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-

r

-F:

DISCOURS

U]\IVERSELLE, ,,,;*

A M.c* LE DAUPHIN;

. '1r"

,,,.,

Pour expliquer la suite de Ia Religion

"

i ''

{'r

et les changemens des Empires,

Depuis Ie commencement du rrionde jusqu,à

I'ernpire de Charlemagne i Par lHessire Jepeurs - Bdxrcrs RO

Éyêqu" à" Meaux, etc.

SSUE T,

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ÂvEcLÂcoNTINUÂ1IoN,o,ooi&,ÂN'I,7,9g,.:

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,

{A LyONr'

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Chez B. CoÈ'u$x et Bi,rxc, Libraires. ,

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TOME SECOND.

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-EZ

DISCOURS

SUR

L'HISTOIRE UIïIYER,SELLE,

A MONSEIGNEUR

Ltr I]AUPHII\I,

TRolslÈntn pARTIE.

Les Empïres.

.,,6'."

'lT,*t*+

Quoro.u'rr ô

.*Tu

'riru

rcp.r'ésentie

de Ii

air rien de conrpararrre à

nrri.-È-slirl"qil"i5ï;i

, Ia suite des- empir.r,

qt 'if {b;:illi:fj::.

"iln,,igiÈ

maintena.t vous remcttre dËvant. lês veu_r- i,Ë,o,i,i"ii_

, 1:r!

guère moins

profitable ou" grrnâri;r'j;.;i#,1;.

prilrces.

, ces empires ont, pour Ia

ces comnie yous.

Illemièrement

pl u pa rt,.

u te lia ison nécesia ir" ;;l lii;iti.-

;

s,est servi des As_

-;;;;

ce

et-des Babyloniens, pour châtier

4.1 Perses: pour. tl iEirt i;rr

de ses premiers successeurs, pouf

r

'

.r\

du peuple de D_ieu, Dieu

syuens

peuple

Iexandt'e et

L'ome IL

v

7

z

Dl.çcotlns sun r"ldrsrolr'tr

L protéger I d'Antiochus

I'illustre et de ses

des Romains '

contre ies rois de qtt'à le.détrdile' f,cs

:.ol'.'

11

I'orrt '

successeurr r. poit'l-iiÀ*tttt ;

pour soutenrr sa

Svrie,

liberté

gui n* rong*oitnt

TIii;'o;;^il* i'i'n"o Jtls'rs-Cùr'ist ''

;;il;;

J.ttnli*Ët

et

méconnu

ilHffiÈ.;;i"',

qeance rlrvtne

,

inglat.

Romains' Quand ils

éun'

Y

fensgr"

c,"li-fiI, tts *ê'mes-Romains ont

à Ia Yen-

ei ont

éxterminé ce petrple

r'ésohr de rassêmbler

Pfuple

nouveau de

ement r.éuni les

empile'. Le

peuples.divers ' autre-

-rnême

"t

a

{3ptti]

éte

un

Dieu, qtJ""nuit

l""ùt-tt

dans le mème

ilË, îe;;it;;-fi pr.i.ièr

terres et les mers sous ce

liàî;t".

d*-t"tt de

fois érrang.F

ré.unis sbus

ù* un"u"i atttres '

Ia tlÀmination romaine'?

h:'ïi;;;t'il;;t;"'

cton! la Providen.e cours à I'Evangile'

se sort servr d;;-i;itneï

Si le même.*pi"

ùiois cents ans ce

J""l;;; côtés danô son

Ï.rri""".

;;Ë;;;;;

Ë;i;' ;;*'é

àà"nt*a l'Église

gloi.e aveè

l"-Ëi;"

.I;ùlt;

lui

t'oniain a persécuté dulant

pelrpte

nouveau qYi

enceintc o cette

"it:t:^"jt

p:t:*;

c'hrétiennt',çt-.t11t

sa [bi,9t sa pattent:e'

a cedé

'-

tt

-''

ayant

r'omain

tngt-

cle plus invincib.le qll"

duttt son sein cette

'lJ"ls:,:-:,7

employe

il,*T:i'nî'.1"#,i 1

il a I'eçu puititrtt*tni

;";: il

al;l;i'

Ësii't e io{.,.iË iI avoit fait une

,

J?ïu.lr*

Ë ;

ôfttit,

"'

q"3

g'.r*ttt' Les empel etrt's ont

tlt ;,1;'

:

étendre, pal toute la terre'

i,:li

i:,"

:, 3"" :"t il,ïï

ce

grand

-l'

:

e*r-

é t

erni te'

" """ftr

i

*"#iii-aî""i,

;TJ;^i;l-J è i"

tT*btt, et que

it- ""i "emen t fr romis

,/

vraE|lrù

Ur{rvrnsgr,LË.

