ANNUAIRE

DU

COLLÈGE DE FRANCE 2007-2008
RÉSUMÉ DES COURS ET TRAVAUX

108 e année PARIS 1 1 , p l a c e Ma rc e l i n - Be r t h e l o t ( Ve )

Photo couverture : Statue de Guillaume Budé (1467-1540) à l’origine de la fondation du Collège de France (par M. Bourgeois, 1880)

La loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article 41, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article 40). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. © Collège de France, 2008, ISSN 0069-5580 ISBN 978-2-7226-0082-9

LE COLLÈGE DE FRANCE
QUELQUES DONNÉES SUR SON HISTOIRE ET SON CARACTÈRE PROPRE

I. LES ORIGINES Les lecteurs royaux. — Le Collège de France doit son origine à l’institution des lecteurs royaux par le roi François Ier, en 1530. L’Université de Paris avait alors le monopole de l’enseignement dans toute l’étendue de son ressort. Attachée à ses traditions comme à ses privilèges, elle se refusait aux innovations. Ses quatre facultés : Théologie, Droit, Médecine, Arts, prétendaient embrasser tout ce qu’il y avait d’utile et de licite en fait d’études et de savoir. Le latin était la seule langue dont on fît usage. Les sciences proprement dites, sauf la médecine, se réduisaient en somme au quadrivium du moyen âge. L’esprit étroit de la scolastique décadente y régnait universellement. Les écoles de Paris étaient surtout des foyers de dispute. On y argumentait assidûment ; on y apprenait peu de chose. Et il semblait bien difficile que cette corporation, jalouse et fermée, pût se réformer par elle-même ou se laisser réformer. Pourtant, un esprit nouveau, l’esprit de la Renaissance, se répandait à travers l’Europe. Les intelligences s’ouvraient à des curiosités inédites. Quelques précurseurs faisaient savoir quels trésors de pensée étaient contenus dans ces chefs-d’œuvre de l’Antiquité, que l’imprimerie avait commencé de propager. On se reprochait de les avoir ignorés ou méconnus. On demandait des maîtres capables de les interpréter et de les commenter. Sous l’influence d’Érasme, un généreux mécène flamand, Jérôme Busleiden, venait de fonder à Louvain, en 1518, un Collège des trois langues, où l’on traduisait des textes grecs, latins, hébreux, au grand scandale des aveugles champions d’une tradition sclérosée. L’Université de Paris restait étrangère à ce mouvement. François Ier, conseillé par le savant humaniste Guillaume Budé, « maître de sa librairie », ne s’attarda pas à la convaincre. Il institua en 1530, en vertu de son

6 autorité souveraine, six lecteurs royaux, deux pour le grec, Pierre Danès et Jacques Toussaint ; trois pour l’hébreu, Agathias Guidacerius, François Vatable et Paul Paradis ; un pour les mathématiques, Oronce Finé ; puis, un peu plus tard, en 1534, un autre lecteur, Barthélémy Masson (Latomus), pour l’éloquence latine. Les langues orientales autres que l’hébreu firent leur entrée au Collège avec Guillaume Postel (1538-1543), l’arabe en particulier, avec Arnoul de L’isle (1587-1613). Le succès justifia cette heureuse initiative. Les auditeurs affluèrent auprès des nouveaux maîtres. Par là, un coup mortel venait d’être porté aux arguties stériles, aux discussions à coups de syllogismes, aux recueils artificiels qui avaient trop longtemps tenu la place des textes eux-mêmes. Par l’étude des langues, on remontait aux sources. On y retrouvait le pur jaillissement d’une pensée libre et féconde. Ainsi naquit le Collège de France. Ne relevant que du roi, dégagés des entraves qu’imposaient aux maîtres de l’Université les statuts d’une corporation trois fois séculaire, affranchis des traditions et de la routine, novateurs par destination, les lecteurs royaux furent, pendant tout le xvie siècle, les meilleurs représentants de la science française. Le Collège, pourtant, n’avait pas encore de domicile à lui. Il ne constituait même pas une corporation distincte, à proprement parler ; il n’existait, comme personne morale, que par le groupement de ses maîtres sous le patronage du grand aumônier du roi. Mais son unité résultait de leur indépendance même. Et déjà, il assurait son avenir par la valeur et l’influence de quelques-uns d’entre eux, tels qu’Adrien Turnèbe, Pierre Ramus, Jean Dorat, Denis Lambin, Jean Passerat, comme aussi par la reconnaissance qu’ils inspiraient à d’illustres auditeurs, un Joachim du Bellay, un Ronsard, un Baïf, un Jacques Amyot. Leurs méthodes d’enseignement étaient variées. Les uns faisaient surtout œuvre de critiques et d’éditeurs de textes ; d’autres commentaient, quelquefois éloquemment, comme Pierre Ramus, les orateurs ou les philosophes, les historiens ou les poètes de l’antiquité classique. Tous, ou presque tous, étaient vraiment des initiateurs en même temps que des érudits.

II. LE DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE Cette bonne renommée de l’institution royale se soutint pendant les xviie et xviiie siècles. Le Collège vit alors se préciser son organisation et s’accroître ses chaires, au nombre d’une vingtaine à la fin de l’Ancien Régime. Depuis le xviie siècle, les lecteurs royaux forment vraiment un corps, symbolisé par l’apparition, sur les affiches de cours, du nom définitif, sous sa forme latine : Collegium regium Galliarum. En 1610, le projet d’une demeure propre, élaboré sous Henri IV, connaît un début de réalisation : Louis XIII, âgé de 9 ans, pose la première pierre du Collège royal. Mais c’est seulement à la fin du xviiie siècle que Chalgrin le mènera à terme sur des plans entièrement remaniés ; les lecteurs royaux

7 possèdent désormais, sur la place de Cambrai, un lieu spécifique où enseigner et relèvent directement du secrétaire d’État chargé de la Maison du roi. En 1772, une décision royale réorganise entièrement la répartition des chaires de manière à intégrer les enseignements novateurs : physique de Newton, turc et persan, syriaque, droit de la nature et des gens, mécanique, littérature française, histoire, histoire naturelle, chimie — à côté des domaines de recherche déjà en place : médecine, anatomie, arabe, philosophie grecque, langue grecque, éloquence latine, poésie latine, droit canon, hébreu, mathématiques. Le Collège de France semble viser à justifier l’ambitieuse devise de son blason : Docet omnia et, de fait, il a « vocation à tout enseigner ». En même temps, son ouverture au monde et l’originalité de sa conception lui valent, presque seul entre les institutions de l’Ancien Régime, d’être épargné par la Révolution ; et, malgré plusieurs projets de réformation qui n’aboutirent pas, il se retrouve au temps de l’Empire, et par-delà, tel qu’il était auparavant, bénéficiant même d’une liberté accrue : la loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) lui accorde en effet l’initiative de présentation des candidats, à l’origine de l’actuel système de cooptation. La souplesse de son organisation va lui permettre de s’adapter sans peine à des conceptions changeantes et de se prêter à tous les progrès. Ainsi s’expliquent son extension considérable au cours du xixe siècle et son rôle dans le développement d’un grand nombre de sciences. En fait, sous une apparence inchangée, il a subi une réelle transformation qui se continue au xxe siècle. Elle s’est accomplie, comme il est naturel, en accord intime avec celle qui se produisait simultanément au-dehors dans presque tous les ordres de connaissance. Mais il est à noter que, très souvent, c’est le Collège de France qui a frayé ou élargi les voies nouvelles, et qu’il continue de le faire. Pour compléter et préciser les données précédentes, on pourra se reporter à l’ouvrage d’Abel Lefranc, intitulé Histoire du Collège de France, Paris, 1893 ; au livre jubilaire Le Collège de France, publié en 1932, où vingt-cinq notices ont été consacrées à l’histoire de l’enseignement donné au Collège de France dans les principales disciplines de l’ordre littéraire et de l’ordre scientifique ; à la Revue de l’Enseignement supérieur qui a publié, sous la plume de Marcel Bataillon, dans son no 2 de 1962 (p. 1 à 50) un aperçu de l’histoire du Collège de France, de son fonctionnement institutionnel et de ses moyens d’action ; à la conférence d’ Yves Laporte publiée en 1990 sous forme de plaquette par le Collège de France ; à Christophe Charle et Éva Telkès, Les Professeurs du Collège de France, dictionnaire biographique 1901-1939, Institut national de Recherche pédagogique et Éditions du CNRS, Paris, 1988 ; Christophe Charle, « Le Collège de France », dans Les lieux de mémoire, sous la direction de Pierre Nora, II : La Nation, t. 3, p. 389-424. En 1998 est également publié le livre Les origines du Collège de France (1500-1560), sous la direction de Marc Fumaroli,

8 aux Éditions Klincksieck, et en 2006 le premier tome de l’Histoire du Collège de France : I. La Création 1530-1560, sous la direction d’André Tuilier, avec une préface de Marc Fumaroli, aux Éditions Fayard.

III. LES CHAIRES DU COLLÈGE DE FRANCE DEPUIS LE XIXe SIÈCLE Antiquité grecque et romaine. — Dans la chaire de Langue et littérature grecques où s’étaient illustrés Jean-Baptiste Gail (1791-1829) et Jean-François Boissonade (1829-1855), Jean-Pierre Rossignol (1855-1892) eut comme successeurs Maurice Croiset (1893-1930) et Émile Bourguet (1932-1938). Une chaire d’Épigraphie et antiquités grecques a été instituée en 1877, et occupée successivement par Paul Foucart (1877-1926), Maurice Holleaux (1927-1932) et Louis Robert (1939-1974). Une chaire dénommée La Grèce et la formation de la pensée morale et politique a été créée en 1973 pour Mme Jacqueline de Romilly, première femme à occuper une chaire au Collège (1973-1984), puis transformée, en 1984, en chaire de Tradition et critique des textes grecs pour M. Jean Irigoin (1986-1992). — Gabriel Millet, qui occupa de 1926 à 1937 la chaire d’Esthétique et histoire de l’art, l’orienta vers l’étude du byzantinisme, auquel fut consacrée une chaire d’Archéologie paléo-chrétienne et byzantine pour André Grabar (1946-1966) puis une chaire d’Histoire et civilisation de Byzance pour Paul Lemerle (1967-1973) ; elle est devenue Histoire et civilisation du monde byzantin pour M. Gilbert Dagron de 1975 à 2001. En 1992, a été créée une chaire d’Histoire économique et monétaire de l’Orient hellenistique pour M. Georges Le Rider (1993-1998), et en 2002, une chaire d’Épigraphie et histoire des cités grecques occupée par M. Denis Knoepfler à partir de 2003. Une chaire de Philosophie grecque et latine eut comme titulaires Édouard Bosquillon (1775-1814), Jean-François Thurot (1814-1832), Théodore Jouffroy (1832-1837), Jules Barthélémy Saint-Hilaire (1838-1852), Émile Saisset (chargé de cours 1853-1857), Charles Lévêque (chargé de cours 1857-1860, titulaire 1861-1900), Henri Bergson (1900-1904). Une chaire d’Histoire de la pensée hellénistique et romaine a été créée en 1981 pour M. Pierre Hadot (19821991). Pour l’enseignement du latin, deux chaires existaient depuis l’Ancien Régime : l’Éloquence latine, tenue successivement par Pierre Gueroult (1809-1816), Jean-Louis Burnouf (1817-1844), Désiré Nisard (1844-1852), Wilhelm Rinn (1853-1854), Ernest Havet (1854-1885), et la Poésie Latine, par Jacques Delille (1778-1813), Pierre-François Tissot (1813-1821), Joseph Naudet (1821-1830), Pierre-François Tissot à nouveau (1830-1854), Charles-Augustin de Sainte-Beuve (1854-1869) qui, toutefois, ne put jamais enseigner. La prédominance de curiosités et de méthodes nouvelles se manifesta par la transformation de la chaire d’Éloquence

9 latine en Philologie latine, avec pour titulaire Louis Havet (1885-1925), et de la Poésie latine en Histoire de la littérature latine, occupée par Gaston Boissier (18691906) et Paul Monceaux (1907-1934). Ces enseignements ont été complétés par ceux de disciplines qui attestaient l’élargissement de l’horizon scientifique ; une chaire d’Épigraphie et antiquités romaines, créée en 1861, pour Léon Renier (18611885) a été occupée par Ernest Desjardins (1886), et ensuite par René Cagnat (1887-1930), puis, sous le titre élargi de Civilisation romaine, par Eugène Albertini (1932-1941), André Piganiol (1942-1954), et Jean Gagé (1955-1972) ; elle est devenue, de 1975 à 1999, Histoire de Rome pour M. Paul Veyne. Une chaire d’Histoire de l’Afrique du Nord, où furent spécialement étudiées les périodes romaine et post-romaine, a eu pour titulaire Stéphane Gsell (1912-1932). Une chaire d’Histoire de la langue latine, occupée par Alfred Ernout (1944-1951), a été transformée en 1951 en chaire de Littérature latine pour Pierre Courcelle (19511980). En 2000, une chaire intitulée Religion, institutions et société de la Rome antique a été créée pour M. John Scheid et est occupée depuis 2001. Une chaire de Numismatique de l’Antiquité et du Moyen Âge, inaugurée en 1908 par Ernest Babelon, a été transformée, en 1924, en une chaire de Numismatique de l’Antiquité, que Théodore Reinach a occupée jusqu’en 1928. Philosophie. — Un enseignement de Philosophie moderne créé en 1874 a été assuré par Jean Nourrisson (1874-1899), Gabriel Tarde (1900-1904), Henri Bergson (1904-1921), Édouard Le Roy (1921-1940), Louis Lavelle (1941-1951), Maurice Merleau-Ponty (1952-1961). En 1962, fut créée une chaire de Philosophie de la connaissance pour Jules Vuillemin qui l’occupa jusqu’en 1990. Une chaire d’Histoire de la philosophie au Moyen Âge, tenue de 1932 à 1950 par Étienne Gilson, a été remplacée par une chaire d’Histoire et technologie des systèmes philosophiques pour Martial Guéroult (1951-1962), et dénommée ensuite chaire d’Histoire de la pensée philosophique pour Jean Hyppolite (1963-1968). Cette chaire a été transformée en chaire d’Histoire des systèmes de pensée pour Michel Foucault (1970-1984), puis, de 1985 à 1990, en chaire d’Épistémologie comparative pour M. Gilles-Gaston Granger. Une chaire de Philosophie du langage et de la connaissance, créée en 1994, est occupée depuis 1995 par M. Jacques Bouveresse. En 1999, ont été créées une chaire de Philosophie des sciences biologiques et médicales pour Mme Anne Fagot-Largeault et une chaire de Philosophie et histoire des concepts scientifiques pour M. Ian Hacking (2001-2006). Linguistique générale. — L’enseignement de la Grammaire comparée fut inauguré au Collège de France par Michel Bréal (1866-1905), qui eut pour successeurs Antoine Meillet (1906-1936) et Émile Benveniste (1937-1972). Pendant un temps s’y trouva rattaché un Laboratoire de phonétique expérimentale, dont le premier directeur fut l’abbé Rousselot ; une chaire de Phonétique expérimentale fut occupée par ce savant de 1923 à 1924. Une chaire de Théorie linguistique est créée en 1986 pour M. Claude Hagège (1988-2006).

10 Langues, histoire et littératures occidentales. — L’enseignement de la Littérature française fut d’abord représenté par Antoine de Cournand (1784-1814) et Stanislas Andrieux (1814-1833). Ce fut le début d’une tradition à laquelle se rattachent les noms de Jean-Jacques Ampère (1833-1864), de Louis de Loménie (1864-1878), de Paul Albert (1878-1880), d’Émile Deschanel (1881-1903), d’Abel Lefranc (1904-1937). La chaire a été transformée en une chaire de Poétique, occupée par Paul Valéry (1937-1945), puis en une chaire d’Histoire des créations littéraires en France pour Jean Pommier (1946-1964). Cette chaire a été ensuite consacrée à l’enseignement de la Littérature française moderne ; elle a été occupée par M. Georges Blin de 1965 à 1988. Une chaire de Sémiologie littéraire a été créée pour Roland Barthes (1976-1980). En 1986, a été créée une chaire intitulée Rhétorique et société en Europe (xvie-xviie siècles) pour M. Marc Fumaroli (19872002) ; et une chaire de Littératures modernes de l’Europe néolatine a été créée pour M. Carlo Ossola en 1998. En 2005 sont créées une chaire de Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie, occupée à partir de 2006 par M. Antoine Compagnon, et une chaire intitulée Écrit et culture dans l’Europe moderne, occupée depuis 2006 par M. Roger Chartier. Une chaire spécialement consacrée à la Langue et littérature françaises du Moyen Âge, a été inaugurée par Paulin Paris (1853-1872), qui eut pour successeurs Gaston Paris (1872-1903), puis Joseph Bédier (1903-1936). Remplacée ensuite par une chaire d’Histoire du vocabulaire français occupée par Mario Roques (1937-1946), elle a été rétablie sous son ancien titre pour Félix Lecoy, de 1947 à 1974, puis en 1993 sous le titre de Littératures de la France médiévale pour M. Michel Zink. En 1905, une chaire d’Histoire et antiquités nationales s’y ajouta pour Camille Jullian (1905-1930), tenue ensuite par Albert Grenier (1936-1948). En 1964, a été créée une chaire d’Archéologie et histoire de la Gaule pour Paul-Marie Duval (1964-1982), transformée en 1983 en chaire d’Antiquités nationales pour M. Christian Goudineau. D’autre part, deux chaires nouvelles instituées en 1925 et en 1932, concernaient l’Europe médiévale : l’une, occupée par Edmond Faral (1925-1954), s’intitulait Littérature latine du Moyen Âge, l’autre déjà mentionnée en philosophie, fut occupée par Étienne Gilson, de 1932 à 1950. En 1969 a été créée une chaire d’Histoire des sociétés médiévales pour Georges Duby, devenue en 1991 Histoire de l’occident méditerranéen au Moyen Âge pour M. Pierre Toubert, qui l’a occupée de 1992 à 2003. Consacrée à l’activité extérieure de la France, une chaire, fondée par les principales colonies d’alors, a été occupée sous le titre d’Histoire coloniale par Alfred Martineau (1921-1935), puis, sous le titre d’Histoire de la colonisation, par Edmond Chassigneux (1939-1946), et ensuite, sous le titre d’Histoire de l’expansion de l’Occident, par Robert Montagné (1948-1954).

11 Enfin a été créée, en 1984, une chaire d’Histoire de la France contemporaine, pour M. Maurice Agulhon, qui l’a occupée jusqu’en 1997. La chaire de Langues et littératures slaves fut inaugurée en 1840 par le poète polonais, chargé de cours, Adam Mickiewicz (1840-1852) puis par Cyprien Robert (chargé de cours 1852-1857) et Alexandre Chodzko (chargé de cours 1857-1883), et occupée plus tard par Louis Léger (1885-1923), André Mazon (1923-1951) et André Vaillant (1952-1962). En 1992 a été créée une chaire d’Histoire moderne et contemporaine du monde russe pour M. François-Xavier Coquin (1993-2001). Une chaire de Langues et littératures de l’Europe méridionale, qui eut pour titulaires successifs Edgar Quinet (de 1841 à 1852 et de 1870 à 1875), Paul Meyer (18761906), Alfred Morel-Fatio (1907-1924), a été rétablie, en 1925, sous le titre d’Histoire des littératures comparées de l’Europe méridionale et de l’Amérique latine pour Paul Hazard (1925-1944). Depuis, deux des domaines qu’elle recouvrait ont été distingués par la création, en 1945 et en 1946, de deux chaires consacrées l’une aux Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine, tenue par Marcel Bataillon (1945-1965), puis par Israël Révah (1966-1973) ; l’autre à l’Histoire de la civilisation italienne pour Augustin Renaudet de 1946 à 1950, transformée en chaire de Langues et civilisation italienne pour André Pézard de 1951 à 1963. En 1992, une chaire de Langues et littératures romanes a été créée pour M. Harald Weinrich, qui l’occupa jusqu’en 1998. Une chaire de Langues et littératures d’origine germanique eut pour premiers titulaires Philarète Chasles (1841-1873) et Guillaume Guizot (1874-1892). Celui-ci fut suppléé par Jean-Jules Jusserand, puis par Arthur Chuquet, qui devint titulaire de la chaire en 1893 et l’occupa jusqu’en 1925. Lui succédèrent Charles Andler (1926-1933), Ernest Tonnelat (1934-1948), Fernand Mossé (1949-1956), et Robert Minder de 1957 à 1973. En 1984 a été créée une chaire de Grammaire et pensée allemandes, pour M. Jean-Marie Zemb, qui l’occupa jusqu’en 1998. Une chaire de Langues et littératures celtiques a été occupée par Henry d’arbois de Jubainville (1882-1910) puis par Joseph Loth (1910-1930). Une chaire de Civilisation américaine, créée en 1931, pour Bernard Faÿ (révoqué en 1945), a été transformée pour Marcel Giraud, de 1947 à 1971, en chaire d’Histoire de la civilisation de l’Amérique du Nord. Une chaire d’Étude de la création littéraire en langue anglaise a été créée en 2001 pour M. Michael Edwards (2003-2008). Langues, histoires et littératures orientales. — L’enseignement de l’Hébreu, le plus ancien de tous, donné par Étienne Quatremère (1819-1857), puis par Louis Dubeux (chargé de cours 1857-1861), a été illustré ensuite par Ernest Renan (1862-1864 et 1870-1892), par Salomon Munk (1864-1867) et par

12 Philippe Berger (1893-1910). Celui de l’Araméen a été assuré par Rubens Duval (1895-1907). Après un long intervalle, une chaire intitulée Hébreu et Araméen a été instituée de 1963 à 1971 pour André Dupont-Sommer ; puis pour André Caquot de 1972 à 1994. Une chaire d’Épigraphie et antiquités sémitiques a été créée pour Charles Clermont-Ganneau (1890-1923), une autre d’Histoire ancienne de l’Orient sémitique a été occupée par Isidore Lévy (1932-1941) et de 1995 à 2001, une chaire d’Antiquités sémitiques occupée par M. Javier Teixidor. L’égyptologie a fait son entrée au Collège avec son fondateur, Jean-François Champollion (1831-1832), dans une chaire d’Archéologie tenue ensuite par Jean-Antoine Letronne (1837-1848), puis par Charles Lenormant (1849-1859). Elle devint chaire de Philologie et archéologie égyptiennes avec Emmanuel de Rougé (1860-1872) et Gaston Maspero (1874-1916), fut reprise par Alexandre Moret (1923-1938), et occupée successivement par Pierre Lacau (1938-1947), Pierre Montet (1948-1956), Étienne Drioton (1957-1960), et Georges Posener (19611978). Elle a subsisté sous le titre d’Égyptologie pour M. Jean Leclant (1979-1990), puis pour M. Jean Yoyotte (1991-1997). En 1999, une chaire de Civilisation pharaonique : archéologie, philologie, histoire a été créée pour M. Nicolas Grimal. L’enseignement de l’assyriologie a été ouvert aussi par un fondateur, Jules Oppert (1874-1905), dans une chaire de Philologie et archéologie assyriennes où lui a succédé Charles Fossey (1906-1939). Après un intervalle, il a été repris par Édouard Dhorme (1945-1951) sous le titre de Philologie et archéologie assyro-babyloniennes et poursuivi sous celui d’Assyriologie par René Labat de 1952 à 1974, puis par M. Paul Garelli, de 1986 à 1995 et par M. Jean-Marie Durand depuis 1999. Une chaire d’Archéologie de l’Asie occidentale a été créée en 1953 pour Claude Schaeffer-Forrer qui l’a occupée jusqu’en 1969. Enfin, en 1973 était créée une chaire de Langues et civilisation de l’Asie Mineure pour Emmanuel Laroche, qui l’a occupée jusqu’en 1985. Une chaire d’Histoire et civilisation du monde achéménide et de l’empire d’Alexandre a été créée en 1998 pour M. Pierre Briant, qui l’occupe depuis 1999. La chaire d’Arabe a été tenue successivement par Antoine Caussin de Perceval (1783-1833), Armand-Pierre Caussin de Perceval (1833-1871), Charles-François Defrémery (1871-1883), Stanislas Guyard (1884), Adrien Barbier de Meynard (1885-1908), Paul Casanova (1909-1926), William Marçais (1927-1943). Elle a été transformée en chaire d’Histoire du monde arabe pour Jean Sauvaget (1946-1950). Devenue chaire de Langue et littérature arabes, elle a été occupée par Gaston Wiet (1951-1959). À côté d’elle, furent fondées : en 1902, une chaire de Sociologie et sociographie musulmanes, inaugurée par Alfred le Chatelier (1902-1925), occupée ensuite par Louis Massignon (1926-1954), modifié en chaire de Sociologie musulmane pour Henri Laoust de 1956 à 1975, et transformée en 1976 en une chaire de Langue et littérature arabes classiques pour M. André Miquel, occupée jusqu’en 1997 — puis en 1941, une chaire d’Histoire des arts de

13 l’Orient musulman pour Albert Gabriel (1941-1953). En 1956 était créée une chaire d’Histoire sociale de l’Islam contemporain, occupée par Jacques Berque jusqu’en 1981. Une chaire d’Histoire contemporaine du monde arabe est créée en 2003 pour M. Henry Laurens. Les chaires de turc et de persan ont été réunies de 1784 à 1805 par Pierre Ruffin, qui abandonna à partir de 1805 le persan au plus illustre islamisant de l’époque, Isaac Silvestre de Sacy (1806-1838). Lui succédèrent : Amédée Jaubert (18381847), Jules Mohl (1850-1876), Adrien Barbier de Meynard (1876-1885), James Darmesteter (1885-1894). Après Pierre Ruffin (1805-1822) l’enseignement du turc seul a été assuré par Daniel Kieffer (1822-1833), Alix Desgranges (18331854), Mathurin-Joseph Cor (1854), Abel Pavet de Courteille (chargé de cours 1854-1861, titulaire 1861-1889). En 1997, a été créée une chaire d’Histoire turque et ottomane pour M. Gilles Veinstein, qui l’occupe depuis 1999. Les domaines de recherche nouveaux entrés dans l’enseignement du Collège au xixe siècle ont d’abord été ceux de l’Inde et de la Chine, dont l’étude avait été amorcée en Europe par plusieurs orientalistes du Collège au siècle précédent. En 1814, furent créées ensemble les chaires de Sanscrit et de Chinois. La première a été inaugurée par Léonard de Chézy (1814-1832), illustrée par Eugène Burnouf (1932-1852), et reprise après un intervalle de suppléances par Édouard Foucaux (1862-1894), puis Sylvain Lévi (1894-1935) et Jules Bloch (1937-1951). L’enseignement y débordant traditionnellement le domaine du sanscrit, elle a repris en 1951, la dénomination de chaire de Langues et littératures de l’Inde et a eu pour titulaire Jean Filliozat de 1952 à 1978. En 1983 a été créée une chaire d’Histoire du monde indien pour M. Gérard Fussman, et, en 1993, une chaire de Langues et religions indo-iraniennes pour M. Jean Kellens. La seconde, dont l’enseignement s’est, de son côté, constamment étendu à l’ensemble de la sinologie, a été tenue par Jean-Pierre Abel-Rémusat (1814-1932), Stanislas Julien (1832-1873), Léon d’Hervey de Saint-Denys (1874-1892), Édouard Chavannes (1893-1918), Henri Maspero (1921-1945), Paul Demiéville (1946-1964), M. Jacques Gernet (1975-1992) ; depuis 1991 une chaire d’Histoire de la Chine moderne est occupée par M. Pierre-Étienne Will et une chaire d’Histoire intellectuelle de la Chine est confiée en 2008 à Mme Anne Cheng. Étendant le champ des enseignements aux pays d’influence indienne et chinoise et aux civilisations propres à ces pays, trois chaires ont été créées : la première de Langues, histoire et archéologie de l’Asie centrale pour Paul Pelliot (1911-1945), qui devait prendre le titre d’Histoire et civilisations de l’Asie centrale pour Louis Hambis, de 1965 à 1977, et se transformer en chaire de Sociographie de l’Asie du Sud-Est pour Lucien Bernot (1978-1985) ; la deuxième d’Histoire et philologie indochinoises pour Louis Finot (1920-1930), auquel ont succédé Jean Przyluski (1931-1944), puis Émile Gaspardone, de 1946 à 1965, et qui a été alors transformée en chaire d’Étude du monde chinois : institutions et concepts pour

14 Rolf A. Stein (1966-1981) ; enfin la troisième, sous le titre de Civilisations d’Extrême-Orient, a été occupée par Paul Mus (1946-1969). Une chaire d’Étude du Bouddhisme a été créée en 1970 pour André Bareau, qui l’a occupée jusqu’en 1991. Enfin, en 1979, a été créée une chaire de Civilisation japonaise pour Bernard Frank qui l’a occupée jusqu’en 1996. Droit et sciences humaines. — Depuis l’Ancien Régime existait une chaire de Droit de la nature et des gens, tenue au xixe siècle par Pierre de Pastoret (1804-1821), Xavier de Portets (1822-1854), Adolphe Franck (1856-1887). En 1831 commençait, avec Eugène Lerminier (1831-1849), un enseignement d’Histoire générale et philosophique des législations comparées, qui fut continué par Édouard Laboulaye (1849-1883), et par Jacques Flach (1884-1919). En 1979, une chaire de Droit international est créée pour René-Jean Dupuy qui l’a occupée jusqu’en 1989. Une chaire d’Études juridiques comparatives et internationalisation du droit a été créée en 2001 pour Mme Mireille Delmas-Marty qui l’occupe depuis 2002. Dès 1831, était instituée pour Jean-Baptiste Say une chaire d’Économie politique, qui fut occupée après lui par Pellegrino Rossi (1833-1840), Michel Chevalier (1840-1879), et Paul Leroy-Beaulieu (1880-1916). Une chaire d’Histoire des doctrines économiques, créée en 1871 pour Émile Levasseur, fut transformée sur sa demande en 1885 en chaire de Géographie, histoire et statistiques économiques. En 1911, elle devint chaire d’Étude des faits économiques et sociaux pour Marcel Marion (1912-1932). De 1955 à 1974 une chaire d’Analyse des faits économiques et sociaux a été occupée par François Perroux ; en 1987 a été créée une chaire d’Analyse économique pour M. Edmond Malinvaud qui l’a occupée jusqu’en 1993. Une chaire de Théorie économique et organisation sociale a été créée en 1998 pour M. Roger Guesnerie, qui l’occupe depuis 2000. En 1958 une chaire d’Anthropologie sociale était créée pour M. Claude LéviStrauss (1959-1982), et en 1971, une chaire d’Anthropologie physique pour Jacques Ruffié (1972-1992). En 1981, a été créée pour Mme Françoise Héritier une chaire d’Étude comparée des sociétés africaines (1982-1998) et en 1992 pour M. Nathan Wachtel une chaire d’Histoire et anthropologie des sociétés méso- et sudaméricaines (1992-2005). En 1999, une chaire d’Anthropologie de la nature a été créée pour M. Philippe Descola, qui l’occupe depuis 2000. En 1917, un cours complémentaire d’Assurances sociales fondé par Alfred Mayen, a été transformé, aux frais de la Ville de Paris et du Département de la Seine, en une chaire de Prévoyance et assistance sociales, qu’occupa Édouard Fuster (1917-1935). En 1920, une chaire instituée pour dix ans, à l’initiative de la Fédération des Sociétés coopératives, et affectée à l’Enseignement de la Coopération, a eu pour titulaire Charles Gide jusqu’en 1930.

15 Dans le même ordre d’études, d’autres développements se sont encore produits. Une chaire de Philosophie sociale, créée pour Jean Izoulet (1897-1929), a été transformée en chaire de Sociologie pour Marcel Mauss (1931-1942), puis en chaire de Psychologie collective pour Maurice Halbwachs (1944-1945). Une chaire d’Histoire et structure sociales de Paris et de la région parisienne, fondée par la Ville de Paris en 1950, a été occupée par Louis Chevalier (1952-1981). Une chaire d’Histoire du travail, fondée en 1907 par la Ville de Paris, a été occupée par Georges Renard (1907-1930), par François Simiand (1932-1935), puis, de 1936 à 1957, par Émile Coornaert. Une chaire de Démographie sociale : la vie des populations, lui a succédé et a eu pour titulaire Alfred Sauvy de 1959 à 1969. Cette chaire a été transformée en chaire de Sociologie de la civilisation moderne pour Raymond Aron de 1970 à 1978. Enfin a été créée, en 1981, une chaire de Sociologie pour Pierre Bourdieu (1981-2001). Une chaire d’Histoire moderne et contemporaine du politique a été créée en 2001 pour M. Pierre Rosanvallon. En 2005 est créée une chaire de Rationalité et sciences sociales, occupée par M. Jon Elster. Géographie. — Une chaire de Géographie humaine, créée grâce à une libéralité d’Albert Kahn, a été occupée de 1912 à 1930 par Jean Brunhes. En 1932 était créée la chaire de Géographie économique et politique, où enseigna André Siegfried (1933-1946). La Géographie historique de la France fut enseignée, de 1892 à 1911, par Auguste Longnon ; elle a été rétablie de 1947 à 1968 pour Roger Dion, puis transformée en chaire de Géographie du continent européen pour Maurice Le Lannou, de 1969 à 1976. Une chaire d’Étude du monde tropical (géographie physique et humaine) a été créée en 1946 pour Pierre Gourou (1947-1970). Histoire des religions. — Une chaire d’Histoire des religions, créée en 1880, a eu pour titulaires Albert Réville (1880-1906), Jean Réville (1907-1908), Alfred Loisy (1909-1932), Jean Baruzi (1933-1951) et Henri-Charles Puech (19521972). Une chaire d’Histoire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne a été créée en 1973 pour M. Jean Delumeau qui l’a occupée de 1975 à 1994 et une chaire d’Étude comparée des religions antiques en 1973 pour Jean-Pierre Vernant, qui l’a occupée de 1975 à 1984. En 1977, a été créée une chaire intitulée Christianisme et gnoses dans l’Orient préislamique pour Antoine Guillaumont qui l’a occupée jusqu’en 1986 et en 1990 une chaire d’Histoire des syncrétismes de la fin de l’Antiquité pour M. Michel Tardieu (1991-2008). En 2006 est créée une chaire intitulée Milieux bibliques pour M. Thomas Römer. Préhistoire. — Fut créée, en 1929 une chaire de Préhistoire, tenue par l’abbé Henri Breuil (1929-1947), discipline reprise de 1969 à 1982 par André LeroiGourhan, puis transformée en 1982 en chaire de Paléoanthropologie et préhistoire pour M. Yves Coppens (1983-2005), elle-même transformée en chaire de

16 Paléontologie humaine en 2005. En 1993, une chaire de civilisations de l’Europe au Néolithique et à l’Âge du Bronze a été créée pour M. Jean Guilaine (1994-2007). Histoire générale. — L’histoire générale était professée au Collège de France depuis le dernier tiers du xviiie siècle. On l’associait alors à la morale, et cette union persista, nominalement au moins, pendant tout le xixe siècle. À Pierre Daunou (1819-1830), succédèrent Jean-Antoine Letronne (1831-1837), et Jules Michelet (1838-1852), puis, un peu plus tard, Joseph Guigniaut (1857-1862), et Alfred Maury (1862-1892). Une chaire d’Histoire de la civilisation moderne tenue par Lucien Febvre (1933-1949), puis par Fernand Braudel (1950-1972), subsiste pour M. Emmanuel Le Roy Ladurie, qui l’occupa de 1973 à 1999. En 1997, une chaire d’Histoire de la France des Lumières créée pour M. Daniel Roche (1999-2005), transformée en chaire intitulée Écrit et cultures dans l’Europe moderne pour M. Roger Chartier (2006). Une chaire de Civilisation indo-européenne a été occupée de 1948 à 1968 par Georges Dumézil. Une chaire d’Histoire générale des sciences, créée en 1891, a été occupée par Pierre Laffitte (1892-1903), Grégoire Wyrouboff (1903-1913) et Pierre Boutroux (1920-1922). Art. — Une chaire d’Esthétique et histoire de l’art, créée en 1878, a eu pour titulaires, successivement Charles Blanc (1878-1882), Eugène Guillaume (1882-1905) ; Georges Lafenestre (1905-1919), André Michel (1920-1925) (qui la spécialisa en Histoire de l’art français), Gabriel Millet (1926-1937), Henri Focillon (1938-1943). En 1970 a été créée une chaire d’Art et civilisation de la Renaissance en Italie pour André Chastel (1970-1984). Une des chaires fondées par la Ville de Paris, affectée en 1933 à l’Histoire de l’art monumental, a été occupée par Paul Léon (1933-1944). Une autre a été affectée à la Psychologie des arts plastiques pour René Huyghe de 1951 à 1976 ; désormais chaire d’État, elle a été transformée en 1976 en Histoire de la création artistique en France pour M. Jacques Thuillier, qui l’a occupée de 1977 à 1998. En 2000, une chaire d’Histoire de l’art européen médiéval et moderne a été créée pour M. Roland Recht qui l’occupe depuis 2001. Une chaire d’Intervention, technique et langage en musique a été créée en 1975 pour M. Pierre Boulez (1976-1995) ; elle fut transformée de 1996 à 1999 pour Jerzy Grotowski en chaire d’Anthropologie théâtrale. En 1980, a été créée pour M. Yves Bonnefoy, une chaire d’Études comparées de la fonction poétique (1981-1993). Mathématiques. — L’enseignement des mathématiques fut assuré par AntoineRémy Mauduit (1770-1815), Sylvestre-François Lacroix (1815-1843), Guillaume Libri-Carucci (1843-1848), Joseph Liouville (1851-1882), Camille Jordan (1883-1912), Georges Humbert (1912-1921), Henri Lebesgue (1921-1941). S’y ajoutait l’Astronomie, professée par Jérôme de Lalande (1768-1807), puis par

17 Jean-Baptiste Delambre (1807-1822) et Jacques Binet (1823-1856). La chaire d’Astronomie fut transformée, en 1856, en une chaire de Mécanique céleste pour Joseph Serret (1861-1885). Elle devint chaire de Mécanique analytique et mécanique céleste pour Maurice Lévy (1885-1908), et Jacques Hadamard (1909-1937). Une chaire de Mathématique et mécanique a été occupée de 1938 à 1972 par Szolem Mandelbrojt, puis transformée en chaire d’Analyse mathématique des systèmes et de leur contrôle pour Jacques-Louis Lions (1973-1998). Une chaire de Théorie des équations différentielles et fonctionnelles a été occupée par Jean Leray de 1947 à 1978. Une chaire d’Algèbre et géométrie occupée par M. Jean-Pierre Serre de 1956 à 1994 a été transformée, en 1995, en chaire intitulée Équations différentielles et systèmes dynamiques pour M. Jean-Christophe Yoccoz. Une chaire de Théorie des groupes a été créée pour M. Jacques Tits (1973-2000) ainsi qu’une chaire d’Analyse et géométrie depuis 1983 pour M. Alain Connes. En 1999, une chaire de Théorie des Nombres a été créée pour M. Don Zagier qui l’occupe depuis 2000. Une chaire d’Équations aux dérivées partielles et applications a été créée en 2001 pour M. Pierre-Louis Lions qui l’occupe depuis 2002. Physique. — En 1769, une chaire de Physique mathématique remplaça l’ancienne chaire de Philosophie grecque et latine ; Jacques-Antoine Cousin l’occupa jusqu’en 1800 ; il eut pour successeur Jean-Baptiste Biot, à la fois physicien et mathématicien (1801-1862). Devenue chaire de Physique générale et mathématique, elle fut occupée par Joseph Bertrand (1862-1900), Marcel Brillouin (1900-1931) ; sous le titre de Physique théorique, elle a été occupée par Léon Brillouin (1932-1949) et par Jean Laval (1950-1970), puis transformée en 1971 en chaire de Physique de la matière condensée pour Pierre-Gilles de Gennes (1971-2004). D’autre part, en 1786, fut créée une chaire de Physique générale et expérimentale, occupée par Louis Lefèvre-Gineau jusqu’en 1823, André-Marie Ampère (1824-1836), Félix Savart (1836-1841), Henri-Victor Régnault (1841-1871), Élie Mascart (1872-1908), Paul Langevin (1909-1946). À la chaire de Physique générale et expérimentale, tenue par Maurice de Broglie de 1942 à 1944 et sur laquelle fut réintégré Paul Langevin, révoqué en 1940, succéda une chaire de Physique atomique et moléculaire par transformation de la chaire de Physique mathématique créée en 1933 pour Albert Einstein et qu’il n’avait jamais occupée. Elle eut pour titulaire de 1946 à 1972 Francis Perrin auquel succéda M. Claude Cohen-Tannoudji, de 1973 à 2004. Une nouvelle chaire de Physique mathématique a été créée en 1951 pour André Lichnerowicz (1952-1986). Une chaire de Chimie nucléaire occupée par Frédéric Joliot (19371958) a été transformée de 1958 à 1972 en chaire de Physique nucléaire pour Louis Leprince-Ringuet puis en chaire de Physique corpusculaire de 1973 à 2004 pour M. Marcel Froissart. Une chaire de Physique cosmique, occupée de 1944 à 1962 par Alexandre Dauvillier, a été transformée en 1962 en chaire d’Astrophysique théorique pour M. Jean-Claude Pecker (1964-1988), puis, en 1989, en chaire d’Astrophysique observationnelle pour M. Antoine Labeyrie. Une chaire de Magnétisme nucléaire, créée en 1959, a été occupée par M. Anatole Abragam

18 jusqu’en 1985 et une chaire de Méthodes physiques de l’astronomie par André Lallemand de 1961 à 1974. En 1982, une chaire de Physique statistique a été créée pour M. Philippe Nozières (1983-2001). Une chaire nouvelle, créée par la loi de Finances de 1964, et portant le titre de Physique théorique des particules élémentaires a été occupée par M. Jacques Prentki jusqu’en 1983. En 2000, une chaire de Physique quantique a été créée pour M. Serge Haroche qui l’occupe depuis 2001. M. Gabriele Veneziano occupe depuis 2004 la chaire de Particules élémentaires, gravitation et cosmologie créée l’année précédente. En 2005 est créée une chaire de Physique mésoscopique, occupée depuis 2007 par M. Michel Devoret. Chimie. — Une chaire de Chimie et une chaire d’Histoire naturelle, fondées en 1774, furent quelque temps réunies, sous le titre de chaire de Chimie et histoire naturelle pour Jean Darcet, qui d’ailleurs limita son enseignement à la première de ces deux sciences. Le titre primitif de la chaire de Chimie fut repris quand la chaire fut attribuée à Nicolas Vauquelin (1801-1804) auquel succéda LouisJacques Thénard (1804-1845). En 1845, elle se spécialisa sous le titre de Chimie minérale, et elle eut pour titulaires Théophile-Jules Pelouze (1845-1850), AntoineJérôme Balard (1851-1876), Paul Schützenberger (1876-1897), Henri Le Chatelier (1898-1907) et Camille Matignon (1908-1934). Une autre chaire, attribuée à la Chimie organique, eut pour premier titulaire Marcelin Berthelot (1865-1907), auquel succédèrent Émile-Clément Jungfleisch (1908-1916), Charles Moureu (1917-1929), Marcel Delépine (1930-1941) et Charles Dufraisse (1942-1955) ; elle a été transformée en 1955 en chaire de Chimie organique des hormones, pour Alain Horeau (1956-1980). En 1979 a été créée pour M. Jean-Marie Lehn une chaire de Chimie des interactions moléculaires, et de 1996 à 1998 pour Jean Rouxel une chaire de Chimie des solides. En 2000, une chaire de Chimie de la matière condensée a été créée pour M. Jacques Livage qui l’occupe depuis 2001. En 2007 est créée une chaire de Chimie des processus biologiques pour M. Marc Fontecave. Histoire naturelle et sciences biologiques. — L’enseignement de l’histoire naturelle fondé en 1774 n’étant pas effectivement donné par Jean Darcet, une chaire consacrée à la seule Histoire naturelle fut créée en 1778 et attribuée à Louis Daubenton (1778-1799), puis à Georges Cuvier (1800-1832). Cette chaire nouvelle ne tarda pas à être elle-même dédoublée. D’une part, une chaire d’Histoire naturelle des corps inorganiques fut donnée à Léonce Élie de Beaumont (1832-1874) et fut ensuite occupée par Charles Sainte-Claire Deville (1875-1876), Ferdinand Fouqué (1877-1904), Auguste Michel-Lévy (1905-1911). À cette chaire succèdent une chaire de Géologie, occupée par Lucien Cayeux (1912-1936) puis une chaire de Géologie méditerranéenne pour Paul Fallot (1938-1960) et une chaire de Géodynamique pour M. Xavier Le Pichon (1986-2008). En 2000 est créée une chaire d’Évolution du climat et de l’océan pour M. Édouard Bard. Entretemps, une création temporaire de chaire consacrée aux Études coloniales, protistologie

19 pathologique a eu pour titulaire Louis Nattan-Larrier (1923-1943). D’autre part, une seconde chaire fut consacrée à l’Histoire naturelle des corps organisés : elle eut pour titulaires Georges Duvernoy (1837-1855), Pierre-Jean-Marie Flourens (1855-1867), Étienne-Jules Marey (1869-1904), Nicolas François-Franck (1905-1921), et André Mayer (1922-1946) ; elle a été transformée pour Jean Roche, de 1947 à 1972, en chaire de Biochimie générale et comparée, puis en chaire de Biochimie cellulaire pour M. François Gros (1973-1996) et enfin en 1996 en chaire d’Immunologie moléculaire pour M. Philippe Kourilsky. En 1980, une chaire de Bio-Énergétique cellulaire a été créée pour M. Pierre Joliot (1981-2002). En 1995 a été créée pour M. Armand de Ricqlès une chaire de Biologie historique et évolutionnisme. En 1844 fut créée une chaire d’Embryogénie comparée, tenue par Victor Coste (1844-1873), Édouard Balbiani (1874-1899), Félix Henneguy (1900-1928), puis par Emmanuel Fauré-Frémiet (1928-1954). Consacrée ensuite à l’Embryologie expérimentale, elle a été occupée de 1955 à 1974 par Étienne Wolff. Depuis 1974 elle a été transformée en chaire de Communications cellulaires pour M. Jean-Pierre Changeux (1976-2006). Enfin, en 1964, une chaire nouvelle a été créée par la loi de Finances sous le titre de Génétique cellulaire pour M. François Jacob (1965-1991). Elle a été transformée en chaire de Génétique moléculaire pour M. Pierre Chambon (1992-2002), puis en chaire de Génétique humaine pour M. Jean-Louis Mandel (2003). En 1967 était créée pour Jacques Monod une chaire de Biologie moléculaire, qui l’occupa jusqu’en 1973. Une chaire de Génétique et physiologie cellulaire a été créée en 2000 pour Mme Christine Petit, qui l’occupe depuis 2001, et une chaire de Processus morphogénétiques est créée en 2006, occupée à partir de 2007 par M. Alain Prochiantz. Médecine. — La médecine, enseignée au Collège dès le xvie siècle, disposait de quatre chaires, progressivement spécialisées. L’anatomie fut professée par Antoine Portal de 1773 à 1832, tandis que la médecine dite pratique était attribuée à d’autres titulaires, parmi lesquels JeanNicolas Corvisart (1796-1804), Jean-Noël Hallé (1805-1822), René-Théophile Laennec (1822-1826), et Joseph Récamier (1827-1830). François Magendie (1830-1855) eut pour successeurs Claude Bernard (1855-1878), Charles BrownSéquard (1878-1894), Arsène d’Arsonval (1894-1930) et Charles Nicolle (1932-1936). Une chaire d’Épidémiologie fut créée pour Hyacinthe Vincent (1925-1936). La chaire de Médecine a été occupée par René Leriche (1937-1950) ; transformée ensuite en chaire de Médecine expérimentale, elle a été occupée par Antoine Lacassagne (1951-1954), Charles Oberling (1955-1960), Bernard Halpern (1961-1975), M. Jean Dausset (1977-1987), et subsiste sous cette même dénomination pour M. Pierre Corvol (1989).

20 Furent encore créées successivement plusieurs chaires nouvelles : en 1875, une chaire d’Anatomie générale, occupée par Louis-Antoine Ranvier (1875-1911), et transformée d’abord en chaire d’Histologie comparée pour Jean Nageotte (1912-1937) puis en chaire de Morphologie expérimentale et endocrinologie pour Robert Courrier, de 1938 à 1966, puis en chaire de Physiologie cellulaire de 1967 à 1993 pour François Morel ; enfin en chaire de Biologie moléculaire des plantes pour Joseph Schell de 1994 à 1998. En 1903, une chaire de Pathologie générale et comparée fut créée pour Albert Charrin (1903-1907). Cette chaire fut transformée en chaire de Biologie générale, successivement occupée par le physiologiste Émile Gley de 1908 à 1930 et par le physico-chimiste Jacques Duclaux de 1931 à 1948. Elle fut remplacée par une chaire de Neuro-physiologie générale pour Alfred Fessard, de 1949 à 1971, et modifiée en 1971 en chaire de Neurophysiologie pour M. Yves Laporte, de 1972 à 1991. Elle est devenue depuis 1992 chaire de Physiologie de la perception et de l’action pour M. Alain Berthoz. En 1925, une chaire d’Histophysiologie, attribuée à Justin Jolly (1925-1940), a été remplacée par une chaire de Radiobiologie expérimentale, occupée par Antoine Lacassagne de 1941 à 1951 où il devint titulaire de la chaire de Médecine expérimentale mentionnée au paragraphe précédent ; cette chaire a repris de 1951 à 1966, son ancienne affectation pour Jacques Benoit ; elle est devenue en 1973 chaire de Physiologie du développement pour Alfred Jost (1974-1987), puis, chaire d’Embryologie cellulaire et moléculaire pour Mme Nicole Le Douarin (1988-2000). En 1993, une chaire de Fondements et Principes de la reproduction humaine a été créée pour M. Étienne-Émile Baulieu (1993-1998), transformée en 1998, en chaire de Biologie et génétique du développement pour M. Spyros ArtavanisTsakonas qui l’occupe depuis 2000. En 2006 est créée la chaire de Microbiologie et maladies infectieuses pour M. Philippe Sansonetti. En 1929, une chaire de Mécanique animale appliquée à l’aviation, attribuée à Antoine Magnan (1929-1938), a subsisté de 1939 à 1955 sous le titre d’Aérolocomotion mécanique et biologique, et a été occupée par Étienne Oehmichen. À ces disciplines s’ajoutèrent, en 1887, l’enseignement alors nouveau de la Psychologie expérimentale et comparée, confié successivement à Théodule Ribot (1888-1901) et à Pierre Janet (1902-1934), puis les chaires de : Physiologie des sensations, attribuée à Henri Piéron (1923-1951), Psychologie et éducation de l’enfance occupée par Henri Wallon (1937-1949) ainsi que Neuropsychologie du développement créée en 1975 pour Julian de Ajuriaguerra qui l’occupa jusqu’en 1981 et qui a été transformée, en 1982, en chaire de Neuropharmacologie pour M. Jacques Glowinski (1983-2006). En 2005 est créée la chaire de Psychologie cognitive expérimentale, confiée à M. Stanislas Dehaene la même année. Chaire européenne. — Cette chaire destinée à une personnalité scientifique originaire d’un pays membre de la communauté économique européenne, pour une année académique, a été créée en 1989. Elle a été occupée par M. Harald Weinrich, Professeur à l’Université de Munich qui a traité de la Mémoire

21 linguistique de l’Europe pendant l’année 1989-1990. Le Professeur Cesare Vasoli, de l’Université de Florence, nommé pour l’année 1990-1991, n’a pu assurer son enseignement à la suite d’un accident de santé. En 1991-1992, M. Wolf Lepenies, Professeur au Wissenschaftskolleg de l’Université libre de Berlin a traité du sujet suivant : Les intellectuels et la politique de l’esprit dans l’histoire européenne ; en 19921993, M. Umberto Eco, Professeur à l’Université de Bologne, de La quête d’une langue parfaite dans l’histoire de la culture européenne ; en 1993-1994, M. Werner Hildenbrand, Professeur à l’Université de Bonn, du Contenu empirique des théories économiques ; M. Norbert Ohler, Professeur à l’Université de Fribourg, en 19941995, de l’Apport des pèlerins à la formation de l’Europe ; M. Klaus Rajewski, Professeur à l’Université de Cologne, en 1995-1996, des Nouvelles approches génétiques chez la souris ; M. Pieter Westbroek, Professeur à l’Université de Leyde, en 1996-1997, de Géophysique : esquisse d’une nouvelle Science de la Terre ; M. Abram de Swaan, Professeur à l’Université d’Amsterdam, en 1997-1998, de Langue et culture dans la société transnationale ; M. Thomas W. Gaehtgens, Professeur à l’Université libre de Berlin, en 1998-1999, de l’Image des collections en Europe au XVIII e siècle ; M. Hans-Wilhelm Müller-Gärtner, Professeur à la Faculté de Médecine de Düsseldorf, en 1999-2000, des Bases neuronales de la conscience : apport de l’imagerie cérébrale ; M. Michael Edwards, Professeur à l’Université de Warwick, en 2000-2001, de Poétiques de l’anglais et du français ; M. Claudio Magris, Professeur à l’Université de Trieste, en 2001-2002, de Nihilisme et mélancolie. Jacobsen et son Niels Lyhne ; M. Hans Belting, Professeur à l’Université de Heideberg, en 2002-2003, de L’histoire du regard. Représentation et vision en Occident ; M. Theodor Berchem, Professeur émérite de l’Université de Wurzbourg, de L’Avenir de l’Université — l’Université de l’Avenir, en 2003-2004 ; M. Sandro Stringari, Directeur du Research and Development Center on BoseEinstein Condensation à Trente, de Condensation de Bose-Einstein et superfluidité, en 2004-2005. Les titulaires de cette chaire ont été ensuite, en 2005-2006, M. Maurice Bloch : L’anthropologie cognitive à l’épreuve du terrain ; en 2006-2007, M. Daniele Vitali : Les Celtes d’Italie ; en 2007-2008, M. Manfred Kropp : Études coraniques. En 2008-2009, cette chaire est thématisée « Savoirs contre pauvreté » et confiée à Mme Esther Duflo. Chaire internationale. — Créée en 1992 pour accueillir, pendant une année académique, des personnalités scientifiques originaires des pays de l’Europe de l’Est ou appartenant à d’autres continents, cette chaire a eu pour premier titulaire Bronislaw Geremek, Professeur à l’Académie des Sciences de Varsovie, qui a traité en 1992-1993 du sujet suivant : Histoire sociale : exclusions et solidarités. En 19931994, M. Zhang Guangda, Professeur à l’Université de Pékin, a traité de La Chine et les civilisations de l’Asie centrale du VII e au XI e siècle ; M. Orest Ranum, Professeur à l’Université Johns Hopkins de Baltimore, en 1994-1995, de La France des années 1650 ; histoire et historiographie ; M. Harris Memel-Fotê, Professeur à l’Université d’Abidjan, en 1995-1996, de L’esclavage lignager africain et l’anthropologie des Droits de l’Homme ; M. Igor Mel’čuk, Professeur à l’Université de Montréal, en 1996-1997,

22 de Linguistique « Sens-Texte » ; M. Brian Stock, Professeur à l’Université de Toronto, en 1997-1998, de La Connaissance de soi et la littérature autobiographique au Moyen Âge ; M. Patrice Higonnet, Professeur à l’Université d’Harvard, en 1998-1999, des Mythes de Paris, des Lumières au Surréalismes ; M. James Watson Cronin, Professeur à l’Université de Chicago, en 1999-2000, du Développement de la physique des particules et des grandes expériences ; M. Miklós Szabó, Professeur à l’Université Eötvös Loránd de Budapest, en 2000-2001, de l’Histoire des Celtes danubiens et leur romanisation ; M. Paul Farmer, Professeur à la Harvard Medical School de Boston, en 2001-2002, de La violence struturelle et la matérialité du social ; M. Stuart Edelstein, Professeur à l’Université de Genève, en 2002-2003, des Mécanismes de la transduction du signal en biologie. M. Jayant Vishnu Narlikar, Professeur à l’InterUniversity centre for Astronomy and Astrophysics de Pune (Inde) a traité en 20032004 de Cosmology : Theory and Observations ; M. A. M. Celâl Şengör, Professeur à l’Université technique d’Istanbul, en 2004-2005, de L’histoire de la tectonique depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’apparition de la tectonique des plaques : une étude épistémologique. Les titulaires de cette chaire ont été ensuite, en 2005-2006, M. Thomas Pavel : Comment écouter la littérature ? ; en 2006-2007, M. Guy Orban : La vision, mission du cerveau ; en 2007-2008, à M. Pierre Magistretti : Cellules gliales, neuroénergétique et maladies neuropsychiatriques. En 2008-2009, cette chaire est thématisée « Développement durable » et est confiée à M. Henri Leridon. Chaire de création artistique. — Créée en 2004 pour accueillir, pendant une année académique, une personnalité illustrant la création artistique contemporaine, et consacrée à toutes les formes de création artistique, cette chaire a eu pour premier titulaire, en 2005-2006, M. Christian de Portzamparc, architecte, qui a traité de : Architecture : figures du monde, figures du temps. La chaire est ensuite occupée, en 2006-2007, par M. Pascal Dusapin, compositeur, dont le cours a pour titre : Composer : musique, paradoxe, flux. En 2007-2008, la chaire est confiée à Mme Ariane Mnouchkine et en 2008-2009 à M. PierreLaurent Aimard. Chaire d’innovation technologique-Liliane Bettencourt. — Créée en 2007, en partenariat avec la fondation Bettencourt-Schueller, cette chaire a pour vocation d’accueillir, pour chaque année académique, un nouveau titulaire chargé de proposer un enseignement à la pointe de la recherche dans les secteurs hautement innovants des nanotechnologies, de l’informatique, des réseaux de communication, du transfert et du cryptage de données, des sciences du vivant. Le premier titulaire, en 2006-2007, a été M. Jean-Paul Clozel, chercheur et P.-D.G. de la société ActelionLtd, qui a traité de : La biotechnologie : de la science au médicament. En 2007-2008, la chaire est occupée par M. Gérard Berry, directeur scientifique de Esterel Technologies, qui s’est consacré à la question : Pourquoi et comment le monde devient numérique. Lui succède, pour 2008-2009, M. Mathias Fink, professeur à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris et directeur du Laboratoire Ondes et acoustique.

TABLEAU DES CHAIRES DEPUIS 1800 Chaire ancienne 1800 1 Physique mathématique Jacques-Antoine Cousin (1769-1800) Histoire naturelle Louis Daubenton (1778-1799) Chaire nouvelle Physique mathématique Jean-Baptiste Biot (1801-1862) Histoire naturelle Georges Cuvier (1800-1832) 1801 Chimie Jean Darcet (1774-1801) Chimie Nicolas Vauquelin (1801-1804) 1804 Droit de la nature et des gens Mathieu-Antoine Bouchaud (1773-1804) Chimie Nicolas Vauquelin (1801-1804) Création Droit de la nature et des gens Pierre de Pastoret (1804-1821) Chimie Louis-Jacques Thénard (1804-1845) Grec moderne Jean-Baptiste d’Ansse de Villoison (1804-1805) 1805 Persan et Turc Pierre Ruffin (1784-1805) Médecine Jean-Nicolas Corvisart (1796-1804) Persan Antoine-Isaac Silvestre de Sacy (1806-1838) Médecine Jean-Noël Hallé (1805-1822) 1. L’année indiquée est celle de la délibération de l’Assemblée des Professeurs sur la création. le maintien ou la transformation de la chaire. .

24 Grec moderne Jean-Baptiste d’Ansse de Villoison (1804-1805) Turc Pierre Ruffin (1805-1822) 1807 Astronomie Jérôme de Lalande (1768-1807) Astronomie Jean-Baptiste Delambre (1807-1822) 1809 Éloquence latine Charles-François Dupuis (1787-1809) Éloquence latine Pierre Guéroult (1809-1816) 1812 Histoire et morale Pierre-Charles Lévesque (1791-1812) Histoire et morale Étienne Clavier (1812-1817) 1813 Poésie latine Jacques Delille (1778-1813) Poésie latine Pierre-François Tissot (1813-1821) 1814 Philosophie grecque et latine Édouard Bosquillon (1775-1814) Littérature française Antoine de Cournand (1784-1814) Création Langue et philosophie grecques Jean-François Thurot (1814-1832) Littérature française Stanislas Andrieux (1814-1833) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Jean-Pierre Abel-Remusat (1814-1832) Langue et littérature sanscrites Léonard de Chézy (1815-1832) 1815 Mathématiques Antoine-Rémy Mauduit (1770-1815) Mathématiques Sylvestre-François Lacroix (1815-1843) 1816 Éloquence latine Pierre Guéroult (1809-1816) Éloquence latine Jean-Louis Burnouf (1817-1844) 1817 Histoire et morale Étienne Clavier (1812-1817) Histoire et morale Pierre Daunou (1819-1830) 1819 Hébreu Prosper-Gabriel Audran (1799-1819) Hébreu Étienne-Marc Quatremère (1819-1857) Création .

25 1821 Droit de la nature et des gens Pierre de Pastoret (1804-1821) Poésie latine Pierre-François Tissot (révoqué) (1813-1821) Droit de la nature et des gens Xavier de Portets (1822-1854) Poésie latine Joseph Naudet (1821-1830) 1822 Médecine Jean-Noël Hallé (1805-1822) Turc Pierre Ruffin (1805-1822) Astronomie Jean-Baptiste Delambre (1807-1822) Médecine René-Théophile Laennec (1822-1826) Turc Daniel Kieffer (1822-1833) Astronomie Jacques Binet (1823-1856) 1823 Physique générale et expérimentale Louis Lefèvre-Gineau (révoqué) (1786-1823) Physique générale et expérimentale André-Marie Ampère (1824-1836) 1826 Médecine René-Théophile Laennec (1822-1826) Médecine Joseph Récamier (1827-1830) 1829 Langue et littérature grecques Jean-Baptiste Gail (1791-1829) Langue et littérature grecques Jean-François Boissonade (1829-1855) 1830 Histoire et morale Pierre Daunou (1819-1830) Poésie latine Joseph Naudet (1821-1830) Histoire et morale Jean-Antoine Letronne (1831-1837) Poésie latine Pierre-François Tissot (rétabli) (1830-1854) 1831 Médecine Joseph Récamier (1827-1830) Création Création Création Médecine François Magendie (1831-1855) Économie politique Jean-Baptiste Say (1831-1832) Archéologie Jean-François Champollion (1831-1832) Histoire générale et philosophique des législations comparées Eugène Lerminier (1831-1849) .

puis Histoire naturelle des corps inorganiques Léonce Élie de beaumont (1832-1874) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Stanislas Julien (1832-1873) Philosophie grecque et latine Théodore Jouffroy (1832-1837) Langue et littérature sanscrites Eugène Burnouf (1832-1852) Économie politique Pellegrino Rossi (1833-1840) 1833 Arabe Antoine Caussin de Perceval (1784-1833) Littérature française Stanislas Andrieux (1814-1833) Turc Daniel Kieffer (1822-1833) Arabe Armand-Pierre Caussin de Perceval (1833-1871) Littérature française Jean-Jacques Ampère (1833-1853) Turc Alix Desgranges (1833-1854) 1836 Physique générale et expérimentale André-Marie Ampère (1824-1836) Physique générale et expérimentale Félix Savart (1836-1841) 1837 Archéologie Jean-François Champollion (1831-1832) Histoire et morale Jean-Antoine Letronne (1831-1837) Philosophie grecque et latine Théodore Jouffroy (1832-1837) Création Archéologie Jean-Antoine Letronne (1837-1848) Histoire et morale Jules Michelet (1838-1852) Philosophie grecque et latine Jules Barthélémy Saint-Hilaire (1838-1852) Histoire naturelle des corps organisés Georges Duvernoy (1837-1855) 1838 Persan Antoine-Isaac Silvestre de Sacy (1806-1838) Persan Amédée Jaubert (1838-1847) .26 1832 Anatomie Antoine Portal (1773-1832) Histoire naturelle Georges Cuvier (1800-1832) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Jean-Pierre Abel-Rémusat (1814-1832) Langue et philosophie grecques Jean-François Thurot (1814-1832) Langue et littérature sanscrites Léonard de Chézy (1815-1832) Économie politique Jean-Baptiste Say (1831-1832) Chaire supprimée Histoire naturelle.

27 1840 Économie politique Pellegrino Rossi (1833-1840) Création Économie politique Michel Chevalier (1840-1879) Langue et littérature slaves Adam Mickiewicz. chargé de cours (1840-1852) 1841 Physique générale et expérimentale Félix Savart (1836-1841) Création Physique générale et expérimentale Henri-Victor Régnault (1841-1871) Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1841-1853) Création Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (1841-1852) 1843 Mathématiques Sylvestre-François Lacroix (1843-1848) Mathématiques Guillaume Libri-Carucci (1815-1843) 1844 Éloquence latine Jean-Louis Burnouf (1817-1844) Création Éloquence latine Désiré Nisard (1844-1852) Embryogénie comparée Victor Coste (1844-1873) 1845 Chimie Louis-Jacques Thénard (1804-1845) Chimie minérale Théophile-Jules Pelouze (1845-1850) 1847 Persan Amédée Jaubert (1838-1847) Persan Jules Mohl (1850-1876) .

Législations comparées. Alphonse de Lamartine Droit privé. Turc et Poésie latine. Alfred-Charles Franquet de Franqueville Économie générale et statistique des finances et du commerce. chargé de cours (1840-1852) Langue et littérature slaves Cyprien Robert. chargé de cours (1853-1857) Chaire nouvelle Révocation de Quinet. Jean Reynaud Droit international et histoire des traités. Mickiewicz. Louis-Antoine Garnier-Pagès Droit administratif. un décret du gouvernement provisoire supprima cinq chaires : Économie politique. Langue et littérature slaves Adam Mickiewicz. Joseph Decaisne Économie générale et statistique des mines. l’Assemblée Nationale rétablit les cinq chaires supprimées et leurs titulaires furent réintégrés au Collège. Louis-Marie Delahaye de Cormenin Histoire des institutions administratives françaises et étrangères. Alexandre Ledru-Rollin Mécanique. Droit de la nature et des gens. chargé de cours (1852-1857) . Jean-Martial Bineau Économie générale et statistique des travaux publics. Chaire ancienne 1849 Histoire générale et philosophique des législations comparées Édouard Laboulaye (1849-1883) Archéologie Jean-Antoine Letronne (1837-1848) Histoire des législations comparées Eugène Lerminier (1831-1849) Archéologie Charles Lenormant (1849-1859) 1850 Mathématiques Guillaume Libri-Carucci (1843-1848) Chimie minérale Théophile-Jules Pelouze (1845-1850) Mathématiques Joseph Liouville (1851-1882) Chimie minérale Antoine-Jérôme Balard (1851-1876) 1852 Langue et littérature sanscrites Eugène Burnouf (1832-1852) Langue et littérature sanscrites Théodore Pavie. Le 14 novembre 1848.28 1848 Le 7 avril 1848. Michelet. pour en créer douze nouvelles destinées à instituer une École d’Administration dont l’existence fut éphémère : Droit politique français et droit politique comparé. Armand Marrast Droit criminel. arts et manufactures. Jean-Victor Poncelet. Augustin Serres Économie générale et statistique de l’agriculture. Faustin Hélie Économie générale et statistique de la population. usines.

chargé de cours (1854-1857). titulaire (1861-1889) 1855 Langue et littérature grecques Jean-François Boissonade (1855-1892) Médecine François Magendie (1831-1855) Histoire naturelle des corps organisés Georges Duvernoy (1837-1855) Langue et littérature grecques Jean-Pierre Rossignol (1829-1855) Médecine Claude Bernard (1855-1878) Histoire naturelle des corps organisés Pierre-Jean-Marie Flourens (1855-1867) Langue et littérature françaises modernes Jean-Jacques Ampère (1853-1864) Philosophie grecque et latine Émile Saisset. chargé de cours (1853-1857) Langues et littératures étrangères de l’Europe moderne Philarète Chasles (1853-1870) . titulaire (1856-1887) Poésie latine Charles-Augustin de Sainte-Beuve (1854-1869) Turc Mathurin-Joseph Cor (1854) Histoire et morale Joseph Guigniaut. titulaire (1857-1862) Éloquence latine Ernest Havet (1854-1885) Turc Abel Pavet de Courteille. chargé de cours (1854-1861). chargé de cours (1854-1856).29 Éloquence latine Désiré Nisard (1844-1852) Éloquence latine Wilhelm Rinn (1853-1854) 1853 Littérature française Jean-Jacques Ampère (1833-1853) Philosophie grecque et latine Jules Barthélémy Saint-Hilaire (1838-1852) Fusion des chaires de : — Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (révoqué) (1841-1852) — Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1841-1853) Création Langue et littérature françaises du Moyen Âge Paulin Paris (1853-1872) 1854 Droit de la nature et des gens Xavier de Portets (1822-1854) Poésie latine Pierre-François Tissot (1830-1854) Turc Alix Desgranges (1833-1854) Histoire et morale Jules Michelet (révoqué) (1838-1852) Éloquence latine Wilhelm Rinn (1853-1854) Turc Mathurin-Joseph Cor (1854) Droit de la nature et des gens Adolphe Franck.

et syriaque Ernest Renan (révoqué) (1862-1864) Création Langue et littérature françaises modernes Louis de Loménie (1864-1878) Langues hébraïque. chargé de cours (1864-1865). chargé de cours (1857-1883) Philosophie grecque et latine Charles Lévêque. chargé de cours (1853-1857) Langue et littérature sanscrites Théodore Pavie. chargé de cours (1857-1861) Langue et littérature slaves Alexandre Chodzko. et syriaque Salomon Munk (1864-1867) Grammaire comparée Michel Bréal. chargé de cours (1857-1861) Ernerst Renan (1862-1864) Création Épigraphie et antiquités romaines Léon Renier (1861-1885) 1862 Physique mathématique Jean-Baptiste Biot (1801-1862) Histoire et morale Joseph Guigniaut (1857-1862) Physique générale et mathématique Joseph Bertrand (1862-1900) Histoire et morale Alfred Maury. chargé de cours (1857-1862). chargé de cours (1852-1857) Philosophie grecque et latine Émile Saisset. chaldaïque. chaldaïque. titulaire (1866-1905) 1865 Création Chimie organique Marcelin Berthelot (1865-1907) . chaldaïque. chargé de cours (1861). titulaire (1862-1892) 1864 Langue et littérature françaises modernes Jean-Jacques Ampère (1853-1864) Langues hébraïque.30 1857 Hébreu Étienne-Marc Quatremère (1819-1857) Langue et littérature slaves Cyprien Robert. titulaire (1861-1900) Langue et littérature sanscrites Édouard Foucaux. chaldaïque. chargé de cours (1853-1857) Langues hébraïque. et syriaque Langues hébraïque. titulaire (1862-1894) 1860 Astronomie Jacques Binet (1823-1856) Archéologie Charles Lenormant (1849-1859) Mécanique céleste Joseph Serret (1861-1885) Philologie et archéologie égyptiennes Emmanuel de Rougé (1860-1872) Langues hébraïque. chargé de cours (1857-1860). chaldaïque. et syriaque Louis Dubeux. et syriaque Louis Dubeux.

et syriaque Ernest Renan (rétabli) (1870-1892) Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (1870-1875) 1871 Arabe Armand-Pierre Caussin de Perceval (1833-1871) Création Arabe Charles-François Defrémery (1871-1883) Histoire des doctrines économiques Émile Levasseur (1871-1885) 1872 Physique générale et expérimentale Henri-Victor Régnault (1841-1871) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Paulin Paris (1853-1872) Physique générale et expérimentale Élie Mascart (1872-1908) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Gaston Paris (1872-1903) 1873 Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Stanislas Julien (1832-1873) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Léon d’Hervey de Saint-Denys (1874-1892) . chaldaïque.31 1869 Poésie latine Charles-Augustin De Sainte-Beuve (1854-1869) Histoire naturelle des corps organisés Pierre-Jean-Marie Flourens (1855-1867) Poésie latine Gaston Boissier (1869-1885) Histoire naturelle des corps organisés Étienne-Jules Marey (1869-1904) 1870 Langues et littératures étrangères de l’Europe moderne Philarète Chasles (1853-1870) Langues hébraïque. et syriaque Salomon Munk (1864-1867) Rétablissement Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1870-1873) Langues hébraïque. chaldaïque.

32 Embryogénie comparée Victor Coste (1844-1873) Philologie et archéologie égyptiennes Emmanuel de Rougé (1860-1872) Langues et littératures d’origine germanique Philarète Chasles (1870-1873) Embryogénie comparée Édouard Balbiani (1874-1899) Philologie et archéologie égyptiennes Gaston Maspero (1874-1916) Langues et littératures d’origine germanique Guillaume Guizot (1874-1892) 1874 Histoire naturelle des corps inorganiques Léonce Élie de Beaumont (1832-1874) Création Création Histoire naturelle des corps inorganiques Charles Sainte-Claire Deville (1875-1876) Histoire de la philosophie moderne Jean Nourrisson (1874-1899) Philologie et archéologie assyriennes Jules Oppert (1874-1905) 1875 Langues et littératures de l’Europe méridionale Edgar Quinet (1870-1875) Création Langues et littératures de l’Europe méridionale Paul Meyer (1876-1906) Anatomie générale Louis Ranvier (1875-1911) 1876 Persan Jules Mohl (1850-1876) Chimie minérale Antoine-Jérôme Balard (1851-1876) Histoire naturelle des corps inorganiques Charles Sainte-Clairedeville (1875-1876) Persan Adrien Barbier Demeynard (1876-1885) Chimie minérale Paul Schützenberger (1876-1897) Histoire naturelle des corps inorganiques Ferdinand Fouqué (1877-1904) 1877 Création Épigraphie et antiquités grecques Paul Foucart (1877-1926) 1878 Médecine Claude Bernard (1855-1878) Langue et littérature françaises modernes Louis de Loménie (1864-1878) Création Médecine Charles-Édouard Brown-Séquard (1878-1894) Langue et littérature françaises modernes Paul Albert (1878-1880) Esthétique et histoire de l’art Charles Blanc (1878-1882) .

et statistiques économiques Émile Levasseur (1885-1911) Langues et littératures de la Perse James Darmesteter (1885-1894) .33 1880 Économie politique Michel Chevalier (1840-1879) Langue et littérature françaises modernes Paul Albert (1878-1880) Création Économie politique Paul Leroy-Beaulieu (1880-1916) Langue et littérature françaises modernes Émile Deschanel (1881-1903) Histoire des religions Albert Réville (1880-1906) 1882 Mathématiques Joseph Liouville (1851-1882) Esthétique et histoire de l’art Charles Blanc (1878-1882) Création Mathématiques Camille Jordan (1883-1912) Esthétique et histoire de l’art Eugène Guillaume (1882-1905) Langues et littératures celtiques Henry d’Arbois de Jubainville (1882-1910) 1883 Histoire des législations comparées Édouard Laboulaye (1849-1883) Arabe Charles-François Defrémery (1871-1883) Histoire des législations comparées Jacques Flach (1884-1919) Arabe Stanislas Guyard (1884) 1884 Langue et littérature slaves Alexandre Chodzko. histoire. chargé de cours (1857-1883) Arabe Stanislas Guyard (1884) Langues et littératures slaves Louis Léger (1885-1923) Arabe Adrien Barbier de Meynard (1885-1908) 1885 Éloquence latine Ernest Havet (1854-1885) Mécanique céleste Joseph Serret (1861-1885) Épigraphie et antiquités romaines Léon Renier (1861-1885) Poésie latine Gaston Boissier (1869-1885) Histoire des doctrines économiques Émile Levasseur (1871-1885) Persan Adrien Barbier de Meynard (1876-1885) Philologie latine Louis Havet (1885-1925) Mécanique analytique et mécanique céleste Maurice Lévy (1885-1908) Épigraphie et antiquités romaines Ernest Desjardins (1886) Histoire de la littérature latine Gaston Boissier (1885-1906) Géographie.

chaldaïque et syriaque Ernest Renan (1870-1892) Langues et littératures d’origine germanique Guillaume Guizot (1874-1892) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Léon d’Hervey de Saint-Denys (1874-1892) Langue et littérature grecques Maurice Croiset (1893-1930) Langues et littératures hébraïque.34 1886 Épigraphie et antiquités romaines Ernest Desjardins (1886) Épigraphie et antiquités romaines René Cagnat (1887-1930) 1887 Droit de la nature et des gens Adolphe Franck (1856-1887) Psychologie expérimentale et comparée Théodule Ribot (1888-1901) 1890 Turc Abel Pavet de Courteille (1861-1889) Épigraphie et antiquités sémitiques Charles Clermont-Ganneau (1890-1923) 1892 Histoire et morale Alfred Maury (1862-1892) Création Géographie historique de la France Auguste Longnon (1892-1911) Histoire générale des sciences Pierre Laffitte (1892-1903) 1893 Langue et littérature grecques Jean-Pierre Rossignol (1855-1892) Langues hébraïque. chaldaïque. et syriaque Philippe Berger (1893-1910) Langues et littératures d’origine germanique Arthur Chuquet (1893-1925) Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Édouard Chavannes (1893-1918) 1894 Langue et littérature sanscrites Édouard Foucaux (1862-1894) Médecine Charles-Édouard Brown-Séquard (1878-1894) Langues et littératures de la Perse James Darmesteter (1885-1894) Langue et littérature sanscrites Sylvain Lévi (1894-1935) Médecine Arsène d’Arsonval (1894-1930) Langue et littérature araméennes Rubens Duval (1894-1907) 1897 Chimie minérale Paul Schützenberger (1876-1897) Création Chimie minérale Henri Le Chatelier (1898-1907) Philosophie sociale Jean Izoulet (1897-1929) .

35 1899 Histoire de la philosophie moderne Jean Nourrisson (1874-1899) Embryogénie comparée Édouard Balbiani (1874-1899) Philosophie moderne Gabriel Tarde (1900-1904) Embryogénie comparée Félix Henneguy (1900-1928) 1900 Philosophie grecque et latine Charles Lévêque (1861-1900) Physique générale et mathématique Joseph Bertrand (1862-1900) Philosophie grecque et latine Henri Bergson (1900-1904) Physique générale et mathématique Marcel Brillouin (1900-1931) 1901 Psychologie expérimentale et comparée Théodule Ribot (1888-1901) Psychologie expérimentale et comparée Pierre Janet (1902-1934) 1902 Création Sociologie et sociographie musulmanes Alfred Le Chatelier (1902-1925) 1903 Langue et littérature françaises du Moyen Âge Gaston Paris (1872-1903) Histoire générale des sciences Pierre Laffitte (1892-1903) Création Langue et littérature françaises du Moyen Âge Joseph Bédier (1903-1936) Histoire générale des sciences Grégoire Wyrouboff (1903-1913) Pathologie générale et comparée Albert Charrin (1903-1907) 1904 Histoire naturelle des corps organisés Étienne-Jules Marey (1869-1904) Histoire naturelle des corps inorganiques Ferdinand Fouqué (1877-1904) Langue et littérature françaises modernes Émile Deschanel (1881-1903) Philosophie moderne Gabriel Tarde (1900-1904) Histoire naturelle des corps organisés Nicolas François-Franck (1905-1921) Histoire naturelle des corps inorganiques Auguste Michel-Lévy (1905-1911) Langue et littérature françaises modernes Abel Lefranc (1904-1937) Philosophie moderne Henri Bergson (1904-1921) 1905 Grammaire comparée Michel Bréal (1866-1905) Philologie et archéologie assyriennes Jules Oppert (1874-1905) Esthétique et histoire de l’art Eugène Guillaume (1882-1905) Grammaire comparée Antoine Meillet (1906-1936) Philologie et archéologie assyriennes Charles Fossey (1906-1939) Esthétique et histoire de l’art Georges Lafenestre (1905-1919) .

réintégré en 1944) Langue et littérature arabes Paul Casanova (1909-1926) Numismatique de l’Antiquité et du Moyen Âge Ernest Babelon (1908-1924) Histoire des religions Alfred Loisy (1909-1932) 1909 Mécanique analytique et mécanique céleste Maurice Lévy (1885-1908) Mécanique analytique et mécanique céleste Jacques Hadamard (1909-1937) 1910 Langues et littératures celtiques Henry d’Arbois de Jubainville (1882-1910) Langues et littératures celtiques Joseph Loth (1910-1930) .36 Philosophie grecque et latine Henri Bergson (nommé en 1904 titulaire de la chaire dePhilosophie moderne) (1900-1904) Histoire et antiquités nationales Camille Jullian (1905-1930) 1906 Langues et littératures de l’Europe méridionale Paul Meyer (1876-1906) Histoire des religions Albert Réville (1880-1906) Histoire de la littérature latine Gaston Boissier (1885-1906) Langues et littératures de l’Europe méridionale Alfred Morel-Fatio (1907-1924) Histoire des religions Jean Réville (1907-1908) Histoire de la littérature latine Paul Monceaux (1907-1934) 1907 Chimie organique Marcelin Berthelot (1865-1907) Chimie minérale Henri Le Chatelier (1898-1907) Pathologie générale et comparée Albert Charrin (1903-1907) Création Chimie organique Émile Jungfleisch (1908-1916) Chimie minérale Camille Matignon (1908-1934) Biologie générale Émile Gley (1908-1930) Histoire du travail Georges Renard (1907-1930) 1908 Physique générale et expérimentale Élie Mascart (1872-1908) Arabe Adrien Barbier Demeynard (1885-1908) Langue et littérature araméennes Rubens Duval (1895-1907) Histoire des religions Jean Réville (1907-1908) Physique générale et expérimentale Paul Langevin (1909-1946) (révoqué en 1940.

histoire et archéologie de l’Asie centrale Paul Pelliot (1911-1945) 1912 Anatomie générale Louis Ranvier (1875-1911) Mathématiques Camille Jordan (1883-1912) Géographie. histoire et statistiques économiques Émile Levasseur (1885-1911) Géographie historique de la France Auguste Longnon (1892-1911) Histoire naturelle des corps inorganiques Lucien Cayeux (1912-1936) Création temporaire (fondation Albert Kahn) Histologie comparée Jean Nageotte (1912-1937) Mathématiques Georges Humbert (1912-1921) Étude des faits économiques et sociaux Marcel Marion (1912-1932) Histoire de l’Afrique du Nord Stéphane Gsell (1912-1932) Géologie Auguste Michel-Lévy (1905-1911) Géographie humaine Jean Brunhes (1912-1930) 1914 Histoire générale des sciences Grégoire Wyrouboff (1903-1913) Chaire supprimée 1916 Philologie et archéologie égyptiennes Gaston Maspero (1874-1916) Chimie organique Émile Jungfleisch (1908-1916) Création (fondation de la Ville de Paris) Chaire supprimée Chaire supprimée Prévoyance et assistance sociales Édouard Fuster (1917-1935) 1917 Économie politique Paul Leroy-Beaulieu (1880-1916) Chimie organique Charles Moureu (1917-1929) 1919 Langues et littératures chinoise et tartare-mandchoue Édouard Chavannes (1893-1918) Esthétique et histoire de l’art Georges Lafenestre (1905-1919) Langue et littérature chinoises Henri Maspero (1921-1945) Histoire de l’art français André Michel (1920-1925) 1920 Histoire des législations comparées Jacques Flach (1884-1919) Histoire des sciences Pierre Boutroux (1920-1922) . chaldaïque. et syriaque Philippe Berger (1893-1910) Langues.37 1911 Langues et littératures hébraïque.

protistologie pathologique Louis Nattan-Larrier (1923-1943) 1924 Langues et littératures de l’Europe méridionale Edmond Faral (1925-1954) Numismatique de l’Antiquité et du Moyen Âge Théodore Reinach (1924-1928) Littérature latine du Moyen Âge Alfred Morel-Fatio (1907-1924) Numismatique de l’Antiquité Ernest Babelon (1908-1924) 1925 Philologie latine Louis Havet (1885-1925) Langues et littératures d’origine germanique Arthur Chuquet (1893-1925) Phonétique expérimentale Jean Rousselot (1923-1924) Histoire des littératures comparées de l’Europe méridionale et de l’Amérique latine Paul Hazard (1925-1944) Langues et littératures d’origine germanique Charles Andler (1926-1933) Histophysiologie Justin Jolly (1925-1940) .38 Création Création temporaire Histoire et philologie indochinoises Louis Finot (1920-1930) Enseignement de la coopération Charles Gide (1921-1930) 1921 Philosophie moderne Henri Bergson (1904-1921) Histoire naturelle des corps organisés Nicolas François-Franck (1905-1921) Mathématiques Georges Humbert (1912-1921) Création Philosophie Édouard Leroy (1921-1940) Histoire naturelle des corps organisés André Mayer (1922-1946) Mathématiques Henri Lebesgue (1921-1941) Histoire coloniale Alfred Martineau (1921-1935) 1922 Histoire des sciences Pierre Boutroux (1920-1922) Égyptologie Alexandre Moret (1923-1938) 1923 Langues et littératures slaves Louis Léger (1885-1923) Épigraphie et antiquités sémitiques Charles Clermont-Ganneau (1890-1923) Création Création temporaire Langues et littératures slaves André Mazon (1923-1951) Physiologie des sensations Henri Piéron (1923-1951) Phonétique expérimentale Jean Rousselot (1923-1924) Études coloniales.

39 Création Épidémiologie Hyacinthe Vincent (1925-1936) 1926 Épigraphie et antiquités grecques Paul Foucart (1877-1926) Sociologie et sociographie musulmanes Alfred Le Chatelier (1902-1925) Langue et littérature arabes Paul Casanova (1909-1926) Histoire de l’art français André Michel (1920-1925) Épigraphie grecque Maurice Holleaux (1927-1932) Sociologie et sociographie musulmanes Louis Massignon (1926-1954) Langue et littérature arabes William Marçais (1927-1943) Esthétique et histoire de l’art Gabriel Millet (1926-1937) 1928 Embryogénie comparée Félix Henneguy (1900-1928) Embryogénie comparée Emmanuel Fauré-Frémiet (1928-1954) 1929 Philosophie sociale Jean Izoulet (1897-1929) Chimie organique Charles Moureu (1917-1929) Numismatique de l’Antiquité Théodore Reinach (1924-1928) Création Sociologie Marcel Mauss (1931-1942) Chimie organique Marcel Delépine (1930-1941) Préhistoire Henri Breuil (1929-1947) Mécanique animale appliquée de l’aviation Antoine Magnan (1929-1938) 1930 Histoire et philologie indochinoises Louis Finot (1920-1930) Histoire et philologie indochinoises Jean Przyluski (1931-1944) 1931 Épigraphie et antiquités romaines René Cagnat (1887-1930) Langue et littérature grecques Maurice Croiset (1893-1930) Médecine Arsène d’Arsonval (1894-1930) Physique générale et mathématique Marcel Brillouin (1900-1931) Histoire du travail Georges Renard (1907-1930) Biologie générale Émile Gley (1908-1930) Civilisation romaine Eugène Albertini (1932-1941) Langue et littérature grecques Émile Bourguet (1932-1938) Médecine Charles Nicolle (1932-1936) Physique théorique Léon Brillouin (1932-1949) Histoire du travail François Simiand (1932-1935) Biologie générale Jacques Duclaux (1931-1948) .

qui ne devait jamais l’occuper) Suppression par décret des chaires de : Psychologie expérimentale et comparée Pierre Janet (1902-1934) Histoire de la littérature latine Paul Monceaux (1907-1934) Chimie minérale Camille Matignon (1908-1934) 1935 Histoire et antiquités nationales Camille Jullian (1905-1930) Prévoyance et assistance sociales Édouard Fuster (1917-1935) Histoire du travail François Simiand (1932-1935) Antiquités nationales Albert Grenier (1936-1948) Psychologie et éducation de l’enfance Henri Wallon (1937-1949) Histoire du travail Émile Coornaert (1936-1957) 1936 Langue et littérature sanscrites Sylvain Lévi (1894-1935) Médecine Charles Nicolle (1932-1936) Chimie nucléaire Frédéric Joliot (1937-1958) Langue et littérature sanscrites Jules Bloch (1937-1951) Langues et littératures d’origine germanique Ernest Tonnelat (1934-1948) Histoire des religions Jean Baruzi (1933-1951) Physique mathématique 1934 . Einstein.40 Langues et littératures celtiques Joseph Loth (1910-1930) Création Histoire de la philosophie au Moyen Âge Étienne Gilson (1932-1950) Civilisation américaine Bernard Faÿ (1932-1945) 1932 Histoire des religions Alfred Loisy (1909-1932) Histoire de l’Afrique du Nord Stéphane Gsell (1912-1932) Étude des faits économiques et sociaux Marcel Marion (1912-1932) Création temporaire (fondation de la Ville de Paris) Histoire de la civilisation moderne Lucien Febvre (1933-1949) Histoire ancienne de l’Orient sémitique Isidore Lévy (1932-1941) Géographie économique et politique André Siegfried (1933-1946) Histoire de l’art monumental Paul Léon (1932-1944) 1933 Langues et littératures d’origine germanique Charles Andler (1926-1933) Épigraphie grecque Maurice Holleaux (1927-1932) Création (pour A.

réintégré en 1944) Philosophie Édouard Leroy (1921-1940) Mathématiques Henri Lebesgue (1921-1941) Histophysiologie Justin Jolly (1925-1940) Chimie organique Marcel Delépine (1930-1941) Histoire des arts de l’Orient musulman Albert Gabriel (1941-1953) Physique générale et expérimentale Maurice Debroglie (1942-1944).41 1937 Langue et littérature françaises du Moyen Âge Joseph Bédier (1903-1936) Langue et littérature françaises modernes Paul Valéry (1937-1945) Grammaire comparée Antoine Meillet (1906-1936) Géologie Lucien Cayeux (1912-1936) Histoire coloniale Alfred Martineau (1921-1935) Épidémiologie Hyacinthe Vincent (1925-1936) Histoire du vocabulaire français Mario Roques (1937-1946) Poétique Abel Lefranc (1904-1937) Grammaire comparée Émile Benveniste (1937-1972) Géologie méditerranéenne Paul Fallot (1938-1960) Histoire de la colonisation Edmond Chassigneux (1939-1946) Médecine René Leriche (1937-1950) 1938 Mécanique analytique et mécanique céleste Jacques Hadamard (1909-1937) Histologie comparée Jean Nageotte (1912-1937) Égyptologie Alexandre Moret (1923-1938) Esthétique et histoire de l’art Gabriel Millet (1926-1937) Mécanique animale appliquée à l’aviation Antoine Magnan (1929-1938) Langue et littérature grecques Émile Bourguet (1932-1938) Mathématique et mécanique Szolem Mandelbrojt (1938-1972) Morphologie expérimentale et endocrinologie Robert Courrier (1938-1966) Égyptologie Pierre Lacau (1938-1947) Esthétique et histoire de l’art Henri Focillon (1938-1942) Aérolocomotion mécanique et biologique Étienne Œhmichen (1939-1955) Épigraphie et antiquités grecques Louis Robert (1939-1974) 1941 Philologie et archéologie assyriennes Charles Fossey (1906-1939) Physique générale et expérimentale Paul Langevin (1909-1946) (révoqué en 1940. puis à nouveau Paul Langevin Philosophie Louis Lavelle (1941-1951) Affectation réservée Radiobiologie expérimentale Antoine Lacassagne (1941-1951) Chimie organique Charles Dufraisse (1942-1955) .

postérieur de quelques mois. l’arrêté ministériel déclarant la vacance de la chaire. réintégré en 1944) Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Marcel Bataillon (1945-1965) Psychologie collective Maurice Halbwachs (1944-1945) Histoire de la langue latine Alfred Ernout (1944-1951) Physique cosmique Alexandre Dauvillier (1944-1962) 1945 2 Langue et littérature chinoises Henri Maspero (1921-1945) Langue et littérature arabes William Marçais (1927-1943) Histoire ancienne de l’Orient sémitique Isidore Lévy (1932-1941) Physique mathématique (chaire créée pour A. histoire et archéologie de l’Asie centrale Paul Pelliot (1911-1945) Histoire naturelle des corps organisés André Mayer (1922-1946) Histoire et philologie indochinoises Jean Przyluski (1931-1944) Théorie des équations différentielles et fonctionnelles Jean Leray (1947-1978) Archéologie paléochrétienne et byzantine André Grabar (1946-1966) Biochimie générale et comparée Jean Roche (1947-1972) Histoire et philologie indochinoises Émile Gaspardone (1946-1965) 2. . Einstein en 1933) Poétique Paul Valéry (1937-1945) Psychologie collective Maurice Halbwachs (1944-1945) Langue et littérature chinoises Paul Demiéville (1946-1964) Histoire du monde arabe Jean Sauvaget (1946-1950) Philologie et archéologie assyro-babyloniennes Édouard Dhorme (1945-1951) Physique atomique et moléculaire Francis Perrin (1946-1972) Histoire des créations littéraires en France Jean Pommier (1946-1964) Histoire de la civilisation italienne Augustin Renaudet (1946-1950) 1946 Physique générale et expérimentale Paul Langevin (1909-1946) Langues.42 Civilisation romaine Eugène Albertini (1932-1941) Civilisation romaine André Piganiol (1942-1954) 1943-1944 Histoire des littératures comparées de l’Europe méridionale et de l’Amérique latine Paul Hazard (1925-1944) Sociologie Marcel Mauss (1931-1942) Esthétique et histoire de l’art Henri Focillon (révoqué) (1938-1942) Mathématique et mécanique Szolem Mandelbrojt (1938-1972) (révoqué en 1942. peut être parfois daté de l’année suivante. L’année indiquée est celle de la délibération de l’Assemblée des Professeurs.

43 Civilisation américaine Bernard Faÿ (révoqué) (1932-1945) Géographie économique et politique André Siegfried (1933-1946) Histoire du vocabulaire français Mario Roques (1937-1946) Création Histoire de la civilisation de l’Amérique du Nord Marcel Giraud (1947-1971) Étude du monde tropical Pierre Gourou (1947-1970) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Félix Lecoy (1947-1974) Civilisations de l’Extrême-Orient Paul Mus (1946-1969) 1947 Préhistoire Henri Breuil (1929-1947) Égyptologie Pierre Lacau (1938-1947) Histoire de la colonisation Edmond Chassigneux (1939-1946) Géographie historique de la France Roger Dion (1948-1968) Égyptologie Pierre Montet (1948-1956) Histoire de l’expansion de l’Occident Robert Montagné (1948-1954) 1948 Biologie générale Jacques Duclaux (1931-1948) Langues et littératures d’origine germanique Ernest Tonnelat (1934-1948) Antiquités nationales Albert Grenier (1936-1948) Neurophysiologie générale Alfred Fessard (1949-1971) Langues et littératures d’origine germanique Fernand Mossé (1949-1956) Civilisation indo-européenne Georges Dumézil (1949-1968) 1949 Physique théorique Léon Brillouin (1932-1949) Histoire de la civilisation moderne Lucien Febvre (1933-1949) Psychologie et éducation de l’enfance Henri Wallon (1937-1949) Physique théorique Jean Laval (1950-1970) Histoire de la civilisation moderne Fernand Braudel (1950-1972) Psychologie des arts plastiques René Huyghe (1951-1976) 1950 Médecine René Leriche (1937-1950) Histoire de la civilisation italienne Augustin Renaudet (1946-1950) Histoire du monde arabe Jean Sauvaget (1946-1950) Création (fondation de la ville de Paris) Médecine expérimentale Antoine Lacassagne (1951-1954) Littérature et civilisation italiennes André Pézard (1951-1963) Langue et littérature arabes Gaston Wiet (1951-1959) Histoire et structure sociales de Paris et de la région parisienne Louis Chevalier (1952-1981) .

titulaire de la chaire de Médecine expérimentale créée l’année précédente) 1953 Histoire des arts de l’Orient musulman Claude Schaeffer-Forrer (1954-1969) Archéologie de l’Asie occidentale Albert Gabriel (1941-1953) 1954 Littérature latine du Moyen Âge Edmond Faral (1925-1954) Embryogénie comparée Emmanuel Fauré-Frémiet (1928-1954) Civilisation romaine André Piganiol (1942-1954) Médecine expérimentale Antoine Lacassagne (1951-1954) Analyse des faits économiques et sociaux François Perroux (1955-1974) Embryologie expérimentale Étienne Wolff (1955-1974) Civilisation romaine Jean Gagé (1955-1972) Médecine expérimentale Charles Oberling (1955-1960) 1955 Sociologie et sociographie musulmanes Louis Massignon (1926-1954) Aérolocomotion mécanique et biologique Étienne Œhmichen (1939-1955) Sociologie musulmane Henri Laoust (1956-1975) Algèbre et géométrie Jean-Pierre Serre (1956-1994) Langues et littératures slaves André Vaillant (1952-1962) Physique mathématique André Lichnerowicz (1952-1986) Histoire et technologie des systèmes philosophiques Martial Guéroult (1951-1962) Histoire des religions Henri-Charles Puech (1952-1972) Langues et littératures de l’Inde Jean Filliozat (1952-1978) Philosophie Maurice Merleau-Ponty (1952-1961) Littérature latine Pierre Courcelle (1952-1980) Assyriologie René Labat (1952-1974) Histophysiologie Jacques Benoit (1952-1966) .44 1951 Langues et littératures slaves André Mazon (1923-1951) Physiologie des sensations Henri Piéron (1923-1951) Histoire de la philosophie au Moyen Âge Étienne Gilson (1932-1950) Histoire des religions Jean Baruzi (1933-1951) Langue et littérature sanscrites Jules Bloch (1937-1951) Philosophie Louis Lavelle (1941-1951) Histoire de la langue latine Alfred Ernout (1944-1951) Philologie et archéologie assyro-babyloniennes Édouard Dhorme (1945-1951) Radiobiologie expérimentale Antoine Lacassagne (nommé en 1951.

45 Chimie organique Charles Dufraisse (1942-1955) Histoire de l’expansion de l’Occident Robert Montagné (1948-1954) Chimie organique des hormones Alain Horeau (1956-1980) Histoire sociale de l’Islam contemporain Jacques Berque (1956-1981) 1956 Égyptologie Pierre Montet (1948-1956) Philologie et archéologie égyptiennes Étienne Drioton (1957-1960) 1957 Langues et littératures d’origine germanique Fernand Mossé (1949-1956) Langues et littératures d’origine germanique Robert Minder (1957-1973) 1958 Histoire du travail Émile Coornaert (1936-1957) Chimie nucléaire Frédéric Joliot (1937-1958) Création Démographie sociale : la vie des populations Alfred Sauvy (1959-1969) Physique nucléaire Louis Leprince-Ringuet (1959-1972) Anthropologie sociale Claude Lévi-Strauss (1959-1982) 1959 Langue et littérature arabes Gaston Wiet (1951-1959) Magnétisme nucléaire Anatole Abragam (1960-1985) 1960 Géologie méditerranéenne Paul Fallot (1938-1960) Médecine expérimentale Charles Oberling (1955-1960) Philologie et archéologie égyptiennes Étienne Drioton (1957-1960) Méthodes physiques de l’astronomie André Lallemand (1961-1974) Médecine expérimentale Bernard Halpern (1961-1975) Philologie et archéologie égyptiennes Georges Posener (1961-1978) 1961 Philosophie Maurice Merleau-Ponty (1952-1961) Philosophie de la connaissance Jules Vuillemin (1962-1990) 1962 Histoire et technologie des systèmes philosophiques Martial Guéroult (1951-1962) Langues et littératures slaves André Vaillant (1952-1962) Histoire de la pensée philosophique Jean Hyppolite (1963-1968) Hébreu et araméen André Dupont-Sommer (1963-1971) .

Stein (1966-1981) 1967 Morphologie expérimentale et endocrinologie Robert Courrier (1938-1966) Archéologie paléochrétienne et byzantine André Grabar (1946-1966) Histophysiologie Jacques Benoit (1952-1966) Physiologie cellulaire François Morel (1967-1993) Histoire et civilisation de Byzance Paul Lemerle (1967-1973) Biologie moléculaire Jacques Monod (1967-1973) 1968 Civilisation indo-européenne Georges Dumézil (1949-1968) Préhistoire André Leroi-Gourhan (1969-1982) 1969 Géographie historique de la France Roger Dion (1948-1968) Archéologie de l’Asie occidentale Claude Schaeffer-Forrer (1954-1969) Démographie sociale : la vie des populations Alfred Sauvy (1959-1969) Histoire de la pensée philosophique Jean Hyppolite (1963-1968) Géographie du continent européen Maurice Lelannou (1969-1976) Histoire des sociétés médiévales Georges Duby (1970-1991) Sociologie de la civilisation moderne Raymond Aron (1970-1978) Histoire des systèmes de pensée Michel Foucault (1970-1984) .46 1963 Physique cosmique Alexandre Dauvillier (1944-1962) Langue et littérature chinoises Paul Démiéville (1946-1964) Histoire des créations littéraires en France Georges Blin (1965-1988) Littérature et civilisation italiennes André Pézard (1951-1963) Création Création Astrophysique théorique Jean-Claude Pecker (1964-1988) Histoire et civilisations de l’Asie centrale Louis Hambis (1965-1977) Littérature française moderne Jean Pommier (1946-1964) Archéologie et histoire de la Gaule Paul-Marie Duval (1964-1982) Physique théorique des particules élémentaires Jacques Prentki (1965-1983) Génétique cellulaire François Jacob (1965-1991) 1965 Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Marcel Bataillon (1945-1965) Histoire et philologie indochinoises Émile Gaspardone (1946-1965) Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Israël Révah (1966-1973) Étude du monde chinois : institutions et concepts Rolf A.

47 1970 Civilisations de l’Extrême-Orient Paul Mus (1946-1969) Étude du monde tropical Pierre Gourou (1947-1970) Physique théorique Jean Laval (1950-1970) Art et civilisation de la Renaissance en Italie André Chastel (1970-1984) Étude du Bouddhisme André Bareau (1971-1991) Physique de la matière condensée Pierre-Gilles de Gennes (1971-2004) 1971 Histoire de la civilisation de l’Amérique du Nord Marcel Giraud (1947-1971) Neurophysiologie générale Alfred Fessard (1949-1971) Hébreu et araméen André Dupont-Sommer (1963-1971) Anthropologie physique Jacques Ruffié (1972-1992) Neurophysiologie Yves Laporte (1972-1991) Hébreu et araméen André Caquot (1972-1994) 1972 Physique atomique et moléculaire Francis Perrin (1946-1972) Biochimie générale et comparée Jean Roche (1947-1972) Physique nucléaire Louis Leprince-Ringuet (1959-1972) Physique atomique et moléculaire Claude Cohen-Tannoudji (1973-2004) Biochimie cellulaire François Gros (1973-1996) Physique corpusculaire Marcel Froissart (1973-2004) 1973 Grammaire comparée Émile Benveniste (1937-1972) Mathématique et mécanique Szolem Mandelbrojt (1938-1972) Histoire de la civilisation moderne Fernand Braudel (1950-1972) Histoire des religions Henri-Charles Puech (1952-1972) Civilisation romaine Jean Gagé (1955-1972) Langues et littératures d’origine germanique Robert Minder (1957-1973) Langues et littératures de la péninsule ibérique et de l’Amérique latine Israël Révah (1966-1973) Langues et civilisation de l’Asie Mineure Emmanuel Laroche (1973-1985) Analyse mathématique des systèmes et de leur contrôle Jacques-Louis Lions (1973-1998) Histoire de la civilisation moderne Emmanuel Le Roy Ladurie (1973-1999) La Grèce et la formation de la pensée morale et politique Jacqueline de Romilly (1973-1984) Théorie des groupes Jacques Tits (1973-2000) Étude comparée des religions antiques Jean-Pierre Vernant (1975-1984) Histoire sociale et intellectuelle de la Chine Jacques Gernet (1975-1992) .

48 Biologie moléculaire Jacques Monod (1967-1973) Histoire et civilisation de Byzance Paul Lemerle (1967-1973) Physiologie du développement Alfred Jost (1974-1987) Histoire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne Jean Delumeau (1975-1994) 1974 Embryologie expérimentale Étienne Wolff (1955-1974) Méthodes physiques de l’astronomie André Lallemand (1961-1974) Communications cellulaires Jean-Pierre Changeux (1975-2006) Neuropsychologie du développement Julian de Ajuriaguerra (1975-1981) 1975 Épigraphie et antiquités grecques Louis Robert (1939-1974) Langue et littérature françaises du Moyen Âge Félix Lecoy (1947-1974) Assyriologie René Labat (1952-1974) Analyse des faits économiques et sociaux François Perroux (1955-1974) Sociologie musulmane Henri Laoust (1956-1975) Sémiologie littéraire Roland Barthes (1976-1980) Invention. technique et langage en musique Pierre Boulez (1976-1995) Histoire de Rome Paul-Marie Veyne (1976-1999) Histoire et civilisation du monde byzantin Gilbert Dagron (1975-2001) Langue et littérature arabes classiques André Miquel (1976-1997) 1976 Psychologie des arts plastiques René Huyghe (1951-1976) Médecine expérimentale Bernard Halpern (1961-1975) Géographie du continent européen Maurice Lelannou (1969-1976) Histoire de la création artistique en France Jacques Thuillier (1977-1998) Médecine expérimentale Jean Dausset (1977-1987) Christianisme et gnoses dans l’Orient préislamique Antoine Guillaumont (1977-1986) 1977 Histoire et civilisations de l’Asie centrale Louis Hambis (1965-1977) Sociographie de l’Asie du Sud-Est Lucien Bernot (1978-1985) 1978 Philologie et archéologie égyptiennes Georges Posener (1961-1978) Égyptologie Jean Leclant (1979-1990) 1979 Théorie des équations différentielles et fonctionnelles Jean Leray (1947-1978) Droit international René-Jean Dupuy (1979-1989) .

Stein (1966-1981) Sociologie Pierre Bourdieu (1981-2001) Étude comparée des sociétés africaines Françoise Héritier (1982-1998) Histoire de la pensée hellénistique et romaine Pierre Hadot (1982-1991) 1982 Histoire sociale de l’Islam contemporain Jacques Berque (1956-1981) Préhistoire André Leroi-Gourhan (1969-1982) Neuropsychologie du développement Julian de Ajuriaguerra (1975-1981) Physique statistique Philippe Nozières (1983-2001) Paléoanthropologie et préhistoire Yves Coppens (1983-2005) Neuropharmacologie Jacques Glowinski (1982-2006) 1983 Anthropologie sociale Claude Lévi-Strauss (1959-1982) Archéologie et histoire de la Gaule Paul-Marie Duval (1964-1982) Physique théorique des particules élémentaires Jacques Prentki (1964-1983) Histoire du monde indien Gérard Fussman (1984) Antiquités nationales Christian Goudineau (1984) Analyse et géométrie Alain Connes (1984) 1984 La Grèce et la formation de la pensée morale et politique Jacqueline de Romilly (1973-1984) Étude comparée des religions antiques Jean-Pierre Vernant (1975-1984) Tradition et critique des textes grecs Jean Irigoin (1986-1992) Grammaire et pensée allemandes Jean-Marie Zemb (1986-1998) .49 Langues et littératures de l’Inde Jean Filliozat (1952-1978) Sociologie de la civilisation moderne Raymond Aron (1970-1978) Civilisation japonaise Bernard Frank (1979-1996) Chimie des interactions moléculaires Jean-Marie Lehn (1979) 1980 Chimie organique des hormones Alain Horeau (1956-1980) Sémiologie littéraire Roland Barthes (1976-1980) Bio-Énergétique cellulaire Pierre Joliot (1981-2002) Études comparées de la fonction poétique Yves Bonnefoy (1981-1993) 1981 Littérature latine Pierre Courcelle (1952-1980) Histoire et structure sociales de Paris et de la région parisienne Louis Chevalier (1952-1981) Étude du monde chinois : institutions et concepts Rolf A.

50 1985 Histoire des systèmes de pensée Michel Foucault (1970-1984) Art et civilisation de la Renaissance en Italie André Chastel (1970-1984) Langues et civilisation de l’Asie Mineure Emmanuel Laroche (1973-1985) Épistémologie comparative Gilles-Gaston Granger (1986-1991) Histoire de la France contemporaine Maurice Agulhon (1986-1997) Assyriologie Paul Garelli (1986-1995) 1986 Physique mathématique André Lichnerowicz (1952-1986) Magnétisme nucléaire Anatole Abragam (1960-1985) Christianisme et gnoses dans l’Orient préislamique Antoine Guillaumont (1977-1986) Sociographie de l’Asie du Sud-Est Lucien Bernot (1978-1985) Analyse économique Edmond Malinvaud (1987-1993) Géodynamique Xavier Le Pichon (1987-2008) Théorie linguistique Claude Hagège (1988-2006) Rhétorique et société en Europe (XVI e-XVII esiècles) Marc Fumaroli (1987-2002) 1987 Physiologie du développement Alfred Jost (1974-1987) Embryologie cellulaire et moléculaire Nicole Le Douarin (1988-2000) 1988 Médecine expérimentale Jean Dausset (1977-1987) Médecine expérimentale Pierre Corvol (1989) 1989 Astrophysique théorique Jean-Claude Pecker (1964-1988) Droit international René-Jean Dupuy (1979-1989) Création Astrophysique observationnelle Antoine Labeyrie (1991) Histoire des syncrétismes de la fin de l’Antiquité Michel Tardieu (1991-2008) Chaire européenne Harald Weinrich (1989-1990) 1990 Littérature française moderne Georges Blin (1965-1988) Égyptologie Jean Leclant (1979-1990) Histoire de la Chine moderne Pierre-Étienne Will (1991) Égyptologie Jean Yoyotte (1991-1997) .

et sud-américaines Nathan Wachtel (1992-2005) Wolf Lepenies (1991-1992) 1992 Génétique cellulaire François Jacob (1964-1991) Étude du Bouddhisme André Bareau (1971-1991) Histoire sociale et intellectuelle de la Chine Jacques Gernet (1975-1992) Histoire de la pensée hellénistique et romaine Pierre Hadot (1982-1991) Chaire européenne Création Génétique moléculaire Pierre Chambon (1993-2002) Histoire moderne et contemporaine du monde russe François-Xavier Coquin (1993-2001) Langues et religions indo-iraniennes Jean Kellens (1993) Histoire économique et monétaire de l’Orient hellénistique Georges Le Rider (1993-1998) Umberto Eco (1992-1993) Chaire internationale Bronislaw Geremek (1992-1993) 1993 Anthropologie physique Jacques Ruffié (1972-1992) Études comparées de la fonction poétique Yves Bonnefoy (1981-1993) Tradition et critique des textes grecs Jean Irigoin (1986-1992) Chaire européenne Chaire internationale Fondements et principes de la reproduction humaine Étienne Baulieu (1993-1998) Littératures de la France médiévale Michel Zink (1994) Les civilisations de l’Europe au néolithique et à l’âge du bronze Jean Guilaine (1994-2007) Werner Hildenbrand (1993-1994) Zhang Guangda (1993-1994) 1994 Physiologie cellulaire François Morel (1967-1993) Hébreu et araméen André Caquot (1972-1994) Biologie moléculaire des plantes Joseph Schell (1994-1998) Antiquités sémitiques Javier Teixidor (1995-2001) .51 1991 Philosophie de la connaissance Jules Vuillemin (1962-1990) Histoire des sociétés médiévales Georges Duby (1970-1991) Neurophysiologie Yves Laporte (1972-1991) Épistémologie comparative Gilles-Gaston Granger (1986-1990) Chaire européenne Langues et littératures romanes Harald Weinrich (1992-1998) Histoire de l’Occident méditerranéen au Moyen Âge Pierre Toubert (1992-2003) Physiologie de la perception et de l’action Alain Berthoz (1992) Histoire et anthropologie des sociétés méso.

technique et langage en musique Pierre Boulez (1976-1995) Assyriologie Paul Garelli (1986-1995) Chaire européenne Chaire internationale Équations différentielles et systèmes dynamiques Jean-Christophe Yoccoz (1996) Anthropologie théâtrale Jerzy Grotowski (1996-1999) Chimie des solides Jean Rouxel (1996-1998) Klaus Rajewski (1995-1996) Harris Memel-Fotê (1995-1996) 1996 Biochimie cellulaire François Gros (1973-1996) Chaire européenne Chaire internationale Immunologie moléculaire Philippe Kourilsky (1998) Pieter Westbroek (1996-1997) Igor Mel’čuk (1996-1997) 1997 Civilisation japonaise Bernard Frank (1979-1996) Égyptologie Jean Yoyotte (1991-1997) Chaire européenne Chaire internationale Histoire de la France des Lumières Daniel Roche (1999-2005) Histoire turque et ottomane Gilles Veinstein (1999) Abram Deswaan (1997-1998) Brian Stock (1997-1998) 1998 Langue et littérature arabes classiques André Miquel (1976-1997) Étude comparée des sociétés africaines Françoise Héritier (1982-1998) Histoire de la France comtemporaine Maurice Agulhon (1986-1997) Langues et littératures romanes Harald Weinrich (1992-1998) Assyriologie Jean-Marie Durand (1999) Littératures modernes de l’Europe néolatine Carlo Ossola (1999) Théorie économique et organisation sociale Roger Guesnerie (2000) Histoire et civilisation du monde achéménide et de l’empire d’Alexandre Pierre Briant (1999) .52 Histoire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne Jean Delumeau (1975-1994) Analyse économique Edmond Malinvaud (1987-1993) Chaire européenne Chaire internationale Biologie historique et évolutionnisme Armand de Ricqlès (1995) Philosophie du langage et de la connaissance Jacques Bouveresse (1995) Norbert Ohler (1994-1995) Orest Ranum (1994-1995) 1995 Algèbre et géométrie Jean-Pierre Serre (1956-1994) Invention.

