1. Phrase modalisée. Notions fondamentales (cours 1-2). 1.1. Phrase/ énoncé.

Phrase : l'unité linguistique maximale (→COMPÉTENCE).

• • •

Constituée de morphèmes (lexicaux et grammaticaux), associés de manière incrémentielle les uns aux autres, selon des règles de bonne formation syntaxique. Niveaux d’analyse pertinents: la syntaxe (règles de formation de la phrase) et la sémantique (contenu de la phrase). Contenu de la phrase : la signification, produit de la signification des morphèmes (lexicaux et grammaticaux) qui la composent (signification dite, de ce fait, compositionnelle).

Enoncé : l'unité pragmatique minimale (→PERFORMANCE).

• • •

Constitué par une phrase (unité linguistique maximale) utilisée dans un contexte précis, dans une certaine situation d’énonciation. Niveau d’analyse pertinent: la pragmatique. Contenu de l’énoncé : le sens, obtenu sur la base de la signification de la phrase et des informations constituant son contexte.

Noter que cette découpe <phrase/ énoncé>, largement acceptée en linguistique contemporaine, n’allait pas de soi chez Saussure (début du XXème siècle), pour qui la phrase procédait, en tant que combinatoire libre de signes linguistiques, de la « parole ».

COMPÉTENCE/ PERFORMANCE (Noam Chomsky1)

LANGUE/ PAROLE (Ferdinand de Saussure2)

Compétence : connaissance que le locuteur-auditeur (idéal) a de sa langue (lexique, syntaxe, phonologie, sémantique).

Performance : emploi effectif de la langue, par un sujet parlant donné, dans des situations concrètes.

Langue : côté social (conventionnel) du langage : trésor collectif. Langue : entité abstraite (système de potentialités : PURES VALEURS) ; code (= système de signes : SIGNES & RELATIONS entre signes). Langue : produit [de l’usage collectif, des conventions] que l’individu « enregistre passivement » Langue : « dictionnaire » →relations associatives (in absentia : paradigmatiques) entre signes linguistiques →combinatoire figée3

Parole : côté individuel du langage. Parole : entité concrète : utilisation individuelle (actualisation) du code de la langue, dans la communication. Parole : « acte individuel de volonté et d’intelligence » Parole : relations combinatoires (in præsentia : syntagmatiques) entre signes linguistiques : combinatoire libre. → !!!Phrase ∈ PAROLE. → !!!Phrase ≠ unité linguistique (opposition linguistique/ langagier)

Phrase ∈ compétence

1

Chomsky N. (1965) – Aspects of the Theory of Syntax, Cambridge Massachussets : MIT Press, 1965 (trad. fr., Aspects de la théorie syntaxique, Paris : Seuil 1971). Dans cette section, les renvois à la page concerneront la traduction en français de l’ouvrage cité (Chomsky 1965/1971). 2 De Saussure, Ferdinand (1995/ 1916) - Cours de linguistique générale, Paris : Payot. Publié en 1916, le Cours de linguistique générale a été rédigé par les élèves de Ferdinand de Saussure (1857-1913) à partir de leurs notes (Charles Bally, Albert Sechehaye, « avec la collaboration de » Albert Riedlinger). L’édition 1995 reproduit l'édition originale. Elle est accompagnée de l'important appareil critique établi par Tullio de Mauro.

1

Les deux définitions corrélées de la phrase et respectivement de l’énoncé reposent crucialement sur l’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre ces deux types d'unités :

une phrase telle que Je suis arrivée en retard est susceptible de nombreuses actualisations, qui influeront sur sa référence; prononcée par Marie Dupont, le 23 mai 2008, devant le secrétariat de sa faculté, elle signifiera: „Marie Dupont est arrivée en retard (à la fac), le jeudi 23 mai au matin”, et prononcée par Jeanne Dubois, le 4 novembre 2008, dans le hall de la Banque où elle travaille: „Jeanne Dubois est arrivée en retard (au bureau) le vendredi 4 novembre 2008, au matin”; par voie de conséquence, c’est l’énoncé d’une phrase assertive et non cette phrase même (à référence incomplètement spécifiée) qui sera le lieu de l’assignation d’une valeur de vérité (vrai/ faux).

L’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre phrase et énoncé se laisse préciser par l’identification de deux types de mécanismes interprétatifs – l’enrichissement contextuel, d’une part, et le filtrage contextuel, de l’autre :

la signification (compositionnelle) de la phrase doit être enrichie contextuellement pour produire le sens de l'énoncé (voir problématique de la référence actuelle – évoquée tout à l’heure) ; corrélativement, étant donné un énoncé (entendu ou lu), il n’est pas toujours évident d’identifier la phrase dont il est l’actualisation : en cas d’ambiguïté (syntaxique : [SN Le vieux singe] [SV [SN le] [v masque]] (« le vieux primate (m’) empêche de voir quelque chose»/ [SN le vieux] [SV singe [SN le masque]] (= « le vieillard imite un masque »); lexicale : le loup (= « masque de carnaval » ? ou bien : « animal carnassier » ?) est gris), c’est le contexte qui filtrera les interprétations inconsistantes, permettant d’associer, à l’énoncé entendu (ou lu) la phrase correspondant à l’intention communicative du locuteur4.

Ces deux définitions gomment en revanche les divergences structurales censées pouvoir subsister entre énoncé et phrase. Il est en effet souvent suggéré, dans la littérature, que si la phrase est le résultat de principes de composition syntaxique et sémantique, l'énoncé n'aurait pas à être interprété en termes des seuls principes compositionnels, n’étant pas toujours construit en fonction de critères syntaxiques : Moi, tu sais, la linguistique…, ouais, bôf ! Il y aurait donc des énoncés qui ne sont pas pour autant des phrases: « En français, la phrase minimale comporte nécessairement au moins un sujet et un verbe conjugué. En revanche, l'énoncé minimal peut être constitué d'un seul élément, de nature quelconque : des séquences comme « Bonjour ! », « Allô ? » ou « Zut ! » constituent des énoncés, mais pas des phrases5. Des énoncés comme « Moi, partir ? », « Quel désastre ! », « Voir Venise et mourir », ou encore « Là, il va, je ne sais pas, moi, mais sûrement, enfin comment dire ? sûrement réagir, oui, c'est ça, réagir », ne sont pas descriptibles en termes de construction syntaxique canonique de phrases. L'énoncé peut apparaître, tantôt comme une phrase incomplète ou tronquée (« Moi ? jamais ! »), tantôt comme une phrase en quelque sorte « surchargée et bégayante » (« Ma sœur, elle, son concours, c'est pour bientôt »). Si la structure de l'énoncé se différencie souvent de celle de la phrase, c'est parce qu'il s'agit de réalités linguistiques relevant de niveaux différents du point de vue théorique » (Encyclopaedia Universalis, art. énoncé). Nous nous en tiendrons, ici, à la définition fonctionnelle (vs structurale) du couple phrase/ énoncé (définition en termes d’actualisation). Les énoncés syntaxiquement déviants mais parfaitement interprétables du (des) type(s) évoqué(s) précédemment se laissent également analyser en tant qu’occurrences de phrases, à force d’assumer, ne serait-ce qu’en termes opérationnels (vs théoriques), la distinction entre phrases grammaticales, phrases interprétables et phrases acceptables.

Le couple notionnel grammaticalité/ acceptabilité (notions graduelles) est développé, en grammaire générative, en liséré de la distinction compétence/ performance:
3 4

Dans les termes mêmes du Cours de linguistique générale : « combinaisons régulières ». Cf. Moeschler, Jacques et Anne Reboul (1994) – Dictionnaire encyclopédique de pragmatique, Paris : Seuil, 131-132.

5

Cela dit, le départ phrase/ énoncé n’est pas toujours aussi tranché en termes de leur structuration respective. Charles-Albert Sechehaye analyse les « énoncés monorèmes » en tant que « phrases à un seul terme », « énoncé monorème » et « phrase monorème » apparaissant en variation libre, dans le texte (Sechehaye, Charles-Albert (1926) – Essai sur la structure logique de la phrase, Tome 1/1, Paris : Champion, chap. I. Accessible en ligne sur : http://roman.ens-lsh.fr ).

2

Grammaticalité : conformité aux règles de la grammaire. Concept appartenant à l’étude de la compétence. Acceptabilité : conformité à l’usage (« les phrases plus acceptables sont celles qui ont plus de chances d’être produites, sont plus aisément comprises, moins maladroites et, en un certain sens, plus naturelles » – op. cit., p. 22). Concept appartenant à l’étude de la performance6. Définitions opérationnelles.

• • •

phrase grammaticale : conforme aux règles de la grammaire (D’incolores idées vertes dorment furieusement7) ; phrase interprétable : à laquelle ont peut assigner un sens (même si elle n’est pas bien formée selon les règles de la grammaire : moi, Tarzan, toi, Jane ; moi, la linguistique, tu sais, bôf !) ; phrase acceptable : à la fois grammaticale et interprétable (De jolis agneaux blancs dorment paisiblement ; moi, la linguistique, je peux très bien m’en passer).

1.2. Enoncé/ énonciation. Énonciation : acte individuel d’utilisation de la langue, activité exercée par celui qui parle au moment où il parle. Énoncé : produit de cet acte, qui en garde les traces (marques énonciatives = marques du locuteur; dans les termes d’Émile Benveniste8, initiateur de la « linguistique de l’énonciation », en France : « l’homme dans la langue », « la subjectivité dans le langage »). Parmi les représentants de marque de cette mouvance en linguistique française : Catherine KerbratOrecchioni9, Oswald Ducrot10, Antoine Culioli11.

6

La distinction compétence vs performance et l’abstraction du locuteur-auditeur idéal sont autant d’hypothèses de travail participant du cadre général des recherches générativistes dès la version standard du modèle. « L’objet premier de la théorie linguistique est un locuteur-auditeur idéal, appartenant à une communauté linguistique complètement homogène, qui connaît parfaitement sa langue et qui, lorsqu’il applique en une performance effective sa connaissance de la langue, n’est pas affecté par des conditions grammaticalement non pertinentes, telles que limitations de mémoire, distractions, déplacements d’intérêt ou d’attention, erreurs (fortuites ou caractéristiques) » (Chomsky 1965/1971 : 12). Une distinction fondamentale est ainsi établie « entre la compétence (la connaissance que le locuteur-auditeur a de sa langue) et la performance (l’emploi effectif de la langue dans des situations concrètes) ». Est également souligné le fait que la performance ne peut être dite « refléter directement la compétence » qu’à l’intérieur de la première hypothèse de travail avancée, à savoir l’hypothèse du locuteur-auditeur idéal (op. cit., p. 13), et non « dans les faits », puisqu’un « enregistrement de la parole naturelle comportera de faux départs, des infractions aux règles, des changements d’intention en cours de phrase, etc. » (op. cit., p.13). Le rapport entre compétence et performance est un rapport d’inclusion (de la compétence, à la performance) : l’étude de la « performance linguistique effective », oblige à « considérer l’interaction de facteurs variés, dont la compétence sous-jacente du locuteur-auditeur ne constitue qu’un élément parmi d’autres » (idem, pp. 12-13). Mais, corrélativement, « l’investigation de la performance n’avancera qu’autant que le permettra la compréhension de la compétence sous-jacente » (ibid., p. 20). Les données de la performance, en tant qu’observables, se retrouvent en amont de la modélisation de la compétence (ou : « grammaire »), censée « déterminer, à partir des données de la performance, le système sous-jacent de règles qui a été maîtrisé par le locuteur-auditeur et qu’il met en usage dans sa performance effective. » (ibid., p.13, nous soulignons).
7

Remarquer la violation systématique des restrictions de sélection sémantique (dormir sélectionne un sujet animé, les adjectifs de couleur tel vert(es), des nominaux concrets, notamment objets physiques, et les modificateurs de verbe tel furieusement, un verbe [+intentionnel]), ainsi que les contradictions (idées ou bien incolores ou bien vertes).
8

Benveniste, Emile (1958) « De la subjectivité dans le langage », Journal de Psychologie, 55, repris in : Benveniste, Emile (1966), Problèmes de linguistique générale, tome I, ch. XXI. Benveniste, Emile (1970), « L’Appareil formel de l’énonciation », Langages, 17, repris in : Benveniste, Emile (1974), Problèmes de linguistique générale, tome II, ch. V.
9

Kerbrat-Orecchioni, Catherine (1980) – L’Énonciation. De la subjectivité dans le langage, Paris : Armand Colin. KerbratOrecchioni, Catherine (1990-1994) – Les Interactions verbales, tomes 1-3, Paris : Armand Colin.
10

Qui articule traitement de la phrase et traitement de l’énoncé en termes du contexte situationnel (composant linguistique : signification de la phrase, composant rhétorique : sens de l’énoncé – étant donné un certain contexte situationnel), et opère, dans le cadre d’une extension originale de la théorie énonciative de Benveniste, inspirée des analyses de texte chez Bakhtine (linguiste russe), la théorie de la polyphonie, une distinction de principe entre locuteur-allocutaire, d’une part, et énonciateur-destinataire de l’autre. Cf. Ducrot, Oswald, (1980) – Les Mots du discours, Paris : Minuit.
11

Théorie des opérations énonciatives. Cf. Culioli, Antoine (1990) – Pour une linguistique de l’énonciation. Opérations et représentations, Tome 1, Paris : Ophrys.

3

1.3. Phrase/ proposition. Distinction structurale manifeste (distinction syntaxique): →proposition = constituant syntaxique de la phrase. phrase simple (= élémentaire) ⊃ 1 proposition phrase complexe ⊃ plusieurs propositions13 proposition indépendante : Sylvie est allée à la fac. proposition principale : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. proposition subordonnée : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. La notion de proposition indépendante est définie par la négative : ni principale, ni subordonnée (c’est-à-dire : en dehors de toute relation de dépendance). Il s’ensuivra que les coordonnées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac14 et Marie est restée chez soi15) et les juxtaposées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre16) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac, Marie est restée chez soi) seront aussi envisagées comme « indépendantes »17. Dédoublement terminologique phrase/ proposition : Distinction en termes de niveaux d’analyse syntaxique (distinction structurale pas forcément apparente)

→proposition = niveau d’analyse syntaxique inférieur à celui de la phrase12. Phrase : unité syntaxique et sémantique pourvue de spécifications temporo-aspectuelles et modales (ancrage temporel au sens large : Sylvie est allée à la fac).

Proposition : unité syntaxico-sémantique non pourvue d’ancrage temporel, simple structure de prédication (structure argumentale [aller (Sylvie, à la fac)], [marcher (Sylvie)] – augmentée éventuellement de compléments optionnels [à pied [aller (Sylvie, à la fac)]]20, [vite [marcher (Sylvie)]]21). Il s’agit là, sans autre, d’une définition de la proposition comme niveau d’analyse syntaxique inférieur à la phrase (donc : comme constituant syntaxique de la phrase) y compris dans le cas des phrases simples. Rappel : une structure argumentale est constituée d’un Prédicat (sémantique22) et des arguments sélectionnés par ce prédicat. La notion d’argument est empruntée à la logique des prédicats (ou : logique des propositions analysées), plus exactement, à la notation logique des relations de prédication (‘x est f’ noté f(x) - argument d’une fonction, donc), la notion de prédicat étant assimilée à la notion (mathématique, logique) de fonction (MORTEL (Socrate) : ‘Socrate est mortel’). En linguistique structurale française (Tesnière, Lucien (1959) – Eléments de syntaxe structurale, Paris : Klincksieck), on dirait plutôt ‘structure actancielle’ (de: ‘actant’ (sélectionné et donc non optionnel dans l’économie de la phrase), notion syntaxique et sémantique correspondant à la notion d’argument (davantage utilisée dans l’espace anglophone), et opposée à la notion de ‘circonstant’ (non sélectionné et donc optionnel, dans l’économie de la phrase). Sujet et compléments sont, chez Tesnière, des actants qui complètent (ou : satisfont) les valences du verbe (centre de la phrase). Le sujet est le premier actant, les compléments sélectionnés, des actants second ou tiers, les compléments non sélectionnés, des circonstants. Il existe des actants syntaxiques auxquels il ne correspond aucun actant sémantique (les sujets explétifs : il est arrivé trois étudiants), et des actants sémantiques auxquels il ne

• •

proposition indépendante = phrase simple proposition principale = phrase matrice (= phrase

12 13

Ce qui reformule en fait l’idée que la proposition est un constituant syntaxique de la phrase.

On distingue, traditionnellement, aussi : phrase minimale (qui ne comporte que des éléments essentiels, ineffaçables : le minimum requis pour sa grammaticalité – parfois appelée toujours : ‘phrase simple’), et phrase étendue (qui comporte, outre les éléments essentiels, des « élargissements » (ou : « expansions ») : épithètes conjointes venant élargir les groupes nominaux sujet ou objet, adverbiaux venant élargir le groupe verbal, compléments de phrase venant élargir la phrase tout entière) – cf. Dubois, Jean et René Lagane (1993) – La nouvelle grammaire du français, Paris : Larousse-Bordas : 151-152). Nous préserverons au terme de phrase simple l’acception courante en grammaire générative (phrase uni-propositionnelle, opposée à la notion de phrase complexe (=multi-propositionnelle)), et opposerons à la phrase étendue (= phrase qui comporte des éléments non sélectionnés, optionnels mais : non propositionnels eux-mêmes – quel qu’en soit le niveau d’incidence), la phrase minimale.
14 15 16 17

Premier conjoint : une proposition indépendante. Second conjoint : une autre proposition indépendante. Veuillez noter que la phrase complexe n’est pas, elle, soulignée comme un tout (virgule comprise) !

Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

4

racine)18 Spécialisation structurale (en grammaire générative notamment) : phrase racine (=matrice)/ proposition enchâssée. N.B. Que l’on prenne le dédoublement terminologique proposition indépendante/ phrase simple pour une relation d’équivalence substantive (et donc transitive : ‘toute proposition indépendante serait une phrase simple et toute phrase simple, une proposition indépendante’) ou que l’on veuille distinguer minimalement propositions indépendantes et phrases simples (‘toute phrase simple se réduit à une proposition indépendante, mais toute proposition indépendante n’est pas du coup une phrase simple’19), sous cet éclairage, il n’y a pas moyen de distinguer entre (dans cet ordre-ci :) phrase simple et proposition indépendante. Il y aurait donc coïncidence (triviale) entre phrase simple et proposition indépendante en tant que niveaux d’analyse syntaxique. Un résultat pas très heureux.

correspond aucun actant syntaxique (l’objet ‘zéro’ de phrases elliptiques telle Cela dépend [« de quoi ? »]). Les notions d’argument et d’actant ne sont cela dit pas strictement parallèles : le nom modifié par un adjectif épithète conjointe (la belle Venitienne) est bien l’argument de cet adjectif (analysé, lui, comme prédicat sémantique), sans pour autant en être l’actant. Une fois la proposition appréhendée comme simple structure de prédication (structure argumentale, éventuellement étendue), non soumise à ancrage temporel, toute phrase simple devrait être constituée d’un syntagme (=groupe de mots) instanciant la relation de prédication sémantique essentielle, enchâssé (en l’absence de compléments non sélectionnés (=prédications optionnelles)) sous une catégorie fonctionnelle portant les traits de temps-aspect-mode pertinents pour l’ancrage temporel (au sens large) : voir Fig. 1 ci-après. Cette catégorie, notée T (T de Temps) réunit les traits de temps-aspect-mode du verbe (les ‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle de la phrase), ainsi que ses traits d’accord (traits de personne et de nombre), redondants, eux, de traits de mêmes valeurs d’un argument nominal du verbe (en français, il s’agira du sujet). Si les traits de temps-aspect-mode d’un verbe sémantiquement plein (=verbe ‘substantif’ vs auxiliaire ou verbe postiche) seront composés, lors de l’interprétation sémantique de la représentation générée en syntaxe, à la matrice de traits sémantiques purs de celui-ci, les traits d’accord, qui n’ont aucune pertinence interprétative sur le verbe, ne le seront pas ; ce sont leurs corrélats sur l’argument nominal sujet qui seront interprétés.

