme une variable continue fluctuante. La méthode QND de comptage utilise pour détecter les photons les propriétés remarquables des atomes de Rydberg dans des états circulaires couplés à une cavité micro-onde supraconductrice. L’information fournie par chaque atome est binaire. Les deux approches sont bien sûr équivalentes à la limite continue. Les sondes du champ sont des atomes de Rydberg traversant un à un la cavité C. sans absorber le . exploite les concepts de l’Electrodynamique Quantique en Cavité (CQED). La première (1999) exploite une interaction atome-cavité résonnante. Nous avons analysé l’effet en retour de la mesure sur la phase du champ. La cinquième leçon a été consacrée aux expériences d’électrodynamique en cavité micro-onde détectant. Le champ laisse une empreinte sur la phase d’une superposition d’états atomiques. ce qui suffit pour discriminer entre 0 et 1 photon. par une seconde impulsion R2. sans les détruire. Nous avons consacré l’essentiel de la leçon aux atomes.118 SERGE HAROCHE champ et son nombre de photons sont des observables pouvant être mesurées de façon QND. la condition QND étant réalisée en ajustant le temps d’interaction pour que l’atome revienne dans son état initial. basées soit sur la détection de la pression de radiation exercée sur un miroir (mesures optomécaniques). Un aspect remarquable du principe de correspondance est que les propriétés des états circulaires (dont tous les nombres quantiques sont grands) peuvent se comprendre à partir d’une description quasi-classique. Nous avons présenté quelques modèles simples de mesures QND. leur susceptibilité aux champs électriques et leur couplage à la cavité. L’ensemble R1-R2 est un interféromètre de Ramsey. Nous avons enfin analysé les méthodes de préparation et de détection des atomes de Rydberg circulaires et leur sélection en vitesse. nous avons abordé la description du comptage non destructif de photons micro-ondes dans une cavité de très grand facteur de qualité. Nous avons décrit ainsi classiquement le rayonnement de ces états circulaires.

Le nombre m augmente comme nm2. indiquant que C contient 0 ou 1 photon. qu’un nombre pair ou impair de photons. Nous avons vu (leçon 6) que la mesure d’une séquence de m atomes traversant un à un une cavité C en étant tous soumis au même déphasage par photon Φ0 réduit progressivement le champ à un état de Fock |n>. En détectant les ‘spins’ de cet ensemble un à un. on reconstruit la fonction de Wigner de ces . assimilable à n si le champ. les composantes de ce « chat de Schrödinger » ont des amplitudes opposées et ne contiennent. Pour des champs plus grands. Quand Φ0 = π. En injectant dans C un champ cohérent d’homodynage et en continuant à mesurer de façon QND avec les atomes suivants la parité de n. le comptage QND reste possible en modifiant Φ0. Le réglage Φ0=π est adapté à la mesure de la parité du nombre n de quanta. La septième et dernière leçon nous a permis d’apporter quelques précisions sur les mesures QND de champs piégé micro-onde et de conclure le cours sur quelques perspectives. La sixième leçon a montré comment la méthode de mesure QND dispersive de 0 ou 1 photon peut être généralisée au comptage d’un nombre de photons supérieur à 1. Nous nous sommes intéressé ensuite au premier état intermédiaire du champ. Avant de décrire ces expériences. Nous avons rappelé que la mesure d’un quantum de lumière unique nécessitait que le déphasage Φ0 induit par un photon sur le dipôle atomique vaille π. π/2. suivant l’état final de l’atome. La répétition de la mesure correspondant au passage dans C d’ensembles d’atomes successifs. π/4…. Après quelques rappels et remarques générales. sort alors de l’appareil en pointant le long de l’une de deux directions opposées. Nous avons décrit le principe d’une variante de cette expérience. a une probabilité négligeable de contenir plus d’un photon. ce qu’on appelle l’effondrement ou ‘collapse’ de sa fonction d’onde. décrit comme un spin.PHYSIQUE QUANTIQUE 119 photon (impulsion Rabi 2π). Chaque atome. L’action en retour de la mesure QND produit après détection du premier atome une superposition d’états du champ avec 2 phases classiques différentes. on observe l’évolution progressive du champ vers un état de Fock. qui peut déterminer n avec seulement m~log2 nm atomes. due à la relaxation du champ. La seconde expérience (2006) utilise une interaction dispersive non-résonnante et une cavité stockant les photons pendant un temps très long (Tc = 0. nous avons analysé cette procédure de mesure idéale de la lumière en l’appliquant à un petit champ cohérent. nous avons commencé par des rappels théoriques sur les états du système atome-champ dans la cavité.13 s). Elle a été faite dans une cavité amortie en un temps TC = 1 ms. utilisant successivement des atomes soumis à des déphasages Φ0 = π. où nm est la borne supérieure de n. Des centaines de mesures indépendantes du même photon ont permis d’observer pour la première fois les sauts quantiques associés à l’annihilation et la création de photons dans les miroirs de la cavité. trop court pour de multiples répétitions de la mesure. révèle la cascade en marches d’escalier du nombre de photons vers le vide. entre l’état initial cohérent et l’état de Fock final. très faible. La valeur de n ne peut plus être obtenue à l’aide d’un seul ‘spin’ mais doit être extraite d’un ensemble d’atomes.

Jun Ye. dans le prolongement de ces expériences. Palaiseau. 3 mars 2008 : Precision quantum metrology with lattice-confined ultracold atoms. Dotsenko qui faisait suite au cours. Enseignement du Collège de France « hors les murs » L’enseignement donné à Chicago en octobre 2008 était destiné aux étudiants et chercheurs du département de physique de l’Université de Chicago. Vahid Sandoghdar. Les séminaires de l’année 2007-2008 Une série de sept séminaires accompagnait le cours du Collège de France à Paris en le complétant et en en illustrant différents aspects. 4 février 2008 : Optical manipulation of quantum dot spins. Deux autres leçons étaient destinées aux étudiants en maîtrise (undergraduates) et ont constitué une introduction générale à l’optique quantique et au refroidissement des atomes par laser. ETH Zurich. Jean-François Roch. Colorado. ETH. Deux leçons étaient réservées aux étudiants en thèse (graduate students) et aux post-docs en physique atomique et en optique quantique. Atac Imamoglu. ENS-Cachan. LKB. 10 mars 2008 : Tomography of photonic Schrödinger cats in a cavity. un colloquium plus général intitulé « Counting photons without destroying them: an ideal measurement of light » a été donné à l’ensemble du département de physique de l’université. Enfin. En voici la liste dans l’ordre où ils ont été donnés : 21 janvier 2008 : Interférence à un photon.ENS et Collège de France. Nous avons enfin conclu la leçon par la description d’une expérience d’effet Zénon sur un champ mesuré de façon répétée et par une brève présentation des études sur la non-localité que nous comptons effectuer. JILA et Université de Boulder. Zurich. Philippe Grangier. Yale University. avec deux cavités. Steven Girvin. 25 février 2008 : Cavity-free efficient coupling of single photons and single emitters. Institut d’Optique. complémentarité et expérience à choix retardé de Wheeler. Nous avons présenté le principe de ces expériences qui ont été décrites plus en détail dans le séminaire de I. . 28 janvier 2008 : Circuit QED : Quantum Optics of Electrical Circuits.120 SERGE HAROCHE ‘chats’ et on étudie en temps réel leur décohérence. Elles ont porté sur la description des expériences QND en électrodynamique quantique en cavité traitées dans le cours donné à Paris (contenu des leçons 5 à 7 décrites ci-dessus). 11 février 2008 : Chatons de Schrödinger et états non gaussiens de la lumière : de nouveaux outils pour les communications quantiques. Igor Dotsenko.

Italie. États-Unis. — Mars 2008 : Présentation invitée à la Young Atom Optician Conference : « Trapping and counting photons without destroying them : a new way to look at light ». Barcelone. — Mars 2008 : Conférence invitée au Meeting de la Société Finlandaise de Physique : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». University College. Mexico. Institut Weizman. États-Unis. Cambridge.PHYSIQUE QUANTIQUE 121 Autres conférences et séminaires de Serge Haroche En dehors de ses cours au Collège de France et à Chicago. Argonne. Israël. Santa Fe. NouveauMexique. — Septembre 2007 : Communication invitée à la Conférence « Photons. — Septembre 2007 : Communication invitée à la Conférence QuAMP 2007 : « Quantum non-demolition counting of photons applied to the investigation of non-classical states of light ». cours et conférences suivants entre juillet 2007 et juin 2008 : — Août 2007 : Communication invitée à la Gordon Research Conference on Quantum Control of Light and Matter : « From Quantum Non-demolition measurements of photons to the control of quantum states of light in a cavity ». — Août 2007 : Quatre cours à l’École Latino Américaine de Physique. — Décembre 2007 : Colloquium à MIT : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». — Décembre 2007 : Séminaire à Harvard University : « Quantum Non-Demolition measurement of light and tomography of photonic Schrödinger cats in Cavity QED ». Atoms and Qubits » de la Royal Society : « Quantum non-demolition counting of photons in a cavity: an ideal measurement of light ». — Février 2008 : Communication invitée au Workshop SQUINT (Southwest Quantum information and technology) : « Quantum Non-Demolition counting of photons in Cavity QED ». Finlande. Florence. Londres. — Janvier 2008 : Présentation au Colloque ANR Lumière : « Champs mésoscopiques nonlocaux en electrodynamique quantique en cavité ». États-Unis. États-Unis. — Novembre 2007 : Colloquium à l’Université d’Oxford : « Counting photons without destroying them: an ideal measurement of light ». Newport. Turku. S. . — Janvier 2008 : Communication invitée à la Conférence « Quantum Noise in Strongly Correlated Systems : “Non-destructive photon counting and reconstruction of photonic ‘Schrödinger cat’ states” in cavity QED ». Haroche a donné les séminaires. États-Unis. — Octobre 2007 : Colloquium à Argonne National Laboratories : « Quantum nondemolition measurement of light : The birth. Londres. Los Alamos. Orsay. — Janvier 2008 : Conférence à l’École polytechnique : « Voir sans détruire la lumière : vie et mort de photons dans une cavité ». — Février 2008 : Colloquium à Los Alamos : « Quantum Non Demolition counting of photons and Schrödinger cat tomography in Cavity QED experiments ». — Octobre 2007 : Communication invitée à la Conférence QIPC 2007 : « Quantum Non-Demolition Counting of Photons in a Cavity : an ideal measurement of light ». Nouveau-Mexique. ELAF 2007 : « Quantum information with atoms and photons in cavities ». life and death of trapped photons ». Illinois. Cambridge.

d’autre part nous réalisons des . Trieste. Il y co-dirige. Monsieur Igor Dotsenko (de nationalité ukrainienne). Autriche. États-Unis. Lund. Wisconsin. — Avril 2008 : Colloquium à l’Université du Wisconsin : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». États-Unis. Wisconsin. Nos recherches se poursuivent depuis quelques années dans deux directions : d’une part. — Mai 2008 : Présentation invitée au Solvay Workshop on Bits. — Avril 2008 : Communication invitée à la Conference on precision measurements with quantum gases : « QND photon counting applied to the preparation and reconstruction of Schrödinger cat states of light trapped in a cavity ». Italie. Hambourg. Un rapport d’activité complet est rédigé tous les deux ans pour le comité national du CNRS et contient une analyse détaillée des problèmes scientifiques abordés par le groupe et un bilan des résultats nouveaux. Le thème général des recherches du groupe porte sur l’étude des effets quantiques (intrication. — Juin 2008 : Conférence invitée au Symposium en l’Honneur du 75e anniversaire de Peter Toschek : « From atom to light quantum jumps : applying to photons the wizard tricks learned from Peter Toschek and his ion trapper colleagues ». Vienne. Allemagne. Quanta. and Complex System: « Generating and reconstructing non-classical photonic states in Cavity QED : present stage and perspectives ».122 SERGE HAROCHE — Avril 2008 : Rydberg lecture à l’Université de Lund : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». — Avril 2008 : Séminaire à l’Université du Wisconsin : « Reconstructing the Wigner function of a photonic Schrödinger cat in a cavity : a movie of decoherence ». avec ses collègues JeanMichel Raimond (Professeur à Paris VI et à l’Institut universitaire de France) et Michel Brune (Directeur de recherche au CNRS) une équipe de chercheurs et d’étudiants (groupe d’électrodynamique quantique en cavité).Haroche se déroule au sein du Laboratoire Kastler Brossel (LKB) de l’École normale supérieure. Bruxelles. Trente. Activités de recherche Le travail de recherche de S. Un des chercheurs du groupe est un visiteur postdoctoral recruté sur un poste de maître de conférence au Collège de France. Madison. Innsbruck. Autriche. Madison. — Avril 2008 : Colloquium à l’Université d’Innsbruck : « Quantum non-demolition photon counting & Schrödinger cat states reconstruction in a cavity ». — Avril 2008 : Colloquium à l’université de Bielefeld : « Trapping and counting photons without destroying them : a new way to look at light ». — Mai 2008 : Conférence invitée au Workshop on Quantum Phenomena and Information « Reconstructing the Wigner function of photonic Schrödinger cats in a cavity : a movie of decoherence ». — Mai 2008 : Colloquium à l’Université technologique de Vienne : « Time-resolved reconstruction of photonic Schrödinger cats in a cavity : a movie of decoherence ». Italie. Suède. complémentarité et décohérence) et de leurs applications dans des systèmes constitués d’atomes en interaction avec des photons. nous étudions des états non-classiques de champs mésoscopiques piégés dans des cavités de très grand facteur de qualité. Bielefeld.

Cette opération redistribue les éléments de matrice non diagonaux de l’opérateur densité du champ de sorte que la mesure de la probabilité du nombre de photons de l’état translaté devient sensible à ces éléments non diagonaux. 2) Reconstruction d’états non classiques du champ piégé dans une cavité La mesure quantique non destructive (QND) du nombre de photons a également ouvert la voie à des expériences nouvelles de reconstruction complète de l’état d’un champ piégé. 1) Gel de l’évolution cohérente d’un champ quantique dans une cavité : une démonstration de l’effet Zénon quantique La mesure QND du champ décrite dans le résumé des travaux de l’année dernière permet une observation répétée d’un système quantique. on obtient un ensemble de contraintes qui déterminent complètement l’opérateur densité du champ. Bien que la mesure QND ne fournisse en principe qu’une information sur le nombre de photons. cette construction du champ est empêchée et il reste très proche de son état initial. on peut l’utiliser pour réaliser une « tomographie » complète d’un état quantique arbitraire préparé dans la cavité.PHYSIQUE QUANTIQUE 123 « puces » à atomes piégeant de petits échantillons d’atomes froids au voisinage de circuits supraconducteurs. La problématique de ces deux types d’expériences a été détaillée dans le résumé de cours et travaux antérieurs et nous nous contenterons d’indiquer ici les résultats obtenus au cours de la dernière année. de mesurer la probabilité d’occurrence d’un nombre de photon donné dans un état quelconque du champ. il se bâtit dans la cavité sous l’effet constructif des excitations successives. Si on réalise cette mesure pour un nombre suffisant de translations différentes de l’état à mesurer. Si on le mesure entre deux impulsions. . on réalise une simple opération de translation de l’état du champ dans l’espace des phases (plan de Fresnel). L’expérience confirme en tous points les prévisions théoriques et permet d’interpréter cet effet Zénon comme résultant de l’action en retour de la mesure du nombre de photons sur la phase du champ. Il s’agit du fameux effet Zénon. en raison de sa projection répétée sur l’état initial. En couplant une source classique au mode de la cavité contenant le champ à mesurer. de façon équivalente. On sait que dans ces conditions. Si le champ est laissé libre entre ces impulsions. toute évolution cohérente du système peut se trouver inhibée. En effet notre mesure du nombre de photons permet. On peut ainsi directement mesurer les éléments diagonaux de la matrice densité du champ dans la base des états nombre. analysé théoriquement depuis longtemps en physique quantique et observé sur un certain nombre de systèmes simples au cours des dernières années. ou. en la répétant un grand nombre de fois. le vide. sa distribution de Wigner. Avec notre montage nous avons pu en faire une démonstration spectaculaire en gelant le champ dans une cavité excitée par une succession d’impulsions micro-onde en phase.

C’est en effet dans ce régime que l’on obtient les plus grands confinements. nous avons passé la dernière année à analyser la durée de vie des atomes dans ce type de piège.124 SERGE HAROCHE Nous venons d’appliquer cette méthode à la mesure de la fonction de Wigner des états nombre de photons (états de Fock) préparés par notre méthode de mesure non destructive. nous pouvons enregistrer le film de la décohérence d’un chat de Schrödinger. très différent des systèmes à température ambiante réalisés jusqu’alors. au vu des résultats préliminaires. Toute la difficulté est cependant de disposer d’un modèle théorique qui rende bien compte de la réponse du supraconducteur. Les modèles les plus simples de supraconductivité prédisent une augmentation de la durée de vie des atomes dans le piège de plus de 6 ordres de grandeurs par rapport à un métal normal. Il semble. Leur préparation peut être vue comme l’action en retour d’une mesure QND du nombre de photons sur son observable conjuguée. Ces dernières rayonnent un champ magnétique aléatoire au niveau des atomes dont certaines composantes spectrales induisent des transitions vers des niveaux Zeeman non piégés. En appliquant notre protocole de reconstruction complète de l’état quantique du champ après un délai variable. la phase du champ. Or ce type de perte est diminué drastiquement dans le cas des matériaux supraconducteurs. sont préparés par la détection du premier atome utilisé pour la mesure QND du champ. On comprend bien les raisons physiques de ce phénomène : les atomes s’approchent en effet de matériaux dans lesquels existent des fluctuations thermiques de courant. On attend une situation radicalement différente dans le cas des supraconducteurs. . et d’états « chats de Schrödinger » du champ. Le théorème fluctuation-dissipation permet de relier le taux de pertes du piège à la dissipation du métal par effet Joule à la fréquence de transition atomique. Il a malheureusement été observé que le temps de vie des atomes dans le piège décroît de manière importante à très courte distance de surfaces métalliques. en particulier dans le cas des supraconducteurs de type II (comme le niobium) dans lesquels existent des vortex de champ magnétique. c’est à dire observer toutes les étapes de son passage à travers la frontière floue entre les mondes quantique et classique. importants pour de nombreuses expériences. 3) Expérience de puce à atome cryogénique Après la réalisation de pièges à atome sur puce à courants supraconducteurs et l’observation de la première condensation de Bose Einstein dans ce système (voir résumé des travaux précédent). superpositions quantiques de deux champs quasi-classiques de phases différentes. Nous devrions bientôt apporter des réponses théoriques sur l’effet des vortex sur le temps de vie des atomes. Nous avons engagé une collaboration avec des chercheurs du Laboratoire Pierre Aigrain spécialistes de la question. Un des principaux défis posé par les puces à atomes est de parvenir à amener l’échantillon atomique à proximité de la surface. Le bruit magnétique devient très important à courte distance du fait du rayonnement en champ proche des sources de courant. Ces états. Il y a un certain débat sur cette question au sein de la communauté des théoriciens de la supraconductivité.

éditeurs.juin 2008) 1. S. Brune. Lett. J. Roux. Deléglise.-M. Haroche. J. « Measuring the photon number parity in a cavity : from light quantum jumps to the tomography of non-classical field states ». « Schrödinger cat states and decoherence studies in cavity QED ». J.-M. Raimond. J. Haroche. S. Haroche : Bose-Einstein condensation on a superconducting atom chip. Freezing coherent field growth in a cavity by quantum Zeno effect. Bernu. Guerlin. Haroche. Eberly et C. Nature. N. 2101 (2007). M. C. Raimond et S. Lupascu. Raimond and M. 4. Atteindre ou approcher les très longs temps de piégeage prédits par la théorie est un but difficile. European Physical Journal-Special Topics. J. Deléglise. AIP (2008). 3. Nous avons à cette fin réduit significativement les sources de bruit technique dans notre expérience. J. 54. C. Bernu. S. mais qu’elle la laisse cependant très supérieure à ce qu’elle est en présence de métaux normaux. N. J. Ero. « A short history of Cavity Quantum Elecrodynamics » dans Coherence and Quantum Optics IX. C. 889 (2007). 9. Brune. Haroche. M. Bernu.-M. 448. Proceedings of the Durban Conference « Theoretical and experimental foundations of modern technologies ». Bernu. Brune et J. Eberly et C. 56004 (2008). Kuhr. Deléglise. Kasevich editeurs.P. Brune. L. Sayrin. . J. C.H.PHYSIQUE QUANTIQUE 125 que la présence des vortex raccourcisse la durée de vie des atomes. 5. Raimond et S. Pour vérifier ces prévisions. S. éditeurs. Ceci nous a permis d’augmenter d’un facteur 5 le temps de vie rapporté précédemment et ouvre la voie à une mesure réaliste de la dissipation dans les puces supraconductrices. C. Guerlin. Stroud.-M.-M. Brune. 2. Phys. S. « Progressive field state collapse and quantum non-demolition photon counting ». Brune et J. J. S. S. 6.P. Reconstruction of non-classical cavity field states and movie of their decoherence.-M. Nierregarten. Bergquist et M. « Quantum Non-Demolition counting of photons in a cavity » dans Laser Spectrsocopy XVIII. Deléglise. Haroche. Dotsenko. S. Sayrin. Holberg . S. Raimond et S. S. Brune. Bigelow. Sayrin. M. M. Kuhr. G. Volume : 159 pages : 19 (2008). I. S. il est essentiel du point de vue expérimental de pouvoir mesurer de très longs temps de vie dans le piège sans être limité par des causes de bruit technique. soumis à publication (juillet 2008). J. A. Gleyzes.H. Brune. J. Publications du groupe d’électrodynamique quantique en cavité (juillet 2007 . Raimond. J. M.R. U. J. Kuhr. Haroche. M. Gleyzes. Raimond et S. mais indispensable si l’on veut tirer avantage des puces cryogéniques.-M. Emmert. Dotsenko. C.R. S. M. Nogues.-M. S. « Observing quanum jumps of light by Quantum Non-Demolition measurements » dans Coherence and Quantum Optics IX. Kuhr. World Scientific (2008). J. soumis à publication (juin 2008). 7. T. Sayrin. A. Deléglise. Stroud. Bigelow. Raimond et S. Gleyzes. Busk Hoff. 8. I. 81. Haroche. C. C. S. Haroche. AIP (2008). Journal of Modern Optics. S. Guerlin. S. bernu.

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professeur 1. Cours de l’année 2008 : « Signaux et circuits quantiques » En informatique.. Enseignement au Collège 1. L’élément d’information quantique.1. le temps de latence. à partir de l’exemple simple d’un circuit résonant LC (inductance + capacitance). quand on s’intéresse aux limites ultimes des paramètres du traitement de l’information comme le débit. unité élémentaire d’information. le bit quantique est constitué d’une paire de niveaux quantiques — généralement le niveau fondamental et le premier niveau excité — d’un degré de liberté élémentaire. dissociés d’une implémentation particulière. Ceci est justifié par l’universalité de la plupart des algorithmes et des protocoles de communication. la nature physique et les interactions mutuelles des degrés de liberté porteurs de l’information deviennent cruciales. Dans ce cours. les lois de Kirchhoff et les relations constitutives des éléments du circuit. Michel Devoret. limitée aux situations où le traitement quantique des signaux et des circuits est en continuation la plus directe du traitement classique. comme les définitions concernant les variables de nœuds et les variables de boucles. en l’occurrence celui d’un mode électromagnétique du circuit. Les leçons de cette année ont constitué une introduction à ce domaine. la consommation d’énergie. le volume de données. etc. Toutefois. membre de l’Institut (Académie des Sciences). est souvent discutée en termes abstraits. lesquels sont largement indépendants des détails de la représentation. On a compris depuis le milieu des années 90 que l’information quantique est extrêmement puissante quand il s’agit de . C’est le cas par exemple lorsqu’on aborde les opérations booléennes. la notion de bit. La première leçon a commencé par quelques rappels de théorie des circuits classiques.Physique mésoscopique M. est explorée la physique des dispositifs et des systèmes électroniques qui traitent l’information au niveau le plus élémentaire : le un et le zéro sont représentés par la présence et l’absence d’un quantum d’excitation des champs électromagnétiques dans le circuit.

au pas en fréquence de la base. On arrive ainsi aux états discrets correspondant aux photons. non-dissipatif. Cette seconde quantification implique l’existence d’états discrets pour la fonction d’onde décrivant l’amplitude des deux modes. en traitant celle-ci comme une chaîne d’oscillateurs LC couplés. On arrive ainsi au circuit quantique élémentaire qui comprend un minimum d’élément. et sa hauteur. la boîte à paires de Cooper. On arrive ainsi à la quantification des modes électromagnétiques d’une ligne de transmission. qui est constituée d’une simple jonction tunnel en série avec une capacité et une source de courant. Cette segmentation discrète correspond à une « première quantification » des signaux. lequel rappelle la portée d’une partition de musique. Ce circuit est l’équivalent d’un simple atome hydrogénoïde en physique atomique. Lorsque les propriétés de celle-ci sont bien acquises. Ces opérateurs canoniquement conjugués sont définis à partir des intégrales temporelles de la tension et du courant dans une branche du circuit. les ondelettes sousjacentes constituant la « fonction d’onde » des photons. comme on utiliserait ceux d’un oscillateur harmonique mécanique ? En fait. il y a celle de flux généralisé aux bornes d’un élément quelconque qui n’est pas nécessairement une inductance. l’hamiltonien quantique s’obtient simplement en traitant les variables conjuguées du problème classique — position et impulsion des électrons — comme des opérateurs qui ne commutent pas. La troisième leçon a été consacrée à la décomposition d’un signal se propageant le long d’une ligne de transmission en modes discrets orthogonaux. Il faut donc introduire dans le circuit un élément nonlinéaire. Chaque onde de base peut être représentée par un rectangle dans le plan temps-fréquence. on peut introduire la seconde quantification : elle consiste à déclarer comme variables conjuguées les amplitudes complexes de deux modes discrets de même index de position en temps. qui joue le rôle d’une inductance dont la valeur varie avec le courant. Mais comment en pratique implémenter les bits quantiques ? Peut-on tout simplement utiliser les niveaux quantiques d’un circuit LC. nous avons abordé le problème que pose l’écriture de l’hamiltonien dans un circuit quantique arbitraire. On peut se convaincre de la validité des relations de commutation entre charge et flux à partir des relations de commutation entre champ électrique et champ magnétique en électrodynamique quantique. pour isoler une paire de niveaux. Cet élément est une jonction tunnel Josephson. Pour les atomes.128 MICHEL DEVORET représenter de façon minimale les relations contenues dans la donnée d’une fonction. mais avec des index opposés en fréquence. La largeur du rectangle correspond au pas en temps de la base. Nous avons introduit les concepts de base de la théorie des ondelettes. Il faut remarquer que . Parmi les notions surprenantes des circuits quantiques. Il est remarquable qu’un signal d’énergie finie puisse être décomposé sur une base d’ondes continues à la fois localisées en temps et en fréquence. Qu’en est-il dans les circuits ? Le rôle de la position et de l’impulsion est joué par le flux et la charge. ce dernier possède la désagréable propriété d’avoir toutes les transitions entre niveaux voisins situées à la même fréquence. Dans la seconde leçon.

où l’impédance est remplacée par une série infinie d’oscillateurs harmoniques (modes stationnaires). qui représente l’amplitude et la phase moyenne de l’état dans le plan des quadratures. mais d’un disque dont le rayon donne l’écart type des fluctuations. De même. le nombre d’anneaux étant égal au nombre de photons. qui correspondent aux processus d’absorption. qui correspondent aux processus d’émission spontanée et stimulée du circuit connecté à l’impédance. On arrive ainsi à des expressions commodes pour les calculs . peuplée par un champ thermique incident. on peut calculer les fluctuations des quantités électriques pour un circuit LC. À partir de ce type de relation. et par là. et servir en même temps de patron pour une base discrète. nous avons établi l’expression des opérateurs de champ dans l’espace des fréquences. sont plus intenses que les fréquences négatives. La cinquième leçon a commencé par le rappel de la relation entre le nombre de photons dans un mode propagatif et les valeurs moyennes quadratiques correspondantes des courants et des tensions. comme une fonction gaussienne. . un signal déterministe du bruit thermique. il faut introduire les opérateurs de création et d’annihilation de mode. établir pour une impédance quelconque la relation entre la partie réelle de l’impédance et la densité spectrale des fluctuations du bruit Johnson. la valeur moyenne de l’anti-commutateur est donnée par la même fonction de Dirac. Nous avons présenté ce calcul de la densité spectrale à la fois en prenant le point de vue de Caldeira-Leggett.PHYSIQUE MÉSOSCOPIQUE 129 cette fonction d’onde ne peut pas avoir tous ses moments finis à la fois en fréquence et en temps. Dans le cas quantique. Au cours de la quatrième leçon. un état avec un nombre de photons bien déterminé (état dit de Fock) correspond à une figure avec symétrie de rotation comportant une série d’anneaux. par exemple un état semi-classique du champ. surnommée parfois « sucette de Fresnel » : on munit le segment du vecteur. Le formalisme entrée-sortie est très utile pour passer des équations du circuit avec les deux termes de dissipation et de forçage. cette densité spectrale est asymétrique : les fréquences positives. qui remplace la partie dissipative de l’impédance par une ligne de transmission semi-infinie (modes propagatifs). et le point de vue de Nyquist. à partir de la décomposition du signal en ondes de vecteurs d’onde bien déterminés. Le commutateur de ces opérateurs de champ est singulier : il est donné par une fonction de Dirac faisant intervenir la somme des fréquences. Ainsi. En revanche. le théorème fluctuation-dissipation quantique peut-il être vu comme une conséquence de la propriété de symétrie du circuit : ce dernier ne peut pas distinguer. non pas d’une pointe de flèche. à partir des ondelettes définies dans la leçon précédente. aux équations de diffusion des champs sur le noyau formé de la partie réactive du circuit. On peut représenter un état semi-classique par une généralisation du vecteur de Fresnel. mais multipliée par une fonction analogue au nombre moyen de photons d’un oscillateur. dans le processus de diffusion des champs conduits par la ligne de transmission. en l’occurrence celles de point zéro. Ces opérateurs de modes permettent de spécifier rigoureusement l’état du champ dans une ligne de transmission. dans l’état thermique. mais pour retrouver le sens physique des opérateurs.

Expérimentalement. en les mesurant par interférence. Comment atteindre cette limite quantique ? La solution. Ce cours de physique mésoscopique s’intitulait « Single Electron Effects ». Beinecke. Archana Kamal et Adam Marblestone) Le phénomène d’amplification des signaux électriques par un composant électronique actif est à la base d’un grand nombre d’applications dans tous les domaines de la physique. et qui se focalisera sur les aspects non-perturbatifs. 2. c’est-à-dire 2. La symétrie de type pont de Wheatstone du modulateur en anneau privilégie les termes de mélange à trois ondes dans l’hamiltonien. Activité de recherche 3. qui stipule qu’un amplificateur préservant la phase doit nécessairement ajouter au signal une intensité de bruit — comptée en se référant à l’entrée — équivalente à un demi-photon par mode du signal. Le modèle le plus élémentaire de ce type d’amplificateur consiste en deux circuits LC couplés par une inductance mutuelle variant sinusoïdalement dans le temps à la fréquence de la pompe. Le point de départ est le théorème de Caves. est simple : il faut utiliser le nombre minimum de modes possibles. on peut donc avec un tel dispositif observer la compression du bruit dans les corrélations entre le signal direct et le signal image. Cette matrice possède la remarquable propriété d’être symplectique. laquelle propriété traduit à son tour mathématiquement la conservation de l’information par ce circuit actif.W. En nous basant sur la théorie entrée-sortie.1. en dépit de la non-conservation de l’énergie. dans le cas de l’amplificateur paramétrique non-dégénéré. si l’on compte le mode à amplifier. qui poursuivra cette revue des phénomènes quantiques dans les circuits supraconducteurs microondes. Chacun des oscillateurs est couplé à la ligne de transmission servant à injecter et à extraire les modes signal et image. 2 juillet 2008 : Série de deux leçons données dans le cadre de l’International School of Physics « Enrico Fermi ». dans le cadre de la chaire F. nous avons établi la matrice de diffusion pour un tel circuit. La leçon s’est achevée par une courte discussion sur le programme de l’année 2008-2009. Signaux et circuits quantiques (en collaboration avec Nicolas Bergeal.130 MICHEL DEVORET La sixième leçon a été consacrée au processus d’amplification paramétrique. Il est soumis à un principe dérivé de la relation . 3. Au mode de signal doit donc être adjoint un mode image. Flavius Schakert. circulant dans une ligne annexe. En pratique l’implémentation de la mutuelle variable dans le temps est réalisée à l’aide d’un modulateur en anneau Josephson. qui comprend quatre jonctions tunnel formant une boucle dans laquelle est envoyé un demi-quantum de flux magnétique. ce qui est réalisé en pratique avec un circulateur. par rapport aux termes de couplage parasites qui favorisent le chaos dynamique et donc un excès de bruit. 7 et 12 novembre 2007 : Série de trois leçons données au département de Physique Appliquée de Yale. Enseignement en dehors du Collège 5. Quantum Coherence in Solid State Systems.

un tel résultat représente néanmoins une amélioration d’un facteur 30 par rapport aux meilleurs amplificateurs cryogéniques microonde basés sur les transistors HEMT. c’est-à-dire la perte d’information quantique d’un circuit. Cette année. Nos résultats indiquent un facteur 3 par rapport à la limite quantique. ce qui sera très utile pour ensuite mesurer la dissipation du circuit de manière contrôlée. nous avons réalisé et mesuré une version plus avancée de ce type d’amplificateur.PHYSIQUE MÉSOSCOPIQUE 131 d’incertitude de Heisenberg : un amplificateur préservant la phase ajoute au moins un bruit dont l’énergie correspond à un demi-photon à la fréquence du signal. avec des fréquences de signaux aux alentours de f = 10 GHz et des températures T << hf/k ∼ 500 mK. par degré de liberté amplificateur. une bande passante de l’ordre de 1 MHz et un gain de l’ordre de 30 dB. Nous avons réalisé la mesure de la température de bruit du système complet en nous basant sur le bruit auto-calibré d’un nanofil de cuivre. . Le gain dépasse 40 dB. Ce shunt des courants continus supprime complètement les fluctuations de charge. la capacité ajoutée à la jonction tunnel est obtenue par une ligne de transmission dans laquelle la jonction est insérée en série. tout en préservant. Le deuxième qubit met en jeu une approche encore plus radicale. Dans ce nouveau qubit. et ensuite de vérifier les prédictions théoriques concernant le bruit ajouté au signal. Nous shuntons une jonction de grande énergie de charge par une très forte inductance réalisée grâce à un réseau de 50 jonctions tunnel en série. La mesure spectroscopique des niveaux d’énergie du système est en cours. Même si l’on n’atteint pas encore la limite ultime. Nick Masluk et Vladimir Manucharyan) Nous avons mis au point cette année deux nouveaux qubits supraconducteurs. La limite quantique devrait être atteinte du fait de l’absence de dissipation parasite dans ce type de système. Les mesures des temps de décohérence T1 et T2 sont en cours.2. Schoelkopf. basé sur des réseaux de jonctions tunnel Josephson pompés par irradiation micro-onde. Le but de notre recherche est d’abord de montrer que l’on peut effectivement atteindre en pratique le régime où le bruit d’un amplificateur « utile » n’est limité que par le bruit quantique. tout en rendant possible un contrôle du dispositif par la charge alternative des signaux sonde. Qubits supraconducteurs (en collaboration avec Markus Brink. 3. Aucune limitation n’intervient en revanche pour un amplificateur qui ne mesure d’un signal qu’une composante ou que son énergie. Le but de cette recherche est de comprendre les facteurs influant sur la décohérence. Nous utilisons des résonateurs micro-ondes supraconducteurs dans lesquels est placé un milieu non-linéaire purement dispersif. Le premier qubit est basé sur le « transmon ». de façon à rendre le circuit insensible aux fluctuations de charge du substrat. Nous travaillons dans le régime micro-onde. qui est une boîte à paires de Cooper dans laquelle on a augmenté le rapport entre l’énergie Josephson et l’énergie de charge. et l’analyse du spectre devrait permettre de remonter aux paramètres de l’hamiltonien avec une excellente précision. au lieu de la configuration parallèle précédemment explorée dans le groupe de R. basée sur un modulateur en anneau Josephson.

Manucharian V. [10] Houck A. Girvin S. Johnson B.. Leçon inaugurale. Schoelkopf. 328 .M. Suppressing charge noise decoherence in superconducting charge qubits. Koch Jens.. Nature 449.... Vijay R. Vijay R. Houck A.M.J. H. Houck A. Annalen Der Physik 16..R. Chow J.. Fissette S. Analog information processing at the quantum limit with a Josephson ring modulator.M. A 76. Phys. and Schoelkopf R. Girvin S.. Frunzio L. Quantum Nondemolition Readout Using a Josephson Bifurcation amplifier.. B 76. Gambetta J.... arXiv:0706. 042319 (2007)..M. Chow J.. Johnson B..H. B. and Devoret M.. Boaknin E. Girvin S.331 (2007).. Circuit-QED: How strong can the coupling between a Josephson junction atom and a transmission line resonator be ?.. Schoelkopf R.. Phys. 76...I... 767-779 (2007).132 4..3452]. and Devoret M... 014524 (2007). Siddiqi I.M. B 76. [6] Majer J. Devoret M.I. Gambetta J... Wallraff A.... 180502(R) (2008). Gambetta J...A.M. Siddiqi I. [8] Koch J.A. Houck A.M. M. 174516 (2007) [Cond-Mat. Schuster D. 443-447 (2007). Siddiqi I. Schreier J. Dispersive Bifurcation of a Microwave Superconducting Resonator Cavity incorporating a Josephson Junction.. [11] Schreier J. Schoelkopf R..S... Nature (London) 445. Fissette S. Wallraff A. Johnson. Rev. Frunzio L.. Devoret M.M. Girvin S.I.. Collège de France / Fayard..J... Publications MICHEL DEVORET [1] Boaknin E.I. Vijay R.R. Chow J.. Schuster D.J.. [13] Devoret M. Parametric Amplification with the Josephson Ring Modulator.J. 080502 (2008)... J.. Rf Bifurcation of a Josephson Junction : Microwave Embedding Circuit Requirements.. Frunzio L.. Frunzio L. R... Houck A. Lett 101.I. Rigetti C. [5] Boulant N. Submitted to Physical Review Letters. Schoelkopf R..... Siddiqi I. Yu T.. Schuster D. Devoret M.. Rev. Charge insensitive qubit design from optimizing the Cooper-Pair Box. Blais A..M.H..A. Nature 449. Frunzio L. Koch Jens. and Devoret M. Majer J. Phys.J. Girvin. Vijay R. Meeson P.. Schakert F. Metcalfe M.A. 014525 (2007). . Resolving Photon Number States in a Superconducting Circuit.A... [3] Schuster D. Rev. Coupling superconducting qubits via a cavity bus. Chow J.. Rev. Schreier J. and Devoret M.. De l’atome aux machines quantiques..A. Schreier J. [7] Metcalfe M. Nguyen F. Girvin S. Vion D.R. Koch Jens. [4] Houck A. Generating single microwave photons in a circuit. Measuring a Quantronium qubit with the Cavity Bifurcation Amplifier..H..A. en préparation.H.0765]. Devoret M. Devoret M. Boaknin E... [2] Manucharian V. Schoelkopf R.M.. Girvin S.. Schuster D. Schoelkopf R.M...H..J.. Majer J.. Riggetti C..R.. Schoelkopf R.. Metcalfe M.. Gambetta J. Phys.M. 2008 (à paraître). Manucharyan V..I.A.A. Rev. Ithier G.M. Controlling the spontaneous emission of a superconducting transmon qubit.A. Pierre. 515-518 (2007) [CondMat/0608693]. Majer J. Wallraff A.J. Girvin S.. E... Esteve D. Schuster D.. [14] Bergeal N. Blais A. B 77.H.... [9] Devoret. Johnson B.......M.H.. Frunzio L. M. and Schoelkopf R. Girvin S.... and Devoret M...A.. Schoelkopf R. F. Rev.H. Phys.. [Cond-Mat/0702445].. Gambetta J. S.. Submitted to Nature Physics (2008) [arXiv:0805. and Devoret M.H. Gambetta J. Devoret M.M...... [Cond-Mat/0612576] Phys.H. Schreier J.. Vijay R.. Blais A. Manucharyan V. Siddiqi I.M.. [12] Bergeal N. Frunzio L. Frunzio L.. Johnson B.M.

Pennsylvania. ESPCI. . California. Cambridge. Penn State University. USA. California. Paris. Conférences 5. USA. Inf. Proc. Stanford. Massachussetts. USA. Rhode Island. USA. State College. Newport. Avril 2008 : Quantum Information Seminar. Snowbird.. Paris. Berkeley. ESPCI. Avril 2008 : Stanford Photonics Research Center Meeting. USA. Juin 2008 : Séminaire général de Physique. Janvier 2008 : Physics of Quantum Electronics. MIT. Utah. USA. Mai 2008 : Journées Supraconductivité. Mars 2008 : Physics Colloquium. Décembre 2007 : Decoherence in Superconducting Qubits.PHYSIQUE MÉSOSCOPIQUE 133 5.1 Exposés donnés sur invitation Octobre 2007 : CIFAR meeting on Quant.

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membre de l’Institut (Académie des Sciences). Le deuxième cours. Les deux cours précédents ayant porté sur les interactions fortes (dans leurs aspects perturbatives et non perturbatives respectivement). en particulier. Le cours de l’année 2007-2008 : « Le modèle standard et ses extensions » Après la parenthèse 2006-2007 (cours donné entièrement à l’étranger). fut.Particules élémentaires. le cas d’intérêt pour les interactions faibles. Nous sommes revenu. le cours de l’année 2007-2008 a repris le chemin initié en 2004-2005 et 2005-2006 afin de compléter la présentation du modèle standard des particules élémentaires. professeur 1. à son tour. donné en partie par le professeur Riccardo Barbieri de l’École Normale (Scuola Normale) de Pise et en partie par le professeur Ferruccio Feruglio de l’Université de Padoue. Gabriele Veneziano. Chaque cours et séminaire. Le cours s’est déroulé en 18 heures. Le premier cours. . et ensuite inséré sur les sites en français et en anglais de la chaire. dont 11 de cours proprement dit et 7 heures de séminaires. « Théories de jauge : un rappel ». « QED et QCD : un rappel ». un résumé des concepts de base de la QED (comme théorie des interactions électromagnétiques) et de la QCD (comme théorie des interactions fortes) qui avaient été couverts dans les cours 2004-2005 et 2005-2006. fut un résumé des principales notions (déjà discutée en 2004-2005) qui sont à la base des théories de jauge. ce dernier cours se concentra sur le secteur dit électrofaible du Modèle Standard (MS). sur l’importante distinction entre le cas de fermions dans une représentation réelle du groupe de jauge (les cas de la QED et QCD) et celui d’une représentation complexe (fermions « chiraux »).1. a été imprimé et distribué avant chaque cours. présenté avec l’aide d’un fichier « Power Point ». gravitation et cosmologie M. Enseignement au Collège 1.

le développement de la théorie des interactions faibles. d’une façon unifiée. « Autres conséquences du Modèle Standard ». à travers les différentes découvertes expérimentales. l’idée est née qu’une théorie de jauge puisse décrire. Ensuite. Même si conceptuellement la généralisation est simple. en particulier pour cette dernière. ses conséquences phénoménologiques sont très importantes. a retracé. est capable d’introduire les mélanges observés dans les courants chargées aussi qu’une phase qui détermine la violation de la symétrie CP. en même temps. « Plusieurs familles : mécanisme de GIM et matrice CKM ». le MS avec trois générations évite d’une façon très naturelle l’apparition de courants neutres avec changement de saveur (FCNC) et. Le huitième cours. les interactions électromagnétiques et faibles en utilisant le groupe de jauge SU(2)xU(1). Nous avons aussi souligné que ce mécanisme. le fameux mécanisme de Higgs dans le cas le plus simple du groupe U(1). Dans le quatrième cours. au moins d’introduire un nouveau type de neutrino qui est neutre par rapport à toutes les interactions de jauge. Le sixième cours. c’est-à-dire sans tenir compte des corrections radiatives. au moins dans sa forme la plus simple. « Brisure spontanée de symétries ». nous avons discuté des principales caractéristiques et conséquences de chacune et. nous avons discuté des représentations auxquelles les fermions doivent appartenir et. nous avons discuté de la généralisation du modèle précédant au cas.136 GABRIELE VENEZIANO Le troisième cours. « Prédictions au niveau arbre pour une famille ». Nous avons terminée avec un exemple de calculs des corrections radiatives. apparemment choisi par la Nature. Pourtant. nécessite l’introduction d’un champ scalaire à côté des champs de jauge et des champs de fermions. voir ci-dessous) en ce qui concerne les masses et les oscillations des neutrinos. malgré la brisure de la symétrie. . nous avons utilisé les éléments déjà introduits pour définir le modèle standard des interactions électrofaibles dans les cas d’une seule famille (ou génération) de quarks et de leptons. Nous avons aussi observé que le neutrino reste sans masse. à partir de sa première formulation par Enrico Fermi en 1934. celui qui concerne le soi-disant paramètre ρ. a porté sur d’autres conséquences du modèle standard en particulier dans la physique de mésons K neutres et (en préparation des séminaires spécialisés du professeur Feruglio. nous avons tiré les conséquences expérimentales du modèle présenté au cours précédent dans l’approximation dite à « arbre ». mais quantitativement pas encore parfait. où il y a trois familles de quarks et de leptons. « Interactions faibles : du modèle de Fermi à une théorie de jauge ». L’accord est qualitativement bon. dans ses grandes lignes. Dans le cinquième cours. en même temps. « Boson de Higgs et Lagrangien pour une seule famille ». On a rappelé comment. Dans le septième cours. après avoir souligné l’importante distinction entre la brisure de symétries globales et locales. nous avons souligné la nécessité d’un mécanisme de brisure de la symétrie de jauge sans quoi tous les fermions resteraient sans masse.

les tests d’unitarieté. Pise. le LHC. Donc la supériorité du modèle supersymétrique par rapport au modèle standard n’est pas de tout évidente. Le nouvel accélérateur de particules du CERN. Italie). Le premier été centré sur la phénoménologie de la matrice CKM. qui a développé la physique des neutrinos dans le MS sous les titres « Masses. GRAVITATION ET COSMOLOGIE 137 Après une première série de séminaires par les professeurs Riccardo Barbieri et Ferruccio Feruglio (voir ci-dessous). « Secteur de Higgs : questions de réglage fin » a entamé une critique bien connue du MS comme ayant besoin d’une quantité importante de « réglage fin » afin de maintenir la masse du boson de Higgs suffisamment basse. dits de Grand Unification (GUT). Les séminaires liés au cours Après les premières 8 heures de cours. Dans le onzième cours. Ces séminaires ont été suivis par deux autres donnés par le professeur Ferruccio Feruglio (Université de Padoue.PARTICULES ÉLÉMENTAIRES. Néanmoins. nous avons présenté des modèles. nous dira sans doute si la supersymétrie existe bien aux énergies qui seront atteignables.2. avec leurs avantages relatifs. mélanges et oscillations des neutrinos : les données expérimentales » et « Masses. Ainsi. d’abord comme construction théorique et après comme une possible résolution du problème de réglage fin discuté dans le neuvième cours. ont été discutés. le neuvième cours. il a fait le point sur les tests de précision du MS à travers des expériences de physique atomique et surtout avec les données de l’accélérateur LEP du CERN. le professeur Barbieri est encore intervenue à trois reprises. Premièrement. le dixième cours. le sujet des deux derniers cours et séminaires. Italie) a donné deux séminaires intitulés « La physique de la saveur dans le MS » et « Violation de la symétrie CP dans le MS ». Il a donné ainsi un cadre très complet de la situation actuelle à la fois expérimentale et théorique dans ce nouveau domaine très excitant de la physique des particules. le professeur Riccardo Barbieri (Scuola Normale Superiore. Dans le deuxième séminaire. en même temps. a introduit le concept de supersymétrie. le professeur Barbieri a illustré les phénomènes de violation de la symétrie CP (toujours dans le système des K neutres) et leur calcul dans le modèle standard. 1. « Théories de Grand Unification ». les mélanges et oscillations des mésons K neutres. où les trois interactions non gravitationnelles découleraient d’une théorie de jauge basée sur un groupe de jauge techniquement dit « simple » et donc avec des relations entre les différentes constants de couplage et les différentes masses des particules. Il a souligné qu’un accord entre la . la supersymétrie n’élimine pas complètement ce problème. une introduction à certains modèles qui vont au-delà du MS. En même temps elle permet à priori certains processus qui ne sont pas observés. « Supersymétrie et le MSSM ». dans « Le tests de précision du MS ». aussi que sur les bornes relatives aux processus de FCNC (tels que μ → e γ). C’était. mélanges et oscillations des neutrinos : la théorie ». Les exemples des groupes SU(5) et O(10). Ensuite.

la chaire fait aussi partie de la Fédération « Interactions Fondamentales » avec le LPT-ENS. et pourquoi les théoriciens de particules y sont tellement intéressés aujourd’hui. comment elle s’est développée depuis sa découverte. suivie d’un débat. Une conférence portant le même titre. et le APC (après son départ du Collège).138 GABRIELE VENEZIANO théorie et les données expérimentales a besoin de corrections radiatives et que cet accord est tout à fait remarquable si le boson de Higgs est assez léger pour être produit aux énergies du LHC. suivi d’une liste des publications scientifiques correspondantes. Enseignement en dehors du Collège Mai 2008 : « 40 anni di teoria delle stringhe : passato.1. 3. Un exemple de ce genre c’est la théorie dite du « techni-couleur ». Activité de recherche Elle a porté sur les trois sujets de l’intitulé de la chaire en particulier sur les questions liées à la gravitation classique et quantique dans le cadre de la théorie des cordes. les LPNHE et LPTHE de Paris 6. 3. Ensuite le séminaire « Modèles sans le boson de Higgs ». Depuis 2005. a été donnée. presente e futuro ». d’arriver à des conclusions fermes. peu après. au « Collegio di Milano » (un Collège qui réunit un nombre sélectionné d’étudiants universitaires de la métropole milanaise de toutes disciplines). le professeur Barbieri a donné un panorama très complet des expériences qui pourraient dénicher de la physique qui va au-delà de celle du MS soit en utilisant de très hautes énergies (comme au LHC) soit par des mesures à basse énergie mais d’une très grande précision. Dans ce cas de figure. nous sommes toujours confrontés à des problèmes de divergences infrarouges qui nous empêchent. Particules élémentaires Avec le professeur Jacek Wosiek (Université de Cracovie. « Où la nouvelle physique peut-elle se cacher ? ». Voici un aperçu de cette activité de recherche. porta sur des modèles où le mécanisme de Higgs est induit par autre chose qu’un champ scalaire. Dans son dernier séminaire. Pologne) nous avons essayé de généraliser les modèles de mécanique quantique matricielle déjà étudiés au cas d’une théorie de champs supersymétrique en deux dimensions spatiotemporelles. 2. . il n’y aurait pas une véritable particule de Higgs. Conférence sur la théorie des cordes pour les étudiants des lycées à Florence: son but était d’expliquer en quoi consiste la théorie des cordes. mais réadaptée. son accord avec les tests de précision est loin d’être évident. pour l’instant. En dépit d’un progrès indiscutable. Même si cette classe de théorie est esthétiquement attrayante.

« Exploring an S-Matrix for gravitational collapse » (avec J. nous avons essayé de vérifier si la contre-réaction à la production cosmologique de particules pourrait induire le rebondissement désiré. soudain. 3. . Utilisant des méthodes à la fois analytiques et numériques. Springer (2008). avec le professeur Maurizio Gasperini (Universitè de Bari) et un jeune chercheur. Wosiek). 2. JHEP02 (2008) 049.2.PARTICULES ÉLÉMENTAIRES. se transforme en expansion sans qu’aucune quantité physique ne dépasse les bornes dictées par les dimensions finies des cordes (« cosmologie à rebondissement »). une phase de contraction qui. Wosiek). rien est sortie en forme de publication sur ce sujet. Récemment. Cette dernière année. Maharana). « Exploring an S-Matrix for gravitational collapse II : a momentum space analysis » (avec J. Amati et M. Il est maintenant publié dans sa forme originale dans un livre avec les contributions d’un nombre de mes collaborateurs en l’occasion de mes 65 ans. 4. mais. a été poursuivie dans le but de mieux comprendre le problème de l’information en physique quantique des trous noirs. 3. que je n’avais jamais terminé. obtenus dans un contexte complètement quantique. Gravitation L’étude théorique des collisions entre particules légères à énergies transplanckiennes. s’accordent très bien avec les estimations classiques et pourraient indiquer la façon avec laquelle l’information est récupérée dans un processus quantique de collision de particules ou de cordes. écrit en 1973. 4. nous avons résolu les équations de mouvement qui découlent d’une action efficace en deux dimensions de l’espace que nous avions proposé il y a une quinzaine d’années. Il s’agit de la publication d’un manuscrit. un progrès considérable sur ce problème a été accompli. pour l’instant.3. « Non-local field theory suggested by Dual Models » dans « String theory and fundamental interactions » (éditeurs : M. 29. Les résultats. Ciafaloni). « Towards and S-Matrix description of gravitational collapse » (avec D. GRAVITATION ET COSMOLOGIE 139 3. JHEP09 (2008) 023. Nous avons fait des progrès considérables. p. avec les professeurs Daniele Amati (Université de Trieste) et Marcello Ciafaloni (Université de Florence). Publications 1. Gasperini et J. Cette ligne de recherche a été poursuivie en collaboration avec le professeur Jacek Wosiek. Cosmologie La théorie des cordes suggère de nouveaux scénarios cosmologiques où la « singularité » du big-bang (c’est-à-dire l’instant où plusieurs quantités physiques seraient devenues infinies) est remplacé par un « big bounce ». le docteur Giovanni Marozzi (Université de Bologne). JHEP09 (2008) 024.

Florence. « L’unité de la physique et la cosmologie ». 3. décembre 2007. avril 2008. « Transplanckian scattering. UCLA. « Farewell talk : A sample of yet unfinished projects ». Colloque Université Pierre et Marie Curie. Genève. La Sapienza. Università di Roma. « Towards an S-matrix for gravitational collapse ». 18. novembre 2007. mai 2008. UCLA. 19. Colloque à l’Universitè de Bologne. Université de Californie à Irvine. and the information paradox ». avril 2008. Paris. 16. 10. 8. conférence pour le 50e anniversaire de l’IHES. Venise. 13. black holes. « 40 anni di teoria delle stringhe : passato presente e futuro ». « Transplanckian Superstring Collisions I ». avril 2008. « Transplanckian Superstring Collisions II ». « Planar equivalence : an update ». 2. 11. Conférence « Spazio. « Recent progress in transplanckian scattering ». conférence « Non perturbative gauge theories » GGI. juin 2008. Conférences 5. 22. « Towards an S-matrix description of gravitational collapse ». juin 2008. 6. 5. Émission de Radio France (France Culture). Collège de France. 7. 14. Paris. « Towards an S-matrix for gravitational collapse ». UCSB/KITP. octobre 2007. « Le grand Collisionneur d’hadrons (LHC) du CERN et ses enjeux ». séminaire joint des théoriciens. Sesto Fiorentino. « Il modello standard dell’Universo : successi ed enigmi ». « Towards an S-matrix description of gravitational collapse ». série « Cultures d’Europe ». 20. mai 2008. 15. décembre 2007. symposium « The two cultures : shared problems ». conférence pour étudiants des Lycées. « 40 anni di teoria delle stringhe : passato presente e futuro ». « Diverse prospettive di sviluppo della teoria quantistica della gravitazione ». tempo e materia : l’ultima parola è ancora quella di Einstein ? ». « Le Modèle standard de l’Univers : Succès et énigmes ». septembre 2007. Université de Padoue. Orsay. « String Theory : Is Einstein’s dream being realized ? ». mai 2008. mardi de l’Administrateur. « La théorie des cordes est-elle morte ? ». . 21. Conférences sur invitation GABRIELE VENEZIANO 1. Bures-sur-Yvette. Universitad Autonoma Madrid. Université des Hawaii. « Did Time have a beginning ? ».1. 9. Conférence grand public. 4. janvier 2008. mai 2008.140 5. IHP. 12. Santa Barbara. « Planar equivalence : an update ». août 2007. 17. conférence pour les étudiants du « Collegio di Milano ». décembre 2007. avril 2008. décembre 2007. (à l’occasion de la chaire Blaise Pascal du Professeur Michail Shifman). Bruxelles. juin 2008. « Towards an S-matrix description of gravitational collapse ». septembre 2007. atelier sur « Non-perturbative gauge theories » Édimbourg. juin 2008. CERN.

Participation à des Comités — Comité d’évaluation de l’école de doctorat Galileo Galilei de l’ Université de Pise. — Depuis janvier 2007 l’Institut de Physique Nucléaire Italien (INFN) m’a chargé de suivre les activités du GGI avec une présence de plusieurs semaines pendant chaque atelier. Genève. black holes. Prix. juillet 2009. Irlande (sera consigné officiellement en mai 2009). Organisation de conférences et d’ateliers Comme membre de la FRIF (Fédération de Recherche Interactions Fondamentales) la chaire a contribué à l’organisation d’un nombre d’ateliers à Paris. 6. poursuivant le même but. Trois propositions ont été sélectionnées. a commencé ses travaux à l’automne 2007. ENS. dont je faisais partie. GRAVITATION ET COSMOLOGIE 141 5. notamment : — « Black holes. IHP. — Chaire de l’« Advisory Committee » de l’Institut Galileo Galilei (GGI) à Arcetri (Florence). 26-28 mai 2008. — Membre du Comité d’organisation de la Conférence « Marcel Grossmann ». 8. and the information paradox». Paris. distinctions Juillet 2008 : James Joyce Award. qui. — Chaire du « Wolfgang Pauli Committee ». . a présenté ses recommandations finales au Bureau international des Poids et Mesures en octobre 2006. nommé « Science et métrologie ». Paris. — « Gravitational scattering. En novembre 2007. 7. CERN.PARTICULES ÉLÉMENTAIRES. Depuis.2. J’ai donc passé au GGI quelques semaines en automne 2007 et au printemps 2008 et je planifie d’y retourner pendant l’automne 2008. Literary and Historical Society. je fais partie d’un nouveau comité de l’Académie des sciences. Groupes de travail Le groupe de travail de l’Académie des sciences « Unités de base et constantes fondamentales ». black rings and modular forms ». août 2007. le comité s’est réuni pour sélectionner les propositions d’atelier pour l’année 2009. University College Dublin. Paris.

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Au 1er juillet 2003. un agent technique sous contrat temporaire. L’équipe de géodynamique comprend en 2008 treize personnes : trois chercheurs permanents. Notre équipe de recherche a un accord-cadre avec la compagnie pétrolière Total pour profiter des synergies dans nos intérêts de recherche. ce qui a permis une interaction plus étroite avec le laboratoire d’Édouard Bard. L’intérêt de l’équipe repose sur la relation entre les processus de déformation superficielle et les processus profonds en mettant l’accent sur l’importance des forces de gravité et sur le rôle des fluides. six post-doctorants.Géodynamique M. un ingénieur informatique et un agent technique permanents. professeur COURS : Le cours n’a pas eu lieu. Activités scientifiques de juin 2007 à juin 2008 Xavier Le Pichon avait dirigé le Laboratoire de Géologie de l’École normale supérieure. Xavier Le Pichon. près d’Aix-en-Provence. membre de l’Institut (Académie des Sciences). dans des locaux fournis par l’université Paul Cézanne d’Aix-Marseille. il s’est délocalisé près du laboratoire du Cérège sur l’Europôle de l’Arbois. 2 et 3 octobre 2008 pour mener une réflexion sur les grands problèmes de géodynamique qui ont été traités depuis 1986 dans le cadre des cours de la chaire de géodynamique. un chercheur en cours de thèse. La connaissance du contexte géodynamique et tectonique est utile à la recherche pétrolière et c’est sur cette base qu’une collaboration scientifique avec l’industrie pétrolière a pu être développée. . Le 16 septembre 2005 le nouveau bâtiment dit « Trocadéro » mis à la disposition de l’antenne du Collège de France par l’Europôle de l’Arbois a été inauguré. Ce colloque donnera lieu à la publication d’un livre. Un colloque aura lieu à Saint Maximin dans le Var les 1er. pour que l’équipe de recherche de sa chaire de Géodynamique forme avec l’équipe de recherche de la chaire d’Evolution du climat et de l’océan d’Édouard Bard une antenne du Collège de France accueillie par l’université Paul Cézanne.

nous étudions la part de la tectonique gravitaire dans la tectonique active de la Provence en testant un modèle de glissement en masse sur des couches sédimentaires ductiles. L’objectif principal de la participation de l’équipe aux projets d’observatoire sous-marin est la compréhension du couplage fluide-mécanique dans les zones de faille et sous les pentes sous-marines instables. Ce travail a été présenté lors du colloque organisé en juin 2007 à Aix en Provence. Cet axe est sous la responsabilité de Claude Rangin. L’axe principal de nos recherches est l’étude géodynamique de zones tectoniquement actives menées avec la collaboration de grands organismes de recherche publics et industriels (CEA. Les chantiers Marmara et Ligure entrent dans le cadre du réseau d’excellence Européen Esonet. Avec le CEA et en collaboration avec Total. L’étude géodynamique de zones tectoniquement actives en collaboration avec l’Industrie s’appuie sur un accord-cadre avec la compagnie Total. Avec Total les projets sont centrés sur la déformation des réservoirs dans le bassin du Bengale et le Golfe du Mexique en privilégiant les relations entre déformation crustale et glissements superficiels dans leur cadre géodynamique global. de post-doctorants et de recherches. Les principaux chantiers sont l’étude de la zone sismogène sur la marge de subduction japonaise dans le cadre du programme de forage IODP. Cet axe est sous la responsabilité de Pierre Henry. Une campagne effectuée avec le navire Atalante et le submersible Nautile d’Ifremer en mer de Marmara a eu lieu en mai et juin 2007 sous la direction de Pierre Henry pour étudier les sorties de fluide le long de la Faille Nord Anatolienne et leur lien possible avec l’activité sismique.144 XAVIER LE PICHON L’originalité de notre équipe tient à la coopération étroite avec l’industrie qui se traduit dans le financement de thèses. Le début des opérations de forage IODP avec le navire Japonais Chikyu a eu lieu fin 2007 sur Nankai (projet Nantroseize). Un effort considérable a continué à se porter sur la compréhension du contexte géodynamique du grand séisme de Sumatra du 26 décembre 2004 qui avait été . EOSYS). conçu en collaboration avec Géosciences Azur et l’Ifremer. Deux sur les trois thèses sous contrat engagées sur ce thème ont été défendues à la fin de l’année 2007. Mais grâce à l’IRSN. Total) et de PME locales (SOACSY. la surveillance de la faille Nord Anatolienne en Mer de Marmara et le volet puits instrumentés de l’observatoire en Mer Ligure. et des contrats ponctuels avec les PME locales. toutes les recherches conduisant à des publications. Ces trois projets sont des projets à long terme. Il fera l’objet d’un numéro spécial de la Société Géologique de France qui sera publié au début de l’année 2009. Un second axe est lié à la technologie sous-marine avec en particulier une participation aux efforts internationaux pour implanter des observatoires sous-marins sur les marges continentales. un contrat de recherche avec le CEA. L’analyse de profils sismiques et leur vérité terrain est privilégiée. nous avons pu disposer des données du réseau sismique de la Moyenne Durance. ce qui nous permet de relocaliser la microsismicité de cette région prise en compte dans la détermination du risque sismique pour la centrale de Cadarache et le nouveau projet ITER.

Il est le fruit de la stratégie de recherche que nous avons adoptée dans notre programme de géodynamique des zones actives menées avec l’aide de l’industrie. Jing Yi Lin et Tanguy Maury ont repris la localisation des microséismes enregistrés durant la campagne. Le 23 janvier 2008 : Séminaire au Laboratoire Départemental de la Préhistoire du Lazaret à Nice. Du 08/04/08 au 11/04/08 : Discours inaugural du Consortium Interuniversitaire « Scuola per l’Alta Formazione » du 8 au 11 avril à Catane (Italie). Les résultats obtenus ont été publiés dans deux articles et les résultats finaux ont été présentés dans deux autres articles soumis à publication. Du 21/02/08 au 28/02/08 : « Comité DPDC du Concile Pontifical pour la Culture » (Réunion et visite d’évaluation à Rome (Italie). Du 16/11/07 au 19/11/07 : Meeting DPDC — Projet STOQ — Universités Pontificales Romaines à Rome (Italie). Une participation de Claude Rangin à la campagne de l’IFREMER  Sumatra Aftershocks  avait permis de participer à une analyse fine de la déformation sur cette marge de subduction très particulière. . Ce recueil met à la disposition des chercheurs sous forme électronique et graphique les synthèses géodynamiques (données et interprétations) obtenues dans le cadre de notre collaboration avec TOTAL et PEMEX. Ils mettent en évidence le rôle structurant des rides des zones de fracture océaniques qui sont subduites obliquement sous la marge. Nous préparons maintenant un nouveau recueil sur nos programmes concernant la Marge du Golfe du Bengale. Du 17/10/07 au 19/10/07 : Conférence au Colloque du Collège de France à Paris : « De l’autorité ». Par ailleurs. Activités diverses de Xavier Le Pichon Le 11 juillet 2007 : Réunion de travail chez TOTAL / La Défense — Réunion de travail sur projets Mexique et Sumatra. Il faut enfin noter la publication cette année à la Société Géologique de France et à l’American Association of Petroleum Geologists d’un recueil de travaux concernant la partie occidentale du Golfe du Mexique. Du 03/12/07 au 05/12/07 : Conférence inaugurale au Symposium « Middle East Basins Evolution » à Paris. Le 11 juin 2008 : Conférence sur la Tectonique des Plaques au Musée de la Géologie de Digne (Alpes de Haute Provence). Le 24 avril 2008 : Conférence pour la Société de Géographie à Marseille. Du 17/08/07 au 21/08/07 : Conférence au Colloque « Science and Truth » à Rimini (Italie).GÉODYNAMIQUE 145 l’objet du cours principal de Xavier Le Pichon en 2006. Du 15 au 16/04/08 : Conférence pour l’Office Chrétien des handicapés à Bruxelles (Belgique). Du 19/09/07 au 20/09/07 : Conférence au Colloque OCT (Ocean-Continent Transition) à l’Institut Océanographique à Paris.

. Tardy M. 179. C.. G. Yamaguchi. C. Flotte N. M. Cenozoic crustal deformation of the offshore Burgos basin region (NE Gulf of Mexico). Gravity Tectonics and Plate Motions: The western margin of the Gulf of Mexico.. 263. Tertiary extension in the northern Gulf of Mexico.. Geol.. Le Pichon X.002. 179. a new interpretation of multichannel seismic data.dsr. 179. 552-270. Bull. Le Pichon X.. Heat Flow. SINGH.09. S. Hai Nguyen Thi Ngoc. Geol. Geol. Rangin. C. (2008). N. and C. Fornacciari. Le Pichon.. Tesmer. Deep Sea Research Part 1 55 (4). 26th December 2004 Great Sumatra-Andaman Earthquake : co-seismic and post-seismic motions in northern Sumatra.. Umber. Fluide rime-t-il avec séisme. Rangin C.C. n° 2. and Rangin C. Soc. S. J. 2.. Neogene left-lateral shearing along . Japan. and Klingelhoefer. (2008). Introduction. T. and the Sumatra Aftershocks Team.. Le Pichon X.. (2008). J. Mercier de Lepinay. Cold seeps along the main Marmara fault in the Sea of Marmara (Turkey). 161-174. Charlotte Le Roy C. Lee.. J..N.. A new interpretation of deep penetration multichannel seismic reflection lines.. Sumatra Earthquake research indicates why rupture propagated northward. Catteneo.-K. Active margins. and L. 6. and Hsu. Flotte N..-K.-Y... 2007. M.. (2008).Y. 86. Henry P. Numerical model of fluid pressure solitary wave propagation along the decollement of an accretionary wedge : application to the Nankaï wedge. 221-225.. F. Bull. 117-128.. Soc. France. France.C. J. Hsu. 179. Sibuet. in The establishment of the outer limits of the continental shelf beyond 200 nautical miles — Its international circumstances and its scientific aspects.S. Pekdeger. F. Klingelhoefer.. 2007.1016/j. Singh. dont Rangin Claude. G.. 139-145.01. Geofluids.146 XAVIER LE PICHON Publications de l’équipe de Géodynamique depuis juin 2007 Origin of the Southern Okinawa Trough volcanism from detailed seismic tomography. C. epsl2007. in press.. Rangin C. n° 2.. Andréani L.. Lin. Graindorge. and the Sumatra Aftershocks Team. Bourlange.. P. Husson.-Y. Zitter T.1029/2006JB004703. a major late Eocene-Oligocene left-lateral shear zone. Le Pichon. Lett. Al-Samir. Aranda-Garcia M. J. 175-185. Sultan. Henry... Bulletin de la Société Géologique de France... M... Geophys. Res. Andréani L. France. Earth Planet.. J. Rangin. Flotté N. Inserm. J. Tokyo.. F. 179. and Martínez-Reyes J. S. The Rio Bravo Fault. 179... Husson L. T. Bull.. Cagatay. Xavier... Le Pichon X.. Delaygue. Wallmann. n° 2.. 1-12. Rangin. P. 112. 2007. B08308. Lin.C. D. Martinez-Reyes.. Maury. 147-160 Le Roy C. H. K.Bull. S.. M. Rangin. J. J.. P. Soc. and Le Pichon X. Husson L. Aloisi. Thermal regime of the NW shelf of the Gulf of Mexico. 2005. M.. and Peterson-Rodriguez R. G. Soc.. EOS. figures on CD. In : Lima. Zitter. A.. 153-165. France. Henry.. 497-502. 59. editor : Ocean Policy Research Foundation.. Henry. Martinez Reyes J. doi :10. Aranda-García M. P. B. (Eds) — Le printemps des chercheurs 2008 : 44-47.A. Le Pichon X.. n° 2. A.-C. n° 2.. 2007.. Rangin C.. Lin. X. Soc. S. Sibuet. Earth Planetary Science Letters.. J. Aranda-Garcia. doi : 10. Le Roy C.-L.1016/j. and Lericolais. 2008. S..2008. Schneider. and Martinez-Reyes J. C.. Malod.. doi: 10. France.005. Spatial variations in the frequency magnitude distribution of earthquakes in the southwestern Okinawa Trough. Lee. Earth Planets Space.. Neogene crustal shear zone along the western Gulf of Mexico margin and its implications for gravity sliding processes: Evidences from 2D and 3D multichannel seismic data. Sibuet.. (2008). 88-103. Sci. Geol. Bull. 107-116. Geol.

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Le cycle du carbone a lui aussi subi une variation importante. isotopes du strontium) et minéralogiques (distribution des minéraux argileux). de la profondeur de compensation de la calcite.Évolution du climat et de l’océan M. une élévation du rapport 13C/12C océanique et un approfondissement. d’environ un kilomètre. matérialisée par une augmentation de la productivité planctonique de la zone australe. Ces variations du cycle du carbone ont été accompagnées d’une chute de la teneur atmosphérique en gaz carbonique (plus de 500 ppm en moins de 10 millions d’années). en Atlantique Nord et dans les Océans Arctique et Austral. une attention particulière a été portée sur l’événement Oi-1. . il y a environ 33 millions d’années. Cette glaciation a été accompagnée d’une perturbation massive de l’érosion chimique globale mise en évidence par des indicateurs isotopiques (par ex. Elle correspond aussi à une transition faunistique bien connue depuis le début du xxe siècle (« Grande Coupure » de Stehlin). Après avoir revu brièvement les causes de l’optimum éocène. Lors du cours. Il s’agit d’une transition climatique majeure mise en évidence à l’échelle mondiale dans les sédiments marins et continentaux à toutes les latitudes. Édouard Bard. La comparaison entre les données des isotopes de l’oxygène et de paléotempératures océaniques suggèrent que cet événement correspond à une augmentation drastique du volume des glaces polaires. professeur Histoire du climat : d’une Terre chaude à l’Eocène aux glaciations du Pléistocène Le cours de cette année a été consacré à la suite de l’histoire du climat de la Terre abordé en 2006-2007. nous avons abordé en détail la transition Eocène-Oligocène. L’étude de la distribution des débris rocheux transportés par les icebergs. La période en question va de l’optimum du début de l’ère Tertiaire aux glaciations du Quaternaire. montre bien que les deux pôles se sont englacés de façon synchrone.

Néanmoins. Des causes physiographiques (ouverture des passages de Drake et de Tasmanie) expliquant l’établissement du courant circumpolaire de l’Océan Austral qui aurait entrainé l’isolement climatique de l’Antarctique et son entrée en glaciation. l’enregistrement considéré comme le plus fiable ne montre pratiquement pas de variation de la pCO2 entre 20 et 7 millions d’années avant le présent ce qui suggère que d’autres causes sont à l’origine des fluctuations climatiques observées. Les variations orbitales pourraient expliquer certains événements comme l’épisode glaciaire Mi-1 vers 23 millions d’années et l’intensification des glaciations à partir de trois millions d’années. Les variations orbitales expliqueraient la nature abrupte du phénomène. graminivore) et l’adaptation à la course dans un paysage de steppes et de savanes ouvertes. Les faunes se sont adaptées à ces changements de la végétation et du climat. des causes liées à l’influence de la géodynamique sur le cycle du carbone : d’une part. La modélisation numérique prenant en compte ces différents effets. Néanmoins. les paléosols et la matière organique sédimentaire. la mousson et sur l’altération physique et chimique des roches cristallines de cette région du globe. ces configurations orbitales favorables aux . Des causes d’origine astronomique. il y a environ 25 millions d’années. La transition de la flore est reconstituée à partir des pollens. montre que le climat mondial se réchauffe fortement à la transition OligocèneMiocène. avec une configuration orbitale particulière caractérisée par une faible insolation estivale aux hautes latitudes. L’analyse des isotopes de l’oxygène aux différentes latitudes de l’océan mondial. Le climat mondial se refroidit progressivement à partir du milieu du Miocène. L’étude des sédiments océaniques et continentaux confirme le caractère mondial du réchauffement miocène. notamment ceux des graminées. Les reconstitutions de la teneur en gaz carbonique ne montrent pas d’accord entre les différents indicateurs. mais ce n’est que vers trois millions d’années avant le présent que le climat se dégrade vraiment avec une nouvelle intensification glaciaire au Pliocène. la surrection de l’Himalaya et du plateau Tibétain a eu un impact majeur sur la circulation atmosphérique. L’ouverture des passages de Drake et de Tasmanie et l’établissement du courant circumpolaire antarctique. à de fortes températures et à des saisons sèches. En effet.150 ÉDOUARD BARD Plusieurs types de causes ont été proposés pour expliquer la dégradation climatique de la transition Eocène-Oligocène. indique que le forçage prépondérant est l’effet de serre du gaz carbonique. ainsi qu’à partir d’une hausse généralisée du rapport isotopique 13C/12C mesuré dans les dents d’herbivores. une baisse limitée d’environ un quart du taux d’accrétion océanique et d’autre part (surtout) la conséquence de la collision de la plaque Indienne avec le continent asiatique. Cette période correspond aussi à l’expansion des plantes en C4. en particulier les mammifères avec les évolutions caractéristiques des équidés et des proboscidiens traduisant les changements de régime alimentaire (folivore vs. Et enfin. adaptées à de basses teneurs en CO2. n’auraient qu’un rôle secondaire. Plusieurs causes ont été envisagées pour expliquer la dégradation mio-pliocène.

La période considérée correspond effectivement à l’établissement de la circulation moderne avec l’ouverture du détroit de Fram. la migration vers le Nord de la Nouvelle-Guinée serait à l’origine du refroidissement de l’Océan Indien et de l’assèchement de l’Afrique de l’Est entre quatre et trois millions d’années avant le présent. L’évolution du volume des glaces continentales. la fermeture de l’Isthme de Panama et un changement de la géométrie du Passage Indonésien. ont permis de suivre ces changements sur les continents. Le cycle de 41 000 ans est clairement lié au cycle de l’obliquité de l’axe de rotation de la Terre. la cyclicité d’environ 100 000 ans fait encore l’objet de nombreuses recherches car le cycle de l’excentricité orbitale. plusieurs « petits » changements de la physiographie ont probablement eu un impact sur la circulation océanique globale. ne peut en rendre compte.4 million d’années et d’environ 100 000 ans après 700 000 ans avant le présent. La prise en compte de la stratification du Pacifique Nord semble indispensable pour expliquer l’installation de la calotte nord-américaine. on assiste à une évolution caractéristique des cycles glaciaires : d’une part une lente intensification des glaciations (les calottes sont de plus en plus volumineuses) et.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 151 glaciations sont cycliques et il est donc probable que d’autres causes sont responsables de la tendance à long terme sur plus de dix millions d’années. Ces multiples modifications de l’océan ont eu de nombreuses répercussions sur le climat mondial. des deux Amériques). son influence sur l’insolation étant extrêmement faible. L’étude de la répartition des faunes et la mise en évidence de migrations à grande échelle (ex. L’impact de ces variations physiographiques sur la circulation océanique est indéniable comme le montre l’analyse géochimique comparée des sédiments carbonatés de l’Atlantique et du Pacifique. Au niveau de la zone intertropicale. montre que l’influence du cycle de précession d’environ 19-23 000 ans est pratiquement absent avant 900 000 ans et . Par ailleurs. traduisant les contrastes de salinité de surface et de ventilation profonde de ces deux océans. D’autres séries géochimiques ont permis de mettre en évidence l’établissement de la stratification en salinité du Pacifique Nord (halocline) vers trois millions d’années avant le présent. d’environ 100 000 ans. conduisant globalement à l’installation de grandes calottes de glace dans l’hémisphère nord. la bande de fréquence de 100 000 ans est relativement diffuse et pourrait être liée à des multiples de l’obliquité (82 000 et 123 000 ans). Même si les continents avaient à peu près leurs géométries et positions actuelles. Afin de quantifier l’impact des variations des flux de chaleur océanique sur l’évaporation et les précipitations. Au cours des quatre derniers millions d’années. Les simulations récentes confirment l’impact de la fermeture de l’Isthme de Panama sur la température et les précipitations de l’hémisphère nord. Par contre. une évolution de la fréquence des épisodes glaciaires : avec une cyclicité de 41 000 ans avant 1. il est nécessaire de considérer les résultats de la modélisation numérique. étudiée finement à partir du rapport 18O/16O de l’océan profond. d’autre part.

Une autre explication possible est l’érosion mécanique du régolithe. Plusieurs hypothèses ont donc été proposées pour en rendre compte. formée pendant la fonte estivale. Avant la transition mi-Pléistocène. la présence en base de calotte de sédiments gorgés d’eau qui favorisent l’écoulement (couche lubrifiante). j’ai fait quelques rappels sur la dynamique des calottes de glace. les données disponibles sur la pCO2 ne suggèrent pas d’évolution significative dans ce sens (l’enregistrement sur 800 000 ans à partir des bulles d’air des glaces de l’Antarctique montrant même une augmentation de la pCO2 des périodes glaciaires). la formation d’une plate-forme ou barrière de glace (ice shelf en Anglais) lorsque la calotte déborde sur l’océan. comme l’élévation de l’inlandsis qui contribue à sa préservation. aurait conduit à l’étalement des calottes. Pour comprendre les causes de cette évolution. L’absence des cycles de précession dans l’enregistrement du volume des glaces continentales pourrait être expliqué par une compensation des variations des inlandsis des deux hémisphères subissant des changements d’insolation en antiphase. les paramètres orbitaux ne permettent pas d’expliquer à eux seuls la transition graduelle en amplitude et fréquence. ce phénomène pouvant être amplifé par l’eau des lacs supraglaciaires. D’autres chercheurs pensent que l’énergie solaire totale reçue en été contrôle la vitesse de variation en masse des calottes. Cette hypothèse est fondée sur des observations géologiques suggérant que les calottes précédant la transition auraient été très étendues en surface alors même que leurs masses étaient plus faibles (en particulier la calotte nord-américaine). L’érosion de cette couche lubrifiante aurait ensuite permis aux calottes de croître beaucoup plus en altitude et donc en volume global. en amplitude et fréquence du phénomène glaciaire. Le faible volume des calottes antérieures à la transition serait une condition de cette compensation. Il est aussi crucial de tenir compte d’autres facteurs qui agissent sur le bilan de glace.152 ÉDOUARD BARD qu’il apparaît dans les enregistrements avec le cycle de 100 000 ans. la présence du régolithe. Cependant. Plusieurs mécanismes ont été envisagés pour expliquer les caractéristiques de la transition mi-Pléistocène. Néanmoins. Ce bouleversement des caractéristiques. Cette énergie totale estivale dépend essentiellement de l’obliquité ce qui expliquerait la dominance de cette fréquence avant la transition mi-Pléistocène. est appelé la « transition mi-Pléistocène » (MPT en Anglais). . la subsidence isostatique qui entraîne une rétroaction positive sur la croissance et la fonte de la calotte. couche d’altérite formée aux périodes chaudes du Tertiaire. notamment les différents facteurs qui régissent l’accumulation hivernale et l’ablation estivale. qui peut pénétrer dans les crevasses jusqu’en base de calotte. Le bilan de masse dépend évidemment de la température et des précipitations sous forme de neige. Certains chercheurs ont envisagé qu’une baisse à long terme de la teneur atmosphérique en gaz carbonique aurait favorisé les glaciations.

notamment le CO2 (baisse de 100 ppm). les observations de l’amplification polaire et du refroidissement tropical sont compatibles avec la sensibilité climatique estimée par les modèles numériques. de niveau marin et de pCO2 globalement en phase.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 153 Des inlandsis beaucoup plus gros auraient conduit à une synchronisation interhémisphérique. De multiples indicateurs mesurés dans plusieurs types d’archives géologiques permettent de reconstituer le climat des grandes glaciations du dernier million d’années. La dernière transition glaciaire-interglaciaire a été étudiée avec une bonne résolution temporelle ce qui permet de quantifier les déphasages entre les multiples paramètres du climat. traduisant l’existence de rétroactions positives spécifiques aux zones polaires. Par exemple. notamment en raison de l’influence de l’océan sur les plateformes de glace périphériques ainsi que d’autres connexions possibles liées à des rétroactions du cycle du carbone comme en témoignent l’émergence du cycle à 100 000 de la pCO2 atmosphérique et les variations du rapport isotopique 13C/12C benthique de l’Atlantique et du Pacifique (et du gradient entre ces deux océans). La moitié de cette hausse serait liée à la réduction de moitié de la calotte Groenlandaise. L’augmentation postglaciaire du CO2 atmosphérique n’est pas la cause du réchauffement initial. Ces grandes fluctuations du cycle du carbone à partir de la transition mi-Pléistocène signalent la séquestration du CO2 dans l’océan profond et illustrent l’importance probable de l’effet de serre pour expliquer la sévérité des conditions glaciaires postérieures à la transition. notamment le Dernier Interglaciaire centré vers 125 000 ans avant le présent (environ + 7 m). mais relativement lent en moyenne mondiale : quelques degrés sur dix mille ans. mais il n’est pas non plus une simple réponse au réchauffement océanique. est responsable pour environ un tiers de la perturbation climatique. Ce forçage serait dominant sous les tropiques ce qui expliquerait leur refroidissement d’environ 2 °C. avec une amplification marquée sur les continents et les latitudes les plus hautes. la cartographie des banquises des deux hémisphères suggère que leur influence était beaucoup plus marquée pendant les phases froides. Le bilan des forçages radiatifs de la dernière glaciation suggère que la baisse des teneurs en gaz à effet de serre. l’effet de la solubilité (4 %/°C ≈ 10 ppm/°C) n’est . La comparaison de séries de température aux différentes latitudes indique une amplification d’environ un facteur deux à trois. Le réchauffement post-glaciaire est rapide à l’échelle géologique. la comparaison entre les enregistrements des sédiments marins et des glaces polaires montre que les grands cycles glaciaires d’environ 100 000 ans sont caractérisés par des variations de température. Au premier ordre. Les données paléothermométriques indiquent un refroidissement généralisé d’environ 4 °C pendant les phases glaciaires. En particulier. La datation uranium-thorium des coraux fossiles indique que le niveau marin s’est abaissé de plus d’une centaine de mètres pendant les glaciations et a dépassé le niveau actuel pendant quelques périodes rares et brèves. Ainsi.

