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LE MOYEN AGE

On appelle Moyen Age, la période


historique qui s’étend du 5ème siècle (de la chute
de l’Empire romain en 476) à la fin du 15ème
siècle (prise de Constantinople par les turcs en
1453). Le Moyen Age est une longue période
d’environ 10 siècles.

De la rencontre du monde gallo-romain en


partie christianisé avec des envahisseurs
d’origine germanique, les Francs, naît une
nouvelle société. Le pays change de nom : la
Francie. La christianisation gagne les
campagnes, les activités économiques et la vie
urbaine tendent à s’organiser tandis que les
liens d’homme à homme se renforcent.

On passe ainsi lentement de l’Antiquité au


Moyen Age...

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SOMMAIRE

INTRODUCTION

LES FAITS MARQUANTS DU MOYEN AGE

UN PEU D’HISTOIRE ....


V ème au VIII ème les
Mérovingiens
IX ème et X ème les Carolingiens
XI ème et XIII ème les Capétiens
XIV ème et XV ème les Valois

LA LITTERATURE

LA MUSIQUE

L’ART PICTURAL

L’ARCHITECTURE

LA TAPISSERIE

LE MOBILIER

ANNEXES
LES CROISADES
LA GUERRE DE CENT ANS
LE MOYEN-AGE ORIENTAL : BYZANCE !
LA RECETTE DE LA GALIMAFREE

LA FIN DU MOYEN-AGE

SOURCES - LEXIQUE

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INTRODUCTION

L’Histoire se répartit en 3 périodes :

1. la période antique : l’Antiquité


2. la période médiévale (où “intermédiaire”) : le Moyen Age
3. la période moderne : de la Renaissance à nos jours.

C’est vers le 14è – 15è siècle que des Lettrés de l’humanisme italien ont conçu l’idée
d’un “intervalle de plusieurs siècles”, entre 2 âges “medium tempus”, temps du
milieu, de l’intervalle (d’où le Moyen Age) c’est-à-dire entre la culture des Anciens (la
prestigieuse Antiquité) et la culture de leur “Renaissance” (les temps modernes).

Après l’Antiquité, au 5è siècle, les débuts du Moyen Age furent sombres. Il a fallu
faire face et gérer :
- la chute de l’Empire Romain,
- les intégrations ethniques, c’est-à-dire les barbares qui nous ont envahis
- trouver de nouvelles formes d’organisation,
- la crise de réadaptation que traverse l’Europe privée de références et inapte à
fonctionner.

Le Moyen Age a duré 1000 ans (du 5e au 15e siècle). Ces 1000 années ne se sont
pas déroulées de manière uniforme. Seule une période centrale autour de l’an 1000,
de 5 ou 6 siècles, était assez cohérente (de l’expansion des Francs à l’essor des
communes/des bourgs) apparaissant comme l’enfance de l’Europe moderne, le
creuset de sa culture essentiellement latino-germanique.

La périodisation du Moyen Age varie d’une culture à l’autre. Par exemple :

Les italiens, considèrent une bipartition qui colle parfaitement avec leur culture dans
les siècles qui suivront :
- le haut Moyen Age : du 5è au 10è siècle
- le bas Moyen Age : du 10è au 15è siècle.

Quant aux autres, une tripartition correspond à des modèles sociaux, politiques et
économiques que l’on peut identifier clairement :

Les français
- “l’Antiquité tardive” : les 5è et 6è siècles
- l’époque médiévale : du 7è au 14è siècle
- les temps modernes : le 15è siècle.

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Les allemands :
- Frühmittelalter (1er moyen age) : du 5è au 8è siècle
- Hochmittelalter (haut moyen age) : du 9è au 11è siècle
- Spätmittelalter ( moyen age tardif) : du 12è au 15è siècle.

Les anglo-saxons, eux, utilisent l’expression “high Middle Age” pour désigner
l’”apogée” du Moyen Age, c’est-à-dire les 12è et 13è siècles.

Au Moyen Age, le Royaume de France à la recherche de ses frontières se constitue


lentement. L’autorité du royaume longtemps affaiblie a du mal à s’imposer face à la
puissance des Seigneurs et face aux structures féodales.

Les guerres se succèdent (invasions, guerres de conquêtes, luttes privées de


seigneur à seigneur, guerre de Cent Ans) tandis qu’une foi ardente est à l’origine des
Croisades et de l’épanouissement de l’architecture romane et gothique.

Ces siècles d’instabilité voient cependant éclore notre langue et notre littérature.
Cette littérature a été influencée par les évolutions de la société au cours de cette
longue période, par les mentalités et les évènements de son histoire...

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Les faits marquants du Moyen Age

 Les Croisades 1095


- 1270

 La Guerre de Cent ans 1337


- 1475

Mais aussi :

 Création d’une littérature en langue française

 La Féodalité

 La Christianisation :

- Apparition d’ordres religieux,

- Construction de cathédrales,
abbayes, monastères, églises

- Art roman et Art gothique

 Invention de l’imprimerie

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UN PEU D’HISTOIRE ....

Contexte historique et social


Les premiers siècles du Moyen Age ont permis la fusion des traditions différentes
(gauloises, romaines, barbares) avec l’intégration profonde des Francs.
Après l’arrivée des Francs dans la Gaule méridionale, on célèbre des mariages
mixtes, alliant l’aristocratie gallo-romaine avec l’aristocratie franque. On assiste à une
fusion des styles de vie de ces milieux.
A partir du VIIIème s. sous les dynasties mérovingiennes puis carolingiennes, la culture
germanique (valeur guerrière, mobilité, on commande des hommes) et la culture
latine (composantes religieuses et littéraires, héritage compétence administrative,
mise en valeur des domaines, pouvoir sur un territoire) entrent en symbiose.
Par exemple, dans des familles issues de mariages mixtes, des noms germaniques
sont donnés à certains de leurs enfants et des noms latins à d’autres !
L’aristocratie gallo-romaine peut orienter ses enfants vers la carrière militaire de la
tradition germanique, et l’aristocratie germanique, constatant l’énorme prestige et le
poids politique et social des évêques de la région, pousse ses enfants vers la
carrière ecclésiastique.
Cette intégration réussie de l’Europe franque est la base sur laquelle l’empire
carolingien sera édifié : le maintien de fortes puissances germaniques et
parallèlement, l’inspiration institutionnelle romano-byzantine.

Les années où règne la dynastie saxonne des Otton de Germanie sont


déterminantes (Xè au XIIIè s.). Ils sont plus particulièrement actifs à l’Est : la Bohême,
la Pologne, la Hongrie se convertissent d’abord – tout en conservant une forte
autonomie – au “Regnum Theutonicorum”. Tous les éléments font apparaître à l’Est
une frange slavo-hongroise dans l’occident chrétien (et non pas de Byzance).

La culture européenne d’il y a mille ans repose sur les monastères et les écoles
épiscopales qui sont des centres de propagande et de diffusion d’identité isolés et
indépendants du contexte local, mais en étroite relation entre eux. Ces centres sont
animés par des intellectuels, moines et clercs de la noblesse, qui, en même temps
que ses activités militaires d’une grande mobilité, et à la recherche de nouveaux
espaces, voit ses horizons s’élargir avec ses charges religieuses qu’elle assure
(envoi de missionnaires).

Il y a eu au Moyen Age un contraste énorme entre :


les cultures locales très diversifiées, et
une culture homogène à travers l’Europe d’une forme élevée et savante donnée
par les ecclésiastiques.

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Structure sociale au Moyen Age

Le roi Saxon Alfred le Grand (891-901) disait que, pour gouverner avec vertu et
efficacité, le roi doit avoir “des hommes de prières, des hommes de guerre et des
hommes de labeur”.

Trois classes distinctes composent cette société :


− Oratores, ceux qui prient : le clergé
− Bellatores, ceux qui combattent : la noblesse
− Laborantes, ceux qui travaillent : les roturiers.

Ces trois ordres ont été abolis à la Révolution.

Du XIème au XIIIème siècle, la société féodale rurale repose sur les liens personnels
qui unissent un suzerain à son vassal. Le vassal doit obéissance et service à son
suzerain. Quant à lui, le suzerain doit protection militaire et juridique à son vassal.
Suzerain lui-même d’un plus puissant Seigneur, et ainsi de suite jusqu’au roi de
France qui est au sommet de cette pyramide hiérarchique. La société féodale est
une société de type pyramidale.

Dés le XIIIème siècle, l’essor des villes transforme peu à peu cette organisation.
Apparaît le début de la spécialisation des métiers, la création de confréries urbaines
socioprofessionnelles, des « corporations », où les bourgeois obtiennent des
privilèges économiques et juridiques qui concurrencent les pouvoirs des seigneurs.

Contexte culturel
− Le contexte culturel est essentiellement religieux : enseignants, étudiants,
hommes de loi dépendent tous de l’autorité religieuse. Ils écrivent et parlent en
latin.
− Mais il y a une volonté de créer une culture profane en favorisant le progrès du
français. Les lois de la société féodale sont rédigées en français et prennent peu
à peu leur autonomie par rapport aux institutions religieuses.
− Une foi ardente anime toutes les couches de la société qui se traduit par les
Croisades, la construction de cathédrales romanes et gothiques (Notre-Dame de
Paris débute en 1163)
− Une vie intellectuelle assurée par des clercs, puis par des universités créées au
XIIIème siècle (la Sorbonne construite en 1200 avec comme 1er directeur Robert
Sorbon en 1252, d’où son nom). Le savoir n’appartient plus seulement aux
moines et aux clercs.

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Contexte religieux

L’esprit sémitique1, au déclin du vieux monde, tenta de conquérir l’Europe par les
apôtres du Christ, comme il allait s’emparer de l’Asie occidentale et de l’Afrique par
l’Islam :

- Mais la religion de Mahomed reste près des sources : le désert, le ciel nu, la vie
immobile !

- La religion de saint Paul (juive), quant à elle, a un cadre moins bien fait pour
l’Europe : le contact des terres cultivées, des bois, des eaux courantes... La
forme mobile et vivante s’est imposée sous une forme sensuelle et concrète qui
la détourne peu à peu de son sens primitif mais s’adapte à la voie de la destinée
naturelle des peuples de l’Occident. L’empreinte est prise. L’apostolat juif peuple
la solitude intérieure des masses oubliées par les civilisations disparues. Son
impitoyable aspiration vers la justice y fortifie l’instinct social. Et c’est grâce à lui,
que l’esprit sémitique effectue lentement en Occident un accord désiré par
Jésus...

Puis l’Eglise, passant outre le sémitisme de saint Paul, rejoint l’esprit fraternel de
celui qui est né dans une étable, qui traîne des bandes de pauvres, qui accueille
les femmes adultères parcequ’elles sortent d’un état social encore plus dur que le
vieux monde, et qu’une insurrection de tendresse virile devient l’universel besoin !

En règle générale, on considère que :


♦ L’Occident est soucieux d’organisation et de Droit,
♦ le monde Celte et Anglo-Saxon de morale,
♦ et l’Orient est animé de préoccupations théologiques.

Par dessus le malheur des peuples (invasions répétées des barbares, faim, torpeur,
misère affreuse entre la chute de l’Empire romain en 476, et les Croisades 1095-
1270) une alliance instinctive rapproche les chefs militaires ralliés à la lettre du
christianisme organisé par le haut clergé dont l’esprit devient de plus en plus rude.
Grégoire le Grand (créateur des “chants grégoriens”) ordonne de détruire tout ce
qui reste des vieilles bibliothèques et des temples des anciens dieux ! L’âme antique
est bien morte !

1
Vient de « Sem », fils de Noé. Appartient à un groupe de langues d’Asie occidentale et d’Afrique présentant des caractères
communs : arabe, hébreux...

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Les communautés religieuses sont, jusqu’aux Croisades, les seuls îlots clairs dans
l’Europe obscure... Elles sont les centres d’actions du peuple des campagnes qui s’y
regroupe au temps des mérovingiens, dans le chaos des moeurs, des races, des
langues, des villes incendiées, des moissons détruites...

