ANNUAIRE

DU

COLLÈGE DE FRANCE 2007-2008
RÉSUMÉ DES COURS ET TRAVAUX

108 e année PARIS 1 1 , p l a c e Ma rc e l i n - Be r t h e l o t ( Ve )

Photo couverture : Statue de Guillaume Budé (1467-1540) à l’origine de la fondation du Collège de France (par M. Bourgeois, 1880)

La loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article 41, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article 40). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. © Collège de France, 2008, ISSN 0069-5580 ISBN 978-2-7226-0082-9

LE COLLÈGE DE FRANCE
QUELQUES DONNÉES SUR SON HISTOIRE ET SON CARACTÈRE PROPRE

I. LES ORIGINES Les lecteurs royaux. — Le Collège de France doit son origine à l’institution des lecteurs royaux par le roi François Ier, en 1530. L’Université de Paris avait alors le monopole de l’enseignement dans toute l’étendue de son ressort. Attachée à ses traditions comme à ses privilèges, elle se refusait aux innovations. Ses quatre facultés : Théologie, Droit, Médecine, Arts, prétendaient embrasser tout ce qu’il y avait d’utile et de licite en fait d’études et de savoir. Le latin était la seule langue dont on fît usage. Les sciences proprement dites, sauf la médecine, se réduisaient en somme au quadrivium du moyen âge. L’esprit étroit de la scolastique décadente y régnait universellement. Les écoles de Paris étaient surtout des foyers de dispute. On y argumentait assidûment ; on y apprenait peu de chose. Et il semblait bien difficile que cette corporation, jalouse et fermée, pût se réformer par elle-même ou se laisser réformer. Pourtant, un esprit nouveau, l’esprit de la Renaissance, se répandait à travers l’Europe. Les intelligences s’ouvraient à des curiosités inédites. Quelques précurseurs faisaient savoir quels trésors de pensée étaient contenus dans ces chefs-d’œuvre de l’Antiquité, que l’imprimerie avait commencé de propager. On se reprochait de les avoir ignorés ou méconnus. On demandait des maîtres capables de les interpréter et de les commenter. Sous l’influence d’Érasme, un généreux mécène flamand, Jérôme Busleiden, venait de fonder à Louvain, en 1518, un Collège des trois langues, où l’on traduisait des textes grecs, latins, hébreux, au grand scandale des aveugles champions d’une tradition sclérosée. L’Université de Paris restait étrangère à ce mouvement. François Ier, conseillé par le savant humaniste Guillaume Budé, « maître de sa librairie », ne s’attarda pas à la convaincre. Il institua en 1530, en vertu de son

6 autorité souveraine, six lecteurs royaux, deux pour le grec, Pierre Danès et Jacques Toussaint ; trois pour l’hébreu, Agathias Guidacerius, François Vatable et Paul Paradis ; un pour les mathématiques, Oronce Finé ; puis, un peu plus tard, en 1534, un autre lecteur, Barthélémy Masson (Latomus), pour l’éloquence latine. Les langues orientales autres que l’hébreu firent leur entrée au Collège avec Guillaume Postel (1538-1543), l’arabe en particulier, avec Arnoul de L’isle (1587-1613). Le succès justifia cette heureuse initiative. Les auditeurs affluèrent auprès des nouveaux maîtres. Par là, un coup mortel venait d’être porté aux arguties stériles, aux discussions à coups de syllogismes, aux recueils artificiels qui avaient trop longtemps tenu la place des textes eux-mêmes. Par l’étude des langues, on remontait aux sources. On y retrouvait le pur jaillissement d’une pensée libre et féconde. Ainsi naquit le Collège de France. Ne relevant que du roi, dégagés des entraves qu’imposaient aux maîtres de l’Université les statuts d’une corporation trois fois séculaire, affranchis des traditions et de la routine, novateurs par destination, les lecteurs royaux furent, pendant tout le xvie siècle, les meilleurs représentants de la science française. Le Collège, pourtant, n’avait pas encore de domicile à lui. Il ne constituait même pas une corporation distincte, à proprement parler ; il n’existait, comme personne morale, que par le groupement de ses maîtres sous le patronage du grand aumônier du roi. Mais son unité résultait de leur indépendance même. Et déjà, il assurait son avenir par la valeur et l’influence de quelques-uns d’entre eux, tels qu’Adrien Turnèbe, Pierre Ramus, Jean Dorat, Denis Lambin, Jean Passerat, comme aussi par la reconnaissance qu’ils inspiraient à d’illustres auditeurs, un Joachim du Bellay, un Ronsard, un Baïf, un Jacques Amyot. Leurs méthodes d’enseignement étaient variées. Les uns faisaient surtout œuvre de critiques et d’éditeurs de textes ; d’autres commentaient, quelquefois éloquemment, comme Pierre Ramus, les orateurs ou les philosophes, les historiens ou les poètes de l’antiquité classique. Tous, ou presque tous, étaient vraiment des initiateurs en même temps que des érudits.

II. LE DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE Cette bonne renommée de l’institution royale se soutint pendant les xviie et xviiie siècles. Le Collège vit alors se préciser son organisation et s’accroître ses chaires, au nombre d’une vingtaine à la fin de l’Ancien Régime. Depuis le xviie siècle, les lecteurs royaux forment vraiment un corps, symbolisé par l’apparition, sur les affiches de cours, du nom définitif, sous sa forme latine : Collegium regium Galliarum. En 1610, le projet d’une demeure propre, élaboré sous Henri IV, connaît un début de réalisation : Louis XIII, âgé de 9 ans, pose la première pierre du Collège royal. Mais c’est seulement à la fin du xviiie siècle que Chalgrin le mènera à terme sur des plans entièrement remaniés ; les lecteurs royaux

7 possèdent désormais, sur la place de Cambrai, un lieu spécifique où enseigner et relèvent directement du secrétaire d’État chargé de la Maison du roi. En 1772, une décision royale réorganise entièrement la répartition des chaires de manière à intégrer les enseignements novateurs : physique de Newton, turc et persan, syriaque, droit de la nature et des gens, mécanique, littérature française, histoire, histoire naturelle, chimie — à côté des domaines de recherche déjà en place : médecine, anatomie, arabe, philosophie grecque, langue grecque, éloquence latine, poésie latine, droit canon, hébreu, mathématiques. Le Collège de France semble viser à justifier l’ambitieuse devise de son blason : Docet omnia et, de fait, il a « vocation à tout enseigner ». En même temps, son ouverture au monde et l’originalité de sa conception lui valent, presque seul entre les institutions de l’Ancien Régime, d’être épargné par la Révolution ; et, malgré plusieurs projets de réformation qui n’aboutirent pas, il se retrouve au temps de l’Empire, et par-delà, tel qu’il était auparavant, bénéficiant même d’une liberté accrue : la loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) lui accorde en effet l’initiative de présentation des candidats, à l’origine de l’actuel système de cooptation. La souplesse de son organisation va lui permettre de s’adapter sans peine à des conceptions changeantes et de se prêter à tous les progrès. Ainsi s’expliquent son extension considérable au cours du xixe siècle et son rôle dans le développement d’un grand nombre de sciences. En fait, sous une apparence inchangée, il a subi une réelle transformation qui se continue au xxe siècle. Elle s’est accomplie, comme il est naturel, en accord intime avec celle qui se produisait simultanément au-dehors dans presque tous les ordres de connaissance. Mais il est à noter que, très souvent, c’est le Collège de France qui a frayé ou élargi les voies nouvelles, et qu’il continue de le faire. Pour compléter et préciser les données précédentes, on pourra se reporter à l’ouvrage d’Abel Lefranc, intitulé Histoire du Collège de France, Paris, 1893 ; au livre jubilaire Le Collège de France, publié en 1932, où vingt-cinq notices ont été consacrées à l’histoire de l’enseignement donné au Collège de France dans les principales disciplines de l’ordre littéraire et de l’ordre scientifique ; à la Revue de l’Enseignement supérieur qui a publié, sous la plume de Marcel Bataillon, dans son no 2 de 1962 (p. 1 à 50) un aperçu de l’histoire du Collège de France, de son fonctionnement institutionnel et de ses moyens d’action ; à la conférence d’ Yves Laporte publiée en 1990 sous forme de plaquette par le Collège de France ; à Christophe Charle et Éva Telkès, Les Professeurs du Collège de France, dictionnaire biographique 1901-1939, Institut national de Recherche pédagogique et Éditions du CNRS, Paris, 1988 ; Christophe Charle, « Le Collège de France », dans Les lieux de mémoire, sous la direction de Pierre Nora, II : La Nation, t. 3, p. 389-424. En 1998 est également publié le livre Les origines du Collège de France (1500-1560), sous la direction de Marc Fumaroli,

8 aux Éditions Klincksieck, et en 2006 le premier tome de l’Histoire du Collège de France : I. La Création 1530-1560, sous la direction d’André Tuilier, avec une préface de Marc Fumaroli, aux Éditions Fayard.

III. LES CHAIRES DU COLLÈGE DE FRANCE DEPUIS LE XIXe SIÈCLE Antiquité grecque et romaine. — Dans la chaire de Langue et littérature grecques où s’étaient illustrés Jean-Baptiste Gail (1791-1829) et Jean-François Boissonade (1829-1855), Jean-Pierre Rossignol (1855-1892) eut comme successeurs Maurice Croiset (1893-1930) et Émile Bourguet (1932-1938). Une chaire d’Épigraphie et antiquités grecques a été instituée en 1877, et occupée successivement par Paul Foucart (1877-1926), Maurice Holleaux (1927-1932) et Louis Robert (1939-1974). Une chaire dénommée La Grèce et la formation de la pensée morale et politique a été créée en 1973 pour Mme Jacqueline de Romilly, première femme à occuper une chaire au Collège (1973-1984), puis transformée, en 1984, en chaire de Tradition et critique des textes grecs pour M. Jean Irigoin (1986-1992). — Gabriel Millet, qui occupa de 1926 à 1937 la chaire d’Esthétique et histoire de l’art, l’orienta vers l’étude du byzantinisme, auquel fut consacrée une chaire d’Archéologie paléo-chrétienne et byzantine pour André Grabar (1946-1966) puis une chaire d’Histoire et civilisation de Byzance pour Paul Lemerle (1967-1973) ; elle est devenue Histoire et civilisation du monde byzantin pour M. Gilbert Dagron de 1975 à 2001. En 1992, a été créée une chaire d’Histoire économique et monétaire de l’Orient hellenistique pour M. Georges Le Rider (1993-1998), et en 2002, une chaire d’Épigraphie et histoire des cités grecques occupée par M. Denis Knoepfler à partir de 2003. Une chaire de Philosophie grecque et latine eut comme titulaires Édouard Bosquillon (1775-1814), Jean-François Thurot (1814-1832), Théodore Jouffroy (1832-1837), Jules Barthélémy Saint-Hilaire (1838-1852), Émile Saisset (chargé de cours 1853-1857), Charles Lévêque (chargé de cours 1857-1860, titulaire 1861-1900), Henri Bergson (1900-1904). Une chaire d’Histoire de la pensée hellénistique et romaine a été créée en 1981 pour M. Pierre Hadot (19821991). Pour l’enseignement du latin, deux chaires existaient depuis l’Ancien Régime : l’Éloquence latine, tenue successivement par Pierre Gueroult (1809-1816), Jean-Louis Burnouf (1817-1844), Désiré Nisard (1844-1852), Wilhelm Rinn (1853-1854), Ernest Havet (1854-1885), et la Poésie Latine, par Jacques Delille (1778-1813), Pierre-François Tissot (1813-1821), Joseph Naudet (1821-1830), Pierre-François Tissot à nouveau (1830-1854), Charles-Augustin de Sainte-Beuve (1854-1869) qui, toutefois, ne put jamais enseigner. La prédominance de curiosités et de méthodes nouvelles se manifesta par la transformation de la chaire d’Éloquence

9 latine en Philologie latine, avec pour titulaire Louis Havet (1885-1925), et de la Poésie latine en Histoire de la littérature latine, occupée par Gaston Boissier (18691906) et Paul Monceaux (1907-1934). Ces enseignements ont été complétés par ceux de disciplines qui attestaient l’élargissement de l’horizon scientifique ; une chaire d’Épigraphie et antiquités romaines, créée en 1861, pour Léon Renier (18611885) a été occupée par Ernest Desjardins (1886), et ensuite par René Cagnat (1887-1930), puis, sous le titre élargi de Civilisation romaine, par Eugène Albertini (1932-1941), André Piganiol (1942-1954), et Jean Gagé (1955-1972) ; elle est devenue, de 1975 à 1999, Histoire de Rome pour M. Paul Veyne. Une chaire d’Histoire de l’Afrique du Nord, où furent spécialement étudiées les périodes romaine et post-romaine, a eu pour titulaire Stéphane Gsell (1912-1932). Une chaire d’Histoire de la langue latine, occupée par Alfred Ernout (1944-1951), a été transformée en 1951 en chaire de Littérature latine pour Pierre Courcelle (19511980). En 2000, une chaire intitulée Religion, institutions et société de la Rome antique a été créée pour M. John Scheid et est occupée depuis 2001. Une chaire de Numismatique de l’Antiquité et du Moyen Âge, inaugurée en 1908 par Ernest Babelon, a été transformée, en 1924, en une chaire de Numismatique de l’Antiquité, que Théodore Reinach a occupée jusqu’en 1928. Philosophie. — Un enseignement de Philosophie moderne créé en 1874 a été assuré par Jean Nourrisson (1874-1899), Gabriel Tarde (1900-1904), Henri Bergson (1904-1921), Édouard Le Roy (1921-1940), Louis Lavelle (1941-1951), Maurice Merleau-Ponty (1952-1961). En 1962, fut créée une chaire de Philosophie de la connaissance pour Jules Vuillemin qui l’occupa jusqu’en 1990. Une chaire d’Histoire de la philosophie au Moyen Âge, tenue de 1932 à 1950 par Étienne Gilson, a été remplacée par une chaire d’Histoire et technologie des systèmes philosophiques pour Martial Guéroult (1951-1962), et dénommée ensuite chaire d’Histoire de la pensée philosophique pour Jean Hyppolite (1963-1968). Cette chaire a été transformée en chaire d’Histoire des systèmes de pensée pour Michel Foucault (1970-1984), puis, de 1985 à 1990, en chaire d’Épistémologie comparative pour M. Gilles-Gaston Granger. Une chaire de Philosophie du langage et de la connaissance, créée en 1994, est occupée depuis 1995 par M. Jacques Bouveresse. En 1999, ont été créées une chaire de Philosophie des sciences biologiques et médicales pour Mme Anne Fagot-Largeault et une chaire de Philosophie et histoire des concepts scientifiques pour M. Ian Hacking (2001-2006). Linguistique générale. — L’enseignement de la Grammaire comparée fut inauguré au Collège de France par Michel Bréal (1866-1905), qui eut pour successeurs Antoine Meillet (1906-1936) et Émile Benveniste (1937-1972). Pendant un temps s’y trouva rattaché un Laboratoire de phonétique expérimentale, dont le premier directeur fut l’abbé Rousselot ; une chaire de Phonétique expérimentale fut occupée par ce savant de 1923 à 1924. Une chaire de Théorie linguistique est créée en 1986 pour M. Claude Hagège (1988-2006).

10 Langues, histoire et littératures occidentales. — L’enseignement de la Littérature française fut d’abord représenté par Antoine de Cournand (1784-1814) et Stanislas Andrieux (1814-1833). Ce fut le début d’une tradition à laquelle se rattachent les noms de Jean-Jacques Ampère (1833-1864), de Louis de Loménie (1864-1878), de Paul Albert (1878-1880), d’Émile Deschanel (1881-1903), d’Abel Lefranc (1904-1937). La chaire a été transformée en une chaire de Poétique, occupée par Paul Valéry (1937-1945), puis en une chaire d’Histoire des créations littéraires en France pour Jean Pommier (1946-1964). Cette chaire a été ensuite consacrée à l’enseignement de la Littérature française moderne ; elle a été occupée par M. Georges Blin de 1965 à 1988. Une chaire de Sémiologie littéraire a été créée pour Roland Barthes (1976-1980). En 1986, a été créée une chaire intitulée Rhétorique et société en Europe (xvie-xviie siècles) pour M. Marc Fumaroli (19872002) ; et une chaire de Littératures modernes de l’Europe néolatine a été créée pour M. Carlo Ossola en 1998. En 2005 sont créées une chaire de Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie, occupée à partir de 2006 par M. Antoine Compagnon, et une chaire intitulée Écrit et culture dans l’Europe moderne, occupée depuis 2006 par M. Roger Chartier. Une chaire spécialement consacrée à la Langue et littérature françaises du Moyen Âge, a été inaugurée par Paulin Paris (1853-1872), qui eut pour successeurs Gaston Paris (1872-1903), puis Joseph Bédier (1903-1936). Remplacée ensuite par une chaire d’Histoire du vocabulaire français occupée par Mario Roques (1937-1946), elle a été rétablie sous son ancien titre pour Félix Lecoy, de 1947 à 1974, puis en 1993 sous le titre de Littératures de la France médiévale pour M. Michel Zink. En 1905, une chaire d’Histoire et antiquités nationales s’y ajouta pour Camille Jullian (1905-1930), tenue ensuite par Albert Grenier (1936-1948). En 1964, a été créée une chaire d’Archéologie et histoire de la Gaule pour Paul-Marie Duval (1964-1982), transformée en 1983 en chaire d’Antiquités nationales pour M. Christian Goudineau. D’autre part, deux chaires nouvelles instituées en 1925 et en 1932, concernaient l’Europe médiévale : l’une, occupée par Edmond Faral (1925-1954), s’intitulait Littérature latine du Moyen Âge, l’autre déjà mentionnée en philosophie, fut occupée par Étienne Gilson, de 1932 à 1950. En 1969 a été créée une chaire d’Histoire des sociétés médiévales pour Georges Duby, devenue en 1991 Histoire de l’occident méditerranéen au Moyen Âge pour M. Pierre Toubert, qui l’a occupée de 1992 à 2003. Consacrée à l’activité extérieure de la France, une chaire, fondée par les principales colonies d’alors, a été occupée sous le titre d’Histoire coloniale par Alfred Martineau (1921-1935), puis, sous le titre d’Histoire de la colonisation, par Edmond Chassigneux (1939-1946), et ensuite, sous le titre d’Histoire de l’expansion de l’Occident, par Robert Montagné (1948-1954).

11 Enfin a été créée, en 1984, une chaire d’Histoire de la France contemporaine, pour M. Maurice Agulhon, qui l’a occupée jusqu’en 1997. La chaire de Langues et littératures slaves fut inaugurée en 1840 par le poète polonais, chargé de cours, Adam Mickiewicz (1840-1852) puis par Cyprien Robert (chargé de cours 1852-1857) et Alexandre Chodzko (chargé de cours 1857-1883), et occupée plus tard par Louis Léger (1885-1923), André Mazon (1923-1951) et André Vaillant (1952-1962). En 1992 a été créée une chaire d’Histoire moderne et contemporaine du monde russe pour M. François-Xavier Coquin (1993-2001). Une chaire de Langues et littératures de l’Europe méridionale, qui eut pour titulaires successifs Edgar Quinet (de 1841 à 1852 et de 1870 à 1875), Paul Meyer (18761906), Alfred Morel-Fatio (1907-1924), a été rétablie, en 1925, sous le titre d’Histoire des littératures comparées de l’Europe méridionale et de l’Amérique latine pour Paul Hazard (1925-1944). Depuis, deux des domaines qu’elle recouvrait ont été distingués par la création, en 1945 et en 1946, de deux chaires consacrées l’une aux Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine, tenue par Marcel Bataillon (1945-1965), puis par Israël Révah (1966-1973) ; l’autre à l’Histoire de la civilisation italienne pour Augustin Renaudet de 1946 à 1950, transformée en chaire de Langues et civilisation italienne pour André Pézard de 1951 à 1963. En 1992, une chaire de Langues et littératures romanes a été créée pour M. Harald Weinrich, qui l’occupa jusqu’en 1998. Une chaire de Langues et littératures d’origine germanique eut pour premiers titulaires Philarète Chasles (1841-1873) et Guillaume Guizot (1874-1892). Celui-ci fut suppléé par Jean-Jules Jusserand, puis par Arthur Chuquet, qui devint titulaire de la chaire en 1893 et l’occupa jusqu’en 1925. Lui succédèrent Charles Andler (1926-1933), Ernest Tonnelat (1934-1948), Fernand Mossé (1949-1956), et Robert Minder de 1957 à 1973. En 1984 a été créée une chaire de Grammaire et pensée allemandes, pour M. Jean-Marie Zemb, qui l’occupa jusqu’en 1998. Une chaire de Langues et littératures celtiques a été occupée par Henry d’arbois de Jubainville (1882-1910) puis par Joseph Loth (1910-1930). Une chaire de Civilisation américaine, créée en 1931, pour Bernard Faÿ (révoqué en 1945), a été transformée pour Marcel Giraud, de 1947 à 1971, en chaire d’Histoire de la civilisation de l’Amérique du Nord. Une chaire d’Étude de la création littéraire en langue anglaise a été créée en 2001 pour M. Michael Edwards (2003-2008). Langues, histoires et littératures orientales. — L’enseignement de l’Hébreu, le plus ancien de tous, donné par Étienne Quatremère (1819-1857), puis par Louis Dubeux (chargé de cours 1857-1861), a été illustré ensuite par Ernest Renan (1862-1864 et 1870-1892), par Salomon Munk (1864-1867) et par

12 Philippe Berger (1893-1910). Celui de l’Araméen a été assuré par Rubens Duval (1895-1907). Après un long intervalle, une chaire intitulée Hébreu et Araméen a été instituée de 1963 à 1971 pour André Dupont-Sommer ; puis pour André Caquot de 1972 à 1994. Une chaire d’Épigraphie et antiquités sémitiques a été créée pour Charles Clermont-Ganneau (1890-1923), une autre d’Histoire ancienne de l’Orient sémitique a été occupée par Isidore Lévy (1932-1941) et de 1995 à 2001, une chaire d’Antiquités sémitiques occupée par M. Javier Teixidor. L’égyptologie a fait son entrée au Collège avec son fondateur, Jean-François Champollion (1831-1832), dans une chaire d’Archéologie tenue ensuite par Jean-Antoine Letronne (1837-1848), puis par Charles Lenormant (1849-1859). Elle devint chaire de Philologie et archéologie égyptiennes avec Emmanuel de Rougé (1860-1872) et Gaston Maspero (1874-1916), fut reprise par Alexandre Moret (1923-1938), et occupée successivement par Pierre Lacau (1938-1947), Pierre Montet (1948-1956), Étienne Drioton (1957-1960), et Georges Posener (19611978). Elle a subsisté sous le titre d’Égyptologie pour M. Jean Leclant (1979-1990), puis pour M. Jean Yoyotte (1991-1997). En 1999, une chaire de Civilisation pharaonique : archéologie, philologie, histoire a été créée pour M. Nicolas Grimal. L’enseignement de l’assyriologie a été ouvert aussi par un fondateur, Jules Oppert (1874-1905), dans une chaire de Philologie et archéologie assyriennes où lui a succédé Charles Fossey (1906-1939). Après un intervalle, il a été repris par Édouard Dhorme (1945-1951) sous le titre de Philologie et archéologie assyro-babyloniennes et poursuivi sous celui d’Assyriologie par René Labat de 1952 à 1974, puis par M. Paul Garelli, de 1986 à 1995 et par M. Jean-Marie Durand depuis 1999. Une chaire d’Archéologie de l’Asie occidentale a été créée en 1953 pour Claude Schaeffer-Forrer qui l’a occupée jusqu’en 1969. Enfin, en 1973 était créée une chaire de Langues et civilisation de l’Asie Mineure pour Emmanuel Laroche, qui l’a occupée jusqu’en 1985. Une chaire d’Histoire et civilisation du monde achéménide et de l’empire d’Alexandre a été créée en 1998 pour M. Pierre Briant, qui l’occupe depuis 1999. La chaire d’Arabe a été tenue successivement par Antoine Caussin de Perceval (1783-1833), Armand-Pierre Caussin de Perceval (1833-1871), Charles-François Defrémery (1871-1883), Stanislas Guyard (1884), Adrien Barbier de Meynard (1885-1908), Paul Casanova (1909-1926), William Marçais (1927-1943). Elle a été transformée en chaire d’Histoire du monde arabe pour Jean Sauvaget (1946-1950). Devenue chaire de Langue et littérature arabes, elle a été occupée par Gaston Wiet (1951-1959). À côté d’elle, furent fondées : en 1902, une chaire de Sociologie et sociographie musulmanes, inaugurée par Alfred le Chatelier (1902-1925), occupée ensuite par Louis Massignon (1926-1954), modifié en chaire de Sociologie musulmane pour Henri Laoust de 1956 à 1975, et transformée en 1976 en une chaire de Langue et littérature arabes classiques pour M. André Miquel, occupée jusqu’en 1997 — puis en 1941, une chaire d’Histoire des arts de

13 l’Orient musulman pour Albert Gabriel (1941-1953). En 1956 était créée une chaire d’Histoire sociale de l’Islam contemporain, occupée par Jacques Berque jusqu’en 1981. Une chaire d’Histoire contemporaine du monde arabe est créée en 2003 pour M. Henry Laurens. Les chaires de turc et de persan ont été réunies de 1784 à 1805 par Pierre Ruffin, qui abandonna à partir de 1805 le persan au plus illustre islamisant de l’époque, Isaac Silvestre de Sacy (1806-1838). Lui succédèrent : Amédée Jaubert (18381847), Jules Mohl (1850-1876), Adrien Barbier de Meynard (1876-1885), James Darmesteter (1885-1894). Après Pierre Ruffin (1805-1822) l’enseignement du turc seul a été assuré par Daniel Kieffer (1822-1833), Alix Desgranges (18331854), Mathurin-Joseph Cor (1854), Abel Pavet de Courteille (chargé de cours 1854-1861, titulaire 1861-1889). En 1997, a été créée une chaire d’Histoire turque et ottomane pour M. Gilles Veinstein, qui l’occupe depuis 1999. Les domaines de recherche nouveaux entrés dans l’enseignement du Collège au xixe siècle ont d’abord été ceux de l’Inde et de la Chine, dont l’étude avait été amorcée en Europe par plusieurs orientalistes du Collège au siècle précédent. En 1814, furent créées ensemble les chaires de Sanscrit et de Chinois. La première a été inaugurée par Léonard de Chézy (1814-1832), illustrée par Eugène Burnouf (1932-1852), et reprise après un intervalle de suppléances par Édouard Foucaux (1862-1894), puis Sylvain Lévi (1894-1935) et Jules Bloch (1937-1951). L’enseignement y débordant traditionnellement le domaine du sanscrit, elle a repris en 1951, la dénomination de chaire de Langues et littératures de l’Inde et a eu pour titulaire Jean Filliozat de 1952 à 1978. En 1983 a été créée une chaire d’Histoire du monde indien pour M. Gérard Fussman, et, en 1993, une chaire de Langues et religions indo-iraniennes pour M. Jean Kellens. La seconde, dont l’enseignement s’est, de son côté, constamment étendu à l’ensemble de la sinologie, a été tenue par Jean-Pierre Abel-Rémusat (1814-1932), Stanislas Julien (1832-1873), Léon d’Hervey de Saint-Denys (1874-1892), Édouard Chavannes (1893-1918), Henri Maspero (1921-1945), Paul Demiéville (1946-1964), M. Jacques Gernet (1975-1992) ; depuis 1991 une chaire d’Histoire de la Chine moderne est occupée par M. Pierre-Étienne Will et une chaire d’Histoire intellectuelle de la Chine est confiée en 2008 à Mme Anne Cheng. Étendant le champ des enseignements aux pays d’influence indienne et chinoise et aux civilisations propres à ces pays, trois chaires ont été créées : la première de Langues, histoire et archéologie de l’Asie centrale pour Paul Pelliot (1911-1945), qui devait prendre le titre d’Histoire et civilisations de l’Asie centrale pour Louis Hambis, de 1965 à 1977, et se transformer en chaire de Sociographie de l’Asie du Sud-Est pour Lucien Bernot (1978-1985) ; la deuxième d’Histoire et philologie indochinoises pour Louis Finot (1920-1930), auquel ont succédé Jean Przyluski (1931-1944), puis Émile Gaspardone, de 1946 à 1965, et qui a été alors transformée en chaire d’Étude du monde chinois : institutions et concepts pour

14 Rolf A. Stein (1966-1981) ; enfin la troisième, sous le titre de Civilisations d’Extrême-Orient, a été occupée par Paul Mus (1946-1969). Une chaire d’Étude du Bouddhisme a été créée en 1970 pour André Bareau, qui l’a occupée jusqu’en 1991. Enfin, en 1979, a été créée une chaire de Civilisation japonaise pour Bernard Frank qui l’a occupée jusqu’en 1996. Droit et sciences humaines. — Depuis l’Ancien Régime existait une chaire de Droit de la nature et des gens, tenue au xixe siècle par Pierre de Pastoret (1804-1821), Xavier de Portets (1822-1854), Adolphe Franck (1856-1887). En 1831 commençait, avec Eugène Lerminier (1831-1849), un enseignement d’Histoire générale et philosophique des législations comparées, qui fut continué par Édouard Laboulaye (1849-1883), et par Jacques Flach (1884-1919). En 1979, une chaire de Droit international est créée pour René-Jean Dupuy qui l’a occupée jusqu’en 1989. Une chaire d’Études juridiques comparatives et internationalisation du droit a été créée en 2001 pour Mme Mireille Delmas-Marty qui l’occupe depuis 2002. Dès 1831, était instituée pour Jean-Baptiste Say une chaire d’Économie politique, qui fut occupée après lui par Pellegrino Rossi (1833-1840), Michel Chevalier (1840-1879), et Paul Leroy-Beaulieu (1880-1916). Une chaire d’Histoire des doctrines économiques, créée en 1871 pour Émile Levasseur, fut transformée sur sa demande en 1885 en chaire de Géographie, histoire et statistiques économiques. En 1911, elle devint chaire d’Étude des faits économiques et sociaux pour Marcel Marion (1912-1932). De 1955 à 1974 une chaire d’Analyse des faits économiques et sociaux a été occupée par François Perroux ; en 1987 a été créée une chaire d’Analyse économique pour M. Edmond Malinvaud qui l’a occupée jusqu’en 1993. Une chaire de Théorie économique et organisation sociale a été créée en 1998 pour M. Roger Guesnerie, qui l’occupe depuis 2000. En 1958 une chaire d’Anthropologie sociale était créée pour M. Claude LéviStrauss (1959-1982), et en 1971, une chaire d’Anthropologie physique pour Jacques Ruffié (1972-1992). En 1981, a été créée pour Mme Françoise Héritier une chaire d’Étude comparée des sociétés africaines (1982-1998) et en 1992 pour M. Nathan Wachtel une chaire d’Histoire et anthropologie des sociétés méso- et sudaméricaines (1992-2005). En 1999, une chaire d’Anthropologie de la nature a été créée pour M. Philippe Descola, qui l’occupe depuis 2000. En 1917, un cours complémentaire d’Assurances sociales fondé par Alfred Mayen, a été transformé, aux frais de la Ville de Paris et du Département de la Seine, en une chaire de Prévoyance et assistance sociales, qu’occupa Édouard Fuster (1917-1935). En 1920, une chaire instituée pour dix ans, à l’initiative de la Fédération des Sociétés coopératives, et affectée à l’Enseignement de la Coopération, a eu pour titulaire Charles Gide jusqu’en 1930.

15 Dans le même ordre d’études, d’autres développements se sont encore produits. Une chaire de Philosophie sociale, créée pour Jean Izoulet (1897-1929), a été transformée en chaire de Sociologie pour Marcel Mauss (1931-1942), puis en chaire de Psychologie collective pour Maurice Halbwachs (1944-1945). Une chaire d’Histoire et structure sociales de Paris et de la région parisienne, fondée par la Ville de Paris en 1950, a été occupée par Louis Chevalier (1952-1981). Une chaire d’Histoire du travail, fondée en 1907 par la Ville de Paris, a été occupée par Georges Renard (1907-1930), par François Simiand (1932-1935), puis, de 1936 à 1957, par Émile Coornaert. Une chaire de Démographie sociale : la vie des populations, lui a succédé et a eu pour titulaire Alfred Sauvy de 1959 à 1969. Cette chaire a été transformée en chaire de Sociologie de la civilisation moderne pour Raymond Aron de 1970 à 1978. Enfin a été créée, en 1981, une chaire de Sociologie pour Pierre Bourdieu (1981-2001). Une chaire d’Histoire moderne et contemporaine du politique a été créée en 2001 pour M. Pierre Rosanvallon. En 2005 est créée une chaire de Rationalité et sciences sociales, occupée par M. Jon Elster. Géographie. — Une chaire de Géographie humaine, créée grâce à une libéralité d’Albert Kahn, a été occupée de 1912 à 1930 par Jean Brunhes. En 1932 était créée la chaire de Géographie économique et politique, où enseigna André Siegfried (1933-1946). La Géographie historique de la France fut enseignée, de 1892 à 1911, par Auguste Longnon ; elle a été rétablie de 1947 à 1968 pour Roger Dion, puis transformée en chaire de Géographie du continent européen pour Maurice Le Lannou, de 1969 à 1976. Une chaire d’Étude du monde tropical (géographie physique et humaine) a été créée en 1946 pour Pierre Gourou (1947-1970). Histoire des religions. — Une chaire d’Histoire des religions, créée en 1880, a eu pour titulaires Albert Réville (1880-1906), Jean Réville (1907-1908), Alfred Loisy (1909-1932), Jean Baruzi (1933-1951) et Henri-Charles Puech (19521972). Une chaire d’Histoire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne a été créée en 1973 pour M. Jean Delumeau qui l’a occupée de 1975 à 1994 et une chaire d’Étude comparée des religions antiques en 1973 pour Jean-Pierre Vernant, qui l’a occupée de 1975 à 1984. En 1977, a été créée une chaire intitulée Christianisme et gnoses dans l’Orient préislamique pour Antoine Guillaumont qui l’a occupée jusqu’en 1986 et en 1990 une chaire d’Histoire des syncrétismes de la fin de l’Antiquité pour M. Michel Tardieu (1991-2008). En 2006 est créée une chaire intitulée Milieux bibliques pour M. Thomas Römer. Préhistoire. — Fut créée, en 1929 une chaire de Préhistoire, tenue par l’abbé Henri Breuil (1929-1947), discipline reprise de 1969 à 1982 par André LeroiGourhan, puis transformée en 1982 en chaire de Paléoanthropologie et préhistoire pour M. Yves Coppens (1983-2005), elle-même transformée en chaire de

16 Paléontologie humaine en 2005. En 1993, une chaire de civilisations de l’Europe au Néolithique et à l’Âge du Bronze a été créée pour M. Jean Guilaine (1994-2007). Histoire générale. — L’histoire générale était professée au Collège de France depuis le dernier tiers du xviiie siècle. On l’associait alors à la morale, et cette union persista, nominalement au moins, pendant tout le xixe siècle. À Pierre Daunou (1819-1830), succédèrent Jean-Antoine Letronne (1831-1837), et Jules Michelet (1838-1852), puis, un peu plus tard, Joseph Guigniaut (1857-1862), et Alfred Maury (1862-1892). Une chaire d’Histoire de la civilisation moderne tenue par Lucien Febvre (1933-1949), puis par Fernand Braudel (1950-1972), subsiste pour M. Emmanuel Le Roy Ladurie, qui l’occupa de 1973 à 1999. En 1997, une chaire d’Histoire de la France des Lumières créée pour M. Daniel Roche (1999-2005), transformée en chaire intitulée Écrit et cultures dans l’Europe moderne pour M. Roger Chartier (2006). Une chaire de Civilisation indo-européenne a été occupée de 1948 à 1968 par Georges Dumézil. Une chaire d’Histoire générale des sciences, créée en 1891, a été occupée par Pierre Laffitte (1892-1903), Grégoire Wyrouboff (1903-1913) et Pierre Boutroux (1920-1922). Art. — Une chaire d’Esthétique et histoire de l’art, créée en 1878, a eu pour titulaires, successivement Charles Blanc (1878-1882), Eugène Guillaume (1882-1905) ; Georges Lafenestre (1905-1919), André Michel (1920-1925) (qui la spécialisa en Histoire de l’art français), Gabriel Millet (1926-1937), Henri Focillon (1938-1943). En 1970 a été créée une chaire d’Art et civilisation de la Renaissance en Italie pour André Chastel (1970-1984). Une des chaires fondées par la Ville de Paris, affectée en 1933 à l’Histoire de l’art monumental, a été occupée par Paul Léon (1933-1944). Une autre a été affectée à la Psychologie des arts plastiques pour René Huyghe de 1951 à 1976 ; désormais chaire d’État, elle a été transformée en 1976 en Histoire de la création artistique en France pour M. Jacques Thuillier, qui l’a occupée de 1977 à 1998. En 2000, une chaire d’Histoire de l’art européen médiéval et moderne a été créée pour M. Roland Recht qui l’occupe depuis 2001. Une chaire d’Intervention, technique et langage en musique a été créée en 1975 pour M. Pierre Boulez (1976-1995) ; elle fut transformée de 1996 à 1999 pour Jerzy Grotowski en chaire d’Anthropologie théâtrale. En 1980, a été créée pour M. Yves Bonnefoy, une chaire d’Études comparées de la fonction poétique (1981-1993). Mathématiques. — L’enseignement des mathématiques fut assuré par AntoineRémy Mauduit (1770-1815), Sylvestre-François Lacroix (1815-1843), Guillaume Libri-Carucci (1843-1848), Joseph Liouville (1851-1882), Camille Jordan (1883-1912), Georges Humbert (1912-1921), Henri Lebesgue (1921-1941). S’y ajoutait l’Astronomie, professée par Jérôme de Lalande (1768-1807), puis par

17 Jean-Baptiste Delambre (1807-1822) et Jacques Binet (1823-1856). La chaire d’Astronomie fut transformée, en 1856, en une chaire de Mécanique céleste pour Joseph Serret (1861-1885). Elle devint chaire de Mécanique analytique et mécanique céleste pour Maurice Lévy (1885-1908), et Jacques Hadamard (1909-1937). Une chaire de Mathématique et mécanique a été occupée de 1938 à 1972 par Szolem Mandelbrojt, puis transformée en chaire d’Analyse mathématique des systèmes et de leur contrôle pour Jacques-Louis Lions (1973-1998). Une chaire de Théorie des équations différentielles et fonctionnelles a été occupée par Jean Leray de 1947 à 1978. Une chaire d’Algèbre et géométrie occupée par M. Jean-Pierre Serre de 1956 à 1994 a été transformée, en 1995, en chaire intitulée Équations différentielles et systèmes dynamiques pour M. Jean-Christophe Yoccoz. Une chaire de Théorie des groupes a été créée pour M. Jacques Tits (1973-2000) ainsi qu’une chaire d’Analyse et géométrie depuis 1983 pour M. Alain Connes. En 1999, une chaire de Théorie des Nombres a été créée pour M. Don Zagier qui l’occupe depuis 2000. Une chaire d’Équations aux dérivées partielles et applications a été créée en 2001 pour M. Pierre-Louis Lions qui l’occupe depuis 2002. Physique. — En 1769, une chaire de Physique mathématique remplaça l’ancienne chaire de Philosophie grecque et latine ; Jacques-Antoine Cousin l’occupa jusqu’en 1800 ; il eut pour successeur Jean-Baptiste Biot, à la fois physicien et mathématicien (1801-1862). Devenue chaire de Physique générale et mathématique, elle fut occupée par Joseph Bertrand (1862-1900), Marcel Brillouin (1900-1931) ; sous le titre de Physique théorique, elle a été occupée par Léon Brillouin (1932-1949) et par Jean Laval (1950-1970), puis transformée en 1971 en chaire de Physique de la matière condensée pour Pierre-Gilles de Gennes (1971-2004). D’autre part, en 1786, fut créée une chaire de Physique générale et expérimentale, occupée par Louis Lefèvre-Gineau jusqu’en 1823, André-Marie Ampère (1824-1836), Félix Savart (1836-1841), Henri-Victor Régnault (1841-1871), Élie Mascart (1872-1908), Paul Langevin (1909-1946). À la chaire de Physique générale et expérimentale, tenue par Maurice de Broglie de 1942 à 1944 et sur laquelle fut réintégré Paul Langevin, révoqué en 1940, succéda une chaire de Physique atomique et moléculaire par transformation de la chaire de Physique mathématique créée en 1933 pour Albert Einstein et qu’il n’avait jamais occupée. Elle eut pour titulaire de 1946 à 1972 Francis Perrin auquel succéda M. Claude Cohen-Tannoudji, de 1973 à 2004. Une nouvelle chaire de Physique mathématique a été créée en 1951 pour André Lichnerowicz (1952-1986). Une chaire de Chimie nucléaire occupée par Frédéric Joliot (19371958) a été transformée de 1958 à 1972 en chaire de Physique nucléaire pour Louis Leprince-Ringuet puis en chaire de Physique corpusculaire de 1973 à 2004 pour M. Marcel Froissart. Une chaire de Physique cosmique, occupée de 1944 à 1962 par Alexandre Dauvillier, a été transformée en 1962 en chaire d’Astrophysique théorique pour M. Jean-Claude Pecker (1964-1988), puis, en 1989, en chaire d’Astrophysique observationnelle pour M. Antoine Labeyrie. Une chaire de Magnétisme nucléaire, créée en 1959, a été occupée par M. Anatole Abragam

18 jusqu’en 1985 et une chaire de Méthodes physiques de l’astronomie par André Lallemand de 1961 à 1974. En 1982, une chaire de Physique statistique a été créée pour M. Philippe Nozières (1983-2001). Une chaire nouvelle, créée par la loi de Finances de 1964, et portant le titre de Physique théorique des particules élémentaires a été occupée par M. Jacques Prentki jusqu’en 1983. En 2000, une chaire de Physique quantique a été créée pour M. Serge Haroche qui l’occupe depuis 2001. M. Gabriele Veneziano occupe depuis 2004 la chaire de Particules élémentaires, gravitation et cosmologie créée l’année précédente. En 2005 est créée une chaire de Physique mésoscopique, occupée depuis 2007 par M. Michel Devoret. Chimie. — Une chaire de Chimie et une chaire d’Histoire naturelle, fondées en 1774, furent quelque temps réunies, sous le titre de chaire de Chimie et histoire naturelle pour Jean Darcet, qui d’ailleurs limita son enseignement à la première de ces deux sciences. Le titre primitif de la chaire de Chimie fut repris quand la chaire fut attribuée à Nicolas Vauquelin (1801-1804) auquel succéda LouisJacques Thénard (1804-1845). En 1845, elle se spécialisa sous le titre de Chimie minérale, et elle eut pour titulaires Théophile-Jules Pelouze (1845-1850), AntoineJérôme Balard (1851-1876), Paul Schützenberger (1876-1897), Henri Le Chatelier (1898-1907) et Camille Matignon (1908-1934). Une autre chaire, attribuée à la Chimie organique, eut pour premier titulaire Marcelin Berthelot (1865-1907), auquel succédèrent Émile-Clément Jungfleisch (1908-1916), Charles Moureu (1917-1929), Marcel Delépine (1930-1941) et Charles Dufraisse (1942-1955) ; elle a été transformée en 1955 en chaire de Chimie organique des hormones, pour Alain Horeau (1956-1980). En 1979 a été créée pour M. Jean-Marie Lehn une chaire de Chimie des interactions moléculaires, et de 1996 à 1998 pour Jean Rouxel une chaire de Chimie des solides. En 2000, une chaire de Chimie de la matière condensée a été créée pour M. Jacques Livage qui l’occupe depuis 2001. En 2007 est créée une chaire de Chimie des processus biologiques pour M. Marc Fontecave. Histoire naturelle et sciences biologiques. — L’enseignement de l’histoire naturelle fondé en 1774 n’étant pas effectivement donné par Jean Darcet, une chaire consacrée à la seule Histoire naturelle fut créée en 1778 et attribuée à Louis Daubenton (1778-1799), puis à Georges Cuvier (1800-1832). Cette chaire nouvelle ne tarda pas à être elle-même dédoublée. D’une part, une chaire d’Histoire naturelle des corps inorganiques fut donnée à Léonce Élie de Beaumont (1832-1874) et fut ensuite occupée par Charles Sainte-Claire Deville (1875-1876), Ferdinand Fouqué (1877-1904), Auguste Michel-Lévy (1905-1911). À cette chaire succèdent une chaire de Géologie, occupée par Lucien Cayeux (1912-1936) puis une chaire de Géologie méditerranéenne pour Paul Fallot (1938-1960) et une chaire de Géodynamique pour M. Xavier Le Pichon (1986-2008). En 2000 est créée une chaire d’Évolution du climat et de l’océan pour M. Édouard Bard. Entretemps, une création temporaire de chaire consacrée aux Études coloniales, protistologie

19 pathologique a eu pour titulaire Louis Nattan-Larrier (1923-1943). D’autre part, une seconde chaire fut consacrée à l’Histoire naturelle des corps organisés : elle eut pour titulaires Georges Duvernoy (1837-1855), Pierre-Jean-Marie Flourens (1855-1867), Étienne-Jules Marey (1869-1904), Nicolas François-Franck (1905-1921), et André Mayer (1922-1946) ; elle a été transformée pour Jean Roche, de 1947 à 1972, en chaire de Biochimie générale et comparée, puis en chaire de Biochimie cellulaire pour M. François Gros (1973-1996) et enfin en 1996 en chaire d’Immunologie moléculaire pour M. Philippe Kourilsky. En 1980, une chaire de Bio-Énergétique cellulaire a été créée pour M. Pierre Joliot (1981-2002). En 1995 a été créée pour M. Armand de Ricqlès une chaire de Biologie historique et évolutionnisme. En 1844 fut créée une chaire d’Embryogénie comparée, tenue par Victor Coste (1844-1873), Édouard Balbiani (1874-1899), Félix Henneguy (1900-1928), puis par Emmanuel Fauré-Frémiet (1928-1954). Consacrée ensuite à l’Embryologie expérimentale, elle a été occupée de 1955 à 1974 par Étienne Wolff. Depuis 1974 elle a été transformée en chaire de Communications cellulaires pour M. Jean-Pierre Changeux (1976-2006). Enfin, en 1964, une chaire nouvelle a été créée par la loi de Finances sous le titre de Génétique cellulaire pour M. François Jacob (1965-1991). Elle a été transformée en chaire de Génétique moléculaire pour M. Pierre Chambon (1992-2002), puis en chaire de Génétique humaine pour M. Jean-Louis Mandel (2003). En 1967 était créée pour Jacques Monod une chaire de Biologie moléculaire, qui l’occupa jusqu’en 1973. Une chaire de Génétique et physiologie cellulaire a été créée en 2000 pour Mme Christine Petit, qui l’occupe depuis 2001, et une chaire de Processus morphogénétiques est créée en 2006, occupée à partir de 2007 par M. Alain Prochiantz. Médecine. — La médecine, enseignée au Collège dès le xvie siècle, disposait de quatre chaires, progressivement spécialisées. L’anatomie fut professée par Antoine Portal de 1773 à 1832, tandis que la médecine dite pratique était attribuée à d’autres titulaires, parmi lesquels JeanNicolas Corvisart (1796-1804), Jean-Noël Hallé (1805-1822), René-Théophile Laennec (1822-1826), et Joseph Récamier (1827-1830). François Magendie (1830-1855) eut pour successeurs Claude Bernard (1855-1878), Charles BrownSéquard (1878-1894), Arsène d’Arsonval (1894-1930) et Charles Nicolle (1932-1936). Une chaire d’Épidémiologie fut créée pour Hyacinthe Vincent (1925-1936). La chaire de Médecine a été occupée par René Leriche (1937-1950) ; transformée ensuite en chaire de Médecine expérimentale, elle a été occupée par Antoine Lacassagne (1951-1954), Charles Oberling (1955-1960), Bernard Halpern (1961-1975), M. Jean Dausset (1977-1987), et subsiste sous cette même dénomination pour M. Pierre Corvol (1989).

20 Furent encore créées successivement plusieurs chaires nouvelles : en 1875, une chaire d’Anatomie générale, occupée par Louis-Antoine Ranvier (1875-1911), et transformée d’abord en chaire d’Histologie comparée pour Jean Nageotte (1912-1937) puis en chaire de Morphologie expérimentale et endocrinologie pour Robert Courrier, de 1938 à 1966, puis en chaire de Physiologie cellulaire de 1967 à 1993 pour François Morel ; enfin en chaire de Biologie moléculaire des plantes pour Joseph Schell de 1994 à 1998. En 1903, une chaire de Pathologie générale et comparée fut créée pour Albert Charrin (1903-1907). Cette chaire fut transformée en chaire de Biologie générale, successivement occupée par le physiologiste Émile Gley de 1908 à 1930 et par le physico-chimiste Jacques Duclaux de 1931 à 1948. Elle fut remplacée par une chaire de Neuro-physiologie générale pour Alfred Fessard, de 1949 à 1971, et modifiée en 1971 en chaire de Neurophysiologie pour M. Yves Laporte, de 1972 à 1991. Elle est devenue depuis 1992 chaire de Physiologie de la perception et de l’action pour M. Alain Berthoz. En 1925, une chaire d’Histophysiologie, attribuée à Justin Jolly (1925-1940), a été remplacée par une chaire de Radiobiologie expérimentale, occupée par Antoine Lacassagne de 1941 à 1951 où il devint titulaire de la chaire de Médecine expérimentale mentionnée au paragraphe précédent ; cette chaire a repris de 1951 à 1966, son ancienne affectation pour Jacques Benoit ; elle est devenue en 1973 chaire de Physiologie du développement pour Alfred Jost (1974-1987), puis, chaire d’Embryologie cellulaire et moléculaire pour Mme Nicole Le Douarin (1988-2000). En 1993, une chaire de Fondements et Principes de la reproduction humaine a été créée pour M. Étienne-Émile Baulieu (1993-1998), transformée en 1998, en chaire de Biologie et génétique du développement pour M. Spyros ArtavanisTsakonas qui l’occupe depuis 2000. En 2006 est créée la chaire de Microbiologie et maladies infectieuses pour M. Philippe Sansonetti. En 1929, une chaire de Mécanique animale appliquée à l’aviation, attribuée à Antoine Magnan (1929-1938), a subsisté de 1939 à 1955 sous le titre d’Aérolocomotion mécanique et biologique, et a été occupée par Étienne Oehmichen. À ces disciplines s’ajoutèrent, en 1887, l’enseignement alors nouveau de la Psychologie expérimentale et comparée, confié successivement à Théodule Ribot (1888-1901) et à Pierre Janet (1902-1934), puis les chaires de : Physiologie des sensations, attribuée à Henri Piéron (1923-1951), Psychologie et éducation de l’enfance occupée par Henri Wallon (1937-1949) ainsi que Neuropsychologie du développement créée en 1975 pour Julian de Ajuriaguerra qui l’occupa jusqu’en 1981 et qui a été transformée, en 1982, en chaire de Neuropharmacologie pour M. Jacques Glowinski (1983-2006). En 2005 est créée la chaire de Psychologie cognitive expérimentale, confiée à M. Stanislas Dehaene la même année. Chaire européenne. — Cette chaire destinée à une personnalité scientifique originaire d’un pays membre de la communauté économique européenne, pour une année académique, a été créée en 1989. Elle a été occupée par M. Harald Weinrich, Professeur à l’Université de Munich qui a traité de la Mémoire

21 linguistique de l’Europe pendant l’année 1989-1990. Le Professeur Cesare Vasoli, de l’Université de Florence, nommé pour l’année 1990-1991, n’a pu assurer son enseignement à la suite d’un accident de santé. En 1991-1992, M. Wolf Lepenies, Professeur au Wissenschaftskolleg de l’Université libre de Berlin a traité du sujet suivant : Les intellectuels et la politique de l’esprit dans l’histoire européenne ; en 19921993, M. Umberto Eco, Professeur à l’Université de Bologne, de La quête d’une langue parfaite dans l’histoire de la culture européenne ; en 1993-1994, M. Werner Hildenbrand, Professeur à l’Université de Bonn, du Contenu empirique des théories économiques ; M. Norbert Ohler, Professeur à l’Université de Fribourg, en 19941995, de l’Apport des pèlerins à la formation de l’Europe ; M. Klaus Rajewski, Professeur à l’Université de Cologne, en 1995-1996, des Nouvelles approches génétiques chez la souris ; M. Pieter Westbroek, Professeur à l’Université de Leyde, en 1996-1997, de Géophysique : esquisse d’une nouvelle Science de la Terre ; M. Abram de Swaan, Professeur à l’Université d’Amsterdam, en 1997-1998, de Langue et culture dans la société transnationale ; M. Thomas W. Gaehtgens, Professeur à l’Université libre de Berlin, en 1998-1999, de l’Image des collections en Europe au XVIII e siècle ; M. Hans-Wilhelm Müller-Gärtner, Professeur à la Faculté de Médecine de Düsseldorf, en 1999-2000, des Bases neuronales de la conscience : apport de l’imagerie cérébrale ; M. Michael Edwards, Professeur à l’Université de Warwick, en 2000-2001, de Poétiques de l’anglais et du français ; M. Claudio Magris, Professeur à l’Université de Trieste, en 2001-2002, de Nihilisme et mélancolie. Jacobsen et son Niels Lyhne ; M. Hans Belting, Professeur à l’Université de Heideberg, en 2002-2003, de L’histoire du regard. Représentation et vision en Occident ; M. Theodor Berchem, Professeur émérite de l’Université de Wurzbourg, de L’Avenir de l’Université — l’Université de l’Avenir, en 2003-2004 ; M. Sandro Stringari, Directeur du Research and Development Center on BoseEinstein Condensation à Trente, de Condensation de Bose-Einstein et superfluidité, en 2004-2005. Les titulaires de cette chaire ont été ensuite, en 2005-2006, M. Maurice Bloch : L’anthropologie cognitive à l’épreuve du terrain ; en 2006-2007, M. Daniele Vitali : Les Celtes d’Italie ; en 2007-2008, M. Manfred Kropp : Études coraniques. En 2008-2009, cette chaire est thématisée « Savoirs contre pauvreté » et confiée à Mme Esther Duflo. Chaire internationale. — Créée en 1992 pour accueillir, pendant une année académique, des personnalités scientifiques originaires des pays de l’Europe de l’Est ou appartenant à d’autres continents, cette chaire a eu pour premier titulaire Bronislaw Geremek, Professeur à l’Académie des Sciences de Varsovie, qui a traité en 1992-1993 du sujet suivant : Histoire sociale : exclusions et solidarités. En 19931994, M. Zhang Guangda, Professeur à l’Université de Pékin, a traité de La Chine et les civilisations de l’Asie centrale du VII e au XI e siècle ; M. Orest Ranum, Professeur à l’Université Johns Hopkins de Baltimore, en 1994-1995, de La France des années 1650 ; histoire et historiographie ; M. Harris Memel-Fotê, Professeur à l’Université d’Abidjan, en 1995-1996, de L’esclavage lignager africain et l’anthropologie des Droits de l’Homme ; M. Igor Mel’čuk, Professeur à l’Université de Montréal, en 1996-1997,

22 de Linguistique « Sens-Texte » ; M. Brian Stock, Professeur à l’Université de Toronto, en 1997-1998, de La Connaissance de soi et la littérature autobiographique au Moyen Âge ; M. Patrice Higonnet, Professeur à l’Université d’Harvard, en 1998-1999, des Mythes de Paris, des Lumières au Surréalismes ; M. James Watson Cronin, Professeur à l’Université de Chicago, en 1999-2000, du Développement de la physique des particules et des grandes expériences ; M. Miklós Szabó, Professeur à l’Université Eötvös Loránd de Budapest, en 2000-2001, de l’Histoire des Celtes danubiens et leur romanisation ; M. Paul Farmer, Professeur à la Harvard Medical School de Boston, en 2001-2002, de La violence struturelle et la matérialité du social ; M. Stuart Edelstein, Professeur à l’Université de Genève, en 2002-2003, des Mécanismes de la transduction du signal en biologie. M. Jayant Vishnu Narlikar, Professeur à l’InterUniversity centre for Astronomy and Astrophysics de Pune (Inde) a traité en 20032004 de Cosmology : Theory and Observations ; M. A. M. Celâl Şengör, Professeur à l’Université technique d’Istanbul, en 2004-2005, de L’histoire de la tectonique depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’apparition de la tectonique des plaques : une étude épistémologique. Les titulaires de cette chaire ont été ensuite, en 2005-2006, M. Thomas Pavel : Comment écouter la littérature ? ; en 2006-2007, M. Guy Orban : La vision, mission du cerveau ; en 2007-2008, à M. Pierre Magistretti : Cellules gliales, neuroénergétique et maladies neuropsychiatriques. En 2008-2009, cette chaire est thématisée « Développement durable » et est confiée à M. Henri Leridon. Chaire de création artistique. — Créée en 2004 pour accueillir, pendant une année académique, une personnalité illustrant la création artistique contemporaine, et consacrée à toutes les formes de création artistique, cette chaire a eu pour premier titulaire, en 2005-2006, M. Christian de Portzamparc, architecte, qui a traité de : Architecture : figures du monde, figures du temps. La chaire est ensuite occupée, en 2006-2007, par M. Pascal Dusapin, compositeur, dont le cours a pour titre : Composer : musique, paradoxe, flux. En 2007-2008, la chaire est confiée à Mme Ariane Mnouchkine et en 2008-2009 à M. PierreLaurent Aimard. Chaire d’innovation technologique-Liliane Bettencourt. — Créée en 2007, en partenariat avec la fondation Bettencourt-Schueller, cette chaire a pour vocation d’accueillir, pour chaque année académique, un nouveau titulaire chargé de proposer un enseignement à la pointe de la recherche dans les secteurs hautement innovants des nanotechnologies, de l’informatique, des réseaux de communication, du transfert et du cryptage de données, des sciences du vivant. Le premier titulaire, en 2006-2007, a été M. Jean-Paul Clozel, chercheur et P.-D.G. de la société ActelionLtd, qui a traité de : La biotechnologie : de la science au médicament. En 2007-2008, la chaire est occupée par M. Gérard Berry, directeur scientifique de Esterel Technologies, qui s’est consacré à la question : Pourquoi et comment le monde devient numérique. Lui succède, pour 2008-2009, M. Mathias Fink, professeur à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris et directeur du Laboratoire Ondes et acoustique.

L’année indiquée est celle de la délibération de l’Assemblée des Professeurs sur la création.TABLEAU DES CHAIRES DEPUIS 1800 Chaire ancienne 1800 1 Physique mathématique Jacques-Antoine Cousin (1769-1800) Histoire naturelle Louis Daubenton (1778-1799) Chaire nouvelle Physique mathématique Jean-Baptiste Biot (1801-1862) Histoire naturelle Georges Cuvier (1800-1832) 1801 Chimie Jean Darcet (1774-1801) Chimie Nicolas Vauquelin (1801-1804) 1804 Droit de la nature et des gens Mathieu-Antoine Bouchaud (1773-1804) Chimie Nicolas Vauquelin (1801-1804) Création Droit de la nature et des gens Pierre de Pastoret (1804-1821) Chimie Louis-Jacques Thénard (1804-1845) Grec moderne Jean-Baptiste d’Ansse de Villoison (1804-1805) 1805 Persan et Turc Pierre Ruffin (1784-1805) Médecine Jean-Nicolas Corvisart (1796-1804) Persan Antoine-Isaac Silvestre de Sacy (1806-1838) Médecine Jean-Noël Hallé (1805-1822) 1. le maintien ou la transformation de la chaire. .

24 Grec moderne Jean-Baptiste d’Ansse de Villoison (1804-1805) Turc Pierre Ruffin (1805-1822) 1807 Astronomie Jérôme de Lalande (1768-1807) Astronomie Jean-Baptiste Delambre (1807-1822) 1809 Éloquence latine Charles-François Dupuis (1787-1809) Éloquence latine Pierre Guéroult (1809-1816) 1812 Histoire et morale Pierre-Charles Lévesque (1791-1812) Histoire et morale Étienne Clavier (1812-1817) 1813 Poésie latine Jacques Delille (1778-1813) Poésie latine Pierre-François Tissot (1813-1821) 1814 Philosophie grecque et latine Édouard Bosquillon (1775-1814) Littérature française Antoine de Cournand (1784-1814) Création Langue et philosophie grecques Jean-François Thurot (1814-1832) Littérature française Stanislas Andrieux (1814-1833) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Jean-Pierre Abel-Remusat (1814-1832) Langue et littérature sanscrites Léonard de Chézy (1815-1832) 1815 Mathématiques Antoine-Rémy Mauduit (1770-1815) Mathématiques Sylvestre-François Lacroix (1815-1843) 1816 Éloquence latine Pierre Guéroult (1809-1816) Éloquence latine Jean-Louis Burnouf (1817-1844) 1817 Histoire et morale Étienne Clavier (1812-1817) Histoire et morale Pierre Daunou (1819-1830) 1819 Hébreu Prosper-Gabriel Audran (1799-1819) Hébreu Étienne-Marc Quatremère (1819-1857) Création .

25 1821 Droit de la nature et des gens Pierre de Pastoret (1804-1821) Poésie latine Pierre-François Tissot (révoqué) (1813-1821) Droit de la nature et des gens Xavier de Portets (1822-1854) Poésie latine Joseph Naudet (1821-1830) 1822 Médecine Jean-Noël Hallé (1805-1822) Turc Pierre Ruffin (1805-1822) Astronomie Jean-Baptiste Delambre (1807-1822) Médecine René-Théophile Laennec (1822-1826) Turc Daniel Kieffer (1822-1833) Astronomie Jacques Binet (1823-1856) 1823 Physique générale et expérimentale Louis Lefèvre-Gineau (révoqué) (1786-1823) Physique générale et expérimentale André-Marie Ampère (1824-1836) 1826 Médecine René-Théophile Laennec (1822-1826) Médecine Joseph Récamier (1827-1830) 1829 Langue et littérature grecques Jean-Baptiste Gail (1791-1829) Langue et littérature grecques Jean-François Boissonade (1829-1855) 1830 Histoire et morale Pierre Daunou (1819-1830) Poésie latine Joseph Naudet (1821-1830) Histoire et morale Jean-Antoine Letronne (1831-1837) Poésie latine Pierre-François Tissot (rétabli) (1830-1854) 1831 Médecine Joseph Récamier (1827-1830) Création Création Création Médecine François Magendie (1831-1855) Économie politique Jean-Baptiste Say (1831-1832) Archéologie Jean-François Champollion (1831-1832) Histoire générale et philosophique des législations comparées Eugène Lerminier (1831-1849) .

26 1832 Anatomie Antoine Portal (1773-1832) Histoire naturelle Georges Cuvier (1800-1832) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Jean-Pierre Abel-Rémusat (1814-1832) Langue et philosophie grecques Jean-François Thurot (1814-1832) Langue et littérature sanscrites Léonard de Chézy (1815-1832) Économie politique Jean-Baptiste Say (1831-1832) Chaire supprimée Histoire naturelle. puis Histoire naturelle des corps inorganiques Léonce Élie de beaumont (1832-1874) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Stanislas Julien (1832-1873) Philosophie grecque et latine Théodore Jouffroy (1832-1837) Langue et littérature sanscrites Eugène Burnouf (1832-1852) Économie politique Pellegrino Rossi (1833-1840) 1833 Arabe Antoine Caussin de Perceval (1784-1833) Littérature française Stanislas Andrieux (1814-1833) Turc Daniel Kieffer (1822-1833) Arabe Armand-Pierre Caussin de Perceval (1833-1871) Littérature française Jean-Jacques Ampère (1833-1853) Turc Alix Desgranges (1833-1854) 1836 Physique générale et expérimentale André-Marie Ampère (1824-1836) Physique générale et expérimentale Félix Savart (1836-1841) 1837 Archéologie Jean-François Champollion (1831-1832) Histoire et morale Jean-Antoine Letronne (1831-1837) Philosophie grecque et latine Théodore Jouffroy (1832-1837) Création Archéologie Jean-Antoine Letronne (1837-1848) Histoire et morale Jules Michelet (1838-1852) Philosophie grecque et latine Jules Barthélémy Saint-Hilaire (1838-1852) Histoire naturelle des corps organisés Georges Duvernoy (1837-1855) 1838 Persan Antoine-Isaac Silvestre de Sacy (1806-1838) Persan Amédée Jaubert (1838-1847) .

27 1840 Économie politique Pellegrino Rossi (1833-1840) Création Économie politique Michel Chevalier (1840-1879) Langue et littérature slaves Adam Mickiewicz. chargé de cours (1840-1852) 1841 Physique générale et expérimentale Félix Savart (1836-1841) Création Physique générale et expérimentale Henri-Victor Régnault (1841-1871) Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1841-1853) Création Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (1841-1852) 1843 Mathématiques Sylvestre-François Lacroix (1843-1848) Mathématiques Guillaume Libri-Carucci (1815-1843) 1844 Éloquence latine Jean-Louis Burnouf (1817-1844) Création Éloquence latine Désiré Nisard (1844-1852) Embryogénie comparée Victor Coste (1844-1873) 1845 Chimie Louis-Jacques Thénard (1804-1845) Chimie minérale Théophile-Jules Pelouze (1845-1850) 1847 Persan Amédée Jaubert (1838-1847) Persan Jules Mohl (1850-1876) .

Louis-Marie Delahaye de Cormenin Histoire des institutions administratives françaises et étrangères. Turc et Poésie latine. l’Assemblée Nationale rétablit les cinq chaires supprimées et leurs titulaires furent réintégrés au Collège. chargé de cours (1852-1857) . Le 14 novembre 1848. Michelet.28 1848 Le 7 avril 1848. Joseph Decaisne Économie générale et statistique des mines. chargé de cours (1853-1857) Chaire nouvelle Révocation de Quinet. Jean-Martial Bineau Économie générale et statistique des travaux publics. Alfred-Charles Franquet de Franqueville Économie générale et statistique des finances et du commerce. Mickiewicz. Législations comparées. Armand Marrast Droit criminel. Alphonse de Lamartine Droit privé. Faustin Hélie Économie générale et statistique de la population. Louis-Antoine Garnier-Pagès Droit administratif. chargé de cours (1840-1852) Langue et littérature slaves Cyprien Robert. Jean Reynaud Droit international et histoire des traités. pour en créer douze nouvelles destinées à instituer une École d’Administration dont l’existence fut éphémère : Droit politique français et droit politique comparé. un décret du gouvernement provisoire supprima cinq chaires : Économie politique. arts et manufactures. Jean-Victor Poncelet. usines. Droit de la nature et des gens. Langue et littérature slaves Adam Mickiewicz. Augustin Serres Économie générale et statistique de l’agriculture. Alexandre Ledru-Rollin Mécanique. Chaire ancienne 1849 Histoire générale et philosophique des législations comparées Édouard Laboulaye (1849-1883) Archéologie Jean-Antoine Letronne (1837-1848) Histoire des législations comparées Eugène Lerminier (1831-1849) Archéologie Charles Lenormant (1849-1859) 1850 Mathématiques Guillaume Libri-Carucci (1843-1848) Chimie minérale Théophile-Jules Pelouze (1845-1850) Mathématiques Joseph Liouville (1851-1882) Chimie minérale Antoine-Jérôme Balard (1851-1876) 1852 Langue et littérature sanscrites Eugène Burnouf (1832-1852) Langue et littérature sanscrites Théodore Pavie.

chargé de cours (1854-1861). titulaire (1861-1889) 1855 Langue et littérature grecques Jean-François Boissonade (1855-1892) Médecine François Magendie (1831-1855) Histoire naturelle des corps organisés Georges Duvernoy (1837-1855) Langue et littérature grecques Jean-Pierre Rossignol (1829-1855) Médecine Claude Bernard (1855-1878) Histoire naturelle des corps organisés Pierre-Jean-Marie Flourens (1855-1867) Langue et littérature françaises modernes Jean-Jacques Ampère (1853-1864) Philosophie grecque et latine Émile Saisset. titulaire (1857-1862) Éloquence latine Ernest Havet (1854-1885) Turc Abel Pavet de Courteille. titulaire (1856-1887) Poésie latine Charles-Augustin de Sainte-Beuve (1854-1869) Turc Mathurin-Joseph Cor (1854) Histoire et morale Joseph Guigniaut. chargé de cours (1854-1856). chargé de cours (1853-1857) Langues et littératures étrangères de l’Europe moderne Philarète Chasles (1853-1870) .29 Éloquence latine Désiré Nisard (1844-1852) Éloquence latine Wilhelm Rinn (1853-1854) 1853 Littérature française Jean-Jacques Ampère (1833-1853) Philosophie grecque et latine Jules Barthélémy Saint-Hilaire (1838-1852) Fusion des chaires de : — Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (révoqué) (1841-1852) — Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1841-1853) Création Langue et littérature françaises du Moyen Âge Paulin Paris (1853-1872) 1854 Droit de la nature et des gens Xavier de Portets (1822-1854) Poésie latine Pierre-François Tissot (1830-1854) Turc Alix Desgranges (1833-1854) Histoire et morale Jules Michelet (révoqué) (1838-1852) Éloquence latine Wilhelm Rinn (1853-1854) Turc Mathurin-Joseph Cor (1854) Droit de la nature et des gens Adolphe Franck. chargé de cours (1854-1857).

titulaire (1866-1905) 1865 Création Chimie organique Marcelin Berthelot (1865-1907) . chaldaïque. chaldaïque. et syriaque Louis Dubeux.30 1857 Hébreu Étienne-Marc Quatremère (1819-1857) Langue et littérature slaves Cyprien Robert. chaldaïque. titulaire (1862-1894) 1860 Astronomie Jacques Binet (1823-1856) Archéologie Charles Lenormant (1849-1859) Mécanique céleste Joseph Serret (1861-1885) Philologie et archéologie égyptiennes Emmanuel de Rougé (1860-1872) Langues hébraïque. chargé de cours (1852-1857) Philosophie grecque et latine Émile Saisset. chargé de cours (1864-1865). chargé de cours (1853-1857) Langue et littérature sanscrites Théodore Pavie. chargé de cours (1857-1883) Philosophie grecque et latine Charles Lévêque. et syriaque Louis Dubeux. titulaire (1862-1892) 1864 Langue et littérature françaises modernes Jean-Jacques Ampère (1853-1864) Langues hébraïque. chargé de cours (1861). et syriaque Ernest Renan (révoqué) (1862-1864) Création Langue et littérature françaises modernes Louis de Loménie (1864-1878) Langues hébraïque. chargé de cours (1857-1861) Ernerst Renan (1862-1864) Création Épigraphie et antiquités romaines Léon Renier (1861-1885) 1862 Physique mathématique Jean-Baptiste Biot (1801-1862) Histoire et morale Joseph Guigniaut (1857-1862) Physique générale et mathématique Joseph Bertrand (1862-1900) Histoire et morale Alfred Maury. chargé de cours (1857-1862). chargé de cours (1853-1857) Langues hébraïque. chargé de cours (1857-1860). chaldaïque. titulaire (1861-1900) Langue et littérature sanscrites Édouard Foucaux. chargé de cours (1857-1861) Langue et littérature slaves Alexandre Chodzko. et syriaque Salomon Munk (1864-1867) Grammaire comparée Michel Bréal. et syriaque Langues hébraïque. chaldaïque.

31 1869 Poésie latine Charles-Augustin De Sainte-Beuve (1854-1869) Histoire naturelle des corps organisés Pierre-Jean-Marie Flourens (1855-1867) Poésie latine Gaston Boissier (1869-1885) Histoire naturelle des corps organisés Étienne-Jules Marey (1869-1904) 1870 Langues et littératures étrangères de l’Europe moderne Philarète Chasles (1853-1870) Langues hébraïque. et syriaque Ernest Renan (rétabli) (1870-1892) Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (1870-1875) 1871 Arabe Armand-Pierre Caussin de Perceval (1833-1871) Création Arabe Charles-François Defrémery (1871-1883) Histoire des doctrines économiques Émile Levasseur (1871-1885) 1872 Physique générale et expérimentale Henri-Victor Régnault (1841-1871) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Paulin Paris (1853-1872) Physique générale et expérimentale Élie Mascart (1872-1908) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Gaston Paris (1872-1903) 1873 Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Stanislas Julien (1832-1873) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Léon d’Hervey de Saint-Denys (1874-1892) . et syriaque Salomon Munk (1864-1867) Rétablissement Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1870-1873) Langues hébraïque. chaldaïque. chaldaïque.

32 Embryogénie comparée Victor Coste (1844-1873) Philologie et archéologie égyptiennes Emmanuel de Rougé (1860-1872) Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1870-1873) Embryogénie comparée Édouard Balbiani (1874-1899) Philologie et archéologie égyptiennes Gaston Maspero (1874-1916) Langues et littératures d’origine germanique Guillaume Guizot (1874-1892) 1874 Histoire naturelle des corps inorganiques Léonce Élie de Beaumont (1832-1874) Création Création Histoire naturelle des corps inorganiques Charles Sainte-Claire Deville (1875-1876) Histoire de la philosophie moderne Jean Nourrisson (1874-1899) Philologie et archéologie assyriennes Jules Oppert (1874-1905) 1875 Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (1870-1875) Création Langues et littératures de l’Europe méridionale Paul Meyer (1876-1906) Anatomie générale Louis Ranvier (1875-1911) 1876 Persan Jules Mohl (1850-1876) Chimie minérale Antoine-Jérôme Balard (1851-1876) Histoire naturelle des corps inorganiques Charles Sainte-Clairedeville (1875-1876) Persan Adrien Barbier Demeynard (1876-1885) Chimie minérale Paul Schützenberger (1876-1897) Histoire naturelle des corps inorganiques Ferdinand Fouqué (1877-1904) 1877 Création Épigraphie et antiquités grecques Paul Foucart (1877-1926) 1878 Médecine Claude Bernard (1855-1878) Langue et littérature françaises modernes Louis de Loménie (1864-1878) Création Médecine Charles-Édouard Brown-Séquard (1878-1894) Langue et littérature françaises modernes Paul Albert (1878-1880) Esthétique et histoire de l’art Charles Blanc (1878-1882) .

chargé de cours (1857-1883) Arabe Stanislas Guyard (1884) Langues et littératures slaves Louis Léger (1885-1923) Arabe Adrien Barbier de Meynard (1885-1908) 1885 Éloquence latine Ernest Havet (1854-1885) Mécanique céleste Joseph Serret (1861-1885) Épigraphie et antiquités romaines Léon Renier (1861-1885) Poésie latine Gaston Boissier (1869-1885) Histoire des doctrines économiques Émile Levasseur (1871-1885) Persan Adrien Barbier de Meynard (1876-1885) Philologie latine Louis Havet (1885-1925) Mécanique analytique et mécanique céleste Maurice Lévy (1885-1908) Épigraphie et antiquités romaines Ernest Desjardins (1886) Histoire de la littérature latine Gaston Boissier (1885-1906) Géographie. histoire.33 1880 Économie politique Michel Chevalier (1840-1879) Langue et littérature françaises modernes Paul Albert (1878-1880) Création Économie politique Paul Leroy-Beaulieu (1880-1916) Langue et littérature françaises modernes Émile Deschanel (1881-1903) Histoire des religions Albert Réville (1880-1906) 1882 Mathématiques Joseph Liouville (1851-1882) Esthétique et histoire de l’art Charles Blanc (1878-1882) Création Mathématiques Camille Jordan (1883-1912) Esthétique et histoire de l’art Eugène Guillaume (1882-1905) Langues et littératures celtiques Henry d’Arbois de Jubainville (1882-1910) 1883 Histoire des législations comparées Édouard Laboulaye (1849-1883) Arabe Charles-François Defrémery (1871-1883) Histoire des législations comparées Jacques Flach (1884-1919) Arabe Stanislas Guyard (1884) 1884 Langue et littérature slaves Alexandre Chodzko. et statistiques économiques Émile Levasseur (1885-1911) Langues et littératures de la Perse James Darmesteter (1885-1894) .

chaldaïque. et syriaque Philippe Berger (1893-1910) Langues et littératures d’origine germanique Arthur Chuquet (1893-1925) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Édouard Chavannes (1893-1918) 1894 Langue et littérature sanscrites Édouard Foucaux (1862-1894) Médecine Charles-Édouard Brown-Séquard (1878-1894) Langues et littératures de la Perse James Darmesteter (1885-1894) Langue et littérature sanscrites Sylvain Lévi (1894-1935) Médecine Arsène d’Arsonval (1894-1930) Langue et littérature araméennes Rubens Duval (1894-1907) 1897 Chimie minérale Paul Schützenberger (1876-1897) Création Chimie minérale Henri Le Chatelier (1898-1907) Philosophie sociale Jean Izoulet (1897-1929) .34 1886 Épigraphie et antiquités romaines Ernest Desjardins (1886) Épigraphie et antiquités romaines René Cagnat (1887-1930) 1887 Droit de la nature et des gens Adolphe Franck (1856-1887) Psychologie expérimentale et comparée Théodule Ribot (1888-1901) 1890 Turc Abel Pavet de Courteille (1861-1889) Épigraphie et antiquités sémitiques Charles Clermont-Ganneau (1890-1923) 1892 Histoire et morale Alfred Maury (1862-1892) Création Géographie historique de la France Auguste Longnon (1892-1911) Histoire générale des sciences Pierre Laffitte (1892-1903) 1893 Langue et littérature grecques Jean-Pierre Rossignol (1855-1892) Langues hébraïque. chaldaïque et syriaque Ernest Renan (1870-1892) Langues et littératures d’origine germanique Guillaume Guizot (1874-1892) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Léon d’Hervey de Saint-Denys (1874-1892) Langue et littérature grecques Maurice Croiset (1893-1930) Langues et littératures hébraïque.

35 1899 Histoire de la philosophie moderne Jean Nourrisson (1874-1899) Embryogénie comparée Édouard Balbiani (1874-1899) Philosophie moderne Gabriel Tarde (1900-1904) Embryogénie comparée Félix Henneguy (1900-1928) 1900 Philosophie grecque et latine Charles Lévêque (1861-1900) Physique générale et mathématique Joseph Bertrand (1862-1900) Philosophie grecque et latine Henri Bergson (1900-1904) Physique générale et mathématique Marcel Brillouin (1900-1931) 1901 Psychologie expérimentale et comparée Théodule Ribot (1888-1901) Psychologie expérimentale et comparée Pierre Janet (1902-1934) 1902 Création Sociologie et sociographie musulmanes Alfred Le Chatelier (1902-1925) 1903 Langue et littérature françaises du Moyen Âge Gaston Paris (1872-1903) Histoire générale des sciences Pierre Laffitte (1892-1903) Création Langue et littérature françaises du Moyen Âge Joseph Bédier (1903-1936) Histoire générale des sciences Grégoire Wyrouboff (1903-1913) Pathologie générale et comparée Albert Charrin (1903-1907) 1904 Histoire naturelle des corps organisés Étienne-Jules Marey (1869-1904) Histoire naturelle des corps inorganiques Ferdinand Fouqué (1877-1904) Langue et littérature françaises modernes Émile Deschanel (1881-1903) Philosophie moderne Gabriel Tarde (1900-1904) Histoire naturelle des corps organisés Nicolas François-Franck (1905-1921) Histoire naturelle des corps inorganiques Auguste Michel-Lévy (1905-1911) Langue et littérature françaises modernes Abel Lefranc (1904-1937) Philosophie moderne Henri Bergson (1904-1921) 1905 Grammaire comparée Michel Bréal (1866-1905) Philologie et archéologie assyriennes Jules Oppert (1874-1905) Esthétique et histoire de l’art Eugène Guillaume (1882-1905) Grammaire comparée Antoine Meillet (1906-1936) Philologie et archéologie assyriennes Charles Fossey (1906-1939) Esthétique et histoire de l’art Georges Lafenestre (1905-1919) .

réintégré en 1944) Langue et littérature arabes Paul Casanova (1909-1926) Numismatique de l’Antiquité et du Moyen Âge Ernest Babelon (1908-1924) Histoire des religions Alfred Loisy (1909-1932) 1909 Mécanique analytique et mécanique céleste Maurice Lévy (1885-1908) Mécanique analytique et mécanique céleste Jacques Hadamard (1909-1937) 1910 Langues et littératures celtiques Henry d’Arbois de Jubainville (1882-1910) Langues et littératures celtiques Joseph Loth (1910-1930) .36 Philosophie grecque et latine Henri Bergson (nommé en 1904 titulaire de la chaire dePhilosophie moderne) (1900-1904) Histoire et antiquités nationales Camille Jullian (1905-1930) 1906 Langues et littératures de l’Europe méridionale Paul Meyer (1876-1906) Histoire des religions Albert Réville (1880-1906) Histoire de la littérature latine Gaston Boissier (1885-1906) Langues et littératures de l’Europe méridionale Alfred Morel-Fatio (1907-1924) Histoire des religions Jean Réville (1907-1908) Histoire de la littérature latine Paul Monceaux (1907-1934) 1907 Chimie organique Marcelin Berthelot (1865-1907) Chimie minérale Henri Le Chatelier (1898-1907) Pathologie générale et comparée Albert Charrin (1903-1907) Création Chimie organique Émile Jungfleisch (1908-1916) Chimie minérale Camille Matignon (1908-1934) Biologie générale Émile Gley (1908-1930) Histoire du travail Georges Renard (1907-1930) 1908 Physique générale et expérimentale Élie Mascart (1872-1908) Arabe Adrien Barbier Demeynard (1885-1908) Langue et littérature araméennes Rubens Duval (1895-1907) Histoire des religions Jean Réville (1907-1908) Physique générale et expérimentale Paul Langevin (1909-1946) (révoqué en 1940.

histoire et archéologie de l’Asie centrale Paul Pelliot (1911-1945) 1912 Anatomie générale Louis Ranvier (1875-1911) Mathématiques Camille Jordan (1883-1912) Géographie. histoire et statistiques économiques Émile Levasseur (1885-1911) Géographie historique de la France Auguste Longnon (1892-1911) Histoire naturelle des corps inorganiques Lucien Cayeux (1912-1936) Création temporaire (fondation Albert Kahn) Histologie comparée Jean Nageotte (1912-1937) Mathématiques Georges Humbert (1912-1921) Étude des faits économiques et sociaux Marcel Marion (1912-1932) Histoire de l’Afrique du Nord Stéphane Gsell (1912-1932) Géologie Auguste Michel-Lévy (1905-1911) Géographie humaine Jean Brunhes (1912-1930) 1914 Histoire générale des sciences Grégoire Wyrouboff (1903-1913) Chaire supprimée 1916 Philologie et archéologie égyptiennes Gaston Maspero (1874-1916) Chimie organique Émile Jungfleisch (1908-1916) Création (fondation de la Ville de Paris) Chaire supprimée Chaire supprimée Prévoyance et assistance sociales Édouard Fuster (1917-1935) 1917 Économie politique Paul Leroy-Beaulieu (1880-1916) Chimie organique Charles Moureu (1917-1929) 1919 Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Édouard Chavannes (1893-1918) Esthétique et histoire de l’art Georges Lafenestre (1905-1919) Langue et littérature chinoises Henri Maspero (1921-1945) Histoire de l’art français André Michel (1920-1925) 1920 Histoire des législations comparées Jacques Flach (1884-1919) Histoire des sciences Pierre Boutroux (1920-1922) . et syriaque Philippe Berger (1893-1910) Langues. chaldaïque.37 1911 Langues et littératures hébraïque.

protistologie pathologique Louis Nattan-Larrier (1923-1943) 1924 Langues et littératures de l’Europe méridionale Edmond Faral (1925-1954) Numismatique de l’Antiquité et du Moyen Âge Théodore Reinach (1924-1928) Littérature latine du Moyen Âge Alfred Morel-Fatio (1907-1924) Numismatique de l’Antiquité Ernest Babelon (1908-1924) 1925 Philologie latine Louis Havet (1885-1925) Langues et littératures d’origine germanique Arthur Chuquet (1893-1925) Phonétique expérimentale Jean Rousselot (1923-1924) Histoire des littératures comparées de l’Europe méridionale et de l’Amérique latine Paul Hazard (1925-1944) Langues et littératures d’origine germanique Charles Andler (1926-1933) Histophysiologie Justin Jolly (1925-1940) .38 Création Création temporaire Histoire et philologie indochinoises Louis Finot (1920-1930) Enseignement de la coopération Charles Gide (1921-1930) 1921 Philosophie moderne Henri Bergson (1904-1921) Histoire naturelle des corps organisés Nicolas François-Franck (1905-1921) Mathématiques Georges Humbert (1912-1921) Création Philosophie Édouard Leroy (1921-1940) Histoire naturelle des corps organisés André Mayer (1922-1946) Mathématiques Henri Lebesgue (1921-1941) Histoire coloniale Alfred Martineau (1921-1935) 1922 Histoire des sciences Pierre Boutroux (1920-1922) Égyptologie Alexandre Moret (1923-1938) 1923 Langues et littératures slaves Louis Léger (1885-1923) Épigraphie et antiquités sémitiques Charles Clermont-Ganneau (1890-1923) Création Création temporaire Langues et littératures slaves André Mazon (1923-1951) Physiologie des sensations Henri Piéron (1923-1951) Phonétique expérimentale Jean Rousselot (1923-1924) Études coloniales.

39 Création Épidémiologie Hyacinthe Vincent (1925-1936) 1926 Épigraphie et antiquités grecques Paul Foucart (1877-1926) Sociologie et sociographie musulmanes Alfred Le Chatelier (1902-1925) Langue et littérature arabes Paul Casanova (1909-1926) Histoire de l’art français André Michel (1920-1925) Épigraphie grecque Maurice Holleaux (1927-1932) Sociologie et sociographie musulmanes Louis Massignon (1926-1954) Langue et littérature arabes William Marçais (1927-1943) Esthétique et histoire de l’art Gabriel Millet (1926-1937) 1928 Embryogénie comparée Félix Henneguy (1900-1928) Embryogénie comparée Emmanuel Fauré-Frémiet (1928-1954) 1929 Philosophie sociale Jean Izoulet (1897-1929) Chimie organique Charles Moureu (1917-1929) Numismatique de l’Antiquité Théodore Reinach (1924-1928) Création Sociologie Marcel Mauss (1931-1942) Chimie organique Marcel Delépine (1930-1941) Préhistoire Henri Breuil (1929-1947) Mécanique animale appliquée de l’aviation Antoine Magnan (1929-1938) 1930 Histoire et philologie indochinoises Louis Finot (1920-1930) Histoire et philologie indochinoises Jean Przyluski (1931-1944) 1931 Épigraphie et antiquités romaines René Cagnat (1887-1930) Langue et littérature grecques Maurice Croiset (1893-1930) Médecine Arsène d’Arsonval (1894-1930) Physique générale et mathématique Marcel Brillouin (1900-1931) Histoire du travail Georges Renard (1907-1930) Biologie générale Émile Gley (1908-1930) Civilisation romaine Eugène Albertini (1932-1941) Langue et littérature grecques Émile Bourguet (1932-1938) Médecine Charles Nicolle (1932-1936) Physique théorique Léon Brillouin (1932-1949) Histoire du travail François Simiand (1932-1935) Biologie générale Jacques Duclaux (1931-1948) .

Einstein.40 Langues et littératures celtiques Joseph Loth (1910-1930) Création Histoire de la philosophie au Moyen Âge Étienne Gilson (1932-1950) Civilisation américaine Bernard Faÿ (1932-1945) 1932 Histoire des religions Alfred Loisy (1909-1932) Histoire de l’Afrique du Nord Stéphane Gsell (1912-1932) Étude des faits économiques et sociaux Marcel Marion (1912-1932) Création temporaire (fondation de la Ville de Paris) Histoire de la civilisation moderne Lucien Febvre (1933-1949) Histoire ancienne de l’Orient sémitique Isidore Lévy (1932-1941) Géographie économique et politique André Siegfried (1933-1946) Histoire de l’art monumental Paul Léon (1932-1944) 1933 Langues et littératures d’origine germanique Charles Andler (1926-1933) Épigraphie grecque Maurice Holleaux (1927-1932) Création (pour A. qui ne devait jamais l’occuper) Suppression par décret des chaires de : Psychologie expérimentale et comparée Pierre Janet (1902-1934) Histoire de la littérature latine Paul Monceaux (1907-1934) Chimie minérale Camille Matignon (1908-1934) 1935 Histoire et antiquités nationales Camille Jullian (1905-1930) Prévoyance et assistance sociales Édouard Fuster (1917-1935) Histoire du travail François Simiand (1932-1935) Antiquités nationales Albert Grenier (1936-1948) Psychologie et éducation de l’enfance Henri Wallon (1937-1949) Histoire du travail Émile Coornaert (1936-1957) 1936 Langue et littérature sanscrites Sylvain Lévi (1894-1935) Médecine Charles Nicolle (1932-1936) Chimie nucléaire Frédéric Joliot (1937-1958) Langue et littérature sanscrites Jules Bloch (1937-1951) Langues et littératures d’origine germanique Ernest Tonnelat (1934-1948) Histoire des religions Jean Baruzi (1933-1951) Physique mathématique 1934 .

41 1937 Langue et littérature françaises du Moyen Âge Joseph Bédier (1903-1936) Langue et littérature françaises modernes Paul Valéry (1937-1945) Grammaire comparée Antoine Meillet (1906-1936) Géologie Lucien Cayeux (1912-1936) Histoire coloniale Alfred Martineau (1921-1935) Épidémiologie Hyacinthe Vincent (1925-1936) Histoire du vocabulaire français Mario Roques (1937-1946) Poétique Abel Lefranc (1904-1937) Grammaire comparée Émile Benveniste (1937-1972) Géologie méditerranéenne Paul Fallot (1938-1960) Histoire de la colonisation Edmond Chassigneux (1939-1946) Médecine René Leriche (1937-1950) 1938 Mécanique analytique et mécanique céleste Jacques Hadamard (1909-1937) Histologie comparée Jean Nageotte (1912-1937) Égyptologie Alexandre Moret (1923-1938) Esthétique et histoire de l’art Gabriel Millet (1926-1937) Mécanique animale appliquée à l’aviation Antoine Magnan (1929-1938) Langue et littérature grecques Émile Bourguet (1932-1938) Mathématique et mécanique Szolem Mandelbrojt (1938-1972) Morphologie expérimentale et endocrinologie Robert Courrier (1938-1966) Égyptologie Pierre Lacau (1938-1947) Esthétique et histoire de l’art Henri Focillon (1938-1942) Aérolocomotion mécanique et biologique Étienne Œhmichen (1939-1955) Épigraphie et antiquités grecques Louis Robert (1939-1974) 1941 Philologie et archéologie assyriennes Charles Fossey (1906-1939) Physique générale et expérimentale Paul Langevin (1909-1946) (révoqué en 1940. puis à nouveau Paul Langevin Philosophie Louis Lavelle (1941-1951) Affectation réservée Radiobiologie expérimentale Antoine Lacassagne (1941-1951) Chimie organique Charles Dufraisse (1942-1955) . réintégré en 1944) Philosophie Édouard Leroy (1921-1940) Mathématiques Henri Lebesgue (1921-1941) Histophysiologie Justin Jolly (1925-1940) Chimie organique Marcel Delépine (1930-1941) Histoire des arts de l’Orient musulman Albert Gabriel (1941-1953) Physique générale et expérimentale Maurice Debroglie (1942-1944).

histoire et archéologie de l’Asie centrale Paul Pelliot (1911-1945) Histoire naturelle des corps organisés André Mayer (1922-1946) Histoire et philologie indochinoises Jean Przyluski (1931-1944) Théorie des équations différentielles et fonctionnelles Jean Leray (1947-1978) Archéologie paléochrétienne et byzantine André Grabar (1946-1966) Biochimie générale et comparée Jean Roche (1947-1972) Histoire et philologie indochinoises Émile Gaspardone (1946-1965) 2. Einstein en 1933) Poétique Paul Valéry (1937-1945) Psychologie collective Maurice Halbwachs (1944-1945) Langue et littérature chinoises Paul Demiéville (1946-1964) Histoire du monde arabe Jean Sauvaget (1946-1950) Philologie et archéologie assyro-babyloniennes Édouard Dhorme (1945-1951) Physique atomique et moléculaire Francis Perrin (1946-1972) Histoire des créations littéraires en France Jean Pommier (1946-1964) Histoire de la civilisation italienne Augustin Renaudet (1946-1950) 1946 Physique générale et expérimentale Paul Langevin (1909-1946) Langues. peut être parfois daté de l’année suivante. . réintégré en 1944) Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Marcel Bataillon (1945-1965) Psychologie collective Maurice Halbwachs (1944-1945) Histoire de la langue latine Alfred Ernout (1944-1951) Physique cosmique Alexandre Dauvillier (1944-1962) 1945 2 Langue et littérature chinoises Henri Maspero (1921-1945) Langue et littérature arabes William Marçais (1927-1943) Histoire ancienne de l’Orient sémitique Isidore Lévy (1932-1941) Physique mathématique (chaire créée pour A. l’arrêté ministériel déclarant la vacance de la chaire. L’année indiquée est celle de la délibération de l’Assemblée des Professeurs. postérieur de quelques mois.42 Civilisation romaine Eugène Albertini (1932-1941) Civilisation romaine André Piganiol (1942-1954) 1943-1944 Histoire des littératures comparées de l’Europe méridionale et de l’Amérique latine Paul Hazard (1925-1944) Sociologie Marcel Mauss (1931-1942) Esthétique et histoire de l’art Henri Focillon (révoqué) (1938-1942) Mathématique et mécanique Szolem Mandelbrojt (1938-1972) (révoqué en 1942.

43 Civilisation américaine Bernard Faÿ (révoqué) (1932-1945) Géographie économique et politique André Siegfried (1933-1946) Histoire du vocabulaire français Mario Roques (1937-1946) Création Histoire de la civilisation de l’Amérique du Nord Marcel Giraud (1947-1971) Étude du monde tropical Pierre Gourou (1947-1970) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Félix Lecoy (1947-1974) Civilisations de l’Extrême-Orient Paul Mus (1946-1969) 1947 Préhistoire Henri Breuil (1929-1947) Égyptologie Pierre Lacau (1938-1947) Histoire de la colonisation Edmond Chassigneux (1939-1946) Géographie historique de la France Roger Dion (1948-1968) Égyptologie Pierre Montet (1948-1956) Histoire de l’expansion de l’Occident Robert Montagné (1948-1954) 1948 Biologie générale Jacques Duclaux (1931-1948) Langues et littératures d’origine germanique Ernest Tonnelat (1934-1948) Antiquités nationales Albert Grenier (1936-1948) Neurophysiologie générale Alfred Fessard (1949-1971) Langues et littératures d’origine germanique Fernand Mossé (1949-1956) Civilisation indo-européenne Georges Dumézil (1949-1968) 1949 Physique théorique Léon Brillouin (1932-1949) Histoire de la civilisation moderne Lucien Febvre (1933-1949) Psychologie et éducation de l’enfance Henri Wallon (1937-1949) Physique théorique Jean Laval (1950-1970) Histoire de la civilisation moderne Fernand Braudel (1950-1972) Psychologie des arts plastiques René Huyghe (1951-1976) 1950 Médecine René Leriche (1937-1950) Histoire de la civilisation italienne Augustin Renaudet (1946-1950) Histoire du monde arabe Jean Sauvaget (1946-1950) Création (fondation de la ville de Paris) Médecine expérimentale Antoine Lacassagne (1951-1954) Littérature et civilisation italiennes André Pézard (1951-1963) Langue et littérature arabes Gaston Wiet (1951-1959) Histoire et structure sociales de Paris et de la région parisienne Louis Chevalier (1952-1981) .

44 1951 Langues et littératures slaves André Mazon (1923-1951) Physiologie des sensations Henri Piéron (1923-1951) Histoire de la philosophie au Moyen Âge Étienne Gilson (1932-1950) Histoire des religions Jean Baruzi (1933-1951) Langue et littérature sanscrites Jules Bloch (1937-1951) Philosophie Louis Lavelle (1941-1951) Histoire de la langue latine Alfred Ernout (1944-1951) Philologie et archéologie assyro-babyloniennes Édouard Dhorme (1945-1951) Radiobiologie expérimentale Antoine Lacassagne (nommé en 1951. titulaire de la chaire de Médecine expérimentale créée l’année précédente) 1953 Histoire des arts de l’Orient musulman Claude Schaeffer-Forrer (1954-1969) Archéologie de l’Asie occidentale Albert Gabriel (1941-1953) 1954 Littérature latine du Moyen Âge Edmond Faral (1925-1954) Embryogénie comparée Emmanuel Fauré-Frémiet (1928-1954) Civilisation romaine André Piganiol (1942-1954) Médecine expérimentale Antoine Lacassagne (1951-1954) Analyse des faits économiques et sociaux François Perroux (1955-1974) Embryologie expérimentale Étienne Wolff (1955-1974) Civilisation romaine Jean Gagé (1955-1972) Médecine expérimentale Charles Oberling (1955-1960) 1955 Sociologie et sociographie musulmanes Louis Massignon (1926-1954) Aérolocomotion mécanique et biologique Étienne Œhmichen (1939-1955) Sociologie musulmane Henri Laoust (1956-1975) Algèbre et géométrie Jean-Pierre Serre (1956-1994) Langues et littératures slaves André Vaillant (1952-1962) Physique mathématique André Lichnerowicz (1952-1986) Histoire et technologie des systèmes philosophiques Martial Guéroult (1951-1962) Histoire des religions Henri-Charles Puech (1952-1972) Langues et littératures de l’Inde Jean Filliozat (1952-1978) Philosophie Maurice Merleau-Ponty (1952-1961) Littérature latine Pierre Courcelle (1952-1980) Assyriologie René Labat (1952-1974) Histophysiologie Jacques Benoit (1952-1966) .

45 Chimie organique Charles Dufraisse (1942-1955) Histoire de l’expansion de l’Occident Robert Montagné (1948-1954) Chimie organique des hormones Alain Horeau (1956-1980) Histoire sociale de l’Islam contemporain Jacques Berque (1956-1981) 1956 Égyptologie Pierre Montet (1948-1956) Philologie et archéologie égyptiennes Étienne Drioton (1957-1960) 1957 Langues et littératures d’origine germanique Fernand Mossé (1949-1956) Langues et littératures d’origine germanique Robert Minder (1957-1973) 1958 Histoire du travail Émile Coornaert (1936-1957) Chimie nucléaire Frédéric Joliot (1937-1958) Création Démographie sociale : la vie des populations Alfred Sauvy (1959-1969) Physique nucléaire Louis Leprince-Ringuet (1959-1972) Anthropologie sociale Claude Lévi-Strauss (1959-1982) 1959 Langue et littérature arabes Gaston Wiet (1951-1959) Magnétisme nucléaire Anatole Abragam (1960-1985) 1960 Géologie méditerranéenne Paul Fallot (1938-1960) Médecine expérimentale Charles Oberling (1955-1960) Philologie et archéologie égyptiennes Étienne Drioton (1957-1960) Méthodes physiques de l’astronomie André Lallemand (1961-1974) Médecine expérimentale Bernard Halpern (1961-1975) Philologie et archéologie égyptiennes Georges Posener (1961-1978) 1961 Philosophie Maurice Merleau-Ponty (1952-1961) Philosophie de la connaissance Jules Vuillemin (1962-1990) 1962 Histoire et technologie des systèmes philosophiques Martial Guéroult (1951-1962) Langues et littératures slaves André Vaillant (1952-1962) Histoire de la pensée philosophique Jean Hyppolite (1963-1968) Hébreu et araméen André Dupont-Sommer (1963-1971) .

46 1963 Physique cosmique Alexandre Dauvillier (1944-1962) Langue et littérature chinoises Paul Démiéville (1946-1964) Histoire des créations littéraires en France Georges Blin (1965-1988) Littérature et civilisation italiennes André Pézard (1951-1963) Création Création Astrophysique théorique Jean-Claude Pecker (1964-1988) Histoire et civilisations de l’Asie centrale Louis Hambis (1965-1977) Littérature française moderne Jean Pommier (1946-1964) Archéologie et histoire de la Gaule Paul-Marie Duval (1964-1982) Physique théorique des particules élémentaires Jacques Prentki (1965-1983) Génétique cellulaire François Jacob (1965-1991) 1965 Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Marcel Bataillon (1945-1965) Histoire et philologie indochinoises Émile Gaspardone (1946-1965) Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Israël Révah (1966-1973) Étude du monde chinois : institutions et concepts Rolf A. Stein (1966-1981) 1967 Morphologie expérimentale et endocrinologie Robert Courrier (1938-1966) Archéologie paléochrétienne et byzantine André Grabar (1946-1966) Histophysiologie Jacques Benoit (1952-1966) Physiologie cellulaire François Morel (1967-1993) Histoire et civilisation de Byzance Paul Lemerle (1967-1973) Biologie moléculaire Jacques Monod (1967-1973) 1968 Civilisation indo-européenne Georges Dumézil (1949-1968) Préhistoire André Leroi-Gourhan (1969-1982) 1969 Géographie historique de la France Roger Dion (1948-1968) Archéologie de l’Asie occidentale Claude Schaeffer-Forrer (1954-1969) Démographie sociale : la vie des populations Alfred Sauvy (1959-1969) Histoire de la pensée philosophique Jean Hyppolite (1963-1968) Géographie du continent européen Maurice Lelannou (1969-1976) Histoire des sociétés médiévales Georges Duby (1970-1991) Sociologie de la civilisation moderne Raymond Aron (1970-1978) Histoire des systèmes de pensée Michel Foucault (1970-1984) .

47 1970 Civilisations de l’Extrême-Orient Paul Mus (1946-1969) Étude du monde tropical Pierre Gourou (1947-1970) Physique théorique Jean Laval (1950-1970) Art et civilisation de la Renaissance en Italie André Chastel (1970-1984) Étude du Bouddhisme André Bareau (1971-1991) Physique de la matière condensée Pierre-Gilles de Gennes (1971-2004) 1971 Histoire de la civilisation de l’Amérique du Nord Marcel Giraud (1947-1971) Neurophysiologie générale Alfred Fessard (1949-1971) Hébreu et araméen André Dupont-Sommer (1963-1971) Anthropologie physique Jacques Ruffié (1972-1992) Neurophysiologie Yves Laporte (1972-1991) Hébreu et araméen André Caquot (1972-1994) 1972 Physique atomique et moléculaire Francis Perrin (1946-1972) Biochimie générale et comparée Jean Roche (1947-1972) Physique nucléaire Louis Leprince-Ringuet (1959-1972) Physique atomique et moléculaire Claude Cohen-Tannoudji (1973-2004) Biochimie cellulaire François Gros (1973-1996) Physique corpusculaire Marcel Froissart (1973-2004) 1973 Grammaire comparée Émile Benveniste (1937-1972) Mathématique et mécanique Szolem Mandelbrojt (1938-1972) Histoire de la civilisation moderne Fernand Braudel (1950-1972) Histoire des religions Henri-Charles Puech (1952-1972) Civilisation romaine Jean Gagé (1955-1972) Langues et littératures d’origine germanique Robert Minder (1957-1973) Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Israël Révah (1966-1973) Langues et civilisation de l’Asie Mineure Emmanuel Laroche (1973-1985) Analyse mathématique des systèmes et de leur contrôle Jacques-Louis Lions (1973-1998) Histoire de la civilisation moderne Emmanuel Le Roy Ladurie (1973-1999) La Grèce et la formation de la pensée morale et politique Jacqueline de Romilly (1973-1984) Théorie des groupes Jacques Tits (1973-2000) Étude comparée des religions antiques Jean-Pierre Vernant (1975-1984) Histoire sociale et intellectuelle de la Chine Jacques Gernet (1975-1992) .

technique et langage en musique Pierre Boulez (1976-1995) Histoire de Rome Paul-Marie Veyne (1976-1999) Histoire et civilisation du monde byzantin Gilbert Dagron (1975-2001) Langue et littérature arabes classiques André Miquel (1976-1997) 1976 Psychologie des arts plastiques René Huyghe (1951-1976) Médecine expérimentale Bernard Halpern (1961-1975) Géographie du continent européen Maurice Lelannou (1969-1976) Histoire de la création artistique en France Jacques Thuillier (1977-1998) Médecine expérimentale Jean Dausset (1977-1987) Christianisme et gnoses dans l’Orient préislamique Antoine Guillaumont (1977-1986) 1977 Histoire et civilisations de l’Asie centrale Louis Hambis (1965-1977) Sociographie de l’Asie du Sud-Est Lucien Bernot (1978-1985) 1978 Philologie et archéologie égyptiennes Georges Posener (1961-1978) Égyptologie Jean Leclant (1979-1990) 1979 Théorie des équations différentielles et fonctionnelles Jean Leray (1947-1978) Droit international René-Jean Dupuy (1979-1989) .48 Biologie moléculaire Jacques Monod (1967-1973) Histoire et civilisation de Byzance Paul Lemerle (1967-1973) Physiologie du développement Alfred Jost (1974-1987) Histoire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne Jean Delumeau (1975-1994) 1974 Embryologie expérimentale Étienne Wolff (1955-1974) Méthodes physiques de l’astronomie André Lallemand (1961-1974) Communications cellulaires Jean-Pierre Changeux (1975-2006) Neuropsychologie du développement Julian de Ajuriaguerra (1975-1981) 1975 Épigraphie et antiquités grecques Louis Robert (1939-1974) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Félix Lecoy (1947-1974) Assyriologie René Labat (1952-1974) Analyse des faits économiques et sociaux François Perroux (1955-1974) Sociologie musulmane Henri Laoust (1956-1975) Sémiologie littéraire Roland Barthes (1976-1980) Invention.

49 Langues et littératures de l’Inde Jean Filliozat (1952-1978) Sociologie de la civilisation moderne Raymond Aron (1970-1978) Civilisation japonaise Bernard Frank (1979-1996) Chimie des interactions moléculaires Jean-Marie Lehn (1979) 1980 Chimie organique des hormones Alain Horeau (1956-1980) Sémiologie littéraire Roland Barthes (1976-1980) Bio-Énergétique cellulaire Pierre Joliot (1981-2002) Études comparées de la fonction poétique Yves Bonnefoy (1981-1993) 1981 Littérature latine Pierre Courcelle (1952-1980) Histoire et structure sociales de Paris et de la région parisienne Louis Chevalier (1952-1981) Étude du monde chinois : institutions et concepts Rolf A. Stein (1966-1981) Sociologie Pierre Bourdieu (1981-2001) Étude comparée des sociétés africaines Françoise Héritier (1982-1998) Histoire de la pensée hellénistique et romaine Pierre Hadot (1982-1991) 1982 Histoire sociale de l’Islam contemporain Jacques Berque (1956-1981) Préhistoire André Leroi-Gourhan (1969-1982) Neuropsychologie du développement Julian de Ajuriaguerra (1975-1981) Physique statistique Philippe Nozières (1983-2001) Paléoanthropologie et préhistoire Yves Coppens (1983-2005) Neuropharmacologie Jacques Glowinski (1982-2006) 1983 Anthropologie sociale Claude Lévi-Strauss (1959-1982) Archéologie et histoire de la Gaule Paul-Marie Duval (1964-1982) Physique théorique des particules élémentaires Jacques Prentki (1964-1983) Histoire du monde indien Gérard Fussman (1984) Antiquités nationales Christian Goudineau (1984) Analyse et géométrie Alain Connes (1984) 1984 La Grèce et la formation de la pensée morale et politique Jacqueline de Romilly (1973-1984) Étude comparée des religions antiques Jean-Pierre Vernant (1975-1984) Tradition et critique des textes grecs Jean Irigoin (1986-1992) Grammaire et pensée allemandes Jean-Marie Zemb (1986-1998) .

50 1985 Histoire des systèmes de pensée Michel Foucault (1970-1984) Art et civilisation de la Renaissance en Italie André Chastel (1970-1984) Langues et civilisation de l’Asie Mineure Emmanuel Laroche (1973-1985) Épistémologie comparative Gilles-Gaston Granger (1986-1991) Histoire de la France contemporaine Maurice Agulhon (1986-1997) Assyriologie Paul Garelli (1986-1995) 1986 Physique mathématique André Lichnerowicz (1952-1986) Magnétisme nucléaire Anatole Abragam (1960-1985) Christianisme et gnoses dans l’Orient préislamique Antoine Guillaumont (1977-1986) Sociographie de l’Asie du Sud-Est Lucien Bernot (1978-1985) Analyse économique Edmond Malinvaud (1987-1993) Géodynamique Xavier Le Pichon (1987-2008) Théorie linguistique Claude Hagège (1988-2006) Rhétorique et société en Europe (XVI e-XVII esiècles) Marc Fumaroli (1987-2002) 1987 Physiologie du développement Alfred Jost (1974-1987) Embryologie cellulaire et moléculaire Nicole Le Douarin (1988-2000) 1988 Médecine expérimentale Jean Dausset (1977-1987) Médecine expérimentale Pierre Corvol (1989) 1989 Astrophysique théorique Jean-Claude Pecker (1964-1988) Droit international René-Jean Dupuy (1979-1989) Création Astrophysique observationnelle Antoine Labeyrie (1991) Histoire des syncrétismes de la fin de l’Antiquité Michel Tardieu (1991-2008) Chaire européenne Harald Weinrich (1989-1990) 1990 Littérature française moderne Georges Blin (1965-1988) Égyptologie Jean Leclant (1979-1990) Histoire de la Chine moderne Pierre-Étienne Will (1991) Égyptologie Jean Yoyotte (1991-1997) .

et sud-américaines Nathan Wachtel (1992-2005) Wolf Lepenies (1991-1992) 1992 Génétique cellulaire François Jacob (1964-1991) Étude du Bouddhisme André Bareau (1971-1991) Histoire sociale et intellectuelle de la Chine Jacques Gernet (1975-1992) Histoire de la pensée hellénistique et romaine Pierre Hadot (1982-1991) Chaire européenne Création Génétique moléculaire Pierre Chambon (1993-2002) Histoire moderne et contemporaine du monde russe François-Xavier Coquin (1993-2001) Langues et religions indo-iraniennes Jean Kellens (1993) Histoire économique et monétaire de l’Orient hellénistique Georges Le Rider (1993-1998) Umberto Eco (1992-1993) Chaire internationale Bronislaw Geremek (1992-1993) 1993 Anthropologie physique Jacques Ruffié (1972-1992) Études comparées de la fonction poétique Yves Bonnefoy (1981-1993) Tradition et critique des textes grecs Jean Irigoin (1986-1992) Chaire européenne Chaire internationale Fondements et principes de la reproduction humaine Étienne Baulieu (1993-1998) Littératures de la France médiévale Michel Zink (1994) Les civilisations de l’Europe au néolithique et à l’âge du bronze Jean Guilaine (1994-2007) Werner Hildenbrand (1993-1994) Zhang Guangda (1993-1994) 1994 Physiologie cellulaire François Morel (1967-1993) Hébreu et araméen André Caquot (1972-1994) Biologie moléculaire des plantes Joseph Schell (1994-1998) Antiquités sémitiques Javier Teixidor (1995-2001) .51 1991 Philosophie de la connaissance Jules Vuillemin (1962-1990) Histoire des sociétés médiévales Georges Duby (1970-1991) Neurophysiologie Yves Laporte (1972-1991) Épistémologie comparative Gilles-Gaston Granger (1986-1990) Chaire européenne Langues et littératures romanes Harald Weinrich (1992-1998) Histoire de l’Occident méditerranéen au Moyen Âge Pierre Toubert (1992-2003) Physiologie de la perception et de l’action Alain Berthoz (1992) Histoire et anthropologie des sociétés méso.

