1. Phrase modalisée. Notions fondamentales (cours 1-2). 1.1. Phrase/ énoncé.

Phrase : l'unité linguistique maximale (→COMPÉTENCE).

• • •

Constituée de morphèmes (lexicaux et grammaticaux), associés de manière incrémentielle les uns aux autres, selon des règles de bonne formation syntaxique. Niveaux d’analyse pertinents: la syntaxe (règles de formation de la phrase) et la sémantique (contenu de la phrase). Contenu de la phrase : la signification, produit de la signification des morphèmes (lexicaux et grammaticaux) qui la composent (signification dite, de ce fait, compositionnelle).

Enoncé : l'unité pragmatique minimale (→PERFORMANCE).

• • •

Constitué par une phrase (unité linguistique maximale) utilisée dans un contexte précis, dans une certaine situation d’énonciation. Niveau d’analyse pertinent: la pragmatique. Contenu de l’énoncé : le sens, obtenu sur la base de la signification de la phrase et des informations constituant son contexte.

Noter que cette découpe <phrase/ énoncé>, largement acceptée en linguistique contemporaine, n’allait pas de soi chez Saussure (début du XXème siècle), pour qui la phrase procédait, en tant que combinatoire libre de signes linguistiques, de la « parole ».

COMPÉTENCE/ PERFORMANCE (Noam Chomsky1)

LANGUE/ PAROLE (Ferdinand de Saussure2)

Compétence : connaissance que le locuteur-auditeur (idéal) a de sa langue (lexique, syntaxe, phonologie, sémantique).

Performance : emploi effectif de la langue, par un sujet parlant donné, dans des situations concrètes.

Langue : côté social (conventionnel) du langage : trésor collectif. Langue : entité abstraite (système de potentialités : PURES VALEURS) ; code (= système de signes : SIGNES & RELATIONS entre signes). Langue : produit [de l’usage collectif, des conventions] que l’individu « enregistre passivement » Langue : « dictionnaire » →relations associatives (in absentia : paradigmatiques) entre signes linguistiques →combinatoire figée3

Parole : côté individuel du langage. Parole : entité concrète : utilisation individuelle (actualisation) du code de la langue, dans la communication. Parole : « acte individuel de volonté et d’intelligence » Parole : relations combinatoires (in præsentia : syntagmatiques) entre signes linguistiques : combinatoire libre. → !!!Phrase ∈ PAROLE. → !!!Phrase ≠ unité linguistique (opposition linguistique/ langagier)

Phrase ∈ compétence

1

Chomsky N. (1965) – Aspects of the Theory of Syntax, Cambridge Massachussets : MIT Press, 1965 (trad. fr., Aspects de la théorie syntaxique, Paris : Seuil 1971). Dans cette section, les renvois à la page concerneront la traduction en français de l’ouvrage cité (Chomsky 1965/1971). 2 De Saussure, Ferdinand (1995/ 1916) - Cours de linguistique générale, Paris : Payot. Publié en 1916, le Cours de linguistique générale a été rédigé par les élèves de Ferdinand de Saussure (1857-1913) à partir de leurs notes (Charles Bally, Albert Sechehaye, « avec la collaboration de » Albert Riedlinger). L’édition 1995 reproduit l'édition originale. Elle est accompagnée de l'important appareil critique établi par Tullio de Mauro.

1

Les deux définitions corrélées de la phrase et respectivement de l’énoncé reposent crucialement sur l’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre ces deux types d'unités :

une phrase telle que Je suis arrivée en retard est susceptible de nombreuses actualisations, qui influeront sur sa référence; prononcée par Marie Dupont, le 23 mai 2008, devant le secrétariat de sa faculté, elle signifiera: „Marie Dupont est arrivée en retard (à la fac), le jeudi 23 mai au matin”, et prononcée par Jeanne Dubois, le 4 novembre 2008, dans le hall de la Banque où elle travaille: „Jeanne Dubois est arrivée en retard (au bureau) le vendredi 4 novembre 2008, au matin”; par voie de conséquence, c’est l’énoncé d’une phrase assertive et non cette phrase même (à référence incomplètement spécifiée) qui sera le lieu de l’assignation d’une valeur de vérité (vrai/ faux).

L’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre phrase et énoncé se laisse préciser par l’identification de deux types de mécanismes interprétatifs – l’enrichissement contextuel, d’une part, et le filtrage contextuel, de l’autre :

la signification (compositionnelle) de la phrase doit être enrichie contextuellement pour produire le sens de l'énoncé (voir problématique de la référence actuelle – évoquée tout à l’heure) ; corrélativement, étant donné un énoncé (entendu ou lu), il n’est pas toujours évident d’identifier la phrase dont il est l’actualisation : en cas d’ambiguïté (syntaxique : [SN Le vieux singe] [SV [SN le] [v masque]] (« le vieux primate (m’) empêche de voir quelque chose»/ [SN le vieux] [SV singe [SN le masque]] (= « le vieillard imite un masque »); lexicale : le loup (= « masque de carnaval » ? ou bien : « animal carnassier » ?) est gris), c’est le contexte qui filtrera les interprétations inconsistantes, permettant d’associer, à l’énoncé entendu (ou lu) la phrase correspondant à l’intention communicative du locuteur4.

Ces deux définitions gomment en revanche les divergences structurales censées pouvoir subsister entre énoncé et phrase. Il est en effet souvent suggéré, dans la littérature, que si la phrase est le résultat de principes de composition syntaxique et sémantique, l'énoncé n'aurait pas à être interprété en termes des seuls principes compositionnels, n’étant pas toujours construit en fonction de critères syntaxiques : Moi, tu sais, la linguistique…, ouais, bôf ! Il y aurait donc des énoncés qui ne sont pas pour autant des phrases: « En français, la phrase minimale comporte nécessairement au moins un sujet et un verbe conjugué. En revanche, l'énoncé minimal peut être constitué d'un seul élément, de nature quelconque : des séquences comme « Bonjour ! », « Allô ? » ou « Zut ! » constituent des énoncés, mais pas des phrases5. Des énoncés comme « Moi, partir ? », « Quel désastre ! », « Voir Venise et mourir », ou encore « Là, il va, je ne sais pas, moi, mais sûrement, enfin comment dire ? sûrement réagir, oui, c'est ça, réagir », ne sont pas descriptibles en termes de construction syntaxique canonique de phrases. L'énoncé peut apparaître, tantôt comme une phrase incomplète ou tronquée (« Moi ? jamais ! »), tantôt comme une phrase en quelque sorte « surchargée et bégayante » (« Ma sœur, elle, son concours, c'est pour bientôt »). Si la structure de l'énoncé se différencie souvent de celle de la phrase, c'est parce qu'il s'agit de réalités linguistiques relevant de niveaux différents du point de vue théorique » (Encyclopaedia Universalis, art. énoncé). Nous nous en tiendrons, ici, à la définition fonctionnelle (vs structurale) du couple phrase/ énoncé (définition en termes d’actualisation). Les énoncés syntaxiquement déviants mais parfaitement interprétables du (des) type(s) évoqué(s) précédemment se laissent également analyser en tant qu’occurrences de phrases, à force d’assumer, ne serait-ce qu’en termes opérationnels (vs théoriques), la distinction entre phrases grammaticales, phrases interprétables et phrases acceptables.

Le couple notionnel grammaticalité/ acceptabilité (notions graduelles) est développé, en grammaire générative, en liséré de la distinction compétence/ performance:
3 4

Dans les termes mêmes du Cours de linguistique générale : « combinaisons régulières ». Cf. Moeschler, Jacques et Anne Reboul (1994) – Dictionnaire encyclopédique de pragmatique, Paris : Seuil, 131-132.

5

Cela dit, le départ phrase/ énoncé n’est pas toujours aussi tranché en termes de leur structuration respective. Charles-Albert Sechehaye analyse les « énoncés monorèmes » en tant que « phrases à un seul terme », « énoncé monorème » et « phrase monorème » apparaissant en variation libre, dans le texte (Sechehaye, Charles-Albert (1926) – Essai sur la structure logique de la phrase, Tome 1/1, Paris : Champion, chap. I. Accessible en ligne sur : http://roman.ens-lsh.fr ).

2

Grammaticalité : conformité aux règles de la grammaire. Concept appartenant à l’étude de la compétence. Acceptabilité : conformité à l’usage (« les phrases plus acceptables sont celles qui ont plus de chances d’être produites, sont plus aisément comprises, moins maladroites et, en un certain sens, plus naturelles » – op. cit., p. 22). Concept appartenant à l’étude de la performance6. Définitions opérationnelles.

• • •

phrase grammaticale : conforme aux règles de la grammaire (D’incolores idées vertes dorment furieusement7) ; phrase interprétable : à laquelle ont peut assigner un sens (même si elle n’est pas bien formée selon les règles de la grammaire : moi, Tarzan, toi, Jane ; moi, la linguistique, tu sais, bôf !) ; phrase acceptable : à la fois grammaticale et interprétable (De jolis agneaux blancs dorment paisiblement ; moi, la linguistique, je peux très bien m’en passer).

1.2. Enoncé/ énonciation. Énonciation : acte individuel d’utilisation de la langue, activité exercée par celui qui parle au moment où il parle. Énoncé : produit de cet acte, qui en garde les traces (marques énonciatives = marques du locuteur; dans les termes d’Émile Benveniste8, initiateur de la « linguistique de l’énonciation », en France : « l’homme dans la langue », « la subjectivité dans le langage »). Parmi les représentants de marque de cette mouvance en linguistique française : Catherine KerbratOrecchioni9, Oswald Ducrot10, Antoine Culioli11.

6

La distinction compétence vs performance et l’abstraction du locuteur-auditeur idéal sont autant d’hypothèses de travail participant du cadre général des recherches générativistes dès la version standard du modèle. « L’objet premier de la théorie linguistique est un locuteur-auditeur idéal, appartenant à une communauté linguistique complètement homogène, qui connaît parfaitement sa langue et qui, lorsqu’il applique en une performance effective sa connaissance de la langue, n’est pas affecté par des conditions grammaticalement non pertinentes, telles que limitations de mémoire, distractions, déplacements d’intérêt ou d’attention, erreurs (fortuites ou caractéristiques) » (Chomsky 1965/1971 : 12). Une distinction fondamentale est ainsi établie « entre la compétence (la connaissance que le locuteur-auditeur a de sa langue) et la performance (l’emploi effectif de la langue dans des situations concrètes) ». Est également souligné le fait que la performance ne peut être dite « refléter directement la compétence » qu’à l’intérieur de la première hypothèse de travail avancée, à savoir l’hypothèse du locuteur-auditeur idéal (op. cit., p. 13), et non « dans les faits », puisqu’un « enregistrement de la parole naturelle comportera de faux départs, des infractions aux règles, des changements d’intention en cours de phrase, etc. » (op. cit., p.13). Le rapport entre compétence et performance est un rapport d’inclusion (de la compétence, à la performance) : l’étude de la « performance linguistique effective », oblige à « considérer l’interaction de facteurs variés, dont la compétence sous-jacente du locuteur-auditeur ne constitue qu’un élément parmi d’autres » (idem, pp. 12-13). Mais, corrélativement, « l’investigation de la performance n’avancera qu’autant que le permettra la compréhension de la compétence sous-jacente » (ibid., p. 20). Les données de la performance, en tant qu’observables, se retrouvent en amont de la modélisation de la compétence (ou : « grammaire »), censée « déterminer, à partir des données de la performance, le système sous-jacent de règles qui a été maîtrisé par le locuteur-auditeur et qu’il met en usage dans sa performance effective. » (ibid., p.13, nous soulignons).
7

Remarquer la violation systématique des restrictions de sélection sémantique (dormir sélectionne un sujet animé, les adjectifs de couleur tel vert(es), des nominaux concrets, notamment objets physiques, et les modificateurs de verbe tel furieusement, un verbe [+intentionnel]), ainsi que les contradictions (idées ou bien incolores ou bien vertes).
8

Benveniste, Emile (1958) « De la subjectivité dans le langage », Journal de Psychologie, 55, repris in : Benveniste, Emile (1966), Problèmes de linguistique générale, tome I, ch. XXI. Benveniste, Emile (1970), « L’Appareil formel de l’énonciation », Langages, 17, repris in : Benveniste, Emile (1974), Problèmes de linguistique générale, tome II, ch. V.
9

Kerbrat-Orecchioni, Catherine (1980) – L’Énonciation. De la subjectivité dans le langage, Paris : Armand Colin. KerbratOrecchioni, Catherine (1990-1994) – Les Interactions verbales, tomes 1-3, Paris : Armand Colin.
10

Qui articule traitement de la phrase et traitement de l’énoncé en termes du contexte situationnel (composant linguistique : signification de la phrase, composant rhétorique : sens de l’énoncé – étant donné un certain contexte situationnel), et opère, dans le cadre d’une extension originale de la théorie énonciative de Benveniste, inspirée des analyses de texte chez Bakhtine (linguiste russe), la théorie de la polyphonie, une distinction de principe entre locuteur-allocutaire, d’une part, et énonciateur-destinataire de l’autre. Cf. Ducrot, Oswald, (1980) – Les Mots du discours, Paris : Minuit.
11

Théorie des opérations énonciatives. Cf. Culioli, Antoine (1990) – Pour une linguistique de l’énonciation. Opérations et représentations, Tome 1, Paris : Ophrys.

3

1.3. Phrase/ proposition. Distinction structurale manifeste (distinction syntaxique): →proposition = constituant syntaxique de la phrase. phrase simple (= élémentaire) ⊃ 1 proposition phrase complexe ⊃ plusieurs propositions13 proposition indépendante : Sylvie est allée à la fac. proposition principale : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. proposition subordonnée : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. La notion de proposition indépendante est définie par la négative : ni principale, ni subordonnée (c’est-à-dire : en dehors de toute relation de dépendance). Il s’ensuivra que les coordonnées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac14 et Marie est restée chez soi15) et les juxtaposées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre16) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac, Marie est restée chez soi) seront aussi envisagées comme « indépendantes »17. Dédoublement terminologique phrase/ proposition : Distinction en termes de niveaux d’analyse syntaxique (distinction structurale pas forcément apparente)

→proposition = niveau d’analyse syntaxique inférieur à celui de la phrase12. Phrase : unité syntaxique et sémantique pourvue de spécifications temporo-aspectuelles et modales (ancrage temporel au sens large : Sylvie est allée à la fac).

Proposition : unité syntaxico-sémantique non pourvue d’ancrage temporel, simple structure de prédication (structure argumentale [aller (Sylvie, à la fac)], [marcher (Sylvie)] – augmentée éventuellement de compléments optionnels [à pied [aller (Sylvie, à la fac)]]20, [vite [marcher (Sylvie)]]21). Il s’agit là, sans autre, d’une définition de la proposition comme niveau d’analyse syntaxique inférieur à la phrase (donc : comme constituant syntaxique de la phrase) y compris dans le cas des phrases simples. Rappel : une structure argumentale est constituée d’un Prédicat (sémantique22) et des arguments sélectionnés par ce prédicat. La notion d’argument est empruntée à la logique des prédicats (ou : logique des propositions analysées), plus exactement, à la notation logique des relations de prédication (‘x est f’ noté f(x) - argument d’une fonction, donc), la notion de prédicat étant assimilée à la notion (mathématique, logique) de fonction (MORTEL (Socrate) : ‘Socrate est mortel’). En linguistique structurale française (Tesnière, Lucien (1959) – Eléments de syntaxe structurale, Paris : Klincksieck), on dirait plutôt ‘structure actancielle’ (de: ‘actant’ (sélectionné et donc non optionnel dans l’économie de la phrase), notion syntaxique et sémantique correspondant à la notion d’argument (davantage utilisée dans l’espace anglophone), et opposée à la notion de ‘circonstant’ (non sélectionné et donc optionnel, dans l’économie de la phrase). Sujet et compléments sont, chez Tesnière, des actants qui complètent (ou : satisfont) les valences du verbe (centre de la phrase). Le sujet est le premier actant, les compléments sélectionnés, des actants second ou tiers, les compléments non sélectionnés, des circonstants. Il existe des actants syntaxiques auxquels il ne correspond aucun actant sémantique (les sujets explétifs : il est arrivé trois étudiants), et des actants sémantiques auxquels il ne

• •

proposition indépendante = phrase simple proposition principale = phrase matrice (= phrase

12 13

Ce qui reformule en fait l’idée que la proposition est un constituant syntaxique de la phrase.

On distingue, traditionnellement, aussi : phrase minimale (qui ne comporte que des éléments essentiels, ineffaçables : le minimum requis pour sa grammaticalité – parfois appelée toujours : ‘phrase simple’), et phrase étendue (qui comporte, outre les éléments essentiels, des « élargissements » (ou : « expansions ») : épithètes conjointes venant élargir les groupes nominaux sujet ou objet, adverbiaux venant élargir le groupe verbal, compléments de phrase venant élargir la phrase tout entière) – cf. Dubois, Jean et René Lagane (1993) – La nouvelle grammaire du français, Paris : Larousse-Bordas : 151-152). Nous préserverons au terme de phrase simple l’acception courante en grammaire générative (phrase uni-propositionnelle, opposée à la notion de phrase complexe (=multi-propositionnelle)), et opposerons à la phrase étendue (= phrase qui comporte des éléments non sélectionnés, optionnels mais : non propositionnels eux-mêmes – quel qu’en soit le niveau d’incidence), la phrase minimale.
14 15 16 17

Premier conjoint : une proposition indépendante. Second conjoint : une autre proposition indépendante. Veuillez noter que la phrase complexe n’est pas, elle, soulignée comme un tout (virgule comprise) !

Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

4

racine)18 Spécialisation structurale (en grammaire générative notamment) : phrase racine (=matrice)/ proposition enchâssée. N.B. Que l’on prenne le dédoublement terminologique proposition indépendante/ phrase simple pour une relation d’équivalence substantive (et donc transitive : ‘toute proposition indépendante serait une phrase simple et toute phrase simple, une proposition indépendante’) ou que l’on veuille distinguer minimalement propositions indépendantes et phrases simples (‘toute phrase simple se réduit à une proposition indépendante, mais toute proposition indépendante n’est pas du coup une phrase simple’19), sous cet éclairage, il n’y a pas moyen de distinguer entre (dans cet ordre-ci :) phrase simple et proposition indépendante. Il y aurait donc coïncidence (triviale) entre phrase simple et proposition indépendante en tant que niveaux d’analyse syntaxique. Un résultat pas très heureux.

correspond aucun actant syntaxique (l’objet ‘zéro’ de phrases elliptiques telle Cela dépend [« de quoi ? »]). Les notions d’argument et d’actant ne sont cela dit pas strictement parallèles : le nom modifié par un adjectif épithète conjointe (la belle Venitienne) est bien l’argument de cet adjectif (analysé, lui, comme prédicat sémantique), sans pour autant en être l’actant. Une fois la proposition appréhendée comme simple structure de prédication (structure argumentale, éventuellement étendue), non soumise à ancrage temporel, toute phrase simple devrait être constituée d’un syntagme (=groupe de mots) instanciant la relation de prédication sémantique essentielle, enchâssé (en l’absence de compléments non sélectionnés (=prédications optionnelles)) sous une catégorie fonctionnelle portant les traits de temps-aspect-mode pertinents pour l’ancrage temporel (au sens large) : voir Fig. 1 ci-après. Cette catégorie, notée T (T de Temps) réunit les traits de temps-aspect-mode du verbe (les ‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle de la phrase), ainsi que ses traits d’accord (traits de personne et de nombre), redondants, eux, de traits de mêmes valeurs d’un argument nominal du verbe (en français, il s’agira du sujet). Si les traits de temps-aspect-mode d’un verbe sémantiquement plein (=verbe ‘substantif’ vs auxiliaire ou verbe postiche) seront composés, lors de l’interprétation sémantique de la représentation générée en syntaxe, à la matrice de traits sémantiques purs de celui-ci, les traits d’accord, qui n’ont aucune pertinence interprétative sur le verbe, ne le seront pas ; ce sont leurs corrélats sur l’argument nominal sujet qui seront interprétés.

18 19

.Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

Une phrase simple est constituée d’une (seule) proposition indépendante, et certaines phrases complexes sont construites de plusieurs propositions indépendantes – celles qui n’instancient pas de relation de dépendance sémantico-syntaxique, à savoir les phrases complexes composées par juxtaposition et par coordination. Le jeu des formes verbales suggère déjà que c’est là notre option.
20 21 22

Phrases simples correspondantes : Sylvie va à la fac à pied./ Sylvie ira à la fac à pied./ Sylvie est allée à la fac à pied./… Phrases simples correspondantes : Sylvie marche vite./ Sylvie marchera vite./ Sylvie marchait vite./…

Prédicat sémantique vs prédicat syntaxique (au sens de la grammaire traditionnelle) : dans le cadre du prédicat nominal (=copule+ attribut du sujet), seul l’attribut du sujet est un prédicat sémantique (un ‘prédicatif’, en termes de grammaire structurale). Prédicat sémantique vs ‘groupe prédicatif’ (grammaire structurale) : l’analyse structurale des ‘phrases étendues’ distingue, outre le sujet (GN1), deux niveaux, incrémentiels : le groupe verbal GV (=verbe+ compléments sélectionnés), et le groupe prédicatif GPréd (=GV + compléments de verbe non sélectionnés), la structure de la phrase étant Ph = GN1 + GPréd. À l’intérieur d’une telle approche, la notion de ‘groupe prédicatif’ recoupe plus ou moins la notion logique de prédicat (vs sujet) d’un jugement (exprimé par une proposition susceptible de se voir assigner une valeur de vérité (ou bien vrai ou bien faux)), mais le verbe (à valences satisfaites par le sujet et (le cas échéant) par son ou ses compléments obligatoires) n’y est pas le seul prédicat sémantique. Les compléments non sélectionnés par le verbe (analysés comme des ‘Groupes Adverbiaux (notés GAdv), même lorsqu’ils sont exprimés par des groupes prépositionnels (Sylvie va à la fac à pied), voire par des groupes nominaux (compléments directs qui ne sont pas des compléments d’objet, tels les compléments de prix ou de mesure : j’ai payé/ acheté ce meuble 1000 euros/ trois fois rien, j’ai nagé 1000 mètres), se laissent également envisager en tant que prédicats sémantiques : ce seraient des prédicats optionnels, dans l’économie de la phrase, qui sélectionnent, eux, un certain (type de) verbe/ groupe verbal (ce qui expliquerait l’existence de relations de sélection sémantique fine entre ces éléments : *Sylvie va à la fac à l’aiguille (OKCette nappe est brodée à aiguille), Sylvie va à la fac à pied (*Cette nappe est brodée à pied).

5

3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig.. ind. 1.T =TP Ancrage temporel (phrase) 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. Sylvie va la fac 6 .