53 Fondements et principes de la reproduction humaine Spyros Artavanis-Tsakonas (2000) Chaire européenne Chaire internationale Biologie et génétique du développement Étienne-Émile Baulieu (1993-1998) Thomas W. histoire Nicolas Grimal (2000) Hans-Wilhelm Müler-Gärtner (1999-2000) James Watson Cronin (1999-2000) 2000 Histoire de la civilisation moderne Emmanuel Le Roy Ladurie (1973-1999) Histoire de Rome Paul Veyne (1976-1999) Physique statistique Philippe Nozières (1983-2001) Embryologie cellulaire et moléculaire Nicole Le Douarin (1988-2000) Anthropologie théâtrale Jerzy Grotowski (1996-1999) Chimie de la matière condensée Jacques Livage (2001) Histoire de l’art européen médiéval et moderne Roland Recht (2001) Évolution du climat et de l’océan Édouard Bard (2001) Génétique et physiologie cellulaire Christine Petit (2001) Religion. philologie. Gaehtgens (1998-1999) Patrice Higonnet (1998-1999) 1999 Analyse mathématique des systèmes et de leur contrôle Jacques-Louis Lions (1973-1998) Histoire de la création artistique en France Jacques Thuillier (1977-1998) Grammaire et pensée allemandes Jean-Marie Zemb (1986-1998) Histoire économique et monétaire de l’Orient hellénistique Georges Le Rider (1993-1998) Biologie moléculaire des plantes Joseph Schell (1994-1998) Chimie des solides Jean Rouxel (1996-1998) Chaire européenne Chaire internationale Théorie des Nombres Don Zagier (2000) Philosophie des sciences biologiques et médicales Anne Fagot-Largeault (2000) Philosophie et histoire des concepts scientifiques Ian Hacking (2000-2006) Anthropologie de la Nature Philippe Descola (2000) Physique quantique Serge Haroche (2001) Civilisation pharaonique : Archéologie. institutions et société de la Rome antique John Scheid (2001) .

54 Chaire européenne Chaire internationale Michael Edwards (2000-2001) Miklós Szabó (2000-2001) 2001 Théorie des groupes Jacques Tits (1973-2000) Sociologie Pierre Bourdieu (1981-2001) Antiquités sémitiques Javier Teixidor (1995-2001) Chaire européenne Chaire internationale Histoire moderne et contemporaine du politique Pierre Rosanvallon (2001) Études juridiques comparatives et internationalisation du droit Mireille Delmas-Marty (2002) Équations aux dérivées partielles et applications Pierre-Louis Lions (2002) Claudio Magris (2001-2002) Paul Farmer (2001-2002) 2002 Histoire et civilisation du monde byzantin Gilbert Dagron (1975-2001) Rhétorique et sociétés en Europe (XVI e-XVII esiècles) Marc Fumaroli (1987-2002) Histoire moderne et contemporaine du monde russe François-Xavier Coquin (1993-2001) Génétique moléculaire Pierre Chambon (1993-2002) Chaire européenne Chaire internationale Étude de la création littéraire en langue anglaise Michael Edwards (2003-2008) Épigraphie et histoire des cités grecques Denis Knoepfler (2003) Histoire contemporaine du monde arabe Henry Laurens (2003) Génétique humaine Jean-Louis Mandel (2003) Hans Belting (2002-2003) Stuart Edelstein (2002-2003) 2003 Bioénergétique cellulaire Pierre Joliot (1981-2002) Chaire européenne Chaire internationale Particules élémentaires. gravitation et cosmologie Gabriele Veneziano (2004) Theodor Berchem (2003-2004) Jayant Vishnu Narlikar (2003-2004) 2004 Physique atomique et moléculaire Claude Cohen-Tannoudji (1973-2004) Histoire de l’Occident méditerranéen au Moyen-Âge Pierre Toubert (1992-2003) Rationalité et sciences sociales Jon Elster (2006) Psychologie cognitive expérimentale Stanislas Dehaene (2005) .

critique.55 Chaire européenne Chaire internationale Sandro Stringari (2004-2005) Celâl Sengör (2004-2005) 2005 Physique de la matière condensée Pierre-Gilles de Gennes (1971-2004) Physique corpusculaire Marcel Froissart (1973-2004) Histoire de la France des Lumières Daniel Roche (1999-2005) Chaire européenne Chaire internationale Chaire de création artistique Physique mésoscopique Michel Devoret (2007) Littérature française moderne et contemporaine : histoire. théorie Antoine Compagnon (2006) Écrit et cultures dans l’Europe moderne Roger Chartier (2006) Maurice Bloch (2005-2006) Thomas Pavel (2005-2006) Christian de Portzamparc (2005-2006) 2006 Histoire et anthropologie des sociétés méso-et sud-américaines Nathan Wachtel (1992-2005) Chaire européenne Chaire internationale Chaire de création artistique Chaire d’innovation technologiqueLiliane Bettencourt Processus morphogénétiques Alain Prochiantz (2007) Daniele Vitali (2006-2007) Guy Orban (2006-2007) Pascal Dusapin (2006-2007) Jean-Paul Clozel (2006-2007) 2007 Communications cellulaires Jean-Pierre Changeux (1975-2006) Neuropharmacologie Jacques Glowinski (1982-2006) Paléoanthropologie et préhistoire Yves Coppens (1983-2005) Théorie linguistique Claude Hagège (1988-2006) Les civilisations de l’Europe au néolithique et à l’âge du bronze Jean Guilaine (1994-2007) Philosophie et histoire des concepts scientifiques Ian Hacking (2000-2006) Chimie des processus biologiques Marc Fontecave (2008) Microbiologie et maladies infectieuses Philippe Sansonetti (2007) Paléontologie humaine Michel Brunet (2007) Milieux bibliques Thomas Römer (2007) Physique de la matière condensée Histoire intellectuelle de la Chine Anne Cheng (2008) .

Savoirs contre pauvreté Esther Duflo (2008-2009) .56 Chaire européenne Chaire internationale Chaire de création artistique Chaire d’innovation technologiqueLiliane Bettencourt Manfred Kropp (2007-2008) Pierre Magistretti (2007-2008) Ariane Mnouchkine (2007-2008) Gérard Berry (2007-2008) 2008 Chaire européenne .Développpement durable Chaire de création artistique Chaire d’innovation technologiqueLiliane Bettencourt Henri Leridon (2008-2009) Pierre-Laurent Aimard (2008-2009) Mathias Fink (2008-2009) Chaire internationale .

non les branches de la Science qui sont faites. qui communique les documents à l’une des cinq Académies de l’Institut de France : celle-ci présente. dans cette désignation. deux candidats. Nulle part. et. par des travaux originaux. Le nombre des chaires de professeurs titulaires est actuellement de cinquantedeux (décret du 22 juin 1934. elle désigne deux candidats. Le Collège de France recrute sans condition de grades universitaires . Dans un cas comme dans l’autre. des résultats nouveaux. elle n’est liée. en principe. Chaque fois qu’un de ces traitements devient disponible par retraite. des enseignements nouveaux peuvent être institués. elle peut. selon l’esprit de son royal fondateur.57 IV. de chaires permanentes. par des vues personnelles. les enseignements anciens peuvent disparaître ou se transformer. à son tour. par conséquent. dès que sa proposition est acceptée. Il appartient au Ministre de . l’inviter à y substituer un enseignement différent. de droit. mais celles qui sont en voie de se faire » (Questions contemporaines p. il ne prépare à aucun examen et. C’est ce qui a fait dire à Ernest Renan qu’« à côté des établissements où se garde le dépôt des connaissances acquises. à décider à quel enseignement il conviendrait d’affecter le crédit qui se trouve ainsi sans emploi. l’Assemblée des professeurs est appelée. N’étant pas enfermé dans un cycle d’études invariables. du 4 août 1956. l’autre en seconde . dans le domaine de leurs recherches propres. Selon que les sciences diverses se modifient et selon que se produisent des hommes aptes à les faire progresser. ses enseignements ne sont assujettis à d’autre programme que celui défini chaque année par le titulaire de la chaire et approuvé par l’Assemblée des Professeurs. Elle peut demander au Ministre le maintien de l’enseignement dont le titulaire vient de disparaître . de plus en plus. à partir de 1969 intégration des trois chaires municipales dans le budget de l’État). D’autre part. parce qu’elle est sa raison d’être . Elle transmet les procès-verbaux de ses délibérations et ses votes au Ministre. Il suffit qu’on soit en droit d’attendre d’eux. et. LE RÔLE PROPRE ET L’ORGANISATION DU COLLÈGE DE FRANCE De cet historique des chaires. démission ou décès d’un titulaire. l’un en première ligne. il est donc nécessaire qu’il y ait des chaires indépendantes où s’enseignent. et par là. du 30 décembre 1957 et de 1964 . et dans les mêmes formes. à des enseignements nouveaux qui n’avaient pas encore reçu ailleurs droit de cité. elle a déterminé son organisation. comme il a été dit plus haut. De plus en plus. cette liberté est devenue sa loi. il lui est possible d’appeler à lui des savants qui ne sont pas des professeurs de carrière mais qui se sont signalés par des découvertes. 144). par aucune condition de grade. loi de finances du 24 mai 1951. le Collège de France n’a pas. si elle juge préférable. il ressort que le Collège de France a servi souvent. la recherche scientifique ne jouit d’une indépendance aussi large.

en 2007. il arrive qu’on juge nécessaire de conserver une chaire. au reste. pendant un ou deux mois. En outre deux chaires permettant l’accueil de savants étrangers pour la durée d’une année académique ont été créées : — en 1989. qui accueille chaque année un professeur différent. s’il y a lieu de faire place à un maître original. est créée une nouvelle chaire annuelle. destinée à une personnalité scientifique originaire d’un pays membre de la Communauté économique européenne . laquelle se traduit aussi bien. les enseignements ont pour règle commune de viser au développement de la science. Il le soumet ensuite à l’approbation de l’Assemblée des professeurs du Collège. Des savants étrangers sont ainsi invités chaque année par l’Assemblée à venir au Collège donner. le futur professeur . l’Assemblée des Professeurs cherche à conserver une juste proportion entre chaires de Sciences exactes et chaires de Lettres et Sciences humaines. destinée à une personnalité originaire des pays de l’Europe de l’Est ou d’autres continents. entre les candidats proposés. par des publications. extraeuropéens à partir de 1992. Il est entendu. d’année en année. Dans l’enseignement aussi prédomine le même principe de liberté. Puis. qui est un élément constitutif de l’institution du Collège. Les professeurs s’accordent à prendre comme point de départ ce qui est connu et se proposent toujours d’y ajouter quelques éléments nouveaux : faits d’expérience. analyses plus exactes ou synthèses plus suggestives. ou mieux. par les travaux divers qu’ils font eux-mêmes ou qu’ils suscitent et dirigent. une chaire dite européenne. Enfin. éclaircissements personnels. En outre. une chaire dite internationale. sans doute. la liberté de transformation. en France ou dans d’autres pays . que cet enseignement même n’est que l’une des formes extérieures de leur activité scientifique. Chaque professeur choisit. celui-ci est nommé par un décret du Président de la République. en partenariat avec la fondation BettencourtSchueller. vues ou interprétations propres.58 choisir. ne saurait être absolue . Dans la pratique. chaire d’Innovation technologique-Liliane Bettencourt. et généralement dans l’ordre particulier de recherches auxquelles il s’applique à ce moment. À partir de 1970 le principe de chaires de « professeur associé » a été admis. par des missions. cette possibilité a été étendue à l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur européens à partir de 1989. . le sujet de son cours dans le domaine scientifique qui lui est propre. et deux crédits de chaire ont été ouverts à cet effet au budget de l’État. un enseignement relatif à leurs recherches. — en 1991. consacrée à toutes les formes de création artistique. bien que de nombreuses chaires de même titre existent dans les Universités. La simple vulgarisation en est exclue. Une partie de l’enseignement peut être donné dans des institutions françaises en dehors de Paris. en 2004 est créée une chaire de création artistique. Quelle qu’en soit la forme. comme il a été indiqué plus haut.

Il relève directement de son protecteur. depuis l’institution de ce titre : Louis Lefèvre-Gineau (1800-1823). Il est présenté par ses collègues et nommé par trois ans par décret du Président à la République. L’Assemblée du Collège de France comprend les 52 professeurs titulaires avec voix délibérative . internationale et de création artistique peuvent y siéger avec voix consultative. viennent s’adjoindre les directions données aux recherches individuelles qui se font dans les divers laboratoires. se familiariser avec leur méthode. Elle détermine la politique scientifique de l’établissement et joue également le rôle d’un Conseil d’administration. du ministre ayant en charge l’Enseignement supérieur et la Recherche. C’est à l’Assemblée des professeurs qu’appartiennent. modifie les textes antérieurs (décrets de 1911 et 1935). neuf professeurs. exception faite pour les doctorats. L’avis du Conseil d’établissement — qui comprend. aux leçons proprement dites. dans la limite des places disponibles. Bien entendu. L’exécution de ces décisions et la direction des services sont confiées à un Administrateur. les deux professeurs associés dans les chaires européenne. de la part de ceux qui les font auprès des professeurs. Jules . Celui-ci doit être pris parmi les professeurs. le Chef de l’État. profiter de leurs suggestions et des ressources spéciales qu’ils ont pu réunir. qui viennent demander les conseils de savants connus. Un décret du 5 octobre 1990 portant organisation du Collège de France. Isaac Silvestre de Sacy (1824-1838). Il est doté d’un Conseil d’établissement ». l’établissement. un vice-président. Il ne s’agit en aucun cas de préparation aux examens universitaires. nommé selon les mêmes règles. Les cours du Collège étant ouverts à tous. par délégation. Il stipule notamment que « le Collège de France est administré par l’Assemblée du Collège de France. un travail personnel et vraiment scientifique. l’un chargé des affaires culturelles et des relations extérieures. Le Collège de France ne fait pas partie des Universités de Paris. quatorze représentants élus des personnels et quatre personnalités extérieures — doit précéder la délibération de l’Assemblée dans les matières énumérées par le décret. dont le bureau comprend. outre l’Administrateur. Il préside l’Assemblée. il n’y a ni immatriculation ni droits à payer. L’accès des salles d’enseignement est entièrement libre. sur la proposition du Ministre. sous réserve de l’approbation ministérielle. a été également doté de l’autonomie financière. et. qui déjà était investi de la personnalité civile. Il est dirigé par un administrateur assisté de deux directeurs adjoints. toutes les décisions relatives aux intérêts généraux de l’établissement. ces recherches comportent toujours. Par une loi du 31 décembre 1932. qui ne sont pas assujettis à des programmes. l’autre chargé des affaires administratives et financières.59 C’est pourquoi. et un secrétaire. à côté de lui. Louis Thénard (1838-1840). Jean-Antoine Letronne (1840-1848). choisis l’un et l’autre parmi les professeurs. Voici la liste des Administrateurs du Collège. Elles sont surtout l’affaire de chercheurs déjà engagés dans une voie déterminée.

Pierre Corvol. Yves Laporte (1980-1991). Marcel Bataillon (1955-1965). DONATIONS Les ressources mises à la disposition du Collège par divers donateurs lui permettent. d’autre part à des études de numismatique. Gaston Paris (1894. Wilhelm Rinn (1853-1854). Les revenus des sommes provenant de ces legs doivent être affectés d’une part à des études d’histoire et d’archéologie byzantines. et selon sa volonté. le revenu annuel est attribué aux laboratoires de biologie. Ernest Renan (1883-1892). Joseph Bédier (1929-1936). fondation Voronoff ». Donations Gustave Schlumberger Par décret du 24 juin 1932. princesse Edmond de Polignac. en souvenir de Winnaretta Singer. Émile Levasseur (1903-1911). de favoriser certains efforts de la pensée scientifique. Étienne Wolff (1966-1974). Depuis le décès de la donatrice.60 Barthélémy Saint-Hilaire (1848-1852). Gaston Boissier (1892-1894). chaque année. des dons importants dont les revenus doivent servir. Alain Horeau (19741980). Don Singer-Polignac Le Collège de France a reçu depuis 1950. Gilbert Dagron (1997-2000). pour la création et l’entretien d’une « Station de chirurgie expérimentale. V. épouse Voronoff. Xavier Deportets (1852-1853). la donation faite à cet établissement par Mme Frances Évelyn Bostwick. . Donation Voronoff Par décret du 28 septembre 1920. Edmond Faral (1937-1954). « au progrès des connaissances ». Édouard Laboulaye (1873-1883). d’histologie ou autres laboratoires similaires. L’affectation précise des fonds est déterminée chaque année par l’Assemblée des professeurs.1903). Stanislas Julien (1854-1873). selon l’avis de l’Assemblée des professeurs. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter. Donation Jean Ébersolt Mme Jean Ébersolt a fait une donation en 1968 dont les arrérages doivent être affectés au développement des études d’Histoire et civilisation de Byzance. au nom du Collège. André Miquel (1991-1997). de façon générale. Jacques Glowinski (2000-2006). l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter les legs faits au Collège par Gustave Schlumberger. Maurice Croiset (19111929).

en français. en 1993 à M. Philippe Kourilsky. Fondation Antoine Lacassagne Par décret du 6 janvier 1964. en 1986 à M. Michel Hamon. Michel Imbert. en 1968. par M. Antonio Coutinho. en 1975. Le prix Delheim est attribué en 2007 à M. Stéphane Romero. du montant du prix de 10 000 dollars que lui a décerné l’organisation des Nations Unies pour ses travaux sur le cancer. en 1999 à M. François Cuzin. Jean-Antoine Giraud. par le Docteur Patrick Derome . seront jugés aptes à poursuivre leurs travaux dans les laboratoires du Collège de France. en 1979 à M. Des conférences ont été données en 1966. François Gros . Jean Girard. Alain Doucet. Serge Jard. Alexeï Grantyn. par le Docteur Michel Boiron . en 1991 à Mme Françoise Dieterlen. en 1981 à M. en 2006 à M. Philippo Rijli. en 1982 à M. Mariano Sigman.61 Fondation Paul Dellheim Par décret du 5 juin 1956. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le don fait au Collège de France par Antoine Lacassagne. en 1973. Michel Bornens. en 1980 à M. par M. Pierre Freychet. en 1989 à M. qui fut titulaire de la chaire de Médecine expérimentale (de 1951 à 1954). en 1978 à M. Werner Graf. en 1995 à M. Le prix Dellheim pour l’année 2004 est attribué à M. Claude Kordon . en 1988 à M. en 2005 à Mme Ana Cumano. Robert M. après avoir fait de fortes études. en 1983 à M. Guy Blaudin de Thé. en 1985 à M. Thomas Bourgeron. par M. par le Docteur J. Les revenus de cette somme permettent d’inviter de jeunes biologistes français ou étrangers à venir chaque année au Collège exposer. par M. Emmanuel Pierrot-Deseilligny. Cohen . en 1972. Jean. en 1984 à M. en 1976. les résultats de leurs recherches. en 1970. en 1994 à M. son montant est de 1 600 €. . Jacques Glowinski. en 1977. Fauve. Dominique Stehelin. Pierre Tiollais. Dellheim « pour aider les jeunes savants peu fortunés qui. en 1996 à M. en 2004 à M. Gérard Couly. pour l’année 2005 à M. en 2002 à M. Jules-Alphonse Hoffmann.Paul Lévy . en vue de recherches scientifiques susceptibles de contribuer au soulagement de l’humanité ». en 1974. par Mme Nicole Le Douarin . en 1971. Georges N. Harel . en 1998 à Mme Marie-Aimée Teillet. par M. en 2007 à M. par M. Prix décerné en 1977 à Mme Andrée Tixier-Vidal. en 1967. Liyuan et pour l’année 2006 à M. Luc Montagnier . en 1987 à M. Jean-François Nicolas. en 1992 à Mme Anne-Marie Thierry. en 1997 à M. en 1990 à M. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le legs fait au Collège de France par Mme J. L’Assemblée des professeurs du 20 février 1977. François Chapeville . par M. a décidé que désormais serait attribué un prix Antoine Lacassagne auquel seraient associées deux conférences . Fazilleau.

Bortniker. Claude Chevalley. transformées par la suite en prix . 1908. Voici. Jean Dieudonné. Jacques Dufresnoy. Michel Demazure. Roux. Pierre Boutroux. Bernard Malgrange. Lafore. Jean-Benoît Bost. à partir de 1900. Gaston Julia. Hervé Jacquet. Émile Terroine. Pierre Cartier. au bénéfice de mathématiciens âgés de moins de trente ans et s’étant signalés dans l’ordre des mathématiques théoriques ou appliquées. Gabriel Mesuret. Henri Lebesgue. Pierre Boutroux. Élie Cartan. Émile Borel. PaulAndré Meyer. Jean-Pierre Demailly. Gérard Petiau. Albert Laborde-Scar. 1911. Albert Chatelet. 1904. 1902. 1906. Jacques Hadamard. Haïm Brézis. Maurice Roseau. Émile Borel. Vincent Lafforgue. Louis Rémy. en 1894. Adolphe Bühl. une charge de cours. Frédéric Roger. Émile Borel. René-Maurice Fréchet. Osée Marcus. Ludovic Zoretti. 1901. Paul Dubreil. Szolem Mandelbrojt. André Weil. Emmanuel FauréFremiet. F. puis. en 1902) ont permis de créer d’abord des bourses. Jules Drach. Jean-Louis Destouches. Noam Elkies. Maurice Janet.62 Legs Antoine Meillet Par décret du septembre 1937. en 1897. Daniel Dugué. François Bruhat. Jean Chazy. Jacques Deny. 1912. 1er . Émile Traynard. Joseph Marty. Jules Bocquet. Philippe Michel. Grégory Choodnovsky. Jacqueline Ferrand. 1907. Gabriel Pélissier. Georges Giraud. Gaëtan Chenevier. Jean Chazy. Henri Cartan. Paul Malliavin. suivant les vœux du donateur. Coty. Gabriel Mokobodzki. Alain Connes. Laurent Lafforgue. Hubert Delange. Maurice Gevrey. Henri Galbrun. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le legs fait au Collège par Antoine Meillet. 1909. 1910. Jacques Solomon. René Baire. Chargés de cours 1900. Roger Apéry. Jean-Louis Koszul. Pierre Fatou. qui fut titulaire de la chaire de Grammaire comparée (de 1906 à 1936). Paul Frion. Paul Lévy. Henri Lebesgue. Marcel Courtines. Yves Rocard. Georges Bourion. René de Possel. Cédric Vilani. Wladimir Bernstein. la liste des personnes qui ont bénéficié des prix ou ont reçu la charge du cours : Bourses et prix À partir de 1885 : L. Jean Combes. René Garnier. Louis-Emmanuel Leroy. Jean Leray. Guillaume Servant. Marcel Froissart. Léon Brillouin. Laurent Schwartz. en outre. 1903. Jean-Pierre Serre. Fondation Claude-Antoine Peccot Plusieurs donations successives (en 1886. Les revenus de ce legs sont affectés à des études de linguistique théorique. 1905. depuis l’origine.

1947. Roger Temam. Robert Roussarie. Jean-Pierre Kahane. 1955. 1925. 1962. 1938. 1952. Roger Godement. Uriel Frisch. . Pierre Cartier. 1963. Jean-Marc Fontaine. Jean Combes. Pierre Grisvard. André Lichnerowicz. 1949. Jacques-Louis Lions. Paul Lévy. 1928. 1944. René Thiry. 1966. Marie-Louise Dubreil-Jacotin. Frédéric Marty. 1970. Laurent Schwartz. Jean-Pierre Ferrier. Gabriel Mokobodzki. 1930. Jean-Michel Bony. Jean Zinn-Justin. Evry Schatzman. 1926. Claude Chevalley. 1922. Édouard-René Garnier. Haïm Brézis. 1933. 1914. 1969. Jacques Solomon. Philippe Nozières. 1921. 1956. Maurice Janet. 1932. Gaston Julia. Michel Raynaud. 1950. Michel Hervé. Léon Brillouin. André Weil. 1934. 1936. Jean-Paul Benzécri. 1961. 1975. Jean-Louis Koszul. Paul-André Meyer. 1935. 1974. Paul Malliavin. Gaston Julia. 1920. 1967. Jean Dieudonné. André Neveu. Paul Dubreil. 1965. Szolem Mandelbrojt. René Depossel. Claude Chabauty. Robert Deltheil. Bernard Teissier. 1923. Georges Giraud. 1964. Alexandre Grothendieck. Maurice Gevrey. Marie-Antoinette Tonnelat. 1973. 1918. Jean-Louis Destouches. 1957. Marcel Legaut. Alain Connes. 1929. Henri Milloux. Torsten Carleman. Wladimir Bernstein. Édouard-René Garnier. François Laudenbach. 1971. Jacques Deny. Claude Morlet. Michel Duflo. Marcel Froissart. 1927. Jean Ginibre. Henri Cartan. 1924. 1942. Jean-Pierre Serre. 1943. Maurice Roseau. Jean Favard. 1931. 1953. Roger Apéry. René Lagrange. 1958. Yvonne Fourès-Bruhat. Jean Ville. Pierre Deligne. Gérard Pétiau. Jacques Neveu. 1968. Yves Meyer. Bernard Malgrange 1960. 1937. 1915. François Bruhat. 1972. 1945. Joseph Kampé Defériet. 1976. Hervé Jacquet. 1954. 1919. Louis Boutet de Monvel. Jean Delsarte.63 1913. Marcel Berger. Jacqueline Ferrand. 1959. Gérard Schiffmann. Michel Demazure. Yves Rocard. Georges Bourion. Gustave Choquet. Jean Leray. Hubert Delange. 1951. 1941. 1946. Arnaud Denjoy. Pierre Gabriel. Jacques Dufresnoy. Yvette Amice.

Loïc Merel. 1995. Joseph Ayoub. Arnauld Beauville. Henri Vallois. Christophe Soulé. 1999. Jean-Luc Brylinski. Claude Viterbo. Guy Henniart. Jean-Christophe Yoccoz. Frédéric Helein. Stefaan Vaes. Michel Waldschmidt. 1980. Franck Barthe. Jérémie Szeftel. dans l’établissement. 1997. Claire Voisin. 2008. Jean-Claude Sikorav. Thierry Bodineau. Jean Lannes. 1984. 1946. Christophe Breuil. 2002. Luc Tartar. Voici la liste des conférenciers qui ont répondu à l’appel du Collège : 1939. Artur Avila. 1942. Cédric Villani. Emmanuel Breuillard. les revenus de cette fondation ont permis de demander des conférences à des américanistes. Bernard Larrouturou. Denis Auroux. Grégory Choodnovsky. Jean-Bernard Baillon. 2004. Claude Lévi-Strauss. 1948. Guy Stresser-Péan. 1991. Laurent Fargues. 1978. Jean-François Legall. Jean-Loup Waldspurger. Raoul d’Harcourt 1943 Maurice Leenhardt. Karine Beauchard. 1982. 1979. Christine Lescop. Ce cours a été confié à Léon Lejeal (1902-1907). Depuis 1939. Joseph Oesterlé. André Leroi-Gourhan. 2000. 2005. puis au docteur Louis Capitan (1908-1929). Jean-Lin Journé. Benoît Perthame. Vincent Lafforgue. 2003. 1950. 1994. Pierre-Louis Lions. 1990. Jacques Soustelle. Gaëtan Chenevier. Laurent Clozel. en vue de la fondation. Marc Rosso. Bernard Gaveau. 1987. membre associé de l’Institut de France. Jean-Pierre Demailly. Michel Talagrand. Philippe Michel. 1986. Wendelin Werner. Gilles Pisier. 1989. Noam Elkies. Éric Séré. Emmanuel Grenier. Laurent Lafforgue.64 1977. Erwan Rousseau. Jean-Michel Coron. Olivier Mathieu. 1941. Raphaël Rouquier. Fondation Loubat Par deux décrets en date du 16 avril 1902 et 28 juillet 1903. François Golse. Laurent Berger. Jean-Benoît Bost. 1992. 1996. d’un cours complémentaire d’Antiquités américaines. Laure Saint-Raymond. 1945. 2001. 2006. le Collège de France a été autorisé à accepter la donation faite par le duc de Loubat. 2007. 1988. Gilles Robert. 1981. 1985. Fabrice Bethuel. 1983. Ricardo Perez-Marco. 1998. Frédéric Leroux. 1993. . Julien Dubédat. Marcel Giraud.

Alexandre Rosetti. Walter E. Jon Landaburu. Édouard Naville. Philippe Borgeaud. Oleg Grabar. 1908. Adorno. 1917. 1915. Hans Selye. 1945. Ettore Pais. David Wiggins. 1920. Raffaele Altamira. Édouard Montet. 1961. toutes les fois que ce sera possible. Albert Einstein. . 1912. 1947. Stanislas Kot. Ludovico Geymonat. Christian Duverger. 1968. 1996. 1930. 1910. 2002.I. Jean Rudhart. G. au moins une fois sur trois un philosophe ou un historien de sciences religieuses. 1906. 1943. Jean-Claude Quilici. Franz Cumont. Jacob Jud. Magnus Olsen. Ernest Muret. Serge Gruzinski. 1974. A. Charles Michel. par un savant ou un penseur étranger désigné par les professeurs ou l’administrateur du Collège de France. Lorentz. Théodor W. Delannoy. Philippe Descola. 1973. Abaev. 1919. 1916. 1955. Alfred Métraux. Jorga. Étienne Lamotte. 1989. 1927. Franz Cumont. Georges Dossin. 1995. Birkoff. V. 1980. Gino Luzzatto. 1997. et qui sera. Xénopol. Danielle Lavallée. Guglielmo Ferrero. 1969. Jean Piaget. Jacques Galinier. 1942. 1948. 1940. 1956. 1923. Georges Larrouy. Laming-Emperaire. Michonis a légué au Collège de France une somme dont les revenus doivent servir à « faire faire. 1933. 2004. 1965. 1998. 1953. M. Voici la liste des conférenciers invités par le Collège : 1905. 1926. Wolfgang Koehler. 2007. Albert Michotte.65 1952. 1965. 1925. Adorno. Frédéric Engel. 1918. Albert Brachet. Nicolas Alexeieff. Nathan Wachtel. 1938. Michel Rostovtzeff. Paul Rivet. 1922. Hrozny. 1951. Pierre Clastres. Christophe Nyrop. Harl Jaberg. Michonis a commencé en 1905. Henri Pirenne-Anesaki. autant que les circonstances le permettront. 1924. Jacques Pirenne. une série de conférences ». Georges Doutrepont. Charles Detolnay. 1914. 2002. Carmen Bernand. 1929. 1935. Charles de La Vallée-Poussin. Giorgio Levi Della Vida. Jehan Vellard. Holger Pedersen. Georges D. Fondation Michonis Par décret du 10 mars 1903. L’exécution des volontés de M. Paul Frédéricq. 1973. Gomperz. Théodor W. Petrascheck. 1975. 1936. 1984. Joséphine Ioteyko. 1937. 1977. 1934. Maxime Kowalewsky.

A. M. Biquard. Rév. M. Alexandre Dufour. Martini. M. Ce prix a été attribué depuis sa fondation (1893) à M. Maurice Leenhardt. Les trois sections comprennent ensemble la totalité des professeurs. Salovine. Lenestour. Boulard. M. Marc Cohn. W. Henri Clouzot. M. M. Laurent. par l’une des trois sections instituées à cet effet. Mme d’Also. M. Neil Sullivan. M. Pierre Rancastel. M. M. Mme Boudréaux. Delapparent. M. Contineau. M. Terroine. Flato. M. Robert Courrier. René Pintard. sur la présentation qui lui est faite. Brillaut. M. Gaffiot. M. Philippe Glangeaud. Paul Mazon. M. Paul Garelli. M. Umbegaun. Abel Lefranc. Samara. M. périodiquement revalorisé. Jules Bloch. M. M. Alfred Ernout. M. M. Marcel Simon. M. M. Claude Blanchel. M. M. M. Léon Lecornu. M. Valentin Nikiprowetzky. M. R. M. et Mme Marouseau. M. M. M. M. M. M. M. M. M. M. M. M. Michel Gaudin. Georges Mayer. l’abbé Busson. André Chevalier. Paul Langevin. M. Chauvin. M. Lemagnen. M. M. Paul Émard. Gaston Cohen. Mlle Odette Taffanel. Guy Lasserre. Henri Heine. M. M. M. Mlle Chevroton. M. Mlle Marie Cochet. M. M. Richard Gascon. M. M. Roger Guillemin. Paul Kessler. M. Henri Rolland. Sommerfelt. Paul-Henri Michel. M. Prosper Alfaric. M. M. M. M. M. M. M. André Adam. André Landesman. M. Hallion. M. Chassinoit. M. Mme Martha Spitzer. Sartre. M. Jean Filliozat. Mlle bezard. M. Georges Lecarpentier. Leroux. Champy. Boris Ephrussi. M. Armand Hampé. M. Lejeune. Chapire. Ce prix. M. Alfred Quinquaud. M. M. M. Mlle Maitret. Julien Barat. Chaque section regroupe les titulaires de chaire pour lesquels les différentes Académies composant l’Institut ont concurremment avec le Collège le droit de présentation. Hervé Savon. Lévy. M. M. M. Pierre Pascal. Valois. Mlle Alice Hulubet. M. M. M. M. M. Taha Hussein. Yves Lecorre. Jean Pouilloux. M. Fréjacques. Homo. M. Chabot. M. Doutrepont. Daniel Estève. M. l’administrateur du Collège de France a été autorisé à accepter le legs fait au Collège de France par le Dr Saintour pour la fondation d’un prix. Jean Fourquet. M. M. Édouard Salles. M. Jost. Jacques Fontaine. M. Virolleaud. Klein. Adigard des Gautries. Père Estugière. M. M. Copaux. LouisCharles Damais. Millon. Jean Riché. Meyerson. Ernest Charles. M. M. M. Albert Dauzat. Venceslas Kruta. Caridroit. Turcan. André Vaillant. M. René Clozier. M. M. M. Étienne Wolff. M. M. Émile Benveniste. Louis Bodin. M. Randouin. M. Matignon. Jules Driessens. P. Roux. Victor Goldschmidt. Ouveriaux. Gilles Granger. M. René Vallois. M. M. baudot.66 Fondation Saintour Par décret du 25 juillet 1889. M. Mlle Blanchard Demonge. M. M. M. Gaston Colin. M. M. Jean- . M. Lacôte. Marty. Bernard Leroy. Foulet. d’après un roulement déterminé. M. est décerné tous les deux ans par l’Assemblée des professeurs. Casteras. M. M. Misconi. Albert Houstin. M. M. M. M. M. Noailhon. Charles Morazé. M. Paul Pelissier. Boudréaux. M. Mlle Marchal. André Pézard. Delaruelle. Achille Millien. M. René Henry. Mlle Ioteyko. M. Mlle Loyez. Pierre Leroux. Hans Glattli. Jules Chauvin. M. M. Mme Skreb-Guilcher. M. Rolland. M. Streiff. M.

par delà toutes les frontières. Pierre Milza. la Fondation s’efforce de développer toutes études. à la formation et à l’épanouissement de l’homme. les travaux de Jean Roche et de ses collaborateurs ont jeté les bases d’une biochimie comparée s’appuyant sur la grande diversité structurale et fonctionnelle des organismes marins. M. Roscoff. est un mathématicien mexicain. M. Station Marine de Concarneau La Station de Biologie Marine de Concarneau a été fondée en 1859 par Victor Coste titulaire de la chaire d’Embryogénie au Collège de France. Les études de Laurent Chabry dans les années 1880 ont apporté les bases techniques et conceptuelles de l’embryologie expérimentale. Wouter Henkelman. M. conformément aux intentions de ses bienfaiteurs. le Conseil d’Administration de la Fondation a décidé de la création d’un « Prix de la Fondation Hugot du Collège de France ». recherches et activités ayant un double caractère à la fois humaniste et pluridisciplinaire. Il a été décidé que ce prix serait attribué dans une discipline différente chaque année. Plymouth. Willy Clarysse. philosophe coréen. Ce prix consiste en l’attribution d’un poste de Maître de conférences au Collège de France (traditionnellement pour un an. M. historien néerlandais et celui de 2007-2008 est M. Jean-Marie Durand. par décret en date du 7 février 1979. Hélène et Jean-Pierre Hugot. Woods Hole. Fondation Hugot du Collège de France En 1977. M. C’est à Concarneau que furent réalisés les premiers élevages de poissons marins. éventuellement renouvelable une fois) ainsi qu’une somme de 4 000 € versée par la Fondation Hugot. M. Banyuls. Le lauréat de l’année 2004-2005 est M. pour l’année 2003-2004.67 Pierre Mahé. Loïc Merel. à favoriser au mieux de ses moyens et en étroit accord avec le Collège de France. Le premier lauréat. des meilleurs esprits animés de ce même souci ». M. connu également sous le nom de Vivier-Laboratoire fut le premier d’une longue série : Naples. Jacques Boutet de Monvel. Mme Marianne Mahn-Lot. Pour ce faire. celui de 2005-2006 est M. M. biophysicien de la cochlée. Christian Giaume. l’Assemblée des Professeurs du Collège de France décidait à l’unanimité de créer une fondation dite Fondation Hugot du Collège de France consacrée. le rapprochement. Plus près de nous. « la rencontre de diverses disciplines qui œuvrent à la connaissance. Ricardo Uribevargas. Le Conseil d’État. M. L’établissement ainsi créé. Piemontese. En 2001. André Langaney. Claude Ghesquière. faisait droit à la demande de l’Assemblée reconnaissant comme établissement d’utilité publique autonome ladite Fondation. Han Hee-Jin. .

dans l’esprit du Collège de France et de son ouverture. le soutien. de moderniser des laboratoires. . d’accroître les ressources nécessaires à l’animation de la vie scientifique des chaires. partie historique du laboratoire. La Fondation est administrée par un Conseil constitué de 12 membres (le collège des membres fondateurs constitué de professeurs de l’Institution. d’acquérir des équipements techniques de dernière génération. de favoriser l’accès aux connaissances et aux dernières recherches menées par les chaires et par les équipes accueillies.68 Ainsi. Le Conseil d’administration est assisté d’un Comité d’orientation scientifique composé de 6 à 8 membres issus du corps professoral du Collège de France. le développement et la valorisation des activités d’enseignement. Depuis 1996. du Muséum. a été publié au Journal officiel du 7 avril 2008. d’extension du Marinarium. Les fonds privés mobilisés permettront de répondre aux besoins de financement de projets de recherche de l’Institution. la station est devenue Station de Biologie Marine du Muséum National d’Histoire Naturelle et du Collège de France. la gestion scientifique et administrative étant assurée dans le cadre du Muséum National d’Histoire Naturelle. reconnue d’utilité publique. de diffusion des connaissances. le collège des personnalités qualifiées qui fait appel à des personnalités de la société civile et académique et le collège des donateurs). de fonds européens et de l’aide des collectivités locales. écobiochimie. de recherche. exposition ouverte au public et de modernisation des locaux scientifiques et de l’accueil des chercheurs et stagiaires a été élaboré. d’amplifier la formation des jeunes chercheurs. La composition du Conseil illustre la volonté de dialogue et d’échange de la Fondation avec la société civile et les acteurs du monde économique. la Station de Biologie Marine de Concarneau a offert sur près de 140 ans. Fondation du Collège de France Le décret de création de la Fondation du Collège de France. Un programme de réhabilitation des viviers. enzymes. Ils serviront l’exigence d’une recherche de haut niveau tournée vers la société. biomatériaux. Cette Fondation a pour but. l’exemple d’une recherche parfois marginale au regard des activités pratiquées dans les autres laboratoires marins : endocrinologie comparée. Ce projet bénéficie du concours du Collège de France. de formation. biologie des espèces des grands fonds sous leurs aspects fondamentaux mais aussi pratiques : biotechnologies. gestion de l’espace marin. en France et à l’étranger.

Publication au Journal officiel de l’avis de création des chaires de Chimie des processus biologiques et d’Histoire intellectuelle de la Chine.......... Michel Brunet professeur au Collège de France sur la chaire de Paléontologie humaine... 19 novembre .... 30 juillet .... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 22 juillet 2007) nommant M....CHRONIQUE DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE 2007-2008 2007 20 juillet .... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 21 novembre 2007) nommant M........ et M.. 23 juillet ........ Manfred Kropp professeur associé à temps plein au Collège de France sur la Chaire européenne 2007-2008.. 23 novembre ..... Thomas Römer professeur au Collège de France sur la chaire de Milieux bibliques......... MM.... Philippe Sansonetti professeur au Collège de France sur la chaire de Microbiologie et maladies infectieuses... sur la Chaire internationale 2007-2008.... 25 novembre ... Michael Edwards et Michel Tardieu sont admis à faire valoir leurs droits à la retraite à compter du 1er septembre 2008. Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 28 novembre 2007) nommant M.... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 1er août 2007) nommant M... Par arrêté ministériel.. Pierre Magistretti professeur associé à temps plein au Collège de France. Délibération de l’Assemblée des Professeurs demandant la création d’une chaire de Physique de la matière condensée (en remplacement de la chaire de Civilisations de l’Europe au Néolithique et à l’âge de bronze). et M...... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 25 juillet 2007) nommant Mme Ariane Mnouchkine professeure associée à temps plein au Collège de France sur la chaire de Création artistique 2007-2008..... . 13 septembre...... Gérard Berry professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire d’Innovation technologique-Liliane Bettencourt 20072008 4 août ....

. Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 21 mai 2008) nommant Mme Esther Duflo professeure associée à temps plein au Collège de France sur la chaire internationale – Savoirs contre pauvreté 2008-2009....... Mme Anne Fagot-Largeault est admise à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er septembre 2009. Henri Léridon professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire européenne – développement durable 2008-2009 et M................. Par arrêté ministériel... Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 29 août 2008) nommant M.. Pierre-Laurent Aimard professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire de Création artistique 2008-2009........ Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 4 mai 2008) nommant Mme Anne Cheng professeure au Collège de France sur la chaire d’Histoire intellectuelle de la Chine et M.. Décret du Président de la République (publié au Journal officiel du 9 juillet 2008) nommant M.... Marc Fontecave professeur au Collège de France sur la chaire de Chimie des processus biologiques. Publication au Journal officiel de l’avis de création de la chaire de Physique de la matière condensée. 7 avril................................... 27 août ... reconnue d’utilité publique..... 5 juillet ... Publication au Journal officiel du décret de création de la Fondation du Collège de France.. .. 19 mai ............70 CHRONIQUE DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE 20072008 2008 19 février.... 2 mai .... Mathias Fink professeur associé à temps plein au Collège de France sur la chaire d’innovation technologique – Liliane Bettencourt 2008-2009...... 11 juin .........

il découvre le laboratoire de Robert Courrier. Cette approche permet d’aborder in vivo. titulaire de la chaire d’Endocrinologie et de morphologie expérimentale (1938-1966) au Collège de France. . François Morel conclut sa leçon inaugurale au Collège par la mention d’un compagnon de longue date. à qui il succédera en 1967. de façon globale et quantitative. en citant une réflexion du poète danois Isak Dienesen qui met dans la bouche d’un marin arabe naviguant au large des côtes africaines sous un ciel étoilé : « Qu’est-ce en définitive que l’homme quand on y réfléchit un peu. Son père était titulaire de la chaire de Psychiatrie dans cette ville. En 1944. pour transformer. ce qui l’a sans doute incité à entreprendre des études de médecine. le vin rouge de Chiraz en urine ? » Tout François Morel est là. avec un art consommé. François Morel nous quittait à l’âge de 84 ans. le rein. sinon un dispositif extraordinairement précis et ingénieux. François Morel aurait pu exploiter la technique des clairances rénales pour étudier la fonction du rein. effectivement. les électrolytes ou d’autres substances mais elle ne donne aucune indication sur les mécanismes de transport. très vite. François Morel était né à Genève en 1923. En fait. Il ne s’est jamais départi de cette ligne de recherche. Comme beaucoup de physiologistes rénaux dans les années cinquante. quatre ans avant de passer son diplôme de Médecine. de 1947 jusqu’à la fin de son parcours au Collège en 1993. la capacité du rein à réabsorber l’eau. il est licencié ès sciences et. il a été attiré par la démarche expérimentale.NÉCROLOGIE François MOREL (1923-2007) Le 9 mai 2007. il n’a jamais exercé la médecine car. par le fait de rencontres fortuites. s’est concentré sur la compréhension des mécanismes cellulaires aboutissant à la réabsorption de l’eau et des électrolytes par le rein. dans cette ironie distante vis-à-vis de son travail qui. après toute une vie consacrée à la recherche sur la physiologie rénale qu’il a réalisée en grande partie au Collège de France où il a été titulaire de la chaire de Physiologie cellulaire de 1967 à 1993. À cette époque.

Il sépare les différents segments du néphron par microdissection et développe les microméthodes biochimiques nécessaires à ses travaux. Il ne se donnait pas un rôle dans sa recherche mais valorisait son équipe et était attentif à ceux qui l’entouraient. du glucagon. Il suit le transport des ions et de l’eau à travers les membranes cellulaires en utilisant les isotopes radioactifs dont c’était l’une des premières applications en biologie. à partir de 1967. il fait appel à la physiologie comparée : pour étudier les mécanismes aboutissant à l’élaboration d’une urine concentrée. Afin de résoudre certaines questions de physiologie. François Morel possédait les qualités qu’une telle recherche exigeait : extrême minutie. de la vasopressine.72 NÉCROLOGIE de sécrétion et de réabsorption qui sont impliqués. Ce fut une période pionnière de la physiologie et de l’endocrinologie rénales qui. En s’appuyant sur la physiologie rénale. était « Voyez. il analyse les propriétés particulières du rein de la gerboise. ténacité et modestie. François Morel s’intéresse à l’action des hormones sur les différentes régions du néphron. les modélise et en tire les conclusions. Afin de comprendre en finesse les mécanismes mis en jeu dans les différents secteurs du rein. des α-adrénergiques. lui sert à analyser le transport vectoriel du sodium. qui possède des analogies avec le tube urinifère de mammifère. lui a permis pendant plusieurs années d’avoir le rare privilège d’accumuler des résultats originaux en l’absence de compétiteurs. Il utilise la toute naissante technique de microperfusion des tubules rénaux. qui lui a permis d’utiliser des produits radioactifs provenant du tout jeune CEA. comme il le souligne lui-même. Il caractérise les récepteurs membranaires de la parathormone. il a parfaitement démontré que l’on pouvait disséquer un organe complexe en ses différentes fonctions cellulaires et étudier en retour comment le travail des cellules spécialisées assure une grande fonction intégrée de l’organisme. François Morel étudie in vitro les différentes entités qui composent le tube néphronique en analysant les caractéristiques propres des différents segments du néphron. Il montre la complexité et l’hétérogénéité des différents segments du néphron. de la calcitonine. François Morel est engagé comme médecin biologiste au CEA en 1948 et deviendra chef du laboratoire de Physiologie physicochimique du département de Biologie du CEA de Saclay. Il analyse ensuite mathématiquement les résultats de ses expériences. Il installera par la suite son laboratoire au Collège de France. c’est tout simple et ça marche ». Dans les années 70. Il met au point une microméthode extrêmement sensible de dosage l’adénylate cyclase qui lui permet de déterminer les cellules cibles des hormones. il met au point plusieurs micro-techniques ingénieuses et novatrices. Sa phrase favorite. rigueur de l’analyse. L’épithélium de batracien. Méthodologiste précis et rigoureux. Ses premières recherches ont été favorisées par sa rencontre avec Frédéric JoliotCurie au Collège de France. un rongeur du désert qui n’excrète que quelques microlitres d’urine par mois. la fonction de divers types cellulaires dans un même segment tubulaire en termes de métabolisme intermédiaire et de réponse hormonale. que ses nombreux élèves français et étrangers ont gardée en mémoire. .

François Morel n’avait rien d’un mondain. A la fois esthète et scientifique. qui supposait un mécanisme de concentration à contre-courant des urines. Luimême ne s’est jamais attribué une grande théorie bien qu’il ait été souvent l’initiateur de nouveaux concepts. Sa collection de papillons. Celle de Khun et Wirtz. C’était un homme de devoir. Il a estimé qu’il ne pouvait rester en marge des questions qui se posaient alors et déjà ! sur l’orientation et le développement de la recherche en France. Il a vécu de près un débat scientifique entre deux théories qui s’opposaient sur les mécanismes de concentration des urines. affable. Lors de ma leçon inaugurale au Collège. ne signe pas ses œuvres. Nous gardons de lui un souvenir vivace. il admirait la beauté des papillons et cherchait à en comprendre le mimétisme. à l’inverse de l’artiste. il a marqué toute une génération de chercheurs et de néphrologues qu’il a formée à une méthodologie rigoureuse et innovante au service d’idées et de concepts originaux. est exceptionnelle. je rappelais les cours de François Morel sur le mode d’action des hormones que nombre d’entre nous. avait la faveur de François Morel. le 29 juin 2008 . La communauté scientifique nationale et internationale perd l’un des pionniers de la physiologie et de l’endocrinologie rénales. scientifiques ou médecins. qu’il a constituée en partie avec Christian de Rouffignac. suivaient assidûment. comme un artisan qui.NÉCROLOGIE 73 Il se décrivait comme un manuel. Il l’a constituée par 18 voyages qu’il avait intitulés « Calendrier de mes chasses aux papillons exotiques ». Pierre Corvol. ni d’un homme de pouvoir. et le Collège de France un ami. prêt à rendre service et de haute tenue morale. Son action a été aussi déterminante comme membre du Conseil supérieur des universités dans la réforme des Diplômes d’études épprofondies en 1985. il y avait le goût du bel ouvrage et l’émerveillement devant la nature. Scientifique modeste. un des chercheurs de son laboratoire au CEA. Chez François Morel. Elle s’est avérée exacte. notamment comme Président d’une action « Membranes biologiques » dans les années 60 où il a joué un rôle important. Il s’est impliqué dans plusieurs actions concertées de la Direction générale de la Recherche scientifique et technique (DGRST). mais François Morel disait modestement qu’il avait eu la chance d’être du bon côté de la balance.

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RÉSUMÉ DES COURS ET TRAVAUX DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE 2007-2008 I. PHYSIQUES ET NATURELLES . SCIENCES MATHÉMATIQUES.

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∀ξ. professeur Caractérisation spectrale des variétés 1. (2) [[D. b ∈ A. Introduction J’ai donné cette année dans mon cours la solution d’un problème que j’avais formulé il y a quelques années et qui donne une caractérisation spectrale des variétés Riemanniennes. (3) Pour tout a ∈ A. alors que pour p pair. a p]. η ∈ H∞. ∫ . pour tout entier m où δ est la dérivation : δ(T ) = [|D|. Les axiomes et la caractérisation Les cinq conditions. sont (1) La valeur caractéristique μn de la résolvante de D vérifie μn = O(n–1/p). ∀a j ∈ A. a et [D. membre de l’Institut (Académie des Sciences).1) πD (a0 ⊗ a1 ⊗ … ⊗ a p) = a0[D. aη = – a (ξ|η) |D|–p. (5) Le A-module H∞ = ∩ Dom Dm est projectif de type fini. A) tel que πD (c) = 1 pour p impair. b] = 0 ∀a. De plus l’égalité suivante le dote d’une structure hermitienne ( | ) : ξ. 2. Alain Connes. en dimension p. ∫ L’application πD est définie par (2. ∀a ∈ A. a] appartiennent au domaine de δm. Le symbole – représente la trace de Dixmier. a]. a1] … [D. T ]. πD (c) = γ est une /2 graduation.Analyse et géométrie M. (4) Il existe un cycle de Hochschild c ∈ Zp (A.

on suppose que : — la régularité (3) est vérifiée par tous les endomorphismes de H∞ . Il existe alors une variété compacte X (spinc ) telle que A = C ∞(X ). De plus toute variété compacte orientée apparaît de cette manière. — le cycle de Hochschild c est antisymétrique. On suppose que la multiplicité de l’action de A ′′ dans H est 2 p/2. D) un triplet spectral. H. D) où A ′′ est l’algèbre de von Neumann commutative fermeture faible de A. H. vérifiant les cinq conditions ci-dessus. définie ainsi : Définition 2. avec c antisymétrique. avec A commutative. 3. On a aussi la variante suivante qui ne suppose plus la régularité forte. pour tout entier m. pour tout entier m (4) TH∞ ⊂ H∞ . pour tout entier m (3) T est dans le domaine de δm. T ] sont dans le domaine de δm. La condition de réalité sélectionne ensuite les variétés spinorielles et l’action spectrale sélectionne la connection de Levi-Civita. Théorème 2.1. Lemme 3. Il existe alors une variété compacte orientée X telle que A soit l’algèbre C ∞(X ) des fonctions de classe C ∞ sur X. D) est uniquement déterminé par ( A ′′ .3. Soit (A. Les conditions suivantes sont équivalentes : (1) T ∈ A (2) [D.1.78 ALAIN CONNES Théorème 2. Il y a trois étapes dans la démonstration : a) Montrer que le spectre X de l’algèbre A est suffisamment grand i. Cette hypothèse de multiplicité est une forme faible de la dualité de Poincaré qui était la condition (6) de ma formulation du problème. que l’image d’une « carte locale » aα contient un ouvert de p. Soit T ∈ A ′′ .e. J’avais montré dans un cours antérieur que l’opérateur D est alors un opérateur de Dirac. Soit (A. c) Appliquer l’estimation de l’obstruction de Voiculescu sur les unités quasicentrales et en déduire que les « cartes locales » sont localement injectives. H. T ] est borné et T et [D. H. Topologie de A Le lemme suivant montre que le triplet spectral (A. Un triplet spectral est fortement régulier si tous les endomorphismes du A-module H∞ appartiennent au domaine de δm. avec A commutative.2. D) un triplet spectral. vérifiant les cinq conditions ci-dessus. j b) Montrer que la mesure spectrale des a α ( j > 0) sur une « carte locale » est la mesure de Lebesgue.

Alors f (a1.2) p k ( xy ) ≤ p k ( x ) p k ( y ). x 0 0 où ρk est une représentation de A. a ]) ≤ c ′ k k sk sobolev .5) pk (a ) ≤ c k a sobolev . ρk(x)= δ(x ) x x 0 δ k (x ) / k ! δ(x ) x a sobolev = ( s ∑ μ (1 + D 2 ) s / 2 aη μ 2 1/ 2 ) . an) ∈ A appartient à A ⊂ A. p ([ D .ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 79 On utilise l’égalité : (3. (4) Tout T ∈ EndA H∞ agit continûment dans H∞ et définit un opérateur borné dans H. y ∈ A (3. associées à la condition de régularité.3) pk(x) = ρk(x) .…. on définit les normes de Sobolev sur A par (3. On a de plus la stabilité par calcul fonctionnel démontrée par Varilly et Rennie : Proposition 3. k k (3) Le spectre X = Spec(A) est métrisable. ξ) continues A × H∞ → H∞ et H∞ × H∞ → A. aξ et le produit à valeurs dans A sont des applications (6) L’application (a.2. (1) Munie des normes (3. Le Lemme 3. s ′ > 0. c ′ < ∞ et des suites s k > 0. ∀a ∈ A a ∀a ∈ A avec c k < ∞. (5) L’isomorphisme algébrique H∞ = eAn est topologique.4). A est un espace de Fréchet nucléaire séparable. Soient ημ des générateurs du A-module H∞.3. Soient a j = a * . n éléments auto-adjoints de A et f : n j une fonction de classe C ∞ définie sur un voisinage du spectre des aj.1) m D Tξ = ∑ m k =0 m m−k δ k (T ) D ξ. s′ k ∀x.1 donne des estimés de Sobolev. (2) On a des estimés de Sobolev de la forme (3.4) On a Proposition 3. k ∀ξ ∈ Dom|D|m On montre alors que A est une algèbre de Fréchet avec les semi-normes sousmultiplicatives (3. .

a ]ξ j ). β Cα = {x ∈ X | ρα(x) = 0} c et on désigne par Uα = C α son complément i. a ] = ∑ δ j ( a ) γ j . Soit A commutative. Les Uα forment un recouvrement ouvert de X = Spec(A). Par hypothèse le cycle c est de la forme : (4.3.e.6) On pose (4. . Lemme 4. On définit une espérance conditionnelle EA : EndA(H∞) → A. H. pour ξj ∈ H∞. ∀T = (Tkl ) ∈ eMn(A)e On définit alors ρα ∈ A par p ( p +1) (4. sont auto-adjoints pour μ > 0. par l’égalité (4. — le déterminant de la matrice χ(δj(ak)) n’est pas nul. Fonctions implicites et cartes locales Soit (A.4) τ = Tr(e ) = ∑ j pj ∑ pj = 1. La trace τ = Tr(e ) = ∑ e jj ∈ A détermine uniquement les projecteurs pj ∈ A associés à la dimension j de la fibre. D) un triplet spectral vérifiant les cinq conditions du §2.2) δ j ( a ) = i(ξ j [ D. p éléments auto-adjoints de A. l’ouvert où ρα ne s’annule pas. Soit χ un caractère de A.5) EA (T ) = ∑ j >0 1 pj j ∑Tkk . On note que p0 = 0.2.3) β 0 c = ∑ a α ω α . ω α = ∑ ε(β )1 ⊗ a α (1) ⊗ α μ aα β β ⊗ aα ( p ) ∀a ∈ A.80 ALAIN CONNES 4. On a une décomposition finie de la forme (4.7) ρα = i 2 β β E A (γ ∑ ε (β )[ D.1. ∀a ∈ A. Le module où l’on peut supposer que les projectif de type fini H∞ sur A est de la forme H∞ = eAn. où γj ∈ B et les δj sont des dérivations (4. où e ∈ Mn(A) est un idempotent auto-adjoint. Soit B l’algèbre des endomorphismes of H∞. et a = (a j ). a α (1) ] [ D. Lemme 4.1) [ D. a α ( p ) ]). et δj ∈ DerA des dérivations telles que — chaque δj s’exponentie . On utilise alors le lemme suivant : Lemme 4. par (4.

) ξ2 Pour tout h ∈ A on a [D. t ∈ p. λ ∈ . Alors. le commutateur [D.2) s’exponentient. γ1= 2. La Proposition 5. 5. l’application t a(κ ◦ σt) soit un diffeomorphisme. h] commute avec h.5) [|[D.3. Remarque 5. Si l’on fait l’hypothèse de régularité forte de la Définition 2. dépendant continûment de κ.2 montre que. On a en effet : Lemme 5.1.3. ∀h = h∗ ∈ A. h] avec h et l’auto-adjonction de D ne suffisent pas à entraîner la conclusion du Lemme 5.6) [D. ∀ξ ∈ Dom D. 1]).) x + λδj(x) ≥ x .ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 81 Alors l’image par a de tout voisinage de χ dans Spec(A) contient un voisinage de a(χ) dans p. ξ2(1) = 0} 0 1 −1 0 Ainsi [D. h] est nul là où h atteint son maximum.e. On notera que la commutativité de [D. pour tout κ ∈ Z. En effet considérons le triplet spectral (5. cette propriété entraîne que les dérivations ± δj de la forme (4.2 on obtient (5.2. ∀x ∈ A. alors on a pour la convergence en norme dans H: (5. pour tout h = h∗ ∈ A. h] | ξ . (5. un voisinage Z de χ dans X = Spec(A) et W de 0 ∈ p tels que. h] ne s’annule pas en ce point. sous l’hypothèse de régularité. H = L2([0. Dérivations dissipatives Commençons par la propriété de dissipativité des dérivations.2. Un point crucial est la détermination du symbole principal de |D| sous la forme. D= 0 −∂x ∂x 0 Dom D = {ξ = ξ 1 |ξ1(0) = 0. h]|.1.) A = C∞([0. h]2 ∈ A. Soit h = h∗ ∈ A. .2) sont dissipatives i. σt ∈ Aut(A). de W avec un voisinage de a(κ) dans p. a]] = 0. Réciproquement.4) τ →∞ lim τ −1 e iτ h | D | e − iτ hξ = |[ D. Il existe de plus une famille de classe C ∞. Mais pour h(x) = x le maximum est en x = 1 et [D.1. (5. h] = ∂x h γ1. 1]) ⊗ avec la condition au bord (5. [D. a ∈ A. Supposons que les dérivations de la forme (4. Proposition 5. ∀h = h∗.

avec A commutative. H. ∀a.5. H. Corollaire 5.1 sont dissipatives. H. bn ≤ 1. Lemme 6. Cela résulte du Théorème 5. on a [D. Dérivations auto-adjointes Nous dirons qu’un opérateur borné A est régulier si il appartient au domaine de δm pour tout m. où (η|ζ) est le produit à valeurs dans A. η ∈ H∞. D) un triplet spectral régulier. Le symbole principal de l’opérateur (5. Soit (A. D) un triplet spectral fortement régulier. pour toute suite bn ∈ A. Proposition 6. On a (6. vérifiant les cinq conditions du §2.ξ Le résultat principal est le suivant : Théorème 6. Soit (A. la formule suivante définit un endomorphisme du A-module H∞ : ∀ζ ∈ H∞ (6. Soit A un opérateur régulier.e. . Corollaire 5. On applique ce résultat aux endomorphismes du A-module H∞ qui sont de rang un. Alors l’opérateur H = A∗DA de domaine Dom D est essentiellement auto-adjoint.1. h] est nul là où h atteint son maximum. Le domaine de la fermeture de H est l’ensemble des ξ ∈ H pour lesquels A∗DA(1 + ε|D|)–1ξ converge en norme pour ε → 0. pour obtenir un opérateur de A dans A.η(ζ) = (η|ζ)ξ. Soit ξ. vérifiant la condition d’ordre un. Soit h = h∗ ∈ A. de support tendant vers {χ}. Les dérivations ±δj du Lemme 4. bη = ab∗Tξ. h]bn → 0.6.82 ALAIN CONNES On montre de plus que la régularité suffit à assurer la propriété de dissipativité du Lemme 5.4.1.1.4 et du Lemme 5. Soit (A. |χ(h)| maximum. i. D) un triplet spectral avec A commutative vérifiant les cinq conditions du §2. le commutateur [D.7) Grad(h) = [D2. Théorème 5. Alors pour tout h = h∗ ∈ A.2. b ∈ A.2) Taξ. Tξ∗. La limite des A∗DA(1 + ε|D|)–1ξ donne Hξ . Alors toute dérivation de A de la .3.1) Tξ. h] s’annule là où h atteint son maximum.η = Tη.η.

est fortement équivalente à ses transformées par σt .1. On a de plus j j Théorème 7. — la multiplicité spectrale mac(y) vérifie −1 (7. . On a en effet : Lemme 7. δ0 et σt comme dans le Théorème 6. Pour tout ouvert V ⊂ X les mesures suivantes sont fortement équivalentes : — la restriction λ|V à V de la mesure λ de (6. a j ] A∈R1+ . Nous dirons qu’une mesure μ est fortement équivalente à υ si et seulement si il existe c > 0 tel que cυ ≤ μ ≤ c–1υ. — L’application (t. ∀a ∈ A. Alors pour tout t ∈ la mesure λ de (6. — la restriction à V de la mesure spectrale associée à un vecteur ξ ∈ H∞ pour lequel (ξ.3.1) mac ( y) ≥ n ( y) = #{ sα ( y) V } .4. a]ξ). 1 de norme ≤ 1. ∀a ∈ C(X ). est le générateur d’un groupe à un paramètre d’automorphismes σt ∈ Aut(A) tels que — ∂t σt(a) = δ0(σt(a). Alors j — la mesure spectrale jointe des aα |V est la mesure de Lebesgue sur sα(V ) . 1) L’obstruction de Voiculescu relative à un idéal J d’opérateurs compacts est donnée par (8.2) i. Forme locale des estimés L (p.e. Multiplicité spectrale La mesure (6. ξ) est strictement positif sur V .3) est localement équivalente à la mesure spectrale de la représentation de A = C(X ) dans H. Proposition 6.3) ad λ = – a|D|–p. δ0(a) = i(ξ|[D. a) ∈ × A σt(a) ∈ A est continue. A↑1 J où R + est l’ensemble partiellement ordonné des opérateurs positifs de rang fini. H.1) k J ({a j }) = lim inf max [ A. . On peut alors montrer directement la continuité absolue des mesures σ t∗ (λ) par rapport à λ. . Soit (A. presque partout pour la mesure de Lebesgue.3) . D).2. dans H.ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 83 forme (4. Soit V ⊂ Uα un ouvert et aα |V la restriction des aα ∈A au sousespace 1V H ⊂ H. ∀y ∈ sα(V ).

tels que p — les x μ définissent un homéomorphisme d’un voisinage de χ avec un ouvert de . .3 ainsi que l’existence de suffisamment d’automorphismes de A pour démontrer le lemme clef suivant : Lemme 9. p — l’application t h(t) = χ ◦ τt est un homéomorphisme d’un voisinage de 0 dans avec un voisinage de χ .1.2.4) −1 #( sα ( x) V ) ≤ m. Théorème de Reconstruction On utilise le Corollaire 8. 1). V Corollaire 8.3.1. Il existe m < ∞ tel que (8. de classe C ∞. ∀x ∈ W = sα(V ) Corollaire 8. Pour tout point χ ∈ X il existe p éléments auto-adjoints x μ ∈ A et une famille. En utilisant ce lemme. — l’application x ◦ h est un difféomorphisme local. ∀x ∈ W = sα(V ) . Il existe une constante finie κp telle que pour tous aj ∈ A et tout compact K ⊂ X on ait. b1 K =1 K κJ ({aj 1K }) ≤ κp max δ(aj) ∞(λ(K)) 1/p inf –b|D|–p. Il en résulte alors Lemme 9.2) où : λ(K ) = b∈A + . L’algèbre A est localement l’algèbre des restrictions de fonctions C ∞ sur p à un ouvert borné de p. τt ∈ Aut(A).84 ALAIN CONNES Théorème 8. l’inégalité (8.2. à 1VH vérifie : (8. t ∈ p.3) V mac ( x) ≤ C . l’on montre que l’on peut doter le spectre X de A d’une unique structure de variété compacte lisse telle que A = C ∞(X ). τ0 = id. avec J = L (p. Il existe C < ∞ tel que la multiplicité spectrale mac ( x) du spectre j j absolument continu de la restriction aα |V des aα .

Marcolli. Fun with 1. A. and Motives. Vol. Connes. Mai 2008. 1 conférence à Oberwolfach. 1 conférence à l’IHÉS (50e anniversaire). C. Mai 2008. 1 conférence à Rutgers. Octobre 2007. Marcolli. . Octobre 2007. Octobre 2007. 2008. New York. Connes. 5 conférences à Vanderbilt (Fifth Spring Institute in Non-commutative Geometry and Operator Algebras). 55. Mai 2008. American Mathematical Society. Publications A. 1 conférence à ICTP. 3 conférences à Toronto (Fields Lectures). Colloquium Publications. Consani. 1 conférence à NYU. Quantum Fields. A paraître dans JNT. M. M. Noncommutative Geometry.ANALYSE ET GÉOMÉTRIE 85 Conférences Septembre 2007. Trieste.

.

R ) qui ne dépend que de la lettre en position zéro dans un élément de ∑. Le sous-décalage ∑ étant fixé. Avila et J. Le cours a présenté des résultats obtenus en collaboration avec A. On va considérer la situation spécifique suivante : X est un sous-décalage de type fini ∑ sur un alphabet fini A. Dans la situation considérée. et p : E → X un fibré vectoriel de base X. E est le produit ∑ × R2. Un cocycle linéaire au-dessus de f est un isomorphisme F de E vérifiant f p = p F . et F est déterminé par une application A : ∑ → SL(2. c > 0 et une décomposition F-invariante E = E s ⊕ E u vérifiant F n (v s ) ≤ c λ n v s pour n ≥ 0. f un homéomorphisme de X. R )) A via la formule F n ( x . Jean-Christophe Yoccoz. Un critère classique d’uniforme hyperbolicité est basé sur l’existence d’un champ de cônes vérifiant certaines propriétés. l’espace des paramètres est donc (S L(2. Le cocycle F est donc déterminé par une famille ( Aα )α ∈A ∈(S L(2. professeur Cours : cocycles uniformément hyperboliques 1. si n < 0. vs ∈ E s . nous . f est le décalage σ : ∑→∑. R )) A . A n ( x )v ). Les cocycles uniformément hyperboliques correspondent à une partie ouverte H qu’on se propose d’étudier. v ) = (σ n ( x ). 2. avec A n ( x ) = A x n−1 … A x 0 = − −1 A x n1 … A x −1 si n ≥ 0. vu ∈ E u .Équations différentielles et systèmes dynamiques M. Soient X un espace topologique. F −n (v u ) ≤ c λ n v u pour n ≥ 0. Un tel cocycle est uniformément hyperbolique s’il existe 0 < λ < 1. Bochi. membre de l’Institut (Académie des Sciences).

Sα sont compactes non vides et n’ont qu’un nombre fini de composantes connexes. Appelons noyau instable (resp. Supposons inversement que le cocycle défini par ( Aα )α ∈A soit uniformément hyperbolique. . Cette croissance est obtenue en munissant les multicônes de leur métrique de Hilbert. Lorsque ∑ est un décalage complet. De plus. posons K s = e s (∑). on doit définir. Pour voir que ces conditions impliquent l’uniforme hyperbolicité. R) sur une base compacte) : il faut et il suffit que la norme des produits An(x) croisse de façon uniformément exponentielle. −1 On a Aβ U α ⊂ U β . pour chaque α ∈A s K α = e s ({ x ∈ . x −1 = α }). stable) la partie U (resp. le nombre de composantes connexes. On notera que les cônes stables et instables dépendent continûment des paramètres. S) de P1 dont le complémentaire est l’union des composantes connexes de P1 – Ku qui rencontrent K s (resp. qui a un nombre fini de composantes connexes. K u = e u (∑). la condition est qu’il existe des multicônes M α . Le multicône M est alors un épaississement approprié de U (ne rencontrant pas S). Nous appelons multicône une partie ouverte de P1 = P1(R). d’emploi plus simple.88 JEANCHRISTOPHE YOCCOZ avons découvert un critère alternatif. Le multicône Mα est un épaississement approprié de U α . Le noyau instable (resp. stable) U α (resp.α ∈A tels que Aβ Mα ⊂ Mβ pour chaque transition admissible α → β. Aα Sβ ⊂ Sα pour chaque transition admissible α → β . le cocycle associé à ( Aα )α ∈A est uniformément hyperbolique si et seulement s’il existe un multicône M tel que Aα M est contenu dans M pour tout α ∈A . Lorsque ∑ est un décalage de type fini général. on fait appel à un autre critère d’uniforme hyperbolicité (valable pour les cocycles à valeurs dans SL (2. notons e s (x). restent les mêmes dans une composante connexe du lieu d’hyperbolicité H. Alors S et U sont des parties compactes non vides et disjointes de P1 qui n’ont qu’un nombre fini de composantes connexes. non vide et distincte de P1. En particulier. Les parties U α et Aα Sα sont disjointes et leurs composantes connexes sont alternées. u K α = e u ({ x ∈ . les composantes connexes de U et S sont alternées − pour l’ordre cyclique de P1 et on a Aα U ⊂ U . des composantes connexes de P1 – K s qui rencontrent K u). Aα 1 S ⊂ S pour tout α ∈A. Pour x ∈ . Dans le cas général d’un décalage de type fini. Les parties U α . Sα ) est alors le complémentaire de s u l’union des composantes connexes de P 1 − K α qui rencontrent Aα K α (resp. x 0 = α }). e u (x) les directions stables et instables (considérées comme des points de P1). Dans ce cas. Le critère est plus simple à énoncer lorsque ∑ est un décalage complet. basé sur la notion de multicône. et la façon dont elles sont envoyées les unes dans les autres par les Aα. des −1 u s composantes connexes de P 1 − K α qui rencontrent Aα K α ).

En fait. disjointe de H. on introduit les difféomorphismes de (S L(2. sA) la direction stable (resp. Avila a montré que E est dense dans le complémentaire de H. On désigne par E l’ensemble des paramètres ( Aα )α ∈A tels qu’il existe un point périodique x de ∑ (de période n) telle que la matrice An(x) associée soit elliptique. On suppose dans cette section que ∑ est un décalage complet sur N ≥ 2 symboles. Nous décrivons dans cette section le lieu d’hyperbolicité H lorsque ∑ est le décalage complet sur 2 symboles. lorsque A est parabolique mais distincte de ± id. alors soit l’une des matrices Aα est parabolique. on a un résultat plus précis. Tr B > 2. Tr AB > 2. B ) ∈H telles que le noyau instable U a deux composantes connexes. Chaque HF a donc 8 composantes connexes. Pour le décalage complet sur deux symboles. TrAB < −2. soit il existe des indices distincts α.ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ET SYSTÈMES DYNAMIQUES 89 3. on pose HF = F−1 (Hid). TrB > 2. + On montre que Hid est contenu dans H − H0. Théorème – Les composantes de H sont exactement les composantes de H0 et les composantes des HF . et on note M le monoïde (libre) engendré par F+. . Il y a 2N composantes principales . Notons H id la partie de Hid formée des matrices telles que TrA > 2. leur union est notée H0. F−(A. B) telles + que Tr A > 2. On a désigné par uA (resp. + 1} A tel que (ε α A )α ∈A appartienne à cette composante pour toute matrice A telle que TrA > 2. De plus. on notera uA = sA l’unique direction invariante. Les éléments de Hid sont exactement les paires ( A. Pour F ∈M. Pour décrire toutes les composantes connexes de H. F décrivant M. D’autre part. B) = (BA. TrA TrB TrAB < 0 . R))2 formée des matrices (A. R))2 F+(A. Considérons la partie ouverte Hid de (S L(2. B) = (A. AB). Une composante connexe de H est dite principale s’il existe (ε α )α ∈A ∈{−1. une partie compacte de (SL(2. C’est une partie ouverte de l’espace des paramètres. F−. 4.R))2 ne rencontre qu’un nombre fini de composantes connexes. H id est l’union de deux composantes connexes de H qui se déduisent l’une de l’autre par une conjugaison renversant l’orientation de P1 et Hid est donc union de huit composantes de H. β tels que uAα = s Aβ. si un N-uplet ( Aα )α ∈A appartient à la frontière ∂H0 . On montre aisément qu’un N-uplet hyperbolique ( Aα )α ∈A appartient à H0 si et seulement si le cône instable U est connexe. instable) d’une matrice hyperbolique A . B). Pour un sous-décalage de type fini général. Deux composantes connexes distinctes sont d’adhérences disjointes.

Θ1(0) puis on rencontre alternativement. alors une et une seule des quatre propriétés suivantes est satisfaite : i) AB est elliptique . Θ1 sont définis à partir de p 0 q 0 . Si on se trouve dans les cas iii) ou iv) on applique à nouveau le lemme à la paire obtenue. 5. p1 q1 ] l’intervalle de Farey dont p q est le centre. Posons IA = [0. ce qui résulte de l’étude de la dynamique sur les triplets (tr A. on veut montrer que (SL(2.1). par ordre lexicographique croissant. les mots Θ( R ip q (0)) et Θ 1( R ip1 q1 (0)). tr AB) au cours de ce processus. Le cas i) est impossible par hypothèse. p1 q1 comme l’a été Θ à partir de p q ) : on commence par Θ0(0). Soit [ p 0 q 0 . AB) est tordue .1). Notons M* le monoïde opposé de M . B) est tordue. puis le mot Θ( R q1 q (0)) = Θ(1 − ). E et des HF . 1 − p/q). Il s’agit de voir qu’on ne peut indéfiniment éviter le cas ii). F ∈M. il existe une composante de (S U )c dont les extrémités sont sC et uC. les mots Θ 0 ( R p0 q 0 (0)) et Θ( R p q (0)). On dit qu’une paire (A. B) qui n’appartient pas à H0 ∪ E et on applique le lemme.1). par ordre p q −j −j lexicographique décroissant. Lemme – Si (A. posons j ( F ) = p q .B} l’application qui vaut A sur IA et B sur IB. et enfin alternativement. Θ(0). On munit O( p 0 q 0 ) O( p1 q1 ) de l’ordre cyclique l’union disjointe O := O( p q ) suivant (où Θ0. pour F ∈M*. les cônes stable et instable ont chacun q composantes connexes.90 JEANCHRISTOPHE YOCCOZ Théorème – On a ∂E = ∂H = (H ∪ E )c .1] → { A. et les 2q composantes connexes du complémentaire de S U sont naturellement paramétrées par O : pour C ∈O. . Si (A. ii) ( A. R))2 est l’union disjointe de H0. B) n’appartient pas à H0 . tr B. iii) (A. On prend donc une paire (A. IB = [1 − p q . B) est tordue si A et B ne sont pas elliptiques et (A.1)) = : O( p q ) est un ensemble de q mots de longueur q qui se déduisent les uns des autres par permutation cyclique. Pour x ∈[0. B) est tordue. posons Notons Rp/q l’application x Θ( x ) = (θ ( R ip q x )) 0≤i < q . et notons θ : [0. On dispose d’une description explicite des multicônes correspondant aux composantes non principales de H pour le décalage complet sur 2 symboles. 0 < j < q 0 . Fixons p q ∈Q ∩ (0. B ) ∈ Hid . L’application j est une bijection de M* sur Q ∩ (0. 1 0 < i < q1. iv) (BA. B) appartient à une composante connexe de H associée à p q . Indiquons quel est le lemme principal dans la démonstration des théorèmes précédents. L’image Θ([0. Ceci étant. 1). où q désigne la longueur du mot F(AB) et p le nombre d’occurences de B dans ce mot. x + p q mod 1.

Cu (xu)). Par contre. Soient alors H une composante connexe du lieu d’hyperbolicité H. ainsi que la dynamique induite par les Aα sur les composantes de S et U . U ). à chaque composante de H est associée un multicône combinatoire M et un morphisme hyperbolique réduit de FN dans C (M). Notons FN le monoïde libre à N générateurs (indexés par l’alphabet A. ii) C ∩ (Ms × Ms) est le graphe {(Cs(xs). soit (x+. tout morphisme hyperbolique réduit est associé à exactement 4 composantes de H (se déduisant les unes des autres par changements de signes). Cet homomorphisme possède de plus les propriétés suivantes : il est hyperbolique. on introduit la notion de multicône combinatoire : un ensemble fini M = Mu Ms muni d’un ordre cyclique tel que Mu et Ms soient de même cardinal et alternés. y++) (on note x+ l’élément suivant x pour l’ordre cyclique de M). α et il est réduit. On revient dans cette section au cadre général d’un décalage ∑ de type fini. lorsque N = 2. on peut construire des exemples de morphismes hyperboliques réduits avec N > 2 qui ne sont associés à aucune composante de H. xs ∈ Cs} d’une application Cs : Ms → Ms . iv) C peut être muni d’un ordre cyclique tel que l’élément suivant (x. soit (x. xu ∈ Cu} d’une application Cu : Mu → Mu . y+). Les éléments de Ms (reps. et (Aα)α∈A un paramètre appartenant à ∂H. Chaque Aα définit une correspondance monotone C α. . xs). restent invariants par déformation donc constants dans chaque composante connexe de H. Cs s En résumé. y) est soit (x++. 7. Mu) correspondent aux composantes de S (resp. Les correspondances monotones forment un monoïde associatif C (M) pour la composition. On a remarqué plus haut que le nombre de composantes de S et U . c’est-à-dire que l’image de tout mot assez long est une correspondance constante . donc on a un homomorphisme de FN dans C (M). c’est-à-dire que les images des C u recouvrent Mu et les images des α recouvrent M . Pour formaliser ceci. On suppose dans cette section que ∑ est un décalage complet sur N ≥ 2 symboles. On appelle rang de M le cardinal q = # Ms = # Mu. On appelle correspondance monotone une partie C de M × M telle que i) C ⊂ (Ms × Ms) ∪ (Mu × Mu) . Inversement. iii) C ∩ (Mu × Mu) est le graphe {(xu.ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ET SYSTÈMES DYNAMIQUES 91 6. On dit qu’une correspondance monotone est constante si Cs et Cu le sont. y).

ii) (connexion hétérocline) il existe des points périodiques x. On aimerait aussi savoir si on a toujours ∂H = ∂E = (H cas pour le décalage complet sur 2 symboles. en raison d’un phénomène de bifurcation hétérocline. on peut montrer qu’aucun produit des Aα ne peut être égal à ± id. un entier n ≥ 0 et un point z ∈W loc ( x ) ∩ σ −nW loc ( y ) tels que Ak(x). n sont majorés par une constante ne dépendant que de H. C0) ∈ + (SL(2. C0) en deux composantes . Localement dans l’espace des paramètres. de période respective u s k et l. R))3 avec ( A0 . même pour les décalages complets sur N ≥ 3 symboles. Lorsque ∑ est un décalage complet. pour le décalage complet sur 2 symboles. Le bord de chaque composante est aussi semi-algébrique. Corollaire – Chaque composante connexe de H est un ensemble semi-algébrique. y de ∑. l’une est contenue dans H tandis que l’autre rencontre H suivant une suite de composantes connexes dont les combinatoires associées sont de plus en plus compliquées. De plus. Mentionnons ici simplement l’une d’entre elles : existe-t-il des composantes connexes H de H qui soient bornées modulo conjugaison. B0. On a étudié une occurrence de ce phénomène : on a un triplet (A0. de période k. tel que |trAk(x)| = 2 . On a vu que. De nombreuses questions concernant H et ses composantes connexes restent ouvertes. c’est-à-dire telles qu’il existe une partie compacte K de (SL(2. Par contre. B0. l’hypersurface {CuB = sA} sépare un voisinage V de (A0. B 0 ) ∈ H id C 0uB 0 = sA0. 8. H lui-même n’est pas (en général) semi-algébrique. les entiers k. toute partie compacte de l’espace des paramètres ne rencontre qu’un nombre fini de composantes connexes de H. E )c. puisqu’il a une infinité de composantes connexes. l. Ceci n’est plus vrai quand on considère le décalage complet sur 3 symboles. R))N vérifiant H ⊂ g gKg −1 ? On dispose d’un critère intéressant pour tester cette propriété : une partie Z de (SL(2. trAαAβ est bornée sur Z.92 JEANCHRISTOPHE YOCCOZ Théorème – L’une au moins des deux propriétés suivantes a lieu : i) il existe un point périodique x de ∑. 9.R))N est bornée modulo conjugaison si et seulement si chacune des fonctions trAα. H n’est pas une composante principale. comme c’est le . Al(y) soient hyperboliques et on ait : An(z) · u(Ak(x)) = s(Al(y)). et (Aα) ∈ ∂H comme ci-dessus.

7-18 juillet 2008 : Co-directeur d’une école d’été en Systèmes dynamiques à l’ICTP. 143-211 (avec A. Chéritat]. IHES (104). Missions 11 octobre 2007 : Colloquium à l’Université de Provence. Brésil. 26 novembre-7 décembre 2007 : Mission à l’Instituto de Matematica Pura e Aplicada à Rio de Janeiro. Math. Canada. Avila et S. . Trieste. Italie. 2-6 juin 2008 : Une conférence lors d’un workshop “Dynamique dans l’espace de Teichmüller” à Roscoff. Titulaire de la chaire Aisenstadt. 4-8 février 2008 : Mini-cours de 4 conférences dans le cadre d’une École d’hiver à Séville. 17 décembre-21 décembre 2007 : Mission à la Scuola Normale Superiore de Pise. Séminaire Bourbaki. 385-401. 16 avril 2008 : Colloquium à l’Université Paris-Nord. exposé n° 966. 14 juin 2008 : Conférence au Séminaire Bourbaki. – Exponential mixing for the Teichmüller flow. Suisse. Italie. Paris. Volume 2005/2006. Paris. Publications – Ensembles de Julia de mesure positive et disques de Siegel des polynômes quadratiques [d’après X. 5 mars 2008 : Conférence lors de la journée de Rham à l’École Polytechnique de Lausanne. Gouezel).ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ET SYSTÈMES DYNAMIQUES 93 Conférences. IHP. Astérisque (311). Espagne. 26-30 mai 2008 : Coorganisateur d’un colloque à la mémoire d’Adrien Douady à l’IHP. j’ai donné 4 conférences dans ce cadre. Publ. 2007. 5-16 mai 2008 : Mission à l’Université de Montréal. et une cinquième lors d’un workshop la semaine suivante. Buff et A.

.

Pierre-Louis Lions. Introduction Le cours. les modèles cinétiques (équations de Vlasov. d’analyser et d’appliquer dans différents contextes une nouvelle classe de modèles mathématiques permettant d’étudier des situations faisant intervenir un très grand nombre de joueurs rationnels (au sens de l’Économie. chaque joueur interagissant avec les autres en « moyenne ». nous considérons des équilibres de Nash à N joueurs. Fokker-Planck. faisons tendre N vers l’infini. les équations du transport optimal de masse (problème de Monge-Kantorovich) ou les équations d’Euler-Lagrange associées à des problèmes de contrôle optimal d’EDP… . a porté sur une théorie nouvelle élaborée en collaboration avec M. c’est-à-dire optimisant leur comportement). L’objectif de cette théorie est d’introduire rigoureusement. Jean-Michel Lasry. Professeur Cours : Jeux à champ moyen (suite) 1. Boltzmann…). et analysons mathématiquement ces systèmes. les équations de type Hartree de la Mécanique Quantique. appelée théorie des « jeux à champ moyen ». les équations d’Euler compressibles de la Mécanique des Fluides. membre de l’Institut (Académie des Sciences). obtenons ainsi des systèmes d’un type nouveau d’Équations aux Dérivées Partielles (EDP en abrégé) non linéaires modélisant des équilibres (ou points de Nash) pour des continua de joueurs. Plus précisément.Équations aux dérivées partielles et applications M. Les équations que nous introduisons de cette manière sont très générales et contiennent comme cas particuliers de nombreux systèmes et équations classiques : les équations elliptiques semilinéaires. Ce type de situations est fréquent en Économie et en Finance où chaque agent (joueur) optimise ses actions en tenant compte d’informations globales c’est-à-dire moyennées sur l’ensemble des joueurs. les équations des milieux poreux. D’autres domaines d’applications concernent les transports et l’étude du trafic ou la Biologie et l’Écologie. suite de celui de l’an dernier.

. dont beaucoup restent à résoudre. Indiquons simplement qu’un cas particulier de notre théorie est celui où les joueurs n’ont plus de possibilité d’influer sur (en optimisant) leur comportement et sont alors soumis passivement aux interactions avec le reste des joueurs ce qui est bien sûr le cas des « particules » en Physique ou des éléments de matière en Mécanique des milieux continus. ou aussi simplement le cas 1. 2. preprint. théorie du transport et systèmes de particules (éventuellement stochastiques) en interaction. ayant les mêmes caractéristiques). indiquons que les résultats que nous présentons s’appliquent à de nombreux autres sujets que la théorie des jeux à champ moyen : EDP à N variables quand N tend vers l’infini. p. chaque catégorie étant composée d’un très grand nombre de « joueurs identiques ». Propagation of chaos for the Boltzmann Equation. 2. échanges d’attributs…). Mech. nous ne considérons ici que le cas de variables décrivant un ensemble Q = O où O est un ouvert borné régulier de d (d ≥ 1) muni de la métrique euclidienne usuelle (|x – y|) — nous pourrions aussi bien considérer le tore ou [0. On the large N limit of the Itzykson-Zuber integral. et les considérations heuristiques d’A. . Il est en fait utile et souvent réaliste d’introduire plusieurs catégories de joueurs (ou agents. 323-345. Matytsin 2. Grunbaum 1 qui contient une esquisse du cadre général abstrait que nous introduisons. nous avons implicitement considéré un ensemble homogène de joueurs « identiques » (en fait. le cours a porté sur le cadre théorique mathématique nécessaire à la justification (rigoureuse) de la limite quand le nombre de joueurs N tend vers l’infini. le nombre total de joueurs n’est pas nécessairement constant dans le temps (naissance et mort. Il est donc clair que la classe de systèmes que nous obtenons par cette approche de modélisation est extrêmement vaste et que de très nombreuses questions d’Analyse Mathématique se posent. Anal. ou organismes vivants…). 42 (1971).96 PIERRELOUIS LIONS La terminologie « champ moyen » provient de la Physique et de la Mécanique et est naturelle puisque notre approche contient effectivement les théories classiques de champ moyen en Physique et en Mécanique (voir d’ailleurs les exemples mentionnés plus haut). Ce cadre mathématique permet de comprendre le comportement asymptotique des fonctions symétriques d’un grand nombre de variables et de leur calcul différentiel. Les systèmes que nous introduisons dans ces cas contiennent alors comme cas particuliers des modèles de dynamique des populations ou de réactions chimiques… Cette année. De plus. Arch. ainsi que des solutions symétriques d’EDP en très grande dimension. Signalons en outre une direction importante de notre théorie : dans tout ce qui précède. Signalons le travail antérieur d’A. Enfin. Fonctions symétriques d’un grand nombre de variables Afin de simplifier la présentation et les notations. grandes déviations pour des EDP stochastiques. 1]d avec périodicité. Rat.

soit une variable aléatoire dans un espace de probabilité (Ω. mY ) = dLP (X. Toutes ces distances (à nouveau si p < ∞) induisent sur P la convergence faible des mesures et N N N N on a bien d p (m X . F. m2) = inf {ε > 0. on peut extraire une sous-suite (encore notée uN pour simplifier) telle qu’il existe U ∈ C (P ) vérifiant (2) N →∞ X ∈Q N lim N sup | u N ( X ) − U (m X ) | = 0 Remarques : i) De multiples variantes et extensions de ce résultat sont possibles (plusieurs groupes de variables symétriques. …. Y ). on notera Pp l’espace P muni de la distance dp et P = P2. N }). ….Y σ ). dp (X. mY ) = dp (X. xd) ∈ QN (i. où X = (x1. m2) = inf {E [|X – Y|p]1/p / X ∈ L p (Ω . N En observant que les mesures m X sont denses dans P. Y ) = inf d p ( X . X a pour loi m1. …. lim sup sup{| u N ( X ) ⎪ ⎪ N X ∈Q d ε →0 N ⎪ ⎨ ⎪ N . On suppose que ⎧sup sup | u N ( X ) |< ∞. Y). …. il nous faut introduire diverses 1 métriques sur QN (et sur l’espace quotient QN/SN ) : d p ( X . Y ∈ Q LP ( X . xN) ∈ QN (identifié à ses permutations…) comme soit une mesure de probabilité « empirique » N mX = 1 N ∑ δ x . xσ(N ))) et SN désigne le groupe des permutations de l’ensemble {1. L’objectif étant de comprendre le comportement quand N tend vers l’infini de suites de fonctions « continues » uN(x1. modules de continuité en d ∞ .Y ) < ε } = 0 ⎪ ⎩ (1) Alors. Y a pour loi m2} (en tout cas pour p < ∞) ou de Lévy-Prohorov dLP (m1. d LP ( X . . uN (X ) = uN (Xσ). dLP (m X . réitération. On note enfin P = P (Q) l’ensemble des mesures de probabilité sur Q.d ⎪−u N (Y ) | / X . Enfin. d ). xN) symétriques par rapport à (x1. la terminologie consacrée oublie que les distances dp ont été introduites (et identifiées dans le cas p = 1) par Monge et Kantorovich. …. xN avec probabilité 1 . Xσ = (xσ(1). P) i N i =1 nontrivial (fixé dans tout ce qui suit) prenant les valeurs x1. …. Y ) = inf {ε > 0 / N (#{i / x i − y i > ε }) < ε }. on obtient facilement le Théorème 1 : Soit uN ∈ C (QN) symétrique. Malheureusement. σ ∈S N L’idée essentielle sera de considérer un point X = (x1. xN). P (|X – Y | > ε) < ε}. ….ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 97 d’un espace métrique Q compact quelconque. ∀ σ ∈ SN. ∀ X ∈ QN. d LP ( X .Y ) = ( N ∑ x i − y i p )1/p i =1 N (pour 1 σ ∈S N p 1 ∞).e. espace N métrique compact pour les distances dites de Wasserstein dp (m1.Y σ ). demi-limites au sens des solutions de viscosité…).Y ) = inf d LP ( X .

Le résultat ci-dessous est en quelque sorte dual d’un résultat classique à savoir le théorème d’Hewitt et Savage (que l’on peut en fait redémontrer très simplement grâce à notre point de vue…). Bien sûr. Calcul différentiel Le but est de définir sur P un calcul différentiel compatible avec la limite considérée au paragraphe précédent.98 PIERRELOUIS LIONS ii) Un exemple important de fonctions U dans C (P ) est fourni par les polynômes i. Et l’ensemble des polynômes est dense dans C (application du théorème de Stone-Weierstrass ou démonstration constructive directe…). f k = ∫ f k + 1 faiblement. uN ∈ C (QN) symétrique et fN ∈ P (QN) symétrique. pour tout k 1. On suppose que uN converge vers U et que fN converge vers π. iii) Il sera utile dans la suite d’observer qu’une fonction U dans C (Pp) peut être identifiée à une fonction dans C (L p) (où L p = L p (Ω . π ∈ P (P). . si ( fN)N 1 est une suite de mesures de probabilité sur Q N symétriques. k (3) M k (m ) = QK ϕ i =1 dm( x i ) . ce qui n’est pas le cas du calcul différentiel élaboré (ou esquissé) dans l’espace (dit) de Wasserstein par de nombreux auteurs. On note CL le sous-espace vectoriel formé composé de telles fonctions. on a (4) QN uN d f N → U (m ) d π (m ) si N → ∞ P Remarque : Si π = δf (« chaos moléculaire »…) alors on déduit de (4) le fait suivant (5) QN | uN − QN u N d f N |2 d f N → 0 si N → ∞ 3. Théorème 2 : Soient U ∈ C (P). Rappelons que. La présentation la plus simple de notre calcul différentiel consiste en se servir d’une part de la structure Hilbertienne de L2 (Ω) et du calcul différentiel induit et d’autre part de la troisième remarque faite après le théorème 1. On dit alors que fN converge vers π (et on dira que uN converge vers U si (2) a lieu). on k peut supposer que les marginales f N = ∫ f N ( X )dx k +1 …dx N convergent k ∈ P (Q k) symétrique.e. étant donnés k 1 (ordre) et ϕ ∈ C (Qk) ou pour simplifier C ∞ (Qk) symétrique (coefficient). Et la donnée d’une telle suite consistante ( f k)k 1 est équivalente (Hewitt-Savage) à la donnée d’une mesure de probabilité π sur P telle que f k = ∫P k i =1 m( x i ) d π (m ). Alors. les combinaisons linéaires finies de monômes définis par. vers f dxk + 1 (∀k 1). d )) possédant la propriété d’invariance ou de symétrie suivante : U (X ) = U (Y ) si X et Y ont la même loi. après extraction éventuelle d’une sous-suite.

à savoir la cohérence avec la limite étudiée précédemment. Remarque : Bien sûr. les résultats mentionnés ci-dessus ne sont que des échantillons (à peine) représentatifs du calcul différentiel mis en place et présenté dans le cours. En identifiant différentielle et gradient grâce à la structure Hilbertienne de L2 (Ω). Y )). peut s’illustrer par l’exemple suivant des résultats que nous avons obtenus. ∀ϕ C (Q). ii) d’autre part cohérent avec la limite « N → ∞ ». Le deuxième point. a (0 < α biais : par exemple. Signalons qu’il est possible d’obtenir de nombreuses autres .ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 99 Plus précisément. pour simplifier. y) ∈ P (Q 2). U (mt )| t =0+ dt existe et (6) (7) d U (m1 ) | d 2 (m0 . U ∈C 1( P ) telles que : U U U sur P et U (m0 ) = U (m0 ). C k. Y ) ω (d2 (X. Y ∈ QN. on montre que si U est différentiable en m0 alors U (mt ) est dérivable en t = 0 et d U (mt ) |t =0 = E[∇(U L )( X 0 ) B( X 0 )] où L ( X 0 ) = m0 dt De plus. Bien sûr. alors U définie par U (m ) = U ( X ) si L ( X ) = m est différentiable en m0 = L ( X 0 ) et U ′( X 0 ) (∈ L2 (Ω)) est mesurable par rapport à la tribu engendrée par X0. Tout d’abord. il est naturel de définir les fonctions C k. (8) |(πN U ) (Y ) – (πN U ) (X ) – (∇(πN U ) (X ). y). U est différentiable en m0 si et seulement si on peut trouver U . En notant par (mt )t ∈ le groupe induit. pour toute mesure M (x. on démontre que U ∈ C1 (P) si et seulement si πN U ∈ C 1 (QN ) et il existe un module de continuité uniforme ω indépendant de N tel que. Tel est bien le cas et nous nous contenterons d’illustrer ces deux faits par quelques exemples. α (P ) (0 α 1) si et seulement si U L ∈C L 0. la notion naturelle de variations dans P correspond au transport des mesures par des champs de vecteur B sur d (ou sur Q…) supposés. U ∈ C 0. pour tous X. Ensuite. on note L l’application qui à X ∈ L2 (Ω) associe sa loi. dt où mt est défini par ∫Q ϕ dmt = ∫Q2 ϕ ((1 – t) x + ty) dM (x. on démontre que U ∈ C1 (P ) si et seulement si il existe un module de d continuité uniforme ω tel que. En N notant πN U la fonction symétrique définie sur QN par π N U ( X ) = U (m X ).α ( L2 ). réguliers. On dit alors que U est différentiable en m0 ∈ P s’il existe X0 tel que L ( X 0 ) = m0 et U L est différentiable en X0 (on peut vérifier que cette propriété est équivalente à la différentiabilité de U L en tout point de L −1(m0 )). U ∈ C 1 (P) si U L ∈C 1 ( L2 )… 1) sur P par ce Se posent alors les questions de savoir si le calcul différentiel que nous venons de définir est i) d’une part intrinsèque. Si U est une fonction définie sur P (ou sur un voisinage de m0 ∈ P ) alors U L est définie sur L2 et U L ( X ) = U L (Y ) si X et Y ont même loi. on peut démontrer que si U est différentiable en X0 ∈ L2 et U ∈CL ( L2 ) (par exemple). m1 )) . |U (m1 ) − U (m0 ) − Enfin. Y – X )| d2 (X. m1 )ω (d 2 (m0 .

) = 0 et U |t =0 = U 0 ∂x i ∂x i 2 ∑ i =1 d ∂m ∂m Il est bien sûr possible et utile d’aller au-delà de ces deux exemples.Y ) 2 . ce que nous ferons dans le cours de l’année 2008-2009. d’introduire des méthodes de régularisation et d’étudier l’approximation (par exemple par des polynômes)… Enfin. uN est symétrique et u N N U ∈ C ( P ×[0.100 PIERRELOUIS LIONS caractérisations. 2t 1 d 2 (m. ∞[ ) où U est l’unique solution (de viscosité par exemple) d’une équation de diffusion sur P que l’on peut écrire formellement comme (14) ∂U ∂t i . + ∞[ + (∇U . La solution (de viscosité) de (9) est donnée par la formule de Lax-Oleinik (11) u N ( X . t ) = inf u N (Y ) + 1 d 2 ( X . nous nous contenterons de quelques exemples. . 2t Bien sûr. Exemple 1 : Équation eikonale On considère la solution uN (solution de viscosité) de (9) ∂u N +N ∂t avec la condition initiale (10) ∑|∇x u N |2 = 0 dans ( i d )N ×]0. Là encore. on peut alors écrire une équation « Eikonale » dans P et démontrer que la formule (12) est bien l’unique solution (de viscosité) de cette équation. α2 2 Δm ) − β2 D 2U ( . Exemple 2 : Équation de diffusion à coefficients constants On considère la solution uN de (13) ∂u N ∂t − α2 2 ∑ i =1 N Δ xi u − N − β2 2 avec la condition initiale (10). j =1 ∑ ∇x ∇x U N = 0 dans ( i j N d ) N ×]0. + ∞[ ) donnée par (12) U (m. t ) = inf U 0 (m ′ ) + m′∈P Grâce au calcul différentiel introduit ci-dessus. Équations aux dérivées partielles Là encore. +∞[ i 0 uN |t =0= u N 0 0 → où u N est symétrique et u N N U 0 ∈ C ( P ). nous pouvons ainsi introduire une notion de fonction convexe sur P (U est convexe si U L est convexe sur L2) qui a de nombreuses applications… 4. m ′ ) 2 . on démontre que u N N U ∈ C ( P ×[0.

— 15 février 2008 : Jean-François Le Gall (Université de Paris-Sud 11). Lions. — 9 novembre 2007 : Christian Klingenberg (Université de Wuerzburg. Strong uniqueness for elliptic and parabolic equations.-L. — 11 avril 2008 : Claude Viterbo (École Polytechnique). Quelques résultats d’hypocoercivité en théorie cinétique collisionnelle. — 14 décembre 2007 : Clément Mouhot (Ceremade. Université Paris 6). New York). Zooms numériques et méthodes de sous-domaines. — 23 mai 2008 : Nader Masmoudi (Courant Institute of Mathematical Science). — 4 avril 2008 : Tony Lelièvre (CERMICS. — 14 mars 2008 : Radu Ignat (Université de Paris-Sud 11). Lions. Méthode de Monte Carlo pour les EDP non linéaires. Méthodes adaptatives en dynamique moléculaire. Séminaire de Mathématiques Appliquées — 12 octobre 2007 : Olivier Pironneau (Laboratoire J. Université Paris 6). — 16 novembre 2007 : Xavier Blanc (Laboratoire J. — 7 décembre 2007 : Stefano Olla (Ceremade. — 8 février 2008 : Sergio Guerrero Rodriguez (Université de Paris 6). Configurations de vortex dans le modèle de Ginzburg-Landau de la supraconductivité. Particles and Fluids. — 21 mars 2008 : Peter Constantin (Université de Chicago). — 23 novembre 2007 : Nizar Touzi (CMAP. Université Paris-Dauphine). — 18 janvier 2008 : Pierre Cardaliaguet (Université de Brest). Triangulations adaptatives et algorithmes greedy pour l’approximation et l’apprentissage. Un résultat de compacité pour l’état de Landau en micromagnétisme. — 19 octobre 2007 : Bruno Bouchard (Ceremade.and Magnetohydrodynamics. . — 16 mai 2008 : Antonin Chambolle (École Polytechnique). — 1er février 2008 : Sylvia Serfaty (Université de Paris 6 & Courant Institute. ENPC). Autour des grandes cartes planaires aléatoires.ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 101 Cours et Séminaire Cours : Le cours a eu lieu du 12 octobre 2007 au 11 janvier 2008. — 30 novembre 2007 : Albert Cohen (Laboratoire J. « Rigidité » dans les matériaux fracturés. Passage à la limite de Klein-Gordon-Zakharov vers Schrödinger non linéaire.-L. Propagation d’interfaces avec termes non locaux. Homogénéisation symplectique.-L. Allemagne). Université Paris 6). — 28 mars 2008 : Herbert Koch (Université de Bonn). Modèles microscopiques pour la conductivité thermique. — 25 janvier 2008 : Stéphane Gaubert (INRIA-Rocquencourt). — 11 janvier 2008 : Jean-Michel Morel (CMLA-ENS Cachan). Vortex dans des condensats de Bose-Einstein en rotation rapide. De la théorie de PerronFrobenius à la programmation dynamique et vice versa. Encore et toujours l’équation de la chaleur. Lions. Contrôle optimal singulier pour quelques équations aux dérivées partielles. École Polytechnique). New numerical solvers for Hydro. Université Paris-Dauphine). Université Paris-Dauphine). Régularité d’EDS rétrogrades et approches probabilistes pour la résolution d’équations semilinéaires paraboliques.

— Préface du numéro spécial de ESAIM M2AN sur la Modélisation Moléculaire. Le Bris. Paris. Rat. Publications — Towards a self-consistent theory of volatility. Souganidis. — Molecular simulation and related topics : some open mathematical problems. Blanc et C. p. Acad. 229-260. 391-426. — Stochastic homogenization and random lattices. — Préface de Finance and Sustainable Developement. p. Japanese Journal of Mathematics. — Convexity and non-convexity of option prices for SABR models. 2 (2007). Lasry. — Instantaneous self-fulfilling of long-term prophecies on the probabilistic distribution of financial asset values. En collaboration avec P. Paris.. — Correlations and bounds for stochastic volatility models. Annales de l’I.R. (2007). 311-323. Annales de l’I. 24 (2007).H. — Large investor trading impacts on volatility. Convergence entropique et inégalités fonctionnelles. En collaboration avec C.-M. Le gaz de Lorentz périodique dans la limite de Boltzmann-Grad. — Trois chapitres du Lecture Notes in Maths. 21 (2008). Non Linear Analysis. Non-linearity. 759-764. En collaboration avec M. En collaboration avec J. 24 (2007). 303-340. Paris. — Résumé du Cours au Collège de France (2006-2007) : Jeux à champ moyen. p.P. 41 (2007). 103-172. P. Lasry. C. C. Economica. Acad. Hauray et C. 184 (2007). Blanc et C.E. p. Lasry. 33 (2008).102 PIERRELOUIS LIONS — 30 mai 2008 : François Golse (École Polytechnique). p. Chiappori et J. Berlin. 1272-1317. p. Non Linear Analysis. Arch. p.H.. 361-368. Non Linear Analysis. Musiela. — 20 juin 2008 : Graeme Milton (University of Utah). Lasry. 24 (2007). — 6 juin 2008 : Massimiliano Gubinelli (Université de Paris-Sud). 41 (2007). 2008.P. Le Bris. Sci. Le Bris.-M. Anal. — Mean Field Games. En collaboration avec J.-M. Comm. p. Lasry.E.P. Sur l’équation du transport stochastique et les EDS avec dérive irrégulière. 344 (2007). Maths. Masmoudi. Cardialaguet et P. Musiela. Paris-Princeton Lectures In Mathematical Finance 2004.-M. p. — Existence and uniqueness of solutions to Fokker-Planck type equations with irregular coefficients. — Atomistic to continuum limits for computational materials science. Variational principles for elastodynamics and Maxwell’s equations in inhomogeneous bodies. Mech.-A. En collaboration avec X. — 13 juin 2008 : Ivan Gentil (Ceremade. En collaboration avec J. En collaboration avec P.-M. Pures Appl. En collaboration avec M. Sci. 345 (2007). ESAIM M2AN.R. 15-20. Lasry. Blanc et C. — Deux remarques sur les flots généralisés d’équations différentielles ordinaires. — A discussion about the homogenization of moving interfaces. En collaboration avec J.-M. En collaboration avec X. # 1919. En collaboration avec M. Le Bris. Springer. Le Bris. Université Paris-Dauphine). En collaboration avec J.D. En collaboration avec X. A paraître dans J. 1-16. En collaboration avec N. .H. Annales de l’I. p. — Global existence of weak solutions to some micro-macro models. — On the energy of some microscopic stochastic lattices.

(18 octobre 2007). Cuba (28 février 2008). Rio de Janeiro (8 mai 2008). — Membre du Haut Conseil de la Science et de la Technologie. — Conférence COPEA. Grenade (7-9 avril 2008). — Cours (8 h) à l’Université du Texas à Austin (10-21 février 2008). Invitations. — Président du Conseil Scientifique de l’ENS puis Membre du Conseil d’Administration de l’ENS. — Cours (6 h) dans le cadre du « Collège de France à Bruxelles ». Château de la Princesse. — Conférence publique à l’Académie des Sciences. modèles et simulations ». — Conférence au Colloque « Chicago-Paris Workshop in Financial Mathematics ». La Havane. Rio de Janeiro (6 mai 2008). — Conférence pour l’élection à l’Académie des Sciences d’Argentine. « Analyses. Vienne. — Conférence à l’Académie des Sciences d’Autriche : Johann Radon Lectures. — Professeur à temps partiel à l’École Polytechnique. Académie des Sciences du Brésil. — Membre du Visiting Committee du CEA. Bibliothèque Nationale (4 février 2008). — Conférences du Collège de France à Tunis « L’homme artificiel ». — Conférence « Magna ». Tunis (5 février 2008). — Président du jury du prix « Science et Défense ». Rosario (26 octobre 2007). Mello (27 juin 2008). — Président du Conseil Scientifique de France Telecom. — Président du Conseil Scientifique du CEA-DAM. Bruxelles (15-16 avril 2008. — Président du Conseil Scientifique de la Chaire de Finance et Développement Durable de l’Université Paris-Dauphine. UFRJ. — Cours (4 h) à l’École d’Été. Responsabilités collectives et fonctions diverses — Membre de l’Académie des Sciences . on the occasion of the 60th birthday of Tadeusz Iwaniec. — Président du Conseil Scientifique de ParisTech. — Président du Conseil Scientifique d’EDF. de l’Académie des Sciences d’Italie. — Conférence au Congrès « 8th International Conference on Operations Research ». — Président du Conseil Scientifique de la Fondation de Recherche pour l’Aéronautique et l’Espace. Vienne (17 octobre 2007). Naples (11-14 octobre 2007). — Cours (8 h) à l’Université du Texas à Austin (13-26 janvier 2008). .ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ET APPLICATIONS 103 Missions. d’Argentine et du Brésil . 21-22 avril 2008). Ischia. de l’Istituto Lombardo. — Conférence dans un lycée dans le cadre de la « Junior Academy ». « Topics in PDE and applications 2008 ». Conférences — Conférence au Colloque « Geometric Function Theory and Nonlinear Analysis ». — Cours (2 h) à l’Université de La Havane (28 février 2008). de l’Académie des Technologies .

— Membre du Comité d’Orientation de l’ENS. — Membre du Board of Trustees et du Conseil Scientifique de l’IMDEA (Madrid). — Membre du Comité des Programmes Scientifiques du CNES. — Conseiller Scientifique auprès de BNP PARIBAS. — Membre du Conseil Scientifique de la Fondation du Risque. — Administrateur de Sark et Channel Bridge. Chinese Academy of Sciences. Chimiche.104 PIERRELOUIS LIONS — Membre du Conseil Scientifique de l’Institut Europlace de Finance. — Membre du Conseil d’Administration de la Fondation d’Entreprise IXIS. CALYON. . Fisiche e Mathematiche « Vito Volterra ». — Membre de la Société des Amis du Palais de la Découverte. — Membre de l’International Advisory Board de l’Institute of Mathematical Sciences de l’Imperial College. EADS-ST. REECH. — Membre du Scientific Advisory Panel de l’European Mathematical Society. — Membre de l’International Advisory Board of the Scuola di Dottorato in Scienze Astronomiche. Morningside Institute. — Membre fondateur du Comité International de l’« International Summer School of Applied Mathematics ». — Membre du Conseil d’Administration et du Conseil Scientifique de la Fondation Sciences Mathématiques de Paris.

Don Zagier. Cette partie ne sera pas reproduite ici.Théorie des nombres M. 1 ζ( s ) = ∏ −s . se calculent à l’aide de fonctions spéciales telles que les fonctions logarithme ou polylogarithme dans les situations les plus simples et des fonctions de Green dans des situations plus générales. a trouvé : • la définition de la fonction zêta dite « de Riemann » comme somme infinie. sauf pour rappeler qu’Euler. le cours a commencé par un aperçu historique des travaux d’Euler sur les fonctions zêta. ζ( s ) = ∑ ns n=1 ∞ 1 . p premier 1 − p • les formules ζ(2 ) = π2 6 . ζ(6 ) = π6 945 . … . ζ( 4 ) = π4 90 . professeur Cours : Fonctions de Green et valeurs spéciales de fonctions L Le thème du cours de cette année était le lien entre les valeurs spéciales des fonctions L motiviques (et de leurs dérivées) d’un côté et les invariants algébrogéométriques des objets auxquels ces fonctions sont liées de l’autre. du type « régulateur généralisé ». dans ses travaux datés de 1734 et 1749. Les invariants en question. • la décomposition multiplicative de cette fonction comme produit portant sur les nombres premiers. Travaux d’Euler L’année 2007 ayant été le 300e anniversaire de la naissance d’Euler.

7. χ ) = ∑ ∞ χ(n ) n=1 ns = 1− 1 1 + −… 3s 5s pour le caractère χ (n) = (– 4/n) et les généralisations de toutes les propriétés cidessus (produit d’Euler. ζ(−4 ) = 0. Une telle fonction est toujours donnée par une ∞ série de Dirichlet du type L( s ) = L X ( s ) = ∑ a(n ) / n s où les an sont des entiers n=1 (ou des entiers algébriques) liés aux propriétés d’un certain objet algébrique ou . • l’équation fonctionnelle (sans démonstration) ζ(1 − s ) = 2 cos( πs Γ( s ) B ζ(1 − k ) = (−1) k −1 k (2) 2 (2 π ) s ) ζ( s ) de la fonction ζ (s) pour s réel. En d’autres mots. Bk = k-ième nombre de Bernoulli) 2k pour les valeurs de ζ (s) pour s un entier pair strictement positif . 3. … 12 120 et plus généralement (k > 0. • les formules ζ(0) = − . donnés tous les deux par Riemann dans son mémoire célèbre de 1859. ζ(−1) = − B ζ(k ) = − k (2i π ) k (1) 1 2 1 1 . ζ(−3) = . énoncé de l’équation fonctionnelle) pour cette fonction. • l’extension de ζ (s) à des valeurs de s inférieures à 1 . prolongement à s < 1. avec des arguments théoriques et des vérifications numériques à haute précision pour appuyer cette conjecture . valeurs spéciales pour s = 1. • la définition de la série L « de Dirichlet » L( s . 5. .. Euler a trouvé toutes les propriétés essentielles de la fonction zêta connues actuellement sauf la preuve de l’équation fonctionnelle et l’énoncé de l’hypothèse de Riemann.106 et plus généralement DON ZAGIER (k > 0 pair. et pour s ∈ ≤ 0. Bk = k-ième nombre de Bernoulli) k pour les valeurs de ζ (s) pour s un entier négatif .. ζ(−2 ) = 0. Fonctions zêta motiviques La liste des propriétés de ζ (s) trouvées par Euler peut nous servir encore aujourd’hui comme guide dans l’étude des fonctions zêta et fonctions L qui nous intéressent en théorie des nombres.