La remontée moyenne est relativement lente. varie en fait à de nombreuses échelles de temps. la « constante solaire » (l’éclairement ou l’irradiance). N2O) a suivi les premiers signes locaux d’élévation de température. il y a environ 4. son activité a augmenté d’environ 30 %. l’enregistrement le plus fiable est celui du niveau marin obtenu par la datation uranium-thorium des coraux fossiles prélevés en forant les récifs coralliens.6 milliards d’années. notamment ceux des îles de La Barbade dans les Caraïbes et de Tahiti en Polynésie. mais elle ponctuée d’accélération(s) causée(s) par la débâcle des calottes : plusieurs mètres par siècle pour l’événement « Melt Water Pulse 1A » qui a eu lieu. mais précède l’essentiel du réchauffement. est liée à de nombreuses rétroactions du cycle du carbone impliquant notamment l’océan profond comme le montrent les enregistrements du 13C/12C des foraminifères benthiques. différentes observations ont permis de mettre en évidence la variabilité de l’activité du soleil. environ 100 ppm. Les aurores boréales. ainsi que des variations cycliques ou irrégulières sur plusieurs dizaines et centaines d’années. Globalement. Il s’agit d’une rétroaction positive expliquant environ le tiers de l’amplitude thermique.154 ÉDOUARD BARD responsable que d’environ 20 ppm. ce qui a probablement contribué à expliquer certaines périodes de glaciation extrême. Pour compléter le cours sur l’histoire du climat. Dans sa jeunesse. ainsi que les taches solaires observées depuis l’invention de la lunette astronomique. Le réchauffement semble avoir été initié par l’augmentation de l’insolation estivale liée aux variations de l’orbite terrestre. des accélérations brusques (par ex. le niveau marin suit le réchauffement postglaciaire avec un retard de plusieurs millénaires. il y a environ 14 500 ans. Néanmoins. La comparaison et la modélisation géophysique des niveaux marins observés en Atlantique et dans le Pacifique permettent de localiser les sources de glace et la chronologie de la fonte des différents inlandsis de la dernière période glaciaire. 130 m en 15 000 ans. CH4. les enregistrements indiquent même de grandes amplitudes. Dans certaines zones. L’augmentation de CO2 observée. Le flux d’énergie reçue du Soleil. . L’augmentation de l’effet de serre (CO2. la surface de la Terre recevait donc moins d’énergie. ont permis ainsi de démontrer l’existence d’une cyclicité très prononcée de 11 ans. un colloque de séminaires a été consacré au rôle du Soleil comparé à ceux des autres forçages climatiques. La fonte des calottes de glace peut être étudiée en cartographiant et en datant les moraines terminales sur les continents. au cours des derniers siècles. 10 °C en quelques décennies au Groenland) et des refroidissements transitoires : l’événement du Dryas Récent dans l’Hémisphère Nord et le Renversement Froid Antarctique dans la zone Australe (Antarctic Cold Reversal en Anglais). Depuis la formation du Soleil. Plus proches de nous. La chronologie et la structure du réchauffement postglaciaire sont variables d’une région à une autre.

Malheureusement. les nombreuses études qui ont tenté d’expliquer les variations climatiques des derniers siècles aux derniers millénaires à l’aide de l’activité du soleil ne reposent que sur des corrélations empiriques. Des mesures du flux de particules cosmiques mais aussi de la perturbation du champ magnétique à la surface de la Terre. reconstitués par les historiens. les isotopes cosmogéniques. C’est pour cette raison que le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) n’attribue à l’augmentation du flux d’énergie solaire qu’une contribution très limitée au réchauffement global du dernier siècle. tandis que le réchauffement global du climat qui a suivi est contemporain d’une augmentation de cette activité. sont des outils très précieux car ils permettent de remonter sur plusieurs milliers d’années dans le passé. Spörer et Wolf). Pourtant. L’éclairement total varie ainsi d’environ 0. Ainsi. Ces trente années d’observations ne permettent pas de prouver l’existence d’une tendance pluridécennale de l’éclairement. Des modèles de complexités différentes permettent ainsi de tester différentes hypothèses de fonctionnement. il a fallu attendre les mesures suffisamment précises des satellites. tous ces enregistrements sont trop indirects pour permettre de quantifier par eux-mêmes les variations du flux d’énergie solaire. ont conduit à une vision nouvelle du Soleil. Elle a aussi dressé un bilan des connaissances actuelles et rappelé que les observations du satellite SoHO. Tel était le but de ce colloque. pour pouvoir quantifier ce flux d’énergie solaire et en démontrer les variations. notamment le carbone-14 et le béryllium-10. L’enjeu de cet impact sur la prévision des changements climatiques futurs est tel qu’il est très important de progresser par des approches pluridisciplinaires associant les astrophysiciens aux climatologues. Pour cette raison. tendance qui au plus serait très limitée. notamment des différentes composantes sensibles à l’activité du soleil. Une partie de la dynamique interne du . Les mécanismes physiques qui pourraient expliquer l’impact climatique de l’activité solaire restent à découvrir. Au-delà. D’autres mesures indirectes de l’activité du soleil permettent des reconstitutions avant l’ère des satellites. Comme l’origine commune aux enregistrements de ces deux isotopes est l’activité du Soleil. qui se proposait ainsi de faire le point à la fois sur le fonctionnement du Soleil et sur celui du système climatique. à Saclay. Sylvaine Turck-Chièze. permettent de remonter sur plus d’un siècle. tous deux contrôlés par le champ magnétique solaire. et confirmés par les paléoclimatologues. mais aussi d’en prévoir l’évolution. du Laboratoire Plasmas Stellaires et Astrophysique Nucléaire du CEA. a ainsi exposé l’apport de la modélisation à la connaissance du fonctionnement de notre étoile. le « Petit Age Glaciaire » du xive au xviiie siècle correspond globalement à une période de faible activité du Soleil (Minima de Maunder. lancé en 1995. formés par l’interaction du rayonnement cosmique sur l’atmosphère. leur très bonne correspondance est une preuve de leur fiabilité comme traceurs de l’activité du Soleil. depuis seulement une trentaine d’années.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 155 Ces variations de l’activité solaire ont pu être rapprochées des hauts et bas climatiques en Europe.1 % au cours d’un cycle de 11 ans.

Gérard Thuillier nous a présenté l’expérience PICARD dont l’objectif est de mesurer l’irradiance solaire totale ainsi que le diamètre du soleil. Ces modèles sont utilisés pour réaliser des projections des changements climatiques sur le prochain siècle. Sandrine Bony-Léna. Les nuages jouent des rôles importants mais complexes dans le système climatique. le cycle 24. En particulier. Il a également insisté sur la composante ultraviolette (UV) de ces émissions. a montré comment les modèles climatiques permettent de mieux comprendre la réponse du climat à une perturbation externe (sensibilité du climat à un forçage). et dont l’impact sur la stratosphère (via la formation de l’ozone) pourrait représenter un mécanisme important. mais de nouveaux projets sont en cours afin de fournir de nouvelles données. a montré quels sont les impacts de l’activité du Soleil sur l’environnement de la planète Terre. il a été proposé que leur formation pourrait être influencée par l’activité du Soleil. du même Laboratoire de Météorologie Dynamique. notamment le cycle du carbone. Un des résultats importants est de limiter la contribution des nuages à environ un quart de la réponse globale . a ensuite exposé les principaux forçages climatiques et les mécanismes possibles de l’impact climatique du soleil. il est donc capital d’avoir des mesures aussi complètes que possible de cette composante. Claudia Stubenrauch a ainsi montré que les différents types de mesures par satellites sont complémentaires et doivent être associées afin d’avoir une information complète sur les différents nuages et leurs propriétés. plutôt que de le limiter. du Laboratoire de Météorologie Dynamique du CNRS et de l’Ecole Polytechnique. du Service d’Aéronomie du CNRS. Ces modèles prévoient ainsi que ces interactions amplifient un réchauffement dû aux gaz à effet de serre. les modèles permettent de décomposer cette réponse entre les différentes interactions propres au système climatique. a expliqué comment les modèles actuels du climat prennent en compte les interactions internes au système climatique basées sur les cycles biogéochimiques. en termes de bombardement de particules et d’émissions d’ondes électromagnétiques notamment. ces deux paramètres étant peut-être liés. Hadley Centre). Cette expérience embarquée devrait être mise en orbite l’année prochaine dans les conditions idéales de développement du prochain cycle solaire. Enfin. notamment dans le cadre du GIEC. Olivier Boucher. cependant des questions persistent encore sur le cœur solaire et sur l’interaction entre le champ magnétique de la région radiative et celui de la région convective. Gérard Thuillier. qui présente une variabilité bien supérieure à celle de l’irradiance totale. du Laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement et de l’Université d’Orléans. En outre. Claudia Stubenrauch. à Verrières-le-Buisson.156 ÉDOUARD BARD Soleil a été élucidée. Thierry Dudok de Wit. Il n’existe pas d’accord général pour les reconstitutions de l’éclairement solaire total pour le passé. Ainsi. a exposé les principales propriétés radiatives des nuages et les différents moyens de mesure de ces propriétés à l’échelle globale. de l’Office Météorologique Britannique (Meteorological Office.

Ecole Polytechnique) « Modélisation de la réponse du climat à un forçage externe ». . Europôle de l’Arbois : « Variations climatiques naturelles et anthropiques ». Ecole Polytechnique) « Propriétés des nuages et leur variabilité à partir des observations spatiales ». Dans le cadre du colloque intitulé « Climats du passé et du futur » organisé le 13 février 2008 au Palais des Académies de Belgique (Bruxelles) en collaboration avec l’Université Libre de Bruxelles : — André Berger (Université Catholique de Louvain. Belgique) « Isotopes des gaz dans la glace et changements climatiques ». 22 mai 2008 : « Paleomonsoon records viewed from the ocean ». — Sandrine Bony-Léna (Laboratoire de Météorologie Dynamique. Saclay) « Fonctionnement du Soleil et origines de sa variabilité ». Lamont-Doherty Earth Observatory de l’Université Columbia New York. — Claudia Stubenrauch (Laboratoire de Météorologie Dynamique. Angleterre) « Cycles biogéochimiques et rétroactions climatiques ». Aix-en-Provence. Institut d’Etudes Politiques : « Notre société face au climat ». Verrières-le-Buisson) « Les forçages externes du système climatique et l’expérience PICARD ». — Thierry Dudok de Wit (Laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement. même si l’activité solaire jouait un rôle via ces nuages. 22 janvier 2008. Hadley Centre. CNRS. cette composante du climat ne pourrait amplifier les variations de l’activité solaire de manière plus importante. CNRS. — Roland Souchez (Université Libre de Bruxelles. — Olivier Boucher (Meteorological Office. — Gérard Thuillier (Service d’Aéronomie du CNRS. Cette journée consacrée aux variations climatiques et au rôle du Soleil et autres forçages externes fut l’occasion de réunir des scientifiques appartenant à différentes communautés. Belgique) « Notre exceptionnellement long interglaciaire ». Ecole Normale Supérieure. Autres cours et conférences de l’année 2007-2008 Aix-en-Provence.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 157 du climat. — Sylvaine Turck-Chièze (Laboratoire Plasmas Stellaires et Astrophysique Nucléaire du CEA. neuf séminaires ont été organisés dont la liste est donnée ci-dessous par ordre chronologique. Kiel. CNRS et Université d’Orléans) « Relations Soleil-Terre et le rôle de la composante UV ». Les séminaires de l’année 2007-2008 En complémentarité avec les douze cours (à Paris. Ainsi. mais dont les objectifs de recherche se rejoignent. Chicago. Ecole Normale Supérieure. Bruxelles et Cambridge). Utrecht-Texel. Ce colloque a permis de faire le point sur l’état des connaissances actuelles et des nombreuses questions qui subsistent encore. Dans le cadre du colloque intitulé : « Variations climatiques : rôle du Soleil et des autres forçages externes » organisé le 30 mai 2008 à Paris (Amphithéâtre Marguerite de Navarre) : — Edouard Bard (Collège de France) « Perspectives historiques et paléoclimatiques ». 3 décembre 2007.

Cette étude est en cours d’extension pour les sept derniers millénaires (comparaison de la courbe 14C INTCAL04 avec les données 10Be de la carotte de glace de Vostok en Antarctique Central . Marine Geology 254. L’équipe est impliquée dans le programme de mesure du 10Be sur une nouvelle carotte de glace. . Sénat OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) : « L’enjeu de la multidisciplinarité pour comprendre le changement climatique ». Cagatay M. Ces séries ont permis. collaboration avec le CSNSM et le LSCE)..B. La glace formant le fond du forage est très ancienne. 479 du rapport IPCC-GIEC 2007). l’équipe de la Chaire de l’Évolution du Climat et de l’Océan a poursuivi son étude de la variabilité solaire à long terme et de son impact sur le climat mondial. 26 juin 2008. Sancar U. et d’autre part. de mettre en évidence des minima solaires encore plus anciens. Bard E. Lericolais G. de retrouver les périodes de faible activité solaire déjà connues des astronomes grâce aux comptages des taches solaires et aux observations directes d’aurores boréales. et d’après une première datation.158 ÉDOUARD BARD Paris. Publications 2008 Eris K. a atteint 1 619.. Les mesures de 10Be peuvent maintenant être faites au CEREGE à l’aide du nouvel accélérateur de 5MV ASTER installé sur le campus de l’Arbois à Aix-enProvence.. La chimie préparative du béryllium (extraction et purification) est réalisée dans le laboratoire de la chaire de l’évolution du climat et de l’océan (bâtiment Trocadéro de l’Arbois). d’une part.20 m de profondeur. Menot G.. Le projet reçoit un soutien national de l’INSU (programme LEFE Talos Dome) et de l’IPEV pour la logistique polaire.F. site proche de la mer de Ross. Le forage a été échantillonné pour les mesures du 10Be et les échantillons de glace sont stockés dans un entrepôt frigorifique à proximité du CEREGE.N. 230-236 (2008). la carotte couvre les derniers 65 000 ans à une profondeur de 1 300 m. Ryan W.K. south of Istanbul » by Hiscott et al. Notre reconstitution de l’irradiance solaire sur 1 000 ans a été choisie par les modélisateurs du climat comme courbe de forçage « étalon » (cf. Le forage de Dôme Talos... Nos recherches à ce sujet sont fondées sur la comparaison d’enregistrements totalement indépendants : le 14C mesuré dans les cernes d’arbres et le béryllium 10 analysé dans les glaces de l’Antarctique (14C et 10Be sont deux cosmonucléides formés dans la haute atmosphère). Reply to Comment on « the timing and evolution of the post-glacial transgression across the Sea of Marmara shelf.. Ce forage au Dôme Talos a été réalisé dans le cadre du projet TALDICE mené principalement par une collaboration franco-italienne. p. Activités de recherches Cette année.

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.

sur ses sites de Grasse et de l’Observatoire de Calern. Guy Perrin et Hervé Le Coroller. par rapport aux interféromètres plus classiques comportant un petit nombre de grandes ouvertures. . la compréhension théorique de ces instruments et de leurs propriétés d’imagerie progresse et confirme l’amélioration de leur sensibilité. Activités de recherche du Laboratoire d’Interféromètrie Stellaire et Exo-planétaire ( LISE) Le groupe de recherche LISE associé à la chaire d’Astrophysique Observationnelle est hébergé à l’Observatoire de Haute Provence et à l’Observatoire de la Côted’Azur. Un grand défi est de parvenir à rendre les hypertélescopes utilisables pour observer les objets les plus faiblement lumineux auxquels accèdent les télescopes classiques et leurs versions à venir nommées « Extrêmement Grands Télescopes ». Jean-Gabriel Cuby. Des essais d’observation utilisant trois miroirs espacés de 10 m sont prévus au début 2009.Astrophysique observationnelle M. Le Coroller) L’agrandissement du prototype est en chantier à l’Observatoire de HauteProvence. apparaît prometteuse. membre de l’Institut (Académie des Sciences). professeur I. II. Tristan Guillot. encore nommés « hypertélescopes ». Dejonghe et H. Ces différents points ont été abordés dans le cours. avec une participation active de ses services techniques. comportant un miroir mosaïque de 25 à 42 m. Michel Aurière. Didier Pelat. et certains l’ont été dans les séminaires de Roberto Gilmozzi. explorée depuis une dizaine d’années. D’une part. D’autre part. Jean Surdej. Cours et séminaires Les progrès en cours et prévisibles des observations astronomiques à haute résolution angulaire ont encore fait l’objet du cours de cette année. Lyu Abe. La voie des télescopes géants dilués. Antoine Labeyrie. Hypertelescope prototype Carlina-tech (J. les techniques visant à leur mise en œuvre se mettent en place.

Vernet. est simultanément étudiée. Cela nécessiterait le déménagement de l’instrument sur un site plus favorable. bien résolues avec les dimensions d’ouverture de 18 ou 36 m. permettant des temps de pause très courts afin de « figer » la turbulence. est également étudiée. avec l’aide de stagiaires. Labeyrie. Etude d’un hypertélescope à ouverture de 100 à 200 m (A. revenu de séjour postdoctoral à Hawaii. d’entreprendre un programme d’observation sur des étoiles super-géantes. . Rabou) Une version agrandie. dispositif optique destiné a concentrer la lumière sur un nombre réduit de franges. ont augmenté le prototype en installant un troisième miroir collecteur. destinée à entreprendre un programme scientifique d’imagerie directe sur de nombreuses étoiles et sources extra-galactiques. à cette échelle. fait un montage d’essai du système de métrologie à laser servant à co-sphériser les miroirs collecteurs avec une précision de l’ordre du micron. Dejonghe et H. il pourrait être agrandi ultérieurement à 36 m s’il s’avère possible de construire un correcteur focal d’aberration sphérique ouvert à F/1. Ils ont aussi. en attendant un plus grand nombre. P. et d’évaluer les performances intrinsèques de l’instrument. Le nombre des petits miroirs collecteurs pourrait aussi être accru. Elle pourrait comporter. H. J. Après les premiers essais d’interférence qui ont validé partiellement le concept dit d’hypertélescope Carlina. s’il s’avère utile. un correcteur compact d’aberration sphérique et un densifieur de pupille. Une caméra à comptage de photons. Le densifieur de pupille. Dejonghe. jusqu’à une centaine éventuellement. des essais préalables sur une étoile artificielle ou bien sur l’étoile Polaire visée en exploitant la pente d’une falaise. a été construite en collaboration avec l’Observatoire de la Côte-d’Azur. Enfin.164 ANTOINE LABEYRIE Prévu initialement pour une ouverture diluée dont la dimension atteindrait 18 m. Le Coroller. et un correcteur focal à deux miroirs. La mise en service du prototype Carlina à l’Observatoire de Haute-Provence. au foyer d’un miroir primaire dilué dont le diamètre atteindrait 100 ou 200 m et l’ouverture relative F/1. en attendant la disponibilité de la version agrandie mentionnée ci-après. prévue pour 2009/2010. notamment en observant des objets faibles (magnitude > 12). ce qui aurait révélé l’erreur catastrophique de fabrication optique apparue plus tard dans l’espace). D. De tels essais sont peut-être évitables par une modélisation poussée du système (le télescope Hubble de la NASA n’avait pas été validé en visant une étoile avant son lancement. L’utilité d’entamer. a été étudié à l’aide du logiciel de simulations optiques Zemax et est en cours de construction à l’Observatoire de Haute-Provence. Elle devrait ouvrir la voie pour un projet ultérieur à plus grande échelle. Le Coroller. Ils préparent des observations de franges à trois ouvertures. un système d’asservissement permettant de stabiliser le trépied de câbles du ballon a hélium et ainsi d’améliorer la stabilité de l’ensemble du dispositif optique de l’hypertélescope est actuellement réalisé par des techniciens et ingénieurs de l’Observatoire de Haute-Provence. J. permettra de valider l’intégralité de la chaîne optique de l’hypertélescope.

et donc d’observer des objets très lointains avec une résolution améliorée. Une seule nuit d’observation avec un petit télescope portant une caméra a montré que la turbulence locale peut atteindre une bonne qualité. telles que les galaxies lointaines observées par les ELTs. En attendant la construction d’hypertélescopes dans l’espace. utilisant un système laser modifié. sur lesquels elles permettent depuis quelques années d’étendre à des sources très faiblement lumineuses les techniques d’optique adaptative. sans toutefois renseigner sur la fréquence des nuits utilisables. dont le principe fut d’abord publié par Foy et Labeyrie en 1985.oamp. Version pour hypertélescope d’une optique adaptative avec étoile guide laser (A. Il faudrait alors recourir à la méthode d’interféromètrie des tavelures. est apparue. mentionné ci-après. des versions terrestres pourraient donc devenir utilisable pour les observations de cosmologie sur les galaxies faibles et lointaines. J. pour étendre à des sources très faibles ses capacités d’imagerie à haute résolution. riches en information. D. Cependant. est une longue crête orientée nord-sud. Dejonghe. à Barrosa dans les Pyrénées espagnoles. l’observation pourrait débuter avant de disposer d’optique adaptative corrigeant la turbulence atmosphérique.fr/lise/). O. Il ne semblait pas facile d’adapter une étoile laser à un hypertélescope. Prospection de sites pour un hypertélescope (A. La théorie a pu être vérifiée en partie avec un montage de laboratoire. L’un des sites candidats étudiés par l’Europe. ont été mis en œuvre sur les plus grands télescopes. Mais les données météorologiques ont permis d’en avoir une idée grossière en précisant les statistiques de vent et de nébulosité sur ce site. laquelle affecte la mise en phase des faisceaux. soulèvent la question des possibilités de couplage avec un hypertélescope. Labeyrie. lesquelles sont plus favorables qu’aux latitudes plus basses pour le vent. qui a permis de retrouver la résolution théorique des grands télescopes classiques. l’instrument deviendrait utilisable sur des sources faibles. sur la sierra Macon dans les Andes d’Argentine. S’il s’avère possible d’ajouter un système d’étoile guide laser. Ce dernier y gagnerait beaucoup quant à la science accessible. lequel pourrait être couplé interféromètriquement avec l’ELT. Labeyrie) Les systèmes d’étoiles guide laser. Lardière) La prospection entamée les années précédentes a été poursuivie en mesurant la turbulence sur l’un des sites visités. interrompue par un col dont la topographie pourrait convenir pour un hypertélescope Carlina. avec une résolution améliorée d’un facteur 10 à 20 (www. .ASTROPHYSIQUE OBSERVATIONNELLE 165 Après la construction. notamment par l’Europe. Vernet. Faisabilité d’un hypertélescope couplé à un « Extremely Large Télescope » (ELT) Les projets actuels de construction d’ELTs. Dans un second temps. une optique adaptative devrait former directement des images à haute résolution. H. une possibilité de solution. Le Coroller.

Le calcul de leur comportement est plus facile. situé non loin sur le versant français de la chaîne. L’interprétation physique des équations tensorielles décrivant la supraconductivité dans le cadre de la relativité générale présente des difficultés dues au fait que les relations permettant de passer des grandeurs tensorielles absolues aux grandeurs physiquement mesurables ne sont pas définies de manière univoque. http://dx. Astrophysique théorique et relativité générale (R. 2008. Cette méthode a été notamment utilisée pour obtenir les expressions des champs électrique et magnétique à l’intérieur des supraconducteurs de type I et II (Nuovo Cimento. contrairement à l’approche anholonomique. Krikorian) R. Il existe dans la littérature une autre approche pour l’interprétation des équations tensorielles absolues de la relativité générale. la méthode des projections de Cattaneo. Cette version est mentionnée de façon préliminaire dans une publication résumant la proposition (Labeyrie et al. Labeyrie) Après la proposition faite l’année précédente à l’Agence Spatiale Européenne (www. org/10. définis à l’aide des composantes anholonomiques du tenseur champ électromagnétique sont donc des scalaires qui se transforment selon les lois de la relativité restreinte dans un changement de repères orthonormés. il n’existe pas de façon unique de déduire du tenseur absolu champ électromagnétique les champs électrique et magnétique physiquement mesurables.doi. Dans cette approche les équations sont écrites à l’aide d’invariants vis-à-vis des transformations générales des coordonnées d’espacetemps. De grands miroirs formés de nano-particules piégées par laser avaient été étudiés les années précédentes. utilisant de petits miroirs piégés par des faisceaux de laser. laquelle peut être expérimentée en laboratoire.oamp. Krikorian a poursuivi l’étude de certains aspects de la supraconductivité dans un espace-temps courbe. ainsi que leur mise en œuvre. Etude d’un hypertélescope dans l’espace (A. Astrophysics. les équations tensorielles absolues sont écrites sous une forme semblable à celle de la physique newtonienne et interprétées en employant le langage de la physique classique. de grandeurs « standard » relatives au système de référence associé au système de . L’Observatoire du Pic du Midi. mais il s’agirait maintenant de constituer un grand miroir dilué en piégeant de petits miroirs solides. Cette méthode. est réputé pour fournir occasionnellement des images exceptionnelles..166 ANTOINE LABEYRIE et raisonnablement favorables pour la nébulosité. est apparue la possibilité d’une version « éthérée ». au moyen d’opérateurs de projections convenablement définis. Ce résultat est atteint : (i) par l’introduction. Les champs électrique et magnétique. Par exemple. a un caractère purement tensoriel . 2007.1007/s10686-008-9123-8).fr/infoglueDeliverLive/www/OHP/Actualit%E9s?contentId=1148). 2008). Une première approche adoptée pour la formulation des équations tensorielles en terme de grandeurs physiquement mesurables a été la méthode des tétrades.

Université d’état d’Erevan. Garcia qui prend en charge sa maintenance et l’implantation d’une version en anglais. ces grandeurs se transformant selon les lois tensorielles classiques vis-à-vis des changements de coordonnées internes au système de référence . Le Coroller et A.. « Luciola hypertelescope space observatory: versatile. Publications. la méthode de Cattaneo a été utilisée pour l’interprétation physique des équations covariantes décrivant les propriétés des supraconducteurs de type II. Présentations invitées et séminaires A. 401. 184501-1. Phys Rew B 76.. 20 mars 2008.. Astrophysics 51.ASTROPHYSIQUE OBSERVATIONNELLE 167 coordonnées physiquement admissibles . Rev. Labeyrie A. SPIE conf. & Sedrakian D. 58. Les équations tensorielles absolues de London écrites à l’aide de ces grandeurs « standard » ont donc la même forme que les équations vectorielles classiques reliant la vitesse du superélectron au champ électromagnétique avec des termes supplémentaires représentant l’influence du champ de gravitation. 2008.org/10. Conférence publique et site web A. invité à faire une présentation au colloque « Extremely Large Telescopes at Different Wavelengths » à Lund (Suède) les 29 et 30 novembre 2007. Labeyrie et al. 2007.M. partielle ou covariante. 123. Le site web du LISE (www.A. s’en est acquitté par vidéo-conférence. « Le regard des géants : les grands télescopes du futur changeront-ils notre conception actuelle de l’Univers ? » Planétarium de Vaulx-en-Velin. « Superconductivity in curved space-time and the object of anholonomity ». & Krikorian R. interféromètres et hypertélescopes ». Labeyrie. Nuovo Cimento B 122.A.1007/s10686-008-9123-8..M. III. from stars to deep-field cosmology ». organisées au Collège de France par H. En collaboration avec D. & Dejonghe J. Le Coroller H. 2008. A. Marseille 2008 Deux journées de discussion sur le « Cophasage des ELTs.A. Labeyrie les 18 et 19 mars 2008. ont rassemblé une vingtaine de chercheurs français et étrangers. à paraître dans Experimental Astronomy.. « Superconductivity in curved space-time and Cattaneo’s projection method ». proc. 2007. 2008. http://dx. Nuovo CimentoB. « Etoile guide laser pour hypertélescope ». Sedrakian. D. « Covariant formulation of the basic equations of quantum vortices in type2 superconductors ».oamp.fr/lise) a été mis à jour et amélioré par Mme V. « Steps toward hypertelescopes on Earth and in space ».. séminaires et conférences Krikorian R. Ce travail a fait l’objet d’une publication. (ii) en définissant un opérateur de dérivation transverse. Krikorian R.A.doi. 217. 21 mars 2008. Sedrakian D. Labeyrie. Krikorian R. « Tetrad formulation of the dynamical equations of type II superconductors in curved space-time ». . upgradable high-resolution imaging.. Labeyrie. Ce travail sera soumis à la revue Phys. séminaire à l’Observatoire de Lyon.. Les expressions des champs électrique et magnétique déduites des équations « standard » ont été comparées à celles obtenues par la méthode anholonomique.

.

telles que celles des cyclodextrines et des cucurbituriles. Jean-Marie Lehn. de forces de Van der Waals. caténanes et nœuds moléculaires met à profit l’assistance d’effets supramoléculaires pour mettre en place les différents composants qui seront ensuite connectés par des réactions post-assemblage. à l’Université d’Etat M. Lomonossov de Moscou (4 h) et à la City University de Hong Kong (4 h). Des cours ont été donnés à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg (3 h). V. membre de l’Institut (Académie des Sciences).Chimie des interactions moléculaires M. a) Cavités organiques : cyclodextrines. Deux différentes stratégies de synthèse ont été mises au point. cucurbituriles La formation de rotaxanes a mis en œuvre l’aptitude de cavités moléculaires de grande taille. de la formation de liaisons hydrogène. d’interactions électrostatiques. utilisant par exemple l’α-cyclodextrine. à former des complexes d’inclusion avec de nombreux substrats moléculaires. Cours au collège de France 1) Autoorganisation supramoléculaire d’architectures entrelacées L’autoorganisation d’architectures entrelacées de type rotaxanes. . professeur Le cours de l’année 2007-2008 a porté sur « Autoorganisation moléculaire et supramoléculaire ». Ces effets supramoléculaires peuvent résulter de la coordination d’ions métalliques (cours 2005-2006).

.170 JEANMARIE LEHN La formation de polyrotaxanes et de caténanes a aussi été réalisée. CD 2. des rotaxanes dérivant de la [6] cucurbiturile ont été obtenus. F NO2 NO2 O 2N N H O O O O O O O 2N N H NO2 De manière analogue. H 2N O O O O O O 2N O NH2 1.

avec des cations polyammonium et des caténanes. De nombreuses superstructures de ce type ont été obtenues. .CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 171 b) Polyéthers macrocycliques Les polyéthers macrocycliques forment des rotaxanes avec des cations ammonium qui s’insèrent dans la cavité centrale par formation de liaisons hydrogène avec les sites oxygène. y compris des polyrotaxanes.

85. Cette approche s’est révélée particulièrement fructueuse et a permis d’obtenir de nombreuses architectures mono.3X [2]rotaxane .172 JEANMARIE LEHN Structures RX c) Macrocycles Accepteur/Donneur L’introduction de groupements riches en électrons (Donneurs) ou pauvres en électrons (Accepteurs) dans un récepteur macrocyclique permet l’insertion d’un substrat contenant le groupe complémentaire dans la cavité centrale.et poly-rotaxanes et caténanes.4P F 6 [8 7.3X N N + 3X R oom Temp erature + N N Br Br 86 Br O O O O O Insertion B PP3 4C 10 O O O O + N H 4PF 6 O O O O O O 4PF 6 3X O + O O O O + + + + Cyclisation O Br O O O + O O O O O O 88.2PF 6 + + + M eC N 2PF 6 87 .B PP 34C 10 ].

NH4PF6 / H2O MeCN 1/5DN38C10 91.2PF6 Br Br 92 O O O O O O O O O O O O O O O O O O O O + 20% + O O O O O O + 4PF6 + or 4PF6 + 31% + O O O O O + O O O O O + O O O O 93. O O O O O O O O O or O O O O O O O O O O N N BPP34C10 2.4PF6 94. 2) Autoorganisation de brins moléculaires a) Chaînes polyhétérocycliques Le repliement de brins moléculaires peut être contrôlé par la mise en œuvre de codons de repliement (« folding codons ») présentant une conformation préférée. Contrôle Électrochimique de la Position du Cyclophane Tétracationique dans une « Navette » Supramoléculaire Linéaire à Deux Stations Des rotaxanes et caténanes ont aussi été obtenus en utilisant l’effet de support d’un anion complexé.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 173 O + N N + 1. .4PF6 De tels rotaxanes ont été mis en œuvre pour la réalisation de dispositifs supramoléculaires présentant des mouvements moléculaires par déplacement contrôlé d’un composant par rapport à un autre.

174 JEANMARIE LEHN Ainsi des groupes aza-hétérocycliques connectés en position α des atomes d’azote donnent lieu à une orientation transoïde par rapport aux liaisons C-C de connexion. . Le remplacement d’un groupe pyridine par une hydrazone facilite beaucoup la synthèse de ces brins moléculaires et permet d’obtenir ainsi des hélices à tours multiples. On peut ainsi obtenir des hélices moléculaires à tours multiples. Il en résulte qu’une séquence de quelques groupes. H C 3 N N N CH3 N N N N N CH3 N N N CH3 N N N N N CH3 N N N CH3 N N N N N CH3 N N N N N CH3 N N N N N CH3 N N N CH3 N N N N N N N N NN N N N N N N NN N N N 11. un codon de linéarité. choisis de façon adéquate.60 Å N N N N N N N N N N N N N N N N N N N NN N De plus cette méthode rend accessible la génération de polymères hélicoïdaux par polycondensation. Ainsi une séquence pyridine-pyrimidine-pyridine est un codon d’hélicité et une séquence de groupes pyridine. force un brin moléculaire à adopter une forme hélicoïdale ou linéaire ou une combinaison de deux.

ces brins hélicoïdaux ont aussi l’aptitude de former des dimères en double hélice. De plus. ainsi que pour la compréhension des facteurs déterminant la conformation des molécules biologiques. du fait de la formation de liaisons hydrogène. des enchaînements de groupes pyridine-carboxamides conduisent au repliement en hélice. En particulier. Crystal Structure of Double Helical Heptamer En conclusion. . Elle ouvre d’intéressantes perspectives pour la génération de molécules synthétiques de forme contrôlée et imposée.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 175 H N N H N n H N N N R2 N R1 N N N N N N H N H2N N R1 N H N N H2 + O H C N R2 N H C O R2 N N H N N H NH N N NH N N N H R1 N N N N H N N N N H N N N N N N R2 R1= Me O OMe OMe R2= N N NH N N NH N N N N R2 b) Chaînes pyridine-carboxamides Différents autres éléments structuraux ont été utilisés. la mise au point de codons structuraux rend possible le contrôle de l’autoorganisation de brins moléculaires.

Nanoscale Molecular Architecture : Design and SelfAssembly of Metallocyclic Polygons and Polyhedra via Coordination. 1er avril 2008. From Databases to in silico Design of New Compounds. À Strasbourg : Peter Stang (University of Utah). Koumbis (Aristotle University of Thessaloniki). 26 février 2008. 11 décembre 2007. Total Synthesis of Syributins. Strasbourg). Electron Paramagnetic Resonance: A Tool for the Study of the Magnetic Properties of Molecular Materials. Les Peroxidases et leurs Mécanismes. 11 juillet 2007. Alexandros E. Intelligent Gelsl – An Approach to Artificial Muscles and Soft Tissue. — Gérard Férey (Institut Lavoisier de l’Université de Versailles). Secosyrins and Syringolides. Strasbourg). 12 février 2008. Franck Zal (CNRS Roscoff ). Philippe Turek (Institut de Chimie. 2 octobre 2007. Karlsruhe). Steven Rokita (University of Maryland). ISIS. Adrian-Mihail Stadler (CNRS. Expansion of the Scope of the [2 + 2] Cycloaddition/ Retro-Electrocyclisation Cascade Between Electron Rich Alkynes and TCNE. 19 mars 2008. Exploration des métallo-biosites avec des calixarènes « complexes ». 29 janvier 2008. 17 décembre 2007. Jean-Pierre Bucher (IPCMS. Résumé des activités de recherche A Laboratoire de chimie supramoléculaire (ISIS. 5 mars 2008. 22 février 2008. Probing Electronic and Magnetic Properties of Atomic and Molecular Clusters with Sharp Tips. Raymond Weiss (Université Louis Pasteur). Philippe Reutenauer (ETH Zürich). Strasbourg et UMR 7006 du CNRS) I — Dispositifs fonctionnels moléculaires et supramoléculaires 1) Dispositifs optiques Les propriétés optiques d’assemblées supramoléculaires de groupes porphyriniques pourvus d’unités de reconnaissance moléculaire complémentaires ont été étudiées. . The Extracellular Hemoglobin of the Annelid Polychaete Arenicola Marina : A Natural Oxygen Carrier for Human Health. Auto-Organisation et Mouvements Moléculaires. Yoshihito Osada (Hokkaido University). Université Louis Pasteur. Les métaux poreux sur mesure. Nathan Schultheiss (Kansas State University).176 JEANMARIE LEHN Séminaires À Paris : — Olivia Reinaud (Université de Paris Descartes). Alexandre Varnek (Université Louis Pasteur). Balancing Intermolecular Interactions in the Design and Synthesis of Supermolecules. Strasbourg et Institut de Nanotechnologie. Nucelotide Sequence Controls the Efficiency of Electron Injection and Transport in Duplex DNA. 23 juin 2008. 22 octobre 2007.

Stefankiewicz). . Un complexe paramagnétique tétranucléaire du fer(II) en forme de grille [2 x 2] s’est révélé être une nanosonde magnétique de très haute sensibilité de la formation de liaisons hydrogène (A.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 177 Elles sont le siège de transferts d’énergie dont la vitesse et l’efficacité dépendent de la géométrie supramoléculaire (1). 2) Dispositifs électroniques et magnétiques Les complexes linéaires multinucléaires du ruthénium(II) formés par des ligands polytopiques à sites tridendates présentent un remarquable comportement de « fil moléculaire » (2).

notamment complexantes (X. Stadler). Lalloz-Vogel. à partir de composants hydrazino-pyridine. — en position « latérale ». . Le mécanisme de formation des grilles [2 × 2] a été étudié par RMN (M. La formation sélective de grilles [2 × 2] hétérométalliques directement par autoorganisation avec sélection des cations et régiosélectivité a été étudiée (J.178 3) Dispositifs nanomécaniques JEANMARIE LEHN Des mouvements moléculaires réversibles peuvent être induits dans des brins moléculaires oligopyridine-dicarboxamide par protonation et déprotonation (3). A. Stefankiewicz). Cao). II — Autoorganisation de systèmes inorganiques 1) Hélicates Un ligand de type quaterpyridine forme des complexes hélicoïdaux mono. Ramirez.et bi-nucléaires (hélicates) (4). La mise en évidence des effets de cette multivalence repose sur l’apparition de propriétés nouvelles.-N. 2) Superstructures en « grille » [2 × 2] L’autoassemblage de grilles métallosupramoléculaires [2 × 2] à partir de ligands fonctionnalisés permet la génération de multivalences avec présentation de huit groupements fonctionnels soit : — en position « axiale ». Cao). Marquis).8-naphtyridine adoptent une conformation hélicoïdale et forment des assemblées oligomériques avec des cations oligo-ammoniums (6). Stadler). A. Des ligands bis-tridentates forment avec des cations lourds (HgII. III — Autoorganisation de systèmes organiques 1) Hélicité de brins moléculaires Des brins moléculaires contenant des groupes 1. PbII) des architectures de coordination de type grille ou ratelier (5).M. L’étude des mouvements moléculaires couplés par complexation et décomplexation successives de brins moléculaires polytopiques a été poursuivie (M. Des grilles fonctionnalisées destinées notamment à l’autoorganisation sur surface métallique ou avec des nanoparticules métallique ont été synthétisées (A. à partir de composants hydrazide (X.

La structure moléculaire et la morphologie de polymères supramoléculaires formés à partir de monomères portant des groupes de reconnaissance complémentaires de type Janus a été étudiée (9). Des monocouches incorporant deux composants ont été obtenues et la formation d’ordre à l’échelle subnanométrique a été mise en évidence par STM (10). 2) Matériaux / Polymères supramoléculaires Des mesures de rhéologie et de diffusion de lumière dynamique ont permis d’étudier les propriétés dynamiques de solutions semi-diluées de polymères supramoléculaires (8).CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 179 Des brins moléculaires à sous-unités hétérocycliques présentent une diastéréoisomérie hélicoïdale (7). .

IV — Chimie Dynamique Constitutionnelle (CDC) 1) Sélection / Adaptation en Chimie Dynamique Constitutionnelle L’évolution forcée d’une bibliothèque dynamique constitutionnelle (BDC) de brins hélicoïdaux sous l’effet de la complexation d’ions a été étudiée par des mesures de RMN DOSY.180 JEANMARIE LEHN Une étude détaillée par diffusion de neutrons aux petits angles a été réalisée sur la modulation par décoration dynamique de la structure de gels générés par des quadruplexes de guanosine (11). Cette méthode permet d’analyser la composition de la bibliothèque en fonction des rayons hydrodynamiques des espèces présentes (13). Les hydrogels basés sur des quadruplexes formés par un dérivé hydrazide de la guanosine effectuent une sélection structurale et une libération controlée de molécules bioactives (12). .

Folmer-Andersen). Chmielewski). Des processus de sélection multiple faisant intervenir différents composants de grilles [2 × 2] sont en cours d’étude (M. en particulier sous l’effet de la complexation de cations (D. Ainsi. de type W et U. L’adaptation d’une BDC à un changement de forme de l’un des composants permet d’opérer une commutation constitutionnelle entre deux types d’espèces. a été explorée. a été réalisée dans un système dynamique. conduisant à la génération de couleur et de fluorescence à l’interface entre deux films de dynamères différents (15). Elle conduit à une commutation entre un état macrocyclique et un état polymérique (14). Polymères covalents réversibles Des optodynamères ont été obtenus. La mise au point de mesures de l’effet de l’application d’un champ gravitationnel par ultracentrifugation sur une BDC a été poursuivie (F. La possibilité d’influencer le comportement d’une BDC par complexation des constituants a été explorée (N. Schulteiss). Ulrich). Ce type de commutation constitutionnelle donne lieu à des phénomènes très intéressants d’adaptation par sélection de composants sous l’effet du changement de morphologie ainsi qu’en fonction de la nature de l’effecteur (ions métalliques de différentes tailles) (S. Drahonovsky). l’interconversion entre deux formes. la formation d’hémiacétals entre alcools et groupes carbonyles. . 2) Dynamères covalents. Elle permet la génération de BDC.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 181 La mise en œuvre d’une nouvelle réaction réservible en CDC.

Fujii).182 JEANMARIE LEHN La transformation des propriétés mécaniques et optiques de films de métallodynamères neutres par échange constitutionnel a été réalisée (16). Les mélanges dynamiques obtenus par formation réversible d’hydrazones permettent d’effectuer une libération controlée d’aldéhydes et de cétones volatiles (18). FolmerAndersen). Une sélection de composants par complexation de cations métalliques a été démontrée pour des dynamères donneur. . La modification de taille de dynamères amphiphiles sous l’effet de la température et la sélection de composants par effet hydrophobe ont été réalisées (F. Une modification de constitution de dynamères par interconversion entre une solution et un état solide démontre une capacité d’adaptation de tels systèmes à l’environnement (17).accepteur présentant un repliement de chaine (S.

2007. J.R. 3. Eur. G. Patrioniak. Ramirez. J. Lehn. Nastasi. J. Stefankiewicz. de même que la formation d’analogues dynamiques d’oligosocchariodes de type arabinofuranoside (21). Coordination Architectures of Large Heavy Metal . J. Syntheses and Energy Transfer in Multiporphyrinic Arrays SelfAssembled with Hydrogen-Bonding Recognition Groups and Comparison with Covalent Steroidal Models. Fylaktakidou. Huuskonen. Allouche. 5. Jankowski. T. R. Berova. 2007.-M. Ed. Nifaitis. G. Pescitelli. J.M. Z.Biodynamères La synthèse de divers composants permettant la génération de BDC d’analogues d’acides nucléiques a été réalisée (19). 2008. Loiseau. A.. 46. M. Harrowfield. Kubicki. N. 13. S. Walesa. Chem. V. Balaban.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 183 3) Biopolymères dynamiques. Une revue a été rédigée sur l’autoassemblage et la chimie combinatoire dynamique à la fois dans des systèmes chimiques et des systèmes biologiques (22).-M. S. M. V. A. Hnatejko.-M. 6144-6147. X. J.-M. 2910-2920.S.. A.-M. K. Harrowfield. Duarte). Eur. Int. Berl. Lebedkin. Kolomiets. Campagna. Kalt. Lehn. Zeller.. A. J. F. Pothukanuri). A. 13. Smeureanu. Ciesielski. Riedel.M. Eur. C. 4. Angew. Helical Folding of Oligopyridinedicarboxamide Strands. Stadler. Les résultats obtenus sur la génération de glycodynamères fluorescents ont été publiés (20). Chem. H.-Mihail Stadler. L. F. J. L. Lehn. S. F. Brelot. Huang. 8411-8427.and Dinuclear (Helicate) Forms. Lehn. V. Inorg. Hauschild. Molecular Wire Type Behavior of Polycationic Multinuclear Rack-Type RuII Complexes of Polytopic HydrazoneBased Ligands.-M. V — Chimie Bioorganique et Médicinale La synthèse de différentes classes d’effecteurs allostériques de l’hémoglobine a été poursuivie (K. Chem. E. Koumbis. Prokhorenko. Lehn.. J. Quaterpyridine Ligands Forming Helical Complexes of Mono. Rissanen. Publications 1. J. L’action de ces effecteurs sur la courbe d’oxygénation de l’hémoglobine a été mesurée in vitro et in vivo (C. Drain. Chem. L’effecteur inositol-trispyrophosphate (ITPP) présente des propriétés très prometteuses à la fois dans le domaine cardiovasculaire et en oncologie. G. I. 2.M. 2007. 5466-5479. J. J. J. P.

Chim. 2007. Lehn. Ed. 17.. Acta. M. Chem.-M. Cuccia. Dynamical Properties of Semidilute Solutions of Hydrogen-Bonded Supramolecular Polymers. W. Biopolymers. 19. J. (Bucuresti).-M. S.-L. 47. Allouche. Kolomiets. Herrmann. J. Chim. 73. 134-139.. O. 2007. Elsevier. 20. Cryst. 2435-2444. J. M.184 JEANMARIE LEHN Cations (Hg2+ and Pb2+) with Bis-tridentate Ligands: Solution and Solid-State Studies. 061804-1-061804-8. S. D.. 2008. 76. D.. Structural Selection in G-Quartet-Based Hydrogels and Controlled Release of Bioactive Molecules. Buhler. Lehn. 11.. Chem. Soc.. 2281-2314. Anorg. Cryst. Angew. A. Nobori. J.-M.-N. Chem. A. Int. Ruff. Am. T. Mol. 15. and supramolecular assemblies. Giuseppone. J.-M. D. E. N. Optodynamers: Expression of Color and Fluorescence at the Interface between two Films of Different Dynamic Polymers. Fujii.-M.-J. Candau. 2008. Schmutz. Controlled Release of Volatile Aldehydes and Ketones from Dynamic Mixtures Generated by Reversible Hydrazone Formation. 47. J. Reversible switching between macrocyclic and polymeric states by morphological control in a constitutional dynamic system. . 14. J. Lehn. P. 2240-2243..-M. Angew. Fieber. Int. 12. Triggle. Ed.-M. 10058-10059. Lalloz-Vogel. Ruff. 7. 22. Z. 2008. 2007. Lehn. 2007. Pace. 2481-2495. Harrowfield. Sreenivasachary. Ltd.-M. S. T. Int. Sreenivasachary. Helv. Hickman. 2484-2488. 1-20. cation binding. M. Modulation of the Supramolecular Structure of G-Quartet Assemblies by Dynamic Covalent Decoration. A. Glycodynamers: Dynamic analogs of arabinofuranoside oligosaccharides. Synthesis of Components for the Generation of Constitutional Dynamic Analogues of Nucleic Acids. Lehn. Rev. M. J. Chem Int. Allg. 47. J. Helical Diastereomerism in Self-Organization of Molecular Strands. Lehn. Lehn. J. J. 255-259. 2007. J. 2007. Ono. Glycodynamers: Fluorescent dynamic analogues of polysaccharides.-J. 18. Ulrich. 21. Lehn. Fujii. J. J.-M. 9. Chem.-M. Guenet. . N. Liq. Angew. E. Schmitt. Petitjean.. 91. 2008.T. . Chim. E.A.-M. J. J. 2008. Samori. 129. Lehn. Y. J. Chem. Lehn. Chem. J. 2008. Chem Commun. Barboiu. Lehn. N. Sreenivasachary. 13. 4360-4362. Chem. L. S.. Lehn. J. Commun. 2008. 89. 187-201.-M.-M.-M. Structure of Supramolecular Polymers Generated via Self-Assembly through Hydrogen Bonds.. 5007-5010. J.-M. Chem.. 3. Physical Review E. 4363-4365. Lehn. 3556-3559. A. N. Subnanometer-resolved patterning of bicomponent self-assembled monolayers on Au(111). 2007. Oxford. Asian J. L. 2007. J. Schmutz. Crystallization-Driven Constitutional Changes of Dynamic Polymers in Response to Neat/Solution Conditions. Lehn.-F. S. Lehn. 633. 10. 2008.-M. Angew. Lehn. Naphthyridine-based helical foldamers and macrocycles: Synthesis.-M. Fujii. Buhler. Ramström. 2007. J. 468.-M. G. Candau. 90. 59. Ed. Y. 47. Eds. Lehn.. Ed. Acta. Org. 2235-2239. Angew. C. Taylor. Petitjean. Petitjean. Sarazin. B. Dynamic Ligand Assembly in Comprehensive Medicinal Chemistry II. S. 46. Cheuk-Fai Chow. Chow. 959-976. Ed. Chem. Int. Helv. J. DOSY NMR Experiments as a Tool for the Analysis of Constitutional and Motional Dynamic Processes: Implementation for the Driven Evolution of Dynamic Combinatorial Libraries of Helical Strands. Levrand. 2008. Metallodynamers : Neutral Dynamic Metallosupramolecular Polymers Displaying Transformation of Mechanical and Optical Properties on Constitutional Exchange. 16. 486-496.

14 mai 2008. From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. 5 mars 2008. Universitat de Barcelona. 20 octobre 2007. • France-Hong Kong Distinguished Lecture. Functional Nanostructures and Dynamic Materials through Self-Organization.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 185 Conférences présentées sur invitation Professeur Jean-Marie Lehn 47 conférences. 25-26 avril 2008. • DeGennes Days. • III St Petersburg Meeting of Nobel Prize Laureates. From Matter to Life : Chemistry ? Chemistry! • Ernst-Abbe-Kolloqium. Israel Institute of Technology. Universität Karlsruhe (TH). Steps towards Complex Matter: Information. 3 septembre 2007. and Adaption in Chemical Systems. Technion. Von der Materie zum Leben : Chemie ? Chemie ! • Séminaire “questions d’émergence”. Shangai. From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. • 3rd International Symposium on Novel Materials and Synthesis (NMS-III). 30 octobre 2007. Perspectives in Chemistry: From Supramolecular Chemistry to Constitutional Chemistry. 18 octobre 2007. Fudan University. • “Contemporary Chemistry Conferences”. National Symposium with International Participation. . Self-Organization. • XXI Sitges Conference on Statistical Mechanics. Moscou. Nanotechnologies: research and education. • XVIIIth Mendeleev Congress. Heidelberg. • Academia Europaea – Klaus Tschira Foundation “Complexity”. Daegu. Chemistry: Retrospects and Prospects. 1er mai 2008. Jena. City University of Hong Kong. San Sebastián. Karlsruhe. • Symposium on Metal-Rich Compounds. • Distinguished Schulich Lectureship Award Colloquium. École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Paris. dont par exemple : • Trends in Nanotechnology International Conference (TNT2007). Haifa. • 100th Anniversary of Annual Korean Chemical Society Meeting. Perspectives in Chemistry: From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. Self-Organization and Functional Supramolecular Devices. Technion. Perspectives in Chemistry: From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. 24 janvier 2008. 23-28 septembre 2007. Self-Organization by Design and by Selection. St Petersburg. La Notion d’Émergence en Chimie. 6 juin 2008. 18 mai 2008. Collège de France. Haifa. Paris. • The Technion’s Nobel Laureates Symposium. Bucarest. 26 juin 2008. Nanoscience and Nanotechnology — The SelfOrganization Approach. le laboratoire de Chimie de Interactions Moléculaires a été fermé. Metallosupramolecular Architectures and Beyond. 19 mai 2008. B) laboratoire de chimie des interactions moléculaires Collège de France Du fait des difficultés engendrées par les travaux de rénovation des locaux. 8 octobre 2007.

Desigaux. J. B.186 JEANMARIE LEHN Il a été montré que les lipo-aminoglycosides obtenus antérieurement présentent un transfert et une interférence de siRNA (23). USA. L. Nat. Proc. Vigneron. P. R. Distinctions — Prix — Nominations Jean-Marie Lehn a reçu des Doctorats Honoris Causa de l’Université de Patras et de l’Université Babeş-Bolyai (Cluj-Napoca) ainsi que la Médaille Costin Nenitzescu de la Société Roumaine de Chimie. Lehn. Pitard. Il a été nommé Professeur Honoraire de l’Université de Zhejiang (Hangzhou) et de l’Université Normale du Shaanxi (Xi’an). Sainlos. Il a été nommé Membre d’Honneur de cette société ainsi que Grand Officier dans l’Ordre du Mérite Culturel de Roumanie (section Recherche Scientifique). Letrou-Bonneval. Acad. M. Lambert. 16534-16539. Lehn. Chevre. 23. . Sci.-P. 42. J. 2007. Self-Assembled Lamellar Complexes of siRNA with Lipidic Aminoglycoside Derivatives Promote Efficient siRNA Delivery and Interference.-M. 104. E. O.

Les diatomées. Pour cela. membre de l’Institut (Académie des Sciences). micro-algues unicellulaires. La porosité régulière et hiérarchisée de ces frustules présente même des propriétés de cristal photonique On a montré récemment que la silice pouvait être modifiée chimiquement sans altérer la morphologie des frustules. nous avons développé les exemples suivants. C’est ainsi. on peut réaliser des micro-capteurs capables de détecter des traces de certains gaz. Aujourd’hui. à l’ère du silicium et de l’informatique. le vivant nous offre des exemples remarquables qui remontent souvent au début du Cambrien.Chimie de la matière condensée M. 1. Il est en fait possible d’utiliser directement ces frustules dans la conception de dispositifs électroniques. Jacques Livage. Ceci nous a permis de passer de l’âge du cuivre et du bronze. Nous avons progressivement réussi à maîtriser le feu de façon à obtenir des températures de plus en plus élevées. Ces frustules. dont le diamètre est de l’ordre de quelques microns. On forme ainsi des nano-matériaux à base d’oxydes . des biomatériaux nanostructurés Les diatomées. professeur Les matériaux nanostructurés L’élaboration de matériaux par l’homme remonte à la découverte du feu. nous cherchons à élaborer des matériaux nanostructurés répondant aux exigences des nanotechnologies modernes. à celui du fer. présentent une structure poreuse tout à fait remarquable couramment utilisée pour la réalisation de filtres ou de supports de catalyseurs. qu’en mettant à profit la conductivité ou les propriétés de luminescence des frustules de silice. Dans ce domaine. élaborent des exosquelettes de silice (frustules) qui les protègent tout en laissant passer la lumière nécessaire à leur activité photosynthétique. Le but de ce cours était de montrer comment des micro-organismes pouvaient intervenir dans l’élaboration de matériaux nanostructurés.

Un choix judicieux des acides aminés constituant le peptide permet d’initier la précipitation d’un composé choisi à la surface. TiO2 ou BaTiO3. qui se présentent sous forme d’anneaux peuvent être utilisés pour déposer de façon régulière. Il permet d’élaborer des nanotubes d’oxydes (SiO2. De l’ADN aux transistors L’ADN. Le contrôle de l’information génétique (ARN ou ADN) permet de contrôler la nature de l’enveloppe protéique qui les recouvrent et dans laquelle certains acides aminés peuvent servir de germe pour nucléer la croissance de nanoparticules. CdS) de métaux (Co. Ni. voire même des édifices 3D. oxydes. qui se présente sous forme d’un bâtonnet de 300 nm de long.188 JACQUES LIVAGE MgO. semi-conducteurs). réseaux carrés. Les chaperons moléculaires. …) et même de polymères (polyaniline). Deux types de virus ont été pris comme exemples dans le cours. Matériaux nanostructurés et polypeptides Les peptides peuvent être utilisés pour lier entre-elles. On peut aussi réaliser des nanotubes métalliques (Au. Les peptides présentent souvent des structures tubulaires que l’on peut utiliser comme templates pour élaborer des nanotubes. Il est même possible de réduire toute la silice en silicium élément de base de l’électronique moderne. intérieure ou extérieure du peptide. des nanoparticules semi-conductrices qui pourraient intervenir comme nanocomposants dans les mémoires flash des clés USB ! 3. Cu. molécule de base de la vie. Une commutation réversible d’un état isolant (OFF) à un état conducteur (ON) est observée au-dessus d’une tension seuil. • Le virus de la mosaïque du tabac. Pd. puis réduits in situ pour donner des nanofils conducteurs ou semi-conducteurs. 2. Pt. pour élaborer des nanotubes de silice. Les nanoparticules s’associent pour former nanostructures en chaînes. le lanréotide. Cu. Des ions métalliques peuvent être insérés entre les deux brins de l’ADN ou fixés à leur surface via les groupements phosphates. un ensemble de nanoparticules minérales (métaux. . a été abondamment étudiée comme template pour la réalisation de nanocomposants dans les circuits électroniques. de façon contrôlée. On peut jouer sur la complémentarité des deux brins d’ADN pour associer les nano-composants et réaliser de véritables circuits tels que des transistors à effet de champ ! 4. C’est ainsi que l’équipe animée par Franck Artzner a utilisé un polypeptide.…) et les déposer entre deux électrodes pour réaliser des nanocircuits électroniques. recouverts de nanoparticules métalliques sont insérés entre deux électrodes. Fe3O4) de semi-conducteurs (PbS. Des dispositifs de commutation ont même été publiés récemment dans lesquels les virus. Virus et nanomatériaux De nombreux virus ont été utilisés pour élaborer des nanomatériaux.

5. Les séminaires 6 séminaires ont accompagné le cours afin de l’illustrer. une nouvelle approche thérapeutique des maladies graves par Patrick Couvreur (Pharmacie – Chatenay Malabry) • Matériaux hybrides nano-structurés par Clément Sanchez (Chimie de la matière condensée – Paris VI) • Molécules. possède un manteau protéïque plus complexe. plus long que le précédent (880 nm). surface et symétrie. • Micro-algues et. un mariage à trois par Denis Fichou (Nanostructures – CEA) . Cinq familles de peptides différentes peuvent être génétiquement modifiées ce qui ouvre de vastes perspectives. recouvertes de nanoparticules d’or. Le gonflement réversible de la membrane de peptidoglycane modifie la distance entre particules métalliques et donc la résistivité du bio-composant. Les bactéries Par rapport aux exemples précédents. en particulier par l’équipe d’Angela Belcher aux USA. Ce virus. nanomatériaux par Roberta Brayner (Itodis. des molécules aux architectures périodiques par Mir Wais Hosseini (chimie de coordination organique – Strasbourg) • Les nano-médicaments. des nanocristaux de CdS et même des nanotubes de sulfure d’arsenic. …).CHIMIE DE LA MATIÈRE CONDENSÉE 189 • Le bactériophage M13 a aussi été largement utilisé pour l’élaboration de nanomatériaux. les bactéries sont des objets vivants dont le métabolisme peut être mis à profit pour réaliser la synthèse de nanoparticules minérales. L’exemple des magnéto-bactéries qui élaborent des chaînes de nanocristaux d’oxyde de fer magnétique Fe3O4 est bien connu. simplement en introduisant des ions étrangers dans le milieu de culture. transformer ces particules en spinelles. des nanosphères de sélénium. Paris VII) • Nanoparticules organométalliques : chimie de surface. Zn. Mn. Une application originale consiste à utiliser des bactéries. Les cultures de bactéries vivant dans des milieux extrêmes permettent de précipiter des sphères creuses de ZnS. MFe2O4 (M = Co. La plus belle réalisation est sans aucun doute l’élaboration de nanofils d’oxyde de cobalt Co3O4 qui peuvent servir d’électrode réversible dans des nanobatteries au lithium. On peut. contrôle de forme et propriétés physiques par Bruno Chaudret (Chimie de coordination – Toulouse) • La tectonique moléculaire. comme capteur d’humidité.

Nous avons ainsi pu démontrer que même après des traitements chimiques intensifs. en particulier chez les diatomées. Activités de recherche 2007-2008 Notre démarche vise à explorer les domaines d’interface entre la biologie et les sciences des matériaux.190 Cours et séminaires à l’étranger JACQUES LIVAGE Cette année nous avons présenté deux séries de cours et séminaires à l’étranger : • A Tunis. D’autre part. Dans ce cadre. deux cours ‘the sol-gel process’ et un séminaire ‘vanadium oxide gels. c’est-à-dire associées ou non au réseau de silice. la coquille contenait encore des carbohydrates. Aussi une étude directe du matériau biologique est elle nécessaire. nous avons étudié par RMN à l’état solide la coquille siliceuse des diatomées. des protéines mais aussi des lipides. après leur culture puis en fonction de différents traitements chimiques. • A Uppsala. Ce dernier résultat est particulièrement intéressant car il suggère que le rôle des lipides dans la formation de la silice chez les diatomées a été sous-évalué jusqu’à maintenant. Ce travail a été effectué en collaboration avec V. versatile precursors for nanostructured materials’. Un certain nombre de molécules associées à la silice biogénique ont pu être identifiées mais l’étude de leur interaction vis-à-vis de la minéralisation ne permet pas encore de reproduire in vitro la complexité des organisations minérales observées in vivo. 13C et 15N et étudiées selon des méthodes de polarisation croisée. sont encore mal connus. Cette technique nous a permis de discriminer des molécules rigides et mobiles. les traitements nécessaires à l’extraction de ces molécules peuvent entraîner leur dégradation. — l’élaboration de matériaux et nanomatériaux bio-composites à visées médicales ou biotechnologiques . Cette démarche s’articule selon trois thématiques principales : — l’étude des phénomènes de biominéralisation . Martin-Jézéquel (Université de Nantes) Afin de pouvoir mener une étude simultanée des parties minérales et organiques. — la compréhension des conditions de survie d’organismes vivants au sein de structures minérales synthétique. Biominéralisation de la silice : approche analytique et modèles chimiques Les processus biologiques intervenant dans la formation de la silice chez les êtres vivants. . ces diatomées ont été cultivées en présence de substrats enrichis en 29Si. les 26 et 27 février 2008 sur la synthèse et les propriétés d’oxydes de vanadium .

Nous avons d’ores et déjà pu montrer que la présence de la silice permettait de stabiliser des solutions de carboxymethylcellulose. nous avons cette année abordé un nouvel aspect lié à la biominéralisation chez les plantes supérieures. Djabourov (ESPCI). Nous cherchons donc à mimer des tissus végétaux silicifiés en élaborant des matériaux hybrides cellulose/silice et à évaluer leur impact sur la stabilisation de systèmes enzymatiques liés à la gestion du stress oxydatif. Ce travail est effectué dans le cadre d’une thèse en co-encadrement avec l’USTHB (Algérie). Cette silice joue un rôle de gestion des stress biotiques et abiotiques mais les mécanismes associés sont encore mal connus. dans le cadre du poste d’ATER du Collège de France de F.CHIMIE DE LA MATIÈRE CONDENSÉE 191 Actuellement. diffusion de la lumière). En collaboration avec M.…) des seconds. modifiant ainsi leurs propriétés de diffusion. nous avons poursuivi l’étude concernant l’association entre des macromolécules de gélatine et des clusters polyoxovanadates de type décavanadate [H2V10O28]4. Carn. L’étude actuelle porte sur l’encapsulation de catalase dans ces matériaux à teneur variable en silice et à l’étude de stress hydrique. En parallèle. nous avons proposé un mécanisme de formation de ces phases fondé sur un processus de coacervation complexe déjà décrit pour des systèmes comprenant deux espèces polyélectrolytes de charges opposées.connus pour être impliqués dans la formation des rubans de V2O5. domaine macroscopiquement biphasique (une phase visqueuse riche en gélatine en équilibre avec une phase diluée). Nous avons ainsi mis en évidence l’existence d’une séparation de phase en deux temps laissant apparaître trois régions distinctes : liquide homogène. Il est en effet connu que la silice est présente à des taux de 1 % à 10 % en masse chez certaines plantes. magnétiques. Nous avons poursuivi les mesures de rhéologie dans le domaine liquide homogène que l’on a combiné à celles de μ-DSC dans le but de sonder l’influence d’espèces vanadate fortement chargées négativement sur le changement de conformation de la gélatine. ces études sont poursuivies à travers l’établissement de cartes de corrélation bi-dimensionnelle qui devrait nous permettre d’identifier les connectivités entre la matière organique et le réseau minéral. thermique et photochimique sur leur activité enzymatique. nous cherchons à associer des macromolécules biologiques et des phases inorganiques. nous avons établi le diagramme de phase du système [gélatine-vanadate] à 40 °C et pH acide. un impact très significatif sur le processus de fusion des . Sur la base d’une étude détaillée de chaque région (RMN liquide et solide du 51V. Nous avons mis en évidence une faible influence des clusters inorganiques sur la formation des triples hélices de gélatine à température ambiante et en revanche. Matériaux et nanomatériaux biocomposites Depuis quelques années. En particulier. afin de créer une synergie entre la complexité structurale et la biocompatibilité des premiers avec les propriétés physiques (optiques. dispersion colloïdale métastable.

DRX. La spectroscopie RMN du solide est une technique intéressante pour caractériser des matériaux hybrides désordonnés. F. et ce indépendamment de la composition (rapport silice/alginate) de la particule. Y. au sein de ces particules. Millot et P. Ce travail a été effectué en collaboration avec R. Les mesures en traction ont été effectuées en collaboration avec B. Cette même molécule a été encapsulée dans des nanoparticules combinant acide alginique et silice obtenues par voie aérosol. M. Nous avons également effectué des expériences 133Cs-1H HETCOR CP MAS qui n’ont jamais été reportées dans la littérature. Truflandier. la nitrofurantoïne. Ces expériences permettent de sonder l’espace interfoliaire des phases CsV3O8 ou les connectivités spatiales entre les ions Cs+ et le réseau de liaisons hydrogène du décavanadate de césium. nous avons effectué une caractérisation détaillée de la phase visqueuse obtenue dans le domaine bi-phasique après retour à l’ambiante (ATG. cette dispersité ayant un très fort impact sur la délivrance de médicaments in vivo. En parallèle. UPMC) et L.192 JACQUES LIVAGE triples hélices. nous avons continué notre approche consistant à coupler des expériences RMN à des calculs ab-initio sur le décavanadate de césium et des phases lamellaires de type CsV3O8. Ceci suggère qu’une fraction du médicament est adsorbée à la surface des nanocomposites et non encapsulée. Nous avons mis en évidence notamment que ce matériau hybride possède une stœchiométrie bien déterminée. Dans un deuxième temps. Enfin. Nous avons pu ainsi vérifier que ce médicament restait présent tout au long de la synthèse au sein des nanocomposites. Il peut être facilement mis sous forme de film et se comporte mécaniquement comme un élastomère avec une contribution significative du réseau de triples hélices. L’influence de la matrice organique sur la croissance d’un réseau de V2O5 a également été montrée. Fayolle (ENSAM. DSC. nous avons approfondi notre connaissance des systèmes nanoparticulaires hybrides associant un biopolymère et la silice. RMN solide 51V. Outre le noyau 51V. Man (SIEN. C’est pourquoi. nous avons pu observer un départ très rapide mais partiel de la molécule lors de sa dispersion en milieu aqueux. comportement mécanique en traction). nous avons cherché à encapsuler une molécule antibiotique. Ces résultats nous permettent de mieux appréhender les conditions optimales pour la mise au point de nanovecteurs hybrides afin de pouvoir étendre notre stratégie à d’autres biopolymères de structure et de charge différente. Dans un premier temps. nous avons cherché à optimiser notre approche de synthèse de nanocomposites gélatine/silice par nano-émulsion afin de réduire la dispersité en taille des particules obtenues. Elle suppose cependant la connaissance de la réponse spectrale de composés modèles. d’autres noyaux comme 133Cs ont également été étudiés et nous avons pu attribuer de façon claire les signaux RMN aux sites vanadium et césium des structures cristallographiques et préciser la localisation des sites OH du cluster inorganique. Payen (IMN). Hajjar. Paris). Ce résultat surprenant a été discuté et comparé au comportement « modèle » d’une solution de collagène natif (100 % de triples hélices). Dans ce cas. Paris et C. . Boucher.

La principale difficulté est de mettre au point une voie de synthèse de la matrice minérale qui soit compatible avec la survie cellulaire. c’est-à-dire à partir de nanoparticules préformées. Couté (MNHN. Ce travail s’effectue en collaboration avec R. Afin de vérifier cette dernière hypothèse. Nous avons observé une perte importante (60 %) de viabilité lors de l’encapsulation. en présence de glycérol. . Notre démarche actuelle vise à étendre ce procédé à d’autres hôtes minéraux. dans le cadre d’une thèse en co-encadrement financée par le réseau C’nano IdF et le CNRS. Ces résultats indiquent que le succès de l’encapsulation dépend non seulement des paramètres chimiques de la synthèse mais aussi de facteurs physiques liés à la contrainte mécanique imposée par la formation du gel et/ou à l’interaction colloïdes/paroi cellulaire. une lyse cellulaire a été observée lors d’une mise en contact prolongé des cellules avec les colloïdes inorganiques. qui induit un stress important sur les bactéries Escherishia coli. probablement due à un temps de gel trop rapide (quelques dizaines de secondes pour l’alumine contre 3-4 minutes pour la silice). En parallèle. Brayner (ITODYS. Un nombre important de cations métalliques étant cytotoxique. En suivant une approche similaire.CHIMIE DE LA MATIÈRE CONDENSÉE 193 Encapsulation cellulaire en milieu minéral Le futur développement de nouveaux dispositifs biotechnologiques utilisant des activités cellulaires va dépendre des possibilités d’intégrer des organismes vivants au sein de matériaux fonctionnels. nous avons exploré la possibilité de former des gels inorganiques par une voie colloïdale. Ce résultat est similaire à celui obtenu pour les gels de silice et suggère que ces matrices d’alumine constituent un environnement favorable à la survie des bactéries. un taux de viabilité de 50 % est obtenu pour une durée d’un mois. Cette approche nous a permis de réaliser la première encapsulation cellulaire par voie sol-gel dans une matrice d’alumine. Dans ce cas. afin d’évaluer la capacité des poly-saccharides extra-cellulaires de ces organismes à protéger les cellules des stress physiques induits par l’encapsulation. Nous avons déjà démontré qu’il était possible d’immobiliser des bactéries au sein de gels de silice. nous cherchons actuellement à encapsuler des micro-algues au sein de gels inorganiques. Cependant. nous étudions actuellement l’effet de la transition sol-gel sur le comportement et la survie de micro-algues présentant une importante motilité. Paris VII) et A. nous avons cherché à encapsuler des bactéries E. de conserver leur activité métabolique pendant un mois et de les utiliser pour synthétiser des molécules d’intérêt thérapeutique. Paris). coli dans des gels de zircone.

Livage. Saoiabi.M. Lvov. • Designing nanotextured vanadium oxide-based macroscopic fibers : application as alcoholic sensors.M. Livage. Dispersion Sci. Livage. Arias. Nassif. M. El-Ashgar. Coradin. Coradin. Coradin.F. J.M. 40 (2007) 819.S. M. M. • Sol-gel encapsulation of cells is not limited to silica : bacteria long-term viability in alumina matrices.M. C. 159-192. J.M. • From diatoms to bio-inspired materials… and back. F. J. • Contribution of multi-nuclear solid state NMR to characterization of the Thalassiosira pseudonana diatom cell wall. N. T. A. 181 (2008) 848-854. Masse. Devoisselle.L.J. M. Binet. eds . Nanotechnol. J. 419-430. • Organically modified porous hydroxyapatites : a comparison between alkylphosphonate grafting and citrate chelation. Babonneau. T. J. J. Steunou.T. J. J. Mater. Anal. J. Chehimi. Livage. Livage. Editorial Universitaria (2007) p. Carn. Maquet. Chanéac. T. Chehimi. R. J. dans Bio-inorganic Hybrid Nanomaterials . T. • Biomimetic dual templating of silica by poly-saccharide/protein assemblies. its characterization and applications. I. Coradin. Colloids Surf. Marroun. Babot. Livage. J. Laurent. Nanosci. (2007) 4015-4017. Pharm. H. Chem. Livage. Allouche. M. E. T. C. Livage.M. K. C.N. M. Backov. J. I. Roux. F. Commun. Tesson. Achard. dans Biomineralization : from Paleontology to Materials Science . N. P. • Hydrothermal synthesis of amorphous MoS2 nanofiber bundles via acidification of ammonium molybdate tetrahydrate. J.J. Gautier. Wiley-VCH (2007) p. Chanéac. P. Solid State Chem. Chem. • A new route synthesis of immobilized-polysiloxane iminodiacetic ligand system. • First Example of Biopolymer-Polyoxometalate Complex Coacervation in GelatinDecavanadate Mixtures. Nagaraju. J. C. Hémadi. Amoura. J. G.. Abdoul-Aribi. Laghzizil. Coradin. T. Martin-Jezequel. N. Livage. Gautier. Coradin.M. Technol. M. N. N. B. R. V. C. eds. Brayner. 390 (2008) 1889-1898. Roux. 2 (2007) 461-468. • Potentialities of silica/alginate nanoparticles as HYbrid MAgnetic Carriers. M. Livage. F. Brayner. J. J. T. Soft Matter 4 (2008) 735-738. 19 (2007) 3988-3999. 7 (2007) 4649–4654. F. Djabourov. Livage. Brayner. O. P. A. Fernandez. Babonneau. C. Chem. J. Lett. F. • Design of iron oxide/silica/alginate HYbrid MAgnetic Carriers (HYMAC). T. Allouche. Lopez. R. Brun. Steunou. Livage. Boissière. Roux. C. N. T. Chandrappa. Masse. J. R. L. 65 (2008) 140-148. L. G. J. N. Res. 61 (2007) 4553-4558. El-Hammari. Coradin. T. Tharamani. El-Ashgar. El-Nahal. • Aqueous Silicates in Biological Sol-Gel : New Perspectives for Old Precursors. C. 28 (2007) 445-453. Coradin. • Bio-controlled growth of oxides and metallic nanoparticles. Lopez. 344 (2007) 128-134. Ruiz-Hitzky. Coradin. M. Ribot. Livage. Nanoscale Res. Connan. Ariga. . C. Boissière. Livage. B. Acc. S. Coradin. J. Int. Bioanal. Leroy. Brayner. Chem. Mater. Y. R. El-Nahal. J.M.194 JACQUES LIVAGE Publications 2007-2008 • Macrocyclic polysiloxane immobilized ligand system and its structural characterization. J. C. Lett. G. Fiévet.

Le séquençage en cours du génome d’homme de Néandertal va apporter également des données précieuses. et qui permettent des études ciblées sur des gènes et des populations particulières. . Des variations génétiques apparaissent à chaque génération et la plupart disparaissent ou restent extrêmement rares. Depuis plus de 50 ans. en soulignant dans certains cas les controverses quant à leur interprétation. et aux spectaculaires développements technologiques qui sous-tendent ces grands projets. sous l’effet de la dérive génétique et de pression de sélection négative (pour les variants délétères) ou positive (pour les variants ayant une valeur adaptative). on constate une explosion des connaissances. Jean-Louis Mandel. Cette série de cours a présenté les approches méthodologiques utilisées pour identifier des gènes soumis à sélection positive. membre de l’institut (Académie des Sciences). Jacques Ruffié et Jean Dausset). mais certaines vont augmenter de fréquence. professeur Enseignement Une série de 5 cours a été donnée au Collège en mars 2008 sur un thème de très grande actualité : « Évolution du génome humain et gènes soumis à sélection positive ». grâce au séquençage du génome humain et de certains primates (chimpanzé en 2005.Génétique humaine M. et discuté certains des résultats les plus marquants obtenus dans les dernières années. jusqu’à la fixation éventuelle dans certaines populations. Depuis une dizaine d’années. ces phénomènes ont été étudié chez l’homme pour des protéines puis pour des gènes « candidats » montrant des propriétés particulières : polymorphisme important (gènes HLA) ou montrant une grande variation de fréquence dans diverses populations (et il faut rappeler évidemment les travaux des professeurs au Collège de France. macaque rhésus en 2007) et à l’étude systématique du polymorphisme du génome humain (projet HapMap. caractérisant en 2007 plus de 3 millions de « Single Nucleotide Polymorphisms » et leur organisation en haplotypes dans 4 populations humaines).

et les types de mesures permettant d’estimer. où le lait est devenu un apport alimentaire important (la sélection de variants différents est une exemple de convergence évolutive). Un cours a été consacré aux découvertes récentes concernant des gènes et leurs variants associés aux différences de couleurs de peau. la probabilité d’une sélection positive dans une région du génome : proportion de changements fonctionnels (affectant la séquence protéique) au cours de l’évolution des primates. thalassémies) ou la glucose 6 phosphate deshydrogénase (G6PD). L’hypothèse généralement admise est celle de la balance entre la protection contre l’effet mutagénique des UV dans des régions très ensoleillées. Des études ultérieures ont montré l’implication d’un gène similaire (SLC45A2) dans le même phénotype. montre également des caractéristiques indiquant une sélection positive dans certaines populations. et notamment des allèles dérivés (ceux qui ne correspondent pas à la séquence déduite de l’ancêtre commun des hominidés et du chimpanzé). Les exemples classiques (étudiés au cours des 50 dernières années) de sélection dans les régions d’endémie paludéenne de mutations affectant les gènes globine et responsables d’hémoglobinopathies (anémie falciforme. puis l’identification d’un homologue humain du gène. Sabeti et al. On observe une forte sélection de variants non codants modifiant la régulation de l’expression de la lactase dans la population européenne. différences de fréquence allélique entre populations et longueur des haplotypes communs (cf. La découverte du rôle du gène SLC24A5 dans la pigmentation de la peau humaine est particulièrement frappante. car débutant par l’analyse d’un mutant classique de pigmentation dans le poisson zèbre (le mutant golden). Genet. L’analyse approfondie des haplotypes permet maintenant d’estimer l’âge de ces variants. illustrent le fait que selon les cas. Nielsen et al. Le gène EDAR (récepteur de l’ectodysplasine) impliqué dans le développement de la peau. pour différentes échelles de temps depuis la séparation de l’ancêtre commun au chimpanzé et à l’homme. et enfin. d’yeux ou de cheveux. il a été montré qu’une combinatoire de polymorphismes dans 6 gènes est associée aux variations de pigmentation de la peau. des yeux et des cheveux. 2007). distribution des fréquences de polymorphismes. un même variant peut conférer un avantage sélectif ou être au contraire délétère. Récemment. définissant une grande région de très faible diversité génétique dans la population européenne. favorisant une peau foncée..196 JEANLOUIS MANDEL Le premier cours a présenté l’organisation en haplotypes des polymorphismes du génome et son interprétation. Nat. 2005).. c’est la variation du nombre de copies . sans permettre une prédiction individuelle exacte de ces phénotypes (Sulem et al. mais aussi dans d’autres populations pratiquant une agriculture pastorale. Pour l’amylase (impliquée dans la digestibilité de l’amidon). et le rôle des UV dans la transformation de la vitamine D (antirachitique).. et la présence d’une mutation inactivant ce gène dans cette population (Lamason et al. favorisant une peau claire dans des régions peu ensoleillées. Science 2006 . 2007). pour l’analyse des évolutions plus récentes.. Rev. Un cours a été consacré à l’adaptation génétique aux conditions alimentaires dans les populations humaines. des cheveux et des glandes sudoripares.