2004 (1994) : 386-387). ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . de sentence. En anglais : S. il y a hésitation sur la marque du pluriel. à ce que je vois). (cf. Les types essentiels sont: - des constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). ou descriptif (=représentationnel : négation28) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. morphologie et intonation spécifiques. Jean et Françoise Dubois-Charlier (1970) – Éléments de linguistique française : syntaxe. ce Constituant engendrera les types de phrase essentiels ou : obligatoires (= types de phrase26). mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). à structure syntaxique. lui. soit Inter(rogation). Const → + (Nég) + (Emph) + (Passif) Marqueur sous-jacent de la modalité. et je peux le prouver). forme affirmative)/ négation (type négatif.4. dans la lecture de Dubois & Dubois-Charlier 197023). 1.4. Nous prenons nos distances par rapport à la nomenclature en place dans Dubois & Dubois-Charlier 1970. 7 . Cette transposition en français n’harmonise donc pas les rapports entre les deux notations. d’un constituant de phrase (abréviation : Const). de phrase24) : Σ→ Const + P (lire : « Σ se réécrit comme Const + P »). Toute phrase Σ (lire : « sigma » – le terme anglais correspondant ayant l’initiale S(entence)) est formée. Paris : Larousse (collection « Langue et langage »). un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. et (le cas échéant) des types de phrase facultatifs (= formes de phrase). comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. Phrase noyau/ phrase modalisée. Le constituant est. Les types de phrase facultatifs (= formes de phrase) sont : - des constituants de phrase optionnels27. par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. impersonnel). dans l’énonciation. à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). sur ce point précis. à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif.1. vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? Définis. Syntaxe de la phrase modalisée (version générative-transformationnelle standard – Chomsky 1965/ trad. et d’un noyau (abréviation : P. et dirons plutôt « assertion (type assertif) ». mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). en alphabet grec et latin (dans la logique de Σ/ S. 2004 (1994): 386). l’affirmation en tant que telle ne saurait être dite négative sans contradiction. en structure profonde (niveau de représentation syntaxique dont est justiciable l’interprétation sémantique). formé d’un élément obligatoire (soit Affir(mation). 26 27 28 Souvent. et de constituants facultatifs (négation. il aurait fallu sans doute avoir ici : Π (lire : « pi »)/P). emphase et passif – notés entre parenthèses dans la formule cicontre) :  Affir25  Interr  Imp . Paul n’est pas là pour l’instant. fr.1. L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. employant « affirmation » pour l’une des deux formes logiques possibles (« affirmation (type affirmatif. Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). soit Imp(ératif)). en termes (implicitement) transformationnels. parce que parler d’« affirmation négative » nous semble participer de la contradiction dans les termes. Tu viens ?/ -Je ne peux pas. Riegel et al. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. emphase. qui en détermine la modalité.1971 (Aspects de la théorie syntaxique). forme négative) »). Bien que l’on puisse affirmer que non-p en langue naturelle (J’affirme qu’il n’est pas là. 23 24 25 Dubois. dans la littérature.

Cette analyse-là était consistante avec le statut privilégié de la phrase assertive.  L’introduction de Const dès la structure profonde permet de rendre justice au postulat selon lequel « les transformations ne peuvent introduire des éléments porteurs de sens » (Chomsky 1971 (1965) : 180-181). et les phrases modalisées en étaient dérivées par transformations. ‘modalisée’. de la phrase. les transformations étaient entendues procéder de manière ordonnée : passivation avant emphase. OK Le café est froid. S. Phénomènes de portée de la négation (C’est Paul qui n’est pas venu (emphase à départ négatif)/ Ce n’est pas Paul qui est venu (négation d’une phrase déjà emphatisée). par hypothèse. issue de l’insertion lexicale des catégories. phrase clivée & impératif (mise en vedette du complément par le présentatif c’est… que…) et impératif : *c’est… que+ verbe à l’impératif33 . [déclarative affirmative active non emphatisée] 2. 1969). fr. résultat des transformations portant sur cette structure profonde. et une structure de surface. Comparer : 1.. L’analyse des phrases-types en grammaire transformationnelle (non générative : Z. seule la structure profonde fera l’objet de l’interprétation sémantique :   Catégories → /Règles de réécriture/ → Structure profonde : interprétation sémantique. 32 33 *C’est froid que le café est. mais n’est plus susceptible d’instanciations per se au gré des énonciations et n’est jamais. Structure profonde →/Transformations/ → Structure superficielle : forme (ordre des mots observé). mais deux représentations : une structure profonde. la nouvelle analyse de la phrase ne privilégie plus le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) : la notion même de ‘type de base’ perd tout contenu propre. 4. Sous l’analyse non-transformationnelle. le passif. La notion de phrase noyau coïncidait à cet observable linguistique. 196929 ) privilégiait le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) en tant que type de base. (1957) – Syntactic Structures. puis. directement observable. par rapport au Noyau : le constituant le plus à droite dans la formule sera le premier introduit dans la base – en l’occurrence. l’emphase. Ce noyau est maintenant postulé en tant que niveau d’analyse pertinent (analyse en constituants immédiats). dont on dérivait tous les autres types (et toutes les formes de phrase aussi). réanalyse du passif comme donnée morphologique/ lexicale (radical verbal passif non trivialement distinct du radical actif. The Hague (trad. puis. fr. Chomsky. Mouton. La ‘phrase noyau’ est de fait désormais plutôt appréhendée comme ‘noyau de la phrase’– toute phrase susceptible d’être énoncée étant. Harris) et dans la première version de la grammaire générative (Chomsky 1957/trad. Une vipère a mordu la brebis. 5. et transformation impérative/ interrogative par la suite. Singulier puisque les constituants obligatoires sont par hypothèse mutuellement exclusifs. En bon français. [clivée négative d’une phrase déclarative passive] N’est-ce pas par une vipère que la brebis a été mordue ? [clivée négative interrogative de la même phrase passive]. Paris : Seuil. N. certaines combinatoires de types sont de fait barrées : • • 29 30 mise en vedette de l’attribut (du sujet) par le présentatif c’est… que… : *c’est … que X est32 . Des deux représentations générées en syntaxe. structure argumentale distincte) sont autant d’éléments susceptibles de fournir à cette analyse des motivations indépendantes. Rappelons qu’au sens de cette modélisation de la grammaire. 31 La question se pose de savoir si les observables eux-mêmes imposaient un tel biais ou si ce n’était là que l’influence de la modélisation précédente. Sous l’analyse purement transformationnelle des types de phrases/ formes de phrases. on s’évertue à rendre compte des mêmes observables en termes du rapprochement des constituants optionnels et respectivement obligatoire30. *C’est le déca que prenez. Structures syntaxiques. [déclarative affirmative passive à complément d’agent mis en vedette : phrase clivée] Ce n’est pas par une vipère que la brebis a été mordue. la négation31. 8 . en syntaxe seraient générées non pas une. OK Prenez le déca (décaféiné). en logique – seule phrase en langue naturelle donnant lieu à une proposition logique (lieu du vrai ou du faux). [déclarative affirmative passive non emphatisée] C’est par une vipère que la brebis a été mordue. Introduisant le marqueur abstrait de modalité dès la structure profonde. qui introduit la modalité (Const) dès la base de la grammaire (en structure profonde). par l’intermédiaire de règles de réécritures (inscrites dans le composant de base de la grammaire). La brebis a été mordue (par une vipère). restrictions sémantico-distributionnelles liées à la subordination/ à l’enchâssement (*C’est Paul qui est-il venu ?). emphase avant transformation négative. 3. donc.

Les complément(is)eurs que (+indicatif) et si (dubitatif) expriment.4. ayant respectivement trait à la dimension actionnelle (« force ») et à la hiérarchie informationnelle de la phrase énoncée (bref. Paris : Plon. lui (l’homme [CP dont [C’ C [TP tu as épousé la fille]]]). note 32). Béni soit-il !). étaient-ils analysés comme relevant (au mieux) des « effets de surface » sur l’interprétation (sémantique – cf. respectivement la valeur assertive de la complétive enchâssée. alors. restant confinées à des genres discursifs particuliers : • Remarque : passif & impératif (Soyez remerciés pour votre cadeau. «impératif ». Tout syntagme est supposé instancier les relations structurales suivantes : - tête X (catégorie terminale qui projette) . par Dubois & Dubois-Charlier 1970.2. Catégorie syntaxique fonctionnelle (vs substantive). ayant trait notamment au passif et à l’emphase : nous y reviendrons plus tard. complément de la tête (première catégorie avec laquelle la tête fusionne formant ainsi un constituant complexe): Compl. mais sur l’argument nominal (sujet)). son interprétation (référentielle) est en général « contrôlée » par un argument du verbe recteur (ici. une subordonnée non tensée (-fini). et. une fois composée structuralement à son complément. déterminant du nom : référence nominale) et de T (T de Temps . le complément(is)eur C est censé exprimer des composants non référentiels de l’intention informative du locuteur. et la valeur interrogative de celle-ci (question à réponse oui/non) . lui. mais aussi les traits d’accord (traits de personne et de nombre). Appelé ainsi en référence notamment aux propositions subordonnées enchâssées. le complément(is)eur étant. 1. pour commentaire. moment où de fait C se substituera pour de bon au marqueur de modalité de la version standard du modèle (noté Const in Dubois & Dubois-Charlier 1970). outre la sélection d’une proposition subordonnée à verbe fini (+Temps).d’autres sont marquées. non interprétés sur le verbe. le complément(is)eur de sélectionne. Retenons pour le moment qu’au sens de Chomsky 1965. Ré-analyse du marqueur abstrait de modalité : la catégorie complément(is)eur (C). qui dans les relatives à antécédent du type de l’homme qui est arrivé est en fait le complément(is)eur. Aussi les « effets de sens » liés à l’emphase. continuaient de fait à être analysés comme phénomènes syntaxiques sans retombées interprétatives sémantico-logiques : l’interprétation sémantique (des structures générées en syntaxe) était envisagée comme restreinte au représentationnel et à l’actionnel (force illocutionnaire). principalement. Toute subordonnée enchâssée sera donc analysée comme un CP (un syntagme complément(is)eur) : Jean dit [CP queC [TP Marie est jolie]]/ Jean ignore [CP siC [TP elle est à la fac]]/ Dis-lui [CP deC PRO34 partir]. En français. p. par le complément d’objet indirect lui). C contribuerait crucialement au codage grammatical de ce que l’on pourrait appeler sans autre ‘l’ancrage discursif’ de la phrase). catégorie qui réunit –rappelons-le – les traits de temps-aspect-mode du verbe (‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle→ ce qui en fait une sorte de déterminant du verbe). L’analyse sera ensuite étendue aux phrases racines (propositions indépendantes comprises). Rappel. correspondant alors à la conjonction introductive d’une complétive.  La reformulation. 3 plus bas dans le texte. le complément(is)eur des phrases racines est typiquement non épelé (=dépourvu de matrice phonologique). ou bien sera analysé comme phonétiquement nul. 9 . Dans une proposition relative (restrictive). X . la catégorie introduite en syntaxe comme tête projettera : le constituant complexe engendré par 34 Pronom abstrait (sans forme phonétique). tout en rappelant le caractère fini (+Temps) ou non fini (-Temps) de celle-ci – voir Fig. Selon une analyse déjà classique par Richard Kayne. ainsi que les effets de sens communément imputés aux « divergences d’accentuation » entre une phrase active et sa contrepartie passive. sujet d’une infinitive . de la thèse chomskyenne des marqueurs sousjacents (seuls) responsables du sens « interrogatif ». note 9 . « négatif » (cf. Chomsky 1971 (1965) : 180-181. épelé (l’homme [CP LEQUEL [C’ queC [TP j’aime]]]). Chomsky 1971 (1965) : 186. ‘accordé’ au Nominatif avec l’opérateur de relativisation non épelé (sans forme phonétique) dans son Spec. Nicolas (1967) – Introduction à la grammaire générative. pour les mêmes raisons). le syntagme relatif (opérateur de relativisation) spécifiera un complément(is)eur non épelé. 343) ignore un certain nombre de détails. Les versions plus récentes de la GGT reformulent le marqueur sous-jacent de la modalité (Const) à une catégorie fonctionnelle qui prendrait TP pour complément : le complément(is)eur C. à l’instar de D (D de : déterminant . aussi bien l’emphase que le passif (et. 163. le complément(is)eur est d’abord envisagé en tant que catégorie capable de convertir une phrase en complément du verbe (position typiquement vouée à un syntagme nominal). Ruwet.

une fois l’objet syntaxique formé par X° et par YP (son complément) fusionné à ZP.l’union de X à un autre syntagme YP35 (son complément) sera vue par la computation syntaxique (et à l’interface sémantico-logique) comme catégorie du type de X (non comme catégorie du type Y . 35 P du terme anglais de phrase. ce sera la première projection de X (X’) qui projettera. notation : Spec. Mode/ modalité/ modalisation. en l’occurrence l’objet complexe X° + YP dans son entier) . permet de rendre compte de manière immédiate de l’ordre d’introduction des constituants dans l’objet syntaxique.type instancié par son complément) . +fini} T =TP Ancrage temporel 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. assurant une transparence maximale de la chronologie des procédures de fusion. qui représente tout ce qu’elle domine. auprès de X° déjà composé à son complément YP (en fait : auprès de la première projection de la tête X°. 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig. Sylvie va la fac 1. 3. - spécifieur de la tête (seconde catégorie (ZP) introduite dans l’objet syntaxique en train d’être généré. dans la représentation syntaxique générée. de sorte que le nouveau constituant complexe sera toujours visible comme catégorie du type de X (=XP) . qui ne comporte que des di-branchements. 10 . pour : « syntagme ». interprétée comme syntagme de catégorie X (→XP) Spécifieur ZP X’ Projection intermédiaire a qui projette ŕ son tour (X° et Xmx ŕ la fois) : chaque niveau de projection est noté par une barre ou un prime X Tęte X° qui projettera YP Complément Fig. X. C =CP Ancrage discursif {+assertif.. projection notée X’. XP a Projection maximale de la tęte X (→Xmx donc. Structure du syntagme (théorie X-barre). noté aussi X’’). Cette analyse des syntagmes. ind. 2.5.

mais pas ce qui précède.). homogènes et continues. Paul peut courir (énoncés modalisés).5. variable en extension (une seconde. une journée. aspect (grammatical). une année.  verbes d’activité ([+dynamique. OKX a cessé de nager (+duratif). Amsterdam : John Benjamins Publishing Company. puisque ce n’est pas le verbe seul que l’on classifie. mode d’action (aspect lexical). Paris : Larousse. exploser. R. 38 39 40 41 Telos : but. Mode d’action (aspect lexical) : « temps intérieur au procès » (Gustave Guillaume) . *X nage en une heure (-télique) .41). Paul court (énoncé sans marque d’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel autre que le type de phrase : type assertif neutre. -ponctuel] – situations statiques. accompli/ inaccompli. actions. Gustave (1984) – Temps et verbe. mode : formes de langue (morphologie verbale : « tiroirs verbaux ») Temporalité. l’avenir. OKX a trouvé la solution en deux secondes/ OKX met deux secondes à trouver la solution (+télique). noté par convention t0). danser … (sans complément désignant la limite finale ou cible du mouvement39) . Avant t0.  Terminologie relativement floue. Carl (1985) – « L’aspect come modificateur du mode d’action : à propos de la construction être + participe passé ». GUILLAUME. mais comme une sorte d’hyperonyme pour : états. Théorie des aspects. +ponctuel] – verbes décrivant le seul point culminant (ou : dénouement) de la situation envisagée. aimer qqch. D. -ponctuel] – actions qui peuvent avoir une certaine durée et qui ont un point de terminaison arbitraire) : marcher. procès. peindre un tableau……/ tests distributionnels : OKX est en train de peindre un/ le tableau (+dynamique) . Il est vrai qu’il court pourra être 36 37 Il s’agit bien évidemment du procès désigné par le verbe. des modes et des temps. La neige fond. sécher (intr. +télique. Distinguer nager (pendant 30 minutes) : activité/ nager cent mètres (en trois minutes). OKX met une heure à peindre un/ le tableau (+télique) verbes d’achèvement ([+dynamique. OKX nage pendant une heure (+duratif). aspect grammatical / aspect lexical. télique/ atélique38. Van Valin (ed. OKX a cessé d’aimer la musique (+duratif (=-ponctuel)). une période quelconque).1. Van Valin. *X est en train de trouver la solution (!! +ponctuel). et à l’instar des phrases à . le type assertif neutre se laissera envisager comme modalisateur à l’instar des types de phrases marqués (phrases interrogative. temps/ temporalité. pleurer. Cf. modalité : notions sémantiques. voire avec ses adverbes. -télique. « Temps extérieur au procès36 » (Gustave Guillaume). in Advances in Role and Reference Grammar. objets) . au contraire des accomplissements) : (se) casser. Temps. R. 1-164). comme énoncé ‘non modalisé’ par excellence)/ Il se peut que Paul coure. Noter dès à présent que t0 est un moment fictif. Modalité : expression de l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de son énoncé. trouver une solution. apprendre la poésie par coeur. Paul court peut-être. penser.  verbes d’accomplissement ([+dynamique. sans structure interne et sans limite temporelle inhérente) : être malade. impérative. certains auteurs parlent de : éventualités (Vikner. Langue Française 67. d’autre part.). Paris : Champion. (1993) – « A Synopsis of Role and Reference Grammar ». Une fois la modalité intégrée dans la base de la grammaire (règle de réécriture de toute phrase comme Const + noyau). nager jusqu’à l’île des rats (en dix minutes) : accomplissements. … . 11 . nager. 95-113)ou de prédications (au sens de la Role and Reference Grammar – cf. analysé. Distinguer : écrire (pendant des heures) : activité/ écrire l’exercice (en cinq minutes) : accomplissement. ponctuel/ non ponctuel (=duratif) (Zeno Vendler – cf. classes (aspectuelles) de verbes37 définies en termes des traits dynamique/ non dynamique (=statique). boire. après. …(sans objet direct explicite40) / tests distributionnels : OKX est en train de marcher (+dynamique). connaître qqch.). limite finale. événements . au-delà duquel l’action ne peut plus continuer) : fondre (intr. Vendler 1967):  verbes d’état ([-dynamique. Ou plutôt : classes aspectuelles de situations (métaterme entendu non comme synonyme d’état. éclater. du point de vue de la modalité. …/ tests distributionnels : *X est en train d’aimer la musique (-dynamique). Mode/ modalité. D. -ponctuel] – actions/ situations qui ont une certaine durée et qui comportent un point de terminaison précis. mais le verbe avec ses arguments (sujet.1. rire. avoir qqch. OKX peint un/ le tableau en une heure (+télique) . dans la littérature : télique/ atélique. *X met une heure à nager (-télique). +télique. la différence. croire qqch. etc. perfectif (terminatif)/ imperfectif (non terminatif). Temporalité : notion construite autour du moment de la parole (le maintenant du locuteur. il ya le passé. écrire. dans la littérature non-générativiste. apprendre la nouvelle…/ tests distributionnels : *X a cessé de trouver la solution (-duratif). entre Il court/ Je crois qu’il court. -télique. caractéristiques du déroulement du procès .

• • • Vous fermerez cette porte sans la claquer (tiroir : futur. 12 . 42 Cf. mais en tant que différence de réalisation linguistique d’une seule et même valeur modale (attitude propositionnelle de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé). Le Querler. vous tomberez… »). Caen : Presses Universitaires de Caen. Nicole (1996). Typologie des modalités. sens temporel : futur du passé)42. Un pas de plus.formulée non plus en termes de +modalité/ -modalité. sens : modalité injonctive).. Il n’y a pas de correspondance terme-à-terme entre tiroirs verbaux et notions sémantiques (temps/ temporalité. sens : modalité implicative « si vous faites un pas de plus. aspect/ mode d’action. Il m’avait dit qu’il viendrait ce soir (tiroir modal : conditionnel. et vous tombez dans l’abîme (tiroir : présent. mode/ modalité).

énonciateur/ destinataire (locuteur/ allocutaire. d’une part. prédicat modal abstrait) à ses incarnations linguistiques.7. Richards (1989/1923) – The Meaning of Meaning. Dictum : contenu propositionnel de l’énoncé (prédication. une lexie complexe ou un syntagme (groupe de mots) non lexicalisé. Modalité(s) : catégories conceptuelles logico-sémantiques . mais également les affixes flexionnels (viendra (« à l’avenir »)). 43 Pour les besoins des analyses syntaxiques et syntaxico-sémantiques faisant l’objet de ce cours sur la phrase modalisée. prédicats modaux (abstraits). Ces distinctions feront l’objet de vos cours d’initiation en pragmatique.) et onomatopées (qui. 13 . Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). de l’autre. et énonciateur-destinatire (parfois appelé : énonciataire). aux sens) : du marqueur modal aux valeurs modales qu’il exprime. 44 Ce qui vaut de tout symbole. 45 46 Ogden. la distinction allocutaire (visé par le locuteur)/ auditeur (qui se trouve entendre ce qui est dit sans être nullement visé par le locuteur) – telle que posée en linguistique de l’énonciation – n’est en général pas pertinente. un paragraphe. Modus/ dictum. énonciateur/ fait asserté . K. Ducrot. Modalité/ modalisateur.1. imitant leur référent. en logique moderne). improbable (« qui n’est pas [possible. formulée d’abord par la Scolastique médiévale : dictum propositionis désigne. Paris : Minuit).2. Ferdinand de Saussure définit le signe linguistique en tant que catégorie relationnelle44. au sens de Ch. énonciateur/ son énoncé .6. chez Abélard (XIIe siècle). son contenu (contenu propositionnel. auditeur43)). la plupart des signes linguistiques sont des symboles (interjections (qui sont des indices d’états d’âme. probable] »). énonciateur/ sa façon de réaliser l’énonciation . buvable (« (qui) peut être [mangé/ bu] »…). la signification de la proposition. Polysémie des marqueurs modaux. produit de la modalisation. Les modalisateurs sont des signes linguistiques à signification modale. représentation virtuelle d’un état de chose) Modus : modalité de l’énoncé (assertion qui actualise une telle représentation virtuelle). La relation modalité/ modalisateur se laisse alors envisager comme cas particulier de la relation signifié/ signifiant. En linguistique de l’énonciation (notamment dans le cadre des théories polyphoniques – cf. à deux facettes solidaires : le signifiant (suite de phonèmes ou de graphèmes) et le signifié (signification (description) lexicalement associée à cette chaîne sonore ou graphique). mais la structure syntaxique ne soutient pas toujours aussi directement cette structuration sémantique. D’autres auteurs45 proposeront une définition ternaire du signe linguistique. sont des icônes) mises à part). Peirce (à noter que. San Diego-New York: Harcourt Brace Jovanovitch Publishers. selon cette tripartition. Toute phrase a un dictum et un modus. mangeable. voire tout un texte peuvent être envisagés comme signes (signifiant-signifié(-référent)) . et même des indices ou des icônes – pour nous référer au classement des signes selon leur relation au référent. sentiments etc. Modalisateur : marqueur (perspective d’interprétation)/ réalisateur (perspective de production). O. Le signe linguistique n’est pas identique au mot : d’une part. C. selon Bally. le référent (objet du monde auquel renvoie la chaîne sonore ou graphique pourvue de cette signification : entité extralinguistique qui satisfait la description) restant extérieur au signe à proprement parler. Plus exactement : une représentation mentale de celui-ci. Démarche sémasiologique (des mots. de l’autre. Structure de la phrase modalisée : modus + dictum. une phrase (un énoncé). Modalisation : opération énonciative . 1. et I. Charles Bally (Linguistique générale et linguistique française (1932)) récupère la distinction. prise en charge de l’énoncé par son énonciateur (rapports entre : énoncé/ fait asserté . Modalité/ modalisation. distinction est également faite entre locuteur-allocutaire. A. (1980) – Les Mots du discours. 1.5. Démarche onomasiologique/ démarche sémasiologique. des parties constitutives d’un mot sont des signes linguistiques (non autonomes) : les préfixes ou suffixes dérivationnels (impossible. Démarche onomasiologique (du sens vers les mots) : de la zone modale (valeur modale. qui inclura le référent46 : signifiant (symbol (“symbole”)) + signifié (thought (“pensée”)) + référent (referent)). S. Modalité : zone modale.