Ici encore on a k = 1. une forme automorphe. α 1. ζ (s). χ). la fonction φp (t) est égale à 1/(1 – t) pour tout p. et on a l’équation fonctionnelle (3) avec k = 1. et les αj dans (4) sont égaux à 0 ou à 1. Fonctions L de Dirichlet. et on a une équation fonctionnelle du type (3) avec k = 1. 2. et il y a des formules spéciales qui donnent les valeurs de LX (s) pour certaines valeurs intégrales de l’argument s. Dans ce cas le nombre a (n) ∈ ≥0 compte le nombre des idéaux entiers de norme n dans un corps de nombre fixé F . tandis que le nombre d . signe +. Fonctions L d’Artin. Ici on a a (n) = χ (n). et γ (s) comme dans (4) avec d = 1 et α1 = 0 ou 1 selon la valeur de χ (– 1). …. la fonction LX (s) est une fonction dont on sait ou dont on conjecture qu’elle est entière (ou ne possède qu’un nombre fini de pôles. où χ : → est un caractère de Dirichlet. une variété algébrique sur un corps de nombres. signe +. γ ( s ) = A s Γ( Regardons quelques exemples avant de continuer. et γ (s) = π –s/2 Γ (s/2). 4. elle a une équation fonctionnelle du type L X ( s ) := γ ( s ) L X ( s ) = ± L X (k − s ) (3) (où quelquefois L X ( s ) = w L X *(k − s ) avec |w| = 1. Ici on a a (n) = 1 pour tout n. L (s. Plus précisément. 1. une représentation galoisienne. le nombre de chaque type étant déterminé par le nombre de plongements réels de F dans . Fonctions zêta de Dedekind. 3. L (s. dans les cas les plus intéressants. les fonctions φp (t) intervenant dans le produit d’Euler ont la forme 1/Pp (t) où Pp (t) est un polynôme de degré d pour presque tout nombre premier p (et < d pour les autres). elle a un produit d’Euler de la forme LX (s) = p φp ( p–s). l’entier k dans l’équation fonctionnelle (3) est égal à 1. où X* est un objet algébrique/ géométrique « dual » à X ) pour un certain entier k > 0. etc. qui généralisent les trois précédentes. la fonction φp (t) est égale à 1/(1 – χ (p)t). Fonction zêta de Riemann. les racines du polynôme Pp (t) (pour les p pour lesquels le degré est égal à d ) et tous leurs conjugués algébriques ont la valeur absolue p–(k–1)/2. et on conjecture que toutes les racines de la fonction L X ( s ) se trouvent sur la droite (s) = k/2. où γ (s) est une fonction de la forme s + α1 s +αd ) … Γ( ) ( A ∈ >0 . où φp (t) est une fonction rationnelle dont les coefficients sont liés aux propriétés p-adiques de X . toujours avec le même k (hypothèse de Riemann globale). l’entier d défini par (4) ou par le degré des facteurs d’Euler de la fonction zêta est égal au degré [F : ]. ρ). α d ∈ ) (4) 2 2 liée aux propriétés de X sur le corps ou .) . avec le même entier d que dans (4) . avec le même entier k que dans (3) (hypothèse de Riemann locale) . ζF (s). comme le pôle en s = 1 de ζ (s)) .THÉORIE DES NOMBRES 107 géométrique X (qui peut être un corps de nombres. Ces fonctions. sont attachées à une représentation irréductible ρ du groupe de Galois d’une extension galoisienne F/ .

mais extrêmement difficiles (théorème de Wiles et al. d = 2. α2 = 1. Fonction L de Hecke d’une forme modulaire. On n’a aucune définition directe de ces fonctions comme séries de Dirichlet (et c’est l’une des raisons principales pour la difficulté de démontrer leurs propriétés essentielles telles que le prolongement analytique ou l’équation fonctionnelle). mais non-triviale. 6. Fonctions L associées à la cohomologie d’une variété. Pour une courbe elliptique E/ on définit L (E. Ça ne sera plus le cas dans les exemples venant de la géométrie.108 DON ZAGIER (défini soit par le nombre de fonctions gamma intervenant dans le facteur gamma de l’équation fonctionnelle. où Pp (t) = 1 – a ( p)t + pt2 avec a ( p) = p + 1 – |E ( p)| pour presque tout p. mais le prolongement analytique et l’équation fonctionnelle restent conjecturales sauf pour certains cas particuliers comme les courbes modulaires. L (C. La définition de la fonction L dans ce cas est analogue au cas des courbes elliptiques. L’hypothèse de Riemann locale est connue encore dans ce cas. qui généralise les deux précédents. | a( p ) | ≤ 2 p . il y a les fonctions L attachées aux formes automorphes (mais qui seront. s) et l’équation fonctionnelle. s) = n >0 a (n)n–s a un produit d’Euler Pp (p–s)–1 avec Pp (t) = 1 – a (p)t + pk–1t 2 pour p N et possède un prolongement analytique (entière si f est parabolique. identiques avec les fonctions du type 7. et avec un seul pôle en s = k sinon) et équation fonctionnelle du type (3) avec d = 2. Bien sûr. avec k = 2. démontrée par Deligne). En voici quelques-uns. sauf que les polynômes Pp (t) pour p générique ont le degré d = 2g. Tous ces exemples sont liés aux corps de nombres ou aux « motifs de dimension 0 » et ont k = 1 (c’est-à-dire que l’équation fonctionnelle relie les valeurs s et 1 – s de l’argument de la fonction zêta. Fonction L d’une courbe. Le prolongement analytique de L (E. s). et que l’hypothèse de Riemann généralisée prédit ℜ( s ) = 1 pour 2 les racines de la fonction zêta dont il s’agit). que les racines des polynômes Pp (t) ont toutes la valeur absolue 1. dans beaucoup de cas). on n’a aucune démonstration du prolongement analytique ou de l’équation fonctionnelle en général. d’après le programme de Langlands. On en mentionne deux. s). on associe au groupe i-ième de cohomologie d’une variété X définie sur une fonction L donnée par un produit eulerien dans lequel Pp (t) est un polynôme de degré d = dim H i (X ) (i-ième nombre de Betti) et qui satisfait à l’hypothèse de Riemann locale avec k = i + 1 (conjecture de Weil. Si f ( z ) = ∑ a(n )e 2i πnz n=0 est une forme modulaire sur Γ0 (N ). 8.). alors la série de Dirichlet L (f. soit par le degré des facteurs d’Euler typiques de la fonction L) est égal au degré de la représentation ρ. est l’inégalité connue. 7. Enfin. α1 = 0 et α2 = 1. propre pour les opérateurs de Hecke et normalisée par a (1) = 1. s) = Pp ( p–s)–1. L ( f . sont également connus. Les ∞ . L’hypothèse de Riemann locale. avec k = d = 2. 5. α1 = 0. s). L (E. où g est le genre de la courbe C définie sur . Dans cet exemple. Fonction L d’une courbe elliptique.

par exemple. De nombreux exemples spéciaux de ces conjectures ont été discutés dans le cours. sont toujours des carrés (théorème de Villegas et l’auteur . Alors la valeur de L (s0). C’est le cas. avec équation fonctionnelle donnée par (3) et (4). divisée par une période correctement normalisée. pour les fonctions L associées aux produits symétriques de degré supérieur de f. s). Fonction L du carré symétrique d’une forme modulaire. si s0 est un entier quelconque et on note par r l’ordre de L ( s ) en s = s0 (ou s = k – s0). qui. 9. r est conjecturalement égal au rang du groupe de Mordell-Weil de E. d’après des conjectures dues à Bloch. . voir le résumé de cours de 2001-2002). s0 = 1. ou la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer. alors la valeur de la dérivée r-ième de L ( s ) en s = s0 (ou s = k – s0) sera le produit d’une période et d’un « régulateur » défini comme le déterminant d’une certaine matrice réelle de taille r × r. s0 = 0. Plus généralement. On appelle critique une valeur entière s0 de l’argument s telle que ni s0 ni k – s0 sont des pôles du facteur gamma γ (s). Nous en reprenons quelques-uns ici. Supposons donnée une fonction L motivique. et les éléments de la matrice qui définit le régulateur sont des logarithmes d’unités algébriques. où L (s) est du type 4. et les éléments de la matrice qui définit le régulateur sont donnés par les hauteurs des points rationnels sur E. Une autre généralisation de la conjecture de Deligne est l’énoncé que si l’argument central s0 = k/2 est critique. On a une équation fonctionnelle du type (3) (avec k remplacé par 2k – 1) et facteur gamma donné par (4) avec d = 3. et donc que l’hypothèse de Riemann locale |a (p)| ≤ 2p(k–1)/2 (hypothèse de Ramanujan) est vérifiée. Beilinson et Scholl.THÉORIE DES NOMBRES 109 résultats d’Eichler et Shimura (pour k = 2) et Deligne (en général) implique que cette fonction est du type 7. et démontrées dans certains cas. cette fonction L est donnée par un produit eulerien du type Pp (p–s)–1 avec Pp (t) = (1 – pk–1t) (1 – (a (p)2 – 2pk–1) t + p2k–2t2) pour p N. sera un carré dans son corps de définition naturel. qui est toujours un carré) et pour les valeurs centrales des séries L associées aux caractères de Hecke. ci-dessus. sera conjecturalement un multiple algébrique d’une certaine − période (= intégrale d’une forme différentielle définie sur sur un cycle fermé). Valeurs spéciales Les valeurs spéciales (1) et (2) de ζ (s) données par Euler ont une vaste généralisation conjecturale due à Deligne. dans laquelle L (s) est la fonction L d’une courbe elliptique E sur . Des propriétés semblables sont conjecturées. alors la valeur de la série L en s0. dans la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer (où la valeur centrale normalisée est égale à l’ordre du groupe de Shafarevich-Tate. correctement normalisées. Son prolongement méromorphe a été démontré par Rankin et Selberg et son prolongement holomorphe (pour f parabolique) par Shimura et l’auteur. L (Sym2 f. Pour f comme ci-dessus. Ces conjectures contiennent comme cas spéciaux des conjectures classiques célèbres telle que la conjecture de Stark.

des idées et résultats de Bloch et de Beilinson impliquent que la valeur non-critique L (E. Cette conjecture. avec générateurs (modulo torsion) P1. qui est appuyée par beaucoup de calculs numériques et arguments théoriques. encore non résolue. 1) sera..) Valeurs des fonctions zêta de Dedekind et polylogarithmes Il s’agit ici des conjectures énoncées il y a quelques années par l’auteur. La conjecture de Birch et SwinnertonDyer prédit que la série L de E aura un zéro d’ordre exactement r en s = 1 (ce que l’on sait dans certains cas) et que la dérivée L(r) (E. dont les coefficients sont des périodes « mixtes » de la courbe. (Pour l’instant la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer n’est vérifiée que numériquement dans aucun cas avec r > 1.. avec la métrique hyperbolique.r).. et pour un entier m > 1 quelconque.. 2) peut s’exprimer comme un multiple simple d’une combinaison linéaire. égale au produit de la période réelle ΩE de E et du régulateur R = det (〈Pi. Pj〉i. cette fois de taille (r + 1) × (r + 1). dit que le produit ΩER s’écrit lui-même comme le déterminant d’une matrice. . et démontrées dans certains cas par Deligne. Kontsevich et l’auteur il y a quelques années et présenté dans le cours.. la fonction dilogarithme elliptique dont il s’agit est définie comme la somme sur une orbite de q de la . à un facteur élémentaire près. au moins dans des cas concrets. La grande question.. qui a été explicité dans un article de M. de la fonction dilogarithme elliptique associée à E. s’exprimeraient comme le déterminant d’une matrice ayant comme coefficients des combinaisons linéaires rationnelles des valeurs de la m-ième fonction polylogarithme Dm (convenablement définie) avec arguments dans F. 1) aussi s’exprime en termes des périodes des formes algébriques . est dans un certain sens typique de la situation générale.110 DON ZAGIER Le régulateur dans la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer Soit E/ une courbe elliptique avec groupe de Mordell-Weil de rang r. (Si on écrit E ( ) comme */q pour un nombre complexe q avec |q| < 1. On a expliqué aussi comment on peut retrouver les fonctions Dm (x) comme des fonctions de Green associées au quotient du demiplan de Poincaré modulo le groupe des translations par des entiers. L’espace vectoriel sous-jacent à cette matrice est le « m-ième groupe de Bloch » et devrait être isomorphe au K-groupe algébrique K2m–1 (F ) ⊗ . serait alors de démontrer que la valeur L(r) (E. à coefficients dans . Fonctions L des courbes sur en s = 2 Si E est une courbe elliptique. ⋅〉 est l’accouplement canonique sur E ( ) ⊗ .j =1. où 〈⋅.. Beilinson et Goncharov. d’après lesquelles les valeurs en s = m de la fonction zêta de Dedekind ζF (s) d’un corps de nombres F quelconque. Pr . évaluée dans des points algébriques de E. des conjectures générales sur les périodes nous permettraient d’espérer pouvoir démontrer l’égalité voulue. Un cas particulier d’un résultat de Scholl. si c’était le cas.

un lien a été établi entre les dérivées centrales L′ (f. Mellit qui démontrent l’algébricité prédite dans certains cas (notamment quand k = 4. le groupe modulaire en question est SL (2. 2) en termes d’un certain régulateur dont les coefficients sont des intégrales sur la courbe. Les conjectures et résultats peuvent s’interpréter aussi comme des énoncés sur les valeurs spéciales de certaines fonctions qui satisfont à une équation différentielle à coefficients rationnels ou algébriques. Dokchitser et l’auteur. avec la métrique hyperbolique. un exemple typique étant la décomposition (x6 + 2x5 – 787x4 – 188x3 + 150012x 2 – 149040x – 3326400) 2 – 3326400 2 = (x – 22) (x – 20) (x – 18) (x – 12) (x – 10) (x – 1)x (x + 7) (x + 15) (x + 18) (x + 23) (x + 24). k/2) des séries L des formes modulaires (propres pour les opérateurs de Hecke) de poids pair k et des valeurs de certaines fonctions de Green modulaires associées aux quotients du demi-plan de Poincaré par un groupe fuchsien.THÉORIE DES NOMBRES 111 fonction dilogarithme modifiée qui intervient dans le calcul des valeurs des fonctions zêta de Dedekind en s = 2. Valeurs des fonctions de Green modulaires Dans des travaux joints avec B. Si on remplace E par une courbe C/ de genre g > 1. les conjectures générales impliquent toujours une expression pour L (C. mais aussi (dans le même cas) pour l’étude arithmétique des valeurs de la fonction modulaire j (z) dans des points z à multiplication complexe. Un aspect intéressant est le lien entre les fonctions de Green qui interviennent ici et les fonctions polylogarithmes qui interviennent dans les conjectures concernant les valeurs spéciales des fonctions zêta de Dedekind. ils ont mené à une conjecture d’après laquelle les valeurs de ces fonctions de Green dans les arguments à multiplication complexe seraient dans certains cas les logarithmes de nombres algébriques. et des résultats très récents de A. Le groupe sur lequel ces intégrales doivent être évaluées est le K-groupe algébrique K2 (C/ ). T. Le problème de construire des éléments non-triviaux du K-groupe K2 (C ) dans ces cas mène à des problèmes élémentaires en théorie des nombres où il s’agit de trouver des polynômes f définis sur pour lesquels f (x)2 – f (0)2 se factorise en autant de facteurs rationnels que possible. Ce cas. et l’un des arguments de la fonction de Green est −1) ont été présentés dans le cours. de Jeu. de genre allant jusqu’à 6) dans un article récent de R. a été discuté en détail. ). qui a été étudié et vérifié numériquement dans beaucoup de cas (tous hyperelliptiques. mais ne sont plus donnés en termes d’une fonction explicite comme le dilogarithme elliptique. .) Une description précise des combinaisons linéaires permises a été donnée il y a quelques années par l’auteur (avec des corrections dues à Schappacher et Rolshausen dans certains cas) et présentée dans le cours. Pour k > 2. mais sont trop techniques pour être repris ici. Un nombre de résultats obtenus par l’auteur dans l’entretemps. Gross il y a un certain nombre d’années. Ces résultats dans le cas k = 2 avaient des conséquences pour la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer.

A500) des An ? 4. C2. janvier et février 2008 : Asymptotic methods (deux conférences). …. An pourrait être le nombre de courbes algébriques de degré n passant par 3n – 1 points génériques dans le plan. Conférence sur « Lowdimensional Topology and Number Theory ». x = 1060 à 100 chiffres près ? De tels problèmes se posent partout en mathématiques et en physique mathématique mais les méthodes pour les résoudre de façon efficace ne sont en général pas très bien connues. α. Quel est le comportement asymptotique quand x tend vers 0 d’une série lentement convergente de la forme ∑ f (nx ) . Institut Henri Poincaré. octobre 2007 : Quantum modular forms. Université de Lille I. C0. Workshop « Random matrices and number theory ». Conférences invitées Bordeaux. où f (x) est une fonction dont n=1 le comportement pour x petit est connu ? 2. Si on a une suite de nombres An (par exemple. Max-Planck-Institut für Mathematik. … à haute précision à partir d’un nombre limité (par exemple. Banff. Bonn. janvier 2008 : The Riemann zeta function and the Selberg zeta function as determinants. Bonn. Séminaire Bourbaki. ∞ . Comment trouve-t-on une formule asymptotique précise pour des nombres an (par exemple. octobre 2007 : Modularity and three-manifolds. pour lequel Kontsevich a trouvé une récurrence non-linéaire) dont on conjecture qu’ils ont un comportement asymptotique de la forme An ∼ nαe An (C0 + C1n–1 + C2n–2 + …). Max-Planck-Institut für Mathematik. Allemagne. Allemagne. Comment calculerait-on la valeur de la fonction S ( x ) = ∑ n=1 sin( x / n ) / n de Hardy-Littlewood pour. Canada. Banff International Research Station. Allemagne. Universität Bonn. octobre 2007 : Verknotete Modulformen. Conférence à l’occasion du 60e anniversaire d’Henri Cohen. Université de Bordeaux I.112 DON ZAGIER Cours à l’École Normale Supérieure : « Bouillon Mathématique » Dans le cours « Bouillon » de cette année on a présenté des méthodes explicites qui permettent de résoudre des diverses types de problèmes asymptotiques tels que : 1. Conférences pour membres de l’école doctorale « IMPRS ». disons. C1. Conférence à l’occasion du 80e anniversaire de Friedrich Hirzebruch. Hausdorff Mathematics Institute. comment peut-on trouver les premiers coefficients A. janvier 2008 : Gaussian periods and finite projective planes. Colloque. Bonn. A1. an pourrait être le nombre de partitions de n) dont on connaît ∞ « explicitement » la fonction génératrice ∑ an x n ? n=0 ∞ 3. Bonn. Number Theory Seminar. novembre 2007 : Les « mock theta functions » de Ramanujan (d’après Zwegers et Bringmann-Ono). Paris. décembre 2007 : Les fausses formes modulaires. Allemagne. Lille.

Allemagne. avril 2008 : Modular forms and not-so-modular forms in mathematics and physics. juillet 2008 : Mock theta functions. Conférence populaire dans le cadre du programme « Zahlen. Nixdorf-Zentrum. Bielefeld. Bonn. « Nacht der offenen Tür » du Max-Planck-Institut für Mathematik. Max-Planck-Institut für Mathematik. Allemagne. Irlande. Colloquium Universiteit Utrecht. juillet 2008 : Diophantische Gleichungen: 2000 Jahre alt und noch nicht gelöst. juin 2008 : On the conjecture of Birch and Swinnerton-Dyer. Allemagne. juillet 2008 : Teichmüller curves and modular forms. mai 2008 : Differential equations and curves on Hilbert modular surfaces. Allemagne. Pays-Bas. Second Japanese-German number theory workshop. Amsterdam. Allemagne. Bonn. Louisiana. Bonn. Pays-Bas. février 2008 : Spectral decomposition and the Rankin-Selberg method. Bonn. Trinity College. . Israël. University College Dublin et Trinity College. Universiteit Amsterdam. Colloquium. Israël. Conférence populaire. Vienne. avril 2008 : Quantum ideas in number theory and vice versa. Irlande. Conférence « Hirz80 » en l’honneur du 80e anniversaire de Friedrich Hirzebruch. Dublin. mai 2008 : Diophant und die diophantischen Gleichungen. and Gaussian periods. indefinite theta series and wallcrossing formulas. Moduli spaces and Representation Theory. avril 2008 : The « q » of « quantum » (trois conférences). Bonn. Allemagne. Trinity College. Conférence spéciale dans le cadre du Tag der Mathematik de l’Université de Bayreuth. Allemagne. juin 2008 : Das Geheimleben der Zahlen. Workshop on Gauge Theory. Fermat curves. Texas. Invariants and Modular Forms. États-Unis. États-Unis. juin et juillet 2008 : Periods of modular forms (trois conférences). Conférence d’intérêt général dans le cadre du programme « Mathe für alle—Vorlesungen im Freien ». février 2008 : Modular Green’s functions. Conférences pour membres de l’école doctorale « IMPRS ». juillet 2008 : Von Zahlentheorie zu Knotentheorie zu Quantentheorie. Number theory seminar. février 2008 : Mock theta functions and their applications. Colloquium. Colloquium. Conférence générale dans la série « Jahrtausendprobleme der Mathematik ». Bayreuth. Irlande. Amsterdam. Autriche. Intercity number theory seminar « L-functions and friends ». University of Texas. Max-Planck-Institut für Mathematik. Hausdorff Institute for Mathematics. bitte! ». avril 2008 : Gaussian periods and finite projective planes. Bar-Ilan. Max-Planck-Institut für Mathematik. Dublin. avril 2008 : Mock modular forms. Workshop on Codes. Bonn. Conférence plénière à l’occasion du 15e anniversaire de l’Institut Ernst Schrödinger. University of Haifa. avril 2008 : The amazing five-term relation. Pays-Bas. Allemagne. Université de Bar-Ilan.THÉORIE DES NOMBRES 113 Paderborn. Workshop on Mirror Symmetry. février 2008 : Finite projective planes. Baton Rouge. mai 2008 : The mysterious mock theta functions of Ramanujan. Porcelli Lectures 2008. Austin. Allemagne. Bonn. Allemagne. Utrecht. Conférence populaire. janvier 2008 : Warum ich von Primzahlen träume. Dublin. Haifa. Louisiana State University. Conférence pour lycéens.

60e année. Université de Paris 6. Pays-Bas. à paraître dans Astérisque. Bar-Ilan. Publications et Prépublications (avec L. Appendice à « Sequences of enumerative geometry : congruences and asymptotics » par D. Fields Institute Communications 54 (2008). no 986. Emmy Noether Institute. 47 (2008). Algebra Colloquium. diffusé le 12 mai 2008. Bonn. 33-34. Green. no 3. Zinger) Some properties of hypergeometric series associated with mirror symmetry. Dans Modular Forms and String Duality. pp. Exact and asymptotic formulas for vn. Ramanujan’s mock theta functions and their applications (d’après Zwegers and Bringmann-Ono). Deutsche Union der Akademien der Wissenschaften. Taschner. 2006-2007. Utrecht. Akademientag. Allemagne. pp. août 2008 : The mathematics of and around Seki Takakazu as seen through the eyes of a contemporary mathematician. Berlin. Allemagne. Bonn. Paris. Weng) Deligne products of line bundles over moduli spaces of curves. J. A paraître dans Groups and Symmetries : From the Neolithic Scots to John McKay. CRM Proceedings and Lecture Notes of the American Mathematical Society. mars 2008 : Entretien enregistré avec WDR. diffusé le 29 avril 2008. février 2008 : Entretien enregistré avec Deutschlandfunk. Integral solutions of Apéry-like recurrence equations. Universität Bonn. Tokyo. 18 pages. juin 2008 : Rapporteur et membre du jury pour la thèse de mon étudiant Anton Mellit (« Higher Green’s functions for modular forms »). 20 pages. 793-803. pp. Centre de Recherches Mathématiques. 21-24. Allemagne. Commun. International Conference on History of Mathematics in Memory of Seki Takakazu. n). Universiteit Utrecht. . Evaluation of S (m. thèse de Oliver Lorscheid (« Toroidal automorphic forms for function fields »). 020. Grünberg et P. Phys. discussion publique avec R. 281 (2008). in Math. Séminaire Bourbaki. Russo et P. à paraître dans Experimental Mathematics. mai 2009 : Membre du jury. (avec A. Japon. Allemagne. 163-177.n »). Moree. mai 2008 : Beirat (comité scientifique). Israël. Autres Missions et Activités Bonn. JHEP 02 (2008).114 DON ZAGIER Tokyo. juin 2008 : Rapporteur et membre du jury. juin 2008 : « Mathematik im Gespräch ». Vanhove. Japon. thèse de Sarah Carr (« Multizeta values : Lie algebras and periods on 0. Tokyo University of Science. Appendice à « Low energy expansion of the four-particle genusone amplitude in type II superstring theory » par M. août 2008 : q-series and modularity. Tokyo University.

de janvier à mars 2008. superpositions cohérentes d’états photoniques de phase ou d’amplitudes différentes. Il s’est ensuite focalisé sur l’analyse des mesures non destructives (Quantum Non-Demolition ou QND en anglais). L’histoire des mesures QND de la lumière a été rappelée et les expériences récentes d’électrodynamique quantique en cavité qui ont permis la détection non destructive de photons uniques ont été décrites. ouvrant la voie à l’étude détaillée des états de type « chat de Schrödinger ». était intitulé « Mesures quantiques non destructives ». Un des cours a été présenté dans le cadre des Colloquiums du département de physique de l’université et les autres donnés . Chaque leçon était accompagnée d’une présentation par ordinateur consultable dès le jour du cours sur le site internet du Collège de France et de l’Ecole normale supérieure ou.org. plus directement. professeur Le cours de l’année 2007-2008 Le cours donné au Collège de France. membre de l’Institut (Académie des Sciences). Serge Haroche. en redonnant le même résultat tant que le système n’est pas perturbé. Ces expériences sont réalisées sur des champs de quelques photons piégés pendant une fraction de seconde dans une cavité de très grand facteur de qualité. Celles-ci projettent le système mesuré dans un des états propres de l’observable mesurée et peuvent être répétées un grand nombre de fois.Physique quantique M. Un tiers de l’enseignement de la chaire a par ailleurs été donné à Chicago. Elles constituent une nouvelle façon de « voir » la lumière en suivant en temps réel les trajectoires stochastiques du nombre de photons et en enregistrant les sauts quantiques associés à la perte ou à la création d’un seul quantum. à l’invitation de l’université de cette ville. Cette propriété les rend potentiellement utiles à la détection ultra-sensible de faibles perturbations. Il a analysé les propriétés fondamentales de la mesure en physique quantique et ses relations avec les concepts de complémentarité. d’intrication et de décohérence. à l’adresse internet www.cqed. Ces mesures QND permettent la reconstruction complète de l’état quantique du champ dans la cavité.

a reposé dans un contexte moderne les questions posées dans les années 1920. le système étudié peut se trouver dans un état indépendant de tout observateur et être mesuré sans perturbation. L’essentiel de l’information qui nous provient du monde est véhiculé par lui. Après ces rappels généraux. Dans ces présentations. La mesure de la lumière implique son interaction avec un milieu matériel auquel l’information véhiculée par le champ est transférée. peuvent être exploitées de façon positive pour réaliser des opérations impossibles en physique classique (cryptographie et calcul quantiques). Mesures généralisées et POVM (Positive Operator Valued Measures). L’optique quantique. 3. Le cours donné à Paris. La théorie de la mesure de la lumière. souvent décrites négativement. Par « mesure » on comprend au sens large toute expérience qui extrait de l’information d’un système quantique. Ce transfert s’effectue en général . la théorie ne pouvant que déterminer la loi de probabilité du processus (« Dieu joue aux dés »). la leçon a abordé le problème plus spécifique de la mesure quantique de la lumière. Einstein et Schrödinger). depuis Planck (1900). Généralités sur les mesures quantiques non-destructives (QND). Le champ électromagnétique est un système central en physique. 7. Le résultat de la mesure et son effet sur le système sont décrits de façon statistique. Comptage QND de 0 ou 1 photon. a traité les questions suivantes : 1. Glauber (1963). 5. établie par R. La dualité de la lumière (onde et ensemble de photons à la fois) joue un rôle fondamental dans cette théorie.116 SERGE HAROCHE aux étudiants et post-docs dans le domaine de la physique atomique et de l’optique quantique. 2. j’ai décrit les mesures non-destructives de lumière réalisées dans mon groupe de recherche à l’ENS (voir plus loin). Alors qu’en physique classique. 4. relations d’incertitude de Heisenberg) et des impossibilités (par exemple théorème de « non-clonage » d’un état inconnu). en physique quantique une mesure est un processus plus complexe. Einstein (1905) et les débuts de la mécanique quantique moderne (expériences de pensée de Bohr. Expériences QND en électrodynamique quantique avec des atomes de Rydberg. Perspectives ouvertes par les mesures QND en électrodynamique quantique en cavité. Les propriétés de la mesure quantique entraînent des limitations (certaines mesures sont incompatibles entre elles — cf. constitue le cadre d’analyse de toutes les expériences d’optique. Ces caractéristiques. le comptage de photons. Mesures projectives en physique quantique. 6. Comprendre la mesure de la lumière dans la théorie quantique a toujours préoccupé les physiciens. Comptage QND de N photons : projection progressive du champ. née avec le laser en 1960. réparti sur sept leçons. dans lequel l’état de l’objet mesuré est en général modifié. La première leçon a commencé par rappeler de façon générale les propriétés essentielles de la mesure d’un système microscopique en physique quantique.

si bien que le champ est détruit par la mesure. Nous avons montré que l’acquisition partielle d’information résultant du couplage de S avec un seul qubit est un POVM et avons décrit comment l’accumulation de mesures POVM résultant du couplage avec un ensemble de qubits se transforme en mesure projective. Enfin. Un tel procédé dit QND (pour Quantum Non-Demolition) ouvrirait la voie à de nombreuses applications. Les physiciens se sont demandés. les laissant présents après la mesure. et la limite que ces incertitudes imposent sur la précision des mesures a été discutée. depuis les années 1970. Cette destruction est une limitation des expériences d’optique non imposée par la physique quantique. Nous avons conclu la leçon en considérant un exemple curieux de mesure. Nous avons ensuite décrit différents modèles d’appareils réalisant une mesure projective idéale. comment détecter les photons de façon non absorptive. Le paradoxe provient. Nous avons aussi montré que l’acquisition d’information sur S résultant de la mesure POVM s’apparente à un processus d’inférence bayesienne en théorie des probabilités. les propriétés des corrélations entre mesures effectuées sur des parties spatialement séparées d’un système nous ont conduit à rappeler l’aspect non-local de la physique quantique. comme dans d’autres cas du même genre. L’énergie du . Les incertitudes sur les mesures de variables conjuguées ont été rappelées. dans lequel il semble que l’information soit obtenue « sans que le système mesuré ait interagi avec l’appareil ». POVM et mesure projective a été rappelé et un certain nombre d’exemples intéressants pour la suite ont été présentés. La troisième leçon a introduit les mesures QND du champ électromagnétique. Un cas particulier important de mesure généralisée est défini par un ensemble d’opérateurs hermitiques positifs formant un « POVM » (Positive Operator Valued Measure). Le but en est de mesurer une observable du champ sans la perturber de façon à pouvoir répéter la mesure et retrouver le même résultat dans une mesure ultérieure. nous avons décrit des mesures « généralisées » n’obéissant pas aux critères restrictifs de la mesure projective idéale de von Neumann.PHYSIQUE QUANTIQUE 117 par absorption d’énergie (effet photo-électrique étudié par Einstein en 1905). de l’utilisation indue de concepts classiques pour décrire une situation quantique. Il s’agit de la mesure projective d’une observable qui ne change pas entre deux détections successives sous l’effet de l’évolution Hamiltonienne. Le lien entre mesures généralisées. un modèle simple de processus de mesure est réalisé par le couplage d’un système quantique S à un ensemble de N spins ou « qubits » de mesure indépendants (constituant un moment angulaire J = N/2). Dans la deuxième leçon. superposition symétrique de spins ½. Certains aspects « paradoxaux » de la mesure ont été soulignés (effet Zenon). Comme nous l’avions vu dans la première leçon. Nous avons en particulier analysé un modèle simple dans lequel l’appareil de mesure est un moment angulaire. Ces mesures qui donnent une information plus ou moins partielle sur l’état d’un système quantique correspondent souvent à des situations plus proches des expériences réelles que les mesures projectives. L’importance de la décohérence dans le processus de mesure a été soulignée.

Les deux approches sont bien sûr équivalentes à la limite continue. soit sur une discussion en terme de bruit de photon. Un aspect remarquable du principe de correspondance est que les propriétés des états circulaires (dont tous les nombres quantiques sont grands) peuvent se comprendre à partir d’une description quasi-classique. sans les détruire. La première (1999) exploite une interaction atome-cavité résonnante. basées soit sur la détection de la pression de radiation exercée sur un miroir (mesures optomécaniques). qui atteint la résolution des quanta de rayonnement. leur susceptibilité aux champs électriques et leur couplage à la cavité. A partir de la quatrième leçon. Nous avons consacré l’essentiel de la leçon aux atomes. nous avons abordé la description du comptage non destructif de photons micro-ondes dans une cavité de très grand facteur de qualité. après C. des photons uniques piégés. L’information fournie par chaque atome est binaire. ce qui nous a conduit à définir de façon rigoureuse un opérateur de phase. Deux expériences ont été analysées.118 SERGE HAROCHE champ et son nombre de photons sont des observables pouvant être mesurées de façon QND. La méthode QND de comptage utilise pour détecter les photons les propriétés remarquables des atomes de Rydberg dans des états circulaires couplés à une cavité micro-onde supraconductrice. à condition d’éviter l’absorption de photons dans le détecteur. Le photon n’étant pas détruit. dont nous avons commencé par rappeler les principes. la mesure peut en principe être indéfiniment répétée. Nous avons présenté quelques modèles simples de mesures QND. Nous avons analysé l’effet en retour de la mesure sur la phase du champ. commode lorsque la mesure ne discrimine pas les photons individuels et que le champ apparaît comme une variable continue fluctuante. par une seconde impulsion R2. Le champ laisse une empreinte sur la phase d’une superposition d’états atomiques. ce qui suffit pour discriminer entre 0 et 1 photon. Cette méthode QND. L’analyse s’appuie soit sur une description des champs en terme de vecteurs d’états (ce qui est bien adapté au cas où la mesure projette le champ sur un état de Fock). et laissé la description de la cavité pour la leçon suivante. à l’image de la description de l’ancienne théorie des quanta de Bohr. préparée avant l’entrée des atomes dans C par une première impulsion micro-onde R1 et analysée. Nous avons évoqué brièvement des expériences de CQED faites dans le domaine optique pour les distinguer des études micro-onde qui nous intéresseront plus particulièrement ici. Le détecteur D mesure l’état final de l’atome. Nous avons décrit ainsi classiquement le rayonnement de ces états circulaires. en n’introduisant les concepts quantiques (quantification des orbites atomiques et du champ rayonné) que de façon minimale. sans absorber le . soit sur l’effet Kerr croisé dans un milieu optique non linéaire. La cinquième leçon a été consacrée aux expériences d’électrodynamique en cavité micro-onde détectant. la condition QND étant réalisée en ajustant le temps d’interaction pour que l’atome revienne dans son état initial. Les sondes du champ sont des atomes de Rydberg traversant un à un la cavité C. Nous avons enfin analysé les méthodes de préparation et de détection des atomes de Rydberg circulaires et leur sélection en vitesse. exploite les concepts de l’Electrodynamique Quantique en Cavité (CQED). L’ensemble R1-R2 est un interféromètre de Ramsey.

a une probabilité négligeable de contenir plus d’un photon. Des centaines de mesures indépendantes du même photon ont permis d’observer pour la première fois les sauts quantiques associés à l’annihilation et la création de photons dans les miroirs de la cavité. Nous nous sommes intéressé ensuite au premier état intermédiaire du champ. très faible. sort alors de l’appareil en pointant le long de l’une de deux directions opposées. qu’un nombre pair ou impair de photons. Avant de décrire ces expériences. Quand Φ0 = π. révèle la cascade en marches d’escalier du nombre de photons vers le vide. ce qu’on appelle l’effondrement ou ‘collapse’ de sa fonction d’onde. Après quelques rappels et remarques générales. En injectant dans C un champ cohérent d’homodynage et en continuant à mesurer de façon QND avec les atomes suivants la parité de n. Nous avons rappelé que la mesure d’un quantum de lumière unique nécessitait que le déphasage Φ0 induit par un photon sur le dipôle atomique vaille π. La seconde expérience (2006) utilise une interaction dispersive non-résonnante et une cavité stockant les photons pendant un temps très long (Tc = 0. Le nombre m augmente comme nm2. indiquant que C contient 0 ou 1 photon. L’action en retour de la mesure QND produit après détection du premier atome une superposition d’états du champ avec 2 phases classiques différentes. La valeur de n ne peut plus être obtenue à l’aide d’un seul ‘spin’ mais doit être extraite d’un ensemble d’atomes. Pour des champs plus grands. entre l’état initial cohérent et l’état de Fock final. qui peut déterminer n avec seulement m~log2 nm atomes. due à la relaxation du champ. La septième et dernière leçon nous a permis d’apporter quelques précisions sur les mesures QND de champs piégé micro-onde et de conclure le cours sur quelques perspectives. Elle a été faite dans une cavité amortie en un temps TC = 1 ms. La sixième leçon a montré comment la méthode de mesure QND dispersive de 0 ou 1 photon peut être généralisée au comptage d’un nombre de photons supérieur à 1. En détectant les ‘spins’ de cet ensemble un à un. le comptage QND reste possible en modifiant Φ0. nous avons commencé par des rappels théoriques sur les états du système atome-champ dans la cavité. Le réglage Φ0=π est adapté à la mesure de la parité du nombre n de quanta. on reconstruit la fonction de Wigner de ces .PHYSIQUE QUANTIQUE 119 photon (impulsion Rabi 2π). où nm est la borne supérieure de n. assimilable à n si le champ. utilisant successivement des atomes soumis à des déphasages Φ0 = π. Nous avons décrit le principe d’une variante de cette expérience. on observe l’évolution progressive du champ vers un état de Fock. suivant l’état final de l’atome.13 s). nous avons analysé cette procédure de mesure idéale de la lumière en l’appliquant à un petit champ cohérent. La répétition de la mesure correspondant au passage dans C d’ensembles d’atomes successifs. Chaque atome. π/4…. les composantes de ce « chat de Schrödinger » ont des amplitudes opposées et ne contiennent. trop court pour de multiples répétitions de la mesure. π/2. décrit comme un spin. Nous avons vu (leçon 6) que la mesure d’une séquence de m atomes traversant un à un une cavité C en étant tous soumis au même déphasage par photon Φ0 réduit progressivement le champ à un état de Fock |n>.

Deux leçons étaient réservées aux étudiants en thèse (graduate students) et aux post-docs en physique atomique et en optique quantique. . Deux autres leçons étaient destinées aux étudiants en maîtrise (undergraduates) et ont constitué une introduction générale à l’optique quantique et au refroidissement des atomes par laser. Institut d’Optique. 10 mars 2008 : Tomography of photonic Schrödinger cats in a cavity. Steven Girvin. 11 février 2008 : Chatons de Schrödinger et états non gaussiens de la lumière : de nouveaux outils pour les communications quantiques. Les séminaires de l’année 2007-2008 Une série de sept séminaires accompagnait le cours du Collège de France à Paris en le complétant et en en illustrant différents aspects. complémentarité et expérience à choix retardé de Wheeler. Enfin. dans le prolongement de ces expériences. ETH Zurich.120 SERGE HAROCHE ‘chats’ et on étudie en temps réel leur décohérence. Nous avons enfin conclu la leçon par la description d’une expérience d’effet Zénon sur un champ mesuré de façon répétée et par une brève présentation des études sur la non-localité que nous comptons effectuer. Elles ont porté sur la description des expériences QND en électrodynamique quantique en cavité traitées dans le cours donné à Paris (contenu des leçons 5 à 7 décrites ci-dessus). Nous avons présenté le principe de ces expériences qui ont été décrites plus en détail dans le séminaire de I. Dotsenko qui faisait suite au cours. Philippe Grangier. Zurich. 28 janvier 2008 : Circuit QED : Quantum Optics of Electrical Circuits. Enseignement du Collège de France « hors les murs » L’enseignement donné à Chicago en octobre 2008 était destiné aux étudiants et chercheurs du département de physique de l’Université de Chicago. Colorado. 4 février 2008 : Optical manipulation of quantum dot spins. Atac Imamoglu. En voici la liste dans l’ordre où ils ont été donnés : 21 janvier 2008 : Interférence à un photon. Jean-François Roch. Vahid Sandoghdar. Jun Ye. Igor Dotsenko. un colloquium plus général intitulé « Counting photons without destroying them: an ideal measurement of light » a été donné à l’ensemble du département de physique de l’université. ENS-Cachan. 3 mars 2008 : Precision quantum metrology with lattice-confined ultracold atoms. Yale University. Palaiseau. 25 février 2008 : Cavity-free efficient coupling of single photons and single emitters. avec deux cavités. JILA et Université de Boulder. ETH.ENS et Collège de France. LKB.

États-Unis. États-Unis. — Janvier 2008 : Communication invitée à la Conférence « Quantum Noise in Strongly Correlated Systems : “Non-destructive photon counting and reconstruction of photonic ‘Schrödinger cat’ states” in cavity QED ». — Décembre 2007 : Séminaire à Harvard University : « Quantum Non-Demolition measurement of light and tomography of photonic Schrödinger cats in Cavity QED ». Illinois. NouveauMexique.PHYSIQUE QUANTIQUE 121 Autres conférences et séminaires de Serge Haroche En dehors de ses cours au Collège de France et à Chicago. États-Unis. Orsay. Institut Weizman. Atoms and Qubits » de la Royal Society : « Quantum non-demolition counting of photons in a cavity: an ideal measurement of light ». — Octobre 2007 : Communication invitée à la Conférence QIPC 2007 : « Quantum Non-Demolition Counting of Photons in a Cavity : an ideal measurement of light ». — Mars 2008 : Conférence invitée au Meeting de la Société Finlandaise de Physique : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». — Octobre 2007 : Colloquium à Argonne National Laboratories : « Quantum nondemolition measurement of light : The birth. Nouveau-Mexique. Londres. Israël. États-Unis. — Septembre 2007 : Communication invitée à la Conférence « Photons. — Décembre 2007 : Colloquium à MIT : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». ELAF 2007 : « Quantum information with atoms and photons in cavities ». Italie. . Santa Fe. — Septembre 2007 : Communication invitée à la Conférence QuAMP 2007 : « Quantum non-demolition counting of photons applied to the investigation of non-classical states of light ». Turku. Londres. — Mars 2008 : Présentation invitée à la Young Atom Optician Conference : « Trapping and counting photons without destroying them : a new way to look at light ». Argonne. Finlande. Barcelone. Cambridge. — Janvier 2008 : Présentation au Colloque ANR Lumière : « Champs mésoscopiques nonlocaux en electrodynamique quantique en cavité ». Haroche a donné les séminaires. — Février 2008 : Communication invitée au Workshop SQUINT (Southwest Quantum information and technology) : « Quantum Non-Demolition counting of photons in Cavity QED ». cours et conférences suivants entre juillet 2007 et juin 2008 : — Août 2007 : Communication invitée à la Gordon Research Conference on Quantum Control of Light and Matter : « From Quantum Non-demolition measurements of photons to the control of quantum states of light in a cavity ». Mexico. Los Alamos. University College. — Janvier 2008 : Conférence à l’École polytechnique : « Voir sans détruire la lumière : vie et mort de photons dans une cavité ». Cambridge. Florence. — Février 2008 : Colloquium à Los Alamos : « Quantum Non Demolition counting of photons and Schrödinger cat tomography in Cavity QED experiments ». life and death of trapped photons ». — Novembre 2007 : Colloquium à l’Université d’Oxford : « Counting photons without destroying them: an ideal measurement of light ». — Août 2007 : Quatre cours à l’École Latino Américaine de Physique. S. Newport. États-Unis.

Quanta. Italie. Suède. Autriche.122 SERGE HAROCHE — Avril 2008 : Rydberg lecture à l’Université de Lund : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». Bruxelles. Hambourg. — Mai 2008 : Conférence invitée au Workshop on Quantum Phenomena and Information « Reconstructing the Wigner function of photonic Schrödinger cats in a cavity : a movie of decoherence ». — Juin 2008 : Conférence invitée au Symposium en l’Honneur du 75e anniversaire de Peter Toschek : « From atom to light quantum jumps : applying to photons the wizard tricks learned from Peter Toschek and his ion trapper colleagues ». États-Unis. Italie. — Avril 2008 : Colloquium à l’Université d’Innsbruck : « Quantum non-demolition photon counting & Schrödinger cat states reconstruction in a cavity ». — Mai 2008 : Présentation invitée au Solvay Workshop on Bits. Trieste. Autriche. Un rapport d’activité complet est rédigé tous les deux ans pour le comité national du CNRS et contient une analyse détaillée des problèmes scientifiques abordés par le groupe et un bilan des résultats nouveaux. — Avril 2008 : Colloquium à l’université de Bielefeld : « Trapping and counting photons without destroying them : a new way to look at light ». États-Unis. nous étudions des états non-classiques de champs mésoscopiques piégés dans des cavités de très grand facteur de qualité. — Mai 2008 : Colloquium à l’Université technologique de Vienne : « Time-resolved reconstruction of photonic Schrödinger cats in a cavity : a movie of decoherence ». Monsieur Igor Dotsenko (de nationalité ukrainienne). — Avril 2008 : Communication invitée à la Conference on precision measurements with quantum gases : « QND photon counting applied to the preparation and reconstruction of Schrödinger cat states of light trapped in a cavity ». — Avril 2008 : Séminaire à l’Université du Wisconsin : « Reconstructing the Wigner function of a photonic Schrödinger cat in a cavity : a movie of decoherence ». avec ses collègues JeanMichel Raimond (Professeur à Paris VI et à l’Institut universitaire de France) et Michel Brune (Directeur de recherche au CNRS) une équipe de chercheurs et d’étudiants (groupe d’électrodynamique quantique en cavité). Madison. Un des chercheurs du groupe est un visiteur postdoctoral recruté sur un poste de maître de conférence au Collège de France. Wisconsin. Activités de recherche Le travail de recherche de S. Madison. complémentarité et décohérence) et de leurs applications dans des systèmes constitués d’atomes en interaction avec des photons. and Complex System: « Generating and reconstructing non-classical photonic states in Cavity QED : present stage and perspectives ». Bielefeld. — Avril 2008 : Colloquium à l’Université du Wisconsin : « Trapping and counting photons without destroying them: a new way to look at light ». d’autre part nous réalisons des . Allemagne. Innsbruck. Le thème général des recherches du groupe porte sur l’étude des effets quantiques (intrication. Vienne. Trente. Il y co-dirige.Haroche se déroule au sein du Laboratoire Kastler Brossel (LKB) de l’École normale supérieure. Lund. Nos recherches se poursuivent depuis quelques années dans deux directions : d’une part. Wisconsin.

Si on réalise cette mesure pour un nombre suffisant de translations différentes de l’état à mesurer. Il s’agit du fameux effet Zénon. sa distribution de Wigner. La problématique de ces deux types d’expériences a été détaillée dans le résumé de cours et travaux antérieurs et nous nous contenterons d’indiquer ici les résultats obtenus au cours de la dernière année. on peut l’utiliser pour réaliser une « tomographie » complète d’un état quantique arbitraire préparé dans la cavité. en la répétant un grand nombre de fois. analysé théoriquement depuis longtemps en physique quantique et observé sur un certain nombre de systèmes simples au cours des dernières années. on réalise une simple opération de translation de l’état du champ dans l’espace des phases (plan de Fresnel). en raison de sa projection répétée sur l’état initial. . En couplant une source classique au mode de la cavité contenant le champ à mesurer. il se bâtit dans la cavité sous l’effet constructif des excitations successives. le vide. de façon équivalente. 2) Reconstruction d’états non classiques du champ piégé dans une cavité La mesure quantique non destructive (QND) du nombre de photons a également ouvert la voie à des expériences nouvelles de reconstruction complète de l’état d’un champ piégé. toute évolution cohérente du système peut se trouver inhibée. cette construction du champ est empêchée et il reste très proche de son état initial. Si on le mesure entre deux impulsions. En effet notre mesure du nombre de photons permet. 1) Gel de l’évolution cohérente d’un champ quantique dans une cavité : une démonstration de l’effet Zénon quantique La mesure QND du champ décrite dans le résumé des travaux de l’année dernière permet une observation répétée d’un système quantique. on obtient un ensemble de contraintes qui déterminent complètement l’opérateur densité du champ.PHYSIQUE QUANTIQUE 123 « puces » à atomes piégeant de petits échantillons d’atomes froids au voisinage de circuits supraconducteurs. Bien que la mesure QND ne fournisse en principe qu’une information sur le nombre de photons. On sait que dans ces conditions. L’expérience confirme en tous points les prévisions théoriques et permet d’interpréter cet effet Zénon comme résultant de l’action en retour de la mesure du nombre de photons sur la phase du champ. On peut ainsi directement mesurer les éléments diagonaux de la matrice densité du champ dans la base des états nombre. Si le champ est laissé libre entre ces impulsions. ou. Cette opération redistribue les éléments de matrice non diagonaux de l’opérateur densité du champ de sorte que la mesure de la probabilité du nombre de photons de l’état translaté devient sensible à ces éléments non diagonaux. Avec notre montage nous avons pu en faire une démonstration spectaculaire en gelant le champ dans une cavité excitée par une succession d’impulsions micro-onde en phase. de mesurer la probabilité d’occurrence d’un nombre de photon donné dans un état quelconque du champ.

Nous avons engagé une collaboration avec des chercheurs du Laboratoire Pierre Aigrain spécialistes de la question. Ces états.124 SERGE HAROCHE Nous venons d’appliquer cette méthode à la mesure de la fonction de Wigner des états nombre de photons (états de Fock) préparés par notre méthode de mesure non destructive. C’est en effet dans ce régime que l’on obtient les plus grands confinements. Il a malheureusement été observé que le temps de vie des atomes dans le piège décroît de manière importante à très courte distance de surfaces métalliques. c’est à dire observer toutes les étapes de son passage à travers la frontière floue entre les mondes quantique et classique. superpositions quantiques de deux champs quasi-classiques de phases différentes. . Leur préparation peut être vue comme l’action en retour d’une mesure QND du nombre de photons sur son observable conjuguée. Un des principaux défis posé par les puces à atomes est de parvenir à amener l’échantillon atomique à proximité de la surface. Les modèles les plus simples de supraconductivité prédisent une augmentation de la durée de vie des atomes dans le piège de plus de 6 ordres de grandeurs par rapport à un métal normal. Toute la difficulté est cependant de disposer d’un modèle théorique qui rende bien compte de la réponse du supraconducteur. Le théorème fluctuation-dissipation permet de relier le taux de pertes du piège à la dissipation du métal par effet Joule à la fréquence de transition atomique. Le bruit magnétique devient très important à courte distance du fait du rayonnement en champ proche des sources de courant. en particulier dans le cas des supraconducteurs de type II (comme le niobium) dans lesquels existent des vortex de champ magnétique. En appliquant notre protocole de reconstruction complète de l’état quantique du champ après un délai variable. importants pour de nombreuses expériences. nous pouvons enregistrer le film de la décohérence d’un chat de Schrödinger. au vu des résultats préliminaires. On attend une situation radicalement différente dans le cas des supraconducteurs. la phase du champ. Nous devrions bientôt apporter des réponses théoriques sur l’effet des vortex sur le temps de vie des atomes. nous avons passé la dernière année à analyser la durée de vie des atomes dans ce type de piège. Il semble. Or ce type de perte est diminué drastiquement dans le cas des matériaux supraconducteurs. et d’états « chats de Schrödinger » du champ. On comprend bien les raisons physiques de ce phénomène : les atomes s’approchent en effet de matériaux dans lesquels existent des fluctuations thermiques de courant. 3) Expérience de puce à atome cryogénique Après la réalisation de pièges à atome sur puce à courants supraconducteurs et l’observation de la première condensation de Bose Einstein dans ce système (voir résumé des travaux précédent). Ces dernières rayonnent un champ magnétique aléatoire au niveau des atomes dont certaines composantes spectrales induisent des transitions vers des niveaux Zeeman non piégés. très différent des systèmes à température ambiante réalisés jusqu’alors. sont préparés par la détection du premier atome utilisé pour la mesure QND du champ. Il y a un certain débat sur cette question au sein de la communauté des théoriciens de la supraconductivité.

Deléglise. « Progressive field state collapse and quantum non-demolition photon counting ». A.H. « Schrödinger cat states and decoherence studies in cavity QED ». S. Brune et J. . 56004 (2008). S. S. AIP (2008). C. S. J. S. Freezing coherent field growth in a cavity by quantum Zeno effect. soumis à publication (juin 2008).-M.H.R. Volume : 159 pages : 19 (2008). Dotsenko. C. M. Busk Hoff. Bigelow. Nierregarten.-M. World Scientific (2008). M. Haroche. C. S. European Physical Journal-Special Topics. 6. Haroche. 8. U. Brune. S. Stroud. éditeurs. Pour vérifier ces prévisions. Emmert. Bernu. T. Sayrin. Guerlin. M. « Quantum Non-Demolition counting of photons in a cavity » dans Laser Spectrsocopy XVIII. Bernu. J. Brune. J. Raimond. S. « Measuring the photon number parity in a cavity : from light quantum jumps to the tomography of non-classical field states ». Bernu. J. Reconstruction of non-classical cavity field states and movie of their decoherence. Eberly et C. Brune. Deléglise. J. Holberg . Publications du groupe d’électrodynamique quantique en cavité (juillet 2007 . Lett. Haroche. Raimond et S. Deléglise. Raimond et S. S. N. AIP (2008). Nature. Gleyzes. Haroche. Kuhr. 889 (2007). S. Journal of Modern Optics. C. Raimond. bernu. Gleyzes. Nogues. I. S. C. Deléglise. Guerlin. soumis à publication (juillet 2008). mais qu’elle la laisse cependant très supérieure à ce qu’elle est en présence de métaux normaux. Lupascu.R. S. Brune et J. Haroche. 3.PHYSIQUE QUANTIQUE 125 que la présence des vortex raccourcisse la durée de vie des atomes. Sayrin. S. Raimond et S. 81. Bigelow. Bernu. 5. 54.juin 2008) 1. M. Haroche. Brune. Brune.-M. C. M. Raimond et S. J. mais indispensable si l’on veut tirer avantage des puces cryogéniques. Sayrin. Kuhr. G. J. Dotsenko. Nous avons à cette fin réduit significativement les sources de bruit technique dans notre expérience. M. 2101 (2007). 448. Deléglise. 4. Atteindre ou approcher les très longs temps de piégeage prédits par la théorie est un but difficile. Brune. Raimond and M. Haroche. N. C. J. Kuhr. L. Roux. Haroche : Bose-Einstein condensation on a superconducting atom chip. Eberly et C. J.-M. Bergquist et M.P. éditeurs. 7. Sayrin. J. il est essentiel du point de vue expérimental de pouvoir mesurer de très longs temps de vie dans le piège sans être limité par des causes de bruit technique.-M. Guerlin. I. 2.-M. M. Raimond et S. S. Haroche.-M. Proceedings of the Durban Conference « Theoretical and experimental foundations of modern technologies ». Kuhr. J. J. Kasevich editeurs.-M. « A short history of Cavity Quantum Elecrodynamics » dans Coherence and Quantum Optics IX. Gleyzes. Phys. 9. Stroud. C. J. S.P. J. A. Ceci nous a permis d’augmenter d’un facteur 5 le temps de vie rapporté précédemment et ouvre la voie à une mesure réaliste de la dissipation dans les puces supraconductrices. S. Ero. « Observing quanum jumps of light by Quantum Non-Demolition measurements » dans Coherence and Quantum Optics IX.

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Cours de l’année 2008 : « Signaux et circuits quantiques » En informatique. Ceci est justifié par l’universalité de la plupart des algorithmes et des protocoles de communication. Michel Devoret. Toutefois. en l’occurrence celui d’un mode électromagnétique du circuit. la consommation d’énergie. comme les définitions concernant les variables de nœuds et les variables de boucles. limitée aux situations où le traitement quantique des signaux et des circuits est en continuation la plus directe du traitement classique. le temps de latence. etc. professeur 1. unité élémentaire d’information. la nature physique et les interactions mutuelles des degrés de liberté porteurs de l’information deviennent cruciales. dissociés d’une implémentation particulière. le volume de données. La première leçon a commencé par quelques rappels de théorie des circuits classiques. à partir de l’exemple simple d’un circuit résonant LC (inductance + capacitance).. Les leçons de cette année ont constitué une introduction à ce domaine. quand on s’intéresse aux limites ultimes des paramètres du traitement de l’information comme le débit. lesquels sont largement indépendants des détails de la représentation. les lois de Kirchhoff et les relations constitutives des éléments du circuit. est explorée la physique des dispositifs et des systèmes électroniques qui traitent l’information au niveau le plus élémentaire : le un et le zéro sont représentés par la présence et l’absence d’un quantum d’excitation des champs électromagnétiques dans le circuit. le bit quantique est constitué d’une paire de niveaux quantiques — généralement le niveau fondamental et le premier niveau excité — d’un degré de liberté élémentaire. L’élément d’information quantique. est souvent discutée en termes abstraits.1.Physique mésoscopique M. On a compris depuis le milieu des années 90 que l’information quantique est extrêmement puissante quand il s’agit de . Enseignement au Collège 1. C’est le cas par exemple lorsqu’on aborde les opérations booléennes. la notion de bit. Dans ce cours. membre de l’Institut (Académie des Sciences).

On arrive ainsi à la quantification des modes électromagnétiques d’une ligne de transmission. la boîte à paires de Cooper. en traitant celle-ci comme une chaîne d’oscillateurs LC couplés. Ces opérateurs canoniquement conjugués sont définis à partir des intégrales temporelles de la tension et du courant dans une branche du circuit. lequel rappelle la portée d’une partition de musique. Parmi les notions surprenantes des circuits quantiques. La troisième leçon a été consacrée à la décomposition d’un signal se propageant le long d’une ligne de transmission en modes discrets orthogonaux. La largeur du rectangle correspond au pas en temps de la base. Lorsque les propriétés de celle-ci sont bien acquises. mais avec des index opposés en fréquence. Pour les atomes. Mais comment en pratique implémenter les bits quantiques ? Peut-on tout simplement utiliser les niveaux quantiques d’un circuit LC. Cette segmentation discrète correspond à une « première quantification » des signaux. Qu’en est-il dans les circuits ? Le rôle de la position et de l’impulsion est joué par le flux et la charge. pour isoler une paire de niveaux. On arrive ainsi au circuit quantique élémentaire qui comprend un minimum d’élément. On peut se convaincre de la validité des relations de commutation entre charge et flux à partir des relations de commutation entre champ électrique et champ magnétique en électrodynamique quantique. qui joue le rôle d’une inductance dont la valeur varie avec le courant. nous avons abordé le problème que pose l’écriture de l’hamiltonien dans un circuit quantique arbitraire.128 MICHEL DEVORET représenter de façon minimale les relations contenues dans la donnée d’une fonction. Il faut remarquer que . qui est constituée d’une simple jonction tunnel en série avec une capacité et une source de courant. On arrive ainsi aux états discrets correspondant aux photons. Il est remarquable qu’un signal d’énergie finie puisse être décomposé sur une base d’ondes continues à la fois localisées en temps et en fréquence. et sa hauteur. Cette seconde quantification implique l’existence d’états discrets pour la fonction d’onde décrivant l’amplitude des deux modes. non-dissipatif. comme on utiliserait ceux d’un oscillateur harmonique mécanique ? En fait. Cet élément est une jonction tunnel Josephson. au pas en fréquence de la base. ce dernier possède la désagréable propriété d’avoir toutes les transitions entre niveaux voisins situées à la même fréquence. l’hamiltonien quantique s’obtient simplement en traitant les variables conjuguées du problème classique — position et impulsion des électrons — comme des opérateurs qui ne commutent pas. il y a celle de flux généralisé aux bornes d’un élément quelconque qui n’est pas nécessairement une inductance. Chaque onde de base peut être représentée par un rectangle dans le plan temps-fréquence. les ondelettes sousjacentes constituant la « fonction d’onde » des photons. Il faut donc introduire dans le circuit un élément nonlinéaire. on peut introduire la seconde quantification : elle consiste à déclarer comme variables conjuguées les amplitudes complexes de deux modes discrets de même index de position en temps. Dans la seconde leçon. Nous avons introduit les concepts de base de la théorie des ondelettes. Ce circuit est l’équivalent d’un simple atome hydrogénoïde en physique atomique.

surnommée parfois « sucette de Fresnel » : on munit le segment du vecteur. On arrive ainsi à des expressions commodes pour les calculs . par exemple un état semi-classique du champ. établir pour une impédance quelconque la relation entre la partie réelle de l’impédance et la densité spectrale des fluctuations du bruit Johnson. sont plus intenses que les fréquences négatives. mais multipliée par une fonction analogue au nombre moyen de photons d’un oscillateur. qui remplace la partie dissipative de l’impédance par une ligne de transmission semi-infinie (modes propagatifs).PHYSIQUE MÉSOSCOPIQUE 129 cette fonction d’onde ne peut pas avoir tous ses moments finis à la fois en fréquence et en temps. on peut calculer les fluctuations des quantités électriques pour un circuit LC. Ainsi. De même. le nombre d’anneaux étant égal au nombre de photons. Nous avons présenté ce calcul de la densité spectrale à la fois en prenant le point de vue de Caldeira-Leggett. nous avons établi l’expression des opérateurs de champ dans l’espace des fréquences. La cinquième leçon a commencé par le rappel de la relation entre le nombre de photons dans un mode propagatif et les valeurs moyennes quadratiques correspondantes des courants et des tensions. à partir des ondelettes définies dans la leçon précédente. la valeur moyenne de l’anti-commutateur est donnée par la même fonction de Dirac. Le commutateur de ces opérateurs de champ est singulier : il est donné par une fonction de Dirac faisant intervenir la somme des fréquences. Ces opérateurs de modes permettent de spécifier rigoureusement l’état du champ dans une ligne de transmission. qui correspondent aux processus d’absorption. et le point de vue de Nyquist. Le formalisme entrée-sortie est très utile pour passer des équations du circuit avec les deux termes de dissipation et de forçage. aux équations de diffusion des champs sur le noyau formé de la partie réactive du circuit. cette densité spectrale est asymétrique : les fréquences positives. mais d’un disque dont le rayon donne l’écart type des fluctuations. . un signal déterministe du bruit thermique. peuplée par un champ thermique incident. et servir en même temps de patron pour une base discrète. il faut introduire les opérateurs de création et d’annihilation de mode. qui correspondent aux processus d’émission spontanée et stimulée du circuit connecté à l’impédance. en l’occurrence celles de point zéro. à partir de la décomposition du signal en ondes de vecteurs d’onde bien déterminés. mais pour retrouver le sens physique des opérateurs. qui représente l’amplitude et la phase moyenne de l’état dans le plan des quadratures. où l’impédance est remplacée par une série infinie d’oscillateurs harmoniques (modes stationnaires). et par là. le théorème fluctuation-dissipation quantique peut-il être vu comme une conséquence de la propriété de symétrie du circuit : ce dernier ne peut pas distinguer. Dans le cas quantique. non pas d’une pointe de flèche. On peut représenter un état semi-classique par une généralisation du vecteur de Fresnel. dans le processus de diffusion des champs conduits par la ligne de transmission. un état avec un nombre de photons bien déterminé (état dit de Fock) correspond à une figure avec symétrie de rotation comportant une série d’anneaux. Au cours de la quatrième leçon. En revanche. dans l’état thermique. À partir de ce type de relation. comme une fonction gaussienne.

Flavius Schakert. est simple : il faut utiliser le nombre minimum de modes possibles. 2. qui comprend quatre jonctions tunnel formant une boucle dans laquelle est envoyé un demi-quantum de flux magnétique. Comment atteindre cette limite quantique ? La solution. Beinecke. Enseignement en dehors du Collège 5. nous avons établi la matrice de diffusion pour un tel circuit. Signaux et circuits quantiques (en collaboration avec Nicolas Bergeal. laquelle propriété traduit à son tour mathématiquement la conservation de l’information par ce circuit actif. 7 et 12 novembre 2007 : Série de trois leçons données au département de Physique Appliquée de Yale. Il est soumis à un principe dérivé de la relation . Cette matrice possède la remarquable propriété d’être symplectique. ce qui est réalisé en pratique avec un circulateur. si l’on compte le mode à amplifier. Le modèle le plus élémentaire de ce type d’amplificateur consiste en deux circuits LC couplés par une inductance mutuelle variant sinusoïdalement dans le temps à la fréquence de la pompe. 2 juillet 2008 : Série de deux leçons données dans le cadre de l’International School of Physics « Enrico Fermi ».130 MICHEL DEVORET La sixième leçon a été consacrée au processus d’amplification paramétrique. Archana Kamal et Adam Marblestone) Le phénomène d’amplification des signaux électriques par un composant électronique actif est à la base d’un grand nombre d’applications dans tous les domaines de la physique. dans le cadre de la chaire F.1. Activité de recherche 3. c’est-à-dire 2. qui poursuivra cette revue des phénomènes quantiques dans les circuits supraconducteurs microondes. et qui se focalisera sur les aspects non-perturbatifs. Expérimentalement. Quantum Coherence in Solid State Systems. Au mode de signal doit donc être adjoint un mode image. circulant dans une ligne annexe. on peut donc avec un tel dispositif observer la compression du bruit dans les corrélations entre le signal direct et le signal image. dans le cas de l’amplificateur paramétrique non-dégénéré. Le point de départ est le théorème de Caves. par rapport aux termes de couplage parasites qui favorisent le chaos dynamique et donc un excès de bruit. Chacun des oscillateurs est couplé à la ligne de transmission servant à injecter et à extraire les modes signal et image. Ce cours de physique mésoscopique s’intitulait « Single Electron Effects ». 3. En pratique l’implémentation de la mutuelle variable dans le temps est réalisée à l’aide d’un modulateur en anneau Josephson. En nous basant sur la théorie entrée-sortie. en les mesurant par interférence. en dépit de la non-conservation de l’énergie. La leçon s’est achevée par une courte discussion sur le programme de l’année 2008-2009. La symétrie de type pont de Wheatstone du modulateur en anneau privilégie les termes de mélange à trois ondes dans l’hamiltonien. qui stipule qu’un amplificateur préservant la phase doit nécessairement ajouter au signal une intensité de bruit — comptée en se référant à l’entrée — équivalente à un demi-photon par mode du signal.W.

Nos résultats indiquent un facteur 3 par rapport à la limite quantique. tout en rendant possible un contrôle du dispositif par la charge alternative des signaux sonde. Dans ce nouveau qubit. Le premier qubit est basé sur le « transmon ». un tel résultat représente néanmoins une amélioration d’un facteur 30 par rapport aux meilleurs amplificateurs cryogéniques microonde basés sur les transistors HEMT. Le gain dépasse 40 dB. une bande passante de l’ordre de 1 MHz et un gain de l’ordre de 30 dB. Schoelkopf.PHYSIQUE MÉSOSCOPIQUE 131 d’incertitude de Heisenberg : un amplificateur préservant la phase ajoute au moins un bruit dont l’énergie correspond à un demi-photon à la fréquence du signal. nous avons réalisé et mesuré une version plus avancée de ce type d’amplificateur. . Le but de cette recherche est de comprendre les facteurs influant sur la décohérence. Nous utilisons des résonateurs micro-ondes supraconducteurs dans lesquels est placé un milieu non-linéaire purement dispersif. au lieu de la configuration parallèle précédemment explorée dans le groupe de R. Le but de notre recherche est d’abord de montrer que l’on peut effectivement atteindre en pratique le régime où le bruit d’un amplificateur « utile » n’est limité que par le bruit quantique. basé sur des réseaux de jonctions tunnel Josephson pompés par irradiation micro-onde. Nous shuntons une jonction de grande énergie de charge par une très forte inductance réalisée grâce à un réseau de 50 jonctions tunnel en série. Le deuxième qubit met en jeu une approche encore plus radicale. la capacité ajoutée à la jonction tunnel est obtenue par une ligne de transmission dans laquelle la jonction est insérée en série. Même si l’on n’atteint pas encore la limite ultime. tout en préservant. 3. La mesure spectroscopique des niveaux d’énergie du système est en cours. Qubits supraconducteurs (en collaboration avec Markus Brink. qui est une boîte à paires de Cooper dans laquelle on a augmenté le rapport entre l’énergie Josephson et l’énergie de charge. Nous travaillons dans le régime micro-onde. Les mesures des temps de décohérence T1 et T2 sont en cours. Cette année. et ensuite de vérifier les prédictions théoriques concernant le bruit ajouté au signal. avec des fréquences de signaux aux alentours de f = 10 GHz et des températures T << hf/k ∼ 500 mK. et l’analyse du spectre devrait permettre de remonter aux paramètres de l’hamiltonien avec une excellente précision. ce qui sera très utile pour ensuite mesurer la dissipation du circuit de manière contrôlée. de façon à rendre le circuit insensible aux fluctuations de charge du substrat. Nick Masluk et Vladimir Manucharyan) Nous avons mis au point cette année deux nouveaux qubits supraconducteurs.2. par degré de liberté amplificateur. basée sur un modulateur en anneau Josephson. La limite quantique devrait être atteinte du fait de l’absence de dissipation parasite dans ce type de système. Aucune limitation n’intervient en revanche pour un amplificateur qui ne mesure d’un signal qu’une composante ou que son énergie. c’est-à-dire la perte d’information quantique d’un circuit. Ce shunt des courants continus supprime complètement les fluctuations de charge. Nous avons réalisé la mesure de la température de bruit du système complet en nous basant sur le bruit auto-calibré d’un nanofil de cuivre.

Frunzio L......... Vijay R... Devoret M. en préparation.H.M. Gambetta J. Girvin S.. M.. 180502(R) (2008). Chow J... Generating single microwave photons in a circuit. and Devoret M... Siddiqi I. Rev. Measuring a Quantronium qubit with the Cavity Bifurcation Amplifier. Schoelkopf R.. Yu T. Collège de France / Fayard.331 (2007).J..R.M.H.M.A. Koch Jens. M. Fissette S.A. Frunzio L..A. 76. [Cond-Mat/0612576] Phys. Schuster D. Gambetta J.M.. Devoret M.. B 76. [Cond-Mat/0702445]. and Schoelkopf R. and Devoret M...M.. Controlling the spontaneous emission of a superconducting transmon qubit.132 4........ [13] Devoret M. Manucharyan V.. Boaknin E. A 76.A.M.. Wallraff A.. Dispersive Bifurcation of a Microwave Superconducting Resonator Cavity incorporating a Josephson Junction. Devoret M.. Gambetta J. Johnson B.. Suppressing charge noise decoherence in superconducting charge qubits.. Majer J.. 767-779 (2007).. Resolving Photon Number States in a Superconducting Circuit. Meeson P... Fissette S. Schoelkopf R. H.. Siddiqi I.J. B 76...H....R. Frunzio L.A. Vijay R.. F. Schoelkopf R. Metcalfe M..H. Koch Jens.M. Wallraff A.. [2] Manucharian V..H. [3] Schuster D. and Devoret M.3452].H. [5] Boulant N.. Frunzio L... [14] Bergeal N.H.. Nature 449. Houck A.M. Girvin S. Analog information processing at the quantum limit with a Josephson ring modulator.M. Ithier G. Houck A.. Schuster D. 2008 (à paraître).I... [10] Houck A.. Schoelkopf R.. 042319 (2007).M. Frunzio L. Girvin S.. Houck A.I.. Rev..... Riggetti C. Girvin S.I.. S. Schuster D. B 77.J... [4] Houck A. Blais A. 014525 (2007).A. Siddiqi I... R. Nature 449. Girvin S. Johnson B..M. B.. Schoelkopf R.A. [12] Bergeal N. E. Devoret M. Devoret M.M. Vijay R.. Siddiqi I. Schoelkopf R. Majer J. Rf Bifurcation of a Josephson Junction : Microwave Embedding Circuit Requirements. Annalen Der Physik 16... Frunzio L.I...A. Phys.. Metcalfe M.. Manucharyan V. and Schoelkopf R.H.I.. Nguyen F.J. Girvin.. Johnson B. Devoret M... Submitted to Physical Review Letters.M. Submitted to Nature Physics (2008) [arXiv:0805. 080502 (2008). Girvin S. Chow J.A. Schreier J.M. Leçon inaugurale. Schoelkopf. Siddiqi I.. Pierre. Parametric Amplification with the Josephson Ring Modulator. J.M... Rigetti C.M.H. Quantum Nondemolition Readout Using a Josephson Bifurcation amplifier. Rev.A.M. Rev.... Blais A. 328 . De l’atome aux machines quantiques. Schreier J.I. Chow J.. Coupling superconducting qubits via a cavity bus... Schreier J.. Majer J. [11] Schreier J. Blais A.. Circuit-QED: How strong can the coupling between a Josephson junction atom and a transmission line resonator be ?. and Devoret M. Gambetta J..J. Charge insensitive qubit design from optimizing the Cooper-Pair Box. Schuster D.A. [6] Majer J. Lett 101. [9] Devoret.J. Schuster D. Rev..J.0765]. Boaknin E. Girvin S.. Koch Jens. Schakert F.R. . Nature (London) 445. Wallraff A. Phys. Phys. Johnson. Vijay R.. Schoelkopf R... Vijay R. Chow J.. arXiv:0706.. Publications MICHEL DEVORET [1] Boaknin E... Frunzio L. Phys. Houck A. Gambetta J. Schreier J. Esteve D.. Gambetta J. Phys. Frunzio L. Vion D. 014524 (2007).... Manucharian V. Rev.. 515-518 (2007) [CondMat/0608693].S.R. Johnson B. and Devoret M. 443-447 (2007). and Devoret M.. Girvin S. [8] Koch J. [7] Metcalfe M.. 174516 (2007) [Cond-Mat.H..

State College. Mars 2008 : Physics Colloquium. USA. ESPCI.PHYSIQUE MÉSOSCOPIQUE 133 5. Paris. MIT. Avril 2008 : Quantum Information Seminar. Paris.. Avril 2008 : Stanford Photonics Research Center Meeting. Juin 2008 : Séminaire général de Physique. USA. Mai 2008 : Journées Supraconductivité. Massachussetts. Berkeley. . Inf. Utah. California. USA.1 Exposés donnés sur invitation Octobre 2007 : CIFAR meeting on Quant. Newport. Pennsylvania. Décembre 2007 : Decoherence in Superconducting Qubits. Janvier 2008 : Physics of Quantum Electronics. ESPCI. Snowbird. Cambridge. Conférences 5. California. Penn State University. USA. USA. Proc. Stanford. Rhode Island. USA.

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et ensuite inséré sur les sites en français et en anglais de la chaire. Le deuxième cours. « Théories de jauge : un rappel ». à son tour. en particulier. Le cours de l’année 2007-2008 : « Le modèle standard et ses extensions » Après la parenthèse 2006-2007 (cours donné entièrement à l’étranger).Particules élémentaires. un résumé des concepts de base de la QED (comme théorie des interactions électromagnétiques) et de la QCD (comme théorie des interactions fortes) qui avaient été couverts dans les cours 2004-2005 et 2005-2006. fut. Le cours s’est déroulé en 18 heures. ce dernier cours se concentra sur le secteur dit électrofaible du Modèle Standard (MS). professeur 1. le cas d’intérêt pour les interactions faibles. présenté avec l’aide d’un fichier « Power Point ». Gabriele Veneziano. membre de l’Institut (Académie des Sciences). . gravitation et cosmologie M. « QED et QCD : un rappel ». a été imprimé et distribué avant chaque cours. dont 11 de cours proprement dit et 7 heures de séminaires. Le premier cours. Chaque cours et séminaire. donné en partie par le professeur Riccardo Barbieri de l’École Normale (Scuola Normale) de Pise et en partie par le professeur Ferruccio Feruglio de l’Université de Padoue. le cours de l’année 2007-2008 a repris le chemin initié en 2004-2005 et 2005-2006 afin de compléter la présentation du modèle standard des particules élémentaires. sur l’importante distinction entre le cas de fermions dans une représentation réelle du groupe de jauge (les cas de la QED et QCD) et celui d’une représentation complexe (fermions « chiraux »). Enseignement au Collège 1.1. Les deux cours précédents ayant porté sur les interactions fortes (dans leurs aspects perturbatives et non perturbatives respectivement). fut un résumé des principales notions (déjà discutée en 2004-2005) qui sont à la base des théories de jauge. Nous sommes revenu.

Même si conceptuellement la généralisation est simple. Nous avons aussi souligné que ce mécanisme. le MS avec trois générations évite d’une façon très naturelle l’apparition de courants neutres avec changement de saveur (FCNC) et. Pourtant. Nous avons aussi observé que le neutrino reste sans masse. nous avons tiré les conséquences expérimentales du modèle présenté au cours précédent dans l’approximation dite à « arbre ». « Boson de Higgs et Lagrangien pour une seule famille ». après avoir souligné l’importante distinction entre la brisure de symétries globales et locales. « Brisure spontanée de symétries ». les interactions électromagnétiques et faibles en utilisant le groupe de jauge SU(2)xU(1). au moins d’introduire un nouveau type de neutrino qui est neutre par rapport à toutes les interactions de jauge. ses conséquences phénoménologiques sont très importantes. L’accord est qualitativement bon. c’est-à-dire sans tenir compte des corrections radiatives. au moins dans sa forme la plus simple. « Interactions faibles : du modèle de Fermi à une théorie de jauge ». nous avons discuté de la généralisation du modèle précédant au cas. en même temps. en particulier pour cette dernière. Dans le quatrième cours. le fameux mécanisme de Higgs dans le cas le plus simple du groupe U(1). nous avons souligné la nécessité d’un mécanisme de brisure de la symétrie de jauge sans quoi tous les fermions resteraient sans masse. Dans le cinquième cours. voir ci-dessous) en ce qui concerne les masses et les oscillations des neutrinos. nécessite l’introduction d’un champ scalaire à côté des champs de jauge et des champs de fermions. à partir de sa première formulation par Enrico Fermi en 1934. « Autres conséquences du Modèle Standard ». est capable d’introduire les mélanges observés dans les courants chargées aussi qu’une phase qui détermine la violation de la symétrie CP. à travers les différentes découvertes expérimentales. Ensuite. a porté sur d’autres conséquences du modèle standard en particulier dans la physique de mésons K neutres et (en préparation des séminaires spécialisés du professeur Feruglio. a retracé. l’idée est née qu’une théorie de jauge puisse décrire. Dans le septième cours. d’une façon unifiée.136 GABRIELE VENEZIANO Le troisième cours. le développement de la théorie des interactions faibles. « Plusieurs familles : mécanisme de GIM et matrice CKM ». apparemment choisi par la Nature. « Prédictions au niveau arbre pour une famille ». mais quantitativement pas encore parfait. nous avons utilisé les éléments déjà introduits pour définir le modèle standard des interactions électrofaibles dans les cas d’une seule famille (ou génération) de quarks et de leptons. en même temps. celui qui concerne le soi-disant paramètre ρ. On a rappelé comment. Nous avons terminée avec un exemple de calculs des corrections radiatives. Le sixième cours. malgré la brisure de la symétrie. nous avons discuté des principales caractéristiques et conséquences de chacune et. nous avons discuté des représentations auxquelles les fermions doivent appartenir et. dans ses grandes lignes. Le huitième cours. où il y a trois familles de quarks et de leptons. .

il a fait le point sur les tests de précision du MS à travers des expériences de physique atomique et surtout avec les données de l’accélérateur LEP du CERN. dans « Le tests de précision du MS ».PARTICULES ÉLÉMENTAIRES. Ensuite. 1. Le premier été centré sur la phénoménologie de la matrice CKM. Il a donné ainsi un cadre très complet de la situation actuelle à la fois expérimentale et théorique dans ce nouveau domaine très excitant de la physique des particules. Il a souligné qu’un accord entre la . nous dira sans doute si la supersymétrie existe bien aux énergies qui seront atteignables. ont été discutés. « Secteur de Higgs : questions de réglage fin » a entamé une critique bien connue du MS comme ayant besoin d’une quantité importante de « réglage fin » afin de maintenir la masse du boson de Higgs suffisamment basse. la supersymétrie n’élimine pas complètement ce problème. d’abord comme construction théorique et après comme une possible résolution du problème de réglage fin discuté dans le neuvième cours. Ces séminaires ont été suivis par deux autres donnés par le professeur Ferruccio Feruglio (Université de Padoue. nous avons présenté des modèles. Les exemples des groupes SU(5) et O(10). les mélanges et oscillations des mésons K neutres. le dixième cours. qui a développé la physique des neutrinos dans le MS sous les titres « Masses. GRAVITATION ET COSMOLOGIE 137 Après une première série de séminaires par les professeurs Riccardo Barbieri et Ferruccio Feruglio (voir ci-dessous). a introduit le concept de supersymétrie. le LHC. C’était. Italie) a donné deux séminaires intitulés « La physique de la saveur dans le MS » et « Violation de la symétrie CP dans le MS ». aussi que sur les bornes relatives aux processus de FCNC (tels que μ → e γ). une introduction à certains modèles qui vont au-delà du MS. dits de Grand Unification (GUT). « Théories de Grand Unification ». les tests d’unitarieté. mélanges et oscillations des neutrinos : la théorie ». En même temps elle permet à priori certains processus qui ne sont pas observés. Dans le onzième cours. le professeur Barbieri est encore intervenue à trois reprises. Dans le deuxième séminaire. avec leurs avantages relatifs. en même temps. où les trois interactions non gravitationnelles découleraient d’une théorie de jauge basée sur un groupe de jauge techniquement dit « simple » et donc avec des relations entre les différentes constants de couplage et les différentes masses des particules. le sujet des deux derniers cours et séminaires. mélanges et oscillations des neutrinos : les données expérimentales » et « Masses. Ainsi. le professeur Barbieri a illustré les phénomènes de violation de la symétrie CP (toujours dans le système des K neutres) et leur calcul dans le modèle standard. Donc la supériorité du modèle supersymétrique par rapport au modèle standard n’est pas de tout évidente. le professeur Riccardo Barbieri (Scuola Normale Superiore. Italie). Premièrement. Pise.2. Néanmoins. Les séminaires liés au cours Après les premières 8 heures de cours. « Supersymétrie et le MSSM ». Le nouvel accélérateur de particules du CERN. le neuvième cours.

3. Voici un aperçu de cette activité de recherche. Même si cette classe de théorie est esthétiquement attrayante. pour l’instant.138 GABRIELE VENEZIANO théorie et les données expérimentales a besoin de corrections radiatives et que cet accord est tout à fait remarquable si le boson de Higgs est assez léger pour être produit aux énergies du LHC. comment elle s’est développée depuis sa découverte. suivie d’un débat. et pourquoi les théoriciens de particules y sont tellement intéressés aujourd’hui. le professeur Barbieri a donné un panorama très complet des expériences qui pourraient dénicher de la physique qui va au-delà de celle du MS soit en utilisant de très hautes énergies (comme au LHC) soit par des mesures à basse énergie mais d’une très grande précision. il n’y aurait pas une véritable particule de Higgs. suivi d’une liste des publications scientifiques correspondantes. Une conférence portant le même titre. son accord avec les tests de précision est loin d’être évident. . peu après.1. Enseignement en dehors du Collège Mai 2008 : « 40 anni di teoria delle stringhe : passato. a été donnée. 3. les LPNHE et LPTHE de Paris 6. Depuis 2005. Pologne) nous avons essayé de généraliser les modèles de mécanique quantique matricielle déjà étudiés au cas d’une théorie de champs supersymétrique en deux dimensions spatiotemporelles. Dans ce cas de figure. la chaire fait aussi partie de la Fédération « Interactions Fondamentales » avec le LPT-ENS. Conférence sur la théorie des cordes pour les étudiants des lycées à Florence: son but était d’expliquer en quoi consiste la théorie des cordes. Un exemple de ce genre c’est la théorie dite du « techni-couleur ». et le APC (après son départ du Collège). 2. Activité de recherche Elle a porté sur les trois sujets de l’intitulé de la chaire en particulier sur les questions liées à la gravitation classique et quantique dans le cadre de la théorie des cordes. « Où la nouvelle physique peut-elle se cacher ? ». nous sommes toujours confrontés à des problèmes de divergences infrarouges qui nous empêchent. En dépit d’un progrès indiscutable. au « Collegio di Milano » (un Collège qui réunit un nombre sélectionné d’étudiants universitaires de la métropole milanaise de toutes disciplines). porta sur des modèles où le mécanisme de Higgs est induit par autre chose qu’un champ scalaire. Particules élémentaires Avec le professeur Jacek Wosiek (Université de Cracovie. presente e futuro ». Ensuite le séminaire « Modèles sans le boson de Higgs ». Dans son dernier séminaire. mais réadaptée. d’arriver à des conclusions fermes.

Publications 1. avec le professeur Maurizio Gasperini (Universitè de Bari) et un jeune chercheur. Il est maintenant publié dans sa forme originale dans un livre avec les contributions d’un nombre de mes collaborateurs en l’occasion de mes 65 ans. Gasperini et J. mais. nous avons résolu les équations de mouvement qui découlent d’une action efficace en deux dimensions de l’espace que nous avions proposé il y a une quinzaine d’années. Cette ligne de recherche a été poursuivie en collaboration avec le professeur Jacek Wosiek. un progrès considérable sur ce problème a été accompli. « Exploring an S-Matrix for gravitational collapse II : a momentum space analysis » (avec J.PARTICULES ÉLÉMENTAIRES. Amati et M. 4. que je n’avais jamais terminé. Wosiek). 4. le docteur Giovanni Marozzi (Université de Bologne). Récemment. 3. 3. GRAVITATION ET COSMOLOGIE 139 3.3. se transforme en expansion sans qu’aucune quantité physique ne dépasse les bornes dictées par les dimensions finies des cordes (« cosmologie à rebondissement »). rien est sortie en forme de publication sur ce sujet. « Towards and S-Matrix description of gravitational collapse » (avec D. Wosiek). JHEP09 (2008) 024. JHEP09 (2008) 023. Il s’agit de la publication d’un manuscrit. Maharana). a été poursuivie dans le but de mieux comprendre le problème de l’information en physique quantique des trous noirs. 29. Gravitation L’étude théorique des collisions entre particules légères à énergies transplanckiennes. avec les professeurs Daniele Amati (Université de Trieste) et Marcello Ciafaloni (Université de Florence). JHEP02 (2008) 049.2. s’accordent très bien avec les estimations classiques et pourraient indiquer la façon avec laquelle l’information est récupérée dans un processus quantique de collision de particules ou de cordes. Cosmologie La théorie des cordes suggère de nouveaux scénarios cosmologiques où la « singularité » du big-bang (c’est-à-dire l’instant où plusieurs quantités physiques seraient devenues infinies) est remplacé par un « big bounce ». obtenus dans un contexte complètement quantique. écrit en 1973. Utilisant des méthodes à la fois analytiques et numériques. « Exploring an S-Matrix for gravitational collapse » (avec J. Ciafaloni). Nous avons fait des progrès considérables. nous avons essayé de vérifier si la contre-réaction à la production cosmologique de particules pourrait induire le rebondissement désiré. . « Non-local field theory suggested by Dual Models » dans « String theory and fundamental interactions » (éditeurs : M. Cette dernière année. Les résultats. p. une phase de contraction qui. soudain. pour l’instant. Springer (2008). 2.

9. 20. janvier 2008. novembre 2007. juin 2008. « Planar equivalence : an update ». « Towards an S-matrix description of gravitational collapse ». Bures-sur-Yvette. décembre 2007. Université de Californie à Irvine. « 40 anni di teoria delle stringhe : passato presente e futuro ». 5. avril 2008. Genève. Universitad Autonoma Madrid. 18. 22. (à l’occasion de la chaire Blaise Pascal du Professeur Michail Shifman). 13. Florence. Paris. « Le grand Collisionneur d’hadrons (LHC) du CERN et ses enjeux ». « Il modello standard dell’Universo : successi ed enigmi ». mai 2008. « Diverse prospettive di sviluppo della teoria quantistica della gravitazione ». Université des Hawaii. octobre 2007. « Towards an S-matrix description of gravitational collapse ». « Towards an S-matrix for gravitational collapse ». « Recent progress in transplanckian scattering ». « Transplanckian Superstring Collisions I ». Conférence « Spazio. 12. mai 2008. 21.1. Sesto Fiorentino. 10. septembre 2007. Venise. 15. séminaire joint des théoriciens. conférence « Non perturbative gauge theories » GGI. 2. septembre 2007. « Towards an S-matrix for gravitational collapse ». juin 2008. 3. « Transplanckian Superstring Collisions II ». symposium « The two cultures : shared problems ». La Sapienza. mai 2008.140 5. conférence pour les étudiants du « Collegio di Milano ». avril 2008. Université de Padoue. avril 2008. CERN. « Planar equivalence : an update ». 7. Paris. 8. « Did Time have a beginning ? ». « Transplanckian scattering. « Towards an S-matrix description of gravitational collapse ». mardi de l’Administrateur. mai 2008. « String Theory : Is Einstein’s dream being realized ? ». IHP. Conférences 5. 4. 19. Bruxelles. UCLA. Émission de Radio France (France Culture). décembre 2007. 11. juin 2008. conférence pour le 50e anniversaire de l’IHES. avril 2008. . Collège de France. UCSB/KITP. juin 2008. décembre 2007. « La théorie des cordes est-elle morte ? ». décembre 2007. UCLA. Santa Barbara. Conférence grand public. août 2007. black holes. and the information paradox ». Colloque à l’Universitè de Bologne. 6. « Farewell talk : A sample of yet unfinished projects ». 17. « L’unité de la physique et la cosmologie ». Orsay. tempo e materia : l’ultima parola è ancora quella di Einstein ? ». Colloque Université Pierre et Marie Curie. 16. conférence pour étudiants des Lycées. Conférences sur invitation GABRIELE VENEZIANO 1. « 40 anni di teoria delle stringhe : passato presente e futuro ». Università di Roma. « Le Modèle standard de l’Univers : Succès et énigmes ». atelier sur « Non-perturbative gauge theories » Édimbourg. 14. série « Cultures d’Europe ».

a commencé ses travaux à l’automne 2007. Paris. distinctions Juillet 2008 : James Joyce Award. Organisation de conférences et d’ateliers Comme membre de la FRIF (Fédération de Recherche Interactions Fondamentales) la chaire a contribué à l’organisation d’un nombre d’ateliers à Paris. black rings and modular forms ». Irlande (sera consigné officiellement en mai 2009). GRAVITATION ET COSMOLOGIE 141 5. qui.PARTICULES ÉLÉMENTAIRES. Prix. Genève.2. le comité s’est réuni pour sélectionner les propositions d’atelier pour l’année 2009. IHP. — Chaire du « Wolfgang Pauli Committee ». black holes. a présenté ses recommandations finales au Bureau international des Poids et Mesures en octobre 2006. notamment : — « Black holes. En novembre 2007. . août 2007. Paris. 6. je fais partie d’un nouveau comité de l’Académie des sciences. and the information paradox». J’ai donc passé au GGI quelques semaines en automne 2007 et au printemps 2008 et je planifie d’y retourner pendant l’automne 2008. nommé « Science et métrologie ». ENS. — « Gravitational scattering. University College Dublin. Literary and Historical Society. poursuivant le même but. 8. — Chaire de l’« Advisory Committee » de l’Institut Galileo Galilei (GGI) à Arcetri (Florence). CERN. dont je faisais partie. Depuis. juillet 2009. Paris. Trois propositions ont été sélectionnées. — Depuis janvier 2007 l’Institut de Physique Nucléaire Italien (INFN) m’a chargé de suivre les activités du GGI avec une présence de plusieurs semaines pendant chaque atelier. 7. Participation à des Comités — Comité d’évaluation de l’école de doctorat Galileo Galilei de l’ Université de Pise. Groupes de travail Le groupe de travail de l’Académie des sciences « Unités de base et constantes fondamentales ». 26-28 mai 2008. — Membre du Comité d’organisation de la Conférence « Marcel Grossmann ».

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Au 1er juillet 2003. 2 et 3 octobre 2008 pour mener une réflexion sur les grands problèmes de géodynamique qui ont été traités depuis 1986 dans le cadre des cours de la chaire de géodynamique. Le 16 septembre 2005 le nouveau bâtiment dit « Trocadéro » mis à la disposition de l’antenne du Collège de France par l’Europôle de l’Arbois a été inauguré. Ce colloque donnera lieu à la publication d’un livre. Un colloque aura lieu à Saint Maximin dans le Var les 1er. membre de l’Institut (Académie des Sciences).Géodynamique M. La connaissance du contexte géodynamique et tectonique est utile à la recherche pétrolière et c’est sur cette base qu’une collaboration scientifique avec l’industrie pétrolière a pu être développée. un ingénieur informatique et un agent technique permanents. Activités scientifiques de juin 2007 à juin 2008 Xavier Le Pichon avait dirigé le Laboratoire de Géologie de l’École normale supérieure. pour que l’équipe de recherche de sa chaire de Géodynamique forme avec l’équipe de recherche de la chaire d’Evolution du climat et de l’océan d’Édouard Bard une antenne du Collège de France accueillie par l’université Paul Cézanne. dans des locaux fournis par l’université Paul Cézanne d’Aix-Marseille. L’équipe de géodynamique comprend en 2008 treize personnes : trois chercheurs permanents. ce qui a permis une interaction plus étroite avec le laboratoire d’Édouard Bard. un agent technique sous contrat temporaire. un chercheur en cours de thèse. Xavier Le Pichon. . Notre équipe de recherche a un accord-cadre avec la compagnie pétrolière Total pour profiter des synergies dans nos intérêts de recherche. professeur COURS : Le cours n’a pas eu lieu. il s’est délocalisé près du laboratoire du Cérège sur l’Europôle de l’Arbois. près d’Aix-en-Provence. six post-doctorants. L’intérêt de l’équipe repose sur la relation entre les processus de déformation superficielle et les processus profonds en mettant l’accent sur l’importance des forces de gravité et sur le rôle des fluides.

toutes les recherches conduisant à des publications. Une campagne effectuée avec le navire Atalante et le submersible Nautile d’Ifremer en mer de Marmara a eu lieu en mai et juin 2007 sous la direction de Pierre Henry pour étudier les sorties de fluide le long de la Faille Nord Anatolienne et leur lien possible avec l’activité sismique. Avec Total les projets sont centrés sur la déformation des réservoirs dans le bassin du Bengale et le Golfe du Mexique en privilégiant les relations entre déformation crustale et glissements superficiels dans leur cadre géodynamique global. conçu en collaboration avec Géosciences Azur et l’Ifremer. Total) et de PME locales (SOACSY.144 XAVIER LE PICHON L’originalité de notre équipe tient à la coopération étroite avec l’industrie qui se traduit dans le financement de thèses. Un effort considérable a continué à se porter sur la compréhension du contexte géodynamique du grand séisme de Sumatra du 26 décembre 2004 qui avait été . L’analyse de profils sismiques et leur vérité terrain est privilégiée. Les principaux chantiers sont l’étude de la zone sismogène sur la marge de subduction japonaise dans le cadre du programme de forage IODP. Ce travail a été présenté lors du colloque organisé en juin 2007 à Aix en Provence. L’axe principal de nos recherches est l’étude géodynamique de zones tectoniquement actives menées avec la collaboration de grands organismes de recherche publics et industriels (CEA. Ces trois projets sont des projets à long terme. EOSYS). Mais grâce à l’IRSN. un contrat de recherche avec le CEA. Il fera l’objet d’un numéro spécial de la Société Géologique de France qui sera publié au début de l’année 2009. Un second axe est lié à la technologie sous-marine avec en particulier une participation aux efforts internationaux pour implanter des observatoires sous-marins sur les marges continentales. Les chantiers Marmara et Ligure entrent dans le cadre du réseau d’excellence Européen Esonet. et des contrats ponctuels avec les PME locales. L’étude géodynamique de zones tectoniquement actives en collaboration avec l’Industrie s’appuie sur un accord-cadre avec la compagnie Total. Avec le CEA et en collaboration avec Total. de post-doctorants et de recherches. nous avons pu disposer des données du réseau sismique de la Moyenne Durance. ce qui nous permet de relocaliser la microsismicité de cette région prise en compte dans la détermination du risque sismique pour la centrale de Cadarache et le nouveau projet ITER. Cet axe est sous la responsabilité de Claude Rangin. nous étudions la part de la tectonique gravitaire dans la tectonique active de la Provence en testant un modèle de glissement en masse sur des couches sédimentaires ductiles. la surveillance de la faille Nord Anatolienne en Mer de Marmara et le volet puits instrumentés de l’observatoire en Mer Ligure. Deux sur les trois thèses sous contrat engagées sur ce thème ont été défendues à la fin de l’année 2007. L’objectif principal de la participation de l’équipe aux projets d’observatoire sous-marin est la compréhension du couplage fluide-mécanique dans les zones de faille et sous les pentes sous-marines instables. Cet axe est sous la responsabilité de Pierre Henry. Le début des opérations de forage IODP avec le navire Japonais Chikyu a eu lieu fin 2007 sur Nankai (projet Nantroseize).

Il est le fruit de la stratégie de recherche que nous avons adoptée dans notre programme de géodynamique des zones actives menées avec l’aide de l’industrie. Du 17/10/07 au 19/10/07 : Conférence au Colloque du Collège de France à Paris : « De l’autorité ». Du 16/11/07 au 19/11/07 : Meeting DPDC — Projet STOQ — Universités Pontificales Romaines à Rome (Italie). Il faut enfin noter la publication cette année à la Société Géologique de France et à l’American Association of Petroleum Geologists d’un recueil de travaux concernant la partie occidentale du Golfe du Mexique. Le 24 avril 2008 : Conférence pour la Société de Géographie à Marseille. Par ailleurs. Du 17/08/07 au 21/08/07 : Conférence au Colloque « Science and Truth » à Rimini (Italie). Jing Yi Lin et Tanguy Maury ont repris la localisation des microséismes enregistrés durant la campagne. Ce recueil met à la disposition des chercheurs sous forme électronique et graphique les synthèses géodynamiques (données et interprétations) obtenues dans le cadre de notre collaboration avec TOTAL et PEMEX. Les résultats obtenus ont été publiés dans deux articles et les résultats finaux ont été présentés dans deux autres articles soumis à publication.GÉODYNAMIQUE 145 l’objet du cours principal de Xavier Le Pichon en 2006. . Du 21/02/08 au 28/02/08 : « Comité DPDC du Concile Pontifical pour la Culture » (Réunion et visite d’évaluation à Rome (Italie). Du 19/09/07 au 20/09/07 : Conférence au Colloque OCT (Ocean-Continent Transition) à l’Institut Océanographique à Paris. Ils mettent en évidence le rôle structurant des rides des zones de fracture océaniques qui sont subduites obliquement sous la marge. Une participation de Claude Rangin à la campagne de l’IFREMER  Sumatra Aftershocks  avait permis de participer à une analyse fine de la déformation sur cette marge de subduction très particulière. Le 11 juin 2008 : Conférence sur la Tectonique des Plaques au Musée de la Géologie de Digne (Alpes de Haute Provence). Du 08/04/08 au 11/04/08 : Discours inaugural du Consortium Interuniversitaire « Scuola per l’Alta Formazione » du 8 au 11 avril à Catane (Italie). Le 23 janvier 2008 : Séminaire au Laboratoire Départemental de la Préhistoire du Lazaret à Nice. Activités diverses de Xavier Le Pichon Le 11 juillet 2007 : Réunion de travail chez TOTAL / La Défense — Réunion de travail sur projets Mexique et Sumatra. Du 15 au 16/04/08 : Conférence pour l’Office Chrétien des handicapés à Bruxelles (Belgique). Du 03/12/07 au 05/12/07 : Conférence inaugurale au Symposium « Middle East Basins Evolution » à Paris. Nous préparons maintenant un nouveau recueil sur nos programmes concernant la Marge du Golfe du Bengale.

Bull.. Rangin C. S. doi : 10.. Lee. and Klingelhoefer.. Sibuet. and Le Pichon X. Geol.. Mercier de Lepinay.. doi :10. 117-128.. Thermal regime of the NW shelf of the Gulf of Mexico. C. Numerical model of fluid pressure solitary wave propagation along the decollement of an accretionary wedge : application to the Nankaï wedge. Geophys.. Le Pichon X. Umber... Wallmann. Sultan. Res. 179. G. Lin. Al-Samir. and L.. Charlotte Le Roy C. Geol. 161-174... P.. Tesmer. Cenozoic crustal deformation of the offshore Burgos basin region (NE Gulf of Mexico).1016/j. Catteneo. C. Le Pichon X. Japan. 179. n° 2. N. Rangin. doi: 10. Rangin... Yamaguchi. Henry. Singh. Cold seeps along the main Marmara fault in the Sea of Marmara (Turkey).. Rangin C. 179. M..S.C. Deep Sea Research Part 1 55 (4). Aranda-Garcia M...005. Bull. A. Zitter. Malod. P. Le Pichon X. 147-160 Le Roy C. S. Sumatra Earthquake research indicates why rupture propagated northward. Maury.. (2008). Introduction. Neogene crustal shear zone along the western Gulf of Mexico margin and its implications for gravity sliding processes: Evidences from 2D and 3D multichannel seismic data. Schneider. France. G. Andréani L. Hai Nguyen Thi Ngoc. P. Le Roy C. Soc. Sibuet.-K. France. (Eds) — Le printemps des chercheurs 2008 : 44-47.. J. dont Rangin Claude. France. Gravity Tectonics and Plate Motions: The western margin of the Gulf of Mexico. Inserm. 497-502.. J. Heat Flow. 2005. T. J. 2007.. Active margins. Rangin. Le Pichon. Fornacciari.-K. n° 2. France. (2008). 2007. Bull.N. Soc. (2008)... Earth Planetary Science Letters. B. Aranda-Garcia. S. 26th December 2004 Great Sumatra-Andaman Earthquake : co-seismic and post-seismic motions in northern Sumatra.2008. J. Flotte N.A.. J.. A new interpretation of deep penetration multichannel seismic reflection lines. Husson L. In : Lima... D. Lett. Martinez-Reyes..-Y. and Hsu. Le Pichon X. X.. EOS. J. figures on CD. 179. epsl2007.. A. Geofluids. Henry. 139-145. Earth Planets Space. Spatial variations in the frequency magnitude distribution of earthquakes in the southwestern Okinawa Trough. 179.... and C.. 59. Husson L. Delaygue. Tertiary extension in the northern Gulf of Mexico.. 88-103.. Henry.. n° 2.. J. Zitter T. Le Pichon X. Henry P.1029/2006JB004703. n° 2. in press. S. France. and the Sumatra Aftershocks Team. Tardy M. Geol. and Peterson-Rodriguez R.. Soc. 2007.... and Lericolais. Neogene left-lateral shearing along .. Geol. Aranda-García M..C. n° 2. J. The Rio Bravo Fault.1016/j. 2. K. Andréani L. 153-165.. Cagatay.09. S. M. Earth Planet.. Soc. Fluide rime-t-il avec séisme.. SINGH. Klingelhoefer.-C. 552-270. and the Sumatra Aftershocks Team. Lee. P. 1-12. S. 2008... F. Flotte N. editor : Ocean Policy Research Foundation. Soc. 221-225.. H. 2007... Lin.-L. Martinez Reyes J. Rangin. Lin. C. F.01. a new interpretation of multichannel seismic data. (2008). Tokyo. 179. C. and Rangin C. a major late Eocene-Oligocene left-lateral shear zone. (2008). Hsu.dsr. 112.146 XAVIER LE PICHON Publications de l’équipe de Géodynamique depuis juin 2007 Origin of the Southern Okinawa Trough volcanism from detailed seismic tomography. G. 6.. Bulletin de la Société Géologique de France. M.Y. T. Flotté N. Aloisi.002... Bourlange. 86. in The establishment of the outer limits of the continental shelf beyond 200 nautical miles — Its international circumstances and its scientific aspects. Geol.C. Pekdeger.-Y. C. Sibuet.. Xavier. Bull. 107-116. Husson. Graindorge. 175-185. Rangin C. 263. and Martinez-Reyes J.. M. Le Pichon. Bull. Sci. and Martínez-Reyes J. M. J.. B08308. J. F.

(2008). accepted. Maurin. U Min Swe. Geol. in press.-Y. (2008). A..-Y. Odile Jacob.. 179.. accepted. Crespy. L’adoption d’une théorie scientifique.-C. X. Bolève.GÉODYNAMIQUE 147 the Veracruz Fault: the eastern boundary of the Southern Mexico Block. T.11. (2008). S. and Martinez-Reyes J.-C.1016/j.. doi :10.. Tectonophysics. Masson. Paris. P.. Structure and kinematics of the Indo-Burmese Wedge : recent and fast growth of the outer wedge. Lee C. U Win Naing. Pelleau P. Revil.. and Crozon J.-Y. and Sibuet J.. available online 28 November 2007.-Y...11. S. Res..031. U Than Min. J. C. A. Sibuet J. and Rangin. l’effet de serre. Sismicité et volcanisme dans le sud-ouest du bassin arrière-arc d’Okinawa (Nord-Est Taiwan). N. Chamot-Rooke.030. Hsu S.-K.. Bulletin de la Société Géologique de France.. Rangin. Sibuet J. France. accepted. . France. Detection and localization of hydromechanical disturbances in a sandbox using the slfpotential method.. P.. Le Pichon. Linde... Soc. la Tectonique des Plaques. A. Hsu S. Pollitz. Variations of b-values at the western edge of the Ryukyu subduction zone.-C. Bull. Northward rupture propagation of the 2004 Sumatra-Andaman Earthquake to 18°N: Evidences from geodetic and marine data in southern Myanmar. X (2008).2007. Geophys... Sibuet J.. in press. Lin J.. Collard. (2008). in press. Lee C. Klingelhoefer. and Hsu S. Lin J. M. 195-216. T.. 179. N. J.. Maurin.tecto.-K. A.. Lee C.1016/j. The Southern Mexico Block : main boundaries and new estimation for its Quaternary motion. J..2007. Klingelhoefer F. Microseisismicity and faulting in the southwestern Okinawa Trough.. C. Terra Nova. Geol.. Lin. n° 2. Delescluse. and Henry. and Klingelhoefer F. Res. F. 195-208. in Antoine Compagnon (sous la direction de). Tectonophysics. (2008). Byrdina. Andréani L. doi :10. Rangin C.-C. Jardani.. Geophys.. available online 28 November 2007. northeastern Taiwan. Lin J. 150-153. F. Tectonics.-K. De l’autorité. Auffret Y. Le Pichon.. 209-223. F. U Khin Maung Kyi (2008). Structure of the Okinawa Trough from reflection and wide-angle seismic data. tecto. Soc. 20. Bull. n° 2. S. S. Le Pichon X.

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La comparaison entre les données des isotopes de l’oxygène et de paléotempératures océaniques suggèrent que cet événement correspond à une augmentation drastique du volume des glaces polaires. . il y a environ 33 millions d’années. Ces variations du cycle du carbone ont été accompagnées d’une chute de la teneur atmosphérique en gaz carbonique (plus de 500 ppm en moins de 10 millions d’années). Il s’agit d’une transition climatique majeure mise en évidence à l’échelle mondiale dans les sédiments marins et continentaux à toutes les latitudes. La période en question va de l’optimum du début de l’ère Tertiaire aux glaciations du Quaternaire. en Atlantique Nord et dans les Océans Arctique et Austral. Lors du cours. Cette glaciation a été accompagnée d’une perturbation massive de l’érosion chimique globale mise en évidence par des indicateurs isotopiques (par ex.Évolution du climat et de l’océan M. matérialisée par une augmentation de la productivité planctonique de la zone australe. de la profondeur de compensation de la calcite. L’étude de la distribution des débris rocheux transportés par les icebergs. une attention particulière a été portée sur l’événement Oi-1. Elle correspond aussi à une transition faunistique bien connue depuis le début du xxe siècle (« Grande Coupure » de Stehlin). Après avoir revu brièvement les causes de l’optimum éocène. nous avons abordé en détail la transition Eocène-Oligocène. isotopes du strontium) et minéralogiques (distribution des minéraux argileux). d’environ un kilomètre. Le cycle du carbone a lui aussi subi une variation importante. professeur Histoire du climat : d’une Terre chaude à l’Eocène aux glaciations du Pléistocène Le cours de cette année a été consacré à la suite de l’histoire du climat de la Terre abordé en 2006-2007. une élévation du rapport 13C/12C océanique et un approfondissement. montre bien que les deux pôles se sont englacés de façon synchrone. Édouard Bard.

indique que le forçage prépondérant est l’effet de serre du gaz carbonique. ainsi qu’à partir d’une hausse généralisée du rapport isotopique 13C/12C mesuré dans les dents d’herbivores. ces configurations orbitales favorables aux . Plusieurs causes ont été envisagées pour expliquer la dégradation mio-pliocène. notamment ceux des graminées. Des causes physiographiques (ouverture des passages de Drake et de Tasmanie) expliquant l’établissement du courant circumpolaire de l’Océan Austral qui aurait entrainé l’isolement climatique de l’Antarctique et son entrée en glaciation. Les variations orbitales pourraient expliquer certains événements comme l’épisode glaciaire Mi-1 vers 23 millions d’années et l’intensification des glaciations à partir de trois millions d’années. une baisse limitée d’environ un quart du taux d’accrétion océanique et d’autre part (surtout) la conséquence de la collision de la plaque Indienne avec le continent asiatique. graminivore) et l’adaptation à la course dans un paysage de steppes et de savanes ouvertes. les paléosols et la matière organique sédimentaire. L’analyse des isotopes de l’oxygène aux différentes latitudes de l’océan mondial. Des causes d’origine astronomique. Cette période correspond aussi à l’expansion des plantes en C4.150 ÉDOUARD BARD Plusieurs types de causes ont été proposés pour expliquer la dégradation climatique de la transition Eocène-Oligocène. l’enregistrement considéré comme le plus fiable ne montre pratiquement pas de variation de la pCO2 entre 20 et 7 millions d’années avant le présent ce qui suggère que d’autres causes sont à l’origine des fluctuations climatiques observées. mais ce n’est que vers trois millions d’années avant le présent que le climat se dégrade vraiment avec une nouvelle intensification glaciaire au Pliocène. Les reconstitutions de la teneur en gaz carbonique ne montrent pas d’accord entre les différents indicateurs. En effet. La modélisation numérique prenant en compte ces différents effets. en particulier les mammifères avec les évolutions caractéristiques des équidés et des proboscidiens traduisant les changements de régime alimentaire (folivore vs. Les variations orbitales expliqueraient la nature abrupte du phénomène. avec une configuration orbitale particulière caractérisée par une faible insolation estivale aux hautes latitudes. à de fortes températures et à des saisons sèches. Néanmoins. adaptées à de basses teneurs en CO2. n’auraient qu’un rôle secondaire. Et enfin. L’étude des sédiments océaniques et continentaux confirme le caractère mondial du réchauffement miocène. La transition de la flore est reconstituée à partir des pollens. L’ouverture des passages de Drake et de Tasmanie et l’établissement du courant circumpolaire antarctique. des causes liées à l’influence de la géodynamique sur le cycle du carbone : d’une part. il y a environ 25 millions d’années. la mousson et sur l’altération physique et chimique des roches cristallines de cette région du globe. montre que le climat mondial se réchauffe fortement à la transition OligocèneMiocène. Les faunes se sont adaptées à ces changements de la végétation et du climat. Le climat mondial se refroidit progressivement à partir du milieu du Miocène. la surrection de l’Himalaya et du plateau Tibétain a eu un impact majeur sur la circulation atmosphérique. Néanmoins.

La prise en compte de la stratification du Pacifique Nord semble indispensable pour expliquer l’installation de la calotte nord-américaine. des deux Amériques). étudiée finement à partir du rapport 18O/16O de l’océan profond. La période considérée correspond effectivement à l’établissement de la circulation moderne avec l’ouverture du détroit de Fram. ont permis de suivre ces changements sur les continents. D’autres séries géochimiques ont permis de mettre en évidence l’établissement de la stratification en salinité du Pacifique Nord (halocline) vers trois millions d’années avant le présent. son influence sur l’insolation étant extrêmement faible. la cyclicité d’environ 100 000 ans fait encore l’objet de nombreuses recherches car le cycle de l’excentricité orbitale. il est nécessaire de considérer les résultats de la modélisation numérique. plusieurs « petits » changements de la physiographie ont probablement eu un impact sur la circulation océanique globale. montre que l’influence du cycle de précession d’environ 19-23 000 ans est pratiquement absent avant 900 000 ans et . Par ailleurs. on assiste à une évolution caractéristique des cycles glaciaires : d’une part une lente intensification des glaciations (les calottes sont de plus en plus volumineuses) et. L’impact de ces variations physiographiques sur la circulation océanique est indéniable comme le montre l’analyse géochimique comparée des sédiments carbonatés de l’Atlantique et du Pacifique. d’autre part. L’évolution du volume des glaces continentales.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 151 glaciations sont cycliques et il est donc probable que d’autres causes sont responsables de la tendance à long terme sur plus de dix millions d’années. une évolution de la fréquence des épisodes glaciaires : avec une cyclicité de 41 000 ans avant 1. L’étude de la répartition des faunes et la mise en évidence de migrations à grande échelle (ex. d’environ 100 000 ans. la bande de fréquence de 100 000 ans est relativement diffuse et pourrait être liée à des multiples de l’obliquité (82 000 et 123 000 ans).4 million d’années et d’environ 100 000 ans après 700 000 ans avant le présent. Ces multiples modifications de l’océan ont eu de nombreuses répercussions sur le climat mondial. Afin de quantifier l’impact des variations des flux de chaleur océanique sur l’évaporation et les précipitations. conduisant globalement à l’installation de grandes calottes de glace dans l’hémisphère nord. Au cours des quatre derniers millions d’années. la fermeture de l’Isthme de Panama et un changement de la géométrie du Passage Indonésien. Le cycle de 41 000 ans est clairement lié au cycle de l’obliquité de l’axe de rotation de la Terre. Les simulations récentes confirment l’impact de la fermeture de l’Isthme de Panama sur la température et les précipitations de l’hémisphère nord. la migration vers le Nord de la Nouvelle-Guinée serait à l’origine du refroidissement de l’Océan Indien et de l’assèchement de l’Afrique de l’Est entre quatre et trois millions d’années avant le présent. ne peut en rendre compte. Par contre. Au niveau de la zone intertropicale. traduisant les contrastes de salinité de surface et de ventilation profonde de ces deux océans. Même si les continents avaient à peu près leurs géométries et positions actuelles.