2004. ci-dessous. du gène aux malades et aux familles ». Nature 2007. obésité) dans le mode de vie actuel.GÉNÉTIQUE HUMAINE 197 du gène qui paraît conférer une avantage sélectif.. 2008). Un colloque intitulé « Actualités dans le domaine des maladies monogéniques : mécanismes physiopathologiques. l’apparition de la vision trichromate apparaît corrélée à la perte de nombreux gènes de récepteurs olfactifs ou de l’organe voméronasal (gène TRPC2). et du rôle de cet événement dans la gracilisation de la mâchoire des hominidés et dans le développement de l’encéphale. a été suivi par un public nombreux et attentif.. et Barreiro et al. La datation de l’inactivation dans l’évolution humaine d’un gène myosine (MYH16) dont l’expression est spécifique de muscles masticatoires. Quintana-Murci. 2007) sont en faveur de la « thrifty gene hypothesis » qui propose que des variants permettant de limiter la dépense énergétique dans des périodes de restriction alimentaire ont été sélectionnés. Un autre cours a été consacré aux études. les études récentes de polymorphismes prédisposant au diabète de type 2 (Sladek et al. au travers de 20 conférences. Un cours au Collège et une conférence à l’Université et CHU Bordeaux 2 ont porté sur : Myopathies centronucléaires: un lien inattendu entre phosphoinositides et des protéines impliquées dans le remodelage membranaire (dynamine 2. et prédisposent aux maladies métaboliques (diabète. dont des mutations rares sont associées à des microcéphalies monogéniques. modèles de souris .. sont très controversés (Stedman et al. Il est intéressant de noter que des études impliquent également le gène FOXP2 dans la vocalisation ultrasonique chez les souris. Les exposés ont également illustré la diversité des modèles expérimentaux utilisés : modèles cellulaires. et dans l’apprentissage de chants d’oiseau (modèle du mandarin. impliquant des phénomènes de sélection dans l’évolution des fonctions cognitives pour les gènes FOXP2 (dans l’évolution du langage) et les gènes ASPM et MCPH1. Ce colloque soutenu par l’Association Française contre les Myopathies. Un cours (4 h) sur la génétique des maladies communes (multifactorielles) a été donné à l’Université de Strasbourg. et une conférence à l’Université Victor Segalen Bordeaux 2 sur « Maladies monogéniques.. amphiphysine) (cf. Les approches systématiques de recherche de régions soumises à sélection positive sur l’ensemble du génome ont été présentées et leurs limitations discutées (cf. McCollum et al. approches thérapeutiques » a été organisé dans le cadre des enseignements de la chaire les 15 et 16 avril 2008. qui a fait également partie de l’enseignement national pour les internes de la spécialité de génétique médicale. Ainsi. à l’amphithéâtre Guillaume Budé. de l’équipe de L. aux interprétations parfois controversées. Sabeti et al. Enfin. illustrant les difficultés de ces approches. comment l’étude des mécanismes physiopathologiques de maladies monogéniques a permis de proposer et développer des stratégies thérapeutiques. allant dans plusieurs cas discutés au cours du colloque jusqu’à des essais cliniques. ou zebra finch). Le dernier cours a porté sur l’apparition ou la disparition de gènes au cours de l’évolution des grands primates. rapport sur les travaux de recherche). Son programme a montré. Nature Genet.. 2006).

Suisse). pour un traitement spécifique des patients atteints de mucoviscidose et porteurs de la mutation la plus fréquente. qui développe une stratégie par oligonucléotides anti-sens. Des approches de thérapie génique ont été présentées : 1) pour la myopathie de Duchenne avec la stratégie de « saut d’exon » pour rétablir une phase de lecture dans l’ARN messager dystrophine. par Gert-Jan Van Ommen (Center for Human Genetics. 2) pour l’adrénoleucodystrophie. et Luis Garcia (Institut de Myologie. Evry). à partir de l’étude de modèles cellulaires. Anne Joutel. 4) Nicolas Lévy (INSERM/CHU Timone Marseille). Illkirch/Strasbourg). CGMC CNRS. J. Les aspects précliniques d’études physiopathologiques et de cibles thérapeutiques potentielles ont été abordés notamment pour le syndrome de retard mental avec X fragile (modèles drosophile et souris ayant abouti à l’identification de récepteurs au glutamate mGluR comme cible thérapeutique . Isabelle Richard CNRS/Généthon. avec des résultats prometteurs d’utilisation d’une thérapie pharmacologique (losartan) . les myopathies dues à un déficit en alpha-sarcoglycane (modèle souris. Laurent Segalat. et les stratégies d’essais cliniques chez des patients atteints de mucoviscidose ou de myopathie de Duchenne et porteurs de telles mutations. Paris) a présenté les propriétés d’une molécule (PTC124) permettant un « readthrough » traductionnel de mutations non-sens. pour la proposition. Leiden). Université de Poitiers) et Olivier Morand (Actelion Pharmaceuticals. une maladie démyelinisante gravissime. permettant des cribles génétiques (pour la recherche de gènes pouvant modifier le phénotype) ou pharmacologiques. et également la correction de cellules souches . IGBMC Illkirch/Strasbourg). et le syndrome CADASIL de démence vasculaire impliquant le gène NOTCH3 (modèle souris. qui a fait l’objet d’une première étude clinique avec des résultats biologiques encourageants . 2) Frédéric Becq (CNRS. Mandel. mais aussi utilisation d’organismes tels que le nématode C. INSERM). pour le syndrome de Marfan impliquant la voie de signalisation du TGFβ. elegans et la drosophile. par Nathalie Cartier (INSERM/Hôpital SaintVincent-de-Paul) qui développe avec Patrick Aubourg la thérapie génique utilisant un vecteur lentiviral. la myopathie de Duchenne (modèles nématode et souris. Le passage de l’étude physiopathologique à des essais cliniques en cours a été illustré par 1) Bart Loeys (Université de Gand).-L. Hélène Puccio. INSERM/Paris 7). 5) Arnold Munnich (INSERM/Université Descartes) qui a décrit un premier essai clinique d’un chélateur du fer dans l’ataxie de Friedreich. ΔF508 . qui à partir de modèles cellulaires et de souris a proposé l’utilisation d’un traitement combiné par statines et aminobiphosphonates pour inhiber la prénylation des formes tronquées de prélamine 1 responsables de la progeria. qui utilise un vecteur viral (AAV). l’ataxie de Friedreich (modèles souris. Lyon/ Villeurbanne).198 JEANLOUIS MANDEL génétiquement modifiées reproduisant les mutations observées chez l’homme. 3) Jean Bastin (CNRS/Necker-Enfants Malades) pour la correction de déficits génétiques du métabolisme oxydatif mitochondrial par le bézafibrate . Thomas Voit (Institut de Myologie. mutations retrouvées fréquemment dans de très nombreuses maladies génétiques. IGBMC. une maladie exceptionnellement rare entraînant un vieillissement accéléré . le miglustat (utilisé dans le traitement de la maladie de Gaucher). et qui a présenté les premières données de l’essai clinique en . de l’utilisation d’une molécule.

.-L. une douzaine de communications par affiche sur les thèmes du colloque ont été présentées par de jeunes chercheurs. Jean-Louis Mandel est plus particulièrement impliqué dans les thématiques suivantes : 1) Syndrome de retard mental avec chromosome X fragile et fonction de la protéine FMRP (avec Hervé Moine. a brossé un tableau des déficits immunitaires monogéniques. Jean-Louis Mandel a été nommé en juin 2008 directeur de l’Institut Clinique de la Souris (ICS). promu DR2 INSERM en 2007. Paris) : Des thérapies pour les maladies génétiques. Evry) : Généthon. et College of Medicine. une très importante plateforme technologique associée à l’IGBMC et impliquée dans la création et le phénotypage de souris génétiquement modifiées. grâce aux progrès dans le domaine des neurosciences. Jocelyn Laporte a été également lauréat d’un Prix du comité Alsace de la Fondation pour la Recherche Médicale. Unité Inserm U596 et Université Louis Pasteur de Strasbourg). Mandel. de la cartographie du génome à l’Autorisation de Mise sur le Marché : le chemin du médicament. succès et revers du règlement sur les médicaments orphelins . CR1 CNRS). Des aspects plus généraux de la problématique du développement thérapeutique pour les maladies rares que sont les maladies monogéniques ont été présentés par Philippe Moullier (INSERM et CHU Nantes. thérapie cellulaire ou génique. Philippe Coubes (Centre Gui de Chauliac/CNRS/INSERM Montpellier) a montré de manière spectaculaire comment. Des aspects de recherche clinique sont également développés dans le laboratoire hospitalier de diagnostic génétique du CHU de Strasbourg. 2) Myopathies myotubulaire et centronucléaires et analyse fonctionnelle d’une nouvelle famille de phosphoinositides phosphatases : les myotubularines (équipe codirigée avec Jocelyn Laporte. UMR 7104 du CNRS.GÉNÉTIQUE HUMAINE 199 cours. Ségolène Aymé (Orphanet. Recherche Le groupe de recherche en génétique humaine fait partie du département de Neurobiologie et Génétique de l’IGBMC (Institut de Génétique et Biologie Moléculaire et Cellulaire. immunomodulation par des cytokines. et montré comment la compréhension des mécanismes permet de définir des approches thérapeutiques rationnelles par supplémentation des molécules déficientes. Il se consacre essentiellement à l’étude des mécanismes génétiques et physiopathologiques de maladies monogéniques neurologiques ou musculaires. le premier pour ce type de vecteur. INSERM SC11. dirigé par J. qui ont fait l’objet de discussions animées. Enfin. Gainesville FL USA) : Etudes précliniques en thérapie génique . Alain Fischer (INSERM/Hôpital Necker Enfants Malades). et labellisée équipe FRM 2007). pionnier dans le domaine de la thérapie génique. Bernard Barataud (Généthon. des approches neurochirurgicales de neuromodulation électrique du cerveau permettent d’obtenir des résultats thérapeutiques importants dans des maladies génétiques du tonus (dystonie) ou du mouvement (dyskinésie).

L’équipe d’André Hanauer (MCU) étudie les mécanismes du syndrome de Coffin-Lowry (retard mental syndromique lié au chromosome X. Hélène Puccio (promue DR2 INSERM en 2007) et son équipe s’intéressent aux mécanismes physiopathologiques de l’ataxie de Friedreich. Hélène Puccio est lauréate du prestigieux « ERC starting grant » du Conseil Européen de la Recherche pour son projet « Comprendre les mécanismes moléculaires impliqués dans les ataxies récessives liées à des déficits mitochondriaux : implication du métabolisme des noyaux fer-soufre ». nous menons une étude génétique du syndrome de Bardet-Biedl. entraînant sa répression transcriptionnelle. dont la maladie de Huntington et l’ataxie spinocérébelleuse de type 7. Nos travaux récents suggèrent que l’interaction de FMRP . Afin de caractériser la fonction et les mécanismes d’action de cette protéine. dans le but notamment d’identifier des oncogènes impliqués dans la progression tumorale ou des marqueurs génomiques associés au pronostic vital. impliquant la protéine kinase Rsk2). Mandel). 1) Syndrome de retard mental avec chromosome X fragile et fonction de la protéine FMRP (thème codirigé par H. Nous avions retrouvé ce motif dans l’ARNm de la phosphatase PP2A et suggéré un rôle de FMRP dans le contrôle traductionnel de cette importante protéine régulatrice (Castets et al.-L. Yvon Trottier (DR2 INSERM) dirige depuis 2006 l’équipe qui se consacre aux mécanismes pathogéniques des maladies neurodégénératives causées par des expansions de polyglutamine.. nous avons entrepris d’identifier et caractériser des ARNm se liant à FMRP et pouvant constituer des cibles de son action. Faculté de Médecine de Strasbourg). et aux études de corrélation génotype/phénotype pour cette pathologie très hétérogène.200 JEANLOUIS MANDEL 3) En collaboration avec le Pr Hélène Dollfus (EA3949 et Equipe AVENIR/ INSERM . Stanislas du Manoir (CR1 INSERM) et son équipe développent des stratégies d’étude des réarrangements chromosomiques (amplifications. FMR1 code pour la protéine FMRP (Fragile X Mental Retardation Protein) qui lie des ARN messagers au sein de complexes ribonucléoprotéiques associés aux polysomes et joue un rôle de régulation de la traduction et/ou de transport de ces ARNm.. Le syndrome X-fragile représente la forme la plus fréquente de retard mental monogénique. 2001). Moine et J. L’équipe dirigée par Michel Kœnig (PU-PH) se consacre à l’identification de gènes impliqués dans des formes d’ataxies récessives. 2005). Ce syndrome résulte d’une expansion instable de répétitions CGG dans le gène FMR1. délétions) présents dans des tumeurs solides. Nous avons montré antérieurement que FMRP se lie de manière spécifique et avec une forte affinité aux ARNm contenant un motif structural de type « G(uanine)-quartet » (Schaeffer et al.

l’amyotrophie spinale (SMA). Bardoni (CNRS. Nous avons récemment montré expérimentalement la présence de motifs G-quartet et leur liaison par FMRP au niveau de la région 3′ non traduite de deux gènes importants pour la plasticité synaptique et précédemment proposés comme cible de FMRP (résultats non publiés). Nous concluons à une implication de FMRP et RISC dans des voies fonctionnelles distinctes. Laporte et J.GÉNÉTIQUE HUMAINE 201 avec son propre ARNm. au niveau d’un G-quartet présent dans la région codante (exon 15). Elle est due à des mutations dans le gène . Les CNM sont regroupées en trois classes. l’ARNm SOD1.-L. En collaboration avec B. avec A. Bardoni a observé que l’expression de la protéine superoxyde dismutase 1 codée par ce gène était diminuée dans le cerveau des souris déficientes en FMRP. 2008). peut moduler l’épissage alternatif du gène FMR1. La forme liée au chromosome X. Les myopathies centronucléaires (CNM) regroupent des myopathies rares caractérisées par une grande proportion de fibres musculaires atrophiques à noyaux centraux (les noyaux étant normalement périphériques). Le complexe SMN est déficient dans une importante pathologie du motoneurone. En collaboration avec l’équipe du Dr C. Nous avons montré que l’ARNm SOD1 ne contient pas de motif G-quartet et FMRP. est la plus sévère et se traduit par une hypotonie généralisée qui entraîne souvent la mort du patient dans la première année. nous avons caractérisé un nouvel ARNm lié par FMRP. Nous avons récemment réanalysé l’association proposée par plusieurs laboratoires entre FMRP et le complexe RISC (RNA induced silencing complex). Nous avons entrepris d’analyser et comparer l’impact de FMRP sur le métabolisme de ces deux ARNm en culture de neurones primaires de souris : traduction. Mandel.. 2) présente des propriétés de localisation intracellulaire et d’association aux polysomes distinctes de celles du complexe RISC. En effet. FMRP contribuerait à l’efficacité de formation des granules de stress (article en préparation). Branlant (CNRS Nancy) nous avons mis en évidence une nouvelle interaction entre FMRP et le complexe SMN d’assemblage de particules ribonucléoprotéiques du spliceosome (Piazzon et al. Nice). 2008). 2) Myopathies myotubulaire et centronucléaires et analyse fonctionnelle de la voie des myotubularines (équipe codirigée par J. stabilité. stimulerait la traduction de cet ARNm (résultats soumis). ce G-quartet présente des propriétés activatrices de l’épissage et la liaison de FMRP avec ce motif pourrait constituer une boucle d’autorégulation (Didiot et al. L’équipe de B. Nous avons montré que FMRP : 1) n’est pas nécessaire à l’activité RISC dans les cellules. localisation.. Le mécanisme d’action de FMRP sur ses différents ARNm cibles est encore mal compris. appelée myopathie myotubulaire. et nous avons participé à l’identification de tous les gènes impliqués jusqu’à présent. Buj-Bello). en se liant à un motif structuré en tige-boucle présent au niveau du site d’initiation de la traduction.

. Nous avons poursuivi d’autre part nos travaux sur la physiopathologie de la forme liée au chromosome X. et résultats non publiés). Nous avons poursuivi. Les familles recrutées étant peu informatives pour une analyse de liaison.202 JEANLOUIS MANDEL MTM1 codant pour la myotubularine (Laporte et al.. 2005).. Les formes infantiles autosomiques récessives (ARCNM) sont de sévérité intermédiaire et nous avons récemment montré que certaines familles sont mutées dans le gène BIN1 codant pour l’amphiphysine 2. par cartographie d’homozygotie sur puces SNPs. Biancalana (Strasbourg) et des cliniciens. suggérant un recouvrement phénotypique entre myopathie et neuropathie. pour certaines mutations de la dynamine 2 (EchanizLaguna et al. V.. Guicheney (Paris). une protéine impliquée notamment dans les mécanismes d’endocytose et de trafic membranaire (Bitoun et al. 2007). dont certaines sont associées à une forme de neuropathie périphérique de CharcotMarie-Tooth et tentons d’établir des corrélations génotype-phénotype. Les formes autosomiques dominantes (ADCNM) débutent à l’adolescence ou à l’âge adulte. L’amphiphysine 2 était un bon candidat fonctionnel car cette protéine régule le trafic membranaire comme la myotubularine (Cao et al.5P2 (Blondeau et al. identifiée très récemment dans une nouvelle famille. nous avons opté pour une recherche de gènes candidats identifiés par analyse bio-informatique.. La deuxième mutation stop. 2007. 2002). 2007). nous avons trouvé 4 variants à l’état homozygote dans des familles consanguines. 1996).. Nous avons poursuivi la recherche de gènes impliqués dans les myopathies centronucléaires récessives. 2003). dont nous avons par la suite montré qu’elle définit une nouvelle famille de phosphoinositides phosphatases. et une action sur le système nerveux central. 2000. et à l’aide de cartographie par homozygotie... ainsi que dans des biopsies musculaires de patients (en collaboration . par l’étude du modèle souris de déficience en myotubularine que nous avons construit antérieurement (Buj-Bello et al. Ce travail a donc révélé un lien moléculaire et fonctionnel entre 2 formes de myopathies centronucléaires. dont deux mutations non sens (Nicot et al. et sont généralement dues à des mutations de la dynamine 2. L’étude d’une grande famille avec myopathie centronucléaire dominante due à une mutation dynamine 2 non décrite antérieurement. est en cours d’analyse.. l’étude des mutations dans la dynamine 2. Une étude transcriptomique globale au cours du développement de la pathologie musculaire dans ce modèle. agissant sur le PI3P et le PI3. en collaboration avec P. Les mutations faux-sens diminuent la fonction de tubulation des membranes alors qu’un des codons stop prématurés produit une protéine stable qui ne peut plus se lier avec un interacteur précédemment connu de l’amphiphysine 2. Laporte et al. et un mutant de drosophile montre une faiblesse musculaire associée à des anomalies des tubules-T. complémentée dans les familles consanguines. a montré également des signes de neuropathie périphérique et de déficit cognitif peu sévères. Par séquençage direct. 2007 et 2008) et la dynamine 2. la dynamine 2. une protéine interagissant avec la dynamine (Nicot et al.

et avons entrepris... le gène Hes3. et son inhibition augmente la production de testostérone par des cellules de Leydig tumorales (Fukami et al..GÉNÉTIQUE HUMAINE 203 avec A. En effet une seule injection intramusculaire dans des souris déjà atteintes de faiblesse musculaire améliore de manière spectaculaire l’état pathologique du muscle. Nous avons aussi poursuivi une approche de thérapie génique à l’aide de vecteur AAV (adeno-associated virus) exprimant la myotubularine. L’utilisation de la même approche pour surexprimer la myotubularine suggère que cette protéine régule l’homéostasie du sarcolemme. En collaboration avec l’équipe de T. son plus proche homologue MTMR2 étant muté dans une forme récessive sévère de neuropathie périphérique démyélinisante. avec atteinte des cellules de Schwann (Chojnowski et al. Beggs. et par leur rôle dans l’organisation des tubules T. Le gène CXorf6 code pour une protéine avec un domaine de type mastermind. nous avons montré que le gène CXorf6. Nous testons maintenant par la même approche la capacité de protéines homologues à la myotubularine (MTMR1 et MTMR2) à améliorer le phénotype des souris Mtm1 KO. School) a montré des anomalies importantes (particulièrement dans le modèle souris) de l’expression de certains gènes impliqués dans la régulation de l’homéostasie calcique. Des résultats très positifs ont été obtenus sur notre modèle souris. 2008). 2007) et donc nous permettre de discriminer entre les alternatives de spécificité d’expression ou liée à la structure de la protéine. 2007). Nous avons confirmé ces anomalies au niveau protéique. qui montrent certaines altérations précoces dans l’évolution de la pathologie (manuscrit en préparation). à la fois par leur interaction avec les phosphoinositides. ce qui permettrait à terme d’envisager une thérapie par réexpression des gènes homologues et ainsi diminuer la réponse immunitaire. Harvard Med. . à un niveau quasi-normal (Buj-Bello et al. adjacent au gène MTM1. la membrane plasmique des fibres musculaires (Buj-Bello et al.. 2008). Ogata (Tokyo). corrige le positionnement des noyaux et augmente la masse musculaire ainsi que la force. en collaboration avec Vincent Jacquemond (Université Lyon 1/CNRS. Les anomalies de l’organisation des tubules T et de la fonctionnalité du couplage excitation contraction pourraient rendre compte de l’importante hypotonie musculaire observée chez les patients. Ceci permet de relier fonctionnellement les 3 protéines connues mutées dans les myopathies centronucléaires. est muté dans des cas d’anomalies du développement génital masculin (hypospadias) (Fukami et al. Sur un plan plus fondamental. a des propriétés transactivatrices sur un gène de la voie Notch. Nous avons observé d’autre part des anomalies précoces de l’organisation des tubules T. ceci apportera également des informations précieuses sur les mécanismes de spécificité musculaire liées aux mutations du gène MTM1. Villeurbanne) une étude électrophysiologique des courants calciques des fibres musculaires des souris déficientes en myotubularine. et montré que certaines d’entre elles survenaient précocément au cours du développement de la pathologie. en collaboration avec le Généthon (Evry).. 2008).

de transmission autosomique récessive. et BBS12 rend compte de 5-6 % des familles. et même à l’algue Chlamydomonas). Des résultats récents obtenus par V. BBS10 et BBS12 appartiennent. a permis de relier le syndrome BBS à des défauts dans l’assemblage ou la fonction de structures ciliées (cil primaire) et du centrosome. en collaboration avec l’équipe de bioinformatique d’Olivier Poch à l’IGBMC nous a permis d’identifier en 2005-2006 deux nouveaux gènes (BBS10 et BBS12) particulièrement importants. dont les mutations ne rendent compte que d’environ 50 % des patients. Le phénotype indistinguable des patients porteurs de mutations dans des gènes BBS différents suggère que les protéines correspondantes pourraient être impliquées dans des complexes macromoléculaires (l’absence de l’un ou l’autre d’entre eux ayant alors le même effet négatif sur la fonction du complexe). De 2000 à 2005. 10 et 12 sont absentes de ce complexe. dont les mutations sont retrouvées chez plus de 20 % des patients (Stoetzel et al. 2007). Il est caractérisé par une étonnante hétérogénéité génétique. Dollfus) Le syndrome de Bardet-Biedl (BBS). De manière surprenante. comme BBS6 à la superfamille des chaperonines de type II (Stoetzel et al. alors que 8 des 9 gènes BBS précédemment identifiés sont très conservés dans l’évolution. contrastant avec la spécificité de la présentation clinique. et on peut donc faire l’hypothèse d’un complexe « chaperonin-like » qui contiendrait ces 3 protéines. 2007). L’identification de ces gènes. 2007). Dollfus suggèrent que les protéines BBS et le cil primaire jouent un rôle important dans la différenciation des préadipocytes et dans l’adipogenèse (résultats soumis). polydactylie. associe rétinite pigmentaire. entre tous les organismes ciliés (de l’homme au nématode.. Nous participons à une étude initiée par le Prof. à l’aide de « puces SNP (single nucleotide polymorphism) ». Nous avons montré que ces 3 gènes définissent une branche spécifique des vertébrés au sein de cette superfamille dont les autres membres ont une origine beaucoup plus ancienne (Stoetzel et al. 9 gènes (dénommés BBS1 à 9) avaient été identifiés par des équipes américaines et anglaises. anomalies rénales et atteinte cognitive. obésité. Des études sont entreprises dans cette direction. visant notamment à identifier de nouveaux gènes BBS. . Marion et H... codant pour des protéines de types très divers et dont les fonctions étaient initialement inconnues. 2006). Des travaux récents paraissent confirmer une telle hypothèse pour 7 protéines BBS présentes de manière stoechiométrique dans un complexe nommé BBSome (Nachury et al. en collaboration également avec l’équipe de D. Hélène Dollfus (Faculté de Médecine de Strasbourg). Les protéines BBS6. Moras à l’IGBMC. La création de mutants avec inactivation conditionnelle des gènes BBS10 et 12 chez la souris est en cours.. BBS10 est un gène majeur. qui devraient notamment permettre de répondre au problème du mécanisme (central ou périphérique) de l’obésité liée aux mutations BBS. L’utilisation d’une approche de cartographie par homozygotie dans des familles consanguines.204 JEANLOUIS MANDEL 3) Analyse génétique du syndrome de Bardet-Biedl (collaboration avec le Pr H. les gènes BBS10 et BBS12 codent pour des protéines spécifiques des vertébrés et dont la séquence protéique évolue beaucoup plus rapidement que pour les autres gènes BBS (à l’exception du gène BBS6).

Mérienne) L’équipe de Y. qui mènent entre autres à leur accumulation et leur agrégation dans le noyau des neurones.8 million de positions analysables (puces 6. Trottier 2003). Nous avons déjà élucidé la structure de l’anticorps dans deux configurations différentes. Cette stratégie doit nous permettre de révéler la structure de la polyQ. 1995. Cette étape préliminaire nous guide actuellement dans l’analyse des cristaux formés par le complexe polyQ:anticorps. Podjarny (IGBMC).GÉNÉTIQUE HUMAINE 205 La stratégie d’identification de nouveaux gènes BBS se poursuit (il reste environ 25 % de patients ne correspondant à aucun des gènes connus). avec une spécificité d’atteinte des neurones qui diffère selon la maladie.0 d’Affymetrix). nous avons conçu un . et contenant donc de très nombreux gènes.. notamment en sélectionnant les régions d’homozygotie chez des patients issus de familles consanguines. D’autre part.. que nous avions caractérisé antérieurement (Trottier et al. Ceci complique l’identification de nouveaux gènes. L’équipe s’intéresse aux propriétés structurales et d’agrégation des polyQ. Les analyses effectuées sur des familles consanguines pour lesquelles le gène n’est pas encore identifié nous permettent d’exclure la présence d’un gène pouvant expliquer plus de 10 % des cas. mais dont la fonction reste inconnue. 2007). Trottier étudie la physiopathologie de la maladie de Huntington (MH) et l’ataxie spinocérébelleuse de type 7 (SCA7). car il existe de nombreuses régions candidates (sur la base des études d’homozygotie) de grande taille. sur la base de nos travaux antérieurs (Klein et al. avec K. Maladies à expansion de polyglutamine (Yvon Trottier. et suggèrent au contraire une extrême hétérogénéité. entrainant une dérégulation de l’expression de certains gènes et une dysfonction puis une mort neuronale. Notre stratégie consiste à déterminer la structure de polyQ de longueur déterminée interagissant avec un partenaire. mais aussi celle de l’anticorps. La très haute densité de puces ADN utilisables pour l’analyse de SNPs et de dosage génique devrait permettre la détection de telles délétions. L’expansion de polyQ (au-delà d’environ 39 résidus) confère aux protéines mutées de nouvelles propriétés neurotoxiques. Ces maladies neurodégénératives héréditaires sont dues à une expansion de répétitions CAG codant pour un homopolymère de glutamines (polyQ) dans des protéines cibles spécifiques de chaque maladie. un motif retrouvé dans un grand nombre de protéines. en l’occurrence un anticorps monoclonal anti-polyQ. en l’absence de grandes familles informatives. Nous avons récemment entrepris une nouvelle approche basée sur l’observation qu’une proportion en général faible de mutations responsables de perte de fonction correspondent à des délétions touchant plusieurs exons du gène cible. ce qui devrait fournir une base pour générer par modélisation des inhibiteurs de l’agrégation. En collaboration avec le Dr A. Une vingtaine de familles avec syndrome de Bardet-Biedl et sans mutation dans les gènes connus sont actuellement en cours d’analyse sur des puces contenant 1. nous cherchons à élucider la structure spatiale de polyQ.

Nous avons montré que c-Jun régule le facteur Nrl. et que l’inactivation génétique de c-Jun retarde la rétinopathie des souris SCA7 (Mérienne et al. Ces photorécepteurs non différenciés et non fonctionnels survivent néanmoins jusqu’à un stade tardif de la pathologie. l’ataxine-7 mutée s’agrège dans les photorécepteurs et cause un stress en activant la voie Jnk/ c-Jun (Mérienne et al. menant peut-être les photorécepteurs à se dédifférencier. Helmlinger et al. nous étudions deux molécules chimiques qui semblent prévenir l’accumulation ainsi que l’agrégation des protéines mutées. où l’activité ERG est absente. Strasbourg). nous avons récemment observé une activation microgliale importante aux stades précoces de la rétinopathie de ces souris. une disparition des cils connecteurs associée à une réapparition de centrosomes ou de cils primaires périnucléaires. il semble que l’ataxine-7 mutée causerait une dysfonction de TFTC qui mènerait à la décondensation générale de la chromatine (par hyperacétylation) et à la dérégulation des gènes spécifiques aux photorécepteurs (Helmlinger et al. Les analyses sont effectuées in vitro dans un modèle cellulaire et dans un modèle souris. Ce projet est issu d’une collaboration avec le Dr Anne Bertolotti (Cambridge. 2003). UK) (Rousseau et al. Deuxièmement. une altération de l’architecture du noyau avec une décondensation de la chromatine (Helmlinger et al. .206 JEANLOUIS MANDEL polypeptide ayant des propriétés anti-agrégation in vitro. L’étude du profil transcriptionnel de la rétine des souris SCA7 a révélé une forte répression des gènes spécifiques des photorécepteurs. 2004 . 2007). Yefimova et al. Premièrement. Troisièmement.. 2006). 2006 . Dehay et al.. manuscrit en préparation).. Paris 7). Ces données suggèrent que l’ataxine-7 mutée compromet le programme génétique de différenciation des photorécepteurs. Crx. La rétine de ces souris se développe normalement jusqu’à 3 semaines d’âge.. nous étudions depuis plusieurs années un modèle souris SCA7.. 2004). Plusieurs voies pathogéniques pourraient participer à cette « dédifférenciation » et sont actuellement à l’étude dans notre laboratoire. comme l’ataxine-7 fait partie du complexe TFTC qui régule la transcription en acétylant les histones (Helmlinger et al.. puis l’activité mesurée par électrorétinogramme (ERG) diminue progressivement et s’accompagne d’anomalies morphologiques des photorécepteurs : une perte des segments externes et internes. Nr2e3) qui contrôlent la différenciation des photorécepteurs (Abou-Sleymane et al. Nous tentons actuellement de savoir quel est le rôle de l’activation de la microglie : soit la sécrétion de facteurs de survie.. 2004 ... 2006 ). notamment des facteurs de transcription (Nrl. qui récapitule la dégénérescence rétinienne observée chez les patients. Également dans une perspective thérapeutique.. Nous poursuivons l’étude du potentiel thérapeutique de ce polypeptide dans un modèle drosophile de maladie à polyQ en collaboration avec le Dr Hervé Tricoire (CNRS/U. 2007) et le Dr Nicolas Winssinger (ISIS. Afin d’identifier les mécanismes de dysfonction et de dégénérescence neuronale. ou bien la phagocytose de la couche des segments des photorécepteurs. Nous nous intéressons également aux mécanismes d’action de ces molécules.

. la frataxine.. Simon et al. par inactivation conditionnelle spatio-temporelle (système Cre-Lox) du gène de la frataxine (Puccio et al. indépendant de leur localisation cellulaire. Cependant. Ces modèles conditionnels reproduisent l’essentiel des caractéristiques physiopathologiques et biochimiques de la pathologie humaine. et qu’il n’existe donc pas de machinerie de biosynthèse des noyaux Fe-S chez les mammifères complètement indépendante de la mitochondrie (Martelli et al. L’ensemble de ces résultats démontre l’existence d’une machinerie complexe pour l’assemblage des protéines à noyau Fe-S qui est peu étudiée chez les .. Elle est due à la diminution quantitative d’une protéine mitochondriale. Allemagne) a permis de montrer que la protéine cytosolique huNbp35. A travers les différents modèles murins générés. Une collaboration avec l’équipe de Pr R. 2007). Mérienne étudie les mécanismes menant à l’instabilité sélective de l’expansion CAG dans le striatum. la région cible principale de la pathologie. nous avons constaté que la rétinopathie s’accompagne d’un stress oxydatif précoce important. gravement invalidante. L’expansion CAG dans le locus HD muté montre une forte instabilité -avec une tendance à un allongement additionnel. Le rôle du stress oxydatif. Puccio s’intéresse aux mécanismes physiopathologiques de l’ataxie de Friedreich (AF). une région épargnée. il est probable que l’instabilité — et l’allongement — de l’expansion CAG dans le striatum contribue à la dégénérescence sélective de cette région du cerveau. est actuellement à l’étude dans la rétinopathie de ce modèle SCA7. Puccio) L’équipe de H. Dans la levure. Comme les études corrélatives génotype-phénotype antérieures ont révélé que plus l’expansion est longue.dans le striatum. par la construction et l’étude de modèles murins et de modèles cellulaires. le rôle central de la mitochondrie reste controversé puisqu’une machinerie cytosolique d’assemblage des centres Fe-S indépendante a été proposée. Physiopathologie de l’ataxie de Friedreich (équipe H. 2008). et peu d’instabilité dans le cervelet. notamment la voie de réparation d’ADN. plus la pathologie est précoce et sévère. K.. qui entraîne un déficit fonctionnel des protéines fer-soufre (Fe-S) et une accumulation intramitochondriale de fer. est essentielle pour les protéines à noyau Fe-S cytosoliques et nucléaires et joue un rôle dans la régulation du fer (Stehling et al.GÉNÉTIQUE HUMAINE 207 Quatrièmement. nous avons récemment montré que la frataxine est nécessaire pour la biogenèse d’enzymes Fe-S nucléaires et cytosoliques. la mitochondrie joue un rôle central pour la biosynthèse de tous les noyaux Fe-S. qui est aussi présent dans la pathogenèse de la maladie de Huntington (MH). L’ataxie de Friedreich est une maladie autosomique récessive. Cette équipe a créé depuis plusieurs années des modèles souris de l’ataxie de Friedreich. chez les mammifères. une P-loop NTPase. caractérisée par une dégénérescence spino-cérébelleuse et une cardiomyopathie hypertrophique. Lill (Marburg. 2004). 2001 . Ces résultats ouvrent la porte sur de nouvelles pistes physiopathologiques.

Nous avons généré un modèle cellulaire par une stratégie d’antisens par ribozyme. Son import et sa maturation dans la mitochondrie impliquent deux clivages N-terminaux. L’étude fondamentale sur le métabolisme des protéines à Fe-S proposée dans le cadre de notre projet ERC permettra la compréhension des conséquences d’un déficit du métabolisme Fe-S de la mitochondrie dans les cellules neuronales. qui présente un défaut de prolifération cellulaire et certaines caractéristiques moléculaires de l’AF. Cependant.208 JEANLOUIS MANDEL mammifères. ainsi que pour un criblage à grande échelle de molécules potentiellement thérapeutiques. IGBMC). Dans le but d’identifier de nouvelles molécules potentiellement thérapeutiques.. probablement par un arrêt du cycle cellulaire. soulignant une nouvelle fois le rôle important de la frataxine (CarelleCalmels et al. En effet. Par une analyse de spectrométrie de masse (en collaboration avec Manuela Argentini. et que les deux autres formes décrites n’existaient pas sous forme endogène (Schmucker et al. De plus. Nous avons également démontré que la forme m78-FXN est capable de restaurer la survie cellulaire de cellules déficientes en frataxine. Ce système nous a permis de montrer que l’absence totale en frataxine dans des fibroblastes conduit à la mort cellulaire. le site final de clivage de la forme mature m-FXN est sujet de controverses. Nous avons utilisé des lignées cellulaires murines portant un allèle d’inactivation conditionnelle de la frataxine en combinaison avec l’expression d’une recombinase EGFP-Cre (en collaboration avec Brigitte Kieffer. soumis). La frataxine (FXN) est une protéine mitochondriale synthétisée sous forme d’un précurseur de 210 acides aminés. L’établissement de lignées cellulaires directement à partir des souris mutantes constitue donc un excellent système pour étudier les anomalies biochimiques liées à l’absence totale de frataxine. par des essais de mutagénèse dirigée. nous avons déterminé que la maturation se faisait en deux étapes et que les formes m56-FXN et m78-FXN pouvaient être produites en conditions cellulaires lorsque que la maturation normale de la protéine était perturbée. Le criblage s’est . nous avons recherché des molécules susceptibles de restaurer le retard de croissance cellulaire par criblage robotisé des molécules de la chimiothèque Prestwick (1 500 molécules) (Carelle-Calmels. une protéine commençant à l’acide aminé 56 (m56-FXN) et deux autres récemment décrites en 2007. nous avons démontré que m81-FXN était la forme mature majoritaire in vivo. débutant à l’acide aminé 78 ou 81 respectivement (m78-FXN.. en collaboration avec la plateforme de criblage du genopôle AlsaceLorraine.and m81-FXN). Les lignées cellulaires de patients sont peu utiles pour des analyses biochimiques car phénotypiquement normales puisqu’elles sont issues de cellules épargnées par la maladie (lymphoblastes et fibroblastes). IGBMC) pour isoler par cytométrie de flux des cellules murines complètement délétées pour la frataxine. donc plus sévère. en préparation). trois formes différentes de la protéine mature ont été décrites : depuis 1998. 2008).

dont les deux premières sont impliquées dans la réparation des cassures de l’ADN. Ces gènes codent pour trois protéines nucléaires. Après confirmation. Tazir et al. Ce modèle musculaire montre que l’absence totale de frataxine dans le muscle induit une myopathie mitochondriale avec des fibres musculaires de tailles variées. Koenig) L’équipe avait précédemment identifié les gènes impliqués dans des formes d’ataxie avec apraxie oculomotrice (AOA1/gène aprataxine en 2001 . et la recherche des gènes mutés a été entreprise (Gribaa et al. 2008. la présence de noyaux centraux. L’analyse clinique de patients AOA2 confirmés par l’identification de mutations du gène de la sénataxine nous permet de mieux définir cette nouvelle forme d’ataxie. Nous avons récemment généré un modèle murin déficient en frataxine dans le muscle squelettique.GÉNÉTIQUE HUMAINE 209 effectué en 3 étapes : criblage initial.. des dépôts mitochondriaux de fer et un déficit spécifique des protéines à noyau Fe-S ainsi qu’une acidose lactique (Wattenhofer-Donzé. Ce gène est impliqué dans l’assemblage des noyaux Fe-S et est un partenaire direct de la frataxine. 2007). aucune des molécules n’a été retenue lors de la courbe dose-réponse. Génétique moléculaire des ataxies récessives (équipe M. manuscrit en préparation). confirmation et dose-réponse. soumis.. 2008). Un criblage à plus grande échelle est envisagé pour augmenter les chances de réussite. en la recherchant dans des myopathies mitochondriales nonexpliquées. l’anomalie génétique responsable d’une myopathie mitochondriale avec acidose lactique a été identifiée : une mutation du gène ISCU menant à une anomalie d’épissage de son ARN messager.. nous avions identifié 48 molécules ayant un effet positif sur la croissance des cellules déficientes en frataxine. Gazulla et al. est titulaire d’un poste ATER du Collège de France pour les années 2006-2008. soumis).. 2005. En accord avec le rôle de IscU. une myopathie mitochondriale sévère avec une prolifération mitochondriale et une structure anormale des fibres musculaires.. Il est intéressant de noter un cas clinique reporté dans la littérature d’un garçon avec un diagnostic moléculaire de l’AF présentant en plus des signes cliniques et électrophysiologiques d’AF. Nous avons ainsi participé à l’identification du gène du syndrome de Marinesco-Sjögren. des fibres rouges déchiquetées (ragged red fibers). qui étudie ce modèle.. Le Dr Marie Wattenhofer-Donzé. Malheureusement. Khan et al. Récemment. en particulier l’âge de début toujours supérieur à 8 ans et l’association avec une élévation de l’alpha-fœtoprotéine sérique qui en font de très bons critères d’orientation diagnostique. un déficit en succinate déshydrogénase et aconitase ainsi qu’une surcharge en fer est observée dans les muscles des patients. Ceci suggère qu’il serait peut-être intéressant d’élargir le phénotype associé à la perte de fonction en frataxine. qui . D’autres loci d’ataxie récessive ont été identifiés par analyse de liaison dans des familles consanguines avec d’autres formes d’ataxie. AOA2/gène senataxine en 2004) ainsi que plusieurs familles avec une forme très rare d’ataxie avec apraxie oculomotrice due à une mutation fondatrice dans le gène MRE11 (Fernet et al. et d’identifier une élévation modérée de l’alphafœtoprotéine chez les porteurs hétérozygotes (Anheim et al.

un lipide essentiel au transport des électrons dans la chaîne respiratoire mitochondriale. L’élucidation de la fonction d’ADCK3 devrait permettre d’identifier un mécanisme primitif de régulation de la synthèse de l’ATP (chaîne respiratoire) par l’ATP lui-même (co-substrat de la kinase) et d’éclairer par un angle nouveau l’origine des mécanismes de régulation biologique par les kinases. Cette ataxie est donc la cinquième forme d’ataxie récessive due à un déficit d’une protéine mitochondriale.-E. au moins lors d’un exercice musculaire. La divergence avec les autres membres de la famille ADCK (ADCK1. qui est le paralogue le plus proche d’ADCK3.. est la cause directe des mécanismes dégénératifs des voies cérébelleuses et spinocérebelleuses dans un nombre important de cas. 3 et 4. – 2 et – 5) est beaucoup plus ancienne puisque déjà présente chez les bactéries. 2005). ADCK3. une cataracte et un retard du développement psychomoteur. Nous avons plus récemment identifié un nouveau gène d’ataxie récessive par l’analyse d’une grande famille consanguine d’origine algérienne (Lagier-Tourenne et al. une co-répression de ce dernier en présence de mutations ADCK3. 2004).210 JEANLOUIS MANDEL associe une ataxie précoce. Ce gène code pour une kinase mitochondriale. 2008). ou probablement pas. suggérant que le substrat d’ADCK3 n’est pas nécessairement. Hanauer) L’équipe étudie les bases moléculaires du syndrome de Coffin-Lowry (retard mental syndromique lié au chromosome X. comportant notamment des anomalies squelettiques progressives) et le rôle de la kinase RSK2 mutée dans ce syndrome et de ses homologues RSK1. dans les lignées de patients mutés pour ADCK3. Elles présentent un retard de croissance osseuse (Yang et al. Des souris invalidées pour le gène RSK2 ont été créées précédemment par l’équipe. en collaboration avec l’équipe du Pr A. Lehesjoki (Helsinki) (Anttonen et al.. L’analyse bioinformatique de la séquence ADCK3 et des protéines apparentées montre également qu’elles forment une famille de kinases ancestrales ayant de lointaines similitudes avec les phosphoinositide-kinases et les choline-kinases. La divergence entre les gènes ADCK3 et – 4 a probablement commencé au moment de la duplication génomique liée à l’apparition des vertébrés. des anomalies de la dentition (manuscrit en cours de . et une corrélation entre le niveau de répression d’ADCK4 et le taux résiduel en coenzyme Q10. Nous avons trouvé à la place d’une surexpression compensatrice attendue d’ADCK4. Les patients de quatre autres familles se sont avérés avoir des mutations du même gène. Ces résultats suggèrent qu’ADCK4 est également impliqué dans la régulation de la synthèse du coenzyme Q10 (Lagier-Tourenne et al. confirmant que le dysfonctionnement de cette organelle en général et de la chaîne respiratoire en particulier.. impliquée dans la régulation de la synthèse du coenzyme Q10. Nous avons étudié l’expression d’ADCK4. L’analyse rétrospective des patients avec mutations ADCK3 confirme la présence d’un déficit modéré en coenzyme Q10 dans les fibroblastes en culture et d’une élévation modérée des lactates sanguins. 2008).. une protéine. Syndrome de Coffin-Lowry et kinase RSK2 (équipe A.

et nous avons montré que le niveau des formes phosphorylées (activées) de ERK1/2 était nettement augmenté chez les souris mutantes (+ 50 %). Nous avons montré que le taux de la forme phosphorylée (active) sur la sérine 31 de la tyrosine hydroxylase (TH). en appliquant un inhibiteur pharmacologique de MEK à des cultures de motoneurones déficients pour RSK2. l’enzyme limitante de la synthèse des catécholamines. La surexpression d’une forme constitutivement active de RSK2 dans les motoneurones conduisait. p = 0.GÉNÉTIQUE HUMAINE 211 préparation) et des déficits d’apprentissage et de mémoire spatiale (Poirier et al. au contraire. . L’équipe a récemment mis en évidence des anomalies de la voie dopaminergique au niveau du cortex de ces souris. mais basée sur des études in vitro). à une réduction de la croissance axonale. Ces résultats ont été rapportés dans une publication qui vient d’être acceptée dans le Journal of Cell Biology (Fisher et al. une augmentation de 30-40 % de l’activité de ERK1/2 a aussi été constatée dans les motoneurones déficients pour RSK2 par rapport à des motoneurones WT. mais que les axones avaient une longueur significativement plus importante que les axones de motoneurones WT. Cette étude a montré que la survie de motoneurones (spinaux) de souris KO-RSK2 en culture était normale. mais non de l’hippocampe. Les travaux en cours portent sur la caractérisation des conséquences de cette dérégulation du système dopaminergique pour la transmission synaptique. in press). L’ensemble des résultats suggère que dans des conditions physiologiques normales RSK2 régule négativement l’allongement des axones via la voie de signalisation MAPK/ERK. Ce résultat a conduit l’équipe à explorer l’expression et la phosphorylation de différents acteurs de la voie dopaminergique. L’équipe a par ailleurs collaboré à une étude portant sur les conséquences de l’inactivation de RSK2 pour la croissance axonale des motoneurones. 2008).. Tous les autres neurotransmetteurs étaient présents à des taux normaux. Comme dans le cadre de notre étude sur le système dopaminergique.. en collaboration avec le groupe de Michael Gruss (Université de Magdebourg) de différents neurotransmetteurs a en effet révélé une augmentation des concentrations en dopamine (+ 45 %. L’ensemble de ces résultats ont été publiés (Marques Pereira et al. était significativement augmenté dans le cortex de la souris KO-RSK2 alors que le taux de protéine TH totale est similaire chez les souris KO et les souris WT. Finalement. l’excès de croissance axonale a pu être corrigé. Une étude par chromatographie HPLC. 2006). Nous avons également observé des augmentations significatives des niveaux d’expression du transporteur de la dopamine (DAT) et du récepteur dopamine DRD2 chez les souris mutantes. Les études en cours portent sur la croissance des neurites de neurones corticaux et hippocampiques.. La sérine 31 est essentiellement phosphorylée par la kinase ERK. Cette étude confirme enfin la fonction inhibitrice exercée par RSK2 sur la voie Ras-ERK (elle avait déjà été rapportée auparavant. ainsi que sur la morphogénèse de leurs épines dendritiques. Une dérégulation de la croissance des neurites pourrait ainsi contribuer au déficit fonctionnel du système nerveux des patients CLS et des souris déficientes pour RSK2.001) au niveau du cortex.

du Manoir développe des stratégies d’étude des réarrangements chromosomiques (amplifications. Réarrangements génomiques dans les tumeurs solides (équipe S. Elle a révélé des différences d’expression significatives pour une cinquantaine de gènes. faisant de ce gène exprimé dans le cerveau un candidat pour des formes autosomiques de retard mental (Dubos et al. Notre étude épidémiologique concernant une série de 1 200 cancers du poumon opéré au CHU de Nancy depuis 1988 (constituant la tumorothèque de Nancy) confirme le besoin de marqueurs pronostics pour les patients de stade I-II dont 45 % meurent de récurrence (publication soumise). Nous avons réalisé deux études rétrospectives (Adénocarcinomes : 73 cas et Epidermoïdes : 76 cas) de cancers du poumon de stade I-II stratifiées en deux groupes (survie < 25 mois et > 60 mois) par CGH-array. Nancy). qui avait été poursuivie ces dernières années. La recherche de nouveaux gènes de retard mental lié au X par l’étude de translocation X-autosome chez des femmes avec retard mental. Pour les adénocarcinomes. Arnold). La validation d’une dizaine de ces gènes par RT-PCR quantitative et par Western-blot a déjà été réalisée. Parmi les gènes validés dont l’expression est nettement augmentée dans l’hippocampe de souris déficientes pour RSK2. mais que le point de cassure autosomique interrompait le gène CDKL3 (une protéine kinase cdc2-related). Pour les deux histologies. on trouve notamment un récepteur ionotropique. Martinet. une amplification est présente uniquement chez les courts surviveurs et plusieurs régions de gains et pertes sont trouvées préférentiellement chez ceux-ci. Le dernier cas étudié a montré que le point de cassure sur le chromosome X était localisé dans une région dépourvue de gènes. trois études ont été entreprises pour cribler les aberrations chromosomiques par CGH sur puces. du Manoir) L’équipe du Dr S. Pour les formes épidermoïdes. Ces études rétrospectives construites sur des cohortes très homogènes concernent des carcinomes de l’ovaire (coll. Afin d’identifier des marqueurs génomiques pronostiques associés à des paramètres cliniques comme la survie. La validation des autres gènes est en cours. Ces signatures génomiques seront validées par un ensemble de procédures statistiques.212 JEANLOUIS MANDEL Finalement. a été arrêtée. Plusieurs régions sont associées au mauvais pronostic. le facteur de transcription RunX et un facteur d’initiation de la traduction jouant un rôle très important dans la traduction locale au niveau des dendrites. une ségrégation partielle est obtenue sur la base de ces aberrations. une comparaison des transcriptomes d’hippocampe de souris invalidées pour RSK2 et de souris sauvages a été réalisée. N. Une confirmation par Q-PCR des aberrations trouvées devrait permettre de définir un set minimal de régions qui pourrait être à la base d’un prototype de test pronostique. Nous avons développé une approche statistique originale pour identifier les régions associées au pronostic. des cancers du poumon de type épidermoïdes et adénocarcinomes (coll. L’expression des gènes candidats sélectionnées . la région la plus amplifiée est située en 3q et contient le gène SOX2 (manuscrit en préparation). N. délétions) des tumeurs solides par « CGH array » et analyse du transcriptome. 2008)..

Nous sommes impliqués dans un programme visant à faciliter l’interprétation de données de CGH sur puces dans le cadre de la description d’aneusomies segmentales pour des patients souffrant de retards mentaux.... Myotubularin lipid phosphatase binds the hVPS15/hVPS34 lipid kinase complex on endosomes. Ce travail visait à identifier une signature moléculaire pronostique de l’apparition ultérieure de métastases dans les cancers VADS par l’exploration du transcriptome et des aberrations génomiques. visant à identifier de nouveaux gènes du syndrome de Bardet-Biedl). Pour faciliter l’interprétation des données des puces Agilent dans le contexte du retard mental.. Franques J. fournissant aux cliniciens une liste ordonnée des aberrations numériques ayant le plus de chances d’être causales du retard mental (sur la base de critères comme la taille et le contenu en gènes…) et devant être confirmées de façon prioritaire. Nancy). Altschuh D.. Gribaa M.. and Kœnig M.. Wandinger-Ness A. Salih M. Wasylyk (Rickman D. Traffic (2007) 8 : 1052-1067. Bétard C. Mol. Biancalana V. and Trottier Y.. 164 cancers du poumon (PNES-poumon) et 98 VADS (étude du groupe de B. Pathogenic and non-pathogenic polyglutamine tracts have similar structural properties: towards a length dependent toxicity gradient... H’mida D. Laporte J. Tranchant C. Laporte J.S. Liste des publications du groupe de génétique humaine de l’igbmc (depuis juillet 2007) Publications parues dans des revues de niveau international avec comité de lecture 2007 Cao C. Elmalik S... Faculté de Médecine de Strasbourg...GÉNÉTIQUE HUMAINE 213 par des filtres bibliographiques et bioinformatiques dans ces régions génomiques sera évaluée dans des tumeurs humaines primaires et dans des tests de croissance tumorale / micrométastase in vivo (souris Nudes). Hélène Dollfus.. Brain (2007) 130 : 1921-1928.S.. Pastore A.. Biol.L.. (2007) 371 : 235-244. Oulad-Abdelghani M. et al. Carré S.. et dans le cadre d’une action du GIS maladies rares (en particulier. autosomal recessive spinocerebellar ataxia and epilepsy is localized at 16q21-q23. Mohamed A. Dondaine N..M.. Nicot A. Drouot N. J.. 2008) rapporte plusieurs aberrations génomiques associées à la progression métastatique et pourraient être à la base du développement marqueurs pronostiques et de cibles thérapeutiques dans les cancers VADS métastatiques. IGBMC). Stein M.. Almubarak M. Al-Rayess M. Cette étude publiée par le groupe de B. Anheim M. A new form of childhood onset.. Lagier-Tourenne C. 190 cancers colorectaux ont été étudiés. Dans le cadre de notre plateforme CGH-array.. Mandel J. Jonveaux. Subtle central and peripheral nervous system abnormalities in a family with centronuclear myopathy and a novel dynamin 2 gene mutation. Echaniz-Laguna A. nous avons développé un programme automatisé. Backer J.. Mandel J. .. Goebel H. Neuromuscular disorders (2007) 17 : 955-959. Wasylyk... Klein F...-P.. Nierengarten H.L. Masino L. Kabiraj M. une étude initiée par le Prof. (programme DHOS en collaboration avec P. Zeder-Lutz G.

AAV-mediated intramuscular delivery of myotubularin corrects the myotubular myopathy phenotype in targeted murine muscle and suggests a function in plasma membrane homeostasis.. and Ogata T. (2008) 82 : 661-672.. Benhassine T. Toussaint A. Mol.. Ulbricht E.. Verheggen C.. Koenig M.. Montus M. Biancalana V.*. Mandel J. Wada Y.. The G-quartet containing FMRP Binding Site in FMR1 mRNA is a potent exonic splicing enhancer. and Hanauer A. Helmlinger D.. Mol. Kato F..*.5) translocation associated with nonspecific mild mental retardation. and Mandel J.. and Charpentier B. Hum. Heron D. Laporte J. Didiot M. Kretz C. Kœnig M. Clinical and molecular findings of Ataxia with oculomotor apraxia type 2 in 4 families.. (2008) 180 : 579-595... (2008) 17 : 2132-2143. Delaunoy J.. Schultz P. (2008) 283(9) : 5525-32.. Krol A. Neurol. Moine H. Bringmann A.. Busso C. Schwab Y. Dubos A. Mutations in amphiphysin 2 (BIN1) disrupt interaction with dynamin 2 and cause autosomal recessive centronuclear myopathy. Genet. Bertrand E.. Boulon S. (2008) 65 (7) : 958-962. Bedrick E.. (2008) 19 : 3334-3346.M.. Wurth L... Kitagawa M.. Lynch D.C. British Journal of Ophthalmology (2008) 92 : 272-275. Hum... The first large duplication of the RSK2 gene identified in a Coffin-Lowry syndrome patient.C. J. Hum. Laporte J.. Hum..... Med.R..*.T.. Barros M. Cell. Tranchant C.. Mastermind-like domain-containing 1 (MAMLD1 or CXorf6) transactivates the Hes3 promoter.C.. and Hanauer A.. (2008) 36 : 4902-4912.. Tazir M...C...1 by a balanced t(X.O. Long-term engraftment of systemically transplanted.W..H. Kingston H. Douar A.A. and Laporte J.. Cao C.. Martelli A. Pescia C.P. Cell Biol. and Tranchant C.. (2007) 16 : 2651-2658. J. Mol. Hirano M. and Salih M.. Genet. J.. DiMauro S. Nucleic Acids Res..L... and Kœnig M. Mack A. Garnier J. Schmucker S. Assoum M.*. Pradet-Balade B. Fukami M.. (2007) 39 : 1134-1139.S. Mandel J. Frataxin is essential for extramitochondrial Fe-S cluster proteins in mammalian tissues. López L... Danos O. and contains the SF1 target sequence. Tian Z. Am. Wiedemann P..E. Ass.. Anheim M.. Wagner H. Wallgren-Pettersson C.. Kretz C. Strabisms (2008) 12 : 186-189. is mutated in a form of recessive ataxia associated with coenzyme Q10 deficiency. Buj-Bello A. Inactivation of the CDKL3 gene at 5q31. Drouot N. Boettcher C.214 JEANLOUIS MANDEL Marques Pereira P..L... Tosch V. Opht. Arch. Bianchetti L.. Beggs A. Fleury M. 2008 Anheim M. and Wandinger-Ness A.. Branlant C.. Oystreck D. Am.J. Baba T... Oldfors A.F. Stoppa-Lyonnet D. Spehner D.. Priller J. augments testosterone production. Genet. (2007) 122 : 541-543. Morohashi K. Lagier-Tourenne C. * equal contributors.. gene-modified bone marrow-derived cells in the adult mouse retina. Schaeffer C. (2008) Part A 146A : 1267-1279. Am.. Ophthalmic features of ataxia telangiectasia-like disorder. Denèfle P.L... Messaddeq N. Khan A. Genet. Wattenhofer-Donzé M.. Thibault C.M. Makri S.. Poch O. Rothé B.L. Moreira M. Pannetier S. Backer J.. Chem.. Okada M.J. Marmier-Gourrier N. Durand M..... Biol.. Quinzii C.C.. Jàdy B.M..H. Pediatr. epub 2007 Aug 5. an ancestral kinase. Fougerousse F.. Biol. Plewniak F. J.M. Ali-Pacha L... Nat. Mandel J. Nicot A. Sequential Actions of Myotubularin Lipid Phosphatases Regulate Endosomal PI(3)P and Growth Factor Receptor Trafficking.. Bouvet S. Pierson C. J. Allmang C.. Seeliger M. Katsumata N... Genet.. Kiss T. Franques J... Subramanian M. Reutenauer L. Reichenbach A. and Puccio H. Genet. Iwarsson E. The Hsp90 chaperone controls the biogenesis of L7Ae RNPs through conserved machinery.. . Robert M... ADCK3. Bardoni B.

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— Colloque « Actualités dans le domaine des maladies monogéniques : mécanismes physiopathologiques. « 50 ans de recherche génétique dans le domaine de la déficience mentale ». — Colloque inaugural IFR148 « Sciences et ingénierie en biologie Santé ». le 19 février 2008. — Assises de génétique humaine et médicale (Lille) du 17 au 19 janvier 2008. Paris) du 17 au 19 septembre 2007. . « Fragile X syndrome : from diagnostic applications to pathomechanisms ». — Conférence « Maladies monogéniques. — Université de Tous les Savoirs.Turkey) du 6 au 9 mai 2008. Paris le 23 juin 2008. — Colloque AFSTAL (Association Française des Sciences et Techniques de l’Animal de Laboratoire) « Bonnes pratiques animales : partager l’éthique au quotidien » Strasbourg. — Strasbourg-Weizmann symposium on « Transmembrane signaling » (IGBMC. dynamine 2 et amphiphysine » à l’Université Bordeaux 2. « Genetics of mental retardation ». du gène aux malades et aux familles » Université Victor Segalen Bordeaux 2. Strasbourg-Illkirch) 11 et 12 février 2008 (co-organisateur). 4 au 6 juin 2008. « De la drosophile à la souris : l’exemple du syndrome X fragile » (organisateur du colloque). Modérateur de session.-L. « Maladies génétiques : aspects physiopathologiques et pistes thérapeutiques ». « Les modèles génétiques animaux en recherche médicale ». — « Myopathies centronucléaires : un lien inattendu entre phosphoinositides. Genève. — VIII National medical genetics congress (Çanakkale . participation à des congrès — Conférence « Des molécules à la cognition : Un hommage à Jean-Pierre Changeux (Institut Pasteur. Brest le 4 juin 2008. Mandel (depuis juillet 2007) Conférences grand public — 50e anniversaire de l’association genevoise (INSIEME) de parents de personnes avec handicap mental. le 19 février 2008. le 24 mai 2008. « Génome et médecine prédictive ». Conférences scientifiques.216 JEANLOUIS MANDEL Conférences données par J. approches thérapeutiques » au Collège de France (Paris) 15 et 16 avril 2008.

4e cours : éléments du traitement du signal sonore par les neurones auditifs du ganglion cochléaire et des neurones des noyaux auditifs du tronc cérébral. 3e cours : l’environnement moléculaire de la transduction mécano-électrique. membre de l’Institut (Académie des Sciences). professeure TRAITEMENT DES SIGNAUX ACOUSTIQUES : DE LA CELLULE SENSORIELLE AUDITIVE AU COMPLEXE OLIVAIRE SUPÉRIEUR Le cours de l’année 2008 a présenté les avancées réalisées sur la transduction mécano-électrique auditive depuis 2002.Génétique et physiologie cellulaire Mme Christine Petit. le décibel (dB) (en réference à Graham Bell). les fonctions de transfert (a) dépolarisation membranaire-exocytose synaptique et (b) exocytose synaptique-stimulation des neurones auditifs . son pur et son complexe : hauteur du son (fréquence : notion introduite par Galilée. Les quatre cours ont traité des questions suivantes : 1er cours : faut-il repenser l’amplificateur cochléaire ? 2e cours : la transduction mécano-électrique : données physiologiques et moléculaires récentes . 1er cours : Faut-il repenser l’amplificateur cochléaire ? Le cours a débuté par un rappel des caractéristiques physiques du son. qui portera sur la localisation de la source sonore. définition de la fréquence caractéristique d’une corde vibrante ou fréquence fondamentale. suivies d’une introduction au cours de l’année 2009. A ces grandeurs physiques qui caractérisent la source sonore. s’ajoutent celles de la perception définies par la . et de ses harmoniques ou multiples entiers de la fréquence fondamentale). et intensité sonore (amplitude) avec pour unité de mesure. date du précédent cours.

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psychophysique et la psychoacoustique : tonie (sensation de la hauteur sonore, qui n’est pas la simple traduction de la fréquence sonore ; s’y rapporte le pitch anglosaxon, que certaines définitions restreignent cependant à la sensation de hauteur pour des sons mélodiques, musique, prosodie et langues tonales), sonie (perception de l’intensité sonore ; loudness en anglais) et timbre (perception sonore qui s’appuie sur le spectre fréquentiel, l’amplitude de chaque composante fréquentielle, et les caractérisiques temporelles des sons, temps d’installation de l’amplitude de l’enveloppe sonore, par exemple (McAdams et al, 1995). L’histoire du décibel est intimement liée à celle du téléphone. L’introduction du décibel répondait à la nécessité de disposer d’une mesure de la baisse de la puissance du son véhiculé par les câbles du téléphone. Son expression logarithmique repose sur la perception sensorielle, et « sa loi », connue sous le nom de loi de Fechner ou Weber-Fechner, selon laquelle la sensation d’intensité du son varie proportionellement avec le logarithme de l’intensité sonore physique, exprimée en watts/m2 (R = C log(S), relation dans laquelle R représente la sensation d’intensité sonore, S l’intensité du son et C une constante). Le décibel correspond approximativement au plus petit changement d’intensité sonore qu’un individu peut percevoir. Le décibel (dB) est un nombre sans dimension. L’intensité d’un son « IL » (IL = intensity level) s’exprime en dB par la relation IL = 10 log10(I/Ir) dB, soit le logarithme décimal du rapport de l’intensité du son, I (en watts/m2), à celle d’un son de référence, Ir (le facteur 10 traduisant l’expression en dB et non en Bel). En raison de la relation I = p2/Zc (où Zc est l’impédance caractéristique), la pression p, d’un son « SPL » (SPL = sound pressure level) en dB est donnée par, SPL = 10 log10(p/pr)2 = 20 log10(p/pr), soit le logarithme décimal du rapport de la pression du son incident, p (en newtons/m2 ou pascal : 1 N/m2 = 1 pascal (Pa)), à celle du son de référence, pr. Le son de référence a une intensité, Ir, de 10-12 W/m2, et une pression, pr, de 2 ⋅ 10-5 N/m2 (20 μPa ou 2 ⋅ 10-5 Pa). Il correspond à la plus petite intensité (et pression) décelée par l’oreille humaine, soit 0 dB (l’intensité du mouvement brownien est de – 20 dB). Pour un son donné, les valeurs en dB IL et en dB SPL sont identiques. L’élévation d’un seuil de perception auditive de 60 dB correspond au fait que la pression seuil perçue est 103 fois supérieure à la pression de référence et l’intensité seuil perçue est 106 fois l’intensité de référence; une variation de 20 dB correspond à une variation d’un ordre de grandeur de la pression acoustique et de deux ordres de grandeur de l’intensité acoustique. En clinique, on utilise le décibel « hearing level » HL, rapport du seuil de pression auditive observé chez le patient à celui d’un individu dont l’audition est normale. Il a été rappelé que le milieu affecte la vitesse de propagation et l’intensité du son qui le traverse, mais ne modifie pas sa fréquence. La densité du milieu (ρ) et son module d’élasticité (κ) (changement de la pression d’un milieu sous l’effet d’une force qui lui est appliquée, ou rigidité) modifient la vitesse de propagation (c) du son, en raison de la relation c = (κ/ρ)1/2. Plus le module d’élasticité est élevé, plus le son se propage vite ; plus la densité du milieu est élevée, moins le son se propage rapidement. Cependant, le son se propage plus vite dans l’eau que dans l’air car le

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module d’élasticité de l’eau est beaucoup plus élevé que celui de l’air. Enfin, l’impédance caractéristique du milieu, Zc (mesurée en rayls), module à la fois l’intensité et la vitesse de propagation du son. L’impédance est l’inertie opposée par un système au passage d’un signal périodique (la grandeur inverse est l’admittance). La relation entre l’impédance caractéristique et l’intensité sonore sus-mentionnée (I = p2/Zc) montre que plus l’impédance caractéristique du milieu traversé est forte, plus l’intensité sonore diminue ; la relation entre impédance caractéristique et vitesse de propagation du son, Zc = roc, montre que plus l’impédance caractéristique d’un milieu est élevée, plus la vitesse de propagation du son est grande. Par ailleurs, dans un milieu donné, l’intensité sonore varie en relation inverse avec le carré de la distance à la source sonore. L’anatomie et l’histologie cochléaires ont été brièvement rappelées. Les trois fonctions de la cochlée, organe sensoriel auditif des mammifères, ont ensuite été évoquées : analyse spectrale, amplification de la stimulation sonore, et transduction mécano-électrique. Celles-ci rendent compte de ses performances exceptionnelles : une discrimination fréquentielle qui atteint 0,2 % à 1 000 Hz chez l’homme dans les expériences psychoacoustiques, une détection de sons dont l’énergie est proche de celle du bruit thermique, et une précision temporelle de réponse de l’ordre de la dizaine de microsecondes. Le cours s’est ensuite concentré sur la question de l’amplificateur cochléaire. L’amplificateur cochléaire Les vagues de pression qui atteignent le tympan sont transmises à la périlymphe de la rampe vestibulaire (scala vestibuli) de la cochlée par les osselets de l’oreille moyenne dont le dernier, l’étrier, vient frapper la membrane de la fenêtre ovale qui obture cette rampe. Une différence de pression est créée entre les différentes rampes de la cochlée, qui est transmise au canal membraneux cochléaire abritant le neuroépithélium auditif (organe de Corti). Il s’ensuit un déplacement, selon l’axe transverse, de la membrane basilaire sur laquelle repose l’organe de Corti. En examinant, par illumination stromboscopique au microscope, le mouvement de la membrane basilaire de cochlées humaines prélevées post mortem, von Bekesy avait observé que les pics de déplacement de cette membrane étaient distribués le long de l’axe longitudinal de la cochlée en fonction de la fréquence du son incident. Pour chaque fréquence, il existait un emplacement spécifique le long de l’axe longitudinal de la cochlée où le déplacement de la membrane basilaire était maximal. Von Bekesy avait ainsi découvert l’existence d’une carte fréquentielle de long de l’axe longitudinal de la cochlée (Von Bekesy, 1956). Cette relation entre la fréquence du son et l’emplacement où la vibration de la membrane basilaire est maximale, est appelée transformation tonopique. Von Bekesy reçut en 1961 le prix Nobel pour cette découverte.

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Bien vite, ces données suscitèrent des interrogations. Les pics de déplacement de la membrane basilaire étaient très larges en regard de la discrimination fréquentielle mise en evidence par les expériences psychoacoustiques. Ces dernières avaient, dès 1954, trouvé une traduction physiologique par les travaux de Ichiji Tasaki (Tasaki, 1954), qui montraient que chaque neurone auditif répond préférentiellement à une fréquence particulière. Ces courbes de réponse neuronale, dite courbes d’accord (seuil de la décharge neuronale en dB en fonction de la fréquence sonore), très pointues, plaidaient en faveur de l’existence d’un mécanisme additionnel de sélectivité fréquentielle. L’introduction de l’interférométrie-laser, qui autorisait des mesures beaucoup plus précises du mouvement de la membrane basilaire que les analyses stroboscopiques, couplée à l’enregistrement des réponses électriques neuronales, allait de fait montrer qu’in vivo, les vibrations maximales de la membrane basilaire étaient d’une part beaucoup plus amples, et d’autre part limitées à un emplacement plus restreint de la membrane basilaire pour une fréquence du son donnée. A la sélectivité « passive », grosssière, de la membrane basilaire (en rapport avec ses propriétés physiques), s’ajoutait donc une sélectivité « active » qui amplifiait le mouvement passif. Or l’existence d’un amplificateur cochléaire actif avait été prédite par Thomas Gold (Gold, 1948). En 1948, Gold avait souligné que la cochlée, remplie de liquide, ne pouvait pas être le site d’une résonance mécanique passive d’amplitude suffisante pour permettre la détection de sons dont l’énergie est proche de celle du bruit thermique, et, qui plus est, avec une bonne sélectivité fréquentielle. Il conclut à la nécessité d’une source d’énergie interne pour compenser la perte d’énergie par dissipation visqueuse. L’amplification du déplacement de la membrane basilaire varie de manière non linéaire avec l’intensité du stimulus. Le facteur d’amplification a trois régimes : il est maximal pour les intensités du son les plus faibles, décroit de manière non linéaire pour des intensités croissantes, et est quasiment nul au-delà de 60 dB. Au total, pour les 6 ordres de grandeur de la pression sonore auxquels la cochlée humaine est sensible, de 0 à 120 dB SPL, l’amplitude des vibrations de la membrane basilaire varie d’un facteur 100 (le déplacement au seuil auditif est de 0,1 nm ; son maximum est de 10 nm à 120 dB). L’amplification, non linéaire, est donc aussi compressive, puisque le gain de deux ordres de grandeur du déplacement de la membrane basilaire correspond à six ordres de grandeur pour la pression du son correspondant. Cette amplification est restreinte à la région de la cochlée où les cellules sensorielles ont une fréquence caractéristique proche de celle du son incident. En effet, chaque cellule sensorielle, dite cellule ciliée, répond préférentiellement à une fréquence particulière. L’amplification augmente donc aussi la sélectivité en fréquence de la réponse cochléaire. L’amplificateur, pour être efficace, doit imprimer une force sur la membrane basilaire en synchronie avec son déplacement cyclique provoqué par l’onde sonore. Cet amplificateur a aussi pour action, pense-t-on, de permettre de détecter des sons de haute fréquence, dont l’énergie dissipée par l’amortissement visqueux dans la cochlée est plus importante que pour les sons de basse fréquence.

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En 1978, Peter Dallos (Dallos et Harris, 1978) montrait que les cellules ciliées externes (CCE) sont indispensables à la fonction d’amplification. La découverte de l’électromotilité de ces cellules il y a bientôt 25 ans (Brownell et al, 1985) (le phénomène avait cependant été évoqué dès 1967 par Goldstein et Mizukoshi (Goldstein et Mizukoshi, 1967), cf. cours 2002), paraissait avoir résolu l’origine de l’amplification. William Brownell découvrait que si on applique une dépolarisation à une CCE, elle se contracte ; la longueur de sa paroi latérale diminue, cette réduction pouvant atteindre 4 % de la longueur totale. Puis, il observait qu’un courant alternatif, qui mime en quelque sorte le cycle de dépolarisation-repolarisation de la CCE induit par le son, augmente la longueur de la CCE durant sa phase hyperpolarisante et la raccourcit durant sa phase dépolarisante. Il y a donc variation de longueur en fonction du voltage, et réciproquement, si on étire la cellule, elle s’hyperpolarise. Ces propriétés répondent à la définition d’un composant piézoélectrique. En réalité, ce n’est pas tant le changement de longueur que la force développée en parallèle avec ce changement de longueur qui est le paramètre physiologique à prendre en compte. Les caractéristiques de l’électromotilité des CCE répondent-elles à celles de l’amplificateur cochléaire ? La force produite par l’électromotilité est d’environ 100 pN/mV. La dépolarisation de la CCE peut atteindre 20 mV; la force produite peut donc atteindre environ 2 nN ; elle est du même ordre de grandeur que celle que les CCE appliquent sur la membrane basilaire. En revanche, cette force varie quasi linéairement avec le potentiel électrique de membrane pour des valeurs physiologiques de ce potentiel. La rigidité du corps cellulaire varie aussi avec le voltage, de 1 à 25 nN/mm, et cette variation est, elle aussi, presque linéaire. Ceci ne constitue pas un argument contre le fait que l’électromotilité soit à l’origine de l’amplification. En effet, la stimulation de la touffe ciliaire par le son engendre une variation non-linéaire du potentiel de membrane qui conférera une variation non-linéaire aux paramètres de l’électromotilité qui dépendent du voltage. L’idée qui prévaut est que l’amplificateur doit injecter de l’énergie, cycle par cycle, jusqu’à de très hautes fréquences, plus de 100 kHz chez la chauve-souris. Il n’est cependant pas démontré qu’une amplification à chaque cycle existe effectivement pour des fréquences très élevées du son. L’électromotilité peut-elle aussi opérer à des fréquences très élevées ? Quand des CCE sont soumises à un courant alternatif atteignant 70 kHz, leurs parois se contractent et se décontractent bien cycle par cycle. On notera toutefois qu’à ce jour, aucune vibration de la membrane basilaire excédant 13 kHz n’a été raportée. Enfin, un composant piézoélectrique a bien été identifié dans les parois des CCE. Il s’agit d’une protéine intégrale de membrane, qui a été nommée prestine, en référence à son aptitude de réponse à des sons de haute fréquence. Pourtant, une interrogation demeure, qui a conduit certains à remettre en question l’électromotilité comme mécanisme de l’amplification. La dépolarisation de la touffe cilaire (structure de réception de la stimulation sonore et site de la transduction) doit se propager aux parois latérales de la CCE. Or la constante électrique de temps de la membrane (produit de sa résistance électrique et de sa

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capacité) fait que cette membrane se comporte comme un filtre « passe-bas », c’est-à-dire qu’elle ne laisse passer sans déformation que des fréquences électriques inférieures à 1 kHz. Il y a là un véritable paradoxe, puisque l’électromotilité apparaît durant l’évolution chez les mammifères, quand l’organe auditif devient sensible aux sons de haute fréquence. Or, elle ne pourrait agir qu’à basse fréquence, à cause de la contrainte imposée par la constante électrique de temps de la membrane. Soit il y a un maillon manquant dans la caractérisation de l’amplification ou la compréhension du mode de stimulation électrique de la membrane plasmique conduisant à l’électromotilité, soit l’amplificateur ne se situe pas dans la paroi des CCE. De surcroît, il faut souligner que les vertébrés inférieurs, qui n’ont pas de CCE, ont cependant un seuil auditif très bas et une bonne sélectivité de leur réponse fréquentielle. C’est ainsi qu’au cours des dernières années, une hypothèse alternative a été proposée, qui place l’amplificateur dans la touffe ciliaire. En parallèle, d’autres fonctions ont été proposées pour l’électromotilité. Ainsi, elle pourrait positionner la touffe ciliaire des CCE dans sa zone de sensibilité maximale à la stimulation sonore. L’hypothèse alternative repose sur l’existence de mouvements spontanés de la touffe cilaire et de mouvements déclenchés par l’adaptation. Des oscillations spontanées de la touffe ciliaire ont été observées chez des vertébrés inférieurs, d’abord la tortue (Crawford et Fettiplace, 1985), puis la grenouille (Martin et Hudspeth, 1999). Elles démontrent l’existence de mouvements actifs de la touffe cilaire (Martin et Hudspeth, 1999). Les touffes ciliaires du saccule de grenouille (qui sont sensibles à des fréquences allant de 5 à 130 Hz) ont des oscillations spontanées bruitées, dont la fréquence va de 5 à 50 Hz, et l’amplitude de 25 à 100 nm. Leur stimulation par une fibre flexible à une fréquence donnée, conduit à une amplitude plus grande de leur mouvement lorsque la fréquence du stimulateur est proche de la fréquence caractéristique de leur oscillation spontanée. Il y a donc bien amplification de la stimulation par la touffe ciliaire. De plus, cette amplification a les caractéristiques de celle observée chez les mammifères. Elle possède une spécificité fréquentielle, et opère de façon non linéaire. Cependant, le facteur d’amplification que produit la résonance de la touffe cilaire est de l’ordre de 5 à 10, et non de 100, comme attendu chez les mammifères. Il faut cependant noter qu’il s’agit ici de la réponse d’une cellule unique chez la grenouille, alors que l’amplification mesurée chez les mammifères est le résultat de l’activité de plusieurs cellules. Ces oscillations spontanées cessent si l’on bloque le canal de transduction mécano-électrique par la gentamicine. Autre élément à l’appui du rôle du canal dans ces oscillations : elles sont dépendantes des ions Ca2+, comme l’est la cinétique de ce canal (voir ci-dessous). Si, par iontophorèse, on augmente la concentration des ions Ca2+ à la pointe des stéréocils, on accélère le mouvement de la touffe ciliaire et on diminue son amplitude. Si on chélate les ions Ca2+, on observe l’effet inverse. Des déplacements de la touffe cilaire des CCI induits par un courant alternatif transépithélial ont récemment été observés aussi chez la gerbille, dans un dispositif experimental qui, comme celui utilisé précédemment pour la grenouille, préserve l’intégrité des deux compartiments

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liquidiens, endolymphatique et périlymphatique, de la cochlée (Chan et Hudspeth, 2005). Les déplacements induits de la touffe ciliaire persistaient quand les ions K+ de l’endolymphe étaient remplacés par les cations monovalents NMDG (N-methyl-D-glutamate), qui ne traversent pas le canal de transduction mécanoélectrique et le bloquent, tout en laissant passer les ions Ca2+. Dans ces conditions, c’est-à-dire en l’absence de dépolarisation (et donc d’électromotilité) mais en présence d’entrée d’ions Ca2+, les mouvements de la touffe ciliaire étaient encore observés. Si la stimulation était acoustique, l’amplitude du déplacement des stéréocils des CCI augmentait de manière non-linéaire et compressive (modérément) avec l’intensité de la stimulation, tout comme les potentiels microphoniques, potentiels électriques extracellulaires provenant pour l’essentiel de l’activité électrique des CCE. La dépendance de ces mouvements à l’égard des ions Ca2+ renvoie aux deux cibles calciques de la transduction mécano-électrique qui ont été proposées comme acteurs de l’adaptation (voir ci-dessous), les myosines pour l’adaptation lente, et le canal de transduction lui-même, pour l’adaptation rapide. L’autre considération à l’appui de la présence d’un amplificateur logé dans la touffe ciliaire est celle qui lie étroitement adaptation et mouvements de la touffe ciliaire. S’y ajoute un travail récent qui suggère l’existence d’une force produite par la touffe ciliaire des CCE. La discussion de ces travaux ne peut se faire sans un rappel de quelques éléments concernant la transduction mécano-électrique. Dès les premiers enregistrements du courant de transduction mécano-électrique, il est apparu que ce courant n’est pas nul lorsque la cellule sensorielle est dans une position de repos. Un certain pourcentage des canaux de transduction mécanoélectrique sont donc ouverts lorsque la touffe ciliaire est dans sa position de repos. Lorsque la touffe ciliaire est soumise par le son à un mouvement sinusoïdal autour de sa position de repos, ou défléchie par une fibre de verre rigide, son déplacement en direction des stéréocils les plus longs se traduit par une augmentation brutale du courant, liée à l’ouverture des canaux de transduction. Défléchie dans le sens opposé, ces canaux se ferment, le courant diminue. Leur ouverture conduit à l’entrée d’ions K+ et Ca2+, qui dépolarisent la cellule. Le seuil de déplacement de la touffe ciliaire qui conduit à une dépolarisation est d’environ 1 nm. En termes de pression, la pression la plus faible perçue par le système auditif est de 20 μPa. Des mesures récentes effectuées chez le cobaye ont permis d’évaluer qu’en réponse à un déplacement de la membrane basilaire de 100 nm, l’apex de la touffe cilaire des CCES de cobaye se déplaçait d’environ 30 nm (Fridberger et de Monvel, 2003 ; Fridberger et al, 2006). En 1984, Pickles découvre le lien apical des stéréocils (Pickles et al, 1984). D’emblée, son implication dans la transduction mécano-électrique est proposée. La transduction mécano-électrique auditive a alors été déjà bien explorée par le groupe de Jim Hudspeth qui, compte tenu du temps très bref entre stimulation mécanique et enregistrement du courant, avait proposé un an plus tôt, un modèle pour cette transduction, connu sous le nom de gating spring model, que l’on peut

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traduire par modèle du « ressort d’ouverture » (Corey et Hudspeth, 1983). Ce modèle stipule que l’ouverture du canal de transduction mécano-électrique est en rapport avec la tension qu’exercent sur lui des éléments élastiques qui lui sont couplés. Ces éléments élastiques se comportent comme un ressort (ressort de transduction). Si la tension dans ce ressort vient à baisser, les canaux se ferment. Le modèle associe donc la tension du ressort de transduction à la probabilité d’ouverture des canaux de transduction. Il faut une tension mécanique pour ouvrir le canal, et réciproquement, l’ouverture du canal produit une force (Howard et Hudspeth, 1988). La raideur de la touffe ciliaire a été mesurée dans le saccule de grenouille en 1988 (Howard et Hudspeth, 1988), et estimée à environ 1 mN/m (dans ces mesures, les liens latéraux qui unissent les stéréocils avaient sans doute été éliminés par le traitement enzymatique effectué au préalable). La moitié de la raideur avait alors été attribuée au canal de transduction mécano-électrique lui-même, et l’autre aux pivots des stéréocils. L’ouverture des canaux est par ailleurs associée à une baisse de rigidité de la touffe ciliaire, qui n’apparaît pas si le canal est bloqué alors que la touffe ciliaire est défléchie. Cet assouplissement lié à l’ouverture des canaux a reçu le nom de gating compliance (assouplissement d’ouverture). En 1991, Assad et Corey montraient qu’en présence de BAPTA, un chélateur des ions Ca2+, les liens apicaux étaient détruits et la transduction abolie ; les liens apicaux autorisés à régénérer, la transduction retrouvait sa valeur initiale (Assad et al, 1991). Ces auteurs produisirent alors un schéma de la transduction qui désignait le lien apical comme le ressort de transduction. En traitant les touffes ciliaires par le BAPTA, seul persiste 50 % de la raideur de la touffe ciliaire (tout comme après le blocage du canal de transduction mécano-électrique). Les calculs retrouvaient une raideur du gating spring, Kgs, d’une valeur de 0,5 à 1 mN/m. En 2000, des études en microscopie électronique conduites par Bechara Kachar (Kachar et al, 2000) révélèrent que le lien apical est composé de deux protofilaments enroulés en une hélice dextrogyre, dont la périodicité est d’environ 20 nm et le diamètre compris entre 5 et 10 nm, avec deux insertions apicales et trois basales. Cette structure du lien apical suggérait qu’il pouvait être, non pas élastique, mais rigide. Sa nature moléculaire, discutée dans le cadre du second cours, n’évoque pas, de fait, celle d’un lien élastique. L’idée prévaut aujourd’hui selon laquelle le gating spring est une structure intra-stéréociliaire associée directement ou indirectement au canal de transduction mécano-électrique. Comme mentionné précédemment, une relation a été établie au cours des dernières années entre adaptation de la transduction mécano-électrique et mouvement de la touffe cilaire. L’adaptation permet à tout système sensoriel de restaurer sa sensibilité à de petites stimulations transitoires, alors même qu’une forte stimulation statique se maintient. Si l’on prend l’exemple du saccule de la grenouille, organe vestibulaire très semblable, dans son fonctionnement, à la cochlée, il peut déceler des accélérations verticales du sol un million de fois plus

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petites que celle du champ de gravitation terrestre (Narins et Lewis, 1984). Le processus d’adaptation consiste en la restauration de la probabilité d’ouverture des canaux de transduction mécano-électrique à une valeur proche de sa valeur de repos. En d’autres termes, il y aurait restauration de la tension du ressort de transduction, que la touffe ciliaire ait été défléchie en direction des grands stéréocils (ouverture des canaux) ou dans le sens opposé (fermeture des canaux). C’est ce que traduisent les courbes courant-déplacement établies à l’issue de l’adaptation, simples translations de la courbe initiale le long de l’axe des déplacements. La diminution du courant au cours de l’adaptation a un caractère bimodal. Chaque mode a des constantes de temps distinctes. Le premier a une constante de temps de l’ordre de la milliseconde ou moins (adaptation dite rapide), et le second, une constante de temps dix fois plus longue (adaptation dite lente). L’adaptation rapide a été étudiée en fonction de la fréquence caractéristique des cellules sensorielles auditives chez la tortue. Plus ces cellules ont une fréquence caractéristique élevée, plus leur constante de temps d’adaptation est petite. Cette observation a été étendue aux CCE de rat. D’où l’idée proposée selon laquelle c’est la cinétique d’adaptation rapide qui détermine la fréquence caractéristique de la cellule. Dans le 2e et le 3e cours, ont été présentées des avancées récentes portant sur la physiologie moléculaire des cellules sensorielles de la cochlée. L’implication de la cadhérine-23 et de la protocadhérine-15 dans la formation de liens transitoires de la touffe ciliaire en développement et du lien apical (tip link) a été discutée. Les molécules proposées pour entrer dans la composition du canal de transduction mécano-électrique ont été examinées à la lumière des propriétés biophysiques de ce canal. C’est un canal cationique non sélectif qui a une forte perméabilité pour les ions Ca2+. Sa perméabilité aux ions Ca2+ est 5 fois plus importante qu’aux ions Na+, aussi bien chez la grenouille, que chez la tortue et les mammifères. Sa perméabilité aux cations monovalents s’ordonne comme suit : elle est plus élevée pour le Cs+ que pour le K+, que pour le Na+, que pour le Li+. Bloqué par le Ca2+, ce canal l’est aussi par de fortes concentrations de magnésium (Mg2+), par de très faibles concentrations de lanthanium (La3+) ou de gadolinium (Gd3+) ou d’amiloride, ou par la dihydrostreptomycine, 50 à 100 μM. Il n’est pas sensible au voltage. Bien que les canaux de type TRP puissent encore être considérés comme d’excellents candidats, les deux qui ont été proposés à ce jour, TRPN1 et TRPA1, ont été éliminés. La nature moléculaire du moteur d’adaptation a fait l’objet d’une présentation, et les arguments en faveur d’un rôle central de la myosine 1c ont été examinés. Les éléments qui plaident en faveur de l’implication d’une autre myosine, la myosine VIIa, ont été discutés. Le rôle de la pompe calcique Pmca2 dans le rejet des ions Ca2+ hors de la touffe ciliaire a été rappelé, et son mode d’action examiné, en tenant compte de données génétiques obtenues chez l’homme et la souris, qui établissent son couplage fonctionnel avec la cadhérine-23.