3

devoit subir Ia de,stinée de tous lcs autres -

fïome, devenue Ia proie des barbales

sen,é par Ia religion son ancienne

natrons qui ont envahi l'empirc r.omain r

,

a .-o,,1

majeitd. Les

y ort

:Tt1'l:, p*u ,*

leut

plus

I'Egliie.

lvluis

peu.la pidté- chrérienne'qui a

en se-met-

,

adoucl

tant, chacun d"nr ri

enlpereurs

barbal.iel et leurs rois

, n'ont tlouvé ouc.in

nation , à !; pt.p. à;;

de lËurb titres

gtoneux que cerlui de pr.otecteurs de

il faut ici vous ddcoirvrir les secrets

ilrgutn.nr de Dieu sur I'empir.e

o,o1l

TçTe

r

lomai,

,';;;;;

p/stère que Ie saint llspr.it

a

et que ce grand homme,

lirophaft ,

,

qui

e.rpliquÉ

a

;""it

u".

sôus

l!,

ii&lù

rrcine ex-

u,r,r,*-

u,riiË"_

Honulu., oux_ ô,1,

r,

r{}vcte à

a,pôtre r évangéliste, et

sarnt.Jean,

dan.s.l'apoc'a[.pse. Rorire

dans le ùlte ilô.s

icloler,

ti'ême à s'en défaire,

*"oii

*è**

leurs chr-étiens; et lc sdnat se faisoit

de défendre

rJuels il artribuoir

'eur

les dieux de

-,

;

2c7,,n1.1ç.

,u,,.

toures r"s"o;.ioi,.;;ï;

_empo,."u'i

ie

* ù

rj;;- iji|,;j:1',',.

d ;i

_

iY,-li;

.: ;:

ci e'n e rép,bl i q u e. Les

guds de-s dipulatious de

que

gr.and colr)s ouii;'t".

,e, id'l'es r'et

,.,

oi*;ità,

rlernandoit le *!tablissent:nt ii*

qui croyoit

supershty.ns,

corriger tîome a.

étoil

{aire une injut.e au rlom

compagnic, cornposdc de

liu,

.i

pç.un,ll o,i ,* trouvoient

unu

t'urltatn. r\rnsr celte

(rc quc l'ernpile a.vo_it dô

Itnmense

rnultitucle de peuplc,

plesque tous lcs

puisfans'de-Rome r Dc Dou-

leurs erl.eur.s,

ni

pr.

,ri

pi'f

l"

.i,i ,i$;ibi;

pr"ot

Èiiu,

vorent êti"e letir-çl du

pr'édication de

accomplissement

l'E'a,gile,

des

"anii*ni.,

tlr par Ia conr-er.sion plesque de tôut"le restc

As

.

'

\.

,L/

--Trr-

\ \

4 Drscouns sttn l'Htstornn

iu I'empile , dont toris les

ni enfin par. celle.

dé*ets auiolisoient

4t*

le

princes

clrlistia-

irir*e. Àu contraire, ils continuoient à char-

o

d'opproÏtres

""JÀsoient

de

tous

l'Eglise de Jésus -

Çhrist

'

de leuls

i";ift

$èt.t,

encJre., à l'eremple.

lcs malheurs de

l'emptre; tou-

lours

tutioris , s'ils n eussent

pt.tt-t i'enouveler. les anciennes.Perstl-

été

réprim*t

**-

PT

]::

tttotes é'toie-ntlncore en cet étal

;;;;:il*t

au

quatrième sièclc clc-lFglisc r^et cent ans

,

quancl IJieu entin se ressou-

du sénatcont'c

des cris furieux

;;tËs Constantin

;il;a_

i;fi,Ièl.r',

dont

toui

chrdtien, *,ïii

nt itUaatrl*.