52 Histoire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne Jean Delumeau (1975-1994) Analyse économique Edmond Malinvaud (1987-1993) Chaire européenne Chaire internationale Biologie historique et évolutionnisme Armand de Ricqlès (1995) Philosophie du langage et de la connaissance Jacques Bouveresse (1995) Norbert Ohler (1994-1995) Orest Ranum (1994-1995) 1995 Algèbre et géométrie Jean-Pierre Serre (1956-1994) Invention. technique et langage en musique Pierre Boulez (1976-1995) Assyriologie Paul Garelli (1986-1995) Chaire européenne Chaire internationale Équations différentielles et systèmes dynamiques Jean-Christophe Yoccoz (1996) Anthropologie théâtrale Jerzy Grotowski (1996-1999) Chimie des solides Jean Rouxel (1996-1998) Klaus Rajewski (1995-1996) Harris Memel-Fotê (1995-1996) 1996 Biochimie cellulaire François Gros (1973-1996) Chaire européenne Chaire internationale Immunologie moléculaire Philippe Kourilsky (1998) Pieter Westbroek (1996-1997) Igor Mel’čuk (1996-1997) 1997 Civilisation japonaise Bernard Frank (1979-1996) Égyptologie Jean Yoyotte (1991-1997) Chaire européenne Chaire internationale Histoire de la France des Lumières Daniel Roche (1999-2005) Histoire turque et ottomane Gilles Veinstein (1999) Abram Deswaan (1997-1998) Brian Stock (1997-1998) 1998 Langue et littérature arabes classiques André Miquel (1976-1997) Étude comparée des sociétés africaines Françoise Héritier (1982-1998) Histoire de la France comtemporaine Maurice Agulhon (1986-1997) Langues et littératures romanes Harald Weinrich (1992-1998) Assyriologie Jean-Marie Durand (1999) Littératures modernes de l’Europe néolatine Carlo Ossola (1999) Théorie économique et organisation sociale Roger Guesnerie (2000) Histoire et civilisation du monde achéménide et de l’empire d’Alexandre Pierre Briant (1999) .

histoire Nicolas Grimal (2000) Hans-Wilhelm Müler-Gärtner (1999-2000) James Watson Cronin (1999-2000) 2000 Histoire de la civilisation moderne Emmanuel Le Roy Ladurie (1973-1999) Histoire de Rome Paul Veyne (1976-1999) Physique statistique Philippe Nozières (1983-2001) Embryologie cellulaire et moléculaire Nicole Le Douarin (1988-2000) Anthropologie théâtrale Jerzy Grotowski (1996-1999) Chimie de la matière condensée Jacques Livage (2001) Histoire de l’art européen médiéval et moderne Roland Recht (2001) Évolution du climat et de l’océan Édouard Bard (2001) Génétique et physiologie cellulaire Christine Petit (2001) Religion. institutions et société de la Rome antique John Scheid (2001) . Gaehtgens (1998-1999) Patrice Higonnet (1998-1999) 1999 Analyse mathématique des systèmes et de leur contrôle Jacques-Louis Lions (1973-1998) Histoire de la création artistique en France Jacques Thuillier (1977-1998) Grammaire et pensée allemandes Jean-Marie Zemb (1986-1998) Histoire économique et monétaire de l’Orient hellénistique Georges Le Rider (1993-1998) Biologie moléculaire des plantes Joseph Schell (1994-1998) Chimie des solides Jean Rouxel (1996-1998) Chaire européenne Chaire internationale Théorie des Nombres Don Zagier (2000) Philosophie des sciences biologiques et médicales Anne Fagot-Largeault (2000) Philosophie et histoire des concepts scientifiques Ian Hacking (2000-2006) Anthropologie de la Nature Philippe Descola (2000) Physique quantique Serge Haroche (2001) Civilisation pharaonique : Archéologie.53 Fondements et principes de la reproduction humaine Spyros Artavanis-Tsakonas (2000) Chaire européenne Chaire internationale Biologie et génétique du développement Étienne-Émile Baulieu (1993-1998) Thomas W. philologie.

gravitation et cosmologie Gabriele Veneziano (2004) Theodor Berchem (2003-2004) Jayant Vishnu Narlikar (2003-2004) 2004 Physique atomique et moléculaire Claude Cohen-Tannoudji (1973-2004) Histoire de l’Occident méditerranéen au Moyen-Âge Pierre Toubert (1992-2003) Rationalité et sciences sociales Jon Elster (2006) Psychologie cognitive expérimentale Stanislas Dehaene (2005) .54 Chaire européenne Chaire internationale Michael Edwards (2000-2001) Miklós Szabó (2000-2001) 2001 Théorie des groupes Jacques Tits (1973-2000) Sociologie Pierre Bourdieu (1981-2001) Antiquités sémitiques Javier Teixidor (1995-2001) Chaire européenne Chaire internationale Histoire moderne et contemporaine du politique Pierre Rosanvallon (2001) Études juridiques comparatives et internationalisation du droit Mireille Delmas-Marty (2002) Équations aux dérivées partielles et applications Pierre-Louis Lions (2002) Claudio Magris (2001-2002) Paul Farmer (2001-2002) 2002 Histoire et civilisation du monde byzantin Gilbert Dagron (1975-2001) Rhétorique et sociétés en Europe (XVI e-XVII esiècles) Marc Fumaroli (1987-2002) Histoire moderne et contemporaine du monde russe François-Xavier Coquin (1993-2001) Génétique moléculaire Pierre Chambon (1993-2002) Chaire européenne Chaire internationale Étude de la création littéraire en langue anglaise Michael Edwards (2003-2008) Épigraphie et histoire des cités grecques Denis Knoepfler (2003) Histoire contemporaine du monde arabe Henry Laurens (2003) Génétique humaine Jean-Louis Mandel (2003) Hans Belting (2002-2003) Stuart Edelstein (2002-2003) 2003 Bioénergétique cellulaire Pierre Joliot (1981-2002) Chaire européenne Chaire internationale Particules élémentaires.

critique.55 Chaire européenne Chaire internationale Sandro Stringari (2004-2005) Celâl Sengör (2004-2005) 2005 Physique de la matière condensée Pierre-Gilles de Gennes (1971-2004) Physique corpusculaire Marcel Froissart (1973-2004) Histoire de la France des Lumières Daniel Roche (1999-2005) Chaire européenne Chaire internationale Chaire de création artistique Physique mésoscopique Michel Devoret (2007) Littérature française moderne et contemporaine : histoire. théorie Antoine Compagnon (2006) Écrit et cultures dans l’Europe moderne Roger Chartier (2006) Maurice Bloch (2005-2006) Thomas Pavel (2005-2006) Christian de Portzamparc (2005-2006) 2006 Histoire et anthropologie des sociétés méso-et sud-américaines Nathan Wachtel (1992-2005) Chaire européenne Chaire internationale Chaire de création artistique Chaire d’innovation technologiqueLiliane Bettencourt Processus morphogénétiques Alain Prochiantz (2007) Daniele Vitali (2006-2007) Guy Orban (2006-2007) Pascal Dusapin (2006-2007) Jean-Paul Clozel (2006-2007) 2007 Communications cellulaires Jean-Pierre Changeux (1975-2006) Neuropharmacologie Jacques Glowinski (1982-2006) Paléoanthropologie et préhistoire Yves Coppens (1983-2005) Théorie linguistique Claude Hagège (1988-2006) Les civilisations de l’Europe au néolithique et à l’âge du bronze Jean Guilaine (1994-2007) Philosophie et histoire des concepts scientifiques Ian Hacking (2000-2006) Chimie des processus biologiques Marc Fontecave (2008) Microbiologie et maladies infectieuses Philippe Sansonetti (2007) Paléontologie humaine Michel Brunet (2007) Milieux bibliques Thomas Römer (2007) Physique de la matière condensée Histoire intellectuelle de la Chine Anne Cheng (2008) .

Développpement durable Chaire de création artistique Chaire d’innovation technologiqueLiliane Bettencourt Henri Leridon (2008-2009) Pierre-Laurent Aimard (2008-2009) Mathias Fink (2008-2009) Chaire internationale .Savoirs contre pauvreté Esther Duflo (2008-2009) .56 Chaire européenne Chaire internationale Chaire de création artistique Chaire d’innovation technologiqueLiliane Bettencourt Manfred Kropp (2007-2008) Pierre Magistretti (2007-2008) Ariane Mnouchkine (2007-2008) Gérard Berry (2007-2008) 2008 Chaire européenne .

Dans un cas comme dans l’autre. si elle juge préférable. des enseignements nouveaux peuvent être institués. il est donc nécessaire qu’il y ait des chaires indépendantes où s’enseignent. l’inviter à y substituer un enseignement différent. elle n’est liée. elle peut. Il appartient au Ministre de . à partir de 1969 intégration des trois chaires municipales dans le budget de l’État). 144). De plus en plus. de plus en plus. selon l’esprit de son royal fondateur. Selon que les sciences diverses se modifient et selon que se produisent des hommes aptes à les faire progresser. l’autre en seconde . de droit. parce qu’elle est sa raison d’être . Le nombre des chaires de professeurs titulaires est actuellement de cinquantedeux (décret du 22 juin 1934. par des vues personnelles. Nulle part. N’étant pas enfermé dans un cycle d’études invariables. LE RÔLE PROPRE ET L’ORGANISATION DU COLLÈGE DE FRANCE De cet historique des chaires. en principe. l’un en première ligne. la recherche scientifique ne jouit d’une indépendance aussi large. mais celles qui sont en voie de se faire » (Questions contemporaines p. et par là. Chaque fois qu’un de ces traitements devient disponible par retraite. le Collège de France n’a pas. C’est ce qui a fait dire à Ernest Renan qu’« à côté des établissements où se garde le dépôt des connaissances acquises. de chaires permanentes. dans le domaine de leurs recherches propres. elle désigne deux candidats. ses enseignements ne sont assujettis à d’autre programme que celui défini chaque année par le titulaire de la chaire et approuvé par l’Assemblée des Professeurs. comme il a été dit plus haut. par conséquent. et. à son tour. du 4 août 1956. elle a déterminé son organisation. qui communique les documents à l’une des cinq Académies de l’Institut de France : celle-ci présente. Elle transmet les procès-verbaux de ses délibérations et ses votes au Ministre. à des enseignements nouveaux qui n’avaient pas encore reçu ailleurs droit de cité. des résultats nouveaux. et. il lui est possible d’appeler à lui des savants qui ne sont pas des professeurs de carrière mais qui se sont signalés par des découvertes. dans cette désignation. dès que sa proposition est acceptée. cette liberté est devenue sa loi. non les branches de la Science qui sont faites. Elle peut demander au Ministre le maintien de l’enseignement dont le titulaire vient de disparaître . l’Assemblée des professeurs est appelée. du 30 décembre 1957 et de 1964 . démission ou décès d’un titulaire. à décider à quel enseignement il conviendrait d’affecter le crédit qui se trouve ainsi sans emploi. D’autre part. les enseignements anciens peuvent disparaître ou se transformer. il ne prépare à aucun examen et. par aucune condition de grade.57 IV. et dans les mêmes formes. Le Collège de France recrute sans condition de grades universitaires . loi de finances du 24 mai 1951. deux candidats. il ressort que le Collège de France a servi souvent. par des travaux originaux. Il suffit qu’on soit en droit d’attendre d’eux.

En outre. comme il a été indiqué plus haut. par des publications. Quelle qu’en soit la forme. consacrée à toutes les formes de création artistique. par des missions. cette possibilité a été étendue à l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur européens à partir de 1989. La simple vulgarisation en est exclue. Chaque professeur choisit. . ne saurait être absolue . il arrive qu’on juge nécessaire de conserver une chaire. d’année en année. sans doute. le futur professeur . Dans l’enseignement aussi prédomine le même principe de liberté. chaire d’Innovation technologique-Liliane Bettencourt. l’Assemblée des Professeurs cherche à conserver une juste proportion entre chaires de Sciences exactes et chaires de Lettres et Sciences humaines. analyses plus exactes ou synthèses plus suggestives. Il est entendu. en partenariat avec la fondation BettencourtSchueller. un enseignement relatif à leurs recherches. — en 1991. éclaircissements personnels. Dans la pratique. en France ou dans d’autres pays . la liberté de transformation. en 2007. en 2004 est créée une chaire de création artistique. destinée à une personnalité originaire des pays de l’Europe de l’Est ou d’autres continents. le sujet de son cours dans le domaine scientifique qui lui est propre. À partir de 1970 le principe de chaires de « professeur associé » a été admis. s’il y a lieu de faire place à un maître original. et deux crédits de chaire ont été ouverts à cet effet au budget de l’État. et généralement dans l’ordre particulier de recherches auxquelles il s’applique à ce moment. Les professeurs s’accordent à prendre comme point de départ ce qui est connu et se proposent toujours d’y ajouter quelques éléments nouveaux : faits d’expérience. destinée à une personnalité scientifique originaire d’un pays membre de la Communauté économique européenne . les enseignements ont pour règle commune de viser au développement de la science. que cet enseignement même n’est que l’une des formes extérieures de leur activité scientifique. Puis.58 choisir. celui-ci est nommé par un décret du Président de la République. qui est un élément constitutif de l’institution du Collège. bien que de nombreuses chaires de même titre existent dans les Universités. Enfin. extraeuropéens à partir de 1992. Des savants étrangers sont ainsi invités chaque année par l’Assemblée à venir au Collège donner. une chaire dite internationale. ou mieux. au reste. Une partie de l’enseignement peut être donné dans des institutions françaises en dehors de Paris. entre les candidats proposés. Il le soumet ensuite à l’approbation de l’Assemblée des professeurs du Collège. vues ou interprétations propres. par les travaux divers qu’ils font eux-mêmes ou qu’ils suscitent et dirigent. qui accueille chaque année un professeur différent. est créée une nouvelle chaire annuelle. laquelle se traduit aussi bien. En outre deux chaires permettant l’accueil de savants étrangers pour la durée d’une année académique ont été créées : — en 1989. une chaire dite européenne. pendant un ou deux mois.

nommé selon les mêmes règles. L’exécution de ces décisions et la direction des services sont confiées à un Administrateur. qui déjà était investi de la personnalité civile. Jean-Antoine Letronne (1840-1848). profiter de leurs suggestions et des ressources spéciales qu’ils ont pu réunir. il n’y a ni immatriculation ni droits à payer. Il est doté d’un Conseil d’établissement ». sous réserve de l’approbation ministérielle. Bien entendu. L’accès des salles d’enseignement est entièrement libre. viennent s’adjoindre les directions données aux recherches individuelles qui se font dans les divers laboratoires. C’est à l’Assemblée des professeurs qu’appartiennent. dans la limite des places disponibles. modifie les textes antérieurs (décrets de 1911 et 1935). Il est dirigé par un administrateur assisté de deux directeurs adjoints. qui viennent demander les conseils de savants connus. depuis l’institution de ce titre : Louis Lefèvre-Gineau (1800-1823). à côté de lui. et un secrétaire. l’un chargé des affaires culturelles et des relations extérieures. par délégation. se familiariser avec leur méthode. Il stipule notamment que « le Collège de France est administré par l’Assemblée du Collège de France. sur la proposition du Ministre. Il ne s’agit en aucun cas de préparation aux examens universitaires. le Chef de l’État. Celui-ci doit être pris parmi les professeurs. quatorze représentants élus des personnels et quatre personnalités extérieures — doit précéder la délibération de l’Assemblée dans les matières énumérées par le décret. ces recherches comportent toujours. un travail personnel et vraiment scientifique. L’Assemblée du Collège de France comprend les 52 professeurs titulaires avec voix délibérative . L’avis du Conseil d’établissement — qui comprend. choisis l’un et l’autre parmi les professeurs. Isaac Silvestre de Sacy (1824-1838). Elles sont surtout l’affaire de chercheurs déjà engagés dans une voie déterminée. Le Collège de France ne fait pas partie des Universités de Paris. neuf professeurs. Elle détermine la politique scientifique de l’établissement et joue également le rôle d’un Conseil d’administration. outre l’Administrateur. les deux professeurs associés dans les chaires européenne. et. qui ne sont pas assujettis à des programmes. l’établissement. du ministre ayant en charge l’Enseignement supérieur et la Recherche. a été également doté de l’autonomie financière. Les cours du Collège étant ouverts à tous. de la part de ceux qui les font auprès des professeurs. Voici la liste des Administrateurs du Collège. aux leçons proprement dites. Il relève directement de son protecteur. un vice-président. Jules . Il préside l’Assemblée. dont le bureau comprend. Par une loi du 31 décembre 1932. Il est présenté par ses collègues et nommé par trois ans par décret du Président à la République. Louis Thénard (1838-1840). exception faite pour les doctorats. Un décret du 5 octobre 1990 portant organisation du Collège de France. l’autre chargé des affaires administratives et financières. internationale et de création artistique peuvent y siéger avec voix consultative. toutes les décisions relatives aux intérêts généraux de l’établissement.59 C’est pourquoi.

« au progrès des connaissances ».1903). Don Singer-Polignac Le Collège de France a reçu depuis 1950. Gaston Boissier (1892-1894). Wilhelm Rinn (1853-1854). Gilbert Dagron (1997-2000). Stanislas Julien (1854-1873). selon l’avis de l’Assemblée des professeurs. Étienne Wolff (1966-1974). André Miquel (1991-1997). princesse Edmond de Polignac. Les revenus des sommes provenant de ces legs doivent être affectés d’une part à des études d’histoire et d’archéologie byzantines. fondation Voronoff ». Pierre Corvol. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter. Émile Levasseur (1903-1911). l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter les legs faits au Collège par Gustave Schlumberger. Donations Gustave Schlumberger Par décret du 24 juin 1932. d’histologie ou autres laboratoires similaires. Jacques Glowinski (2000-2006). chaque année. L’affectation précise des fonds est déterminée chaque année par l’Assemblée des professeurs. DONATIONS Les ressources mises à la disposition du Collège par divers donateurs lui permettent. de façon générale. en souvenir de Winnaretta Singer. épouse Voronoff. Gaston Paris (1894. Maurice Croiset (19111929). pour la création et l’entretien d’une « Station de chirurgie expérimentale.60 Barthélémy Saint-Hilaire (1848-1852). Edmond Faral (1937-1954). Marcel Bataillon (1955-1965). de favoriser certains efforts de la pensée scientifique. et selon sa volonté. Édouard Laboulaye (1873-1883). Ernest Renan (1883-1892). Xavier Deportets (1852-1853). Donation Jean Ébersolt Mme Jean Ébersolt a fait une donation en 1968 dont les arrérages doivent être affectés au développement des études d’Histoire et civilisation de Byzance. le revenu annuel est attribué aux laboratoires de biologie. . V. la donation faite à cet établissement par Mme Frances Évelyn Bostwick. au nom du Collège. Joseph Bédier (1929-1936). Donation Voronoff Par décret du 28 septembre 1920. Yves Laporte (1980-1991). des dons importants dont les revenus doivent servir. Depuis le décès de la donatrice. d’autre part à des études de numismatique. Alain Horeau (19741980).

Les revenus de cette somme permettent d’inviter de jeunes biologistes français ou étrangers à venir chaque année au Collège exposer. Cohen . en 1967. Jules-Alphonse Hoffmann. Stéphane Romero. Des conférences ont été données en 1966. les résultats de leurs recherches. en 2004 à M. en 1983 à M. en 1986 à M. en 2006 à M. en 1991 à Mme Françoise Dieterlen. a décidé que désormais serait attribué un prix Antoine Lacassagne auquel seraient associées deux conférences . Fauve. pour l’année 2005 à M. Luc Montagnier . en 1998 à Mme Marie-Aimée Teillet. en 1976. Michel Imbert. Guy Blaudin de Thé. Liyuan et pour l’année 2006 à M. par Mme Nicole Le Douarin . son montant est de 1 600 €. Michel Bornens. Robert M. Gérard Couly. Mariano Sigman. par le Docteur J. Prix décerné en 1977 à Mme Andrée Tixier-Vidal. Claude Kordon . en 1999 à M. en 1981 à M. Alain Doucet. en 1987 à M. en 1993 à M. par M. par M. Thomas Bourgeron. . en 1994 à M. François Chapeville . en 1971. L’Assemblée des professeurs du 20 février 1977. Fazilleau. Werner Graf. en 1996 à M. seront jugés aptes à poursuivre leurs travaux dans les laboratoires du Collège de France. Le prix Delheim est attribué en 2007 à M. en 1968. Jean Girard. François Cuzin. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le don fait au Collège de France par Antoine Lacassagne. Philippo Rijli. Antonio Coutinho. en 1979 à M. Michel Hamon. Pierre Freychet. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le legs fait au Collège de France par Mme J. en 1988 à M. par le Docteur Michel Boiron . en 1977. Georges N. Dellheim « pour aider les jeunes savants peu fortunés qui. en 1984 à M. en 2005 à Mme Ana Cumano. par M. en 1989 à M. en 1982 à M. en français. en 1970. Jean. en vue de recherches scientifiques susceptibles de contribuer au soulagement de l’humanité ». après avoir fait de fortes études. en 1978 à M. par M. en 1985 à M.61 Fondation Paul Dellheim Par décret du 5 juin 1956. François Gros . en 1975. en 1992 à Mme Anne-Marie Thierry. Emmanuel Pierrot-Deseilligny. en 2007 à M. Fondation Antoine Lacassagne Par décret du 6 janvier 1964. Jacques Glowinski. Philippe Kourilsky. Jean-Antoine Giraud. qui fut titulaire de la chaire de Médecine expérimentale (de 1951 à 1954). par M. en 1990 à M. par M. Harel . Alexeï Grantyn.Paul Lévy . en 2002 à M. en 1995 à M. Dominique Stehelin. en 1973. du montant du prix de 10 000 dollars que lui a décerné l’organisation des Nations Unies pour ses travaux sur le cancer. Le prix Dellheim pour l’année 2004 est attribué à M. par M. par le Docteur Patrick Derome . Jean-François Nicolas. Serge Jard. en 1997 à M. en 1980 à M. en 1974. en 1972. Pierre Tiollais.

Jean Chazy. Michel Demazure. Jean-Louis Destouches. Hubert Delange. à partir de 1900. 1911. Jules Bocquet. Marcel Froissart. Laurent Schwartz. depuis l’origine. F. Henri Galbrun. Jacques Deny. 1910. Émile Traynard. Philippe Michel. Jean-Louis Koszul. Maurice Janet. Maurice Roseau. Frédéric Roger. Bernard Malgrange. Jean Leray. au bénéfice de mathématiciens âgés de moins de trente ans et s’étant signalés dans l’ordre des mathématiques théoriques ou appliquées. 1906. Fondation Claude-Antoine Peccot Plusieurs donations successives (en 1886. Jean Combes. la liste des personnes qui ont bénéficié des prix ou ont reçu la charge du cours : Bourses et prix À partir de 1885 : L. Haïm Brézis. Claude Chevalley. 1909. Louis Rémy. 1901. Jean Chazy. René de Possel. Voici. Adolphe Bühl. Jacqueline Ferrand. Louis-Emmanuel Leroy. transformées par la suite en prix . Léon Brillouin. René Garnier. 1905. Émile Terroine. Jean-Pierre Serre. Émile Borel. Jacques Solomon. Jean Dieudonné. 1903. Gabriel Pélissier. Emmanuel FauréFremiet. Georges Bourion. Cédric Vilani. puis. Maurice Gevrey. qui fut titulaire de la chaire de Grammaire comparée (de 1906 à 1936). Pierre Cartier. Daniel Dugué. Henri Lebesgue. Paul Dubreil. PaulAndré Meyer. 1908. 1907. en 1894. Gabriel Mokobodzki. Osée Marcus. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le legs fait au Collège par Antoine Meillet. Henri Lebesgue. François Bruhat. une charge de cours. Élie Cartan. Gabriel Mesuret. Noam Elkies. Jacques Hadamard. Ludovic Zoretti. André Weil. 1er . René-Maurice Fréchet. Albert Chatelet. Laurent Lafforgue. Gaston Julia.62 Legs Antoine Meillet Par décret du septembre 1937. Joseph Marty. Bortniker. Marcel Courtines. Roger Apéry. en 1902) ont permis de créer d’abord des bourses. Vincent Lafforgue. Émile Borel. Hervé Jacquet. Pierre Boutroux. Grégory Choodnovsky. Paul Lévy. Paul Frion. Albert Laborde-Scar. Émile Borel. Paul Malliavin. Jean-Benoît Bost. Guillaume Servant. Henri Cartan. suivant les vœux du donateur. 1904. Szolem Mandelbrojt. Georges Giraud. en 1897. Pierre Fatou. René Baire. Jules Drach. Lafore. Les revenus de ce legs sont affectés à des études de linguistique théorique. Yves Rocard. Gérard Petiau. Pierre Boutroux. Chargés de cours 1900. 1912. Gaëtan Chenevier. Roux. 1902. Wladimir Bernstein. en outre. Jean-Pierre Demailly. Jacques Dufresnoy. Coty. Alain Connes.

Marcel Berger. Marie-Louise Dubreil-Jacotin. Jean-Paul Benzécri. Roger Godement. 1965. Louis Boutet de Monvel. Maurice Roseau. Marie-Antoinette Tonnelat. Jacques-Louis Lions. 1927. Henri Milloux. Yves Rocard. François Bruhat. Jean-Pierre Kahane. Gérard Pétiau. 1952. Jean-Marc Fontaine. Torsten Carleman. Joseph Kampé Defériet. 1951. 1924. Paul-André Meyer. Yvonne Fourès-Bruhat. Édouard-René Garnier. 1932. 1961. André Neveu. 1956. André Weil. Robert Deltheil. 1964. 1925. Michel Raynaud. Evry Schatzman. 1929. 1974. Jean-Louis Koszul. 1962. Gaston Julia. 1942. Claude Chevalley. Jacques Dufresnoy. 1949. Jacques Neveu. Arnaud Denjoy. Gérard Schiffmann. Jean Leray. Jean Combes. Marcel Froissart. 1920. Jacqueline Ferrand. 1937. Paul Malliavin. 1933. 1966. Jean-Pierre Serre. Jean-Pierre Ferrier. Laurent Schwartz. 1950. 1969. 1947. René Lagrange.63 1913. 1918. Alexandre Grothendieck. 1923. Maurice Gevrey. Haïm Brézis. Gustave Choquet. 1976. 1934. 1972. Philippe Nozières. Pierre Gabriel. 1968. 1935. Jacques Solomon. Georges Bourion. 1928. 1946. Roger Temam. Pierre Grisvard. 1938. 1963. Michel Demazure. Marcel Legaut. Yvette Amice. 1944. 1914. Gaston Julia. 1943. 1926. Wladimir Bernstein. 1931. Jean Favard. 1930. 1971. 1941. Jean Delsarte. 1957. 1955. Roger Apéry. Jacques Deny. René Thiry. Claude Chabauty. François Laudenbach. Paul Lévy. 1958. 1975. Yves Meyer. 1967. Alain Connes. Szolem Mandelbrojt. Édouard-René Garnier. 1919. Maurice Janet. Jean-Louis Destouches. Bernard Teissier. 1922. Hervé Jacquet. . René Depossel. Uriel Frisch. Robert Roussarie. 1915. Jean Dieudonné. 1945. Frédéric Marty. Pierre Deligne. 1970. Henri Cartan. Claude Morlet. Jean Zinn-Justin. Michel Duflo. Gabriel Mokobodzki. Pierre Cartier. Jean Ginibre. 1936. 1973. Hubert Delange. Léon Brillouin. André Lichnerowicz. 1953. Jean Ville. 1954. Bernard Malgrange 1960. Georges Giraud. Paul Dubreil. 1921. Jean-Michel Bony. Michel Hervé. 1959.

Jean Lannes. 2003. Guy Henniart. Olivier Mathieu. Joseph Oesterlé. Jean-Loup Waldspurger. Christophe Breuil. Gaëtan Chenevier. Marcel Giraud. 1978. Jérémie Szeftel. Cédric Villani. Jean-Christophe Yoccoz. 2005. 1946. membre associé de l’Institut de France. Vincent Lafforgue. Claire Voisin. Claude Lévi-Strauss. Loïc Merel. Erwan Rousseau. Thierry Bodineau. Joseph Ayoub. 2000. Franck Barthe. François Golse. Jean-François Legall. Laurent Berger. Artur Avila. Philippe Michel. 2008. Emmanuel Breuillard. Raoul d’Harcourt 1943 Maurice Leenhardt. Denis Auroux. 1980. Arnauld Beauville. Jean-Luc Brylinski. dans l’établissement. Laurent Clozel. Karine Beauchard. Michel Waldschmidt. 1990. Laurent Lafforgue. puis au docteur Louis Capitan (1908-1929). 1950. Julien Dubédat. Claude Viterbo. Ce cours a été confié à Léon Lejeal (1902-1907). Voici la liste des conférenciers qui ont répondu à l’appel du Collège : 1939. Laurent Fargues. en vue de la fondation. Marc Rosso. 1991. 1985. Frédéric Helein. Jean-Bernard Baillon. 2006. Bernard Larrouturou. Noam Elkies. . Christine Lescop. Fabrice Bethuel. le Collège de France a été autorisé à accepter la donation faite par le duc de Loubat. Gilles Pisier. Wendelin Werner. 1945. 1998. Luc Tartar. les revenus de cette fondation ont permis de demander des conférences à des américanistes. Jacques Soustelle. Jean-Pierre Demailly. 1987. 1988. Frédéric Leroux. Fondation Loubat Par deux décrets en date du 16 avril 1902 et 28 juillet 1903. Éric Séré. 2001. 1979. 1996. 1941.64 1977. 1986. Laure Saint-Raymond. 1994. 1997. 2002. 1993. 1983. 1995. Christophe Soulé. Gilles Robert. Bernard Gaveau. 1984. d’un cours complémentaire d’Antiquités américaines. 1942. 1981. Henri Vallois. Jean-Lin Journé. Depuis 1939. 2007. 1948. Grégory Choodnovsky. Jean-Claude Sikorav. 1999. Emmanuel Grenier. 1992. Stefaan Vaes. Ricardo Perez-Marco. Jean-Michel Coron. Pierre-Louis Lions. Michel Talagrand. Guy Stresser-Péan. 1989. André Leroi-Gourhan. Benoît Perthame. 2004. Raphaël Rouquier. 1982. Jean-Benoît Bost.

1995. Albert Einstein. 1938. 1920. 1945. Jehan Vellard. 1973. Delannoy. Frédéric Engel. 1989. Franz Cumont. Alfred Métraux. 1942. Nathan Wachtel. Christophe Nyrop. toutes les fois que ce sera possible. L’exécution des volontés de M. 1940. Théodor W. Philippe Borgeaud. 1926. Alexandre Rosetti. Albert Michotte. . Hans Selye. 2002. 1929. Holger Pedersen. Ludovico Geymonat. 1915. Théodor W. Xénopol. A. Laming-Emperaire. Charles Michel. 1936. au moins une fois sur trois un philosophe ou un historien de sciences religieuses. Charles Detolnay. Adorno. Carmen Bernand. Hrozny. 1943. 1927. Gomperz. Georges Larrouy. Albert Brachet. Jon Landaburu. Petrascheck. 1997. Wolfgang Koehler. 1933. par un savant ou un penseur étranger désigné par les professeurs ou l’administrateur du Collège de France. Georges Dossin. Pierre Clastres. 1917. M. 1910. 1937. Adorno. Philippe Descola. Jean Rudhart. Nicolas Alexeieff. Lorentz. 1968. 1914. Christian Duverger. 1916. 2007. G. Birkoff. V. Danielle Lavallée. Georges Doutrepont. Stanislas Kot. Raffaele Altamira. 1969. 1918. Paul Rivet. 1975. 1919. Maxime Kowalewsky. 1935. Serge Gruzinski. Harl Jaberg. 1980. 1977. Ettore Pais. Jacques Galinier. Jean Piaget. 1934. 1906. 2004. Walter E. Oleg Grabar. 1965. Joséphine Ioteyko. Jean-Claude Quilici.I. Paul Frédéricq. 1973. Michonis a légué au Collège de France une somme dont les revenus doivent servir à « faire faire. 1923. Michel Rostovtzeff. Édouard Naville. Jorga. Voici la liste des conférenciers invités par le Collège : 1905. Henri Pirenne-Anesaki. et qui sera. Jacques Pirenne. 1998. Gino Luzzatto. 1912. 1922. Giorgio Levi Della Vida. 1961. une série de conférences ». Étienne Lamotte. Magnus Olsen. Georges D. 1924. 1955. 1953.65 1952. 1984. 1947. Guglielmo Ferrero. 1948. 1925. 1996. Franz Cumont. autant que les circonstances le permettront. Ernest Muret. 1908. 1965. Charles de La Vallée-Poussin. Édouard Montet. Jacob Jud. 1951. David Wiggins. 1930. Abaev. Fondation Michonis Par décret du 10 mars 1903. Michonis a commencé en 1905. 1974. 2002. 1956.

Mlle Marie Cochet. M. M. André Pézard. Mlle Loyez. M. M. M. M. M. Copaux. W. Édouard Salles. Ce prix. Albert Houstin. M. Pierre Pascal. M. M. M. P. M. Chassinoit. M. d’après un roulement déterminé. M. M. M. M. Jacques Fontaine. Venceslas Kruta. Jules Bloch. M. Gilles Granger. Lévy. M. M. M. Yves Lecorre. Achille Millien. René Vallois. Daniel Estève. M. Prosper Alfaric. M. M. M. M. M. M. M. Ouveriaux. M. M. Virolleaud. M. M. André Chevalier. M. Boulard. Lenestour. M. Paul Langevin. M. M. M. Alfred Ernout. Terroine. sur la présentation qui lui est faite. Hervé Savon. M. M. M. M. Mme d’Also. M. M. M. Gaston Colin. Turcan. André Vaillant. M. M. Jean Riché. Guy Lasserre. M. M. M. par l’une des trois sections instituées à cet effet. Paul Kessler. Biquard. Mlle Alice Hulubet. A. M. M. Flato. Doutrepont. Matignon. Homo. M. M. M. M. Brillaut. et Mme Marouseau. M. Umbegaun. Valentin Nikiprowetzky. M. M. Louis Bodin. Jules Chauvin. Mlle Chevroton. Hallion. M. M. Contineau. M. Streiff. M. M. Georges Mayer. M. R. Ernest Charles. M. M. Mme Skreb-Guilcher. Richard Gascon. Champy. Pierre Rancastel. André Adam. Paul-Henri Michel. Leroux. Neil Sullivan. Lejeune. M. Caridroit. Pierre Leroux. Ce prix a été attribué depuis sa fondation (1893) à M. M. Sommerfelt. M. M. M. M. Alfred Quinquaud. Misconi. Jean Pouilloux. Paul Garelli. M. M. M. Mlle Blanchard Demonge. Randouin.66 Fondation Saintour Par décret du 25 juillet 1889. Philippe Glangeaud. Chabot. Gaffiot. Victor Goldschmidt. M. M. Mlle Ioteyko. M. M. Chapire. Laurent. Armand Hampé. Albert Dauzat. Valois. M. Chauvin. M. René Pintard. Klein. Mlle Maitret. René Clozier. Salovine. Jean- . M. Delaruelle. M. M. René Henry. Henri Rolland. Fréjacques. M. Samara. M. Casteras. baudot. M. Rolland. M. M. M. M. Foulet. Marc Cohn. périodiquement revalorisé. M. Roger Guillemin. M. M. Alexandre Dufour. André Landesman. M. Taha Hussein. M. M. Maurice Leenhardt. Mlle Odette Taffanel. Paul Pelissier. Millon. M. Jean Filliozat. M. Charles Morazé. M. est décerné tous les deux ans par l’Assemblée des professeurs. Les trois sections comprennent ensemble la totalité des professeurs. M. M. M. Henri Clouzot. Delapparent. M. Rév. Julien Barat. Marcel Simon. Georges Lecarpentier. Gaston Cohen. Paul Mazon. Mme Boudréaux. Michel Gaudin. Lemagnen. Roux. M. M. M. Bernard Leroy. Robert Courrier. M. M. Jost. Boudréaux. Chaque section regroupe les titulaires de chaire pour lesquels les différentes Académies composant l’Institut ont concurremment avec le Collège le droit de présentation. Père Estugière. l’abbé Busson. Boris Ephrussi. M. Meyerson. M. Adigard des Gautries. Émile Benveniste. Abel Lefranc. M. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le legs fait au Collège de France par le Dr Saintour pour la fondation d’un prix. M. M. M. Mlle bezard. M. M. M. M. M. Lacôte. Martini. Léon Lecornu. M. M. Marty. M. Henri Heine. Jules Driessens. M. M. M. M. Claude Blanchel. M. Paul Émard. LouisCharles Damais. M. Mlle Marchal. Étienne Wolff. Mme Martha Spitzer. Hans Glattli. Noailhon. Jean Fourquet. Sartre.

Willy Clarysse. Loïc Merel. M. M. Il a été décidé que ce prix serait attribué dans une discipline différente chaque année. le Conseil d’Administration de la Fondation a décidé de la création d’un « Prix de la Fondation Hugot du Collège de France ». Banyuls. Mme Marianne Mahn-Lot. Plymouth. connu également sous le nom de Vivier-Laboratoire fut le premier d’une longue série : Naples. celui de 2005-2006 est M. M. M. Christian Giaume. M. M. Fondation Hugot du Collège de France En 1977. « la rencontre de diverses disciplines qui œuvrent à la connaissance. à favoriser au mieux de ses moyens et en étroit accord avec le Collège de France. par delà toutes les frontières. Le lauréat de l’année 2004-2005 est M. Hélène et Jean-Pierre Hugot. Han Hee-Jin. . faisait droit à la demande de l’Assemblée reconnaissant comme établissement d’utilité publique autonome ladite Fondation. M. philosophe coréen. les travaux de Jean Roche et de ses collaborateurs ont jeté les bases d’une biochimie comparée s’appuyant sur la grande diversité structurale et fonctionnelle des organismes marins. la Fondation s’efforce de développer toutes études. Station Marine de Concarneau La Station de Biologie Marine de Concarneau a été fondée en 1859 par Victor Coste titulaire de la chaire d’Embryogénie au Collège de France. Pierre Milza. conformément aux intentions de ses bienfaiteurs. Ricardo Uribevargas. En 2001. Claude Ghesquière. est un mathématicien mexicain. Woods Hole. André Langaney. Piemontese. M. à la formation et à l’épanouissement de l’homme. des meilleurs esprits animés de ce même souci ». Les études de Laurent Chabry dans les années 1880 ont apporté les bases techniques et conceptuelles de l’embryologie expérimentale. éventuellement renouvelable une fois) ainsi qu’une somme de 4 000 € versée par la Fondation Hugot. recherches et activités ayant un double caractère à la fois humaniste et pluridisciplinaire. C’est à Concarneau que furent réalisés les premiers élevages de poissons marins. biophysicien de la cochlée. historien néerlandais et celui de 2007-2008 est M. Pour ce faire. Le premier lauréat. par décret en date du 7 février 1979. Roscoff. l’Assemblée des Professeurs du Collège de France décidait à l’unanimité de créer une fondation dite Fondation Hugot du Collège de France consacrée. le rapprochement. L’établissement ainsi créé. M.67 Pierre Mahé. Le Conseil d’État. Jean-Marie Durand. Jacques Boutet de Monvel. pour l’année 2003-2004. Plus près de nous. Ce prix consiste en l’attribution d’un poste de Maître de conférences au Collège de France (traditionnellement pour un an. Wouter Henkelman.

du Muséum. exposition ouverte au public et de modernisation des locaux scientifiques et de l’accueil des chercheurs et stagiaires a été élaboré. Un programme de réhabilitation des viviers. Cette Fondation a pour but. gestion de l’espace marin. la Station de Biologie Marine de Concarneau a offert sur près de 140 ans. Les fonds privés mobilisés permettront de répondre aux besoins de financement de projets de recherche de l’Institution. de diffusion des connaissances. en France et à l’étranger. . le collège des personnalités qualifiées qui fait appel à des personnalités de la société civile et académique et le collège des donateurs). La Fondation est administrée par un Conseil constitué de 12 membres (le collège des membres fondateurs constitué de professeurs de l’Institution. de fonds européens et de l’aide des collectivités locales. dans l’esprit du Collège de France et de son ouverture. biologie des espèces des grands fonds sous leurs aspects fondamentaux mais aussi pratiques : biotechnologies. la gestion scientifique et administrative étant assurée dans le cadre du Muséum National d’Histoire Naturelle. Ce projet bénéficie du concours du Collège de France. le développement et la valorisation des activités d’enseignement.68 Ainsi. le soutien. Depuis 1996. biomatériaux. de formation. Le Conseil d’administration est assisté d’un Comité d’orientation scientifique composé de 6 à 8 membres issus du corps professoral du Collège de France. de favoriser l’accès aux connaissances et aux dernières recherches menées par les chaires et par les équipes accueillies. écobiochimie. partie historique du laboratoire. la station est devenue Station de Biologie Marine du Muséum National d’Histoire Naturelle et du Collège de France. d’acquérir des équipements techniques de dernière génération. de moderniser des laboratoires. de recherche. reconnue d’utilité publique. a été publié au Journal officiel du 7 avril 2008. La composition du Conseil illustre la volonté de dialogue et d’échange de la Fondation avec la société civile et les acteurs du monde économique. d’accroître les ressources nécessaires à l’animation de la vie scientifique des chaires. Fondation du Collège de France Le décret de création de la Fondation du Collège de France. Ils serviront l’exigence d’une recherche de haut niveau tournée vers la société. l’exemple d’une recherche parfois marginale au regard des activités pratiquées dans les autres laboratoires marins : endocrinologie comparée. d’extension du Marinarium. d’amplifier la formation des jeunes chercheurs. enzymes.

. 13 septembre... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 1er août 2007) nommant M...... 23 juillet .. MM.... 19 novembre . Pierre Magistretti professeur associé à temps plein au Collège de France..... Par arrêté ministériel...... 23 novembre .......... . 30 juillet . Gérard Berry professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire d’Innovation technologique-Liliane Bettencourt 20072008 4 août ......... Publication au Journal officiel de l’avis de création des chaires de Chimie des processus biologiques et d’Histoire intellectuelle de la Chine.... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 25 juillet 2007) nommant Mme Ariane Mnouchkine professeure associée à temps plein au Collège de France sur la chaire de Création artistique 2007-2008....... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 21 novembre 2007) nommant M....... et M... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 28 novembre 2007) nommant M. et M............ 25 novembre . Philippe Sansonetti professeur au Collège de France sur la chaire de Microbiologie et maladies infectieuses.. sur la Chaire internationale 2007-2008.... Michael Edwards et Michel Tardieu sont admis à faire valoir leurs droits à la retraite à compter du 1er septembre 2008.. Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 22 juillet 2007) nommant M.... Michel Brunet professeur au Collège de France sur la chaire de Paléontologie humaine.. Thomas Römer professeur au Collège de France sur la chaire de Milieux bibliques.... Manfred Kropp professeur associé à temps plein au Collège de France sur la Chaire européenne 2007-2008... Délibération de l’Assemblée des Professeurs demandant la création d’une chaire de Physique de la matière condensée (en remplacement de la chaire de Civilisations de l’Europe au Néolithique et à l’âge de bronze).....CHRONIQUE DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE 2007-2008 2007 20 juillet .

. Mme Anne Fagot-Largeault est admise à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er septembre 2009..... Par arrêté ministériel...... Mathias Fink professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire d’innovation technologique – Liliane Bettencourt 2008-2009... Henri Léridon professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire européenne – développement durable 2008-2009 et M.. Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 21 mai 2008) nommant Mme Esther Duflo professeure associée à temps plein au Collège de France sur la chaire internationale – Savoirs contre pauvreté 2008-2009...... Pierre-Laurent Aimard professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire de Création artistique 2008-2009...... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 9 juillet 2008) nommant M......... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 29 août 2008) nommant M....... 19 mai . Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 4 mai 2008) nommant Mme Anne Cheng professeure au Collège de France sur la chaire d’Histoire intellectuelle de la Chine et M....... reconnue d’utilité publique.......... Publication au Journal officiel du décret de création de la Fondation du Collège de France..70 CHRONIQUE DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE 20072008 2008 19 février.. Publication au Journal officiel de l’avis de création de la chaire de Physique de la matière condensée... 7 avril. 11 juin ............. 2 mai ...... .................... Marc Fontecave professeur au Collège de France sur la chaire de Chimie des processus biologiques.... 5 juillet . 27 août .................

avec un art consommé. François Morel aurait pu exploiter la technique des clairances rénales pour étudier la fonction du rein. François Morel conclut sa leçon inaugurale au Collège par la mention d’un compagnon de longue date. . ce qui l’a sans doute incité à entreprendre des études de médecine. il n’a jamais exercé la médecine car. de 1947 jusqu’à la fin de son parcours au Collège en 1993. Cette approche permet d’aborder in vivo. à qui il succédera en 1967. en citant une réflexion du poète danois Isak Dienesen qui met dans la bouche d’un marin arabe naviguant au large des côtes africaines sous un ciel étoilé : « Qu’est-ce en définitive que l’homme quand on y réfléchit un peu. Il ne s’est jamais départi de cette ligne de recherche. dans cette ironie distante vis-à-vis de son travail qui. pour transformer. il a été attiré par la démarche expérimentale. En fait. quatre ans avant de passer son diplôme de Médecine. le vin rouge de Chiraz en urine ? » Tout François Morel est là. après toute une vie consacrée à la recherche sur la physiologie rénale qu’il a réalisée en grande partie au Collège de France où il a été titulaire de la chaire de Physiologie cellulaire de 1967 à 1993. la capacité du rein à réabsorber l’eau. Comme beaucoup de physiologistes rénaux dans les années cinquante. En 1944. très vite. par le fait de rencontres fortuites. il découvre le laboratoire de Robert Courrier. titulaire de la chaire d’Endocrinologie et de morphologie expérimentale (1938-1966) au Collège de France. il est licencié ès sciences et. effectivement. les électrolytes ou d’autres substances mais elle ne donne aucune indication sur les mécanismes de transport. s’est concentré sur la compréhension des mécanismes cellulaires aboutissant à la réabsorption de l’eau et des électrolytes par le rein. le rein. de façon globale et quantitative.NÉCROLOGIE François MOREL (1923-2007) Le 9 mai 2007. François Morel nous quittait à l’âge de 84 ans. sinon un dispositif extraordinairement précis et ingénieux. À cette époque. François Morel était né à Genève en 1923. Son père était titulaire de la chaire de Psychiatrie dans cette ville.

Il montre la complexité et l’hétérogénéité des différents segments du néphron. Dans les années 70. c’est tout simple et ça marche ». Il caractérise les récepteurs membranaires de la parathormone. rigueur de l’analyse. Il sépare les différents segments du néphron par microdissection et développe les microméthodes biochimiques nécessaires à ses travaux. était « Voyez. François Morel est engagé comme médecin biologiste au CEA en 1948 et deviendra chef du laboratoire de Physiologie physicochimique du département de Biologie du CEA de Saclay. la fonction de divers types cellulaires dans un même segment tubulaire en termes de métabolisme intermédiaire et de réponse hormonale. En s’appuyant sur la physiologie rénale. de la vasopressine. qui lui a permis d’utiliser des produits radioactifs provenant du tout jeune CEA. Ses premières recherches ont été favorisées par sa rencontre avec Frédéric JoliotCurie au Collège de France. il analyse les propriétés particulières du rein de la gerboise. les modélise et en tire les conclusions. ténacité et modestie. François Morel possédait les qualités qu’une telle recherche exigeait : extrême minutie. de la calcitonine. Afin de résoudre certaines questions de physiologie.72 NÉCROLOGIE de sécrétion et de réabsorption qui sont impliqués. Ce fut une période pionnière de la physiologie et de l’endocrinologie rénales qui. François Morel étudie in vitro les différentes entités qui composent le tube néphronique en analysant les caractéristiques propres des différents segments du néphron. lui a permis pendant plusieurs années d’avoir le rare privilège d’accumuler des résultats originaux en l’absence de compétiteurs. il met au point plusieurs micro-techniques ingénieuses et novatrices. que ses nombreux élèves français et étrangers ont gardée en mémoire. il fait appel à la physiologie comparée : pour étudier les mécanismes aboutissant à l’élaboration d’une urine concentrée. Il installera par la suite son laboratoire au Collège de France. il a parfaitement démontré que l’on pouvait disséquer un organe complexe en ses différentes fonctions cellulaires et étudier en retour comment le travail des cellules spécialisées assure une grande fonction intégrée de l’organisme. Il analyse ensuite mathématiquement les résultats de ses expériences. comme il le souligne lui-même. François Morel s’intéresse à l’action des hormones sur les différentes régions du néphron. Afin de comprendre en finesse les mécanismes mis en jeu dans les différents secteurs du rein. Il met au point une microméthode extrêmement sensible de dosage l’adénylate cyclase qui lui permet de déterminer les cellules cibles des hormones. qui possède des analogies avec le tube urinifère de mammifère. . L’épithélium de batracien. Il ne se donnait pas un rôle dans sa recherche mais valorisait son équipe et était attentif à ceux qui l’entouraient. lui sert à analyser le transport vectoriel du sodium. Il utilise la toute naissante technique de microperfusion des tubules rénaux. Sa phrase favorite. à partir de 1967. un rongeur du désert qui n’excrète que quelques microlitres d’urine par mois. Méthodologiste précis et rigoureux. du glucagon. Il suit le transport des ions et de l’eau à travers les membranes cellulaires en utilisant les isotopes radioactifs dont c’était l’une des premières applications en biologie. des α-adrénergiques.

Elle s’est avérée exacte. Celle de Khun et Wirtz. François Morel n’avait rien d’un mondain.NÉCROLOGIE 73 Il se décrivait comme un manuel. le 29 juin 2008 . il y avait le goût du bel ouvrage et l’émerveillement devant la nature. Pierre Corvol. il admirait la beauté des papillons et cherchait à en comprendre le mimétisme. Son action a été aussi déterminante comme membre du Conseil supérieur des universités dans la réforme des Diplômes d’études épprofondies en 1985. ne signe pas ses œuvres. Il a vécu de près un débat scientifique entre deux théories qui s’opposaient sur les mécanismes de concentration des urines. un des chercheurs de son laboratoire au CEA. Luimême ne s’est jamais attribué une grande théorie bien qu’il ait été souvent l’initiateur de nouveaux concepts. notamment comme Président d’une action « Membranes biologiques » dans les années 60 où il a joué un rôle important. prêt à rendre service et de haute tenue morale. avait la faveur de François Morel. Chez François Morel. La communauté scientifique nationale et internationale perd l’un des pionniers de la physiologie et de l’endocrinologie rénales. qu’il a constituée en partie avec Christian de Rouffignac. qui supposait un mécanisme de concentration à contre-courant des urines. est exceptionnelle. à l’inverse de l’artiste. Scientifique modeste. suivaient assidûment. scientifiques ou médecins. comme un artisan qui. Nous gardons de lui un souvenir vivace. et le Collège de France un ami. Il l’a constituée par 18 voyages qu’il avait intitulés « Calendrier de mes chasses aux papillons exotiques ». Il s’est impliqué dans plusieurs actions concertées de la Direction générale de la Recherche scientifique et technique (DGRST). il a marqué toute une génération de chercheurs et de néphrologues qu’il a formée à une méthodologie rigoureuse et innovante au service d’idées et de concepts originaux. Sa collection de papillons. ni d’un homme de pouvoir. Lors de ma leçon inaugurale au Collège. A la fois esthète et scientifique. Il a estimé qu’il ne pouvait rester en marge des questions qui se posaient alors et déjà ! sur l’orientation et le développement de la recherche en France. je rappelais les cours de François Morel sur le mode d’action des hormones que nombre d’entre nous. mais François Morel disait modestement qu’il avait eu la chance d’être du bon côté de la balance. affable. C’était un homme de devoir.

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RÉSUMÉ DES COURS ET TRAVAUX DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE 2007-2008 I. PHYSIQUES ET NATURELLES . SCIENCES MATHÉMATIQUES.

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De plus l’égalité suivante le dote d’une structure hermitienne ( | ) : ξ. pour tout entier m où δ est la dérivation : δ(T ) = [|D|. ∀a ∈ A. a] appartiennent au domaine de δm. en dimension p. a et [D. 2. a p]. b] = 0 ∀a. (3) Pour tout a ∈ A. professeur Caractérisation spectrale des variétés 1. a1] … [D. (2) [[D. membre de l’Institut (Académie des Sciences). a]. Les axiomes et la caractérisation Les cinq conditions. (4) Il existe un cycle de Hochschild c ∈ Zp (A. alors que pour p pair.Analyse et géométrie M. Introduction J’ai donné cette année dans mon cours la solution d’un problème que j’avais formulé il y a quelques années et qui donne une caractérisation spectrale des variétés Riemanniennes. πD (c) = γ est une /2 graduation.1) πD (a0 ⊗ a1 ⊗ … ⊗ a p) = a0[D. (5) Le A-module H∞ = ∩ Dom Dm est projectif de type fini. T ]. b ∈ A. A) tel que πD (c) = 1 pour p impair. aη = – a (ξ|η) |D|–p. ∫ L’application πD est définie par (2. Le symbole – représente la trace de Dixmier. ∀a j ∈ A. η ∈ H∞. Alain Connes. ∫ . sont (1) La valeur caractéristique μn de la résolvante de D vérifie μn = O(n–1/p). ∀ξ.

Soit (A. De plus toute variété compacte orientée apparaît de cette manière. Un triplet spectral est fortement régulier si tous les endomorphismes du A-module H∞ appartiennent au domaine de δm. T ] est borné et T et [D. T ] sont dans le domaine de δm. pour tout entier m. On suppose que la multiplicité de l’action de A ′′ dans H est 2 p/2. définie ainsi : Définition 2. avec c antisymétrique. Soit T ∈ A ′′ . La condition de réalité sélectionne ensuite les variétés spinorielles et l’action spectrale sélectionne la connection de Levi-Civita. D) un triplet spectral.78 ALAIN CONNES Théorème 2.3. 3. H.e. Il existe alors une variété compacte X (spinc ) telle que A = C ∞(X ). D) est uniquement déterminé par ( A ′′ . on suppose que : — la régularité (3) est vérifiée par tous les endomorphismes de H∞ . vérifiant les cinq conditions ci-dessus. Soit (A. c) Appliquer l’estimation de l’obstruction de Voiculescu sur les unités quasicentrales et en déduire que les « cartes locales » sont localement injectives. H. H. que l’image d’une « carte locale » aα contient un ouvert de p. Il y a trois étapes dans la démonstration : a) Montrer que le spectre X de l’algèbre A est suffisamment grand i.2. vérifiant les cinq conditions ci-dessus. pour tout entier m (4) TH∞ ⊂ H∞ . Topologie de A Le lemme suivant montre que le triplet spectral (A. — le cycle de Hochschild c est antisymétrique. D) où A ′′ est l’algèbre de von Neumann commutative fermeture faible de A. avec A commutative. j b) Montrer que la mesure spectrale des a α ( j > 0) sur une « carte locale » est la mesure de Lebesgue. H.1.1. Les conditions suivantes sont équivalentes : (1) T ∈ A (2) [D. pour tout entier m (3) T est dans le domaine de δm. Il existe alors une variété compacte orientée X telle que A soit l’algèbre C ∞(X ) des fonctions de classe C ∞ sur X. On a aussi la variante suivante qui ne suppose plus la régularité forte. avec A commutative. D) un triplet spectral. Lemme 3. J’avais montré dans un cours antérieur que l’opérateur D est alors un opérateur de Dirac. Théorème 2. Cette hypothèse de multiplicité est une forme faible de la dualité de Poincaré qui était la condition (6) de ma formulation du problème.

n éléments auto-adjoints de A et f : n j une fonction de classe C ∞ définie sur un voisinage du spectre des aj.ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 79 On utilise l’égalité : (3.1 donne des estimés de Sobolev. Alors f (a1. ξ) continues A × H∞ → H∞ et H∞ × H∞ → A. (5) L’isomorphisme algébrique H∞ = eAn est topologique. a ]) ≤ c ′ k k sk sobolev . k ∀ξ ∈ Dom|D|m On montre alors que A est une algèbre de Fréchet avec les semi-normes sousmultiplicatives (3. aξ et le produit à valeurs dans A sont des applications (6) L’application (a. x 0 0 où ρk est une représentation de A. an) ∈ A appartient à A ⊂ A. k k (3) Le spectre X = Spec(A) est métrisable. Soient a j = a * . (2) On a des estimés de Sobolev de la forme (3. ∀a ∈ A a ∀a ∈ A avec c k < ∞. . (4) Tout T ∈ EndA H∞ agit continûment dans H∞ et définit un opérateur borné dans H. (1) Munie des normes (3. Soient ημ des générateurs du A-module H∞.5) pk (a ) ≤ c k a sobolev .4). y ∈ A (3.1) m D Tξ = ∑ m k =0 m m−k δ k (T ) D ξ. s ′ > 0. c ′ < ∞ et des suites s k > 0. ρk(x)= δ(x ) x x 0 δ k (x ) / k ! δ(x ) x a sobolev = ( s ∑ μ (1 + D 2 ) s / 2 aη μ 2 1/ 2 ) .2. Le Lemme 3. on définit les normes de Sobolev sur A par (3. s′ k ∀x.3) pk(x) = ρk(x) . associées à la condition de régularité.4) On a Proposition 3.3.2) p k ( xy ) ≤ p k ( x ) p k ( y ). A est un espace de Fréchet nucléaire séparable. p ([ D .…. On a de plus la stabilité par calcul fonctionnel démontrée par Varilly et Rennie : Proposition 3.

2) δ j ( a ) = i(ξ j [ D.e. par (4. Les Uα forment un recouvrement ouvert de X = Spec(A). Soit B l’algèbre des endomorphismes of H∞. — le déterminant de la matrice χ(δj(ak)) n’est pas nul. On définit une espérance conditionnelle EA : EndA(H∞) → A. a α ( p ) ]). par l’égalité (4. Soit A commutative. pour ξj ∈ H∞. ∀a ∈ A. Lemme 4. et δj ∈ DerA des dérivations telles que — chaque δj s’exponentie . sont auto-adjoints pour μ > 0. a ]ξ j ). où e ∈ Mn(A) est un idempotent auto-adjoint.1) [ D.3. On utilise alors le lemme suivant : Lemme 4. D) un triplet spectral vérifiant les cinq conditions du §2. a α (1) ] [ D. . a ] = ∑ δ j ( a ) γ j .5) EA (T ) = ∑ j >0 1 pj j ∑Tkk . Par hypothèse le cycle c est de la forme : (4. l’ouvert où ρα ne s’annule pas.2. Soit χ un caractère de A.4) τ = Tr(e ) = ∑ j pj ∑ pj = 1. Fonctions implicites et cartes locales Soit (A. La trace τ = Tr(e ) = ∑ e jj ∈ A détermine uniquement les projecteurs pj ∈ A associés à la dimension j de la fibre. Le module où l’on peut supposer que les projectif de type fini H∞ sur A est de la forme H∞ = eAn. On a une décomposition finie de la forme (4.80 ALAIN CONNES 4. p éléments auto-adjoints de A. Lemme 4.3) β 0 c = ∑ a α ω α .6) On pose (4. ω α = ∑ ε(β )1 ⊗ a α (1) ⊗ α μ aα β β ⊗ aα ( p ) ∀a ∈ A. On note que p0 = 0. H. où γj ∈ B et les δj sont des dérivations (4. β Cα = {x ∈ X | ρα(x) = 0} c et on désigne par Uα = C α son complément i.1. ∀T = (Tkl ) ∈ eMn(A)e On définit alors ρα ∈ A par p ( p +1) (4. et a = (a j ).7) ρα = i 2 β β E A (γ ∑ ε (β )[ D.

h] ne s’annule pas en ce point. . On notera que la commutativité de [D. un voisinage Z de χ dans X = Spec(A) et W de 0 ∈ p tels que. D= 0 −∂x ∂x 0 Dom D = {ξ = ξ 1 |ξ1(0) = 0. [D.ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 81 Alors l’image par a de tout voisinage de χ dans Spec(A) contient un voisinage de a(χ) dans p. l’application t a(κ ◦ σt) soit un diffeomorphisme. Dérivations dissipatives Commençons par la propriété de dissipativité des dérivations.2. 1]) ⊗ avec la condition au bord (5. σt ∈ Aut(A). pour tout κ ∈ Z.3. h] est nul là où h atteint son maximum.1. ∀h = h∗ ∈ A.2 montre que. Mais pour h(x) = x le maximum est en x = 1 et [D. h]2 ∈ A. ξ2(1) = 0} 0 1 −1 0 Ainsi [D. Si l’on fait l’hypothèse de régularité forte de la Définition 2. (5. dépendant continûment de κ. h] avec h et l’auto-adjonction de D ne suffisent pas à entraîner la conclusion du Lemme 5.) A = C∞([0. Alors. le commutateur [D. ∀x ∈ A. 1]). sous l’hypothèse de régularité.5) [|[D. Proposition 5.1. Réciproquement.6) [D. h] | ξ . Il existe de plus une famille de classe C ∞. ∀ξ ∈ Dom D. Un point crucial est la détermination du symbole principal de |D| sous la forme. ∀h = h∗. pour tout h = h∗ ∈ A.4) τ →∞ lim τ −1 e iτ h | D | e − iτ hξ = |[ D.1. On a en effet : Lemme 5. Remarque 5.) ξ2 Pour tout h ∈ A on a [D. h] commute avec h. a ∈ A.2) sont dissipatives i. cette propriété entraîne que les dérivations ± δj de la forme (4. Soit h = h∗ ∈ A. h] = ∂x h γ1. (5. En effet considérons le triplet spectral (5.2) s’exponentient. H = L2([0. a]] = 0. Supposons que les dérivations de la forme (4.2 on obtient (5. h]|.) x + λδj(x) ≥ x . de W avec un voisinage de a(κ) dans p. 5.e. γ1= 2. t ∈ p. λ ∈ .2.3. alors on a pour la convergence en norme dans H: (5. La Proposition 5.

4 et du Lemme 5. bη = ab∗Tξ. b ∈ A. Alors l’opérateur H = A∗DA de domaine Dom D est essentiellement auto-adjoint.7) Grad(h) = [D2. Soit (A. Soit (A.1.e. Soit ξ. on a [D. Tξ∗. H. h] s’annule là où h atteint son maximum.82 ALAIN CONNES On montre de plus que la régularité suffit à assurer la propriété de dissipativité du Lemme 5. pour toute suite bn ∈ A. D) un triplet spectral avec A commutative vérifiant les cinq conditions du §2.η(ζ) = (η|ζ)ξ. D) un triplet spectral régulier. La limite des A∗DA(1 + ε|D|)–1ξ donne Hξ .1. h] est nul là où h atteint son maximum.ξ Le résultat principal est le suivant : Théorème 6. vérifiant les cinq conditions du §2. Soit h = h∗ ∈ A.η. H. pour obtenir un opérateur de A dans A.1) Tξ. Dérivations auto-adjointes Nous dirons qu’un opérateur borné A est régulier si il appartient au domaine de δm pour tout m. Les dérivations ±δj du Lemme 4. h]bn → 0. i.η = Tη. η ∈ H∞. Cela résulte du Théorème 5.3. Alors toute dérivation de A de la .4.2) Taξ. Le symbole principal de l’opérateur (5. Proposition 6. avec A commutative. Théorème 5. On applique ce résultat aux endomorphismes du A-module H∞ qui sont de rang un. Alors pour tout h = h∗ ∈ A. Lemme 6. bn ≤ 1.5. Soit A un opérateur régulier. la formule suivante définit un endomorphisme du A-module H∞ : ∀ζ ∈ H∞ (6. Corollaire 5. Soit (A. vérifiant la condition d’ordre un. ∀a.1. Corollaire 5. où (η|ζ) est le produit à valeurs dans A. H. On a (6. . de support tendant vers {χ}.1 sont dissipatives. D) un triplet spectral fortement régulier. Le domaine de la fermeture de H est l’ensemble des ξ ∈ H pour lesquels A∗DA(1 + ε|D|)–1ξ converge en norme pour ε → 0.2.6. le commutateur [D. |χ(h)| maximum.

δ0 et σt comme dans le Théorème 6. Alors j — la mesure spectrale jointe des aα |V est la mesure de Lebesgue sur sα(V ) .e. Nous dirons qu’une mesure μ est fortement équivalente à υ si et seulement si il existe c > 0 tel que cυ ≤ μ ≤ c–1υ. Pour tout ouvert V ⊂ X les mesures suivantes sont fortement équivalentes : — la restriction λ|V à V de la mesure λ de (6.ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 83 forme (4. A↑1 J où R + est l’ensemble partiellement ordonné des opérateurs positifs de rang fini. ∀a ∈ A. — la multiplicité spectrale mac(y) vérifie −1 (7. Multiplicité spectrale La mesure (6. D). presque partout pour la mesure de Lebesgue. . 1) L’obstruction de Voiculescu relative à un idéal J d’opérateurs compacts est donnée par (8. Soit (A. H.3) ad λ = – a|D|–p. On peut alors montrer directement la continuité absolue des mesures σ t∗ (λ) par rapport à λ. a) ∈ × A σt(a) ∈ A est continue.3) . ∀a ∈ C(X ). ξ) est strictement positif sur V . a]ξ).3) est localement équivalente à la mesure spectrale de la représentation de A = C(X ) dans H.4. ∀y ∈ sα(V ). Proposition 6. dans H. . Soit V ⊂ Uα un ouvert et aα |V la restriction des aα ∈A au sousespace 1V H ⊂ H. On a en effet : Lemme 7.3. est fortement équivalente à ses transformées par σt . est le générateur d’un groupe à un paramètre d’automorphismes σt ∈ Aut(A) tels que — ∂t σt(a) = δ0(σt(a).2. 1 de norme ≤ 1.1. .2) i. a j ] A∈R1+ . δ0(a) = i(ξ|[D. Forme locale des estimés L (p. — la restriction à V de la mesure spectrale associée à un vecteur ξ ∈ H∞ pour lequel (ξ. Alors pour tout t ∈ la mesure λ de (6. — L’application (t.1) mac ( y) ≥ n ( y) = #{ sα ( y) V } . On a de plus j j Théorème 7.1) k J ({a j }) = lim inf max [ A.

1. Il en résulte alors Lemme 9. Il existe m < ∞ tel que (8. l’on montre que l’on peut doter le spectre X de A d’une unique structure de variété compacte lisse telle que A = C ∞(X ). τ0 = id. Pour tout point χ ∈ X il existe p éléments auto-adjoints x μ ∈ A et une famille. de classe C ∞. b1 K =1 K κJ ({aj 1K }) ≤ κp max δ(aj) ∞(λ(K)) 1/p inf –b|D|–p. Il existe C < ∞ tel que la multiplicité spectrale mac ( x) du spectre j j absolument continu de la restriction aα |V des aα .3. En utilisant ce lemme. Théorème de Reconstruction On utilise le Corollaire 8.3) V mac ( x) ≤ C .4) −1 #( sα ( x) V ) ≤ m.3 ainsi que l’existence de suffisamment d’automorphismes de A pour démontrer le lemme clef suivant : Lemme 9. p — l’application t h(t) = χ ◦ τt est un homéomorphisme d’un voisinage de 0 dans avec un voisinage de χ . . 1).1. ∀x ∈ W = sα(V ) Corollaire 8. ∀x ∈ W = sα(V ) . tels que p — les x μ définissent un homéomorphisme d’un voisinage de χ avec un ouvert de . V Corollaire 8. τt ∈ Aut(A).84 ALAIN CONNES Théorème 8.2.2) où : λ(K ) = b∈A + . Il existe une constante finie κp telle que pour tous aj ∈ A et tout compact K ⊂ X on ait. à 1VH vérifie : (8.2. L’algèbre A est localement l’algèbre des restrictions de fonctions C ∞ sur p à un ouvert borné de p. — l’application x ◦ h est un difféomorphisme local. t ∈ p. l’inégalité (8. avec J = L (p.

1 conférence à l’IHÉS (50e anniversaire). 1 conférence à Oberwolfach. Octobre 2007. 3 conférences à Toronto (Fields Lectures). Mai 2008. Mai 2008. and Motives. 1 conférence à ICTP. A paraître dans JNT. Vol. Mai 2008. A. Octobre 2007. M.ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 85 Conférences Septembre 2007. 55. Quantum Fields. M. Consani. 1 conférence à NYU. Publications A. Colloquium Publications. 5 conférences à Vanderbilt (Fifth Spring Institute in Non-commutative Geometry and Operator Algebras). Fun with 1. Connes. American Mathematical Society. New York. Trieste. 1 conférence à Rutgers. Marcolli. Noncommutative Geometry. Octobre 2007. . Marcolli. C. 2008. Connes.

.

R )) A via la formule F n ( x . Bochi. Le sous-décalage ∑ étant fixé. f un homéomorphisme de X. E est le produit ∑ × R2. Les cocycles uniformément hyperboliques correspondent à une partie ouverte H qu’on se propose d’étudier. A n ( x )v ). vu ∈ E u . Dans la situation considérée. Le cours a présenté des résultats obtenus en collaboration avec A. c > 0 et une décomposition F-invariante E = E s ⊕ E u vérifiant F n (v s ) ≤ c λ n v s pour n ≥ 0. membre de l’Institut (Académie des Sciences). R )) A . nous . Un tel cocycle est uniformément hyperbolique s’il existe 0 < λ < 1. Soient X un espace topologique. Un critère classique d’uniforme hyperbolicité est basé sur l’existence d’un champ de cônes vérifiant certaines propriétés. l’espace des paramètres est donc (S L(2. v ) = (σ n ( x ). Un cocycle linéaire au-dessus de f est un isomorphisme F de E vérifiant f p = p F . R ) qui ne dépend que de la lettre en position zéro dans un élément de ∑. F −n (v u ) ≤ c λ n v u pour n ≥ 0. Avila et J. f est le décalage σ : ∑→∑.Équations différentielles et systèmes dynamiques M. On va considérer la situation spécifique suivante : X est un sous-décalage de type fini ∑ sur un alphabet fini A. professeur Cours : cocycles uniformément hyperboliques 1. et F est déterminé par une application A : ∑ → SL(2. vs ∈ E s . si n < 0. Jean-Christophe Yoccoz. et p : E → X un fibré vectoriel de base X. 2. avec A n ( x ) = A x n−1 … A x 0 = − −1 A x n1 … A x −1 si n ≥ 0. Le cocycle F est donc déterminé par une famille ( Aα )α ∈A ∈(S L(2.

stable) U α (resp. des composantes connexes de P1 – K s qui rencontrent K u). pour chaque α ∈A s K α = e s ({ x ∈ . Aα 1 S ⊂ S pour tout α ∈A. le cocycle associé à ( Aα )α ∈A est uniformément hyperbolique si et seulement s’il existe un multicône M tel que Aα M est contenu dans M pour tout α ∈A . u K α = e u ({ x ∈ . Les parties U α . De plus. non vide et distincte de P1. Le multicône Mα est un épaississement approprié de U α . Sα ) est alors le complémentaire de s u l’union des composantes connexes de P 1 − K α qui rencontrent Aα K α (resp. Lorsque ∑ est un décalage complet. Appelons noyau instable (resp. restent les mêmes dans une composante connexe du lieu d’hyperbolicité H. le nombre de composantes connexes. Le critère est plus simple à énoncer lorsque ∑ est un décalage complet. x 0 = α }). Cette croissance est obtenue en munissant les multicônes de leur métrique de Hilbert. −1 On a Aβ U α ⊂ U β . Dans le cas général d’un décalage de type fini. Pour x ∈ . la condition est qu’il existe des multicônes M α . e u (x) les directions stables et instables (considérées comme des points de P1). Lorsque ∑ est un décalage de type fini général. . Sα sont compactes non vides et n’ont qu’un nombre fini de composantes connexes. On notera que les cônes stables et instables dépendent continûment des paramètres. Alors S et U sont des parties compactes non vides et disjointes de P1 qui n’ont qu’un nombre fini de composantes connexes. S) de P1 dont le complémentaire est l’union des composantes connexes de P1 – Ku qui rencontrent K s (resp. qui a un nombre fini de composantes connexes. Pour voir que ces conditions impliquent l’uniforme hyperbolicité. stable) la partie U (resp. basé sur la notion de multicône. les composantes connexes de U et S sont alternées − pour l’ordre cyclique de P1 et on a Aα U ⊂ U . Supposons inversement que le cocycle défini par ( Aα )α ∈A soit uniformément hyperbolique. notons e s (x). on doit définir. on fait appel à un autre critère d’uniforme hyperbolicité (valable pour les cocycles à valeurs dans SL (2. Dans ce cas. et la façon dont elles sont envoyées les unes dans les autres par les Aα.88 JEANCHRISTOPHE YOCCOZ avons découvert un critère alternatif. Le noyau instable (resp. des −1 u s composantes connexes de P 1 − K α qui rencontrent Aα K α ). posons K s = e s (∑).α ∈A tels que Aβ Mα ⊂ Mβ pour chaque transition admissible α → β. K u = e u (∑). x −1 = α }). Aα Sβ ⊂ Sα pour chaque transition admissible α → β . d’emploi plus simple. R) sur une base compacte) : il faut et il suffit que la norme des produits An(x) croisse de façon uniformément exponentielle. En particulier. Le multicône M est alors un épaississement approprié de U (ne rencontrant pas S). Nous appelons multicône une partie ouverte de P1 = P1(R). Les parties U α et Aα Sα sont disjointes et leurs composantes connexes sont alternées.

TrB > 2. Deux composantes connexes distinctes sont d’adhérences disjointes. on pose HF = F−1 (Hid). Tr AB > 2. Théorème – Les composantes de H sont exactement les composantes de H0 et les composantes des HF . une partie compacte de (SL(2. on a un résultat plus précis. B ) ∈H telles que le noyau instable U a deux composantes connexes. D’autre part. B). et on note M le monoïde (libre) engendré par F+. B) telles + que Tr A > 2. F décrivant M. Notons H id la partie de Hid formée des matrices telles que TrA > 2. si un N-uplet ( Aα )α ∈A appartient à la frontière ∂H0 . leur union est notée H0. Nous décrivons dans cette section le lieu d’hyperbolicité H lorsque ∑ est le décalage complet sur 2 symboles. On suppose dans cette section que ∑ est un décalage complet sur N ≥ 2 symboles. soit il existe des indices distincts α. Tr B > 2. Les éléments de Hid sont exactement les paires ( A. On désigne par E l’ensemble des paramètres ( Aα )α ∈A tels qu’il existe un point périodique x de ∑ (de période n) telle que la matrice An(x) associée soit elliptique. Pour F ∈M. on introduit les difféomorphismes de (S L(2. On montre aisément qu’un N-uplet hyperbolique ( Aα )α ∈A appartient à H0 si et seulement si le cône instable U est connexe. F−. TrA TrB TrAB < 0 . B) = (BA. + On montre que Hid est contenu dans H − H0. instable) d’une matrice hyperbolique A . on notera uA = sA l’unique direction invariante. Pour un sous-décalage de type fini général. R))2 F+(A. disjointe de H. AB). TrAB < −2. F−(A. Chaque HF a donc 8 composantes connexes. 4.ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ET SYSTÈMES DYNAMIQUES 89 3. On a désigné par uA (resp. C’est une partie ouverte de l’espace des paramètres.R))2 ne rencontre qu’un nombre fini de composantes connexes. En fait. Une composante connexe de H est dite principale s’il existe (ε α )α ∈A ∈{−1. Il y a 2N composantes principales . B) = (A. Considérons la partie ouverte Hid de (S L(2. β tels que uAα = s Aβ. R))2 formée des matrices (A. Pour le décalage complet sur deux symboles. lorsque A est parabolique mais distincte de ± id. H id est l’union de deux composantes connexes de H qui se déduisent l’une de l’autre par une conjugaison renversant l’orientation de P1 et Hid est donc union de huit composantes de H. sA) la direction stable (resp. De plus. . Avila a montré que E est dense dans le complémentaire de H. Pour décrire toutes les composantes connexes de H. + 1} A tel que (ε α A )α ∈A appartienne à cette composante pour toute matrice A telle que TrA > 2. alors soit l’une des matrices Aα est parabolique.

L’image Θ([0. On dispose d’une description explicite des multicônes correspondant aux composantes non principales de H pour le décalage complet sur 2 symboles. B) qui n’appartient pas à H0 ∪ E et on applique le lemme. p1 q1 comme l’a été Θ à partir de p q ) : on commence par Θ0(0). On prend donc une paire (A. on veut montrer que (SL(2. les mots Θ 0 ( R p0 q 0 (0)) et Θ( R p q (0)).1).1). On dit qu’une paire (A. tr B. Θ1 sont définis à partir de p 0 q 0 . R))2 est l’union disjointe de H0. IB = [1 − p q . les cônes stable et instable ont chacun q composantes connexes. 0 < j < q 0 . alors une et une seule des quatre propriétés suivantes est satisfaite : i) AB est elliptique . B) n’appartient pas à H0 . Fixons p q ∈Q ∩ (0. B ) ∈ Hid . .1)) = : O( p q ) est un ensemble de q mots de longueur q qui se déduisent les uns des autres par permutation cyclique. E et des HF . et les 2q composantes connexes du complémentaire de S U sont naturellement paramétrées par O : pour C ∈O.B} l’application qui vaut A sur IA et B sur IB. tr AB) au cours de ce processus. Notons M* le monoïde opposé de M . B) appartient à une composante connexe de H associée à p q . Θ(0).1] → { A. B) est tordue. F ∈M. puis le mot Θ( R q1 q (0)) = Θ(1 − ). Soit [ p 0 q 0 . Si on se trouve dans les cas iii) ou iv) on applique à nouveau le lemme à la paire obtenue. B) est tordue. B) est tordue si A et B ne sont pas elliptiques et (A. Lemme – Si (A. Le cas i) est impossible par hypothèse. par ordre lexicographique croissant. 1 − p/q). 1 0 < i < q1. et enfin alternativement. Indiquons quel est le lemme principal dans la démonstration des théorèmes précédents. iii) (A. posons Notons Rp/q l’application x Θ( x ) = (θ ( R ip q x )) 0≤i < q . il existe une composante de (S U )c dont les extrémités sont sC et uC.1). Posons IA = [0. où q désigne la longueur du mot F(AB) et p le nombre d’occurences de B dans ce mot. 1). Il s’agit de voir qu’on ne peut indéfiniment éviter le cas ii). pour F ∈M*. ce qui résulte de l’étude de la dynamique sur les triplets (tr A. p1 q1 ] l’intervalle de Farey dont p q est le centre. et notons θ : [0. AB) est tordue . On munit O( p 0 q 0 ) O( p1 q1 ) de l’ordre cyclique l’union disjointe O := O( p q ) suivant (où Θ0. Pour x ∈[0. Θ1(0) puis on rencontre alternativement.90 JEANCHRISTOPHE YOCCOZ Théorème – On a ∂E = ∂H = (H ∪ E )c . ii) ( A. par ordre p q −j −j lexicographique décroissant. iv) (BA. 5. Ceci étant. L’application j est une bijection de M* sur Q ∩ (0. posons j ( F ) = p q . x + p q mod 1. Si (A. les mots Θ( R ip q (0)) et Θ 1( R ip1 q1 (0)).

On appelle correspondance monotone une partie C de M × M telle que i) C ⊂ (Ms × Ms) ∪ (Mu × Mu) .ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ET SYSTÈMES DYNAMIQUES 91 6. On suppose dans cette section que ∑ est un décalage complet sur N ≥ 2 symboles. tout morphisme hyperbolique réduit est associé à exactement 4 composantes de H (se déduisant les unes des autres par changements de signes). Chaque Aα définit une correspondance monotone C α. . xs). Pour formaliser ceci. à chaque composante de H est associée un multicône combinatoire M et un morphisme hyperbolique réduit de FN dans C (M). Inversement. Soient alors H une composante connexe du lieu d’hyperbolicité H. α et il est réduit. y+). c’est-à-dire que l’image de tout mot assez long est une correspondance constante . y++) (on note x+ l’élément suivant x pour l’ordre cyclique de M). soit (x+. soit (x. Les éléments de Ms (reps. xs ∈ Cs} d’une application Cs : Ms → Ms . ainsi que la dynamique induite par les Aα sur les composantes de S et U . donc on a un homomorphisme de FN dans C (M). Cet homomorphisme possède de plus les propriétés suivantes : il est hyperbolique. iv) C peut être muni d’un ordre cyclique tel que l’élément suivant (x. et (Aα)α∈A un paramètre appartenant à ∂H. On dit qu’une correspondance monotone est constante si Cs et Cu le sont. on peut construire des exemples de morphismes hyperboliques réduits avec N > 2 qui ne sont associés à aucune composante de H. ii) C ∩ (Ms × Ms) est le graphe {(Cs(xs). On appelle rang de M le cardinal q = # Ms = # Mu. Par contre. Notons FN le monoïde libre à N générateurs (indexés par l’alphabet A. lorsque N = 2. Cs s En résumé. y). U ). 7. Les correspondances monotones forment un monoïde associatif C (M) pour la composition. On revient dans cette section au cadre général d’un décalage ∑ de type fini. Cu (xu)). iii) C ∩ (Mu × Mu) est le graphe {(xu. On a remarqué plus haut que le nombre de composantes de S et U . restent invariants par déformation donc constants dans chaque composante connexe de H. xu ∈ Cu} d’une application Cu : Mu → Mu . Mu) correspondent aux composantes de S (resp. on introduit la notion de multicône combinatoire : un ensemble fini M = Mu Ms muni d’un ordre cyclique tel que Mu et Ms soient de même cardinal et alternés. y) est soit (x++. c’est-à-dire que les images des C u recouvrent Mu et les images des α recouvrent M .

H n’est pas une composante principale. l’une est contenue dans H tandis que l’autre rencontre H suivant une suite de composantes connexes dont les combinatoires associées sont de plus en plus compliquées. n sont majorés par une constante ne dépendant que de H. Par contre. trAαAβ est bornée sur Z. B 0 ) ∈ H id C 0uB 0 = sA0. l’hypersurface {CuB = sA} sépare un voisinage V de (A0. R))3 avec ( A0 . un entier n ≥ 0 et un point z ∈W loc ( x ) ∩ σ −nW loc ( y ) tels que Ak(x). puisqu’il a une infinité de composantes connexes. on peut montrer qu’aucun produit des Aα ne peut être égal à ± id. ii) (connexion hétérocline) il existe des points périodiques x. De plus. Ceci n’est plus vrai quand on considère le décalage complet sur 3 symboles.92 JEANCHRISTOPHE YOCCOZ Théorème – L’une au moins des deux propriétés suivantes a lieu : i) il existe un point périodique x de ∑. Localement dans l’espace des paramètres. de période respective u s k et l. toute partie compacte de l’espace des paramètres ne rencontre qu’un nombre fini de composantes connexes de H. Al(y) soient hyperboliques et on ait : An(z) · u(Ak(x)) = s(Al(y)). pour le décalage complet sur 2 symboles. en raison d’un phénomène de bifurcation hétérocline. B0. c’est-à-dire telles qu’il existe une partie compacte K de (SL(2. Mentionnons ici simplement l’une d’entre elles : existe-t-il des composantes connexes H de H qui soient bornées modulo conjugaison. Corollaire – Chaque composante connexe de H est un ensemble semi-algébrique. y de ∑. et (Aα) ∈ ∂H comme ci-dessus. 9. même pour les décalages complets sur N ≥ 3 symboles. les entiers k. comme c’est le . R))N vérifiant H ⊂ g gKg −1 ? On dispose d’un critère intéressant pour tester cette propriété : une partie Z de (SL(2. On a vu que.R))N est bornée modulo conjugaison si et seulement si chacune des fonctions trAα. Lorsque ∑ est un décalage complet. de période k. H lui-même n’est pas (en général) semi-algébrique. On aimerait aussi savoir si on a toujours ∂H = ∂E = (H cas pour le décalage complet sur 2 symboles. E )c. l. On a étudié une occurrence de ce phénomène : on a un triplet (A0. C0) ∈ + (SL(2. 8. De nombreuses questions concernant H et ses composantes connexes restent ouvertes. tel que |trAk(x)| = 2 . B0. C0) en deux composantes . Le bord de chaque composante est aussi semi-algébrique.

Buff et A. 16 avril 2008 : Colloquium à l’Université Paris-Nord. 5-16 mai 2008 : Mission à l’Université de Montréal. Paris. 2007. 26-30 mai 2008 : Coorganisateur d’un colloque à la mémoire d’Adrien Douady à l’IHP. Avila et S. Brésil. 143-211 (avec A. 17 décembre-21 décembre 2007 : Mission à la Scuola Normale Superiore de Pise. 385-401. j’ai donné 4 conférences dans ce cadre. Séminaire Bourbaki. Publ. Volume 2005/2006. Publications – Ensembles de Julia de mesure positive et disques de Siegel des polynômes quadratiques [d’après X. Suisse. 14 juin 2008 : Conférence au Séminaire Bourbaki. Math. Titulaire de la chaire Aisenstadt. 7-18 juillet 2008 : Co-directeur d’une école d’été en Systèmes dynamiques à l’ICTP. IHP. – Exponential mixing for the Teichmüller flow. Trieste. Canada. 2-6 juin 2008 : Une conférence lors d’un workshop “Dynamique dans l’espace de Teichmüller” à Roscoff. Paris. Italie. Italie. Astérisque (311). Chéritat]. Gouezel). 26 novembre-7 décembre 2007 : Mission à l’Instituto de Matematica Pura e Aplicada à Rio de Janeiro. Missions 11 octobre 2007 : Colloquium à l’Université de Provence. 4-8 février 2008 : Mini-cours de 4 conférences dans le cadre d’une École d’hiver à Séville. 5 mars 2008 : Conférence lors de la journée de Rham à l’École Polytechnique de Lausanne. exposé n° 966. Espagne. . IHES (104). et une cinquième lors d’un workshop la semaine suivante.ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ET SYSTÈMES DYNAMIQUES 93 Conférences.

.

les équations d’Euler compressibles de la Mécanique des Fluides. a porté sur une théorie nouvelle élaborée en collaboration avec M. c’est-à-dire optimisant leur comportement). Professeur Cours : Jeux à champ moyen (suite) 1. d’analyser et d’appliquer dans différents contextes une nouvelle classe de modèles mathématiques permettant d’étudier des situations faisant intervenir un très grand nombre de joueurs rationnels (au sens de l’Économie. D’autres domaines d’applications concernent les transports et l’étude du trafic ou la Biologie et l’Écologie. obtenons ainsi des systèmes d’un type nouveau d’Équations aux Dérivées Partielles (EDP en abrégé) non linéaires modélisant des équilibres (ou points de Nash) pour des continua de joueurs. L’objectif de cette théorie est d’introduire rigoureusement. Fokker-Planck. Introduction Le cours. nous considérons des équilibres de Nash à N joueurs. les équations de type Hartree de la Mécanique Quantique. suite de celui de l’an dernier. les équations du transport optimal de masse (problème de Monge-Kantorovich) ou les équations d’Euler-Lagrange associées à des problèmes de contrôle optimal d’EDP… . Plus précisément. Boltzmann…). Jean-Michel Lasry. membre de l’Institut (Académie des Sciences).Équations aux dérivées partielles et applications M. et analysons mathématiquement ces systèmes. les modèles cinétiques (équations de Vlasov. Pierre-Louis Lions. appelée théorie des « jeux à champ moyen ». Les équations que nous introduisons de cette manière sont très générales et contiennent comme cas particuliers de nombreux systèmes et équations classiques : les équations elliptiques semilinéaires. faisons tendre N vers l’infini. les équations des milieux poreux. Ce type de situations est fréquent en Économie et en Finance où chaque agent (joueur) optimise ses actions en tenant compte d’informations globales c’est-à-dire moyennées sur l’ensemble des joueurs. chaque joueur interagissant avec les autres en « moyenne ».

p. dont beaucoup restent à résoudre. Enfin. preprint. nous ne considérons ici que le cas de variables décrivant un ensemble Q = O où O est un ouvert borné régulier de d (d ≥ 1) muni de la métrique euclidienne usuelle (|x – y|) — nous pourrions aussi bien considérer le tore ou [0. 2. grandes déviations pour des EDP stochastiques. le cours a porté sur le cadre théorique mathématique nécessaire à la justification (rigoureuse) de la limite quand le nombre de joueurs N tend vers l’infini. Signalons le travail antérieur d’A. et les considérations heuristiques d’A. Ce cadre mathématique permet de comprendre le comportement asymptotique des fonctions symétriques d’un grand nombre de variables et de leur calcul différentiel. ou aussi simplement le cas 1. De plus. 323-345. 1]d avec périodicité. Propagation of chaos for the Boltzmann Equation. Indiquons simplement qu’un cas particulier de notre théorie est celui où les joueurs n’ont plus de possibilité d’influer sur (en optimisant) leur comportement et sont alors soumis passivement aux interactions avec le reste des joueurs ce qui est bien sûr le cas des « particules » en Physique ou des éléments de matière en Mécanique des milieux continus. chaque catégorie étant composée d’un très grand nombre de « joueurs identiques ». ayant les mêmes caractéristiques). ainsi que des solutions symétriques d’EDP en très grande dimension. Signalons en outre une direction importante de notre théorie : dans tout ce qui précède. Matytsin 2. Grunbaum 1 qui contient une esquisse du cadre général abstrait que nous introduisons. 2. Rat. Il est donc clair que la classe de systèmes que nous obtenons par cette approche de modélisation est extrêmement vaste et que de très nombreuses questions d’Analyse Mathématique se posent. nous avons implicitement considéré un ensemble homogène de joueurs « identiques » (en fait. .. Les systèmes que nous introduisons dans ces cas contiennent alors comme cas particuliers des modèles de dynamique des populations ou de réactions chimiques… Cette année. Mech. 42 (1971). ou organismes vivants…).96 PIERRELOUIS LIONS La terminologie « champ moyen » provient de la Physique et de la Mécanique et est naturelle puisque notre approche contient effectivement les théories classiques de champ moyen en Physique et en Mécanique (voir d’ailleurs les exemples mentionnés plus haut). indiquons que les résultats que nous présentons s’appliquent à de nombreux autres sujets que la théorie des jeux à champ moyen : EDP à N variables quand N tend vers l’infini. échanges d’attributs…). théorie du transport et systèmes de particules (éventuellement stochastiques) en interaction. le nombre total de joueurs n’est pas nécessairement constant dans le temps (naissance et mort. On the large N limit of the Itzykson-Zuber integral. Anal. Il est en fait utile et souvent réaliste d’introduire plusieurs catégories de joueurs (ou agents. Fonctions symétriques d’un grand nombre de variables Afin de simplifier la présentation et les notations. Arch.

espace N métrique compact pour les distances dites de Wasserstein dp (m1. Xσ = (xσ(1). …. soit une variable aléatoire dans un espace de probabilité (Ω. uN (X ) = uN (Xσ). …. dp (X.Y ) = ( N ∑ x i − y i p )1/p i =1 N (pour 1 σ ∈S N p 1 ∞). xN avec probabilité 1 . on notera Pp l’espace P muni de la distance dp et P = P2. d LP ( X . ….Y ) < ε } = 0 ⎪ ⎩ (1) Alors. On suppose que ⎧sup sup | u N ( X ) |< ∞. L’objectif étant de comprendre le comportement quand N tend vers l’infini de suites de fonctions « continues » uN(x1. on peut extraire une sous-suite (encore notée uN pour simplifier) telle qu’il existe U ∈ C (P ) vérifiant (2) N →∞ X ∈Q N lim N sup | u N ( X ) − U (m X ) | = 0 Remarques : i) De multiples variantes et extensions de ce résultat sont possibles (plusieurs groupes de variables symétriques. Toutes ces distances (à nouveau si p < ∞) induisent sur P la convergence faible des mesures et N N N N on a bien d p (m X . X a pour loi m1. Enfin.ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 97 d’un espace métrique Q compact quelconque. …. xσ(N ))) et SN désigne le groupe des permutations de l’ensemble {1. ….Y ) = inf d LP ( X . d LP ( X . ∀ X ∈ QN. demi-limites au sens des solutions de viscosité…). ∀ σ ∈ SN. xd) ∈ QN (i. F. d ).e. xN). .Y σ ). réitération. m2) = inf {ε > 0. Y ). Y ) = inf {ε > 0 / N (#{i / x i − y i > ε }) < ε }. xN) ∈ QN (identifié à ses permutations…) comme soit une mesure de probabilité « empirique » N mX = 1 N ∑ δ x .d ⎪−u N (Y ) | / X . σ ∈S N L’idée essentielle sera de considérer un point X = (x1. Y a pour loi m2} (en tout cas pour p < ∞) ou de Lévy-Prohorov dLP (m1. Malheureusement. P (|X – Y | > ε) < ε}. …. dLP (m X . Y ∈ Q LP ( X . mY ) = dp (X. …. mY ) = dLP (X. lim sup sup{| u N ( X ) ⎪ ⎪ N X ∈Q d ε →0 N ⎪ ⎨ ⎪ N . m2) = inf {E [|X – Y|p]1/p / X ∈ L p (Ω . il nous faut introduire diverses 1 métriques sur QN (et sur l’espace quotient QN/SN ) : d p ( X . N }).Y σ ). on obtient facilement le Théorème 1 : Soit uN ∈ C (QN) symétrique. Y ) = inf d p ( X . P) i N i =1 nontrivial (fixé dans tout ce qui suit) prenant les valeurs x1. Y). la terminologie consacrée oublie que les distances dp ont été introduites (et identifiées dans le cas p = 1) par Monge et Kantorovich. On note enfin P = P (Q) l’ensemble des mesures de probabilité sur Q. modules de continuité en d ∞ . où X = (x1. xN) symétriques par rapport à (x1. N En observant que les mesures m X sont denses dans P.

d )) possédant la propriété d’invariance ou de symétrie suivante : U (X ) = U (Y ) si X et Y ont la même loi. On dit alors que fN converge vers π (et on dira que uN converge vers U si (2) a lieu). Et la donnée d’une telle suite consistante ( f k)k 1 est équivalente (Hewitt-Savage) à la donnée d’une mesure de probabilité π sur P telle que f k = ∫P k i =1 m( x i ) d π (m ). vers f dxk + 1 (∀k 1). ce qui n’est pas le cas du calcul différentiel élaboré (ou esquissé) dans l’espace (dit) de Wasserstein par de nombreux auteurs. uN ∈ C (QN) symétrique et fN ∈ P (QN) symétrique. on k peut supposer que les marginales f N = ∫ f N ( X )dx k +1 …dx N convergent k ∈ P (Q k) symétrique. Et l’ensemble des polynômes est dense dans C (application du théorème de Stone-Weierstrass ou démonstration constructive directe…). pour tout k 1. k (3) M k (m ) = QK ϕ i =1 dm( x i ) . Alors. si ( fN)N 1 est une suite de mesures de probabilité sur Q N symétriques. On suppose que uN converge vers U et que fN converge vers π.98 PIERRELOUIS LIONS ii) Un exemple important de fonctions U dans C (P ) est fourni par les polynômes i. les combinaisons linéaires finies de monômes définis par. La présentation la plus simple de notre calcul différentiel consiste en se servir d’une part de la structure Hilbertienne de L2 (Ω) et du calcul différentiel induit et d’autre part de la troisième remarque faite après le théorème 1. Théorème 2 : Soient U ∈ C (P). on a (4) QN uN d f N → U (m ) d π (m ) si N → ∞ P Remarque : Si π = δf (« chaos moléculaire »…) alors on déduit de (4) le fait suivant (5) QN | uN − QN u N d f N |2 d f N → 0 si N → ∞ 3. π ∈ P (P). Calcul différentiel Le but est de définir sur P un calcul différentiel compatible avec la limite considérée au paragraphe précédent. On note CL le sous-espace vectoriel formé composé de telles fonctions. iii) Il sera utile dans la suite d’observer qu’une fonction U dans C (Pp) peut être identifiée à une fonction dans C (L p) (où L p = L p (Ω . Bien sûr. Le résultat ci-dessous est en quelque sorte dual d’un résultat classique à savoir le théorème d’Hewitt et Savage (que l’on peut en fait redémontrer très simplement grâce à notre point de vue…). étant donnés k 1 (ordre) et ϕ ∈ C (Qk) ou pour simplifier C ∞ (Qk) symétrique (coefficient). f k = ∫ f k + 1 faiblement. .e. Rappelons que. après extraction éventuelle d’une sous-suite.

Remarque : Bien sûr. m1 )ω (d 2 (m0 . ii) d’autre part cohérent avec la limite « N → ∞ ». alors U définie par U (m ) = U ( X ) si L ( X ) = m est différentiable en m0 = L ( X 0 ) et U ′( X 0 ) (∈ L2 (Ω)) est mesurable par rapport à la tribu engendrée par X0. on peut démontrer que si U est différentiable en X0 ∈ L2 et U ∈CL ( L2 ) (par exemple). U ∈C 1( P ) telles que : U U U sur P et U (m0 ) = U (m0 ). Signalons qu’il est possible d’obtenir de nombreuses autres . pour tous X. On dit alors que U est différentiable en m0 ∈ P s’il existe X0 tel que L ( X 0 ) = m0 et U L est différentiable en X0 (on peut vérifier que cette propriété est équivalente à la différentiabilité de U L en tout point de L −1(m0 )). C k. |U (m1 ) − U (m0 ) − Enfin. réguliers. pour toute mesure M (x. la notion naturelle de variations dans P correspond au transport des mesures par des champs de vecteur B sur d (ou sur Q…) supposés. Tout d’abord. on note L l’application qui à X ∈ L2 (Ω) associe sa loi.α ( L2 ). En N notant πN U la fonction symétrique définie sur QN par π N U ( X ) = U (m X ). à savoir la cohérence avec la limite étudiée précédemment. En identifiant différentielle et gradient grâce à la structure Hilbertienne de L2 (Ω). dt où mt est défini par ∫Q ϕ dmt = ∫Q2 ϕ ((1 – t) x + ty) dM (x. il est naturel de définir les fonctions C k. les résultats mentionnés ci-dessus ne sont que des échantillons (à peine) représentatifs du calcul différentiel mis en place et présenté dans le cours. Ensuite. Y ) ω (d2 (X. ∀ϕ C (Q). Le deuxième point. on montre que si U est différentiable en m0 alors U (mt ) est dérivable en t = 0 et d U (mt ) |t =0 = E[∇(U L )( X 0 ) B( X 0 )] où L ( X 0 ) = m0 dt De plus. U est différentiable en m0 si et seulement si on peut trouver U . Bien sûr. on démontre que U ∈ C1 (P) si et seulement si πN U ∈ C 1 (QN ) et il existe un module de continuité uniforme ω indépendant de N tel que. En notant par (mt )t ∈ le groupe induit. y) ∈ P (Q 2). α (P ) (0 α 1) si et seulement si U L ∈C L 0. peut s’illustrer par l’exemple suivant des résultats que nous avons obtenus. U ∈ C 1 (P) si U L ∈C 1 ( L2 )… 1) sur P par ce Se posent alors les questions de savoir si le calcul différentiel que nous venons de définir est i) d’une part intrinsèque. m1 )) . U ∈ C 0. Y ∈ QN. on démontre que U ∈ C1 (P ) si et seulement si il existe un module de d continuité uniforme ω tel que. a (0 < α biais : par exemple. pour simplifier. Y – X )| d2 (X. U (mt )| t =0+ dt existe et (6) (7) d U (m1 ) | d 2 (m0 . (8) |(πN U ) (Y ) – (πN U ) (X ) – (∇(πN U ) (X ). Y )). Tel est bien le cas et nous nous contenterons d’illustrer ces deux faits par quelques exemples. Si U est une fonction définie sur P (ou sur un voisinage de m0 ∈ P ) alors U L est définie sur L2 et U L ( X ) = U L (Y ) si X et Y ont même loi.ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 99 Plus précisément. y).

j =1 ∑ ∇x ∇x U N = 0 dans ( i j N d ) N ×]0. +∞[ i 0 uN |t =0= u N 0 0 → où u N est symétrique et u N N U 0 ∈ C ( P ). + ∞[ ) donnée par (12) U (m. Là encore. ) = 0 et U |t =0 = U 0 ∂x i ∂x i 2 ∑ i =1 d ∂m ∂m Il est bien sûr possible et utile d’aller au-delà de ces deux exemples.Y ) 2 . t ) = inf u N (Y ) + 1 d 2 ( X . on peut alors écrire une équation « Eikonale » dans P et démontrer que la formule (12) est bien l’unique solution (de viscosité) de cette équation. ce que nous ferons dans le cours de l’année 2008-2009. Équations aux dérivées partielles Là encore. d’introduire des méthodes de régularisation et d’étudier l’approximation (par exemple par des polynômes)… Enfin. . 2t Bien sûr. uN est symétrique et u N N U ∈ C ( P ×[0. ∞[ ) où U est l’unique solution (de viscosité par exemple) d’une équation de diffusion sur P que l’on peut écrire formellement comme (14) ∂U ∂t i . t ) = inf U 0 (m ′ ) + m′∈P Grâce au calcul différentiel introduit ci-dessus. on démontre que u N N U ∈ C ( P ×[0. 2t 1 d 2 (m.100 PIERRELOUIS LIONS caractérisations. nous pouvons ainsi introduire une notion de fonction convexe sur P (U est convexe si U L est convexe sur L2) qui a de nombreuses applications… 4. + ∞[ + (∇U . Exemple 2 : Équation de diffusion à coefficients constants On considère la solution uN de (13) ∂u N ∂t − α2 2 ∑ i =1 N Δ xi u − N − β2 2 avec la condition initiale (10). α2 2 Δm ) − β2 D 2U ( . La solution (de viscosité) de (9) est donnée par la formule de Lax-Oleinik (11) u N ( X . m ′ ) 2 . Exemple 1 : Équation eikonale On considère la solution uN (solution de viscosité) de (9) ∂u N +N ∂t avec la condition initiale (10) ∑|∇x u N |2 = 0 dans ( i d )N ×]0. nous nous contenterons de quelques exemples.

— 8 février 2008 : Sergio Guerrero Rodriguez (Université de Paris 6). Université Paris 6). Université Paris-Dauphine). — 30 novembre 2007 : Albert Cohen (Laboratoire J. — 28 mars 2008 : Herbert Koch (Université de Bonn). — 11 avril 2008 : Claude Viterbo (École Polytechnique). Séminaire de Mathématiques Appliquées — 12 octobre 2007 : Olivier Pironneau (Laboratoire J. — 18 janvier 2008 : Pierre Cardaliaguet (Université de Brest). — 25 janvier 2008 : Stéphane Gaubert (INRIA-Rocquencourt). — 23 mai 2008 : Nader Masmoudi (Courant Institute of Mathematical Science). — 1er février 2008 : Sylvia Serfaty (Université de Paris 6 & Courant Institute. Particles and Fluids. Méthodes adaptatives en dynamique moléculaire. Lions. New numerical solvers for Hydro. Autour des grandes cartes planaires aléatoires.ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 101 Cours et Séminaire Cours : Le cours a eu lieu du 12 octobre 2007 au 11 janvier 2008. Vortex dans des condensats de Bose-Einstein en rotation rapide. Modèles microscopiques pour la conductivité thermique. Université Paris-Dauphine).-L. Triangulations adaptatives et algorithmes greedy pour l’approximation et l’apprentissage. Encore et toujours l’équation de la chaleur. Homogénéisation symplectique. — 16 novembre 2007 : Xavier Blanc (Laboratoire J. Université Paris 6). — 14 décembre 2007 : Clément Mouhot (Ceremade. . École Polytechnique). Méthode de Monte Carlo pour les EDP non linéaires.-L. Strong uniqueness for elliptic and parabolic equations. Lions. Université Paris-Dauphine). — 23 novembre 2007 : Nizar Touzi (CMAP. Quelques résultats d’hypocoercivité en théorie cinétique collisionnelle. Régularité d’EDS rétrogrades et approches probabilistes pour la résolution d’équations semilinéaires paraboliques.-L. ENPC). — 4 avril 2008 : Tony Lelièvre (CERMICS. De la théorie de PerronFrobenius à la programmation dynamique et vice versa. New York). Configurations de vortex dans le modèle de Ginzburg-Landau de la supraconductivité. — 11 janvier 2008 : Jean-Michel Morel (CMLA-ENS Cachan). — 7 décembre 2007 : Stefano Olla (Ceremade. Allemagne).and Magnetohydrodynamics. Propagation d’interfaces avec termes non locaux. Université Paris 6). Zooms numériques et méthodes de sous-domaines. Lions. — 14 mars 2008 : Radu Ignat (Université de Paris-Sud 11). Passage à la limite de Klein-Gordon-Zakharov vers Schrödinger non linéaire. « Rigidité » dans les matériaux fracturés. — 21 mars 2008 : Peter Constantin (Université de Chicago). — 16 mai 2008 : Antonin Chambolle (École Polytechnique). Un résultat de compacité pour l’état de Landau en micromagnétisme. — 15 février 2008 : Jean-François Le Gall (Université de Paris-Sud 11). — 9 novembre 2007 : Christian Klingenberg (Université de Wuerzburg. Contrôle optimal singulier pour quelques équations aux dérivées partielles. — 19 octobre 2007 : Bruno Bouchard (Ceremade.

— Atomistic to continuum limits for computational materials science. — Mean Field Games. Anal. Lasry. 361-368.. Lasry. Non Linear Analysis. En collaboration avec C. Acad. Lasry. Non-linearity. p. Le Bris. En collaboration avec X. Sur l’équation du transport stochastique et les EDS avec dérive irrégulière.P. Le gaz de Lorentz périodique dans la limite de Boltzmann-Grad. — Deux remarques sur les flots généralisés d’équations différentielles ordinaires. Sci. En collaboration avec P. Mech. — Existence and uniqueness of solutions to Fokker-Planck type equations with irregular coefficients.R. Sci. 24 (2007). 184 (2007). Arch. En collaboration avec M. 1272-1317. Pures Appl. Cardialaguet et P. — Préface de Finance and Sustainable Developement.-M. P. Non Linear Analysis. (2007). Blanc et C. — Stochastic homogenization and random lattices. Musiela. p. Blanc et C. Economica.P. # 1919. Hauray et C. — Correlations and bounds for stochastic volatility models. p. Convergence entropique et inégalités fonctionnelles. — Préface du numéro spécial de ESAIM M2AN sur la Modélisation Moléculaire. 15-20. Springer. Chiappori et J. 103-172. En collaboration avec J. 391-426. Publications — Towards a self-consistent theory of volatility. ESAIM M2AN.H. — Trois chapitres du Lecture Notes in Maths. Le Bris. Paris.E. Musiela. En collaboration avec X. A paraître dans J. .-M. Japanese Journal of Mathematics. 303-340. Acad. p. — Molecular simulation and related topics : some open mathematical problems.P. Paris. — Large investor trading impacts on volatility. 311-323. 2 (2007). 33 (2008). 1-16. Rat. — Résumé du Cours au Collège de France (2006-2007) : Jeux à champ moyen. — 13 juin 2008 : Ivan Gentil (Ceremade. 759-764. Non Linear Analysis. Le Bris. Maths. 229-260. Lasry. — Global existence of weak solutions to some micro-macro models. Université Paris-Dauphine). 24 (2007). 41 (2007). C. C. Le Bris.-M. — 6 juin 2008 : Massimiliano Gubinelli (Université de Paris-Sud). — Convexity and non-convexity of option prices for SABR models. Paris.. — 20 juin 2008 : Graeme Milton (University of Utah). En collaboration avec J. Lasry. Berlin.H.H. Annales de l’I. En collaboration avec M. p. Lasry.102 PIERRELOUIS LIONS — 30 mai 2008 : François Golse (École Polytechnique). p. En collaboration avec P. p. Comm.R. — On the energy of some microscopic stochastic lattices.-M. En collaboration avec J. En collaboration avec J. p. 2008.-A. Variational principles for elastodynamics and Maxwell’s equations in inhomogeneous bodies. En collaboration avec X. 41 (2007). p. 344 (2007). Masmoudi. p.D.E.-M. 21 (2008). 24 (2007). — Instantaneous self-fulfilling of long-term prophecies on the probabilistic distribution of financial asset values. 345 (2007). En collaboration avec J. En collaboration avec M. — A discussion about the homogenization of moving interfaces. Le Bris.-M. Blanc et C. Annales de l’I. En collaboration avec N. Annales de l’I. Souganidis. Paris-Princeton Lectures In Mathematical Finance 2004.

— Membre du Visiting Committee du CEA. Ischia. — Conférence dans un lycée dans le cadre de la « Junior Academy ». Naples (11-14 octobre 2007). (18 octobre 2007). La Havane. « Topics in PDE and applications 2008 ». Cuba (28 février 2008). — Président du Conseil Scientifique du CEA-DAM. Mello (27 juin 2008). Rosario (26 octobre 2007). — Président du jury du prix « Science et Défense ». Château de la Princesse. « Analyses. d’Argentine et du Brésil . — Professeur à temps partiel à l’École Polytechnique. — Conférence au Congrès « 8th International Conference on Operations Research ». — Cours (6 h) dans le cadre du « Collège de France à Bruxelles ». — Conférence COPEA. — Conférence au Colloque « Chicago-Paris Workshop in Financial Mathematics ». UFRJ. Responsabilités collectives et fonctions diverses — Membre de l’Académie des Sciences . Rio de Janeiro (6 mai 2008). de l’Académie des Technologies . — Président du Conseil Scientifique de la Fondation de Recherche pour l’Aéronautique et l’Espace.ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 103 Missions. Vienne. modèles et simulations ». — Conférence publique à l’Académie des Sciences. — Cours (4 h) à l’École d’Été. — Président du Conseil Scientifique de ParisTech. Académie des Sciences du Brésil. . — Président du Conseil Scientifique de France Telecom. Grenade (7-9 avril 2008). on the occasion of the 60th birthday of Tadeusz Iwaniec. — Président du Conseil Scientifique de l’ENS puis Membre du Conseil d’Administration de l’ENS. Invitations. de l’Académie des Sciences d’Italie. — Cours (2 h) à l’Université de La Havane (28 février 2008). Bruxelles (15-16 avril 2008. — Conférence à l’Académie des Sciences d’Autriche : Johann Radon Lectures. Tunis (5 février 2008). Bibliothèque Nationale (4 février 2008). — Membre du Haut Conseil de la Science et de la Technologie. Vienne (17 octobre 2007). — Conférence « Magna ». — Cours (8 h) à l’Université du Texas à Austin (10-21 février 2008). — Président du Conseil Scientifique d’EDF. — Conférence pour l’élection à l’Académie des Sciences d’Argentine. — Président du Conseil Scientifique de la Chaire de Finance et Développement Durable de l’Université Paris-Dauphine. — Conférences du Collège de France à Tunis « L’homme artificiel ». Conférences — Conférence au Colloque « Geometric Function Theory and Nonlinear Analysis ». de l’Istituto Lombardo. Rio de Janeiro (8 mai 2008). 21-22 avril 2008). — Cours (8 h) à l’Université du Texas à Austin (13-26 janvier 2008).

— Conseiller Scientifique auprès de BNP PARIBAS. Morningside Institute. — Administrateur de Sark et Channel Bridge. Chimiche. — Membre du Conseil Scientifique de la Fondation du Risque. — Membre de la Société des Amis du Palais de la Découverte. — Membre de l’International Advisory Board of the Scuola di Dottorato in Scienze Astronomiche. — Membre du Scientific Advisory Panel de l’European Mathematical Society. REECH. — Membre fondateur du Comité International de l’« International Summer School of Applied Mathematics ». Chinese Academy of Sciences. CALYON. — Membre de l’International Advisory Board de l’Institute of Mathematical Sciences de l’Imperial College. .104 PIERRELOUIS LIONS — Membre du Conseil Scientifique de l’Institut Europlace de Finance. — Membre du Board of Trustees et du Conseil Scientifique de l’IMDEA (Madrid). — Membre du Conseil d’Administration de la Fondation d’Entreprise IXIS. — Membre du Conseil d’Administration et du Conseil Scientifique de la Fondation Sciences Mathématiques de Paris. EADS-ST. — Membre du Comité d’Orientation de l’ENS. — Membre du Comité des Programmes Scientifiques du CNES. Fisiche e Mathematiche « Vito Volterra ».

Travaux d’Euler L’année 2007 ayant été le 300e anniversaire de la naissance d’Euler. ζ( 4 ) = π4 90 . ζ( s ) = ∑ ns n=1 ∞ 1 . … . a trouvé : • la définition de la fonction zêta dite « de Riemann » comme somme infinie. Les invariants en question. se calculent à l’aide de fonctions spéciales telles que les fonctions logarithme ou polylogarithme dans les situations les plus simples et des fonctions de Green dans des situations plus générales. Don Zagier. Cette partie ne sera pas reproduite ici. ζ(6 ) = π6 945 . 1 ζ( s ) = ∏ −s . sauf pour rappeler qu’Euler. le cours a commencé par un aperçu historique des travaux d’Euler sur les fonctions zêta.Théorie des nombres M. professeur Cours : Fonctions de Green et valeurs spéciales de fonctions L Le thème du cours de cette année était le lien entre les valeurs spéciales des fonctions L motiviques (et de leurs dérivées) d’un côté et les invariants algébrogéométriques des objets auxquels ces fonctions sont liées de l’autre. dans ses travaux datés de 1734 et 1749. du type « régulateur généralisé ». p premier 1 − p • les formules ζ(2 ) = π2 6 . • la décomposition multiplicative de cette fonction comme produit portant sur les nombres premiers.

5. Euler a trouvé toutes les propriétés essentielles de la fonction zêta connues actuellement sauf la preuve de l’équation fonctionnelle et l’énoncé de l’hypothèse de Riemann. ζ(−4 ) = 0.. donnés tous les deux par Riemann dans son mémoire célèbre de 1859. • l’équation fonctionnelle (sans démonstration) ζ(1 − s ) = 2 cos( πs Γ( s ) B ζ(1 − k ) = (−1) k −1 k (2) 2 (2 π ) s ) ζ( s ) de la fonction ζ (s) pour s réel. . valeurs spéciales pour s = 1. Fonctions zêta motiviques La liste des propriétés de ζ (s) trouvées par Euler peut nous servir encore aujourd’hui comme guide dans l’étude des fonctions zêta et fonctions L qui nous intéressent en théorie des nombres.106 et plus généralement DON ZAGIER (k > 0 pair. 7. énoncé de l’équation fonctionnelle) pour cette fonction. Bk = k-ième nombre de Bernoulli) k pour les valeurs de ζ (s) pour s un entier négatif . • la définition de la série L « de Dirichlet » L( s . χ ) = ∑ ∞ χ(n ) n=1 ns = 1− 1 1 + −… 3s 5s pour le caractère χ (n) = (– 4/n) et les généralisations de toutes les propriétés cidessus (produit d’Euler. Bk = k-ième nombre de Bernoulli) 2k pour les valeurs de ζ (s) pour s un entier pair strictement positif . 3. Une telle fonction est toujours donnée par une ∞ série de Dirichlet du type L( s ) = L X ( s ) = ∑ a(n ) / n s où les an sont des entiers n=1 (ou des entiers algébriques) liés aux propriétés d’un certain objet algébrique ou . ζ(−1) = − B ζ(k ) = − k (2i π ) k (1) 1 2 1 1 . ζ(−2 ) = 0.. et pour s ∈ ≤ 0. prolongement à s < 1. • l’extension de ζ (s) à des valeurs de s inférieures à 1 . avec des arguments théoriques et des vérifications numériques à haute précision pour appuyer cette conjecture . En d’autres mots. … 12 120 et plus généralement (k > 0. ζ(−3) = . • les formules ζ(0) = − .