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4e cours : éléments du traitement du signal sonore par les neurones auditifs du ganglion cochléaire et les neurones des noyaux auditifs du tronc cérébral. Ont été brièvement abordés, le traitement des signaux acoustiques (fréquence, intensité et caractéristiques temporelles) dans les neurones du ganglion cochléaire, du noyau cochléaire, et les autres noyaux auditifs du tronc cérébral, complexe olivaire et noyaux du corps trapézoïde. Quelques éléments ont été introduits sur la localisation des sources sonores de basse fréquence dans le plan horizontal, avec les rebondissements récents qui remettent en cause un modèle bien établi, que l’on croyait généralisable à l’ensemble des espèces. Les neurones auditifs primaires: diversité et physiologie Dans le ganglion cochléaire, les neurones afférents, neurones de type I, sont dix foix plus nombreux que les CCI. Ce sont des neurones bipolaires, qui ne contactent qu’une seule CCI et ne forment qu’une seule synapse. Au niveau de chaque ruban synaptique, n’existe qu’une seule synapse (rubans synaptiques et neurones auditifs sont dans un rapport de 1). Ces neurones sont myélinisés et, curiosité, cette myélinisation s’étend au corps cellulaire, et même à la racine de la dendrite. Ont été introduites, les notions de fréquence caractéristique (fréquence de stimulation sonore pour laquelle le seuil de réponse est le plus bas) et de courbe d’accord (seuil de réponse à différentes fréquences) de ces neurones, et la mesure de leur sélectivité fréquentielle par le facteur de qualité Q10 dB (rapport entre la fréquence caractéristique du neurone et la différence des fréquences pour lesquelles les seuils de réponse du neurone sont supérieurs de 10 dB au seuil minimal). Cette valeur croît avec la sélectivité fréquentielle de la réponse. La courbe d’accord en fréquence de la membrane basilaire (définie pour une valeur donnée du déplacement) et celle des CCE (définie pour une valeur donnée du potentiel de récepteur) à un même emplacement cochléaire sont superposables. Les courbes d’accord en fréquence des CCI et de leurs neurones afférents sont également semblables. Tandis que les CCE répondent de manière synchrone au déplacement de la membrane basilaire, les CCI répondent de manière synchrone à sa vitesse de déplacement. Dans les situations pathologiques où la touffe ciliaire des CCE perd son ancrage dans la membrane tectoriale, les CCE répondent alors, non plus au déplacement de la membrane basilaire, mais à sa vitesse de déplacement (Legan et al, 2000). Le mécanisme de la stimulation des CCI est assez mal connu ; il implique la dynamique de la membrane tectoriale, et sans doute aussi celle de la lame réticulée (structure rigide formée par les régions apicales des cellules sensorielles et de leurs cellules de soutien, ainsi que par les jonctions entre ces cellules). Quelques éléments de la fonction de transfert mécano-électrique des CCI ont été rappelés. La dépolarisation de la CCI sous l’effet d’une stimulation sonore est au maximum de 20 mV (son potentiel de membrane passe ainsi d’environ – 60 mV à – 40 mV). Elle comporte deux composantes : une composante alternative (AC),

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et une composante continue, ou directe (DC). La composante AC, dont la fréquence est la même que celle du son, n’existe que pour des fréquences inférieures à 4 ou 5 kHz ; sa part ne cesse de décroître, au profit de celle de la composante DC, à partir d’environ 1 kHz. Plus l’intensité du son augmente, jusqu’à 60 dB, plus, dans les CCI comme dans les CCE, les composantes DC et AC augmentent. Des données récentes indiquent qu’au delà de 60 dB, la composante DC augmente davantage que la composante AC. La constante de temps électrique de la membrane détermine une limite de fréquence, au delà de laquelle le potentiel de membrane cesse progressivement d’osciller. Les canaux BK, canaux potassiques de large conductance dépendant à la fois des ions Ca2+ et du voltage (Oliver et al, 2003 ; Marcotti et al, 2004), sont responsables d’un courant potassique sortant de cinétique rapide (courant IK,f). Lorsqu’on supprime ces canaux chez des souris génétiquement modifiées, la constante de temps électrique de la membrane des CCI augmente. La dépolarisation maximale de la CCI augmente considérablement (de 20 mV, elle passe à 80 mV). La dépolarisation est très retardée, créant un délai dans la réponse du neurone auditif, et la repolarisation est très incomplète. La composante AC diminue, tandis que la composante DC augmente. La dépolarisation rapide des CCI stimule les canaux calciques dépendant du voltage, de type L (Cav1.3) ; ils sont au nombre de 1 700 environ par CCI. La présence de 10 à 30 rubans synaptiques par CCI indique qu’une centaine de canaux calciques dépendant du voltage sont associés, en moyenne, à chaque ruban synaptique (leur répartition pourrait être très hétérogène). Les CCI matures ne sont innervées que par des neurones afférents, ou neurones de type I. Chez le chat, Charles Liberman (Liberman, 1982) a pu diviser ces neurones en trois sous-populations en fonction de leur taux de décharge spontanée (de 0 à 100 potentiels d’action par seconde) et de leur morphologie : neurones à taux de décharge spontanée faible (inférieur à 0,5 potentiel d’action par seconde) et de très petit diamètre, neurones à taux moyen de décharge spontanée (0,5 à 17 potentiels d’action par seconde) et de diamètre plus grand, neurones à taux élevé de décharge spontanée (supérieur à 17,5 potentiels d’action par seconde) et de grand diamètre. Ces propriétés sont corrélées avec des seuils de réponse distincts pour chacun des groupes. Plus le taux de décharge spontanée est élevé, plus le seuil de réponse du neurone est bas. Une CCI donnée paraît être innervée par plusieurs neurones de chacun des sous-types. Ces neurones ont une répartition topologique particulière. Les neurones à haut taux de décharge spontanée (bas seuil) sont localisés dans la région de la CCI qui se situe à proximité des cellules piliers internes. Il semble qu’ils établissent des synapses avec des rubans qui ont une taille plus petite que les autres, et un nombre plus faible de vésicules associées. Les projections centrales de ces différents sous-groupes de neurones sont elles aussi différentes. Tous ces neurones se projettent sur le noyau cochléaire, mais les neurones à taux de décharge spontanée faible ou moyen ont un beaucoup plus grand nombre de terminaisons nerveuses destinées à une innervation préférentielle de la région périphérique des petites cellules (voir ci-dessous). Ils sont à l’origine de

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réseaux neuronaux distincts au niveau du tronc cérébral, aussi, semble-t-il. Ces différents sous-groupes de neurones de type I sous-tendent donc un traitement distinct de l’information, qui concerne principalement l’intensité de la stimulation sonore. Ils ont aussi une dynamique de réponse différente d’un neurone à l’autre. Enfin, pour certains, leur seuil de réponse dépendrait de la durée de stimulation. Quelle est l’origine de leur hétérogéneité fonctionnelle ? La question sous-jacente est celle de la participation de la présynapse aux caractéristiques de la réponse neuronale. Comment ces neurones assurent-ils le codage en intensité et en fréquence ? Le codage en fréquence dans les neurones auditifs est différent pour les basses et les hautes fréquences. Les neurones auditifs ont des fréquences de décharge de potentiels d’action qui, comme pour tout neurone, ne peuvent excéder 600 Hz à 1 kHz en raison de la période réfractaire qui suit le potentiel d’action. En réponse à une stimulation sonore de basse fréquence, 300 Hz par exemple, les pics de potentiel d’action peuvent atteindre cette fréquence si l’intensité du son est forte. En tout état de cause, ces pics se situent tous précisément dans la même phase de l’onde sonore. Plus le son est de faible intensité, plus ces décharges sont rares. C’est collectivement que ces neurones peuvent reconstituer une fréquence de décharge identique et synchrone à celle de la stimulation sonore. Ceci s’applique aussi pour le traitement des sons jusqu’à 4 ou 5 kHz chez l’homme (peut-être jusqu’à 10 kHz). Chaque neurone décharge strictement dans la même phase de l’onde sonore, mais c’est seulement collectivement que les neurones reconstituent une fréquence de décharge de quelques kHz. Ce code temporel de l’information fréquentielle est fondé sur le « principe de la volée », par analogie avec une rangée de soldats qui, en tirant à différents moments, feraient un barrage de tir continu. Le codage fréquentiel pour les hautes fréquences repose exclusivement sur une information de position. La carte tonotopique cochléaire en est le socle. Elle est reproduite à chacun des différents étages du système auditif (voir ci-dessous). Comment s’effectue le codage en intensité des diverses fréquences ? On sait par les travaux de Rose (Rose et al, 1967) que l’intensité du son ne modifie ni la synchronisation au son de la réponse des neurones de type I à basse fréquence, ni leur délai de réponse. C’est parce que le délai synaptique n’est pas modulable par l’intensité de stimulation que le codage temporel des signaux sonores est extrêmement robuste. Sa haute précision est mise à profit pour localiser les sources sonores de basse fréquence (voir ci-dessous). A la question des mécanismes qui sous-tendent une synchronisation de décharges à l’identique quelle que soit l’importance de la dépolarisation de la CCI, les travaux d’Elisabeth Glowatzki (Glowatzki et Fuchs, 2002) apportent des éléments de réponse. En enregistrant les courants postsynaptiques au niveau des boutons dendritiques des neurones auditifs, elle a pu montrer que la fusion des vésicules synaptiques de la CCI à la membrane plasmique concerne en moyenne 4 à 7 vésicules en même temps, et que ces événements de fusion multivésiculaire sont les mêmes qu’il s’agisse des décharges spontanées ou des décharges provoquées, d’une faible ou d’une forte stimulation. Chaque événement de fusion est constant, il n’y a pas d’avance de phase lorsque l’intensité augmente (comme observé dans les autres

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systèmes neuronaux). Seule varie, en fonction de l’intensité sonore, la probabilité d’apparition de l’événement. Ces études ont également permis de conclure que 90 % de l’adaptation observée dans la réponse neuronale provient de la machinerie présynaptique. Quant aux neurones auditifs, c’est encore collectivement qu’ils reconstitueraient une réponse à un large spectre d’intensité. A partir de ces données, on est amené à penser que l’exocytose de la CCI est d’une extrême précision temporelle, que la cochlée traite le paramètre d’intensité sonore en termes de probabilité d’événements d’exocytose dans la CCI, et que conjointement, les neurones auditifs auraient une diversité de seuils de réponse. Les noyaux auditifs du tronc cérébral et du mésencéphale Cellules sensorielles cochléaires et neurones auditifs ont une même origine embryologique, la placode otique, et constituent le système auditif périphérique. Au-delà, les voies auditives ascendantes appartiennent au système nerveux central. Le premier relais central est situé dans le noyau cochléaire. Ses projections sont principalement controlatérales. Au-delà du noyau cochléaire, les voies auditives ascendantes, d’ipsilatérales deviennent controlatérales. Le noyau cochléaire est situé dans la partie caudale du tronc cérébral. Il est divisé en trois grandes régions ou noyaux : noyau ventral antérieur (NVA), noyau ventral postérieur (NVP) et noyau dorsal (ND). Tout axone des neurones auditifs de type I qui pénétre dans le noyau cochléaire se divise en deux branches, une branche antérieure (ou ascendante) et une branche postérieure (ou descendante). La branche antérieure innerve le NVA. La branche postérieure innerve le NVP et le ND. Les projections des neurones auditifs sont ordonnées en fonction de la fréquence caractéristique de ces neurones, et constituent une carte tonopique dans laquelle, comme dans la cochlée, les basses fréquences sont traitées à l’apex du noyau (région antérieure) et les hautes fréquences à sa base (région postérieure). Ainsi, on peut considérer qu’il existe trois cartes tonotopiques distinctes au niveau du noyau cochléaire. Elles reçoivent une information semblable, et doivent donc en extraire des informations différentes. La population neuronale du noyau cochléaire est hétérogène. On distingue huit types de neurones qui diffèrent par leur morphologie et leur réponse électrique. Dans le NVA prédominent les neurones « en buisson », que la coloration de Nissl permet de séparer en neurones « sphériques » et neurones « globulaires ». Dans le NVP dominent des neurones « pieuvre » (octopus cells) et des neurones « multipolaires » (en coloration de Nissl) ou « étoilés » (en coloration de Golgi). Dans le ND, qui a un aspect lamellaire, prédominent des neurones fusiformes ou pyramidaux. Cette région comporte deux autres types de neurones de plus petite taille, petits neurones et neurones granulaires. Dans la profondeur du noyau cochléaire, se logent des neurones « géants ».

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Ces neurones ont des réponses électriques très diverses : réponse voisine de celle des neurones auditifs primaires, réponse avec une périodicité en rapport avec la stimulation sonore mais comportant une encoche au démarrage, réponse dite « en hachoir » avec des pics qui ne sont pas synchrones au son, réponse restreinte à la mise en place de la stimulation (comme celle des cellules « pieuvre »)… Des cellules peuvent appartenir à un même type et décharger selon plusieurs modes. Ainsi, les neurones en buisson déchargent selon trois modes : soit comme les neurones auditifs primaires, soit à la mise en place du signal acoustique, soit encore comme les neurones auditifs primaires, mais avec une encoche. Les neurones étoilés ou multipolaires ont deux modes de réponse : l’un « en hachoir », l’autre lors de la mise en place du signal acoustique. Les cellules « pieuvre » déchargent à la mise en place du signal, et les cellules fusiformes ou pyramidales ont divers profils de réponse électrique. Ces réponses électriques distinctes traduisent l’extraction de différentes informations à partir de la réponse des neurones auditifs primaires. Au-delà du noyau cochléaire, en raison des projections axonales bilatérales, chaque structure relais comporte une organisation tonotopique, et reçoit des informations provenant des deux oreilles. Le second relais central du système auditif, le complexe olivaire supérieur (COS), est aussi situé dans le tronc cérébral. Il comporte trois noyaux principaux, l’olive supérieure latérale (OSL), l’olive supérieure médiane (OSM), le corps trapézoïde et ses trois noyaux, latéral, ventral, et médian (noyau médian du corps trapézoïde ou NMCT), ainsi qu’un ensemble de noyaux de petite taille (noyaux périolivaires). Ces structures ont toutes une organisation tonotopique. Du noyau cochléaire, émergent trois voies majeures : les stries acoustiques ventrale, intermédiaire, et dorsale. La strie acoustique ventrale, ou corps trapézoïde, est formée par les axones qui proviennent des neurones en buisson du NCVA, et des neurones stellaires et « pieuvre » du NCVP. L’axone des cellules « en buisson » se termine essentiellement sur les trois principaux noyaux du COS, tandis que certains de ces axones continuent leur route à travers le lemnisque latéral jusqu’au colliculus inférieur. Celui des cellules sphériques en buisson se projette de façon bilatérale sur l’OSM, et ipsilatérale sur l’OSL, celui des cellules globulaires en buisson se projette en controlatéral sur les neurones du NMCT venant inhiber l’activité de l’OSL déclenchée par les cellules sphériques en buisson. La strie acoustique intermédiaire, ou strie de Held, inclut les axones des cellules « pieuvre » du NVP qui se terminent dans les noyaux périolivaires et, plus loin, dans le lemnisque latéral et le colliculus inférieur. Enfin, la « strie acoustique dorsale » contient les axones des neurones du NCD. Elle n’envoie aucune projection sur le complexe olivaire supérieur, et se termine, comme la strie acoustique intermédiaire, sur le colliculus inférieur et les noyaux du lemnisque latéral. Enfin, il existe bon nombre de projections internes au sein du noyau cochléaire. Les neurones du NMCT comportent les synapses géantes, ou calices de Held, qui sont considérées comme les plus grandes terminaisons synaptiques du cerveau des mammifères. L’extrémité axonale des cellules globulaires présentes dans le

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noyau cochléaire opposé forme la région présynatique des calices de Held. Les neurones du NMCT qui forment la post-synapse, sont des neurones inhibiteurs glycinergiques, et se projettent sur divers noyaux du COS. Les axones des neurones du noyau cochléaire et du COS se projettent principalement vers le colliculus inférieur en formant un faisceau de fibres que l’on appelle le lemnisque latéral. Il existe aussi des noyaux du lemnisque latéral qui sont situés à l’intérieur du faisceau des fibres du lemnisque, et reçoivent des afférences du noyau cochléaire et du complexe olivaire. Le noyau du lemnisque latéral comporte deux zones, une zone dorsale et une zone ventrale. Le mésencéphale auditif se compose du colliculus inférieur. Il comporte quatre noyaux : central, dorsomédian, latéral, et dorsal. C’est un carrefour de voies auditives ascendantes et descendantes. Le noyau central a une structure lamellaire, et ne reçoit que des afférences provenant des centres auditifs inférieurs. Il est le siège d’une tonotopie stricte et comporte des cartes de représentation de plusieurs paramètres de la stimulation sonore, comme une carte des latences, une carte des courbes d’accord (« carte des Q10dB »), une carte de résolution temporelle, une carte de localisation spatiale… De nombreux facteurs indépendants du système auditif modulent l’activité électrique du colliculus inférieur : stimuli visuels et tactiles par exemple. Localisation de la source sonore Pour terminer, quelques éléments introductifs au cours de l’année suivante sur la localisation de la source sonore ont été présentés. La capacité de localiser la source sonore, parce qu’elle permet de localiser proies et prédateurs, contribue bien évidemment à la survie des animaux entendants. Orienter le pavillon de l’oreille ou tourner la tête pour déceler au mieux la localisation d’une proie, par exemple, permet d’élaborer une stratégie d’attaque sans être vu. La vague sonore, produite par une source externe, est diffractée par son interaction avec le pavillon de l’oreille et l’ensemble de la tête. Ce sont les caractéristiques temporelles et d’intensité du son ainsi diffracté qui vont fournir les substrats de la localisation de la source sonore. Dans leur description, désormais classique, de la localisation de la source sonore en champ libre chez l’homme, Stevens et Newman, en 1936 (Stevens et Newman, 1936), observèrent que l’homme localisait au mieux la source sonore dans le plan horizontal pour des fréquences du son, soit inférieures à 1 kHz, soit supérieures à 5 kHz. Ceci suggérait l’existence de deux mécanismes distincts de localisation de la source sonore dans le plan horizontal, l’un pour les basses fréquences, et l’autre pour les hautes fréquences. Cette dichotomie faisait écho à la théorie, dite théorie duplex, de l’écoute binaurale, proposée par Lord Rayleigh en 1907 (Strutt, 1907), et dont les premiers éléments avaient été apportés par Thomson en 1882. Selon Rayleigh, la tête peut créer une ombre acoustique pour l’oreille la plus distante de la source sonore, de

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sorte que l’intensité du son qui lui parvient est plus faible que celle du son qui parvient à l’autre oreille. Ces différences de niveau sonore sont dites différences d’intensité inter-auriculaires ou binaurales (en anglais interaural level difference, ILD en abrégé). Cependant, l’importance de la différence d’intensité interauriculaire dépend du contenu spectral de la stimulation. En effet, la tête se comporte comme un filtre passe-bas. Elle laisse passer les fréquences basses qui la contournent en raison de leur grande longueur d’onde, et qui par conséquent contribuent fort peu à la différence d’intensité interauriculaire. Avant Rayleigh, le temps qui sépare l’arrivée d’une onde sonore à une oreille et à l’autre, estimé à quelques centaines de microsecondes, avait été considéré comme trop bref pour être décelable par un système biologique. Rayleigh conclut au contraire que cette différence temporelle interauriculaire est décelable, et il propose qu’elle soit le fondement du principe de localisation des sons de basse fréquence (en anglais interaural time difference, ITD en abrégé). L’idée d’un double système de localisation de la source sonore s’est imposée. L’un, dédié aux hautes fréquences mis en oeuvre dans l’OSL, est fondé sur les différences d’intensité, et l’autre, dédié aux basses fréquences, mis en oeuvre dans le noyau laminaire chez les oiseaux et dans l’OSM chez les mammifères, est fondé sur les différences temporelles. L’intérêt majeur de l’écoute binaurale réside dans la localisation de la source sonore dans l’espace. Toutefois, un son sera perçu comme légèrement plus intense s’il est présenté aux deux oreilles (gain d’environ 3 décibels). De cette vision très schématique, il s’en suit que pour un patient qui a une surdité unilatérale, si le locuteur est situé du côté de l’oreille défaillante, l’oreille normale percevra correctement les basses fréquences, mais mal les hautes fréquences, en raison de l’ombre de la tête. Cette théorie vaut pour les sons purs. Pour la localisation de sources sonores complexes, la composante temporelle, même pour des sons de haute fréquence, est importante. Interviennent aussi les modulations fréquentielles et les modulations en amplitude. Seule a été discutée plus en détail la localisation dans le plan horizontal des sources sonores de basse fréquence. Soit une onde sonore située sur l’azimut 90° par rapport à la ligne médiane. L’onde sonore va parcourir le chemin d’une oreille à l’autre soit une distance égale au rayon de la tête plus une distance égale au quart de la circonférence de la tête. Le rayon de la tête est estimé à 9 cm, le quart de la circonférence de la tête à environ 14 cm, soit une distance totale à parcourir de 23 cm. Compte tenu de la vitesse du son dans l’air (343 m/s), la différence de temps entre l’arrivée du son à l’une et l’autre oreille est 670 μs. C’est le temps maximum du parcours. En effet, quand la source se rapproche de la position médiane, le délai entre l’arrivée des signaux sonores à l’une et l’autre oreille est toujours plus petit. Ce temps de 670 μs est égal à la période d’un son de 1 500 Hz. Il fixe la limite supérieure de la fréquence sonore d’une source qui pourra être localisée en se fondant sur la disparité temporelle binaurale. Pour des fréquences plus élevées, la localisation de la source sonore fait appel à la différence d’intensité (ILD).

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Chez l’homme, le système auditif identifie deux sons comme provenant de deux sources distinctes si, l’une étant située dans le plan médian (0° azimutal), l’autre en est séparée d’au moins deux degrés. Ceci signifie que le système auditif distingue deux sons qui parviennent à l’une et l’autre oreille avec un décalage temporel de moins de 20 μs. C’est cet élément qui a permis de conclure à l’extrême précision temporelle du système auditif (au moins jusqu’à ses relais du tronc cérébral). Plus on s’éloigne de l’axe médian dans le plan horizontal, plus la capacité de résolution diminue. L’angle audible minimal varie avec la position azimutale et la fréquence de la source sonore. Sa valeur augmente quand la fréquence s’élève et que la source sonore s’approche du 90° azimutal. Pour toutes les fréquences, la perception de la directionalité est plus précise quand l’auditeur fait face à la source sonore. En l’absence de mobilité du pavillon de l’oreille, c’est la tête qui bouge pour optimiser la perception de la localisation des sources sonores. Nous avons ensuite brièvement considéré les bases neurales de la localisation azimutale des sources sonores de basse fréquence. Durant les cinquante dernières années, un seul modèle a servi d’explication à la façon dont le cerveau détermine la position de la source sonore de basse fréquence dans le plan horizontal : le modèle de coïncidence proposé par Lloyd Jeffress en 1948 (Jeffress, 1948). Il stipule que le cerveau transforme l’information du délai de temps relatif de l’arrivée du son à chacune des deux oreilles en une carte, dite carte spatiale auditive ou « carte ITD ». Ce modèle pose l’existence de neurones détecteurs de coïncidence. Leur décharge est maximale quand les potentiels d’action qui leur parviennent, à partir de chaque oreille, arrivent simultanément. Dans ce modèle, ces détecteurs de coïncidence reçoivent des informations excitatrices, qui leur parviennent via des axones qui véhiculent des signaux électriques provenant de chacune des deux oreilles. Ce modèle repose sur trois hypothèses : 1) il existe des neurones détecteurs de coïncidence ; ceux-ci reçoivent une information temporelle très précise venant de l’une et l’autre oreille ; ils ne peuvent interpréter qu’une information de décharge neuronale organisée en volée (voir ci-dessus), c’est-à-dire synchronisée au son ; 2) ils répondent de façon maximale lorsque les potentiels d’action venus de l’une et l’autre oreille arrivent simultanément; ils sont très sensibles à de toutes petites disparités dans le temps d’arrivée des potentiels d’action provenant de l’une et de l’autre oreille ; 3) ce sont des projections afférentes excitatrices venues de chaque oreille qui les stimulent, et c’est le temps cumulé des chemins acoustique et électrique parcourus depuis la source sonore jusqu’au détecteur (controlatéral par rapport à la source) qui est pris en compte. En ce qui concerne le chemin électrique, le modèle stipule que la détection de coïncidence est fondée sur le fait que les axones des neurones excitateurs ont des longueurs différentes, qui introduisent des délais électriques (« délais de ligne »). Le détecteur de coïncidence sera stimulé par des neurones dont la longueur axonale va permettre une décharge synchrone des neurones afférents issus de chacune des deux oreilles. Dans ce modèle, chaque neurone détecteur de coïncidence répond à un temps inter-auriculaire différent et spécifique, dit temps caractéristique de la détection temporelle. Les divers neurones dont le temps caractéristique de détection

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temporelle est différent sont organisés en une carte de temps caractéristique graduellement croissant. Un neurone détecteur signale la position de la source sonore par son taux de décharge maximal. Ce modèle a eu un impact considérable sur la recherche dans ce domaine. Il s’est révélé fécond pour interpréter la localisation des sources de basse fréquence chez l’oiseau. Les travaux élégants réalisés par Mazakazu Konishi et de Eric Knudsen voir revue, (Knudsen, 2002) à partir de 1978 sur la chouette effraie, qui chasse la nuit en utilisant exclusivement son audition pour localiser ses proies, paraissent valider ce modèle. Cette chouette se dirige vers ses proies grâce à une reconnaissance des vibrations qu’elles émettent. Celle-ci est fondée, dans le plan horizontal, sur les différences temporelles, et est particulièrement efficace pour des fréquences allant jusqu’à 7 ou 8 kHz. De fait, les décharges des neurones afférents sont en phase avec le son jusqu’à ces valeurs de fréquence. Les neurones détecteurs de coïncidence se situent dans le noyau laminaire. Pour lever toute ambiguïté dans l’interprétation des délais de réponse, cette carte est couplée à une carte fréquentielle, qui a une orientation perpendiculaire. Ainsi, chaque fréquence est en quelque sorte équipée de son détecteur d’ITD. Une « carte ITD » est le code de représentation de toutes les localisations des sources sonores dans le plan horizontal. L’ITD zéro, toujours représenté par un maximum de neurones, est l’ITD pour lequel la décharge maximale correspond à la position médiane de la source. Beaucoup de données électrophysiologiques obtenues chez la chouette effraie sont en accord avec ce modèle, et des axones de longueur hétérogène ont bien été mis en évidence dans le noyau laminaire. Chez les mammifères, des détecteurs de coïncidence sont situés dans l’OSM, mais leur mode d’activation paraît moins clair. Chez le chat, un substrat anatomique pour un mécanisme du type « délai de lignes » (différentes longueurs axonales) a été observé. Cependant, des travaux menés chez la gerbille (Brand et al, 2002 ; Kapfer et al, 2002) indiquent le rôle indispensable de neurones inhibiteurs glycinergiques du NMCT dans la réponse à un délai caractéristique des neurones de l’OSM. Ces neurones inhibiteurs, dont la décharge est aussi en phase avec le son, et non des longueurs d’axones différentes d’un neurone excitateur à l’autre, seraient le substrat des « cartes ITD » des mammifères. Références
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Activité de recherche du laboratoire (2007-2008) Les avancées les plus significatives au cours de l’année 2007-2008 ont été : 1. la découverte de l’origine des distorsions acoustiques par les cellules ciliées externes (Verpy et al, 2008), 2. la mise en évidence d’un nouveau mécanisme responsable de la surdité liée à l’exposition au bruit (soumis pour publication), 3. la mise en évidence de l’harmonine, protéine à domaines PDZ, au sein de la machinerie de transduction mécano-électrique et de son rôle dans l’adaptation, 4. l’identification d’un gène responsable de presbyacousie. Nous avons également contribué à élucider le rôle du kinocilium dans la formation de la touffe ciliaire (Jones et al, 2008), et avons apporté les premiers éléments de la pathogénie de la surdité liée à un déficit en adénylate kinase-2 (Lagresle-Peyrou et al, 2008). 1. Origine des distorsions acoustiques dans l’oreille interne (Elisabeth Verpy, Dominique Weil, Michel Leibovici, Carine Houdon, Jean-Pierre Hardelin, Christine Petit ; en collaboration avec Paul Avan, Richard J. Goodyear, Guy P. Richardson, Ghislaine Hamard) (Verpy et al, 2008) C’est dans la cochlée que les messages sonores sont convertis par les cellules sensorielles auditives en dépolarisations qui libèrent le neurotransmetteur, créant une activation des neurones auditifs qui se propage jusqu’au cortex. Pour ce faire, les cellules ciliées externes amplifient les vibrations sonores tout en les filtrant pour éliminer les sons parasites. Toutefois, le traitement ainsi appliqué au son engendre des distorsions des ondes acoustiques considérables, au point d’être audibles sous forme de sons supplémentaires connus sous le nom de sons de Tartini, du nom du violoniste du xviie siècle qui les décrivit. Parce que l’oreille les réémet, ces sons de Tartini servent à dépister les surdités dès la naissance. En effet, leur absence traduit la lésion des cellules ciliées externes, presque toujours accompagnée de celle des cellules ciliées internes, authentiques cellules sensorielles.

GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE

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Jusqu’ici on pensait que toutes les performances des cellules ciliées externes, amplification, filtrage des sons parasites, et distorsion, étaient dues à leurs canaux de transduction mécano-électrique pour lesquels la courbe courant/déplacement est sigmoïde. Nous avons montré, dans un travail mené en collaboration avec le Pr Paul Avan (Université d’Auvergne, Clermont-Ferrand), que ce n’est probablement pas exact. Chez des souris dont le gène qui code la stéréociline a été inactivé, il existe, avant l’apparition du déficit de l’acuité auditive, une courte période durant laquelle les cellules ciliées externes amplifient et filtrent normalement le son ; leurs canaux de transduction sont donc normaux, et pourtant elles ne distordent plus le son. Toute marque de distorsion des ondes a disparu : un son pur ne produit plus d’harmoniques ; aucune distorsion, électrique ou acoustique, n’est décelable. Chez ces souris mutantes, l’effet de masquage sonore est très diminué : en présence d’un mélange de sons, les diverses composantes du mélange coexistent alors que normalement, les plus intenses empêchent les plus faibles d’être perçues par le système auditif. La perception des sons complexes chez ces souris mutantes est sans doute gravement perturbée. Nous avons observé que la stéréociline est un composant de liens latéraux apicaux de la touffe ciliaire des cellules ciliées externes. Ces liens, dits top connectors, sont, avec le tip link, les seuls présents dans la touffe ciliaire adulte. Ceci nous a conduit à proposer que l’origine des distorsions acoustiques se tient dans les contraintes que ces liens latéraux imposent à la touffe ciliaire. Ils permettraient à une rigidité non-linéaire de la touffe ciliaire, autre que celle du canal de transduction mécano-électrique, de se manifester sous la forme de distorsions d’ondes. Une explication alternative serait que l’absence de ces liens déplace le « point d’opération » de la touffe ciliaire dans une zone de fonctionnement linéaire. 2. Un nouveau mécanisme responsable de la surdité liée à l’exposition au bruit (Amel Bahloul, Vincent Michel, Michel Leibovici, Jean-Pierre Hardelin, Dominique Weil, Christine Petit ; en collaboration avec Paul Avan) (Bahloul et al, soumis pour publication) Nous avions découvert, il y a quelques années, une nouvelle protéine des jonctions d’adhérence, la vézatine (Küssel-Andermann et al, 2000). Nous venons de définir sa topologie par une analyse biochimique. Elle comporte deux domaines transmembranaires très proches l’un de l’autre, et ses régions N- et C-terminales sont cytoplasmiques. Dans la cochlée, l’immunoréactivité de la vézatine aux jonctions entre les cellules ciliées et les cellules de soutien augmente entre le 4e et le 16e jour après la naissance, chez la souris. Nous avons observé, par immunomarquage de cellules MDCK, que la vézatine ne participe pas à la formation de leurs jonctions ; elle n’est recrutée aux jonctions que tardivement. Des doubles marquages réalisés sur des cochlées matures ont montré une colocalisation de la vézatine avec la radixine, la β-caténine et la caténine p120, aux jonctions entre cellules ciliées externes et cellules de Deiters. Vézatine et radixine

Vincent Michel. les seuils auditifs ne sont pas différents de ceux des animaux témoins jusqu’à la 7e semaine. accompagnées d’une perte massive de cellules ciliées. La vézatine interagit donc directement avec la forme « active » de la radixine. qui disparaissent de la base de la cochlée (en accord avec la perte auditive qui porte sur les hautes fréquences). une surdité progressive spontanée. nous avons généré des souris mutantes chez lesquelles le gène est délété uniquement dans les cellules sensorielles (la délétion ubiquitaire est létale). 3. puis de l’ensemble de la cochlée (24 semaines). l’harmonine peut interagir directement in vitro avec la protocadhérine-15 et la cadhérine-23. les souris mutantes deviennent irréversiblement sourdes. d’abord les cellules ciliées externes.. Cependant. L’étude morphologique de la cochlée ne détecte aucune anomalie jusqu’à cet âge. Institut Curie) (Michalski et al. Les souris mutantes non exposées au bruit développent. De plus. Ceci est une autre manifestation de la dissociation qui peut exister entre amplification et distorsion. dans la transduction mécanoélectrique et l’adaptation en mettant à profit deux modèles murins : une souris dont le gène de l’harmonine a été inactivé . qui touche principalement les cellules ciliées externes. après une exposition d’une minute à un son de 105 dB. Rôle de l’harmonine dans la transduction mécano-électrique auditive (Nicolas Michalski. Cependant. Pour étudier le rôle de la vézatine aux jonctions entre les cellules ciliées cochléaires et leurs cellules de soutien. Nous avons étudié le rôle de l’harmonine. ont une altération de leur seuil auditif de l’ordre de 10 dB. soumis pour publication) Nous avons montré chez la souris qu’à partir du jour 5 après la naissance (P5). nous avons observé que les produits de distorsion ont un seuil qui est affecté avant celui de l’audition. Dominique Weil.238 CHRISTINE PETIT co-précipitent dans des extraits protéiques cochléaires. Christine Petit . en collaboration avec Pascal Martin. suivie d’un retour à une audition normale. qui constitueraient le lien apical. Diverses anomalies de la touffe ciliaire apparaissent chez les souris mutantes. et plus particulièrement des isoformes b. Cette dernière pourrait donc permettre de lier la vézatine aux filaments d’actine des jonctions cellulaires. Les cellules de l’apex de la cochlée sont peu atteintes par la perte cellulaire induite par l’exposition au bruit. Cette surdité est due à une mort cellulaire touchant les cellules ciliées. la radixine ne co-précipite plus avec la vézatine. et le rôle de la vézatine dans la résistance au stress mécanique. soumises à cette même stimulation sonore. De surcroît. l’harmonine-b est localisée au niveau du point supérieur d’insertion du lien apical dans le stéréocil (Lefèvre et al. lorsque la radixine porte une mutation qui l’empêche de se lier aux filaments d’actine en raison d’un changement de conformation. Chez les souris mutantes. 2008). Ce travail a dévoilé le rôle des jonctions cellulaires des cellules sensorielles dans la surdité induite par le bruit. après 7 semaines. Gaelle Lefèvre. qui augmente jusqu’à atteindre une perte de 110 dB à 24 semaines. Les souris sauvages.

El-Amraoui A. Caberlotto E. Par séquençage des gènes de cette région. Verpy E. Weil D.. Michel V.. Safieddine S. Nature Neurosci. Martin P.. an actin-binding scaffold protein. 6020-6029.. Simmler M. Anne Aubois. .. Perfettini I.. Nouaille S. Or. Richardson G. Lepelletier L.... Michel V. nous avons mis en évidence une interaction directe entre l’harmonine et la myosine VIIa. Houdon C. Elles en expriment également le récepteur. et leur modélisation effectuée en collaboration avec Pascal Martin (Institut Curie). 1427-1437.-P.. Perfettini I. Wolfrum U. nous ont permis de conclure que l’harmonine-b se comporte comme le ressort dont l’existence a été postulée pour rendre compte des limites de l’étendue de l’adaptation... (2008) Stereocilin-deficient mice reveal the origin of cochlear waveform distortions Nature. cette surdité est à mettre en rapport avec une synthèse in situ de ce métabolite par les cellules sensorielles elles-mêmes. Avan P.. Weil D. an integral membrane protein of adherens junctions.. par analyse de liaison génétique portant sur l’ensemble du génome (en collaboration avec le Centre National de Génotypage) nous a permis d’identifier un locus impliqué. 4. Bizard E.. Hardelin J. nous avons trouvé des mutations dans l’un d’eux. Petit C... (submitted). 255-258..-P.. Hardelin J. Weil D. EMBO J. Roux I.. Leibovici M. Michalski N.. Les résultats obtenus.P. Wolfrum U. Leibovici M. contre toute attente. The adaptation process of mechanoelectrical transduction in hair cells involves harmonin-b. Michel V. Küssel-Andermann P. Anne-Laure Roudevitch. Avan P.-P. Goodyear R. 19... a novel transmembrane protein. (2008) A core cochlear phenotype in USH1 mouse mutants implicates fibrous links of the hair bundle in its cohesion.. ce qui indique l’existence d’un mécanisme autocrine. is required for sound-resilience of cochlear hair cells. 456.. Lefèvre G. Zuo J. Petit C. (2000) Vezatin. Ces données prédisent de plus une liaison de l’harmonine-b aux moteurs d’adaptation... bridges myosin VIIA to the cadherin-catenins complex. Hardelin J. Lefèvre G... Christine Petit) L’étude de formes familiales de presbyacousie.GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE 239 (Hmn-/-).. Références Bahloul A.J.. 135. Weil D. EMBO Mol Med (submitted).. Petit C.-Y. orientation and differential growth. Petit C. Lecuit M.. Cossart P. Hamard G... Vezatin. des résultats récents nous incitent à penser que.. Identification d’un gène responsable de la presbyacousie (Dominique Weil.. Petit C.-C. défectueuse uniquement pour les isoformes b de l’harmonine........ Development. moteur moléculaire que des expériences antérieures ont impliqué dans l’adaptation. Nouaille S. Tinevez J. Alors que tout paraissait indiquer que cette surdité devait être mise sur le compte d’un désordre métabolique. et une souris mutante Dfcr-2J/Dfcr-2J. Bizard E.

Petit C. et Petit C. et Van Camp G... et Soussi-Yanicostas N. Küssel-Andermann P. Zwaenepoel I. Smith R.and otoferlin-dependent exocytosis by immature outer hair cells. Morillon E. Wollnik B. Weil D. 255-258. . Proc Natl Acad Sci USA 104. (2008) Human adenylate kinase 2 deficiency causes a profound haematopoietic defect. Danis E. Yoder B.. Cramer C. Delmaghani S. Kimberling W.... Petersen M.L.. Legendre K... Bahloul A.. (2008) Essential requirement for zebrafish anosmin-1a in the migration of the posterior lateral line primordium.A...-P. Demuth K.. Xu P.. Dieltjens N..E.. Petit C. Abecasis M. Yang T. Calvo F.240 CHRISTINE PETIT Publications du laboratoire (2007-2008) 2008 Lagresle-Peyrou C. Petit C. Cayet N.. et Petit C. Weil D.. Regnault B. J Cell Sci 121. Noroski L. Fischer A. Verpy E. (2007) Connexin30 deficiency causes intrastrial fluid-blood barrier disruption within the cochlear stria vascularis. Etournay R. Silvius D. Nature Genet 40. 469-79.. 456. Ferster A. et Petit C.. (2008) Myosin VII. Rieux-Laucat F. Hilgert N. Houdon C.X. Banizs B. (2008) Ciliary proteins link basal body polarization to planar cell polarity regulation.... Roux I. Simon-Stoos K. Sanati M. Lefèvre G. Alasti F.P. Development 135.. Beurg M. directly interacts with ZO-1 at tight junctions.H.. Uyguner O... Wulffraat N..... Qian D. Hardelin J.-P. Leibovici M. Hoskins B. pp. Demerens-de Chappedelaine C. Michel V.and actin-binding protein. 3347-3356.. Yanicostas C. Petit C. 2838-50..... Roper V.-P. (2008) αII/βV spectrin bridges the plasma membrane and cortical lattice in the lateral wall of the auditory outer hair cells. Perfettini I. Besse C... Six E. Am J Hum Genet 80.. Legrain P. Favero J. orientation. Wolfrum U... Safieddine S. Petit C... et Chen P. 223-32. Safieddine S. Smith R. et Hildebrandt F.C..C. (2008) Mutation analysis of TMC1 identifies four new mutations and suggests an additional deafness gene at loci DFNA36 and DFNB7/11. Petit C et Dulon D (2008) Calcium. a myosin-VIIa. Otto E. Caille D..M.. Orten D. Ditadi A..M.... Pawlik B.... Goodyear R. et Cavazzana-Calvo M.. Petit C. J Neurosci 28. 62296234...M. (2008) A cochlear core phenotype in USH1 mouse mutants implicates fibrous links of the hair bundle in its cohesion. 800-804.. Hardelin J. In Myosins: A Superfamily of Molecular Motors. New York : Springer. 2007 Cohen-Salmon M.. Abel L. (2007) Transcription factor SIX5 is mutated in patients with Branchio-Oto-Renal syndrome. Mullikin J.... Janel N.M. Avan P. Jones C. Candotti F..J.. Weil D. Clin Genet 74.. (2007) Shroom2.. Hamard G.. 1798-803.. Dayraud C. Foucher I..... El-Amraoui A. et El-Amraoui A. ed.. Hardelin J. Nature Genet (sous presse). 69-77. Weil D.. J Cell Sci 120.J. Valensi F. and differential growth. Zou D. et El-Amraoui A.. Goossens D.. Bizard E... Lepelletier L.. Richardson G. 353-73. Petit C.. Meda P. Pandelia E. Dev Biol 320. Michel V.. 1427-37..J. Coluccio LM. (2008) Stereocilin-deficient mice reveal the origin of cochlear waveform distortions Nature. Raymond R... Picard C. Bouleau Y. Ernest S..J. et Petit C.

Cereghini S. Ecole Normale Supérieure. Michel V.. mais de quelles origines ? Jeudi 20 mars Cours : Le codage de la stimulation sonore en fréquence et en intensité Séminaire : Paul Fuchs (Johns Hopkins University. et Simmler M. Baltimore. Yagi H.. (2007) Conditional knock-out reveals that zygotic vezatin-null mouse embryos die at implantation. Souilhol C. Institut Curie.. Chardenoux S. 20 et 27 mars 2008 : Traitement des signaux acoustiques : de la cellule sensorielle auditive au complexe olivaire supérieur Jeudi 14 février 2008 Cours : Physiologie moléculaire de la transduction mécano-électrique auditive : actualités Séminaire : Pascal Martin (Laboratoire PCC–CNRS UMR 168.. Langa F. 6478-6488..b. Cours au Collège de France (6 heures) Les jeudis 14 février. Cours en province Professeur invitant : Jean-Louis Mandel (Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire.... (2007) Molecular characterization of the ankle link complex in cochlear hair cells and its role in the hair bundle functioning.. Hardelin J. Weil D. Martin P. Paris) : Effets de lésions cochléaires sur la perception de la parole 1. Maro B.... Michalski N.GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE 241 Hyenne V. IGBMC.. Enseignement Enseignement au titre du Collège de France 1.a. 30 mai 2008 : Understanding molecular and cellular mechanisms of hearing: what can deafness genes teach us. . Paris) : Mouvements actifs de la touffe ciliaire des cellules mécano-sensorielles ciliées de l’oreille interne Jeudi 13 mars Cours : Les voies auditives afférentes et leurs relais Séminaire : Paul Avan (Laboratoire de Biophysique Sensorielle.-P. Bahloul A. Sato M. Strasbourg). School of Medicine.. et Petit C. 449-462. USA) : Time and intensity coding by the hair cell’s ribbon synapse Jeudi 27 mars Cours : Plasticité synaptique dans les voies auditives Séminaire : Christian Lorenzi (Psychologie de la Perception-Audition. Barral J. 29 mai 2008 : Surdités héréditaires: qu’avons-nous appris par l’identification des gènes impliqués ? IGBMC. Mech Dev 124. Clermont-Ferrand) : Les distorsions cochléaires : essentielles à la perception auditive. 13.. J Neurosci 27. Faculté de Médecine. Lefèvre G. Petit C.C.. Cohen-Tannoudji M.

Sweden. Cernobbio (Como). 16 Nov 2007: « Human hereditary deafness: from genes to pathogenesis ». 18-21 May 2008 : « Fibrous links of the hair bundle : structure and function enlightened by human deafness genes ». University Uppsala. Force-Gated Ion Channels: From Structure to Sensation. International congress. International Symposium on Biotechnology. Italy.c. déc 2007 : « Hereditary sensory defects ». USA. 19-21 June 2008 : « Hereditary auditory neuropathies : from the genes to the pathogenesis ». Karolinska Institutet. Stockholm. Strasbourg. Thèse de Doctorat de l’Université Pierre et Marie Curie. the path to the mechanisms of hearing. Faculté de Médecine. Institut Pasteur. Vancouver. Thèse de Doctorat de l’Université Pierre et Marie Curie. Tunisia.a tribute to Jean-Pierre Changeux. 10 June 2008. Nicolas Michalski. Strasbourg. 12 June 2008.242 1. International Congress on Systems Biology.Faculty of Medicine. Systems biology of Hearing. Sweden. Sfax. 29 mai 2008 : « Surdités héréditaires : qu’avons-nous appris par l’identification des gènes impliqués ? ». 4-7-2008 : « Cochlear mechano-electrical transduction : identification and functional characterisation of its components ». Rudbeck laboratory . Invited by Pr Mats Ulfendahl : « Human hereditary deafness : From genes to the mechanisms of hearing ». Université Paris 7. 4-8 May 2008 : « From human hereditary deafness to the cellular and molecular mechanisms of hearing ». the path to the mechanisms of hearing ». Cours à l’étranger : CHRISTINE PETIT Uppsala . 15-17 Sept 2007 : « Hereditary deafness and molecular physiology of hearing ». Thèses Raphaël Étournay.Suède (1 heure). 2. NHS2008 Conference. Beyond Newborn Hearing Screening : Infant and Childhood Hearing in Science and Clinical Practice. IGBMC. 10 juin 2008 . Professeur invitant : Ulf Petterson (Rudbeck laboratory. Canada. Principaux séminaires et conférences sur invitation 2007-2008 From Molecules to Cognition . University. Invited by Pr Ulf Pettersson : « Human hereditary deafness: beyond the genes. HHMI Janelia Farm Research Campus. 30 May 2008 : « Understanding molecular and cellular mechanisms of hearing : what can deafness genes teach us ». Göteborg. 27 August 2008 : « Multidisciplinary experimental approaches and modelling of sensory hair bundle functioning ». Enseignements autres M2 Génétique Humaine et Neurobiologie (Erasmus). Canadian College of Medical Geneticists Congress. Uppsala. . Ashburn. Paris. 12-12-2007 : « Surdités héréditaires : rôles de la myosine VIIa dans le développement de la cellule sensorielle auditive ». Suède) : Human hereditary deafness: beyond the genes.

Paris. Réunion RTRS (Réseau Thématique de Recherche et de Soins). 25 sept 2007. 27 June 2007. Palais des Congrès et de la Culture. 5 sept 2008 : « Surdités héréditaires : comment les gènes impliqués éclairent la physiologie auditive ». Conférences de presse Appear « From Lab to Life ». Paris. European Parliament. Colloque Institut de la Vision-département de Neuroscience de l’Institut Pasteur. 15-17 sept 2007. 16 oct 2007. Université Paris Descartes. Göteborg. Systems biology of Hearing. Université Pierre-et-Marie Curie. Le Mans.GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE 243 Centre de Recherche des Cordeliers.a tribute to Jean-Pierre Changeux ». Paris. 27 August 2008 : « Multidisciplinary experimental approaches and modelling of sensory hair bundle functioning ». Colloques-débats Femmes d’Histoire . Sweden. International congress. Institut Pasteur. « Surdité héréditaire : quelles avancées ? quelles perspectives ? ». Fondation pour la Recherche Médicale. Audition. Paris. Paris. . Institut interdisciplinaire des Sciences du Vivant des Saints-Pères. 27 jan 2008 : « Des femmes à la tête de la recherche ». 6 nov 2007. Bringing the results of European research to the society. 15 sept 2008 : « Comment les surdités héréditaires humaines éclairent la physiologie moléculaire du système auditif ». Paris. 29 oct 2007.Femmes de sciences. Paris. Conférences « Grand public » « Mystères de la science biomédicale ». Bruxelles. International Congress on Systems Biology. Institut Pasteur. Organisation de symposia et colloques « From Molecules to Cognition .

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sur l’usage des systèmes modèles développés chez les vertébrés et les invertébrés. Drosophila est l’un des plus importants organismes modèles utilisés de nos jours par les biologistes.Biologie et génétique du développement M. Les séminaires ont été remplacés par un colloque. près d’un siècle. Spyros Artavanis-Tsakonas. nous avons examiné les aspects de biologie cellulaire et moléculaire d’une voie de signalisation fondamentale conservée parmi tous les métazoaires. comme système modèle. présenté en anglais le 21 mars sous le titre : « Drosophila melanogaster : un modèle expérimental pour l’étude des maladies humaines » Ce colloque d’une journée se proposait de donner à un novice un aperçu théorique détaillé de la mouche du fruit. Leurs dérèglements sont très souvent à l’origine des dysfonctionnements cellulaires responsables des pathologies. Au cours de ces leçons. utilisée comme système modèle expérimental pour répondre à des questions-clé en biologie et en médecine. la Drosophile a permis d’accroître de manière . professeur La génétique moléculaire des organismes modèles : un paradigme de principes généraux en biologie Thème général des cours Le développement harmonieux et cohérent d’un organisme multicellulaire nécessite une parfaite coordination des interactions cellulaires. pour répondre à ces différentes questions. Drosophila melanogaster. Au cours de la longue période historique de son utilisation. L’acquisition des connaissances de biologie fondamentale sur cette voie conduit à aborder des questions impliquées dans les processus pathologiques et en particulier lors de la tumorigenèse. Nous avons insisté. au cours de ces cours.

Au cours de cette journée.Department of Cell Biology. Alcoholism. Nous essayons de comprendre comment une cellule souche indifférenciée répond pour se différencier à des signaux et évolue ainsi vers un état plus avancé de son développement. GFP tagging. Mark Kankel. mettant en évidence ses contraintes et ses limites afin d‘appréhender aisément la littérature sur la Drosophile et concevoir des expériences avec ce puissant système modèle. Drugs of Abuse. P lacZ.246 SPYROS ARTAVANISTSAKONAS significative et sur une large échelle notre compréhension des aspects fondamentaux de la biologie. et comment leurs actions sont intégrées dans différentes étapes du . Anindya Sen . Sexual Behavior and Circuitry Les conférenciers étaient les suivants : Spyros Artavanis-Tsakonas – Collège de France – Department of Cell Biology. the FLP-FRT and MARCM Systems. Basic Genetic Screens and Cloning – Generating Mutations. Harvard Medical School Activité générale du laboratoire Notre recherche se concentre sur l’étude des mécanismes régissant le développement des organismes multicellulaires. Polytene and Balancer Chromosomes. Huntington’s Disease. Gene Mapping • Mutagenesis. Mutations and Phenoypes. Performing a Chemical Mutagenesis Screen. pendant le développement. RNAi. Les thèmes suivants ont été abordés : • Drosophila as a model organism – Past. Gain of Function Screens • Advanced genetics – Tissue-specific Expression. Harvard Medical School Doug Dimlich. P elements. Transgenesis. Le séquençage du génome humain et celui de la mouche et leur grande homologie ont conduit les chercheurs à créer des outils sophistiqués disponibles dans la mouche et applicables aux maladies humaines. Spinal Muscular Atrophy. entraînant ainsi plusieurs découvertes qui ont ébranlé les connaissances acquises au préalable. les participants aux colloque ont été invités à une démonstration des méthodologies génétiques et moléculaires disponibles couramment chez la mouche. Reverse genetics. Enhancer Trapping. Glenn Doughty. Transposon insertion collections • Using flies to address human biology and behavior – Stem Cells. Inducible GAL4 expression. Genetic Mosaics. Aneuploidy. Present and Future • Basic Drosophila skills – Husbandry. Cancer and Metastasis. GAL4-UAS System. La détermination d’une lignée cellulaire donnée. Nous sommes plus particulièrement intéressés à définir la base moléculaire des règles à l’origine de ces mécanismes pléiotropiques. Alzheimer’s Disease. dépend d’un ensemble complexe de signaux. Germline Mosaics and ovoD.

la prolifération et l’apoptose.BIOLOGIE ET GÉNÉTIQUE DU DÉVELOPPEMENT 247 développement pour affecter des décisions spécifiques. nous utilisons aussi des approches dites « génomiques » afin d’étudier la voie Notch dans le cadre d’une approche plus systématique. tels que la différentiation. elegans jusqu’à l’homme est un régulateur fondamental des lignées cellulaires. La voie de signalisation Notch ne semble pas donner d’instructions très précises quant au devenir d’une lignée cellulaire. nous étudions une voie de signalisation fondamentale. Nous essayons de comprendre les circuits cellulaires dans lesquels Notch est intégré pendant les processus de développement normaux et pathologiques. Dans l’avenir. nous poursuivrons ces travaux avec le projet d’ajouter quelques moyens technologiques à notre base expérimentale et méthodologique. Notre analyse génétique se fonde sur l’identification des « modificateurs » du signal Notch dans différents contextes du développement. En effet. L’élément central de cette voie de signalisation est le récepteur de surface appelé Notch. L’analyse de ces phénomènes devrait nous permettre non seulement de définir les processus biologiques fondamentaux. mais également de mettre en lumière les mécanismes liés aux pathologies humaines. notamment le cancer. la souris et des cultures cellulaires comme modèles expérimentaux. Nous utilisons des approches génétiques et moléculaires pour étudier le mécanisme de signalisation du récepteur Notch et les divers éléments associés à la cascade d’éléments biochimiques définissant la voie. qui est présente depuis le vers C. elle semble plutôt moduler la capacité d’une cellule non différenciée à recevoir et/ou interpréter des signaux aboutissant à des phénomènes aussi nombreux que variés. la voie Notch. La question centrale de notre travail est de comprendre comment les signaux Notch s’impliquent dans d’autres facteurs cellulaires pour affecter le développement et l’entretien des systèmes cellulaires. notre approche génétique visant à identifier de nouveaux « interacteurs » de Notch se complète maintenant par l’analyse . conservée au cours de l’évolution : la voie Notch. le fonctionnement anormal de la voie Notch chez l’Homme a été associé à de nombreuses pathologies. En utilisant la drosophile comme modèle expérimental. qui correspond à l’incapacité des cellules à répondre de manière appropriée aux signaux lors d’un développement normal. Une grande partie de notre travail concerne l’étude des rapports génétiques et moléculaires entre les éléments de la voie Notch et d’autres éléments cellulaires qui peuvent agir pour modifier les signaux Notch. Des mutations génétiques de la voie de signalisation Notch peuvent entraîner le développement anormal d’un éventail très large de structures chez les métazoaires. Les fondements de notre projet résident dans les approches expérimentales décrites ci-dessous : a) Nous poursuivons l’analyse et la dissection de la voie Notch chez la drosophile en utilisant des méthodes génétiques et moléculaires. Depuis peu. En outre. Ainsi. Entre autres. dont celles dites néo-plasiques. Notre approche se fonde sur des techniques de génétique et de biochimie en utilisant la drosophile.

D’autre part.248 SPYROS ARTAVANISTSAKONAS moléculaire des complexes protéiques en utilisant la technique de chromatographie d’affinité suivie par analyse en spectrométrie de masse ainsi que la technique du double hybride chez la levure. il est devenu clair qu’une compréhension complète des circuits Notch ne pourra se faire sans une cartographie complète des interactions entre protéines. Nous tirons profit de cette ressource en effectuant des criblages génétiques à haut débit afin de trouver quels sont les éléments modificateurs de la voie Notch. par conséquent. notre capacité à effectuer des criblages à une vitesse sans précédent nous a incité à réexaminer quelques problèmes . Heidelberg). Notre approche comporte l’isolement biochimique des complexes de protéines par chromatographie d’affinité. Répondre à ces questions nous permettrait également de comprendre la voie Notch en tant que système biologique et. b) Nous avons traditionnellement employé des moyens génétiques pour disséquer les circuits dans lesquels la signalisation Notch est intégrée. par le besoin de générer et d’identifier les mutants. Plus particulièrement. D’une part. nous tentons de répondre aux questions suivantes : — La nature de la réponse en termes de développement dépend-elle de la quantité du signal Notch ? — Comment les signaux Notch intègrent-ils leurs activités dans les divers contextes cellulaires qu’ils rencontrent pendant le développement ? Ces questions sont essentielles pour appréhender les différents aspects de la voie Notch et sa pléiotropie. sont parfois quelque peu limitées. Berkeley et l’institut de TATA à Bangalore) ainsi qu’une entreprise de biotechnologies (Cellzome. Cette carte physique est en train d’être réalisée dans le cadre d’un projet ambitieux que nous avons initié et qui associe trois laboratoires (Harvard. Le projet consiste à identifier toutes les interactions physiques dans lesquelles l’ensemble des protéines (le protéome) est impliqué. à haut débit. la collection joue le rôle de dépôt pour des mutations spécifiques qui sont caractérisées à l’échelle moléculaire. Cependant. dans la cellule. En d’autres mots. de prendre toute la mesure la complexité qui est la règle en biologie. Notre laboratoire a aujourd’hui l’honneur d’être le « gardien » et le « distributeur » auprès de la communauté universitaire d’une collection très sophistiquée et unique de drosophiles. nous effectuons aussi des criblages RNAi et des criblages de drogues. qui couvre ~ 50 % du génome (la collection de mutants d’Exelixis). correspondant à des mutants par insertion. D’ailleurs. les différents composants des complexes protéiques sont identifiés par analyse de spectrométrie de masse. c) Les approches génétiques classiques. La collection se compose de presque 20 000 souches différentes. à partir de lignées cellulaires et d’embryons de drosophile. elle peut également être utilisée comme outil pour examiner de manière systématique et rapide les modifications éventuelles de phénotypes spécifiques. bien qu’efficaces pour la dissection et la compréhension de la voie Notch. Ensuite. Afin d’identifier les « modificateurs » de la voie Notch. nous tentons de comprendre les effets quantitatifs de la signalisation Notch sur la qualité du développement.

nous avons lancé une étude qui vise à comprendre des aspects structuraux du récepteur Notch en utilisant la microscopie électronique. Nous poursuivons la caractérisation moléculaire d’un modèle mammaire de cancer que nous avons développé chez la souris. Notre collaboration avec le laboratoire de Pr. tels que la détermination et la régénération ainsi que leur rapport possible avec Notch. Tout d’abord. actuellement en cours de construction à l’Institut Curie. où nous pouvons induire une néoplasie non-invasive en régression qui se développe en adénocarcinome invasif.BIOLOGIE ET GÉNÉTIQUE DU DÉVELOPPEMENT 249 classiques de la biologie du développement chez la drosophile. Daniel Louvard à l’Institut Curie à Paris. se concentre sur les aspects structuraux de Notch. chez la souris. Enfin. rien n’est vraiment connu au sujet de ces aspects structuraux et leurs implications dans la fonction de Notch. . En collaboration avec un collègue à Harvard (Tom Walz). que nous venons d’initier mais qui devrait se développer dans les années à venir. d’analyser les situations pathologiques dans lesquelles Notch est impliqué. En utilisant la microscopie électronique ainsi que l’analyse en microscopie optique : la technique du FRET. Notre analyse est également complétée par un projet en collaboration avec le laboratoire de Joan Brugge (Harvard) qui utilise un système tridimensionnel de culture de cellules mammaires. d) Un autre projet. d’une part. e) Dans le cadre de nos études utilisant des systèmes mammifères. Nous utilisons des techniques génétiques et génomiques (puce à ADN) pour analyser les lésions qui contribuent à cette transition. Ces deux maladies sont des syndromes humains pléiotropiques dominants qui affectent le récepteur Notch et son ligand Jagged. nous nous intéressons à l’état oligomère du récepteur et à ses interactions avec des facteurs intracellulaires et extracellulaires. un laboratoire dédié à l’étude de la cancérogenèse va s’installer. d’autre part. nous examinons. De nombreux travaux indiquent que Notch jouerait un rôle important dans divers aspects biologiques des cellules souches. consiste à examiner comment Notch peut affecter la différentiation de cellules souches. On utilise des modèles transgéniques pour étudier ces problèmes. notre intérêt se porte aussi sur l’analyse et la compréhension de la base moléculaire des mutations associées aux syndromes de CADASIL et d’Alagille. nous devrions pourvoir répondre à ces questions sur les aspects fondamentaux du processus de transduction du signal Notch. de manière systématique — encore impossible il y a peu de temps. À ce jour. Nous caractérisons également des lésions en régression et les comparons à des tumeurs induites par plusieurs oncogènes « classiques ». Projet du laboratoire à l’Institut Curie Dans le cadre du nouveau pôle de Biologie du développement. dans l’intestin. comment la modulation des signaux Notch peut influencer le devenir et le potentiel de prolifération des cellules souches et nous essayons.

les résultats seront comparés aux modèles transgéniques. 3. 3) d’examiner l’implication non autonome des signaux Notch dans les étapes de la prolifération et leur rôle potentiel sur les interactions épithélium-mésemchyme. La dérégulation de Notch conduit à des déficiences dans chaque système biologique étudié.250 SPYROS ARTAVANISTSAKONAS L’implication de la voie Notch dans l’oncogenèse Le rôle de la voie Notch dans le développement comme dans tous les processus essentiels est pléiotropique. et Villin Cre dans l’épithélium intestinal. Cette analyse commencera par une évaluation détaillée de l’activation de Notch en utilisant MMTV Cre dans l’épithélium mammaire. et 4 introduites dans le chromosome Rosa. 2. Il est donc apparu évident que la modulation du signal Notch pouvait être à la fois un paramètre important d’une maladie mais aussi une cible thérapeutique. ce qui n’est pas surprenant compte tenu de l’importance du rôle fondamental de cette voie de signalisation. Mais de récents travaux ont insisté sur la possibilité que le rôle de Notch dans les maladies humaines pouvait être plus ordinaire qu’il ne semblait initialement. agissant à maintes reprises dans les différents contextes du développement. Dans les deux cas. Programme de recherche 1) Nous avons établi des lignées de quatre souris transgéniques qui hébergent des formes activées «Floxed » de chacun des quatre récepteurs Notch 1. . Ces deux modèles ont fait l’objet de publications . L’analyse phénotypique détaillée. Des croisements avec des lignées Cre appropriées nous permettent d’activer le signal Notch dans des tissus spécifiques et d’étudier pour la première fois et de manière systématique les différences quantitatives et qualitatives entre ces quatre récepteurs. 2) d’analyser des éléments génétiques comme cibles d’activation de Notch . que nous avons développés en activant le récepteur Notch 1. nous proposons 1) d’étudier les conséquences de l’activation du récepteur Notch dans la glande mammaire et l’épithélium intestinal . utilisant des marqueurs immuno-cytochimiques et fluorescents requiert la disponibilité d’équipements d’imagerie optique spécifiques. Il a été démontré depuis longtemps la relation entre la dérégulation de Notch et la prolifération cellulaire. Objectifs Par l’utilisation de souris transgéniques (déjà en notre possession). ils définissent notre base de travail pour ces expériences. et par voie de conséquence à des maladies .

bien que des événements mutagéniques secondaires entraînent une malignité qualifiée. Nous proposons d’étendre notre étude aux souris en utilisant des xénogreffes. Cette approche expérimentale de notre analyse est fondée sur nos résultats se rapportant à une lignée cellulaire — (537M provenant de souris transgéniques MMTV) — capable d’induire des tumeurs greffées sur des « souris nudes » lorsque celle-ci est mélangée à des cellules exprimant Notch activé tandis qu’elle n’induit pas la formation de tumeurs lorsqu’elle est mélangée à des cellules qui n’expriment pas Notch.en exprimant l’antagoniste Deltex de Notch. Une série d’expériences sont prévues pour tirer profit de ces observations afin d’étudier la capacité du signal Notch à agir sur divers types de cellules et aussi pour étudier en qualité et en quantité les différences sur les quatre récepteurs Notch. que nous avons poursuivie à la fois sur la drosophile et sur des cultures de cellules mammaires. Dans nos tentatives pour identifier ces événements secondaires. démontre que les cellules exprimant l’activation de Notch 1 peuvent stimuler une activité mitotique chez leurs voisins cellulaires. la Cyclin D1 est une cible in vivo des signaux Notch et que nous pouvons inhiber l’oncogenèse mammaire induite par Hras 1 dépendant de la cycline D1. Les cellules dans ces tumeurs conservent leur aptitude à répondre aux signaux apoptotiques pendant l’involution et en conséquence régressent. observées dans la glande de lactation présentent un exemple de dérégulation de la prolifération qui semble précéder un dérangement de la mort cellulaire.BIOLOGIE ET GÉNÉTIQUE DU DÉVELOPPEMENT 251 2) Nous avons développé un modèle de souris transgénique dans lequel l’activation du récepteur Notch 1 dans l’épithélium mammaire induit le développement rapide de néoplasmes dépendants de grossesse/lactation qui mettent en évidence une combinaison histopathologique caractéristique. Nous allons suivre les phénomènes biologiques et moléculaires de quelquesunes de ces cibles et prévoyons de valider celles-ci sur des échantillons humains. mais semble faire apparaître dans les grossesses ultérieures des adénocarcinomes malins non-régressifs. objectifs 1 et 3). L’ensemble de cellules activées par Notch conserve sa possibilité à répondre à des stimuli apoptotiques et régresse dès l’involution de la glande mammaire. Nous souhaitons utiliser le même modèle pour étudier et comparer les conséquences sur la glande mammaire de l’activation de Notch 2. . nous avons démontré par notre analyse in vivo que dans l’épithélium mammaire. Ce comportement cellulaire non autonome de Notch est le sujet d’une analyse systématique de notre laboratoire concernant la drosophile. Il est donc significatif que les tumeurs régressives. L’analyse. Ce mélange de cellules qui inclut l’expression de cellules dans Notch activé provoque une réduction de la lactation (de près de 50 %) et accroît le niveau apparent de croissance des tumeurs. nous avons utilisé le CGH (Comparative Génomic Hybridization) pour comparer la régression avec la non-régression des tumeurs Notch. 3. En outre. et 4 (voir ci-dessus.

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Au delà de Turing et de sa théorie des « gènes diffusibles ». à une certaine distance un puits qui dégrade le morphogène.Processus morphogénétiques M. Une source de morphogène. en principe. Cet article pose dès le début un grand nombre de problèmes qui sont loin d’être résolus et qui ont fait la substance du cours. d’où le « drapeau français » de Wolpert. comment à partir d’un champ homogène deux morphogènes auto-inducteurs et inhibiteurs réciproques. peuvent créer des « patterns » à la suite d’un simple différentiel de diffusion. et entre source et puits un gradient continue de ce morphogène. Si on ajoute des effets seuils. Chaque cellule du champ reçoit une certaine dose de morphogène en fonction de sa position entre source et puits et répond à cette information de position par l’expression d’un caractère. le point de départ du cours est le problème du drapeau français tel qu’il est posé par Lewis Wolpert dans un article très important de 1967. Il s’agit donc là d’une définition assez vague. Dans cet article Wolpert propose un modèle très simple de patterning d’un champ morphogénétique. Il reste que Turing dans cet article séminal a mis en place le principe de réaction-diffusion qui permet de comprendre. Pour Turing. une blanche et une rouge. ce qui me semble constituer le fond de l’affaire. membre de l’Institut (Académie des Sciences). par exemple une zone bleue. en référence aux évocateurs de Waddington. il s’agit d’évocateurs de formes. très éloignée des critères un peu contraignants qui président aujourd’hui au classement d’une substance dans la catégorie des morphogènes. professeur Morphogènes et morphogenèse Le cours de la chaire des Processus morphogénétiques portait cette année sur la question des morphogènes. Alain Prochiantz. le champ peut être divisé en plusieurs zones qui expriment des caractères différents. La première définition du terme de morphogène nous vient d’un article de 1952 d’Alan Turing « Les bases moléculaires de la morphogenèse ». Le premier est la diffusion : les .

pas seulement pour le cas de Bicoïd que je viens d’évoquer. migrent et acquièrent continûment des propriétés nouvelles. Mais la réalité est très éloignée de cette image. Sans entrer dans les détails. Wingless . Un deuxième problème est que les champs morphogénétiques ne sont pas stables. (pourtant un facteur de transcription !) fut longtemps considéré comme morphogène idéal. que ne le laisse penser ce modèle idéal proposé par Wolpert en 1967 et dont l’évidente simplicité rallia tous les esprits (les bons). On ne pouvait rêver mieux comme illustration du problème du drapeau français. certes à une certaine concentration de morphogène. Son activité morphogénétique au niveau de la patte est aussi un grand classique. la concentration efficace de morphogène dépend aussi du mode de transduction du signal et de la régulation de cette transduction. est un syncitium. instruisant chaque noyau de sa position et régulant l’expression de gènes qui « coupent » l’embryon en trois domaines. il est encore considéré comme valable dans certains de ses aspects. en fonction de sa position est exposée. Malgré ce caveat. La surface des cellules est un maquis de protéines et de sucres complexes rendant très improbable que les morphogènes diffusent librement. Enfin (provisoirement car il ne s’agit pas d’être exhaustif ). Dans ce cas comme dans celui d’autres morphogènes (BMPs. FGFs. Aussi parce qu’il a reçu de forts soutiens expérimentaux. Wnts. dont DPP (une parente des BMP). Un excellent exemple chez les vertébrés est fourni par sonic hedgehog (sHH) dont la diffusion à partir de la notochorde puis de la plaque du plancher détermine. La taille totale de l’embryon est constante à ce stade et la protéine diffuse librement. Les cellules se divisent. mais cette exposition dure plus ou moins longtemps. c’est-à-dire que les noyaux se divisent mais baignent tous dans le même cytoplasme (les membranes se formeront plus tard).…) l’existence d’un gradient né d’une diffusion a toujours été postulée. Tout modèle doit donc intégrer cette notion de durée d’exposition. parfois démontrée. Une cellule. Un troisième obstacle est celui du temps. donc. à ce stade. avec d’autres facteurs comme les Bone Morphogenetic Proteins (BMPs). La drosophile a constitué un objet d’étude essentiel à notre compréhension de la nature et du mode d’action de morphogènes. C’est ainsi que Bicoïd. le modèle de Wolpert fut considéré très longtemps comme incontournable. Le plus décisif fut l’étude de l’établissement de l’axe antéro-postérieur de l’embryon de Drosophile.254 ALAIN PROCHIANTZ morphogènes diffusent-ils ? Si on considère la surface des cellules comme une toile cirée. Il est intéressant. à partir de messagers ancrés à ce pôle et diffuse à travers l’embryon qui. de constater que Wolpert lui-même vient d’écrire un article dans lequel il revient sur son idée de départ pour déclarer que les morphogènes ne diffusent pas. Sur ce modèle il fut découvert que de nombreux morphogènes apportent par diffusion une information de position déterminant le devenir morphologique et physiologique d’ensembles cellulaires. meurent. Le problème est plus compliqué. le patron d’expression des gènes de développement le long de l’axe dorso-ventral du tube nerveux. l’équipe de Nüsslein-Volhard établit que la protéine Bicoïd est synthétisée au pôle antérieur. mais aussi pour d’autres de ces facteurs. rien ne s’y oppose. et ironique.

ce qui induit des interactions avec des lipide membranaires. Eric Wieschaus et le mathématicien Stanislas Leibler publient un article dans lequel ils démontrent que le gradient de Bicoïd est très variable entre embryons mais que les bords qui sont déterminés et les domaines d’expression des gènes définissant les territoires morphogénétiques restent très stables dans leurs positions et étendues. repose sur l’endocytose et l’exocytose des morphogènes. ou d’un résidu cholestérol. Une grande partie des exemples du cours pris dans la morphogenèse de l’aile de la Drosophile ont eu pour but de s’interroger sur ce point. Il y a plusieurs façons d’aborder le problème. On se gardera . une chose est certaine. Wieschaus et Liebler. sont modifiés par l’addition de séquences lipidiques hydrophobes. En 2002. Ce qui semble exclure une diffusion passive à partir d’une source antérieure et oblige à s’interroger sur la façon dont le gradient de Bicoïd se met en place au tout début du développement embryonnaire. le cours s’est attardé sur Bicoïd. Certains d’entre eux. le mouvement des morphogènes. etc. Un des systèmes de transport. Mais avant de développer le rôle de ces morphogènes dans la construction de l’aile de drosophile. va initier toute une série d’expériences au cours desquelles il sera démontré que la constante de diffusion de Bicoïd est dix fois inférieure à ce qui serait nécessaire pour établir un gradient et surtout pour que la longueur scalaire soit constante. Ce débat.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 255 (Wg) et Hedgehog (HH). Wnt/Wg et sHH/HH par exemple. ne peut reposer sur une diffusion passive mais requiert des systèmes de transport. aucun système de filtrage du bruit n’est nécessaire à la robustesse de la réponse génétique. Ce sont là des freins à la diffusion qui nécessitent des stratégies de « contournement » impliquant l’existence de transporteurs. ce qui n’empêche pas que la présence de matrice et de récepteurs de surface bloque cette diffusion. La face basolatérale est extrêmement contournée et il est improbable que la diffusion puisse se faire autrement que par mouvement brownien. il est constitué de cellules polarisées avec une face basolatérale et une face apicale. Bahram Huchmandzadeh. Décryptons : Contrairement à ce que propose Huchmandzadeh. we show that Bcd drives precise and sharp expression of its target genes through a process that depends exclusively on its ability to activate transcription ». de mécanismes de clivage des domaines actifs. le plus souvent. Un autre paramètre est la structure du milieu. Cette question de la diffusion des morphogènes est centrale et dépasse largement le cas de Bicoïd. Sans vouloir énumérer tous les cas particuliers. Ce sont des molécules souvent chargées positivement et donc susceptibles d’interagir fortement avec des protéines de la matrice extracellulaire ou de récepteurs de surface de type protéoglycans. D’où un problème intéressant de robustesse de la réponse malgré le bruit du signal. l’équipe de Nathalie Dostatni publie un autre article qui démontre que « contrary to recent reports proposing that the Bcd gradient is not sufficient to establish precise positional information. Si l’on prend l’épithélium à jonctions serrées du disque imaginal de l’aile de drosophile. D’abord du côté des morphogènes et de leur structure. « l’argosome ». Trois années plus tard.

le cours a abordé ces questions avec pour objectif de mettre en évidence les zones d’ombres. mais nous pensons que le phénomène de transduction des homéoprotéines. Un autre mode de transport à grande distance est le cytonème. Nous n’avons pas de proposition miracle. et qui contactent les morphogènes à des distances parfois très grandes. Pour résumer les cils ont une double action : mécanique sur le transport des morphogènes et transductrice du signal dans la mesure où ils portent des récepteurs aux morphogènes. Cette solution a été examinée sur le plan théorique. et sur le plan expérimental. les contradictions expérimentales et les simplifications abusives de nombre des modèles qui circulent. Un exemple intéressant de ce concept se trouve dans la description d’un cas de morphogenèse adulte. en contact avec le monde extérieur. Ce cil est une sorte d’organe sensoriel qui présente des récepteurs à son extrémité. car il est lié à la question de la durée d’exposition à un morphogène. L’implication des cils a été démontrée à toutes les étapes du développement (par exemple l’établissement d’une dissymétrie droite/gauche) non sans conséquences sur l’étiologie de plusieurs pathologies. les cils battent et ce battement est de nature à orienter les morphogènes. constitue une solution intéressante. Des travaux récents impliquant plusieurs laboratoires et coordonnés par Arturo Alvarez Buylla démontrent que cette direction antérograde est induite par un facteur répulsif (Slit1/2) sécrété par le plexus choroïde et poussé en avant par le battement coordonné des cils qui bordent le ventricule. aussi vésicule de signalisation. peut influencer l’activité du morphogène. le temps passé dans la vésicule d’endocytose. considérées comme de véritables morphogènes. L’idée est que le temps mis pour que le signal remonte au corps cellulaire constitue une « mesure » de la distance. de l’endocytose pour que la signalisation prenne place. elle rejoint très exactement les propositions initiales d’Alan Turing. .256 ALAIN PROCHIANTZ d’entrer trop avant dans le débat sur la nécessité. ou presque. celui de la migration des cellules neurales de la zone subventriculaire (SVZ) vers le bulbe olfactif. la région la plus antérieure du cerveau. Il s’agit de longs prolongements cellulaires très fins. Curieusement. Si la signalisation demande une endocytose. Ce transport planaire est une façon élégante d’échapper aux obstacles à la diffusion présents dans l’espace intercellulaire. ou non. Mais le modèle le plus populaire aujourd’hui est celui du cil. variable aussi importante que sa concentration. quand il s’agit de la formation de bords. en même temps. en collaboration avec David Holcman. En conclusion. sHH signale en se fixant à l’extrémité du cil sur son récepteur « patched/smoothened ». Ces cellules générées — à partir de cellules souches adultes — au niveau de l’épithélium qui borde le ventricule latéral migrent selon un courant antérograde et renouvellent les interneurones GABAergiques du bulbe olfactif. constitués de filaments d’actine. Cela est d’autant plus proche de la réalité que les cellules porteuses de cils forment un épithélium à polarité planaire conduisant à une synchronisation du battement ciliaire. Il est admis désormais que presque toutes les cellules ont un cil primaire. Débat intéressant cependant. Par exemple. L’argosome peut signaliser mais il peut aussi en passant de cellule à cellule transporter les morphogènes sans que ceux-ci ne soient jamais. Mais.