'rille

eriçrëe

;;;i-","i;

j.''''

i""t à. ,r,igtnnsdécrets

et touî ensemble

it

peuple

s'i

Romain ' avide du'sang

souvent fait ret_entir I'am-

t

tt

livra donc aux barbares cette

du sûng des marlyrs

,

Diiu renouvelâ

comme

sur elle lcs

qu'il

avoir es_ercés srrr

est annelée de ce nom'

Âpoc.

ri'Ïi"'o'

liÏili-r".r,iii*-*

ii.ityrt"*

(leue

i{oÀ"

cicnne

r-nêfe

im'itatrice-tle l'an- unnée de ses'ricloires '

,

souillée de ses

D i e u,

";;;ii;iltvi;'"

.'';;;;;

*ùâ

t|iomphail;;;;t

ft;I,i,iil,"

i;;il

"

t.iJui

;;.,î;ii.'n

ù

-

ses richesses '

rre cut_ri

ce. 11 u p

e u p I e tl e

tL**u

thuttte

elle cl'une-8rand.e chute I

sa.

ruine'.La

gloire

de ses

.

d.ii

)rvrII.

.onq,,*,i;î;;;il;

est

ôtéel".tll

;;tt;

trois et'fuatre

ii;i;-.

;;;;;

lJ

*1rt'ib'oit à ses-dieux ' lui

proie aux barbares ' prise

' saccagéc-' dé-

foiË,

Ëa'bares ne pardonne attrre Rome toute chrt{-

.pillée

la première 1 et c'est

rion det barbares q u e

[ttine,des

t-c

;ùeÏi-t''

tiennu.ori'i*ï.*",tt.s-ele

t.*uii"ptè;

$

,

,'nrhèv*

j;i

non'l'n

*iiiUt***"t

la victoire' qle Jénus-

Ur*rYnnsDLrr.

' Christ sur les dieux romains qu'on voit non-

seulemèTlt détruits o mais oublit(s.

C'est ainsi que les

empires du monde ônt

servi à la conlervation du pe,rple de Dieu :

q^ri a fait pr,é-

dlre g ses prophètes les diver.s étais de son peu_

ple r.leur_a fait prédire aussi la succession des

empires. Vous fvez vu les cndroits où Nabu-

c"esI pourquoi_ce même Dieù

,

choelonosor a été

devoit

margué comme celui qui

peuples ,"p.rbir,

venir,pour puniiles

et sur-tout le

peuple Juif ingùt envàr.s son

ilo**.r. Cyrus

auteur. Vous àvei entendu

deux cents ans avant sa naissarlce r comme

celui

punil

qui devoit rdtablir le

peuple a. b;u" . ut

ruine de lr{i_

l'orgueil de Babylonc. La

n'a pas été prédite moin.s

clajrement.

.uanrel 1 dans_ ses adrnirables visions, a fait

*u".

t"rf,e{

de,Il.alyf

en un instani devant

9ne,

vos yeux i'empire

dt d*,

p;;i;;;

Les blasphêj

t,ittur[ru

l;.;;ùf- "

sur

un si

c_eltri des ]Ièdes

cclui <l'Ale

mes et

oni été

xandre et des Grccs.

les cruau,tds d'un An{iochui pr.ophdtisi.es, aussi bien gue

pe.uple

dc Dieu

l'cs mrla(:uleuses du

violent persdcuteur.'On'

emprrcs lomber lcs uns

:o^.i1.ll

y

"*p

y voit .;îr,;;,"

aprùs les autres i et Ie

Christ devoirJ r"Éii,.,

par ses proprcs

cle

le

indion_

ire q u e Jdsu s_

est.marqué s.r expres#ment

caracrcres,

(r'est

'.ir.e.

q'e9t

I'e.mpire

oort subsrster

qu'rl n'y a pas rnoyen

i'enrpii.e d-l's s-ajnû

,

au t:oirlli"îi;

oui

"o,pir_ d"'tousles

tlu Fit, de l,tlnmme

au.nrilieu de ra .uine

autres, et auquel seul

l,éter.nité est promiJà.-=

le

plus^

gr.and

de

L,.,r jugemens de Dieu.sur

lous lcs empires de ce mcnde, .;gie_ei.à,

.

J

tlc.--

I Drscouns suR r,'Hrsrornr

que I'arrogance, compagne ordinaire d'une

iondition ii

éminente f esl si fortement rabat-

tue par ce spectacle. Car, si les hommes ap-

prennent à se modéter en voYant mourtr les

rors, combien plus seront-ils fr'âppés.en voyant

mourtr les royaumes même ? et peut-on

recevoir une plut belle leçon de la vanitd des

" &randeurs humaines ?