Cette hypothèse est fondée sur des observations géologiques suggérant que les calottes précédant la transition auraient été très étendues en surface alors même que leurs masses étaient plus faibles (en particulier la calotte nord-américaine). Le faible volume des calottes antérieures à la transition serait une condition de cette compensation. la formation d’une plate-forme ou barrière de glace (ice shelf en Anglais) lorsque la calotte déborde sur l’océan. en amplitude et fréquence du phénomène glaciaire. Avant la transition mi-Pléistocène. D’autres chercheurs pensent que l’énergie solaire totale reçue en été contrôle la vitesse de variation en masse des calottes. la subsidence isostatique qui entraîne une rétroaction positive sur la croissance et la fonte de la calotte. j’ai fait quelques rappels sur la dynamique des calottes de glace. les données disponibles sur la pCO2 ne suggèrent pas d’évolution significative dans ce sens (l’enregistrement sur 800 000 ans à partir des bulles d’air des glaces de l’Antarctique montrant même une augmentation de la pCO2 des périodes glaciaires). . L’absence des cycles de précession dans l’enregistrement du volume des glaces continentales pourrait être expliqué par une compensation des variations des inlandsis des deux hémisphères subissant des changements d’insolation en antiphase. Plusieurs mécanismes ont été envisagés pour expliquer les caractéristiques de la transition mi-Pléistocène. Une autre explication possible est l’érosion mécanique du régolithe. Cette énergie totale estivale dépend essentiellement de l’obliquité ce qui expliquerait la dominance de cette fréquence avant la transition mi-Pléistocène. Plusieurs hypothèses ont donc été proposées pour en rendre compte. Cependant. ce phénomène pouvant être amplifé par l’eau des lacs supraglaciaires. Ce bouleversement des caractéristiques.152 ÉDOUARD BARD qu’il apparaît dans les enregistrements avec le cycle de 100 000 ans. Néanmoins. qui peut pénétrer dans les crevasses jusqu’en base de calotte. formée pendant la fonte estivale. couche d’altérite formée aux périodes chaudes du Tertiaire. Le bilan de masse dépend évidemment de la température et des précipitations sous forme de neige. Certains chercheurs ont envisagé qu’une baisse à long terme de la teneur atmosphérique en gaz carbonique aurait favorisé les glaciations. comme l’élévation de l’inlandsis qui contribue à sa préservation. la présence en base de calotte de sédiments gorgés d’eau qui favorisent l’écoulement (couche lubrifiante). les paramètres orbitaux ne permettent pas d’expliquer à eux seuls la transition graduelle en amplitude et fréquence. est appelé la « transition mi-Pléistocène » (MPT en Anglais). Il est aussi crucial de tenir compte d’autres facteurs qui agissent sur le bilan de glace. la présence du régolithe. aurait conduit à l’étalement des calottes. L’érosion de cette couche lubrifiante aurait ensuite permis aux calottes de croître beaucoup plus en altitude et donc en volume global. Pour comprendre les causes de cette évolution. notamment les différents facteurs qui régissent l’accumulation hivernale et l’ablation estivale.

Au premier ordre. notamment en raison de l’influence de l’océan sur les plateformes de glace périphériques ainsi que d’autres connexions possibles liées à des rétroactions du cycle du carbone comme en témoignent l’émergence du cycle à 100 000 de la pCO2 atmosphérique et les variations du rapport isotopique 13C/12C benthique de l’Atlantique et du Pacifique (et du gradient entre ces deux océans). La moitié de cette hausse serait liée à la réduction de moitié de la calotte Groenlandaise. mais relativement lent en moyenne mondiale : quelques degrés sur dix mille ans. la comparaison entre les enregistrements des sédiments marins et des glaces polaires montre que les grands cycles glaciaires d’environ 100 000 ans sont caractérisés par des variations de température. est responsable pour environ un tiers de la perturbation climatique. De multiples indicateurs mesurés dans plusieurs types d’archives géologiques permettent de reconstituer le climat des grandes glaciations du dernier million d’années. La dernière transition glaciaire-interglaciaire a été étudiée avec une bonne résolution temporelle ce qui permet de quantifier les déphasages entre les multiples paramètres du climat. La comparaison de séries de température aux différentes latitudes indique une amplification d’environ un facteur deux à trois. Par exemple. l’effet de la solubilité (4 %/°C ≈ 10 ppm/°C) n’est . Ce forçage serait dominant sous les tropiques ce qui expliquerait leur refroidissement d’environ 2 °C. la cartographie des banquises des deux hémisphères suggère que leur influence était beaucoup plus marquée pendant les phases froides. les observations de l’amplification polaire et du refroidissement tropical sont compatibles avec la sensibilité climatique estimée par les modèles numériques. avec une amplification marquée sur les continents et les latitudes les plus hautes. notamment le Dernier Interglaciaire centré vers 125 000 ans avant le présent (environ + 7 m). traduisant l’existence de rétroactions positives spécifiques aux zones polaires.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 153 Des inlandsis beaucoup plus gros auraient conduit à une synchronisation interhémisphérique. de niveau marin et de pCO2 globalement en phase. Le réchauffement post-glaciaire est rapide à l’échelle géologique. Ainsi. L’augmentation postglaciaire du CO2 atmosphérique n’est pas la cause du réchauffement initial. En particulier. mais il n’est pas non plus une simple réponse au réchauffement océanique. Les données paléothermométriques indiquent un refroidissement généralisé d’environ 4 °C pendant les phases glaciaires. La datation uranium-thorium des coraux fossiles indique que le niveau marin s’est abaissé de plus d’une centaine de mètres pendant les glaciations et a dépassé le niveau actuel pendant quelques périodes rares et brèves. Le bilan des forçages radiatifs de la dernière glaciation suggère que la baisse des teneurs en gaz à effet de serre. Ces grandes fluctuations du cycle du carbone à partir de la transition mi-Pléistocène signalent la séquestration du CO2 dans l’océan profond et illustrent l’importance probable de l’effet de serre pour expliquer la sévérité des conditions glaciaires postérieures à la transition. notamment le CO2 (baisse de 100 ppm).

La comparaison et la modélisation géophysique des niveaux marins observés en Atlantique et dans le Pacifique permettent de localiser les sources de glace et la chronologie de la fonte des différents inlandsis de la dernière période glaciaire. mais elle ponctuée d’accélération(s) causée(s) par la débâcle des calottes : plusieurs mètres par siècle pour l’événement « Melt Water Pulse 1A » qui a eu lieu. les enregistrements indiquent même de grandes amplitudes. des accélérations brusques (par ex. Le flux d’énergie reçue du Soleil. l’enregistrement le plus fiable est celui du niveau marin obtenu par la datation uranium-thorium des coraux fossiles prélevés en forant les récifs coralliens. un colloque de séminaires a été consacré au rôle du Soleil comparé à ceux des autres forçages climatiques.154 ÉDOUARD BARD responsable que d’environ 20 ppm. il y a environ 14 500 ans. il y a environ 4. son activité a augmenté d’environ 30 %. le niveau marin suit le réchauffement postglaciaire avec un retard de plusieurs millénaires. Le réchauffement semble avoir été initié par l’augmentation de l’insolation estivale liée aux variations de l’orbite terrestre. Globalement.6 milliards d’années. Les aurores boréales. La chronologie et la structure du réchauffement postglaciaire sont variables d’une région à une autre. La remontée moyenne est relativement lente. mais précède l’essentiel du réchauffement. ainsi que des variations cycliques ou irrégulières sur plusieurs dizaines et centaines d’années. varie en fait à de nombreuses échelles de temps. N2O) a suivi les premiers signes locaux d’élévation de température. ont permis ainsi de démontrer l’existence d’une cyclicité très prononcée de 11 ans. la surface de la Terre recevait donc moins d’énergie. Néanmoins. L’augmentation de CO2 observée. notamment ceux des îles de La Barbade dans les Caraïbes et de Tahiti en Polynésie. est liée à de nombreuses rétroactions du cycle du carbone impliquant notamment l’océan profond comme le montrent les enregistrements du 13C/12C des foraminifères benthiques. 10 °C en quelques décennies au Groenland) et des refroidissements transitoires : l’événement du Dryas Récent dans l’Hémisphère Nord et le Renversement Froid Antarctique dans la zone Australe (Antarctic Cold Reversal en Anglais). . ce qui a probablement contribué à expliquer certaines périodes de glaciation extrême. ainsi que les taches solaires observées depuis l’invention de la lunette astronomique. la « constante solaire » (l’éclairement ou l’irradiance). Depuis la formation du Soleil. Dans sa jeunesse. L’augmentation de l’effet de serre (CO2. différentes observations ont permis de mettre en évidence la variabilité de l’activité du soleil. au cours des derniers siècles. La fonte des calottes de glace peut être étudiée en cartographiant et en datant les moraines terminales sur les continents. CH4. Pour compléter le cours sur l’histoire du climat. 130 m en 15 000 ans. environ 100 ppm. Plus proches de nous. Dans certaines zones. Il s’agit d’une rétroaction positive expliquant environ le tiers de l’amplitude thermique.

mais aussi d’en prévoir l’évolution. formés par l’interaction du rayonnement cosmique sur l’atmosphère. Des mesures du flux de particules cosmiques mais aussi de la perturbation du champ magnétique à la surface de la Terre. et confirmés par les paléoclimatologues. Spörer et Wolf). Pourtant. L’éclairement total varie ainsi d’environ 0.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 155 Ces variations de l’activité solaire ont pu être rapprochées des hauts et bas climatiques en Europe. Sylvaine Turck-Chièze. pour pouvoir quantifier ce flux d’énergie solaire et en démontrer les variations. Ainsi. Tel était le but de ce colloque. tous deux contrôlés par le champ magnétique solaire. à Saclay. Une partie de la dynamique interne du . tous ces enregistrements sont trop indirects pour permettre de quantifier par eux-mêmes les variations du flux d’énergie solaire. ont conduit à une vision nouvelle du Soleil. il a fallu attendre les mesures suffisamment précises des satellites. L’enjeu de cet impact sur la prévision des changements climatiques futurs est tel qu’il est très important de progresser par des approches pluridisciplinaires associant les astrophysiciens aux climatologues. leur très bonne correspondance est une preuve de leur fiabilité comme traceurs de l’activité du Soleil. Pour cette raison. tendance qui au plus serait très limitée. a ainsi exposé l’apport de la modélisation à la connaissance du fonctionnement de notre étoile. les nombreuses études qui ont tenté d’expliquer les variations climatiques des derniers siècles aux derniers millénaires à l’aide de l’activité du soleil ne reposent que sur des corrélations empiriques. les isotopes cosmogéniques. Malheureusement. le « Petit Age Glaciaire » du xive au xviiie siècle correspond globalement à une période de faible activité du Soleil (Minima de Maunder. depuis seulement une trentaine d’années. D’autres mesures indirectes de l’activité du soleil permettent des reconstitutions avant l’ère des satellites. notamment le carbone-14 et le béryllium-10. qui se proposait ainsi de faire le point à la fois sur le fonctionnement du Soleil et sur celui du système climatique. C’est pour cette raison que le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) n’attribue à l’augmentation du flux d’énergie solaire qu’une contribution très limitée au réchauffement global du dernier siècle. Ces trente années d’observations ne permettent pas de prouver l’existence d’une tendance pluridécennale de l’éclairement.1 % au cours d’un cycle de 11 ans. lancé en 1995. Au-delà. sont des outils très précieux car ils permettent de remonter sur plusieurs milliers d’années dans le passé. Elle a aussi dressé un bilan des connaissances actuelles et rappelé que les observations du satellite SoHO. notamment des différentes composantes sensibles à l’activité du soleil. permettent de remonter sur plus d’un siècle. Comme l’origine commune aux enregistrements de ces deux isotopes est l’activité du Soleil. Les mécanismes physiques qui pourraient expliquer l’impact climatique de l’activité solaire restent à découvrir. reconstitués par les historiens. tandis que le réchauffement global du climat qui a suivi est contemporain d’une augmentation de cette activité. Des modèles de complexités différentes permettent ainsi de tester différentes hypothèses de fonctionnement. du Laboratoire Plasmas Stellaires et Astrophysique Nucléaire du CEA.

Ces modèles prévoient ainsi que ces interactions amplifient un réchauffement dû aux gaz à effet de serre. mais de nouveaux projets sont en cours afin de fournir de nouvelles données. en termes de bombardement de particules et d’émissions d’ondes électromagnétiques notamment. Enfin. les modèles permettent de décomposer cette réponse entre les différentes interactions propres au système climatique. il a été proposé que leur formation pourrait être influencée par l’activité du Soleil. du Laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement et de l’Université d’Orléans. Claudia Stubenrauch. de l’Office Météorologique Britannique (Meteorological Office. a exposé les principales propriétés radiatives des nuages et les différents moyens de mesure de ces propriétés à l’échelle globale. Un des résultats importants est de limiter la contribution des nuages à environ un quart de la réponse globale . Gérard Thuillier nous a présenté l’expérience PICARD dont l’objectif est de mesurer l’irradiance solaire totale ainsi que le diamètre du soleil. a expliqué comment les modèles actuels du climat prennent en compte les interactions internes au système climatique basées sur les cycles biogéochimiques. à Verrières-le-Buisson. ces deux paramètres étant peut-être liés. En particulier. Ces modèles sont utilisés pour réaliser des projections des changements climatiques sur le prochain siècle.156 ÉDOUARD BARD Soleil a été élucidée. Gérard Thuillier. Thierry Dudok de Wit. du même Laboratoire de Météorologie Dynamique. Il a également insisté sur la composante ultraviolette (UV) de ces émissions. notamment le cycle du carbone. Hadley Centre). a montré quels sont les impacts de l’activité du Soleil sur l’environnement de la planète Terre. du Service d’Aéronomie du CNRS. qui présente une variabilité bien supérieure à celle de l’irradiance totale. du Laboratoire de Météorologie Dynamique du CNRS et de l’Ecole Polytechnique. et dont l’impact sur la stratosphère (via la formation de l’ozone) pourrait représenter un mécanisme important. il est donc capital d’avoir des mesures aussi complètes que possible de cette composante. Cette expérience embarquée devrait être mise en orbite l’année prochaine dans les conditions idéales de développement du prochain cycle solaire. Il n’existe pas d’accord général pour les reconstitutions de l’éclairement solaire total pour le passé. Sandrine Bony-Léna. a montré comment les modèles climatiques permettent de mieux comprendre la réponse du climat à une perturbation externe (sensibilité du climat à un forçage). En outre. Claudia Stubenrauch a ainsi montré que les différents types de mesures par satellites sont complémentaires et doivent être associées afin d’avoir une information complète sur les différents nuages et leurs propriétés. le cycle 24. cependant des questions persistent encore sur le cœur solaire et sur l’interaction entre le champ magnétique de la région radiative et celui de la région convective. Olivier Boucher. a ensuite exposé les principaux forçages climatiques et les mécanismes possibles de l’impact climatique du soleil. notamment dans le cadre du GIEC. plutôt que de le limiter. Ainsi. Les nuages jouent des rôles importants mais complexes dans le système climatique.

22 janvier 2008. Kiel. Ecole Polytechnique) « Propriétés des nuages et leur variabilité à partir des observations spatiales ». Institut d’Etudes Politiques : « Notre société face au climat ». Autres cours et conférences de l’année 2007-2008 Aix-en-Provence. Cette journée consacrée aux variations climatiques et au rôle du Soleil et autres forçages externes fut l’occasion de réunir des scientifiques appartenant à différentes communautés. Saclay) « Fonctionnement du Soleil et origines de sa variabilité ». 3 décembre 2007. — Claudia Stubenrauch (Laboratoire de Météorologie Dynamique. Ainsi. Verrières-le-Buisson) « Les forçages externes du système climatique et l’expérience PICARD ». neuf séminaires ont été organisés dont la liste est donnée ci-dessous par ordre chronologique. Bruxelles et Cambridge). Chicago. Angleterre) « Cycles biogéochimiques et rétroactions climatiques ». Dans le cadre du colloque intitulé « Climats du passé et du futur » organisé le 13 février 2008 au Palais des Académies de Belgique (Bruxelles) en collaboration avec l’Université Libre de Bruxelles : — André Berger (Université Catholique de Louvain. — Gérard Thuillier (Service d’Aéronomie du CNRS. même si l’activité solaire jouait un rôle via ces nuages. Ce colloque a permis de faire le point sur l’état des connaissances actuelles et des nombreuses questions qui subsistent encore. — Olivier Boucher (Meteorological Office. — Sandrine Bony-Léna (Laboratoire de Météorologie Dynamique. mais dont les objectifs de recherche se rejoignent. Belgique) « Notre exceptionnellement long interglaciaire ». Les séminaires de l’année 2007-2008 En complémentarité avec les douze cours (à Paris. CNRS et Université d’Orléans) « Relations Soleil-Terre et le rôle de la composante UV ». CNRS. Lamont-Doherty Earth Observatory de l’Université Columbia New York. Ecole Normale Supérieure. cette composante du climat ne pourrait amplifier les variations de l’activité solaire de manière plus importante. Ecole Polytechnique) « Modélisation de la réponse du climat à un forçage externe ». Belgique) « Isotopes des gaz dans la glace et changements climatiques ».ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 157 du climat. . Hadley Centre. Ecole Normale Supérieure. — Sylvaine Turck-Chièze (Laboratoire Plasmas Stellaires et Astrophysique Nucléaire du CEA. Aix-en-Provence. Utrecht-Texel. — Roland Souchez (Université Libre de Bruxelles. Europôle de l’Arbois : « Variations climatiques naturelles et anthropiques ». — Thierry Dudok de Wit (Laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement. Dans le cadre du colloque intitulé : « Variations climatiques : rôle du Soleil et des autres forçages externes » organisé le 30 mai 2008 à Paris (Amphithéâtre Marguerite de Navarre) : — Edouard Bard (Collège de France) « Perspectives historiques et paléoclimatiques ». 22 mai 2008 : « Paleomonsoon records viewed from the ocean ». CNRS.

Notre reconstitution de l’irradiance solaire sur 1 000 ans a été choisie par les modélisateurs du climat comme courbe de forçage « étalon » (cf. 479 du rapport IPCC-GIEC 2007). south of Istanbul » by Hiscott et al. Publications 2008 Eris K..K. site proche de la mer de Ross. Ce forage au Dôme Talos a été réalisé dans le cadre du projet TALDICE mené principalement par une collaboration franco-italienne.B. Les mesures de 10Be peuvent maintenant être faites au CEREGE à l’aide du nouvel accélérateur de 5MV ASTER installé sur le campus de l’Arbois à Aix-enProvence.158 ÉDOUARD BARD Paris.. 230-236 (2008). Marine Geology 254. d’une part. Menot G.. Le projet reçoit un soutien national de l’INSU (programme LEFE Talos Dome) et de l’IPEV pour la logistique polaire. 26 juin 2008. Reply to Comment on « the timing and evolution of the post-glacial transgression across the Sea of Marmara shelf. et d’autre part. Activités de recherches Cette année. Ces séries ont permis.. de retrouver les périodes de faible activité solaire déjà connues des astronomes grâce aux comptages des taches solaires et aux observations directes d’aurores boréales. Sancar U. Le forage de Dôme Talos. la carotte couvre les derniers 65 000 ans à une profondeur de 1 300 m. Bard E.20 m de profondeur. Ryan W. de mettre en évidence des minima solaires encore plus anciens. l’équipe de la Chaire de l’Évolution du Climat et de l’Océan a poursuivi son étude de la variabilité solaire à long terme et de son impact sur le climat mondial..F.. La glace formant le fond du forage est très ancienne. Sénat OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) : « L’enjeu de la multidisciplinarité pour comprendre le changement climatique ».N. Le forage a été échantillonné pour les mesures du 10Be et les échantillons de glace sont stockés dans un entrepôt frigorifique à proximité du CEREGE.. Nos recherches à ce sujet sont fondées sur la comparaison d’enregistrements totalement indépendants : le 14C mesuré dans les cernes d’arbres et le béryllium 10 analysé dans les glaces de l’Antarctique (14C et 10Be sont deux cosmonucléides formés dans la haute atmosphère). p. L’équipe est impliquée dans le programme de mesure du 10Be sur une nouvelle carotte de glace. collaboration avec le CSNSM et le LSCE). Lericolais G. Cette étude est en cours d’extension pour les sept derniers millénaires (comparaison de la courbe 14C INTCAL04 avec les données 10Be de la carotte de glace de Vostok en Antarctique Central . . La chimie préparative du béryllium (extraction et purification) est réalisée dans le laboratoire de la chaire de l’évolution du climat et de l’océan (bâtiment Trocadéro de l’Arbois). a atteint 1 619. et d’après une première datation. Cagatay M.

. Bard E. PA3204. Quaternary Science Reviews. 1-12 (2007). Thouveny N. L’océan et le changement climatique.K. Blanchet C. Bard E. Rickaby R.. Bard E. 1-16 (2008). Tachikawa K. Rose E. 26. Geochemistry Geophysics Geosystems (G-cubed) 8 (5).1029/2006GB002852. Textes divers (vulgarisation. (2007). Bard E.....E. Bard E. 908-911 (2007). Q04037. Ryan W. Lericolais G. Terrigenous input response to glacial/interglacial climatic over southern Baja California : a rock magnetic approach. Earth and Planetary Science Letters 265. sous presse. Leduc G. Cagatay M.N. Beaufort L. Toyofuku T. in « Les géosciences au service de l’Homme : comprendre l’avenir ». Beaufort L. 167-174 (2007). (2007). Bard E. Geochemistry Geophysics Geosystems (G-cubed) 9 (4).. préface.... 1-14 (2007). Coccolith chemistry reveals secular variations in the global ocean carbon cycle ? Earth and Planetary Science Letters 253. Pichevin L.. 2007 Bard E. doi:10. Menot G.. (2007). Sonzogni C. de Garidel-Thoron T...1029/2007GC001904.. Vidal L. doi : 10. 302-307 (2008).. Sonzogni C. Assessing influence of diagenetic carbonate dissolution on planktonic foraminiferal Mg/Ca in the South-eastern Arabian Sea over the past 450 k years : Comparison between Globigerinoides ruber and Globigerinoides sacculifer. Global and Biogeochemical Cycles 21. 15-19 (2007). Bac to basics : l’effet de serre. hors-série n° 3.. 26.. Evidence of ventilation changes in the Arabian Sea during the Late Quaternary : implication for denitrification and nitrous oxide emission. 107-120 . Comment on « Solar activity during the last 1000 yr inferred from radionuclide records » by Muscheler et al.. Nature 445. Bard E. 83-95 (2007).. Comment on « Are there connections between the Earth’s magnetic field and climate ? » by Courtillot et al. Marine Geology. Sancar U. Quaternary Science Reviews. Yiou F. A calendar chronology for mammoth and horse extinction in North America based on Bayesian radiocarbon calibration.. 177-195 (2007). 243.. principales interviews) : Bard E. Beaufort L. La lettre de l’Académie des sciences n° 21. Barler S. 1-18 (2007).. Collectif.... La Recherche. 2031-2035. Mix A. 46-53 (2007).. Towards direct micron-scale XRF elemental maps and quantitative profiles of wet marine sediments. Böning P. Beaufort L.. Moisture transport across Central America as a positive feedback on abrupt climatic changes.. Les variations climatiques du passé et de l’avenir.. Bard E. doi : 10..L. Buck C. Sonzogni C.1029/2006GC001480.. GB4008. Quaternary Science Reviews.. Bard E. « Quel temps fera-t-il demain ? ».. Bard E. Vidal L. Sépulcre S. Martinez P. Schrag D. Bard E. éditions Tallandier. Rostek F. chapitre de livre. Rosenthal Y.. .F. Rostek F.. Bard E. 3118-3133 (2007). Raisbeck G. Billy I. Eris K. 57-76 (2007).. Leduc G..1029/2006PA001269. éditions Hirlé. Delaygue G..B.. The timing and evolution of the post-glacial transgression across the Sea of Marmara shelf south of Istanbul.M. Tachikawa K. doi:10. A multiproxy assessment of the equatorial Pacific hydrography during the last 30 ky.ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 159 Tachikawa K... Jouzel J. Paleoceanography 22. Rees G.

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Londres).-L. Distinction 2008. Sarkozy et du Prince Albert II (Monaco. Participant à l’audition au Sénat (OPECST) au sujet de la création d’un observatoire de l’Arctique (Paris. 25 avril 2008).ÉVOLUTION DU CLIMAT ET DE L’OCÉAN 161 Membre de la délégation du gouvernement français accompagnant le Ministre J. Borloo à la Conférence sur le Changement Climatique des Nations Unies (Bali. Indonésie. 26 juin 2008). . Wiley Lecture de la Quaternary Research Association (Royal Geographical Society. Participant à la table ronde sur le climat en présence du Président N. décembre 2007).

.

la compréhension théorique de ces instruments et de leurs propriétés d’imagerie progresse et confirme l’amélioration de leur sensibilité. D’autre part. apparaît prometteuse. explorée depuis une dizaine d’années. membre de l’Institut (Académie des Sciences). Jean-Gabriel Cuby. et certains l’ont été dans les séminaires de Roberto Gilmozzi. Didier Pelat. Cours et séminaires Les progrès en cours et prévisibles des observations astronomiques à haute résolution angulaire ont encore fait l’objet du cours de cette année. Le Coroller) L’agrandissement du prototype est en chantier à l’Observatoire de HauteProvence. Tristan Guillot. Jean Surdej. Lyu Abe. Antoine Labeyrie. professeur I. Un grand défi est de parvenir à rendre les hypertélescopes utilisables pour observer les objets les plus faiblement lumineux auxquels accèdent les télescopes classiques et leurs versions à venir nommées « Extrêmement Grands Télescopes ». Ces différents points ont été abordés dans le cours. Guy Perrin et Hervé Le Coroller. par rapport aux interféromètres plus classiques comportant un petit nombre de grandes ouvertures. Michel Aurière. . encore nommés « hypertélescopes ». Des essais d’observation utilisant trois miroirs espacés de 10 m sont prévus au début 2009. Dejonghe et H. D’une part. II.Astrophysique observationnelle M. Activités de recherche du Laboratoire d’Interféromètrie Stellaire et Exo-planétaire ( LISE) Le groupe de recherche LISE associé à la chaire d’Astrophysique Observationnelle est hébergé à l’Observatoire de Haute Provence et à l’Observatoire de la Côted’Azur. La voie des télescopes géants dilués. avec une participation active de ses services techniques. Hypertelescope prototype Carlina-tech (J. comportant un miroir mosaïque de 25 à 42 m. sur ses sites de Grasse et de l’Observatoire de Calern. les techniques visant à leur mise en œuvre se mettent en place.

notamment en observant des objets faibles (magnitude > 12). Elle devrait ouvrir la voie pour un projet ultérieur à plus grande échelle. a été construite en collaboration avec l’Observatoire de la Côte-d’Azur.164 ANTOINE LABEYRIE Prévu initialement pour une ouverture diluée dont la dimension atteindrait 18 m. Après les premiers essais d’interférence qui ont validé partiellement le concept dit d’hypertélescope Carlina. à cette échelle. Le densifieur de pupille. P. Le nombre des petits miroirs collecteurs pourrait aussi être accru. bien résolues avec les dimensions d’ouverture de 18 ou 36 m. ce qui aurait révélé l’erreur catastrophique de fabrication optique apparue plus tard dans l’espace). prévue pour 2009/2010. L’utilité d’entamer. ont augmenté le prototype en installant un troisième miroir collecteur. Cela nécessiterait le déménagement de l’instrument sur un site plus favorable. D. Ils ont aussi. Elle pourrait comporter. permettra de valider l’intégralité de la chaîne optique de l’hypertélescope. revenu de séjour postdoctoral à Hawaii. permettant des temps de pause très courts afin de « figer » la turbulence. J. il pourrait être agrandi ultérieurement à 36 m s’il s’avère possible de construire un correcteur focal d’aberration sphérique ouvert à F/1. et un correcteur focal à deux miroirs. Dejonghe. des essais préalables sur une étoile artificielle ou bien sur l’étoile Polaire visée en exploitant la pente d’une falaise. Enfin. . en attendant la disponibilité de la version agrandie mentionnée ci-après. Labeyrie. au foyer d’un miroir primaire dilué dont le diamètre atteindrait 100 ou 200 m et l’ouverture relative F/1. jusqu’à une centaine éventuellement. Une caméra à comptage de photons. avec l’aide de stagiaires. Dejonghe et H. La mise en service du prototype Carlina à l’Observatoire de Haute-Provence. De tels essais sont peut-être évitables par une modélisation poussée du système (le télescope Hubble de la NASA n’avait pas été validé en visant une étoile avant son lancement. en attendant un plus grand nombre. d’entreprendre un programme d’observation sur des étoiles super-géantes. J. Rabou) Une version agrandie. a été étudié à l’aide du logiciel de simulations optiques Zemax et est en cours de construction à l’Observatoire de Haute-Provence. dispositif optique destiné a concentrer la lumière sur un nombre réduit de franges. Ils préparent des observations de franges à trois ouvertures. fait un montage d’essai du système de métrologie à laser servant à co-sphériser les miroirs collecteurs avec une précision de l’ordre du micron. et d’évaluer les performances intrinsèques de l’instrument. Le Coroller. H. un système d’asservissement permettant de stabiliser le trépied de câbles du ballon a hélium et ainsi d’améliorer la stabilité de l’ensemble du dispositif optique de l’hypertélescope est actuellement réalisé par des techniciens et ingénieurs de l’Observatoire de Haute-Provence. Le Coroller. Etude d’un hypertélescope à ouverture de 100 à 200 m (A. Vernet. est simultanément étudiée. un correcteur compact d’aberration sphérique et un densifieur de pupille. destinée à entreprendre un programme scientifique d’imagerie directe sur de nombreuses étoiles et sources extra-galactiques. est également étudiée. s’il s’avère utile.

interrompue par un col dont la topographie pourrait convenir pour un hypertélescope Carlina. avec une résolution améliorée d’un facteur 10 à 20 (www. L’un des sites candidats étudiés par l’Europe. riches en information. Dejonghe. mentionné ci-après. ont été mis en œuvre sur les plus grands télescopes. Mais les données météorologiques ont permis d’en avoir une idée grossière en précisant les statistiques de vent et de nébulosité sur ce site.fr/lise/). Il faudrait alors recourir à la méthode d’interféromètrie des tavelures. l’observation pourrait débuter avant de disposer d’optique adaptative corrigeant la turbulence atmosphérique. Cependant. notamment par l’Europe. telles que les galaxies lointaines observées par les ELTs. Labeyrie) Les systèmes d’étoiles guide laser. Vernet. et donc d’observer des objets très lointains avec une résolution améliorée. l’instrument deviendrait utilisable sur des sources faibles.oamp. Faisabilité d’un hypertélescope couplé à un « Extremely Large Télescope » (ELT) Les projets actuels de construction d’ELTs. laquelle affecte la mise en phase des faisceaux. Il ne semblait pas facile d’adapter une étoile laser à un hypertélescope. soulèvent la question des possibilités de couplage avec un hypertélescope. Version pour hypertélescope d’une optique adaptative avec étoile guide laser (A. est apparue. lesquelles sont plus favorables qu’aux latitudes plus basses pour le vent. D. utilisant un système laser modifié. des versions terrestres pourraient donc devenir utilisable pour les observations de cosmologie sur les galaxies faibles et lointaines. Dans un second temps. Prospection de sites pour un hypertélescope (A. pour étendre à des sources très faibles ses capacités d’imagerie à haute résolution. Une seule nuit d’observation avec un petit télescope portant une caméra a montré que la turbulence locale peut atteindre une bonne qualité. sur lesquels elles permettent depuis quelques années d’étendre à des sources très faiblement lumineuses les techniques d’optique adaptative. Labeyrie. Ce dernier y gagnerait beaucoup quant à la science accessible. . dont le principe fut d’abord publié par Foy et Labeyrie en 1985. sans toutefois renseigner sur la fréquence des nuits utilisables. est une longue crête orientée nord-sud. une optique adaptative devrait former directement des images à haute résolution. lequel pourrait être couplé interféromètriquement avec l’ELT. qui a permis de retrouver la résolution théorique des grands télescopes classiques. La théorie a pu être vérifiée en partie avec un montage de laboratoire. Lardière) La prospection entamée les années précédentes a été poursuivie en mesurant la turbulence sur l’un des sites visités. H. Le Coroller. O. à Barrosa dans les Pyrénées espagnoles. S’il s’avère possible d’ajouter un système d’étoile guide laser. J. sur la sierra Macon dans les Andes d’Argentine. une possibilité de solution.ASTROPHYSIQUE OBSERVATIONNELLE 165 Après la construction. En attendant la construction d’hypertélescopes dans l’espace.

Cette méthode.doi. 2008). Krikorian) R. L’Observatoire du Pic du Midi. contrairement à l’approche anholonomique. est apparue la possibilité d’une version « éthérée ». Etude d’un hypertélescope dans l’espace (A. Par exemple. L’interprétation physique des équations tensorielles décrivant la supraconductivité dans le cadre de la relativité générale présente des difficultés dues au fait que les relations permettant de passer des grandeurs tensorielles absolues aux grandeurs physiquement mesurables ne sont pas définies de manière univoque. Une première approche adoptée pour la formulation des équations tensorielles en terme de grandeurs physiquement mesurables a été la méthode des tétrades. Le calcul de leur comportement est plus facile. Ce résultat est atteint : (i) par l’introduction.. mais il s’agirait maintenant de constituer un grand miroir dilué en piégeant de petits miroirs solides. ainsi que leur mise en œuvre. au moyen d’opérateurs de projections convenablement définis. de grandeurs « standard » relatives au système de référence associé au système de . 2007. est réputé pour fournir occasionnellement des images exceptionnelles. Krikorian a poursuivi l’étude de certains aspects de la supraconductivité dans un espace-temps courbe. les équations tensorielles absolues sont écrites sous une forme semblable à celle de la physique newtonienne et interprétées en employant le langage de la physique classique.166 ANTOINE LABEYRIE et raisonnablement favorables pour la nébulosité.fr/infoglueDeliverLive/www/OHP/Actualit%E9s?contentId=1148). 2008.1007/s10686-008-9123-8). http://dx. Les champs électrique et magnétique. Dans cette approche les équations sont écrites à l’aide d’invariants vis-à-vis des transformations générales des coordonnées d’espacetemps. Labeyrie) Après la proposition faite l’année précédente à l’Agence Spatiale Européenne (www. il n’existe pas de façon unique de déduire du tenseur absolu champ électromagnétique les champs électrique et magnétique physiquement mesurables. Astrophysics. définis à l’aide des composantes anholonomiques du tenseur champ électromagnétique sont donc des scalaires qui se transforment selon les lois de la relativité restreinte dans un changement de repères orthonormés. Cette méthode a été notamment utilisée pour obtenir les expressions des champs électrique et magnétique à l’intérieur des supraconducteurs de type I et II (Nuovo Cimento. la méthode des projections de Cattaneo. Il existe dans la littérature une autre approche pour l’interprétation des équations tensorielles absolues de la relativité générale. org/10. Astrophysique théorique et relativité générale (R.oamp. Cette version est mentionnée de façon préliminaire dans une publication résumant la proposition (Labeyrie et al. a un caractère purement tensoriel . laquelle peut être expérimentée en laboratoire. De grands miroirs formés de nano-particules piégées par laser avaient été étudiés les années précédentes. situé non loin sur le versant français de la chaîne. utilisant de petits miroirs piégés par des faisceaux de laser.

2008. Nuovo CimentoB.. Labeyrie. & Dejonghe J. 123. A. Présentations invitées et séminaires A. « Tetrad formulation of the dynamical equations of type II superconductors in curved space-time ». Université d’état d’Erevan. 217. partielle ou covariante. 2007.1007/s10686-008-9123-8. from stars to deep-field cosmology ». Nuovo Cimento B 122. « Etoile guide laser pour hypertélescope ».M. & Sedrakian D.A. ont rassemblé une vingtaine de chercheurs français et étrangers. Labeyrie..ASTROPHYSIQUE OBSERVATIONNELLE 167 coordonnées physiquement admissibles . 2007. Marseille 2008 Deux journées de discussion sur le « Cophasage des ELTs.doi. 401. Ce travail a fait l’objet d’une publication. « Superconductivity in curved space-time and the object of anholonomity ». upgradable high-resolution imaging. 2008. Astrophysics 51. séminaires et conférences Krikorian R. (ii) en définissant un opérateur de dérivation transverse. à paraître dans Experimental Astronomy. & Krikorian R. proc. Le Coroller H. III. invité à faire une présentation au colloque « Extremely Large Telescopes at Different Wavelengths » à Lund (Suède) les 29 et 30 novembre 2007. En collaboration avec D. 20 mars 2008. Krikorian R. Le site web du LISE (www. Garcia qui prend en charge sa maintenance et l’implantation d’une version en anglais. D. .A. 58. Labeyrie les 18 et 19 mars 2008. http://dx. la méthode de Cattaneo a été utilisée pour l’interprétation physique des équations covariantes décrivant les propriétés des supraconducteurs de type II. interféromètres et hypertélescopes ». ces grandeurs se transformant selon les lois tensorielles classiques vis-à-vis des changements de coordonnées internes au système de référence . Rev.A. Ce travail sera soumis à la revue Phys. séminaire à l’Observatoire de Lyon.. « Covariant formulation of the basic equations of quantum vortices in type2 superconductors ». Les équations tensorielles absolues de London écrites à l’aide de ces grandeurs « standard » ont donc la même forme que les équations vectorielles classiques reliant la vitesse du superélectron au champ électromagnétique avec des termes supplémentaires représentant l’influence du champ de gravitation. « Luciola hypertelescope space observatory: versatile. Labeyrie et al.. organisées au Collège de France par H. 184501-1. 2008.oamp. Krikorian R.M..fr/lise) a été mis à jour et amélioré par Mme V. 21 mars 2008. Conférence publique et site web A.A. « Le regard des géants : les grands télescopes du futur changeront-ils notre conception actuelle de l’Univers ? » Planétarium de Vaulx-en-Velin. Sedrakian. Labeyrie. Le Coroller et A.. « Superconductivity in curved space-time and Cattaneo’s projection method ». SPIE conf. s’en est acquitté par vidéo-conférence. « Steps toward hypertelescopes on Earth and in space ». Labeyrie A. Phys Rew B 76. Sedrakian D. Publications.org/10. Les expressions des champs électrique et magnétique déduites des équations « standard » ont été comparées à celles obtenues par la méthode anholonomique...

.

caténanes et nœuds moléculaires met à profit l’assistance d’effets supramoléculaires pour mettre en place les différents composants qui seront ensuite connectés par des réactions post-assemblage. professeur Le cours de l’année 2007-2008 a porté sur « Autoorganisation moléculaire et supramoléculaire ». a) Cavités organiques : cyclodextrines. cucurbituriles La formation de rotaxanes a mis en œuvre l’aptitude de cavités moléculaires de grande taille. de la formation de liaisons hydrogène. V. à l’Université d’Etat M. d’interactions électrostatiques. utilisant par exemple l’α-cyclodextrine. membre de l’Institut (Académie des Sciences). Des cours ont été donnés à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg (3 h).Chimie des interactions moléculaires M. Jean-Marie Lehn. Deux différentes stratégies de synthèse ont été mises au point. Cours au collège de France 1) Autoorganisation supramoléculaire d’architectures entrelacées L’autoorganisation d’architectures entrelacées de type rotaxanes. . Lomonossov de Moscou (4 h) et à la City University de Hong Kong (4 h). à former des complexes d’inclusion avec de nombreux substrats moléculaires. Ces effets supramoléculaires peuvent résulter de la coordination d’ions métalliques (cours 2005-2006). telles que celles des cyclodextrines et des cucurbituriles. de forces de Van der Waals.

des rotaxanes dérivant de la [6] cucurbiturile ont été obtenus. . CD 2. F NO2 NO2 O 2N N H O O O O O O O 2N N H NO2 De manière analogue.170 JEANMARIE LEHN La formation de polyrotaxanes et de caténanes a aussi été réalisée. H 2N O O O O O O 2N O NH2 1.

CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 171 b) Polyéthers macrocycliques Les polyéthers macrocycliques forment des rotaxanes avec des cations ammonium qui s’insèrent dans la cavité centrale par formation de liaisons hydrogène avec les sites oxygène. avec des cations polyammonium et des caténanes. . De nombreuses superstructures de ce type ont été obtenues. y compris des polyrotaxanes.

3X [2]rotaxane . 85.4P F 6 [8 7.2PF 6 + + + M eC N 2PF 6 87 .3X N N + 3X R oom Temp erature + N N Br Br 86 Br O O O O O Insertion B PP3 4C 10 O O O O + N H 4PF 6 O O O O O O 4PF 6 3X O + O O O O + + + + Cyclisation O Br O O O + O O O O O O 88.et poly-rotaxanes et caténanes. Cette approche s’est révélée particulièrement fructueuse et a permis d’obtenir de nombreuses architectures mono.B PP 34C 10 ].172 JEANMARIE LEHN Structures RX c) Macrocycles Accepteur/Donneur L’introduction de groupements riches en électrons (Donneurs) ou pauvres en électrons (Accepteurs) dans un récepteur macrocyclique permet l’insertion d’un substrat contenant le groupe complémentaire dans la cavité centrale.

4PF6 De tels rotaxanes ont été mis en œuvre pour la réalisation de dispositifs supramoléculaires présentant des mouvements moléculaires par déplacement contrôlé d’un composant par rapport à un autre. 2) Autoorganisation de brins moléculaires a) Chaînes polyhétérocycliques Le repliement de brins moléculaires peut être contrôlé par la mise en œuvre de codons de repliement (« folding codons ») présentant une conformation préférée. O O O O O O O O O or O O O O O O O O O O N N BPP34C10 2. .CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 173 O + N N + 1. Contrôle Électrochimique de la Position du Cyclophane Tétracationique dans une « Navette » Supramoléculaire Linéaire à Deux Stations Des rotaxanes et caténanes ont aussi été obtenus en utilisant l’effet de support d’un anion complexé.4PF6 94. NH4PF6 / H2O MeCN 1/5DN38C10 91.2PF6 Br Br 92 O O O O O O O O O O O O O O O O O O O O + 20% + O O O O O O + 4PF6 + or 4PF6 + 31% + O O O O O + O O O O O + O O O O 93.

60 Å N N N N N N N N N N N N N N N N N N N NN N De plus cette méthode rend accessible la génération de polymères hélicoïdaux par polycondensation. force un brin moléculaire à adopter une forme hélicoïdale ou linéaire ou une combinaison de deux. Ainsi une séquence pyridine-pyrimidine-pyridine est un codon d’hélicité et une séquence de groupes pyridine. H C 3 N N N CH3 N N N N N CH3 N N N CH3 N N N N N CH3 N N N CH3 N N N N N CH3 N N N N N CH3 N N N N N CH3 N N N CH3 N N N N N N N N NN N N N N N N NN N N N 11. On peut ainsi obtenir des hélices moléculaires à tours multiples. Il en résulte qu’une séquence de quelques groupes. . un codon de linéarité. choisis de façon adéquate. Le remplacement d’un groupe pyridine par une hydrazone facilite beaucoup la synthèse de ces brins moléculaires et permet d’obtenir ainsi des hélices à tours multiples.174 JEANMARIE LEHN Ainsi des groupes aza-hétérocycliques connectés en position α des atomes d’azote donnent lieu à une orientation transoïde par rapport aux liaisons C-C de connexion.

CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 175 H N N H N n H N N N R2 N R1 N N N N N N H N H2N N R1 N H N N H2 + O H C N R2 N H C O R2 N N H N N H NH N N NH N N N H R1 N N N N H N N N N H N N N N N N R2 R1= Me O OMe OMe R2= N N NH N N NH N N N N R2 b) Chaînes pyridine-carboxamides Différents autres éléments structuraux ont été utilisés. Crystal Structure of Double Helical Heptamer En conclusion. En particulier. De plus. ces brins hélicoïdaux ont aussi l’aptitude de former des dimères en double hélice. . Elle ouvre d’intéressantes perspectives pour la génération de molécules synthétiques de forme contrôlée et imposée. du fait de la formation de liaisons hydrogène. ainsi que pour la compréhension des facteurs déterminant la conformation des molécules biologiques. la mise au point de codons structuraux rend possible le contrôle de l’autoorganisation de brins moléculaires. des enchaînements de groupes pyridine-carboxamides conduisent au repliement en hélice.

176 JEANMARIE LEHN Séminaires À Paris : — Olivia Reinaud (Université de Paris Descartes). Les Peroxidases et leurs Mécanismes. Balancing Intermolecular Interactions in the Design and Synthesis of Supermolecules. Exploration des métallo-biosites avec des calixarènes « complexes ». 12 février 2008. . Karlsruhe). Nanoscale Molecular Architecture : Design and SelfAssembly of Metallocyclic Polygons and Polyhedra via Coordination. Adrian-Mihail Stadler (CNRS. Philippe Turek (Institut de Chimie. 1er avril 2008. Expansion of the Scope of the [2 + 2] Cycloaddition/ Retro-Electrocyclisation Cascade Between Electron Rich Alkynes and TCNE. Auto-Organisation et Mouvements Moléculaires. From Databases to in silico Design of New Compounds. 11 décembre 2007. 23 juin 2008. Koumbis (Aristotle University of Thessaloniki). Strasbourg et Institut de Nanotechnologie. 22 octobre 2007. 17 décembre 2007. 26 février 2008. 5 mars 2008. Nucelotide Sequence Controls the Efficiency of Electron Injection and Transport in Duplex DNA. Strasbourg). Steven Rokita (University of Maryland). 2 octobre 2007. Jean-Pierre Bucher (IPCMS. — Gérard Férey (Institut Lavoisier de l’Université de Versailles). Résumé des activités de recherche A Laboratoire de chimie supramoléculaire (ISIS. Raymond Weiss (Université Louis Pasteur). 19 mars 2008. ISIS. 29 janvier 2008. Franck Zal (CNRS Roscoff ). Alexandre Varnek (Université Louis Pasteur). À Strasbourg : Peter Stang (University of Utah). Total Synthesis of Syributins. Université Louis Pasteur. 22 février 2008. Strasbourg). Philippe Reutenauer (ETH Zürich). Probing Electronic and Magnetic Properties of Atomic and Molecular Clusters with Sharp Tips. The Extracellular Hemoglobin of the Annelid Polychaete Arenicola Marina : A Natural Oxygen Carrier for Human Health. Strasbourg et UMR 7006 du CNRS) I — Dispositifs fonctionnels moléculaires et supramoléculaires 1) Dispositifs optiques Les propriétés optiques d’assemblées supramoléculaires de groupes porphyriniques pourvus d’unités de reconnaissance moléculaire complémentaires ont été étudiées. Secosyrins and Syringolides. Les métaux poreux sur mesure. Yoshihito Osada (Hokkaido University). Electron Paramagnetic Resonance: A Tool for the Study of the Magnetic Properties of Molecular Materials. Nathan Schultheiss (Kansas State University). 11 juillet 2007. Alexandros E. Intelligent Gelsl – An Approach to Artificial Muscles and Soft Tissue.

Un complexe paramagnétique tétranucléaire du fer(II) en forme de grille [2 x 2] s’est révélé être une nanosonde magnétique de très haute sensibilité de la formation de liaisons hydrogène (A.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 177 Elles sont le siège de transferts d’énergie dont la vitesse et l’efficacité dépendent de la géométrie supramoléculaire (1). Stefankiewicz). . 2) Dispositifs électroniques et magnétiques Les complexes linéaires multinucléaires du ruthénium(II) formés par des ligands polytopiques à sites tridendates présentent un remarquable comportement de « fil moléculaire » (2).

Ramirez.178 3) Dispositifs nanomécaniques JEANMARIE LEHN Des mouvements moléculaires réversibles peuvent être induits dans des brins moléculaires oligopyridine-dicarboxamide par protonation et déprotonation (3). à partir de composants hydrazide (X. Stadler). L’étude des mouvements moléculaires couplés par complexation et décomplexation successives de brins moléculaires polytopiques a été poursuivie (M. La formation sélective de grilles [2 × 2] hétérométalliques directement par autoorganisation avec sélection des cations et régiosélectivité a été étudiée (J. A. Cao). Des ligands bis-tridentates forment avec des cations lourds (HgII. Stadler). à partir de composants hydrazino-pyridine. III — Autoorganisation de systèmes organiques 1) Hélicité de brins moléculaires Des brins moléculaires contenant des groupes 1. Stefankiewicz). notamment complexantes (X. — en position « latérale ».8-naphtyridine adoptent une conformation hélicoïdale et forment des assemblées oligomériques avec des cations oligo-ammoniums (6). . 2) Superstructures en « grille » [2 × 2] L’autoassemblage de grilles métallosupramoléculaires [2 × 2] à partir de ligands fonctionnalisés permet la génération de multivalences avec présentation de huit groupements fonctionnels soit : — en position « axiale ».et bi-nucléaires (hélicates) (4). Des grilles fonctionnalisées destinées notamment à l’autoorganisation sur surface métallique ou avec des nanoparticules métallique ont été synthétisées (A. II — Autoorganisation de systèmes inorganiques 1) Hélicates Un ligand de type quaterpyridine forme des complexes hélicoïdaux mono.-N. A. Lalloz-Vogel. PbII) des architectures de coordination de type grille ou ratelier (5). Le mécanisme de formation des grilles [2 × 2] a été étudié par RMN (M. Cao). La mise en évidence des effets de cette multivalence repose sur l’apparition de propriétés nouvelles.M. Marquis).

. La structure moléculaire et la morphologie de polymères supramoléculaires formés à partir de monomères portant des groupes de reconnaissance complémentaires de type Janus a été étudiée (9). 2) Matériaux / Polymères supramoléculaires Des mesures de rhéologie et de diffusion de lumière dynamique ont permis d’étudier les propriétés dynamiques de solutions semi-diluées de polymères supramoléculaires (8).CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 179 Des brins moléculaires à sous-unités hétérocycliques présentent une diastéréoisomérie hélicoïdale (7). Des monocouches incorporant deux composants ont été obtenues et la formation d’ordre à l’échelle subnanométrique a été mise en évidence par STM (10).

180 JEANMARIE LEHN Une étude détaillée par diffusion de neutrons aux petits angles a été réalisée sur la modulation par décoration dynamique de la structure de gels générés par des quadruplexes de guanosine (11). . Les hydrogels basés sur des quadruplexes formés par un dérivé hydrazide de la guanosine effectuent une sélection structurale et une libération controlée de molécules bioactives (12). Cette méthode permet d’analyser la composition de la bibliothèque en fonction des rayons hydrodynamiques des espèces présentes (13). IV — Chimie Dynamique Constitutionnelle (CDC) 1) Sélection / Adaptation en Chimie Dynamique Constitutionnelle L’évolution forcée d’une bibliothèque dynamique constitutionnelle (BDC) de brins hélicoïdaux sous l’effet de la complexation d’ions a été étudiée par des mesures de RMN DOSY.

Schulteiss). la formation d’hémiacétals entre alcools et groupes carbonyles. L’adaptation d’une BDC à un changement de forme de l’un des composants permet d’opérer une commutation constitutionnelle entre deux types d’espèces. de type W et U. l’interconversion entre deux formes. La possibilité d’influencer le comportement d’une BDC par complexation des constituants a été explorée (N.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 181 La mise en œuvre d’une nouvelle réaction réservible en CDC. Des processus de sélection multiple faisant intervenir différents composants de grilles [2 × 2] sont en cours d’étude (M. a été réalisée dans un système dynamique. Ainsi. Ulrich). Elle conduit à une commutation entre un état macrocyclique et un état polymérique (14). conduisant à la génération de couleur et de fluorescence à l’interface entre deux films de dynamères différents (15). . Folmer-Andersen). a été explorée. en particulier sous l’effet de la complexation de cations (D. Ce type de commutation constitutionnelle donne lieu à des phénomènes très intéressants d’adaptation par sélection de composants sous l’effet du changement de morphologie ainsi qu’en fonction de la nature de l’effecteur (ions métalliques de différentes tailles) (S. Polymères covalents réversibles Des optodynamères ont été obtenus. Drahonovsky). 2) Dynamères covalents. Elle permet la génération de BDC. Chmielewski). La mise au point de mesures de l’effet de l’application d’un champ gravitationnel par ultracentrifugation sur une BDC a été poursuivie (F.

Fujii). Les mélanges dynamiques obtenus par formation réversible d’hydrazones permettent d’effectuer une libération controlée d’aldéhydes et de cétones volatiles (18). Une modification de constitution de dynamères par interconversion entre une solution et un état solide démontre une capacité d’adaptation de tels systèmes à l’environnement (17). FolmerAndersen).182 JEANMARIE LEHN La transformation des propriétés mécaniques et optiques de films de métallodynamères neutres par échange constitutionnel a été réalisée (16). . La modification de taille de dynamères amphiphiles sous l’effet de la température et la sélection de composants par effet hydrophobe ont été réalisées (F.accepteur présentant un repliement de chaine (S. Une sélection de composants par complexation de cations métalliques a été démontrée pour des dynamères donneur.

H. L.. Hnatejko. J. Nifaitis. A.-M. Walesa. Prokhorenko. Campagna. M. L. 2910-2920. Eur..-M. Chem. P. 2. Publications 1. Nastasi. L’action de ces effecteurs sur la courbe d’oxygénation de l’hémoglobine a été mesurée in vitro et in vivo (C. 3. Une revue a été rédigée sur l’autoassemblage et la chimie combinatoire dynamique à la fois dans des systèmes chimiques et des systèmes biologiques (22). Hauschild. Berova. 13. Lehn. S. 2007. V.M. Drain. Les résultats obtenus sur la génération de glycodynamères fluorescents ont été publiés (20). A. 4. Kubicki. 6144-6147. Chem. M. Eur. S. F. G. Pescitelli. J.R. Koumbis.-M. J. Huang. S. Syntheses and Energy Transfer in Multiporphyrinic Arrays SelfAssembled with Hydrogen-Bonding Recognition Groups and Comparison with Covalent Steroidal Models. Coordination Architectures of Large Heavy Metal . Loiseau. Kalt. Molecular Wire Type Behavior of Polycationic Multinuclear Rack-Type RuII Complexes of Polytopic HydrazoneBased Ligands. Lebedkin. J. K. Berl. Harrowfield. Zeller. Kolomiets. J. F. Ciesielski. 2007. Allouche. R. Ed. N. Smeureanu. A. Lehn.-M. 2008. Angew. Eur. G. J. Pothukanuri).and Dinuclear (Helicate) Forms. J. Inorg. A. Huuskonen.. V. Int.-M.M. Stefankiewicz. 5. 5466-5479. C. Lehn.-Mihail Stadler. J. Rissanen. 13. V — Chimie Bioorganique et Médicinale La synthèse de différentes classes d’effecteurs allostériques de l’hémoglobine a été poursuivie (K. Harrowfield. Quaterpyridine Ligands Forming Helical Complexes of Mono. Balaban. Patrioniak.S. Ramirez. J. Chem.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 183 3) Biopolymères dynamiques. Duarte). 46. 2007. J. de même que la formation d’analogues dynamiques d’oligosocchariodes de type arabinofuranoside (21). J. Fylaktakidou. J. Brelot. T. L’effecteur inositol-trispyrophosphate (ITPP) présente des propriétés très prometteuses à la fois dans le domaine cardiovasculaire et en oncologie. I. X. Riedel. Jankowski. F. J. Helical Folding of Oligopyridinedicarboxamide Strands. E.Biodynamères La synthèse de divers composants permettant la génération de BDC d’analogues d’acides nucléiques a été réalisée (19). A. Lehn. Z.M. 8411-8427. Chem. Lehn.-M. V. G. Stadler..

J. Helv. J. S. J. 2008. 5007-5010. 14. Fujii. Schmutz. J. 2008.184 JEANMARIE LEHN Cations (Hg2+ and Pb2+) with Bis-tridentate Ligands: Solution and Solid-State Studies.-J. Ed. cation binding. 2007. 10058-10059. Chem.-M. Sreenivasachary. Schmutz. Modulation of the Supramolecular Structure of G-Quartet Assemblies by Dynamic Covalent Decoration. 486-496. 11. B.-J. Anorg. Structure of Supramolecular Polymers Generated via Self-Assembly through Hydrogen Bonds. Pace. Barboiu. Petitjean.T. L. 2281-2314.-M. J. Cuccia. 4363-4365. 18. Reversible switching between macrocyclic and polymeric states by morphological control in a constitutional dynamic system. Structural Selection in G-Quartet-Based Hydrogels and Controlled Release of Bioactive Molecules. Physical Review E. 17. P.-F. Fieber. Ruff. Metallodynamers : Neutral Dynamic Metallosupramolecular Polymers Displaying Transformation of Mechanical and Optical Properties on Constitutional Exchange. Lehn. 47. Ed. E. Chem. J. Rev. M. D. 2435-2444. Buhler. Schmitt. Glycodynamers: Fluorescent dynamic analogues of polysaccharides. J. Angew. .-M. 2007. Synthesis of Components for the Generation of Constitutional Dynamic Analogues of Nucleic Acids. Herrmann. Chim. Helical Diastereomerism in Self-Organization of Molecular Strands. 3556-3559. 90.A. 15.. N. Kolomiets. Lehn. Dynamical Properties of Semidilute Solutions of Hydrogen-Bonded Supramolecular Polymers.. Org. 2008. Samori. 47. J. Chem. Mol. Chim. S. Chow. E. S. Ono. Optodynamers: Expression of Color and Fluorescence at the Interface between two Films of Different Dynamic Polymers.. Taylor. Helv. 2007. Lehn. Lehn. 2007. 21. J. E. Petitjean. Buhler. J. 19. 2008. Cryst.-M. Ed. Guenet.. 2007.. Giuseppone. Int.. Crystallization-Driven Constitutional Changes of Dynamic Polymers in Response to Neat/Solution Conditions. S.-M. A. . . Angew. A. Chem. Acta. 2008. 9. 91.-M. S. A. Ed. Hickman. 2235-2239.. Angew. J. 959-976. Ulrich. Acta. Subnanometer-resolved patterning of bicomponent self-assembled monolayers on Au(111). Levrand. Am. Chem Int.-M. W.-M. Int. 2008.. 2007. Dynamic Ligand Assembly in Comprehensive Medicinal Chemistry II. Chem. Naphthyridine-based helical foldamers and macrocycles: Synthesis. N. M. Sarazin. O. Z. Chem.. Y. 12. Lehn. 47. Lehn. 20.-M. Lehn. G. 2481-2495. Angew. Int.-L. 10. Lehn. and supramolecular assemblies. J. 59. 187-201. 633. Liq. J. Candau.-M. Lehn. 7. Chim. Oxford. Ramström. J. L. Lalloz-Vogel. 2240-2243.-N. Biopolymers. Lehn. Chem Commun. 061804-1-061804-8. Int. Nobori. Lehn. 22. D. Glycodynamers: Dynamic analogs of arabinofuranoside oligosaccharides. Asian J. J. Cryst. Angew. 76. Lehn. 468. M. 129.. Fujii. C. 2007. Sreenivasachary. Allg. 4360-4362. Allouche. 2007.-M. 1-20. Cheuk-Fai Chow. Lehn. Commun. D. N. 46.-M. J. Controlled Release of Volatile Aldehydes and Ketones from Dynamic Mixtures Generated by Reversible Hydrazone Formation. J. Triggle. Ltd. 3. 2484-2488. Sreenivasachary. J.. 2007. Ed. Y. Lehn. Eds. Lehn. T. A. 16. 89.-M. J. Chem. Ruff.. Soc.-M. T. 47. Elsevier. 73. Chem. Lehn. Lehn. Petitjean. 2008. 2008.-M. 134-139. (Bucuresti). J. J. 13.-M. N. Fujii. 2008. S. Harrowfield. Candau. Chem.-M.-M. J. M. DOSY NMR Experiments as a Tool for the Analysis of Constitutional and Motional Dynamic Processes: Implementation for the Driven Evolution of Dynamic Combinatorial Libraries of Helical Strands. J. 255-259.

• XXI Sitges Conference on Statistical Mechanics. • The Technion’s Nobel Laureates Symposium. Universität Karlsruhe (TH). • III St Petersburg Meeting of Nobel Prize Laureates. Steps towards Complex Matter: Information. 5 mars 2008. Paris. 18 mai 2008. 24 janvier 2008. City University of Hong Kong. 25-26 avril 2008. Self-Organization. Collège de France. • 100th Anniversary of Annual Korean Chemical Society Meeting. Metallosupramolecular Architectures and Beyond. Self-Organization and Functional Supramolecular Devices. Fudan University. San Sebastián. • 3rd International Symposium on Novel Materials and Synthesis (NMS-III). Nanoscience and Nanotechnology — The SelfOrganization Approach. 14 mai 2008. École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). St Petersburg. 1er mai 2008. . Paris.CHIMIE DES INTERACTIONS MOLÉCULAIRES 185 Conférences présentées sur invitation Professeur Jean-Marie Lehn 47 conférences. Perspectives in Chemistry: From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. Von der Materie zum Leben : Chemie ? Chemie ! • Séminaire “questions d’émergence”. 20 octobre 2007. • “Contemporary Chemistry Conferences”. Shangai. 26 juin 2008. 23-28 septembre 2007. • DeGennes Days. Bucarest. • Symposium on Metal-Rich Compounds. Haifa. Technion. 3 septembre 2007. le laboratoire de Chimie de Interactions Moléculaires a été fermé. Universitat de Barcelona. • XVIIIth Mendeleev Congress. • France-Hong Kong Distinguished Lecture. • Distinguished Schulich Lectureship Award Colloquium. Nanotechnologies: research and education. dont par exemple : • Trends in Nanotechnology International Conference (TNT2007). and Adaption in Chemical Systems. 8 octobre 2007. Technion. Israel Institute of Technology. 19 mai 2008. Functional Nanostructures and Dynamic Materials through Self-Organization. Jena. Perspectives in Chemistry: From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. B) laboratoire de chimie des interactions moléculaires Collège de France Du fait des difficultés engendrées par les travaux de rénovation des locaux. La Notion d’Émergence en Chimie. • Academia Europaea – Klaus Tschira Foundation “Complexity”. 6 juin 2008. Daegu. National Symposium with International Participation. 18 octobre 2007. Moscou. Heidelberg. From Supramolecular Chemistry to Constitutional Dynamic Chemistry. Chemistry: Retrospects and Prospects. 30 octobre 2007. Self-Organization by Design and by Selection. Karlsruhe. From Matter to Life : Chemistry ? Chemistry! • Ernst-Abbe-Kolloqium. Haifa. Perspectives in Chemistry: From Supramolecular Chemistry to Constitutional Chemistry.

Chevre.-P. Acad. P. . 23. 42. Desigaux. Nat. Sci. R.186 JEANMARIE LEHN Il a été montré que les lipo-aminoglycosides obtenus antérieurement présentent un transfert et une interférence de siRNA (23). E. USA. J. 104. Letrou-Bonneval. L. Sainlos. Proc. Pitard. M. 16534-16539. Distinctions — Prix — Nominations Jean-Marie Lehn a reçu des Doctorats Honoris Causa de l’Université de Patras et de l’Université Babeş-Bolyai (Cluj-Napoca) ainsi que la Médaille Costin Nenitzescu de la Société Roumaine de Chimie. B. Il a été nommé Membre d’Honneur de cette société ainsi que Grand Officier dans l’Ordre du Mérite Culturel de Roumanie (section Recherche Scientifique).-M. Lehn. 2007. O. Il a été nommé Professeur Honoraire de l’Université de Zhejiang (Hangzhou) et de l’Université Normale du Shaanxi (Xi’an). Vigneron. Self-Assembled Lamellar Complexes of siRNA with Lipidic Aminoglycoside Derivatives Promote Efficient siRNA Delivery and Interference. Lehn. J. Lambert.

Il est en fait possible d’utiliser directement ces frustules dans la conception de dispositifs électroniques.Chimie de la matière condensée M. Aujourd’hui. Ces frustules. Nous avons progressivement réussi à maîtriser le feu de façon à obtenir des températures de plus en plus élevées. qu’en mettant à profit la conductivité ou les propriétés de luminescence des frustules de silice. présentent une structure poreuse tout à fait remarquable couramment utilisée pour la réalisation de filtres ou de supports de catalyseurs. micro-algues unicellulaires. membre de l’Institut (Académie des Sciences). Ceci nous a permis de passer de l’âge du cuivre et du bronze. 1. à l’ère du silicium et de l’informatique. Pour cela. des biomatériaux nanostructurés Les diatomées. élaborent des exosquelettes de silice (frustules) qui les protègent tout en laissant passer la lumière nécessaire à leur activité photosynthétique. on peut réaliser des micro-capteurs capables de détecter des traces de certains gaz. On forme ainsi des nano-matériaux à base d’oxydes . le vivant nous offre des exemples remarquables qui remontent souvent au début du Cambrien. Jacques Livage. dont le diamètre est de l’ordre de quelques microns. Dans ce domaine. Les diatomées. Le but de ce cours était de montrer comment des micro-organismes pouvaient intervenir dans l’élaboration de matériaux nanostructurés. La porosité régulière et hiérarchisée de ces frustules présente même des propriétés de cristal photonique On a montré récemment que la silice pouvait être modifiée chimiquement sans altérer la morphologie des frustules. nous avons développé les exemples suivants. C’est ainsi. à celui du fer. nous cherchons à élaborer des matériaux nanostructurés répondant aux exigences des nanotechnologies modernes. professeur Les matériaux nanostructurés L’élaboration de matériaux par l’homme remonte à la découverte du feu.

qui se présentent sous forme d’anneaux peuvent être utilisés pour déposer de façon régulière. Matériaux nanostructurés et polypeptides Les peptides peuvent être utilisés pour lier entre-elles. Une commutation réversible d’un état isolant (OFF) à un état conducteur (ON) est observée au-dessus d’une tension seuil. Cu. Des dispositifs de commutation ont même été publiés récemment dans lesquels les virus. Pd. On peut aussi réaliser des nanotubes métalliques (Au. Il est même possible de réduire toute la silice en silicium élément de base de l’électronique moderne. qui se présente sous forme d’un bâtonnet de 300 nm de long. CdS) de métaux (Co. Les peptides présentent souvent des structures tubulaires que l’on peut utiliser comme templates pour élaborer des nanotubes. Les nanoparticules s’associent pour former nanostructures en chaînes. semi-conducteurs). Ni.…) et les déposer entre deux électrodes pour réaliser des nanocircuits électroniques. 2. le lanréotide. a été abondamment étudiée comme template pour la réalisation de nanocomposants dans les circuits électroniques. On peut jouer sur la complémentarité des deux brins d’ADN pour associer les nano-composants et réaliser de véritables circuits tels que des transistors à effet de champ ! 4. Le contrôle de l’information génétique (ARN ou ADN) permet de contrôler la nature de l’enveloppe protéique qui les recouvrent et dans laquelle certains acides aminés peuvent servir de germe pour nucléer la croissance de nanoparticules. C’est ainsi que l’équipe animée par Franck Artzner a utilisé un polypeptide. . un ensemble de nanoparticules minérales (métaux. Cu. Les chaperons moléculaires. Des ions métalliques peuvent être insérés entre les deux brins de l’ADN ou fixés à leur surface via les groupements phosphates. pour élaborer des nanotubes de silice. oxydes. Un choix judicieux des acides aminés constituant le peptide permet d’initier la précipitation d’un composé choisi à la surface. Virus et nanomatériaux De nombreux virus ont été utilisés pour élaborer des nanomatériaux. recouverts de nanoparticules métalliques sont insérés entre deux électrodes.188 JACQUES LIVAGE MgO. de façon contrôlée. des nanoparticules semi-conductrices qui pourraient intervenir comme nanocomposants dans les mémoires flash des clés USB ! 3. …) et même de polymères (polyaniline). Deux types de virus ont été pris comme exemples dans le cours. TiO2 ou BaTiO3. De l’ADN aux transistors L’ADN. voire même des édifices 3D. intérieure ou extérieure du peptide. Fe3O4) de semi-conducteurs (PbS. Pt. Il permet d’élaborer des nanotubes d’oxydes (SiO2. molécule de base de la vie. • Le virus de la mosaïque du tabac. réseaux carrés. puis réduits in situ pour donner des nanofils conducteurs ou semi-conducteurs.

recouvertes de nanoparticules d’or. MFe2O4 (M = Co. …). simplement en introduisant des ions étrangers dans le milieu de culture. Ce virus. des molécules aux architectures périodiques par Mir Wais Hosseini (chimie de coordination organique – Strasbourg) • Les nano-médicaments. Cinq familles de peptides différentes peuvent être génétiquement modifiées ce qui ouvre de vastes perspectives. surface et symétrie. une nouvelle approche thérapeutique des maladies graves par Patrick Couvreur (Pharmacie – Chatenay Malabry) • Matériaux hybrides nano-structurés par Clément Sanchez (Chimie de la matière condensée – Paris VI) • Molécules. Le gonflement réversible de la membrane de peptidoglycane modifie la distance entre particules métalliques et donc la résistivité du bio-composant. Mn. Zn. Les séminaires 6 séminaires ont accompagné le cours afin de l’illustrer. plus long que le précédent (880 nm). transformer ces particules en spinelles. La plus belle réalisation est sans aucun doute l’élaboration de nanofils d’oxyde de cobalt Co3O4 qui peuvent servir d’électrode réversible dans des nanobatteries au lithium. des nanosphères de sélénium. les bactéries sont des objets vivants dont le métabolisme peut être mis à profit pour réaliser la synthèse de nanoparticules minérales. nanomatériaux par Roberta Brayner (Itodis. en particulier par l’équipe d’Angela Belcher aux USA.CHIMIE DE LA MATIÈRE CONDENSÉE 189 • Le bactériophage M13 a aussi été largement utilisé pour l’élaboration de nanomatériaux. 5. L’exemple des magnéto-bactéries qui élaborent des chaînes de nanocristaux d’oxyde de fer magnétique Fe3O4 est bien connu. contrôle de forme et propriétés physiques par Bruno Chaudret (Chimie de coordination – Toulouse) • La tectonique moléculaire. Une application originale consiste à utiliser des bactéries. Paris VII) • Nanoparticules organométalliques : chimie de surface. Les bactéries Par rapport aux exemples précédents. • Micro-algues et. Les cultures de bactéries vivant dans des milieux extrêmes permettent de précipiter des sphères creuses de ZnS. possède un manteau protéïque plus complexe. On peut. des nanocristaux de CdS et même des nanotubes de sulfure d’arsenic. comme capteur d’humidité. un mariage à trois par Denis Fichou (Nanostructures – CEA) .

deux cours ‘the sol-gel process’ et un séminaire ‘vanadium oxide gels. nous avons étudié par RMN à l’état solide la coquille siliceuse des diatomées. Activités de recherche 2007-2008 Notre démarche vise à explorer les domaines d’interface entre la biologie et les sciences des matériaux. Cette technique nous a permis de discriminer des molécules rigides et mobiles. des protéines mais aussi des lipides. Dans ce cadre. c’est-à-dire associées ou non au réseau de silice. sont encore mal connus. — la compréhension des conditions de survie d’organismes vivants au sein de structures minérales synthétique. Martin-Jézéquel (Université de Nantes) Afin de pouvoir mener une étude simultanée des parties minérales et organiques. Un certain nombre de molécules associées à la silice biogénique ont pu être identifiées mais l’étude de leur interaction vis-à-vis de la minéralisation ne permet pas encore de reproduire in vitro la complexité des organisations minérales observées in vivo. — l’élaboration de matériaux et nanomatériaux bio-composites à visées médicales ou biotechnologiques . Cette démarche s’articule selon trois thématiques principales : — l’étude des phénomènes de biominéralisation . Biominéralisation de la silice : approche analytique et modèles chimiques Les processus biologiques intervenant dans la formation de la silice chez les êtres vivants. . la coquille contenait encore des carbohydrates. Aussi une étude directe du matériau biologique est elle nécessaire.190 Cours et séminaires à l’étranger JACQUES LIVAGE Cette année nous avons présenté deux séries de cours et séminaires à l’étranger : • A Tunis. les 26 et 27 février 2008 sur la synthèse et les propriétés d’oxydes de vanadium . en particulier chez les diatomées. 13C et 15N et étudiées selon des méthodes de polarisation croisée. • A Uppsala. Nous avons ainsi pu démontrer que même après des traitements chimiques intensifs. après leur culture puis en fonction de différents traitements chimiques. versatile precursors for nanostructured materials’. ces diatomées ont été cultivées en présence de substrats enrichis en 29Si. Ce travail a été effectué en collaboration avec V. les traitements nécessaires à l’extraction de ces molécules peuvent entraîner leur dégradation. D’autre part. Ce dernier résultat est particulièrement intéressant car il suggère que le rôle des lipides dans la formation de la silice chez les diatomées a été sous-évalué jusqu’à maintenant.

dispersion colloïdale métastable. En parallèle. En collaboration avec M. nous avons cette année abordé un nouvel aspect lié à la biominéralisation chez les plantes supérieures.…) des seconds. domaine macroscopiquement biphasique (une phase visqueuse riche en gélatine en équilibre avec une phase diluée). thermique et photochimique sur leur activité enzymatique. magnétiques. afin de créer une synergie entre la complexité structurale et la biocompatibilité des premiers avec les propriétés physiques (optiques. nous cherchons à associer des macromolécules biologiques et des phases inorganiques. Djabourov (ESPCI). Nous avons ainsi mis en évidence l’existence d’une séparation de phase en deux temps laissant apparaître trois régions distinctes : liquide homogène. Nous avons mis en évidence une faible influence des clusters inorganiques sur la formation des triples hélices de gélatine à température ambiante et en revanche. Carn. Il est en effet connu que la silice est présente à des taux de 1 % à 10 % en masse chez certaines plantes. Nous avons poursuivi les mesures de rhéologie dans le domaine liquide homogène que l’on a combiné à celles de μ-DSC dans le but de sonder l’influence d’espèces vanadate fortement chargées négativement sur le changement de conformation de la gélatine. Nous avons d’ores et déjà pu montrer que la présence de la silice permettait de stabiliser des solutions de carboxymethylcellulose. Matériaux et nanomatériaux biocomposites Depuis quelques années. L’étude actuelle porte sur l’encapsulation de catalase dans ces matériaux à teneur variable en silice et à l’étude de stress hydrique. dans le cadre du poste d’ATER du Collège de France de F. diffusion de la lumière). ces études sont poursuivies à travers l’établissement de cartes de corrélation bi-dimensionnelle qui devrait nous permettre d’identifier les connectivités entre la matière organique et le réseau minéral. Ce travail est effectué dans le cadre d’une thèse en co-encadrement avec l’USTHB (Algérie). Nous cherchons donc à mimer des tissus végétaux silicifiés en élaborant des matériaux hybrides cellulose/silice et à évaluer leur impact sur la stabilisation de systèmes enzymatiques liés à la gestion du stress oxydatif.CHIMIE DE LA MATIÈRE CONDENSÉE 191 Actuellement.connus pour être impliqués dans la formation des rubans de V2O5. modifiant ainsi leurs propriétés de diffusion. Sur la base d’une étude détaillée de chaque région (RMN liquide et solide du 51V. nous avons poursuivi l’étude concernant l’association entre des macromolécules de gélatine et des clusters polyoxovanadates de type décavanadate [H2V10O28]4. En particulier. nous avons proposé un mécanisme de formation de ces phases fondé sur un processus de coacervation complexe déjà décrit pour des systèmes comprenant deux espèces polyélectrolytes de charges opposées. un impact très significatif sur le processus de fusion des . Cette silice joue un rôle de gestion des stress biotiques et abiotiques mais les mécanismes associés sont encore mal connus. nous avons établi le diagramme de phase du système [gélatine-vanadate] à 40 °C et pH acide.

Dans ce cas. L’influence de la matrice organique sur la croissance d’un réseau de V2O5 a également été montrée. Enfin. nous avons approfondi notre connaissance des systèmes nanoparticulaires hybrides associant un biopolymère et la silice. nous avons cherché à optimiser notre approche de synthèse de nanocomposites gélatine/silice par nano-émulsion afin de réduire la dispersité en taille des particules obtenues. Ce résultat surprenant a été discuté et comparé au comportement « modèle » d’une solution de collagène natif (100 % de triples hélices). Cette même molécule a été encapsulée dans des nanoparticules combinant acide alginique et silice obtenues par voie aérosol. comportement mécanique en traction). Ce travail a été effectué en collaboration avec R. Paris). Ces résultats nous permettent de mieux appréhender les conditions optimales pour la mise au point de nanovecteurs hybrides afin de pouvoir étendre notre stratégie à d’autres biopolymères de structure et de charge différente. En parallèle. au sein de ces particules. F. Elle suppose cependant la connaissance de la réponse spectrale de composés modèles. Fayolle (ENSAM. Nous avons pu ainsi vérifier que ce médicament restait présent tout au long de la synthèse au sein des nanocomposites. Y. cette dispersité ayant un très fort impact sur la délivrance de médicaments in vivo. Nous avons mis en évidence notamment que ce matériau hybride possède une stœchiométrie bien déterminée. nous avons cherché à encapsuler une molécule antibiotique. RMN solide 51V. nous avons effectué une caractérisation détaillée de la phase visqueuse obtenue dans le domaine bi-phasique après retour à l’ambiante (ATG. d’autres noyaux comme 133Cs ont également été étudiés et nous avons pu attribuer de façon claire les signaux RMN aux sites vanadium et césium des structures cristallographiques et préciser la localisation des sites OH du cluster inorganique. Man (SIEN. Les mesures en traction ont été effectuées en collaboration avec B. DSC. Ces expériences permettent de sonder l’espace interfoliaire des phases CsV3O8 ou les connectivités spatiales entre les ions Cs+ et le réseau de liaisons hydrogène du décavanadate de césium. Ceci suggère qu’une fraction du médicament est adsorbée à la surface des nanocomposites et non encapsulée. la nitrofurantoïne. Boucher. M. et ce indépendamment de la composition (rapport silice/alginate) de la particule.192 JACQUES LIVAGE triples hélices. Dans un deuxième temps. Dans un premier temps. La spectroscopie RMN du solide est une technique intéressante pour caractériser des matériaux hybrides désordonnés. Nous avons également effectué des expériences 133Cs-1H HETCOR CP MAS qui n’ont jamais été reportées dans la littérature. Paris et C. Millot et P. C’est pourquoi. Payen (IMN). nous avons pu observer un départ très rapide mais partiel de la molécule lors de sa dispersion en milieu aqueux. UPMC) et L. . DRX. Truflandier. Outre le noyau 51V. nous avons continué notre approche consistant à coupler des expériences RMN à des calculs ab-initio sur le décavanadate de césium et des phases lamellaires de type CsV3O8. Il peut être facilement mis sous forme de film et se comporte mécaniquement comme un élastomère avec une contribution significative du réseau de triples hélices. Hajjar.

Ce travail s’effectue en collaboration avec R. nous avons exploré la possibilité de former des gels inorganiques par une voie colloïdale. en présence de glycérol. probablement due à un temps de gel trop rapide (quelques dizaines de secondes pour l’alumine contre 3-4 minutes pour la silice). En suivant une approche similaire. nous étudions actuellement l’effet de la transition sol-gel sur le comportement et la survie de micro-algues présentant une importante motilité. En parallèle. Nous avons observé une perte importante (60 %) de viabilité lors de l’encapsulation. . une lyse cellulaire a été observée lors d’une mise en contact prolongé des cellules avec les colloïdes inorganiques. Dans ce cas. nous cherchons actuellement à encapsuler des micro-algues au sein de gels inorganiques. Brayner (ITODYS. de conserver leur activité métabolique pendant un mois et de les utiliser pour synthétiser des molécules d’intérêt thérapeutique. La principale difficulté est de mettre au point une voie de synthèse de la matrice minérale qui soit compatible avec la survie cellulaire. Notre démarche actuelle vise à étendre ce procédé à d’autres hôtes minéraux. Cependant. Cette approche nous a permis de réaliser la première encapsulation cellulaire par voie sol-gel dans une matrice d’alumine. un taux de viabilité de 50 % est obtenu pour une durée d’un mois. afin d’évaluer la capacité des poly-saccharides extra-cellulaires de ces organismes à protéger les cellules des stress physiques induits par l’encapsulation. Nous avons déjà démontré qu’il était possible d’immobiliser des bactéries au sein de gels de silice. Un nombre important de cations métalliques étant cytotoxique. Couté (MNHN. Ces résultats indiquent que le succès de l’encapsulation dépend non seulement des paramètres chimiques de la synthèse mais aussi de facteurs physiques liés à la contrainte mécanique imposée par la formation du gel et/ou à l’interaction colloïdes/paroi cellulaire. coli dans des gels de zircone. Afin de vérifier cette dernière hypothèse.CHIMIE DE LA MATIÈRE CONDENSÉE 193 Encapsulation cellulaire en milieu minéral Le futur développement de nouveaux dispositifs biotechnologiques utilisant des activités cellulaires va dépendre des possibilités d’intégrer des organismes vivants au sein de matériaux fonctionnels. Paris VII) et A. c’est-à-dire à partir de nanoparticules préformées. nous avons cherché à encapsuler des bactéries E. dans le cadre d’une thèse en co-encadrement financée par le réseau C’nano IdF et le CNRS. Ce résultat est similaire à celui obtenu pour les gels de silice et suggère que ces matrices d’alumine constituent un environnement favorable à la survie des bactéries. Paris). qui induit un stress important sur les bactéries Escherishia coli.

Hémadi.J. J. C. J. F. C. El-Nahal. Roux. J.M. A. Coradin. 7 (2007) 4649–4654. M. Tesson. Livage. Livage. J. Achard. L. Livage. Lopez. Ruiz-Hitzky. N. Coradin. M.M. Y. Coradin.M. T. Livage. Ribot. Chem. M. P. • Designing nanotextured vanadium oxide-based macroscopic fibers : application as alcoholic sensors. • Hydrothermal synthesis of amorphous MoS2 nanofiber bundles via acidification of ammonium molybdate tetrahydrate. M. Wiley-VCH (2007) p. Binet. N. dans Bio-inorganic Hybrid Nanomaterials . Brayner. Nanoscale Res. Babonneau. T. 28 (2007) 445-453. J. C. Technol. Coradin. Laghzizil. El-Ashgar.F.M. R. 65 (2008) 140-148. Gautier. N. M. R. El-Nahal.S. V. Chem. Mater. B. Editorial Universitaria (2007) p. Leroy. • From diatoms to bio-inspired materials… and back. L. Brayner. • A new route synthesis of immobilized-polysiloxane iminodiacetic ligand system. P. Babonneau. Fernandez. C. C. El-Ashgar. T. J. • Bio-controlled growth of oxides and metallic nanoparticles. Laurent. Roux. Maquet. . M. Mater. N. Devoisselle. Babot. R. C. N. Brun. dans Biomineralization : from Paleontology to Materials Science .. R. Soft Matter 4 (2008) 735-738. F. Livage. its characterization and applications. Carn. Chehimi. Lett. M. J.M. I. Martin-Jezequel. F. • Contribution of multi-nuclear solid state NMR to characterization of the Thalassiosira pseudonana diatom cell wall. P. 181 (2008) 848-854. Chehimi. J. El-Hammari. Arias. Livage. 2 (2007) 461-468. Livage. A. J.M.T. Chanéac. G. Acc. T. B. Coradin. 390 (2008) 1889-1898. Livage. Livage. C. Fiévet. E. eds. Commun. Connan. Djabourov. Chem. Int. • Design of iron oxide/silica/alginate HYbrid MAgnetic Carriers (HYMAC). J.L. Saoiabi. R. Chandrappa.M.194 JACQUES LIVAGE Publications 2007-2008 • Macrocyclic polysiloxane immobilized ligand system and its structural characterization. I. Boissière. N. F. T. Tharamani. Steunou. J. Nassif. Masse. G. Allouche. Brayner. 419-430. O. M. Bioanal. • Aqueous Silicates in Biological Sol-Gel : New Perspectives for Old Precursors. Lett. F. Coradin. Solid State Chem. T. Colloids Surf. Nanosci. G. J. Gautier. C. Coradin. T. M. 19 (2007) 3988-3999. Lvov. Chem. Chanéac. Livage. C. Nagaraju. (2007) 4015-4017. Masse. Livage. 159-192. • Biomimetic dual templating of silica by poly-saccharide/protein assemblies. Amoura. Livage. S. N. J. • Potentialities of silica/alginate nanoparticles as HYbrid MAgnetic Carriers. Marroun. C. Res. Brayner. Nanotechnol. J. J. 344 (2007) 128-134. Coradin. Coradin. Lopez. Boissière. J. • Organically modified porous hydroxyapatites : a comparison between alkylphosphonate grafting and citrate chelation. Dispersion Sci. T. Ariga. 61 (2007) 4553-4558. Steunou. Pharm. • First Example of Biopolymer-Polyoxometalate Complex Coacervation in GelatinDecavanadate Mixtures. J. J. T. Anal. T. K.J. Backov. H. J. Abdoul-Aribi. Livage.N. Roux. J. 40 (2007) 819. eds . J. J.M. Coradin. Livage. Allouche. • Sol-gel encapsulation of cells is not limited to silica : bacteria long-term viability in alumina matrices. J.

caractérisant en 2007 plus de 3 millions de « Single Nucleotide Polymorphisms » et leur organisation en haplotypes dans 4 populations humaines). Le séquençage en cours du génome d’homme de Néandertal va apporter également des données précieuses. et discuté certains des résultats les plus marquants obtenus dans les dernières années. mais certaines vont augmenter de fréquence. et aux spectaculaires développements technologiques qui sous-tendent ces grands projets. Des variations génétiques apparaissent à chaque génération et la plupart disparaissent ou restent extrêmement rares. Cette série de cours a présenté les approches méthodologiques utilisées pour identifier des gènes soumis à sélection positive. macaque rhésus en 2007) et à l’étude systématique du polymorphisme du génome humain (projet HapMap. grâce au séquençage du génome humain et de certains primates (chimpanzé en 2005. ces phénomènes ont été étudié chez l’homme pour des protéines puis pour des gènes « candidats » montrant des propriétés particulières : polymorphisme important (gènes HLA) ou montrant une grande variation de fréquence dans diverses populations (et il faut rappeler évidemment les travaux des professeurs au Collège de France. Jacques Ruffié et Jean Dausset).Génétique humaine M. et qui permettent des études ciblées sur des gènes et des populations particulières. jusqu’à la fixation éventuelle dans certaines populations. on constate une explosion des connaissances. membre de l’institut (Académie des Sciences). . sous l’effet de la dérive génétique et de pression de sélection négative (pour les variants délétères) ou positive (pour les variants ayant une valeur adaptative). professeur Enseignement Une série de 5 cours a été donnée au Collège en mars 2008 sur un thème de très grande actualité : « Évolution du génome humain et gènes soumis à sélection positive ». en soulignant dans certains cas les controverses quant à leur interprétation. Jean-Louis Mandel. Depuis plus de 50 ans. Depuis une dizaine d’années.

Nat. définissant une grande région de très faible diversité génétique dans la population européenne. c’est la variation du nombre de copies . L’hypothèse généralement admise est celle de la balance entre la protection contre l’effet mutagénique des UV dans des régions très ensoleillées. Genet. Nielsen et al. la probabilité d’une sélection positive dans une région du génome : proportion de changements fonctionnels (affectant la séquence protéique) au cours de l’évolution des primates. des yeux et des cheveux. mais aussi dans d’autres populations pratiquant une agriculture pastorale. d’yeux ou de cheveux. Un cours a été consacré à l’adaptation génétique aux conditions alimentaires dans les populations humaines. il a été montré qu’une combinatoire de polymorphismes dans 6 gènes est associée aux variations de pigmentation de la peau.. pour l’analyse des évolutions plus récentes. favorisant une peau claire dans des régions peu ensoleillées. Des études ultérieures ont montré l’implication d’un gène similaire (SLC45A2) dans le même phénotype. Un cours a été consacré aux découvertes récentes concernant des gènes et leurs variants associés aux différences de couleurs de peau. Le gène EDAR (récepteur de l’ectodysplasine) impliqué dans le développement de la peau. On observe une forte sélection de variants non codants modifiant la régulation de l’expression de la lactase dans la population européenne. et le rôle des UV dans la transformation de la vitamine D (antirachitique). car débutant par l’analyse d’un mutant classique de pigmentation dans le poisson zèbre (le mutant golden). montre également des caractéristiques indiquant une sélection positive dans certaines populations. différences de fréquence allélique entre populations et longueur des haplotypes communs (cf.. thalassémies) ou la glucose 6 phosphate deshydrogénase (G6PD). distribution des fréquences de polymorphismes. et les types de mesures permettant d’estimer. Science 2006 . 2007). Pour l’amylase (impliquée dans la digestibilité de l’amidon). puis l’identification d’un homologue humain du gène. L’analyse approfondie des haplotypes permet maintenant d’estimer l’âge de ces variants. 2007). et enfin. 2005).. Rev. Les exemples classiques (étudiés au cours des 50 dernières années) de sélection dans les régions d’endémie paludéenne de mutations affectant les gènes globine et responsables d’hémoglobinopathies (anémie falciforme.. pour différentes échelles de temps depuis la séparation de l’ancêtre commun au chimpanzé et à l’homme. favorisant une peau foncée. et la présence d’une mutation inactivant ce gène dans cette population (Lamason et al. et notamment des allèles dérivés (ceux qui ne correspondent pas à la séquence déduite de l’ancêtre commun des hominidés et du chimpanzé). Sabeti et al. où le lait est devenu un apport alimentaire important (la sélection de variants différents est une exemple de convergence évolutive). un même variant peut conférer un avantage sélectif ou être au contraire délétère. illustrent le fait que selon les cas.196 JEANLOUIS MANDEL Le premier cours a présenté l’organisation en haplotypes des polymorphismes du génome et son interprétation. des cheveux et des glandes sudoripares. La découverte du rôle du gène SLC24A5 dans la pigmentation de la peau humaine est particulièrement frappante. sans permettre une prédiction individuelle exacte de ces phénotypes (Sulem et al. Récemment.

Un cours au Collège et une conférence à l’Université et CHU Bordeaux 2 ont porté sur : Myopathies centronucléaires: un lien inattendu entre phosphoinositides et des protéines impliquées dans le remodelage membranaire (dynamine 2. Un autre cours a été consacré aux études.. 2008). et du rôle de cet événement dans la gracilisation de la mâchoire des hominidés et dans le développement de l’encéphale. Ce colloque soutenu par l’Association Française contre les Myopathies.. Un cours (4 h) sur la génétique des maladies communes (multifactorielles) a été donné à l’Université de Strasbourg. amphiphysine) (cf. et Barreiro et al. Le dernier cours a porté sur l’apparition ou la disparition de gènes au cours de l’évolution des grands primates. modèles de souris . 2007) sont en faveur de la « thrifty gene hypothesis » qui propose que des variants permettant de limiter la dépense énergétique dans des périodes de restriction alimentaire ont été sélectionnés. qui a fait également partie de l’enseignement national pour les internes de la spécialité de génétique médicale. illustrant les difficultés de ces approches. les études récentes de polymorphismes prédisposant au diabète de type 2 (Sladek et al. Il est intéressant de noter que des études impliquent également le gène FOXP2 dans la vocalisation ultrasonique chez les souris. 2006). 2004. à l’amphithéâtre Guillaume Budé. Nature 2007. aux interprétations parfois controversées. obésité) dans le mode de vie actuel. Ainsi. a été suivi par un public nombreux et attentif. allant dans plusieurs cas discutés au cours du colloque jusqu’à des essais cliniques. ou zebra finch). Enfin. et prédisposent aux maladies métaboliques (diabète. Les approches systématiques de recherche de régions soumises à sélection positive sur l’ensemble du génome ont été présentées et leurs limitations discutées (cf. l’apparition de la vision trichromate apparaît corrélée à la perte de nombreux gènes de récepteurs olfactifs ou de l’organe voméronasal (gène TRPC2). Les exposés ont également illustré la diversité des modèles expérimentaux utilisés : modèles cellulaires. Un colloque intitulé « Actualités dans le domaine des maladies monogéniques : mécanismes physiopathologiques. McCollum et al.. au travers de 20 conférences. comment l’étude des mécanismes physiopathologiques de maladies monogéniques a permis de proposer et développer des stratégies thérapeutiques. et dans l’apprentissage de chants d’oiseau (modèle du mandarin. sont très controversés (Stedman et al.. du gène aux malades et aux familles ». impliquant des phénomènes de sélection dans l’évolution des fonctions cognitives pour les gènes FOXP2 (dans l’évolution du langage) et les gènes ASPM et MCPH1. Nature Genet. Sabeti et al. rapport sur les travaux de recherche). Son programme a montré. Quintana-Murci..GÉNÉTIQUE HUMAINE 197 du gène qui paraît conférer une avantage sélectif. approches thérapeutiques » a été organisé dans le cadre des enseignements de la chaire les 15 et 16 avril 2008. dont des mutations rares sont associées à des microcéphalies monogéniques. de l’équipe de L. La datation de l’inactivation dans l’évolution humaine d’un gène myosine (MYH16) dont l’expression est spécifique de muscles masticatoires. ci-dessous. et une conférence à l’Université Victor Segalen Bordeaux 2 sur « Maladies monogéniques.

CGMC CNRS. pour un traitement spécifique des patients atteints de mucoviscidose et porteurs de la mutation la plus fréquente.198 JEANLOUIS MANDEL génétiquement modifiées reproduisant les mutations observées chez l’homme. une maladie exceptionnellement rare entraînant un vieillissement accéléré . 2) pour l’adrénoleucodystrophie. le miglustat (utilisé dans le traitement de la maladie de Gaucher). Université de Poitiers) et Olivier Morand (Actelion Pharmaceuticals. pour la proposition. elegans et la drosophile.-L. Leiden). pour le syndrome de Marfan impliquant la voie de signalisation du TGFβ. et Luis Garcia (Institut de Myologie. INSERM). Le passage de l’étude physiopathologique à des essais cliniques en cours a été illustré par 1) Bart Loeys (Université de Gand). une maladie démyelinisante gravissime. l’ataxie de Friedreich (modèles souris. Des approches de thérapie génique ont été présentées : 1) pour la myopathie de Duchenne avec la stratégie de « saut d’exon » pour rétablir une phase de lecture dans l’ARN messager dystrophine. et les stratégies d’essais cliniques chez des patients atteints de mucoviscidose ou de myopathie de Duchenne et porteurs de telles mutations. qui a fait l’objet d’une première étude clinique avec des résultats biologiques encourageants . Laurent Segalat. et le syndrome CADASIL de démence vasculaire impliquant le gène NOTCH3 (modèle souris. Suisse). Illkirch/Strasbourg). 3) Jean Bastin (CNRS/Necker-Enfants Malades) pour la correction de déficits génétiques du métabolisme oxydatif mitochondrial par le bézafibrate . IGBMC. Lyon/ Villeurbanne). J. Evry). à partir de l’étude de modèles cellulaires. qui développe une stratégie par oligonucléotides anti-sens. qui utilise un vecteur viral (AAV). mais aussi utilisation d’organismes tels que le nématode C. la myopathie de Duchenne (modèles nématode et souris. Hélène Puccio. mutations retrouvées fréquemment dans de très nombreuses maladies génétiques. et qui a présenté les premières données de l’essai clinique en . qui à partir de modèles cellulaires et de souris a proposé l’utilisation d’un traitement combiné par statines et aminobiphosphonates pour inhiber la prénylation des formes tronquées de prélamine 1 responsables de la progeria. 5) Arnold Munnich (INSERM/Université Descartes) qui a décrit un premier essai clinique d’un chélateur du fer dans l’ataxie de Friedreich. 4) Nicolas Lévy (INSERM/CHU Timone Marseille). les myopathies dues à un déficit en alpha-sarcoglycane (modèle souris. ΔF508 . avec des résultats prometteurs d’utilisation d’une thérapie pharmacologique (losartan) . 2) Frédéric Becq (CNRS. et également la correction de cellules souches . par Gert-Jan Van Ommen (Center for Human Genetics. de l’utilisation d’une molécule. INSERM/Paris 7). Isabelle Richard CNRS/Généthon. IGBMC Illkirch/Strasbourg). Mandel. Les aspects précliniques d’études physiopathologiques et de cibles thérapeutiques potentielles ont été abordés notamment pour le syndrome de retard mental avec X fragile (modèles drosophile et souris ayant abouti à l’identification de récepteurs au glutamate mGluR comme cible thérapeutique . Anne Joutel. par Nathalie Cartier (INSERM/Hôpital SaintVincent-de-Paul) qui développe avec Patrick Aubourg la thérapie génique utilisant un vecteur lentiviral. permettant des cribles génétiques (pour la recherche de gènes pouvant modifier le phénotype) ou pharmacologiques. Paris) a présenté les propriétés d’une molécule (PTC124) permettant un « readthrough » traductionnel de mutations non-sens. Thomas Voit (Institut de Myologie.

thérapie cellulaire ou génique. . UMR 7104 du CNRS. Ségolène Aymé (Orphanet. des approches neurochirurgicales de neuromodulation électrique du cerveau permettent d’obtenir des résultats thérapeutiques importants dans des maladies génétiques du tonus (dystonie) ou du mouvement (dyskinésie). qui ont fait l’objet de discussions animées. Paris) : Des thérapies pour les maladies génétiques. Des aspects plus généraux de la problématique du développement thérapeutique pour les maladies rares que sont les maladies monogéniques ont été présentés par Philippe Moullier (INSERM et CHU Nantes. Unité Inserm U596 et Université Louis Pasteur de Strasbourg). dirigé par J. Jean-Louis Mandel est plus particulièrement impliqué dans les thématiques suivantes : 1) Syndrome de retard mental avec chromosome X fragile et fonction de la protéine FMRP (avec Hervé Moine. promu DR2 INSERM en 2007. de la cartographie du génome à l’Autorisation de Mise sur le Marché : le chemin du médicament.GÉNÉTIQUE HUMAINE 199 cours. Alain Fischer (INSERM/Hôpital Necker Enfants Malades). succès et revers du règlement sur les médicaments orphelins . une douzaine de communications par affiche sur les thèmes du colloque ont été présentées par de jeunes chercheurs. et College of Medicine. et labellisée équipe FRM 2007). a brossé un tableau des déficits immunitaires monogéniques. Mandel. une très importante plateforme technologique associée à l’IGBMC et impliquée dans la création et le phénotypage de souris génétiquement modifiées. INSERM SC11. Recherche Le groupe de recherche en génétique humaine fait partie du département de Neurobiologie et Génétique de l’IGBMC (Institut de Génétique et Biologie Moléculaire et Cellulaire. 2) Myopathies myotubulaire et centronucléaires et analyse fonctionnelle d’une nouvelle famille de phosphoinositides phosphatases : les myotubularines (équipe codirigée avec Jocelyn Laporte. Bernard Barataud (Généthon. immunomodulation par des cytokines. Gainesville FL USA) : Etudes précliniques en thérapie génique .-L. Des aspects de recherche clinique sont également développés dans le laboratoire hospitalier de diagnostic génétique du CHU de Strasbourg. Jocelyn Laporte a été également lauréat d’un Prix du comité Alsace de la Fondation pour la Recherche Médicale. Jean-Louis Mandel a été nommé en juin 2008 directeur de l’Institut Clinique de la Souris (ICS). CR1 CNRS). Enfin. Evry) : Généthon. le premier pour ce type de vecteur. Il se consacre essentiellement à l’étude des mécanismes génétiques et physiopathologiques de maladies monogéniques neurologiques ou musculaires. et montré comment la compréhension des mécanismes permet de définir des approches thérapeutiques rationnelles par supplémentation des molécules déficientes. pionnier dans le domaine de la thérapie génique. Philippe Coubes (Centre Gui de Chauliac/CNRS/INSERM Montpellier) a montré de manière spectaculaire comment. grâce aux progrès dans le domaine des neurosciences.

200 JEANLOUIS MANDEL 3) En collaboration avec le Pr Hélène Dollfus (EA3949 et Equipe AVENIR/ INSERM . 1) Syndrome de retard mental avec chromosome X fragile et fonction de la protéine FMRP (thème codirigé par H. Faculté de Médecine de Strasbourg). Nous avions retrouvé ce motif dans l’ARNm de la phosphatase PP2A et suggéré un rôle de FMRP dans le contrôle traductionnel de cette importante protéine régulatrice (Castets et al. et aux études de corrélation génotype/phénotype pour cette pathologie très hétérogène. Hélène Puccio (promue DR2 INSERM en 2007) et son équipe s’intéressent aux mécanismes physiopathologiques de l’ataxie de Friedreich. nous avons entrepris d’identifier et caractériser des ARNm se liant à FMRP et pouvant constituer des cibles de son action. Nos travaux récents suggèrent que l’interaction de FMRP . Ce syndrome résulte d’une expansion instable de répétitions CGG dans le gène FMR1.. Nous avons montré antérieurement que FMRP se lie de manière spécifique et avec une forte affinité aux ARNm contenant un motif structural de type « G(uanine)-quartet » (Schaeffer et al. Stanislas du Manoir (CR1 INSERM) et son équipe développent des stratégies d’étude des réarrangements chromosomiques (amplifications. 2005). Le syndrome X-fragile représente la forme la plus fréquente de retard mental monogénique. dans le but notamment d’identifier des oncogènes impliqués dans la progression tumorale ou des marqueurs génomiques associés au pronostic vital. dont la maladie de Huntington et l’ataxie spinocérébelleuse de type 7. L’équipe dirigée par Michel Kœnig (PU-PH) se consacre à l’identification de gènes impliqués dans des formes d’ataxies récessives. entraînant sa répression transcriptionnelle. impliquant la protéine kinase Rsk2). Moine et J.-L. Hélène Puccio est lauréate du prestigieux « ERC starting grant » du Conseil Européen de la Recherche pour son projet « Comprendre les mécanismes moléculaires impliqués dans les ataxies récessives liées à des déficits mitochondriaux : implication du métabolisme des noyaux fer-soufre ». délétions) présents dans des tumeurs solides. nous menons une étude génétique du syndrome de Bardet-Biedl. FMR1 code pour la protéine FMRP (Fragile X Mental Retardation Protein) qui lie des ARN messagers au sein de complexes ribonucléoprotéiques associés aux polysomes et joue un rôle de régulation de la traduction et/ou de transport de ces ARNm. 2001). Yvon Trottier (DR2 INSERM) dirige depuis 2006 l’équipe qui se consacre aux mécanismes pathogéniques des maladies neurodégénératives causées par des expansions de polyglutamine. Mandel).. L’équipe d’André Hanauer (MCU) étudie les mécanismes du syndrome de Coffin-Lowry (retard mental syndromique lié au chromosome X. Afin de caractériser la fonction et les mécanismes d’action de cette protéine.

est la plus sévère et se traduit par une hypotonie généralisée qui entraîne souvent la mort du patient dans la première année.. Branlant (CNRS Nancy) nous avons mis en évidence une nouvelle interaction entre FMRP et le complexe SMN d’assemblage de particules ribonucléoprotéiques du spliceosome (Piazzon et al. stimulerait la traduction de cet ARNm (résultats soumis). Nous avons montré que l’ARNm SOD1 ne contient pas de motif G-quartet et FMRP. Nous avons récemment montré expérimentalement la présence de motifs G-quartet et leur liaison par FMRP au niveau de la région 3′ non traduite de deux gènes importants pour la plasticité synaptique et précédemment proposés comme cible de FMRP (résultats non publiés). L’équipe de B. Mandel. Nous avons montré que FMRP : 1) n’est pas nécessaire à l’activité RISC dans les cellules. l’ARNm SOD1. Le mécanisme d’action de FMRP sur ses différents ARNm cibles est encore mal compris. localisation. Le complexe SMN est déficient dans une importante pathologie du motoneurone. En effet. Nous avons entrepris d’analyser et comparer l’impact de FMRP sur le métabolisme de ces deux ARNm en culture de neurones primaires de souris : traduction.GÉNÉTIQUE HUMAINE 201 avec son propre ARNm. La forme liée au chromosome X. 2008). stabilité. au niveau d’un G-quartet présent dans la région codante (exon 15). 2) présente des propriétés de localisation intracellulaire et d’association aux polysomes distinctes de celles du complexe RISC. avec A. Laporte et J.-L. Bardoni a observé que l’expression de la protéine superoxyde dismutase 1 codée par ce gène était diminuée dans le cerveau des souris déficientes en FMRP. Les CNM sont regroupées en trois classes. peut moduler l’épissage alternatif du gène FMR1.. 2) Myopathies myotubulaire et centronucléaires et analyse fonctionnelle de la voie des myotubularines (équipe codirigée par J. Nous avons récemment réanalysé l’association proposée par plusieurs laboratoires entre FMRP et le complexe RISC (RNA induced silencing complex). l’amyotrophie spinale (SMA). ce G-quartet présente des propriétés activatrices de l’épissage et la liaison de FMRP avec ce motif pourrait constituer une boucle d’autorégulation (Didiot et al. Elle est due à des mutations dans le gène . FMRP contribuerait à l’efficacité de formation des granules de stress (article en préparation). et nous avons participé à l’identification de tous les gènes impliqués jusqu’à présent. appelée myopathie myotubulaire. En collaboration avec l’équipe du Dr C. 2008). Nice). en se liant à un motif structuré en tige-boucle présent au niveau du site d’initiation de la traduction. En collaboration avec B. Les myopathies centronucléaires (CNM) regroupent des myopathies rares caractérisées par une grande proportion de fibres musculaires atrophiques à noyaux centraux (les noyaux étant normalement périphériques). Nous concluons à une implication de FMRP et RISC dans des voies fonctionnelles distinctes. nous avons caractérisé un nouvel ARNm lié par FMRP. Bardoni (CNRS. Buj-Bello).

202 JEANLOUIS MANDEL MTM1 codant pour la myotubularine (Laporte et al.. 2003). 2007). Biancalana (Strasbourg) et des cliniciens. nous avons opté pour une recherche de gènes candidats identifiés par analyse bio-informatique. 2007. Ce travail a donc révélé un lien moléculaire et fonctionnel entre 2 formes de myopathies centronucléaires. une protéine impliquée notamment dans les mécanismes d’endocytose et de trafic membranaire (Bitoun et al. suggérant un recouvrement phénotypique entre myopathie et neuropathie. agissant sur le PI3P et le PI3. par l’étude du modèle souris de déficience en myotubularine que nous avons construit antérieurement (Buj-Bello et al. 2007 et 2008) et la dynamine 2. en collaboration avec P. Les formes infantiles autosomiques récessives (ARCNM) sont de sévérité intermédiaire et nous avons récemment montré que certaines familles sont mutées dans le gène BIN1 codant pour l’amphiphysine 2. Nous avons poursuivi la recherche de gènes impliqués dans les myopathies centronucléaires récessives... et à l’aide de cartographie par homozygotie. est en cours d’analyse. Les mutations faux-sens diminuent la fonction de tubulation des membranes alors qu’un des codons stop prématurés produit une protéine stable qui ne peut plus se lier avec un interacteur précédemment connu de l’amphiphysine 2. Nous avons poursuivi d’autre part nos travaux sur la physiopathologie de la forme liée au chromosome X. L’amphiphysine 2 était un bon candidat fonctionnel car cette protéine régule le trafic membranaire comme la myotubularine (Cao et al.. Par séquençage direct.. a montré également des signes de neuropathie périphérique et de déficit cognitif peu sévères. par cartographie d’homozygotie sur puces SNPs. L’étude d’une grande famille avec myopathie centronucléaire dominante due à une mutation dynamine 2 non décrite antérieurement. Les formes autosomiques dominantes (ADCNM) débutent à l’adolescence ou à l’âge adulte. Les familles recrutées étant peu informatives pour une analyse de liaison.5P2 (Blondeau et al. Laporte et al. dont deux mutations non sens (Nicot et al.. la dynamine 2. et une action sur le système nerveux central. et sont généralement dues à des mutations de la dynamine 2. 2005). ainsi que dans des biopsies musculaires de patients (en collaboration . 2002). Une étude transcriptomique globale au cours du développement de la pathologie musculaire dans ce modèle. pour certaines mutations de la dynamine 2 (EchanizLaguna et al. l’étude des mutations dans la dynamine 2. Nous avons poursuivi. dont certaines sont associées à une forme de neuropathie périphérique de CharcotMarie-Tooth et tentons d’établir des corrélations génotype-phénotype. complémentée dans les familles consanguines. et un mutant de drosophile montre une faiblesse musculaire associée à des anomalies des tubules-T. 1996).. Guicheney (Paris). La deuxième mutation stop. 2000.. 2007). une protéine interagissant avec la dynamine (Nicot et al. V. et résultats non publiés). dont nous avons par la suite montré qu’elle définit une nouvelle famille de phosphoinositides phosphatases.. nous avons trouvé 4 variants à l’état homozygote dans des familles consanguines. identifiée très récemment dans une nouvelle famille.