interrogation (phrase interrogative : Paul est-il là ?/ Où est-il ?). il est déjà parti pour Paris/ C’est PAUL49 qui est arrivé le premier. Symbole notant ici l’inclusion à un ensemble donné. déontiques désidératives (volitives) appréciatives (évaluatives. C’est À PAUL que je voudrais parler. Voir chapitre dédié (encadré ). Les étudiants sont sans doute partis. Termes remontant à Thomas d’Aquin (De modalibus) : propositions modales de re (quand le modus est inséré dans le dictum : Socrate peut courir) / propositions modales de dicto (modus prédiqué du dictum sujet : Que Socrate coure est possible/ il est possible que Socrate coure). exclamation (phrase exclamative : Paul. Paris : Klincksieck. épistémiques . 47 48 49 50 51 Ou plutôt : actes illocutionnaires. Souvent. dans la littérature.8. cause. impersonnel (Il est arrivé trois nouveaux étudiants/ Il a été dansé toute la nuit).  Modalités d’énoncé (contribution interprétative → attitude du locuteur face au contenu propositionnel de son énoncé . Les majuscules notent ici l’accent de phrase : l’accent le plus fort dans la phrase. il y a hésitation sur la marque du pluriel. parti !/ Que cette fenêtre est sale !). in : David. syntaxiquement parlant ⊂ 48types de phrase facultatifs) : • • • emphase (Paul. et G. syntaxiquement parlant ⊂ phrases à double prédication: • • • aléthiques . Modalité de dicto : portée extra-prédicative (externe au dictum). concession …) temporelles (logique du temps linéaire (vs logique du temps arborescent: mondes possibles) . « L’emploi sporadique du verbe pouvoir ». passif (La porte fut ouverte par un étudiant) . Types de phrase obligatoires (= types de phrase51): - constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). syntaxiquement parlant = types de phrase obligatoires) : • • • •  assertion (phrase assertive ou : déclarative : Paul est là). injonction (phrase impérative : Fermez la fenêtre !). Kleiber (éds).1. Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). Modalité de re : portée intra-prédicative (interne au dictum).9. Portée de la modalité (du modalisateur) : interne/ externe (au dictum). but. mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). Voilà TROIS JOURS qu’il est parti). qui frappe un constituant du syntagme apportant l’information nouvelle (que le locuteur présente/ signale ainsi comme étant) la plus importante pour l’interlocuteur. 1. de message) et types de phrase : problèmes de classement. Modalité de re/ modalité de dicto. La notion sémantico-logique de modalité. • • • • Modalités (d’énonciation. morphologie et intonation spécifiques. Modalités de message (contribution interprétative → hiérarchie informationnelle. 183-203. Classement des modalités. sporadicité (Kleiber 198350)). conséquence. axiologiques) implicatives (relation causales au sens large : condition. J. vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? 14 . à structure syntaxique.  Modalités d’énonciation (contribution interprétative → attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage47 .

mais à des « actes génériques dire que/ dire de/ demander (si /qu-) » – entendus par Sperber et Wilson comme des « schémas d’hypothèse » (ou « schémas descriptifs ») dans lesquels sont (2) 52 53 Définis. 2004 (1994) : 386-387). impersonnel) . Sperber Dan et Deirdre Wilson. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. mais représentationnel. types logiques (négatif/ positif) . pour tirer argument des seuls emplois « illocutionnaires » de la négation. dans l’énonciation. le lien entre types de phrases et « acte de langage spécifique » n’est pas aussi direct. Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). emphase. est elle-même sujette à caution. L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. Cette solution ne fait que reformuler les problèmes soulevés. par exemple. par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. négation descriptive. interroexclamatif : moi.Types de phrase facultatifs (= formes de phrase) : - constituants de phrase optionnels52. 1989 (original en anglais 1986). La solution serait de re-classer les types de phrases obligatoires/ facultatifs en quatre catégories. types de réagencement communicatif (passif. L’analyse de la négation fait l’impasse sur ce qui est appelé. partir pour Londres ?!). à ce que je vois). emphase. ne laissant pas d’être tributaire d’un certain horizon théorique. Communication et cognition. ou descriptif (=représentationnel : négation53) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. L’exclamatif. 54 Cf. selon le critère pragmatique de « l’acte de langage spécifique ». fondé sur des rapports entre le locuteur et son destinataire ? Le négatif. un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. parmi les types optionnels. mais non exclusif d’autres types obligatoires (cf. structuration du message). Ghiglione & Trognon 1993. qui. que cette analyse le suppose55. non descriptif (hiérarchie informationnelle. Paris : Minuit. on voit dans les types de phrases obligatoires des « indicateurs de force illocutionnaire ». Problèmes : 1. Et la distinction alléguée entre types énonciatifs et exclamatif. sans y apporter de réelle explication. à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. et à spécificité syntaxique douteuse (car partageant les structures des phrases déclaratives (Vous ne songez point à elle !) et interrogatives (Qu’est-ce qu’elle était belle ! Est-il bête !)) peut-il être envisagé comme type obligatoire. en termes (implicitement) transformationnels. quitte à ce que l’exclamatif soit envisagé comme seul représentant de sa catégorie (Riegel et al. En pragmatique inférentielle56. doué d’intonation particulière. interrogatif. 2004 (1994): 386). et qui semble au moins susceptible de réaliser un « acte de langage spécifique » (dénégation. 55 56 Dans cette même logique. ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. impératif) . n’a pas d’apport sémantique essentiellement fonctionnel. descriptif (contribution sémantico-logique propositionnelle). les trois types de phrases en question sont censés correspondre non pas à des « actes spécifiques ». Paul n’est pas là pour l’instant. 2004 (1994) : 388390) :     types énonciatifs (assertif. il n’exprimerait pas d’« acte de langage spécifique ». impersonnel). La pertinence. dans le paradigme théorique dont procède la notion distinctive invoquée (Théorie des actes de langage) : les types assertif et impératif correspondent aux forces primitives assertive et directive. du moins selon certains auteurs. d’autant que. ni aussi naturel. réfutation) peut-il être envisagé comme type optionnel ? 2. mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). Cf. type exclamatif (manifestant seulement la subjectivité du locuteur et réalisant la fonction expressive du langage). Riegel et al. dans la mesure où : (1) les types énonciatifs restants eux-mêmes ne font pas l’objet d’analyses uniformes. Tu viens ?/ -Je ne peux pas. 15 . (cf. dans la littérature. seul. tandis que le type interrogatif procède des forces dérivées (instanciant un sous-type directif : demander de répondre)54 .

sont bien déterminées. elles. tout en étant sous-déterminées quant aux autres « composants ». quant au but. de faire une tentative linguistique pour que le destinataire réalise une action future (cf. dire que P et dire de P (où P est la forme propositionnelle de l’énoncé p). en tant qu’actes génériques. Dire que rendrait manifeste l’existence d’une relation descriptive (vs interprétative) entre la pensée du locuteur et un état de choses réel . ce qui en fait justement « les forces illocutoires les plus simples possibles ». ne « rendent manifeste qu’une propriété assez abstraite de l’intention du locuteur : la direction dans laquelle la pertinence de l’énoncé est à rechercher » (Sperber et Wilson 1989 : 381). les « forces primitives » assertive et directive (cela vaut d’ailleurs de toutes les cinq « forces primitives » distinguées dans la théorie logique de l’illocutoire). Ghiglione & Trognon 1993). 57 Par contre.incorporées les formes propositionnelles pleines des énoncés concernés. Le but assertif (primitif) est de représenter quelque chose qui est le cas. Par contre. et le but directif (primitif). 16 . mais qui restent typiquement sousdéterminés quant à ce qu’il est convenu d’appeler « intention (ou : but) illocutoire »57. mais :) désirable. dire de. l’existence d’une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses (non pas réel.

…) » (art. Noter que le contenu de cette classe n’est pas identique chez les deux auteurs. interrogative ou impérative […]. concerne. Je ne veux pas que tu viennes (négation portant sur la complétive : « défendre. rapport sujet énonciateur/ contenu propositionnel : modalités épistémiques. qui récupère les catégories modales de la tradition logique.. b. Le Querler 2001) b. a. Elle intervient obligatoirement et donne une fois pour toutes à une phrase sa forme déclarative. modalité de dicto (incidence syntaxique extra-prédicative). ou : axiologiques). 17 . N. Nous préférons cette étiquette à celle de « critères fonctionnels» – susceptible de suggérer. André (1974) – « Modalités et communication ». Critères sémantiques61. surtout les modalités dites d’énoncé. rapport entre énonciateur et destinataire à propos du contenu propositionnel : modalités déontiques. 59 60 61 Cristea. temporelles … 58 Au sens d’André Meunier. Meunier. modalités illocutionnaires directives : ordre. requête. 13).1.2. conseil. 63 64 65 66 67 68 Le Querler (1996). Si nous n’avions pas souscrit au délitement de cette nuance au niveau conceptuel même. modalités désidératives (ou : volitives) translatives67) . 8-25. Au gré des auteurs. cit. implicatives).1. 62 Ce sont là des tentatives de classement (Le Querler 1996 et Charaudeau 1992) qui regroupent modalités d’énonciation et modalités d’énoncé.). « Une phrase ne peut recevoir qu’une seule modalité d’énonciation. Bucuresti : TUB. il aurait fallu noter ici « ou » (sans « : »). in Cristea et al.. Typologie des modalités. [La modalité d’énoncé] se rapporte au sujet de l’énoncé. appréciatives (ou : évaluatives. a. injonctives. Paris : Hachette. [Elle] caractérise la manière dont le sujet de l’énoncé situe la proposition de base par rapport à la vérité. Le Querler. regrettable. agréable. p. Nouv. cit. exclamatives)58/ modalités de message (phrases clivées. Terme emprunté à Charaudeau 1992. la distinction <désidératif>/ <volitif> est maintenue ou au contraire délitée. 13-14). Langue Française n° 21. Patrick (1992) – Grammaire du sens et de l’expression.) Ce classement. …)59. à nouveau. Ce classement concerne surtout les modalités dites d’énoncé (selon le critère précédent). Cf. interdire » . tout en en augmentant l’inventaire. éventuellement confondu avec le sujet de l’énonciation. idiot. Critère du rapport fonction modale/ structure phrastique (modalité/ type de phrase) : • modalités d’énoncé (phrase à double prédication)/ • • • • modalités d’énonciation (phrases à contour non assertif : interrogatives. épistémiques. contre effacement de l’énonciateur : ontiques (ou : aléthiques). Cf. désirer que + subjonctif : Je veux que vous fassiez attention à l’emploi des modes dans la relative. malgré des points de coïncidence. pp. P. désirer + infinitif : Je veux partir. implicatives. désidératives. Caen : Presses Universitaires de Caen. à tort.2.10. pp.. suggestion…. désidératives (ou65 : volitives) réflexives66) . 8-46. Critère du contenu68 : • modalités aléthiques (ontiques). Ses réalisations linguistiques sont très diverses de même que les contenus sémantiques et logiques qu’on peut lui reconnaître. que lesdits critères aient à voir avec la découpe focus/ topique de la grammaire fonctionnelle. (1996).cf. modalités intersubjectives (« allocutives » . Critères syntaxiques. Rob. appréciatives. Etudes contrastives. possible. Citations pertinentes : « [La modalité d’énonciation] se rapporte au sujet parlant (ou écrivant). certain. topicalisations. Cf. Teodora (1981) – « Pour une approche contrastive de la modalité ». Critère de l’énonciateur62 : • • • modalités subjectives63 (« élocutives » 64 . Distinction terminologique : incidence syntaxique/ portée sémantique (cf. par rapport aussi à des jugements d’ordre appréciatif (utile. Vouloir. Charaudeau. b.1. nécessaire et leurs contraires etc. Vouloir que. Critère de l’incidence (construction de la phrase modalisée60): modalité de re (incidence syntaxique intra-prédicative) . nécessité (vrai. alors qu’elle peut présenter plusieurs modalités d’énoncé combinées » (art. modalités objectives (« délocutives » : rapport entre deux contenus propositionnels. déontiques. a. Les modalités. En guise de conclusions : retour sur les critères de classement des modalités.

69 Ou plutôt : actes illocutionnaires. exclamation (phrase exclamative). Voir encadré 18 . ce sont là des types de phrase obligatoires – modulo l’hésitation au sujet de l’exclamation : • • • • assertion (phrase assertive ou : déclarative). Sémantiquement parlant. Modalités d’énonciation. interrogation (phrase interrogative). syntaxiquement parlant.2. injonction (phrase impérative). les modalités d’énonciation indiquent l’attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage69 .

Austin distingue cinq types fondamentaux d’illocutions : • Actes verdictifs [verdictives] : énonciations qui reviennent à exprimer ce que l’on a constaté (officiellement ou pas). Actes comportatifs [behabitives] : énonciations qui expriment une réaction à la conduite ou au sort des autres. 1970 (tr. etc. sur les sentiments. La spécificité de l’illocutoire repose sur l’exploitation conjointe de deux axes d’oppositions : ± fonction dénotative. les exercitifs comportent un jugement (une décision) sur ce qui devra ou devrait être. • • Actes promissifs [commissives] : énonciations qui visent à obliger le locuteur à adopter une certaine façon d’agir.  la distinction entre conventionnel (produit de règles) et non conventionnel (produit des circonstances) oppose l’illocutoire au perlocutoire. l’action réalisée du fait même de dire (en accomplissant un acte locutoire donc = acte illocutoire – de in (« dans ») – ‘acte réalisé dans la locution’) : promettre. 19 . mais sujets à des conditions de réussite. faire faire. à s’engager à des degrés divers (ce terme ne s’applique pas aux seules promesses au sens strict : promettre. Quand dire c’est faire. plutôt que législatifs ou exécutifs : prononcer un diagnostic (par un expert : médecin ou autre). l’acte ou l’effet provoqué par la locution (vs dans la locution). remercier. d’autrui (s’excuser. Seuil.Hors cours. … (Austin 1970/ 1962). du verbe performatif à la première personne du singulier.  et pourvus. etc. Paris. Il s’agit. donner un ordre. braver. s’engager formellement. décréter.). dans les circonstances appropriées. pensées. évaluer.. c’est faire » sera envisagée sous un angle plus large. de ce que l’on fait (accomplit) en disant quelque chose à quelqu’un. Performatif vs constatif Dans un premier temps (Austin J.). La question de savoir ce que veut dire.). elle. lexical. à inciter les autres à se comporter de telle ou telle façon. ordonner. dans l’emploi.). léguer. condamner. et respectivement ± conventionnel :  la distinction entre valeur (force) de l’énonciation et signification de l’énoncé (assimilée. du locuteur ou de tiers (= acte perlocutoire. commander. les mots ‘je baptise’ ). Seront maintenant définis comme « actes de langage » : 1. Dépourvus de conditions de vérité. donner un renseignement. classer. ou bien leur caractère axiologique (actes judiciaires. lui-même décomposé en plusieurs actes généralement coextensifs l’un à l’autre :  produire (prononcer) des sons (= acte phonétique) . les énoncés performatifs remettent en cause le postulat du caractère essentiellement descriptif du langage (« l’illusion descriptive ». au juste. « dire. comme l’invariant au variable. produire des vocables (ou : mots) qui entrent dans des constructions conformes à la grammaire (=acte phatique). A l’encontre des verdictifs. dans les termes d’Austin). fr. Locutoire vs illocutoire vs perlocutoire La difficulté d’opérer des distinctions tranchées entre énoncés constatifs et énoncés performatifs à l’aide de critères à proprement parler linguistiques tels le critère. des « mots performatifs » (verbes ou autres) a eu pour conséquence l’élaboration de l’appareil théorique.L. • Actes exercitifs [exercitives] : énonciations consistant à donner une décision pour ou contre une certaine façon d’agir. à partir de l’évidence ou à partir des raisons concernant ou bien les faits eux-mêmes. des attitudes à l’égard du comportement antérieur ou simplement prévu. Le noyau dur de la théorie défendue par Austin est sans conteste la notion d’illocutoire. parier. née. effrayer. à l’encontre des énoncés qui décrivent un état de chose ou rapportent (= constatent) un fait (énoncés appelés. statements) dont l’énonciation revient à exécuter (angl. ou le critère. … . syntaxique. critiquer.)/ 1962 (original)) sont seulement dissociés les performatifs ou : déclarations (angl. à la dénotation (=sens + référence)) oppose l’illocution à la locution . pardonner. prêter serment (jurer de). plutôt que sur ce qui est : dégrader. agissements de l’auditoire. annoncer un verdict. désormais : constatifs). déplorer. etc. injurier. poser une question. de per (« par »)) : convaincre. acquitter. c’est dire. to perform) une action (exemple donné : baptiser un bateau.  2. l’acte de dire quelque chose (= acte locutoire). faire voeu de. d’un sens et d’une référence déterminés (= acte rhétique) . etc. d’une généralisation du concept de performatif. 3. en droite ligne. elle. La notion d’acte de langage est définie à l’intérieur d’un cadre théorique spécifique : la théorie des actes de langage (entendue comme cas particulier de la théorie de l’action). pour l’essentiel.

Si les conventions sémantiques dépendent des langues particulières. remarquer. qui pis est. pour la promesse) . Conditions de succès des actes illocutionnaires À la distinction actes/ marqueurs des actes il correspond. mais cet échec est différent suivant la règle spécifique qui aura été violée. l’auteur réévalue la taxinomie d’Austin. intention pour la promesse. nier. Elles définissent autant de conditions de succès des actes illocutoires : • • • • Condition de contenu propositionnel (propriétés du contenu propositionnel de l’acte : action future de l’interlocuteur pour l’ordre. dans la notation de l’auteur. Ross 1970)). Désormais. Aussi. pour l’acte de force F accompli à propos du contenu propositionnel p : F(p). tous les énoncés se laisseraient réduire à des performatifs explicites : Searle considère en effet qu’un marqueur de force illocutoire (préfixe performatif Je verbe illocutoire) sous-tend. y compris les « jeux de langage » au sens de L. et la subordonnée enchâssée. pour l’ordre) . à développer un argument. en structure profonde. etc. au marqueur de contenu propositionnel : [F je te promets [p que je fermerai la fenêtre]] – soit. l’acte échoue. s’engager sur la vérité de la proposition exprimée. mais également en termes de la structure syntaxique de la phrase énoncée (relativement aux actes illocutionnaires mêmes). 20 . tout énoncé (analyse qui correspond en tout point à l’ « hypothèse performative » des générativistes chomskyens (cf. Condition(s) préliminaire(s) (qui doivent être satisfaites préalablement. croyance. les règles constitutives des actes de langage seraient universelles. à tirer au clair l’usage d’un mot.). pour l’assertion). décrire. ainsi discriminera-t-il deux types de marqueurs : le marqueur de contenu propositionnel et le marqueur de force illocutoire. Contenu propositionnel vs force illocuoire La postérité d’Austin élaborera davantage encore la théorie des actes de langage (= actes illocutionnaires). témoigner. d’où force chevauchements inter-catégoriels. Wittgenstein) vs règles normatives (qui ont pour objet des comportements/ actions qui existent indépendamment des normes les régissant : à l’instar des règles de politesse. rapporter. la signification des phrases est justiciable de conventions). pour la promesse. pour l’assertion) . En vertu cependant du principe d’exprimabilité70. la contribution de Searle consistera-t-elle notamment à une recherche des critères de classement pertinents et surtout mutuellement consistants. la distinction règles constitutives (des actes)/ règles sémantiques (dérivées des premières. C’est là une distinction qui ne se laisse appréhender directement que dans le cas des performatifs explicites. postuler. Searle (1972 (1969)) s’attache à opérer la distinction entre proposition exprimée par l’énoncé et acte accompli dans l’énonciation non seulement en termes d’actes (acte locutoire (notamment : rhétique) vs acte illocutoire). Condition essentielle (qui définit le but illocutoire : amener l’interlocuteur à réaliser l’action pour l’ordre.• Actes expositifs [expositives] : énonciations qui visent à exposer une manière de voir les choses. quand nous emploierons le terme d’acte de langage (ou : acte de parole). Cette distinction se laisse enchâsser dans une autre. dans la théorie searlienne. ou le référent de celuici (affirmer. Il en isole douze. où la principale correspond au marqueur de force illocutoire. du locuteur. Condition de sincérité (qui définit l’état psychologique du locuteur : désir pour l’ordre. et gouvernant l’emploi des marqueurs d’actes). mais cinq seulement sont décisifs dans la classification à proprement parler : 70 Qui asserte que tout ce que l’on veut dire peut être dit littéralement (cf. davantage un classement de verbes que d’actes. et. pour que l’acte puisse être accompli : capacité de l’interlocuteur. Searle 1969/ 1972). d’ordre plus général : règles constitutives (qui créent des activités dépourvues d’existence indépendante : les règles qui gouvernent les jeux (football ou échecs au même titre). nous nous référerons aux seuls actes illocutoires (ou : illocutionnaires). Dès qu’une règle constitutive est enfreinte. ne reposant pas sur des principes/ critères de classement clairement définis d’entrée de jeu. Classement des actes illocutionnaires Partant de la distinction explicite entre verbes illocutoires (qui ressortissent aux langues particulières) et actes illocutoires (universaux de langage). s’engager à la réaliser soi-même.

ni entre actes dont le marqueur (le verbe) est susceptible d’emploi performatif. Action future de l’interlocuteur. déclaration de guerre… Direction d’ajustement double. menacer). aux mots. félicitation. aux mots. déclaration de guerre). est de l’ordre du sentiment : insatisfaction (PLAINTE). ni les relations de l’acte au reste du discours (réponse (→question). ____ (croyance+ γ71 ) (vérité présupposée) DÉCLARATIFS72 : Bénédiction. à la place du sempiternel sel. et actes dont le verbe n’est pas susceptible d’un tel usage (cf. prédiction. Provoquer la vérité de leur contenu propositionnel Des mots. • • • L’état psychologique exprimé (l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de l’acte : condition de sincérité) . excomunication. Désir. PROMISSIFS : Promesse. (+institution extralinguistique : statuts respectifs bien spécifiques) 71 Où l’élément ajouté à l’attitude fondamentale. condoléances. si l’acte est explicite. pour sembler naturelles telles quelles : si l’interlocuteur est par exemple. au monde. assertion. pari sur un trois sans atout (annonce au bridge). consigne. • La direction d’ajustement entre les mots et le monde (concerne le contenu propositionnel de l’acte. un malade en régime hyposodique. serment… EXPRESSIFS : excuse. pour une promesse ou un ordre) .. Etat psychologique exprimé Croyance. remerciements… Du monde.• Le but illocutoire (condition essentielle) . pour le rapport. baptême. et représente une sous-composante (sinon une conséquence) du but illocutoire : ajustement des mots. arbitrage d’un hors-jeu de l’avant-centre. Mais pas : les relations de l’énoncé aux intérêts du locuteur et de l’interlocuteur. aux mots. selon le verbe employé : demander de/ exiger de/ ordonner de). Formulations tout à fait naturelles avec « l’arme » ou « cette arme ». ni entre actes institutionnels (excommunication. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)… 72 73 Ce sont les performatifs d’Austin. legs. verdict de culpabilité. pour une assertion. y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). Position de force du locuteur. ordre. ajustement du monde. et.… Engagement du locuteur sur la vérité de la proposition exprimée Obligation de l’interlocuteur à accomplir certain(s) acte(s). ni le style de l’accomplissement de l’acte (annonce vs confession). Mais pas : la force avec laquelle est présenté le but (qui varie selon le degré d’explicitation de l’acte.. états de choses futurs. conclusion (→argument(s))). Type d’actes But illocutoire Direction d’ajustement REPRÉSENTATIFS: Suggestion. 21 . Le contenu propositionnel (les différences dans le contenu propositionnel qui sont déterminées par des mécanismes liés à la force illocutionnaire : états de choses passés. Obligation du locuteur à accomplir certain(s) acte(s) Exprimer l’état psychologique (par rapport à l’état de chose spécifié dans le contenu propositionnel). tristesse (LAMENTATION). Action future du locuteur. qui est de l’ordre de la croyance. et non institutionnels. Statuts du locuteur et de l’ interlocuteur Contenu propositionnel DIRECTIFS : Requête. et qui exigent simplement la construction d’un contexte interprétatif spécifique. se vanter. critique. au monde. Intention. rapport. Mais pas : les différences entre actes essentiellement et non essentiellement linguistiques (qui ne peuvent pas ou respectivement qui peuvent être accomplis y compris sans le dire : poser un diagnostic vs prêter serment). Les statuts respectifs du locuteur et de l’interlocuteur (condition préparatoire) . … question… Du monde. pour la prédiction).

au niveau du noyau. est une phrase thétique. 22 . tandis que d’autres auraient un « contenu qui n’est pas une proposition complète. 2. avec le passif. éventuellement récursive. Dans le texte évoqué. par hypothèse. en grammaire générative-transformationnelle standard. D’autre part. à sujet non-topical. comme type de phrase optionnel (forme de phrase). Le constituant affirmatif se réécrit obligatoirement par le constituant Intonation affirmative (abréviation Intonaffir). donc concernant 74 Seraient dépourvus de contenu propositionnel certains actes expressifs réalisés au moyen d’interjections (Zut! Aïe !). des intonations interrogative et impérative. Nous y reviendrons sous 3 (voir infra). et la phrase.2. Nous avons fait état précédemment de nos réserves sur cette option métalinguistique (§1. mais plutôt un objet de référence » (Vanderveken 1988 : 30) : Vive la France ! 75 Dont il est question dans la fable de La Fontaine. contre racine+ affixe en structure de surface. même en l’absence de différences directement observables en termes de contour prosodique marqué et/ou en termes de l’ordre des éléments terminaux (mots76) : il n’y a donc plus de réécriture directe de la phrase de base (affirmative active non emphatique). aussi contre-intuitif que cela puisse paraître.4. l’emphase.1. Ce type de construction. Syntaxe de la phrase déclarative : phrase déclarative ou phrase affirmative ? La négation étant regroupée. la distinction entre structure profonde et structure de surface.1. l’ordre des mots et affixes directement observable en surface. opposée à l’interrogation et à l’impératif : Le serpent75 mordit Jacques Fréron). en français. le sujet est indéfini. L’assertion. dans le cas de la phrase affirmative (active non emphatique) se réduira au déplacement du constituant Intonaffir en fin de séquence : Intonaffir +SN +SV (structure profonde) Taff SN +SV + Intonaffir (structure de surface). en structure profonde. Σ→ Const Const → +P Affir Affir → Σ→ Intonaffir +P P→ Σ→ Intonaffir +SN +SV Intonaffir SN +SV (structure profonde) Le changement structurel. un serpent mordit Jacques Fréron.1. au fond d’un vallon. La transformation affirmative ainsi formulée est postulée pour rendre compte de l’hypothèse fondamentale du modèle. La phrase déclarative. le déplacement à droite du constituant affirmatif (Intonaffir) rendrait compte du traitement prosodique caractérisé en fin de syntagme prosodique maximal. Dans cette acception donc. l’impersonnel. l’affirmation n’est pas opposée à la négation : les phrases négatives peuvent fort bien épouser le contour prosodique ‘affirmatif’ (Le serpent ne tua pas Jacques Fréron). le type déclaratif sera directement envisagé en tant que type obligatoire ‘affirmatif ‘(‘affirmation’. au passage de la structure profonde à la structure de surface. ouverte par deux compléments donnant le cadre spatio-temporel : Un beau jour. des règles de réécriture) : (…) Aux (→affixe) + V (→racine) + SN. aussi nous bornerons-nous ici à un rapport neutre de la théorie présentée. distincte. 76 De toute manière. supra). ne recoupe pas directement l’ordre d’insertion lexicale des constituants terminaux sous les constituants syntagmatiques concernés (en structure profonde issue de l’application incrémentielle.