Ainsi, quancl vous voyez passer r comme

en un instânt'o devant vot ye.ui, ie ne d,is par

. les rois et les empereltrs e mais ces grands em-

pires quiont fait tj'emblei tout l'univlrs; quancl

yous voyez les_Assyl'iens anciens et nouYea.uxt

les VIèdâs ,les Peries, les Grecs, les Romarnst

$e présent,er devant vous successivement

,

,

et

torÀbero pour ainsi dire

c:e firacas effroyable vous fait sentir qu'il n'y

l'ic*de solide parmi les hommes, et que

les uns sur les autresl

a

lin-

''

conslance et l'âgitation sont le plopre partage des choses humaines. Mais. MoxsnrcNEUR o ce qui vous rendra

ce spectâcle plus utile et plus fgréable ? ce sera

: la rêflexion ùue Yous ferez non-seulement sur

l'éldvation ef sr,t la chule des empires, mais

encore sur les câuses de leuls progrès et sur

celles de leur ddcadence. Car , MorqsnrcNEUR ?-

a fait i'enchainement de l'univers n et qui ,

rr.

ce même Dieu qyi

p'ur

*".:o#l*

*piresontloUt-ntrisSant

frar Iui-rnème., a vOulu,

l':l'fil:: établir l'ord.r'e , qu* les parties d'un si giantl

;l:i,,[iil;:

îr'rrt.ét'-

touI drtpendissent

Dieu i voul.,

les uncs dcs autlesn ce même

aussi que le cours des choses

sa suite et ses propoltions : ie

humaines eiit

îeur tlire gue les honrmer et les nâtions ont eq

{

UNrvElrst: t LE.

g des qualitds propoltionndes à l'éldvation à la"- guelle ils éto^ieni destinds; et qu'à la rdserve

extraordinairei oùDieu vou-

tle certains coups

Ioit que sa rn_airr panit toute seule , il n,est

poinf arlivé de grând changement quî n'ait eu

ses causes

dans les siècles ùrdcddens.

Et comme

,

dans toutes les affaires, il y a

ce qui les pr'épare, ce qui ddtermine à ies én-

la 'rraie

chaque ternps,

grands changemens, et les

eonlonctures importairtes qui les ont fait ar.-

Ireprendre,

g! ce qui les fait réussir

,

sci.ênce de I'histoiie

est de r.*nt.g,i.r,

dans

ces secr.ètes dispoiitions qui

ont.préparé les

river.

Bneffet, ilnesuffitpasderegarderseulement

devant ses yeux, c'est-à-dirË, de considdrer

_

ces grands événemens qui décident tout-à-coun

de la foltune des empiies. Qui veut entend.e I

fond les choses humïines,ïoit les

reprendre

d_e plus haut; ct il lui faut ôbr.tn*r' les'inclina-

tions et les mceurs

r ou r pour dire tout en un

mot o le caractère tant dis peuples dominans

engéndral que d,es princes e.n

entrn de tous les hommes extraordinaires oui .

pàr.liculier, et

pa^r.l'importance du

personnage

qu,ils

oni

.,i

à faire dans le m-oncle o ont contriË,iJ

ou en

lortune

rnal , au changement des étals publique

,

*ïi." et à la

J'ai t:iché de vous pldpar.er à ct s imoor-

lantes ré{lexions

c.e discour.s : youn

des

dans'la plemière par.tià cle

y aur.ez p'u olrrerv*i.t. qAnin

,

peuples et celui des grâncls hornmei qii Ë-

conduits. Les évrlnimens qui ont noltti

'ont

coup dans la suite ont été monirtls;

Â5

et , afin

i.'

"1."2

.fi}:

.,.i

IO

Dlscouns sun r,tHrsrornn

de vous tenir attentif .à l'enchainement des

Erandes affaires du monde gue ie voulois plin-

Ëipalement

.oup de

pas été si

vous faire entendle,I'ai omis beau-

faits particuliers dqnt les suites n'ont

considér'ables. Mais parce qu'en nous

nous aYons passé troll

âttachant 'à la suite e

choses pottr pouvoir faile

les réflexions qu elles mér'itoient, vous devez

maintenant vous y attacher avec une atten-

vite sur beaucoup de

iion plus palticuiièr'.

,

et accoutumer vdtre

esplif à reiheî'cher les efl'ets dans leuls cau'ses

leô plus éloisnées.