. avec atteinte des cellules de Schwann (Chojnowski et al. et montré que certaines d’entre elles survenaient précocément au cours du développement de la pathologie. corrige le positionnement des noyaux et augmente la masse musculaire ainsi que la force. L’utilisation de la même approche pour surexprimer la myotubularine suggère que cette protéine régule l’homéostasie du sarcolemme.. Nous avons aussi poursuivi une approche de thérapie génique à l’aide de vecteur AAV (adeno-associated virus) exprimant la myotubularine. nous avons montré que le gène CXorf6. et son inhibition augmente la production de testostérone par des cellules de Leydig tumorales (Fukami et al. Villeurbanne) une étude électrophysiologique des courants calciques des fibres musculaires des souris déficientes en myotubularine. 2007).. 2007) et donc nous permettre de discriminer entre les alternatives de spécificité d’expression ou liée à la structure de la protéine. 2008). et avons entrepris.. en collaboration avec le Généthon (Evry). En effet une seule injection intramusculaire dans des souris déjà atteintes de faiblesse musculaire améliore de manière spectaculaire l’état pathologique du muscle. son plus proche homologue MTMR2 étant muté dans une forme récessive sévère de neuropathie périphérique démyélinisante. le gène Hes3. qui montrent certaines altérations précoces dans l’évolution de la pathologie (manuscrit en préparation). Nous testons maintenant par la même approche la capacité de protéines homologues à la myotubularine (MTMR1 et MTMR2) à améliorer le phénotype des souris Mtm1 KO. la membrane plasmique des fibres musculaires (Buj-Bello et al. ce qui permettrait à terme d’envisager une thérapie par réexpression des gènes homologues et ainsi diminuer la réponse immunitaire. à la fois par leur interaction avec les phosphoinositides. . Sur un plan plus fondamental. adjacent au gène MTM1.GÉNÉTIQUE HUMAINE 203 avec A. Ceci permet de relier fonctionnellement les 3 protéines connues mutées dans les myopathies centronucléaires. en collaboration avec Vincent Jacquemond (Université Lyon 1/CNRS. est muté dans des cas d’anomalies du développement génital masculin (hypospadias) (Fukami et al. School) a montré des anomalies importantes (particulièrement dans le modèle souris) de l’expression de certains gènes impliqués dans la régulation de l’homéostasie calcique.. 2008). à un niveau quasi-normal (Buj-Bello et al. ceci apportera également des informations précieuses sur les mécanismes de spécificité musculaire liées aux mutations du gène MTM1. a des propriétés transactivatrices sur un gène de la voie Notch. Harvard Med. Nous avons observé d’autre part des anomalies précoces de l’organisation des tubules T. Des résultats très positifs ont été obtenus sur notre modèle souris. et par leur rôle dans l’organisation des tubules T. En collaboration avec l’équipe de T. Nous avons confirmé ces anomalies au niveau protéique. Le gène CXorf6 code pour une protéine avec un domaine de type mastermind. Ogata (Tokyo). Beggs. Les anomalies de l’organisation des tubules T et de la fonctionnalité du couplage excitation contraction pourraient rendre compte de l’importante hypotonie musculaire observée chez les patients. 2008).

de transmission autosomique récessive. BBS10 est un gène majeur. contrastant avec la spécificité de la présentation clinique. De manière surprenante. 10 et 12 sont absentes de ce complexe. . Il est caractérisé par une étonnante hétérogénéité génétique. entre tous les organismes ciliés (de l’homme au nématode. associe rétinite pigmentaire.. a permis de relier le syndrome BBS à des défauts dans l’assemblage ou la fonction de structures ciliées (cil primaire) et du centrosome. 2007). anomalies rénales et atteinte cognitive. les gènes BBS10 et BBS12 codent pour des protéines spécifiques des vertébrés et dont la séquence protéique évolue beaucoup plus rapidement que pour les autres gènes BBS (à l’exception du gène BBS6). 2007). comme BBS6 à la superfamille des chaperonines de type II (Stoetzel et al. dont les mutations ne rendent compte que d’environ 50 % des patients. Des études sont entreprises dans cette direction. qui devraient notamment permettre de répondre au problème du mécanisme (central ou périphérique) de l’obésité liée aux mutations BBS. obésité. polydactylie. et on peut donc faire l’hypothèse d’un complexe « chaperonin-like » qui contiendrait ces 3 protéines. Dollfus suggèrent que les protéines BBS et le cil primaire jouent un rôle important dans la différenciation des préadipocytes et dans l’adipogenèse (résultats soumis). codant pour des protéines de types très divers et dont les fonctions étaient initialement inconnues. De 2000 à 2005. et BBS12 rend compte de 5-6 % des familles. Dollfus) Le syndrome de Bardet-Biedl (BBS). L’identification de ces gènes. Des résultats récents obtenus par V. 2006). Moras à l’IGBMC. visant notamment à identifier de nouveaux gènes BBS. Marion et H. Le phénotype indistinguable des patients porteurs de mutations dans des gènes BBS différents suggère que les protéines correspondantes pourraient être impliquées dans des complexes macromoléculaires (l’absence de l’un ou l’autre d’entre eux ayant alors le même effet négatif sur la fonction du complexe). à l’aide de « puces SNP (single nucleotide polymorphism) ». et même à l’algue Chlamydomonas).. Nous avons montré que ces 3 gènes définissent une branche spécifique des vertébrés au sein de cette superfamille dont les autres membres ont une origine beaucoup plus ancienne (Stoetzel et al. L’utilisation d’une approche de cartographie par homozygotie dans des familles consanguines.204 JEANLOUIS MANDEL 3) Analyse génétique du syndrome de Bardet-Biedl (collaboration avec le Pr H. Des travaux récents paraissent confirmer une telle hypothèse pour 7 protéines BBS présentes de manière stoechiométrique dans un complexe nommé BBSome (Nachury et al. alors que 8 des 9 gènes BBS précédemment identifiés sont très conservés dans l’évolution. Nous participons à une étude initiée par le Prof.. Hélène Dollfus (Faculté de Médecine de Strasbourg). BBS10 et BBS12 appartiennent. en collaboration également avec l’équipe de D.. en collaboration avec l’équipe de bioinformatique d’Olivier Poch à l’IGBMC nous a permis d’identifier en 2005-2006 deux nouveaux gènes (BBS10 et BBS12) particulièrement importants. 2007). La création de mutants avec inactivation conditionnelle des gènes BBS10 et 12 chez la souris est en cours. 9 gènes (dénommés BBS1 à 9) avaient été identifiés par des équipes américaines et anglaises. Les protéines BBS6. dont les mutations sont retrouvées chez plus de 20 % des patients (Stoetzel et al.

car il existe de nombreuses régions candidates (sur la base des études d’homozygotie) de grande taille. Trottier 2003). sur la base de nos travaux antérieurs (Klein et al. en l’occurrence un anticorps monoclonal anti-polyQ. notamment en sélectionnant les régions d’homozygotie chez des patients issus de familles consanguines. Notre stratégie consiste à déterminer la structure de polyQ de longueur déterminée interagissant avec un partenaire. en l’absence de grandes familles informatives. Podjarny (IGBMC).. 1995. avec K. L’expansion de polyQ (au-delà d’environ 39 résidus) confère aux protéines mutées de nouvelles propriétés neurotoxiques. Ces maladies neurodégénératives héréditaires sont dues à une expansion de répétitions CAG codant pour un homopolymère de glutamines (polyQ) dans des protéines cibles spécifiques de chaque maladie. Mérienne) L’équipe de Y. La très haute densité de puces ADN utilisables pour l’analyse de SNPs et de dosage génique devrait permettre la détection de telles délétions. nous cherchons à élucider la structure spatiale de polyQ. Cette stratégie doit nous permettre de révéler la structure de la polyQ.8 million de positions analysables (puces 6. entrainant une dérégulation de l’expression de certains gènes et une dysfonction puis une mort neuronale. ce qui devrait fournir une base pour générer par modélisation des inhibiteurs de l’agrégation. L’équipe s’intéresse aux propriétés structurales et d’agrégation des polyQ. qui mènent entre autres à leur accumulation et leur agrégation dans le noyau des neurones. Cette étape préliminaire nous guide actuellement dans l’analyse des cristaux formés par le complexe polyQ:anticorps. et suggèrent au contraire une extrême hétérogénéité. Maladies à expansion de polyglutamine (Yvon Trottier. Une vingtaine de familles avec syndrome de Bardet-Biedl et sans mutation dans les gènes connus sont actuellement en cours d’analyse sur des puces contenant 1.0 d’Affymetrix).. Trottier étudie la physiopathologie de la maladie de Huntington (MH) et l’ataxie spinocérébelleuse de type 7 (SCA7). mais dont la fonction reste inconnue. nous avons conçu un .GÉNÉTIQUE HUMAINE 205 La stratégie d’identification de nouveaux gènes BBS se poursuit (il reste environ 25 % de patients ne correspondant à aucun des gènes connus). avec une spécificité d’atteinte des neurones qui diffère selon la maladie. et contenant donc de très nombreux gènes. Nous avons déjà élucidé la structure de l’anticorps dans deux configurations différentes. un motif retrouvé dans un grand nombre de protéines. mais aussi celle de l’anticorps. D’autre part. Nous avons récemment entrepris une nouvelle approche basée sur l’observation qu’une proportion en général faible de mutations responsables de perte de fonction correspondent à des délétions touchant plusieurs exons du gène cible. 2007). En collaboration avec le Dr A. Les analyses effectuées sur des familles consanguines pour lesquelles le gène n’est pas encore identifié nous permettent d’exclure la présence d’un gène pouvant expliquer plus de 10 % des cas. que nous avions caractérisé antérieurement (Trottier et al. Ceci complique l’identification de nouveaux gènes.

l’ataxine-7 mutée s’agrège dans les photorécepteurs et cause un stress en activant la voie Jnk/ c-Jun (Mérienne et al.. Également dans une perspective thérapeutique.. 2004 . Paris 7). qui récapitule la dégénérescence rétinienne observée chez les patients. Ces données suggèrent que l’ataxine-7 mutée compromet le programme génétique de différenciation des photorécepteurs. Nous tentons actuellement de savoir quel est le rôle de l’activation de la microglie : soit la sécrétion de facteurs de survie. notamment des facteurs de transcription (Nrl.. Nr2e3) qui contrôlent la différenciation des photorécepteurs (Abou-Sleymane et al.. 2006). Nous avons montré que c-Jun régule le facteur Nrl. Afin d’identifier les mécanismes de dysfonction et de dégénérescence neuronale. nous avons récemment observé une activation microgliale importante aux stades précoces de la rétinopathie de ces souris. Deuxièmement. Yefimova et al.. 2006 . Nous nous intéressons également aux mécanismes d’action de ces molécules. Les analyses sont effectuées in vitro dans un modèle cellulaire et dans un modèle souris. nous étudions depuis plusieurs années un modèle souris SCA7. manuscrit en préparation). une altération de l’architecture du noyau avec une décondensation de la chromatine (Helmlinger et al. .. UK) (Rousseau et al. Strasbourg). il semble que l’ataxine-7 mutée causerait une dysfonction de TFTC qui mènerait à la décondensation générale de la chromatine (par hyperacétylation) et à la dérégulation des gènes spécifiques aux photorécepteurs (Helmlinger et al..206 JEANLOUIS MANDEL polypeptide ayant des propriétés anti-agrégation in vitro. et que l’inactivation génétique de c-Jun retarde la rétinopathie des souris SCA7 (Mérienne et al. 2007) et le Dr Nicolas Winssinger (ISIS. ou bien la phagocytose de la couche des segments des photorécepteurs. 2004). nous étudions deux molécules chimiques qui semblent prévenir l’accumulation ainsi que l’agrégation des protéines mutées. Nous poursuivons l’étude du potentiel thérapeutique de ce polypeptide dans un modèle drosophile de maladie à polyQ en collaboration avec le Dr Hervé Tricoire (CNRS/U. où l’activité ERG est absente. Ce projet est issu d’une collaboration avec le Dr Anne Bertolotti (Cambridge. puis l’activité mesurée par électrorétinogramme (ERG) diminue progressivement et s’accompagne d’anomalies morphologiques des photorécepteurs : une perte des segments externes et internes. 2003). 2004 . Helmlinger et al. Plusieurs voies pathogéniques pourraient participer à cette « dédifférenciation » et sont actuellement à l’étude dans notre laboratoire. comme l’ataxine-7 fait partie du complexe TFTC qui régule la transcription en acétylant les histones (Helmlinger et al. Crx.. La rétine de ces souris se développe normalement jusqu’à 3 semaines d’âge. Troisièmement. 2007). menant peut-être les photorécepteurs à se dédifférencier. Premièrement. une disparition des cils connecteurs associée à une réapparition de centrosomes ou de cils primaires périnucléaires.. 2006 ). Dehay et al. Ces photorécepteurs non différenciés et non fonctionnels survivent néanmoins jusqu’à un stade tardif de la pathologie. L’étude du profil transcriptionnel de la rétine des souris SCA7 a révélé une forte répression des gènes spécifiques des photorécepteurs..

2008). une région épargnée. Allemagne) a permis de montrer que la protéine cytosolique huNbp35. une P-loop NTPase. par la construction et l’étude de modèles murins et de modèles cellulaires. Comme les études corrélatives génotype-phénotype antérieures ont révélé que plus l’expansion est longue. 2007). nous avons constaté que la rétinopathie s’accompagne d’un stress oxydatif précoce important. Puccio) L’équipe de H. Elle est due à la diminution quantitative d’une protéine mitochondriale. est essentielle pour les protéines à noyau Fe-S cytosoliques et nucléaires et joue un rôle dans la régulation du fer (Stehling et al. 2004). est actuellement à l’étude dans la rétinopathie de ce modèle SCA7.. gravement invalidante.GÉNÉTIQUE HUMAINE 207 Quatrièmement. nous avons récemment montré que la frataxine est nécessaire pour la biogenèse d’enzymes Fe-S nucléaires et cytosoliques. qui est aussi présent dans la pathogenèse de la maladie de Huntington (MH). A travers les différents modèles murins générés. il est probable que l’instabilité — et l’allongement — de l’expansion CAG dans le striatum contribue à la dégénérescence sélective de cette région du cerveau. Physiopathologie de l’ataxie de Friedreich (équipe H. la mitochondrie joue un rôle central pour la biosynthèse de tous les noyaux Fe-S. Cependant. Ces résultats ouvrent la porte sur de nouvelles pistes physiopathologiques. et qu’il n’existe donc pas de machinerie de biosynthèse des noyaux Fe-S chez les mammifères complètement indépendante de la mitochondrie (Martelli et al. 2001 . par inactivation conditionnelle spatio-temporelle (système Cre-Lox) du gène de la frataxine (Puccio et al. chez les mammifères. Cette équipe a créé depuis plusieurs années des modèles souris de l’ataxie de Friedreich. la frataxine. indépendant de leur localisation cellulaire. Le rôle du stress oxydatif. Puccio s’intéresse aux mécanismes physiopathologiques de l’ataxie de Friedreich (AF). et peu d’instabilité dans le cervelet.. Simon et al... caractérisée par une dégénérescence spino-cérébelleuse et une cardiomyopathie hypertrophique. le rôle central de la mitochondrie reste controversé puisqu’une machinerie cytosolique d’assemblage des centres Fe-S indépendante a été proposée. plus la pathologie est précoce et sévère. qui entraîne un déficit fonctionnel des protéines fer-soufre (Fe-S) et une accumulation intramitochondriale de fer. Une collaboration avec l’équipe de Pr R. notamment la voie de réparation d’ADN. Lill (Marburg. L’ensemble de ces résultats démontre l’existence d’une machinerie complexe pour l’assemblage des protéines à noyau Fe-S qui est peu étudiée chez les . Mérienne étudie les mécanismes menant à l’instabilité sélective de l’expansion CAG dans le striatum. Dans la levure. la région cible principale de la pathologie. Ces modèles conditionnels reproduisent l’essentiel des caractéristiques physiopathologiques et biochimiques de la pathologie humaine. L’ataxie de Friedreich est une maladie autosomique récessive. K.dans le striatum. L’expansion CAG dans le locus HD muté montre une forte instabilité -avec une tendance à un allongement additionnel.

donc plus sévère. et que les deux autres formes décrites n’existaient pas sous forme endogène (Schmucker et al. L’établissement de lignées cellulaires directement à partir des souris mutantes constitue donc un excellent système pour étudier les anomalies biochimiques liées à l’absence totale de frataxine. Nous avons également démontré que la forme m78-FXN est capable de restaurer la survie cellulaire de cellules déficientes en frataxine.. Nous avons généré un modèle cellulaire par une stratégie d’antisens par ribozyme. nous avons recherché des molécules susceptibles de restaurer le retard de croissance cellulaire par criblage robotisé des molécules de la chimiothèque Prestwick (1 500 molécules) (Carelle-Calmels. Les lignées cellulaires de patients sont peu utiles pour des analyses biochimiques car phénotypiquement normales puisqu’elles sont issues de cellules épargnées par la maladie (lymphoblastes et fibroblastes). Par une analyse de spectrométrie de masse (en collaboration avec Manuela Argentini. en collaboration avec la plateforme de criblage du genopôle AlsaceLorraine. par des essais de mutagénèse dirigée. Cependant.208 JEANLOUIS MANDEL mammifères. La frataxine (FXN) est une protéine mitochondriale synthétisée sous forme d’un précurseur de 210 acides aminés. Nous avons utilisé des lignées cellulaires murines portant un allèle d’inactivation conditionnelle de la frataxine en combinaison avec l’expression d’une recombinase EGFP-Cre (en collaboration avec Brigitte Kieffer. soulignant une nouvelle fois le rôle important de la frataxine (CarelleCalmels et al. Le criblage s’est . IGBMC). 2008). En effet. nous avons déterminé que la maturation se faisait en deux étapes et que les formes m56-FXN et m78-FXN pouvaient être produites en conditions cellulaires lorsque que la maturation normale de la protéine était perturbée. Dans le but d’identifier de nouvelles molécules potentiellement thérapeutiques. Son import et sa maturation dans la mitochondrie impliquent deux clivages N-terminaux. qui présente un défaut de prolifération cellulaire et certaines caractéristiques moléculaires de l’AF. De plus. en préparation). L’étude fondamentale sur le métabolisme des protéines à Fe-S proposée dans le cadre de notre projet ERC permettra la compréhension des conséquences d’un déficit du métabolisme Fe-S de la mitochondrie dans les cellules neuronales. une protéine commençant à l’acide aminé 56 (m56-FXN) et deux autres récemment décrites en 2007.. nous avons démontré que m81-FXN était la forme mature majoritaire in vivo. le site final de clivage de la forme mature m-FXN est sujet de controverses. ainsi que pour un criblage à grande échelle de molécules potentiellement thérapeutiques. trois formes différentes de la protéine mature ont été décrites : depuis 1998. Ce système nous a permis de montrer que l’absence totale en frataxine dans des fibroblastes conduit à la mort cellulaire. débutant à l’acide aminé 78 ou 81 respectivement (m78-FXN. soumis). IGBMC) pour isoler par cytométrie de flux des cellules murines complètement délétées pour la frataxine. probablement par un arrêt du cycle cellulaire.and m81-FXN).

Nous avons ainsi participé à l’identification du gène du syndrome de Marinesco-Sjögren. qui étudie ce modèle. soumis. en particulier l’âge de début toujours supérieur à 8 ans et l’association avec une élévation de l’alpha-fœtoprotéine sérique qui en font de très bons critères d’orientation diagnostique. Gazulla et al. et d’identifier une élévation modérée de l’alphafœtoprotéine chez les porteurs hétérozygotes (Anheim et al. Malheureusement.. Koenig) L’équipe avait précédemment identifié les gènes impliqués dans des formes d’ataxie avec apraxie oculomotrice (AOA1/gène aprataxine en 2001 . Génétique moléculaire des ataxies récessives (équipe M. un déficit en succinate déshydrogénase et aconitase ainsi qu’une surcharge en fer est observée dans les muscles des patients. Récemment.GÉNÉTIQUE HUMAINE 209 effectué en 3 étapes : criblage initial. 2005. Ceci suggère qu’il serait peut-être intéressant d’élargir le phénotype associé à la perte de fonction en frataxine. la présence de noyaux centraux. Après confirmation. Un criblage à plus grande échelle est envisagé pour augmenter les chances de réussite. des fibres rouges déchiquetées (ragged red fibers). Ce modèle musculaire montre que l’absence totale de frataxine dans le muscle induit une myopathie mitochondriale avec des fibres musculaires de tailles variées. Il est intéressant de noter un cas clinique reporté dans la littérature d’un garçon avec un diagnostic moléculaire de l’AF présentant en plus des signes cliniques et électrophysiologiques d’AF... 2007). des dépôts mitochondriaux de fer et un déficit spécifique des protéines à noyau Fe-S ainsi qu’une acidose lactique (Wattenhofer-Donzé. Le Dr Marie Wattenhofer-Donzé. aucune des molécules n’a été retenue lors de la courbe dose-réponse. confirmation et dose-réponse. L’analyse clinique de patients AOA2 confirmés par l’identification de mutations du gène de la sénataxine nous permet de mieux définir cette nouvelle forme d’ataxie. l’anomalie génétique responsable d’une myopathie mitochondriale avec acidose lactique a été identifiée : une mutation du gène ISCU menant à une anomalie d’épissage de son ARN messager. en la recherchant dans des myopathies mitochondriales nonexpliquées. D’autres loci d’ataxie récessive ont été identifiés par analyse de liaison dans des familles consanguines avec d’autres formes d’ataxie.. Nous avons récemment généré un modèle murin déficient en frataxine dans le muscle squelettique. AOA2/gène senataxine en 2004) ainsi que plusieurs familles avec une forme très rare d’ataxie avec apraxie oculomotrice due à une mutation fondatrice dans le gène MRE11 (Fernet et al. Ces gènes codent pour trois protéines nucléaires. nous avions identifié 48 molécules ayant un effet positif sur la croissance des cellules déficientes en frataxine.. est titulaire d’un poste ATER du Collège de France pour les années 2006-2008. soumis). une myopathie mitochondriale sévère avec une prolifération mitochondriale et une structure anormale des fibres musculaires. dont les deux premières sont impliquées dans la réparation des cassures de l’ADN. Ce gène est impliqué dans l’assemblage des noyaux Fe-S et est un partenaire direct de la frataxine. Khan et al.. et la recherche des gènes mutés a été entreprise (Gribaa et al. Tazir et al. 2008). En accord avec le rôle de IscU. manuscrit en préparation). 2008. qui .

.210 JEANLOUIS MANDEL associe une ataxie précoce. en collaboration avec l’équipe du Pr A. une co-répression de ce dernier en présence de mutations ADCK3. Nous avons étudié l’expression d’ADCK4. L’analyse bioinformatique de la séquence ADCK3 et des protéines apparentées montre également qu’elles forment une famille de kinases ancestrales ayant de lointaines similitudes avec les phosphoinositide-kinases et les choline-kinases. La divergence entre les gènes ADCK3 et – 4 a probablement commencé au moment de la duplication génomique liée à l’apparition des vertébrés. est la cause directe des mécanismes dégénératifs des voies cérébelleuses et spinocérebelleuses dans un nombre important de cas. et une corrélation entre le niveau de répression d’ADCK4 et le taux résiduel en coenzyme Q10. dans les lignées de patients mutés pour ADCK3. Des souris invalidées pour le gène RSK2 ont été créées précédemment par l’équipe. 2005). comportant notamment des anomalies squelettiques progressives) et le rôle de la kinase RSK2 mutée dans ce syndrome et de ses homologues RSK1. La divergence avec les autres membres de la famille ADCK (ADCK1. une protéine. 3 et 4. 2008). Les patients de quatre autres familles se sont avérés avoir des mutations du même gène. suggérant que le substrat d’ADCK3 n’est pas nécessairement. qui est le paralogue le plus proche d’ADCK3. Nous avons trouvé à la place d’une surexpression compensatrice attendue d’ADCK4.. Hanauer) L’équipe étudie les bases moléculaires du syndrome de Coffin-Lowry (retard mental syndromique lié au chromosome X. impliquée dans la régulation de la synthèse du coenzyme Q10. un lipide essentiel au transport des électrons dans la chaîne respiratoire mitochondriale. Ce gène code pour une kinase mitochondriale. L’élucidation de la fonction d’ADCK3 devrait permettre d’identifier un mécanisme primitif de régulation de la synthèse de l’ATP (chaîne respiratoire) par l’ATP lui-même (co-substrat de la kinase) et d’éclairer par un angle nouveau l’origine des mécanismes de régulation biologique par les kinases. Syndrome de Coffin-Lowry et kinase RSK2 (équipe A. ADCK3. des anomalies de la dentition (manuscrit en cours de . 2008). Cette ataxie est donc la cinquième forme d’ataxie récessive due à un déficit d’une protéine mitochondriale. une cataracte et un retard du développement psychomoteur. Elles présentent un retard de croissance osseuse (Yang et al. Ces résultats suggèrent qu’ADCK4 est également impliqué dans la régulation de la synthèse du coenzyme Q10 (Lagier-Tourenne et al. au moins lors d’un exercice musculaire. ou probablement pas. L’analyse rétrospective des patients avec mutations ADCK3 confirme la présence d’un déficit modéré en coenzyme Q10 dans les fibroblastes en culture et d’une élévation modérée des lactates sanguins. 2004). Nous avons plus récemment identifié un nouveau gène d’ataxie récessive par l’analyse d’une grande famille consanguine d’origine algérienne (Lagier-Tourenne et al.. Lehesjoki (Helsinki) (Anttonen et al.-E. confirmant que le dysfonctionnement de cette organelle en général et de la chaîne respiratoire en particulier.. – 2 et – 5) est beaucoup plus ancienne puisque déjà présente chez les bactéries.

Finalement. Nous avons montré que le taux de la forme phosphorylée (active) sur la sérine 31 de la tyrosine hydroxylase (TH). Une étude par chromatographie HPLC.GÉNÉTIQUE HUMAINE 211 préparation) et des déficits d’apprentissage et de mémoire spatiale (Poirier et al. La sérine 31 est essentiellement phosphorylée par la kinase ERK. en collaboration avec le groupe de Michael Gruss (Université de Magdebourg) de différents neurotransmetteurs a en effet révélé une augmentation des concentrations en dopamine (+ 45 %. Ces résultats ont été rapportés dans une publication qui vient d’être acceptée dans le Journal of Cell Biology (Fisher et al. Cette étude confirme enfin la fonction inhibitrice exercée par RSK2 sur la voie Ras-ERK (elle avait déjà été rapportée auparavant. était significativement augmenté dans le cortex de la souris KO-RSK2 alors que le taux de protéine TH totale est similaire chez les souris KO et les souris WT. en appliquant un inhibiteur pharmacologique de MEK à des cultures de motoneurones déficients pour RSK2. Une dérégulation de la croissance des neurites pourrait ainsi contribuer au déficit fonctionnel du système nerveux des patients CLS et des souris déficientes pour RSK2.. au contraire. mais basée sur des études in vitro). Comme dans le cadre de notre étude sur le système dopaminergique. mais non de l’hippocampe. L’équipe a récemment mis en évidence des anomalies de la voie dopaminergique au niveau du cortex de ces souris. La surexpression d’une forme constitutivement active de RSK2 dans les motoneurones conduisait. L’ensemble des résultats suggère que dans des conditions physiologiques normales RSK2 régule négativement l’allongement des axones via la voie de signalisation MAPK/ERK. et nous avons montré que le niveau des formes phosphorylées (activées) de ERK1/2 était nettement augmenté chez les souris mutantes (+ 50 %). Ce résultat a conduit l’équipe à explorer l’expression et la phosphorylation de différents acteurs de la voie dopaminergique. Nous avons également observé des augmentations significatives des niveaux d’expression du transporteur de la dopamine (DAT) et du récepteur dopamine DRD2 chez les souris mutantes. p = 0.001) au niveau du cortex. mais que les axones avaient une longueur significativement plus importante que les axones de motoneurones WT. L’ensemble de ces résultats ont été publiés (Marques Pereira et al. Les travaux en cours portent sur la caractérisation des conséquences de cette dérégulation du système dopaminergique pour la transmission synaptique. l’enzyme limitante de la synthèse des catécholamines.. l’excès de croissance axonale a pu être corrigé. Les études en cours portent sur la croissance des neurites de neurones corticaux et hippocampiques. Tous les autres neurotransmetteurs étaient présents à des taux normaux. . Cette étude a montré que la survie de motoneurones (spinaux) de souris KO-RSK2 en culture était normale. ainsi que sur la morphogénèse de leurs épines dendritiques. à une réduction de la croissance axonale. 2006).. 2008). L’équipe a par ailleurs collaboré à une étude portant sur les conséquences de l’inactivation de RSK2 pour la croissance axonale des motoneurones. in press). une augmentation de 30-40 % de l’activité de ERK1/2 a aussi été constatée dans les motoneurones déficients pour RSK2 par rapport à des motoneurones WT.

Ces signatures génomiques seront validées par un ensemble de procédures statistiques. Le dernier cas étudié a montré que le point de cassure sur le chromosome X était localisé dans une région dépourvue de gènes. une comparaison des transcriptomes d’hippocampe de souris invalidées pour RSK2 et de souris sauvages a été réalisée. on trouve notamment un récepteur ionotropique. N. Parmi les gènes validés dont l’expression est nettement augmentée dans l’hippocampe de souris déficientes pour RSK2. Pour les deux histologies. La validation d’une dizaine de ces gènes par RT-PCR quantitative et par Western-blot a déjà été réalisée. qui avait été poursuivie ces dernières années. Martinet. La recherche de nouveaux gènes de retard mental lié au X par l’étude de translocation X-autosome chez des femmes avec retard mental. L’expression des gènes candidats sélectionnées . la région la plus amplifiée est située en 3q et contient le gène SOX2 (manuscrit en préparation). Pour les formes épidermoïdes. faisant de ce gène exprimé dans le cerveau un candidat pour des formes autosomiques de retard mental (Dubos et al.212 JEANLOUIS MANDEL Finalement. trois études ont été entreprises pour cribler les aberrations chromosomiques par CGH sur puces. Afin d’identifier des marqueurs génomiques pronostiques associés à des paramètres cliniques comme la survie. Notre étude épidémiologique concernant une série de 1 200 cancers du poumon opéré au CHU de Nancy depuis 1988 (constituant la tumorothèque de Nancy) confirme le besoin de marqueurs pronostics pour les patients de stade I-II dont 45 % meurent de récurrence (publication soumise). Nancy).. le facteur de transcription RunX et un facteur d’initiation de la traduction jouant un rôle très important dans la traduction locale au niveau des dendrites. Ces études rétrospectives construites sur des cohortes très homogènes concernent des carcinomes de l’ovaire (coll. Nous avons développé une approche statistique originale pour identifier les régions associées au pronostic. N. du Manoir) L’équipe du Dr S. Réarrangements génomiques dans les tumeurs solides (équipe S. Une confirmation par Q-PCR des aberrations trouvées devrait permettre de définir un set minimal de régions qui pourrait être à la base d’un prototype de test pronostique. délétions) des tumeurs solides par « CGH array » et analyse du transcriptome. mais que le point de cassure autosomique interrompait le gène CDKL3 (une protéine kinase cdc2-related). Nous avons réalisé deux études rétrospectives (Adénocarcinomes : 73 cas et Epidermoïdes : 76 cas) de cancers du poumon de stade I-II stratifiées en deux groupes (survie < 25 mois et > 60 mois) par CGH-array. du Manoir développe des stratégies d’étude des réarrangements chromosomiques (amplifications. a été arrêtée. Pour les adénocarcinomes. Plusieurs régions sont associées au mauvais pronostic. une amplification est présente uniquement chez les courts surviveurs et plusieurs régions de gains et pertes sont trouvées préférentiellement chez ceux-ci. Elle a révélé des différences d’expression significatives pour une cinquantaine de gènes. 2008). Arnold). des cancers du poumon de type épidermoïdes et adénocarcinomes (coll. une ségrégation partielle est obtenue sur la base de ces aberrations. La validation des autres gènes est en cours.

(2007) 371 : 235-244.. Dondaine N.. et dans le cadre d’une action du GIS maladies rares (en particulier. Myotubularin lipid phosphatase binds the hVPS15/hVPS34 lipid kinase complex on endosomes.-P. Wandinger-Ness A.. Zeder-Lutz G. Laporte J. Klein F.. autosomal recessive spinocerebellar ataxia and epilepsy is localized at 16q21-q23.. Al-Rayess M. Stein M. Pastore A.. Subtle central and peripheral nervous system abnormalities in a family with centronuclear myopathy and a novel dynamin 2 gene mutation. Mohamed A.. Wasylyk (Rickman D. and Trottier Y. Salih M... Goebel H.. J. Biol. Masino L. Pathogenic and non-pathogenic polyglutamine tracts have similar structural properties: towards a length dependent toxicity gradient. (programme DHOS en collaboration avec P.. Drouot N. Franques J. Altschuh D.. Dans le cadre de notre plateforme CGH-array. Hélène Dollfus.. IGBMC). Bétard C. Oulad-Abdelghani M.L. Backer J. 190 cancers colorectaux ont été étudiés. Carré S. Mandel J. Kabiraj M.. et al. Wasylyk. Biancalana V.. Faculté de Médecine de Strasbourg...M.. Nierengarten H. Echaniz-Laguna A.S... Nancy).. Traffic (2007) 8 : 1052-1067... Mol. Brain (2007) 130 : 1921-1928. and Kœnig M. Gribaa M. fournissant aux cliniciens une liste ordonnée des aberrations numériques ayant le plus de chances d’être causales du retard mental (sur la base de critères comme la taille et le contenu en gènes…) et devant être confirmées de façon prioritaire. A new form of childhood onset. nous avons développé un programme automatisé..S. Anheim M. . Almubarak M. 164 cancers du poumon (PNES-poumon) et 98 VADS (étude du groupe de B.GÉNÉTIQUE HUMAINE 213 par des filtres bibliographiques et bioinformatiques dans ces régions génomiques sera évaluée dans des tumeurs humaines primaires et dans des tests de croissance tumorale / micrométastase in vivo (souris Nudes)... visant à identifier de nouveaux gènes du syndrome de Bardet-Biedl).. 2008) rapporte plusieurs aberrations génomiques associées à la progression métastatique et pourraient être à la base du développement marqueurs pronostiques et de cibles thérapeutiques dans les cancers VADS métastatiques...L.. Mandel J. Pour faciliter l’interprétation des données des puces Agilent dans le contexte du retard mental. Nicot A. H’mida D. Liste des publications du groupe de génétique humaine de l’igbmc (depuis juillet 2007) Publications parues dans des revues de niveau international avec comité de lecture 2007 Cao C. Elmalik S. Ce travail visait à identifier une signature moléculaire pronostique de l’apparition ultérieure de métastases dans les cancers VADS par l’exploration du transcriptome et des aberrations génomiques.. Neuromuscular disorders (2007) 17 : 955-959. une étude initiée par le Prof. Laporte J. Cette étude publiée par le groupe de B.. Nous sommes impliqués dans un programme visant à faciliter l’interprétation de données de CGH sur puces dans le cadre de la description d’aneusomies segmentales pour des patients souffrant de retards mentaux. Lagier-Tourenne C. Jonveaux. Tranchant C.

.M. Backer J.. Tosch V. Morohashi K. Lynch D.. Stoppa-Lyonnet D... J.. (2008) Part A 146A : 1267-1279. Buj-Bello A. Laporte J. Garnier J. Martelli A. Drouot N....M. and Charpentier B. Genet..R. Toussaint A. Mol.. Hum.. Krol A. Quinzii C. Schmucker S.. Genet.. Spehner D.. Schultz P.. Tazir M. Cao C. Schaeffer C. Fukami M. Poch O.... and contains the SF1 target sequence. and Hanauer A... Delaunoy J.. (2008) 180 : 579-595. epub 2007 Aug 5. Okada M. Ulbricht E.. Genet. Pradet-Balade B. Bringmann A. and Ogata T. Dubos A. (2008) 36 : 4902-4912. Genet. Robert M. Oldfors A.. Schwab Y.. Bertrand E. Beggs A.*.M.1 by a balanced t(X.... (2008) 17 : 2132-2143.. Sequential Actions of Myotubularin Lipid Phosphatases Regulate Endosomal PI(3)P and Growth Factor Receptor Trafficking. Wiedemann P. AAV-mediated intramuscular delivery of myotubularin corrects the myotubular myopathy phenotype in targeted murine muscle and suggests a function in plasma membrane homeostasis. Mandel J.. Kretz C. Biol..J. (2008) 283(9) : 5525-32. Arch. Cell Biol. Am. Boettcher C.. Inactivation of the CDKL3 gene at 5q31. ..S.. Kato F. Anheim M.P. J... an ancestral kinase. Jàdy B. and Puccio H. (2008) 19 : 3334-3346...L. Durand M. gene-modified bone marrow-derived cells in the adult mouse retina. is mutated in a form of recessive ataxia associated with coenzyme Q10 deficiency..L.*. Khan A. Med. Allmang C. Messaddeq N.... Wallgren-Pettersson C... Priller J. Wattenhofer-Donzé M. British Journal of Ophthalmology (2008) 92 : 272-275.F. J. Iwarsson E. Hirano M... Koenig M. Mandel J. Marmier-Gourrier N. Makri S. Oystreck D. Mastermind-like domain-containing 1 (MAMLD1 or CXorf6) transactivates the Hes3 promoter.. Fougerousse F.W. Didiot M. Strabisms (2008) 12 : 186-189. and Tranchant C.. Clinical and molecular findings of Ataxia with oculomotor apraxia type 2 in 4 families. Wagner H. DiMauro S.A. Danos O.O. and Salih M. Thibault C. Pannetier S. Fleury M. and Wandinger-Ness A.. Tranchant C. Genet.C.L. Nucleic Acids Res.C..T.. Helmlinger D. Cell. Mack A..5) translocation associated with nonspecific mild mental retardation... Genet.. Branlant C. López L... Reutenauer L.*. Chem. Bianchetti L. Pediatr. Biol. Bedrick E. Katsumata N. Nat.. (2007) 16 : 2651-2658.. Mandel J.J. Subramanian M. The Hsp90 chaperone controls the biogenesis of L7Ae RNPs through conserved machinery. Opht. Lagier-Tourenne C.. Busso C. Bouvet S. Douar A.214 JEANLOUIS MANDEL Marques Pereira P. Baba T. * equal contributors.*. Pescia C.... Kitagawa M.. Bardoni B. Ass... augments testosterone production. Hum.C. Barros M. The G-quartet containing FMRP Binding Site in FMR1 mRNA is a potent exonic splicing enhancer. Reichenbach A. ADCK3. Denèfle P. Laporte J.. Ali-Pacha L. Montus M.. Heron D. Ophthalmic features of ataxia telangiectasia-like disorder.. (2008) 82 : 661-672. Mol. Neurol. (2007) 122 : 541-543. (2007) 39 : 1134-1139. Assoum M.. (2008) 65 (7) : 958-962... Benhassine T. Tian Z. Biancalana V.H..H. and Laporte J. J... Mol. Frataxin is essential for extramitochondrial Fe-S cluster proteins in mammalian tissues. Hum.. 2008 Anheim M.E.. Nicot A. The first large duplication of the RSK2 gene identified in a Coffin-Lowry syndrome patient.. Hum..M. Pierson C.. Moreira M. Am.. Kretz C. and Hanauer A. Rothé B. Franques J.. and Mandel J.. Verheggen C. Moine H. Wada Y. and Kœnig M.... Seeliger M. Am.L. J. Kiss T.. Kœnig M.C. Mutations in amphiphysin 2 (BIN1) disrupt interaction with dynamin 2 and cause autosomal recessive centronuclear myopathy....C... Long-term engraftment of systemically transplanted. Boulon S. Kingston H. Plewniak F. Wurth L.

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du gène aux malades et aux familles » Université Victor Segalen Bordeaux 2. « Génome et médecine prédictive ». dynamine 2 et amphiphysine » à l’Université Bordeaux 2. Strasbourg-Illkirch) 11 et 12 février 2008 (co-organisateur).216 JEANLOUIS MANDEL Conférences données par J. le 19 février 2008. — Conférence « Maladies monogéniques. — « Myopathies centronucléaires : un lien inattendu entre phosphoinositides.-L.Turkey) du 6 au 9 mai 2008. Genève. Paris le 23 juin 2008. Paris) du 17 au 19 septembre 2007. « 50 ans de recherche génétique dans le domaine de la déficience mentale ». — Colloque AFSTAL (Association Française des Sciences et Techniques de l’Animal de Laboratoire) « Bonnes pratiques animales : partager l’éthique au quotidien » Strasbourg. « Genetics of mental retardation ». le 19 février 2008. — Colloque « Actualités dans le domaine des maladies monogéniques : mécanismes physiopathologiques. Modérateur de session. — Colloque inaugural IFR148 « Sciences et ingénierie en biologie Santé ». « Fragile X syndrome : from diagnostic applications to pathomechanisms ». « De la drosophile à la souris : l’exemple du syndrome X fragile » (organisateur du colloque). « Les modèles génétiques animaux en recherche médicale ». approches thérapeutiques » au Collège de France (Paris) 15 et 16 avril 2008. Conférences scientifiques. — VIII National medical genetics congress (Çanakkale . participation à des congrès — Conférence « Des molécules à la cognition : Un hommage à Jean-Pierre Changeux (Institut Pasteur. — Strasbourg-Weizmann symposium on « Transmembrane signaling » (IGBMC. le 24 mai 2008. « Maladies génétiques : aspects physiopathologiques et pistes thérapeutiques ». Mandel (depuis juillet 2007) Conférences grand public — 50e anniversaire de l’association genevoise (INSIEME) de parents de personnes avec handicap mental. . — Assises de génétique humaine et médicale (Lille) du 17 au 19 janvier 2008. 4 au 6 juin 2008. — Université de Tous les Savoirs. Brest le 4 juin 2008.

Génétique et physiologie cellulaire Mme Christine Petit. 1er cours : Faut-il repenser l’amplificateur cochléaire ? Le cours a débuté par un rappel des caractéristiques physiques du son. A ces grandeurs physiques qui caractérisent la source sonore. membre de l’Institut (Académie des Sciences). et intensité sonore (amplitude) avec pour unité de mesure. qui portera sur la localisation de la source sonore. son pur et son complexe : hauteur du son (fréquence : notion introduite par Galilée. 4e cours : éléments du traitement du signal sonore par les neurones auditifs du ganglion cochléaire et des neurones des noyaux auditifs du tronc cérébral. les fonctions de transfert (a) dépolarisation membranaire-exocytose synaptique et (b) exocytose synaptique-stimulation des neurones auditifs . suivies d’une introduction au cours de l’année 2009. s’ajoutent celles de la perception définies par la . 3e cours : l’environnement moléculaire de la transduction mécano-électrique. le décibel (dB) (en réference à Graham Bell). professeure TRAITEMENT DES SIGNAUX ACOUSTIQUES : DE LA CELLULE SENSORIELLE AUDITIVE AU COMPLEXE OLIVAIRE SUPÉRIEUR Le cours de l’année 2008 a présenté les avancées réalisées sur la transduction mécano-électrique auditive depuis 2002. définition de la fréquence caractéristique d’une corde vibrante ou fréquence fondamentale. date du précédent cours. et de ses harmoniques ou multiples entiers de la fréquence fondamentale). Les quatre cours ont traité des questions suivantes : 1er cours : faut-il repenser l’amplificateur cochléaire ? 2e cours : la transduction mécano-électrique : données physiologiques et moléculaires récentes .

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psychophysique et la psychoacoustique : tonie (sensation de la hauteur sonore, qui n’est pas la simple traduction de la fréquence sonore ; s’y rapporte le pitch anglosaxon, que certaines définitions restreignent cependant à la sensation de hauteur pour des sons mélodiques, musique, prosodie et langues tonales), sonie (perception de l’intensité sonore ; loudness en anglais) et timbre (perception sonore qui s’appuie sur le spectre fréquentiel, l’amplitude de chaque composante fréquentielle, et les caractérisiques temporelles des sons, temps d’installation de l’amplitude de l’enveloppe sonore, par exemple (McAdams et al, 1995). L’histoire du décibel est intimement liée à celle du téléphone. L’introduction du décibel répondait à la nécessité de disposer d’une mesure de la baisse de la puissance du son véhiculé par les câbles du téléphone. Son expression logarithmique repose sur la perception sensorielle, et « sa loi », connue sous le nom de loi de Fechner ou Weber-Fechner, selon laquelle la sensation d’intensité du son varie proportionellement avec le logarithme de l’intensité sonore physique, exprimée en watts/m2 (R = C log(S), relation dans laquelle R représente la sensation d’intensité sonore, S l’intensité du son et C une constante). Le décibel correspond approximativement au plus petit changement d’intensité sonore qu’un individu peut percevoir. Le décibel (dB) est un nombre sans dimension. L’intensité d’un son « IL » (IL = intensity level) s’exprime en dB par la relation IL = 10 log10(I/Ir) dB, soit le logarithme décimal du rapport de l’intensité du son, I (en watts/m2), à celle d’un son de référence, Ir (le facteur 10 traduisant l’expression en dB et non en Bel). En raison de la relation I = p2/Zc (où Zc est l’impédance caractéristique), la pression p, d’un son « SPL » (SPL = sound pressure level) en dB est donnée par, SPL = 10 log10(p/pr)2 = 20 log10(p/pr), soit le logarithme décimal du rapport de la pression du son incident, p (en newtons/m2 ou pascal : 1 N/m2 = 1 pascal (Pa)), à celle du son de référence, pr. Le son de référence a une intensité, Ir, de 10-12 W/m2, et une pression, pr, de 2 ⋅ 10-5 N/m2 (20 μPa ou 2 ⋅ 10-5 Pa). Il correspond à la plus petite intensité (et pression) décelée par l’oreille humaine, soit 0 dB (l’intensité du mouvement brownien est de – 20 dB). Pour un son donné, les valeurs en dB IL et en dB SPL sont identiques. L’élévation d’un seuil de perception auditive de 60 dB correspond au fait que la pression seuil perçue est 103 fois supérieure à la pression de référence et l’intensité seuil perçue est 106 fois l’intensité de référence; une variation de 20 dB correspond à une variation d’un ordre de grandeur de la pression acoustique et de deux ordres de grandeur de l’intensité acoustique. En clinique, on utilise le décibel « hearing level » HL, rapport du seuil de pression auditive observé chez le patient à celui d’un individu dont l’audition est normale. Il a été rappelé que le milieu affecte la vitesse de propagation et l’intensité du son qui le traverse, mais ne modifie pas sa fréquence. La densité du milieu (ρ) et son module d’élasticité (κ) (changement de la pression d’un milieu sous l’effet d’une force qui lui est appliquée, ou rigidité) modifient la vitesse de propagation (c) du son, en raison de la relation c = (κ/ρ)1/2. Plus le module d’élasticité est élevé, plus le son se propage vite ; plus la densité du milieu est élevée, moins le son se propage rapidement. Cependant, le son se propage plus vite dans l’eau que dans l’air car le

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module d’élasticité de l’eau est beaucoup plus élevé que celui de l’air. Enfin, l’impédance caractéristique du milieu, Zc (mesurée en rayls), module à la fois l’intensité et la vitesse de propagation du son. L’impédance est l’inertie opposée par un système au passage d’un signal périodique (la grandeur inverse est l’admittance). La relation entre l’impédance caractéristique et l’intensité sonore sus-mentionnée (I = p2/Zc) montre que plus l’impédance caractéristique du milieu traversé est forte, plus l’intensité sonore diminue ; la relation entre impédance caractéristique et vitesse de propagation du son, Zc = roc, montre que plus l’impédance caractéristique d’un milieu est élevée, plus la vitesse de propagation du son est grande. Par ailleurs, dans un milieu donné, l’intensité sonore varie en relation inverse avec le carré de la distance à la source sonore. L’anatomie et l’histologie cochléaires ont été brièvement rappelées. Les trois fonctions de la cochlée, organe sensoriel auditif des mammifères, ont ensuite été évoquées : analyse spectrale, amplification de la stimulation sonore, et transduction mécano-électrique. Celles-ci rendent compte de ses performances exceptionnelles : une discrimination fréquentielle qui atteint 0,2 % à 1 000 Hz chez l’homme dans les expériences psychoacoustiques, une détection de sons dont l’énergie est proche de celle du bruit thermique, et une précision temporelle de réponse de l’ordre de la dizaine de microsecondes. Le cours s’est ensuite concentré sur la question de l’amplificateur cochléaire. L’amplificateur cochléaire Les vagues de pression qui atteignent le tympan sont transmises à la périlymphe de la rampe vestibulaire (scala vestibuli) de la cochlée par les osselets de l’oreille moyenne dont le dernier, l’étrier, vient frapper la membrane de la fenêtre ovale qui obture cette rampe. Une différence de pression est créée entre les différentes rampes de la cochlée, qui est transmise au canal membraneux cochléaire abritant le neuroépithélium auditif (organe de Corti). Il s’ensuit un déplacement, selon l’axe transverse, de la membrane basilaire sur laquelle repose l’organe de Corti. En examinant, par illumination stromboscopique au microscope, le mouvement de la membrane basilaire de cochlées humaines prélevées post mortem, von Bekesy avait observé que les pics de déplacement de cette membrane étaient distribués le long de l’axe longitudinal de la cochlée en fonction de la fréquence du son incident. Pour chaque fréquence, il existait un emplacement spécifique le long de l’axe longitudinal de la cochlée où le déplacement de la membrane basilaire était maximal. Von Bekesy avait ainsi découvert l’existence d’une carte fréquentielle de long de l’axe longitudinal de la cochlée (Von Bekesy, 1956). Cette relation entre la fréquence du son et l’emplacement où la vibration de la membrane basilaire est maximale, est appelée transformation tonopique. Von Bekesy reçut en 1961 le prix Nobel pour cette découverte.

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Bien vite, ces données suscitèrent des interrogations. Les pics de déplacement de la membrane basilaire étaient très larges en regard de la discrimination fréquentielle mise en evidence par les expériences psychoacoustiques. Ces dernières avaient, dès 1954, trouvé une traduction physiologique par les travaux de Ichiji Tasaki (Tasaki, 1954), qui montraient que chaque neurone auditif répond préférentiellement à une fréquence particulière. Ces courbes de réponse neuronale, dite courbes d’accord (seuil de la décharge neuronale en dB en fonction de la fréquence sonore), très pointues, plaidaient en faveur de l’existence d’un mécanisme additionnel de sélectivité fréquentielle. L’introduction de l’interférométrie-laser, qui autorisait des mesures beaucoup plus précises du mouvement de la membrane basilaire que les analyses stroboscopiques, couplée à l’enregistrement des réponses électriques neuronales, allait de fait montrer qu’in vivo, les vibrations maximales de la membrane basilaire étaient d’une part beaucoup plus amples, et d’autre part limitées à un emplacement plus restreint de la membrane basilaire pour une fréquence du son donnée. A la sélectivité « passive », grosssière, de la membrane basilaire (en rapport avec ses propriétés physiques), s’ajoutait donc une sélectivité « active » qui amplifiait le mouvement passif. Or l’existence d’un amplificateur cochléaire actif avait été prédite par Thomas Gold (Gold, 1948). En 1948, Gold avait souligné que la cochlée, remplie de liquide, ne pouvait pas être le site d’une résonance mécanique passive d’amplitude suffisante pour permettre la détection de sons dont l’énergie est proche de celle du bruit thermique, et, qui plus est, avec une bonne sélectivité fréquentielle. Il conclut à la nécessité d’une source d’énergie interne pour compenser la perte d’énergie par dissipation visqueuse. L’amplification du déplacement de la membrane basilaire varie de manière non linéaire avec l’intensité du stimulus. Le facteur d’amplification a trois régimes : il est maximal pour les intensités du son les plus faibles, décroit de manière non linéaire pour des intensités croissantes, et est quasiment nul au-delà de 60 dB. Au total, pour les 6 ordres de grandeur de la pression sonore auxquels la cochlée humaine est sensible, de 0 à 120 dB SPL, l’amplitude des vibrations de la membrane basilaire varie d’un facteur 100 (le déplacement au seuil auditif est de 0,1 nm ; son maximum est de 10 nm à 120 dB). L’amplification, non linéaire, est donc aussi compressive, puisque le gain de deux ordres de grandeur du déplacement de la membrane basilaire correspond à six ordres de grandeur pour la pression du son correspondant. Cette amplification est restreinte à la région de la cochlée où les cellules sensorielles ont une fréquence caractéristique proche de celle du son incident. En effet, chaque cellule sensorielle, dite cellule ciliée, répond préférentiellement à une fréquence particulière. L’amplification augmente donc aussi la sélectivité en fréquence de la réponse cochléaire. L’amplificateur, pour être efficace, doit imprimer une force sur la membrane basilaire en synchronie avec son déplacement cyclique provoqué par l’onde sonore. Cet amplificateur a aussi pour action, pense-t-on, de permettre de détecter des sons de haute fréquence, dont l’énergie dissipée par l’amortissement visqueux dans la cochlée est plus importante que pour les sons de basse fréquence.

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En 1978, Peter Dallos (Dallos et Harris, 1978) montrait que les cellules ciliées externes (CCE) sont indispensables à la fonction d’amplification. La découverte de l’électromotilité de ces cellules il y a bientôt 25 ans (Brownell et al, 1985) (le phénomène avait cependant été évoqué dès 1967 par Goldstein et Mizukoshi (Goldstein et Mizukoshi, 1967), cf. cours 2002), paraissait avoir résolu l’origine de l’amplification. William Brownell découvrait que si on applique une dépolarisation à une CCE, elle se contracte ; la longueur de sa paroi latérale diminue, cette réduction pouvant atteindre 4 % de la longueur totale. Puis, il observait qu’un courant alternatif, qui mime en quelque sorte le cycle de dépolarisation-repolarisation de la CCE induit par le son, augmente la longueur de la CCE durant sa phase hyperpolarisante et la raccourcit durant sa phase dépolarisante. Il y a donc variation de longueur en fonction du voltage, et réciproquement, si on étire la cellule, elle s’hyperpolarise. Ces propriétés répondent à la définition d’un composant piézoélectrique. En réalité, ce n’est pas tant le changement de longueur que la force développée en parallèle avec ce changement de longueur qui est le paramètre physiologique à prendre en compte. Les caractéristiques de l’électromotilité des CCE répondent-elles à celles de l’amplificateur cochléaire ? La force produite par l’électromotilité est d’environ 100 pN/mV. La dépolarisation de la CCE peut atteindre 20 mV; la force produite peut donc atteindre environ 2 nN ; elle est du même ordre de grandeur que celle que les CCE appliquent sur la membrane basilaire. En revanche, cette force varie quasi linéairement avec le potentiel électrique de membrane pour des valeurs physiologiques de ce potentiel. La rigidité du corps cellulaire varie aussi avec le voltage, de 1 à 25 nN/mm, et cette variation est, elle aussi, presque linéaire. Ceci ne constitue pas un argument contre le fait que l’électromotilité soit à l’origine de l’amplification. En effet, la stimulation de la touffe ciliaire par le son engendre une variation non-linéaire du potentiel de membrane qui conférera une variation non-linéaire aux paramètres de l’électromotilité qui dépendent du voltage. L’idée qui prévaut est que l’amplificateur doit injecter de l’énergie, cycle par cycle, jusqu’à de très hautes fréquences, plus de 100 kHz chez la chauve-souris. Il n’est cependant pas démontré qu’une amplification à chaque cycle existe effectivement pour des fréquences très élevées du son. L’électromotilité peut-elle aussi opérer à des fréquences très élevées ? Quand des CCE sont soumises à un courant alternatif atteignant 70 kHz, leurs parois se contractent et se décontractent bien cycle par cycle. On notera toutefois qu’à ce jour, aucune vibration de la membrane basilaire excédant 13 kHz n’a été raportée. Enfin, un composant piézoélectrique a bien été identifié dans les parois des CCE. Il s’agit d’une protéine intégrale de membrane, qui a été nommée prestine, en référence à son aptitude de réponse à des sons de haute fréquence. Pourtant, une interrogation demeure, qui a conduit certains à remettre en question l’électromotilité comme mécanisme de l’amplification. La dépolarisation de la touffe cilaire (structure de réception de la stimulation sonore et site de la transduction) doit se propager aux parois latérales de la CCE. Or la constante électrique de temps de la membrane (produit de sa résistance électrique et de sa

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capacité) fait que cette membrane se comporte comme un filtre « passe-bas », c’est-à-dire qu’elle ne laisse passer sans déformation que des fréquences électriques inférieures à 1 kHz. Il y a là un véritable paradoxe, puisque l’électromotilité apparaît durant l’évolution chez les mammifères, quand l’organe auditif devient sensible aux sons de haute fréquence. Or, elle ne pourrait agir qu’à basse fréquence, à cause de la contrainte imposée par la constante électrique de temps de la membrane. Soit il y a un maillon manquant dans la caractérisation de l’amplification ou la compréhension du mode de stimulation électrique de la membrane plasmique conduisant à l’électromotilité, soit l’amplificateur ne se situe pas dans la paroi des CCE. De surcroît, il faut souligner que les vertébrés inférieurs, qui n’ont pas de CCE, ont cependant un seuil auditif très bas et une bonne sélectivité de leur réponse fréquentielle. C’est ainsi qu’au cours des dernières années, une hypothèse alternative a été proposée, qui place l’amplificateur dans la touffe ciliaire. En parallèle, d’autres fonctions ont été proposées pour l’électromotilité. Ainsi, elle pourrait positionner la touffe ciliaire des CCE dans sa zone de sensibilité maximale à la stimulation sonore. L’hypothèse alternative repose sur l’existence de mouvements spontanés de la touffe cilaire et de mouvements déclenchés par l’adaptation. Des oscillations spontanées de la touffe ciliaire ont été observées chez des vertébrés inférieurs, d’abord la tortue (Crawford et Fettiplace, 1985), puis la grenouille (Martin et Hudspeth, 1999). Elles démontrent l’existence de mouvements actifs de la touffe cilaire (Martin et Hudspeth, 1999). Les touffes ciliaires du saccule de grenouille (qui sont sensibles à des fréquences allant de 5 à 130 Hz) ont des oscillations spontanées bruitées, dont la fréquence va de 5 à 50 Hz, et l’amplitude de 25 à 100 nm. Leur stimulation par une fibre flexible à une fréquence donnée, conduit à une amplitude plus grande de leur mouvement lorsque la fréquence du stimulateur est proche de la fréquence caractéristique de leur oscillation spontanée. Il y a donc bien amplification de la stimulation par la touffe ciliaire. De plus, cette amplification a les caractéristiques de celle observée chez les mammifères. Elle possède une spécificité fréquentielle, et opère de façon non linéaire. Cependant, le facteur d’amplification que produit la résonance de la touffe cilaire est de l’ordre de 5 à 10, et non de 100, comme attendu chez les mammifères. Il faut cependant noter qu’il s’agit ici de la réponse d’une cellule unique chez la grenouille, alors que l’amplification mesurée chez les mammifères est le résultat de l’activité de plusieurs cellules. Ces oscillations spontanées cessent si l’on bloque le canal de transduction mécano-électrique par la gentamicine. Autre élément à l’appui du rôle du canal dans ces oscillations : elles sont dépendantes des ions Ca2+, comme l’est la cinétique de ce canal (voir ci-dessous). Si, par iontophorèse, on augmente la concentration des ions Ca2+ à la pointe des stéréocils, on accélère le mouvement de la touffe ciliaire et on diminue son amplitude. Si on chélate les ions Ca2+, on observe l’effet inverse. Des déplacements de la touffe cilaire des CCI induits par un courant alternatif transépithélial ont récemment été observés aussi chez la gerbille, dans un dispositif experimental qui, comme celui utilisé précédemment pour la grenouille, préserve l’intégrité des deux compartiments

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liquidiens, endolymphatique et périlymphatique, de la cochlée (Chan et Hudspeth, 2005). Les déplacements induits de la touffe ciliaire persistaient quand les ions K+ de l’endolymphe étaient remplacés par les cations monovalents NMDG (N-methyl-D-glutamate), qui ne traversent pas le canal de transduction mécanoélectrique et le bloquent, tout en laissant passer les ions Ca2+. Dans ces conditions, c’est-à-dire en l’absence de dépolarisation (et donc d’électromotilité) mais en présence d’entrée d’ions Ca2+, les mouvements de la touffe ciliaire étaient encore observés. Si la stimulation était acoustique, l’amplitude du déplacement des stéréocils des CCI augmentait de manière non-linéaire et compressive (modérément) avec l’intensité de la stimulation, tout comme les potentiels microphoniques, potentiels électriques extracellulaires provenant pour l’essentiel de l’activité électrique des CCE. La dépendance de ces mouvements à l’égard des ions Ca2+ renvoie aux deux cibles calciques de la transduction mécano-électrique qui ont été proposées comme acteurs de l’adaptation (voir ci-dessous), les myosines pour l’adaptation lente, et le canal de transduction lui-même, pour l’adaptation rapide. L’autre considération à l’appui de la présence d’un amplificateur logé dans la touffe ciliaire est celle qui lie étroitement adaptation et mouvements de la touffe ciliaire. S’y ajoute un travail récent qui suggère l’existence d’une force produite par la touffe ciliaire des CCE. La discussion de ces travaux ne peut se faire sans un rappel de quelques éléments concernant la transduction mécano-électrique. Dès les premiers enregistrements du courant de transduction mécano-électrique, il est apparu que ce courant n’est pas nul lorsque la cellule sensorielle est dans une position de repos. Un certain pourcentage des canaux de transduction mécanoélectrique sont donc ouverts lorsque la touffe ciliaire est dans sa position de repos. Lorsque la touffe ciliaire est soumise par le son à un mouvement sinusoïdal autour de sa position de repos, ou défléchie par une fibre de verre rigide, son déplacement en direction des stéréocils les plus longs se traduit par une augmentation brutale du courant, liée à l’ouverture des canaux de transduction. Défléchie dans le sens opposé, ces canaux se ferment, le courant diminue. Leur ouverture conduit à l’entrée d’ions K+ et Ca2+, qui dépolarisent la cellule. Le seuil de déplacement de la touffe ciliaire qui conduit à une dépolarisation est d’environ 1 nm. En termes de pression, la pression la plus faible perçue par le système auditif est de 20 μPa. Des mesures récentes effectuées chez le cobaye ont permis d’évaluer qu’en réponse à un déplacement de la membrane basilaire de 100 nm, l’apex de la touffe cilaire des CCES de cobaye se déplaçait d’environ 30 nm (Fridberger et de Monvel, 2003 ; Fridberger et al, 2006). En 1984, Pickles découvre le lien apical des stéréocils (Pickles et al, 1984). D’emblée, son implication dans la transduction mécano-électrique est proposée. La transduction mécano-électrique auditive a alors été déjà bien explorée par le groupe de Jim Hudspeth qui, compte tenu du temps très bref entre stimulation mécanique et enregistrement du courant, avait proposé un an plus tôt, un modèle pour cette transduction, connu sous le nom de gating spring model, que l’on peut

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traduire par modèle du « ressort d’ouverture » (Corey et Hudspeth, 1983). Ce modèle stipule que l’ouverture du canal de transduction mécano-électrique est en rapport avec la tension qu’exercent sur lui des éléments élastiques qui lui sont couplés. Ces éléments élastiques se comportent comme un ressort (ressort de transduction). Si la tension dans ce ressort vient à baisser, les canaux se ferment. Le modèle associe donc la tension du ressort de transduction à la probabilité d’ouverture des canaux de transduction. Il faut une tension mécanique pour ouvrir le canal, et réciproquement, l’ouverture du canal produit une force (Howard et Hudspeth, 1988). La raideur de la touffe ciliaire a été mesurée dans le saccule de grenouille en 1988 (Howard et Hudspeth, 1988), et estimée à environ 1 mN/m (dans ces mesures, les liens latéraux qui unissent les stéréocils avaient sans doute été éliminés par le traitement enzymatique effectué au préalable). La moitié de la raideur avait alors été attribuée au canal de transduction mécano-électrique lui-même, et l’autre aux pivots des stéréocils. L’ouverture des canaux est par ailleurs associée à une baisse de rigidité de la touffe ciliaire, qui n’apparaît pas si le canal est bloqué alors que la touffe ciliaire est défléchie. Cet assouplissement lié à l’ouverture des canaux a reçu le nom de gating compliance (assouplissement d’ouverture). En 1991, Assad et Corey montraient qu’en présence de BAPTA, un chélateur des ions Ca2+, les liens apicaux étaient détruits et la transduction abolie ; les liens apicaux autorisés à régénérer, la transduction retrouvait sa valeur initiale (Assad et al, 1991). Ces auteurs produisirent alors un schéma de la transduction qui désignait le lien apical comme le ressort de transduction. En traitant les touffes ciliaires par le BAPTA, seul persiste 50 % de la raideur de la touffe ciliaire (tout comme après le blocage du canal de transduction mécano-électrique). Les calculs retrouvaient une raideur du gating spring, Kgs, d’une valeur de 0,5 à 1 mN/m. En 2000, des études en microscopie électronique conduites par Bechara Kachar (Kachar et al, 2000) révélèrent que le lien apical est composé de deux protofilaments enroulés en une hélice dextrogyre, dont la périodicité est d’environ 20 nm et le diamètre compris entre 5 et 10 nm, avec deux insertions apicales et trois basales. Cette structure du lien apical suggérait qu’il pouvait être, non pas élastique, mais rigide. Sa nature moléculaire, discutée dans le cadre du second cours, n’évoque pas, de fait, celle d’un lien élastique. L’idée prévaut aujourd’hui selon laquelle le gating spring est une structure intra-stéréociliaire associée directement ou indirectement au canal de transduction mécano-électrique. Comme mentionné précédemment, une relation a été établie au cours des dernières années entre adaptation de la transduction mécano-électrique et mouvement de la touffe cilaire. L’adaptation permet à tout système sensoriel de restaurer sa sensibilité à de petites stimulations transitoires, alors même qu’une forte stimulation statique se maintient. Si l’on prend l’exemple du saccule de la grenouille, organe vestibulaire très semblable, dans son fonctionnement, à la cochlée, il peut déceler des accélérations verticales du sol un million de fois plus

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petites que celle du champ de gravitation terrestre (Narins et Lewis, 1984). Le processus d’adaptation consiste en la restauration de la probabilité d’ouverture des canaux de transduction mécano-électrique à une valeur proche de sa valeur de repos. En d’autres termes, il y aurait restauration de la tension du ressort de transduction, que la touffe ciliaire ait été défléchie en direction des grands stéréocils (ouverture des canaux) ou dans le sens opposé (fermeture des canaux). C’est ce que traduisent les courbes courant-déplacement établies à l’issue de l’adaptation, simples translations de la courbe initiale le long de l’axe des déplacements. La diminution du courant au cours de l’adaptation a un caractère bimodal. Chaque mode a des constantes de temps distinctes. Le premier a une constante de temps de l’ordre de la milliseconde ou moins (adaptation dite rapide), et le second, une constante de temps dix fois plus longue (adaptation dite lente). L’adaptation rapide a été étudiée en fonction de la fréquence caractéristique des cellules sensorielles auditives chez la tortue. Plus ces cellules ont une fréquence caractéristique élevée, plus leur constante de temps d’adaptation est petite. Cette observation a été étendue aux CCE de rat. D’où l’idée proposée selon laquelle c’est la cinétique d’adaptation rapide qui détermine la fréquence caractéristique de la cellule. Dans le 2e et le 3e cours, ont été présentées des avancées récentes portant sur la physiologie moléculaire des cellules sensorielles de la cochlée. L’implication de la cadhérine-23 et de la protocadhérine-15 dans la formation de liens transitoires de la touffe ciliaire en développement et du lien apical (tip link) a été discutée. Les molécules proposées pour entrer dans la composition du canal de transduction mécano-électrique ont été examinées à la lumière des propriétés biophysiques de ce canal. C’est un canal cationique non sélectif qui a une forte perméabilité pour les ions Ca2+. Sa perméabilité aux ions Ca2+ est 5 fois plus importante qu’aux ions Na+, aussi bien chez la grenouille, que chez la tortue et les mammifères. Sa perméabilité aux cations monovalents s’ordonne comme suit : elle est plus élevée pour le Cs+ que pour le K+, que pour le Na+, que pour le Li+. Bloqué par le Ca2+, ce canal l’est aussi par de fortes concentrations de magnésium (Mg2+), par de très faibles concentrations de lanthanium (La3+) ou de gadolinium (Gd3+) ou d’amiloride, ou par la dihydrostreptomycine, 50 à 100 μM. Il n’est pas sensible au voltage. Bien que les canaux de type TRP puissent encore être considérés comme d’excellents candidats, les deux qui ont été proposés à ce jour, TRPN1 et TRPA1, ont été éliminés. La nature moléculaire du moteur d’adaptation a fait l’objet d’une présentation, et les arguments en faveur d’un rôle central de la myosine 1c ont été examinés. Les éléments qui plaident en faveur de l’implication d’une autre myosine, la myosine VIIa, ont été discutés. Le rôle de la pompe calcique Pmca2 dans le rejet des ions Ca2+ hors de la touffe ciliaire a été rappelé, et son mode d’action examiné, en tenant compte de données génétiques obtenues chez l’homme et la souris, qui établissent son couplage fonctionnel avec la cadhérine-23.

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4e cours : éléments du traitement du signal sonore par les neurones auditifs du ganglion cochléaire et les neurones des noyaux auditifs du tronc cérébral. Ont été brièvement abordés, le traitement des signaux acoustiques (fréquence, intensité et caractéristiques temporelles) dans les neurones du ganglion cochléaire, du noyau cochléaire, et les autres noyaux auditifs du tronc cérébral, complexe olivaire et noyaux du corps trapézoïde. Quelques éléments ont été introduits sur la localisation des sources sonores de basse fréquence dans le plan horizontal, avec les rebondissements récents qui remettent en cause un modèle bien établi, que l’on croyait généralisable à l’ensemble des espèces. Les neurones auditifs primaires: diversité et physiologie Dans le ganglion cochléaire, les neurones afférents, neurones de type I, sont dix foix plus nombreux que les CCI. Ce sont des neurones bipolaires, qui ne contactent qu’une seule CCI et ne forment qu’une seule synapse. Au niveau de chaque ruban synaptique, n’existe qu’une seule synapse (rubans synaptiques et neurones auditifs sont dans un rapport de 1). Ces neurones sont myélinisés et, curiosité, cette myélinisation s’étend au corps cellulaire, et même à la racine de la dendrite. Ont été introduites, les notions de fréquence caractéristique (fréquence de stimulation sonore pour laquelle le seuil de réponse est le plus bas) et de courbe d’accord (seuil de réponse à différentes fréquences) de ces neurones, et la mesure de leur sélectivité fréquentielle par le facteur de qualité Q10 dB (rapport entre la fréquence caractéristique du neurone et la différence des fréquences pour lesquelles les seuils de réponse du neurone sont supérieurs de 10 dB au seuil minimal). Cette valeur croît avec la sélectivité fréquentielle de la réponse. La courbe d’accord en fréquence de la membrane basilaire (définie pour une valeur donnée du déplacement) et celle des CCE (définie pour une valeur donnée du potentiel de récepteur) à un même emplacement cochléaire sont superposables. Les courbes d’accord en fréquence des CCI et de leurs neurones afférents sont également semblables. Tandis que les CCE répondent de manière synchrone au déplacement de la membrane basilaire, les CCI répondent de manière synchrone à sa vitesse de déplacement. Dans les situations pathologiques où la touffe ciliaire des CCE perd son ancrage dans la membrane tectoriale, les CCE répondent alors, non plus au déplacement de la membrane basilaire, mais à sa vitesse de déplacement (Legan et al, 2000). Le mécanisme de la stimulation des CCI est assez mal connu ; il implique la dynamique de la membrane tectoriale, et sans doute aussi celle de la lame réticulée (structure rigide formée par les régions apicales des cellules sensorielles et de leurs cellules de soutien, ainsi que par les jonctions entre ces cellules). Quelques éléments de la fonction de transfert mécano-électrique des CCI ont été rappelés. La dépolarisation de la CCI sous l’effet d’une stimulation sonore est au maximum de 20 mV (son potentiel de membrane passe ainsi d’environ – 60 mV à – 40 mV). Elle comporte deux composantes : une composante alternative (AC),

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et une composante continue, ou directe (DC). La composante AC, dont la fréquence est la même que celle du son, n’existe que pour des fréquences inférieures à 4 ou 5 kHz ; sa part ne cesse de décroître, au profit de celle de la composante DC, à partir d’environ 1 kHz. Plus l’intensité du son augmente, jusqu’à 60 dB, plus, dans les CCI comme dans les CCE, les composantes DC et AC augmentent. Des données récentes indiquent qu’au delà de 60 dB, la composante DC augmente davantage que la composante AC. La constante de temps électrique de la membrane détermine une limite de fréquence, au delà de laquelle le potentiel de membrane cesse progressivement d’osciller. Les canaux BK, canaux potassiques de large conductance dépendant à la fois des ions Ca2+ et du voltage (Oliver et al, 2003 ; Marcotti et al, 2004), sont responsables d’un courant potassique sortant de cinétique rapide (courant IK,f). Lorsqu’on supprime ces canaux chez des souris génétiquement modifiées, la constante de temps électrique de la membrane des CCI augmente. La dépolarisation maximale de la CCI augmente considérablement (de 20 mV, elle passe à 80 mV). La dépolarisation est très retardée, créant un délai dans la réponse du neurone auditif, et la repolarisation est très incomplète. La composante AC diminue, tandis que la composante DC augmente. La dépolarisation rapide des CCI stimule les canaux calciques dépendant du voltage, de type L (Cav1.3) ; ils sont au nombre de 1 700 environ par CCI. La présence de 10 à 30 rubans synaptiques par CCI indique qu’une centaine de canaux calciques dépendant du voltage sont associés, en moyenne, à chaque ruban synaptique (leur répartition pourrait être très hétérogène). Les CCI matures ne sont innervées que par des neurones afférents, ou neurones de type I. Chez le chat, Charles Liberman (Liberman, 1982) a pu diviser ces neurones en trois sous-populations en fonction de leur taux de décharge spontanée (de 0 à 100 potentiels d’action par seconde) et de leur morphologie : neurones à taux de décharge spontanée faible (inférieur à 0,5 potentiel d’action par seconde) et de très petit diamètre, neurones à taux moyen de décharge spontanée (0,5 à 17 potentiels d’action par seconde) et de diamètre plus grand, neurones à taux élevé de décharge spontanée (supérieur à 17,5 potentiels d’action par seconde) et de grand diamètre. Ces propriétés sont corrélées avec des seuils de réponse distincts pour chacun des groupes. Plus le taux de décharge spontanée est élevé, plus le seuil de réponse du neurone est bas. Une CCI donnée paraît être innervée par plusieurs neurones de chacun des sous-types. Ces neurones ont une répartition topologique particulière. Les neurones à haut taux de décharge spontanée (bas seuil) sont localisés dans la région de la CCI qui se situe à proximité des cellules piliers internes. Il semble qu’ils établissent des synapses avec des rubans qui ont une taille plus petite que les autres, et un nombre plus faible de vésicules associées. Les projections centrales de ces différents sous-groupes de neurones sont elles aussi différentes. Tous ces neurones se projettent sur le noyau cochléaire, mais les neurones à taux de décharge spontanée faible ou moyen ont un beaucoup plus grand nombre de terminaisons nerveuses destinées à une innervation préférentielle de la région périphérique des petites cellules (voir ci-dessous). Ils sont à l’origine de

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réseaux neuronaux distincts au niveau du tronc cérébral, aussi, semble-t-il. Ces différents sous-groupes de neurones de type I sous-tendent donc un traitement distinct de l’information, qui concerne principalement l’intensité de la stimulation sonore. Ils ont aussi une dynamique de réponse différente d’un neurone à l’autre. Enfin, pour certains, leur seuil de réponse dépendrait de la durée de stimulation. Quelle est l’origine de leur hétérogéneité fonctionnelle ? La question sous-jacente est celle de la participation de la présynapse aux caractéristiques de la réponse neuronale. Comment ces neurones assurent-ils le codage en intensité et en fréquence ? Le codage en fréquence dans les neurones auditifs est différent pour les basses et les hautes fréquences. Les neurones auditifs ont des fréquences de décharge de potentiels d’action qui, comme pour tout neurone, ne peuvent excéder 600 Hz à 1 kHz en raison de la période réfractaire qui suit le potentiel d’action. En réponse à une stimulation sonore de basse fréquence, 300 Hz par exemple, les pics de potentiel d’action peuvent atteindre cette fréquence si l’intensité du son est forte. En tout état de cause, ces pics se situent tous précisément dans la même phase de l’onde sonore. Plus le son est de faible intensité, plus ces décharges sont rares. C’est collectivement que ces neurones peuvent reconstituer une fréquence de décharge identique et synchrone à celle de la stimulation sonore. Ceci s’applique aussi pour le traitement des sons jusqu’à 4 ou 5 kHz chez l’homme (peut-être jusqu’à 10 kHz). Chaque neurone décharge strictement dans la même phase de l’onde sonore, mais c’est seulement collectivement que les neurones reconstituent une fréquence de décharge de quelques kHz. Ce code temporel de l’information fréquentielle est fondé sur le « principe de la volée », par analogie avec une rangée de soldats qui, en tirant à différents moments, feraient un barrage de tir continu. Le codage fréquentiel pour les hautes fréquences repose exclusivement sur une information de position. La carte tonotopique cochléaire en est le socle. Elle est reproduite à chacun des différents étages du système auditif (voir ci-dessous). Comment s’effectue le codage en intensité des diverses fréquences ? On sait par les travaux de Rose (Rose et al, 1967) que l’intensité du son ne modifie ni la synchronisation au son de la réponse des neurones de type I à basse fréquence, ni leur délai de réponse. C’est parce que le délai synaptique n’est pas modulable par l’intensité de stimulation que le codage temporel des signaux sonores est extrêmement robuste. Sa haute précision est mise à profit pour localiser les sources sonores de basse fréquence (voir ci-dessous). A la question des mécanismes qui sous-tendent une synchronisation de décharges à l’identique quelle que soit l’importance de la dépolarisation de la CCI, les travaux d’Elisabeth Glowatzki (Glowatzki et Fuchs, 2002) apportent des éléments de réponse. En enregistrant les courants postsynaptiques au niveau des boutons dendritiques des neurones auditifs, elle a pu montrer que la fusion des vésicules synaptiques de la CCI à la membrane plasmique concerne en moyenne 4 à 7 vésicules en même temps, et que ces événements de fusion multivésiculaire sont les mêmes qu’il s’agisse des décharges spontanées ou des décharges provoquées, d’une faible ou d’une forte stimulation. Chaque événement de fusion est constant, il n’y a pas d’avance de phase lorsque l’intensité augmente (comme observé dans les autres

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systèmes neuronaux). Seule varie, en fonction de l’intensité sonore, la probabilité d’apparition de l’événement. Ces études ont également permis de conclure que 90 % de l’adaptation observée dans la réponse neuronale provient de la machinerie présynaptique. Quant aux neurones auditifs, c’est encore collectivement qu’ils reconstitueraient une réponse à un large spectre d’intensité. A partir de ces données, on est amené à penser que l’exocytose de la CCI est d’une extrême précision temporelle, que la cochlée traite le paramètre d’intensité sonore en termes de probabilité d’événements d’exocytose dans la CCI, et que conjointement, les neurones auditifs auraient une diversité de seuils de réponse. Les noyaux auditifs du tronc cérébral et du mésencéphale Cellules sensorielles cochléaires et neurones auditifs ont une même origine embryologique, la placode otique, et constituent le système auditif périphérique. Au-delà, les voies auditives ascendantes appartiennent au système nerveux central. Le premier relais central est situé dans le noyau cochléaire. Ses projections sont principalement controlatérales. Au-delà du noyau cochléaire, les voies auditives ascendantes, d’ipsilatérales deviennent controlatérales. Le noyau cochléaire est situé dans la partie caudale du tronc cérébral. Il est divisé en trois grandes régions ou noyaux : noyau ventral antérieur (NVA), noyau ventral postérieur (NVP) et noyau dorsal (ND). Tout axone des neurones auditifs de type I qui pénétre dans le noyau cochléaire se divise en deux branches, une branche antérieure (ou ascendante) et une branche postérieure (ou descendante). La branche antérieure innerve le NVA. La branche postérieure innerve le NVP et le ND. Les projections des neurones auditifs sont ordonnées en fonction de la fréquence caractéristique de ces neurones, et constituent une carte tonopique dans laquelle, comme dans la cochlée, les basses fréquences sont traitées à l’apex du noyau (région antérieure) et les hautes fréquences à sa base (région postérieure). Ainsi, on peut considérer qu’il existe trois cartes tonotopiques distinctes au niveau du noyau cochléaire. Elles reçoivent une information semblable, et doivent donc en extraire des informations différentes. La population neuronale du noyau cochléaire est hétérogène. On distingue huit types de neurones qui diffèrent par leur morphologie et leur réponse électrique. Dans le NVA prédominent les neurones « en buisson », que la coloration de Nissl permet de séparer en neurones « sphériques » et neurones « globulaires ». Dans le NVP dominent des neurones « pieuvre » (octopus cells) et des neurones « multipolaires » (en coloration de Nissl) ou « étoilés » (en coloration de Golgi). Dans le ND, qui a un aspect lamellaire, prédominent des neurones fusiformes ou pyramidaux. Cette région comporte deux autres types de neurones de plus petite taille, petits neurones et neurones granulaires. Dans la profondeur du noyau cochléaire, se logent des neurones « géants ».

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Ces neurones ont des réponses électriques très diverses : réponse voisine de celle des neurones auditifs primaires, réponse avec une périodicité en rapport avec la stimulation sonore mais comportant une encoche au démarrage, réponse dite « en hachoir » avec des pics qui ne sont pas synchrones au son, réponse restreinte à la mise en place de la stimulation (comme celle des cellules « pieuvre »)… Des cellules peuvent appartenir à un même type et décharger selon plusieurs modes. Ainsi, les neurones en buisson déchargent selon trois modes : soit comme les neurones auditifs primaires, soit à la mise en place du signal acoustique, soit encore comme les neurones auditifs primaires, mais avec une encoche. Les neurones étoilés ou multipolaires ont deux modes de réponse : l’un « en hachoir », l’autre lors de la mise en place du signal acoustique. Les cellules « pieuvre » déchargent à la mise en place du signal, et les cellules fusiformes ou pyramidales ont divers profils de réponse électrique. Ces réponses électriques distinctes traduisent l’extraction de différentes informations à partir de la réponse des neurones auditifs primaires. Au-delà du noyau cochléaire, en raison des projections axonales bilatérales, chaque structure relais comporte une organisation tonotopique, et reçoit des informations provenant des deux oreilles. Le second relais central du système auditif, le complexe olivaire supérieur (COS), est aussi situé dans le tronc cérébral. Il comporte trois noyaux principaux, l’olive supérieure latérale (OSL), l’olive supérieure médiane (OSM), le corps trapézoïde et ses trois noyaux, latéral, ventral, et médian (noyau médian du corps trapézoïde ou NMCT), ainsi qu’un ensemble de noyaux de petite taille (noyaux périolivaires). Ces structures ont toutes une organisation tonotopique. Du noyau cochléaire, émergent trois voies majeures : les stries acoustiques ventrale, intermédiaire, et dorsale. La strie acoustique ventrale, ou corps trapézoïde, est formée par les axones qui proviennent des neurones en buisson du NCVA, et des neurones stellaires et « pieuvre » du NCVP. L’axone des cellules « en buisson » se termine essentiellement sur les trois principaux noyaux du COS, tandis que certains de ces axones continuent leur route à travers le lemnisque latéral jusqu’au colliculus inférieur. Celui des cellules sphériques en buisson se projette de façon bilatérale sur l’OSM, et ipsilatérale sur l’OSL, celui des cellules globulaires en buisson se projette en controlatéral sur les neurones du NMCT venant inhiber l’activité de l’OSL déclenchée par les cellules sphériques en buisson. La strie acoustique intermédiaire, ou strie de Held, inclut les axones des cellules « pieuvre » du NVP qui se terminent dans les noyaux périolivaires et, plus loin, dans le lemnisque latéral et le colliculus inférieur. Enfin, la « strie acoustique dorsale » contient les axones des neurones du NCD. Elle n’envoie aucune projection sur le complexe olivaire supérieur, et se termine, comme la strie acoustique intermédiaire, sur le colliculus inférieur et les noyaux du lemnisque latéral. Enfin, il existe bon nombre de projections internes au sein du noyau cochléaire. Les neurones du NMCT comportent les synapses géantes, ou calices de Held, qui sont considérées comme les plus grandes terminaisons synaptiques du cerveau des mammifères. L’extrémité axonale des cellules globulaires présentes dans le

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noyau cochléaire opposé forme la région présynatique des calices de Held. Les neurones du NMCT qui forment la post-synapse, sont des neurones inhibiteurs glycinergiques, et se projettent sur divers noyaux du COS. Les axones des neurones du noyau cochléaire et du COS se projettent principalement vers le colliculus inférieur en formant un faisceau de fibres que l’on appelle le lemnisque latéral. Il existe aussi des noyaux du lemnisque latéral qui sont situés à l’intérieur du faisceau des fibres du lemnisque, et reçoivent des afférences du noyau cochléaire et du complexe olivaire. Le noyau du lemnisque latéral comporte deux zones, une zone dorsale et une zone ventrale. Le mésencéphale auditif se compose du colliculus inférieur. Il comporte quatre noyaux : central, dorsomédian, latéral, et dorsal. C’est un carrefour de voies auditives ascendantes et descendantes. Le noyau central a une structure lamellaire, et ne reçoit que des afférences provenant des centres auditifs inférieurs. Il est le siège d’une tonotopie stricte et comporte des cartes de représentation de plusieurs paramètres de la stimulation sonore, comme une carte des latences, une carte des courbes d’accord (« carte des Q10dB »), une carte de résolution temporelle, une carte de localisation spatiale… De nombreux facteurs indépendants du système auditif modulent l’activité électrique du colliculus inférieur : stimuli visuels et tactiles par exemple. Localisation de la source sonore Pour terminer, quelques éléments introductifs au cours de l’année suivante sur la localisation de la source sonore ont été présentés. La capacité de localiser la source sonore, parce qu’elle permet de localiser proies et prédateurs, contribue bien évidemment à la survie des animaux entendants. Orienter le pavillon de l’oreille ou tourner la tête pour déceler au mieux la localisation d’une proie, par exemple, permet d’élaborer une stratégie d’attaque sans être vu. La vague sonore, produite par une source externe, est diffractée par son interaction avec le pavillon de l’oreille et l’ensemble de la tête. Ce sont les caractéristiques temporelles et d’intensité du son ainsi diffracté qui vont fournir les substrats de la localisation de la source sonore. Dans leur description, désormais classique, de la localisation de la source sonore en champ libre chez l’homme, Stevens et Newman, en 1936 (Stevens et Newman, 1936), observèrent que l’homme localisait au mieux la source sonore dans le plan horizontal pour des fréquences du son, soit inférieures à 1 kHz, soit supérieures à 5 kHz. Ceci suggérait l’existence de deux mécanismes distincts de localisation de la source sonore dans le plan horizontal, l’un pour les basses fréquences, et l’autre pour les hautes fréquences. Cette dichotomie faisait écho à la théorie, dite théorie duplex, de l’écoute binaurale, proposée par Lord Rayleigh en 1907 (Strutt, 1907), et dont les premiers éléments avaient été apportés par Thomson en 1882. Selon Rayleigh, la tête peut créer une ombre acoustique pour l’oreille la plus distante de la source sonore, de

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sorte que l’intensité du son qui lui parvient est plus faible que celle du son qui parvient à l’autre oreille. Ces différences de niveau sonore sont dites différences d’intensité inter-auriculaires ou binaurales (en anglais interaural level difference, ILD en abrégé). Cependant, l’importance de la différence d’intensité interauriculaire dépend du contenu spectral de la stimulation. En effet, la tête se comporte comme un filtre passe-bas. Elle laisse passer les fréquences basses qui la contournent en raison de leur grande longueur d’onde, et qui par conséquent contribuent fort peu à la différence d’intensité interauriculaire. Avant Rayleigh, le temps qui sépare l’arrivée d’une onde sonore à une oreille et à l’autre, estimé à quelques centaines de microsecondes, avait été considéré comme trop bref pour être décelable par un système biologique. Rayleigh conclut au contraire que cette différence temporelle interauriculaire est décelable, et il propose qu’elle soit le fondement du principe de localisation des sons de basse fréquence (en anglais interaural time difference, ITD en abrégé). L’idée d’un double système de localisation de la source sonore s’est imposée. L’un, dédié aux hautes fréquences mis en oeuvre dans l’OSL, est fondé sur les différences d’intensité, et l’autre, dédié aux basses fréquences, mis en oeuvre dans le noyau laminaire chez les oiseaux et dans l’OSM chez les mammifères, est fondé sur les différences temporelles. L’intérêt majeur de l’écoute binaurale réside dans la localisation de la source sonore dans l’espace. Toutefois, un son sera perçu comme légèrement plus intense s’il est présenté aux deux oreilles (gain d’environ 3 décibels). De cette vision très schématique, il s’en suit que pour un patient qui a une surdité unilatérale, si le locuteur est situé du côté de l’oreille défaillante, l’oreille normale percevra correctement les basses fréquences, mais mal les hautes fréquences, en raison de l’ombre de la tête. Cette théorie vaut pour les sons purs. Pour la localisation de sources sonores complexes, la composante temporelle, même pour des sons de haute fréquence, est importante. Interviennent aussi les modulations fréquentielles et les modulations en amplitude. Seule a été discutée plus en détail la localisation dans le plan horizontal des sources sonores de basse fréquence. Soit une onde sonore située sur l’azimut 90° par rapport à la ligne médiane. L’onde sonore va parcourir le chemin d’une oreille à l’autre soit une distance égale au rayon de la tête plus une distance égale au quart de la circonférence de la tête. Le rayon de la tête est estimé à 9 cm, le quart de la circonférence de la tête à environ 14 cm, soit une distance totale à parcourir de 23 cm. Compte tenu de la vitesse du son dans l’air (343 m/s), la différence de temps entre l’arrivée du son à l’une et l’autre oreille est 670 μs. C’est le temps maximum du parcours. En effet, quand la source se rapproche de la position médiane, le délai entre l’arrivée des signaux sonores à l’une et l’autre oreille est toujours plus petit. Ce temps de 670 μs est égal à la période d’un son de 1 500 Hz. Il fixe la limite supérieure de la fréquence sonore d’une source qui pourra être localisée en se fondant sur la disparité temporelle binaurale. Pour des fréquences plus élevées, la localisation de la source sonore fait appel à la différence d’intensité (ILD).

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Chez l’homme, le système auditif identifie deux sons comme provenant de deux sources distinctes si, l’une étant située dans le plan médian (0° azimutal), l’autre en est séparée d’au moins deux degrés. Ceci signifie que le système auditif distingue deux sons qui parviennent à l’une et l’autre oreille avec un décalage temporel de moins de 20 μs. C’est cet élément qui a permis de conclure à l’extrême précision temporelle du système auditif (au moins jusqu’à ses relais du tronc cérébral). Plus on s’éloigne de l’axe médian dans le plan horizontal, plus la capacité de résolution diminue. L’angle audible minimal varie avec la position azimutale et la fréquence de la source sonore. Sa valeur augmente quand la fréquence s’élève et que la source sonore s’approche du 90° azimutal. Pour toutes les fréquences, la perception de la directionalité est plus précise quand l’auditeur fait face à la source sonore. En l’absence de mobilité du pavillon de l’oreille, c’est la tête qui bouge pour optimiser la perception de la localisation des sources sonores. Nous avons ensuite brièvement considéré les bases neurales de la localisation azimutale des sources sonores de basse fréquence. Durant les cinquante dernières années, un seul modèle a servi d’explication à la façon dont le cerveau détermine la position de la source sonore de basse fréquence dans le plan horizontal : le modèle de coïncidence proposé par Lloyd Jeffress en 1948 (Jeffress, 1948). Il stipule que le cerveau transforme l’information du délai de temps relatif de l’arrivée du son à chacune des deux oreilles en une carte, dite carte spatiale auditive ou « carte ITD ». Ce modèle pose l’existence de neurones détecteurs de coïncidence. Leur décharge est maximale quand les potentiels d’action qui leur parviennent, à partir de chaque oreille, arrivent simultanément. Dans ce modèle, ces détecteurs de coïncidence reçoivent des informations excitatrices, qui leur parviennent via des axones qui véhiculent des signaux électriques provenant de chacune des deux oreilles. Ce modèle repose sur trois hypothèses : 1) il existe des neurones détecteurs de coïncidence ; ceux-ci reçoivent une information temporelle très précise venant de l’une et l’autre oreille ; ils ne peuvent interpréter qu’une information de décharge neuronale organisée en volée (voir ci-dessus), c’est-à-dire synchronisée au son ; 2) ils répondent de façon maximale lorsque les potentiels d’action venus de l’une et l’autre oreille arrivent simultanément; ils sont très sensibles à de toutes petites disparités dans le temps d’arrivée des potentiels d’action provenant de l’une et de l’autre oreille ; 3) ce sont des projections afférentes excitatrices venues de chaque oreille qui les stimulent, et c’est le temps cumulé des chemins acoustique et électrique parcourus depuis la source sonore jusqu’au détecteur (controlatéral par rapport à la source) qui est pris en compte. En ce qui concerne le chemin électrique, le modèle stipule que la détection de coïncidence est fondée sur le fait que les axones des neurones excitateurs ont des longueurs différentes, qui introduisent des délais électriques (« délais de ligne »). Le détecteur de coïncidence sera stimulé par des neurones dont la longueur axonale va permettre une décharge synchrone des neurones afférents issus de chacune des deux oreilles. Dans ce modèle, chaque neurone détecteur de coïncidence répond à un temps inter-auriculaire différent et spécifique, dit temps caractéristique de la détection temporelle. Les divers neurones dont le temps caractéristique de détection

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temporelle est différent sont organisés en une carte de temps caractéristique graduellement croissant. Un neurone détecteur signale la position de la source sonore par son taux de décharge maximal. Ce modèle a eu un impact considérable sur la recherche dans ce domaine. Il s’est révélé fécond pour interpréter la localisation des sources de basse fréquence chez l’oiseau. Les travaux élégants réalisés par Mazakazu Konishi et de Eric Knudsen voir revue, (Knudsen, 2002) à partir de 1978 sur la chouette effraie, qui chasse la nuit en utilisant exclusivement son audition pour localiser ses proies, paraissent valider ce modèle. Cette chouette se dirige vers ses proies grâce à une reconnaissance des vibrations qu’elles émettent. Celle-ci est fondée, dans le plan horizontal, sur les différences temporelles, et est particulièrement efficace pour des fréquences allant jusqu’à 7 ou 8 kHz. De fait, les décharges des neurones afférents sont en phase avec le son jusqu’à ces valeurs de fréquence. Les neurones détecteurs de coïncidence se situent dans le noyau laminaire. Pour lever toute ambiguïté dans l’interprétation des délais de réponse, cette carte est couplée à une carte fréquentielle, qui a une orientation perpendiculaire. Ainsi, chaque fréquence est en quelque sorte équipée de son détecteur d’ITD. Une « carte ITD » est le code de représentation de toutes les localisations des sources sonores dans le plan horizontal. L’ITD zéro, toujours représenté par un maximum de neurones, est l’ITD pour lequel la décharge maximale correspond à la position médiane de la source. Beaucoup de données électrophysiologiques obtenues chez la chouette effraie sont en accord avec ce modèle, et des axones de longueur hétérogène ont bien été mis en évidence dans le noyau laminaire. Chez les mammifères, des détecteurs de coïncidence sont situés dans l’OSM, mais leur mode d’activation paraît moins clair. Chez le chat, un substrat anatomique pour un mécanisme du type « délai de lignes » (différentes longueurs axonales) a été observé. Cependant, des travaux menés chez la gerbille (Brand et al, 2002 ; Kapfer et al, 2002) indiquent le rôle indispensable de neurones inhibiteurs glycinergiques du NMCT dans la réponse à un délai caractéristique des neurones de l’OSM. Ces neurones inhibiteurs, dont la décharge est aussi en phase avec le son, et non des longueurs d’axones différentes d’un neurone excitateur à l’autre, seraient le substrat des « cartes ITD » des mammifères. Références
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Activité de recherche du laboratoire (2007-2008) Les avancées les plus significatives au cours de l’année 2007-2008 ont été : 1. la découverte de l’origine des distorsions acoustiques par les cellules ciliées externes (Verpy et al, 2008), 2. la mise en évidence d’un nouveau mécanisme responsable de la surdité liée à l’exposition au bruit (soumis pour publication), 3. la mise en évidence de l’harmonine, protéine à domaines PDZ, au sein de la machinerie de transduction mécano-électrique et de son rôle dans l’adaptation, 4. l’identification d’un gène responsable de presbyacousie. Nous avons également contribué à élucider le rôle du kinocilium dans la formation de la touffe ciliaire (Jones et al, 2008), et avons apporté les premiers éléments de la pathogénie de la surdité liée à un déficit en adénylate kinase-2 (Lagresle-Peyrou et al, 2008). 1. Origine des distorsions acoustiques dans l’oreille interne (Elisabeth Verpy, Dominique Weil, Michel Leibovici, Carine Houdon, Jean-Pierre Hardelin, Christine Petit ; en collaboration avec Paul Avan, Richard J. Goodyear, Guy P. Richardson, Ghislaine Hamard) (Verpy et al, 2008) C’est dans la cochlée que les messages sonores sont convertis par les cellules sensorielles auditives en dépolarisations qui libèrent le neurotransmetteur, créant une activation des neurones auditifs qui se propage jusqu’au cortex. Pour ce faire, les cellules ciliées externes amplifient les vibrations sonores tout en les filtrant pour éliminer les sons parasites. Toutefois, le traitement ainsi appliqué au son engendre des distorsions des ondes acoustiques considérables, au point d’être audibles sous forme de sons supplémentaires connus sous le nom de sons de Tartini, du nom du violoniste du xviie siècle qui les décrivit. Parce que l’oreille les réémet, ces sons de Tartini servent à dépister les surdités dès la naissance. En effet, leur absence traduit la lésion des cellules ciliées externes, presque toujours accompagnée de celle des cellules ciliées internes, authentiques cellules sensorielles.

GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE

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Jusqu’ici on pensait que toutes les performances des cellules ciliées externes, amplification, filtrage des sons parasites, et distorsion, étaient dues à leurs canaux de transduction mécano-électrique pour lesquels la courbe courant/déplacement est sigmoïde. Nous avons montré, dans un travail mené en collaboration avec le Pr Paul Avan (Université d’Auvergne, Clermont-Ferrand), que ce n’est probablement pas exact. Chez des souris dont le gène qui code la stéréociline a été inactivé, il existe, avant l’apparition du déficit de l’acuité auditive, une courte période durant laquelle les cellules ciliées externes amplifient et filtrent normalement le son ; leurs canaux de transduction sont donc normaux, et pourtant elles ne distordent plus le son. Toute marque de distorsion des ondes a disparu : un son pur ne produit plus d’harmoniques ; aucune distorsion, électrique ou acoustique, n’est décelable. Chez ces souris mutantes, l’effet de masquage sonore est très diminué : en présence d’un mélange de sons, les diverses composantes du mélange coexistent alors que normalement, les plus intenses empêchent les plus faibles d’être perçues par le système auditif. La perception des sons complexes chez ces souris mutantes est sans doute gravement perturbée. Nous avons observé que la stéréociline est un composant de liens latéraux apicaux de la touffe ciliaire des cellules ciliées externes. Ces liens, dits top connectors, sont, avec le tip link, les seuls présents dans la touffe ciliaire adulte. Ceci nous a conduit à proposer que l’origine des distorsions acoustiques se tient dans les contraintes que ces liens latéraux imposent à la touffe ciliaire. Ils permettraient à une rigidité non-linéaire de la touffe ciliaire, autre que celle du canal de transduction mécano-électrique, de se manifester sous la forme de distorsions d’ondes. Une explication alternative serait que l’absence de ces liens déplace le « point d’opération » de la touffe ciliaire dans une zone de fonctionnement linéaire. 2. Un nouveau mécanisme responsable de la surdité liée à l’exposition au bruit (Amel Bahloul, Vincent Michel, Michel Leibovici, Jean-Pierre Hardelin, Dominique Weil, Christine Petit ; en collaboration avec Paul Avan) (Bahloul et al, soumis pour publication) Nous avions découvert, il y a quelques années, une nouvelle protéine des jonctions d’adhérence, la vézatine (Küssel-Andermann et al, 2000). Nous venons de définir sa topologie par une analyse biochimique. Elle comporte deux domaines transmembranaires très proches l’un de l’autre, et ses régions N- et C-terminales sont cytoplasmiques. Dans la cochlée, l’immunoréactivité de la vézatine aux jonctions entre les cellules ciliées et les cellules de soutien augmente entre le 4e et le 16e jour après la naissance, chez la souris. Nous avons observé, par immunomarquage de cellules MDCK, que la vézatine ne participe pas à la formation de leurs jonctions ; elle n’est recrutée aux jonctions que tardivement. Des doubles marquages réalisés sur des cochlées matures ont montré une colocalisation de la vézatine avec la radixine, la β-caténine et la caténine p120, aux jonctions entre cellules ciliées externes et cellules de Deiters. Vézatine et radixine

De plus. d’abord les cellules ciliées externes. Diverses anomalies de la touffe ciliaire apparaissent chez les souris mutantes. suivie d’un retour à une audition normale. Cette surdité est due à une mort cellulaire touchant les cellules ciliées. et le rôle de la vézatine dans la résistance au stress mécanique. nous avons généré des souris mutantes chez lesquelles le gène est délété uniquement dans les cellules sensorielles (la délétion ubiquitaire est létale). les seuils auditifs ne sont pas différents de ceux des animaux témoins jusqu’à la 7e semaine. qui constitueraient le lien apical. 2008). qui touche principalement les cellules ciliées externes. Pour étudier le rôle de la vézatine aux jonctions entre les cellules ciliées cochléaires et leurs cellules de soutien. une surdité progressive spontanée. Institut Curie) (Michalski et al. La vézatine interagit donc directement avec la forme « active » de la radixine.. Les souris sauvages. puis de l’ensemble de la cochlée (24 semaines). Cependant. Christine Petit . la radixine ne co-précipite plus avec la vézatine.238 CHRISTINE PETIT co-précipitent dans des extraits protéiques cochléaires. les souris mutantes deviennent irréversiblement sourdes. Vincent Michel. l’harmonine-b est localisée au niveau du point supérieur d’insertion du lien apical dans le stéréocil (Lefèvre et al. lorsque la radixine porte une mutation qui l’empêche de se lier aux filaments d’actine en raison d’un changement de conformation. Nous avons étudié le rôle de l’harmonine. soumis pour publication) Nous avons montré chez la souris qu’à partir du jour 5 après la naissance (P5). ont une altération de leur seuil auditif de l’ordre de 10 dB. nous avons observé que les produits de distorsion ont un seuil qui est affecté avant celui de l’audition. 3. Dominique Weil. Gaelle Lefèvre. soumises à cette même stimulation sonore. Cette dernière pourrait donc permettre de lier la vézatine aux filaments d’actine des jonctions cellulaires. en collaboration avec Pascal Martin. Cependant. Ceci est une autre manifestation de la dissociation qui peut exister entre amplification et distorsion. Rôle de l’harmonine dans la transduction mécano-électrique auditive (Nicolas Michalski. Chez les souris mutantes. Ce travail a dévoilé le rôle des jonctions cellulaires des cellules sensorielles dans la surdité induite par le bruit. Les souris mutantes non exposées au bruit développent. après une exposition d’une minute à un son de 105 dB. De surcroît. dans la transduction mécanoélectrique et l’adaptation en mettant à profit deux modèles murins : une souris dont le gène de l’harmonine a été inactivé . L’étude morphologique de la cochlée ne détecte aucune anomalie jusqu’à cet âge. qui augmente jusqu’à atteindre une perte de 110 dB à 24 semaines. et plus particulièrement des isoformes b. Les cellules de l’apex de la cochlée sont peu atteintes par la perte cellulaire induite par l’exposition au bruit. accompagnées d’une perte massive de cellules ciliées. l’harmonine peut interagir directement in vitro avec la protocadhérine-15 et la cadhérine-23. après 7 semaines. qui disparaissent de la base de la cochlée (en accord avec la perte auditive qui porte sur les hautes fréquences).

..GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE 239 (Hmn-/-). Les résultats obtenus. Martin P... Christine Petit) L’étude de formes familiales de presbyacousie... 6020-6029.-P.-P. nous avons mis en évidence une interaction directe entre l’harmonine et la myosine VIIa. défectueuse uniquement pour les isoformes b de l’harmonine. Leibovici M. Lefèvre G.. Nature Neurosci.. Petit C.. Safieddine S.. 1427-1437. Michel V.P.. Tinevez J. Weil D..... Weil D. Leibovici M..-C. nous ont permis de conclure que l’harmonine-b se comporte comme le ressort dont l’existence a été postulée pour rendre compte des limites de l’étendue de l’adaptation.... Ces données prédisent de plus une liaison de l’harmonine-b aux moteurs d’adaptation.. an actin-binding scaffold protein... Verpy E. Simmler M. EMBO Mol Med (submitted). Goodyear R. (2008) A core cochlear phenotype in USH1 mouse mutants implicates fibrous links of the hair bundle in its cohesion. Petit C. (2000) Vezatin. Weil D. Hardelin J. an integral membrane protein of adherens junctions.. Wolfrum U. Par séquençage des gènes de cette région.. Development. The adaptation process of mechanoelectrical transduction in hair cells involves harmonin-b. Anne-Laure Roudevitch. et une souris mutante Dfcr-2J/Dfcr-2J. par analyse de liaison génétique portant sur l’ensemble du génome (en collaboration avec le Centre National de Génotypage) nous a permis d’identifier un locus impliqué. 4. des résultats récents nous incitent à penser que. ce qui indique l’existence d’un mécanisme autocrine. Lepelletier L.. Caberlotto E. Houdon C. cette surdité est à mettre en rapport avec une synthèse in situ de ce métabolite par les cellules sensorielles elles-mêmes. nous avons trouvé des mutations dans l’un d’eux.. Wolfrum U. Nouaille S.-Y. Hardelin J. Hardelin J. Lecuit M. Bizard E. Cossart P. a novel transmembrane protein.. contre toute attente. Michalski N. El-Amraoui A. 135. Nouaille S. moteur moléculaire que des expériences antérieures ont impliqué dans l’adaptation.-P. Elles en expriment également le récepteur. orientation and differential growth. Anne Aubois. Perfettini I... Michel V.... (submitted). Hamard G. Petit C.. Küssel-Andermann P.... 19. Références Bahloul A. Alors que tout paraissait indiquer que cette surdité devait être mise sur le compte d’un désordre métabolique. Roux I. is required for sound-resilience of cochlear hair cells.. (2008) Stereocilin-deficient mice reveal the origin of cochlear waveform distortions Nature. EMBO J. Or... Avan P.J. Richardson G.. Identification d’un gène responsable de la presbyacousie (Dominique Weil. Petit C.. Petit C.. Perfettini I. bridges myosin VIIA to the cadherin-catenins complex.. Weil D. Zuo J.. Michel V. Vezatin. 456. 255-258. Avan P. Lefèvre G. et leur modélisation effectuée en collaboration avec Pascal Martin (Institut Curie).. Bizard E.

2007 Cohen-Salmon M. (2008) Mutation analysis of TMC1 identifies four new mutations and suggests an additional deafness gene at loci DFNA36 and DFNB7/11.H.. Hamard G. and differential growth. directly interacts with ZO-1 at tight junctions.. Clin Genet 74.... Foucher I.. Noroski L. 62296234..240 CHRISTINE PETIT Publications du laboratoire (2007-2008) 2008 Lagresle-Peyrou C. 353-73.. Yoder B. Dieltjens N. Lepelletier L.J. Ditadi A. Petit C. Verpy E. Dayraud C. Cayet N.. Banizs B. Proc Natl Acad Sci USA 104. Janel N. Etournay R.. Pawlik B. Zwaenepoel I. .. Beurg M. Yanicostas C. (2008) A cochlear core phenotype in USH1 mouse mutants implicates fibrous links of the hair bundle in its cohesion.. Petersen M. J Cell Sci 121. (2007) Transcription factor SIX5 is mutated in patients with Branchio-Oto-Renal syndrome. 1798-803. Zou D... Besse C. Leibovici M. (2008) Stereocilin-deficient mice reveal the origin of cochlear waveform distortions Nature.-P..M. et Cavazzana-Calvo M. Ferster A. et Van Camp G. et Petit C. Mullikin J..C. Weil D.J.. Otto E.... Alasti F. et El-Amraoui A. Weil D.. Petit C. Houdon C. 69-77. Safieddine S. Am J Hum Genet 80.. (2008) Essential requirement for zebrafish anosmin-1a in the migration of the posterior lateral line primordium.. Meda P. Bahloul A. Smith R. (2007) Connexin30 deficiency causes intrastrial fluid-blood barrier disruption within the cochlear stria vascularis.M. (2008) αII/βV spectrin bridges the plasma membrane and cortical lattice in the lateral wall of the auditory outer hair cells.and otoferlin-dependent exocytosis by immature outer hair cells..C. Orten D. Richardson G.J. Simon-Stoos K... Xu P.L.. Nature Genet (sous presse). Bouleau Y..P. 469-79.. Petit C... a myosin-VIIa. et Soussi-Yanicostas N.. Demerens-de Chappedelaine C. Silvius D. Roper V.. 3347-3356.. 1427-37. Fischer A..A. Goodyear R. Michel V. Development 135.E.. Roux I. New York : Springer. Weil D.. Wolfrum U. Petit C. Caille D. Hardelin J. Hardelin J. Legrain P.. Jones C. Hoskins B. 2838-50. Uyguner O. Yang T.. Avan P. Raymond R... Bizard E.M. (2008) Ciliary proteins link basal body polarization to planar cell polarity regulation.. Regnault B. Küssel-Andermann P. Petit C et Dulon D (2008) Calcium. J Cell Sci 120. Six E. et El-Amraoui A. Cramer C.. Kimberling W. Coluccio LM..... Valensi F. (2008) Myosin VII... Lefèvre G. Qian D. Smith R.. Rieux-Laucat F.. Morillon E. Petit C.... pp... et Chen P. Picard C.M. et Petit C. Abel L. Delmaghani S. Candotti F. (2007) Shroom2.. 800-804.. Legendre K... J Neurosci 28... Danis E. Wollnik B. Dev Biol 320. et Petit C. Wulffraat N. ed... Hilgert N. Petit C... et Hildebrandt F. 223-32... Sanati M. Weil D. orientation. Goossens D.-P.. 255-258. In Myosins: A Superfamily of Molecular Motors.. Ernest S..J.....-P... Petit C. Nature Genet 40. et Petit C. Demuth K..X. Pandelia E. Michel V. 456.. (2008) Human adenylate kinase 2 deficiency causes a profound haematopoietic defect.and actin-binding protein. Perfettini I. Favero J. Calvo F.. Safieddine S.. Abecasis M... El-Amraoui A.. Hardelin J.

449-462. USA) : Time and intensity coding by the hair cell’s ribbon synapse Jeudi 27 mars Cours : Plasticité synaptique dans les voies auditives Séminaire : Christian Lorenzi (Psychologie de la Perception-Audition.. Baltimore. (2007) Conditional knock-out reveals that zygotic vezatin-null mouse embryos die at implantation. Cours au Collège de France (6 heures) Les jeudis 14 février. Souilhol C.GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE 241 Hyenne V. 29 mai 2008 : Surdités héréditaires: qu’avons-nous appris par l’identification des gènes impliqués ? IGBMC...-P.C... Mech Dev 124. Paris) : Effets de lésions cochléaires sur la perception de la parole 1.. Petit C. Cohen-Tannoudji M.. IGBMC. et Petit C. Bahloul A.. Strasbourg). Martin P.. (2007) Molecular characterization of the ankle link complex in cochlear hair cells and its role in the hair bundle functioning. Michalski N. 6478-6488.. Barral J. Ecole Normale Supérieure.. Weil D. 13. mais de quelles origines ? Jeudi 20 mars Cours : Le codage de la stimulation sonore en fréquence et en intensité Séminaire : Paul Fuchs (Johns Hopkins University. Sato M. . Enseignement Enseignement au titre du Collège de France 1.. Clermont-Ferrand) : Les distorsions cochléaires : essentielles à la perception auditive. 30 mai 2008 : Understanding molecular and cellular mechanisms of hearing: what can deafness genes teach us.. J Neurosci 27. Institut Curie. 20 et 27 mars 2008 : Traitement des signaux acoustiques : de la cellule sensorielle auditive au complexe olivaire supérieur Jeudi 14 février 2008 Cours : Physiologie moléculaire de la transduction mécano-électrique auditive : actualités Séminaire : Pascal Martin (Laboratoire PCC–CNRS UMR 168. Paris) : Mouvements actifs de la touffe ciliaire des cellules mécano-sensorielles ciliées de l’oreille interne Jeudi 13 mars Cours : Les voies auditives afférentes et leurs relais Séminaire : Paul Avan (Laboratoire de Biophysique Sensorielle.a. Langa F. Lefèvre G... Michel V. Hardelin J. School of Medicine. Maro B. et Simmler M.b. Faculté de Médecine. Yagi H.. Cereghini S. Cours en province Professeur invitant : Jean-Louis Mandel (Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire. Chardenoux S.

Force-Gated Ion Channels: From Structure to Sensation. IGBMC. Karolinska Institutet. Canadian College of Medical Geneticists Congress. Beyond Newborn Hearing Screening : Infant and Childhood Hearing in Science and Clinical Practice. Stockholm. Göteborg. Professeur invitant : Ulf Petterson (Rudbeck laboratory. Principaux séminaires et conférences sur invitation 2007-2008 From Molecules to Cognition . Strasbourg. 2. 12-12-2007 : « Surdités héréditaires : rôles de la myosine VIIa dans le développement de la cellule sensorielle auditive ». 15-17 Sept 2007 : « Hereditary deafness and molecular physiology of hearing ». Thèse de Doctorat de l’Université Pierre et Marie Curie. Invited by Pr Ulf Pettersson : « Human hereditary deafness: beyond the genes. the path to the mechanisms of hearing ». International Congress on Systems Biology. Enseignements autres M2 Génétique Humaine et Neurobiologie (Erasmus). International Symposium on Biotechnology. 27 August 2008 : « Multidisciplinary experimental approaches and modelling of sensory hair bundle functioning ». 10 June 2008. 18-21 May 2008 : « Fibrous links of the hair bundle : structure and function enlightened by human deafness genes ». Suède) : Human hereditary deafness: beyond the genes. the path to the mechanisms of hearing. Paris. 12 June 2008.242 1. Ashburn. 4-7-2008 : « Cochlear mechano-electrical transduction : identification and functional characterisation of its components ». Sfax.Suède (1 heure). Sweden.a tribute to Jean-Pierre Changeux. Cours à l’étranger : CHRISTINE PETIT Uppsala . 4-8 May 2008 : « From human hereditary deafness to the cellular and molecular mechanisms of hearing ». Université Paris 7.Faculty of Medicine. Sweden. 10 juin 2008 .c. Rudbeck laboratory . Thèses Raphaël Étournay. Faculté de Médecine. Vancouver. . USA. Nicolas Michalski. HHMI Janelia Farm Research Campus. 30 May 2008 : « Understanding molecular and cellular mechanisms of hearing : what can deafness genes teach us ». 19-21 June 2008 : « Hereditary auditory neuropathies : from the genes to the pathogenesis ». 16 Nov 2007: « Human hereditary deafness: from genes to pathogenesis ». Italy. 29 mai 2008 : « Surdités héréditaires : qu’avons-nous appris par l’identification des gènes impliqués ? ». Strasbourg. University. déc 2007 : « Hereditary sensory defects ». Systems biology of Hearing. Tunisia. Canada. Uppsala. NHS2008 Conference. Institut Pasteur. University Uppsala. Cernobbio (Como). Thèse de Doctorat de l’Université Pierre et Marie Curie. Invited by Pr Mats Ulfendahl : « Human hereditary deafness : From genes to the mechanisms of hearing ». International congress.

Paris. 16 oct 2007. International Congress on Systems Biology. Paris. Paris. Palais des Congrès et de la Culture. 27 June 2007. 5 sept 2008 : « Surdités héréditaires : comment les gènes impliqués éclairent la physiologie auditive ». Audition. Paris. 27 jan 2008 : « Des femmes à la tête de la recherche ». Colloques-débats Femmes d’Histoire . Sweden. Institut Pasteur. European Parliament. Göteborg. Bringing the results of European research to the society. Paris. Institut interdisciplinaire des Sciences du Vivant des Saints-Pères. 6 nov 2007.GÉNÉTIQUE ET PHYSIOLOGIE CELLULAIRE 243 Centre de Recherche des Cordeliers. 29 oct 2007. Systems biology of Hearing. Université Paris Descartes. Le Mans. 25 sept 2007. Organisation de symposia et colloques « From Molecules to Cognition . 27 August 2008 : « Multidisciplinary experimental approaches and modelling of sensory hair bundle functioning ». Colloque Institut de la Vision-département de Neuroscience de l’Institut Pasteur. 15-17 sept 2007. International congress. Fondation pour la Recherche Médicale. Institut Pasteur.a tribute to Jean-Pierre Changeux ». Paris. « Surdité héréditaire : quelles avancées ? quelles perspectives ? ». Conférences de presse Appear « From Lab to Life ». 15 sept 2008 : « Comment les surdités héréditaires humaines éclairent la physiologie moléculaire du système auditif ». Conférences « Grand public » « Mystères de la science biomédicale ». Bruxelles. Université Pierre-et-Marie Curie. Réunion RTRS (Réseau Thématique de Recherche et de Soins). Paris. .Femmes de sciences.

