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Histoire de la renaissance 16 eme XVI Siècle

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Histoire de la renaissance
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La Renaissance est un vaste mouvement culturel. Favorisé par l'invention de l'imprimerie et par l'influence de la civilisation italienne, il se définit comme une rupture avec les idées, les moeurs et les formes littéraires du Moyen Age, et une "Renaissance" des valeurs esthétiques et morales de l'antiquité grèco-romaine ou encore "humanisme". La France connaît une période de grande activité intellectuelle. Les guerres d' Italie ont permis un contact direct avec une civilisation artistique brillante. Le roi François 1er, protecteur des écrivains et des artistes, s'attache à développer les Lettres et les Arts : la Renaissance s'épanouit ! Mais la seconde moitié du siècle est marqué par un conflit sanglant : les guerres de religion qui opposent catholiques aux protestants, et mettent un terme à cet âge florissant...

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Il y a deux Renaissances : l'italienne et les autres
Lorsque Charles VIII puis Louis XII se lancent dans la conquête de l'Italie, ils sont stupéfaits. L'art, l'architecture, la musique, la pensée les moeurs sont beaucoup plus évolués qu'ils ne pouvaient se l'imaginer dans leurs sombres forteresses médiévales. C'est une révélation ! Les rois de France, suivis par la noblesse vont tenter d'importer à doses massives ces manifestations concrètes et raffinées de l'intelligence, du goût et des bonnes manières. Mais cela restera pendant longtemps un vernis superficiel. Dans le domaine des idées, les italiens connaissaient Platon depuis le XVème siècle. Il ne sera publié en France qu'en 1512. Il ne faut donc pas confondre les Renaissances et faire de la France du début du XVIème le pays merveilleux qu'en ont fait l'imaginaire national, notre littérature et nos traditions orales. La vie dans les campagnes n'a pas changé. Les relations amoureuses sont liées à la transmission des biens et au rang familial. Les traditions festives viennent de plusieurs siècles en arrière et reproduisent des coutumes et des comportements parfois socialement rétrogrades. L'Université est un lieu de conformisme intellectuel. Pourtant les choses bougent : de hardis navigateurs font les découvertes de civilisations et de peuples qu'on n'imaginait pas dans un monde dont on sait qu'il n'est plus plat. Les Humanistes, navigateurs de haut bord dans les livres anciens redécouvrent des côtes qui n'ont aucune référence avec la foi chrétienne. Et après tout, on y vivait et pensait pas si mal. On ne s'étonne donc pas du thème récurrent de la navigation chez Rabelais. Tout cela permet le doute. Et le doute est l'origine de toute évolution. C'est contre ce doute et cette évolution que vont se battre avec acharnement les Théologiens tels que Beda pour qui l'homme doit seulement croire "avec la foi du charbonnier". La Renaissance française est pourtant bien une énorme vague créatrice, porteuse d'évolutions fondamentales, et poussée par l'exemple italien. Mais dans bien des domaines, cette vague va retomber et s'écraser dans le bain de sang des guerres de religion. Sur mer comme dans le monde des idées, les conquérants vont y prendre la place des découvreurs. Pizzare succède à Magellan, et dans le domaine spirituel Luther finit par éclipser Erasme. La science moderne naît pourtant à cette époque avec Giordano Bruno et Copernic. La technologie va engendrer la plus grande révolution du millénaire, celle qui permet le développement de l'humanité par transmission et capitalisation des expériences et des savoirs : c'est l'imprimerie : forme nouvelle d'activité productrice, dont Paris et Lyon vont être les capitales françaises. Elle va créer de nouveaux emplois, et une nouvelle forme de commerce.

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Est-ce pour cette raison que s'établissent à Lyon les grandes banques européennes de l'époque ? L'allemand KLEBERGER, banquier à Lyon s'enrichit au point de payer de sa poche la création du premier asile pour nécessiteux. C'est que la bourgeoisie des villes connaît une fulgurante ascension. On assiste à une accélération des échanges, et les Foires sont l'occasion de montrer des produits nouveaux. Parmi ceux-ci se trouveront les éditions de Rabelais. La banque existe enfin en France. François 1er accorde une exemption à l'interdiction d'usure lancée par l'Eglise au profit de la ville de Lyon pour financer sa guerre en Italie. C'est un pas décisif vers les lois de l'économie moderne. Mais ces guerres seront coûteuses et laisseront le pays presque ruiné à sa mort. L'amour et la mort, la peste et l'art, les Palais somptueux et la fange de la rue, la Renaissance est riche en oppositions. Au plus haut de la sophistication ou du pouvoir la chute n'est pas lointaine. Demain la belle jeune fille aimée sera réduite à l'état de cadavre purulent par une épidémie foudroyante. Le jeune chevalier lettré mourra à la guerre, en duel ou sur un bûcher s'il a la langue un peu leste et les idées un peu avancées. Une solide culture populaire aux chansons grivoises coexistant avec une pensée religieuse austère et d'une création musicale novatrice. La médecine fait des progrès mais on trépasse aisément de maladie. Cette précarité de la vie la rend plus vive, plus intense, mais donne à la religion un immense pouvoir de sécurisation des consciences. L'homme de la Renaissance est un homme forcément contrasté, passionné et forcément religieux. Mais cette religiosité est tempérée par le bon sens du peuple, bon sens dont toute l'oeuvre de Rabelais atteste avec force et humour. L'alliance du populaire et du savant : idée intéressante qui ne durera pas...

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FAITS MARQUANTS DU XVIème SIECLE LES ROIS DE LA RENAISSANCE L'HISTOIRE DE FRANCE AU XVIème SIECLE QUELQUES DATES IMPORTANTES DU XVIème LA LITTERATURE LA MUSIQUE LA PEINTURE L'ARCHITECTURE LA TAPISSERIE LE MOBILIER L'ART CULINAIRE ANNEXES -

LES GUERRES D'ITALIE HUMANISME LA REFORME LES GUERRES DE RELIGION

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SOURCES - LEXIQUE

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- LES GUERRES D'
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ITALIE : de 1494 à 1516

L'HUMANISME : 1ère moitié du XVIème siècle

- LA REFORME (Luther, Calvin, Erasme..)
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LES GUERRES DE RELIGION : 2ème moitié du XVIème siècle

Mais aussi

- LES GRANDES DECOUVERTES : Christophe Colomb, Vasco de Gama, Magellan, Jacques Cartier.. - Copernic, Galilée.. - LA CONSTRUCTION DE CHATEAUX : Fontainebleau, Blois, Chambord, Azay-le-Rideau, Chenonceaux.. - MONTAIGNE, RABELAIS

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1498 - 1515 : LOUIS XII, cousin de Charles VIII. 1ère épouse : Jeanne de France, fille de Louis XI - divorcé en 1498 2ème épouse : Anne de Bretagne, ex de Charles VIII - meurt en 1499 3ème épouse Marie d'Angleterre, soeur du roi Henri VIII. 1515 - 1547 : FRANCOIS 1er, cousin et gendre. François d'Angoulême, c'est son nom, est un valois, fil de Charles d'Angoulême et de Louise de Savoie. 1ère épouse : Claude de France, fille de Louis XII 2ème épouse : Eléonore d'Autriche, soeur de Charles Quint. Sa soeur, Marguerite d'Alançon, épouse Henri d'Albrêt, roi de Navarre et devient reine de Navarre. Le long règne de François 1er est marqué par les Guerres contre son rival Charles Quint (dont il a épousé sa soeur !) et le renforcement du pouvoir royal. 1547 - 1559 : HENRI II, fils. Epouse Catherine de Médicis. 10 enfants dont 3 règneront. Diane de Poitiers est sa célèbre favorite, belle et intelligente, qui exerce un rôle politique et artistique important. Il meurt dans un tournoi équestre auquel il participera à l'occasion du mariage de sa fille Elisabeth avec Philippe II d'Espagne, fils de Charles Quint. 1559 - 1560 : FRANCOIS II, fils. Epouse Marie Stuart, qui à sa mort quittera la France pour devenir reine d'Ecosse. 1560 - 1574 : CHARLES IX, frère. Epouse Elisabeth d'Autriche, fille de l'empereur d'Allemagne Maximilien II. Il meurt à 24 ans de la tuberculose, sans descendance. 1574 - 1589 : HENRI III, frère (était roi de Pologne). Epouse Louise de LorraineVaudrémont.. Sa mère Catherine de Médicis assure les affaires du royaume. Il meurt assassiné, sans descendance. Avec lui, la dynastie des Valois s'éteint ! 1589 - 1610 : HENRI IV, Henri de Bourbon, roi de Navarre. Beau-frère 1ère épouse : Marguerite de Valois (la reine Margot), soeur des rois précédents. 2ème épouse : Marie de Médicis. Il est fondateur de la dynastie des Bourbons. Il redresse le royaume avec Sully, son surintendant des finances. Il est mort assassiné par Ravaillac.

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FRANCE Dynastie des Valois

ANGLETERRE Dynastie des Tudor

ALLEMAGNE Dynastie des Habsbourg

ESPAGNE

RUSSIE Dynastie des Riourik

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1498-1515 : Louis XII, cousin de Charles VIII. -

1485-1509 : Henri VII 1509-1547 : Henri VIII 1547-1553 : Edouard VI 1553-1558 : Marie 1ère Tudor, demi-soeur, ép. Philippe II d'Espagne

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1493-1519 : Maximilien 1er 1519-1556 : Charles Quint 1556-1564 : Ferdinand 1er 1564-1576 : Maximilien II 1576-1612 : Rodolphe II

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1474-1504 : Isabelle 1ère la catholique, reine de Castille. Ep. Ferdinand II roi d'Aragon

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1533-1584 : Ivan IV le Terrible, 1er Tsar de Russie en 1547

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1515-1547 : François 1er, cousin et gendre

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1584-1598 : Fédor 1er 1598-1605 : Boris Godounov

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1504-1506 : Jeanne la folle 1506-1516 : régence de Ferdinand II

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1547-1559 : Henri II, fils 1559-1560 : François II, fils. ép. Marie STuart -

1558-1603 : Elisabeth 1ère, demi-soeur.

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1516-1556 : Charles Quint, petit-fils ==> début de la dynastie des Habsbourg en Espagne

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1560-1574 : Charles IX, frère 1574-1589 : Henri III, frère 1589-1610 : Henri IV, beaufrère. ==> début de la dynastie des Bourbon

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1556-1598 : Philippe II, fils 1598-1621 : Philippe III

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 La France de la Renaissance  Les guerres de Religion  Henri IV : le relèvement du royaume

I.

LA FRANCE DE LA RENAISSANCE

Depuis la fin du XVème siècle, un mouvement de reprise démographique et économique se dessine en Europe. Les Etats européens sont de mieux en mieux organisés. De nouvelles exigences intellectuelles et esthétiques ont crée en Italie les bases d'une Renaissance qui gagne vite les autres pays. Des inventions techniques (imprimerie vers 1440) ou des découvertes scientifiques considérables (Copernic, Galilée) apparaissent en Europe au moment même ou de grands voyages permettaient de repousser les limites du monde connu (Colomb 1492). La France, pays le plus peuplé d'Europe du début du XVIème siècle est associée à ce grand mouvement mais s'engage dans de longues guerres contre un voisin puissant (Charles Quint). La France ne sera pas non plus épargnée par la crise de conscience qui secoue la chrétienté de cette époque. 1. Le renforcement du pouvoir royal Des rois énergiques : François 1er (François d'Angoulême-Valois) accède au trône (1515-1547) le 1er janvier 1515. Ce roi de 20 ans est le plus proche cousin et aussi le gendre de Louis XII décédé sans mâle. Brun, élégant, intelligence vive, il comprend et s'adapte vite aux idées nouvelles et encourage, sur les conseils de sa soeur Marguerite d'Angoulême, les débuts de la Réforme. Mécène et homme de goût, il laissera un héritage culturel important. Amateur de femmes, calculateur, son long règne est marqué par les guerres contre son rival Charles QUINT et le renforcement continu du pouvoir royal. On lui doit la formule est "tel est notre bon plaisir". On lui doit aussi le Collège de France, la protection à Rabelais, Marot, l'achat d'oeuvre de Vinci, la construction de Fontainebleau, de Chambord... Henri II accède au trône en 1547 à 28 ans. Fils cadet de François 1er, il épouse une riche héritière florentine : Catherine de Médicis. Réservé et timide, Henri II ne possède pas le panache de son père, mais sait faire preuve d'autorité. son oeuvre est interrompue en 1551 par un accident : il meurt d'une blessure à l'oeil lors d'un tournoi au double mariage de sa fille et de sa soeur. Il subit l'influence de son connétable de Montmorency et surtout celui de sa favorite, de 19 ans son ainée, diane de Poitiers. Femme intelligente, d'une grande beauté, exerce un rôle politique et artistique important. Dans l'ombre de Diane, une famille de Lorraine, les Guise, poursuit son ascension.

