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Foch, maréchal Ferdinand (1851, Tarbes ; 1929, Paris)

Jusque début XXème, La plupart des grands chefs de guerre de l’histoire ont commencé par gagner des
victoires, après quoi certains ont pris la plume pour nous expliquer comment ils les avaient gagnées : en
d’autres termes ils ont commencé par la pratique (en tant que stratège) et fini par la théorie (exemple
Napoléon)

Foch lui a suivi l’ordre inverse : il a fait de la théorie de la guerre d’abord après quoi les circonstances ont fait
qu’il est passé à l’application lors de la première guerre mondial.

Fils de bonapartistes, éduqué chez les jésuites, polytechnicien, artilleur, cavalier, il étudie à l’école de guerre
de 1885 à 1887 ; il y revient pour enseigner de 1895 à 1901 ;

I) Foch : professeur et théoricien de la guerre

Foch était enseignant à l’école supérieure de guerre :

Ses conférences alors qu’il était lieutenant-colonel puis colonel d’artillerie ont été réuni dans les Principes de
la guerre paru en 1903, il a aussi écrit les de la conduite de la guerre la manœuvre de la bataille. Il va ensuite
être directeur de l’école de guerre de 1908 à 1911. Ses leçons faites aux officiers d’Etats Major exercèrent une
influence sur eux incontestable. Imprégnés des doctrines de Foch.

Foch n’est pas académique : « qu’on ne cherche pas dans les principes, un exposé complet, méthodique,
encore moins académique de l’art de la guerre mais simplement une discussion de quelques points
principaux de la conduite des troupes et surtout l’orientation à donner à l’esprit pour qu’il conçoive toujours
une manœuvre rationnelle.

Il n’est pas académique aussi car « La réalité du champ de bataille est qu’on n’y étudie pas ; simplement on
fait ce que l’on peut pour appliquer ce qu’on sait. Dès lors, pour y pouvoir un peu, il faut savoir beaucoup et
bien ».

Dans son ouvrage il présente les principes immuable dans la pratique de la guerre ceux qui malgré l’évolution
des techniques, des types de guerre (guerres interétatiques, idéologiques….) demeurent car lier à l’essence de
la guerre.

Il répond aux questions

Quel est à un moment donné au milieu de l’inconnu de la guerre la nécessité dominante, le dispositif à
prendre ?

Quand et comment changer ce dispositif pour répondre à une situation nouvelle ?

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Principe de l’économie des forces

« On ne chasse pas deux lièvres en même temps », on n’en prendrait aucun. »

« On ne poursuit pas deux guerres à la fois. Il faut concentrer ses efforts. »

Economiser ses forces « c’est l’art de ne pas dépenses ses forces, de ne pas disperses ses efforts, c’est l’art de
savoir dépenser utilement, de tirer tout le parti possible des ressources que l’on dispose. »

« C’est l’art de déverser TOUTES ses ressources A UN CERTAIN MOMENT SUR UN POINT, d’y appliquer toutes
ses troupes. »

Affecter un maximum à l’attaque principale, un minimum aux opérations secondaires qui sont destinés à la
garantir (Utilisation de l’avant-garde pour préparer la bataille).

Principe de la liberté d’action :

La discipline fait la force principale des armées mais vu la masse à faire obéir le commandement au sens étroit
perd de sa précision : il peut déterminer le résultat à obtenir mais plus les voies et les moyens pour y parvenir
 pour garantir ce but, il faut laisser aux différentes troupes la liberté d’agir et ceci grâce à la discipline
intelligente et active ou initiative : le chef subordonné doit avec les moyens dont il dispose rendre la pensée
de son supérieur et pour cela comprendre d’abord puis faire de ses moyens l’emploi le plus approprié aux
circonstances dont il est le seul juge

Obéissance active et non passive

Etre discipliné ne veut pas dire se taire, s’abstenir ou ne faire ce que l’on croit pouvoir entreprendre sans se
compromettre, l’art d’éviter les responsabilités mais bien AGIR dans le sens des ordres reçus.

Rôle de l’histoire chez Foch :

Les enseignements se basent énormément sur les exemples historiques : par l’analyse des guerres passées
que l’on est solide pour mener les nouvelles guerres.

« La guerre, drame effrayant et passionné est faite par des hommes, conduite par des hommes. Ce sont donc
les hommes qu’il faut étudier avant tout et les étudier dans l’histoire. La connaissance de l’histoire n’est pas
suffisante pour faire un grand général mais elle est nécessaire »

En 1870, les français ont fait la guerre sans la comprendre. (La guerre franco-allemande (19 juillet 1870 - 29
janvier 1871) opposa le Second Empire français à la Prusse/ chute de l'Empire français et perte d'une partie
de l'Alsace-Lorraine.