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Spyros Artavanis-Tsakonas. Au cours de la longue période historique de son utilisation. Drosophila melanogaster. Drosophila est l’un des plus importants organismes modèles utilisés de nos jours par les biologistes.Biologie et génétique du développement M. au cours de ces cours. professeur La génétique moléculaire des organismes modèles : un paradigme de principes généraux en biologie Thème général des cours Le développement harmonieux et cohérent d’un organisme multicellulaire nécessite une parfaite coordination des interactions cellulaires. pour répondre à ces différentes questions. près d’un siècle. sur l’usage des systèmes modèles développés chez les vertébrés et les invertébrés. utilisée comme système modèle expérimental pour répondre à des questions-clé en biologie et en médecine. nous avons examiné les aspects de biologie cellulaire et moléculaire d’une voie de signalisation fondamentale conservée parmi tous les métazoaires. Au cours de ces leçons. Les séminaires ont été remplacés par un colloque. la Drosophile a permis d’accroître de manière . Leurs dérèglements sont très souvent à l’origine des dysfonctionnements cellulaires responsables des pathologies. présenté en anglais le 21 mars sous le titre : « Drosophila melanogaster : un modèle expérimental pour l’étude des maladies humaines » Ce colloque d’une journée se proposait de donner à un novice un aperçu théorique détaillé de la mouche du fruit. L’acquisition des connaissances de biologie fondamentale sur cette voie conduit à aborder des questions impliquées dans les processus pathologiques et en particulier lors de la tumorigenèse. comme système modèle. Nous avons insisté.

Harvard Medical School Activité générale du laboratoire Notre recherche se concentre sur l’étude des mécanismes régissant le développement des organismes multicellulaires. Cancer and Metastasis. Inducible GAL4 expression. Le séquençage du génome humain et celui de la mouche et leur grande homologie ont conduit les chercheurs à créer des outils sophistiqués disponibles dans la mouche et applicables aux maladies humaines. the FLP-FRT and MARCM Systems. Nous sommes plus particulièrement intéressés à définir la base moléculaire des règles à l’origine de ces mécanismes pléiotropiques. Basic Genetic Screens and Cloning – Generating Mutations. dépend d’un ensemble complexe de signaux. Present and Future • Basic Drosophila skills – Husbandry. Alzheimer’s Disease. Transgenesis.Department of Cell Biology. Transposon insertion collections • Using flies to address human biology and behavior – Stem Cells. Mutations and Phenoypes. La détermination d’une lignée cellulaire donnée. GFP tagging. Harvard Medical School Doug Dimlich. Genetic Mosaics.246 SPYROS ARTAVANISTSAKONAS significative et sur une large échelle notre compréhension des aspects fondamentaux de la biologie. Les thèmes suivants ont été abordés : • Drosophila as a model organism – Past. les participants aux colloque ont été invités à une démonstration des méthodologies génétiques et moléculaires disponibles couramment chez la mouche. Enhancer Trapping. Reverse genetics. Nous essayons de comprendre comment une cellule souche indifférenciée répond pour se différencier à des signaux et évolue ainsi vers un état plus avancé de son développement. entraînant ainsi plusieurs découvertes qui ont ébranlé les connaissances acquises au préalable. Polytene and Balancer Chromosomes. mettant en évidence ses contraintes et ses limites afin d‘appréhender aisément la littérature sur la Drosophile et concevoir des expériences avec ce puissant système modèle. Aneuploidy. Performing a Chemical Mutagenesis Screen. Huntington’s Disease. RNAi. Alcoholism. Gain of Function Screens • Advanced genetics – Tissue-specific Expression. Gene Mapping • Mutagenesis. Spinal Muscular Atrophy. Germline Mosaics and ovoD. Drugs of Abuse. Anindya Sen . et comment leurs actions sont intégrées dans différentes étapes du . Au cours de cette journée. pendant le développement. P lacZ. Mark Kankel. Sexual Behavior and Circuitry Les conférenciers étaient les suivants : Spyros Artavanis-Tsakonas – Collège de France – Department of Cell Biology. GAL4-UAS System. Glenn Doughty. P elements.

Depuis peu. La voie de signalisation Notch ne semble pas donner d’instructions très précises quant au devenir d’une lignée cellulaire. En effet. qui correspond à l’incapacité des cellules à répondre de manière appropriée aux signaux lors d’un développement normal. la voie Notch.BIOLOGIE ET GÉNÉTIQUE DU DÉVELOPPEMENT 247 développement pour affecter des décisions spécifiques. elle semble plutôt moduler la capacité d’une cellule non différenciée à recevoir et/ou interpréter des signaux aboutissant à des phénomènes aussi nombreux que variés. Entre autres. Nous essayons de comprendre les circuits cellulaires dans lesquels Notch est intégré pendant les processus de développement normaux et pathologiques. notamment le cancer. notre approche génétique visant à identifier de nouveaux « interacteurs » de Notch se complète maintenant par l’analyse . Les fondements de notre projet résident dans les approches expérimentales décrites ci-dessous : a) Nous poursuivons l’analyse et la dissection de la voie Notch chez la drosophile en utilisant des méthodes génétiques et moléculaires. nous étudions une voie de signalisation fondamentale. La question centrale de notre travail est de comprendre comment les signaux Notch s’impliquent dans d’autres facteurs cellulaires pour affecter le développement et l’entretien des systèmes cellulaires. Notre analyse génétique se fonde sur l’identification des « modificateurs » du signal Notch dans différents contextes du développement. nous poursuivrons ces travaux avec le projet d’ajouter quelques moyens technologiques à notre base expérimentale et méthodologique. Ainsi. Nous utilisons des approches génétiques et moléculaires pour étudier le mécanisme de signalisation du récepteur Notch et les divers éléments associés à la cascade d’éléments biochimiques définissant la voie. L’analyse de ces phénomènes devrait nous permettre non seulement de définir les processus biologiques fondamentaux. la prolifération et l’apoptose. L’élément central de cette voie de signalisation est le récepteur de surface appelé Notch. elegans jusqu’à l’homme est un régulateur fondamental des lignées cellulaires. Une grande partie de notre travail concerne l’étude des rapports génétiques et moléculaires entre les éléments de la voie Notch et d’autres éléments cellulaires qui peuvent agir pour modifier les signaux Notch. Notre approche se fonde sur des techniques de génétique et de biochimie en utilisant la drosophile. En outre. nous utilisons aussi des approches dites « génomiques » afin d’étudier la voie Notch dans le cadre d’une approche plus systématique. En utilisant la drosophile comme modèle expérimental. qui est présente depuis le vers C. dont celles dites néo-plasiques. mais également de mettre en lumière les mécanismes liés aux pathologies humaines. Des mutations génétiques de la voie de signalisation Notch peuvent entraîner le développement anormal d’un éventail très large de structures chez les métazoaires. conservée au cours de l’évolution : la voie Notch. le fonctionnement anormal de la voie Notch chez l’Homme a été associé à de nombreuses pathologies. la souris et des cultures cellulaires comme modèles expérimentaux. tels que la différentiation. Dans l’avenir.

b) Nous avons traditionnellement employé des moyens génétiques pour disséquer les circuits dans lesquels la signalisation Notch est intégrée. qui couvre ~ 50 % du génome (la collection de mutants d’Exelixis). Notre laboratoire a aujourd’hui l’honneur d’être le « gardien » et le « distributeur » auprès de la communauté universitaire d’une collection très sophistiquée et unique de drosophiles. Ensuite. nous effectuons aussi des criblages RNAi et des criblages de drogues. sont parfois quelque peu limitées. la collection joue le rôle de dépôt pour des mutations spécifiques qui sont caractérisées à l’échelle moléculaire. bien qu’efficaces pour la dissection et la compréhension de la voie Notch. D’une part. correspondant à des mutants par insertion. Nous tirons profit de cette ressource en effectuant des criblages génétiques à haut débit afin de trouver quels sont les éléments modificateurs de la voie Notch. Répondre à ces questions nous permettrait également de comprendre la voie Notch en tant que système biologique et. les différents composants des complexes protéiques sont identifiés par analyse de spectrométrie de masse. D’ailleurs.248 SPYROS ARTAVANISTSAKONAS moléculaire des complexes protéiques en utilisant la technique de chromatographie d’affinité suivie par analyse en spectrométrie de masse ainsi que la technique du double hybride chez la levure. Notre approche comporte l’isolement biochimique des complexes de protéines par chromatographie d’affinité. c) Les approches génétiques classiques. Heidelberg). par le besoin de générer et d’identifier les mutants. de prendre toute la mesure la complexité qui est la règle en biologie. Le projet consiste à identifier toutes les interactions physiques dans lesquelles l’ensemble des protéines (le protéome) est impliqué. En d’autres mots. Afin d’identifier les « modificateurs » de la voie Notch. nous tentons de comprendre les effets quantitatifs de la signalisation Notch sur la qualité du développement. il est devenu clair qu’une compréhension complète des circuits Notch ne pourra se faire sans une cartographie complète des interactions entre protéines. notre capacité à effectuer des criblages à une vitesse sans précédent nous a incité à réexaminer quelques problèmes . La collection se compose de presque 20 000 souches différentes. elle peut également être utilisée comme outil pour examiner de manière systématique et rapide les modifications éventuelles de phénotypes spécifiques. Cette carte physique est en train d’être réalisée dans le cadre d’un projet ambitieux que nous avons initié et qui associe trois laboratoires (Harvard. nous tentons de répondre aux questions suivantes : — La nature de la réponse en termes de développement dépend-elle de la quantité du signal Notch ? — Comment les signaux Notch intègrent-ils leurs activités dans les divers contextes cellulaires qu’ils rencontrent pendant le développement ? Ces questions sont essentielles pour appréhender les différents aspects de la voie Notch et sa pléiotropie. par conséquent. à partir de lignées cellulaires et d’embryons de drosophile. à haut débit. Cependant. Plus particulièrement. D’autre part. Berkeley et l’institut de TATA à Bangalore) ainsi qu’une entreprise de biotechnologies (Cellzome. dans la cellule.

En collaboration avec un collègue à Harvard (Tom Walz). où nous pouvons induire une néoplasie non-invasive en régression qui se développe en adénocarcinome invasif. Nous poursuivons la caractérisation moléculaire d’un modèle mammaire de cancer que nous avons développé chez la souris.BIOLOGIE ET GÉNÉTIQUE DU DÉVELOPPEMENT 249 classiques de la biologie du développement chez la drosophile. nous devrions pourvoir répondre à ces questions sur les aspects fondamentaux du processus de transduction du signal Notch. rien n’est vraiment connu au sujet de ces aspects structuraux et leurs implications dans la fonction de Notch. nous avons lancé une étude qui vise à comprendre des aspects structuraux du récepteur Notch en utilisant la microscopie électronique. De nombreux travaux indiquent que Notch jouerait un rôle important dans divers aspects biologiques des cellules souches. Nous utilisons des techniques génétiques et génomiques (puce à ADN) pour analyser les lésions qui contribuent à cette transition. se concentre sur les aspects structuraux de Notch. nous nous intéressons à l’état oligomère du récepteur et à ses interactions avec des facteurs intracellulaires et extracellulaires. actuellement en cours de construction à l’Institut Curie. Projet du laboratoire à l’Institut Curie Dans le cadre du nouveau pôle de Biologie du développement. Daniel Louvard à l’Institut Curie à Paris. . dans l’intestin. En utilisant la microscopie électronique ainsi que l’analyse en microscopie optique : la technique du FRET. Nous caractérisons également des lésions en régression et les comparons à des tumeurs induites par plusieurs oncogènes « classiques ». un laboratoire dédié à l’étude de la cancérogenèse va s’installer. Notre analyse est également complétée par un projet en collaboration avec le laboratoire de Joan Brugge (Harvard) qui utilise un système tridimensionnel de culture de cellules mammaires. On utilise des modèles transgéniques pour étudier ces problèmes. comment la modulation des signaux Notch peut influencer le devenir et le potentiel de prolifération des cellules souches et nous essayons. nous examinons. Tout d’abord. Ces deux maladies sont des syndromes humains pléiotropiques dominants qui affectent le récepteur Notch et son ligand Jagged. d’une part. e) Dans le cadre de nos études utilisant des systèmes mammifères. Enfin. d’autre part. que nous venons d’initier mais qui devrait se développer dans les années à venir. consiste à examiner comment Notch peut affecter la différentiation de cellules souches. d’analyser les situations pathologiques dans lesquelles Notch est impliqué. chez la souris. notre intérêt se porte aussi sur l’analyse et la compréhension de la base moléculaire des mutations associées aux syndromes de CADASIL et d’Alagille. tels que la détermination et la régénération ainsi que leur rapport possible avec Notch. Notre collaboration avec le laboratoire de Pr. À ce jour. de manière systématique — encore impossible il y a peu de temps. d) Un autre projet.

2. Il a été démontré depuis longtemps la relation entre la dérégulation de Notch et la prolifération cellulaire. Objectifs Par l’utilisation de souris transgéniques (déjà en notre possession). nous proposons 1) d’étudier les conséquences de l’activation du récepteur Notch dans la glande mammaire et l’épithélium intestinal .250 SPYROS ARTAVANISTSAKONAS L’implication de la voie Notch dans l’oncogenèse Le rôle de la voie Notch dans le développement comme dans tous les processus essentiels est pléiotropique. Dans les deux cas. Ces deux modèles ont fait l’objet de publications . ce qui n’est pas surprenant compte tenu de l’importance du rôle fondamental de cette voie de signalisation. L’analyse phénotypique détaillée. 2) d’analyser des éléments génétiques comme cibles d’activation de Notch . Des croisements avec des lignées Cre appropriées nous permettent d’activer le signal Notch dans des tissus spécifiques et d’étudier pour la première fois et de manière systématique les différences quantitatives et qualitatives entre ces quatre récepteurs. que nous avons développés en activant le récepteur Notch 1. Programme de recherche 1) Nous avons établi des lignées de quatre souris transgéniques qui hébergent des formes activées «Floxed » de chacun des quatre récepteurs Notch 1. ils définissent notre base de travail pour ces expériences. Cette analyse commencera par une évaluation détaillée de l’activation de Notch en utilisant MMTV Cre dans l’épithélium mammaire. Mais de récents travaux ont insisté sur la possibilité que le rôle de Notch dans les maladies humaines pouvait être plus ordinaire qu’il ne semblait initialement. 3) d’examiner l’implication non autonome des signaux Notch dans les étapes de la prolifération et leur rôle potentiel sur les interactions épithélium-mésemchyme. et Villin Cre dans l’épithélium intestinal. 3. Il est donc apparu évident que la modulation du signal Notch pouvait être à la fois un paramètre important d’une maladie mais aussi une cible thérapeutique. agissant à maintes reprises dans les différents contextes du développement. et 4 introduites dans le chromosome Rosa. utilisant des marqueurs immuno-cytochimiques et fluorescents requiert la disponibilité d’équipements d’imagerie optique spécifiques. les résultats seront comparés aux modèles transgéniques. et par voie de conséquence à des maladies . . La dérégulation de Notch conduit à des déficiences dans chaque système biologique étudié.

Nous proposons d’étendre notre étude aux souris en utilisant des xénogreffes. Il est donc significatif que les tumeurs régressives. que nous avons poursuivie à la fois sur la drosophile et sur des cultures de cellules mammaires. Les cellules dans ces tumeurs conservent leur aptitude à répondre aux signaux apoptotiques pendant l’involution et en conséquence régressent. L’ensemble de cellules activées par Notch conserve sa possibilité à répondre à des stimuli apoptotiques et régresse dès l’involution de la glande mammaire.BIOLOGIE ET GÉNÉTIQUE DU DÉVELOPPEMENT 251 2) Nous avons développé un modèle de souris transgénique dans lequel l’activation du récepteur Notch 1 dans l’épithélium mammaire induit le développement rapide de néoplasmes dépendants de grossesse/lactation qui mettent en évidence une combinaison histopathologique caractéristique. observées dans la glande de lactation présentent un exemple de dérégulation de la prolifération qui semble précéder un dérangement de la mort cellulaire. démontre que les cellules exprimant l’activation de Notch 1 peuvent stimuler une activité mitotique chez leurs voisins cellulaires. bien que des événements mutagéniques secondaires entraînent une malignité qualifiée. Cette approche expérimentale de notre analyse est fondée sur nos résultats se rapportant à une lignée cellulaire — (537M provenant de souris transgéniques MMTV) — capable d’induire des tumeurs greffées sur des « souris nudes » lorsque celle-ci est mélangée à des cellules exprimant Notch activé tandis qu’elle n’induit pas la formation de tumeurs lorsqu’elle est mélangée à des cellules qui n’expriment pas Notch. En outre. Nous allons suivre les phénomènes biologiques et moléculaires de quelquesunes de ces cibles et prévoyons de valider celles-ci sur des échantillons humains. la Cyclin D1 est une cible in vivo des signaux Notch et que nous pouvons inhiber l’oncogenèse mammaire induite par Hras 1 dépendant de la cycline D1. Une série d’expériences sont prévues pour tirer profit de ces observations afin d’étudier la capacité du signal Notch à agir sur divers types de cellules et aussi pour étudier en qualité et en quantité les différences sur les quatre récepteurs Notch. nous avons démontré par notre analyse in vivo que dans l’épithélium mammaire. Nous souhaitons utiliser le même modèle pour étudier et comparer les conséquences sur la glande mammaire de l’activation de Notch 2. L’analyse. Ce mélange de cellules qui inclut l’expression de cellules dans Notch activé provoque une réduction de la lactation (de près de 50 %) et accroît le niveau apparent de croissance des tumeurs. . objectifs 1 et 3).en exprimant l’antagoniste Deltex de Notch. mais semble faire apparaître dans les grossesses ultérieures des adénocarcinomes malins non-régressifs. 3. nous avons utilisé le CGH (Comparative Génomic Hybridization) pour comparer la régression avec la non-régression des tumeurs Notch. Dans nos tentatives pour identifier ces événements secondaires. Ce comportement cellulaire non autonome de Notch est le sujet d’une analyse systématique de notre laboratoire concernant la drosophile. et 4 (voir ci-dessus.

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Si on ajoute des effets seuils. par exemple une zone bleue. Chaque cellule du champ reçoit une certaine dose de morphogène en fonction de sa position entre source et puits et répond à cette information de position par l’expression d’un caractère. Il reste que Turing dans cet article séminal a mis en place le principe de réaction-diffusion qui permet de comprendre. Alain Prochiantz. d’où le « drapeau français » de Wolpert. Dans cet article Wolpert propose un modèle très simple de patterning d’un champ morphogénétique. professeur Morphogènes et morphogenèse Le cours de la chaire des Processus morphogénétiques portait cette année sur la question des morphogènes. Une source de morphogène. et entre source et puits un gradient continue de ce morphogène. Il s’agit donc là d’une définition assez vague. Le premier est la diffusion : les . Au delà de Turing et de sa théorie des « gènes diffusibles ». très éloignée des critères un peu contraignants qui président aujourd’hui au classement d’une substance dans la catégorie des morphogènes. membre de l’Institut (Académie des Sciences). peuvent créer des « patterns » à la suite d’un simple différentiel de diffusion. La première définition du terme de morphogène nous vient d’un article de 1952 d’Alan Turing « Les bases moléculaires de la morphogenèse ». comment à partir d’un champ homogène deux morphogènes auto-inducteurs et inhibiteurs réciproques. ce qui me semble constituer le fond de l’affaire. Cet article pose dès le début un grand nombre de problèmes qui sont loin d’être résolus et qui ont fait la substance du cours. le point de départ du cours est le problème du drapeau français tel qu’il est posé par Lewis Wolpert dans un article très important de 1967. en référence aux évocateurs de Waddington. une blanche et une rouge. Pour Turing. le champ peut être divisé en plusieurs zones qui expriment des caractères différents. à une certaine distance un puits qui dégrade le morphogène. en principe. il s’agit d’évocateurs de formes.Processus morphogénétiques M.

c’est-à-dire que les noyaux se divisent mais baignent tous dans le même cytoplasme (les membranes se formeront plus tard). rien ne s’y oppose. pas seulement pour le cas de Bicoïd que je viens d’évoquer. Sur ce modèle il fut découvert que de nombreux morphogènes apportent par diffusion une information de position déterminant le devenir morphologique et physiologique d’ensembles cellulaires. la concentration efficace de morphogène dépend aussi du mode de transduction du signal et de la régulation de cette transduction. Une cellule. Tout modèle doit donc intégrer cette notion de durée d’exposition. de constater que Wolpert lui-même vient d’écrire un article dans lequel il revient sur son idée de départ pour déclarer que les morphogènes ne diffusent pas.…) l’existence d’un gradient né d’une diffusion a toujours été postulée. meurent. à partir de messagers ancrés à ce pôle et diffuse à travers l’embryon qui. mais cette exposition dure plus ou moins longtemps. instruisant chaque noyau de sa position et régulant l’expression de gènes qui « coupent » l’embryon en trois domaines. Mais la réalité est très éloignée de cette image. et ironique. le modèle de Wolpert fut considéré très longtemps comme incontournable. migrent et acquièrent continûment des propriétés nouvelles. Un excellent exemple chez les vertébrés est fourni par sonic hedgehog (sHH) dont la diffusion à partir de la notochorde puis de la plaque du plancher détermine. Son activité morphogénétique au niveau de la patte est aussi un grand classique. à ce stade. Le plus décisif fut l’étude de l’établissement de l’axe antéro-postérieur de l’embryon de Drosophile. parfois démontrée. Un troisième obstacle est celui du temps. Wnts. dont DPP (une parente des BMP). (pourtant un facteur de transcription !) fut longtemps considéré comme morphogène idéal. donc.254 ALAIN PROCHIANTZ morphogènes diffusent-ils ? Si on considère la surface des cellules comme une toile cirée. certes à une certaine concentration de morphogène. On ne pouvait rêver mieux comme illustration du problème du drapeau français. Le problème est plus compliqué. le patron d’expression des gènes de développement le long de l’axe dorso-ventral du tube nerveux. Les cellules se divisent. La taille totale de l’embryon est constante à ce stade et la protéine diffuse librement. Sans entrer dans les détails. l’équipe de Nüsslein-Volhard établit que la protéine Bicoïd est synthétisée au pôle antérieur. que ne le laisse penser ce modèle idéal proposé par Wolpert en 1967 et dont l’évidente simplicité rallia tous les esprits (les bons). Un deuxième problème est que les champs morphogénétiques ne sont pas stables. Enfin (provisoirement car il ne s’agit pas d’être exhaustif ). Malgré ce caveat. Il est intéressant. il est encore considéré comme valable dans certains de ses aspects. Dans ce cas comme dans celui d’autres morphogènes (BMPs. mais aussi pour d’autres de ces facteurs. en fonction de sa position est exposée. C’est ainsi que Bicoïd. est un syncitium. Aussi parce qu’il a reçu de forts soutiens expérimentaux. La drosophile a constitué un objet d’étude essentiel à notre compréhension de la nature et du mode d’action de morphogènes. La surface des cellules est un maquis de protéines et de sucres complexes rendant très improbable que les morphogènes diffusent librement. avec d’autres facteurs comme les Bone Morphogenetic Proteins (BMPs). Wingless . FGFs.

une chose est certaine. « l’argosome ». Sans vouloir énumérer tous les cas particuliers. ne peut reposer sur une diffusion passive mais requiert des systèmes de transport. Un autre paramètre est la structure du milieu. Trois années plus tard. aucun système de filtrage du bruit n’est nécessaire à la robustesse de la réponse génétique. Wieschaus et Liebler. Il y a plusieurs façons d’aborder le problème. Certains d’entre eux. l’équipe de Nathalie Dostatni publie un autre article qui démontre que « contrary to recent reports proposing that the Bcd gradient is not sufficient to establish precise positional information. ce qui induit des interactions avec des lipide membranaires. va initier toute une série d’expériences au cours desquelles il sera démontré que la constante de diffusion de Bicoïd est dix fois inférieure à ce qui serait nécessaire pour établir un gradient et surtout pour que la longueur scalaire soit constante. Ce sont là des freins à la diffusion qui nécessitent des stratégies de « contournement » impliquant l’existence de transporteurs. de mécanismes de clivage des domaines actifs.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 255 (Wg) et Hedgehog (HH). Une grande partie des exemples du cours pris dans la morphogenèse de l’aile de la Drosophile ont eu pour but de s’interroger sur ce point. ce qui n’empêche pas que la présence de matrice et de récepteurs de surface bloque cette diffusion. ou d’un résidu cholestérol. Bahram Huchmandzadeh. repose sur l’endocytose et l’exocytose des morphogènes. etc. Ce qui semble exclure une diffusion passive à partir d’une source antérieure et oblige à s’interroger sur la façon dont le gradient de Bicoïd se met en place au tout début du développement embryonnaire. le plus souvent. D’abord du côté des morphogènes et de leur structure. Mais avant de développer le rôle de ces morphogènes dans la construction de l’aile de drosophile. Eric Wieschaus et le mathématicien Stanislas Leibler publient un article dans lequel ils démontrent que le gradient de Bicoïd est très variable entre embryons mais que les bords qui sont déterminés et les domaines d’expression des gènes définissant les territoires morphogénétiques restent très stables dans leurs positions et étendues. Cette question de la diffusion des morphogènes est centrale et dépasse largement le cas de Bicoïd. Si l’on prend l’épithélium à jonctions serrées du disque imaginal de l’aile de drosophile. sont modifiés par l’addition de séquences lipidiques hydrophobes. we show that Bcd drives precise and sharp expression of its target genes through a process that depends exclusively on its ability to activate transcription ». Wnt/Wg et sHH/HH par exemple. D’où un problème intéressant de robustesse de la réponse malgré le bruit du signal. Ce débat. La face basolatérale est extrêmement contournée et il est improbable que la diffusion puisse se faire autrement que par mouvement brownien. Un des systèmes de transport. le cours s’est attardé sur Bicoïd. il est constitué de cellules polarisées avec une face basolatérale et une face apicale. On se gardera . En 2002. le mouvement des morphogènes. Décryptons : Contrairement à ce que propose Huchmandzadeh. Ce sont des molécules souvent chargées positivement et donc susceptibles d’interagir fortement avec des protéines de la matrice extracellulaire ou de récepteurs de surface de type protéoglycans.

constitue une solution intéressante. en collaboration avec David Holcman. Ces cellules générées — à partir de cellules souches adultes — au niveau de l’épithélium qui borde le ventricule latéral migrent selon un courant antérograde et renouvellent les interneurones GABAergiques du bulbe olfactif. elle rejoint très exactement les propositions initiales d’Alan Turing. aussi vésicule de signalisation. sHH signale en se fixant à l’extrémité du cil sur son récepteur « patched/smoothened ».256 ALAIN PROCHIANTZ d’entrer trop avant dans le débat sur la nécessité. considérées comme de véritables morphogènes. en contact avec le monde extérieur. le cours a abordé ces questions avec pour objectif de mettre en évidence les zones d’ombres. Mais. mais nous pensons que le phénomène de transduction des homéoprotéines. celui de la migration des cellules neurales de la zone subventriculaire (SVZ) vers le bulbe olfactif. constitués de filaments d’actine. Par exemple. Pour résumer les cils ont une double action : mécanique sur le transport des morphogènes et transductrice du signal dans la mesure où ils portent des récepteurs aux morphogènes. car il est lié à la question de la durée d’exposition à un morphogène. Nous n’avons pas de proposition miracle. Mais le modèle le plus populaire aujourd’hui est celui du cil. et qui contactent les morphogènes à des distances parfois très grandes. Ce transport planaire est une façon élégante d’échapper aux obstacles à la diffusion présents dans l’espace intercellulaire. Il s’agit de longs prolongements cellulaires très fins. peut influencer l’activité du morphogène. L’argosome peut signaliser mais il peut aussi en passant de cellule à cellule transporter les morphogènes sans que ceux-ci ne soient jamais. de l’endocytose pour que la signalisation prenne place. en même temps. les cils battent et ce battement est de nature à orienter les morphogènes. L’implication des cils a été démontrée à toutes les étapes du développement (par exemple l’établissement d’une dissymétrie droite/gauche) non sans conséquences sur l’étiologie de plusieurs pathologies. la région la plus antérieure du cerveau. les contradictions expérimentales et les simplifications abusives de nombre des modèles qui circulent. ou non. Cette solution a été examinée sur le plan théorique. Ce cil est une sorte d’organe sensoriel qui présente des récepteurs à son extrémité. et sur le plan expérimental. Des travaux récents impliquant plusieurs laboratoires et coordonnés par Arturo Alvarez Buylla démontrent que cette direction antérograde est induite par un facteur répulsif (Slit1/2) sécrété par le plexus choroïde et poussé en avant par le battement coordonné des cils qui bordent le ventricule. ou presque. Si la signalisation demande une endocytose. quand il s’agit de la formation de bords. Il est admis désormais que presque toutes les cellules ont un cil primaire. le temps passé dans la vésicule d’endocytose. . L’idée est que le temps mis pour que le signal remonte au corps cellulaire constitue une « mesure » de la distance. Un exemple intéressant de ce concept se trouve dans la description d’un cas de morphogenèse adulte. Débat intéressant cependant. Un autre mode de transport à grande distance est le cytonème. Cela est d’autant plus proche de la réalité que les cellules porteuses de cils forment un épithélium à polarité planaire conduisant à une synchronisation du battement ciliaire. En conclusion. Curieusement. variable aussi importante que sa concentration.

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Collège de France et Ecole normale supérieure Recherche La recherche du laboratoire se divise. avec des recouvrements. CNRS et Ecole normale supérieure II. Les premières données sont encourageantes dans la mesure où le blocage du passage intercellulaire de Pax6 chez le poulet au stade E2 induit une modification du patron d’expression de MNR2 et HB9.260 ALAIN PROCHIANTZ Séminaire Le séminaire a été tenu sous la forme d’une journée dédiée au thème Forme et Polarité cellulaire. CNRS et Institut Jacques Monod/Université Denis Diderot David Holcman. La stratégie est de suivre la façon dont les frontières entre territoires dorso-ventraux peuvent être modifiés quand on bloque le passage intercellulaire de certains facteurs de transcription de la classe des homéoprotéines en particulier Pax6 et Nkx2. Un premier modèle est la formation de bords le long de l’axe dorso-ventral du tube nerveux aux périodes précoces du développement. biologie cellulaire et modélisation Thiéry Galli.2. Villefrance-sur-mer Alain Prochiantz. Organisation dynamique de la synapse. Morphogenèse et polarités cellulaire et planaire Yohan Bellaïche. Cette journée a été divisée en 4 thèmes : I. CNRS et Institut Curie Thomas Lecuit. . CNRS. biologie cellulaire et modélisation Antoine Triller. Partie théorique et fondamentale Création de patterns Nous avons continué d’explorer la signification physiologique du mécanisme de signalisation par transfert intercellulaire de protéines à homéodomaine. Transport et fusion vésiculaire. CNRS. entre une partie théorique et fondamentale et une autre plus orientée vers les applications technologiques ou thérapeutiques. CNRS et Université de Marseille-Luminy Hotoyoshi Yasuo. Ces études s’appuient sur quatre modèles. INSERM et Ecole normale supérieure Maxime Dahan. CNRS et Ecole normale supérieure III. le Lundi 10 décembre 2007. Ces études menées en collaboration avec l’équipe de Jean-Léon Thomas à la Salpêtrière viennent de débuter et il est encore trop tôt pour tracer l’état des lieux.

Parmi ces candidats nous avons eu la surprise de trouver des messagers mitochondriaux et nous développons. Nous pouvons donc conclure que le transfert in vivo de l’homéoproteine Engrailed est nécessaire au patterning des projections de la rétine sur le tectum. sous la forme d’un manuscrit révisé. D’autre part identifier les ARN messagers régulés au niveau traductionnel après internalisation de l’homéoprotéine. une stratégie de blocage du passage de l’homéoprotéine Engrailed dans le disque imaginal de l’aile de drosophile. l’EphrinA5 en particulier. 94-98. Allemagne). à la revue Neuron dans les semaines qui viennent. La neutralisation de la protéine extracellulaire in vivo entraîne une projection ectopique des neurones temporaux dans les domaines postérieurs du tectum. Engrailed (En1 et En2) sont exprimés à la surface du tectum selon un gradient antéro-postérieur. sans implication de la transcription. UK) nous avons démontré (Brunet et al. Montpellier). 3. Cela nous a amené à développer le travail le long de deux axes. Les données sont. UK). La partie in vivo implique une collaboration avec Andrea Wizenmann et Wolfgang Wurst (Tübingen et Munich. Guidage axonal Dans une étude antérieure menée en collaboration avec le laboratoire de Christine Holt (Cambridge. Cette activité d’Engrailed se fait en coopération avec les Ephrins. en collaboration avec Forence Maschat (CNRS. Nous avons aujourd’hui une dizaine de candidats sérieux qui seront bientôt testés (en collaboration avec le laboratoire de Christine Holt). Elle est pratiquement achevée et sera renvoyée. 2. D’une part vérifier que ce mécanisme opère in vivo au moment de la mise en place des connexion retine-tectum. sur cette base. La quantité de protéine à la surface correspond à 5 % de son contenu nucléaire. Pour ce qui est de la caractérisation des messagers traduits. Cette réponse requière l’internalisation de la protéine par les cônes et repose sur une régulation de la traduction locale des ARN messagers des cônes par l’homéoprotéine. Nature.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 261 Dans le même ordre d’idée nous avons utilisé. ici encore. préliminaires mais elles suggèrent que cette opération modifie de façon non autonome cellulaire le développement de la veine transverse dans la partie antérieure de l’aile (à proximité de la frontière antéro-postérieure). Dans ce manuscrit nous démontrons sans ambiguïté les faits suivants : 1. et Christine Holt (Cambridge. l’hypothèse selon laquelle l’internalisation d’Engrailed entraîne une augmentation de l’activité du complexe I et la synthèse . nous avons utilisé une approche par puces à ADN en comparant dans diverses situations (Engrailed internalisé ou non) le population des messagers en cours de traduction (sur les polysomes). 483. 2005) que les cônes de croissance des neurones ganglionnaires de la rétine (RGCs) d’origine nasale et temporale répondent de façon opposée (attraction et répulsion) quand ils sont placés dans un gradient de l’homéoprotéine Engrailed.

2008). 503-517. tout particulièrement la robustesse. proche de celui proposé par Turing en 1952. nous avons calculé que ce mécanisme. est plausible et compatible avec les données de la littérature. 2007 . 70. 508-520. Kasatkin et al. Bulletin of Mathematical Biology. 2008). suggérant un mécanisme de reconnaissance spécifique. 156-178. Boston. J.. USA) nous avons démontré que la capture de l’homéoprotéine Otx2 par les interneurones GABAergiques à parvalbumine (couches 3 et 4 du cortex visuel binoculaire) ouvre la période critique (plasticité corticale) au cours de la maturation post-natale su système visuel. Ces calculs ont été publiés (Holcman et al. Nous avons identifié dans la séquence d’Otx2 un domaine de 12 acides aminés responsable de cette reconnaissance. Cell. Nous le faisons en recherchant les cibles transcriptionnelles et traductionnelle d’Otx2 dans les neurones GABA à parvalbumine. Ce travail fondé sur des pertes et gain de fonction d’Otx2 et des enregistrements électrophysiologiques est actuellement sous presse (Sugiyama et al. Modélisation En collaboration avec David Holcman (Ecole normale supérieure). de ce mode de signalisation au cours de la mise en place de gradients morphogénétiques et de la formation de frontières entre territoires au sein du neuroépithélium.262 ALAIN PROCHIANTZ d’ATP.. mais aussi extracellulaire après sécrétion et fixation sur des récepteurs purinergiques. Theoretical Biol. Harvard Medical School. nous avons développé des modèles pour tester les différents paramètres. Cet ATP pourrait avoir une activité intracellulaire. . 249. Période critique Dans ce travail (collaboration avec Takao Hensch. Reprenant les propriétés d’auto-activation et d’inhibition réciproque des homéoprotéines exprimées de part et d’autre d’une frontière. Un autre point important est de comprendre le mode de transduction du signal. 134. Nous testons actuellement cette hypothèse en mesurant l’ATP extracellulaire et en vérifiant si la réponse à Engrailed est modifiée par des agents pharmacologique interférant avec la voie de signalisation purinergique. Au cours de cette étude nous avons observé qu’Otx2 infusé dans le cortex est spécifiquement internalisé par les neurones GABA à parvalbumine. Au cours de l’année écoulée nous avons accumulé des données qui soutiennent l’hypothèse de l’existence de sites de fixation constitués par des sucres complexes (glycosaminogycans). La prochaine étape est donc de tester l’importance physiologique de cette reconnaissance en la bloquant in vivo au cours de la période critique.

dans l’hippocampe. Grâce à une collaboration avec Ariel Ruiz i Altaba (Faculté de Médecine de Genève. Glaucome Le glaucome est provoqué par la mort des cellules ganglionnaires rétiniennes (RGCs). Nous sommes . comme son nom l’indique. Nos résultats suggèrent qu’Otx2 internalisé par les RGCs protège ces neurones contre une mort induite soit par l’axotomie (in vitro) soit par une neurotoxicité glutamatergique (in vivo). Maladie de Parkinson L’homéoprotéine Engrailed (En1 et En2) est exprimée. Depuis nous avons donné du poids à cette hypothèse en démontrant qu’Engrailed internalisé par les neurones DA protège in vitro et in vivo contre leur mort spontanée. de HOP (homeodomain only proteins) qui. nous avons mis au point des modèles in vitro et in vivo permettant de tester les propriétés protectrices d’Otx2 sur la mort des RGCs adultes. dans les noyaux dopaminergiques (DA) du mésencéphale. Nous avons démontré. par perte et gain de fonction. HOP est réprimé dans ces cellules souches tumorales et l’induction de son expression les fait entrer en apoptose.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 263 Etudes technologiques et applications thérapeutiques Gliomes Au cours de l’étude des cellules souches adultes présentes dans le système nerveux central. 27. Les causes de cette mort ne sont pas établies avec certitude. 1063-1071. Cette observation et d’autres raisons. 2008).. une drogue qui s’attaque au Complexe I mitochondrial. nous avons formé l’hypothèse d’un contrôle de la survie des RGCs par le passage de la protéine Otx2 entre les cellules bipolaires et les RGCs. Neural Dev. nous avions rapporté que la délétion d’un seul allèle En1 (donc un allèle Engrailed sur quatre) s’accompagne d’une mort progressive des neurones DA chez l’adulte. qui dégénèrent dans la maladie de Parkinson. nous ont conduits a proposer qu’Engrailed pouvait se trouver dans le circuit génétique de la maladie de Parkinson. Les hypothèses sur le rôle d’Otx2 comme protéine thérapeutique ont donné lieu à un dépôt de brevet. que cette mini-protéine est un anti-oncogène pour les cellules neurales souches adultes de l’hippocampe. est presque uniquement constituée d’un domaine de fixation à l’ADN (l’homéodomaine). nous avons comparé l’expression de HOP dans des tissus sains et des cellules souches tumorales de gliomes humains. 2007). Isabelle Caillé avait observé l’expression. que je ne développe pas. Cette fonction est exercée à travers le contrôle de la mort programmée de ces précurseurs neuronaux. CH). 3. 13. Au cours d’un travail publie en 2007 (Sonnier et al. Sur la base d’observations préliminaires. Dans le cadre d’un contrat industriel avec Fovea-SA. Neurosci. mais aussi induite par le MPP+. même si l’idée prédominante implique une augmentation anormale de la pression intraoculaire. suggérant un rôle important de HOP dans le processus oncogénique (De Toni et al. J.. chez l’adulte.

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7. Keynote lecture. CEINGE. Keynote lecture. Keynote lecture. Molecular mechanisms in neural patterning and differentiation. Nagoya September 27th 2008. Biotechnology and Agrochemistry. Newport Rhode Island. A. Helsinki. N° 08/00110. 2. August 10-15 2008. Moya. 3. Germany.PROCESSUS MORPHOGÉNÉTIQUES 265 Brevets 1. Utilisation d’une Homéoprotéine de la famille Bicoïd pour le traitement du Glaucome. 8. Designing the Body Plan: Developmental mechanisms. France. . Ruhr Universtät Bochum October 11th-13th. March 25-28. The Cell-Penetrating Peptides (CPP) Satellite Meeting. Brain Diseases and Molecular machines. 7th meeting of the German Neuroscience Society. 9 janvier 2008. USA. 6. 4. 30-31 August 2008. June 4th-8th. Visual System Development Gordon Conference. 2007. Paris. Conférences 2007-2008 1. 2007. Leiden Lorentz center. 5. Prochiantz & K. Chemistry and Biology Symposium of the Japan Society of Bioscience. Göttingen. Napoli April 20th-22nd 2007. 6th international Symposium Neuronal mechanisms of Vision. March 29thApril 1st 2007.

.

être qualifiés d’immunitaires. de même que les invertébrés. Bien entendu. celui de l’homme et de la souris.Immunologie moléculaire M. Ainsi. i. professeur I. L’immunome de l’homme contient entre 5 % et 8 % des gènes humains. le point de référence habituel est le système immunitaire des mammifères.e. On y repère la classification majeure. tenter d’identifier l’origine évolutive de tel ou tel gène. au prix d’une extension de langage. Cette question a fasciné les immunologistes qui recherchent depuis longtemps leurs origines évolutives. On peut rechercher des filiations génétiques. certaines bactéries se défendent contre l’intrusion d’ADN extérieur (bactérien ou viral) par le système de restriction-modification. et on n’évoquera ici que les enjeux scientifiques les plus importants. et se livrer à des comparaisons et des hypothèses sur l’évolution des fonctions. principalement. A partir de la séquence du génome entier d’une espèce donnée. Les plantes possèdent un système immunitaire développé. entre immunité adaptative et immunité innée. Il est accessible sur le site du Collège de France. Philippe Kourilsky. le sous-ensemble des gènes impliqués dans les défenses immunitaires. in silico. Tous les êtres vivants sont dotés de mécanismes de défense qui protègent leur intégrité et peuvent. l’immunome. au travers notamment des homologues des . Les approches expérimentales habituelles se sont récemment enrichies des analyses génomiques qui sont pratiquées sur un nombre croissant d’organismes. produite par des décennies de recherche. Son périmètre est fonction de la définition du système immunitaire que l’on adopte et des appréciations que l’on porte sur la fonction des gènes. on extrait. membre de l’Institut (Académie des Sciences). La génération de la diversité des anticorps et des récepteurs des cellules T figure parmi les traits caractéristiques de l’immunité adaptative. Enseignement Le cours 2007-2008 a porté sur « Les systèmes immunitaires dans l’évolution des espèces ».

pendant plusieurs semaines. certains gènes donnent lieu à des phénomènes d’épissage alternatif qui en diversifient les produits. l’est moins chez des mammifères plus anciens. Dans le même temps. La frontière se situe entre poissons avec et sans mâchoires. partant de l’homme pour aborder successivement les mammifères. tout comme dans ses articulations avec l’immunité adaptative. ce dont l’immunome de l’oursin donne un exemple. depuis 1996. on observe à la fois une forte conservation verticale de certains gènes qui représentent probablement une innovation évolutive critique. les oiseaux et les poissons. Mais l’étude de la lamproie et de la myxine a montré que celles-ci fabriquent des anticorps d’un type totalement différent. On observe que l’immunité adaptative. de l’interférence ARN est l’une des plus importantes des dix dernières années. mettant en jeu jusqu’à des centaines de gènes. mais leur immunité innée est parfois très sophistiquée. on s’est aussi rendu compte que l’immunité innée est d’une complexité inattendue. et des expansions horizontales. les premiers disposant d’anticorps et de CMH et les autres pas. Elle est particulièrement développée chez certains mammifères comme l’opossum. qui semble effectivement très diversifiée. Elle est absente chez les invertébrés. en tant que telle. la phase de croissance extraplacentaire du nouveau-né implique que. Les plantes l’utilisent pour se défendre contre les virus. parfois considérables.268 PHILIPPE KOURILSKY gènes du Complexe Majeur d’Histocompatibilité (ou CMH). De plus. puisqu’il s’agit des petits ARN interférants. Dans tous les cas. mais le dispositif est plus largement exploité pour la lutte contre l’invasion de transposons et la surveillance de l’intégrité du génome. au cours des premières leçons. Contrairement à ce que l’on avait cru. d’autres vertébrés et enfin les invertébrés et les plantes. il n’y a donc pas eu une solution évolutive unique à la question de la génération de la diversité des anticorps. La découverte. Ces observations ont conduit à rechercher l’importance éventuelle de l’interférence ARN dans les systèmes immunitaires des . Chez ce dernier. caractérisés par des motifs moléculaires dits LRR (Leucine Rich Repeats) et non par des modules de type IgSF de la superfamille des immunoglobulines. sa survie dépend essentiellement de son immunité innée. Elles possèdent un deuxième dispositif qui s’apparente à l’immunité adaptative. Une analyse transversale a conclu l’ensemble du cours. leur attention s’est à nouveau portée sur les gènes de l’immunité innée et sur plusieurs familles de récepteurs qui agissent comme détecteurs de différentes classes d’agents infectieux. Les plantes disposent d’un système d’immunité innée qui présente de nombreuses homologies avec celui des vertébrés et des invertébrés. On s’est livré. très développée et sophistiquée chez l’homme et chez la souris. variables d’une espèce à l’autre. Toutefois. récente. à une analyse « descendante » de l’immunité adaptative et de l’immunité innée. bien que fondé sur des agents moléculaires radicalement distincts. Les invertébrés n’ont pas d’immunité adaptative.

Dans ce cas. L’analyse évolutive des systèmes immunitaires induit donc un décentrage du regard. Mais faut-il nécessairement en conclure que chaque gène a été sélectionné de façon précise. peut produire par épissage alternatif quelques 38 000 isoformes. . et pourrait bien être un prototype de dispositif anticipatif. au niveau moléculaire.e. par exemple pour lutter contre un agent infectieux donné présent dans la niche en question ? On peut imaginer à l’inverse que certains dispositifs de l’immunité innée sont anticipatifs en ce sens qu’ils produisent (par diversification génétique et épissage alternatif ). Il est probable que ces derniers exploitent effectivement ce mécanisme. l’évolution a sélectionné au moins deux types de colles « universelles » : les molécules à LRR et les modules de type IgSF. Elle ne se contente pas de nourrir l’histoire naturelle : elle est aussi source de nouveaux concepts. non seulement dans l’immunité adaptative. chez la drosophile. il existe chez les vertébrés au moins deux catégories d’anticorps possibles. un jeu de structures capables d’anticiper la survenue de nouveaux agents infectieux. et les petits ARN interférents constituent chez les plantes un système que l’on peut considérer comme adaptatif. mais aussi dans l’immunité innée. Le gène unique DSCAM. très légitimement. est la notion d’immunité anticipative. i. on trouve les traces du combat évolutif entre les agents infectieux et leurs hôtes dans la multiplicité des systèmes d’échappement inventés par les agents infectieux et des contre-systèmes développés par leurs hôtes. L’attention des immunologistes reste. concentrée sur l’homme. il y a plusieurs solutions. comme dans bien d’autres. dans des processus de régulation plutôt que de reconnaissance directe. ou de variantes de ces derniers. On soulignera que certains agents infectieux synthétisent de petits ARN interférants pour circonvenir les défenses cellulaires. Ainsi. Ils l’utilisent aussi pour surveiller l’intégrité du génome. Au demeurant. L’étude des systèmes immunitaires dans l’évolution des espaces est donc riche d’enseignements. même pour une invention évolutive jugée remarquable. La découverte d’autres principes fondateurs de l’immunité montre que. L’analyse des récepteurs des cellules NK chez l’homme et la souris fournit d’ailleurs un bel exemple d’évolution convergente. les deux sont utilisés. De même. Il n’y a donc aucune relation bi-univoque entre motifs structuraux et telle ou telle fonction de l’immunité adaptative ou innée. L’immunité anticipative pourrait donc faire le lien entre deux catégories conceptuelles traitées jusqu’à présent de façon trop distincte. Il sert à la diversification des neurones. Les vastes expansions génétiques observées dans des familles de gènes de l’immunité innée suggèrent qu’elles correspondent à une forme d’adaptation et/ou de sélection à telle ou telle niche écologique. mais s’en servent indirectement dans l’immunité adaptative. mais apparemment aussi dans l’immunité innée. leur structure étant distincte et leur fonction quasi-identique. Ce qui brouille plus encore le tableau limpide que propose la distinction académique entre immunité innée et immunité adaptative. de même que sur la souris qui est censée lui servir — fort imparfaitement d’ailleurs — de modèle.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 269 mammifères.

and the earth »). INRA Jouy-en-Josas. France. the water. — Immunity in disease-vector mosquitoes • Christine Coustau. Institut Pasteur Lille. France — The zebrafish. • Jonathan Ewbank. des eaux et de la terre » (« Noah’s Ark and the Immune System : Immunity in living creatures from the sky. France — A functional analysis of rainbow trout immune system • Jean-Pierre Levraud. France. CNRS Strasbourg. France — X-tox : a new family of immune related protein specific to Lepidoptera. University of Basel.270 PHILIPPE KOURILSKY Le séminaire de la chaire a été organisé sous forme de colloque : Titre : « L’Arche de Noé immunologique : L’immunité chez les êtres des airs. CNRS Strasbourg. — RNA Silencing pathways and anti viral defense in plants BUGS AND INFECTION • Elena Levashina. INRA Nouzilly. Date : Mardi 8 avril 2008. Institut Pasteur Paris. France. France — Eggs have their own antimicrobial defense systems . strategies of prevention • Jean-Michel Escoubas. — Immunity in parasite-vector molluscs • Noël Tordo. France — Resistance to fungal infection in Caenorhabditis elegans THE IMMUNE SYSTEM IN CREATURES FROM WATER • Pierre Boudinot. an enlightening tool to study the immune system in fish THE HEN OR THE EGG • Yves Nys. France. Institut Pasteur Paris. INRA Bordeaux. — Multiple resistant traits control infection in plants • Olivier Voinnet. University of Montpellier. Switzerland. IMMUNE DEFENSES IN PLANTS : • Olivier Le Gall. University of Marseille Luminy. France — Bats as carrier of human diseases. Lieu : Amphithéâtre Marguerite de Navarre (Collège de France) Organisateurs : Philippe Kourilsky et Dominique Buzoni-Gatel (INRA) Intervenants / Programme : AN OVERVIEW : • Louis Du Pasquier.

UK — Cytokines. Compton University.Wuhan Institute of Virofessorship) : « The Birth of Systems Immunology.2007 12.11. France II.10.10.11. Table ronde : Développement Durable et environnement : « Présentation de Facts » Conférence (CAS Albert Einstein Visiting Pro.2007 Conférence ou Table ronde Lieu Colloque « Les sciences à l’UNESCO : quelle Sénat. University of Cambridge. • Véronique Jestin. • Jim Kaufman. Collège de France. logy (Chinese Academy of How it may help fighting infectious diseases » Sciences) Symposium  Animal Genomics for Animal Organisation Mondiale de Health » [Organisation Mondiale de la Santé la Santé Animale (OIE) à Animale (OIE)] : « The Human Genome and Paris biomedicine : past and future impacts » Chaire Santé et développement du CNAM : Conservatoire national des « La recherche sur les maladies oubliées dans le arts et métiers à Paris monde » Atelier technologique Société Française d’Im.Ecole normale supérieure munologie (SFI) : « Les approches globales des de Lyon (ENS) répertoires immunitaires. Paris. UK — The genomic organisation of the chicken MHC leads to gene coevolution. de la recherche au diagnostic ex-vivo » : « Répertoires Immunitaires : Analyse du système immunitaire humain (cellules T et B) » 10.2007 23. AFSSA Ploufragan.09. Palais du Luxemimplication pour la France ? » bourg.10. interventions publiques Date 11.2007 . Conférences et colloques. chemokines and their implication in resistance to chicken infection (in ovo vaccination). resistance to infection and insight into the origin of the adaptive immune system.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 271 • Peter Kaiser.2007 06.Capital Medical Univerfessorship) : « Health and Sustainable Develop. Paris.2007 26. France — Vaccination against avian influenza infection CONCLUSION • Philippe Kourilsky.sity Pekin (Chine) ment : What can Science do ? » Conférence (CAS Albert Einstein Visiting Pro.

Locaux de Radio Aligre. 1. graphie et migrations » : « La question des maladies négligées » « Rendez-vous parisiens  sur Radio Aligre. financé par l’Agence gouvernementale A*STAR. dans l’U668 de l’INSERM (Directeur : J. Collège de « Santé et Développement durable : Que peut faire France la Science ? » 28.12. des partenariats publics privés. Session « régulation sanitaire. des enjeux.Liliane Bettencourt . de la santé mondiale. Di Santo) en collaboration avec le groupe animé par A.bourg.2008 06. où Philippe Kourilsky anime plus particulièrement deux groupes de recherche (thèmes 2 et 3). 1er thème). Emission consacrée au Collège de France (avec Paris Michel Zink) 4th Biomedical Asia : « The evolving biomedical Suntec Singapore Internascience and industry » tional Convention and Exhibition Centre (Singapour) Conférence organisée par l’association « Scien. Cumano (cf.2008 15. A Paris. inclut un centre de recherches qui comprend 6 000 m2 de laboratoires (cf. dans l’Unité dirigée par A.de Navarre.04.2007 Conférence ou Table ronde Lieu 5e Forum Mondial du Développement Durable Sénat. Palais du Luxem(FMDD).2008 23. A Singapour.2008 21. » Colloque Informatique et Bioinformatique Amphithéâtre Marguerite (dans le cadre de la Chaire d’innovation techno.2008 III. au sein du Singapore Immunology Network (SIgN).05.05. un grand système d’information » Conférence CLAS (pour le personnel CdF) : Amphi Budé. Paris. etc. Berry) : France « Le système immunitaire.Sciences Po à Paris ces Po pour l’Afrique : « La recherche dans le domaine des maladies infectieuses. SIgN. Recherche Les activités de recherche de la Chaire d’Immunologie Moléculaire sont désormais conduites au sein de deux entités aux localisations distinctes. Annexe).272 PHILIPPE KOURILSKY Date 06. présidé par Philippe Kourilsky.06. Collège de logique . démo. Bandeira. G. . 2.Prof.01.

Allemagne) (5. France). Portugal). grâce notamment à l’écriture d’un nouveau logiciel. Une amélioration technique importante réalisée en 2007-2008 a consisté à l’adapter. D’autres développements en cours incluent la mise au point de l’analyse des chaînes alpha du TCR. Di Santo. A. SIgN) Deux populations de macrophages CD14++ CD16– (80%) et CD14+ CD16+ (20 %) ont été étudiées. b) Applications à l’immunologie humaine et à la clinique (A. . L’immunoscope est toujours utilisé pour le suivi d’un groupe d’enfants dont l’immunodéficience a été corrigée par thérapie génique (A. c) Analyse de souris « humanisées » (J. A. et apparaît plus apte à l’adhésion et à la . tout autant que dans de nombreux problèmes de recherche chez la souris (2). le répertoire des Treg ne chevauche quasiment pas celui des cellules T naïves. pourrait être plus cytotoxique. Les résultats montrent que les Treg sont très diverses. Vigo. avec Ph. avec l’aide des méthodes statistiques évoquées plus haut. qui sont greffées avec des cellules souches hématopoïétiques humaines dérivées de foie fœtal humain. Necker) (4). De plus. aux séquenceurs à capillaires à haut débit (3). Bandeira) La dimension des répertoires des cellules T CD4+ CD25+ a été estimée. 2e thème : Analyse systémique des macrophages humains (Wong Siew Cheng. Bandeira. très puissante pour étudier les répertoires des cellules T et B. La reconstitution des répertoires B et T est analysée par l’Immunoscope. un article est en cours de rédaction. Mempel (Munich.6) et en dermatologie avec l’Université de Californie (7). Musette (Rouen. Lim) . Lim) Il s’agit de souris RAG2/γc. d) Etude de la diversité des cellules T régulatrices de la souris (A. avec une taille moyenne des clones de l’ordre de deux. avec M. Elle a fait la preuve de son utilité dans le suivi clinique (1). L’adaptation de la méthode aux cellules B a permis d’entreprendre des études en allergologie. Lim) L’immunoscope reste une méthodologie de référence. Fisher. De façon remarquable. ce qui suggère fortement que les Treg reconnaissent des ligands particuliers. Lim) a) Poursuite de l’amélioration de l’Immunoscope (A. Le sous-ensemble minoritaire semble plus enclin à l’apoptose spontanée. Faro. Des méthodes d’analyse statistique permettent de mesurer plus rapidement que par le passé la dimension et la diversité des répertoires (J. une étude clinique a été entreprise sur la reconstitution des répertoires B après traitement du pemphigus vulgaire par l’anti-CD20 (Rituximab) (8). Les expériences de confirmation avec des T CD4+ Fox P3+ ont été réalisées récemment.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 273 1er thème : Répertoires des cellules immunitaires de l’homme et des cellules T régulatrices de la souris (A.

Il a. Au cours des deux dernières années. ainsi qu’à identifier les épitopes T immunodominants (avec l’aide d’approches informatiques). Kourilsky). Sous l’impulsion de SIgN. ainsi que l’Institut Pasteur et l’INSERM en France. Kourilsky en 2006 — plan approuvé par l’Agence A*STAR. il comprend une plate-forme sur le site de Biopolis et un réseau qui inclut les deux universités et les institutions hospitalières de Singapour. Un modèle de co-culture tridimensionnelle in vitro est en cours de mise au point (sphéroïdes) pour étudier dans quelles conditions ces macrophages peuvent devenir pro-tumorigènes. en Italie. Un réseau régional de collecte d’échantillons et de partage d’informations est en voie de constitution. Le centre de recherches qui se développe dans 6 000 m2 de laboratoires comprend d’ores et déjà une douzaine de groupes de recherches et plus de cent chercheurs. titulaire de la chaire Albert Einstein de l’Académie des Sciences en Chine (CAS Albert Einstein Visiting Professorship). Ce dernier est en cours de construction dans le cadre d’un partenariat franco-chinois qui avait été mis en place sous l’égide des Présidents des deux Républiques de France et de Chine en 2005 lors de la visite en France de ce dernier. La caractérisation des macrophages infiltrant des tumeurs a été entreprise.a-star. Kourilsky a co-présidé pendant 2 ans le groupe de suivi. SIgN a organisé sept colloques internationaux et noué des relations avec plusieurs institutions renommées. à ce titre. Ces chiffres ont vocation à doubler dans les deux ans à venir. du pilotage du laboratoire de haute sécurité BLS-4. au premier chef le Collège de France. a été notamment créée la Société Singapourienne d’Immunologie (dont le Président Honoraire est Ph. Autres activités et nouvelles de la chaire • Philippe Kourilsky a été.274 PHILIPPE KOURILSKY migration. principalement à Pékin (conférence au « Capital Medical University Pekin ») et à Wu-han. pour l’année 2007-2008. Un projet de vaccinologie est à l’étude. Annexe : Singapore Immunology Network (SIgN) http://www. SIgN) Le virus chikungunya est assez répandu en Asie (particulièrement en Inde) et quelques cas ont été rapportés à Singapour pour la première fois en 2007. Conformément au plan élaboré par Ph. l’Institut Karolinska en Suède et l’université de Milan. l’Institut Riken au Japon. effectué un séjour en Chine. . chargé entre autres. où se trouve un institut de virologie (conférence au Wuhan Institute of Virology).edu.sign. 3e thème : Analyse des réponses immunitaires contre le virus chikungunya (Lisa Ng. L’intervention de ces macrophages dans divers phénomènes infectieux est à l’étude. Les études de transcriptomique et de protéomique ont ouvert plusieurs voies d’investigation et hypothèses fonctionnelles.sg/ SIgN a pour mission de stimuler le développement de l’immunologie dans l’Etat de Singapour. Les travaux en cours visent à améliorer le diagnostic (les confusions avec l’infection par le virus de la Dengue doivent être évitées). P. IV.

M. B. (2008). lancée par Philippe Kourilsky.-L. C. sur l’ensemble de la planète.institut. Wertz. P. La création de la revue internationale « FACTS Reports » a été rendue publique le 12 mars 2007. L’initiative FACTS. des bonnes pratiques à l’aide d’une revue internationale « FACTS Reports ». La finalité de FACTS initiative. autant de thématiques qui. S. Le Lorc’h. consultants. environnement.aspx V. à Lyon.E. D. Jan. Alain Juppé et Louis Schweitzer. promue par Philippe Kourilsky. A. Hauer. X. Blondeau. De ces activités résultent des connaissances. A. A. est de collecter et de diffuser un savoir. Garrigue. des méthodologies. J. se présente comme un outil de valorisation et de consolidation du capital de connaissances produit sur le terrain. Gougeon : Human TCR α/β+ CD4-CD8. . Solary. 2. Mateo.-P. D. • Philippe Kourilsky a été nommé en 2007. a rendu ses conclusions début juillet 2008. Lim. V. A. Benjelloun. Lesjean Pottier. Stockholm. Le livre blanc a servi de base à un train des réformes Ministères des Affaires Etrangères annoncées fin août 2008 par le Ministère des Affaires Etrangères à l’occasion de la XIe conférence des Ambassadeurs à Paris (28-29 août 2008). ONG. Lim. Soulas-Sprauel. . Site internet : http://www. J. membre de la Commission du Livre Blanc de la Diplomatie Française. Demerens. santé. Cavazzana-Calvo : Stable and functional lymphoid reconstitution in Artemis-deficient mice following lentiviral Artemis gene transfer into hematopoietic stem cells. Publications 1. Fischer. 3. organisations gouvernementales et multilatérales. Int Immunol. Immunology (2008). sans être exhaustives. Magerus-Chatinet. Malassis-Seris.double-negative T cells in patients with autoimmune lymphoproliferative syndrome (ALPS) express restricted Vβ TCR diversity and are clonally related to CD8+ T cells. F.org/fr/facts-initiative. des savoir-faire. Romana. De Villartay and M. 20(1) : 105-16. Lemercier. Brousse. Galy. Charneau. des expériences et des méthodes de résolution des problèmes. A. humanitaire. S. Huetz and P. A. Lim. Chappedelaine. Molecular Therapy (2008). A.veolia. Paques. mobilisent l’intervention de nombreux acteurs. Kourilsky : Many human peripheral VH5-expressing IgM+ B cells display a unique heavy-chain rearrangement. ayant pour objectif d’améliorer l’efficacité des actions. institutions académiques. F. F. Rieux-Laucat and M. qui sont peu ou pas diffusés et partagés entre les intervenants de terrain. Cette commission présidée par M. F. Fischer. J.IMMUNOLOGIE MOLÉCULAIRE 275 • Le comité exécutif de l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS)/ Université de Québec a renouvelé le mandat à titre de Professeur associé au Centre INRS-Institut Armand Frappier jusqu’au 31 mai 2010. P. N. lors du Forum BioVision. E. Bristeau-Leprince. A. Rivière. éducation. M. J. A. • L’initiative « FACTS » (Field Action Science) Développement. J. fonctionnant selon les règles prévalant dans la communauté scientifique.

Mempel : The IgE repertoire in PBMCs of atopic patients is characterized by individual rearrangements without variable region of the heavy immunoglobulin chain bias. N. Lim. Wang Gary. Sigaux. R. Forema. . D. S. Jacquot. N. Lim. A. Sbornik. C. Macintyre. Ring. Hacein-Bey-Abina. Gershwin. (2007). A. E. and P. Kourlisky. B. (2008) Aug. M. Roujeau. Lemercier. Ollert. T. Lim. Fischer and M. S.C. d’Incan. Wulffraat. A. 120(3) : 696-706. Hein. C.-L. J Clin Invest. Andres. J. Musette. Sep. A. F. Soulier. Lemercier. . Invest. Cavazzana-Calvo : Insertional oncogenesis in 4 patients after retrovirus-mediated gene therapy of SCID-X1. Leiva. I. Dal Cortivo. Wintergerst. Ring. 120(5) : 1223-5. L. A.-C.276 PHILIPPE KOURILSKY 4. Hein : Low-dose anti-IgE therapy in patients with atopic eczema with high serum IgE levels. 8. P. Bushman. (2008). 41(1) : 80-6. J. F. J. Belloni. Gougeon. Weidinger. 19. A. U. Nov. 5. Schnopp. J. Lim. L. M. Gougeon : VH gene usage and CDR3 analysis of B cell receptor in the peripheral blood of patients with PBC. M. Delabesse. Blanche. A. Brousse. P. Belohradsky. 6. Autoimmunity (2008). Asnafi. Kenny. C. D. J. M. R. C. M. B. B. Dutot. Borkhardt. Radford. Sorensen. Schnopp. S. 7. Moshous. E. Morillon. A. A. Gilbert. Tron. F. Garrigue. Caccavelli. Lemercier. Lim. E. R. M. Dermatol. H. Beldjord. K. S. Joly : B-Cell Depletion Immunotherapy in Pemphigus : Effects on Cellular and Humoral Immune Responses. E. P. V. . Ziai.L. M. Jun. (2007). L. Feb. A. B. Clappier. I. Mouquet.J Allergy Clin Immunol. B. M.H. S. Velez. .D. Hauer. Luderschmidt. Weidinger. J Allergy Clin Immunol. Bedane. 7. J. V.

Elle postule que les fondements cognitifs des mathématiques doivent être recherchés dans une série . cependant. à une hypothèse Platonicienne selon laquelle les mathématiques ne sont que l’exploration d’un monde à part. n’appartient à aucun de ces deux camps. Il développe progressivement une sensibilité à la notion de simplicité qui lui donne accès à de nouvelles régions du paysage mathématique » (Changeux & Connes. une compétence mathématique. explicitement ou implicitement. Pour d’autres. Pour Piaget. et que l’on pourrait qualifier d’intuitionniste. petit à petit. La position que j’ai défendue dans ce cours. la représentation mentale de l’un des plus simples et cependant des plus fondamentaux des objets mathématiques : le concept de nombre entier naturel. Il en conclut aisément à une pure construction mentale des objets mathématiques.Psychologie cognitive expérimentale M. Vygotsky : « la pensée ne s’exprime pas seulement en mots : elle vient au monde à travers eux »). Stanislas Dehaene. Citons par exemple Alain Connes dans son débat avec Jean-Pierre Changeux : « Lorsqu’il se déplace dans la géographie des mathématiques. Le psychologue du développement. 1989). De nombreux mathématiciens adhèrent. la logique en constitue le fondement (« Le nombre entier peut ainsi être conçu comme une synthèse de la classe et de la relation asymétrique »). et qui préexiste au cerveau humain. régi par ses propres contraintes. le mathématicien perçoit peu à peu les contours et la structure incroyablement riche du monde mathématique. professeur Enseignement Cours : les fondements cognitifs de l’arithmétique élémentaire Le cours 2008 s’est attaché à analyser. membre de l’Institut (Académie des Sciences). ne peut qu’être frappé par la difficulté avec laquelle l’enfant se construit. par les méthodes de la psychologie cognitive. le langage joue un rôle essentiel (cf. La nature et l’origine des objets mathématiques font débat depuis l’Antiquité.

les recherches récentes délimitent assez précisément un ensemble de connaissances que l’on pourrait qualifier d’intuition numérique ou de sens des nombres (Dehaene. et du nombre.278 STANISLAS DEHAENE d’intuitions fondamentales de l’espace. L’intuition est la faculté qui nous permet de réfléchir et d’examiner ces objets mentaux internes » (Davis. l’Essai sur la psychologie de l’invention dans le domaine mathématique (Hadamard. qui peuvent à “volonté” être reproduits ou combinés ». 1997). Dès le xiiie siècle. et nous verrons qu’un modèle mathématique simple peut en être proposé. Hersh. Henri Poincaré voit également dans l’intuition spatiale. automaticité. leur comparaison. du temps. Ainsi cette position se rattache-t-elle. ne semblent pas jouer le moindre rôle dans le mécanisme de ma pensée. dans l’une des plus célèbres enquêtes sur cette question. ou numérique le fondement même de l’entreprise mathématique. & Marchisotto. 1995. « au sein des idées. La difficulté consiste à définir précisément ce que l’on entend par intuition. possède une signature psychologique et neurale déchiffrable. Il n’est pas certain. Toutefois. suivie d’une illumination soudaine. Il permet une rapide évaluation du nombre d’objets présents dans des ensembles. motrice. décrit comment la plupart des découvertes mathématiques font suite à une longue période d’ « incubation » sans progression apparente. 1945). dans le domaine de la cognition numérique élémentaire. pratiquement tous les grands mathématiciens disent faire appel à leur intuition. et que nous héritons d’un lointain passé où ces intuitions jouaient un rôle essentiel à la survie. Son fonctionnement répond à trois traits caractéristiques de l’intuition : rapidité. Les mathématiques se construisent par la formalisation et la mise en liaison consciente de ces différentes intuitions. sans pour autant s’y identifier. . et inaccessibilité à l’introspection consciente. Les entités psychiques qui servent d’éléments à la pensée sont certaines signes ou des images plus ou moins claires. Jacques Hadamard. page 399). les idées dont les propriétés sont reproductibles s’appellent des objets mathématiques. en ce qu’aucun cerveau ne la rejette : même les hommes du peuple et les illettrés savent compter et calculer ». Selon l’heureuse expression d’Elizabeth Spelke. partagées par de nombreuses espèces animales. et l’étude des objets mentaux aux propriétés reproductibles s’appelle les mathématiques. écrits ou parlés. Ainsi l’intuition. loin d’être inaccessible à l’étude scientifique. De fait. de tout évidence. Un sens du nombre est présent chez le nourrisson et repose sur des circuits cérébraux spécifiques que l’on retrouve chez d’autres primates. en effet. que la variété des propriétés qu’on lui attribue soit issue d’un processus cognitif unique. Pour les mathématiciens Philip David et Reuben Hersh. à l’intuitionnisme mathématique de Brouwer et Poincaré. et leur combinaison par des opérations d’addition et de soustraction. l’arithmétique élémentaire semble faire partie du noyau de connaissances de l’espèce humaine. Il cite également la célèbre lettre d’Einstein : « les mots et le langage. des objets mentaux. Roger Bacon notait que « la connaissance mathématique est presque innée en nous… elle est la plus facile des sciences.

chacun des objets énumérés avec une liste de référence qui peut être verbale (noms de nombres) ou non-verbale (doigts. Le nombre est ici considéré comme la propriété d’un ensemble. peut-être considéré comme un nombre tout objet mental susceptible d’être manipulé selon certaines opérations cohérentes. On s’y réfère verbalement par le biais de nombres ordinaux (par exemple « treizième »). Il consiste à apparier. La perception de la numérosité L’adulte dispose d’au moins trois processus cognitifs distincts d’énumération. La distinction entre subitisation et . Enfin. la psychologie cognitive ne s’est guère penchée sur ces concepts mathématiques de plus haut niveau. d’estimation et de comptage sont dissociables. parties du corps). l’ordinalité fait référence au rang d’un élément dans une série ordonnée. le comptage. le nombre perçu n’est pas toujours relié linéairement au nombre effectivement présenté : la sous-estimation est fréquente. et une loi de puissance relie les deux quantités (Izard & Dehaene. c’est-à-dire d’appréhension de la numérosité d’un ensemble d’objets : — la subitisation ou « subitizing » en anglais fait référence à l’appréhension immédiate des petites numérosités (un. Toutefois. chez l’animal et le très enfant. tels que « 1053 ». Pour l’instant. voire des quaternions ou des matrices… Pour lui. Les recherches de Véronique Izard. ont montré qu’un adulte non-entraîné estime efficacement et rapidement des ensembles même très grands. deux. des nombres réels ou complexes. ou exprimés à l’aide de noms de nombres tels que « mille cinquante trois ». consiste en l’intégration harmonieuse de ces différentes facettes symboliques et non-symboliques du nombre. à laquelle on réfère souvent par les termes techniques de cardinalité ou de numérosité. chez l’adulte éduqué. des fractions.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 279 Les multiples facettes du concept de nombre Le concept de nombre recouvre des contenus assez divers. permet d’énumérer avec précision un ensemble quelconque. Il va de soi que le mathématicien souhaiterait prolonger cette liste en direction des entiers relatifs. un par un. cependant. — l’estimation permet d’évaluer. où la quantité 13 peut être présentée sous la forme concrète d’un nuage de 13 points ou d’une séquence de 13 sons. Des recherches récentes confirment que les trois processus de subitisation. ou trois objets) . d’une manière approximative. au laboratoire. dont les principes ont été étudiés par Gelman et Gallistel (1978). la psychologie cognitive montre l’importance. Cependant. Le concept de nombre. la numérosité d’un ensemble de taille arbitraire. de la perception non-symbolique du nombre. Nous nous en tiendrons donc à la perception non-symbolique de la numérosité et sa mise en liaison avec les symboles écrits ou parlés des nombres. Notre éducation nous a habitués aux symboles numériques : les nombres écrits en base 10 à l’aide des chiffres arabes. Il importe donc d’introduire d’emblée quelques distinctions terminologiques essentielles. — enfin. 2008) .

le temps de réponse montre un soudain accroissement linéaire. Izard. Cohen. Jusqu’à très récemment. Par exemple. 20 ou 30 objets. La précision avec laquelle nous détectons la présence d’un. puis 5 autres. 2003). pratiquement essai par essai. & Dehaene. Le développement de la perception numérique Les tests Piagétiens de conservation du nombre et d’inclusion de classes ont initialement suggéré que le jeune enfant était dépourvu de mécanismes invariants d’appréhension du nombre. développent une simultanagnosie (Dehaene & Cohen. Les enfants détectent également la violation des règles d’addition et de soustraction. même lorsque les paramètres non-numériques tels que la densité et la surface totale sont constants (Xu & Spelke. 2004). De nombreuses études ont démontré une sensibilité à la numérosité chez l’enfant de 4-6 mois. il était possible de soutenir que l’estimation et la subitisation n’étaient que le reflet d’un seul et même processus. au moins d’une façon approximative. montre que cette explication ne suffit pas (Revkin. Feigenson.280 STANISLAS DEHAENE comptage est évidente lorsque l’on mesure le temps de dénomination de la numérosité d’un ensemble : au-delà de trois objets. peut-être celui lié à l’appréhension des objets discrets (« object tracking » ou « object files » system. 1994). car elle aboutit à une précision suffisante pour discriminer et nommer les numérosités 1. 2000). . fondées sur l’adaptation et la réaction à la nouveauté ou à la violation de lois physiques. Pour les tous petits nombres. En effet. un bébé de six mois détecte quand la numérosité d’un ensemble change de 8 à 16 objets ou vice-versa. Dehaene. mesurée par son écarttype. l’estimation se caractérise par la loi de Weber : l’imprécision de l’estimation. ils s’attendent à voir apparaître environ 10 objets et expriment leur surprise en regardant plus longuement lorsque l’écran s’abaisse et révèle seulement 5 objets (McCrink & Wynn. Piazza. à la suite d’une lésion cérébrale. une soudaine amplification de l’activité dans un vaste réseau cérébral lié au comptage verbal. cette conclusion a été nettement infirmée avec l’avènement de nouvelles méthodes d’expérimentation chez le très jeune enfant. si le sujet a compté ou pas et combien d’objets ont été dénombrés (Piazza. au laboratoire. Cependant. la subitisation semble-t-elle faire appel à un système dédié. L’activité de ces régions est si caractéristique qu’elle permet de distinguer. & Spelke. Ainsi la subitisation se réduirait à une sorte d’« estimation précise ». Par exemple. Ainsi. la recherche de Susannah Revkin. 2004 . & Dehaene. la loi de Weber pourrait expliquer la subitisation. Une dissociation entre subitisation et comptage s’observe également chez certains patients qui. deux ou trois objets dépasse celle attendue selon la loi de Weber. lorsqu’ils voient 5 objets. car elle excède de très loin celle avec laquelle nous discriminons 10. 2008). à cette frontière. Le Bihan. 1992). Wynn. et qui comprend notamment les régions pariétales postérieures bilatérales associées aux mouvements de l’attention. L’imagerie cérébrale détecte. Giacomini. Toutefois. selon une constante de proportionalité appelée coefficient de variation ou fraction de Weber. croît linéairement avec le nombre estimé. disparaître derrière un écran. 2 ou 3 sans pratiquement faire d’erreur.

Il est fascinant de constater que cette intuition numérique existe également chez de nombreuses espèces animales (pigeons. notre temps de réponse varie en fonction inverse de la distance numérique qui les sépare. cette entrée symbolique est rapidement et automatiquement traduite mentalement en une quantité approximative dont la manipulation interne obéit aux mêmes lois que celles de la manipulation des numérosités perçues sous forme d’ensembles d’objets. la précision des calculs étant simplement meilleure chez l’homme. dans des tâches qui sollicitaient la perception approximative des numérosités. pour l’enfant. & Dehaene. a systématiquement mis en parallèle les compétences arithmétiques de l’homme adulte et du singe macaque. dès qu’un adulte éduqué perçoit un nom de nombre ou un nombre en notation arabe. Dehaene-Lambertz. Elle observe une psychophysique très similaire. dans la mesure où leur fraction de Weber est plus élevée dans le second cas. Cordes and Brannon (2008) vont jusqu’à suggérer qu’il est plus simple. Cependant de nouveaux résultats très récents indiquent que les enfants peuvent. La vérification des opérations symboliques démontre également un effet de distance numérique : lorsqu’une opération évidemment fausse nous est proposée. 2004). selon le contexte. 2008). Certains ont suggéré que leur discrimination n’était due qu’à des paramètres confondants tels que la quantité totale de matière (voir Feigenson et al. une lésion cérébrale peut faire perdre toute capacité de . Plus surprenant encore. Liens avec l’arithmétique symbolique Dans quelle mesure ces compétences précoces pour la manipulation des numérosités non-verbales sont-elles pertinentes pour la compréhension de l’intuition des symboles numériques à l’âge adulte ? De nombreuses expériences suggèrent que. de prêter attention au nombre qu’à la quantité totale de matière. nous avons effectivement observé. Elizabeth Brannon.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 281 Si l’estimation est bien démontrée chez le très jeune enfant. singes. soit aux paramètres non-numériques (Feigenson. Ainsi. 2 ou 3 a été plus débattue. tel est également le cas lorsque nous jugeons si deux nombres sont pareils ou différent — la réponse « différent » est plus lente pour 8 contre 7 que pour 8 contre 1. lions. la perception des petites numérosités 1. et la loi de Weber rend bien compte de l’ensemble de ces données. prêter attention soit à la numérosité. une discrimination des numérosités 2 et 3 en l’absence de tout artefact non-numérique (Izard. Enfin. Ainsi tant la subitisation que l’estimation et la capacité de calcul approximatif semblent présents chez l’espèce humaine dès la première année de vie. leur addition et leur comparaison (Cantlon & Brannon. à l’aide des potentiels évoqués. la grande distance qui sépare le résultat proposé du résultat correct nous permet de le rejeter sans faire le calcul exact (Ashcraft & Stazyk. 2007). 2005).. Au laboratoire. l’expérience fondatrice de Moyer et Landauer (1967) a montré que. en particulier. lorsque nous décidons lequel de deux chiffres est le plus grand. La taille des nombres influe également sur le jugement comparatif des nombres présentés sous forme symbolique. rats. 1981). dauphins…).

Israël. dans la mesure où elle s’active quelle que soit la notation utilisée pour présenter les nombres (chiffres arabes. Jean. mais pas les scores de lecture. ce qui laissait penser qu’ils traduisaient mentalement les problèmes symboliques en quantités afin d’exploiter leur intuition non-symbolique. Cette région occupe une position bien précise au sein d’une mosaïque de régions sensori-motrices impliquées dans les mouvements des yeux. et même lorsque le sujet se contente de comparer deux nombres ou de détecter la présence d’un chiffre parmi des lettres. 2004). de la main ou du doigt (Simon. États-Unis. et on lui en donne 30 de plus. Le Bihan. Ainsi l’approximation des quantités numériques. & Spelke. quel que soit leur niveau socio-économique. Une méthode d’adaptation a permis de démontrer la convergence . une étude développementale a confirmé que l’intuition arithmétique des quantités approximatives précède et sous-tend l’apprentissage ultérieur de l’arithmétique symbolique (Gilmore. Cependant. en SPECT. chez des enfants un peu plus âgés (6-8 ans). ont rapidement isolé une région importante : dès qu’un adulte calcule mentalement. ont donné à des enfants de 5 et 6 ans. fondée sur la loi de Weber. et leurs performances suivaient la loi de Weber. Qui en a le plus ? » Les enfants n’avaient reçu aucun enseignement explicite des nombres de cette taille. Japon. lui. Gilmore et coll. ni des opérations d’addition et de soustraction. tout en laissant intact cette compétence basique pour l’approximation (Dehaene & Cohen. 2002). 2003). que la variabilité de l’effet de distance au cours de la comparaison numérique prédit la réussite scolaire en mathématiques. L’activation intrapariétale est également présente lorsque l’on présente des numérosités sous forme d’ensembles de points (Piazza. noms de nombres parlés ou écrits) et ce. fondée sur la loi de Weber.282 STANISLAS DEHAENE calcul exact. joue un rôle déterminant pour la bonne compréhension ultérieure de l’arithmétique symbolique. Pinel. Pinel. Piazza. Cohen. & Cohen. Europe). Le Bihan. Les mécanismes cérébraux de l’arithmétique élémentaire Quels sont les mécanismes cérébraux de l’arithmétique élémentaire ? Les toutes premières études d’imagerie cérébrale. 1991). & Dehaene. apparaît-elle comme une compétence fondamentale qui transparaît dans de nombreuses tâches symboliques. en maternelle. 2007). Holloway et Ansari (2008) ont également rapporté. en TEP puis en IRM fonctionnelle. ces résultats suggèrent que l’appréhension de la numérosité approximative et des relations de distance entre les nombres. dans toutes les cultures qui ont pu être testées (Chine. Dans l’ensemble. Izard. des problèmes verbaux tels que « Sarah possède 21 bonbons. Son activation est présente quel que soit le calcul effectué. Plus important encore. McCarthy. leurs performances dans cette évaluation de l’intuition arithmétique corrélaient avec leur réussite en mathématiques à l’école. & Dehaene. on observe une activation bilatérale des flancs du sillon intrapariétal (voir Dehaene. ils répondaient bien au delà du niveau du hasard (60-70 % de réussite). Tout récemment. Mangin. en a 34. La région intrapariétale semble jouer un rôle important dans la représentation abstraite des nombres.

a montré que le cortex intrapariétal est activé. associé au cortex intrapariétal bilatéral. 2007). font appel à un vaste réseau qui implique le gyrus angulaire gauche et les aires périsylviennes du langage. A la suite de travaux antérieurs de Thompson et coll. Le Bihan. & Dehaene. en particulier. interviennent à différentes étapes de représentation et de manipulation des nombres. et complété d’un second réseau associé aux stratégies de calcul symbolique acquises au cours de l’éducation. tandis que la région intrapariétale elle-même est maximalement activée lors des opérations d’approximation et de comparaison (Dehaene. Spelke. au Massachussetts Institute of Technology puis à l’Université de Tübingen. l’activité corticale se déplace progressivement depuis la région intrapariétale vers le gyrus angulaire à mesure que le participant enregistre les faits correspondants en mémoire verbale. 1999).PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 283 des représentations symboliques et non-symboliques des nombres dans cette région (Piazza. La même méthode.. Les neurones des nombres L’une des découvertes les plus fascinantes de ces dernières années est certainement celles des mécanismes neurophysiologiques de l’arithmétique élémentaire chez le singe macaque. Des lésions intrapariétales précoces pourraient d’ailleurs être à l’origine de dyscalculies du développement chez certains enfants (Molko et al. 2004). notamment sous forme symbolique ou linguistique (Dehaene & Cohen. 1995). & Tsivkin. la soustraction. corticaux et sous-corticaux. la comparaison. Ischebeck et al. particulièrement dans l’hémisphère droit. Dehaene. 2003 . Spelke. Stanescu. étendue à l’enregistrement des potentiels évoqués chez le bébé de 2-3 mois. Ces résultats concordent avec l’hypothèse d’un noyau de compétences numériques. Ils ont découvert. Il est cependant évident que cette région intrapariétale n’est pas la seule à contribuer aux opérations arithmétiques. La manipulation des nombres exacts et les opérations de récupération des faits arithmétiques en mémoire. l’existence de populations de neurones dont le taux de décharge varie avec le nombre d’objets présentés.. dans des tâches aussi simples que l’addition. Andreas Nieder et Earl Miller. Pinel. des réseaux étendus. dès quelques mois de vie à la présentation d’ensemble d’objets dont la numérosité varie (Izard et al.. 2006). ou l’estimation des numérosités. Au cours de l’entraînement arithmétique. particulièrement les tables de multiplication (Delazer et al. présent dans toutes les cultures et indépendant du niveau d’éducation. tandis que les lésions des aires périsylviennes ou des noyaux gris centraux de l’hémisphère gauche tendent à perturber les tables arithmétiques mémorisées (Lemer. dans le cortex préfrontal et intrapariétal. La neuropsychologie de l’acalculie confirme globalement cette double dissociation : les lésions intrapariétales focales tendent à perturber l’intuition même des quantités numériques.. Chez l’adulte. 2008). Certains . 2003). ont enregistré l’activité de centaines de neurones chez des singes éveillés qui avaient été entraînés à réaliser une tâche de comparaison différée des numérosités de deux ensembles d’objets. (1970) et Sawamura et coll (2002). & Cohen. Pinel.

Notons que. Cette représentation est dite « log-Gaussienne ». 2008). Les deux propriétés — monotonie et rétinotopie — ont récemment été observées indirectement chez l’homme dans une illusion d’adaptation à la numérosité (Burr & Ross. chez le singe. Il est à noter que les neurones pariétaux ont une réponse plus rapide. tandis que sa mémorisation impliquerait préférentiellement le cortex préfrontal. Mais la description la plus compacte des réponses neuronales est une courbe d’accord constante. Chaque neurone présente en effet une courbe d’accord autour de sa numérosité préférée. 2007). par quatre ou par cinq objets (Nieder. Roitman et coll. la méthode d’adaptation en IRMf a permis à mon laboratoire de démontrer. tout récemment. Sur une échelle linéaire. (2007) ont découvert un second type de code neural de la numérosité. en croissant ou en décroissant avec le logarithme de la numérosité de l’ensemble présenté. mais leur taux de décharge varie de façon monotone avec la numérosité. tandis que les neurones préfrontaux répondent préférentiellement au cours de la phase de délai de la tâche de réponse différée. Elle implique qu’au niveau de la population de neurones. et même jusqu’à une trentaine d’objets (Nieder & Merten. très semblable à celui observé chez le singe macaque (Piazza et al. l’existence d’un codage cérébral log-Gaussien des numérosités. avec une variabilité fixe et de forme Gaussienne. ces neurones possèdent des champs récepteurs limités et ne répondent donc qu’à la numérosité du sous-ensemble d’objets qui apparait dans une région rétinotopique bien délimitée — pas au nombre total d’objets présent sur la rétine. En second lieu. 2004). le paramètre de nombre est représenté par un groupe épars de neurones selon un code partiellement distribué qui représente la numérosité approximative et non la cardinalité exacte.. Ainsi. ce qui correspond quantitativement à la loi de Weber. 2005). lorsque les numérosités sont représentées sur une échelle logarithmique. chez l’homme. par trois. dans une région pariétale plus latérale et postérieure (l’aire LIP). dans l’aire ventrale intrapariétale (VIP). Tout d’abord. Les neurones de l’aire LIP diffèrent de ceux de l’aire VIP (étudiés par Nieder et Miller) en plusieurs points. .284 STANISLAS DEHAENE neurones sont activés préférentiellement par un objet unique. l’extraction initiale de l’information de numérosité se ferait dans l’aire VIP. mais également dans les lobes pariétaux. dans les profondeurs du sillon intrapariétal. Ces « neurones des nombres » sont localisés dans le cortex préfrontal dorsolatéral. du segment horizontal du sillon intrapariétal qui est activé chez l’homme au cours de diverses opérations arithmétiques (Simon et al. coïncidant précisément avec celui qui avait été inféré des études psychophysiques chez l’homme. mais également relative à d’autres régions telles que les aires AIP et LIP impliquées dans les mouvements des yeux et de la main. ce qui suggère que ce second code neuronal de l’aire LIP pourrait également exister dans l’espèce humaine. ils ne sont pas accordés à un nombre préféré. Le profil détaillé des réponses de ces neurones indique un codage de la numérosité selon la loi de Weber. la largeur de la courbe croit linéairement avec la numérosité préférée.. l’aire VIP constitue un homologue plausible. 2002). d’autres par deux. Par sa localisation absolue. De fait.

sous forme d’un réseau de neurones formels. Lorsque la décision est prise en un temps fixe.. chez des animaux différents et entraînés à des tâches numériques différentes. Piazza et al. La simulation de ce modèle par ordinateur.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 285 Un modèle mathématique de la décision numérique Pourquoi une telle coexistence de deux codes neuronaux distincts. et que seul le taux d’erreurs doit donc être modélisé. De plus. les neurones de LIP projettent effectivement vers ceux de VIP. (3) seuillage de cette activation par des neurones avec des seuils croissants et une forte inhibition latérale. 2007). sans pression de rapidité. Il peut également être adapté à la dénomination des numérosités (Izard & Dehaene. indépendamment de leur identité et de leur taille. 2007 . tandis que les neurones accordés à la numérosité correspondraient aux neurones de l’aire LIP enregistrés par Nieder et Miller. montre qu’on aboutit naturellement. Ce modèle rend bien compte des compétences animales et humaines dans des tâches élémentaires de comparaison pareil-différent ou plus grand-plus petit (Dehaene. Ce . les neurones d’accumulation peuvent être identifiés aux neurones de l’aire LIP étudiés par Roitman et coll. donc avec une quantité fixe d’activation pour chaque objet . Cantlon & Brannon.. A partir de ce code neural log-Gaussien. dans la mesure où ces deux populations de neurones n’ont été observées que très récemment. 2004).. les neurones de VIP semblent répondre à l’ensemble du champ visuel. Verguts & Fias. ce qui est compatible avec l’hypothèse qu’ils reçoivent des entrées convergentes de nombreux neurones rétinotopiques de l’aire LIP. à ce dernier niveau. ces résultats s’accordent bien avec un modèle théorique qui suppose que les neurones monotones et accordés constituent deux étapes distinctes de l’extraction d’une représentation invariante de la numérosité (Dehaene & Changeux. capable de rendre compte des taux d’erreurs et des temps de réponse dans diverses tâches numériques élémentaires. Toutefois. à un codage log-Gaussien de la numérosité. la théorie de la détection du signal peut être appliquée très directement au code log-Gaussien. Lorsque la tâche implique une décision rapide en temps limité. Avec quelques adaptations. Il est à noter qu’anatomiquement. l’autre avec une courbe d’accord à une numérosité préférée ? Il convient d’interpréter ces résultats avec prudence. (2) addition approximative de ces activations à travers l’ensemble de la carte. 2007). l’un avec une variation monotone du taux de décharge en fonction de la numérosité. moyennant quelques hypothèses supplémentaires sur la combinaison des variances associées à chaque opérande (Barth et al. Selon ce modèle. un modèle mathématique de prise de décision. la numérosité approximative peut être extraite d’une carte rétinienne détaillée en trois étapes successives : (1) codage rétinotopique des positions occupées par les objets. la modélisation du temps de réponse fait appel à un modèle mathématique plus sophistiqué. dans des laboratoires différents. 1993 . par le moyen de « neurones d’accumulation » dont le niveau d’activité varie de façon monotone en fonction de la numérosité . ce qui conduit à une population de neurones accordés aux différentes numérosités. 2008) et à l’addition ou à la soustraction de deux numérosités. 2006 . a également été développé (Dehaene. 2004).

et la manière dont celle-ci varie avec la présence d’une tâche interférente. Bien que les neurones restent accordés à la numérosité approximative. le modèle log-Gaussien doublé d’une prise de décision par accumulation conduit à des prédictions très étroitement ajustées aux données expérimentales. plusieurs éléments convergents suggèrent que cette vision est un peu trop simple. soit à des numérosités seules. mais avec une grande composante ‘tout-ou-rien’ doublé d’un petit effet linéaire. L’influence de la distance entre les nombres à comparer est correctement modélisée. ils répondent de façon très précise à chaque symbole numérique. pour l’un des réponses. Cette accumulation peut alors décrite mathématiquement comme une marche aléatoire apparentée à un mouvement Brownien. contrairement à la loi de Weber. et le modèle explique pourquoi la forme de cet effet diffère selon que l’on considère le taux d’erreur ou le temps de réponse moyen. La distribution des temps de réponse. sur la base de signaux bruités.286 STANISLAS DEHAENE modèle se fonde sur les travaux de Mike Shadlen qui indiquent que la prise de décision en temps réel. sont également expliqués en grand détail (Sigman & Dehaene. le réseau développe des neurones « détecteurs de numérosité » très semblables à ceux décrits par Nieder et Miller. avec une courbe d’accord log-Gaussienne. La réponse correspondante est alors sélectionnée. La décision est prise lorsque. soit à des numérosités appariées avec le symbole correspondant. La courbe d’accord des neurones présente toujours un effet de distance. Ainsi. Cependant. D’autre part. s’appuie sur certains neurones pariétaux et préfrontaux qui réalisent une accumulation des données stochastiques que les stimuli apportent en faveur de chacune des réponses possibles. et que l’acquisition de symboles pour les nombres change également en profondeur la représentation non-verbale des quantités numériques. en sorte que la prise de décision met en jeu les quantités et non plus les symboles eux-mêmes. L’analyse montre qu’au moins dans des tâches très simples telles que la comparaison de deux nombres. le réseau exposé aux symboles développe un nouveau type de représentation que l’on qualifie de linéaire avec une variabilité fixe. Cependant. L’impact des symboles sur la cognition numérique Le modèle décrit ci-dessus suppose que l’acquisition des symboles numériques tels que les chiffres arabes consiste tout simplement à mettre en relation ces formes arbitraires avec la représentation log-Gaussienne des numérosités correspondantes. On peut démontrer que ce mécanisme d’accumulation statistique avec seuil constitue un mécanisme optimal de prise de décision en temps réel (Gold & Shadlen. . 2002). tous les neurones présentent la même courbe d’accord. l’appariement avec des symboles modifie profondément cette représentation. 2005). la marche aléatoire de l’accumulateur atteint un seuil fixé à l’avance. Verguts et Fias (2004) ont simulé l’apprentissage non-supervisé dans un réseau de neurones formels qui est exposé. avec une largeur fixe pour tous les nombres testés (1 à 5). Dans le premier cas.

de nombreux neurones codaient simultanément pour le même nombre. c’est surtout la région pariétale gauche qui est modifiée. Etonnamment. la courbe d’accord des neurones ne se modifiait pas selon la notation. dans le cortex intrapariétal. lorsque les nombres sont présentés sous forme symbolique. De nombreuses études démontrent l’automaticité du lien entre les nombres et l’espace chez l’homme adulte : la simple présentation d’un chiffre arabe suffit à biaiser les . (2005) ont effectivement observé un déplacement massif de l’activité préfrontale avec l’âge. un entraînement plus important. 2006). Rivera et coll. 2004 . le codage des quantités semble plus précis dans l’hémisphère gauche que dans le droit et pourrait ressembler à celui prédit par le modèle. les neurones se spécialisaient soit pour les chiffres arabes. qui correspondent à l’emploi d’une représentation plus précise et plus linéaire des symboles numériques (Dehaene. au profit de régions occipito-temporales et pariétales gauches qui pourraient correspondre respectivement aux codes des symboles et des quantités. 2007) présentent également de subtiles asymétries qui suggèrent que.. soit pour les numérosités. chez l’animal. ainsi que de probables différences d’architecture cérébrale. tant dans son activité de base que dans la taille de son effet de distance. de la droite réelle. indépendamment de son format de présentation symbolique ou non-symbolique. des coordonnées Cartésiennes ou du plan complexe. Chez l’homme. Représentation spatiale des nombres et synesthésie numérique L’éducation arithmétique s’accompagne d’un autre changement important : l’apprentissage de liens systématiques entre les nombres et l’espace. Les expériences d’IRM fonctionnelle de Piazza et coll. ce qui suggère un raffinement de la précision du codage des nombres au sein de l’hémisphère gauche (Ansari & Dhital. (Piazza & Dehaene. semble susceptible de coder la relation arbitraire entre un symbole et sa signification. Tout récemment. 2007). Contrairement au modèle de Verguts et Fias. Le peu de données dont nous disposons sur l’IRM fonctionnelle du développement de l’arithmétique suggère effectivement qu’au cours de l’éducation. Dans le cortex préfrontal dorsolatéral. Ils ont entraîné deux singes à apparier des chiffres arabes entre 1 et 4 avec les numérosités correspondantes. Diester et Nieder (2007) ont publié la toute première étude neurophysiologique des mécanismes cérébraux de l’acquisition des symboles chez le primate non-humain.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 287 La proposition théorique de Verguts et Fias pourrait expliquer plusieurs aspects de l’intuition attachée aux symboles numériques. L’analyse fine des temps de réponse montre des différences non-négligeables entre la comparaison des nombres présentés sous forme symbolique et sous forme de numérosités d’ensembles de points. Ainsi. depuis la notion de mesure (géo-métrie) jusqu’à l’étude des nombres irrationnels. Piazza et al. après l’apprentissage. mais ne répondaient pas aux deux formats simultanément. pourraient entraîner une automatisation du signe et un transfert de ces neurones de conjonction vers les aires postérieures du cerveau. seul le cortex préfrontal. Dans leur étude d’IRM fonctionnnelle du développement arithmétique. L’intuition d’une échelle spatiale des nombres joue un rôle essentiel en mathématiques.

288 STANISLAS DEHAENE réponses motrices et l’attention visuo-spatiale. Siegler et Opfer (2003) ont présenté une tâche dans laquelle des enfants doivent disposer les nombres qu’on leur énonce sur un segment étiqueté par exemple avec le nombre 1 à gauche et le nombre 100 à droite. Pinel. Ces personnes. nous avons obtenu des données d’IRM fonctionnelle. & Dehaene. un circuit relie les aires LIP et VIP. Elle se modifie considérablement au cours de développement et en fonction de l’éducation. Avec Pierre Pica. sur la base d’une revue détaillée de ces questions. De nombreux indices . j’ai proposé que ce circuit VIP-LIP soit en partie recyclé pour l’arithmétique élémentaire (Hubbard. Spelke. En particulier. Bossini. les nombres à des positions spatiales bien déterminées sur une échelle spatiale interne. Véronique Izard et Elizabeth Spelke. & Pica. au sens littéral. Piazza. la correspondance entre nombres et espace n’est pas entièrement fixe. mais non-linéaire. qui dérive de la loi de Weber. 2005). Avec André Knops et Mariagrazia Ranzini. Ils accordent beaucoup plus de place aux petits nombres et tendent à suivre une échelle compressive et logarithmique. nous avons montré que l’éducation joue un rôle essentiel : chez les indiens Mundurucus d’Amazonie. impliquée dans le codage du nombre. Izard. affirment voir. qui sont impliquées dans le mouvement des yeux et le codage des positions pertinentes de l’espace. Avec Ed Hubbard. entre 8 et 10 ans. L’association nombre-espace elle-même semble provenir des liens anatomiques très étroits qu’entretient la région intrapariétale moyenne. Les réponses ne deviennent linéaires que chez les enfants plus âgés. Cependant. chez de rares individus. En effet. 2008). en direction de la droite pour les grands nombres et de la gauche pour les petits nombres. Ces liens spatio-numériques demeurent non-conscients chez la plupart des personnes testées. 1993). Bien qu’intuitive et automatique. L’échelle de similarité logarithmique. & Giraux. avec les régions voisines impliquées dans le codage de l’espace. de potentiels évoqués et de comportement qui vont dans ce sens. leur accès à la conscience pourrait peut-être expliquer le phénomène de synesthésie numérique. Les enfants les plus jeunes (CP) placent les nombres en correspondance avec l’espace d’une façon certes monotone. Cet « effet SNARC » (spatial-numerical association of response codes) dépend de variables attentionnelles et culturelles telles que la direction de l’écriture — la direction de l’effet tend à s’inverser dans les cultures qui lisent de droite à gauche (Dehaene. semble donc faire partie des intuitions fondamentales de l’humanité (étant entendu que cette intuition est approximative et n’inclut pas des propriétés mathématiques abstraites de la fonction logarithme telles que la transformation des sommes en produits). la simple présentation d’un nombre induit une activation latéralisée des régions pariétales postérieures (homologue plausible de l’aire LIP chez l’homme). De plus. des personnes adultes mais dépourvues d’éducation mathématique répondent de façon logarithmique à des nombres entre 1 et 10 présentés de façon verbale ou non-symbolique (Dehaene. l’addition et la soustraction évoquent automatiquement un mouvement vers la droite et la gauche respectivement. en effet. selon laquelle 10 se situe au milieu de 1 et de 100.

L’apprentissage des symboles de l’arithmétique formelle s’appuie fortement sur ce sens précoce des nombres. Ce sera l’une des questions importantes de la recherche à venir. la représentation logarithmique n’a pas vraiment disparu. Six chercheurs réputés sont venus présenter leurs contributions à ce domaine : — Marie-Pascale Noël (Université de Louvain) a présenté l’état actuel des connaissances sur la dyscalculie développementale. — Lisa Feigenson (Johns Hopkins University) a décrit ses recherches sur la cognition numérique chez le nourrisson. — Daniel Ansari (University of Western Ontario) s’est placé dans une perspective neuro-physiologique. de juger que 8 est plus grand que 3. qui démontre notamment une capacité hiérarchique d’appréhension du nombre d’ensembles d’objets. en effet. Il a présenté les toutes premières images du développement cérébral de l’arithmétique. Séminaire En complément du cours. Les échelles logarithmique et linéaire semblent coexister et être sélectionnées en fonction des instructions et du contexte de la tâche. ses causes possibles et sa rééducation. l’un des premiers écueils sur lesquels viennent buter les jeunes enfants. . notamment chez l’enfant d’âge scolaire. son évaluation. Conclusion L’intuition arithmétique humaine consiste en un réseau complexe de connaissances qui vont de la capacité d’estimer rapidement la cardinalité approximative d’un ensemble à celle d’anticiper le résultat d’une addition.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 289 suggèrent que. Le calcul constitue. et est associé à un circuit cérébral situé dans la région intrapariétale bilatérale. — Michel Fayol (Université de Clermont-Ferrand) s’est intéressé aux mécanismes de l’apprentissage du comptage et des faits arithmétiques. Un enjeu essentiel sera de mieux utiliser ces connaissances afin d’améliorer l’enseignement de l’arithmétique et de mieux comprendre l’origine des dyscalculies. en expliquant quelle pouvait être la contribution des outils d’imagerie cérébrale à la compréhension du développement cognitif de l’enfant entre la naissance et l’adolescence. chez l’adulte éduqué. bien que notre compréhension de la manière dont ce dernier est modifié par l’éducation demeure très imparfaite. ou de voir les nombres dans l’espace et d’évaluer que 3 est plus proche de 1 que de 10. Le noyau de ces connaissances numériques consiste en une représentation log-Gaussienne de la numérosité approximative. Ce noyau de connaissances est déjà présent chez le très jeune enfant et de nombreuses espèces animales. Son objectif explicite était de revisiter ce domaine initialement exploré par Jean Piaget et ses collaborateurs sous le regard critique des contributions récentes de la psychologie cognitive du développement. le séminaire a porté spécifiquement sur la représentation du nombre chez l’enfant.

L. 1820-1828.290 STANISLAS DEHAENE — Matthieu Le Corre (Harvard University) est revenu sur une phase particulièrement importante du développement de l’enfant. 98(3). S. C. entre 2 ans et demi et 3 ans et demi. The Mathematical Brain... — Enfin Elizabeth Spelke (Harvard University) a présenté un panorama étendu des recherches de son groupe sur le noyau des connaissances numériques chez le très jeune enfant. A. D. Delachaux & Niestlé. and C. & Brannon. Cordes. 218-224. & Wilson. Molko. London.. J. Hubbard. J Cogn Neurosci. 185-196... & Brannon. J. Principaux articles cités : Ansari. Paris : Odile Jacob. 1997).-P. & Connes. K. Les recherches comportementales qu’elle a présentées visent à séparer les connaissances universelles de l’enfant de celles qu’il acquiert par le biais de l’éducation et de l’immersion dans une culture et un environnement linguistique spécifique.. par ce biais. Pinel. Dehaene. 435-448. 79(2). 476-489. (1989).. J. (1988).. N.F. Matière à pensée. The difficulties of representing continuous extent in infancy : using number is just easier. N. E... Changeux. B. R. Nature Reviews in Neuroscience. The child‘s understanding of number. J.. & Dehaene. Neuchâtel. E. Dehaene. P. Non-symbolic arithmetic in adults and young children. (1993). Bibliographie succincte Le cours a repris et mis à jour de nombreux éléments de mon livre La bosse des maths (Odile Jacob. Current Opinion in Neurobiology. E. La Mont. (2004). 5(12). La génèse du nombre chez l’enfant. 14(2). Blackwell.M. Piazza. Interactions between number and space in parietal cortex. accède à une représentation de la numérosité exacte. New York : SpringerVerlag. Gallistel (1978). Oxford. Mental addition : A test of three verification models. Fuson. E. & Ross. J. S. Cambridge Mass. Barth. Nature Reviews in Neuroscience. Children’s counting and concepts of number.. Arithmetic and the brain. Cantlon..M. « Counting on neurons : The neurobiology of numerical competence ». Butterworth. R. e328. Memory And Cognition. Dehaene. Szeminska (1941). 6(6). 18(6). Nieder. Il s’est appuyé sur plusieurs autres ouvrages et articles de revue : Piaget. J. Burr. E. B. (2005). M.. . (2008). A. où celui-ci comprend soudainement ce qu’est le comptage et. A visual sense of number. 199-222. Child Dev. S. Basic math in monkeys and college students. Lipton. S. K. Curr Biol.H. Cohen. (2006). 425-428. Harvard University Press. PLoS Biol.H. Age-related changes in the activation of the intraparietal sulcus during nonsymbolic magnitude processing : an event-related functional magnetic resonance imaging study. 9. 18(11). and A. (1999).. Macmillan. & Dhital..M. & Stazyk. Kanwisher. (2008).. A. D. H. (2006). & Spelke. S. M. Numerical Cognition. Cognition. Ashcraft. Gelman.. (2007). (2005). (1981).

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à un site correspondant au codage putatif des lettres isolées. cette région joue un rôle essentiel dans la lecture rapide. Journal of Cognitive . des bigrammes ou ou des morphèmes des mots . qu’il s’agisse des lettres. — la rotation du mot. Les résultats ont montré un important ralentissement du temps de lecture.. dans les trois conditions de ralentissement. 2005). au-delà de deux espaces. a réalisé une thèse sur la représentation cérébrale des structures de phrases. NeuroImage. rotation. — enfin la présentation du mot dans l’hémichamp gauche a un effet délétère bien connu. Nous avons donc mené une expérience de comportement et d’IRM fonctionnelle où ces trois facteurs (écartement. Sur la base d’un modèle neuronal de l’architecture de cette région (Dehaene et coll. sans doute parce qu’elle empêche l’accès rapide aux connaissances orthographiques stockées dans les régions visuelles de l’hémisphère gauche. En effet. non-consciente. L’expérience qui fait l’objet d’une première publication (Devauchelle et coll. devrait empêcher les neurones de répondre à leur stimulus préféré.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 293 Mécanismes de la lecture : rôles distincts des voies ventrale et dorsale Par le passé. deux espaces d’écart entre les lettres). au-delà d’environ 40 degrés. à l’avenir. 2008). devrait empêcher l’activation des neurones-bigrammes supposés essentiels à l’identification rapide des mots . Le réseau dorsal mis en évidence dans cette expérience joue vraisemblablement un rôle important dans toutes les conditions où la lecture est dégradée et rendue difficile.. les régions pariétales postérieures bilatérales (homologue plausible de l’aire LIP chez l’homme). suggérant une lecture attentive. nous avons toutefois prédit que cette région devrait cesser de fonctionner efficacement dans certaines conditions de stimulation : — l’écartement des l e t t r e s . les temps de lecture étaient soudainement affectés d’un important effet de longueur du mot.. La lecture sérielle s’accompagne également d’une amplification sélective de la partie postérieure de l’aire occipito-temporale ventrale. notamment au début de l’apprentissage chez l’enfant. Au-delà de cette valeur seuil. avec effort. l’aire de la forme visuelle des mots. Compréhension du langage parlé : l’importance de la région temporale antérieure Anne-Dominique Devauchelle. chez l’adulte bien entraîné. L’IRM a révélé les mécanismes cérébraux de ces phénomènes comportementaux : la lecture avec effort s’accompagne de l’entrée en activité d’un vaste réseau dorsal qui comprend systématiquement. les travaux du laboratoire sur les processus de lecture se sont souvent focalisés sur une petite région occipito-temporale gauche. dans l’équipe de Christophe Pallier. voire lettre à lettre. et indépendante de la longueur des mots. TICS. déplacement) étaient manipulés de façon paramétrique (Cohen et coll. qui survenait précisément aux valeurs paramétriques prédites par le modèle (par exemple. Il semble important. d’examiner sa possible contribution aux troubles de la lecture chez certains enfants dyslexiques.

De nombreux travaux. Dans cette condition également. les participants lisaient ou écoutaient des phrases organisées par groupes de quatre.294 STANISLAS DEHAENE Neuroscience. Dans la condition « lexico-sémantique ». Dans une étude récente. les intuitions mathématiques non-verbales. en collaboration avec Pierre Pica. indépendamment des mots utilisés pour la réaliser (par exemple « c’est le taxi qui dépose le client . Au cours de l’expérience. qui pouvaient partager ou non. par exemple « le taxi dépose le client ». toutefois. Elizabeth Spelke. ce sont vos amis qui détestent les poireaux . particulièrement dans la région temporale antérieure. Cet effet trouve son origine dans les liens qu’entretiennent les représentations numériques et spatiales dans le lobe pariétal (voir le cours de cette année). soit le même contenu lexico-sémantique. etc. ce qui confirmait que ces régions linguistiques se prêtent bien à une étude par la méthode d’adaptation. un fort effet d’amorçage était observé. ou bien n’est pas conservée sous une forme explicite par des neurones reproductibles et sujets à l’adaptation. sous presse) visait à utiliser l’amorçage en IRM fonctionnelle afin d’examiner s’il existe des régions cérébrales qui codent pour des structures syntaxiques. Science. etc. nous avons montré que ces indiens possèdent un sens intuitif des relations nombre-espace (Dehaene et coll. Celle-ci apparaît comme un candidat intéressant pour la représentation du sens des phrases et de l’agencement des rôles thématiques de leurs constituants. notre laboratoire s’intéresse à la cognition numérique chez les indiens Mundurucus d’Amazonie. Véronique Izard. . Nos nouveaux résultats indiquent que l’intuition d’une association régulière entre les nombres et l’espace pré-existe à toute éducation en mathématiques. montrent que.). était l’absence d’effet d’amorçage dans une condition où l’on respectait toujours la même structure syntaxique. Cognition numérique : les liens entre le nombre et l’espace Depuis 2002. réalisés chez des adultes occidentaux. le simple fait de penser à un nombre ou d’effectuer un calcul évoque automatiquement un biais spatial. avec les méthodes de la psychologie cognitive.. Dans un cas extrême. réalisant ainsi une forme d’invariance pour leurs variations plus superficielles. Le résultat le plus surprenant. Ainsi pouvons-nous étudier. le même contenu était répété à l’aide de constructions syntaxiques distinctes. soit la même construction syntaxique. et n’a guère accès à l’éducation mathématique. Un fort effet d’adaptation à la répétition était alors observé dans la majorité du réseau de traitement des phrases. Ce peuple présente un lexique numérique restreint aux tous premiers nombres. la même phrase était répétée quatre fois. « le client a été déposé par le taxi ». Ce résultat suggère que la construction syntaxique abstraite n’est pas représentée indépendamment des mots qui la véhiculent. 2008). Une hypothèse très intéressante est que les régions temporales antérieures soient impliquées dans l’extraction de la structure abstraite ou « profonde » des phrases. « c’est le taxi qui dépose le client ».

mais reste inexpliquée. 4… Cognition numérique : la distinction entre subitisation et estimation Un autre travail. dans laquelle les nombres consécutifs sont équidistants quelle que soit leur taille – la même opération de « successeur » ou « + 1 » s’applique tout au long de la ligne numérique mentale. On sait que les tous petits ensembles d’objets (jusqu’à 3 ou 4) sont énumérés très rapidement et pratiquement sans erreurs. séquences de sons).PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 295 L’expérience consiste à présenter aux Mundurucus. cette recherche met en valeur le rôle essentiel de l’éducation dans le développement mathématique : en son absence. Un modèle classique suppose que . soit sous forme non-symbolique (nuages de points. selon leur intuition. Ainsi cette relation apparaît intuitive et spontanée. qui respectait une relation systématique entre le nombre et l’espace. sur un écran d’ordinateur. Nos résultats signifient donc que ce sens de la mesure et de la linéarité des nombres s’apprend et n’est pas immédiatement intuitif. nous ignorerions même qu’il existe un espacement constant entre les nombres 1. Pour chaque nombre. toutefois. Dans la mesure où ces nombres ne font intervenir que les extrémités de l’échelle. mais à proximité de 10 — c’est plutôt 3 ou 4 qui. Cette « subitisation » des petits nombres est connue depuis plus d’un siècle. Seuls deux essais d’entraînement sont proposés. Cependant. la forme que prend cette relation n’est pas linéaire. Cette représentation suit la loi de Weber. tous les adultes occidentaux adoptent spontanément une représentation linéaire. l’autre avec le nombre 10. Ainsi. semble-t-il. On leur présente ensuite divers nombres. Chez l’enfant occidental. C’est entre 6 et 10 ans que l’enfant passe d’une représentation logarithmique à une représentation linéaire du nombre. Les Mundurucus organisent spontanément les nombres dans l’espace suivant une échelle logarithmique. doit se situer au milieu de 1 et de 10. l’un avec le nombre 1. tous les participants ont positionné intuitivement chaque nombre dans un ordre monotone. ils ne le placent pas vers le milieu. a exploré les mécanismes d’appréhension de la numérosité d’un ensemble d’objets. réalisé lors de la thèse de Susannah Revkin. La similarité entre les nombres semble jugée sur une échelle logarithmique car celle-ci respecte les rapports entre les nombres : 3 est placé au milieu de 1 et 9 en sorte qu’il y ait le même rapport entre 3 et 1 qu’entre 9 et 3. on leur demande de le positionner sur cette droite. même en l’absence d’éducation mathématique. Lorsqu’on leur demande de situer le nombre 5 par exemple sur une droite graduée de 1 à 10. une droite étiquetée à gauche par une représentation du nombre un et à droite par une représentation du nombre 10 (présentés sous forme de nuages de points). soit sous forme symbolique (noms de nombres en langue Mundurucu ou en portugais pour ceux qui le connaissent). De façon plus surprenante. 2. Siegler et Opfer ont observé que la nature des liens entre nombre et espace change au cours du développement. 3. ils laissent les personnes entièrement libres de leurs choix pour les nombres intermédiaires. Par contraste.