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Les souverains énergiques ont le sens de la grandeur et de la mise en scène. Depuis François 1er, le roi de France porte désormais le titre de "Majesté". Un faste permanent entoure la vie du monarque, personnage sacré dont la vie se déroule sous les regards de tous. C'est l'exaltation du pouvoir monarchique ! Les entrées dans les villes sont toujours prétexte à organiser de brillants cortèges, les municipalités allouent des sommes considérables à la décoration des rues, à l'édification d'arcs de triomphe, aux distributions de vis. Des artistes célèbres comme Jean Goujon, Ronsard ont participé à l'entrée solennelle d'Henri II à Paris en 1549. De 10.000 à 15.000 personnes constituent la cour et suivent la famille royale dans ses multiples déplacements entre Ile de France et Val de Loire. La cour ressemble souvent à une immense caravane luxueuse : en tête les nobles et des grands Officiers de la couronne, suivis d'une foule disparate composée de domestiques, soldats, musiciens, tapissiers, cuisiniers... la cour joue un rôle essentiel : elle draine l'élite du pays, lance les modes, multiplie les commandes aux artisans. Les guerres d'Italie et le mariage du jeune Henri avec une florentine ont attiré une importante colonie italienne qui introduit ainsi un certain raffinement dans la vie quotidienne des grands. Par ailleurs, l'administration est plus efficace. Le gouvernement apparaît mieux organisé. François 1er et Henri II continuent à prendre l'avis de leur Conseil. La direction de l'armée reste toujours du ressort d'un grand seigneur, le connétable. A partir de 1538, cette charge est confiée à Anne de Montmorency. Le chancelier reçoit en dépôt le sceau royal (d'où le nom de "Garde des sceaux"), dirige la justice et joue un rôle politique important en rédigeant les ordonnances et "édits du roi. Il dispose déjà d'un personnel nombreux. En 1547 apparaissent quatre secrétaires qui portent bientôt (1559) le titre de secrétaire d'Etat. chacun d'eux a pour tâche d'administrer un quart du royaume. Ce sont les ancêtres des ministres. En province, le roi est toujours représenté par des baillis et des sénéchaux, puis des gouverneurs dotés de vastes pouvoirs. Enfin François 1er et Henri II prennent l'habitude d'envoyer en province des représentants extraordinaires, les commissaires ( les 20 commissaires en 1550) munis de larges pouvoirs en matière de justice, de lutte contre l'hérésie, d'organisation militaire. Les commissaires, aux pouvoirs limités dans le temps et l'espace, peuvent être considérés comme les précurseurs des intendants. En 1539, François 1er impose le français dans les actes judiciaires, réserve l'exercice de la justice à des diplômés en Droit, crée l'Etat civil par l'obligation faîte aux curés de tenir des registres de baptêmes et de décès, mais interdit les grèves et les coalitions. En 1552, Henri II crée de nouveaux Tribunaux, et c'est à cette époque que sont fixés de nombreuses coutumes qui régissent les relations entre particuliers. Si les rois disposent l'hommes dévoués, d'institutions nouvelles, ils jouissent aussi dans cette première partie du XVIème siècle de moyens d'actions renforcés. Devant faire face à de lourdes dépenses du fait des guerres, de la vie de cour, des constructions (de châteaux), la monarchie réussit à augmenter ses ressources. La gestion du trésor royal s'organise. François 1er crée en 1523 le Trésor de l'Epargne, embryon de la Caisse de l'Etat, qui centralise toutes les recettes de la couronne (impôts, taxes féodales, revenus du domaine royal). A partir de 1542, les généralités sont dirigés par des receveurs généraux des Finances. Henri II coiffe le système en créant en 1554 le poste de contrôleur général des Finances. La fiscalité cesse de s'alourdir. la Taille connaît un triplement entre 1515 et 1559, la Gabelle (impôt sur le sel) augmente inlassablement. Mais les besoins d'argent sont si importants que François 1er acceptent qu'un grand nombre de charges publiques, les Offices, soient vendus chaque année à des particuliers. Ces ventes gonflent les recettes, mais créent à long terme un danger politique en constituant un corps d'agents royaux quasi indépendants, car propriétaires de leur charge. Après les emprunts aux banquiers italiens, lyonnais, la monarchie imagine d'avoir recours aux emprunts publics. En 1522 est lancé le premier emprunt de l'Etat, proposé aux particuliers à 8% d'intérêt et gagné sur les impôts de l'Hôtel de Ville de Paris. Ainsi naissent les rentes sur l'Hôtel de ville. La monarchie recueille d'un coup 2.400.000 livres d'argent et s'engage à verser chaque années aux rentiers

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200.000 livres d'intérêt. le premier emprunt réussi est suivi d'un deuxième puis de très nombreux autres : 36 emprunts sus Henri II ! Dés lors, le système se dérègle, la monarchie paie irrégulièrement les intérêts et la dette publique monte de façon vertigineuse pour atteindre 35 à 40 millions de livres en 1559 ! En 1516, à la signature du concordat de Bologne, le roi François 1 er est désormais libre de nommer les titulaires des plus grandes charges de l'Eglise. 120 sièges épiscopaux, 1.200 abbayes et prieurés sont placés à la merci de la faveur royale. Le roi dispose d'un puissant moyen pour récompenser ou acheter le zèle des grandes familles et pour exiger du clergé le versement plus ou moins régulier de contribution financières. Le concordat de 1516 a peutêtre empêché la monarchie française d'épouser la cause réformée. La monarchie impose aussi son contrôle aux municipalités. François 1er prend l'habitude de recommander un candidat aux suffrages des électeurs municipaux. Même chose, même mainmise sur les prestigieuses cours de justice que sont les 8 parlements où il interdit dés 1527 aux parlement de jouer tout rôle politique. Mais il arrive parfois des trahisons inattendues, tel l'épisode de la "trahison du connétable Bourbon", très grand seigneur, titulaire de la charge de connétable, disposant de vastes domaines territoriaux au coeur du royaume, qui échappent encore aux agents du roi, Antoine de Bourbon passe au service de Charles QUINT en 1523 ! la révolte du connétable est la conséquence des multiples manoeuvres, juridiquement contestables, lancées par François 1er, pour s'emparer d'une partie du domaine des Bourbons. Le passage du connétable à l'ennemi accroît les difficultés militaires, mais le roi triomphe et l'une des dernières maisons féodales encore autonomes passe sous la tutelle royale. 2. Les Français de la Renaissance Les français de début du XVIème siècle vivent dans un cadre territorial plus étroit (460.000 km2) que de nos jours. Lille, Strasbourg, Grenoble, Nice, Perpignan sont alors des villes frontières. 16 millions d'habitants en 1515, 17 millions en 1547. La France est alors le pays le plus peuplé d'Europe. Une reprise générale des activités accompagne cette poussée démographique qui se prolonge jusque vers 1560 - 1580. Les villages se repeuplent. De nouveaux défrichements font reculer les forêts. La production céréalière est en hausse continue. Dans le milieu rural de nombreuses forges sont crées à cette époque. Les 460 forges installées en France produisent environ 10% du fer européen. Dans les villes, l'accroissement de la population et surtout le développement du luxe chez les riches expliquent l'essor artisanal : imprimerie, travail de la laine, du cuir, du métal. François 1er installe à Fontainebleau un atelier de tapisserie, Henri II fonde à Saint Germain une verrerie de luxe. Déjà implanté à Tours, le travail de la soie gagne Lyon dés 1536 et fournit du travail à des milliers d'ouvriers. Ville frontière, Lyon est également un centre de commerce important, grâce à ses foires, et une place bancaire essentielle. La hausse des prix accompagne cet essor : en un siècle les prix ont dû quadrupler en moyenne de France. Mais des tensions sociales sont inévitables ! Vers 1540, la croissance commence à fléchir. Les productions agricoles stagnent alors que les bouches à nourrir sont de plus en plus nombreuses. L'or et l'argent rapportés du Nouveau Monde (l'Amérique) par les Espagnols conquistadors alimentent la hausse des prix. Les contrastes sociaux s'accentuent entre le monde des riches et des pauvres. Pour les ouvriers, les salaires n'augmentent pas comme les prix et la situation devient particulièrement difficile. Des grèves violentes éclatent, incitant les municipalités et le roi à sévir. En 1539, les ouvriers imprimeurs lyonnais font grève pour protester contre les maigres salaires, la mauvaise nourriture, l'embauche d'apprentis moins payés. Cette grève violente gagne Paris en 1540.

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3. Des guerres épuisantes    La guerre d'Italie les guerres contre Charles Quint La guerre contre l'Angleterre (on récupère Calais - "L'Invincible Armada" )

Lorsque François 1er accède au trône, l'armée française envoyée par Louis XII dans le Milanais (Italie) est dans une situation désespérée. Le nouveau roi François 1er regroupe une forte armée et en suivant les sentiers alpins surprend les Milanais et les Suisses. Victoire après une longue et cruelle bataille à Marignan en 1515. De savants mariages entre la famille royale espagnole et la maison de Habsbourg (Autriche/Allemagne) permettent à Charles de Habsbourg de devenir roi d'Espagne en 1516. Puis dans les années qui suivent Charles héritent des Pays-Bas, de la Franche-comté, Naples, Sicile. Même s'il abandonne à son frère Ferdinand ses possessions en Autriche, il reste néanmoins que les domaines des Habsbourg sont en voie d'encercler la France. En 1519, le trône impérial du Saint Empire romain Germanique est vacant. La coutume veut que quelques princes allemands, les "princes électeurs", élisent alors un nouvel empereur. Cet empereur élu recueille l'appui politique des villes et des princes allemands, et porte le titre le plus prestigieux d'Europe. L'Empereur, héritier de Charlemagne, jouit d'une prééminence sur les autres monarques et peut aspirer à une sorte de direction du continent. François 1e et Charles présentent leur candidature. A l'issu de longs marchandages, les électeurs confèrent la dignité impériale au Habsbourg qui porte désormais le titre de Charles V ou Charles Quint (28 juin 1519). Entre le nouvel empereur, dont les possessions prennent en tenaille la France qui rêve de récupérer la Bourgogne (patrie de sa grand-mère) et la France, naît alors une rivalité profonde qui dégénère, par le biais des alliances, en conflit européen. Durant près de 40 ans, sous les règnes de Charles Quint, son fils Philippe II d'Espagne, François 1er et son fils Henri II, des guerres épuisantes opposent Valois et Habsbourg (1521-1526, 1527-1529, 1536-1538, 1542-1544, 1552-1559). De nouvelles armes à feu apparaissent : canons, arquebuses, mousquets, et bientôt pistolets, jouent un rôle décisif. Que la France aient pu résister à autant de guerres montre la solidité démographique et économique du royaume. Le conflit sous François 1er Quatre guerres opposent François 1er à Charles Quint sans résultat probant. La France continue à intervenir en Italie pour conserver ses positions et elle est en parallèle souvent menacée sur ses frontières par les troupes impériales de Charles Quint. A Pavie en Italie, François 1er est fait prisonnier et c'est sa mère, Louis de Savoie qui assure la Régence. François 1er est transféré à Madrid où il se résout à signer un 1526 le traité de Madrid par lequel il renonce à l'Italie, à la suzeraineté de l'Artois, la Flandre, et promet de rstituer la Bourgogne à l'empereur. Les deux fils du roi sont remis en otage. A Cognac, François 1 er une fois libéré dénonce immédiatement ce traité. La 2ème guerre permet de revoir les termes du traité de Madrid. La "paix des Dames" - car négocié par Louise de Savoie sa mère et Marguerite d'Autriche - amorce un retour aux clauses de 1526 et Charles Quint abandonne ses droits sur la Bourgogne. Les deux fils du roi sont libérés contre une rançon et François 1er épouse la soeur de Charles Quint. Lors de la 4ème guerre, par ailleurs les anglais enserre le Bourbonnais et en juin 1546 Boulogne est restituée à la France (Calais est toujours possession anglaise). François 1er meurt en 1547.

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Le conflit sous Henri II François de Guise fait un audacieux coup de main sur Calais, alors propriété de Marie Tudor, épouse de Philippe II. Dunkerque tombe en mai. L'Angleterre perd ainsi toutes ses possessions héritées de la Guerre de 100 ans. La situation militaire est désormais équilibrée alors que la France et l'Espagne connaissent de grosses difficultés financières et assistent avec inquiétude à la progression du calvinisme.

4. Les divisions religieuses Le clergé catholique souffre alors de nombreux maux : inconduite fréquente, maigres connaissances théologiques, abus de la non-résidence : les titulaires fortunés d'une cure ou d'un diocèse s'abstiennent souvent d'y demeurer, touchent les bénéfices et font célébrer les offices par des prêtres pauvres et incultes qui forment une sorte de prolétariat religieux. Le clergé répond mal aux besoins spirituels très vifs d'une population inquiète qui vit encore sous le choc des catastrophes de la fin du Moyen Age. Au même moment, des idées nouvelles venue d'Italie pénètrent dans les milieux cultivés français : redécouverte de l'Antiquité, renouveau des études linguistiques, recherche de la pureté dans la traduction, esprit critique, lucidité... C'est autour de Guillaume Briçonnet, évêque de Meaux en 1516, prélat humaniste que l'on observe les premiers signes d'une réforme de l'Eglise. avec l'appui de François 1er, une réforme humaniste modérée oblige ses curés à résider dans leur paroisse, à expliquer la Bible aux fidèles. Il attire des humanistes comme Lefèvre d'Etaples qui traduit le Nouveau Testament en français (1523). Le mouvement humaniste reste néanmoins fidèle à Rome et est rapidement dépassé par 2 vagues réformées plus radicales, mais d'origine étrangère (Calvin et Luther). Les idées du moine allemand Luther qui a rompu avec Rome en 1517 trouvent dés 1519 des adeptes en France. Luther explique que seule la foi sauve, que les oeuvres (charités, dons) sont secondaires, que tous les chrétiens sont égaux par le baptême, que le rôle du clergé est secondaire, que tout chrétien peut entrer en contact avec dieu par la lecture de la Bible et le libre examen, que le culte doit être épuré et simplifié. Dés 1522, un moine français rejoint Luther en Allemagne. Attaqué par les traditionalistes de la Sorbonne et les admirateurs de Luther, le groupe de Meaux se désagrège. Briçonnet condamne Luther alors que l'humaniste Guillaume Farel propage les idées luthériennes à Bordeaux en 1523. En août, le 1 er martyr réformé français, le moine Jean Vallières, a la langue coupée et est brûlé vif. Le puissant parlement de Paris lance, dés 1524, des mesures sévères de répression contre les "hérétiques". Les positions se durcissent. Les idées réformées gagnent du terrain, alors que le roi hésite à réprimer un mouvement pour lequel il a d'abord eu une certaine sympathie. Des réformés affichent sur les murs de Paris et sur la porte de la chambre du roi à Amboise, de petites affiches - "les Placards" - qui sont des attaques virulents contre la Messe. Le geste scandalise François 1er et le pousse dans le camp de la répression qui s'organise de 1534 à 1538. L' Edit de Fontainebleau (juin 1540) permet aux tribunaux royaux (et non pas ecclésiastiques) d'évoquer les faits d'hérésie. Dans le Luberon, 3.000 Vaudois sont massacrés en 1535. Ensuite, les réformés français optent massivement en faveur de la 2ème vague protestante qui secoue alors l'Europe, le calvinisme. Jean Calvin (1509-1564) né en France, poursuit de brillantes études humanistes et converti à la réforme vers 1533, menacé d'arrestation, se réfugie à l'étranger (de13535 à 1541). Il publie alors "l'Institution de la Religion chrétienne" en latin en 1536 en français en 1541, dans lequel il approfondit les idées protestantes.