3. qui généralisent les trois précédentes. sont attachées à une représentation irréductible ρ du groupe de Galois d’une extension galoisienne F/ . Ici encore on a k = 1. 4. toujours avec le même k (hypothèse de Riemann globale). χ).THÉORIE DES NOMBRES 107 géométrique X (qui peut être un corps de nombres. l’entier k dans l’équation fonctionnelle (3) est égal à 1. et il y a des formules spéciales qui donnent les valeurs de LX (s) pour certaines valeurs intégrales de l’argument s. et on conjecture que toutes les racines de la fonction L X ( s ) se trouvent sur la droite (s) = k/2. et γ (s) comme dans (4) avec d = 1 et α1 = 0 ou 1 selon la valeur de χ (– 1). la fonction φp (t) est égale à 1/(1 – χ (p)t). la fonction LX (s) est une fonction dont on sait ou dont on conjecture qu’elle est entière (ou ne possède qu’un nombre fini de pôles. α d ∈ ) (4) 2 2 liée aux propriétés de X sur le corps ou . Plus précisément. Fonction zêta de Riemann. ζF (s). γ ( s ) = A s Γ( Regardons quelques exemples avant de continuer. tandis que le nombre d . …. une forme automorphe. et γ (s) = π –s/2 Γ (s/2). avec le même entier d que dans (4) . ζ (s). l’entier d défini par (4) ou par le degré des facteurs d’Euler de la fonction zêta est égal au degré [F : ]. α 1. la fonction φp (t) est égale à 1/(1 – t) pour tout p. Fonctions L de Dirichlet. où γ (s) est une fonction de la forme s + α1 s +αd ) … Γ( ) ( A ∈ >0 . Fonctions zêta de Dedekind. Ici on a a (n) = χ (n). Dans ce cas le nombre a (n) ∈ ≥0 compte le nombre des idéaux entiers de norme n dans un corps de nombre fixé F . signe +. comme le pôle en s = 1 de ζ (s)) . où X* est un objet algébrique/ géométrique « dual » à X ) pour un certain entier k > 0. 1. elle a un produit d’Euler de la forme LX (s) = p φp ( p–s). Fonctions L d’Artin. dans les cas les plus intéressants. où φp (t) est une fonction rationnelle dont les coefficients sont liés aux propriétés p-adiques de X . une variété algébrique sur un corps de nombres. ρ). et on a une équation fonctionnelle du type (3) avec k = 1. 2. avec le même entier k que dans (3) (hypothèse de Riemann locale) . L (s. les fonctions φp (t) intervenant dans le produit d’Euler ont la forme 1/Pp (t) où Pp (t) est un polynôme de degré d pour presque tout nombre premier p (et < d pour les autres). où χ : → est un caractère de Dirichlet.) . etc. signe +. Ces fonctions. les racines du polynôme Pp (t) (pour les p pour lesquels le degré est égal à d ) et tous leurs conjugués algébriques ont la valeur absolue p–(k–1)/2. le nombre de chaque type étant déterminé par le nombre de plongements réels de F dans . une représentation galoisienne. et on a l’équation fonctionnelle (3) avec k = 1. elle a une équation fonctionnelle du type L X ( s ) := γ ( s ) L X ( s ) = ± L X (k − s ) (3) (où quelquefois L X ( s ) = w L X *(k − s ) avec |w| = 1. et les αj dans (4) sont égaux à 0 ou à 1. Ici on a a (n) = 1 pour tout n. L (s.

Bien sûr. L (E. Si f ( z ) = ∑ a(n )e 2i πnz n=0 est une forme modulaire sur Γ0 (N ). Tous ces exemples sont liés aux corps de nombres ou aux « motifs de dimension 0 » et ont k = 1 (c’est-à-dire que l’équation fonctionnelle relie les valeurs s et 1 – s de l’argument de la fonction zêta. qui généralise les deux précédents. Le prolongement analytique de L (E. est l’inégalité connue. Pour une courbe elliptique E/ on définit L (E. La définition de la fonction L dans ce cas est analogue au cas des courbes elliptiques. s). s). α2 = 1. alors la série de Dirichlet L (f. 8. sauf que les polynômes Pp (t) pour p générique ont le degré d = 2g. | a( p ) | ≤ 2 p . que les racines des polynômes Pp (t) ont toutes la valeur absolue 1. d = 2. d’après le programme de Langlands. En voici quelques-uns. α1 = 0. s) = Pp ( p–s)–1. Fonction L de Hecke d’une forme modulaire. il y a les fonctions L attachées aux formes automorphes (mais qui seront. propre pour les opérateurs de Hecke et normalisée par a (1) = 1. et que l’hypothèse de Riemann généralisée prédit ℜ( s ) = 1 pour 2 les racines de la fonction zêta dont il s’agit). Fonctions L associées à la cohomologie d’une variété. 6. identiques avec les fonctions du type 7. Fonction L d’une courbe. où g est le genre de la courbe C définie sur . 5. Ça ne sera plus le cas dans les exemples venant de la géométrie. soit par le degré des facteurs d’Euler typiques de la fonction L) est égal au degré de la représentation ρ. s) = n >0 a (n)n–s a un produit d’Euler Pp (p–s)–1 avec Pp (t) = 1 – a (p)t + pk–1t 2 pour p N et possède un prolongement analytique (entière si f est parabolique. On en mentionne deux. démontrée par Deligne).108 DON ZAGIER (défini soit par le nombre de fonctions gamma intervenant dans le facteur gamma de l’équation fonctionnelle. mais extrêmement difficiles (théorème de Wiles et al. s) et l’équation fonctionnelle. et avec un seul pôle en s = k sinon) et équation fonctionnelle du type (3) avec d = 2. α1 = 0 et α2 = 1. on associe au groupe i-ième de cohomologie d’une variété X définie sur une fonction L donnée par un produit eulerien dans lequel Pp (t) est un polynôme de degré d = dim H i (X ) (i-ième nombre de Betti) et qui satisfait à l’hypothèse de Riemann locale avec k = i + 1 (conjecture de Weil. On n’a aucune définition directe de ces fonctions comme séries de Dirichlet (et c’est l’une des raisons principales pour la difficulté de démontrer leurs propriétés essentielles telles que le prolongement analytique ou l’équation fonctionnelle). L’hypothèse de Riemann locale est connue encore dans ce cas. on n’a aucune démonstration du prolongement analytique ou de l’équation fonctionnelle en général. avec k = d = 2. Les ∞ . dans beaucoup de cas). mais le prolongement analytique et l’équation fonctionnelle restent conjecturales sauf pour certains cas particuliers comme les courbes modulaires.). L (C. L ( f . Dans cet exemple. 7. avec k = 2. sont également connus. L’hypothèse de Riemann locale. s). où Pp (t) = 1 – a ( p)t + pt2 avec a ( p) = p + 1 – |E ( p)| pour presque tout p. Fonction L d’une courbe elliptique. Enfin. mais non-triviale.

d’après des conjectures dues à Bloch. divisée par une période correctement normalisée. alors la valeur de la série L en s0. et donc que l’hypothèse de Riemann locale |a (p)| ≤ 2p(k–1)/2 (hypothèse de Ramanujan) est vérifiée. correctement normalisées. qui. s). sera un carré dans son corps de définition naturel. sont toujours des carrés (théorème de Villegas et l’auteur . avec équation fonctionnelle donnée par (3) et (4). . Son prolongement méromorphe a été démontré par Rankin et Selberg et son prolongement holomorphe (pour f parabolique) par Shimura et l’auteur. sera conjecturalement un multiple algébrique d’une certaine − période (= intégrale d’une forme différentielle définie sur sur un cycle fermé). Ces conjectures contiennent comme cas spéciaux des conjectures classiques célèbres telle que la conjecture de Stark. et démontrées dans certains cas. Une autre généralisation de la conjecture de Deligne est l’énoncé que si l’argument central s0 = k/2 est critique. Pour f comme ci-dessus. qui est toujours un carré) et pour les valeurs centrales des séries L associées aux caractères de Hecke. Fonction L du carré symétrique d’une forme modulaire. On a une équation fonctionnelle du type (3) (avec k remplacé par 2k – 1) et facteur gamma donné par (4) avec d = 3. cette fonction L est donnée par un produit eulerien du type Pp (p–s)–1 avec Pp (t) = (1 – pk–1t) (1 – (a (p)2 – 2pk–1) t + p2k–2t2) pour p N. De nombreux exemples spéciaux de ces conjectures ont été discutés dans le cours. Supposons donnée une fonction L motivique. Valeurs spéciales Les valeurs spéciales (1) et (2) de ζ (s) données par Euler ont une vaste généralisation conjecturale due à Deligne. dans la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer (où la valeur centrale normalisée est égale à l’ordre du groupe de Shafarevich-Tate.THÉORIE DES NOMBRES 109 résultats d’Eichler et Shimura (pour k = 2) et Deligne (en général) implique que cette fonction est du type 7. Des propriétés semblables sont conjecturées. si s0 est un entier quelconque et on note par r l’ordre de L ( s ) en s = s0 (ou s = k – s0). Nous en reprenons quelques-uns ici. voir le résumé de cours de 2001-2002). C’est le cas. Beilinson et Scholl. r est conjecturalement égal au rang du groupe de Mordell-Weil de E. On appelle critique une valeur entière s0 de l’argument s telle que ni s0 ni k – s0 sont des pôles du facteur gamma γ (s). L (Sym2 f. alors la valeur de la dérivée r-ième de L ( s ) en s = s0 (ou s = k – s0) sera le produit d’une période et d’un « régulateur » défini comme le déterminant d’une certaine matrice réelle de taille r × r. s0 = 0. s0 = 1. 9. Alors la valeur de L (s0). ci-dessus. pour les fonctions L associées aux produits symétriques de degré supérieur de f. ou la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer. et les éléments de la matrice qui définit le régulateur sont donnés par les hauteurs des points rationnels sur E. Plus généralement. par exemple. dans laquelle L (s) est la fonction L d’une courbe elliptique E sur . et les éléments de la matrice qui définit le régulateur sont des logarithmes d’unités algébriques. où L (s) est du type 4.

110 DON ZAGIER Le régulateur dans la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer Soit E/ une courbe elliptique avec groupe de Mordell-Weil de rang r.r). si c’était le cas. et pour un entier m > 1 quelconque.j =1. évaluée dans des points algébriques de E.. et démontrées dans certains cas par Deligne. Pr . Un cas particulier d’un résultat de Scholl.. 1) sera. qui a été explicité dans un article de M. Kontsevich et l’auteur il y a quelques années et présenté dans le cours. à coefficients dans . à un facteur élémentaire près. est dans un certain sens typique de la situation générale. (Pour l’instant la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer n’est vérifiée que numériquement dans aucun cas avec r > 1. avec générateurs (modulo torsion) P1. dont les coefficients sont des périodes « mixtes » de la courbe. Cette conjecture. 2) peut s’exprimer comme un multiple simple d’une combinaison linéaire. La grande question..) Valeurs des fonctions zêta de Dedekind et polylogarithmes Il s’agit ici des conjectures énoncées il y a quelques années par l’auteur. (Si on écrit E ( ) comme */q pour un nombre complexe q avec |q| < 1. la fonction dilogarithme elliptique dont il s’agit est définie comme la somme sur une orbite de q de la . qui est appuyée par beaucoup de calculs numériques et arguments théoriques. dit que le produit ΩER s’écrit lui-même comme le déterminant d’une matrice. égale au produit de la période réelle ΩE de E et du régulateur R = det (〈Pi.. Pj〉i. On a expliqué aussi comment on peut retrouver les fonctions Dm (x) comme des fonctions de Green associées au quotient du demiplan de Poincaré modulo le groupe des translations par des entiers. encore non résolue.. . des idées et résultats de Bloch et de Beilinson impliquent que la valeur non-critique L (E. cette fois de taille (r + 1) × (r + 1). L’espace vectoriel sous-jacent à cette matrice est le « m-ième groupe de Bloch » et devrait être isomorphe au K-groupe algébrique K2m–1 (F ) ⊗ . de la fonction dilogarithme elliptique associée à E. serait alors de démontrer que la valeur L(r) (E.. ⋅〉 est l’accouplement canonique sur E ( ) ⊗ . La conjecture de Birch et SwinnertonDyer prédit que la série L de E aura un zéro d’ordre exactement r en s = 1 (ce que l’on sait dans certains cas) et que la dérivée L(r) (E. où 〈⋅. Fonctions L des courbes sur en s = 2 Si E est une courbe elliptique.. au moins dans des cas concrets. des conjectures générales sur les périodes nous permettraient d’espérer pouvoir démontrer l’égalité voulue. d’après lesquelles les valeurs en s = m de la fonction zêta de Dedekind ζF (s) d’un corps de nombres F quelconque. 1) aussi s’exprime en termes des périodes des formes algébriques . avec la métrique hyperbolique. s’exprimeraient comme le déterminant d’une matrice ayant comme coefficients des combinaisons linéaires rationnelles des valeurs de la m-ième fonction polylogarithme Dm (convenablement définie) avec arguments dans F. Beilinson et Goncharov.

Le problème de construire des éléments non-triviaux du K-groupe K2 (C ) dans ces cas mène à des problèmes élémentaires en théorie des nombres où il s’agit de trouver des polynômes f définis sur pour lesquels f (x)2 – f (0)2 se factorise en autant de facteurs rationnels que possible. mais aussi (dans le même cas) pour l’étude arithmétique des valeurs de la fonction modulaire j (z) dans des points z à multiplication complexe. un lien a été établi entre les dérivées centrales L′ (f. Les conjectures et résultats peuvent s’interpréter aussi comme des énoncés sur les valeurs spéciales de certaines fonctions qui satisfont à une équation différentielle à coefficients rationnels ou algébriques. 2) en termes d’un certain régulateur dont les coefficients sont des intégrales sur la courbe. et l’un des arguments de la fonction de Green est −1) ont été présentés dans le cours. Un aspect intéressant est le lien entre les fonctions de Green qui interviennent ici et les fonctions polylogarithmes qui interviennent dans les conjectures concernant les valeurs spéciales des fonctions zêta de Dedekind. Si on remplace E par une courbe C/ de genre g > 1. Dokchitser et l’auteur. Ces résultats dans le cas k = 2 avaient des conséquences pour la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer. les conjectures générales impliquent toujours une expression pour L (C. et des résultats très récents de A. de Jeu. Pour k > 2. Valeurs des fonctions de Green modulaires Dans des travaux joints avec B. avec la métrique hyperbolique. mais ne sont plus donnés en termes d’une fonction explicite comme le dilogarithme elliptique. un exemple typique étant la décomposition (x6 + 2x5 – 787x4 – 188x3 + 150012x 2 – 149040x – 3326400) 2 – 3326400 2 = (x – 22) (x – 20) (x – 18) (x – 12) (x – 10) (x – 1)x (x + 7) (x + 15) (x + 18) (x + 23) (x + 24). Mellit qui démontrent l’algébricité prédite dans certains cas (notamment quand k = 4.THÉORIE DES NOMBRES 111 fonction dilogarithme modifiée qui intervient dans le calcul des valeurs des fonctions zêta de Dedekind en s = 2.) Une description précise des combinaisons linéaires permises a été donnée il y a quelques années par l’auteur (avec des corrections dues à Schappacher et Rolshausen dans certains cas) et présentée dans le cours. mais sont trop techniques pour être repris ici. Ce cas. qui a été étudié et vérifié numériquement dans beaucoup de cas (tous hyperelliptiques. . ). Gross il y a un certain nombre d’années. Le groupe sur lequel ces intégrales doivent être évaluées est le K-groupe algébrique K2 (C/ ). ils ont mené à une conjecture d’après laquelle les valeurs de ces fonctions de Green dans les arguments à multiplication complexe seraient dans certains cas les logarithmes de nombres algébriques. a été discuté en détail. k/2) des séries L des formes modulaires (propres pour les opérateurs de Hecke) de poids pair k et des valeurs de certaines fonctions de Green modulaires associées aux quotients du demi-plan de Poincaré par un groupe fuchsien. de genre allant jusqu’à 6) dans un article récent de R. le groupe modulaire en question est SL (2. Un nombre de résultats obtenus par l’auteur dans l’entretemps. T.

Conférences pour membres de l’école doctorale « IMPRS ». A500) des An ? 4. Bonn. Hausdorff Mathematics Institute. Universität Bonn. α. Lille. Max-Planck-Institut für Mathematik. décembre 2007 : Les fausses formes modulaires. Si on a une suite de nombres An (par exemple. pour lequel Kontsevich a trouvé une récurrence non-linéaire) dont on conjecture qu’ils ont un comportement asymptotique de la forme An ∼ nαe An (C0 + C1n–1 + C2n–2 + …). an pourrait être le nombre de partitions de n) dont on connaît ∞ « explicitement » la fonction génératrice ∑ an x n ? n=0 ∞ 3. Comment calculerait-on la valeur de la fonction S ( x ) = ∑ n=1 sin( x / n ) / n de Hardy-Littlewood pour. disons. Workshop « Random matrices and number theory ». où f (x) est une fonction dont n=1 le comportement pour x petit est connu ? 2. comment peut-on trouver les premiers coefficients A. Allemagne. x = 1060 à 100 chiffres près ? De tels problèmes se posent partout en mathématiques et en physique mathématique mais les méthodes pour les résoudre de façon efficace ne sont en général pas très bien connues. Bonn. janvier 2008 : Gaussian periods and finite projective planes. Université de Bordeaux I. Conférence sur « Lowdimensional Topology and Number Theory ». Conférences invitées Bordeaux. Banff. Number Theory Seminar. C2.112 DON ZAGIER Cours à l’École Normale Supérieure : « Bouillon Mathématique » Dans le cours « Bouillon » de cette année on a présenté des méthodes explicites qui permettent de résoudre des diverses types de problèmes asymptotiques tels que : 1. octobre 2007 : Verknotete Modulformen. Allemagne. octobre 2007 : Modularity and three-manifolds. An pourrait être le nombre de courbes algébriques de degré n passant par 3n – 1 points génériques dans le plan. Conférence à l’occasion du 60e anniversaire d’Henri Cohen. …. Canada. Paris. octobre 2007 : Quantum modular forms. Max-Planck-Institut für Mathematik. Séminaire Bourbaki. janvier et février 2008 : Asymptotic methods (deux conférences). Comment trouve-t-on une formule asymptotique précise pour des nombres an (par exemple. janvier 2008 : The Riemann zeta function and the Selberg zeta function as determinants. Colloque. Institut Henri Poincaré. Université de Lille I. C0. novembre 2007 : Les « mock theta functions » de Ramanujan (d’après Zwegers et Bringmann-Ono). Allemagne. C1. Conférence à l’occasion du 80e anniversaire de Friedrich Hirzebruch. Banff International Research Station. Bonn. Allemagne. … à haute précision à partir d’un nombre limité (par exemple. A1. ∞ . Bonn. Quel est le comportement asymptotique quand x tend vers 0 d’une série lentement convergente de la forme ∑ f (nx ) .

University College Dublin et Trinity College. Conférence d’intérêt général dans le cadre du programme « Mathe für alle—Vorlesungen im Freien ». Bielefeld. Haifa. juillet 2008 : Von Zahlentheorie zu Knotentheorie zu Quantentheorie. « Nacht der offenen Tür » du Max-Planck-Institut für Mathematik. Allemagne. février 2008 : Spectral decomposition and the Rankin-Selberg method. avril 2008 : The « q » of « quantum » (trois conférences). Conférence populaire dans le cadre du programme « Zahlen. bitte! ». Bayreuth. Number theory seminar. juillet 2008 : Teichmüller curves and modular forms. Bonn. Second Japanese-German number theory workshop. Université de Bar-Ilan. and Gaussian periods. Invariants and Modular Forms. Autriche. Bonn. février 2008 : Modular Green’s functions. Trinity College. mai 2008 : Differential equations and curves on Hilbert modular surfaces. juin et juillet 2008 : Periods of modular forms (trois conférences). avril 2008 : Quantum ideas in number theory and vice versa. Allemagne. Allemagne. Colloquium. Austin. Allemagne. Conférence « Hirz80 » en l’honneur du 80e anniversaire de Friedrich Hirzebruch. Intercity number theory seminar « L-functions and friends ». avril 2008 : Mock modular forms. Pays-Bas. Irlande. Workshop on Mirror Symmetry. Hausdorff Institute for Mathematics. juin 2008 : Das Geheimleben der Zahlen. février 2008 : Mock theta functions and their applications. juillet 2008 : Mock theta functions. Amsterdam. indefinite theta series and wallcrossing formulas.THÉORIE DES NOMBRES 113 Paderborn. Bonn. University of Haifa. Pays-Bas. Baton Rouge. Allemagne. février 2008 : Finite projective planes. Vienne. États-Unis. Colloquium. Dublin. Colloquium Universiteit Utrecht. Conférence populaire. Max-Planck-Institut für Mathematik. mai 2008 : The mysterious mock theta functions of Ramanujan. Moduli spaces and Representation Theory. Bar-Ilan. Conférences pour membres de l’école doctorale « IMPRS ». Irlande. Allemagne. États-Unis. Utrecht. Workshop on Codes. Allemagne. Conférence pour lycéens. Dublin. Irlande. Louisiana. Conférence populaire. mai 2008 : Diophant und die diophantischen Gleichungen. Max-Planck-Institut für Mathematik. Workshop on Gauge Theory. Trinity College. Bonn. janvier 2008 : Warum ich von Primzahlen träume. . Bonn. Bonn. Universiteit Amsterdam. Louisiana State University. Conférence plénière à l’occasion du 15e anniversaire de l’Institut Ernst Schrödinger. Israël. Conférence spéciale dans le cadre du Tag der Mathematik de l’Université de Bayreuth. Allemagne. Amsterdam. Colloquium. Fermat curves. Bonn. Allemagne. avril 2008 : The amazing five-term relation. University of Texas. juin 2008 : On the conjecture of Birch and Swinnerton-Dyer. avril 2008 : Modular forms and not-so-modular forms in mathematics and physics. Pays-Bas. juillet 2008 : Diophantische Gleichungen: 2000 Jahre alt und noch nicht gelöst. Dublin. Israël. Porcelli Lectures 2008. Conférence générale dans la série « Jahrtausendprobleme der Mathematik ». avril 2008 : Gaussian periods and finite projective planes. Nixdorf-Zentrum. Texas. Max-Planck-Institut für Mathematik. Allemagne.

Appendice à « Sequences of enumerative geometry : congruences and asymptotics » par D. 281 (2008). Fields Institute Communications 54 (2008). Centre de Recherches Mathématiques. Japon. in Math. Appendice à « Low energy expansion of the four-particle genusone amplitude in type II superstring theory » par M. Green. J. juin 2008 : Rapporteur et membre du jury pour la thèse de mon étudiant Anton Mellit (« Higher Green’s functions for modular forms »). août 2008 : The mathematics of and around Seki Takakazu as seen through the eyes of a contemporary mathematician. diffusé le 29 avril 2008. mai 2009 : Membre du jury. pp. Paris. Autres Missions et Activités Bonn. 20 pages. 020. thèse de Sarah Carr (« Multizeta values : Lie algebras and periods on 0. discussion publique avec R. Dans Modular Forms and String Duality. juin 2008 : Rapporteur et membre du jury. Taschner. Allemagne. Bonn. Phys. 2006-2007. Ramanujan’s mock theta functions and their applications (d’après Zwegers and Bringmann-Ono). Tokyo University. Utrecht. 163-177. diffusé le 12 mai 2008. à paraître dans Experimental Mathematics. février 2008 : Entretien enregistré avec Deutschlandfunk. Universität Bonn. Bonn. Séminaire Bourbaki. 793-803. Akademientag. 60e année. Russo et P. Moree. (avec A. pp. Commun. Israël. Emmy Noether Institute. Allemagne. Deutsche Union der Akademien der Wissenschaften. Exact and asymptotic formulas for vn. mai 2008 : Beirat (comité scientifique). 33-34. Evaluation of S (m. Algebra Colloquium. 21-24. JHEP 02 (2008). Berlin. pp. International Conference on History of Mathematics in Memory of Seki Takakazu.114 DON ZAGIER Tokyo. Vanhove. Université de Paris 6. Universiteit Utrecht. mars 2008 : Entretien enregistré avec WDR. Allemagne. A paraître dans Groups and Symmetries : From the Neolithic Scots to John McKay. Publications et Prépublications (avec L. . Japon. août 2008 : q-series and modularity. Grünberg et P. no 986. CRM Proceedings and Lecture Notes of the American Mathematical Society. n). Allemagne. Tokyo. Tokyo University of Science. Bar-Ilan. juin 2008 : « Mathematik im Gespräch ». thèse de Oliver Lorscheid (« Toroidal automorphic forms for function fields »). Integral solutions of Apéry-like recurrence equations. no 3. 47 (2008). à paraître dans Astérisque. Weng) Deligne products of line bundles over moduli spaces of curves. Pays-Bas.n »). Zinger) Some properties of hypergeometric series associated with mirror symmetry. 18 pages.

plus directement. Un des cours a été présenté dans le cadre des Colloquiums du département de physique de l’université et les autres donnés . Serge Haroche. à l’invitation de l’université de cette ville. Ces expériences sont réalisées sur des champs de quelques photons piégés pendant une fraction de seconde dans une cavité de très grand facteur de qualité. superpositions cohérentes d’états photoniques de phase ou d’amplitudes différentes. Un tiers de l’enseignement de la chaire a par ailleurs été donné à Chicago. à l’adresse internet www. membre de l’Institut (Académie des Sciences). de janvier à mars 2008. ouvrant la voie à l’étude détaillée des états de type « chat de Schrödinger ». Il s’est ensuite focalisé sur l’analyse des mesures non destructives (Quantum Non-Demolition ou QND en anglais). professeur Le cours de l’année 2007-2008 Le cours donné au Collège de France. était intitulé « Mesures quantiques non destructives ». Celles-ci projettent le système mesuré dans un des états propres de l’observable mesurée et peuvent être répétées un grand nombre de fois. Cette propriété les rend potentiellement utiles à la détection ultra-sensible de faibles perturbations. Il a analysé les propriétés fondamentales de la mesure en physique quantique et ses relations avec les concepts de complémentarité. d’intrication et de décohérence. L’histoire des mesures QND de la lumière a été rappelée et les expériences récentes d’électrodynamique quantique en cavité qui ont permis la détection non destructive de photons uniques ont été décrites.Physique quantique M. en redonnant le même résultat tant que le système n’est pas perturbé. Elles constituent une nouvelle façon de « voir » la lumière en suivant en temps réel les trajectoires stochastiques du nombre de photons et en enregistrant les sauts quantiques associés à la perte ou à la création d’un seul quantum.org.cqed. Ces mesures QND permettent la reconstruction complète de l’état quantique du champ dans la cavité. Chaque leçon était accompagnée d’une présentation par ordinateur consultable dès le jour du cours sur le site internet du Collège de France et de l’Ecole normale supérieure ou.

a reposé dans un contexte moderne les questions posées dans les années 1920. réparti sur sept leçons. souvent décrites négativement. Comptage QND de 0 ou 1 photon. 5. 6. Le résultat de la mesure et son effet sur le système sont décrits de façon statistique. L’optique quantique. La théorie de la mesure de la lumière. a traité les questions suivantes : 1. relations d’incertitude de Heisenberg) et des impossibilités (par exemple théorème de « non-clonage » d’un état inconnu). Ces caractéristiques. Comptage QND de N photons : projection progressive du champ. 3. 7. Expériences QND en électrodynamique quantique avec des atomes de Rydberg. Einstein et Schrödinger). établie par R. Comprendre la mesure de la lumière dans la théorie quantique a toujours préoccupé les physiciens. 2. j’ai décrit les mesures non-destructives de lumière réalisées dans mon groupe de recherche à l’ENS (voir plus loin). Dans ces présentations. Le cours donné à Paris. le système étudié peut se trouver dans un état indépendant de tout observateur et être mesuré sans perturbation. La première leçon a commencé par rappeler de façon générale les propriétés essentielles de la mesure d’un système microscopique en physique quantique. Perspectives ouvertes par les mesures QND en électrodynamique quantique en cavité. le comptage de photons. Mesures généralisées et POVM (Positive Operator Valued Measures).116 SERGE HAROCHE aux étudiants et post-docs dans le domaine de la physique atomique et de l’optique quantique. 4. Ce transfert s’effectue en général . Einstein (1905) et les débuts de la mécanique quantique moderne (expériences de pensée de Bohr. constitue le cadre d’analyse de toutes les expériences d’optique. L’essentiel de l’information qui nous provient du monde est véhiculé par lui. dans lequel l’état de l’objet mesuré est en général modifié. Généralités sur les mesures quantiques non-destructives (QND). La mesure de la lumière implique son interaction avec un milieu matériel auquel l’information véhiculée par le champ est transférée. Par « mesure » on comprend au sens large toute expérience qui extrait de l’information d’un système quantique. Après ces rappels généraux. La dualité de la lumière (onde et ensemble de photons à la fois) joue un rôle fondamental dans cette théorie. Alors qu’en physique classique. en physique quantique une mesure est un processus plus complexe. la leçon a abordé le problème plus spécifique de la mesure quantique de la lumière. Mesures projectives en physique quantique. peuvent être exploitées de façon positive pour réaliser des opérations impossibles en physique classique (cryptographie et calcul quantiques). née avec le laser en 1960. Glauber (1963). depuis Planck (1900). la théorie ne pouvant que déterminer la loi de probabilité du processus (« Dieu joue aux dés »). Les propriétés de la mesure quantique entraînent des limitations (certaines mesures sont incompatibles entre elles — cf. Le champ électromagnétique est un système central en physique.

et la limite que ces incertitudes imposent sur la précision des mesures a été discutée. dans lequel il semble que l’information soit obtenue « sans que le système mesuré ait interagi avec l’appareil ». Cette destruction est une limitation des expériences d’optique non imposée par la physique quantique. Les physiciens se sont demandés. Dans la deuxième leçon. L’énergie du . depuis les années 1970. La troisième leçon a introduit les mesures QND du champ électromagnétique. superposition symétrique de spins ½. Ces mesures qui donnent une information plus ou moins partielle sur l’état d’un système quantique correspondent souvent à des situations plus proches des expériences réelles que les mesures projectives.PHYSIQUE QUANTIQUE 117 par absorption d’énergie (effet photo-électrique étudié par Einstein en 1905). Enfin. Un cas particulier important de mesure généralisée est défini par un ensemble d’opérateurs hermitiques positifs formant un « POVM » (Positive Operator Valued Measure). Il s’agit de la mesure projective d’une observable qui ne change pas entre deux détections successives sous l’effet de l’évolution Hamiltonienne. les laissant présents après la mesure. comme dans d’autres cas du même genre. si bien que le champ est détruit par la mesure. Nous avons ensuite décrit différents modèles d’appareils réalisant une mesure projective idéale. de l’utilisation indue de concepts classiques pour décrire une situation quantique. Comme nous l’avions vu dans la première leçon. comment détecter les photons de façon non absorptive. Le but en est de mesurer une observable du champ sans la perturber de façon à pouvoir répéter la mesure et retrouver le même résultat dans une mesure ultérieure. Les incertitudes sur les mesures de variables conjuguées ont été rappelées. Un tel procédé dit QND (pour Quantum Non-Demolition) ouvrirait la voie à de nombreuses applications. les propriétés des corrélations entre mesures effectuées sur des parties spatialement séparées d’un système nous ont conduit à rappeler l’aspect non-local de la physique quantique. Le paradoxe provient. Nous avons conclu la leçon en considérant un exemple curieux de mesure. Certains aspects « paradoxaux » de la mesure ont été soulignés (effet Zenon). L’importance de la décohérence dans le processus de mesure a été soulignée. POVM et mesure projective a été rappelé et un certain nombre d’exemples intéressants pour la suite ont été présentés. nous avons décrit des mesures « généralisées » n’obéissant pas aux critères restrictifs de la mesure projective idéale de von Neumann. Nous avons en particulier analysé un modèle simple dans lequel l’appareil de mesure est un moment angulaire. Le lien entre mesures généralisées. Nous avons montré que l’acquisition partielle d’information résultant du couplage de S avec un seul qubit est un POVM et avons décrit comment l’accumulation de mesures POVM résultant du couplage avec un ensemble de qubits se transforme en mesure projective. Nous avons aussi montré que l’acquisition d’information sur S résultant de la mesure POVM s’apparente à un processus d’inférence bayesienne en théorie des probabilités. un modèle simple de processus de mesure est réalisé par le couplage d’un système quantique S à un ensemble de N spins ou « qubits » de mesure indépendants (constituant un moment angulaire J = N/2).

à condition d’éviter l’absorption de photons dans le détecteur. ce qui suffit pour discriminer entre 0 et 1 photon. Le photon n’étant pas détruit. dont nous avons commencé par rappeler les principes. Nous avons présenté quelques modèles simples de mesures QND. sans absorber le . leur susceptibilité aux champs électriques et leur couplage à la cavité. la condition QND étant réalisée en ajustant le temps d’interaction pour que l’atome revienne dans son état initial. des photons uniques piégés. à l’image de la description de l’ancienne théorie des quanta de Bohr. après C. par une seconde impulsion R2. Le détecteur D mesure l’état final de l’atome. préparée avant l’entrée des atomes dans C par une première impulsion micro-onde R1 et analysée. Le champ laisse une empreinte sur la phase d’une superposition d’états atomiques. Les sondes du champ sont des atomes de Rydberg traversant un à un la cavité C. A partir de la quatrième leçon. soit sur une discussion en terme de bruit de photon. La première (1999) exploite une interaction atome-cavité résonnante. Deux expériences ont été analysées. Nous avons évoqué brièvement des expériences de CQED faites dans le domaine optique pour les distinguer des études micro-onde qui nous intéresseront plus particulièrement ici.118 SERGE HAROCHE champ et son nombre de photons sont des observables pouvant être mesurées de façon QND. sans les détruire. ce qui nous a conduit à définir de façon rigoureuse un opérateur de phase. Un aspect remarquable du principe de correspondance est que les propriétés des états circulaires (dont tous les nombres quantiques sont grands) peuvent se comprendre à partir d’une description quasi-classique. L’information fournie par chaque atome est binaire. Nous avons analysé l’effet en retour de la mesure sur la phase du champ. La cinquième leçon a été consacrée aux expériences d’électrodynamique en cavité micro-onde détectant. qui atteint la résolution des quanta de rayonnement. L’ensemble R1-R2 est un interféromètre de Ramsey. exploite les concepts de l’Electrodynamique Quantique en Cavité (CQED). soit sur l’effet Kerr croisé dans un milieu optique non linéaire. commode lorsque la mesure ne discrimine pas les photons individuels et que le champ apparaît comme une variable continue fluctuante. Nous avons enfin analysé les méthodes de préparation et de détection des atomes de Rydberg circulaires et leur sélection en vitesse. en n’introduisant les concepts quantiques (quantification des orbites atomiques et du champ rayonné) que de façon minimale. basées soit sur la détection de la pression de radiation exercée sur un miroir (mesures optomécaniques). Les deux approches sont bien sûr équivalentes à la limite continue. Nous avons consacré l’essentiel de la leçon aux atomes. La méthode QND de comptage utilise pour détecter les photons les propriétés remarquables des atomes de Rydberg dans des états circulaires couplés à une cavité micro-onde supraconductrice. et laissé la description de la cavité pour la leçon suivante. nous avons abordé la description du comptage non destructif de photons micro-ondes dans une cavité de très grand facteur de qualité. L’analyse s’appuie soit sur une description des champs en terme de vecteurs d’états (ce qui est bien adapté au cas où la mesure projette le champ sur un état de Fock). Cette méthode QND. Nous avons décrit ainsi classiquement le rayonnement de ces états circulaires. la mesure peut en principe être indéfiniment répétée.

Chaque atome. Le nombre m augmente comme nm2. on reconstruit la fonction de Wigner de ces . ce qu’on appelle l’effondrement ou ‘collapse’ de sa fonction d’onde. En détectant les ‘spins’ de cet ensemble un à un.PHYSIQUE QUANTIQUE 119 photon (impulsion Rabi 2π). où nm est la borne supérieure de n.13 s). Avant de décrire ces expériences. Après quelques rappels et remarques générales. nous avons commencé par des rappels théoriques sur les états du système atome-champ dans la cavité. La valeur de n ne peut plus être obtenue à l’aide d’un seul ‘spin’ mais doit être extraite d’un ensemble d’atomes. qui peut déterminer n avec seulement m~log2 nm atomes. due à la relaxation du champ. très faible. indiquant que C contient 0 ou 1 photon. nous avons analysé cette procédure de mesure idéale de la lumière en l’appliquant à un petit champ cohérent. entre l’état initial cohérent et l’état de Fock final. utilisant successivement des atomes soumis à des déphasages Φ0 = π. révèle la cascade en marches d’escalier du nombre de photons vers le vide. La septième et dernière leçon nous a permis d’apporter quelques précisions sur les mesures QND de champs piégé micro-onde et de conclure le cours sur quelques perspectives. suivant l’état final de l’atome. Le réglage Φ0=π est adapté à la mesure de la parité du nombre n de quanta. Nous avons décrit le principe d’une variante de cette expérience. π/2. La seconde expérience (2006) utilise une interaction dispersive non-résonnante et une cavité stockant les photons pendant un temps très long (Tc = 0. assimilable à n si le champ. La sixième leçon a montré comment la méthode de mesure QND dispersive de 0 ou 1 photon peut être généralisée au comptage d’un nombre de photons supérieur à 1. L’action en retour de la mesure QND produit après détection du premier atome une superposition d’états du champ avec 2 phases classiques différentes. sort alors de l’appareil en pointant le long de l’une de deux directions opposées. Quand Φ0 = π. Nous nous sommes intéressé ensuite au premier état intermédiaire du champ. Pour des champs plus grands. Des centaines de mesures indépendantes du même photon ont permis d’observer pour la première fois les sauts quantiques associés à l’annihilation et la création de photons dans les miroirs de la cavité. π/4…. En injectant dans C un champ cohérent d’homodynage et en continuant à mesurer de façon QND avec les atomes suivants la parité de n. les composantes de ce « chat de Schrödinger » ont des amplitudes opposées et ne contiennent. qu’un nombre pair ou impair de photons. Nous avons vu (leçon 6) que la mesure d’une séquence de m atomes traversant un à un une cavité C en étant tous soumis au même déphasage par photon Φ0 réduit progressivement le champ à un état de Fock |n>. a une probabilité négligeable de contenir plus d’un photon. le comptage QND reste possible en modifiant Φ0. trop court pour de multiples répétitions de la mesure. décrit comme un spin. Nous avons rappelé que la mesure d’un quantum de lumière unique nécessitait que le déphasage Φ0 induit par un photon sur le dipôle atomique vaille π. on observe l’évolution progressive du champ vers un état de Fock. La répétition de la mesure correspondant au passage dans C d’ensembles d’atomes successifs. Elle a été faite dans une cavité amortie en un temps TC = 1 ms.

Elles ont porté sur la description des expériences QND en électrodynamique quantique en cavité traitées dans le cours donné à Paris (contenu des leçons 5 à 7 décrites ci-dessus). 11 février 2008 : Chatons de Schrödinger et états non gaussiens de la lumière : de nouveaux outils pour les communications quantiques. 3 mars 2008 : Precision quantum metrology with lattice-confined ultracold atoms. 4 février 2008 : Optical manipulation of quantum dot spins. LKB. ETH. Deux autres leçons étaient destinées aux étudiants en maîtrise (undergraduates) et ont constitué une introduction générale à l’optique quantique et au refroidissement des atomes par laser. Enseignement du Collège de France « hors les murs » L’enseignement donné à Chicago en octobre 2008 était destiné aux étudiants et chercheurs du département de physique de l’Université de Chicago. Atac Imamoglu. 10 mars 2008 : Tomography of photonic Schrödinger cats in a cavity. Philippe Grangier. Deux leçons étaient réservées aux étudiants en thèse (graduate students) et aux post-docs en physique atomique et en optique quantique. Yale University. 28 janvier 2008 : Circuit QED : Quantum Optics of Electrical Circuits. avec deux cavités. Institut d’Optique. Nous avons enfin conclu la leçon par la description d’une expérience d’effet Zénon sur un champ mesuré de façon répétée et par une brève présentation des études sur la non-localité que nous comptons effectuer. un colloquium plus général intitulé « Counting photons without destroying them: an ideal measurement of light » a été donné à l’ensemble du département de physique de l’université. Steven Girvin.ENS et Collège de France. En voici la liste dans l’ordre où ils ont été donnés : 21 janvier 2008 : Interférence à un photon. Colorado. Les séminaires de l’année 2007-2008 Une série de sept séminaires accompagnait le cours du Collège de France à Paris en le complétant et en en illustrant différents aspects. Nous avons présenté le principe de ces expériences qui ont été décrites plus en détail dans le séminaire de I. 25 février 2008 : Cavity-free efficient coupling of single photons and single emitters. ETH Zurich. JILA et Université de Boulder. .120 SERGE HAROCHE ‘chats’ et on étudie en temps réel leur décohérence. Jun Ye. Enfin. ENS-Cachan. Vahid Sandoghdar. Igor Dotsenko. dans le prolongement de ces expériences. Dotsenko qui faisait suite au cours. Jean-François Roch. Palaiseau. Zurich. complémentarité et expérience à choix retardé de Wheeler.

— Septembre 2007 : Communication invitée à la Conférence « Photons. États-Unis. Turku. Cambridge. — Décembre 2007 : Séminaire à Harvard University : « Quantum Non-Demolition measurement of light and tomography of photonic Schrödinger cats in Cavity QED ». États-Unis. Cambridge. cours et conférences suivants entre juillet 2007 et juin 2008 : — Août 2007 : Communication invitée à la Gordon Research Conference on Quantum Control of Light and Matter : « From Quantum Non-demolition measurements of photons to the control of quantum states of light in a cavity ». Newport. Orsay. Los Alamos. — Octobre 2007 : Communication invitée à la Conférence QIPC 2007 : « Quantum Non-Demolition Counting of Photons in a Cavity : an ideal measurement of light ». — Février 2008 : Colloquium à Los Alamos : « Quantum Non Demolition counting of photons and Schrödinger cat tomography in Cavity QED experiments ». États-Unis. — Janvier 2008 : Présentation au Colloque ANR Lumière : « Champs mésoscopiques nonlocaux en electrodynamique quantique en cavité ». Londres. Argonne. — Novembre 2007 : Colloquium à l’Université d’Oxford : « Counting photons without destroying them: an ideal measurement of light ». — Janvier 2008 : Conférence à l’École polytechnique : « Voir sans détruire la lumière : vie et mort de photons dans une cavité ». — Mars 2008 : Présentation invitée à la Young Atom Optician Conference : « Trapping and counting photons without destroying them : a new way to look at light ». — Mars 2008 : Conférence invitée au Meeting de la Société Finlandaise de Physique : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». États-Unis. life and death of trapped photons ». . Finlande. — Août 2007 : Quatre cours à l’École Latino Américaine de Physique. Institut Weizman. Florence. — Septembre 2007 : Communication invitée à la Conférence QuAMP 2007 : « Quantum non-demolition counting of photons applied to the investigation of non-classical states of light ». Santa Fe. ELAF 2007 : « Quantum information with atoms and photons in cavities ». — Décembre 2007 : Colloquium à MIT : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». Mexico. Barcelone. — Octobre 2007 : Colloquium à Argonne National Laboratories : « Quantum nondemolition measurement of light : The birth. Londres. Italie. — Février 2008 : Communication invitée au Workshop SQUINT (Southwest Quantum information and technology) : « Quantum Non-Demolition counting of photons in Cavity QED ». University College. NouveauMexique. Haroche a donné les séminaires. — Janvier 2008 : Communication invitée à la Conférence « Quantum Noise in Strongly Correlated Systems : “Non-destructive photon counting and reconstruction of photonic ‘Schrödinger cat’ states” in cavity QED ». États-Unis. S. Israël.PHYSIQUE QUANTIQUE 121 Autres conférences et séminaires de Serge Haroche En dehors de ses cours au Collège de France et à Chicago. Nouveau-Mexique. Illinois. Atoms and Qubits » de la Royal Society : « Quantum non-demolition counting of photons in a cavity: an ideal measurement of light ».

— Mai 2008 : Conférence invitée au Workshop on Quantum Phenomena and Information « Reconstructing the Wigner function of photonic Schrödinger cats in a cavity : a movie of decoherence ». Activités de recherche Le travail de recherche de S. — Avril 2008 : Colloquium à l’Université du Wisconsin : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». États-Unis. Wisconsin. Italie. Un des chercheurs du groupe est un visiteur postdoctoral recruté sur un poste de maître de conférence au Collège de France. États-Unis. Trieste. Un rapport d’activité complet est rédigé tous les deux ans pour le comité national du CNRS et contient une analyse détaillée des problèmes scientifiques abordés par le groupe et un bilan des résultats nouveaux. — Mai 2008 : Présentation invitée au Solvay Workshop on Bits. Madison. Allemagne. — Avril 2008 : Colloquium à l’université de Bielefeld : « Trapping and counting photons without destroying them : a new way to look at light ».Haroche se déroule au sein du Laboratoire Kastler Brossel (LKB) de l’École normale supérieure.122 SERGE HAROCHE — Avril 2008 : Rydberg lecture à l’Université de Lund : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». Suède. — Juin 2008 : Conférence invitée au Symposium en l’Honneur du 75e anniversaire de Peter Toschek : « From atom to light quantum jumps : applying to photons the wizard tricks learned from Peter Toschek and his ion trapper colleagues ». Hambourg. Innsbruck. Autriche. Italie. nous étudions des états non-classiques de champs mésoscopiques piégés dans des cavités de très grand facteur de qualité. Quanta. — Avril 2008 : Séminaire à l’Université du Wisconsin : « Reconstructing the Wigner function of a photonic Schrödinger cat in a cavity : a movie of decoherence ». Le thème général des recherches du groupe porte sur l’étude des effets quantiques (intrication. Lund. — Avril 2008 : Communication invitée à la Conference on precision measurements with quantum gases : « QND photon counting applied to the preparation and reconstruction of Schrödinger cat states of light trapped in a cavity ». Madison. complémentarité et décohérence) et de leurs applications dans des systèmes constitués d’atomes en interaction avec des photons. Bielefeld. Bruxelles. Wisconsin. — Mai 2008 : Colloquium à l’Université technologique de Vienne : « Time-resolved reconstruction of photonic Schrödinger cats in a cavity : a movie of decoherence ». Il y co-dirige. Monsieur Igor Dotsenko (de nationalité ukrainienne). — Avril 2008 : Colloquium à l’Université d’Innsbruck : « Quantum non-demolition photon counting & Schrödinger cat states reconstruction in a cavity ». and Complex System: « Generating and reconstructing non-classical photonic states in Cavity QED : present stage and perspectives ». avec ses collègues JeanMichel Raimond (Professeur à Paris VI et à l’Institut universitaire de France) et Michel Brune (Directeur de recherche au CNRS) une équipe de chercheurs et d’étudiants (groupe d’électrodynamique quantique en cavité). Vienne. Trente. Nos recherches se poursuivent depuis quelques années dans deux directions : d’une part. Autriche. d’autre part nous réalisons des .

PHYSIQUE QUANTIQUE 123 « puces » à atomes piégeant de petits échantillons d’atomes froids au voisinage de circuits supraconducteurs. On sait que dans ces conditions. en la répétant un grand nombre de fois. le vide. . Avec notre montage nous avons pu en faire une démonstration spectaculaire en gelant le champ dans une cavité excitée par une succession d’impulsions micro-onde en phase. on obtient un ensemble de contraintes qui déterminent complètement l’opérateur densité du champ. sa distribution de Wigner. Bien que la mesure QND ne fournisse en principe qu’une information sur le nombre de photons. cette construction du champ est empêchée et il reste très proche de son état initial. 1) Gel de l’évolution cohérente d’un champ quantique dans une cavité : une démonstration de l’effet Zénon quantique La mesure QND du champ décrite dans le résumé des travaux de l’année dernière permet une observation répétée d’un système quantique. En effet notre mesure du nombre de photons permet. de mesurer la probabilité d’occurrence d’un nombre de photon donné dans un état quelconque du champ. Si le champ est laissé libre entre ces impulsions. Il s’agit du fameux effet Zénon. Si on réalise cette mesure pour un nombre suffisant de translations différentes de l’état à mesurer. En couplant une source classique au mode de la cavité contenant le champ à mesurer. on réalise une simple opération de translation de l’état du champ dans l’espace des phases (plan de Fresnel). de façon équivalente. ou. il se bâtit dans la cavité sous l’effet constructif des excitations successives. On peut ainsi directement mesurer les éléments diagonaux de la matrice densité du champ dans la base des états nombre. analysé théoriquement depuis longtemps en physique quantique et observé sur un certain nombre de systèmes simples au cours des dernières années. Cette opération redistribue les éléments de matrice non diagonaux de l’opérateur densité du champ de sorte que la mesure de la probabilité du nombre de photons de l’état translaté devient sensible à ces éléments non diagonaux. en raison de sa projection répétée sur l’état initial. Si on le mesure entre deux impulsions. on peut l’utiliser pour réaliser une « tomographie » complète d’un état quantique arbitraire préparé dans la cavité. toute évolution cohérente du système peut se trouver inhibée. 2) Reconstruction d’états non classiques du champ piégé dans une cavité La mesure quantique non destructive (QND) du nombre de photons a également ouvert la voie à des expériences nouvelles de reconstruction complète de l’état d’un champ piégé. L’expérience confirme en tous points les prévisions théoriques et permet d’interpréter cet effet Zénon comme résultant de l’action en retour de la mesure du nombre de photons sur la phase du champ. La problématique de ces deux types d’expériences a été détaillée dans le résumé de cours et travaux antérieurs et nous nous contenterons d’indiquer ici les résultats obtenus au cours de la dernière année.

c’est à dire observer toutes les étapes de son passage à travers la frontière floue entre les mondes quantique et classique. la phase du champ. Toute la difficulté est cependant de disposer d’un modèle théorique qui rende bien compte de la réponse du supraconducteur. . On attend une situation radicalement différente dans le cas des supraconducteurs. Le bruit magnétique devient très important à courte distance du fait du rayonnement en champ proche des sources de courant. On comprend bien les raisons physiques de ce phénomène : les atomes s’approchent en effet de matériaux dans lesquels existent des fluctuations thermiques de courant. nous avons passé la dernière année à analyser la durée de vie des atomes dans ce type de piège. superpositions quantiques de deux champs quasi-classiques de phases différentes. Ces états. importants pour de nombreuses expériences. Les modèles les plus simples de supraconductivité prédisent une augmentation de la durée de vie des atomes dans le piège de plus de 6 ordres de grandeurs par rapport à un métal normal. 3) Expérience de puce à atome cryogénique Après la réalisation de pièges à atome sur puce à courants supraconducteurs et l’observation de la première condensation de Bose Einstein dans ce système (voir résumé des travaux précédent). Ces dernières rayonnent un champ magnétique aléatoire au niveau des atomes dont certaines composantes spectrales induisent des transitions vers des niveaux Zeeman non piégés. en particulier dans le cas des supraconducteurs de type II (comme le niobium) dans lesquels existent des vortex de champ magnétique. Le théorème fluctuation-dissipation permet de relier le taux de pertes du piège à la dissipation du métal par effet Joule à la fréquence de transition atomique. En appliquant notre protocole de reconstruction complète de l’état quantique du champ après un délai variable. Or ce type de perte est diminué drastiquement dans le cas des matériaux supraconducteurs.124 SERGE HAROCHE Nous venons d’appliquer cette méthode à la mesure de la fonction de Wigner des états nombre de photons (états de Fock) préparés par notre méthode de mesure non destructive. sont préparés par la détection du premier atome utilisé pour la mesure QND du champ. Nous devrions bientôt apporter des réponses théoriques sur l’effet des vortex sur le temps de vie des atomes. C’est en effet dans ce régime que l’on obtient les plus grands confinements. Nous avons engagé une collaboration avec des chercheurs du Laboratoire Pierre Aigrain spécialistes de la question. et d’états « chats de Schrödinger » du champ. au vu des résultats préliminaires. Il y a un certain débat sur cette question au sein de la communauté des théoriciens de la supraconductivité. Il semble. Un des principaux défis posé par les puces à atomes est de parvenir à amener l’échantillon atomique à proximité de la surface. Leur préparation peut être vue comme l’action en retour d’une mesure QND du nombre de photons sur son observable conjuguée. nous pouvons enregistrer le film de la décohérence d’un chat de Schrödinger. Il a malheureusement été observé que le temps de vie des atomes dans le piège décroît de manière importante à très courte distance de surfaces métalliques. très différent des systèmes à température ambiante réalisés jusqu’alors.

-M. Phys. « A short history of Cavity Quantum Elecrodynamics » dans Coherence and Quantum Optics IX.-M. Haroche. Busk Hoff. T. S. Reconstruction of non-classical cavity field states and movie of their decoherence. Kasevich editeurs. Brune et J. A. Brune. Raimond et S. World Scientific (2008). S. Nous avons à cette fin réduit significativement les sources de bruit technique dans notre expérience.-M. I. « Quantum Non-Demolition counting of photons in a cavity » dans Laser Spectrsocopy XVIII. Brune. N. S. S. Brune. éditeurs. Bigelow. Brune. mais qu’elle la laisse cependant très supérieure à ce qu’elle est en présence de métaux normaux. J. AIP (2008). 4. Volume : 159 pages : 19 (2008). Haroche : Bose-Einstein condensation on a superconducting atom chip. S. Deléglise. Raimond and M. Lett. 3. Freezing coherent field growth in a cavity by quantum Zeno effect. M. Gleyzes. Raimond et S. Haroche. J. J. N. 448. S. 81. Stroud. soumis à publication (juin 2008). Guerlin. C. 2101 (2007). Gleyzes. « Observing quanum jumps of light by Quantum Non-Demolition measurements » dans Coherence and Quantum Optics IX. Deléglise. Lupascu. éditeurs. M. Ero. M.-M. J. Bernu. C. U. Sayrin. Raimond. Haroche. C. 5. Journal of Modern Optics.juin 2008) 1. Deléglise.-M. Bergquist et M. Pour vérifier ces prévisions.-M. soumis à publication (juillet 2008). Deléglise. Haroche. S.P. Brune et J. S. S. Kuhr. 56004 (2008). . Emmert.-M. 6. J. Bernu. Bigelow. Sayrin. C. I. Roux. J. mais indispensable si l’on veut tirer avantage des puces cryogéniques. Bernu. S. C. Raimond et S. S. S. Eberly et C. il est essentiel du point de vue expérimental de pouvoir mesurer de très longs temps de vie dans le piège sans être limité par des causes de bruit technique. Brune. Proceedings of the Durban Conference « Theoretical and experimental foundations of modern technologies ».H. Raimond et S. Gleyzes. Haroche. G. M. J. Dotsenko. Guerlin. S. A. J. Kuhr. Eberly et C. Holberg . C. Guerlin.R. M. Nogues. 8. J. Raimond. J. Sayrin. C. Deléglise. « Measuring the photon number parity in a cavity : from light quantum jumps to the tomography of non-classical field states ». Haroche. Atteindre ou approcher les très longs temps de piégeage prédits par la théorie est un but difficile. Brune. S.PHYSIQUE QUANTIQUE 125 que la présence des vortex raccourcisse la durée de vie des atomes. Ceci nous a permis d’augmenter d’un facteur 5 le temps de vie rapporté précédemment et ouvre la voie à une mesure réaliste de la dissipation dans les puces supraconductrices. 9. S. J. AIP (2008). J. C. Haroche. Dotsenko. « Progressive field state collapse and quantum non-demolition photon counting ». Kuhr. Sayrin.R. Haroche.H. Publications du groupe d’électrodynamique quantique en cavité (juillet 2007 . 54. L. M. J. Stroud. 889 (2007). bernu. 7.P. Nierregarten. 2. M. J. Kuhr. Nature.-M. Bernu. S. « Schrödinger cat states and decoherence studies in cavity QED ». Raimond et S. European Physical Journal-Special Topics.

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Cours de l’année 2008 : « Signaux et circuits quantiques » En informatique. unité élémentaire d’information. le volume de données. limitée aux situations où le traitement quantique des signaux et des circuits est en continuation la plus directe du traitement classique. est souvent discutée en termes abstraits. la nature physique et les interactions mutuelles des degrés de liberté porteurs de l’information deviennent cruciales. Les leçons de cette année ont constitué une introduction à ce domaine. le temps de latence. Dans ce cours. les lois de Kirchhoff et les relations constitutives des éléments du circuit. à partir de l’exemple simple d’un circuit résonant LC (inductance + capacitance). est explorée la physique des dispositifs et des systèmes électroniques qui traitent l’information au niveau le plus élémentaire : le un et le zéro sont représentés par la présence et l’absence d’un quantum d’excitation des champs électromagnétiques dans le circuit.1. la notion de bit.. le bit quantique est constitué d’une paire de niveaux quantiques — généralement le niveau fondamental et le premier niveau excité — d’un degré de liberté élémentaire. quand on s’intéresse aux limites ultimes des paramètres du traitement de l’information comme le débit.Physique mésoscopique M. C’est le cas par exemple lorsqu’on aborde les opérations booléennes. dissociés d’une implémentation particulière. la consommation d’énergie. lesquels sont largement indépendants des détails de la représentation. Toutefois. Ceci est justifié par l’universalité de la plupart des algorithmes et des protocoles de communication. On a compris depuis le milieu des années 90 que l’information quantique est extrêmement puissante quand il s’agit de . comme les définitions concernant les variables de nœuds et les variables de boucles. en l’occurrence celui d’un mode électromagnétique du circuit. L’élément d’information quantique. Michel Devoret. membre de l’Institut (Académie des Sciences). professeur 1. La première leçon a commencé par quelques rappels de théorie des circuits classiques. Enseignement au Collège 1. etc.

Ces opérateurs canoniquement conjugués sont définis à partir des intégrales temporelles de la tension et du courant dans une branche du circuit. on peut introduire la seconde quantification : elle consiste à déclarer comme variables conjuguées les amplitudes complexes de deux modes discrets de même index de position en temps. On peut se convaincre de la validité des relations de commutation entre charge et flux à partir des relations de commutation entre champ électrique et champ magnétique en électrodynamique quantique.128 MICHEL DEVORET représenter de façon minimale les relations contenues dans la donnée d’une fonction. On arrive ainsi aux états discrets correspondant aux photons. nous avons abordé le problème que pose l’écriture de l’hamiltonien dans un circuit quantique arbitraire. On arrive ainsi à la quantification des modes électromagnétiques d’une ligne de transmission. Il faut donc introduire dans le circuit un élément nonlinéaire. lequel rappelle la portée d’une partition de musique. Chaque onde de base peut être représentée par un rectangle dans le plan temps-fréquence. en traitant celle-ci comme une chaîne d’oscillateurs LC couplés. mais avec des index opposés en fréquence. il y a celle de flux généralisé aux bornes d’un élément quelconque qui n’est pas nécessairement une inductance. La largeur du rectangle correspond au pas en temps de la base. Dans la seconde leçon. Il faut remarquer que . Parmi les notions surprenantes des circuits quantiques. On arrive ainsi au circuit quantique élémentaire qui comprend un minimum d’élément. Mais comment en pratique implémenter les bits quantiques ? Peut-on tout simplement utiliser les niveaux quantiques d’un circuit LC. Cette seconde quantification implique l’existence d’états discrets pour la fonction d’onde décrivant l’amplitude des deux modes. Nous avons introduit les concepts de base de la théorie des ondelettes. Cette segmentation discrète correspond à une « première quantification » des signaux. ce dernier possède la désagréable propriété d’avoir toutes les transitions entre niveaux voisins situées à la même fréquence. pour isoler une paire de niveaux. la boîte à paires de Cooper. qui est constituée d’une simple jonction tunnel en série avec une capacité et une source de courant. Cet élément est une jonction tunnel Josephson. Il est remarquable qu’un signal d’énergie finie puisse être décomposé sur une base d’ondes continues à la fois localisées en temps et en fréquence. l’hamiltonien quantique s’obtient simplement en traitant les variables conjuguées du problème classique — position et impulsion des électrons — comme des opérateurs qui ne commutent pas. Lorsque les propriétés de celle-ci sont bien acquises. La troisième leçon a été consacrée à la décomposition d’un signal se propageant le long d’une ligne de transmission en modes discrets orthogonaux. les ondelettes sousjacentes constituant la « fonction d’onde » des photons. comme on utiliserait ceux d’un oscillateur harmonique mécanique ? En fait. Qu’en est-il dans les circuits ? Le rôle de la position et de l’impulsion est joué par le flux et la charge. Ce circuit est l’équivalent d’un simple atome hydrogénoïde en physique atomique. Pour les atomes. qui joue le rôle d’une inductance dont la valeur varie avec le courant. non-dissipatif. et sa hauteur. au pas en fréquence de la base.

un état avec un nombre de photons bien déterminé (état dit de Fock) correspond à une figure avec symétrie de rotation comportant une série d’anneaux. il faut introduire les opérateurs de création et d’annihilation de mode.PHYSIQUE MÉSOSCOPIQUE 129 cette fonction d’onde ne peut pas avoir tous ses moments finis à la fois en fréquence et en temps. et servir en même temps de patron pour une base discrète. aux équations de diffusion des champs sur le noyau formé de la partie réactive du circuit. peuplée par un champ thermique incident. dans le processus de diffusion des champs conduits par la ligne de transmission. à partir de la décomposition du signal en ondes de vecteurs d’onde bien déterminés. nous avons établi l’expression des opérateurs de champ dans l’espace des fréquences. le théorème fluctuation-dissipation quantique peut-il être vu comme une conséquence de la propriété de symétrie du circuit : ce dernier ne peut pas distinguer. cette densité spectrale est asymétrique : les fréquences positives. le nombre d’anneaux étant égal au nombre de photons. En revanche. non pas d’une pointe de flèche. Le commutateur de ces opérateurs de champ est singulier : il est donné par une fonction de Dirac faisant intervenir la somme des fréquences. La cinquième leçon a commencé par le rappel de la relation entre le nombre de photons dans un mode propagatif et les valeurs moyennes quadratiques correspondantes des courants et des tensions. On arrive ainsi à des expressions commodes pour les calculs . où l’impédance est remplacée par une série infinie d’oscillateurs harmoniques (modes stationnaires). qui remplace la partie dissipative de l’impédance par une ligne de transmission semi-infinie (modes propagatifs). sont plus intenses que les fréquences négatives. On peut représenter un état semi-classique par une généralisation du vecteur de Fresnel. De même. la valeur moyenne de l’anti-commutateur est donnée par la même fonction de Dirac. Ces opérateurs de modes permettent de spécifier rigoureusement l’état du champ dans une ligne de transmission. on peut calculer les fluctuations des quantités électriques pour un circuit LC. en l’occurrence celles de point zéro. . Dans le cas quantique. dans l’état thermique. qui représente l’amplitude et la phase moyenne de l’état dans le plan des quadratures. à partir des ondelettes définies dans la leçon précédente. Au cours de la quatrième leçon. mais multipliée par une fonction analogue au nombre moyen de photons d’un oscillateur. qui correspondent aux processus d’émission spontanée et stimulée du circuit connecté à l’impédance. établir pour une impédance quelconque la relation entre la partie réelle de l’impédance et la densité spectrale des fluctuations du bruit Johnson. À partir de ce type de relation. un signal déterministe du bruit thermique. surnommée parfois « sucette de Fresnel » : on munit le segment du vecteur. et le point de vue de Nyquist. mais pour retrouver le sens physique des opérateurs. qui correspondent aux processus d’absorption. comme une fonction gaussienne. Ainsi. Le formalisme entrée-sortie est très utile pour passer des équations du circuit avec les deux termes de dissipation et de forçage. par exemple un état semi-classique du champ. Nous avons présenté ce calcul de la densité spectrale à la fois en prenant le point de vue de Caldeira-Leggett. mais d’un disque dont le rayon donne l’écart type des fluctuations. et par là.

par rapport aux termes de couplage parasites qui favorisent le chaos dynamique et donc un excès de bruit. qui poursuivra cette revue des phénomènes quantiques dans les circuits supraconducteurs microondes. Comment atteindre cette limite quantique ? La solution. qui stipule qu’un amplificateur préservant la phase doit nécessairement ajouter au signal une intensité de bruit — comptée en se référant à l’entrée — équivalente à un demi-photon par mode du signal. circulant dans une ligne annexe. La symétrie de type pont de Wheatstone du modulateur en anneau privilégie les termes de mélange à trois ondes dans l’hamiltonien. en les mesurant par interférence. En nous basant sur la théorie entrée-sortie. Signaux et circuits quantiques (en collaboration avec Nicolas Bergeal. si l’on compte le mode à amplifier. 7 et 12 novembre 2007 : Série de trois leçons données au département de Physique Appliquée de Yale. Enseignement en dehors du Collège 5. Flavius Schakert. La leçon s’est achevée par une courte discussion sur le programme de l’année 2008-2009.1. Cette matrice possède la remarquable propriété d’être symplectique.130 MICHEL DEVORET La sixième leçon a été consacrée au processus d’amplification paramétrique. Le modèle le plus élémentaire de ce type d’amplificateur consiste en deux circuits LC couplés par une inductance mutuelle variant sinusoïdalement dans le temps à la fréquence de la pompe. Chacun des oscillateurs est couplé à la ligne de transmission servant à injecter et à extraire les modes signal et image. 2 juillet 2008 : Série de deux leçons données dans le cadre de l’International School of Physics « Enrico Fermi ». Quantum Coherence in Solid State Systems. 3. Le point de départ est le théorème de Caves.W. est simple : il faut utiliser le nombre minimum de modes possibles. dans le cadre de la chaire F. laquelle propriété traduit à son tour mathématiquement la conservation de l’information par ce circuit actif. dans le cas de l’amplificateur paramétrique non-dégénéré. et qui se focalisera sur les aspects non-perturbatifs. Activité de recherche 3. c’est-à-dire 2. Archana Kamal et Adam Marblestone) Le phénomène d’amplification des signaux électriques par un composant électronique actif est à la base d’un grand nombre d’applications dans tous les domaines de la physique. Beinecke. Il est soumis à un principe dérivé de la relation . nous avons établi la matrice de diffusion pour un tel circuit. Au mode de signal doit donc être adjoint un mode image. on peut donc avec un tel dispositif observer la compression du bruit dans les corrélations entre le signal direct et le signal image. 2. en dépit de la non-conservation de l’énergie. qui comprend quatre jonctions tunnel formant une boucle dans laquelle est envoyé un demi-quantum de flux magnétique. Ce cours de physique mésoscopique s’intitulait « Single Electron Effects ». En pratique l’implémentation de la mutuelle variable dans le temps est réalisée à l’aide d’un modulateur en anneau Josephson. Expérimentalement. ce qui est réalisé en pratique avec un circulateur.

un tel résultat représente néanmoins une amélioration d’un facteur 30 par rapport aux meilleurs amplificateurs cryogéniques microonde basés sur les transistors HEMT.PHYSIQUE MÉSOSCOPIQUE 131 d’incertitude de Heisenberg : un amplificateur préservant la phase ajoute au moins un bruit dont l’énergie correspond à un demi-photon à la fréquence du signal. La mesure spectroscopique des niveaux d’énergie du système est en cours. Nick Masluk et Vladimir Manucharyan) Nous avons mis au point cette année deux nouveaux qubits supraconducteurs. 3. et ensuite de vérifier les prédictions théoriques concernant le bruit ajouté au signal. avec des fréquences de signaux aux alentours de f = 10 GHz et des températures T << hf/k ∼ 500 mK. nous avons réalisé et mesuré une version plus avancée de ce type d’amplificateur. qui est une boîte à paires de Cooper dans laquelle on a augmenté le rapport entre l’énergie Josephson et l’énergie de charge. une bande passante de l’ordre de 1 MHz et un gain de l’ordre de 30 dB. Le but de cette recherche est de comprendre les facteurs influant sur la décohérence. Nous shuntons une jonction de grande énergie de charge par une très forte inductance réalisée grâce à un réseau de 50 jonctions tunnel en série.2. Cette année. Nos résultats indiquent un facteur 3 par rapport à la limite quantique. Le gain dépasse 40 dB. c’est-à-dire la perte d’information quantique d’un circuit. Ce shunt des courants continus supprime complètement les fluctuations de charge. Qubits supraconducteurs (en collaboration avec Markus Brink. au lieu de la configuration parallèle précédemment explorée dans le groupe de R. de façon à rendre le circuit insensible aux fluctuations de charge du substrat. Aucune limitation n’intervient en revanche pour un amplificateur qui ne mesure d’un signal qu’une composante ou que son énergie. Les mesures des temps de décohérence T1 et T2 sont en cours. basé sur des réseaux de jonctions tunnel Josephson pompés par irradiation micro-onde. basée sur un modulateur en anneau Josephson. Nous utilisons des résonateurs micro-ondes supraconducteurs dans lesquels est placé un milieu non-linéaire purement dispersif. tout en rendant possible un contrôle du dispositif par la charge alternative des signaux sonde. Schoelkopf. Le deuxième qubit met en jeu une approche encore plus radicale. Le but de notre recherche est d’abord de montrer que l’on peut effectivement atteindre en pratique le régime où le bruit d’un amplificateur « utile » n’est limité que par le bruit quantique. ce qui sera très utile pour ensuite mesurer la dissipation du circuit de manière contrôlée. par degré de liberté amplificateur. la capacité ajoutée à la jonction tunnel est obtenue par une ligne de transmission dans laquelle la jonction est insérée en série. Dans ce nouveau qubit. et l’analyse du spectre devrait permettre de remonter aux paramètres de l’hamiltonien avec une excellente précision. Le premier qubit est basé sur le « transmon ». tout en préservant. . Nous avons réalisé la mesure de la température de bruit du système complet en nous basant sur le bruit auto-calibré d’un nanofil de cuivre. Même si l’on n’atteint pas encore la limite ultime. Nous travaillons dans le régime micro-onde. La limite quantique devrait être atteinte du fait de l’absence de dissipation parasite dans ce type de système.

A.... Phys.M.I.M. Nature 449. Vijay R.A. Rev.. 042319 (2007). 2008 (à paraître).A. Gambetta J. Devoret M.M.. [10] Houck A. Koch Jens....H..M. 515-518 (2007) [CondMat/0608693]..J.. Boaknin E.A.R.R.. Submitted to Nature Physics (2008) [arXiv:0805. 174516 (2007) [Cond-Mat. Siddiqi I. Gambetta J. Rev. Blais A. B. [12] Bergeal N..A..132 4.I.. Collège de France / Fayard. Rev. Frunzio L. en préparation. Schakert F. Leçon inaugurale.. 080502 (2008)..J. Devoret M. Esteve D.. Girvin S. Blais A. Siddiqi I. Frunzio L.S.. Frunzio L. Houck A.... Fissette S.M.M. Johnson B..R. Gambetta J. [5] Boulant N.. [14] Bergeal N...H. [2] Manucharian V. Majer J. Annalen Der Physik 16. A 76.A. arXiv:0706. B 76. Chow J. Majer J. Schoelkopf. Publications MICHEL DEVORET [1] Boaknin E. Analog information processing at the quantum limit with a Josephson ring modulator. Girvin S. Devoret M..J. Houck A. Fissette S.H. Frunzio L. [7] Metcalfe M...... . Schuster D.A. Siddiqi I.H. Schuster D. and Devoret M.I.... Phys.. [Cond-Mat/0702445]...I.. Vijay R. [Cond-Mat/0612576] Phys. Phys.. Nature 449... Chow J. Coupling superconducting qubits via a cavity bus. S..A. Charge insensitive qubit design from optimizing the Cooper-Pair Box.. M. Schreier J. Dispersive Bifurcation of a Microwave Superconducting Resonator Cavity incorporating a Josephson Junction. Frunzio L... J.. Girvin. Gambetta J. 443-447 (2007). Schoelkopf R.. Riggetti C.. Phys..M. Schuster D.. Schreier J. Rev. and Devoret M.M. 180502(R) (2008). Metcalfe M. B 77. Pierre... Rev. 014524 (2007).3452].. R. Phys. Measuring a Quantronium qubit with the Cavity Bifurcation Amplifier... Siddiqi I..M. Controlling the spontaneous emission of a superconducting transmon qubit. [9] Devoret. Schuster D. Yu T. [4] Houck A... Girvin S.. Vijay R.M. Koch Jens. Boaknin E..M. and Schoelkopf R. Rev. Gambetta J.331 (2007).. [3] Schuster D. Blais A.. Houck A.. and Devoret M...M.. Devoret M.H. Schreier J. Johnson B. Johnson B. Johnson.J..H.. Girvin S... Frunzio L. Chow J.H. Chow J.M. Manucharyan V.A.. Wallraff A.. Vijay R..J..A... Koch Jens. Schoelkopf R. Schoelkopf R. Girvin S. F....A.I. Schreier J... Vion D.. Wallraff A. H... Schuster D.. 014525 (2007).J. B 76. Girvin S.J. Frunzio L.... Parametric Amplification with the Josephson Ring Modulator. and Devoret M. Nguyen F. Houck A. Meeson P. Ithier G. Rigetti C.M. Lett 101. Girvin S. Frunzio L..I. [8] Koch J.M.H... Vijay R. and Schoelkopf R. 328 .0765]. Suppressing charge noise decoherence in superconducting charge qubits.M. Circuit-QED: How strong can the coupling between a Josephson junction atom and a transmission line resonator be ?. Schoelkopf R.. Devoret M. Rf Bifurcation of a Josephson Junction : Microwave Embedding Circuit Requirements. 76. and Devoret M. Gambetta J.H.. Submitted to Physical Review Letters. Manucharian V. M.. De l’atome aux machines quantiques.. Schoelkopf R. Metcalfe M. [11] Schreier J... Manucharyan V.. Devoret M.. Majer J.. Quantum Nondemolition Readout Using a Josephson Bifurcation amplifier.. and Devoret M.H... 767-779 (2007).. E. Girvin S.M. Schoelkopf R..... Nature (London) 445.R... [13] Devoret M. Wallraff A.. Schoelkopf R.. Siddiqi I. Johnson B. [6] Majer J. Resolving Photon Number States in a Superconducting Circuit. Generating single microwave photons in a circuit.

USA. Mars 2008 : Physics Colloquium. Newport. USA. California.1 Exposés donnés sur invitation Octobre 2007 : CIFAR meeting on Quant. Stanford. . Inf. Décembre 2007 : Decoherence in Superconducting Qubits. Paris. Janvier 2008 : Physics of Quantum Electronics. Utah. Proc.PHYSIQUE MÉSOSCOPIQUE 133 5. Penn State University. MIT. Pennsylvania. Snowbird. Mai 2008 : Journées Supraconductivité. USA. Conférences 5. Avril 2008 : Quantum Information Seminar. USA. State College. Avril 2008 : Stanford Photonics Research Center Meeting. Rhode Island. Cambridge. Juin 2008 : Séminaire général de Physique. USA. USA. Paris. Massachussetts. Berkeley. California. ESPCI.. ESPCI.

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Le deuxième cours. sur l’importante distinction entre le cas de fermions dans une représentation réelle du groupe de jauge (les cas de la QED et QCD) et celui d’une représentation complexe (fermions « chiraux »). Nous sommes revenu. « Théories de jauge : un rappel ». a été imprimé et distribué avant chaque cours. le cas d’intérêt pour les interactions faibles. Le cours de l’année 2007-2008 : « Le modèle standard et ses extensions » Après la parenthèse 2006-2007 (cours donné entièrement à l’étranger). ce dernier cours se concentra sur le secteur dit électrofaible du Modèle Standard (MS). Le premier cours. donné en partie par le professeur Riccardo Barbieri de l’École Normale (Scuola Normale) de Pise et en partie par le professeur Ferruccio Feruglio de l’Université de Padoue. en particulier.1. un résumé des concepts de base de la QED (comme théorie des interactions électromagnétiques) et de la QCD (comme théorie des interactions fortes) qui avaient été couverts dans les cours 2004-2005 et 2005-2006. « QED et QCD : un rappel ». présenté avec l’aide d’un fichier « Power Point ». membre de l’Institut (Académie des Sciences). fut un résumé des principales notions (déjà discutée en 2004-2005) qui sont à la base des théories de jauge. Gabriele Veneziano. dont 11 de cours proprement dit et 7 heures de séminaires. le cours de l’année 2007-2008 a repris le chemin initié en 2004-2005 et 2005-2006 afin de compléter la présentation du modèle standard des particules élémentaires. et ensuite inséré sur les sites en français et en anglais de la chaire. à son tour. professeur 1. . Le cours s’est déroulé en 18 heures. fut. Chaque cours et séminaire. Les deux cours précédents ayant porté sur les interactions fortes (dans leurs aspects perturbatives et non perturbatives respectivement). gravitation et cosmologie M. Enseignement au Collège 1.Particules élémentaires.

en même temps.136 GABRIELE VENEZIANO Le troisième cours. Ensuite. Même si conceptuellement la généralisation est simple. nous avons discuté des principales caractéristiques et conséquences de chacune et. celui qui concerne le soi-disant paramètre ρ. a porté sur d’autres conséquences du modèle standard en particulier dans la physique de mésons K neutres et (en préparation des séminaires spécialisés du professeur Feruglio. en particulier pour cette dernière. nous avons discuté de la généralisation du modèle précédant au cas. ses conséquences phénoménologiques sont très importantes. Nous avons aussi souligné que ce mécanisme. l’idée est née qu’une théorie de jauge puisse décrire. en même temps. « Brisure spontanée de symétries ». « Plusieurs familles : mécanisme de GIM et matrice CKM ». L’accord est qualitativement bon. d’une façon unifiée. . malgré la brisure de la symétrie. à partir de sa première formulation par Enrico Fermi en 1934. à travers les différentes découvertes expérimentales. « Autres conséquences du Modèle Standard ». Dans le cinquième cours. Le huitième cours. au moins dans sa forme la plus simple. nous avons utilisé les éléments déjà introduits pour définir le modèle standard des interactions électrofaibles dans les cas d’une seule famille (ou génération) de quarks et de leptons. nous avons tiré les conséquences expérimentales du modèle présenté au cours précédent dans l’approximation dite à « arbre ». voir ci-dessous) en ce qui concerne les masses et les oscillations des neutrinos. « Interactions faibles : du modèle de Fermi à une théorie de jauge ». nous avons discuté des représentations auxquelles les fermions doivent appartenir et. Dans le quatrième cours. dans ses grandes lignes. Pourtant. nous avons souligné la nécessité d’un mécanisme de brisure de la symétrie de jauge sans quoi tous les fermions resteraient sans masse. « Prédictions au niveau arbre pour une famille ». nécessite l’introduction d’un champ scalaire à côté des champs de jauge et des champs de fermions. Le sixième cours. le développement de la théorie des interactions faibles. le fameux mécanisme de Higgs dans le cas le plus simple du groupe U(1). mais quantitativement pas encore parfait. où il y a trois familles de quarks et de leptons. « Boson de Higgs et Lagrangien pour une seule famille ». c’est-à-dire sans tenir compte des corrections radiatives. au moins d’introduire un nouveau type de neutrino qui est neutre par rapport à toutes les interactions de jauge. Nous avons aussi observé que le neutrino reste sans masse. Nous avons terminée avec un exemple de calculs des corrections radiatives. apparemment choisi par la Nature. Dans le septième cours. le MS avec trois générations évite d’une façon très naturelle l’apparition de courants neutres avec changement de saveur (FCNC) et. est capable d’introduire les mélanges observés dans les courants chargées aussi qu’une phase qui détermine la violation de la symétrie CP. les interactions électromagnétiques et faibles en utilisant le groupe de jauge SU(2)xU(1). On a rappelé comment. a retracé. après avoir souligné l’importante distinction entre la brisure de symétries globales et locales.

dans « Le tests de précision du MS ». 1. les tests d’unitarieté. Le premier été centré sur la phénoménologie de la matrice CKM. qui a développé la physique des neutrinos dans le MS sous les titres « Masses. Donc la supériorité du modèle supersymétrique par rapport au modèle standard n’est pas de tout évidente. le neuvième cours. une introduction à certains modèles qui vont au-delà du MS. aussi que sur les bornes relatives aux processus de FCNC (tels que μ → e γ). le sujet des deux derniers cours et séminaires. avec leurs avantages relatifs. le dixième cours. le professeur Barbieri a illustré les phénomènes de violation de la symétrie CP (toujours dans le système des K neutres) et leur calcul dans le modèle standard. Dans le deuxième séminaire.2. GRAVITATION ET COSMOLOGIE 137 Après une première série de séminaires par les professeurs Riccardo Barbieri et Ferruccio Feruglio (voir ci-dessous). C’était. ont été discutés. Néanmoins. nous avons présenté des modèles. où les trois interactions non gravitationnelles découleraient d’une théorie de jauge basée sur un groupe de jauge techniquement dit « simple » et donc avec des relations entre les différentes constants de couplage et les différentes masses des particules. « Supersymétrie et le MSSM ». dits de Grand Unification (GUT). « Secteur de Higgs : questions de réglage fin » a entamé une critique bien connue du MS comme ayant besoin d’une quantité importante de « réglage fin » afin de maintenir la masse du boson de Higgs suffisamment basse. Ainsi. En même temps elle permet à priori certains processus qui ne sont pas observés. Dans le onzième cours. Premièrement. mélanges et oscillations des neutrinos : la théorie ». Ces séminaires ont été suivis par deux autres donnés par le professeur Ferruccio Feruglio (Université de Padoue. Les exemples des groupes SU(5) et O(10). Ensuite. nous dira sans doute si la supersymétrie existe bien aux énergies qui seront atteignables. en même temps. d’abord comme construction théorique et après comme une possible résolution du problème de réglage fin discuté dans le neuvième cours.PARTICULES ÉLÉMENTAIRES. Italie) a donné deux séminaires intitulés « La physique de la saveur dans le MS » et « Violation de la symétrie CP dans le MS ». il a fait le point sur les tests de précision du MS à travers des expériences de physique atomique et surtout avec les données de l’accélérateur LEP du CERN. Il a donné ainsi un cadre très complet de la situation actuelle à la fois expérimentale et théorique dans ce nouveau domaine très excitant de la physique des particules. le LHC. le professeur Barbieri est encore intervenue à trois reprises. Le nouvel accélérateur de particules du CERN. mélanges et oscillations des neutrinos : les données expérimentales » et « Masses. la supersymétrie n’élimine pas complètement ce problème. Pise. Italie). Les séminaires liés au cours Après les premières 8 heures de cours. a introduit le concept de supersymétrie. les mélanges et oscillations des mésons K neutres. Il a souligné qu’un accord entre la . le professeur Riccardo Barbieri (Scuola Normale Superiore. « Théories de Grand Unification ».

porta sur des modèles où le mécanisme de Higgs est induit par autre chose qu’un champ scalaire. En dépit d’un progrès indiscutable. peu après. 3. 2. . 3. pour l’instant. nous sommes toujours confrontés à des problèmes de divergences infrarouges qui nous empêchent. la chaire fait aussi partie de la Fédération « Interactions Fondamentales » avec le LPT-ENS. suivie d’un débat. les LPNHE et LPTHE de Paris 6. Une conférence portant le même titre. et le APC (après son départ du Collège). suivi d’une liste des publications scientifiques correspondantes. Pologne) nous avons essayé de généraliser les modèles de mécanique quantique matricielle déjà étudiés au cas d’une théorie de champs supersymétrique en deux dimensions spatiotemporelles. il n’y aurait pas une véritable particule de Higgs. Ensuite le séminaire « Modèles sans le boson de Higgs ». comment elle s’est développée depuis sa découverte. Conférence sur la théorie des cordes pour les étudiants des lycées à Florence: son but était d’expliquer en quoi consiste la théorie des cordes. mais réadaptée. au « Collegio di Milano » (un Collège qui réunit un nombre sélectionné d’étudiants universitaires de la métropole milanaise de toutes disciplines). presente e futuro ». Dans ce cas de figure. le professeur Barbieri a donné un panorama très complet des expériences qui pourraient dénicher de la physique qui va au-delà de celle du MS soit en utilisant de très hautes énergies (comme au LHC) soit par des mesures à basse énergie mais d’une très grande précision. Depuis 2005. Particules élémentaires Avec le professeur Jacek Wosiek (Université de Cracovie. Activité de recherche Elle a porté sur les trois sujets de l’intitulé de la chaire en particulier sur les questions liées à la gravitation classique et quantique dans le cadre de la théorie des cordes. Un exemple de ce genre c’est la théorie dite du « techni-couleur ». a été donnée.1. Enseignement en dehors du Collège Mai 2008 : « 40 anni di teoria delle stringhe : passato. son accord avec les tests de précision est loin d’être évident. Dans son dernier séminaire. Voici un aperçu de cette activité de recherche. d’arriver à des conclusions fermes. Même si cette classe de théorie est esthétiquement attrayante.138 GABRIELE VENEZIANO théorie et les données expérimentales a besoin de corrections radiatives et que cet accord est tout à fait remarquable si le boson de Higgs est assez léger pour être produit aux énergies du LHC. « Où la nouvelle physique peut-elle se cacher ? ». et pourquoi les théoriciens de particules y sont tellement intéressés aujourd’hui.

3. Gravitation L’étude théorique des collisions entre particules légères à énergies transplanckiennes. « Non-local field theory suggested by Dual Models » dans « String theory and fundamental interactions » (éditeurs : M. le docteur Giovanni Marozzi (Université de Bologne). 4. mais. Récemment. JHEP09 (2008) 024. GRAVITATION ET COSMOLOGIE 139 3. JHEP09 (2008) 023. Cosmologie La théorie des cordes suggère de nouveaux scénarios cosmologiques où la « singularité » du big-bang (c’est-à-dire l’instant où plusieurs quantités physiques seraient devenues infinies) est remplacé par un « big bounce ».PARTICULES ÉLÉMENTAIRES. Il est maintenant publié dans sa forme originale dans un livre avec les contributions d’un nombre de mes collaborateurs en l’occasion de mes 65 ans. avec le professeur Maurizio Gasperini (Universitè de Bari) et un jeune chercheur. « Exploring an S-Matrix for gravitational collapse » (avec J. « Exploring an S-Matrix for gravitational collapse II : a momentum space analysis » (avec J. Maharana). 4. Cette dernière année. 2. Gasperini et J. 29. Cette ligne de recherche a été poursuivie en collaboration avec le professeur Jacek Wosiek. s’accordent très bien avec les estimations classiques et pourraient indiquer la façon avec laquelle l’information est récupérée dans un processus quantique de collision de particules ou de cordes. rien est sortie en forme de publication sur ce sujet. pour l’instant. nous avons essayé de vérifier si la contre-réaction à la production cosmologique de particules pourrait induire le rebondissement désiré. soudain. p. une phase de contraction qui. « Towards and S-Matrix description of gravitational collapse » (avec D. Amati et M. avec les professeurs Daniele Amati (Université de Trieste) et Marcello Ciafaloni (Université de Florence).2. obtenus dans un contexte complètement quantique. Nous avons fait des progrès considérables. . nous avons résolu les équations de mouvement qui découlent d’une action efficace en deux dimensions de l’espace que nous avions proposé il y a une quinzaine d’années. se transforme en expansion sans qu’aucune quantité physique ne dépasse les bornes dictées par les dimensions finies des cordes (« cosmologie à rebondissement »). 3. Publications 1. 3. JHEP02 (2008) 049. Les résultats. a été poursuivie dans le but de mieux comprendre le problème de l’information en physique quantique des trous noirs. un progrès considérable sur ce problème a été accompli. Ciafaloni). Springer (2008). Wosiek). Utilisant des méthodes à la fois analytiques et numériques. écrit en 1973. Il s’agit de la publication d’un manuscrit. que je n’avais jamais terminé. Wosiek).

septembre 2007. Bruxelles. décembre 2007. avril 2008. « 40 anni di teoria delle stringhe : passato presente e futuro ». mai 2008. décembre 2007. Bures-sur-Yvette. tempo e materia : l’ultima parola è ancora quella di Einstein ? ». 22. Venise. UCLA. conférence pour les étudiants du « Collegio di Milano ». (à l’occasion de la chaire Blaise Pascal du Professeur Michail Shifman). « Towards an S-matrix description of gravitational collapse ». 20. « Towards an S-matrix description of gravitational collapse ». janvier 2008. avril 2008. 16. Genève. Colloque à l’Universitè de Bologne. UCSB/KITP. « Farewell talk : A sample of yet unfinished projects ». Conférences 5. Collège de France. « Recent progress in transplanckian scattering ». « Towards an S-matrix description of gravitational collapse ». Conférence « Spazio. « Transplanckian scattering. 15. séminaire joint des théoriciens. 2. Sesto Fiorentino. Université de Padoue. and the information paradox ». série « Cultures d’Europe ». 14. juin 2008. « Le Modèle standard de l’Univers : Succès et énigmes ». « Transplanckian Superstring Collisions II ». La Sapienza. Conférences sur invitation GABRIELE VENEZIANO 1. novembre 2007. atelier sur « Non-perturbative gauge theories » Édimbourg. 17. « La théorie des cordes est-elle morte ? ». Orsay. 10.1. « Transplanckian Superstring Collisions I ». Colloque Université Pierre et Marie Curie. « Towards an S-matrix for gravitational collapse ». Paris. Università di Roma. 4. mardi de l’Administrateur. 3. septembre 2007. « Did Time have a beginning ? ». avril 2008. . Florence. avril 2008. 5. CERN. conférence pour étudiants des Lycées. 8. « Planar equivalence : an update ». black holes. Université de Californie à Irvine. 18. Santa Barbara. juin 2008. « 40 anni di teoria delle stringhe : passato presente e futuro ». décembre 2007. « Le grand Collisionneur d’hadrons (LHC) du CERN et ses enjeux ». « Diverse prospettive di sviluppo della teoria quantistica della gravitazione ». « Il modello standard dell’Universo : successi ed enigmi ». « Planar equivalence : an update ». 13. Université des Hawaii. 12. symposium « The two cultures : shared problems ». conférence pour le 50e anniversaire de l’IHES. Universitad Autonoma Madrid. 9. IHP. octobre 2007. 7. « Towards an S-matrix for gravitational collapse ». « String Theory : Is Einstein’s dream being realized ? ». juin 2008. conférence « Non perturbative gauge theories » GGI. 6. juin 2008. mai 2008. 11. mai 2008.140 5. « L’unité de la physique et la cosmologie ». Conférence grand public. mai 2008. décembre 2007. Paris. Émission de Radio France (France Culture). août 2007. UCLA. 19. 21.

Paris. dont je faisais partie. Depuis. — Membre du Comité d’organisation de la Conférence « Marcel Grossmann ». Trois propositions ont été sélectionnées. Irlande (sera consigné officiellement en mai 2009). août 2007. — Depuis janvier 2007 l’Institut de Physique Nucléaire Italien (INFN) m’a chargé de suivre les activités du GGI avec une présence de plusieurs semaines pendant chaque atelier.PARTICULES ÉLÉMENTAIRES. — Chaire du « Wolfgang Pauli Committee ». 8. — « Gravitational scattering. Participation à des Comités — Comité d’évaluation de l’école de doctorat Galileo Galilei de l’ Université de Pise. Groupes de travail Le groupe de travail de l’Académie des sciences « Unités de base et constantes fondamentales ». En novembre 2007. University College Dublin. — Chaire de l’« Advisory Committee » de l’Institut Galileo Galilei (GGI) à Arcetri (Florence). le comité s’est réuni pour sélectionner les propositions d’atelier pour l’année 2009. je fais partie d’un nouveau comité de l’Académie des sciences. GRAVITATION ET COSMOLOGIE 141 5. Organisation de conférences et d’ateliers Comme membre de la FRIF (Fédération de Recherche Interactions Fondamentales) la chaire a contribué à l’organisation d’un nombre d’ateliers à Paris. Genève. CERN. juillet 2009. qui. a présenté ses recommandations finales au Bureau international des Poids et Mesures en octobre 2006. 6.2. Paris. black holes. nommé « Science et métrologie ». 7. and the information paradox». Literary and Historical Society. poursuivant le même but. J’ai donc passé au GGI quelques semaines en automne 2007 et au printemps 2008 et je planifie d’y retourner pendant l’automne 2008. a commencé ses travaux à l’automne 2007. IHP. . notamment : — « Black holes. Paris. distinctions Juillet 2008 : James Joyce Award. black rings and modular forms ». ENS. 26-28 mai 2008. Prix.

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Notre équipe de recherche a un accord-cadre avec la compagnie pétrolière Total pour profiter des synergies dans nos intérêts de recherche. près d’Aix-en-Provence. La connaissance du contexte géodynamique et tectonique est utile à la recherche pétrolière et c’est sur cette base qu’une collaboration scientifique avec l’industrie pétrolière a pu être développée. six post-doctorants. Un colloque aura lieu à Saint Maximin dans le Var les 1er. ce qui a permis une interaction plus étroite avec le laboratoire d’Édouard Bard. un chercheur en cours de thèse. L’intérêt de l’équipe repose sur la relation entre les processus de déformation superficielle et les processus profonds en mettant l’accent sur l’importance des forces de gravité et sur le rôle des fluides. il s’est délocalisé près du laboratoire du Cérège sur l’Europôle de l’Arbois. Xavier Le Pichon. dans des locaux fournis par l’université Paul Cézanne d’Aix-Marseille. 2 et 3 octobre 2008 pour mener une réflexion sur les grands problèmes de géodynamique qui ont été traités depuis 1986 dans le cadre des cours de la chaire de géodynamique. Activités scientifiques de juin 2007 à juin 2008 Xavier Le Pichon avait dirigé le Laboratoire de Géologie de l’École normale supérieure. Le 16 septembre 2005 le nouveau bâtiment dit « Trocadéro » mis à la disposition de l’antenne du Collège de France par l’Europôle de l’Arbois a été inauguré. . un agent technique sous contrat temporaire. pour que l’équipe de recherche de sa chaire de Géodynamique forme avec l’équipe de recherche de la chaire d’Evolution du climat et de l’océan d’Édouard Bard une antenne du Collège de France accueillie par l’université Paul Cézanne. Ce colloque donnera lieu à la publication d’un livre. professeur COURS : Le cours n’a pas eu lieu.Géodynamique M. un ingénieur informatique et un agent technique permanents. membre de l’Institut (Académie des Sciences). L’équipe de géodynamique comprend en 2008 treize personnes : trois chercheurs permanents. Au 1er juillet 2003.

L’axe principal de nos recherches est l’étude géodynamique de zones tectoniquement actives menées avec la collaboration de grands organismes de recherche publics et industriels (CEA. L’objectif principal de la participation de l’équipe aux projets d’observatoire sous-marin est la compréhension du couplage fluide-mécanique dans les zones de faille et sous les pentes sous-marines instables. Avec le CEA et en collaboration avec Total. Mais grâce à l’IRSN. ce qui nous permet de relocaliser la microsismicité de cette région prise en compte dans la détermination du risque sismique pour la centrale de Cadarache et le nouveau projet ITER. EOSYS). Les chantiers Marmara et Ligure entrent dans le cadre du réseau d’excellence Européen Esonet. Total) et de PME locales (SOACSY. Le début des opérations de forage IODP avec le navire Japonais Chikyu a eu lieu fin 2007 sur Nankai (projet Nantroseize). Il fera l’objet d’un numéro spécial de la Société Géologique de France qui sera publié au début de l’année 2009. Deux sur les trois thèses sous contrat engagées sur ce thème ont été défendues à la fin de l’année 2007. Ces trois projets sont des projets à long terme. un contrat de recherche avec le CEA. Un effort considérable a continué à se porter sur la compréhension du contexte géodynamique du grand séisme de Sumatra du 26 décembre 2004 qui avait été . Ce travail a été présenté lors du colloque organisé en juin 2007 à Aix en Provence. Cet axe est sous la responsabilité de Claude Rangin. Une campagne effectuée avec le navire Atalante et le submersible Nautile d’Ifremer en mer de Marmara a eu lieu en mai et juin 2007 sous la direction de Pierre Henry pour étudier les sorties de fluide le long de la Faille Nord Anatolienne et leur lien possible avec l’activité sismique. et des contrats ponctuels avec les PME locales. Avec Total les projets sont centrés sur la déformation des réservoirs dans le bassin du Bengale et le Golfe du Mexique en privilégiant les relations entre déformation crustale et glissements superficiels dans leur cadre géodynamique global. de post-doctorants et de recherches. Cet axe est sous la responsabilité de Pierre Henry. Les principaux chantiers sont l’étude de la zone sismogène sur la marge de subduction japonaise dans le cadre du programme de forage IODP. L’étude géodynamique de zones tectoniquement actives en collaboration avec l’Industrie s’appuie sur un accord-cadre avec la compagnie Total. L’analyse de profils sismiques et leur vérité terrain est privilégiée. Un second axe est lié à la technologie sous-marine avec en particulier une participation aux efforts internationaux pour implanter des observatoires sous-marins sur les marges continentales. la surveillance de la faille Nord Anatolienne en Mer de Marmara et le volet puits instrumentés de l’observatoire en Mer Ligure.144 XAVIER LE PICHON L’originalité de notre équipe tient à la coopération étroite avec l’industrie qui se traduit dans le financement de thèses. toutes les recherches conduisant à des publications. conçu en collaboration avec Géosciences Azur et l’Ifremer. nous avons pu disposer des données du réseau sismique de la Moyenne Durance. nous étudions la part de la tectonique gravitaire dans la tectonique active de la Provence en testant un modèle de glissement en masse sur des couches sédimentaires ductiles.

GÉODYNAMIQUE 145 l’objet du cours principal de Xavier Le Pichon en 2006. Du 17/10/07 au 19/10/07 : Conférence au Colloque du Collège de France à Paris : « De l’autorité ». Du 08/04/08 au 11/04/08 : Discours inaugural du Consortium Interuniversitaire « Scuola per l’Alta Formazione » du 8 au 11 avril à Catane (Italie). Activités diverses de Xavier Le Pichon Le 11 juillet 2007 : Réunion de travail chez TOTAL / La Défense — Réunion de travail sur projets Mexique et Sumatra. Les résultats obtenus ont été publiés dans deux articles et les résultats finaux ont été présentés dans deux autres articles soumis à publication. Du 17/08/07 au 21/08/07 : Conférence au Colloque « Science and Truth » à Rimini (Italie). Du 16/11/07 au 19/11/07 : Meeting DPDC — Projet STOQ — Universités Pontificales Romaines à Rome (Italie). Jing Yi Lin et Tanguy Maury ont repris la localisation des microséismes enregistrés durant la campagne. Par ailleurs. Il faut enfin noter la publication cette année à la Société Géologique de France et à l’American Association of Petroleum Geologists d’un recueil de travaux concernant la partie occidentale du Golfe du Mexique. Nous préparons maintenant un nouveau recueil sur nos programmes concernant la Marge du Golfe du Bengale. Une participation de Claude Rangin à la campagne de l’IFREMER  Sumatra Aftershocks  avait permis de participer à une analyse fine de la déformation sur cette marge de subduction très particulière. Le 24 avril 2008 : Conférence pour la Société de Géographie à Marseille. Il est le fruit de la stratégie de recherche que nous avons adoptée dans notre programme de géodynamique des zones actives menées avec l’aide de l’industrie. Du 21/02/08 au 28/02/08 : « Comité DPDC du Concile Pontifical pour la Culture » (Réunion et visite d’évaluation à Rome (Italie). Le 23 janvier 2008 : Séminaire au Laboratoire Départemental de la Préhistoire du Lazaret à Nice. Du 03/12/07 au 05/12/07 : Conférence inaugurale au Symposium « Middle East Basins Evolution » à Paris. Le 11 juin 2008 : Conférence sur la Tectonique des Plaques au Musée de la Géologie de Digne (Alpes de Haute Provence). Ils mettent en évidence le rôle structurant des rides des zones de fracture océaniques qui sont subduites obliquement sous la marge. Du 19/09/07 au 20/09/07 : Conférence au Colloque OCT (Ocean-Continent Transition) à l’Institut Océanographique à Paris. Du 15 au 16/04/08 : Conférence pour l’Office Chrétien des handicapés à Bruxelles (Belgique). . Ce recueil met à la disposition des chercheurs sous forme électronique et graphique les synthèses géodynamiques (données et interprétations) obtenues dans le cadre de notre collaboration avec TOTAL et PEMEX.

and Hsu... France.-L.002. Rangin. Thermal regime of the NW shelf of the Gulf of Mexico. 139-145. 2008.. n° 2.. Soc. Lee. (2008). P. N. 2007. P. doi : 10. G.-K. G. Sultan. Le Pichon X. 6. Catteneo... Aranda-García M. Numerical model of fluid pressure solitary wave propagation along the decollement of an accretionary wedge : application to the Nankaï wedge. C..C.1016/j.. Henry P. Le Pichon X.C. B. doi: 10. Rangin C. Le Pichon.. Soc. Aranda-Garcia M.. Geofluids.. In : Lima. France. 161-174.. Sibuet. 179. dont Rangin Claude. Tertiary extension in the northern Gulf of Mexico.. Lee. Tardy M.1016/j. 86.-Y. Rangin. 175-185.. Deep Sea Research Part 1 55 (4). X. M. K. and Martínez-Reyes J.Bull. H. 2.-K. Cenozoic crustal deformation of the offshore Burgos basin region (NE Gulf of Mexico). Lett. doi :10..N. Geophys. and the Sumatra Aftershocks Team. Soc... Flotte N. Gravity Tectonics and Plate Motions: The western margin of the Gulf of Mexico. Geol. Le Pichon X. Geol. Sumatra Earthquake research indicates why rupture propagated northward. Neogene crustal shear zone along the western Gulf of Mexico margin and its implications for gravity sliding processes: Evidences from 2D and 3D multichannel seismic data.. Neogene left-lateral shearing along . Spatial variations in the frequency magnitude distribution of earthquakes in the southwestern Okinawa Trough. 179. a new interpretation of multichannel seismic data.. and Rangin C. S. and C. 2007. Geol. T. 179. 179. n° 2. (2008). C. Le Roy C. A. Bulletin de la Société Géologique de France. P. Lin.. C. Mercier de Lepinay. Cold seeps along the main Marmara fault in the Sea of Marmara (Turkey).. in The establishment of the outer limits of the continental shelf beyond 200 nautical miles — Its international circumstances and its scientific aspects. Bourlange. Lin. and Lericolais. Yamaguchi.. Rangin.146 XAVIER LE PICHON Publications de l’équipe de Géodynamique depuis juin 2007 Origin of the Southern Okinawa Trough volcanism from detailed seismic tomography. Rangin C. J. Geol. 112. Bull. D. (2008). editor : Ocean Policy Research Foundation.. and L. B08308. 59. J... Singh.. 107-116. Rangin C. Earth Planetary Science Letters. Charlotte Le Roy C..-C. n° 2.... S.09. Maury. J. (2008).. Klingelhoefer. SINGH. A new interpretation of deep penetration multichannel seismic reflection lines. Al-Samir. epsl2007. Bull. France. S... Andréani L.. n° 2. Le Pichon X. Aranda-Garcia. Fluide rime-t-il avec séisme. 1-12. Bull. Le Pichon. Zitter T. Earth Planets Space.-Y. and Peterson-Rodriguez R.. a major late Eocene-Oligocene left-lateral shear zone.... Husson L.. 26th December 2004 Great Sumatra-Andaman Earthquake : co-seismic and post-seismic motions in northern Sumatra. Flotte N. Henry. M. F. Zitter. and the Sumatra Aftershocks Team. Henry. Cagatay. T.01. Pekdeger. Earth Planet. 497-502. 179. S. Wallmann.A.Y. C. Introduction. J. Husson. C. J. France.2008. Andréani L. (Eds) — Le printemps des chercheurs 2008 : 44-47. Graindorge.... 153-165. 2007. Lin. in press.. J... Schneider. J. Tokyo... Xavier. 88-103. Hai Nguyen Thi Ngoc. 552-270. Res.C. Soc. EOS. (2008). and Martinez-Reyes J.. Aloisi. F.. M. J. 2005. Active margins. A. Sci.. 117-128. Flotté N. Sibuet. Rangin. S. 179. J. 221-225. P... Bull. Inserm. F.. Malod. and Le Pichon X. Henry. S.. Soc.dsr. M.1029/2006JB004703.. Heat Flow. Geol. Fornacciari. and Klingelhoefer.. 2007. Martinez Reyes J. figures on CD... Martinez-Reyes. Japan. France. Sibuet.. n° 2. M. Tesmer. 263. G.005. 147-160 Le Roy C. Delaygue.. Le Pichon X. Husson L.S. J. Umber. The Rio Bravo Fault. Hsu.

n° 2. Soc.030. 20. Res.... 179. doi :10. P. Delescluse. Crespy. F. N. Sibuet J. available online 28 November 2007.1016/j.2007. Pelleau P... S. Bull. Bulletin de la Société Géologique de France.. F.-C. Lee C.031. Tectonophysics. Bolève. P.. L’adoption d’une théorie scientifique. and Martinez-Reyes J. Lee C. Res. Lin J. Le Pichon. S...GÉODYNAMIQUE 147 the Veracruz Fault: the eastern boundary of the Southern Mexico Block. (2008).tecto. (2008). Rangin. Lin J... U Than Min. Auffret Y. Revil.. Chamot-Rooke. in Antoine Compagnon (sous la direction de). Pollitz.. Variations of b-values at the western edge of the Ryukyu subduction zone. Sibuet J. Lin J.. and Hsu S.-K. Linde. 150-153. The Southern Mexico Block : main boundaries and new estimation for its Quaternary motion. Lin.11.... France. Structure and kinematics of the Indo-Burmese Wedge : recent and fast growth of the outer wedge. doi :10. Andréani L. X (2008). X. Byrdina. Hsu S.. Sismicité et volcanisme dans le sud-ouest du bassin arrière-arc d’Okinawa (Nord-Est Taiwan).. T. M. Klingelhoefer. in press. and Klingelhoefer F.. U Win Naing..2007. available online 28 November 2007. C. S. Tectonics.. Le Pichon X. (2008). Maurin.-Y.-K. De l’autorité. Microseisismicity and faulting in the southwestern Okinawa Trough. T. and Rangin. n° 2... Structure of the Okinawa Trough from reflection and wide-angle seismic data. in press. Rangin C. Hsu S. Paris. Lee C. and Sibuet J. Tectonophysics. Masson. Detection and localization of hydromechanical disturbances in a sandbox using the slfpotential method. J. Geol. A.-C. Geophys. tecto. Sibuet J. . accepted. Maurin. Geophys.-C.. Le Pichon. la Tectonique des Plaques.. and Henry.-C. Odile Jacob. U Min Swe. in press. Jardani.11. l’effet de serre.-Y. A. 179. J. (2008).. A... France. accepted.. Soc. U Khin Maung Kyi (2008). Bull. Collard. 195-208. N. F. (2008). northeastern Taiwan. and Crozon J. Terra Nova.1016/j. 209-223.-Y. 195-216. accepted. Klingelhoefer F.-Y. Northward rupture propagation of the 2004 Sumatra-Andaman Earthquake to 18°N: Evidences from geodetic and marine data in southern Myanmar. J. C. A. S.-K. Geol.

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il y a environ 33 millions d’années. Le cycle du carbone a lui aussi subi une variation importante. Elle correspond aussi à une transition faunistique bien connue depuis le début du xxe siècle (« Grande Coupure » de Stehlin). . Édouard Bard. de la profondeur de compensation de la calcite. une attention particulière a été portée sur l’événement Oi-1. montre bien que les deux pôles se sont englacés de façon synchrone. d’environ un kilomètre.Évolution du climat et de l’océan M. matérialisée par une augmentation de la productivité planctonique de la zone australe. La période en question va de l’optimum du début de l’ère Tertiaire aux glaciations du Quaternaire. Cette glaciation a été accompagnée d’une perturbation massive de l’érosion chimique globale mise en évidence par des indicateurs isotopiques (par ex. Après avoir revu brièvement les causes de l’optimum éocène. Ces variations du cycle du carbone ont été accompagnées d’une chute de la teneur atmosphérique en gaz carbonique (plus de 500 ppm en moins de 10 millions d’années). une élévation du rapport 13C/12C océanique et un approfondissement. Il s’agit d’une transition climatique majeure mise en évidence à l’échelle mondiale dans les sédiments marins et continentaux à toutes les latitudes. L’étude de la distribution des débris rocheux transportés par les icebergs. professeur Histoire du climat : d’une Terre chaude à l’Eocène aux glaciations du Pléistocène Le cours de cette année a été consacré à la suite de l’histoire du climat de la Terre abordé en 2006-2007. Lors du cours. La comparaison entre les données des isotopes de l’oxygène et de paléotempératures océaniques suggèrent que cet événement correspond à une augmentation drastique du volume des glaces polaires. isotopes du strontium) et minéralogiques (distribution des minéraux argileux). en Atlantique Nord et dans les Océans Arctique et Austral. nous avons abordé en détail la transition Eocène-Oligocène.

mais ce n’est que vers trois millions d’années avant le présent que le climat se dégrade vraiment avec une nouvelle intensification glaciaire au Pliocène. en particulier les mammifères avec les évolutions caractéristiques des équidés et des proboscidiens traduisant les changements de régime alimentaire (folivore vs. L’ouverture des passages de Drake et de Tasmanie et l’établissement du courant circumpolaire antarctique. Des causes physiographiques (ouverture des passages de Drake et de Tasmanie) expliquant l’établissement du courant circumpolaire de l’Océan Austral qui aurait entrainé l’isolement climatique de l’Antarctique et son entrée en glaciation. les paléosols et la matière organique sédimentaire. Et enfin. notamment ceux des graminées. Les variations orbitales pourraient expliquer certains événements comme l’épisode glaciaire Mi-1 vers 23 millions d’années et l’intensification des glaciations à partir de trois millions d’années. La transition de la flore est reconstituée à partir des pollens. Les faunes se sont adaptées à ces changements de la végétation et du climat. Les reconstitutions de la teneur en gaz carbonique ne montrent pas d’accord entre les différents indicateurs. L’analyse des isotopes de l’oxygène aux différentes latitudes de l’océan mondial. Néanmoins. Le climat mondial se refroidit progressivement à partir du milieu du Miocène. des causes liées à l’influence de la géodynamique sur le cycle du carbone : d’une part. L’étude des sédiments océaniques et continentaux confirme le caractère mondial du réchauffement miocène. indique que le forçage prépondérant est l’effet de serre du gaz carbonique. Plusieurs causes ont été envisagées pour expliquer la dégradation mio-pliocène. En effet.150 ÉDOUARD BARD Plusieurs types de causes ont été proposés pour expliquer la dégradation climatique de la transition Eocène-Oligocène. la mousson et sur l’altération physique et chimique des roches cristallines de cette région du globe. n’auraient qu’un rôle secondaire. l’enregistrement considéré comme le plus fiable ne montre pratiquement pas de variation de la pCO2 entre 20 et 7 millions d’années avant le présent ce qui suggère que d’autres causes sont à l’origine des fluctuations climatiques observées. à de fortes températures et à des saisons sèches. Les variations orbitales expliqueraient la nature abrupte du phénomène. avec une configuration orbitale particulière caractérisée par une faible insolation estivale aux hautes latitudes. Néanmoins. adaptées à de basses teneurs en CO2. Cette période correspond aussi à l’expansion des plantes en C4. une baisse limitée d’environ un quart du taux d’accrétion océanique et d’autre part (surtout) la conséquence de la collision de la plaque Indienne avec le continent asiatique. la surrection de l’Himalaya et du plateau Tibétain a eu un impact majeur sur la circulation atmosphérique. ces configurations orbitales favorables aux . graminivore) et l’adaptation à la course dans un paysage de steppes et de savanes ouvertes. Des causes d’origine astronomique. ainsi qu’à partir d’une hausse généralisée du rapport isotopique 13C/12C mesuré dans les dents d’herbivores. La modélisation numérique prenant en compte ces différents effets. il y a environ 25 millions d’années. montre que le climat mondial se réchauffe fortement à la transition OligocèneMiocène.

on assiste à une évolution caractéristique des cycles glaciaires : d’une part une lente intensification des glaciations (les calottes sont de plus en plus volumineuses) et. d’environ 100 000 ans. des deux Amériques). Au cours des quatre derniers millions d’années. ont permis de suivre ces changements sur les continents.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 151 glaciations sont cycliques et il est donc probable que d’autres causes sont responsables de la tendance à long terme sur plus de dix millions d’années. conduisant globalement à l’installation de grandes calottes de glace dans l’hémisphère nord. ne peut en rendre compte. montre que l’influence du cycle de précession d’environ 19-23 000 ans est pratiquement absent avant 900 000 ans et . La période considérée correspond effectivement à l’établissement de la circulation moderne avec l’ouverture du détroit de Fram. Au niveau de la zone intertropicale. Même si les continents avaient à peu près leurs géométries et positions actuelles. étudiée finement à partir du rapport 18O/16O de l’océan profond. une évolution de la fréquence des épisodes glaciaires : avec une cyclicité de 41 000 ans avant 1. Les simulations récentes confirment l’impact de la fermeture de l’Isthme de Panama sur la température et les précipitations de l’hémisphère nord. L’impact de ces variations physiographiques sur la circulation océanique est indéniable comme le montre l’analyse géochimique comparée des sédiments carbonatés de l’Atlantique et du Pacifique.4 million d’années et d’environ 100 000 ans après 700 000 ans avant le présent. L’étude de la répartition des faunes et la mise en évidence de migrations à grande échelle (ex. La prise en compte de la stratification du Pacifique Nord semble indispensable pour expliquer l’installation de la calotte nord-américaine. Par contre. plusieurs « petits » changements de la physiographie ont probablement eu un impact sur la circulation océanique globale. Ces multiples modifications de l’océan ont eu de nombreuses répercussions sur le climat mondial. Le cycle de 41 000 ans est clairement lié au cycle de l’obliquité de l’axe de rotation de la Terre. la migration vers le Nord de la Nouvelle-Guinée serait à l’origine du refroidissement de l’Océan Indien et de l’assèchement de l’Afrique de l’Est entre quatre et trois millions d’années avant le présent. L’évolution du volume des glaces continentales. la cyclicité d’environ 100 000 ans fait encore l’objet de nombreuses recherches car le cycle de l’excentricité orbitale. il est nécessaire de considérer les résultats de la modélisation numérique. traduisant les contrastes de salinité de surface et de ventilation profonde de ces deux océans. son influence sur l’insolation étant extrêmement faible. Par ailleurs. Afin de quantifier l’impact des variations des flux de chaleur océanique sur l’évaporation et les précipitations. la fermeture de l’Isthme de Panama et un changement de la géométrie du Passage Indonésien. d’autre part. la bande de fréquence de 100 000 ans est relativement diffuse et pourrait être liée à des multiples de l’obliquité (82 000 et 123 000 ans). D’autres séries géochimiques ont permis de mettre en évidence l’établissement de la stratification en salinité du Pacifique Nord (halocline) vers trois millions d’années avant le présent.