Dans le midi au contraire, la tradition antique vit encore profondément. Les


aqueducs, les arènes, les thermes, les temples, les amphithéâtres, sont debout au
milieu des campagnes. Les sarcophages sculptés bordaient toujours les voies
ombragées de platanes. Sur la terre brûlée de la Francie méridionale, l’art gallo-
romain unit l’élégance hellénique et la verdeur de la Gaule.

Quand les Arabes passent, l’Asie nomade mêle son sang à la Gaule gréco-latine (du
sud) et c’est un monde étrange, cruel et pervers, mais de vie intense, égalitaire, plus
libre. Il est séparé du Nord qui commence à se débattre avec les Francs et les
Normands.

Voyons maintenant comment se déroulent les siècles du Moyen Age !

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Vè-VIIIè siècles : Règne des Mérovingiens

481-511 Clovis – puis ses descendants se partageant le royaume, jusqu’en :


751-768 Pépin le Bref, le dernier.
516-540 : règne du Roi Arthur en Bretagne (=Angleterre)

A la fin du Vème siècle, l’essentiel de la terre gauloise est passée sous le contrôle
d’envahisseurs germaniques qui ont créé une série de petits royaumes :

− au sud : les Visigoths (roi Alaric II)


− en Alsace : les Alamans
− à l’est : les Burgondes
− au nord : les Francs (roi Clovis).

Descendant de Mérovée (d’où le nom des mérovingiens), Childéric a constitué un


royaume Franc aux environs de Tournai. Son fils Chlodweg ou Clovis, 15 ans, lui
succède en 481. Excellent meneur d’hommes, rusé, souvent cruel, Clovis réussit en
quelques années à étendre sa domination sur la majeur partie du territoire gaulois.
Clovis écrasera successivement le romain Syagrius à Soissons en 986, les Alamans
à Tolbiac 496, Alaric II roi des Wisigoths ariens à Vouillé près de Poitiers en 507. Ses
fils élimineront la royauté burgonde et occuperont la Provence.
Sous l’influence de sa 2ème épouse Clotilde, Clovis se fait baptiser à Reims en 498,
suivi en masse des guerriers francs.

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LA ROYAUTE

Il est impossible de gouverner sans l’appui de l’aristocratie : aussi le roi mérovingien


s’attache t’il, par un serment prêté en sa présence, les personnages les plus influents
qui deviennent ses “leudes” ou fidèles. Ce serment est unilatéral et ne suppose pas
de réciprocité d’engagement et “les cadeaux royaux sont laissés à la libre
appréciation du bienfaiteur”. Ce qui fait que les membres de l’aristocratie franque
soutiennent le roi le plus généreux, ce que font les leudes du roi Racagnaire
débauchés par Clovis à son profit. Lors des partages du royaume et des guerres qui
s’en suivent, les enchères montent pour attirer les fidèles de l’autre parti. Les leudes
eux-mêmes peuvent spontanément transférer leur fidélité d’un roi à un autre.

Les mérovingiens n’ont aucun sens de l’unité de l’Etat. Le royaume franc apparaît
comme la propriété de la famille mérovingienne et les 4 fils du roi se partagent le
royaume paternel. De trop nombreux partages de succession, une administration
faible, l’absence de bonnes ressources fiscales affaiblissent considérablement la
dynastie franque. Certains rois barbares, incapables de s’élever jusqu’à l’idée d’Etat,
distribuent inconsidérément des terres et privilèges pour avoir la fidélité de grands
aristocrates guerriers. Dans ces conditions, les patrimoines royaux diminuent très
rapidement et au VIIIème siècle, certaines familles sont plus riches que les souverains.

De plus, bien des rois en bas âge accèdent au trône et passent vite sous la
domination des maires du palais : ces grands aristocrates favorisent les débauches
de leurs jeunes maîtres, les “rois fainéants” pour mieux contrôler leur pouvoir...

Le maire du palais (major domus) occupe une place prépondérante. Il surveille


l’ensemble des serviteurs, jouit de la confiance particulière du roi, si bien que ses
attributions très étendues prennent une tournure de plus en plus politique, et sont
quasi illimitées jusqu’à supplanter celles du roi dans le gouvernement du royaume à
la fin du XIIème et au XIIIème siècle. C’est ainsi que le maire du palais Pépin le Bref
a déposé le dernier roi mérovingien Chidéric III et a pris lui-même le titre de Roi !

Le Palais (palatium) : c’est l’ensemble des dignitaires et conseillers qui suivent le roi
dans ses déplacements sans oublier sa garde personnelle. Lieu où les carrières se
décident. Le palais attire dés le VIIème siècle les jeunes aristocrates de la Gaule. Leur
famille les envoie à la Cour recevoir leur éducation et gagner la confiance royale. Le
palais se déplace fréquemment d’un domaine royal à un autre et les dignitaires
chargés de mission publique et de services propres à la cour, le tribunal et le Trésor,
l’accompagnent.

Sous les mérovingiens, on commence une carrière à la Cour, et on la termine en


province. Là, ils sont agents territoriaux du Roi, Comtes (gallo-romains au Sud de la
Loire, germaniques au Nord), chargés d’administrer une circonscription, exerçant
toutes les fonctions de l’autorité publique : il rend la justice, administre, lève les
impôts, commande les troupes...
Le premier rôle du Comte consiste à faire régner la paix au sein des populations
franques, romaines, burgondes ou autres. Il doit assurer la protection des faibles.

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Chaque année, il apporte au Trésor Royal ce qui est dû au fisc. Bien souvent, les
gens de la cité se plaignent des Comtes aux évêques, les chargeant de transmettre
leur plainte au roi. Et c’est ainsi que petit à petit, il y a eu ingérence progressive de
l’Episcopat dans les pouvoirs des Comtes, et l’administration locale est exercée à la
fois par une aristocratie laïque et une aristocratie ecclésiastique. Il y avait environ
600 à 700 Comtes.
Par la suite, les Comtes doivent rendre des comptes à de grands agents royaux, des
archevêques, responsables de plusieurs comtés, et qui sont l’intermédiaire entre les
Comtes et le Roi. Dés lors, le pouvoir est assuré de manière efficace et remarquable
pour le Roi (notamment militaire), les rouages de la hiérarchie ecclésiastique sont
utilisés à cette fin.

LA VIE SOUS LES MEROVINGIENS

Les V et VIème siècles du haut Moyen Age se distinguent indéniablement par des
conditions de vie difficiles (guerres continuelles, migrations de populations :
Vandales, Hérules, Goths, raids de Saxons et de Frisons), réduction des espaces
cultivables, expansion parallèle des forêts et des marécages, famines, multiples
épidémies (variole, lèpre, peste), ravages de pirates, insécurité.

Au cours des VII et VIIIème siècles du haut Moyen Age, la forêt couvre une bonne
partie du territoire et encercle villes et villages. A l’extérieur de la partie habitée,
s’étend la zone cultivée dépendant du village qui se compose de champs de
céréales, de vignes et de prés. Plus loin s’étire une bande de terre commune
entretenue par la collectivité, pâture et bois, où les hommes ramassent feuilles,
branchages et bois de chauffage, et où les cochons fourragent à la recherche des
glands de chêne dont ils se nourrissent. Au-delà de ces trois zones (zone habitée,
zone cultivée, terres communes) se déploie la forêt qui sert à la chasse et que l’on
ne parcourt qu’occasionnellement.

Le commerce s’effectue par les célèbres voies romaines vers l’Italie et l’empire
byzantin. En retour : importation de soie, épices, objets de luxe (voir récits de
Grégoire de Tours). Dans les campagnes : nombreux guérisseurs, rites magiques...

LA RELIGION

Les célèbres routes romaines construites pour assurer le déplacement des légions
servent pour le commerce et pour les apôtres de la foi qui diffusent en Gaule le
christianisme. Au IVème siècle l’évangélisation des campagnes se fait à grande
échelle. Au Vème siècle le célèbre concile oecuménique de Nicée définit le symbole
des apôtres, coeur du Credo catholique, contre l’arianisme2. D’autres suivront
pendant tout le Vème siècle.

2
Hérésie des ariens, qui niait la consubstantialité du Fils avec le Père, et fut condamnée au concile de Nicée en 325. Hérésie =
doctrine, opinion émise au sein de l’Eglise catholique et condamnée par elle comme corrompant les dogmes. Principales
hérésies : adamisme, arianisme, calvinisme, protestantisme, jansénisme, luthérisme, manichéisme, quiétisme...

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La diffusion du christianisme entraîne la création de paroisses, de monastères où de
nombreuses communautés monastiques (de moines) provenant des Celtes (Irlande,
Ecosse, Pays de Galle, Cornouailles) sont fondées principalement en Gaule du Nord
(env.200 fondations).
Les évêques, issus de familles riches, deviennent puissants, indépendants de Rome,
sont exempts d’impôts et perçoivent la dîme payée par les paysans ; ils jouissent
d’une autonomie judiciaire ; en période trouble, ils organisent la défense de la ville.
Pour contrôler leur puissance, les souverains nommeront directement eux-mêmes
les évêques.

Il y avait le clergé séculier (qui vit dans le monde, dans son siècle) et le clergé
régulier (qui vit retiré du monde, dans des monastères, en se soumettant à l’autorité
d’une règle, ex. Saint Benoît = les Bénédictins). Au début des mérovingiens, c’est
l’épiscopat (=les évêques) qui prévaut (plus tard, ce seront les moines qui prendront
le relais). L’évêque a le pouvoir d’ordre. Il peut seul consacrer un autre évêque et
ordonner les prêtres. Il détient aussi un pouvoir de juridiction spirituelle sur le clergé
et sur les fidèles. Sa fonction sociale s’accroît. Porte-parole des populations comme
au temps des invasions, les évêques sont des personnages considérables. Leur
origine sociale n‘y est pas étrangère.
Selon les règles canoniques3, l’évêque est désigné par le clergé et le peuple de la
cité où les grandes familles pèsent d’un poids prépondérant. Son rôle : célébration
du culte divin, prédication, évangélisation. Pour ce faire, il lui faut implanter des lieux
de culte et créer des paroisses dans les villes et dans les campagnes dans tous les
domaines du royaume. De ce fait, l’évêque devient un grand bâtisseur et un grand
administrateur.

L’évêque rempli un rôle d’intermédiaire entre :


- le Comte, qui administre la cité, et
- le peuple.

Aux siècles suivants, les évêques vont peu à peu annexer dans leur villes les droits
du Comte. Très habile : car aux yeux du peuple, l’évêque est bien souvent le garant
d’une justice fiscale meilleure ! Mais en attendant, devenus gestionnaires des fonds
publics, les évêques sont désormais en mesure de faire réaliser de véritables travaux
publics : construction ou réparation de remparts, l’adduction d’eau, faire élever des
digues contre les inondations, etc...
A côté de cela, il ne faut pas oublier la fonction sociale de l’Eglise soutenue par
l’évêque : instruction, assistance (veuves et orphelins, soin des malades, rachat des
prisonniers...). Aux premiers temps des mérovingiens, le prélat fait facilement figure
de héros, et on comprend qu’un prélat bienfaisant soit porté sur l’autel. Nombre
d’entre eux prendront place dans la cohorte des saints !!!

Dans un pays immense dépourvu d’unité politique où les rois sont faibles, de vastes
territoires se transforment rapidement en principautés indépendantes (Bretagne,
Pays Basque, Aquitaine).

Plus tard, Dagobert, Charles Martel et ses 2 fils Carloman et Pépin le Bref (= le petit)
vont essayer de reconstituer le royaume des francs.
Avec eux arrive la dynastie des Carolingiens !

3
loi ecclésiastique, règle, décret des conciles en matière de foi et discipline. Age canonique : 40 ans , âge minimum pour être
servante chez un ecclésiastique ! Etre d’un âge canonique = respectable !

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QUELQUES DATES IMPORTANTES DE CETTE PERIODE ...