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Calvin reprend les idées de Luther mais y ajoute une teinte pessimiste et austère. Il explique que Dieu a prévu le destin de chaque homme. Certains seront sauvés par la grâce, les autres seront perdus. Il s'installe à Genève en 1541, et parvient non sans mal à dominer la ville. De santé fragile, cet intellectuel solitaire se montre vite intolérant, inflexible. Acharné à sa tâche, Calvin accorde la plus grande importance à la formation de pasteurs qu'il envoie en mission dans toute l'Europe et notamment en France. Ils rencontrent alors un auditoire réceptif. Géographiquement, le calvinisme se propage le long des grands axes économiques (Lyon, bassin parisien, Vallée de la Seine et du Rhône, ports atlantiques, Gascogne, Languedoc). Socialement, le calvinisme s'implante dans les milieux alphabètisés des villes (artisans, hommes de loi, médecins, petits nobles). Les paysans et le prolétariat urbain analphabète restent souvent fidèles au catholicisme. La nouveauté, c'est la conversion au calvinisme, vers 1555 - 1560, de nombreux grands aristocrates tels que Antoine de Bourbon, le prince de Condé, Gaspard de Coligny, qui insufflent au protestantisme français un état d'esprit orgueilleux, militant, batailleur. Environ un quart de la population à cette époque passe au calvinisme. Très vite, on parle des Huguenots. Le mot "huguenot" est apparut à Genève vers 1520-1525 pour désigner tout d'abord les partisans de l'indépendance de la ville en lutte contre le duc de Savoie (provient de l'allemand "eidgenossen" = compagnons du serment). Rapidement, les sens du mot évolue et revêt une coloration religieuse péjorative et devient synonyme de protestant calviniste. Calvin transforme Genève en une austère république protestante. En juin 1559 se tient à Paris le 1er synode de l'Eglise nationale réformée. Une confession de foi est rédigée. Très inquiet par l'extension du mouvement calviniste, Henri II multiplie durant son règne les mesures répressives (peine de mort contre hérétique, surveille l'imprimerie, interdit l'émigration). une chambre spéciale du parlement de Paris, la "Chambre ardente", se spécialise dans les procès religieux. La fille d'Henri II, Elisabeth, épouse Philippe II d'Espagne et la soeur d'Henri II, Marguerite épouse le même Emmanuel-Philibert, duc de Savoie. De somptueuses fêtes sont organisées à paris en juin 1559, rue Saint Antoine, pendant trois jours, dont un luxueux tournoi auquel Henri II, très sensible à l'esprit chevaleresque, participe le 30 juin en arborant les couleurs de Diane de Poitiers. Brusquement, la lance du Capitaine de Montgomery se brise et pénètre dans le casque du roi. Henri II s'écroule, l'oeil gauche est percé. Il meurt 10 jours plus tard , à 40 ans, laissant le trône à son fils de 15 ans, François II.
La Religion au XVIème siècle On ne peut saisir tout à fait les enjeux du XVIème siècle sans avoir en tête ce que représentait, pour les hommes de cette époque, le sentiment, les pratiques et les institutions religieuses. De bout en bout, le siècle est traversé par la question religieuse. La société du XVIème siècle est une société religieuse. L'Eglise et le dogme chrétien sont le référent suprême. Si le Roi et l'Etat commencent à dominer de plus en plus l'organisation de la société y compris dans sa hiérarchie religieuse, la pensée, elle, reste soumise au religieux. Le petit peuple de la Renaissance demande à ses prêtres peu de chose. Mais ce sont à ses yeux des choses fondamentales : un bon prêtre doit savoir administrer les sacrements et doit savoir prêcher. Pourquoi le prêche ? sans doute parce que comme le fait remarquer Montaigne, il y a dans toute société la nécessité d'adhérer à un certain nombre de croyances, de tisser des liens sociaux et de ritualiser ces liens sociaux. La messe n'est qu'un de ces rites, et le prêche est cette parole qui soude la communauté, qui donne un sens à son activité en renforçant sa foi dans son avenir et dans ses croyances communes : s'il faut un joug pour lier des boeufs, il faut des paroles pour lier les hommes.." C'est d'ailleurs le sens du mot Religion : (religiare = relier) et c'est par le verbe que Dieu crée le monde, lit-on dans la Bible.

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La fonction de prêcheur est, de c fait, la plus importante de toutes les autres fonctions. C'est même une spécialité. Prêcher, c'est affirmer la ligne de l'Eglise, c'est annoncer la "bonne parole" celle du Christ. Pour cela, le prêcheur doit inévitablement être passé par les écoles théologiques, dont la Sorbonne est la plus importante en Europe. Une doctrine intolérante : les professeurs, docteurs en théologie de la Sorbonne, jouissent d'une renommée et d'un pouvoir importants. Ils sont habilités à examiner et analyser toute parole, écrite, professée, dite (ou non-dite), religieuse ou pas, en estimer la validité ou l'hérésie par rapport à la doctrine de l'Eglise. Cette doctrine, ils en sont tout à la fois les gardiens mais aussi les créateurs, par une interprétation sans fin des textes sacrés existants et par leurs commentaires. Ce pouvoir peut s'exercer sur le passé (auteurs anciens Grecs ou Latins) tout autant que sur le présent. Une condamnation peut aller du percement de la langue jusqu'à l'autodafé (supplice du feu). Le coupable est condamné à être brûlé avec ses textes, et il arrive que le tribunal fasse disparaître dans le même bûcher les actes du procès afin que l'histoire n'en retienne rien. Cette pratique du déni d'existence qui était celle réservée aux sorcières s'étend donc aussi aux hérétiques.

II

LES GUERRES DE RELIGION

1. La guerre civile éclate
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La 2ème moitié du XVIème siècle est caractérisé par un afflux d'argent en provenance du Mexique ramené par les conquistadors espagnols, ce qui entraîne une accélération de la hausse des prix. Le climat se refroidit assez rapidement : crises de subsistance et épidémies. Fin de siècle plus favorable à l'Espagne de Philipe II et à l'Angleterre de Elisabeth 1 ère qu'à la France des Valois. Sur le plan religieux, l'Europe est divisée en 2 camps :  Scandinavie, Nord de l'Allemagne, pays-Bas, Angleterre : le protestantisme est solidement implanté.  Irlande, Sud de l'Allemagne, Autriche, Italie, Pologne, Portugal, Espagne : le catholicisme résiste. Le fait nouveau c'est que l'Eglise catholique entreprend alors un vaste mouvement de redressement autant pour freiner la poussée protestante que pour se réformer ellemême. L'inquisition a été relancée par le pays. De plus, en 1563, le concile de trente insuffle un sang nouveau au catholicisme : affirmation du dogme, maintien des 7 sacrements du culte de la Vierge et des Saints, messe en latin, renforcement de l'autorité du Pape, accentuation de la discipline, création de séminaires, limitation du cumul, port obligatoire de la soutane. Les décrets du concile tardent à être appliqués en France, mais un état d'esprit offensif gagne les milieux catholiques , le doute disparaît. L'ouverture du 1er séminaire en France date de 1567 alors que depuis plusieurs années, les jésuites (la compagnie de Jésus), grands artisans du redressement catholique sont présents et ont ouverts les collèges dans le royaume.

Lorsque François II accède au trône en 1559, le calvinisme français est au sommet de sa force. La mentalité protestante évolue rapidement grâce au ralliement de nombreux grands seigneurs, comme déjà cité : Antoine de Bourbon roi de Navarre, le prince de Condé, tous deux princes de sang, l'amiral de Coligny, neveu du connétable de Montmorency... le protestantisme devient résistant face à un souverain jeune mal assuré. Dés 1560, un groupe de protestants tentent d'enlever la famille royale. Echec ! les auteurs sont massacrés. François II épouse Marie Stuart, princesse écossaise. Il n'a que 15 ans, est malade, d'esprit faible et subit l'influence de sa jeune et jolie épouse, et des oncles de celle-ci, les Guise : le duc François de Guise s'est couvert de gloire sous Henri II ; Charles de Guise, cardinal de

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Lorraine, archevêque de Reims, est le prélat le plus riche et le plus puissant du royaume. Les Guise se font les champions de la répression de l'hérésie. le 5 décembre 1560, François II meurt d'un abcès à l'oreille et Marie Stuart retourne en Ecosse où elle deviendra reine. la couronne passe à son frère Charles X, âgé de 10 ans et demi. Dés lors, l'influence prépondérante revient non plus aux Guise mais à la reine mère Catherine de Médicis. Celleci, hostile aux excès, va tenter avec l'aide du chevalier humaniste Michel de l'Hopital une politique d'apaisement. En 1561, elle fait libérer les protestants incarcérés, ordonne l'arrêt des persécutions et permet aux protestants de célébrer leur culte hors des grandes villes royales dans certains lieux. Cette politique de tolérance arrive trop tôt dans un pays où le fanatisme règne désormais. François de Guise surprend une assemblée de protestants dans un lieu non autorisé. Les hommes de François de Guise dispersent l'assemblée avec une violence et une cruauté (femmes et enfants massacrés). Catherine de Médicis n'a pas osé ou pas voulu sévir contre ce geste. Dans le camp huguenot, c'est l'embrasement. On s'organise, on prend les armes. Les guerres de religion commencent. 2. Un royaume déchiré 8 guerres civiles secouent le royaume. La 8ème, la plus longue, voit la disparition de la dynastie des Valois (1585-1593). 8 guerres confuses, cruelles, selon toujours le même schéma : un attentat ou un massacre lance le mouvement, le chef des deux camps lèvent des armées, le pouvoir royal temporise, mais est vite dépassé et finit par basculer dans le camp catholique le plus souvent. On s'affronte mais pas longtemps faute d'argent. Vient alors le temps des négociations, des arrangements - Catherine de Médicis y excelle - qui aboutissent à des compromis bâtards que le 1er indicent ruine. Le cycle infernal reprend aussitôt. On ne se bat ni en permanence, ni partout. Il y a des attentats, des batailles rangées, des massacres dans les villes. Pendant plus de 30 ans, les deux camps s'équilibrent à peu près. Chacun cherche des alliés étrangers e on remarque, surtout après 1585, une tendance à l'internationalisation de la guerre civile. Bien des français vivent des années dans l'angoisse et la peur. Peur d'abord des soldats français et étrangers : les allemands ont une fâcheuse réputation. Ils ont mal payés, mal encadrés, donc font subir de lourds et cruels pillages aux populations des zones de combats. Ces armées sillonnent le royaume en traînant des troupeaux raflés, des charrettes de blé, de butin, que suit une nuée de prostituées. Dans les villes, on redoute les soulèvements qui tournent au massacre des innocents et au pillage des maisons cossues. On pend, on égorge, on brûle, on éventre, on noie, on mutile... dans les deux camps. Les Huguenots violent le tombeau de Louis XI à Cléry, brûlent le coeur de François II à Orléans. Ils dévastent les églises catholiques, martèlent les statues, fondent les objets sacerdotaux (lire les "Tragiques" de Agrippa d'Aubigné). Les guerres de Religion provoquent un recul de l'autorité monarchique. Par leur faiblesse et leur irrésolution, Charles IX et Henri III ont remis en cause une partie de l'oeuvre centralisatrice réalisée en France depuis Louis XI. Les combats favorisent une poussée autonomiste. Gouverneur, municipalités, officiers royaux n'en font qu'à leur tête. On frise l'anarchie et un risque d'éclatement du royaume existe. Après la Saint Barthélémy, les huguenots organisent dans le Midi une sorte de république protestante autonome qui lève ses propres impôts, fortifie ses villes (Saumur, Cognac, Niort, La Rochelle, Bergerac, Montauban, Montpellier, Nîmes...). les parlements profitent de la situation, multiplient les remontrances, contestent. Il faut convoquer trois fois les Etats Généraux et affronter de rudes critiques. Une sorte de radicalisme assaille de plus en plus la monarchie.