18 19

.Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

Une phrase simple est constituée d’une (seule) proposition indépendante, et certaines phrases complexes sont construites de plusieurs propositions indépendantes – celles qui n’instancient pas de relation de dépendance sémantico-syntaxique, à savoir les phrases complexes composées par juxtaposition et par coordination. Le jeu des formes verbales suggère déjà que c’est là notre option.
20 21 22

Phrases simples correspondantes : Sylvie va à la fac à pied./ Sylvie ira à la fac à pied./ Sylvie est allée à la fac à pied./… Phrases simples correspondantes : Sylvie marche vite./ Sylvie marchera vite./ Sylvie marchait vite./…

Prédicat sémantique vs prédicat syntaxique (au sens de la grammaire traditionnelle) : dans le cadre du prédicat nominal (=copule+ attribut du sujet), seul l’attribut du sujet est un prédicat sémantique (un ‘prédicatif’, en termes de grammaire structurale). Prédicat sémantique vs ‘groupe prédicatif’ (grammaire structurale) : l’analyse structurale des ‘phrases étendues’ distingue, outre le sujet (GN1), deux niveaux, incrémentiels : le groupe verbal GV (=verbe+ compléments sélectionnés), et le groupe prédicatif GPréd (=GV + compléments de verbe non sélectionnés), la structure de la phrase étant Ph = GN1 + GPréd. À l’intérieur d’une telle approche, la notion de ‘groupe prédicatif’ recoupe plus ou moins la notion logique de prédicat (vs sujet) d’un jugement (exprimé par une proposition susceptible de se voir assigner une valeur de vérité (ou bien vrai ou bien faux)), mais le verbe (à valences satisfaites par le sujet et (le cas échéant) par son ou ses compléments obligatoires) n’y est pas le seul prédicat sémantique. Les compléments non sélectionnés par le verbe (analysés comme des ‘Groupes Adverbiaux (notés GAdv), même lorsqu’ils sont exprimés par des groupes prépositionnels (Sylvie va à la fac à pied), voire par des groupes nominaux (compléments directs qui ne sont pas des compléments d’objet, tels les compléments de prix ou de mesure : j’ai payé/ acheté ce meuble 1000 euros/ trois fois rien, j’ai nagé 1000 mètres), se laissent également envisager en tant que prédicats sémantiques : ce seraient des prédicats optionnels, dans l’économie de la phrase, qui sélectionnent, eux, un certain (type de) verbe/ groupe verbal (ce qui expliquerait l’existence de relations de sélection sémantique fine entre ces éléments : *Sylvie va à la fac à l’aiguille (OKCette nappe est brodée à aiguille), Sylvie va à la fac à pied (*Cette nappe est brodée à pied).

5

Sylvie va la fac 6 . 1.. 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig.T =TP Ancrage temporel (phrase) 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. ind.

soit Inter(rogation).1971 (Aspects de la théorie syntaxique). qui en détermine la modalité. l’affirmation en tant que telle ne saurait être dite négative sans contradiction. et je peux le prouver). mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). ce Constituant engendrera les types de phrase essentiels ou : obligatoires (= types de phrase26). à ce que je vois). il y a hésitation sur la marque du pluriel. un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. forme négative) »). dans l’énonciation. et d’un noyau (abréviation : P. Paul n’est pas là pour l’instant. et de constituants facultatifs (négation. de phrase24) : Σ→ Const + P (lire : « Σ se réécrit comme Const + P »). à structure syntaxique. 7 . formé d’un élément obligatoire (soit Affir(mation). Bien que l’on puisse affirmer que non-p en langue naturelle (J’affirme qu’il n’est pas là. Nous prenons nos distances par rapport à la nomenclature en place dans Dubois & Dubois-Charlier 1970. emphase et passif – notés entre parenthèses dans la formule cicontre) :  Affir25  Interr  Imp . de sentence. Les types de phrase facultatifs (= formes de phrase) sont : - des constituants de phrase optionnels27. sur ce point précis.1. lui. 23 24 25 Dubois. morphologie et intonation spécifiques. 1. ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . et dirons plutôt « assertion (type assertif) ». forme affirmative)/ négation (type négatif. Toute phrase Σ (lire : « sigma » – le terme anglais correspondant ayant l’initiale S(entence)) est formée. mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). impersonnel). dans la lecture de Dubois & Dubois-Charlier 197023). à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. emphase. Tu viens ?/ -Je ne peux pas. ou descriptif (=représentationnel : négation28) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. Paris : Larousse (collection « Langue et langage »). employant « affirmation » pour l’une des deux formes logiques possibles (« affirmation (type affirmatif. dans la littérature. vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? Définis. fr.4. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. en structure profonde (niveau de représentation syntaxique dont est justiciable l’interprétation sémantique). L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. Syntaxe de la phrase modalisée (version générative-transformationnelle standard – Chomsky 1965/ trad. en termes (implicitement) transformationnels. et (le cas échéant) des types de phrase facultatifs (= formes de phrase). 2004 (1994) : 386-387). Jean et Françoise Dubois-Charlier (1970) – Éléments de linguistique française : syntaxe. (cf. Cette transposition en français n’harmonise donc pas les rapports entre les deux notations. 26 27 28 Souvent. par hypothèse non exclusifs des types obligatoires.1. soit Imp(ératif)). d’un constituant de phrase (abréviation : Const). en alphabet grec et latin (dans la logique de Σ/ S.4. Le constituant est. Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). Phrase noyau/ phrase modalisée. il aurait fallu sans doute avoir ici : Π (lire : « pi »)/P). parce que parler d’« affirmation négative » nous semble participer de la contradiction dans les termes. Riegel et al. 2004 (1994): 386). En anglais : S. Les types essentiels sont: - des constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). Const → + (Nég) + (Emph) + (Passif) Marqueur sous-jacent de la modalité.

4. mais deux représentations : une structure profonde. donc. directement observable. [déclarative affirmative passive à complément d’agent mis en vedette : phrase clivée] Ce n’est pas par une vipère que la brebis a été mordue. de la phrase. [clivée négative d’une phrase déclarative passive] N’est-ce pas par une vipère que la brebis a été mordue ? [clivée négative interrogative de la même phrase passive]. fr. on s’évertue à rendre compte des mêmes observables en termes du rapprochement des constituants optionnels et respectivement obligatoire30. Cette analyse-là était consistante avec le statut privilégié de la phrase assertive. The Hague (trad. et une structure de surface. puis. En bon français.  L’introduction de Const dès la structure profonde permet de rendre justice au postulat selon lequel « les transformations ne peuvent introduire des éléments porteurs de sens » (Chomsky 1971 (1965) : 180-181). 5. 31 La question se pose de savoir si les observables eux-mêmes imposaient un tel biais ou si ce n’était là que l’influence de la modélisation précédente. les transformations étaient entendues procéder de manière ordonnée : passivation avant emphase. Phénomènes de portée de la négation (C’est Paul qui n’est pas venu (emphase à départ négatif)/ Ce n’est pas Paul qui est venu (négation d’une phrase déjà emphatisée). OK Prenez le déca (décaféiné). Sous l’analyse purement transformationnelle des types de phrases/ formes de phrases. la négation31. Ce noyau est maintenant postulé en tant que niveau d’analyse pertinent (analyse en constituants immédiats). Paris : Seuil. en syntaxe seraient générées non pas une. réanalyse du passif comme donnée morphologique/ lexicale (radical verbal passif non trivialement distinct du radical actif. *C’est le déca que prenez. en logique – seule phrase en langue naturelle donnant lieu à une proposition logique (lieu du vrai ou du faux). 1969). L’analyse des phrases-types en grammaire transformationnelle (non générative : Z. (1957) – Syntactic Structures. 32 33 *C’est froid que le café est. par hypothèse. OK Le café est froid. 3. Structures syntaxiques. Singulier puisque les constituants obligatoires sont par hypothèse mutuellement exclusifs. phrase clivée & impératif (mise en vedette du complément par le présentatif c’est… que…) et impératif : *c’est… que+ verbe à l’impératif33 . puis. Structure profonde →/Transformations/ → Structure superficielle : forme (ordre des mots observé). la nouvelle analyse de la phrase ne privilégie plus le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) : la notion même de ‘type de base’ perd tout contenu propre. [déclarative affirmative active non emphatisée] 2.. dont on dérivait tous les autres types (et toutes les formes de phrase aussi). La ‘phrase noyau’ est de fait désormais plutôt appréhendée comme ‘noyau de la phrase’– toute phrase susceptible d’être énoncée étant. Rappelons qu’au sens de cette modélisation de la grammaire. Des deux représentations générées en syntaxe. résultat des transformations portant sur cette structure profonde. [déclarative affirmative passive non emphatisée] C’est par une vipère que la brebis a été mordue. Comparer : 1. certaines combinatoires de types sont de fait barrées : • • 29 30 mise en vedette de l’attribut (du sujet) par le présentatif c’est… que… : *c’est … que X est32 . La notion de phrase noyau coïncidait à cet observable linguistique. et transformation impérative/ interrogative par la suite. Chomsky. S. le passif. Harris) et dans la première version de la grammaire générative (Chomsky 1957/trad. l’emphase. issue de l’insertion lexicale des catégories. par rapport au Noyau : le constituant le plus à droite dans la formule sera le premier introduit dans la base – en l’occurrence. mais n’est plus susceptible d’instanciations per se au gré des énonciations et n’est jamais. structure argumentale distincte) sont autant d’éléments susceptibles de fournir à cette analyse des motivations indépendantes. La brebis a été mordue (par une vipère). emphase avant transformation négative. Introduisant le marqueur abstrait de modalité dès la structure profonde. et les phrases modalisées en étaient dérivées par transformations. fr. 196929 ) privilégiait le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) en tant que type de base. Sous l’analyse non-transformationnelle. Une vipère a mordu la brebis. ‘modalisée’. restrictions sémantico-distributionnelles liées à la subordination/ à l’enchâssement (*C’est Paul qui est-il venu ?). qui introduit la modalité (Const) dès la base de la grammaire (en structure profonde). 8 . N. Mouton. seule la structure profonde fera l’objet de l’interprétation sémantique :   Catégories → /Règles de réécriture/ → Structure profonde : interprétation sémantique. par l’intermédiaire de règles de réécritures (inscrites dans le composant de base de la grammaire).

X . respectivement la valeur assertive de la complétive enchâssée. note 32). épelé (l’homme [CP LEQUEL [C’ queC [TP j’aime]]]). 343) ignore un certain nombre de détails. non interprétés sur le verbe. Béni soit-il !). ‘accordé’ au Nominatif avec l’opérateur de relativisation non épelé (sans forme phonétique) dans son Spec. qui dans les relatives à antécédent du type de l’homme qui est arrivé est en fait le complément(is)eur. 1. Nicolas (1967) – Introduction à la grammaire générative. à l’instar de D (D de : déterminant . par le complément d’objet indirect lui). Ruwet. L’analyse sera ensuite étendue aux phrases racines (propositions indépendantes comprises). C contribuerait crucialement au codage grammatical de ce que l’on pourrait appeler sans autre ‘l’ancrage discursif’ de la phrase). le complément(is)eur de sélectionne. 163. Catégorie syntaxique fonctionnelle (vs substantive).  La reformulation. étaient-ils analysés comme relevant (au mieux) des « effets de surface » sur l’interprétation (sémantique – cf. mais aussi les traits d’accord (traits de personne et de nombre). par Dubois & Dubois-Charlier 1970. Dans une proposition relative (restrictive). et la valeur interrogative de celle-ci (question à réponse oui/non) . le complément(is)eur étant. outre la sélection d’une proposition subordonnée à verbe fini (+Temps). Retenons pour le moment qu’au sens de Chomsky 1965. Toute subordonnée enchâssée sera donc analysée comme un CP (un syntagme complément(is)eur) : Jean dit [CP queC [TP Marie est jolie]]/ Jean ignore [CP siC [TP elle est à la fac]]/ Dis-lui [CP deC PRO34 partir]. Ré-analyse du marqueur abstrait de modalité : la catégorie complément(is)eur (C). catégorie qui réunit –rappelons-le – les traits de temps-aspect-mode du verbe (‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle→ ce qui en fait une sorte de déterminant du verbe).2. «impératif ». moment où de fait C se substituera pour de bon au marqueur de modalité de la version standard du modèle (noté Const in Dubois & Dubois-Charlier 1970). principalement. tout en rappelant le caractère fini (+Temps) ou non fini (-Temps) de celle-ci – voir Fig. le complément(is)eur est d’abord envisagé en tant que catégorie capable de convertir une phrase en complément du verbe (position typiquement vouée à un syntagme nominal). alors. Les versions plus récentes de la GGT reformulent le marqueur sous-jacent de la modalité (Const) à une catégorie fonctionnelle qui prendrait TP pour complément : le complément(is)eur C.4. déterminant du nom : référence nominale) et de T (T de Temps . pour les mêmes raisons). Selon une analyse déjà classique par Richard Kayne. 9 . le complément(is)eur des phrases racines est typiquement non épelé (=dépourvu de matrice phonologique). continuaient de fait à être analysés comme phénomènes syntaxiques sans retombées interprétatives sémantico-logiques : l’interprétation sémantique (des structures générées en syntaxe) était envisagée comme restreinte au représentationnel et à l’actionnel (force illocutionnaire). pour commentaire. « négatif » (cf. lui (l’homme [CP dont [C’ C [TP tu as épousé la fille]]]). mais sur l’argument nominal (sujet)). note 9 . Chomsky 1971 (1965) : 186. Paris : Plon. 3 plus bas dans le texte. Aussi les « effets de sens » liés à l’emphase. En français. restant confinées à des genres discursifs particuliers : • Remarque : passif & impératif (Soyez remerciés pour votre cadeau. Tout syntagme est supposé instancier les relations structurales suivantes : - tête X (catégorie terminale qui projette) .d’autres sont marquées. complément de la tête (première catégorie avec laquelle la tête fusionne formant ainsi un constituant complexe): Compl. une subordonnée non tensée (-fini). de la thèse chomskyenne des marqueurs sousjacents (seuls) responsables du sens « interrogatif ». ayant trait notamment au passif et à l’emphase : nous y reviendrons plus tard. ainsi que les effets de sens communément imputés aux « divergences d’accentuation » entre une phrase active et sa contrepartie passive. Rappel. p. correspondant alors à la conjonction introductive d’une complétive. ayant respectivement trait à la dimension actionnelle (« force ») et à la hiérarchie informationnelle de la phrase énoncée (bref. et. la catégorie introduite en syntaxe comme tête projettera : le constituant complexe engendré par 34 Pronom abstrait (sans forme phonétique). Les complément(is)eurs que (+indicatif) et si (dubitatif) expriment. sujet d’une infinitive . Appelé ainsi en référence notamment aux propositions subordonnées enchâssées. le syntagme relatif (opérateur de relativisation) spécifiera un complément(is)eur non épelé. ou bien sera analysé comme phonétiquement nul. Chomsky 1971 (1965) : 180-181. le complément(is)eur C est censé exprimer des composants non référentiels de l’intention informative du locuteur. son interprétation (référentielle) est en général « contrôlée » par un argument du verbe recteur (ici. aussi bien l’emphase que le passif (et. une fois composée structuralement à son complément. lui.

notation : Spec. dans la représentation syntaxique générée. interprétée comme syntagme de catégorie X (→XP) Spécifieur ZP X’ Projection intermédiaire a qui projette ŕ son tour (X° et Xmx ŕ la fois) : chaque niveau de projection est noté par une barre ou un prime X Tęte X° qui projettera YP Complément Fig. Cette analyse des syntagmes. une fois l’objet syntaxique formé par X° et par YP (son complément) fusionné à ZP. Mode/ modalité/ modalisation. ce sera la première projection de X (X’) qui projettera. ind. qui ne comporte que des di-branchements. X. 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig. +fini} T =TP Ancrage temporel 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. projection notée X’. Structure du syntagme (théorie X-barre).type instancié par son complément) . 10 .. 2. qui représente tout ce qu’elle domine. pour : « syntagme ». auprès de X° déjà composé à son complément YP (en fait : auprès de la première projection de la tête X°. 35 P du terme anglais de phrase. permet de rendre compte de manière immédiate de l’ordre d’introduction des constituants dans l’objet syntaxique.5. - spécifieur de la tête (seconde catégorie (ZP) introduite dans l’objet syntaxique en train d’être généré. 3. C =CP Ancrage discursif {+assertif.l’union de X à un autre syntagme YP35 (son complément) sera vue par la computation syntaxique (et à l’interface sémantico-logique) comme catégorie du type de X (non comme catégorie du type Y . assurant une transparence maximale de la chronologie des procédures de fusion. Sylvie va la fac 1. noté aussi X’’). de sorte que le nouveau constituant complexe sera toujours visible comme catégorie du type de X (=XP) . XP a Projection maximale de la tęte X (→Xmx donc. en l’occurrence l’objet complexe X° + YP dans son entier) .

D. *X nage en une heure (-télique) . certains auteurs parlent de : éventualités (Vikner. l’avenir. une période quelconque). « Temps extérieur au procès36 » (Gustave Guillaume). télique/ atélique38. -télique. peindre un tableau……/ tests distributionnels : OKX est en train de peindre un/ le tableau (+dynamique) . 38 39 40 41 Telos : but. rire. connaître qqch.  verbes d’activité ([+dynamique. penser. Mode d’action (aspect lexical) : « temps intérieur au procès » (Gustave Guillaume) . Paris : Larousse. trouver une solution. le type assertif neutre se laissera envisager comme modalisateur à l’instar des types de phrases marqués (phrases interrogative. Carl (1985) – « L’aspect come modificateur du mode d’action : à propos de la construction être + participe passé ». temps/ temporalité. mais pas ce qui précède. Paul court (énoncé sans marque d’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel autre que le type de phrase : type assertif neutre. sécher (intr. Paul peut courir (énoncés modalisés). après. -ponctuel] – situations statiques. boire. impérative. accompli/ inaccompli. objets) . aspect grammatical / aspect lexical. 95-113)ou de prédications (au sens de la Role and Reference Grammar – cf. nager jusqu’à l’île des rats (en dix minutes) : accomplissements. Il est vrai qu’il court pourra être 36 37 Il s’agit bien évidemment du procès désigné par le verbe. modalité : notions sémantiques. … . pleurer.1. R. Théorie des aspects. dans la littérature : télique/ atélique. puisque ce n’est pas le verbe seul que l’on classifie. comme énoncé ‘non modalisé’ par excellence)/ Il se peut que Paul coure. Gustave (1984) – Temps et verbe.  verbes d’accomplissement ([+dynamique. OKX peint un/ le tableau en une heure (+télique) . sans structure interne et sans limite temporelle inhérente) : être malade. danser … (sans complément désignant la limite finale ou cible du mouvement39) . aspect (grammatical). procès. Vendler 1967):  verbes d’état ([-dynamique. La neige fond. écrire. +télique. perfectif (terminatif)/ imperfectif (non terminatif). une journée. des modes et des temps. -ponctuel] – actions qui peuvent avoir une certaine durée et qui ont un point de terminaison arbitraire) : marcher. ponctuel/ non ponctuel (=duratif) (Zeno Vendler – cf. d’autre part. mode d’action (aspect lexical). Paul court peut-être. Paris : Champion. OKX a cessé d’aimer la musique (+duratif (=-ponctuel)).  Terminologie relativement floue. homogènes et continues. apprendre la poésie par coeur. nager. croire qqch. etc. in Advances in Role and Reference Grammar. Van Valin (ed. apprendre la nouvelle…/ tests distributionnels : *X a cessé de trouver la solution (-duratif). avoir qqch. limite finale. mode : formes de langue (morphologie verbale : « tiroirs verbaux ») Temporalité. entre Il court/ Je crois qu’il court.1.). la différence.41). OKX a cessé de nager (+duratif). …(sans objet direct explicite40) / tests distributionnels : OKX est en train de marcher (+dynamique). +ponctuel] – verbes décrivant le seul point culminant (ou : dénouement) de la situation envisagée.). voire avec ses adverbes. Noter dès à présent que t0 est un moment fictif. Mode/ modalité. mais le verbe avec ses arguments (sujet. *X met une heure à nager (-télique). actions. Temps. Van Valin. aimer qqch. R. et à l’instar des phrases à . analysé. variable en extension (une seconde. mais comme une sorte d’hyperonyme pour : états. …/ tests distributionnels : *X est en train d’aimer la musique (-dynamique). dans la littérature non-générativiste.). Distinguer : écrire (pendant des heures) : activité/ écrire l’exercice (en cinq minutes) : accomplissement. Langue Française 67. -télique. 1-164). OKX nage pendant une heure (+duratif). Une fois la modalité intégrée dans la base de la grammaire (règle de réécriture de toute phrase comme Const + noyau). (1993) – « A Synopsis of Role and Reference Grammar ». il ya le passé. une année. éclater. 11 . au-delà duquel l’action ne peut plus continuer) : fondre (intr. Cf. Ou plutôt : classes aspectuelles de situations (métaterme entendu non comme synonyme d’état. Avant t0. classes (aspectuelles) de verbes37 définies en termes des traits dynamique/ non dynamique (=statique). exploser. D. événements . Modalité : expression de l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de son énoncé. GUILLAUME. OKX met une heure à peindre un/ le tableau (+télique) verbes d’achèvement ([+dynamique. Temporalité : notion construite autour du moment de la parole (le maintenant du locuteur. noté par convention t0). OKX a trouvé la solution en deux secondes/ OKX met deux secondes à trouver la solution (+télique).5. +télique. -ponctuel] – actions/ situations qui ont une certaine durée et qui comportent un point de terminaison précis. au contraire des accomplissements) : (se) casser. caractéristiques du déroulement du procès . Amsterdam : John Benjamins Publishing Company. Distinguer nager (pendant 30 minutes) : activité/ nager cent mètres (en trois minutes). *X est en train de trouver la solution (!! +ponctuel). du point de vue de la modalité.