- 550 : le “roman” remplace progressivement le latin comme langue parlée


- 545 : mort du roi scythe Denys le Petit qui vivait à Rome ; c’est lui qui a calculé la
date de naissance du Christ et le début de l’ère chrétienne, fournissant les bases
de notre calendrier fixé bien plus tard.
- 556 : les Francs soumettent les Saxons
- 568-572 : les Lombards envahissent l’Italie du Nord
- 570 : naissance de Mahomet
- 633-638 : les Arabes conquièrent la Perse et la Syrie
- 638 : les Arabes prennent Jérusalem
- 639-751 : époque dite “des Rois Fainéants”, déclin progressif des Mérovingiens
avec pouvoir réel aux “Maires du Palais”
- 647 : conquête de l’Afrique de Nord par les Arabes
- 656 : mort du roi des Angles (en Angleterre)
- 670 : le parchemin remplace progressivement le papyrus
- 700 : en Bretagne (=Angleterre) les premiers “normands” (= Vikings4) s’installent
en Ecosse
- 709 : conquête du Magreb par les Arabes
- 712-744 : en Italie, règne du roi Lombard, Liutprand
- 714 : domination arabe sur toute l’Espagne
- 719-738 : campagne de Charles Martel contre les Saxons qu’il finit par vaincre.
- 720-725 : les Arabes ravagent le Sud de la Gaule.
- 732 : Charles Martel les bat à Poitiers
- 737 : Charles Martel reprend la Septmanie (=Languedoc) aux Arabes
- 758 : Pépin le Bref bat les Saxons
- 772-803 : Charlemagne mène 3 campagnes en Saxe pour soumettre et convertir
les Saxons au christianisme.
- 773 : apparition de la numération “arabe” qui ne sera adoptée que très
progressivement vers l’an 1000
- 774 : Charlemagne bat le roi des Lombards en Italie et se fait couronné à sa
place roi d'Italie.
- 788-194 : Maroc : domination arabe, les Idrissides
- 793 : 1er raid Viking en Ecosse
- 795 : les Vikings s’établissent sur les côtes d’Irlande
- 799 : 1ères attaques des Normands en Gaule

4
les Hommes du Nord se dénommaient eux-mêmes « Vikings », mais les chroniqueurs carolingiens les appellent
Normands

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IXe-Xe siècles : règne des Carolingiens
768-814 Charlemagne 888-898 Eudes (Robertien)
814-840 Louis 1er le Pieux 893-923 Charles III le Simple
840-877 Charles II le Chauve 922-923 Robert 1er (Robertien)
877-879 Louis II le Bègue 923-936 Raoul (Robertien)
879-882 Louis III + Carloman jusqu’en 885 936-954 Louis IV d’Outremer
885-887 Charles le Gros 954-986 Lothaire
986-987 Louis V le Fainéant

Deux grandes zones culturelles se dessinent à l’intérieur de la vieille zone de


domination carolingienne :

− La Francie occidentale (la future France) où la synthèse latino-germanique tend à


faire prévaloir des éléments linguistiques et culturels d’origine latine,

− La Francie orientale (la future Allemagne) où la même synthèse tend à faire


prévaloir des composantes plus nettement germaniques.

C’est au IXème siècle sous Charlemagne que la culture trouve un nouveau souffle
dans le monde rural et les villes, au sein des écoles monastiques. L’Europe post-
carolingienne est un vaste territoire où prévaut la tradition carolingienne, sans
domination absolue des Francs.

LA ROYAUTE

Charlemagne reconstitue en quelque sorte l’Empire romain en Occident, incluant de


nombreux éléments de la société traditionnelle germanique. Il est sacré Empereur en
l’an 800. Il favorise le développement artistique et intellectuel et étend son empire,
mais il ne peut venir à bout des Sarrasins (musulmans d’Espagne): son arrière-
garde, conduite par son neveu Roland, est écrasée au col de Roncevaux en 778.
Charlemagne mènera 55 guerres en 46 années de règne. Ses successeurs, Charles
le Chauve et Louis le Pieux, seront également de très bons chefs militaires. L’armée
carolingienne supérieure à ses ennemis tant qu’elle mènera des guerres offensives,
ne perdra sa supériorité tactique que lors des invasions normandes car elle aura une
position de défense !
Charles le Chauve, devant le harcèlement des Vikings, prendra d’ingénieuses
mesures pour combattre, en plus, les féroces dissensions de l’aristocratie (les ducs
de Bourgogne sont contre lui) qui se montre défaillante à la 2 ème moitié du Xème siècle.
Il n’a pratiquement plus de défenseurs à ses côtés !

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A la mort de Charlemagne, l’empire se désagrège. Il sera divisé entre ses trois fils :

Depuis le IXème s. les Normands venus de Suède et du Danemark (les Vikings) ont
pris l’habitude de piller villes et monastères en remontant les fleuves. Rouen et Paris
ont été mis à sac en 847, Nantes en 843, Bordeaux en 844 et 847. Contre ces
envahisseurs utilisant la voie d’eau avec leurs barques plates et rapides (les
Drakkars), la lourde artillerie franque est inefficace. En 911, Charles le Simple
accorde au chef normand Rollon le commandement du comté de Rouen et en
échange, demande à ce que tous ses Vikings se convertissent au catholicisme. Son
nom de baptême sera Robert. Il gouvernera la Normandie aidé de son fils Guillaume
Longue-Epée. Il s’engage à défendre la Seine contre les autres Normands --> ainsi
naît la principauté de Normandie !

Ensuite, en 930, c’est le Midi qui est exposé aux raids des Sarrasins (musulmans
d’Espagne), puis l’Est et le Sud-Est sont envahis par des Hongrois (d’origine turco-
mongole) jusqu’à Nîmes, particulièrement cruels. C’est le roi de Germanie, Otton 1er,
qui écrasent en 955 ces envahisseurs venus de l’Est.
Ces invasions ont affaibli l’autorité des rois carolingiens incapables de repousser
l’envahisseur.

Jusqu’au Xème siècle, le droit de fortification d’une ville était un monopole royal : il
passe aux mains des princes, et est ensuite usurpé par les Comtes. Ces derniers ne
se contentent plus d’être des administrateurs, ils s’érigent eux aussi en chefs
politiques désormais héréditaires : après les principautés indépendantes,
apparaissent des comtés autonomes !

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Au cours du Xème siècle, de nombreux princes, comtes ou même Roi éprouvent de
sérieuses difficultés à se faire obéir et à imposer leur autorité. Dans leurs
principautés ou comtés, des zones territoriales plus ou moins vastes échappent à
leur emprise. Cette dislocation et la multiplication des « seigneuries » au siècle
suivant constituent la rupture majeure avec le passé. La seigneurie représentera la
structure essentielle des temps féodaux : transformation des hommes libres du
terroir en de véritables serfs dépendant corps et bien du seigneur local, le sire, par
des liens de vassalité.

Fin Xème siècle, une nouvelle aristocratie de guerriers apparaît : possesseurs de


terres et de châteaux forts, ils constituent la classe féodale des seigneurs et
détiennent tous les pouvoirs dans leurs vastes domaines. Les princes héréditaires
exercent dans leur principauté, à leur profit, tous les pouvoirs anciennement dévolus
au roi. Politique intérieure et extérieure, guerre et justice relèvent désormais de
l’autorité du Prince. Evêchés et abbayes passent sous son autorité. Il fait même
frapper la monnaie à son nom. Seul le rattache au roi le lien personnel, plus ou
moins fidèle, de la vassalité. La dissociation politique se fait avec la création et
l’indépendance des principautés. Puis, la puissance des princes va être minée par
l’ambition des comtes et vicomtes.

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LA RELIGION

Les papes détenant l’auctoritas sont responsables devant Dieu des rois qui n’ont
qu’une protestas. Le roi doit “orienter les âmes vers le salut” ; il est “vengeur des
crimes, correcteur des erreurs et pacificateur”. Le roi doit conduire le peuple chrétien
vers le salut et protéger l’Eglise et les faibles. Dés lors, le gouvernement carolingien
est théocratique, qui ne sépare plus le domaine politique du domaine religieux, selon
les positions de Saint Augustin.

Soutenu par l’Eglise et l’aristocratie, le maire du palais Pépin le Bref dépose le


dernier roi mérovingien, Childéric III et prend lui-même le titre de roi. Ce coup d’état
était savamment préparé par les diplomates : le pape Zacharie fut concerté pour
savoir qui devait être le Roi.

Les grandes abbayes sont des foyers intellectuels et religieux, mais aussi des
centres principaux du travail matériel, de l’activité artistique et industrielle. La fortune
de l’Eglise est constituée de bien-fonds considérables (obtenus par les impôts des
fidèles et la dîme). Les moines, grands défricheurs, éclaircissent les forêts,
assèchent les marais, fondent des établissements florissants dans des endroits
déserts et hostiles. De plus, tout au long de l’époque franque, les dons des rois, des
grands et des fidèles ont copieusement augmenté le patrimoine ecclésiastique. Les
biens ecclésiastiques ont une double vocation : assurer le culte divin et l’entretien du
clergé, et accomplir la charité chrétienne. Ainsi, un monastère héberge en moyenne
300 pauvres, malades ou voyageurs et 150 veuves.

De plus, les monastères, grands centres agricoles, contiennent des ateliers


(menuiserie, verrerie…), des greniers à vivres, des moulins, des bâtiments
d’exploitation et suscitent aux alentours la création de services artisanaux
nécessaires pour le monastère lui-même et pour les domaines voisins.
Les monastères sont des étapes sur les axes commerciaux et offrent aux marchands
l’hospitalité, contribuent à la sécurité des échanges, appliquant une politique
douanière attrayante, avec des foires autour des sanctuaires comme à Saint Denis.
Si l’on ajoute les services financiers qu’ils pouvaient rendre (dépôt d’argent
encombrant à emmener sur les routes), on peut imaginer le rôle moteur que l’Eglise
a pu jouer dans la société !

Cette organisation conçue par Charlemagne a admirablement servi son prestige


militaire. Au total, finances, armée, justice, administration, élaboration de la loi,
économie : il n’est pas un secteur des institutions qui ne soit pas touché et irrigué par
cette action de l’Eglise, contrefort du pouvoir carolingien. Cependant, certains prélats
jugent ce rôle écrasant et remettent en cause le système sur lequel s’appuient les
premiers carolingiens, surtout à l’heure des périls intérieurs et scandinaves. Les
Vikings pillent les églises, monastères… les richesses étant concentrées là !

Mais cette indépendance épiscopale s’est affermie jusqu’à former des principautés
guerrières. Alors progressivement, on a fait marche arrière : l’évêque n’aura plus la
charge des fonctions publiques qui retourne au comte.

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Au XIème siècle, les princes et les comtes se sont emparés des fonctions et des
biens ecclésiastiques sur leur territoire et ont imposé leurs candidats – des membres
de leur famille – sur les sièges épiscopaux (évêque) ou abbatiaux (abbés) et dans
les collégiales de chanoines (moines) : l’Eglise est passée aux mains des laïques.
Ces nouveaux évêques ou abbés, investis de leur dignité et de leurs possessions
temporelles sont pour la plupart devenus de véritables seigneurs exerçant les droits
publics et gouvernant leurs territoires avec leurs clientèles chevaleresques.

Ces abbayes sont réparties en trois groupes :

1. celles destinées aux “prières pour le salut de l’Empire”,


2. celles qui remettent les impôts au roi, et
3. le groupe le plus important : situé dans le Nord pour des raisons stratégiques, et
sur les routes conduisant à l’Italie, celles qui doivent mettre à la disposition de
l’Etat des équipes guerrières. C’est ainsi qu’en une demi journée les guerriers
prévenus par évêques et abbés se mirent en marche pour passer les Alpes.

LA VIE SOUS LES CAROLINGIENS

Dés le milieu du Xème siècle, amorce d’un renouveau économique : accroissement


démographique, extension des surfaces cultivables (défrichements) facilité par un
essor des techniques, création de bourgs urbains, rassemblements des marchands.
Le roi des Francs (ainsi appelé jusqu’à fin 12è) n’exerce qu’un pouvoir théorique sur
un pays immense, boisé, dont les routes sont mauvaises et peu sûres. Le pays est
divisé en 12 principautés (duché de Normandie, d’Aquitaine, d’Anjou, de Bourgogne,
de Flandre, Toulouse...). De 1 à 3 jours de cheval pour traverser ses terres, le
seigneur peut se faire obéir ; au-delà, il doit déléguer ses pouvoirs à un petit seigneur
vassal. Le pays est ainsi morcelé en des milliers de seigneuries au sein desquelles
des châtelains exercent sur les paysans la puissance publique, jugent, lèvent des
taxes, réquisitionnent, exigent des corvées.