Expression contenant l’information que le locuteur désire communiquer (au sens de l’école fonctionnaliste praguoise (Firbas). soient entendues comme synonymes. Peter Frederik (1974) – Subject and Predicate in Logic and Grammar. XV. serpent ⊂ commentaire]. L’assertion exprime l’attitude de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé (Théorie des actes de langage). 23 . Thème (objet du discours)/ propos (ce qu’en dit le locuteur77) : distinction fonctionnelle (structure fonctionnelle (= interprétative) des énoncés vs structure formelle des phrases). une mise au point à cet égard s’impose. le bureau)). Jacques Fréron ⊂ commentaire] → Jacques Fréron fut mordu d’un serpent [Topique : Jacques Fréron. nous avons changé d’illustrations sur ce point précis. Bien que souvent. aussi le sujet de la phrase passive (complément de la phrase active correspondante) sera-t-il interprété comme topique de l’assertion que fonde le constituant Affir (c’est-à-dire : de l’assertion qui est l’interprétation sémantique du Constituant Affir) : Le serpent mordit Jacques Fréron [Topique : serpent. Les critères opérationnels pour la discrimination de ces couples notionnels restent minimalement distincts. de commentaire et de propos (ou : rhème). et respectivement. les notions de topique et de thème. à une même forme logique TUER (Jean. et il existe des phrases dont les prédicats logiques ne sont pas analysés (du moins pas en grammaire normative scolaire) comme des prédicats grammaticaux. Du point de vue de la hiérarchie informationnelle. Sémantique de la phrase déclarative. chap. en termes de la théorie des actes de langage).    Topique (ce qui est mis en position frontale. bien que le contour assertif soit. et comme instanciant en quelque sorte ou bien la relation sujet/ prédicat. 2. Cf.au premier degré la fin de la séquence linéaire (linéarisée). ainsi que l’interprétation des autres syntagmes nominaux (compléments) comme non-topiques. Strawson. en français du moins. de l’avis des auteurs. Paul)). Londres : Methuen. et du syntagme verbal comme commentaire. Le piano est dans le bureau : DANS (le piano. Dubois et Dubois-Charlier 1970. les deux phrases (active et passive) étant censées se ramener. Puisque cette analyse ne correspond pas à la perspective adoptée ici. n’étant pas 77 78 Ou : rhème. ou bien la relation information donnée/ information nouvelle. ce qui est annoncé en premier lieu par le locuteur)/ commentaire (ce qui est introduit après introduction du topique): distinction syntaxique (positionnelle). dans la mesure où.1. le constituant affirmatif permet l’interprétation du sujet de l’assertion (de) P comme topique (de cette assertion). dans la littérature. 79 Les exemples donnés dans la référence citée pour illustrer l’absence de correspondance terme-à-terme entre catégories logico-sémantiques et catégories de l’analyse grammaticale sont en fait : (i) Sujet logique ≠ sujet grammatical (Paul a été tué par Jean vs Jean a tué Paul. Ces faits permettent de définir la relation entre phrase active et phrase passive : la transformation concernant le marqueur sous-jacent de modalité Affir (en bref : la transformation affirmative) a lieu après la transformation concernant le marqueur sous-jacent de Passif (ou : transformation passive). Les fonctions grammaticales ne recoupent pas systématiquement les catégories logiques correspondantes79: il existe des sujets grammaticaux qui n’ont pas la sémantique des ‘termes particuliers’ (tels les noms en emploi générique Les castors sont des mammifères. (ii) Prédicat (logique) ≠ verbe (L’homme est mortel : MORTEL (l’homme) .2. descendant. les données prosodiques concernent l’ensemble de la phrase. et non seulement sa fin. en termes plus étoffés : la forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase déclarative interprète (littéralement) une pensée du locuteur qui est la description d’un état de chose réel. l’assertion exprime une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de chose du monde –ou. Le constituant affirmatif est interprété comme une assertion dont P est le noyau (comme une assertion dont P est le contenu propositionnel. Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. Sujet/ prédicat : distinction grammaticale (fonctions grammaticales) et logique (sujet : terme particulier. Cette corrélation reste cependant sujette à caution. En termes de pragmatique inférentielle (Théorie de la Pertinence). prédicat : terme général (Strawson78)). L’homme est mortel).

Me prenez-vous pour un imbécile ou le faitesvous exprès ? (réponses visées (toutes choses égales par ailleurs): Je vous prends pour un imbécile/ Je le fais exprès . Cf.2. Interrogation totale/ interrogation partielle  Interrogation totale (sans mot interrogatif . il n’est plus là) . à deux arguments internes sélectionnés : le piano et respectivement le bureau. particulièrement agressif. questions fermées : alternatives épistémiques en nombre fini : réponse visée oui/ non) : Est-il encore là ? (Oui. questions ouvertes83 : alternatives épistémiques en nombre in(dé)fini) : Qui est là ? (C’est Paul/ Sylvie/ …). il est là/ Non.  Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. ce pourquoi ce sont (ou. 24 . 2. Distinction définie en terme de portée.1. liant une variable (soulignée dans les exemples ciaprès) dont la réponse fixera la valeur. pour les Topiques. le plus souvent. Syntagme qu. je l’aime/ Non.: focalisé (=foyer d’information nouvelle). Syntaxe de la phrase interrogative.réalisés par des séquences qui comportent des verbes.  Interrogation partielle82 (à mot interrogatif (qu-) . et Topiques et Thèmes participent de l’information donnée (référents déjà introduits dans le discours). de remise en cause des faits et/ ou dires de l’interlocuteur) . où le nom linguiste (en usage non référentiel – l’absence d’article en témoignant) est analysé come attribut du sujet . prédicat logique LINGUISTE) ou des prépositions (Le piano est dans le bureau : prédicat grammatical est (sous analyse existentielle forte des situatifs). un serpent mordit Jacques Fréron. cette question alternative fonctionnera pragmatiquement comme un acte.2. Un énoncé tel Un serpent mordit Jacques Fréron sera donc (toutes choses égales par ailleurs80) moins acceptable que sa contrepartie à sujet défini Le serpent mordit Jacques Fréron. Moeschler & Reboul (1994) : 456-458. au fond d’un vallon. L’interrogation. aucune de ces deux réponses n’étant socialement admissible. je ne l’aime pas). Exemple : A : Je vais fermer la fenêtre. Le reste des éléments de la phrase interrogative ressortissent aux informations présupposées (=déjà acquises). Roum. ou est dans le bureau (sous l’analyse copulative). B : Tu vas faire quoi ? (intonation montante) • 2. non prototypique) : on n’aura pas bien entendu. prédicat logique MORTEL). par des noms Anne est linguiste : prédicat grammatical est linguiste. on veut se faire répéter/ préciser une partie de l’énoncé de l’interlocuteur. 2. où l’adjectif mortel est analysé come attribut du sujet . du fait des adverbiaux de cadre qui ouvrent la phrase : Un beau jour. Distinction purement interprétative : réponses visées. ba da. Typiquement. La phrase interrogative. Interprétation de la phrase interrogative: • question appel d’information (valeur prototypique) : le locuteur ignore la réponse. Qui est là ?/ présupposé : ‘quelqu’un est là’. les Thèmes sont des Topiques. prédicat logique DANS. Où est-elle ?/ présupposé : ‘elle est quelque part’. Réponse affirmative à une question oui/non de forme négative. 80 81 82 83 Le vers de La Fontaine se prête justement à une analyse différente. les sujets sont des Thèmes. en français. Sous-types. au cas par cas.2.  Interrogation alternative (à coordination disjonctive d’éléments : Préférez-vous la mer ou la montagne ? (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : Je préfère la mer/ Je préfère la montagne) .2. ils comportent). Exemples : Êtes-vous son père ? Qui êtes-vous ? question-écho (valeur marginale. des syntagmes nominaux définis. mais par des adjectifs (L’homme est mortel : prédicat grammatical est mortel. interrogation alternative polaire (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : si81/ non) : Aimez-vous la mer ou ne l’aimez-vous pas/ ou non ? / ou pas ? réponses : Si.

 Interrogation comme acte de langage indirect (stratégie communicative): Je ne trouve pas ce livre (comparer cette assertion à la question appel d’information : Où est ce livre ?).1.2. Interrogation totale directe. sais-je. elle. 25 .2. vois-je . fais-je.2. Interrogation totale. Marqueurs indicatifs vs descriptifs. Et inversion du sujet :   Inversion simple du sujet clitique: <verbe-clitique86 sujet> (trait d’union obligé : Es-tu encore là ?.1.   Et Est-ce que (version interrogative du présentatif c’est que+ structure phrastique87) : Est-ce que Paul est là ? 2. Noter que la valeur interrogative est également indiquée85 par l’élément introducteur (si : questions totales/ qu.3. Interrogation directe/ interrogation indirecte :  Interrogation directe : phrase indépendante. Inversion complexe : <sujet nominal + verbe-clitique sujet> (Paul est-il encore là ?). elles (pronoms personnels sujets) et ce (démonstratif sujet). insertion d’un -t. rare après le présent de l’indicatif (liste fermée : ai-je. inversion de je : systématique au futur et au conditionnel (dirai-je. Syntaxe de la phrase interrogative. nous. Interrogation totale indirecte. dois-je. entre je (clitique sujet) et ai (auxiliaire de temps) peuvent licitement intervenir les clitiques objets (le lui) et ne (négation clitique) : Je ne le lui ai pas rendu. vais-je. Clitiques sujets : je. 2. *mens-je. *Je ne sais si le docteur viendra-t-il Inversion (simple) du sujet non clitique bloquée : *Je ne sais si viendra le docteur.: questions partielles). 87 Construite par inversion simple du sujet clitique ce. 2.3. 1. …) . à l’écrit. tu. *pars-je.Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. et se terminant. il.2.3. à la faveur de la subordination) : Je me demande si Paul arrivera ce soir. 2.2. Interrogation partielle. éviter après d’autres monosyllabes : *cours-je. ils.1. Pour la mémoire : sont appelés clitiques les pronoms atones (=non accentués) qui présentent une contrainte d’’adjacence au verbe. après une montée sur le mot interrogatif 84 85 86 Information commune à une question et à sa réponse.3. elle. suis-je. Seuls peuvent intervenir entre un clitique et le verbe d’autres clitiques.2. Pourvue de valeur et de fonction interrogative. pourrais-je. Le plus souvent : intonation descendante (à l’instar des phrases déclaratives correspondantes). …).1.2. votre mari ? (comparer à : Il est toujours là. Réalisateurs (marqueurs). par un point d’interrogation.  Intonation ascendante suspensive optionnelle.3. Ainsi. *sors-je. enchâssée sous un verbe principal qui marque conceptuellement (= descriptivement) la valeur interrogative (mais pas la fonction : suspendue. puis-je.2.   Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. dis-je. Est-il encore là ?/ Qui est là ? Interrogation indirecte (discours rapporté en style indirect) : subordonnée complétive. à courbe intonatoire spécifique. Je ne sais pas qui arrivera le premier. 2.3. 2.  Intonation ascendante suspensive (sans modification aucune dans l’ordre des mots) : Il est toujours là. Après si : Je ne sais si le docteur viendra   Inversion du sujet clitique bloquée (inversion simple ou complexe) : *Je ne sais si viendra-t-il.euphonique après un verbe finissant en voyelle : A-t-il compris ? Parle-t-elle toujours aussi fort ?) . votre mari – à intonation déclarative descendante). Focus (foyer d’information nouvelle)/ présupposé (information partagée par le locuteur et l’interlocuteur84): distinction cognitive et énonciative.2. vous. Interrogation partielle directe. veux-je.

1. Qui est cet homme ? Quelle sera votre décision ?) ou ⊂ attribut (Quelles gens êtes-vous ? Quelles gens sont les Dupont ?) Attributs du sujet en variation libre : Qui / Quel Attribut du sujet à choix contraint : Qui/ *Quel(le.2.2. l’intonation ne serait plus guère un marqueur actuel de l’interrogation. lequel de(s)…). fais-je. selon l’analyse générativetransformationnelle standard. Paris-Louvain-la-Neuve : Duculot. 89 Souvent appelée.3. puis-je. Quelle rage de vivre et de dominer l’avait-elle soutenue ? (Druon).1. Laquelle de ces deux Mathilde (…) emporte-t-elle la sympathie d’Aliénor ? (Pernoud) [variantes permises – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 199190 : 526527] 2.2. dis-je.1. infinitif 2.Cas particuliers.s) : Attribut du sujet à choix Qui est cette femme ? Quelle est cette femme ? Sujet= SN [+humain] Sujet= pronom personnel [+personne.3.1. Inversion simple obligée :  Mot qu. dois-je. avec les verbes en -e → -é ( ?Pourquoi hésité-je ? /OKPourquoi est-ce que j’hésite ?).attribut (Qui êtes-vous ?. Joseph (1991) – Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne.1. sais-je. ± locuteur] Qui Qui Qui Qui suis-je ? sommes-nous ? es-tu ? êtes-vous ? *Quel suis-je ? *Quels sommes-nous ? *Quel es-tu ? *Quels êtes-vous ? Quelle est cette voiture ? Sujet= SN [-humain] 88 *Qui est cette voiture ? Inversion de je courante pour les verbes de la liste déjà mentionnée (ai-je. (porteur de l’accent focal).2. . Inversion simple du sujet non clitique (pronominal ou nominal) 89 – sans trait d’union: Que disait celui-là ? Que disait cet homme ? Quand est parti Jean (pour Londres) ?).sujet (qui : Qui l’a dit ?).1. Inversion complexe : Quand Paul repartira-t-il ? Mot interrogatif & est-ce que : Quand est-ce que Paul repartira ? -humain Qu’(est-ce) +sujet …qui -sujet …que Qui [+humain] est-ce que [-sujet] tu as rencontré ? Qu’ [-humain] est-ce que [-sujet] tu racontes ? Qui [+humain] est-ce qui [+sujet] veut encore partir ? Qu’[-humain] est-ce qui [+sujet] arrive ? Inversion (simple) du sujet clitique/ inversion (simple) du sujet non clitique : distributions distinctes (→structures syntaxiques bien différentes !) Inversion simple du sujet clitique (…) Verbe +TEMPS . suis-je. Mot interrogatif & inversion du sujet :     +humain Qui (est-ce) Inversion simple du sujet clitique (trait d’union obligé : Que disait-il ? Qui cherchezvous ? Qui est-ce ?88). quel…. vois-je : Pourquoi ai-je fermé ce tiroir à clé ?) . 90 Hanse. 26 . Les opérations stylistiques étant par hypothèse supposées être optionnelles. rarissime (tour très marqué. Dans ce second cas de figure. - Combien de gens l’ont vu ? Quel témoin a vu l’accusé ? Quelle folie avait pris Clémence ? Lequel de ces enfants a vu l’accusé ? Lequel de ses romans vous paraît le meilleur ? [variantes préférées – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 1991 : 526] Combien d’entre vous l’ont fait (+ l’ont-ils fait).1.⊂ sujet (combien de….clitique sujet (…) Formes complexes : auxiliaire Inversion simple du sujet non clitique … verbe +TRAITS SÉMANTIQUES PURS sujet non clitique (…) Formes complexes : participe passé. deuxième édition mise à jour et enrichie. seuls les cas où cette inversion est optionnelle devraient être nommés ainsi. dans la littérature : inversion stylistique.2. 2.2. vais-je.3. {Pas d’inversion : variante préférée/ inversion complexe : variante permise} : mot qu. veux-je. en particulier à l’oral). Inversion exclue : mot qu.2.

Même cas de figure donc que <Verbe + SNi+ SNj>. en sus de la lecture littérale compositionnelle (réponse attendue (par exemple): prof d’anglais). Inversion complexe obligée :     Négation excluant l’inversion simple du sujet non clitique: Depuis quand votre ami ne dort-il plus ?/ *Depuis quand ne dort plus votre ami ? Comparer à : Depuis quand votre ami dort-il? OKDepuis quand dort votre ami? Depuis quand s’est endormi votre ami ? Négation & mot qu. si l’objet est. 27 . Inversion simple du sujet non-clitique possible : Sujet SN (non clitique) : Je me demande ce que mon frère a dit/ ce qu’a dit mon frère. comme facteurs de risque sémantique (interprétatif). l’adjacence du sujet nominal inversé et de l’objet non clitique92.2. En quel sens excluant l’inversion simple du sujet non clitique : *Pourquoi rient les enfants ?/ OKPourquoi les enfants rient-ils ? *En quel sens parlent les fleurs ? / En quel sens les fleurs parlent-elles ? Pour éviter l’équivoque :   éviter la séquence <Verbe + SNi+ SNj> : *Où a trouvé Pierre ce livre ? OKOù Pierre at-il trouvé ce livre ? *À qui a donné Pierre ce livre ? OKÀ qui Pierre a-t-il donné ce livre ? éviter les phrases à deux arguments nominaux directs (=sans préposition) [+humain]: ???Quel ami [sujet ? COD ?] soupçonne votre fils [sujet ? COD ?]?/ ami votre fils soupçonne-t-il ? OK Quel Ce n’est pas évident que l’interdiction des séquences <V + sujet+attribut (du sujet. l’adjacence du sujet et de l’attribut accordé avec l’objet : - *Quand laissera celui-là [sujet inversé] les enfants [objet] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là laissera-t-il les enfants tranquilles ? *Quand nous [objet clitique] laissera celui-là [sujet inversé] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là nous laissera-t-il tranquilles ? tel n’est manifestement plus le cas avec l’attribut du sujet : - *Comment serait votre frère [sujet] si ingrat [attribut du sujet]?/ OKComment votre frère serait-il si ingrat ? 2. si.1.contraint : *Qui/ Quel Interroger sur la qualité Attribut du sujet +qu Interroger sur l’identité Que suis-je ? Que devient-elle ?91 Qui suis-je ? Qui est-elle ? Qui est cette femme ?   QueCOD (Que disent-ils ? Que veulent ces gens ? Que vont dire ces gens ?) Où est + SN (Où est votre guitare ? Où avait été votre guitare ?) 2. Interrogation partielle indirecte. dans le cas de l’attribut de l’objet on peut alléguer (à la limite). 2. Quel… ne pas (Quels étudiants n’ont-ils pas compris l’explication ?).3. Traduction en roumain : Ce mai face ?. lui. de l’objet)> tombe sous le même principe (éviter l’équivoque au niveau notamment de l’interprétation des fonctions grammaticales). Pourquoi.3. Inversion simple du sujet non-clitique préférée : Verbe plus court que le SN sujet : J’ignore où est cet employé (comparer : J’ignore où se trouve cet employé/ J’ignore où cet employé se trouve actuellement). un pronom clitique.3. Pas d’inversion :    91 92 Sujet pronom clitique (personnel.2.2. on) : Je ne sais où il est/ pour quand c’est.1.⊂ sujet (→négation excluant l’absence d’inversion): Combien de… ne pas (Combien d’entre vous ne l’ont-ils pas fait ?). ou. ce. Avec. En effet.2. une lecture idiomatique (disant à peu près la même chose que : Comment va-t-elle ?).