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INSERM et Ecole normale supérieure Maxime Dahan. CNRS. Transport et fusion vésiculaire. CNRS et Institut Curie Thomas Lecuit. Ces études s’appuient sur quatre modèles. le Lundi 10 décembre 2007. Collège de France et Ecole normale supérieure Recherche La recherche du laboratoire se divise.260 ALAIN PROCHIANTZ Séminaire Le séminaire a été tenu sous la forme d’une journée dédiée au thème Forme et Polarité cellulaire.2. . entre une partie théorique et fondamentale et une autre plus orientée vers les applications technologiques ou thérapeutiques. Un premier modèle est la formation de bords le long de l’axe dorso-ventral du tube nerveux aux périodes précoces du développement. Cette journée a été divisée en 4 thèmes : I. Les premières données sont encourageantes dans la mesure où le blocage du passage intercellulaire de Pax6 chez le poulet au stade E2 induit une modification du patron d’expression de MNR2 et HB9. Organisation dynamique de la synapse. biologie cellulaire et modélisation Thiéry Galli. CNRS et Ecole normale supérieure III. CNRS et Université de Marseille-Luminy Hotoyoshi Yasuo. biologie cellulaire et modélisation Antoine Triller. Partie théorique et fondamentale Création de patterns Nous avons continué d’explorer la signification physiologique du mécanisme de signalisation par transfert intercellulaire de protéines à homéodomaine. Morphogenèse et polarités cellulaire et planaire Yohan Bellaïche. Villefrance-sur-mer Alain Prochiantz. CNRS et Ecole normale supérieure II. La stratégie est de suivre la façon dont les frontières entre territoires dorso-ventraux peuvent être modifiés quand on bloque le passage intercellulaire de certains facteurs de transcription de la classe des homéoprotéines en particulier Pax6 et Nkx2. CNRS. avec des recouvrements. Ces études menées en collaboration avec l’équipe de Jean-Léon Thomas à la Salpêtrière viennent de débuter et il est encore trop tôt pour tracer l’état des lieux. CNRS et Institut Jacques Monod/Université Denis Diderot David Holcman.

Nous pouvons donc conclure que le transfert in vivo de l’homéoproteine Engrailed est nécessaire au patterning des projections de la rétine sur le tectum. et Christine Holt (Cambridge. Elle est pratiquement achevée et sera renvoyée. D’une part vérifier que ce mécanisme opère in vivo au moment de la mise en place des connexion retine-tectum. Cette activité d’Engrailed se fait en coopération avec les Ephrins. Guidage axonal Dans une étude antérieure menée en collaboration avec le laboratoire de Christine Holt (Cambridge. préliminaires mais elles suggèrent que cette opération modifie de façon non autonome cellulaire le développement de la veine transverse dans la partie antérieure de l’aile (à proximité de la frontière antéro-postérieure). sous la forme d’un manuscrit révisé. Cette réponse requière l’internalisation de la protéine par les cônes et repose sur une régulation de la traduction locale des ARN messagers des cônes par l’homéoprotéine. Pour ce qui est de la caractérisation des messagers traduits. D’autre part identifier les ARN messagers régulés au niveau traductionnel après internalisation de l’homéoprotéine. ici encore.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 261 Dans le même ordre d’idée nous avons utilisé. Parmi ces candidats nous avons eu la surprise de trouver des messagers mitochondriaux et nous développons. Engrailed (En1 et En2) sont exprimés à la surface du tectum selon un gradient antéro-postérieur. 3. une stratégie de blocage du passage de l’homéoprotéine Engrailed dans le disque imaginal de l’aile de drosophile. Montpellier). Les données sont. La neutralisation de la protéine extracellulaire in vivo entraîne une projection ectopique des neurones temporaux dans les domaines postérieurs du tectum. Allemagne). en collaboration avec Forence Maschat (CNRS. l’EphrinA5 en particulier. sans implication de la transcription. La partie in vivo implique une collaboration avec Andrea Wizenmann et Wolfgang Wurst (Tübingen et Munich. 2. Dans ce manuscrit nous démontrons sans ambiguïté les faits suivants : 1. Nature. l’hypothèse selon laquelle l’internalisation d’Engrailed entraîne une augmentation de l’activité du complexe I et la synthèse . UK) nous avons démontré (Brunet et al. Cela nous a amené à développer le travail le long de deux axes. sur cette base. à la revue Neuron dans les semaines qui viennent. nous avons utilisé une approche par puces à ADN en comparant dans diverses situations (Engrailed internalisé ou non) le population des messagers en cours de traduction (sur les polysomes). 94-98. UK). 2005) que les cônes de croissance des neurones ganglionnaires de la rétine (RGCs) d’origine nasale et temporale répondent de façon opposée (attraction et répulsion) quand ils sont placés dans un gradient de l’homéoprotéine Engrailed. Nous avons aujourd’hui une dizaine de candidats sérieux qui seront bientôt testés (en collaboration avec le laboratoire de Christine Holt). La quantité de protéine à la surface correspond à 5 % de son contenu nucléaire. 483.

nous avons développé des modèles pour tester les différents paramètres.262 ALAIN PROCHIANTZ d’ATP. 156-178. USA) nous avons démontré que la capture de l’homéoprotéine Otx2 par les interneurones GABAergiques à parvalbumine (couches 3 et 4 du cortex visuel binoculaire) ouvre la période critique (plasticité corticale) au cours de la maturation post-natale su système visuel. Theoretical Biol. Nous le faisons en recherchant les cibles transcriptionnelles et traductionnelle d’Otx2 dans les neurones GABA à parvalbumine. Au cours de l’année écoulée nous avons accumulé des données qui soutiennent l’hypothèse de l’existence de sites de fixation constitués par des sucres complexes (glycosaminogycans). de ce mode de signalisation au cours de la mise en place de gradients morphogénétiques et de la formation de frontières entre territoires au sein du neuroépithélium. Cet ATP pourrait avoir une activité intracellulaire. 70. La prochaine étape est donc de tester l’importance physiologique de cette reconnaissance en la bloquant in vivo au cours de la période critique. Harvard Medical School. 2008). Modélisation En collaboration avec David Holcman (Ecole normale supérieure). Nous testons actuellement cette hypothèse en mesurant l’ATP extracellulaire et en vérifiant si la réponse à Engrailed est modifiée par des agents pharmacologique interférant avec la voie de signalisation purinergique. 249. Ces calculs ont été publiés (Holcman et al. .. 134. suggérant un mécanisme de reconnaissance spécifique. 503-517. Au cours de cette étude nous avons observé qu’Otx2 infusé dans le cortex est spécifiquement internalisé par les neurones GABA à parvalbumine. Bulletin of Mathematical Biology. Kasatkin et al. proche de celui proposé par Turing en 1952.. Cell. 508-520. nous avons calculé que ce mécanisme. est plausible et compatible avec les données de la littérature. 2007 . Nous avons identifié dans la séquence d’Otx2 un domaine de 12 acides aminés responsable de cette reconnaissance. Un autre point important est de comprendre le mode de transduction du signal. Ce travail fondé sur des pertes et gain de fonction d’Otx2 et des enregistrements électrophysiologiques est actuellement sous presse (Sugiyama et al. Reprenant les propriétés d’auto-activation et d’inhibition réciproque des homéoprotéines exprimées de part et d’autre d’une frontière. Boston. J. mais aussi extracellulaire après sécrétion et fixation sur des récepteurs purinergiques. tout particulièrement la robustesse. Période critique Dans ce travail (collaboration avec Takao Hensch. 2008).

Nous avons démontré. Nos résultats suggèrent qu’Otx2 internalisé par les RGCs protège ces neurones contre une mort induite soit par l’axotomie (in vitro) soit par une neurotoxicité glutamatergique (in vivo). chez l’adulte. CH). Depuis nous avons donné du poids à cette hypothèse en démontrant qu’Engrailed internalisé par les neurones DA protège in vitro et in vivo contre leur mort spontanée. HOP est réprimé dans ces cellules souches tumorales et l’induction de son expression les fait entrer en apoptose. par perte et gain de fonction. une drogue qui s’attaque au Complexe I mitochondrial. 1063-1071. 2008). suggérant un rôle important de HOP dans le processus oncogénique (De Toni et al. Dans le cadre d’un contrat industriel avec Fovea-SA. est presque uniquement constituée d’un domaine de fixation à l’ADN (l’homéodomaine). nous avons mis au point des modèles in vitro et in vivo permettant de tester les propriétés protectrices d’Otx2 sur la mort des RGCs adultes. Nous sommes . mais aussi induite par le MPP+. Les causes de cette mort ne sont pas établies avec certitude. J. dans l’hippocampe.. que je ne développe pas. nous avons formé l’hypothèse d’un contrôle de la survie des RGCs par le passage de la protéine Otx2 entre les cellules bipolaires et les RGCs. Grâce à une collaboration avec Ariel Ruiz i Altaba (Faculté de Médecine de Genève. Sur la base d’observations préliminaires. 3.. Les hypothèses sur le rôle d’Otx2 comme protéine thérapeutique ont donné lieu à un dépôt de brevet. 27. comme son nom l’indique. dans les noyaux dopaminergiques (DA) du mésencéphale. de HOP (homeodomain only proteins) qui. nous ont conduits a proposer qu’Engrailed pouvait se trouver dans le circuit génétique de la maladie de Parkinson.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 263 Etudes technologiques et applications thérapeutiques Gliomes Au cours de l’étude des cellules souches adultes présentes dans le système nerveux central. que cette mini-protéine est un anti-oncogène pour les cellules neurales souches adultes de l’hippocampe. Cette fonction est exercée à travers le contrôle de la mort programmée de ces précurseurs neuronaux. Cette observation et d’autres raisons. Neurosci. Neural Dev. Au cours d’un travail publie en 2007 (Sonnier et al. Glaucome Le glaucome est provoqué par la mort des cellules ganglionnaires rétiniennes (RGCs). 2007). Isabelle Caillé avait observé l’expression. qui dégénèrent dans la maladie de Parkinson. 13. nous avons comparé l’expression de HOP dans des tissus sains et des cellules souches tumorales de gliomes humains. même si l’idée prédominante implique une augmentation anormale de la pression intraoculaire. nous avions rapporté que la délétion d’un seul allèle En1 (donc un allèle Engrailed sur quatre) s’accompagne d’une mort progressive des neurones DA chez l’adulte. Maladie de Parkinson L’homéoprotéine Engrailed (En1 et En2) est exprimée.

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6th international Symposium Neuronal mechanisms of Vision. Helsinki. Designing the Body Plan: Developmental mechanisms. Nagoya September 27th 2008. 4. CEINGE. Brain Diseases and Molecular machines. August 10-15 2008.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 265 Brevets 1. Chemistry and Biology Symposium of the Japan Society of Bioscience. Keynote lecture. 9 janvier 2008. . March 25-28. Utilisation d’une Homéoprotéine de la famille Bicoïd pour le traitement du Glaucome. USA. Molecular mechanisms in neural patterning and differentiation. Newport Rhode Island. Biotechnology and Agrochemistry. March 29thApril 1st 2007. 6. 2007. 2007. Prochiantz & K. Ruhr Universtät Bochum October 11th-13th. Paris. 2. Germany. Keynote lecture. June 4th-8th. Moya. France. Conférences 2007-2008 1. Keynote lecture. 7th meeting of the German Neuroscience Society. A. Visual System Development Gordon Conference. Napoli April 20th-22nd 2007. Göttingen. 7. 5. The Cell-Penetrating Peptides (CPP) Satellite Meeting. 30-31 August 2008. N° 08/00110. 8. 3. Leiden Lorentz center.

.

e. On peut rechercher des filiations génétiques. de même que les invertébrés. produite par des décennies de recherche. l’immunome. Les plantes possèdent un système immunitaire développé. Philippe Kourilsky. Enseignement Le cours 2007-2008 a porté sur « Les systèmes immunitaires dans l’évolution des espèces ». Son périmètre est fonction de la définition du système immunitaire que l’on adopte et des appréciations que l’on porte sur la fonction des gènes. et se livrer à des comparaisons et des hypothèses sur l’évolution des fonctions. celui de l’homme et de la souris. tenter d’identifier l’origine évolutive de tel ou tel gène. Cette question a fasciné les immunologistes qui recherchent depuis longtemps leurs origines évolutives. Bien entendu. on extrait. et on n’évoquera ici que les enjeux scientifiques les plus importants. entre immunité adaptative et immunité innée.Immunologie moléculaire M. La génération de la diversité des anticorps et des récepteurs des cellules T figure parmi les traits caractéristiques de l’immunité adaptative. certaines bactéries se défendent contre l’intrusion d’ADN extérieur (bactérien ou viral) par le système de restriction-modification. Ainsi. professeur I. au prix d’une extension de langage. Il est accessible sur le site du Collège de France. A partir de la séquence du génome entier d’une espèce donnée. au travers notamment des homologues des . in silico. Tous les êtres vivants sont dotés de mécanismes de défense qui protègent leur intégrité et peuvent. le sous-ensemble des gènes impliqués dans les défenses immunitaires. principalement. L’immunome de l’homme contient entre 5 % et 8 % des gènes humains. Les approches expérimentales habituelles se sont récemment enrichies des analyses génomiques qui sont pratiquées sur un nombre croissant d’organismes. le point de référence habituel est le système immunitaire des mammifères. On y repère la classification majeure. membre de l’Institut (Académie des Sciences). i. être qualifiés d’immunitaires.

Elle est particulièrement développée chez certains mammifères comme l’opossum. il n’y a donc pas eu une solution évolutive unique à la question de la génération de la diversité des anticorps. Contrairement à ce que l’on avait cru. en tant que telle. leur attention s’est à nouveau portée sur les gènes de l’immunité innée et sur plusieurs familles de récepteurs qui agissent comme détecteurs de différentes classes d’agents infectieux. On observe que l’immunité adaptative. On s’est livré. la phase de croissance extraplacentaire du nouveau-né implique que. Les plantes disposent d’un système d’immunité innée qui présente de nombreuses homologies avec celui des vertébrés et des invertébrés. mais le dispositif est plus largement exploité pour la lutte contre l’invasion de transposons et la surveillance de l’intégrité du génome. puisqu’il s’agit des petits ARN interférants. Les invertébrés n’ont pas d’immunité adaptative. l’est moins chez des mammifères plus anciens. Mais l’étude de la lamproie et de la myxine a montré que celles-ci fabriquent des anticorps d’un type totalement différent. caractérisés par des motifs moléculaires dits LRR (Leucine Rich Repeats) et non par des modules de type IgSF de la superfamille des immunoglobulines. bien que fondé sur des agents moléculaires radicalement distincts. de l’interférence ARN est l’une des plus importantes des dix dernières années. qui semble effectivement très diversifiée. les oiseaux et les poissons. De plus. certains gènes donnent lieu à des phénomènes d’épissage alternatif qui en diversifient les produits. récente. très développée et sophistiquée chez l’homme et chez la souris. Toutefois. parfois considérables. partant de l’homme pour aborder successivement les mammifères. ce dont l’immunome de l’oursin donne un exemple. Dans le même temps. variables d’une espèce à l’autre. La découverte. les premiers disposant d’anticorps et de CMH et les autres pas. Elles possèdent un deuxième dispositif qui s’apparente à l’immunité adaptative. Ces observations ont conduit à rechercher l’importance éventuelle de l’interférence ARN dans les systèmes immunitaires des . on observe à la fois une forte conservation verticale de certains gènes qui représentent probablement une innovation évolutive critique. à une analyse « descendante » de l’immunité adaptative et de l’immunité innée. sa survie dépend essentiellement de son immunité innée. on s’est aussi rendu compte que l’immunité innée est d’une complexité inattendue. au cours des premières leçons. depuis 1996. Une analyse transversale a conclu l’ensemble du cours.268 PHILIPPE KOURILSKY gènes du Complexe Majeur d’Histocompatibilité (ou CMH). Dans tous les cas. pendant plusieurs semaines. tout comme dans ses articulations avec l’immunité adaptative. et des expansions horizontales. Les plantes l’utilisent pour se défendre contre les virus. d’autres vertébrés et enfin les invertébrés et les plantes. mettant en jeu jusqu’à des centaines de gènes. Chez ce dernier. La frontière se situe entre poissons avec et sans mâchoires. Elle est absente chez les invertébrés. mais leur immunité innée est parfois très sophistiquée.

L’étude des systèmes immunitaires dans l’évolution des espaces est donc riche d’enseignements. concentrée sur l’homme. Ce qui brouille plus encore le tableau limpide que propose la distinction académique entre immunité innée et immunité adaptative. l’évolution a sélectionné au moins deux types de colles « universelles » : les molécules à LRR et les modules de type IgSF. L’immunité anticipative pourrait donc faire le lien entre deux catégories conceptuelles traitées jusqu’à présent de façon trop distincte. les deux sont utilisés. non seulement dans l’immunité adaptative. i. est la notion d’immunité anticipative. un jeu de structures capables d’anticiper la survenue de nouveaux agents infectieux. De même. mais aussi dans l’immunité innée. Le gène unique DSCAM. ou de variantes de ces derniers.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 269 mammifères. Au demeurant. Elle ne se contente pas de nourrir l’histoire naturelle : elle est aussi source de nouveaux concepts. Mais faut-il nécessairement en conclure que chaque gène a été sélectionné de façon précise. chez la drosophile. et pourrait bien être un prototype de dispositif anticipatif. Il est probable que ces derniers exploitent effectivement ce mécanisme. au niveau moléculaire. même pour une invention évolutive jugée remarquable. . par exemple pour lutter contre un agent infectieux donné présent dans la niche en question ? On peut imaginer à l’inverse que certains dispositifs de l’immunité innée sont anticipatifs en ce sens qu’ils produisent (par diversification génétique et épissage alternatif ). Il sert à la diversification des neurones. de même que sur la souris qui est censée lui servir — fort imparfaitement d’ailleurs — de modèle. comme dans bien d’autres. très légitimement. L’analyse évolutive des systèmes immunitaires induit donc un décentrage du regard. mais apparemment aussi dans l’immunité innée. La découverte d’autres principes fondateurs de l’immunité montre que. peut produire par épissage alternatif quelques 38 000 isoformes. Il n’y a donc aucune relation bi-univoque entre motifs structuraux et telle ou telle fonction de l’immunité adaptative ou innée. Ainsi. Les vastes expansions génétiques observées dans des familles de gènes de l’immunité innée suggèrent qu’elles correspondent à une forme d’adaptation et/ou de sélection à telle ou telle niche écologique. mais s’en servent indirectement dans l’immunité adaptative. Ils l’utilisent aussi pour surveiller l’intégrité du génome. on trouve les traces du combat évolutif entre les agents infectieux et leurs hôtes dans la multiplicité des systèmes d’échappement inventés par les agents infectieux et des contre-systèmes développés par leurs hôtes. et les petits ARN interférents constituent chez les plantes un système que l’on peut considérer comme adaptatif. L’attention des immunologistes reste. dans des processus de régulation plutôt que de reconnaissance directe.e. L’analyse des récepteurs des cellules NK chez l’homme et la souris fournit d’ailleurs un bel exemple d’évolution convergente. il existe chez les vertébrés au moins deux catégories d’anticorps possibles. On soulignera que certains agents infectieux synthétisent de petits ARN interférants pour circonvenir les défenses cellulaires. il y a plusieurs solutions. leur structure étant distincte et leur fonction quasi-identique. Dans ce cas.

Institut Pasteur Paris. the water. Institut Pasteur Paris. — Immunity in parasite-vector molluscs • Noël Tordo. France. INRA Jouy-en-Josas. Lieu : Amphithéâtre Marguerite de Navarre (Collège de France) Organisateurs : Philippe Kourilsky et Dominique Buzoni-Gatel (INRA) Intervenants / Programme : AN OVERVIEW : • Louis Du Pasquier. — RNA Silencing pathways and anti viral defense in plants BUGS AND INFECTION • Elena Levashina. University of Montpellier. France. France. strategies of prevention • Jean-Michel Escoubas. University of Basel. and the earth »). Institut Pasteur Lille. France — Bats as carrier of human diseases. an enlightening tool to study the immune system in fish THE HEN OR THE EGG • Yves Nys. France — The zebrafish. France — X-tox : a new family of immune related protein specific to Lepidoptera. • Jonathan Ewbank. Switzerland.270 PHILIPPE KOURILSKY Le séminaire de la chaire a été organisé sous forme de colloque : Titre : « L’Arche de Noé immunologique : L’immunité chez les êtres des airs. — Immunity in disease-vector mosquitoes • Christine Coustau. Date : Mardi 8 avril 2008. INRA Bordeaux. France — Resistance to fungal infection in Caenorhabditis elegans THE IMMUNE SYSTEM IN CREATURES FROM WATER • Pierre Boudinot. INRA Nouzilly. — Multiple resistant traits control infection in plants • Olivier Voinnet. France. University of Marseille Luminy. IMMUNE DEFENSES IN PLANTS : • Olivier Le Gall. CNRS Strasbourg. CNRS Strasbourg. France — Eggs have their own antimicrobial defense systems . des eaux et de la terre » (« Noah’s Ark and the Immune System : Immunity in living creatures from the sky. France — A functional analysis of rainbow trout immune system • Jean-Pierre Levraud.

Conférences et colloques. Paris.10.2007 23.Wuhan Institute of Virofessorship) : « The Birth of Systems Immunology.2007 06. Compton University. de la recherche au diagnostic ex-vivo » : « Répertoires Immunitaires : Analyse du système immunitaire humain (cellules T et B) » 10. France II. Palais du Luxemimplication pour la France ? » bourg. interventions publiques Date 11. • Véronique Jestin.2007 12.2007 26. Collège de France. UK — Cytokines. AFSSA Ploufragan.2007 . • Jim Kaufman.Ecole normale supérieure munologie (SFI) : « Les approches globales des de Lyon (ENS) répertoires immunitaires.10.2007 Conférence ou Table ronde Lieu Colloque « Les sciences à l’UNESCO : quelle Sénat. chemokines and their implication in resistance to chicken infection (in ovo vaccination). Paris.11. Table ronde : Développement Durable et environnement : « Présentation de Facts » Conférence (CAS Albert Einstein Visiting Pro. UK — The genomic organisation of the chicken MHC leads to gene coevolution. resistance to infection and insight into the origin of the adaptive immune system. University of Cambridge. logy (Chinese Academy of How it may help fighting infectious diseases » Sciences) Symposium  Animal Genomics for Animal Organisation Mondiale de Health » [Organisation Mondiale de la Santé la Santé Animale (OIE) à Animale (OIE)] : « The Human Genome and Paris biomedicine : past and future impacts » Chaire Santé et développement du CNAM : Conservatoire national des « La recherche sur les maladies oubliées dans le arts et métiers à Paris monde » Atelier technologique Société Française d’Im.Capital Medical Univerfessorship) : « Health and Sustainable Develop.10.09.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 271 • Peter Kaiser.11. France — Vaccination against avian influenza infection CONCLUSION • Philippe Kourilsky.sity Pekin (Chine) ment : What can Science do ? » Conférence (CAS Albert Einstein Visiting Pro.

2008 06.Prof. Recherche Les activités de recherche de la Chaire d’Immunologie Moléculaire sont désormais conduites au sein de deux entités aux localisations distinctes. où Philippe Kourilsky anime plus particulièrement deux groupes de recherche (thèmes 2 et 3).01.Liliane Bettencourt .2008 15. Collège de « Santé et Développement durable : Que peut faire France la Science ? » 28.de Navarre. inclut un centre de recherches qui comprend 6 000 m2 de laboratoires (cf. graphie et migrations » : « La question des maladies négligées » « Rendez-vous parisiens  sur Radio Aligre. Collège de logique . Di Santo) en collaboration avec le groupe animé par A.04. dans l’U668 de l’INSERM (Directeur : J.12.2007 Conférence ou Table ronde Lieu 5e Forum Mondial du Développement Durable Sénat. SIgN. 1er thème).2008 23.2008 21.06. Paris. au sein du Singapore Immunology Network (SIgN). des enjeux. Berry) : France « Le système immunitaire.2008 III. » Colloque Informatique et Bioinformatique Amphithéâtre Marguerite (dans le cadre de la Chaire d’innovation techno. etc. présidé par Philippe Kourilsky. Bandeira. 2.05. Palais du Luxem(FMDD). . A Singapour.05.272 PHILIPPE KOURILSKY Date 06.bourg.Sciences Po à Paris ces Po pour l’Afrique : « La recherche dans le domaine des maladies infectieuses. financé par l’Agence gouvernementale A*STAR. Session « régulation sanitaire. dans l’Unité dirigée par A. 1. G. de la santé mondiale. des partenariats publics privés. démo. A Paris. Cumano (cf. un grand système d’information » Conférence CLAS (pour le personnel CdF) : Amphi Budé. Locaux de Radio Aligre. Emission consacrée au Collège de France (avec Paris Michel Zink) 4th Biomedical Asia : « The evolving biomedical Suntec Singapore Internascience and industry » tional Convention and Exhibition Centre (Singapour) Conférence organisée par l’association « Scien. Annexe).

d) Etude de la diversité des cellules T régulatrices de la souris (A. L’immunoscope est toujours utilisé pour le suivi d’un groupe d’enfants dont l’immunodéficience a été corrigée par thérapie génique (A. une étude clinique a été entreprise sur la reconstitution des répertoires B après traitement du pemphigus vulgaire par l’anti-CD20 (Rituximab) (8). Musette (Rouen. De façon remarquable.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 273 1er thème : Répertoires des cellules immunitaires de l’homme et des cellules T régulatrices de la souris (A. Le sous-ensemble minoritaire semble plus enclin à l’apoptose spontanée. avec une taille moyenne des clones de l’ordre de deux. Lim) a) Poursuite de l’amélioration de l’Immunoscope (A. très puissante pour étudier les répertoires des cellules T et B. qui sont greffées avec des cellules souches hématopoïétiques humaines dérivées de foie fœtal humain. Elle a fait la preuve de son utilité dans le suivi clinique (1). un article est en cours de rédaction. Fisher. Mempel (Munich. SIgN) Deux populations de macrophages CD14++ CD16– (80%) et CD14+ CD16+ (20 %) ont été étudiées. avec M. D’autres développements en cours incluent la mise au point de l’analyse des chaînes alpha du TCR. Lim) Il s’agit de souris RAG2/γc. 2e thème : Analyse systémique des macrophages humains (Wong Siew Cheng. le répertoire des Treg ne chevauche quasiment pas celui des cellules T naïves. aux séquenceurs à capillaires à haut débit (3). pourrait être plus cytotoxique. Lim) L’immunoscope reste une méthodologie de référence. b) Applications à l’immunologie humaine et à la clinique (A. Des méthodes d’analyse statistique permettent de mesurer plus rapidement que par le passé la dimension et la diversité des répertoires (J. Lim) . Faro. Necker) (4). France). L’adaptation de la méthode aux cellules B a permis d’entreprendre des études en allergologie. et apparaît plus apte à l’adhésion et à la . Allemagne) (5. ce qui suggère fortement que les Treg reconnaissent des ligands particuliers. Bandeira. avec l’aide des méthodes statistiques évoquées plus haut. Bandeira) La dimension des répertoires des cellules T CD4+ CD25+ a été estimée. De plus. Les résultats montrent que les Treg sont très diverses. grâce notamment à l’écriture d’un nouveau logiciel.6) et en dermatologie avec l’Université de Californie (7). . avec Ph. c) Analyse de souris « humanisées » (J. Di Santo. A. La reconstitution des répertoires B et T est analysée par l’Immunoscope. Portugal). Les expériences de confirmation avec des T CD4+ Fox P3+ ont été réalisées récemment. tout autant que dans de nombreux problèmes de recherche chez la souris (2). A. Une amélioration technique importante réalisée en 2007-2008 a consisté à l’adapter. Vigo.

en Italie. Ce dernier est en cours de construction dans le cadre d’un partenariat franco-chinois qui avait été mis en place sous l’égide des Présidents des deux Républiques de France et de Chine en 2005 lors de la visite en France de ce dernier. effectué un séjour en Chine. Il a. IV. Les études de transcriptomique et de protéomique ont ouvert plusieurs voies d’investigation et hypothèses fonctionnelles. titulaire de la chaire Albert Einstein de l’Académie des Sciences en Chine (CAS Albert Einstein Visiting Professorship). à ce titre. ainsi qu’à identifier les épitopes T immunodominants (avec l’aide d’approches informatiques). Kourilsky a co-présidé pendant 2 ans le groupe de suivi. au premier chef le Collège de France. l’Institut Karolinska en Suède et l’université de Milan. Au cours des deux dernières années. . Sous l’impulsion de SIgN. ainsi que l’Institut Pasteur et l’INSERM en France. Le centre de recherches qui se développe dans 6 000 m2 de laboratoires comprend d’ores et déjà une douzaine de groupes de recherches et plus de cent chercheurs. où se trouve un institut de virologie (conférence au Wuhan Institute of Virology). Un réseau régional de collecte d’échantillons et de partage d’informations est en voie de constitution. chargé entre autres. Kourilsky en 2006 — plan approuvé par l’Agence A*STAR. Ces chiffres ont vocation à doubler dans les deux ans à venir. Kourilsky). l’Institut Riken au Japon. du pilotage du laboratoire de haute sécurité BLS-4. La caractérisation des macrophages infiltrant des tumeurs a été entreprise. principalement à Pékin (conférence au « Capital Medical University Pekin ») et à Wu-han. Annexe : Singapore Immunology Network (SIgN) http://www. Conformément au plan élaboré par Ph. Les travaux en cours visent à améliorer le diagnostic (les confusions avec l’infection par le virus de la Dengue doivent être évitées). SIgN) Le virus chikungunya est assez répandu en Asie (particulièrement en Inde) et quelques cas ont été rapportés à Singapour pour la première fois en 2007.sg/ SIgN a pour mission de stimuler le développement de l’immunologie dans l’Etat de Singapour. a été notamment créée la Société Singapourienne d’Immunologie (dont le Président Honoraire est Ph. Un projet de vaccinologie est à l’étude. il comprend une plate-forme sur le site de Biopolis et un réseau qui inclut les deux universités et les institutions hospitalières de Singapour. pour l’année 2007-2008.edu. SIgN a organisé sept colloques internationaux et noué des relations avec plusieurs institutions renommées. Autres activités et nouvelles de la chaire • Philippe Kourilsky a été. L’intervention de ces macrophages dans divers phénomènes infectieux est à l’étude. Un modèle de co-culture tridimensionnelle in vitro est en cours de mise au point (sphéroïdes) pour étudier dans quelles conditions ces macrophages peuvent devenir pro-tumorigènes.sign.a-star. 3e thème : Analyse des réponses immunitaires contre le virus chikungunya (Lisa Ng. P.274 PHILIPPE KOURILSKY migration.

Paques. Romana. Wertz. J. De ces activités résultent des connaissances. Lim. A. Stockholm. des bonnes pratiques à l’aide d’une revue internationale « FACTS Reports ». Magerus-Chatinet. D. promue par Philippe Kourilsky. Cette commission présidée par M. sans être exhaustives. mobilisent l’intervention de nombreux acteurs. • L’initiative « FACTS » (Field Action Science) Développement. ayant pour objectif d’améliorer l’efficacité des actions. membre de la Commission du Livre Blanc de la Diplomatie Française. Blondeau. • Philippe Kourilsky a été nommé en 2007. est de collecter et de diffuser un savoir. des expériences et des méthodes de résolution des problèmes. se présente comme un outil de valorisation et de consolidation du capital de connaissances produit sur le terrain. lancée par Philippe Kourilsky. (2008).-L. Le Lorc’h. Bristeau-Leprince. J. Benjelloun. J.aspx V. Alain Juppé et Louis Schweitzer. B. Chappedelaine. C. sur l’ensemble de la planète. Publications 1. S. A. Fischer. Jan. . humanitaire. Lemercier. santé. X. J. J. F.org/fr/facts-initiative.veolia. S.-P. D. Le livre blanc a servi de base à un train des réformes Ministères des Affaires Etrangères annoncées fin août 2008 par le Ministère des Affaires Etrangères à l’occasion de la XIe conférence des Ambassadeurs à Paris (28-29 août 2008). fonctionnant selon les règles prévalant dans la communauté scientifique. Lesjean Pottier. E. qui sont peu ou pas diffusés et partagés entre les intervenants de terrain. A. lors du Forum BioVision. des savoir-faire. Demerens.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 275 • Le comité exécutif de l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS)/ Université de Québec a renouvelé le mandat à titre de Professeur associé au Centre INRS-Institut Armand Frappier jusqu’au 31 mai 2010. M. institutions académiques. P. Garrigue. A. des méthodologies. Soulas-Sprauel. Molecular Therapy (2008). . F. 20(1) : 105-16. autant de thématiques qui. A. Fischer. Hauer. F.double-negative T cells in patients with autoimmune lymphoproliferative syndrome (ALPS) express restricted Vβ TCR diversity and are clonally related to CD8+ T cells. 2. Immunology (2008). à Lyon.institut. éducation. De Villartay and M. Huetz and P. environnement. Int Immunol. Malassis-Seris. Galy. A. Rivière. P. La création de la revue internationale « FACTS Reports » a été rendue publique le 12 mars 2007. consultants. N. 3. Mateo. M. Lim. V. Charneau. Brousse. A. La finalité de FACTS initiative. A.E. Solary. A. organisations gouvernementales et multilatérales. L’initiative FACTS. Cavazzana-Calvo : Stable and functional lymphoid reconstitution in Artemis-deficient mice following lentiviral Artemis gene transfer into hematopoietic stem cells. ONG. a rendu ses conclusions début juillet 2008. Site internet : http://www. Gougeon : Human TCR α/β+ CD4-CD8. Lim. Rieux-Laucat and M. F. Kourilsky : Many human peripheral VH5-expressing IgM+ B cells display a unique heavy-chain rearrangement.

V. S. J Clin Invest. M. S. Lemercier. L. K. . Hein : Low-dose anti-IgE therapy in patients with atopic eczema with high serum IgE levels. Kenny.J Allergy Clin Immunol. Feb. Fischer and M. I. Forema. Luderschmidt. Radford. Bedane. A. Caccavelli. F.C. L. Lim.D. 6. P. Sep. A. H. Belohradsky. M. Morillon. 5. J. Nov. M. Dal Cortivo. Lim. Gougeon : VH gene usage and CDR3 analysis of B cell receptor in the peripheral blood of patients with PBC.-C. A. C. R. . Mouquet. L. S. A. M. C. Lim. (2007). Lim. Gershwin. . Clappier. P. M. U. Moshous. J. 7. Gilbert. Sbornik. Hauer. P. Dutot. A. Sigaux. Wang Gary. . J. D. d’Incan. B. Lemercier. T.276 PHILIPPE KOURILSKY 4. Leiva. I. Velez. A. Ziai. Schnopp. Beldjord. B. Jun.H. 41(1) : 80-6. Gougeon. J Allergy Clin Immunol. Brousse. M. Ollert. E. (2008). Wintergerst. Bushman. Wulffraat. M. Asnafi. Tron. Hacein-Bey-Abina. J. Andres. A. Hein. E. B. A. Lemercier. E. 120(3) : 696-706. R. Invest. Ring. D. 8. Kourlisky. Jacquot. Garrigue. M. A.-L. F. J. 19. Musette. Macintyre. F. Weidinger. R. Weidinger. Belloni. Ring. 7. Mempel : The IgE repertoire in PBMCs of atopic patients is characterized by individual rearrangements without variable region of the heavy immunoglobulin chain bias. and P. Joly : B-Cell Depletion Immunotherapy in Pemphigus : Effects on Cellular and Humoral Immune Responses. S. Roujeau. Lim. Cavazzana-Calvo : Insertional oncogenesis in 4 patients after retrovirus-mediated gene therapy of SCID-X1.L. Delabesse. S. Soulier. B. 120(5) : 1223-5. Borkhardt. Autoimmunity (2008). Schnopp. (2008) Aug. N. C. Sorensen. A. Dermatol. B. C. J. (2007). V. Blanche. N. E.

Il développe progressivement une sensibilité à la notion de simplicité qui lui donne accès à de nouvelles régions du paysage mathématique » (Changeux & Connes. ne peut qu’être frappé par la difficulté avec laquelle l’enfant se construit. le mathématicien perçoit peu à peu les contours et la structure incroyablement riche du monde mathématique. Le psychologue du développement. Pour Piaget. Citons par exemple Alain Connes dans son débat avec Jean-Pierre Changeux : « Lorsqu’il se déplace dans la géographie des mathématiques. Elle postule que les fondements cognitifs des mathématiques doivent être recherchés dans une série . la représentation mentale de l’un des plus simples et cependant des plus fondamentaux des objets mathématiques : le concept de nombre entier naturel. n’appartient à aucun de ces deux camps. La position que j’ai défendue dans ce cours. explicitement ou implicitement. à une hypothèse Platonicienne selon laquelle les mathématiques ne sont que l’exploration d’un monde à part. La nature et l’origine des objets mathématiques font débat depuis l’Antiquité. 1989). De nombreux mathématiciens adhèrent. Vygotsky : « la pensée ne s’exprime pas seulement en mots : elle vient au monde à travers eux »). Stanislas Dehaene. cependant. et que l’on pourrait qualifier d’intuitionniste. Il en conclut aisément à une pure construction mentale des objets mathématiques.Psychologie cognitive expérimentale M. le langage joue un rôle essentiel (cf. Pour d’autres. membre de l’Institut (Académie des Sciences). par les méthodes de la psychologie cognitive. une compétence mathématique. petit à petit. régi par ses propres contraintes. professeur Enseignement Cours : les fondements cognitifs de l’arithmétique élémentaire Le cours 2008 s’est attaché à analyser. et qui préexiste au cerveau humain. la logique en constitue le fondement (« Le nombre entier peut ainsi être conçu comme une synthèse de la classe et de la relation asymétrique »).

automaticité. Dès le xiiie siècle. que la variété des propriétés qu’on lui attribue soit issue d’un processus cognitif unique. loin d’être inaccessible à l’étude scientifique. et inaccessibilité à l’introspection consciente. La difficulté consiste à définir précisément ce que l’on entend par intuition. qui peuvent à “volonté” être reproduits ou combinés ». et nous verrons qu’un modèle mathématique simple peut en être proposé. en ce qu’aucun cerveau ne la rejette : même les hommes du peuple et les illettrés savent compter et calculer ». motrice. pratiquement tous les grands mathématiciens disent faire appel à leur intuition. décrit comment la plupart des découvertes mathématiques font suite à une longue période d’ « incubation » sans progression apparente. 1997). partagées par de nombreuses espèces animales.278 STANISLAS DEHAENE d’intuitions fondamentales de l’espace. les recherches récentes délimitent assez précisément un ensemble de connaissances que l’on pourrait qualifier d’intuition numérique ou de sens des nombres (Dehaene. Il permet une rapide évaluation du nombre d’objets présents dans des ensembles. De fait. & Marchisotto. dans le domaine de la cognition numérique élémentaire. Les mathématiques se construisent par la formalisation et la mise en liaison consciente de ces différentes intuitions. Hersh. Ainsi l’intuition. écrits ou parlés. l’arithmétique élémentaire semble faire partie du noyau de connaissances de l’espèce humaine. suivie d’une illumination soudaine. des objets mentaux. ou numérique le fondement même de l’entreprise mathématique. L’intuition est la faculté qui nous permet de réfléchir et d’examiner ces objets mentaux internes » (Davis. leur comparaison. Il n’est pas certain. 1995. l’Essai sur la psychologie de l’invention dans le domaine mathématique (Hadamard. Son fonctionnement répond à trois traits caractéristiques de l’intuition : rapidité. les idées dont les propriétés sont reproductibles s’appellent des objets mathématiques. . du temps. et que nous héritons d’un lointain passé où ces intuitions jouaient un rôle essentiel à la survie. à l’intuitionnisme mathématique de Brouwer et Poincaré. Un sens du nombre est présent chez le nourrisson et repose sur des circuits cérébraux spécifiques que l’on retrouve chez d’autres primates. possède une signature psychologique et neurale déchiffrable. dans l’une des plus célèbres enquêtes sur cette question. Roger Bacon notait que « la connaissance mathématique est presque innée en nous… elle est la plus facile des sciences. Henri Poincaré voit également dans l’intuition spatiale. page 399). « au sein des idées. et leur combinaison par des opérations d’addition et de soustraction. Il cite également la célèbre lettre d’Einstein : « les mots et le langage. et l’étude des objets mentaux aux propriétés reproductibles s’appelle les mathématiques. sans pour autant s’y identifier. Toutefois. et du nombre. Les entités psychiques qui servent d’éléments à la pensée sont certaines signes ou des images plus ou moins claires. Ainsi cette position se rattache-t-elle. en effet. Jacques Hadamard. de tout évidence. ne semblent pas jouer le moindre rôle dans le mécanisme de ma pensée. Pour les mathématiciens Philip David et Reuben Hersh. Selon l’heureuse expression d’Elizabeth Spelke. 1945).

de la perception non-symbolique du nombre. l’ordinalité fait référence au rang d’un élément dans une série ordonnée. — enfin. Notre éducation nous a habitués aux symboles numériques : les nombres écrits en base 10 à l’aide des chiffres arabes. Pour l’instant. des nombres réels ou complexes. Des recherches récentes confirment que les trois processus de subitisation. Il importe donc d’introduire d’emblée quelques distinctions terminologiques essentielles. peut-être considéré comme un nombre tout objet mental susceptible d’être manipulé selon certaines opérations cohérentes. un par un. — l’estimation permet d’évaluer. la psychologie cognitive montre l’importance. permet d’énumérer avec précision un ensemble quelconque. c’est-à-dire d’appréhension de la numérosité d’un ensemble d’objets : — la subitisation ou « subitizing » en anglais fait référence à l’appréhension immédiate des petites numérosités (un. voire des quaternions ou des matrices… Pour lui. 2008) . le nombre perçu n’est pas toujours relié linéairement au nombre effectivement présenté : la sous-estimation est fréquente. Nous nous en tiendrons donc à la perception non-symbolique de la numérosité et sa mise en liaison avec les symboles écrits ou parlés des nombres. Il va de soi que le mathématicien souhaiterait prolonger cette liste en direction des entiers relatifs.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 279 Les multiples facettes du concept de nombre Le concept de nombre recouvre des contenus assez divers. consiste en l’intégration harmonieuse de ces différentes facettes symboliques et non-symboliques du nombre. Enfin. On s’y réfère verbalement par le biais de nombres ordinaux (par exemple « treizième »). d’estimation et de comptage sont dissociables. ou exprimés à l’aide de noms de nombres tels que « mille cinquante trois ». La perception de la numérosité L’adulte dispose d’au moins trois processus cognitifs distincts d’énumération. chez l’adulte éduqué. au laboratoire. le comptage. parties du corps). La distinction entre subitisation et . des fractions. la numérosité d’un ensemble de taille arbitraire. chacun des objets énumérés avec une liste de référence qui peut être verbale (noms de nombres) ou non-verbale (doigts. Le nombre est ici considéré comme la propriété d’un ensemble. Le concept de nombre. Il consiste à apparier. cependant. deux. Cependant. tels que « 1053 ». et une loi de puissance relie les deux quantités (Izard & Dehaene. chez l’animal et le très enfant. d’une manière approximative. Toutefois. où la quantité 13 peut être présentée sous la forme concrète d’un nuage de 13 points ou d’une séquence de 13 sons. à laquelle on réfère souvent par les termes techniques de cardinalité ou de numérosité. ou trois objets) . ont montré qu’un adulte non-entraîné estime efficacement et rapidement des ensembles même très grands. Les recherches de Véronique Izard. la psychologie cognitive ne s’est guère penchée sur ces concepts mathématiques de plus haut niveau. dont les principes ont été étudiés par Gelman et Gallistel (1978).

Ainsi. l’estimation se caractérise par la loi de Weber : l’imprécision de l’estimation. car elle excède de très loin celle avec laquelle nous discriminons 10. Wynn. la subitisation semble-t-elle faire appel à un système dédié. Feigenson. à cette frontière. Le développement de la perception numérique Les tests Piagétiens de conservation du nombre et d’inclusion de classes ont initialement suggéré que le jeune enfant était dépourvu de mécanismes invariants d’appréhension du nombre. 2004 . à la suite d’une lésion cérébrale. Cohen. selon une constante de proportionalité appelée coefficient de variation ou fraction de Weber. En effet. Une dissociation entre subitisation et comptage s’observe également chez certains patients qui. croît linéairement avec le nombre estimé. 1994). La précision avec laquelle nous détectons la présence d’un. Par exemple. pratiquement essai par essai. le temps de réponse montre un soudain accroissement linéaire. une soudaine amplification de l’activité dans un vaste réseau cérébral lié au comptage verbal. 2004). . & Spelke. Izard. cette conclusion a été nettement infirmée avec l’avènement de nouvelles méthodes d’expérimentation chez le très jeune enfant. au moins d’une façon approximative. Toutefois. il était possible de soutenir que l’estimation et la subitisation n’étaient que le reflet d’un seul et même processus. Le Bihan. et qui comprend notamment les régions pariétales postérieures bilatérales associées aux mouvements de l’attention. deux ou trois objets dépasse celle attendue selon la loi de Weber. Dehaene. la loi de Weber pourrait expliquer la subitisation. même lorsque les paramètres non-numériques tels que la densité et la surface totale sont constants (Xu & Spelke. 1992). Pour les tous petits nombres. 2008). peut-être celui lié à l’appréhension des objets discrets (« object tracking » ou « object files » system. Piazza. Giacomini. Par exemple. De nombreuses études ont démontré une sensibilité à la numérosité chez l’enfant de 4-6 mois. car elle aboutit à une précision suffisante pour discriminer et nommer les numérosités 1. 2003). 20 ou 30 objets. la recherche de Susannah Revkin. montre que cette explication ne suffit pas (Revkin. Cependant. disparaître derrière un écran. L’imagerie cérébrale détecte. ils s’attendent à voir apparaître environ 10 objets et expriment leur surprise en regardant plus longuement lorsque l’écran s’abaisse et révèle seulement 5 objets (McCrink & Wynn.280 STANISLAS DEHAENE comptage est évidente lorsque l’on mesure le temps de dénomination de la numérosité d’un ensemble : au-delà de trois objets. si le sujet a compté ou pas et combien d’objets ont été dénombrés (Piazza. Jusqu’à très récemment. puis 5 autres. lorsqu’ils voient 5 objets. un bébé de six mois détecte quand la numérosité d’un ensemble change de 8 à 16 objets ou vice-versa. & Dehaene. L’activité de ces régions est si caractéristique qu’elle permet de distinguer. développent une simultanagnosie (Dehaene & Cohen. au laboratoire. & Dehaene. Les enfants détectent également la violation des règles d’addition et de soustraction. fondées sur l’adaptation et la réaction à la nouveauté ou à la violation de lois physiques. 2 ou 3 sans pratiquement faire d’erreur. 2000). mesurée par son écarttype. Ainsi la subitisation se réduirait à une sorte d’« estimation précise ».

& Dehaene. Elle observe une psychophysique très similaire. 2007). dans des tâches qui sollicitaient la perception approximative des numérosités. pour l’enfant. Plus surprenant encore. une lésion cérébrale peut faire perdre toute capacité de .. leur addition et leur comparaison (Cantlon & Brannon. La taille des nombres influe également sur le jugement comparatif des nombres présentés sous forme symbolique. la précision des calculs étant simplement meilleure chez l’homme. cette entrée symbolique est rapidement et automatiquement traduite mentalement en une quantité approximative dont la manipulation interne obéit aux mêmes lois que celles de la manipulation des numérosités perçues sous forme d’ensembles d’objets. singes. en particulier. Liens avec l’arithmétique symbolique Dans quelle mesure ces compétences précoces pour la manipulation des numérosités non-verbales sont-elles pertinentes pour la compréhension de l’intuition des symboles numériques à l’âge adulte ? De nombreuses expériences suggèrent que. dauphins…). soit aux paramètres non-numériques (Feigenson. dès qu’un adulte éduqué perçoit un nom de nombre ou un nombre en notation arabe. la grande distance qui sépare le résultat proposé du résultat correct nous permet de le rejeter sans faire le calcul exact (Ashcraft & Stazyk. tel est également le cas lorsque nous jugeons si deux nombres sont pareils ou différent — la réponse « différent » est plus lente pour 8 contre 7 que pour 8 contre 1. et la loi de Weber rend bien compte de l’ensemble de ces données. de prêter attention au nombre qu’à la quantité totale de matière. lorsque nous décidons lequel de deux chiffres est le plus grand. 2004). 2005). dans la mesure où leur fraction de Weber est plus élevée dans le second cas. Cependant de nouveaux résultats très récents indiquent que les enfants peuvent. 1981). prêter attention soit à la numérosité. l’expérience fondatrice de Moyer et Landauer (1967) a montré que.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 281 Si l’estimation est bien démontrée chez le très jeune enfant. 2008). 2 ou 3 a été plus débattue. a systématiquement mis en parallèle les compétences arithmétiques de l’homme adulte et du singe macaque. Certains ont suggéré que leur discrimination n’était due qu’à des paramètres confondants tels que la quantité totale de matière (voir Feigenson et al. Cordes and Brannon (2008) vont jusqu’à suggérer qu’il est plus simple. La vérification des opérations symboliques démontre également un effet de distance numérique : lorsqu’une opération évidemment fausse nous est proposée. la perception des petites numérosités 1. selon le contexte. nous avons effectivement observé. Elizabeth Brannon. une discrimination des numérosités 2 et 3 en l’absence de tout artefact non-numérique (Izard. lions. à l’aide des potentiels évoqués. Dehaene-Lambertz. rats. Enfin. Ainsi. Ainsi tant la subitisation que l’estimation et la capacité de calcul approximatif semblent présents chez l’espèce humaine dès la première année de vie. Au laboratoire. Il est fascinant de constater que cette intuition numérique existe également chez de nombreuses espèces animales (pigeons. notre temps de réponse varie en fonction inverse de la distance numérique qui les sépare.

Les mécanismes cérébraux de l’arithmétique élémentaire Quels sont les mécanismes cérébraux de l’arithmétique élémentaire ? Les toutes premières études d’imagerie cérébrale. L’activation intrapariétale est également présente lorsque l’on présente des numérosités sous forme d’ensembles de points (Piazza. des problèmes verbaux tels que « Sarah possède 21 bonbons. Pinel. Une méthode d’adaptation a permis de démontrer la convergence . Ainsi l’approximation des quantités numériques. & Dehaene. et on lui en donne 30 de plus. Jean. fondée sur la loi de Weber. Qui en a le plus ? » Les enfants n’avaient reçu aucun enseignement explicite des nombres de cette taille. Europe). 1991). ces résultats suggèrent que l’appréhension de la numérosité approximative et des relations de distance entre les nombres. Israël. États-Unis. Cette région occupe une position bien précise au sein d’une mosaïque de régions sensori-motrices impliquées dans les mouvements des yeux. fondée sur la loi de Weber. Plus important encore. Pinel. ont rapidement isolé une région importante : dès qu’un adulte calcule mentalement. ce qui laissait penser qu’ils traduisaient mentalement les problèmes symboliques en quantités afin d’exploiter leur intuition non-symbolique. Piazza. tout en laissant intact cette compétence basique pour l’approximation (Dehaene & Cohen. que la variabilité de l’effet de distance au cours de la comparaison numérique prédit la réussite scolaire en mathématiques. Cependant. dans toutes les cultures qui ont pu être testées (Chine. dans la mesure où elle s’active quelle que soit la notation utilisée pour présenter les nombres (chiffres arabes. 2004). joue un rôle déterminant pour la bonne compréhension ultérieure de l’arithmétique symbolique. Le Bihan. lui. apparaît-elle comme une compétence fondamentale qui transparaît dans de nombreuses tâches symboliques. & Dehaene. & Cohen. une étude développementale a confirmé que l’intuition arithmétique des quantités approximatives précède et sous-tend l’apprentissage ultérieur de l’arithmétique symbolique (Gilmore. Izard. de la main ou du doigt (Simon. noms de nombres parlés ou écrits) et ce. 2002). Gilmore et coll. Tout récemment. leurs performances dans cette évaluation de l’intuition arithmétique corrélaient avec leur réussite en mathématiques à l’école. et leurs performances suivaient la loi de Weber. Le Bihan. ils répondaient bien au delà du niveau du hasard (60-70 % de réussite). Dans l’ensemble. en a 34. et même lorsque le sujet se contente de comparer deux nombres ou de détecter la présence d’un chiffre parmi des lettres. Cohen.282 STANISLAS DEHAENE calcul exact. chez des enfants un peu plus âgés (6-8 ans). quel que soit leur niveau socio-économique. Japon. La région intrapariétale semble jouer un rôle important dans la représentation abstraite des nombres. ni des opérations d’addition et de soustraction. Son activation est présente quel que soit le calcul effectué. ont donné à des enfants de 5 et 6 ans. en maternelle. mais pas les scores de lecture. 2007). en SPECT. on observe une activation bilatérale des flancs du sillon intrapariétal (voir Dehaene. Holloway et Ansari (2008) ont également rapporté. McCarthy. 2003). en TEP puis en IRM fonctionnelle. Mangin. & Spelke.

tandis que la région intrapariétale elle-même est maximalement activée lors des opérations d’approximation et de comparaison (Dehaene.. interviennent à différentes étapes de représentation et de manipulation des nombres.. 2004). Chez l’adulte. présent dans toutes les cultures et indépendant du niveau d’éducation. & Cohen. & Tsivkin. notamment sous forme symbolique ou linguistique (Dehaene & Cohen. Au cours de l’entraînement arithmétique. ont enregistré l’activité de centaines de neurones chez des singes éveillés qui avaient été entraînés à réaliser une tâche de comparaison différée des numérosités de deux ensembles d’objets. particulièrement les tables de multiplication (Delazer et al. Il est cependant évident que cette région intrapariétale n’est pas la seule à contribuer aux opérations arithmétiques. Stanescu. Pinel. dans des tâches aussi simples que l’addition. a montré que le cortex intrapariétal est activé. A la suite de travaux antérieurs de Thompson et coll. corticaux et sous-corticaux.. Pinel. Spelke. la soustraction. Certains . Les neurones des nombres L’une des découvertes les plus fascinantes de ces dernières années est certainement celles des mécanismes neurophysiologiques de l’arithmétique élémentaire chez le singe macaque. Ces résultats concordent avec l’hypothèse d’un noyau de compétences numériques. La neuropsychologie de l’acalculie confirme globalement cette double dissociation : les lésions intrapariétales focales tendent à perturber l’intuition même des quantités numériques. font appel à un vaste réseau qui implique le gyrus angulaire gauche et les aires périsylviennes du langage. 2006). 2003). ou l’estimation des numérosités. La même méthode. en particulier. 2007). 1999). dès quelques mois de vie à la présentation d’ensemble d’objets dont la numérosité varie (Izard et al. associé au cortex intrapariétal bilatéral. tandis que les lésions des aires périsylviennes ou des noyaux gris centraux de l’hémisphère gauche tendent à perturber les tables arithmétiques mémorisées (Lemer. particulièrement dans l’hémisphère droit..PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 283 des représentations symboliques et non-symboliques des nombres dans cette région (Piazza. 1995). 2008). Ils ont découvert. Andreas Nieder et Earl Miller. la comparaison. Le Bihan. & Dehaene. au Massachussetts Institute of Technology puis à l’Université de Tübingen. l’activité corticale se déplace progressivement depuis la région intrapariétale vers le gyrus angulaire à mesure que le participant enregistre les faits correspondants en mémoire verbale. 2003 . Des lésions intrapariétales précoces pourraient d’ailleurs être à l’origine de dyscalculies du développement chez certains enfants (Molko et al. La manipulation des nombres exacts et les opérations de récupération des faits arithmétiques en mémoire. (1970) et Sawamura et coll (2002). et complété d’un second réseau associé aux stratégies de calcul symbolique acquises au cours de l’éducation. dans le cortex préfrontal et intrapariétal. l’existence de populations de neurones dont le taux de décharge varie avec le nombre d’objets présentés. Dehaene. Spelke. des réseaux étendus. Ischebeck et al. étendue à l’enregistrement des potentiels évoqués chez le bébé de 2-3 mois.

avec une variabilité fixe et de forme Gaussienne. très semblable à celui observé chez le singe macaque (Piazza et al. Chaque neurone présente en effet une courbe d’accord autour de sa numérosité préférée. 2002). lorsque les numérosités sont représentées sur une échelle logarithmique. l’extraction initiale de l’information de numérosité se ferait dans l’aire VIP. Il est à noter que les neurones pariétaux ont une réponse plus rapide. ce qui suggère que ce second code neuronal de l’aire LIP pourrait également exister dans l’espèce humaine. mais leur taux de décharge varie de façon monotone avec la numérosité. par trois. 2007). coïncidant précisément avec celui qui avait été inféré des études psychophysiques chez l’homme. chez le singe.. tandis que sa mémorisation impliquerait préférentiellement le cortex préfrontal. du segment horizontal du sillon intrapariétal qui est activé chez l’homme au cours de diverses opérations arithmétiques (Simon et al. Les neurones de l’aire LIP diffèrent de ceux de l’aire VIP (étudiés par Nieder et Miller) en plusieurs points. Elle implique qu’au niveau de la population de neurones. et même jusqu’à une trentaine d’objets (Nieder & Merten. la largeur de la courbe croit linéairement avec la numérosité préférée. 2004). Sur une échelle linéaire. ce qui correspond quantitativement à la loi de Weber. 2005). Les deux propriétés — monotonie et rétinotopie — ont récemment été observées indirectement chez l’homme dans une illusion d’adaptation à la numérosité (Burr & Ross. (2007) ont découvert un second type de code neural de la numérosité. Tout d’abord. De fait. par quatre ou par cinq objets (Nieder. ces neurones possèdent des champs récepteurs limités et ne répondent donc qu’à la numérosité du sous-ensemble d’objets qui apparait dans une région rétinotopique bien délimitée — pas au nombre total d’objets présent sur la rétine. Roitman et coll. Ainsi. ils ne sont pas accordés à un nombre préféré. 2008). l’existence d’un codage cérébral log-Gaussien des numérosités. . mais également relative à d’autres régions telles que les aires AIP et LIP impliquées dans les mouvements des yeux et de la main. mais également dans les lobes pariétaux. le paramètre de nombre est représenté par un groupe épars de neurones selon un code partiellement distribué qui représente la numérosité approximative et non la cardinalité exacte. l’aire VIP constitue un homologue plausible. la méthode d’adaptation en IRMf a permis à mon laboratoire de démontrer. tandis que les neurones préfrontaux répondent préférentiellement au cours de la phase de délai de la tâche de réponse différée. En second lieu. tout récemment. dans l’aire ventrale intrapariétale (VIP). Ces « neurones des nombres » sont localisés dans le cortex préfrontal dorsolatéral. Cette représentation est dite « log-Gaussienne ». dans les profondeurs du sillon intrapariétal. d’autres par deux.284 STANISLAS DEHAENE neurones sont activés préférentiellement par un objet unique. Mais la description la plus compacte des réponses neuronales est une courbe d’accord constante. en croissant ou en décroissant avec le logarithme de la numérosité de l’ensemble présenté.. Par sa localisation absolue. Notons que. Le profil détaillé des réponses de ces neurones indique un codage de la numérosité selon la loi de Weber. chez l’homme. dans une région pariétale plus latérale et postérieure (l’aire LIP).

capable de rendre compte des taux d’erreurs et des temps de réponse dans diverses tâches numériques élémentaires. La simulation de ce modèle par ordinateur. ce qui est compatible avec l’hypothèse qu’ils reçoivent des entrées convergentes de nombreux neurones rétinotopiques de l’aire LIP. à un codage log-Gaussien de la numérosité. la numérosité approximative peut être extraite d’une carte rétinienne détaillée en trois étapes successives : (1) codage rétinotopique des positions occupées par les objets. la modélisation du temps de réponse fait appel à un modèle mathématique plus sophistiqué. dans la mesure où ces deux populations de neurones n’ont été observées que très récemment. l’un avec une variation monotone du taux de décharge en fonction de la numérosité. Verguts & Fias. sous forme d’un réseau de neurones formels. tandis que les neurones accordés à la numérosité correspondraient aux neurones de l’aire LIP enregistrés par Nieder et Miller. les neurones de LIP projettent effectivement vers ceux de VIP. De plus. un modèle mathématique de prise de décision. ces résultats s’accordent bien avec un modèle théorique qui suppose que les neurones monotones et accordés constituent deux étapes distinctes de l’extraction d’une représentation invariante de la numérosité (Dehaene & Changeux. Ce . chez des animaux différents et entraînés à des tâches numériques différentes. a également été développé (Dehaene. sans pression de rapidité... la théorie de la détection du signal peut être appliquée très directement au code log-Gaussien. Lorsque la tâche implique une décision rapide en temps limité. 2008) et à l’addition ou à la soustraction de deux numérosités.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 285 Un modèle mathématique de la décision numérique Pourquoi une telle coexistence de deux codes neuronaux distincts. indépendamment de leur identité et de leur taille. Selon ce modèle. Piazza et al. Lorsque la décision est prise en un temps fixe. (3) seuillage de cette activation par des neurones avec des seuils croissants et une forte inhibition latérale. 2004). les neurones de VIP semblent répondre à l’ensemble du champ visuel. les neurones d’accumulation peuvent être identifiés aux neurones de l’aire LIP étudiés par Roitman et coll. Il est à noter qu’anatomiquement. par le moyen de « neurones d’accumulation » dont le niveau d’activité varie de façon monotone en fonction de la numérosité .. Avec quelques adaptations. Il peut également être adapté à la dénomination des numérosités (Izard & Dehaene. moyennant quelques hypothèses supplémentaires sur la combinaison des variances associées à chaque opérande (Barth et al. Toutefois. 2007). 2007). donc avec une quantité fixe d’activation pour chaque objet . à ce dernier niveau. 1993 . (2) addition approximative de ces activations à travers l’ensemble de la carte. l’autre avec une courbe d’accord à une numérosité préférée ? Il convient d’interpréter ces résultats avec prudence. dans des laboratoires différents. montre qu’on aboutit naturellement. 2004). ce qui conduit à une population de neurones accordés aux différentes numérosités. A partir de ce code neural log-Gaussien. 2007 . et que seul le taux d’erreurs doit donc être modélisé. 2006 . Ce modèle rend bien compte des compétences animales et humaines dans des tâches élémentaires de comparaison pareil-différent ou plus grand-plus petit (Dehaene. Cantlon & Brannon.

avec une courbe d’accord log-Gaussienne. l’appariement avec des symboles modifie profondément cette représentation. contrairement à la loi de Weber. tous les neurones présentent la même courbe d’accord. L’influence de la distance entre les nombres à comparer est correctement modélisée. le modèle log-Gaussien doublé d’une prise de décision par accumulation conduit à des prédictions très étroitement ajustées aux données expérimentales. le réseau développe des neurones « détecteurs de numérosité » très semblables à ceux décrits par Nieder et Miller. avec une largeur fixe pour tous les nombres testés (1 à 5). sont également expliqués en grand détail (Sigman & Dehaene. D’autre part. L’impact des symboles sur la cognition numérique Le modèle décrit ci-dessus suppose que l’acquisition des symboles numériques tels que les chiffres arabes consiste tout simplement à mettre en relation ces formes arbitraires avec la représentation log-Gaussienne des numérosités correspondantes. pour l’un des réponses. On peut démontrer que ce mécanisme d’accumulation statistique avec seuil constitue un mécanisme optimal de prise de décision en temps réel (Gold & Shadlen. et le modèle explique pourquoi la forme de cet effet diffère selon que l’on considère le taux d’erreur ou le temps de réponse moyen. s’appuie sur certains neurones pariétaux et préfrontaux qui réalisent une accumulation des données stochastiques que les stimuli apportent en faveur de chacune des réponses possibles. 2002).286 STANISLAS DEHAENE modèle se fonde sur les travaux de Mike Shadlen qui indiquent que la prise de décision en temps réel. plusieurs éléments convergents suggèrent que cette vision est un peu trop simple. Verguts et Fias (2004) ont simulé l’apprentissage non-supervisé dans un réseau de neurones formels qui est exposé. sur la base de signaux bruités. la marche aléatoire de l’accumulateur atteint un seuil fixé à l’avance. 2005). La courbe d’accord des neurones présente toujours un effet de distance. La réponse correspondante est alors sélectionnée. Cependant. en sorte que la prise de décision met en jeu les quantités et non plus les symboles eux-mêmes. La décision est prise lorsque. La distribution des temps de réponse. mais avec une grande composante ‘tout-ou-rien’ doublé d’un petit effet linéaire. le réseau exposé aux symboles développe un nouveau type de représentation que l’on qualifie de linéaire avec une variabilité fixe. Cependant. soit à des numérosités seules. soit à des numérosités appariées avec le symbole correspondant. et que l’acquisition de symboles pour les nombres change également en profondeur la représentation non-verbale des quantités numériques. . Cette accumulation peut alors décrite mathématiquement comme une marche aléatoire apparentée à un mouvement Brownien. ils répondent de façon très précise à chaque symbole numérique. et la manière dont celle-ci varie avec la présence d’une tâche interférente. Dans le premier cas. Ainsi. Bien que les neurones restent accordés à la numérosité approximative. L’analyse montre qu’au moins dans des tâches très simples telles que la comparaison de deux nombres.

le codage des quantités semble plus précis dans l’hémisphère gauche que dans le droit et pourrait ressembler à celui prédit par le modèle. un entraînement plus important. qui correspondent à l’emploi d’une représentation plus précise et plus linéaire des symboles numériques (Dehaene. (Piazza & Dehaene. Dans leur étude d’IRM fonctionnnelle du développement arithmétique. des coordonnées Cartésiennes ou du plan complexe.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 287 La proposition théorique de Verguts et Fias pourrait expliquer plusieurs aspects de l’intuition attachée aux symboles numériques. seul le cortex préfrontal. Les expériences d’IRM fonctionnelle de Piazza et coll. 2007) présentent également de subtiles asymétries qui suggèrent que. de nombreux neurones codaient simultanément pour le même nombre. Le peu de données dont nous disposons sur l’IRM fonctionnelle du développement de l’arithmétique suggère effectivement qu’au cours de l’éducation. lorsque les nombres sont présentés sous forme symbolique. Contrairement au modèle de Verguts et Fias. Rivera et coll. Représentation spatiale des nombres et synesthésie numérique L’éducation arithmétique s’accompagne d’un autre changement important : l’apprentissage de liens systématiques entre les nombres et l’espace. Chez l’homme. Ils ont entraîné deux singes à apparier des chiffres arabes entre 1 et 4 avec les numérosités correspondantes. ce qui suggère un raffinement de la précision du codage des nombres au sein de l’hémisphère gauche (Ansari & Dhital. les neurones se spécialisaient soit pour les chiffres arabes. ainsi que de probables différences d’architecture cérébrale. (2005) ont effectivement observé un déplacement massif de l’activité préfrontale avec l’âge. Dans le cortex préfrontal dorsolatéral. 2007). Tout récemment. indépendamment de son format de présentation symbolique ou non-symbolique. la courbe d’accord des neurones ne se modifiait pas selon la notation. 2004 . chez l’animal. Etonnamment. soit pour les numérosités. pourraient entraîner une automatisation du signe et un transfert de ces neurones de conjonction vers les aires postérieures du cerveau. Diester et Nieder (2007) ont publié la toute première étude neurophysiologique des mécanismes cérébraux de l’acquisition des symboles chez le primate non-humain. après l’apprentissage. L’analyse fine des temps de réponse montre des différences non-négligeables entre la comparaison des nombres présentés sous forme symbolique et sous forme de numérosités d’ensembles de points. Ainsi. semble susceptible de coder la relation arbitraire entre un symbole et sa signification. Piazza et al. 2006). L’intuition d’une échelle spatiale des nombres joue un rôle essentiel en mathématiques. de la droite réelle. c’est surtout la région pariétale gauche qui est modifiée. depuis la notion de mesure (géo-métrie) jusqu’à l’étude des nombres irrationnels. De nombreuses études démontrent l’automaticité du lien entre les nombres et l’espace chez l’homme adulte : la simple présentation d’un chiffre arabe suffit à biaiser les .. mais ne répondaient pas aux deux formats simultanément. au profit de régions occipito-temporales et pariétales gauches qui pourraient correspondre respectivement aux codes des symboles et des quantités. dans le cortex intrapariétal. tant dans son activité de base que dans la taille de son effet de distance.

De nombreux indices . En particulier. & Pica. Spelke. Piazza. nous avons obtenu des données d’IRM fonctionnelle. Véronique Izard et Elizabeth Spelke. Siegler et Opfer (2003) ont présenté une tâche dans laquelle des enfants doivent disposer les nombres qu’on leur énonce sur un segment étiqueté par exemple avec le nombre 1 à gauche et le nombre 100 à droite. Les enfants les plus jeunes (CP) placent les nombres en correspondance avec l’espace d’une façon certes monotone. selon laquelle 10 se situe au milieu de 1 et de 100. l’addition et la soustraction évoquent automatiquement un mouvement vers la droite et la gauche respectivement. Bossini. Les réponses ne deviennent linéaires que chez les enfants plus âgés. Bien qu’intuitive et automatique. Ces liens spatio-numériques demeurent non-conscients chez la plupart des personnes testées. leur accès à la conscience pourrait peut-être expliquer le phénomène de synesthésie numérique. entre 8 et 10 ans. & Dehaene. De plus. Ils accordent beaucoup plus de place aux petits nombres et tendent à suivre une échelle compressive et logarithmique. 1993). en effet. semble donc faire partie des intuitions fondamentales de l’humanité (étant entendu que cette intuition est approximative et n’inclut pas des propriétés mathématiques abstraites de la fonction logarithme telles que la transformation des sommes en produits). de potentiels évoqués et de comportement qui vont dans ce sens. Pinel. un circuit relie les aires LIP et VIP. des personnes adultes mais dépourvues d’éducation mathématique répondent de façon logarithmique à des nombres entre 1 et 10 présentés de façon verbale ou non-symbolique (Dehaene. En effet. au sens littéral. Avec André Knops et Mariagrazia Ranzini. L’association nombre-espace elle-même semble provenir des liens anatomiques très étroits qu’entretient la région intrapariétale moyenne. & Giraux. la simple présentation d’un nombre induit une activation latéralisée des régions pariétales postérieures (homologue plausible de l’aire LIP chez l’homme). les nombres à des positions spatiales bien déterminées sur une échelle spatiale interne. impliquée dans le codage du nombre. Ces personnes. 2005).288 STANISLAS DEHAENE réponses motrices et l’attention visuo-spatiale. Izard. Avec Pierre Pica. affirment voir. L’échelle de similarité logarithmique. sur la base d’une revue détaillée de ces questions. Cependant. avec les régions voisines impliquées dans le codage de l’espace. la correspondance entre nombres et espace n’est pas entièrement fixe. qui dérive de la loi de Weber. j’ai proposé que ce circuit VIP-LIP soit en partie recyclé pour l’arithmétique élémentaire (Hubbard. nous avons montré que l’éducation joue un rôle essentiel : chez les indiens Mundurucus d’Amazonie. Avec Ed Hubbard. Elle se modifie considérablement au cours de développement et en fonction de l’éducation. 2008). mais non-linéaire. qui sont impliquées dans le mouvement des yeux et le codage des positions pertinentes de l’espace. en direction de la droite pour les grands nombres et de la gauche pour les petits nombres. Cet « effet SNARC » (spatial-numerical association of response codes) dépend de variables attentionnelles et culturelles telles que la direction de l’écriture — la direction de l’effet tend à s’inverser dans les cultures qui lisent de droite à gauche (Dehaene. chez de rares individus.

bien que notre compréhension de la manière dont ce dernier est modifié par l’éducation demeure très imparfaite. Les échelles logarithmique et linéaire semblent coexister et être sélectionnées en fonction des instructions et du contexte de la tâche. — Lisa Feigenson (Johns Hopkins University) a décrit ses recherches sur la cognition numérique chez le nourrisson. la représentation logarithmique n’a pas vraiment disparu. Il a présenté les toutes premières images du développement cérébral de l’arithmétique. Six chercheurs réputés sont venus présenter leurs contributions à ce domaine : — Marie-Pascale Noël (Université de Louvain) a présenté l’état actuel des connaissances sur la dyscalculie développementale.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 289 suggèrent que. en expliquant quelle pouvait être la contribution des outils d’imagerie cérébrale à la compréhension du développement cognitif de l’enfant entre la naissance et l’adolescence. — Daniel Ansari (University of Western Ontario) s’est placé dans une perspective neuro-physiologique. le séminaire a porté spécifiquement sur la représentation du nombre chez l’enfant. en effet. de juger que 8 est plus grand que 3. Le calcul constitue. Son objectif explicite était de revisiter ce domaine initialement exploré par Jean Piaget et ses collaborateurs sous le regard critique des contributions récentes de la psychologie cognitive du développement. ou de voir les nombres dans l’espace et d’évaluer que 3 est plus proche de 1 que de 10. — Michel Fayol (Université de Clermont-Ferrand) s’est intéressé aux mécanismes de l’apprentissage du comptage et des faits arithmétiques. Conclusion L’intuition arithmétique humaine consiste en un réseau complexe de connaissances qui vont de la capacité d’estimer rapidement la cardinalité approximative d’un ensemble à celle d’anticiper le résultat d’une addition. son évaluation. . Ce noyau de connaissances est déjà présent chez le très jeune enfant et de nombreuses espèces animales. qui démontre notamment une capacité hiérarchique d’appréhension du nombre d’ensembles d’objets. L’apprentissage des symboles de l’arithmétique formelle s’appuie fortement sur ce sens précoce des nombres. l’un des premiers écueils sur lesquels viennent buter les jeunes enfants. chez l’adulte éduqué. ses causes possibles et sa rééducation. Le noyau de ces connaissances numériques consiste en une représentation log-Gaussienne de la numérosité approximative. et est associé à un circuit cérébral situé dans la région intrapariétale bilatérale. Un enjeu essentiel sera de mieux utiliser ces connaissances afin d’améliorer l’enseignement de l’arithmétique et de mieux comprendre l’origine des dyscalculies. Ce sera l’une des questions importantes de la recherche à venir. Séminaire En complément du cours. notamment chez l’enfant d’âge scolaire.

1997). J.. S. E. 9. 5(12). J. Child Dev. & Dehaene. (2007). Principaux articles cités : Ansari. and C. Gelman. Les recherches comportementales qu’elle a présentées visent à séparer les connaissances universelles de l’enfant de celles qu’il acquiert par le biais de l’éducation et de l’immersion dans une culture et un environnement linguistique spécifique. & Brannon. Memory And Cognition. e328. Burr. New York : SpringerVerlag. E. Interactions between number and space in parietal cortex.. The Mathematical Brain. 476-489.M.-P.H. P. Lipton. 6(6). E. & Connes. Nature Reviews in Neuroscience.290 STANISLAS DEHAENE — Matthieu Le Corre (Harvard University) est revenu sur une phase particulièrement importante du développement de l’enfant. Dehaene.. Arithmetic and the brain. Molko. entre 2 ans et demi et 3 ans et demi.F. 98(3). C.. & Ross. (1981).H. (2005). Dehaene. 1820-1828. Gallistel (1978).. S. où celui-ci comprend soudainement ce qu’est le comptage et. J.. PLoS Biol. 218-224. Butterworth. par ce biais. (2008). E. « Counting on neurons : The neurobiology of numerical competence ». Kanwisher.. K. The child‘s understanding of number. R.. Ashcraft. B. Curr Biol. The difficulties of representing continuous extent in infancy : using number is just easier. Cohen. & Spelke... A. Blackwell. 14(2). Dehaene. 435-448. S. B. accède à une représentation de la numérosité exacte. H. — Enfin Elizabeth Spelke (Harvard University) a présenté un panorama étendu des recherches de son groupe sur le noyau des connaissances numériques chez le très jeune enfant. Neuchâtel. Nature Reviews in Neuroscience. Changeux. London. M. D. J. Matière à pensée. Nieder. (2004). A. (1988). Cambridge Mass. Barth.. Szeminska (1941). J.. (1989).M. D. Il s’est appuyé sur plusieurs autres ouvrages et articles de revue : Piaget. R. Pinel. Bibliographie succincte Le cours a repris et mis à jour de nombreux éléments de mon livre La bosse des maths (Odile Jacob. L. Macmillan. Cantlon. N. La génèse du nombre chez l’enfant. A. (2008). S. & Stazyk.. Oxford. 425-428. 18(11). & Dhital. Mental addition : A test of three verification models. . Hubbard. Cognition. J Cogn Neurosci. Cordes. Piazza. Non-symbolic arithmetic in adults and young children. J. Fuson. M. A visual sense of number.. Current Opinion in Neurobiology. K. 79(2). Basic math in monkeys and college students. Harvard University Press. (1999). and A. Numerical Cognition.. & Brannon..M. 18(6).. 199-222. Delachaux & Niestlé. Children’s counting and concepts of number.. (1993). Age-related changes in the activation of the intraparietal sulcus during nonsymbolic magnitude processing : an event-related functional magnetic resonance imaging study. 185-196. E. (2006). & Wilson. (2005). La Mont. N. Paris : Odile Jacob. (2006). S.

The mental representation of parity and numerical magnitude. Symbols and quantities in parietal cortex : Elements of a mathematical theory of number representation and manipulation.. 41. S. Three parietal circuits for number processing. & Cohen. S.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 291 Dehaene. Lemer. in press. Dehaene.. Attention & Performance XXII. S. Development of elementary numerical abilities : A neuronal model.. A. (2004). 958-975.M. K. L.R.. Izard. 1942-1958. J Exp Child Psychol. 1045-1074. (1993). I. S. Rossetti (Eds. Approximate quantities and exact number words : Dissociable systems. Spelke. 487-506. Trends Cogn. (2004). 320(5880). & Dehaene. 95(3). M. J. Mapping numerical magnitudes onto symbols : The numerical distance effect and individual differences in children’s mathematics achievement. V. M. S. Neuron. Psychol Sci. S. L. P.).. (1995). : Harvard University Press. : Harvard University Press. Sources of mathematical thinking : behavioral and brain-imaging evidence. & Changeux. J Exp Psychol Hum Percept Perform. Feigenson. K.. Spelke.... Dehaene.. & Cohen. Feigenson.. Science. S. E. 299-308. Pinel. (2007). Log or linear ? Distinct intuitions of the number scale in Western and Amazonian indigene cultures. J. Towards an anatomical and functional model of number processing. Dehaene-Lambertz. D.. Sensori-motor foundations of higher cognition (pp. E. & Ansari. (2005). 1221-1247. S. (2007). Calibrating the mental number line. 36(2). McCarthy. L. Dehaene. 29. P.. Gilmore. 20. 970974. Piazza. & Spelke. . 20(5). Cambridge Mass. L. Interactions between number and space in parietal cortex. Pinel. 1217-1220. 284(5416). & Gallistel. S.. Dissociable mechanisms of subitizing and counting : neuropsychological evidence from simultanagnosic patients. (1994). Large-number addition and subtraction by 9-monthold infants. S. 122.I. Diester. (1991). L. In P. (1978). C.. G... R. B37-48. Sci. Cognitive Neuropsychology. (2008). C. Spelke. Holloway. Neuropsychologia. Dehaene. Journal of Experimental Psychology : General. Banburismus and the brain : decoding the relationship between sensory stimuli. S. (2008).. Mass. (2007). 8(7).. (1999). 15(11). 106(3).. C. E.. Journal of Cognitive Neuroscience. R. Core systems of number.-P. & Cohen. (2003). 371-396.. Dehaene. Haggard & Y. Bossini. Cambridge. I. Science.. & Dehaene. 776-781. & Giraux.. Mathematical Cognition.. PLoS Biol. Dehaene. & Cohen. and reward. V. P.. Cognition. (2008). decisions. Gelman. Distinct Cerebral Pathways for Object Identity and Number in Human Infants. S. Cognition. Semantic associations between signs and numerical categories in the prefrontal cortex.. & Wynn. Symbolic arithmetic knowledge without instruction.. S. & Dehaene. S. Dehaene. P.. 589-591. 527-574). The child’s understanding of number. 307-314.S. K. V. Izard. Gold. P. & Shadlen. L. Nat Rev Neurosci. (2005). Dehaene. (1993). 6(6). PLoS Biol.. Stanescu. Izard. in press.. 5. Dehaene. S. 390-407. Piazza. & Tsivkin. E. A double-dissociation in infants’ representations of object arrays. 435-448. (2008).D. E. & Nieder. (2003).. Dehaene. 447(7144). & Pica. & Spelke.. S. Hubbard. 83-120. Pinel. M. Nature.. & Cohen. Two mental calculation systems : A case study of severe acalculia with preserved approximation. Neuropsychologia. (2002)..N. McCrink.E. S. 1. L. E.