A cette époque, édification de châteaux en bois (facile à débiter) le plus souvent,


puis en pierre (qui résiste mieux aux incendies). Les propriétaires partagent leur
vaste domaine en une réserve autour de la villa et en « manses » confiées à des
paysans libres, les colons, ou à des esclaves, qui en échange, versent des
redevances et assurent des corvées. L’homme du temps des carolingiens est un
“affamé qui vit au milieu des bois”. Mauvaise qualité des sols, mauvais rendements,
famines dues à d’épouvantables conditions climatiques et catastrophes naturelles,
disette (806-809), lourds prélèvements d’impôts par les laïques sur les produits de la
terre (céréales), spéculations, etc...

La politique de conquête de Charlemagne avec entre autre l’annexion du royaume


lombard, permet l’accès à l’Orient, donc à des échanges internationaux : importation
de produits de luxe (soieries, épices, parfums, ivoires) et exportation d’esclaves
(venus du monde slave, d’où son nom), de blé vers Byzance, de bois et d’armes vers
le monde musulman. Les Arabes et les Vikings recherchent particulièrement les
armes et armures franques. Mais les incursions permanentes des scandinaves (2ème

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moitié du Xème s.) pillant les domaines des abbayes et monastères qui servaient
largement la vie économique du pays (en fournissant l’armée de soldats, de
charrettes, d’armes..) ont désorganisé les bases économiques des domaines, donc
la production et les échanges. Une des bases du monde carolingien se désagrège
ainsi.

Les marchés existent déjà et Charlemagne conseille à ses régisseurs de veiller à ce


que les cultivateurs n’y perdent pas de temps. Les foires se multiplient, aussi le
surplus des domaines alimente non seulement les marchés proches, mais est
distribué à plus longues distances. Ainsi on a retrouvé des produits de l’abbaye de
Prum en Germanie.

A cette époque, la polygamie est encore pratique courante, avec rapt des femmes
(Charlemagne a eu 4 épouses successives et 6 concubines - ses propres filles n’ont
pas été mariées, mais avaient des enfants... ).

Charlemagne prend des mesures pour l’éducation de ses sujets (lui-même ne savait
pas lire !). Les curés sont formés dans les écoles des évêchés et des monastères, et
enseignent à leur tour aux enfants de leur paroisse l’écriture, le calcul, la lecture, le
chant et les rudiments de la Bible. Charlemagne donne l’exemple en créant une
école dans son palais impérial à Aix-la-Chapelle regroupant et formant une élite
sociale d’où sortiront les évêques, abbés, prêtres et aristocrates. Il y encourage les
Lettres et les Arts.
Il appelle auprès de lui des maîtres de qualité, les plus érudits et les plus célèbres de
l’époque, d’illustres savants comme Pierre de Pise et surtout l’anglo-saxon Alcuin qui
conseillera remarquablement Charlemagne en ces matières.

Dans le reste de l’empire, monastères et cathédrales créent des établissements


similaires qui permettent de former un clergé plus instruit selon un programme
méthodique d’études. Le latin, épuré, ré-étudié, devient la langue des savants,
incompréhensible au reste de la population. Dans les cloîtres, une forte activité de
copie permet de sauvegarder une part considérable de la pensée antique ; les
manuscrits sont souvent décorés de très riches et très fines miniatures (les
“enluminures”).

Les ducs d’Ile-de-France se distinguent entre tous les grands seigneurs français par
leur prestige et leur ambition et en 987, c’est le duc d’Ile-de-France, Hugues Capet,
qui est élu roi et commence avec lui la dynastie des Capétiens !

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QUELQUES DATES IMPORTANTES DE CETTE PERIODE ...

- 813 : le concile de Tours ordonne aux prêtres de prêcher en langue vulgaire le


“roman” et non plus en latin, afin d’être compris par le peuple
- 820 : 836 : Marseille pillée par les Sarrasins (= arabes d’Espagne)
- 839 : création d’un royaume Viking en Irlande
- 840-850 : les Sarrasins attaquent la Provence ; la Méditerranée devient un
“lac arabe”
- 851 : indépendance de la Bretagne reconnue par Charles le Chauve à
Erispoë, lequel devient roi de Bretagne
- 870 : 1er livre imprimé en Chine
- 890 : Louis, fils de Boson, sacré roi de Provence
- 900 : apparition du fer à cheval
- 909 : conquête de l’Afrique du Nord par les Arabes, les Fatimides.
- 911 : le chef des Vikings Rollon devient duc de Normandie
- 924 : raid hongrois destructeur en Provence et l’allée du Rhône
- 950 : réunion des contes et nouvelles qui formeront les contes des “Mille et
une nuits”
- 957 : 1ère “foire aux pains d’épices”, future Foire du Trône à Paris
- 962 : Otton 1er le Grand couronné Empereur à Rome ; c’est la naissance du
Saint Empire Romain Germanique
- 963 : fondation du comté du Luxembourg, duché en 1354.
- 972 : Tunisie : les Fatimides mettent en place la dynastie berbère des Zinides
- 973 : le comte de Provence, Guillaume le Libérateur, expulse définitivement
les Sarrasins de Provence.

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XIe au XIIIème siècle : Règne des Capétiens.
Les temps féodaux

XIè siècle XIIè siècle XIIIè siècle


987-996 Hugues Capet 1108-1137 Louis VI le Gros 1223-1226 Louis VIII le Lion
996-1031 Robert le Pieux 1137-1180 Louis VII le Jeune 1226-1270 Louis IX, St Louis
1031-1060 Henri 1er 1180-1223 Philippe II Auguste 1270-1285 Philippe IIIlLe Hardi
1060-1108 Philippe 1er 1285-1314 Philippe IV le Bel
Début XIVè siècle 1314-1316 Louis X le Hutin
1316-1322 Philippe V le Long
1322-1328 Charles IV le Bel

En 987, Hugues Capet est couronné Roi. C’est le début de la dynastie capétienne
qui compte 3 branches :
− les Capétiens directs de 987 à 1328
− les Valois de 1328 à 1589
− les Bourbons de 1589 à 1792 puis de 1815 à 1848.

Les premiers Capétiens n’ont pas réussi à faire reconnaître leur autorité par les
grands seigneurs français. Les guerres féodales, la conquête de l’Angleterre en
1066, la première Croisade (1099), favorisent l’éclosion des « Chansons de Geste »
qui célèbrent l’héroïsme guerrier.
Au XIIème siècle, avec Louis VI le Gros et Louis VII, le pouvoir royal se renforce un
peu. Louis VII participe à la 2ème croisade (1147-1149) jusqu’en Syrie avec son
épouse Aliénor d’Aquitaine. La cour royale accueille dorénavant des grands
seigneurs sous Louis VII (jadis, c’étaient les chevaliers du domaine).
Sous Philippe Auguste (1180-1223), les provinces de Nord de la France et le duché
de Normandie reviennent à la couronne de France. Il fait paver les premières rues de
Paris qui devient la capitale fixe et construire la forteresse du Louvre.
Sous Louis VIII (1223-1226), la pratique des « apanages » est inaugurée, qui donne
des principautés aux princes : risques d'indépendance comme on l'a vu avec la
Bourgogne.
Saint Louis (Louis IX 1226-1270) continue la reconquête des provinces françaises
sous tutelle étrangère, et devient le souverain d’Occident. Il fait édifier la Sainte
Chapelle dans l’Ile de la Cité où se trouve le palais du Roi, qui servira de reliquaire à
la couronne de Jésus ramenée par les Croisés.

C’est le temps des Croisades dont l’idéal est perverti : on pille les villes comme
Constantinople (= Istanbul). Seul Louis IX (St Louis) respecte l’esprit pieux d’origine.
Les Croisades ont un coût exorbitant, on multiplie donc les levées fiscales.

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LA FEODALITE

La féodalité est une organisation politique et sociale mise en place dés le IX ème
siècle, reposant sur des liens de réciprocité entre un seigneur suzerain et son vassal
qui en échange le protège et lui accorde une terre à titre de fief. Le système de la
vassalité s’est étendu par la suite : les seigneurs ont été vassaux de grands
seigneurs, eux-mêmes reconnus vassaux du roi (société de type pyramidale). Le
régime féodal s’appuie sur une morale chevaleresque très exigeante : vertus
guerrières, sens de l’honneur et le sentiment de la foi.

A cette époque féodale, de jeunes guerriers célibataires vivent au château, aident le


châtelain à défendre son fief, et participent aux expéditions : ils deviennent des
professionnels, des “Chevaliers”. Le chevalier est vassal d’une grande bravoure qui
s’engage à servir son seigneur avec l’épée et la lance et qui combat à cheval, d’où
son nom ! Le chevalier, envers et contre tout, est fidèle à son seigneur et à son Dieu.
Les chevaliers royaux ne sont pas seulement des guerriers efficaces, ils prennent
aussi une part active aux décisions et leur présence continuelle fait privilégier leur
conseil. C’est avec l’ensemble de ses compagnons que le roi rend la justice. Sur leur
avis, il décide des expéditions, pardonne à des comtes rebelles. Parfois, le roi
capétien réunit de grandes assemblées où seront conviés les vassaux les plus
importants : il ne le fait qu’après avoir consulté au préalable les gens de sa maison
(ses chevaliers fidèles) ; il en est de même pour les actions politiques du Roi,
quelque soit son ampleur. En 1137, c’est sur leur conseil que Louis VI à la veille de
sa mort, décide de marier son fils Louis VII à Aliénor, fille du Duc d’Aquitaine et
héritière du Duché ainsi réuni au domaine royal. C’est un avis privilégié que celui des
chevaliers royaux.

Au XIème siècle, pour faire face à l’insécurité et aux raids de pillards, des places fortes
s’élèvent dans les campagnes : des châteaux forts. D’abord construits par le Roi, ce
sont les princes et les comtes qui les maîtriseront. Puis rapidement, ces châteaux
sont passés au service de Grands. Ils ont constitué autour d’eux des bandes
d’hommes en armes, des soldats, des chevaliers qui sont le plus souvent leurs
vassaux. Forts de la puissance que leur donne le château et sa garnison, ils peuvent
résister à la tutelle politique du prince ou du comte, fortifier de nouveaux sites pour
mieux quadriller la région, et fonder sur les terroirs à l’entour, leur propre domination
autonome : seigneurie où ils exercent pour leur propre compte les droits de la
puissance politique.
Le pays est alors quadrillé par une série de châteaux édifiés sur une hauteur : 1
forteresse pour 20 à 30 communautés rurales et 10 châteaux pour 1 comté avec
fossé, palissade, vaste cour avec cabanes, 1 écurie, des magasins, parfois 1
chapelle et au centre le donjon dans lequel vit le châtelain avec sa famille et ses
jeunes guerriers. Ces forteresses sont d’abord construites en bois (le bois est facile à
débiter). Mais les incendies et les guerres locales très nombreuses vont favoriser la
construction en pierre avec des tours rondes et des remparts en pierre. Ces
châteaux sont nombreux dans le Midi où la féodalité est épanouie et où les nobles
ont conservé l’habitude de vivre en ville.

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Les nobles et les chevaliers tendent à se confondre. L’existence de ces bandes de
jeunes guerriers impulsifs expliquent la multiplication des guerres locales. Le
châtelain organise des tournois pour que ses jeunes guerriers ne perdent pas la
main entre les guerres locales ! Chaque seigneur cherche à étendre son territoire au
détriment de son voisin. Le seigneur attaqué réagit. Vers l’an 1000, l’insécurité est
partout : rapts, viols, massacres, incendies, destructions.