Le Querler. sens : modalité implicative « si vous faites un pas de plus. sens : modalité injonctive). mode/ modalité).. mais en tant que différence de réalisation linguistique d’une seule et même valeur modale (attitude propositionnelle de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé). Typologie des modalités.formulée non plus en termes de +modalité/ -modalité. Il n’y a pas de correspondance terme-à-terme entre tiroirs verbaux et notions sémantiques (temps/ temporalité. 42 Cf. • • • Vous fermerez cette porte sans la claquer (tiroir : futur. Caen : Presses Universitaires de Caen. vous tomberez… »). aspect/ mode d’action. Un pas de plus. et vous tombez dans l’abîme (tiroir : présent. sens temporel : futur du passé)42. 12 . Nicole (1996). Il m’avait dit qu’il viendrait ce soir (tiroir modal : conditionnel.

buvable (« (qui) peut être [mangé/ bu] »…). Ducrot. sentiments etc. et même des indices ou des icônes – pour nous référer au classement des signes selon leur relation au référent. une lexie complexe ou un syntagme (groupe de mots) non lexicalisé. Ferdinand de Saussure définit le signe linguistique en tant que catégorie relationnelle44. produit de la modalisation. Le signe linguistique n’est pas identique au mot : d’une part. prédicats modaux (abstraits). K. S. et énonciateur-destinatire (parfois appelé : énonciataire). Modalité : zone modale. selon Bally. La relation modalité/ modalisateur se laisse alors envisager comme cas particulier de la relation signifié/ signifiant. mais la structure syntaxique ne soutient pas toujours aussi directement cette structuration sémantique. et I.6. 44 Ce qui vaut de tout symbole.5. Richards (1989/1923) – The Meaning of Meaning. un paragraphe.) et onomatopées (qui. sont des icônes) mises à part). C. A. la plupart des signes linguistiques sont des symboles (interjections (qui sont des indices d’états d’âme. Paris : Minuit). au sens de Ch. énonciateur/ sa façon de réaliser l’énonciation . qui inclura le référent46 : signifiant (symbol (“symbole”)) + signifié (thought (“pensée”)) + référent (referent)). Démarche onomasiologique/ démarche sémasiologique. représentation virtuelle d’un état de chose) Modus : modalité de l’énoncé (assertion qui actualise une telle représentation virtuelle). des parties constitutives d’un mot sont des signes linguistiques (non autonomes) : les préfixes ou suffixes dérivationnels (impossible. le référent (objet du monde auquel renvoie la chaîne sonore ou graphique pourvue de cette signification : entité extralinguistique qui satisfait la description) restant extérieur au signe à proprement parler. chez Abélard (XIIe siècle). d’une part. mangeable. prise en charge de l’énoncé par son énonciateur (rapports entre : énoncé/ fait asserté . Dictum : contenu propositionnel de l’énoncé (prédication. San Diego-New York: Harcourt Brace Jovanovitch Publishers.7. Modalité/ modalisation. de l’autre. Les modalisateurs sont des signes linguistiques à signification modale. probable] »). Peirce (à noter que. la distinction allocutaire (visé par le locuteur)/ auditeur (qui se trouve entendre ce qui est dit sans être nullement visé par le locuteur) – telle que posée en linguistique de l’énonciation – n’est en général pas pertinente. la signification de la proposition. 13 . Modalisation : opération énonciative .2. Modalisateur : marqueur (perspective d’interprétation)/ réalisateur (perspective de production). 1. énonciateur/ son énoncé . voire tout un texte peuvent être envisagés comme signes (signifiant-signifié(-référent)) . Ces distinctions feront l’objet de vos cours d’initiation en pragmatique. prédicat modal abstrait) à ses incarnations linguistiques. Plus exactement : une représentation mentale de celui-ci. Charles Bally (Linguistique générale et linguistique française (1932)) récupère la distinction. imitant leur référent. de l’autre. Modus/ dictum. distinction est également faite entre locuteur-allocutaire. en logique moderne). énonciateur/ destinataire (locuteur/ allocutaire. D’autres auteurs45 proposeront une définition ternaire du signe linguistique. 45 46 Ogden. mais également les affixes flexionnels (viendra (« à l’avenir »)). Toute phrase a un dictum et un modus. O. une phrase (un énoncé). Démarche onomasiologique (du sens vers les mots) : de la zone modale (valeur modale. Polysémie des marqueurs modaux. auditeur43)). Modalité(s) : catégories conceptuelles logico-sémantiques . 1. Modalité/ modalisateur. En linguistique de l’énonciation (notamment dans le cadre des théories polyphoniques – cf. Structure de la phrase modalisée : modus + dictum. improbable (« qui n’est pas [possible. (1980) – Les Mots du discours. à deux facettes solidaires : le signifiant (suite de phonèmes ou de graphèmes) et le signifié (signification (description) lexicalement associée à cette chaîne sonore ou graphique).1. son contenu (contenu propositionnel. Démarche sémasiologique (des mots. selon cette tripartition. formulée d’abord par la Scolastique médiévale : dictum propositionis désigne. Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). aux sens) : du marqueur modal aux valeurs modales qu’il exprime. 43 Pour les besoins des analyses syntaxiques et syntaxico-sémantiques faisant l’objet de ce cours sur la phrase modalisée. énonciateur/ fait asserté .

in : David. Termes remontant à Thomas d’Aquin (De modalibus) : propositions modales de re (quand le modus est inséré dans le dictum : Socrate peut courir) / propositions modales de dicto (modus prédiqué du dictum sujet : Que Socrate coure est possible/ il est possible que Socrate coure). dans la littérature. à structure syntaxique. Souvent. Voilà TROIS JOURS qu’il est parti). cause. axiologiques) implicatives (relation causales au sens large : condition. Classement des modalités. interrogation (phrase interrogative : Paul est-il là ?/ Où est-il ?).8. syntaxiquement parlant ⊂ 48types de phrase facultatifs) : • • • emphase (Paul. sporadicité (Kleiber 198350)). Voir chapitre dédié (encadré ). 1. morphologie et intonation spécifiques. Portée de la modalité (du modalisateur) : interne/ externe (au dictum).  Modalités d’énoncé (contribution interprétative → attitude du locuteur face au contenu propositionnel de son énoncé . Modalité de re/ modalité de dicto. syntaxiquement parlant = types de phrase obligatoires) : • • • •  assertion (phrase assertive ou : déclarative : Paul est là). Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). • • • • Modalités (d’énonciation. parti !/ Que cette fenêtre est sale !). qui frappe un constituant du syntagme apportant l’information nouvelle (que le locuteur présente/ signale ainsi comme étant) la plus importante pour l’interlocuteur.9. but. impersonnel (Il est arrivé trois nouveaux étudiants/ Il a été dansé toute la nuit). Modalité de re : portée intra-prédicative (interne au dictum). syntaxiquement parlant ⊂ phrases à double prédication: • • • aléthiques . « L’emploi sporadique du verbe pouvoir ». 183-203. et G. Kleiber (éds). Les étudiants sont sans doute partis. à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). Modalités de message (contribution interprétative → hiérarchie informationnelle. 47 48 49 50 51 Ou plutôt : actes illocutionnaires. C’est À PAUL que je voudrais parler. il est déjà parti pour Paris/ C’est PAUL49 qui est arrivé le premier. conséquence. vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? 14 . exclamation (phrase exclamative : Paul.  Modalités d’énonciation (contribution interprétative → attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage47 . Modalité de dicto : portée extra-prédicative (externe au dictum).1. déontiques désidératives (volitives) appréciatives (évaluatives. concession …) temporelles (logique du temps linéaire (vs logique du temps arborescent: mondes possibles) . passif (La porte fut ouverte par un étudiant) . il y a hésitation sur la marque du pluriel. Symbole notant ici l’inclusion à un ensemble donné. J. La notion sémantico-logique de modalité. mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). Paris : Klincksieck. Types de phrase obligatoires (= types de phrase51): - constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). Les majuscules notent ici l’accent de phrase : l’accent le plus fort dans la phrase. injonction (phrase impérative : Fermez la fenêtre !). de message) et types de phrase : problèmes de classement. épistémiques .

15 . dans le paradigme théorique dont procède la notion distinctive invoquée (Théorie des actes de langage) : les types assertif et impératif correspondent aux forces primitives assertive et directive. 2004 (1994) : 386-387). à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. emphase. on voit dans les types de phrases obligatoires des « indicateurs de force illocutionnaire ».Types de phrase facultatifs (= formes de phrase) : - constituants de phrase optionnels52. dans la mesure où : (1) les types énonciatifs restants eux-mêmes ne font pas l’objet d’analyses uniformes. Paris : Minuit. mais représentationnel. et qui semble au moins susceptible de réaliser un « acte de langage spécifique » (dénégation. et à spécificité syntaxique douteuse (car partageant les structures des phrases déclaratives (Vous ne songez point à elle !) et interrogatives (Qu’est-ce qu’elle était belle ! Est-il bête !)) peut-il être envisagé comme type obligatoire. 55 56 Dans cette même logique. le lien entre types de phrases et « acte de langage spécifique » n’est pas aussi direct. Communication et cognition. non descriptif (hiérarchie informationnelle. Sperber Dan et Deirdre Wilson. sans y apporter de réelle explication. L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. Problèmes : 1. selon le critère pragmatique de « l’acte de langage spécifique ». partir pour Londres ?!). qui. ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . Cette solution ne fait que reformuler les problèmes soulevés. négation descriptive. 54 Cf. il n’exprimerait pas d’« acte de langage spécifique ». descriptif (contribution sémantico-logique propositionnelle). La solution serait de re-classer les types de phrases obligatoires/ facultatifs en quatre catégories. types logiques (négatif/ positif) . pour tirer argument des seuls emplois « illocutionnaires » de la négation. Et la distinction alléguée entre types énonciatifs et exclamatif. les trois types de phrases en question sont censés correspondre non pas à des « actes spécifiques ». mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). seul. n’a pas d’apport sémantique essentiellement fonctionnel. quitte à ce que l’exclamatif soit envisagé comme seul représentant de sa catégorie (Riegel et al. interrogatif. fondé sur des rapports entre le locuteur et son destinataire ? Le négatif. d’autant que. La pertinence. impersonnel) . (cf. 2004 (1994): 386). emphase. Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. tandis que le type interrogatif procède des forces dérivées (instanciant un sous-type directif : demander de répondre)54 . réfutation) peut-il être envisagé comme type optionnel ? 2. par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. impératif) . ni aussi naturel. à ce que je vois). dans l’énonciation. que cette analyse le suppose55. ne laissant pas d’être tributaire d’un certain horizon théorique. Paul n’est pas là pour l’instant. est elle-même sujette à caution. du moins selon certains auteurs. en termes (implicitement) transformationnels. un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. doué d’intonation particulière. Ghiglione & Trognon 1993. par exemple. structuration du message). parmi les types optionnels. Riegel et al. ou descriptif (=représentationnel : négation53) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. mais à des « actes génériques dire que/ dire de/ demander (si /qu-) » – entendus par Sperber et Wilson comme des « schémas d’hypothèse » (ou « schémas descriptifs ») dans lesquels sont (2) 52 53 Définis. impersonnel). types de réagencement communicatif (passif. dans la littérature. 2004 (1994) : 388390) :     types énonciatifs (assertif. 1989 (original en anglais 1986). mais non exclusif d’autres types obligatoires (cf. interroexclamatif : moi. type exclamatif (manifestant seulement la subjectivité du locuteur et réalisant la fonction expressive du langage). L’exclamatif. Cf. L’analyse de la négation fait l’impasse sur ce qui est appelé. Tu viens ?/ -Je ne peux pas. En pragmatique inférentielle56. Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande).

dire de. Le but assertif (primitif) est de représenter quelque chose qui est le cas. et le but directif (primitif). mais :) désirable. Par contre. sont bien déterminées. les « forces primitives » assertive et directive (cela vaut d’ailleurs de toutes les cinq « forces primitives » distinguées dans la théorie logique de l’illocutoire). elles. dire que P et dire de P (où P est la forme propositionnelle de l’énoncé p). en tant qu’actes génériques. ne « rendent manifeste qu’une propriété assez abstraite de l’intention du locuteur : la direction dans laquelle la pertinence de l’énoncé est à rechercher » (Sperber et Wilson 1989 : 381). Ghiglione & Trognon 1993). mais qui restent typiquement sousdéterminés quant à ce qu’il est convenu d’appeler « intention (ou : but) illocutoire »57. tout en étant sous-déterminées quant aux autres « composants ». Dire que rendrait manifeste l’existence d’une relation descriptive (vs interprétative) entre la pensée du locuteur et un état de choses réel . l’existence d’une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses (non pas réel. 16 . 57 Par contre. ce qui en fait justement « les forces illocutoires les plus simples possibles ».incorporées les formes propositionnelles pleines des énoncés concernés. quant au but. de faire une tentative linguistique pour que le destinataire réalise une action future (cf.

59 60 61 Cristea. Elle intervient obligatoirement et donne une fois pour toutes à une phrase sa forme déclarative. il aurait fallu noter ici « ou » (sans « : »). désirer + infinitif : Je veux partir. contre effacement de l’énonciateur : ontiques (ou : aléthiques). épistémiques. modalités désidératives (ou : volitives) translatives67) . injonctives. rapport entre énonciateur et destinataire à propos du contenu propositionnel : modalités déontiques.2. possible. certain. nécessaire et leurs contraires etc. modalités illocutionnaires directives : ordre. 17 . exclamatives)58/ modalités de message (phrases clivées. implicatives). in Cristea et al.) Ce classement. agréable. la distinction <désidératif>/ <volitif> est maintenue ou au contraire délitée. 63 64 65 66 67 68 Le Querler (1996). topicalisations. Cf. modalités objectives (« délocutives » : rapport entre deux contenus propositionnels. Je ne veux pas que tu viennes (négation portant sur la complétive : « défendre. Cf.cf. que lesdits critères aient à voir avec la découpe focus/ topique de la grammaire fonctionnelle. désidératives (ou65 : volitives) réflexives66) . pp. malgré des points de coïncidence. Critères syntaxiques. « Une phrase ne peut recevoir qu’une seule modalité d’énonciation. surtout les modalités dites d’énoncé. p. 13-14). 8-25. Teodora (1981) – « Pour une approche contrastive de la modalité ». à nouveau. Le Querler 2001) b. Cf. pp. Langue Française n° 21. temporelles … 58 Au sens d’André Meunier.. Critère du contenu68 : • modalités aléthiques (ontiques). 8-46.). Patrick (1992) – Grammaire du sens et de l’expression. cit. Critères sémantiques61. a.10. conseil. par rapport aussi à des jugements d’ordre appréciatif (utile. 13). éventuellement confondu avec le sujet de l’énonciation. désidératives. Nouv. Critère de l’énonciateur62 : • • • modalités subjectives63 (« élocutives » 64 . Au gré des auteurs. Charaudeau. 62 Ce sont là des tentatives de classement (Le Querler 1996 et Charaudeau 1992) qui regroupent modalités d’énonciation et modalités d’énoncé. Typologie des modalités.1. Les modalités. …) » (art.1. suggestion…. Terme emprunté à Charaudeau 1992. nécessité (vrai. Si nous n’avions pas souscrit au délitement de cette nuance au niveau conceptuel même. Paris : Hachette. appréciatives (ou : évaluatives. Bucuresti : TUB. concerne. André (1974) – « Modalités et communication ». Caen : Presses Universitaires de Caen. déontiques. interrogative ou impérative […]. Citations pertinentes : « [La modalité d’énonciation] se rapporte au sujet parlant (ou écrivant).2. implicatives. cit. Vouloir que. Critère du rapport fonction modale/ structure phrastique (modalité/ type de phrase) : • modalités d’énoncé (phrase à double prédication)/ • • • • modalités d’énonciation (phrases à contour non assertif : interrogatives. tout en en augmentant l’inventaire. …)59. Distinction terminologique : incidence syntaxique/ portée sémantique (cf. Noter que le contenu de cette classe n’est pas identique chez les deux auteurs. a. modalité de dicto (incidence syntaxique extra-prédicative). [Elle] caractérise la manière dont le sujet de l’énoncé situe la proposition de base par rapport à la vérité. rapport sujet énonciateur/ contenu propositionnel : modalités épistémiques.. En guise de conclusions : retour sur les critères de classement des modalités. b. requête. (1996). qui récupère les catégories modales de la tradition logique. Etudes contrastives. Ce classement concerne surtout les modalités dites d’énoncé (selon le critère précédent). interdire » .1. Meunier. Rob. alors qu’elle peut présenter plusieurs modalités d’énoncé combinées » (art. appréciatives. désirer que + subjonctif : Je veux que vous fassiez attention à l’emploi des modes dans la relative. P. à tort. ou : axiologiques). Vouloir. a. Nous préférons cette étiquette à celle de « critères fonctionnels» – susceptible de suggérer. Critère de l’incidence (construction de la phrase modalisée60): modalité de re (incidence syntaxique intra-prédicative) .. b. [La modalité d’énoncé] se rapporte au sujet de l’énoncé. regrettable. Le Querler. Ses réalisations linguistiques sont très diverses de même que les contenus sémantiques et logiques qu’on peut lui reconnaître. idiot. N. modalités intersubjectives (« allocutives » .