T. Neuron. Le Bihan. Time required for judgements of numerical inequality. Monotonic coding of numerosity in macaque lateral intraparietal area. T. in press. Tuning curves for approximate numerosity in the human intraparietal sulcus.292 STANISLAS DEHAENE Molko. E. 1779-1790. Bruandet. Izard. (2000). S... D.. 5986-5993.M. K. (2005). 1519-1520. J. D. Representation of number in animals and humans : a neural model. & Platt. Does subitizing reflect numerical estimation ? Psychological Science.. N. S. J Neurosci. & Fias. A.. Wynn. Piazza. e208. A labeled-line code for small and large numerosities in the monkey prefrontal cortex.... & Spelke. (2002).L. From number neurons to mental arithmetic : the cognitive neuroscience of number sense. Cognition. In M. Cachia. PLoS Biol. Xu. & Dehaene. S. Giacomini. L. & Dehaene.. (2004). (2008). Single-trial classification of parallel pre-attentive and serial attentive processes using functional magnetic resonance imaging. D. (2004). J. 475-487.). & Dehaene. E. K. Simon.. 237-243. Topographical layout of hand.. Cereb Cortex. L. Gazzaniga (Ed.E.. J Cogn Neurosci. Cohen. M. 547-555. Large number discrimination in 6-month-old infants.S. Le Bihan. Cereb Cortex. (2003). M. Psychol Sci. F.. Nature. et al..S. 74(1). Sigman. & Merten..A. Mangin.M. R. 44(3). M. Revkin. Piazza. Rivera. M. 270(1521). P. Moyer.. e37. R. Vient ensuite une liste complète des publications du laboratoire.. & Opfer. A magnitude code common to numerosities and number symbols in human intraparietal cortex.F. D. Developmental Changes in Mental Arithmetic : Evidence for Increased Functional Specialization in the Left Inferior Parietal Cortex. calculation... (2007)... (2007). Izard. 215. Cohen. (1992). B1-B11. Parsing a cognitive task : a characterization of the mind’s bottleneck.. (1967). . Eckert. The development of numerical estimation : evidence for multiple representations of numerical quantity. M.K. 1493-1504. Neuron. S. (2003). Pinel. Le Bihan. Piazza. 53. 293-305.. 358. Addition and subtraction by human infants. Nieder. 5(8). (2005). M. M. 14(3). New York : Norton. eye... V. Brannon.. 1237-1245. (2005). Counting on neurons : the neurobiology of numerical competence. Reiss. (2004).. J. Le Bihan. Riviere. E. 3(2). and language-related areas in the human parietal lobe.. A.F. J. (2007). M. Nat Rev Neurosci.. Siegler. Nature.S.L. 15(11). Pinel. 6(3).... Roitman. D. V. Neuron.. 33(3). 16(9).. & Menon. & Dehaene.D. M. S. Proc R Soc Lond B Biol Sci. Piazza. D. & Dehaene. S. W. V. & Dehaene. 27(22). LeBihan. P. S. S. S.. Brain Anatomy in Turner Syndrome : Evidence for Impaired Social and SpatialNumerical Networks. The cognitive neurosciences. A. Mangin.. Nieder. PLoS Biol. Activités de recherche du laboratoire Nous mettons ici en valeur quelques résultats qui nous paraissent importants. (2004). 749-750. & Landauer. 177-190. O. A. & Dehaene. Verguts. 3rd edition. Piazza.

qu’il s’agisse des lettres. Au-delà de cette valeur seuil. à l’avenir. l’aire de la forme visuelle des mots. devrait empêcher les neurones de répondre à leur stimulus préféré. NeuroImage. — enfin la présentation du mot dans l’hémichamp gauche a un effet délétère bien connu. au-delà de deux espaces. dans l’équipe de Christophe Pallier. nous avons toutefois prédit que cette région devrait cesser de fonctionner efficacement dans certaines conditions de stimulation : — l’écartement des l e t t r e s . dans les trois conditions de ralentissement. devrait empêcher l’activation des neurones-bigrammes supposés essentiels à l’identification rapide des mots . La lecture sérielle s’accompagne également d’une amplification sélective de la partie postérieure de l’aire occipito-temporale ventrale.. notamment au début de l’apprentissage chez l’enfant. En effet. 2005). les régions pariétales postérieures bilatérales (homologue plausible de l’aire LIP chez l’homme). L’IRM a révélé les mécanismes cérébraux de ces phénomènes comportementaux : la lecture avec effort s’accompagne de l’entrée en activité d’un vaste réseau dorsal qui comprend systématiquement. qui survenait précisément aux valeurs paramétriques prédites par le modèle (par exemple. Journal of Cognitive . déplacement) étaient manipulés de façon paramétrique (Cohen et coll. 2008). L’expérience qui fait l’objet d’une première publication (Devauchelle et coll. suggérant une lecture attentive. Il semble important. Le réseau dorsal mis en évidence dans cette expérience joue vraisemblablement un rôle important dans toutes les conditions où la lecture est dégradée et rendue difficile. Compréhension du langage parlé : l’importance de la région temporale antérieure Anne-Dominique Devauchelle. d’examiner sa possible contribution aux troubles de la lecture chez certains enfants dyslexiques. à un site correspondant au codage putatif des lettres isolées. Nous avons donc mené une expérience de comportement et d’IRM fonctionnelle où ces trois facteurs (écartement. a réalisé une thèse sur la représentation cérébrale des structures de phrases. au-delà d’environ 40 degrés. sans doute parce qu’elle empêche l’accès rapide aux connaissances orthographiques stockées dans les régions visuelles de l’hémisphère gauche.. les temps de lecture étaient soudainement affectés d’un important effet de longueur du mot. avec effort. les travaux du laboratoire sur les processus de lecture se sont souvent focalisés sur une petite région occipito-temporale gauche.. cette région joue un rôle essentiel dans la lecture rapide. TICS. rotation.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 293 Mécanismes de la lecture : rôles distincts des voies ventrale et dorsale Par le passé. Les résultats ont montré un important ralentissement du temps de lecture. chez l’adulte bien entraîné. voire lettre à lettre. — la rotation du mot. des bigrammes ou ou des morphèmes des mots . Sur la base d’un modèle neuronal de l’architecture de cette région (Dehaene et coll. et indépendante de la longueur des mots. deux espaces d’écart entre les lettres). non-consciente.

par exemple « le taxi dépose le client ». Nos nouveaux résultats indiquent que l’intuition d’une association régulière entre les nombres et l’espace pré-existe à toute éducation en mathématiques. était l’absence d’effet d’amorçage dans une condition où l’on respectait toujours la même structure syntaxique. en collaboration avec Pierre Pica. Ainsi pouvons-nous étudier. De nombreux travaux. le simple fait de penser à un nombre ou d’effectuer un calcul évoque automatiquement un biais spatial. Dans cette condition également. Véronique Izard. les intuitions mathématiques non-verbales. nous avons montré que ces indiens possèdent un sens intuitif des relations nombre-espace (Dehaene et coll. Le résultat le plus surprenant. toutefois. soit la même construction syntaxique. un fort effet d’amorçage était observé. Un fort effet d’adaptation à la répétition était alors observé dans la majorité du réseau de traitement des phrases. particulièrement dans la région temporale antérieure. indépendamment des mots utilisés pour la réaliser (par exemple « c’est le taxi qui dépose le client .). Celle-ci apparaît comme un candidat intéressant pour la représentation du sens des phrases et de l’agencement des rôles thématiques de leurs constituants. 2008). soit le même contenu lexico-sémantique. Une hypothèse très intéressante est que les régions temporales antérieures soient impliquées dans l’extraction de la structure abstraite ou « profonde » des phrases. Dans un cas extrême. réalisés chez des adultes occidentaux. Ce résultat suggère que la construction syntaxique abstraite n’est pas représentée indépendamment des mots qui la véhiculent. « le client a été déposé par le taxi ». . « c’est le taxi qui dépose le client ». les participants lisaient ou écoutaient des phrases organisées par groupes de quatre. Cet effet trouve son origine dans les liens qu’entretiennent les représentations numériques et spatiales dans le lobe pariétal (voir le cours de cette année). ou bien n’est pas conservée sous une forme explicite par des neurones reproductibles et sujets à l’adaptation. sous presse) visait à utiliser l’amorçage en IRM fonctionnelle afin d’examiner s’il existe des régions cérébrales qui codent pour des structures syntaxiques. réalisant ainsi une forme d’invariance pour leurs variations plus superficielles. Dans la condition « lexico-sémantique ». Dans une étude récente. montrent que. Au cours de l’expérience.294 STANISLAS DEHAENE Neuroscience. Cognition numérique : les liens entre le nombre et l’espace Depuis 2002. Science. Ce peuple présente un lexique numérique restreint aux tous premiers nombres. le même contenu était répété à l’aide de constructions syntaxiques distinctes.. etc. ce qui confirmait que ces régions linguistiques se prêtent bien à une étude par la méthode d’adaptation. notre laboratoire s’intéresse à la cognition numérique chez les indiens Mundurucus d’Amazonie. la même phrase était répétée quatre fois. avec les méthodes de la psychologie cognitive. ce sont vos amis qui détestent les poireaux . etc. Elizabeth Spelke. et n’a guère accès à l’éducation mathématique. qui pouvaient partager ou non.

réalisé lors de la thèse de Susannah Revkin. on leur demande de le positionner sur cette droite. a exploré les mécanismes d’appréhension de la numérosité d’un ensemble d’objets. ils ne le placent pas vers le milieu. On leur présente ensuite divers nombres. l’un avec le nombre 1. Les Mundurucus organisent spontanément les nombres dans l’espace suivant une échelle logarithmique. Chez l’enfant occidental. 4… Cognition numérique : la distinction entre subitisation et estimation Un autre travail. Ainsi. séquences de sons). la forme que prend cette relation n’est pas linéaire. Pour chaque nombre. Nos résultats signifient donc que ce sens de la mesure et de la linéarité des nombres s’apprend et n’est pas immédiatement intuitif. On sait que les tous petits ensembles d’objets (jusqu’à 3 ou 4) sont énumérés très rapidement et pratiquement sans erreurs. tous les adultes occidentaux adoptent spontanément une représentation linéaire. doit se situer au milieu de 1 et de 10. cette recherche met en valeur le rôle essentiel de l’éducation dans le développement mathématique : en son absence. 2. Cette « subitisation » des petits nombres est connue depuis plus d’un siècle. selon leur intuition. 3. semble-t-il. Siegler et Opfer ont observé que la nature des liens entre nombre et espace change au cours du développement. tous les participants ont positionné intuitivement chaque nombre dans un ordre monotone. mais reste inexpliquée. soit sous forme non-symbolique (nuages de points. C’est entre 6 et 10 ans que l’enfant passe d’une représentation logarithmique à une représentation linéaire du nombre. Cependant. ils laissent les personnes entièrement libres de leurs choix pour les nombres intermédiaires. Lorsqu’on leur demande de situer le nombre 5 par exemple sur une droite graduée de 1 à 10. même en l’absence d’éducation mathématique. soit sous forme symbolique (noms de nombres en langue Mundurucu ou en portugais pour ceux qui le connaissent). qui respectait une relation systématique entre le nombre et l’espace. une droite étiquetée à gauche par une représentation du nombre un et à droite par une représentation du nombre 10 (présentés sous forme de nuages de points). nous ignorerions même qu’il existe un espacement constant entre les nombres 1. De façon plus surprenante.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 295 L’expérience consiste à présenter aux Mundurucus. Dans la mesure où ces nombres ne font intervenir que les extrémités de l’échelle. La similarité entre les nombres semble jugée sur une échelle logarithmique car celle-ci respecte les rapports entre les nombres : 3 est placé au milieu de 1 et 9 en sorte qu’il y ait le même rapport entre 3 et 1 qu’entre 9 et 3. Cette représentation suit la loi de Weber. Un modèle classique suppose que . dans laquelle les nombres consécutifs sont équidistants quelle que soit leur taille – la même opération de « successeur » ou « + 1 » s’applique tout au long de la ligne numérique mentale. Ainsi cette relation apparaît intuitive et spontanée. l’autre avec le nombre 10. sur un écran d’ordinateur. mais à proximité de 10 — c’est plutôt 3 ou 4 qui. Par contraste. Seuls deux essais d’entraînement sont proposés. toutefois.

Seule l’IRM avait permis de montrer l’implication de la région pariétale. et le temps de réponse nettement plus rapide.296 STANISLAS DEHAENE la subitisation n’est qu’une forme d’« estimation précise » : nous disposerions d’un mécanisme générique d’estimation soumis à la loi de Weber. nous avons testé une conséquence directe de la loi de Weber : la précision devrait être la même lorsque les participants discriminent et dénomment les nombres 1. chez l’animal. Le mécanisme qui permet la subitisation reste inconnu. rendu possible par . 2. Nous avons donc entraîné des participants français à dénommer rapidement et approximativement les dizaines de 10 à 80. Jusqu’à présent. c’est-à-dire que son imprécision augmente de façon proportionnelle au nombre représenté. PLOS Biology. 4… et les nombres 10. sans qu’ils présentent la moindre discontinuité pour les petits nombres par rapport aux grands nombres. et avons comparé ces résultats à ceux de la tâche classique de dénomination de 1 à 8 points. 3. Les résultats ont mis en évidence une violation très nette de la loi de Weber : la précision est bien supérieure. Les topographies des voltages au niveau du scalp ont démontré des réponses massives et bien différenciées aux deux types de changements. 2008). cependant. les mécanismes cérébraux de cette compétence restaient indéterminés. Pour les tous petits nombres. 20. Ces résultats réfutent. mais la recherche doit s’orienter vers des propriétés spécifiques à la représentation visuelle des petits ensembles d’objets. d’une manière directe. Afin de séparer ces possibilités théoriques. l’hypothèse qu’un seul et même mécanisme sous-tend l’estimation et le comptage. Toutefois d’autres dissociations. dans le traitement des nombres chez l’enfant de 4 ans (Cantlon et coll. En collaboration avec Véronique Izard et Ghislaine Dehaene-Lambertz. Cette théorie unifiée de la subitisation et de l’estimation est séduisante dans la mesure où. militent en faveur d’un autre modèle selon lequel la subitisation fait appel à un mécanisme entièrement distinct et dédié. ou 4 contre 12). Nous avons comparé les potentiels évoqués par des changements imprévisibles au sein d’un ensemble d’objets.. la précision du codage numérique deviendrait suffisante pour discriminer chaque nombre de ses voisins. 40… (dans la mesure où leur rapports sont identiques).. Un modèle réaliste du scalp et des sources corticales distribuées. Cognition numérique : le sens des nombres chez le bébé de trois mois De nombreuses recherches comportementales indiquent qu’une authentique compétence numérique est présente chez l’enfant de quelques mois. nous avons pu montrer les premières images de l’activité cérébrale au cours d’un traitement numérique chez le bébé de trois mois (Izard et coll. des neurones codant pour la numérosité et soumis à la loi de Weber ont effectivement été enregistrés. en particulier dans l’hémisphère droit. 30. ce qui permettrait une dénomination rapide et précise. qui consistaient soit en un changement de nombre (2 contre 3. pour les numérosités 1 à 4 que pour tous les autres nombres et notamment les dizaines de 10 à 40. particulièrement chez le très jeune enfant. 4 contre 8. 2006). soit en un changement de l’identité des objets.

Jérôme Sackur et Mariano Sigman. ce qui n’est pas le cas lorsqu’une pression temporelle s’exerce pour réaliser deux tâches conjointes le plus rapidement possible. et l’on peut étudier les limites de cette introspection. Ces résultats suggèrent que le cerveau du bébé est hautement organisé et que la grande division entre voies visuelles dorsale et ventrale est déjà présente à trois mois de vie. En effet. Nos résultats démontrent que. une partie des traitements mis en jeu n’est plus accessible à l’introspection. Notre introspection semble limitée aux informations qui parviennent à ce goulot d’étranglement central. quel que soit l’intervalle entre les cibles associées à chaque tâche. qui pourrait sous-tendre le développement ultérieur de l’intuition arithmétique. Accès à la conscience : limites de l’introspection Le laboratoire s’intéresse. Les étapes de perception et d’exécution motrices ne sont accessibles à l’introspection que lorsque cette espace est disponible. nous avons développé une nouvelle méthode d’étude des capacités et des limites de l’introspection consciente (Corallo et coll. En particulier. depuis plus d’une dizaine d’années. Psychological Science. et affectée par les mêmes facteurs expérimentaux. Toutefois. .PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 297 notre travail antérieur d’IRM du bébé. et prétendent avoir répondu à vitesse constante. après chaque essai d’une tâche chronométrique. De cette manière. le délai objectif qui affecte la seconde tâche disparaît totalement de l’introspection des participants. cette introspection n’est pas seulement qualitative ou verbale. elle consiste à interroger le volontaire. en millisecondes. particulièrement à gauche. 2008). a montré que le changement d’identité entrainait l’activation des régions occipito-temporales ventrales.. ce qu’il estime être son temps de réponse. Ils soulignent la continuité du « sens des nombres » au fil du développement et pointent vers un biais d’organisation en faveur du lobe pariétal droit. Cette méthode d’« introspection quantifiée » se situe au confluent de nos recherches sur les nombres et sur la conscience. Nous en concluons que l’introspection subjective du temps consacré à une opération mentale corrèle avec la disponibilité d’un « espace de travail global » où se prennent les décisions et qui ne peut réaliser qu’une tâche à la fois. Avec Guido Corallo. Contrairement à beaucoup d’autres études. des techniques classiques de chronométrie mentale telles que la méthode des facteurs additifs de Sternberg peuvent être appliquées au temps de réponse introspectif. dans une tâche de comparaison simple. le temps de réponse introspectif est une mesure très sensible. aux mécanismes qui permettent à une information d’accéder à la conscience. tandis que le changement de nombre activait la région pariétale droite. étroitement corrélée au temps de réponse objectif. sur son introspection de son propre temps de réponse. dans une situation de « période psychologique réfractaire » où deux tâches entrent en collision et sont réalisées l’une après l’autre. Ceux-ci ne se rendent pas compte que leurs réponses sont considérablement différées par l’exécution de la première tâche. mais elle est finement quantifiée : le volontaire utilise un curseur analogique ou une réponse numérique afin d’estimer.

Les résultats confirment que le cerveau se comporte comme une architecture à la fois massivement parallèle (aux niveaux perceptifs et moteurs) et strictement sérielle (au niveau décisionnel). l’une après l’autre. L’IRM est effectivement limitée par la lenteur de la réponse hémodynamique. un réseau étendu qui impliquait les régions pariétales postérieures.298 STANISLAS DEHAENE Analyse temporelle de la collision mentale entre deux tâches Avec Mariano Sigman. qui impliquaient de prendre simultanément une décision auditive (comparaison de hauteur tonale) et une décision visuelle abstraite (comparison de nombres). Toutefois. De plus. qui reflète effectivement l’entrée en activité d’un réseau distribué d’aires corticales associatives. mais qu’une étape de décision centrale impose un goulot d’étranglement où les opérations sont réalisées en série. et bien que l’ensemble des opérations soit réalisé en environ une seconde. Les aires sensorielles suivaient étroitement le moment de présentation du stimulus. De plus. A l’aide de l’IRM. Diverses expériences comportementales ont conduit à l’hypothèse. L’enregistrement des potentiels évoqués à 256 électrodes a montré que le goulot d’étranglement se traduisait par un délai massif de la composante P3. Un délai de 300 millisecondes était injecté dans la tâche auditive. afin d’identifier précisément les aires corticales et les étapes d’activation cérébrale associées à ce goulot d’étranglement central (Sigman et Dehaene. tandis que les activations sensorielles antérieures (< 250 ms) étaient strictement non-affectées par l’interférence. nous avons demandé à des volontaires de réaliser des tâches doubles. ils délimitent les contours anatomiques et fonctionnels de ce réseau décisionnel qui semble systématiquement associé aux régions pariétales et préfrontales bilatérales — un système très proche de celui que nos travaux antérieurs associent à l’accès à la conscience. formulée clairement par Pashler. qui se déploie avec plusieurs secondes de retard par rapport à l’activité neuronale. nous avions montré que l’idée répandue que l’IRM fonctionnelle est largement dépourvue de résolution temporelle est fausse. Pour tester cette hypothèse. que les étapes perceptives et motrices peuvent être menées en parallèles. nous avons développé des méthodes d’analyse temporelle en IRM fonctionnelle et en potentiels évoqués. qui fait référence à l’impossibilité de réaliser deux tâches simultanément. Dans notre nouveau travail. nous avons pu diviser les réseaux corticaux en souscomposantes en fonction de leurs caractéristiques temporelles. Mariano Sigman et moi-même avons montré qu’une analyse de Fourier permettait de dépasser ces limites et d’obtenir des informations sur le décours temporel de l’activité neuronale sous-jacente. Par le passé. la partie antérieure de l’insula et le cervelet était partagé par les deux étapes successives de décision. à l’échelle de la centaine de millisecondes (Sigman et al. 2008). NeuroImage 2007). tandis qu’un réseau pariéto-préfrontal bilatéral montrait un effet de délai lié au goulot d’étranglement. nous avons appliqué cette méthode au phénomène de « période psychologique réfractaire ». soit en dehors de cette période. . soit pendant la période d’interférence. le cortex prémoteur.. Journal of Neuroscience.

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Professeur Cours Principes simplificateurs dans les mécanismes cérébraux de la perception et de l’action Le cours a été consacré aux principes simplificateurs qui sous tendent la perception et le contrôle du mouvement. — Département de Psychologie de l’Université de Harvard (Cambridge. — Laboratoire MBARI de Robotique et Biologie Marine à Monterey : 1 cours . USA) : 1 cours. — Département de Computer Sciences et à l’Institut d’étude avancée de Colombie Britannique (Vancouver. nous avons abordé divers volets du problème des principes qui permettent au cerveau de simplifier la « Neurocomputation ». Tous ces cours ont rempli les critères des cours du Collège de France et ont été annoncés comme tels (public large et interdépartemental ou grand public). — Département de Psychologie de l’Université Santa Barbara : 1 cours . Dans cette série. Membre de l’Institut (Académie des Sciences). Canada) : 3 cours . l’un au département de Cognitive et Brain Sciences et l’autre au département d’Astronautics . — Institut de Brain Sciences et à l’Hôpital Neurologique de l’Université de Portland : 2 cours . — Département de Neurosciences du California Institute of Technology (Caltech) à Los Angeles : 1 cours . Alain Berthoz.Physiologie de la perception et de l’action M. Ces cours ont été donnés respectivement dans les Universités suivantes 1 : — Massachusetts Institute of Technology : 2 cours. . 1.

Nous avons décrit le fonctionnement du système visuel en analysant les mécanismes simplificateurs dans les bases neurales de l’anticipation perceptive. sous le titre « La simplexité ». J’ai en effet forgé un concept nouveau qui rend compte de ce remarquable travail de l’évolution des organismes vivants pour résoudre des problèmes complexes avec des solutions qui ne sont pas simples mais simplexes. Nous avons décrit les travaux expérimentaux de notre laboratoire concernant l’enregistrement intracrânien de l’activité cérébrale chez des patients épileptiques dans les voies visuelles et oculomotrices. en particulier avec l’Université de Vancouver. je l’espère. J’ai résumé ces lois (co-variation planaire.). J’ai dégagé de tout ce travail d’enseignement et de résultats de nos travaux un concept nouveau qui va donner lieu à un livre à paraître au printemps 2009. Une deuxième catégorie de principes concerne le contrôle de la posture et de la marche. J’ai beaucoup apprécié la possibilité donnée aux Professeurs du Collège de France de donner leur cours à l’étranger car ce « grand tour » d’Universités de haut niveau et la confrontation d’opinions qu’elle à induite a été très fructueuse pour mes recherches et celles de notre laboratoire et. car elles supposent souvent en réalité des processus très élaborés. J’ai aussi décrit des travaux très récents utilisant l’imagerie cérébrale et la réalité virtuelle concernant différents réseaux du cerveau qui sous tendent la manipulation des référentiels spatiaux et j’ai esquissé une théorie nouvelle que nous élaborons avec des mathématiciens concernant le fait que le cerveau n’utilise pas seulement la géométrie euclidienne mais aussi des géométries affinées. Un des aspects les plus remarquables de la simplification dans les systèmes perceptifs vient des modalités de coopération multisensorielle et du caractère actif de la perception. . j’ai fait une synthèse des travaux sur les référentiels spatiaux pour montrer que le cerveau peut utiliser une variété de référentiels pour le contrôle de l’équilibre et de la locomotion (grâce au système vestibulaire qui crée une plateforme céphalique stabilisé). J’ai fait une synthèse des travaux de notre laboratoire. le contrôle du regard et la relation entre vision et motricité oculaire. chez O. Nous avons décrit des études sur les mécanismes de la décision de regarder. mais qui permettent aux organismes vivants d’agir très vite. Ensuite. Elles ont aussi permis d’engager de nouvelles collaborations. séparation du contrôle de la direction et la distance. etc. L’ensemble de ces travaux et de ces conférences faites devant des publics très variés dans des Universités toutes de très haut niveau m’ont donné l’occasion de confronter mes idées avec des collègues éminents. Jacob. avec précision et avec de grandes capacités d’adaptation et de flexibilité. la ségrégation des voies visuelles en modules spécialisés. J’ai suggéré que les mêmes lois simplificatrices très générales sont utilisées pour contrôler les trajectoires de la main et les trajectoires locomotrices. pour ceux qui voudront bien lire mon livre. loi de la puissance 1/3. dans plusieurs conférences.304 ALAIN BERTHOZ Une première catégorie de principes simplificateurs concerne la perception.

Hicheur. « Les hallucinations. Franck (Institut des Sciences Cognitives CNRS Lyon). Grèzes. Berthoz. contrôler et moduler l’activité de son cerveau. Pr A. — 30 janvier : Pr P. Pr P. Altérations de la prise en compte du réel dans les psychoses » . Petit. le réel et le virtuel ». « Brain TV : voir. organisé avec les Professeurs Brian Stock (Université de Toronto) et Carlo Ossola (Collège de France). Université de Strasbourg). Amada (INSERM. des spécialistes de l’hypnose. Lachaux (INSERM Lyon). — Bérangère Thirioux. Grenoble) et Dr K. Dr J. Aglioti (Université La Sapienza. « La notion de corps virtuel ». Hôpital Sainte-Anne Paris). Nous avons aussi accordé une attention particulière à la question de la mémoire autobiographique et les applications de la réalité virtuelle.-P. Rome).-L. le réel et le virtuel Le séminaire du cours a été consacré cette année au thème suivant : « Le cerveau. H. Ce colloque sera publié par O. la construction de robots humanoïdes est un champ nouveau de l’intelligence artificielle et donne lieu à des coopérations importantes entre neurosciences et robotique. Laboratoire de Réalité virtuelle) « La simulation des foules par la réalité virtuelle » . Pr Gérard Jorland. « Le réel et la fiction dans la mémoire autobiographique. « L’expression corporelle des émotions ». Dr S.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 305 Séminaires Le cerveau. Berthoz et Pr J. « A la recherche du temps perdu : bases neurales de la mémoire autobiographique et de ses dysfonctionnements ». Houben. discussion : Pr A. — 23 janvier : Dr J. Bases du neurofeedback et des interfaces cerveau-machine ». La question du réel est importante et donne lieu aujourd’hui à des approches multidisciplinaires qui vont de la neuropsychologie à la robotique. Haggard (Institute of Cognitive Neuroscience University College Londres). Yahia-Cherif (LPPA Collège de France et Ecole Jacques Lecoq). « Danser avec un funambule virtuel : étude en EEG des bases neurales de l’empathie ». Dr M. L. EPFL Lausanne. — 6 février : Pr L. LPPA Collège de France. Cette question a été discutée par des conférences de psychiatres. Pr A. Thalmann (Ecole polytechnique de Lausanne. Jacob dans le cadre des « Travaux du Collège de France ». « Le corps et le soi dans le cerveau » . Fondements cognitifs de la notion de point de vue ». — 20 février : Pr D. Etudes comportementales et en imagerie cérébrale » . Une série de conférences a été donnée par le Pr I. Jerbi (LPPA Collège de France). des neurologues. . Piolino (Université Paris V). Ces séminaires on été complétés par un Colloque international les 11 et 12 juin 2008. — 13 février : Pr S. Donikian (IRISA /CNRS Université de Rennes) « Comment s’inspirer des comportements humains pour réaliser des créatures virtuelles avec des images numériques ». J. Manning (Laboratoire de Neuropsychologie CNRS. « Hallucination et schizophrénie ». Pr Olaf Blanke. « Données récente sur les bases neurales et les applications cliniques de l’hypnose » . — 16 janvier : Pr N. Près de 20 orateurs ont présenté des travaux interdisciplinaires. Becchio (Université Paris Sud Orsay). En effet. intitulé : « La pluralité interprétative. Berthoz. J. « Sensation corporelle et représentation de soi » (en anglais avec traduction française) . LPPA. Takanishi sur la robotique humanoïde. Kahane (Hôpital Nord. EHESS.-O. Krebs & Dr I. Dr Ph.

Politesse et point de vue dans les dialogues de la Renaissance italienne. Universalité des droits de l’homme et pluralité interprétative : l’exemple des droits de l’enfant. — Julie Grèzes (INSERM. Vendredi 13 juin — Michel Tardieu (Collège de France). — Carlo Ossola (Collège de France). — Jean-Claude Schmitt (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales). CNRS/Paris IV. CNRS). — Stéphanie Burnett et Sarah Blakemore (University College. ENS). L’émotion et la persuasion politique : lectures de Robespierre. — Edy Veneziano (Université Paris Descartes . Visions et voix : une herméneutique médiévale par les gestes. Pragmatique de l’interprétation. — Roland Jouvent (Université Paris VI . Utilisations du langage et développement de la capacité à maîtriser plusieurs points de vue chez l’enfant. de Stendhal à la théorie des jeux. Danemark).sauvegardes contre la manipulation ? — Emmanuel Decaux (Université Paris II). Aarhus University Hospital. Les formes et modèles du procès pénal . — Philippe Mongin (Ecole des Hautes Etudes Commerciales. — Carlo Severi (Ecole des Hautes études en Sciences Sociales et Collège de France). ENS). Bases neurales des relations avec autrui. — Heike Jung (Université de la Sarre. les images et la musique. — Anne Andronikof (Université Paris X). Aux origines du dialogue des cultures chez l’enfant. CNRS). Londres). Département de Sciences juridiques). — Mikkel Wallentin (Center for Semiotics and Functionally Integrative Neuroscience. Le paradoxe herméneutique. Waterloo et les miroirs croisés de l’interprétation. — Alain Berthoz (Collège de France).CNRS). Les ambiguïtés du jugement. Le pluralisme religieux. — Sara Cigada (Université de Milan). La manipulation mentale des points de vue : un des fondements de la tolérance ? — Olivier Houdé (Université Paris Descartes et Institut Universitaire de France). What is it to you ? Spatial perspectives in language and brain. Dialogue des interprétations : les Tre filosofi de Giorgione. Relativité de la traduction et relativisme. .306 ALAIN BERTHOZ La pluralité interprétative. — Annick Paternoster (Universités de Leeds et Lugano). Institut Jean Nicot. — Francisco Jarauta (Université de Murcia). — Barbara Cassin (Centre Léon Robin de Recherche sur la pensée antique. Cognitive Neuroscience Center. — Dan Sperber (Ecole Normale Supérieure. Interpréter le discours de l’autre en psychologie clinique : projections et déviances. Pluralité de points de vue et culture : réflexions sur le conflit culturel. Sources historiques de la pluralité. Cognitive development during adolescence.Hôpital de la Salpétrière). Fondements historiques et cognitifs de la notion de point de vue Jeudi 12 juin 2008 — Brian Stock (Université de Toronto).

C. C. C. Neuronal synchrony : metabolic and wiring costs of excitatory and inhibitory systems. Les robots humanoïdes comme outils pour l’étude scientifique du comportement humain. sur la proposition du professeur Alain Berthoz. APPROCHE PROBABILISTE ET PERCEPTION ACTIVE 1. notamment dans le contexte de la perception active c’est-à-dire lorsque le sujet est engagé dans une tâche motrice impliquant une interaction forte entre le traitement des informations sensorielles et l’exécution d’une action motrice : mouvement du regard.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 307 Séminaires divers du laboratoire — 10 janvier : Dr J. 4. « Learning movement time from space in the primate Posterior Parietal Cortex ». Newark. Pozzo (INSERM U887.Computer interaction ». La thèse de Christian Boucheny (codirigée avec Georges-Pierre Bonneau. Deux conférences sur les sujets suivants : 1. Ces recherches sont organisées autour de 2 thèses. USA). Perception visuelle des objets et du mouvement J. Lausanne Suisse). « Cognitive signals for brain . Neuronal synchrony : internally advancing assemblies in the hippocampus. « le codage central de la gravité : approche comportementale et corrélats neuronaux ». 2. Ces études permettent de quantifier l’incidence des distorsions induites par le port de verres ophtalmiques.B. déplacement de la tête. 2. USA). « Role of oscillations in coordination of activity within and between the neocortex and hippocampus ». Takanishi (Professeur à l’Université Waseda de Tokyo. Sirota (CMBN Rutgers Newark NJ. Morvan. Del R. La thèse de Céline Devisme (contrat Cifre avec Essilor) est centrée sur l’étude des gradients de disparité binoculaires horizontaux et verticaux et leur influence sur la perception du relief en vision périphérique. a donné une série de leçons sur Rythms of the brain : 1. Dijon). 3. mouvement de la main. . Travaux de recherche des équipes du laboratoire 1. Rossini (ESA/ESTEC Netherlands). Torres (California Institute of Technology. — 3 juillet : Dr E. contrat Cifre EDF) a pour objectif l’étude psychophysique des méthodes de visualisation scientifique.1. 26 juin : Pr G. — 3 mars : Dr L. — 30 juin : Dr T. dont une a été soutenue cette année. Devisme. Boucheny Notre équipe étudie la perception des caractéristiques géométriques et dynamiques des objets. — 12 et 19. Relations entre la robotique des humanoïdes et la culture et la société au Japon. « Neuro-inspired motor anticipatory interface for teleoperation ». EPFL. Neuronal synchrony : oscillatory and non-oscillatory emergence of cell assemblies. Elle a également étudié l’influence de la vitesse oculaire pendant la poursuite sur la perception de la direction du mouvement d’une cible visuelle. Buzsaki (Professeur à Rutgers University. USA) invité par l’Assemblée des Professeurs. sur la proposition du professeur Alain Berthoz. Droulez. Japon). Millan (IDIAP Research Institute. — 26 mars : Pr A. invité par l’Assemblée des Professeurs. Neuronal synchrony : coupling of hippocampal and neocortical systems. — 25 et 27 février : Pr A.

dans le cadre d’un stage post-doctoral. Droulez. J. les caractéristiques dynamiques de la perception du mouvement et les ambiguïtés qui résultent de l’équivalence gravité-inertie sont expliquées par les connaissances a priori quantifiées de façon probabiliste. Modélisation bayésienne des comportements sensori-moteurs J. Enfin. Enfin. Approche probabiliste de la fusion d’information et de l’analyse de signaux biologiques J.308 ALAIN BERTHOZ notamment les techniques de rendu volumique et de restitution cinématique. Droulez. en collaboration avec T. Il a également mis en place de nouvelles méthodes de visualisation interactive. 1. notre équipe s’intéresse plus particulièrement à l’implementation de l’inférence bayésienne par des réseaux de neurones biologiquement plausibles et à la modélisation des interactions multi-sensorielles (fusion d’informations) par des réseaux bayésiens auto-adaptatifs. La modélisation par mixture de gaussiennes de la distribution des boutons synaptiques fournit une représentation quantitative dense des données . Une revue des modèles de détection du mouvement a été réalisée. Colas. Ces algorithmes sont utilisés dans l’interprétation et la numérisation 3D de bâtiments ou de sites préhistoriques (Lascaux) et archéologiques (Delphes). couplant un oculomètre de précision à des algorithmes de simplification dans le cadre de la visualisation de grandes bases de données tridimensionnelles. Foubert. Bennequin De nouveaux outils probabilistes ont été développés pour la calibration et à l’estimation de la pose de caméra ainsi qu’à l’extraction de données 3D à partir de séquences vidéo dans différentes conditions d’éclairage dans le cadre d’une collaboration avec EDF. Chaperon & D.3. Camille Morvan a terminé une étude sur l’intégration des signaux rétiniens et de la copie efférente de la commande oculaire dans la perception de la vitesse d’une cible. Laurens Dans le cadre du programme européen BACS dont l’objectif est de démontrer l’intérêt de l’approche Bayésienne en robotique et pour les sciences cognitives. Nous avons développé un modèle bayésien dynamique de la perception du mouvement propre à partir des informations vestibulaires (thèse de Jean Laurens). F. Capern. S. 1. Dans ce modèle. codirigée par Pierre Bessière). Nous avons également développé un modèle unifié de la perception des objets tridimensionnels à partir des informations visuels (flux optique) et de la connaissance du mouvement propre (signaux vestibulaires et moteurs). Ce modèle permet d’intégrer de façon cohérente les hypothèses de rigidité et de stationnarité et reproduit un grand nombre de résultats psychophysiques (thèse de Francis Colas. la thèse de Simon Capern est centrée sur la modélisation de la perception du mouvement et des réseaux neuronaux codant les fréquences spatio-temporelles des stimuli visuels. ainsi qu’un modèle (en collaboration avec Daniel Bennequin) de la distribution des réponses aux fréquences spatio-temporelles dans V1 qui rend compte des résultats décrits en imagerie optique. L.2.

INTÉGRATION INTERHÉMISPHÉRIQUE ET PERCEPTIF SENSORIELLE C. Premières données expérimentales L. courant 2007. nous avons obtenu des cartes corticales avec une résolution spatiale de 20 μm et une résolution temporelle de 3 ms sur de grandes étendues de cortex. Tanaka. Japon) La technique d’imagerie optique permet de mettre en image l’architecture fonctionnelle du cortex tant les domaines spatiaux que temporels. En collaboration avec S. Audrey Houillon développe cette idée en l’appliquant au fonctionnement des photorécepteurs. Enfin l’analyse statistique fine du bruit des données d’imagerie optique corticale a permis de proposer de nouvelles méthodes de traitement applicables aux enregistrements en fluorescence voltagedépendante. etc. J. Japon).PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 309 neuro-anatomiques et un outil précis de détermination des clusters (thèse de Luc Foubert. Ces modèles supposent que le cerveau est capable de représenter des distributions de probabilités sur des variables pertinentes (forme. Tanaka (Riken BSI. Ribot. Milleret. Mise au point de l’utilisation de colorants sensibles au potentiel de membrane pour l’imagerie optique. Implementation des calculs probabilistes par les interactions biochimiques J. 2. En appliquant un colorant fluorescent voltage-sensible sur le cortex. nous explorons l’idée selon laquelle les réseaux biochimiques complexes de la signalisation cellulaire sont capables d’effectuer ces tâches computationnelles. (Riken BSI. Son principe de fonctionnement en est le suivant : une caméra CCD à haute fréquence de rafraîchissement (500 Hz) est placée au-dessus de la préparation et enregistre les variations de réflexion d’une lumière incidente qui varient avec l’activité corticale. Houillon. Tokyo. C. Université Paris 7).4. Tokyo. Droulez. J.1. A. 1. mouvement. . simultanément au niveau des 2 hémisphères. Grantyn. Foubert. Foubert. ce qui correspond à une réelle prouesse technique. 2. nous avons en outre obtenu nos premières cartes transcalleuses au niveau du cortex visuel primaire du chat. En collaboration avec Pierre Bessière. en collaboration avec P. En collaboration avec S. L. position. Une question ouverte est donc de comprendre par quels mécanismes et à quel niveau les probabilités sont codées et manipulées. Tout récemment. Dans le cadre de sa thèse. Milleret.) et d’effectuer des calculs probabilistes sur ces distributions. codirigée par Chantal Milleret). Bennequin (Institut de Mathématiques. Droulez (LPPA) et D. Bessière Les modèles Bayésiens sont particulièrement efficaces pour rendre compte du comportement et de la perception face à des situations incertaines et des stimuli ambigus. A.

310 ALAIN BERTHOZ 2.2. mais restent toutefois confinés aux couches supragranulaires. nous avons montré que : a) La surface corticale occupée par chaque terminaison calleuse chez les animaux MD est en moyenne 2 fois celle qui est observée chez les animaux NR . en préparation). b) Le volume occupé par chaque terminaison axonale (= volume de l’ellipsoïde) est également en moyenne deux fois celui qui est occupé chez les animaux NR . la densité synaptique est grandement diminuée.. En collaboration avec J. Dans le contexte qui nous intéresse. Bennequin (Institut de Mathématiques. avec un nombre relativement limité de boutons synaptiques. la plupart des terminaisons callosales présentes dans le cortex visuel primaire ont un tronc principal dont le diamètre est compris entre 0. le nombre de boutons synaptiques terminaux s’accroît très significativement par rapport à la normale. Au cours de l’année qui vient de s’écouler. . A17 et A18. L’équipe l’a bien établi en collaboration avec G. Milleret. d) L’angle général de la distribution des branches terminales et des boutons synaptiques avec TZ est de 70° chez les NR alors qu’il est seulement de 49° chez les MD. en d’autres termes. Droulez (LPPA) et D. Parallèlement. 1994). Elles sont localisées presque exclusivement dans les couches supragranulaires (II/III) de la bordure entre les aires visuelles primaires 17 et 18 (TZ). b) double également le nombre d’amas synaptiques formés par ses arborisations . nous avons tenté de parfaire cette analyse comparative des axones calleux NR et MD par 2 analyses quantitatives sophistiquées de la dispersion globale des branches terminales et des boutons. Par là même.. nous avons antérieurement montré que : 1) Chez le chat adulte normal (NR). ces mêmes terminaisons calleuses ont un tronc principal de diamètre similaire à ceux des animaux normaux. Au-delà. Nous l’avons confirmé récemment.25 μm. Université Paris 7) Sur la base de simples observations. Par la seconde méthode quantitative. C. en combinant imagerie optique et étude anatomique (Rochefort et al. c) divise par 10 le rapport entre le volume des amas synaptiques et celui de l’arborisation terminale totale . Analyse quantitative des effets d’une occlusion monoculaire précoce sur la morphologie des axones calleux L. Par une approximation ellipsoïdale. c) Les arborisations terminales se terminent à 80 % dans TZ chez les animaux NR alors qu’elles ne terminent plus qu’à 20 % dans cette même région chez les animaux MD . Mais ils envahissent cette fois très largement TZ. on devrait mieux comprendre comment le corps calleux contribue à l’élaboration de la perception visuelle. nous avons aussi montré que l’occlusion monoculaire précoce : a) double l’étendue et le volume de l’arborisation terminale des axones calleux au niveau cortical chez l’adulte . 2) Chez le chat adulte ayant subi une occlusion monoculaire précoce (MD).45 et 2. ces nouvelles méthodes d’analyse devraient permettre d’établir dans le futur une corrélation assez étroite entre l’anatomie et la fonction cérébrale. Foubert. elle devrait beaucoup nous aider à établir une corrélation précise entre les connexions calleuses et les cartes spatio-temporelles qu’elles définissent. Innocenti (Houzel et al.

nous continuons à employer une double approche comportementale et électrophysiologie. architecture synaptique et neurochimique). nous déterminons le profil d’activité d’ensemble de neurones correspondant. M. Le travail consistera alors à vérifier et à spécifier l’existence d’invariants (de façon purement spéculative — et à titre d’exemple — il se pourrait que seules les composantes principales recrutant des cellules corrélées à la préparation de l’action et à au résultat de cette action se réactivent). il ne s’agit que d’une étude d’activité globale reposant sur des comparaisons de corrélations. Mais chacune des tâches implique des types de traitements d’informations différents. Khamassi. MÉMOIRE SPATIALE ET NAVIGATION S. E. préférence spatiale. Inversement. Tabuchi (LPPA).I. V. En comparant des réponses de neurones lorsque l’animal met en œuvre différents processus cognitifs.1. Nos approches permettent à comprendre le lien qu’il existerait entre ces réactivations et l’apprentissage per se. chacune faisant appel aux mêmes réponses comportementales et présentant des indices comparables. et l’état de synchronisation entre les structures. préférence à la position de la lumière. etc. Battaglia (Université de Amsterdam) Afin de mieux comprendre les interactions dynamiques au niveau de structures impliquées dans la planification et la prise de décision au cours de la navigation. en collaboration avec P. la restriction du calcul des composantes principales peut se faire non pas sur les variables (l’activité cellulaire) mais sur des périodes d’intérêt définies de façon ad hoc (par exemple les périodes précédent ou suivant la récompense). récompense.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 311 3. La première approche à ce problème est d’analyser les corrélats comportementaux des cellules impliquées fortement dans les composantes principales. Benchenane. Des classes de cellules peuvent être ainsi définies selon leurs sélectivités : préparation de l’action. Wiener. 3. Finalement. Analyses de l’activité d’ensembles de neurones lors de l’apprentissage et alternations de stratégie Les analyses de réactivations jusqu’à présent ne sont pas explicitement reliées à l’apprentissage de la tâche. qui dépendent des caractéristiques propres des régions impliquées (connexions anatomiques. F. dans une approche analytique a priori. En effet. De façon assez similaire. K. Il sera alors vérifié si ces composantes principales tendent à se réactiver ou non. une dernière approche serait de trouver les composantes principales qui maximisent la réactivation (par exemple en calculant les composantes principales sur les périodes de sommeil suivant la tâche) et de regarder les corrélats comportementaux des cellules que les sous groupes cellulaires . Douchamps. Tierney. les composantes principales seront calculées sur des sousgroupes de cellules prédéfinies en fonction de leurs corrélats comportementaux. Nous avons continué nos analyses des enregistrements multivoies chez les rats effectuant deux tâches différentes dans le même labyrinthe en forme de Y (trois bras séparés de 120°). A. Peyrache.

de grandes synchronisations sont observées lors de cette phase de sommeil. Max Planck Institute for Biological Cybernetics). S’il s’avère que les coactivations respectent un schéma invariant. thalamo-corticales et hippocampiques tout à fait particulière. l’étude des corrélats comportementaux de ces deux cellules pourrait apporter une information d’un grand intérêt sur la nature de la réactivation. Le système noradrénergique dans la plasticité des réseaux neuronaux lors de la remémoration et de la reconsolidation Susan J.312 ALAIN BERTHOZ se réactivant recrutent. Au niveau de l’hippocampe. la mesure de réactivation appliquée au période d’éveil fournit les temps pendant lesquels la mesure « prend » sa valeur (la corrélation est calculé sur une grand période. 2008). Cependant. il y a une augmentation systématique du taux de décharge des neurones noradrénergiques du LC pendant le SWS. L’enregistrement simultané des potentiels de champs locaux dans le cortex préfrontal médian et l’hippocampe va nous permettre de corréler l’activité physiologique aux réactivations. avec l’hippocampe et le néocortex. Il sera très intéressant par exemple de regarder l’activité cellulaire pendant les pics de réactivations. Nos données montrent que les jours ou le rat atteint le critère de réussite de la tâche. les pics correspondent toujours à l’activation de l’une et à l’inhibition de l’autre) ou non. on observe une augmentation de la cohérence au point de décision (bifurcation) dans le labyrinthe. cela ne relève pas forcément du mécanisme physiologique. Pour étudier les relations entre les activités de l’hippocampe et du cortex préfrontal par biais des analyses des LFPs. A la lumière de ces résultats impliquant le système noradrénergique . Sara. tout au plus point elle les moments d’intérêt aussi bien pendant le sommeil (maximum de réactivation) que pendant l’éveil. 2 h après l’apprentissage (Eschenko & Sara. DR1 (emerita) L’apprentissage modifie le pattern de sommeil consécutif chez le Rat. mais seul certain laps de temps peuvent être cruciaux pour l’établissement d’une corrélation significative). au contraire. Les décharges des cellules du LC sont synchronisées avec les oscillations lentes et les spindles au niveau du cortex préfrontal. O. 2008). 3. et augmente la densité des fuseaux dans l’EEG cortical. Le sommeil à ondes lentes est caractérisé par des oscillations corticales. Ces phénomènes oscillatoires ne sont pas indépendants et. nous avons observé une augmentation du taux des oscillations à haut fréquence (ripples) (Eschenko et al.2. En effet.. De plus. On peut donc estimer que le LC est. pendant le SWS. Deux possibilités vont être alors possibles : ces pics correspondent à des coactivations ayant lieu toujours dans le même sens (pour deux cellules anti corrélées pendant l’éveil. un acteur important dans le traitement « off-line » des nouvelles informations. Cette mesure de réactivation ne fournit en rien les détails des mécanismes physiologiques sous-jacents. Nous évaluons maintenant la relation entre les décharges neuronales du LC et l’activité en ripples au niveau de l’hippocampe (en collaboration avec Adrien Peyrache. nous étudions les cohérences entre les potentiels de champs locaux dans la bande thêta entre l’hippocampe et le cortex préfrontal. Eschenko.

4. sinon unique. Quelle contribution les mécanismes fonctionnels du système nerveux peuvent-ils apporter au sens des actions pour l’agent lui-même ou un partenaire ? La découverte des systèmes résonnants du cerveau va-t-elle relancer le mouvement de naturalisation des sciences sociales en donnant la clé de l’empathie.1. déjà pratiqué au sein de l’équipe. L’originalité de l’approche de la perception par la physiologie de l’action ressortait ainsi clairement par rapport à l’idéologie de la cognition à base de représentation et de transformation d’information externe. Physiologie de l’action et phénoménologie J. nous avons donc travaillé à une conception de la gradation continue du « faire sens » depuis les valeurs biologiques dont se chargent les patrons d’activité fonctionnelle des circuits cérébraux jusqu’aux actes intentionnels orientés vers un but et accessibles à l’expression dans le langage naturel. de l’imitation et de la formation des entités collectives ? La théorie des « actes de parole » (Austin-SearleVanderveken) qui repose sur l’interprétation des actes sociaux en termes d’attitudes propositionnelles — donc de proposition — pourra-t-elle retrouver la dimension posturale des attitudes en renouant avec l’action ? Les données sur les corrélats neuraux de la préférence et du jugement de valeur suffisent-elles à combler le fossé entre l’être naturel et le devoir être ? A toutes ces questions la phénoménologie laisse entrevoir une réponse cohérente. Contre la croyance en l’existence d’un seuil du sens ou d’une frontière entre non sens et sens. nous évaluerons la relation entre le décharge les neurones du LC et le « replay » des configurations d’activations des ensembles de cellules au niveau hippocampique et corticale. sur la base des affinités entre son analyse du vécu et la conception du dynamisme fonctionnel du cerveau comme théâtre d’un « effort de l’être vers le sens ». permettra d’élargir et approfondir nos connaissances sur la manière dont s’effectuent les interactions entre les réseaux neuronaux lors de l’apprentissage et la mise en mémoire. Berthoz (LPPA) L’ouvrage paru à l’automne 2006 (traduction anglaise à Oxford University Press 2008) a mis en place une interprétation de la physiologie de l’action dans la perspective du dernier Husserl. Renonçant à faire reposer le sens propositionnel sur les capacités théorique et linguistique du sujet pensant. MÉMOIRE SPATIALE ET CONTRÔLE DU MOUVEMENT 4. Le couplage avec l’enregistrement des ensembles. Husserl enracinait le sens du monde vécu de l’agent humain dans les systèmes kinesthésiques de son organisme. A. Petit (Université de Strasbourg).PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 313 dans le traitement d’information pendant le SWS. . Etaient du même coup posés de nouveaux problèmes que nous avons traités en répondant à diverses invitations à des conférences dans des congrès internationaux.-L. ainsi que le rôle facilitateur du système noradrénergique dans ces interactions.

Génération des mouvements saccadiques Le colliculus supérieur a un rôle central dans l’exécution des mouvements saccadiques. Un tel modèle a été proposé dans une série de travaux menés par l’équipe de Dominey et Arbib au début des années 90. 1998) peut aider à comprendre la stabilité de fonctionnement du cerveau. doté d’une capacité de sélection supérieure à celle du précédent modèle de (Gurney et al. guidés par apprentissage par renforcement. Berthoz (LPPA). A.C. dans le cas concret et très documenté des circuits saccadiques. Coninx. A. Nous avons également démontré la contraction des /locally projected dynamical systems /(lPDS) introduits .2. (1987). 2007) a permis la mise en place d’une preuve mathématique fondée sur des données neurobiologiques reliant cette élaboration à la géométrie des cartes. Girard. Une étude de l’élaboration de la commande saccadique dans le colliculus supérieur et la formation réticulée (Tabareau et al. Berthoz. ganglions de la base) et corticaux (champs oculaires frontaux. l’idée proposée par Slotine et Berthoz que la théorie de la contraction (Lohmiller et Slotine. ce projet de recherche a pour objectif d’évaluer. 2006). qui a donné lieu à de nombreux allers-retours entre modélisateurs et expérimentateurs depuis plus de 30 ans.J.1.314 ALAIN BERTHOZ 4. Ce modèle a été conçu comme contractant. La richesse des données accumulées permet d’envisager la modélisation de l’ensemble de ces circuits. MIT) Les ganglions de la base sont un ensemble de noyaux sous-corticaux interconnectés formant des boucles parallèles avec le cortex frontal. Pise) dans le cadre du projet Neurobotics (Manfredi et al. Girard. il est composé d’un empilement de cartes rétinotopiques encodant la position des cibles dans le champ visuel. Une implementation robotique préliminaire a été menée en collaboration avec le laboratoire ARTS (Scuola Superiore Sant’Anna.2. 4. Tabareau.-J. Tabareau. Pham. colliculus supérieur. en collaboration avec D. Q. Ils semblent impliqués dans des processus généraux de sélection. 2001a. N. N. 2005. Nous avons proposé un nouveau modèle de ces boucles. MIT USA) Les saccades oculaires sont un objet d’étude privilégié en neurosciences. etc. cependant. Slotine (NSL. Ces cartes ont des géométries particulières : linéaires ou logarithmiques-complexes. Bennequin (Institut de Mathématiques. Sélection de l’action B. La génération de saccades implique l’activation de nombreux circuits neuronaux sous-corticaux (formation réticulée. A. Modèles computationnels contractants des circuits saccadiques : du tronc cérébral au cortex B. Un nouveau schéma de recollement a été proposé et s’est montré capable de corriger les erreurs systématiques de la méthode standard proposée par van Gisbergen et al.2. Paris 7) & J.. 2006). cortex intra-pariétal latéral. cervelet. 4..).b) et capable d’amplification sélective du signal cortical (Girard et al. Au-delà de cette simple mise à jour. en collaboration avec J.2.. Slotine (NSL. intégrant des connexions entre noyaux usuellement négligées. de nombreux résultats expérimentaux récents suffisent à en justifier une mise à jour.

F. sujet de débats . Grenoble). Ce dernier point. Tanner et C. Bülthoff (MPI) Le traitement du flux optique joue un rôle fondamental dans l’analyse de notre mouvement. A. 1993) et avons proposé de les utiliser comme nouveau modèle de neurones artificiels (Girard et al. 4.2.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 315 par (Dupuis et Nagurney. T. en collaboration avec P. Canto Pereira. vision centrale. un modèle de sélection de cibles pour les mouvements des yeux formalisé dans le cadre de la programmation bayésienne est en cours de développement. Tübingen) Ces travaux de recherches s’inscrivent dans le cadre général de l’étude de la perception du mouvement.3. Des mesures de mouvements des yeux dans cette tâche ont été menées. Flacher. 4. Girard. 2008). et du contraste. Capelli (LPPA). en d’autres termes j’exclue l’utilisation de toute stratégie cognitive de navigation reposant sur des repères visuels pour la perception du mouvement. afin de montrer son efficacité en tant que Système de sélection de l’action. sur un projet cherchant à caractériser l’extraction de la vitesse propre lors de translations visuelles sur un plan. Modèle Bayésien de la sélection de saccades F. Pretto. Ce travail est intégré au projet européen Bayesian Approach to Cognitive Systems (BACS). Berthoz (LPPA). nous disposons d’un ensemble d’informations qui sont traitées par le cerveau et renseignent sur notre mouvement relatif et notre position dans le monde. inspirée du protocole MOT (Multiple Object Tracking) de Pylyshyn.3. Vidal. Il est fondé sur des cartes d’occupation reprenant la géométrie du colliculus supérieur. Contributions sensorielles pour la perception du mouvement M. B. Vidal. INRIA. L. et pourtant le monde que nous percevons ne se déforme pas lorsque nous nous déplaçons. Je travaille actuellement en collaboration avec Paolo Pretto au MPI à Tübingen. en collaboration avec P. vision périphérique). H. A. Le modèle contractant résultant a été appliqué à la résolution d’une tâche standard de survie en robotique autonome. Bülthoff (MPI. Nous avons mené une série d’expériences avec l’écran panoramique du Max Planck Institute (240° × 120° de champ) afin de caractériser le mécanisme de compensation de l’inclinaison du regard et l’influence de la zone visuelle disponible (champ de vision total. 4. ces données sont utilisées au LPPA pour tester et ajuster les paramètres du modèle. une nouvelle tâche expérimentale. La relation entre la vitesse angulaire (rétinienne) et linéaire (égocentrique) n’est pas triviale. Parallèlement. Je m’intéresse dans ce projet aux informations visuelles non localisantes. mais réalisée avec un champ de vision plus large et avec les yeux libres de bouger a été proposée. Bessière (LIG. Tübingen) Afin d’étudier le rôle de la prise en compte explicite de l’incertitude dans les processus de sélection de l’action. en coopération avec P. Curio (MPI. Pretto et H. Lorsque nous nous déplaçons. Colas.1 Perception des vitesses lors de mouvements propres visuels M.H..3.

la tâche consistait à estimer le TTC entre un observateur et un objet en mouvement accéléré vers lui. L’objectif est de déterminer quelle sera la contribution respective de chacune des modalités et en particulier s’il y a une intégration continue avec les informations visuelles ou juste une prise en compte ponctuelle des informations vestibulaires. Nous avons utilisé l’écran courbe du LPPA (185° de champ horizontal). 1975 . Nous envisageons également d’étudier l’estimation du temps restant avant l’impact lors de stimulations visiovestibulaires car la mesure de l’accélération par nos capteurs vestibulaires pourrait venir compléter les informations visuelles afin d’améliorer les estimations du TTC établies à partir de celles-ci. l’information d’accélération peut être extraite afin d’effectuer correctement l’extrapolation du mouvement et donc l’estimation du TTC. mais aussi lorsque les yeux peuvent accompagner le mouvement. Nous avons examiné si à partir de stimulations visuelles seules.. 4. Dans le cadre d’un projet Européen Moves. McIntyre et al. 2001).H. mais dans le cas de mouvements décélérés. Des travaux préliminaires ont déjà été effectués par M. il semblerait que l’estimation soit basée sur des informations de 1er ordre (prologation de la dernière vitesse). en collaboration avec H.3. A. et vers il était visuellement déplacé. Dans ces études. M. Les résultats mettent en évidence une dominance visuelle dans l’intégration sensorielle pour la perception de rotations pures. Bülthoff (MPI) Des informations inertielles sont fournies par le système vestibulaire et les organes internes et des informations de position sont fournies par la proprioception. La tâche du sujet était de préciser à quel moment il atteindrait un drapeau placé devant lui sur chemin. Vidal Peu d’études ont mis en évidence l’utilisation des informations d’accélération de l’objet pour l’estimation du Temps restant avant l’impact (TTC) dans les tâches d’interception (Rosenbaum. nous étudions comment les informations internes (vestibulaires et proprioceptives) se combinent avec le flux optique pour créer un percept de mouvement propre.2 Perception et mémorisation de mouvements visio-vestibulaires M. Vidal. Capelli.3 Estimation du temps restant avant l’impact lors de mouvements propres A. Les résultats préliminaires montrent une amélioration du mécanisme de compensation rétino-topique vers égocentrique pour la perception des vitesses lors du stimulation large champs.316 ALAIN BERTHOZ dans la littérature. présente un intérêt majeur pour les simulateurs de conduite lors de la reproduction de situations accidentogènes provoquées par le brouillard. 4.3. Les résultats indiquent une prise en compte de l’accélération dans l’extrapolation du mouvement propre. . Vidal au MPI. De nombreuses études sur le rôle des informations vestibulaires dans la perception du mouvement ont été réalisées au LPPA dans le passé. afin d’étudier le cas de rotations en lacet dans un contexte visio-vestibulaire. Capelli.

en représentant. S. 2003). 4. Marseille). Grezes (LPPA). F.1. comportementales et des techniques de neuro-imagerie fonctionnelle (IRMf) chez le sujet normal et pathologique. Dr B. Collaborateurs : Professeur A. Cette incongruité est censé provoquer une modulation et/où une déviation de la localisation du retour d’effort haptique au-delà des limites du schéma corporel envahissant l’espace péripersonal de l’individu. Le but est de décrire les mécanismes cognitifs et d’identifier les corrélats neuroanatomiques qui sont impliqués dans les capacités à comprendre la signification du comportement d’autrui. à détecter les intentions et les émotions qui sont à l’origine de ce comportement et qui leurs sont associés. qui jouent un rôle crucial dans la communication et l’interaction sociale. son indice. Calmels (INSEP. Institut Mutualiste Montsouris. Olive & A. Wicker (Institut de Neurosciences Cognitives de la Méditerranée-INCM. Ce projet combine des approches. Une telle déviation est corrélée directement à la plasticité rapide et réversible du schéma corporel humain.5. C. Pichon. Berthoz (Service de Psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte. en particulier le cortex prémoteur et le cortex pariétal (Grèzes et al. tels que l’Illusion de la Main en Caoutchouc (Rubber Hand illusion). intentions et émotions d’autrui J. Bases neurales de la perception des actions. Bayetti (LPPA CNRS Collège de France. Tilburg University. Paris). Nous y introduisons un component sensorimoteur afin d’évaluer le potentiel rôle de l’agencivité et des processus efférents dans la modulation des processus de plasticité rapide du schéma corporel humain. de Gelder (Donders Lab for cognitive and affective neuroscience. Dr C. Dr S.5. 4. Fruchart. Professeur B.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 317 4. Notre protocole expérimental en psychophysiologie évalue les effets comportementals de l’individu confronté à un conflit de caractère multisensoriel visuo-haptique fondé sur l’introduction d’une incongruité spatiale entre l’endroit d’acquisition du retour d’effort haptique et la localisation visuelle de ce même endroit.4. en conséquence. L. Paris). Pouga. Paris) Notre projet de recherche porte sur la perception et la compréhension des comportements moteurs réalisés par autrui. CNRS. Influence des stimulations visuelles et haptiques sur la représentation du schéma corporel I. Notre protocole expérimental consiste dans l’adaptation des manipulations portant sur l’induction de la plasticité rapide et réversible du schéma corporel humain. Ces structures sont activées de façon plus prononcée lorsque le sujet est capable de . Berthoz Nous cherchons à savoir le rôle de la plasticité rapide du schéma corporel humain dans le processus de substitution sensorielle visuo-haptique. Berthoz. The Netherlands). La perception des actions d’autrui La perception d’une action est associée à des activations au sein de régions cérébrales connues pour leurs rôles dans préparation et l’exécution d’une action.

L’expérience en IRMf a débuté en septembre 2007.. J. Allemagne). J. A. La perception des expressions corporelles émotionnelles d’autrui Cette partie du projet. Laumond (LAAS.. D.) afin de dégager l’influence des modalités sensorielles et motrices sur la formation des trajectoires complexes. En . Olivier (Université de Rennes). 4. par rapport à une action n’appartenant pas à son répertoire moteur (Calvo-Mérino et al. soumis). Planification et contrôle de la locomotion chez l’homme H.6. validés. 2004. Allemagne). par rapport à une expression neutre. seuls les témoins par rapport aux sujets autistes présentent des activations au sein du système émotionnel (amygdale.318 ALAIN BERTHOZ reproduire. Slotine (MIT) Nos recherches actuelles portent principalement sur l’exploration des principes biologiques et mathématiques sous-tendant la formation des trajectoires locomotrices chez l’homme.2. en préparation). Calvo-Merino et al. gyrus frontal inférieur et cortex prémoteur . région ayant un rôle crucial dans l’évaluation émotionnelle. Nous nous intéressons par exemple à la locomotion exécutée dans diverses conditions expérimentales (avec/sans vision de la cible. 2007).. un projet actuellement en cours a pour but d’examiner si ce phénomène de résonance motrice est activé chez des sportifs de haut niveau blessés. vitesse lente/rapide. Des films ont été réalisés. Swann Pichon et Lydia Pouga. Toulouse). Une meilleure connaissance du mode de fonctionnement du système résonance motrice pourrait avoir des implications directes par exemple dans le cadre de la rééducation. 2007. J. Enfin. Hicheur (Hertie Institut. Bennequin (Université Paris VI). Grèzes et al. Crétual. La gymnastique artistique a été choisie car c’est une des rares disciplines sportives où un/une athlète blessé(e) au membre supérieur (membre inférieur) peut poursuivre son entraînement en réalisant des mouvements sollicitant les membres inférieurs (membres supérieurs). 2006). celle de se préparer à agir en réaction à l’émotion perçue (Grèzes et al. en marche avant/arrière.-P. Les résultats des deux premières études en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle suggéraient que la perception d’expressions corporelles de peur et de colère.-J. engage une étape supplémentaire. le Professeur Béatrice De Gelder. édités. A. Une même étude sur la peur a été réalisée chez des sujets sains et des sujets autistes — Asperger en collaboration avec le Dr Bruno Wicker. Nous montrons qu’il existe des différences cérébrales au sein de la population normale entre des sujets ayant des difficultés à identifier et à exprimer leurs émotions. 4. en collaboration avec le Professeur Alain Berthoz. sujets dits « alexithymique » et les autres au sein de l’amygdale..5. Wiener (Freiburg University. Calmels. ainsi que dans le cortex cingulaire antérieur qui joue un rôle dans la régulation émotionnelle (Pouga et al. En collaboration avec le Dr C. sachant que ceux-ci sont temporairement dans l’incapacité de réaliser certains gestes en utilisant la technique d’IRMf. Pichon et al. a pour but d’étudier les bases neurales associées à la perception d’expressions corporelles d’émotions (peur et colère) et de tester le couplage entre émotion et action.-H.

4. l’introduction d’incertitude spatiale dans l’étude de la planification de trajet. Nous avons demandé au sujet de réaliser plusieurs tâches d’orientation et de navigation pour nous rendre compte de l’interaction possible entre les représentations mais aussi entre les stratégies. A. nous avons pu tester l’effet d’un amorçage de type carte sur un apprentissage kinesthésique d’un trajet. une cinquième expérience met en évidence les contributions relatives des informations visuelles géométriques et de type « amers visuels ». La perspective . J.7. et nous avons étudié le rôle des kinesthèses lors de cette planification de trajet. Nous concluons que l’effet de l’amorçage sur un apprentissage kinesthésique d’un trajet est très différent suivant le type de tâche demandée. nous étudions par exemple la stabilité des réseaux de neurones synchronisés soumis à des perturbations aléatoires.8. Un autre axe de recherche que nous poursuivons est l’étude de systèmes dynamiques avec la théorie de la Contraction Nonlinéaire. Wiener. 4. La thèse est également le résultat d’échanges entre le monde industriel et le monde académique. Enfin. en coopération avec ARCHIVIDEO) Nous utilisons principalement deux types de perspective visuelle pour mémoriser un trajet dans l’espace : la perspective route et la perspective survol. Berthoz L’objectif est d’étudier les stratégies cognitives de navigation de l’homme. Navigation humaine dans des environnements complexes : contribution des indices kinesthésiques et effet d’A PRIORI M. Le mémoire se termine sur les études effectuées dans un contexte industriel. Une quatrième expérience nous a permis de montrer que la planification avec incertitude d’un trajet connu était réalisée de manière extrêmement performante par les sujets. et que certains a priori biologiques influencent notre représentation de l’espace. Lafon.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 319 partant de ces observations expérimentales. Berthoz (Projet Européen Bacs) (Projet SCAN. nous construisons des modèles mathématiques qui font intervenir des principes tels que le contrôle optimal stochastique ou la géométrie affine et équi-affine. Nous sommes en particulier entrain de développer une version stochastique de cette théorie. De plus. nous avons étudié l’effet d’un changement postural et de l’habituation sur le maintien d’un pattern locomoteur. Lors d’une troisième expérience. l’utilisation de modifications posturales pour l’étude des kinesthèses. J. Étude du changement de perspective visuelle dans la navigation spatiale humaine L. L’originalité de ce travail réside dans la définition et l’étude des kinesthèses ou indices du mouvement. Barra. Du point de vue des applications. A. La discussion de ce travail se focalise sur l’interaction possible des représentations de l’espace et des stratégies associées puis ouvre sur les questions théoriques que pose la thèse. ce travail s’appuie sur des protocoles expérimentaux nouveaux : l’utilisation d’informations présentées préalablement à l’apprentissage d’un environnement. Lors des deux premières expériences. Laou.

Les représentations de type route utilisent un cadre de référence égocentré dans lequel la localisation d’un objet se fait par rapport à celle de l’individu. collaboration avec NeuroSpin). Berthoz (LPPA). Ce changement de perspective spontané active bilatéralement la jonction temporo-pariétale vers 500-600 ms. 2008.. Sur le plan neural. mais aussi. Thirioux. La perspective survol (ou perspective allocentrée) correspond quant à elle à une vue aérienne ou de type carte de l’environnement. en coopération avec O. Une tâche imposée de symétrie par réflexion active les systèmes résonnants. 450-550 ms et 400-500 ms après l’onset du stimulus. En fonction de l’augmentation du degré de translation spatiale nécessaire à la transformation mentale. Pr Jorland (EHESS) & A.9. Nous cherchons également à mieux caractériser les corrélats neuro-anatomiques des stratégies égocentrée et allocentrée en utilisant l’Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf. selon un axe antéro-postérieur en fonction de l’orientation de l’avatar. Actuellement. tandis que les représentations de type survol sont construites dans un cadre de référence allocentré basé sur les relations spatiales entre les repères. sous presse). Empathie et Referentiels spatiaux B. on observe une activation prédominante de la TPJ droite mais aussi une activation sélective du lobule pariétal inférieur gauche pour l’orientation de face. nous avons réutilisé notre paradigme de symétrie par rotation et réflexion. 4. nous avons montré que deux réseaux partageant certaines aires cérébrales étaient impliqués dans ces deux stratégies (égocentrée et allocentrée) et que ces dernières pouvaient être mémorisées en parallèle. profile ou dos. Lausanne) Au cours d’expériences en électroencéphalographie. en . en fonction de la présentation de face.. menées en collaboration avec le Pr Blanke (EPFL. Nos résultats montrent que lors d’une interaction sans tâche explicite avec un avatar présenté de face. De plus. les sujets prennent spontanément la perspective visuo-spatiale de celui-ci. de façon sélective le cortex occipital droit pour l’orientation de face (Thirioux et al. reflétée dans le comportement par une symétrie par rotation. c’est-à-dire à une vision de l’espace en deux dimensions. Suisse). soumis) pour explorer les mécanismes neurocognitifs du changement de perspective lors d’une interaction spontanée avec autrui (Jorland et Thirioux.320 ALAIN BERTHOZ route (ou perspective égocentrée) correspond à la vision de l’espace en trois dimensions telle qu’un individu la perçoit lorsqu’il se déplace physiquement dans un environnement. 2008a. nos travaux de recherche portent sur l’effet du changement de perspective sur les performances de navigation dans une ville virtuelle (collaboration avec Archividéo et Clarté). Blanke (EPFL. confirmant l’effet de rotation. en particulier le cortex dorsolatéral préfrontal droit et les aires prémotrices droites. un objectif complémentaire de nos travaux consiste à rechercher l’existence de différences entre les hommes et les femmes tant au niveau des stratégies de navigation que des régions cérébrales impliquées. de profil ou de dos de la funambule. par une transformation mentale du corps. Sur le plan comportemental. élaboré en 2006 (Thirioux et al. il a été montré que ces deux types de perspective pouvaient engendrer des connaissances et des performances différentes.

.10. Nous avons également mis en évidence un lien direct entre ces asymétries et la présence de malformations au niveau des canaux semi-circulaires de l’oreille interne grâce à une modélisation réalisée à partir de données IRM. Projet MATISS. Pour vérifier une implication neurophysiologique de ces anomalies. A. Une nouvelle analyse a montré qu’un changement de perspective spontané. Rousie (Université de Lille). Enfin une dernière analyse révèle le dynamisme des changements de référentiels spatiaux précédant la stratégie définitive (rotation ou réflexion). comme le point de vue « route » ou le point de vue « survol ». semblable à un changement de perspective imposé dans une phase tardive des PE (entre 400 et 600 ms). les résultats montrent une activation des systèmes résonants entre 0 et 500 ms. une étude oculomotrice approfondie des sujets scoliotiques a été . 4. 2008b. Dupierrix. Berthoz. Le point de vue route (ou égocentré) coïncide à la perspective perçue par l’individu lorsqu’il se déplace physiquement dans l’espace tandis que le point de vue survol (ou perspective allocentrée) correspond à une vue aérienne de l’espace. Ces résultats indiquent une activation très précoce des régions impliquées dans l’utilisation des référentiels spatiaux. précèderait neurophysiologiquement le changement de perspective et la distinction avec autrui. passent de leur propre perspective visuo-spatiale à celle d’autrui. Pour l’orientation de face.11. Berthoz. en préparation pour Nature Neuroscience).PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 321 préparation pour Journal of Neuroscience). A. Notre projet de recherche vise à étudier la dynamique des changements de stratégies spatiales pour la navigation humaine. On observe le pattern inverse pour l’orientation de dos. non observable dans le comportement. Il s’agit plus particulièrement de caractériser (décours temporel. s’en distingue cependant entre 70-100 ms après l’onset du stimulus. coût de traitement. suggérant qu’une identification avec autrui. Dynamique des changements de perspective dans la navigation humaine E. corrélats neuronaux) les processus sousjacents au changement de point de vue en combinant les méthodes comportementales et d’imageries cérébrales (EEG). nous avons démontré qu’il existait chez les sujets scoliotiques une asymétrie statistiquement significative de la base postérieure du crâne reflétant une asymétrie cérébelleuse sous-jacente. pour la mise en place de leur stratégie d’interaction avec autrui. en coopération avec RENAULT La navigation humaine est une activité complexe nécessitant la manipulation simultanée ou successive de différentes perspectives de l’environnement. Ces résultats montrent que les sujets. Si les recherches se sont centrées sur les processus liés à la manipulation de ces deux stratégies spatiales. précédant le changement de perspective spontané. 4. (Projet de la Fondation Cotrel) Dans une étude précédente. activant l’insula gauche alors que la rotation imposée active l’insula droite (Thirioux et al. Conséquences perceptives et motrices des asymétries cérébelleuses et vestibulaires dans la scoliose idiopathique D. très peu d’études ont concerné les mécanismes liés au changement de stratégies.

A.. K.. Neuroreport. — Lachaux. Lehericy.Cotrel. & Kahane. Ces premiers résultats suggèrent de nouveaux axes de recherche.. Lobel. A Stereotyped Behavior. — Hicheur. Q. J. Axe génétique : une collaboration avec le Professeur Nancy Miller. Israël. E.. 22 (2). les anomalies oculomotrices que nous avons mises en évidence dans la première étude doivent être poursuivies notamment au niveau des poursuites oculaires. & Berthoz. Hoffmann. dans la première étude focalisé notre attention sur les canaux semi-circulaires. D. Bertrand.. Laumond. : A Blueprint for Real-Time Functional Mapping via Human Intracranial Recordings ?. Axe neurophysiologique : au niveau vestibulaire et cérébelleux : nous avions. de Pompeiano. Au niveau oculaire. . : The Formation of Trajectories during Goal-Oriented Locomotion in Humans.. Berthoz. S. également membre de la fondation Y.. A. P. Minotti. 1.. L. O. Des travaux récents sur le cervelet (Ito) ont ciblé des fonctions cognitives insoupçonnées du cervelet (représentation spatiale. a été mis en place. I. Activités de la Chaire Publications Publications de l’équipe : Mémoire spatiale et contrôle du mouvement Responsable : Alain Berthoz Revue à comité de lecture 2007 — Capelli.. C. de De Waele…). Pham. G.. J. Par ailleurs. 2(10) : e1094. — Khonsari. des études expérimentales récentes ont mis en évidence des liens génétiques entre la formation du cervelet et de l’oreille interne. R. D. 26(8) : 2376-90.322 ALAIN BERTHOZ menée : elle a permis de mettre en évidence des torsions et des anomalies des poursuites oculaires relevant de dysfonctions vestibulaires.... : Temporal intervals production during passive self-motion in darkness.. Pierrot-Deseilligny. perception du schéma corporel… en plus des fonctions classiques de régulation motrices) : de nouveaux tests d’appréciation de la fonction cérébelleuse vont donc être utilisés.. 2. 18(17) : 1797-800. Milea. I. B. : Lateralized parietal activity during decision and preparation of saccades. Ceux-ci ont reçu le soutien de la Fondation Yves Cotrel en novembre 2007 pour une durée de trois ans. Current Psychology Letters. R. Deborne. PLoS ONE.. ophtalmologiste en charge des bilans oculaires des sujets. A.-P.-C. Elle a pour but l’identification des gènes codant pour la formation de l’oreille interne et du cervelet chez l’homme puis la comparaison des loci identifiés entre sujets scoliotiques et sujets sains. European Journal of Neuroscience.-P. Il est maintenant indispensable de nous intéresser à la fonction otolithique également impliquée dans la fonction posturale (études de Lacour. Arechavaleta. H. Jerbi. Schoendorff. Cette partie de l’étude sera assurée par le Docteur Salvetti.

M. — Lambrey.. B. : Rapid detection of fear in body expressions. M.M. Lafon. E. B. — Petit. 6(3) : 379-401. NeuroImage... Pochon. : Gender differences in the use of external landmarks versus spatial representations updated by self-motion.. — Wiener.-P. an ERP study. D. S. Berthoz. M. Neurosc. 26(8) : 2391-2403. — Schmidt. 16(3) : 604-18.A. S. M. B. Baulac. 1186 : 233-41. Biological Cybernetics. & Berthoz. J. 289-303.A. S. Amorin.. M. A. 21(4) : 628-641. Berthoz. Publications de l’équipe « Perception et exploration actives des objets » Responsable : Jacques Droulez Revue à comité de lecture 2007 — Colas. & Berthoz.. Brain.W. Vidal. G. II. Brain. & Berthoz.. : Distinct visual perspective-taking strategies involve the left and right medial temporal lobe structures differently. A. Leboucher. — Lambrey. Neural Networks.. Laumond. Brain Research.. P. Q. 36(3) : 495-504. D. Arechavaleta. 2008 — Girard.. Baulac.... Bennequin. N. A. J.. : Commentary to Helena De Preester : The deep bodily origins of the subjective perspective : models and their problems ?. J.(2007) : Prefrontal cortex is involved in internal decision of forthcoming saccades. Dupont.R. B. J-B. A. — Milea.. J.-J. Lehericy.J.. Q. : The Formation of Trajectories during Goal-Oriented Locomotion in Humans. A. Samson.A. Dupont. : Where Neuroscience and dynamic system theory meet autonomous robotics : a contracting basal ganglia model for action selection.. : Geometry of the superior colliculus mapping and efficient oculomotor computation. Droulez. 131 (Pt 2) : 523-34. Noulhiane. 48. Pham. M. Consciousness and Cognition.. & Bessière. J.J.. J. A. P.M. A. H.. 18(12) : 1221-4. M. Noulhiane.C. Muller..K. Vision Research. Berthoz. D. : Distinct visual perspective taking strategies involve differently the left and right MTL structures. — Mossio. & Berthoz. Amorim.C. NeuroReport. Krause. Slotine.. Berthoz. Mem Cognit. Hasboun. M. C. 36(3) : 955-68. A. PierrotDesseilligny.. C. M.. M. A. S. 97(5) : 461-77.. D. : Visuospatial working memory and changes of the point of view in 3D space. Hasboun. de Gelder.. — Pham. Hicheur. and Girard. Amorim. H. Lobel... & Berthoz. Tabareau.-C. : Path planning under spatial uncertainty. N. A. S.. M.. Samson. & Slotine... European Journal of Neuroscience. Shah. Berthoz. P.. Feb 2008 . 97(4) : 279-92.-J. Intergr. Biological Cybernetics. Fink.. 131(2) : 523-34. A Maximum Smoothness Model. Weiss... S. . D. J.R.-L... — Van Heijnsbergen.. Meeren.H... Grèzes.J. — Tabareau. : Traveled distances : New insights into the role of optic flow. S. Wexler. N. G. H. : A unified probabilistic model of the perception of three-dimensional structure from optic flow..PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 323 — Lambrey.. F... J. S.