Je me demande qui est cet individu. renforcé par c’est qui/ que (éviter l’inversion de est-ce (que/ qui)) : Quand c’est que tu pars ? Qui c’est que tu attends ? Qui c’est qui a cassé le vase ? !!!*Que c’est que …   Terme interrogatif (qu-) + que (abréviation de Qu. 2.+est-ce que) : Où [est-ce] que tu vas ? Quand [est-ce] que tu reviens ? Qui [est-ce] que tu attends ? Terme interrogatif extrait par le présentatif c’est __ qui/que C’est quand que tu pars ? C’est qui que tu attends ? C’est où que tu vas ? ?? C’est quoi.93 Inversion simple du sujet non-clitique bloquée :   En cas d’équivoque (deux arguments nominaux directs (sans préposition) +humain): J’ignore qui [sujet ? COD ?] a rencontré Jean [sujet ? COD ?]/ OKJ’ignore qui [objet] Jean [sujet] a rencontré. 2.2. ou celle d'un état de choses désirable. voir cours de linguistique voué à la pragmatique (Licence. Tout énoncé implique aux moins deux relations : une relation entre la forme propositionnelle de l’énoncé et une pensée du locuteur (son «intention informative ostensive»).atribut.3.Inversion simple du sujet non-clitique obligée :  Mot qu. que tu veux ? [comparer à : quoi que (tu veuilles). Dans l’acception pertinente (circonstant de phrase). semestre 6). une pensée peut être l'interprétation d'une pensée attribuée (ou d'un énoncé attribué) à quelqu'un. Interrogation à l’infinitif. …). Quand elle est utilisée descriptivement. En quel sens exige. Interprétées comme vraies questions-appels d’information. Pourquoi excluant l’inversion simple du sujet non clitique94 : *Dites-moi depuis quand ne dort plus votre ami / *J’ignore pourquoi rient les enfants. Valeur fondamentale (cf. ou interprétativement. quoique(tu veuilles bien y aller)…] ?? C’est qui qui arrive ? 2. Interprétation non directive (question comme interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance) : théorie de la pertinence (Sperber & Wilson 1989). D'où les cas de figure ci-contre : METAPHORE : 93 94 relation interprétative entre la forme propositionnelle de l'énoncé et la Mais : Je me demande qui vous êtes (sujet clitique→ pas d’inversion). par exemple. au style indirect. 2.2. lexicalisation du verbe de pensée ou de parole sous-jacent dans la question au style direct (« portée sur le dire »): ?J’ignore en quel sens les fleurs parlent. Utilisée interprétativement. sujet SN (non clitique) : Je ne sais quel est votre avantage.2. peut être utilisée descriptivement.   Interprétation directive (question comme demande de dire.4. et l'une des quatre relations possibles entre une pensée et ce que cette pensée représente. Une pensée.3.4. sous-type directif donc) : théorie des actes de langage (Searle & Vanderveken 1985). 95 96 Cette question porte sur le procès même. comme toute représentation mentale douée d'une forme propositionnelle. Réponses : toujours des phrases infinitives (fuir. lutter. une pensée peut être la description d'un état de choses réel.2.3.1. interprétation de la phrase interrogative) : question-appel d’information. ou bien l'interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance. éviter l’inversion.   Terme interrogatif en position de base : Tu vas où ? Vous attendez qui ? Tu pars quand ? Tu regardes quoi ?96 Terme interrogatif en tête de phrase. 28 . Questions partielles portant sur un argument non sujet ou sur un circonstant : Que faire ?95 Où aller ? Comment retirer le poignard ? Interprétation : sujet non exprimé = locuteur/ indéfini générique équivalent à on.4. Tours familiers : préserver l’ordre des mots de la phrase déclarative. Pragmatique de l’interrogation→ pour détails. Négation . / OK J’ignore en quel sens tu penses que/ tu dis que/ on dit que les fleurs parlent. ou comme des question-écho (demande de précision : on n’aura pas bien entendu/ compris).

intègre exclamation et interjection à une même catégorie : 97 98 99 Fonctions du langage.4. de l’approbation100 ou de l’indignation101.4.3. T’aurais-pas cent balles ? [« Prêtez-moi 100 francs. Valeurs dérivées :   question-requête : Avez-vous l’heure ? [Quelle heure est-il s’il vous plaît ?. s’il vous plaît »]. Valeur argumentative : orientation vers le négatif (Il fait beau maintenant [→sortir]. bref. la réponse visée par l’interro-négatif (réponse préférée) sera : Si/ réponse non préférée : Non/ réponse exclue : *Oui. CONSEIL : QUESTIONS. elle est déjà partie. L’exclamation. question rhétorique (implique le contraire de ce qu’exprime sa forme grammaticale) : Es-tu parti pour Londres ? (→« Tu n’es pas parti pour Londres ») . s’il vous plaît »] . le lavabo ! (Ah ! [interjection+] Qu’il est beau ! [exclamation]) Qu’il est laid. et la portée cognitive (selon l’opposition cognitif/ affectif). la mégère ! [exclamation] Ah [interjection+]! Si elle était encore là ! [exclamation] Hélas [interjection+]. une réaction affective du locuteur.3. mais aussi de l’ordre de l’incrédulité. le bidet ! (Pouah ! [interjection+] Qu’il est laid ! [exclamation]) 100 C’est parfait ! [exclamation] Tant mieux ! C’est cela (+ça) ! Ça va ! [exclamations brèves. par exemple ! Ça alors ! [interjections] Ça alors ! [interjection +] Vous l’avez assommée. L’exclamation exprime « un sentiment vif devant un événement » . « une attitude affective du sujet parlant à l’égard de l’état de chose évoqué par son énoncé » (Riegel. mais fera-t-il beau ce soir [→ne pas sortir]?). fortement lexicalisées. 2. « Dites-moi l’heure qu’il est. s’il vous plaît »] . votre Dulcinée ! [exclamation] Tiens [interjection+]! Il pleut ! [exclamation] Ça alors [interjection+] ! elle n’est plus là ! [exclamation] Lui. relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses du monde . N’es-tu pas là ? (→« Tu es là »).Dubois & Lagane 1997 (1973) : 161). Cette approche. de l’ordre de l’admiration98 ou du dégoût99. EXCLAMATION : pensée qu'il représente . 2.2. ma bien-aimée ! [exclamation] Oh [interjection+]. souvent analysées comme interjections] Bravo ! [interjection] 101 102 103 104 105 106 Ça. au sens de Karl Bühler. Pellat & Rioul 2008 (1994): 387). relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées désirables – cf. n’est-ce pas ?/ Jacques est gentil. elle est là. Sperber et Wilson 1989: 347-348. elle est là. imbécile ! [interjection +exclamation] Ah [interjection+]. Pouvez-vous me passer le sel ? [« Passez-moi le sel. Dans tous ces cas de figure. voler un parapluie! 29 . de la joie102 ou de la peur103. en termes des fonctions du langage dans la communication (approche traditionnelle que nous appellerons de ce fait : fonctionnelle) refuse à l’exclamation à la fois la dimension actionnelle (acte de langage). le plus souvent. La phrase exclamative. Noter que l’analyse générative-transformationnelle standard du Constituant interrogatif comme type obligatoire de phrase repose crucialement sur l’hypothèse de l’interprétation distincte des questions (pour le type interrogatif) et des ordres (pour le type impératif). et. de l’étonnement106 etc. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées ou des énoncés attribués . Sémantique (non vériconditionnelle) : fonction expressive (affectivité) vs fonction référentielle vs fonction d’appel (ou : directive)97.2. non ?).IRONIE : ASSERTION : DEMANDE. du souhait104 ou du regret105.2. Qu’il est beau. Cas particulier : les questions appel de confirmation (N’est-ce pas que Jacques est gentil ?/ Jacques est gentil. relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses désirable. 2.

augmentée d’un élément de l’ordre du sentiment (insatisfaction (PLAINTE). Approche cognitive : pragmatique inférentielle (Théorie de la pertinence). en second. de l’ordre du souhait que ce soit plutôt l’autre alternative qui se réalise.1. par la ponctuation [?!] : Elle est déjà partie ?! (exclamation surajoutée à une vraie question appel d’information107) Elle est allée où ?! (exclamation surajoutée à une question-écho) Que ne le disiez-vous plus tôt ?! (exclamation surajoutée à une question rhétorique). Sa voiture est chez le garagiste. Langue Française n°22. tristesse (LAMENTATION). mais aussi du doute. pour l’interro-exclamatif. La question se pose de savoir comment l’interrogation (alternatives épistémiques polaires (OUI/NON) activées à la fois) survit alors à l’exclamation (qui n’en active par hypothèse qu’une seule. et qui expriment une attitude psychologique de l’ordre de la croyance (à l’instar des actes représentatifs. … : A : La voiture de Marie n’est plus dans le parking. Les théories de l’énonciation. Syntaxe de la phrase exclamative:   type obligatoire ? (← contour prosodique propre) .: Mais quand/ où a-t-elle bien pu partir ?!. soit en assimilant. de l’ordre de l’incrédulité face aux indices situationnels pointant vers la première de ces alternatives (OUI).3. l’état de non savoir préalable du locuteur (alternatives épistémiques ouvertes : ‘Elle est déjà partie’ (OUI)/ ‘Elle n’est pas encore partie’ (NON)). Exclamation = Assertion emphatique (croyance + sentiment).- - soit en définissant d’emblée les interjections comme espèces d’exclamations (l’exclamation étant entendue. l’exclamation n’est pas mentionnée en tant que telle. parfois faites d’un simple cri. du souhait ou du regret. comme modalité « de l’énoncé » (vs type de phrase). se rallient à la même perspective : Exclamation = Assertion + « quelque chose en plus » (Antoine Culioli – théorie des opérations énonciatives108) Exclamation = Assertion du haut degré/ du degré extrême. condoléances.2. Dans le classement des actes de langage proposé dans Searle (1972 (1969)). 108 CULIOLI. mais en l’occurrence plutôt empreinte du regret (pour son départ précoce)/ souhait qu’elle ait été encore là (‘pourvu qu’elle ne soit pas partie !’) ou bien d’une question rhétorique au sens usuel . Antoine (1974) – «A propos des énoncés exclamatifs ». elle est partie plus tôt que prévu. 2. le plus clair de ses marqueurs morphosyntaxiques (sinon prosodiques). B : Elle est déjà partie ?! A : Oui. de l’ordre du regret que tel puisse être le cas. Approches alternatives de l’exclamation. si l’interrogation totale à inversion du sujet (clitique) semble exclusive de ce cumul de valeurs modales. 2. de la possibilité et de l’éventualité): « exclamations brèves. [réponse attendue/ espérée] Remarquer que. tel n’est pas le cas des questions QU. remerciements…). en notation : « croyance + y ».1. elle. y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). si l’ajout de l’exclamation achève de convertir une question a priori non orientée en question orientée. de manière assez systématique. cumul de valeurs modales explicitement consigné à l’écrit. Approche actionnelle : théorie des actes de langage. 30 .[réponse non préférée]/ Non. dont l’assertion). les interjections aux phrases exclamatives (« les interjections. mais la description des actes EXPRESSIFS se laisse extrapoler à l’exclamation : ce sont des actes typiquement réalisés par des phrases exclamatives (excuse. à côté non seulement de l’affirmation ou de la négation. l’exclamation (ou plutôt : la forme moins que propositionnelle car incomplète de l’énoncé exclamatif) fournirait une interprétation de l’assertion du haut degré/ du degré extrême 107 L’interro-exclamatif y exprime alors.1. Sous cette analyse. et. le cas échéant. et son attitude subjective. destinées à mettre en relief un sentiment ou un geste ». sur le mode de l’évidence). n’est-ce pas ?. dans l’espace francophone.1. Paris : Larousse. Ce qui est remarquable dans cette analyse. de l’interrogation.3. à la fois. elle est en réunion.3. la critique. félicitation. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)…) –soit. ni de l’interrogation – modalités avec lesquelles l’exclamation partage. s’il s’agira d’une sorte de question appel de confirmation (comparable à Elle n’est pas encore partie. parfois envisagées en tant que classe grammaticale (Mauger 1968 : 382). 2. peuvent être assimilées à des phrases exclamatives » – Dubois & Lagane 1997 (1973) : 162). Rapprochement (et opposition) dire QU-/ demander QULa forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase exclamative (graduelle) interprète une pensée qui est ellemême l’interprétation d’une pensée désirable (assigner une valeur à la variable liée par le mot exclamatif : pertinent pour l’interlocuteur/ assigner une valeur à la variable liée par le mot interrogatif : pertinent pour le locuteur). type optionnel ? (← type non exclusif de l’assertion. de l’ordre ou de la défense. c’est que cognitif et affectif y sont réunis plutôt qu’opposés l’un à l’autre (à l’encontre de l’analyse traditionnelle en terme des fonctions du langage (fonction expressive). dont la fonction est d’exprimer un sentiment plus ou moins vif.

2. Univers de croyance vs image d’univers : au lieu de conférer lui-même à une proposition une valeur de vérité. 31 . 20)  Hétéro-univers (U’. le contexte est transparent : dire qu’Œdipe épousa Jocaste. 114 115 Avec le passé simple (sans verbe modal désidératif). Indéfini : parce que toutes ces propositions ne sont pas explicitées (propositions latentes tenues pour respectivement vraies ou fausses). à l’occasion. sa réussite étant évoquée dans un monde contrefactuel (¯m – je n’arrive pas à « dessiner » la barre sur la lettre !!!). Bruxelles : Mardaga. dans le texte comme m barré. Images d’univers : notion qui ‘couvre toutes les modalités épistémiques’ (p. Notions opérationnelles.1. aura des contenus plus ou moins précis). la pensée ou la croyance (« l’énonciateur ») . Approche vériconditionnelle de l’exclamation (théorie des univers de croyance – Martin 1987109). du discours direct et indirect. (2) l’ensemble des mondes alternatifs du monde m0 de ce qui est . Génèrent des hétéro-univers : 109 110 111 112 113 MARTIN. Ne sachant pas que la femme appelée Jocaste était également sa mère. énoncée par des locuteurs différents. dans le discours (du locuteur).fournit une interprétation de la réponse.3. Mondes possibles : (1) totalité inconditionnée de faits non contradictoires (le monde actuel = un monde possible parmi une infinité d’autres : extension infinie du POSSIBLE. tient pour vraies ou qu’il veut accréditer comme telles113. L’un seulement des mondes possibles deviendra « le monde de ce qui est ». Univers de croyance : l’ensemble indéfini des propositions que le locuteur. 2. La représentation. p) ou fournies par le co(n)texte interprétatif)). Distinct de la notion d’univers de discours (=ensemble des circonstances dans lesquelles une proposition peut être dite vraie (circonstances décrites par des adverbiaux de phrase (sous l’Ancien Régime. En termes de valeur de vérité relativisée aux univers de croyance et aux mondes possibles. faits mémorisés : la même phrase. Si Pierre avait réussi laisse entendre que Pierre n’a pas réussi. POSSIBLE intemporel) .3. d’un univers de croyance qui n’est pas le sien ici-et-maintenant. le long de l’ouvrage.3. Noté. de l’usage de certains adverbes. Mondes potentiels (m): ne contiennent aucune proposition contradictoire avec celles de m0 (mondes qui présentent comme vrai ou comme faux ce qui apparaît dans m0 comme possiblement vrai ou comme possiblement faux110). Mais il est évident. quand l’avenir sera lui aussi devenu du passé. c’est dire qu’il épousa sa mère (même si Œdipe ignorait l’identité référentielle /Jocaste = sa mère/). est appelée image d’univers. ou bien l’univers du locuteur en un temps autre que t0 (le temps de l’énonciation). Il est possible que Pierre soit revenu évoque un monde où Pierre est revenu est une proposition vraie. Robert (1987) – Langage et croyance. que l’auteur emploie le terme.1. U’’…) : l’ensemble de propositions que tient pour vraies celui dont le locuteur rapporte les dires. au moment où il s’exprime. Le « monde des attentes » : chaîne privilégiée ayant toutes les chances de se réaliser (parmi le champ infini des possibles ouverts en t0).3. Uil est-il censé noter « l’univers de croyance de il » (table des abréviations et des symboles).1. dans son acception la plus large (la plus naturelle aussi) de terme complexe s’appliquant à tout sujet de conscience : ainsi. Les univers de croyance dans la théorie sémantique. ces mondes alternatifs ne diffèrent de m0 que par une proposition ou par un ensemble de propositions qui s’y trouvent non vérifiées (conception temporelle du POSSIBLE). Mondes contrefactuels (―m111): contiennent au moins une proposition contradictoire avec celles de m0 (et donnent donc pour vraie une proposition admise dans m0 comme fausse112). le locuteur peut situer cette proposition dans quelque univers qu’il évoque.correspondante – de même que la (forme moins que propositionnelle car incomplète de la) question QU. de l’emploi des temps et des modes. Notion opérationnelle pour l’analyse de :     des contextes opaques (Oedipe voulait épouser (vs épousa114) Jocaste/ *sa mère115) . Variable selon les informations que le locuteur possède (connaissances acquises.

d’où sans doute l’idée que la prise en charge par un énonciateur spécifique (locuteur actuel117. je sais que p) ? J’avoue ne pas saisir la portée pragmatique exacte de cette distinction. 120 Comparer : En résumé. le participe passé du verbe. quoique fausses en t0. donc l’ensemble des propositions vraies dans des mondes accidentellement contrefactuels. on = ‘tu’. Si – selon interprétations ‘marquées’ de on – la référence du pronom personnel [+humain] à sémantique référentielle vague se laisse dévoiler discursivement (en présence. … : Il est certain que p – énoncés à pronom sujet impersonnel (explétif il). C’est là un indice à proprement parler linguistique de la sémantique ‘déviante’ du pronom. Dubois & Lagane 1997 (1973) : 90-91). je vous avais dit que p… le conditionnel dit de l’information incertaine (de distanciation – n. Rappel : on est un pronom de troisième personne qui désigne toujours des humains (= ‘n’importe qui’. Remarque : Dans toutes ces interprétations marquées. 32 . Emplois particuliers (avec diverses valeurs de style) : on = ‘je’ (On fait ce qu’on peut). ou l’interlocuteur et/ou un (des) tiers). exposant participant d’une stratégie allocutive. jamais toutefois pour le verbe porteur de l’information de temps et de personne. Ex. les verbes d’attitude propositionnelle (croire. à la vérité de la proposition posée comme certaine. ou autre118) serait complètement dépourvue de marquage linguistique). À distinguer des propositions fausses qui ne sauraient être vraies en t0 (car étant le fruit de la seule imagination du locuteur : Si Napoléon était au pouvoir… (prononcée en 2011)). au vraisemblable. ne s’emploie qu’en tant que sujet. et qui définissent des mondes esentiellement contrefactuels. on peut. Pierre a réussi ∈ ―U). penser…) et les verbes de parole (dire que. n’est-ce pas ?) il s’agira de l’hétéro-univers d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours (l’interlocuteur. Anti-univers (―U) : l’ensemble des propositions qui. et commande un accord du verbe au singulier : Quand on veut. Notation en usage : 116 117 118 119 Sorte d’image d’univers ‘en ligne’. au codage linguistique (grammatical) de la prise en charge par le locuteur actuel (ici: présent de l’indicatif). on = ‘nous (moi +d’autres)’ – accord de l’attribut du sujet ou du participe passé avec le sujet réellement visé : On est arrivés en retard). demander si…) . Je sais que p). il est bien certain que p. ‘vous’ (Alors. toutes les autres étant ‘hors ligne’. Image (en ligne) d’un univers ‘anonyme’ (modalisateur épistémique renvoyant anonymement au certain. les verbes d’attitude propositionnelle (ou de parole) à un temps autre que le présent (de l’indicatif) : je pensais alors que p. le locuteur assume cette certitude autant – sinon plus – que lorsqu’il dit je crois que p. une description de l’univers actuel du locuteur (à l’instar d’énoncés épistémiques à sujet modal je du type de je trouve certain que p. En l’absence de tout renvoi à quelque autre énonciateur (à la faveur de la construction impersonnelle).n. je sais que p). on fait l’intéressant ?). Commentaire : Cette analyse ignore l’apport sémantique de la forme verbale (traits de temps-aspect-mode (TAM)). je m’imaginais que p. toutes choses égales par ailleurs120. auraient pu être vraies (=que l’on imagine être vraies). d’indices linguistiques (tel l’accord). ‘les gens’).). mon petit/ ma petite fleur/ mes petits. je crois que p. puisqu’en disant il est certain que p (vs on est certain que p : hétéro-univers de la ‘voix publique’ si ce n’est d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours). ou textuels (co-texte intra-phrastique: apostrophe. Comparer à Je crois que p Comparer à Paul croit que p. pour vous. Cf. Comment d’ailleurs exprimer la distinction entre il est certain que p et on est certain que p (forme personnelle à sémantique vague qui préserve elle aussi le caractère (référentiellement) anonyme du sujet modal. à moins d’accepter que la construction impersonnelle véhicule.    à une personne autre que je.   Image de l’univers de croyance116 (description de l’univers actuel du locuteur : Je crois que p. Jamais pourtant avec ce que Martin 1987 appelle image d’un « univers anonyme ». la langue familière accepte l’accord référentiel avec le sujet visé pour l’adjectif attribut. mais projette un hétéro-univers de la ‘voix publique’119. à moins que on ne désigne le locuteur lui-même ou le locuteur lui-même et un (des) tiers : auquel cas nous serons présentés avec une image (en ligne) de l’univers de croyance (du locuteur). éventuellement. à la première personne du singulier (je). …) : on est certaine/ certains de ce que l’on avance. elle. ‘tout le monde’. les traits TAM exprimeront (par défaut : seul sujet de conscience d’accessible dans le contexte énonciatif/ interprétatif) le degré d’adhésion du locuteur actuel. : Si Pierre avait réussi (Pierre n’a pas réussi ∈ Uje.

Uon (univers ‘anonyme’ [ ?] – s’agirait-il de la voix publique [comme dans les dictons et autres proverbes] ?). interrogative rhétorique (question oui/non à réponse orientée) ou interrogative indirecte en si + INTONATION .3. l’effacement de la proposition racine : l’interrogation est attribuée à quelqu’un d’autre.1. [structure de phrase assertive] Mais elle est là ! (en réponse et s’opposant à une assertion de l’interlocuteur : Marie ne viendra pas.7) & réalisateurs. Uil (univers de de il). la mise en doute interrogative est présentée comme injustifiée.3.2. n’était-il pas présent quand la décision a été prise ! Comparer à la question inversive correspondante (une question à réponse orientée): N’était-il pas présent quand la décision a été prise ? (= il était présent quand la décision a été prise. Autres constructions :  [exclamation non graduelle & emphase par extraction du constituant focalisé (phrase clivée) : C’est maintenant que tu le dis ! C’est René qui a été surpris ! (GM : 405).3. 33 .3. Classement des phrases exclamatives (Martin 1987 : chap.2.2.p vérifié jusque dans les cas extrêmes (parcours des possibles : mondes potentiels m (relevant de l’univers de croyance U)) / fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) Exclamation graduelle Forme interrogative (inversion du sujet clitique. 121 122 123 Exemples de l’op. pas vrai ? exclues !] Mais enfin. Formants qui se rattachent directement au composant « p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo » (formes qui assertent p ou évoquent p (même quand elles interrogent non-p): 2.3. combien de… . tout le monde l’accepterait ») Comment est-ce possible ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Comment est-ce possible ? (= « ce n’est pas possible ») →exclamation contradictoire : le réel contredit les attentes du locuteur. quant à la valeur de vérité de la proposition elle était là.1. non graduelle Forme assertive. car se heurtant à l’évidence des faits. de consécution (si/ tellement + adj/ adv & ellipse de la subordonnée consécutive). (sauf stipulation).Ui (univers d’un locuteur donné à l’instant i)/ Ui+k (univers d’un locuteur donné à l’instant i+k)/ Uje (univers du locuteur (actuel)). 2. Si elle était là ! Si elle est là ! Noter la troncation. de comparaison (comme). si.} mais elle est là.cit.3. et négative à une question affirmative (Le vois-tu là ?). combien…. Selon l’inversion de polarités : réponse affirmative à une question négative (N’est-elle pas charmante ?). [structure de question rhétorique (équivalent fonctionnel d’une assertion. Qui exprime l’ignorance du locuteur. diverses (autres) procédures d’effacement +INTONATION 2.) Comparer à l’assertion (enchaînement en discours homogène): {Nous ne l’attendions pas. mécanismes de pseudosubordination que/ ce que).2.2. qu’est-ce que).1. n’est-ce pas ?) Qui ne l’accepterait ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Qui ne l’accepterait ? (= « n’importe qui l’accepterait./ Elle n’a pas été invitée. Exclamation non graduelle121 2. U’ (image d’univers) . du fait du caractère fortement orienté de la réponse122) – formes finissant en n’est-ce pas ?. Comparer à la question indirecte oui/non correspondante : Vous vous demandez [maintenant] si elle était là [alors]. U’je (univers du locuteur en un temps autre que t0). non ?. Tours non tronqués : Vous pensez si elle était là ! Pensez si elle était là ! (« bien sûr qu’elle était là ») Malgré la forme d’interrogation indirecte. d’indéfinition. 2. 2.2.3.1. quel…. vous pensez si (à la différence de vous savez si123) est confiné à l’exclamation.2.1.1.3.p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo (univers de croyance U)/ fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’: contradictoire avec l’univers actuel du locuteur) évidence dans l’univers de croyance (du locuteur) U .

en tant que juge : écart quantitatif en intensité de la propriété : noter les données prosodiques distinctes de la phrase interrogative correspondante127] [questions qu.1. Voir Naples et mourir ! (« Si je voyais Naples je pourrais bien mourir.3. que p est de fait vrai dans tous les cas.. p est faux dans au moins un monde possible » (de son univers de croyance – op. [formes interrogatives : questions oui/non directes (inversion simple du sujet clitique).1. [écart en intensité de la propriété] Quel juge a été désigné ! [→bien mauvais.2.3.3.   Et [sujet] qui ne [Verbe] pas ! « ajout d’un argument négatif » : Et Tristan qui n’est pas là ! (GM : 406) [exclamation non graduelle & emphase par dislocation du Topique] : La grammaire.3. [Formes sémantiquement liées au contrefactuel – formes qui évoquent non-p] : Même Pierre est venu ! (« Pierre n’est pas venu » est vrai dans plusieurs mondes contrefactuels : sa venue est étonnante en t0) Il est déjà là ! (=on s’attendait à ce qu’il ne fût pas encore là) S’il avait réussi ! (« Pierre n’a pas réussi » est vrai pour le locuteur) Dommage que tu ne sois pas avec nous ! (« Tu es avec nous » (=non-p. Apostrophe. GM : 406).2.directes (portée sur le syntagme nominal dans son entier exclue .2. [Formants qui se rattachent au composant « parcours des possibles »] 2. Ce qui revient à reformuler en termes de mondes possibles la sémantique des questions fermées OUI/NON. 2.3.1. indirectes (si dubitatif)] Ces formes « suggèrent » (je dirais plutôt.1. à ses yeux. Est-elle charmante ! Si elle est charmante ! 2. ici : connotent) la fausseté de p dans au moins un monde possible (comme il en va en général des questions fermées (interrogations totales : « le locuteur ignore si p si et seulement si. 34 . il n’ya pas d’exclamation qui corresponde à une QAI ouverte (interrogation partielle) telle : Qui a été désigné comme juge ? #Qui a été désigné comme juge !).3. signification des exclamatives morphosyntaxiquement semblables aux interrogatives partielles : écart quantitatif en nombre ou écart en intensité de la propriété)] 2.3. montée de la courbe intonatoire sur le même mot. où p est déjà négatif) vrai dans un monde contrefactuel) [Subjonctif de protestation]: Moi. Exclamation graduelle Pré-requis : prédicats désignant des propriétés sujettes à gradation.1.1.3.3. Octave !125 (…) tu as un pied de rouge sur les joues ! (Musset.3. Comparer : Est-elle charmante ! / ???Est-elle ingénieur ! Est-elle grande ! /*Est-elle grande de 1m85 ! *Que ce triangle est isocèle ! 2.3. je ne m’en lasse jamais ! (GM : 406) [exclamation non graduelle renforcée par apostrophe et/ou interjections] : Quoi !124 cette nuit ne finira donc pas ! (Bernanos. elle.2. que je fasse une si pauvre chère ! (« je ne ferai pas… ») [Infinitif d’exclamation]: Moi.2.2. cit. apud GM : 407). même dans le cas où on pourrait le supposer être faux (cas extrême). montée de la courbe mélodique sur juge (le prédicat quantifié quant à l’intensité de la propriété : ici. cela ne me ferait rien » (→infinitif de souhait)). héron. p. Quel juge a été désigné ? (accent focal sur quel.3. Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) » 2.& ellipse de la copule : construction de fait exclusive de l’interrogation ] Quelle fille charmante ! (*Quelle fille charmante ?) 124 125 126 127 Interjection. [Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’ ) »] 2. 24)126) . [formes interrogatives : questions qu.1. descente sur juge)/ Quel juge a été désigné ! : départ bas sur quel.3.3. de la qualité de juge).2. l’intonation exclamative indiquera. 2. renoncer à mon projet ! (« je ne vais pas renoncer … »).