2. injonction (phrase impérative). les modalités d’énonciation indiquent l’attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage69 . interrogation (phrase interrogative). 69 Ou plutôt : actes illocutionnaires. Modalités d’énonciation. Voir encadré 18 . Sémantiquement parlant. syntaxiquement parlant. exclamation (phrase exclamative). ce sont là des types de phrase obligatoires – modulo l’hésitation au sujet de l’exclamation : • • • • assertion (phrase assertive ou : déclarative).

elle. « dire.). du locuteur ou de tiers (= acte perlocutoire. des « mots performatifs » (verbes ou autres) a eu pour conséquence l’élaboration de l’appareil théorique. l’acte ou l’effet provoqué par la locution (vs dans la locution). lexical. annoncer un verdict.Hors cours. effrayer. au juste. l’action réalisée du fait même de dire (en accomplissant un acte locutoire donc = acte illocutoire – de in (« dans ») – ‘acte réalisé dans la locution’) : promettre. fr. pardonner. La spécificité de l’illocutoire repose sur l’exploitation conjointe de deux axes d’oppositions : ± fonction dénotative. de per (« par »)) : convaincre. donner un ordre. léguer. braver. faire faire. en droite ligne. l’acte de dire quelque chose (= acte locutoire). d’une généralisation du concept de performatif. née. à partir de l’évidence ou à partir des raisons concernant ou bien les faits eux-mêmes. condamner. des attitudes à l’égard du comportement antérieur ou simplement prévu. … (Austin 1970/ 1962). Le noyau dur de la théorie défendue par Austin est sans conteste la notion d’illocutoire. elle. Dépourvus de conditions de vérité.). • • Actes promissifs [commissives] : énonciations qui visent à obliger le locuteur à adopter une certaine façon d’agir. La notion d’acte de langage est définie à l’intérieur d’un cadre théorique spécifique : la théorie des actes de langage (entendue comme cas particulier de la théorie de l’action). etc. La question de savoir ce que veut dire. injurier. A l’encontre des verdictifs. Seront maintenant définis comme « actes de langage » : 1. commander. c’est dire. agissements de l’auditoire. pour l’essentiel. à l’encontre des énoncés qui décrivent un état de chose ou rapportent (= constatent) un fait (énoncés appelés. etc. dans les termes d’Austin). dans l’emploi.. • Actes exercitifs [exercitives] : énonciations consistant à donner une décision pour ou contre une certaine façon d’agir.  la distinction entre conventionnel (produit de règles) et non conventionnel (produit des circonstances) oppose l’illocutoire au perlocutoire. dans les circonstances appropriées.)/ 1962 (original)) sont seulement dissociés les performatifs ou : déclarations (angl. Paris. poser une question. d’un sens et d’une référence déterminés (= acte rhétique) . à s’engager à des degrés divers (ce terme ne s’applique pas aux seules promesses au sens strict : promettre. c’est faire » sera envisagée sous un angle plus large. les mots ‘je baptise’ ). et respectivement ± conventionnel :  la distinction entre valeur (force) de l’énonciation et signification de l’énoncé (assimilée. plutôt que sur ce qui est : dégrader.  et pourvus. mais sujets à des conditions de réussite. 1970 (tr. etc. ordonner. Il s’agit.L. classer. parier. produire des vocables (ou : mots) qui entrent dans des constructions conformes à la grammaire (=acte phatique). statements) dont l’énonciation revient à exécuter (angl. to perform) une action (exemple donné : baptiser un bateau. Performatif vs constatif Dans un premier temps (Austin J. donner un renseignement.). Quand dire c’est faire. de ce que l’on fait (accomplit) en disant quelque chose à quelqu’un. 3. comme l’invariant au variable. … . prêter serment (jurer de). etc. déplorer. désormais : constatifs). ou le critère. à la dénotation (=sens + référence)) oppose l’illocution à la locution .). Seuil.  2. lui-même décomposé en plusieurs actes généralement coextensifs l’un à l’autre :  produire (prononcer) des sons (= acte phonétique) . ou bien leur caractère axiologique (actes judiciaires. critiquer. Actes comportatifs [behabitives] : énonciations qui expriment une réaction à la conduite ou au sort des autres. Locutoire vs illocutoire vs perlocutoire La difficulté d’opérer des distinctions tranchées entre énoncés constatifs et énoncés performatifs à l’aide de critères à proprement parler linguistiques tels le critère. les énoncés performatifs remettent en cause le postulat du caractère essentiellement descriptif du langage (« l’illusion descriptive ». à inciter les autres à se comporter de telle ou telle façon. du verbe performatif à la première personne du singulier. syntaxique. sur les sentiments. plutôt que législatifs ou exécutifs : prononcer un diagnostic (par un expert : médecin ou autre). pensées. décréter. Austin distingue cinq types fondamentaux d’illocutions : • Actes verdictifs [verdictives] : énonciations qui reviennent à exprimer ce que l’on a constaté (officiellement ou pas). remercier. 19 . s’engager formellement. faire voeu de. évaluer. acquitter. les exercitifs comportent un jugement (une décision) sur ce qui devra ou devrait être. d’autrui (s’excuser.

mais également en termes de la structure syntaxique de la phrase énoncée (relativement aux actes illocutionnaires mêmes). rapporter. et. pour que l’acte puisse être accompli : capacité de l’interlocuteur. Il en isole douze. y compris les « jeux de langage » au sens de L. remarquer. Si les conventions sémantiques dépendent des langues particulières. Cette distinction se laisse enchâsser dans une autre.• Actes expositifs [expositives] : énonciations qui visent à exposer une manière de voir les choses. davantage un classement de verbes que d’actes.). pour l’acte de force F accompli à propos du contenu propositionnel p : F(p). Condition(s) préliminaire(s) (qui doivent être satisfaites préalablement. Elles définissent autant de conditions de succès des actes illocutoires : • • • • Condition de contenu propositionnel (propriétés du contenu propositionnel de l’acte : action future de l’interlocuteur pour l’ordre. Aussi. la distinction règles constitutives (des actes)/ règles sémantiques (dérivées des premières. nous nous référerons aux seuls actes illocutoires (ou : illocutionnaires). Dès qu’une règle constitutive est enfreinte. Désormais. s’engager sur la vérité de la proposition exprimée. où la principale correspond au marqueur de force illocutoire. Searle 1969/ 1972). Searle (1972 (1969)) s’attache à opérer la distinction entre proposition exprimée par l’énoncé et acte accompli dans l’énonciation non seulement en termes d’actes (acte locutoire (notamment : rhétique) vs acte illocutoire). décrire. mais cinq seulement sont décisifs dans la classification à proprement parler : 70 Qui asserte que tout ce que l’on veut dire peut être dit littéralement (cf. quand nous emploierons le terme d’acte de langage (ou : acte de parole). les règles constitutives des actes de langage seraient universelles. Condition essentielle (qui définit le but illocutoire : amener l’interlocuteur à réaliser l’action pour l’ordre. Conditions de succès des actes illocutionnaires À la distinction actes/ marqueurs des actes il correspond. à développer un argument. croyance. En vertu cependant du principe d’exprimabilité70. la signification des phrases est justiciable de conventions). d’ordre plus général : règles constitutives (qui créent des activités dépourvues d’existence indépendante : les règles qui gouvernent les jeux (football ou échecs au même titre). ou le référent de celuici (affirmer. en structure profonde. s’engager à la réaliser soi-même. pour l’assertion). Classement des actes illocutionnaires Partant de la distinction explicite entre verbes illocutoires (qui ressortissent aux langues particulières) et actes illocutoires (universaux de langage). intention pour la promesse. pour la promesse) . ne reposant pas sur des principes/ critères de classement clairement définis d’entrée de jeu. Condition de sincérité (qui définit l’état psychologique du locuteur : désir pour l’ordre. Contenu propositionnel vs force illocuoire La postérité d’Austin élaborera davantage encore la théorie des actes de langage (= actes illocutionnaires). l’acte échoue. ainsi discriminera-t-il deux types de marqueurs : le marqueur de contenu propositionnel et le marqueur de force illocutoire. et gouvernant l’emploi des marqueurs d’actes). témoigner. l’auteur réévalue la taxinomie d’Austin. à tirer au clair l’usage d’un mot. qui pis est. et la subordonnée enchâssée. d’où force chevauchements inter-catégoriels. tout énoncé (analyse qui correspond en tout point à l’ « hypothèse performative » des générativistes chomskyens (cf. Ross 1970)). Wittgenstein) vs règles normatives (qui ont pour objet des comportements/ actions qui existent indépendamment des normes les régissant : à l’instar des règles de politesse. 20 . au marqueur de contenu propositionnel : [F je te promets [p que je fermerai la fenêtre]] – soit. etc. pour l’assertion) . mais cet échec est différent suivant la règle spécifique qui aura été violée. du locuteur. la contribution de Searle consistera-t-elle notamment à une recherche des critères de classement pertinents et surtout mutuellement consistants. nier. dans la notation de l’auteur. postuler. tous les énoncés se laisseraient réduire à des performatifs explicites : Searle considère en effet qu’un marqueur de force illocutoire (préfixe performatif Je verbe illocutoire) sous-tend. pour la promesse. pour l’ordre) . dans la théorie searlienne. C’est là une distinction qui ne se laisse appréhender directement que dans le cas des performatifs explicites.

Obligation du locuteur à accomplir certain(s) acte(s) Exprimer l’état psychologique (par rapport à l’état de chose spécifié dans le contenu propositionnel). Provoquer la vérité de leur contenu propositionnel Des mots. ni les relations de l’acte au reste du discours (réponse (→question). félicitation. et qui exigent simplement la construction d’un contexte interprétatif spécifique. assertion. qui est de l’ordre de la croyance. déclaration de guerre). Statuts du locuteur et de l’ interlocuteur Contenu propositionnel DIRECTIFS : Requête. à la place du sempiternel sel. Mais pas : les différences entre actes essentiellement et non essentiellement linguistiques (qui ne peuvent pas ou respectivement qui peuvent être accomplis y compris sans le dire : poser un diagnostic vs prêter serment). Action future de l’interlocuteur. remerciements… Du monde. ordre. un malade en régime hyposodique. condoléances. au monde.. • • • L’état psychologique exprimé (l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de l’acte : condition de sincérité) . rapport. Type d’actes But illocutoire Direction d’ajustement REPRÉSENTATIFS: Suggestion. Intention. 21 . Mais pas : la force avec laquelle est présenté le but (qui varie selon le degré d’explicitation de l’acte. y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). aux mots. si l’acte est explicite. et actes dont le verbe n’est pas susceptible d’un tel usage (cf. ajustement du monde. • La direction d’ajustement entre les mots et le monde (concerne le contenu propositionnel de l’acte. ____ (croyance+ γ71 ) (vérité présupposée) DÉCLARATIFS72 : Bénédiction. pour le rapport. Le contenu propositionnel (les différences dans le contenu propositionnel qui sont déterminées par des mécanismes liés à la force illocutionnaire : états de choses passés. ni entre actes institutionnels (excommunication. déclaration de guerre… Direction d’ajustement double. verdict de culpabilité. au monde. et. ni entre actes dont le marqueur (le verbe) est susceptible d’emploi performatif.. consigne.… Engagement du locuteur sur la vérité de la proposition exprimée Obligation de l’interlocuteur à accomplir certain(s) acte(s). PROMISSIFS : Promesse. … question… Du monde. Désir. legs. baptême. aux mots. selon le verbe employé : demander de/ exiger de/ ordonner de). arbitrage d’un hors-jeu de l’avant-centre. Position de force du locuteur. pour la prédiction). aux mots. pour une assertion. est de l’ordre du sentiment : insatisfaction (PLAINTE). menacer). et non institutionnels. ni le style de l’accomplissement de l’acte (annonce vs confession). critique. Formulations tout à fait naturelles avec « l’arme » ou « cette arme ». (+institution extralinguistique : statuts respectifs bien spécifiques) 71 Où l’élément ajouté à l’attitude fondamentale. pour sembler naturelles telles quelles : si l’interlocuteur est par exemple. Action future du locuteur. et représente une sous-composante (sinon une conséquence) du but illocutoire : ajustement des mots. conclusion (→argument(s))). états de choses futurs. Etat psychologique exprimé Croyance. se vanter. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)… 72 73 Ce sont les performatifs d’Austin. serment… EXPRESSIFS : excuse. pour une promesse ou un ordre) . Mais pas : les relations de l’énoncé aux intérêts du locuteur et de l’interlocuteur. prédiction. tristesse (LAMENTATION). excomunication. Les statuts respectifs du locuteur et de l’interlocuteur (condition préparatoire) .• Le but illocutoire (condition essentielle) . pari sur un trois sans atout (annonce au bridge).

D’autre part. Nous avons fait état précédemment de nos réserves sur cette option métalinguistique (§1. la distinction entre structure profonde et structure de surface.1. même en l’absence de différences directement observables en termes de contour prosodique marqué et/ou en termes de l’ordre des éléments terminaux (mots76) : il n’y a donc plus de réécriture directe de la phrase de base (affirmative active non emphatique). Σ→ Const Const → +P Affir Affir → Σ→ Intonaffir +P P→ Σ→ Intonaffir +SN +SV Intonaffir SN +SV (structure profonde) Le changement structurel. donc concernant 74 Seraient dépourvus de contenu propositionnel certains actes expressifs réalisés au moyen d’interjections (Zut! Aïe !). au fond d’un vallon. Nous y reviendrons sous 3 (voir infra).2. en structure profonde. Dans le texte évoqué.1. au niveau du noyau. avec le passif. aussi contre-intuitif que cela puisse paraître. opposée à l’interrogation et à l’impératif : Le serpent75 mordit Jacques Fréron). ouverte par deux compléments donnant le cadre spatio-temporel : Un beau jour. le type déclaratif sera directement envisagé en tant que type obligatoire ‘affirmatif ‘(‘affirmation’. en grammaire générative-transformationnelle standard. l’impersonnel.1. mais plutôt un objet de référence » (Vanderveken 1988 : 30) : Vive la France ! 75 Dont il est question dans la fable de La Fontaine. en français. 22 .4. L’assertion. éventuellement récursive. Syntaxe de la phrase déclarative : phrase déclarative ou phrase affirmative ? La négation étant regroupée. contre racine+ affixe en structure de surface. supra). au passage de la structure profonde à la structure de surface. à sujet non-topical. l’ordre des mots et affixes directement observable en surface. 2. ne recoupe pas directement l’ordre d’insertion lexicale des constituants terminaux sous les constituants syntagmatiques concernés (en structure profonde issue de l’application incrémentielle. l’affirmation n’est pas opposée à la négation : les phrases négatives peuvent fort bien épouser le contour prosodique ‘affirmatif’ (Le serpent ne tua pas Jacques Fréron). le déplacement à droite du constituant affirmatif (Intonaffir) rendrait compte du traitement prosodique caractérisé en fin de syntagme prosodique maximal. 76 De toute manière. distincte. tandis que d’autres auraient un « contenu qui n’est pas une proposition complète. La transformation affirmative ainsi formulée est postulée pour rendre compte de l’hypothèse fondamentale du modèle. comme type de phrase optionnel (forme de phrase). le sujet est indéfini. Ce type de construction. des règles de réécriture) : (…) Aux (→affixe) + V (→racine) + SN. La phrase déclarative. Le constituant affirmatif se réécrit obligatoirement par le constituant Intonation affirmative (abréviation Intonaffir). l’emphase. aussi nous bornerons-nous ici à un rapport neutre de la théorie présentée. est une phrase thétique. par hypothèse. et la phrase. des intonations interrogative et impérative. dans le cas de la phrase affirmative (active non emphatique) se réduira au déplacement du constituant Intonaffir en fin de séquence : Intonaffir +SN +SV (structure profonde) Taff SN +SV + Intonaffir (structure de surface). un serpent mordit Jacques Fréron. Dans cette acception donc.

en termes plus étoffés : la forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase déclarative interprète (littéralement) une pensée du locuteur qui est la description d’un état de chose réel. chap. (ii) Prédicat (logique) ≠ verbe (L’homme est mortel : MORTEL (l’homme) .2. les données prosodiques concernent l’ensemble de la phrase. Bien que souvent. Les critères opérationnels pour la discrimination de ces couples notionnels restent minimalement distincts. les notions de topique et de thème. Dubois et Dubois-Charlier 1970. serpent ⊂ commentaire]. Peter Frederik (1974) – Subject and Predicate in Logic and Grammar. en français du moins. 79 Les exemples donnés dans la référence citée pour illustrer l’absence de correspondance terme-à-terme entre catégories logico-sémantiques et catégories de l’analyse grammaticale sont en fait : (i) Sujet logique ≠ sujet grammatical (Paul a été tué par Jean vs Jean a tué Paul.1. à une même forme logique TUER (Jean. nous avons changé d’illustrations sur ce point précis. et il existe des phrases dont les prédicats logiques ne sont pas analysés (du moins pas en grammaire normative scolaire) comme des prédicats grammaticaux. dans la mesure où. Du point de vue de la hiérarchie informationnelle. de l’avis des auteurs. ce qui est annoncé en premier lieu par le locuteur)/ commentaire (ce qui est introduit après introduction du topique): distinction syntaxique (positionnelle). le bureau)). en termes de la théorie des actes de langage). Jacques Fréron ⊂ commentaire] → Jacques Fréron fut mordu d’un serpent [Topique : Jacques Fréron. XV. Le piano est dans le bureau : DANS (le piano. Londres : Methuen. Paul)). Cette corrélation reste cependant sujette à caution. l’assertion exprime une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de chose du monde –ou. Cf. Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. et du syntagme verbal comme commentaire. Expression contenant l’information que le locuteur désire communiquer (au sens de l’école fonctionnaliste praguoise (Firbas). de commentaire et de propos (ou : rhème). ou bien la relation information donnée/ information nouvelle. Ces faits permettent de définir la relation entre phrase active et phrase passive : la transformation concernant le marqueur sous-jacent de modalité Affir (en bref : la transformation affirmative) a lieu après la transformation concernant le marqueur sous-jacent de Passif (ou : transformation passive). Les fonctions grammaticales ne recoupent pas systématiquement les catégories logiques correspondantes79: il existe des sujets grammaticaux qui n’ont pas la sémantique des ‘termes particuliers’ (tels les noms en emploi générique Les castors sont des mammifères. une mise au point à cet égard s’impose. Le constituant affirmatif est interprété comme une assertion dont P est le noyau (comme une assertion dont P est le contenu propositionnel. Thème (objet du discours)/ propos (ce qu’en dit le locuteur77) : distinction fonctionnelle (structure fonctionnelle (= interprétative) des énoncés vs structure formelle des phrases). Sujet/ prédicat : distinction grammaticale (fonctions grammaticales) et logique (sujet : terme particulier. soient entendues comme synonymes. le constituant affirmatif permet l’interprétation du sujet de l’assertion (de) P comme topique (de cette assertion). descendant.    Topique (ce qui est mis en position frontale. En termes de pragmatique inférentielle (Théorie de la Pertinence). et comme instanciant en quelque sorte ou bien la relation sujet/ prédicat. et respectivement. 2. ainsi que l’interprétation des autres syntagmes nominaux (compléments) comme non-topiques. 23 . Puisque cette analyse ne correspond pas à la perspective adoptée ici.au premier degré la fin de la séquence linéaire (linéarisée). Sémantique de la phrase déclarative. n’étant pas 77 78 Ou : rhème. les deux phrases (active et passive) étant censées se ramener. et non seulement sa fin. Strawson. bien que le contour assertif soit. dans la littérature. L’homme est mortel). prédicat : terme général (Strawson78)). aussi le sujet de la phrase passive (complément de la phrase active correspondante) sera-t-il interprété comme topique de l’assertion que fonde le constituant Affir (c’est-à-dire : de l’assertion qui est l’interprétation sémantique du Constituant Affir) : Le serpent mordit Jacques Fréron [Topique : serpent. L’assertion exprime l’attitude de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé (Théorie des actes de langage).