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L'administration se dérègle. Les impôts rentrent très mal. La dette publique gonfle sans cesse. On touche à la fragilité humaine du pouvoir royal. Des 10 enfants nés du couple Henri II et Catherine de Médicis, 4 fils pouvaient sauvegarder la dynastie Valois et protéger la monarchie. Aucun n'y réussit. François II règne 1 an. Charles IX meurt de la tuberculose à 24 ans. Henri III, roi intelligent mais contesté (homosexuel) ne parvient pas à avoir de descendance mâle. C'est finalement la reine mère Catherine de Médicis qui assure jusqu'en 1588 la plus grande part des affaires du royaume. Le royaume traverse une crise économique et sociale sévère. L'afflux d'argent espagnol accélère une vive poussée des prix. Des hivers plus froids, des récoltes médiocres provoquent la cherté du blé et crises de subsistance. De nombreuses grèves secouent les villes terriblement affectées par la baisse de la production artisanale et par celle des échanges. Aux ravages de la guerre, il faut ajouter l'effet des famines et des épidémies (peste en 1562 à Paris, 1564 à Lyon, 1580 à Marseille, 1585 à Lyon, Dijon, Bordeaux - le choléra à Paris en 1580 qui a fiat 60.000 morts). 3. Un implacable combat L'Edit de Saint Germain (1570) permet aux protestants de reparaître à la cour. L'amiral de Coligny exerce vite une forte influence sur Charles IX. Il envisage une intervention armée en Flandre contre l'Espagne. Le duc Henri de Guise, très populaire à Paris et la reine mère s'opposent à ces projets qui vont relancer la guerre étrangère et s'inquiètent de l'influence croissante de Coligny. Le duc de Guise et la reine mère décident de faire assassiner l'amiral de Coligny, mais l'attentat échoue. .Charles IX ordonne une enquête. Pris de court, les Guise, Henri d'Anjou (futur Henri III) et la reine mère réagissent, prétextent un vaste complot protestant et parviennent à arracher au roi son consentement à la punition des auteurs du prétendu complot de Coligny et quelques chefs protestants . A l'aube du dimanche 24 août 1572, jour de la Saint Barthélémy, les gardes du roi, les soldats des Guise, les seigneurs catholiques passent à l'action. l'amiral est tiré, son corps mutilé. Près de 200 soldats et gentilhommes huguenots - beaucoup étaient venus à Paris assister au mariage d'Henri de Navarre (protestant) avec Marguerite de Valois (la "reine Margot", catholique) qui avaient lieu 2 jours avant - sont assassinés jusque dans le Louvre. C'est alors que l'opération de police initialement prévue tourne au massacre systématique. Le petit peuple catholique de Paris soumis à de rudes conditions d'existence, très monté contre les Huguenots, entre en scène. Durant trois jours d'épouvantables massacres ont lieu, accompagnés parfois de mutilations quasi rituelles. Les pillages à l'encontre des riches huguenots sont considérables. 3.000 parisiens périssent. Des massacres similaires ont lieu jusqu'en octobre en province, faisant jusqu'à 20.000 morts. A la 5ème guerre de Religion, Henri III est contraint d'accorder aux protestants de larges concessions par l'Edit de Beaulieu (mai 1576). Aussitôt de nombreux catholiques s'indignent et s'organisent en groupes de résistance, puis s'unissent dans un mouvement général, la Ligue. Les ligueurs dénoncent vigoureusement Henri III, jugé incapable de garantir les intérêts catholiques, proposent la réunion des Etats Généraux et accorent toute leur confiance à Henri de Guise, de plus en plus populaire. Henri III enraye le mouvement de contestation du pouvoir royal en se proclamant chef de la Ligue. Celle-ci est dissoute en 1577. Mais elle se reconstitue en 1584 à la mort de Henri III qui n'aura pas d'enfant : l'héritier devrait être Henri de Bourbon (futur Henri IV), roi de Navarre, qui se trouve être le chef du parti protestant. La Ligue s'organise donc pour s'opposer à la montée sur le trône d'un protestant et pour soutenir le duc de Guise qui rêve de succéder à Henri III, de plus en plus haï. La ligue se dote d'une armée, les violences recommencent, les ligueurs contrôlent des places fortes, des provinces et contraint Henri III à reprendre en 1585 la guerre contre Henri de Navarre .

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Le prestige de Henri de Guise "le Balafré" est au sommet : c'est le "roi de Paris" ! Henri III réagit le 12 mai 1588. Le roi tente de reprendre le contrôle de la capitale ligueuse et y fait entrer 6.000 soldats. Le peuple parisien se soulève : barricades, heurts sanglants. Le 13 mai, le roi doit fuir, la reine mère et la reine Louise de Savoie sont prises en otage. La Ligue étend sont contrôle sur toutes la capitale. Le duc de Guise triomphe et obtient du roi une nouvelle et humiliante capitulation (le 5 juillet). En septembre, parvient la nouvelle de l'échec de l'Invincible Armada - espagnols catholiques) sur l'Angleterre (protestante). Le camp catholique semble moins fort. Henri III en profite pour concentrer les pouvoirs et affronter les députés, en grande partie ligueurs, réunis à Blois en octobre 1588. En décembre, Henri III fait assassiner le duc de Guise et le cardinal de Lorraine. Les meneurs de la Ligue sont arrêtés. L'assassinat du duc de Guise relance immédiatement la révolte parisienne. En février 1589, le duc de Mayenne, frère du Balafré, fait une entrée triomphale à Paris. Henri III se rapproche de Henri de Navarre, concluent une alliance le 3 avril 1589 et fin juillet, l'armée royale et l'armée protestante entament le siège de Paris. Le 1er août 1589, un jeune dominicain fanatique assassine Henri III à Saint Cloud. Avant de mourir, le dernier roi Valois reconnaît Henri de Navarre comme successeur légitime et l'exhorte à se convertir au catholicisme. En 1585, le pape Sixte V déclare Henri de Navarre inapte à succéder en France et ses partisans sont excommuniés en 1591

III

HENRI IV : LE RELEVEMENT DU ROYAUME

l'accession au trône de Henri IV, roi de 1589 à 1610, a lieu dans des conditions tragiques, alors que la guerre civile désole le royaume depuis près de 30 ans. Obstiné, habile, intelligent, le nouveau souverain parvient à rétablir en 1598, la paix intérieure et extérieure. Fondateur de la dynastie nouvelle de s Bourbons, Henri IV est à tous égards l'homme du redressement. 1. La fin des troubles L'accession au trône d'un prince protestant dans un pays à majorité catholique relance immédiatement la révolte des ligueurs. Les principaux ministres et grands Officiers d'Henri III se rallient à Henri IV, celui-ci ne dispose que d'une petite armée et ne gouverne que de façon théorique. Beaucoup de provinces, de villes, de parlements refusent en effet de reconnaître le nouveau roi. Henri IV connaît un début de règne très difficile. A court d'agent, il doit lever le siège de Paris et gagner la Normandie poursuivi par les troupes de la Ligue. A Arques en septembre 1589, Henri IV sauve la situation en battant le duc de Mayenne (frère du balafré). Le début 1590 est favorable au nouveau roi qui inflige u e autre défaite à la Ligue et commence un siège de paris. La mort du cardinal de Lorraine ("candidat" au trône de la Ligue) le 8 mai, prive les ligueurs de leur prétendant au trône. La Ligue connaît des jours sombres. Assiégée pendant quatre mois, la population parisienne résiste. Mais la famine apparaît dés juin. On mange des chats, des chiens. 13.000 parisiens décèdent (sur 220.000). le 30 août 1590, les troupes espagnoles (catholiques) oblige Henri IV à lever le siège. La Ligue est sauvée mais prolonge la guerre civile. A Paris, on cantonnent les espagnols. Les ligueurs ont établi "le Comité des Seize" (= 16 quartiers de Paris) qui ne dure pas et se divise rapidement. Une partie de la population proches des membres du gouvernement et la grande bourgeoisie commerçante souhaite un arrangement avec Henri IV : c'est le "parti des Politiques" qui s'oppose au "parti des catholiques zélés" issus du petit peuple ou des milieux artisans. Ces derniers font arrêter et exécuter Brisson, Président du parlement. Effrayés, certains ligueurs modérés se rallient à Henri IV.

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A Paris, en Bretagne, dans le Nord, des garnisons espagnoles prêtent main forte à la Ligue face aux troupes royales (Philippe II d'Espagne, fils de Charles Quint, a épousé une princesse Valois et veut mettre sa fille, l'infante Claire Isabelle, reine de France). Henri IV s convertit au catholicisme. De nombreux parisiens assistent à l'abjuration d'Henri IV à Saint Denis le 25 juillet 1593. Henri IV aurait déclaré "Paris vaut bien une messe !". La réaction nationale s'amplifie et renforce le camp d'Henri IV. De nombreuses ville de province se rallient à Henri IV couronné le 27 février, non pas à Reims (aux mains de la Ligue), mais à Chartres. Il chasse avec son armée les espagnols. Henri IV gagne l'estime des parisiens par sa modération et son indulgence. Peu à peu, les espagnols de la Ligue font acte de soumission. L'Edit de Nantes en avril 1598 permet une paix religieuse et conforte les intérêts de la minorité religieuse du royaume. Le culte est autorisé partout. Les protestants jouissent des mêmes droits que les catholiques et peuvent accéder aux mêmes charges, disposent de la liberté de réunion, d'enseignement. Lorsque la paix revient en 1598, le royaume de France est un pays ravagé. Au cours des 36 années de guerre civile et profitant de l'anarchie, des bandes de brigands contrôlent les routes en Anjou, en Normandie (Montaigne a été dévalisé en se rendant à Paris). Sans entretien, les rivières sont envasées, les herbes folles ont envahi les routes. Les loups attirés par les cadavres des champs de bataille pullulent. Le climat connaît un net refroidissement. C'est vers 1600 que les glaciers atteignent leur avancée maximale. Les récoltes médiocres ont multiplié les crises de subsistance (1590-92, 1596-97). En Velay, des paysans n'ont pu subsister qu'en mangeant du pain fait d'avoine , d'herbe et d'écorces. on signale entre 1590 et 1597 des révoltes de "croquants" en Limousin, en Périgord, en Languedoc et en Vivarais. Le plus célèbre soulèvement est celui des "Tard Avisés". A partir de 1580 la peste est réapparue, ravageant la Picardie, la Champagne en 1596. 2. Le redressement Entouré d'hommes compétents et dévoués, Henri IV s'emploie à prolonger l'équilibre des forces entre catholiques et protestants, et entreprend une oeuvre importante de redressement. Henri IV, premier roi Bourbon. Il est né à Pau en 1553 et est par son père, Antoine de Bourbon, le descendant direct du 6ème fils de Saint Louis. A ce titre, il est le cousin le plus proche d'Henri III Valois. De sa mère Jeanne d'Albret, il hérite la foi calviniste et la couronne du petit royaume de Navarre. Très tôt, il est confronté aux tumultes de la guerre civile et aux intrigues politiques. Son mariage avec Marguerite de Valois, la "reine Margot", soeur de François II, Charles IX et Henri III lui permet d'échapper de peu, en août 1572, au massacre de la Saint Barthélémy. A 23 ans, il prend la tête du parti protestant, sillonne le royaume, multiplie les combats. Il est roi de France à 36 ans, mais doit se battre pendant plusieurs années pour conquérir son royaume. En 1599, il fait annuler son mariage avec Marguerite dont il vit séparé, sans enfant. Il envisage un temps d'épouser une de ses maîtresses, Gabrielle d'Estrées, qui lui a donné des enfants, mais elle meurt, peut-être empoisonnée. Il opte alors pour des raisons diplomatiques et financières en faveur d'un mariage italien. A 47 ans, le roi épouse Marie de Médicis, qui lui donne des descendants, dont le futur Louis XIII. Très peu soigné de sa personne, malodorant, les cheveux longs et sales, les vêtements parfois déchirés, ce roi petit et nerveux est un chef de guerre d'une résistance exceptionnelle et toujours en mouvement. Ses ministres doivent écrire debout. Familier, il aime se mêler à la foule. Il aime la chasse, le jeu de paume, les dés et surtout les conquêtes féminines.