Cette hypothèse est fondée sur des observations géologiques suggérant que les calottes précédant la transition auraient été très étendues en surface alors même que leurs masses étaient plus faibles (en particulier la calotte nord-américaine). la présence en base de calotte de sédiments gorgés d’eau qui favorisent l’écoulement (couche lubrifiante). couche d’altérite formée aux périodes chaudes du Tertiaire. Plusieurs hypothèses ont donc été proposées pour en rendre compte. Certains chercheurs ont envisagé qu’une baisse à long terme de la teneur atmosphérique en gaz carbonique aurait favorisé les glaciations. j’ai fait quelques rappels sur la dynamique des calottes de glace. qui peut pénétrer dans les crevasses jusqu’en base de calotte. en amplitude et fréquence du phénomène glaciaire. comme l’élévation de l’inlandsis qui contribue à sa préservation. Plusieurs mécanismes ont été envisagés pour expliquer les caractéristiques de la transition mi-Pléistocène. Cette énergie totale estivale dépend essentiellement de l’obliquité ce qui expliquerait la dominance de cette fréquence avant la transition mi-Pléistocène. notamment les différents facteurs qui régissent l’accumulation hivernale et l’ablation estivale. L’absence des cycles de précession dans l’enregistrement du volume des glaces continentales pourrait être expliqué par une compensation des variations des inlandsis des deux hémisphères subissant des changements d’insolation en antiphase. la présence du régolithe. la formation d’une plate-forme ou barrière de glace (ice shelf en Anglais) lorsque la calotte déborde sur l’océan. les données disponibles sur la pCO2 ne suggèrent pas d’évolution significative dans ce sens (l’enregistrement sur 800 000 ans à partir des bulles d’air des glaces de l’Antarctique montrant même une augmentation de la pCO2 des périodes glaciaires). est appelé la « transition mi-Pléistocène » (MPT en Anglais). Le bilan de masse dépend évidemment de la température et des précipitations sous forme de neige. Néanmoins. D’autres chercheurs pensent que l’énergie solaire totale reçue en été contrôle la vitesse de variation en masse des calottes. aurait conduit à l’étalement des calottes. . Cependant. Pour comprendre les causes de cette évolution. Une autre explication possible est l’érosion mécanique du régolithe. L’érosion de cette couche lubrifiante aurait ensuite permis aux calottes de croître beaucoup plus en altitude et donc en volume global. Avant la transition mi-Pléistocène. formée pendant la fonte estivale. Il est aussi crucial de tenir compte d’autres facteurs qui agissent sur le bilan de glace. Le faible volume des calottes antérieures à la transition serait une condition de cette compensation. ce phénomène pouvant être amplifé par l’eau des lacs supraglaciaires. les paramètres orbitaux ne permettent pas d’expliquer à eux seuls la transition graduelle en amplitude et fréquence. la subsidence isostatique qui entraîne une rétroaction positive sur la croissance et la fonte de la calotte.152 ÉDOUARD BARD qu’il apparaît dans les enregistrements avec le cycle de 100 000 ans. Ce bouleversement des caractéristiques.

mais il n’est pas non plus une simple réponse au réchauffement océanique. notamment le Dernier Interglaciaire centré vers 125 000 ans avant le présent (environ + 7 m). En particulier. La comparaison de séries de température aux différentes latitudes indique une amplification d’environ un facteur deux à trois. mais relativement lent en moyenne mondiale : quelques degrés sur dix mille ans. Le bilan des forçages radiatifs de la dernière glaciation suggère que la baisse des teneurs en gaz à effet de serre. L’augmentation postglaciaire du CO2 atmosphérique n’est pas la cause du réchauffement initial. notamment en raison de l’influence de l’océan sur les plateformes de glace périphériques ainsi que d’autres connexions possibles liées à des rétroactions du cycle du carbone comme en témoignent l’émergence du cycle à 100 000 de la pCO2 atmosphérique et les variations du rapport isotopique 13C/12C benthique de l’Atlantique et du Pacifique (et du gradient entre ces deux océans).ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 153 Des inlandsis beaucoup plus gros auraient conduit à une synchronisation interhémisphérique. Au premier ordre. est responsable pour environ un tiers de la perturbation climatique. la comparaison entre les enregistrements des sédiments marins et des glaces polaires montre que les grands cycles glaciaires d’environ 100 000 ans sont caractérisés par des variations de température. de niveau marin et de pCO2 globalement en phase. La datation uranium-thorium des coraux fossiles indique que le niveau marin s’est abaissé de plus d’une centaine de mètres pendant les glaciations et a dépassé le niveau actuel pendant quelques périodes rares et brèves. Le réchauffement post-glaciaire est rapide à l’échelle géologique. la cartographie des banquises des deux hémisphères suggère que leur influence était beaucoup plus marquée pendant les phases froides. De multiples indicateurs mesurés dans plusieurs types d’archives géologiques permettent de reconstituer le climat des grandes glaciations du dernier million d’années. Ce forçage serait dominant sous les tropiques ce qui expliquerait leur refroidissement d’environ 2 °C. Les données paléothermométriques indiquent un refroidissement généralisé d’environ 4 °C pendant les phases glaciaires. La dernière transition glaciaire-interglaciaire a été étudiée avec une bonne résolution temporelle ce qui permet de quantifier les déphasages entre les multiples paramètres du climat. avec une amplification marquée sur les continents et les latitudes les plus hautes. l’effet de la solubilité (4 %/°C ≈ 10 ppm/°C) n’est . La moitié de cette hausse serait liée à la réduction de moitié de la calotte Groenlandaise. notamment le CO2 (baisse de 100 ppm). Ainsi. traduisant l’existence de rétroactions positives spécifiques aux zones polaires. les observations de l’amplification polaire et du refroidissement tropical sont compatibles avec la sensibilité climatique estimée par les modèles numériques. Par exemple. Ces grandes fluctuations du cycle du carbone à partir de la transition mi-Pléistocène signalent la séquestration du CO2 dans l’océan profond et illustrent l’importance probable de l’effet de serre pour expliquer la sévérité des conditions glaciaires postérieures à la transition.

CH4. mais précède l’essentiel du réchauffement. il y a environ 4. est liée à de nombreuses rétroactions du cycle du carbone impliquant notamment l’océan profond comme le montrent les enregistrements du 13C/12C des foraminifères benthiques. il y a environ 14 500 ans. 10 °C en quelques décennies au Groenland) et des refroidissements transitoires : l’événement du Dryas Récent dans l’Hémisphère Nord et le Renversement Froid Antarctique dans la zone Australe (Antarctic Cold Reversal en Anglais). Le flux d’énergie reçue du Soleil. Depuis la formation du Soleil. au cours des derniers siècles. des accélérations brusques (par ex. varie en fait à de nombreuses échelles de temps. environ 100 ppm. Les aurores boréales. Le réchauffement semble avoir été initié par l’augmentation de l’insolation estivale liée aux variations de l’orbite terrestre. différentes observations ont permis de mettre en évidence la variabilité de l’activité du soleil. Pour compléter le cours sur l’histoire du climat. Globalement. la « constante solaire » (l’éclairement ou l’irradiance). mais elle ponctuée d’accélération(s) causée(s) par la débâcle des calottes : plusieurs mètres par siècle pour l’événement « Melt Water Pulse 1A » qui a eu lieu. ont permis ainsi de démontrer l’existence d’une cyclicité très prononcée de 11 ans. N2O) a suivi les premiers signes locaux d’élévation de température. la surface de la Terre recevait donc moins d’énergie. L’augmentation de CO2 observée. Néanmoins. Plus proches de nous. ce qui a probablement contribué à expliquer certaines périodes de glaciation extrême. ainsi que des variations cycliques ou irrégulières sur plusieurs dizaines et centaines d’années. La comparaison et la modélisation géophysique des niveaux marins observés en Atlantique et dans le Pacifique permettent de localiser les sources de glace et la chronologie de la fonte des différents inlandsis de la dernière période glaciaire.154 ÉDOUARD BARD responsable que d’environ 20 ppm. La fonte des calottes de glace peut être étudiée en cartographiant et en datant les moraines terminales sur les continents. son activité a augmenté d’environ 30 %.6 milliards d’années. Dans certaines zones. Il s’agit d’une rétroaction positive expliquant environ le tiers de l’amplitude thermique. notamment ceux des îles de La Barbade dans les Caraïbes et de Tahiti en Polynésie. les enregistrements indiquent même de grandes amplitudes. La remontée moyenne est relativement lente. La chronologie et la structure du réchauffement postglaciaire sont variables d’une région à une autre. un colloque de séminaires a été consacré au rôle du Soleil comparé à ceux des autres forçages climatiques. L’augmentation de l’effet de serre (CO2. 130 m en 15 000 ans. Dans sa jeunesse. ainsi que les taches solaires observées depuis l’invention de la lunette astronomique. le niveau marin suit le réchauffement postglaciaire avec un retard de plusieurs millénaires. l’enregistrement le plus fiable est celui du niveau marin obtenu par la datation uranium-thorium des coraux fossiles prélevés en forant les récifs coralliens. .

1 % au cours d’un cycle de 11 ans. les isotopes cosmogéniques. D’autres mesures indirectes de l’activité du soleil permettent des reconstitutions avant l’ère des satellites. Ces trente années d’observations ne permettent pas de prouver l’existence d’une tendance pluridécennale de l’éclairement. qui se proposait ainsi de faire le point à la fois sur le fonctionnement du Soleil et sur celui du système climatique. mais aussi d’en prévoir l’évolution. notamment des différentes composantes sensibles à l’activité du soleil. Sylvaine Turck-Chièze. tous ces enregistrements sont trop indirects pour permettre de quantifier par eux-mêmes les variations du flux d’énergie solaire. Elle a aussi dressé un bilan des connaissances actuelles et rappelé que les observations du satellite SoHO. lancé en 1995. du Laboratoire Plasmas Stellaires et Astrophysique Nucléaire du CEA. Spörer et Wolf). Les mécanismes physiques qui pourraient expliquer l’impact climatique de l’activité solaire restent à découvrir. notamment le carbone-14 et le béryllium-10. Des mesures du flux de particules cosmiques mais aussi de la perturbation du champ magnétique à la surface de la Terre. leur très bonne correspondance est une preuve de leur fiabilité comme traceurs de l’activité du Soleil. sont des outils très précieux car ils permettent de remonter sur plusieurs milliers d’années dans le passé. Comme l’origine commune aux enregistrements de ces deux isotopes est l’activité du Soleil. permettent de remonter sur plus d’un siècle. L’enjeu de cet impact sur la prévision des changements climatiques futurs est tel qu’il est très important de progresser par des approches pluridisciplinaires associant les astrophysiciens aux climatologues. Malheureusement. tandis que le réchauffement global du climat qui a suivi est contemporain d’une augmentation de cette activité. C’est pour cette raison que le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) n’attribue à l’augmentation du flux d’énergie solaire qu’une contribution très limitée au réchauffement global du dernier siècle. L’éclairement total varie ainsi d’environ 0.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 155 Ces variations de l’activité solaire ont pu être rapprochées des hauts et bas climatiques en Europe. Au-delà. a ainsi exposé l’apport de la modélisation à la connaissance du fonctionnement de notre étoile. il a fallu attendre les mesures suffisamment précises des satellites. à Saclay. pour pouvoir quantifier ce flux d’énergie solaire et en démontrer les variations. tendance qui au plus serait très limitée. les nombreuses études qui ont tenté d’expliquer les variations climatiques des derniers siècles aux derniers millénaires à l’aide de l’activité du soleil ne reposent que sur des corrélations empiriques. Pour cette raison. Ainsi. et confirmés par les paléoclimatologues. ont conduit à une vision nouvelle du Soleil. Des modèles de complexités différentes permettent ainsi de tester différentes hypothèses de fonctionnement. tous deux contrôlés par le champ magnétique solaire. Pourtant. Tel était le but de ce colloque. reconstitués par les historiens. formés par l’interaction du rayonnement cosmique sur l’atmosphère. Une partie de la dynamique interne du . depuis seulement une trentaine d’années. le « Petit Age Glaciaire » du xive au xviiie siècle correspond globalement à une période de faible activité du Soleil (Minima de Maunder.

Enfin. a montré comment les modèles climatiques permettent de mieux comprendre la réponse du climat à une perturbation externe (sensibilité du climat à un forçage). Les nuages jouent des rôles importants mais complexes dans le système climatique. cependant des questions persistent encore sur le cœur solaire et sur l’interaction entre le champ magnétique de la région radiative et celui de la région convective. plutôt que de le limiter. a expliqué comment les modèles actuels du climat prennent en compte les interactions internes au système climatique basées sur les cycles biogéochimiques. Gérard Thuillier. ces deux paramètres étant peut-être liés. Claudia Stubenrauch a ainsi montré que les différents types de mesures par satellites sont complémentaires et doivent être associées afin d’avoir une information complète sur les différents nuages et leurs propriétés. Un des résultats importants est de limiter la contribution des nuages à environ un quart de la réponse globale . Sandrine Bony-Léna. Il a également insisté sur la composante ultraviolette (UV) de ces émissions. du Laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement et de l’Université d’Orléans. a ensuite exposé les principaux forçages climatiques et les mécanismes possibles de l’impact climatique du soleil. qui présente une variabilité bien supérieure à celle de l’irradiance totale. a exposé les principales propriétés radiatives des nuages et les différents moyens de mesure de ces propriétés à l’échelle globale. il a été proposé que leur formation pourrait être influencée par l’activité du Soleil. du même Laboratoire de Météorologie Dynamique. à Verrières-le-Buisson. et dont l’impact sur la stratosphère (via la formation de l’ozone) pourrait représenter un mécanisme important. notamment le cycle du carbone. notamment dans le cadre du GIEC. mais de nouveaux projets sont en cours afin de fournir de nouvelles données. du Service d’Aéronomie du CNRS. Claudia Stubenrauch. le cycle 24. Ces modèles sont utilisés pour réaliser des projections des changements climatiques sur le prochain siècle. Olivier Boucher. de l’Office Météorologique Britannique (Meteorological Office. Ces modèles prévoient ainsi que ces interactions amplifient un réchauffement dû aux gaz à effet de serre. Cette expérience embarquée devrait être mise en orbite l’année prochaine dans les conditions idéales de développement du prochain cycle solaire. En outre. En particulier. il est donc capital d’avoir des mesures aussi complètes que possible de cette composante. Il n’existe pas d’accord général pour les reconstitutions de l’éclairement solaire total pour le passé. Hadley Centre). en termes de bombardement de particules et d’émissions d’ondes électromagnétiques notamment. Gérard Thuillier nous a présenté l’expérience PICARD dont l’objectif est de mesurer l’irradiance solaire totale ainsi que le diamètre du soleil. Ainsi. a montré quels sont les impacts de l’activité du Soleil sur l’environnement de la planète Terre. Thierry Dudok de Wit. du Laboratoire de Météorologie Dynamique du CNRS et de l’Ecole Polytechnique.156 ÉDOUARD BARD Soleil a été élucidée. les modèles permettent de décomposer cette réponse entre les différentes interactions propres au système climatique.

. Ce colloque a permis de faire le point sur l’état des connaissances actuelles et des nombreuses questions qui subsistent encore. Angleterre) « Cycles biogéochimiques et rétroactions climatiques ». Autres cours et conférences de l’année 2007-2008 Aix-en-Provence. Ecole Polytechnique) « Propriétés des nuages et leur variabilité à partir des observations spatiales ». CNRS. Ecole Normale Supérieure. — Thierry Dudok de Wit (Laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 157 du climat. 22 mai 2008 : « Paleomonsoon records viewed from the ocean ». Institut d’Etudes Politiques : « Notre société face au climat ». Lamont-Doherty Earth Observatory de l’Université Columbia New York. Les séminaires de l’année 2007-2008 En complémentarité avec les douze cours (à Paris. Bruxelles et Cambridge). même si l’activité solaire jouait un rôle via ces nuages. — Roland Souchez (Université Libre de Bruxelles. CNRS et Université d’Orléans) « Relations Soleil-Terre et le rôle de la composante UV ». Utrecht-Texel. 22 janvier 2008. Ecole Polytechnique) « Modélisation de la réponse du climat à un forçage externe ». — Sandrine Bony-Léna (Laboratoire de Météorologie Dynamique. Dans le cadre du colloque intitulé : « Variations climatiques : rôle du Soleil et des autres forçages externes » organisé le 30 mai 2008 à Paris (Amphithéâtre Marguerite de Navarre) : — Edouard Bard (Collège de France) « Perspectives historiques et paléoclimatiques ». Aix-en-Provence. Europôle de l’Arbois : « Variations climatiques naturelles et anthropiques ». — Olivier Boucher (Meteorological Office. neuf séminaires ont été organisés dont la liste est donnée ci-dessous par ordre chronologique. Chicago. Belgique) « Isotopes des gaz dans la glace et changements climatiques ». Dans le cadre du colloque intitulé « Climats du passé et du futur » organisé le 13 février 2008 au Palais des Académies de Belgique (Bruxelles) en collaboration avec l’Université Libre de Bruxelles : — André Berger (Université Catholique de Louvain. Verrières-le-Buisson) « Les forçages externes du système climatique et l’expérience PICARD ». mais dont les objectifs de recherche se rejoignent. CNRS. — Sylvaine Turck-Chièze (Laboratoire Plasmas Stellaires et Astrophysique Nucléaire du CEA. Hadley Centre. Belgique) « Notre exceptionnellement long interglaciaire ». — Claudia Stubenrauch (Laboratoire de Météorologie Dynamique. Saclay) « Fonctionnement du Soleil et origines de sa variabilité ». Kiel. Ainsi. cette composante du climat ne pourrait amplifier les variations de l’activité solaire de manière plus importante. — Gérard Thuillier (Service d’Aéronomie du CNRS. Cette journée consacrée aux variations climatiques et au rôle du Soleil et autres forçages externes fut l’occasion de réunir des scientifiques appartenant à différentes communautés. 3 décembre 2007. Ecole Normale Supérieure.

d’une part. La chimie préparative du béryllium (extraction et purification) est réalisée dans le laboratoire de la chaire de l’évolution du climat et de l’océan (bâtiment Trocadéro de l’Arbois). et d’après une première datation. Le projet reçoit un soutien national de l’INSU (programme LEFE Talos Dome) et de l’IPEV pour la logistique polaire. Le forage de Dôme Talos. Nos recherches à ce sujet sont fondées sur la comparaison d’enregistrements totalement indépendants : le 14C mesuré dans les cernes d’arbres et le béryllium 10 analysé dans les glaces de l’Antarctique (14C et 10Be sont deux cosmonucléides formés dans la haute atmosphère). Menot G. 26 juin 2008. a atteint 1 619. la carotte couvre les derniers 65 000 ans à une profondeur de 1 300 m. Bard E. Notre reconstitution de l’irradiance solaire sur 1 000 ans a été choisie par les modélisateurs du climat comme courbe de forçage « étalon » (cf. Ces séries ont permis..B. Lericolais G. Ce forage au Dôme Talos a été réalisé dans le cadre du projet TALDICE mené principalement par une collaboration franco-italienne. L’équipe est impliquée dans le programme de mesure du 10Be sur une nouvelle carotte de glace.158 ÉDOUARD BARD Paris. l’équipe de la Chaire de l’Évolution du Climat et de l’Océan a poursuivi son étude de la variabilité solaire à long terme et de son impact sur le climat mondial.. south of Istanbul » by Hiscott et al. et d’autre part. Sancar U. Les mesures de 10Be peuvent maintenant être faites au CEREGE à l’aide du nouvel accélérateur de 5MV ASTER installé sur le campus de l’Arbois à Aix-enProvence. . 230-236 (2008).. Cagatay M. 479 du rapport IPCC-GIEC 2007). Publications 2008 Eris K. Le forage a été échantillonné pour les mesures du 10Be et les échantillons de glace sont stockés dans un entrepôt frigorifique à proximité du CEREGE.20 m de profondeur. Activités de recherches Cette année. p... Reply to Comment on « the timing and evolution of the post-glacial transgression across the Sea of Marmara shelf. Marine Geology 254. collaboration avec le CSNSM et le LSCE). de mettre en évidence des minima solaires encore plus anciens.F..K. site proche de la mer de Ross.. de retrouver les périodes de faible activité solaire déjà connues des astronomes grâce aux comptages des taches solaires et aux observations directes d’aurores boréales. La glace formant le fond du forage est très ancienne.N. Cette étude est en cours d’extension pour les sept derniers millénaires (comparaison de la courbe 14C INTCAL04 avec les données 10Be de la carotte de glace de Vostok en Antarctique Central . Sénat OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) : « L’enjeu de la multidisciplinarité pour comprendre le changement climatique ». Ryan W.

Beaufort L. principales interviews) : Bard E.. 2031-2035. Moisture transport across Central America as a positive feedback on abrupt climatic changes. (2007). Earth and Planetary Science Letters 265. 3118-3133 (2007).. Cagatay M. Nature 445. Bard E. doi:10. 46-53 (2007).. Textes divers (vulgarisation... 26.. Comment on « Are there connections between the Earth’s magnetic field and climate ? » by Courtillot et al. Sépulcre S. doi : 10. Rostek F. Marine Geology. Ryan W.. doi : 10. Terrigenous input response to glacial/interglacial climatic over southern Baja California : a rock magnetic approach. Sancar U.. Quaternary Science Reviews.... Eris K. Sonzogni C.. Thouveny N. « Quel temps fera-t-il demain ? ».. Delaygue G. . Bard E..F.. Bac to basics : l’effet de serre. Schrag D. Tachikawa K. Rosenthal Y. Bard E. Raisbeck G.. Sonzogni C. Global and Biogeochemical Cycles 21. Rostek F.. 1-12 (2007). Rees G. 177-195 (2007). Leduc G.1029/2006PA001269. Yiou F. 1-18 (2007)... Tachikawa K. Quaternary Science Reviews. A multiproxy assessment of the equatorial Pacific hydrography during the last 30 ky. Les variations climatiques du passé et de l’avenir. GB4008. 243. Toyofuku T. 57-76 (2007).. Rose E. 26. Bard E. 1-14 (2007). Beaufort L. PA3204. Towards direct micron-scale XRF elemental maps and quantitative profiles of wet marine sediments. Sonzogni C. Rickaby R. 908-911 (2007).1029/2006GB002852. Assessing influence of diagenetic carbonate dissolution on planktonic foraminiferal Mg/Ca in the South-eastern Arabian Sea over the past 450 k years : Comparison between Globigerinoides ruber and Globigerinoides sacculifer. A calendar chronology for mammoth and horse extinction in North America based on Bayesian radiocarbon calibration..1029/2006GC001480. Barler S. Q04037... Billy I... Blanchet C.. Buck C. hors-série n° 3.. Beaufort L.N. Vidal L. La lettre de l’Académie des sciences n° 21. L’océan et le changement climatique. éditions Tallandier..M. doi:10. Martinez P. 2007 Bard E. 15-19 (2007).. Mix A. (2007)..B. Bard E.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 159 Tachikawa K. Leduc G.. éditions Hirlé... Böning P. Menot G. 167-174 (2007).. Bard E. Bard E. Paleoceanography 22. Comment on « Solar activity during the last 1000 yr inferred from radionuclide records » by Muscheler et al. Bard E. Collectif. chapitre de livre. sous presse.. Bard E. (2007). Beaufort L.1029/2007GC001904. Pichevin L.. The timing and evolution of the post-glacial transgression across the Sea of Marmara shelf south of Istanbul.L. 83-95 (2007).. 107-120 . Geochemistry Geophysics Geosystems (G-cubed) 8 (5).. de Garidel-Thoron T. Coccolith chemistry reveals secular variations in the global ocean carbon cycle ? Earth and Planetary Science Letters 253. préface. La Recherche.K. 302-307 (2008). Geochemistry Geophysics Geosystems (G-cubed) 9 (4). Evidence of ventilation changes in the Arabian Sea during the Late Quaternary : implication for denitrification and nitrous oxide emission.E.. Bard E. Lericolais G. Quaternary Science Reviews.. 1-16 (2008). Bard E. Bard E. in « Les géosciences au service de l’Homme : comprendre l’avenir ».. Vidal L.. Jouzel J.

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Londres). Sarkozy et du Prince Albert II (Monaco. Borloo à la Conférence sur le Changement Climatique des Nations Unies (Bali. Distinction 2008. 25 avril 2008).-L. Indonésie. décembre 2007). Participant à l’audition au Sénat (OPECST) au sujet de la création d’un observatoire de l’Arctique (Paris. Participant à la table ronde sur le climat en présence du Président N. 26 juin 2008). . Wiley Lecture de la Quaternary Research Association (Royal Geographical Society.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 161 Membre de la délégation du gouvernement français accompagnant le Ministre J.

.

D’une part. Hypertelescope prototype Carlina-tech (J. et certains l’ont été dans les séminaires de Roberto Gilmozzi. Antoine Labeyrie. Jean Surdej. Didier Pelat. encore nommés « hypertélescopes ». D’autre part. Michel Aurière. sur ses sites de Grasse et de l’Observatoire de Calern. Cours et séminaires Les progrès en cours et prévisibles des observations astronomiques à haute résolution angulaire ont encore fait l’objet du cours de cette année. Activités de recherche du Laboratoire d’Interféromètrie Stellaire et Exo-planétaire ( LISE) Le groupe de recherche LISE associé à la chaire d’Astrophysique Observationnelle est hébergé à l’Observatoire de Haute Provence et à l’Observatoire de la Côted’Azur. avec une participation active de ses services techniques. Ces différents points ont été abordés dans le cours. la compréhension théorique de ces instruments et de leurs propriétés d’imagerie progresse et confirme l’amélioration de leur sensibilité. Jean-Gabriel Cuby. La voie des télescopes géants dilués. explorée depuis une dizaine d’années. Le Coroller) L’agrandissement du prototype est en chantier à l’Observatoire de HauteProvence. . les techniques visant à leur mise en œuvre se mettent en place. Lyu Abe. par rapport aux interféromètres plus classiques comportant un petit nombre de grandes ouvertures. II. Des essais d’observation utilisant trois miroirs espacés de 10 m sont prévus au début 2009. comportant un miroir mosaïque de 25 à 42 m. Guy Perrin et Hervé Le Coroller. Un grand défi est de parvenir à rendre les hypertélescopes utilisables pour observer les objets les plus faiblement lumineux auxquels accèdent les télescopes classiques et leurs versions à venir nommées « Extrêmement Grands Télescopes ». membre de l’Institut (Académie des Sciences). professeur I. apparaît prometteuse. Tristan Guillot. Dejonghe et H.Astrophysique observationnelle M.

jusqu’à une centaine éventuellement. permettant des temps de pause très courts afin de « figer » la turbulence. Le nombre des petits miroirs collecteurs pourrait aussi être accru. ont augmenté le prototype en installant un troisième miroir collecteur. Le Coroller. destinée à entreprendre un programme scientifique d’imagerie directe sur de nombreuses étoiles et sources extra-galactiques. De tels essais sont peut-être évitables par une modélisation poussée du système (le télescope Hubble de la NASA n’avait pas été validé en visant une étoile avant son lancement. L’utilité d’entamer. d’entreprendre un programme d’observation sur des étoiles super-géantes. fait un montage d’essai du système de métrologie à laser servant à co-sphériser les miroirs collecteurs avec une précision de l’ordre du micron. permettra de valider l’intégralité de la chaîne optique de l’hypertélescope. s’il s’avère utile. P. dispositif optique destiné a concentrer la lumière sur un nombre réduit de franges. en attendant un plus grand nombre. au foyer d’un miroir primaire dilué dont le diamètre atteindrait 100 ou 200 m et l’ouverture relative F/1. il pourrait être agrandi ultérieurement à 36 m s’il s’avère possible de construire un correcteur focal d’aberration sphérique ouvert à F/1. Enfin. Après les premiers essais d’interférence qui ont validé partiellement le concept dit d’hypertélescope Carlina. prévue pour 2009/2010. bien résolues avec les dimensions d’ouverture de 18 ou 36 m. Dejonghe. Elle pourrait comporter. Dejonghe et H. notamment en observant des objets faibles (magnitude > 12). Etude d’un hypertélescope à ouverture de 100 à 200 m (A. et d’évaluer les performances intrinsèques de l’instrument. avec l’aide de stagiaires. Ils ont aussi. revenu de séjour postdoctoral à Hawaii. est également étudiée. ce qui aurait révélé l’erreur catastrophique de fabrication optique apparue plus tard dans l’espace). a été construite en collaboration avec l’Observatoire de la Côte-d’Azur. Une caméra à comptage de photons. Labeyrie. La mise en service du prototype Carlina à l’Observatoire de Haute-Provence. D. un correcteur compact d’aberration sphérique et un densifieur de pupille. Le densifieur de pupille. J. est simultanément étudiée. à cette échelle.164 ANTOINE LABEYRIE Prévu initialement pour une ouverture diluée dont la dimension atteindrait 18 m. Le Coroller. et un correcteur focal à deux miroirs. des essais préalables sur une étoile artificielle ou bien sur l’étoile Polaire visée en exploitant la pente d’une falaise. Vernet. en attendant la disponibilité de la version agrandie mentionnée ci-après. Elle devrait ouvrir la voie pour un projet ultérieur à plus grande échelle. H. a été étudié à l’aide du logiciel de simulations optiques Zemax et est en cours de construction à l’Observatoire de Haute-Provence. J. Cela nécessiterait le déménagement de l’instrument sur un site plus favorable. Ils préparent des observations de franges à trois ouvertures. . un système d’asservissement permettant de stabiliser le trépied de câbles du ballon a hélium et ainsi d’améliorer la stabilité de l’ensemble du dispositif optique de l’hypertélescope est actuellement réalisé par des techniciens et ingénieurs de l’Observatoire de Haute-Provence. Rabou) Une version agrandie.

Lardière) La prospection entamée les années précédentes a été poursuivie en mesurant la turbulence sur l’un des sites visités. lequel pourrait être couplé interféromètriquement avec l’ELT. des versions terrestres pourraient donc devenir utilisable pour les observations de cosmologie sur les galaxies faibles et lointaines. ont été mis en œuvre sur les plus grands télescopes. D. est apparue. . En attendant la construction d’hypertélescopes dans l’espace. La théorie a pu être vérifiée en partie avec un montage de laboratoire. Le Coroller. à Barrosa dans les Pyrénées espagnoles.oamp. qui a permis de retrouver la résolution théorique des grands télescopes classiques. pour étendre à des sources très faibles ses capacités d’imagerie à haute résolution.ASTROPHYSIQUE OBSERVATIONNELLE 165 Après la construction. Il faudrait alors recourir à la méthode d’interféromètrie des tavelures. sans toutefois renseigner sur la fréquence des nuits utilisables. Vernet. Prospection de sites pour un hypertélescope (A. sur la sierra Macon dans les Andes d’Argentine. dont le principe fut d’abord publié par Foy et Labeyrie en 1985. J. Il ne semblait pas facile d’adapter une étoile laser à un hypertélescope. notamment par l’Europe. l’observation pourrait débuter avant de disposer d’optique adaptative corrigeant la turbulence atmosphérique. Mais les données météorologiques ont permis d’en avoir une idée grossière en précisant les statistiques de vent et de nébulosité sur ce site. Version pour hypertélescope d’une optique adaptative avec étoile guide laser (A. Ce dernier y gagnerait beaucoup quant à la science accessible. Labeyrie) Les systèmes d’étoiles guide laser. une possibilité de solution. sur lesquels elles permettent depuis quelques années d’étendre à des sources très faiblement lumineuses les techniques d’optique adaptative. Faisabilité d’un hypertélescope couplé à un « Extremely Large Télescope » (ELT) Les projets actuels de construction d’ELTs. Une seule nuit d’observation avec un petit télescope portant une caméra a montré que la turbulence locale peut atteindre une bonne qualité. H. laquelle affecte la mise en phase des faisceaux.fr/lise/). et donc d’observer des objets très lointains avec une résolution améliorée. une optique adaptative devrait former directement des images à haute résolution. riches en information. Labeyrie. telles que les galaxies lointaines observées par les ELTs. S’il s’avère possible d’ajouter un système d’étoile guide laser. lesquelles sont plus favorables qu’aux latitudes plus basses pour le vent. interrompue par un col dont la topographie pourrait convenir pour un hypertélescope Carlina. Cependant. est une longue crête orientée nord-sud. O. utilisant un système laser modifié. mentionné ci-après. Dejonghe. soulèvent la question des possibilités de couplage avec un hypertélescope. L’un des sites candidats étudiés par l’Europe. avec une résolution améliorée d’un facteur 10 à 20 (www. l’instrument deviendrait utilisable sur des sources faibles. Dans un second temps.

la méthode des projections de Cattaneo.doi. Cette version est mentionnée de façon préliminaire dans une publication résumant la proposition (Labeyrie et al. les équations tensorielles absolues sont écrites sous une forme semblable à celle de la physique newtonienne et interprétées en employant le langage de la physique classique. Le calcul de leur comportement est plus facile. est réputé pour fournir occasionnellement des images exceptionnelles.oamp. L’Observatoire du Pic du Midi. utilisant de petits miroirs piégés par des faisceaux de laser. L’interprétation physique des équations tensorielles décrivant la supraconductivité dans le cadre de la relativité générale présente des difficultés dues au fait que les relations permettant de passer des grandeurs tensorielles absolues aux grandeurs physiquement mesurables ne sont pas définies de manière univoque. org/10.1007/s10686-008-9123-8). Labeyrie) Après la proposition faite l’année précédente à l’Agence Spatiale Européenne (www. Les champs électrique et magnétique. Etude d’un hypertélescope dans l’espace (A. 2008). Dans cette approche les équations sont écrites à l’aide d’invariants vis-à-vis des transformations générales des coordonnées d’espacetemps. au moyen d’opérateurs de projections convenablement définis. définis à l’aide des composantes anholonomiques du tenseur champ électromagnétique sont donc des scalaires qui se transforment selon les lois de la relativité restreinte dans un changement de repères orthonormés. 2008. http://dx. est apparue la possibilité d’une version « éthérée ». a un caractère purement tensoriel .166 ANTOINE LABEYRIE et raisonnablement favorables pour la nébulosité.fr/infoglueDeliverLive/www/OHP/Actualit%E9s?contentId=1148). Krikorian a poursuivi l’étude de certains aspects de la supraconductivité dans un espace-temps courbe. Par exemple. Krikorian) R. Il existe dans la littérature une autre approche pour l’interprétation des équations tensorielles absolues de la relativité générale. Cette méthode a été notamment utilisée pour obtenir les expressions des champs électrique et magnétique à l’intérieur des supraconducteurs de type I et II (Nuovo Cimento. Astrophysique théorique et relativité générale (R. mais il s’agirait maintenant de constituer un grand miroir dilué en piégeant de petits miroirs solides. Une première approche adoptée pour la formulation des équations tensorielles en terme de grandeurs physiquement mesurables a été la méthode des tétrades. 2007. de grandeurs « standard » relatives au système de référence associé au système de . ainsi que leur mise en œuvre. Astrophysics. De grands miroirs formés de nano-particules piégées par laser avaient été étudiés les années précédentes. il n’existe pas de façon unique de déduire du tenseur absolu champ électromagnétique les champs électrique et magnétique physiquement mesurables.. contrairement à l’approche anholonomique. Ce résultat est atteint : (i) par l’introduction. Cette méthode. situé non loin sur le versant français de la chaîne. laquelle peut être expérimentée en laboratoire.

Sedrakian. « Covariant formulation of the basic equations of quantum vortices in type2 superconductors ». 2007. III. invité à faire une présentation au colloque « Extremely Large Telescopes at Different Wavelengths » à Lund (Suède) les 29 et 30 novembre 2007. « Etoile guide laser pour hypertélescope ». Krikorian R. Conférence publique et site web A. Sedrakian D. SPIE conf. En collaboration avec D. 184501-1.oamp. 401. « Superconductivity in curved space-time and Cattaneo’s projection method ». 2007. Le Coroller et A. Université d’état d’Erevan. Krikorian R. à paraître dans Experimental Astronomy. Ce travail sera soumis à la revue Phys.. 123. A. & Sedrakian D. organisées au Collège de France par H. upgradable high-resolution imaging. s’en est acquitté par vidéo-conférence..A.. from stars to deep-field cosmology ».A. Labeyrie. Les équations tensorielles absolues de London écrites à l’aide de ces grandeurs « standard » ont donc la même forme que les équations vectorielles classiques reliant la vitesse du superélectron au champ électromagnétique avec des termes supplémentaires représentant l’influence du champ de gravitation. Phys Rew B 76. . & Dejonghe J..M. partielle ou covariante. Présentations invitées et séminaires A.M. D.. la méthode de Cattaneo a été utilisée pour l’interprétation physique des équations covariantes décrivant les propriétés des supraconducteurs de type II.1007/s10686-008-9123-8. Astrophysics 51. & Krikorian R. Rev.. Garcia qui prend en charge sa maintenance et l’implantation d’une version en anglais.doi.ASTROPHYSIQUE OBSERVATIONNELLE 167 coordonnées physiquement admissibles . 58. Publications. 21 mars 2008. ces grandeurs se transformant selon les lois tensorielles classiques vis-à-vis des changements de coordonnées internes au système de référence . Labeyrie. Ce travail a fait l’objet d’une publication. Labeyrie A. « Superconductivity in curved space-time and the object of anholonomity ». Le site web du LISE (www. séminaires et conférences Krikorian R.A. ont rassemblé une vingtaine de chercheurs français et étrangers. interféromètres et hypertélescopes ». Nuovo CimentoB. proc. 217.. Labeyrie. 20 mars 2008. 2008.fr/lise) a été mis à jour et amélioré par Mme V. « Steps toward hypertelescopes on Earth and in space ». 2008. séminaire à l’Observatoire de Lyon.. Nuovo Cimento B 122. http://dx. « Tetrad formulation of the dynamical equations of type II superconductors in curved space-time ». « Le regard des géants : les grands télescopes du futur changeront-ils notre conception actuelle de l’Univers ? » Planétarium de Vaulx-en-Velin. « Luciola hypertelescope space observatory: versatile. 2008.org/10. Labeyrie les 18 et 19 mars 2008.A. (ii) en définissant un opérateur de dérivation transverse. Marseille 2008 Deux journées de discussion sur le « Cophasage des ELTs. Le Coroller H. Labeyrie et al. Les expressions des champs électrique et magnétique déduites des équations « standard » ont été comparées à celles obtenues par la méthode anholonomique.

.

cucurbituriles La formation de rotaxanes a mis en œuvre l’aptitude de cavités moléculaires de grande taille. de forces de Van der Waals. a) Cavités organiques : cyclodextrines. Deux différentes stratégies de synthèse ont été mises au point. Jean-Marie Lehn. à l’Université d’Etat M. telles que celles des cyclodextrines et des cucurbituriles. d’interactions électrostatiques. Lomonossov de Moscou (4 h) et à la City University de Hong Kong (4 h). membre de l’Institut (Académie des Sciences). Cours au collège de France 1) Autoorganisation supramoléculaire d’architectures entrelacées L’autoorganisation d’architectures entrelacées de type rotaxanes.Chimie des interactions moléculaires M. à former des complexes d’inclusion avec de nombreux substrats moléculaires. Ces effets supramoléculaires peuvent résulter de la coordination d’ions métalliques (cours 2005-2006). de la formation de liaisons hydrogène. caténanes et nœuds moléculaires met à profit l’assistance d’effets supramoléculaires pour mettre en place les différents composants qui seront ensuite connectés par des réactions post-assemblage. Des cours ont été donnés à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg (3 h). utilisant par exemple l’α-cyclodextrine. V. . professeur Le cours de l’année 2007-2008 a porté sur « Autoorganisation moléculaire et supramoléculaire ».

.170 JEANMARIE LEHN La formation de polyrotaxanes et de caténanes a aussi été réalisée. H 2N O O O O O O 2N O NH2 1. F NO2 NO2 O 2N N H O O O O O O O 2N N H NO2 De manière analogue. des rotaxanes dérivant de la [6] cucurbiturile ont été obtenus. CD 2.

. De nombreuses superstructures de ce type ont été obtenues. avec des cations polyammonium et des caténanes. y compris des polyrotaxanes.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 171 b) Polyéthers macrocycliques Les polyéthers macrocycliques forment des rotaxanes avec des cations ammonium qui s’insèrent dans la cavité centrale par formation de liaisons hydrogène avec les sites oxygène.

2PF 6 + + + M eC N 2PF 6 87 .3X N N + 3X R oom Temp erature + N N Br Br 86 Br O O O O O Insertion B PP3 4C 10 O O O O + N H 4PF 6 O O O O O O 4PF 6 3X O + O O O O + + + + Cyclisation O Br O O O + O O O O O O 88.172 JEANMARIE LEHN Structures RX c) Macrocycles Accepteur/Donneur L’introduction de groupements riches en électrons (Donneurs) ou pauvres en électrons (Accepteurs) dans un récepteur macrocyclique permet l’insertion d’un substrat contenant le groupe complémentaire dans la cavité centrale.4P F 6 [8 7.B PP 34C 10 ]. 85. Cette approche s’est révélée particulièrement fructueuse et a permis d’obtenir de nombreuses architectures mono.et poly-rotaxanes et caténanes.3X [2]rotaxane .

NH4PF6 / H2O MeCN 1/5DN38C10 91.2PF6 Br Br 92 O O O O O O O O O O O O O O O O O O O O + 20% + O O O O O O + 4PF6 + or 4PF6 + 31% + O O O O O + O O O O O + O O O O 93.4PF6 De tels rotaxanes ont été mis en œuvre pour la réalisation de dispositifs supramoléculaires présentant des mouvements moléculaires par déplacement contrôlé d’un composant par rapport à un autre. O O O O O O O O O or O O O O O O O O O O N N BPP34C10 2. Contrôle Électrochimique de la Position du Cyclophane Tétracationique dans une « Navette » Supramoléculaire Linéaire à Deux Stations Des rotaxanes et caténanes ont aussi été obtenus en utilisant l’effet de support d’un anion complexé.4PF6 94. . 2) Autoorganisation de brins moléculaires a) Chaînes polyhétérocycliques Le repliement de brins moléculaires peut être contrôlé par la mise en œuvre de codons de repliement (« folding codons ») présentant une conformation préférée.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 173 O + N N + 1.

174 JEANMARIE LEHN Ainsi des groupes aza-hétérocycliques connectés en position α des atomes d’azote donnent lieu à une orientation transoïde par rapport aux liaisons C-C de connexion. On peut ainsi obtenir des hélices moléculaires à tours multiples.60 Å N N N N N N N N N N N N N N N N N N N NN N De plus cette méthode rend accessible la génération de polymères hélicoïdaux par polycondensation. Le remplacement d’un groupe pyridine par une hydrazone facilite beaucoup la synthèse de ces brins moléculaires et permet d’obtenir ainsi des hélices à tours multiples. H C 3 N N N CH3 N N N N N CH3 N N N CH3 N N N N N CH3 N N N CH3 N N N N N CH3 N N N N N CH3 N N N N N CH3 N N N CH3 N N N N N N N N NN N N N N N N NN N N N 11. choisis de façon adéquate. Ainsi une séquence pyridine-pyrimidine-pyridine est un codon d’hélicité et une séquence de groupes pyridine. Il en résulte qu’une séquence de quelques groupes. force un brin moléculaire à adopter une forme hélicoïdale ou linéaire ou une combinaison de deux. . un codon de linéarité.

ainsi que pour la compréhension des facteurs déterminant la conformation des molécules biologiques. . En particulier.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 175 H N N H N n H N N N R2 N R1 N N N N N N H N H2N N R1 N H N N H2 + O H C N R2 N H C O R2 N N H N N H NH N N NH N N N H R1 N N N N H N N N N H N N N N N N R2 R1= Me O OMe OMe R2= N N NH N N NH N N N N R2 b) Chaînes pyridine-carboxamides Différents autres éléments structuraux ont été utilisés. Elle ouvre d’intéressantes perspectives pour la génération de molécules synthétiques de forme contrôlée et imposée. ces brins hélicoïdaux ont aussi l’aptitude de former des dimères en double hélice. des enchaînements de groupes pyridine-carboxamides conduisent au repliement en hélice. Crystal Structure of Double Helical Heptamer En conclusion. du fait de la formation de liaisons hydrogène. De plus. la mise au point de codons structuraux rend possible le contrôle de l’autoorganisation de brins moléculaires.

1er avril 2008. Probing Electronic and Magnetic Properties of Atomic and Molecular Clusters with Sharp Tips. Philippe Reutenauer (ETH Zürich). Expansion of the Scope of the [2 + 2] Cycloaddition/ Retro-Electrocyclisation Cascade Between Electron Rich Alkynes and TCNE. 29 janvier 2008. Electron Paramagnetic Resonance: A Tool for the Study of the Magnetic Properties of Molecular Materials. 23 juin 2008. Karlsruhe). Balancing Intermolecular Interactions in the Design and Synthesis of Supermolecules. Franck Zal (CNRS Roscoff ). À Strasbourg : Peter Stang (University of Utah). Nucelotide Sequence Controls the Efficiency of Electron Injection and Transport in Duplex DNA. 5 mars 2008. The Extracellular Hemoglobin of the Annelid Polychaete Arenicola Marina : A Natural Oxygen Carrier for Human Health. 22 octobre 2007. 2 octobre 2007. 11 décembre 2007.176 JEANMARIE LEHN Séminaires À Paris : — Olivia Reinaud (Université de Paris Descartes). Raymond Weiss (Université Louis Pasteur). Les Peroxidases et leurs Mécanismes. Koumbis (Aristotle University of Thessaloniki). Secosyrins and Syringolides. Adrian-Mihail Stadler (CNRS. — Gérard Férey (Institut Lavoisier de l’Université de Versailles). Strasbourg et UMR 7006 du CNRS) I — Dispositifs fonctionnels moléculaires et supramoléculaires 1) Dispositifs optiques Les propriétés optiques d’assemblées supramoléculaires de groupes porphyriniques pourvus d’unités de reconnaissance moléculaire complémentaires ont été étudiées. 17 décembre 2007. 12 février 2008. 19 mars 2008. Philippe Turek (Institut de Chimie. Nathan Schultheiss (Kansas State University). 11 juillet 2007. Total Synthesis of Syributins. Strasbourg). Exploration des métallo-biosites avec des calixarènes « complexes ». . Yoshihito Osada (Hokkaido University). Résumé des activités de recherche A Laboratoire de chimie supramoléculaire (ISIS. Université Louis Pasteur. Intelligent Gelsl – An Approach to Artificial Muscles and Soft Tissue. Jean-Pierre Bucher (IPCMS. Les métaux poreux sur mesure. Nanoscale Molecular Architecture : Design and SelfAssembly of Metallocyclic Polygons and Polyhedra via Coordination. 22 février 2008. Alexandre Varnek (Université Louis Pasteur). Strasbourg et Institut de Nanotechnologie. ISIS. Strasbourg). Alexandros E. From Databases to in silico Design of New Compounds. 26 février 2008. Auto-Organisation et Mouvements Moléculaires. Steven Rokita (University of Maryland).

Un complexe paramagnétique tétranucléaire du fer(II) en forme de grille [2 x 2] s’est révélé être une nanosonde magnétique de très haute sensibilité de la formation de liaisons hydrogène (A.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 177 Elles sont le siège de transferts d’énergie dont la vitesse et l’efficacité dépendent de la géométrie supramoléculaire (1). Stefankiewicz). . 2) Dispositifs électroniques et magnétiques Les complexes linéaires multinucléaires du ruthénium(II) formés par des ligands polytopiques à sites tridendates présentent un remarquable comportement de « fil moléculaire » (2).

et bi-nucléaires (hélicates) (4). II — Autoorganisation de systèmes inorganiques 1) Hélicates Un ligand de type quaterpyridine forme des complexes hélicoïdaux mono. La formation sélective de grilles [2 × 2] hétérométalliques directement par autoorganisation avec sélection des cations et régiosélectivité a été étudiée (J. .8-naphtyridine adoptent une conformation hélicoïdale et forment des assemblées oligomériques avec des cations oligo-ammoniums (6). Ramirez. Lalloz-Vogel. 2) Superstructures en « grille » [2 × 2] L’autoassemblage de grilles métallosupramoléculaires [2 × 2] à partir de ligands fonctionnalisés permet la génération de multivalences avec présentation de huit groupements fonctionnels soit : — en position « axiale ». à partir de composants hydrazino-pyridine. Stadler). — en position « latérale ». Stadler). PbII) des architectures de coordination de type grille ou ratelier (5). Le mécanisme de formation des grilles [2 × 2] a été étudié par RMN (M.178 3) Dispositifs nanomécaniques JEANMARIE LEHN Des mouvements moléculaires réversibles peuvent être induits dans des brins moléculaires oligopyridine-dicarboxamide par protonation et déprotonation (3). III — Autoorganisation de systèmes organiques 1) Hélicité de brins moléculaires Des brins moléculaires contenant des groupes 1.M. Stefankiewicz). Des grilles fonctionnalisées destinées notamment à l’autoorganisation sur surface métallique ou avec des nanoparticules métallique ont été synthétisées (A. A.-N. notamment complexantes (X. Cao). L’étude des mouvements moléculaires couplés par complexation et décomplexation successives de brins moléculaires polytopiques a été poursuivie (M. Des ligands bis-tridentates forment avec des cations lourds (HgII. Cao). à partir de composants hydrazide (X. Marquis). A. La mise en évidence des effets de cette multivalence repose sur l’apparition de propriétés nouvelles.

2) Matériaux / Polymères supramoléculaires Des mesures de rhéologie et de diffusion de lumière dynamique ont permis d’étudier les propriétés dynamiques de solutions semi-diluées de polymères supramoléculaires (8).CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 179 Des brins moléculaires à sous-unités hétérocycliques présentent une diastéréoisomérie hélicoïdale (7). La structure moléculaire et la morphologie de polymères supramoléculaires formés à partir de monomères portant des groupes de reconnaissance complémentaires de type Janus a été étudiée (9). . Des monocouches incorporant deux composants ont été obtenues et la formation d’ordre à l’échelle subnanométrique a été mise en évidence par STM (10).

IV — Chimie Dynamique Constitutionnelle (CDC) 1) Sélection / Adaptation en Chimie Dynamique Constitutionnelle L’évolution forcée d’une bibliothèque dynamique constitutionnelle (BDC) de brins hélicoïdaux sous l’effet de la complexation d’ions a été étudiée par des mesures de RMN DOSY. Les hydrogels basés sur des quadruplexes formés par un dérivé hydrazide de la guanosine effectuent une sélection structurale et une libération controlée de molécules bioactives (12).180 JEANMARIE LEHN Une étude détaillée par diffusion de neutrons aux petits angles a été réalisée sur la modulation par décoration dynamique de la structure de gels générés par des quadruplexes de guanosine (11). Cette méthode permet d’analyser la composition de la bibliothèque en fonction des rayons hydrodynamiques des espèces présentes (13). .

Ainsi. La mise au point de mesures de l’effet de l’application d’un champ gravitationnel par ultracentrifugation sur une BDC a été poursuivie (F.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 181 La mise en œuvre d’une nouvelle réaction réservible en CDC. L’adaptation d’une BDC à un changement de forme de l’un des composants permet d’opérer une commutation constitutionnelle entre deux types d’espèces. Elle conduit à une commutation entre un état macrocyclique et un état polymérique (14). Chmielewski). . a été réalisée dans un système dynamique. Des processus de sélection multiple faisant intervenir différents composants de grilles [2 × 2] sont en cours d’étude (M. Ce type de commutation constitutionnelle donne lieu à des phénomènes très intéressants d’adaptation par sélection de composants sous l’effet du changement de morphologie ainsi qu’en fonction de la nature de l’effecteur (ions métalliques de différentes tailles) (S. a été explorée. Schulteiss). l’interconversion entre deux formes. Elle permet la génération de BDC. en particulier sous l’effet de la complexation de cations (D. conduisant à la génération de couleur et de fluorescence à l’interface entre deux films de dynamères différents (15). Folmer-Andersen). 2) Dynamères covalents. de type W et U. La possibilité d’influencer le comportement d’une BDC par complexation des constituants a été explorée (N. Ulrich). Drahonovsky). la formation d’hémiacétals entre alcools et groupes carbonyles. Polymères covalents réversibles Des optodynamères ont été obtenus.

FolmerAndersen). Les mélanges dynamiques obtenus par formation réversible d’hydrazones permettent d’effectuer une libération controlée d’aldéhydes et de cétones volatiles (18). La modification de taille de dynamères amphiphiles sous l’effet de la température et la sélection de composants par effet hydrophobe ont été réalisées (F.accepteur présentant un repliement de chaine (S. .182 JEANMARIE LEHN La transformation des propriétés mécaniques et optiques de films de métallodynamères neutres par échange constitutionnel a été réalisée (16). Une sélection de composants par complexation de cations métalliques a été démontrée pour des dynamères donneur. Fujii). Une modification de constitution de dynamères par interconversion entre une solution et un état solide démontre une capacité d’adaptation de tels systèmes à l’environnement (17).

Loiseau. Balaban. 13.-M. N. Harrowfield. Hauschild. C. 6144-6147. Huang. Z. A. Chem. Lehn. 13. Ciesielski. F. Ed. Chem. S. G. Eur. Duarte). V — Chimie Bioorganique et Médicinale La synthèse de différentes classes d’effecteurs allostériques de l’hémoglobine a été poursuivie (K. Ramirez. L’action de ces effecteurs sur la courbe d’oxygénation de l’hémoglobine a été mesurée in vitro et in vivo (C. 2007. Zeller.and Dinuclear (Helicate) Forms. G. Lehn. Harrowfield. Molecular Wire Type Behavior of Polycationic Multinuclear Rack-Type RuII Complexes of Polytopic HydrazoneBased Ligands. J. H. Syntheses and Energy Transfer in Multiporphyrinic Arrays SelfAssembled with Hydrogen-Bonding Recognition Groups and Comparison with Covalent Steroidal Models. J. I. J. Drain. A. Eur. Pescitelli. X. A. Kolomiets. 2008.R. Koumbis..-M. P. 4.-M. Stefankiewicz. J.-M. F. L’effecteur inositol-trispyrophosphate (ITPP) présente des propriétés très prometteuses à la fois dans le domaine cardiovasculaire et en oncologie.M. Lehn. A. J. J. J. Inorg. J. Berova. Hnatejko.-Mihail Stadler. Prokhorenko. 2007. Huuskonen. A. S. Patrioniak. 8411-8427. 3. Walesa. Chem.-M. 46.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 183 3) Biopolymères dynamiques. F. M. Chem.. V. Smeureanu. Brelot. Une revue a été rédigée sur l’autoassemblage et la chimie combinatoire dynamique à la fois dans des systèmes chimiques et des systèmes biologiques (22). de même que la formation d’analogues dynamiques d’oligosocchariodes de type arabinofuranoside (21). Pothukanuri). Publications 1. J.S.-M. L. Lehn. Kalt. G. Rissanen.M.Biodynamères La synthèse de divers composants permettant la génération de BDC d’analogues d’acides nucléiques a été réalisée (19). Berl. K. 2007. Nastasi.. Stadler. Jankowski. J. Lehn. J. Les résultats obtenus sur la génération de glycodynamères fluorescents ont été publiés (20). V. Helical Folding of Oligopyridinedicarboxamide Strands. V. E. L. Riedel. T. Allouche. Coordination Architectures of Large Heavy Metal .M. Fylaktakidou. J. Eur. R. 2910-2920. Lebedkin. 5466-5479. Campagna. 2. 5. Angew. J. S. Quaterpyridine Ligands Forming Helical Complexes of Mono.. Nifaitis. Kubicki. M. Int.

Petitjean. Angew. 13. Z. S. Eds. Elsevier. 2008. Ruff. 959-976. 2007. 14. 2008.-M. 91.-M. J. Schmutz. 3. J. Lehn. Dynamical Properties of Semidilute Solutions of Hydrogen-Bonded Supramolecular Polymers. J. Angew. S. Sreenivasachary. 2281-2314. Modulation of the Supramolecular Structure of G-Quartet Assemblies by Dynamic Covalent Decoration. Structural Selection in G-Quartet-Based Hydrogels and Controlled Release of Bioactive Molecules. 2008..-M. E. 16. Chem. M. 2435-2444. Chim. Int. 134-139. Liq. N. Org. J. Structure of Supramolecular Polymers Generated via Self-Assembly through Hydrogen Bonds. Fujii. Lehn. 2007. 2008. Int. J.184 JEANMARIE LEHN Cations (Hg2+ and Pb2+) with Bis-tridentate Ligands: Solution and Solid-State Studies. Ulrich. Chem. Naphthyridine-based helical foldamers and macrocycles: Synthesis. 47. Barboiu.-M. Lehn. J. Chem. J. Anorg. 2007. Commun.. DOSY NMR Experiments as a Tool for the Analysis of Constitutional and Motional Dynamic Processes: Implementation for the Driven Evolution of Dynamic Combinatorial Libraries of Helical Strands. Metallodynamers : Neutral Dynamic Metallosupramolecular Polymers Displaying Transformation of Mechanical and Optical Properties on Constitutional Exchange. Samori. Y. Schmitt.-F. Lehn. 633. O. . Am. 10058-10059.-M. Asian J. Cheuk-Fai Chow. J. N. Chem Commun. W. 47.-J. Int. Ono. 20. 47. Chim. L. Fujii. Fieber. M. Levrand. J. M. Cryst. A. Pace. 486-496.-L. T. 3556-3559. Helical Diastereomerism in Self-Organization of Molecular Strands. 129. Glycodynamers: Dynamic analogs of arabinofuranoside oligosaccharides. N.-N.. J. 15. 47. Chem. S. Ed. 4360-4362. D. A. Giuseppone. E. J. Rev. Lehn. Controlled Release of Volatile Aldehydes and Ketones from Dynamic Mixtures Generated by Reversible Hydrazone Formation. Mol.-M. 2235-2239. Lehn. Y. Allg. Int. D. (Bucuresti). A.-M. J. Buhler. Ed. J. Fujii. 187-201. J.. Ed. Lehn. 2007. 061804-1-061804-8.-M. Synthesis of Components for the Generation of Constitutional Dynamic Analogues of Nucleic Acids. 2481-2495. S. Allouche. Harrowfield. Ed. .. Chem. Helv. Chem Int. 255-259. Angew. 21. Candau. Ltd.-M. 2008.. Triggle. Sreenivasachary. Chem. Acta. 2007. 19. Candau. . Biopolymers. 2007.-M. 90. Chim. J. G. Oxford.-M. Guenet. 76. 11. 17.A. Chow. Ed. 4363-4365. Chem. 89. Sarazin.. cation binding.-M. Acta. C. 9. B. Lehn. Herrmann.. Angew. Lehn. Nobori. Cuccia. L. Glycodynamers: Fluorescent dynamic analogues of polysaccharides. Lehn. Lehn. Lehn. T. J. Optodynamers: Expression of Color and Fluorescence at the Interface between two Films of Different Dynamic Polymers.. Petitjean. 2484-2488. Crystallization-Driven Constitutional Changes of Dynamic Polymers in Response to Neat/Solution Conditions.-M. Helv. 22. P. Lehn. Ramström. Hickman.. 59.-M. 7. N. Ruff. J.-J. Lehn. Petitjean. J. Dynamic Ligand Assembly in Comprehensive Medicinal Chemistry II.-M. Lehn. J. Taylor. 2007. 1-20. 46. 12. A. M.T. D. 73. J.-M. Lehn. J. Lehn. J. Sreenivasachary.-M. Lalloz-Vogel. J. Chem. Angew. Soc.. 2008. E. 2007. Kolomiets. Chem. 2007. Subnanometer-resolved patterning of bicomponent self-assembled monolayers on Au(111). 2240-2243. Buhler. 10. Cryst. S. Schmutz. 2008. Reversible switching between macrocyclic and polymeric states by morphological control in a constitutional dynamic system. 468. Physical Review E.. S. 2008.-M. 18. 5007-5010. 2008. and supramolecular assemblies.

École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). le laboratoire de Chimie de Interactions Moléculaires a été fermé. Shangai. From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. Paris. Self-Organization and Functional Supramolecular Devices. Paris. Karlsruhe. 5 mars 2008. 18 octobre 2007. 8 octobre 2007. 6 juin 2008. Bucarest. Fudan University. Haifa. 14 mai 2008. La Notion d’Émergence en Chimie. and Adaption in Chemical Systems. dont par exemple : • Trends in Nanotechnology International Conference (TNT2007). Heidelberg. Perspectives in Chemistry: From Supramolecular Chemistry to Constitutional Chemistry. Israel Institute of Technology. 3 septembre 2007. Nanoscience and Nanotechnology — The SelfOrganization Approach. Self-Organization by Design and by Selection. B) laboratoire de chimie des interactions moléculaires Collège de France Du fait des difficultés engendrées par les travaux de rénovation des locaux. 30 octobre 2007. Perspectives in Chemistry: From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. 1er mai 2008. • France-Hong Kong Distinguished Lecture. Steps towards Complex Matter: Information. Collège de France. • Symposium on Metal-Rich Compounds. Universität Karlsruhe (TH). Technion. Von der Materie zum Leben : Chemie ? Chemie ! • Séminaire “questions d’émergence”. Functional Nanostructures and Dynamic Materials through Self-Organization. . 19 mai 2008. Jena. • III St Petersburg Meeting of Nobel Prize Laureates. St Petersburg. • 3rd International Symposium on Novel Materials and Synthesis (NMS-III). 25-26 avril 2008. Moscou. Self-Organization. 24 janvier 2008. San Sebastián. Metallosupramolecular Architectures and Beyond. 23-28 septembre 2007. 18 mai 2008. • 100th Anniversary of Annual Korean Chemical Society Meeting. National Symposium with International Participation.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 185 Conférences présentées sur invitation Professeur Jean-Marie Lehn 47 conférences. Perspectives in Chemistry: From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. Chemistry: Retrospects and Prospects. • XXI Sitges Conference on Statistical Mechanics. • DeGennes Days. Technion. 20 octobre 2007. • Academia Europaea – Klaus Tschira Foundation “Complexity”. • Distinguished Schulich Lectureship Award Colloquium. • XVIIIth Mendeleev Congress. • “Contemporary Chemistry Conferences”. Nanotechnologies: research and education. 26 juin 2008. • The Technion’s Nobel Laureates Symposium. City University of Hong Kong. Daegu. Universitat de Barcelona. From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. From Matter to Life : Chemistry ? Chemistry! • Ernst-Abbe-Kolloqium. Haifa.

Pitard. Desigaux. Sci. J.-P. Proc. R. 104. USA. Letrou-Bonneval. 16534-16539. . J. 2007.-M. Vigneron. 42. Il a été nommé Membre d’Honneur de cette société ainsi que Grand Officier dans l’Ordre du Mérite Culturel de Roumanie (section Recherche Scientifique). Self-Assembled Lamellar Complexes of siRNA with Lipidic Aminoglycoside Derivatives Promote Efficient siRNA Delivery and Interference. 23. Lambert. Chevre. Il a été nommé Professeur Honoraire de l’Université de Zhejiang (Hangzhou) et de l’Université Normale du Shaanxi (Xi’an). Lehn.186 JEANMARIE LEHN Il a été montré que les lipo-aminoglycosides obtenus antérieurement présentent un transfert et une interférence de siRNA (23). L. M. Acad. Lehn. Sainlos. Distinctions — Prix — Nominations Jean-Marie Lehn a reçu des Doctorats Honoris Causa de l’Université de Patras et de l’Université Babeş-Bolyai (Cluj-Napoca) ainsi que la Médaille Costin Nenitzescu de la Société Roumaine de Chimie. B. E. Nat. O. P.

micro-algues unicellulaires. professeur Les matériaux nanostructurés L’élaboration de matériaux par l’homme remonte à la découverte du feu. Il est en fait possible d’utiliser directement ces frustules dans la conception de dispositifs électroniques. C’est ainsi. Ceci nous a permis de passer de l’âge du cuivre et du bronze. nous cherchons à élaborer des matériaux nanostructurés répondant aux exigences des nanotechnologies modernes. Nous avons progressivement réussi à maîtriser le feu de façon à obtenir des températures de plus en plus élevées. on peut réaliser des micro-capteurs capables de détecter des traces de certains gaz. La porosité régulière et hiérarchisée de ces frustules présente même des propriétés de cristal photonique On a montré récemment que la silice pouvait être modifiée chimiquement sans altérer la morphologie des frustules. nous avons développé les exemples suivants. dont le diamètre est de l’ordre de quelques microns. élaborent des exosquelettes de silice (frustules) qui les protègent tout en laissant passer la lumière nécessaire à leur activité photosynthétique. Aujourd’hui. Le but de ce cours était de montrer comment des micro-organismes pouvaient intervenir dans l’élaboration de matériaux nanostructurés. à l’ère du silicium et de l’informatique. 1. des biomatériaux nanostructurés Les diatomées. à celui du fer. Ces frustules. membre de l’Institut (Académie des Sciences). présentent une structure poreuse tout à fait remarquable couramment utilisée pour la réalisation de filtres ou de supports de catalyseurs. Jacques Livage. qu’en mettant à profit la conductivité ou les propriétés de luminescence des frustules de silice. le vivant nous offre des exemples remarquables qui remontent souvent au début du Cambrien. Dans ce domaine. On forme ainsi des nano-matériaux à base d’oxydes .Chimie de la matière condensée M. Les diatomées. Pour cela.

réseaux carrés. TiO2 ou BaTiO3. Pd. Deux types de virus ont été pris comme exemples dans le cours. Matériaux nanostructurés et polypeptides Les peptides peuvent être utilisés pour lier entre-elles. Les peptides présentent souvent des structures tubulaires que l’on peut utiliser comme templates pour élaborer des nanotubes.…) et les déposer entre deux électrodes pour réaliser des nanocircuits électroniques. pour élaborer des nanotubes de silice.188 JACQUES LIVAGE MgO. Les chaperons moléculaires. 2. Une commutation réversible d’un état isolant (OFF) à un état conducteur (ON) est observée au-dessus d’une tension seuil. On peut jouer sur la complémentarité des deux brins d’ADN pour associer les nano-composants et réaliser de véritables circuits tels que des transistors à effet de champ ! 4. Des dispositifs de commutation ont même été publiés récemment dans lesquels les virus. On peut aussi réaliser des nanotubes métalliques (Au. Le contrôle de l’information génétique (ARN ou ADN) permet de contrôler la nature de l’enveloppe protéique qui les recouvrent et dans laquelle certains acides aminés peuvent servir de germe pour nucléer la croissance de nanoparticules. C’est ainsi que l’équipe animée par Franck Artzner a utilisé un polypeptide. qui se présentent sous forme d’anneaux peuvent être utilisés pour déposer de façon régulière. Il permet d’élaborer des nanotubes d’oxydes (SiO2. Des ions métalliques peuvent être insérés entre les deux brins de l’ADN ou fixés à leur surface via les groupements phosphates. voire même des édifices 3D. oxydes. puis réduits in situ pour donner des nanofils conducteurs ou semi-conducteurs. CdS) de métaux (Co. Virus et nanomatériaux De nombreux virus ont été utilisés pour élaborer des nanomatériaux. Pt. . un ensemble de nanoparticules minérales (métaux. intérieure ou extérieure du peptide. recouverts de nanoparticules métalliques sont insérés entre deux électrodes. Fe3O4) de semi-conducteurs (PbS. De l’ADN aux transistors L’ADN. qui se présente sous forme d’un bâtonnet de 300 nm de long. Un choix judicieux des acides aminés constituant le peptide permet d’initier la précipitation d’un composé choisi à la surface. des nanoparticules semi-conductrices qui pourraient intervenir comme nanocomposants dans les mémoires flash des clés USB ! 3. Cu. Les nanoparticules s’associent pour former nanostructures en chaînes. de façon contrôlée. le lanréotide. a été abondamment étudiée comme template pour la réalisation de nanocomposants dans les circuits électroniques. • Le virus de la mosaïque du tabac. Ni. Cu. Il est même possible de réduire toute la silice en silicium élément de base de l’électronique moderne. semi-conducteurs). molécule de base de la vie. …) et même de polymères (polyaniline).

…). recouvertes de nanoparticules d’or. possède un manteau protéïque plus complexe. MFe2O4 (M = Co. plus long que le précédent (880 nm). Paris VII) • Nanoparticules organométalliques : chimie de surface. Les cultures de bactéries vivant dans des milieux extrêmes permettent de précipiter des sphères creuses de ZnS. 5. une nouvelle approche thérapeutique des maladies graves par Patrick Couvreur (Pharmacie – Chatenay Malabry) • Matériaux hybrides nano-structurés par Clément Sanchez (Chimie de la matière condensée – Paris VI) • Molécules. simplement en introduisant des ions étrangers dans le milieu de culture. des molécules aux architectures périodiques par Mir Wais Hosseini (chimie de coordination organique – Strasbourg) • Les nano-médicaments. Les bactéries Par rapport aux exemples précédents. L’exemple des magnéto-bactéries qui élaborent des chaînes de nanocristaux d’oxyde de fer magnétique Fe3O4 est bien connu. transformer ces particules en spinelles. On peut. comme capteur d’humidité. un mariage à trois par Denis Fichou (Nanostructures – CEA) . Le gonflement réversible de la membrane de peptidoglycane modifie la distance entre particules métalliques et donc la résistivité du bio-composant.CHIMIE DE LA MATIÈRE CONDENSÉE 189 • Le bactériophage M13 a aussi été largement utilisé pour l’élaboration de nanomatériaux. Cinq familles de peptides différentes peuvent être génétiquement modifiées ce qui ouvre de vastes perspectives. les bactéries sont des objets vivants dont le métabolisme peut être mis à profit pour réaliser la synthèse de nanoparticules minérales. contrôle de forme et propriétés physiques par Bruno Chaudret (Chimie de coordination – Toulouse) • La tectonique moléculaire. La plus belle réalisation est sans aucun doute l’élaboration de nanofils d’oxyde de cobalt Co3O4 qui peuvent servir d’électrode réversible dans des nanobatteries au lithium. Les séminaires 6 séminaires ont accompagné le cours afin de l’illustrer. Une application originale consiste à utiliser des bactéries. • Micro-algues et. Mn. des nanosphères de sélénium. des nanocristaux de CdS et même des nanotubes de sulfure d’arsenic. Zn. surface et symétrie. Ce virus. en particulier par l’équipe d’Angela Belcher aux USA. nanomatériaux par Roberta Brayner (Itodis.

13C et 15N et étudiées selon des méthodes de polarisation croisée. — l’élaboration de matériaux et nanomatériaux bio-composites à visées médicales ou biotechnologiques . Ce travail a été effectué en collaboration avec V. Aussi une étude directe du matériau biologique est elle nécessaire. c’est-à-dire associées ou non au réseau de silice.190 Cours et séminaires à l’étranger JACQUES LIVAGE Cette année nous avons présenté deux séries de cours et séminaires à l’étranger : • A Tunis. Martin-Jézéquel (Université de Nantes) Afin de pouvoir mener une étude simultanée des parties minérales et organiques. Dans ce cadre. Biominéralisation de la silice : approche analytique et modèles chimiques Les processus biologiques intervenant dans la formation de la silice chez les êtres vivants. versatile precursors for nanostructured materials’. les 26 et 27 février 2008 sur la synthèse et les propriétés d’oxydes de vanadium . D’autre part. — la compréhension des conditions de survie d’organismes vivants au sein de structures minérales synthétique. Cette technique nous a permis de discriminer des molécules rigides et mobiles. en particulier chez les diatomées. des protéines mais aussi des lipides. sont encore mal connus. Un certain nombre de molécules associées à la silice biogénique ont pu être identifiées mais l’étude de leur interaction vis-à-vis de la minéralisation ne permet pas encore de reproduire in vitro la complexité des organisations minérales observées in vivo. les traitements nécessaires à l’extraction de ces molécules peuvent entraîner leur dégradation. Nous avons ainsi pu démontrer que même après des traitements chimiques intensifs. . Ce dernier résultat est particulièrement intéressant car il suggère que le rôle des lipides dans la formation de la silice chez les diatomées a été sous-évalué jusqu’à maintenant. • A Uppsala. Cette démarche s’articule selon trois thématiques principales : — l’étude des phénomènes de biominéralisation . ces diatomées ont été cultivées en présence de substrats enrichis en 29Si. la coquille contenait encore des carbohydrates. deux cours ‘the sol-gel process’ et un séminaire ‘vanadium oxide gels. après leur culture puis en fonction de différents traitements chimiques. nous avons étudié par RMN à l’état solide la coquille siliceuse des diatomées. Activités de recherche 2007-2008 Notre démarche vise à explorer les domaines d’interface entre la biologie et les sciences des matériaux.

Djabourov (ESPCI). Carn. nous avons établi le diagramme de phase du système [gélatine-vanadate] à 40 °C et pH acide.CHIMIE DE LA MATIÈRE CONDENSÉE 191 Actuellement. L’étude actuelle porte sur l’encapsulation de catalase dans ces matériaux à teneur variable en silice et à l’étude de stress hydrique. Matériaux et nanomatériaux biocomposites Depuis quelques années. domaine macroscopiquement biphasique (une phase visqueuse riche en gélatine en équilibre avec une phase diluée). thermique et photochimique sur leur activité enzymatique.connus pour être impliqués dans la formation des rubans de V2O5. dispersion colloïdale métastable. En particulier. Nous avons mis en évidence une faible influence des clusters inorganiques sur la formation des triples hélices de gélatine à température ambiante et en revanche. nous avons proposé un mécanisme de formation de ces phases fondé sur un processus de coacervation complexe déjà décrit pour des systèmes comprenant deux espèces polyélectrolytes de charges opposées. nous avons poursuivi l’étude concernant l’association entre des macromolécules de gélatine et des clusters polyoxovanadates de type décavanadate [H2V10O28]4.…) des seconds. Nous avons d’ores et déjà pu montrer que la présence de la silice permettait de stabiliser des solutions de carboxymethylcellulose. dans le cadre du poste d’ATER du Collège de France de F. nous avons cette année abordé un nouvel aspect lié à la biominéralisation chez les plantes supérieures. Nous avons ainsi mis en évidence l’existence d’une séparation de phase en deux temps laissant apparaître trois régions distinctes : liquide homogène. Il est en effet connu que la silice est présente à des taux de 1 % à 10 % en masse chez certaines plantes. Nous avons poursuivi les mesures de rhéologie dans le domaine liquide homogène que l’on a combiné à celles de μ-DSC dans le but de sonder l’influence d’espèces vanadate fortement chargées négativement sur le changement de conformation de la gélatine. Cette silice joue un rôle de gestion des stress biotiques et abiotiques mais les mécanismes associés sont encore mal connus. Ce travail est effectué dans le cadre d’une thèse en co-encadrement avec l’USTHB (Algérie). modifiant ainsi leurs propriétés de diffusion. Sur la base d’une étude détaillée de chaque région (RMN liquide et solide du 51V. un impact très significatif sur le processus de fusion des . nous cherchons à associer des macromolécules biologiques et des phases inorganiques. Nous cherchons donc à mimer des tissus végétaux silicifiés en élaborant des matériaux hybrides cellulose/silice et à évaluer leur impact sur la stabilisation de systèmes enzymatiques liés à la gestion du stress oxydatif. En parallèle. diffusion de la lumière). ces études sont poursuivies à travers l’établissement de cartes de corrélation bi-dimensionnelle qui devrait nous permettre d’identifier les connectivités entre la matière organique et le réseau minéral. En collaboration avec M. afin de créer une synergie entre la complexité structurale et la biocompatibilité des premiers avec les propriétés physiques (optiques. magnétiques.

Nous avons également effectué des expériences 133Cs-1H HETCOR CP MAS qui n’ont jamais été reportées dans la littérature. Ces résultats nous permettent de mieux appréhender les conditions optimales pour la mise au point de nanovecteurs hybrides afin de pouvoir étendre notre stratégie à d’autres biopolymères de structure et de charge différente. . Ce travail a été effectué en collaboration avec R. Enfin. Hajjar. La spectroscopie RMN du solide est une technique intéressante pour caractériser des matériaux hybrides désordonnés. Man (SIEN. Paris). nous avons cherché à optimiser notre approche de synthèse de nanocomposites gélatine/silice par nano-émulsion afin de réduire la dispersité en taille des particules obtenues. Y. Ceci suggère qu’une fraction du médicament est adsorbée à la surface des nanocomposites et non encapsulée. Truflandier. Il peut être facilement mis sous forme de film et se comporte mécaniquement comme un élastomère avec une contribution significative du réseau de triples hélices. nous avons cherché à encapsuler une molécule antibiotique. Outre le noyau 51V. Nous avons mis en évidence notamment que ce matériau hybride possède une stœchiométrie bien déterminée. C’est pourquoi. nous avons effectué une caractérisation détaillée de la phase visqueuse obtenue dans le domaine bi-phasique après retour à l’ambiante (ATG. En parallèle. DSC. UPMC) et L. Elle suppose cependant la connaissance de la réponse spectrale de composés modèles. Dans un deuxième temps. nous avons approfondi notre connaissance des systèmes nanoparticulaires hybrides associant un biopolymère et la silice. Payen (IMN). Nous avons pu ainsi vérifier que ce médicament restait présent tout au long de la synthèse au sein des nanocomposites. d’autres noyaux comme 133Cs ont également été étudiés et nous avons pu attribuer de façon claire les signaux RMN aux sites vanadium et césium des structures cristallographiques et préciser la localisation des sites OH du cluster inorganique. Boucher. Cette même molécule a été encapsulée dans des nanoparticules combinant acide alginique et silice obtenues par voie aérosol. Millot et P. Ces expériences permettent de sonder l’espace interfoliaire des phases CsV3O8 ou les connectivités spatiales entre les ions Cs+ et le réseau de liaisons hydrogène du décavanadate de césium. nous avons continué notre approche consistant à coupler des expériences RMN à des calculs ab-initio sur le décavanadate de césium et des phases lamellaires de type CsV3O8. M. DRX. L’influence de la matrice organique sur la croissance d’un réseau de V2O5 a également été montrée. cette dispersité ayant un très fort impact sur la délivrance de médicaments in vivo. Les mesures en traction ont été effectuées en collaboration avec B. Ce résultat surprenant a été discuté et comparé au comportement « modèle » d’une solution de collagène natif (100 % de triples hélices). et ce indépendamment de la composition (rapport silice/alginate) de la particule. au sein de ces particules. Fayolle (ENSAM. Dans un premier temps. Dans ce cas. nous avons pu observer un départ très rapide mais partiel de la molécule lors de sa dispersion en milieu aqueux. comportement mécanique en traction).192 JACQUES LIVAGE triples hélices. F. Paris et C. RMN solide 51V. la nitrofurantoïne.

Ces résultats indiquent que le succès de l’encapsulation dépend non seulement des paramètres chimiques de la synthèse mais aussi de facteurs physiques liés à la contrainte mécanique imposée par la formation du gel et/ou à l’interaction colloïdes/paroi cellulaire. Afin de vérifier cette dernière hypothèse. un taux de viabilité de 50 % est obtenu pour une durée d’un mois. Un nombre important de cations métalliques étant cytotoxique. nous cherchons actuellement à encapsuler des micro-algues au sein de gels inorganiques. Brayner (ITODYS. nous avons cherché à encapsuler des bactéries E. Paris). La principale difficulté est de mettre au point une voie de synthèse de la matrice minérale qui soit compatible avec la survie cellulaire. c’est-à-dire à partir de nanoparticules préformées. En suivant une approche similaire. qui induit un stress important sur les bactéries Escherishia coli.CHIMIE DE LA MATIÈRE CONDENSÉE 193 Encapsulation cellulaire en milieu minéral Le futur développement de nouveaux dispositifs biotechnologiques utilisant des activités cellulaires va dépendre des possibilités d’intégrer des organismes vivants au sein de matériaux fonctionnels. nous étudions actuellement l’effet de la transition sol-gel sur le comportement et la survie de micro-algues présentant une importante motilité. Dans ce cas. nous avons exploré la possibilité de former des gels inorganiques par une voie colloïdale. En parallèle. Paris VII) et A. Ce résultat est similaire à celui obtenu pour les gels de silice et suggère que ces matrices d’alumine constituent un environnement favorable à la survie des bactéries. Couté (MNHN. Notre démarche actuelle vise à étendre ce procédé à d’autres hôtes minéraux. une lyse cellulaire a été observée lors d’une mise en contact prolongé des cellules avec les colloïdes inorganiques. afin d’évaluer la capacité des poly-saccharides extra-cellulaires de ces organismes à protéger les cellules des stress physiques induits par l’encapsulation. dans le cadre d’une thèse en co-encadrement financée par le réseau C’nano IdF et le CNRS. Nous avons déjà démontré qu’il était possible d’immobiliser des bactéries au sein de gels de silice. en présence de glycérol. . Ce travail s’effectue en collaboration avec R. Cette approche nous a permis de réaliser la première encapsulation cellulaire par voie sol-gel dans une matrice d’alumine. probablement due à un temps de gel trop rapide (quelques dizaines de secondes pour l’alumine contre 3-4 minutes pour la silice). Cependant. de conserver leur activité métabolique pendant un mois et de les utiliser pour synthétiser des molécules d’intérêt thérapeutique. Nous avons observé une perte importante (60 %) de viabilité lors de l’encapsulation. coli dans des gels de zircone.

344 (2007) 128-134. Tesson. M. Soft Matter 4 (2008) 735-738. Coradin. Arias. N. Livage. J. T. Commun. Coradin. Abdoul-Aribi. M. J. Masse. dans Bio-inorganic Hybrid Nanomaterials . P. Backov. C. Achard. Allouche. Livage. • First Example of Biopolymer-Polyoxometalate Complex Coacervation in GelatinDecavanadate Mixtures. Chandrappa. Ruiz-Hitzky. J.L. Livage. J. J. (2007) 4015-4017.M. its characterization and applications. T. El-Ashgar. M. • Designing nanotextured vanadium oxide-based macroscopic fibers : application as alcoholic sensors. • Biomimetic dual templating of silica by poly-saccharide/protein assemblies. Nanosci. Nanotechnol. Lett. T. Acc.J. • Aqueous Silicates in Biological Sol-Gel : New Perspectives for Old Precursors. J.J. J.T. Coradin. F. Livage. Ribot. R. • Contribution of multi-nuclear solid state NMR to characterization of the Thalassiosira pseudonana diatom cell wall. Gautier. Laghzizil. T. • Bio-controlled growth of oxides and metallic nanoparticles. Carn.M. Roux. Chem. J. T.S. S. T. M. C. J. Livage. • From diatoms to bio-inspired materials… and back. Babot.M. Technol. C. J.M. M. Binet. Coradin. Int. 65 (2008) 140-148. dans Biomineralization : from Paleontology to Materials Science . 61 (2007) 4553-4558. Dispersion Sci. C. A. E. Brayner. A. Nagaraju. C. Roux.M. Coradin. F. J. Steunou. T.M. Babonneau. Allouche. • A new route synthesis of immobilized-polysiloxane iminodiacetic ligand system. Djabourov. Y.N. 28 (2007) 445-453.194 JACQUES LIVAGE Publications 2007-2008 • Macrocyclic polysiloxane immobilized ligand system and its structural characterization. J. I. R. Livage. eds . 159-192. Chanéac. P. Devoisselle. G. J. eds. J. • Hydrothermal synthesis of amorphous MoS2 nanofiber bundles via acidification of ammonium molybdate tetrahydrate. Brayner. Coradin. C. J. H. Steunou. Hémadi. El-Hammari. T. Chem. Masse. Res. Livage. Livage. Lopez.. J. B. Martin-Jezequel. J. N.M. • Design of iron oxide/silica/alginate HYbrid MAgnetic Carriers (HYMAC). Coradin. F. I. Laurent. M. Lett. Marroun. C. Pharm. J. Babonneau. El-Nahal. Coradin.M. J. Mater. B. Brayner. J. Colloids Surf. J. El-Nahal. Livage. Fernandez. Chanéac. Wiley-VCH (2007) p. Anal. L. Solid State Chem. Bioanal. Roux. Nassif. N. Chem.F. K. Lopez. J. N. N. V. Brun. . N. L. Mater. G. T. Editorial Universitaria (2007) p. Maquet. R. Coradin. Lvov. F. Tharamani. Chehimi. Chehimi. • Potentialities of silica/alginate nanoparticles as HYbrid MAgnetic Carriers. C. Connan. 7 (2007) 4649–4654. 2 (2007) 461-468. G. Saoiabi. M. Livage. Chem. M. Gautier. Amoura. Livage. N. 419-430. T. Leroy. R. Coradin. J. Livage. 19 (2007) 3988-3999. R. M. Boissière. Livage. Fiévet. F. O. 40 (2007) 819. C. Boissière. Nanoscale Res. 390 (2008) 1889-1898. Livage. • Sol-gel encapsulation of cells is not limited to silica : bacteria long-term viability in alumina matrices. Brayner. P. El-Ashgar. C. Ariga. 181 (2008) 848-854. • Organically modified porous hydroxyapatites : a comparison between alkylphosphonate grafting and citrate chelation.

en soulignant dans certains cas les controverses quant à leur interprétation. Depuis une dizaine d’années. jusqu’à la fixation éventuelle dans certaines populations. Depuis plus de 50 ans. on constate une explosion des connaissances. macaque rhésus en 2007) et à l’étude systématique du polymorphisme du génome humain (projet HapMap. caractérisant en 2007 plus de 3 millions de « Single Nucleotide Polymorphisms » et leur organisation en haplotypes dans 4 populations humaines). grâce au séquençage du génome humain et de certains primates (chimpanzé en 2005. professeur Enseignement Une série de 5 cours a été donnée au Collège en mars 2008 sur un thème de très grande actualité : « Évolution du génome humain et gènes soumis à sélection positive ». Cette série de cours a présenté les approches méthodologiques utilisées pour identifier des gènes soumis à sélection positive. Le séquençage en cours du génome d’homme de Néandertal va apporter également des données précieuses. mais certaines vont augmenter de fréquence. et qui permettent des études ciblées sur des gènes et des populations particulières. Jean-Louis Mandel. et aux spectaculaires développements technologiques qui sous-tendent ces grands projets. Jacques Ruffié et Jean Dausset). ces phénomènes ont été étudié chez l’homme pour des protéines puis pour des gènes « candidats » montrant des propriétés particulières : polymorphisme important (gènes HLA) ou montrant une grande variation de fréquence dans diverses populations (et il faut rappeler évidemment les travaux des professeurs au Collège de France. membre de l’institut (Académie des Sciences). sous l’effet de la dérive génétique et de pression de sélection négative (pour les variants délétères) ou positive (pour les variants ayant une valeur adaptative). .Génétique humaine M. et discuté certains des résultats les plus marquants obtenus dans les dernières années. Des variations génétiques apparaissent à chaque génération et la plupart disparaissent ou restent extrêmement rares.

2007). et enfin.196 JEANLOUIS MANDEL Le premier cours a présenté l’organisation en haplotypes des polymorphismes du génome et son interprétation. et notamment des allèles dérivés (ceux qui ne correspondent pas à la séquence déduite de l’ancêtre commun des hominidés et du chimpanzé). sans permettre une prédiction individuelle exacte de ces phénotypes (Sulem et al. favorisant une peau claire dans des régions peu ensoleillées.. la probabilité d’une sélection positive dans une région du génome : proportion de changements fonctionnels (affectant la séquence protéique) au cours de l’évolution des primates. Les exemples classiques (étudiés au cours des 50 dernières années) de sélection dans les régions d’endémie paludéenne de mutations affectant les gènes globine et responsables d’hémoglobinopathies (anémie falciforme. et les types de mesures permettant d’estimer. car débutant par l’analyse d’un mutant classique de pigmentation dans le poisson zèbre (le mutant golden). Pour l’amylase (impliquée dans la digestibilité de l’amidon). L’hypothèse généralement admise est celle de la balance entre la protection contre l’effet mutagénique des UV dans des régions très ensoleillées. Des études ultérieures ont montré l’implication d’un gène similaire (SLC45A2) dans le même phénotype. thalassémies) ou la glucose 6 phosphate deshydrogénase (G6PD). pour l’analyse des évolutions plus récentes. Rev. Science 2006 . d’yeux ou de cheveux. un même variant peut conférer un avantage sélectif ou être au contraire délétère. des yeux et des cheveux. des cheveux et des glandes sudoripares. Sabeti et al. Nat. pour différentes échelles de temps depuis la séparation de l’ancêtre commun au chimpanzé et à l’homme. Le gène EDAR (récepteur de l’ectodysplasine) impliqué dans le développement de la peau. où le lait est devenu un apport alimentaire important (la sélection de variants différents est une exemple de convergence évolutive). c’est la variation du nombre de copies . définissant une grande région de très faible diversité génétique dans la population européenne. et le rôle des UV dans la transformation de la vitamine D (antirachitique). distribution des fréquences de polymorphismes. puis l’identification d’un homologue humain du gène. Récemment. illustrent le fait que selon les cas. mais aussi dans d’autres populations pratiquant une agriculture pastorale. L’analyse approfondie des haplotypes permet maintenant d’estimer l’âge de ces variants. Nielsen et al. 2007). La découverte du rôle du gène SLC24A5 dans la pigmentation de la peau humaine est particulièrement frappante. On observe une forte sélection de variants non codants modifiant la régulation de l’expression de la lactase dans la population européenne. favorisant une peau foncée. montre également des caractéristiques indiquant une sélection positive dans certaines populations. il a été montré qu’une combinatoire de polymorphismes dans 6 gènes est associée aux variations de pigmentation de la peau. 2005). Genet. Un cours a été consacré à l’adaptation génétique aux conditions alimentaires dans les populations humaines. Un cours a été consacré aux découvertes récentes concernant des gènes et leurs variants associés aux différences de couleurs de peau. et la présence d’une mutation inactivant ce gène dans cette population (Lamason et al. différences de fréquence allélique entre populations et longueur des haplotypes communs (cf....

dont des mutations rares sont associées à des microcéphalies monogéniques. comment l’étude des mécanismes physiopathologiques de maladies monogéniques a permis de proposer et développer des stratégies thérapeutiques.GÉNÉTIQUE HUMAINE 197 du gène qui paraît conférer une avantage sélectif. les études récentes de polymorphismes prédisposant au diabète de type 2 (Sladek et al. Un cours au Collège et une conférence à l’Université et CHU Bordeaux 2 ont porté sur : Myopathies centronucléaires: un lien inattendu entre phosphoinositides et des protéines impliquées dans le remodelage membranaire (dynamine 2. Les approches systématiques de recherche de régions soumises à sélection positive sur l’ensemble du génome ont été présentées et leurs limitations discutées (cf. allant dans plusieurs cas discutés au cours du colloque jusqu’à des essais cliniques. sont très controversés (Stedman et al. de l’équipe de L. 2008). Nature 2007. Les exposés ont également illustré la diversité des modèles expérimentaux utilisés : modèles cellulaires. approches thérapeutiques » a été organisé dans le cadre des enseignements de la chaire les 15 et 16 avril 2008. au travers de 20 conférences. Quintana-Murci. aux interprétations parfois controversées. Le dernier cours a porté sur l’apparition ou la disparition de gènes au cours de l’évolution des grands primates. et prédisposent aux maladies métaboliques (diabète.. et dans l’apprentissage de chants d’oiseau (modèle du mandarin.. Sabeti et al.. du gène aux malades et aux familles ». 2007) sont en faveur de la « thrifty gene hypothesis » qui propose que des variants permettant de limiter la dépense énergétique dans des périodes de restriction alimentaire ont été sélectionnés. La datation de l’inactivation dans l’évolution humaine d’un gène myosine (MYH16) dont l’expression est spécifique de muscles masticatoires. modèles de souris . et du rôle de cet événement dans la gracilisation de la mâchoire des hominidés et dans le développement de l’encéphale. Ce colloque soutenu par l’Association Française contre les Myopathies. McCollum et al.. rapport sur les travaux de recherche). Un cours (4 h) sur la génétique des maladies communes (multifactorielles) a été donné à l’Université de Strasbourg. et une conférence à l’Université Victor Segalen Bordeaux 2 sur « Maladies monogéniques. Un colloque intitulé « Actualités dans le domaine des maladies monogéniques : mécanismes physiopathologiques. Enfin. l’apparition de la vision trichromate apparaît corrélée à la perte de nombreux gènes de récepteurs olfactifs ou de l’organe voméronasal (gène TRPC2). 2004.. 2006). Un autre cours a été consacré aux études. obésité) dans le mode de vie actuel. Il est intéressant de noter que des études impliquent également le gène FOXP2 dans la vocalisation ultrasonique chez les souris. ou zebra finch). impliquant des phénomènes de sélection dans l’évolution des fonctions cognitives pour les gènes FOXP2 (dans l’évolution du langage) et les gènes ASPM et MCPH1. ci-dessous. qui a fait également partie de l’enseignement national pour les internes de la spécialité de génétique médicale. à l’amphithéâtre Guillaume Budé. illustrant les difficultés de ces approches. Nature Genet. et Barreiro et al. Son programme a montré. a été suivi par un public nombreux et attentif. amphiphysine) (cf. Ainsi.

Anne Joutel. IGBMC Illkirch/Strasbourg).-L. Le passage de l’étude physiopathologique à des essais cliniques en cours a été illustré par 1) Bart Loeys (Université de Gand). 4) Nicolas Lévy (INSERM/CHU Timone Marseille). l’ataxie de Friedreich (modèles souris. mais aussi utilisation d’organismes tels que le nématode C. une maladie démyelinisante gravissime. Suisse). Mandel. permettant des cribles génétiques (pour la recherche de gènes pouvant modifier le phénotype) ou pharmacologiques. INSERM). à partir de l’étude de modèles cellulaires. Hélène Puccio. Université de Poitiers) et Olivier Morand (Actelion Pharmaceuticals. Laurent Segalat. de l’utilisation d’une molécule. qui à partir de modèles cellulaires et de souris a proposé l’utilisation d’un traitement combiné par statines et aminobiphosphonates pour inhiber la prénylation des formes tronquées de prélamine 1 responsables de la progeria. pour le syndrome de Marfan impliquant la voie de signalisation du TGFβ. par Gert-Jan Van Ommen (Center for Human Genetics. mutations retrouvées fréquemment dans de très nombreuses maladies génétiques. avec des résultats prometteurs d’utilisation d’une thérapie pharmacologique (losartan) . Evry). Isabelle Richard CNRS/Généthon. J. pour la proposition. pour un traitement spécifique des patients atteints de mucoviscidose et porteurs de la mutation la plus fréquente. CGMC CNRS. INSERM/Paris 7). la myopathie de Duchenne (modèles nématode et souris. le miglustat (utilisé dans le traitement de la maladie de Gaucher). et qui a présenté les premières données de l’essai clinique en . et également la correction de cellules souches . 3) Jean Bastin (CNRS/Necker-Enfants Malades) pour la correction de déficits génétiques du métabolisme oxydatif mitochondrial par le bézafibrate . ΔF508 . 2) pour l’adrénoleucodystrophie. elegans et la drosophile. 5) Arnold Munnich (INSERM/Université Descartes) qui a décrit un premier essai clinique d’un chélateur du fer dans l’ataxie de Friedreich. 2) Frédéric Becq (CNRS.198 JEANLOUIS MANDEL génétiquement modifiées reproduisant les mutations observées chez l’homme. Des approches de thérapie génique ont été présentées : 1) pour la myopathie de Duchenne avec la stratégie de « saut d’exon » pour rétablir une phase de lecture dans l’ARN messager dystrophine. IGBMC. Lyon/ Villeurbanne). une maladie exceptionnellement rare entraînant un vieillissement accéléré . et Luis Garcia (Institut de Myologie. Les aspects précliniques d’études physiopathologiques et de cibles thérapeutiques potentielles ont été abordés notamment pour le syndrome de retard mental avec X fragile (modèles drosophile et souris ayant abouti à l’identification de récepteurs au glutamate mGluR comme cible thérapeutique . Leiden). Illkirch/Strasbourg). Paris) a présenté les propriétés d’une molécule (PTC124) permettant un « readthrough » traductionnel de mutations non-sens. et le syndrome CADASIL de démence vasculaire impliquant le gène NOTCH3 (modèle souris. et les stratégies d’essais cliniques chez des patients atteints de mucoviscidose ou de myopathie de Duchenne et porteurs de telles mutations. qui développe une stratégie par oligonucléotides anti-sens. par Nathalie Cartier (INSERM/Hôpital SaintVincent-de-Paul) qui développe avec Patrick Aubourg la thérapie génique utilisant un vecteur lentiviral. qui a fait l’objet d’une première étude clinique avec des résultats biologiques encourageants . qui utilise un vecteur viral (AAV). les myopathies dues à un déficit en alpha-sarcoglycane (modèle souris. Thomas Voit (Institut de Myologie.

promu DR2 INSERM en 2007. des approches neurochirurgicales de neuromodulation électrique du cerveau permettent d’obtenir des résultats thérapeutiques importants dans des maladies génétiques du tonus (dystonie) ou du mouvement (dyskinésie). une très importante plateforme technologique associée à l’IGBMC et impliquée dans la création et le phénotypage de souris génétiquement modifiées. Des aspects de recherche clinique sont également développés dans le laboratoire hospitalier de diagnostic génétique du CHU de Strasbourg. Jean-Louis Mandel est plus particulièrement impliqué dans les thématiques suivantes : 1) Syndrome de retard mental avec chromosome X fragile et fonction de la protéine FMRP (avec Hervé Moine. de la cartographie du génome à l’Autorisation de Mise sur le Marché : le chemin du médicament. CR1 CNRS). 2) Myopathies myotubulaire et centronucléaires et analyse fonctionnelle d’une nouvelle famille de phosphoinositides phosphatases : les myotubularines (équipe codirigée avec Jocelyn Laporte. Alain Fischer (INSERM/Hôpital Necker Enfants Malades). Mandel.GÉNÉTIQUE HUMAINE 199 cours. Jocelyn Laporte a été également lauréat d’un Prix du comité Alsace de la Fondation pour la Recherche Médicale. Recherche Le groupe de recherche en génétique humaine fait partie du département de Neurobiologie et Génétique de l’IGBMC (Institut de Génétique et Biologie Moléculaire et Cellulaire. Il se consacre essentiellement à l’étude des mécanismes génétiques et physiopathologiques de maladies monogéniques neurologiques ou musculaires. et labellisée équipe FRM 2007). une douzaine de communications par affiche sur les thèmes du colloque ont été présentées par de jeunes chercheurs. Philippe Coubes (Centre Gui de Chauliac/CNRS/INSERM Montpellier) a montré de manière spectaculaire comment.-L. Ségolène Aymé (Orphanet. Unité Inserm U596 et Université Louis Pasteur de Strasbourg). qui ont fait l’objet de discussions animées. le premier pour ce type de vecteur. UMR 7104 du CNRS. Bernard Barataud (Généthon. Des aspects plus généraux de la problématique du développement thérapeutique pour les maladies rares que sont les maladies monogéniques ont été présentés par Philippe Moullier (INSERM et CHU Nantes. thérapie cellulaire ou génique. et montré comment la compréhension des mécanismes permet de définir des approches thérapeutiques rationnelles par supplémentation des molécules déficientes. Gainesville FL USA) : Etudes précliniques en thérapie génique . Enfin. et College of Medicine. Jean-Louis Mandel a été nommé en juin 2008 directeur de l’Institut Clinique de la Souris (ICS). INSERM SC11. a brossé un tableau des déficits immunitaires monogéniques. Evry) : Généthon. pionnier dans le domaine de la thérapie génique. grâce aux progrès dans le domaine des neurosciences. dirigé par J. immunomodulation par des cytokines. Paris) : Des thérapies pour les maladies génétiques. succès et revers du règlement sur les médicaments orphelins . .

1) Syndrome de retard mental avec chromosome X fragile et fonction de la protéine FMRP (thème codirigé par H. impliquant la protéine kinase Rsk2). FMR1 code pour la protéine FMRP (Fragile X Mental Retardation Protein) qui lie des ARN messagers au sein de complexes ribonucléoprotéiques associés aux polysomes et joue un rôle de régulation de la traduction et/ou de transport de ces ARNm. entraînant sa répression transcriptionnelle. et aux études de corrélation génotype/phénotype pour cette pathologie très hétérogène. Hélène Puccio (promue DR2 INSERM en 2007) et son équipe s’intéressent aux mécanismes physiopathologiques de l’ataxie de Friedreich. 2005). Afin de caractériser la fonction et les mécanismes d’action de cette protéine. 2001).-L. Nous avons montré antérieurement que FMRP se lie de manière spécifique et avec une forte affinité aux ARNm contenant un motif structural de type « G(uanine)-quartet » (Schaeffer et al. Yvon Trottier (DR2 INSERM) dirige depuis 2006 l’équipe qui se consacre aux mécanismes pathogéniques des maladies neurodégénératives causées par des expansions de polyglutamine. Le syndrome X-fragile représente la forme la plus fréquente de retard mental monogénique. Nos travaux récents suggèrent que l’interaction de FMRP . Faculté de Médecine de Strasbourg). Stanislas du Manoir (CR1 INSERM) et son équipe développent des stratégies d’étude des réarrangements chromosomiques (amplifications. nous avons entrepris d’identifier et caractériser des ARNm se liant à FMRP et pouvant constituer des cibles de son action. Moine et J.. dans le but notamment d’identifier des oncogènes impliqués dans la progression tumorale ou des marqueurs génomiques associés au pronostic vital. dont la maladie de Huntington et l’ataxie spinocérébelleuse de type 7. nous menons une étude génétique du syndrome de Bardet-Biedl. Nous avions retrouvé ce motif dans l’ARNm de la phosphatase PP2A et suggéré un rôle de FMRP dans le contrôle traductionnel de cette importante protéine régulatrice (Castets et al. Hélène Puccio est lauréate du prestigieux « ERC starting grant » du Conseil Européen de la Recherche pour son projet « Comprendre les mécanismes moléculaires impliqués dans les ataxies récessives liées à des déficits mitochondriaux : implication du métabolisme des noyaux fer-soufre ». L’équipe dirigée par Michel Kœnig (PU-PH) se consacre à l’identification de gènes impliqués dans des formes d’ataxies récessives. délétions) présents dans des tumeurs solides. Mandel). Ce syndrome résulte d’une expansion instable de répétitions CGG dans le gène FMR1.. L’équipe d’André Hanauer (MCU) étudie les mécanismes du syndrome de Coffin-Lowry (retard mental syndromique lié au chromosome X.200 JEANLOUIS MANDEL 3) En collaboration avec le Pr Hélène Dollfus (EA3949 et Equipe AVENIR/ INSERM .

est la plus sévère et se traduit par une hypotonie généralisée qui entraîne souvent la mort du patient dans la première année. l’amyotrophie spinale (SMA). localisation. En collaboration avec l’équipe du Dr C. nous avons caractérisé un nouvel ARNm lié par FMRP. La forme liée au chromosome X. En effet. 2008). au niveau d’un G-quartet présent dans la région codante (exon 15). Les CNM sont regroupées en trois classes. Nous avons entrepris d’analyser et comparer l’impact de FMRP sur le métabolisme de ces deux ARNm en culture de neurones primaires de souris : traduction. FMRP contribuerait à l’efficacité de formation des granules de stress (article en préparation). stimulerait la traduction de cet ARNm (résultats soumis). Bardoni a observé que l’expression de la protéine superoxyde dismutase 1 codée par ce gène était diminuée dans le cerveau des souris déficientes en FMRP. 2) Myopathies myotubulaire et centronucléaires et analyse fonctionnelle de la voie des myotubularines (équipe codirigée par J. Le mécanisme d’action de FMRP sur ses différents ARNm cibles est encore mal compris. Nice). Bardoni (CNRS. Nous avons montré que FMRP : 1) n’est pas nécessaire à l’activité RISC dans les cellules. ce G-quartet présente des propriétés activatrices de l’épissage et la liaison de FMRP avec ce motif pourrait constituer une boucle d’autorégulation (Didiot et al. stabilité. En collaboration avec B. en se liant à un motif structuré en tige-boucle présent au niveau du site d’initiation de la traduction. Nous avons montré que l’ARNm SOD1 ne contient pas de motif G-quartet et FMRP. Elle est due à des mutations dans le gène . Nous concluons à une implication de FMRP et RISC dans des voies fonctionnelles distinctes. Laporte et J.. avec A. 2008). 2) présente des propriétés de localisation intracellulaire et d’association aux polysomes distinctes de celles du complexe RISC. appelée myopathie myotubulaire. Buj-Bello). Les myopathies centronucléaires (CNM) regroupent des myopathies rares caractérisées par une grande proportion de fibres musculaires atrophiques à noyaux centraux (les noyaux étant normalement périphériques). Nous avons récemment montré expérimentalement la présence de motifs G-quartet et leur liaison par FMRP au niveau de la région 3′ non traduite de deux gènes importants pour la plasticité synaptique et précédemment proposés comme cible de FMRP (résultats non publiés). peut moduler l’épissage alternatif du gène FMR1. l’ARNm SOD1. Mandel. Nous avons récemment réanalysé l’association proposée par plusieurs laboratoires entre FMRP et le complexe RISC (RNA induced silencing complex). L’équipe de B.. et nous avons participé à l’identification de tous les gènes impliqués jusqu’à présent.GÉNÉTIQUE HUMAINE 201 avec son propre ARNm. Branlant (CNRS Nancy) nous avons mis en évidence une nouvelle interaction entre FMRP et le complexe SMN d’assemblage de particules ribonucléoprotéiques du spliceosome (Piazzon et al.-L. Le complexe SMN est déficient dans une importante pathologie du motoneurone.

Les formes infantiles autosomiques récessives (ARCNM) sont de sévérité intermédiaire et nous avons récemment montré que certaines familles sont mutées dans le gène BIN1 codant pour l’amphiphysine 2. 2007). et sont généralement dues à des mutations de la dynamine 2. en collaboration avec P. dont deux mutations non sens (Nicot et al. suggérant un recouvrement phénotypique entre myopathie et neuropathie.. Nous avons poursuivi d’autre part nos travaux sur la physiopathologie de la forme liée au chromosome X. Laporte et al. V. 2007.. identifiée très récemment dans une nouvelle famille.202 JEANLOUIS MANDEL MTM1 codant pour la myotubularine (Laporte et al. 1996). Les familles recrutées étant peu informatives pour une analyse de liaison. et résultats non publiés). ainsi que dans des biopsies musculaires de patients (en collaboration . par cartographie d’homozygotie sur puces SNPs. l’étude des mutations dans la dynamine 2. La deuxième mutation stop.. est en cours d’analyse. L’amphiphysine 2 était un bon candidat fonctionnel car cette protéine régule le trafic membranaire comme la myotubularine (Cao et al. 2002). Ce travail a donc révélé un lien moléculaire et fonctionnel entre 2 formes de myopathies centronucléaires. Guicheney (Paris). et un mutant de drosophile montre une faiblesse musculaire associée à des anomalies des tubules-T. et une action sur le système nerveux central. par l’étude du modèle souris de déficience en myotubularine que nous avons construit antérieurement (Buj-Bello et al. et à l’aide de cartographie par homozygotie.. Par séquençage direct. pour certaines mutations de la dynamine 2 (EchanizLaguna et al. une protéine impliquée notamment dans les mécanismes d’endocytose et de trafic membranaire (Bitoun et al. Nous avons poursuivi. nous avons trouvé 4 variants à l’état homozygote dans des familles consanguines. nous avons opté pour une recherche de gènes candidats identifiés par analyse bio-informatique. Les mutations faux-sens diminuent la fonction de tubulation des membranes alors qu’un des codons stop prématurés produit une protéine stable qui ne peut plus se lier avec un interacteur précédemment connu de l’amphiphysine 2. complémentée dans les familles consanguines.. Les formes autosomiques dominantes (ADCNM) débutent à l’adolescence ou à l’âge adulte.5P2 (Blondeau et al. 2007 et 2008) et la dynamine 2. dont nous avons par la suite montré qu’elle définit une nouvelle famille de phosphoinositides phosphatases. dont certaines sont associées à une forme de neuropathie périphérique de CharcotMarie-Tooth et tentons d’établir des corrélations génotype-phénotype. une protéine interagissant avec la dynamine (Nicot et al. L’étude d’une grande famille avec myopathie centronucléaire dominante due à une mutation dynamine 2 non décrite antérieurement. 2000. 2007). 2005).. Biancalana (Strasbourg) et des cliniciens.. a montré également des signes de neuropathie périphérique et de déficit cognitif peu sévères. agissant sur le PI3P et le PI3. la dynamine 2.. 2003). Une étude transcriptomique globale au cours du développement de la pathologie musculaire dans ce modèle. Nous avons poursuivi la recherche de gènes impliqués dans les myopathies centronucléaires récessives..

Nous avons observé d’autre part des anomalies précoces de l’organisation des tubules T. L’utilisation de la même approche pour surexprimer la myotubularine suggère que cette protéine régule l’homéostasie du sarcolemme. 2007) et donc nous permettre de discriminer entre les alternatives de spécificité d’expression ou liée à la structure de la protéine. à un niveau quasi-normal (Buj-Bello et al. . et avons entrepris. 2008).. Sur un plan plus fondamental. qui montrent certaines altérations précoces dans l’évolution de la pathologie (manuscrit en préparation). Les anomalies de l’organisation des tubules T et de la fonctionnalité du couplage excitation contraction pourraient rendre compte de l’importante hypotonie musculaire observée chez les patients. nous avons montré que le gène CXorf6. avec atteinte des cellules de Schwann (Chojnowski et al. Nous testons maintenant par la même approche la capacité de protéines homologues à la myotubularine (MTMR1 et MTMR2) à améliorer le phénotype des souris Mtm1 KO. en collaboration avec le Généthon (Evry). Nous avons aussi poursuivi une approche de thérapie génique à l’aide de vecteur AAV (adeno-associated virus) exprimant la myotubularine. le gène Hes3.GÉNÉTIQUE HUMAINE 203 avec A. ceci apportera également des informations précieuses sur les mécanismes de spécificité musculaire liées aux mutations du gène MTM1. 2008).. Beggs.. Harvard Med. et par leur rôle dans l’organisation des tubules T. 2007). en collaboration avec Vincent Jacquemond (Université Lyon 1/CNRS.. School) a montré des anomalies importantes (particulièrement dans le modèle souris) de l’expression de certains gènes impliqués dans la régulation de l’homéostasie calcique. Nous avons confirmé ces anomalies au niveau protéique. Ogata (Tokyo). Des résultats très positifs ont été obtenus sur notre modèle souris. En collaboration avec l’équipe de T. Villeurbanne) une étude électrophysiologique des courants calciques des fibres musculaires des souris déficientes en myotubularine. 2008). la membrane plasmique des fibres musculaires (Buj-Bello et al. a des propriétés transactivatrices sur un gène de la voie Notch. ce qui permettrait à terme d’envisager une thérapie par réexpression des gènes homologues et ainsi diminuer la réponse immunitaire. En effet une seule injection intramusculaire dans des souris déjà atteintes de faiblesse musculaire améliore de manière spectaculaire l’état pathologique du muscle. corrige le positionnement des noyaux et augmente la masse musculaire ainsi que la force.. et son inhibition augmente la production de testostérone par des cellules de Leydig tumorales (Fukami et al. à la fois par leur interaction avec les phosphoinositides. Le gène CXorf6 code pour une protéine avec un domaine de type mastermind. adjacent au gène MTM1. est muté dans des cas d’anomalies du développement génital masculin (hypospadias) (Fukami et al. et montré que certaines d’entre elles survenaient précocément au cours du développement de la pathologie. son plus proche homologue MTMR2 étant muté dans une forme récessive sévère de neuropathie périphérique démyélinisante. Ceci permet de relier fonctionnellement les 3 protéines connues mutées dans les myopathies centronucléaires.