: focalisé (=foyer d’information nouvelle). Qui est là ?/ présupposé : ‘quelqu’un est là’. de remise en cause des faits et/ ou dires de l’interlocuteur) . Où est-elle ?/ présupposé : ‘elle est quelque part’. on veut se faire répéter/ préciser une partie de l’énoncé de l’interlocuteur. Distinction définie en terme de portée. liant une variable (soulignée dans les exemples ciaprès) dont la réponse fixera la valeur. les sujets sont des Thèmes. Exemple : A : Je vais fermer la fenêtre. mais par des adjectifs (L’homme est mortel : prédicat grammatical est mortel. Interprétation de la phrase interrogative: • question appel d’information (valeur prototypique) : le locuteur ignore la réponse.réalisés par des séquences qui comportent des verbes. pour les Topiques. 80 81 82 83 Le vers de La Fontaine se prête justement à une analyse différente. L’interrogation. Interrogation totale/ interrogation partielle  Interrogation totale (sans mot interrogatif . 2. je l’aime/ Non. Le reste des éléments de la phrase interrogative ressortissent aux informations présupposées (=déjà acquises). questions ouvertes83 : alternatives épistémiques en nombre in(dé)fini) : Qui est là ? (C’est Paul/ Sylvie/ …). il n’est plus là) . non prototypique) : on n’aura pas bien entendu. Cf. Roum. par des noms Anne est linguiste : prédicat grammatical est linguiste.  Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. prédicat logique LINGUISTE) ou des prépositions (Le piano est dans le bureau : prédicat grammatical est (sous analyse existentielle forte des situatifs). ils comportent). Distinction purement interprétative : réponses visées. interrogation alternative polaire (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : si81/ non) : Aimez-vous la mer ou ne l’aimez-vous pas/ ou non ? / ou pas ? réponses : Si. ba da. ou est dans le bureau (sous l’analyse copulative). à deux arguments internes sélectionnés : le piano et respectivement le bureau. le plus souvent. où l’adjectif mortel est analysé come attribut du sujet . Syntagme qu. prédicat logique MORTEL). prédicat logique DANS. questions fermées : alternatives épistémiques en nombre fini : réponse visée oui/ non) : Est-il encore là ? (Oui. aucune de ces deux réponses n’étant socialement admissible. La phrase interrogative. Sous-types. des syntagmes nominaux définis. en français. au fond d’un vallon.  Interrogation alternative (à coordination disjonctive d’éléments : Préférez-vous la mer ou la montagne ? (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : Je préfère la mer/ Je préfère la montagne) .  Interrogation partielle82 (à mot interrogatif (qu-) . où le nom linguiste (en usage non référentiel – l’absence d’article en témoignant) est analysé come attribut du sujet . Moeschler & Reboul (1994) : 456-458. particulièrement agressif. Exemples : Êtes-vous son père ? Qui êtes-vous ? question-écho (valeur marginale. un serpent mordit Jacques Fréron.1. il est là/ Non. ce pourquoi ce sont (ou.2. les Thèmes sont des Topiques. au cas par cas. 24 .2. Me prenez-vous pour un imbécile ou le faitesvous exprès ? (réponses visées (toutes choses égales par ailleurs): Je vous prends pour un imbécile/ Je le fais exprès . B : Tu vas faire quoi ? (intonation montante) • 2. du fait des adverbiaux de cadre qui ouvrent la phrase : Un beau jour. 2. Un énoncé tel Un serpent mordit Jacques Fréron sera donc (toutes choses égales par ailleurs80) moins acceptable que sa contrepartie à sujet défini Le serpent mordit Jacques Fréron. Typiquement. et Topiques et Thèmes participent de l’information donnée (référents déjà introduits dans le discours). Réponse affirmative à une question oui/non de forme négative.2. cette question alternative fonctionnera pragmatiquement comme un acte. je ne l’aime pas). Syntaxe de la phrase interrogative.2.

1. veux-je.2. Je ne sais pas qui arrivera le premier.: questions partielles).1.Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. Interrogation totale indirecte. 2. Est-il encore là ?/ Qui est là ? Interrogation indirecte (discours rapporté en style indirect) : subordonnée complétive. dis-je.1. Marqueurs indicatifs vs descriptifs. Réalisateurs (marqueurs).3.  Interrogation comme acte de langage indirect (stratégie communicative): Je ne trouve pas ce livre (comparer cette assertion à la question appel d’information : Où est ce livre ?). Focus (foyer d’information nouvelle)/ présupposé (information partagée par le locuteur et l’interlocuteur84): distinction cognitive et énonciative.  Intonation ascendante suspensive optionnelle. *mens-je. à courbe intonatoire spécifique.2.1. 2. vous.3.   Et Est-ce que (version interrogative du présentatif c’est que+ structure phrastique87) : Est-ce que Paul est là ? 2.  Intonation ascendante suspensive (sans modification aucune dans l’ordre des mots) : Il est toujours là.3. Interrogation partielle. enchâssée sous un verbe principal qui marque conceptuellement (= descriptivement) la valeur interrogative (mais pas la fonction : suspendue. votre mari – à intonation déclarative descendante). ils.2. insertion d’un -t. à la faveur de la subordination) : Je me demande si Paul arrivera ce soir. Pourvue de valeur et de fonction interrogative. Interrogation partielle directe. Inversion complexe : <sujet nominal + verbe-clitique sujet> (Paul est-il encore là ?). vais-je. Ainsi. tu. éviter après d’autres monosyllabes : *cours-je. Noter que la valeur interrogative est également indiquée85 par l’élément introducteur (si : questions totales/ qu.2. Interrogation totale directe. vois-je . Après si : Je ne sais si le docteur viendra   Inversion du sujet clitique bloquée (inversion simple ou complexe) : *Je ne sais si viendra-t-il. suis-je.2. 25 . …) . pourrais-je. et se terminant. inversion de je : systématique au futur et au conditionnel (dirai-je. dois-je. nous. Et inversion du sujet :   Inversion simple du sujet clitique: <verbe-clitique86 sujet> (trait d’union obligé : Es-tu encore là ?. puis-je. Interrogation directe/ interrogation indirecte :  Interrogation directe : phrase indépendante. Interrogation totale. fais-je. 2. Pour la mémoire : sont appelés clitiques les pronoms atones (=non accentués) qui présentent une contrainte d’’adjacence au verbe. par un point d’interrogation. *pars-je. 2. Syntaxe de la phrase interrogative. elle. sais-je. à l’écrit. 87 Construite par inversion simple du sujet clitique ce.2.3. il. Clitiques sujets : je.3.3.   Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. 2.euphonique après un verbe finissant en voyelle : A-t-il compris ? Parle-t-elle toujours aussi fort ?) . *sors-je. …).2. entre je (clitique sujet) et ai (auxiliaire de temps) peuvent licitement intervenir les clitiques objets (le lui) et ne (négation clitique) : Je ne le lui ai pas rendu. elles (pronoms personnels sujets) et ce (démonstratif sujet). après une montée sur le mot interrogatif 84 85 86 Information commune à une question et à sa réponse. Seuls peuvent intervenir entre un clitique et le verbe d’autres clitiques. votre mari ? (comparer à : Il est toujours là. rare après le présent de l’indicatif (liste fermée : ai-je.2. elle. 1.2. Le plus souvent : intonation descendante (à l’instar des phrases déclaratives correspondantes). *Je ne sais si le docteur viendra-t-il Inversion (simple) du sujet non clitique bloquée : *Je ne sais si viendra le docteur.

Inversion exclue : mot qu. Les opérations stylistiques étant par hypothèse supposées être optionnelles.2.3. Quelle rage de vivre et de dominer l’avait-elle soutenue ? (Druon).1.sujet (qui : Qui l’a dit ?). infinitif 2.1. avec les verbes en -e → -é ( ?Pourquoi hésité-je ? /OKPourquoi est-ce que j’hésite ?). dis-je.1.clitique sujet (…) Formes complexes : auxiliaire Inversion simple du sujet non clitique … verbe +TRAITS SÉMANTIQUES PURS sujet non clitique (…) Formes complexes : participe passé. (porteur de l’accent focal).2.3.3. 89 Souvent appelée. sais-je.2.1. selon l’analyse générativetransformationnelle standard. lequel de(s)…). 26 . Laquelle de ces deux Mathilde (…) emporte-t-elle la sympathie d’Aliénor ? (Pernoud) [variantes permises – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 199190 : 526527] 2.attribut (Qui êtes-vous ?. Qui est cet homme ? Quelle sera votre décision ?) ou ⊂ attribut (Quelles gens êtes-vous ? Quelles gens sont les Dupont ?) Attributs du sujet en variation libre : Qui / Quel Attribut du sujet à choix contraint : Qui/ *Quel(le. rarissime (tour très marqué. deuxième édition mise à jour et enrichie. puis-je. Inversion simple obligée :  Mot qu.⊂ sujet (combien de…. dans la littérature : inversion stylistique.1. veux-je.2. Joseph (1991) – Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne. en particulier à l’oral). Inversion complexe : Quand Paul repartira-t-il ? Mot interrogatif & est-ce que : Quand est-ce que Paul repartira ? -humain Qu’(est-ce) +sujet …qui -sujet …que Qui [+humain] est-ce que [-sujet] tu as rencontré ? Qu’ [-humain] est-ce que [-sujet] tu racontes ? Qui [+humain] est-ce qui [+sujet] veut encore partir ? Qu’[-humain] est-ce qui [+sujet] arrive ? Inversion (simple) du sujet clitique/ inversion (simple) du sujet non clitique : distributions distinctes (→structures syntaxiques bien différentes !) Inversion simple du sujet clitique (…) Verbe +TEMPS . vais-je. quel….2. seuls les cas où cette inversion est optionnelle devraient être nommés ainsi.2.1. l’intonation ne serait plus guère un marqueur actuel de l’interrogation. - Combien de gens l’ont vu ? Quel témoin a vu l’accusé ? Quelle folie avait pris Clémence ? Lequel de ces enfants a vu l’accusé ? Lequel de ses romans vous paraît le meilleur ? [variantes préférées – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 1991 : 526] Combien d’entre vous l’ont fait (+ l’ont-ils fait). Mot interrogatif & inversion du sujet :     +humain Qui (est-ce) Inversion simple du sujet clitique (trait d’union obligé : Que disait-il ? Qui cherchezvous ? Qui est-ce ?88).2. vois-je : Pourquoi ai-je fermé ce tiroir à clé ?) . Dans ce second cas de figure. ± locuteur] Qui Qui Qui Qui suis-je ? sommes-nous ? es-tu ? êtes-vous ? *Quel suis-je ? *Quels sommes-nous ? *Quel es-tu ? *Quels êtes-vous ? Quelle est cette voiture ? Sujet= SN [-humain] 88 *Qui est cette voiture ? Inversion de je courante pour les verbes de la liste déjà mentionnée (ai-je. 2. Inversion simple du sujet non clitique (pronominal ou nominal) 89 – sans trait d’union: Que disait celui-là ? Que disait cet homme ? Quand est parti Jean (pour Londres) ?). Paris-Louvain-la-Neuve : Duculot.1. 90 Hanse.s) : Attribut du sujet à choix Qui est cette femme ? Quelle est cette femme ? Sujet= SN [+humain] Sujet= pronom personnel [+personne. {Pas d’inversion : variante préférée/ inversion complexe : variante permise} : mot qu. fais-je. dois-je.Cas particuliers. suis-je. .

1.3.contraint : *Qui/ Quel Interroger sur la qualité Attribut du sujet +qu Interroger sur l’identité Que suis-je ? Que devient-elle ?91 Qui suis-je ? Qui est-elle ? Qui est cette femme ?   QueCOD (Que disent-ils ? Que veulent ces gens ? Que vont dire ces gens ?) Où est + SN (Où est votre guitare ? Où avait été votre guitare ?) 2. l’adjacence du sujet et de l’attribut accordé avec l’objet : - *Quand laissera celui-là [sujet inversé] les enfants [objet] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là laissera-t-il les enfants tranquilles ? *Quand nous [objet clitique] laissera celui-là [sujet inversé] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là nous laissera-t-il tranquilles ? tel n’est manifestement plus le cas avec l’attribut du sujet : - *Comment serait votre frère [sujet] si ingrat [attribut du sujet]?/ OKComment votre frère serait-il si ingrat ? 2. Avec. ce. en sus de la lecture littérale compositionnelle (réponse attendue (par exemple): prof d’anglais). Interrogation partielle indirecte.⊂ sujet (→négation excluant l’absence d’inversion): Combien de… ne pas (Combien d’entre vous ne l’ont-ils pas fait ?). ou. l’adjacence du sujet nominal inversé et de l’objet non clitique92.1. 2. Traduction en roumain : Ce mai face ?. lui.3.2. si.2. En quel sens excluant l’inversion simple du sujet non clitique : *Pourquoi rient les enfants ?/ OKPourquoi les enfants rient-ils ? *En quel sens parlent les fleurs ? / En quel sens les fleurs parlent-elles ? Pour éviter l’équivoque :   éviter la séquence <Verbe + SNi+ SNj> : *Où a trouvé Pierre ce livre ? OKOù Pierre at-il trouvé ce livre ? *À qui a donné Pierre ce livre ? OKÀ qui Pierre a-t-il donné ce livre ? éviter les phrases à deux arguments nominaux directs (=sans préposition) [+humain]: ???Quel ami [sujet ? COD ?] soupçonne votre fils [sujet ? COD ?]?/ ami votre fils soupçonne-t-il ? OK Quel Ce n’est pas évident que l’interdiction des séquences <V + sujet+attribut (du sujet. Même cas de figure donc que <Verbe + SNi+ SNj>. si l’objet est.2. Inversion simple du sujet non-clitique possible : Sujet SN (non clitique) : Je me demande ce que mon frère a dit/ ce qu’a dit mon frère. Pas d’inversion :    91 92 Sujet pronom clitique (personnel. une lecture idiomatique (disant à peu près la même chose que : Comment va-t-elle ?). Pourquoi. En effet. comme facteurs de risque sémantique (interprétatif). dans le cas de l’attribut de l’objet on peut alléguer (à la limite). Inversion complexe obligée :     Négation excluant l’inversion simple du sujet non clitique: Depuis quand votre ami ne dort-il plus ?/ *Depuis quand ne dort plus votre ami ? Comparer à : Depuis quand votre ami dort-il? OKDepuis quand dort votre ami? Depuis quand s’est endormi votre ami ? Négation & mot qu. on) : Je ne sais où il est/ pour quand c’est.2. Quel… ne pas (Quels étudiants n’ont-ils pas compris l’explication ?). de l’objet)> tombe sous le même principe (éviter l’équivoque au niveau notamment de l’interprétation des fonctions grammaticales).3. un pronom clitique. Inversion simple du sujet non-clitique préférée : Verbe plus court que le SN sujet : J’ignore où est cet employé (comparer : J’ignore où se trouve cet employé/ J’ignore où cet employé se trouve actuellement). 27 .

Tout énoncé implique aux moins deux relations : une relation entre la forme propositionnelle de l’énoncé et une pensée du locuteur (son «intention informative ostensive»). Utilisée interprétativement. que tu veux ? [comparer à : quoi que (tu veuilles). Pourquoi excluant l’inversion simple du sujet non clitique94 : *Dites-moi depuis quand ne dort plus votre ami / *J’ignore pourquoi rient les enfants. 2.atribut. En quel sens exige.2.2.1.Inversion simple du sujet non-clitique obligée :  Mot qu.3.   Interprétation directive (question comme demande de dire. une pensée peut être la description d'un état de choses réel. quoique(tu veuilles bien y aller)…] ?? C’est qui qui arrive ? 2. Interrogation à l’infinitif. et l'une des quatre relations possibles entre une pensée et ce que cette pensée représente. ou interprétativement. Réponses : toujours des phrases infinitives (fuir. éviter l’inversion. Pragmatique de l’interrogation→ pour détails. ou bien l'interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance. Interprétées comme vraies questions-appels d’information. peut être utilisée descriptivement.3. 28 . semestre 6).2. D'où les cas de figure ci-contre : METAPHORE : 93 94 relation interprétative entre la forme propositionnelle de l'énoncé et la Mais : Je me demande qui vous êtes (sujet clitique→ pas d’inversion). ou celle d'un état de choses désirable. Une pensée. Valeur fondamentale (cf. 2. 95 96 Cette question porte sur le procès même. Dans l’acception pertinente (circonstant de phrase). au style indirect. …). voir cours de linguistique voué à la pragmatique (Licence.2. Négation . par exemple. interprétation de la phrase interrogative) : question-appel d’information. Questions partielles portant sur un argument non sujet ou sur un circonstant : Que faire ?95 Où aller ? Comment retirer le poignard ? Interprétation : sujet non exprimé = locuteur/ indéfini générique équivalent à on. Tours familiers : préserver l’ordre des mots de la phrase déclarative.93 Inversion simple du sujet non-clitique bloquée :   En cas d’équivoque (deux arguments nominaux directs (sans préposition) +humain): J’ignore qui [sujet ? COD ?] a rencontré Jean [sujet ? COD ?]/ OKJ’ignore qui [objet] Jean [sujet] a rencontré. renforcé par c’est qui/ que (éviter l’inversion de est-ce (que/ qui)) : Quand c’est que tu pars ? Qui c’est que tu attends ? Qui c’est qui a cassé le vase ? !!!*Que c’est que …   Terme interrogatif (qu-) + que (abréviation de Qu.4. sous-type directif donc) : théorie des actes de langage (Searle & Vanderveken 1985). sujet SN (non clitique) : Je ne sais quel est votre avantage.4. comme toute représentation mentale douée d'une forme propositionnelle. 2.+est-ce que) : Où [est-ce] que tu vas ? Quand [est-ce] que tu reviens ? Qui [est-ce] que tu attends ? Terme interrogatif extrait par le présentatif c’est __ qui/que C’est quand que tu pars ? C’est qui que tu attends ? C’est où que tu vas ? ?? C’est quoi.4. Interprétation non directive (question comme interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance) : théorie de la pertinence (Sperber & Wilson 1989).   Terme interrogatif en position de base : Tu vas où ? Vous attendez qui ? Tu pars quand ? Tu regardes quoi ?96 Terme interrogatif en tête de phrase. / OK J’ignore en quel sens tu penses que/ tu dis que/ on dit que les fleurs parlent. lutter. ou comme des question-écho (demande de précision : on n’aura pas bien entendu/ compris). Je me demande qui est cet individu. Quand elle est utilisée descriptivement. lexicalisation du verbe de pensée ou de parole sous-jacent dans la question au style direct (« portée sur le dire »): ?J’ignore en quel sens les fleurs parlent. une pensée peut être l'interprétation d'une pensée attribuée (ou d'un énoncé attribué) à quelqu'un.3.