« Pour connaitre et comprendre la guerre, les officiers français se sont bornés à tourner autour de l’outil qui
va la faire à en démonter les parties matérielles sans tenir compte de l’homme et ses facultés morales » les
allemands eux ont été formés à l’analyse des troupes en mouvement et en action avec leurs besoins, leurs
passions, leurs faiblesses, leurs dévouement, leurs capacité de toute sorte »

Von Moltke, véritable stratège moderne, tacticien hors pair, méthodique, conçut la guerre de façon quasi
scientifique. Mac-Mahon, naguère victorieux en Crimée et en Italie, a adopté une stratégie indécise et
confuse. Il a utilisé et manœuvré ses troupes comme au début du siècle : il était en retard d'une guerre.

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La guerre moderne

La défaite de Sedan a été un révélateur. La France a certes réalisé la révolution industrielle, mais les stratèges
militaires n'ont pas su intégrer les évolutions des techniques. Trop sûrs d'eux, les officiers se reposaient sur les
succès passés (Conquête de l'Algérie, Sébastopol, Solferino, Magenta).

La IIIe République va réorganiser son armée, la moderniser, imposer le service militaire obligatoire et stabiliser
ses institutions : en 1876 création de l’école supérieure de guerre par Lewal.

Guerre de plus en plus nationale ; guerre à coup d’hommes, masse de plus en plus considérable,
prédominance de plus en plus forte du facteur humain, guerre à marche violente et rapide

Conduite des troupes qui vise la bataille comme argument qui emploie la manœuvre pour y arriver, conduite
caractérisée par : préparation, masse, impulsion (l’impulsion multiplie la masse)

Exploitation à l’extrême des masses humaines, animées de passions ardentes.

L’importance du facteur morale

Pour être victorieux selon Foch, il ne suffit pas d’avoir le nombre, les meilleurs armes…Car le facteur le plus
important est l’homme avec ses facultés morales et intellectuelles. Exemple : les soldats révolutionnaires
n’étaient pas les plus nombreux et les mieux armés, ils battront les armés de l’Europe.

« À la guerre ce qui compte avant tout c’est le facteur moral, la volonté de vaincre y domine tout ».

« Il se passe dans les grandes batailles un phénomène psychologique qui en explique et détermine le
résultat ».

« La victoire n’est point le résultat des forces matérielles mais par-dessus tout des forces morales ».

La bataille et l’action du chef

Foch reproche aussi aux officiers leur stratégie trop défensive, lui est un partisan fervent de l’offensive voire
de l’offensive à outrance, et petit fils de grognards napoléoniens il croit en la bataille décisive pour gagner la
guerre. : « La Bataille pour vaincre ». C’est l’idée maîtresse de ses cours dispensés à l’école de guerre.

Si vous voulez faire reculer l’adversaire, battez-le ; sans cela rien n’est fait et pour cela un seul moyen la
bataille.

Pas de victoire sans bataille.

Foch attribue à l’action du chef un rôle prépondérant. La bataille, d’après lui, n’est pas abandonnée à elle-
même. Elle doit être conduite et c’est parce qu’elle est bien ou mal conduite qu’elle est gagnée ou perdu.

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II) Le vainqueur de la guerre

En 1913, Joffre lui attribue le commandement à Nancy du 20e corps d’armée à la tête duquel il participe à la
bataille des frontières en 1914.

Pendant la bataille de la marne (la première, 6-12 septembre 1914 les troupes franco-anglaises réussissent à
arrêter puis repousser les Allemands et donc à mettre en échec le plan Schlieffen qui prévoyait l'invasion de la
France en six semaines pour ensuite se porter vers la Russie), à la tête d’un Détachement d’armée qui devient
la IXe Armée, il « tient » au Marais de Saint Gond.

« Mon centre cède, ma droite recule. Situation excellente, j'attaque. »

Le 4 Octobre, au moment de la course à la mer, il est nommé adjoint au Général en Chef dans les Flandres,
Foch conseille les anglais et les Belges « il faut tenir »

Porté le 5 janvier 1915 à la tête du groupe des armées du nord, il exerce pendant deux ans un
commandement interallié, après l’échec des alliés sur la Somme fin décembre 1916, il est relevé « faute de
résultats suffisants ».