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Esprit vif, il a de la répartie et ses propos font mouche. Il travaille peu. Son esprit clair va à l'essentiel. cultivé, il aime qu'on lui fasse la lecture. Sa bonhomie, cache une autorité et une volonté qui parviendront à imposer la paix aux deux factions antagonistes du royaume pendant 12 ans. Il s'emploie à restaurer l'autorité monarchique. Il associe dans son gouvernement catholiques et protestants. Avec Sully et Laffemans, les protestants ont la haute main sur les finances royales et le commerce ; avec Jeannin et Villeroy, les catholiques conservent les affaires intérieures et la diplomatie. Nouvelle ferveur catholique Après le concile de Trente demandé par Charles Quint, un grand mouvement de piété donne alors au catholicisme une nouvelle vigueur. Beaucoup de catholiques comprennent alors que leur religion ne résistera à la vague protestante qu'au prix d'une foi ardente et d'une vie irréprochable. De fait, le protestantisme ne progresse plus en France et on voit certains huguenots suivre l'exemple du roi, et revenir au catholicisme. Dde très nombreux couvents sont fondés à cette époque. Très populaires par leur simplicité, par leur dévouement lors des épidémies de peste et des grands incendies, les capucins créent de nombreuses maisons (en 1601, les Carmélites à Paris, en 1609 le couvent de Port Royal). En 1608 de Saint François de Sales publie "L'Introduction à la vie dévote". Avec lui, Madame de Chantal crée en 1610 l'Ordre de la Visitation, et Bérulle fonde l'Oratoire en 1611. La restauration des Finances C'est un huguenot Maximilien de Béthume, baron de Rosny, nommé duc de Sully en 1606, qui rétablit l'ordre dans le trésor royal, largement déficitaire après 36 ans de guerre civile. Il gonfle les recettes fiscales en révoquant 40.000 lettres de noblesse qui permettait l'exemption de la taille ! L'impôt direct baisse, mais l'impôt indirect augmente. Des mesures plus ou moins légales permettent de réduire de moitié la dette et de reconstituer le domaine royal, amis de nombreux petits prêteurs sont lésés dans l'opération ! Les recettes restant trop faibles, il multiplie les ventes de charges administratives, les "Offices", et établit en décembre 1604, une taxe annuelle sur tous les possesseurs d'offices. ce qui provoque un "renchérissement" des "Offices" et contribue à détourner du négoce et des affaires de nombreuses familles bourgeoises attirées par l'argent (grâce aux pots-de-vin), une indépendance un prestige voire dans certains cas, l'anoblissement souvent associés à la possession de ces "Offices" (= charge administrative). Au moins, la politique de Sully est efficace, l'équilibre budgétaire est rétabli en 1607 et Henri IV dispose d'un solide trésor en réserve. Labourage, pâturage, manufacture et grands travaux L'agriculture et l'artisanat sont sortis affaiblis et appauvris de la guerre civile. Henri IV va apporter les premières réflexions d'ordre économique et un relèvement des activités s'ébauche. Sully multiplie les mesures pratiques en faveur de l'agriculture, allège la pression sur les paysans, organise l'exploitation des forêts, ordonne la restitution aux communautés rurales des bien communaux (forêts, prairies), aliénés pendant la guerre civile. Il est persuadé que la seule grande richesse réside dans la terre, et est méfiant à l'égard des activités artisanal qui détournent la main-d'oeuvre des champs. Qui ne connaît pas la célèbre formule de Sully : "Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France, les vrais mines et trésors du Pérou".

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En 1600, Olivier de Serres publie "Le théâtre d'agriculture et ménage des champs" . Grand succès immédiat ! Cet ouvrage riche de conseils pratiques favorise de nouvelles cultures comme le maïs ou le mûrier, et plaide pour une idéalisation urbaine. Henri IV y voit un moyen de susciter le retour à la terre de la noblesse désormais privée d'emploi militaire. L'exploitation du mûrier permet l'élevage du ver à soie et l'expansion de l'industrie de la soie qui répondra aux besoins nationaux et attirera des commandes étrangères --> limiter la concurrence des autres pays et attirer l'or des autres pays en favorisant l'éclosion d'une industrie nationale et des produits de luxe, ce sont là les grandes lignes d'une politique économique cohérente, ambitieuse, prémices du mercantilisme. Le roi fait planter 20.000 mûriers dans les Jardins des Tuileries. Un chapitre du livre "Théâtre d'agriculture.." est tiré à part et expédié dans chaque paroisse de France et le ministre Laffemas invite des ingénieurs hollandais pour créer des polders (comblement de marécages) Il fait rédiger de nombreux règlements à l'usage des artisans et encourage l'essor des premières manufactures de produits de luxe : soie à Dourdan, tapisserie à Gobelin, dentelle à Senlis, draperie à Reims, verrerie à Melun. Encouragements donc, et mesures pratiques en faveur de l'artisanat et de l'industrie textile. Outre-mer, les français réussissent à s'implanter durablement au Canada et en 16?0, Samuel Champlain fonde le Québec ! Mais bien des échecs limitent le relèvement économique. La culture du mûrier n'a connu qu'un succès limité. Pas vraiment de révolution agricole. L'activité des manufactures reste modeste. Le mouvement de recul de la petite propriété paysanne provoqué par la guerre civile n'a pu être enrayé et il est douteux que le paysan français ait connu une vie douce et heureuse sous Henri IV... Sully s'attache à réparer les ravages causés par la guerre civile et à faciliter les transports. Il fait restaurer les ponts, paver quelques routes et y fait planter des ormes. Henri IV aime Paris et tient à embellir une capitale d'aspect encore médiéval. En 1603 débute la construction des quais de l'Horloge et des Orfèvres. Le premier grand pont moderne et sans maison est construit en 1603 : le Pont Neuf. En 1607, travaux de la place Dauphine. 1608, Pavillon de Flore, 1612 la place Royale (=la place des Vosges). Henri IV fut un personnage controversé. Sa politique étrangère suscitait bien des remous. En s'alliant avec des puissances protestantes, Henri IV a cherché à tenir en échec les très catholiques Habsbourg de Vienne et de Madrid. En 1609 éclate un conflit entre les princes protestants allemands et l'empereur Habsbourg. La reprise de la guerre européenne parait inévitable. Henri IV veut soutenir ses alliés protestants, augmente les impôts, enrôle des soldats. Une bonne partie de l'opinion catholique français ne cache pas son hostilité à cette intervention contre une puissance catholique. A quelques jours du départ du roi pour le Rhin, le 14 mai 1610, rue de la Ferronnerie à Paris, François Ravaillac profite d'un embarras de circulation, s'approche du carrosse royal et porte deux coupe de couteau au roi qui meurt aussitôt. Ravaillac lui, a été torturé, persistait à prétendre qu'il a agit seul. Il meurt le 27 mai par le supplice de l'écartèlement. Le roi et l'Etat Les épreuves traversées par le royaume ont concentré le loyalisme et les aspirations populaires sur le roi et l'institution royale, seuls garants de l'intérêt général. C'est ainsi que les rois porteront leurs efforts sur l'affirmation de leurs prérogatives souveraines et que les juristes et théoriciens vont prendre toute leur part.

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Personnages discrets mais efficaces, ils veillent à défendre et étendre les droits du prince les humanistes plaident en faveur du renforcement des prérogatives du monarque - le concept est : "le roi est le coeur, la tête ou l'esprit de la Respublica (=Etat) en vue d'une finalité, celle de l'ordre du royaume". Il en résulte que le roi doit agir dans le sens de l'ordre dont il est l'élément primordial et non pour lui-même. A côté de la personne du roi, le royaume prend la physionomie d'une institution autonome sous le nom de couronne. La couronne puis l'Etat sont confiés au prince dans des conditions déterminées qui deviennent autant de principes statutaires et c'est dans le cadre de ces contraintes qu'agit le titulaire de la couronne. Ex.: succession royale : masculinité et collatéralité - foi de catholicité continuité entre 2 règnes - assure le salut et la défense du pays : droit de guerre...). La royauté n'est pas un pouvoir avantageux, mais une fonction au service de l'intérêt commun. Le sacre donne tout son sens à la fonction royale, le roi est dés lors investi par Dieu et à la charge de l'Eglise et le salut de ses sujets. La fonction royale relève d'un ordre en soi à la fois surnaturel et naturel que le prince doit servir et réaliser. Le roi doit gouverner au nom de Dieu selon les règles de la morale chrétienne, mais il doit lui aussi se comporter selon les règles de la morale chrétienne !

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DATES CLES
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1515 : FRANCOIS 1e couronné roi de France, il poursuit les Guerres d'Italie commencées sous ses prédécesseurs (Charles VIII, Louis XII). Son règne est marqué aussi par le début des guerres opposant la France à la dynastie des Habsbourg. 1521 : l'excommunication de Luther marque une rupture définitive entre le Réformateur de l'Eglise catholique ainsi que la naissance de la religion protestante. 1533 : la contestation protestante naît en France avec Calvin qui adhère à la Réforme. Elle se répand largement en Allemagne et est imposée en Angleterre par Henri VIII qui crée l'Eglise anglicane. 1572 : en France, le marasme de la St Barthélémy symbolise la période des guerres de Religion qui livre le pays au jeu des influences étrangères. Dans une Europe déchirée, les Pays-Bas s'émancipent de la domination espagnole. Le déclin de la puissance espagnole s'annonce déjà au profit de l'Angleterre élisabéthaine.

POLITIQUE -

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l'Empire turc est en expansion continue, particulièrement dans la zone des Balkans depuis la prise de Constantinople en 1453 devenue capitale de leur empire dés 1457. L'Europe est déchirée par la Réforme et les Guerres de Religion. Les entités nationales s'affirment. L'Italie où plusieurs cités brillent des feux de la Renaissance, devient le champ où s'affrontent les ambitions des Habsbourg et des rois de France. Les Habsbourg restent maîtres de la Péninsule. L'Empire d'Allemagne éclate en morceaux. A l'avènement de Charles Quint, il semble constituer une menace terrible pour la France de François 1er. Mais cet ensemble colossal se divise en 2 : l'Espagne de Charles Quint puis de son fils Philippe II, et l'Empire d'Allemagne de Charles Quint puis de son frère Ferdinand II. L'Espagne enrichie par les trésors du Nouveau Monde est une puissance de tout premier ordre au XVIème siècle. Elle connaît une période d'essor économique et croit à tort qu'elle durera indéfiniment. Naissance des Provinces-unies calvinistes à la fin du XVIème s.

CIVILISATION Une forte hausse de prix et le développement d'un capitalisme (ex. les Fugger, banquiers d'Augsbourg). En astronomie, Copernic, puis Tycho Braché et Galilée préparent les découvertes majeures du XVIIème s. Le phénomène de la Réforme protestante est le fait majeur de l'histoire religieuse du XVIème s. la traduction de la Bible par Luther marque l'histoire de la langue et de la musique allemande. En Italie, Rome succède à Florence et devient le foyer principal de la renaissance italienne qui se répand en France , aux Pays-Bas, en Allemagne et en Angleterre.

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1494 : Charles VIII prend le titre de roi de Naples. Début des guerres d'Italie . Charles VIII prend Rome puis Naples en 1495. 1496-7 : perte du royaume de Naples. 1497 - Russie : IVAN III publie le code des lois posant les bases de l'organisation du futur Etat russe. 1497 - Portugal :Vasco De Gama, sur ordre du roi du Portugal, organise une expédition sur mer visant les Indes. Il atteint Calicut en 1498 et installe les 1er comptoirs portugais sur la côte occidentale, rompant le monopole arabe du commerce des épices. 1501-4 : les français reprennent le royaume de Naples puis en sont définitivement chassés. 1501 - Perse : Abu Al Muzaffar prend le titre de Shah de Perse, Ismaël 1er, et règne jusqu'en 1524. Il fonde la dynastie des Séférides et fait du chiisme la religion nationale des Iraniens. 1506 - Chine : des famines, des épidémies appauvrissent la Chine et minent la dynastie Ming au pouvoir depuis 1368 après avoir déposé l'empereur Khan Kubilaï, petit-fils de Gengis Kahn, de la dynastie Yuan (1276-1368). 1507 : le cartographe allemand Waldseemüller nomme le Nouveau Monde "Amérique". 1512 - Empire turc : Sélim 1er succède à son frère, massacre tous ses frères et neveux. Il devient Sultan des Turcs Ottomans. Pendant 20 ans, les Turcs sont en guerre avec l'Empire Séféride. En 1517 Sélim est maître de tout l'Orient méditerranéen. 1513 - Italie : Giovanni de Médicis, fils de Laurent le Magnifique, devient pape de 1513 à 1521 sous le nom de Léon X. 1514 : mariage de Claude de France, fille du roi Louis XII avec François d'Angoulême. Louis XII se remarie avec Marie d'Angleterre, soeur du roi Henri VIII. 1515 : Louis XII meurt. Avènement de François 1er (1515-1547) sacré à Reims. François d'Angoulême succède à son cousin Louis XII et veut assurer à la France une place prépondérante en Italie. Reprise des guerres d'Italie. 1515 : Léonard de Vinci arrive en France appelé par François 1er. 1516 - Espagne : à la mort de Ferdinand d'Aragon, son petit-fils Charles, le futur Charles Quint, devient roi d'Espagne. 1517 - Empire turc : après s'être emparé de la Syrie, le sultan Sélim 1er entre au Caire le 24 jan et prend le titre de Khalife. 1519 - St Empire : Charles d'Espagne, petit-fils de Maximilien, est élu empereur d'Allemagne (1519-1558) sous le nom de Charles Quint. Duc de Bourgogne, roi d'Espagne et de Sicile depuis 1516, maintenant empereur d'Allemagne, il détient une puissance considérable. 1519 - Portugal : au nom de Charles Quint, Magellan part et franchit le détroit qui porte son nom. 1520 - Empire turc : Soliman II devient Sultan à la mort de son père Sélim 1er. Il étend son empire turc au Danube et en Méditerranée. 1520 - Pologne : la diète polonaise interdit aux paysans de quitter la terre qu'ils doivent cultiver. Extension du servage en Lituanie et en Pologne. 1521 : début de la 1ère guerre entre Charles Quint et François 1er. 1521 - Espagne : le conquistador espagnol Cortes reprend Mexico et bâtit l'Empire espagnol du Mexique. 1522 - St Empire : Charles Quint cède à son frère Ferdinand les Etats autrichiens des Habsbourg auxquels Ferdinand ajoute par mariage la Bohême et la Hongrie. 1525 : François 1er reconquiert le Milanais. Défaite française à Pavie face aux Impériaux. François 1er est fait prisonnier à Madrid. Sa mère Louise de Savoie régente. 1526 : libération de François 1er. 1527 : 2ème guerre contre Charles Quint. 1527 : Marguerite d'Angoulême, soeur de François 1er, épouse Henri d'Albrêt, roi de Navarre et devient reine de Navarre. 1529 : "Paix des Dames". François 1er renonce à l'Italie, la Flandre et à l'Artois. Charles Quint renonce à la Bourgogne.