Pït

là, IIorosErGNEUn e vous apprendrez

ce qu'il est si nécessaire que vous sachiez,

cu'eïcore qu'à ne regarder gue les rencontres riarticulièr'Ës o la fortune sernlrle seule décidcr' âe l'établissement et de la ruine des empires;

à tout prendre, il en an'ive à peu pt'ès comme dans le jeu, où le plus habile l'empolte à la

longue.

Ên effetr.ltqg

ce ieu sangla,nt oti les peuples

l'empire et de la puissance , qui

ont disputé de a prévu de

plus loin , qui s'est le plus appliqué t

u dur'é le plus long-temps dans les grands

tlavaux, et enltn qul a su le mteux ou P_ou^sset'

q,ii

ou se ménager strivant. la rencontre

eu I'avanta[e,

desseins.

,

à la fin a

et a fait servir la foltune à ses

Ainsi ne vous lassez point d'examiner les

causes des grands cùangômerls e prrisque rien

ne selvira iamais tant

à

votre instructron :

mais recherôhez-les sur-tout dans Ia suite des

grands empires, où la grandeur des événe-

il.ns les r'ênd plus PalPables,

\

-.<-

IJTTvEn.sELLE.

Je ne compl.,l, pas ici

.palmi

empiles celui de ttacchus nr cel;;;

rI

t )'

les grand,

iT{"i;i.,[:'illl::'

, ^.t

c es'cé I èbres

va i n q u eu rs des In d es et d e l'Ori end Uii:,iJ,ii:

Leurs histoires h'ont rien de certain, leurs

conquêtes n'ont rien de suivi

;

il les faut laisser

ccléËrer aux poètes, qui en ont fait les plus

ulands " suiets de lcurs fables.

J" ne pârlerai pas non plus de I'empire que

-\Iadyês

Ie

d'I{érôdote, q-ui ressemble assez-à,Herod. Iib.

l'Ihdathvrse cle ltdsasiène et att Tanatis de ''s'à,r.,.r.

Jristin ? "établit pouii un peu de îemps dans lu lJ,;,,. r. ,.

grande' Asie. Lôs Scythe^s que

noit à la guerre , ont plutôt fait des coul'ses

que des conquêtes. Ce ne

ce piit c" me-

fut gfre par re.l.-

qu'ils

tionlre. et en poussant les Cimmér'ierts,

entrèrent clanô la }Iédie

,

battilent les llècles,

et leur enlevèrent cette partie de I'Asie,

ils avoient dtabli leul d.onrination. Ces nou- :

régnèrent que z8 a-ns.

Leul impiété n leur âvalice et Ieûr brutalité

veaux conquérans n'y

. la le_ur' fii.p-erdre; et Cyaxare., fils.de Phlaorte,

sur lesuel'ils l'avoient conguise n les en chassa.

Cc.fuf plutôt pal adrest* qr" par force. Ré-

duit à un coin tle son royaume que les vain-

qLreut's avoien-t négligé r-ou que peut-être ils

n'avoient pu folcei,

il aflendiI avec patience

la

que ces conqttérans'brutaur eussent àxcité

:

''l.

,

t

l

haine publiqire, et se défissent eux-rnêrnes par

Ie désordre de leur gouvernement

Notrs tlouvons eniole clans

Slrabon, qui I'a .*tah.Iit.

tiré clu meme \'legastène

,

trn 1'éalcoir', r.,ixv'

d'Ethiopie : ce doit êtle Ie'fhalaca de I'l',cli-

ture, dont

les almes furent redoutées du temps i

"itl;l'

xxxu.

de Sennachér'ib , r'oi d'r\s.sylie. Cc.prince pé-n'

t\6

T2

---F

Drscottns sun r,'HrsrorRr

' nétra jusqu'aux colonnes d'Ilercul€e âppârêïl-

ment le long de Ia côte d'Afi'ique

,-ét passa

'd'un

iu.squ'en

dont nous ne voyons dans les histoiles

que quatre ou cinq moti, et dont la domina-

tion n'a aucune suite !'