bref. s’il vous plaît »] . ma bien-aimée ! [exclamation] Oh [interjection+]. 2. n’est-ce pas ?/ Jacques est gentil. souvent analysées comme interjections] Bravo ! [interjection] 101 102 103 104 105 106 Ça. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées désirables – cf. une réaction affective du locuteur. intègre exclamation et interjection à une même catégorie : 97 98 99 Fonctions du langage.3. Cas particulier : les questions appel de confirmation (N’est-ce pas que Jacques est gentil ?/ Jacques est gentil. L’exclamation. imbécile ! [interjection +exclamation] Ah [interjection+]. Qu’il est beau. Sémantique (non vériconditionnelle) : fonction expressive (affectivité) vs fonction référentielle vs fonction d’appel (ou : directive)97. la réponse visée par l’interro-négatif (réponse préférée) sera : Si/ réponse non préférée : Non/ réponse exclue : *Oui.IRONIE : ASSERTION : DEMANDE. de la joie102 ou de la peur103. le plus souvent. EXCLAMATION : pensée qu'il représente . elle est là.2. le bidet ! (Pouah ! [interjection+] Qu’il est laid ! [exclamation]) 100 C’est parfait ! [exclamation] Tant mieux ! C’est cela (+ça) ! Ça va ! [exclamations brèves.2. le lavabo ! (Ah ! [interjection+] Qu’il est beau ! [exclamation]) Qu’il est laid. de l’étonnement106 etc. T’aurais-pas cent balles ? [« Prêtez-moi 100 francs. au sens de Karl Bühler. « Dites-moi l’heure qu’il est. et la portée cognitive (selon l’opposition cognitif/ affectif). de l’approbation100 ou de l’indignation101.Dubois & Lagane 1997 (1973) : 161). du souhait104 ou du regret105. Dans tous ces cas de figure. elle est là. s’il vous plaît »] . « une attitude affective du sujet parlant à l’égard de l’état de chose évoqué par son énoncé » (Riegel.2.4. mais fera-t-il beau ce soir [→ne pas sortir]?). Pellat & Rioul 2008 (1994): 387). s’il vous plaît »].3. la mégère ! [exclamation] Ah [interjection+]! Si elle était encore là ! [exclamation] Hélas [interjection+]. en termes des fonctions du langage dans la communication (approche traditionnelle que nous appellerons de ce fait : fonctionnelle) refuse à l’exclamation à la fois la dimension actionnelle (acte de langage). Sperber et Wilson 1989: 347-348. La phrase exclamative. N’es-tu pas là ? (→« Tu es là »). de l’ordre de l’admiration98 ou du dégoût99. et. voler un parapluie! 29 . Cette approche. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées ou des énoncés attribués . L’exclamation exprime « un sentiment vif devant un événement » . non ?).4. elle est déjà partie. CONSEIL : QUESTIONS. 2. par exemple ! Ça alors ! [interjections] Ça alors ! [interjection +] Vous l’avez assommée. relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses désirable. fortement lexicalisées. question rhétorique (implique le contraire de ce qu’exprime sa forme grammaticale) : Es-tu parti pour Londres ? (→« Tu n’es pas parti pour Londres ») . Noter que l’analyse générative-transformationnelle standard du Constituant interrogatif comme type obligatoire de phrase repose crucialement sur l’hypothèse de l’interprétation distincte des questions (pour le type interrogatif) et des ordres (pour le type impératif). Valeur argumentative : orientation vers le négatif (Il fait beau maintenant [→sortir]. 2. relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses du monde . votre Dulcinée ! [exclamation] Tiens [interjection+]! Il pleut ! [exclamation] Ça alors [interjection+] ! elle n’est plus là ! [exclamation] Lui. mais aussi de l’ordre de l’incrédulité. Pouvez-vous me passer le sel ? [« Passez-moi le sel. Valeurs dérivées :   question-requête : Avez-vous l’heure ? [Quelle heure est-il s’il vous plaît ?.

augmentée d’un élément de l’ordre du sentiment (insatisfaction (PLAINTE). n’est-ce pas ?.: Mais quand/ où a-t-elle bien pu partir ?!. ni de l’interrogation – modalités avec lesquelles l’exclamation partage. et son attitude subjective. de l’interrogation. Approches alternatives de l’exclamation.2. comme modalité « de l’énoncé » (vs type de phrase). de l’ordre du regret que tel puisse être le cas. par la ponctuation [?!] : Elle est déjà partie ?! (exclamation surajoutée à une vraie question appel d’information107) Elle est allée où ?! (exclamation surajoutée à une question-écho) Que ne le disiez-vous plus tôt ?! (exclamation surajoutée à une question rhétorique). peuvent être assimilées à des phrases exclamatives » – Dubois & Lagane 1997 (1973) : 162). dans l’espace francophone. mais en l’occurrence plutôt empreinte du regret (pour son départ précoce)/ souhait qu’elle ait été encore là (‘pourvu qu’elle ne soit pas partie !’) ou bien d’une question rhétorique au sens usuel . cumul de valeurs modales explicitement consigné à l’écrit. 2. de l’ordre ou de la défense. la critique. sur le mode de l’évidence). et qui expriment une attitude psychologique de l’ordre de la croyance (à l’instar des actes représentatifs. c’est que cognitif et affectif y sont réunis plutôt qu’opposés l’un à l’autre (à l’encontre de l’analyse traditionnelle en terme des fonctions du langage (fonction expressive). elle. parfois envisagées en tant que classe grammaticale (Mauger 1968 : 382). Les théories de l’énonciation. Antoine (1974) – «A propos des énoncés exclamatifs ». les interjections aux phrases exclamatives (« les interjections. B : Elle est déjà partie ?! A : Oui. soit en assimilant. parfois faites d’un simple cri.3. type optionnel ? (← type non exclusif de l’assertion. à côté non seulement de l’affirmation ou de la négation. [réponse attendue/ espérée] Remarquer que.[réponse non préférée]/ Non.1. mais aussi du doute. l’exclamation n’est pas mentionnée en tant que telle. en notation : « croyance + y ». 2. elle est partie plus tôt que prévu. en second. Sous cette analyse. tel n’est pas le cas des questions QU. La question se pose de savoir comment l’interrogation (alternatives épistémiques polaires (OUI/NON) activées à la fois) survit alors à l’exclamation (qui n’en active par hypothèse qu’une seule. Approche cognitive : pragmatique inférentielle (Théorie de la pertinence). … : A : La voiture de Marie n’est plus dans le parking. pour l’interro-exclamatif. se rallient à la même perspective : Exclamation = Assertion + « quelque chose en plus » (Antoine Culioli – théorie des opérations énonciatives108) Exclamation = Assertion du haut degré/ du degré extrême. dont l’assertion).- - soit en définissant d’emblée les interjections comme espèces d’exclamations (l’exclamation étant entendue. Sa voiture est chez le garagiste. l’état de non savoir préalable du locuteur (alternatives épistémiques ouvertes : ‘Elle est déjà partie’ (OUI)/ ‘Elle n’est pas encore partie’ (NON)). Paris : Larousse. Rapprochement (et opposition) dire QU-/ demander QULa forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase exclamative (graduelle) interprète une pensée qui est ellemême l’interprétation d’une pensée désirable (assigner une valeur à la variable liée par le mot exclamatif : pertinent pour l’interlocuteur/ assigner une valeur à la variable liée par le mot interrogatif : pertinent pour le locuteur). 108 CULIOLI. de manière assez systématique. l’exclamation (ou plutôt : la forme moins que propositionnelle car incomplète de l’énoncé exclamatif) fournirait une interprétation de l’assertion du haut degré/ du degré extrême 107 L’interro-exclamatif y exprime alors. Langue Française n°22. remerciements…).1. si l’interrogation totale à inversion du sujet (clitique) semble exclusive de ce cumul de valeurs modales. le cas échéant. félicitation. elle est en réunion. Ce qui est remarquable dans cette analyse.3. de l’ordre de l’incrédulité face aux indices situationnels pointant vers la première de ces alternatives (OUI). y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)…) –soit.1. et. de l’ordre du souhait que ce soit plutôt l’autre alternative qui se réalise. Dans le classement des actes de langage proposé dans Searle (1972 (1969)). Approche actionnelle : théorie des actes de langage. Exclamation = Assertion emphatique (croyance + sentiment). si l’ajout de l’exclamation achève de convertir une question a priori non orientée en question orientée. dont la fonction est d’exprimer un sentiment plus ou moins vif. Syntaxe de la phrase exclamative:   type obligatoire ? (← contour prosodique propre) . du souhait ou du regret.1. de la possibilité et de l’éventualité): « exclamations brèves. destinées à mettre en relief un sentiment ou un geste ». 30 . s’il s’agira d’une sorte de question appel de confirmation (comparable à Elle n’est pas encore partie. 2. mais la description des actes EXPRESSIFS se laisse extrapoler à l’exclamation : ce sont des actes typiquement réalisés par des phrases exclamatives (excuse. le plus clair de ses marqueurs morphosyntaxiques (sinon prosodiques). à la fois.3. tristesse (LAMENTATION). condoléances.

En termes de valeur de vérité relativisée aux univers de croyance et aux mondes possibles. Il est possible que Pierre soit revenu évoque un monde où Pierre est revenu est une proposition vraie. Mondes contrefactuels (―m111): contiennent au moins une proposition contradictoire avec celles de m0 (et donnent donc pour vraie une proposition admise dans m0 comme fausse112). faits mémorisés : la même phrase. dans son acception la plus large (la plus naturelle aussi) de terme complexe s’appliquant à tout sujet de conscience : ainsi. le long de l’ouvrage. Bruxelles : Mardaga. du discours direct et indirect.1. aura des contenus plus ou moins précis). dans le texte comme m barré. Les univers de croyance dans la théorie sémantique. Indéfini : parce que toutes ces propositions ne sont pas explicitées (propositions latentes tenues pour respectivement vraies ou fausses). le locuteur peut situer cette proposition dans quelque univers qu’il évoque. énoncée par des locuteurs différents. que l’auteur emploie le terme. Le « monde des attentes » : chaîne privilégiée ayant toutes les chances de se réaliser (parmi le champ infini des possibles ouverts en t0). dans le discours (du locuteur).correspondante – de même que la (forme moins que propositionnelle car incomplète de la) question QU.1. est appelée image d’univers. Univers de croyance : l’ensemble indéfini des propositions que le locuteur. POSSIBLE intemporel) .3. 20)  Hétéro-univers (U’.fournit une interprétation de la réponse. tient pour vraies ou qu’il veut accréditer comme telles113. Approche vériconditionnelle de l’exclamation (théorie des univers de croyance – Martin 1987109). p) ou fournies par le co(n)texte interprétatif)). (2) l’ensemble des mondes alternatifs du monde m0 de ce qui est . à l’occasion. Noté. ou bien l’univers du locuteur en un temps autre que t0 (le temps de l’énonciation). au moment où il s’exprime. Distinct de la notion d’univers de discours (=ensemble des circonstances dans lesquelles une proposition peut être dite vraie (circonstances décrites par des adverbiaux de phrase (sous l’Ancien Régime. d’un univers de croyance qui n’est pas le sien ici-et-maintenant. sa réussite étant évoquée dans un monde contrefactuel (¯m – je n’arrive pas à « dessiner » la barre sur la lettre !!!).3. 114 115 Avec le passé simple (sans verbe modal désidératif). 2. 31 . le contexte est transparent : dire qu’Œdipe épousa Jocaste. Robert (1987) – Langage et croyance. Notion opérationnelle pour l’analyse de :     des contextes opaques (Oedipe voulait épouser (vs épousa114) Jocaste/ *sa mère115) . U’’…) : l’ensemble de propositions que tient pour vraies celui dont le locuteur rapporte les dires.1. L’un seulement des mondes possibles deviendra « le monde de ce qui est ». Mais il est évident. la pensée ou la croyance (« l’énonciateur ») . Notions opérationnelles. quand l’avenir sera lui aussi devenu du passé. Variable selon les informations que le locuteur possède (connaissances acquises. La représentation. de l’usage de certains adverbes. Si Pierre avait réussi laisse entendre que Pierre n’a pas réussi. Mondes potentiels (m): ne contiennent aucune proposition contradictoire avec celles de m0 (mondes qui présentent comme vrai ou comme faux ce qui apparaît dans m0 comme possiblement vrai ou comme possiblement faux110).3. Images d’univers : notion qui ‘couvre toutes les modalités épistémiques’ (p.3. Univers de croyance vs image d’univers : au lieu de conférer lui-même à une proposition une valeur de vérité. Ne sachant pas que la femme appelée Jocaste était également sa mère. ces mondes alternatifs ne diffèrent de m0 que par une proposition ou par un ensemble de propositions qui s’y trouvent non vérifiées (conception temporelle du POSSIBLE). 2. c’est dire qu’il épousa sa mère (même si Œdipe ignorait l’identité référentielle /Jocaste = sa mère/). Mondes possibles : (1) totalité inconditionnée de faits non contradictoires (le monde actuel = un monde possible parmi une infinité d’autres : extension infinie du POSSIBLE. de l’emploi des temps et des modes. Uil est-il censé noter « l’univers de croyance de il » (table des abréviations et des symboles). Génèrent des hétéro-univers : 109 110 111 112 113 MARTIN.

mais projette un hétéro-univers de la ‘voix publique’119. à la première personne du singulier (je). En l’absence de tout renvoi à quelque autre énonciateur (à la faveur de la construction impersonnelle). Cf. je vous avais dit que p… le conditionnel dit de l’information incertaine (de distanciation – n. mon petit/ ma petite fleur/ mes petits. donc l’ensemble des propositions vraies dans des mondes accidentellement contrefactuels. et commande un accord du verbe au singulier : Quand on veut.    à une personne autre que je. au vraisemblable. on fait l’intéressant ?). Anti-univers (―U) : l’ensemble des propositions qui. les verbes d’attitude propositionnelle (ou de parole) à un temps autre que le présent (de l’indicatif) : je pensais alors que p. jamais toutefois pour le verbe porteur de l’information de temps et de personne. auraient pu être vraies (=que l’on imagine être vraies). elle. il est bien certain que p. à moins d’accepter que la construction impersonnelle véhicule. le participe passé du verbe. Jamais pourtant avec ce que Martin 1987 appelle image d’un « univers anonyme ». puisqu’en disant il est certain que p (vs on est certain que p : hétéro-univers de la ‘voix publique’ si ce n’est d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours). Dubois & Lagane 1997 (1973) : 90-91). Image (en ligne) d’un univers ‘anonyme’ (modalisateur épistémique renvoyant anonymement au certain. ‘tout le monde’. les verbes d’attitude propositionnelle (croire. je sais que p). et qui définissent des mondes esentiellement contrefactuels. ou l’interlocuteur et/ou un (des) tiers). à moins que on ne désigne le locuteur lui-même ou le locuteur lui-même et un (des) tiers : auquel cas nous serons présentés avec une image (en ligne) de l’univers de croyance (du locuteur). 32 . …) : on est certaine/ certains de ce que l’on avance. ne s’emploie qu’en tant que sujet. je m’imaginais que p. Emplois particuliers (avec diverses valeurs de style) : on = ‘je’ (On fait ce qu’on peut). … : Il est certain que p – énoncés à pronom sujet impersonnel (explétif il). ou textuels (co-texte intra-phrastique: apostrophe. je crois que p.   Image de l’univers de croyance116 (description de l’univers actuel du locuteur : Je crois que p. d’indices linguistiques (tel l’accord). À distinguer des propositions fausses qui ne sauraient être vraies en t0 (car étant le fruit de la seule imagination du locuteur : Si Napoléon était au pouvoir… (prononcée en 2011)). : Si Pierre avait réussi (Pierre n’a pas réussi ∈ Uje. le locuteur assume cette certitude autant – sinon plus – que lorsqu’il dit je crois que p. éventuellement. toutes les autres étant ‘hors ligne’. ‘les gens’). on = ‘tu’. une description de l’univers actuel du locuteur (à l’instar d’énoncés épistémiques à sujet modal je du type de je trouve certain que p. Rappel : on est un pronom de troisième personne qui désigne toujours des humains (= ‘n’importe qui’. ‘vous’ (Alors. je sais que p) ? J’avoue ne pas saisir la portée pragmatique exacte de cette distinction. Si – selon interprétations ‘marquées’ de on – la référence du pronom personnel [+humain] à sémantique référentielle vague se laisse dévoiler discursivement (en présence. toutes choses égales par ailleurs120. d’où sans doute l’idée que la prise en charge par un énonciateur spécifique (locuteur actuel117. ou autre118) serait complètement dépourvue de marquage linguistique). exposant participant d’une stratégie allocutive. Commentaire : Cette analyse ignore l’apport sémantique de la forme verbale (traits de temps-aspect-mode (TAM)). 120 Comparer : En résumé. on peut. n’est-ce pas ?) il s’agira de l’hétéro-univers d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours (l’interlocuteur. C’est là un indice à proprement parler linguistique de la sémantique ‘déviante’ du pronom. Comment d’ailleurs exprimer la distinction entre il est certain que p et on est certain que p (forme personnelle à sémantique vague qui préserve elle aussi le caractère (référentiellement) anonyme du sujet modal. quoique fausses en t0. on = ‘nous (moi +d’autres)’ – accord de l’attribut du sujet ou du participe passé avec le sujet réellement visé : On est arrivés en retard). Comparer à Je crois que p Comparer à Paul croit que p. Ex. les traits TAM exprimeront (par défaut : seul sujet de conscience d’accessible dans le contexte énonciatif/ interprétatif) le degré d’adhésion du locuteur actuel. la langue familière accepte l’accord référentiel avec le sujet visé pour l’adjectif attribut. Notation en usage : 116 117 118 119 Sorte d’image d’univers ‘en ligne’. penser…) et les verbes de parole (dire que. au codage linguistique (grammatical) de la prise en charge par le locuteur actuel (ici: présent de l’indicatif). Je sais que p). demander si…) .). Remarque : Dans toutes ces interprétations marquées. pour vous. Pierre a réussi ∈ ―U).n. à la vérité de la proposition posée comme certaine.

non graduelle Forme assertive. et négative à une question affirmative (Le vois-tu là ?). diverses (autres) procédures d’effacement +INTONATION 2. 2.1. 121 122 123 Exemples de l’op. Si elle était là ! Si elle est là ! Noter la troncation. Exclamation non graduelle121 2. l’effacement de la proposition racine : l’interrogation est attribuée à quelqu’un d’autre.p vérifié jusque dans les cas extrêmes (parcours des possibles : mondes potentiels m (relevant de l’univers de croyance U)) / fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) Exclamation graduelle Forme interrogative (inversion du sujet clitique. Uon (univers ‘anonyme’ [ ?] – s’agirait-il de la voix publique [comme dans les dictons et autres proverbes] ?). [structure de question rhétorique (équivalent fonctionnel d’une assertion. Tours non tronqués : Vous pensez si elle était là ! Pensez si elle était là ! (« bien sûr qu’elle était là ») Malgré la forme d’interrogation indirecte. d’indéfinition. si.Ui (univers d’un locuteur donné à l’instant i)/ Ui+k (univers d’un locuteur donné à l’instant i+k)/ Uje (univers du locuteur (actuel)).3.3. Autres constructions :  [exclamation non graduelle & emphase par extraction du constituant focalisé (phrase clivée) : C’est maintenant que tu le dis ! C’est René qui a été surpris ! (GM : 405).1. n’était-il pas présent quand la décision a été prise ! Comparer à la question inversive correspondante (une question à réponse orientée): N’était-il pas présent quand la décision a été prise ? (= il était présent quand la décision a été prise. quant à la valeur de vérité de la proposition elle était là. 2.1.2. (sauf stipulation). de consécution (si/ tellement + adj/ adv & ellipse de la subordonnée consécutive). Formants qui se rattachent directement au composant « p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo » (formes qui assertent p ou évoquent p (même quand elles interrogent non-p): 2. vous pensez si (à la différence de vous savez si123) est confiné à l’exclamation. car se heurtant à l’évidence des faits.1.3. Selon l’inversion de polarités : réponse affirmative à une question négative (N’est-elle pas charmante ?). du fait du caractère fortement orienté de la réponse122) – formes finissant en n’est-ce pas ?.3. mécanismes de pseudosubordination que/ ce que). quel…. 2. tout le monde l’accepterait ») Comment est-ce possible ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Comment est-ce possible ? (= « ce n’est pas possible ») →exclamation contradictoire : le réel contredit les attentes du locuteur. U’je (univers du locuteur en un temps autre que t0).3. de comparaison (comme). combien de… .1. n’est-ce pas ?) Qui ne l’accepterait ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Qui ne l’accepterait ? (= « n’importe qui l’accepterait.2. Uil (univers de de il).2. combien….2. Comparer à la question indirecte oui/non correspondante : Vous vous demandez [maintenant] si elle était là [alors]./ Elle n’a pas été invitée. Qui exprime l’ignorance du locuteur.cit.2. Classement des phrases exclamatives (Martin 1987 : chap.3.2. la mise en doute interrogative est présentée comme injustifiée. U’ (image d’univers) . qu’est-ce que). pas vrai ? exclues !] Mais enfin.) Comparer à l’assertion (enchaînement en discours homogène): {Nous ne l’attendions pas.3.1. interrogative rhétorique (question oui/non à réponse orientée) ou interrogative indirecte en si + INTONATION .2.7) & réalisateurs.3. [structure de phrase assertive] Mais elle est là ! (en réponse et s’opposant à une assertion de l’interlocuteur : Marie ne viendra pas.p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo (univers de croyance U)/ fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’: contradictoire avec l’univers actuel du locuteur) évidence dans l’univers de croyance (du locuteur) U . non ?.} mais elle est là. 33 .