W. Eysel. S.I. : « Spatial decisions and neuronal activity in hippocampal projection zones in prefrontal cortex and striatum ». J. Buee. Moons. M.. Castel.. Kisvarday. : Anisotropy in the representation of direction preferences in cat area 18. L... Peyrache. : Layout of transcallosal activity in cat visual cortex revealed by optical imaging. Vision Research. A. D. Ramadan. Z. NeuroImage. S. Publications de l’équipe « Mémoire spatiale et navigation » Responsable : Sidney Wiener Revue à comité de lecture 2007 — Cacquevel. Drobe. Philosophical Psychology. Carmeliet. Launay.. Eur. 2008 — Ribot.P. Benchenane. N. N. 27(10) : 2773-80. 15(4) : 222-8... Khamassi. : Keeping track of invisible individuals while exploring a spatial layout with partial cues : location-based and deictic direction-based strategies... 2008 — Eschenko. Learn Mem...T. Sara... M. B.. F.. & Droulez.J.. O. Neurobiol Dis. K. U. Delacourte. 27(2) : 164-73. & Milleret. Monot A. Born. Neuroscience. Tanaka. C. A.. Ayaka. A. Vivien. Buzas. M. : Ageing and amyloid-beta peptide deposition contribute to an impaired brain tissue plasminogen activator activity by different mechanisms.. S. 48(6) : 753-64. J. & Wiener S. S. P. H. C. — Devisme.. Publications de l’équipe : Développement perceptif et intégration interhémisphérique Responsable : Chantal Milleret Revue à comité de lecture 2007 — Rochefort. : Stereoscopic depth perception in peripheral field and global processing of horizontal disparity gradient pattern. & Droulez J. K. J...324 2008 ALAIN BERTHOZ — Bullot. : Sustained increase in hippocampal sharp-wave ripple activity during slow-wave sleep after learning. Mölle.. P. 21(1) : 15-46. Chapitres d’ouvrages collectifs 2008 — Battaglia. 36(3) : 804-21. Cheenne. In : . J. L.. O’Hashi..

— Berthoz. 19th European Conference Neurodevelopment and learning difficulties.Y. Bertrand.J. — Freyermuth S. 289-311. A. A.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 325 Hippocampal place fields : Relevance to learning and memory.. Les apports de la neurophysiologie à la compréhension de la prise de décision ». Oxford University Press. Colloque la neurophysiologie de la décision. Jacob. Italie. : « A mathematical proof of the coupling of the spatiotemporal transformation and the superior colliculus mapping ».. : « Comment le cerveau s’y prend pour décider. Elsevier. — Berthoz. Springer.-P. O. 199-216.. (2007) : « Neural Basis of Saccadic Decision Making in the Human Cortex ». Byrne. 5 novembre. 27-29 septembre 2007. Mizumori. Kahane P. Ecole Nationale d’Administration. Minotti.. 28 septembre. Ed. From Neural Code to Brain/Machine Interface. N. Eds : J. D. Lachaux J. Paris. & Lachaux. Congrès annuel de la Société de Neuroscience américaine. Conférence plénière. O. Gouvieux les Chantilly. pp. In : L’homme artificiel. Ed : J. la mémoire et le rire. Château de Montvillargenne. Colloque L’Evolution créatrice de Bergson cent ans après (1907-2007) : Epistémologie et Métaphysique. — Berthoz. A.. : « Quels rapports l’homme entretient-il avec ses espaces ? ». : « Towards Novel Brain Computer Interfaces via Online Detection of Gamma Oscillations in Intracerebral Recordings ». Kahane. — Berthoz.-J. — Berthoz. : « Neural basis of the perception of space. Paris. J. & Berthoz A. & Berthoz. Shintaro. In : Learning and Memory : A Comprehensive Reference. Fourth International Conference on Virtual Storytelling.. 22 octobre. A. 29 novembre. Colloque STIC Cité des Sciences à Paris. 13-14 décembre. : « Reconsolidation : historical perspectives and theoretical aspects ». Saint-Malo. 23 novembre. A.-P. Tabareau. L. 16 octobre. pp. Oise. A. — Berthoz. Bennequin. 1. : « Comment le cerveau s’y prend pour décider ». : « Perceptive integration and postural control ». A. Rome. 461-75..-P. — Sara. — Jerbi. pp. 224-36. Berthoz. USA. Autres travaux et activités de Alain Berthoz Chapitres d’ouvrages collectifs — Berthoz.. Réunion SGA. : « Les théories de Bergson sur la perception. 22-23 septembre. San Diego. A. movement and emotions ». P. Ecole militaire. : « Bases neurales de la décision ». Vol. : « Development and function of the balance system in the early years ». Conférences 2007 — Berthoz. A.J. F. Colloque Maladie d’Alzheimer : S’adapter au patient. A. 5-7 décembre. A. pp. au regard des données des neurosciences cognitives actuelles ». — Girard. Paris.. Paris. . Paris. Slotine. Conférence Plénière. Séminaire Approches plurielles de la décision. Institute for Neuro-physiological psychology. : « Réalité virtuelle et Neurosciences ». A. 3-7 novembre. — Berthoz. B. France. J. Oxford. Ecole Normale supérieure. (2007) : « L’homme virtuel ». Conférence Plénière. Paris. K. Collège de France. — Berthoz. In : Representation and Brain. Ed : S. Changeux et al.. Congrès Neuroriabilitazione e Robotica. Pise. S.

. Berthoz. A. — Berthoz. et en coopération avec la Fondation IPSEN : Journée IPSEN Neurobiology of Umwelt « Comment les êtres humains perçoivent le monde ». Collège de France. — Girault. : « Cinématique de l’expression corporelle des émotions pendant la marche ». A. Paris. J.. : « Neural principles of natural eye and limb movements that might be used in robotics ». Berthoz. A. : Colloque final ACI. : « La pensée de Merleau-Ponty sur la perception au regard des neurosciences cognitives actuelles ». — Berthoz. Collège de France. A. Ecole Normale Supérieure. Volterra. Colloque La pluralité interprétative et les fondements historiques et cognitifs des changements de point de vue. : NEUROBOTICS Summer School 2007 BrainMachine Interface. 12-13 juin. — Berthoz. — Berthoz. & al. Dario. Volterra. Italie. Neurobotics Symposium. Paris. Paris. . Collège de France. Paris. B. A. J. Collège de France. 20-22 juillet. : « La manipulation mentale des points de vue : un des fondements de la tolérance ? ».. &. Palais de l’UNESCO.. K. Collège de France. 24 janvier.-A. F. Ecole Nationale Supérieure de chimie de Paris. 18 février. Colloque Analyse 3D du Mouvement. Oise. 18 février. A. & Ossola. : Séminaire « Images Virtuelles ». des situations complexes. 12 juin. perception». 27-29 septembre 2007. A. Paris.: « The human brain “projects” upon the world simplying principles and rules for perception and action ». Journée IPSEN Neurobiology of Umwelt : comment les êtres humains perçoivent le monde. Organisation de réunions 2007 — Berthoz. : « Motricité. A. à l’occasion du 15e anniversaire des Réunions des Utilisateurs Vicon. Paris. Collège de France. A. Paris. 16-21 septembre. Conférence Plénière. Paris. A. : Colloque « Mathématiques en Neurosciences ». & al : Colloque From Neural code : to brain/machine interface. 3 juin. & Biometrics : Colloque Analyse 3D du Mouvement. Château de Montvillargenne. Stock. P. A. 5-7 juin. 10 juin. Paris. S. : Colloque « La pluralité interprétative fondements historiques et cognitifs de la notion de point de vue ». C. A. P. 14 juin. Berthoz. Gouvieux-les-Chantilly. Enseignement — Dario. Freiburg..-Y. Italie. — Clarac. 2008 — Berthoz. — Berthoz. France. Le temps et l’espace chez Merleau-Ponty.Machines Interfaces. : Brain . 16-21 septembre 2007. A. A. & Laroche. & Kemeny. — Berthoz. 11 et 12 juin. Jerbi. — Berthoz. Collège de France. Paris.326 2008 ALAIN BERTHOZ — Berthoz. — Berthoz. A. des pratiques en mutation. 3 juin. & Chemin. 21e Journée d’étude La paralysie cérébrale. — Berthoz. A. cognition.

29 mai 2008. — Projet « Asymétries cranio-faciales ». Fondation Cotrel-Académie des Sciences (avec Mme D. — Membre de la Commission de diffusion culturelle du Conservatoire des Arts et Métiers. et TNO Hollande.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 327 Participation à l’organisation de la recherche — Membre du Comité des Programmes scientifiques du CNES. — Membre du Conseil consultatif pour la Science France/Japon. — Programme Human Frontier Science Program (Coordinateur B. — Membre du Comité Scientifique de l’AIST-CNRS Joint Japanese-French Robotics Laboratory (JRL). Collaboration avec l’Industrie — Contrat avec la société Peugeot. M. Thèses — Lafon. Rousié). de Gelder-Tilbury) « L’Expression corporelle des émotions ». (2008) : « Navigation humaine dans des environnements complexes : contribution des indices kinesthésiques et effet d’a priori ». Contrats de recherche et coopérations internationales — Projet BACS : projet européen dans le cadre de Cognitive Systems. Programme européen « Information Society TechnologieFurture and Emerging Technologies ». — Organisation et Présidence du séminaire de prospective de la RATP sur « Cognition et mobilité ». — Président du Comité scientifique de l’œuvre Falret pour les maladies mentales. . — Projet NEST WAYFINDING n° 12959. — Membre du Conseil pédagogique du Mastère de Sciences cognitives (Ecole doctorale 3C). — Membre du Conseil scientifique du NEUROPOLE Ile-de-France et du RTRA « Ecole de Neurosciences de Paris ». Tuebingen. — Projet Européen Euréka MOVES sur les simulateurs avec la Société Renault et Max Planck Institut. Collège de France. — Membre du Conseil scientifique de l’Institut de Neurosciences de Trinity College à Dublin. — Projet SCAN Pôle de compétitivité Bretagne avec la Société Archividéo. 5 séances et un atelier. Tübingen. — Membre du Conseil scientifique de l’institut Max Planck. FP6-2003-Nest-Path de la Communauté européenne. — Projet NEUROPROBES. 2007 & 2008. IP dans le EC IST programme « Integrating and strengthening the European research area (2002-2006) ». — Projet NEUROBOTICS.

.

ce récepteur ne lie pas l’angiotensine. L’isolement et la caractérisation du ligand endogène du récepteur APJ humain ont été réalisés par l’équipe de Tatemoto et al. issus d’un précurseur commun. Il partage une homologie de structure avec le récepteur CXC des chimiokines (CXCR4) et il agit comme co-récepteur du CD4 pour l’entrée du virus HIV-1 et SIV dans les cellules. (Gene. le séquençage et le clonage des fractions peptidiques actives a révélé qu’il existait trois peptides actifs de 36. l’APJ. La . l’angiotensine et l’endothéline contrôlent non seulement le tonus vasculaire et régulent le flux sanguin régional mais ont aussi un effet proangiogénique et exercent un rôle dans la croissance de la paroi vasculaire. 17 et 13 acides aminés. Le récepteur APJ a été cloné en 1993 lors d’une recherche systématique de récepteurs apparentés au récepteur de l’angiotensine II. Pierre Corvol. ces auteurs ont découvert qu’un peptide présent dans l’estomac de bœuf stimulait l’APJ. En utilisant une lignée de culture cellulaire exprimant le récepteur APJ. Bien qu’il soit analogue au récepteur de l’angiotensine II. professeur L’Apéline Le cours de la chaire de Médecine expérimentale a porté sur les propriétés d’un nouveau peptide vasoactif. membre de l’Institut (Académie des Sciences). D’autres peptides vasoactifs exercent une propriété similaire. Ainsi. En effet. (BBRC.Médecine expérimentale M. 1993). telle que l’apéline. 1998). La purification. et en suivant son activation par la mesure de l’acidification extracellulaire. Il s’agit d’un récepteur à sept domaines transmembranaires découvert chez l’homme par O’Dowd et al. La découverte de l’apéline illustre bien la démarche actuelle de l’identification de certaines nouvelles molécules naturelles biologiques. c’est par une démarche de « pharmacologie inverse » qu’a été identifiée l’apéline comme le ligand d’un récepteur jusque là orphelin. Le cours de l’année précédente avait montré que plusieurs peptides vasoactifs étaient impliqués dans la formation de nouveaux vaisseaux par des mécanismes impliquant l’angiogenèse et le remodelage vasculaire. l’apéline. la pré-proapéline.

selon le tissu concerné : phosphorylation de Akt. L’apéline agit sur les cellules gastriques en stimulant la libération de cholécystokinine . le cœur. 17 et 13 ont une affinité similaire pour le récepteur APJ. Son origine tissulaire n’est pas connue avec précision (hypophysaire. mais la désensibilisation du récepteur dépend du type de fragment de l’apéline (L. Messari et al. Différentes voies de signalisation intracellulaire sont activées par le récepteur APJ. le récepteur APJ est exprimé dans tous les vaisseaux (en fait. Le catabolisme de ces peptides. Neurochem. le plasma et divers liquides biologiques. L’apéline exerce un effet cardiaque inotrope positif et abaisse transitoirement et modestement la pression artérielle.. 2004). In vitro. L’apéline 17 est prédominante dans le plasma chez l’homme. L’apéline est exprimée précocément dans les régions intersomitiques avant même que ne se mette en place la formation des veines de cette région. ?…).. Cette distribution correspond à des actions chez l’homme qui peuvent être brièvement synthétisées ainsi : au niveau central. L’inactivation du système à ce stade entraîne des anomalies du développement cardiaque. activation de la phospholipase C et des protéines kinases C par la voie Gq. Le processus de maturation de la pré-proapéline en apéline 36 n’est pas connu . En revanche. autres. 2007 et Zeng et al. il existe deux isoformes de ce récepteur). Le système apéline n’est pas impliqué dans la vasculogenèse de cette espèce mais dans l’angiogenèse des vaisseaux intersomitiques : l’inactivation du système perturbe le développement des vaisseaux intersomitiques tandis que la surexpression d’apéline . L’apéline et son récepteur sont présents principalement dans le cerveau. L’apéline est aussi présente dans le tissu adipeux. Developmental Cell. Chez la grenouille (Xénope). leur demi-vie et leur clairance ont peu été étudiés. Deux études ont montré le rôle de l’apéline et de son récepteur dans le développement cardiaque chez le poisson zèbre (Scott et al. J. L’angiotensin-converting enzyme 2 (ACE-2) hydrolyse avec une bonne efficacité catalytique l’apéline 13 en apéline 12 qui conserve une activité biologique. Elle joue enfin un rôle important dans le développement cardiovasculaire ainsi que l’ont révélé différents travaux. 2007) : dans cette espèce. au niveau du rein et des surrénales. l’apéline inhibe la production de vasopressine. est présente dans les tissus. Les apélines 36. activation de la p70 S6 kinase. Developmental Cell. Le récepteur est couplé de façon négative à l’adénylyl cyclase par une protéine Gi. 17 et 13. dans la migration des futurs précurseurs myocardiques au cours de la gastrulation. impliquée dans la progression du cycle cellulaire. elle inhibe la secrétion d’insuline. module la prise d’eau et de nourriture et stimule la libération d’ACTH. les différents fragments d’apéline ont une affinité similaire pour APJ et agissent préférentiellement par la voie Gi1 ou Gi2.. on n’observe pas d’anomalies de l’angiogenèse primaire. cardiaque. le système apéline joue un rôle à un stade très précoce. l’hypophyse. L’apéline sous ses différentes formes.. 36. le poumon. l’intestin.330 PIERRE CORVOL pré-proapéline (77 acides aminés) est convertie en apéline 36 puis en apéline 17 et 13. tissu adipeux. la conversion de l’apéline 36 en apélines 17 et 13 est effectuée vraisemblablement par des proconvertases.

ont une réponse pressive accrue à la perfusion d’angiotensine II. Ses effets s’exercent de façon autocrine et paracrine et sont indépendants du VEGF. L’apéline accroît le bourgeonnement de capillaires à partir d’explants aortiques et provoque une néoangiogenèse dans le modèle de la membrane chorioallantoïdienne de poulet. une co-expression spatiale de ces deux molécules. le système apéline serait impliqué dans la régulation du calibre vasculaire durant l’angiogenèse : le calibre des vaisseaux sanguins (notamment des vaisseaux dermiques et trachéaux) est réduit chez les souris dont le gène de l’apéline a été inactivé. même s’il semble que l’apéline soit exprimée dans les tumeurs (Sorli et al. Dev. Ishida et al. Enfin. L’apéline est un agent angiogénique in vitro : elle a un effet mitogénique sur les cellules endothéliales (HUVEC) et un effet chimiotactique. chez le poisson zèbre. L’apéline est exprimée dans les tip cells et les veines mais elle n’est pas impliquée dans la vasculogenèse. Elle augmente la perméabilité des cellules endothéliales. reins). EMBO J.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 331 induit une angiogenèse prématurée des veines intersomitiques. Son effet dans l’angiogenèse tumorale reste encore à préciser.. poumon. cœur. Biol. Gene Expression Pattern. suggérant que l’apéline s’oppose à l’action vasopressive de l’angiotensine II. Oncogène 2007).. (J. En définitive. L’apéline pourrait contrôler l’assemblage des cellules endothéliales et leur jonction intercellulaire par l’intermédiaire de protéines d’adhésion intercellulaires telles que VE-cadhérine et Claudin-5. on note une expression temporelle quasi simultanée de l’apéline et de son récepteur. elle favorise l’angiogenèse dans la cornée avasculaire. Chem. elle contrôle la perméabilité capillaire et est angiogénique dans le modèle de la patte ischémique chez le rongeur. le xénope et la souris. Le récepteur APJ de l’apéline est exprimé dans tous les territoires vasculaires de l’embryon de souris et l’apéline est présente dans les vaisseaux en formation (vaisseaux intersomitiques. induit la formation de tubes pseudocapillaires en matrigel et elle participe au remodelage vasculaire au niveau des cellules musculaires lisses vasculaires. Biol. 2007). Le système apéline – récepteur APJ joue un rôle in vitro et in vivo dans l’angiogenèse. au front des branches de division des capillaires en formation (tip cells) (Saint-Geniez et al. La pression basale de ces animaux est normale mais les animaux APJ -/.. 2008). bourgeons de membres) (Kalin et al. Cette observation est à rapprocher de celle de l’effet hypotenseur modeste et transitoire de l’administration d’apéline par voie systémique. Deux autres expériences plaident en faveur d’une contre-régulation de l’effet hypertenseur . L’apéline et son récepteur sont exprimés dans les vaisseaux rétiniens en post-natal. 2004) ont montré que l’inactivation du récepteur de l’apéline n’entraînait pas d’anomalie macroscopique des organes étudiés chez la souris adulte (vaisseaux. Selon un travail récent (Kidoya et al.. Le rôle physiologique du système apéline a été étudié chez des souris adultes dont le récepteur de l’apéline ou le gène de l’apéline a été inactivé par knock-out. Le mécanisme d’action de l’apéline est complexe et pourrait impliquer l’angiopoïétine 1 et son récepteur Tie2.. L’angiopoïétine induit l’expression d’apéline dans les vaisseaux dermiques de souris transgéniques surexprimant l’angiopoïétine 1 dans le derme. la formation de capillaires chez l’animal lorsqu’elle est implantée en sous-cutanée. 2003).

Ces anomalies peuvent être corrigées par la perfusion d’apéline 1-13 chez l’animal pendant 2 semaines. L’interaction avec le récepteur APJ entraîne alors une vasoconstriction. L’apéline produite par les cellules endothéliales agit de façon autocrine en stimulant le récepteur APJ endothélial qui induit la production de monoxyde d’azote. la perfusion d’angiotensine II entraîne une élévation de la pression artérielle plus importante chez les animaux dépourvus du récepteur APJ. In vivo. on observe un développement progressif d’une altération de la fonction contractile cardiaque à type de dysfonction systolique. De même. Les mécanismes intracellulaires de l’effet inotrope positif de l’apéline pourraient impliquer plusieurs effecteurs : l’augmentation de la sensibilité des cardiomyocytes au calcium intracellulaire. 2005). à six mois. Res. L’apéline exerce une action inotrope positive puissante directe in vitro et in vivo. Cardiovasc.. NO. 2004).. L’apéline se comporte comme un vasodilatateur artériel et veineux dont l’effet dépend de la production de NO par l’endothélium. L’apéline joue donc probablement un rôle dans l’adaptation de la contractilité cardiaque au cours du vieillissement et en cas de surcharge de pression. et l’apéline et son récepteur sont aussi présents dans les cellules musculaires lisses de ces artères. Regul. L’apéline est exprimée au niveau de l’endothélium des artères coronaires. L’apéline agit également de façon paracrine sur les cellules musculaires lisses vasculaires sousjacentes de la paroi vasculaire. l’apéline a une action tout à fait originale et intéressante car elle entraîne à la fois une réduction de la précharge ventriculaire gauche et de la postcharge via une dilatation artérielle et veineuse. sans anomalie histologique cardiaque patente. L’apéline est exprimée dans les oreillettes ainsi qu’à un niveau plus faible son récepteur (Kleinz et al. L’effet hypotenseur de l’apéline est médié par le monoxyde d’azote. Une étude du transcriptome du ventricule . (Circ. Cette action inotrope positive s’observe sur le cœur sain et lors de l’insuffisance cardiaque (Hashley et al. une insuffisance cardiaque s’observe chez la souris dont le gène de l’apéline a été inactivé lorsque l’on créé une surcharge de pression (bandage aortique).332 PIERRE CORVOL de l’angiotensine par le système apéline : en l’absence d’angiotensine II endogène (traitement par un inhibiteur de l’enzyme de conversion) ou en cas d’inactivation du récepteur de l’angiotensine II (animaux knock-out pour le récepteur AT1). sans que l’on observe toutefois de modification de type hypertrophie cardiaque. on peut faire l’hypothèse qu’une élévation compensatrice de l’apéline aurait lieu dans un premier temps lors de l’insuffisance cardiaque par surcharge de pression. Il n’existe pas d’anomalie cardiovasculaire apparente peu après la naissance chez la souris dont le gène de l’apéline a été inactivé dans l’étude rapportée par Kuba et al. Toutefois. 2007). Peptides. suivie d’ une baisse secondaire du peptide qui pourrait contribuer au développement de l’insuffisance cardiaque. Ainsi. ainsi que le débit cardiaque et la réserve contractile sans qu’il y ait toutefois de développement d’une hypertrophie cardiaque. ce qui entraîne à son tour la vasodilatation. Elle augmente la contractilité myocardique. Res. Il pourrait en être de même chez l’homme. l’activation de l’échangeur sodium-proton via PLC et PKC et l’activation indirecte de l’échangeur Na+/Ca++ via l’activation de Na+/H+.

. au cours d’une perfusion de serum salé hypertonique et au cours d’une charge aqueuse afin de provoquer respectivement un état d’hyper. Ceci suggère que l’apéline pourrait être régulée de façon inverse à l’AVP par l’osmolalité. PNAS 2004). de l’hétérogénéité des patients en insuffisance cardiaque et de la nécessité de tenir compte des autres facteurs qui peuvent être impliqués dans les variations des taux d’apéline plasmatiques. telle que l’osmolalité plasmatique. Les premiers travaux montreraient une élévation de l’apéline plasmatique durant les premiers stades de l’insuffisance cardiaque puis une baisse au cours de l’insuffisance cardiaque décompensée. Toutefois. L’étude a été réalisée dans des conditions physiologiques. de façon indépendante de l’AVP. Circulation 2003).et d’hypoosmolalité plasmatique. l’apéline et l’AVP plasmatique. Un travail effectué chez l’homme sain a précisé les relations entre l’osmolalité plasmatique. Il existe une interaction entre système apélinergique et vasopressinergique : l’activité électrique phasique des neurones AVP est diminuée par l’administration d’apéline par voie intracérébroventriculaire (De Mota et al. il apparaît utile de mesurer avec précision les taux d’apéline plasmatiques au cours de l’insuffisance cardiaque. Les premiers travaux ont montré qu’effectivement la déshydratation induit des variations inverses des taux d’apéline et d’AVP dans le plasma et l’hypothalamus chez le rat (De Mota et al. JASN 2008). Toutefois.. au moment où la fonction cardiaque a été améliorée. PNAS 2004). Cette étude a montré pour la première fois que l’apéline était régulée par un stimulus osmolaire chez l’homme : l’hyperosmolalité induite par le serum salé hypertonique provoque une élévation du taux d’AVP et un abaissement du taux d’apéline. les résultats publiés jusqu’à présent sont dans l’ensemble difficiles à interpréter du fait de la difficulté du dosage. De même. L’apéline est abondante dans l’hypophyse et l’hypothalamus et est co-exprimée avec l’arginine vasopressine (AVP) dans les corps cellulaires du noyau supraoptique.. L’élévation de plus de 10 % du volume plasmatique entraîne une augmentation du taux d’apéline (Azizi et al..et de la post-charge ventriculaire. travail qui n’a pas été réalisé à ce jour. elle a un effet cardioprotecteur lors de la souffrance myocardique aiguë et chronique et son administration n’entraîne pas d’hypertrophie cardiaque. L’apéline pourrait constituer une piste thérapeutique intéressante en pathologie cardiovasculaire car elle accroît la contractilité cardiaque en réduisant simultanément la pré. la volémie intervient aussi dans la régulation de l’apéline plasmatique. L’AVP s’élève au cours de l’hyperosmolalité et négative la clairance de l’eau libre. L’apéline est donc régulée à la fois par des barorécepteurs et des volorécepteurs. Il serait donc intéressant d’étudier les effets régionaux et globaux de la perfusion de différents fragments d’apéline chez l’homme. L’apéline pourrait s’abaisser en cas d’hyperosmolalilé.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 333 gauche avant et après assistance circulatoire chez des patients en insuffisance cardiaque terminale a montré que le gène de l’apéline s’élève de façon marquée après transplantation cardiaque ou après assistance circulatoire (Chang et al. Ses effets inotropes positifs sont préservés au cours de l’insuffisance cardiaque congestive expérimentale. Ces résultats sont à rapprocher de ceux obtenus chez l’animal qui montrent que l’apéline joue un rôle dans l’homéostasie des volumes .

Toutefois. Par ailleurs. Des inhibiteurs de la dégradation . L’apéline. Endocrinology 2005). quel pourrait être l’intérêt d’une classification des états d’hypo-osmolalité avec anomalie de concentration — dilution des urines par la mesure des taux d’apéline plasmatique ? quel serait l’intérêt de développer des agonistes ou des antagonistes de l’apéline sur le plan thérapeutique ? L’apéline doit être aussi considérée comme une adipokine. Elle abaisse le taux d’insuline et les triglycérides plasmatiques.. Les variations des taux plasmatiques d’apéline sont parallèles à ceux de l’insulinémie : chez la souris. L’apéline est exprimée au niveau du tissu adipeux et dans le stroma vasculaire.. Elle exerce des effets bénéfiques sur la fonction cardiovasculaire (effet inotrope positif avec action vasodilatrice dans les territoires artériel et veineux). 17. possible effet intrarénal) ? . stimule les protéines découplantes et augmente la dépense énergétique (Higuchi et al. Il reste à savoir si cette augmentation correspond à un rôle causal direct ou indirect de l’apéline dans le mécanisme de ces affections. In vitro.. Elle s’oppose à l’action de la vasopressine et de l’angiotensine II. Actuellement. L’apéline est exprimée dans l’estomac et stimule la secrétion de cholécystokinine in vitro dans une lignée de cellules murines entéro-endocrine (Wang et al. sur ses mécanismes de dégradation et d’élimination. L’élévation de l’apéline pourrait être une réponse adaptative aux anomalies liées à l’obésité ou encore être corrélée à l’augmentation de la masse adipocytaire. Endocrinology. sans effet apparent sur la prise de nourriture. Ils amènent à se poser de nouvelles questions : quel peut-être le rôle physiologique de l’élévation de l’apéline plasmatique et sa contribution à la diurèse ? . l’apéline pourrait participer à la régulation de la secrétion et/ou de la production d’insuline (Winzell et al. quel est le mécanisme d’action de cet effet (effet antiAVP. Ce cours a tenté de faire le point sur le système apélinergique. etc. Les taux d’apéline plasmatique et dans le tissu adipeux et le plasma sont associés à un état d’obésité avec hyperinsulinémie chez la souris. non peptidiques de cette molécule. il n’est pas certain que l’apéline passe dans la lumière intestinale et qu’elle exerce des effets au niveau central.334 PIERRE CORVOL sanguins au niveau central et rénal. L’apéline joue un rôle dans le développement cardiovasculaire chez le poisson zèbre. ainsi qu’in vivo. Peptides 2005). 13) sont rudimentaires. Les connaissances sur les fragments spécifiques de l’apéline (apéline 36. Son expression s’accroît durant la différenciation des pré-adipocytes en adipocytes (Boucher et al. Endocrinology 2005). Endocrinology 2007).. de façon similaire à l’insuline. Regul. le Xénope. l’apéline est élevée au cours de l’insuffisance cardiaque et de l’obésité chez l’homme. l’apéline du tissu adipeux s’abaisse au cours du jeûne et s’élève durant la reprise alimentaire. En accord avec ces données chez l’animal. une élévation des taux d’apéline chez les patients obèses avec hyperinsulinisme a été constatée chez l’homme (Boucher et al. 2004). la recherche sur l’apéline souffre du manque d’agonistes et d’antagonistes peptidiques ou. Peu de choses sont connues sur l’origine de l’apéline plasmatique. à dose pharmacologique. un nouveau système impliqué dans différentes fonctions : cardiovasculaire. mieux encore. régule le métabolisme lipidique et l’adiposité chez la souris normale et obèse.. métabolisme énergétique et hydrominéral.

Pardanaud. Eichmann. Puisque les forces hémodynamiques sont importantes dans l’acquisition de la forme des vaisseaux. Brunet. B. T. . De plus. C. E. Larrivée. Pibouin 1. apparaît promoteur tant sur une vue intégrée de la fonction cardiovasculaire que sur les possibles applications en thérapeutique. 2008). L. Ce système découvert il y a quelques dix ans. Xu. Lebrin. Sutching. Mathivet. Y. L.. Ces embryons ‘no flow’ ont été créés en pratiquant une incision au niveau du cœur qui empêche la circulation embryonnaire. formant ainsi des vaisseaux anormalement élargis et dépourvus de points de branchement. En résumé. nous avons cultivés les embryons ex utero en absence de flux sanguin. Del-Toro Estevez. C. R. Jones. Freitas. I. Bouvrée. Development. F. S. la présence de défauts dans le flux sanguin empêche souvent la mise en évidence précise du rôle du produit du gène muté. Les embryons peuvent survivre jusqu’à 24 heures dans une chambre rotative et leur réseau vasculaire est analysé par marquage immunohistochimique. Nous avons observé que les défauts du développement du réseau vasculaire chez les embryons neuropiline-1 KO se développaient en absence de flux sanguin. Rapport d’activité du laboratoire I — Contrôle moléculaire du développement vasculaire Équipe : A. Jabouille. Bréant. l’apéline est un peptide à effet pléïotropique. l’injection d’un anticorps bloquant la liaison du VEGF à la neuropiline-1 dans des embryons sauvages reproduisait les anomalies du développement vasculaire. Notre analyse d’embryons de souris homozygotes pour une délétion de ce récepteur a montré que des défauts dans le remodelage du système vasculaire du sac vitellin apparaissent au moment de la mise en place du flux sanguin. comme l’angiotensine II dont elle semble contrecarrer certains des effets.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 335 de l’apéline pourraient permettre de potentialiser les différents peptides et d’élucider leurs effets en physiopathologie. Pour distinguer les défauts induits par la perte de fonction de la Neuropiline-1 de ceux secondaires à une perfusion anormale. Une analyse de la migration des cellules endothéliales a montré que les cellules des embryons knockout étaient incapables de migrer à travers la matrice extracellulaire mais restaient piégées dans les vaisseaux déjà formés. Discrimination entre défauts génétiques et hémodynamiques chez des mutants du récepteur de la neuropiline-1 La délétion de gènes importants pour le développement vasculaire provoque souvent des anomalies du flux sanguin. A. et al. Nous avons développé un système simple pour distinguer les défauts du flux sanguin de ceux dus à la perte de fonction du récepteur de la neuropiline-1 chez la souris (Jones E. K.

Les cellules tip expriment aussi des taux importants de Delta-like 4 (Dll4). Ni les tip cells. 2007). Les cellules tip à la tête des capillaires en bourgeonnement sont induites par la mise en jeu du VEGF via son récepteur VEGFR2 (Gerhardt et al. Facteurs de guidage des axones dans le système vasculaire Le bourgeonnement des capillaires partage des similarités avec celle du guidage axonal. 2003. Comme les tip cells situées en tête des capillaires.. Med. Nature 441 : 746-9). 3. Un phénotype similaire est obtenu après inactivation pharmacologique de Notch au moyen d’inhibiteurs des γ-sécrétases ou après la délétion endothélial-spécifique inductible du récepteur Notch-1 (Hellström et al. L’inactivation de dll4 s’accompagne d’un changement du taux d’expression des récepteurs du VEGF (Tammela T. et al. un ligand de Notch.. ces cellules répondent au facteur FGF (branchless) par une extension des filopodes et prennent la tête du bourgeon croissant. Parmi les récepteurs des facteurs de guidage axonal. Nature 2008). ni les autres cellules ne sont préspécifiées. Cette compétition implique une inhibition latérale médiée par Notch qui empêche des cellules surnuméraires de prendre la tête du bourgeon (Ghabrial & Krasnow. J Cell Biol 161 : 1163-77). mais ne deviennent pas ‘tip’. plusieurs ont une expression restreinte . y compris les Nétrines. PNAS 2007 . 2. La sélection des ‘tip cells’ dans le système vasculaire est sous contrôle de voies de signalisation similaires. L’expression de Dll4 est en aval de la signalisation du VEGF. Ce système relativement simple peut être appliqué aux nombreux mutants chez lesquels des défauts hémodynamiques sont suspectés. les cônes de croissances situés à l’extrémité de l’axone étendent de nombreux filopodes qui répondent aux facteurs de guidage présentes dans l’environnement. des cellules uniques sont sélectionnées pour former le ‘tip’ (l’extrémité) d’un bourgeon . puisque le blocage de cette signalisation par un bloqueur du VEGF.. et al. Nature 445 : 776-80). L’inactivation génique d’un allèle de dll4 chez la souris provoque une formation excessive de tip cells dans le réseau capillaire de la rétine (Suchting S. alors que celles ayant une activité moindre prennent la suite. Contrôle moléculaire du guidage des capillaires : sélection des ‘tip cells’ L’angiogenèse par bourgeonnement procède de manière analogue à la morphogenèse des tubes épithéliaux de la trachée chez la Drosophile. 2007. Les cellules situées en arrière suivent. 2006. Suchting S. indiquant que DLL4 régule négativement la réponse des cellules endothéliales au VEGF et agit comme un frein de cette signalisation. le VEGFR soluble.336 PIERRE CORVOL Ces données montrent que les défauts du développement vasculaire chez les embryons neuropiline-1 knockout sont causés par la perte de fonction du récepteur et ne sont pas secondaires à une perfusion vasculaire anormale. Pendant ce processus. contrôlant ainsi la formation d’un nombre limité de tip cells. Sci. mais il y a une compétition entre plusieurs cellules afin que celles présentant le plus fort taux d’activité du récepteur FGF prennent la tête.. diminue l’expression de DLL4 dans les tip cells.. et al.

angiogenèse : protéines matricielles en pathologie cardiovasculaire et tumorale Équipe : S. Monnot. notamment dans les cancers et les ischémies cardiovasculaires. S. et al. Philippe. Gomez. le traitement par la Nétrine-1 empêche la progression de ‘tip’ capillaires exprimant unc5b lors de la néovascularisation tumorale chez la souris (Larrivée B. Verine. transcriptomique et protéomique et ii) l’étude de leur rôle au cours de l’hypoxie cellulaire ou tissulaire ainsi que dans la régulation des différentes étapes de l’angiogenèse réactionnelle.. Germain. Trois cent gènes dont l’expression est induite par l’hypoxie ont été identifiés.. C.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 337 aux vaisseaux sanguins. Barret. Cette étude a été initiée par le criblage différentiel des ARNm (cDNA RDA) de cellules endothéliales soumises à un stress hypoxique par rapport aux mêmes cellules cultivées en condition témoin (normoxie). A. Bignon. Novartis Fund. et al. II — Hypoxie. A. La possibilité de diriger la croissance vasculaire pourrait avoir des implications thérapeutiques importantes. N. C. Suchting S. sur lesquelles ont été immobilisés les cDNAs issus du criblage (en collaboration avec l’INSERM U533).. Ardidie-Robouant. Biol. Angiogenesis 2008 . et al. L’analyse statistique des puces nous a permis de vérifier de façon globale l’induction par l’hypoxie d’une majorité de gènes issus du criblage et d’identifier des gènes dont les rôles dans les mécanismes de régulation de l’angiogenèse par l’hypoxie ne sont pas caractérisés : l’IGF-Binding Protein 3. Gauvrit. et al. C. Le but de notre équipe est i) la recherche de nouveaux gènes par deux approches complémentaires. UNC5B est exprimé sélectivement dans les cellules endothéliales. est une approche thérapeutique prometteuse dans de nombreuses situations pathophysiologiques. Symp. y compris dans les tip cells.. En effet. Bréchot. la formation de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux préexistants. Gene & Dev. 2007). Muller. Des études de perte de fonction par délétion des gènes codant pour ces récepteurs chez la souris montrent que leur fonction de récepteur de guidage est conservée dans leur nouvel environnement tissulaire : les souris déficientes en unc5b ont une arborisation vasculaire aberrante aussi bien pendant la vie embryonnaire que pendant la néovascularisation induite expérimentalement chez l’adulte (Larrivée B. et al. 2008) et son rôle comme récepteur de guidage répulsif empêchant une vascularisation excessive semble aussi conservé (Bouvrée K. 2008 . Au cours de l’évolution et de la diversification de ces familles. Chomel. 2007). Dev. M. L’expression vasculaire d’unc5b est conservé au cours de l’évolution chez la souris et le poulet (Bouvrée K. Cazes. et al. L’hypoxie est un stimulus majeur de l’angiogenèse. E. Biol. Gene & Dev. E. L. 2008). l’expression d’un certain nombre de récepteurs a donc été annexée par le système vasculaire. A. J. Dev.. Durand Moduler l’angiogenèse. Etienne. Freitas C.. Parmi les récepteurs de la Nétrine-1. Galaup. M. Les résultats de ce criblage ont été vérifiés par des approches complémentaires telles que l’hybridation de puces cDNA. la . J.

L’ARNm d’ANGPTL4 est aussi exprimé spécifiquement dans les cellules tumorales des cancers conventionnels du rein (ou à cellules claires) pour lesquels ce gène constitue un marqueur diagnostique (Le Jan.ou de microvaisseau et soumises à l’hypoxie. associé à une modification du cytosquelette objectivée par une diminution des fibres de stress et des points focaux d’adhésion.ANGPTL4 matricielle. 2003). Cette forme matricielle interagit très fortement avec la matrice extracellulaire. pourrait modifier le micro-environnement tumoral et ainsi affecter . associée à la matrice extracellulaire subendothéliale et non protéolysée (55 kDa). présentaient. 2006). ANGPTL4 matricielle inhibe le bourgeonnement endothélial et la formation de tubes (Cazes. L’interaction matricielle d’ANGPTL4 participe à la constitution d’un réservoir de molécules bioactives qui inhibe la migration et l’adhésion des cellules endothéliales.ANGPTL4 soluble. Elle est présente sous deux formes distinctes : 1.338 PIERRE CORVOL neuritine et la Thioredoxin-interacting protein. protéines impliquées dans la maturation et la stabilisation des vaisseaux ainsi que dans le développement du système. Puis. d’une part. le profil d’expression le plus convainquant sur des pièces d’amputation de patients souffrant d’ischémie critique des membres inférieurs ainsi que dans les pathologies tumorales (Le Jan. à la fois après criblage cDNA RDA et analyse de puces cDNA. Les analyses fonctionnelles réalisées in vitro ont confirmé cette hypothèse. présente dans le milieu de culture et soumise à une protéolyse extracellulaire (forme longue de 55 kDa et protéolysée de 35 kDa) 2. en particulier par l’intermédiaire des héparanes sulfates protéoglycans. 2006). Enfin. Ces évènements s’accompagnent d’un étalement intermédiaire des HUVEC. 2003). ANGPTL4. Afin d’étudier la fonction de certains de ces gènes. Nous avons montré que l’expression de ce gène est induite par l’hypoxie dans les cellules endothéliales. une accumulation de la forme entière d’ANGPTL4 est observée dans les muscles ischémiques dans un modèle murin d’ischémie de patte (ligature-excision de l’artère fémorale) suggérant qu’ANGPTL4 pourrait exercer un rôle modulateur de l’angiogenèse sur les cellules de la paroi vasculaire dans un contexte hypoxique. Nos efforts se sont donc concentrés sur l’étude de la fonction d’Angiopoietin-like 4 (ANGPTL4) et de la thrombospondine-1 (TSP1). étant induit par l’hypoxie et interagissant avec la matrice extracellulaire. ANGPTL4 appartient à la famille des angiopoiétines. et d’autre part. L’hybridation in situ nous a permis de caractériser l’expression de ces gènes apportant ainsi la preuve de la validité du criblage et la pertinence de certains marqueurs dans les tissus hypoxiques et angiogéniques (Le Jan. nous avons montré qu’ANGPTL4 est une protéine sécrétée dans les cultures primaires de cellules endothéliales humaines issues de macro. au cours de processus hypoxiques. In vivo. étaient les gènes dont l’expression était la plus fortement induite. les critères de choix suivants ont été appliqués : 1) constituent-ils des marqueurs de pathologies (ischémie des membres inférieurs ou cancer) ? 2) Sont-ils des cibles thérapeutiques potentielles (protéines sécrétées ou récepteurs) ? 3) Comment sont-ils susceptibles de moduler la réponse angiogénique ? tsp1 et angptl4.

développent moins de métastases pulmonaires chez les souris électrotransférées avec ANGPTL4 que dans les souris contrôle. Dans ce contexte. L’objectif de l’équipe est aussi d’analyser les modifications du microenvironnement vasculaire dans un contexte hypoxique. Ces résultats montrent qu’ANGPTL4 inhibe les processus métastatiques en affectant la perméabilité vasculaire et les propriétés de motilité et d’invasion des cellules tumorales (Galaup. montrant qu’ANGPTL4 inhibe aussi le processus d’extravasation. Les analyses des cibles moléculaires (récepteurs. l’expression d’ANGPTL4 par les cellules B16 inhibe leurs propriétés de migration. 2008 soumis). Les cellules endothéliales expriment effectivement certains membres de cette famille tels que les CCN (Cyr61. disponibles au laboratoire. d’invasion et d’adhésion. ANGPTL4 inhibe la perméabilité vasculaire dans un test de Miles en réponse à l’histamine. De plus. nous étudions le transcriptome ainsi que les propriétés angiogéniques de progéniteurs endothéliaux circulants adultes (Smadja. puis à la formation d’une lame basale permettant la stabilisation du vaisseau néoformé. notamment des protéines matricellulaires auxquelles ANGPTL4 est apparentée. Nous avons montré. In vitro. en collaboration avec l’UMR 8121 IGR. TSP1 et ANGPTL4 a été établi au laboratoire dans le milieu de sécretion et la MEC de cultures primaires . intégrines) et cellulaires (cellules de la paroi vasculaire ou cellules tumorales) ainsi que l’étude des souris invalidées pour le gène (angptl4 KO). Le remodelage matriciel résulte donc à la fois des variations d’expression de gènes et des modifications post-traductionnelles des protéines exprimées. 2006). 2007) et (Smadja. par une analyse des protéines de la matrice extracellulaire produite par les cellules endothéliales in vitro. 2008 soumis). la modulation de ces interactions pouvant contrôler la biodisponibilité d’ANGPTL4 dans les pathologies ischémiques tumorales comme cardiovasculaires (Chomel. Nov et CTGF). il est important d’analyser le « sous-protéome » matriciel et en particulier l’expression de certains constituants matriciels. Le profil d’expression de Cyr61. ostéonectine (SPARC) ou la thrombospondine 1 (TSP1) et IGFBP3. Ces phénomènes s’accompagnent d’une désorganisation du cytosquelette d’actine des cellules exprimant ANGPTL4. La technique d’électrotransfert d’ADN a été utilisée pour exprimer ANGPTL4 in vivo chez la souris.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 339 les cellules tumorales mais aussi les cellules endothéliales intratumorales. Nov. La formation de points focaux d’adhésion est aussi fortement réduite. que les cellules de carcinome pulmonaire 3LL xénogreffées sous la peau de souris et les cellules de mélanome murin B16F0 injectées dans le sinus rétro-orbital. est en cours. Les cellules B16 forment des nodules qui restent intravasculaires au niveau pulmonaire. Il est maintenant important de déterminer les caractéristiques moléculaires et fonctionnelles de l’interaction d’ANGPTL4 avec la matrice extracellulaire. Dans le cadre d’un réseau INSERM dédié à l’étude des cellules souches. Les processus angiogéniques s’accompagnent d’un profond remodelage matriciel qui consiste aussi bien en la dégradation de la matrice extracellulaire en place qu’en l’établissement d’une matrice provisoire associée aux phénomènes dynamiques de migration cellulaire.

Corvol. 2) la genèse des calcifications vasculaires et 3) l’angiogenèse du pancréas au cours du développement embryonnaire et son implication éventuelle dans le diabète. nous avons identifié par spectrométrie de masse des protéases et des enzymes de pontage et de réticulation de la MEC. Queguiner. Larger. Lamandé. Leroux-Berger. C. D. contribuant aux modifications du microenvironnement et impliquées dans les processus angiogéniques. Certaines de ces protéines sont accumulées dans la MEC subendothéliale hypoxique. 1. S. Ainsi. Les analyses de ces protéines de pontage de la MEC se poursuivent afin de déterminer leur rôle dans le remodelage matriciel et les réponses angiogéniques des cellules vasculaires. Cousin. en association avec des réseaux de collagènes et de laminines. a été réalisée par séparation en électrophorèse bidimensionnelle des protéines de la MEC de cultures primaires de cellules endothéliales de micro. Ledoux. Cette approche permet l’analyse de facteurs bioactifs associés aux composants structuraux de la MEC. Caillard. M. J-M. E. N. Calderari. Michaud. 2008 soumis). Système rénine-angiotensine a) Activation constitutive du récepteur de l’angiotensine II Le rôle du système rénine-angiotensine a été essentiellement étudié par la surexpression ou l’inactivation de ses différents composants chez l’animal. S. le dernier étant encore au stade d’élaboration de programme de recherche. 2006). A. G.et macrovaisseaux cultivées en normoxie ou hypoxie. III — Angiogenèse normale et pathologique Équipe : P. A. L’expression de ces protéines est aussi fortement augmentée dans les tissus ischémiques de pattes de souris ligaturées. Les conséquences fonctionnelles de cette expression sont en cours dans le modèle de la patte ischèmique chez les souris sauvages et les souris invalidées pour le gène (tsp1 KO) (Bréchot. Bracquard. une approche protéomique différentielle. J. Il n’existait pas jusqu’à présent de données concernant les effets d’une activation constitutive de l’un des gènes de ce système. Le laboratoire avait montré qu’il était possible de créer . Chougnet. F. M. Sainz L’équipe « Angiogenèse normale et pathologique » s’intéresse à différents sujets de recherche : 1) le rôle du système rénine-angiotensine dans la régulation du système cardiovasculaire et la fonction rénale . Fysekidis. Hubert. C. A. Kempf. Seuls seront brièvement rapportés ici les deux premiers sujets de recherche. sans a priori. l’expression de la TSP1 in vivo est analysée dans les tissus ischémiques du modèle murin de patte ligaturée. Parallèlement à cette caractérisation de protéines matricellulaires candidates. L’ensemble de ces travaux permettra de caractériser l’action concertée de protéines matricielles régulées par l’hypoxie. Clemessy.340 PIERRE CORVOL d’HUVEC (Cazes. C. De plus. M. Vincent. Nguyen. I. Gasc. Bessonnat. H.

J. 2007). Ceci suggère que la fibrose dans ce cas n’est pas seulement liée à l’élévation de la pression artérielle. catalytique dans l’ACE.et C-terminaux catalysent tous deux ces réactions enzymatiques in vitro mais leur rôle respectif in vivo n’a jamais pu être évalués. Par ailleurs. un modèle knock-in de souris a été réalisé. 2004). Ce nouveau modèle expérimental s’avère utile pour préciser le rôle de l’angiotensine II dans les organes cibles dans un contexte proche de celui de certaines formes d’hypertension humaine (S. Elles ne possèdent qu’un site N-terminal actif. Invest. Bernstein (Emory Univ. même en l’absence d’angiotensine II. 2007). Invest. des souris chez qui le site catalytique du domaine C-terminal a été inactivé ont été créées (knock-in).. Le récepteur constitutivement activé remplace le récepteur AT1R. l’ACE inactive la bradykinine. l’un appelé N-terminal et l’autre C-terminal. aldostérone paradoxalement à des valeurs « normales ». la régulation de la pression artérielle est maintenue grâce à une stimulation intense de . J. b) Enzyme de conversion de l’angiotensine (ACE). somme toute modeste. Chem. un peptide vasodilatateur et natriurétique. Les données in vivo sont en accord avec celles observées in vitro : la réponse hypertensive et la durée de l’élévation de la pression artérielle sous angiotensine II sont plus marquées que chez les animaux sauvages.. Biol. Ces deux sites N. et al. L’ACE joue un rôle central dans le système rénineangiotensine car il convertit l’angiotensine I. nous avons créé une série de souris génétiquement modifiées pour le gène de l’ACE. Clin. inactive. J. Rôle du domaine C-terminal et phylogénie Rôle du domaine C-terminal. Atlanta. et al. Dans ces conditions. Le domaine N-terminal a été inactivé sélectivement et un knock-in réalisé. En collaboration avec K. et n’est que partiellement internalisé et désensibilisé (Billet S.. Il existe deux sites. Afin de connaître les conséquences physiologiques d’une telle activation. avec une nette fibrose au niveau cardiaque et rénal. ce qui laissait suggérer que le domaine C-terminal suffisait à assurer l’ensemble des propriétés physiologiques de l’ACE (Fuchs S. Clin. mais à l’activation locale du système rénineangiotensine. le récepteur AT1R est spontanément activé. Afin de répondre à cette question. Toutefois.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 341 une activation constitutive du récepteur AT1 de l’angiotensine II (AT1R) in vitro en associant une mutation ponctuelle (N111S) et une délétion de l’extrémité C-terminale intra-cytoplasmique. en un octapeptide actif. Billet et al.. Aucun phénotype patent n’a été observé. l’angiotensine II. Elles ont une pression artérielle et une fonction rénale apparemment proches de celles des souris sauvages. Les données hormonologiques (rénine plasmatique basse. De telles souris produisent un ACE dans les tissus somatiques et germinaux comme chez les souris sauvages. faute d’inhibiteurs puissants et sélectifs. USA). compte tenu de l’abaissement du taux de rénine) sont similaires à celles observées dans un groupe d’hypertendus catégorisé comme à rénine basse et aldostérone normale. Les souris chez qui AT1R est constitutivement activé développent une discrète hypertension artérielle (+ 20 mmHg).

Xanthonomas axonopodis. — La caractérisation des différentes formes moléculaires de (P)RR et. Manuscrit soumis. L’analyse in silico de données génomiques révèle qu’une séquence d’ADN pourrait coder pour des enzymes de type ACE. Nguyen dans plusieurs directions : — Une étude sur l’expression de (P)RR a été réalisée dans le cerveau de souris adulte. Les travaux se porteront notamment sur l’enzyme responsable du clivage intracellulaire de (P)RR et sur les fonctions du (P)RR soluble. Ces résultats montrent que le domaine C-terminal est le principal site de clivage in vivo de l’angiotensine I.. ce qui suggère que le domaine N-terminal ne peut compenser par lui seul l’activité du domaine C-terminal. Le clonage d’un tel ACE putatif a été réalisé dans une bactérie phytopathogène. Hypertension 2008). en collaboration avec Annette Koulakoff (Inserm U840 Collège de France Paris) et Charles Schwartz (Greenwood Genetic Center. L’ACE est présente dans plusieurs espèces d’invertébrés alors même que ces espèces sont dépourvues des autres constituants du système rénine-angiotensine. Présence d’une enzyme de conversion de l’angiotensine active chez une bactérie. en particulier. c) Récepteur de la rénine Les études sur les fonctions pléiotropiques du récepteur de la rénine et de la (pro)rénine (P)RR sont poursuivies dans le groupe de G. si la fonction rénale apparaît normale en situation physiologique habituelle. Rivière et al.342 PIERRE CORVOL la production rénale de rénine. . Ces données montrent que XcACE est une ACE ancestrale. est sensible à l’effet du chore et peut être inhibée par des inhibiteurs d’ACE de mammifère. Cette protéine clive l’angiotensine I en angiotensine II. USA). les souris dont le domaine C-terminal de l’ACE est inactif ne peuvent pas concentrer de façon satisfaisante leurs urines lorsqu’elles sont soumises à une déshydratation. Par ailleurs. L’expression et la caractérisation de cette ACE révèle qu’il s’agit d’une dipeptidyl-carboxypeptidase fonctionnelle. Son rôle possible dans la différenciation neuronale a débuté. De même. L’ACE pourrait jouer un rôle dans la reproduction chez les insectes. Fuchs et al. Elle représente un élément de plus pour répondre aux questions sur les relations structure/activité et sur la spécialisation de l’ACE au cours de l’évolution (G. et l’ACE correspondant a été appelé XcACE.. L’ACE chez les insectes et la sangsue sont des ACE possédant un seul site catalytique (à l’inverse des vertébrés chez qui existent deux sites catalytiques) et dépourvues d’une pièce hydrophobe d’ancrage transmembranaire. Genes 2007). ce qui montre le rôle de l’activité enzymatique de l’ACE testiculaire dans la fertilité masculine (S. les souris dépourvues d’un site catalytique C-terminal actif sont infertiles. fonctionnelle dont le rôle n’est pas connu. la recherche d’une forme soluble du récepteur.

. Bien que longtemps considérées comme bénignes. ou encore l’insuffisance rénale. L’essentiel de la littérature suggère que le développement des calcifications vasculaires est due à la différentiation ostéoblastique de cellules musculaires lisses vasculaires en cellules osseuses dont la MEC subit une minéralisation. la minéralisation de la matrice extracellulaire (MEC) apparaît exclusivement dans les os (et les dents) qui se forment soit directement par différentiation ostéoblastique soit par l’intermédiaire de cartilage lors d’une différentiation chondro-ostéoblastique. dans certaines conditions pathologiques. — Enfin. le laboratoire devrait disposer très bientôt de souris floxées pour (P)RR. afin d’étudier le rôle de physiologique de (P)RR ainsi que son implication dans différents modèles pathologiques. La minéralisation de la paroi vasculaire est un indicateur important de la morbi-mortalité cardiovasculaire. Cette minéralisation ectopique des vaisseaux. Ces résultats suggèrent que. à la fois d’une différentiation chondroblastique à l’origine de l’apparition de cellules cartilagineuses dans le vaisseau affecté et d’une minéralisation indépendante de la présence d’ostéoblastes de ce même vaisseau. telles que l’athérosclérose. le diabète. diabète. Ces souris seront croisées avec des souris Cre sous contrôle de différents promoteurs (podocine spécifique des cellules épithéliales rénales. une protéine γ-carboxylée de la MEC). SM22 spécifiques des cellules musculaires lisses vasculaires). la paroi artérielle peut être le siège. l’hypercholestérolémie. une minéralisation ectopique et anormale peut se développer dans des tissus mous. hypertension. par des mécanismes qu’il reste à découvrir. telles que celles dépourvues de Matrix Gla Protein (Mgp. d’autres résultats générés par l’analyse de souris mutées. lors des calcifications vasculaires. Bases moléculaires des calcifications vasculaires Dans les conditions physiologiques. Toutefois.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 343 — Une étude de l’expression de (P)RR dans le rein embryonnaire a été réalisée. démontrent que la minéralisation de la paroi artérielle peut être initiée en absence d’ostéoblastes mais en présence de chondroblastes. appelée plus couramment calcification vasculaire. peu de choses sont connues sur les processus moléculaires impliqués dans leur formation et leur développement dans la paroi artérielle. Cependant. Il apparaît donc évident qu’une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans l’initiation et la progression de cette pathologie est essentielle pour améliorer la prévention et le traitement de ces minéralisations ectopiques. il est désormais clairement établi que les calcifications vasculaires sont associées à des évènements cardiovasculaires. 2. Ce programme est financé par le Conseil régional d’Ile de France sous la forme d’une allocation doctorale de 3 ans. est fréquemment observée chez le sujet âgé ou comme complication chez le patient atteint de pathologies. En outre. les conséquences de l’exposition du fœtus à un diabète maternel sur les taux de (P)RR seront étudiées. telles que les artères. Bien que la physiopathologie de ces calcifications/minéralisations vasculaires soit bien documentée.

... Germain S. En identifiant les signaux et facteurs de transcription impliqués dans la transition des cellules musculaires lisses vasculaires en chondrocytes. ce programme de recherche fournira des informations nouvelles et déterminantes sur les mécanismes qui régulent les étapes précoces des complications cardiovasculaires. Comp. Inversement les facteurs vasculaires empêchent l’activité transcriptionnelle de facteurs pro-chondrogéniques. les buts de notre projet sont : 1) d’étudier les signaux et facteurs de transcription (notamment mais pas exclusivement certains candidats tels que Shh. nous espérons que les résultats obtenus au terme de ce projet pourront ouvrir de nouvelles stratégies thérapeutiques destinées à bloquer très précocement l’apparition et le développement des calcifications chez les sujets à risque. Regul. grâce à l’analyse de deux modèles d’animaux présentant des calcifications vasculaires importantes . 2007.. 292 : R274-R282. les rôles et interactions spécifiques de ces molécules dans la transition phénotypique des cellules musculaires lisses en cellules cartilagineuses . Opolon P. 3) d’identifier et de caractériser des nouveaux régulateurs impliqués dans la minéralisation indépendante de l’apparition d’osteoblastes. Integr. Perricaudet M. Ceci confirme l’existence d’une trans-différentiation des cellules musculaires lisses vasculaire en cellules de cartilage au cours des processus de calcification. Magnon C. Ces résultats suggèrent ainsi que. Roche A. 14 : 108-117. Les résultats préliminaires obtenus au cours de ces derniers mois montrent : — La disparition de marqueurs des cellules musculaires lisses au profit de l’apparition de l’expression de marqueurs de cartilage lors du développement des calcifications vasculaires dans le modèle des souris déficientes en Mgp... Liste de publications du laboratoire 2007-2008 Achard V. Physiol. Boullu-Ciocca S. J.. 2007. Am. Galaup A. Nguyen G. Connault E. responsables de la formation de cartilage ectopique dans les artères. il existe une modulation réciproque des deux types de facteurs qui maintiennent chaque cellule qui les exprime dans leur phénotype propre. Dynamic assessment of antiangiogenic therapy by monitoring both tumoral vascularization and tissue degeneration.2 respectivement). — L’existence d’une inhibition de l’activité des facteurs vasculaires par les facteurs chondrogéniques. Par conséquent. dans les conditions physiologiques. En conditions pathologiques. .344 PIERRE CORVOL Pour élucider les mécanismes moléculaires responsables de l’initiation de la minéralisation pathologique des vaisseaux.. Nkx3 . Griscelli F.. Renin receptor expression in human adipose tissue. Rouffiac V. Physiol. 2) de déterminer. and Lassau N. Desbriere R. en culture mais également in vivo... la surexpression de facteurs prochondrogéniques pourrait être responsable de la conversion des cellules musculaires lisses en chondrocytes.. Rose M. and Grino M. BMPs et GATA6. Gene Ther.

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25 janvier . réaliste et scientifiquement fondée des fossiles ? J’ai montré en détail comment les « glossopètres » de l’Ile de Malte ont joué un rôle éminent dans cette aventure intellectuelle qui se déroule de la Renaissance à l’Age classique. au titre de « l’actualité » des travaux de la chaire. à leur époque. professeur ENSEIGNEMENTS 1. visant à la réalisation d’un Musée sur site (gisement dinosaurien de Tazouda) s‘intégrant dans un vaste projet de « Géoparc » dans le Haut Atlas.1669). .Biologie historique et évolutionnisme Armand de Ricqlès. 18. Agostino Scilla (1670) et Paolo Boccone (1671). Les héros en sont Conrad Gesner (1565). de subvertir à l’école les enseignements scientifiques sur l’évolution. et malgré un environnement créationniste (et diluvianiste) dominant. 22 février. Ce choix résulte des contraintes de l’actualité. 1. Nicolas Stenon (1667. sur tous les continents. Michele Mercati (1574). 15. les activités conduites depuis plusieurs années au Maroc. En un temps où le « néo-créationnisme » tente de s’emparer des esprits et essaye. ceux-ci ont-ils été progressivement capables de construire une interprétation naturaliste. 8. ni des « jeux de la nature » mais bien de véritables dent de squales. fossilisées et conservées dans les sédiments marins formant les assises de l’île. Les « glossopetrae » ne sont pas la langue pétrifiée de Saint Paul (évangélisateur de Malte) et multipliée dans le sol « par la vertu des roches ». il est réconfortant et salutaire de se tourner vers les « pères fondateurs ». J’ai brièvement présenté ensuite. 7 et 9 mars 2008 (18 heures) Le retour à la source : l’évolution secondaire des tétrapodes vers les milieux aquatiques 2 — Les formes mésozoïques En prologue au Cours annoncé. Comment. j’ai consacré les deux premières séances à un point d’histoire de la paléontologie : les débuts de l’interprétation réaliste des fossiles. Cours 2007-2008 Vendredi 11.

les données d’histoire de la paléontologie et de la systématique (premières découvertes puis compréhension « classique » du groupe) avec les données récentes issues de la recherche moderne (nouvelles découvertes. J’ai enfin passé en revue le grand clade des Sauropterygia ou « Euryapsides » (Nothosaures. de nombreuses lignées s’adaptent en effet secondairement aux milieux aquatiques à partir d’ancêtres présumés terrestres. La reconstitution du crâne chez Mesosaurus et Stereosternum avec des fosses temporales de type « synapside » n’est pas certaine et cet argument n’est plus guère accepté pour rapprocher les Mésosaures de la lignée mammalienne. pour chaque groupe. soit par leur longévité géologique ou pour leur importance écologique. J’ai traité ensuite en détail le clade des Ichthyosaures (Ichthyopterygia ou « Parapsides »). Les découvertes de l’Ecole Suisse de Peyer dans le Trias des Alpes tessinoises (années 1930) de reptiles marins diapsides (Macrocnemus. souvent rapprochés des Synapsides (lignée mammalienne) : Mésosaures et Thalattosaures. Comme d’habitude. Ils ont vécu dans une mer épicontinentale sur le Gondwna. Parmi ces derniers. Permien inférieur). Les Mésosaures constituent un petit groupe d’amniotes primitifs de taille médiocre (50 cm à 1. comme chez les Urodèles. déploiement biostratigraphique et paléogéographique.) assez comparables aux thalattosaures ont fait . ayant suivi les dépôts de tillites glaciaires en Afrique du Sud (Groupe de Dwyka).350 ARMAND DE RICQLÈS Le cours proprement dit a débuté par un rappel des éléments biologiques présentés l’année dernière à propos de l’adaptation secondaire de certains amphibiens aux milieux aquatiques (hétérochronies de développement dans l’histologie squelettique) en posant la question de la possible pertinence de ces mêmes mécanismes mais cette fois chez les amniotes (Reptilia). membres. On a envisagé.. soit par leur biodiversité. biomécanique.50 m) représentant les plus anciens reptiles très modifiés par leur adaptation à la vie aquatique (Carbonifère supérieur.. des hétérochronies de développement du squelette sont associées à l’adaptation secondaire au milieu aquatique. Thalattosaurus et Nectosaurus ont une fosse temporale « basse » techniquement de type synapside (lignée mammalienne) bien que le reste de l’anatomie évoque plutôt les diapsides. extinction…). l’évolution à cet égard de groupes d’importance variée. j’ai tenté de croiser. De taille moyenne (1 à 3 m de long) ils ont des membres courts mais pas transformés en palettes natatoires. cette année. paléoécologie. Askeptosaurus. Placodontes et Plésiosaures). analyse phylogénétique. Les Thalattosaures forment un autre petit groupe de reptiles aquatiques découvert au début du xxe siècle dans le Trias supérieur de Californie. paléobiologie. ayant servi d’argument fort en faveur du « Continent de Gondwana » bien avant l’élaboration de la « tectonique des plaques ». Après un rappel des caractéristiques ostéologiques fondamentales des amniotes (problème des fosses temporales. Les phénomènes extensifs de pachyostéosclérose intéressant la morphologie (côtes « en bananes ») et l’histologie de tout l’endosquelette sont très marqués et suggèrent que.) on a d’abord traité de deux petits groupes anciens. etc. Ils sont célèbres par les implications paléogéographiques de leur répartition (Afrique du Sud et Amérique du sud exclusivement).

On a également relaté l’histoire des premières iconographies de vulgarisation paléontologique à propos des ichthyosaures par de la Beche (1830) et Parley (1837). Les membres antérieurs et postérieurs sont complètement transformés en palettes natatoires. Cette hypothèse a été confirmée à partir des années 2000 par la découverte de formes nouvelles dans le Trias supérieur du Guizhou (Chine). Il s’agit de diapsides. Omphalosaurus…) se sont adaptées à la durophagie. fusions. En fait. et donc la pertinence même du concept de parapside : il s’agirait de diapsides typiques. Mc Gowan) avaient mis en doute l’existence de cette disposition anatomique. avec des dents à couronnes bulbeuses. Il y a toujours hyperphalangie mais le nombre de doigts peut se réduire. en notant l’importance des « fossilisations exceptionnelles » des traces du tégument. Des phénomènes de déplacements. A partir des années 1970 de nouvelles études (Romer. permettant ainsi de découvrir l’existence de nageoires dorsale et caudale supérieure uniquement tégumentaires. Au contraire la palette peut s’élargir (« latipinnates ») avec . on aborde une radiation majeure de tétrapodes retournés au milieu aquatique. dont l’origine à partir d’une membre pentadactyle « typique » de vertébré terrestre peut être désormais assez bien documentée grâce à la découverte de formes très primitives (Chaohusaurus) récemment décrites du Trias inférieur d’Anhui (Chine). On est passé ensuite à la présentation anatomique générale du groupe. la création du Genre Ichthyosaurus par Koenig (1817) et l’intérêt de Cuvier qui fait acheter le premier spécimen pour le Muséum (1820). la palette devenant alors étroite et très allongée (lignées « longipinnates » : Shastasauridés du Trias supérieur). Les dents sont généralement coniques à carènes coupantes (fonction prédatrice). cette disposition a justifié de placer les ichthyosaures dans une « sous classe » particulière des Reptilia : les Parapsides. mais quelques formes triasiques (Phalarodon. Nous avons relaté l’histoire de ces premières découvertes (1814) sur les côtes du Dorset par Mary Anning. recouvrements et disparitions des os dermiques de la joue et de la région temporale sont intervenus dans diverses lignées d’ichthyosaures. qui semble s’être dispersé au Trias sur la rive nord de la Téthys.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 351 rapidement soupçonner que ces derniers pourraient être des diapsides modifiés par perte de la fosse temporale supérieure. Anshunsaurus. La découverte de ce groupe en Angleterre au début du xixe siècle nous ramène aux origines mêmes de la paléontologie des vertébrés. La disposition crânienne des Ichthyosaures était apparue comme très singulière. mais la fosse temporale supérieure est particulière car typiquement limitée infèro-latéralement par le post frontal et le supra temporal. Xinpunsaurus et d’autres taxons ont récemment permis la construction d’un cladogramme du groupe. Pendant la plus grande partie du xxe siècle. comme à Holzmaden (Toarcien du Wurtemberg). A partir d’une disposition diapside « typique » plésiomorphe (Trias inférieur) une disposition parapside typique se réalise bien secondairement. les travaux comparatifs récents prenant en compte les formes du Trias et du Jurassique ont permis de résoudre le problème. Avec le groupe des Ichthyopterygia (Ichthyosaures) constituant un grand clade naturel. dès la base du Lias dans certaines lignées.

avec une caudale dans le prolongement du tronc. Leptopterygius. renflé. et qui proviennent de formes du Jurassique phylogénétiquement moins dérivées que le groupe Ichthyosaurus-Ophtalmosaurus. Phalarodon) sont de petite taille. telle la concentration d’individus immatures et de femelles gestantes dans d’éventuels . L’histologie suggère une croissance rapide dans un contexte adaptatif très comparable à celui des Cétacés. comme chez Platypterygius du Crétacé inférieur. Au Jurassique terminal.). taille des orbites…) (Ichthyosaurus. Les ichthyosaures apparaissent au Trias inférieur de Chine (Chaohusaurus). La phylogénie d’ensemble du groupe est désormais établie dans ses grandes lignes par l’analyse cladistique. Les Shastasauridés du Trias supérieur. au corps encore allongé et à la caudale plésiomorphe. La taphonomie informe sur la reproduction (viviparité) et l’alimentation (poissons. les principaux gisements européens « classiques » sont en Angleterre et en Allemagne et le groupe est également connu des bordures du Pacifique : Neuquèn (Argentine) et Wyoming (USA). La biodiversité du groupe s’effondre lors de la transition Trias/Lias mais la lignée se poursuit avec des formes adaptées à la vie pélagique (Néoichthyosauria). Ce sont les types « classiques » d’ichthyosaures du Jurassique. Névada) surtout dans des sédiments marins côtiers. Ophtalmosaurus. Au fur et à mesure de leur évolution les ichthyosaures réalisent un profil plus hydrodynamique avec un tronc plus court. céphalopodes). adapté à la nage anguilliforme. On a discuté ensuite de l’histoire de la répartition spatiale du clade qui est relativement bien documentée. La morphométrie renseigne sur l’évolution des modes de nage et suggère une physiologie « pseudo-endothermique » chez les espèces thuniformes.352 ARMAND DE RICQLÈS hyperdactylie. Europe centrale. Chine). Les formes archaïques du Trias inférieur et moyen (Mixosaurus. Au Trias supérieur ils sont largement répartis depuis la région orientale (Japon. Au Jurassique moyen. au Spitzberg et en bordure du Pacifique (Colombie britannique. nous avons présenté et discuté les données et l’argumentation concernant divers aspects du mode de vie. le groupe subit une nouvelle diminution de sa diversité mais persiste au Crétacé avec des formes telles que Platypterygius présentant une polydactylie. Stenopterygius. vivant dans des environnements néritiques. De nombreuses questions restent toutefois ouvertes. En ce qui concerne la paléobiologie. en Europe alpine et centrale. Russie du Sud et région australienne. constituant de nombreux taxons de taille moyenne (3 m) à grande (7 m) et présentant chacun des autapomorphies variées (forme du rostre. Enfin la sédimentologie permet de préciser les habitats (formes néritiques ou pélagiques). etc. A l’Albien (Sommet du Crétacé inférieur) leur répartition est encore très vaste : « continental seaway » sur l’Amérique du nord. représentent les premiers grands ichthyosaures (Cymbospondylus) et contiennent les géants du groupe (Shonisaurus : 15 à 20 m ?). et une caudale falciforme adaptée à la nage thuniforme. De façon générale. la morphologie des formes primitives (Trias inférieur) présente un corps allongé.

A sa place. J’ai relaté les soupçons de Cuvier dessinant en Angleterre dès 1818 des os isolés de plésiosaures. Classiquement. fait allusion à la disposition particulière des fosses temporales. les membres pairs ne conservant que des fonctions de stabilisateurs et de gouvernes. De futures découvertes de terrain permettront sans doute de tester ces hypothèses. le degré de spécialisation des premiers ichthyosaures connus du Spathien (Trias inférieur) implique une longue histoire permienne encore totalement inconnue. très peu modifiés par rapport aux formes jurassiques. caractéristique du groupe. L’articulation carré/articulaire est reportée très postérieurement. bien avant la fin du Crétacé supérieur. dans la locomotion. de taille petite ou moyenne. la dynamique de leur différenciation donne toujours lieu à controverses. le clade débute au Trias avec les nothosaures. Le problème de l’origine des ichthyosaures demeure largement ouvert. Chez les sauroptérygiens. la différenciation initiale des ichthyosaures aurait été très rapide et concentrée à la base du Trias (base du Scythien). du second squelette sub-complet pour le Muséum dès 1824. ne disparaissant qu’avec l’événement fini-Crétacé. Chez ces derniers la propulsion était assurée par des ondulations latérales du tronc et de la queue. l’origine du groupe participe d’une dynamique de recolonisation rapide des habitats par rediversification des écosystèmes après la crise. les sauroptérygiens montrent une plus grande biodiversité et un plus long succès évolutif que les ichthyosaures. Seule est présente une fosse temporale supérieure homologue à celle des diapsides. une émargination de la bordure inféro-latérale de la joue et l’absence de quadrato-jugal suggèrent qu’une fosse temporale inférieure de diapside aurait pu être initialement présente. la découverte du premier squelette complet par Mary Anning (1821) et l’achat par Constant Prévost. désignant classiquement une « Sous Classe » des Reptilia. Pour les autres. L’autre grand rameau évolutif envisagé cette année est celui des Sauropterygia (ou Euryapsides) dont les représentants les plus connus sont les plésiosaures. et les placodontes. à la suite d’une réduction progressive de son aire d’extension géographique connue.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 353 « sites de reproduction » à la façon des Cétacés (Holzmaden ?). Dans ce cas. Pour les uns. J’ai enfin évoqué les problèmes d’origine et d’extinction du groupe. Comme celle des ichthyosaures. S’il paraît clair désormais qu’ils dérivent de quelque diapside terrestre « généralisé » et encore inconnu. Globalement. Il se poursuit au Jurassique par les formes pélagiques bien connues des . les membres pairs euxmêmes (et leurs ceintures) conservent toujours un rôle important. sensibles à l’énorme extinction fini-permienne. Les sauroptérygiens présentent un mode d’adaptation à la propulsion aquatique fondamentalement différent de celui des ichthyosaures. voire majeur. Quand celui-ci disparaît. très spécialisés dans la consommation de coquillages. En revanche il n’y a pas de fosse temporale inférieure. et donc limitée latéralement par le post orbitaire et le squamosal. missionné par Cuvier. comme chez les poissons. selon des modalités toutefois assez variées. formes encore amphibies. Le terme d’Euryapside. étaient déjà des « fossiles vivants » dans les écosystèmes marins du Crétacé. les derniers ichthyosaures. la découverte des plésiosaures ramène aux origines mêmes de la paléontologie scientifique.

On saisit sur cet exemple en quoi l’analyse logique de la répartition taxinomique des états de caractères (analyse cladistique) pourrait éventuellement différer de la phylogénie concrète..50 m à 4 m). et des pliosaures à cou court et à tête allongée. Rieppel et coll. ce qui est conforme à leurs situations stratigraphiques respectives. pusillus. à titre d’exemple. mais les quatre principales séquences fossilifères successives n’en représentent qu’un faible pourcentage temporel. j’ai détaillé. à la limite Anisien/Ladinien (Trias moyen). dont l’ontogénie est connue. peyeri et N.) sont généralement des organismes plus spectaculaires que les pachypleurosaures (1. et qui est très proche de celle des mésosaures (voir ci-dessus). Nous avons montré combien ce schéma général avait été enrichi et modulé par les recherches des deux dernières décennies. le tronc et la queue sont allongés tandis que les membres pentadactyles sont relativement courts et robustes. En revanche. Ce clade est caractérisé. que nous avons détaillée. montre qu’ils constituent un premier clade basal des Sauropterygiens : les pachypleurosaures. présentant une grande diversité dans . L’analyse cladistique de ces taxons. de Chine. se succédant dans le temps (contrôle stratigraphique) et l’espace en un même lieu (contrôle géographique). les élasmosaures. qui se regroupe avec d’autres taxons de très petite taille et un peu plus récents du Trias inférieur et moyen d’Europe centrale (Dactylosaurus. Simosaurus. les trois autres espèces de Neusticosaurus étant de plus en plus dérivées.. on n’en a nulle trace dans la documentation morphométrique et stratophénétique disponible. Le cladogramme suggère l’existence de plusieurs « lignées fantômes » répondant aux cladogenèses successives aboutissant aux quatre taxons décrits.. edwardsii se succèdent localement dans la série stratigraphique. Les taxons concernés : Serpianosaurus et trois espèces successives de Neusticosaurus (Pachypleurosaurus) : N. les plésiosaures y culminant avec des formes terminales de très grande taille. les problèmes paléobiologiques et évolutifs concenant des pachypleurosaures un peu plus récents et de plus grande taille. par une histomorphogenèse squelettique particulière.354 ARMAND DE RICQLÈS plésiosaures à cou allongé et tête petite. On retrouve les uns et les autres au Crétacé. qui suggère plutôt l’existence d’une seule lignée évoluant par anagenèse. Avec ce modèle on dispose de « paléopopulations » (contrôle statistique) représentées par des individus complets (contrôle anatomique). Le cou. Ceresiosaurus. La forme la plus basale est Keichousaurus. entre autres synapomorphies. comprenant des séries de croissance (contrôle ontogénique). Que souhaiter de mieux dans la documentation paléontologique ? La série stratigraphique représente une durée de 5 MA au maximum. A la suite des études récentes de O. Lariosaurus. L’histoire paléontologique du groupe débute au Trias inférieur avec des organismes lacertiformes de petite taille (50 cm). Anarosaurus. avec toutefois des autopodes allongés mais sans hyperphalangie. etc. Les Nothosaures proprement dits (Nothosaurus. L’analyse cladistique place Serpianosaurus comme taxon basal. initialement classés parmi les nothosaures.). du fait de nouvelles découvertes et de l’application de la méthode cladistique. N. Cymatosaurus. provenant des célèbres gisements du Monte San Giorgio (Tessin).