Les topographies des voltages au niveau du scalp ont démontré des réponses massives et bien différenciées aux deux types de changements. En collaboration avec Véronique Izard et Ghislaine Dehaene-Lambertz. 4… et les nombres 10. cependant. en particulier dans l’hémisphère droit. Nous avons donc entraîné des participants français à dénommer rapidement et approximativement les dizaines de 10 à 80. mais la recherche doit s’orienter vers des propriétés spécifiques à la représentation visuelle des petits ensembles d’objets. la précision du codage numérique deviendrait suffisante pour discriminer chaque nombre de ses voisins.296 STANISLAS DEHAENE la subitisation n’est qu’une forme d’« estimation précise » : nous disposerions d’un mécanisme générique d’estimation soumis à la loi de Weber. Ces résultats réfutent. 3. militent en faveur d’un autre modèle selon lequel la subitisation fait appel à un mécanisme entièrement distinct et dédié. des neurones codant pour la numérosité et soumis à la loi de Weber ont effectivement été enregistrés. ce qui permettrait une dénomination rapide et précise. pour les numérosités 1 à 4 que pour tous les autres nombres et notamment les dizaines de 10 à 40. Pour les tous petits nombres. 2006). Cette théorie unifiée de la subitisation et de l’estimation est séduisante dans la mesure où. Un modèle réaliste du scalp et des sources corticales distribuées. Toutefois d’autres dissociations. l’hypothèse qu’un seul et même mécanisme sous-tend l’estimation et le comptage. 30. sans qu’ils présentent la moindre discontinuité pour les petits nombres par rapport aux grands nombres. et le temps de réponse nettement plus rapide. 2. d’une manière directe. soit en un changement de l’identité des objets. rendu possible par . 2008). c’est-à-dire que son imprécision augmente de façon proportionnelle au nombre représenté. Nous avons comparé les potentiels évoqués par des changements imprévisibles au sein d’un ensemble d’objets.. particulièrement chez le très jeune enfant. 20. qui consistaient soit en un changement de nombre (2 contre 3.. nous avons testé une conséquence directe de la loi de Weber : la précision devrait être la même lorsque les participants discriminent et dénomment les nombres 1. 4 contre 8. Le mécanisme qui permet la subitisation reste inconnu. et avons comparé ces résultats à ceux de la tâche classique de dénomination de 1 à 8 points. ou 4 contre 12). chez l’animal. Seule l’IRM avait permis de montrer l’implication de la région pariétale. PLOS Biology. Les résultats ont mis en évidence une violation très nette de la loi de Weber : la précision est bien supérieure. Cognition numérique : le sens des nombres chez le bébé de trois mois De nombreuses recherches comportementales indiquent qu’une authentique compétence numérique est présente chez l’enfant de quelques mois. 40… (dans la mesure où leur rapports sont identiques). Jusqu’à présent. dans le traitement des nombres chez l’enfant de 4 ans (Cantlon et coll. Afin de séparer ces possibilités théoriques. nous avons pu montrer les premières images de l’activité cérébrale au cours d’un traitement numérique chez le bébé de trois mois (Izard et coll. les mécanismes cérébraux de cette compétence restaient indéterminés.

Ceux-ci ne se rendent pas compte que leurs réponses sont considérablement différées par l’exécution de la première tâche. Cette méthode d’« introspection quantifiée » se situe au confluent de nos recherches sur les nombres et sur la conscience. une partie des traitements mis en jeu n’est plus accessible à l’introspection. . et prétendent avoir répondu à vitesse constante. depuis plus d’une dizaine d’années.. le délai objectif qui affecte la seconde tâche disparaît totalement de l’introspection des participants. Avec Guido Corallo. elle consiste à interroger le volontaire. dans une situation de « période psychologique réfractaire » où deux tâches entrent en collision et sont réalisées l’une après l’autre. Psychological Science. et l’on peut étudier les limites de cette introspection. tandis que le changement de nombre activait la région pariétale droite. Notre introspection semble limitée aux informations qui parviennent à ce goulot d’étranglement central. dans une tâche de comparaison simple. Accès à la conscience : limites de l’introspection Le laboratoire s’intéresse. De cette manière. et affectée par les mêmes facteurs expérimentaux. en millisecondes. ce qu’il estime être son temps de réponse. particulièrement à gauche. En effet. Les étapes de perception et d’exécution motrices ne sont accessibles à l’introspection que lorsque cette espace est disponible. quel que soit l’intervalle entre les cibles associées à chaque tâche. a montré que le changement d’identité entrainait l’activation des régions occipito-temporales ventrales.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 297 notre travail antérieur d’IRM du bébé. aux mécanismes qui permettent à une information d’accéder à la conscience. qui pourrait sous-tendre le développement ultérieur de l’intuition arithmétique. sur son introspection de son propre temps de réponse. le temps de réponse introspectif est une mesure très sensible. Toutefois. après chaque essai d’une tâche chronométrique. Jérôme Sackur et Mariano Sigman. Nos résultats démontrent que. étroitement corrélée au temps de réponse objectif. Nous en concluons que l’introspection subjective du temps consacré à une opération mentale corrèle avec la disponibilité d’un « espace de travail global » où se prennent les décisions et qui ne peut réaliser qu’une tâche à la fois. 2008). mais elle est finement quantifiée : le volontaire utilise un curseur analogique ou une réponse numérique afin d’estimer. des techniques classiques de chronométrie mentale telles que la méthode des facteurs additifs de Sternberg peuvent être appliquées au temps de réponse introspectif. nous avons développé une nouvelle méthode d’étude des capacités et des limites de l’introspection consciente (Corallo et coll. En particulier. Contrairement à beaucoup d’autres études. Ils soulignent la continuité du « sens des nombres » au fil du développement et pointent vers un biais d’organisation en faveur du lobe pariétal droit. Ces résultats suggèrent que le cerveau du bébé est hautement organisé et que la grande division entre voies visuelles dorsale et ventrale est déjà présente à trois mois de vie. ce qui n’est pas le cas lorsqu’une pression temporelle s’exerce pour réaliser deux tâches conjointes le plus rapidement possible. cette introspection n’est pas seulement qualitative ou verbale.

ils délimitent les contours anatomiques et fonctionnels de ce réseau décisionnel qui semble systématiquement associé aux régions pariétales et préfrontales bilatérales — un système très proche de celui que nos travaux antérieurs associent à l’accès à la conscience. soit en dehors de cette période. qui se déploie avec plusieurs secondes de retard par rapport à l’activité neuronale. tandis que les activations sensorielles antérieures (< 250 ms) étaient strictement non-affectées par l’interférence. nous avions montré que l’idée répandue que l’IRM fonctionnelle est largement dépourvue de résolution temporelle est fausse. nous avons pu diviser les réseaux corticaux en souscomposantes en fonction de leurs caractéristiques temporelles. afin d’identifier précisément les aires corticales et les étapes d’activation cérébrale associées à ce goulot d’étranglement central (Sigman et Dehaene. mais qu’une étape de décision centrale impose un goulot d’étranglement où les opérations sont réalisées en série. nous avons développé des méthodes d’analyse temporelle en IRM fonctionnelle et en potentiels évoqués. Pour tester cette hypothèse. L’IRM est effectivement limitée par la lenteur de la réponse hémodynamique. formulée clairement par Pashler. De plus. tandis qu’un réseau pariéto-préfrontal bilatéral montrait un effet de délai lié au goulot d’étranglement. Journal of Neuroscience. qui impliquaient de prendre simultanément une décision auditive (comparaison de hauteur tonale) et une décision visuelle abstraite (comparison de nombres). et bien que l’ensemble des opérations soit réalisé en environ une seconde. Toutefois. NeuroImage 2007). Les résultats confirment que le cerveau se comporte comme une architecture à la fois massivement parallèle (aux niveaux perceptifs et moteurs) et strictement sérielle (au niveau décisionnel). Dans notre nouveau travail. soit pendant la période d’interférence. que les étapes perceptives et motrices peuvent être menées en parallèles. l’une après l’autre.298 STANISLAS DEHAENE Analyse temporelle de la collision mentale entre deux tâches Avec Mariano Sigman. L’enregistrement des potentiels évoqués à 256 électrodes a montré que le goulot d’étranglement se traduisait par un délai massif de la composante P3. A l’aide de l’IRM. nous avons demandé à des volontaires de réaliser des tâches doubles. . le cortex prémoteur.. Mariano Sigman et moi-même avons montré qu’une analyse de Fourier permettait de dépasser ces limites et d’obtenir des informations sur le décours temporel de l’activité neuronale sous-jacente. Par le passé. nous avons appliqué cette méthode au phénomène de « période psychologique réfractaire ». qui reflète effectivement l’entrée en activité d’un réseau distribué d’aires corticales associatives. qui fait référence à l’impossibilité de réaliser deux tâches simultanément. Diverses expériences comportementales ont conduit à l’hypothèse. Les aires sensorielles suivaient étroitement le moment de présentation du stimulus. à l’échelle de la centaine de millisecondes (Sigman et al. De plus. Un délai de 300 millisecondes était injecté dans la tâche auditive. un réseau étendu qui impliquait les régions pariétales postérieures. la partie antérieure de l’insula et le cervelet était partagé par les deux étapes successives de décision. 2008).

P.-P. & Dehaene-Lambertz. S. 35....P. Dehaene. Moving along the number line : Operational momentum in non-symbolic arithmetic. 2007. J. 2019-2029. I. Vinckier. S. Sigman. D. Del Cul. Piazza. Baillet.. 1221-1247. Audoin B. Adam.. 2007.. S.. Cohen.. 19643-19648. D. F. S. Dehaene. 56. Brain dynamics underlying the non-linear threshold for access to consciousness. L. S.. J.. Pelletier. N. Lyon-Caen. Dehaene.. S. Thirion. A. Roche. Dehaene. Hasboun. B. NeuroImage. Bottlander. Malikova.. Dehaene. J. A. Ranjeva.. Jobert. A magnitude code common to numerosities and number symbols in human intraparietal cortex... J. Le Bihan. S. Golestani... Lebihan. McCrink. Cognition.. M... Hierarcical coding of letter strings in the ventral stream : dissecting the inner organization of the visual word-form system. S. 1324-3333. Dehaene. 2007. Kouider.. Del Cul. 655-668. 2008. Serres. Nakamura. M. Subliminal words durably affect neuronal activity. 575-582.. S. C. S. Dehaene. Cherif. Analysis of a large fMRI cohort : Statistical and methodological issues for group analyses. 17. F. Cultural recycling of cortical maps. 749-759. M. A. 69... . S. S. 1. Reuter. Neuropsychologia. 2008.. Izard. 105-120. Pallier. Pinel. Le Bihan. Cerebral Bases of Subliminal and Supraliminal Priming during Reading. BMC Neuroscience. Sackur.A. S. Cohen. L.. 1-10... M.. S. Clemenceau. 2007. Molko. A. 143-156. P.C.. S. 8. Neuron. 81. S. K. Baulac. Jobert. Gaillard. Dehaene.. J. Sigman. J. 104. 55... A few steps toward a science of mental life. 2007. L.. R. A.. Mind... S.. PNAS. Cerebral Cortex. 2007. Dehaene. S. 45. Roumenov. V. 2007.. 2007. NeuroImage. C. A.. Pinel.. A. P. 2007. Parsing a sequence of brain activations at psychological times using fMRI. S. Dehaene. Dehaene. Landmann. Talk-specific change of unconscious neural priming in the cerebral language network. Brain and Education. D.. A. J. B. Dehaene. Meriaux. PLOS Biology. Sigman. Le Bihan. P. Dehaene. Pappata.. G.. 2007. Kouider S. S. Naccache... 2007... Dehaene.. 13.... A. K.. 293305. Cohen.. 2007. A. 17. 17. Meriaux.. Pinel.. Cohen. D. 2007. 18. S. L. D. Perception & Psychophysics. D.. J. C. NeuroReport. 384398. Neuron. 2007. Neuron. Jobert. L. S. Lebihan. Le Bihan. Poline. Illusory displacement due to object substitution near the consciousness threshold. Willer.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 299 Publications (2007-2008) Articles originaux Thirion. Calibrating the mental number line. Jobert. 35. Cerebral Cortex. 106. Poline.. M. Fast reproducible identification and large-scale databasing of individual functional cognitive networks. Brain structure predicts the learning of foreign speech sounds. Dynamics of prefrontal and cingulate activity during a reward-based logical deduction task. L. Dubus. D.. 53.B. A. 5(10). M. Journal of Vision. Jobert. 2007. Lebihan. Intact subliminal processing and delayed conscious access in multiple sclerosis.. N. Jobert. 28-47. O. Dehaene... D. e260. Naccache. 2683-2691. Cerebral Cortex.. 1527-1531.. 91 Dehaene. Dehaene. S.. D. Del Cul.

Pica. 40. G.. S. The Guilford Press New. e11. Pure alexia as a disconnection syndrome : New diffusion imaging evidence for an old concept.. P. 2007. S. S.. M. C. 2007. Cohen. Paris : Odile Jacob.. V. S. 2008. D.. R. Mazevet.. Articles de revue Kouider. 12171220. (Ed) Cambridge. . P.. Pallier.. Epelbaum. Reading normal and degraded words : contribution of the dorsal and ventral visual pathways. NeuroImage. P. V. Oppenheim. J Neuroscience (sous presse).. Dehaene. V. Izard. Strüngmann Forum Report 1.300 STANISLAS DEHAENE Cohen. C. 353-366. Psychological Science (sous presse). ses mécanismes. and Rossetti.. Revkin. Spelke. S. Sensori-motor foundations of higher cognition. pp. Semantic processing of neglected numbers. Chapitres de livre Wilson. 2007.. 49-69. L. Naccache. In Donna Coch. R. 527-374. S. S. Limits on introspection : Distorted subjective time during the dual-task bottleneck... A. Izard.D.. 2008. Les Neurones de la lecture. 2007.. Azouvi. Rizzi. E. 2008. Fischer (Eds) Human behavior. J. Dehaene. 2008. Dupont.. Haggard.. S. P. G.K. Dehaene. A. Perrin.. A.J. & Dehaene. L. PLOS Biol. Dehaene. S. 2008. Dehaene. Pradat-Diehl.... La Mémoire.. Number sense and developmental dyscalculia.. Lemer. In Attention & Performance XXII. learning and the developing brain : Atypical development. S. S.. Brain mechanisms of serial and parallel processing during dual-task performance.... Cortex. Cambridge. 606-614. Gaillard. Editions Le Manuscrit. Dehaene. Cortex (special issue) (sous presse).. Devauchelle. 19. 362. pp. pp. Harvard University Press. Dehaene. Pica. Singer.... L. Cahiers de l’Herne consacré à Chomsky. 2008. 212-238. S.. Izard. S.. 2007. Dehaene. mass.. 6. Philosophical Translations of the Royal Society B. Livres Dehaene. C. V. Delmaire. Dehaene. F. S. 24. pp. Montavont. ses désordres. Distinct cerebral pathways for object identity and number in human infants. S. J. M. 673-682. Sackur. 320. Dehaene. Dehaene-Lambertz. Izard. S. Sentence syntax and content in the human temporal lobe. Y. Pinel. P. Does subitizing reflect numerical estimation ? Psychological Science. MA : MIT Press. 1-29. M. Kurt W. A. 44.¸ Vinckier. Geraldine Dawson. Dehaene. Sigman. Dehaene. L. Sackur. Neurosci.. Distinct forms of evidence accumulation ? In Better than conscious ? Implications for Performance and Institutional Analysis. S. Levels of processing during non-conscious perception : a critical review of visual masking.. Jobert. C. Engel C. J.... Dehaene. Cohen. Piazza. L’imagerie cérébrale peut-elle séparer mémoires conscientes et non conscientes ? In. eds. Quels sont les liens entre arithmétique et langage ? Une étude en Amazonie. P. Sigman. S. Conscious and Nonconscious Processes. 2007. L. M.. Katz. S. Symbols and quantities in parietal cortex : elements of a mathematical theory of number representation and manipulation. Cogn. Log or Linear ? Distinct intuitions of the number scale in western and Amazonian indigene cultures. 857-875. (sous presse). Dehaene. and W. S.. Corallo. Science.

125-154. S. Cambridge. Dehaene. E.. pp.PSYCHOLOGIE COGNITIVE EXPÉRIMENTALE 301 Platt. Phelps. Oxford. Dehaene. Menzel (Ed.. J. et a reçu le Dr A. Mccabe... Distinctions Stanislas Dehaene a été nommé au grade de Chevalier dans l’Ordre national du mérite. S.. Nadel and M. and W. L. & Boyousslavsky. R. K. 2008. Singer. Hansen & K. In : Learning and Memory : A Comprehensive Reference... 125-147. 8.. Wilson.. 232-248. Battro (Ed). Ratcliff. W. Neural coding in written words in the visual word form area. 14. Shadlen. In Better than conscious ? Implications for Performance and Institutional Analysis. In The visual word form area. Tommasi. Dehaene.) Cambridge. Cerebral constraints in reading and arithmetic: Education as a neuronal recycling process. L. Dehaene.) Elsevier. Acalculia and Gerstmann’s syndrome. E. Brain and Behavior. P. Strüngmann Forum Report 1.A. 2008.. pp. Numerical and spatial intuitions: A role for posterior parietal cortex ? In Cognitive Biology : Evolutionary and Developmental Perspectives on Mind. Oxford University Press (sous presse) Hubbard. Pinel. MA : MIT Press. .. Cohen. Dehaene. Heineken Prize for Cognitive Science de l’Académie Royale des Pays-Bas. M. Izard. Changeux. Plassmann H.. S. L. eds. Peterson (Eds. O. In The educated brain.-P. A. M. Pugh (Eds). Cambridge University Press. P. 2008. R.H.C. L. Piazza. R.. P.J. The neuronal workspace model : conscious processing and learning. M. Menzel.. V. Engel C. Il a également été nommé membre de l’Académie Pontificale des Sciences. S. S.. 2008. Cornelissen.. Cohen. A. (Eds) Cambridge University Press.L. Godefroy. In Cognitive and Behavioral Neurology of Stroke. Dehaene. J. Singer..M. S. MA : MIT Press (sous presse).

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— Laboratoire MBARI de Robotique et Biologie Marine à Monterey : 1 cours . Alain Berthoz. — Institut de Brain Sciences et à l’Hôpital Neurologique de l’Université de Portland : 2 cours . Professeur Cours Principes simplificateurs dans les mécanismes cérébraux de la perception et de l’action Le cours a été consacré aux principes simplificateurs qui sous tendent la perception et le contrôle du mouvement. 1. . — Département de Psychologie de l’Université de Harvard (Cambridge.Physiologie de la perception et de l’action M. Canada) : 3 cours . — Département de Computer Sciences et à l’Institut d’étude avancée de Colombie Britannique (Vancouver. Ces cours ont été donnés respectivement dans les Universités suivantes 1 : — Massachusetts Institute of Technology : 2 cours. — Département de Psychologie de l’Université Santa Barbara : 1 cours . l’un au département de Cognitive et Brain Sciences et l’autre au département d’Astronautics . Tous ces cours ont rempli les critères des cours du Collège de France et ont été annoncés comme tels (public large et interdépartemental ou grand public). USA) : 1 cours. Membre de l’Institut (Académie des Sciences). Dans cette série. nous avons abordé divers volets du problème des principes qui permettent au cerveau de simplifier la « Neurocomputation ». — Département de Neurosciences du California Institute of Technology (Caltech) à Los Angeles : 1 cours .

le contrôle du regard et la relation entre vision et motricité oculaire. Jacob. chez O. Nous avons décrit le fonctionnement du système visuel en analysant les mécanismes simplificateurs dans les bases neurales de l’anticipation perceptive.304 ALAIN BERTHOZ Une première catégorie de principes simplificateurs concerne la perception. J’ai fait une synthèse des travaux de notre laboratoire. avec précision et avec de grandes capacités d’adaptation et de flexibilité. J’ai en effet forgé un concept nouveau qui rend compte de ce remarquable travail de l’évolution des organismes vivants pour résoudre des problèmes complexes avec des solutions qui ne sont pas simples mais simplexes. la ségrégation des voies visuelles en modules spécialisés. loi de la puissance 1/3. etc. J’ai dégagé de tout ce travail d’enseignement et de résultats de nos travaux un concept nouveau qui va donner lieu à un livre à paraître au printemps 2009. L’ensemble de ces travaux et de ces conférences faites devant des publics très variés dans des Universités toutes de très haut niveau m’ont donné l’occasion de confronter mes idées avec des collègues éminents. car elles supposent souvent en réalité des processus très élaborés. mais qui permettent aux organismes vivants d’agir très vite. Une deuxième catégorie de principes concerne le contrôle de la posture et de la marche. J’ai suggéré que les mêmes lois simplificatrices très générales sont utilisées pour contrôler les trajectoires de la main et les trajectoires locomotrices. J’ai aussi décrit des travaux très récents utilisant l’imagerie cérébrale et la réalité virtuelle concernant différents réseaux du cerveau qui sous tendent la manipulation des référentiels spatiaux et j’ai esquissé une théorie nouvelle que nous élaborons avec des mathématiciens concernant le fait que le cerveau n’utilise pas seulement la géométrie euclidienne mais aussi des géométries affinées. séparation du contrôle de la direction et la distance. J’ai beaucoup apprécié la possibilité donnée aux Professeurs du Collège de France de donner leur cours à l’étranger car ce « grand tour » d’Universités de haut niveau et la confrontation d’opinions qu’elle à induite a été très fructueuse pour mes recherches et celles de notre laboratoire et.). Nous avons décrit les travaux expérimentaux de notre laboratoire concernant l’enregistrement intracrânien de l’activité cérébrale chez des patients épileptiques dans les voies visuelles et oculomotrices. Nous avons décrit des études sur les mécanismes de la décision de regarder. Ensuite. Elles ont aussi permis d’engager de nouvelles collaborations. Un des aspects les plus remarquables de la simplification dans les systèmes perceptifs vient des modalités de coopération multisensorielle et du caractère actif de la perception. je l’espère. sous le titre « La simplexité ». j’ai fait une synthèse des travaux sur les référentiels spatiaux pour montrer que le cerveau peut utiliser une variété de référentiels pour le contrôle de l’équilibre et de la locomotion (grâce au système vestibulaire qui crée une plateforme céphalique stabilisé). en particulier avec l’Université de Vancouver. dans plusieurs conférences. J’ai résumé ces lois (co-variation planaire. pour ceux qui voudront bien lire mon livre. .

Pr A. Hôpital Sainte-Anne Paris). Amada (INSERM. Pr Gérard Jorland. Fondements cognitifs de la notion de point de vue ». « La notion de corps virtuel ». des neurologues. Rome). « Danser avec un funambule virtuel : étude en EEG des bases neurales de l’empathie ». « Le corps et le soi dans le cerveau » . Laboratoire de Réalité virtuelle) « La simulation des foules par la réalité virtuelle » . — 30 janvier : Pr P. Houben. « Hallucination et schizophrénie ». « Brain TV : voir. Nous avons aussi accordé une attention particulière à la question de la mémoire autobiographique et les applications de la réalité virtuelle. EHESS. La question du réel est importante et donne lieu aujourd’hui à des approches multidisciplinaires qui vont de la neuropsychologie à la robotique. Grenoble) et Dr K. Berthoz et Pr J. — Bérangère Thirioux.-O. Thalmann (Ecole polytechnique de Lausanne. Dr S. « Les hallucinations. « A la recherche du temps perdu : bases neurales de la mémoire autobiographique et de ses dysfonctionnements ».-L. H. Krebs & Dr I. — 13 février : Pr S. Kahane (Hôpital Nord. intitulé : « La pluralité interprétative. « Le réel et la fiction dans la mémoire autobiographique. Une série de conférences a été donnée par le Pr I. Près de 20 orateurs ont présenté des travaux interdisciplinaires. Cette question a été discutée par des conférences de psychiatres. Grèzes. Petit. — 16 janvier : Pr N. — 20 février : Pr D. « Données récente sur les bases neurales et les applications cliniques de l’hypnose » . Bases du neurofeedback et des interfaces cerveau-machine ». contrôler et moduler l’activité de son cerveau. Etudes comportementales et en imagerie cérébrale » . Berthoz. L. Pr A. Jerbi (LPPA Collège de France). Aglioti (Université La Sapienza. discussion : Pr A. Lachaux (INSERM Lyon). En effet. Piolino (Université Paris V). Pr P. la construction de robots humanoïdes est un champ nouveau de l’intelligence artificielle et donne lieu à des coopérations importantes entre neurosciences et robotique. Ce colloque sera publié par O. — 23 janvier : Dr J. Becchio (Université Paris Sud Orsay). Altérations de la prise en compte du réel dans les psychoses » . Haggard (Institute of Cognitive Neuroscience University College Londres). des spécialistes de l’hypnose. Ces séminaires on été complétés par un Colloque international les 11 et 12 juin 2008.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 305 Séminaires Le cerveau. Dr J. Yahia-Cherif (LPPA Collège de France et Ecole Jacques Lecoq). Pr Olaf Blanke. . organisé avec les Professeurs Brian Stock (Université de Toronto) et Carlo Ossola (Collège de France). EPFL Lausanne. Takanishi sur la robotique humanoïde. LPPA Collège de France. Jacob dans le cadre des « Travaux du Collège de France ». Berthoz. LPPA. J. J. Donikian (IRISA /CNRS Université de Rennes) « Comment s’inspirer des comportements humains pour réaliser des créatures virtuelles avec des images numériques ». Franck (Institut des Sciences Cognitives CNRS Lyon). le réel et le virtuel Le séminaire du cours a été consacré cette année au thème suivant : « Le cerveau. « Sensation corporelle et représentation de soi » (en anglais avec traduction française) .-P. Hicheur. « L’expression corporelle des émotions ». Dr Ph. — 6 février : Pr L. le réel et le virtuel ». Dr M. Université de Strasbourg). Manning (Laboratoire de Neuropsychologie CNRS.

Vendredi 13 juin — Michel Tardieu (Collège de France). — Dan Sperber (Ecole Normale Supérieure.sauvegardes contre la manipulation ? — Emmanuel Decaux (Université Paris II). Interpréter le discours de l’autre en psychologie clinique : projections et déviances. Le pluralisme religieux. les images et la musique. Londres). — Carlo Ossola (Collège de France). Aux origines du dialogue des cultures chez l’enfant. La manipulation mentale des points de vue : un des fondements de la tolérance ? — Olivier Houdé (Université Paris Descartes et Institut Universitaire de France). — Philippe Mongin (Ecole des Hautes Etudes Commerciales. . Waterloo et les miroirs croisés de l’interprétation. — Francisco Jarauta (Université de Murcia). Le paradoxe herméneutique. — Alain Berthoz (Collège de France). — Annick Paternoster (Universités de Leeds et Lugano). Département de Sciences juridiques). — Edy Veneziano (Université Paris Descartes . ENS). Les formes et modèles du procès pénal . Relativité de la traduction et relativisme. Visions et voix : une herméneutique médiévale par les gestes. — Heike Jung (Université de la Sarre. What is it to you ? Spatial perspectives in language and brain. Les ambiguïtés du jugement.CNRS). CNRS).Hôpital de la Salpétrière). CNRS). Pluralité de points de vue et culture : réflexions sur le conflit culturel. Cognitive development during adolescence. — Sara Cigada (Université de Milan). — Stéphanie Burnett et Sarah Blakemore (University College. Institut Jean Nicot. ENS). Universalité des droits de l’homme et pluralité interprétative : l’exemple des droits de l’enfant. Cognitive Neuroscience Center. L’émotion et la persuasion politique : lectures de Robespierre. — Jean-Claude Schmitt (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales). CNRS/Paris IV. Aarhus University Hospital.306 ALAIN BERTHOZ La pluralité interprétative. — Roland Jouvent (Université Paris VI . Utilisations du langage et développement de la capacité à maîtriser plusieurs points de vue chez l’enfant. — Julie Grèzes (INSERM. de Stendhal à la théorie des jeux. Politesse et point de vue dans les dialogues de la Renaissance italienne. Pragmatique de l’interprétation. Danemark). — Anne Andronikof (Université Paris X). Sources historiques de la pluralité. — Barbara Cassin (Centre Léon Robin de Recherche sur la pensée antique. Fondements historiques et cognitifs de la notion de point de vue Jeudi 12 juin 2008 — Brian Stock (Université de Toronto). — Mikkel Wallentin (Center for Semiotics and Functionally Integrative Neuroscience. Bases neurales des relations avec autrui. Dialogue des interprétations : les Tre filosofi de Giorgione. — Carlo Severi (Ecole des Hautes études en Sciences Sociales et Collège de France).

La thèse de Christian Boucheny (codirigée avec Georges-Pierre Bonneau. notamment dans le contexte de la perception active c’est-à-dire lorsque le sujet est engagé dans une tâche motrice impliquant une interaction forte entre le traitement des informations sensorielles et l’exécution d’une action motrice : mouvement du regard. sur la proposition du professeur Alain Berthoz. C. — 25 et 27 février : Pr A.Computer interaction ». Rossini (ESA/ESTEC Netherlands).1. — 3 juillet : Dr E. EPFL. Devisme. Del R. USA). Neuronal synchrony : coupling of hippocampal and neocortical systems. Millan (IDIAP Research Institute. 2. « Learning movement time from space in the primate Posterior Parietal Cortex ». — 3 mars : Dr L. a donné une série de leçons sur Rythms of the brain : 1. « Cognitive signals for brain . Lausanne Suisse).PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 307 Séminaires divers du laboratoire — 10 janvier : Dr J. Les robots humanoïdes comme outils pour l’étude scientifique du comportement humain. « Neuro-inspired motor anticipatory interface for teleoperation ». « Role of oscillations in coordination of activity within and between the neocortex and hippocampus ». déplacement de la tête. Buzsaki (Professeur à Rutgers University. 26 juin : Pr G. dont une a été soutenue cette année. — 26 mars : Pr A. 4. Droulez. 3. Elle a également étudié l’influence de la vitesse oculaire pendant la poursuite sur la perception de la direction du mouvement d’une cible visuelle. Pozzo (INSERM U887. Ces recherches sont organisées autour de 2 thèses. mouvement de la main. . Newark. Boucheny Notre équipe étudie la perception des caractéristiques géométriques et dynamiques des objets. La thèse de Céline Devisme (contrat Cifre avec Essilor) est centrée sur l’étude des gradients de disparité binoculaires horizontaux et verticaux et leur influence sur la perception du relief en vision périphérique.B. Sirota (CMBN Rutgers Newark NJ. contrat Cifre EDF) a pour objectif l’étude psychophysique des méthodes de visualisation scientifique. APPROCHE PROBABILISTE ET PERCEPTION ACTIVE 1. « le codage central de la gravité : approche comportementale et corrélats neuronaux ». Neuronal synchrony : internally advancing assemblies in the hippocampus. Deux conférences sur les sujets suivants : 1. Neuronal synchrony : oscillatory and non-oscillatory emergence of cell assemblies. Perception visuelle des objets et du mouvement J. Travaux de recherche des équipes du laboratoire 1. Ces études permettent de quantifier l’incidence des distorsions induites par le port de verres ophtalmiques. USA) invité par l’Assemblée des Professeurs. Japon). invité par l’Assemblée des Professeurs. 2. Neuronal synchrony : metabolic and wiring costs of excitatory and inhibitory systems. C. — 12 et 19. Morvan. Relations entre la robotique des humanoïdes et la culture et la société au Japon. — 30 juin : Dr T. sur la proposition du professeur Alain Berthoz. USA). C. Torres (California Institute of Technology. Dijon). Takanishi (Professeur à l’Université Waseda de Tokyo.

Approche probabiliste de la fusion d’information et de l’analyse de signaux biologiques J. Foubert. S. Ces algorithmes sont utilisés dans l’interprétation et la numérisation 3D de bâtiments ou de sites préhistoriques (Lascaux) et archéologiques (Delphes). Capern. Camille Morvan a terminé une étude sur l’intégration des signaux rétiniens et de la copie efférente de la commande oculaire dans la perception de la vitesse d’une cible.2.308 ALAIN BERTHOZ notamment les techniques de rendu volumique et de restitution cinématique. en collaboration avec T. 1. Enfin. la thèse de Simon Capern est centrée sur la modélisation de la perception du mouvement et des réseaux neuronaux codant les fréquences spatio-temporelles des stimuli visuels. Droulez. La modélisation par mixture de gaussiennes de la distribution des boutons synaptiques fournit une représentation quantitative dense des données . J. Modélisation bayésienne des comportements sensori-moteurs J. Laurens Dans le cadre du programme européen BACS dont l’objectif est de démontrer l’intérêt de l’approche Bayésienne en robotique et pour les sciences cognitives. Chaperon & D. notre équipe s’intéresse plus particulièrement à l’implementation de l’inférence bayésienne par des réseaux de neurones biologiquement plausibles et à la modélisation des interactions multi-sensorielles (fusion d’informations) par des réseaux bayésiens auto-adaptatifs. Droulez. Il a également mis en place de nouvelles méthodes de visualisation interactive. dans le cadre d’un stage post-doctoral. codirigée par Pierre Bessière).3. Nous avons également développé un modèle unifié de la perception des objets tridimensionnels à partir des informations visuels (flux optique) et de la connaissance du mouvement propre (signaux vestibulaires et moteurs). Une revue des modèles de détection du mouvement a été réalisée. les caractéristiques dynamiques de la perception du mouvement et les ambiguïtés qui résultent de l’équivalence gravité-inertie sont expliquées par les connaissances a priori quantifiées de façon probabiliste. ainsi qu’un modèle (en collaboration avec Daniel Bennequin) de la distribution des réponses aux fréquences spatio-temporelles dans V1 qui rend compte des résultats décrits en imagerie optique. Colas. F. Dans ce modèle. Bennequin De nouveaux outils probabilistes ont été développés pour la calibration et à l’estimation de la pose de caméra ainsi qu’à l’extraction de données 3D à partir de séquences vidéo dans différentes conditions d’éclairage dans le cadre d’une collaboration avec EDF. Enfin. Nous avons développé un modèle bayésien dynamique de la perception du mouvement propre à partir des informations vestibulaires (thèse de Jean Laurens). Ce modèle permet d’intégrer de façon cohérente les hypothèses de rigidité et de stationnarité et reproduit un grand nombre de résultats psychophysiques (thèse de Francis Colas. couplant un oculomètre de précision à des algorithmes de simplification dans le cadre de la visualisation de grandes bases de données tridimensionnelles. L. 1.

A.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 309 neuro-anatomiques et un outil précis de détermination des clusters (thèse de Luc Foubert. INTÉGRATION INTERHÉMISPHÉRIQUE ET PERCEPTIF SENSORIELLE C. Milleret. 2. Université Paris 7). A. Implementation des calculs probabilistes par les interactions biochimiques J. Tanaka (Riken BSI. (Riken BSI. Houillon. . ce qui correspond à une réelle prouesse technique.) et d’effectuer des calculs probabilistes sur ces distributions. Tokyo. L. En collaboration avec S. en collaboration avec P. Premières données expérimentales L. 1. Audrey Houillon développe cette idée en l’appliquant au fonctionnement des photorécepteurs. Enfin l’analyse statistique fine du bruit des données d’imagerie optique corticale a permis de proposer de nouvelles méthodes de traitement applicables aux enregistrements en fluorescence voltagedépendante. Une question ouverte est donc de comprendre par quels mécanismes et à quel niveau les probabilités sont codées et manipulées. Japon) La technique d’imagerie optique permet de mettre en image l’architecture fonctionnelle du cortex tant les domaines spatiaux que temporels. etc. position. nous explorons l’idée selon laquelle les réseaux biochimiques complexes de la signalisation cellulaire sont capables d’effectuer ces tâches computationnelles. En collaboration avec S. Droulez (LPPA) et D. Bennequin (Institut de Mathématiques. En appliquant un colorant fluorescent voltage-sensible sur le cortex. Ces modèles supposent que le cerveau est capable de représenter des distributions de probabilités sur des variables pertinentes (forme.1. Japon). Milleret. Tanaka. nous avons obtenu des cartes corticales avec une résolution spatiale de 20 μm et une résolution temporelle de 3 ms sur de grandes étendues de cortex. Ribot. Son principe de fonctionnement en est le suivant : une caméra CCD à haute fréquence de rafraîchissement (500 Hz) est placée au-dessus de la préparation et enregistre les variations de réflexion d’une lumière incidente qui varient avec l’activité corticale. Dans le cadre de sa thèse. En collaboration avec Pierre Bessière. Mise au point de l’utilisation de colorants sensibles au potentiel de membrane pour l’imagerie optique. Grantyn. Foubert. Droulez. C. simultanément au niveau des 2 hémisphères. mouvement. Tokyo. Foubert. nous avons en outre obtenu nos premières cartes transcalleuses au niveau du cortex visuel primaire du chat. Tout récemment.4. courant 2007. 2. codirigée par Chantal Milleret). J. J. Bessière Les modèles Bayésiens sont particulièrement efficaces pour rendre compte du comportement et de la perception face à des situations incertaines et des stimuli ambigus.

la densité synaptique est grandement diminuée. nous avons montré que : a) La surface corticale occupée par chaque terminaison calleuse chez les animaux MD est en moyenne 2 fois celle qui est observée chez les animaux NR . Milleret. en préparation). ces mêmes terminaisons calleuses ont un tronc principal de diamètre similaire à ceux des animaux normaux. en combinant imagerie optique et étude anatomique (Rochefort et al. Dans le contexte qui nous intéresse.45 et 2. Nous l’avons confirmé récemment. 1994). d) L’angle général de la distribution des branches terminales et des boutons synaptiques avec TZ est de 70° chez les NR alors qu’il est seulement de 49° chez les MD. Au cours de l’année qui vient de s’écouler. Université Paris 7) Sur la base de simples observations. . Foubert. b) Le volume occupé par chaque terminaison axonale (= volume de l’ellipsoïde) est également en moyenne deux fois celui qui est occupé chez les animaux NR . L’équipe l’a bien établi en collaboration avec G. Parallèlement.25 μm. on devrait mieux comprendre comment le corps calleux contribue à l’élaboration de la perception visuelle. b) double également le nombre d’amas synaptiques formés par ses arborisations . nous avons antérieurement montré que : 1) Chez le chat adulte normal (NR).310 ALAIN BERTHOZ 2. avec un nombre relativement limité de boutons synaptiques. Mais ils envahissent cette fois très largement TZ. Innocenti (Houzel et al. nous avons tenté de parfaire cette analyse comparative des axones calleux NR et MD par 2 analyses quantitatives sophistiquées de la dispersion globale des branches terminales et des boutons. c) Les arborisations terminales se terminent à 80 % dans TZ chez les animaux NR alors qu’elles ne terminent plus qu’à 20 % dans cette même région chez les animaux MD .. 2) Chez le chat adulte ayant subi une occlusion monoculaire précoce (MD). le nombre de boutons synaptiques terminaux s’accroît très significativement par rapport à la normale. Droulez (LPPA) et D. Elles sont localisées presque exclusivement dans les couches supragranulaires (II/III) de la bordure entre les aires visuelles primaires 17 et 18 (TZ). Par la seconde méthode quantitative. En collaboration avec J. nous avons aussi montré que l’occlusion monoculaire précoce : a) double l’étendue et le volume de l’arborisation terminale des axones calleux au niveau cortical chez l’adulte . la plupart des terminaisons callosales présentes dans le cortex visuel primaire ont un tronc principal dont le diamètre est compris entre 0. ces nouvelles méthodes d’analyse devraient permettre d’établir dans le futur une corrélation assez étroite entre l’anatomie et la fonction cérébrale. Par une approximation ellipsoïdale. c) divise par 10 le rapport entre le volume des amas synaptiques et celui de l’arborisation terminale totale . Au-delà. Bennequin (Institut de Mathématiques. Analyse quantitative des effets d’une occlusion monoculaire précoce sur la morphologie des axones calleux L. A17 et A18. elle devrait beaucoup nous aider à établir une corrélation précise entre les connexions calleuses et les cartes spatio-temporelles qu’elles définissent.. Par là même. mais restent toutefois confinés aux couches supragranulaires.2. en d’autres termes. C.

qui dépendent des caractéristiques propres des régions impliquées (connexions anatomiques. une dernière approche serait de trouver les composantes principales qui maximisent la réactivation (par exemple en calculant les composantes principales sur les périodes de sommeil suivant la tâche) et de regarder les corrélats comportementaux des cellules que les sous groupes cellulaires . Tierney. récompense. Benchenane. etc. nous déterminons le profil d’activité d’ensemble de neurones correspondant. E.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 311 3. préférence spatiale. Nos approches permettent à comprendre le lien qu’il existerait entre ces réactivations et l’apprentissage per se. il ne s’agit que d’une étude d’activité globale reposant sur des comparaisons de corrélations. Nous avons continué nos analyses des enregistrements multivoies chez les rats effectuant deux tâches différentes dans le même labyrinthe en forme de Y (trois bras séparés de 120°).I. V. 3. Khamassi. dans une approche analytique a priori. A. nous continuons à employer une double approche comportementale et électrophysiologie. Des classes de cellules peuvent être ainsi définies selon leurs sélectivités : préparation de l’action. K. en collaboration avec P. En comparant des réponses de neurones lorsque l’animal met en œuvre différents processus cognitifs.1. chacune faisant appel aux mêmes réponses comportementales et présentant des indices comparables. F. Mais chacune des tâches implique des types de traitements d’informations différents. En effet. Peyrache. M. Le travail consistera alors à vérifier et à spécifier l’existence d’invariants (de façon purement spéculative — et à titre d’exemple — il se pourrait que seules les composantes principales recrutant des cellules corrélées à la préparation de l’action et à au résultat de cette action se réactivent). Battaglia (Université de Amsterdam) Afin de mieux comprendre les interactions dynamiques au niveau de structures impliquées dans la planification et la prise de décision au cours de la navigation. Douchamps. De façon assez similaire. Wiener. Finalement. La première approche à ce problème est d’analyser les corrélats comportementaux des cellules impliquées fortement dans les composantes principales. et l’état de synchronisation entre les structures. MÉMOIRE SPATIALE ET NAVIGATION S. Analyses de l’activité d’ensembles de neurones lors de l’apprentissage et alternations de stratégie Les analyses de réactivations jusqu’à présent ne sont pas explicitement reliées à l’apprentissage de la tâche. Tabuchi (LPPA). Inversement. la restriction du calcul des composantes principales peut se faire non pas sur les variables (l’activité cellulaire) mais sur des périodes d’intérêt définies de façon ad hoc (par exemple les périodes précédent ou suivant la récompense). Il sera alors vérifié si ces composantes principales tendent à se réactiver ou non. les composantes principales seront calculées sur des sousgroupes de cellules prédéfinies en fonction de leurs corrélats comportementaux. architecture synaptique et neurochimique). préférence à la position de la lumière.

Ces phénomènes oscillatoires ne sont pas indépendants et. 3. On peut donc estimer que le LC est. S’il s’avère que les coactivations respectent un schéma invariant. Max Planck Institute for Biological Cybernetics). Nos données montrent que les jours ou le rat atteint le critère de réussite de la tâche. O. au contraire. DR1 (emerita) L’apprentissage modifie le pattern de sommeil consécutif chez le Rat.2. les pics correspondent toujours à l’activation de l’une et à l’inhibition de l’autre) ou non. Sara. Eschenko. mais seul certain laps de temps peuvent être cruciaux pour l’établissement d’une corrélation significative).312 ALAIN BERTHOZ se réactivant recrutent. de grandes synchronisations sont observées lors de cette phase de sommeil. Nous évaluons maintenant la relation entre les décharges neuronales du LC et l’activité en ripples au niveau de l’hippocampe (en collaboration avec Adrien Peyrache.. 2008). nous avons observé une augmentation du taux des oscillations à haut fréquence (ripples) (Eschenko et al. En effet. tout au plus point elle les moments d’intérêt aussi bien pendant le sommeil (maximum de réactivation) que pendant l’éveil. nous étudions les cohérences entre les potentiels de champs locaux dans la bande thêta entre l’hippocampe et le cortex préfrontal. cela ne relève pas forcément du mécanisme physiologique. et augmente la densité des fuseaux dans l’EEG cortical. on observe une augmentation de la cohérence au point de décision (bifurcation) dans le labyrinthe. A la lumière de ces résultats impliquant le système noradrénergique . Le système noradrénergique dans la plasticité des réseaux neuronaux lors de la remémoration et de la reconsolidation Susan J. un acteur important dans le traitement « off-line » des nouvelles informations. 2008). thalamo-corticales et hippocampiques tout à fait particulière. De plus. Les décharges des cellules du LC sont synchronisées avec les oscillations lentes et les spindles au niveau du cortex préfrontal. il y a une augmentation systématique du taux de décharge des neurones noradrénergiques du LC pendant le SWS. Cependant. Il sera très intéressant par exemple de regarder l’activité cellulaire pendant les pics de réactivations. avec l’hippocampe et le néocortex. la mesure de réactivation appliquée au période d’éveil fournit les temps pendant lesquels la mesure « prend » sa valeur (la corrélation est calculé sur une grand période. Deux possibilités vont être alors possibles : ces pics correspondent à des coactivations ayant lieu toujours dans le même sens (pour deux cellules anti corrélées pendant l’éveil. pendant le SWS. 2 h après l’apprentissage (Eschenko & Sara. Cette mesure de réactivation ne fournit en rien les détails des mécanismes physiologiques sous-jacents. Le sommeil à ondes lentes est caractérisé par des oscillations corticales. Pour étudier les relations entre les activités de l’hippocampe et du cortex préfrontal par biais des analyses des LFPs. L’enregistrement simultané des potentiels de champs locaux dans le cortex préfrontal médian et l’hippocampe va nous permettre de corréler l’activité physiologique aux réactivations. Au niveau de l’hippocampe. l’étude des corrélats comportementaux de ces deux cellules pourrait apporter une information d’un grand intérêt sur la nature de la réactivation.

de l’imitation et de la formation des entités collectives ? La théorie des « actes de parole » (Austin-SearleVanderveken) qui repose sur l’interprétation des actes sociaux en termes d’attitudes propositionnelles — donc de proposition — pourra-t-elle retrouver la dimension posturale des attitudes en renouant avec l’action ? Les données sur les corrélats neuraux de la préférence et du jugement de valeur suffisent-elles à combler le fossé entre l’être naturel et le devoir être ? A toutes ces questions la phénoménologie laisse entrevoir une réponse cohérente. Physiologie de l’action et phénoménologie J. . sur la base des affinités entre son analyse du vécu et la conception du dynamisme fonctionnel du cerveau comme théâtre d’un « effort de l’être vers le sens ». Contre la croyance en l’existence d’un seuil du sens ou d’une frontière entre non sens et sens. L’originalité de l’approche de la perception par la physiologie de l’action ressortait ainsi clairement par rapport à l’idéologie de la cognition à base de représentation et de transformation d’information externe. MÉMOIRE SPATIALE ET CONTRÔLE DU MOUVEMENT 4. nous évaluerons la relation entre le décharge les neurones du LC et le « replay » des configurations d’activations des ensembles de cellules au niveau hippocampique et corticale. permettra d’élargir et approfondir nos connaissances sur la manière dont s’effectuent les interactions entre les réseaux neuronaux lors de l’apprentissage et la mise en mémoire. Petit (Université de Strasbourg). Etaient du même coup posés de nouveaux problèmes que nous avons traités en répondant à diverses invitations à des conférences dans des congrès internationaux. Le couplage avec l’enregistrement des ensembles. sinon unique. 4. Berthoz (LPPA) L’ouvrage paru à l’automne 2006 (traduction anglaise à Oxford University Press 2008) a mis en place une interprétation de la physiologie de l’action dans la perspective du dernier Husserl. Renonçant à faire reposer le sens propositionnel sur les capacités théorique et linguistique du sujet pensant.-L. Quelle contribution les mécanismes fonctionnels du système nerveux peuvent-ils apporter au sens des actions pour l’agent lui-même ou un partenaire ? La découverte des systèmes résonnants du cerveau va-t-elle relancer le mouvement de naturalisation des sciences sociales en donnant la clé de l’empathie. Husserl enracinait le sens du monde vécu de l’agent humain dans les systèmes kinesthésiques de son organisme. nous avons donc travaillé à une conception de la gradation continue du « faire sens » depuis les valeurs biologiques dont se chargent les patrons d’activité fonctionnelle des circuits cérébraux jusqu’aux actes intentionnels orientés vers un but et accessibles à l’expression dans le langage naturel. ainsi que le rôle facilitateur du système noradrénergique dans ces interactions.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 313 dans le traitement d’information pendant le SWS.1. A. déjà pratiqué au sein de l’équipe.

Une implementation robotique préliminaire a été menée en collaboration avec le laboratoire ARTS (Scuola Superiore Sant’Anna.314 ALAIN BERTHOZ 4.1. Ces cartes ont des géométries particulières : linéaires ou logarithmiques-complexes. 2007) a permis la mise en place d’une preuve mathématique fondée sur des données neurobiologiques reliant cette élaboration à la géométrie des cartes. en collaboration avec J. Nous avons également démontré la contraction des /locally projected dynamical systems /(lPDS) introduits . A. Sélection de l’action B.C. Un tel modèle a été proposé dans une série de travaux menés par l’équipe de Dominey et Arbib au début des années 90. de nombreux résultats expérimentaux récents suffisent à en justifier une mise à jour.2. Slotine (NSL. Tabareau.). dans le cas concret et très documenté des circuits saccadiques. en collaboration avec D. Nous avons proposé un nouveau modèle de ces boucles. 2001a. Ils semblent impliqués dans des processus généraux de sélection.. Un nouveau schéma de recollement a été proposé et s’est montré capable de corriger les erreurs systématiques de la méthode standard proposée par van Gisbergen et al. cervelet. La richesse des données accumulées permet d’envisager la modélisation de l’ensemble de ces circuits. qui a donné lieu à de nombreux allers-retours entre modélisateurs et expérimentateurs depuis plus de 30 ans. intégrant des connexions entre noyaux usuellement négligées. doté d’une capacité de sélection supérieure à celle du précédent modèle de (Gurney et al. etc. Slotine (NSL. Pham. MIT USA) Les saccades oculaires sont un objet d’étude privilégié en neurosciences. Une étude de l’élaboration de la commande saccadique dans le colliculus supérieur et la formation réticulée (Tabareau et al.b) et capable d’amplification sélective du signal cortical (Girard et al.2.2. ce projet de recherche a pour objectif d’évaluer. Berthoz (LPPA). 2005. A. Ce modèle a été conçu comme contractant.. N. ganglions de la base) et corticaux (champs oculaires frontaux. cortex intra-pariétal latéral..2. Tabareau. 4. La génération de saccades implique l’activation de nombreux circuits neuronaux sous-corticaux (formation réticulée. Modèles computationnels contractants des circuits saccadiques : du tronc cérébral au cortex B. colliculus supérieur. Génération des mouvements saccadiques Le colliculus supérieur a un rôle central dans l’exécution des mouvements saccadiques. (1987). cependant. l’idée proposée par Slotine et Berthoz que la théorie de la contraction (Lohmiller et Slotine. MIT) Les ganglions de la base sont un ensemble de noyaux sous-corticaux interconnectés formant des boucles parallèles avec le cortex frontal. il est composé d’un empilement de cartes rétinotopiques encodant la position des cibles dans le champ visuel. Coninx. 2006). Au-delà de cette simple mise à jour. Paris 7) & J. 1998) peut aider à comprendre la stabilité de fonctionnement du cerveau. Girard.-J. Berthoz. Girard. Q. A. guidés par apprentissage par renforcement. 4. Bennequin (Institut de Mathématiques.J. N. Pise) dans le cadre du projet Neurobotics (Manfredi et al. 2006).

H. Bülthoff (MPI. Il est fondé sur des cartes d’occupation reprenant la géométrie du colliculus supérieur. Berthoz (LPPA). A.3. INRIA. Colas. sujet de débats . en coopération avec P. 4. 4. Capelli (LPPA). et pourtant le monde que nous percevons ne se déforme pas lorsque nous nous déplaçons. Parallèlement. Contributions sensorielles pour la perception du mouvement M.H. vision centrale. A. Tübingen) Afin d’étudier le rôle de la prise en compte explicite de l’incertitude dans les processus de sélection de l’action. Le modèle contractant résultant a été appliqué à la résolution d’une tâche standard de survie en robotique autonome. F. Lorsque nous nous déplaçons. sur un projet cherchant à caractériser l’extraction de la vitesse propre lors de translations visuelles sur un plan. inspirée du protocole MOT (Multiple Object Tracking) de Pylyshyn. afin de montrer son efficacité en tant que Système de sélection de l’action. Pretto. mais réalisée avec un champ de vision plus large et avec les yeux libres de bouger a été proposée. Des mesures de mouvements des yeux dans cette tâche ont été menées.2.. Flacher.1 Perception des vitesses lors de mouvements propres visuels M. un modèle de sélection de cibles pour les mouvements des yeux formalisé dans le cadre de la programmation bayésienne est en cours de développement. vision périphérique). B.3. nous disposons d’un ensemble d’informations qui sont traitées par le cerveau et renseignent sur notre mouvement relatif et notre position dans le monde. Vidal. Canto Pereira. Grenoble). Bülthoff (MPI) Le traitement du flux optique joue un rôle fondamental dans l’analyse de notre mouvement. Girard. Tanner et C. Pretto et H. T. 1993) et avons proposé de les utiliser comme nouveau modèle de neurones artificiels (Girard et al. Nous avons mené une série d’expériences avec l’écran panoramique du Max Planck Institute (240° × 120° de champ) afin de caractériser le mécanisme de compensation de l’inclinaison du regard et l’influence de la zone visuelle disponible (champ de vision total. Bessière (LIG. Vidal. L.3. en collaboration avec P. Modèle Bayésien de la sélection de saccades F. en collaboration avec P. Ce travail est intégré au projet européen Bayesian Approach to Cognitive Systems (BACS). 4. et du contraste. La relation entre la vitesse angulaire (rétinienne) et linéaire (égocentrique) n’est pas triviale. Je m’intéresse dans ce projet aux informations visuelles non localisantes. Ce dernier point.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 315 par (Dupuis et Nagurney. Tübingen) Ces travaux de recherches s’inscrivent dans le cadre général de l’étude de la perception du mouvement. 2008). ces données sont utilisées au LPPA pour tester et ajuster les paramètres du modèle. en d’autres termes j’exclue l’utilisation de toute stratégie cognitive de navigation reposant sur des repères visuels pour la perception du mouvement. Curio (MPI. Je travaille actuellement en collaboration avec Paolo Pretto au MPI à Tübingen. une nouvelle tâche expérimentale.

et vers il était visuellement déplacé. Bülthoff (MPI) Des informations inertielles sont fournies par le système vestibulaire et les organes internes et des informations de position sont fournies par la proprioception. Capelli. Les résultats indiquent une prise en compte de l’accélération dans l’extrapolation du mouvement propre. Dans ces études.3 Estimation du temps restant avant l’impact lors de mouvements propres A. L’objectif est de déterminer quelle sera la contribution respective de chacune des modalités et en particulier s’il y a une intégration continue avec les informations visuelles ou juste une prise en compte ponctuelle des informations vestibulaires. Vidal.. De nombreuses études sur le rôle des informations vestibulaires dans la perception du mouvement ont été réalisées au LPPA dans le passé. Vidal Peu d’études ont mis en évidence l’utilisation des informations d’accélération de l’objet pour l’estimation du Temps restant avant l’impact (TTC) dans les tâches d’interception (Rosenbaum. La tâche du sujet était de préciser à quel moment il atteindrait un drapeau placé devant lui sur chemin. Les résultats préliminaires montrent une amélioration du mécanisme de compensation rétino-topique vers égocentrique pour la perception des vitesses lors du stimulation large champs.2 Perception et mémorisation de mouvements visio-vestibulaires M. la tâche consistait à estimer le TTC entre un observateur et un objet en mouvement accéléré vers lui. nous étudions comment les informations internes (vestibulaires et proprioceptives) se combinent avec le flux optique pour créer un percept de mouvement propre. M. Nous envisageons également d’étudier l’estimation du temps restant avant l’impact lors de stimulations visiovestibulaires car la mesure de l’accélération par nos capteurs vestibulaires pourrait venir compléter les informations visuelles afin d’améliorer les estimations du TTC établies à partir de celles-ci. présente un intérêt majeur pour les simulateurs de conduite lors de la reproduction de situations accidentogènes provoquées par le brouillard. Vidal au MPI. McIntyre et al. . Capelli. 1975 . il semblerait que l’estimation soit basée sur des informations de 1er ordre (prologation de la dernière vitesse). Des travaux préliminaires ont déjà été effectués par M. Nous avons examiné si à partir de stimulations visuelles seules. afin d’étudier le cas de rotations en lacet dans un contexte visio-vestibulaire. l’information d’accélération peut être extraite afin d’effectuer correctement l’extrapolation du mouvement et donc l’estimation du TTC. A.3.316 ALAIN BERTHOZ dans la littérature. Nous avons utilisé l’écran courbe du LPPA (185° de champ horizontal). Les résultats mettent en évidence une dominance visuelle dans l’intégration sensorielle pour la perception de rotations pures. 4. mais dans le cas de mouvements décélérés.3.H. 2001). mais aussi lorsque les yeux peuvent accompagner le mouvement. Dans le cadre d’un projet Européen Moves. 4. en collaboration avec H.

en conséquence. F. C. Notre protocole expérimental en psychophysiologie évalue les effets comportementals de l’individu confronté à un conflit de caractère multisensoriel visuo-haptique fondé sur l’introduction d’une incongruité spatiale entre l’endroit d’acquisition du retour d’effort haptique et la localisation visuelle de ce même endroit. Institut Mutualiste Montsouris. The Netherlands). Pichon. Wicker (Institut de Neurosciences Cognitives de la Méditerranée-INCM. comportementales et des techniques de neuro-imagerie fonctionnelle (IRMf) chez le sujet normal et pathologique. Le but est de décrire les mécanismes cognitifs et d’identifier les corrélats neuroanatomiques qui sont impliqués dans les capacités à comprendre la signification du comportement d’autrui. Tilburg University. Nous y introduisons un component sensorimoteur afin d’évaluer le potentiel rôle de l’agencivité et des processus efférents dans la modulation des processus de plasticité rapide du schéma corporel humain. L. Professeur B. CNRS.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 317 4. Olive & A. Dr C. Ces structures sont activées de façon plus prononcée lorsque le sujet est capable de . à détecter les intentions et les émotions qui sont à l’origine de ce comportement et qui leurs sont associés.5. Paris) Notre projet de recherche porte sur la perception et la compréhension des comportements moteurs réalisés par autrui. en représentant. son indice. en particulier le cortex prémoteur et le cortex pariétal (Grèzes et al. Dr B. Paris). tels que l’Illusion de la Main en Caoutchouc (Rubber Hand illusion). Marseille). Pouga. Paris). Berthoz (Service de Psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte. Bayetti (LPPA CNRS Collège de France. Calmels (INSEP. Ce projet combine des approches. Dr S. Collaborateurs : Professeur A.4. S. Berthoz Nous cherchons à savoir le rôle de la plasticité rapide du schéma corporel humain dans le processus de substitution sensorielle visuo-haptique. Cette incongruité est censé provoquer une modulation et/où une déviation de la localisation du retour d’effort haptique au-delà des limites du schéma corporel envahissant l’espace péripersonal de l’individu. de Gelder (Donders Lab for cognitive and affective neuroscience. Bases neurales de la perception des actions. 2003). Notre protocole expérimental consiste dans l’adaptation des manipulations portant sur l’induction de la plasticité rapide et réversible du schéma corporel humain.5. La perception des actions d’autrui La perception d’une action est associée à des activations au sein de régions cérébrales connues pour leurs rôles dans préparation et l’exécution d’une action. 4. Grezes (LPPA). Une telle déviation est corrélée directement à la plasticité rapide et réversible du schéma corporel humain. qui jouent un rôle crucial dans la communication et l’interaction sociale. 4.1. Fruchart. Influence des stimulations visuelles et haptiques sur la représentation du schéma corporel I. intentions et émotions d’autrui J. Berthoz.

J..2. J. Toulouse). 4. 2006). édités. Swann Pichon et Lydia Pouga. validés.) afin de dégager l’influence des modalités sensorielles et motrices sur la formation des trajectoires complexes. Grèzes et al.. Une meilleure connaissance du mode de fonctionnement du système résonance motrice pourrait avoir des implications directes par exemple dans le cadre de la rééducation. en préparation). A. 2007). Des films ont été réalisés. sujets dits « alexithymique » et les autres au sein de l’amygdale.-H. soumis). Allemagne). Enfin. a pour but d’étudier les bases neurales associées à la perception d’expressions corporelles d’émotions (peur et colère) et de tester le couplage entre émotion et action. J. en marche avant/arrière. seuls les témoins par rapport aux sujets autistes présentent des activations au sein du système émotionnel (amygdale.. Pichon et al. La gymnastique artistique a été choisie car c’est une des rares disciplines sportives où un/une athlète blessé(e) au membre supérieur (membre inférieur) peut poursuivre son entraînement en réalisant des mouvements sollicitant les membres inférieurs (membres supérieurs). par rapport à une expression neutre. Laumond (LAAS. Planification et contrôle de la locomotion chez l’homme H.-J.5.-P. Nous montrons qu’il existe des différences cérébrales au sein de la population normale entre des sujets ayant des difficultés à identifier et à exprimer leurs émotions. En collaboration avec le Dr C. 2004. Crétual. 2007. région ayant un rôle crucial dans l’évaluation émotionnelle. Slotine (MIT) Nos recherches actuelles portent principalement sur l’exploration des principes biologiques et mathématiques sous-tendant la formation des trajectoires locomotrices chez l’homme. gyrus frontal inférieur et cortex prémoteur . Nous nous intéressons par exemple à la locomotion exécutée dans diverses conditions expérimentales (avec/sans vision de la cible. Wiener (Freiburg University. engage une étape supplémentaire. sachant que ceux-ci sont temporairement dans l’incapacité de réaliser certains gestes en utilisant la technique d’IRMf.6. en collaboration avec le Professeur Alain Berthoz. Bennequin (Université Paris VI). le Professeur Béatrice De Gelder. Olivier (Université de Rennes). celle de se préparer à agir en réaction à l’émotion perçue (Grèzes et al. vitesse lente/rapide. un projet actuellement en cours a pour but d’examiner si ce phénomène de résonance motrice est activé chez des sportifs de haut niveau blessés. L’expérience en IRMf a débuté en septembre 2007. 4. Calvo-Merino et al. ainsi que dans le cortex cingulaire antérieur qui joue un rôle dans la régulation émotionnelle (Pouga et al. En . La perception des expressions corporelles émotionnelles d’autrui Cette partie du projet. Allemagne). Les résultats des deux premières études en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle suggéraient que la perception d’expressions corporelles de peur et de colère. A.318 ALAIN BERTHOZ reproduire. D.. Calmels. Une même étude sur la peur a été réalisée chez des sujets sains et des sujets autistes — Asperger en collaboration avec le Dr Bruno Wicker. par rapport à une action n’appartenant pas à son répertoire moteur (Calvo-Mérino et al. Hicheur (Hertie Institut.

et que certains a priori biologiques influencent notre représentation de l’espace. ce travail s’appuie sur des protocoles expérimentaux nouveaux : l’utilisation d’informations présentées préalablement à l’apprentissage d’un environnement. Berthoz (Projet Européen Bacs) (Projet SCAN. De plus. La thèse est également le résultat d’échanges entre le monde industriel et le monde académique. Un autre axe de recherche que nous poursuivons est l’étude de systèmes dynamiques avec la théorie de la Contraction Nonlinéaire. et nous avons étudié le rôle des kinesthèses lors de cette planification de trajet. nous avons pu tester l’effet d’un amorçage de type carte sur un apprentissage kinesthésique d’un trajet. Laou. Wiener. nous avons étudié l’effet d’un changement postural et de l’habituation sur le maintien d’un pattern locomoteur. J. Navigation humaine dans des environnements complexes : contribution des indices kinesthésiques et effet d’A PRIORI M. A. L’originalité de ce travail réside dans la définition et l’étude des kinesthèses ou indices du mouvement. nous construisons des modèles mathématiques qui font intervenir des principes tels que le contrôle optimal stochastique ou la géométrie affine et équi-affine. J. Étude du changement de perspective visuelle dans la navigation spatiale humaine L. Nous concluons que l’effet de l’amorçage sur un apprentissage kinesthésique d’un trajet est très différent suivant le type de tâche demandée. La discussion de ce travail se focalise sur l’interaction possible des représentations de l’espace et des stratégies associées puis ouvre sur les questions théoriques que pose la thèse. Berthoz L’objectif est d’étudier les stratégies cognitives de navigation de l’homme. Nous sommes en particulier entrain de développer une version stochastique de cette théorie. en coopération avec ARCHIVIDEO) Nous utilisons principalement deux types de perspective visuelle pour mémoriser un trajet dans l’espace : la perspective route et la perspective survol.8. l’utilisation de modifications posturales pour l’étude des kinesthèses. 4.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 319 partant de ces observations expérimentales. Lafon. Le mémoire se termine sur les études effectuées dans un contexte industriel. A. Une quatrième expérience nous a permis de montrer que la planification avec incertitude d’un trajet connu était réalisée de manière extrêmement performante par les sujets. Lors des deux premières expériences. nous étudions par exemple la stabilité des réseaux de neurones synchronisés soumis à des perturbations aléatoires. 4. Enfin.7. Du point de vue des applications. Lors d’une troisième expérience. Nous avons demandé au sujet de réaliser plusieurs tâches d’orientation et de navigation pour nous rendre compte de l’interaction possible entre les représentations mais aussi entre les stratégies. Barra. une cinquième expérience met en évidence les contributions relatives des informations visuelles géométriques et de type « amers visuels ». La perspective . l’introduction d’incertitude spatiale dans l’étude de la planification de trajet.

par une transformation mentale du corps. menées en collaboration avec le Pr Blanke (EPFL. selon un axe antéro-postérieur en fonction de l’orientation de l’avatar. 450-550 ms et 400-500 ms après l’onset du stimulus. élaboré en 2006 (Thirioux et al.. nous avons montré que deux réseaux partageant certaines aires cérébrales étaient impliqués dans ces deux stratégies (égocentrée et allocentrée) et que ces dernières pouvaient être mémorisées en parallèle. sous presse). En fonction de l’augmentation du degré de translation spatiale nécessaire à la transformation mentale. en fonction de la présentation de face. mais aussi. on observe une activation prédominante de la TPJ droite mais aussi une activation sélective du lobule pariétal inférieur gauche pour l’orientation de face. un objectif complémentaire de nos travaux consiste à rechercher l’existence de différences entre les hommes et les femmes tant au niveau des stratégies de navigation que des régions cérébrales impliquées. Sur le plan neural. Sur le plan comportemental. La perspective survol (ou perspective allocentrée) correspond quant à elle à une vue aérienne ou de type carte de l’environnement. Blanke (EPFL.. Nos résultats montrent que lors d’une interaction sans tâche explicite avec un avatar présenté de face. Empathie et Referentiels spatiaux B. de profil ou de dos de la funambule.320 ALAIN BERTHOZ route (ou perspective égocentrée) correspond à la vision de l’espace en trois dimensions telle qu’un individu la perçoit lorsqu’il se déplace physiquement dans un environnement. Nous cherchons également à mieux caractériser les corrélats neuro-anatomiques des stratégies égocentrée et allocentrée en utilisant l’Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf. Ce changement de perspective spontané active bilatéralement la jonction temporo-pariétale vers 500-600 ms. il a été montré que ces deux types de perspective pouvaient engendrer des connaissances et des performances différentes. en coopération avec O. de façon sélective le cortex occipital droit pour l’orientation de face (Thirioux et al. Suisse). Actuellement. 4. nos travaux de recherche portent sur l’effet du changement de perspective sur les performances de navigation dans une ville virtuelle (collaboration avec Archividéo et Clarté). en . les sujets prennent spontanément la perspective visuo-spatiale de celui-ci. Lausanne) Au cours d’expériences en électroencéphalographie. Les représentations de type route utilisent un cadre de référence égocentré dans lequel la localisation d’un objet se fait par rapport à celle de l’individu. profile ou dos. en particulier le cortex dorsolatéral préfrontal droit et les aires prémotrices droites. 2008a. Pr Jorland (EHESS) & A. collaboration avec NeuroSpin). Berthoz (LPPA). Une tâche imposée de symétrie par réflexion active les systèmes résonnants. Thirioux. soumis) pour explorer les mécanismes neurocognitifs du changement de perspective lors d’une interaction spontanée avec autrui (Jorland et Thirioux. De plus. nous avons réutilisé notre paradigme de symétrie par rotation et réflexion. 2008. tandis que les représentations de type survol sont construites dans un cadre de référence allocentré basé sur les relations spatiales entre les repères. reflétée dans le comportement par une symétrie par rotation.9. confirmant l’effet de rotation. c’est-à-dire à une vision de l’espace en deux dimensions.

corrélats neuronaux) les processus sousjacents au changement de point de vue en combinant les méthodes comportementales et d’imageries cérébrales (EEG). On observe le pattern inverse pour l’orientation de dos. Berthoz. en préparation pour Nature Neuroscience). Pour l’orientation de face. Dynamique des changements de perspective dans la navigation humaine E. Le point de vue route (ou égocentré) coïncide à la perspective perçue par l’individu lorsqu’il se déplace physiquement dans l’espace tandis que le point de vue survol (ou perspective allocentrée) correspond à une vue aérienne de l’espace. précédant le changement de perspective spontané. pour la mise en place de leur stratégie d’interaction avec autrui. non observable dans le comportement. les résultats montrent une activation des systèmes résonants entre 0 et 500 ms. Dupierrix. passent de leur propre perspective visuo-spatiale à celle d’autrui. Ces résultats indiquent une activation très précoce des régions impliquées dans l’utilisation des référentiels spatiaux. suggérant qu’une identification avec autrui. (Projet de la Fondation Cotrel) Dans une étude précédente. Nous avons également mis en évidence un lien direct entre ces asymétries et la présence de malformations au niveau des canaux semi-circulaires de l’oreille interne grâce à une modélisation réalisée à partir de données IRM. Pour vérifier une implication neurophysiologique de ces anomalies. nous avons démontré qu’il existait chez les sujets scoliotiques une asymétrie statistiquement significative de la base postérieure du crâne reflétant une asymétrie cérébelleuse sous-jacente. très peu d’études ont concerné les mécanismes liés au changement de stratégies. Notre projet de recherche vise à étudier la dynamique des changements de stratégies spatiales pour la navigation humaine. une étude oculomotrice approfondie des sujets scoliotiques a été .PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 321 préparation pour Journal of Neuroscience). 4. semblable à un changement de perspective imposé dans une phase tardive des PE (entre 400 et 600 ms). Une nouvelle analyse a montré qu’un changement de perspective spontané. Il s’agit plus particulièrement de caractériser (décours temporel. Conséquences perceptives et motrices des asymétries cérébelleuses et vestibulaires dans la scoliose idiopathique D. A. comme le point de vue « route » ou le point de vue « survol ». Enfin une dernière analyse révèle le dynamisme des changements de référentiels spatiaux précédant la stratégie définitive (rotation ou réflexion). précèderait neurophysiologiquement le changement de perspective et la distinction avec autrui. Ces résultats montrent que les sujets. en coopération avec RENAULT La navigation humaine est une activité complexe nécessitant la manipulation simultanée ou successive de différentes perspectives de l’environnement.. Projet MATISS. activant l’insula gauche alors que la rotation imposée active l’insula droite (Thirioux et al.11. 2008b. Si les recherches se sont centrées sur les processus liés à la manipulation de ces deux stratégies spatiales. 4. A. coût de traitement. Berthoz. s’en distingue cependant entre 70-100 ms après l’onset du stimulus.10. Rousie (Université de Lille).

A Stereotyped Behavior.322 ALAIN BERTHOZ menée : elle a permis de mettre en évidence des torsions et des anomalies des poursuites oculaires relevant de dysfonctions vestibulaires. dans la première étude focalisé notre attention sur les canaux semi-circulaires. des études expérimentales récentes ont mis en évidence des liens génétiques entre la formation du cervelet et de l’oreille interne. Milea. de De Waele…). : The Formation of Trajectories during Goal-Oriented Locomotion in Humans. Au niveau oculaire. Lehericy. Axe neurophysiologique : au niveau vestibulaire et cérébelleux : nous avions. E. R. Arechavaleta.. P. I. R.. D. I. — Khonsari. les anomalies oculomotrices que nous avons mises en évidence dans la première étude doivent être poursuivies notamment au niveau des poursuites oculaires.. Minotti.. 26(8) : 2376-90.-P. : Temporal intervals production during passive self-motion in darkness. Q. — Hicheur. PLoS ONE. également membre de la fondation Y. 22 (2). Berthoz. L. Ces premiers résultats suggèrent de nouveaux axes de recherche.. Bertrand... Il est maintenant indispensable de nous intéresser à la fonction otolithique également impliquée dans la fonction posturale (études de Lacour. Deborne. A. A. Cette partie de l’étude sera assurée par le Docteur Salvetti.. Ceux-ci ont reçu le soutien de la Fondation Yves Cotrel en novembre 2007 pour une durée de trois ans. J. C. 1. Pierrot-Deseilligny.. a été mis en place. Hoffmann. J. Elle a pour but l’identification des gènes codant pour la formation de l’oreille interne et du cervelet chez l’homme puis la comparaison des loci identifiés entre sujets scoliotiques et sujets sains. D. Lobel. & Berthoz. 18(17) : 1797-800. European Journal of Neuroscience. Schoendorff. Israël. — Lachaux. de Pompeiano. & Kahane. : A Blueprint for Real-Time Functional Mapping via Human Intracranial Recordings ?.-P. : Lateralized parietal activity during decision and preparation of saccades.Cotrel. H. Pham. 2.. Laumond. S. Axe génétique : une collaboration avec le Professeur Nancy Miller.. Par ailleurs. 2(10) : e1094. Activités de la Chaire Publications Publications de l’équipe : Mémoire spatiale et contrôle du mouvement Responsable : Alain Berthoz Revue à comité de lecture 2007 — Capelli.... . Neuroreport. Des travaux récents sur le cervelet (Ito) ont ciblé des fonctions cognitives insoupçonnées du cervelet (représentation spatiale. B.-C.. perception du schéma corporel… en plus des fonctions classiques de régulation motrices) : de nouveaux tests d’appréciation de la fonction cérébelleuse vont donc être utilisés. A. K. ophtalmologiste en charge des bilans oculaires des sujets. O. Current Psychology Letters. Jerbi. G..

: The Formation of Trajectories during Goal-Oriented Locomotion in Humans. M. : A unified probabilistic model of the perception of three-dimensional structure from optic flow. Grèzes. : Distinct visual perspective taking strategies involve differently the left and right MTL structures. Lafon. Dupont. & Berthoz. : Gender differences in the use of external landmarks versus spatial representations updated by self-motion. 97(4) : 279-92. Noulhiane. Samson. Muller. — Milea. 36(3) : 955-68.-C. Q. European Journal of Neuroscience. B... 26(8) : 2391-2403. Vision Research.. de Gelder.. Hicheur. — Lambrey.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 323 — Lambrey.. A.. M...M.-J. & Berthoz. Publications de l’équipe « Perception et exploration actives des objets » Responsable : Jacques Droulez Revue à comité de lecture 2007 — Colas. A Maximum Smoothness Model. N. D. : Geometry of the superior colliculus mapping and efficient oculomotor computation.. S.-P. M. Intergr. — Wiener. S.A. A. H. Mem Cognit. Slotine. J. M.J. Vidal. Weiss. Bennequin. M. 48. .C. — Tabareau.(2007) : Prefrontal cortex is involved in internal decision of forthcoming saccades.H. M. Hasboun. Lobel.. Shah. P. J. an ERP study.. S. Laumond. Noulhiane.. 1186 : 233-41. — Schmidt.C. Q.J. B. Tabareau. 97(5) : 461-77. — Lambrey.. Arechavaleta. Amorim..R. G. 36(3) : 495-504. M. NeuroImage. B. C. 18(12) : 1221-4.R. D. Hasboun. Biological Cybernetics. C. S.-J. Fink. J. E.M. J. J. A. D.... Baulac. A. D. S. G. : Commentary to Helena De Preester : The deep bodily origins of the subjective perspective : models and their problems ?.. Neurosc. Brain. Amorin. Brain. Brain Research. — Mossio. N. J. Berthoz. J-B. A... — Petit. & Berthoz. : Where Neuroscience and dynamic system theory meet autonomous robotics : a contracting basal ganglia model for action selection. Amorim. A. J. II.K.. — Van Heijnsbergen. A. : Distinct visual perspective-taking strategies involve the left and right medial temporal lobe structures differently. Pham.. M. B.. S. A. Neural Networks.. PierrotDesseilligny. M. Berthoz. 21(4) : 628-641. 289-303. & Slotine. Dupont. : Rapid detection of fear in body expressions.. P.. Consciousness and Cognition. M. Berthoz. Lehericy.. Berthoz.-L. A. S. J. Biological Cybernetics. and Girard. & Berthoz. Wexler.. : Visuospatial working memory and changes of the point of view in 3D space. P... & Berthoz.J. S.. 6(3) : 379-401. Baulac.... 16(3) : 604-18. 131 (Pt 2) : 523-34.A... H. F. & Bessière. Krause. Feb 2008 . : Traveled distances : New insights into the role of optic flow.. : Path planning under spatial uncertainty. N. Samson. 131(2) : 523-34.. Leboucher. NeuroReport. D... M. Berthoz...A. Meeren. — Pham. Droulez. H. Pochon.. A.W. 2008 — Girard...

Publications de l’équipe : Développement perceptif et intégration interhémisphérique Responsable : Chantal Milleret Revue à comité de lecture 2007 — Rochefort. 27(10) : 2773-80..J. H. Buzas. 36(3) : 804-21.. Neurobiol Dis. M. : Ageing and amyloid-beta peptide deposition contribute to an impaired brain tissue plasminogen activator activity by different mechanisms.. N. W. J. Tanaka. O’Hashi. S. Born. A..P. B. Philosophical Psychology. A. Mölle. Launay.. & Droulez. Kisvarday. & Wiener S. Vision Research. In : .. Castel. 27(2) : 164-73. U. M. J. Sara. 15(4) : 222-8. 2008 — Eschenko. Moons. S.. Learn Mem. K. D. Khamassi.. : Stereoscopic depth perception in peripheral field and global processing of horizontal disparity gradient pattern. S. NeuroImage. A. Benchenane... L. C. & Droulez J. — Devisme. N. : Keeping track of invisible individuals while exploring a spatial layout with partial cues : location-based and deictic direction-based strategies. J.T. Vivien. Chapitres d’ouvrages collectifs 2008 — Battaglia. L. : « Spatial decisions and neuronal activity in hippocampal projection zones in prefrontal cortex and striatum ». M.... Eur. Monot A. Peyrache. C.. O. Ayaka. P. F. Buee. 48(6) : 753-64. : Layout of transcallosal activity in cat visual cortex revealed by optical imaging. K. : Sustained increase in hippocampal sharp-wave ripple activity during slow-wave sleep after learning.. & Milleret. Ramadan. : Anisotropy in the representation of direction preferences in cat area 18. Carmeliet. Publications de l’équipe « Mémoire spatiale et navigation » Responsable : Sidney Wiener Revue à comité de lecture 2007 — Cacquevel.I. Drobe. Eysel. Z... Cheenne... 2008 — Ribot... S... Neuroscience.324 2008 ALAIN BERTHOZ — Bullot. Delacourte.. P. J. 21(1) : 15-46.

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Gouvieux-les-Chantilly.. A. A. Collège de France. Berthoz. Conférence Plénière. & al. Collège de France. Colloque La pluralité interprétative et les fondements historiques et cognitifs des changements de point de vue. 5-7 juin. 2008 — Berthoz. Volterra. Paris. 24 janvier. 3 juin. & Chemin. Ecole Nationale Supérieure de chimie de Paris. — Berthoz. A. — Girault. — Berthoz. : « Motricité. à l’occasion du 15e anniversaire des Réunions des Utilisateurs Vicon.. P. A. Stock. A. — Berthoz. 14 juin.. Italie. : Colloque final ACI.326 2008 ALAIN BERTHOZ — Berthoz. Paris. — Berthoz. . Le temps et l’espace chez Merleau-Ponty. Paris. A. Freiburg. A. des situations complexes. F. Berthoz. Collège de France. cognition. — Berthoz. A. : « Cinématique de l’expression corporelle des émotions pendant la marche ». des pratiques en mutation. Collège de France. : Colloque « Mathématiques en Neurosciences ». Enseignement — Dario. A. K. P. Collège de France. Paris. Journée IPSEN Neurobiology of Umwelt : comment les êtres humains perçoivent le monde. perception». : « Neural principles of natural eye and limb movements that might be used in robotics ». 10 juin. A. & Kemeny. Colloque Analyse 3D du Mouvement. A. A. Château de Montvillargenne. C. Italie. 20-22 juillet. Berthoz. — Clarac. & Ossola. 12-13 juin. Dario. Oise. 3 juin. 18 février. Organisation de réunions 2007 — Berthoz. & al : Colloque From Neural code : to brain/machine interface. Neurobotics Symposium. Collège de France. Collège de France. Volterra. Paris. 27-29 septembre 2007. Paris. Paris. — Berthoz. : « La pensée de Merleau-Ponty sur la perception au regard des neurosciences cognitives actuelles ». 12 juin. Paris. — Berthoz.-Y. A. : Séminaire « Images Virtuelles ». 16-21 septembre 2007. : NEUROBOTICS Summer School 2007 BrainMachine Interface. 11 et 12 juin.. J.. A. Palais de l’UNESCO. Paris. Ecole Normale Supérieure. : Colloque « La pluralité interprétative fondements historiques et cognitifs de la notion de point de vue ». Jerbi. & Biometrics : Colloque Analyse 3D du Mouvement. &.Machines Interfaces.: « The human brain “projects” upon the world simplying principles and rules for perception and action ». S. A. 21e Journée d’étude La paralysie cérébrale. J. et en coopération avec la Fondation IPSEN : Journée IPSEN Neurobiology of Umwelt « Comment les êtres humains perçoivent le monde ». : « La manipulation mentale des points de vue : un des fondements de la tolérance ? ». 18 février. B. France.-A. — Berthoz. & Laroche. : Brain . — Berthoz. Paris. 16-21 septembre. A.

— Membre du Comité Scientifique de l’AIST-CNRS Joint Japanese-French Robotics Laboratory (JRL). IP dans le EC IST programme « Integrating and strengthening the European research area (2002-2006) ». 5 séances et un atelier. Programme européen « Information Society TechnologieFurture and Emerging Technologies ». . — Membre du Conseil scientifique de l’institut Max Planck. FP6-2003-Nest-Path de la Communauté européenne. Tübingen. — Organisation et Présidence du séminaire de prospective de la RATP sur « Cognition et mobilité ». — Membre de la Commission de diffusion culturelle du Conservatoire des Arts et Métiers. — Projet Européen Euréka MOVES sur les simulateurs avec la Société Renault et Max Planck Institut. Tuebingen. — Membre du Conseil consultatif pour la Science France/Japon. Fondation Cotrel-Académie des Sciences (avec Mme D. Contrats de recherche et coopérations internationales — Projet BACS : projet européen dans le cadre de Cognitive Systems. — Projet SCAN Pôle de compétitivité Bretagne avec la Société Archividéo. Collaboration avec l’Industrie — Contrat avec la société Peugeot. — Projet NEUROPROBES. — Président du Comité scientifique de l’œuvre Falret pour les maladies mentales. — Membre du Conseil scientifique du NEUROPOLE Ile-de-France et du RTRA « Ecole de Neurosciences de Paris ». — Programme Human Frontier Science Program (Coordinateur B. (2008) : « Navigation humaine dans des environnements complexes : contribution des indices kinesthésiques et effet d’a priori ». — Projet NEST WAYFINDING n° 12959. — Membre du Conseil scientifique de l’Institut de Neurosciences de Trinity College à Dublin. de Gelder-Tilbury) « L’Expression corporelle des émotions ». 2007 & 2008. Thèses — Lafon. 29 mai 2008. M. Collège de France. — Projet « Asymétries cranio-faciales ». — Membre du Conseil pédagogique du Mastère de Sciences cognitives (Ecole doctorale 3C). — Projet NEUROBOTICS. et TNO Hollande.PHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DE L’ACTION 327 Participation à l’organisation de la recherche — Membre du Comité des Programmes scientifiques du CNES. Rousié).

.

La . L’isolement et la caractérisation du ligand endogène du récepteur APJ humain ont été réalisés par l’équipe de Tatemoto et al. La découverte de l’apéline illustre bien la démarche actuelle de l’identification de certaines nouvelles molécules naturelles biologiques. membre de l’Institut (Académie des Sciences). c’est par une démarche de « pharmacologie inverse » qu’a été identifiée l’apéline comme le ligand d’un récepteur jusque là orphelin. l’APJ. issus d’un précurseur commun. 1998). l’apéline. Il partage une homologie de structure avec le récepteur CXC des chimiokines (CXCR4) et il agit comme co-récepteur du CD4 pour l’entrée du virus HIV-1 et SIV dans les cellules. Le cours de l’année précédente avait montré que plusieurs peptides vasoactifs étaient impliqués dans la formation de nouveaux vaisseaux par des mécanismes impliquant l’angiogenèse et le remodelage vasculaire. le séquençage et le clonage des fractions peptidiques actives a révélé qu’il existait trois peptides actifs de 36. et en suivant son activation par la mesure de l’acidification extracellulaire. 17 et 13 acides aminés. Bien qu’il soit analogue au récepteur de l’angiotensine II. telle que l’apéline. En utilisant une lignée de culture cellulaire exprimant le récepteur APJ. D’autres peptides vasoactifs exercent une propriété similaire. l’angiotensine et l’endothéline contrôlent non seulement le tonus vasculaire et régulent le flux sanguin régional mais ont aussi un effet proangiogénique et exercent un rôle dans la croissance de la paroi vasculaire. En effet. (Gene.Médecine expérimentale M. La purification. ce récepteur ne lie pas l’angiotensine. professeur L’Apéline Le cours de la chaire de Médecine expérimentale a porté sur les propriétés d’un nouveau peptide vasoactif. Le récepteur APJ a été cloné en 1993 lors d’une recherche systématique de récepteurs apparentés au récepteur de l’angiotensine II. (BBRC. Il s’agit d’un récepteur à sept domaines transmembranaires découvert chez l’homme par O’Dowd et al. ces auteurs ont découvert qu’un peptide présent dans l’estomac de bœuf stimulait l’APJ. Pierre Corvol. 1993). Ainsi. la pré-proapéline.

L’apéline exerce un effet cardiaque inotrope positif et abaisse transitoirement et modestement la pression artérielle. J. au niveau du rein et des surrénales. activation de la p70 S6 kinase. est présente dans les tissus. cardiaque. l’hypophyse. Messari et al. L’apéline est aussi présente dans le tissu adipeux. 17 et 13 ont une affinité similaire pour le récepteur APJ. 36. leur demi-vie et leur clairance ont peu été étudiés. l’apéline inhibe la production de vasopressine. l’intestin.. Deux études ont montré le rôle de l’apéline et de son récepteur dans le développement cardiaque chez le poisson zèbre (Scott et al. impliquée dans la progression du cycle cellulaire. Cette distribution correspond à des actions chez l’homme qui peuvent être brièvement synthétisées ainsi : au niveau central.. Le processus de maturation de la pré-proapéline en apéline 36 n’est pas connu . tissu adipeux. Neurochem.330 PIERRE CORVOL pré-proapéline (77 acides aminés) est convertie en apéline 36 puis en apéline 17 et 13. L’apéline agit sur les cellules gastriques en stimulant la libération de cholécystokinine . le système apéline joue un rôle à un stade très précoce. le plasma et divers liquides biologiques. ?…).. L’inactivation du système à ce stade entraîne des anomalies du développement cardiaque. il existe deux isoformes de ce récepteur). activation de la phospholipase C et des protéines kinases C par la voie Gq. mais la désensibilisation du récepteur dépend du type de fragment de l’apéline (L. dans la migration des futurs précurseurs myocardiques au cours de la gastrulation. autres. 2007) : dans cette espèce. le cœur. Les apélines 36. L’angiotensin-converting enzyme 2 (ACE-2) hydrolyse avec une bonne efficacité catalytique l’apéline 13 en apéline 12 qui conserve une activité biologique. Elle joue enfin un rôle important dans le développement cardiovasculaire ainsi que l’ont révélé différents travaux. 2004). le récepteur APJ est exprimé dans tous les vaisseaux (en fait. on n’observe pas d’anomalies de l’angiogenèse primaire. selon le tissu concerné : phosphorylation de Akt. Le récepteur est couplé de façon négative à l’adénylyl cyclase par une protéine Gi. L’apéline et son récepteur sont présents principalement dans le cerveau. Developmental Cell. la conversion de l’apéline 36 en apélines 17 et 13 est effectuée vraisemblablement par des proconvertases. les différents fragments d’apéline ont une affinité similaire pour APJ et agissent préférentiellement par la voie Gi1 ou Gi2. L’apéline sous ses différentes formes. L’apéline 17 est prédominante dans le plasma chez l’homme. Le système apéline n’est pas impliqué dans la vasculogenèse de cette espèce mais dans l’angiogenèse des vaisseaux intersomitiques : l’inactivation du système perturbe le développement des vaisseaux intersomitiques tandis que la surexpression d’apéline . In vitro. elle inhibe la secrétion d’insuline. Chez la grenouille (Xénope). 17 et 13. En revanche. Le catabolisme de ces peptides.. Developmental Cell. L’apéline est exprimée précocément dans les régions intersomitiques avant même que ne se mette en place la formation des veines de cette région. Différentes voies de signalisation intracellulaire sont activées par le récepteur APJ. module la prise d’eau et de nourriture et stimule la libération d’ACTH. 2007 et Zeng et al. le poumon. Son origine tissulaire n’est pas connue avec précision (hypophysaire.

Biol. 2004) ont montré que l’inactivation du récepteur de l’apéline n’entraînait pas d’anomalie macroscopique des organes étudiés chez la souris adulte (vaisseaux. 2007).. induit la formation de tubes pseudocapillaires en matrigel et elle participe au remodelage vasculaire au niveau des cellules musculaires lisses vasculaires. L’apéline est un agent angiogénique in vitro : elle a un effet mitogénique sur les cellules endothéliales (HUVEC) et un effet chimiotactique. Le système apéline – récepteur APJ joue un rôle in vitro et in vivo dans l’angiogenèse. Son effet dans l’angiogenèse tumorale reste encore à préciser. En définitive. Oncogène 2007). 2008). Ishida et al. Gene Expression Pattern. même s’il semble que l’apéline soit exprimée dans les tumeurs (Sorli et al. Dev.. Biol.. elle favorise l’angiogenèse dans la cornée avasculaire. Chem. le xénope et la souris. cœur. la formation de capillaires chez l’animal lorsqu’elle est implantée en sous-cutanée. poumon. Le mécanisme d’action de l’apéline est complexe et pourrait impliquer l’angiopoïétine 1 et son récepteur Tie2. Selon un travail récent (Kidoya et al. L’apéline et son récepteur sont exprimés dans les vaisseaux rétiniens en post-natal.. elle contrôle la perméabilité capillaire et est angiogénique dans le modèle de la patte ischémique chez le rongeur. 2003). le système apéline serait impliqué dans la régulation du calibre vasculaire durant l’angiogenèse : le calibre des vaisseaux sanguins (notamment des vaisseaux dermiques et trachéaux) est réduit chez les souris dont le gène de l’apéline a été inactivé.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 331 induit une angiogenèse prématurée des veines intersomitiques. Cette observation est à rapprocher de celle de l’effet hypotenseur modeste et transitoire de l’administration d’apéline par voie systémique. L’apéline est exprimée dans les tip cells et les veines mais elle n’est pas impliquée dans la vasculogenèse. au front des branches de division des capillaires en formation (tip cells) (Saint-Geniez et al. La pression basale de ces animaux est normale mais les animaux APJ -/.. Deux autres expériences plaident en faveur d’une contre-régulation de l’effet hypertenseur . on note une expression temporelle quasi simultanée de l’apéline et de son récepteur. (J. Elle augmente la perméabilité des cellules endothéliales. L’angiopoïétine induit l’expression d’apéline dans les vaisseaux dermiques de souris transgéniques surexprimant l’angiopoïétine 1 dans le derme. bourgeons de membres) (Kalin et al. suggérant que l’apéline s’oppose à l’action vasopressive de l’angiotensine II. Enfin. chez le poisson zèbre. Le rôle physiologique du système apéline a été étudié chez des souris adultes dont le récepteur de l’apéline ou le gène de l’apéline a été inactivé par knock-out. reins). une co-expression spatiale de ces deux molécules. L’apéline accroît le bourgeonnement de capillaires à partir d’explants aortiques et provoque une néoangiogenèse dans le modèle de la membrane chorioallantoïdienne de poulet.ont une réponse pressive accrue à la perfusion d’angiotensine II. Ses effets s’exercent de façon autocrine et paracrine et sont indépendants du VEGF. EMBO J. L’apéline pourrait contrôler l’assemblage des cellules endothéliales et leur jonction intercellulaire par l’intermédiaire de protéines d’adhésion intercellulaires telles que VE-cadhérine et Claudin-5. Le récepteur APJ de l’apéline est exprimé dans tous les territoires vasculaires de l’embryon de souris et l’apéline est présente dans les vaisseaux en formation (vaisseaux intersomitiques.

L’apéline est exprimée dans les oreillettes ainsi qu’à un niveau plus faible son récepteur (Kleinz et al. l’apéline a une action tout à fait originale et intéressante car elle entraîne à la fois une réduction de la précharge ventriculaire gauche et de la postcharge via une dilatation artérielle et veineuse. 2007). In vivo. Les mécanismes intracellulaires de l’effet inotrope positif de l’apéline pourraient impliquer plusieurs effecteurs : l’augmentation de la sensibilité des cardiomyocytes au calcium intracellulaire. Elle augmente la contractilité myocardique. 2005). on peut faire l’hypothèse qu’une élévation compensatrice de l’apéline aurait lieu dans un premier temps lors de l’insuffisance cardiaque par surcharge de pression. L’effet hypotenseur de l’apéline est médié par le monoxyde d’azote. L’apéline exerce une action inotrope positive puissante directe in vitro et in vivo. sans anomalie histologique cardiaque patente. De même. Res. L’apéline agit également de façon paracrine sur les cellules musculaires lisses vasculaires sousjacentes de la paroi vasculaire. ce qui entraîne à son tour la vasodilatation. suivie d’ une baisse secondaire du peptide qui pourrait contribuer au développement de l’insuffisance cardiaque. Regul. Ainsi. L’apéline produite par les cellules endothéliales agit de façon autocrine en stimulant le récepteur APJ endothélial qui induit la production de monoxyde d’azote. Peptides. une insuffisance cardiaque s’observe chez la souris dont le gène de l’apéline a été inactivé lorsque l’on créé une surcharge de pression (bandage aortique). 2004). L’interaction avec le récepteur APJ entraîne alors une vasoconstriction. on observe un développement progressif d’une altération de la fonction contractile cardiaque à type de dysfonction systolique. Res. ainsi que le débit cardiaque et la réserve contractile sans qu’il y ait toutefois de développement d’une hypertrophie cardiaque. la perfusion d’angiotensine II entraîne une élévation de la pression artérielle plus importante chez les animaux dépourvus du récepteur APJ. L’apéline se comporte comme un vasodilatateur artériel et veineux dont l’effet dépend de la production de NO par l’endothélium.. Cette action inotrope positive s’observe sur le cœur sain et lors de l’insuffisance cardiaque (Hashley et al. (Circ. l’activation de l’échangeur sodium-proton via PLC et PKC et l’activation indirecte de l’échangeur Na+/Ca++ via l’activation de Na+/H+. Ces anomalies peuvent être corrigées par la perfusion d’apéline 1-13 chez l’animal pendant 2 semaines. Toutefois. Il n’existe pas d’anomalie cardiovasculaire apparente peu après la naissance chez la souris dont le gène de l’apéline a été inactivé dans l’étude rapportée par Kuba et al. NO. L’apéline joue donc probablement un rôle dans l’adaptation de la contractilité cardiaque au cours du vieillissement et en cas de surcharge de pression. L’apéline est exprimée au niveau de l’endothélium des artères coronaires.332 PIERRE CORVOL de l’angiotensine par le système apéline : en l’absence d’angiotensine II endogène (traitement par un inhibiteur de l’enzyme de conversion) ou en cas d’inactivation du récepteur de l’angiotensine II (animaux knock-out pour le récepteur AT1). à six mois. Cardiovasc. Une étude du transcriptome du ventricule . sans que l’on observe toutefois de modification de type hypertrophie cardiaque. et l’apéline et son récepteur sont aussi présents dans les cellules musculaires lisses de ces artères. Il pourrait en être de même chez l’homme..

Toutefois. De même...et de la post-charge ventriculaire. Les premiers travaux montreraient une élévation de l’apéline plasmatique durant les premiers stades de l’insuffisance cardiaque puis une baisse au cours de l’insuffisance cardiaque décompensée. PNAS 2004). Un travail effectué chez l’homme sain a précisé les relations entre l’osmolalité plasmatique. de l’hétérogénéité des patients en insuffisance cardiaque et de la nécessité de tenir compte des autres facteurs qui peuvent être impliqués dans les variations des taux d’apéline plasmatiques. la volémie intervient aussi dans la régulation de l’apéline plasmatique. travail qui n’a pas été réalisé à ce jour. de façon indépendante de l’AVP.et d’hypoosmolalité plasmatique. L’apéline pourrait constituer une piste thérapeutique intéressante en pathologie cardiovasculaire car elle accroît la contractilité cardiaque en réduisant simultanément la pré.. Cette étude a montré pour la première fois que l’apéline était régulée par un stimulus osmolaire chez l’homme : l’hyperosmolalité induite par le serum salé hypertonique provoque une élévation du taux d’AVP et un abaissement du taux d’apéline. L’apéline est donc régulée à la fois par des barorécepteurs et des volorécepteurs. Il existe une interaction entre système apélinergique et vasopressinergique : l’activité électrique phasique des neurones AVP est diminuée par l’administration d’apéline par voie intracérébroventriculaire (De Mota et al. L’élévation de plus de 10 % du volume plasmatique entraîne une augmentation du taux d’apéline (Azizi et al.. JASN 2008). L’apéline pourrait s’abaisser en cas d’hyperosmolalilé.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 333 gauche avant et après assistance circulatoire chez des patients en insuffisance cardiaque terminale a montré que le gène de l’apéline s’élève de façon marquée après transplantation cardiaque ou après assistance circulatoire (Chang et al. il apparaît utile de mesurer avec précision les taux d’apéline plasmatiques au cours de l’insuffisance cardiaque. Il serait donc intéressant d’étudier les effets régionaux et globaux de la perfusion de différents fragments d’apéline chez l’homme. au moment où la fonction cardiaque a été améliorée. elle a un effet cardioprotecteur lors de la souffrance myocardique aiguë et chronique et son administration n’entraîne pas d’hypertrophie cardiaque. Toutefois. au cours d’une perfusion de serum salé hypertonique et au cours d’une charge aqueuse afin de provoquer respectivement un état d’hyper. PNAS 2004). l’apéline et l’AVP plasmatique. Les premiers travaux ont montré qu’effectivement la déshydratation induit des variations inverses des taux d’apéline et d’AVP dans le plasma et l’hypothalamus chez le rat (De Mota et al. L’étude a été réalisée dans des conditions physiologiques. L’AVP s’élève au cours de l’hyperosmolalité et négative la clairance de l’eau libre. L’apéline est abondante dans l’hypophyse et l’hypothalamus et est co-exprimée avec l’arginine vasopressine (AVP) dans les corps cellulaires du noyau supraoptique. Ses effets inotropes positifs sont préservés au cours de l’insuffisance cardiaque congestive expérimentale. les résultats publiés jusqu’à présent sont dans l’ensemble difficiles à interpréter du fait de la difficulté du dosage. Ces résultats sont à rapprocher de ceux obtenus chez l’animal qui montrent que l’apéline joue un rôle dans l’homéostasie des volumes . Ceci suggère que l’apéline pourrait être régulée de façon inverse à l’AVP par l’osmolalité. Circulation 2003). telle que l’osmolalité plasmatique.

L’apéline. Il reste à savoir si cette augmentation correspond à un rôle causal direct ou indirect de l’apéline dans le mécanisme de ces affections. Endocrinology 2005).. Endocrinology 2005). le Xénope. 13) sont rudimentaires. 17. Ce cours a tenté de faire le point sur le système apélinergique.. Actuellement. Ils amènent à se poser de nouvelles questions : quel peut-être le rôle physiologique de l’élévation de l’apéline plasmatique et sa contribution à la diurèse ? . quel est le mécanisme d’action de cet effet (effet antiAVP. Peptides 2005). l’apéline est élevée au cours de l’insuffisance cardiaque et de l’obésité chez l’homme. non peptidiques de cette molécule. stimule les protéines découplantes et augmente la dépense énergétique (Higuchi et al. Peu de choses sont connues sur l’origine de l’apéline plasmatique. sans effet apparent sur la prise de nourriture. Les taux d’apéline plasmatique et dans le tissu adipeux et le plasma sont associés à un état d’obésité avec hyperinsulinémie chez la souris. Endocrinology 2007).. Des inhibiteurs de la dégradation . L’apéline joue un rôle dans le développement cardiovasculaire chez le poisson zèbre. métabolisme énergétique et hydrominéral. sur ses mécanismes de dégradation et d’élimination. Elle exerce des effets bénéfiques sur la fonction cardiovasculaire (effet inotrope positif avec action vasodilatrice dans les territoires artériel et veineux). ainsi qu’in vivo. Elle s’oppose à l’action de la vasopressine et de l’angiotensine II. l’apéline du tissu adipeux s’abaisse au cours du jeûne et s’élève durant la reprise alimentaire. Endocrinology. à dose pharmacologique. Elle abaisse le taux d’insuline et les triglycérides plasmatiques. Les variations des taux plasmatiques d’apéline sont parallèles à ceux de l’insulinémie : chez la souris. Regul. une élévation des taux d’apéline chez les patients obèses avec hyperinsulinisme a été constatée chez l’homme (Boucher et al. possible effet intrarénal) ? . l’apéline pourrait participer à la régulation de la secrétion et/ou de la production d’insuline (Winzell et al. il n’est pas certain que l’apéline passe dans la lumière intestinale et qu’elle exerce des effets au niveau central. Par ailleurs. En accord avec ces données chez l’animal. de façon similaire à l’insuline. un nouveau système impliqué dans différentes fonctions : cardiovasculaire.. etc. In vitro. Les connaissances sur les fragments spécifiques de l’apéline (apéline 36. 2004). mieux encore. Son expression s’accroît durant la différenciation des pré-adipocytes en adipocytes (Boucher et al. L’apéline est exprimée au niveau du tissu adipeux et dans le stroma vasculaire. la recherche sur l’apéline souffre du manque d’agonistes et d’antagonistes peptidiques ou. régule le métabolisme lipidique et l’adiposité chez la souris normale et obèse. L’apéline est exprimée dans l’estomac et stimule la secrétion de cholécystokinine in vitro dans une lignée de cellules murines entéro-endocrine (Wang et al.334 PIERRE CORVOL sanguins au niveau central et rénal. Toutefois.. L’élévation de l’apéline pourrait être une réponse adaptative aux anomalies liées à l’obésité ou encore être corrélée à l’augmentation de la masse adipocytaire. quel pourrait être l’intérêt d’une classification des états d’hypo-osmolalité avec anomalie de concentration — dilution des urines par la mesure des taux d’apéline plasmatique ? quel serait l’intérêt de développer des agonistes ou des antagonistes de l’apéline sur le plan thérapeutique ? L’apéline doit être aussi considérée comme une adipokine.

C. R. Notre analyse d’embryons de souris homozygotes pour une délétion de ce récepteur a montré que des défauts dans le remodelage du système vasculaire du sac vitellin apparaissent au moment de la mise en place du flux sanguin. Mathivet. Pardanaud. nous avons cultivés les embryons ex utero en absence de flux sanguin. et al. K. Une analyse de la migration des cellules endothéliales a montré que les cellules des embryons knockout étaient incapables de migrer à travers la matrice extracellulaire mais restaient piégées dans les vaisseaux déjà formés. Discrimination entre défauts génétiques et hémodynamiques chez des mutants du récepteur de la neuropiline-1 La délétion de gènes importants pour le développement vasculaire provoque souvent des anomalies du flux sanguin. Nous avons observé que les défauts du développement du réseau vasculaire chez les embryons neuropiline-1 KO se développaient en absence de flux sanguin. B. Bréant. Del-Toro Estevez.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 335 de l’apéline pourraient permettre de potentialiser les différents peptides et d’élucider leurs effets en physiopathologie. Eichmann. F. . E. l’injection d’un anticorps bloquant la liaison du VEGF à la neuropiline-1 dans des embryons sauvages reproduisait les anomalies du développement vasculaire. Jones. A. Sutching. 2008). Lebrin. Freitas. Development. S. comme l’angiotensine II dont elle semble contrecarrer certains des effets. Bouvrée. Nous avons développé un système simple pour distinguer les défauts du flux sanguin de ceux dus à la perte de fonction du récepteur de la neuropiline-1 chez la souris (Jones E. Les embryons peuvent survivre jusqu’à 24 heures dans une chambre rotative et leur réseau vasculaire est analysé par marquage immunohistochimique. L. Pibouin 1. Jabouille. formant ainsi des vaisseaux anormalement élargis et dépourvus de points de branchement. T. l’apéline est un peptide à effet pléïotropique. C. En résumé. Xu. Brunet. Ce système découvert il y a quelques dix ans. L. la présence de défauts dans le flux sanguin empêche souvent la mise en évidence précise du rôle du produit du gène muté. I. Puisque les forces hémodynamiques sont importantes dans l’acquisition de la forme des vaisseaux.. De plus. Rapport d’activité du laboratoire I — Contrôle moléculaire du développement vasculaire Équipe : A. Ces embryons ‘no flow’ ont été créés en pratiquant une incision au niveau du cœur qui empêche la circulation embryonnaire. apparaît promoteur tant sur une vue intégrée de la fonction cardiovasculaire que sur les possibles applications en thérapeutique. Pour distinguer les défauts induits par la perte de fonction de la Neuropiline-1 de ceux secondaires à une perfusion anormale. Larrivée. Y.

Ce système relativement simple peut être appliqué aux nombreux mutants chez lesquels des défauts hémodynamiques sont suspectés. Contrôle moléculaire du guidage des capillaires : sélection des ‘tip cells’ L’angiogenèse par bourgeonnement procède de manière analogue à la morphogenèse des tubes épithéliaux de la trachée chez la Drosophile. Les cellules situées en arrière suivent. plusieurs ont une expression restreinte . ni les autres cellules ne sont préspécifiées.. Parmi les récepteurs des facteurs de guidage axonal. 2006. puisque le blocage de cette signalisation par un bloqueur du VEGF. PNAS 2007 . et al. et al. Les cellules tip à la tête des capillaires en bourgeonnement sont induites par la mise en jeu du VEGF via son récepteur VEGFR2 (Gerhardt et al. L’expression de Dll4 est en aval de la signalisation du VEGF. Nature 441 : 746-9). contrôlant ainsi la formation d’un nombre limité de tip cells.. le VEGFR soluble. des cellules uniques sont sélectionnées pour former le ‘tip’ (l’extrémité) d’un bourgeon .. Sci. Med.. La sélection des ‘tip cells’ dans le système vasculaire est sous contrôle de voies de signalisation similaires. alors que celles ayant une activité moindre prennent la suite. Les cellules tip expriment aussi des taux importants de Delta-like 4 (Dll4). Comme les tip cells situées en tête des capillaires. Nature 445 : 776-80). mais ne deviennent pas ‘tip’.336 PIERRE CORVOL Ces données montrent que les défauts du développement vasculaire chez les embryons neuropiline-1 knockout sont causés par la perte de fonction du récepteur et ne sont pas secondaires à une perfusion vasculaire anormale. mais il y a une compétition entre plusieurs cellules afin que celles présentant le plus fort taux d’activité du récepteur FGF prennent la tête. Nature 2008). Suchting S. L’inactivation de dll4 s’accompagne d’un changement du taux d’expression des récepteurs du VEGF (Tammela T. ces cellules répondent au facteur FGF (branchless) par une extension des filopodes et prennent la tête du bourgeon croissant. 2. 3. 2007. Pendant ce processus. Cette compétition implique une inhibition latérale médiée par Notch qui empêche des cellules surnuméraires de prendre la tête du bourgeon (Ghabrial & Krasnow. et al. un ligand de Notch. 2003. les cônes de croissances situés à l’extrémité de l’axone étendent de nombreux filopodes qui répondent aux facteurs de guidage présentes dans l’environnement. Ni les tip cells. J Cell Biol 161 : 1163-77). L’inactivation génique d’un allèle de dll4 chez la souris provoque une formation excessive de tip cells dans le réseau capillaire de la rétine (Suchting S. Un phénotype similaire est obtenu après inactivation pharmacologique de Notch au moyen d’inhibiteurs des γ-sécrétases ou après la délétion endothélial-spécifique inductible du récepteur Notch-1 (Hellström et al. indiquant que DLL4 régule négativement la réponse des cellules endothéliales au VEGF et agit comme un frein de cette signalisation. y compris les Nétrines. 2007). Facteurs de guidage des axones dans le système vasculaire Le bourgeonnement des capillaires partage des similarités avec celle du guidage axonal.. diminue l’expression de DLL4 dans les tip cells.

L’analyse statistique des puces nous a permis de vérifier de façon globale l’induction par l’hypoxie d’une majorité de gènes issus du criblage et d’identifier des gènes dont les rôles dans les mécanismes de régulation de l’angiogenèse par l’hypoxie ne sont pas caractérisés : l’IGF-Binding Protein 3. Dev. transcriptomique et protéomique et ii) l’étude de leur rôle au cours de l’hypoxie cellulaire ou tissulaire ainsi que dans la régulation des différentes étapes de l’angiogenèse réactionnelle. Gauvrit.. et al. E. le traitement par la Nétrine-1 empêche la progression de ‘tip’ capillaires exprimant unc5b lors de la néovascularisation tumorale chez la souris (Larrivée B. C. L’hypoxie est un stimulus majeur de l’angiogenèse.. E. Biol. Le but de notre équipe est i) la recherche de nouveaux gènes par deux approches complémentaires. M.. angiogenèse : protéines matricielles en pathologie cardiovasculaire et tumorale Équipe : S. Suchting S. la formation de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux préexistants. La possibilité de diriger la croissance vasculaire pourrait avoir des implications thérapeutiques importantes. Monnot. II — Hypoxie. L. Biol. Verine. C.. Chomel. 2007). J. Gomez. et al. Trois cent gènes dont l’expression est induite par l’hypoxie ont été identifiés. 2008 . Dev. A. et al. sur lesquelles ont été immobilisés les cDNAs issus du criblage (en collaboration avec l’INSERM U533). Philippe. et al. Gene & Dev. Freitas C. Durand Moduler l’angiogenèse. L’expression vasculaire d’unc5b est conservé au cours de l’évolution chez la souris et le poulet (Bouvrée K. est une approche thérapeutique prometteuse dans de nombreuses situations pathophysiologiques. et al... la . A. 2008) et son rôle comme récepteur de guidage répulsif empêchant une vascularisation excessive semble aussi conservé (Bouvrée K. Etienne. Galaup. Angiogenesis 2008 . Germain. Parmi les récepteurs de la Nétrine-1. 2008). Bignon. J. S. y compris dans les tip cells. Cazes. Gene & Dev. A. N. En effet. Des études de perte de fonction par délétion des gènes codant pour ces récepteurs chez la souris montrent que leur fonction de récepteur de guidage est conservée dans leur nouvel environnement tissulaire : les souris déficientes en unc5b ont une arborisation vasculaire aberrante aussi bien pendant la vie embryonnaire que pendant la néovascularisation induite expérimentalement chez l’adulte (Larrivée B. UNC5B est exprimé sélectivement dans les cellules endothéliales. l’expression d’un certain nombre de récepteurs a donc été annexée par le système vasculaire. notamment dans les cancers et les ischémies cardiovasculaires. Barret. Cette étude a été initiée par le criblage différentiel des ARNm (cDNA RDA) de cellules endothéliales soumises à un stress hypoxique par rapport aux mêmes cellules cultivées en condition témoin (normoxie). Bréchot.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 337 aux vaisseaux sanguins. et al. Au cours de l’évolution et de la diversification de ces familles. Les résultats de ce criblage ont été vérifiés par des approches complémentaires telles que l’hybridation de puces cDNA. Ardidie-Robouant. Muller. M. 2007). C. Novartis Fund. Symp.