Le pouvoir seigneurial s’est imposé difficilement, l’établissement de la seigneurie


s’est fait dans une phase de terrorisme. Les nouvelles prétentions des Sires
n’arrangent pas l’affaire des communautés paysannes et des propriétaires locaux. Le
seigneur et ses gens multiplient des raids dévastateurs, brûlent des chaumières,
pillent les réserves, font des otages, pour imposer leur volonté. Les récalcitrants sont
pendus, massacrés ou brûlés, mutilés, torturés. A leur tour, les paysans se rebellent,
brûlent des châteaux (ce qui mènera à la Jacquerie au siècle suivant.

Le Sire administre la Justice (du sang !), perçoit des amendes, des taxes (la Taille),
exige des paysans des contributions à l’édification ou l’entretien de la forteresse,
service de garde, corvées de construction de routes, ponts, et pour lui et ses
hommes, des droits de gîte. Pour ceux qui traversent sa seigneurie, il perçoit des
droits de péage, de transit, d’entrepôt, sur les marchandises qui circulent par terre ou
par eau. Il contrôle les foires et les marchés. Il taxe les étrangers de passage. Il
détourne vers ses coffres et ses greniers une part de la production, demande des
redevances aux ruraux qui viennent moudre leur blé dans son moulin, cuire le pain
dans son four, porter le raisin en son pressoir, etc...

A partir du XIIème siècle, les moeurs des féodaux s’adoucissent : les seigneurs
goûtent un nouvel art de vivre, fait d’élégance et de raffinement. Sous l’influence
d’Aliénor d’Aquitaine et de ses deux filles (fils = Richard Cœur de Lion), la cour
devient le centre de la vie mondaine et les femmes y occupent une place privilégiée.
A côté de l’héroïsme guerrier, se développe le “service d’amour” : « l’esprit courtois »
est né. Le chevalier courtois est au service de sa dame, généralement une femme
mariée de haut rang, à qui il voue un véritable culte et qu’il sert comme le vassal sert
son suzerain. Les troubadours créent la poésie courtoise qui célèbre l’amour et la
femme.

Les habitants des villes (bourgs) appelés « bourgeois » cherchent à avoir un droit de
regard sur la gestion de la ville, et s’unissent. On parle de « commune », sorte de
franchise accordée par le seigneur. C’est l’essor des activités artisanales et
commerciales. Les bourgs sont rattachés à la ville. L’emploi de la monnaie se
généralise (40 deniers = 20 sous = 1 livre). Les transports progressent. Les pillards
de grands chemins aussi ! On construit des ponts de bois ou de pierre. Organisation
de Foires à la porte des villes, sous des tentes. La Champagne est un centre de
négoce particulièrement important, les foires de longue durée se succédant sans
cesse. Les Comtes de Champagne assurent la sécurité des marchands qui font le
voyage. On échange des marchandises (troc) puis on se livre à des opérations
bancaires. Le Droit et les premiers Notaires apparaissent.

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LA VIE SOUS LES CAPÉTIENS

C’est un monde très rural concentré à proximité des côtes, surtout


méditerranéennes, mais lorsqu’on s’enfonce dans les terres, les grandes villes se
font rares. Le prestige des villes est grand. Cela est dû à leur centralité traditionnelle
(héritage de l’Antiquité) de la vitalité économique de leurs classes marchandes et
financières, du charisme de leurs évêques. Les comtes francs s’y sont établis, les
dynasties princières et seigneuriales ont cherché à s’appuyer sur elles.
L’expansion agricole (nouvelles cultures : sarrasin, houblon, abricots...), les
défrichements, se maintiennent. La monnaie est d’un usage courant, et les serfs
peuvent s’affranchir contre argent. Les fêtes villageoises, les processions sont très
nombreuses. L’apparition du rouet stimule la production du textile (Rouen, Reims,
Beauvais) organisée par de riches négociants. Dans les villes se développe le travail
du bois, cuir, fer, métaux précieux, objets de luxe.

Au XIIè siècle, de ce fait, émigration vers les villes : de nombreux ruraux affluent
donc vers les villes, mais le terrain est rare et cher, les places publiques petites, les
rues étroites et sales ; on construit alors des maisons hautes, à encorbellement. Les
communes affirment leur liberté, ont un sceau, des registres...
Les différences sociales s’accentuent : les riches bourgeois exploitent des artisans
qui se regroupent par métier en constituant des « corporations ». Activités et métiers
nouveaux émergent de la société qui se constitue peu à peu pour bâtir les
habitations, paver les rues, apporter de la campagne les légumes et le bois, abattre
les bêtes, les tondre, tanner le cuir, forger le fer et voient leurs intérêts communs
accroître leur solidarité.
La concentration des forces sociales donne une vigueur extraordinaire, celle qui naît
spontanément de la synergie de tous les éléments qui s’accordent dans “la volonté
d’une même but". Les corps de métiers tous ensemble ont créé leur “corporation”
respective, organe central résumant et coordonnant, nécessité impérieuse pour
répondre aux demandes de la puissante commune.
Ces puissantes associations et corporations d’artisans sont dotées de règles propres
et de pouvoirs spécifiques. Elles se doublent de confréries (placées sous la
protection d’un saint). Elles sont contrôlées et surveillées par les autorités
municipales, seigneuriales et royales.
Ces corporations de charpentiers, maçons, tailleurs de pierre, verriers, plâtriers,
plombiers, peintres, vont chercher dans le bas peuple leurs besoins de main
d’oeuvre. Le maître d’oeuvre dessine le plan, distribue l’ouvrage, puis chacun dans
l’indépendance de ses instincts exécute son travail, son oeuvre.

Le XIIème siècle est donc un siècle de renouveau, de progrès économique,


d’urbanisation croissante et de rayonnement culturel et religieux (3 Croisades,
fondations d’ordres religieux - tels que les dominicains, franciscains, augustins,
carmes..- épanouissement de l’art roman et gothique).

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La noblesse, la petite noblesse surtout, devient de plus en plus vulnérable. Pour
stopper le morcellement du royaume, leur statut juridique est fait de manière à ne
plus permettre de nouvelles seigneuries, voire à les supprimer : les profits de leurs
seigneurs sont détournés par les ministériaux et leur échappent. Ce système de
rentes, la dépréciation constante de leur monnaie ne leur permettent plus de faire
face à la nouvelle conjoncture économique, la montée des prix, à l’apparition des
goûts et aux besoins nouveaux pour les nobles depuis la Croisade. Pour tenir un
rang de plus en plus menacé, ils doivent emprunter en donnant en gage leurs terres
ou à vendre directement par pans entiers leurs biens et leurs droits. Ils tombent alors
à la merci de tous ceux qui s’enrichissent au gré des grands courants renaissants de
production et d’échange : les bourgeois, mais surtout les aristocrates que sont les
rois et les princes.
Parmi les princes les mieux servis, citons Henri II Plantagénêt et le duc de
Bourgogne.

Exemple : L’Empire Plantagénêt : depuis la conquête de l’Angleterre en 1066 par


Guillaume le Conquérant, le duc de Normandie est devenu l’égal du Roi de France
en dignité royale. Au milieu du XIIème siècle, le royaume d’Angleterre et le duché
normand tombent aux mains d’Henri II Plantagénêt, prince angevin, qui acquiert
l’Aquitaine par son mariage en 1153 avec Aliénor, répudiée par son premier époux
Louis VII, puis aura la maîtrise en 1158 de la Bretagne (=Angleterre). Il possède alors
l’Aquitaine, l’Anjou, la Normandie, l’Angleterre et les possessions anglaises en
France !.

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Au XIIIème siècle, apparition des écoles les plus importantes, et des universités voient
le jour (Sorbonne 1257). C’est la naissance du quartier latin ! Le dialecte de l’Ile de
France, le francien, s’impose par son prestige et par son génie propre, et donnera
naissance au français.

Le développement économique et culturel est en pleine expansion. La population


urbaine ne cesse d’augmenter. Les « bourgeois » (habitants des villes et des bourgs)
prennent une place grandissante dans la société. Une littérature destinée à ce
nouveau public apparaît : elle cultive la gaieté, le réalisme et la satire (Fabliaux, le
Roman de Renart), tandis que naissent les créations dramatiques à l’occasion des
fêtes religieuses : ce sont les premiers drames sacrés.

Les « communes » cherchent à s’autogouverner, à bénéficier d’une autonomie aussi


grande que possible sans l’ambition de se tailler des possessions territoriales. Elles
se préoccupent surtout de régler leur cohabitation avec l’interprète localement le plus
accrédité de ce pouvoir public : un évêque, un prince territorial, souvent le roi lui-
même avec ses représentants.
Le bas Moyen Age a une culture plus urbaine. La ville c’est le marché, le lien ou les
familles aristocratiques se font, où l’on devient vassal d’un évêque. La ville filtre les
expériences avant de les exporter vers les campagnes. Elle est un moteur de
l’innovation.
On voit monter un flot de fortes villes de la France du Nord (Le Mans, Cambrai,
Noyon, Laon, Sens, Amiens, Soissons, Reims, Beauvais) soutenues par la
monarchie qui sent en elles un appui contre les seigneurs.
Ces villes s’érigent en communes libres par le refus de l’impôt, les proscriptions,
l’insurrection à main armée (il y a eu des cadavres d’évêques traînés par les rues).
Ce mouvement communal contre l’esprit du christianisme des conciles, c’est l’esprit
de la France, qui devait par la Renaissance et l’Encyclopédie, mener à la Révolution,
et qui s’est révélé ici pour la première fois avec une force extraordinaire.

Dans bien des régions, des communautés urbaines ou semi-villageoises issues du


renouveau économique et du développement des échanges des XIème et XIIème siècle
aspirent à s’émanciper de la tutelle seigneuriale et être autonomes. Ce mouvement
général d’émancipation municipale n’aboutira pas partout de la même façon, mais la
phase de troubles et de conflits passée, des modèles d’organisation urbaine se
déterminent et l’exercice des fonctions municipales se règle : la commune
s’administre, se gouverne de manière autonome, englobant toute la population
urbaine (ville, faubourgs et banlieue). Elle répond à un certain nombre d’aspirations
collectives de paix, de justice, de liberté, d’intérêts semblables, nées du
développement de la conjoncture économique.
Pour créer une commune, il faut acheter au clergé la permission de créer une
commune moyennant une somme honnête. Un serment constitutif d’aide mutuelle
est prêtée “par le clergé, les grands et le peuple” et scelle ensemble le Pacte de
Paix. Nombre de seigneurs s’efforcent d’attirer la population rurale vers des localités
qu’ils ont créées ou souhaitent développer. En contrepartie, ils s’engagent par des
chartes à assurer la protection et à garantir les droits de ceux qui viendront s’installer
sur ces territoires.

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On constate que nombre de villes sont finalement entre les mains d’une aristocratie
bourgeoise, essentiellement commerçante. Les mécanismes de représentation et de
réglementation des différentes professions sont bien souvent faussés par les maîtres
qui les divisent. Des luttes éclatent entre un patriciat urbain qui accaparent dignités
et fonctions municipales et le menu peuple souvent opprimé et pressuré. Une telle
situation aggravée à la fin du siècle par la crise économique et la mauvaise gestion
de villes trop endettées conduit dans bien des cas la royauté à intervenir, au
détriment des libertés et de l’autonomie urbaine. Commence alors à se mettre en
place un système de gestion municipal contrôlé qui annonce celui des “bonnes villes
du Royaume”.

Une pratique ancienne de la royauté capétienne de concéder aux princes royaux,


pour subvenir à leur besoins, des dotations en terre ou apanages (ad panem = pour
le pain).
Ainsi, Henri 1er donne la Bourgogne à son frère. Au XIIIème siècle, ces concessions se
multiplient. Louis VII accorde à son deuxième fils l’Artois, au troisième l’Anjou et la
Touraine, et au quatrième le Poitou. Il s’agissait là d’amputations majeures du
domaine royal où l’autorité et l’administration des princes se substituaient à celles du
Roi.

LA RELIGION

Le XIème s., c’est le 1000e anniversaire de la naissance et mort de Jésus -->


croyances, magie, on distingue mal le naturel du surnaturel, rites magiques ; on
craint la lune, les jeteurs de sort, le loup-garou. Le clergé est médiocre. Prêtres et
évêques ont des concubines et des enfants auxquels ils lèguent leur paroisse ou
évêché. On est très loin de l’idéal chrétien de pauvreté et de simplicité.