.. Nous avons montré que ces 3 gènes définissent une branche spécifique des vertébrés au sein de cette superfamille dont les autres membres ont une origine beaucoup plus ancienne (Stoetzel et al. a permis de relier le syndrome BBS à des défauts dans l’assemblage ou la fonction de structures ciliées (cil primaire) et du centrosome. 9 gènes (dénommés BBS1 à 9) avaient été identifiés par des équipes américaines et anglaises.. et BBS12 rend compte de 5-6 % des familles. visant notamment à identifier de nouveaux gènes BBS. Marion et H. Des études sont entreprises dans cette direction. associe rétinite pigmentaire. de transmission autosomique récessive. contrastant avec la spécificité de la présentation clinique. Les protéines BBS6. Dollfus) Le syndrome de Bardet-Biedl (BBS). 10 et 12 sont absentes de ce complexe. en collaboration avec l’équipe de bioinformatique d’Olivier Poch à l’IGBMC nous a permis d’identifier en 2005-2006 deux nouveaux gènes (BBS10 et BBS12) particulièrement importants. Le phénotype indistinguable des patients porteurs de mutations dans des gènes BBS différents suggère que les protéines correspondantes pourraient être impliquées dans des complexes macromoléculaires (l’absence de l’un ou l’autre d’entre eux ayant alors le même effet négatif sur la fonction du complexe). Il est caractérisé par une étonnante hétérogénéité génétique. Moras à l’IGBMC. à l’aide de « puces SNP (single nucleotide polymorphism) ». L’utilisation d’une approche de cartographie par homozygotie dans des familles consanguines. polydactylie. Des travaux récents paraissent confirmer une telle hypothèse pour 7 protéines BBS présentes de manière stoechiométrique dans un complexe nommé BBSome (Nachury et al. 2007). qui devraient notamment permettre de répondre au problème du mécanisme (central ou périphérique) de l’obésité liée aux mutations BBS. et on peut donc faire l’hypothèse d’un complexe « chaperonin-like » qui contiendrait ces 3 protéines. anomalies rénales et atteinte cognitive. 2007).204 JEANLOUIS MANDEL 3) Analyse génétique du syndrome de Bardet-Biedl (collaboration avec le Pr H. BBS10 et BBS12 appartiennent. Hélène Dollfus (Faculté de Médecine de Strasbourg). 2006).. codant pour des protéines de types très divers et dont les fonctions étaient initialement inconnues. Des résultats récents obtenus par V. La création de mutants avec inactivation conditionnelle des gènes BBS10 et 12 chez la souris est en cours. BBS10 est un gène majeur. et même à l’algue Chlamydomonas). Nous participons à une étude initiée par le Prof. obésité. De 2000 à 2005. en collaboration également avec l’équipe de D. dont les mutations sont retrouvées chez plus de 20 % des patients (Stoetzel et al. Dollfus suggèrent que les protéines BBS et le cil primaire jouent un rôle important dans la différenciation des préadipocytes et dans l’adipogenèse (résultats soumis). dont les mutations ne rendent compte que d’environ 50 % des patients. De manière surprenante. comme BBS6 à la superfamille des chaperonines de type II (Stoetzel et al. L’identification de ces gènes. les gènes BBS10 et BBS12 codent pour des protéines spécifiques des vertébrés et dont la séquence protéique évolue beaucoup plus rapidement que pour les autres gènes BBS (à l’exception du gène BBS6). alors que 8 des 9 gènes BBS précédemment identifiés sont très conservés dans l’évolution. entre tous les organismes ciliés (de l’homme au nématode. 2007). .

qui mènent entre autres à leur accumulation et leur agrégation dans le noyau des neurones.0 d’Affymetrix). en l’absence de grandes familles informatives. Une vingtaine de familles avec syndrome de Bardet-Biedl et sans mutation dans les gènes connus sont actuellement en cours d’analyse sur des puces contenant 1. Ces maladies neurodégénératives héréditaires sont dues à une expansion de répétitions CAG codant pour un homopolymère de glutamines (polyQ) dans des protéines cibles spécifiques de chaque maladie. La très haute densité de puces ADN utilisables pour l’analyse de SNPs et de dosage génique devrait permettre la détection de telles délétions. Nous avons déjà élucidé la structure de l’anticorps dans deux configurations différentes. Maladies à expansion de polyglutamine (Yvon Trottier. et suggèrent au contraire une extrême hétérogénéité. en l’occurrence un anticorps monoclonal anti-polyQ. Trottier 2003). car il existe de nombreuses régions candidates (sur la base des études d’homozygotie) de grande taille. nous cherchons à élucider la structure spatiale de polyQ. entrainant une dérégulation de l’expression de certains gènes et une dysfonction puis une mort neuronale. ce qui devrait fournir une base pour générer par modélisation des inhibiteurs de l’agrégation. 1995. et contenant donc de très nombreux gènes. L’équipe s’intéresse aux propriétés structurales et d’agrégation des polyQ. Nous avons récemment entrepris une nouvelle approche basée sur l’observation qu’une proportion en général faible de mutations responsables de perte de fonction correspondent à des délétions touchant plusieurs exons du gène cible. Les analyses effectuées sur des familles consanguines pour lesquelles le gène n’est pas encore identifié nous permettent d’exclure la présence d’un gène pouvant expliquer plus de 10 % des cas. Cette stratégie doit nous permettre de révéler la structure de la polyQ. notamment en sélectionnant les régions d’homozygotie chez des patients issus de familles consanguines. 2007). Trottier étudie la physiopathologie de la maladie de Huntington (MH) et l’ataxie spinocérébelleuse de type 7 (SCA7). Ceci complique l’identification de nouveaux gènes. En collaboration avec le Dr A. mais aussi celle de l’anticorps. avec K. L’expansion de polyQ (au-delà d’environ 39 résidus) confère aux protéines mutées de nouvelles propriétés neurotoxiques. nous avons conçu un ..GÉNÉTIQUE HUMAINE 205 La stratégie d’identification de nouveaux gènes BBS se poursuit (il reste environ 25 % de patients ne correspondant à aucun des gènes connus).8 million de positions analysables (puces 6.. que nous avions caractérisé antérieurement (Trottier et al. un motif retrouvé dans un grand nombre de protéines. Cette étape préliminaire nous guide actuellement dans l’analyse des cristaux formés par le complexe polyQ:anticorps. sur la base de nos travaux antérieurs (Klein et al. Mérienne) L’équipe de Y. D’autre part. avec une spécificité d’atteinte des neurones qui diffère selon la maladie. Notre stratégie consiste à déterminer la structure de polyQ de longueur déterminée interagissant avec un partenaire. Podjarny (IGBMC). mais dont la fonction reste inconnue.

Nr2e3) qui contrôlent la différenciation des photorécepteurs (Abou-Sleymane et al. menant peut-être les photorécepteurs à se dédifférencier. Helmlinger et al. Les analyses sont effectuées in vitro dans un modèle cellulaire et dans un modèle souris. La rétine de ces souris se développe normalement jusqu’à 3 semaines d’âge.. Paris 7). 2004 . 2004 .. Nous poursuivons l’étude du potentiel thérapeutique de ce polypeptide dans un modèle drosophile de maladie à polyQ en collaboration avec le Dr Hervé Tricoire (CNRS/U. comme l’ataxine-7 fait partie du complexe TFTC qui régule la transcription en acétylant les histones (Helmlinger et al.. 2006 ). Plusieurs voies pathogéniques pourraient participer à cette « dédifférenciation » et sont actuellement à l’étude dans notre laboratoire. Premièrement. 2007) et le Dr Nicolas Winssinger (ISIS. manuscrit en préparation). Yefimova et al. 2007). Crx. Ces données suggèrent que l’ataxine-7 mutée compromet le programme génétique de différenciation des photorécepteurs... 2006 . 2004). une altération de l’architecture du noyau avec une décondensation de la chromatine (Helmlinger et al. nous étudions deux molécules chimiques qui semblent prévenir l’accumulation ainsi que l’agrégation des protéines mutées. L’étude du profil transcriptionnel de la rétine des souris SCA7 a révélé une forte répression des gènes spécifiques des photorécepteurs. une disparition des cils connecteurs associée à une réapparition de centrosomes ou de cils primaires périnucléaires. 2003). Nous nous intéressons également aux mécanismes d’action de ces molécules.. Troisièmement. 2006).. qui récapitule la dégénérescence rétinienne observée chez les patients. notamment des facteurs de transcription (Nrl. Afin d’identifier les mécanismes de dysfonction et de dégénérescence neuronale. où l’activité ERG est absente. nous étudions depuis plusieurs années un modèle souris SCA7. et que l’inactivation génétique de c-Jun retarde la rétinopathie des souris SCA7 (Mérienne et al. UK) (Rousseau et al. ou bien la phagocytose de la couche des segments des photorécepteurs. nous avons récemment observé une activation microgliale importante aux stades précoces de la rétinopathie de ces souris. . Dehay et al. Ce projet est issu d’une collaboration avec le Dr Anne Bertolotti (Cambridge. puis l’activité mesurée par électrorétinogramme (ERG) diminue progressivement et s’accompagne d’anomalies morphologiques des photorécepteurs : une perte des segments externes et internes. Nous avons montré que c-Jun régule le facteur Nrl. l’ataxine-7 mutée s’agrège dans les photorécepteurs et cause un stress en activant la voie Jnk/ c-Jun (Mérienne et al. il semble que l’ataxine-7 mutée causerait une dysfonction de TFTC qui mènerait à la décondensation générale de la chromatine (par hyperacétylation) et à la dérégulation des gènes spécifiques aux photorécepteurs (Helmlinger et al.206 JEANLOUIS MANDEL polypeptide ayant des propriétés anti-agrégation in vitro.. Également dans une perspective thérapeutique.. Deuxièmement. Strasbourg).. Ces photorécepteurs non différenciés et non fonctionnels survivent néanmoins jusqu’à un stade tardif de la pathologie. Nous tentons actuellement de savoir quel est le rôle de l’activation de la microglie : soit la sécrétion de facteurs de survie.

chez les mammifères. A travers les différents modèles murins générés. Allemagne) a permis de montrer que la protéine cytosolique huNbp35. K. qui entraîne un déficit fonctionnel des protéines fer-soufre (Fe-S) et une accumulation intramitochondriale de fer. L’ensemble de ces résultats démontre l’existence d’une machinerie complexe pour l’assemblage des protéines à noyau Fe-S qui est peu étudiée chez les . Mérienne étudie les mécanismes menant à l’instabilité sélective de l’expansion CAG dans le striatum.dans le striatum. caractérisée par une dégénérescence spino-cérébelleuse et une cardiomyopathie hypertrophique. le rôle central de la mitochondrie reste controversé puisqu’une machinerie cytosolique d’assemblage des centres Fe-S indépendante a été proposée.. Ces modèles conditionnels reproduisent l’essentiel des caractéristiques physiopathologiques et biochimiques de la pathologie humaine. qui est aussi présent dans la pathogenèse de la maladie de Huntington (MH). Lill (Marburg. L’expansion CAG dans le locus HD muté montre une forte instabilité -avec une tendance à un allongement additionnel. Le rôle du stress oxydatif. 2001 . nous avons constaté que la rétinopathie s’accompagne d’un stress oxydatif précoce important. Simon et al. la région cible principale de la pathologie.. Puccio s’intéresse aux mécanismes physiopathologiques de l’ataxie de Friedreich (AF). 2004). Dans la levure. L’ataxie de Friedreich est une maladie autosomique récessive. une région épargnée. la mitochondrie joue un rôle central pour la biosynthèse de tous les noyaux Fe-S. la frataxine. Cependant.. Cette équipe a créé depuis plusieurs années des modèles souris de l’ataxie de Friedreich. une P-loop NTPase.GÉNÉTIQUE HUMAINE 207 Quatrièmement. 2008). indépendant de leur localisation cellulaire. il est probable que l’instabilité — et l’allongement — de l’expansion CAG dans le striatum contribue à la dégénérescence sélective de cette région du cerveau. plus la pathologie est précoce et sévère. Puccio) L’équipe de H. nous avons récemment montré que la frataxine est nécessaire pour la biogenèse d’enzymes Fe-S nucléaires et cytosoliques. Comme les études corrélatives génotype-phénotype antérieures ont révélé que plus l’expansion est longue. notamment la voie de réparation d’ADN. Une collaboration avec l’équipe de Pr R. par inactivation conditionnelle spatio-temporelle (système Cre-Lox) du gène de la frataxine (Puccio et al. par la construction et l’étude de modèles murins et de modèles cellulaires. 2007). gravement invalidante.. est essentielle pour les protéines à noyau Fe-S cytosoliques et nucléaires et joue un rôle dans la régulation du fer (Stehling et al. Elle est due à la diminution quantitative d’une protéine mitochondriale. et peu d’instabilité dans le cervelet. est actuellement à l’étude dans la rétinopathie de ce modèle SCA7. Ces résultats ouvrent la porte sur de nouvelles pistes physiopathologiques. et qu’il n’existe donc pas de machinerie de biosynthèse des noyaux Fe-S chez les mammifères complètement indépendante de la mitochondrie (Martelli et al. Physiopathologie de l’ataxie de Friedreich (équipe H.

le site final de clivage de la forme mature m-FXN est sujet de controverses. De plus. Par une analyse de spectrométrie de masse (en collaboration avec Manuela Argentini.208 JEANLOUIS MANDEL mammifères. Le criblage s’est . Nous avons également démontré que la forme m78-FXN est capable de restaurer la survie cellulaire de cellules déficientes en frataxine. Dans le but d’identifier de nouvelles molécules potentiellement thérapeutiques. qui présente un défaut de prolifération cellulaire et certaines caractéristiques moléculaires de l’AF. une protéine commençant à l’acide aminé 56 (m56-FXN) et deux autres récemment décrites en 2007. Cependant. IGBMC). Les lignées cellulaires de patients sont peu utiles pour des analyses biochimiques car phénotypiquement normales puisqu’elles sont issues de cellules épargnées par la maladie (lymphoblastes et fibroblastes).and m81-FXN). débutant à l’acide aminé 78 ou 81 respectivement (m78-FXN. soulignant une nouvelle fois le rôle important de la frataxine (CarelleCalmels et al. par des essais de mutagénèse dirigée. donc plus sévère. en préparation). probablement par un arrêt du cycle cellulaire. 2008). et que les deux autres formes décrites n’existaient pas sous forme endogène (Schmucker et al.. nous avons déterminé que la maturation se faisait en deux étapes et que les formes m56-FXN et m78-FXN pouvaient être produites en conditions cellulaires lorsque que la maturation normale de la protéine était perturbée. trois formes différentes de la protéine mature ont été décrites : depuis 1998. ainsi que pour un criblage à grande échelle de molécules potentiellement thérapeutiques. Son import et sa maturation dans la mitochondrie impliquent deux clivages N-terminaux. La frataxine (FXN) est une protéine mitochondriale synthétisée sous forme d’un précurseur de 210 acides aminés. nous avons démontré que m81-FXN était la forme mature majoritaire in vivo. en collaboration avec la plateforme de criblage du genopôle AlsaceLorraine. Ce système nous a permis de montrer que l’absence totale en frataxine dans des fibroblastes conduit à la mort cellulaire.. L’établissement de lignées cellulaires directement à partir des souris mutantes constitue donc un excellent système pour étudier les anomalies biochimiques liées à l’absence totale de frataxine. IGBMC) pour isoler par cytométrie de flux des cellules murines complètement délétées pour la frataxine. En effet. nous avons recherché des molécules susceptibles de restaurer le retard de croissance cellulaire par criblage robotisé des molécules de la chimiothèque Prestwick (1 500 molécules) (Carelle-Calmels. L’étude fondamentale sur le métabolisme des protéines à Fe-S proposée dans le cadre de notre projet ERC permettra la compréhension des conséquences d’un déficit du métabolisme Fe-S de la mitochondrie dans les cellules neuronales. Nous avons utilisé des lignées cellulaires murines portant un allèle d’inactivation conditionnelle de la frataxine en combinaison avec l’expression d’une recombinase EGFP-Cre (en collaboration avec Brigitte Kieffer. Nous avons généré un modèle cellulaire par une stratégie d’antisens par ribozyme. soumis).

. et d’identifier une élévation modérée de l’alphafœtoprotéine chez les porteurs hétérozygotes (Anheim et al.. manuscrit en préparation).. un déficit en succinate déshydrogénase et aconitase ainsi qu’une surcharge en fer est observée dans les muscles des patients. Malheureusement. Le Dr Marie Wattenhofer-Donzé. qui étudie ce modèle. 2008. 2008).. la présence de noyaux centraux. Koenig) L’équipe avait précédemment identifié les gènes impliqués dans des formes d’ataxie avec apraxie oculomotrice (AOA1/gène aprataxine en 2001 . dont les deux premières sont impliquées dans la réparation des cassures de l’ADN. Nous avons récemment généré un modèle murin déficient en frataxine dans le muscle squelettique. aucune des molécules n’a été retenue lors de la courbe dose-réponse.GÉNÉTIQUE HUMAINE 209 effectué en 3 étapes : criblage initial. Récemment. des fibres rouges déchiquetées (ragged red fibers). L’analyse clinique de patients AOA2 confirmés par l’identification de mutations du gène de la sénataxine nous permet de mieux définir cette nouvelle forme d’ataxie. D’autres loci d’ataxie récessive ont été identifiés par analyse de liaison dans des familles consanguines avec d’autres formes d’ataxie. confirmation et dose-réponse. Ces gènes codent pour trois protéines nucléaires. Ceci suggère qu’il serait peut-être intéressant d’élargir le phénotype associé à la perte de fonction en frataxine. 2007). Un criblage à plus grande échelle est envisagé pour augmenter les chances de réussite. Tazir et al. En accord avec le rôle de IscU. en la recherchant dans des myopathies mitochondriales nonexpliquées.. AOA2/gène senataxine en 2004) ainsi que plusieurs familles avec une forme très rare d’ataxie avec apraxie oculomotrice due à une mutation fondatrice dans le gène MRE11 (Fernet et al. qui . Ce modèle musculaire montre que l’absence totale de frataxine dans le muscle induit une myopathie mitochondriale avec des fibres musculaires de tailles variées. Ce gène est impliqué dans l’assemblage des noyaux Fe-S et est un partenaire direct de la frataxine. en particulier l’âge de début toujours supérieur à 8 ans et l’association avec une élévation de l’alpha-fœtoprotéine sérique qui en font de très bons critères d’orientation diagnostique. Khan et al. nous avions identifié 48 molécules ayant un effet positif sur la croissance des cellules déficientes en frataxine. des dépôts mitochondriaux de fer et un déficit spécifique des protéines à noyau Fe-S ainsi qu’une acidose lactique (Wattenhofer-Donzé.. Gazulla et al. est titulaire d’un poste ATER du Collège de France pour les années 2006-2008. Génétique moléculaire des ataxies récessives (équipe M. et la recherche des gènes mutés a été entreprise (Gribaa et al. 2005. Il est intéressant de noter un cas clinique reporté dans la littérature d’un garçon avec un diagnostic moléculaire de l’AF présentant en plus des signes cliniques et électrophysiologiques d’AF. une myopathie mitochondriale sévère avec une prolifération mitochondriale et une structure anormale des fibres musculaires. l’anomalie génétique responsable d’une myopathie mitochondriale avec acidose lactique a été identifiée : une mutation du gène ISCU menant à une anomalie d’épissage de son ARN messager. Nous avons ainsi participé à l’identification du gène du syndrome de Marinesco-Sjögren. soumis. soumis). Après confirmation.

au moins lors d’un exercice musculaire. 3 et 4. Syndrome de Coffin-Lowry et kinase RSK2 (équipe A. Des souris invalidées pour le gène RSK2 ont été créées précédemment par l’équipe. L’analyse bioinformatique de la séquence ADCK3 et des protéines apparentées montre également qu’elles forment une famille de kinases ancestrales ayant de lointaines similitudes avec les phosphoinositide-kinases et les choline-kinases. et une corrélation entre le niveau de répression d’ADCK4 et le taux résiduel en coenzyme Q10. Cette ataxie est donc la cinquième forme d’ataxie récessive due à un déficit d’une protéine mitochondriale. La divergence avec les autres membres de la famille ADCK (ADCK1. Nous avons trouvé à la place d’une surexpression compensatrice attendue d’ADCK4. ou probablement pas. Hanauer) L’équipe étudie les bases moléculaires du syndrome de Coffin-Lowry (retard mental syndromique lié au chromosome X. un lipide essentiel au transport des électrons dans la chaîne respiratoire mitochondriale..-E. une co-répression de ce dernier en présence de mutations ADCK3. suggérant que le substrat d’ADCK3 n’est pas nécessairement. ADCK3. confirmant que le dysfonctionnement de cette organelle en général et de la chaîne respiratoire en particulier. dans les lignées de patients mutés pour ADCK3. La divergence entre les gènes ADCK3 et – 4 a probablement commencé au moment de la duplication génomique liée à l’apparition des vertébrés. en collaboration avec l’équipe du Pr A. Ces résultats suggèrent qu’ADCK4 est également impliqué dans la régulation de la synthèse du coenzyme Q10 (Lagier-Tourenne et al. Les patients de quatre autres familles se sont avérés avoir des mutations du même gène. des anomalies de la dentition (manuscrit en cours de .. L’analyse rétrospective des patients avec mutations ADCK3 confirme la présence d’un déficit modéré en coenzyme Q10 dans les fibroblastes en culture et d’une élévation modérée des lactates sanguins. 2008). Elles présentent un retard de croissance osseuse (Yang et al. Lehesjoki (Helsinki) (Anttonen et al. est la cause directe des mécanismes dégénératifs des voies cérébelleuses et spinocérebelleuses dans un nombre important de cas. Ce gène code pour une kinase mitochondriale. comportant notamment des anomalies squelettiques progressives) et le rôle de la kinase RSK2 mutée dans ce syndrome et de ses homologues RSK1. – 2 et – 5) est beaucoup plus ancienne puisque déjà présente chez les bactéries. qui est le paralogue le plus proche d’ADCK3. une cataracte et un retard du développement psychomoteur. 2005). impliquée dans la régulation de la synthèse du coenzyme Q10... une protéine. 2004).210 JEANLOUIS MANDEL associe une ataxie précoce. 2008). L’élucidation de la fonction d’ADCK3 devrait permettre d’identifier un mécanisme primitif de régulation de la synthèse de l’ATP (chaîne respiratoire) par l’ATP lui-même (co-substrat de la kinase) et d’éclairer par un angle nouveau l’origine des mécanismes de régulation biologique par les kinases. Nous avons étudié l’expression d’ADCK4. Nous avons plus récemment identifié un nouveau gène d’ataxie récessive par l’analyse d’une grande famille consanguine d’origine algérienne (Lagier-Tourenne et al.

L’ensemble de ces résultats ont été publiés (Marques Pereira et al. l’enzyme limitante de la synthèse des catécholamines. Une dérégulation de la croissance des neurites pourrait ainsi contribuer au déficit fonctionnel du système nerveux des patients CLS et des souris déficientes pour RSK2. 2008).. était significativement augmenté dans le cortex de la souris KO-RSK2 alors que le taux de protéine TH totale est similaire chez les souris KO et les souris WT. mais non de l’hippocampe. en collaboration avec le groupe de Michael Gruss (Université de Magdebourg) de différents neurotransmetteurs a en effet révélé une augmentation des concentrations en dopamine (+ 45 %. à une réduction de la croissance axonale. mais basée sur des études in vitro). in press). une augmentation de 30-40 % de l’activité de ERK1/2 a aussi été constatée dans les motoneurones déficients pour RSK2 par rapport à des motoneurones WT. mais que les axones avaient une longueur significativement plus importante que les axones de motoneurones WT.001) au niveau du cortex. La surexpression d’une forme constitutivement active de RSK2 dans les motoneurones conduisait. Ce résultat a conduit l’équipe à explorer l’expression et la phosphorylation de différents acteurs de la voie dopaminergique. . Tous les autres neurotransmetteurs étaient présents à des taux normaux. L’équipe a récemment mis en évidence des anomalies de la voie dopaminergique au niveau du cortex de ces souris. Cette étude confirme enfin la fonction inhibitrice exercée par RSK2 sur la voie Ras-ERK (elle avait déjà été rapportée auparavant. 2006). Comme dans le cadre de notre étude sur le système dopaminergique.GÉNÉTIQUE HUMAINE 211 préparation) et des déficits d’apprentissage et de mémoire spatiale (Poirier et al. L’équipe a par ailleurs collaboré à une étude portant sur les conséquences de l’inactivation de RSK2 pour la croissance axonale des motoneurones. l’excès de croissance axonale a pu être corrigé. p = 0. Ces résultats ont été rapportés dans une publication qui vient d’être acceptée dans le Journal of Cell Biology (Fisher et al. Cette étude a montré que la survie de motoneurones (spinaux) de souris KO-RSK2 en culture était normale. Les travaux en cours portent sur la caractérisation des conséquences de cette dérégulation du système dopaminergique pour la transmission synaptique. en appliquant un inhibiteur pharmacologique de MEK à des cultures de motoneurones déficients pour RSK2. Nous avons également observé des augmentations significatives des niveaux d’expression du transporteur de la dopamine (DAT) et du récepteur dopamine DRD2 chez les souris mutantes. Une étude par chromatographie HPLC.. La sérine 31 est essentiellement phosphorylée par la kinase ERK. ainsi que sur la morphogénèse de leurs épines dendritiques. Finalement. L’ensemble des résultats suggère que dans des conditions physiologiques normales RSK2 régule négativement l’allongement des axones via la voie de signalisation MAPK/ERK. et nous avons montré que le niveau des formes phosphorylées (activées) de ERK1/2 était nettement augmenté chez les souris mutantes (+ 50 %). au contraire.. Les études en cours portent sur la croissance des neurites de neurones corticaux et hippocampiques. Nous avons montré que le taux de la forme phosphorylée (active) sur la sérine 31 de la tyrosine hydroxylase (TH).

la région la plus amplifiée est située en 3q et contient le gène SOX2 (manuscrit en préparation). Notre étude épidémiologique concernant une série de 1 200 cancers du poumon opéré au CHU de Nancy depuis 1988 (constituant la tumorothèque de Nancy) confirme le besoin de marqueurs pronostics pour les patients de stade I-II dont 45 % meurent de récurrence (publication soumise). N. Nous avons réalisé deux études rétrospectives (Adénocarcinomes : 73 cas et Epidermoïdes : 76 cas) de cancers du poumon de stade I-II stratifiées en deux groupes (survie < 25 mois et > 60 mois) par CGH-array. Pour les deux histologies. La validation des autres gènes est en cours.212 JEANLOUIS MANDEL Finalement. Martinet. délétions) des tumeurs solides par « CGH array » et analyse du transcriptome. Pour les adénocarcinomes. une amplification est présente uniquement chez les courts surviveurs et plusieurs régions de gains et pertes sont trouvées préférentiellement chez ceux-ci. trois études ont été entreprises pour cribler les aberrations chromosomiques par CGH sur puces. Elle a révélé des différences d’expression significatives pour une cinquantaine de gènes. Réarrangements génomiques dans les tumeurs solides (équipe S. Le dernier cas étudié a montré que le point de cassure sur le chromosome X était localisé dans une région dépourvue de gènes. Ces études rétrospectives construites sur des cohortes très homogènes concernent des carcinomes de l’ovaire (coll. a été arrêtée. des cancers du poumon de type épidermoïdes et adénocarcinomes (coll. Ces signatures génomiques seront validées par un ensemble de procédures statistiques. La recherche de nouveaux gènes de retard mental lié au X par l’étude de translocation X-autosome chez des femmes avec retard mental. Parmi les gènes validés dont l’expression est nettement augmentée dans l’hippocampe de souris déficientes pour RSK2. faisant de ce gène exprimé dans le cerveau un candidat pour des formes autosomiques de retard mental (Dubos et al. Pour les formes épidermoïdes. 2008).. une ségrégation partielle est obtenue sur la base de ces aberrations. qui avait été poursuivie ces dernières années. Une confirmation par Q-PCR des aberrations trouvées devrait permettre de définir un set minimal de régions qui pourrait être à la base d’un prototype de test pronostique. L’expression des gènes candidats sélectionnées . Afin d’identifier des marqueurs génomiques pronostiques associés à des paramètres cliniques comme la survie. Arnold). Plusieurs régions sont associées au mauvais pronostic. du Manoir) L’équipe du Dr S. Nancy). N. du Manoir développe des stratégies d’étude des réarrangements chromosomiques (amplifications. on trouve notamment un récepteur ionotropique. une comparaison des transcriptomes d’hippocampe de souris invalidées pour RSK2 et de souris sauvages a été réalisée. Nous avons développé une approche statistique originale pour identifier les régions associées au pronostic. mais que le point de cassure autosomique interrompait le gène CDKL3 (une protéine kinase cdc2-related). La validation d’une dizaine de ces gènes par RT-PCR quantitative et par Western-blot a déjà été réalisée. le facteur de transcription RunX et un facteur d’initiation de la traduction jouant un rôle très important dans la traduction locale au niveau des dendrites.

Laporte J.. Neuromuscular disorders (2007) 17 : 955-959.. A new form of childhood onset.S. Laporte J.. Ce travail visait à identifier une signature moléculaire pronostique de l’apparition ultérieure de métastases dans les cancers VADS par l’exploration du transcriptome et des aberrations génomiques. Al-Rayess M. Nicot A. Wasylyk (Rickman D. une étude initiée par le Prof. Kabiraj M.. Biol. H’mida D. Stein M. Dondaine N. Mandel J.-P... Mandel J. et dans le cadre d’une action du GIS maladies rares (en particulier. Jonveaux.....L.. Subtle central and peripheral nervous system abnormalities in a family with centronuclear myopathy and a novel dynamin 2 gene mutation.. Pour faciliter l’interprétation des données des puces Agilent dans le contexte du retard mental. Nancy).. Dans le cadre de notre plateforme CGH-array.L. and Trottier Y. Pastore A. Hélène Dollfus. visant à identifier de nouveaux gènes du syndrome de Bardet-Biedl).. Myotubularin lipid phosphatase binds the hVPS15/hVPS34 lipid kinase complex on endosomes. and Kœnig M. Salih M.. Drouot N...GÉNÉTIQUE HUMAINE 213 par des filtres bibliographiques et bioinformatiques dans ces régions génomiques sera évaluée dans des tumeurs humaines primaires et dans des tests de croissance tumorale / micrométastase in vivo (souris Nudes). IGBMC). Echaniz-Laguna A.. Anheim M. Altschuh D. (programme DHOS en collaboration avec P. (2007) 371 : 235-244. Elmalik S. Almubarak M. Gribaa M... nous avons développé un programme automatisé. J.. Pathogenic and non-pathogenic polyglutamine tracts have similar structural properties: towards a length dependent toxicity gradient. Backer J. Franques J.. Goebel H.. Oulad-Abdelghani M. Wandinger-Ness A. Tranchant C. Faculté de Médecine de Strasbourg. 190 cancers colorectaux ont été étudiés.. Nierengarten H. Masino L. Lagier-Tourenne C.M. Traffic (2007) 8 : 1052-1067.S. et al. Brain (2007) 130 : 1921-1928. Wasylyk. Bétard C. Klein F. 164 cancers du poumon (PNES-poumon) et 98 VADS (étude du groupe de B. Cette étude publiée par le groupe de B.. fournissant aux cliniciens une liste ordonnée des aberrations numériques ayant le plus de chances d’être causales du retard mental (sur la base de critères comme la taille et le contenu en gènes…) et devant être confirmées de façon prioritaire...... Biancalana V. Zeder-Lutz G. 2008) rapporte plusieurs aberrations génomiques associées à la progression métastatique et pourraient être à la base du développement marqueurs pronostiques et de cibles thérapeutiques dans les cancers VADS métastatiques.. Mol. autosomal recessive spinocerebellar ataxia and epilepsy is localized at 16q21-q23. Mohamed A.. Liste des publications du groupe de génétique humaine de l’igbmc (depuis juillet 2007) Publications parues dans des revues de niveau international avec comité de lecture 2007 Cao C. Nous sommes impliqués dans un programme visant à faciliter l’interprétation de données de CGH sur puces dans le cadre de la description d’aneusomies segmentales pour des patients souffrant de retards mentaux. Carré S. .

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Modérateur de session. « Fragile X syndrome : from diagnostic applications to pathomechanisms ». — Colloque « Actualités dans le domaine des maladies monogéniques : mécanismes physiopathologiques.-L. le 19 février 2008.216 JEANLOUIS MANDEL Conférences données par J. — Colloque inaugural IFR148 « Sciences et ingénierie en biologie Santé ». — Assises de génétique humaine et médicale (Lille) du 17 au 19 janvier 2008. 4 au 6 juin 2008. Genève. le 19 février 2008. dynamine 2 et amphiphysine » à l’Université Bordeaux 2. du gène aux malades et aux familles » Université Victor Segalen Bordeaux 2. « Genetics of mental retardation ». « Les modèles génétiques animaux en recherche médicale ». — Colloque AFSTAL (Association Française des Sciences et Techniques de l’Animal de Laboratoire) « Bonnes pratiques animales : partager l’éthique au quotidien » Strasbourg. Paris le 23 juin 2008. . Strasbourg-Illkirch) 11 et 12 février 2008 (co-organisateur). Mandel (depuis juillet 2007) Conférences grand public — 50e anniversaire de l’association genevoise (INSIEME) de parents de personnes avec handicap mental. Brest le 4 juin 2008. — VIII National medical genetics congress (Çanakkale . « Génome et médecine prédictive ». « De la drosophile à la souris : l’exemple du syndrome X fragile » (organisateur du colloque). — Université de Tous les Savoirs. « Maladies génétiques : aspects physiopathologiques et pistes thérapeutiques ». — Strasbourg-Weizmann symposium on « Transmembrane signaling » (IGBMC. approches thérapeutiques » au Collège de France (Paris) 15 et 16 avril 2008.Turkey) du 6 au 9 mai 2008. le 24 mai 2008. Conférences scientifiques. participation à des congrès — Conférence « Des molécules à la cognition : Un hommage à Jean-Pierre Changeux (Institut Pasteur. « 50 ans de recherche génétique dans le domaine de la déficience mentale ». — « Myopathies centronucléaires : un lien inattendu entre phosphoinositides. — Conférence « Maladies monogéniques. Paris) du 17 au 19 septembre 2007.

date du précédent cours. le décibel (dB) (en réference à Graham Bell). Les quatre cours ont traité des questions suivantes : 1er cours : faut-il repenser l’amplificateur cochléaire ? 2e cours : la transduction mécano-électrique : données physiologiques et moléculaires récentes . qui portera sur la localisation de la source sonore. et intensité sonore (amplitude) avec pour unité de mesure. 1er cours : Faut-il repenser l’amplificateur cochléaire ? Le cours a débuté par un rappel des caractéristiques physiques du son. membre de l’Institut (Académie des Sciences). 4e cours : éléments du traitement du signal sonore par les neurones auditifs du ganglion cochléaire et des neurones des noyaux auditifs du tronc cérébral. suivies d’une introduction au cours de l’année 2009. et de ses harmoniques ou multiples entiers de la fréquence fondamentale). s’ajoutent celles de la perception définies par la . les fonctions de transfert (a) dépolarisation membranaire-exocytose synaptique et (b) exocytose synaptique-stimulation des neurones auditifs . son pur et son complexe : hauteur du son (fréquence : notion introduite par Galilée. définition de la fréquence caractéristique d’une corde vibrante ou fréquence fondamentale. 3e cours : l’environnement moléculaire de la transduction mécano-électrique. A ces grandeurs physiques qui caractérisent la source sonore. professeure TRAITEMENT DES SIGNAUX ACOUSTIQUES : DE LA CELLULE SENSORIELLE AUDITIVE AU COMPLEXE OLIVAIRE SUPÉRIEUR Le cours de l’année 2008 a présenté les avancées réalisées sur la transduction mécano-électrique auditive depuis 2002.Génétique et physiologie cellulaire Mme Christine Petit.

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psychophysique et la psychoacoustique : tonie (sensation de la hauteur sonore, qui n’est pas la simple traduction de la fréquence sonore ; s’y rapporte le pitch anglosaxon, que certaines définitions restreignent cependant à la sensation de hauteur pour des sons mélodiques, musique, prosodie et langues tonales), sonie (perception de l’intensité sonore ; loudness en anglais) et timbre (perception sonore qui s’appuie sur le spectre fréquentiel, l’amplitude de chaque composante fréquentielle, et les caractérisiques temporelles des sons, temps d’installation de l’amplitude de l’enveloppe sonore, par exemple (McAdams et al, 1995). L’histoire du décibel est intimement liée à celle du téléphone. L’introduction du décibel répondait à la nécessité de disposer d’une mesure de la baisse de la puissance du son véhiculé par les câbles du téléphone. Son expression logarithmique repose sur la perception sensorielle, et « sa loi », connue sous le nom de loi de Fechner ou Weber-Fechner, selon laquelle la sensation d’intensité du son varie proportionellement avec le logarithme de l’intensité sonore physique, exprimée en watts/m2 (R = C log(S), relation dans laquelle R représente la sensation d’intensité sonore, S l’intensité du son et C une constante). Le décibel correspond approximativement au plus petit changement d’intensité sonore qu’un individu peut percevoir. Le décibel (dB) est un nombre sans dimension. L’intensité d’un son « IL » (IL = intensity level) s’exprime en dB par la relation IL = 10 log10(I/Ir) dB, soit le logarithme décimal du rapport de l’intensité du son, I (en watts/m2), à celle d’un son de référence, Ir (le facteur 10 traduisant l’expression en dB et non en Bel). En raison de la relation I = p2/Zc (où Zc est l’impédance caractéristique), la pression p, d’un son « SPL » (SPL = sound pressure level) en dB est donnée par, SPL = 10 log10(p/pr)2 = 20 log10(p/pr), soit le logarithme décimal du rapport de la pression du son incident, p (en newtons/m2 ou pascal : 1 N/m2 = 1 pascal (Pa)), à celle du son de référence, pr. Le son de référence a une intensité, Ir, de 10-12 W/m2, et une pression, pr, de 2 ⋅ 10-5 N/m2 (20 μPa ou 2 ⋅ 10-5 Pa). Il correspond à la plus petite intensité (et pression) décelée par l’oreille humaine, soit 0 dB (l’intensité du mouvement brownien est de – 20 dB). Pour un son donné, les valeurs en dB IL et en dB SPL sont identiques. L’élévation d’un seuil de perception auditive de 60 dB correspond au fait que la pression seuil perçue est 103 fois supérieure à la pression de référence et l’intensité seuil perçue est 106 fois l’intensité de référence; une variation de 20 dB correspond à une variation d’un ordre de grandeur de la pression acoustique et de deux ordres de grandeur de l’intensité acoustique. En clinique, on utilise le décibel « hearing level » HL, rapport du seuil de pression auditive observé chez le patient à celui d’un individu dont l’audition est normale. Il a été rappelé que le milieu affecte la vitesse de propagation et l’intensité du son qui le traverse, mais ne modifie pas sa fréquence. La densité du milieu (ρ) et son module d’élasticité (κ) (changement de la pression d’un milieu sous l’effet d’une force qui lui est appliquée, ou rigidité) modifient la vitesse de propagation (c) du son, en raison de la relation c = (κ/ρ)1/2. Plus le module d’élasticité est élevé, plus le son se propage vite ; plus la densité du milieu est élevée, moins le son se propage rapidement. Cependant, le son se propage plus vite dans l’eau que dans l’air car le

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module d’élasticité de l’eau est beaucoup plus élevé que celui de l’air. Enfin, l’impédance caractéristique du milieu, Zc (mesurée en rayls), module à la fois l’intensité et la vitesse de propagation du son. L’impédance est l’inertie opposée par un système au passage d’un signal périodique (la grandeur inverse est l’admittance). La relation entre l’impédance caractéristique et l’intensité sonore sus-mentionnée (I = p2/Zc) montre que plus l’impédance caractéristique du milieu traversé est forte, plus l’intensité sonore diminue ; la relation entre impédance caractéristique et vitesse de propagation du son, Zc = roc, montre que plus l’impédance caractéristique d’un milieu est élevée, plus la vitesse de propagation du son est grande. Par ailleurs, dans un milieu donné, l’intensité sonore varie en relation inverse avec le carré de la distance à la source sonore. L’anatomie et l’histologie cochléaires ont été brièvement rappelées. Les trois fonctions de la cochlée, organe sensoriel auditif des mammifères, ont ensuite été évoquées : analyse spectrale, amplification de la stimulation sonore, et transduction mécano-électrique. Celles-ci rendent compte de ses performances exceptionnelles : une discrimination fréquentielle qui atteint 0,2 % à 1 000 Hz chez l’homme dans les expériences psychoacoustiques, une détection de sons dont l’énergie est proche de celle du bruit thermique, et une précision temporelle de réponse de l’ordre de la dizaine de microsecondes. Le cours s’est ensuite concentré sur la question de l’amplificateur cochléaire. L’amplificateur cochléaire Les vagues de pression qui atteignent le tympan sont transmises à la périlymphe de la rampe vestibulaire (scala vestibuli) de la cochlée par les osselets de l’oreille moyenne dont le dernier, l’étrier, vient frapper la membrane de la fenêtre ovale qui obture cette rampe. Une différence de pression est créée entre les différentes rampes de la cochlée, qui est transmise au canal membraneux cochléaire abritant le neuroépithélium auditif (organe de Corti). Il s’ensuit un déplacement, selon l’axe transverse, de la membrane basilaire sur laquelle repose l’organe de Corti. En examinant, par illumination stromboscopique au microscope, le mouvement de la membrane basilaire de cochlées humaines prélevées post mortem, von Bekesy avait observé que les pics de déplacement de cette membrane étaient distribués le long de l’axe longitudinal de la cochlée en fonction de la fréquence du son incident. Pour chaque fréquence, il existait un emplacement spécifique le long de l’axe longitudinal de la cochlée où le déplacement de la membrane basilaire était maximal. Von Bekesy avait ainsi découvert l’existence d’une carte fréquentielle de long de l’axe longitudinal de la cochlée (Von Bekesy, 1956). Cette relation entre la fréquence du son et l’emplacement où la vibration de la membrane basilaire est maximale, est appelée transformation tonopique. Von Bekesy reçut en 1961 le prix Nobel pour cette découverte.

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Bien vite, ces données suscitèrent des interrogations. Les pics de déplacement de la membrane basilaire étaient très larges en regard de la discrimination fréquentielle mise en evidence par les expériences psychoacoustiques. Ces dernières avaient, dès 1954, trouvé une traduction physiologique par les travaux de Ichiji Tasaki (Tasaki, 1954), qui montraient que chaque neurone auditif répond préférentiellement à une fréquence particulière. Ces courbes de réponse neuronale, dite courbes d’accord (seuil de la décharge neuronale en dB en fonction de la fréquence sonore), très pointues, plaidaient en faveur de l’existence d’un mécanisme additionnel de sélectivité fréquentielle. L’introduction de l’interférométrie-laser, qui autorisait des mesures beaucoup plus précises du mouvement de la membrane basilaire que les analyses stroboscopiques, couplée à l’enregistrement des réponses électriques neuronales, allait de fait montrer qu’in vivo, les vibrations maximales de la membrane basilaire étaient d’une part beaucoup plus amples, et d’autre part limitées à un emplacement plus restreint de la membrane basilaire pour une fréquence du son donnée. A la sélectivité « passive », grosssière, de la membrane basilaire (en rapport avec ses propriétés physiques), s’ajoutait donc une sélectivité « active » qui amplifiait le mouvement passif. Or l’existence d’un amplificateur cochléaire actif avait été prédite par Thomas Gold (Gold, 1948). En 1948, Gold avait souligné que la cochlée, remplie de liquide, ne pouvait pas être le site d’une résonance mécanique passive d’amplitude suffisante pour permettre la détection de sons dont l’énergie est proche de celle du bruit thermique, et, qui plus est, avec une bonne sélectivité fréquentielle. Il conclut à la nécessité d’une source d’énergie interne pour compenser la perte d’énergie par dissipation visqueuse. L’amplification du déplacement de la membrane basilaire varie de manière non linéaire avec l’intensité du stimulus. Le facteur d’amplification a trois régimes : il est maximal pour les intensités du son les plus faibles, décroit de manière non linéaire pour des intensités croissantes, et est quasiment nul au-delà de 60 dB. Au total, pour les 6 ordres de grandeur de la pression sonore auxquels la cochlée humaine est sensible, de 0 à 120 dB SPL, l’amplitude des vibrations de la membrane basilaire varie d’un facteur 100 (le déplacement au seuil auditif est de 0,1 nm ; son maximum est de 10 nm à 120 dB). L’amplification, non linéaire, est donc aussi compressive, puisque le gain de deux ordres de grandeur du déplacement de la membrane basilaire correspond à six ordres de grandeur pour la pression du son correspondant. Cette amplification est restreinte à la région de la cochlée où les cellules sensorielles ont une fréquence caractéristique proche de celle du son incident. En effet, chaque cellule sensorielle, dite cellule ciliée, répond préférentiellement à une fréquence particulière. L’amplification augmente donc aussi la sélectivité en fréquence de la réponse cochléaire. L’amplificateur, pour être efficace, doit imprimer une force sur la membrane basilaire en synchronie avec son déplacement cyclique provoqué par l’onde sonore. Cet amplificateur a aussi pour action, pense-t-on, de permettre de détecter des sons de haute fréquence, dont l’énergie dissipée par l’amortissement visqueux dans la cochlée est plus importante que pour les sons de basse fréquence.

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En 1978, Peter Dallos (Dallos et Harris, 1978) montrait que les cellules ciliées externes (CCE) sont indispensables à la fonction d’amplification. La découverte de l’électromotilité de ces cellules il y a bientôt 25 ans (Brownell et al, 1985) (le phénomène avait cependant été évoqué dès 1967 par Goldstein et Mizukoshi (Goldstein et Mizukoshi, 1967), cf. cours 2002), paraissait avoir résolu l’origine de l’amplification. William Brownell découvrait que si on applique une dépolarisation à une CCE, elle se contracte ; la longueur de sa paroi latérale diminue, cette réduction pouvant atteindre 4 % de la longueur totale. Puis, il observait qu’un courant alternatif, qui mime en quelque sorte le cycle de dépolarisation-repolarisation de la CCE induit par le son, augmente la longueur de la CCE durant sa phase hyperpolarisante et la raccourcit durant sa phase dépolarisante. Il y a donc variation de longueur en fonction du voltage, et réciproquement, si on étire la cellule, elle s’hyperpolarise. Ces propriétés répondent à la définition d’un composant piézoélectrique. En réalité, ce n’est pas tant le changement de longueur que la force développée en parallèle avec ce changement de longueur qui est le paramètre physiologique à prendre en compte. Les caractéristiques de l’électromotilité des CCE répondent-elles à celles de l’amplificateur cochléaire ? La force produite par l’électromotilité est d’environ 100 pN/mV. La dépolarisation de la CCE peut atteindre 20 mV; la force produite peut donc atteindre environ 2 nN ; elle est du même ordre de grandeur que celle que les CCE appliquent sur la membrane basilaire. En revanche, cette force varie quasi linéairement avec le potentiel électrique de membrane pour des valeurs physiologiques de ce potentiel. La rigidité du corps cellulaire varie aussi avec le voltage, de 1 à 25 nN/mm, et cette variation est, elle aussi, presque linéaire. Ceci ne constitue pas un argument contre le fait que l’électromotilité soit à l’origine de l’amplification. En effet, la stimulation de la touffe ciliaire par le son engendre une variation non-linéaire du potentiel de membrane qui conférera une variation non-linéaire aux paramètres de l’électromotilité qui dépendent du voltage. L’idée qui prévaut est que l’amplificateur doit injecter de l’énergie, cycle par cycle, jusqu’à de très hautes fréquences, plus de 100 kHz chez la chauve-souris. Il n’est cependant pas démontré qu’une amplification à chaque cycle existe effectivement pour des fréquences très élevées du son. L’électromotilité peut-elle aussi opérer à des fréquences très élevées ? Quand des CCE sont soumises à un courant alternatif atteignant 70 kHz, leurs parois se contractent et se décontractent bien cycle par cycle. On notera toutefois qu’à ce jour, aucune vibration de la membrane basilaire excédant 13 kHz n’a été raportée. Enfin, un composant piézoélectrique a bien été identifié dans les parois des CCE. Il s’agit d’une protéine intégrale de membrane, qui a été nommée prestine, en référence à son aptitude de réponse à des sons de haute fréquence. Pourtant, une interrogation demeure, qui a conduit certains à remettre en question l’électromotilité comme mécanisme de l’amplification. La dépolarisation de la touffe cilaire (structure de réception de la stimulation sonore et site de la transduction) doit se propager aux parois latérales de la CCE. Or la constante électrique de temps de la membrane (produit de sa résistance électrique et de sa

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capacité) fait que cette membrane se comporte comme un filtre « passe-bas », c’est-à-dire qu’elle ne laisse passer sans déformation que des fréquences électriques inférieures à 1 kHz. Il y a là un véritable paradoxe, puisque l’électromotilité apparaît durant l’évolution chez les mammifères, quand l’organe auditif devient sensible aux sons de haute fréquence. Or, elle ne pourrait agir qu’à basse fréquence, à cause de la contrainte imposée par la constante électrique de temps de la membrane. Soit il y a un maillon manquant dans la caractérisation de l’amplification ou la compréhension du mode de stimulation électrique de la membrane plasmique conduisant à l’électromotilité, soit l’amplificateur ne se situe pas dans la paroi des CCE. De surcroît, il faut souligner que les vertébrés inférieurs, qui n’ont pas de CCE, ont cependant un seuil auditif très bas et une bonne sélectivité de leur réponse fréquentielle. C’est ainsi qu’au cours des dernières années, une hypothèse alternative a été proposée, qui place l’amplificateur dans la touffe ciliaire. En parallèle, d’autres fonctions ont été proposées pour l’électromotilité. Ainsi, elle pourrait positionner la touffe ciliaire des CCE dans sa zone de sensibilité maximale à la stimulation sonore. L’hypothèse alternative repose sur l’existence de mouvements spontanés de la touffe cilaire et de mouvements déclenchés par l’adaptation. Des oscillations spontanées de la touffe ciliaire ont été observées chez des vertébrés inférieurs, d’abord la tortue (Crawford et Fettiplace, 1985), puis la grenouille (Martin et Hudspeth, 1999). Elles démontrent l’existence de mouvements actifs de la touffe cilaire (Martin et Hudspeth, 1999). Les touffes ciliaires du saccule de grenouille (qui sont sensibles à des fréquences allant de 5 à 130 Hz) ont des oscillations spontanées bruitées, dont la fréquence va de 5 à 50 Hz, et l’amplitude de 25 à 100 nm. Leur stimulation par une fibre flexible à une fréquence donnée, conduit à une amplitude plus grande de leur mouvement lorsque la fréquence du stimulateur est proche de la fréquence caractéristique de leur oscillation spontanée. Il y a donc bien amplification de la stimulation par la touffe ciliaire. De plus, cette amplification a les caractéristiques de celle observée chez les mammifères. Elle possède une spécificité fréquentielle, et opère de façon non linéaire. Cependant, le facteur d’amplification que produit la résonance de la touffe cilaire est de l’ordre de 5 à 10, et non de 100, comme attendu chez les mammifères. Il faut cependant noter qu’il s’agit ici de la réponse d’une cellule unique chez la grenouille, alors que l’amplification mesurée chez les mammifères est le résultat de l’activité de plusieurs cellules. Ces oscillations spontanées cessent si l’on bloque le canal de transduction mécano-électrique par la gentamicine. Autre élément à l’appui du rôle du canal dans ces oscillations : elles sont dépendantes des ions Ca2+, comme l’est la cinétique de ce canal (voir ci-dessous). Si, par iontophorèse, on augmente la concentration des ions Ca2+ à la pointe des stéréocils, on accélère le mouvement de la touffe ciliaire et on diminue son amplitude. Si on chélate les ions Ca2+, on observe l’effet inverse. Des déplacements de la touffe cilaire des CCI induits par un courant alternatif transépithélial ont récemment été observés aussi chez la gerbille, dans un dispositif experimental qui, comme celui utilisé précédemment pour la grenouille, préserve l’intégrité des deux compartiments

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liquidiens, endolymphatique et périlymphatique, de la cochlée (Chan et Hudspeth, 2005). Les déplacements induits de la touffe ciliaire persistaient quand les ions K+ de l’endolymphe étaient remplacés par les cations monovalents NMDG (N-methyl-D-glutamate), qui ne traversent pas le canal de transduction mécanoélectrique et le bloquent, tout en laissant passer les ions Ca2+. Dans ces conditions, c’est-à-dire en l’absence de dépolarisation (et donc d’électromotilité) mais en présence d’entrée d’ions Ca2+, les mouvements de la touffe ciliaire étaient encore observés. Si la stimulation était acoustique, l’amplitude du déplacement des stéréocils des CCI augmentait de manière non-linéaire et compressive (modérément) avec l’intensité de la stimulation, tout comme les potentiels microphoniques, potentiels électriques extracellulaires provenant pour l’essentiel de l’activité électrique des CCE. La dépendance de ces mouvements à l’égard des ions Ca2+ renvoie aux deux cibles calciques de la transduction mécano-électrique qui ont été proposées comme acteurs de l’adaptation (voir ci-dessous), les myosines pour l’adaptation lente, et le canal de transduction lui-même, pour l’adaptation rapide. L’autre considération à l’appui de la présence d’un amplificateur logé dans la touffe ciliaire est celle qui lie étroitement adaptation et mouvements de la touffe ciliaire. S’y ajoute un travail récent qui suggère l’existence d’une force produite par la touffe ciliaire des CCE. La discussion de ces travaux ne peut se faire sans un rappel de quelques éléments concernant la transduction mécano-électrique. Dès les premiers enregistrements du courant de transduction mécano-électrique, il est apparu que ce courant n’est pas nul lorsque la cellule sensorielle est dans une position de repos. Un certain pourcentage des canaux de transduction mécanoélectrique sont donc ouverts lorsque la touffe ciliaire est dans sa position de repos. Lorsque la touffe ciliaire est soumise par le son à un mouvement sinusoïdal autour de sa position de repos, ou défléchie par une fibre de verre rigide, son déplacement en direction des stéréocils les plus longs se traduit par une augmentation brutale du courant, liée à l’ouverture des canaux de transduction. Défléchie dans le sens opposé, ces canaux se ferment, le courant diminue. Leur ouverture conduit à l’entrée d’ions K+ et Ca2+, qui dépolarisent la cellule. Le seuil de déplacement de la touffe ciliaire qui conduit à une dépolarisation est d’environ 1 nm. En termes de pression, la pression la plus faible perçue par le système auditif est de 20 μPa. Des mesures récentes effectuées chez le cobaye ont permis d’évaluer qu’en réponse à un déplacement de la membrane basilaire de 100 nm, l’apex de la touffe cilaire des CCES de cobaye se déplaçait d’environ 30 nm (Fridberger et de Monvel, 2003 ; Fridberger et al, 2006). En 1984, Pickles découvre le lien apical des stéréocils (Pickles et al, 1984). D’emblée, son implication dans la transduction mécano-électrique est proposée. La transduction mécano-électrique auditive a alors été déjà bien explorée par le groupe de Jim Hudspeth qui, compte tenu du temps très bref entre stimulation mécanique et enregistrement du courant, avait proposé un an plus tôt, un modèle pour cette transduction, connu sous le nom de gating spring model, que l’on peut

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traduire par modèle du « ressort d’ouverture » (Corey et Hudspeth, 1983). Ce modèle stipule que l’ouverture du canal de transduction mécano-électrique est en rapport avec la tension qu’exercent sur lui des éléments élastiques qui lui sont couplés. Ces éléments élastiques se comportent comme un ressort (ressort de transduction). Si la tension dans ce ressort vient à baisser, les canaux se ferment. Le modèle associe donc la tension du ressort de transduction à la probabilité d’ouverture des canaux de transduction. Il faut une tension mécanique pour ouvrir le canal, et réciproquement, l’ouverture du canal produit une force (Howard et Hudspeth, 1988). La raideur de la touffe ciliaire a été mesurée dans le saccule de grenouille en 1988 (Howard et Hudspeth, 1988), et estimée à environ 1 mN/m (dans ces mesures, les liens latéraux qui unissent les stéréocils avaient sans doute été éliminés par le traitement enzymatique effectué au préalable). La moitié de la raideur avait alors été attribuée au canal de transduction mécano-électrique lui-même, et l’autre aux pivots des stéréocils. L’ouverture des canaux est par ailleurs associée à une baisse de rigidité de la touffe ciliaire, qui n’apparaît pas si le canal est bloqué alors que la touffe ciliaire est défléchie. Cet assouplissement lié à l’ouverture des canaux a reçu le nom de gating compliance (assouplissement d’ouverture). En 1991, Assad et Corey montraient qu’en présence de BAPTA, un chélateur des ions Ca2+, les liens apicaux étaient détruits et la transduction abolie ; les liens apicaux autorisés à régénérer, la transduction retrouvait sa valeur initiale (Assad et al, 1991). Ces auteurs produisirent alors un schéma de la transduction qui désignait le lien apical comme le ressort de transduction. En traitant les touffes ciliaires par le BAPTA, seul persiste 50 % de la raideur de la touffe ciliaire (tout comme après le blocage du canal de transduction mécano-électrique). Les calculs retrouvaient une raideur du gating spring, Kgs, d’une valeur de 0,5 à 1 mN/m. En 2000, des études en microscopie électronique conduites par Bechara Kachar (Kachar et al, 2000) révélèrent que le lien apical est composé de deux protofilaments enroulés en une hélice dextrogyre, dont la périodicité est d’environ 20 nm et le diamètre compris entre 5 et 10 nm, avec deux insertions apicales et trois basales. Cette structure du lien apical suggérait qu’il pouvait être, non pas élastique, mais rigide. Sa nature moléculaire, discutée dans le cadre du second cours, n’évoque pas, de fait, celle d’un lien élastique. L’idée prévaut aujourd’hui selon laquelle le gating spring est une structure intra-stéréociliaire associée directement ou indirectement au canal de transduction mécano-électrique. Comme mentionné précédemment, une relation a été établie au cours des dernières années entre adaptation de la transduction mécano-électrique et mouvement de la touffe cilaire. L’adaptation permet à tout système sensoriel de restaurer sa sensibilité à de petites stimulations transitoires, alors même qu’une forte stimulation statique se maintient. Si l’on prend l’exemple du saccule de la grenouille, organe vestibulaire très semblable, dans son fonctionnement, à la cochlée, il peut déceler des accélérations verticales du sol un million de fois plus

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petites que celle du champ de gravitation terrestre (Narins et Lewis, 1984). Le processus d’adaptation consiste en la restauration de la probabilité d’ouverture des canaux de transduction mécano-électrique à une valeur proche de sa valeur de repos. En d’autres termes, il y aurait restauration de la tension du ressort de transduction, que la touffe ciliaire ait été défléchie en direction des grands stéréocils (ouverture des canaux) ou dans le sens opposé (fermeture des canaux). C’est ce que traduisent les courbes courant-déplacement établies à l’issue de l’adaptation, simples translations de la courbe initiale le long de l’axe des déplacements. La diminution du courant au cours de l’adaptation a un caractère bimodal. Chaque mode a des constantes de temps distinctes. Le premier a une constante de temps de l’ordre de la milliseconde ou moins (adaptation dite rapide), et le second, une constante de temps dix fois plus longue (adaptation dite lente). L’adaptation rapide a été étudiée en fonction de la fréquence caractéristique des cellules sensorielles auditives chez la tortue. Plus ces cellules ont une fréquence caractéristique élevée, plus leur constante de temps d’adaptation est petite. Cette observation a été étendue aux CCE de rat. D’où l’idée proposée selon laquelle c’est la cinétique d’adaptation rapide qui détermine la fréquence caractéristique de la cellule. Dans le 2e et le 3e cours, ont été présentées des avancées récentes portant sur la physiologie moléculaire des cellules sensorielles de la cochlée. L’implication de la cadhérine-23 et de la protocadhérine-15 dans la formation de liens transitoires de la touffe ciliaire en développement et du lien apical (tip link) a été discutée. Les molécules proposées pour entrer dans la composition du canal de transduction mécano-électrique ont été examinées à la lumière des propriétés biophysiques de ce canal. C’est un canal cationique non sélectif qui a une forte perméabilité pour les ions Ca2+. Sa perméabilité aux ions Ca2+ est 5 fois plus importante qu’aux ions Na+, aussi bien chez la grenouille, que chez la tortue et les mammifères. Sa perméabilité aux cations monovalents s’ordonne comme suit : elle est plus élevée pour le Cs+ que pour le K+, que pour le Na+, que pour le Li+. Bloqué par le Ca2+, ce canal l’est aussi par de fortes concentrations de magnésium (Mg2+), par de très faibles concentrations de lanthanium (La3+) ou de gadolinium (Gd3+) ou d’amiloride, ou par la dihydrostreptomycine, 50 à 100 μM. Il n’est pas sensible au voltage. Bien que les canaux de type TRP puissent encore être considérés comme d’excellents candidats, les deux qui ont été proposés à ce jour, TRPN1 et TRPA1, ont été éliminés. La nature moléculaire du moteur d’adaptation a fait l’objet d’une présentation, et les arguments en faveur d’un rôle central de la myosine 1c ont été examinés. Les éléments qui plaident en faveur de l’implication d’une autre myosine, la myosine VIIa, ont été discutés. Le rôle de la pompe calcique Pmca2 dans le rejet des ions Ca2+ hors de la touffe ciliaire a été rappelé, et son mode d’action examiné, en tenant compte de données génétiques obtenues chez l’homme et la souris, qui établissent son couplage fonctionnel avec la cadhérine-23.

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4e cours : éléments du traitement du signal sonore par les neurones auditifs du ganglion cochléaire et les neurones des noyaux auditifs du tronc cérébral. Ont été brièvement abordés, le traitement des signaux acoustiques (fréquence, intensité et caractéristiques temporelles) dans les neurones du ganglion cochléaire, du noyau cochléaire, et les autres noyaux auditifs du tronc cérébral, complexe olivaire et noyaux du corps trapézoïde. Quelques éléments ont été introduits sur la localisation des sources sonores de basse fréquence dans le plan horizontal, avec les rebondissements récents qui remettent en cause un modèle bien établi, que l’on croyait généralisable à l’ensemble des espèces. Les neurones auditifs primaires: diversité et physiologie Dans le ganglion cochléaire, les neurones afférents, neurones de type I, sont dix foix plus nombreux que les CCI. Ce sont des neurones bipolaires, qui ne contactent qu’une seule CCI et ne forment qu’une seule synapse. Au niveau de chaque ruban synaptique, n’existe qu’une seule synapse (rubans synaptiques et neurones auditifs sont dans un rapport de 1). Ces neurones sont myélinisés et, curiosité, cette myélinisation s’étend au corps cellulaire, et même à la racine de la dendrite. Ont été introduites, les notions de fréquence caractéristique (fréquence de stimulation sonore pour laquelle le seuil de réponse est le plus bas) et de courbe d’accord (seuil de réponse à différentes fréquences) de ces neurones, et la mesure de leur sélectivité fréquentielle par le facteur de qualité Q10 dB (rapport entre la fréquence caractéristique du neurone et la différence des fréquences pour lesquelles les seuils de réponse du neurone sont supérieurs de 10 dB au seuil minimal). Cette valeur croît avec la sélectivité fréquentielle de la réponse. La courbe d’accord en fréquence de la membrane basilaire (définie pour une valeur donnée du déplacement) et celle des CCE (définie pour une valeur donnée du potentiel de récepteur) à un même emplacement cochléaire sont superposables. Les courbes d’accord en fréquence des CCI et de leurs neurones afférents sont également semblables. Tandis que les CCE répondent de manière synchrone au déplacement de la membrane basilaire, les CCI répondent de manière synchrone à sa vitesse de déplacement. Dans les situations pathologiques où la touffe ciliaire des CCE perd son ancrage dans la membrane tectoriale, les CCE répondent alors, non plus au déplacement de la membrane basilaire, mais à sa vitesse de déplacement (Legan et al, 2000). Le mécanisme de la stimulation des CCI est assez mal connu ; il implique la dynamique de la membrane tectoriale, et sans doute aussi celle de la lame réticulée (structure rigide formée par les régions apicales des cellules sensorielles et de leurs cellules de soutien, ainsi que par les jonctions entre ces cellules). Quelques éléments de la fonction de transfert mécano-électrique des CCI ont été rappelés. La dépolarisation de la CCI sous l’effet d’une stimulation sonore est au maximum de 20 mV (son potentiel de membrane passe ainsi d’environ – 60 mV à – 40 mV). Elle comporte deux composantes : une composante alternative (AC),

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et une composante continue, ou directe (DC). La composante AC, dont la fréquence est la même que celle du son, n’existe que pour des fréquences inférieures à 4 ou 5 kHz ; sa part ne cesse de décroître, au profit de celle de la composante DC, à partir d’environ 1 kHz. Plus l’intensité du son augmente, jusqu’à 60 dB, plus, dans les CCI comme dans les CCE, les composantes DC et AC augmentent. Des données récentes indiquent qu’au delà de 60 dB, la composante DC augmente davantage que la composante AC. La constante de temps électrique de la membrane détermine une limite de fréquence, au delà de laquelle le potentiel de membrane cesse progressivement d’osciller. Les canaux BK, canaux potassiques de large conductance dépendant à la fois des ions Ca2+ et du voltage (Oliver et al, 2003 ; Marcotti et al, 2004), sont responsables d’un courant potassique sortant de cinétique rapide (courant IK,f). Lorsqu’on supprime ces canaux chez des souris génétiquement modifiées, la constante de temps électrique de la membrane des CCI augmente. La dépolarisation maximale de la CCI augmente considérablement (de 20 mV, elle passe à 80 mV). La dépolarisation est très retardée, créant un délai dans la réponse du neurone auditif, et la repolarisation est très incomplète. La composante AC diminue, tandis que la composante DC augmente. La dépolarisation rapide des CCI stimule les canaux calciques dépendant du voltage, de type L (Cav1.3) ; ils sont au nombre de 1 700 environ par CCI. La présence de 10 à 30 rubans synaptiques par CCI indique qu’une centaine de canaux calciques dépendant du voltage sont associés, en moyenne, à chaque ruban synaptique (leur répartition pourrait être très hétérogène). Les CCI matures ne sont innervées que par des neurones afférents, ou neurones de type I. Chez le chat, Charles Liberman (Liberman, 1982) a pu diviser ces neurones en trois sous-populations en fonction de leur taux de décharge spontanée (de 0 à 100 potentiels d’action par seconde) et de leur morphologie : neurones à taux de décharge spontanée faible (inférieur à 0,5 potentiel d’action par seconde) et de très petit diamètre, neurones à taux moyen de décharge spontanée (0,5 à 17 potentiels d’action par seconde) et de diamètre plus grand, neurones à taux élevé de décharge spontanée (supérieur à 17,5 potentiels d’action par seconde) et de grand diamètre. Ces propriétés sont corrélées avec des seuils de réponse distincts pour chacun des groupes. Plus le taux de décharge spontanée est élevé, plus le seuil de réponse du neurone est bas. Une CCI donnée paraît être innervée par plusieurs neurones de chacun des sous-types. Ces neurones ont une répartition topologique particulière. Les neurones à haut taux de décharge spontanée (bas seuil) sont localisés dans la région de la CCI qui se situe à proximité des cellules piliers internes. Il semble qu’ils établissent des synapses avec des rubans qui ont une taille plus petite que les autres, et un nombre plus faible de vésicules associées. Les projections centrales de ces différents sous-groupes de neurones sont elles aussi différentes. Tous ces neurones se projettent sur le noyau cochléaire, mais les neurones à taux de décharge spontanée faible ou moyen ont un beaucoup plus grand nombre de terminaisons nerveuses destinées à une innervation préférentielle de la région périphérique des petites cellules (voir ci-dessous). Ils sont à l’origine de

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réseaux neuronaux distincts au niveau du tronc cérébral, aussi, semble-t-il. Ces différents sous-groupes de neurones de type I sous-tendent donc un traitement distinct de l’information, qui concerne principalement l’intensité de la stimulation sonore. Ils ont aussi une dynamique de réponse différente d’un neurone à l’autre. Enfin, pour certains, leur seuil de réponse dépendrait de la durée de stimulation. Quelle est l’origine de leur hétérogéneité fonctionnelle ? La question sous-jacente est celle de la participation de la présynapse aux caractéristiques de la réponse neuronale. Comment ces neurones assurent-ils le codage en intensité et en fréquence ? Le codage en fréquence dans les neurones auditifs est différent pour les basses et les hautes fréquences. Les neurones auditifs ont des fréquences de décharge de potentiels d’action qui, comme pour tout neurone, ne peuvent excéder 600 Hz à 1 kHz en raison de la période réfractaire qui suit le potentiel d’action. En réponse à une stimulation sonore de basse fréquence, 300 Hz par exemple, les pics de potentiel d’action peuvent atteindre cette fréquence si l’intensité du son est forte. En tout état de cause, ces pics se situent tous précisément dans la même phase de l’onde sonore. Plus le son est de faible intensité, plus ces décharges sont rares. C’est collectivement que ces neurones peuvent reconstituer une fréquence de décharge identique et synchrone à celle de la stimulation sonore. Ceci s’applique aussi pour le traitement des sons jusqu’à 4 ou 5 kHz chez l’homme (peut-être jusqu’à 10 kHz). Chaque neurone décharge strictement dans la même phase de l’onde sonore, mais c’est seulement collectivement que les neurones reconstituent une fréquence de décharge de quelques kHz. Ce code temporel de l’information fréquentielle est fondé sur le « principe de la volée », par analogie avec une rangée de soldats qui, en tirant à différents moments, feraient un barrage de tir continu. Le codage fréquentiel pour les hautes fréquences repose exclusivement sur une information de position. La carte tonotopique cochléaire en est le socle. Elle est reproduite à chacun des différents étages du système auditif (voir ci-dessous). Comment s’effectue le codage en intensité des diverses fréquences ? On sait par les travaux de Rose (Rose et al, 1967) que l’intensité du son ne modifie ni la synchronisation au son de la réponse des neurones de type I à basse fréquence, ni leur délai de réponse. C’est parce que le délai synaptique n’est pas modulable par l’intensité de stimulation que le codage temporel des signaux sonores est extrêmement robuste. Sa haute précision est mise à profit pour localiser les sources sonores de basse fréquence (voir ci-dessous). A la question des mécanismes qui sous-tendent une synchronisation de décharges à l’identique quelle que soit l’importance de la dépolarisation de la CCI, les travaux d’Elisabeth Glowatzki (Glowatzki et Fuchs, 2002) apportent des éléments de réponse. En enregistrant les courants postsynaptiques au niveau des boutons dendritiques des neurones auditifs, elle a pu montrer que la fusion des vésicules synaptiques de la CCI à la membrane plasmique concerne en moyenne 4 à 7 vésicules en même temps, et que ces événements de fusion multivésiculaire sont les mêmes qu’il s’agisse des décharges spontanées ou des décharges provoquées, d’une faible ou d’une forte stimulation. Chaque événement de fusion est constant, il n’y a pas d’avance de phase lorsque l’intensité augmente (comme observé dans les autres

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systèmes neuronaux). Seule varie, en fonction de l’intensité sonore, la probabilité d’apparition de l’événement. Ces études ont également permis de conclure que 90 % de l’adaptation observée dans la réponse neuronale provient de la machinerie présynaptique. Quant aux neurones auditifs, c’est encore collectivement qu’ils reconstitueraient une réponse à un large spectre d’intensité. A partir de ces données, on est amené à penser que l’exocytose de la CCI est d’une extrême précision temporelle, que la cochlée traite le paramètre d’intensité sonore en termes de probabilité d’événements d’exocytose dans la CCI, et que conjointement, les neurones auditifs auraient une diversité de seuils de réponse. Les noyaux auditifs du tronc cérébral et du mésencéphale Cellules sensorielles cochléaires et neurones auditifs ont une même origine embryologique, la placode otique, et constituent le système auditif périphérique. Au-delà, les voies auditives ascendantes appartiennent au système nerveux central. Le premier relais central est situé dans le noyau cochléaire. Ses projections sont principalement controlatérales. Au-delà du noyau cochléaire, les voies auditives ascendantes, d’ipsilatérales deviennent controlatérales. Le noyau cochléaire est situé dans la partie caudale du tronc cérébral. Il est divisé en trois grandes régions ou noyaux : noyau ventral antérieur (NVA), noyau ventral postérieur (NVP) et noyau dorsal (ND). Tout axone des neurones auditifs de type I qui pénétre dans le noyau cochléaire se divise en deux branches, une branche antérieure (ou ascendante) et une branche postérieure (ou descendante). La branche antérieure innerve le NVA. La branche postérieure innerve le NVP et le ND. Les projections des neurones auditifs sont ordonnées en fonction de la fréquence caractéristique de ces neurones, et constituent une carte tonopique dans laquelle, comme dans la cochlée, les basses fréquences sont traitées à l’apex du noyau (région antérieure) et les hautes fréquences à sa base (région postérieure). Ainsi, on peut considérer qu’il existe trois cartes tonotopiques distinctes au niveau du noyau cochléaire. Elles reçoivent une information semblable, et doivent donc en extraire des informations différentes. La population neuronale du noyau cochléaire est hétérogène. On distingue huit types de neurones qui diffèrent par leur morphologie et leur réponse électrique. Dans le NVA prédominent les neurones « en buisson », que la coloration de Nissl permet de séparer en neurones « sphériques » et neurones « globulaires ». Dans le NVP dominent des neurones « pieuvre » (octopus cells) et des neurones « multipolaires » (en coloration de Nissl) ou « étoilés » (en coloration de Golgi). Dans le ND, qui a un aspect lamellaire, prédominent des neurones fusiformes ou pyramidaux. Cette région comporte deux autres types de neurones de plus petite taille, petits neurones et neurones granulaires. Dans la profondeur du noyau cochléaire, se logent des neurones « géants ».

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Ces neurones ont des réponses électriques très diverses : réponse voisine de celle des neurones auditifs primaires, réponse avec une périodicité en rapport avec la stimulation sonore mais comportant une encoche au démarrage, réponse dite « en hachoir » avec des pics qui ne sont pas synchrones au son, réponse restreinte à la mise en place de la stimulation (comme celle des cellules « pieuvre »)… Des cellules peuvent appartenir à un même type et décharger selon plusieurs modes. Ainsi, les neurones en buisson déchargent selon trois modes : soit comme les neurones auditifs primaires, soit à la mise en place du signal acoustique, soit encore comme les neurones auditifs primaires, mais avec une encoche. Les neurones étoilés ou multipolaires ont deux modes de réponse : l’un « en hachoir », l’autre lors de la mise en place du signal acoustique. Les cellules « pieuvre » déchargent à la mise en place du signal, et les cellules fusiformes ou pyramidales ont divers profils de réponse électrique. Ces réponses électriques distinctes traduisent l’extraction de différentes informations à partir de la réponse des neurones auditifs primaires. Au-delà du noyau cochléaire, en raison des projections axonales bilatérales, chaque structure relais comporte une organisation tonotopique, et reçoit des informations provenant des deux oreilles. Le second relais central du système auditif, le complexe olivaire supérieur (COS), est aussi situé dans le tronc cérébral. Il comporte trois noyaux principaux, l’olive supérieure latérale (OSL), l’olive supérieure médiane (OSM), le corps trapézoïde et ses trois noyaux, latéral, ventral, et médian (noyau médian du corps trapézoïde ou NMCT), ainsi qu’un ensemble de noyaux de petite taille (noyaux périolivaires). Ces structures ont toutes une organisation tonotopique. Du noyau cochléaire, émergent trois voies majeures : les stries acoustiques ventrale, intermédiaire, et dorsale. La strie acoustique ventrale, ou corps trapézoïde, est formée par les axones qui proviennent des neurones en buisson du NCVA, et des neurones stellaires et « pieuvre » du NCVP. L’axone des cellules « en buisson » se termine essentiellement sur les trois principaux noyaux du COS, tandis que certains de ces axones continuent leur route à travers le lemnisque latéral jusqu’au colliculus inférieur. Celui des cellules sphériques en buisson se projette de façon bilatérale sur l’OSM, et ipsilatérale sur l’OSL, celui des cellules globulaires en buisson se projette en controlatéral sur les neurones du NMCT venant inhiber l’activité de l’OSL déclenchée par les cellules sphériques en buisson. La strie acoustique intermédiaire, ou strie de Held, inclut les axones des cellules « pieuvre » du NVP qui se terminent dans les noyaux périolivaires et, plus loin, dans le lemnisque latéral et le colliculus inférieur. Enfin, la « strie acoustique dorsale » contient les axones des neurones du NCD. Elle n’envoie aucune projection sur le complexe olivaire supérieur, et se termine, comme la strie acoustique intermédiaire, sur le colliculus inférieur et les noyaux du lemnisque latéral. Enfin, il existe bon nombre de projections internes au sein du noyau cochléaire. Les neurones du NMCT comportent les synapses géantes, ou calices de Held, qui sont considérées comme les plus grandes terminaisons synaptiques du cerveau des mammifères. L’extrémité axonale des cellules globulaires présentes dans le

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noyau cochléaire opposé forme la région présynatique des calices de Held. Les neurones du NMCT qui forment la post-synapse, sont des neurones inhibiteurs glycinergiques, et se projettent sur divers noyaux du COS. Les axones des neurones du noyau cochléaire et du COS se projettent principalement vers le colliculus inférieur en formant un faisceau de fibres que l’on appelle le lemnisque latéral. Il existe aussi des noyaux du lemnisque latéral qui sont situés à l’intérieur du faisceau des fibres du lemnisque, et reçoivent des afférences du noyau cochléaire et du complexe olivaire. Le noyau du lemnisque latéral comporte deux zones, une zone dorsale et une zone ventrale. Le mésencéphale auditif se compose du colliculus inférieur. Il comporte quatre noyaux : central, dorsomédian, latéral, et dorsal. C’est un carrefour de voies auditives ascendantes et descendantes. Le noyau central a une structure lamellaire, et ne reçoit que des afférences provenant des centres auditifs inférieurs. Il est le siège d’une tonotopie stricte et comporte des cartes de représentation de plusieurs paramètres de la stimulation sonore, comme une carte des latences, une carte des courbes d’accord (« carte des Q10dB »), une carte de résolution temporelle, une carte de localisation spatiale… De nombreux facteurs indépendants du système auditif modulent l’activité électrique du colliculus inférieur : stimuli visuels et tactiles par exemple. Localisation de la source sonore Pour terminer, quelques éléments introductifs au cours de l’année suivante sur la localisation de la source sonore ont été présentés. La capacité de localiser la source sonore, parce qu’elle permet de localiser proies et prédateurs, contribue bien évidemment à la survie des animaux entendants. Orienter le pavillon de l’oreille ou tourner la tête pour déceler au mieux la localisation d’une proie, par exemple, permet d’élaborer une stratégie d’attaque sans être vu. La vague sonore, produite par une source externe, est diffractée par son interaction avec le pavillon de l’oreille et l’ensemble de la tête. Ce sont les caractéristiques temporelles et d’intensité du son ainsi diffracté qui vont fournir les substrats de la localisation de la source sonore. Dans leur description, désormais classique, de la localisation de la source sonore en champ libre chez l’homme, Stevens et Newman, en 1936 (Stevens et Newman, 1936), observèrent que l’homme localisait au mieux la source sonore dans le plan horizontal pour des fréquences du son, soit inférieures à 1 kHz, soit supérieures à 5 kHz. Ceci suggérait l’existence de deux mécanismes distincts de localisation de la source sonore dans le plan horizontal, l’un pour les basses fréquences, et l’autre pour les hautes fréquences. Cette dichotomie faisait écho à la théorie, dite théorie duplex, de l’écoute binaurale, proposée par Lord Rayleigh en 1907 (Strutt, 1907), et dont les premiers éléments avaient été apportés par Thomson en 1882. Selon Rayleigh, la tête peut créer une ombre acoustique pour l’oreille la plus distante de la source sonore, de

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sorte que l’intensité du son qui lui parvient est plus faible que celle du son qui parvient à l’autre oreille. Ces différences de niveau sonore sont dites différences d’intensité inter-auriculaires ou binaurales (en anglais interaural level difference, ILD en abrégé). Cependant, l’importance de la différence d’intensité interauriculaire dépend du contenu spectral de la stimulation. En effet, la tête se comporte comme un filtre passe-bas. Elle laisse passer les fréquences basses qui la contournent en raison de leur grande longueur d’onde, et qui par conséquent contribuent fort peu à la différence d’intensité interauriculaire. Avant Rayleigh, le temps qui sépare l’arrivée d’une onde sonore à une oreille et à l’autre, estimé à quelques centaines de microsecondes, avait été considéré comme trop bref pour être décelable par un système biologique. Rayleigh conclut au contraire que cette différence temporelle interauriculaire est décelable, et il propose qu’elle soit le fondement du principe de localisation des sons de basse fréquence (en anglais interaural time difference, ITD en abrégé). L’idée d’un double système de localisation de la source sonore s’est imposée. L’un, dédié aux hautes fréquences mis en oeuvre dans l’OSL, est fondé sur les différences d’intensité, et l’autre, dédié aux basses fréquences, mis en oeuvre dans le noyau laminaire chez les oiseaux et dans l’OSM chez les mammifères, est fondé sur les différences temporelles. L’intérêt majeur de l’écoute binaurale réside dans la localisation de la source sonore dans l’espace. Toutefois, un son sera perçu comme légèrement plus intense s’il est présenté aux deux oreilles (gain d’environ 3 décibels). De cette vision très schématique, il s’en suit que pour un patient qui a une surdité unilatérale, si le locuteur est situé du côté de l’oreille défaillante, l’oreille normale percevra correctement les basses fréquences, mais mal les hautes fréquences, en raison de l’ombre de la tête. Cette théorie vaut pour les sons purs. Pour la localisation de sources sonores complexes, la composante temporelle, même pour des sons de haute fréquence, est importante. Interviennent aussi les modulations fréquentielles et les modulations en amplitude. Seule a été discutée plus en détail la localisation dans le plan horizontal des sources sonores de basse fréquence. Soit une onde sonore située sur l’azimut 90° par rapport à la ligne médiane. L’onde sonore va parcourir le chemin d’une oreille à l’autre soit une distance égale au rayon de la tête plus une distance égale au quart de la circonférence de la tête. Le rayon de la tête est estimé à 9 cm, le quart de la circonférence de la tête à environ 14 cm, soit une distance totale à parcourir de 23 cm. Compte tenu de la vitesse du son dans l’air (343 m/s), la différence de temps entre l’arrivée du son à l’une et l’autre oreille est 670 μs. C’est le temps maximum du parcours. En effet, quand la source se rapproche de la position médiane, le délai entre l’arrivée des signaux sonores à l’une et l’autre oreille est toujours plus petit. Ce temps de 670 μs est égal à la période d’un son de 1 500 Hz. Il fixe la limite supérieure de la fréquence sonore d’une source qui pourra être localisée en se fondant sur la disparité temporelle binaurale. Pour des fréquences plus élevées, la localisation de la source sonore fait appel à la différence d’intensité (ILD).

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Chez l’homme, le système auditif identifie deux sons comme provenant de deux sources distinctes si, l’une étant située dans le plan médian (0° azimutal), l’autre en est séparée d’au moins deux degrés. Ceci signifie que le système auditif distingue deux sons qui parviennent à l’une et l’autre oreille avec un décalage temporel de moins de 20 μs. C’est cet élément qui a permis de conclure à l’extrême précision temporelle du système auditif (au moins jusqu’à ses relais du tronc cérébral). Plus on s’éloigne de l’axe médian dans le plan horizontal, plus la capacité de résolution diminue. L’angle audible minimal varie avec la position azimutale et la fréquence de la source sonore. Sa valeur augmente quand la fréquence s’élève et que la source sonore s’approche du 90° azimutal. Pour toutes les fréquences, la perception de la directionalité est plus précise quand l’auditeur fait face à la source sonore. En l’absence de mobilité du pavillon de l’oreille, c’est la tête qui bouge pour optimiser la perception de la localisation des sources sonores. Nous avons ensuite brièvement considéré les bases neurales de la localisation azimutale des sources sonores de basse fréquence. Durant les cinquante dernières années, un seul modèle a servi d’explication à la façon dont le cerveau détermine la position de la source sonore de basse fréquence dans le plan horizontal : le modèle de coïncidence proposé par Lloyd Jeffress en 1948 (Jeffress, 1948). Il stipule que le cerveau transforme l’information du délai de temps relatif de l’arrivée du son à chacune des deux oreilles en une carte, dite carte spatiale auditive ou « carte ITD ». Ce modèle pose l’existence de neurones détecteurs de coïncidence. Leur décharge est maximale quand les potentiels d’action qui leur parviennent, à partir de chaque oreille, arrivent simultanément. Dans ce modèle, ces détecteurs de coïncidence reçoivent des informations excitatrices, qui leur parviennent via des axones qui véhiculent des signaux électriques provenant de chacune des deux oreilles. Ce modèle repose sur trois hypothèses : 1) il existe des neurones détecteurs de coïncidence ; ceux-ci reçoivent une information temporelle très précise venant de l’une et l’autre oreille ; ils ne peuvent interpréter qu’une information de décharge neuronale organisée en volée (voir ci-dessus), c’est-à-dire synchronisée au son ; 2) ils répondent de façon maximale lorsque les potentiels d’action venus de l’une et l’autre oreille arrivent simultanément; ils sont très sensibles à de toutes petites disparités dans le temps d’arrivée des potentiels d’action provenant de l’une et de l’autre oreille ; 3) ce sont des projections afférentes excitatrices venues de chaque oreille qui les stimulent, et c’est le temps cumulé des chemins acoustique et électrique parcourus depuis la source sonore jusqu’au détecteur (controlatéral par rapport à la source) qui est pris en compte. En ce qui concerne le chemin électrique, le modèle stipule que la détection de coïncidence est fondée sur le fait que les axones des neurones excitateurs ont des longueurs différentes, qui introduisent des délais électriques (« délais de ligne »). Le détecteur de coïncidence sera stimulé par des neurones dont la longueur axonale va permettre une décharge synchrone des neurones afférents issus de chacune des deux oreilles. Dans ce modèle, chaque neurone détecteur de coïncidence répond à un temps inter-auriculaire différent et spécifique, dit temps caractéristique de la détection temporelle. Les divers neurones dont le temps caractéristique de détection

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temporelle est différent sont organisés en une carte de temps caractéristique graduellement croissant. Un neurone détecteur signale la position de la source sonore par son taux de décharge maximal. Ce modèle a eu un impact considérable sur la recherche dans ce domaine. Il s’est révélé fécond pour interpréter la localisation des sources de basse fréquence chez l’oiseau. Les travaux élégants réalisés par Mazakazu Konishi et de Eric Knudsen voir revue, (Knudsen, 2002) à partir de 1978 sur la chouette effraie, qui chasse la nuit en utilisant exclusivement son audition pour localiser ses proies, paraissent valider ce modèle. Cette chouette se dirige vers ses proies grâce à une reconnaissance des vibrations qu’elles émettent. Celle-ci est fondée, dans le plan horizontal, sur les différences temporelles, et est particulièrement efficace pour des fréquences allant jusqu’à 7 ou 8 kHz. De fait, les décharges des neurones afférents sont en phase avec le son jusqu’à ces valeurs de fréquence. Les neurones détecteurs de coïncidence se situent dans le noyau laminaire. Pour lever toute ambiguïté dans l’interprétation des délais de réponse, cette carte est couplée à une carte fréquentielle, qui a une orientation perpendiculaire. Ainsi, chaque fréquence est en quelque sorte équipée de son détecteur d’ITD. Une « carte ITD » est le code de représentation de toutes les localisations des sources sonores dans le plan horizontal. L’ITD zéro, toujours représenté par un maximum de neurones, est l’ITD pour lequel la décharge maximale correspond à la position médiane de la source. Beaucoup de données électrophysiologiques obtenues chez la chouette effraie sont en accord avec ce modèle, et des axones de longueur hétérogène ont bien été mis en évidence dans le noyau laminaire. Chez les mammifères, des détecteurs de coïncidence sont situés dans l’OSM, mais leur mode d’activation paraît moins clair. Chez le chat, un substrat anatomique pour un mécanisme du type « délai de lignes » (différentes longueurs axonales) a été observé. Cependant, des travaux menés chez la gerbille (Brand et al, 2002 ; Kapfer et al, 2002) indiquent le rôle indispensable de neurones inhibiteurs glycinergiques du NMCT dans la réponse à un délai caractéristique des neurones de l’OSM. Ces neurones inhibiteurs, dont la décharge est aussi en phase avec le son, et non des longueurs d’axones différentes d’un neurone excitateur à l’autre, seraient le substrat des « cartes ITD » des mammifères. Références
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Activité de recherche du laboratoire (2007-2008) Les avancées les plus significatives au cours de l’année 2007-2008 ont été : 1. la découverte de l’origine des distorsions acoustiques par les cellules ciliées externes (Verpy et al, 2008), 2. la mise en évidence d’un nouveau mécanisme responsable de la surdité liée à l’exposition au bruit (soumis pour publication), 3. la mise en évidence de l’harmonine, protéine à domaines PDZ, au sein de la machinerie de transduction mécano-électrique et de son rôle dans l’adaptation, 4. l’identification d’un gène responsable de presbyacousie. Nous avons également contribué à élucider le rôle du kinocilium dans la formation de la touffe ciliaire (Jones et al, 2008), et avons apporté les premiers éléments de la pathogénie de la surdité liée à un déficit en adénylate kinase-2 (Lagresle-Peyrou et al, 2008). 1. Origine des distorsions acoustiques dans l’oreille interne (Elisabeth Verpy, Dominique Weil, Michel Leibovici, Carine Houdon, Jean-Pierre Hardelin, Christine Petit ; en collaboration avec Paul Avan, Richard J. Goodyear, Guy P. Richardson, Ghislaine Hamard) (Verpy et al, 2008) C’est dans la cochlée que les messages sonores sont convertis par les cellules sensorielles auditives en dépolarisations qui libèrent le neurotransmetteur, créant une activation des neurones auditifs qui se propage jusqu’au cortex. Pour ce faire, les cellules ciliées externes amplifient les vibrations sonores tout en les filtrant pour éliminer les sons parasites. Toutefois, le traitement ainsi appliqué au son engendre des distorsions des ondes acoustiques considérables, au point d’être audibles sous forme de sons supplémentaires connus sous le nom de sons de Tartini, du nom du violoniste du xviie siècle qui les décrivit. Parce que l’oreille les réémet, ces sons de Tartini servent à dépister les surdités dès la naissance. En effet, leur absence traduit la lésion des cellules ciliées externes, presque toujours accompagnée de celle des cellules ciliées internes, authentiques cellules sensorielles.

GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE

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Jusqu’ici on pensait que toutes les performances des cellules ciliées externes, amplification, filtrage des sons parasites, et distorsion, étaient dues à leurs canaux de transduction mécano-électrique pour lesquels la courbe courant/déplacement est sigmoïde. Nous avons montré, dans un travail mené en collaboration avec le Pr Paul Avan (Université d’Auvergne, Clermont-Ferrand), que ce n’est probablement pas exact. Chez des souris dont le gène qui code la stéréociline a été inactivé, il existe, avant l’apparition du déficit de l’acuité auditive, une courte période durant laquelle les cellules ciliées externes amplifient et filtrent normalement le son ; leurs canaux de transduction sont donc normaux, et pourtant elles ne distordent plus le son. Toute marque de distorsion des ondes a disparu : un son pur ne produit plus d’harmoniques ; aucune distorsion, électrique ou acoustique, n’est décelable. Chez ces souris mutantes, l’effet de masquage sonore est très diminué : en présence d’un mélange de sons, les diverses composantes du mélange coexistent alors que normalement, les plus intenses empêchent les plus faibles d’être perçues par le système auditif. La perception des sons complexes chez ces souris mutantes est sans doute gravement perturbée. Nous avons observé que la stéréociline est un composant de liens latéraux apicaux de la touffe ciliaire des cellules ciliées externes. Ces liens, dits top connectors, sont, avec le tip link, les seuls présents dans la touffe ciliaire adulte. Ceci nous a conduit à proposer que l’origine des distorsions acoustiques se tient dans les contraintes que ces liens latéraux imposent à la touffe ciliaire. Ils permettraient à une rigidité non-linéaire de la touffe ciliaire, autre que celle du canal de transduction mécano-électrique, de se manifester sous la forme de distorsions d’ondes. Une explication alternative serait que l’absence de ces liens déplace le « point d’opération » de la touffe ciliaire dans une zone de fonctionnement linéaire. 2. Un nouveau mécanisme responsable de la surdité liée à l’exposition au bruit (Amel Bahloul, Vincent Michel, Michel Leibovici, Jean-Pierre Hardelin, Dominique Weil, Christine Petit ; en collaboration avec Paul Avan) (Bahloul et al, soumis pour publication) Nous avions découvert, il y a quelques années, une nouvelle protéine des jonctions d’adhérence, la vézatine (Küssel-Andermann et al, 2000). Nous venons de définir sa topologie par une analyse biochimique. Elle comporte deux domaines transmembranaires très proches l’un de l’autre, et ses régions N- et C-terminales sont cytoplasmiques. Dans la cochlée, l’immunoréactivité de la vézatine aux jonctions entre les cellules ciliées et les cellules de soutien augmente entre le 4e et le 16e jour après la naissance, chez la souris. Nous avons observé, par immunomarquage de cellules MDCK, que la vézatine ne participe pas à la formation de leurs jonctions ; elle n’est recrutée aux jonctions que tardivement. Des doubles marquages réalisés sur des cochlées matures ont montré une colocalisation de la vézatine avec la radixine, la β-caténine et la caténine p120, aux jonctions entre cellules ciliées externes et cellules de Deiters. Vézatine et radixine

qui disparaissent de la base de la cochlée (en accord avec la perte auditive qui porte sur les hautes fréquences). Les souris sauvages. accompagnées d’une perte massive de cellules ciliées. Diverses anomalies de la touffe ciliaire apparaissent chez les souris mutantes. Dominique Weil. d’abord les cellules ciliées externes. les seuils auditifs ne sont pas différents de ceux des animaux témoins jusqu’à la 7e semaine. Chez les souris mutantes. Cependant. l’harmonine-b est localisée au niveau du point supérieur d’insertion du lien apical dans le stéréocil (Lefèvre et al. l’harmonine peut interagir directement in vitro avec la protocadhérine-15 et la cadhérine-23. De surcroît. en collaboration avec Pascal Martin. Cette surdité est due à une mort cellulaire touchant les cellules ciliées. une surdité progressive spontanée. Rôle de l’harmonine dans la transduction mécano-électrique auditive (Nicolas Michalski. après une exposition d’une minute à un son de 105 dB. Vincent Michel. soumis pour publication) Nous avons montré chez la souris qu’à partir du jour 5 après la naissance (P5). De plus. Cependant. Les souris mutantes non exposées au bruit développent. 3. la radixine ne co-précipite plus avec la vézatine.. ont une altération de leur seuil auditif de l’ordre de 10 dB. Christine Petit . qui touche principalement les cellules ciliées externes. La vézatine interagit donc directement avec la forme « active » de la radixine.238 CHRISTINE PETIT co-précipitent dans des extraits protéiques cochléaires. Cette dernière pourrait donc permettre de lier la vézatine aux filaments d’actine des jonctions cellulaires. et le rôle de la vézatine dans la résistance au stress mécanique. qui augmente jusqu’à atteindre une perte de 110 dB à 24 semaines. Ceci est une autre manifestation de la dissociation qui peut exister entre amplification et distorsion. puis de l’ensemble de la cochlée (24 semaines). lorsque la radixine porte une mutation qui l’empêche de se lier aux filaments d’actine en raison d’un changement de conformation. nous avons généré des souris mutantes chez lesquelles le gène est délété uniquement dans les cellules sensorielles (la délétion ubiquitaire est létale). Institut Curie) (Michalski et al. L’étude morphologique de la cochlée ne détecte aucune anomalie jusqu’à cet âge. suivie d’un retour à une audition normale. Nous avons étudié le rôle de l’harmonine. nous avons observé que les produits de distorsion ont un seuil qui est affecté avant celui de l’audition. les souris mutantes deviennent irréversiblement sourdes. dans la transduction mécanoélectrique et l’adaptation en mettant à profit deux modèles murins : une souris dont le gène de l’harmonine a été inactivé . et plus particulièrement des isoformes b. Ce travail a dévoilé le rôle des jonctions cellulaires des cellules sensorielles dans la surdité induite par le bruit. Pour étudier le rôle de la vézatine aux jonctions entre les cellules ciliées cochléaires et leurs cellules de soutien. Gaelle Lefèvre. après 7 semaines. qui constitueraient le lien apical. Les cellules de l’apex de la cochlée sont peu atteintes par la perte cellulaire induite par l’exposition au bruit. soumises à cette même stimulation sonore. 2008).

. Michel V. nous avons mis en évidence une interaction directe entre l’harmonine et la myosine VIIa.. Anne-Laure Roudevitch. The adaptation process of mechanoelectrical transduction in hair cells involves harmonin-b. Lefèvre G. Weil D.. Petit C. Lepelletier L. Roux I.. Identification d’un gène responsable de la presbyacousie (Dominique Weil. Simmler M.. (submitted).. Küssel-Andermann P. . Les résultats obtenus. Zuo J. Development.-P.J.. Hardelin J. Anne Aubois.. Elles en expriment également le récepteur. (2000) Vezatin. Leibovici M. Leibovici M. Petit C. Perfettini I. Wolfrum U.. Petit C.. 6020-6029. Weil D. an actin-binding scaffold protein.. Or. nous ont permis de conclure que l’harmonine-b se comporte comme le ressort dont l’existence a été postulée pour rendre compte des limites de l’étendue de l’adaptation. Nature Neurosci. is required for sound-resilience of cochlear hair cells.. Bizard E. orientation and differential growth.-P. 255-258.. Christine Petit) L’étude de formes familiales de presbyacousie.-Y. Avan P. Cossart P.. Avan P. défectueuse uniquement pour les isoformes b de l’harmonine. a novel transmembrane protein. Par séquençage des gènes de cette région. bridges myosin VIIA to the cadherin-catenins complex. Michalski N. 19. Goodyear R.. Nouaille S.. Petit C..-C. El-Amraoui A. 1427-1437. an integral membrane protein of adherens junctions.. Weil D. cette surdité est à mettre en rapport avec une synthèse in situ de ce métabolite par les cellules sensorielles elles-mêmes.P. Références Bahloul A. et leur modélisation effectuée en collaboration avec Pascal Martin (Institut Curie). Vezatin.. Hardelin J. Lecuit M. Hamard G. par analyse de liaison génétique portant sur l’ensemble du génome (en collaboration avec le Centre National de Génotypage) nous a permis d’identifier un locus impliqué. Michel V. 456. Ces données prédisent de plus une liaison de l’harmonine-b aux moteurs d’adaptation. Alors que tout paraissait indiquer que cette surdité devait être mise sur le compte d’un désordre métabolique.... Martin P. nous avons trouvé des mutations dans l’un d’eux.... Caberlotto E...-P. Safieddine S. EMBO J.. Richardson G. Perfettini I. EMBO Mol Med (submitted). moteur moléculaire que des expériences antérieures ont impliqué dans l’adaptation. (2008) Stereocilin-deficient mice reveal the origin of cochlear waveform distortions Nature.GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE 239 (Hmn-/-)... 135. des résultats récents nous incitent à penser que. contre toute attente... Bizard E. Nouaille S. Petit C..... Verpy E... et une souris mutante Dfcr-2J/Dfcr-2J. Wolfrum U. Michel V. Lefèvre G.... Houdon C. Tinevez J.. 4.. ce qui indique l’existence d’un mécanisme autocrine.. Hardelin J. (2008) A core cochlear phenotype in USH1 mouse mutants implicates fibrous links of the hair bundle in its cohesion. Weil D.

. (2007) Shroom2... Kimberling W.M.. Nature Genet 40.. Abecasis M. Richardson G..J. Six E. Simon-Stoos K. Petit C. 1427-37.. 2007 Cohen-Salmon M.. Hoskins B.. J Neurosci 28. Safieddine S. Alasti F. et Van Camp G..J. Otto E.. Regnault B. Smith R. Legrain P. and differential growth.. Avan P. Cramer C.... (2008) Stereocilin-deficient mice reveal the origin of cochlear waveform distortions Nature.-P. In Myosins: A Superfamily of Molecular Motors.. Zou D. et El-Amraoui A.. et Cavazzana-Calvo M. Silvius D. Foucher I. Coluccio LM..L. Goossens D. et Petit C. Küssel-Andermann P. (2007) Connexin30 deficiency causes intrastrial fluid-blood barrier disruption within the cochlear stria vascularis.. et Hildebrandt F.J. Orten D. 223-32.....P. Pandelia E. Petit C. Lepelletier L. Morillon E. Dieltjens N.and otoferlin-dependent exocytosis by immature outer hair cells. Rieux-Laucat F. orientation... (2008) A cochlear core phenotype in USH1 mouse mutants implicates fibrous links of the hair bundle in its cohesion. Petit C. Delmaghani S. Michel V. Hardelin J. Hardelin J. Candotti F... Danis E. Wulffraat N. Valensi F. 800-804.. Development 135. 469-79. Weil D. Wolfrum U. Verpy E.. J Cell Sci 121... Petit C. Hilgert N. Caille D.M. Janel N.. Bouleau Y..... (2008) Ciliary proteins link basal body polarization to planar cell polarity regulation. Beurg M.. . Hardelin J.J. Am J Hum Genet 80. El-Amraoui A. Picard C. Roux I. Calvo F.. Bizard E.. 2838-50. Weil D... (2008) Essential requirement for zebrafish anosmin-1a in the migration of the posterior lateral line primordium. et Soussi-Yanicostas N.M.. 1798-803.. Clin Genet 74. Petit C.and actin-binding protein. Petit C. Zwaenepoel I. Noroski L.. Ernest S. Besse C.... 62296234. et Chen P.X. Wollnik B. Proc Natl Acad Sci USA 104.. Abel L... Cayet N. Weil D. Petit C et Dulon D (2008) Calcium. et Petit C... Lefèvre G.. Dayraud C. Nature Genet (sous presse). Ferster A. Favero J. Yoder B. 69-77. Jones C. Safieddine S. Raymond R. 456. 255-258. Mullikin J... Goodyear R. Leibovici M. Banizs B. ed. pp.. directly interacts with ZO-1 at tight junctions.. New York : Springer. Perfettini I. et Petit C... Legendre K.. Ditadi A. Dev Biol 320. Weil D. (2008) Mutation analysis of TMC1 identifies four new mutations and suggests an additional deafness gene at loci DFNA36 and DFNB7/11. Yanicostas C... Pawlik B.. Roper V..H. Qian D. Demuth K. Petit C.C.. Etournay R.-P. Uyguner O.. Houdon C... Yang T.A.. Smith R.. 3347-3356.. (2007) Transcription factor SIX5 is mutated in patients with Branchio-Oto-Renal syndrome. et Petit C. Hamard G.C.... Xu P. J Cell Sci 120. Sanati M..240 CHRISTINE PETIT Publications du laboratoire (2007-2008) 2008 Lagresle-Peyrou C... (2008) Human adenylate kinase 2 deficiency causes a profound haematopoietic defect... Michel V. 353-73.-P. et El-Amraoui A. Demerens-de Chappedelaine C.M.. Bahloul A. Petersen M. Meda P. Fischer A.... (2008) Myosin VII.. a myosin-VIIa. (2008) αII/βV spectrin bridges the plasma membrane and cortical lattice in the lateral wall of the auditory outer hair cells.E.

USA) : Time and intensity coding by the hair cell’s ribbon synapse Jeudi 27 mars Cours : Plasticité synaptique dans les voies auditives Séminaire : Christian Lorenzi (Psychologie de la Perception-Audition. 30 mai 2008 : Understanding molecular and cellular mechanisms of hearing: what can deafness genes teach us. Weil D. Hardelin J.b... 449-462. 13. (2007) Molecular characterization of the ankle link complex in cochlear hair cells and its role in the hair bundle functioning.. Mech Dev 124. Michalski N. 29 mai 2008 : Surdités héréditaires: qu’avons-nous appris par l’identification des gènes impliqués ? IGBMC.C. Ecole Normale Supérieure. IGBMC. Petit C. Maro B. et Simmler M. Yagi H.. Clermont-Ferrand) : Les distorsions cochléaires : essentielles à la perception auditive. Enseignement Enseignement au titre du Collège de France 1.. Langa F. Souilhol C. Cereghini S. Lefèvre G.-P...a. (2007) Conditional knock-out reveals that zygotic vezatin-null mouse embryos die at implantation. School of Medicine.. Baltimore.. 20 et 27 mars 2008 : Traitement des signaux acoustiques : de la cellule sensorielle auditive au complexe olivaire supérieur Jeudi 14 février 2008 Cours : Physiologie moléculaire de la transduction mécano-électrique auditive : actualités Séminaire : Pascal Martin (Laboratoire PCC–CNRS UMR 168. 6478-6488. et Petit C.. Michel V..GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE 241 Hyenne V. Cours au Collège de France (6 heures) Les jeudis 14 février. Sato M. Paris) : Mouvements actifs de la touffe ciliaire des cellules mécano-sensorielles ciliées de l’oreille interne Jeudi 13 mars Cours : Les voies auditives afférentes et leurs relais Séminaire : Paul Avan (Laboratoire de Biophysique Sensorielle. mais de quelles origines ? Jeudi 20 mars Cours : Le codage de la stimulation sonore en fréquence et en intensité Séminaire : Paul Fuchs (Johns Hopkins University. Cours en province Professeur invitant : Jean-Louis Mandel (Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire.. Strasbourg). Paris) : Effets de lésions cochléaires sur la perception de la parole 1. Barral J.. Institut Curie.. J Neurosci 27. Chardenoux S. Bahloul A.. Martin P. . Faculté de Médecine.. Cohen-Tannoudji M.

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5 sept 2008 : « Surdités héréditaires : comment les gènes impliqués éclairent la physiologie auditive ». Le Mans.Femmes de sciences. . 16 oct 2007. Bringing the results of European research to the society. Bruxelles. 25 sept 2007. Colloque Institut de la Vision-département de Neuroscience de l’Institut Pasteur. 6 nov 2007. Palais des Congrès et de la Culture. « Surdité héréditaire : quelles avancées ? quelles perspectives ? ». Audition. Paris. Paris. Institut interdisciplinaire des Sciences du Vivant des Saints-Pères. Göteborg. Systems biology of Hearing. Réunion RTRS (Réseau Thématique de Recherche et de Soins). International Congress on Systems Biology. Université Paris Descartes. Paris. Conférences « Grand public » « Mystères de la science biomédicale ». Institut Pasteur. 27 June 2007. Paris. 27 August 2008 : « Multidisciplinary experimental approaches and modelling of sensory hair bundle functioning ». Colloques-débats Femmes d’Histoire . Paris. Institut Pasteur. 27 jan 2008 : « Des femmes à la tête de la recherche ».a tribute to Jean-Pierre Changeux ». 15-17 sept 2007. 15 sept 2008 : « Comment les surdités héréditaires humaines éclairent la physiologie moléculaire du système auditif ». 29 oct 2007. Fondation pour la Recherche Médicale. Conférences de presse Appear « From Lab to Life ». International congress. Sweden. European Parliament. Paris. Organisation de symposia et colloques « From Molecules to Cognition .GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE 243 Centre de Recherche des Cordeliers. Université Pierre-et-Marie Curie. Paris.

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près d’un siècle.Biologie et génétique du développement M. Spyros Artavanis-Tsakonas. utilisée comme système modèle expérimental pour répondre à des questions-clé en biologie et en médecine. comme système modèle. professeur La génétique moléculaire des organismes modèles : un paradigme de principes généraux en biologie Thème général des cours Le développement harmonieux et cohérent d’un organisme multicellulaire nécessite une parfaite coordination des interactions cellulaires. Au cours de la longue période historique de son utilisation. L’acquisition des connaissances de biologie fondamentale sur cette voie conduit à aborder des questions impliquées dans les processus pathologiques et en particulier lors de la tumorigenèse. Nous avons insisté. sur l’usage des systèmes modèles développés chez les vertébrés et les invertébrés. la Drosophile a permis d’accroître de manière . Drosophila melanogaster. pour répondre à ces différentes questions. Drosophila est l’un des plus importants organismes modèles utilisés de nos jours par les biologistes. Au cours de ces leçons. Les séminaires ont été remplacés par un colloque. présenté en anglais le 21 mars sous le titre : « Drosophila melanogaster : un modèle expérimental pour l’étude des maladies humaines » Ce colloque d’une journée se proposait de donner à un novice un aperçu théorique détaillé de la mouche du fruit. nous avons examiné les aspects de biologie cellulaire et moléculaire d’une voie de signalisation fondamentale conservée parmi tous les métazoaires. Leurs dérèglements sont très souvent à l’origine des dysfonctionnements cellulaires responsables des pathologies. au cours de ces cours.

Performing a Chemical Mutagenesis Screen. Transgenesis. Mark Kankel. the FLP-FRT and MARCM Systems. Germline Mosaics and ovoD. Le séquençage du génome humain et celui de la mouche et leur grande homologie ont conduit les chercheurs à créer des outils sophistiqués disponibles dans la mouche et applicables aux maladies humaines. Basic Genetic Screens and Cloning – Generating Mutations.246 SPYROS ARTAVANISTSAKONAS significative et sur une large échelle notre compréhension des aspects fondamentaux de la biologie. Alcoholism. Sexual Behavior and Circuitry Les conférenciers étaient les suivants : Spyros Artavanis-Tsakonas – Collège de France – Department of Cell Biology.Department of Cell Biology. Gain of Function Screens • Advanced genetics – Tissue-specific Expression. Les thèmes suivants ont été abordés : • Drosophila as a model organism – Past. Present and Future • Basic Drosophila skills – Husbandry. Genetic Mosaics. Cancer and Metastasis. les participants aux colloque ont été invités à une démonstration des méthodologies génétiques et moléculaires disponibles couramment chez la mouche. Polytene and Balancer Chromosomes. P elements. dépend d’un ensemble complexe de signaux. Spinal Muscular Atrophy. Anindya Sen . pendant le développement. La détermination d’une lignée cellulaire donnée. Gene Mapping • Mutagenesis. Enhancer Trapping. GFP tagging. entraînant ainsi plusieurs découvertes qui ont ébranlé les connaissances acquises au préalable. Alzheimer’s Disease. Huntington’s Disease. Aneuploidy. RNAi. Harvard Medical School Activité générale du laboratoire Notre recherche se concentre sur l’étude des mécanismes régissant le développement des organismes multicellulaires. Inducible GAL4 expression. Nous sommes plus particulièrement intéressés à définir la base moléculaire des règles à l’origine de ces mécanismes pléiotropiques. Harvard Medical School Doug Dimlich. Transposon insertion collections • Using flies to address human biology and behavior – Stem Cells. Reverse genetics. Nous essayons de comprendre comment une cellule souche indifférenciée répond pour se différencier à des signaux et évolue ainsi vers un état plus avancé de son développement. P lacZ. Drugs of Abuse. et comment leurs actions sont intégrées dans différentes étapes du . GAL4-UAS System. Au cours de cette journée. Glenn Doughty. mettant en évidence ses contraintes et ses limites afin d‘appréhender aisément la littérature sur la Drosophile et concevoir des expériences avec ce puissant système modèle. Mutations and Phenoypes.

le fonctionnement anormal de la voie Notch chez l’Homme a été associé à de nombreuses pathologies. tels que la différentiation. dont celles dites néo-plasiques. En effet. En outre. Dans l’avenir. elegans jusqu’à l’homme est un régulateur fondamental des lignées cellulaires. elle semble plutôt moduler la capacité d’une cellule non différenciée à recevoir et/ou interpréter des signaux aboutissant à des phénomènes aussi nombreux que variés. L’analyse de ces phénomènes devrait nous permettre non seulement de définir les processus biologiques fondamentaux. Depuis peu. mais également de mettre en lumière les mécanismes liés aux pathologies humaines. la souris et des cultures cellulaires comme modèles expérimentaux. qui est présente depuis le vers C. notamment le cancer. nous poursuivrons ces travaux avec le projet d’ajouter quelques moyens technologiques à notre base expérimentale et méthodologique. Des mutations génétiques de la voie de signalisation Notch peuvent entraîner le développement anormal d’un éventail très large de structures chez les métazoaires. Notre approche se fonde sur des techniques de génétique et de biochimie en utilisant la drosophile. Une grande partie de notre travail concerne l’étude des rapports génétiques et moléculaires entre les éléments de la voie Notch et d’autres éléments cellulaires qui peuvent agir pour modifier les signaux Notch.BIOLOGIE ET GÉNÉTIQUE DU DÉVELOPPEMENT 247 développement pour affecter des décisions spécifiques. la voie Notch. notre approche génétique visant à identifier de nouveaux « interacteurs » de Notch se complète maintenant par l’analyse . L’élément central de cette voie de signalisation est le récepteur de surface appelé Notch. Nous utilisons des approches génétiques et moléculaires pour étudier le mécanisme de signalisation du récepteur Notch et les divers éléments associés à la cascade d’éléments biochimiques définissant la voie. Nous essayons de comprendre les circuits cellulaires dans lesquels Notch est intégré pendant les processus de développement normaux et pathologiques. Notre analyse génétique se fonde sur l’identification des « modificateurs » du signal Notch dans différents contextes du développement. En utilisant la drosophile comme modèle expérimental. la prolifération et l’apoptose. Les fondements de notre projet résident dans les approches expérimentales décrites ci-dessous : a) Nous poursuivons l’analyse et la dissection de la voie Notch chez la drosophile en utilisant des méthodes génétiques et moléculaires. conservée au cours de l’évolution : la voie Notch. Entre autres. Ainsi. La question centrale de notre travail est de comprendre comment les signaux Notch s’impliquent dans d’autres facteurs cellulaires pour affecter le développement et l’entretien des systèmes cellulaires. nous étudions une voie de signalisation fondamentale. La voie de signalisation Notch ne semble pas donner d’instructions très précises quant au devenir d’une lignée cellulaire. nous utilisons aussi des approches dites « génomiques » afin d’étudier la voie Notch dans le cadre d’une approche plus systématique. qui correspond à l’incapacité des cellules à répondre de manière appropriée aux signaux lors d’un développement normal.

nous tentons de comprendre les effets quantitatifs de la signalisation Notch sur la qualité du développement. b) Nous avons traditionnellement employé des moyens génétiques pour disséquer les circuits dans lesquels la signalisation Notch est intégrée. Cette carte physique est en train d’être réalisée dans le cadre d’un projet ambitieux que nous avons initié et qui associe trois laboratoires (Harvard. Heidelberg). à haut débit. Répondre à ces questions nous permettrait également de comprendre la voie Notch en tant que système biologique et. Nous tirons profit de cette ressource en effectuant des criblages génétiques à haut débit afin de trouver quels sont les éléments modificateurs de la voie Notch. qui couvre ~ 50 % du génome (la collection de mutants d’Exelixis). notre capacité à effectuer des criblages à une vitesse sans précédent nous a incité à réexaminer quelques problèmes . D’une part. Plus particulièrement. c) Les approches génétiques classiques. de prendre toute la mesure la complexité qui est la règle en biologie. Afin d’identifier les « modificateurs » de la voie Notch. elle peut également être utilisée comme outil pour examiner de manière systématique et rapide les modifications éventuelles de phénotypes spécifiques. D’autre part. par conséquent. la collection joue le rôle de dépôt pour des mutations spécifiques qui sont caractérisées à l’échelle moléculaire. les différents composants des complexes protéiques sont identifiés par analyse de spectrométrie de masse. bien qu’efficaces pour la dissection et la compréhension de la voie Notch. Notre approche comporte l’isolement biochimique des complexes de protéines par chromatographie d’affinité. Notre laboratoire a aujourd’hui l’honneur d’être le « gardien » et le « distributeur » auprès de la communauté universitaire d’une collection très sophistiquée et unique de drosophiles. Berkeley et l’institut de TATA à Bangalore) ainsi qu’une entreprise de biotechnologies (Cellzome. correspondant à des mutants par insertion. La collection se compose de presque 20 000 souches différentes. D’ailleurs. Ensuite. nous tentons de répondre aux questions suivantes : — La nature de la réponse en termes de développement dépend-elle de la quantité du signal Notch ? — Comment les signaux Notch intègrent-ils leurs activités dans les divers contextes cellulaires qu’ils rencontrent pendant le développement ? Ces questions sont essentielles pour appréhender les différents aspects de la voie Notch et sa pléiotropie. par le besoin de générer et d’identifier les mutants.248 SPYROS ARTAVANISTSAKONAS moléculaire des complexes protéiques en utilisant la technique de chromatographie d’affinité suivie par analyse en spectrométrie de masse ainsi que la technique du double hybride chez la levure. nous effectuons aussi des criblages RNAi et des criblages de drogues. Le projet consiste à identifier toutes les interactions physiques dans lesquelles l’ensemble des protéines (le protéome) est impliqué. à partir de lignées cellulaires et d’embryons de drosophile. Cependant. dans la cellule. il est devenu clair qu’une compréhension complète des circuits Notch ne pourra se faire sans une cartographie complète des interactions entre protéines. sont parfois quelque peu limitées. En d’autres mots.