La nage pouvait encore impliquer des ondulations latérales du corps et de la queue. armée par des côtes puissantes.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 355 leurs proportions crâniennes. C’était des organismes plutôt néritiques à rôle de superprédateurs dans les mers du Trias moyen et supérieur (Europe centrale (Muschekalk). mais devaient encore permettre la locomotion au sol (on a comparé leur situation. On avait soupçonné depuis longtemps qu’une famille très mal connue de nothosaures du Trias moyen. Désormais on voit dans les plésiosaures (comme à la fin du xixe siècle) des pratiquants du « vol subaquatique » à la manière des tortues marines et des manchots actuels. Moyen Orient. Cette hypothèse a été confirmée récemment par la découverte de nouveaux pistosaures beaucoup plus complets. Les membres sont toujours transformés en palettes natatoires plus ou moins allongées par un forte hyperphalangie (pas d‘hyperdactylie) et sont associés à un développement ventral considérable des ceintures scapulaires et pelviennes. Les plésiosaures apparaissent avec la transgression liasique en Europe. très complexe. Les nothosaures ne dépassent pas le sommet du Trias mais sont relayés dés le Lias par les premiers plésiosaures. transmettant l’effort propulsif. s’élargit assez considérablement et s’aplatit. La tête triangulaire. Les membres pentadactyles assez peu modifiés sont cependant déjà adaptés à la vie aquatique. répondant à la réalisation itérative de deux « types adaptatifs » différents de grands prédateurs marins. on en est resté à une reconstruction proposée par Watson (1924) faisant des plésiosaures des « rameurs ». L’analyse phylogénétique du groupe. Pendant une bonne partie du xxe siècle. les pistosaures. Ils disposaient toutefois de deux « modules propulsifs » (pectoral et pelvien) au lieu d’un seul (pectoral) chez leurs analogues actuels. et plus ou moins allongée. Ceci pose le problème de l’origine de ces derniers. à celle des pinnipèdes parmi les mammifères). Celles-ci sont reliées ventralement par un puissant système de gastralia. du Trias moyen du Nevada et de Yunguisaurus du Trias moyen de Chine relativement aux nothosaures et à Plesiosaurus (2006) confirme la position des pistosaures comme groupe-frêre externe des Plésiosaures. Une analyse critique serrée de cette conception par Robinson (1975-76) tant du point de vue anatomique qu’écologique et énergétique a entraîné son abandon. Les portions dorsales des ceintures étaient sans doute reliées à l’axe vertébral par de puissants systèmes ligamentaires. n’a pas encore abouti à des conclusions robustes. était de relativement petite taille et portée par un cou allongé. contrairement aux plésiosaures. avec d’emblée des formes pélagiques à tête plutôt petite et à cou long (plésiosaures proprement dits : Cryptocleidus) et des formes à grande tête et à cou court (type pliosaure : Peloneustes). Trias alpin. Chine…). Des considérations hydrodynamiques et énergétiques suggèrent que les plésiosaures « classiques » à petite tête et long cou étaient des . L’analyse cladistique d’ensemble du groupe tend à montrer que cette subdivision est plus écologique que phylogénétique. La région troncale. On a relaté l’histoire des interprétations successives de la locomotion chez ces organismes. Les palettes natatoires postérieures (pelviennes) sont un peu plus développées que les antérieures (pectorales) chez les pliosaures. aurait été à l’origine des plésiosaures. à cet égard. L’analyse phylogénétique des caractères d’Angustasaurus.

ont montré que ce groupe n’était pas apparenté directement aux pliosaures jurassiques mais qu’il fait partie d’un clade des Cryptocleidoidea (O’Keefe 2004) comprenant basalement des plésiosaures comme Muraenosaurus du Jurassique. telles que Thalassomedon. Nous avons relaté une succession de découvertes récentes concernant le groupe. et réalisant ainsi une « trappe » à poissons ou à céphalopodes. 1995). « de type cétacé ». Les pliosaures. pour des crânes de 30 à 50 cm chez les formes du Crétacé supérieur connues du centre et de l’ouest des USA. les élasmosaures. les adultes acquièrent ensuite un squelette de structure allégée. pouvant atteindre 12 à 15 mètres de long. dans la nature actuelle. Ainsi les pliosaures apparaissent bien comme un écotype ayant évolué de façon polyphylétique. La biomécanique dentaire et crânienne d’un superprédateur comme Pliosaurus a été analysée en détail et il a pu être montré que des carcasses flottées de dinosaures pouvaient entrer dans le régime (Taylor et al. dont l’histoire peut être suivie en détail dans les régions Néo-Zélandaises. J’ai traité à part le groupe triasique des Placodontes. auraient été des nageurs plus rapides que l’on a pu comparer écologiquement à des orques. et ce jusqu’au Crétacé terminal. 1993). Les travaux paléohistologiques sur des séries de croissance d’élasmosaures et de pliosaures du Crétacé supérieur de Nouvelle Zélande ont apporté des données intéressantes. à la façon des formes triasiques. en Utah (2007) ont confirmé que les Polycotylidés font partie d’un groupe de « plésiosaures à cou court » ou « faux pliosaures ». sans doute en relation avec la vie pélagique (Wiffen et al. avec des formes parfois écologiquement très spécialisées dans la microphagie (Aristonectes). Australiennes et Sud-Américaine/Antarctique. beaucoup plus hydrodynamiques.356 ARMAND DE RICQLÈS nageurs d’endurance mais peu rapides. Celle d’un élasmosaure primitif dans le Jurassique inférieur français (Bardet 1999) est venue documenter l’origine de ces formes dominantes au Crétacé. dont les relations phylogénétiques avec les autres Euryapsides ne font pas consensus. Le « type pliosaure » est bien représenté au Crétacé par les Polycotylidés. Styxsosaurus ou Hydrotherosaurus. Très récemment. Les rares données européennes issues du Maestrichthyen éponyme (Mulder 2000) indiquent également une persistance modeste du groupe jusqu’à l’extrême fin du Mésozoïque. La position des plésiosaures et pliosaures au sein des écosystèmes marins du Jurassique supérieur a été systématiquement analysée sur le modèle de l’Oxford Clay (Martill 1994). J’ai commencé . Les grandes dents faisaient saillies extérieurement. Des travaux phylogénétiques récents. les supérieures et les inférieures s’entrecroisant. Les plésiosaures à cou long évoluent au Crétacé vers des formes de très grande taille. les découvertes d’Albright et al. Tandis que les jeunes ont un squelette pachyostique suggérant un rôle de « ballast » dans des environnements néritiques. Le cou très mobile s’allonge démesurément tandis que la queue se raccourcit en proportions relatives. fondés en particulier sur la structure du palais chez Dolichorhynchops du Campanien (Crétacé supérieur) du Kansas.

contrairement aux autres Sauropterygiens et aux Ichthyosaures qui s’adaptent alors à des modes de vie pélagiques. au fil de la recherche. ne devaient guère permettre une locomotion terrestre. Les membres. la carapace est en deux parties distinctes. Le crâne prend une forme triangulaire. Les puissantes incisives proclives sont suivies sur le palais et la mandibule par quelques énormes « dents en pavés » à l’émail épais. Chez Henodus. mais superficiellement. Il s’agit pour lui. On a fait remarquer à cet égard que ces organismes spécialisés aux milieux néritiques n’ont pu s’adapter aux grandes transgressions liasiques. Séminaire 2007-2008. Les ostéodermes dorsaux ne forment pas de carapace. Des ostéodermes se soudent à sa marge postéro-latérale et le corps s’aplatit dorso-ventralement. elle prend une forme en selle. plus large que longue. . Gayon. le biologiste utilise cette notion à chaque instant de son activité. Psephochelys. Une carapace constituée par des ostéodermes polygonaux se différencie dorsalement et ces placodontes en viennent ainsi à ressembler beaucoup. La notion de fonction : des sciences de la vie à la technologie. propres à broyer les coquilles de mollusques marins. Les autres familles de placodontes (Cyamodontidés : Cyamodus. Pour le biologiste. Plachochelyidés : Plachochelys. relativement courts mais peu modifiés. Le crâne. L’évolution du groupe est dominée par l’adaptation à ce régime. peu spécialisés. Houdé. est adapté à un régime conchylophage. J. Depuis une vingtaine d’années. de s’interroger sur sa pertinence ou sa signification. etc.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 357 par la présentation de Placodus gigas. la notion de fonction est aussi familière qu’omniprésente dans tous les aspects de son travail. Psephoderma. Parot). O. Henodontidés : Henodus. partenaires scientifique A.) se spécialisent davantage. de nombreux placodontes ont été découverts dans le Trias supérieur de Chine (Guizhou) : le groupe semble avoir évolué pendant tout le Trias dans les mers chaudes épicontinentales bordant le Nord de la Tethys. Fr. en quelque sorte. les 21-23 mai 2008 Organisé avec le Professeur Jean Gayon (Université Paris I Panthéon Sorbonne) dans le cadre de l’action concertée incitative (ACI). Comme Monsieur Jourdain faisant de la prose sans le savoir. la région pelvienne ayant une armure indépendante. biologiques et médicale (Coordinat. 2. restent bien développés. Aucun placodonte ne dépasse le sommet du Trias. Les côtes de morphologie complexe étaient complétées ventralement par des gastralia. Les membres. à des chéloniens. de Ricqlès. massif et solide. une grande forme (2 à 3 m) du Muschelkalk (Trias moyen) du domaine marin épicontinental (plates formes carbonatées) d’Europe centrale bordant le nord-ouest du domaine téthysien profond. d’un « outil intellectuel spontané » dont la disponibilité pratique permanente fait qu’il n’éprouve pas souvent le besoin. C’était un animal plongeur au tronc rebondi et à la queue allongée. Chez Cyamodus et Psephoderma. La notion de fonction dans les sciences humaines. la queue reste allongée. Sinocyamodus. se raccourcit et s’élargit postérieurement pour faire place à une énorme musculature adductrice de la mandibule.

Evoquer la fonction. concrète et opérationnelle relativement au niveau biologique où l’on . soit selon la voie descendante du réductionnisme. est dans son effet physiologique lui même : on a donc affaire à une « explication finale » et non pas causale. Il y a dans l’apparente légitimité des explications finales en biologie un « tour de passe-passe » de la nature qui découle de la dimension historique et généalogique de l’évolution. voire du rôle de l’espèce au sein de l’écosystème. De fait. la fonction est apparemment une notion d’une grande utilité. aucun scientifique ne devrait se résoudre à l’admettre. dimension non prise en compte par les sciences nomologiques. en biologie. A tous les niveaux de cette hiérarchie. dans telle circonstance physiologique. Un deuxième aspect frappant de la fonction. si satisfaisante et si naturelle en apparence. Elle nous propose donc un perpétuel cheminement bi-directionnel selon l’axe de l’intégration organique. on constate immédiatement un paradoxe. la fonction est partout. à un finalisme plus ou moins généralisé. c’est donc toujours donner à saisir l’amorce d’une explication. Pour tous. la cause devant toujours précéder l’effet. au sens où l’entendent les sciences physico-chimiques. qui inverse le sens de l’explication relativement au déroulement du temps. du rôle du neuromédiateur trans-synaptique. de l’organe. au sens aristotélicien. a pu souvent conduire. produite par une glande endocrine. ou plus ou moins honteux . du système. L’explication par les causes finales est-elle inéluctable pour les sciences biologiques ? A mon sens. et jusqu’à celui de l’organisme en tant que totalité intégrée au sein de la population. plus ou moins revendiqué. ne serait-ce que de façon implicite et ramassée. soit selon la voie ascendante du compositionnisme. en effet. une justification des données observées. c’est-à-dire la cause de son existence. à toutes les échelles de l’intégration organique du vivant puisqu’on la retrouve à tous les niveaux. c’est donc d’aller réguler la marche de tel organe. l’explication par la fonction. autrement dit l’explication de sa présence. Dans le cas de l’hormone et de sa définition physiologique. ou plutôt apparence seulement d’une explication ? En science. Songeons par exemple à la définition de l’hormone : « substance chimiquement définie. ou de celui du tissu. autrement dit l’apparence d’une explication rationnelle des faits. La « cause finale ». l’explication de l’hormone.358 ARMAND DE RICQLÈS Un premier aspect frappant de la notion de fonction est donc la constance de son usage par le biologiste — et je comprends sous ce terme aussi bien le biologiste moléculaire dans son laboratoire que le naturaliste de terrain qui peuvent être encore parfois — et heureusement — une seule et même personne. l’omniprésente utilité de la fonction se comprend assez facilement parce qu’elle propose. Expliquer. et allant exercer sur un organe cible particulier appelé récepteur une action spécifique qui est son seul rôle ». Qu’il s’agisse du « site fonctionnel » de l’enzyme. c’est paradoxalement sa réalité efficiente. Amorce d’une explication rationnelle. l’interprétation. de celui de la cellule plus ou moins spécialisée. La fonction de l’hormone. véhiculée par le sang. de celui de l’hormone. c’est donc remonter rétrospectivement des effets aux causes. est irrecevable pour les sciences ordinaires. une explication doit être causale.

suggèrent que les systèmes de contraintes. au niveau des organismes. dès que l’on tente d’isoler conceptuellement sa nature propre. dans le dialogue — ou la confrontation — entre l’anatomie et la physiologie mais il serait aisé de montrer que cette opposition organise une systématique de tout l’ensemble des disciplines biologiques. ou une interaction spécifique. sur l’axe des disciplines structurales. à tous les niveaux d’intégration où on l’envisage. On pourrait dire. concrètement. Comme le notait Wainwright avec humour. l’écologie est une métaphysiologie des interactions supra-spécifiques. mais bien comme une action. avec des caractéristiques précises en matière de composition. A cet égard la ressemblance entre les solutions fonctionnelles observées dans la nature et celles choisies en ingénièrie. sa transposition dans le domaine biologique soulève. et cependant son apparence assez abstraite. en tant qu’objets concrets figurés. de forme et d’énergétique. à la fois structural et fonctionnel. comme on l’a déjà souligné. émanant de leur constitution même. hic et nunc. des difficultés fondamentales. La congruence entre la structure et la fonction s’observe partout en biologie comme en technologie. Son pendant. la fonction ne peut être opérationnellement traitée comme une abstraction. parce qu’elle est avant tout interaction plutôt que substance. c’est franchir un pas considérable autant que périlleux. pourrait être la démographie. De là à considérer que les fonctions des structures sont la raison même de l’existence de ces dernières. qui dit fonction dit en réalité. ou structures. ou comme un concept général. dans le cadre de la pratique des sciences biologiques. Ainsi. Ainsi. pèsent fortement sur toutes les réalisations structuro-fonctionnelles. des lois de la physico-chimie. conséquences de l’universalité des lois physiques. de la molécule à l’écosystème.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 359 situe son exercice. . on l’a vu. de la géométrie et de la topologie. par exemple. des propriétés particulières d’objets matériels. sur tout le problème de la finalité. qui débouche. On peut donc dire que les fonctions des structures sont des propriétés émergentes de cellesci. ainsi que pourrait le faire le philosophe. En effet. en canalisant le champ des possibles. Le vivant est Janus bifrons. Les structures. de taille. et de façon générale des sciences positives. que selon l’axe des disciplines fonctionnelles. ainsi que le nombre limité de solutions structurales à un problème fonctionnel donné. les fonctions sans les structures sont des fantômes ». en tant que manifestation concrète. l’existence d’un couple structuro-fonctionnel indissociable. la fonction ne peut se concevoir effectivement sans l’existence de structures matérielles qui la soustendent et en constituent en quelque sorte le support. Si la finalité intentionnelle consciente qui se manifeste dans les technologies humaines ne pose pas problème. pour le biologiste. indissociablement. ont des propriétés spécifiques qui découlent avec un degré de nécessité très fort. « les structures sans les fonctions sont des cadavres. Le couple structure-fonction a trouvé son illustration la plus évidente.

dans ses aspects les plus orthodoxes. celle-ci étant considérée comme un agent d’optimisation tout puissant. comme pour celles des structures. par la ou les foncions qu’il réalise : c’est donc un ensemble fonctionnel. chacun à la fois suscité. des évènements qui. En effet. au prix d’une adaptation sub-optimale n’est elle pas la clé du changement évolutif ? La théorie synthétique de l’évolution. L’apport de l’œuvre d’un Stephen Jay Gould (1946-2002) a été largement de montrer combien ce « pan adaptationnisme » exagéré laissait sur le bord du chemin une multitude de considérations indispensables à une synthèse évolutive encore plus générale et pertinente. c’est bien aussi un concept structural. c’est-à-dire pratiquement défini. modulé et contrôlé par la sélection naturelle. les fonctions des systèmes sont des propriétés émergentes déterminées par la constitution et la configuration même de ceux-ci. D’un autre coté.360 ARMAND DE RICQLÈS La relation de congruence de la structure à la fonction. ou entre le système et l’extérieur constituent des activités. évidente dans la machinerie vivante comme dans la technologie humaine. la notion de système occupe une situation intermédiaire et quelque peu ambivalente. concept jouant un rôle moteur et central dans l’évolutionnisme. amène immédiatement au concept clé d’adaptation. . En ce sens. Les interactions intervenant entre les éléments d’un système. ou mieux un ensemble structuré de sous-structures co-organisées. Relativement au couple structure/fonction. c’est-à-dire un fonctionnalisme explicite éludant. les systèmes existent-ils « pour » accomplir les fonctions qu’ils remplissent ici et maintenant. en contexte approprié. Quoi qu’il en soit. comme nous le rappellent tous les dysfonctionnements systémiques. où l’organisme peut être atomisé en une infinité de « traits structuro-fonctionnels ». un système est souvent délimité. la critique gouldienne du pan-adaptationnisme ne remet pas en cause l’intérêt du concept de fonction. en contexte darwinien. toute référence au finalisme. Ainsi. un système constitue toujours une structure. Toutes les structures organiques sont-elles strictement adaptées à une ou à des fonctions spécifiques ? tout changement évolutif se réalise-t-il nécessairement par l’adaptation des structures aux fonctions. Une fois encore. c’est à dire par la « traque » progressive par des structures potentiellement modifiables de fonctions de plus en plus congruentes aux conditions de milieux. a pu sembler verser parfois dans un « pan-adaptationnisme » un peu excessif. mais ce n’est pas toujours le cas. conditions elles mêmes perpétuellement changeantes ? La pluralité fonctionnelle des structures. ou pour de toutes autres raisons ? On voit poindre au travers de ces interrogations les origines des deux grandes conceptions concurrentes — émergence systémique anhistorique ou fruit de l’histoire sélective — que l’épistémologie moderne propose pour des concepts de fonction débarrassés de tout finalisme. tel qu’il est généralement mis en œuvre par l’évolutionnisme contemporain. peuvent effectivement répondre à des fonctions.

properties. Un. Session 2 : Théories philosophiques des fonctions Philosophical theories of function Président de séance/Chair : Françoise Parot (Un. Philippe Huneman (IHPST. Paris) : Fonctions et adaptations : une démarcation conceptuelle [Function and adaptations: a conceptual demarcation]. Paris Descartes & IHPST. Département de philosophie) : Rôle du couple « structure/fonction » dans la constitution de la biologie comme science [Role of the « structure/function » dichotomy in the constitution of Biology as a science]. Matteo Mossio (IHPST. Center for Philosophy of Science) : Functions and history [Le concept de fonction : importance de l’histoire]. [Phenomena. Laurent Clauzade (Un. l’explication et l’esprit : 50 ans de réflexion sur la fonction biologique et l’explication fonctionnelle [Teleology. selection . USA. Peter McLaughlin (Un. . Paris) : Phénomènes. de Montréal. de Heidelberg. and adaptation Président de séance : Anne Fagot-Largeault (Professeur au Collège de France) Jean Gayon (IHPST. Canada. Karen Neander (Duke Un. Paris) : Raisonnement fonctionnel et niveaux d’intégration en biologie [Functional reasoning and levels of organization in biology]. de Pittsburgh. Department of philosophy) : «What functions are good for »? [À quoi les fonctions sont-elles bonnes ?]. Paris) : Les psychologues fonctionnalistes de l’école de Chicago et le premier béhaviorisme [The functionalist psychologists of the Chicago School and the original Behaviorism]. Paris) : La téléologie. Paris 5) Marie-Claude Lorne (Université de Brest & IHPST. del País Basco. propriétés. Session 3 : Fonction. Françoise Parot (Un. functions: the term « function » in French biology in the early 19th Cy]. François Duchesneau (Un. Department of Philosophy) : The Etiological Theory: An Update [L’approche étiologique : une mise à jour]. USA.. fonctions : le terme « fonction » dans la biologie française du début du XIXe s.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 361 Programme Mercredi 21 mai Introduction : Armand de Ricqlès & Jean Gayon Session 1 : Origines du discours fonctionnel dans les sciences de la vie et en psychologie Origins of functional discorse in the life sciences and in psychology Président de séance/Chair : Jean Gayon (IHPST) James Lennox (Un. explanation and the mind : 50 years of thinking about biological function and functional explanation]. Espagne) : Functions and self-maintenance [Fonction et auto-maintien]. Paris) & Cristian Saborido (Departamento de Logica y Filosofía de la Ciencia. selection et adaptation Function. Paris 1 & IHPST. Allemagne.

Paris) : Architecture et évolution de la fonction du langage [Architecture and evolution of the function of language]. de Spencer à Sherrington et après [Physiology : the history of integration. Paris) : Les fonctions des protéines [The functions of proteins]. UMR 7179) : Le problème de la causalité complexe aux sources de la relation structuro-fonctionnelle . 2) the example of the bone tissue]. fonctions énigmatique [Extinct anatomies. morpho-functional inferences from teeth and post-cranial skeleton]. équipe « Développement et fonctionnement cognitifs ». Rodentia. Università Roma Tre. Philippe Janvier (Muséum National d’Histoire Naturelle. Mammalia) [Analyse de la structure de l’émail comme outil pour reconstruire le comportement alimentaire des campagnols fossiles (Arvicolidae. Rodentia. Département Histoire de la Terre) : L’analyse fonctionnelle en paléontologie des mammifères — Forme. fonction et adaptation [Functional analysis in paleontology of mammals — form. fonction and evolution of the middle ear of extant and extinct vertebrates : paleobiological and phylogenetic interpretations]. Paris 6. Stéphane Peigné (Muséum National d’Histoire Naturelle. Paris) : Physiologie : L’histoire de l’intégration. Federica Marcolini (Dip. Session 6 : Attributions fonctionnelles en biologie expérimentale Functional ascriptions in experimental biology Président de séance/Chair : Philippe Kourilsky (Collège de France) Michel Morange (Ecole Normale Supérieure et IHPST. Christine Argot (Muséum National d’Histoire Naturelle. Département Histoire de la Terre) : Structure et fonction chez les Carnivores placentaires : inférences morpho-fonctionnelles à partir des dents et du squelette post-crâniens [Structure and function in placental Carnivores . UMR 6095) : Fonctions et structure du développement cognitif [Functions and structure in cognitive development]. Jean-Claude Dupont (Université de Picardie et IHPST. Jean-Moulin-Lyon 3 et IHPST. Denis Forest (Un. UMR 7179) : Structure. . function and adaptation]. Roma. Mammalia]. Paris Descartes. Session 5 : Structures et fonctions cognitives Cognitive structures and fucntions Président de séance/Chair : Alain Berthoz (Collège de France) Olivier Houdé (Un.362 ARMAND DE RICQLÈS Jeudi 22 mai Session 4 : Structures et fonctions en morphologie et paléontologie Structures and functions in morphology and palaeontology Président de séance/Chair : Olivier Houdé (Professeur à l’Université Paris 5) Armand de Ricqlès (Collège de France) & Jorge Cubo (Un. Italie) : Enamel structure analysis as a tool for reconstructing feeding behavior of fossil voles (Arvicolidae. from Spencer to Sherrington and beyond]. Scienze Geologiche. Michel Laurin (CNRS. fonction et évolution de l’oreille moyenne des vertébrés actuels et éteints : interprétations paléobiologiques et phylogénétiques [Structure. 2) l’exemple du tissu osseux [Complex causality as the root of the structure/function relation problem : 1) general considerations . 1) généralités. enigmatic functions]. Département Histoire de la Terre) : Anatomies éteintes.

de Nantes & Equipe REHSEIS. Departamento de Filosofía. Department of Philosophy). Du concept de fonction biologique au concept de santé : les limites d’un transfert dans le domaine de la médecine [From the concept of biological function to the concept of health : the limits of a transfer into the field of medicine]. Le raisonnement fonctionnel en psychiatrie [Functional reasoning in Psychiatry]. Paris) : Aspects métaboliques de la fonction de nutrition dans le débat sur les origines de la vie au milieu du XXe s. Arnaud Plagnol (Université de Paris 8. Vendredi 23 mai Session 7 : Fonctions et origines de la vie Functions and the origins of life Président de séance/Chair : François Duchesneau (Un. . Session 9 : Le raisonnement fonctionnel dans les sciences de l’ingénieur et dans les sciences de la vie Functional reasoning in engineering and the life sciences Président de séance : Armand de Ricqlès (Collège de France). Stéphane Tirard (Un. Paris). Lyon 3 & IHPST. de Montréal). Elodie Giroux (Un. fonctionnement. Christophe Malaterre (IHPST. Paris).. Session 8 : Fonction and dysfonction Function and dysfunction Président de séance/Chair : Pierre Corvol (Collège de France). UK) : Foot on Natural Goodness : Normativity in Organisms and Artefacts [Foot et la bonté naturelle : de la normativité dans les organismes et dans les artéfacts]. de Caen & IHPST. theology. Paris) : Attributions fonctionnelles dans le monde prébiotique : le cas des ribozymes [Functional Ascription in the Prebiotic World : the Case of Ribozymes].BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 363 Charles Galperin (IHPST. Lille 3) : « Design » histoire du mot et du concept : sciences de la nature. Dys-’. Alvaro Moreno (Universidad del Pais Vasco. functioning. Paris) : Peut-on attribuer une fonction au système immunitaire ? [Can a function be ascribed to the immune system ?]. aesthetics]. [Metabolic aspects of the nutrition function in the debate over the Origins of Life in middle 20th Cy]. théologie. Tim Lewens (Cambridge Un. Ulrich Krohs (Universität Hamburg. Daniel Becquemont (Un. multi-functionality in the Genetics of development]. ‘mal-’ and ‘non-’ : the other side of functionality [‘Dys-’. ‘mal-’ et ‘non-’ : l’autre côté de la fonctionnalité]. multifonctionnalité en génétique du développement [Functions. esthétique [“Design” : history of the word and history of the concept : the concept — natural sciences. Paris) : Fonction. Espagne) : The problem of the emergence of functional diversity in prebiotic evolution [Le problème de l’émergence de la diversité fonctionnelle dans l’évolution prébiotique]. LPN & IHPST. Thomas Pradeu (Un.

Département Ecologie et Gestion de la Biodiversité. Ces dispositions resteront valables jusqu’au 31/12/2008. Directeur de recheches au CNRS. . of Technology. Ses composantes CNRS et Muséum rejoindront au 01/01/2009 l’UMR 7180 au MNHN tandis que ses composantes Paris VI rejoindront à la même date l’UFR 918 Géologie et Biodiversité/UMR-ISTEP (Directeur Professeur Ph. Olivier Houdé. et constituée de quatre équipes. une modification de la politique de certains de nos organismes de tutelles relativement aux UMR « multisceaux » comme la nôtre. Pieter Vermaas (Delft Un. de Strasbourg 2 et IHPST. Department of Philosophy) & Wybo Houkes (Eindhoven Un. RECHERCHE 1. Paris) : Pourquoi une même théorie pour les fonctions des organismes et des artefacts ? [Why looking for a unified theory of function in organisms and artefacts ?]. dirigée par A. Françoise Longy (Un. Philosophy and Ethics of Technology) : Making artefacts and designing functions [Fabriquer des artéfacts et concevoir des fonctions]. Les contraintes du « classement de Shangaï » ont entraîné.364 ARMAND DE RICQLÈS Anick Abourachid (Muséum National d’Histoire Naturelle. Le Docteur Michel Laurin à pris. le CNRS et le MNHN sur le thème de la biologie comparative et de l’évolution des tissus squelettiques des vertébrés. led by the scientific coordinators of the programme (Jean Gayon. Laboratoire d’Ingénierie des Systèmes de Versailles) : L’idée de fonction en biologie et en robotique : témoignage d’une collaboration autour de « RoboCoq » [The idea of function in biology and robotics : testimony on a collaboration around « RoboCoq »]. Armand de Ricqlès). pour des raisons de « lisibilité ». Ainsi s’achève institutionnellement une aventure intellectuelle trans-disciplinaire et inter-établissements débutée en 1982 sous forme d’un contrat « jeune équipe » entre l’Université Paris VII. UMR 7179) & Vincent Hugel (Université de Versailles. Huchon) à l’Université Paris VI. animé par les responsables scientifiques des programmes de l’ACI / Debate with the public. au 01/01/2007 le relais du Professeur Jacques Castanet (Université Paris 6) pour assurer la direction de l’équipe de recherche « Squelette des vertébrés » dont la Chaire de Biologie historique et Evolutionnisme fait partie. est rattachée à l’UMR 7179 CNRS/UPMCP6/MNHN/Collège de France « Mécanismes adaptatifs : des organismes aux communautés » dirigée par le Dr Martine Perret. de Ricqlès. statuts et situation institutionnelle (juin 2008) Au titre du CNRS la Chaire de Biologie historique et Evolutionnisme du Collège de France. of Technology. C’est ainsi que notre équipe de recherche s’est vue contrainte de disparaître de facto. Discussion-Conclusion Débat avec la salle. Françoise Parot. Généralités.

En effet. Il nous a donc semblé que le soutien apporté par notre chaire à nos collègues et à ce projet justifiait ce choix. 2007. 1952. Geobios... Pereda-Suberbiola X.... (In Press). Horn. Three-item analysis : hierarchical representation and treatment of missing and inapplicable data. Fermon Y. Enlow’s contribution to paleohistology and comparative histology of bone. Mertensiella. Mertensiella 16 : 195-217. Part II : Life history traits of harvested monitors. In : H-G. .BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 365 S’est donc posé le problème du rattachement institutionnel de la chaire de Biologie historique et Evolutionnisme du Collège de France relativement aux divers organismes impliqués. Varanus niloticus. Amaghzaz M. la composante Paris VI de notre équipe représente un très petit nombre de jeunes biologistes évolutionnistes rejoignant une grosse UFR de Géologie pour contribuer à l’animation d’un nouveau « pôle naturaliste » à l’Université. cf. Hémery G. Biol. Krebs (eds. Jegu M. W. & Zylberberg L. Age and growth of Engraulis encrasicolus (Clupeiformes . & Bouya B. Gaamour A. 2007.) Advances in monitor Research III.(1. Teleostei. 2007. A new seabird (Aves. Bourdon E. Part I : Demographic impact of professional capture technique. 31(3) : 359-367. & Bouya B. (In Press). 2007.. Buffrénil V de. Specialization of bone structure in Pachyvaranus crassispondylus Arambourg. Engraulidae) in the Tunisian waters. in Sahelian Africa... Activités de recherche 2007-2008 et travaux en cours Publications et Travaux 2007-2008 2007 (suite) Buffrénil V.J. Journal of Vertebrate Paleontology.J. & Bouya B. W. Harvest of the Nile monitor. nous avons cru de notre devoir de rattacher plutôt notre chaire à l’UFR 918/UMR-ISTEP de Paris VI. Meunier F. Meunier F.. Böhme & U. Tometes lebaili (Osteichthyes. de Hémery G.) Advances in monitor Research III. Cybium. Krebs (eds. Mourer-Chauviré C. Cah.. Ricqlès A. in Sahelian Africa. Harvest of the Nile monitor. Phaethontidae) from the Lower Eocene phosphates of Morocco. Bien que de forts liens humains et thématiques nous attachent depuis toujours au Muséum et à l’UMR 7180. 48 : 259-269. Croissance et longévité du Watau yaike. Khemiri S.. 16 :181-194. In : H-G. Mar. Serrasalminae) dans le bassin du haut Maroni (Guyane française). 2008 et sous presse Bourdon E. Comptes Rendus Palevol (6) 591-601. Lord C. de. Comptes Rendus Palevol 6(6-7) : 527-534. de.152) Zaragüeta Bagils R. 2. Prophaethontidae) from the Lower Paleogene of Morocco. Bourdon E. Lethaia 41 : 59-69.. Varanus niloticus. an aquatic squamate from the Late Cretaceous of the southern Tethyan margin. Fifty years after Enlow and Brown’s « Comparative histological study of fossil and recent bone tissues » (1956-58) : a review of Professor Donald H. New specimens of Lithoptila abdounensis (Aves. Böhme & U. Horn. Bardet N. & Keith P. Amaghzaz M. Buffrénil V. 2007. 2007.

Zylberberg L. Paris : Belin. Zoological Journal of the Linnean Society. 30(2) : 425-432. Uddenberg N. Aquaculture.. Assesment of « silent » vertebral abnormalities.. editors. de.J. Kacem A. Zool. Buffrénil V.. functional and structural components of variation in bone growth rate of amniotes. 279 : 11-17.. Knoll F. intersection tree and strict consensus : a biogeographical example.J.. Evolution and Development. Salamander-like development in a seymouriamorph revealed by palaeohistology.. Ratitae).H. Meunier F. bone mineralization and bone compactness in farmed rainbow trout. Berreteaga A. Padian K. Meunier F.J. Journal of Vertebrate Paleontology.. (In Press). 2008. Margerie E. 2007..Y. New data on the structure and the chondrocyte populations of the haemal cartilage of abdominal vertebrae in the adult carp Cyprinus carpio (Teleostei. 2008 et sous presse Deschamps M.C. Biology letters. (In Press). Houssaye A.Y. On the origin of rapid growth rates in archosaurs and their ancient relatives: complementary histological studies on Triassic archosauriforms and the problem of a « phylogenetic signal » in bone histology.. Squamata) from the Cenomanian (early Late Cretaceous) of France. Le squelette des poissons téléostéens : structure. (sous presse a..J.. Astibia H. Rage J. Annales de Paléontologie. 2008. with comments on its phylogenetic and functional significance. El Azawi M. Bardet N. Analysis of vertebral « pachyostosis » in Carentonosaurus mineaui (Mosasauroidea. In : Bels V. Phylogenetic. (sous presse). Zaragüeta Bagils R. .. (sous presse). Three-item analysis and parsimony. Cao N. de. 2008.. Sanchez S. Fr... de.). INRA. Buffrénil V.. Sire J. Ouvrages et chapitres d’ouvrages 2007 (suite) Schmitz H. Renous S. Deschamps M. Bardet N... (sous presse). Le Squelette de la Truite Arcen-Ciel. Ricqlès A. 2008. 28 (3) : 685-691. Cybium.H. growth and phylogeny. Houssaye A.. 2008.. développement. Bulletin de la Société Géologique de France. Meunier F. & Kacem A. Bull. A new Transantarctic relationship: morphological evidence for a Rheidae-Dromaiidae-Casuariidae clade (Aves. 10 : 217-227. Paris : Muséum National d’Histoire Naturelle. & Sire J. Vertebrates reach the land.. & Meunier F.. traducteur. Horner J.R. Jalabert (edt. Cubo J. Buffrénil V. 2008. Soc. Castanet J. Pereda Suberbiola X. 269 : 533-543.. Montès L. Bone histology of basal sirenians from the Middle Eocene of Western Europe. Bourdon E. 2008.. Legendre P. Ricqlès A. Cyprinidae). Östensson P.. Doi : 1098/rsbl. physiologie. Ricqlès A. Journal of Morphology. Haffray P. 2008. Deschamps M.H.. Böhme W. pathologie.0159. Steyer S..2008. Castanet J. Geodiversitas.. de. Laurin M. Ventura R. Desdevises Y... ostariophysii.. Palaeognathae. de..) Paleontological evidence. Laurin M. In : B. 94 : 57-76. & Cubo J. Bone vascular supply in monitor lizards (Squamata : Varanidae) : influence of size. de. Linné — Une passion pour la classification. Lecomte F. Courty G.. Klembara J.366 ARMAND DE RICQLÈS Bourdon E.

Morphol. Linné et la systématique aujourd’hui — Faut-il classer le vivant ? Paris : Belin. & Saur F. Resting metabolic rates... Limb origin and development. J.V.J. Morphol. 16-21 juillet 2007 (résumé). Chanet B. 8th International Congress of Vertebrate Morphology. Congress of Vertebrate Morphology. Université Pierre et Marie Curie. (Com. Fermon Y.. Fra. orale).L. Castanet J. editors. Longbottom A. Brito P.). France.. Paris. Laurin M. Paris : Muséum National d’Histoire Naturelle.. Morphol. Zoologica Scripta... .. (Eds) Fishes and the break-up of Pangaea. Paris. Paris. A new phylogeny of extant ratite birds. Laurin M. 8th International Congress of Vertebrate Morphology. Actinistia. Paris. In : Bels V.J. L’Evolution. Relationship between bone growth rate and bone vascular density in amniotes : a first test of Amprino’s rule in a phylogenetic context. 16-21 juillet. In : Prat D. Roguenant A... 2007. Ahlberg P. 16-21 juillet. Morphol. Vertebrates reach the land. 268(12) : 71. Can the comparative study of the morphology and histology of the scales of Latimeria menadoensis and L. 2007.. Paris.. editors. Université Pierre et Marie Curie... Meunier F.E. Morphol.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 367 Laurin M... Montes L.J. 2007. Tetragonuridae) et de Cleidopus gloriamaris (Osteichthyes. (sous presse b. 2007. 2008. Cubo J. 8th International Congress of Vertebrate morphology (ICVM8). Meunier F. Clement G. Cubo J.. (Com. Laurin M. London. Université Pierre et Marie Curie. J.J. 268(12) : 1108.. and Cubo J. Cybium. PUF. Actes de Savoirs. In : Le Récit (W. 2007. Special publ. 31(2) : 123-132. Erdmann M. Origine et diversification de l’ichtyofaune néotropicale.13-28. Montes L. 31 (2) : 139-153. chalumnae (Sarcopterygii. (sous presse c.. Raynal A. Le PhyloCode. Perciformes. Le Roy N. Geol. Experiment anatomical imaging in osteichthyan fishes. France. 8th International Congress of Vertebrate Morphology.. J. France. Castanet J. 8th International Congress of Vertebrate Morphology. 268(12) : 1058. & De Leal M.. et Richter M. Soc. In : 3es rencontres d’Ichtyologie en France..D. Morphol. Marx Direct). Guintard C. Coelacanthidae) bring new insight on the biogeography of recent coelacanthids ? In : Cavin L. A predictive model of paleobiological estimation of bone growth rate from bone tissue types in extinct archosaurs. France. Betti E. bone growth rates and bone tissue types in Amniotes. 36 : 109-117 (2. Ricqlès A. J. Cybium. Meunier F. Cantino P. de.. 4/2008. (sous presse). 268(12) : 1052. Caldwell R. Etude morphologique et structurale des écailles de Tetragonurus cuvieri (Osteichthyes. 268(12) : 1098. Meunier F. J. Renous S. 295 : 351-360. Monocentridae). 16-21 juillet.338). Université Pierre et Marie Curie. nouveau « récit de création » ou synthèse de toute la biologie ? pp. 16-21 juillet 2007 (Poster).. Second meeting of the International Society for Phylogenetic Nomenclature : a report.. Morphological evolution of vertebrates in the conquest of land. Université Pierre et Marie Curie. Soc. Ichtyol. 16-21 juillet 2007 (Poster).. orale). 268(12) : 1062 .).. Actes de colloques Internationaux dans des revues indexées 2007 (suite) Bourdon E. 8th Intern. Beryciformes. Paris. J. 2007.

(Teleostei.J. Salmo salar L. Castanet J.. L’œuvre icthyologique de Charles Plumier. 16-21 juillet 2007. 2008.J. les 19-22 juillet 2007 (communication orale). Développements récents du PhyloCode et de l’ISPN. 43 (résumé). Meunier F.. & Pietsch T. Marjanovic D. p. p. de.. Orale.L.. 15-19 mai 2007. Towards a classificatory scheme and nomenclature of bone histology in 8th International Congress of Vertebrate morphology (ICVM8). Relationship between bone growth rate and bone vascular density in amniotes: a first tes t of Amprino’s rule in a phylogenetic context. 16-21 juillet 2007. Colloques et Congrès Nationaux et autres 2007 (suite) Dieux-Coëslier A. Paleontological and molecular perspectives on the origin and diversification of lissamphibians. Hamonou-Mahieu A. Albi 19-21 juillet 2007. Laurin M. 5th Meeting of the European Association of Vertebrate Paleontologists. Sparus aurata (Teleostei. 1er Congrès Franco-Maghrébin de Zoologie et d’Ichtyologie. Maroc. Silve C. J. 5th Meeting of the European Association of Vertebrate Paleontologists. Les espèces invasives en Mer Méditerranée : l’exemple des Poissons 111es Journées annuelles de la SZF. Caractéristiques histo-morphométriques du dentaire du saumon atlantique. Les diverses méthodes sclérochronologiquespour estimer l’âge individuel des poissons marins. & Meunier F. Meunier F. lors de ses trois voyages aux Antilles (1689. . 18-23 avril 2005. Maroc. Laurin M. Meunier F.J. (communication orale). L’os acellulaire de la dorade royale. 87. Recent works on the conquest of land by vertebrates.. Morphol. France.J. Résumé. Fron D. Ricqlès A. 8th International Congress of Vertebrate morphology (ICVM8). 268(12) : 1108. Cubo J. 8th International meeting on chondrodysplasy. 268(12) : 1066.W.Y. Carcassonne. 8es Journées annuelles ATS Mer. 39 (résumé). 18-25 septembre 2007 (communication orale). 130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques. Paris. 16-20 avril 2007. A paleontological and molecular perspective on the origin of lissamphibians. Morocco. Université Pierre et Marie Curie.. Unusual epiphyseal and metaphyseal dysplasia associated with major advanced bone maturation and severe asymmetric lower limbs deformation. 1693 et 1695). p. Bauchot M.. Manouvrier S. Laurin M. Salmonidae) lors de sa migration anadrome.J.. First Mediterranean Herpetological Congress. (communication orale).. 1er Congrès Franco-Maghrébin de Zoologie et d’Ichtyologie. & Geistdoerfer P. Sur l’œuvre ichtyologique de Théodore Monod. 15-17 décembre 2007. Meunier F. Morphol. Zylberberg L. 3-7 novembre 2007. Meunier F. Bastia. Carcassonne. J. 40 (résumé). First Mediterranean Herpetological Congress. La Rochelle.. 2007. Le Merrer M... Marrakech. Laurin M. p. Paris. 4e Forum méhariste.. Perciformes). 15-19 mai 2007. 3-7 novembre 2007..368 ARMAND DE RICQLÈS Montes L. Saint-Poncy (Cantal). Marjanovic D. Com orale.J. 2008 et sous presse Thireau M. Tabarka (Tunisie) (Conférence invitée). 39 (résumé). El Jadida. Sire. Marrakech (Maroc). Com... & J. Kacem A. El Jadida. 16-20 avril 2007. Résumé in Actes du Colloque p.

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Boves 80332. Le jardin des Plantes. mention très hon. Laurin. Steiner). Relation entre le taux métabolique standard et les taux de croissance corporelle et squelettique chez les amniotes. M2 Canoville A. . Etudiants et stagiaires 2007-2008 Thèses Germain D. Castanet et J. Soutenue le 26 juin 2007 (encadrant : M. Evolution et Paléontologie.free. Environnement et Ecologie. 2006-2009. 215 pp. Environnement et Ecologie. Stage d’Ichtyologie : initiation. UMPC (encadrants : J. UMPC/U. de Vienne (encadrants : M. Enseigner l’évolutionnisme scientifique face au néo-créationnisme contemporain. de Buffrénil).370 ARMAND DE RICQLÈS Autres productions. spécialité SEP : Systématique. Prédiction du taux de croissance osseuse chez les amniotes fossiles à partir d’un modèle paléobiologique.geologie.html. UPMC/MNHN. Soutenue le 26 juin 2007 (encadrant : J. Laurin). vulgarisation. La pachyostose des squamates du Crétacé supérieur : implications phylogénétiques. Fascicule de cours. Culture et Temps libre. Marjanovic D. Révision systématique des placodontes. Anatomie des lépospondyles et origine des lissamphibiens. M2 Sciences de l’Univers. Laurin). Houssaye A. Le Muséum national d’Histoire naturelle. Extinctions et taille corporelle au cours des crises biologiques de la fin du Permien et du Trias. Laville S. de. 2003-2007. G. UPMC/MNHN. Le Roy N. Evolution et Paléontologie. http://e. spécialité SEP : Systématique. 2008. 2006-2009. M2 Sciences de l’Univers. & Derouch M. Le Muséum national d’Histoire naturelle. phylogénie des amniotes et origine des tortues. ONEMA ed.J. spécialité SEP : Systématique. Environnement et Ecologie. le 27 mai 2008. Ricqlès A. Meunier F. avec félicitations. morphofonctionnelles et paléoécologiques (encadrant : V. Laurin).fr/ffg/lettre/lettre2. Draveil. 2008. Le jardin des Plantes.J. UPMC/MNHN. Yerres. 2008 et sous presse Meunier F. Montes L. M2 Sciences de l’Univers. Thèse soutenue Juin 2007. Muséum National d’Histoire Naturelle (encadrant : M.. 2008. Evolution et Paléontologie. Culture et Temps libre. le 5 février 2008. Soutenue le 26 juin 2007 (encadrant : M. Cubo). Diversité microstructurale de l’humérus et inférence du mode de vie de taxons éteints. formation permanente 2007 (suite) Meunier F. Cubo). 2005-2008.

BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 371 M1 Blottière L. Post docs Bourdon E. Université Pierre et marie Curie. Editions du Chêne (264 p. ATER Collège de France 2007-2008 Recherche d’un signal phylogénétique dans l’histologie osseuse : le modèle Ratite (encadrants : J. — Université Paris VII. — Origines et évolution de l’homme. UE2 génétique et évolution : grands mécanismes du Master mention génétique de la Faculté de Médecine Xavier Bichat. Printemps 2008.) : Lexiques de l’Incertain.) 2007. 2008. Formation au CAPES interne. Editions Parenthèses. Piras P. Cubo). — Pascal Picq. le Seuil (192 p. Maître de Conférences au Collège de France Enseignement — Introduction à la médecine évolutionniste. Les Animaux amoureux. Université Paris VII.) : Abécédaire des Sciences pour les Curieux. Editions Sciences Humaines/France Inter. . Faculté de Chirurgie dentaire de Garancière. le 27 janvier 2008.) 2007. Le Pommier (112 p. Responsable : Jorge Cubo. Paris. Responsable : Jorge Cubo. Ghislaine Dehaene et Cécile Lestienne. Laurent Sagart. Publications Livres — Pascal Picq. Photographies d’Eric Travers. Printemps 2008. Le créationnisme. In : Spyros Theodérou (dir. — La sexualité humaine. L’Homme et sa nature : de l’Hominsation à la fin des certitudes. Cubo et A. Travaux des personnels rattachés pour ordre à la Chaire de Biologie historique et Evolutionnisme Pascal PICQ. La plus belle Histoire du Langage. Paris.) 2008. Cours et Travaux Dirigés. In Mathieu Vidard (dir. — Pascal Picq. — Pascal Picq et Michel Hallet-Eghayan. Paris. Cubo). Paris. 2008. Série de séminaires sur L’évolution de l’homme et l’évolution et l’adaptation du crâne des hominidés. Sujet : Quantification des signaux écologique et phylogénétique dans la forme et la microstructure des éléments squelettiques chez Arvicola (Rodentia) (encadrant : J. Danser avec l’Evolution. Stage post-doctoral du 1er janvier au 31 décembre 2008 financé par l’Université Pierre et Marie Curie. 55-80. p. Stage de Licence du 10 janvier au 30 juin 2008. de Ricqlès). Relations entre la croissance et le taux métabolique chez les amniotes : approches micro et macroévolutives (encadrant J. Contributions à des ouvrages collectifs — Pascal Picq. DU de Sexologie de l’université Paris XIII (13 janvier 2008). Elle a travaillé avec Laetitia dans le projet.

Pour la Science 357 : 41-40. 98-103. p. — Faits et causes pour l’évolution. — Evolution : rencontres avec Yves Coppens et Pascal Picq. Hôtel Mariott. — Que répondre aux créationnistes ? Pour la Science : 52-54. In : Claude Gudin : Une Histoire naturelle du Poil. — Président du jury de La Science se Livre. le 17 janvier 2008. — Membre du conseil scientifique du Musée des Confluences. p. — Membre du Jury des bourses de la Chancellerie . 2007. p. 10-13) et Retour vers les Lumières (68-71). Postface. — La canine des Hominidés : évolution et adaptation. . Dossier Pour la Science n° 57. le 25 janvier 2008. disciplines Littérature et Sciences humaines. Sophia Antipolis le 7 décembre 2007. — Membre du conseil scientifique du Palais de la Découverte. novembre 2007. Francophone de Gynécologie et Andrologie psychosomatique. 2007. — Pascal Picq. La bipédie est-elle spécifique à l’homme ? p. p. 2007. p. — Darwin menacé par les religions ? Science et Avenir 729 (numéro spécial 60 ans) p. Les Textes qui ont changé le Monde. Les éditions Ovadia. — Membre du conseil scientifique de la revue Le Magazine du Développement durable. septembre 2007. 76-77. Le Point Hors Série 18.11-130. Archéologia 447. — L’Homme et la machine : progrès technique ou évolution ? 1er Salon IMMOTOCDOMOTIC. 5e Congrès Int. p. De l’importance de sauver les grands singes. Congrès de la CNO/SOP de Paris. 2007. 68-69. sélection sexuelle et sexualité humaine. — Scientifique référant auprès de l’Education nationale pour l’enseignement de l’évolution de l’Homme. réunions scientifiques (extraits) Colloques et réunions scientifiques.) Emergence : actes du colloque de Mouans-Sartoux. octobre/décembre 2007 : Editeur invité et rédaction d’articles : A l’ouest d’Homo sapiens. Lyon. séminaires — SSSSH … sexe. juin-juillet 2008. In : Max Poty (éd. séminaires. Colloques. Paris. — Membre du comité de rédaction de la Revue du Palais de la Découverte. — Membre du conseil scientifique de la fondation Nicolas Hulot pour l’Homme et la Nature. Agora Einstein. 2007. L’outil ne fait pas l’homme.372 ARMAND DE RICQLÈS — Pascal Picq. Fonctions diverses et responsabilités administratives (extraits) — Membre du conseil scientifique de la Cité des Sciences de la Villette. L’émergence de l’Homme et de l’Humain. Les trois candidats à l’ancêtre commun. Articles — Les Révolutions des origines (p. Espace Cardin. Panama. Pour la Science 357 : 50-51. 40-51. Homo : le singe à rebrousse poil. 2007. — Sur la Trace de nos Ancêtres. avec Sabrina Krief. 139-148. 4-8. — Créationnisme et dessein intelligent. 114. 40.

2007. Exposition de la Cité des Sciences (conseiller scientifique). M. Exposition d’art contemporain à l’espace Paul Ricard.. Colloque UISPP/CISENP Les Expressions intellectuelles et spirituelles des Peuples sans Ecriture. Libycosaurus petrocchii Bonarelli.. Paris 22-23 octobre 2007. Amblonyx. Biennale Internationale des Arts Culinaires. a 6 Ma hominid from Kenya... H. 56 : 106-111... Pickford . India Estudios geologicos. M. with a note on some specimens of Lutra. & Gayathri... P.. Diffusion des connaissances scientifiques (extraits) Expositions. P. The Third International Conference on the Geology of the Tethys. Revista Espanola de Paleontologia. 23 : 31-90. P.. Raghavan. & Senut. Wanas. pp. Musée de l’Homme. N. M.. 2007. 63 (1) : 83-127. from the Upper Siwaliks. M. Maître de conférences au Collège de France Activité 2007-2008 Participation à des Congrès 2007 (suite) (après le 30/06/2007) Pickford. Echanges et textes. Pickford. H. Humid conditions in the Western Desert of Egypt during the Vallesian (Late Miocene)... H. Mammalia) : nomenclatural and geochronological implications. 2008. B. femoral length and stature of Orrorin tugenensis. Kirtlandia. janvier. activités auprès des Musées — Le Zizi sexuel. Aswan.. Egypte. Primates. Ann. 2008... & Soliman. The myth of the hippo-like anthracothere : The eternal problem of homology and convergence. 94 : 39-55. Publications scientifiques 2008 et sous presse Pickford. 1947. Humid conditions in the Western Desert of Egypt during the Vallesian (Late Miocene). Egi. First fossil small-clawed otter. Revision of the Mio-Pliocene bunodont otter-like mammals of the Indian Subcontinent. Publications scientifiques 2007 (suite) Nakatsukasa. Kenya. Patnaik. & Soliman.. Mein. M. L. January. and Libycosaurus anisae (Black. 2007. 1972) (Anthracotheriidae.. Dijon 11-13 octobre 2007. Pickford. M. 2007. South Valley University. 2008. Body weight. South Valley University.. Late Miocene procaviid hyracoids (Hyracoidea : Dendrohyrax) from Lemudong’o. Pickford. Wanas. Martin Pickford. 48 : 171-178. 1-17. Aswan. & Hlusko. Paléont. Mein. Forum Les Voies du Goût. H.. M. 2008. Pickford.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 373 — Une archéologie vivante des langues et des mythes : l’approche structurale. P. Proceedings of the Third International Conference on the Geology of the Tethys. Pickford. — Dérives.. R. . M. 2007. M. Estudios geologicos. 2007. — Quand l’évolution est de bon goût : du fruit à la cognition. 2008. 2008. 63(2) : 135-146.

.

paléobiogéographie. C’est lui ou l’un de ses frères qui partira à la conquête du reste du Monde avec le succès que nous connaissons. ces hominidés anciens du Miocène supérieur ont donné naissance aux Australopithèques . eux-mêmes sûrement à l’origine entre 2 et 3 Ma des premiers représentants.Paléontologie humaine M. paléoenvironnements. . est également africain (Ethiopie). habilis et H. Vers 4 Ma. rudolfensis. le plus ancien (155-160 000 ans) représentant actuellement décrit de notre espèce. Herto. professeur Les hominidés anciens… une nouvelle histoire à la lumière des découvertes récentes Origine. évolution. le tchadien. du genre Homo qui va partir (H. sapiens idaltu. les plus anciens hominidés connus sont passés de 3. H.6 Ma à 7 Ma aujourd’hui. qui après une courte cohabitation vont être remplacés vers 28-30 000 ans par les hommes modernes. tandis que le plus ancien (7 Ma) est Sahelanthropus tchadensis dit Toumaï. erectus) à la conquête du reste de l’Ancien Monde où les plus anciens sont actuellement connus à un peu moins de 2 Ma en Géorgie au Caucase. H. avec trois nouvelles espèces du Miocène supérieur : Ardipithecus kadabba l’Ethiopien et Orrorin tugenensis le Kenyan. Vers 800 000 ans on connaît Homo heidelbergensis qui donnera naissance en Europe aux Néanderthaliens. le 27 mars 2008 : Origine et histoire des hominidés… Nouveaux paradigmes Depuis 1994. Homo neanderthalensis. phylogénie. chronologie Leçon inaugurale. Michel Brunet.

les hominidés (= ensemble des humains actuels et fossiles. Siamangs. La notion d’Homme fossile n’a été reconnue qu’en 1856. Cet Ordre est actuellement représenté par plus de 200 espèces principalement arboricoles et vivant essentiellement dans les forêts tropicales et subtropicales. ainsi qu’en témoignent l’édition et la diffusion récentes d’un album photos couleur de luxe intitulé « Livre de la création ». au moment de la mise au jour des premiers restes de l’Homme de Neandertal. et des préhumains) sont considérés comme le groupe frère des Panidés (= les chimpanzés et les bonobos) avec lesquels ils partagent un ancêtre commun. Comme l’avait prédit Charles Darwin dès 1871. à ce jour datés de 7 Ma.376 MICHEL BRUNET Cours du 2 avril : L’Histoire de notre Histoire Les Sciences de l’Antiquité confondaient l’Origine de l’Univers. anatomie.). Ces derniers se divisent à leur tour en deux groupes les singes : Cercopithécoïdes (Cercopithèques. face nucale très inclinée . Gorilles. et les grands singes : Hominoïdes (Gibbons. et les Haplorhini : Tarsiiformes & Simiiformes (= les singes) sans rhinarium et à lèvre supérieure soudée. les plus anciens préhumains fossiles. l’Origine de la Terre et l’Origine de l’Homme. les Hominidés se distinguent des grands singes par des caractères anatomiques particuliers de leur denture (canines petites et assymétriques. complexe C/P3 non aiguisoir mais de type broyeur. émail des dents plus épais que chez les grands singes. Les Sciences modernes ont montré que ces trois évènements étaient en réalité séparés par des milliards d’années. biogéographie D’un point de vue paléontologique. créé par Linné en 1758. Cours du 9 avril : Biodiversité des Primates actuels Les Humains sont des Mammifères qui appartiennent à l’ordre des Primates (les Premiers).) caractérisés par la présence d’un rhinarium et d’une lèvre supérieure fendue. Les Primates se divisent en deux grands groupes les Strepsirhini (Lémuriformes s. mais aussi dans l’Ancien monde.…) et de la base de leur crâne (trou occipital en position antérieure. Dans le cours. fait preuve d’une vigueur persistante. Pourtant le courant néocréationniste. biochronologie. habilement grimé en « pseudoscience » sous le nom de dessein intelligent. Les Simiiformes regroupent les singes du Nouveau monde (Platyrrhini) et ceux de l’Ancien monde (Catarrhini). Orangsoutans. rapports de parenté.. Cours des 16 avril et 7 mai : Primates actuels et fossiles. sont donc bien connus en Afrique et témoignent d’une origine africaine et ancienne (au moins 8 Ma) de l’humanité. canine supérieure sans crête aiguisoir. Chimpanzés et Humains).l.. non seulement par sa solide implantation sur le Continent Nord Américain. Babouins.

La M. de lacs. Seule la découverte de nouveaux fossiles permettra de choisir entre ces deux hypothèses. le premier trouvé à l’ouest de la vallée du grand Rift Africain (Brunet et al. les plus anciens hominidés connus sont passés de 3. Actuellement dans le Kalahari central.P. de marécages. tandis que le plus ancien (7 Ma) est Sahelanthropus tchadensis dit Toumaï. Orrorin tugenensis le Kenyan. Toumaï daté de 7 Ma est sûrement proche de cette dernière dichotomie qui peut.6 Ma à 7 Ma. un hominidé tchadien. le fémur et le tibia) adapté à une locomotion bipède. Ce plus ancien hominidé connu est une découverte majeure qui montre définitivement que les hypothèses d’une origine australe ou orientale du clade humain doivent être reconsidérées. Dès le début du troisième millénaire trois nouvelles espèces ont été décrites dans le Miocène supérieur : Ardipithecus kadabba l’Ethiopien. dans l’état actuel de nos connaissances être voisine de 8 Ma. Depuis 1994 j’ai initié et dirigé la Mission Paléoanthropologique FrancoTchadienne (M. Elle constitue le groupe frère des Gorilles dont elle s’est séparée vers 9-10 Ma. 2 500 km à l’Ouest du grand Rift Africain. Cours du 14 mai : Les Hominidés du Miocène supérieur Depuis 1994. Cette population ancestrale (DAC : dernier ancêtre commun = LCA : last common ancestor) est sûrement Africaine.58 Ma).. de ..PALÉONTOLOGIE HUMAINE 377 vers l’arrière) en liaison avec un squelette appendiculaire (notamment au membre postérieur le pelvis. = une soixantaine de chercheurs de 10 nationalités) qui conduit un programme de recherches transdisciplinaires autour de l’origine et de l’évolution des hominidés anciens et de leurs environnements successifs. 2002) du Miocène supérieur (7 Ma). surnommé Abel (3. prospecte et fouille dans le désert du Djourab au Nord Tchad. au Bostwana. Dès 1967 Sarich et Wilson de l’Université de Californie à Berkeley ont montré que notre proximité génétique avec les chimpanzés est si grande (moins de 2 % de différence) que nous partageons un ancêtre commun.F. mais indique au contraire son appartenance au rameau humain et sa proximité temporelle avec le dernier ancêtre commun aux chimpanzés et aux humains. Sahelanthropus tchadensis possède une combinaison unique de caractères primitifs et dérivés qui montre clairement qu’il ne peut être rapproché ni des gorilles. les données sédimentologiques et paléobiologiques témoignent d’une mosaïque de paysages. mais des découvertes récentes en Eurasie soulèvent la question de la possibilité de leur origine asiatique. 1995) et plus tard un nouvel hominidé Sahelanthropus tchadensis (Brunet et al.T.P. Dans le Miocène supérieur du Tchad. ni des chimpanzés. où successivement elle a mis au jour un nouvel australopithèque. le delta de l’Okavango m’apparaît être un bon analogue avec un paysage mosaïque similaire de rivières. Australopithecus bahrelghazali.T. L’origine de cet ensemble (Gorilles ((Chimpanzés) (Humains))) est généralement considérée comme africaine.F.

5 Ma). dérivée de A. la mieux connue Australopithecus afarensis (3. . ces trois hominidés du Miocène supérieur sont sûrement bipèdes. Middle Awash. A.9-2.378 MICHEL BRUNET zones boisées. L’espèce type du genre Australopithecus africanus (3. Dans cette mosaïque les préférences écologiques de Toumaï sont encore en cours d’étude. (P3) sans facette aiguisoir pour une canine sup.3 Ma) a été décrite en Afrique du Sud (enfant de Taung) par Raymond Dart en 1925. 2. bahrelghazali (Abel). Mais très probablement. rudolfensis. il est de plus en plus clair que ces premiers hominidés fréquentaient des environnements boisés et n’étaient pas restreints à l’Afrique Australe et Orientale mais vivaient au contraire dans une zone géographique plus vaste incluant une partie de l’Afrique Sahélo-Saharienne : au moins l’Afrique centrale (Tchad) et probablement la Libye mais aussi l’Egypte et le Soudan.2-3. De plus. une forme plus récente (Bouri. Enfin en 1995 j’ai décrit avec mon équipe la MPFT la première espèce connue à l’Ouest du grand Rift au Tchad dans le désert du Djourab. anamensis pour le moment le plus ancien mais aussi le plus primitif. Notamment l’étude des isotopes stables du carbone (13 C) de l’émail dentaire devrait permettre de mieux préciser son régime alimentaire. afarensis (Lucy). Foramen magnum en position antérieure . sans crête aiguisoir .58 Ma). Aussi l’hypothèse qui invoquait le rôle déterminant de la savane herbeuse dans l’origine du rameau humain et de la bipédie fait dorénavant partie de l’histoire de notre histoire. Australopithecus ghari. A.7 Ma) dont Lucy (3. est associée à des artefacts et à des ossements portant des traces de boucherie. de savane arborée. du genre Homo. En Afrique orientale la plus ancienne est Australopithecus anamensis (4. H. Parmi leurs principales caractéristiques anatomiques il faut citer : des incisives et des canines petites / au poids du corps . habilis et H. des molaires plutôt grandes à émail épais et cuspides bulbeuses . locomotion bipède. afarensis.5-2. une face moins prognathe que chez les grands singes . compte tenu de ce que l’on sait de leur crâne ou de leurs membres.2 Ma) est la plus célèbre représentante. Australopithecus bahrelghazali (3. d’îlots forestiers. Cette dernière espèce a été considérée par ses auteurs comme une forme ancestrale des hommes modernes. puis A. Toutes les espèces décrites sont africaines. euxmêmes sûrement à l’origine entre 2 et 3 Ma des premiers représentants.9 Ma) . Ethiopie. . une première prémolaire inf. de prairies herbeuses et de zones désertiques. une face grande et un cerveau relativement petit . Cours des 21 et 28 mai : Les Australopithèques (1) Dans l’état actuel de nos connaissances on peut penser que vers 4 Ma ces hominidés anciens du Miocène supérieur ont probablement donné naissance aux Australopithèques : A. africanus et/ou A. garhi. comme les autres hominidés du Miocène supérieur Toumaï devait fréquenter des espaces boisés. Maintenant. etc.

Leur denture antérieure (incisives et canines) est très réduite tandis que les dents jugales (Pm et M) sont au contraire très développées. Ethiopie) et P. paléo ADN. De même certains auteurs considèrent les paranthropes comme appartenant au genre Australopithecus. à des caractères de bipède sont associés d’autres caractères qui indiquent encore la possibilité de grimper aux arbres : orientation de l’omoplate . « Black Skull » (2.1-1. membres postérieurs encore courts.5 Ma un groupe d’australopithèques va spécialiser son régime alimentaire impliquant un changement morphologique vers des formes dites « robustes » qui sont généralement regroupées dans le genre Paranthropus. etc. Cours du 4 juin : Les Paranthropes Vers 2. aethiopicus. Kromdraai et Drimolen. Vallée de l’Omo. . une espèce en Afrique du sud : P.1 Ma. Cours du 11 juin : Histoire des préhumains… Ce que l’on croit savoir… Ce que l’on ne sait pas… En fonction de la diversité et de la multiplicité des nouvelles données de leur origine africaine au peuplement du reste du Monde l’histoire et l’évolution des hominidés anciens doivent être reconsidérées dans le cadre de nouveaux paradigmes. Ces nouvelles approches.) vont induire immanquablement des changements drastiques pour l’ensemble de notre histoire. Trois espèces ont été décrites.6-2. phalanges de la main courbes . imagerie 3D. deux en Afrique orientale dont la plus ancienne : P.3 Ma. Les relations de parenté entre ces formes robustes dépend de la nature des caractères partagés : homologues ou homoplasiques… et est donc l’objet de discussion au sein de la communauté scientifique. En ce qui concerne la locomotion. boisei (2. principalement sur le terrain la prospection de nouvelles aires géographiques (notamment toute l’Afrique Sahélo-Saharienne) mais aussi l’utilisation de nouvelles technologies (scanners synchrotron.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 379 Tous ces Australopithèques sont marqués par un fort dimorphisme sexuel. robustus (1. P. Afrique de l’Est) . phalanges du pied longues et courbes . Afrique du sud). robustus a des dents avec un taux élevé de 13 C. Swartkrans.5-2 Ma. échapper aux prédateurs et se nourrir. biogéochimie isotopique. Ainsi Lucy et ses frères avaient une taille moyenne de 105 à 150 cm pour un poids d’environ 30 kg pour la plus petite femelle et 45 kg pour les grands mâles. suggérant un régime alimentaire avec des plantes en C4 (graminées) et de la viande. Sur le sol le mode de locomotion est la bipédie mais un mode de vie arboricole est conservé pour dormir. pisiforme grand .

Le but ultime de l’information phylogénétique consiste à donner un sens aux schémas observés dans la nature. et elle aide souvent à comprendre pourquoi une espèce a développé une adaptation plutôt qu’une autre. de l’Université de Montpellier II Grâce aux développements de l’imagerie médicale et de la microtomographie il est aujourd’hui possible d’accéder à la structure osseuse crânienne de fossiles très minéralisés. D’un point de vue quantitatif. 9 avril : Fossiles. IPHEP Université de Poitiers La forme est l’une des propriétés les plus importantes de la matière et constitue un marqueur essentiel de la biodiversité. C’est également le seul élément à la disposition du paléontologue lui permettant de baser ses interprétations. où et quand est-il apparu ? … Bien qu’elles soient de mieux en mieux contraintes demeurent toujours des questions d’actualité. Dr. Séminaires 2007-2008 2 avril : Principes de l’analyse morphologique en paléoanthropologie : histoire de formes et histoire des formes avec Stéphane Ducrocq. Parallèlement aux progrès dans l’acquisition de données tridimensionnelles. l’histoire d’un individu ou du développement d’un individu. avec une résolution spatiale appropriée. biomécanique.380 MICHEL BRUNET De telle sorte que les interrogations anciennes : D’où venons-nous… Qui sommesnous… Qui est l’ancêtre. informatique). L’un des outils permettant de replacer une forme dans un cadre temporel et évolutif (relation ancêtredescendant) est la cladistique. biologie. Pour ce faire. le principe d’allométrie permet de définir la relation existant entre la forme et la taille d’un objet. ou d’individus de très petite taille. changement qui à leur tour ont eu une influence sur l’anatomie des tissus mous et la physiologie de l’individu. La paléontologie est donc une science pluri-disciplinaire qui exploite plusieurs outils (anatomie. De plus. il est nécessaire de définir les états primitifs et évolués des caractères étudiés de façon à les replacer dans la phylogénie d’un ensemble d’individus. Différentes stratégies pour la reconstruction de fossiles de crânes de primates fossiles ont été présentées. l’introduction des méthodes de morphométrie géométrique a constitué une . L’apparition de la bipédie chez l’homme livre de nombreux exemples de changements qui sont exprimés dans la morphologie squelettique. DR2 CNRS. Cette phylogénie nous informe à terme sur l’identification et la classification des organismes. mathématiques. La forme peut exprimer une fonction. imagerie. l’utilisation de techniques de reconstruction tridimensionnelle ouvre la possibilité d’effectuer des analyses comparatives en incorporant des fossiles incomplets et/ou déformés. reconstructions 3D et analyse de la variabilité morphologique avec Renaud Lebrun.

les données qui soutenaient une origine africaine ont pu être démenties grâce à d’autres découvertes paléontologiques. vraisemblablement multiples. Chine.5 millions d’années. . plus de 25 millions d’années après. ce qui les situe au sein des formes les plus grandes de leur temps. chez les premiers hominidés. CNRS Université de Poitiers Depuis des décennies. s’est également produite. Ces données récentes illustrent l’importance de la première partie de l’histoire des Anthropoïdes en Asie. Mais des découvertes très récentes. 16 avril : Origine et évolution des Primates anthropoïdes en Asie : Relations avec la paléogéographie et les paléoenvironnements avec Jean-Jacques Jaeger. du désert de Libye. témoignent de la présence de formes asiatiques en Afrique dès 37. L’évolution de ces formes constitue donc un excellent modèle pour comprendre les modalités et les causes de ces mêmes transformations chez les Hominidés. les Amphipithécidés se distinguent par leurs caractères très modernes (position frontale des orbites et caractères de leur squelette post-crânien) par rapport à leurs contemporains africains. dans des niveaux un peu plus anciens. qui a permis l’apparition des caractères modernes du crâne et de la denture qui traduisent une adaptation à un régime alimentaire à base de nourriture dure et abrasive. Ils semblent avoir évolué sous un climat marqué par une forte saisonnalité. Dans le même temps. Mais récemment.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 381 véritable révolution pour la biologie comparative. en préservant la géométrie de l’objet lors des analyses : ceci permet d’étudier des patrons de variabilité complexes à un niveau de détail inégalé. et des voies paléogéographiques suivies entre l’Asie du Sud et l’Afrique se révèlent maintenant indispensable pour suivre en détail l’histoire ancienne de notre rameau. Les recherches en Inde. Une adaptation similaire. Thaïlande et Birmanie permettent de mettre en évidence d’une part la très grande ancienneté de ce groupe en Asie (55 Ma) ainsi que son extrême diversité. Actuellement les plus anciens Anthropoïdes africains indiscutables sont datés de 37 millions d’années et proviennent du Fayoum en Egypte et en Algérie. Une connaissance plus détaillée de ces immigrations. Une application de ces méthodes pour l’analyse de la variabilité de la morphologie crânienne chez les primates fossiles et actuels est donnée. En effet. et cela malgré les informations contraires apportées par la phylogénie moléculaire. Professeur et Directeur IPHEP UMR 6046. cette situation s’est trouvée modifiée grâce à la découverte d’Anthropoïdes primitifs dans des niveaux anciens de l’Eocène moyen et supérieur d’Asie. mais beaucoup plus récente. Ces méthodes permettent de quantifier les changements phénotypiques au cours de l’évolution de manière globale. il est admis que l’origine des Primates anthropoïdes s’est située en Afrique. Pakistan. la radiation Eocène asiatique comprend des formes de très petite taille (moins de 200 grammes) ainsi que des formes pouvant atteindre une dizaine de kilogrammes. Parmi ces formes de grande taille.

Professeur de l’Université d’Aix-Marseille (CEREGE. Les bifurcations entre les lignées conduisant aux formes actuelles se sont produites au cours de l’époque Miocène (entre – 23 et – 5. également en Asie. Khoratpithecus en Thaïlande. adapté au milieu forestier.5 millions d’années). au sud-est de l’Europe. Il nous faut aussi mentionner l’immense Gigantopithecus du Pléistocène de Chine. Contraindre temporellement les événements remarquables qui ont jalonné l’histoire géologique et biologique de la planète Terre est une préoccupation essentielle de l’humanité depuis le développement de la pensée rationnelle. et son proche parent du Miocène supérieur Indopithecus. Professeur émérite de l’Université de Poitiers Les Hominoïdes modernes renferment les grands singes. le genre Ouranopithecus. Les formes ancestrales des gibbons et siamangs (famille des Hylobatidae) sont mal connues mais elles étaient probablement asiatiques depuis longtemps. présent de l’Espagne à la mer Noire depuis le Miocène moyen. Ce primate.5 Ma). En Europe. Limité jusqu’à une date récente à la Grèce du nord. à l’orang se rencontrent au Miocène. ou Ankarapithecus en Asie Mineure. le genre Dryopithecus. existait un autre primate.382 MICHEL BRUNET 7 mai : Les Hominoïdes eurasiatiques du Miocène et l’origine des Hominidae avec Louis de Bonis. 14 mai : Le temps en géologie : datations absolues avec Didier Bourles. Des genres apparentés. il avait un mode de vie sans doute proche de celui des grands singes africains actuels. La recherche des liens de parenté par différentes méthodes a montré que nous étions plus proches de deux d’entre eux. gibbon (Hylobates). Ces primates à la denture robuste constituent probablement la souche ancestrale dans laquelle s’enracinent les hominiens plus récents. que des autres. A la même époque. UMR CNRS IRD). et l’homme. le gorille et surtout le chimpanzé. Sivapithecus dans le sous-continent indien. disparaît au milieu du Miocène supérieur (– 8. le plus grand primate connu (beaucoup plus grand qu’un gorille). Se nourrissant de fruits ou de feuilles comme le montre sa dentition. siamang (Symphalangus). Sa denture et l’usure de ses dents sont voisines de celles des australopithèques découverts en Afrique dans des niveaux plus récents et ces similitudes révèlent une proche parenté entre ces deux ensembles. Cette quête perpétuelle a conduit aux développements de nombreux concepts et de techniques qui peuvent être tout d’abord classés en deux catégories : les méthodes . gorille (Gorilla) et chimpanzé (Pan). il pourrait avoir été présent en Bulgarie et en Turquie tandis qu’une forme semblable mais appelée Nakalipithecus vient d’être découverte en Afrique dans un site daté de 10 Ma. Vivant dans un milieu différent semblable à une savane. se déplaçait dans la canopée à l’aide de ses bras allongés. qu’il broyait grâce à ses robustes mâchoires. sa robuste dentition lui permettait de subsister sous un climat plus sec en ajoutant à son régime des tubercules ou des racines. orang-outan (Pongo).

et en particulier . la SMA a non seulement permis de pousser à ses limites extrêmes la datation par le C-14. les méthodes basées sur des phénomènes radioactifs. exprimé en années. permettant potentiellement une datation absolue et continue sur les 15 derniers millions d’années. un objet. L’ensemble des principes et des phénomènes impliqués dans les diverses méthodes de datation relative et absolue les plus communément utilisées a tout d’abord été exposé. les méthodes basées sur des phénomènes cycliques (dendrochronologie…) . Depuis maintenant un peu plus de 25 ans. La datation absolue est une datation aboutissant à un résultat chiffré.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 383 de datation relative et les méthodes de datation absolue.…) . milieux de dépôts et paléo-environnements des Hominidés avec Mathieu Schuster. La mesure du degré de transformation permet de dater le début du processus considéré. parmi lesquelles on distingue les méthodes isochrones (U/Th. l’évolution de la faune et de la flore. les uns par rapport aux autres. a été développée afin de permettre d’identifier puis de compter les atomes formés dans l’environnement lors d’interactions entre les particules très énergétiques issues du rayonnement cosmique et les atomes constituant l’environnement terrestre. La datation relative regroupe l’ensemble des méthodes de datation permettant d’ordonner chronologiquement des événements géologiques ou biologiques. de racémisation . Rb/Sr…) des méthodes directes (Ar/Ar. les méthodes de datation absolue utilisent des phénomènes de transformations physico-chimiques dont la vitesse est connue. les plus récents développements de cette technique ont été présentés à travers son application à la datation des restes d’hominidés Mio-Pliocène mis au jour dans le bassin du lac Tchad. soit jusque vers 45 000 ans. le principe de recoupement. tel que le Be-10. une couche géologique ou un niveau archéologique. mais également de développer l’utilisation de nouveaux nucléides cosmogéniques. Enfin. Les principes géométriques (le principe de superposition. Elle peut concerner un événement. 21 mai : Sédimentologie. le principe de continuité et le principe d’inclusion) et le principe d’identité paléontologique. la Spectrométrie de Masse par Accélérateur (SMA). une nouvelle technique. Récemment (2008) adaptée pour dater des dépôts sédimentaires continentaux déposés lors d’épisodes Lac Méga-Tchad dans le nord du bassin du lac Tchad. EPR/ESR. Au moins un million de fois plus sensible que toute autre technique existante. Quatre groupes principaux de méthodes peuvent être distingués : les méthodes basées sur des phénomènes de diffusion. Ainsi. nucléides cosmogéniques.…). Le plus souvent. cette méthode a permis de dater de manière absolue les restes d’hominidés qui y furent découverts et notamment l’actuel doyen de l’humanité : Toumaï. la technique de SMA étant plus particulièrement développée. les méthodes basées sur des défauts cristallins (thermoluminescence. CR CNRS à l’Université de Poitiers L’évolution biologique est une résultante de la pression de sélection du milieu sur les êtres vivants.

Le faisceau de données ainsi obtenu contribue à restituer les environnements anciens. contribue à la reconstruction des paléo-environnements des Hominidés anciens du Tchad (Sahelanthropus tchadensis et Australopithecus bahrelghazali).. structures sédimentaires. l’observation directe sur l’affleurement est une étape cruciale car elle permet de collecter les indices nécessaires à l’identification des faciès sédimentaires. Elle permet ainsi de restituer les paysages physiques (e. réseau hydrographique fossile) ou de repérer des zones d’affleurements. Les milieux de dépôts identifiés jettent ainsi les bases d’un décor péri-lacustre que complète l’étude des paléo-faunes et paléo-flores afin de restituer les paléo-environnements de cette région-clef pour la compréhension de l’histoire de notre Histoire.g. est directement liée à l’environnement et à ses modifications au cours du temps. géométrie) appelée faciès sédimentaire. La sédimentologie. siège à la fois d’une activité biologique et d’une activité géologique. Chaque environnement possède sa signature sédimentaire propre (lithologie. strate. basée sur l’observation des dépôts sédimentaires à différentes échelles (lamine. modèles numériques de terrain) est un complément indispensable à cette démarche et permet par exemple d’identifier dans le paysage les marques des anciens systèmes sédimentaires (e. La géologie sédimentaire est avant tout une discipline de terrain. Ainsi. des dunes éoliennes. appliquée aux archives sédimentaires du Bassin du Tchad. bassin sédimentaire) et qui se nourrit de la connaissance des systèmes sédimentaires actuels. lacs. des sols à conduits racinaires et nidifications d’insectes. permet de passer de l’étude des dépôts sédimentaires à la reconstruction de l’organisation spatiale des environnements à un moment donné. la reconstitution des paléo-environnements est par essence une démarche pluridisciplinaire où chaque spécialité apporte des données indépendantes mais complémentaires. Sur le terrain. renseigne sur les milieux de dépôts.g. leur dynamique et leur évolution dans l’espace et au cours du temps. Cette démarche. affleurement. des crues éphémères et des lacs. Divers types de dépôts ont été reconnus : e. La connaissance des paléo-environnements successifs des Hominidés est donc indispensable pour comprendre leur évolution et leur distribution géographique.g. à travers l’étude des roches sédimentaires.384 MICHEL BRUNET celles des Hominidés. images satellites. reliefs) qui structurent les paléo-environnements. L’étude géomorphologique par télédétection (photos aériennes. . c’est-à-dire un milieu naturel.. Le « principe de Walther » qui propose que les superpositions de faciès représentent l’image verticale de ce qui existait de manière horizontale dans l’espace. Un changement de faciès dans l’enregistrement sédimentaire marque un changement dans la dynamique de dépôt. Le terme de « paléo-environnement » désigne une réalité qui comprend aussi bien le paysage physique que l’écosystème. fleuves.

D’autre part. Les macro-restes de végétaux étant très rarement conservés dans les sédiments. deux types de paramètres sont pris en compte dans les analyses : les paramètres abiotiques et les paramètres biotiques. Enfin. L’analyse des flores et des faunes découvertes associées aux restes d’Hominidés permet de préciser les conditions environnementales des écosystèmes dans lesquels sont apparus puis ont évolué les Hominidés. . Il est ainsi possible de préciser un type d’écosystème à l’aide des caractéristiques d’un assemblage faunique. l’étude approfondie des microrestes végétaux (grains de pollens et phytolithes) permet aussi d’apporter des informations qui seront confrontées aux autres données issues de l’étude de la faune et de la flore afin de dresser un tableau des «paléo-paysages» dans lesquels sont apparus puis ont évolué les Hominidés. soit en analysant la structuration de l’assemblage. les différentes méthodes d’investigation ont été développées et les données interprétées. les découvertes de restes fossiles d’Hominidés anciens se multiplient dans les sédiments mio-pliocènes d’Afrique de l’Est et du Sud mais aussi d’Afrique Centrale. nécessitent cependant le maximum de restes fossiles permettant ainsi de contraindre au mieux les interprétations. deux approches indirectes sont classiquement utilisées. choisis dans le Mio-Pliocène du désert du Djourab au Nord Tchad. très précises. soit en comparant le milieu de vie d’une forme actuelle par rapport à une forme fossile proche. Maître de Conférences et Directeur adjoint UMR 6046. Pour ce faire. IPHEP Université de Poitiers Depuis une quinzaine d’années.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 385 28 mai : La lecture de l’environnement des Hominidés anciens à l’aide des paramètres biotiques avec Patrick Vignaud. L’analyse de la composition isotopique de l’émail dentaire des mammifères consommateurs de végétaux (l’émail dentaire conserve une « trace » des signatures biochimiques des végétaux consommés). Cette augmentation du nombre de restes fossiles oblige maintenant à reconsidérer les relations phylogénétiques entre les différentes formes mises au jour dans ces régions. Ces méthodes. L’analyse du couvert végétal nécessite moins de matériel fossile mais est souvent plus délicate à interpréter. A partir d’exemples précis. il est dorénavant clair que les études portant sur l’origine et l’évolution des Hominidés ne peuvent pas s’appréhender hors d’un contexte paléoenvironnemental bien compris. Une partie des interprétations paléoenvironnementales effectuées à l’aide des faunes est basée sur le principe d’actualisme.

11 juin : Histoire des préhumains… Ce que l’on croit savoir…Ce que l’on ne sait pas… Perspectives et discussions en rapport avec le cours avec Michel Brunet En science l’absence de preuve… n’est jamais la preuve de l’absence. Nous sommes donc tous sœurs et frères et nos différences majeures sont essentiellement marquées par la diversité de nos cultures… une richesse liée à notre histoire… . la Terre a pu échapper pendant la quasi totalité de son histoire à une glaciation totale grâce aux gaz à effet de serre. et en paléontologie la validité d’une hypothèse a souvent une durée de vie qui s’arrête avec la découverte du prochain fossile mis au jour. Pourtant par 2 fois au moins (au Paléoprotérozoique et au Néoprotérozoique) la Terre a pu être totalement englacée. nous partageons la même population ancestrale. par son effet sur le climat et le cycle du Carbone. Notre planète a connu des périodes chaudes (Crétacé) et des glaciations (Permo-Carbonifère). pourrait induire une déstabilisation des calottes de glace et faire basculer une nouvelle fois le climat vers son mode le plus stable : chaud et sans calotte glaciaire. Sur ces 2 exemples il a été montré que la modélisation du Climat apporte aussi des éléments importants. Depuis 540 millions d’années.386 MICHEL BRUNET 4 juin : Apports de la modélisation climatique à l’histoire de l’évolution de la vie et des hominidés avec Gilles Ramstein. les causes des glaciations sont identifiées (cycle de Milankovitch). ! Toumaï avec ses 7 Ma. Enfin. ainsi que les implications éventuelles des glaciations/déglaciations globales sur le développement de la vie avant « l’explosion Cambrienne ». LSCE Gif-sur-Yvette Irradiée par le Soleil jeune et moins puissant qu’actuellement. De plus. nous dit que ce que nous savons aujourd’hui de notre Histoire permet de confirmer la prédiction faite par Darwin en 1871. tous ensemble. Lui et nous. le climat de la Terre est régulé par la tectonique des plaques. à l’échelle de quelques centaines d’années. notre origine est bien Africaine et unique.. mais également de la variabilité climatique très forte des périodes glaciaires.. A partir d’une hiérarchie de modèles climatiques. parce qu’il est le plus ancien d’entre nous.. Directeur de Recherches au CEA. le bouleversement en cours de la composition de l’atmosphère terrestre d’origine anthropique qui impacte aussi les systèmes à temps de réponse plus long (dynamique de l’océan et de la cryosphère). Les mécanismes physiques qui ont pu conduire et mettre fin à cette glaciation ont été exposés. il a été montré qu’on peut rendre compte des variations glaciaires/interglaciaires. Le Quaternaire et particulièrement les derniers cycles climatiques sont très bien documentés grâce aux calottes de glace et aux sédiments marins et continentaux..

2002) du continent africain (Nature 418 : 145-151.P. 2006 . 2002 . Systématique. des plus anciens Hominidés (Sahelanthropus tchadensis Brunet & al. Brunet). M. L’ensemble de ces découvertes récentes en Afrique Centrale conduit à