Moyen Age 32/47


L’Eglise carolingienne avait été dominée par les évêques. Celle du début des temps
féodaux le sera par les moines, dont les fondations furent des pépinières de
réformateurs (ex. Cluny en Bourgogne au XIème). Ce fut le déclin de l’épiscopat avec
“l’Exemption” (plus d’ordres à recevoir des évêques) et le renouveau du monachisme
(surtout Cluny) : c’est une remise en cause fondamentale des structures
carolingiennes d’une Eglise qui a bien du mal à surmonter la crise seigneuriale.

En 1095, le pape Urbain II prêche la 1ère Croisade pour délivrer le tombeau du Christ
et les chrétiens d’Orient opprimés par l’Islam. Le pape tire profit de la violence des
chevaliers et canalise leur énergie. Le combat des armes devient l’instrument de la
restauration de la foi. Le pape décline des privilèges pour protéger la personne et les
biens (voire les royaumes) de ceux qui y participent. Le pape s’est adressé
directement aux laïques et d’abord à la chevalerie sans passer par l’intermédiaire
des Rois.

Ensuite, les Sires et châtelains s’approprient à leur tour des églises paroissiales. Les
églises avec leurs droits, leurs impôts (dîme, casuel) font l’objet de transactions
privées (donations, partages, concessions en fief) ce qui conduit à l’émiettement des
patrimoines ecclésiastiques. Nombre de monastères aussi ont vu leur administration
et les biens exploités confiés à des abbés laïques. Mais dans l’ensemble, les
monastères ont même résisté à l’empire féodo-seigneurial.

Au XIIème siècle, on assiste à un renouveau érémitique (=d’ermite) comme La


Chaise-Dieu, la Chartreuse, Cîteaux, des ordres charitables, confréries laïques ou
religieuses, des ordres militaires (hospitaliers, templiers), ordre des moniales comme
à Fontevraud et au XIIIème siècle, des ordres mendiants : Dominicains (Frères
Prêcheurs) et Franciscains (Frères mineurs).

Ceci correspond à une société en pleine mutation qui cherche des réponses par
l’ascèse, la solitude, le travail, l’étude, le mépris du monde, le combat des armes, la
charité...

Voici ci-après deux cartes sommaires montrant :

les abbayes construites par l’Ordre de Cluny

les abbayes construites par l’Ordre de Citeaux

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L’Eglise va qualifier d’hérétique certains, comme les “Manichéens” (qui se
nommeront ensuite les Cathares = purifiés), venant de Champagne, fustigeront en
terres méridionales les désordres et l’hypocrisie de l’Eglise établie.
De fait, c’est l’époque des missionnaires, des prédicateurs vagabonds et errants
s’adressant aux hommes et aux femmes de toutes conditions, suscitant
enthousiasme et adeptes.

La culture ranimée par les Grégoriens se transforme et se déplace des écoles


monastiques vers les évêchés et les collégiales, jusque dans l’université du XIIIème
siècle. On imagine alors les disputes savantes avec les nouveaux maîtres du
savoir...

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QUELQUES DATES IMPORTANTES DE CETTE PERIODE ...

- 1015 : le duc de Bourgogne, Robert II, choisit Dijon comme capitale de son
duché
- 1015-1152 : Algérie : domination à l’est des Arabes les Hammabides, et à
l’ouest des principautés berbères Zénata
- 1042-1066 : règne du dernier roi anglo-saxon Edouard le Confesseur
- 1043-1094 : construction de l’actuelle basilique St Marc de Venise
- 1049 : le pape Léon IX condamne la “simonie” (= le mariage des prêtres) et
débute la réforme grégorienne
- 1050 : invention des caractères mobiles en imprimerie, en Asie
- 1056-1147 : Maroc : début conquête du Magreb par les Arabes , les
Almohades
- 1059 : création de la ville de Rouen
- 1066 : victoire d’Hastings remportée par Guillaume le Conquérant, roi des
Normands sur Harold, roi des Saxons. Cette bataille est représentée sur la
fameuse Tapisserie de Bayeux. En 1097, Guillaume est couronné roi
d’Angleterre et a créé un royaume anglo-normand.
- 1095 : une vague antisémite se développe le long de la route des Croisés
- 1096 : massacre des juifs en Rhénanie (Allemagne)
- au 12ème siècle, la royauté adopte la Fleur de Lys et la couleur bleue comme
symbole (empruntée à la symbolique de la Vierge Marie)
- 1114 : développement de l’hérésie cathare dans le midi de la Francie
- 1122-1204 : vie d’Aliénor d’Aquitaine
- 1132 : apparition de la croisée d’ogives dans l’église de Morienval (Oise) ; cela
permettra le gothique...
- 1140 : début du lyrisme courtois
- 1145-1250 : âge d’or du vitrail
- 1163-1182 : construction de Notre-Dame de Paris
- 1185 : 1er pavage des rues de Paris par Philippe Auguste
- 1189-1199 : règne de Richard Coeur de Lion (fils d’Aliénor et Henri
Plantagénet) en Angleterre.
- 1192-1322 : construction de la cathédrale de Cologne
- 1194-1260 : construction de la cathédrale de Chartres (vitraux 1220-1270)
- 1198 : fondation de l’Ordre des Chevaliers Teutoniques
- 1200 : des théologiens “inventent” le Purgatoire ! !
- Fin 12ème et début 13ème siècle : au Danemark est mentionné le prince Hamlet
immortalisé plus tard par Shakespeare
- 13è au 15è siècle : construction de la cathédrale de Rouen
- 1204 : Philippe Auguste s’empare de Château Gaillard (construit par Richard
Cœur de Lion) et la Normandie devient française.
- 1204 : Gengis Khan (de son vrai nom Tamudjin), chef guerrier du clan Mongol
de Sibérie, devient Maître de la Mongolie en exterminant les Tatars avec
l’aide des Kéraïts contre lesquels il se retournera. Il fonde l’Etat Mongol avec
Karakorum pour capitale.
- 1209 : fondation de l’Université de Cambridge par des professeurs et
étudiants fuyant Oxford
- 1214 : la Flandre devient française

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- 1215 : les Mongols de Gengis Khan s’emparent de Pékin
- 1217 : le fromage de Brie connaît un succès à la Cour Royale
- 1219 : début des invasions mongoles en Asie centrale et en Russie
- 1227 : mort de Gengis Khan
- 1228 : début de la construction de la basilique d’Assise.
- 1228-1574 : domination des Arabes, les Hafsides. Tunis, capitale.
- 1231: l’Inquisition
- 1234 : les Mongols occupent la Chine du Nord et détruisent l’empire des Song
- 1240-1285 : construction des fortifications de Carcassonne
- 1241 : victoire mongole contre les Allemands et les Polonais à Liegnitz
- 1243-1248 : Saint Louis (Louis IX) fait édifier la Sainte Chapelle de Paris pour
abriter des reliques (la couronne d’épine du Christ)
- 1258 : les Mongols s’emparent de Bagdad
- 1260-1294 : règne du grand-Khan Kubilaï (petit-fils de Gengis Khan),
fondateur de la dynastie mongole des Yuan en Chine.
- 1271-1295 : voyages de Marco Polo en Chine. Marco Polo reste 16 ans au
service de koubilaï Khan.
- 1278-1360 : construction de l’église Santa Maria Novella à Florence
- 1280 : création du lycée Saint Louis à Paris
- 1291 : Fondation de la Confédération Helvétique par les 3 cantons pour se
défendre contre les Habsbourg
- 1298-1299 : Marco Polo, captif à Gênes, dicte son “Livre des Merveilles” récit
de ses voyages en Asie.

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Moyen Age 37/47
XIVe et XVe siècles : le règne des Valois

.......-1328 les derniers capétiens directs


1328-1350 Philippe VI de Valois
1350-1364 Jean II le Bon
1364-1380 Charles V le Sage
1380-1422 Charles VI le Fou
1422-1461 Charles VII le Victorieux
1461-1483 Louis XI
1483-1491 Régence de Anne, fille de Louis XI
1492-1498 Charles VIII
1498-1515 Louis XII

Ces deux derniers siècles du Moyen Age déterminent largement l’image que l’on se
fait du Moyen Age. C’est ce Moyen Age là que l’on connaît, à l’aube de l’époque
moderne, et auquel on assimile les siècles précédents.
Grâce au renouveau intellectuel du XIIIème siècle qui a fixé des doctrines politiques et
juridiques, la royauté française s’est affirmée.

Au XIVème siècle avec Philippe Le Bel et ses fils (de 1314 à 1328), les derniers
capétiens directs, s’amorce un renforcement de l’autorité du Roi devenu “empereur
en son royaume”.
Mettre au pas la féodalité et l’Eglise avec l’aide d’une administration qui prend forme,
établir un pouvoir plus centralisé, sont les axes de la politique que vont poursuivre
les Valois de Philippe VI en 1328 à Louis XI mort en 1483 : ce sera la fin du Moyen
Age !

Durant ce lent cheminement vers une monarchie moderne surviennent deux


épreuves bénéfiques à long terme pour la royauté :

- la Guerre de Cent Ans (1337-1475)


En 1328 éclate la rivalité entre la France et l’Angleterre. Evincé de la succession
à la couronne de France, Edouard III (1312-1377) roi d’Angleterre (sa mère est
Isabelle de France, fille de Philippe le Bel) déclenche la guerre de Cent Ans. Les
ravages de cette guerre, la grande peste de 1348, les famines, accentuent la
dépression économique commencée vers 1280. Les déséquilibres sociaux dûs à
la lente désagrégation du vieux cadre féodal, l’appauvrissement général de toutes
les couches sociales provoquent révoltes urbaines et rurales (batailles de Crécy
1346 et de Poitiers 1356). Le royaume est dépecé, affaibli par la captivité du roi
Jean le Bon (1350-1364), face à des difficultés financières, subit les troubles
d’une révolution parisienne. Menés par Etienne Marcel, les Etats Généraux
tentent d’imposer à la Royauté incarnée par le dauphin Charles qui sort victorieux
et devient le roi Charles V (1364-1380). Il opère un redressement général appuyé
sur des succès militaires et un rayonnement culturel incomparable. Cette guerre
se terminera le 29 août 1475 par le traité de Picquigny signé entre Louis XI et
Edouard IV.

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la folie de Charles VI (1380-1422), fils et successeur de Charles V
qui suscite les ambitions rivales de son frère le duc d’Orléans et de son oncle, le
duc de Bourgogne. Cette lutte pour le pouvoir provoquera une guerre civile
aggravée en 1415 (désastre d’Azincourt) par une invasion des anglais. Les
Bourguignons s’allient avec les anglais et en 1418 s’emparent du roi et du
pouvoir. Ils vont contraindre Charles VI (traité de Troyes 1420) à adopter comme
successeur le roi d’Angleterre, et exhéréder (= exclure l’héritier de la succession)
le dauphin Charles (futur Charles VII). Le dauphin se replie dans le Berry et grâce
à Jeanne d’Arc, voit sa légitimité triompher et se fait sacrer à Reims en 1429
(merci Jeanne !).
Bientôt la paix conclue avec le duc de Bourgogne à Arras et les anglais chassés
(victoire de Castillon 1453), la reconquête du royaume est entreprise.

Ces temps d’épreuves ont permis le renforcement des institutions monarchiques que
consacre le règne du pragmatique, prudent, mais autoritaire Louis XI. Il clôt la rivalité
franco-anglaise, s’assujettit les grands féodaux, anéantit la maison de Bourgogne et
dans le lent retour de la prospérité économique, engage la royauté sur la voie d’un
pouvoir souverain.

L'héritage des grands mécènes à l'approche de la Renaissance :


La France du XIVème siècle bénéficie de deux grands foyers de vie intellectuelle et
d'incitation artistique :

1. La cour du roi :
De Philippe le Bel à Charles V, les rois n'avaient cessé de s'entourer de
philosophes et de juristes, de construire palais et châteaux, de commander et
de collectionner manuscrits et objets d'art. Le mécénat royal a connu son plus
haut poids sous Charles V et les frères du roi, dont le duc de Berry, n'étaient
pas en reste. Dans leurs hôtels parisiens comme dans les châteaux de leurs
principautés, les ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berry ne cessaient de
renouveler le décor et d'enrichir librairies et collections.