3. à savoir que [que2 appositif] p (= (qu’) elle est charmante) ». 35 .7. que n’êtes-vous ici ? (Hugo. C’est là une analyse sémantique de type ‘what you see is what you get’ qui n’exige plus d’implicite laborieux (rasoir d’Occam131). signifiant « comme ». ce ne sont ni plus ni moins que des évolutions diachroniques. où que2 n’est plus appositif. apud Nouv. ni de que p (par troncations successives) – cf. En général.3.Condition nécessaire : propriété « attachée de manière durable » au sujet (définition d’une « classe de référence »)128. analyse conforme à l’avis des dictionnaires de langue. C’est-à-dire : qui suspend la valeur de vérité : dans une subordonnée (Je crois que Marie est charmante). tantôt (et c’est là je crois l’option correcte) on pose ce rapport. et reproduisant ainsi. également analysées dans la référence commentée en termes de pseudo-subordination. il s’agirait au contraire d’une pseudo-subordination. nous en rapprocherons plutôt la forme des questions appel d’information à complément de relation telle Qu’est-ce qu’il a écrit(. Rob. « … » … (énumération des bouquins écrits (titres) : référence à des particuliers) & glissement d’une lecture qualitative (d’identification : énumération de particuliers) à une lecture quantitative (nombre de(s) particuliers (énumérés)132. 2. Cela vaut (plus ou moins) de l’ensemble des analyses de Culioli (1974. note 22. à l’instar des tours Ce qu’elle est charmante ! Qu’elle est charmante !. Diachronie (étymologie de que adverbe exclamatif intensificateur. provoquant le parcours des possibles] cela est. Le tour serait glosé à: « Que [que1 suspensif129.2. comparer à À quel point est-elle belle ? insolite sémantiquement si ce n’est pragmatiquement (À quel point est-elle intelligente ? c’est bien mieux comme acceptabilité). il faudrait y voir des ellipses (avec tout ce que cela comporte de restrictions en syntaxe et sémantique grammaticale) . 1992) et de Martin (1987). malgré l’apparente relation de parenté formelle entre qu’est-ce que P !/ ce que P !/ que P !. cit. ‘combien’) (vs conjS). Contre-argument à l’analyse en termes de subordination : l’inversion du sujet clitique !!! Qu’elle est belle ! *qu’est-elle belle ! (subordination) Qu’est-ce qu’elle est belle ! (phrase racine) Nous adopterons ici l’analyse plus directe selon laquelle que1 est un adverbe intensificateur QU. p.(‘à quel point’. « combien ») : dérivé du que interrogatif « pourquoi ». 131 132 Le rapport à l’interrogation invoqué dans la référence citée en termes assez ambigus : tantôt on allègue une sorte de ‘source’ d’ordre interrogatif (approche informellement transformationnelle).) comme bouquins ? – à réponses visées non du type de : Il a écrit des romans (spécification de l’espèce de bouquins (prédication sortale)) mais du type de : Il a écrit les romans suivants : « … ». Glose bien plus difficile (moins naturelle) pour : Qu’est-ce qu’il a écrit comme bouquins ! [quantification d’objets vs intensité de propriété].cit. Sous cette analyse. mais grammatical. en termes de simple proximité formelle superficielle (rapport homonymique des constructions). ce qu’il a écrit comme bouquins »). 130 Olivier et Roland.2. P. qu’est-ce que p ! n’est pas à l’origine de ce que p. 107. en matière de recherche scientifique. Principe d’épistémologie qui privilégie. hors ligne.. (les données diachroniques s’y opposeraient : qu’est-ce que p ! attesté le plus tard).1. une évolution sémantique déjà réalisée en latin pour quid (étymon de que interrogatif « pourquoi »). en synchronie. Comparer : Quelle fille fatigante ! /*__________fatiguée ! Quelle fille maladive ! /*_________ malade ! Qu1’est-ce qu2’elle est charmante ! Selon Martin 1987.Mais ce rapprochement n’est lui-même pas entendu comme pertinent en synchronie. chap. 2007). op. mais relatif ( ??« que cela est. en français. postuler des ‘opérations énonciatives’ trop étoffées en amont de ce qui se laisse effectivement observer (lien entre opérations sous-jacentes et formes observées rétabli à coup de troncations) participe d’une politique assez douteuse : comment en effet traiter les troncations requises – en ligne. le rapport à l’interrogation n’est plus directement pertinent en synchronie: la phrase exclamative comporte un ouvreur d’alternatives épistémiques à proprement parler exclamatif (spécialisé pour l’exclamation) – ainsi qu’il est aisé de le prouver : *Qu’est-ce qu’elle est belle ? (avec l’interprétation visée ici pour que : « à quel point » vs « pourquoi »130) . du moins 128 129 Op. L’auteur met en garde cependant que. la solution la plus simple. [écart quantitatif en nombre] Quant aux phrases exclamatives en Qu’est-ce que… à sémantique de quantification d’objets (que2 relatif). le que initial (en termes génératifs : complément(is)eur) suspend la valeur de vérité de la proposition : c’est par le truchement de la principale que la subordonnée peut se voir assigner une valeur de vérité).

apud GM133 : 404). ?Folle qu’elle est !/ OK Qu’elle est folle ! 36 . dont ce est l’antécédent.3. et non comme conjonction de subordination).3.à l’origine interrogatif. le prédicat est vérifié] Elle est si charmante ! Comparer à l’assertion correspondante non tronquée : Elle est si charmante que vous allez l’épouser.3.2. on aurait présupposé que x est exemplairement P .2. à la fois avec l’interrogation et avec l’exclamation. peu de…) – que de spécialisé pour l’exclamation #Qu’il y a des gens dans la rue ! 2. que fonctionne comme relatif. apud GM : 406) Comparer : Fou que tu es ! [-gradation sur un prédicat par ailleurs gradable]/ Que tu es fou ! [+gradation] 133 134 135 136 Grammaire méthodique… GM : 404. lui. dans cette logique.3. [indéfinition – à compléments/ qualificatifs possibles seulement suggérés : tous ces compléments (parcours des possibles) vérifient ce qui est dit] Elle a un (de ces) charme(s) ! Elle portait un chapeau (un de ces chapeaux) ! C’est d’un pénible ! 2. spécialisé dans l’exclamation134] Comme elle est charmante ! Comme elle s’exprime bien ! Analysé dans Martin 1987 en termes d’auto-repérage135 : [elle est charmante] comme elle est charmante + ellipse de la phrase racine. [pseudo-subordination : que suspend la valeur de vérité et déclenche le parcours des possibles] Qu’elle est charmante ! Ce qu’elle est charmante ! [quantification sur l’intensité d’une propriété : que = conjonction de subordination. supra) à extraction du prédicat susceptible de gradation (Topicalisation-focus)] : Octave ! [apostrophe] ô [interjection] fou que tu es ! (Musset. dans ces contextes (=quantification d’objets). 2. : comparant spécifié distinct du comparé).4.2. résidu d’un cela)] Ce qu’il a écrit comme bouquins ! (*Qu’il a écrit comme bouquins !: preuve (selon R.2. parcours des possibles présupposé] Le charme ! Le chapeau ! Ce charme ! Ce chapeau ! Dérivation postulée : Elle a un chapeau (indéfinition déclenchant le parcours des possibles déterminations (compléments))→ Le chapeau qu’elle a ! → Le/ Ce chapeau ! 2.5. directement (« combien ») – compatible. du point de vue de la propriété P (quelle que soit cette propriété).3. [tours elliptiques définis : contre-exemple apparent .3.2. 2. belle comme Vénus.2.3. introduisant une proposition en apposition à ce (selon l’auteur. Ouvreur d’alternatives épistémiques à statut de quantifieur (déterminant quantitatif : beaucoup de.3. comparer une jeune femme à ellemême pour ce qui est du charme « conduit à la conclusion qu’elle est exemplairement » charmante (propriété quantifiée dans l’exemple donné). Combien de films ont été censurés ! Combien de courage a-t-il fallu ! Que de trésors éclos en mon absence! (Colette.2. Interprétation : si on l’avait comparée à x (laide comme un pou.3. assez de.6.pas au sens fort (qui consisterait à voir dans l’exclamative une transformée de l’interrogation correspondante).3.3.2. [consécution – sans conséquence spécifiée : quelle que soit la conséquence. [exclamation graduelle renforcée par apostrophe et/ ou interjections & forme (surtout) interlocutive 136: pseudo-subordination (voir 2. 2. Mécanisme postulé par Culioli 1974 (schémas circulaire de repérage).3.7. etc. [comparaison – sans comparant spécifié : mot qu.3. Martin) du fait que. Que1 doit être analysé en synchronie en termes d’ouvreur d’alternatives épistémiques portant sur le nombre.

ou indication de force illocutionnaire). 137 Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. car n’affectant pas le ‘contenu informationnel du message’. 138 Mise en vedette du foyer d’information nouvelle par un présentatif (c’est… qui/que. il est déjà parti pour Paris. …) : C’est PAUL qui est arrivé le premier.3. note 32. focalisation&clivage138) . descriptive. les modalités de message ressortissent. Les modalités du message L’interprétation des modalités dites ‘de message’ concerne de manière cruciale la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe Mircea) – où les capitales marquent l’accentuation focale). 37 . dans cette version du modèle. mais non redoublée d’une topicalisation de l’objet → phrases « thétiques »). aux types de phrase facultatifs : • • • emphase (topicalisation137 . Syntaxiquement parlant. défini en termes fonctionnels relatifs à la base de a grammaire (constituant syntagmatique responsable de la génération de la structure profonde) – Chomsky 1965 : 221. passif (dé-topicalisation du participant agissant au procès & topicalisation du participant non agissant) . voilà… que. impersonnel (disparition du thème (ou : topique). Cela en légitimera le traitement transformationnel (vs basique): le topique et le commentaire sont envisagés. comme nous l’avons déjà évoqué dans le chapitre introductif. donc à nouveau : dé-topicalisation du sujet. Pour la distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). Voilà TROIS JOURS qu’il est parti. comme des fonctions définies (exclusivement) au niveau des structures superficielles. C’est À PAUL que je voudrais parler. en particulier dans les langues dépourvues de tours présentatifs susceptibles d’instancier des structures phrastiques à clivage. par opposition au couple sujet/ prédicat. Au sens des Aspects… la hiérarchie informationnelle d’une phrase énoncée participe d’une « fonction d’emphase » au sens large dépourvue de contribution sémantico-logique (=contribution propositionnelle. ou à clivage rarement employé.

information considérée par le locuteur comme devant être intégrée par l’auditeur parmi ses informations pragmatiques en toute priorité (Dik 1997:326). interprétation de la construction entière). 3. Focus : l’information relativement la plus importante ou saillante dans la situation de communication donnée.1. Un élément est choisi dans l’ensemble des alternatives contextuelles possibles. par d’autres caractéristiques phonologiques (prosodie). en règle générale par un ensemble de moyens phonologiques (comme l’accent. 38 . J’ai acheté mon chapeau à Paris. Grammaire fonctionnelle : catégories Focus et Topique.3. lexicaux (comme les particules sensibles au focus (=opérateurs de focalisation) : seulement) et syntaxiques (comme la position du terme focalisé). en français (comme en anglais) : membres de phrase les plus à droite (derniers à être prononcés) : J’ai acheté mon chapeau à Paris. - constructions in-situ : focus d’information. à focus symétriques – même fonction grammaticale. C’est là une différence essentielle par rapport aux constructions de topique. si bien qu’il reste une lacune (analysée en grammaire générative (version « standard étendue » : « théorie du gouvernement et du liage ») comme trace de l’élément déplacé en tête de phrase).-à-d.1. L’élément en question est marqué comme celui – à l’exclusion de toutes les autres alternatives – pour lequel la prédication vaut (parcours exhaustif des possibles). J’ai acheté mon chapeau non pas à Londres. Typiquement. la réponse à une question QU. Il s’agit de la partie de l’énoncé qui représente une information nouvelle (nouvelle pour l’auditeur) non-présupposée. en français. mais à Paris.1. Comment tu le trouves ? Un ‘accent noyau’ dans une position autre que celle prédite par la règle indiquerait un focus expressif ou contrastif : Jai acheté mon chapeau à Paris (non ma jupe) ! Constructions in-situ et focus de contraste (constructions corrélatives.(nombre illimité d’alternatives épistémiques ouvertes. Négation restrictive: Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris J’ai acheté seulement mon chapeau à Paris. c’est la possibilité de substitution d’une autre option à l’option actuellement en focus). cet élément se trouve en contraste avec les autres options (ce qui est exclu. position ex-situ : le terme focalisé se trouve à l’initiale de la phrase. Le marquage grammatical du focus est réalisé. Position d’accent de phrase déterminée par la syntaxe (‘règle d’accent noyau’ – Chomsky 1971). sont séparées par une pause ainsi que. - position canonique (in-situ) : le terme focalisé garde sa place ‘de base’ (position à légitimation sémantique propositionnelle vs fonctionnelle) . - constructions ex-situ : focus d’identification (ou : de contraste). le ton. même rôle sémantique): Je n’ai pas acheté mon chapeau à Londres. Constructions in-situ à opérateur de focalisation restrictif (par ‘exclusion d’addition’ vs ‘exclusion de substitution’) : J’achète mes chapeaux seulement à Paris139. la prédication. la phrase phonologique). par des procédés différents. Typiquement. parcours non exhaustif) : Où avez-vous acheté votre chapeau ? -J’ai acheté mon chapeau à Paris. C’est à Paris que j’ai acheté mon chapeau. et non à Londres. Ces constructions exhibent des traits sémantico-pragmatiques différents (interprétation des termes focalisés. le cas échéant. La position de l’argument focalisé dans la partie présupposée (non-focalisée) de la construction n’est pas comblée. 139 Variante restrictive : Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris. mais [je l’ai acheté] à Paris. En même temps. L’entité en focus et la partie non-focalisée. c.

descriptif (à ne pas confondre avec la notion technique générativiste de liage. Topique : ce dont on parle (« aboutness ». 39 . la notion de cadre : Chafe (1976). Cadre spatial: Sur le pont d’Avignon on danse (vs Le pont d’Avignon. qui se trouve en position périphérique (détachée). toute anaphore nominale (fût-elle ad hoc). ←il140 m’a téléphoné hier. on ←y danse: topique 140 Ou : celui-ci. dans la situation d’énonciation donné. je n’ai toujours pas de nouvelles142.Négation restrictive: Je n’ai acheté que mon chapeau à Paris. Topiques: Fonction de repérage: Cadres (de discours – Charolles 1997):  repérage s’appliquant aux participants à la prédication principale (arguments) . possiblement. Noter que selon certains auteurs. lui. l’élément peu informatif : le thème dans les travaux développés par l’école de Prague. Dans le même logique. « à-propos ») – le topique chez Lambrecht (1994) et chez Dik (1997). y compris la répétition du syntagme nominal d’origine (en l’occurrence : Oui. Topique intégré : Tu as des nouvelles de Paul ?/ – Oui. Topique détaché (non intégré). je n’ai toujours pas de ←ses nouvelles illustrera. non lié: Paul. 3. Paul m’a téléphoné hier) ferait l’affaire. du fait que. ou : ton frère (si. à la position casuelle (fonction sujet). 141 142 Au sens de Sophie Prévost (Prévost 2003). nous mentionnerons les suivantes (perspective informationnelle et/ ou cognitive):   le point de départ psychologique et/ou positionnel : le thème chez Halliday (1994) . un cas de topique détaché lié. mais aussi. puis par Firbas (1992). les pronoms personnels clitiques ne seraient jamais des Topiques. le caractère plus ou moins informatif étant formulé en termes de degré de dynamisme communicatif . dans les constructions à topique détaché. les clitiques redoublent.  signalent ce sur quoi porte le segment en tête duquel ils sont détachés.  indexe(raie)nt non seulement la proposition à l’initiale de laquelle ils se trouvent.2. par contre. à la différence de descriptions nominales plus fournies ou de pronoms démonstratifs.  repérage s’appliquant à l’état de choses (fait exprimé par l’énoncé ou l’énonciation) auquel réfère la phrase (adverbiaux) . le topique.1. conditionné à la c-commande du « lié » par le « lieur »). lié141: Paul. un certain nombre de propositions subséquentes. le frère de l’interlocuteur est (ledit) Paul) – bref.   l’élément connu : amalgame entre statut informatif et accessibilité cognitive . ←il m’a téléphoné hier. Noter que l’emploi du terme « lié » est ici informel. Topique détaché (non intégré). Parmi les définitions (concurrentes) les plus fréquentes dans la littérature. Paul. nécessairement tonique.

tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe MIRCEA) – où les capitales marquent l’accentuation focale145). neutralisée discursivement quant à la distinction fonctionelle (=interprétative) Topique/ Focus. Au 17e siècle. Cela dit. dans le second conjoint. j’←y vais tous les ans. Dans la littérature on parle aussi bien de position détachée (que ce soit par clivage ou par des moyens prosodiques (pause-virgule)) et de syntagmes détachés (qui en arrivent à occuper de telles positions. vouées à interprétation fonctionnelle discursive actionnelle et/ou informationnelle (positions qui interviennent dans la réalisation syntaxique des modalités d’énonciation et de message). il est déjà parti pour Paris. Topicalisation progressive: syntagme topicalisé antéposé (liant le clitique in-situ) dépourvu de marques casuelles. Suite linéaire non respectueuse du principe d’iconicité. Une extraposition vient en sus des positions argumentales et/ou casuelles canoniques y associées (dont sont respectivement justiciables le rôle sémantique et la fonction syntaxique des syntagmes). En revanche s’il se lance dans une énumération des événements caractéristiques de la nuit (agressions. ou du XVIIe siècle (vie des autres catégories sociales…) on peut considérer que ce sont « la nuit » ou « le XVIIe siècle » qui ont un statut de topique. je n’ai toujours pas de (ses) nouvelles. NU pe Mircea). ainsi que fonctionnelle (interprétation)). rencontres étranges…). -détachement). Suite linéaire respectueuse du principe d’iconicité (ce qui est connu/ donné est énoncé d’abord).détaché lié143) Cadre temporel: La nuit. Dans cette acception. 145 En cas d’explicitation de l’alternative rejetée (phrase complexe construite par juxtaposition). l’accent focal frappe. je←lui ai légué ma montre en or. on y danse… » ? Cadre lié ?! Pause-virgule. à Paris. non pas le membre de phrase à statut syntaxico-sémantique symétrique. 143 144 Que faire alors du refrain de la vieille chanson « Sur le pont d’Avignon. J’y→ vais tous les ans. Topicalisation régressive: syntagme topicalisé détaché à droite (postposé). Paul. ←il m’a téléphoné hier. À distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). +détachement) Topicalisation-Focus (+extraposition. ou sur la condition paysanne. avec ou sans détachement144). Topicalisation: opération (syntaxique) de déplacement en tête de phrase (frontalisation) ou bien: à l’une des frontières de la phrase (extraposition – à gauche/ à droite. Tout dépend de la suite du texte. vols de voitures. Ce qui ne les empêche pas d’assurer en même temps une fonction de cadrage (…) par rapport aux événements qui les caractérisent. annoncé par le clitique argumental et pourvu de marques casuelles. Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. Topicalisation/ Focalisation: stratégies discursives de construction du Topique et respectivement du Focus (à contreparties syntaxique et phonologique (réalisateurs). en l’absence de qualification. Paul. Sont des extrapositions les positions de périphérie gauche. 40 . le terme de topicalisation sera entendu dans ce qui suit au sens de « topicalisation-Topique ». actualisée en particulier dans les langues dépourvues de structures phrastiques à clivage. la condition paysanne était rude. seront appelées topicalisations aussi bien le déplacement en tête de phrase/ à l’une des frontières de la phrase du constituant voué à interprétation fonctionnelle de topique que celui du constituant voué à interprétation fonctionnelle de focus:   Topicalisation-Topique (+extraposition. Cadre thématique: Quant à Paul. en surface)). tous les chats sont gris. souvent. on y dans. mais la négation (Pe PAUL îl caut. Si le locuteur poursuit son discours sur les chats. Paris. ou à clivage rarement employé. ceux-ci constitueront le topique principal de l’énoncé.