ANGPTL4 appartient à la famille des angiopoiétines. Nos efforts se sont donc concentrés sur l’étude de la fonction d’Angiopoietin-like 4 (ANGPTL4) et de la thrombospondine-1 (TSP1).ANGPTL4 matricielle. pourrait modifier le micro-environnement tumoral et ainsi affecter . associée à la matrice extracellulaire subendothéliale et non protéolysée (55 kDa).338 PIERRE CORVOL neuritine et la Thioredoxin-interacting protein. 2006). L’ARNm d’ANGPTL4 est aussi exprimé spécifiquement dans les cellules tumorales des cancers conventionnels du rein (ou à cellules claires) pour lesquels ce gène constitue un marqueur diagnostique (Le Jan. étant induit par l’hypoxie et interagissant avec la matrice extracellulaire. Ces évènements s’accompagnent d’un étalement intermédiaire des HUVEC. au cours de processus hypoxiques. protéines impliquées dans la maturation et la stabilisation des vaisseaux ainsi que dans le développement du système. et d’autre part. une accumulation de la forme entière d’ANGPTL4 est observée dans les muscles ischémiques dans un modèle murin d’ischémie de patte (ligature-excision de l’artère fémorale) suggérant qu’ANGPTL4 pourrait exercer un rôle modulateur de l’angiogenèse sur les cellules de la paroi vasculaire dans un contexte hypoxique.ANGPTL4 soluble. Enfin. In vivo. associé à une modification du cytosquelette objectivée par une diminution des fibres de stress et des points focaux d’adhésion. d’une part. en particulier par l’intermédiaire des héparanes sulfates protéoglycans. présentaient. Cette forme matricielle interagit très fortement avec la matrice extracellulaire. 2003). ANGPTL4. le profil d’expression le plus convainquant sur des pièces d’amputation de patients souffrant d’ischémie critique des membres inférieurs ainsi que dans les pathologies tumorales (Le Jan. Puis. 2006). 2003). L’hybridation in situ nous a permis de caractériser l’expression de ces gènes apportant ainsi la preuve de la validité du criblage et la pertinence de certains marqueurs dans les tissus hypoxiques et angiogéniques (Le Jan. les critères de choix suivants ont été appliqués : 1) constituent-ils des marqueurs de pathologies (ischémie des membres inférieurs ou cancer) ? 2) Sont-ils des cibles thérapeutiques potentielles (protéines sécrétées ou récepteurs) ? 3) Comment sont-ils susceptibles de moduler la réponse angiogénique ? tsp1 et angptl4. étaient les gènes dont l’expression était la plus fortement induite. à la fois après criblage cDNA RDA et analyse de puces cDNA. Les analyses fonctionnelles réalisées in vitro ont confirmé cette hypothèse. Nous avons montré que l’expression de ce gène est induite par l’hypoxie dans les cellules endothéliales. Elle est présente sous deux formes distinctes : 1. nous avons montré qu’ANGPTL4 est une protéine sécrétée dans les cultures primaires de cellules endothéliales humaines issues de macro. présente dans le milieu de culture et soumise à une protéolyse extracellulaire (forme longue de 55 kDa et protéolysée de 35 kDa) 2. Afin d’étudier la fonction de certains de ces gènes.ou de microvaisseau et soumises à l’hypoxie. ANGPTL4 matricielle inhibe le bourgeonnement endothélial et la formation de tubes (Cazes. L’interaction matricielle d’ANGPTL4 participe à la constitution d’un réservoir de molécules bioactives qui inhibe la migration et l’adhésion des cellules endothéliales.

La technique d’électrotransfert d’ADN a été utilisée pour exprimer ANGPTL4 in vivo chez la souris. Les processus angiogéniques s’accompagnent d’un profond remodelage matriciel qui consiste aussi bien en la dégradation de la matrice extracellulaire en place qu’en l’établissement d’une matrice provisoire associée aux phénomènes dynamiques de migration cellulaire.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 339 les cellules tumorales mais aussi les cellules endothéliales intratumorales. Le profil d’expression de Cyr61. notamment des protéines matricellulaires auxquelles ANGPTL4 est apparentée. ostéonectine (SPARC) ou la thrombospondine 1 (TSP1) et IGFBP3. Les cellules B16 forment des nodules qui restent intravasculaires au niveau pulmonaire. Nov. Dans le cadre d’un réseau INSERM dédié à l’étude des cellules souches. Il est maintenant important de déterminer les caractéristiques moléculaires et fonctionnelles de l’interaction d’ANGPTL4 avec la matrice extracellulaire. L’objectif de l’équipe est aussi d’analyser les modifications du microenvironnement vasculaire dans un contexte hypoxique. La formation de points focaux d’adhésion est aussi fortement réduite. TSP1 et ANGPTL4 a été établi au laboratoire dans le milieu de sécretion et la MEC de cultures primaires . disponibles au laboratoire. In vitro. Les cellules endothéliales expriment effectivement certains membres de cette famille tels que les CCN (Cyr61. 2007) et (Smadja. l’expression d’ANGPTL4 par les cellules B16 inhibe leurs propriétés de migration. nous étudions le transcriptome ainsi que les propriétés angiogéniques de progéniteurs endothéliaux circulants adultes (Smadja. ANGPTL4 inhibe la perméabilité vasculaire dans un test de Miles en réponse à l’histamine. Le remodelage matriciel résulte donc à la fois des variations d’expression de gènes et des modifications post-traductionnelles des protéines exprimées. Dans ce contexte. par une analyse des protéines de la matrice extracellulaire produite par les cellules endothéliales in vitro. Ces résultats montrent qu’ANGPTL4 inhibe les processus métastatiques en affectant la perméabilité vasculaire et les propriétés de motilité et d’invasion des cellules tumorales (Galaup. 2008 soumis). puis à la formation d’une lame basale permettant la stabilisation du vaisseau néoformé. Ces phénomènes s’accompagnent d’une désorganisation du cytosquelette d’actine des cellules exprimant ANGPTL4. intégrines) et cellulaires (cellules de la paroi vasculaire ou cellules tumorales) ainsi que l’étude des souris invalidées pour le gène (angptl4 KO). il est important d’analyser le « sous-protéome » matriciel et en particulier l’expression de certains constituants matriciels. 2008 soumis). Les analyses des cibles moléculaires (récepteurs. Nov et CTGF). est en cours. la modulation de ces interactions pouvant contrôler la biodisponibilité d’ANGPTL4 dans les pathologies ischémiques tumorales comme cardiovasculaires (Chomel. développent moins de métastases pulmonaires chez les souris électrotransférées avec ANGPTL4 que dans les souris contrôle. que les cellules de carcinome pulmonaire 3LL xénogreffées sous la peau de souris et les cellules de mélanome murin B16F0 injectées dans le sinus rétro-orbital. d’invasion et d’adhésion. Nous avons montré. 2006). en collaboration avec l’UMR 8121 IGR. De plus. montrant qu’ANGPTL4 inhibe aussi le processus d’extravasation.

F. J. en association avec des réseaux de collagènes et de laminines. Certaines de ces protéines sont accumulées dans la MEC subendothéliale hypoxique. contribuant aux modifications du microenvironnement et impliquées dans les processus angiogéniques. 1. G. Fysekidis. une approche protéomique différentielle. D. H. A. N. Hubert. S. De plus. Sainz L’équipe « Angiogenèse normale et pathologique » s’intéresse à différents sujets de recherche : 1) le rôle du système rénine-angiotensine dans la régulation du système cardiovasculaire et la fonction rénale . L’ensemble de ces travaux permettra de caractériser l’action concertée de protéines matricielles régulées par l’hypoxie. Cousin. Nguyen. Seuls seront brièvement rapportés ici les deux premiers sujets de recherche. Bracquard. Larger. L’expression de ces protéines est aussi fortement augmentée dans les tissus ischémiques de pattes de souris ligaturées. 2) la genèse des calcifications vasculaires et 3) l’angiogenèse du pancréas au cours du développement embryonnaire et son implication éventuelle dans le diabète. Ledoux. Système rénine-angiotensine a) Activation constitutive du récepteur de l’angiotensine II Le rôle du système rénine-angiotensine a été essentiellement étudié par la surexpression ou l’inactivation de ses différents composants chez l’animal. Chougnet. 2006). E. Lamandé. Leroux-Berger. M. Il n’existait pas jusqu’à présent de données concernant les effets d’une activation constitutive de l’un des gènes de ce système. III — Angiogenèse normale et pathologique Équipe : P.340 PIERRE CORVOL d’HUVEC (Cazes. Gasc. 2008 soumis). A. Les analyses de ces protéines de pontage de la MEC se poursuivent afin de déterminer leur rôle dans le remodelage matriciel et les réponses angiogéniques des cellules vasculaires. J-M. Vincent. Caillard. sans a priori. Michaud. C. C. Corvol. M. a été réalisée par séparation en électrophorèse bidimensionnelle des protéines de la MEC de cultures primaires de cellules endothéliales de micro.et macrovaisseaux cultivées en normoxie ou hypoxie. Clemessy. Le laboratoire avait montré qu’il était possible de créer . Ainsi. S. C. Cette approche permet l’analyse de facteurs bioactifs associés aux composants structuraux de la MEC. I. Calderari. Parallèlement à cette caractérisation de protéines matricellulaires candidates. A. Kempf. Queguiner. M. Les conséquences fonctionnelles de cette expression sont en cours dans le modèle de la patte ischèmique chez les souris sauvages et les souris invalidées pour le gène (tsp1 KO) (Bréchot. le dernier étant encore au stade d’élaboration de programme de recherche. nous avons identifié par spectrométrie de masse des protéases et des enzymes de pontage et de réticulation de la MEC. l’expression de la TSP1 in vivo est analysée dans les tissus ischémiques du modèle murin de patte ligaturée. Bessonnat.

Par ailleurs. et n’est que partiellement internalisé et désensibilisé (Billet S. Il existe deux sites.. un peptide vasodilatateur et natriurétique. Elles ont une pression artérielle et une fonction rénale apparemment proches de celles des souris sauvages. b) Enzyme de conversion de l’angiotensine (ACE). Afin de connaître les conséquences physiologiques d’une telle activation. Le récepteur constitutivement activé remplace le récepteur AT1R. un modèle knock-in de souris a été réalisé. catalytique dans l’ACE. Biol.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 341 une activation constitutive du récepteur AT1 de l’angiotensine II (AT1R) in vitro en associant une mutation ponctuelle (N111S) et une délétion de l’extrémité C-terminale intra-cytoplasmique.. Aucun phénotype patent n’a été observé. Les données in vivo sont en accord avec celles observées in vitro : la réponse hypertensive et la durée de l’élévation de la pression artérielle sous angiotensine II sont plus marquées que chez les animaux sauvages. Le domaine N-terminal a été inactivé sélectivement et un knock-in réalisé. Elles ne possèdent qu’un site N-terminal actif. USA). Billet et al. Ces deux sites N. en un octapeptide actif. somme toute modeste. J. avec une nette fibrose au niveau cardiaque et rénal. Ceci suggère que la fibrose dans ce cas n’est pas seulement liée à l’élévation de la pression artérielle. Les données hormonologiques (rénine plasmatique basse. la régulation de la pression artérielle est maintenue grâce à une stimulation intense de . 2007). Clin. l’ACE inactive la bradykinine. Invest. Invest. Atlanta. Les souris chez qui AT1R est constitutivement activé développent une discrète hypertension artérielle (+ 20 mmHg). De telles souris produisent un ACE dans les tissus somatiques et germinaux comme chez les souris sauvages. et al. l’un appelé N-terminal et l’autre C-terminal. 2004). J. Toutefois. mais à l’activation locale du système rénineangiotensine. Ce nouveau modèle expérimental s’avère utile pour préciser le rôle de l’angiotensine II dans les organes cibles dans un contexte proche de celui de certaines formes d’hypertension humaine (S. nous avons créé une série de souris génétiquement modifiées pour le gène de l’ACE. inactive. aldostérone paradoxalement à des valeurs « normales ». ce qui laissait suggérer que le domaine C-terminal suffisait à assurer l’ensemble des propriétés physiologiques de l’ACE (Fuchs S. l’angiotensine II. le récepteur AT1R est spontanément activé. Clin. Afin de répondre à cette question. 2007). des souris chez qui le site catalytique du domaine C-terminal a été inactivé ont été créées (knock-in). Dans ces conditions. L’ACE joue un rôle central dans le système rénineangiotensine car il convertit l’angiotensine I. J. compte tenu de l’abaissement du taux de rénine) sont similaires à celles observées dans un groupe d’hypertendus catégorisé comme à rénine basse et aldostérone normale.. Chem.et C-terminaux catalysent tous deux ces réactions enzymatiques in vitro mais leur rôle respectif in vivo n’a jamais pu être évalués. faute d’inhibiteurs puissants et sélectifs.. et al. même en l’absence d’angiotensine II. Bernstein (Emory Univ. En collaboration avec K. Rôle du domaine C-terminal et phylogénie Rôle du domaine C-terminal.

c) Récepteur de la rénine Les études sur les fonctions pléiotropiques du récepteur de la rénine et de la (pro)rénine (P)RR sont poursuivies dans le groupe de G.. Nguyen dans plusieurs directions : — Une étude sur l’expression de (P)RR a été réalisée dans le cerveau de souris adulte. — La caractérisation des différentes formes moléculaires de (P)RR et. si la fonction rénale apparaît normale en situation physiologique habituelle. Le clonage d’un tel ACE putatif a été réalisé dans une bactérie phytopathogène. en collaboration avec Annette Koulakoff (Inserm U840 Collège de France Paris) et Charles Schwartz (Greenwood Genetic Center. De même. Hypertension 2008). les souris dépourvues d’un site catalytique C-terminal actif sont infertiles. L’ACE est présente dans plusieurs espèces d’invertébrés alors même que ces espèces sont dépourvues des autres constituants du système rénine-angiotensine. fonctionnelle dont le rôle n’est pas connu. Ces données montrent que XcACE est une ACE ancestrale. Par ailleurs. Fuchs et al. L’expression et la caractérisation de cette ACE révèle qu’il s’agit d’une dipeptidyl-carboxypeptidase fonctionnelle. et l’ACE correspondant a été appelé XcACE. Les travaux se porteront notamment sur l’enzyme responsable du clivage intracellulaire de (P)RR et sur les fonctions du (P)RR soluble. Xanthonomas axonopodis. .342 PIERRE CORVOL la production rénale de rénine. L’ACE chez les insectes et la sangsue sont des ACE possédant un seul site catalytique (à l’inverse des vertébrés chez qui existent deux sites catalytiques) et dépourvues d’une pièce hydrophobe d’ancrage transmembranaire. la recherche d’une forme soluble du récepteur. Cette protéine clive l’angiotensine I en angiotensine II. est sensible à l’effet du chore et peut être inhibée par des inhibiteurs d’ACE de mammifère. Son rôle possible dans la différenciation neuronale a débuté. Genes 2007). Manuscrit soumis.. Rivière et al. L’ACE pourrait jouer un rôle dans la reproduction chez les insectes. ce qui montre le rôle de l’activité enzymatique de l’ACE testiculaire dans la fertilité masculine (S. Elle représente un élément de plus pour répondre aux questions sur les relations structure/activité et sur la spécialisation de l’ACE au cours de l’évolution (G. les souris dont le domaine C-terminal de l’ACE est inactif ne peuvent pas concentrer de façon satisfaisante leurs urines lorsqu’elles sont soumises à une déshydratation. USA). L’analyse in silico de données génomiques révèle qu’une séquence d’ADN pourrait coder pour des enzymes de type ACE. ce qui suggère que le domaine N-terminal ne peut compenser par lui seul l’activité du domaine C-terminal. Présence d’une enzyme de conversion de l’angiotensine active chez une bactérie. Ces résultats montrent que le domaine C-terminal est le principal site de clivage in vivo de l’angiotensine I. en particulier.

Bases moléculaires des calcifications vasculaires Dans les conditions physiologiques. telles que les artères. est fréquemment observée chez le sujet âgé ou comme complication chez le patient atteint de pathologies. Il apparaît donc évident qu’une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans l’initiation et la progression de cette pathologie est essentielle pour améliorer la prévention et le traitement de ces minéralisations ectopiques. L’essentiel de la littérature suggère que le développement des calcifications vasculaires est due à la différentiation ostéoblastique de cellules musculaires lisses vasculaires en cellules osseuses dont la MEC subit une minéralisation. peu de choses sont connues sur les processus moléculaires impliqués dans leur formation et leur développement dans la paroi artérielle. Bien que la physiopathologie de ces calcifications/minéralisations vasculaires soit bien documentée. une minéralisation ectopique et anormale peut se développer dans des tissus mous. appelée plus couramment calcification vasculaire. hypertension. telles que l’athérosclérose. Cette minéralisation ectopique des vaisseaux. Ce programme est financé par le Conseil régional d’Ile de France sous la forme d’une allocation doctorale de 3 ans. Ces souris seront croisées avec des souris Cre sous contrôle de différents promoteurs (podocine spécifique des cellules épithéliales rénales. une protéine γ-carboxylée de la MEC). il est désormais clairement établi que les calcifications vasculaires sont associées à des évènements cardiovasculaires. les conséquences de l’exposition du fœtus à un diabète maternel sur les taux de (P)RR seront étudiées. Cependant. d’autres résultats générés par l’analyse de souris mutées. démontrent que la minéralisation de la paroi artérielle peut être initiée en absence d’ostéoblastes mais en présence de chondroblastes. par des mécanismes qu’il reste à découvrir. Ces résultats suggèrent que. En outre. — Enfin.MÉDECINE EXPÉRIMENTALE 343 — Une étude de l’expression de (P)RR dans le rein embryonnaire a été réalisée. Toutefois. diabète. à la fois d’une différentiation chondroblastique à l’origine de l’apparition de cellules cartilagineuses dans le vaisseau affecté et d’une minéralisation indépendante de la présence d’ostéoblastes de ce même vaisseau. ou encore l’insuffisance rénale. le laboratoire devrait disposer très bientôt de souris floxées pour (P)RR. afin d’étudier le rôle de physiologique de (P)RR ainsi que son implication dans différents modèles pathologiques. le diabète. lors des calcifications vasculaires. . telles que celles dépourvues de Matrix Gla Protein (Mgp. Bien que longtemps considérées comme bénignes. 2. l’hypercholestérolémie. dans certaines conditions pathologiques. La minéralisation de la paroi vasculaire est un indicateur important de la morbi-mortalité cardiovasculaire. la paroi artérielle peut être le siège. la minéralisation de la matrice extracellulaire (MEC) apparaît exclusivement dans les os (et les dents) qui se forment soit directement par différentiation ostéoblastique soit par l’intermédiaire de cartilage lors d’une différentiation chondro-ostéoblastique. SM22 spécifiques des cellules musculaires lisses vasculaires).

Magnon C. Physiol. Boullu-Ciocca S. 14 : 108-117. les buts de notre projet sont : 1) d’étudier les signaux et facteurs de transcription (notamment mais pas exclusivement certains candidats tels que Shh. Germain S.. Galaup A. Dynamic assessment of antiangiogenic therapy by monitoring both tumoral vascularization and tissue degeneration. nous espérons que les résultats obtenus au terme de ce projet pourront ouvrir de nouvelles stratégies thérapeutiques destinées à bloquer très précocement l’apparition et le développement des calcifications chez les sujets à risque. Perricaudet M. Nguyen G. responsables de la formation de cartilage ectopique dans les artères.. il existe une modulation réciproque des deux types de facteurs qui maintiennent chaque cellule qui les exprime dans leur phénotype propre. Regul.. grâce à l’analyse de deux modèles d’animaux présentant des calcifications vasculaires importantes . BMPs et GATA6. 292 : R274-R282. Renin receptor expression in human adipose tissue.344 PIERRE CORVOL Pour élucider les mécanismes moléculaires responsables de l’initiation de la minéralisation pathologique des vaisseaux. Les résultats préliminaires obtenus au cours de ces derniers mois montrent : — La disparition de marqueurs des cellules musculaires lisses au profit de l’apparition de l’expression de marqueurs de cartilage lors du développement des calcifications vasculaires dans le modèle des souris déficientes en Mgp. Gene Ther. 2) de déterminer. Am. En identifiant les signaux et facteurs de transcription impliqués dans la transition des cellules musculaires lisses vasculaires en chondrocytes. Desbriere R. en culture mais également in vivo.. les rôles et interactions spécifiques de ces molécules dans la transition phénotypique des cellules musculaires lisses en cellules cartilagineuses . Inversement les facteurs vasculaires empêchent l’activité transcriptionnelle de facteurs pro-chondrogéniques. 2007. Rouffiac V. J.. la surexpression de facteurs prochondrogéniques pourrait être responsable de la conversion des cellules musculaires lisses en chondrocytes. Liste de publications du laboratoire 2007-2008 Achard V. ce programme de recherche fournira des informations nouvelles et déterminantes sur les mécanismes qui régulent les étapes précoces des complications cardiovasculaires. Ces résultats suggèrent ainsi que. 2007.... . Rose M. 3) d’identifier et de caractériser des nouveaux régulateurs impliqués dans la minéralisation indépendante de l’apparition d’osteoblastes. Ceci confirme l’existence d’une trans-différentiation des cellules musculaires lisses vasculaire en cellules de cartilage au cours des processus de calcification. Comp. Connault E. and Lassau N. — L’existence d’une inhibition de l’activité des facteurs vasculaires par les facteurs chondrogéniques.2 respectivement).. Nkx3 .. En conditions pathologiques.. and Grino M. Griscelli F. Opolon P. Roche A. dans les conditions physiologiques.. Physiol. Par conséquent. Integr.

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j’ai consacré les deux premières séances à un point d’histoire de la paléontologie : les débuts de l’interprétation réaliste des fossiles. 25 janvier . Ce choix résulte des contraintes de l’actualité. réaliste et scientifiquement fondée des fossiles ? J’ai montré en détail comment les « glossopètres » de l’Ile de Malte ont joué un rôle éminent dans cette aventure intellectuelle qui se déroule de la Renaissance à l’Age classique. 18. Agostino Scilla (1670) et Paolo Boccone (1671). visant à la réalisation d’un Musée sur site (gisement dinosaurien de Tazouda) s‘intégrant dans un vaste projet de « Géoparc » dans le Haut Atlas. 22 février. de subvertir à l’école les enseignements scientifiques sur l’évolution. 7 et 9 mars 2008 (18 heures) Le retour à la source : l’évolution secondaire des tétrapodes vers les milieux aquatiques 2 — Les formes mésozoïques En prologue au Cours annoncé. Michele Mercati (1574). fossilisées et conservées dans les sédiments marins formant les assises de l’île. Les héros en sont Conrad Gesner (1565). à leur époque. sur tous les continents. Comment. ni des « jeux de la nature » mais bien de véritables dent de squales. 8. et malgré un environnement créationniste (et diluvianiste) dominant. J’ai brièvement présenté ensuite.1669). au titre de « l’actualité » des travaux de la chaire. 1. En un temps où le « néo-créationnisme » tente de s’emparer des esprits et essaye. les activités conduites depuis plusieurs années au Maroc. ceux-ci ont-ils été progressivement capables de construire une interprétation naturaliste. 15. Les « glossopetrae » ne sont pas la langue pétrifiée de Saint Paul (évangélisateur de Malte) et multipliée dans le sol « par la vertu des roches ». Cours 2007-2008 Vendredi 11. professeur ENSEIGNEMENTS 1. .Biologie historique et évolutionnisme Armand de Ricqlès. Nicolas Stenon (1667. il est réconfortant et salutaire de se tourner vers les « pères fondateurs ».

La reconstitution du crâne chez Mesosaurus et Stereosternum avec des fosses temporales de type « synapside » n’est pas certaine et cet argument n’est plus guère accepté pour rapprocher les Mésosaures de la lignée mammalienne. Thalattosaurus et Nectosaurus ont une fosse temporale « basse » techniquement de type synapside (lignée mammalienne) bien que le reste de l’anatomie évoque plutôt les diapsides. de nombreuses lignées s’adaptent en effet secondairement aux milieux aquatiques à partir d’ancêtres présumés terrestres. comme chez les Urodèles. paléobiologie. Askeptosaurus. déploiement biostratigraphique et paléogéographique. Permien inférieur). Parmi ces derniers. souvent rapprochés des Synapsides (lignée mammalienne) : Mésosaures et Thalattosaures. Ils sont célèbres par les implications paléogéographiques de leur répartition (Afrique du Sud et Amérique du sud exclusivement). Placodontes et Plésiosaures). Ils ont vécu dans une mer épicontinentale sur le Gondwna. J’ai traité ensuite en détail le clade des Ichthyosaures (Ichthyopterygia ou « Parapsides »). Après un rappel des caractéristiques ostéologiques fondamentales des amniotes (problème des fosses temporales. les données d’histoire de la paléontologie et de la systématique (premières découvertes puis compréhension « classique » du groupe) avec les données récentes issues de la recherche moderne (nouvelles découvertes. De taille moyenne (1 à 3 m de long) ils ont des membres courts mais pas transformés en palettes natatoires. ayant suivi les dépôts de tillites glaciaires en Afrique du Sud (Groupe de Dwyka). cette année. soit par leur biodiversité.. pour chaque groupe. ayant servi d’argument fort en faveur du « Continent de Gondwana » bien avant l’élaboration de la « tectonique des plaques ». Les Mésosaures constituent un petit groupe d’amniotes primitifs de taille médiocre (50 cm à 1. paléoécologie. etc.) on a d’abord traité de deux petits groupes anciens. biomécanique. Les découvertes de l’Ecole Suisse de Peyer dans le Trias des Alpes tessinoises (années 1930) de reptiles marins diapsides (Macrocnemus.350 ARMAND DE RICQLÈS Le cours proprement dit a débuté par un rappel des éléments biologiques présentés l’année dernière à propos de l’adaptation secondaire de certains amphibiens aux milieux aquatiques (hétérochronies de développement dans l’histologie squelettique) en posant la question de la possible pertinence de ces mêmes mécanismes mais cette fois chez les amniotes (Reptilia). Les Thalattosaures forment un autre petit groupe de reptiles aquatiques découvert au début du xxe siècle dans le Trias supérieur de Californie.50 m) représentant les plus anciens reptiles très modifiés par leur adaptation à la vie aquatique (Carbonifère supérieur. j’ai tenté de croiser. Les phénomènes extensifs de pachyostéosclérose intéressant la morphologie (côtes « en bananes ») et l’histologie de tout l’endosquelette sont très marqués et suggèrent que. On a envisagé. Comme d’habitude. extinction…). des hétérochronies de développement du squelette sont associées à l’adaptation secondaire au milieu aquatique. soit par leur longévité géologique ou pour leur importance écologique.) assez comparables aux thalattosaures ont fait . l’évolution à cet égard de groupes d’importance variée.. analyse phylogénétique. J’ai enfin passé en revue le grand clade des Sauropterygia ou « Euryapsides » (Nothosaures. membres.

recouvrements et disparitions des os dermiques de la joue et de la région temporale sont intervenus dans diverses lignées d’ichthyosaures. Cette hypothèse a été confirmée à partir des années 2000 par la découverte de formes nouvelles dans le Trias supérieur du Guizhou (Chine). Au contraire la palette peut s’élargir (« latipinnates ») avec . On a également relaté l’histoire des premières iconographies de vulgarisation paléontologique à propos des ichthyosaures par de la Beche (1830) et Parley (1837). La disposition crânienne des Ichthyosaures était apparue comme très singulière. fusions. Les membres antérieurs et postérieurs sont complètement transformés en palettes natatoires. Pendant la plus grande partie du xxe siècle. Anshunsaurus. la palette devenant alors étroite et très allongée (lignées « longipinnates » : Shastasauridés du Trias supérieur).BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 351 rapidement soupçonner que ces derniers pourraient être des diapsides modifiés par perte de la fosse temporale supérieure. En fait. permettant ainsi de découvrir l’existence de nageoires dorsale et caudale supérieure uniquement tégumentaires. Nous avons relaté l’histoire de ces premières découvertes (1814) sur les côtes du Dorset par Mary Anning. A partir des années 1970 de nouvelles études (Romer. en notant l’importance des « fossilisations exceptionnelles » des traces du tégument. Il y a toujours hyperphalangie mais le nombre de doigts peut se réduire. mais la fosse temporale supérieure est particulière car typiquement limitée infèro-latéralement par le post frontal et le supra temporal. Mc Gowan) avaient mis en doute l’existence de cette disposition anatomique. dès la base du Lias dans certaines lignées. Omphalosaurus…) se sont adaptées à la durophagie. les travaux comparatifs récents prenant en compte les formes du Trias et du Jurassique ont permis de résoudre le problème. et donc la pertinence même du concept de parapside : il s’agirait de diapsides typiques. Il s’agit de diapsides. Avec le groupe des Ichthyopterygia (Ichthyosaures) constituant un grand clade naturel. On est passé ensuite à la présentation anatomique générale du groupe. la création du Genre Ichthyosaurus par Koenig (1817) et l’intérêt de Cuvier qui fait acheter le premier spécimen pour le Muséum (1820). mais quelques formes triasiques (Phalarodon. on aborde une radiation majeure de tétrapodes retournés au milieu aquatique. Les dents sont généralement coniques à carènes coupantes (fonction prédatrice). comme à Holzmaden (Toarcien du Wurtemberg). Des phénomènes de déplacements. cette disposition a justifié de placer les ichthyosaures dans une « sous classe » particulière des Reptilia : les Parapsides. qui semble s’être dispersé au Trias sur la rive nord de la Téthys. Xinpunsaurus et d’autres taxons ont récemment permis la construction d’un cladogramme du groupe. avec des dents à couronnes bulbeuses. dont l’origine à partir d’une membre pentadactyle « typique » de vertébré terrestre peut être désormais assez bien documentée grâce à la découverte de formes très primitives (Chaohusaurus) récemment décrites du Trias inférieur d’Anhui (Chine). La découverte de ce groupe en Angleterre au début du xixe siècle nous ramène aux origines mêmes de la paléontologie des vertébrés. A partir d’une disposition diapside « typique » plésiomorphe (Trias inférieur) une disposition parapside typique se réalise bien secondairement.

La phylogénie d’ensemble du groupe est désormais établie dans ses grandes lignes par l’analyse cladistique. Stenopterygius. vivant dans des environnements néritiques. On a discuté ensuite de l’histoire de la répartition spatiale du clade qui est relativement bien documentée. Au Trias supérieur ils sont largement répartis depuis la région orientale (Japon. Ophtalmosaurus. au corps encore allongé et à la caudale plésiomorphe. Phalarodon) sont de petite taille. au Spitzberg et en bordure du Pacifique (Colombie britannique. constituant de nombreux taxons de taille moyenne (3 m) à grande (7 m) et présentant chacun des autapomorphies variées (forme du rostre. le groupe subit une nouvelle diminution de sa diversité mais persiste au Crétacé avec des formes telles que Platypterygius présentant une polydactylie. La morphométrie renseigne sur l’évolution des modes de nage et suggère une physiologie « pseudo-endothermique » chez les espèces thuniformes. renflé. De nombreuses questions restent toutefois ouvertes. et qui proviennent de formes du Jurassique phylogénétiquement moins dérivées que le groupe Ichthyosaurus-Ophtalmosaurus. Russie du Sud et région australienne. la morphologie des formes primitives (Trias inférieur) présente un corps allongé. Les formes archaïques du Trias inférieur et moyen (Mixosaurus. Enfin la sédimentologie permet de préciser les habitats (formes néritiques ou pélagiques). taille des orbites…) (Ichthyosaurus. Au Jurassique moyen. avec une caudale dans le prolongement du tronc. Au Jurassique terminal. céphalopodes). L’histologie suggère une croissance rapide dans un contexte adaptatif très comparable à celui des Cétacés. en Europe alpine et centrale. et une caudale falciforme adaptée à la nage thuniforme. comme chez Platypterygius du Crétacé inférieur. Les Shastasauridés du Trias supérieur. Europe centrale. Chine). Leptopterygius. adapté à la nage anguilliforme.352 ARMAND DE RICQLÈS hyperdactylie. Au fur et à mesure de leur évolution les ichthyosaures réalisent un profil plus hydrodynamique avec un tronc plus court. représentent les premiers grands ichthyosaures (Cymbospondylus) et contiennent les géants du groupe (Shonisaurus : 15 à 20 m ?). La taphonomie informe sur la reproduction (viviparité) et l’alimentation (poissons. telle la concentration d’individus immatures et de femelles gestantes dans d’éventuels . Névada) surtout dans des sédiments marins côtiers. En ce qui concerne la paléobiologie.). etc. Les ichthyosaures apparaissent au Trias inférieur de Chine (Chaohusaurus). De façon générale. A l’Albien (Sommet du Crétacé inférieur) leur répartition est encore très vaste : « continental seaway » sur l’Amérique du nord. les principaux gisements européens « classiques » sont en Angleterre et en Allemagne et le groupe est également connu des bordures du Pacifique : Neuquèn (Argentine) et Wyoming (USA). nous avons présenté et discuté les données et l’argumentation concernant divers aspects du mode de vie. Ce sont les types « classiques » d’ichthyosaures du Jurassique. La biodiversité du groupe s’effondre lors de la transition Trias/Lias mais la lignée se poursuit avec des formes adaptées à la vie pélagique (Néoichthyosauria).

En revanche il n’y a pas de fosse temporale inférieure. et donc limitée latéralement par le post orbitaire et le squamosal. très peu modifiés par rapport aux formes jurassiques. L’articulation carré/articulaire est reportée très postérieurement. les membres pairs euxmêmes (et leurs ceintures) conservent toujours un rôle important. Globalement. Chez ces derniers la propulsion était assurée par des ondulations latérales du tronc et de la queue. la dynamique de leur différenciation donne toujours lieu à controverses. Le problème de l’origine des ichthyosaures demeure largement ouvert. Dans ce cas. Chez les sauroptérygiens. J’ai enfin évoqué les problèmes d’origine et d’extinction du groupe. Les sauroptérygiens présentent un mode d’adaptation à la propulsion aquatique fondamentalement différent de celui des ichthyosaures. caractéristique du groupe. et les placodontes. l’origine du groupe participe d’une dynamique de recolonisation rapide des habitats par rediversification des écosystèmes après la crise. missionné par Cuvier. comme chez les poissons. bien avant la fin du Crétacé supérieur.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 353 « sites de reproduction » à la façon des Cétacés (Holzmaden ?). la découverte des plésiosaures ramène aux origines mêmes de la paléontologie scientifique. les membres pairs ne conservant que des fonctions de stabilisateurs et de gouvernes. la différenciation initiale des ichthyosaures aurait été très rapide et concentrée à la base du Trias (base du Scythien). Pour les autres. S’il paraît clair désormais qu’ils dérivent de quelque diapside terrestre « généralisé » et encore inconnu. les sauroptérygiens montrent une plus grande biodiversité et un plus long succès évolutif que les ichthyosaures. fait allusion à la disposition particulière des fosses temporales. désignant classiquement une « Sous Classe » des Reptilia. sensibles à l’énorme extinction fini-permienne. Quand celui-ci disparaît. J’ai relaté les soupçons de Cuvier dessinant en Angleterre dès 1818 des os isolés de plésiosaures. le degré de spécialisation des premiers ichthyosaures connus du Spathien (Trias inférieur) implique une longue histoire permienne encore totalement inconnue. Comme celle des ichthyosaures. A sa place. à la suite d’une réduction progressive de son aire d’extension géographique connue. De futures découvertes de terrain permettront sans doute de tester ces hypothèses. dans la locomotion. le clade débute au Trias avec les nothosaures. étaient déjà des « fossiles vivants » dans les écosystèmes marins du Crétacé. de taille petite ou moyenne. la découverte du premier squelette complet par Mary Anning (1821) et l’achat par Constant Prévost. ne disparaissant qu’avec l’événement fini-Crétacé. les derniers ichthyosaures. Classiquement. Le terme d’Euryapside. très spécialisés dans la consommation de coquillages. Seule est présente une fosse temporale supérieure homologue à celle des diapsides. Il se poursuit au Jurassique par les formes pélagiques bien connues des . Pour les uns. une émargination de la bordure inféro-latérale de la joue et l’absence de quadrato-jugal suggèrent qu’une fosse temporale inférieure de diapside aurait pu être initialement présente. voire majeur. selon des modalités toutefois assez variées. du second squelette sub-complet pour le Muséum dès 1824. L’autre grand rameau évolutif envisagé cette année est celui des Sauropterygia (ou Euryapsides) dont les représentants les plus connus sont les plésiosaures. formes encore amphibies.

que nous avons détaillée. à la limite Anisien/Ladinien (Trias moyen). Le cou. qui suggère plutôt l’existence d’une seule lignée évoluant par anagenèse. et qui est très proche de celle des mésosaures (voir ci-dessus). Nous avons montré combien ce schéma général avait été enrichi et modulé par les recherches des deux dernières décennies. Avec ce modèle on dispose de « paléopopulations » (contrôle statistique) représentées par des individus complets (contrôle anatomique). L’analyse cladistique de ces taxons. Les Nothosaures proprement dits (Nothosaurus. Ce clade est caractérisé. les trois autres espèces de Neusticosaurus étant de plus en plus dérivées. on n’en a nulle trace dans la documentation morphométrique et stratophénétique disponible. avec toutefois des autopodes allongés mais sans hyperphalangie. à titre d’exemple. Anarosaurus. les plésiosaures y culminant avec des formes terminales de très grande taille. et des pliosaures à cou court et à tête allongée.. A la suite des études récentes de O. Lariosaurus. mais les quatre principales séquences fossilifères successives n’en représentent qu’un faible pourcentage temporel. entre autres synapomorphies. comprenant des séries de croissance (contrôle ontogénique).50 m à 4 m). provenant des célèbres gisements du Monte San Giorgio (Tessin). Les taxons concernés : Serpianosaurus et trois espèces successives de Neusticosaurus (Pachypleurosaurus) : N. présentant une grande diversité dans . dont l’ontogénie est connue. L’analyse cladistique place Serpianosaurus comme taxon basal... montre qu’ils constituent un premier clade basal des Sauropterygiens : les pachypleurosaures. Ceresiosaurus. edwardsii se succèdent localement dans la série stratigraphique. se succédant dans le temps (contrôle stratigraphique) et l’espace en un même lieu (contrôle géographique). j’ai détaillé. de Chine. Que souhaiter de mieux dans la documentation paléontologique ? La série stratigraphique représente une durée de 5 MA au maximum. L’histoire paléontologique du groupe débute au Trias inférieur avec des organismes lacertiformes de petite taille (50 cm). On retrouve les uns et les autres au Crétacé. qui se regroupe avec d’autres taxons de très petite taille et un peu plus récents du Trias inférieur et moyen d’Europe centrale (Dactylosaurus. peyeri et N. Cymatosaurus. les élasmosaures. En revanche.) sont généralement des organismes plus spectaculaires que les pachypleurosaures (1.). du fait de nouvelles découvertes et de l’application de la méthode cladistique. Rieppel et coll. initialement classés parmi les nothosaures. N. ce qui est conforme à leurs situations stratigraphiques respectives. les problèmes paléobiologiques et évolutifs concenant des pachypleurosaures un peu plus récents et de plus grande taille. Le cladogramme suggère l’existence de plusieurs « lignées fantômes » répondant aux cladogenèses successives aboutissant aux quatre taxons décrits. On saisit sur cet exemple en quoi l’analyse logique de la répartition taxinomique des états de caractères (analyse cladistique) pourrait éventuellement différer de la phylogénie concrète. etc. pusillus. Simosaurus. La forme la plus basale est Keichousaurus. par une histomorphogenèse squelettique particulière.354 ARMAND DE RICQLÈS plésiosaures à cou allongé et tête petite. le tronc et la queue sont allongés tandis que les membres pentadactyles sont relativement courts et robustes.

La nage pouvait encore impliquer des ondulations latérales du corps et de la queue. On avait soupçonné depuis longtemps qu’une famille très mal connue de nothosaures du Trias moyen. armée par des côtes puissantes. Les portions dorsales des ceintures étaient sans doute reliées à l’axe vertébral par de puissants systèmes ligamentaires. Une analyse critique serrée de cette conception par Robinson (1975-76) tant du point de vue anatomique qu’écologique et énergétique a entraîné son abandon. Les plésiosaures apparaissent avec la transgression liasique en Europe. mais devaient encore permettre la locomotion au sol (on a comparé leur situation. Trias alpin. contrairement aux plésiosaures. Les palettes natatoires postérieures (pelviennes) sont un peu plus développées que les antérieures (pectorales) chez les pliosaures. très complexe. L’analyse phylogénétique du groupe. du Trias moyen du Nevada et de Yunguisaurus du Trias moyen de Chine relativement aux nothosaures et à Plesiosaurus (2006) confirme la position des pistosaures comme groupe-frêre externe des Plésiosaures. On a relaté l’histoire des interprétations successives de la locomotion chez ces organismes. Ceci pose le problème de l’origine de ces derniers. Moyen Orient. La tête triangulaire. les pistosaures. transmettant l’effort propulsif. Celles-ci sont reliées ventralement par un puissant système de gastralia. C’était des organismes plutôt néritiques à rôle de superprédateurs dans les mers du Trias moyen et supérieur (Europe centrale (Muschekalk). L’analyse phylogénétique des caractères d’Angustasaurus. et plus ou moins allongée. à cet égard.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 355 leurs proportions crâniennes. Les membres sont toujours transformés en palettes natatoires plus ou moins allongées par un forte hyperphalangie (pas d‘hyperdactylie) et sont associés à un développement ventral considérable des ceintures scapulaires et pelviennes. on en est resté à une reconstruction proposée par Watson (1924) faisant des plésiosaures des « rameurs ». La région troncale. s’élargit assez considérablement et s’aplatit. n’a pas encore abouti à des conclusions robustes. à celle des pinnipèdes parmi les mammifères). Désormais on voit dans les plésiosaures (comme à la fin du xixe siècle) des pratiquants du « vol subaquatique » à la manière des tortues marines et des manchots actuels. Pendant une bonne partie du xxe siècle. Les membres pentadactyles assez peu modifiés sont cependant déjà adaptés à la vie aquatique. aurait été à l’origine des plésiosaures. était de relativement petite taille et portée par un cou allongé. Des considérations hydrodynamiques et énergétiques suggèrent que les plésiosaures « classiques » à petite tête et long cou étaient des . Les nothosaures ne dépassent pas le sommet du Trias mais sont relayés dés le Lias par les premiers plésiosaures. répondant à la réalisation itérative de deux « types adaptatifs » différents de grands prédateurs marins. Chine…). Ils disposaient toutefois de deux « modules propulsifs » (pectoral et pelvien) au lieu d’un seul (pectoral) chez leurs analogues actuels. Cette hypothèse a été confirmée récemment par la découverte de nouveaux pistosaures beaucoup plus complets. avec d’emblée des formes pélagiques à tête plutôt petite et à cou long (plésiosaures proprement dits : Cryptocleidus) et des formes à grande tête et à cou court (type pliosaure : Peloneustes). L’analyse cladistique d’ensemble du groupe tend à montrer que cette subdivision est plus écologique que phylogénétique.

Celle d’un élasmosaure primitif dans le Jurassique inférieur français (Bardet 1999) est venue documenter l’origine de ces formes dominantes au Crétacé. en Utah (2007) ont confirmé que les Polycotylidés font partie d’un groupe de « plésiosaures à cou court » ou « faux pliosaures ». 1993). Le « type pliosaure » est bien représenté au Crétacé par les Polycotylidés. dans la nature actuelle. et ce jusqu’au Crétacé terminal. dont l’histoire peut être suivie en détail dans les régions Néo-Zélandaises. ont montré que ce groupe n’était pas apparenté directement aux pliosaures jurassiques mais qu’il fait partie d’un clade des Cryptocleidoidea (O’Keefe 2004) comprenant basalement des plésiosaures comme Muraenosaurus du Jurassique. à la façon des formes triasiques. J’ai traité à part le groupe triasique des Placodontes. Tandis que les jeunes ont un squelette pachyostique suggérant un rôle de « ballast » dans des environnements néritiques. Ainsi les pliosaures apparaissent bien comme un écotype ayant évolué de façon polyphylétique. pour des crânes de 30 à 50 cm chez les formes du Crétacé supérieur connues du centre et de l’ouest des USA. et réalisant ainsi une « trappe » à poissons ou à céphalopodes. telles que Thalassomedon. Très récemment. les adultes acquièrent ensuite un squelette de structure allégée. La biomécanique dentaire et crânienne d’un superprédateur comme Pliosaurus a été analysée en détail et il a pu être montré que des carcasses flottées de dinosaures pouvaient entrer dans le régime (Taylor et al. sans doute en relation avec la vie pélagique (Wiffen et al. Nous avons relaté une succession de découvertes récentes concernant le groupe. Les pliosaures. Le cou très mobile s’allonge démesurément tandis que la queue se raccourcit en proportions relatives. Les grandes dents faisaient saillies extérieurement. Australiennes et Sud-Américaine/Antarctique. « de type cétacé ». les élasmosaures. Des travaux phylogénétiques récents. les supérieures et les inférieures s’entrecroisant. dont les relations phylogénétiques avec les autres Euryapsides ne font pas consensus. auraient été des nageurs plus rapides que l’on a pu comparer écologiquement à des orques. 1995). beaucoup plus hydrodynamiques. avec des formes parfois écologiquement très spécialisées dans la microphagie (Aristonectes). pouvant atteindre 12 à 15 mètres de long. Les plésiosaures à cou long évoluent au Crétacé vers des formes de très grande taille. Les travaux paléohistologiques sur des séries de croissance d’élasmosaures et de pliosaures du Crétacé supérieur de Nouvelle Zélande ont apporté des données intéressantes. Les rares données européennes issues du Maestrichthyen éponyme (Mulder 2000) indiquent également une persistance modeste du groupe jusqu’à l’extrême fin du Mésozoïque. Styxsosaurus ou Hydrotherosaurus. les découvertes d’Albright et al. J’ai commencé . La position des plésiosaures et pliosaures au sein des écosystèmes marins du Jurassique supérieur a été systématiquement analysée sur le modèle de l’Oxford Clay (Martill 1994). fondés en particulier sur la structure du palais chez Dolichorhynchops du Campanien (Crétacé supérieur) du Kansas.356 ARMAND DE RICQLÈS nageurs d’endurance mais peu rapides.

Les membres. de Ricqlès. Il s’agit pour lui. en quelque sorte. Les autres familles de placodontes (Cyamodontidés : Cyamodus. Pour le biologiste. à des chéloniens. Sinocyamodus. Séminaire 2007-2008. On a fait remarquer à cet égard que ces organismes spécialisés aux milieux néritiques n’ont pu s’adapter aux grandes transgressions liasiques. Des ostéodermes se soudent à sa marge postéro-latérale et le corps s’aplatit dorso-ventralement. les 21-23 mai 2008 Organisé avec le Professeur Jean Gayon (Université Paris I Panthéon Sorbonne) dans le cadre de l’action concertée incitative (ACI). une grande forme (2 à 3 m) du Muschelkalk (Trias moyen) du domaine marin épicontinental (plates formes carbonatées) d’Europe centrale bordant le nord-ouest du domaine téthysien profond. Gayon. massif et solide. J. la notion de fonction est aussi familière qu’omniprésente dans tous les aspects de son travail. C’était un animal plongeur au tronc rebondi et à la queue allongée. Depuis une vingtaine d’années. O. Psephochelys. L’évolution du groupe est dominée par l’adaptation à ce régime. Les ostéodermes dorsaux ne forment pas de carapace. Chez Cyamodus et Psephoderma. Aucun placodonte ne dépasse le sommet du Trias. La notion de fonction : des sciences de la vie à la technologie. Les membres. d’un « outil intellectuel spontané » dont la disponibilité pratique permanente fait qu’il n’éprouve pas souvent le besoin. se raccourcit et s’élargit postérieurement pour faire place à une énorme musculature adductrice de la mandibule. de nombreux placodontes ont été découverts dans le Trias supérieur de Chine (Guizhou) : le groupe semble avoir évolué pendant tout le Trias dans les mers chaudes épicontinentales bordant le Nord de la Tethys. la région pelvienne ayant une armure indépendante. de s’interroger sur sa pertinence ou sa signification. . propres à broyer les coquilles de mollusques marins. Parot). plus large que longue. relativement courts mais peu modifiés. le biologiste utilise cette notion à chaque instant de son activité. Fr. Les puissantes incisives proclives sont suivies sur le palais et la mandibule par quelques énormes « dents en pavés » à l’émail épais. Houdé. partenaires scientifique A. 2. peu spécialisés. Henodontidés : Henodus. la queue reste allongée. Les côtes de morphologie complexe étaient complétées ventralement par des gastralia. mais superficiellement. Le crâne prend une forme triangulaire. contrairement aux autres Sauropterygiens et aux Ichthyosaures qui s’adaptent alors à des modes de vie pélagiques. est adapté à un régime conchylophage. restent bien développés. Psephoderma. biologiques et médicale (Coordinat. Chez Henodus. Une carapace constituée par des ostéodermes polygonaux se différencie dorsalement et ces placodontes en viennent ainsi à ressembler beaucoup. Le crâne. etc.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 357 par la présentation de Placodus gigas.) se spécialisent davantage. La notion de fonction dans les sciences humaines. la carapace est en deux parties distinctes. Plachochelyidés : Plachochelys. au fil de la recherche. Comme Monsieur Jourdain faisant de la prose sans le savoir. ne devaient guère permettre une locomotion terrestre. elle prend une forme en selle.

dimension non prise en compte par les sciences nomologiques. plus ou moins revendiqué. La « cause finale ». autrement dit l’apparence d’une explication rationnelle des faits. et allant exercer sur un organe cible particulier appelé récepteur une action spécifique qui est son seul rôle ». si satisfaisante et si naturelle en apparence. ou plus ou moins honteux . la fonction est apparemment une notion d’une grande utilité. au sens où l’entendent les sciences physico-chimiques. dans telle circonstance physiologique. ne serait-ce que de façon implicite et ramassée. la cause devant toujours précéder l’effet. c’est paradoxalement sa réalité efficiente. a pu souvent conduire. ou de celui du tissu. l’explication de l’hormone. Expliquer. du rôle du neuromédiateur trans-synaptique. ou plutôt apparence seulement d’une explication ? En science. soit selon la voie descendante du réductionnisme. Evoquer la fonction. concrète et opérationnelle relativement au niveau biologique où l’on . Amorce d’une explication rationnelle. de celui de la cellule plus ou moins spécialisée. l’interprétation. aucun scientifique ne devrait se résoudre à l’admettre.358 ARMAND DE RICQLÈS Un premier aspect frappant de la notion de fonction est donc la constance de son usage par le biologiste — et je comprends sous ce terme aussi bien le biologiste moléculaire dans son laboratoire que le naturaliste de terrain qui peuvent être encore parfois — et heureusement — une seule et même personne. à un finalisme plus ou moins généralisé. l’omniprésente utilité de la fonction se comprend assez facilement parce qu’elle propose. De fait. Songeons par exemple à la définition de l’hormone : « substance chimiquement définie. la fonction est partout. Dans le cas de l’hormone et de sa définition physiologique. c’est-à-dire la cause de son existence. du système. La fonction de l’hormone. voire du rôle de l’espèce au sein de l’écosystème. en effet. Elle nous propose donc un perpétuel cheminement bi-directionnel selon l’axe de l’intégration organique. à toutes les échelles de l’intégration organique du vivant puisqu’on la retrouve à tous les niveaux. soit selon la voie ascendante du compositionnisme. c’est donc remonter rétrospectivement des effets aux causes. de celui de l’hormone. véhiculée par le sang. L’explication par les causes finales est-elle inéluctable pour les sciences biologiques ? A mon sens. c’est donc toujours donner à saisir l’amorce d’une explication. et jusqu’à celui de l’organisme en tant que totalité intégrée au sein de la population. est irrecevable pour les sciences ordinaires. une justification des données observées. Qu’il s’agisse du « site fonctionnel » de l’enzyme. de l’organe. l’explication par la fonction. qui inverse le sens de l’explication relativement au déroulement du temps. Il y a dans l’apparente légitimité des explications finales en biologie un « tour de passe-passe » de la nature qui découle de la dimension historique et généalogique de l’évolution. est dans son effet physiologique lui même : on a donc affaire à une « explication finale » et non pas causale. produite par une glande endocrine. au sens aristotélicien. on constate immédiatement un paradoxe. autrement dit l’explication de sa présence. c’est donc d’aller réguler la marche de tel organe. Un deuxième aspect frappant de la fonction. en biologie. A tous les niveaux de cette hiérarchie. Pour tous. une explication doit être causale.

on l’a vu. Son pendant. de la molécule à l’écosystème. « les structures sans les fonctions sont des cadavres.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 359 situe son exercice. des propriétés particulières d’objets matériels. la fonction ne peut être opérationnellement traitée comme une abstraction. la fonction ne peut se concevoir effectivement sans l’existence de structures matérielles qui la soustendent et en constituent en quelque sorte le support. Ainsi. De là à considérer que les fonctions des structures sont la raison même de l’existence de ces dernières. suggèrent que les systèmes de contraintes. les fonctions sans les structures sont des fantômes ». Le vivant est Janus bifrons. La congruence entre la structure et la fonction s’observe partout en biologie comme en technologie. ou une interaction spécifique. ainsi que le nombre limité de solutions structurales à un problème fonctionnel donné. Si la finalité intentionnelle consciente qui se manifeste dans les technologies humaines ne pose pas problème. pour le biologiste. Ainsi. dans le dialogue — ou la confrontation — entre l’anatomie et la physiologie mais il serait aisé de montrer que cette opposition organise une systématique de tout l’ensemble des disciplines biologiques. que selon l’axe des disciplines fonctionnelles. et de façon générale des sciences positives. indissociablement. On pourrait dire. qui dit fonction dit en réalité. par exemple. à la fois structural et fonctionnel. l’écologie est une métaphysiologie des interactions supra-spécifiques. ou comme un concept général. ont des propriétés spécifiques qui découlent avec un degré de nécessité très fort. au niveau des organismes. à tous les niveaux d’intégration où on l’envisage. en tant que manifestation concrète. en canalisant le champ des possibles. A cet égard la ressemblance entre les solutions fonctionnelles observées dans la nature et celles choisies en ingénièrie. de taille. . Les structures. On peut donc dire que les fonctions des structures sont des propriétés émergentes de cellesci. en tant qu’objets concrets figurés. avec des caractéristiques précises en matière de composition. pourrait être la démographie. dès que l’on tente d’isoler conceptuellement sa nature propre. mais bien comme une action. En effet. Le couple structure-fonction a trouvé son illustration la plus évidente. sur tout le problème de la finalité. Comme le notait Wainwright avec humour. parce qu’elle est avant tout interaction plutôt que substance. hic et nunc. et cependant son apparence assez abstraite. pèsent fortement sur toutes les réalisations structuro-fonctionnelles. des difficultés fondamentales. concrètement. de forme et d’énergétique. l’existence d’un couple structuro-fonctionnel indissociable. ou structures. conséquences de l’universalité des lois physiques. émanant de leur constitution même. dans le cadre de la pratique des sciences biologiques. qui débouche. de la géométrie et de la topologie. des lois de la physico-chimie. sa transposition dans le domaine biologique soulève. sur l’axe des disciplines structurales. comme on l’a déjà souligné. c’est franchir un pas considérable autant que périlleux. ainsi que pourrait le faire le philosophe.

les systèmes existent-ils « pour » accomplir les fonctions qu’ils remplissent ici et maintenant. un système est souvent délimité. En ce sens. . peuvent effectivement répondre à des fonctions. En effet. ou pour de toutes autres raisons ? On voit poindre au travers de ces interrogations les origines des deux grandes conceptions concurrentes — émergence systémique anhistorique ou fruit de l’histoire sélective — que l’épistémologie moderne propose pour des concepts de fonction débarrassés de tout finalisme. Relativement au couple structure/fonction. Quoi qu’il en soit. Les interactions intervenant entre les éléments d’un système. c’est à dire par la « traque » progressive par des structures potentiellement modifiables de fonctions de plus en plus congruentes aux conditions de milieux. tel qu’il est généralement mis en œuvre par l’évolutionnisme contemporain. comme pour celles des structures. où l’organisme peut être atomisé en une infinité de « traits structuro-fonctionnels ». conditions elles mêmes perpétuellement changeantes ? La pluralité fonctionnelle des structures. dans ses aspects les plus orthodoxes. la critique gouldienne du pan-adaptationnisme ne remet pas en cause l’intérêt du concept de fonction. mais ce n’est pas toujours le cas. des évènements qui. concept jouant un rôle moteur et central dans l’évolutionnisme. c’est-à-dire pratiquement défini. en contexte darwinien. L’apport de l’œuvre d’un Stephen Jay Gould (1946-2002) a été largement de montrer combien ce « pan adaptationnisme » exagéré laissait sur le bord du chemin une multitude de considérations indispensables à une synthèse évolutive encore plus générale et pertinente. D’un autre coté. toute référence au finalisme. modulé et contrôlé par la sélection naturelle. c’est-à-dire un fonctionnalisme explicite éludant. un système constitue toujours une structure. amène immédiatement au concept clé d’adaptation. les fonctions des systèmes sont des propriétés émergentes déterminées par la constitution et la configuration même de ceux-ci. Une fois encore. comme nous le rappellent tous les dysfonctionnements systémiques. Toutes les structures organiques sont-elles strictement adaptées à une ou à des fonctions spécifiques ? tout changement évolutif se réalise-t-il nécessairement par l’adaptation des structures aux fonctions. chacun à la fois suscité. ou entre le système et l’extérieur constituent des activités. c’est bien aussi un concept structural.360 ARMAND DE RICQLÈS La relation de congruence de la structure à la fonction. au prix d’une adaptation sub-optimale n’est elle pas la clé du changement évolutif ? La théorie synthétique de l’évolution. évidente dans la machinerie vivante comme dans la technologie humaine. par la ou les foncions qu’il réalise : c’est donc un ensemble fonctionnel. en contexte approprié. la notion de système occupe une situation intermédiaire et quelque peu ambivalente. celle-ci étant considérée comme un agent d’optimisation tout puissant. ou mieux un ensemble structuré de sous-structures co-organisées. a pu sembler verser parfois dans un « pan-adaptationnisme » un peu excessif. Ainsi.

Department of Philosophy) : The Etiological Theory: An Update [L’approche étiologique : une mise à jour]. Session 3 : Fonction.. fonctions : le terme « fonction » dans la biologie française du début du XIXe s. selection . l’explication et l’esprit : 50 ans de réflexion sur la fonction biologique et l’explication fonctionnelle [Teleology. Matteo Mossio (IHPST. de Montréal. Paris) : Phénomènes. propriétés. Paris 1 & IHPST. [Phenomena. Paris) & Cristian Saborido (Departamento de Logica y Filosofía de la Ciencia. Philippe Huneman (IHPST. Center for Philosophy of Science) : Functions and history [Le concept de fonction : importance de l’histoire]. Département de philosophie) : Rôle du couple « structure/fonction » dans la constitution de la biologie comme science [Role of the « structure/function » dichotomy in the constitution of Biology as a science]. Canada. USA. Laurent Clauzade (Un. and adaptation Président de séance : Anne Fagot-Largeault (Professeur au Collège de France) Jean Gayon (IHPST. de Pittsburgh. USA. Session 2 : Théories philosophiques des fonctions Philosophical theories of function Président de séance/Chair : Françoise Parot (Un. Paris 5) Marie-Claude Lorne (Université de Brest & IHPST. properties. functions: the term « function » in French biology in the early 19th Cy]. Paris) : La téléologie.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 361 Programme Mercredi 21 mai Introduction : Armand de Ricqlès & Jean Gayon Session 1 : Origines du discours fonctionnel dans les sciences de la vie et en psychologie Origins of functional discorse in the life sciences and in psychology Président de séance/Chair : Jean Gayon (IHPST) James Lennox (Un. selection et adaptation Function. de Heidelberg. Un. Paris) : Les psychologues fonctionnalistes de l’école de Chicago et le premier béhaviorisme [The functionalist psychologists of the Chicago School and the original Behaviorism]. explanation and the mind : 50 years of thinking about biological function and functional explanation]. del País Basco. Paris Descartes & IHPST. François Duchesneau (Un. Department of philosophy) : «What functions are good for »? [À quoi les fonctions sont-elles bonnes ?]. Espagne) : Functions and self-maintenance [Fonction et auto-maintien]. . Paris) : Raisonnement fonctionnel et niveaux d’intégration en biologie [Functional reasoning and levels of organization in biology]. Allemagne. Peter McLaughlin (Un. Paris) : Fonctions et adaptations : une démarcation conceptuelle [Function and adaptations: a conceptual demarcation]. Karen Neander (Duke Un. Françoise Parot (Un.

Federica Marcolini (Dip. Università Roma Tre. morpho-functional inferences from teeth and post-cranial skeleton]. Denis Forest (Un. Département Histoire de la Terre) : Anatomies éteintes. 2) l’exemple du tissu osseux [Complex causality as the root of the structure/function relation problem : 1) general considerations . Mammalia]. Paris) : Les fonctions des protéines [The functions of proteins]. Session 5 : Structures et fonctions cognitives Cognitive structures and fucntions Président de séance/Chair : Alain Berthoz (Collège de France) Olivier Houdé (Un. Roma. Rodentia. fonction et évolution de l’oreille moyenne des vertébrés actuels et éteints : interprétations paléobiologiques et phylogénétiques [Structure. fonctions énigmatique [Extinct anatomies. Mammalia) [Analyse de la structure de l’émail comme outil pour reconstruire le comportement alimentaire des campagnols fossiles (Arvicolidae. Christine Argot (Muséum National d’Histoire Naturelle. Paris 6. Scienze Geologiche. Jean-Claude Dupont (Université de Picardie et IHPST. Paris Descartes. Stéphane Peigné (Muséum National d’Histoire Naturelle. Rodentia. from Spencer to Sherrington and beyond]. Paris) : Physiologie : L’histoire de l’intégration. Jean-Moulin-Lyon 3 et IHPST. Département Histoire de la Terre) : Structure et fonction chez les Carnivores placentaires : inférences morpho-fonctionnelles à partir des dents et du squelette post-crâniens [Structure and function in placental Carnivores . Michel Laurin (CNRS. . fonction and evolution of the middle ear of extant and extinct vertebrates : paleobiological and phylogenetic interpretations]. Session 6 : Attributions fonctionnelles en biologie expérimentale Functional ascriptions in experimental biology Président de séance/Chair : Philippe Kourilsky (Collège de France) Michel Morange (Ecole Normale Supérieure et IHPST. fonction et adaptation [Functional analysis in paleontology of mammals — form. 1) généralités. UMR 7179) : Le problème de la causalité complexe aux sources de la relation structuro-fonctionnelle . Paris) : Architecture et évolution de la fonction du langage [Architecture and evolution of the function of language]. 2) the example of the bone tissue]. Philippe Janvier (Muséum National d’Histoire Naturelle. UMR 6095) : Fonctions et structure du développement cognitif [Functions and structure in cognitive development]. function and adaptation]. équipe « Développement et fonctionnement cognitifs ». UMR 7179) : Structure. Département Histoire de la Terre) : L’analyse fonctionnelle en paléontologie des mammifères — Forme. Italie) : Enamel structure analysis as a tool for reconstructing feeding behavior of fossil voles (Arvicolidae. enigmatic functions].362 ARMAND DE RICQLÈS Jeudi 22 mai Session 4 : Structures et fonctions en morphologie et paléontologie Structures and functions in morphology and palaeontology Président de séance/Chair : Olivier Houdé (Professeur à l’Université Paris 5) Armand de Ricqlès (Collège de France) & Jorge Cubo (Un. de Spencer à Sherrington et après [Physiology : the history of integration.

UK) : Foot on Natural Goodness : Normativity in Organisms and Artefacts [Foot et la bonté naturelle : de la normativité dans les organismes et dans les artéfacts]. Session 8 : Fonction and dysfonction Function and dysfunction Président de séance/Chair : Pierre Corvol (Collège de France). Lille 3) : « Design » histoire du mot et du concept : sciences de la nature. . Alvaro Moreno (Universidad del Pais Vasco. Christophe Malaterre (IHPST. ‘mal-’ and ‘non-’ : the other side of functionality [‘Dys-’. Elodie Giroux (Un. Espagne) : The problem of the emergence of functional diversity in prebiotic evolution [Le problème de l’émergence de la diversité fonctionnelle dans l’évolution prébiotique]. Paris). Lyon 3 & IHPST. multi-functionality in the Genetics of development]. théologie. fonctionnement. LPN & IHPST. de Montréal). Paris) : Fonction. de Nantes & Equipe REHSEIS. esthétique [“Design” : history of the word and history of the concept : the concept — natural sciences. Ulrich Krohs (Universität Hamburg. Du concept de fonction biologique au concept de santé : les limites d’un transfert dans le domaine de la médecine [From the concept of biological function to the concept of health : the limits of a transfer into the field of medicine]. Dys-’. aesthetics]. Stéphane Tirard (Un. Le raisonnement fonctionnel en psychiatrie [Functional reasoning in Psychiatry].. Session 9 : Le raisonnement fonctionnel dans les sciences de l’ingénieur et dans les sciences de la vie Functional reasoning in engineering and the life sciences Président de séance : Armand de Ricqlès (Collège de France). multifonctionnalité en génétique du développement [Functions. Paris) : Attributions fonctionnelles dans le monde prébiotique : le cas des ribozymes [Functional Ascription in the Prebiotic World : the Case of Ribozymes]. Vendredi 23 mai Session 7 : Fonctions et origines de la vie Functions and the origins of life Président de séance/Chair : François Duchesneau (Un. Thomas Pradeu (Un. [Metabolic aspects of the nutrition function in the debate over the Origins of Life in middle 20th Cy]. Tim Lewens (Cambridge Un. ‘mal-’ et ‘non-’ : l’autre côté de la fonctionnalité]. functioning. Arnaud Plagnol (Université de Paris 8. de Caen & IHPST.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 363 Charles Galperin (IHPST. Department of Philosophy). Paris) : Aspects métaboliques de la fonction de nutrition dans le débat sur les origines de la vie au milieu du XXe s. theology. Departamento de Filosofía. Paris) : Peut-on attribuer une fonction au système immunitaire ? [Can a function be ascribed to the immune system ?]. Daniel Becquemont (Un. Paris).

led by the scientific coordinators of the programme (Jean Gayon. of Technology. Armand de Ricqlès). UMR 7179) & Vincent Hugel (Université de Versailles. au 01/01/2007 le relais du Professeur Jacques Castanet (Université Paris 6) pour assurer la direction de l’équipe de recherche « Squelette des vertébrés » dont la Chaire de Biologie historique et Evolutionnisme fait partie. Françoise Parot. Pieter Vermaas (Delft Un. Généralités. Laboratoire d’Ingénierie des Systèmes de Versailles) : L’idée de fonction en biologie et en robotique : témoignage d’une collaboration autour de « RoboCoq » [The idea of function in biology and robotics : testimony on a collaboration around « RoboCoq »]. Le Docteur Michel Laurin à pris. Philosophy and Ethics of Technology) : Making artefacts and designing functions [Fabriquer des artéfacts et concevoir des fonctions]. une modification de la politique de certains de nos organismes de tutelles relativement aux UMR « multisceaux » comme la nôtre. Department of Philosophy) & Wybo Houkes (Eindhoven Un. C’est ainsi que notre équipe de recherche s’est vue contrainte de disparaître de facto.364 ARMAND DE RICQLÈS Anick Abourachid (Muséum National d’Histoire Naturelle. Les contraintes du « classement de Shangaï » ont entraîné. de Ricqlès. . pour des raisons de « lisibilité ». Département Ecologie et Gestion de la Biodiversité. animé par les responsables scientifiques des programmes de l’ACI / Debate with the public. Olivier Houdé. et constituée de quatre équipes. RECHERCHE 1. Paris) : Pourquoi une même théorie pour les fonctions des organismes et des artefacts ? [Why looking for a unified theory of function in organisms and artefacts ?]. statuts et situation institutionnelle (juin 2008) Au titre du CNRS la Chaire de Biologie historique et Evolutionnisme du Collège de France. Huchon) à l’Université Paris VI. dirigée par A. Ces dispositions resteront valables jusqu’au 31/12/2008. Directeur de recheches au CNRS. of Technology. Ses composantes CNRS et Muséum rejoindront au 01/01/2009 l’UMR 7180 au MNHN tandis que ses composantes Paris VI rejoindront à la même date l’UFR 918 Géologie et Biodiversité/UMR-ISTEP (Directeur Professeur Ph. Ainsi s’achève institutionnellement une aventure intellectuelle trans-disciplinaire et inter-établissements débutée en 1982 sous forme d’un contrat « jeune équipe » entre l’Université Paris VII. Françoise Longy (Un. de Strasbourg 2 et IHPST. le CNRS et le MNHN sur le thème de la biologie comparative et de l’évolution des tissus squelettiques des vertébrés. est rattachée à l’UMR 7179 CNRS/UPMCP6/MNHN/Collège de France « Mécanismes adaptatifs : des organismes aux communautés » dirigée par le Dr Martine Perret. Discussion-Conclusion Débat avec la salle.

Ricqlès A. Mertensiella. Khemiri S. New specimens of Lithoptila abdounensis (Aves..J. in Sahelian Africa. W. W. Harvest of the Nile monitor.. Mar. A new seabird (Aves.. Lethaia 41 : 59-69. de. 2007.. Serrasalminae) dans le bassin du haut Maroni (Guyane française). Fifty years after Enlow and Brown’s « Comparative histological study of fossil and recent bone tissues » (1956-58) : a review of Professor Donald H. Krebs (eds. Hémery G. Amaghzaz M. la composante Paris VI de notre équipe représente un très petit nombre de jeunes biologistes évolutionnistes rejoignant une grosse UFR de Géologie pour contribuer à l’animation d’un nouveau « pôle naturaliste » à l’Université. Engraulidae) in the Tunisian waters. 2008 et sous presse Bourdon E.. 1952. 2. Phaethontidae) from the Lower Eocene phosphates of Morocco. Meunier F. & Zylberberg L. 2007.. 2007. Activités de recherche 2007-2008 et travaux en cours Publications et Travaux 2007-2008 2007 (suite) Buffrénil V. & Bouya B. Harvest of the Nile monitor. Bourdon E. Varanus niloticus. & Bouya B.. & Bouya B. de. 2007. Enlow’s contribution to paleohistology and comparative histology of bone. in Sahelian Africa. Buffrénil V. Tometes lebaili (Osteichthyes. Part II : Life history traits of harvested monitors. Cah. Croissance et longévité du Watau yaike. 2007. Age and growth of Engraulis encrasicolus (Clupeiformes .. Horn. Part I : Demographic impact of professional capture technique. Horn.152) Zaragüeta Bagils R.J. Comptes Rendus Palevol (6) 591-601.. 48 : 259-269. Bourdon E. Prophaethontidae) from the Lower Paleogene of Morocco. Mertensiella 16 : 195-217. En effet.) Advances in monitor Research III. (In Press). Krebs (eds. Three-item analysis : hierarchical representation and treatment of missing and inapplicable data..) Advances in monitor Research III. Buffrénil V de.. Comptes Rendus Palevol 6(6-7) : 527-534. 16 :181-194. Teleostei.(1. Specialization of bone structure in Pachyvaranus crassispondylus Arambourg. an aquatic squamate from the Late Cretaceous of the southern Tethyan margin. Meunier F. In : H-G. Cybium. Il nous a donc semblé que le soutien apporté par notre chaire à nos collègues et à ce projet justifiait ce choix.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 365 S’est donc posé le problème du rattachement institutionnel de la chaire de Biologie historique et Evolutionnisme du Collège de France relativement aux divers organismes impliqués. Biol. Fermon Y. In : H-G. Jegu M. (In Press). Mourer-Chauviré C. Bien que de forts liens humains et thématiques nous attachent depuis toujours au Muséum et à l’UMR 7180. Böhme & U. Gaamour A. Böhme & U. Lord C. Geobios. Journal of Vertebrate Paleontology. 31(3) : 359-367. Amaghzaz M.. nous avons cru de notre devoir de rattacher plutôt notre chaire à l’UFR 918/UMR-ISTEP de Paris VI. . Bardet N. Varanus niloticus. de Hémery G. Pereda-Suberbiola X. cf. & Keith P. 2007.

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. 16-20 avril 2007. Meunier F... Castanet J. El Jadida. 39 (résumé). Relationship between bone growth rate and bone vascular density in amniotes: a first tes t of Amprino’s rule in a phylogenetic context. Laurin M.. Les diverses méthodes sclérochronologiquespour estimer l’âge individuel des poissons marins. Manouvrier S. & Geistdoerfer P. lors de ses trois voyages aux Antilles (1689. 18-25 septembre 2007 (communication orale). 8th International meeting on chondrodysplasy. . Sur l’œuvre ichtyologique de Théodore Monod. 8th International Congress of Vertebrate morphology (ICVM8). Ricqlès A. Perciformes). 16-21 juillet 2007. p. 2008 et sous presse Thireau M. 2008. Carcassonne. 268(12) : 1066. Marrakech. L’œuvre icthyologique de Charles Plumier. Résumé in Actes du Colloque p. & J. Meunier F..J. p. Sparus aurata (Teleostei. les 19-22 juillet 2007 (communication orale).J. p.J. 1er Congrès Franco-Maghrébin de Zoologie et d’Ichtyologie. 15-17 décembre 2007. 87. (communication orale)... Paris. 8es Journées annuelles ATS Mer. Hamonou-Mahieu A. 2007. 15-19 mai 2007. 16-20 avril 2007. Meunier F. La Rochelle.. 5th Meeting of the European Association of Vertebrate Paleontologists. Marrakech (Maroc). 1er Congrès Franco-Maghrébin de Zoologie et d’Ichtyologie. Kacem A. 130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques. Zylberberg L. J. Tabarka (Tunisie) (Conférence invitée).. J. Maroc. Towards a classificatory scheme and nomenclature of bone histology in 8th International Congress of Vertebrate morphology (ICVM8). & Meunier F. Bauchot M. Morocco. Laurin M. Cubo J. p. Com. 3-7 novembre 2007. 16-21 juillet 2007... Salmonidae) lors de sa migration anadrome.J. Orale. Résumé. France.368 ARMAND DE RICQLÈS Montes L. Colloques et Congrès Nationaux et autres 2007 (suite) Dieux-Coëslier A. 1693 et 1695). Marjanovic D. Carcassonne. Université Pierre et Marie Curie. El Jadida. 18-23 avril 2005. 3-7 novembre 2007. Laurin M. Laurin M. First Mediterranean Herpetological Congress.W.L. Bastia.. A paleontological and molecular perspective on the origin of lissamphibians. Le Merrer M.. Unusual epiphyseal and metaphyseal dysplasia associated with major advanced bone maturation and severe asymmetric lower limbs deformation. & Pietsch T. Les espèces invasives en Mer Méditerranée : l’exemple des Poissons 111es Journées annuelles de la SZF.. Saint-Poncy (Cantal). Marjanovic D. Paris.J. Meunier F. Com orale.J. Silve C. 43 (résumé). Sire. Recent works on the conquest of land by vertebrates. Meunier F. Morphol. de. 4e Forum méhariste. (communication orale). Caractéristiques histo-morphométriques du dentaire du saumon atlantique.. Maroc.. Développements récents du PhyloCode et de l’ISPN. 268(12) : 1108. Fron D. Morphol. First Mediterranean Herpetological Congress. L’os acellulaire de la dorade royale. 15-19 mai 2007. 39 (résumé). Albi 19-21 juillet 2007. 5th Meeting of the European Association of Vertebrate Paleontologists. Paleontological and molecular perspectives on the origin and diversification of lissamphibians. (Teleostei. Salmo salar L. 40 (résumé).Y.

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UE2 génétique et évolution : grands mécanismes du Master mention génétique de la Faculté de Médecine Xavier Bichat. . Cubo et A. Responsable : Jorge Cubo. Paris. In : Spyros Theodérou (dir. Maître de Conférences au Collège de France Enseignement — Introduction à la médecine évolutionniste.) : Lexiques de l’Incertain. — Pascal Picq. — La sexualité humaine.) 2007. Printemps 2008. Cubo). 2008. Paris. DU de Sexologie de l’université Paris XIII (13 janvier 2008).) : Abécédaire des Sciences pour les Curieux. La plus belle Histoire du Langage. Le Pommier (112 p. Piras P. L’Homme et sa nature : de l’Hominsation à la fin des certitudes. Formation au CAPES interne. Les Animaux amoureux. 55-80. Université Pierre et marie Curie. Editions Parenthèses. Relations entre la croissance et le taux métabolique chez les amniotes : approches micro et macroévolutives (encadrant J. — Pascal Picq.) 2008. Responsable : Jorge Cubo. Cours et Travaux Dirigés.BIOLOGIE HISTORIQUE ET ÉVOLUTIONNISME 371 M1 Blottière L. Elle a travaillé avec Laetitia dans le projet. de Ricqlès). Printemps 2008. Université Paris VII. — Pascal Picq et Michel Hallet-Eghayan. In Mathieu Vidard (dir.) 2007. Cubo). le Seuil (192 p. Ghislaine Dehaene et Cécile Lestienne. Le créationnisme. Travaux des personnels rattachés pour ordre à la Chaire de Biologie historique et Evolutionnisme Pascal PICQ. Faculté de Chirurgie dentaire de Garancière. Contributions à des ouvrages collectifs — Pascal Picq. Post docs Bourdon E. le 27 janvier 2008. Editions Sciences Humaines/France Inter. Stage de Licence du 10 janvier au 30 juin 2008. Photographies d’Eric Travers. Danser avec l’Evolution. Editions du Chêne (264 p. p. 2008. Publications Livres — Pascal Picq. ATER Collège de France 2007-2008 Recherche d’un signal phylogénétique dans l’histologie osseuse : le modèle Ratite (encadrants : J. Stage post-doctoral du 1er janvier au 31 décembre 2008 financé par l’Université Pierre et Marie Curie. Laurent Sagart. Sujet : Quantification des signaux écologique et phylogénétique dans la forme et la microstructure des éléments squelettiques chez Arvicola (Rodentia) (encadrant : J. — Origines et évolution de l’homme. Série de séminaires sur L’évolution de l’homme et l’évolution et l’adaptation du crâne des hominidés. Paris. Paris. — Université Paris VII.

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H. Vers 800 000 ans on connaît Homo heidelbergensis qui donnera naissance en Europe aux Néanderthaliens. tandis que le plus ancien (7 Ma) est Sahelanthropus tchadensis dit Toumaï. rudolfensis. du genre Homo qui va partir (H. qui après une courte cohabitation vont être remplacés vers 28-30 000 ans par les hommes modernes. paléobiogéographie. le 27 mars 2008 : Origine et histoire des hominidés… Nouveaux paradigmes Depuis 1994. évolution. le tchadien. sapiens idaltu. eux-mêmes sûrement à l’origine entre 2 et 3 Ma des premiers représentants. Michel Brunet. habilis et H. chronologie Leçon inaugurale. le plus ancien (155-160 000 ans) représentant actuellement décrit de notre espèce. Homo neanderthalensis. les plus anciens hominidés connus sont passés de 3. C’est lui ou l’un de ses frères qui partira à la conquête du reste du Monde avec le succès que nous connaissons. ces hominidés anciens du Miocène supérieur ont donné naissance aux Australopithèques . est également africain (Ethiopie). professeur Les hominidés anciens… une nouvelle histoire à la lumière des découvertes récentes Origine.Paléontologie humaine M. erectus) à la conquête du reste de l’Ancien Monde où les plus anciens sont actuellement connus à un peu moins de 2 Ma en Géorgie au Caucase.6 Ma à 7 Ma aujourd’hui. paléoenvironnements. Vers 4 Ma. avec trois nouvelles espèces du Miocène supérieur : Ardipithecus kadabba l’Ethiopien et Orrorin tugenensis le Kenyan. Herto. . phylogénie. H.

l’Origine de la Terre et l’Origine de l’Homme.. anatomie. Comme l’avait prédit Charles Darwin dès 1871. sont donc bien connus en Afrique et témoignent d’une origine africaine et ancienne (au moins 8 Ma) de l’humanité. Gorilles. Ces derniers se divisent à leur tour en deux groupes les singes : Cercopithécoïdes (Cercopithèques. créé par Linné en 1758. fait preuve d’une vigueur persistante. non seulement par sa solide implantation sur le Continent Nord Américain. les hominidés (= ensemble des humains actuels et fossiles. Cet Ordre est actuellement représenté par plus de 200 espèces principalement arboricoles et vivant essentiellement dans les forêts tropicales et subtropicales. Babouins.376 MICHEL BRUNET Cours du 2 avril : L’Histoire de notre Histoire Les Sciences de l’Antiquité confondaient l’Origine de l’Univers. rapports de parenté. mais aussi dans l’Ancien monde. Chimpanzés et Humains). à ce jour datés de 7 Ma.…) et de la base de leur crâne (trou occipital en position antérieure. Dans le cours. et les Haplorhini : Tarsiiformes & Simiiformes (= les singes) sans rhinarium et à lèvre supérieure soudée. habilement grimé en « pseudoscience » sous le nom de dessein intelligent. Cours du 9 avril : Biodiversité des Primates actuels Les Humains sont des Mammifères qui appartiennent à l’ordre des Primates (les Premiers).l. et les grands singes : Hominoïdes (Gibbons. complexe C/P3 non aiguisoir mais de type broyeur. biogéographie D’un point de vue paléontologique. au moment de la mise au jour des premiers restes de l’Homme de Neandertal. Les Simiiformes regroupent les singes du Nouveau monde (Platyrrhini) et ceux de l’Ancien monde (Catarrhini). Les Primates se divisent en deux grands groupes les Strepsirhini (Lémuriformes s.) caractérisés par la présence d’un rhinarium et d’une lèvre supérieure fendue. Cours des 16 avril et 7 mai : Primates actuels et fossiles. Pourtant le courant néocréationniste. les Hominidés se distinguent des grands singes par des caractères anatomiques particuliers de leur denture (canines petites et assymétriques. les plus anciens préhumains fossiles. émail des dents plus épais que chez les grands singes. Siamangs. La notion d’Homme fossile n’a été reconnue qu’en 1856. et des préhumains) sont considérés comme le groupe frère des Panidés (= les chimpanzés et les bonobos) avec lesquels ils partagent un ancêtre commun. ainsi qu’en témoignent l’édition et la diffusion récentes d’un album photos couleur de luxe intitulé « Livre de la création ».). Les Sciences modernes ont montré que ces trois évènements étaient en réalité séparés par des milliards d’années. canine supérieure sans crête aiguisoir. biochronologie.. Orangsoutans. face nucale très inclinée .

2002) du Miocène supérieur (7 Ma). prospecte et fouille dans le désert du Djourab au Nord Tchad. 2 500 km à l’Ouest du grand Rift Africain. Dès 1967 Sarich et Wilson de l’Université de Californie à Berkeley ont montré que notre proximité génétique avec les chimpanzés est si grande (moins de 2 % de différence) que nous partageons un ancêtre commun. dans l’état actuel de nos connaissances être voisine de 8 Ma. 1995) et plus tard un nouvel hominidé Sahelanthropus tchadensis (Brunet et al. le premier trouvé à l’ouest de la vallée du grand Rift Africain (Brunet et al.T. = une soixantaine de chercheurs de 10 nationalités) qui conduit un programme de recherches transdisciplinaires autour de l’origine et de l’évolution des hominidés anciens et de leurs environnements successifs. les plus anciens hominidés connus sont passés de 3. un hominidé tchadien. surnommé Abel (3. Dans le Miocène supérieur du Tchad. Seule la découverte de nouveaux fossiles permettra de choisir entre ces deux hypothèses. de .P. Cours du 14 mai : Les Hominidés du Miocène supérieur Depuis 1994. Actuellement dans le Kalahari central. mais des découvertes récentes en Eurasie soulèvent la question de la possibilité de leur origine asiatique. ni des chimpanzés. au Bostwana. où successivement elle a mis au jour un nouvel australopithèque.T.F. Elle constitue le groupe frère des Gorilles dont elle s’est séparée vers 9-10 Ma.. Orrorin tugenensis le Kenyan. Depuis 1994 j’ai initié et dirigé la Mission Paléoanthropologique FrancoTchadienne (M. de marécages. de lacs.58 Ma). Dès le début du troisième millénaire trois nouvelles espèces ont été décrites dans le Miocène supérieur : Ardipithecus kadabba l’Ethiopien.6 Ma à 7 Ma. Sahelanthropus tchadensis possède une combinaison unique de caractères primitifs et dérivés qui montre clairement qu’il ne peut être rapproché ni des gorilles. le fémur et le tibia) adapté à une locomotion bipède. mais indique au contraire son appartenance au rameau humain et sa proximité temporelle avec le dernier ancêtre commun aux chimpanzés et aux humains. le delta de l’Okavango m’apparaît être un bon analogue avec un paysage mosaïque similaire de rivières.P.. tandis que le plus ancien (7 Ma) est Sahelanthropus tchadensis dit Toumaï.F. La M. Australopithecus bahrelghazali. Ce plus ancien hominidé connu est une découverte majeure qui montre définitivement que les hypothèses d’une origine australe ou orientale du clade humain doivent être reconsidérées.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 377 vers l’arrière) en liaison avec un squelette appendiculaire (notamment au membre postérieur le pelvis. L’origine de cet ensemble (Gorilles ((Chimpanzés) (Humains))) est généralement considérée comme africaine. Cette population ancestrale (DAC : dernier ancêtre commun = LCA : last common ancestor) est sûrement Africaine. Toumaï daté de 7 Ma est sûrement proche de cette dernière dichotomie qui peut. les données sédimentologiques et paléobiologiques témoignent d’une mosaïque de paysages.

une face moins prognathe que chez les grands singes .9 Ma) . anamensis pour le moment le plus ancien mais aussi le plus primitif. habilis et H. de prairies herbeuses et de zones désertiques. Notamment l’étude des isotopes stables du carbone (13 C) de l’émail dentaire devrait permettre de mieux préciser son régime alimentaire. H. locomotion bipède. Foramen magnum en position antérieure . afarensis. comme les autres hominidés du Miocène supérieur Toumaï devait fréquenter des espaces boisés. sans crête aiguisoir . puis A. Ethiopie. Mais très probablement.58 Ma). d’îlots forestiers. Enfin en 1995 j’ai décrit avec mon équipe la MPFT la première espèce connue à l’Ouest du grand Rift au Tchad dans le désert du Djourab. rudolfensis. une première prémolaire inf. bahrelghazali (Abel). Toutes les espèces décrites sont africaines. A.5-2. . De plus. africanus et/ou A.7 Ma) dont Lucy (3. du genre Homo. Australopithecus ghari. ces trois hominidés du Miocène supérieur sont sûrement bipèdes. . garhi.2 Ma) est la plus célèbre représentante. Parmi leurs principales caractéristiques anatomiques il faut citer : des incisives et des canines petites / au poids du corps . compte tenu de ce que l’on sait de leur crâne ou de leurs membres. Middle Awash. Dans cette mosaïque les préférences écologiques de Toumaï sont encore en cours d’étude. Maintenant. est associée à des artefacts et à des ossements portant des traces de boucherie. une face grande et un cerveau relativement petit . afarensis (Lucy). Cette dernière espèce a été considérée par ses auteurs comme une forme ancestrale des hommes modernes.9-2. 2. Aussi l’hypothèse qui invoquait le rôle déterminant de la savane herbeuse dans l’origine du rameau humain et de la bipédie fait dorénavant partie de l’histoire de notre histoire. Australopithecus bahrelghazali (3. la mieux connue Australopithecus afarensis (3.2-3. il est de plus en plus clair que ces premiers hominidés fréquentaient des environnements boisés et n’étaient pas restreints à l’Afrique Australe et Orientale mais vivaient au contraire dans une zone géographique plus vaste incluant une partie de l’Afrique Sahélo-Saharienne : au moins l’Afrique centrale (Tchad) et probablement la Libye mais aussi l’Egypte et le Soudan.378 MICHEL BRUNET zones boisées. Cours des 21 et 28 mai : Les Australopithèques (1) Dans l’état actuel de nos connaissances on peut penser que vers 4 Ma ces hominidés anciens du Miocène supérieur ont probablement donné naissance aux Australopithèques : A. L’espèce type du genre Australopithecus africanus (3.5 Ma). A. une forme plus récente (Bouri. des molaires plutôt grandes à émail épais et cuspides bulbeuses . etc. En Afrique orientale la plus ancienne est Australopithecus anamensis (4. dérivée de A. de savane arborée. euxmêmes sûrement à l’origine entre 2 et 3 Ma des premiers représentants.3 Ma) a été décrite en Afrique du Sud (enfant de Taung) par Raymond Dart en 1925. (P3) sans facette aiguisoir pour une canine sup.

Afrique de l’Est) . robustus (1. Ainsi Lucy et ses frères avaient une taille moyenne de 105 à 150 cm pour un poids d’environ 30 kg pour la plus petite femelle et 45 kg pour les grands mâles.) vont induire immanquablement des changements drastiques pour l’ensemble de notre histoire. Les relations de parenté entre ces formes robustes dépend de la nature des caractères partagés : homologues ou homoplasiques… et est donc l’objet de discussion au sein de la communauté scientifique. deux en Afrique orientale dont la plus ancienne : P. Cours du 11 juin : Histoire des préhumains… Ce que l’on croit savoir… Ce que l’on ne sait pas… En fonction de la diversité et de la multiplicité des nouvelles données de leur origine africaine au peuplement du reste du Monde l’histoire et l’évolution des hominidés anciens doivent être reconsidérées dans le cadre de nouveaux paradigmes. « Black Skull » (2. boisei (2. Vallée de l’Omo.1-1. En ce qui concerne la locomotion. Kromdraai et Drimolen. Sur le sol le mode de locomotion est la bipédie mais un mode de vie arboricole est conservé pour dormir.5 Ma un groupe d’australopithèques va spécialiser son régime alimentaire impliquant un changement morphologique vers des formes dites « robustes » qui sont généralement regroupées dans le genre Paranthropus. . Ethiopie) et P. principalement sur le terrain la prospection de nouvelles aires géographiques (notamment toute l’Afrique Sahélo-Saharienne) mais aussi l’utilisation de nouvelles technologies (scanners synchrotron. biogéochimie isotopique. Trois espèces ont été décrites. membres postérieurs encore courts. P. une espèce en Afrique du sud : P. De même certains auteurs considèrent les paranthropes comme appartenant au genre Australopithecus. etc. Afrique du sud). Swartkrans. Ces nouvelles approches. aethiopicus.5-2 Ma. paléo ADN. pisiforme grand . phalanges de la main courbes . suggérant un régime alimentaire avec des plantes en C4 (graminées) et de la viande. Cours du 4 juin : Les Paranthropes Vers 2. phalanges du pied longues et courbes . échapper aux prédateurs et se nourrir. robustus a des dents avec un taux élevé de 13 C. à des caractères de bipède sont associés d’autres caractères qui indiquent encore la possibilité de grimper aux arbres : orientation de l’omoplate .1 Ma.6-2. Leur denture antérieure (incisives et canines) est très réduite tandis que les dents jugales (Pm et M) sont au contraire très développées.3 Ma. imagerie 3D.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 379 Tous ces Australopithèques sont marqués par un fort dimorphisme sexuel.

imagerie. ou d’individus de très petite taille. avec une résolution spatiale appropriée. Différentes stratégies pour la reconstruction de fossiles de crânes de primates fossiles ont été présentées. reconstructions 3D et analyse de la variabilité morphologique avec Renaud Lebrun. et elle aide souvent à comprendre pourquoi une espèce a développé une adaptation plutôt qu’une autre. La paléontologie est donc une science pluri-disciplinaire qui exploite plusieurs outils (anatomie. La forme peut exprimer une fonction. D’un point de vue quantitatif. Dr. IPHEP Université de Poitiers La forme est l’une des propriétés les plus importantes de la matière et constitue un marqueur essentiel de la biodiversité. Séminaires 2007-2008 2 avril : Principes de l’analyse morphologique en paléoanthropologie : histoire de formes et histoire des formes avec Stéphane Ducrocq. l’introduction des méthodes de morphométrie géométrique a constitué une . 9 avril : Fossiles. L’apparition de la bipédie chez l’homme livre de nombreux exemples de changements qui sont exprimés dans la morphologie squelettique. de l’Université de Montpellier II Grâce aux développements de l’imagerie médicale et de la microtomographie il est aujourd’hui possible d’accéder à la structure osseuse crânienne de fossiles très minéralisés. Le but ultime de l’information phylogénétique consiste à donner un sens aux schémas observés dans la nature. où et quand est-il apparu ? … Bien qu’elles soient de mieux en mieux contraintes demeurent toujours des questions d’actualité. Cette phylogénie nous informe à terme sur l’identification et la classification des organismes. DR2 CNRS. C’est également le seul élément à la disposition du paléontologue lui permettant de baser ses interprétations. L’un des outils permettant de replacer une forme dans un cadre temporel et évolutif (relation ancêtredescendant) est la cladistique. changement qui à leur tour ont eu une influence sur l’anatomie des tissus mous et la physiologie de l’individu. l’histoire d’un individu ou du développement d’un individu. il est nécessaire de définir les états primitifs et évolués des caractères étudiés de façon à les replacer dans la phylogénie d’un ensemble d’individus. Parallèlement aux progrès dans l’acquisition de données tridimensionnelles. biomécanique. mathématiques. biologie. De plus.380 MICHEL BRUNET De telle sorte que les interrogations anciennes : D’où venons-nous… Qui sommesnous… Qui est l’ancêtre. informatique). Pour ce faire. l’utilisation de techniques de reconstruction tridimensionnelle ouvre la possibilité d’effectuer des analyses comparatives en incorporant des fossiles incomplets et/ou déformés. le principe d’allométrie permet de définir la relation existant entre la forme et la taille d’un objet.

les données qui soutenaient une origine africaine ont pu être démenties grâce à d’autres découvertes paléontologiques.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 381 véritable révolution pour la biologie comparative. s’est également produite. Ces données récentes illustrent l’importance de la première partie de l’histoire des Anthropoïdes en Asie. . chez les premiers hominidés. Ces méthodes permettent de quantifier les changements phénotypiques au cours de l’évolution de manière globale. Mais des découvertes très récentes. dans des niveaux un peu plus anciens. Ils semblent avoir évolué sous un climat marqué par une forte saisonnalité. Une application de ces méthodes pour l’analyse de la variabilité de la morphologie crânienne chez les primates fossiles et actuels est donnée. et des voies paléogéographiques suivies entre l’Asie du Sud et l’Afrique se révèlent maintenant indispensable pour suivre en détail l’histoire ancienne de notre rameau. ce qui les situe au sein des formes les plus grandes de leur temps.5 millions d’années. Mais récemment. Pakistan. Dans le même temps. et cela malgré les informations contraires apportées par la phylogénie moléculaire. Une connaissance plus détaillée de ces immigrations. Professeur et Directeur IPHEP UMR 6046. Parmi ces formes de grande taille. témoignent de la présence de formes asiatiques en Afrique dès 37. en préservant la géométrie de l’objet lors des analyses : ceci permet d’étudier des patrons de variabilité complexes à un niveau de détail inégalé. du désert de Libye. vraisemblablement multiples. il est admis que l’origine des Primates anthropoïdes s’est située en Afrique. mais beaucoup plus récente. CNRS Université de Poitiers Depuis des décennies. Actuellement les plus anciens Anthropoïdes africains indiscutables sont datés de 37 millions d’années et proviennent du Fayoum en Egypte et en Algérie. qui a permis l’apparition des caractères modernes du crâne et de la denture qui traduisent une adaptation à un régime alimentaire à base de nourriture dure et abrasive. Les recherches en Inde. les Amphipithécidés se distinguent par leurs caractères très modernes (position frontale des orbites et caractères de leur squelette post-crânien) par rapport à leurs contemporains africains. L’évolution de ces formes constitue donc un excellent modèle pour comprendre les modalités et les causes de ces mêmes transformations chez les Hominidés. plus de 25 millions d’années après. En effet. cette situation s’est trouvée modifiée grâce à la découverte d’Anthropoïdes primitifs dans des niveaux anciens de l’Eocène moyen et supérieur d’Asie. Thaïlande et Birmanie permettent de mettre en évidence d’une part la très grande ancienneté de ce groupe en Asie (55 Ma) ainsi que son extrême diversité. Chine. la radiation Eocène asiatique comprend des formes de très petite taille (moins de 200 grammes) ainsi que des formes pouvant atteindre une dizaine de kilogrammes. 16 avril : Origine et évolution des Primates anthropoïdes en Asie : Relations avec la paléogéographie et les paléoenvironnements avec Jean-Jacques Jaeger. Une adaptation similaire.

Se nourrissant de fruits ou de feuilles comme le montre sa dentition. le gorille et surtout le chimpanzé.5 Ma). ou Ankarapithecus en Asie Mineure. Les formes ancestrales des gibbons et siamangs (famille des Hylobatidae) sont mal connues mais elles étaient probablement asiatiques depuis longtemps. existait un autre primate. Sivapithecus dans le sous-continent indien. Il nous faut aussi mentionner l’immense Gigantopithecus du Pléistocène de Chine. Ce primate. A la même époque. Cette quête perpétuelle a conduit aux développements de nombreux concepts et de techniques qui peuvent être tout d’abord classés en deux catégories : les méthodes . Vivant dans un milieu différent semblable à une savane. Contraindre temporellement les événements remarquables qui ont jalonné l’histoire géologique et biologique de la planète Terre est une préoccupation essentielle de l’humanité depuis le développement de la pensée rationnelle. le genre Dryopithecus. En Europe. UMR CNRS IRD). Khoratpithecus en Thaïlande. Professeur émérite de l’Université de Poitiers Les Hominoïdes modernes renferment les grands singes. se déplaçait dans la canopée à l’aide de ses bras allongés. et son proche parent du Miocène supérieur Indopithecus. Ces primates à la denture robuste constituent probablement la souche ancestrale dans laquelle s’enracinent les hominiens plus récents. adapté au milieu forestier. siamang (Symphalangus). que des autres. orang-outan (Pongo). Professeur de l’Université d’Aix-Marseille (CEREGE.5 millions d’années). gorille (Gorilla) et chimpanzé (Pan). il avait un mode de vie sans doute proche de celui des grands singes africains actuels. sa robuste dentition lui permettait de subsister sous un climat plus sec en ajoutant à son régime des tubercules ou des racines. La recherche des liens de parenté par différentes méthodes a montré que nous étions plus proches de deux d’entre eux. Les bifurcations entre les lignées conduisant aux formes actuelles se sont produites au cours de l’époque Miocène (entre – 23 et – 5. disparaît au milieu du Miocène supérieur (– 8. et l’homme. présent de l’Espagne à la mer Noire depuis le Miocène moyen. il pourrait avoir été présent en Bulgarie et en Turquie tandis qu’une forme semblable mais appelée Nakalipithecus vient d’être découverte en Afrique dans un site daté de 10 Ma. également en Asie. Limité jusqu’à une date récente à la Grèce du nord. gibbon (Hylobates). Sa denture et l’usure de ses dents sont voisines de celles des australopithèques découverts en Afrique dans des niveaux plus récents et ces similitudes révèlent une proche parenté entre ces deux ensembles. le genre Ouranopithecus.382 MICHEL BRUNET 7 mai : Les Hominoïdes eurasiatiques du Miocène et l’origine des Hominidae avec Louis de Bonis. à l’orang se rencontrent au Miocène. Des genres apparentés. le plus grand primate connu (beaucoup plus grand qu’un gorille). qu’il broyait grâce à ses robustes mâchoires. au sud-est de l’Europe. 14 mai : Le temps en géologie : datations absolues avec Didier Bourles.

21 mai : Sédimentologie. Le plus souvent. les méthodes basées sur des phénomènes radioactifs. parmi lesquelles on distingue les méthodes isochrones (U/Th. milieux de dépôts et paléo-environnements des Hominidés avec Mathieu Schuster. nucléides cosmogéniques. La datation relative regroupe l’ensemble des méthodes de datation permettant d’ordonner chronologiquement des événements géologiques ou biologiques. l’évolution de la faune et de la flore. Récemment (2008) adaptée pour dater des dépôts sédimentaires continentaux déposés lors d’épisodes Lac Méga-Tchad dans le nord du bassin du lac Tchad. une nouvelle technique. a été développée afin de permettre d’identifier puis de compter les atomes formés dans l’environnement lors d’interactions entre les particules très énergétiques issues du rayonnement cosmique et les atomes constituant l’environnement terrestre. une couche géologique ou un niveau archéologique. EPR/ESR. Elle peut concerner un événement. les plus récents développements de cette technique ont été présentés à travers son application à la datation des restes d’hominidés Mio-Pliocène mis au jour dans le bassin du lac Tchad. Au moins un million de fois plus sensible que toute autre technique existante. et en particulier . La datation absolue est une datation aboutissant à un résultat chiffré. le principe de recoupement. L’ensemble des principes et des phénomènes impliqués dans les diverses méthodes de datation relative et absolue les plus communément utilisées a tout d’abord été exposé.…). mais également de développer l’utilisation de nouveaux nucléides cosmogéniques. tel que le Be-10. Quatre groupes principaux de méthodes peuvent être distingués : les méthodes basées sur des phénomènes de diffusion. les méthodes basées sur des phénomènes cycliques (dendrochronologie…) . permettant potentiellement une datation absolue et continue sur les 15 derniers millions d’années. exprimé en années. la technique de SMA étant plus particulièrement développée. La mesure du degré de transformation permet de dater le début du processus considéré. soit jusque vers 45 000 ans. Ainsi.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 383 de datation relative et les méthodes de datation absolue. les méthodes de datation absolue utilisent des phénomènes de transformations physico-chimiques dont la vitesse est connue. les méthodes basées sur des défauts cristallins (thermoluminescence. la Spectrométrie de Masse par Accélérateur (SMA). Rb/Sr…) des méthodes directes (Ar/Ar. la SMA a non seulement permis de pousser à ses limites extrêmes la datation par le C-14. cette méthode a permis de dater de manière absolue les restes d’hominidés qui y furent découverts et notamment l’actuel doyen de l’humanité : Toumaï. les uns par rapport aux autres. Enfin. Depuis maintenant un peu plus de 25 ans.…) . Les principes géométriques (le principe de superposition. CR CNRS à l’Université de Poitiers L’évolution biologique est une résultante de la pression de sélection du milieu sur les êtres vivants. de racémisation . un objet. le principe de continuité et le principe d’inclusion) et le principe d’identité paléontologique.

La connaissance des paléo-environnements successifs des Hominidés est donc indispensable pour comprendre leur évolution et leur distribution géographique. Cette démarche. la reconstitution des paléo-environnements est par essence une démarche pluridisciplinaire où chaque spécialité apporte des données indépendantes mais complémentaires.g. Sur le terrain.g. appliquée aux archives sédimentaires du Bassin du Tchad. L’étude géomorphologique par télédétection (photos aériennes.g. La sédimentologie. affleurement. Le faisceau de données ainsi obtenu contribue à restituer les environnements anciens. siège à la fois d’une activité biologique et d’une activité géologique. structures sédimentaires. reliefs) qui structurent les paléo-environnements. des sols à conduits racinaires et nidifications d’insectes. leur dynamique et leur évolution dans l’espace et au cours du temps.384 MICHEL BRUNET celles des Hominidés. des crues éphémères et des lacs.. est directement liée à l’environnement et à ses modifications au cours du temps. images satellites. c’est-à-dire un milieu naturel. La géologie sédimentaire est avant tout une discipline de terrain. . strate. à travers l’étude des roches sédimentaires. Le « principe de Walther » qui propose que les superpositions de faciès représentent l’image verticale de ce qui existait de manière horizontale dans l’espace. Le terme de « paléo-environnement » désigne une réalité qui comprend aussi bien le paysage physique que l’écosystème. des dunes éoliennes. Divers types de dépôts ont été reconnus : e. contribue à la reconstruction des paléo-environnements des Hominidés anciens du Tchad (Sahelanthropus tchadensis et Australopithecus bahrelghazali). permet de passer de l’étude des dépôts sédimentaires à la reconstruction de l’organisation spatiale des environnements à un moment donné. fleuves. réseau hydrographique fossile) ou de repérer des zones d’affleurements. bassin sédimentaire) et qui se nourrit de la connaissance des systèmes sédimentaires actuels. modèles numériques de terrain) est un complément indispensable à cette démarche et permet par exemple d’identifier dans le paysage les marques des anciens systèmes sédimentaires (e. renseigne sur les milieux de dépôts. Chaque environnement possède sa signature sédimentaire propre (lithologie. lacs. Les milieux de dépôts identifiés jettent ainsi les bases d’un décor péri-lacustre que complète l’étude des paléo-faunes et paléo-flores afin de restituer les paléo-environnements de cette région-clef pour la compréhension de l’histoire de notre Histoire. basée sur l’observation des dépôts sédimentaires à différentes échelles (lamine. l’observation directe sur l’affleurement est une étape cruciale car elle permet de collecter les indices nécessaires à l’identification des faciès sédimentaires. Un changement de faciès dans l’enregistrement sédimentaire marque un changement dans la dynamique de dépôt. Ainsi. Elle permet ainsi de restituer les paysages physiques (e.. géométrie) appelée faciès sédimentaire.

. D’autre part. Ces méthodes. Une partie des interprétations paléoenvironnementales effectuées à l’aide des faunes est basée sur le principe d’actualisme. deux approches indirectes sont classiquement utilisées. les différentes méthodes d’investigation ont été développées et les données interprétées. L’analyse des flores et des faunes découvertes associées aux restes d’Hominidés permet de préciser les conditions environnementales des écosystèmes dans lesquels sont apparus puis ont évolué les Hominidés. choisis dans le Mio-Pliocène du désert du Djourab au Nord Tchad. soit en analysant la structuration de l’assemblage. nécessitent cependant le maximum de restes fossiles permettant ainsi de contraindre au mieux les interprétations. les découvertes de restes fossiles d’Hominidés anciens se multiplient dans les sédiments mio-pliocènes d’Afrique de l’Est et du Sud mais aussi d’Afrique Centrale. l’étude approfondie des microrestes végétaux (grains de pollens et phytolithes) permet aussi d’apporter des informations qui seront confrontées aux autres données issues de l’étude de la faune et de la flore afin de dresser un tableau des «paléo-paysages» dans lesquels sont apparus puis ont évolué les Hominidés.PALÉONTOLOGIE HUMAINE 385 28 mai : La lecture de l’environnement des Hominidés anciens à l’aide des paramètres biotiques avec Patrick Vignaud. Il est ainsi possible de préciser un type d’écosystème à l’aide des caractéristiques d’un assemblage faunique. Enfin. soit en comparant le milieu de vie d’une forme actuelle par rapport à une forme fossile proche. A partir d’exemples précis. deux types de paramètres sont pris en compte dans les analyses : les paramètres abiotiques et les paramètres biotiques. L’analyse de la composition isotopique de l’émail dentaire des mammifères consommateurs de végétaux (l’émail dentaire conserve une « trace » des signatures biochimiques des végétaux consommés). Les macro-restes de végétaux étant très rarement conservés dans les sédiments. L’analyse du couvert végétal nécessite moins de matériel fossile mais est souvent plus délicate à interpréter. Pour ce faire. Maître de Conférences et Directeur adjoint UMR 6046. il est dorénavant clair que les études portant sur l’origine et l’évolution des Hominidés ne peuvent pas s’appréhender hors d’un contexte paléoenvironnemental bien compris. très précises. IPHEP Université de Poitiers Depuis une quinzaine d’années. Cette augmentation du nombre de restes fossiles oblige maintenant à reconsidérer les relations phylogénétiques entre les différentes formes mises au jour dans ces régions.

Pourtant par 2 fois au moins (au Paléoprotérozoique et au Néoprotérozoique) la Terre a pu être totalement englacée..386 MICHEL BRUNET 4 juin : Apports de la modélisation climatique à l’histoire de l’évolution de la vie et des hominidés avec Gilles Ramstein. par son effet sur le climat et le cycle du Carbone. 11 juin : Histoire des préhumains… Ce que l’on croit savoir…Ce que l’on ne sait pas… Perspectives et discussions en rapport avec le cours avec Michel Brunet En science l’absence de preuve… n’est jamais la preuve de l’absence. pourrait induire une déstabilisation des calottes de glace et faire basculer une nouvelle fois le climat vers son mode le plus stable : chaud et sans calotte glaciaire. A partir d’une hiérarchie de modèles climatiques. la Terre a pu échapper pendant la quasi totalité de son histoire à une glaciation totale grâce aux gaz à effet de serre. LSCE Gif-sur-Yvette Irradiée par le Soleil jeune et moins puissant qu’actuellement. et en paléontologie la validité d’une hypothèse a souvent une durée de vie qui s’arrête avec la découverte du prochain fossile mis au jour. De plus. Sur ces 2 exemples il a été montré que la modélisation du Climat apporte aussi des éléments importants. Enfin. Nous sommes donc tous sœurs et frères et nos différences majeures sont essentiellement marquées par la diversité de nos cultures… une richesse liée à notre histoire… . tous ensemble.. ! Toumaï avec ses 7 Ma. à l’échelle de quelques centaines d’années. le climat de la Terre est régulé par la tectonique des plaques. Les mécanismes physiques qui ont pu conduire et mettre fin à cette glaciation ont été exposés. nous partageons la même population ancestrale. notre origine est bien Africaine et unique. les causes des glaciations sont identifiées (cycle de Milankovitch). Notre planète a connu des périodes chaudes (Crétacé) et des glaciations (Permo-Carbonifère). ainsi que les implications éventuelles des glaciations/déglaciations globales sur le développement de la vie avant « l’explosion Cambrienne ».. mais également de la variabilité climatique très forte des périodes glaciaires. parce qu’il est le plus ancien d’entre nous. le bouleversement en cours de la composition de l’atmosphère terrestre d’origine anthropique qui impacte aussi les systèmes à temps de réponse plus long (dynamique de l’océan et de la cryosphère).. Lui et nous. nous dit que ce que nous savons aujourd’hui de notre Histoire permet de confirmer la prédiction faite par Darwin en 1871. Depuis 540 millions d’années. il a été montré qu’on peut rendre compte des variations glaciaires/interglaciaires. Directeur de Recherches au CEA. Le Quaternaire et particulièrement les derniers cycles climatiques sont très bien documentés grâce aux calottes de glace et aux sédiments marins et continentaux.

2005 . PNAS 105 (9) : 3226-3231.P. 2005 . le CNAR et l’Université de . M. : Mission Paléoanthropologique et Paléontologique Franco-Libyenne (Dir.F. Conférence. Rouen. conférencier invité) . des plus anciens Hominidés (Sahelanthropus tchadensis Brunet & al. Systématique.F. « Les Climats pré-Quaternaire : Des premières glaciations jusqu’à l’apparition des premiers Hominidés ». 2008). convention de recherche signée le 25 novembre 2005 entre l’Université de Poitiers et l’Université Al Fateh de Tripoli . 20 mars 2008 . Biochronologie. 2006 . convention de recherche entre l’Université de Poitiers. rencontre avec les classes de 6e autour de l’origine des Hominidés. Brunet) depuis 1994 . 2002) du continent africain (Nature 418 : 145-151. 2002 . Propriano. Brunet). Hominidés anciens. Orsay.P. deux missions de terrain ont eu lieu depuis 2007 .P. 2005 . Paléobiogéographie. Direction ou participation à des programmes scientifiques nationaux et internationaux — M. Université de Poitiers et Université du Caire . — UE de Master 1 : « L’évolution en questions ». cours sur les hominidés anciens . 2002 . Phylogénie. 2008). Orléans. 273-275.T. Parmi les résultats les plus saillants : Mio-Pliocène d’Afrique Centrale: Découverte au Tchad des premiers Australopithèques (Australopithecus bahrelghazali Brunet & al. : Mission Paléoanthropologique Franco-Tchadienne (Dir. — Formation académique SVT. 15 avril 2008 . PNAS 105(9) : 3226-3231. Mammifères Ongulés. Nature 419 : 582. Brunet).PALÉONTOLOGIE HUMAINE 387 Enseignement hors Collège de France — Formation académique SVT. Paléoenvironnements. Nature 434 : 752-755. Montreuil (93). 2008 ) et de plus de 500 sites à vertébrés fossiles dans le Mio-Plio-Quaternaire du Tchad (Nature 418 : 152-155. 1995 . — Ecole thématique du CNRS. 21 septembre 2007 . 25 février 2008 . Conférence. L’ensemble de ces découvertes récentes en Afrique Centrale conduit à revoir de manière drastique nos conceptions sur l’origine et les premières phases de l’histoire du rameau humain.L. Science 311 : 821. PNAS 102(52) :18836-41. M. Nature 434 : 755-759. 2002 .F. PNAS 105 (9) : 3226-3231. trois missions de terrain ont eu lieu depuis 2006 . — Université du temps libre Versailles. — M. Conférence. 1996) connus à l’Ouest de la Rift Valley (Nature 378. : Mission Paléoanthropologique et Paléontologique Franco-Egyptienne (Dir. Université Paris XI. — Collège Lenain de Tillemont. Paléoécologie. 17 avril 2008. Evolution. — M. 10-12 octo