Itomme

Eu"rope. illais que dirbis - ;e

I-,es Ethiopiens , dont il étoit roi , étoient,

les mieux faits de tous lcs

, plus belle taille. Leur esolit

. ,Y{'oo' t,r.selon t{drodote

hommes et de la

étoit vif et fermË;

soin de le

'tultiver,

mais ils prenoient peuT.dc

mettant l.u.t .onfi.n.e

dans leurs corps robustes et dans leurs bras

neryeux. I-,eur'-s rois étoient électifs., et ils

et le plus

mettoient our [e trône le plus gland

fort. On peut iuger de leur hùmeul pal une

action que nous laconte hérodote. Lorrqu*

Carnbysl leur envoya I pour les surprendie

,

: tles airbassadeurs Ët ddr présens teis que les

Perses les donnoient, de la^pourpre

selels d'or et des compositions

)

dei blas-

de par'{Ïms, ils

.se moquèrent de s.t ptlérens ils ne voyoient

rien iltutile à la vie ràussi bien quc de ses arn-

bassadeurs qu'ils prilent pour cdqu'ils riloient ,,

c'est-à-dire-, pour des espions. S{ais leur roi

voulut aussi faire un présent à sa mode au

roi de Perse ;

et . prenant en main un arc

+

peine

soutenu loin de le

des

le'banda en présence

qu'un.Perse étt

pouvotr tirer , il

àmbassad."rc o et lrur dit z Vô;ci le consril que lc roi d'Etlriopie donne au roi de Persr,

Qyund

les Pe.rses. se

jc

p_ou1ront strpir

,

aussi

aisrmrnt gue

yirns de Jaire , d un arc de

t Çu'ils rirn-

celle grandt'ur ct de crtfe J'orce

ncnl atlaqucr le s Ethiopims, cl qu'ils

smènrnt,

[.Jr,vrvERsnlln.

r3

plus

tle lroupes que n'tn a Conùyse , Enatttn-

danl , qu'ils rinclenf grrircs ritz dùur,qui

tt,9nt pas mis ùans le cæur

des tr-thiop;ûi te

r,(tvs.Ceta ait.

disir de s'élendrt ltors de lt:ur

il dcbanda I'ar.c et le donn* nu* otÉbassadeurs.

On ne peut d_ire

quel erit étd l'événement tle la

guerle. Cambyse, ilrité de ceLte r.éponse n s'a-

vança vers I',F-ihiopie comme un inâensé, sans

olrl"re ? sans convôis

, sans discipline ; ât oit

4é{r' son armée, Iauie de vivrei ,çeu milieu

des sables, avant que d'aonrochcr i'ennemi.

Ces peuples d'Élhiopiâ'n'étoienl

qu'ils

-leur

s'en vanloient

,

poultant

si ren-

pas si justes

I'elmés dans

pays, Leurs voisins

,

les

Egyptiens, avoient iouïent

ces. ll .ly

épr.ouvé leurs ior-

* rien de suivi daris les conseils de

ces natrons sauvages et mal cultivées : si la

nature y commence souvent de beaux senti-

mens , elle ne les achève jamais. Aussi n'y'

voyons-nous gue peu de

et à imiler. Ir{'en par.tons pas davaniâge, et vcnons_aux peuplcs policés.

sont les premiers I'on ait

choses à apprendr:e

!.t {sypiieris

su les règles- du

gouverneinent. Cette nation

gravc et sérieuse- connut d'abord la vraie fin

de la politique, gui

est de rendre la vie com-

pays y faisoit lei esprits

mode et les peuples heureux. La tempér'aturc

tou.jours trni-lbrme du

solides et constanr. ôo*nle la ver.lu eit fe

fondement de toute la société " ils l,ont soi-

gneusement cultivée.

f,eur pr:inr:ipale ver.tu

gloire

a dté la reconnoissance. La

qr,gn,leur a Dio<!. r. L

donnée d'être les pltrs recJnnoirsâns de 1ouo,.'ï

lcs hornnres , fait voir aussi qu'ils étoient les

/

1

-

T4

Drscouns sIJR r"Hrstornn

'

nlus sociables'

Les bien{'aits sont le lien de la

fo.tcorde rrublique

noit les età

et palticulière. Qui recon-

t,

ài*. à en faile I et, en bannis-

, le plaisir de faile du bien qtt'il n'y " plusmoyen de n'y

sant I'irigratitude

demeur'Ë si pur,

êtle pas t.niibl -Leurs

plein^es d'équité

,

lois étoient simples,

entt'etr-r

et plopres à unir

D;od.I.l.les citovens. Celui Qui ,

'e;t'

2'

homme"uttaqué ,

ne-le

de mortSussi

pouvant sauvel' un

faisoit Pas r I'ioit ptrrri

rigouïeuselnent que,l'assa$sin'