1.2. indirectes (si dubitatif)] Ces formes « suggèrent » (je dirais plutôt. où p est déjà négatif) vrai dans un monde contrefactuel) [Subjonctif de protestation]: Moi. p. GM : 406).2. montée de la courbe mélodique sur juge (le prédicat quantifié quant à l’intensité de la propriété : ici.3.3. 24)126) . Est-elle charmante ! Si elle est charmante ! 2.1.2.3.1.& ellipse de la copule : construction de fait exclusive de l’interrogation ] Quelle fille charmante ! (*Quelle fille charmante ?) 124 125 126 127 Interjection. même dans le cas où on pourrait le supposer être faux (cas extrême). Voir Naples et mourir ! (« Si je voyais Naples je pourrais bien mourir. Exclamation graduelle Pré-requis : prédicats désignant des propriétés sujettes à gradation.1. que p est de fait vrai dans tous les cas. descente sur juge)/ Quel juge a été désigné ! : départ bas sur quel. que je fasse une si pauvre chère ! (« je ne ferai pas… ») [Infinitif d’exclamation]: Moi.3. signification des exclamatives morphosyntaxiquement semblables aux interrogatives partielles : écart quantitatif en nombre ou écart en intensité de la propriété)] 2. 2.3.3.directes (portée sur le syntagme nominal dans son entier exclue . héron.3.3. Quel juge a été désigné ? (accent focal sur quel. elle.3. Apostrophe. [Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’ ) »] 2. ici : connotent) la fausseté de p dans au moins un monde possible (comme il en va en général des questions fermées (interrogations totales : « le locuteur ignore si p si et seulement si.3.1. montée de la courbe intonatoire sur le même mot. apud GM : 407). l’intonation exclamative indiquera. [formes interrogatives : questions oui/non directes (inversion simple du sujet clitique). à ses yeux. en tant que juge : écart quantitatif en intensité de la propriété : noter les données prosodiques distinctes de la phrase interrogative correspondante127] [questions qu.2. Comparer : Est-elle charmante ! / ???Est-elle ingénieur ! Est-elle grande ! /*Est-elle grande de 1m85 ! *Que ce triangle est isocèle ! 2. cit.3.1. 2.. il n’ya pas d’exclamation qui corresponde à une QAI ouverte (interrogation partielle) telle : Qui a été désigné comme juge ? #Qui a été désigné comme juge !).3. [formes interrogatives : questions qu.3. je ne m’en lasse jamais ! (GM : 406) [exclamation non graduelle renforcée par apostrophe et/ou interjections] : Quoi !124 cette nuit ne finira donc pas ! (Bernanos. 34 .   Et [sujet] qui ne [Verbe] pas ! « ajout d’un argument négatif » : Et Tristan qui n’est pas là ! (GM : 406) [exclamation non graduelle & emphase par dislocation du Topique] : La grammaire.2. cela ne me ferait rien » (→infinitif de souhait)).2. [Formants qui se rattachent au composant « parcours des possibles »] 2. renoncer à mon projet ! (« je ne vais pas renoncer … »).3.1. [Formes sémantiquement liées au contrefactuel – formes qui évoquent non-p] : Même Pierre est venu ! (« Pierre n’est pas venu » est vrai dans plusieurs mondes contrefactuels : sa venue est étonnante en t0) Il est déjà là ! (=on s’attendait à ce qu’il ne fût pas encore là) S’il avait réussi ! (« Pierre n’a pas réussi » est vrai pour le locuteur) Dommage que tu ne sois pas avec nous ! (« Tu es avec nous » (=non-p.2. Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) » 2. Ce qui revient à reformuler en termes de mondes possibles la sémantique des questions fermées OUI/NON. [écart en intensité de la propriété] Quel juge a été désigné ! [→bien mauvais. p est faux dans au moins un monde possible » (de son univers de croyance – op. Octave !125 (…) tu as un pied de rouge sur les joues ! (Musset. de la qualité de juge).

En général. Sous cette analyse. « combien ») : dérivé du que interrogatif « pourquoi ». 130 Olivier et Roland. ce qu’il a écrit comme bouquins »). également analysées dans la référence commentée en termes de pseudo-subordination. mais relatif ( ??« que cela est. (les données diachroniques s’y opposeraient : qu’est-ce que p ! attesté le plus tard). « … » … (énumération des bouquins écrits (titres) : référence à des particuliers) & glissement d’une lecture qualitative (d’identification : énumération de particuliers) à une lecture quantitative (nombre de(s) particuliers (énumérés)132.3. ‘combien’) (vs conjS).(‘à quel point’. à savoir que [que2 appositif] p (= (qu’) elle est charmante) ». C’est-à-dire : qui suspend la valeur de vérité : dans une subordonnée (Je crois que Marie est charmante). en français. tantôt (et c’est là je crois l’option correcte) on pose ce rapport. comparer à À quel point est-elle belle ? insolite sémantiquement si ce n’est pragmatiquement (À quel point est-elle intelligente ? c’est bien mieux comme acceptabilité). et reproduisant ainsi.7. [écart quantitatif en nombre] Quant aux phrases exclamatives en Qu’est-ce que… à sémantique de quantification d’objets (que2 relatif).) comme bouquins ? – à réponses visées non du type de : Il a écrit des romans (spécification de l’espèce de bouquins (prédication sortale)) mais du type de : Il a écrit les romans suivants : « … ». note 22. Rob.1. qu’est-ce que p ! n’est pas à l’origine de ce que p.. Contre-argument à l’analyse en termes de subordination : l’inversion du sujet clitique !!! Qu’elle est belle ! *qu’est-elle belle ! (subordination) Qu’est-ce qu’elle est belle ! (phrase racine) Nous adopterons ici l’analyse plus directe selon laquelle que1 est un adverbe intensificateur QU. hors ligne. postuler des ‘opérations énonciatives’ trop étoffées en amont de ce qui se laisse effectivement observer (lien entre opérations sous-jacentes et formes observées rétabli à coup de troncations) participe d’une politique assez douteuse : comment en effet traiter les troncations requises – en ligne. 107. 1992) et de Martin (1987).cit. Cela vaut (plus ou moins) de l’ensemble des analyses de Culioli (1974. malgré l’apparente relation de parenté formelle entre qu’est-ce que P !/ ce que P !/ que P !. Le tour serait glosé à: « Que [que1 suspensif129. chap. p. il s’agirait au contraire d’une pseudo-subordination.2. Diachronie (étymologie de que adverbe exclamatif intensificateur. le rapport à l’interrogation n’est plus directement pertinent en synchronie: la phrase exclamative comporte un ouvreur d’alternatives épistémiques à proprement parler exclamatif (spécialisé pour l’exclamation) – ainsi qu’il est aisé de le prouver : *Qu’est-ce qu’elle est belle ? (avec l’interprétation visée ici pour que : « à quel point » vs « pourquoi »130) . 35 . 131 132 Le rapport à l’interrogation invoqué dans la référence citée en termes assez ambigus : tantôt on allègue une sorte de ‘source’ d’ordre interrogatif (approche informellement transformationnelle). que n’êtes-vous ici ? (Hugo.2. 2. mais grammatical. cit. Glose bien plus difficile (moins naturelle) pour : Qu’est-ce qu’il a écrit comme bouquins ! [quantification d’objets vs intensité de propriété]. en matière de recherche scientifique. Principe d’épistémologie qui privilégie.3. L’auteur met en garde cependant que. C’est là une analyse sémantique de type ‘what you see is what you get’ qui n’exige plus d’implicite laborieux (rasoir d’Occam131). provoquant le parcours des possibles] cela est. en termes de simple proximité formelle superficielle (rapport homonymique des constructions).Mais ce rapprochement n’est lui-même pas entendu comme pertinent en synchronie. 2007). la solution la plus simple. op. nous en rapprocherons plutôt la forme des questions appel d’information à complément de relation telle Qu’est-ce qu’il a écrit(. analyse conforme à l’avis des dictionnaires de langue. à l’instar des tours Ce qu’elle est charmante ! Qu’elle est charmante !. il faudrait y voir des ellipses (avec tout ce que cela comporte de restrictions en syntaxe et sémantique grammaticale) . signifiant « comme ». une évolution sémantique déjà réalisée en latin pour quid (étymon de que interrogatif « pourquoi »). en synchronie. ce ne sont ni plus ni moins que des évolutions diachroniques. ni de que p (par troncations successives) – cf. le que initial (en termes génératifs : complément(is)eur) suspend la valeur de vérité de la proposition : c’est par le truchement de la principale que la subordonnée peut se voir assigner une valeur de vérité). où que2 n’est plus appositif. du moins 128 129 Op. apud Nouv. P. Comparer : Quelle fille fatigante ! /*__________fatiguée ! Quelle fille maladive ! /*_________ malade ! Qu1’est-ce qu2’elle est charmante ! Selon Martin 1987.Condition nécessaire : propriété « attachée de manière durable » au sujet (définition d’une « classe de référence »)128.

directement (« combien ») – compatible. du point de vue de la propriété P (quelle que soit cette propriété).3.2. apud GM133 : 404). [indéfinition – à compléments/ qualificatifs possibles seulement suggérés : tous ces compléments (parcours des possibles) vérifient ce qui est dit] Elle a un (de ces) charme(s) ! Elle portait un chapeau (un de ces chapeaux) ! C’est d’un pénible ! 2. ?Folle qu’elle est !/ OK Qu’elle est folle ! 36 . : comparant spécifié distinct du comparé).2. 2. à la fois avec l’interrogation et avec l’exclamation. assez de. supra) à extraction du prédicat susceptible de gradation (Topicalisation-focus)] : Octave ! [apostrophe] ô [interjection] fou que tu es ! (Musset. Martin) du fait que. peu de…) – que de spécialisé pour l’exclamation #Qu’il y a des gens dans la rue ! 2.3.3. parcours des possibles présupposé] Le charme ! Le chapeau ! Ce charme ! Ce chapeau ! Dérivation postulée : Elle a un chapeau (indéfinition déclenchant le parcours des possibles déterminations (compléments))→ Le chapeau qu’elle a ! → Le/ Ce chapeau ! 2. spécialisé dans l’exclamation134] Comme elle est charmante ! Comme elle s’exprime bien ! Analysé dans Martin 1987 en termes d’auto-repérage135 : [elle est charmante] comme elle est charmante + ellipse de la phrase racine.3. [consécution – sans conséquence spécifiée : quelle que soit la conséquence. comparer une jeune femme à ellemême pour ce qui est du charme « conduit à la conclusion qu’elle est exemplairement » charmante (propriété quantifiée dans l’exemple donné). etc.4. Combien de films ont été censurés ! Combien de courage a-t-il fallu ! Que de trésors éclos en mon absence! (Colette. dans cette logique. lui. Ouvreur d’alternatives épistémiques à statut de quantifieur (déterminant quantitatif : beaucoup de.3. belle comme Vénus.2. Que1 doit être analysé en synchronie en termes d’ouvreur d’alternatives épistémiques portant sur le nombre.3.3.pas au sens fort (qui consisterait à voir dans l’exclamative une transformée de l’interrogation correspondante). 2.3. et non comme conjonction de subordination). dont ce est l’antécédent.2. introduisant une proposition en apposition à ce (selon l’auteur.3. le prédicat est vérifié] Elle est si charmante ! Comparer à l’assertion correspondante non tronquée : Elle est si charmante que vous allez l’épouser. [pseudo-subordination : que suspend la valeur de vérité et déclenche le parcours des possibles] Qu’elle est charmante ! Ce qu’elle est charmante ! [quantification sur l’intensité d’une propriété : que = conjonction de subordination.5.7.3. dans ces contextes (=quantification d’objets). [tours elliptiques définis : contre-exemple apparent . on aurait présupposé que x est exemplairement P . Interprétation : si on l’avait comparée à x (laide comme un pou.2. [comparaison – sans comparant spécifié : mot qu. apud GM : 406) Comparer : Fou que tu es ! [-gradation sur un prédicat par ailleurs gradable]/ Que tu es fou ! [+gradation] 133 134 135 136 Grammaire méthodique… GM : 404. [exclamation graduelle renforcée par apostrophe et/ ou interjections & forme (surtout) interlocutive 136: pseudo-subordination (voir 2. que fonctionne comme relatif.2. Mécanisme postulé par Culioli 1974 (schémas circulaire de repérage).à l’origine interrogatif.2. résidu d’un cela)] Ce qu’il a écrit comme bouquins ! (*Qu’il a écrit comme bouquins !: preuve (selon R. 2.6.3.3.2.3.

tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe Mircea) – où les capitales marquent l’accentuation focale). descriptive. comme nous l’avons déjà évoqué dans le chapitre introductif. dans cette version du modèle. 137 Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. ou à clivage rarement employé. Cela en légitimera le traitement transformationnel (vs basique): le topique et le commentaire sont envisagés. Voilà TROIS JOURS qu’il est parti. défini en termes fonctionnels relatifs à la base de a grammaire (constituant syntagmatique responsable de la génération de la structure profonde) – Chomsky 1965 : 221. …) : C’est PAUL qui est arrivé le premier. mais non redoublée d’une topicalisation de l’objet → phrases « thétiques »). par opposition au couple sujet/ prédicat. aux types de phrase facultatifs : • • • emphase (topicalisation137 . C’est À PAUL que je voudrais parler. car n’affectant pas le ‘contenu informationnel du message’. donc à nouveau : dé-topicalisation du sujet. 138 Mise en vedette du foyer d’information nouvelle par un présentatif (c’est… qui/que. il est déjà parti pour Paris. impersonnel (disparition du thème (ou : topique). comme des fonctions définies (exclusivement) au niveau des structures superficielles. passif (dé-topicalisation du participant agissant au procès & topicalisation du participant non agissant) .3. en particulier dans les langues dépourvues de tours présentatifs susceptibles d’instancier des structures phrastiques à clivage. Syntaxiquement parlant. Les modalités du message L’interprétation des modalités dites ‘de message’ concerne de manière cruciale la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). 37 . note 32. focalisation&clivage138) . Pour la distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). voilà… que. ou indication de force illocutionnaire). Au sens des Aspects… la hiérarchie informationnelle d’une phrase énoncée participe d’une « fonction d’emphase » au sens large dépourvue de contribution sémantico-logique (=contribution propositionnelle. les modalités de message ressortissent.

Grammaire fonctionnelle : catégories Focus et Topique. - constructions in-situ : focus d’information. lexicaux (comme les particules sensibles au focus (=opérateurs de focalisation) : seulement) et syntaxiques (comme la position du terme focalisé). sont séparées par une pause ainsi que. Il s’agit de la partie de l’énoncé qui représente une information nouvelle (nouvelle pour l’auditeur) non-présupposée.3.1. Typiquement. mais [je l’ai acheté] à Paris. J’ai acheté mon chapeau à Paris. Typiquement. et non à Londres. en règle générale par un ensemble de moyens phonologiques (comme l’accent. par des procédés différents. Constructions in-situ à opérateur de focalisation restrictif (par ‘exclusion d’addition’ vs ‘exclusion de substitution’) : J’achète mes chapeaux seulement à Paris139. Comment tu le trouves ? Un ‘accent noyau’ dans une position autre que celle prédite par la règle indiquerait un focus expressif ou contrastif : Jai acheté mon chapeau à Paris (non ma jupe) ! Constructions in-situ et focus de contraste (constructions corrélatives. si bien qu’il reste une lacune (analysée en grammaire générative (version « standard étendue » : « théorie du gouvernement et du liage ») comme trace de l’élément déplacé en tête de phrase).1. par d’autres caractéristiques phonologiques (prosodie). C’est à Paris que j’ai acheté mon chapeau. le cas échéant. La position de l’argument focalisé dans la partie présupposée (non-focalisée) de la construction n’est pas comblée. L’entité en focus et la partie non-focalisée. Le marquage grammatical du focus est réalisé. C’est là une différence essentielle par rapport aux constructions de topique. Un élément est choisi dans l’ensemble des alternatives contextuelles possibles. position ex-situ : le terme focalisé se trouve à l’initiale de la phrase. Ces constructions exhibent des traits sémantico-pragmatiques différents (interprétation des termes focalisés. la réponse à une question QU. mais à Paris.(nombre illimité d’alternatives épistémiques ouvertes. même rôle sémantique): Je n’ai pas acheté mon chapeau à Londres. - position canonique (in-situ) : le terme focalisé garde sa place ‘de base’ (position à légitimation sémantique propositionnelle vs fonctionnelle) . information considérée par le locuteur comme devant être intégrée par l’auditeur parmi ses informations pragmatiques en toute priorité (Dik 1997:326). parcours non exhaustif) : Où avez-vous acheté votre chapeau ? -J’ai acheté mon chapeau à Paris. en français. la prédication. interprétation de la construction entière). Négation restrictive: Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris J’ai acheté seulement mon chapeau à Paris. 38 . L’élément en question est marqué comme celui – à l’exclusion de toutes les autres alternatives – pour lequel la prédication vaut (parcours exhaustif des possibles). - constructions ex-situ : focus d’identification (ou : de contraste).-à-d.1. cet élément se trouve en contraste avec les autres options (ce qui est exclu. Position d’accent de phrase déterminée par la syntaxe (‘règle d’accent noyau’ – Chomsky 1971). c’est la possibilité de substitution d’une autre option à l’option actuellement en focus). à focus symétriques – même fonction grammaticale. la phrase phonologique). 3. c. le ton. En même temps. 139 Variante restrictive : Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris. en français (comme en anglais) : membres de phrase les plus à droite (derniers à être prononcés) : J’ai acheté mon chapeau à Paris. Focus : l’information relativement la plus importante ou saillante dans la situation de communication donnée. J’ai acheté mon chapeau non pas à Londres.