Nous utilisons des techniques génétiques et génomiques (puce à ADN) pour analyser les lésions qui contribuent à cette transition. De nombreux travaux indiquent que Notch jouerait un rôle important dans divers aspects biologiques des cellules souches. e) Dans le cadre de nos études utilisant des systèmes mammifères. d) Un autre projet. Notre collaboration avec le laboratoire de Pr. actuellement en cours de construction à l’Institut Curie. comment la modulation des signaux Notch peut influencer le devenir et le potentiel de prolifération des cellules souches et nous essayons. nous examinons. de manière systématique — encore impossible il y a peu de temps. d’autre part. Enfin. Projet du laboratoire à l’Institut Curie Dans le cadre du nouveau pôle de Biologie du développement. Nous caractérisons également des lésions en régression et les comparons à des tumeurs induites par plusieurs oncogènes « classiques ». . notre intérêt se porte aussi sur l’analyse et la compréhension de la base moléculaire des mutations associées aux syndromes de CADASIL et d’Alagille. nous avons lancé une étude qui vise à comprendre des aspects structuraux du récepteur Notch en utilisant la microscopie électronique. Tout d’abord. que nous venons d’initier mais qui devrait se développer dans les années à venir. En collaboration avec un collègue à Harvard (Tom Walz). On utilise des modèles transgéniques pour étudier ces problèmes. Nous poursuivons la caractérisation moléculaire d’un modèle mammaire de cancer que nous avons développé chez la souris.BIOLOGIE ET GÉNÉTIQUE DU DÉVELOPPEMENT 249 classiques de la biologie du développement chez la drosophile. nous devrions pourvoir répondre à ces questions sur les aspects fondamentaux du processus de transduction du signal Notch. un laboratoire dédié à l’étude de la cancérogenèse va s’installer. En utilisant la microscopie électronique ainsi que l’analyse en microscopie optique : la technique du FRET. chez la souris. Notre analyse est également complétée par un projet en collaboration avec le laboratoire de Joan Brugge (Harvard) qui utilise un système tridimensionnel de culture de cellules mammaires. tels que la détermination et la régénération ainsi que leur rapport possible avec Notch. Daniel Louvard à l’Institut Curie à Paris. d’analyser les situations pathologiques dans lesquelles Notch est impliqué. d’une part. se concentre sur les aspects structuraux de Notch. consiste à examiner comment Notch peut affecter la différentiation de cellules souches. nous nous intéressons à l’état oligomère du récepteur et à ses interactions avec des facteurs intracellulaires et extracellulaires. rien n’est vraiment connu au sujet de ces aspects structuraux et leurs implications dans la fonction de Notch. Ces deux maladies sont des syndromes humains pléiotropiques dominants qui affectent le récepteur Notch et son ligand Jagged. À ce jour. où nous pouvons induire une néoplasie non-invasive en régression qui se développe en adénocarcinome invasif. dans l’intestin.

L’analyse phénotypique détaillée. ce qui n’est pas surprenant compte tenu de l’importance du rôle fondamental de cette voie de signalisation. ils définissent notre base de travail pour ces expériences. 2) d’analyser des éléments génétiques comme cibles d’activation de Notch . Cette analyse commencera par une évaluation détaillée de l’activation de Notch en utilisant MMTV Cre dans l’épithélium mammaire. Il est donc apparu évident que la modulation du signal Notch pouvait être à la fois un paramètre important d’une maladie mais aussi une cible thérapeutique. et Villin Cre dans l’épithélium intestinal. utilisant des marqueurs immuno-cytochimiques et fluorescents requiert la disponibilité d’équipements d’imagerie optique spécifiques. nous proposons 1) d’étudier les conséquences de l’activation du récepteur Notch dans la glande mammaire et l’épithélium intestinal . et 4 introduites dans le chromosome Rosa. 2. Objectifs Par l’utilisation de souris transgéniques (déjà en notre possession). 3) d’examiner l’implication non autonome des signaux Notch dans les étapes de la prolifération et leur rôle potentiel sur les interactions épithélium-mésemchyme. et par voie de conséquence à des maladies .250 SPYROS ARTAVANISTSAKONAS L’implication de la voie Notch dans l’oncogenèse Le rôle de la voie Notch dans le développement comme dans tous les processus essentiels est pléiotropique. les résultats seront comparés aux modèles transgéniques. 3. Dans les deux cas. que nous avons développés en activant le récepteur Notch 1. La dérégulation de Notch conduit à des déficiences dans chaque système biologique étudié. Mais de récents travaux ont insisté sur la possibilité que le rôle de Notch dans les maladies humaines pouvait être plus ordinaire qu’il ne semblait initialement. Ces deux modèles ont fait l’objet de publications . Programme de recherche 1) Nous avons établi des lignées de quatre souris transgéniques qui hébergent des formes activées «Floxed » de chacun des quatre récepteurs Notch 1. Il a été démontré depuis longtemps la relation entre la dérégulation de Notch et la prolifération cellulaire. . Des croisements avec des lignées Cre appropriées nous permettent d’activer le signal Notch dans des tissus spécifiques et d’étudier pour la première fois et de manière systématique les différences quantitatives et qualitatives entre ces quatre récepteurs. agissant à maintes reprises dans les différents contextes du développement.

Une série d’expériences sont prévues pour tirer profit de ces observations afin d’étudier la capacité du signal Notch à agir sur divers types de cellules et aussi pour étudier en qualité et en quantité les différences sur les quatre récepteurs Notch. objectifs 1 et 3). Dans nos tentatives pour identifier ces événements secondaires. L’ensemble de cellules activées par Notch conserve sa possibilité à répondre à des stimuli apoptotiques et régresse dès l’involution de la glande mammaire. la Cyclin D1 est une cible in vivo des signaux Notch et que nous pouvons inhiber l’oncogenèse mammaire induite par Hras 1 dépendant de la cycline D1.BIOLOGIE ET GÉNÉTIQUE DU DÉVELOPPEMENT 251 2) Nous avons développé un modèle de souris transgénique dans lequel l’activation du récepteur Notch 1 dans l’épithélium mammaire induit le développement rapide de néoplasmes dépendants de grossesse/lactation qui mettent en évidence une combinaison histopathologique caractéristique. et 4 (voir ci-dessus. nous avons démontré par notre analyse in vivo que dans l’épithélium mammaire. Ce comportement cellulaire non autonome de Notch est le sujet d’une analyse systématique de notre laboratoire concernant la drosophile. En outre. bien que des événements mutagéniques secondaires entraînent une malignité qualifiée. observées dans la glande de lactation présentent un exemple de dérégulation de la prolifération qui semble précéder un dérangement de la mort cellulaire. 3. Il est donc significatif que les tumeurs régressives. Nous proposons d’étendre notre étude aux souris en utilisant des xénogreffes. Nous allons suivre les phénomènes biologiques et moléculaires de quelquesunes de ces cibles et prévoyons de valider celles-ci sur des échantillons humains. Nous souhaitons utiliser le même modèle pour étudier et comparer les conséquences sur la glande mammaire de l’activation de Notch 2. . Ce mélange de cellules qui inclut l’expression de cellules dans Notch activé provoque une réduction de la lactation (de près de 50 %) et accroît le niveau apparent de croissance des tumeurs.en exprimant l’antagoniste Deltex de Notch. que nous avons poursuivie à la fois sur la drosophile et sur des cultures de cellules mammaires. Cette approche expérimentale de notre analyse est fondée sur nos résultats se rapportant à une lignée cellulaire — (537M provenant de souris transgéniques MMTV) — capable d’induire des tumeurs greffées sur des « souris nudes » lorsque celle-ci est mélangée à des cellules exprimant Notch activé tandis qu’elle n’induit pas la formation de tumeurs lorsqu’elle est mélangée à des cellules qui n’expriment pas Notch. Les cellules dans ces tumeurs conservent leur aptitude à répondre aux signaux apoptotiques pendant l’involution et en conséquence régressent. nous avons utilisé le CGH (Comparative Génomic Hybridization) pour comparer la régression avec la non-régression des tumeurs Notch. mais semble faire apparaître dans les grossesses ultérieures des adénocarcinomes malins non-régressifs. démontre que les cellules exprimant l’activation de Notch 1 peuvent stimuler une activité mitotique chez leurs voisins cellulaires. L’analyse.

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et entre source et puits un gradient continue de ce morphogène. professeur Morphogènes et morphogenèse Le cours de la chaire des Processus morphogénétiques portait cette année sur la question des morphogènes. Alain Prochiantz. ce qui me semble constituer le fond de l’affaire. comment à partir d’un champ homogène deux morphogènes auto-inducteurs et inhibiteurs réciproques. Pour Turing.Processus morphogénétiques M. à une certaine distance un puits qui dégrade le morphogène. une blanche et une rouge. le point de départ du cours est le problème du drapeau français tel qu’il est posé par Lewis Wolpert dans un article très important de 1967. Si on ajoute des effets seuils. membre de l’Institut (Académie des Sciences). d’où le « drapeau français » de Wolpert. en référence aux évocateurs de Waddington. le champ peut être divisé en plusieurs zones qui expriment des caractères différents. il s’agit d’évocateurs de formes. Dans cet article Wolpert propose un modèle très simple de patterning d’un champ morphogénétique. Le premier est la diffusion : les . Chaque cellule du champ reçoit une certaine dose de morphogène en fonction de sa position entre source et puits et répond à cette information de position par l’expression d’un caractère. par exemple une zone bleue. Il s’agit donc là d’une définition assez vague. très éloignée des critères un peu contraignants qui président aujourd’hui au classement d’une substance dans la catégorie des morphogènes. Une source de morphogène. Il reste que Turing dans cet article séminal a mis en place le principe de réaction-diffusion qui permet de comprendre. peuvent créer des « patterns » à la suite d’un simple différentiel de diffusion. La première définition du terme de morphogène nous vient d’un article de 1952 d’Alan Turing « Les bases moléculaires de la morphogenèse ». en principe. Au delà de Turing et de sa théorie des « gènes diffusibles ». Cet article pose dès le début un grand nombre de problèmes qui sont loin d’être résolus et qui ont fait la substance du cours.

en fonction de sa position est exposée. (pourtant un facteur de transcription !) fut longtemps considéré comme morphogène idéal. instruisant chaque noyau de sa position et régulant l’expression de gènes qui « coupent » l’embryon en trois domaines. dont DPP (une parente des BMP). est un syncitium. Malgré ce caveat. Une cellule. mais aussi pour d’autres de ces facteurs. On ne pouvait rêver mieux comme illustration du problème du drapeau français. Il est intéressant. à ce stade. Aussi parce qu’il a reçu de forts soutiens expérimentaux. Le problème est plus compliqué. Sans entrer dans les détails. certes à une certaine concentration de morphogène. Enfin (provisoirement car il ne s’agit pas d’être exhaustif ). rien ne s’y oppose.…) l’existence d’un gradient né d’une diffusion a toujours été postulée. c’est-à-dire que les noyaux se divisent mais baignent tous dans le même cytoplasme (les membranes se formeront plus tard). l’équipe de Nüsslein-Volhard établit que la protéine Bicoïd est synthétisée au pôle antérieur. meurent. avec d’autres facteurs comme les Bone Morphogenetic Proteins (BMPs). Sur ce modèle il fut découvert que de nombreux morphogènes apportent par diffusion une information de position déterminant le devenir morphologique et physiologique d’ensembles cellulaires. Tout modèle doit donc intégrer cette notion de durée d’exposition. Le plus décisif fut l’étude de l’établissement de l’axe antéro-postérieur de l’embryon de Drosophile. Un deuxième problème est que les champs morphogénétiques ne sont pas stables. donc. la concentration efficace de morphogène dépend aussi du mode de transduction du signal et de la régulation de cette transduction. Son activité morphogénétique au niveau de la patte est aussi un grand classique. que ne le laisse penser ce modèle idéal proposé par Wolpert en 1967 et dont l’évidente simplicité rallia tous les esprits (les bons). C’est ainsi que Bicoïd. La taille totale de l’embryon est constante à ce stade et la protéine diffuse librement.254 ALAIN PROCHIANTZ morphogènes diffusent-ils ? Si on considère la surface des cellules comme une toile cirée. Wnts. FGFs. mais cette exposition dure plus ou moins longtemps. le modèle de Wolpert fut considéré très longtemps comme incontournable. le patron d’expression des gènes de développement le long de l’axe dorso-ventral du tube nerveux. La surface des cellules est un maquis de protéines et de sucres complexes rendant très improbable que les morphogènes diffusent librement. il est encore considéré comme valable dans certains de ses aspects. Wingless . Mais la réalité est très éloignée de cette image. Dans ce cas comme dans celui d’autres morphogènes (BMPs. Les cellules se divisent. La drosophile a constitué un objet d’étude essentiel à notre compréhension de la nature et du mode d’action de morphogènes. et ironique. migrent et acquièrent continûment des propriétés nouvelles. de constater que Wolpert lui-même vient d’écrire un article dans lequel il revient sur son idée de départ pour déclarer que les morphogènes ne diffusent pas. Un excellent exemple chez les vertébrés est fourni par sonic hedgehog (sHH) dont la diffusion à partir de la notochorde puis de la plaque du plancher détermine. Un troisième obstacle est celui du temps. pas seulement pour le cas de Bicoïd que je viens d’évoquer. parfois démontrée. à partir de messagers ancrés à ce pôle et diffuse à travers l’embryon qui.

Si l’on prend l’épithélium à jonctions serrées du disque imaginal de l’aile de drosophile. Ce qui semble exclure une diffusion passive à partir d’une source antérieure et oblige à s’interroger sur la façon dont le gradient de Bicoïd se met en place au tout début du développement embryonnaire. sont modifiés par l’addition de séquences lipidiques hydrophobes. En 2002. we show that Bcd drives precise and sharp expression of its target genes through a process that depends exclusively on its ability to activate transcription ». une chose est certaine. Ce sont des molécules souvent chargées positivement et donc susceptibles d’interagir fortement avec des protéines de la matrice extracellulaire ou de récepteurs de surface de type protéoglycans. de mécanismes de clivage des domaines actifs. « l’argosome ». Mais avant de développer le rôle de ces morphogènes dans la construction de l’aile de drosophile. Eric Wieschaus et le mathématicien Stanislas Leibler publient un article dans lequel ils démontrent que le gradient de Bicoïd est très variable entre embryons mais que les bords qui sont déterminés et les domaines d’expression des gènes définissant les territoires morphogénétiques restent très stables dans leurs positions et étendues. il est constitué de cellules polarisées avec une face basolatérale et une face apicale. repose sur l’endocytose et l’exocytose des morphogènes.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 255 (Wg) et Hedgehog (HH). D’abord du côté des morphogènes et de leur structure. ce qui induit des interactions avec des lipide membranaires. va initier toute une série d’expériences au cours desquelles il sera démontré que la constante de diffusion de Bicoïd est dix fois inférieure à ce qui serait nécessaire pour établir un gradient et surtout pour que la longueur scalaire soit constante. Certains d’entre eux. Cette question de la diffusion des morphogènes est centrale et dépasse largement le cas de Bicoïd. Wnt/Wg et sHH/HH par exemple. Un autre paramètre est la structure du milieu. D’où un problème intéressant de robustesse de la réponse malgré le bruit du signal. Ce sont là des freins à la diffusion qui nécessitent des stratégies de « contournement » impliquant l’existence de transporteurs. le cours s’est attardé sur Bicoïd. le mouvement des morphogènes. Il y a plusieurs façons d’aborder le problème. aucun système de filtrage du bruit n’est nécessaire à la robustesse de la réponse génétique. ou d’un résidu cholestérol. On se gardera . Sans vouloir énumérer tous les cas particuliers. etc. Décryptons : Contrairement à ce que propose Huchmandzadeh. Bahram Huchmandzadeh. Ce débat. l’équipe de Nathalie Dostatni publie un autre article qui démontre que « contrary to recent reports proposing that the Bcd gradient is not sufficient to establish precise positional information. ce qui n’empêche pas que la présence de matrice et de récepteurs de surface bloque cette diffusion. La face basolatérale est extrêmement contournée et il est improbable que la diffusion puisse se faire autrement que par mouvement brownien. ne peut reposer sur une diffusion passive mais requiert des systèmes de transport. le plus souvent. Une grande partie des exemples du cours pris dans la morphogenèse de l’aile de la Drosophile ont eu pour but de s’interroger sur ce point. Wieschaus et Liebler. Un des systèmes de transport. Trois années plus tard.

ou presque. Si la signalisation demande une endocytose. Ce transport planaire est une façon élégante d’échapper aux obstacles à la diffusion présents dans l’espace intercellulaire. constitués de filaments d’actine. ou non. En conclusion. Mais. elle rejoint très exactement les propositions initiales d’Alan Turing. Un autre mode de transport à grande distance est le cytonème. quand il s’agit de la formation de bords. Par exemple. peut influencer l’activité du morphogène. . et qui contactent les morphogènes à des distances parfois très grandes. celui de la migration des cellules neurales de la zone subventriculaire (SVZ) vers le bulbe olfactif. en même temps. car il est lié à la question de la durée d’exposition à un morphogène. aussi vésicule de signalisation. variable aussi importante que sa concentration. Mais le modèle le plus populaire aujourd’hui est celui du cil. L’implication des cils a été démontrée à toutes les étapes du développement (par exemple l’établissement d’une dissymétrie droite/gauche) non sans conséquences sur l’étiologie de plusieurs pathologies. de l’endocytose pour que la signalisation prenne place. mais nous pensons que le phénomène de transduction des homéoprotéines. L’argosome peut signaliser mais il peut aussi en passant de cellule à cellule transporter les morphogènes sans que ceux-ci ne soient jamais. les cils battent et ce battement est de nature à orienter les morphogènes. en collaboration avec David Holcman. Des travaux récents impliquant plusieurs laboratoires et coordonnés par Arturo Alvarez Buylla démontrent que cette direction antérograde est induite par un facteur répulsif (Slit1/2) sécrété par le plexus choroïde et poussé en avant par le battement coordonné des cils qui bordent le ventricule. L’idée est que le temps mis pour que le signal remonte au corps cellulaire constitue une « mesure » de la distance. Ce cil est une sorte d’organe sensoriel qui présente des récepteurs à son extrémité. sHH signale en se fixant à l’extrémité du cil sur son récepteur « patched/smoothened ». le cours a abordé ces questions avec pour objectif de mettre en évidence les zones d’ombres. Cette solution a été examinée sur le plan théorique. considérées comme de véritables morphogènes. Il s’agit de longs prolongements cellulaires très fins. Pour résumer les cils ont une double action : mécanique sur le transport des morphogènes et transductrice du signal dans la mesure où ils portent des récepteurs aux morphogènes. Curieusement. la région la plus antérieure du cerveau. constitue une solution intéressante. Débat intéressant cependant. le temps passé dans la vésicule d’endocytose. en contact avec le monde extérieur. les contradictions expérimentales et les simplifications abusives de nombre des modèles qui circulent.256 ALAIN PROCHIANTZ d’entrer trop avant dans le débat sur la nécessité. Il est admis désormais que presque toutes les cellules ont un cil primaire. et sur le plan expérimental. Ces cellules générées — à partir de cellules souches adultes — au niveau de l’épithélium qui borde le ventricule latéral migrent selon un courant antérograde et renouvellent les interneurones GABAergiques du bulbe olfactif. Nous n’avons pas de proposition miracle. Un exemple intéressant de ce concept se trouve dans la description d’un cas de morphogenèse adulte. Cela est d’autant plus proche de la réalité que les cellules porteuses de cils forment un épithélium à polarité planaire conduisant à une synchronisation du battement ciliaire.

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260 ALAIN PROCHIANTZ Séminaire Le séminaire a été tenu sous la forme d’une journée dédiée au thème Forme et Polarité cellulaire. avec des recouvrements. Villefrance-sur-mer Alain Prochiantz. CNRS et Ecole normale supérieure II. CNRS et Institut Jacques Monod/Université Denis Diderot David Holcman. biologie cellulaire et modélisation Antoine Triller. . biologie cellulaire et modélisation Thiéry Galli. Les premières données sont encourageantes dans la mesure où le blocage du passage intercellulaire de Pax6 chez le poulet au stade E2 induit une modification du patron d’expression de MNR2 et HB9. CNRS. Ces études s’appuient sur quatre modèles. CNRS. Collège de France et Ecole normale supérieure Recherche La recherche du laboratoire se divise. CNRS et Université de Marseille-Luminy Hotoyoshi Yasuo. Partie théorique et fondamentale Création de patterns Nous avons continué d’explorer la signification physiologique du mécanisme de signalisation par transfert intercellulaire de protéines à homéodomaine. Ces études menées en collaboration avec l’équipe de Jean-Léon Thomas à la Salpêtrière viennent de débuter et il est encore trop tôt pour tracer l’état des lieux. CNRS et Institut Curie Thomas Lecuit. Transport et fusion vésiculaire. Morphogenèse et polarités cellulaire et planaire Yohan Bellaïche. Un premier modèle est la formation de bords le long de l’axe dorso-ventral du tube nerveux aux périodes précoces du développement. INSERM et Ecole normale supérieure Maxime Dahan.2. CNRS et Ecole normale supérieure III. Cette journée a été divisée en 4 thèmes : I. Organisation dynamique de la synapse. entre une partie théorique et fondamentale et une autre plus orientée vers les applications technologiques ou thérapeutiques. La stratégie est de suivre la façon dont les frontières entre territoires dorso-ventraux peuvent être modifiés quand on bloque le passage intercellulaire de certains facteurs de transcription de la classe des homéoprotéines en particulier Pax6 et Nkx2. le Lundi 10 décembre 2007.

Dans ce manuscrit nous démontrons sans ambiguïté les faits suivants : 1.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 261 Dans le même ordre d’idée nous avons utilisé. Allemagne). sous la forme d’un manuscrit révisé. Cette réponse requière l’internalisation de la protéine par les cônes et repose sur une régulation de la traduction locale des ARN messagers des cônes par l’homéoprotéine. 483. en collaboration avec Forence Maschat (CNRS. Elle est pratiquement achevée et sera renvoyée. La neutralisation de la protéine extracellulaire in vivo entraîne une projection ectopique des neurones temporaux dans les domaines postérieurs du tectum. Parmi ces candidats nous avons eu la surprise de trouver des messagers mitochondriaux et nous développons. une stratégie de blocage du passage de l’homéoprotéine Engrailed dans le disque imaginal de l’aile de drosophile. Montpellier). 3. 2005) que les cônes de croissance des neurones ganglionnaires de la rétine (RGCs) d’origine nasale et temporale répondent de façon opposée (attraction et répulsion) quand ils sont placés dans un gradient de l’homéoprotéine Engrailed. La partie in vivo implique une collaboration avec Andrea Wizenmann et Wolfgang Wurst (Tübingen et Munich. UK) nous avons démontré (Brunet et al. l’hypothèse selon laquelle l’internalisation d’Engrailed entraîne une augmentation de l’activité du complexe I et la synthèse . La quantité de protéine à la surface correspond à 5 % de son contenu nucléaire. Nous pouvons donc conclure que le transfert in vivo de l’homéoproteine Engrailed est nécessaire au patterning des projections de la rétine sur le tectum. ici encore. Cela nous a amené à développer le travail le long de deux axes. l’EphrinA5 en particulier. préliminaires mais elles suggèrent que cette opération modifie de façon non autonome cellulaire le développement de la veine transverse dans la partie antérieure de l’aile (à proximité de la frontière antéro-postérieure). et Christine Holt (Cambridge. Nature. UK). Pour ce qui est de la caractérisation des messagers traduits. sans implication de la transcription. Guidage axonal Dans une étude antérieure menée en collaboration avec le laboratoire de Christine Holt (Cambridge. Cette activité d’Engrailed se fait en coopération avec les Ephrins. Les données sont. 94-98. nous avons utilisé une approche par puces à ADN en comparant dans diverses situations (Engrailed internalisé ou non) le population des messagers en cours de traduction (sur les polysomes). D’une part vérifier que ce mécanisme opère in vivo au moment de la mise en place des connexion retine-tectum. Engrailed (En1 et En2) sont exprimés à la surface du tectum selon un gradient antéro-postérieur. D’autre part identifier les ARN messagers régulés au niveau traductionnel après internalisation de l’homéoprotéine. Nous avons aujourd’hui une dizaine de candidats sérieux qui seront bientôt testés (en collaboration avec le laboratoire de Christine Holt). sur cette base. 2. à la revue Neuron dans les semaines qui viennent.

Nous le faisons en recherchant les cibles transcriptionnelles et traductionnelle d’Otx2 dans les neurones GABA à parvalbumine.. est plausible et compatible avec les données de la littérature. suggérant un mécanisme de reconnaissance spécifique. Cet ATP pourrait avoir une activité intracellulaire. nous avons développé des modèles pour tester les différents paramètres. 508-520. Kasatkin et al. J. La prochaine étape est donc de tester l’importance physiologique de cette reconnaissance en la bloquant in vivo au cours de la période critique. Période critique Dans ce travail (collaboration avec Takao Hensch. Modélisation En collaboration avec David Holcman (Ecole normale supérieure). 249. Nous testons actuellement cette hypothèse en mesurant l’ATP extracellulaire et en vérifiant si la réponse à Engrailed est modifiée par des agents pharmacologique interférant avec la voie de signalisation purinergique. 503-517. Au cours de cette étude nous avons observé qu’Otx2 infusé dans le cortex est spécifiquement internalisé par les neurones GABA à parvalbumine. Ce travail fondé sur des pertes et gain de fonction d’Otx2 et des enregistrements électrophysiologiques est actuellement sous presse (Sugiyama et al. USA) nous avons démontré que la capture de l’homéoprotéine Otx2 par les interneurones GABAergiques à parvalbumine (couches 3 et 4 du cortex visuel binoculaire) ouvre la période critique (plasticité corticale) au cours de la maturation post-natale su système visuel. 70. 2007 .. 156-178. Un autre point important est de comprendre le mode de transduction du signal. mais aussi extracellulaire après sécrétion et fixation sur des récepteurs purinergiques. Boston. Ces calculs ont été publiés (Holcman et al.262 ALAIN PROCHIANTZ d’ATP. 134. Bulletin of Mathematical Biology. de ce mode de signalisation au cours de la mise en place de gradients morphogénétiques et de la formation de frontières entre territoires au sein du neuroépithélium. 2008). Au cours de l’année écoulée nous avons accumulé des données qui soutiennent l’hypothèse de l’existence de sites de fixation constitués par des sucres complexes (glycosaminogycans). Theoretical Biol. Nous avons identifié dans la séquence d’Otx2 un domaine de 12 acides aminés responsable de cette reconnaissance. nous avons calculé que ce mécanisme. 2008). . tout particulièrement la robustesse. Cell. Reprenant les propriétés d’auto-activation et d’inhibition réciproque des homéoprotéines exprimées de part et d’autre d’une frontière. Harvard Medical School. proche de celui proposé par Turing en 1952.

dans les noyaux dopaminergiques (DA) du mésencéphale. 2007). nous avons mis au point des modèles in vitro et in vivo permettant de tester les propriétés protectrices d’Otx2 sur la mort des RGCs adultes. J. est presque uniquement constituée d’un domaine de fixation à l’ADN (l’homéodomaine). Les hypothèses sur le rôle d’Otx2 comme protéine thérapeutique ont donné lieu à un dépôt de brevet. Depuis nous avons donné du poids à cette hypothèse en démontrant qu’Engrailed internalisé par les neurones DA protège in vitro et in vivo contre leur mort spontanée. que je ne développe pas. 3. comme son nom l’indique. CH). nous avons comparé l’expression de HOP dans des tissus sains et des cellules souches tumorales de gliomes humains. une drogue qui s’attaque au Complexe I mitochondrial. Maladie de Parkinson L’homéoprotéine Engrailed (En1 et En2) est exprimée. Glaucome Le glaucome est provoqué par la mort des cellules ganglionnaires rétiniennes (RGCs). Nous sommes . HOP est réprimé dans ces cellules souches tumorales et l’induction de son expression les fait entrer en apoptose. 27. nous avions rapporté que la délétion d’un seul allèle En1 (donc un allèle Engrailed sur quatre) s’accompagne d’une mort progressive des neurones DA chez l’adulte. Sur la base d’observations préliminaires. par perte et gain de fonction. Au cours d’un travail publie en 2007 (Sonnier et al. Grâce à une collaboration avec Ariel Ruiz i Altaba (Faculté de Médecine de Genève. Neurosci. Neural Dev. Cette observation et d’autres raisons. Les causes de cette mort ne sont pas établies avec certitude. 13. qui dégénèrent dans la maladie de Parkinson. suggérant un rôle important de HOP dans le processus oncogénique (De Toni et al. 1063-1071. Cette fonction est exercée à travers le contrôle de la mort programmée de ces précurseurs neuronaux. chez l’adulte. nous ont conduits a proposer qu’Engrailed pouvait se trouver dans le circuit génétique de la maladie de Parkinson. Nos résultats suggèrent qu’Otx2 internalisé par les RGCs protège ces neurones contre une mort induite soit par l’axotomie (in vitro) soit par une neurotoxicité glutamatergique (in vivo). 2008). Isabelle Caillé avait observé l’expression. de HOP (homeodomain only proteins) qui.. Dans le cadre d’un contrat industriel avec Fovea-SA. même si l’idée prédominante implique une augmentation anormale de la pression intraoculaire. que cette mini-protéine est un anti-oncogène pour les cellules neurales souches adultes de l’hippocampe. mais aussi induite par le MPP+. nous avons formé l’hypothèse d’un contrôle de la survie des RGCs par le passage de la protéine Otx2 entre les cellules bipolaires et les RGCs. Nous avons démontré. dans l’hippocampe.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 263 Etudes technologiques et applications thérapeutiques Gliomes Au cours de l’étude des cellules souches adultes présentes dans le système nerveux central..

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9 janvier 2008. Paris. Brain Diseases and Molecular machines. 5. June 4th-8th. Keynote lecture. Visual System Development Gordon Conference. Helsinki. 6th international Symposium Neuronal mechanisms of Vision. France. 7. Keynote lecture. 4. March 29thApril 1st 2007. 30-31 August 2008. 6. Ruhr Universtät Bochum October 11th-13th. Chemistry and Biology Symposium of the Japan Society of Bioscience. Leiden Lorentz center. 2007. Nagoya September 27th 2008. Napoli April 20th-22nd 2007. Conférences 2007-2008 1. Utilisation d’une Homéoprotéine de la famille Bicoïd pour le traitement du Glaucome. A. Biotechnology and Agrochemistry. 8. Molecular mechanisms in neural patterning and differentiation.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 265 Brevets 1. N° 08/00110. CEINGE. Designing the Body Plan: Developmental mechanisms. The Cell-Penetrating Peptides (CPP) Satellite Meeting. August 10-15 2008. USA. Germany. 2. 7th meeting of the German Neuroscience Society. . 3. Göttingen. Moya. Newport Rhode Island. March 25-28. Keynote lecture. 2007. Prochiantz & K.

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Les plantes possèdent un système immunitaire développé. de même que les invertébrés. Les approches expérimentales habituelles se sont récemment enrichies des analyses génomiques qui sont pratiquées sur un nombre croissant d’organismes.e. l’immunome. L’immunome de l’homme contient entre 5 % et 8 % des gènes humains.Immunologie moléculaire M. au prix d’une extension de langage. Il est accessible sur le site du Collège de France. Ainsi. La génération de la diversité des anticorps et des récepteurs des cellules T figure parmi les traits caractéristiques de l’immunité adaptative. et on n’évoquera ici que les enjeux scientifiques les plus importants. on extrait. et se livrer à des comparaisons et des hypothèses sur l’évolution des fonctions. i. celui de l’homme et de la souris. On peut rechercher des filiations génétiques. tenter d’identifier l’origine évolutive de tel ou tel gène. le point de référence habituel est le système immunitaire des mammifères. le sous-ensemble des gènes impliqués dans les défenses immunitaires. Bien entendu. produite par des décennies de recherche. Son périmètre est fonction de la définition du système immunitaire que l’on adopte et des appréciations que l’on porte sur la fonction des gènes. entre immunité adaptative et immunité innée. au travers notamment des homologues des . principalement. Cette question a fasciné les immunologistes qui recherchent depuis longtemps leurs origines évolutives. professeur I. membre de l’Institut (Académie des Sciences). Philippe Kourilsky. Enseignement Le cours 2007-2008 a porté sur « Les systèmes immunitaires dans l’évolution des espèces ». être qualifiés d’immunitaires. A partir de la séquence du génome entier d’une espèce donnée. in silico. certaines bactéries se défendent contre l’intrusion d’ADN extérieur (bactérien ou viral) par le système de restriction-modification. Tous les êtres vivants sont dotés de mécanismes de défense qui protègent leur intégrité et peuvent. On y repère la classification majeure.

Une analyse transversale a conclu l’ensemble du cours. récente. On s’est livré. La frontière se situe entre poissons avec et sans mâchoires. puisqu’il s’agit des petits ARN interférants. Elle est particulièrement développée chez certains mammifères comme l’opossum. parfois considérables. on observe à la fois une forte conservation verticale de certains gènes qui représentent probablement une innovation évolutive critique. variables d’une espèce à l’autre. Dans tous les cas. partant de l’homme pour aborder successivement les mammifères. Contrairement à ce que l’on avait cru. pendant plusieurs semaines. ce dont l’immunome de l’oursin donne un exemple. Les plantes l’utilisent pour se défendre contre les virus.268 PHILIPPE KOURILSKY gènes du Complexe Majeur d’Histocompatibilité (ou CMH). la phase de croissance extraplacentaire du nouveau-né implique que. en tant que telle. qui semble effectivement très diversifiée. les premiers disposant d’anticorps et de CMH et les autres pas. On observe que l’immunité adaptative. tout comme dans ses articulations avec l’immunité adaptative. De plus. Mais l’étude de la lamproie et de la myxine a montré que celles-ci fabriquent des anticorps d’un type totalement différent. Les plantes disposent d’un système d’immunité innée qui présente de nombreuses homologies avec celui des vertébrés et des invertébrés. bien que fondé sur des agents moléculaires radicalement distincts. d’autres vertébrés et enfin les invertébrés et les plantes. Chez ce dernier. La découverte. l’est moins chez des mammifères plus anciens. de l’interférence ARN est l’une des plus importantes des dix dernières années. depuis 1996. à une analyse « descendante » de l’immunité adaptative et de l’immunité innée. Les invertébrés n’ont pas d’immunité adaptative. les oiseaux et les poissons. très développée et sophistiquée chez l’homme et chez la souris. leur attention s’est à nouveau portée sur les gènes de l’immunité innée et sur plusieurs familles de récepteurs qui agissent comme détecteurs de différentes classes d’agents infectieux. il n’y a donc pas eu une solution évolutive unique à la question de la génération de la diversité des anticorps. et des expansions horizontales. Ces observations ont conduit à rechercher l’importance éventuelle de l’interférence ARN dans les systèmes immunitaires des . Elles possèdent un deuxième dispositif qui s’apparente à l’immunité adaptative. mais le dispositif est plus largement exploité pour la lutte contre l’invasion de transposons et la surveillance de l’intégrité du génome. Toutefois. Elle est absente chez les invertébrés. caractérisés par des motifs moléculaires dits LRR (Leucine Rich Repeats) et non par des modules de type IgSF de la superfamille des immunoglobulines. certains gènes donnent lieu à des phénomènes d’épissage alternatif qui en diversifient les produits. sa survie dépend essentiellement de son immunité innée. mettant en jeu jusqu’à des centaines de gènes. Dans le même temps. mais leur immunité innée est parfois très sophistiquée. au cours des premières leçons. on s’est aussi rendu compte que l’immunité innée est d’une complexité inattendue.

et pourrait bien être un prototype de dispositif anticipatif. De même. On soulignera que certains agents infectieux synthétisent de petits ARN interférants pour circonvenir les défenses cellulaires. La découverte d’autres principes fondateurs de l’immunité montre que. il existe chez les vertébrés au moins deux catégories d’anticorps possibles. Ce qui brouille plus encore le tableau limpide que propose la distinction académique entre immunité innée et immunité adaptative. leur structure étant distincte et leur fonction quasi-identique. Elle ne se contente pas de nourrir l’histoire naturelle : elle est aussi source de nouveaux concepts. L’attention des immunologistes reste. très légitimement. Dans ce cas. . Le gène unique DSCAM. mais apparemment aussi dans l’immunité innée. même pour une invention évolutive jugée remarquable. mais aussi dans l’immunité innée. Ainsi. mais s’en servent indirectement dans l’immunité adaptative. et les petits ARN interférents constituent chez les plantes un système que l’on peut considérer comme adaptatif. Au demeurant. Il n’y a donc aucune relation bi-univoque entre motifs structuraux et telle ou telle fonction de l’immunité adaptative ou innée. L’immunité anticipative pourrait donc faire le lien entre deux catégories conceptuelles traitées jusqu’à présent de façon trop distincte. les deux sont utilisés. chez la drosophile.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 269 mammifères. de même que sur la souris qui est censée lui servir — fort imparfaitement d’ailleurs — de modèle. comme dans bien d’autres. L’analyse des récepteurs des cellules NK chez l’homme et la souris fournit d’ailleurs un bel exemple d’évolution convergente. dans des processus de régulation plutôt que de reconnaissance directe. Ils l’utilisent aussi pour surveiller l’intégrité du génome. non seulement dans l’immunité adaptative. Il est probable que ces derniers exploitent effectivement ce mécanisme. ou de variantes de ces derniers. l’évolution a sélectionné au moins deux types de colles « universelles » : les molécules à LRR et les modules de type IgSF. est la notion d’immunité anticipative. par exemple pour lutter contre un agent infectieux donné présent dans la niche en question ? On peut imaginer à l’inverse que certains dispositifs de l’immunité innée sont anticipatifs en ce sens qu’ils produisent (par diversification génétique et épissage alternatif ).e. Les vastes expansions génétiques observées dans des familles de gènes de l’immunité innée suggèrent qu’elles correspondent à une forme d’adaptation et/ou de sélection à telle ou telle niche écologique. L’analyse évolutive des systèmes immunitaires induit donc un décentrage du regard. i. il y a plusieurs solutions. concentrée sur l’homme. peut produire par épissage alternatif quelques 38 000 isoformes. un jeu de structures capables d’anticiper la survenue de nouveaux agents infectieux. on trouve les traces du combat évolutif entre les agents infectieux et leurs hôtes dans la multiplicité des systèmes d’échappement inventés par les agents infectieux et des contre-systèmes développés par leurs hôtes. Il sert à la diversification des neurones. au niveau moléculaire. L’étude des systèmes immunitaires dans l’évolution des espaces est donc riche d’enseignements. Mais faut-il nécessairement en conclure que chaque gène a été sélectionné de façon précise.

France — A functional analysis of rainbow trout immune system • Jean-Pierre Levraud. — Immunity in disease-vector mosquitoes • Christine Coustau. Switzerland. INRA Bordeaux. Date : Mardi 8 avril 2008. CNRS Strasbourg. University of Basel. and the earth »). — Multiple resistant traits control infection in plants • Olivier Voinnet. University of Montpellier. France. an enlightening tool to study the immune system in fish THE HEN OR THE EGG • Yves Nys. France. CNRS Strasbourg. INRA Nouzilly. Lieu : Amphithéâtre Marguerite de Navarre (Collège de France) Organisateurs : Philippe Kourilsky et Dominique Buzoni-Gatel (INRA) Intervenants / Programme : AN OVERVIEW : • Louis Du Pasquier.270 PHILIPPE KOURILSKY Le séminaire de la chaire a été organisé sous forme de colloque : Titre : « L’Arche de Noé immunologique : L’immunité chez les êtres des airs. des eaux et de la terre » (« Noah’s Ark and the Immune System : Immunity in living creatures from the sky. IMMUNE DEFENSES IN PLANTS : • Olivier Le Gall. France — Bats as carrier of human diseases. France — Eggs have their own antimicrobial defense systems . France — The zebrafish. Institut Pasteur Paris. University of Marseille Luminy. INRA Jouy-en-Josas. France — Resistance to fungal infection in Caenorhabditis elegans THE IMMUNE SYSTEM IN CREATURES FROM WATER • Pierre Boudinot. Institut Pasteur Paris. France — X-tox : a new family of immune related protein specific to Lepidoptera. the water. France. France. Institut Pasteur Lille. — RNA Silencing pathways and anti viral defense in plants BUGS AND INFECTION • Elena Levashina. — Immunity in parasite-vector molluscs • Noël Tordo. strategies of prevention • Jean-Michel Escoubas. • Jonathan Ewbank.

2007 Conférence ou Table ronde Lieu Colloque « Les sciences à l’UNESCO : quelle Sénat.2007 26.2007 . Conférences et colloques. AFSSA Ploufragan. Collège de France. Paris.2007 06.11. • Véronique Jestin. Table ronde : Développement Durable et environnement : « Présentation de Facts » Conférence (CAS Albert Einstein Visiting Pro. France — Vaccination against avian influenza infection CONCLUSION • Philippe Kourilsky.10. Palais du Luxemimplication pour la France ? » bourg.Capital Medical Univerfessorship) : « Health and Sustainable Develop.Wuhan Institute of Virofessorship) : « The Birth of Systems Immunology.sity Pekin (Chine) ment : What can Science do ? » Conférence (CAS Albert Einstein Visiting Pro. logy (Chinese Academy of How it may help fighting infectious diseases » Sciences) Symposium  Animal Genomics for Animal Organisation Mondiale de Health » [Organisation Mondiale de la Santé la Santé Animale (OIE) à Animale (OIE)] : « The Human Genome and Paris biomedicine : past and future impacts » Chaire Santé et développement du CNAM : Conservatoire national des « La recherche sur les maladies oubliées dans le arts et métiers à Paris monde » Atelier technologique Société Française d’Im. interventions publiques Date 11. UK — Cytokines. France II.2007 12. chemokines and their implication in resistance to chicken infection (in ovo vaccination).2007 23.11. UK — The genomic organisation of the chicken MHC leads to gene coevolution. resistance to infection and insight into the origin of the adaptive immune system.Ecole normale supérieure munologie (SFI) : « Les approches globales des de Lyon (ENS) répertoires immunitaires. • Jim Kaufman. Compton University. de la recherche au diagnostic ex-vivo » : « Répertoires Immunitaires : Analyse du système immunitaire humain (cellules T et B) » 10. University of Cambridge.10. Paris.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 271 • Peter Kaiser.09.10.

06. de la santé mondiale. Bandeira. G.05.05.2007 Conférence ou Table ronde Lieu 5e Forum Mondial du Développement Durable Sénat. au sein du Singapore Immunology Network (SIgN). Berry) : France « Le système immunitaire. financé par l’Agence gouvernementale A*STAR. etc.2008 21. des partenariats publics privés. où Philippe Kourilsky anime plus particulièrement deux groupes de recherche (thèmes 2 et 3). dans l’U668 de l’INSERM (Directeur : J.272 PHILIPPE KOURILSKY Date 06. dans l’Unité dirigée par A. » Colloque Informatique et Bioinformatique Amphithéâtre Marguerite (dans le cadre de la Chaire d’innovation techno. 1er thème).04.2008 III.Sciences Po à Paris ces Po pour l’Afrique : « La recherche dans le domaine des maladies infectieuses. SIgN. 2. Locaux de Radio Aligre.01. .2008 06. inclut un centre de recherches qui comprend 6 000 m2 de laboratoires (cf. Di Santo) en collaboration avec le groupe animé par A. un grand système d’information » Conférence CLAS (pour le personnel CdF) : Amphi Budé. Palais du Luxem(FMDD). Cumano (cf.12.2008 15. Paris. Collège de logique . Emission consacrée au Collège de France (avec Paris Michel Zink) 4th Biomedical Asia : « The evolving biomedical Suntec Singapore Internascience and industry » tional Convention and Exhibition Centre (Singapour) Conférence organisée par l’association « Scien. Session « régulation sanitaire. Collège de « Santé et Développement durable : Que peut faire France la Science ? » 28. Annexe). 1. A Singapour. des enjeux. Recherche Les activités de recherche de la Chaire d’Immunologie Moléculaire sont désormais conduites au sein de deux entités aux localisations distinctes. présidé par Philippe Kourilsky.Prof. démo.bourg. A Paris.de Navarre.Liliane Bettencourt .2008 23. graphie et migrations » : « La question des maladies négligées » « Rendez-vous parisiens  sur Radio Aligre.

très puissante pour étudier les répertoires des cellules T et B. 2e thème : Analyse systémique des macrophages humains (Wong Siew Cheng. c) Analyse de souris « humanisées » (J. avec Ph. une étude clinique a été entreprise sur la reconstitution des répertoires B après traitement du pemphigus vulgaire par l’anti-CD20 (Rituximab) (8). Lim) L’immunoscope reste une méthodologie de référence. qui sont greffées avec des cellules souches hématopoïétiques humaines dérivées de foie fœtal humain. Allemagne) (5.6) et en dermatologie avec l’Université de Californie (7). Lim) Il s’agit de souris RAG2/γc. A. Vigo. aux séquenceurs à capillaires à haut débit (3). Les résultats montrent que les Treg sont très diverses. le répertoire des Treg ne chevauche quasiment pas celui des cellules T naïves. avec l’aide des méthodes statistiques évoquées plus haut. De façon remarquable. SIgN) Deux populations de macrophages CD14++ CD16– (80%) et CD14+ CD16+ (20 %) ont été étudiées. De plus. Lim) a) Poursuite de l’amélioration de l’Immunoscope (A. avec M. Une amélioration technique importante réalisée en 2007-2008 a consisté à l’adapter.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 273 1er thème : Répertoires des cellules immunitaires de l’homme et des cellules T régulatrices de la souris (A. Faro. Bandeira. L’immunoscope est toujours utilisé pour le suivi d’un groupe d’enfants dont l’immunodéficience a été corrigée par thérapie génique (A. d) Etude de la diversité des cellules T régulatrices de la souris (A. Des méthodes d’analyse statistique permettent de mesurer plus rapidement que par le passé la dimension et la diversité des répertoires (J. Portugal). Mempel (Munich. La reconstitution des répertoires B et T est analysée par l’Immunoscope. b) Applications à l’immunologie humaine et à la clinique (A. Elle a fait la preuve de son utilité dans le suivi clinique (1). Bandeira) La dimension des répertoires des cellules T CD4+ CD25+ a été estimée. Le sous-ensemble minoritaire semble plus enclin à l’apoptose spontanée. Fisher. grâce notamment à l’écriture d’un nouveau logiciel. un article est en cours de rédaction. D’autres développements en cours incluent la mise au point de l’analyse des chaînes alpha du TCR. Les expériences de confirmation avec des T CD4+ Fox P3+ ont été réalisées récemment. A. tout autant que dans de nombreux problèmes de recherche chez la souris (2). Lim) . France). avec une taille moyenne des clones de l’ordre de deux. . Musette (Rouen. et apparaît plus apte à l’adhésion et à la . Necker) (4). ce qui suggère fortement que les Treg reconnaissent des ligands particuliers. Di Santo. pourrait être plus cytotoxique. L’adaptation de la méthode aux cellules B a permis d’entreprendre des études en allergologie.

274 PHILIPPE KOURILSKY migration. Les travaux en cours visent à améliorer le diagnostic (les confusions avec l’infection par le virus de la Dengue doivent être évitées). en Italie. P. Un projet de vaccinologie est à l’étude.sign. titulaire de la chaire Albert Einstein de l’Académie des Sciences en Chine (CAS Albert Einstein Visiting Professorship). Kourilsky a co-présidé pendant 2 ans le groupe de suivi. l’Institut Karolinska en Suède et l’université de Milan. ainsi qu’à identifier les épitopes T immunodominants (avec l’aide d’approches informatiques). du pilotage du laboratoire de haute sécurité BLS-4. a été notamment créée la Société Singapourienne d’Immunologie (dont le Président Honoraire est Ph.edu. Le centre de recherches qui se développe dans 6 000 m2 de laboratoires comprend d’ores et déjà une douzaine de groupes de recherches et plus de cent chercheurs. au premier chef le Collège de France. 3e thème : Analyse des réponses immunitaires contre le virus chikungunya (Lisa Ng. SIgN) Le virus chikungunya est assez répandu en Asie (particulièrement en Inde) et quelques cas ont été rapportés à Singapour pour la première fois en 2007.sg/ SIgN a pour mission de stimuler le développement de l’immunologie dans l’Etat de Singapour. ainsi que l’Institut Pasteur et l’INSERM en France. Conformément au plan élaboré par Ph. SIgN a organisé sept colloques internationaux et noué des relations avec plusieurs institutions renommées. pour l’année 2007-2008. Ce dernier est en cours de construction dans le cadre d’un partenariat franco-chinois qui avait été mis en place sous l’égide des Présidents des deux Républiques de France et de Chine en 2005 lors de la visite en France de ce dernier. L’intervention de ces macrophages dans divers phénomènes infectieux est à l’étude. Les études de transcriptomique et de protéomique ont ouvert plusieurs voies d’investigation et hypothèses fonctionnelles. Annexe : Singapore Immunology Network (SIgN) http://www. Au cours des deux dernières années. l’Institut Riken au Japon. Il a. où se trouve un institut de virologie (conférence au Wuhan Institute of Virology). chargé entre autres. Un réseau régional de collecte d’échantillons et de partage d’informations est en voie de constitution. effectué un séjour en Chine. Sous l’impulsion de SIgN. Un modèle de co-culture tridimensionnelle in vitro est en cours de mise au point (sphéroïdes) pour étudier dans quelles conditions ces macrophages peuvent devenir pro-tumorigènes. La caractérisation des macrophages infiltrant des tumeurs a été entreprise. IV. il comprend une plate-forme sur le site de Biopolis et un réseau qui inclut les deux universités et les institutions hospitalières de Singapour. Kourilsky en 2006 — plan approuvé par l’Agence A*STAR. à ce titre. Ces chiffres ont vocation à doubler dans les deux ans à venir.a-star. principalement à Pékin (conférence au « Capital Medical University Pekin ») et à Wu-han. Autres activités et nouvelles de la chaire • Philippe Kourilsky a été. Kourilsky). .

S. A. Cette commission présidée par M. Site internet : http://www. Lesjean Pottier. De Villartay and M. N.E.double-negative T cells in patients with autoimmune lymphoproliferative syndrome (ALPS) express restricted Vβ TCR diversity and are clonally related to CD8+ T cells. P.-P. Publications 1. a rendu ses conclusions début juillet 2008.org/fr/facts-initiative. F. Mateo. lancée par Philippe Kourilsky. • L’initiative « FACTS » (Field Action Science) Développement. Gougeon : Human TCR α/β+ CD4-CD8.-L. . (2008). X. Kourilsky : Many human peripheral VH5-expressing IgM+ B cells display a unique heavy-chain rearrangement. qui sont peu ou pas diffusés et partagés entre les intervenants de terrain. . 3. Lemercier. J. A. 2. Paques. autant de thématiques qui. • Philippe Kourilsky a été nommé en 2007. mobilisent l’intervention de nombreux acteurs. De ces activités résultent des connaissances. J. La création de la revue internationale « FACTS Reports » a été rendue publique le 12 mars 2007. S. institutions académiques. éducation. Lim. J. V. A. Garrigue. Demerens. à Lyon. des bonnes pratiques à l’aide d’une revue internationale « FACTS Reports ». des savoir-faire. Benjelloun. Jan. ayant pour objectif d’améliorer l’efficacité des actions. promue par Philippe Kourilsky. D. Rieux-Laucat and M. Alain Juppé et Louis Schweitzer. C. A. Le Lorc’h. Brousse. A. Fischer. Magerus-Chatinet. Hauer. Blondeau. Huetz and P. Lim. Galy. A. Fischer. Lim. A. Molecular Therapy (2008). membre de la Commission du Livre Blanc de la Diplomatie Française. Charneau. La finalité de FACTS initiative. P. consultants. Solary. Stockholm.veolia. environnement. sans être exhaustives. D. A. humanitaire. A. des méthodologies. L’initiative FACTS. Le livre blanc a servi de base à un train des réformes Ministères des Affaires Etrangères annoncées fin août 2008 par le Ministère des Affaires Etrangères à l’occasion de la XIe conférence des Ambassadeurs à Paris (28-29 août 2008). Malassis-Seris. E. Romana. ONG. F. Soulas-Sprauel. Int Immunol. F.aspx V. des expériences et des méthodes de résolution des problèmes.institut. Rivière. Chappedelaine. organisations gouvernementales et multilatérales. Cavazzana-Calvo : Stable and functional lymphoid reconstitution in Artemis-deficient mice following lentiviral Artemis gene transfer into hematopoietic stem cells. M. fonctionnant selon les règles prévalant dans la communauté scientifique. est de collecter et de diffuser un savoir. 20(1) : 105-16. lors du Forum BioVision. sur l’ensemble de la planète. J. M. F. Immunology (2008). B. santé. Wertz.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 275 • Le comité exécutif de l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS)/ Université de Québec a renouvelé le mandat à titre de Professeur associé au Centre INRS-Institut Armand Frappier jusqu’au 31 mai 2010. se présente comme un outil de valorisation et de consolidation du capital de connaissances produit sur le terrain. Bristeau-Leprince. J.

F. Mouquet. F. J. B. P.D. R. Belohradsky. J. Mempel : The IgE repertoire in PBMCs of atopic patients is characterized by individual rearrangements without variable region of the heavy immunoglobulin chain bias. E. F. Sigaux. L. B. 41(1) : 80-6. Gougeon. B. Beldjord.-C. A. . J Clin Invest. B. and P. Dermatol. Sorensen. 120(3) : 696-706. . Belloni. M. R. N.J Allergy Clin Immunol. Velez. Lemercier. Lemercier. Macintyre. Moshous. A. Autoimmunity (2008). Sbornik. D. J. Radford. 120(5) : 1223-5. Wintergerst. Ring. A. A. Hein : Low-dose anti-IgE therapy in patients with atopic eczema with high serum IgE levels. Lim. Soulier. Lim. S. Feb. 8. Lim. Jacquot. Wang Gary. 19. Invest. U. 5. Clappier. E. Luderschmidt. Dutot. Gougeon : VH gene usage and CDR3 analysis of B cell receptor in the peripheral blood of patients with PBC. S. Gershwin. S. I. Sep. J. V. Borkhardt. M. E. Morillon. A. Leiva. N. Hein. M. 7. M. S. D. M. Fischer and M. Andres. Lim. A. Hacein-Bey-Abina. (2007). Bushman. Schnopp. Forema. V. M. (2008) Aug. J Allergy Clin Immunol. A.H. Kenny. . Weidinger. Caccavelli. C. Schnopp. H. L. Asnafi. J. A. Gilbert. d’Incan. Brousse. Delabesse. S. I.276 PHILIPPE KOURILSKY 4. Lemercier. B. Dal Cortivo.L. 6. T. Roujeau. P. Kourlisky. C. (2008). A. Lim. J. 7. R. Wulffraat. L. (2007). Weidinger.-L. Joly : B-Cell Depletion Immunotherapy in Pemphigus : Effects on Cellular and Humoral Immune Responses. Garrigue. M. C. Cavazzana-Calvo : Insertional oncogenesis in 4 patients after retrovirus-mediated gene therapy of SCID-X1. Ziai. P. C. Musette. Tron. Bedane. Hauer. Ollert. Ring. M. A. . Nov. K. E. Jun.C. Blanche.

Pour Piaget. De nombreux mathématiciens adhèrent. Il en conclut aisément à une pure construction mentale des objets mathématiques. La position que j’ai défendue dans ce cours. petit à petit. et que l’on pourrait qualifier d’intuitionniste. Pour d’autres. Vygotsky : « la pensée ne s’exprime pas seulement en mots : elle vient au monde à travers eux »). professeur Enseignement Cours : les fondements cognitifs de l’arithmétique élémentaire Le cours 2008 s’est attaché à analyser. 1989). explicitement ou implicitement. Elle postule que les fondements cognitifs des mathématiques doivent être recherchés dans une série . n’appartient à aucun de ces deux camps.Psychologie cognitive expérimentale M. membre de l’Institut (Académie des Sciences). Stanislas Dehaene. régi par ses propres contraintes. la logique en constitue le fondement (« Le nombre entier peut ainsi être conçu comme une synthèse de la classe et de la relation asymétrique »). à une hypothèse Platonicienne selon laquelle les mathématiques ne sont que l’exploration d’un monde à part. la représentation mentale de l’un des plus simples et cependant des plus fondamentaux des objets mathématiques : le concept de nombre entier naturel. une compétence mathématique. ne peut qu’être frappé par la difficulté avec laquelle l’enfant se construit. Citons par exemple Alain Connes dans son débat avec Jean-Pierre Changeux : « Lorsqu’il se déplace dans la géographie des mathématiques. le langage joue un rôle essentiel (cf. cependant. La nature et l’origine des objets mathématiques font débat depuis l’Antiquité. Le psychologue du développement. et qui préexiste au cerveau humain. le mathématicien perçoit peu à peu les contours et la structure incroyablement riche du monde mathématique. Il développe progressivement une sensibilité à la notion de simplicité qui lui donne accès à de nouvelles régions du paysage mathématique » (Changeux & Connes. par les méthodes de la psychologie cognitive.

leur comparaison. partagées par de nombreuses espèces animales. Son fonctionnement répond à trois traits caractéristiques de l’intuition : rapidité. des objets mentaux. ou numérique le fondement même de l’entreprise mathématique. dans le domaine de la cognition numérique élémentaire. Henri Poincaré voit également dans l’intuition spatiale. en ce qu’aucun cerveau ne la rejette : même les hommes du peuple et les illettrés savent compter et calculer ». les idées dont les propriétés sont reproductibles s’appellent des objets mathématiques. Il cite également la célèbre lettre d’Einstein : « les mots et le langage. Roger Bacon notait que « la connaissance mathématique est presque innée en nous… elle est la plus facile des sciences. décrit comment la plupart des découvertes mathématiques font suite à une longue période d’ « incubation » sans progression apparente. et l’étude des objets mentaux aux propriétés reproductibles s’appelle les mathématiques. et inaccessibilité à l’introspection consciente. page 399). motrice. & Marchisotto. en effet. et du nombre. Hersh. Ainsi cette position se rattache-t-elle. La difficulté consiste à définir précisément ce que l’on entend par intuition. Selon l’heureuse expression d’Elizabeth Spelke. L’intuition est la faculté qui nous permet de réfléchir et d’examiner ces objets mentaux internes » (Davis. dans l’une des plus célèbres enquêtes sur cette question. possède une signature psychologique et neurale déchiffrable. l’Essai sur la psychologie de l’invention dans le domaine mathématique (Hadamard. 1997). 1945). 1995. sans pour autant s’y identifier. « au sein des idées. Pour les mathématiciens Philip David et Reuben Hersh. que la variété des propriétés qu’on lui attribue soit issue d’un processus cognitif unique. écrits ou parlés. suivie d’une illumination soudaine. du temps. l’arithmétique élémentaire semble faire partie du noyau de connaissances de l’espèce humaine. de tout évidence. et nous verrons qu’un modèle mathématique simple peut en être proposé. Un sens du nombre est présent chez le nourrisson et repose sur des circuits cérébraux spécifiques que l’on retrouve chez d’autres primates. Toutefois. les recherches récentes délimitent assez précisément un ensemble de connaissances que l’on pourrait qualifier d’intuition numérique ou de sens des nombres (Dehaene. Jacques Hadamard. qui peuvent à “volonté” être reproduits ou combinés ». Il permet une rapide évaluation du nombre d’objets présents dans des ensembles. . pratiquement tous les grands mathématiciens disent faire appel à leur intuition. De fait. automaticité. ne semblent pas jouer le moindre rôle dans le mécanisme de ma pensée. à l’intuitionnisme mathématique de Brouwer et Poincaré.278 STANISLAS DEHAENE d’intuitions fondamentales de l’espace. Les entités psychiques qui servent d’éléments à la pensée sont certaines signes ou des images plus ou moins claires. Les mathématiques se construisent par la formalisation et la mise en liaison consciente de ces différentes intuitions. loin d’être inaccessible à l’étude scientifique. Dès le xiiie siècle. Ainsi l’intuition. et que nous héritons d’un lointain passé où ces intuitions jouaient un rôle essentiel à la survie. et leur combinaison par des opérations d’addition et de soustraction. Il n’est pas certain.

des fractions. c’est-à-dire d’appréhension de la numérosité d’un ensemble d’objets : — la subitisation ou « subitizing » en anglais fait référence à l’appréhension immédiate des petites numérosités (un. ou trois objets) . Il importe donc d’introduire d’emblée quelques distinctions terminologiques essentielles. cependant. et une loi de puissance relie les deux quantités (Izard & Dehaene. d’une manière approximative. Le concept de nombre. chez l’animal et le très enfant. 2008) . tels que « 1053 ». d’estimation et de comptage sont dissociables. la psychologie cognitive ne s’est guère penchée sur ces concepts mathématiques de plus haut niveau. — enfin. Pour l’instant. un par un. l’ordinalité fait référence au rang d’un élément dans une série ordonnée. au laboratoire.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 279 Les multiples facettes du concept de nombre Le concept de nombre recouvre des contenus assez divers. la psychologie cognitive montre l’importance. Il consiste à apparier. le nombre perçu n’est pas toujours relié linéairement au nombre effectivement présenté : la sous-estimation est fréquente. peut-être considéré comme un nombre tout objet mental susceptible d’être manipulé selon certaines opérations cohérentes. Toutefois. ont montré qu’un adulte non-entraîné estime efficacement et rapidement des ensembles même très grands. de la perception non-symbolique du nombre. voire des quaternions ou des matrices… Pour lui. à laquelle on réfère souvent par les termes techniques de cardinalité ou de numérosité. Les recherches de Véronique Izard. parties du corps). On s’y réfère verbalement par le biais de nombres ordinaux (par exemple « treizième »). Des recherches récentes confirment que les trois processus de subitisation. dont les principes ont été étudiés par Gelman et Gallistel (1978). deux. La distinction entre subitisation et . des nombres réels ou complexes. consiste en l’intégration harmonieuse de ces différentes facettes symboliques et non-symboliques du nombre. où la quantité 13 peut être présentée sous la forme concrète d’un nuage de 13 points ou d’une séquence de 13 sons. la numérosité d’un ensemble de taille arbitraire. Cependant. La perception de la numérosité L’adulte dispose d’au moins trois processus cognitifs distincts d’énumération. — l’estimation permet d’évaluer. chacun des objets énumérés avec une liste de référence qui peut être verbale (noms de nombres) ou non-verbale (doigts. permet d’énumérer avec précision un ensemble quelconque. Il va de soi que le mathématicien souhaiterait prolonger cette liste en direction des entiers relatifs. Enfin. ou exprimés à l’aide de noms de nombres tels que « mille cinquante trois ». Notre éducation nous a habitués aux symboles numériques : les nombres écrits en base 10 à l’aide des chiffres arabes. Le nombre est ici considéré comme la propriété d’un ensemble. le comptage. chez l’adulte éduqué. Nous nous en tiendrons donc à la perception non-symbolique de la numérosité et sa mise en liaison avec les symboles écrits ou parlés des nombres.

montre que cette explication ne suffit pas (Revkin. il était possible de soutenir que l’estimation et la subitisation n’étaient que le reflet d’un seul et même processus. 2004 . Par exemple. la loi de Weber pourrait expliquer la subitisation. & Spelke. à la suite d’une lésion cérébrale. la recherche de Susannah Revkin. une soudaine amplification de l’activité dans un vaste réseau cérébral lié au comptage verbal. à cette frontière. Par exemple. au laboratoire. un bébé de six mois détecte quand la numérosité d’un ensemble change de 8 à 16 objets ou vice-versa. La précision avec laquelle nous détectons la présence d’un. selon une constante de proportionalité appelée coefficient de variation ou fraction de Weber. Cohen. le temps de réponse montre un soudain accroissement linéaire. L’activité de ces régions est si caractéristique qu’elle permet de distinguer. L’imagerie cérébrale détecte.280 STANISLAS DEHAENE comptage est évidente lorsque l’on mesure le temps de dénomination de la numérosité d’un ensemble : au-delà de trois objets. Le développement de la perception numérique Les tests Piagétiens de conservation du nombre et d’inclusion de classes ont initialement suggéré que le jeune enfant était dépourvu de mécanismes invariants d’appréhension du nombre. Wynn. Jusqu’à très récemment. et qui comprend notamment les régions pariétales postérieures bilatérales associées aux mouvements de l’attention. puis 5 autres. Toutefois. Le Bihan. Feigenson. pratiquement essai par essai. Giacomini. lorsqu’ils voient 5 objets. & Dehaene. si le sujet a compté ou pas et combien d’objets ont été dénombrés (Piazza. car elle aboutit à une précision suffisante pour discriminer et nommer les numérosités 1. disparaître derrière un écran. 2008). mesurée par son écarttype. 20 ou 30 objets. 1992). 2 ou 3 sans pratiquement faire d’erreur. car elle excède de très loin celle avec laquelle nous discriminons 10. Dehaene. 2004). au moins d’une façon approximative. développent une simultanagnosie (Dehaene & Cohen. Ainsi. 2000). l’estimation se caractérise par la loi de Weber : l’imprécision de l’estimation. & Dehaene. ils s’attendent à voir apparaître environ 10 objets et expriment leur surprise en regardant plus longuement lorsque l’écran s’abaisse et révèle seulement 5 objets (McCrink & Wynn. deux ou trois objets dépasse celle attendue selon la loi de Weber. fondées sur l’adaptation et la réaction à la nouveauté ou à la violation de lois physiques. Pour les tous petits nombres. Ainsi la subitisation se réduirait à une sorte d’« estimation précise ». 2003). De nombreuses études ont démontré une sensibilité à la numérosité chez l’enfant de 4-6 mois. Les enfants détectent également la violation des règles d’addition et de soustraction. même lorsque les paramètres non-numériques tels que la densité et la surface totale sont constants (Xu & Spelke. cette conclusion a été nettement infirmée avec l’avènement de nouvelles méthodes d’expérimentation chez le très jeune enfant. Une dissociation entre subitisation et comptage s’observe également chez certains patients qui. la subitisation semble-t-elle faire appel à un système dédié. 1994). . peut-être celui lié à l’appréhension des objets discrets (« object tracking » ou « object files » system. Piazza. Cependant. En effet. Izard. croît linéairement avec le nombre estimé.

dauphins…). et la loi de Weber rend bien compte de l’ensemble de ces données. a systématiquement mis en parallèle les compétences arithmétiques de l’homme adulte et du singe macaque. soit aux paramètres non-numériques (Feigenson. la perception des petites numérosités 1. l’expérience fondatrice de Moyer et Landauer (1967) a montré que. lorsque nous décidons lequel de deux chiffres est le plus grand. Plus surprenant encore. notre temps de réponse varie en fonction inverse de la distance numérique qui les sépare. 2008). tel est également le cas lorsque nous jugeons si deux nombres sont pareils ou différent — la réponse « différent » est plus lente pour 8 contre 7 que pour 8 contre 1. une lésion cérébrale peut faire perdre toute capacité de . selon le contexte. Il est fascinant de constater que cette intuition numérique existe également chez de nombreuses espèces animales (pigeons. une discrimination des numérosités 2 et 3 en l’absence de tout artefact non-numérique (Izard. à l’aide des potentiels évoqués. Certains ont suggéré que leur discrimination n’était due qu’à des paramètres confondants tels que la quantité totale de matière (voir Feigenson et al. pour l’enfant. prêter attention soit à la numérosité. dans des tâches qui sollicitaient la perception approximative des numérosités. 2004). Au laboratoire. Ainsi. 2005). 2007). Cordes and Brannon (2008) vont jusqu’à suggérer qu’il est plus simple. Enfin. Elle observe une psychophysique très similaire. dès qu’un adulte éduqué perçoit un nom de nombre ou un nombre en notation arabe. singes. de prêter attention au nombre qu’à la quantité totale de matière. Ainsi tant la subitisation que l’estimation et la capacité de calcul approximatif semblent présents chez l’espèce humaine dès la première année de vie. Elizabeth Brannon. La taille des nombres influe également sur le jugement comparatif des nombres présentés sous forme symbolique. la grande distance qui sépare le résultat proposé du résultat correct nous permet de le rejeter sans faire le calcul exact (Ashcraft & Stazyk. en particulier. Cependant de nouveaux résultats très récents indiquent que les enfants peuvent. lions. Dehaene-Lambertz. cette entrée symbolique est rapidement et automatiquement traduite mentalement en une quantité approximative dont la manipulation interne obéit aux mêmes lois que celles de la manipulation des numérosités perçues sous forme d’ensembles d’objets.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 281 Si l’estimation est bien démontrée chez le très jeune enfant. Liens avec l’arithmétique symbolique Dans quelle mesure ces compétences précoces pour la manipulation des numérosités non-verbales sont-elles pertinentes pour la compréhension de l’intuition des symboles numériques à l’âge adulte ? De nombreuses expériences suggèrent que. dans la mesure où leur fraction de Weber est plus élevée dans le second cas. leur addition et leur comparaison (Cantlon & Brannon. nous avons effectivement observé. la précision des calculs étant simplement meilleure chez l’homme. 1981).. La vérification des opérations symboliques démontre également un effet de distance numérique : lorsqu’une opération évidemment fausse nous est proposée. & Dehaene. rats. 2 ou 3 a été plus débattue.

Cependant. dans la mesure où elle s’active quelle que soit la notation utilisée pour présenter les nombres (chiffres arabes. ont donné à des enfants de 5 et 6 ans. Jean. & Spelke. fondée sur la loi de Weber. & Cohen. Une méthode d’adaptation a permis de démontrer la convergence . Cette région occupe une position bien précise au sein d’une mosaïque de régions sensori-motrices impliquées dans les mouvements des yeux. Qui en a le plus ? » Les enfants n’avaient reçu aucun enseignement explicite des nombres de cette taille. en TEP puis en IRM fonctionnelle. ces résultats suggèrent que l’appréhension de la numérosité approximative et des relations de distance entre les nombres. et leurs performances suivaient la loi de Weber. Plus important encore. noms de nombres parlés ou écrits) et ce. Izard. chez des enfants un peu plus âgés (6-8 ans). Dans l’ensemble.282 STANISLAS DEHAENE calcul exact. Ainsi l’approximation des quantités numériques. tout en laissant intact cette compétence basique pour l’approximation (Dehaene & Cohen. 2003). leurs performances dans cette évaluation de l’intuition arithmétique corrélaient avec leur réussite en mathématiques à l’école. et on lui en donne 30 de plus. et même lorsque le sujet se contente de comparer deux nombres ou de détecter la présence d’un chiffre parmi des lettres. Pinel. Les mécanismes cérébraux de l’arithmétique élémentaire Quels sont les mécanismes cérébraux de l’arithmétique élémentaire ? Les toutes premières études d’imagerie cérébrale. que la variabilité de l’effet de distance au cours de la comparaison numérique prédit la réussite scolaire en mathématiques. en maternelle. des problèmes verbaux tels que « Sarah possède 21 bonbons. Israël. en a 34. joue un rôle déterminant pour la bonne compréhension ultérieure de l’arithmétique symbolique. quel que soit leur niveau socio-économique. McCarthy. Mangin. de la main ou du doigt (Simon. dans toutes les cultures qui ont pu être testées (Chine. 2007). La région intrapariétale semble jouer un rôle important dans la représentation abstraite des nombres. Gilmore et coll. L’activation intrapariétale est également présente lorsque l’on présente des numérosités sous forme d’ensembles de points (Piazza. États-Unis. Le Bihan. Tout récemment. ils répondaient bien au delà du niveau du hasard (60-70 % de réussite). 1991). ni des opérations d’addition et de soustraction. 2004). Europe). lui. Pinel. ce qui laissait penser qu’ils traduisaient mentalement les problèmes symboliques en quantités afin d’exploiter leur intuition non-symbolique. Son activation est présente quel que soit le calcul effectué. mais pas les scores de lecture. Japon. Cohen. & Dehaene. fondée sur la loi de Weber. 2002). une étude développementale a confirmé que l’intuition arithmétique des quantités approximatives précède et sous-tend l’apprentissage ultérieur de l’arithmétique symbolique (Gilmore. Holloway et Ansari (2008) ont également rapporté. apparaît-elle comme une compétence fondamentale qui transparaît dans de nombreuses tâches symboliques. en SPECT. & Dehaene. Piazza. ont rapidement isolé une région importante : dès qu’un adulte calcule mentalement. Le Bihan. on observe une activation bilatérale des flancs du sillon intrapariétal (voir Dehaene.

Spelke. dans le cortex préfrontal et intrapariétal. Andreas Nieder et Earl Miller.. présent dans toutes les cultures et indépendant du niveau d’éducation.. La manipulation des nombres exacts et les opérations de récupération des faits arithmétiques en mémoire. corticaux et sous-corticaux. A la suite de travaux antérieurs de Thompson et coll. 2006).. & Tsivkin. ont enregistré l’activité de centaines de neurones chez des singes éveillés qui avaient été entraînés à réaliser une tâche de comparaison différée des numérosités de deux ensembles d’objets. en particulier. et complété d’un second réseau associé aux stratégies de calcul symbolique acquises au cours de l’éducation. l’existence de populations de neurones dont le taux de décharge varie avec le nombre d’objets présentés. particulièrement dans l’hémisphère droit. associé au cortex intrapariétal bilatéral. Stanescu. interviennent à différentes étapes de représentation et de manipulation des nombres. tandis que les lésions des aires périsylviennes ou des noyaux gris centraux de l’hémisphère gauche tendent à perturber les tables arithmétiques mémorisées (Lemer. (1970) et Sawamura et coll (2002). particulièrement les tables de multiplication (Delazer et al. Ischebeck et al. Au cours de l’entraînement arithmétique. & Dehaene. Ils ont découvert. 1995). Pinel. Il est cependant évident que cette région intrapariétale n’est pas la seule à contribuer aux opérations arithmétiques. Spelke. font appel à un vaste réseau qui implique le gyrus angulaire gauche et les aires périsylviennes du langage. Ces résultats concordent avec l’hypothèse d’un noyau de compétences numériques. & Cohen. Dehaene. ou l’estimation des numérosités. Pinel.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 283 des représentations symboliques et non-symboliques des nombres dans cette région (Piazza. 2003). La neuropsychologie de l’acalculie confirme globalement cette double dissociation : les lésions intrapariétales focales tendent à perturber l’intuition même des quantités numériques.. dans des tâches aussi simples que l’addition. au Massachussetts Institute of Technology puis à l’Université de Tübingen. 2004). dès quelques mois de vie à la présentation d’ensemble d’objets dont la numérosité varie (Izard et al. Le Bihan. l’activité corticale se déplace progressivement depuis la région intrapariétale vers le gyrus angulaire à mesure que le participant enregistre les faits correspondants en mémoire verbale. 2008). Chez l’adulte. étendue à l’enregistrement des potentiels évoqués chez le bébé de 2-3 mois. notamment sous forme symbolique ou linguistique (Dehaene & Cohen. la soustraction. des réseaux étendus. 2007). 2003 . la comparaison. tandis que la région intrapariétale elle-même est maximalement activée lors des opérations d’approximation et de comparaison (Dehaene. 1999). a montré que le cortex intrapariétal est activé. Des lésions intrapariétales précoces pourraient d’ailleurs être à l’origine de dyscalculies du développement chez certains enfants (Molko et al. Certains . La même méthode. Les neurones des nombres L’une des découvertes les plus fascinantes de ces dernières années est certainement celles des mécanismes neurophysiologiques de l’arithmétique élémentaire chez le singe macaque.

ces neurones possèdent des champs récepteurs limités et ne répondent donc qu’à la numérosité du sous-ensemble d’objets qui apparait dans une région rétinotopique bien délimitée — pas au nombre total d’objets présent sur la rétine.. 2002). Ainsi. mais leur taux de décharge varie de façon monotone avec la numérosité. Roitman et coll. . ce qui correspond quantitativement à la loi de Weber. et même jusqu’à une trentaine d’objets (Nieder & Merten. tout récemment. en croissant ou en décroissant avec le logarithme de la numérosité de l’ensemble présenté. Le profil détaillé des réponses de ces neurones indique un codage de la numérosité selon la loi de Weber. De fait. la méthode d’adaptation en IRMf a permis à mon laboratoire de démontrer. Par sa localisation absolue. Chaque neurone présente en effet une courbe d’accord autour de sa numérosité préférée. mais également relative à d’autres régions telles que les aires AIP et LIP impliquées dans les mouvements des yeux et de la main. ce qui suggère que ce second code neuronal de l’aire LIP pourrait également exister dans l’espèce humaine. avec une variabilité fixe et de forme Gaussienne. dans l’aire ventrale intrapariétale (VIP). tandis que les neurones préfrontaux répondent préférentiellement au cours de la phase de délai de la tâche de réponse différée. chez le singe.. le paramètre de nombre est représenté par un groupe épars de neurones selon un code partiellement distribué qui représente la numérosité approximative et non la cardinalité exacte. par quatre ou par cinq objets (Nieder. 2008). Ces « neurones des nombres » sont localisés dans le cortex préfrontal dorsolatéral. lorsque les numérosités sont représentées sur une échelle logarithmique. mais également dans les lobes pariétaux. 2005). du segment horizontal du sillon intrapariétal qui est activé chez l’homme au cours de diverses opérations arithmétiques (Simon et al. dans une région pariétale plus latérale et postérieure (l’aire LIP).284 STANISLAS DEHAENE neurones sont activés préférentiellement par un objet unique. la largeur de la courbe croit linéairement avec la numérosité préférée. d’autres par deux. 2007). l’existence d’un codage cérébral log-Gaussien des numérosités. dans les profondeurs du sillon intrapariétal. Il est à noter que les neurones pariétaux ont une réponse plus rapide. Cette représentation est dite « log-Gaussienne ». (2007) ont découvert un second type de code neural de la numérosité. 2004). Elle implique qu’au niveau de la population de neurones. Les neurones de l’aire LIP diffèrent de ceux de l’aire VIP (étudiés par Nieder et Miller) en plusieurs points. Sur une échelle linéaire. En second lieu. Notons que. ils ne sont pas accordés à un nombre préféré. l’aire VIP constitue un homologue plausible. tandis que sa mémorisation impliquerait préférentiellement le cortex préfrontal. coïncidant précisément avec celui qui avait été inféré des études psychophysiques chez l’homme. Tout d’abord. très semblable à celui observé chez le singe macaque (Piazza et al. chez l’homme. l’extraction initiale de l’information de numérosité se ferait dans l’aire VIP. par trois. Les deux propriétés — monotonie et rétinotopie — ont récemment été observées indirectement chez l’homme dans une illusion d’adaptation à la numérosité (Burr & Ross. Mais la description la plus compacte des réponses neuronales est une courbe d’accord constante.

la numérosité approximative peut être extraite d’une carte rétinienne détaillée en trois étapes successives : (1) codage rétinotopique des positions occupées par les objets. Verguts & Fias. ce qui conduit à une population de neurones accordés aux différentes numérosités. 2004). ces résultats s’accordent bien avec un modèle théorique qui suppose que les neurones monotones et accordés constituent deux étapes distinctes de l’extraction d’une représentation invariante de la numérosité (Dehaene & Changeux. 2007). Selon ce modèle. Cantlon & Brannon. à ce dernier niveau. les neurones d’accumulation peuvent être identifiés aux neurones de l’aire LIP étudiés par Roitman et coll.. capable de rendre compte des taux d’erreurs et des temps de réponse dans diverses tâches numériques élémentaires.. sous forme d’un réseau de neurones formels. indépendamment de leur identité et de leur taille. la théorie de la détection du signal peut être appliquée très directement au code log-Gaussien. Toutefois. Lorsque la décision est prise en un temps fixe. Il est à noter qu’anatomiquement. Ce modèle rend bien compte des compétences animales et humaines dans des tâches élémentaires de comparaison pareil-différent ou plus grand-plus petit (Dehaene. donc avec une quantité fixe d’activation pour chaque objet . dans la mesure où ces deux populations de neurones n’ont été observées que très récemment. l’un avec une variation monotone du taux de décharge en fonction de la numérosité. (2) addition approximative de ces activations à travers l’ensemble de la carte.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 285 Un modèle mathématique de la décision numérique Pourquoi une telle coexistence de deux codes neuronaux distincts. 1993 . Piazza et al. dans des laboratoires différents. 2007). 2007 . a également été développé (Dehaene. La simulation de ce modèle par ordinateur. 2006 . les neurones de VIP semblent répondre à l’ensemble du champ visuel.. l’autre avec une courbe d’accord à une numérosité préférée ? Il convient d’interpréter ces résultats avec prudence. Il peut également être adapté à la dénomination des numérosités (Izard & Dehaene. (3) seuillage de cette activation par des neurones avec des seuils croissants et une forte inhibition latérale. la modélisation du temps de réponse fait appel à un modèle mathématique plus sophistiqué. Ce . 2008) et à l’addition ou à la soustraction de deux numérosités. 2004). par le moyen de « neurones d’accumulation » dont le niveau d’activité varie de façon monotone en fonction de la numérosité . ce qui est compatible avec l’hypothèse qu’ils reçoivent des entrées convergentes de nombreux neurones rétinotopiques de l’aire LIP. A partir de ce code neural log-Gaussien. Lorsque la tâche implique une décision rapide en temps limité. montre qu’on aboutit naturellement. chez des animaux différents et entraînés à des tâches numériques différentes. et que seul le taux d’erreurs doit donc être modélisé. un modèle mathématique de prise de décision. Avec quelques adaptations. tandis que les neurones accordés à la numérosité correspondraient aux neurones de l’aire LIP enregistrés par Nieder et Miller. les neurones de LIP projettent effectivement vers ceux de VIP. moyennant quelques hypothèses supplémentaires sur la combinaison des variances associées à chaque opérande (Barth et al. De plus. sans pression de rapidité. à un codage log-Gaussien de la numérosité.

On peut démontrer que ce mécanisme d’accumulation statistique avec seuil constitue un mécanisme optimal de prise de décision en temps réel (Gold & Shadlen. soit à des numérosités seules. avec une courbe d’accord log-Gaussienne. 2002). La décision est prise lorsque. 2005). Cependant. tous les neurones présentent la même courbe d’accord. plusieurs éléments convergents suggèrent que cette vision est un peu trop simple.286 STANISLAS DEHAENE modèle se fonde sur les travaux de Mike Shadlen qui indiquent que la prise de décision en temps réel. s’appuie sur certains neurones pariétaux et préfrontaux qui réalisent une accumulation des données stochastiques que les stimuli apportent en faveur de chacune des réponses possibles. sont également expliqués en grand détail (Sigman & Dehaene. Verguts et Fias (2004) ont simulé l’apprentissage non-supervisé dans un réseau de neurones formels qui est exposé. soit à des numérosités appariées avec le symbole correspondant. L’impact des symboles sur la cognition numérique Le modèle décrit ci-dessus suppose que l’acquisition des symboles numériques tels que les chiffres arabes consiste tout simplement à mettre en relation ces formes arbitraires avec la représentation log-Gaussienne des numérosités correspondantes. pour l’un des réponses. contrairement à la loi de Weber. La réponse correspondante est alors sélectionnée. le modèle log-Gaussien doublé d’une prise de décision par accumulation conduit à des prédictions très étroitement ajustées aux données expérimentales. mais avec une grande composante ‘tout-ou-rien’ doublé d’un petit effet linéaire. et que l’acquisition de symboles pour les nombres change également en profondeur la représentation non-verbale des quantités numériques. D’autre part. Bien que les neurones restent accordés à la numérosité approximative. le réseau développe des neurones « détecteurs de numérosité » très semblables à ceux décrits par Nieder et Miller. la marche aléatoire de l’accumulateur atteint un seuil fixé à l’avance. et le modèle explique pourquoi la forme de cet effet diffère selon que l’on considère le taux d’erreur ou le temps de réponse moyen. La distribution des temps de réponse. l’appariement avec des symboles modifie profondément cette représentation. L’influence de la distance entre les nombres à comparer est correctement modélisée. Cependant. avec une largeur fixe pour tous les nombres testés (1 à 5). en sorte que la prise de décision met en jeu les quantités et non plus les symboles eux-mêmes. et la manière dont celle-ci varie avec la présence d’une tâche interférente. sur la base de signaux bruités. La courbe d’accord des neurones présente toujours un effet de distance. Dans le premier cas. le réseau exposé aux symboles développe un nouveau type de représentation que l’on qualifie de linéaire avec une variabilité fixe. . Cette accumulation peut alors décrite mathématiquement comme une marche aléatoire apparentée à un mouvement Brownien. L’analyse montre qu’au moins dans des tâches très simples telles que la comparaison de deux nombres. Ainsi. ils répondent de façon très précise à chaque symbole numérique.

Diester et Nieder (2007) ont publié la toute première étude neurophysiologique des mécanismes cérébraux de l’acquisition des symboles chez le primate non-humain.. lorsque les nombres sont présentés sous forme symbolique. pourraient entraîner une automatisation du signe et un transfert de ces neurones de conjonction vers les aires postérieures du cerveau. Représentation spatiale des nombres et synesthésie numérique L’éducation arithmétique s’accompagne d’un autre changement important : l’apprentissage de liens systématiques entre les nombres et l’espace. seul le cortex préfrontal. Ainsi. Dans le cortex préfrontal dorsolatéral. L’intuition d’une échelle spatiale des nombres joue un rôle essentiel en mathématiques. de nombreux neurones codaient simultanément pour le même nombre. 2004 . les neurones se spécialisaient soit pour les chiffres arabes. depuis la notion de mesure (géo-métrie) jusqu’à l’étude des nombres irrationnels. ainsi que de probables différences d’architecture cérébrale. semble susceptible de coder la relation arbitraire entre un symbole et sa signification. la courbe d’accord des neurones ne se modifiait pas selon la notation. mais ne répondaient pas aux deux formats simultanément. dans le cortex intrapariétal. soit pour les numérosités. Le peu de données dont nous disposons sur l’IRM fonctionnelle du développement de l’arithmétique suggère effectivement qu’au cours de l’éducation. (2005) ont effectivement observé un déplacement massif de l’activité préfrontale avec l’âge. Tout récemment. L’analyse fine des temps de réponse montre des différences non-négligeables entre la comparaison des nombres présentés sous forme symbolique et sous forme de numérosités d’ensembles de points. chez l’animal. tant dans son activité de base que dans la taille de son effet de distance. 2007) présentent également de subtiles asymétries qui suggèrent que. indépendamment de son format de présentation symbolique ou non-symbolique. après l’apprentissage. le codage des quantités semble plus précis dans l’hémisphère gauche que dans le droit et pourrait ressembler à celui prédit par le modèle. Contrairement au modèle de Verguts et Fias. Etonnamment. 2006). De nombreuses études démontrent l’automaticité du lien entre les nombres et l’espace chez l’homme adulte : la simple présentation d’un chiffre arabe suffit à biaiser les . c’est surtout la région pariétale gauche qui est modifiée. Dans leur étude d’IRM fonctionnnelle du développement arithmétique. Rivera et coll. ce qui suggère un raffinement de la précision du codage des nombres au sein de l’hémisphère gauche (Ansari & Dhital. Ils ont entraîné deux singes à apparier des chiffres arabes entre 1 et 4 avec les numérosités correspondantes. au profit de régions occipito-temporales et pariétales gauches qui pourraient correspondre respectivement aux codes des symboles et des quantités. Chez l’homme. Les expériences d’IRM fonctionnelle de Piazza et coll. Piazza et al. un entraînement plus important. qui correspondent à l’emploi d’une représentation plus précise et plus linéaire des symboles numériques (Dehaene. des coordonnées Cartésiennes ou du plan complexe. de la droite réelle. 2007). (Piazza & Dehaene.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 287 La proposition théorique de Verguts et Fias pourrait expliquer plusieurs aspects de l’intuition attachée aux symboles numériques.

Les enfants les plus jeunes (CP) placent les nombres en correspondance avec l’espace d’une façon certes monotone. Izard. De plus. avec les régions voisines impliquées dans le codage de l’espace. Elle se modifie considérablement au cours de développement et en fonction de l’éducation. Véronique Izard et Elizabeth Spelke. L’association nombre-espace elle-même semble provenir des liens anatomiques très étroits qu’entretient la région intrapariétale moyenne. la correspondance entre nombres et espace n’est pas entièrement fixe. Ces liens spatio-numériques demeurent non-conscients chez la plupart des personnes testées. Bossini. les nombres à des positions spatiales bien déterminées sur une échelle spatiale interne. chez de rares individus. 1993). qui sont impliquées dans le mouvement des yeux et le codage des positions pertinentes de l’espace. en direction de la droite pour les grands nombres et de la gauche pour les petits nombres. mais non-linéaire. semble donc faire partie des intuitions fondamentales de l’humanité (étant entendu que cette intuition est approximative et n’inclut pas des propriétés mathématiques abstraites de la fonction logarithme telles que la transformation des sommes en produits). 2005). De nombreux indices . & Giraux. En particulier. & Pica. nous avons obtenu des données d’IRM fonctionnelle. affirment voir. Cet « effet SNARC » (spatial-numerical association of response codes) dépend de variables attentionnelles et culturelles telles que la direction de l’écriture — la direction de l’effet tend à s’inverser dans les cultures qui lisent de droite à gauche (Dehaene. qui dérive de la loi de Weber. Cependant. Spelke. Siegler et Opfer (2003) ont présenté une tâche dans laquelle des enfants doivent disposer les nombres qu’on leur énonce sur un segment étiqueté par exemple avec le nombre 1 à gauche et le nombre 100 à droite. L’échelle de similarité logarithmique. leur accès à la conscience pourrait peut-être expliquer le phénomène de synesthésie numérique. Bien qu’intuitive et automatique. j’ai proposé que ce circuit VIP-LIP soit en partie recyclé pour l’arithmétique élémentaire (Hubbard. Piazza. Ces personnes. Avec Ed Hubbard. Avec Pierre Pica. Ils accordent beaucoup plus de place aux petits nombres et tendent à suivre une échelle compressive et logarithmique. nous avons montré que l’éducation joue un rôle essentiel : chez les indiens Mundurucus d’Amazonie. sur la base d’une revue détaillée de ces questions. au sens littéral. 2008). en effet. Avec André Knops et Mariagrazia Ranzini. un circuit relie les aires LIP et VIP.288 STANISLAS DEHAENE réponses motrices et l’attention visuo-spatiale. des personnes adultes mais dépourvues d’éducation mathématique répondent de façon logarithmique à des nombres entre 1 et 10 présentés de façon verbale ou non-symbolique (Dehaene. & Dehaene. la simple présentation d’un nombre induit une activation latéralisée des régions pariétales postérieures (homologue plausible de l’aire LIP chez l’homme). de potentiels évoqués et de comportement qui vont dans ce sens. En effet. Pinel. l’addition et la soustraction évoquent automatiquement un mouvement vers la droite et la gauche respectivement. Les réponses ne deviennent linéaires que chez les enfants plus âgés. selon laquelle 10 se situe au milieu de 1 et de 100. entre 8 et 10 ans. impliquée dans le codage du nombre.

Séminaire En complément du cours. Il a présenté les toutes premières images du développement cérébral de l’arithmétique. en effet. — Lisa Feigenson (Johns Hopkins University) a décrit ses recherches sur la cognition numérique chez le nourrisson. . le séminaire a porté spécifiquement sur la représentation du nombre chez l’enfant. en expliquant quelle pouvait être la contribution des outils d’imagerie cérébrale à la compréhension du développement cognitif de l’enfant entre la naissance et l’adolescence. et est associé à un circuit cérébral situé dans la région intrapariétale bilatérale. Le calcul constitue. Son objectif explicite était de revisiter ce domaine initialement exploré par Jean Piaget et ses collaborateurs sous le regard critique des contributions récentes de la psychologie cognitive du développement. Les échelles logarithmique et linéaire semblent coexister et être sélectionnées en fonction des instructions et du contexte de la tâche. — Daniel Ansari (University of Western Ontario) s’est placé dans une perspective neuro-physiologique. Conclusion L’intuition arithmétique humaine consiste en un réseau complexe de connaissances qui vont de la capacité d’estimer rapidement la cardinalité approximative d’un ensemble à celle d’anticiper le résultat d’une addition. Le noyau de ces connaissances numériques consiste en une représentation log-Gaussienne de la numérosité approximative. L’apprentissage des symboles de l’arithmétique formelle s’appuie fortement sur ce sens précoce des nombres. son évaluation. qui démontre notamment une capacité hiérarchique d’appréhension du nombre d’ensembles d’objets. — Michel Fayol (Université de Clermont-Ferrand) s’est intéressé aux mécanismes de l’apprentissage du comptage et des faits arithmétiques. ses causes possibles et sa rééducation. Un enjeu essentiel sera de mieux utiliser ces connaissances afin d’améliorer l’enseignement de l’arithmétique et de mieux comprendre l’origine des dyscalculies. Ce noyau de connaissances est déjà présent chez le très jeune enfant et de nombreuses espèces animales. la représentation logarithmique n’a pas vraiment disparu. bien que notre compréhension de la manière dont ce dernier est modifié par l’éducation demeure très imparfaite. Ce sera l’une des questions importantes de la recherche à venir.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 289 suggèrent que. notamment chez l’enfant d’âge scolaire. chez l’adulte éduqué. ou de voir les nombres dans l’espace et d’évaluer que 3 est plus proche de 1 que de 10. Six chercheurs réputés sont venus présenter leurs contributions à ce domaine : — Marie-Pascale Noël (Université de Louvain) a présenté l’état actuel des connaissances sur la dyscalculie développementale. de juger que 8 est plus grand que 3. l’un des premiers écueils sur lesquels viennent buter les jeunes enfants.

H.. and C. S. (2008). Nature Reviews in Neuroscience. (2006). Dehaene. où celui-ci comprend soudainement ce qu’est le comptage et. J. Fuson. 1997).. The difficulties of representing continuous extent in infancy : using number is just easier. 199-222. 79(2).M. 218-224. Hubbard. K. 1820-1828. Interactions between number and space in parietal cortex. Non-symbolic arithmetic in adults and young children. « Counting on neurons : The neurobiology of numerical competence ». Cordes.290 STANISLAS DEHAENE — Matthieu Le Corre (Harvard University) est revenu sur une phase particulièrement importante du développement de l’enfant. (2008). Macmillan. Cambridge Mass. Oxford. R.. Gallistel (1978). 5(12). Dehaene. Gelman. A. S. (2007). — Enfin Elizabeth Spelke (Harvard University) a présenté un panorama étendu des recherches de son groupe sur le noyau des connaissances numériques chez le très jeune enfant. & Ross. 18(6). (1981). Neuchâtel.. La génèse du nombre chez l’enfant. E. Kanwisher. M. C. N.. Current Opinion in Neurobiology. 425-428. Delachaux & Niestlé. (2005). & Connes. (2005). J. 6(6).. Cohen. entre 2 ans et demi et 3 ans et demi.. Memory And Cognition. 185-196. La Mont. 9. & Stazyk. 14(2).H. & Spelke. Dehaene. Arithmetic and the brain. Burr.. Pinel. PLoS Biol. L. S.M. E. London. (1988). A. Numerical Cognition. M. B. & Wilson...F.. N. K.. accède à une représentation de la numérosité exacte. J. J. Cognition. P. Nieder. Matière à pensée.. Piazza.M. Molko.. Basic math in monkeys and college students. Paris : Odile Jacob. E. (2004). 476-489. H. New York : SpringerVerlag. (2006). Barth. S. Les recherches comportementales qu’elle a présentées visent à séparer les connaissances universelles de l’enfant de celles qu’il acquiert par le biais de l’éducation et de l’immersion dans une culture et un environnement linguistique spécifique. A. D. E. Changeux. e328. R. Cantlon. Age-related changes in the activation of the intraparietal sulcus during nonsymbolic magnitude processing : an event-related functional magnetic resonance imaging study. E. Szeminska (1941). 98(3). J. Curr Biol. B. & Brannon. J. Lipton. Principaux articles cités : Ansari. & Dhital. (1999). Harvard University Press. The child‘s understanding of number. J Cogn Neurosci. Mental addition : A test of three verification models. A visual sense of number.. The Mathematical Brain. S. & Brannon. 435-448. 18(11). Children’s counting and concepts of number. Il s’est appuyé sur plusieurs autres ouvrages et articles de revue : Piaget. Nature Reviews in Neuroscience. Blackwell. Bibliographie succincte Le cours a repris et mis à jour de nombreux éléments de mon livre La bosse des maths (Odile Jacob... (1989). Child Dev..-P. . par ce biais. & Dehaene. and A. Butterworth. Ashcraft. D. (1993).

Two mental calculation systems : A case study of severe acalculia with preserved approximation. E. Cambridge Mass. Dehaene. Spelke. Gelman. Mathematical Cognition. 36(2). 527-574). 29. : Harvard University Press.. Lemer. 1942-1958.. S. PLoS Biol. & Ansari. Dehaene.. Neuropsychologia.. K. McCrink. S. Diester. L. & Cohen. Neuron. Semantic associations between signs and numerical categories in the prefrontal cortex... Bossini. Symbols and quantities in parietal cortex : Elements of a mathematical theory of number representation and manipulation.. Haggard & Y. E. Log or linear ? Distinct intuitions of the number scale in Western and Amazonian indigene cultures.M. . 447(7144). S. 958-975... K. Gilmore.. (2008). Banburismus and the brain : decoding the relationship between sensory stimuli. P. 1221-1247. E. Cognition. decisions. S. Journal of Cognitive Neuroscience. V. L. S.. (1993). M. (1978). Calibrating the mental number line. Pinel. 284(5416). 320(5880). Science. Neuropsychologia. (2008). Dehaene. 1045-1074. Journal of Experimental Psychology : General. (2007). Pinel.. Spelke. & Wynn. Dehaene. Attention & Performance XXII. 487-506. 15(11). P. & Changeux. 6(6). Dehaene. 307-314. (2002). I. & Dehaene. Science. Hubbard.R. 970974.. Large-number addition and subtraction by 9-monthold infants...N.S. (1999). Development of elementary numerical abilities : A neuronal model. Distinct Cerebral Pathways for Object Identity and Number in Human Infants.I. The child’s understanding of number. & Cohen. 83-120. Gold. 776-781. Spelke. (1991). 95(3). E. C.. Mass.E.. P. & Gallistel. 8(7). S. Izard. Core systems of number.. Sources of mathematical thinking : behavioral and brain-imaging evidence. (2003). Stanescu.. S. (2004). J Exp Psychol Hum Percept Perform. The mental representation of parity and numerical magnitude. L. M. D. L.. McCarthy. & Cohen. A double-dissociation in infants’ representations of object arrays. Cambridge. & Cohen. 435-448. M. K. & Nieder. S. (1994). Approximate quantities and exact number words : Dissociable systems. Feigenson. J.. S. 299-308. Izard.. Three parietal circuits for number processing. Cognition.. PLoS Biol. & Cohen. S. J. 390-407. E. Feigenson. Pinel. L. V. & Tsivkin. 5. Holloway. Izard. (2005). 1. (2007). L. I... S. R. (2008). & Dehaene. S.D. S. Dehaene.. (2007)..-P. 20(5). & Giraux. (2003). (1993).). S.. : Harvard University Press. Piazza. Symbolic arithmetic knowledge without instruction. 20. E. in press. Dehaene. & Spelke. (1995). Dehaene. Dehaene. V. S.. (2008). & Spelke.. Interactions between number and space in parietal cortex.. 122.. J Exp Child Psychol. A. (2004). Trends Cogn. Sci. Dehaene... 41. Dissociable mechanisms of subitizing and counting : neuropsychological evidence from simultanagnosic patients. Nat Rev Neurosci. & Shadlen. in press.. C. (2005). Cognitive Neuropsychology. & Pica. G. 589-591. In P. L. S. 371-396. Sensori-motor foundations of higher cognition (pp. Mapping numerical magnitudes onto symbols : The numerical distance effect and individual differences in children’s mathematics achievement. R. Dehaene-Lambertz. P. & Dehaene. P. C. Nature.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 291 Dehaene. 1217-1220. S. Psychol Sci. Piazza. Towards an anatomical and functional model of number processing. and reward. B37-48. Rossetti (Eds. 106(3).

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2008)..PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 293 Mécanismes de la lecture : rôles distincts des voies ventrale et dorsale Par le passé. les travaux du laboratoire sur les processus de lecture se sont souvent focalisés sur une petite région occipito-temporale gauche. Le réseau dorsal mis en évidence dans cette expérience joue vraisemblablement un rôle important dans toutes les conditions où la lecture est dégradée et rendue difficile. rotation. qu’il s’agisse des lettres. Compréhension du langage parlé : l’importance de la région temporale antérieure Anne-Dominique Devauchelle. chez l’adulte bien entraîné. au-delà de deux espaces. La lecture sérielle s’accompagne également d’une amplification sélective de la partie postérieure de l’aire occipito-temporale ventrale. Journal of Cognitive . Au-delà de cette valeur seuil. suggérant une lecture attentive. Les résultats ont montré un important ralentissement du temps de lecture. non-consciente. deux espaces d’écart entre les lettres). notamment au début de l’apprentissage chez l’enfant. voire lettre à lettre. dans les trois conditions de ralentissement. Nous avons donc mené une expérience de comportement et d’IRM fonctionnelle où ces trois facteurs (écartement. les temps de lecture étaient soudainement affectés d’un important effet de longueur du mot. qui survenait précisément aux valeurs paramétriques prédites par le modèle (par exemple. L’expérience qui fait l’objet d’une première publication (Devauchelle et coll. et indépendante de la longueur des mots. à l’avenir. cette région joue un rôle essentiel dans la lecture rapide. En effet. l’aire de la forme visuelle des mots. les régions pariétales postérieures bilatérales (homologue plausible de l’aire LIP chez l’homme). devrait empêcher les neurones de répondre à leur stimulus préféré. nous avons toutefois prédit que cette région devrait cesser de fonctionner efficacement dans certaines conditions de stimulation : — l’écartement des l e t t r e s . au-delà d’environ 40 degrés. — enfin la présentation du mot dans l’hémichamp gauche a un effet délétère bien connu. à un site correspondant au codage putatif des lettres isolées. avec effort. sans doute parce qu’elle empêche l’accès rapide aux connaissances orthographiques stockées dans les régions visuelles de l’hémisphère gauche. déplacement) étaient manipulés de façon paramétrique (Cohen et coll.. TICS. 2005). L’IRM a révélé les mécanismes cérébraux de ces phénomènes comportementaux : la lecture avec effort s’accompagne de l’entrée en activité d’un vaste réseau dorsal qui comprend systématiquement. des bigrammes ou ou des morphèmes des mots . NeuroImage.. a réalisé une thèse sur la représentation cérébrale des structures de phrases. d’examiner sa possible contribution aux troubles de la lecture chez certains enfants dyslexiques. Il semble important. devrait empêcher l’activation des neurones-bigrammes supposés essentiels à l’identification rapide des mots . — la rotation du mot. Sur la base d’un modèle neuronal de l’architecture de cette région (Dehaene et coll. dans l’équipe de Christophe Pallier.

Véronique Izard. Un fort effet d’adaptation à la répétition était alors observé dans la majorité du réseau de traitement des phrases. par exemple « le taxi dépose le client ». le même contenu était répété à l’aide de constructions syntaxiques distinctes. 2008). toutefois. De nombreux travaux. Dans cette condition également. notre laboratoire s’intéresse à la cognition numérique chez les indiens Mundurucus d’Amazonie. et n’a guère accès à l’éducation mathématique. les participants lisaient ou écoutaient des phrases organisées par groupes de quatre. Ce résultat suggère que la construction syntaxique abstraite n’est pas représentée indépendamment des mots qui la véhiculent. etc. Cet effet trouve son origine dans les liens qu’entretiennent les représentations numériques et spatiales dans le lobe pariétal (voir le cours de cette année). un fort effet d’amorçage était observé. particulièrement dans la région temporale antérieure. était l’absence d’effet d’amorçage dans une condition où l’on respectait toujours la même structure syntaxique. etc. Une hypothèse très intéressante est que les régions temporales antérieures soient impliquées dans l’extraction de la structure abstraite ou « profonde » des phrases. Elizabeth Spelke. Nos nouveaux résultats indiquent que l’intuition d’une association régulière entre les nombres et l’espace pré-existe à toute éducation en mathématiques. Ainsi pouvons-nous étudier. indépendamment des mots utilisés pour la réaliser (par exemple « c’est le taxi qui dépose le client . Dans un cas extrême. Science.). les intuitions mathématiques non-verbales. . réalisant ainsi une forme d’invariance pour leurs variations plus superficielles. ou bien n’est pas conservée sous une forme explicite par des neurones reproductibles et sujets à l’adaptation. Dans la condition « lexico-sémantique ». Celle-ci apparaît comme un candidat intéressant pour la représentation du sens des phrases et de l’agencement des rôles thématiques de leurs constituants. soit la même construction syntaxique.294 STANISLAS DEHAENE Neuroscience. montrent que. avec les méthodes de la psychologie cognitive. « le client a été déposé par le taxi ». soit le même contenu lexico-sémantique. nous avons montré que ces indiens possèdent un sens intuitif des relations nombre-espace (Dehaene et coll. Cognition numérique : les liens entre le nombre et l’espace Depuis 2002. le simple fait de penser à un nombre ou d’effectuer un calcul évoque automatiquement un biais spatial. la même phrase était répétée quatre fois. réalisés chez des adultes occidentaux. ce qui confirmait que ces régions linguistiques se prêtent bien à une étude par la méthode d’adaptation. qui pouvaient partager ou non. Au cours de l’expérience. Le résultat le plus surprenant. « c’est le taxi qui dépose le client ». sous presse) visait à utiliser l’amorçage en IRM fonctionnelle afin d’examiner s’il existe des régions cérébrales qui codent pour des structures syntaxiques. ce sont vos amis qui détestent les poireaux . en collaboration avec Pierre Pica. Ce peuple présente un lexique numérique restreint aux tous premiers nombres. Dans une étude récente..

Dans la mesure où ces nombres ne font intervenir que les extrémités de l’échelle. 4… Cognition numérique : la distinction entre subitisation et estimation Un autre travail. Siegler et Opfer ont observé que la nature des liens entre nombre et espace change au cours du développement. La similarité entre les nombres semble jugée sur une échelle logarithmique car celle-ci respecte les rapports entre les nombres : 3 est placé au milieu de 1 et 9 en sorte qu’il y ait le même rapport entre 3 et 1 qu’entre 9 et 3. 3. C’est entre 6 et 10 ans que l’enfant passe d’une représentation logarithmique à une représentation linéaire du nombre. on leur demande de le positionner sur cette droite. une droite étiquetée à gauche par une représentation du nombre un et à droite par une représentation du nombre 10 (présentés sous forme de nuages de points). Ainsi. la forme que prend cette relation n’est pas linéaire. soit sous forme symbolique (noms de nombres en langue Mundurucu ou en portugais pour ceux qui le connaissent). nous ignorerions même qu’il existe un espacement constant entre les nombres 1. Pour chaque nombre. mais à proximité de 10 — c’est plutôt 3 ou 4 qui. Nos résultats signifient donc que ce sens de la mesure et de la linéarité des nombres s’apprend et n’est pas immédiatement intuitif. semble-t-il. tous les participants ont positionné intuitivement chaque nombre dans un ordre monotone. sur un écran d’ordinateur. toutefois. dans laquelle les nombres consécutifs sont équidistants quelle que soit leur taille – la même opération de « successeur » ou « + 1 » s’applique tout au long de la ligne numérique mentale. doit se situer au milieu de 1 et de 10. l’autre avec le nombre 10. cette recherche met en valeur le rôle essentiel de l’éducation dans le développement mathématique : en son absence. selon leur intuition. mais reste inexpliquée. Lorsqu’on leur demande de situer le nombre 5 par exemple sur une droite graduée de 1 à 10. Cependant. Ainsi cette relation apparaît intuitive et spontanée. ils laissent les personnes entièrement libres de leurs choix pour les nombres intermédiaires. l’un avec le nombre 1. Cette « subitisation » des petits nombres est connue depuis plus d’un siècle. soit sous forme non-symbolique (nuages de points.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 295 L’expérience consiste à présenter aux Mundurucus. Par contraste. Chez l’enfant occidental. réalisé lors de la thèse de Susannah Revkin. On leur présente ensuite divers nombres. a exploré les mécanismes d’appréhension de la numérosité d’un ensemble d’objets. séquences de sons). tous les adultes occidentaux adoptent spontanément une représentation linéaire. De façon plus surprenante. ils ne le placent pas vers le milieu. Seuls deux essais d’entraînement sont proposés. 2. qui respectait une relation systématique entre le nombre et l’espace. Un modèle classique suppose que . On sait que les tous petits ensembles d’objets (jusqu’à 3 ou 4) sont énumérés très rapidement et pratiquement sans erreurs. Les Mundurucus organisent spontanément les nombres dans l’espace suivant une échelle logarithmique. même en l’absence d’éducation mathématique. Cette représentation suit la loi de Weber.

30.. qui consistaient soit en un changement de nombre (2 contre 3. Seule l’IRM avait permis de montrer l’implication de la région pariétale. particulièrement chez le très jeune enfant. en particulier dans l’hémisphère droit. Le mécanisme qui permet la subitisation reste inconnu. les mécanismes cérébraux de cette compétence restaient indéterminés. 3. mais la recherche doit s’orienter vers des propriétés spécifiques à la représentation visuelle des petits ensembles d’objets. c’est-à-dire que son imprécision augmente de façon proportionnelle au nombre représenté. Cognition numérique : le sens des nombres chez le bébé de trois mois De nombreuses recherches comportementales indiquent qu’une authentique compétence numérique est présente chez l’enfant de quelques mois. Les résultats ont mis en évidence une violation très nette de la loi de Weber : la précision est bien supérieure. Ces résultats réfutent. 2006).296 STANISLAS DEHAENE la subitisation n’est qu’une forme d’« estimation précise » : nous disposerions d’un mécanisme générique d’estimation soumis à la loi de Weber. soit en un changement de l’identité des objets. ou 4 contre 12). ce qui permettrait une dénomination rapide et précise. PLOS Biology. Cette théorie unifiée de la subitisation et de l’estimation est séduisante dans la mesure où. Nous avons comparé les potentiels évoqués par des changements imprévisibles au sein d’un ensemble d’objets. Les topographies des voltages au niveau du scalp ont démontré des réponses massives et bien différenciées aux deux types de changements. 4 contre 8. cependant.. dans le traitement des nombres chez l’enfant de 4 ans (Cantlon et coll. Pour les tous petits nombres. Un modèle réaliste du scalp et des sources corticales distribuées. nous avons pu montrer les premières images de l’activité cérébrale au cours d’un traitement numérique chez le bébé de trois mois (Izard et coll. militent en faveur d’un autre modèle selon lequel la subitisation fait appel à un mécanisme entièrement distinct et dédié. et avons comparé ces résultats à ceux de la tâche classique de dénomination de 1 à 8 points. nous avons testé une conséquence directe de la loi de Weber : la précision devrait être la même lorsque les participants discriminent et dénomment les nombres 1. Toutefois d’autres dissociations. pour les numérosités 1 à 4 que pour tous les autres nombres et notamment les dizaines de 10 à 40. 4… et les nombres 10. et le temps de réponse nettement plus rapide. 2. chez l’animal. 40… (dans la mesure où leur rapports sont identiques). d’une manière directe. Afin de séparer ces possibilités théoriques. rendu possible par . l’hypothèse qu’un seul et même mécanisme sous-tend l’estimation et le comptage. Jusqu’à présent. sans qu’ils présentent la moindre discontinuité pour les petits nombres par rapport aux grands nombres. la précision du codage numérique deviendrait suffisante pour discriminer chaque nombre de ses voisins. des neurones codant pour la numérosité et soumis à la loi de Weber ont effectivement été enregistrés. 20. Nous avons donc entraîné des participants français à dénommer rapidement et approximativement les dizaines de 10 à 80. En collaboration avec Véronique Izard et Ghislaine Dehaene-Lambertz. 2008).