des phrases interrogatives à inversion complexe). C) interviennent crucialement tant dans le codage grammatical des modalités d’énonciation que dans celui des modalités de message. de Gruyter. et un autre syntagme XP. Focus. champs.). la tête Force° prenant un Topique-P149 pour complément : toute phrase sera donc un cas de ‘Force-P’. Halliday Michael Alexander Kirkwood (1985. la périphérie gauche bénéficiera. subjects. Lambrecht Knud (1994) – Information structure and sentence form: Topic. Dik Simon Cornelis (1997) – The theory of functionnal Grammar. et d’un spécifieur (éventuellement déplacé depuis la région référentielle de la phrase). Université de Nancy-2. sélectionnant un TP ou un IP : c’est là une dernière position de redondance morphologique . topics and point of view ». Firbas Jan (1992) – Functionnal Sentence Perspective in written and spoken communication.ens. 1-73. Initialement (théorie standard étendue) appréhendée comme catégorie fonctionnelle « complémenteur » (ou : « complémentiseur »). Bibliographie minimale : Chafe Wallace L. notée « C ». que+ indicatif. Si dit dubitatif serait inséré en syntaxe directement à la position Focus (adjoint incorporé à la tête focus°). et supérieure(s) au Focus) . 146 147 148 149 Rizzi. dans ce qui sera désormais appelé le « domaine » Complément(is)eur : - Une position C interne. en principal à la faveur des contributions de Luigi Rizzi : Nous nous référerons dans ce chapitre à la première version de cette analyse (Rizzi 1995 (1997146)). Luigi (1997) – « The Fine Structure of Left Periphery ». Arnold. catégorie sans réalisation phonologique dans les phrases racines (tête phonologiquement vide) . Charolles Michel (2002) – « Les adverbiaux cadratifs : fonction et classification ». 2e éd. en général148 déplacé depuis la région référentielle de la phrase.fr/siteACFT/Documents/CharollesAdverbFoncClass4111. Grammaire générative : analyse fine de la périphérie gauche. 1994) – An introduction to Functionnal Grammar. mais quatre catégories (positions) fonctionnelles distinctes. 3. en français. interrogative etc. à/ de/ e147+ infinitif. Cahiers de Recherche Linguistique 6. Cambridge: Cambridge University Press. qui rappelle le caractère fini (tensé) ou non fini (non tensé) de la phrase. dans le cadre de l’approche cartographique (école générativiste italienne). dans les subordonnées complétives (ou relatives) . New York. pour spécifieur . Cambridge University Press. du complément de cette tête (Focus-P). London. in C.). and the mental representations of discourse referents. tête dont les positions de spécification (Spec. Dordrecht: Kluwer. - - - Ces catégories/ positions permettent une meilleure analyse syntaxique des types de phrases obligatoires aussi (par exemple. (1976) – « Givenness. Cambridge. domaines et espaces.pdf. 25-55. à Paul. in L Haegeman (ed.Je lui→ ai légué ma montre en or. Des positions de Topique optionnelles et itérables (entre C interne et Focus. Li (éd. la tête Focus prenant le syntagme Complémenteur interne pour complément.2. Berlin. Une position C externe indicateur de Force (assertive. Charolles Michel (1997) – L’encadrement du discours : univers. Syntagme formé de la tête Topique°. Academic Press.lattice. N. 281-337. http://www. Morphème à réalisation phonologique zéro (la notation e venant de l’anglais empty (= vide)). Une position de Focus. que+subjonctif. Elements of Grammar. 41 . definiteness. contrastiveness. à partir des années 1995. pp. d’une analyse « fine ».) Subject and Topic. qui distingue non pas une.

le focus ex-situ est typiquement instancié dans des phrases clivées. et qui prend le VP pour complément. spécifiée par un PP/ AdvP complément non sélectionné par le verbe. Quand les étudiants reviendront-ils ? 3. La sémantique étoffée du syntagme prépositionnel ou adverbial ŕ Spec. La focalisation in-situ n’est pas analysée comme un cas d’emphase. L’analyse syntaxique de ces constructions concerne la périphérie gauche de la phrase. La GGT standard analyse en termes d’emphase les constructions à topique détaché (non-intégré) et les constructions à Focus ex-situ. le VP comme ‘sujet de prédication’. par l’intermédiaire de F. L’emphase. en tant que prédicat sémantique. cet Adverbial (un PP ou un AdvP) sélectionne. lui.3.Force QU-P Force +Interr Foc tQU -P Foc Foc Top DPi Top Top +fini Oů [+fini] = ‘∀[+Temps]’ [+ i {REVEN(IR)+Futur 3pl} +fini] fin TP Oů : [ T P tlesétudiants [T’ t{REVEN(IR)+Futur3pl} [FP tquand [F’ F [VP tREVEN(IR) tlesétudiants ]]]]] Oů F = catégorie fonctionnelle de prédication optionnelle ŕ sémantique vague (ici : [+Repčre temporel]). En français. 42 .F est en relation hyponymique ŕ la sémantique catégorielle de F .

donner confirmation (à qqn. était.. 3. Confirmation expresse nous en a été donnée par courrier du 15 courant. part. Université Ovidius. Claude (2005) – « Diathèses et voix en français ». Boire du café m’a été vivement déconseillé par mon médecin (= Mon médecin m’a vivement déconseillé de boire du café). écrire qq. 153 Les constructions V+ CODinf.4.. Actes du XIe séminaire de Didactique Universitaire (Constanta 2004. les verbes transitifs indirects (parler de qq. ch. Notons également que. : « il est dominé par… »). etc. Allusion a été faite à cet épisode malheureux dans l’allocution du Président. s’il avait eu vent de la situation obérée de son tireur. avait été. Morphologie passive. Introduction. fut. …) : *Sa vie est vécue (par Jean). où le passif était une forme synthétique : on distinguait entre ama-nt (=ils aiment)/ ama-ntur (=ils sont aimés). ACLIF). Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier suisse pour que notre banque engage aussi sa signature. à l’instar des intransitifs (inergatifs : danser. a eu été. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier avant que notre banque n’engage aussi sa signature. aura été. inaccusatifs : aller qq. Cette corrélation n’est cela dit pas parfaite : il existe des verbes sans COD qui peuvent être mis au passif (les transitifs indirects (dés)obéir à. 1. Verbes modaux + infinitif153 : Marie peut marcher/ *Marcher est pu par Marie. d’attaquer à l’aube). va être. Je doutais que cette traite fût avalisée par un banquier suisse. s) ! Soyons bien entendu(e)s là-dessus ! La traite étant (ayant été) avalisée. tenir tête à (= « résister à »). pardonner à : Vos ordres ont été obéis. ama-ba-nt (=ils aimaient)/ ama-ba-ntur (=ils étaient aimés). vivre sa vie. venir de qq.. peuvent « être mis au passif » (conjugaison passive vs conjugaison active) des verbes transitifs directs (+COD : ouvrir qq. faire allusion à (qq ch). sera. 151 Les grammaires anciennes parlaient de : ‘genre’ ou de ‘signification’ du verbe pour désigner l’opposition entre « action » et « passion » (Muller. peuvent être mis au passif : Ordre formel a été donné aux soldats d’attaquer à l’aube. aurait été) avalisée par un banquier suisse. Seules les formes perfectives de passif étaient analytiques (parfait passif = esse (au présent de l’indicatif) + participe parfait passif accordé en genre et en nombre avec le sujet (amati sunt (= ils ont été aimés))).… . confirmer. …) n’ont pas de ‘conjugaison passive’. serait. ch.) Il est possédé du Démon Il est possédé par la jalousie (fig. vient d’être. donc des verbes qui ont un complément d’objet direct. Sois (Soyez) félicité(e.4. et en dépit de l’absence d’article. penser à qqn/ qq.. comme en roumain. néanmoins on dit bien: Manger du porc est interdit aux Musulmans (= Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc). En français.. ainsi que l’atteste la pronominalisation en le. ch. Le passif.ch. de+inf.1. Comparer : Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc/ Le Coran l’interdit aux Musulmans.1. *Le sommeil du juste est dormi… Expressions figées : casser sa pipe (= « mourir »). … Des tours tels donner ordre (aux soldats. 3. 150 Tel n’était pas le cas en latin. 73-95). 43 .4. lire qq.3. dormir le sommeil du juste. bien qu’ils correspondent à des verbes (ordonner. dans : Interaction entre sémantique et pragmatique. appelée par les grammairiens français (à partir du XVIIIème siècle) ‘voix’151 et réalisée à l’aide de l’auxiliaire être + verbe au participe passé (accordé avec le sujet grammatical) : La traite est (a été. …). et des verbes à COD qui ne sont jamais mis au passif : - Avoir. ch. partir qq. Verbes à COD interne (pleurer des larmes de joie. suggérer). … La traite doit être (avoir été) dûment avalisée. à qqn). casser la croûte (= « manger »). part. 152 J’ai été eue = « j’ai été trompée » (fig./ *Ce livre est eu par Marie. de qqch). part. parler à qqn. faire autorité (= être reconnu comme une autorité (dans un certain domaine) »). nager. le passif est une forme analytique du verbe 150.ch. n’est pas un COInd mais un COD du verbe recteur. En français.. Bucarest : Ed. eut (vite) été. et respectivement Je me flatte de bien parler l’allemand/ Je m’en flatte. ASE. …)) et des verbes di-transitifs (+COD. Vous serez pardonnés). À de rares exceptions près. contribuer à qq. dans les constructions actives correspondantes. posséder (dans leur acception première152) : Marie a un livre. +COInd : donner qqc. Je doutais que cette traite eût été avalisée par mon banquier suisse. sont assez régulièrement rébarbatives au passif.

1. Le complément d’agent est largement optionnel. DE…) Verbe au participe passé (≠ été) Verbe ETRE auxiliaire de voix Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) Complément d’agent Votre société a déposé le meilleur projet. marcher (deux kilomètres). sans que le sens verbal (passif d’action ou du procès ne s’en trouve affecté) : Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés par un seul représentant ? Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés en un mois ? 154 155 Voix au sens de Muller 2005.2. « chaser en leurcourant après »). Il existe des phrases actives sans correspondant passif exhaustif (complément d’agent exclu) : les phrases actives à sujet pronom personnel clitique. dans les phrases passives. Rob. Tous les étudiants aimaient ce professeur.4. apud Muller 2005 : 76). Le meilleur projet a été proposé par votre société.2.2.2. Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet ON (+humain. 1.   3. (Pourtant il a été rejeté par le Ministère). 2007).1.4. travailler le jour (= »pendant… ») Courir (le cerf. Construction passive vs construction active154. les jupons (= « courir après ».… : *Une fortune est value (par ce tableau) Complément de temps : dormir la nuit. coûter (la peau des fesse). 44 . faire (= »mesurer ») deux mètres de long.- Verbes à faux COD :  Complément de mesure : valoir (une fortune). ditransitif Voix ↓ Entité qui agit (Agent) Evénement dénoté Ancrage temporel Entité qui subit (Patient) Complément d’objet direct Sujet ←Rôles et valeurs sémantiques ←Réalisateurs syntaxiques active passive Sujet Complément prépositionnel (PAR…. 1. le sanglier . Il existe des énoncés qui ne sont attestés qu’au passif : Nul n’est censé155 ignorer la loi. Ce professeur était aimé de tous les étudiants. en français contemporain. 3.4. par les lexicographes (Nouv. mesurer (trois mètres). P. -défini) Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive sans agent Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) ________ Pas de complément d’agent Ces livres ont été vendus en trois semaines. 3. (Wilmet 2003 : §581. Cette bagnole a été vendue à un ami (*par moi). Limites de la corrélation construction active/ construction passive. Contre-exemple apparent. Expression du complément d’agent. peser (une tonne). (Pourtant elle n’a obtenu qu’un tiers du financement sollicité). Comparer : J’ai vendu cette bagnole à un ami. On a vendu ces livres en trois semaines. courir (deux kilomètres). Classe syntaxique du verbe ↓ Transitif direct. puisque censé est analysé comme vrai adjectif. A l’impossible nul n’est tenu.

être respecté de. Les touristes ont été étonnés par la beauté de ces sites historiques (sens dérivé. En fin de compte. être déterminé par…. être estimé de. (sens étymologique : verbe d’action). tous ces licenciements auront été déterminés par l’arrêté ministériel qui nous oblige à étaler les amortissement sur 25 ans : nos équipements battent de l’aile et nos technologies sont dépassées. être apprécié de. tous ces licenciements auront été déterminés. J’ai été accablée d’injures [complément de moyen !] par la foule déchaînée. Ces licenciements ont été entraînés par la perte de plusieurs contrats importants. et employer par : saisi par une émotion irrésistible. être haï de. 2007). Il n’est pas compris de tous. verbes exprimant la cause (être causé par…. en place par votre (1’) verbes de sentiment et de connaissance : être aimé de. de honte). verbe psy assimilé à un verbe d’action : le passage à la figure n’est pas toujours accompagné d’un changement de la préposition à : DE).Complément d’agent obligatoire (exceptions) : (1) (2) verbes d’accompagnement (être précédé de…. Elle est touchée de votre sympathie (emploi figuré : verbe de sentiment) 156 Mais. Le prof a été frappé d’étonnement. (2’) Verbes d’action à agent abstrait (sans article ou à article indéfini) : être frappé d’étonnement. 45 . Elle a été touchée par une balle (sens propre : verbe d’action)./ *Le chasseur est suivi. Ces détails sont souvent ignorés par nos dirigeants (verbe de connaissance assimilé à un verbe d’action). Cet arbre a été frappé par la foudre. MAIS : Je suis impressionnée par la beauté de ces sites. Choix de la préposition. Rob. (+ de stupeur). être entraîné par…) : Cette hausse des prix a été causée par une fiscalité oppressive/ *Cette hausse des prix a été causée. … . Le pays a été submergé par l’ennemi. Le chasseur est suivi de ses chiens. P. Ce projet a été mis département. Ce mécanisme ingénieux a été conçu (+ imaginé) par un simple contremaître (verbe psy assimilé à un verbe d’action : noter le rapprochement sémantique du verbe créer (être créé par…)). être méprisé de. être compris de… Il est aimé de tous. être adoré de. pour cause de livraisons défectueuses/ *Ces licenciements ont été entraînés. Le diamant a malheureusement été étonné (= fêlé) par le jeune apprenti. Il fut saisi d’une peur panique156. par une curiosité violente. être submergé de pressentiments (+ de travail)… L’enfant fut saisi de peur. par un souvenir tout-puissant (Gobineau. on peut dans certains contextes envisager l’agent abstrait comme une sorte d’agent concret. être accablé de soucis (+ de remords. être saisi de peur. DE + SN Par + SN (1) verbes d’action (et y assimilés) : Il fut appelé par le prof./ *En fin de compte. Le public était trop ému par la scène pour applaudir. dans ce cas-ci également. apud Nouv. (2) Verbes d’action à agent concret (référence définie) Le voleur fut saisi par la Police. être suivi de…) : La réunion fut précédée d’une allocution du président/ *La réunion fut précédée.

Exemples : Mon jardin est entouré de haies. + PENDANT … heures (durée : intervalle ouvert) Action (procès)157 + (Ces établissements ont été fermés en quelques heures) __ État (résultat) __ + (Ces établissements ont été fermés pendant quelques heures)159 __ 2. Aussi n’y-a-t-il rien d’étonnant à ce qu’un tas de verbes qui acceptent pendant… ne se comportent-ils pas. passé] [sujet] ? (3’) Verbes d’accompagnement dénotant une situation habituelle : Le chasseur est suivi de ses chiens. au passif. La salle est peu à peu vidée. envisagée dans son unicité : La petite fille est suivie par un clébard à l’air féroce. (4’) verbes d’état dont le participe passé a (ou : acquiert) une valeur adjective (constructions attributives): complément instrumentaux plutôt que vrais compléments d’agent.2. Les cimes étaient couvertes par le manteau étincelant des neiges éternelles. être écouté. être ressenti… Exemples : L’enfant malade est caressé pendant quelques minutes afin qu’il s’endorme. guillotiner. pourtant. Passif d’action (passif du procès) vs passif d’état (passif du résultat).J’étais submergé d’étranges pressentiments . Nos employés étaient submergés de travail (3) Verbes d’accompagnement dénotant une action intentionnelle. Question : COMMENT EST [sujet] ? Complément d’agent en à (passif du résultat): être rongé aux mites/ aux rats. pendre. au passif.). non habituelle. Le texte est lu __ 157 Verbes qui n’expriment jamais en français. Ce test discrimine les procès (+pendant…) des événements (+en…) . + LENTEMENT. fusiller. des verbes d’accomplissement ou des verbes d’achèvement (+en…). VITE (manière : déroulement dans le temps) + (Puis le phare est éteint. être mangé aux vers. être regardé. tuer… Exemple : Napoléon faisait le bilan de la bataille : deux mille soldats français* étaient tués (ETAT ! OK morts : copule+adj)/ OK avaient été tués : ACTION !) Tout autre intervalle de temps ferait l’affaire (en trois jours. assassiner. Le criminel sera accompagné par nos gendarmes jusqu’à la frontière. être entendu. comme des verbes d’état. + EN … heures158 (durée : limites atteintes) 1b.4. au sens de Vendler 1967. 3.3. être cajolé. Elle était accompagnée par un jeune homme hirsute (4) verbes d’état dont le participe passé garde entière sa valeur verbale : résultat d’une action antérieure (passif du résultat). le passif n’étant pas processuel (et donc pas agentif). La rue est bordée d’arbres. être vu.au sens de Vikner 1985 . Le plancher était rongé aux rats. exécuter. nous avons là des compléments instrumentaux plutôt que de vrais compléments d’agent. + PUIS/ ENSUITE/ AUSSITÔT APRÈS (succession d’événements) 3. … Ce tapis était mangé aux mites. les verbes d’activité (+pendant…). Le rideau est orné de fanfreluches. Critères sémantico-syntaxiques (tests distributionnels) 1a. décapiter. La réunion fut précédée d’une allocution du président. Elle était accompagnée de son mari. 46 . le résultat (l’état) : a) b) 158 159 être caressé. PROGRESSIVEMENT. mais comme des verbes d’activité ou de procès : être caressé. L’étrange phénomène a été vu pendant quelques minutes. être câliné. La terre est couverte de neige. être cajolé. Aussitôt après les rideaux sont tirés) + (La porte est fermée lentement. PEU À PEU. être secoué (au sens propre) abattre. Exemples : La villa du P-DG est entourée par des jardins à l’anglaise.1. en trois minutes etc. Question : PAR QUOI EST [part. être secoué . être câliné.

être émargé par. Ce paysage était manifestement peint par un maître flamand du XVIIème siècle. À CONTRE-CŒUR (manière : caractère intentionnel de l’action) 5a. Cette pétition était manifestement écrite par un illettré. Vous constaterez que le bordereau de livraison est en effet émargé par votre représentant. 5b. être avalisé par. un objet sur lequel l’agent aura laissé son empreinte : être signé par. être accepté par [en parlant d’un effet de commerce ou d’un papier adinistratif]. être avisé favorablement/ défavorablement par. être fait par.4. Comparer : Les actes sont ensuite signés par les deux parties (action). / Les actes sont dûment signés par les deux parties (résultat). être approuvé par. le résultat (l’état) si être est à une forme non perfective simple. La maison est progressivement repeinte). +ATTENTIVEMENT. L’ordre est obéi à contrecœur. + complément d’agent exclusif de l’auxiliaire être à une forme perfective composée ou au passé simple rapidement. être biffé par.) __ __ +(Le contrat d’achat est (était) paraphé par Julien Vasco Nous nous sommes aperçus du premier coup d’œil que l’acceptation était biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. Le bordereau est émargé par notre représentant)160. être écrit par. même en présence d’un complément d’agent. Nous avons constaté que ces demandes étaient effectivement approuvées par l’ANPE. 47 . être paraphé par. Cet arrangement floral est visiblement réalisé par un maître de l’ikebana. + complément d’agent sans restrictions quant à la forme de l’auxiliaire (en particulier si aux formes interdites pour la lecture résultative) +(Le contrat d’achat a(vait) été paraphé par Julien Vasco __ 160 Les verbes susceptibles d’emplois au passif d’état ou du résultat à vrai complément d’agent sont des verbes dénotant des actions telles que le fait que l’état résulte de l’action de X plutôt que de celle de Y ou de Z est pertinent (dans la pratique). être réalisé par… Ces verbes expriment. être peint par. et directement visible à partir du (dans le) résultat de cette action : il s’ensuit que l’entité qui subit l’action (ou qui en résulte) est nécessairement une chose concrète. + (Le texte est lu attentivement. seulement à autres paramètres égaux.

qui commandera ainsi une transformation obligatoire. comme objet grammatical162. Le bordereau fut émargé par votre représentant). à l’instar des marqueurs de force illocutionnaire. et relevant du propos (rhème)) ainsi que par la dé-topicalisation-rhématisation de l’argument agissant (réalisé. Chomsky 1971 (1965) : 181 [chap. Visée théorique : éliminer les transformations facultatives autres que l’inversion stylistique. Nous avons constaté que le bordereau de livraison n’avait en effet été émargé par votre représentant. les modalités dites de message concernent toutes la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). dans les phrases actives correspondantes. + déjà (verbe être à une forme simple non perfective) 6b. en position postverbale. seulement du point de vue syntaxique (vs sémantique) : le passif serait lui aussi introduit par un marqueur dès la structure profonde. en position initiale. à Cas Accusatif assigné par celui-ci. Mais le passif continuera à être envisagé comme phénomène syntaxique sans retombées interprétatives sémantico-logiques. et commandant l’accord en nombre et en personne du verbe porteur de traits de temps (L’étudiant3sg ouvre3sg la porte/ Les étudiants3pl ouvrent3pl la porte). comme sujet grammatical163 interprété comme thème). + (La traite vient d’être avalisée). à l’instar de l’emphase : l’introduction précoce du marqueur de passif n’y est donc pas envisagée comme régie par le même principe que l’introduction dans la base de la grammaire des marqueurs de force illocutionnaires ou de négation (pour la mémoire : pas d’interprétation sémantique des structures superficielles. et l’accord en nombre et en gendre du participe passé des verbes conjugués aux temps perfectifs composés avec l’auxiliaire être (PaulMsg est entréMsg en classe/ MarieFsg est entréeFsg en classe) ainsi que de l’adjectif attribut du sujet (MarieFsg est intelligente Fsg). + déjà (verbe être à une forme composée perfective) 7. Cet arrangement floral a été réalisé par un maître de l’ikebana. Le passif comme modalité de message161. SN complément direct (=sans préposition) du verbe. dans les phrases actives correspondantes. donc pas d’import sémantique des transformations) – cf. L’analyse du passif est explicitement alignée. __ + (La traite a (+ avait) déjà été avalisée). XVI) : Σ→ Const + P Const→ Affir + Passif Passif → Aux 161 162 163 être + SP passif Diathèse au sens de Muller 2005. ainsi que sur celle des phrases interrogatives et impératives (types obligatoires). Rappelons que. Nous avons constaté que ces demandes avaient été effectivement approuvées par l’ANPE.Nous savons que l’acceptation avait été biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. Ce paysage a été peint par un maître flamand du XVIIème siècle. comme le passif).3. 6a. 48 . du point de vue interprétatif (=sémantique au sens large). Sujet : SN à Cas Nominatif assigné par l’inflexion [+Temps]. + (La traite est (était) déjà avalisée) __ __ 3. sur celle de la négation (type optionnel ou : forme de phrase. + VENIR DE + inf. À cet égard.3].4. toutes choses égales par ailleurs. dans Aspects… . le passif se caractérise par la topicalisatio-thématisation de l’argument subissant (réalisé. 1. Structure profonde d’une phrase passive (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. toutes choses égales par ailleurs. note 3.