2. La cour pontificale :
A Avignon, à partir du pontificat de Clément VI, le pape et ses cardinaux
attirent peintres et musiciens. Le palais pontifical est une oeuvre d'art en soi,
et les dignitaires de l'Eglise rivalisent pour le luxe de leurs hôtels que l'on
appelait les "livrées".

La mort de Charles V et le Grand Schisme d'Occident ont sonné le glas du mécénat


royal et pontifical. La cour d'Avignon s'est dispersée. Les frères du roi se sont
partagés les collections du roi, éclatant une librairie royale qui ne sera rassemblée
que par François 1er. Jean de Berry en a eu la plus grande part.

C’est alors que, par la suite, l'activité artistique s'est déplacée : les princes se
soucient maintenant de leur propre cour.
- C'est Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui attire les artistes.
- Le ("bon") roi René, duc d’Anjou et de Lorraine, Comte de Provence, marié à
Isabelle de Lorraine, entretient en Anjou et en Provence une cour brillante où se
pressent poètes et peintres. Il écrit des poèmes et un roman "le Coeur d'Amour
épris" (Vienne, Nationalbibliothek). Il illustre lui-même un "Livre d'Heures" réalisé

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en 1435 (Londres, British Library) et fait illustrer son "Traité des Tournois" vers
1460-1465 (Paris, Bibliothèque Nationale de France - ms français 2695). François
Villon a cherché protection, audience et gagne-pain, chez lui entre autres à
Angers. Le roi René a commandé en 1476 le triptyque du "Buisson Ardent"
destiné à la chapelle des Carmes (Aix, Cathédrale Saint-sauveur).
- Charles d'Orléans entretient à Blois un milieu littéraire où s'illustre François Villon.
- Dans le midi, ils y a deux cours brillantes : celle des Albrets (dont une des
descendances sera le futur Henri IV) et celle des Foix, notamment Gaston de
Foix ou Gaston Phoebus.

En Italie, la Renaissance fleurit depuis le début du XVème siècle. Or fin XVème en


France on imagine encore mal ce qu'est la Renaissance. Si les humanistes français
sont à l'écoute de l'Italie parcequ'ils reçoivent lettres et livres, les artistes et mécènes
ne le sont pas. Fouquet, seul, a visité Rome. Le roi René a connu Naples, mais le
foyer de création artistique ne s'y développe qu'après son départ. Les autres princes
qui auraient pu être des mécènes, ne découvrirent la Renaissance qu'avec les
guerres d’Italie de Louis XII. Les livres parviennent à la Sorbonne, mais on ignore
dans les cours ce qu'il faut avoir vu pour connaître l'architecture, la peinture, la
sculpture.

Bien que les caractères mobiles aient déjà été inventés en Chine en 1050,
l'imprimerie ne fit son apparition en Occident qu'au milieu du XVème siècle. Elle fut
tout de suite un instrument au service de l'humanisme. Elle avait été précédée d'une
autre invention de haute portée : le papier ! C'est à la Sorbonne que s'établit la
première presse du royaume. Très vite, l'imprimerie devient à la fois un instrument
d'érudition et un moyen de diffusion. Les premiers imprimeurs parisiens publient à
partir de 1470 des œuvres de l'Antiquité classique et de la Renaissance italienne. En
même temps, on imprime toute une littérature destinée à des bourgeois qui ne
pouvaient pas commander des manuscrits. En 1475, il y a trois ateliers d'imprimerie
dans la capitale, puis, à la mort de Louis XI en 1483, il y en aura 94.

Le XIVème siècle maudit

A cette époque, temps rudes, guerre civile, guerre de Cent Ans contre les anglais,
peste effroyable, troubles sociaux, agitation révolutionnaire, famines, hivers rudes,
épuisements économiques. Alors que les conflits entre France et Angleterre se
succèdent depuis 1337, une vaste épidémie se propage à partir de 1346, la Peste
Noire, originaire de l’Inde, s’est répandue en Occident par les navires génois qui
débarquent dans les ports méditerranéens. L’épidémie durera jusqu’en 1353 et tuera
25 millions d’individus, soit environ le tiers de la population.

A la campagne, baisse de la production céréalière. Apparition de la laitue et des


fraisiers vers la fin du 14ème s. Recul des labours. Fortification de villages entiers pour
se mettre à l’abri des soldats pillards car les habitants, obligés d’abandonner leur
village, se réfugient avec leur famille dans les bois pour se cacher.

La « Jacquerie », 1358, en Ile-de-France/Beauvais, est nettement anti-seigneuriale:


les paysans pillent les châteaux, violent les nobles Dames, mettent à mort des
Gentilshommes. Les communautés paysannes engagent de longs procès pour
arracher aux seigneurs des concessions.

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Et pourtant, les échanges commerciaux à longues distances et les grandes foires se
maintiennent. Les guerres sont nombreuses, les révoltes paysannes de plus en plus
fréquentes. On s’ouvre à de nouveaux mondes, on assiste à un épanouissement des
cultures, pourtant la superstition est importante et les persécutions religieuses plus
féroces encore.
La guerre de Cent Ans (1337-1453) a ruiné le pays et affaibli l’activité littéraire. Les
« Chroniqueurs » (personne faisant le récit des faits historiques rédigé au jour le jour,
constituant la 1ère forme de l’Histoire comme genre littéraire) se font les témoins de
leur temps. Après 1430, dans le "Journal d'un Bourgeois de Paris" l'auteur
commence à dire "les français" (et non plus les "francs").

Citons quelques rois et princes du XIVème siècle :

Charles V le Sage (=le savant, l'avisé) (1338/1364–1380) : succède à son père Jean
II Le Bon, prisonnier des anglais qui mourra en prison. Marié à Jeanne de Bourbon, il
est un roi cultivé, ami des lettres et des arts. Sa cour est celle d'un Valois, mais d'un
Valois savant, ce qui est nouveau. Plus porté sur les constructions et les collections
de livres et d'objets précieux, il se fait traduire Aristote "Politique" et Saint Augustin
"La cité de Dieu", et recherche les discussions avec les théoriciens du droit et de
l'autorité monarchique. Il réunit au Louvre plus de 900 manuscrits précieux, sur tous
les sujets, religieux et profanes, qui forment sa librairie et le premier fond de la
bibliothèque des rois de France. La plupart de ces livres manuscrits se trouvent
aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale. Parmi tous les rois de la France médiévale, il
est celui qui cherche le plus fortement à conduire son gouvernement et à appuyer sa
politique sur des principes théoriques essentiellement d'Aristote.
Il fait construire des galeries au Louvre, la forteresse de la Bastille.
Les rois quittent le palais de la Cité, pour l’hôtel St Paul, constitué d’une série de
pavillons décorés avec soin et entourés de jardins. La grande aristocratie oublie la
rudesse des temps et organise des chasses que suivent d’élégantes dames. La vie
de cour sous Charles V resplendit de tous ses feux. Paris est la capitale des modes
aristocratiques.

Charles VI le Fou (1368/1380-1422), son fils.


Sans avoir été catastrophique, le gouvernement des oncles (pendant 8 ans) à savoir
- le duc d'Anjou Louis 1er (1339-1384)
- le duc de Berry, Jean (1340-1416)
- le duc de Bourgogne Philippe III le Hardi (1342-1404)
- le duc de Bourbon Louis II (1337-1400)
a en quelques années compromis les bénéfices du règne de Charles V !

Les caisses de l'Etat étaient vides et l'agitation ne demandait qu'à reprendre. Charles
VI, sous l'influence de son épouse Isabeau de Bavière, décide à 23 ans de
s'affranchir de la tutelle de ses oncles et gouverner seul. Il rappelle les anciens
conseillers de son père, détestés de la cour, des oncles et de l'aristocratie en
général. On les surnomme les "Marmousets" (= petites figures grotesques et sans
valeur).

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En automne 1392, les oncles du roi reviennent au pouvoir, chassant les Marmousets.
Les fêtes recommencent. S'engagent alors une lutte incessante entre Jean sans
Peur, fils de Philippe III le Hardi, duc de Bourgogne qui à la mort de ce dernier hérite
de la Bourgogne et de la Flandre, et veut, comme son père, tenir la 1 ère place au
conseil du roi, et le Prince, le duc Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI. La cour et
le royaume sont pendant trois ans agités par la lutte incessante des deux princes. Le
duc de Berry n'a eu de cesse de tenter de les réconcilier. Le 23/11/1407, Louis
d'Orléans est assassiné par des hommes d'armes de Jean sans Peur. Cet
assassinat dégénère en une guerre civile : Armagnacs (Midi et Ouest) et contre
Bourguignons (Paris, Nord et Est) avec des violences atroces qui se déroulaient
essentiellement à Paris.

Philippe III le Hardi (1342-1404), duc de Bourgogne (dernier fils de Jean le Bon et
frère du duc Jean de Berry) et des Flandres par son mariage avec Marguerite de
Flandres. Il est l'un des princes les plus riches et les plus puissants d'Occident. Il met
les bases de l'empire bourguignon qui menace le royaume de France au XVème
siècle.

Au XVème siècle

Dernier siècle du Moyen Age. Une même politique animera les règnes successifs. La
progression de l’Etat monarchique commencée avec Charles VII se poursuit avec
ses successeurs, son fils Louis XI, son petit-fils Charles VIII (1483-1498), le cousin
de ce dernier Louis XII (1498-1515).
La royauté surmonte les obstacles à son pouvoir : domestiquer la noblesse, contrôler
les corps sociaux et de l’Eglise et des villes, mise à l’écart des Etats Généraux... En
parallèle, elle renforce ses moyens et en crée de nouveaux pour gouverner,
administrer. Elle étoffe ses structures, et devient plus efficace dans ses procédures.
Elle s’apprête à entrer dans les temps modernes, le XVIème siècle, celui de la
Renaissance !
La situation économique tend à s’améliorer. Commence une grande phase
d’expansion. La sécurité est plus grande. Les couples se marient plus tôt et ont
beaucoup d’enfants --> rajeunissement de la population. Dans les villes, les
constructions en pierre se multiplient ; le textile connaît une nouvelle vigueur.

La sécurité favorise les échanges ; les foires de Lyon, Caen et Rouen sont célèbres
sous Louis XI qui favorise le travail de la soie à Tours et Lyon et institue le système
des "Postes" en 1479, toutes les 7 lieues, soit env. 28 km (« les bottes de 7
lieues » !). Il fait noter par les Juristes des régions les "coutumes" de chacune d'elle
afin que l'on use en son royaume "d'une coutume, d'un poids, d'une mesure et d'une
monnaie", et que toutes ces coutumes soient réunies en français dans un livre pour
éviter la "pillerie" des avocats. Il souhaitait que la France soit soumise à une loi
unique. Mais c'est en 1483, l'année où il meurt.

A cette époque, apparaissent les 1ères horloges mécaniques, le papier fabriqué à


partir de chiffons (1ères cartes maritimes), le 1er haut fourneau à Liège, boussole et
gouvernail, et sur les grandes routes, des auberges.

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La longévité des adultes a augmenté de 10 ans en 1/2 siècle : nombreux sont les
sexagénaires. Les dépenses pour l'immobilier ont changé. A côté de petites
forteresses urbaines, le logement des grands n'était jadis fait que de la réunion de
plusieurs maisons à pignons sur rue. Il est maintenant fait de résidences
somptueuses, de riches hôtels au décor qui se montre et aux collections réputées...
Aux châteaux forts succèdent à la campagne la résidence de plaisir qu'il faut tenir au
goût du jour.
Les grands axes routiers sont définis en fonction du réseau des grandes foires, et
avant tout des fameuses foires de Champagne. Peu à peu, Paris détrône la
Champagne, plus stable qu'une place tournante. Le réseau qui conduit de l'Italie et
des ports méditerranéens vers l'Europe du Nord s'est agrandi, ouvrant d'autres
routes plus rapides pour les denrées de valeurs comme les draps de luxe, les
soieries et les épices.. mais aussi sel, vin, grains ou bois.