Notre introspection semble limitée aux informations qui parviennent à ce goulot d’étranglement central. sur son introspection de son propre temps de réponse. et prétendent avoir répondu à vitesse constante. le délai objectif qui affecte la seconde tâche disparaît totalement de l’introspection des participants. dans une situation de « période psychologique réfractaire » où deux tâches entrent en collision et sont réalisées l’une après l’autre. nous avons développé une nouvelle méthode d’étude des capacités et des limites de l’introspection consciente (Corallo et coll. Jérôme Sackur et Mariano Sigman. cette introspection n’est pas seulement qualitative ou verbale. Avec Guido Corallo. . aux mécanismes qui permettent à une information d’accéder à la conscience. Nos résultats démontrent que. Cette méthode d’« introspection quantifiée » se situe au confluent de nos recherches sur les nombres et sur la conscience. dans une tâche de comparaison simple. ce qu’il estime être son temps de réponse. Accès à la conscience : limites de l’introspection Le laboratoire s’intéresse. et affectée par les mêmes facteurs expérimentaux. une partie des traitements mis en jeu n’est plus accessible à l’introspection. Psychological Science. mais elle est finement quantifiée : le volontaire utilise un curseur analogique ou une réponse numérique afin d’estimer. des techniques classiques de chronométrie mentale telles que la méthode des facteurs additifs de Sternberg peuvent être appliquées au temps de réponse introspectif. quel que soit l’intervalle entre les cibles associées à chaque tâche..PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 297 notre travail antérieur d’IRM du bébé. 2008). a montré que le changement d’identité entrainait l’activation des régions occipito-temporales ventrales. Nous en concluons que l’introspection subjective du temps consacré à une opération mentale corrèle avec la disponibilité d’un « espace de travail global » où se prennent les décisions et qui ne peut réaliser qu’une tâche à la fois. tandis que le changement de nombre activait la région pariétale droite. En effet. ce qui n’est pas le cas lorsqu’une pression temporelle s’exerce pour réaliser deux tâches conjointes le plus rapidement possible. étroitement corrélée au temps de réponse objectif. Les étapes de perception et d’exécution motrices ne sont accessibles à l’introspection que lorsque cette espace est disponible. particulièrement à gauche. depuis plus d’une dizaine d’années. Ils soulignent la continuité du « sens des nombres » au fil du développement et pointent vers un biais d’organisation en faveur du lobe pariétal droit. et l’on peut étudier les limites de cette introspection. Ceux-ci ne se rendent pas compte que leurs réponses sont considérablement différées par l’exécution de la première tâche. le temps de réponse introspectif est une mesure très sensible. qui pourrait sous-tendre le développement ultérieur de l’intuition arithmétique. après chaque essai d’une tâche chronométrique. Toutefois. Ces résultats suggèrent que le cerveau du bébé est hautement organisé et que la grande division entre voies visuelles dorsale et ventrale est déjà présente à trois mois de vie. Contrairement à beaucoup d’autres études. En particulier. De cette manière. en millisecondes. elle consiste à interroger le volontaire.

soit en dehors de cette période.298 STANISLAS DEHAENE Analyse temporelle de la collision mentale entre deux tâches Avec Mariano Sigman. afin d’identifier précisément les aires corticales et les étapes d’activation cérébrale associées à ce goulot d’étranglement central (Sigman et Dehaene. NeuroImage 2007). Les résultats confirment que le cerveau se comporte comme une architecture à la fois massivement parallèle (aux niveaux perceptifs et moteurs) et strictement sérielle (au niveau décisionnel). Pour tester cette hypothèse. 2008). L’IRM est effectivement limitée par la lenteur de la réponse hémodynamique. Un délai de 300 millisecondes était injecté dans la tâche auditive. nous avons développé des méthodes d’analyse temporelle en IRM fonctionnelle et en potentiels évoqués. tandis qu’un réseau pariéto-préfrontal bilatéral montrait un effet de délai lié au goulot d’étranglement. Par le passé. que les étapes perceptives et motrices peuvent être menées en parallèles. qui reflète effectivement l’entrée en activité d’un réseau distribué d’aires corticales associatives. Toutefois. A l’aide de l’IRM. Les aires sensorielles suivaient étroitement le moment de présentation du stimulus. nous avons pu diviser les réseaux corticaux en souscomposantes en fonction de leurs caractéristiques temporelles. nous avons appliqué cette méthode au phénomène de « période psychologique réfractaire ». la partie antérieure de l’insula et le cervelet était partagé par les deux étapes successives de décision.. Mariano Sigman et moi-même avons montré qu’une analyse de Fourier permettait de dépasser ces limites et d’obtenir des informations sur le décours temporel de l’activité neuronale sous-jacente. nous avons demandé à des volontaires de réaliser des tâches doubles. soit pendant la période d’interférence. et bien que l’ensemble des opérations soit réalisé en environ une seconde. Journal of Neuroscience. un réseau étendu qui impliquait les régions pariétales postérieures. qui impliquaient de prendre simultanément une décision auditive (comparaison de hauteur tonale) et une décision visuelle abstraite (comparison de nombres). Dans notre nouveau travail. l’une après l’autre. qui se déploie avec plusieurs secondes de retard par rapport à l’activité neuronale. qui fait référence à l’impossibilité de réaliser deux tâches simultanément. . formulée clairement par Pashler. De plus. tandis que les activations sensorielles antérieures (< 250 ms) étaient strictement non-affectées par l’interférence. De plus. le cortex prémoteur. L’enregistrement des potentiels évoqués à 256 électrodes a montré que le goulot d’étranglement se traduisait par un délai massif de la composante P3. nous avions montré que l’idée répandue que l’IRM fonctionnelle est largement dépourvue de résolution temporelle est fausse. à l’échelle de la centaine de millisecondes (Sigman et al. mais qu’une étape de décision centrale impose un goulot d’étranglement où les opérations sont réalisées en série. ils délimitent les contours anatomiques et fonctionnels de ce réseau décisionnel qui semble systématiquement associé aux régions pariétales et préfrontales bilatérales — un système très proche de celui que nos travaux antérieurs associent à l’accès à la conscience. Diverses expériences comportementales ont conduit à l’hypothèse.

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.Physiologie de la perception et de l’action M. nous avons abordé divers volets du problème des principes qui permettent au cerveau de simplifier la « Neurocomputation ». Membre de l’Institut (Académie des Sciences). — Département de Psychologie de l’Université Santa Barbara : 1 cours . Professeur Cours Principes simplificateurs dans les mécanismes cérébraux de la perception et de l’action Le cours a été consacré aux principes simplificateurs qui sous tendent la perception et le contrôle du mouvement. Ces cours ont été donnés respectivement dans les Universités suivantes 1 : — Massachusetts Institute of Technology : 2 cours. USA) : 1 cours. Dans cette série. — Département de Computer Sciences et à l’Institut d’étude avancée de Colombie Britannique (Vancouver. Alain Berthoz. Tous ces cours ont rempli les critères des cours du Collège de France et ont été annoncés comme tels (public large et interdépartemental ou grand public). 1. Canada) : 3 cours . — Département de Psychologie de l’Université de Harvard (Cambridge. l’un au département de Cognitive et Brain Sciences et l’autre au département d’Astronautics . — Laboratoire MBARI de Robotique et Biologie Marine à Monterey : 1 cours . — Département de Neurosciences du California Institute of Technology (Caltech) à Los Angeles : 1 cours . — Institut de Brain Sciences et à l’Hôpital Neurologique de l’Université de Portland : 2 cours .

le contrôle du regard et la relation entre vision et motricité oculaire.304 ALAIN BERTHOZ Une première catégorie de principes simplificateurs concerne la perception. Jacob. Nous avons décrit des études sur les mécanismes de la décision de regarder. pour ceux qui voudront bien lire mon livre. chez O. J’ai fait une synthèse des travaux de notre laboratoire. je l’espère. Nous avons décrit les travaux expérimentaux de notre laboratoire concernant l’enregistrement intracrânien de l’activité cérébrale chez des patients épileptiques dans les voies visuelles et oculomotrices. séparation du contrôle de la direction et la distance. J’ai suggéré que les mêmes lois simplificatrices très générales sont utilisées pour contrôler les trajectoires de la main et les trajectoires locomotrices. sous le titre « La simplexité ». etc. la ségrégation des voies visuelles en modules spécialisés. Un des aspects les plus remarquables de la simplification dans les systèmes perceptifs vient des modalités de coopération multisensorielle et du caractère actif de la perception. avec précision et avec de grandes capacités d’adaptation et de flexibilité. Une deuxième catégorie de principes concerne le contrôle de la posture et de la marche. J’ai aussi décrit des travaux très récents utilisant l’imagerie cérébrale et la réalité virtuelle concernant différents réseaux du cerveau qui sous tendent la manipulation des référentiels spatiaux et j’ai esquissé une théorie nouvelle que nous élaborons avec des mathématiciens concernant le fait que le cerveau n’utilise pas seulement la géométrie euclidienne mais aussi des géométries affinées. loi de la puissance 1/3. Elles ont aussi permis d’engager de nouvelles collaborations. J’ai résumé ces lois (co-variation planaire.). Nous avons décrit le fonctionnement du système visuel en analysant les mécanismes simplificateurs dans les bases neurales de l’anticipation perceptive. Ensuite. J’ai en effet forgé un concept nouveau qui rend compte de ce remarquable travail de l’évolution des organismes vivants pour résoudre des problèmes complexes avec des solutions qui ne sont pas simples mais simplexes. L’ensemble de ces travaux et de ces conférences faites devant des publics très variés dans des Universités toutes de très haut niveau m’ont donné l’occasion de confronter mes idées avec des collègues éminents. . J’ai dégagé de tout ce travail d’enseignement et de résultats de nos travaux un concept nouveau qui va donner lieu à un livre à paraître au printemps 2009. car elles supposent souvent en réalité des processus très élaborés. en particulier avec l’Université de Vancouver. J’ai beaucoup apprécié la possibilité donnée aux Professeurs du Collège de France de donner leur cours à l’étranger car ce « grand tour » d’Universités de haut niveau et la confrontation d’opinions qu’elle à induite a été très fructueuse pour mes recherches et celles de notre laboratoire et. j’ai fait une synthèse des travaux sur les référentiels spatiaux pour montrer que le cerveau peut utiliser une variété de référentiels pour le contrôle de l’équilibre et de la locomotion (grâce au système vestibulaire qui crée une plateforme céphalique stabilisé). mais qui permettent aux organismes vivants d’agir très vite. dans plusieurs conférences.

Aglioti (Université La Sapienza. Becchio (Université Paris Sud Orsay). « Les hallucinations. « Danser avec un funambule virtuel : étude en EEG des bases neurales de l’empathie ». Berthoz. le réel et le virtuel Le séminaire du cours a été consacré cette année au thème suivant : « Le cerveau. — 16 janvier : Pr N. « Hallucination et schizophrénie ». Bases du neurofeedback et des interfaces cerveau-machine ». Près de 20 orateurs ont présenté des travaux interdisciplinaires.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 305 Séminaires Le cerveau. Pr Gérard Jorland. Etudes comportementales et en imagerie cérébrale » . Dr S. « L’expression corporelle des émotions ». Lachaux (INSERM Lyon). . LPPA. la construction de robots humanoïdes est un champ nouveau de l’intelligence artificielle et donne lieu à des coopérations importantes entre neurosciences et robotique. Amada (INSERM. des spécialistes de l’hypnose. Hôpital Sainte-Anne Paris). Petit. Dr M. — 23 janvier : Dr J. Nous avons aussi accordé une attention particulière à la question de la mémoire autobiographique et les applications de la réalité virtuelle. Krebs & Dr I. Manning (Laboratoire de Neuropsychologie CNRS. L. contrôler et moduler l’activité de son cerveau. La question du réel est importante et donne lieu aujourd’hui à des approches multidisciplinaires qui vont de la neuropsychologie à la robotique. — 13 février : Pr S. « Le corps et le soi dans le cerveau » . Thalmann (Ecole polytechnique de Lausanne. Berthoz et Pr J. LPPA Collège de France. — Bérangère Thirioux. Haggard (Institute of Cognitive Neuroscience University College Londres). Pr A. Kahane (Hôpital Nord. Piolino (Université Paris V). Cette question a été discutée par des conférences de psychiatres. Fondements cognitifs de la notion de point de vue ». J. Rome). Takanishi sur la robotique humanoïde. « A la recherche du temps perdu : bases neurales de la mémoire autobiographique et de ses dysfonctionnements ». intitulé : « La pluralité interprétative. Pr A. organisé avec les Professeurs Brian Stock (Université de Toronto) et Carlo Ossola (Collège de France). Franck (Institut des Sciences Cognitives CNRS Lyon). Jacob dans le cadre des « Travaux du Collège de France ». Laboratoire de Réalité virtuelle) « La simulation des foules par la réalité virtuelle » . En effet. Hicheur. « Données récente sur les bases neurales et les applications cliniques de l’hypnose » . le réel et le virtuel ». EHESS. Houben. — 30 janvier : Pr P.-L. EPFL Lausanne. des neurologues. « Brain TV : voir. Pr Olaf Blanke. Université de Strasbourg). Donikian (IRISA /CNRS Université de Rennes) « Comment s’inspirer des comportements humains pour réaliser des créatures virtuelles avec des images numériques ». Yahia-Cherif (LPPA Collège de France et Ecole Jacques Lecoq). Grèzes.-P. « Le réel et la fiction dans la mémoire autobiographique. Une série de conférences a été donnée par le Pr I. — 6 février : Pr L. J. Dr J. Ce colloque sera publié par O. Ces séminaires on été complétés par un Colloque international les 11 et 12 juin 2008. « Sensation corporelle et représentation de soi » (en anglais avec traduction française) .-O. Berthoz. H. Dr Ph. « La notion de corps virtuel ». Grenoble) et Dr K. Pr P. discussion : Pr A. Altérations de la prise en compte du réel dans les psychoses » . Jerbi (LPPA Collège de France). — 20 février : Pr D.

Aarhus University Hospital. Les formes et modèles du procès pénal . La manipulation mentale des points de vue : un des fondements de la tolérance ? — Olivier Houdé (Université Paris Descartes et Institut Universitaire de France). Département de Sciences juridiques). — Mikkel Wallentin (Center for Semiotics and Functionally Integrative Neuroscience. — Barbara Cassin (Centre Léon Robin de Recherche sur la pensée antique. CNRS/Paris IV. Pragmatique de l’interprétation. — Dan Sperber (Ecole Normale Supérieure. — Roland Jouvent (Université Paris VI . What is it to you ? Spatial perspectives in language and brain. Utilisations du langage et développement de la capacité à maîtriser plusieurs points de vue chez l’enfant. — Francisco Jarauta (Université de Murcia). — Alain Berthoz (Collège de France). Le paradoxe herméneutique. — Philippe Mongin (Ecole des Hautes Etudes Commerciales. Les ambiguïtés du jugement. — Sara Cigada (Université de Milan). Fondements historiques et cognitifs de la notion de point de vue Jeudi 12 juin 2008 — Brian Stock (Université de Toronto). Universalité des droits de l’homme et pluralité interprétative : l’exemple des droits de l’enfant. Waterloo et les miroirs croisés de l’interprétation.306 ALAIN BERTHOZ La pluralité interprétative. . Danemark). Interpréter le discours de l’autre en psychologie clinique : projections et déviances. ENS). Institut Jean Nicot. Vendredi 13 juin — Michel Tardieu (Collège de France). Le pluralisme religieux. — Annick Paternoster (Universités de Leeds et Lugano). ENS). Politesse et point de vue dans les dialogues de la Renaissance italienne. les images et la musique. Visions et voix : une herméneutique médiévale par les gestes. — Anne Andronikof (Université Paris X). Aux origines du dialogue des cultures chez l’enfant. — Edy Veneziano (Université Paris Descartes . L’émotion et la persuasion politique : lectures de Robespierre. — Carlo Ossola (Collège de France). Cognitive Neuroscience Center. Londres). — Heike Jung (Université de la Sarre.Hôpital de la Salpétrière). — Jean-Claude Schmitt (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales). Sources historiques de la pluralité.sauvegardes contre la manipulation ? — Emmanuel Decaux (Université Paris II). — Julie Grèzes (INSERM. de Stendhal à la théorie des jeux.CNRS). CNRS). Cognitive development during adolescence. — Carlo Severi (Ecole des Hautes études en Sciences Sociales et Collège de France). Pluralité de points de vue et culture : réflexions sur le conflit culturel. CNRS). Relativité de la traduction et relativisme. Bases neurales des relations avec autrui. — Stéphanie Burnett et Sarah Blakemore (University College. Dialogue des interprétations : les Tre filosofi de Giorgione.

« Neuro-inspired motor anticipatory interface for teleoperation ». a donné une série de leçons sur Rythms of the brain : 1. . — 3 juillet : Dr E. Newark. Travaux de recherche des équipes du laboratoire 1. APPROCHE PROBABILISTE ET PERCEPTION ACTIVE 1. contrat Cifre EDF) a pour objectif l’étude psychophysique des méthodes de visualisation scientifique. La thèse de Christian Boucheny (codirigée avec Georges-Pierre Bonneau. Deux conférences sur les sujets suivants : 1. sur la proposition du professeur Alain Berthoz. Dijon). 4. La thèse de Céline Devisme (contrat Cifre avec Essilor) est centrée sur l’étude des gradients de disparité binoculaires horizontaux et verticaux et leur influence sur la perception du relief en vision périphérique. Torres (California Institute of Technology. — 30 juin : Dr T. Ces études permettent de quantifier l’incidence des distorsions induites par le port de verres ophtalmiques. — 25 et 27 février : Pr A. 2. Les robots humanoïdes comme outils pour l’étude scientifique du comportement humain. « le codage central de la gravité : approche comportementale et corrélats neuronaux ». C.1. dont une a été soutenue cette année. USA). 3. Takanishi (Professeur à l’Université Waseda de Tokyo. 26 juin : Pr G. Rossini (ESA/ESTEC Netherlands). 2. Neuronal synchrony : internally advancing assemblies in the hippocampus. Boucheny Notre équipe étudie la perception des caractéristiques géométriques et dynamiques des objets. Ces recherches sont organisées autour de 2 thèses. C. EPFL. notamment dans le contexte de la perception active c’est-à-dire lorsque le sujet est engagé dans une tâche motrice impliquant une interaction forte entre le traitement des informations sensorielles et l’exécution d’une action motrice : mouvement du regard. « Role of oscillations in coordination of activity within and between the neocortex and hippocampus ». Droulez. Sirota (CMBN Rutgers Newark NJ. C. sur la proposition du professeur Alain Berthoz. Morvan. Lausanne Suisse). « Learning movement time from space in the primate Posterior Parietal Cortex ». Buzsaki (Professeur à Rutgers University. USA).Computer interaction ». — 26 mars : Pr A. USA) invité par l’Assemblée des Professeurs. Neuronal synchrony : oscillatory and non-oscillatory emergence of cell assemblies. « Cognitive signals for brain . — 3 mars : Dr L. Millan (IDIAP Research Institute.B. — 12 et 19. Japon). Elle a également étudié l’influence de la vitesse oculaire pendant la poursuite sur la perception de la direction du mouvement d’une cible visuelle. Neuronal synchrony : coupling of hippocampal and neocortical systems. déplacement de la tête. Pozzo (INSERM U887. mouvement de la main. Del R. invité par l’Assemblée des Professeurs. Neuronal synchrony : metabolic and wiring costs of excitatory and inhibitory systems. Devisme. Perception visuelle des objets et du mouvement J.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 307 Séminaires divers du laboratoire — 10 janvier : Dr J. Relations entre la robotique des humanoïdes et la culture et la société au Japon.

Il a également mis en place de nouvelles méthodes de visualisation interactive. dans le cadre d’un stage post-doctoral. Ce modèle permet d’intégrer de façon cohérente les hypothèses de rigidité et de stationnarité et reproduit un grand nombre de résultats psychophysiques (thèse de Francis Colas. Colas. notre équipe s’intéresse plus particulièrement à l’implementation de l’inférence bayésienne par des réseaux de neurones biologiquement plausibles et à la modélisation des interactions multi-sensorielles (fusion d’informations) par des réseaux bayésiens auto-adaptatifs. en collaboration avec T. Nous avons développé un modèle bayésien dynamique de la perception du mouvement propre à partir des informations vestibulaires (thèse de Jean Laurens). Capern. Droulez. les caractéristiques dynamiques de la perception du mouvement et les ambiguïtés qui résultent de l’équivalence gravité-inertie sont expliquées par les connaissances a priori quantifiées de façon probabiliste. 1. Bennequin De nouveaux outils probabilistes ont été développés pour la calibration et à l’estimation de la pose de caméra ainsi qu’à l’extraction de données 3D à partir de séquences vidéo dans différentes conditions d’éclairage dans le cadre d’une collaboration avec EDF. Modélisation bayésienne des comportements sensori-moteurs J. ainsi qu’un modèle (en collaboration avec Daniel Bennequin) de la distribution des réponses aux fréquences spatio-temporelles dans V1 qui rend compte des résultats décrits en imagerie optique. S. Droulez. Laurens Dans le cadre du programme européen BACS dont l’objectif est de démontrer l’intérêt de l’approche Bayésienne en robotique et pour les sciences cognitives. couplant un oculomètre de précision à des algorithmes de simplification dans le cadre de la visualisation de grandes bases de données tridimensionnelles.3. J. Camille Morvan a terminé une étude sur l’intégration des signaux rétiniens et de la copie efférente de la commande oculaire dans la perception de la vitesse d’une cible. Chaperon & D. Enfin.308 ALAIN BERTHOZ notamment les techniques de rendu volumique et de restitution cinématique. F. 1. Nous avons également développé un modèle unifié de la perception des objets tridimensionnels à partir des informations visuels (flux optique) et de la connaissance du mouvement propre (signaux vestibulaires et moteurs). La modélisation par mixture de gaussiennes de la distribution des boutons synaptiques fournit une représentation quantitative dense des données . codirigée par Pierre Bessière). Dans ce modèle. Foubert. la thèse de Simon Capern est centrée sur la modélisation de la perception du mouvement et des réseaux neuronaux codant les fréquences spatio-temporelles des stimuli visuels. Enfin.2. Ces algorithmes sont utilisés dans l’interprétation et la numérisation 3D de bâtiments ou de sites préhistoriques (Lascaux) et archéologiques (Delphes). L. Approche probabiliste de la fusion d’information et de l’analyse de signaux biologiques J. Une revue des modèles de détection du mouvement a été réalisée.

PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 309 neuro-anatomiques et un outil précis de détermination des clusters (thèse de Luc Foubert. Tout récemment. En collaboration avec S.) et d’effectuer des calculs probabilistes sur ces distributions. Dans le cadre de sa thèse. en collaboration avec P. Implementation des calculs probabilistes par les interactions biochimiques J. Bennequin (Institut de Mathématiques. Son principe de fonctionnement en est le suivant : une caméra CCD à haute fréquence de rafraîchissement (500 Hz) est placée au-dessus de la préparation et enregistre les variations de réflexion d’une lumière incidente qui varient avec l’activité corticale. Une question ouverte est donc de comprendre par quels mécanismes et à quel niveau les probabilités sont codées et manipulées. Milleret. Tanaka (Riken BSI. position. Ribot. En collaboration avec S. Houillon. 1. 2. codirigée par Chantal Milleret). INTÉGRATION INTERHÉMISPHÉRIQUE ET PERCEPTIF SENSORIELLE C.4. J. nous avons en outre obtenu nos premières cartes transcalleuses au niveau du cortex visuel primaire du chat. En appliquant un colorant fluorescent voltage-sensible sur le cortex. Tanaka. Foubert. Audrey Houillon développe cette idée en l’appliquant au fonctionnement des photorécepteurs. nous avons obtenu des cartes corticales avec une résolution spatiale de 20 μm et une résolution temporelle de 3 ms sur de grandes étendues de cortex. Japon). courant 2007. Japon) La technique d’imagerie optique permet de mettre en image l’architecture fonctionnelle du cortex tant les domaines spatiaux que temporels. Foubert.1. Tokyo. A. Mise au point de l’utilisation de colorants sensibles au potentiel de membrane pour l’imagerie optique. Premières données expérimentales L. etc. C. L. Droulez. (Riken BSI. Milleret. Droulez (LPPA) et D. En collaboration avec Pierre Bessière. Grantyn. simultanément au niveau des 2 hémisphères. ce qui correspond à une réelle prouesse technique. Enfin l’analyse statistique fine du bruit des données d’imagerie optique corticale a permis de proposer de nouvelles méthodes de traitement applicables aux enregistrements en fluorescence voltagedépendante. J. mouvement. Ces modèles supposent que le cerveau est capable de représenter des distributions de probabilités sur des variables pertinentes (forme. Université Paris 7). A. . nous explorons l’idée selon laquelle les réseaux biochimiques complexes de la signalisation cellulaire sont capables d’effectuer ces tâches computationnelles. Tokyo. Bessière Les modèles Bayésiens sont particulièrement efficaces pour rendre compte du comportement et de la perception face à des situations incertaines et des stimuli ambigus. 2.

Au cours de l’année qui vient de s’écouler. Université Paris 7) Sur la base de simples observations. . Parallèlement. elle devrait beaucoup nous aider à établir une corrélation précise entre les connexions calleuses et les cartes spatio-temporelles qu’elles définissent. Foubert. Innocenti (Houzel et al. en combinant imagerie optique et étude anatomique (Rochefort et al. Analyse quantitative des effets d’une occlusion monoculaire précoce sur la morphologie des axones calleux L.. c) Les arborisations terminales se terminent à 80 % dans TZ chez les animaux NR alors qu’elles ne terminent plus qu’à 20 % dans cette même région chez les animaux MD . ces mêmes terminaisons calleuses ont un tronc principal de diamètre similaire à ceux des animaux normaux. nous avons montré que : a) La surface corticale occupée par chaque terminaison calleuse chez les animaux MD est en moyenne 2 fois celle qui est observée chez les animaux NR . Par la seconde méthode quantitative. la densité synaptique est grandement diminuée. Au-delà. Elles sont localisées presque exclusivement dans les couches supragranulaires (II/III) de la bordure entre les aires visuelles primaires 17 et 18 (TZ). nous avons antérieurement montré que : 1) Chez le chat adulte normal (NR). 1994). Droulez (LPPA) et D.. Nous l’avons confirmé récemment. nous avons aussi montré que l’occlusion monoculaire précoce : a) double l’étendue et le volume de l’arborisation terminale des axones calleux au niveau cortical chez l’adulte . nous avons tenté de parfaire cette analyse comparative des axones calleux NR et MD par 2 analyses quantitatives sophistiquées de la dispersion globale des branches terminales et des boutons. Par une approximation ellipsoïdale. En collaboration avec J. c) divise par 10 le rapport entre le volume des amas synaptiques et celui de l’arborisation terminale totale . la plupart des terminaisons callosales présentes dans le cortex visuel primaire ont un tronc principal dont le diamètre est compris entre 0. Par là même. ces nouvelles méthodes d’analyse devraient permettre d’établir dans le futur une corrélation assez étroite entre l’anatomie et la fonction cérébrale.25 μm. en d’autres termes. b) double également le nombre d’amas synaptiques formés par ses arborisations . L’équipe l’a bien établi en collaboration avec G. Milleret. A17 et A18. en préparation).45 et 2. mais restent toutefois confinés aux couches supragranulaires. avec un nombre relativement limité de boutons synaptiques. b) Le volume occupé par chaque terminaison axonale (= volume de l’ellipsoïde) est également en moyenne deux fois celui qui est occupé chez les animaux NR . d) L’angle général de la distribution des branches terminales et des boutons synaptiques avec TZ est de 70° chez les NR alors qu’il est seulement de 49° chez les MD.310 ALAIN BERTHOZ 2. Bennequin (Institut de Mathématiques. Mais ils envahissent cette fois très largement TZ. le nombre de boutons synaptiques terminaux s’accroît très significativement par rapport à la normale. 2) Chez le chat adulte ayant subi une occlusion monoculaire précoce (MD). Dans le contexte qui nous intéresse. on devrait mieux comprendre comment le corps calleux contribue à l’élaboration de la perception visuelle.2. C.

une dernière approche serait de trouver les composantes principales qui maximisent la réactivation (par exemple en calculant les composantes principales sur les périodes de sommeil suivant la tâche) et de regarder les corrélats comportementaux des cellules que les sous groupes cellulaires . récompense.1. Nos approches permettent à comprendre le lien qu’il existerait entre ces réactivations et l’apprentissage per se. Battaglia (Université de Amsterdam) Afin de mieux comprendre les interactions dynamiques au niveau de structures impliquées dans la planification et la prise de décision au cours de la navigation. la restriction du calcul des composantes principales peut se faire non pas sur les variables (l’activité cellulaire) mais sur des périodes d’intérêt définies de façon ad hoc (par exemple les périodes précédent ou suivant la récompense). 3. De façon assez similaire. architecture synaptique et neurochimique). dans une approche analytique a priori.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 311 3. nous continuons à employer une double approche comportementale et électrophysiologie. E. chacune faisant appel aux mêmes réponses comportementales et présentant des indices comparables. Analyses de l’activité d’ensembles de neurones lors de l’apprentissage et alternations de stratégie Les analyses de réactivations jusqu’à présent ne sont pas explicitement reliées à l’apprentissage de la tâche. F. M. Mais chacune des tâches implique des types de traitements d’informations différents. Finalement. Khamassi. Le travail consistera alors à vérifier et à spécifier l’existence d’invariants (de façon purement spéculative — et à titre d’exemple — il se pourrait que seules les composantes principales recrutant des cellules corrélées à la préparation de l’action et à au résultat de cette action se réactivent). La première approche à ce problème est d’analyser les corrélats comportementaux des cellules impliquées fortement dans les composantes principales. En comparant des réponses de neurones lorsque l’animal met en œuvre différents processus cognitifs. en collaboration avec P.I. il ne s’agit que d’une étude d’activité globale reposant sur des comparaisons de corrélations. nous déterminons le profil d’activité d’ensemble de neurones correspondant. qui dépendent des caractéristiques propres des régions impliquées (connexions anatomiques. Des classes de cellules peuvent être ainsi définies selon leurs sélectivités : préparation de l’action. Peyrache. et l’état de synchronisation entre les structures. Tabuchi (LPPA). Benchenane. Il sera alors vérifié si ces composantes principales tendent à se réactiver ou non. Wiener. Tierney. V. etc. préférence à la position de la lumière. les composantes principales seront calculées sur des sousgroupes de cellules prédéfinies en fonction de leurs corrélats comportementaux. MÉMOIRE SPATIALE ET NAVIGATION S. préférence spatiale. K. Nous avons continué nos analyses des enregistrements multivoies chez les rats effectuant deux tâches différentes dans le même labyrinthe en forme de Y (trois bras séparés de 120°). En effet. A. Douchamps. Inversement.

Cette mesure de réactivation ne fournit en rien les détails des mécanismes physiologiques sous-jacents. L’enregistrement simultané des potentiels de champs locaux dans le cortex préfrontal médian et l’hippocampe va nous permettre de corréler l’activité physiologique aux réactivations. nous étudions les cohérences entre les potentiels de champs locaux dans la bande thêta entre l’hippocampe et le cortex préfrontal. il y a une augmentation systématique du taux de décharge des neurones noradrénergiques du LC pendant le SWS. cela ne relève pas forcément du mécanisme physiologique.. avec l’hippocampe et le néocortex. En effet. 2008). Pour étudier les relations entre les activités de l’hippocampe et du cortex préfrontal par biais des analyses des LFPs. Deux possibilités vont être alors possibles : ces pics correspondent à des coactivations ayant lieu toujours dans le même sens (pour deux cellules anti corrélées pendant l’éveil. S’il s’avère que les coactivations respectent un schéma invariant. thalamo-corticales et hippocampiques tout à fait particulière. On peut donc estimer que le LC est. Eschenko. Ces phénomènes oscillatoires ne sont pas indépendants et. Nous évaluons maintenant la relation entre les décharges neuronales du LC et l’activité en ripples au niveau de l’hippocampe (en collaboration avec Adrien Peyrache.2. Nos données montrent que les jours ou le rat atteint le critère de réussite de la tâche. De plus. Max Planck Institute for Biological Cybernetics). tout au plus point elle les moments d’intérêt aussi bien pendant le sommeil (maximum de réactivation) que pendant l’éveil. 2 h après l’apprentissage (Eschenko & Sara. un acteur important dans le traitement « off-line » des nouvelles informations. Au niveau de l’hippocampe. DR1 (emerita) L’apprentissage modifie le pattern de sommeil consécutif chez le Rat. Sara. A la lumière de ces résultats impliquant le système noradrénergique . 3. Le système noradrénergique dans la plasticité des réseaux neuronaux lors de la remémoration et de la reconsolidation Susan J. les pics correspondent toujours à l’activation de l’une et à l’inhibition de l’autre) ou non. pendant le SWS. et augmente la densité des fuseaux dans l’EEG cortical. la mesure de réactivation appliquée au période d’éveil fournit les temps pendant lesquels la mesure « prend » sa valeur (la corrélation est calculé sur une grand période. au contraire. on observe une augmentation de la cohérence au point de décision (bifurcation) dans le labyrinthe. Il sera très intéressant par exemple de regarder l’activité cellulaire pendant les pics de réactivations. Le sommeil à ondes lentes est caractérisé par des oscillations corticales. 2008). Les décharges des cellules du LC sont synchronisées avec les oscillations lentes et les spindles au niveau du cortex préfrontal.312 ALAIN BERTHOZ se réactivant recrutent. l’étude des corrélats comportementaux de ces deux cellules pourrait apporter une information d’un grand intérêt sur la nature de la réactivation. mais seul certain laps de temps peuvent être cruciaux pour l’établissement d’une corrélation significative). nous avons observé une augmentation du taux des oscillations à haut fréquence (ripples) (Eschenko et al. O. Cependant. de grandes synchronisations sont observées lors de cette phase de sommeil.

ainsi que le rôle facilitateur du système noradrénergique dans ces interactions. MÉMOIRE SPATIALE ET CONTRÔLE DU MOUVEMENT 4. Petit (Université de Strasbourg).-L. permettra d’élargir et approfondir nos connaissances sur la manière dont s’effectuent les interactions entre les réseaux neuronaux lors de l’apprentissage et la mise en mémoire. L’originalité de l’approche de la perception par la physiologie de l’action ressortait ainsi clairement par rapport à l’idéologie de la cognition à base de représentation et de transformation d’information externe. sinon unique. Quelle contribution les mécanismes fonctionnels du système nerveux peuvent-ils apporter au sens des actions pour l’agent lui-même ou un partenaire ? La découverte des systèmes résonnants du cerveau va-t-elle relancer le mouvement de naturalisation des sciences sociales en donnant la clé de l’empathie. déjà pratiqué au sein de l’équipe. Berthoz (LPPA) L’ouvrage paru à l’automne 2006 (traduction anglaise à Oxford University Press 2008) a mis en place une interprétation de la physiologie de l’action dans la perspective du dernier Husserl. Husserl enracinait le sens du monde vécu de l’agent humain dans les systèmes kinesthésiques de son organisme. 4. A. sur la base des affinités entre son analyse du vécu et la conception du dynamisme fonctionnel du cerveau comme théâtre d’un « effort de l’être vers le sens ». Le couplage avec l’enregistrement des ensembles. Renonçant à faire reposer le sens propositionnel sur les capacités théorique et linguistique du sujet pensant. Contre la croyance en l’existence d’un seuil du sens ou d’une frontière entre non sens et sens. Etaient du même coup posés de nouveaux problèmes que nous avons traités en répondant à diverses invitations à des conférences dans des congrès internationaux. Physiologie de l’action et phénoménologie J.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 313 dans le traitement d’information pendant le SWS. de l’imitation et de la formation des entités collectives ? La théorie des « actes de parole » (Austin-SearleVanderveken) qui repose sur l’interprétation des actes sociaux en termes d’attitudes propositionnelles — donc de proposition — pourra-t-elle retrouver la dimension posturale des attitudes en renouant avec l’action ? Les données sur les corrélats neuraux de la préférence et du jugement de valeur suffisent-elles à combler le fossé entre l’être naturel et le devoir être ? A toutes ces questions la phénoménologie laisse entrevoir une réponse cohérente.1. . nous évaluerons la relation entre le décharge les neurones du LC et le « replay » des configurations d’activations des ensembles de cellules au niveau hippocampique et corticale. nous avons donc travaillé à une conception de la gradation continue du « faire sens » depuis les valeurs biologiques dont se chargent les patrons d’activité fonctionnelle des circuits cérébraux jusqu’aux actes intentionnels orientés vers un but et accessibles à l’expression dans le langage naturel.

Une étude de l’élaboration de la commande saccadique dans le colliculus supérieur et la formation réticulée (Tabareau et al. A. Pise) dans le cadre du projet Neurobotics (Manfredi et al. cortex intra-pariétal latéral. MIT) Les ganglions de la base sont un ensemble de noyaux sous-corticaux interconnectés formant des boucles parallèles avec le cortex frontal. Bennequin (Institut de Mathématiques. dans le cas concret et très documenté des circuits saccadiques. Modèles computationnels contractants des circuits saccadiques : du tronc cérébral au cortex B. Girard. (1987).). Coninx.. intégrant des connexions entre noyaux usuellement négligées. 2007) a permis la mise en place d’une preuve mathématique fondée sur des données neurobiologiques reliant cette élaboration à la géométrie des cartes.2.C. Paris 7) & J. 2005.314 ALAIN BERTHOZ 4.2.-J. de nombreux résultats expérimentaux récents suffisent à en justifier une mise à jour.. 2006). N. MIT USA) Les saccades oculaires sont un objet d’étude privilégié en neurosciences. Au-delà de cette simple mise à jour. N. 4. 4. l’idée proposée par Slotine et Berthoz que la théorie de la contraction (Lohmiller et Slotine.2. Tabareau. ganglions de la base) et corticaux (champs oculaires frontaux. Tabareau. La richesse des données accumulées permet d’envisager la modélisation de l’ensemble de ces circuits. Berthoz.. Nous avons également démontré la contraction des /locally projected dynamical systems /(lPDS) introduits . qui a donné lieu à de nombreux allers-retours entre modélisateurs et expérimentateurs depuis plus de 30 ans. il est composé d’un empilement de cartes rétinotopiques encodant la position des cibles dans le champ visuel. en collaboration avec J. Q. Slotine (NSL. 2006). A. 1998) peut aider à comprendre la stabilité de fonctionnement du cerveau.J. Un tel modèle a été proposé dans une série de travaux menés par l’équipe de Dominey et Arbib au début des années 90. Girard. Ces cartes ont des géométries particulières : linéaires ou logarithmiques-complexes. A. Un nouveau schéma de recollement a été proposé et s’est montré capable de corriger les erreurs systématiques de la méthode standard proposée par van Gisbergen et al. Nous avons proposé un nouveau modèle de ces boucles. Pham. Une implementation robotique préliminaire a été menée en collaboration avec le laboratoire ARTS (Scuola Superiore Sant’Anna.b) et capable d’amplification sélective du signal cortical (Girard et al. Ce modèle a été conçu comme contractant. Slotine (NSL. Sélection de l’action B. Berthoz (LPPA). etc. ce projet de recherche a pour objectif d’évaluer. guidés par apprentissage par renforcement. La génération de saccades implique l’activation de nombreux circuits neuronaux sous-corticaux (formation réticulée.1. en collaboration avec D. 2001a.2. doté d’une capacité de sélection supérieure à celle du précédent modèle de (Gurney et al. cependant. Génération des mouvements saccadiques Le colliculus supérieur a un rôle central dans l’exécution des mouvements saccadiques. Ils semblent impliqués dans des processus généraux de sélection. colliculus supérieur. cervelet.

PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 315 par (Dupuis et Nagurney. Flacher. 4. La relation entre la vitesse angulaire (rétinienne) et linéaire (égocentrique) n’est pas triviale. vision centrale. inspirée du protocole MOT (Multiple Object Tracking) de Pylyshyn. vision périphérique). Le modèle contractant résultant a été appliqué à la résolution d’une tâche standard de survie en robotique autonome. 1993) et avons proposé de les utiliser comme nouveau modèle de neurones artificiels (Girard et al. Berthoz (LPPA). en collaboration avec P. Nous avons mené une série d’expériences avec l’écran panoramique du Max Planck Institute (240° × 120° de champ) afin de caractériser le mécanisme de compensation de l’inclinaison du regard et l’influence de la zone visuelle disponible (champ de vision total. Tübingen) Ces travaux de recherches s’inscrivent dans le cadre général de l’étude de la perception du mouvement. Bülthoff (MPI) Le traitement du flux optique joue un rôle fondamental dans l’analyse de notre mouvement. H. 4.3. sujet de débats .1 Perception des vitesses lors de mouvements propres visuels M. Colas. Contributions sensorielles pour la perception du mouvement M. sur un projet cherchant à caractériser l’extraction de la vitesse propre lors de translations visuelles sur un plan. Il est fondé sur des cartes d’occupation reprenant la géométrie du colliculus supérieur. Lorsque nous nous déplaçons. ces données sont utilisées au LPPA pour tester et ajuster les paramètres du modèle. B.2. A.3. Je travaille actuellement en collaboration avec Paolo Pretto au MPI à Tübingen. Tanner et C. en coopération avec P. un modèle de sélection de cibles pour les mouvements des yeux formalisé dans le cadre de la programmation bayésienne est en cours de développement.H. Tübingen) Afin d’étudier le rôle de la prise en compte explicite de l’incertitude dans les processus de sélection de l’action. Pretto et H. Canto Pereira. mais réalisée avec un champ de vision plus large et avec les yeux libres de bouger a été proposée. Curio (MPI. T. INRIA. nous disposons d’un ensemble d’informations qui sont traitées par le cerveau et renseignent sur notre mouvement relatif et notre position dans le monde. F. afin de montrer son efficacité en tant que Système de sélection de l’action. et du contraste. 4. L. 2008). Parallèlement. et pourtant le monde que nous percevons ne se déforme pas lorsque nous nous déplaçons. Pretto. une nouvelle tâche expérimentale. Modèle Bayésien de la sélection de saccades F. A.3. Je m’intéresse dans ce projet aux informations visuelles non localisantes. Bülthoff (MPI. Ce dernier point. Grenoble). Capelli (LPPA). en d’autres termes j’exclue l’utilisation de toute stratégie cognitive de navigation reposant sur des repères visuels pour la perception du mouvement. Bessière (LIG. Ce travail est intégré au projet européen Bayesian Approach to Cognitive Systems (BACS). en collaboration avec P. Vidal. Girard.. Vidal. Des mesures de mouvements des yeux dans cette tâche ont été menées.

Dans ces études.3 Estimation du temps restant avant l’impact lors de mouvements propres A. nous étudions comment les informations internes (vestibulaires et proprioceptives) se combinent avec le flux optique pour créer un percept de mouvement propre. De nombreuses études sur le rôle des informations vestibulaires dans la perception du mouvement ont été réalisées au LPPA dans le passé. présente un intérêt majeur pour les simulateurs de conduite lors de la reproduction de situations accidentogènes provoquées par le brouillard. 2001).. McIntyre et al. mais dans le cas de mouvements décélérés. Nous avons examiné si à partir de stimulations visuelles seules. Dans le cadre d’un projet Européen Moves. 4. Capelli. 1975 . Les résultats préliminaires montrent une amélioration du mécanisme de compensation rétino-topique vers égocentrique pour la perception des vitesses lors du stimulation large champs. Les résultats mettent en évidence une dominance visuelle dans l’intégration sensorielle pour la perception de rotations pures. Bülthoff (MPI) Des informations inertielles sont fournies par le système vestibulaire et les organes internes et des informations de position sont fournies par la proprioception. en collaboration avec H.3. L’objectif est de déterminer quelle sera la contribution respective de chacune des modalités et en particulier s’il y a une intégration continue avec les informations visuelles ou juste une prise en compte ponctuelle des informations vestibulaires. mais aussi lorsque les yeux peuvent accompagner le mouvement. Nous avons utilisé l’écran courbe du LPPA (185° de champ horizontal).316 ALAIN BERTHOZ dans la littérature. Capelli. l’information d’accélération peut être extraite afin d’effectuer correctement l’extrapolation du mouvement et donc l’estimation du TTC.3. Les résultats indiquent une prise en compte de l’accélération dans l’extrapolation du mouvement propre. A. Vidal Peu d’études ont mis en évidence l’utilisation des informations d’accélération de l’objet pour l’estimation du Temps restant avant l’impact (TTC) dans les tâches d’interception (Rosenbaum. il semblerait que l’estimation soit basée sur des informations de 1er ordre (prologation de la dernière vitesse). afin d’étudier le cas de rotations en lacet dans un contexte visio-vestibulaire.2 Perception et mémorisation de mouvements visio-vestibulaires M.H. Nous envisageons également d’étudier l’estimation du temps restant avant l’impact lors de stimulations visiovestibulaires car la mesure de l’accélération par nos capteurs vestibulaires pourrait venir compléter les informations visuelles afin d’améliorer les estimations du TTC établies à partir de celles-ci. et vers il était visuellement déplacé. La tâche du sujet était de préciser à quel moment il atteindrait un drapeau placé devant lui sur chemin. 4. . Vidal. M. la tâche consistait à estimer le TTC entre un observateur et un objet en mouvement accéléré vers lui. Des travaux préliminaires ont déjà été effectués par M. Vidal au MPI.

en particulier le cortex prémoteur et le cortex pariétal (Grèzes et al. Berthoz Nous cherchons à savoir le rôle de la plasticité rapide du schéma corporel humain dans le processus de substitution sensorielle visuo-haptique. Collaborateurs : Professeur A. Pouga. Influence des stimulations visuelles et haptiques sur la représentation du schéma corporel I. Fruchart. Berthoz. Marseille). Ce projet combine des approches. intentions et émotions d’autrui J. Calmels (INSEP. Le but est de décrire les mécanismes cognitifs et d’identifier les corrélats neuroanatomiques qui sont impliqués dans les capacités à comprendre la signification du comportement d’autrui. en représentant. CNRS. La perception des actions d’autrui La perception d’une action est associée à des activations au sein de régions cérébrales connues pour leurs rôles dans préparation et l’exécution d’une action.1. Une telle déviation est corrélée directement à la plasticité rapide et réversible du schéma corporel humain. Bases neurales de la perception des actions.4. Grezes (LPPA). The Netherlands). Bayetti (LPPA CNRS Collège de France. Wicker (Institut de Neurosciences Cognitives de la Méditerranée-INCM. Pichon. Dr C. C. Dr B. Paris) Notre projet de recherche porte sur la perception et la compréhension des comportements moteurs réalisés par autrui. Paris). Institut Mutualiste Montsouris.5. F. Notre protocole expérimental consiste dans l’adaptation des manipulations portant sur l’induction de la plasticité rapide et réversible du schéma corporel humain. Ces structures sont activées de façon plus prononcée lorsque le sujet est capable de .PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 317 4. Olive & A. Berthoz (Service de Psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte. L. comportementales et des techniques de neuro-imagerie fonctionnelle (IRMf) chez le sujet normal et pathologique. Notre protocole expérimental en psychophysiologie évalue les effets comportementals de l’individu confronté à un conflit de caractère multisensoriel visuo-haptique fondé sur l’introduction d’une incongruité spatiale entre l’endroit d’acquisition du retour d’effort haptique et la localisation visuelle de ce même endroit. Cette incongruité est censé provoquer une modulation et/où une déviation de la localisation du retour d’effort haptique au-delà des limites du schéma corporel envahissant l’espace péripersonal de l’individu. 4. à détecter les intentions et les émotions qui sont à l’origine de ce comportement et qui leurs sont associés. Dr S. Tilburg University. Professeur B. de Gelder (Donders Lab for cognitive and affective neuroscience. en conséquence.5. Paris). son indice. S. 4. 2003). tels que l’Illusion de la Main en Caoutchouc (Rubber Hand illusion). qui jouent un rôle crucial dans la communication et l’interaction sociale. Nous y introduisons un component sensorimoteur afin d’évaluer le potentiel rôle de l’agencivité et des processus efférents dans la modulation des processus de plasticité rapide du schéma corporel humain.

édités. région ayant un rôle crucial dans l’évaluation émotionnelle. 2004. Bennequin (Université Paris VI). Une même étude sur la peur a été réalisée chez des sujets sains et des sujets autistes — Asperger en collaboration avec le Dr Bruno Wicker. par rapport à une action n’appartenant pas à son répertoire moteur (Calvo-Mérino et al. un projet actuellement en cours a pour but d’examiner si ce phénomène de résonance motrice est activé chez des sportifs de haut niveau blessés. J. a pour but d’étudier les bases neurales associées à la perception d’expressions corporelles d’émotions (peur et colère) et de tester le couplage entre émotion et action. 2007). La perception des expressions corporelles émotionnelles d’autrui Cette partie du projet. le Professeur Béatrice De Gelder. sachant que ceux-ci sont temporairement dans l’incapacité de réaliser certains gestes en utilisant la technique d’IRMf. vitesse lente/rapide. Olivier (Université de Rennes). Planification et contrôle de la locomotion chez l’homme H.) afin de dégager l’influence des modalités sensorielles et motrices sur la formation des trajectoires complexes.-J. Nous nous intéressons par exemple à la locomotion exécutée dans diverses conditions expérimentales (avec/sans vision de la cible. Crétual. Grèzes et al. Toulouse). soumis). Slotine (MIT) Nos recherches actuelles portent principalement sur l’exploration des principes biologiques et mathématiques sous-tendant la formation des trajectoires locomotrices chez l’homme. Les résultats des deux premières études en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle suggéraient que la perception d’expressions corporelles de peur et de colère.. Des films ont été réalisés. validés. A. sujets dits « alexithymique » et les autres au sein de l’amygdale. Calmels. Pichon et al. A. Enfin. J. ainsi que dans le cortex cingulaire antérieur qui joue un rôle dans la régulation émotionnelle (Pouga et al..318 ALAIN BERTHOZ reproduire. 4. en préparation).. J.2. 2007. gyrus frontal inférieur et cortex prémoteur . La gymnastique artistique a été choisie car c’est une des rares disciplines sportives où un/une athlète blessé(e) au membre supérieur (membre inférieur) peut poursuivre son entraînement en réalisant des mouvements sollicitant les membres inférieurs (membres supérieurs). 2006). seuls les témoins par rapport aux sujets autistes présentent des activations au sein du système émotionnel (amygdale.5. En collaboration avec le Dr C. D. Wiener (Freiburg University. Une meilleure connaissance du mode de fonctionnement du système résonance motrice pourrait avoir des implications directes par exemple dans le cadre de la rééducation. par rapport à une expression neutre. engage une étape supplémentaire. celle de se préparer à agir en réaction à l’émotion perçue (Grèzes et al. Laumond (LAAS. Hicheur (Hertie Institut. L’expérience en IRMf a débuté en septembre 2007. Allemagne).6.-P.-H. Calvo-Merino et al. Swann Pichon et Lydia Pouga. en marche avant/arrière.. 4. En . Nous montrons qu’il existe des différences cérébrales au sein de la population normale entre des sujets ayant des difficultés à identifier et à exprimer leurs émotions. Allemagne). en collaboration avec le Professeur Alain Berthoz.

La thèse est également le résultat d’échanges entre le monde industriel et le monde académique. en coopération avec ARCHIVIDEO) Nous utilisons principalement deux types de perspective visuelle pour mémoriser un trajet dans l’espace : la perspective route et la perspective survol. 4. La perspective . De plus. l’introduction d’incertitude spatiale dans l’étude de la planification de trajet. Du point de vue des applications. ce travail s’appuie sur des protocoles expérimentaux nouveaux : l’utilisation d’informations présentées préalablement à l’apprentissage d’un environnement. J. 4. La discussion de ce travail se focalise sur l’interaction possible des représentations de l’espace et des stratégies associées puis ouvre sur les questions théoriques que pose la thèse. nous étudions par exemple la stabilité des réseaux de neurones synchronisés soumis à des perturbations aléatoires. Nous sommes en particulier entrain de développer une version stochastique de cette théorie. nous avons pu tester l’effet d’un amorçage de type carte sur un apprentissage kinesthésique d’un trajet. Une quatrième expérience nous a permis de montrer que la planification avec incertitude d’un trajet connu était réalisée de manière extrêmement performante par les sujets. Nous concluons que l’effet de l’amorçage sur un apprentissage kinesthésique d’un trajet est très différent suivant le type de tâche demandée. Le mémoire se termine sur les études effectuées dans un contexte industriel. A.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 319 partant de ces observations expérimentales. Lors d’une troisième expérience. Laou. une cinquième expérience met en évidence les contributions relatives des informations visuelles géométriques et de type « amers visuels ». Berthoz (Projet Européen Bacs) (Projet SCAN. l’utilisation de modifications posturales pour l’étude des kinesthèses. Lors des deux premières expériences. Navigation humaine dans des environnements complexes : contribution des indices kinesthésiques et effet d’A PRIORI M. nous avons étudié l’effet d’un changement postural et de l’habituation sur le maintien d’un pattern locomoteur. Étude du changement de perspective visuelle dans la navigation spatiale humaine L. Enfin. nous construisons des modèles mathématiques qui font intervenir des principes tels que le contrôle optimal stochastique ou la géométrie affine et équi-affine. Barra. et que certains a priori biologiques influencent notre représentation de l’espace.8. J. A. Wiener. Nous avons demandé au sujet de réaliser plusieurs tâches d’orientation et de navigation pour nous rendre compte de l’interaction possible entre les représentations mais aussi entre les stratégies. et nous avons étudié le rôle des kinesthèses lors de cette planification de trajet. Lafon. Un autre axe de recherche que nous poursuivons est l’étude de systèmes dynamiques avec la théorie de la Contraction Nonlinéaire. Berthoz L’objectif est d’étudier les stratégies cognitives de navigation de l’homme.7. L’originalité de ce travail réside dans la définition et l’étude des kinesthèses ou indices du mouvement.

2008a. 2008. De plus.320 ALAIN BERTHOZ route (ou perspective égocentrée) correspond à la vision de l’espace en trois dimensions telle qu’un individu la perçoit lorsqu’il se déplace physiquement dans un environnement. Suisse). Empathie et Referentiels spatiaux B. par une transformation mentale du corps. élaboré en 2006 (Thirioux et al. en particulier le cortex dorsolatéral préfrontal droit et les aires prémotrices droites. menées en collaboration avec le Pr Blanke (EPFL. nous avons montré que deux réseaux partageant certaines aires cérébrales étaient impliqués dans ces deux stratégies (égocentrée et allocentrée) et que ces dernières pouvaient être mémorisées en parallèle. collaboration avec NeuroSpin). Pr Jorland (EHESS) & A. en fonction de la présentation de face. Nos résultats montrent que lors d’une interaction sans tâche explicite avec un avatar présenté de face. soumis) pour explorer les mécanismes neurocognitifs du changement de perspective lors d’une interaction spontanée avec autrui (Jorland et Thirioux. Thirioux.9. selon un axe antéro-postérieur en fonction de l’orientation de l’avatar. nous avons réutilisé notre paradigme de symétrie par rotation et réflexion. mais aussi. de profil ou de dos de la funambule.. en coopération avec O. Berthoz (LPPA). un objectif complémentaire de nos travaux consiste à rechercher l’existence de différences entre les hommes et les femmes tant au niveau des stratégies de navigation que des régions cérébrales impliquées. 4. profile ou dos. nos travaux de recherche portent sur l’effet du changement de perspective sur les performances de navigation dans une ville virtuelle (collaboration avec Archividéo et Clarté). il a été montré que ces deux types de perspective pouvaient engendrer des connaissances et des performances différentes. Blanke (EPFL. tandis que les représentations de type survol sont construites dans un cadre de référence allocentré basé sur les relations spatiales entre les repères. en . reflétée dans le comportement par une symétrie par rotation. Une tâche imposée de symétrie par réflexion active les systèmes résonnants. 450-550 ms et 400-500 ms après l’onset du stimulus. Sur le plan comportemental. on observe une activation prédominante de la TPJ droite mais aussi une activation sélective du lobule pariétal inférieur gauche pour l’orientation de face.. de façon sélective le cortex occipital droit pour l’orientation de face (Thirioux et al. Ce changement de perspective spontané active bilatéralement la jonction temporo-pariétale vers 500-600 ms. La perspective survol (ou perspective allocentrée) correspond quant à elle à une vue aérienne ou de type carte de l’environnement. Lausanne) Au cours d’expériences en électroencéphalographie. les sujets prennent spontanément la perspective visuo-spatiale de celui-ci. c’est-à-dire à une vision de l’espace en deux dimensions. En fonction de l’augmentation du degré de translation spatiale nécessaire à la transformation mentale. Les représentations de type route utilisent un cadre de référence égocentré dans lequel la localisation d’un objet se fait par rapport à celle de l’individu. Sur le plan neural. Nous cherchons également à mieux caractériser les corrélats neuro-anatomiques des stratégies égocentrée et allocentrée en utilisant l’Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf. sous presse). Actuellement. confirmant l’effet de rotation.

s’en distingue cependant entre 70-100 ms après l’onset du stimulus. activant l’insula gauche alors que la rotation imposée active l’insula droite (Thirioux et al. nous avons démontré qu’il existait chez les sujets scoliotiques une asymétrie statistiquement significative de la base postérieure du crâne reflétant une asymétrie cérébelleuse sous-jacente. Berthoz. 4. Berthoz. Pour l’orientation de face. Il s’agit plus particulièrement de caractériser (décours temporel. précédant le changement de perspective spontané. Dynamique des changements de perspective dans la navigation humaine E. Le point de vue route (ou égocentré) coïncide à la perspective perçue par l’individu lorsqu’il se déplace physiquement dans l’espace tandis que le point de vue survol (ou perspective allocentrée) correspond à une vue aérienne de l’espace. 4. Nous avons également mis en évidence un lien direct entre ces asymétries et la présence de malformations au niveau des canaux semi-circulaires de l’oreille interne grâce à une modélisation réalisée à partir de données IRM. Rousie (Université de Lille). semblable à un changement de perspective imposé dans une phase tardive des PE (entre 400 et 600 ms). Conséquences perceptives et motrices des asymétries cérébelleuses et vestibulaires dans la scoliose idiopathique D. Dupierrix.. précèderait neurophysiologiquement le changement de perspective et la distinction avec autrui. Une nouvelle analyse a montré qu’un changement de perspective spontané. pour la mise en place de leur stratégie d’interaction avec autrui. Notre projet de recherche vise à étudier la dynamique des changements de stratégies spatiales pour la navigation humaine. Pour vérifier une implication neurophysiologique de ces anomalies. passent de leur propre perspective visuo-spatiale à celle d’autrui.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 321 préparation pour Journal of Neuroscience). A. On observe le pattern inverse pour l’orientation de dos. très peu d’études ont concerné les mécanismes liés au changement de stratégies. Projet MATISS. en préparation pour Nature Neuroscience).11. une étude oculomotrice approfondie des sujets scoliotiques a été . Si les recherches se sont centrées sur les processus liés à la manipulation de ces deux stratégies spatiales. en coopération avec RENAULT La navigation humaine est une activité complexe nécessitant la manipulation simultanée ou successive de différentes perspectives de l’environnement. Ces résultats indiquent une activation très précoce des régions impliquées dans l’utilisation des référentiels spatiaux. comme le point de vue « route » ou le point de vue « survol ». corrélats neuronaux) les processus sousjacents au changement de point de vue en combinant les méthodes comportementales et d’imageries cérébrales (EEG). (Projet de la Fondation Cotrel) Dans une étude précédente.10. non observable dans le comportement. 2008b. les résultats montrent une activation des systèmes résonants entre 0 et 500 ms. Ces résultats montrent que les sujets. suggérant qu’une identification avec autrui. coût de traitement. Enfin une dernière analyse révèle le dynamisme des changements de référentiels spatiaux précédant la stratégie définitive (rotation ou réflexion). A.

. : A Blueprint for Real-Time Functional Mapping via Human Intracranial Recordings ?.. Current Psychology Letters. European Journal of Neuroscience.-P. Berthoz. PLoS ONE.. a été mis en place. 2. I. Axe génétique : une collaboration avec le Professeur Nancy Miller. 1. Activités de la Chaire Publications Publications de l’équipe : Mémoire spatiale et contrôle du mouvement Responsable : Alain Berthoz Revue à comité de lecture 2007 — Capelli. Cette partie de l’étude sera assurée par le Docteur Salvetti. Au niveau oculaire.-P. Schoendorff. Laumond.Cotrel. de Pompeiano. I. Lobel. ophtalmologiste en charge des bilans oculaires des sujets. : Temporal intervals production during passive self-motion in darkness. R. & Kahane. les anomalies oculomotrices que nous avons mises en évidence dans la première étude doivent être poursuivies notamment au niveau des poursuites oculaires. J. dans la première étude focalisé notre attention sur les canaux semi-circulaires. de De Waele…). Elle a pour but l’identification des gènes codant pour la formation de l’oreille interne et du cervelet chez l’homme puis la comparaison des loci identifiés entre sujets scoliotiques et sujets sains. A Stereotyped Behavior. R. J..... Q. P. — Lachaux. A. . O. Axe neurophysiologique : au niveau vestibulaire et cérébelleux : nous avions.-C. perception du schéma corporel… en plus des fonctions classiques de régulation motrices) : de nouveaux tests d’appréciation de la fonction cérébelleuse vont donc être utilisés.. Minotti. Hoffmann.. — Hicheur.. 26(8) : 2376-90.. Par ailleurs. également membre de la fondation Y.322 ALAIN BERTHOZ menée : elle a permis de mettre en évidence des torsions et des anomalies des poursuites oculaires relevant de dysfonctions vestibulaires.. D. S. : The Formation of Trajectories during Goal-Oriented Locomotion in Humans. C. Neuroreport. : Lateralized parietal activity during decision and preparation of saccades. Il est maintenant indispensable de nous intéresser à la fonction otolithique également impliquée dans la fonction posturale (études de Lacour. Deborne. Israël. L. 22 (2). Des travaux récents sur le cervelet (Ito) ont ciblé des fonctions cognitives insoupçonnées du cervelet (représentation spatiale. Ceux-ci ont reçu le soutien de la Fondation Yves Cotrel en novembre 2007 pour une durée de trois ans. des études expérimentales récentes ont mis en évidence des liens génétiques entre la formation du cervelet et de l’oreille interne. B. Bertrand. Arechavaleta. Jerbi. Pierrot-Deseilligny. H. G... Lehericy.. A.. K. 18(17) : 1797-800. E. Ces premiers résultats suggèrent de nouveaux axes de recherche. A. & Berthoz. Pham. Milea. D. 2(10) : e1094. — Khonsari.

131(2) : 523-34. Neurosc. — Lambrey. Biological Cybernetics. 48... P. M. : Path planning under spatial uncertainty.. & Berthoz. Mem Cognit.. Consciousness and Cognition. J. : Distinct visual perspective taking strategies involve differently the left and right MTL structures. J. S. — Pham. A. Tabareau.. 289-303.. Samson.J. A.. Neural Networks. Pochon..A... Publications de l’équipe « Perception et exploration actives des objets » Responsable : Jacques Droulez Revue à comité de lecture 2007 — Colas. — Petit. A. 97(5) : 461-77. Amorin. Arechavaleta. : Gender differences in the use of external landmarks versus spatial representations updated by self-motion. European Journal of Neuroscience.. J. PierrotDesseilligny. — Schmidt. Vidal. Q. — Van Heijnsbergen. : Where Neuroscience and dynamic system theory meet autonomous robotics : a contracting basal ganglia model for action selection. Berthoz. . S.. Noulhiane.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 323 — Lambrey. N. F. G. Meeren. de Gelder. N..-J. Berthoz. D. D. M.A.. M.H.. Hicheur. Muller. Grèzes.J. Bennequin. Brain. Feb 2008 .. : A unified probabilistic model of the perception of three-dimensional structure from optic flow. J. Weiss...A. — Tabareau. Lehericy. Laumond..-L. Vision Research. & Berthoz. M... H. Pham. D. Intergr. Samson. Brain Research. : Traveled distances : New insights into the role of optic flow.. S. 97(4) : 279-92.R. S. S. A.. 36(3) : 955-68. & Slotine...K. A. A. H. A. C. — Lambrey.. Droulez.M. & Bessière. an ERP study. Biological Cybernetics. II. A. Berthoz. J. 36(3) : 495-504. M. Amorim... & Berthoz. S. Amorim. Brain. 6(3) : 379-401. Krause. : Distinct visual perspective-taking strategies involve the left and right medial temporal lobe structures differently... M. B. M. Baulac. J-B.. 2008 — Girard. P. Lobel. J. B.. D. : Visuospatial working memory and changes of the point of view in 3D space.-P. Leboucher. Slotine. : The Formation of Trajectories during Goal-Oriented Locomotion in Humans.-J. — Milea. & Berthoz. A Maximum Smoothness Model. Dupont. E. 18(12) : 1221-4. M.. 1186 : 233-41. Baulac. S. Dupont. Fink. NeuroImage.. H. — Wiener.. : Geometry of the superior colliculus mapping and efficient oculomotor computation. NeuroReport.. 21(4) : 628-641. Shah. S. Wexler. A. B.C.C. J. 16(3) : 604-18. Q. M.M.. Hasboun. C.-C.J...(2007) : Prefrontal cortex is involved in internal decision of forthcoming saccades.. G. B. 26(8) : 2391-2403. 131 (Pt 2) : 523-34. M. Lafon. N... — Mossio. Hasboun. P. : Rapid detection of fear in body expressions.R. M. and Girard... J. Berthoz. A. Berthoz. & Berthoz.W. D. Noulhiane.. : Commentary to Helena De Preester : The deep bodily origins of the subjective perspective : models and their problems ?.

. P. M. L. 15(4) : 222-8. H. : Stereoscopic depth perception in peripheral field and global processing of horizontal disparity gradient pattern.T. Ramadan. P. M. C.. J. C... O’Hashi. 36(3) : 804-21. Sara. Drobe.. A.324 2008 ALAIN BERTHOZ — Bullot.. 2008 — Ribot.. 48(6) : 753-64. Eysel. Learn Mem.P. Z. NeuroImage.. Publications de l’équipe : Développement perceptif et intégration interhémisphérique Responsable : Chantal Milleret Revue à comité de lecture 2007 — Rochefort. K. 21(1) : 15-46. M. F. J.. L. 2008 — Eschenko.. Philosophical Psychology. In : . Carmeliet.. N. Delacourte. S. O. Neuroscience. W. J.. : Anisotropy in the representation of direction preferences in cat area 18... : Ageing and amyloid-beta peptide deposition contribute to an impaired brain tissue plasminogen activator activity by different mechanisms. J. Eur. Ayaka. Vision Research. Neurobiol Dis. Vivien. Buzas. Peyrache... : Sustained increase in hippocampal sharp-wave ripple activity during slow-wave sleep after learning. D. B. Chapitres d’ouvrages collectifs 2008 — Battaglia. Born. & Milleret. 27(10) : 2773-80.. : « Spatial decisions and neuronal activity in hippocampal projection zones in prefrontal cortex and striatum ». & Droulez J.I.. Monot A. Publications de l’équipe « Mémoire spatiale et navigation » Responsable : Sidney Wiener Revue à comité de lecture 2007 — Cacquevel... A. Cheenne. & Wiener S. : Layout of transcallosal activity in cat visual cortex revealed by optical imaging..J. Buee.. Moons. U.. : Keeping track of invisible individuals while exploring a spatial layout with partial cues : location-based and deictic direction-based strategies. 27(2) : 164-73. Kisvarday.. Castel. N. Tanaka. Mölle. S. K. Benchenane. Khamassi. & Droulez. A. Launay. S. — Devisme. S.

J. : « Towards Novel Brain Computer Interfaces via Online Detection of Gamma Oscillations in Intracerebral Recordings ». A. Séminaire Approches plurielles de la décision. Conférence plénière. 27-29 septembre 2007. France. & Berthoz A. 23 novembre. Bennequin. A. Conférence Plénière. Fourth International Conference on Virtual Storytelling. In : Representation and Brain. B.. Oxford. Conférence Plénière. San Diego. Ecole Normale supérieure. Rome. Congrès annuel de la Société de Neuroscience américaine. — Sara. Elsevier. : « A mathematical proof of the coupling of the spatiotemporal transformation and the superior colliculus mapping ». & Lachaux. (2007) : « L’homme virtuel ». : « Development and function of the balance system in the early years ».PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 325 Hippocampal place fields : Relevance to learning and memory.. pp.. Colloque L’Evolution créatrice de Bergson cent ans après (1907-2007) : Epistémologie et Métaphysique. A.. Jacob. 289-311. A. Gouvieux les Chantilly. & Berthoz.-P. 22 octobre. : « Comment le cerveau s’y prend pour décider. 22-23 septembre. — Berthoz. Kahane P. Institute for Neuro-physiological psychology.. Paris. 19th European Conference Neurodevelopment and learning difficulties. Italie. pp. J. Conférences 2007 — Berthoz.. F. Paris. : « Comment le cerveau s’y prend pour décider ». N. Kahane. 5-7 décembre.. Eds : J. 199-216. 28 septembre. Ecole Nationale d’Administration. Shintaro. Ed. pp. Ed : S. Springer. Oise. 224-36.Y. A. A. Oxford University Press. Mizumori. Château de Montvillargenne. From Neural Code to Brain/Machine Interface. Paris. Minotti. Paris. Autres travaux et activités de Alain Berthoz Chapitres d’ouvrages collectifs — Berthoz. Paris. Slotine. : « Quels rapports l’homme entretient-il avec ses espaces ? ». — Berthoz. — Berthoz. 29 novembre. Bertrand. K. — Berthoz. P. : « Reconsolidation : historical perspectives and theoretical aspects ». movement and emotions ». — Berthoz. L. . Colloque Maladie d’Alzheimer : S’adapter au patient. O. — Girard. 3-7 novembre. Vol. Byrne. In : Learning and Memory : A Comprehensive Reference.J. (2007) : « Neural Basis of Saccadic Decision Making in the Human Cortex ». Saint-Malo. USA. Paris. In : L’homme artificiel. Les apports de la neurophysiologie à la compréhension de la prise de décision ». : « Perceptive integration and postural control ». la mémoire et le rire. Pise. Lachaux J.. A. 461-75.J.-P.-P. Tabareau. 1. Réunion SGA. : « Réalité virtuelle et Neurosciences ». D. Congrès Neuroriabilitazione e Robotica. O. 13-14 décembre. : « Les théories de Bergson sur la perception. 5 novembre. A. Changeux et al. Colloque la neurophysiologie de la décision. Colloque STIC Cité des Sciences à Paris. : « Bases neurales de la décision ».. — Jerbi. au regard des données des neurosciences cognitives actuelles ». S. — Berthoz. A.-J.. : « Neural basis of the perception of space. A. Berthoz. A. — Berthoz. A. Ed : J. Collège de France. — Freyermuth S. pp. 16 octobre. Ecole militaire. — Berthoz.

: « The human brain “projects” upon the world simplying principles and rules for perception and action ». Colloque La pluralité interprétative et les fondements historiques et cognitifs des changements de point de vue. Jerbi. : NEUROBOTICS Summer School 2007 BrainMachine Interface. A. Collège de France. 2008 — Berthoz. A. & Kemeny. & al : Colloque From Neural code : to brain/machine interface. Stock. : « Neural principles of natural eye and limb movements that might be used in robotics ». Colloque Analyse 3D du Mouvement. — Berthoz. : Brain .. et en coopération avec la Fondation IPSEN : Journée IPSEN Neurobiology of Umwelt « Comment les êtres humains perçoivent le monde ». Le temps et l’espace chez Merleau-Ponty.-Y. des pratiques en mutation. à l’occasion du 15e anniversaire des Réunions des Utilisateurs Vicon. Collège de France. Conférence Plénière. — Berthoz. France. Paris. — Berthoz. — Clarac. 24 janvier. Freiburg.326 2008 ALAIN BERTHOZ — Berthoz. : Colloque « La pluralité interprétative fondements historiques et cognitifs de la notion de point de vue ». Enseignement — Dario. : Séminaire « Images Virtuelles ». P. Paris. cognition. A. & Chemin. P. Organisation de réunions 2007 — Berthoz. J. 21e Journée d’étude La paralysie cérébrale. A. Paris. Volterra. Paris. Château de Montvillargenne.Machines Interfaces. : « La manipulation mentale des points de vue : un des fondements de la tolérance ? ». A. 3 juin. Collège de France. Paris. : « Cinématique de l’expression corporelle des émotions pendant la marche ». — Berthoz. J. 20-22 juillet. Collège de France. . — Berthoz. 11 et 12 juin. K. Paris. Dario. Collège de France. F. Italie. A. C. A. Italie. A. 16-21 septembre. & Ossola. : Colloque final ACI.. — Berthoz. 27-29 septembre 2007. Volterra. 12 juin. Ecole Normale Supérieure.-A. Paris. Berthoz. 5-7 juin. 3 juin. A. Collège de France. 10 juin. Neurobotics Symposium. : « La pensée de Merleau-Ponty sur la perception au regard des neurosciences cognitives actuelles ». & al. 18 février. Berthoz. S. : « Motricité. — Berthoz. Ecole Nationale Supérieure de chimie de Paris. A. Collège de France. Journée IPSEN Neurobiology of Umwelt : comment les êtres humains perçoivent le monde. 12-13 juin. Paris. &. — Berthoz. Paris. Palais de l’UNESCO. A. & Laroche. Gouvieux-les-Chantilly. des situations complexes... 16-21 septembre 2007. 18 février. — Girault.. — Berthoz. A. : Colloque « Mathématiques en Neurosciences ». B. A. A. Oise. Paris. A. A. & Biometrics : Colloque Analyse 3D du Mouvement. 14 juin. perception». Berthoz.

29 mai 2008.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 327 Participation à l’organisation de la recherche — Membre du Comité des Programmes scientifiques du CNES. — Membre du Conseil scientifique de l’Institut de Neurosciences de Trinity College à Dublin. Thèses — Lafon. — Projet NEUROBOTICS. 5 séances et un atelier. Fondation Cotrel-Académie des Sciences (avec Mme D. FP6-2003-Nest-Path de la Communauté européenne. Rousié). — Membre du Conseil scientifique de l’institut Max Planck. Collaboration avec l’Industrie — Contrat avec la société Peugeot. IP dans le EC IST programme « Integrating and strengthening the European research area (2002-2006) ». Tuebingen. — Projet SCAN Pôle de compétitivité Bretagne avec la Société Archividéo. — Organisation et Présidence du séminaire de prospective de la RATP sur « Cognition et mobilité ». de Gelder-Tilbury) « L’Expression corporelle des émotions ». — Membre du Conseil consultatif pour la Science France/Japon. — Programme Human Frontier Science Program (Coordinateur B. — Membre de la Commission de diffusion culturelle du Conservatoire des Arts et Métiers. — Projet Européen Euréka MOVES sur les simulateurs avec la Société Renault et Max Planck Institut. Tübingen. et TNO Hollande. . — Projet NEST WAYFINDING n° 12959. — Projet NEUROPROBES. Collège de France. — Membre du Conseil scientifique du NEUROPOLE Ile-de-France et du RTRA « Ecole de Neurosciences de Paris ». — Président du Comité scientifique de l’œuvre Falret pour les maladies mentales. Programme européen « Information Society TechnologieFurture and Emerging Technologies ». — Membre du Comité Scientifique de l’AIST-CNRS Joint Japanese-French Robotics Laboratory (JRL). 2007 & 2008. — Membre du Conseil pédagogique du Mastère de Sciences cognitives (Ecole doctorale 3C). (2008) : « Navigation humaine dans des environnements complexes : contribution des indices kinesthésiques et effet d’a priori ». M. — Projet « Asymétries cranio-faciales ». Contrats de recherche et coopérations internationales — Projet BACS : projet européen dans le cadre de Cognitive Systems.

.

ces auteurs ont découvert qu’un peptide présent dans l’estomac de bœuf stimulait l’APJ. La purification. Pierre Corvol. telle que l’apéline. 1993). Bien qu’il soit analogue au récepteur de l’angiotensine II. La découverte de l’apéline illustre bien la démarche actuelle de l’identification de certaines nouvelles molécules naturelles biologiques. issus d’un précurseur commun. l’APJ. ce récepteur ne lie pas l’angiotensine. l’angiotensine et l’endothéline contrôlent non seulement le tonus vasculaire et régulent le flux sanguin régional mais ont aussi un effet proangiogénique et exercent un rôle dans la croissance de la paroi vasculaire. 1998). Il s’agit d’un récepteur à sept domaines transmembranaires découvert chez l’homme par O’Dowd et al. c’est par une démarche de « pharmacologie inverse » qu’a été identifiée l’apéline comme le ligand d’un récepteur jusque là orphelin. En utilisant une lignée de culture cellulaire exprimant le récepteur APJ. En effet. le séquençage et le clonage des fractions peptidiques actives a révélé qu’il existait trois peptides actifs de 36. Le récepteur APJ a été cloné en 1993 lors d’une recherche systématique de récepteurs apparentés au récepteur de l’angiotensine II. Le cours de l’année précédente avait montré que plusieurs peptides vasoactifs étaient impliqués dans la formation de nouveaux vaisseaux par des mécanismes impliquant l’angiogenèse et le remodelage vasculaire. membre de l’Institut (Académie des Sciences). professeur L’Apéline Le cours de la chaire de Médecine expérimentale a porté sur les propriétés d’un nouveau peptide vasoactif. D’autres peptides vasoactifs exercent une propriété similaire. L’isolement et la caractérisation du ligand endogène du récepteur APJ humain ont été réalisés par l’équipe de Tatemoto et al. (Gene. (BBRC. La . 17 et 13 acides aminés. l’apéline.Médecine expérimentale M. Il partage une homologie de structure avec le récepteur CXC des chimiokines (CXCR4) et il agit comme co-récepteur du CD4 pour l’entrée du virus HIV-1 et SIV dans les cellules. la pré-proapéline. Ainsi. et en suivant son activation par la mesure de l’acidification extracellulaire.

L’inactivation du système à ce stade entraîne des anomalies du développement cardiaque. le cœur. autres. Chez la grenouille (Xénope). le plasma et divers liquides biologiques. le récepteur APJ est exprimé dans tous les vaisseaux (en fait. L’apéline sous ses différentes formes. Les apélines 36. L’apéline exerce un effet cardiaque inotrope positif et abaisse transitoirement et modestement la pression artérielle. L’apéline est aussi présente dans le tissu adipeux. l’hypophyse. Neurochem. Elle joue enfin un rôle important dans le développement cardiovasculaire ainsi que l’ont révélé différents travaux. Deux études ont montré le rôle de l’apéline et de son récepteur dans le développement cardiaque chez le poisson zèbre (Scott et al. 2007 et Zeng et al. Son origine tissulaire n’est pas connue avec précision (hypophysaire. In vitro. 2004). Le système apéline n’est pas impliqué dans la vasculogenèse de cette espèce mais dans l’angiogenèse des vaisseaux intersomitiques : l’inactivation du système perturbe le développement des vaisseaux intersomitiques tandis que la surexpression d’apéline .. la conversion de l’apéline 36 en apélines 17 et 13 est effectuée vraisemblablement par des proconvertases. En revanche. elle inhibe la secrétion d’insuline.. l’apéline inhibe la production de vasopressine. selon le tissu concerné : phosphorylation de Akt. 17 et 13 ont une affinité similaire pour le récepteur APJ.. L’apéline agit sur les cellules gastriques en stimulant la libération de cholécystokinine . l’intestin. Différentes voies de signalisation intracellulaire sont activées par le récepteur APJ. L’apéline et son récepteur sont présents principalement dans le cerveau. le poumon. Le catabolisme de ces peptides. au niveau du rein et des surrénales. 36. activation de la phospholipase C et des protéines kinases C par la voie Gq. L’angiotensin-converting enzyme 2 (ACE-2) hydrolyse avec une bonne efficacité catalytique l’apéline 13 en apéline 12 qui conserve une activité biologique. impliquée dans la progression du cycle cellulaire. J. Le processus de maturation de la pré-proapéline en apéline 36 n’est pas connu . 17 et 13. ?…). cardiaque. dans la migration des futurs précurseurs myocardiques au cours de la gastrulation. on n’observe pas d’anomalies de l’angiogenèse primaire. est présente dans les tissus.330 PIERRE CORVOL pré-proapéline (77 acides aminés) est convertie en apéline 36 puis en apéline 17 et 13.. L’apéline 17 est prédominante dans le plasma chez l’homme. L’apéline est exprimée précocément dans les régions intersomitiques avant même que ne se mette en place la formation des veines de cette région. Developmental Cell. les différents fragments d’apéline ont une affinité similaire pour APJ et agissent préférentiellement par la voie Gi1 ou Gi2. leur demi-vie et leur clairance ont peu été étudiés. Cette distribution correspond à des actions chez l’homme qui peuvent être brièvement synthétisées ainsi : au niveau central. module la prise d’eau et de nourriture et stimule la libération d’ACTH. activation de la p70 S6 kinase. le système apéline joue un rôle à un stade très précoce. Developmental Cell. 2007) : dans cette espèce. Le récepteur est couplé de façon négative à l’adénylyl cyclase par une protéine Gi. mais la désensibilisation du récepteur dépend du type de fragment de l’apéline (L. tissu adipeux. Messari et al. il existe deux isoformes de ce récepteur).

La pression basale de ces animaux est normale mais les animaux APJ -/. L’apéline est exprimée dans les tip cells et les veines mais elle n’est pas impliquée dans la vasculogenèse. Cette observation est à rapprocher de celle de l’effet hypotenseur modeste et transitoire de l’administration d’apéline par voie systémique. Oncogène 2007).. bourgeons de membres) (Kalin et al. Le mécanisme d’action de l’apéline est complexe et pourrait impliquer l’angiopoïétine 1 et son récepteur Tie2. Biol. 2004) ont montré que l’inactivation du récepteur de l’apéline n’entraînait pas d’anomalie macroscopique des organes étudiés chez la souris adulte (vaisseaux. En définitive. cœur.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 331 induit une angiogenèse prématurée des veines intersomitiques. elle favorise l’angiogenèse dans la cornée avasculaire.. L’angiopoïétine induit l’expression d’apéline dans les vaisseaux dermiques de souris transgéniques surexprimant l’angiopoïétine 1 dans le derme. Dev. elle contrôle la perméabilité capillaire et est angiogénique dans le modèle de la patte ischémique chez le rongeur.ont une réponse pressive accrue à la perfusion d’angiotensine II. Ishida et al. suggérant que l’apéline s’oppose à l’action vasopressive de l’angiotensine II. une co-expression spatiale de ces deux molécules. Biol. EMBO J. Ses effets s’exercent de façon autocrine et paracrine et sont indépendants du VEGF. Le système apéline – récepteur APJ joue un rôle in vitro et in vivo dans l’angiogenèse. 2008). Selon un travail récent (Kidoya et al. même s’il semble que l’apéline soit exprimée dans les tumeurs (Sorli et al. on note une expression temporelle quasi simultanée de l’apéline et de son récepteur. Deux autres expériences plaident en faveur d’une contre-régulation de l’effet hypertenseur . chez le poisson zèbre. le xénope et la souris. Chem. Le récepteur APJ de l’apéline est exprimé dans tous les territoires vasculaires de l’embryon de souris et l’apéline est présente dans les vaisseaux en formation (vaisseaux intersomitiques.. Gene Expression Pattern. Son effet dans l’angiogenèse tumorale reste encore à préciser. Elle augmente la perméabilité des cellules endothéliales.. (J. poumon. L’apéline accroît le bourgeonnement de capillaires à partir d’explants aortiques et provoque une néoangiogenèse dans le modèle de la membrane chorioallantoïdienne de poulet. induit la formation de tubes pseudocapillaires en matrigel et elle participe au remodelage vasculaire au niveau des cellules musculaires lisses vasculaires. le système apéline serait impliqué dans la régulation du calibre vasculaire durant l’angiogenèse : le calibre des vaisseaux sanguins (notamment des vaisseaux dermiques et trachéaux) est réduit chez les souris dont le gène de l’apéline a été inactivé. L’apéline pourrait contrôler l’assemblage des cellules endothéliales et leur jonction intercellulaire par l’intermédiaire de protéines d’adhésion intercellulaires telles que VE-cadhérine et Claudin-5. la formation de capillaires chez l’animal lorsqu’elle est implantée en sous-cutanée. L’apéline est un agent angiogénique in vitro : elle a un effet mitogénique sur les cellules endothéliales (HUVEC) et un effet chimiotactique. 2007). Le rôle physiologique du système apéline a été étudié chez des souris adultes dont le récepteur de l’apéline ou le gène de l’apéline a été inactivé par knock-out. au front des branches de division des capillaires en formation (tip cells) (Saint-Geniez et al. reins). Enfin.. L’apéline et son récepteur sont exprimés dans les vaisseaux rétiniens en post-natal. 2003).

Il pourrait en être de même chez l’homme. suivie d’ une baisse secondaire du peptide qui pourrait contribuer au développement de l’insuffisance cardiaque. L’interaction avec le récepteur APJ entraîne alors une vasoconstriction. Ces anomalies peuvent être corrigées par la perfusion d’apéline 1-13 chez l’animal pendant 2 semaines. ainsi que le débit cardiaque et la réserve contractile sans qu’il y ait toutefois de développement d’une hypertrophie cardiaque. L’apéline est exprimée dans les oreillettes ainsi qu’à un niveau plus faible son récepteur (Kleinz et al. 2007). (Circ. L’apéline produite par les cellules endothéliales agit de façon autocrine en stimulant le récepteur APJ endothélial qui induit la production de monoxyde d’azote. Toutefois. une insuffisance cardiaque s’observe chez la souris dont le gène de l’apéline a été inactivé lorsque l’on créé une surcharge de pression (bandage aortique). L’apéline exerce une action inotrope positive puissante directe in vitro et in vivo. Peptides. et l’apéline et son récepteur sont aussi présents dans les cellules musculaires lisses de ces artères. De même. l’apéline a une action tout à fait originale et intéressante car elle entraîne à la fois une réduction de la précharge ventriculaire gauche et de la postcharge via une dilatation artérielle et veineuse. Regul.. L’effet hypotenseur de l’apéline est médié par le monoxyde d’azote. ce qui entraîne à son tour la vasodilatation. Cardiovasc. la perfusion d’angiotensine II entraîne une élévation de la pression artérielle plus importante chez les animaux dépourvus du récepteur APJ. on peut faire l’hypothèse qu’une élévation compensatrice de l’apéline aurait lieu dans un premier temps lors de l’insuffisance cardiaque par surcharge de pression. sans anomalie histologique cardiaque patente. l’activation de l’échangeur sodium-proton via PLC et PKC et l’activation indirecte de l’échangeur Na+/Ca++ via l’activation de Na+/H+. L’apéline joue donc probablement un rôle dans l’adaptation de la contractilité cardiaque au cours du vieillissement et en cas de surcharge de pression. Les mécanismes intracellulaires de l’effet inotrope positif de l’apéline pourraient impliquer plusieurs effecteurs : l’augmentation de la sensibilité des cardiomyocytes au calcium intracellulaire. Une étude du transcriptome du ventricule . L’apéline se comporte comme un vasodilatateur artériel et veineux dont l’effet dépend de la production de NO par l’endothélium. 2005). on observe un développement progressif d’une altération de la fonction contractile cardiaque à type de dysfonction systolique. sans que l’on observe toutefois de modification de type hypertrophie cardiaque. In vivo. Elle augmente la contractilité myocardique. Res. Ainsi..332 PIERRE CORVOL de l’angiotensine par le système apéline : en l’absence d’angiotensine II endogène (traitement par un inhibiteur de l’enzyme de conversion) ou en cas d’inactivation du récepteur de l’angiotensine II (animaux knock-out pour le récepteur AT1). 2004). Res. L’apéline est exprimée au niveau de l’endothélium des artères coronaires. Cette action inotrope positive s’observe sur le cœur sain et lors de l’insuffisance cardiaque (Hashley et al. à six mois. Il n’existe pas d’anomalie cardiovasculaire apparente peu après la naissance chez la souris dont le gène de l’apéline a été inactivé dans l’étude rapportée par Kuba et al. L’apéline agit également de façon paracrine sur les cellules musculaires lisses vasculaires sousjacentes de la paroi vasculaire. NO.

Toutefois. Les premiers travaux ont montré qu’effectivement la déshydratation induit des variations inverses des taux d’apéline et d’AVP dans le plasma et l’hypothalamus chez le rat (De Mota et al. telle que l’osmolalité plasmatique. la volémie intervient aussi dans la régulation de l’apéline plasmatique. L’AVP s’élève au cours de l’hyperosmolalité et négative la clairance de l’eau libre. de façon indépendante de l’AVP. Un travail effectué chez l’homme sain a précisé les relations entre l’osmolalité plasmatique.. elle a un effet cardioprotecteur lors de la souffrance myocardique aiguë et chronique et son administration n’entraîne pas d’hypertrophie cardiaque. De même. Les premiers travaux montreraient une élévation de l’apéline plasmatique durant les premiers stades de l’insuffisance cardiaque puis une baisse au cours de l’insuffisance cardiaque décompensée.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 333 gauche avant et après assistance circulatoire chez des patients en insuffisance cardiaque terminale a montré que le gène de l’apéline s’élève de façon marquée après transplantation cardiaque ou après assistance circulatoire (Chang et al. Il existe une interaction entre système apélinergique et vasopressinergique : l’activité électrique phasique des neurones AVP est diminuée par l’administration d’apéline par voie intracérébroventriculaire (De Mota et al. de l’hétérogénéité des patients en insuffisance cardiaque et de la nécessité de tenir compte des autres facteurs qui peuvent être impliqués dans les variations des taux d’apéline plasmatiques. les résultats publiés jusqu’à présent sont dans l’ensemble difficiles à interpréter du fait de la difficulté du dosage. PNAS 2004). travail qui n’a pas été réalisé à ce jour. L’apéline est abondante dans l’hypophyse et l’hypothalamus et est co-exprimée avec l’arginine vasopressine (AVP) dans les corps cellulaires du noyau supraoptique. l’apéline et l’AVP plasmatique.. il apparaît utile de mesurer avec précision les taux d’apéline plasmatiques au cours de l’insuffisance cardiaque.et de la post-charge ventriculaire. L’apéline pourrait constituer une piste thérapeutique intéressante en pathologie cardiovasculaire car elle accroît la contractilité cardiaque en réduisant simultanément la pré. L’étude a été réalisée dans des conditions physiologiques. Circulation 2003). au cours d’une perfusion de serum salé hypertonique et au cours d’une charge aqueuse afin de provoquer respectivement un état d’hyper. PNAS 2004). Ses effets inotropes positifs sont préservés au cours de l’insuffisance cardiaque congestive expérimentale. Toutefois. L’apéline pourrait s’abaisser en cas d’hyperosmolalilé. Cette étude a montré pour la première fois que l’apéline était régulée par un stimulus osmolaire chez l’homme : l’hyperosmolalité induite par le serum salé hypertonique provoque une élévation du taux d’AVP et un abaissement du taux d’apéline. L’apéline est donc régulée à la fois par des barorécepteurs et des volorécepteurs.. Il serait donc intéressant d’étudier les effets régionaux et globaux de la perfusion de différents fragments d’apéline chez l’homme. Ces résultats sont à rapprocher de ceux obtenus chez l’animal qui montrent que l’apéline joue un rôle dans l’homéostasie des volumes . L’élévation de plus de 10 % du volume plasmatique entraîne une augmentation du taux d’apéline (Azizi et al. Ceci suggère que l’apéline pourrait être régulée de façon inverse à l’AVP par l’osmolalité.et d’hypoosmolalité plasmatique. JASN 2008).. au moment où la fonction cardiaque a été améliorée.

Peu de choses sont connues sur l’origine de l’apéline plasmatique. L’apéline est exprimée au niveau du tissu adipeux et dans le stroma vasculaire. 13) sont rudimentaires. l’apéline est élevée au cours de l’insuffisance cardiaque et de l’obésité chez l’homme. Il reste à savoir si cette augmentation correspond à un rôle causal direct ou indirect de l’apéline dans le mécanisme de ces affections. L’apéline. sans effet apparent sur la prise de nourriture. Les variations des taux plasmatiques d’apéline sont parallèles à ceux de l’insulinémie : chez la souris.. L’élévation de l’apéline pourrait être une réponse adaptative aux anomalies liées à l’obésité ou encore être corrélée à l’augmentation de la masse adipocytaire. stimule les protéines découplantes et augmente la dépense énergétique (Higuchi et al. Endocrinology 2007). une élévation des taux d’apéline chez les patients obèses avec hyperinsulinisme a été constatée chez l’homme (Boucher et al. à dose pharmacologique. L’apéline joue un rôle dans le développement cardiovasculaire chez le poisson zèbre. Peptides 2005). de façon similaire à l’insuline. ainsi qu’in vivo. 17. quel pourrait être l’intérêt d’une classification des états d’hypo-osmolalité avec anomalie de concentration — dilution des urines par la mesure des taux d’apéline plasmatique ? quel serait l’intérêt de développer des agonistes ou des antagonistes de l’apéline sur le plan thérapeutique ? L’apéline doit être aussi considérée comme une adipokine. mieux encore. Les connaissances sur les fragments spécifiques de l’apéline (apéline 36. sur ses mécanismes de dégradation et d’élimination. Par ailleurs. il n’est pas certain que l’apéline passe dans la lumière intestinale et qu’elle exerce des effets au niveau central. métabolisme énergétique et hydrominéral. Regul.. Elle abaisse le taux d’insuline et les triglycérides plasmatiques. En accord avec ces données chez l’animal. la recherche sur l’apéline souffre du manque d’agonistes et d’antagonistes peptidiques ou. Endocrinology 2005). l’apéline pourrait participer à la régulation de la secrétion et/ou de la production d’insuline (Winzell et al. possible effet intrarénal) ? . Elle exerce des effets bénéfiques sur la fonction cardiovasculaire (effet inotrope positif avec action vasodilatrice dans les territoires artériel et veineux). Actuellement. Ce cours a tenté de faire le point sur le système apélinergique. Elle s’oppose à l’action de la vasopressine et de l’angiotensine II. Toutefois. Des inhibiteurs de la dégradation . In vitro. un nouveau système impliqué dans différentes fonctions : cardiovasculaire. quel est le mécanisme d’action de cet effet (effet antiAVP. Endocrinology... le Xénope.. etc. Son expression s’accroît durant la différenciation des pré-adipocytes en adipocytes (Boucher et al. non peptidiques de cette molécule. 2004). Ils amènent à se poser de nouvelles questions : quel peut-être le rôle physiologique de l’élévation de l’apéline plasmatique et sa contribution à la diurèse ? . Les taux d’apéline plasmatique et dans le tissu adipeux et le plasma sont associés à un état d’obésité avec hyperinsulinémie chez la souris. régule le métabolisme lipidique et l’adiposité chez la souris normale et obèse.334 PIERRE CORVOL sanguins au niveau central et rénal. l’apéline du tissu adipeux s’abaisse au cours du jeûne et s’élève durant la reprise alimentaire. Endocrinology 2005). L’apéline est exprimée dans l’estomac et stimule la secrétion de cholécystokinine in vitro dans une lignée de cellules murines entéro-endocrine (Wang et al.

apparaît promoteur tant sur une vue intégrée de la fonction cardiovasculaire que sur les possibles applications en thérapeutique. comme l’angiotensine II dont elle semble contrecarrer certains des effets. . Pour distinguer les défauts induits par la perte de fonction de la Neuropiline-1 de ceux secondaires à une perfusion anormale. C. Ce système découvert il y a quelques dix ans. Y. En résumé. C. Nous avons observé que les défauts du développement du réseau vasculaire chez les embryons neuropiline-1 KO se développaient en absence de flux sanguin. Brunet. Une analyse de la migration des cellules endothéliales a montré que les cellules des embryons knockout étaient incapables de migrer à travers la matrice extracellulaire mais restaient piégées dans les vaisseaux déjà formés. Rapport d’activité du laboratoire I — Contrôle moléculaire du développement vasculaire Équipe : A. Pardanaud. Larrivée. la présence de défauts dans le flux sanguin empêche souvent la mise en évidence précise du rôle du produit du gène muté. E. et al. Xu. A. Del-Toro Estevez. T. R. Freitas. Lebrin.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 335 de l’apéline pourraient permettre de potentialiser les différents peptides et d’élucider leurs effets en physiopathologie. Development. Eichmann. formant ainsi des vaisseaux anormalement élargis et dépourvus de points de branchement. S. I. Bréant. De plus. l’injection d’un anticorps bloquant la liaison du VEGF à la neuropiline-1 dans des embryons sauvages reproduisait les anomalies du développement vasculaire. Sutching. Jabouille.. Jones. Nous avons développé un système simple pour distinguer les défauts du flux sanguin de ceux dus à la perte de fonction du récepteur de la neuropiline-1 chez la souris (Jones E. Mathivet. Pibouin 1. F. Les embryons peuvent survivre jusqu’à 24 heures dans une chambre rotative et leur réseau vasculaire est analysé par marquage immunohistochimique. L. Ces embryons ‘no flow’ ont été créés en pratiquant une incision au niveau du cœur qui empêche la circulation embryonnaire. 2008). Discrimination entre défauts génétiques et hémodynamiques chez des mutants du récepteur de la neuropiline-1 La délétion de gènes importants pour le développement vasculaire provoque souvent des anomalies du flux sanguin. Puisque les forces hémodynamiques sont importantes dans l’acquisition de la forme des vaisseaux. K. l’apéline est un peptide à effet pléïotropique. Bouvrée. B. nous avons cultivés les embryons ex utero en absence de flux sanguin. Notre analyse d’embryons de souris homozygotes pour une délétion de ce récepteur a montré que des défauts dans le remodelage du système vasculaire du sac vitellin apparaissent au moment de la mise en place du flux sanguin. L.

un ligand de Notch. Nature 441 : 746-9). 2003. Pendant ce processus. 2006. et al. ni les autres cellules ne sont préspécifiées. L’inactivation génique d’un allèle de dll4 chez la souris provoque une formation excessive de tip cells dans le réseau capillaire de la rétine (Suchting S. y compris les Nétrines. mais il y a une compétition entre plusieurs cellules afin que celles présentant le plus fort taux d’activité du récepteur FGF prennent la tête. L’inactivation de dll4 s’accompagne d’un changement du taux d’expression des récepteurs du VEGF (Tammela T. Facteurs de guidage des axones dans le système vasculaire Le bourgeonnement des capillaires partage des similarités avec celle du guidage axonal.. diminue l’expression de DLL4 dans les tip cells. Nature 2008). 3. Un phénotype similaire est obtenu après inactivation pharmacologique de Notch au moyen d’inhibiteurs des γ-sécrétases ou après la délétion endothélial-spécifique inductible du récepteur Notch-1 (Hellström et al.. Med.. Comme les tip cells situées en tête des capillaires. et al. PNAS 2007 . contrôlant ainsi la formation d’un nombre limité de tip cells. et al. Ce système relativement simple peut être appliqué aux nombreux mutants chez lesquels des défauts hémodynamiques sont suspectés. J Cell Biol 161 : 1163-77). Nature 445 : 776-80). Les cellules tip à la tête des capillaires en bourgeonnement sont induites par la mise en jeu du VEGF via son récepteur VEGFR2 (Gerhardt et al.. puisque le blocage de cette signalisation par un bloqueur du VEGF. Les cellules situées en arrière suivent. Ni les tip cells. Sci. Les cellules tip expriment aussi des taux importants de Delta-like 4 (Dll4). Cette compétition implique une inhibition latérale médiée par Notch qui empêche des cellules surnuméraires de prendre la tête du bourgeon (Ghabrial & Krasnow. Parmi les récepteurs des facteurs de guidage axonal. indiquant que DLL4 régule négativement la réponse des cellules endothéliales au VEGF et agit comme un frein de cette signalisation.336 PIERRE CORVOL Ces données montrent que les défauts du développement vasculaire chez les embryons neuropiline-1 knockout sont causés par la perte de fonction du récepteur et ne sont pas secondaires à une perfusion vasculaire anormale. La sélection des ‘tip cells’ dans le système vasculaire est sous contrôle de voies de signalisation similaires. les cônes de croissances situés à l’extrémité de l’axone étendent de nombreux filopodes qui répondent aux facteurs de guidage présentes dans l’environnement. L’expression de Dll4 est en aval de la signalisation du VEGF. 2007). Contrôle moléculaire du guidage des capillaires : sélection des ‘tip cells’ L’angiogenèse par bourgeonnement procède de manière analogue à la morphogenèse des tubes épithéliaux de la trachée chez la Drosophile. 2007. plusieurs ont une expression restreinte . 2. mais ne deviennent pas ‘tip’. le VEGFR soluble. ces cellules répondent au facteur FGF (branchless) par une extension des filopodes et prennent la tête du bourgeon croissant. des cellules uniques sont sélectionnées pour former le ‘tip’ (l’extrémité) d’un bourgeon . alors que celles ayant une activité moindre prennent la suite. Suchting S..

Symp. 2008). angiogenèse : protéines matricielles en pathologie cardiovasculaire et tumorale Équipe : S. Barret. Angiogenesis 2008 . transcriptomique et protéomique et ii) l’étude de leur rôle au cours de l’hypoxie cellulaire ou tissulaire ainsi que dans la régulation des différentes étapes de l’angiogenèse réactionnelle. Biol. et al.. Le but de notre équipe est i) la recherche de nouveaux gènes par deux approches complémentaires. est une approche thérapeutique prometteuse dans de nombreuses situations pathophysiologiques. 2007). L’expression vasculaire d’unc5b est conservé au cours de l’évolution chez la souris et le poulet (Bouvrée K. 2008) et son rôle comme récepteur de guidage répulsif empêchant une vascularisation excessive semble aussi conservé (Bouvrée K. l’expression d’un certain nombre de récepteurs a donc été annexée par le système vasculaire. N. J. Dev. Muller. C. Gauvrit. la formation de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux préexistants. S. Bignon. J. Verine. Suchting S. 2007). Biol. Freitas C. et al. Germain. Cazes. la .. Bréchot. et al. sur lesquelles ont été immobilisés les cDNAs issus du criblage (en collaboration avec l’INSERM U533). Durand Moduler l’angiogenèse.. Au cours de l’évolution et de la diversification de ces familles. et al. Les résultats de ce criblage ont été vérifiés par des approches complémentaires telles que l’hybridation de puces cDNA. E. Trois cent gènes dont l’expression est induite par l’hypoxie ont été identifiés. UNC5B est exprimé sélectivement dans les cellules endothéliales. Chomel. et al. L’hypoxie est un stimulus majeur de l’angiogenèse. La possibilité de diriger la croissance vasculaire pourrait avoir des implications thérapeutiques importantes. C. A. C. Parmi les récepteurs de la Nétrine-1. Novartis Fund. A. 2008 . Etienne.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 337 aux vaisseaux sanguins. Dev. En effet. L. Galaup. M. Philippe. A. M. Cette étude a été initiée par le criblage différentiel des ARNm (cDNA RDA) de cellules endothéliales soumises à un stress hypoxique par rapport aux mêmes cellules cultivées en condition témoin (normoxie). Gomez. et al. L’analyse statistique des puces nous a permis de vérifier de façon globale l’induction par l’hypoxie d’une majorité de gènes issus du criblage et d’identifier des gènes dont les rôles dans les mécanismes de régulation de l’angiogenèse par l’hypoxie ne sont pas caractérisés : l’IGF-Binding Protein 3. Des études de perte de fonction par délétion des gènes codant pour ces récepteurs chez la souris montrent que leur fonction de récepteur de guidage est conservée dans leur nouvel environnement tissulaire : les souris déficientes en unc5b ont une arborisation vasculaire aberrante aussi bien pendant la vie embryonnaire que pendant la néovascularisation induite expérimentalement chez l’adulte (Larrivée B.. y compris dans les tip cells. Gene & Dev. notamment dans les cancers et les ischémies cardiovasculaires. Ardidie-Robouant. le traitement par la Nétrine-1 empêche la progression de ‘tip’ capillaires exprimant unc5b lors de la néovascularisation tumorale chez la souris (Larrivée B. II — Hypoxie.. Gene & Dev.. E. Monnot.

au cours de processus hypoxiques. Nous avons montré que l’expression de ce gène est induite par l’hypoxie dans les cellules endothéliales. associée à la matrice extracellulaire subendothéliale et non protéolysée (55 kDa). les critères de choix suivants ont été appliqués : 1) constituent-ils des marqueurs de pathologies (ischémie des membres inférieurs ou cancer) ? 2) Sont-ils des cibles thérapeutiques potentielles (protéines sécrétées ou récepteurs) ? 3) Comment sont-ils susceptibles de moduler la réponse angiogénique ? tsp1 et angptl4.338 PIERRE CORVOL neuritine et la Thioredoxin-interacting protein. L’hybridation in situ nous a permis de caractériser l’expression de ces gènes apportant ainsi la preuve de la validité du criblage et la pertinence de certains marqueurs dans les tissus hypoxiques et angiogéniques (Le Jan. d’une part. Nos efforts se sont donc concentrés sur l’étude de la fonction d’Angiopoietin-like 4 (ANGPTL4) et de la thrombospondine-1 (TSP1). Elle est présente sous deux formes distinctes : 1. L’interaction matricielle d’ANGPTL4 participe à la constitution d’un réservoir de molécules bioactives qui inhibe la migration et l’adhésion des cellules endothéliales. étaient les gènes dont l’expression était la plus fortement induite. à la fois après criblage cDNA RDA et analyse de puces cDNA. Afin d’étudier la fonction de certains de ces gènes. Cette forme matricielle interagit très fortement avec la matrice extracellulaire. une accumulation de la forme entière d’ANGPTL4 est observée dans les muscles ischémiques dans un modèle murin d’ischémie de patte (ligature-excision de l’artère fémorale) suggérant qu’ANGPTL4 pourrait exercer un rôle modulateur de l’angiogenèse sur les cellules de la paroi vasculaire dans un contexte hypoxique. Enfin. associé à une modification du cytosquelette objectivée par une diminution des fibres de stress et des points focaux d’adhésion. protéines impliquées dans la maturation et la stabilisation des vaisseaux ainsi que dans le développement du système.ANGPTL4 matricielle. L’ARNm d’ANGPTL4 est aussi exprimé spécifiquement dans les cellules tumorales des cancers conventionnels du rein (ou à cellules claires) pour lesquels ce gène constitue un marqueur diagnostique (Le Jan. Les analyses fonctionnelles réalisées in vitro ont confirmé cette hypothèse. nous avons montré qu’ANGPTL4 est une protéine sécrétée dans les cultures primaires de cellules endothéliales humaines issues de macro. 2003). présentaient. Puis. 2003). et d’autre part. pourrait modifier le micro-environnement tumoral et ainsi affecter . Ces évènements s’accompagnent d’un étalement intermédiaire des HUVEC. 2006). ANGPTL4 appartient à la famille des angiopoiétines. In vivo. présente dans le milieu de culture et soumise à une protéolyse extracellulaire (forme longue de 55 kDa et protéolysée de 35 kDa) 2. 2006). ANGPTL4.ou de microvaisseau et soumises à l’hypoxie. le profil d’expression le plus convainquant sur des pièces d’amputation de patients souffrant d’ischémie critique des membres inférieurs ainsi que dans les pathologies tumorales (Le Jan. en particulier par l’intermédiaire des héparanes sulfates protéoglycans. ANGPTL4 matricielle inhibe le bourgeonnement endothélial et la formation de tubes (Cazes.ANGPTL4 soluble. étant induit par l’hypoxie et interagissant avec la matrice extracellulaire.

La formation de points focaux d’adhésion est aussi fortement réduite. 2006). Le remodelage matriciel résulte donc à la fois des variations d’expression de gènes et des modifications post-traductionnelles des protéines exprimées. la modulation de ces interactions pouvant contrôler la biodisponibilité d’ANGPTL4 dans les pathologies ischémiques tumorales comme cardiovasculaires (Chomel. La technique d’électrotransfert d’ADN a été utilisée pour exprimer ANGPTL4 in vivo chez la souris. montrant qu’ANGPTL4 inhibe aussi le processus d’extravasation. d’invasion et d’adhésion. Il est maintenant important de déterminer les caractéristiques moléculaires et fonctionnelles de l’interaction d’ANGPTL4 avec la matrice extracellulaire. ostéonectine (SPARC) ou la thrombospondine 1 (TSP1) et IGFBP3. nous étudions le transcriptome ainsi que les propriétés angiogéniques de progéniteurs endothéliaux circulants adultes (Smadja. In vitro. 2008 soumis). Ces résultats montrent qu’ANGPTL4 inhibe les processus métastatiques en affectant la perméabilité vasculaire et les propriétés de motilité et d’invasion des cellules tumorales (Galaup. Les analyses des cibles moléculaires (récepteurs. intégrines) et cellulaires (cellules de la paroi vasculaire ou cellules tumorales) ainsi que l’étude des souris invalidées pour le gène (angptl4 KO).MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 339 les cellules tumorales mais aussi les cellules endothéliales intratumorales. Dans ce contexte. Nov. en collaboration avec l’UMR 8121 IGR. Les cellules B16 forment des nodules qui restent intravasculaires au niveau pulmonaire. Les processus angiogéniques s’accompagnent d’un profond remodelage matriciel qui consiste aussi bien en la dégradation de la matrice extracellulaire en place qu’en l’établissement d’une matrice provisoire associée aux phénomènes dynamiques de migration cellulaire. 2008 soumis). L’objectif de l’équipe est aussi d’analyser les modifications du microenvironnement vasculaire dans un contexte hypoxique. Nous avons montré. Le profil d’expression de Cyr61. Ces phénomènes s’accompagnent d’une désorganisation du cytosquelette d’actine des cellules exprimant ANGPTL4. que les cellules de carcinome pulmonaire 3LL xénogreffées sous la peau de souris et les cellules de mélanome murin B16F0 injectées dans le sinus rétro-orbital. TSP1 et ANGPTL4 a été établi au laboratoire dans le milieu de sécretion et la MEC de cultures primaires . l’expression d’ANGPTL4 par les cellules B16 inhibe leurs propriétés de migration. 2007) et (Smadja. Nov et CTGF). Dans le cadre d’un réseau INSERM dédié à l’étude des cellules souches. Les cellules endothéliales expriment effectivement certains membres de cette famille tels que les CCN (Cyr61. est en cours. disponibles au laboratoire. ANGPTL4 inhibe la perméabilité vasculaire dans un test de Miles en réponse à l’histamine. puis à la formation d’une lame basale permettant la stabilisation du vaisseau néoformé. De plus. développent moins de métastases pulmonaires chez les souris électrotransférées avec ANGPTL4 que dans les souris contrôle. il est important d’analyser le « sous-protéome » matriciel et en particulier l’expression de certains constituants matriciels. notamment des protéines matricellulaires auxquelles ANGPTL4 est apparentée. par une analyse des protéines de la matrice extracellulaire produite par les cellules endothéliales in vitro.

J-M. M. a été réalisée par séparation en électrophorèse bidimensionnelle des protéines de la MEC de cultures primaires de cellules endothéliales de micro. Cousin. C. Ledoux. Bessonnat. sans a priori. N. M. I. en association avec des réseaux de collagènes et de laminines. Michaud. Kempf. Système rénine-angiotensine a) Activation constitutive du récepteur de l’angiotensine II Le rôle du système rénine-angiotensine a été essentiellement étudié par la surexpression ou l’inactivation de ses différents composants chez l’animal. une approche protéomique différentielle. nous avons identifié par spectrométrie de masse des protéases et des enzymes de pontage et de réticulation de la MEC. F. Les analyses de ces protéines de pontage de la MEC se poursuivent afin de déterminer leur rôle dans le remodelage matriciel et les réponses angiogéniques des cellules vasculaires. l’expression de la TSP1 in vivo est analysée dans les tissus ischémiques du modèle murin de patte ligaturée.340 PIERRE CORVOL d’HUVEC (Cazes. M. Chougnet. E. De plus. Larger. S. Nguyen. Vincent. 2006). H. C. Clemessy.et macrovaisseaux cultivées en normoxie ou hypoxie. Il n’existait pas jusqu’à présent de données concernant les effets d’une activation constitutive de l’un des gènes de ce système. Caillard. L’expression de ces protéines est aussi fortement augmentée dans les tissus ischémiques de pattes de souris ligaturées. contribuant aux modifications du microenvironnement et impliquées dans les processus angiogéniques. Le laboratoire avait montré qu’il était possible de créer . Queguiner. A. Les conséquences fonctionnelles de cette expression sont en cours dans le modèle de la patte ischèmique chez les souris sauvages et les souris invalidées pour le gène (tsp1 KO) (Bréchot. Cette approche permet l’analyse de facteurs bioactifs associés aux composants structuraux de la MEC. L’ensemble de ces travaux permettra de caractériser l’action concertée de protéines matricielles régulées par l’hypoxie. 2) la genèse des calcifications vasculaires et 3) l’angiogenèse du pancréas au cours du développement embryonnaire et son implication éventuelle dans le diabète. Leroux-Berger. 1. C. J. Seuls seront brièvement rapportés ici les deux premiers sujets de recherche. Ainsi. III — Angiogenèse normale et pathologique Équipe : P. Corvol. Fysekidis. le dernier étant encore au stade d’élaboration de programme de recherche. S. Certaines de ces protéines sont accumulées dans la MEC subendothéliale hypoxique. Hubert. Lamandé. Calderari. Gasc. D. Parallèlement à cette caractérisation de protéines matricellulaires candidates. Bracquard. A. G. A. 2008 soumis). Sainz L’équipe « Angiogenèse normale et pathologique » s’intéresse à différents sujets de recherche : 1) le rôle du système rénine-angiotensine dans la régulation du système cardiovasculaire et la fonction rénale .