De fin décembre à avril 1917, il est en pseudo disgrâce.

Mais dès mai 1917, il est appelé aux fonctions de chef d’état major général. Conseiller militaire du
gouvernement français, il participe aux conférences intergouvernementales (réunissant les états major des
différents pays alliés), et prend donc part à la guerre dont il analyse l’évolution.

Au printemps 1918, malgré l’entré en guerre des Etats-Unis depuis avril 1917, les succès allemands
(opérations Michael) appellent la création d’un commandement en chef des armées alliées. Le 26 mars 1918,
à Doullens, il est nommé commandant-en-chef du front de l'ouest, avec le titre de Généralissime, "le général
Foch est chargé par les gouvernements britanniques et français de coordonner l'action des armées alliées sur
le front de l'ouest". Bien qu'il ait été surpris par l'offensive allemande au Chemin des Dames, il parvient à
bloquer les dernières offensives allemandes de l'année 1918.

Le 6 août 1918, il est fait maréchal de France, et c'est avec cette distinction qu'il planifie et mène l'offensive
générale qui force l'Allemagne à demander l'armistice, le 11 novembre 1918.

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Conclusion :

Si certains théoriciens considèrent que Foch a commis des erreurs lors de la première guerre mondiale en
cédant à l’idéologie de l’offensive, nul ne contestera qu’ il a démontré par l’exemple sa théorie des forces
morales car sa volonté indomptable a contribué à sauver les Alliés du découragement aux heures sombres
du printemps 1918 : car quand au printemps 1918 le Commandement unique fut enfin constitué et que les
armées alliées purent former un tout en face des armées allemandes, la guerre fut virtuellement gagnée.

Si la guerre s’est poursuivie à l’excès et si les Alliés ont plus d’une fois frôlé la défaite c’est d’abord dû à
l’absence d’un chef unique (à certains moments cinq armés groupées autour de cinq étendards différents
parlant cinq langues différentes absolument indépendantes les unes des autres mais combattant toutes le
même ennemi : les belges en Flandres, les Anglais sur la Somme, les français en Champagne, les Américains
dans les Vosges et les Italiens dans les Alpes)

Machiavel : « n’ayez qu’un seul chef de guerre, car plusieurs volontés affaiblissent une armée ».

Bibliographie :

Principes de la Guerre, Ferdinand Foch

Les deux batailles de la Marne 5-11 septembre 1914, 15-18 juillet 1918, Le Maréchal Joffre, l’Ex-Konprinz
Impérial, le maréchal Foch, le Général Ludendorff.

Foch vainqueur de la guerre, Raymond Recouly

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Annexe :

Plan Schlieffen

Il doit son nom au maréchal-comte Alfred Von Schlieffen (1833-1913) qui fut attaché militaire à Paris de 1867 à 1869 et
commandant de l'armée allemande jusqu'en 1906.

Il préconise un débordement, jouant sur la rapidité d'exécution du plan, à travers le flanc gauche de l'armée française
par le Luxembourg et la Belgique dans les Ardennes avec pivotement à l'est de Paris et refoulement des troupes sur le
Jura et la Suisse. Ce plan implique l'obtention d'un droit de passage par la Belgique ou, à défaut, le passage en force
avec violation de la neutralité belge.

Plan XVII

Les diverses armées françaises se déploieraient le long de la frontière nord depuis la Suisse jusqu'à la Belgique, et
lanceraient une attaque rapide et dévastatrice en Alsace et en Moselle. Joffre pensait que les Allemands pourraient
violer la neutralité de la Belgique dans le but d'attaquer la France, mais il estimait qu'ils ne pourraient pas avancer le
long de la Meuse, dans le nord de la France, sans se déployer dangereusement.

Le plan comprenait l’avancée de quatre armées en Alsace-Moselle de chaque côté des forteresses de Metz et de
Thionville, occupées par les Allemands depuis 1871. L’aile sud des forces d’invasion capturerait l’Alsace puis la Moselle,
alors que l’aile nord, tout dépendant des mouvements allemands, avancerait en Allemagne par la forêt des Ardennes,
ou encore en passant par le Luxembourg et la Belgique. Une seule armée serait stationnée sur le front belge pour
défendre d’un possible passage des Allemands en Belgique, ce qui sera une erreur. En effet, les planificateurs français
considéraient cette possibilité comme impossible puisqu’une telle action des Allemands ferait entrer en guerre le
Royaume-Uni, selon les clauses du traité de Londres, qui garantissait la neutralité belge.