L’introduction du morphème de passif est posée comme réalisée. Jean pesa la lettre.4. La voiture pesait deux tonnes/ b. attentivement. l’introduction du « marqueur de passif » en structure profonde n’est pas réalisée à la faveur d’une règle de réécriture qui place d’abord la ‘modalité’ en marge du noyau. à droite de Aux (cette transformation rendant compte de ce que le verbe être va porter les marques de temps de la phrase. Comparer : 1a. dans la base (=structure profonde) à la faveur d’une règle de réécriture d’un adverbial de manière. *La voiture pesait deux tonnes lentement/ b. XVI) : 3 déplacements à droite (= ‘descente’ dans l’arbre) : (1) Aux être sera déplacé de sous Const. 3. *Deux tonnes sont pesées par la voiture/ b. sous le noyau. en structure profonde. dans la computation périphérique vers la Forme Phonologique. attentivement. du SN sujet profond (préalablement déplacé sous SP passif (3). Cas syntaxiques et rôles sémantiques. il en va de même en français pour les pronoms personnels (clitiques). Les versions ultérieures du modèle GG formuleront la distinction de principe entre Cas syntaxique. qui ont des 164 Exemples de base empruntés à Chomsky 1971 : 146 [chap. sous le SP passif.Aux être → être [+V] + part passé [+aff] SP passif → Prép + SN passif +P Σ→ Affir + Aux être + Prép + SN passif + P Σ→ Affir + être [+V] + part passé [+aff + Prép + SN passif Maintenant : dans le texte même des Aspects… (Chomsky 1965 : 104-105). un Objet direct du verbe – en français. 3a. …) la lettre (lentement. (À cette étape. développement des tests de notre main. (3) SN sujet se substitue à SN passif. comme en latin ou en roumain. 2a. (2) SP passif sera déplacé après l’objet direct du verbe (SN2) – en tant que constituant du GV. langues à flexion nominale riche (déclinaison) . L’analyse du passif sera remaniée en conséquence. 49 . Le Cas syntaxique doit être interprété (‘lu’) en morphologie flexionnelle. ces cas-là sont assez rares : Mes ordres seront obéis (comparer à : On obéira à mes ordres). désormais vide. Les versions plus récentes du modèle limiteront de manière très stricte les transformations entendues comme légitimes en syntaxe noyau (déplacements de droite à gauche et du bas vers le haut. dans le sens de génération des structures arborescentes). le groupe verbal est constitué du verbe. du syntagme nominal objet direct et du SP passif ). ce constituant adverbial n’est pas complètement étranger à la souscatégorisation par le verbe. 2. Jean pesa (lentement. où il sera ‘traduit’ à un ‘cas [initiale minuscule !] morphologique’ –son réalisateur superficiel: - flexion nominale (affixe flexionnel. 2]. le verbe conjugué V étant. …). 1 déplacement à gauche (montée) : (4) SN objet profond se substituera à la position. Préalables théoriques. La lettre fut pesée par Jean. mis au participe passé).164 Cette analyse rend compte du fait que la passivation peut aussi concerner des verbes sans complément d’objet direct (à l’actif). et rôle sémantique (thématique). constituant du groupe verbal : Manière → par ∩ passif. pourvu qu’ils sous-catégorisent un complément de manière – le sujet de surface de la phrase passive n’étant pas alors. puisque certains verbes y sont rébarbatifs – ceux-là précisément qui s’avèrent rébarbatifs à la passivation (les verbes dits « moyens »). Tout en étant optionnel. de l’autre. lui. d’une part. Transformations postulées dans la version standard du modèle GGT (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap.

la notion d’ « événement dynamique » est redondante (les événements (vs situations) étant entendus. V. <Instrument> Arguments locatifs : <Lieu>. explore les implications et tire les dernières conséquences de l’option théorique selon laquelle la « θ –grille » du prédicat est projetée en syntaxe. les catégories substantives (N. A. Les rôles thématiques assignés par la tête verbale seraient ainsi spécifiés explicitement dans l’entrée lexicale du verbe. P) sont associées à des « types notionnels (ou : contenus notionnels) élémentaires »166 : CAT : V /« événement (ou peut-être événement dynamique) »167 (notation : e). Grimshaw 1981 : la réalisation structurale canonique d’un objet physique est N. elle/ nous/ vous/ ils. prépositionnel ou adverbial introduits en syntaxe en tant que compléments ou spécifieurs du verbe). Hale et Keyser 1993 : 69). l’inventaire des Cas sémantiques des grammaires casuelles (sémantique générative) : <Thème> (argument qui ne peut manquer : tout verbe en a un) : participant non agissant au procès. P) et les relations syntaxiques à une tête (Spec1 H /Compl1 H) définissent des inventaires fermés. 165 De fait. 167 Nous avons cité ici Hale et Keyser 1993. dans une perspective d’acquisition du langage (par l’enfant). Hale et Keyser 1993 formulent l’hypothèse que les rôles thématiques sont en fait des dérivés de relations syntaxiques (lexicales) – le caractère limité de l’inventaire des rôles-θ s’expliquant par l’inventaire fermé des catégories substantives et des relations structurales possibles. non argumentales (rôles sémantiques sans contrepartie structurale et morphologique distincte). J’y penserai (flexion)) Le rôle thématique est lexicalement associé. À partir du constat qu’à la fois les rôles thématiques possibles. de Pleine Interprétation et de Prédication. A. Du fait qu’il est assigné par une tête lexicale substantive (=douée de traits sémantiques purs). En regard du classement sémantique des verbes de Vendler (1967). on parlera de <Causateur> (neutralisation de la distinction animé/ non animé. La sémantique lexicale du verbe serait par hypothèse (dès le lexique) configurationnelle (iconicité des représentations syntaxiques relativement aux représentations sémantiques ‘pures’). Plutôt que de distinguer <Agent> : participant agissant au procès. celle d’une action est V. mais. par exemple. au verbe en tant que prédicat sémantique165 : c’est un rôle sémantique ayant la particularité saillante de devoir être réalisé en syntaxe par un argument du verbe (syntagme nominal. sous forme de « liste » : grille thématique (appelée aussi θ -grille). lui.)). et l’expression configurationnelle des rôles-θ étant régie par les principes de Projection non ambiguë. Hale & Keiser 1993 : approche configurationnelle aux rôles thématiques (vs liste de rôles). comme dynamiques par définition). etc. y (locatif). le. dans le cadre générativiste chomskyen. CAT : N / « n » (notation du type notionnel associé à la catégorie N – « quel qu’il soit. 50 . étoffées. reléguée aux distinctions/ sélections sémantiques fines. en sus de ses traits sémantiques purs (en marge de la matrice conceptuelle du verbe). le rôle thématique est encore appelé rôle-θ (lisez : têta). CAT : A / « état » (notation : s (state angl. ou bien préfixe casuel (préposition) : 4a. L’approche configurationnelle à l’encodage lexical (vs à l’assignation) des rôles thématiques. et un argument <Repère> (à la législation en vigueur). De même. on reprend. V. Un adjectif comme conforme (Ce clause contractuelle n’est pas conforme à la législation en vigueur) aura ainsi un argument <Thème> (le syntagme nominal dont il sera prédiqué : cette clause contractuelle). en général. de fait » cf. 166 Cette notion est très proche de la CSR (Canonical Structural Realization) qu’introduit. dans ce classement. <Source>. CAT : P /« (inter)relation ». en (ablatif))) . nécessairement [+animé] <Force> : causateur non animé. la/ lui. et fonctionner comme compléments de phrase : À Paris j’ai appris à jouer du pipeau). datif).- formes de nominatif (je/ tu/ il. les/leur (accusatif/ datif). L’inventaire des rôles thématiques varie au gré des linguistes. elles) distinctes de leurs formes obliques (me/te (accusatif. Je penserai à ce que vous venez de me dire (préposition = simple préfixe casuel)/ b. l’argument interne d’une tête substantive P (préposition) se voit assigner à la fois un Cas syntaxique et un rôle sémantique par cette préposition (ce pourquoi les PP peuvent ne pas être sélectionnés par le verbe. tout prédicat sémantique ayant des arguments obligatoires en syntaxe est censé se voir associer de tels rôles dès l’entrée lexicale. <But> (<Cible>)… La question se pose de savoir si oui ou non il y a lieu de distinguer matrice conceptuelle du verbe et grille de rôles thématiques. que défendent Hale et Keyser 1993. Les catégories substantives (N.

170 171 Dans l’hypothèse configurationnelle.4) reprend explicitement à son compte l’idée d’approche configurationnelle à l’expression/ interprétation des rôles thématiques. Par exemple. Hale et Keyser. p.4). dans la notation Chomsky 1995 : chap. en syntaxe. L’interprétation argumentale est l’interprétation des relations structurales lexicales du La LRS d’un verbe transitif V qui n’a qu’un seul argument interne sera : où e est une position vide à laquelle. ou s’il veut plutôt dire que : la matrice conceptuelle du verbe consisterait dans un faisceau (liste) de traits. Du coup. une configuration [VPNP[V’V PP]]. p. auraient une contrepartie configurationnelle obligée. <SOURCE> ou <LIEU>. interprétée (e→n) (un événement crée ou modifie une entité) exprime le rôle-θ interne <THÈME>. assignés par une tête lexicale à son régime (argument sélectionné morphologiquement) dès la structure-D (structure profonde). l’étiquetage de la position vide est redondant en regard des principes de Pleine Interprétation. en ce sens qu’ils possèdent une structure qui est syntaxique. cit. Notons que nous nous éloignons ici de la lettre de Hale et Keyser 1993. à une approche interprétative des rôles thématiques : à la notion d’assignation de rôle-θ se substitue celle d’expression des rôles–θ et donc d’interprétation argumentale (à l’interface de FL)168. sont appelés inhérents.). dont certains. Chomsky 1995 (chap. trad. [vP v [VP V e]] La LRS du verbe est interprétée en termes des configurations instanciées et des « contenus notionnels élémentaires » associés aux traits catégoriels (ni les TSPs (traits sémantiques purs) des items. Ils sont assignés dans des configurations syntaxiques dérivées (à la faveur de transformations : structure-S (structure de surface)). Quoi qu’il en soit.. exprime le rôle-θ <THÈME> (= sujet de l’interrelation que [CAT : P] exprime. et un « rôle interrelationnel » <BUT>. Les verbes inergatifs sont des verbes transitifs cachés qui incorporent leur argument interne. une configuration V NP (ou DP). D’autres seront directement ‘traduits’ en Forme Logique à un rôle thématique : ces Cas. 93-94 – n. certains ont surtout un effet sur la structure de surface (ordre des mots) : ces Cas sont appelés structuraux. en vertu des principes de Pleine Interprétation et de Prédication. (Hale et Keyser. Cas inhérents : cas Obliques (assignés par les verbes. des positions de substitution – mais cette hypothèse a largement été abandonnée in Chomsky 1995: chap. la structure relationnelle lexicale du verbe (sa LRS). 51 . mais il n’est pas clair s’il étend cette hypothèse à la sémantique du verbe en général. exprime univoquement la « θ -grille » de celui-ci. sujet d’un « prédicat de changement »). En matière de LRS. le glissement est fait d’une approche de la θ -théorie en tant que module indépendant ((partiellement) autonome) de la grammaire. verbe. interprétée comme (e1→e2) exprime le rôle argumental externe (n>(e1→e2)) de CAUSATEUR169 (Agent ou Force)170 . et il n’y a pas de « rôles thématiques » si ce n’est en tant que relations lexicales exprimées par des projections non ambiguës et pleinement interprétées de catégories lexicales élémentaires ». Cas structuraux : Nominatif (assigné par T) et Accusatif (assigné par un verbe transitif). 4). cit. et sera introduite dans la dérivation s-syntaxique en tant que catégorie syntagmatique complexe (visibilité de la LRS en syntaxe-s et à l’interface LF) – cf. pp. 168 « Il n’y a pas de mécanismes linguistiques spécifiques à la structure argumentale. L’entrée lexicale du verbe est en fait sa LRS. les rôles thématiques et la structure argumentale qui les porte/ exprime constituent le noyau dur de la structure profonde de la phrase (structure-D) : la proposition minimale (entité sémantico-logique) endeçà de l’ancrage temporel (=relations de prédication essentielle). exprimant la sélection d’arguments thématiques. Cette structure. la distinction sémantique Agent /Force ne peut être faite en tant que distinction argumentale. et reviendrait en fait à récupérer l’hypothèse des sous-catégorisations (des relations de sélection-c) à expression lexicale directe. Le patron de lexicalisation de tels verbes dérivés est appelé « conflation ». des « dénominaux »171 (donnée lexicale – cf. art. ni les autres traits formels FF(CAT) ne sont directement pertinents) : une configuration V-VP (v-VP.Mêmes les verbes « superficiellement mono-morphémiques » sont lexicalement syntagmatiques (phrasal angl. interprétée n>(e→r). les prépositions ou par certains adjectifs). qui suggèrent que cette position vide soit « étiquetée » d’entrée de jeu (comme il en allait. 95. il n’y a aucun processus d’ « assignation de rôle thématique » distinct de la prédication. dans la dernière version de la GGT chomskyenne (programme minimaliste toujours – dérivation par phases). idem. seul un syntagme nominal pourra être fusionné (puisque V n’a pas de Spec).) 169 La philosophie du « verbe léger » est loin d’être la même. Parmi les Cas syntaxiques. satisfaisant les conditions de Projection non ambiguë et de Pleine Interprétation (cf. Hale et Keyser 1993 : 96). dans l’approche TSE en général.73). art. mais cela émarge les visées de ce cours.

v. et obtenir compositionnellement. la position de Spec. ou l’actif qui en gagne un (pour les verbes transitifs directs en particulier) ? L’analyse traditionnelle dérive le passif. une configuration passive simple VP.dans la veine des analyses cartographiques de G. Les phrases impersonnelles. de l’actif. représentée par le verbe léger (dans l’esprit de Pylkkänen 2008172 : 6-7. Le passif perd un argument (l’argument le plus saillant de l’actif) : - absorption de l’argument externe du verbe transitif.. Si la réanalyse ne concerne que les structures syntaxiques. 172 173 Pylkkänen. ne pouvant plus être lexicalisé comme sujet. Angelika (1996) – « Severing the external argument from its verb”. cit. ce qui en motivera le déplacement à la position d’assignation casuelle Spec. en syntaxe) sera-t-il satisfait ? Une solution consistante avec la modélisation de la GG reviendra alors à envisager le verbe V comme au demeurant sous-déterminé (les TSP du verbe coderaient pour le résultat de l’action).4. 79-80). Telle a été aussi l’analyse GGT standard. dans certains cas même devant être lexicalisé en tant que Complément prépositionnel . au niveau de la tête V. comme cas marqué. à partir du passif. par extension. à l’impossibilité d’insérer un argument externe épelé près. de son aptitude à assigner l’Accusatif). Kratzer. et d’une structure de causation. le syntagme verbal devrait être configurationnellement identique à l’occurrence active. à la modélisation de Hale & Keyser 1993. bien que la sémantique de causation et donc la configuration v-VP subsisterait – ce qui ne laisse pas d’avoir l’air contradictoire). le verbe perd l’aptitude à assigner le Cas structural Accusatif à son argument interne. Dordrecht: Kluwer. C’est dans ce sens qu’il faut entendre la sémantique de la configuration v-VP selon l’approche configurationnelle au codage des rôles thématiques (Hale & Keyser 1993). de façon incrémentielle. mais pouvant. Données empiriques en faveur de cette analyse : même en l’absence d’un AGENT lexicalisé. Le passif dit agentif (passif d’action ou du procès) étant censé préserver la représentation de l’action. 3. A intégrer maintenant les suggestions de la référence citée (analyse qui résout en syntaxe la dérivation du passif à partir d’une même tête verbale que celle qui projette la LRS active (causative). c’est comment le verbe pourrait avoir la même sémantique causative. 109-137. Ce qui est peu clair (pour moi) dans cette analyse. eds. Cinque). comment le principe de projection (des propriétés lexicales du verbe. on doit y ajouter la simple relation de l’action en cours : « il y a action de manger » » (art. en dépit des modifications de saillance relative des arguments qui correspondent aux participants agissant et subissant du procès. corrélativement. non marqué. Question corrélative : quel est le patron exact de cette perte de saillance de l’agent ? Si réanalyse sémantique il y a.3. par la morphologie passive (l’argument n’est pas vraiment rayé de la grille thématique du verbe. il devra en acquérir un auprès de T. ce rôle reste accessible (à référence certes indéfinie. tous les transitifs) se laissent en effet analyser comme un cas de ‘Y fait en sorte que X devient V-é’ où V note informellement la racine verbale. mais il perd de sa saillance. et dans d’autres. et V-é le participe passé du verbe substantif.T (position de sujet). Hirschbühler & Labelle 1992 (1994) : 209-211). arbitraire : Son portefeuille a été volé implicite un (quelconque) voleur – cf. England : MIT Press. et si on veut être complet. et. éventuellement intégrée dans une structure de prédication optionnelle agentive (« FP » = CAUSE (DE). à argument externe introduit auprès d’une tête légère de causation. éventuellement en syntaxe. l’l’hypothèse peut être formulée selon laquelle c’est plutôt l’actif qui est construit. qui reprend à cet égard l’argument de Kratzer 1996173. comme le complément interne du verbe passif ne reçoit plus de Cas Structural du verbe (privé. sous la lecture forte.3. y compris la représentation d’actions en cours. il faudrait bien postuler une nouvelle entrée lexicale.v serait vide (ce qui. Sous cette analyse. mais une sorte de PRO à référence arbitraire). cas de figure neutre.. Les verbes causatifs (et. Première question : est-ce le passif qui perd un argument. Révision de l’analyse syntaxique du passif. 52 . Phrase structure and the lexicon. voudrait dire qu’il n’y aurait pas de Spec. cela reviendrait à postuler une catégorie vide à cette position thématique (et non pas une simple position de substitution. au passif. Sous la lecture littérale. Cambidge Masachussetts. Liina (2008) – Introducing Arguments. une configuration transitive(-causative). Dans les termes de Muller 2005 : « Pour une phrase active comme Pierre mange le gâteau. qui introduit le complément d’agent (=Causateur) en tant que prédicat optionnel. Cela étant. In Johan Rooryck and Laurie Zaring. London. auprès du VP . dans certaines phrases. il y a en quelque sorte deux propositions enchâssées l’une dans l’autre « Pierre fait en sorte que le gâteau devient mangé ». chez qui le verbe léger est explicitement envisagé comme catégorie fonctionnelle de voix).5.

toutes les phrases thétiques ne sont pas impersonnelles : Des enfants étaient en train de jouer dans la cour. se retrouve dans le champ de l’assertion. en l’absence duquel les phrases sont peu acceptables. patient-action verbale. les prédicats qui ne se prêtent pas à l’interprétation [+propriété] (comparer : *Des enfants étaient intelligents dans la cour. caractère focal (rhématique) de toutes les expressions argumentales de la phrase. Le Gré des Langues. Paris : L’Harmatan. d’habitude) : Des (= « certains des ») enfants étaient en train de jouer. (1997) – « Classes de prédicats. le sujet nominal ne réfère pas de façon indépendante. Conséquence logico-sémantique (interprétative) : phrase « thétique ». anaphorique] avaient l’air désemparés). existence de l’action verbale même]. Construction : 1. *Un enfant était intelligent dans la cour). b. intransitifs : d. la présence d’un localisateur spatial (en gras dans les exemples donnés). ■ Est dépourvue de présuppositions : la proposition dans son ensemble. à sujet thématique qui réfère de façon indépendante). ça doit jouer dans la cour. n’étant pas lié au contexte (vs L’amphi était pour le moment vide.  Cf. ←ils [sujet référentiel. Phrase thétique : ■ ■ Sert à : rapporter un événement (il est arrivé plusieurs accidents). distribution des indéfinis et la distinction thétiquecatégorique ». 2. défini contextuellement : les étudiants de la fac à l’amphi précédemment introduit dans le discours] allaient arriver d’un moment à l’autre) ni anaphorique (vs Il est arrivé trois étudiants . les formes verbales qui barrent l’interprétation générique sur le sujet (imparfait et forme progressive vs présent) : Un enfant joue dans la cour est toujours susceptible de lecture générique du type de « un enfant. y compris l’argument sujet. 53 . d’autres dormaient. Les étudiants [sujet référentiel. « À partir des mêmes relations prototypiques [définies pour l’appréhension des phrases catégoriques à verbe actif transitif : agent-action verbale. ■ Toutes les phrases impersonnelles sont thétiques. présenter un nouvel état de chose (il court de drôles de bruits. Le référent du terme sujet (si le sujet est un argument nominal : il est arrivé trois étudiants) est traité comme étant une partie intégrante de la situation désignée par la proposition dans son entier . De l’eau dégoulinait sur le plancher sont également des phrases existentielles (thétiques) caractérisées . Construction assez rare en français. Un enfant était en train de jouer dans la cour. inergatifs : #__ inaccusatifs : Il est arrivé trois nouveaux étudiants.3. ou introduire un nouveau référent (il en sort du pétrole). Dobrovie-Sorin. transitifs directs : Il mange chaque jour une centaine de personnes dans cette cantine/ Voix active : Une centaine de personnes mange chaque jour dans cette cantine. l’impersonnel met au premier plan l’action verbale sans autre modification. c.5. sauf lecture partitive (elle-même conditionnée à un contexte contrastif. noter :    le sujet indéfini (Les enfants étaient en train de jouer dans la cour est une phrase catégorique. Types de verbes : a. il règne un silence de mort). et la lecture générique est un cas d’interprétation catégorique (à sujet thématique) vs thétique. pas à l’intérieur ». C. évitant ainsi la topicalisation du sujet » (Muller 2005 : 80). di-transitifs : #__ transitifs indirects : # __.1. Mécanisme fonctionnel allégué : dé-topicalisation du sujet.

1. ( ? De drôles de bruits courent). Position de complément direct. mais comportement morpho-syntaxique modifié. 176 Exemple et commentaire emprunté à Muller 2005 – « peut-être pour des raisons pragmatiques de localisation de l’action verbale » (Muller 2005 : 80). il faudrait Paul Dupont/ le professeur/ du temps/ (un dictionnaire).IL impersonnel fonction sujet (Cas Nominatif. di-transitifs : Il nous a été dit beaucoup de choses désagréables. si verbe intransitif. Passif impersonnel I. c. Il court de drôles de bruits (en ville). (Muller 2005 : 80) Ce syntagme nominal ne commandant pas l’accord des formes verbales non plus. ou non finie : il vaudrait mieux finir ses devoirs avant l’examen) Il y a. Construction sans associé de l’explétif. Construction sans associé de l’explétif.5./ On a dansé toute la nuit. d. Un malheur est arrivé chez les Dupont. Il sera remédié à cet incident dans les meilleurs délais [circonstanciel nécessaire à la complétude pragmatique de l’énoncé176]/ On remédiera à cet incident dans les meilleurs délais. Pour résoudre cette difficulté. dépourvu de valeur référentielle (pronom explétif) + verbe (accordé avec il) + SN argumental (« associé de l’explétif » : sujet logique) Sujet (argumental – à rôle thématique non agentif. 3. *Il te l’est arrivé. Sujet nominal : le plus souvent indéfini ou négatif (Il y a des livres sur la table. il manque. accord du verbe). inergatifs : Il a été dansé toute la nuit. accord 3sg masc. sg. puisque. Sujet clausal : proposition subordonnée (finie : il vaut mieux que tu finisses tes devoirs avant l’examen. Corrélations systématiques forme personnelle/ forme impersonnelle : conditionnées à certains facteurs sémantico-pragmatiques. Types de verbes : b. partitif (et non seulement : indéfini ou négatif): Il y avait là Marie Dupont/ le pavillon de chasse/ du verglas/ (quelques arbres). Complément d’agent rarissime : Il a été décidé des choses très importantes par le Conseil de l’Université (Muller 2005 : 80). Il manque l’essentiel/ la clé174. un GN défini reste possible : Personne ne sort ! Il a été volé le portefeuille de Marie (Marie n’ayant eu qu’un seul portefeuille sur elle). intransitifs : e. rhématique. agentif.) + être (auxiliaire de voix : traits TAM qui donnent l’ancrage temporel de la proposition) + verbe au participe passé accordé avec il en genre et en nombre : m. De drôles de bruits courent en ville./ On nous a dit beaucoup de choses désagréables transitifs indirects : Il sera obéi à mes ordres/ On obéira à mes ordres. il reste + Nom propre ou SN défini. l’hypothèse du Cas Nominatif (assigné par T) est elle aussi problématique. si verbe transitif) en position postverbale. Quand le sujet réel du passif impersonnel est un objet unique en son genre (dans une situation donnée). Il n’est entré aucun étudiant dans l’amphi jusqu’à présent). 174 175 Hanse 1991 : 501. transitifs directs : Il a été promulgué deux nouvelles lois/ On a promulgué deux nouvelles lois. de toute évidence non accusatif (pronominalisation par le/ la/ les exclue): Il t’est arrivé un malheur. : événement dénoté) + GN (généralement indéfini175) à valeur référentielle (associé de l’explétif : interprétation argumentale : entité qui subit (patient). statut fonctionnel informationnel/ discursif : rhématique).2. Il est arrivé un malheur/ trois étudiants. 54 . Rassurez-vous : il ne leur a pas été dévoilé le montant exact de votre dette (il n’y a qu’un seul montant qui soit ‘exact’). il faut. Trois nouveaux étudiants sont arrivés chez les Dupont. Construction : Il impersonnel (explétif impur : Nominatif. II.

etc ) ou d’état (Je suis devenue prof de français).2. 55 . inaccusatifs177 : ___. Elle est venue de Londres. 177 . Verbes qui expriment le changement de place (Je suis allée à la fac.

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