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1530 : création du Collège Royal, ancêtre du Collège de France, par François 1er. 1530 : mariage de François 1er avec Eléonore d'Autriche, soeur de Charles Quint. 1530 : l'exploitation des mines d'Amérique jette sur le marché européen de grandes quantités d'or à partir de 1530 par l'intermédiaire de Séville. 1531 : Calvin adhère à la Réforme et introduit le protestantisme en France. 1532 : rattachement de la Bretagne à la France. 1533 : le dauphin Henri (futur Henri II) épouse Catherine de Médicis. Calvin adhère à la Réforme. 1533 - GB :Henri VIII, roi de 1505 à1547, fait annuler son mariage avec Catherine d'Aragon par l'archevêque de Canterbury pour épouser Ann Boleyn. Il est excommunié par le pape. Le parlement reconnaît alors le roi comme chef de l'Eglise qui prend le nom d'Eglise Anglicane : rupture avec Rome. Les monastères sont supprimés, leurs biens dispersés. 1534 : Jacques Cartier explore l'estuaire du Saint Laurent et la côte du Canada où les premiers colons arriveront en 1641. 1534 : Luther achève de traduire la Bible en langue vulgaire, créant l'allemand commun. La musique et le chant occupent une place primordiale dans la lithurgie luthérienne. 1535 : vague de répression contre les Réformés. Puis Edit de Coucy suspendant la répression. François 1er s'allie avec le Sultan ottoman Soliman le Magnifique. 1535 : première Bible protestante en France. 1536-7 : 3ème guerre contre Charles Quint. Opérations en Provence et Picardie. 1538 : trêve de Nice entre François 1er et Charles Quint. 1541 - GB : Henri VIII prend le titre de roi d'Irlande et tente d'y imposer le protestantisme. 1542 : 4ème guerre contre Charles Quint. 1543 : Charles Quint et Henri VIII (GB) s'allient contre François 1er. 1543 : Nicolas Copernic (1473-1543) publie son traité où il décrit le mouvement des planètes sur elles-mêmes et leur giration autour du soleil qu'il place au centre du monde. 1544 : les Impériaux (allemands) envahissent la Champagne et les anglais font le siège de Boulogne 1545 : concile de Trente le 13 déc. Le concile oecuménique de Trente, ville du Haut Adige en Italie, se réunit pour renforcer l'Eglise catholique face aux progrès du protestantisme. Début de la Contre-Réforme 1547 : Mort de François 1er. Avènement de son fils Henri II. Il marque un durcissement à l'égard des protestants. Le pouvoir royal s'est fortifié avec un renforcement de la centralisation politique. Il épouse Catherine de Médicis. Il est blessé mortellement lors d'un tournoi et meurt en 1559. 1547 - Russie : après une régence de 14 ans, Ivan le Terrible inaugure son règne personnel (1547-1584) à l'âge de seize ans et prend le titre de Tsar de Russie. 1550 : traité aux l'Angleterre pour restitution de Boulogne. 1550 : les 1er hauts-fourneaux apparaissent en france. Elle possède 13 fonderies à canons. 1552 : reprise de la guerre contre Charles Quint. 1552 : Ambroise Paré (1509-1590) nommé chirurgien de Henri III. Il est considéré comme le père de la chirurgie moderne. 1553 - GB : règne de Marie Tudor (1553-1558), demi-soeur, succède à Edouard VI. Elle épouse Philippe II en 1554, Marie la Catholique entreprend la restauration du catholicisme et se heurte à de violentes oppositions. En 1555, début des persécution contre les protestants, nombreuses exécutions. La reine est surnommée par les protestants "Marie la sanglante". 1556 - St Empire Germanique :Charles Quint abdique et transmet à son fils Philipe II l'Espagne avec ses colonies, ainsi que ses possessions des Habsbourg en Italie e aux Pays-Bas. La dignité impériale échoie à son frère Ferdinand 1er. 1556 : création du groupe de la Pléïade.

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1557 : reprise de la guerre en Italie. Philippe II d'Espagne déclare la guerre à la France. Edit de Compiègne : répression forte des protestants. 1557 - Espagne : l'Etat espagnol fait banqueroute. Les banquiers allemands Fugger qui ont soutenu financièrement les Habsbourg ne se remettront pas de la faillite des finances de Philippe II. 1558 : mariage du dauphin François (futur François II) avec Marie Stuart, reine d'Ecosse. 1558 : le duc de Guise s'empare de Calais, ville anglaise depuis 1347. 1558 - GB : mort de Marie Tudor la Catholique. Sa demi-soeur Elisabeth 1er lui succède et restaure la religion anglicane. Une réforme monétaire inaugure l'ère élisabéthaine et l'essor de l'Angleterre. 1558 - Russie : IVAN IV le Terrible s'empare de la Sibérie qui dés lors n'appartient plus à la famille Stroganov. 1559 : fin des guerre d'Italie. 1559 : Henri II meurt lors d'un tournoi. Son fils François II lui succède (1559-1560). Régence de Catherine de Médicis. Influence prépondérante des Guise, oncles de sa femme Marie Stuart. 1560 : François II meurt. Marie Stuart rentre en Ecosse en qualité de reine. Régence de Catherine de Médicis puis son frère Charles IX qui a 10 ans lui succède. 1560 : les arrivages d'argent en provenance d'Amérique l'emportent en quantité sur les apports d'Or. 1560 : le diplomate Jean Nicot introduit en France le tabac venu d'Amérique. 1560 - GB : Elisabeth 1er introduit l'Eglise Anglicane en Irlande. Le parlement d'Ecosse fonde l'Eglise réformée de rite écossais ou Eglise presbytérienne. 1562 - Espagne : Philippe II établit sa résidence à Madrid qui devient la capitale de l'Espagne. 1562 : massacre de Wassy (Haute Marne). François de Guise, chef des catholiques et ses hommes massacres 74 protestants, ce qui provoque une guerre civile. C'est le début des guerres de religion. Les protestants s'allient avec l'Angleterre. 1562 : une série de progrès améliorent les techniques commerciales et financières = comptabilité en partie double, développement du crédit et de la lettre de change. 1563 : François de Guise est assassiné par un protestant fanatique. Fin du concile de Trente qui a posé les bases de la Réforme catholique ou Contre-Réforme. 1564 : mort de Calvin à Genève. 1564 - Russie : IVAN IV brise la Terreur aristocratique des Boyards et la dépouille de ses pouvoirs au profit de la petite noblesse. 1565 - Chine : Incursions tartares et japonaises, la Chine se ferme : il est interdit aux Chinois de sortir de l'Empire. 1566 - Pays-Bas : la noblesse s'insurge devant la sévérité accrue des décrets de Philippe II contre les "hérétiques". Début des luttes pour l'indépendance des Pays-Bas du Nord. 1566 - Empire turc : le sultan Soliman II le Magnifique meurt au cours d'une nouvelle campagne contre la Hongrie. Son fils Silim II lui succède jusqu'en 1574. 1567 - Ecosse : la noblesse oblige Marie Stuart à abdiquer en faveur de son fils Jacques VI âgé d'un an. 1568 - Pays-Bas : l'exécution de partisans de l'indépendance des Pays-Bas est suivi d'une insurrection générale du pays contre la domination espagnole. 1569 : les protestants sont battus à Jarnac et Monconcourt. L 'assassinat du prince Louis de Condé, chef du parti protestant, marque le début de la 2ème guerre de religion (jusqu'en 1570). 1572 : mariage de Marguerite de Valois, soeur du roi, (la reine Margot) avec Henri de Navarre, protestant. 1572 : nuit de la St Barthélémy 23 août, décidée de connivence avec Catherine de Médicis, le massacre de protestants à Paris relance la guerre civile.

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1572 - GB : les navires de l'anglais Francis Drake attaquent les bases espagnoles en Amérique. Début de la rivalité maritime entre l'Angleterre et l'Espagne. 1574 : mort de Charles IX. Avènement de son frère Henri III qui rentre précipitamment de Pologne où il a été élu roi de 1573 à 1589. 1575-95 : crise économique généralisée, industrielle, sociale, commerciale, bancaire... 1576 : Henri de Navarre abjure le catholicisme et prend la tête de l'armée protestante. 1577 - GB : Francis Drake effectue de 1577 à 1578 le 2ème voyage autour du monde avec l'appui de la reine Elisabeth. 1580 - PORTUGAL : à la mort du roi Henri, Philippe II impose par la force ses droits au trône portugais. Après la victoire d'Alcantara, près de Lisbonne, les espagnols sont maîtres du Portugal jusqu'en 1640. 1581 : édit règlant les métiers du royaume par l'établissement de maîtrises et corporations. 1581 - Pays-Bas : les six provinces du Nord se déclarent indépendantes de Philippe II. Elles ont à leur tête Guillaume d'Orange. 1584 - Russie : mort d'IVAN IV le Terrible. Début du "temps des troubles" . 1585 - Pays-Bas : Guillaume d'Orange est assassiné en 1584. Son fils Maurice poursuit la lutte contre l'Espagne. la reine Elisabeth envoie des troupes au secours des insurgés. 1587 : GB-Espagne : guerre entre l'Angleterre et l'Espagne jusqu'en 1604. Francis Drake attaque le port de Cadix et détruit de nombreux vaisseaux espagnols. 1588 : "journée des barricades" : insurrection de Henri de Guise chasse Henri III de Paris. Henri III fait assassiner Henri de Guise et son frère le cardinal de Lorraine. Philippe II veut en finir avec les attaques des corsaires anglais contre l'empire espagnol. Partie de Lisbonne, "L'Invincible Armada" avec plusieurs centaines de navires est dispersée par la tempête et en partie détruite par les marins anglais commandés par Howard, Hawkins et Drake. 1589 : Mort de Catherine de Médicis. Réconciliation d'Henri III avec Henri de Navarre. Henri III est assassiné par un moine fanatique Jacques Clément. Avènement de Henri de Navarre, 1er Bourbon à monter sur le trône. Il doit d'abord conquérir Paris et le royaume. 1590 : le microscope est inventé en Hollande par l'opticien Zaccharias Jansen. 1594 : Henri IV abjure le protestantisme à St Denis et est sacré à Chartres (pas à Reims). 1594 - Irlande : insurrection en Irlande contre la suprématie anglaise. 1595 : Henri IV déclare la guerre à l'Espagne. 1598 : fin des guerres de religion. Traité entre Henri IV et Philippe II d'Espagne. Sully est nommé surintendant des Finances. 1600 : Henri IV épouse Marie de Médicis après l'annulation de son mariage avec Marguerite de Valois. 1601 : naissance du dauphin, le futur Louis XIII, père du fameux Louis XIV.

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A la fin du Moyen Age, l'église catholique souffre d'une crise grave. Choqué par les spectacles des abus auxquels se livraient le clergé (corruption, pouvoir, vie mondaine...), un grand nombre de chrétiens se détourne des pratiques traditionnelles du culte et tentent de retrouver l'esprit véritable du christianisme par une étude des textes sacrés (Bible, Evangiles), à l'exemple des humanistes 1 qui prônent le retour aux sources. Tout ce qui ne se trouve pas dans la Bible et qui a été rajouté par les commentaires du Moyen Age doit être écarté. Le désir se fait sentir de revenir à une religion intérieure, reposant essentiellement sur la foi et non sur l'observance des rites. L'autorité du pape est rejetée, ainsi qu'une grande partie des dogmes enseignés par l'Eglise catholique romaine. Le mouvement a pris le nom de "Réforme". Il est à l'origine du protestantisme. La Réforme fut l'oeuvre de : - Martin LUTHER (1483-1546) en Allemagne - Jean CALVIN (1509-1564) en France et en Suisse. Un grand conflit s'ensuivit entre catholiques et réformés, qui dégénéra en guerre civile. FRANÇOIS 1er, avec les guerres d'Italie, a renforcé le pouvoir royal centralisateur contre celui de la haute noblesse (toujours prête à contester) et s'appuie désormais sur une bourgeoisie en pleine expansion économique. Il rend obligatoire le français dans les actes officiels (1539) et conduit la politique du royaume avec son Conseil d'Etat, et réussit à imposer son autorité à l'Eglise (il nomme les abbés et les évêques, et distribue les bénéfices ecclésiastiques). C'est précisément dans ce domaine religieux que se dessinent les prémices de la grave crise qui secouera la monarchie de fin de règne de François 1er pendant un demi siècle. Un grand élan, l' "Humanisme" porte les hommes de la Renaissance vers l'étude des oeuvres de l'Antiquité (humanitas = culture en latin). Les premiers humanistes sont des érudits (Budé, Erasme). Ensuite, le terme souligne la grandeur de l'homme, délivré de l'empire religieux du Moyen Age entièrement consacré à la gloire de Dieu. La Renaissance célèbre la gloire de la personne humaine : on construit des châteaux propices aux fêtes (Fontainebleau, Blois, Chambord, Azay-le-Rideau, Chenonceaux) tandis que les artistes (Michel-Ange, Le Titien, Jean Goujon) exaltent la beauté de la nature et des charmes de l'existence terrestre. La constante amélioration des techniques et des instruments de navigation ont permis des voyages d'exploration et de conquêtes (Christophe Colomb, Vasco de Gama, Magellan, Jacques Cartier) dont l'influence sera dominante sur la pensée humaniste de la renaissance. Tous ces héros des Grandes découvertes ont influencé leur époque en racontant leurs voyages, en exposant et commentant leurs travaux. Les progrès des techniques de l'imprimerie a permis une meilleure diffusion de ces écrits. De plus, les savants et explorateurs ont offertes à des cohortes de marchands, entrepreneurs, juristes, écrivains, penseurs, les moyens de les accompagner sur les voies fascinantes qu'ils ouvraient. Ils ont repoussé les limites du monde et du savoir (Copernic 1473-1543, Galilée 1564-1642..).