J. J. Ceci suggère que la fibrose dans ce cas n’est pas seulement liée à l’élévation de la pression artérielle. Bernstein (Emory Univ. en un octapeptide actif. Clin. aldostérone paradoxalement à des valeurs « normales ». Les données in vivo sont en accord avec celles observées in vitro : la réponse hypertensive et la durée de l’élévation de la pression artérielle sous angiotensine II sont plus marquées que chez les animaux sauvages. faute d’inhibiteurs puissants et sélectifs. Elles ont une pression artérielle et une fonction rénale apparemment proches de celles des souris sauvages. Dans ces conditions. l’ACE inactive la bradykinine... un peptide vasodilatateur et natriurétique. l’un appelé N-terminal et l’autre C-terminal. et n’est que partiellement internalisé et désensibilisé (Billet S. l’angiotensine II. Invest. Le domaine N-terminal a été inactivé sélectivement et un knock-in réalisé. L’ACE joue un rôle central dans le système rénineangiotensine car il convertit l’angiotensine I. Aucun phénotype patent n’a été observé. Il existe deux sites. Biol.et C-terminaux catalysent tous deux ces réactions enzymatiques in vitro mais leur rôle respectif in vivo n’a jamais pu être évalués. somme toute modeste. un modèle knock-in de souris a été réalisé. le récepteur AT1R est spontanément activé. Afin de connaître les conséquences physiologiques d’une telle activation. 2007).. En collaboration avec K. 2007). Les souris chez qui AT1R est constitutivement activé développent une discrète hypertension artérielle (+ 20 mmHg). Elles ne possèdent qu’un site N-terminal actif. ce qui laissait suggérer que le domaine C-terminal suffisait à assurer l’ensemble des propriétés physiologiques de l’ACE (Fuchs S. Atlanta. avec une nette fibrose au niveau cardiaque et rénal. Afin de répondre à cette question.. Toutefois. nous avons créé une série de souris génétiquement modifiées pour le gène de l’ACE. Clin. compte tenu de l’abaissement du taux de rénine) sont similaires à celles observées dans un groupe d’hypertendus catégorisé comme à rénine basse et aldostérone normale.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 341 une activation constitutive du récepteur AT1 de l’angiotensine II (AT1R) in vitro en associant une mutation ponctuelle (N111S) et une délétion de l’extrémité C-terminale intra-cytoplasmique. Chem. Billet et al. et al. mais à l’activation locale du système rénineangiotensine. Ce nouveau modèle expérimental s’avère utile pour préciser le rôle de l’angiotensine II dans les organes cibles dans un contexte proche de celui de certaines formes d’hypertension humaine (S. De telles souris produisent un ACE dans les tissus somatiques et germinaux comme chez les souris sauvages. Rôle du domaine C-terminal et phylogénie Rôle du domaine C-terminal. USA). J. Ces deux sites N. Invest. des souris chez qui le site catalytique du domaine C-terminal a été inactivé ont été créées (knock-in). Par ailleurs. inactive. Les données hormonologiques (rénine plasmatique basse. b) Enzyme de conversion de l’angiotensine (ACE). 2004). catalytique dans l’ACE. Le récepteur constitutivement activé remplace le récepteur AT1R. et al. même en l’absence d’angiotensine II. la régulation de la pression artérielle est maintenue grâce à une stimulation intense de .

en particulier. Cette protéine clive l’angiotensine I en angiotensine II. L’ACE pourrait jouer un rôle dans la reproduction chez les insectes. . Fuchs et al. Rivière et al. Nguyen dans plusieurs directions : — Une étude sur l’expression de (P)RR a été réalisée dans le cerveau de souris adulte. Présence d’une enzyme de conversion de l’angiotensine active chez une bactérie. Elle représente un élément de plus pour répondre aux questions sur les relations structure/activité et sur la spécialisation de l’ACE au cours de l’évolution (G. ce qui montre le rôle de l’activité enzymatique de l’ACE testiculaire dans la fertilité masculine (S. est sensible à l’effet du chore et peut être inhibée par des inhibiteurs d’ACE de mammifère. De même. c) Récepteur de la rénine Les études sur les fonctions pléiotropiques du récepteur de la rénine et de la (pro)rénine (P)RR sont poursuivies dans le groupe de G.. L’expression et la caractérisation de cette ACE révèle qu’il s’agit d’une dipeptidyl-carboxypeptidase fonctionnelle. L’ACE chez les insectes et la sangsue sont des ACE possédant un seul site catalytique (à l’inverse des vertébrés chez qui existent deux sites catalytiques) et dépourvues d’une pièce hydrophobe d’ancrage transmembranaire. L’ACE est présente dans plusieurs espèces d’invertébrés alors même que ces espèces sont dépourvues des autres constituants du système rénine-angiotensine. Les travaux se porteront notamment sur l’enzyme responsable du clivage intracellulaire de (P)RR et sur les fonctions du (P)RR soluble. les souris dont le domaine C-terminal de l’ACE est inactif ne peuvent pas concentrer de façon satisfaisante leurs urines lorsqu’elles sont soumises à une déshydratation. la recherche d’une forme soluble du récepteur. les souris dépourvues d’un site catalytique C-terminal actif sont infertiles. et l’ACE correspondant a été appelé XcACE. Son rôle possible dans la différenciation neuronale a débuté. Ces résultats montrent que le domaine C-terminal est le principal site de clivage in vivo de l’angiotensine I. Xanthonomas axonopodis. — La caractérisation des différentes formes moléculaires de (P)RR et. Par ailleurs. USA). Ces données montrent que XcACE est une ACE ancestrale. en collaboration avec Annette Koulakoff (Inserm U840 Collège de France Paris) et Charles Schwartz (Greenwood Genetic Center. Genes 2007). L’analyse in silico de données génomiques révèle qu’une séquence d’ADN pourrait coder pour des enzymes de type ACE. Manuscrit soumis. si la fonction rénale apparaît normale en situation physiologique habituelle. Le clonage d’un tel ACE putatif a été réalisé dans une bactérie phytopathogène. ce qui suggère que le domaine N-terminal ne peut compenser par lui seul l’activité du domaine C-terminal. fonctionnelle dont le rôle n’est pas connu. Hypertension 2008)..342 PIERRE CORVOL la production rénale de rénine.

Bien que longtemps considérées comme bénignes. Bien que la physiopathologie de ces calcifications/minéralisations vasculaires soit bien documentée. 2. à la fois d’une différentiation chondroblastique à l’origine de l’apparition de cellules cartilagineuses dans le vaisseau affecté et d’une minéralisation indépendante de la présence d’ostéoblastes de ce même vaisseau. d’autres résultats générés par l’analyse de souris mutées. La minéralisation de la paroi vasculaire est un indicateur important de la morbi-mortalité cardiovasculaire. En outre. L’essentiel de la littérature suggère que le développement des calcifications vasculaires est due à la différentiation ostéoblastique de cellules musculaires lisses vasculaires en cellules osseuses dont la MEC subit une minéralisation. afin d’étudier le rôle de physiologique de (P)RR ainsi que son implication dans différents modèles pathologiques. dans certaines conditions pathologiques. Bases moléculaires des calcifications vasculaires Dans les conditions physiologiques. démontrent que la minéralisation de la paroi artérielle peut être initiée en absence d’ostéoblastes mais en présence de chondroblastes.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 343 — Une étude de l’expression de (P)RR dans le rein embryonnaire a été réalisée. — Enfin. la paroi artérielle peut être le siège. appelée plus couramment calcification vasculaire. telles que celles dépourvues de Matrix Gla Protein (Mgp. peu de choses sont connues sur les processus moléculaires impliqués dans leur formation et leur développement dans la paroi artérielle. est fréquemment observée chez le sujet âgé ou comme complication chez le patient atteint de pathologies. le diabète. Il apparaît donc évident qu’une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans l’initiation et la progression de cette pathologie est essentielle pour améliorer la prévention et le traitement de ces minéralisations ectopiques. diabète. l’hypercholestérolémie. une minéralisation ectopique et anormale peut se développer dans des tissus mous. telles que l’athérosclérose. ou encore l’insuffisance rénale. les conséquences de l’exposition du fœtus à un diabète maternel sur les taux de (P)RR seront étudiées. une protéine γ-carboxylée de la MEC). lors des calcifications vasculaires. Cependant. hypertension. . Toutefois. il est désormais clairement établi que les calcifications vasculaires sont associées à des évènements cardiovasculaires. la minéralisation de la matrice extracellulaire (MEC) apparaît exclusivement dans les os (et les dents) qui se forment soit directement par différentiation ostéoblastique soit par l’intermédiaire de cartilage lors d’une différentiation chondro-ostéoblastique. SM22 spécifiques des cellules musculaires lisses vasculaires). par des mécanismes qu’il reste à découvrir. Ces souris seront croisées avec des souris Cre sous contrôle de différents promoteurs (podocine spécifique des cellules épithéliales rénales. Ces résultats suggèrent que. Cette minéralisation ectopique des vaisseaux. telles que les artères. le laboratoire devrait disposer très bientôt de souris floxées pour (P)RR. Ce programme est financé par le Conseil régional d’Ile de France sous la forme d’une allocation doctorale de 3 ans.

Inversement les facteurs vasculaires empêchent l’activité transcriptionnelle de facteurs pro-chondrogéniques.. il existe une modulation réciproque des deux types de facteurs qui maintiennent chaque cellule qui les exprime dans leur phénotype propre. 3) d’identifier et de caractériser des nouveaux régulateurs impliqués dans la minéralisation indépendante de l’apparition d’osteoblastes..2 respectivement).. and Grino M.. grâce à l’analyse de deux modèles d’animaux présentant des calcifications vasculaires importantes .. les buts de notre projet sont : 1) d’étudier les signaux et facteurs de transcription (notamment mais pas exclusivement certains candidats tels que Shh. Connault E. la surexpression de facteurs prochondrogéniques pourrait être responsable de la conversion des cellules musculaires lisses en chondrocytes. Griscelli F. En identifiant les signaux et facteurs de transcription impliqués dans la transition des cellules musculaires lisses vasculaires en chondrocytes. — L’existence d’une inhibition de l’activité des facteurs vasculaires par les facteurs chondrogéniques.. 14 : 108-117. Physiol. Les résultats préliminaires obtenus au cours de ces derniers mois montrent : — La disparition de marqueurs des cellules musculaires lisses au profit de l’apparition de l’expression de marqueurs de cartilage lors du développement des calcifications vasculaires dans le modèle des souris déficientes en Mgp. Ces résultats suggèrent ainsi que.. Nguyen G. Galaup A. Rouffiac V. 2) de déterminer. Roche A. Comp. responsables de la formation de cartilage ectopique dans les artères. Liste de publications du laboratoire 2007-2008 Achard V.. BMPs et GATA6... ce programme de recherche fournira des informations nouvelles et déterminantes sur les mécanismes qui régulent les étapes précoces des complications cardiovasculaires. Rose M. Magnon C.. J. Integr. Germain S. 292 : R274-R282.. 2007. Physiol. Dynamic assessment of antiangiogenic therapy by monitoring both tumoral vascularization and tissue degeneration. Am. Perricaudet M. Ceci confirme l’existence d’une trans-différentiation des cellules musculaires lisses vasculaire en cellules de cartilage au cours des processus de calcification. Desbriere R. and Lassau N. Gene Ther. . Opolon P. les rôles et interactions spécifiques de ces molécules dans la transition phénotypique des cellules musculaires lisses en cellules cartilagineuses . nous espérons que les résultats obtenus au terme de ce projet pourront ouvrir de nouvelles stratégies thérapeutiques destinées à bloquer très précocement l’apparition et le développement des calcifications chez les sujets à risque. Boullu-Ciocca S. En conditions pathologiques. 2007. Renin receptor expression in human adipose tissue. Nkx3 .344 PIERRE CORVOL Pour élucider les mécanismes moléculaires responsables de l’initiation de la minéralisation pathologique des vaisseaux. en culture mais également in vivo. dans les conditions physiologiques. Regul. Par conséquent.

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.

fossilisées et conservées dans les sédiments marins formant les assises de l’île. 22 février. les activités conduites depuis plusieurs années au Maroc. et malgré un environnement créationniste (et diluvianiste) dominant. 7 et 9 mars 2008 (18 heures) Le retour à la source : l’évolution secondaire des tétrapodes vers les milieux aquatiques 2 — Les formes mésozoïques En prologue au Cours annoncé. Michele Mercati (1574). de subvertir à l’école les enseignements scientifiques sur l’évolution. 8. Les héros en sont Conrad Gesner (1565). . il est réconfortant et salutaire de se tourner vers les « pères fondateurs ». En un temps où le « néo-créationnisme » tente de s’emparer des esprits et essaye. Comment. j’ai consacré les deux premières séances à un point d’histoire de la paléontologie : les débuts de l’interprétation réaliste des fossiles. professeur ENSEIGNEMENTS 1. ni des « jeux de la nature » mais bien de véritables dent de squales. 25 janvier . ceux-ci ont-ils été progressivement capables de construire une interprétation naturaliste. réaliste et scientifiquement fondée des fossiles ? J’ai montré en détail comment les « glossopètres » de l’Ile de Malte ont joué un rôle éminent dans cette aventure intellectuelle qui se déroule de la Renaissance à l’Age classique. sur tous les continents. Les « glossopetrae » ne sont pas la langue pétrifiée de Saint Paul (évangélisateur de Malte) et multipliée dans le sol « par la vertu des roches ». 15.Biologie historique et évolutionnisme Armand de Ricqlès. Ce choix résulte des contraintes de l’actualité. 1.1669). Agostino Scilla (1670) et Paolo Boccone (1671). au titre de « l’actualité » des travaux de la chaire. visant à la réalisation d’un Musée sur site (gisement dinosaurien de Tazouda) s‘intégrant dans un vaste projet de « Géoparc » dans le Haut Atlas. Nicolas Stenon (1667. J’ai brièvement présenté ensuite. à leur époque. Cours 2007-2008 Vendredi 11. 18.

des hétérochronies de développement du squelette sont associées à l’adaptation secondaire au milieu aquatique. etc. Placodontes et Plésiosaures). De taille moyenne (1 à 3 m de long) ils ont des membres courts mais pas transformés en palettes natatoires. les données d’histoire de la paléontologie et de la systématique (premières découvertes puis compréhension « classique » du groupe) avec les données récentes issues de la recherche moderne (nouvelles découvertes. Les découvertes de l’Ecole Suisse de Peyer dans le Trias des Alpes tessinoises (années 1930) de reptiles marins diapsides (Macrocnemus. déploiement biostratigraphique et paléogéographique. comme chez les Urodèles. Parmi ces derniers. J’ai traité ensuite en détail le clade des Ichthyosaures (Ichthyopterygia ou « Parapsides »). l’évolution à cet égard de groupes d’importance variée. La reconstitution du crâne chez Mesosaurus et Stereosternum avec des fosses temporales de type « synapside » n’est pas certaine et cet argument n’est plus guère accepté pour rapprocher les Mésosaures de la lignée mammalienne. Les Mésosaures constituent un petit groupe d’amniotes primitifs de taille médiocre (50 cm à 1. Thalattosaurus et Nectosaurus ont une fosse temporale « basse » techniquement de type synapside (lignée mammalienne) bien que le reste de l’anatomie évoque plutôt les diapsides.350 ARMAND DE RICQLÈS Le cours proprement dit a débuté par un rappel des éléments biologiques présentés l’année dernière à propos de l’adaptation secondaire de certains amphibiens aux milieux aquatiques (hétérochronies de développement dans l’histologie squelettique) en posant la question de la possible pertinence de ces mêmes mécanismes mais cette fois chez les amniotes (Reptilia). biomécanique.. membres. Permien inférieur). paléobiologie. souvent rapprochés des Synapsides (lignée mammalienne) : Mésosaures et Thalattosaures. Après un rappel des caractéristiques ostéologiques fondamentales des amniotes (problème des fosses temporales. extinction…). Les Thalattosaures forment un autre petit groupe de reptiles aquatiques découvert au début du xxe siècle dans le Trias supérieur de Californie..50 m) représentant les plus anciens reptiles très modifiés par leur adaptation à la vie aquatique (Carbonifère supérieur. soit par leur longévité géologique ou pour leur importance écologique. soit par leur biodiversité. analyse phylogénétique.) assez comparables aux thalattosaures ont fait . J’ai enfin passé en revue le grand clade des Sauropterygia ou « Euryapsides » (Nothosaures.) on a d’abord traité de deux petits groupes anciens. de nombreuses lignées s’adaptent en effet secondairement aux milieux aquatiques à partir d’ancêtres présumés terrestres. On a envisagé. ayant suivi les dépôts de tillites glaciaires en Afrique du Sud (Groupe de Dwyka). pour chaque groupe. Ils sont célèbres par les implications paléogéographiques de leur répartition (Afrique du Sud et Amérique du sud exclusivement). Askeptosaurus. Comme d’habitude. paléoécologie. j’ai tenté de croiser. Ils ont vécu dans une mer épicontinentale sur le Gondwna. Les phénomènes extensifs de pachyostéosclérose intéressant la morphologie (côtes « en bananes ») et l’histologie de tout l’endosquelette sont très marqués et suggèrent que. cette année. ayant servi d’argument fort en faveur du « Continent de Gondwana » bien avant l’élaboration de la « tectonique des plaques ».

La disposition crânienne des Ichthyosaures était apparue comme très singulière.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 351 rapidement soupçonner que ces derniers pourraient être des diapsides modifiés par perte de la fosse temporale supérieure. recouvrements et disparitions des os dermiques de la joue et de la région temporale sont intervenus dans diverses lignées d’ichthyosaures. Mc Gowan) avaient mis en doute l’existence de cette disposition anatomique. Au contraire la palette peut s’élargir (« latipinnates ») avec . A partir des années 1970 de nouvelles études (Romer. A partir d’une disposition diapside « typique » plésiomorphe (Trias inférieur) une disposition parapside typique se réalise bien secondairement. la palette devenant alors étroite et très allongée (lignées « longipinnates » : Shastasauridés du Trias supérieur). On a également relaté l’histoire des premières iconographies de vulgarisation paléontologique à propos des ichthyosaures par de la Beche (1830) et Parley (1837). On est passé ensuite à la présentation anatomique générale du groupe. la création du Genre Ichthyosaurus par Koenig (1817) et l’intérêt de Cuvier qui fait acheter le premier spécimen pour le Muséum (1820). Avec le groupe des Ichthyopterygia (Ichthyosaures) constituant un grand clade naturel. Cette hypothèse a été confirmée à partir des années 2000 par la découverte de formes nouvelles dans le Trias supérieur du Guizhou (Chine). dont l’origine à partir d’une membre pentadactyle « typique » de vertébré terrestre peut être désormais assez bien documentée grâce à la découverte de formes très primitives (Chaohusaurus) récemment décrites du Trias inférieur d’Anhui (Chine). avec des dents à couronnes bulbeuses. Anshunsaurus. cette disposition a justifié de placer les ichthyosaures dans une « sous classe » particulière des Reptilia : les Parapsides. Nous avons relaté l’histoire de ces premières découvertes (1814) sur les côtes du Dorset par Mary Anning. Il s’agit de diapsides. permettant ainsi de découvrir l’existence de nageoires dorsale et caudale supérieure uniquement tégumentaires. les travaux comparatifs récents prenant en compte les formes du Trias et du Jurassique ont permis de résoudre le problème. fusions. Des phénomènes de déplacements. on aborde une radiation majeure de tétrapodes retournés au milieu aquatique. mais la fosse temporale supérieure est particulière car typiquement limitée infèro-latéralement par le post frontal et le supra temporal. Il y a toujours hyperphalangie mais le nombre de doigts peut se réduire. comme à Holzmaden (Toarcien du Wurtemberg). En fait. qui semble s’être dispersé au Trias sur la rive nord de la Téthys. en notant l’importance des « fossilisations exceptionnelles » des traces du tégument. Xinpunsaurus et d’autres taxons ont récemment permis la construction d’un cladogramme du groupe. mais quelques formes triasiques (Phalarodon. Pendant la plus grande partie du xxe siècle. dès la base du Lias dans certaines lignées. Omphalosaurus…) se sont adaptées à la durophagie. Les dents sont généralement coniques à carènes coupantes (fonction prédatrice). La découverte de ce groupe en Angleterre au début du xixe siècle nous ramène aux origines mêmes de la paléontologie des vertébrés. Les membres antérieurs et postérieurs sont complètement transformés en palettes natatoires. et donc la pertinence même du concept de parapside : il s’agirait de diapsides typiques.

taille des orbites…) (Ichthyosaurus.352 ARMAND DE RICQLÈS hyperdactylie. De nombreuses questions restent toutefois ouvertes. Les Shastasauridés du Trias supérieur. Au fur et à mesure de leur évolution les ichthyosaures réalisent un profil plus hydrodynamique avec un tronc plus court. et une caudale falciforme adaptée à la nage thuniforme. vivant dans des environnements néritiques. Au Jurassique moyen. La biodiversité du groupe s’effondre lors de la transition Trias/Lias mais la lignée se poursuit avec des formes adaptées à la vie pélagique (Néoichthyosauria). le groupe subit une nouvelle diminution de sa diversité mais persiste au Crétacé avec des formes telles que Platypterygius présentant une polydactylie. représentent les premiers grands ichthyosaures (Cymbospondylus) et contiennent les géants du groupe (Shonisaurus : 15 à 20 m ?). Au Jurassique terminal. Leptopterygius. Ce sont les types « classiques » d’ichthyosaures du Jurassique. céphalopodes). L’histologie suggère une croissance rapide dans un contexte adaptatif très comparable à celui des Cétacés. En ce qui concerne la paléobiologie. et qui proviennent de formes du Jurassique phylogénétiquement moins dérivées que le groupe Ichthyosaurus-Ophtalmosaurus. Enfin la sédimentologie permet de préciser les habitats (formes néritiques ou pélagiques). Les formes archaïques du Trias inférieur et moyen (Mixosaurus.). Russie du Sud et région australienne. La taphonomie informe sur la reproduction (viviparité) et l’alimentation (poissons. Chine). renflé. Stenopterygius. telle la concentration d’individus immatures et de femelles gestantes dans d’éventuels . De façon générale. nous avons présenté et discuté les données et l’argumentation concernant divers aspects du mode de vie. Ophtalmosaurus. Europe centrale. comme chez Platypterygius du Crétacé inférieur. les principaux gisements européens « classiques » sont en Angleterre et en Allemagne et le groupe est également connu des bordures du Pacifique : Neuquèn (Argentine) et Wyoming (USA). etc. La phylogénie d’ensemble du groupe est désormais établie dans ses grandes lignes par l’analyse cladistique. La morphométrie renseigne sur l’évolution des modes de nage et suggère une physiologie « pseudo-endothermique » chez les espèces thuniformes. Névada) surtout dans des sédiments marins côtiers. On a discuté ensuite de l’histoire de la répartition spatiale du clade qui est relativement bien documentée. Au Trias supérieur ils sont largement répartis depuis la région orientale (Japon. constituant de nombreux taxons de taille moyenne (3 m) à grande (7 m) et présentant chacun des autapomorphies variées (forme du rostre. au corps encore allongé et à la caudale plésiomorphe. Les ichthyosaures apparaissent au Trias inférieur de Chine (Chaohusaurus). adapté à la nage anguilliforme. A l’Albien (Sommet du Crétacé inférieur) leur répartition est encore très vaste : « continental seaway » sur l’Amérique du nord. Phalarodon) sont de petite taille. au Spitzberg et en bordure du Pacifique (Colombie britannique. avec une caudale dans le prolongement du tronc. en Europe alpine et centrale. la morphologie des formes primitives (Trias inférieur) présente un corps allongé.

à la suite d’une réduction progressive de son aire d’extension géographique connue. le degré de spécialisation des premiers ichthyosaures connus du Spathien (Trias inférieur) implique une longue histoire permienne encore totalement inconnue. la dynamique de leur différenciation donne toujours lieu à controverses. comme chez les poissons. la différenciation initiale des ichthyosaures aurait été très rapide et concentrée à la base du Trias (base du Scythien). Comme celle des ichthyosaures. J’ai enfin évoqué les problèmes d’origine et d’extinction du groupe. les membres pairs ne conservant que des fonctions de stabilisateurs et de gouvernes. Il se poursuit au Jurassique par les formes pélagiques bien connues des . Classiquement. Globalement. caractéristique du groupe. A sa place. sensibles à l’énorme extinction fini-permienne. du second squelette sub-complet pour le Muséum dès 1824. Le terme d’Euryapside. les derniers ichthyosaures. missionné par Cuvier. les membres pairs euxmêmes (et leurs ceintures) conservent toujours un rôle important. la découverte du premier squelette complet par Mary Anning (1821) et l’achat par Constant Prévost. Les sauroptérygiens présentent un mode d’adaptation à la propulsion aquatique fondamentalement différent de celui des ichthyosaures.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 353 « sites de reproduction » à la façon des Cétacés (Holzmaden ?). bien avant la fin du Crétacé supérieur. Le problème de l’origine des ichthyosaures demeure largement ouvert. très spécialisés dans la consommation de coquillages. voire majeur. Dans ce cas. une émargination de la bordure inféro-latérale de la joue et l’absence de quadrato-jugal suggèrent qu’une fosse temporale inférieure de diapside aurait pu être initialement présente. Chez ces derniers la propulsion était assurée par des ondulations latérales du tronc et de la queue. Pour les uns. et donc limitée latéralement par le post orbitaire et le squamosal. Pour les autres. désignant classiquement une « Sous Classe » des Reptilia. de taille petite ou moyenne. dans la locomotion. le clade débute au Trias avec les nothosaures. En revanche il n’y a pas de fosse temporale inférieure. l’origine du groupe participe d’une dynamique de recolonisation rapide des habitats par rediversification des écosystèmes après la crise. Chez les sauroptérygiens. Quand celui-ci disparaît. Seule est présente une fosse temporale supérieure homologue à celle des diapsides. ne disparaissant qu’avec l’événement fini-Crétacé. étaient déjà des « fossiles vivants » dans les écosystèmes marins du Crétacé. fait allusion à la disposition particulière des fosses temporales. très peu modifiés par rapport aux formes jurassiques. L’articulation carré/articulaire est reportée très postérieurement. formes encore amphibies. les sauroptérygiens montrent une plus grande biodiversité et un plus long succès évolutif que les ichthyosaures. L’autre grand rameau évolutif envisagé cette année est celui des Sauropterygia (ou Euryapsides) dont les représentants les plus connus sont les plésiosaures. S’il paraît clair désormais qu’ils dérivent de quelque diapside terrestre « généralisé » et encore inconnu. la découverte des plésiosaures ramène aux origines mêmes de la paléontologie scientifique. J’ai relaté les soupçons de Cuvier dessinant en Angleterre dès 1818 des os isolés de plésiosaures. selon des modalités toutefois assez variées. De futures découvertes de terrain permettront sans doute de tester ces hypothèses. et les placodontes.

les problèmes paléobiologiques et évolutifs concenant des pachypleurosaures un peu plus récents et de plus grande taille. initialement classés parmi les nothosaures.. entre autres synapomorphies. A la suite des études récentes de O.). j’ai détaillé. à titre d’exemple. peyeri et N. On saisit sur cet exemple en quoi l’analyse logique de la répartition taxinomique des états de caractères (analyse cladistique) pourrait éventuellement différer de la phylogénie concrète. Les Nothosaures proprement dits (Nothosaurus. le tronc et la queue sont allongés tandis que les membres pentadactyles sont relativement courts et robustes. Ceresiosaurus. Anarosaurus. ce qui est conforme à leurs situations stratigraphiques respectives. En revanche. Avec ce modèle on dispose de « paléopopulations » (contrôle statistique) représentées par des individus complets (contrôle anatomique). L’histoire paléontologique du groupe débute au Trias inférieur avec des organismes lacertiformes de petite taille (50 cm). pusillus. qui se regroupe avec d’autres taxons de très petite taille et un peu plus récents du Trias inférieur et moyen d’Europe centrale (Dactylosaurus.. à la limite Anisien/Ladinien (Trias moyen). Simosaurus. de Chine. Cymatosaurus. Le cou. N. les plésiosaures y culminant avec des formes terminales de très grande taille. du fait de nouvelles découvertes et de l’application de la méthode cladistique. Le cladogramme suggère l’existence de plusieurs « lignées fantômes » répondant aux cladogenèses successives aboutissant aux quatre taxons décrits. par une histomorphogenèse squelettique particulière.50 m à 4 m). Rieppel et coll. Lariosaurus. mais les quatre principales séquences fossilifères successives n’en représentent qu’un faible pourcentage temporel. avec toutefois des autopodes allongés mais sans hyperphalangie. les élasmosaures. que nous avons détaillée. La forme la plus basale est Keichousaurus. On retrouve les uns et les autres au Crétacé. Les taxons concernés : Serpianosaurus et trois espèces successives de Neusticosaurus (Pachypleurosaurus) : N. provenant des célèbres gisements du Monte San Giorgio (Tessin). et qui est très proche de celle des mésosaures (voir ci-dessus). montre qu’ils constituent un premier clade basal des Sauropterygiens : les pachypleurosaures.) sont généralement des organismes plus spectaculaires que les pachypleurosaures (1. comprenant des séries de croissance (contrôle ontogénique). Ce clade est caractérisé. et des pliosaures à cou court et à tête allongée. L’analyse cladistique place Serpianosaurus comme taxon basal. présentant une grande diversité dans . Nous avons montré combien ce schéma général avait été enrichi et modulé par les recherches des deux dernières décennies. qui suggère plutôt l’existence d’une seule lignée évoluant par anagenèse. etc.. dont l’ontogénie est connue. on n’en a nulle trace dans la documentation morphométrique et stratophénétique disponible. edwardsii se succèdent localement dans la série stratigraphique. se succédant dans le temps (contrôle stratigraphique) et l’espace en un même lieu (contrôle géographique). les trois autres espèces de Neusticosaurus étant de plus en plus dérivées. L’analyse cladistique de ces taxons.354 ARMAND DE RICQLÈS plésiosaures à cou allongé et tête petite. Que souhaiter de mieux dans la documentation paléontologique ? La série stratigraphique représente une durée de 5 MA au maximum.

contrairement aux plésiosaures. était de relativement petite taille et portée par un cou allongé. Ceci pose le problème de l’origine de ces derniers. On avait soupçonné depuis longtemps qu’une famille très mal connue de nothosaures du Trias moyen. La tête triangulaire.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 355 leurs proportions crâniennes. On a relaté l’histoire des interprétations successives de la locomotion chez ces organismes. les pistosaures. Moyen Orient. aurait été à l’origine des plésiosaures. s’élargit assez considérablement et s’aplatit. Cette hypothèse a été confirmée récemment par la découverte de nouveaux pistosaures beaucoup plus complets. Désormais on voit dans les plésiosaures (comme à la fin du xixe siècle) des pratiquants du « vol subaquatique » à la manière des tortues marines et des manchots actuels. Les portions dorsales des ceintures étaient sans doute reliées à l’axe vertébral par de puissants systèmes ligamentaires. avec d’emblée des formes pélagiques à tête plutôt petite et à cou long (plésiosaures proprement dits : Cryptocleidus) et des formes à grande tête et à cou court (type pliosaure : Peloneustes). on en est resté à une reconstruction proposée par Watson (1924) faisant des plésiosaures des « rameurs ». Chine…). Les plésiosaures apparaissent avec la transgression liasique en Europe. C’était des organismes plutôt néritiques à rôle de superprédateurs dans les mers du Trias moyen et supérieur (Europe centrale (Muschekalk). L’analyse phylogénétique du groupe. à cet égard. Ils disposaient toutefois de deux « modules propulsifs » (pectoral et pelvien) au lieu d’un seul (pectoral) chez leurs analogues actuels. armée par des côtes puissantes. La nage pouvait encore impliquer des ondulations latérales du corps et de la queue. Les nothosaures ne dépassent pas le sommet du Trias mais sont relayés dés le Lias par les premiers plésiosaures. Les membres pentadactyles assez peu modifiés sont cependant déjà adaptés à la vie aquatique. Les membres sont toujours transformés en palettes natatoires plus ou moins allongées par un forte hyperphalangie (pas d‘hyperdactylie) et sont associés à un développement ventral considérable des ceintures scapulaires et pelviennes. du Trias moyen du Nevada et de Yunguisaurus du Trias moyen de Chine relativement aux nothosaures et à Plesiosaurus (2006) confirme la position des pistosaures comme groupe-frêre externe des Plésiosaures. mais devaient encore permettre la locomotion au sol (on a comparé leur situation. n’a pas encore abouti à des conclusions robustes. L’analyse phylogénétique des caractères d’Angustasaurus. Des considérations hydrodynamiques et énergétiques suggèrent que les plésiosaures « classiques » à petite tête et long cou étaient des . et plus ou moins allongée. Une analyse critique serrée de cette conception par Robinson (1975-76) tant du point de vue anatomique qu’écologique et énergétique a entraîné son abandon. transmettant l’effort propulsif. à celle des pinnipèdes parmi les mammifères). L’analyse cladistique d’ensemble du groupe tend à montrer que cette subdivision est plus écologique que phylogénétique. La région troncale. Trias alpin. Pendant une bonne partie du xxe siècle. Les palettes natatoires postérieures (pelviennes) sont un peu plus développées que les antérieures (pectorales) chez les pliosaures. répondant à la réalisation itérative de deux « types adaptatifs » différents de grands prédateurs marins. Celles-ci sont reliées ventralement par un puissant système de gastralia. très complexe.

« de type cétacé ». Très récemment. Les grandes dents faisaient saillies extérieurement. La position des plésiosaures et pliosaures au sein des écosystèmes marins du Jurassique supérieur a été systématiquement analysée sur le modèle de l’Oxford Clay (Martill 1994). 1993). Le cou très mobile s’allonge démesurément tandis que la queue se raccourcit en proportions relatives. ont montré que ce groupe n’était pas apparenté directement aux pliosaures jurassiques mais qu’il fait partie d’un clade des Cryptocleidoidea (O’Keefe 2004) comprenant basalement des plésiosaures comme Muraenosaurus du Jurassique. dont l’histoire peut être suivie en détail dans les régions Néo-Zélandaises. et réalisant ainsi une « trappe » à poissons ou à céphalopodes. Styxsosaurus ou Hydrotherosaurus. Le « type pliosaure » est bien représenté au Crétacé par les Polycotylidés. à la façon des formes triasiques. La biomécanique dentaire et crânienne d’un superprédateur comme Pliosaurus a été analysée en détail et il a pu être montré que des carcasses flottées de dinosaures pouvaient entrer dans le régime (Taylor et al. 1995). pouvant atteindre 12 à 15 mètres de long. et ce jusqu’au Crétacé terminal. Nous avons relaté une succession de découvertes récentes concernant le groupe. les adultes acquièrent ensuite un squelette de structure allégée. les supérieures et les inférieures s’entrecroisant. J’ai commencé . Les pliosaures. les découvertes d’Albright et al. telles que Thalassomedon. dans la nature actuelle. Australiennes et Sud-Américaine/Antarctique. Les plésiosaures à cou long évoluent au Crétacé vers des formes de très grande taille. pour des crânes de 30 à 50 cm chez les formes du Crétacé supérieur connues du centre et de l’ouest des USA. auraient été des nageurs plus rapides que l’on a pu comparer écologiquement à des orques. Les travaux paléohistologiques sur des séries de croissance d’élasmosaures et de pliosaures du Crétacé supérieur de Nouvelle Zélande ont apporté des données intéressantes. Tandis que les jeunes ont un squelette pachyostique suggérant un rôle de « ballast » dans des environnements néritiques. les élasmosaures. Des travaux phylogénétiques récents. Celle d’un élasmosaure primitif dans le Jurassique inférieur français (Bardet 1999) est venue documenter l’origine de ces formes dominantes au Crétacé. en Utah (2007) ont confirmé que les Polycotylidés font partie d’un groupe de « plésiosaures à cou court » ou « faux pliosaures ». beaucoup plus hydrodynamiques. Les rares données européennes issues du Maestrichthyen éponyme (Mulder 2000) indiquent également une persistance modeste du groupe jusqu’à l’extrême fin du Mésozoïque. Ainsi les pliosaures apparaissent bien comme un écotype ayant évolué de façon polyphylétique.356 ARMAND DE RICQLÈS nageurs d’endurance mais peu rapides. J’ai traité à part le groupe triasique des Placodontes. sans doute en relation avec la vie pélagique (Wiffen et al. fondés en particulier sur la structure du palais chez Dolichorhynchops du Campanien (Crétacé supérieur) du Kansas. dont les relations phylogénétiques avec les autres Euryapsides ne font pas consensus. avec des formes parfois écologiquement très spécialisées dans la microphagie (Aristonectes).

Pour le biologiste. Comme Monsieur Jourdain faisant de la prose sans le savoir. à des chéloniens. Depuis une vingtaine d’années. la région pelvienne ayant une armure indépendante. Une carapace constituée par des ostéodermes polygonaux se différencie dorsalement et ces placodontes en viennent ainsi à ressembler beaucoup. L’évolution du groupe est dominée par l’adaptation à ce régime. relativement courts mais peu modifiés. La notion de fonction dans les sciences humaines. Parot). est adapté à un régime conchylophage. etc. Les ostéodermes dorsaux ne forment pas de carapace. de s’interroger sur sa pertinence ou sa signification. Sinocyamodus. restent bien développés. Le crâne prend une forme triangulaire. au fil de la recherche. Plachochelyidés : Plachochelys. de nombreux placodontes ont été découverts dans le Trias supérieur de Chine (Guizhou) : le groupe semble avoir évolué pendant tout le Trias dans les mers chaudes épicontinentales bordant le Nord de la Tethys. La notion de fonction : des sciences de la vie à la technologie. ne devaient guère permettre une locomotion terrestre. mais superficiellement. On a fait remarquer à cet égard que ces organismes spécialisés aux milieux néritiques n’ont pu s’adapter aux grandes transgressions liasiques. . plus large que longue. propres à broyer les coquilles de mollusques marins. Gayon. de Ricqlès. Il s’agit pour lui. J. Psephoderma. Les puissantes incisives proclives sont suivies sur le palais et la mandibule par quelques énormes « dents en pavés » à l’émail épais. Henodontidés : Henodus. biologiques et médicale (Coordinat. Le crâne. peu spécialisés. contrairement aux autres Sauropterygiens et aux Ichthyosaures qui s’adaptent alors à des modes de vie pélagiques. Psephochelys. elle prend une forme en selle.) se spécialisent davantage. en quelque sorte. C’était un animal plongeur au tronc rebondi et à la queue allongée. Les autres familles de placodontes (Cyamodontidés : Cyamodus. d’un « outil intellectuel spontané » dont la disponibilité pratique permanente fait qu’il n’éprouve pas souvent le besoin. Les membres. massif et solide. les 21-23 mai 2008 Organisé avec le Professeur Jean Gayon (Université Paris I Panthéon Sorbonne) dans le cadre de l’action concertée incitative (ACI). Chez Henodus. partenaires scientifique A. Houdé. O. Séminaire 2007-2008. la notion de fonction est aussi familière qu’omniprésente dans tous les aspects de son travail. la carapace est en deux parties distinctes.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 357 par la présentation de Placodus gigas. la queue reste allongée. Aucun placodonte ne dépasse le sommet du Trias. une grande forme (2 à 3 m) du Muschelkalk (Trias moyen) du domaine marin épicontinental (plates formes carbonatées) d’Europe centrale bordant le nord-ouest du domaine téthysien profond. Chez Cyamodus et Psephoderma. Fr. se raccourcit et s’élargit postérieurement pour faire place à une énorme musculature adductrice de la mandibule. Les côtes de morphologie complexe étaient complétées ventralement par des gastralia. 2. Des ostéodermes se soudent à sa marge postéro-latérale et le corps s’aplatit dorso-ventralement. le biologiste utilise cette notion à chaque instant de son activité. Les membres.

produite par une glande endocrine. une explication doit être causale. si satisfaisante et si naturelle en apparence. c’est donc remonter rétrospectivement des effets aux causes. ou plutôt apparence seulement d’une explication ? En science. au sens aristotélicien. du rôle du neuromédiateur trans-synaptique. au sens où l’entendent les sciences physico-chimiques. et allant exercer sur un organe cible particulier appelé récepteur une action spécifique qui est son seul rôle ». concrète et opérationnelle relativement au niveau biologique où l’on . Songeons par exemple à la définition de l’hormone : « substance chimiquement définie. Elle nous propose donc un perpétuel cheminement bi-directionnel selon l’axe de l’intégration organique. La fonction de l’hormone. Il y a dans l’apparente légitimité des explications finales en biologie un « tour de passe-passe » de la nature qui découle de la dimension historique et généalogique de l’évolution. Expliquer. et jusqu’à celui de l’organisme en tant que totalité intégrée au sein de la population. c’est paradoxalement sa réalité efficiente. L’explication par les causes finales est-elle inéluctable pour les sciences biologiques ? A mon sens. est dans son effet physiologique lui même : on a donc affaire à une « explication finale » et non pas causale. à un finalisme plus ou moins généralisé. De fait. ou plus ou moins honteux . Evoquer la fonction. aucun scientifique ne devrait se résoudre à l’admettre. la fonction est apparemment une notion d’une grande utilité. de celui de la cellule plus ou moins spécialisée. ou de celui du tissu. c’est donc d’aller réguler la marche de tel organe. soit selon la voie ascendante du compositionnisme. Amorce d’une explication rationnelle. La « cause finale ». l’interprétation. Pour tous. a pu souvent conduire. la fonction est partout. est irrecevable pour les sciences ordinaires. à toutes les échelles de l’intégration organique du vivant puisqu’on la retrouve à tous les niveaux. de celui de l’hormone. une justification des données observées. dans telle circonstance physiologique. du système. soit selon la voie descendante du réductionnisme. autrement dit l’apparence d’une explication rationnelle des faits. Un deuxième aspect frappant de la fonction. qui inverse le sens de l’explication relativement au déroulement du temps. véhiculée par le sang. voire du rôle de l’espèce au sein de l’écosystème. l’omniprésente utilité de la fonction se comprend assez facilement parce qu’elle propose. Qu’il s’agisse du « site fonctionnel » de l’enzyme. c’est-à-dire la cause de son existence. ne serait-ce que de façon implicite et ramassée. dimension non prise en compte par les sciences nomologiques. en effet. la cause devant toujours précéder l’effet. on constate immédiatement un paradoxe. en biologie. autrement dit l’explication de sa présence. l’explication par la fonction. plus ou moins revendiqué. Dans le cas de l’hormone et de sa définition physiologique. A tous les niveaux de cette hiérarchie.358 ARMAND DE RICQLÈS Un premier aspect frappant de la notion de fonction est donc la constance de son usage par le biologiste — et je comprends sous ce terme aussi bien le biologiste moléculaire dans son laboratoire que le naturaliste de terrain qui peuvent être encore parfois — et heureusement — une seule et même personne. de l’organe. c’est donc toujours donner à saisir l’amorce d’une explication. l’explication de l’hormone.

. on l’a vu. ou comme un concept général. hic et nunc. Ainsi. conséquences de l’universalité des lois physiques. Si la finalité intentionnelle consciente qui se manifeste dans les technologies humaines ne pose pas problème. à la fois structural et fonctionnel. dans le cadre de la pratique des sciences biologiques. les fonctions sans les structures sont des fantômes ». en tant qu’objets concrets figurés. Ainsi. la fonction ne peut se concevoir effectivement sans l’existence de structures matérielles qui la soustendent et en constituent en quelque sorte le support. par exemple. comme on l’a déjà souligné. ainsi que pourrait le faire le philosophe. de la molécule à l’écosystème. pour le biologiste. l’écologie est une métaphysiologie des interactions supra-spécifiques. et de façon générale des sciences positives. mais bien comme une action. émanant de leur constitution même. Comme le notait Wainwright avec humour. avec des caractéristiques précises en matière de composition. ainsi que le nombre limité de solutions structurales à un problème fonctionnel donné. pourrait être la démographie. qui débouche. pèsent fortement sur toutes les réalisations structuro-fonctionnelles. en tant que manifestation concrète. ou structures. suggèrent que les systèmes de contraintes. dans le dialogue — ou la confrontation — entre l’anatomie et la physiologie mais il serait aisé de montrer que cette opposition organise une systématique de tout l’ensemble des disciplines biologiques. En effet. On pourrait dire. Son pendant. des difficultés fondamentales. des propriétés particulières d’objets matériels.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 359 situe son exercice. ou une interaction spécifique. La congruence entre la structure et la fonction s’observe partout en biologie comme en technologie. sur l’axe des disciplines structurales. c’est franchir un pas considérable autant que périlleux. de taille. au niveau des organismes. indissociablement. Le vivant est Janus bifrons. « les structures sans les fonctions sont des cadavres. ont des propriétés spécifiques qui découlent avec un degré de nécessité très fort. sur tout le problème de la finalité. parce qu’elle est avant tout interaction plutôt que substance. en canalisant le champ des possibles. A cet égard la ressemblance entre les solutions fonctionnelles observées dans la nature et celles choisies en ingénièrie. Les structures. dès que l’on tente d’isoler conceptuellement sa nature propre. à tous les niveaux d’intégration où on l’envisage. qui dit fonction dit en réalité. de forme et d’énergétique. sa transposition dans le domaine biologique soulève. que selon l’axe des disciplines fonctionnelles. On peut donc dire que les fonctions des structures sont des propriétés émergentes de cellesci. concrètement. la fonction ne peut être opérationnellement traitée comme une abstraction. et cependant son apparence assez abstraite. l’existence d’un couple structuro-fonctionnel indissociable. Le couple structure-fonction a trouvé son illustration la plus évidente. des lois de la physico-chimie. De là à considérer que les fonctions des structures sont la raison même de l’existence de ces dernières. de la géométrie et de la topologie.

les fonctions des systèmes sont des propriétés émergentes déterminées par la constitution et la configuration même de ceux-ci. Quoi qu’il en soit. Relativement au couple structure/fonction. Les interactions intervenant entre les éléments d’un système. . la critique gouldienne du pan-adaptationnisme ne remet pas en cause l’intérêt du concept de fonction. modulé et contrôlé par la sélection naturelle. concept jouant un rôle moteur et central dans l’évolutionnisme. peuvent effectivement répondre à des fonctions. en contexte darwinien. dans ses aspects les plus orthodoxes. Toutes les structures organiques sont-elles strictement adaptées à une ou à des fonctions spécifiques ? tout changement évolutif se réalise-t-il nécessairement par l’adaptation des structures aux fonctions. un système constitue toujours une structure. ou entre le système et l’extérieur constituent des activités. les systèmes existent-ils « pour » accomplir les fonctions qu’ils remplissent ici et maintenant. a pu sembler verser parfois dans un « pan-adaptationnisme » un peu excessif.360 ARMAND DE RICQLÈS La relation de congruence de la structure à la fonction. Une fois encore. ou pour de toutes autres raisons ? On voit poindre au travers de ces interrogations les origines des deux grandes conceptions concurrentes — émergence systémique anhistorique ou fruit de l’histoire sélective — que l’épistémologie moderne propose pour des concepts de fonction débarrassés de tout finalisme. c’est-à-dire un fonctionnalisme explicite éludant. ou mieux un ensemble structuré de sous-structures co-organisées. celle-ci étant considérée comme un agent d’optimisation tout puissant. L’apport de l’œuvre d’un Stephen Jay Gould (1946-2002) a été largement de montrer combien ce « pan adaptationnisme » exagéré laissait sur le bord du chemin une multitude de considérations indispensables à une synthèse évolutive encore plus générale et pertinente. D’un autre coté. c’est à dire par la « traque » progressive par des structures potentiellement modifiables de fonctions de plus en plus congruentes aux conditions de milieux. toute référence au finalisme. des évènements qui. évidente dans la machinerie vivante comme dans la technologie humaine. conditions elles mêmes perpétuellement changeantes ? La pluralité fonctionnelle des structures. un système est souvent délimité. chacun à la fois suscité. au prix d’une adaptation sub-optimale n’est elle pas la clé du changement évolutif ? La théorie synthétique de l’évolution. comme nous le rappellent tous les dysfonctionnements systémiques. la notion de système occupe une situation intermédiaire et quelque peu ambivalente. mais ce n’est pas toujours le cas. tel qu’il est généralement mis en œuvre par l’évolutionnisme contemporain. Ainsi. amène immédiatement au concept clé d’adaptation. comme pour celles des structures. En effet. en contexte approprié. c’est bien aussi un concept structural. En ce sens. c’est-à-dire pratiquement défini. par la ou les foncions qu’il réalise : c’est donc un ensemble fonctionnel. où l’organisme peut être atomisé en une infinité de « traits structuro-fonctionnels ».

Un. Session 2 : Théories philosophiques des fonctions Philosophical theories of function Président de séance/Chair : Françoise Parot (Un. Session 3 : Fonction.. de Heidelberg. Paris) : Raisonnement fonctionnel et niveaux d’intégration en biologie [Functional reasoning and levels of organization in biology]. Allemagne. USA. Karen Neander (Duke Un. Françoise Parot (Un. selection et adaptation Function. fonctions : le terme « fonction » dans la biologie française du début du XIXe s. properties. Espagne) : Functions and self-maintenance [Fonction et auto-maintien]. François Duchesneau (Un. de Montréal.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 361 Programme Mercredi 21 mai Introduction : Armand de Ricqlès & Jean Gayon Session 1 : Origines du discours fonctionnel dans les sciences de la vie et en psychologie Origins of functional discorse in the life sciences and in psychology Président de séance/Chair : Jean Gayon (IHPST) James Lennox (Un. Paris) : Phénomènes. l’explication et l’esprit : 50 ans de réflexion sur la fonction biologique et l’explication fonctionnelle [Teleology. Center for Philosophy of Science) : Functions and history [Le concept de fonction : importance de l’histoire]. del País Basco. Matteo Mossio (IHPST. Paris 1 & IHPST. Paris) : Fonctions et adaptations : une démarcation conceptuelle [Function and adaptations: a conceptual demarcation]. [Phenomena. Peter McLaughlin (Un. Department of Philosophy) : The Etiological Theory: An Update [L’approche étiologique : une mise à jour]. USA. propriétés. selection . . Philippe Huneman (IHPST. Paris 5) Marie-Claude Lorne (Université de Brest & IHPST. Paris) : La téléologie. Département de philosophie) : Rôle du couple « structure/fonction » dans la constitution de la biologie comme science [Role of the « structure/function » dichotomy in the constitution of Biology as a science]. functions: the term « function » in French biology in the early 19th Cy]. Department of philosophy) : «What functions are good for »? [À quoi les fonctions sont-elles bonnes ?]. Paris Descartes & IHPST. Laurent Clauzade (Un. Canada. Paris) & Cristian Saborido (Departamento de Logica y Filosofía de la Ciencia. de Pittsburgh. Paris) : Les psychologues fonctionnalistes de l’école de Chicago et le premier béhaviorisme [The functionalist psychologists of the Chicago School and the original Behaviorism]. and adaptation Président de séance : Anne Fagot-Largeault (Professeur au Collège de France) Jean Gayon (IHPST. explanation and the mind : 50 years of thinking about biological function and functional explanation].

de Spencer à Sherrington et après [Physiology : the history of integration. équipe « Développement et fonctionnement cognitifs ». Paris Descartes. Session 6 : Attributions fonctionnelles en biologie expérimentale Functional ascriptions in experimental biology Président de séance/Chair : Philippe Kourilsky (Collège de France) Michel Morange (Ecole Normale Supérieure et IHPST. Département Histoire de la Terre) : L’analyse fonctionnelle en paléontologie des mammifères — Forme. Christine Argot (Muséum National d’Histoire Naturelle. Paris) : Architecture et évolution de la fonction du langage [Architecture and evolution of the function of language]. fonction et évolution de l’oreille moyenne des vertébrés actuels et éteints : interprétations paléobiologiques et phylogénétiques [Structure.362 ARMAND DE RICQLÈS Jeudi 22 mai Session 4 : Structures et fonctions en morphologie et paléontologie Structures and functions in morphology and palaeontology Président de séance/Chair : Olivier Houdé (Professeur à l’Université Paris 5) Armand de Ricqlès (Collège de France) & Jorge Cubo (Un. enigmatic functions]. fonction and evolution of the middle ear of extant and extinct vertebrates : paleobiological and phylogenetic interpretations]. Philippe Janvier (Muséum National d’Histoire Naturelle. Rodentia. morpho-functional inferences from teeth and post-cranial skeleton]. Scienze Geologiche. function and adaptation]. UMR 7179) : Le problème de la causalité complexe aux sources de la relation structuro-fonctionnelle . from Spencer to Sherrington and beyond]. . Università Roma Tre. Jean-Moulin-Lyon 3 et IHPST. 2) l’exemple du tissu osseux [Complex causality as the root of the structure/function relation problem : 1) general considerations . Session 5 : Structures et fonctions cognitives Cognitive structures and fucntions Président de séance/Chair : Alain Berthoz (Collège de France) Olivier Houdé (Un. Paris 6. fonctions énigmatique [Extinct anatomies. Mammalia]. Jean-Claude Dupont (Université de Picardie et IHPST. Département Histoire de la Terre) : Anatomies éteintes. UMR 6095) : Fonctions et structure du développement cognitif [Functions and structure in cognitive development]. Federica Marcolini (Dip. Département Histoire de la Terre) : Structure et fonction chez les Carnivores placentaires : inférences morpho-fonctionnelles à partir des dents et du squelette post-crâniens [Structure and function in placental Carnivores . Roma. Rodentia. 2) the example of the bone tissue]. fonction et adaptation [Functional analysis in paleontology of mammals — form. Italie) : Enamel structure analysis as a tool for reconstructing feeding behavior of fossil voles (Arvicolidae. Michel Laurin (CNRS. Denis Forest (Un. UMR 7179) : Structure. Stéphane Peigné (Muséum National d’Histoire Naturelle. 1) généralités. Mammalia) [Analyse de la structure de l’émail comme outil pour reconstruire le comportement alimentaire des campagnols fossiles (Arvicolidae. Paris) : Les fonctions des protéines [The functions of proteins]. Paris) : Physiologie : L’histoire de l’intégration.

UK) : Foot on Natural Goodness : Normativity in Organisms and Artefacts [Foot et la bonté naturelle : de la normativité dans les organismes et dans les artéfacts]. Session 9 : Le raisonnement fonctionnel dans les sciences de l’ingénieur et dans les sciences de la vie Functional reasoning in engineering and the life sciences Président de séance : Armand de Ricqlès (Collège de France). Stéphane Tirard (Un. functioning. de Caen & IHPST. Paris) : Aspects métaboliques de la fonction de nutrition dans le débat sur les origines de la vie au milieu du XXe s. [Metabolic aspects of the nutrition function in the debate over the Origins of Life in middle 20th Cy]. Daniel Becquemont (Un. Paris) : Peut-on attribuer une fonction au système immunitaire ? [Can a function be ascribed to the immune system ?]. fonctionnement. Elodie Giroux (Un. Espagne) : The problem of the emergence of functional diversity in prebiotic evolution [Le problème de l’émergence de la diversité fonctionnelle dans l’évolution prébiotique]. Paris). théologie. Du concept de fonction biologique au concept de santé : les limites d’un transfert dans le domaine de la médecine [From the concept of biological function to the concept of health : the limits of a transfer into the field of medicine]. Alvaro Moreno (Universidad del Pais Vasco. Ulrich Krohs (Universität Hamburg. Paris) : Attributions fonctionnelles dans le monde prébiotique : le cas des ribozymes [Functional Ascription in the Prebiotic World : the Case of Ribozymes]. multifonctionnalité en génétique du développement [Functions. esthétique [“Design” : history of the word and history of the concept : the concept — natural sciences. Departamento de Filosofía. Tim Lewens (Cambridge Un. de Montréal). Lyon 3 & IHPST. ‘mal-’ and ‘non-’ : the other side of functionality [‘Dys-’. multi-functionality in the Genetics of development]. Paris). de Nantes & Equipe REHSEIS. Department of Philosophy). Le raisonnement fonctionnel en psychiatrie [Functional reasoning in Psychiatry]. . Vendredi 23 mai Session 7 : Fonctions et origines de la vie Functions and the origins of life Président de séance/Chair : François Duchesneau (Un. LPN & IHPST.. Christophe Malaterre (IHPST. Dys-’. Session 8 : Fonction and dysfonction Function and dysfunction Président de séance/Chair : Pierre Corvol (Collège de France). theology. Paris) : Fonction.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 363 Charles Galperin (IHPST. Arnaud Plagnol (Université de Paris 8. ‘mal-’ et ‘non-’ : l’autre côté de la fonctionnalité]. Lille 3) : « Design » histoire du mot et du concept : sciences de la nature. Thomas Pradeu (Un. aesthetics].

Françoise Longy (Un. est rattachée à l’UMR 7179 CNRS/UPMCP6/MNHN/Collège de France « Mécanismes adaptatifs : des organismes aux communautés » dirigée par le Dr Martine Perret. Olivier Houdé. Armand de Ricqlès). Department of Philosophy) & Wybo Houkes (Eindhoven Un. Philosophy and Ethics of Technology) : Making artefacts and designing functions [Fabriquer des artéfacts et concevoir des fonctions]. de Strasbourg 2 et IHPST. UMR 7179) & Vincent Hugel (Université de Versailles. Pieter Vermaas (Delft Un. . Directeur de recheches au CNRS. of Technology. Les contraintes du « classement de Shangaï » ont entraîné. le CNRS et le MNHN sur le thème de la biologie comparative et de l’évolution des tissus squelettiques des vertébrés. dirigée par A. Le Docteur Michel Laurin à pris. RECHERCHE 1. une modification de la politique de certains de nos organismes de tutelles relativement aux UMR « multisceaux » comme la nôtre. Paris) : Pourquoi une même théorie pour les fonctions des organismes et des artefacts ? [Why looking for a unified theory of function in organisms and artefacts ?]. animé par les responsables scientifiques des programmes de l’ACI / Debate with the public. de Ricqlès. Ainsi s’achève institutionnellement une aventure intellectuelle trans-disciplinaire et inter-établissements débutée en 1982 sous forme d’un contrat « jeune équipe » entre l’Université Paris VII. et constituée de quatre équipes. Ces dispositions resteront valables jusqu’au 31/12/2008. Département Ecologie et Gestion de la Biodiversité. Laboratoire d’Ingénierie des Systèmes de Versailles) : L’idée de fonction en biologie et en robotique : témoignage d’une collaboration autour de « RoboCoq » [The idea of function in biology and robotics : testimony on a collaboration around « RoboCoq »]. Discussion-Conclusion Débat avec la salle. statuts et situation institutionnelle (juin 2008) Au titre du CNRS la Chaire de Biologie historique et Evolutionnisme du Collège de France. Huchon) à l’Université Paris VI. Ses composantes CNRS et Muséum rejoindront au 01/01/2009 l’UMR 7180 au MNHN tandis que ses composantes Paris VI rejoindront à la même date l’UFR 918 Géologie et Biodiversité/UMR-ISTEP (Directeur Professeur Ph. pour des raisons de « lisibilité ». au 01/01/2007 le relais du Professeur Jacques Castanet (Université Paris 6) pour assurer la direction de l’équipe de recherche « Squelette des vertébrés » dont la Chaire de Biologie historique et Evolutionnisme fait partie. Généralités.364 ARMAND DE RICQLÈS Anick Abourachid (Muséum National d’Histoire Naturelle. led by the scientific coordinators of the programme (Jean Gayon. C’est ainsi que notre équipe de recherche s’est vue contrainte de disparaître de facto. of Technology. Françoise Parot.

Bourdon E. Part I : Demographic impact of professional capture technique. 2007. 16 :181-194. Mertensiella. 2008 et sous presse Bourdon E. Cybium. an aquatic squamate from the Late Cretaceous of the southern Tethyan margin. & Zylberberg L. & Bouya B. Tometes lebaili (Osteichthyes. 2007. New specimens of Lithoptila abdounensis (Aves. Buffrénil V. & Bouya B. Meunier F. Jegu M. Varanus niloticus. de.. Pereda-Suberbiola X.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 365 S’est donc posé le problème du rattachement institutionnel de la chaire de Biologie historique et Evolutionnisme du Collège de France relativement aux divers organismes impliqués. Il nous a donc semblé que le soutien apporté par notre chaire à nos collègues et à ce projet justifiait ce choix.J. Amaghzaz M. Part II : Life history traits of harvested monitors. Horn. Mourer-Chauviré C. A new seabird (Aves. Lethaia 41 : 59-69. 2007. 2007. (In Press).. Teleostei. Krebs (eds. in Sahelian Africa. Böhme & U.. 31(3) : 359-367. In : H-G.. Buffrénil V de. nous avons cru de notre devoir de rattacher plutôt notre chaire à l’UFR 918/UMR-ISTEP de Paris VI. Meunier F.. Geobios. de.(1. Harvest of the Nile monitor. Comptes Rendus Palevol 6(6-7) : 527-534. & Keith P. Cah. Serrasalminae) dans le bassin du haut Maroni (Guyane française). 48 : 259-269. In : H-G. Phaethontidae) from the Lower Eocene phosphates of Morocco. Prophaethontidae) from the Lower Paleogene of Morocco. 2007. Varanus niloticus. Amaghzaz M.J. W. Krebs (eds.) Advances in monitor Research III. & Bouya B. in Sahelian Africa. Mar. Bourdon E. 2.. Enlow’s contribution to paleohistology and comparative histology of bone. W.. 1952. Gaamour A. Harvest of the Nile monitor. Croissance et longévité du Watau yaike. Böhme & U. Journal of Vertebrate Paleontology. Three-item analysis : hierarchical representation and treatment of missing and inapplicable data. Horn. (In Press). .. 2007. la composante Paris VI de notre équipe représente un très petit nombre de jeunes biologistes évolutionnistes rejoignant une grosse UFR de Géologie pour contribuer à l’animation d’un nouveau « pôle naturaliste » à l’Université. Specialization of bone structure in Pachyvaranus crassispondylus Arambourg. Ricqlès A. Khemiri S. Fifty years after Enlow and Brown’s « Comparative histological study of fossil and recent bone tissues » (1956-58) : a review of Professor Donald H. Comptes Rendus Palevol (6) 591-601. Fermon Y. Biol.. Hémery G. Bardet N. de Hémery G. Lord C. Engraulidae) in the Tunisian waters. Activités de recherche 2007-2008 et travaux en cours Publications et Travaux 2007-2008 2007 (suite) Buffrénil V.152) Zaragüeta Bagils R. En effet.. Bien que de forts liens humains et thématiques nous attachent depuis toujours au Muséum et à l’UMR 7180. Age and growth of Engraulis encrasicolus (Clupeiformes ..) Advances in monitor Research III. Mertensiella 16 : 195-217. cf..

Deschamps M..0159. & Cubo J. Annales de Paléontologie. Margerie E. Desdevises Y.).. intersection tree and strict consensus : a biogeographical example. & Kacem A. Biology letters. Legendre P. & Meunier F. 94 : 57-76. Buffrénil V. 269 : 533-543. Castanet J.J.. Geodiversitas. Astibia H.2008. Doi : 1098/rsbl.C. Jalabert (edt. In : B. Salamander-like development in a seymouriamorph revealed by palaeohistology. Bone vascular supply in monitor lizards (Squamata : Varanidae) : influence of size. Houssaye A. Squamata) from the Cenomanian (early Late Cretaceous) of France. editors. (sous presse a. Cyprinidae). 2008. Paris : Muséum National d’Histoire Naturelle. 2008.. Houssaye A. (In Press). Zaragüeta Bagils R.. Berreteaga A. Meunier F.. Ricqlès A. New data on the structure and the chondrocyte populations of the haemal cartilage of abdominal vertebrae in the adult carp Cyprinus carpio (Teleostei. 2008. (sous presse). 2008 et sous presse Deschamps M. Bardet N. 10 : 217-227... Vertebrates reach the land... Cubo J. Sire J... INRA. Meunier F. Meunier F. Buffrénil V. functional and structural components of variation in bone growth rate of amniotes. 2008.. & Sire J.. Laurin M.Y. Bardet N.. Deschamps M.. Phylogenetic.H. Uddenberg N.. pathologie. 30(2) : 425-432. Courty G. Cao N. Pereda Suberbiola X.J. Zoological Journal of the Linnean Society.J. Ventura R. de. Fr... Cybium. (sous presse). ostariophysii. (In Press)... . Le Squelette de la Truite Arcen-Ciel.. Lecomte F. traducteur. Soc. Böhme W. Journal of Vertebrate Paleontology. de.. 2008. A new Transantarctic relationship: morphological evidence for a Rheidae-Dromaiidae-Casuariidae clade (Aves. de..H. Sanchez S. Padian K.. de. Zool. Aquaculture. Laurin M. Horner J. (sous presse). El Azawi M. 2008. Paris : Belin. Renous S. Palaeognathae. Montès L. Ratitae). Kacem A.. Ricqlès A. Le squelette des poissons téléostéens : structure. Evolution and Development. Bulletin de la Société Géologique de France. Analysis of vertebral « pachyostosis » in Carentonosaurus mineaui (Mosasauroidea. développement.) Paleontological evidence. Ouvrages et chapitres d’ouvrages 2007 (suite) Schmitz H. Östensson P. Journal of Morphology. Bone histology of basal sirenians from the Middle Eocene of Western Europe.. 2008. Ricqlès A. de.. physiologie.R. bone mineralization and bone compactness in farmed rainbow trout. with comments on its phylogenetic and functional significance. In : Bels V. 28 (3) : 685-691. 279 : 11-17.. Klembara J.J.Y. Castanet J.. 2008. Three-item analysis and parsimony. Buffrénil V.H. growth and phylogeny. Rage J. 2007.. Steyer S. Bull. Zylberberg L. Haffray P. Knoll F.. de.366 ARMAND DE RICQLÈS Bourdon E. On the origin of rapid growth rates in archosaurs and their ancient relatives: complementary histological studies on Triassic archosauriforms and the problem of a « phylogenetic signal » in bone histology.. Linné — Une passion pour la classification. Bourdon E. Assesment of « silent » vertebral abnormalities.

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Laville S. 2008 et sous presse Meunier F. La pachyostose des squamates du Crétacé supérieur : implications phylogénétiques. Muséum National d’Histoire Naturelle (encadrant : M. mention très hon. Soutenue le 26 juin 2007 (encadrant : M. 2006-2009. http://e. Environnement et Ecologie. M2 Sciences de l’Univers.html. Le jardin des Plantes. Enseigner l’évolutionnisme scientifique face au néo-créationnisme contemporain. 2003-2007.. Révision systématique des placodontes. Stage d’Ichtyologie : initiation. Evolution et Paléontologie. 2008. de Buffrénil). morphofonctionnelles et paléoécologiques (encadrant : V.370 ARMAND DE RICQLÈS Autres productions. Cubo). Fascicule de cours. spécialité SEP : Systématique. Environnement et Ecologie. M2 Sciences de l’Univers. Boves 80332. M2 Sciences de l’Univers. Montes L.J. Culture et Temps libre. Environnement et Ecologie. Evolution et Paléontologie. UPMC/MNHN. le 5 février 2008. Evolution et Paléontologie. ONEMA ed. Le jardin des Plantes. Soutenue le 26 juin 2007 (encadrant : M. Laurin). 2005-2008. Laurin). Prédiction du taux de croissance osseuse chez les amniotes fossiles à partir d’un modèle paléobiologique. Le Muséum national d’Histoire naturelle. 215 pp. G. de. Laurin. UPMC/MNHN. Ricqlès A. UMPC/U. Diversité microstructurale de l’humérus et inférence du mode de vie de taxons éteints. UMPC (encadrants : J. Marjanovic D.geologie. . Anatomie des lépospondyles et origine des lissamphibiens. Le Muséum national d’Histoire naturelle. Extinctions et taille corporelle au cours des crises biologiques de la fin du Permien et du Trias. & Derouch M. Thèse soutenue Juin 2007. UPMC/MNHN. spécialité SEP : Systématique. vulgarisation. Le Roy N. Draveil.fr/ffg/lettre/lettre2. 2006-2009. de Vienne (encadrants : M. 2008. Laurin). Relation entre le taux métabolique standard et les taux de croissance corporelle et squelettique chez les amniotes. 2008. Steiner). Soutenue le 26 juin 2007 (encadrant : J. formation permanente 2007 (suite) Meunier F. Yerres. Cubo). avec félicitations. Castanet et J. Etudiants et stagiaires 2007-2008 Thèses Germain D. phylogénie des amniotes et origine des tortues. Houssaye A. Meunier F. le 27 mai 2008. spécialité SEP : Systématique.free.J. M2 Canoville A. Culture et Temps libre.

Travaux des personnels rattachés pour ordre à la Chaire de Biologie historique et Evolutionnisme Pascal PICQ. le Seuil (192 p. Editions du Chêne (264 p. — Pascal Picq et Michel Hallet-Eghayan. p. Contributions à des ouvrages collectifs — Pascal Picq. de Ricqlès). Université Paris VII. Ghislaine Dehaene et Cécile Lestienne. Paris. Le créationnisme. Post docs Bourdon E. . Relations entre la croissance et le taux métabolique chez les amniotes : approches micro et macroévolutives (encadrant J. 2008. Cours et Travaux Dirigés. le 27 janvier 2008. Cubo). Cubo et A. Responsable : Jorge Cubo. Paris. Piras P. In : Spyros Theodérou (dir.) 2007. Photographies d’Eric Travers. Série de séminaires sur L’évolution de l’homme et l’évolution et l’adaptation du crâne des hominidés. Printemps 2008.) : Lexiques de l’Incertain. — Université Paris VII. Printemps 2008. Elle a travaillé avec Laetitia dans le projet. Sujet : Quantification des signaux écologique et phylogénétique dans la forme et la microstructure des éléments squelettiques chez Arvicola (Rodentia) (encadrant : J.) 2008. Les Animaux amoureux. La plus belle Histoire du Langage. Editions Parenthèses. UE2 génétique et évolution : grands mécanismes du Master mention génétique de la Faculté de Médecine Xavier Bichat. DU de Sexologie de l’université Paris XIII (13 janvier 2008). Editions Sciences Humaines/France Inter. — Pascal Picq. 2008. Maître de Conférences au Collège de France Enseignement — Introduction à la médecine évolutionniste. — La sexualité humaine. Responsable : Jorge Cubo. Stage de Licence du 10 janvier au 30 juin 2008. Laurent Sagart. Publications Livres — Pascal Picq. Cubo). Le Pommier (112 p.) : Abécédaire des Sciences pour les Curieux. Formation au CAPES interne. Danser avec l’Evolution. L’Homme et sa nature : de l’Hominsation à la fin des certitudes. In Mathieu Vidard (dir.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 371 M1 Blottière L. Paris.) 2007. Paris. ATER Collège de France 2007-2008 Recherche d’un signal phylogénétique dans l’histologie osseuse : le modèle Ratite (encadrants : J. Stage post-doctoral du 1er janvier au 31 décembre 2008 financé par l’Université Pierre et Marie Curie. 55-80. Université Pierre et marie Curie. Faculté de Chirurgie dentaire de Garancière. — Pascal Picq. — Origines et évolution de l’homme.

De l’importance de sauver les grands singes. — Président du jury de La Science se Livre. séminaires. — Que répondre aux créationnistes ? Pour la Science : 52-54. Archéologia 447. — Membre du Jury des bourses de la Chancellerie . novembre 2007. — Darwin menacé par les religions ? Science et Avenir 729 (numéro spécial 60 ans) p. 114. 98-103. Paris. — Créationnisme et dessein intelligent. 68-69. Les éditions Ovadia. La bipédie est-elle spécifique à l’homme ? p. 139-148. p. In : Max Poty (éd. 40-51.) Emergence : actes du colloque de Mouans-Sartoux. Le Point Hors Série 18. Postface. 4-8. Francophone de Gynécologie et Andrologie psychosomatique. . 10-13) et Retour vers les Lumières (68-71). Dossier Pour la Science n° 57. — Faits et causes pour l’évolution. Fonctions diverses et responsabilités administratives (extraits) — Membre du conseil scientifique de la Cité des Sciences de la Villette. 76-77. septembre 2007. 5e Congrès Int. — Pascal Picq. Sophia Antipolis le 7 décembre 2007. réunions scientifiques (extraits) Colloques et réunions scientifiques. 2007. Espace Cardin. avec Sabrina Krief. — Membre du conseil scientifique du Palais de la Découverte. Les Textes qui ont changé le Monde. — Membre du conseil scientifique de la fondation Nicolas Hulot pour l’Homme et la Nature. 2007. Congrès de la CNO/SOP de Paris. Articles — Les Révolutions des origines (p. octobre/décembre 2007 : Editeur invité et rédaction d’articles : A l’ouest d’Homo sapiens. Hôtel Mariott. Colloques. Panama. L’émergence de l’Homme et de l’Humain. p. — L’Homme et la machine : progrès technique ou évolution ? 1er Salon IMMOTOCDOMOTIC. p. sélection sexuelle et sexualité humaine. Agora Einstein. disciplines Littérature et Sciences humaines. 2007. Lyon. L’outil ne fait pas l’homme.372 ARMAND DE RICQLÈS — Pascal Picq. Pour la Science 357 : 41-40. — Membre du conseil scientifique de la revue Le Magazine du Développement durable. séminaires — SSSSH … sexe. Les trois candidats à l’ancêtre commun. juin-juillet 2008. — La canine des Hominidés : évolution et adaptation. 2007. — Evolution : rencontres avec Yves Coppens et Pascal Picq. — Sur la Trace de nos Ancêtres. 40. — Membre du conseil scientifique du Musée des Confluences. — Scientifique référant auprès de l’Education nationale pour l’enseignement de l’évolution de l’Homme.11-130. 2007. Homo : le singe à rebrousse poil. In : Claude Gudin : Une Histoire naturelle du Poil. p. le 25 janvier 2008. — Membre du comité de rédaction de la Revue du Palais de la Découverte. 2007. le 17 janvier 2008. Pour la Science 357 : 50-51. p. p.

Exposition d’art contemporain à l’espace Paul Ricard. Proceedings of the Third International Conference on the Geology of the Tethys. 48 : 171-178. Aswan. 23 : 31-90. Amblonyx. 56 : 106-111. Publications scientifiques 2007 (suite) Nakatsukasa. 2007. 2007. Pickford. & Soliman. Colloque UISPP/CISENP Les Expressions intellectuelles et spirituelles des Peuples sans Ecriture. The myth of the hippo-like anthracothere : The eternal problem of homology and convergence. Raghavan. — Quand l’évolution est de bon goût : du fruit à la cognition. 63 (1) : 83-127. Forum Les Voies du Goût. M.. Mammalia) : nomenclatural and geochronological implications..BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 373 — Une archéologie vivante des langues et des mythes : l’approche structurale. January. 1947. Mein.. M. Diffusion des connaissances scientifiques (extraits) Expositions. Paléont. M. 63(2) : 135-146. M. Humid conditions in the Western Desert of Egypt during the Vallesian (Late Miocene). H. Revision of the Mio-Pliocene bunodont otter-like mammals of the Indian Subcontinent. 2007.. Pickford . M. Aswan. First fossil small-clawed otter. P. a 6 Ma hominid from Kenya. H. — Dérives. 2008. and Libycosaurus anisae (Black... & Senut. 2008. Libycosaurus petrocchii Bonarelli. Martin Pickford. India Estudios geologicos. activités auprès des Musées — Le Zizi sexuel. Publications scientifiques 2008 et sous presse Pickford. Humid conditions in the Western Desert of Egypt during the Vallesian (Late Miocene). Wanas. Estudios geologicos. Musée de l’Homme. R. . B. from the Upper Siwaliks. Pickford. 2008. 2008. 1972) (Anthracotheriidae. M. & Gayathri. janvier. with a note on some specimens of Lutra. Pickford. Egypte. P.. P. Dijon 11-13 octobre 2007. Maître de conférences au Collège de France Activité 2007-2008 Participation à des Congrès 2007 (suite) (après le 30/06/2007) Pickford. pp... Ann.. N. Echanges et textes. Paris 22-23 octobre 2007. Late Miocene procaviid hyracoids (Hyracoidea : Dendrohyrax) from Lemudong’o. Biennale Internationale des Arts Culinaires. Pickford. 94 : 39-55. Pickford.. Body weight.. 2007. Kirtlandia. Revista Espanola de Paleontologia. P. M. South Valley University. The Third International Conference on the Geology of the Tethys. Patnaik. M. & Soliman. Egi. Exposition de la Cité des Sciences (conseiller scientifique). 2007.. Primates. South Valley University... H. Mein. 2008. Wanas.. 2008. H. 1-17.. 2007. L.. M... femoral length and stature of Orrorin tugenensis. Kenya. & Hlusko..

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habilis et H.Paléontologie humaine M. H. est également africain (Ethiopie). . professeur Les hominidés anciens… une nouvelle histoire à la lumière des découvertes récentes Origine.6 Ma à 7 Ma aujourd’hui. Herto. Michel Brunet. rudolfensis. Vers 800 000 ans on connaît Homo heidelbergensis qui donnera naissance en Europe aux Néanderthaliens. le tchadien. le plus ancien (155-160 000 ans) représentant actuellement décrit de notre espèce. du genre Homo qui va partir (H. qui après une courte cohabitation vont être remplacés vers 28-30 000 ans par les hommes modernes. tandis que le plus ancien (7 Ma) est Sahelanthropus tchadensis dit Toumaï. Vers 4 Ma. les plus anciens hominidés connus sont passés de 3. Homo neanderthalensis. eux-mêmes sûrement à l’origine entre 2 et 3 Ma des premiers représentants. erectus) à la conquête du reste de l’Ancien Monde où les plus anciens sont actuellement connus à un peu moins de 2 Ma en Géorgie au Caucase. ces hominidés anciens du Miocène supérieur ont donné naissance aux Australopithèques . sapiens idaltu. H. évolution. paléoenvironnements. chronologie Leçon inaugurale. phylogénie. avec trois nouvelles espèces du Miocène supérieur : Ardipithecus kadabba l’Ethiopien et Orrorin tugenensis le Kenyan. C’est lui ou l’un de ses frères qui partira à la conquête du reste du Monde avec le succès que nous connaissons. le 27 mars 2008 : Origine et histoire des hominidés… Nouveaux paradigmes Depuis 1994. paléobiogéographie.

Cet Ordre est actuellement représenté par plus de 200 espèces principalement arboricoles et vivant essentiellement dans les forêts tropicales et subtropicales. les hominidés (= ensemble des humains actuels et fossiles.) caractérisés par la présence d’un rhinarium et d’une lèvre supérieure fendue. Dans le cours. Orangsoutans. biogéographie D’un point de vue paléontologique. habilement grimé en « pseudoscience » sous le nom de dessein intelligent. Gorilles.). les plus anciens préhumains fossiles. au moment de la mise au jour des premiers restes de l’Homme de Neandertal. les Hominidés se distinguent des grands singes par des caractères anatomiques particuliers de leur denture (canines petites et assymétriques. non seulement par sa solide implantation sur le Continent Nord Américain. et des préhumains) sont considérés comme le groupe frère des Panidés (= les chimpanzés et les bonobos) avec lesquels ils partagent un ancêtre commun. mais aussi dans l’Ancien monde. à ce jour datés de 7 Ma.…) et de la base de leur crâne (trou occipital en position antérieure. Ces derniers se divisent à leur tour en deux groupes les singes : Cercopithécoïdes (Cercopithèques. Les Sciences modernes ont montré que ces trois évènements étaient en réalité séparés par des milliards d’années. fait preuve d’une vigueur persistante.l. face nucale très inclinée . Pourtant le courant néocréationniste. rapports de parenté. émail des dents plus épais que chez les grands singes. Chimpanzés et Humains). Siamangs.. complexe C/P3 non aiguisoir mais de type broyeur. Les Primates se divisent en deux grands groupes les Strepsirhini (Lémuriformes s. et les Haplorhini : Tarsiiformes & Simiiformes (= les singes) sans rhinarium et à lèvre supérieure soudée. Les Simiiformes regroupent les singes du Nouveau monde (Platyrrhini) et ceux de l’Ancien monde (Catarrhini). Cours des 16 avril et 7 mai : Primates actuels et fossiles. canine supérieure sans crête aiguisoir. Cours du 9 avril : Biodiversité des Primates actuels Les Humains sont des Mammifères qui appartiennent à l’ordre des Primates (les Premiers). sont donc bien connus en Afrique et témoignent d’une origine africaine et ancienne (au moins 8 Ma) de l’humanité. biochronologie. anatomie. l’Origine de la Terre et l’Origine de l’Homme. créé par Linné en 1758. et les grands singes : Hominoïdes (Gibbons. Babouins. Comme l’avait prédit Charles Darwin dès 1871.376 MICHEL BRUNET Cours du 2 avril : L’Histoire de notre Histoire Les Sciences de l’Antiquité confondaient l’Origine de l’Univers.. La notion d’Homme fossile n’a été reconnue qu’en 1856. ainsi qu’en témoignent l’édition et la diffusion récentes d’un album photos couleur de luxe intitulé « Livre de la création ».

ni des chimpanzés. 2 500 km à l’Ouest du grand Rift Africain. Cette population ancestrale (DAC : dernier ancêtre commun = LCA : last common ancestor) est sûrement Africaine. Australopithecus bahrelghazali. tandis que le plus ancien (7 Ma) est Sahelanthropus tchadensis dit Toumaï.F. le premier trouvé à l’ouest de la vallée du grand Rift Africain (Brunet et al. surnommé Abel (3. Seule la découverte de nouveaux fossiles permettra de choisir entre ces deux hypothèses.T. Dès 1967 Sarich et Wilson de l’Université de Californie à Berkeley ont montré que notre proximité génétique avec les chimpanzés est si grande (moins de 2 % de différence) que nous partageons un ancêtre commun.6 Ma à 7 Ma. les plus anciens hominidés connus sont passés de 3. les données sédimentologiques et paléobiologiques témoignent d’une mosaïque de paysages.. de marécages. dans l’état actuel de nos connaissances être voisine de 8 Ma. Dans le Miocène supérieur du Tchad. prospecte et fouille dans le désert du Djourab au Nord Tchad. au Bostwana. 1995) et plus tard un nouvel hominidé Sahelanthropus tchadensis (Brunet et al. Actuellement dans le Kalahari central. 2002) du Miocène supérieur (7 Ma). Dès le début du troisième millénaire trois nouvelles espèces ont été décrites dans le Miocène supérieur : Ardipithecus kadabba l’Ethiopien. L’origine de cet ensemble (Gorilles ((Chimpanzés) (Humains))) est généralement considérée comme africaine. de lacs. mais indique au contraire son appartenance au rameau humain et sa proximité temporelle avec le dernier ancêtre commun aux chimpanzés et aux humains. mais des découvertes récentes en Eurasie soulèvent la question de la possibilité de leur origine asiatique. Ce plus ancien hominidé connu est une découverte majeure qui montre définitivement que les hypothèses d’une origine australe ou orientale du clade humain doivent être reconsidérées. de . le delta de l’Okavango m’apparaît être un bon analogue avec un paysage mosaïque similaire de rivières.58 Ma). Elle constitue le groupe frère des Gorilles dont elle s’est séparée vers 9-10 Ma. Cours du 14 mai : Les Hominidés du Miocène supérieur Depuis 1994.F.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 377 vers l’arrière) en liaison avec un squelette appendiculaire (notamment au membre postérieur le pelvis. Depuis 1994 j’ai initié et dirigé la Mission Paléoanthropologique FrancoTchadienne (M. La M. où successivement elle a mis au jour un nouvel australopithèque. Toumaï daté de 7 Ma est sûrement proche de cette dernière dichotomie qui peut. un hominidé tchadien. Orrorin tugenensis le Kenyan.P. = une soixantaine de chercheurs de 10 nationalités) qui conduit un programme de recherches transdisciplinaires autour de l’origine et de l’évolution des hominidés anciens et de leurs environnements successifs.P.T. le fémur et le tibia) adapté à une locomotion bipède. Sahelanthropus tchadensis possède une combinaison unique de caractères primitifs et dérivés qui montre clairement qu’il ne peut être rapproché ni des gorilles..

3 Ma) a été décrite en Afrique du Sud (enfant de Taung) par Raymond Dart en 1925.2 Ma) est la plus célèbre représentante. L’espèce type du genre Australopithecus africanus (3. . Maintenant.378 MICHEL BRUNET zones boisées. garhi. une face moins prognathe que chez les grands singes . Enfin en 1995 j’ai décrit avec mon équipe la MPFT la première espèce connue à l’Ouest du grand Rift au Tchad dans le désert du Djourab. locomotion bipède.5-2. Toutes les espèces décrites sont africaines.2-3. d’îlots forestiers. Middle Awash. Cette dernière espèce a été considérée par ses auteurs comme une forme ancestrale des hommes modernes. H. de savane arborée. Foramen magnum en position antérieure . etc.5 Ma). du genre Homo. Mais très probablement. des molaires plutôt grandes à émail épais et cuspides bulbeuses .58 Ma). sans crête aiguisoir . une première prémolaire inf. Australopithecus ghari. De plus. (P3) sans facette aiguisoir pour une canine sup. compte tenu de ce que l’on sait de leur crâne ou de leurs membres. 2.7 Ma) dont Lucy (3. dérivée de A. A. Aussi l’hypothèse qui invoquait le rôle déterminant de la savane herbeuse dans l’origine du rameau humain et de la bipédie fait dorénavant partie de l’histoire de notre histoire. Dans cette mosaïque les préférences écologiques de Toumaï sont encore en cours d’étude.9-2. est associée à des artefacts et à des ossements portant des traces de boucherie. rudolfensis. puis A.9 Ma) . Ethiopie. africanus et/ou A. En Afrique orientale la plus ancienne est Australopithecus anamensis (4. ces trois hominidés du Miocène supérieur sont sûrement bipèdes. Parmi leurs principales caractéristiques anatomiques il faut citer : des incisives et des canines petites / au poids du corps . afarensis (Lucy). A. euxmêmes sûrement à l’origine entre 2 et 3 Ma des premiers représentants. afarensis. de prairies herbeuses et de zones désertiques. Australopithecus bahrelghazali (3. Cours des 21 et 28 mai : Les Australopithèques (1) Dans l’état actuel de nos connaissances on peut penser que vers 4 Ma ces hominidés anciens du Miocène supérieur ont probablement donné naissance aux Australopithèques : A. une face grande et un cerveau relativement petit . bahrelghazali (Abel). la mieux connue Australopithecus afarensis (3. Notamment l’étude des isotopes stables du carbone (13 C) de l’émail dentaire devrait permettre de mieux préciser son régime alimentaire. une forme plus récente (Bouri. habilis et H. anamensis pour le moment le plus ancien mais aussi le plus primitif. . il est de plus en plus clair que ces premiers hominidés fréquentaient des environnements boisés et n’étaient pas restreints à l’Afrique Australe et Orientale mais vivaient au contraire dans une zone géographique plus vaste incluant une partie de l’Afrique Sahélo-Saharienne : au moins l’Afrique centrale (Tchad) et probablement la Libye mais aussi l’Egypte et le Soudan. comme les autres hominidés du Miocène supérieur Toumaï devait fréquenter des espaces boisés.

) vont induire immanquablement des changements drastiques pour l’ensemble de notre histoire. phalanges de la main courbes . pisiforme grand . suggérant un régime alimentaire avec des plantes en C4 (graminées) et de la viande. Swartkrans. Vallée de l’Omo.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 379 Tous ces Australopithèques sont marqués par un fort dimorphisme sexuel. Kromdraai et Drimolen. Ces nouvelles approches. robustus a des dents avec un taux élevé de 13 C. imagerie 3D. Leur denture antérieure (incisives et canines) est très réduite tandis que les dents jugales (Pm et M) sont au contraire très développées. Ethiopie) et P. deux en Afrique orientale dont la plus ancienne : P. phalanges du pied longues et courbes . à des caractères de bipède sont associés d’autres caractères qui indiquent encore la possibilité de grimper aux arbres : orientation de l’omoplate . Cours du 4 juin : Les Paranthropes Vers 2. De même certains auteurs considèrent les paranthropes comme appartenant au genre Australopithecus. etc.3 Ma.5-2 Ma. Les relations de parenté entre ces formes robustes dépend de la nature des caractères partagés : homologues ou homoplasiques… et est donc l’objet de discussion au sein de la communauté scientifique. Afrique de l’Est) . En ce qui concerne la locomotion.1-1. membres postérieurs encore courts.5 Ma un groupe d’australopithèques va spécialiser son régime alimentaire impliquant un changement morphologique vers des formes dites « robustes » qui sont généralement regroupées dans le genre Paranthropus. une espèce en Afrique du sud : P. Afrique du sud). échapper aux prédateurs et se nourrir.6-2. boisei (2. . paléo ADN. Cours du 11 juin : Histoire des préhumains… Ce que l’on croit savoir… Ce que l’on ne sait pas… En fonction de la diversité et de la multiplicité des nouvelles données de leur origine africaine au peuplement du reste du Monde l’histoire et l’évolution des hominidés anciens doivent être reconsidérées dans le cadre de nouveaux paradigmes. aethiopicus. principalement sur le terrain la prospection de nouvelles aires géographiques (notamment toute l’Afrique Sahélo-Saharienne) mais aussi l’utilisation de nouvelles technologies (scanners synchrotron. « Black Skull » (2. Trois espèces ont été décrites. biogéochimie isotopique. P. Sur le sol le mode de locomotion est la bipédie mais un mode de vie arboricole est conservé pour dormir. Ainsi Lucy et ses frères avaient une taille moyenne de 105 à 150 cm pour un poids d’environ 30 kg pour la plus petite femelle et 45 kg pour les grands mâles. robustus (1.1 Ma.

biologie. D’un point de vue quantitatif. Parallèlement aux progrès dans l’acquisition de données tridimensionnelles. L’apparition de la bipédie chez l’homme livre de nombreux exemples de changements qui sont exprimés dans la morphologie squelettique. DR2 CNRS. L’un des outils permettant de replacer une forme dans un cadre temporel et évolutif (relation ancêtredescendant) est la cladistique. il est nécessaire de définir les états primitifs et évolués des caractères étudiés de façon à les replacer dans la phylogénie d’un ensemble d’individus. l’introduction des méthodes de morphométrie géométrique a constitué une . Pour ce faire. La paléontologie est donc une science pluri-disciplinaire qui exploite plusieurs outils (anatomie. avec une résolution spatiale appropriée. l’utilisation de techniques de reconstruction tridimensionnelle ouvre la possibilité d’effectuer des analyses comparatives en incorporant des fossiles incomplets et/ou déformés. imagerie. où et quand est-il apparu ? … Bien qu’elles soient de mieux en mieux contraintes demeurent toujours des questions d’actualité. changement qui à leur tour ont eu une influence sur l’anatomie des tissus mous et la physiologie de l’individu. 9 avril : Fossiles. Différentes stratégies pour la reconstruction de fossiles de crânes de primates fossiles ont été présentées. De plus. Cette phylogénie nous informe à terme sur l’identification et la classification des organismes. l’histoire d’un individu ou du développement d’un individu. de l’Université de Montpellier II Grâce aux développements de l’imagerie médicale et de la microtomographie il est aujourd’hui possible d’accéder à la structure osseuse crânienne de fossiles très minéralisés. La forme peut exprimer une fonction. biomécanique. ou d’individus de très petite taille. Dr. informatique). IPHEP Université de Poitiers La forme est l’une des propriétés les plus importantes de la matière et constitue un marqueur essentiel de la biodiversité.380 MICHEL BRUNET De telle sorte que les interrogations anciennes : D’où venons-nous… Qui sommesnous… Qui est l’ancêtre. le principe d’allométrie permet de définir la relation existant entre la forme et la taille d’un objet. reconstructions 3D et analyse de la variabilité morphologique avec Renaud Lebrun. C’est également le seul élément à la disposition du paléontologue lui permettant de baser ses interprétations. Séminaires 2007-2008 2 avril : Principes de l’analyse morphologique en paléoanthropologie : histoire de formes et histoire des formes avec Stéphane Ducrocq. et elle aide souvent à comprendre pourquoi une espèce a développé une adaptation plutôt qu’une autre. mathématiques. Le but ultime de l’information phylogénétique consiste à donner un sens aux schémas observés dans la nature.

mais beaucoup plus récente. en préservant la géométrie de l’objet lors des analyses : ceci permet d’étudier des patrons de variabilité complexes à un niveau de détail inégalé. ce qui les situe au sein des formes les plus grandes de leur temps. et des voies paléogéographiques suivies entre l’Asie du Sud et l’Afrique se révèlent maintenant indispensable pour suivre en détail l’histoire ancienne de notre rameau. Thaïlande et Birmanie permettent de mettre en évidence d’une part la très grande ancienneté de ce groupe en Asie (55 Ma) ainsi que son extrême diversité.5 millions d’années. vraisemblablement multiples. cette situation s’est trouvée modifiée grâce à la découverte d’Anthropoïdes primitifs dans des niveaux anciens de l’Eocène moyen et supérieur d’Asie. les Amphipithécidés se distinguent par leurs caractères très modernes (position frontale des orbites et caractères de leur squelette post-crânien) par rapport à leurs contemporains africains. . Une adaptation similaire. Ces données récentes illustrent l’importance de la première partie de l’histoire des Anthropoïdes en Asie.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 381 véritable révolution pour la biologie comparative. plus de 25 millions d’années après. témoignent de la présence de formes asiatiques en Afrique dès 37. Actuellement les plus anciens Anthropoïdes africains indiscutables sont datés de 37 millions d’années et proviennent du Fayoum en Egypte et en Algérie. la radiation Eocène asiatique comprend des formes de très petite taille (moins de 200 grammes) ainsi que des formes pouvant atteindre une dizaine de kilogrammes. Dans le même temps. Ces méthodes permettent de quantifier les changements phénotypiques au cours de l’évolution de manière globale. Pakistan. En effet. Chine. Professeur et Directeur IPHEP UMR 6046. les données qui soutenaient une origine africaine ont pu être démenties grâce à d’autres découvertes paléontologiques. Mais des découvertes très récentes. 16 avril : Origine et évolution des Primates anthropoïdes en Asie : Relations avec la paléogéographie et les paléoenvironnements avec Jean-Jacques Jaeger. qui a permis l’apparition des caractères modernes du crâne et de la denture qui traduisent une adaptation à un régime alimentaire à base de nourriture dure et abrasive. dans des niveaux un peu plus anciens. Parmi ces formes de grande taille. chez les premiers hominidés. il est admis que l’origine des Primates anthropoïdes s’est située en Afrique. CNRS Université de Poitiers Depuis des décennies. s’est également produite. Les recherches en Inde. Ils semblent avoir évolué sous un climat marqué par une forte saisonnalité. et cela malgré les informations contraires apportées par la phylogénie moléculaire. du désert de Libye. Une connaissance plus détaillée de ces immigrations. Mais récemment. L’évolution de ces formes constitue donc un excellent modèle pour comprendre les modalités et les causes de ces mêmes transformations chez les Hominidés. Une application de ces méthodes pour l’analyse de la variabilité de la morphologie crânienne chez les primates fossiles et actuels est donnée.

le gorille et surtout le chimpanzé. Les formes ancestrales des gibbons et siamangs (famille des Hylobatidae) sont mal connues mais elles étaient probablement asiatiques depuis longtemps. présent de l’Espagne à la mer Noire depuis le Miocène moyen. Ces primates à la denture robuste constituent probablement la souche ancestrale dans laquelle s’enracinent les hominiens plus récents. En Europe. Ce primate. à l’orang se rencontrent au Miocène. que des autres. Se nourrissant de fruits ou de feuilles comme le montre sa dentition. 14 mai : Le temps en géologie : datations absolues avec Didier Bourles. Sa denture et l’usure de ses dents sont voisines de celles des australopithèques découverts en Afrique dans des niveaux plus récents et ces similitudes révèlent une proche parenté entre ces deux ensembles. Des genres apparentés. A la même époque. Professeur émérite de l’Université de Poitiers Les Hominoïdes modernes renferment les grands singes. existait un autre primate. disparaît au milieu du Miocène supérieur (– 8.382 MICHEL BRUNET 7 mai : Les Hominoïdes eurasiatiques du Miocène et l’origine des Hominidae avec Louis de Bonis. Limité jusqu’à une date récente à la Grèce du nord. le genre Ouranopithecus. le genre Dryopithecus. également en Asie. UMR CNRS IRD). et l’homme. Vivant dans un milieu différent semblable à une savane. au sud-est de l’Europe. il pourrait avoir été présent en Bulgarie et en Turquie tandis qu’une forme semblable mais appelée Nakalipithecus vient d’être découverte en Afrique dans un site daté de 10 Ma. il avait un mode de vie sans doute proche de celui des grands singes africains actuels. Khoratpithecus en Thaïlande. Il nous faut aussi mentionner l’immense Gigantopithecus du Pléistocène de Chine. Les bifurcations entre les lignées conduisant aux formes actuelles se sont produites au cours de l’époque Miocène (entre – 23 et – 5.5 millions d’années). gibbon (Hylobates).5 Ma). Sivapithecus dans le sous-continent indien. qu’il broyait grâce à ses robustes mâchoires. gorille (Gorilla) et chimpanzé (Pan). le plus grand primate connu (beaucoup plus grand qu’un gorille). La recherche des liens de parenté par différentes méthodes a montré que nous étions plus proches de deux d’entre eux. orang-outan (Pongo). Cette quête perpétuelle a conduit aux développements de nombreux concepts et de techniques qui peuvent être tout d’abord classés en deux catégories : les méthodes . adapté au milieu forestier. Contraindre temporellement les événements remarquables qui ont jalonné l’histoire géologique et biologique de la planète Terre est une préoccupation essentielle de l’humanité depuis le développement de la pensée rationnelle. se déplaçait dans la canopée à l’aide de ses bras allongés. Professeur de l’Université d’Aix-Marseille (CEREGE. sa robuste dentition lui permettait de subsister sous un climat plus sec en ajoutant à son régime des tubercules ou des racines. et son proche parent du Miocène supérieur Indopithecus. ou Ankarapithecus en Asie Mineure. siamang (Symphalangus).

Depuis maintenant un peu plus de 25 ans. la technique de SMA étant plus particulièrement développée. milieux de dépôts et paléo-environnements des Hominidés avec Mathieu Schuster. cette méthode a permis de dater de manière absolue les restes d’hominidés qui y furent découverts et notamment l’actuel doyen de l’humanité : Toumaï. La datation absolue est une datation aboutissant à un résultat chiffré. tel que le Be-10. les méthodes basées sur des défauts cristallins (thermoluminescence. 21 mai : Sédimentologie. les méthodes basées sur des phénomènes radioactifs. Le plus souvent. les méthodes basées sur des phénomènes cycliques (dendrochronologie…) . Les principes géométriques (le principe de superposition. Au moins un million de fois plus sensible que toute autre technique existante. les uns par rapport aux autres. une couche géologique ou un niveau archéologique. permettant potentiellement une datation absolue et continue sur les 15 derniers millions d’années. La mesure du degré de transformation permet de dater le début du processus considéré. mais également de développer l’utilisation de nouveaux nucléides cosmogéniques. le principe de recoupement. L’ensemble des principes et des phénomènes impliqués dans les diverses méthodes de datation relative et absolue les plus communément utilisées a tout d’abord été exposé. Rb/Sr…) des méthodes directes (Ar/Ar. un objet. les méthodes de datation absolue utilisent des phénomènes de transformations physico-chimiques dont la vitesse est connue. et en particulier . Enfin.…). exprimé en années. le principe de continuité et le principe d’inclusion) et le principe d’identité paléontologique.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 383 de datation relative et les méthodes de datation absolue. la SMA a non seulement permis de pousser à ses limites extrêmes la datation par le C-14. a été développée afin de permettre d’identifier puis de compter les atomes formés dans l’environnement lors d’interactions entre les particules très énergétiques issues du rayonnement cosmique et les atomes constituant l’environnement terrestre. Récemment (2008) adaptée pour dater des dépôts sédimentaires continentaux déposés lors d’épisodes Lac Méga-Tchad dans le nord du bassin du lac Tchad. Quatre groupes principaux de méthodes peuvent être distingués : les méthodes basées sur des phénomènes de diffusion. les plus récents développements de cette technique ont été présentés à travers son application à la datation des restes d’hominidés Mio-Pliocène mis au jour dans le bassin du lac Tchad.…) . La datation relative regroupe l’ensemble des méthodes de datation permettant d’ordonner chronologiquement des événements géologiques ou biologiques. la Spectrométrie de Masse par Accélérateur (SMA). CR CNRS à l’Université de Poitiers L’évolution biologique est une résultante de la pression de sélection du milieu sur les êtres vivants. l’évolution de la faune et de la flore. soit jusque vers 45 000 ans. nucléides cosmogéniques. Ainsi. parmi lesquelles on distingue les méthodes isochrones (U/Th. une nouvelle technique. de racémisation . Elle peut concerner un événement. EPR/ESR.

des sols à conduits racinaires et nidifications d’insectes. Un changement de faciès dans l’enregistrement sédimentaire marque un changement dans la dynamique de dépôt. bassin sédimentaire) et qui se nourrit de la connaissance des systèmes sédimentaires actuels. Ainsi. lacs. permet de passer de l’étude des dépôts sédimentaires à la reconstruction de l’organisation spatiale des environnements à un moment donné. La sédimentologie. strate. appliquée aux archives sédimentaires du Bassin du Tchad. Le terme de « paléo-environnement » désigne une réalité qui comprend aussi bien le paysage physique que l’écosystème. Sur le terrain. réseau hydrographique fossile) ou de repérer des zones d’affleurements. L’étude géomorphologique par télédétection (photos aériennes. Cette démarche. Le faisceau de données ainsi obtenu contribue à restituer les environnements anciens. Le « principe de Walther » qui propose que les superpositions de faciès représentent l’image verticale de ce qui existait de manière horizontale dans l’espace. c’est-à-dire un milieu naturel. la reconstitution des paléo-environnements est par essence une démarche pluridisciplinaire où chaque spécialité apporte des données indépendantes mais complémentaires.384 MICHEL BRUNET celles des Hominidés. renseigne sur les milieux de dépôts. reliefs) qui structurent les paléo-environnements. siège à la fois d’une activité biologique et d’une activité géologique. des dunes éoliennes. des crues éphémères et des lacs. fleuves. structures sédimentaires. l’observation directe sur l’affleurement est une étape cruciale car elle permet de collecter les indices nécessaires à l’identification des faciès sédimentaires.. contribue à la reconstruction des paléo-environnements des Hominidés anciens du Tchad (Sahelanthropus tchadensis et Australopithecus bahrelghazali). La géologie sédimentaire est avant tout une discipline de terrain. Divers types de dépôts ont été reconnus : e.g. Les milieux de dépôts identifiés jettent ainsi les bases d’un décor péri-lacustre que complète l’étude des paléo-faunes et paléo-flores afin de restituer les paléo-environnements de cette région-clef pour la compréhension de l’histoire de notre Histoire. .. géométrie) appelée faciès sédimentaire.g. affleurement. est directement liée à l’environnement et à ses modifications au cours du temps. à travers l’étude des roches sédimentaires. Chaque environnement possède sa signature sédimentaire propre (lithologie. modèles numériques de terrain) est un complément indispensable à cette démarche et permet par exemple d’identifier dans le paysage les marques des anciens systèmes sédimentaires (e.g. basée sur l’observation des dépôts sédimentaires à différentes échelles (lamine. La connaissance des paléo-environnements successifs des Hominidés est donc indispensable pour comprendre leur évolution et leur distribution géographique. leur dynamique et leur évolution dans l’espace et au cours du temps. images satellites. Elle permet ainsi de restituer les paysages physiques (e.

Les macro-restes de végétaux étant très rarement conservés dans les sédiments. Une partie des interprétations paléoenvironnementales effectuées à l’aide des faunes est basée sur le principe d’actualisme. Pour ce faire. soit en analysant la structuration de l’assemblage. D’autre part. très précises. Ces méthodes. Maître de Conférences et Directeur adjoint UMR 6046. L’analyse du couvert végétal nécessite moins de matériel fossile mais est souvent plus délicate à interpréter. IPHEP Université de Poitiers Depuis une quinzaine d’années. il est dorénavant clair que les études portant sur l’origine et l’évolution des Hominidés ne peuvent pas s’appréhender hors d’un contexte paléoenvironnemental bien compris. deux approches indirectes sont classiquement utilisées. Enfin. deux types de paramètres sont pris en compte dans les analyses : les paramètres abiotiques et les paramètres biotiques. les découvertes de restes fossiles d’Hominidés anciens se multiplient dans les sédiments mio-pliocènes d’Afrique de l’Est et du Sud mais aussi d’Afrique Centrale. l’étude approfondie des microrestes végétaux (grains de pollens et phytolithes) permet aussi d’apporter des informations qui seront confrontées aux autres données issues de l’étude de la faune et de la flore afin de dresser un tableau des «paléo-paysages» dans lesquels sont apparus puis ont évolué les Hominidés. . soit en comparant le milieu de vie d’une forme actuelle par rapport à une forme fossile proche. A partir d’exemples précis. les différentes méthodes d’investigation ont été développées et les données interprétées.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 385 28 mai : La lecture de l’environnement des Hominidés anciens à l’aide des paramètres biotiques avec Patrick Vignaud. L’analyse de la composition isotopique de l’émail dentaire des mammifères consommateurs de végétaux (l’émail dentaire conserve une « trace » des signatures biochimiques des végétaux consommés). choisis dans le Mio-Pliocène du désert du Djourab au Nord Tchad. L’analyse des flores et des faunes découvertes associées aux restes d’Hominidés permet de préciser les conditions environnementales des écosystèmes dans lesquels sont apparus puis ont évolué les Hominidés. Il est ainsi possible de préciser un type d’écosystème à l’aide des caractéristiques d’un assemblage faunique. nécessitent cependant le maximum de restes fossiles permettant ainsi de contraindre au mieux les interprétations. Cette augmentation du nombre de restes fossiles oblige maintenant à reconsidérer les relations phylogénétiques entre les différentes formes mises au jour dans ces régions.

Notre planète a connu des périodes chaudes (Crétacé) et des glaciations (Permo-Carbonifère). nous dit que ce que nous savons aujourd’hui de notre Histoire permet de confirmer la prédiction faite par Darwin en 1871. Lui et nous. Le Quaternaire et particulièrement les derniers cycles climatiques sont très bien documentés grâce aux calottes de glace et aux sédiments marins et continentaux.386 MICHEL BRUNET 4 juin : Apports de la modélisation climatique à l’histoire de l’évolution de la vie et des hominidés avec Gilles Ramstein. nous partageons la même population ancestrale. Nous sommes donc tous sœurs et frères et nos différences majeures sont essentiellement marquées par la diversité de nos cultures… une richesse liée à notre histoire… .. Pourtant par 2 fois au moins (au Paléoprotérozoique et au Néoprotérozoique) la Terre a pu être totalement englacée. Enfin. notre origine est bien Africaine et unique. pourrait induire une déstabilisation des calottes de glace et faire basculer une nouvelle fois le climat vers son mode le plus stable : chaud et sans calotte glaciaire. le climat de la Terre est régulé par la tectonique des plaques. A partir d’une hiérarchie de modèles climatiques. les causes des glaciations sont identifiées (cycle de Milankovitch). par son effet sur le climat et le cycle du Carbone. 11 juin : Histoire des préhumains… Ce que l’on croit savoir…Ce que l’on ne sait pas… Perspectives et discussions en rapport avec le cours avec Michel Brunet En science l’absence de preuve… n’est jamais la preuve de l’absence. LSCE Gif-sur-Yvette Irradiée par le Soleil jeune et moins puissant qu’actuellement.. la Terre a pu échapper pendant la quasi totalité de son histoire à une glaciation totale grâce aux gaz à effet de serre.. ainsi que les implications éventuelles des glaciations/déglaciations globales sur le développement de la vie avant « l’explosion Cambrienne ». Les mécanismes physiques qui ont pu conduire et mettre fin à cette glaciation ont été exposés. Directeur de Recherches au CEA. mais également de la variabilité climatique très forte des périodes glaciaires. ! Toumaï avec ses 7 Ma. et en paléontologie la validité d’une hypothèse a souvent une durée de vie qui s’arrête avec la découverte du prochain fossile mis au jour. tous ensemble. parce qu’il est le plus ancien d’entre nous. il a été montré qu’on peut rendre compte des variations glaciaires/interglaciaires. De plus. le bouleversement en cours de la composition de l’atmosphère terrestre d’origine anthropique qui impacte aussi les systèmes à temps de réponse plus long (dynamique de l’océan et de la cryosphère).. Depuis 540 millions d’années. Sur ces 2 exemples il a été montré que la modélisation du Climat apporte aussi des éléments importants. à l’échelle de quelques centaines d’années.

2008). L’ensemble de ces découvertes récentes en Afrique Centrale conduit à revoir de manière drastique nos conceptions sur l’origine et les premières phases de l’histoire du rameau humain. — UE de Master 1 : « L’évolution en questions ». convention de recherche signée le 25 novembre 2005 entre l’Université de Poitiers et l’Université Al Fateh de Tripoli . 2006 . Paléobiogéographie. PNAS 102(52) :18836-41. — Formation académique SVT. Paléoécologie. : Mission Paléoanthropologique et Paléontologique Franco-Libyenne (Dir. — M. 2008). Nature 434 : 755-759. 2005 . — Collège Lenain de Tillemont. Mammifères Ongulés. 20 mars 2008 . 15 avril 2008 .F. rencontre avec les classes de 6e autour de l’origine des Hominidés. PNAS 105 (9) : 3226-3231.P. Conférence. Brunet) depuis 1994 . Montreuil (93). : Mission Paléoanthropologique et Paléontologique Franco-Egyptienne (Dir. Conférence. 10-12 octobre 2007 (Michel Brunet.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 387 Enseignement hors Collège de France — Formation académique SVT. Biochronologie. Phylogénie. Recherche Thématique : Histoire des Hominidés anciens (Mio-Pliocène) et de leurs paléoenvironnements Mots clés : Paléontologie. 1996) connus à l’Ouest de la Rift Valley (Nature 378. Conférence. cours sur les hominidés anciens . Orsay. 2002 . conférencier invité) . Science 311 : 821. 2005 . — M. 2002) du continent africain (Nature 418 : 145-151.F. M. Brunet).P. Systématique. 2002 . Rouen. Direction ou participation à des programmes scientifiques nationaux et internationaux — M. Brunet).T. « Les Climats pré-Quaternaire : Des premières glaciations jusqu’à l’apparition des premiers Hominidés ». M. Nature 434 : 752-755. des plus anciens Hominidés (Sahelanthropus tchadensis Brunet & al. convention de recherche entre l’Université de Poitiers. Hominidés anciens. — Université du temps libre Versailles. 1995 . Université Paris XI. collaboration scientifique entre Collège de France. 21 septembre 2007 .L. 2005 .E. Nature 419 : 582. 273-275. PNAS 105(9) : 3226-3231. 25 février 2008 .F. — Ecole thématique du CNRS. M. PNAS 105 (9) : 3226-3231.P. le CNAR et l’Université de . : Mission Paléoanthropologique Franco-Tchadienne (Dir. Parmi les résultats les plus saillants : Mio-Pliocène d’Afrique Centrale: Découverte au Tchad des premiers Australopithèques (Australopithecus bahrelghazali Brunet & al. 17 avril 2008. 2002 . Propriano. 2008 ) et de plus de 500 sites à vertébrés fossiles dans le Mio-Plio-Quaternaire du Tchad (Nature 418 : 152-155. Evolution. Paléoenvironnements. trois missions de terrain ont eu lieu depuis 2006 . Université de Poitiers et Université du Caire . deux missions de terrain ont eu lieu depuis 2007 . Orléans.

Brunet. : « Revealing Hominid Origins Initiative . BRUNET et D. Apports croisés de l’étude paléontologique des paléoichtyofaunes et de la biogéochimie. — GDRI CNRS regroupant : Chaire de Paléontologie humaine du Collège de France . USA . Bienvenu T. BRUNET et F. HDR Otero O. Université de Poitiers. — Du caractère… à l’arbre phylogénétique ». Allocation MENRT.I. USA ./R. MNHN Paris soutenue le 21 janvier 2008 (M. Université de Poitiers Lebatard E. — La morphologie cérébrale de Toumaï (Miocène sup.D. — Etude de la phylogénie et de la biodiversité des Mochokidae (Téléostéens. Otero et J. Université Poitiers. Ce programme international (10 nationalités) et pluridisciplinaire regroupe maintenant une soixantaine de chercheurs . 01