Oue si on ne pouvoit secourlr Ies malheul'eux t

ii fulloit du

dénoncer I'auteur de la

et il y avoit des peines établies con'

'moins

violence;

It'e ceux aui mânquoient à ce devoir'. :\insiles

citovens êtoient à la

et t6ut le corps

étoit par permis d'être inutile à

.l'état : la loi assignôit à- chacun son emploi,

garde les uns des autres,

étoit uni contre les

de lttat

rbi(l. ' méchans. Il n

'qui

se.perpétuoit- de père en fils. On ne pou-

I

ni changer de plofes-

vott nt en'avoil deux

sion I mais aussi toutes les plofessions étoient

et

comrne il

honor'é"t. tl {alloit qu'il y- eû! cles emplois

des personnes plus cotttjdéralrles,

faut'qtr'il y ait'des yeux

éclat

i.

dans le corps : lettr

f.{it pas mepriser les pieds, ni les

plrri basses. r\insi paimi les Egy-p-

et lcs solrlats avoient des

parties les

ii.nt, les prtitrcs

mat'otrcs d'irtlnrreur pallicrrlièr'es: mais tous l'es

mdii'ers,

iusqu'atrs

mointlles, éloient en. es-

tirne; et on tle

cl'oyolt pas pouvotl', sans crlmet

doni les travaux , quels

merrriser les citoylut

qu'il.s [ussecl, , iontlibttoient au hien pul.rlic'

É".

.,*

moYcn'r totrs les al'ts venoient' à leur'

perf'ection' ; l'honneur gui les notrn'it , $'Y

UNTvERsELLE.

r)

mêloit par-tout : on faisoit mieux ce qu'on

avoit toujours vu faile

,

et à quoi on suétoit

uniquement exercé dès son enfànce.

Iiais il

y avoit une occupation qui devoit

être commune " c'étoit l'étride des'lois et de

Ia sagesse. L'ignorance de la religion et de la

policé du payJ n'el.oit excusée eri aucun état.

plo{'ession avoit son canton

qui lui dtoit aisigÀé.

Au reste, chaque

Il

n'en arrivoit aucune

incdmmodité dans un oavs dont la larEeur

n'ét'oit pas

les fainéairs'ne

Srande,

et âuilr un si bel orire,

savoient oir se cacher.

Parmi de si bonnes lois. ce qu'il v avoit de rneilleul n c'est gue lout le-monilc éioit nourri

dans l'esprit de les observer. IJne coutume Hetott. r.rr.

nouvelle etoit un plodige en

Egypte : tout s'y,?,;:l'.''

qu'oir

Pht' de les'

t'

faisoit tou jouls dô rnêrÀe, et l'eïâôtitude

y avoit à gardel les petiles choses maintènoit

Ies.grande"s. Aussi n'y_eut-il jamais de peuple rrur art conselvé Dlus lonq-temns ses usages et

s'es lois. I,'orclrc âes

tenir cet esprit. Tlcnte-juges

iugeil.nr

3

ooit

à e"ntre

étoient tir'és des - D:od.r.

la. compagnic""'''

principal.riill.r ?our .ôtripor

qul

tumé à ne

lugeort

tout Ie royaume. Un étolt accou-

voir dans ces places que les plus

honnêtes gens d.u pa.ys, et les plui graves.

!,"

plin'ce leur assignoit certains revenus, afin

qu'affr'anchis dei

pussent donnel tout leur

embarras domestiques ils

lemps à faire obser'-

ver|es|ois.Ilsnetiroientriôndesprocès.et

on ne s'étoit pas encore avisd de fair'e un

tier_de la justice. Pour éviter les surpr.ises, les

affaires étoient traitdes par écrit dans cette

assemblée. On y craignoif la,fausse éloquerrce,

*d-

:

'

T6

Drscottns stln ltHrstotnÊ

qui éblouit les csprits ' ct dmettt les passions,

l,a vdrité nu pounbit êtle exrrliq*ée dirne mâ-

nière trop sè'c'he. Le présidànt'du sdnat por-

toit un colliel d'or ef de pierres précieuses,

d'où nendoit une figure sans yeu-ï gu'on ap-

Diort.r. peloit'la Vér'ité. Qriand il la !r'enoi[,_c'étôit

tcct'2'

Ie signal poul commencer la séance.

ll I'ap-

pliqubit air parti qui devoit gagner sa cause t

et c'étoit la forme de prononcer les sentences.

f,,,:

:ri i'

un des