Les recompositions politiques donnent naissance à de nouveaux Etats centralisés


(France, Espagne, Grande Bretagne) ou décentralisés et divisés en régions
(Allemagne, Italie).

L’art gothique se transforme en art flamboyant, décoration exubérante, art de la


délicatesse (église St Maclou et Palais de Justice de Rouen - Hôtel particulier de
Jacques Coeur à Bourges - « la Merveille » du Mt St Michel).

Citons quelques princes du XVème siècle :

Charles VII (1422 – 1461), fils de Charles VI, est fait sacré à Reims en 1429 grâce à
Jeanne d’Arc (Agnès Sorel est sa célèbre maîtresse). Ayant chassé les anglais petit
à petit, Charles VII réuni l'Etat Français et l'impôt de guerre devient permanent. On
ne parle plus des Etats de langue d'Öl et ceux d'Oc, mais de taux et d'impôts directs
permanents pour tous. L'armée va être permanente et rétribuée : plus de
« compagnies », « d'écorcheurs », qu'on a migrés hors de France comme
mercenaires en Espagne, en Allemagne, en Suisse... pour être éliminés ( merci du
Guesclin !). Il mate ses suzerains et met fin à la guerre civile en plus de celle de Cent
Ans toujours présente. Il restaure la couronne de France dans sa dignité, le pouvoir
royal plus établi que jamais, le royaume uni et en cours de modernisation.
Charles VII s'appuie sur les forces vives des villes pour fortifier l'autorité royale. Il
s'entoure d'habiles conseillers (comme Jacques cœur à Bourges), établit
définitivement la permanence des impôts. Il se heurte à l'opposition des princes et à
l'ambition du duc de Bourgogne, Philippe le Bon, qui règne sur la Flandre et la
Bourgogne. Il souhaite annexer la Champagne et la Lorraine afin de constituer un
état cohérent.

Louis XI (1461 – 1483) son fils, trouve à ses débuts une France dont le royaume est
cerné de principautés, qui, telles la Bourgogne ou la Bretagne, se tiennent pour
indépendantes, et forment des principautés qui comme le duché de Bourbon ou
d'Anjou estiment ne rien devoir au roi ! Deux cas existent : les princes apanagés et
les autres.

Moyen Age 43/47


Depuis la fondation capétienne, les rois ont dédommagé les fils laissés sans revenu,
l'aîné héritant du royaume, en leur donnant des principautés, duchés, comtés.
Jusqu'au XIIIème siècle, ces dons étaient transmissibles sans condition. En 1314,
Philippe le Bel a introduit une clause essentielle, caractéristique de l'apanage =>
retour du comté au domaine royal en cas de "défaut d'hoir mâle". Peuvent être
donnés en succession à des femmes des seigneuries, des fiefs qui ne doivent rien à
une concession royale comme l'Aquitaine, la Flandre ou la Bretagne. Il en va de
même pour les Terres d'Empire comme la Provence. Sont en revanche touchés par
les règles de la dévolution masculine les apanages issus d'un frère de Charles V
l'Anjou, le Berry, et du frère de Charles VI Orléans et Angoulême. Pour ce qui
concerne la Bourgogne, la concession en 1363 n'a pas stipulé de masculinité et peut
donc revenir à une fille (comme Marie de Bourgogne). C'est la toute la différence
dans les perspectives de succession. Ce sont ces mesures entre autres qui assurent
définitivement l’unité du Royaume jusqu’à l’approche du XVIème siècle, celui de la
Renaissance.
Tout comme son père Charles VII, il doit lutter également contre les princes
d'Armagnac, d'Alençon, de Bourbon et le nouveau duc de Bourgogne, Charles le
Téméraire. Il achète la paix aux anglais et parvient à ses fins par la ruse, l'intrigue, la
guerre, et annexe la Bourgogne, l'Artois et la Picardie (1482) après s'être emparé de
la Provence par héritage en1481 (à la mort du roi René).
Louis XI réorganise les corporations, conclut des traités de commerce avec
l'étranger, favorise l'essor industriel, plus particulièrement les activités de luxe :
dentelles, soieries, tapisseries... La petite noblesse ruinée par la guerre et les crises
se met au service du roi Louis XI. La monarchie victorieuse s'oriente vers
l'absolutisme. Les Etats Généraux, assemblée de notables des trois ordres (clergé,
noblesse, tiers état), contrepoids à l'autorité royale, ne sont réunis qu'une seule fois
par Louis XI en 1468.

Charles VIII (règne 1483-1498), son fils, sera jusqu'à sa majorité sous la tutelle de
sa soeur Anne, épouse de Pierre de Beaujeu de la Maison des Bourbons. Il épouse
Anne de Bretagne et rattache ainsi la Bretagne à la France. C'est sous son règne
qu'est menée la première des campagnes d'Italie (1494) qui se prolongeront jusqu'en
1515, dont l'origine est le legs par René d'Anjou (notre fameux "bon Roi René") à
Louis XI de ses droits sur la couronne de Naples. La deuxième campagne sera
menée par son cousin, Louis XII (règne 1498-1515) qui lui succède. Il signe la paix
avec les coalisés de la Sainte Ligue (Pape Jules II + Etats italiens + Henri VIII
d'Angleterre + Maximilien empereur d'Allemagne + les Suisses).
Le cousin de Louis XII, François 1er, marié à Claude l'une de ses filles, aura la lourde
tâche de redresser la situation dés les premières années de son règne.

Chassés des champs de bataille par la place de plus en plus importante


qu'occupaient l'infanterie et l'artillerie, les usages chevaleresques se réfugient au
XVème siècle dans les fêtes et les tournois princiers organisés à la cour..

La féodalité entre lentement en déclin !

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QUELQUES DATES IMPORTANTES DE CETTE PERIODE ...

- 14è siècle : installation d’ateliers de tapisserie à Aubusson – création du vignoble


du “Chateauneuf-du-Pape” – à Florence, construction du Ponte Vecchio (=vieux
pont)
- 1302 : début construction du Palais Royal de la cité à Paris (=la Conciergerie)
- 1306 : expulsion des juifs et confiscation de leurs biens
- 1307-1321 : Dante compose “la Divine Comédie”, poème en 3 parties : l’Enfer, le
Purgatoire et le Paradis
- 1307-1377 : style gothique “orné” en Angleterre
- 1308 : un Grimaldi achète la seigneurie de Monaco aux Génois !
- 1308-1312 : procès, condamnation et suppression de l’ordre des Templiers
- 1309 : le pape Clément V s’installe à Avignon à la demande de Philippe Le Bel
- 1316-1403 : Avignon devient résidence officielle des papes
- 1322 : expulsion des juifs
1332 : installation de la 1ère horloge publique de Paris, sur la tour de l’Horloge à la
Conciergerie actuelle
- 1337-1400 : vie de l’historien Jean Froissart
- 1337-1453 : “Guerre de Cent Ans”
- 1340-1416 : vie du duc de Berry, grand mécène
- 1340-1424 : construction de l’actuel Palais des Doges de Venise
- 1347 : prise de Calais par Edouard III roi d’Angleterre après un siège de 11 mois
--> épisode des “Bourgeois de Calais”
- 1347-1350 : la grande Peste Noire
- 1350 : mort de Philippe VI de Valois. Jean II le Bon, son fils aîné, duc de
Normandie lui succède
- 1350 : début de la Renaissance en Italie
- 1358 : la Jacquerie : soulèvement populaire
- 1362-1365 : les “grandes Compagnies” licenciées après le traité de Brétigny
(1360) ravagent le pays
- 1361-1431 : vie de Christine de Pisan, écrivain (née à Venise)
- 1367 : début de la construction du Kremlin
1379 : le cuisinier royal Taillevent rédige son “Viandier”, 1er livre de cuisine en
français
- 1380 : l’armure remplace progressivement la cotte de mailles
- 1380 : découverte de la fabrication de la fonte
- 1408-1416 : réalisation des miniatures “les Très Riches Heures” du duc de Berry
par Pol, Jean et Hermon de Limbourg
- 1394 : Charles VI expulse les juifs du royaume en confisquant leurs biens
1395-1456 : vie de Jacques Coeur (à Bourges) ; grand commerçant, banquier,
ministre, mécène. Il réorganise les finances du royaume et permet un certain
enrichissement de la France (et du sien) et son essor économique.
- 1395-1468 : vie de Gutemberg qui inventa les caractères mobiles en imprimerie
- 1409 : création de l’université de Aix en Provence
1409-1480 : vie du duc de Lorraine, René 1er d’Anjou, dit “le Roi René”, grand
mécène
- 1410 : victoire des polonais contre les Chevaliers Teutoniques à la bataille de
Tannenberg
- 1412-1434 : vie de Jeanne d’Arc

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- 1415 : défaite française à Azincourt. La chevalerie est anéantie.
- 1419 : les 1ers gitans signalés à Chatillon-sur-Chalaronne (Ain)
- 1422 –21 oct : mort de Charles VI, avènement de Charles VII.
- 1423-1483 : vie de Louis XI
- 1439 : hiver : grande invasion de loups autour de Paris
- 1444-1452 : construction du palais Médicis à Florence
- 1445-1509 : vie de l’historien Philippe de Commynes
- 1450 : Charles VII accorde à Lyon le monopole de la vente de la soie dans le
royaume
- 1452-1519 : vie de Léonard de Vinci en Italie
- 1453 : prise de Constantinople aux Byzantins par les Ottomans (turcs)
1455 : invention des caractères mobiles pour l’imprimerie par Gutenberg. La 1ère
presse à imprimer est installée à la Sorbonne en 1470.
- 1464 : institution des relais pour la poste royale
- 1465 : le roi René compose son poème “Coeur d’amour épris”, texte allégorique
illustré de miniatures
- 1467 : mort du duc de Bourgogne Philippe le Bon et avènement de son fils
Charles le Téméraire (1467-1477)
- 1469-1527 : vie de Machiavel, politique, diplomate, écrivain, dramaturge (Italie)
- 1471-1528 : vie du peintre et graveur Dürer (Allemand)
- 1473 : naissance de l’astronome Copernic en Pologne
- 1472 : les Pays-Bas font partie du duché de Bourgogne
- 1473-1481 : construction de la chapelle Sixtine, au Vatican, décorée des fresques
de Michel-Ange
- 1474 : le Roussillon est incorporé à la France
- 1475 – 29 août : traité de Piquigny entre Louis XI et Edouard IV qui met fin à la
“Guerre de Cent Ans”
- 1475 : naissance de Michel-Angelo
- 1477 : Charles le Téméraire meurt et Louis XI annexe au domaine royal la
Bourgogne, l’Artois et la Picardie
- 1480 : naissance de Lucrèce Borgia, fille naturelle du futur pape Alexandre VI
- 1480 : réalisation de la Tapisserie de “la Dame à la Licorne”
- 1481 : à la mort du Roi René, ses comtés d’Anjou et du Maine, et de la Provence
sont réunis au domaine royal
- 1483 : naissance du peintre Raphaël.
- 1483 : mort de Louis XI et avènement de Charles VIII (1483-1498) avec régence
d’Anne de Beaujeu. Louis XI est momifié et enterré à Notre-Dame-de Cléry (Val
de Loire)
- 1485 : construction de l’hôtel de Cluny à Paris (l’actuel musée du Moyen Age)
- 1486 : les “Etats” de Provence ratifient la réunion de la Provence à la France
- 1488 : naissance du peintre Titien
- 1488-1495 : construction du château d’Amboise où se manifestent les débuts de
la Renaissance française.
- 1491 : mariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne, demeurant souveraine de
Bretagne
- 1492 : 31 mars en Espagne : les juifs doivent choisir entre baptême chrétien ou
expulsion
- 1492 : Christophe Colomb découvre le Nouveau Monde (Cuba puis Haïti).

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- 1498 : prise de Grenade et fin de l’Etat Arabe en Espagne (= fin de la
Reconquista)

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