: nom donné aux Lettrés de la Renaissance qui se consacrent à l'étude des écrivains antiques et en firent connaître les oeuvres et les idées. Humanisme : théorie ou doctrine qui prend pour fin la personne humaine et son épanouissement. Le culte de tout ce qui est de l'homme. Mouvement caractérisant l'effort pour la dignité de l'esprit humain et le mettre en valeur.
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La première moitié du XVIème siècle a pour fait essentiel une certaine attitude devant l'homme et la vie qui avait été précédemment caractéristique de la péninsule italienne, et qui se répand alors dans toute l'Europe. "L'exaltation de l'homme" permet de suivre l'Humanisme jusqu'en des domaines et des milieux qui jusqu'ici n'avaient pas été touchés en général.

Humanisme des Affaires et des Découvertes L'Humanisme n'est pas qu'une révolution purement intellectuelle. L'aspect économique de l'individualisme de la Renaissance et d'un milieu qui se met à produire des hommes "hors série", des héros. En Italie, ce sont des marchands comme les Médicis (Florence), les Sforza (Milan), qui deviennent des princes ; en Allemagne, les Fugger (Augsbourg), tisserands, grands marchands, grands banquiers, grands maîtres de mines et industriels, exploitant au Tyrol et en Hongrie des mines de fer, de cuivre et d'argent ; elle subventionne la politique impériale, soutient les entreprises de Maximilien et assure les succès de Charles Quint à l'Empire Germanique contre François 1er. Ces rois de la banque, de l'alun, du minerai sont des individualistes, obéissant à la seule loi de leur activisme et de leur "avarice". C'est alors que commencent à apparaître les portraits de banquiers ou de changeurs, au regard dominateur et aussi lointain que celui des chefs de guerre et des princes. Ils ne vivent que pour amasser de l'argent dans une société désorganisée qui ne leur impose pas de règles. Leurs traits particulièrement marqués : - la confiance en eux-mêmes - le besoin d'autonomie, de liberté, d'action - une vive piété fort individualiste. Dans ce domaine, ils sont au premier rang des humanistes du siècle. Princes humanistes et humanistes de Lettres C'est naturellement parmi les intellectuels qu'il faut chercher l'expression méditée de l'humanisme qui trouve dans les Lettres antiques ses exemples et sa justification. Mais le cadres des intellectuels humanistes déborde les milieux littéraires : il faut y joindre quelques princes cultivés, tels que Maxilmilien, empereur germanique, Henri VIII, roi d'Angleterre, François 1er, roi de France. Favorisée par ces princes, une pléiade de penseurs, de philosophes, constitue de capitale à capitale, d'université à université, une Europe humaniste dont le guide est Désiré ERASME. Erasme, né à Rotterdam en 1466, rencontre des humanistes revenus d'Italie. Il se fixe à Louvain (Belgique) où il recevra la nouvelle de la Réforme luthérienne.

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L'Humanisme chrétien et son essai de réponse aux besoins des âmes L'Humanisme n'aurait pas été le grand mouvement "totalitaire" qu'il a été s'il n'avait pas atteint jusqu'aux besoins les plus profonds du coeur humain : le contraste entre une foi plus vivement sentie et la défaillance générale d'une Eglise visible, déconsidérée, indifférente, impuissante à s'épurer. Certains humanistes se sont contentés d'essayer d'accommoder le christianisme face aux âmes affolées, de la magie au satanisme, et aux faibles solutions du matérialisme pratique : lettrés optimistes, hommes d'esprit pour qui les problèmes, même vitaux et profondément ressentis, se posent en termes de culture. Tous les penseurs ne sont pas des hommes de bonne volonté : eux l'étaient essentiellement. Erasme a dit "vouloir efficacement le bien qui mène au bonheur". C'est dans ce mot tout l'hédonisme2 de la Renaissance. Proposer l'exemple et l'enseignement de l'homme parfait plutôt que l'hommeDieu. "Qui que tu sois, pêcheur, convertis-toi avec une foi parfaite et tu seras sauvé, si tu ne te confies ni en toi ni en tes oeuvres" Formule déjà protestante... La réponse que les besoins de la chrétienté n'avaient pas reçue d'un vaste mouvement comme l'Humanisme, un isolé la leur donne. Le problème du Salut qui tourmentait les croyants demandait à être résolu par un homme, pour lui-même et pour chacun des hommes : Luther, un homme seul devant Dieu. C'est la Réforme et l'avènement européen de l'Allemagne.

2 doctrine qui prend pour principe de la morale la recherche du plaisir, de la satisfaction

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1. LUTHER (1483 - 1546) Réforme de l'Eglise, modification des institutions, mais surtout "conservation des âmes". La question du Salut se posait cruellement aux croyants à une époque où s'avivait la conscience du pêché. Entre l'homme et Dieu, le lieu traditionnel de l'Eglise avait disparu ; livrés à eux-mêmes dans le conflit de leur pêché et de l'Absolu, les fidèles pouvaient tenter de faire leur salut à coups de bonnes oeuvres. Mais des théologiens apprenaient aux plus instruits que seul dieu pouvait juger si une action était bonne. C'est alors pour les âmes religieuses, le cri angoissé "que faut-il que je fasse pour être sauvé ?" adressé non plus à un représentant de Dieu, mais à Dieu lui-même ; c'est toute l'histoire de Luther, allemand né en Saxe : le salut est un don de Dieu à l'âme croyante, sans acceptation de mérites humains et par le seul fait de l'expiation du Christ. On trouve son Salut dans un dialogue direct avec Dieu, en le cherchant, en le découvrant, en laissant l'Eglise visible en dehors de cette quête. L'Eglise réduite à n'être plus qu'attestatrice et non plus canal des grâces divines. On l'accusa d'hérésie. Il déclare : "il n'y a pas une syllable dans l'Ecriture qui dise que l'Eglise romaine est ordonnées par Dieu". Il est excommunié et il rompt avec l'Eglise romaine à Noël 1520. Pour Luther, l'Allemagne paraissait pour la première fois avoir quelque chose de nouveau, et de capital à dire à l'Europe. Les succès les plus remarquables de cette expansion ont eu lieu dans les pays baltes et scandinaves. En France, le luthéranisme s'est répandu en un libre mouvement de foi, propagé par les écrits du réformateur. En France, les écrits de Luther ont été envoyés à la Sorbonne, sans succès. François 1 er est poussé par sa mère, Louise de Savoie, d'une piétée éclairée et peu cléricale, assez fréquente en Italie chez les esprits distingués, et surtout par sa soeur Marguerite, duchesse d'Angoulême depuis 1509 (elle deviendra reine de Navarre par son mariage en 1527 avec Henri II d'Albret) pour "épurer" son Eglise. Sa soeur proclamait la justification par la foi seule, et la faible importance des cérémonies. Elle favorise un évangélisme réformiste, et surtout celui dont son frère prendrait la direction. Luther meurt dans sa ville natale en1546, épuisé. La mort de Henri VIII d'Angleterre en 1547 et celle de François 1er en 1547 également laissaient les protestants allemands sans alliés. Aussi Charles Quint restaure le catholicisme. Le message de Luther n'est plus purement proclamé dans une place encerclée et mélangée à un nationalisme que le Réformateur avait repoussé. Ailleurs, c'est le compromis ou l'abandon, l'éparpillement. La Réforme n'est qu'un mouvement de foi contre lequel une institution pouvait peu. Cette morosité de l'Eglise cessa lorsqu'un homme, Loyola, expression d'une nation, l'Espagne, créa pour la défendre un nouveau mouvement de foi. Charles Quint âgé, usé et neurasthénique, n'a plus de forces pour préparer l'avenir de son fils Philippe. Il laisse à son frère Ferdinand d'Autriche la succession de son empire, et réserve l'Espagne à son fils Philippe (futur Philippe II) avec son héritage bourguignon et les Indes. Il le marie à Marie Tudor en 1554 pour qu'il accède au trône d'Angleterre. Charles Quint part pour l'Espagne en 1556, s'enferme au monastère de Yuste où il mourra en 1558. Son frère Ferdinand trouve une Allemagne aux 2/3 luthérienne et la Rhénanie, la Bavière et les domaines autrichiens catholiques. Entre l'Europe luthérienne et l'Europe catholique, une troisième Europe : la deuxième vague protestante avec Calvin, en France , Pays-Bas, Grande-Bretagne.

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2. ERASME Humaniste d'origine hollandaise, Erasme (1469-1536) a fréquenté les grands personnages de son temps comme Charles Quint. Dans ses "Adages", Erasme recueille l'essentiel de l'héritage de la culture antique dans ses maximes empruntées aux écrivains et philosophes de l'Antiquité grecque et romaine. Auteur également d'un "Eloge de la folie", Erasme a cherché à concilier la philosophie antique et la tradition chrétienne. Henri VIII, roi d'Angleterre, a introduit l'idéal ecclésiastique de Erasme en Angleterre. Il se substituait au Pape dans la direction et la Réforme de l'Eglise d'Angleterre. Le Pape Clément VII refuse d'annuler le mariage de Henri VIII avec une tante de Charles Quint, Catherine d'Aragon. Thomas Cromwell déclare le roi protecteur de l'Eglise anglaise et organise son autonomie (1531-1532), facilement acceptée par la masse du clergé séculier. Thomas Cranmer, nommé archevêque de Canterbury, partisan de l'autonomie ecclésiastique de son pays, permet l'annulation du mariage du roi en 1533 et le couronnement de sa seconde épouse Ann Boleyn. 3. CALVIN (1509 - 1564) Calvin est fort différent de Luther. 25 plus jeune que le saxon Luther. Etudes de droit à Bourges à l'université réorganisée par Marguerite d'Angoulême et favorable à la Réforme. Vit essentiellement à Genève où il met au point sa théologie et où il meurt en 1564. Sa pensée théologique a, à la base, l'expérience luthérienne de l'angoisse du péché et du Salut. Mais aussi le sentiment de l'honneur de Dieu et du service. Son originalité à l'égard de Luther s'affirme dans une importance plus grande donnée à la sanctification, dans une conception de la Cène qui enseigne une participation réelle au Corps et au Sang, non par la descente dans les espèces, mais par l'ascension de l'âme au ciel où le Christ règne à la droite de Dieu. Calvin avait la volonté de renouveler la vie publique et morale de Genève et d'y assurer la prédominance de l'Eglise. il se heurte à la vieille bourgeoise hostile aux réfugiés français et à leur chef spirituel, Calvin. Une vraie "fronde" est menée contre lui. Secrètement, il publie un manuscrit d'un grand savant, l'espagnol Michel Servet (qui avait découvert la circulation pulmonaire du sang) où il attaquait la Trinité. Il est dénoncé à l'officialité catholique qui le condamne au feu. Il meurt brûlé à Genève en 1553. Calvin avait fait une Eglise dure et peu sentimentale, défiante de la mystique et des effusions, moins soucieuse de l'amour que de la grandeur et de l''honneur de Dieu. La disparition de Luther fut un coupe d'arrêt pour le luthérisme : la fin du XVIème siècle est la période de l'établissement d'une Europe calviniste. En Angleterre, Marie Tudor, demi-soeur d'Edouard VI (fille de Catherine d'Aragon), épouse Philippe, le fils de Charles Quint. Pendant les 5 ans du règne de Marie Tudor, la Réforme anglaise s'épure et se confirme. Elle fait brûler 277 protestants sur le bûcher. On l'appelait "Marie la sanglante", et elle restaure officiellement le catholicisme. Philippe meurt à Londres en 1558 le même jour que sa reine malade depuis longtemps. Londres et le Sud-Est étaient conquis par la Réforme. Le Nord et l'Ouest restaient catholiques. La nouvelle reine, Elisabeth 1ère, fille d'Ann de Boleyn et d'Henri VIII, est hostile à l'accession au trône de Marie Stuart, catholique mais qui venait d'épouser l'héritier de son ennemi Henri III de France, c-à-d le futur François II. Elle fait voter un "acte d'uniformité" choquant les catholiques autant que les protestants, rétablissant le "Prayer Book" de 1552. Tous les évêques opposés à ces mesures sont déposés et il y a création d'une nouvelle hiérarchie, tout cela se fait dans une atmosphère différente de celle du calvinisme d'Edouard VI mais qui permet de contenir les partis opposés.

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L'Ecosse valut au calvinisme un succès encore plus grand. La Réforme s'y répand très vite sous l'influence d'Henri VIII en 1542, proclamation de sa fille nouvelle-née Marie Stuart. Régence de la veuve Marie de Lorraine, soeur des Guise. Fiançailles de Marie Stuart avec le dauphin de France François (futur François II). 1560, mort de la reine douairière. Marie Stuart alors en France auprès de son époux qu'elle va bientôt perdre, est une catholique fidèle. Son retour en Ecosse (1561), se remarie avec le catholique Darnley, ce qui achève d'éloigner l'Ecosse protestante. Le calvinisme aux Pays-Bas est plus lent et plus difficile mais d'une réussite nette et d'égale importance. C'était une force de combat. Les étudiants des Pays-Bas commencèrent à préférer Genève à Paris pour terminer leurs études. La bourgeoisie commerçante et le peuple acceptaient la doctrine et les institutions genevoises. En France, même rôle qu'aux Pays-Bas : transformer en Eglise et en parti de combat une grande flamme de Salut et d'adoration joyeuse alimentée par la parole de Dieu prêchée, lue et chantée. Henri III hostile à la Réforme rend plus de 500 arrêts contre les protestants, qu'il définit comme hérétiques. Les protestants se sentent encouragés par l'adhésion d'un prince de famille royale, Antoine de Bourbon, ri de Navarre en épousant Jeanne d'Albrêt (mère du futur Henri IV). Devenu force organisée, le protestantisme était prêt à une épreuve de force. Henri IV catholique sincère mais étroit, conseillé par des intransigeants (de caractère ou d'intérêts) ne pouvait reculer devant elle. François de Guise, abandonne l'Italie, rétablit la situation en France en reprenant Calais aux Anglais de Marie Tudor, alliés de Philipe II en 1558 (à ne pas confondre avec Maris Stuart reine d'Ecosse !). Henri II, au cours de fêtes données pour le double mariage de : - Elisabeth, sa fille, qui épouse Philippe II d'Espagne (fils de Charles Quint) - Marguerite, soeur du roi, qui épouse le duc de Savoie est mortellement blessé à l'oeil en joutant avec Gabriel de Montgoméry. Son fils, François II, adolescent de 16 ans, débile, incapable d'effort, sous la dépendance de sa jeune femme Marie Stuart et de ses oncles les Guise, conseillé par Coligny, Catherine de Médicis sa mère, régente. François II tombe malade et meurt en 1560. Marie Stuart regagne l'Ecosse où elle est reine. Les Guise se retirent. Catherine peut déployer une politique personnelle très italienne. Le jeune Charles IX prend la succession. Charles Quint était avant tout "bourguignon". Son fils "espagnol" (Philippe II) depuis son arrivée en 1559 en Espagne qu'il ne quittera plus. Il fait construire son palais de l'Escurial à Madrid en Castille, à 1000 m d'altitude, isolé. Madrid devient la capitale ! En 1557, les portugais s'installent dans la baie de Canton en Chine, à Macao.

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En même temps qu'il tentait de réprimer la révolte des Pays-Bas, Philippe II avait travaillé à empêcher le protestantisme de gagner la partie en France. L'amiral Coligny, bon militaire (ami intime du roi Charles IX) lui conseille d'accorder un appui militaire aux Pays-Bas contre l'Espagne. mais cette guerre "protestante" était impopulaire. Catherine de Médicis opte pour un plan d'extermination des hérétiques, oeuvre des Guise, le mariage de Marguerite de Valois, fille de Catherine et soeur du roi Charles IX avec Henri de Navarre (1572) attire à Paris beaucoup de protestants et ranime l'inquiétude de la population. Un attentat manqué contre Coligny à Paris est repris à la dimension d'un massacre dans la nuit de la Saint Barthélémy (23 août 1572) qui décima beaucoup de leurs chefs : d'où désarroi ! ils se tournent vers les huguenots. Henri de Navarre est prisonnier de la cour des Valois. Le roi Charles IX est malade et va mourir. On prépare sa succession : son frère Henri, duc d'Anjou, que les réformés polonais avait élu roi de Pologne en 1573. Quand Charles IX meurt (30 mai 1574) Henri d'Anjou s'enfuit de Pologne pour succéder à son frère et devient Henri III. Henri de Navarre s'évade, des renforts allemands pour les protestants arrivent, le dernier fils de Catherine François prend le rôle de chef du tiers parti, ce qui fait que Catherine accorde aux protestants des places de sûreté, l'entière liberté du culte (en dehors de Paris et des villes où la cour séjournerait) et des "chambres mi-parties" aux Parlements pour leurs affaires judiciaires. Le catholicisme semble perdant. Les querelles des luthériens, des calvinistes et des antimilitaires de différentes nuances suffisaient à préparer la prochaine rescousse de la contre-Réforme dans une Pologne où les évêques, les jésuites consolidaient déjà le catholicisme. La grande lutte entre Philippe II d'Espagne, Elisabeth d'Angleterre et la France Elisabeth, intelligente, habile, est avant tout autoritaire. Aussi fait-elle avancer la monarchie anglaise sur les voies de l'absolutisme où l'avaient mise les Tudor. Son autorité lui fit repousser les avances matrimoniales de Philippe II et la restauration du catholicisme, à quoi s'opposait la majorité de la nation. Elle procède à 800 exécutions transformant les catholiques en traîtres pour la plus grande partie de la nation. Marie Stuart meurt sur l'échafaud en 1857. Sa demi-soeur, Elisabeth 1ère, lui succède. La ligue continuait de neutraliser les protestants et les royaux sur la demande de Philippe d'Espagne qui, lui, préparait le débarquement d'une puissante armée en Angleterre. 130 navires portant 130.000 hommes dirigée par les duc de Médina, c'est "l'Invincible Armada", pénètre dans la Manche le 19 juillet 1588. Les navires anglais l'attendait à Plymouth, l'ont empêché de prendre du renfort en Hollande, et plus rapides que les lourds bateaux espagnols, avaient harcelé, démoralisé, et en partie démantelé l'Armada lorsqu'elle parvient à Calais le 27. Elle s'enfuit vers le Nord sans pilotes, sans carte, à travers des mers de plus en plus difficiles. Une faible partie seulement rejoignit les côtes ibériques. Elisabeth démobilise ses marins, et tous, catholiques compris, fêtèrent la victoire (nov 1588). Henri III est frappé mortellement par un Jacobin le 5 août 1589 et reconnait le roi de Navarre comme son successeur, en l'invitant à devenir catholique.

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Pour la France, c'est une période de reconstruction avec des tendances contradictoires : - au spirituel ou elle repose sur le pluralisme - au temporel où le mouvement va du fédéralisme féodal à l'unité et à l'absolutisme monarchique.  pluralisme religieux : par l'Edit de Nantes, l' Etat français devenait catholique et protestant . le pluralisme religieux répondait à un pluralisme politique qui maintenait l'Etat protestant, comme avec ses conseils, ses assemblées, son armée, sa représentation dans les régions de majorité réformée.  Quant au fédéralisme : c'était une des traditions françaises des âges précédents.  A la restauration de l'unité politique et nationale, Henri IV sait se faire aider par des collaborateurs compétents et décorés comme notamment le surintendant des Finances Maximilien de Béthume, baron de Rosny, qui deviendra duc de Sully en 1606. Ils ont limité le pouvoir des gouverneurs de provinces, du colonel-général de l'Infanterie, maître de l'armée. Les seules difficultés sérieuses venaient des grands personnages de la Cour. Henry IV a fait l'objet d'une vingtaine d'attentats manqués. A sa mort, finissait une période de transition marquée pour toute l'Europe par l'apparition de processus unificateurs dans un monde individualiste. Dans les pays catholiques, l'orthodoxie théologique débordait sur tous les domaines de la pensée. Erasme est mis à l'index en 1559, Galilée est en danger, etc... Le même conformisme étouffe les Lettres et les Arts, par un choix strict des sujets et de la manière de les traiter : L'Arioste ("Jérusalem délivrée") est forcé à glorifier les croisades qui n'intéressent plus personne ! - Il est plusieurs fois question de détruire la Chapelle Sixtine qui scandalisait la Curie - Les peintures du Greco à l'Escurial (1580) ne satisfont pas Philippe II car trop éloignées du canon ! Déjà s'étendait la grande uniformité de l'art "jésuite" où tout est précisé, commandé, immuable, l'artiste n'ayant pas d'autre liberté que de surcharger et de compliquer le détail décoratif. Le Protestantisme connaît des situations semblables. L'Orthodoxie constitue dans son histoire ecclésiastique une période bien délimitée, entre la Réforme et le piétisme. C'est le "Livre de concorde" qui fixe en 1580 la pure doctrine luthérienne. L'Europe calviniste est divisée par les luttes sur la prédestination. Le système de Copernic inquiète. De grands astronomes protestants (Tycho Braché, danois et Kepler, souabe) sont limités par le souci de la cosmogonie biblique. La mesure de la réforme du calendrier est vue comme préparée et promulguée (le14/10/1582) par l'Antéchrist ! Elle ne sera reçue en Allemagne, Danemark, Hollande et Suisse qu'en 1700, en Angleterre qu'en 1752, en Suède qu'en 1753. Les inconvénients de la fixation dogmatique pour l'esprit et pour les oeuvres de l'esprit sont moins grands que dans le protestantisme à cause de son pluralisme qui y sauve liberté et individualisme. Le grand art français du XVIème montre chez les médailleurs et émailleurs protestants un souci de vérité qui est bien la marque de l'éthique de leur foi.

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Dans l'Europe catholique, la liberté se sauve, ou par le refuge dans des sortes de retraites où le nom de conformisme est tenu comme sans grand danger, ou par le scepticisme. La mythologie de l'Antiquité est celle de l'Ancien Testament plus ou moins considéré comme fabuleux, est le domaine abrité où l'on échappe aux règles et aux programmes. La Contre-Réforme épuisée des causes ardemment défendues tout au long de ce siècle, va restaurer, rénover spécialement en France, la piété catholique : le recours aux laïcs, sous le contrôle d'un clergé attentif et digne. Par là, c'est chez les saints (y compris les jansénistes) et chez les hommes et les femmes d'oeuvre que l'individualisme allait reparaître dans cette partie de la chrétienté. Bien plus que la guerre de Trente ans, ce sera l'origine du réveil du catholicisme et de tous les pays qu'il contrôlait et inspirait.

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La Renaissance des Lettres L'imprimerie favorise à cette époque la diffusion des idées nouvelles. Un foyer humaniste et érudit se crée en France autour de Lefèvre d'Etaples, Guillaume Budé, Henri d'Estienne. L'Etude des auteurs de l'Antiquité et des langues grecque, latine et hébraïque progresse. François 1er et surtout sa soeur Marguerite d'Angoulême, ont encouragé le mouvement par la création en particulier d'un foyer intellectuel en marge de la Sorbonne. Le Collège des lecteurs royaux -de nos jours le Collège de France- naît en 1530. Les écrivains de ce temps ont les yeux tournés vers l'Italie et la Grèce. Beaucoup voient dans les oeuvres antiques des mouvements inégales du génie humain et considéraient la langue française comme trop souvent barbare. Une réaction nationaliste prend corps dont Joachim du Belay est le porteparole en 1549 dans notamment de la "Défense et illustration de la langue française". Après les oeuvres originales de Clément Marot, de François Rabelais - le "Pantagruel" est un des premiers succès littéraires consacrés par l'imprimerie: une littérature proprement nationale s'affirme. Au milieu du siècle, autour de du Bellay et de Ronsard, une école littéraire, "la Pléiade," est constituée, qui entend défendre et promouvoir la langue française et en s'inspirant des auteurs antiques, doter la France d'une littérature brillante. La Renaissance des Arts Depuis le XVIème siècle, des influences artistiques nouvelles artistiques provenant d'ITALIE pénètrent en France. Les expéditions militaires françaises dans la péninsule accélèrent ce mouvement qui favorise l'émergence d'une architecture originale et d'un style nouveau de décoration. L'évolution se fait en plusieurs phases : Une 1ère vague renaissante jusque vers 1530 Un style plus complexe apparaît ensuite autour de l'école de Fontainebleau Et enfin milieu du siècle, un style bien français d'architecture et de sculpture voit le jour. aA la 1ère vague appartiennent les agréables demeures du Val de Loire que sont Chenonceaux (1513-1521) et Azay-le-Rideau (1518-1529). François 1er a invité Léonard de Vinci en France, ordonne alors de grands travaux à Blois (1515-1524) et à Chambord (dés 1519). Dans cette phase, l'influence médiévale est encore bien visible (tours, créneaux, toits en fortes pentes). On continue de construire dans le gothique flamboyant en plein XVIème siècle... Mais un vent nouveau se lève et se répand peu à peu : goût pour la symétrie, l'équilibre, multiplication de fenêtres décorées, apparition de pilastres et piliers...). Fontainebleau n'est qu'une vieille forteresse quand François 1ier ordonne un vaste programme d'agrandissement et de décorations (1530 - 1540). Sur l'immense chantier, des artistes Français s'initient au contact de maîtres italiens. Une école de décoration, dont l'influence s'étendra à toute l'Europe naît de ce mouvement. Elle s'ingénie à combiner harmonieusement le bois, le stuc, la fresque, . Les plafonds de noyer ou de chêne sont sculptés. Guirlandes, amours, lions, guerriers en stuc blanc (stuc --> enduit imitant le marbre) encadrent de grandes fresques richement coloriées. L'inspiration des décors plonge ses racines dans l'érudition humaniste et l'antiquité païenne. Des corps nus aux membres fins et allongés, des courbes

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suggestives, une ambiance érotique, caractérisent le style de peinture maniériste qui se forme autour de l'école de Fontainebleau. cAu milieu du siècle, des architectes et des sculpteurs réalisent une synthèse brillante entre l'héritage médiéval et l'apport antique. Un style français s'épanouit. si les édifices gardent tous des toits en pente, des cheminées et parfois des flèches surgissent des façades plates avec des ouvertures symétriques, ponctuée de niches, de statues et surtout de colonnes. Les frontons sont souvent curvilignes. Les 1ers coupoles apparaissent (à Anet). C'est dans cet esprit que travaille Pierre Lescot (1510-1578) qui entreprend à partir de 1546 la rénovation du vieux Louvre avec l'aide du sculpteur Jean Goujon (1510 - 1588) auteur de la Fontaine des innocents à paris. Philibert de l'Orme (1510 - 1570) construit le château d'anet pour Diane de Poitiers, en 1563, les Tuileries pour la reine Catherine de Médicis.

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