Cadre spatial: Sur le pont d’Avignon on danse (vs Le pont d’Avignon. dans la situation d’énonciation donné. à la différence de descriptions nominales plus fournies ou de pronoms démonstratifs. toute anaphore nominale (fût-elle ad hoc).  repérage s’appliquant à l’état de choses (fait exprimé par l’énoncé ou l’énonciation) auquel réfère la phrase (adverbiaux) . y compris la répétition du syntagme nominal d’origine (en l’occurrence : Oui. on ←y danse: topique 140 Ou : celui-ci. je n’ai toujours pas de ←ses nouvelles illustrera. non lié: Paul. le frère de l’interlocuteur est (ledit) Paul) – bref. ←il140 m’a téléphoné hier.2. Dans le même logique. conditionné à la c-commande du « lié » par le « lieur »). 141 142 Au sens de Sophie Prévost (Prévost 2003). les clitiques redoublent. le caractère plus ou moins informatif étant formulé en termes de degré de dynamisme communicatif . Paul. dans les constructions à topique détaché. du fait que. 39 . ou : ton frère (si. 3. puis par Firbas (1992). l’élément peu informatif : le thème dans les travaux développés par l’école de Prague. ←il m’a téléphoné hier.1. descriptif (à ne pas confondre avec la notion technique générativiste de liage. les pronoms personnels clitiques ne seraient jamais des Topiques. Topique intégré : Tu as des nouvelles de Paul ?/ – Oui. à la position casuelle (fonction sujet). le topique.Négation restrictive: Je n’ai acheté que mon chapeau à Paris.  indexe(raie)nt non seulement la proposition à l’initiale de laquelle ils se trouvent. Topique : ce dont on parle (« aboutness ». lui. je n’ai toujours pas de nouvelles142. Topique détaché (non intégré). nous mentionnerons les suivantes (perspective informationnelle et/ ou cognitive):   le point de départ psychologique et/ou positionnel : le thème chez Halliday (1994) . par contre.  signalent ce sur quoi porte le segment en tête duquel ils sont détachés. la notion de cadre : Chafe (1976).   l’élément connu : amalgame entre statut informatif et accessibilité cognitive . Paul m’a téléphoné hier) ferait l’affaire. Noter que l’emploi du terme « lié » est ici informel. possiblement. Topiques: Fonction de repérage: Cadres (de discours – Charolles 1997):  repérage s’appliquant aux participants à la prédication principale (arguments) . qui se trouve en position périphérique (détachée). mais aussi. lié141: Paul. un cas de topique détaché lié. Topique détaché (non intégré). nécessairement tonique. Parmi les définitions (concurrentes) les plus fréquentes dans la littérature. un certain nombre de propositions subséquentes. Noter que selon certains auteurs. « à-propos ») – le topique chez Lambrecht (1994) et chez Dik (1997).

Au 17e siècle. ou à clivage rarement employé. Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. à Paris. Suite linéaire respectueuse du principe d’iconicité (ce qui est connu/ donné est énoncé d’abord). souvent. À distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). mais la négation (Pe PAUL îl caut. +détachement) Topicalisation-Focus (+extraposition.détaché lié143) Cadre temporel: La nuit. Paul. le terme de topicalisation sera entendu dans ce qui suit au sens de « topicalisation-Topique ». Si le locuteur poursuit son discours sur les chats. Paris. je←lui ai légué ma montre en or. Dans cette acception. dans le second conjoint. 40 . En revanche s’il se lance dans une énumération des événements caractéristiques de la nuit (agressions. il est déjà parti pour Paris. ou sur la condition paysanne. seront appelées topicalisations aussi bien le déplacement en tête de phrase/ à l’une des frontières de la phrase du constituant voué à interprétation fonctionnelle de topique que celui du constituant voué à interprétation fonctionnelle de focus:   Topicalisation-Topique (+extraposition. l’accent focal frappe. neutralisée discursivement quant à la distinction fonctionelle (=interprétative) Topique/ Focus. actualisée en particulier dans les langues dépourvues de structures phrastiques à clivage. Dans la littérature on parle aussi bien de position détachée (que ce soit par clivage ou par des moyens prosodiques (pause-virgule)) et de syntagmes détachés (qui en arrivent à occuper de telles positions. Topicalisation progressive: syntagme topicalisé antéposé (liant le clitique in-situ) dépourvu de marques casuelles. Topicalisation/ Focalisation: stratégies discursives de construction du Topique et respectivement du Focus (à contreparties syntaxique et phonologique (réalisateurs). j’←y vais tous les ans. Topicalisation: opération (syntaxique) de déplacement en tête de phrase (frontalisation) ou bien: à l’une des frontières de la phrase (extraposition – à gauche/ à droite. Cadre thématique: Quant à Paul. on y danse… » ? Cadre lié ?! Pause-virgule. on y dans. Sont des extrapositions les positions de périphérie gauche. NU pe Mircea). rencontres étranges…). tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe MIRCEA) – où les capitales marquent l’accentuation focale145). Tout dépend de la suite du texte. ainsi que fonctionnelle (interprétation)). la condition paysanne était rude. ou du XVIIe siècle (vie des autres catégories sociales…) on peut considérer que ce sont « la nuit » ou « le XVIIe siècle » qui ont un statut de topique. Cela dit. en l’absence de qualification. -détachement). vols de voitures. ←il m’a téléphoné hier. tous les chats sont gris. J’y→ vais tous les ans. ceux-ci constitueront le topique principal de l’énoncé. Une extraposition vient en sus des positions argumentales et/ou casuelles canoniques y associées (dont sont respectivement justiciables le rôle sémantique et la fonction syntaxique des syntagmes). Suite linéaire non respectueuse du principe d’iconicité. en surface)). Ce qui ne les empêche pas d’assurer en même temps une fonction de cadrage (…) par rapport aux événements qui les caractérisent. Paul. vouées à interprétation fonctionnelle discursive actionnelle et/ou informationnelle (positions qui interviennent dans la réalisation syntaxique des modalités d’énonciation et de message). annoncé par le clitique argumental et pourvu de marques casuelles. Topicalisation régressive: syntagme topicalisé détaché à droite (postposé). avec ou sans détachement144). je n’ai toujours pas de (ses) nouvelles. 145 En cas d’explicitation de l’alternative rejetée (phrase complexe construite par juxtaposition). 143 144 Que faire alors du refrain de la vieille chanson « Sur le pont d’Avignon. non pas le membre de phrase à statut syntaxico-sémantique symétrique.

New York.2. Lambrecht Knud (1994) – Information structure and sentence form: Topic. Berlin. dans ce qui sera désormais appelé le « domaine » Complément(is)eur : - Une position C interne. Focus. in L Haegeman (ed. Academic Press. - - - Ces catégories/ positions permettent une meilleure analyse syntaxique des types de phrases obligatoires aussi (par exemple. dans les subordonnées complétives (ou relatives) . Dordrecht: Kluwer. de Gruyter. pp. Charolles Michel (2002) – « Les adverbiaux cadratifs : fonction et classification ». 146 147 148 149 Rizzi. Halliday Michael Alexander Kirkwood (1985. Une position C externe indicateur de Force (assertive. Cambridge: Cambridge University Press. que+subjonctif.). notée « C ». 3. C) interviennent crucialement tant dans le codage grammatical des modalités d’énonciation que dans celui des modalités de message. London. qui rappelle le caractère fini (tensé) ou non fini (non tensé) de la phrase. Cambridge University Press. Bibliographie minimale : Chafe Wallace L. dans le cadre de l’approche cartographique (école générativiste italienne).pdf.) Subject and Topic. Luigi (1997) – « The Fine Structure of Left Periphery ». Arnold.fr/siteACFT/Documents/CharollesAdverbFoncClass4111. en général148 déplacé depuis la région référentielle de la phrase. à Paul. Morphème à réalisation phonologique zéro (la notation e venant de l’anglais empty (= vide)). 25-55. des phrases interrogatives à inversion complexe).lattice. 1994) – An introduction to Functionnal Grammar. Dik Simon Cornelis (1997) – The theory of functionnal Grammar.ens. à partir des années 1995. Firbas Jan (1992) – Functionnal Sentence Perspective in written and spoken communication.Je lui→ ai légué ma montre en or. champs. Grammaire générative : analyse fine de la périphérie gauche. la périphérie gauche bénéficiera. sélectionnant un TP ou un IP : c’est là une dernière position de redondance morphologique . Si dit dubitatif serait inséré en syntaxe directement à la position Focus (adjoint incorporé à la tête focus°). Une position de Focus. Elements of Grammar. Cambridge.). en principal à la faveur des contributions de Luigi Rizzi : Nous nous référerons dans ce chapitre à la première version de cette analyse (Rizzi 1995 (1997146)). du complément de cette tête (Focus-P). à/ de/ e147+ infinitif. d’une analyse « fine ». domaines et espaces. Université de Nancy-2. mais quatre catégories (positions) fonctionnelles distinctes. Syntagme formé de la tête Topique°. et d’un spécifieur (éventuellement déplacé depuis la région référentielle de la phrase). 281-337. qui distingue non pas une. and the mental representations of discourse referents. interrogative etc. la tête Force° prenant un Topique-P149 pour complément : toute phrase sera donc un cas de ‘Force-P’. http://www. 2e éd. topics and point of view ». Charolles Michel (1997) – L’encadrement du discours : univers. la tête Focus prenant le syntagme Complémenteur interne pour complément. et un autre syntagme XP. pour spécifieur . Cahiers de Recherche Linguistique 6. in C. Li (éd. en français. Initialement (théorie standard étendue) appréhendée comme catégorie fonctionnelle « complémenteur » (ou : « complémentiseur »). subjects. tête dont les positions de spécification (Spec. Des positions de Topique optionnelles et itérables (entre C interne et Focus. 41 . que+ indicatif. N. et supérieure(s) au Focus) . (1976) – « Givenness. definiteness. contrastiveness. 1-73. catégorie sans réalisation phonologique dans les phrases racines (tête phonologiquement vide) .

Force QU-P Force +Interr Foc tQU -P Foc Foc Top DPi Top Top +fini Oů [+fini] = ‘∀[+Temps]’ [+ i {REVEN(IR)+Futur 3pl} +fini] fin TP Oů : [ T P tlesétudiants [T’ t{REVEN(IR)+Futur3pl} [FP tquand [F’ F [VP tREVEN(IR) tlesétudiants ]]]]] Oů F = catégorie fonctionnelle de prédication optionnelle ŕ sémantique vague (ici : [+Repčre temporel]). La sémantique étoffée du syntagme prépositionnel ou adverbial ŕ Spec. cet Adverbial (un PP ou un AdvP) sélectionne. par l’intermédiaire de F. L’analyse syntaxique de ces constructions concerne la périphérie gauche de la phrase. 42 . Quand les étudiants reviendront-ils ? 3. La GGT standard analyse en termes d’emphase les constructions à topique détaché (non-intégré) et les constructions à Focus ex-situ. spécifiée par un PP/ AdvP complément non sélectionné par le verbe. L’emphase.3. le VP comme ‘sujet de prédication’. lui. et qui prend le VP pour complément. en tant que prédicat sémantique. En français.F est en relation hyponymique ŕ la sémantique catégorielle de F . La focalisation in-situ n’est pas analysée comme un cas d’emphase. le focus ex-situ est typiquement instancié dans des phrases clivées.

Vous serez pardonnés). À de rares exceptions près. néanmoins on dit bien: Manger du porc est interdit aux Musulmans (= Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc). écrire qq. …) : *Sa vie est vécue (par Jean).ch.1.. suggérer). …). part. 73-95). ama-ba-nt (=ils aimaient)/ ama-ba-ntur (=ils étaient aimés). Université Ovidius. Introduction. peuvent « être mis au passif » (conjugaison passive vs conjugaison active) des verbes transitifs directs (+COD : ouvrir qq. sont assez régulièrement rébarbatives au passif. où le passif était une forme synthétique : on distinguait entre ama-nt (=ils aiment)/ ama-ntur (=ils sont aimés). va être.1. aurait été) avalisée par un banquier suisse. aura été. fut. Comparer : Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc/ Le Coran l’interdit aux Musulmans. 1..4. eut (vite) été. ASE. venir de qq. Actes du XIe séminaire de Didactique Universitaire (Constanta 2004..3. Cette corrélation n’est cela dit pas parfaite : il existe des verbes sans COD qui peuvent être mis au passif (les transitifs indirects (dés)obéir à. … La traite doit être (avoir été) dûment avalisée. +COInd : donner qqc. 150 Tel n’était pas le cas en latin. et des verbes à COD qui ne sont jamais mis au passif : - Avoir. … Des tours tels donner ordre (aux soldats.. lire qq.. avait été. de+inf.ch. à l’instar des intransitifs (inergatifs : danser. Morphologie passive. dans les constructions actives correspondantes. 3. part. ainsi que l’atteste la pronominalisation en le. penser à qqn/ qq. contribuer à qq. était. le passif est une forme analytique du verbe 150. faire allusion à (qq ch). pardonner à : Vos ordres ont été obéis.4. Bucarest : Ed. inaccusatifs : aller qq. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier suisse pour que notre banque engage aussi sa signature. posséder (dans leur acception première152) : Marie a un livre. donner confirmation (à qqn. En français. comme en roumain. Claude (2005) – « Diathèses et voix en français ».) Il est possédé du Démon Il est possédé par la jalousie (fig. casser la croûte (= « manger »). Je doutais que cette traite eût été avalisée par mon banquier suisse. 153 Les constructions V+ CODinf. parler à qqn. etc. Le passif. les verbes transitifs indirects (parler de qq. ch. Notons également que. de qqch). Allusion a été faite à cet épisode malheureux dans l’allocution du Président. Confirmation expresse nous en a été donnée par courrier du 15 courant. s) ! Soyons bien entendu(e)s là-dessus ! La traite étant (ayant été) avalisée. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier avant que notre banque n’engage aussi sa signature. 43 . …) n’ont pas de ‘conjugaison passive’./ *Ce livre est eu par Marie. Verbes modaux + infinitif153 : Marie peut marcher/ *Marcher est pu par Marie.. ch.… . serait. donc des verbes qui ont un complément d’objet direct. confirmer. Seules les formes perfectives de passif étaient analytiques (parfait passif = esse (au présent de l’indicatif) + participe parfait passif accordé en genre et en nombre avec le sujet (amati sunt (= ils ont été aimés))). dans : Interaction entre sémantique et pragmatique. *Le sommeil du juste est dormi… Expressions figées : casser sa pipe (= « mourir »). Sois (Soyez) félicité(e. vivre sa vie. : « il est dominé par… »). appelée par les grammairiens français (à partir du XVIIIème siècle) ‘voix’151 et réalisée à l’aide de l’auxiliaire être + verbe au participe passé (accordé avec le sujet grammatical) : La traite est (a été. Je doutais que cette traite fût avalisée par un banquier suisse. 151 Les grammaires anciennes parlaient de : ‘genre’ ou de ‘signification’ du verbe pour désigner l’opposition entre « action » et « passion » (Muller. part. peuvent être mis au passif : Ordre formel a été donné aux soldats d’attaquer à l’aube. n’est pas un COInd mais un COD du verbe recteur. nager. En français. vient d’être. sera. partir qq.4. Boire du café m’a été vivement déconseillé par mon médecin (= Mon médecin m’a vivement déconseillé de boire du café). s’il avait eu vent de la situation obérée de son tireur. 3. tenir tête à (= « résister à »). faire autorité (= être reconnu comme une autorité (dans un certain domaine) »). bien qu’ils correspondent à des verbes (ordonner. et respectivement Je me flatte de bien parler l’allemand/ Je m’en flatte. 152 J’ai été eue = « j’ai été trompée » (fig. Verbes à COD interne (pleurer des larmes de joie. d’attaquer à l’aube). ACLIF). ch. a eu été. ch. à qqn). et en dépit de l’absence d’article. dormir le sommeil du juste. …)) et des verbes di-transitifs (+COD.

- Verbes à faux COD :  Complément de mesure : valoir (une fortune). P. DE…) Verbe au participe passé (≠ été) Verbe ETRE auxiliaire de voix Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) Complément d’agent Votre société a déposé le meilleur projet. Le complément d’agent est largement optionnel. (Wilmet 2003 : §581. (Pourtant il a été rejeté par le Ministère). ditransitif Voix ↓ Entité qui agit (Agent) Evénement dénoté Ancrage temporel Entité qui subit (Patient) Complément d’objet direct Sujet ←Rôles et valeurs sémantiques ←Réalisateurs syntaxiques active passive Sujet Complément prépositionnel (PAR…. Tous les étudiants aimaient ce professeur. Comparer : J’ai vendu cette bagnole à un ami. Il existe des phrases actives sans correspondant passif exhaustif (complément d’agent exclu) : les phrases actives à sujet pronom personnel clitique. 3.2. en français contemporain. Construction passive vs construction active154. sans que le sens verbal (passif d’action ou du procès ne s’en trouve affecté) : Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés par un seul représentant ? Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés en un mois ? 154 155 Voix au sens de Muller 2005. apud Muller 2005 : 76). dans les phrases passives. 2007). peser (une tonne). Classe syntaxique du verbe ↓ Transitif direct. puisque censé est analysé comme vrai adjectif. Limites de la corrélation construction active/ construction passive. mesurer (trois mètres). (Pourtant elle n’a obtenu qu’un tiers du financement sollicité). le sanglier . marcher (deux kilomètres).2.1.4. par les lexicographes (Nouv. « chaser en leurcourant après »). courir (deux kilomètres).4. les jupons (= « courir après ». Il existe des énoncés qui ne sont attestés qu’au passif : Nul n’est censé155 ignorer la loi.2. Cette bagnole a été vendue à un ami (*par moi). 1. Ce professeur était aimé de tous les étudiants. Contre-exemple apparent. coûter (la peau des fesse). Expression du complément d’agent. 3.… : *Une fortune est value (par ce tableau) Complément de temps : dormir la nuit.4. Rob. Le meilleur projet a été proposé par votre société. travailler le jour (= »pendant… ») Courir (le cerf. 1.1. A l’impossible nul n’est tenu. faire (= »mesurer ») deux mètres de long.2.   3. 44 . Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet ON (+humain. On a vendu ces livres en trois semaines. -défini) Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive sans agent Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) ________ Pas de complément d’agent Ces livres ont été vendus en trois semaines.

… . être déterminé par…. et employer par : saisi par une émotion irrésistible. être submergé de pressentiments (+ de travail)… L’enfant fut saisi de peur. tous ces licenciements auront été déterminés. Elle a été touchée par une balle (sens propre : verbe d’action). Cet arbre a été frappé par la foudre. en place par votre (1’) verbes de sentiment et de connaissance : être aimé de. être entraîné par…) : Cette hausse des prix a été causée par une fiscalité oppressive/ *Cette hausse des prix a été causée. être adoré de. Ces licenciements ont été entraînés par la perte de plusieurs contrats importants. être respecté de. Ces détails sont souvent ignorés par nos dirigeants (verbe de connaissance assimilé à un verbe d’action). être estimé de. pour cause de livraisons défectueuses/ *Ces licenciements ont été entraînés./ *En fin de compte. Ce mécanisme ingénieux a été conçu (+ imaginé) par un simple contremaître (verbe psy assimilé à un verbe d’action : noter le rapprochement sémantique du verbe créer (être créé par…)). par un souvenir tout-puissant (Gobineau. (sens étymologique : verbe d’action). Il n’est pas compris de tous. dans ce cas-ci également. P. Le pays a été submergé par l’ennemi. MAIS : Je suis impressionnée par la beauté de ces sites. Le public était trop ému par la scène pour applaudir. apud Nouv. Il fut saisi d’une peur panique156. Rob. Ce projet a été mis département. (2) Verbes d’action à agent concret (référence définie) Le voleur fut saisi par la Police. Le prof a été frappé d’étonnement. être saisi de peur.Complément d’agent obligatoire (exceptions) : (1) (2) verbes d’accompagnement (être précédé de…. DE + SN Par + SN (1) verbes d’action (et y assimilés) : Il fut appelé par le prof. être apprécié de. Le diamant a malheureusement été étonné (= fêlé) par le jeune apprenti. tous ces licenciements auront été déterminés par l’arrêté ministériel qui nous oblige à étaler les amortissement sur 25 ans : nos équipements battent de l’aile et nos technologies sont dépassées. de honte). être haï de. être suivi de…) : La réunion fut précédée d’une allocution du président/ *La réunion fut précédée. Choix de la préposition. 45 . on peut dans certains contextes envisager l’agent abstrait comme une sorte d’agent concret. (2’) Verbes d’action à agent abstrait (sans article ou à article indéfini) : être frappé d’étonnement. J’ai été accablée d’injures [complément de moyen !] par la foule déchaînée./ *Le chasseur est suivi. par une curiosité violente. verbes exprimant la cause (être causé par…. verbe psy assimilé à un verbe d’action : le passage à la figure n’est pas toujours accompagné d’un changement de la préposition à : DE). être accablé de soucis (+ de remords. Le chasseur est suivi de ses chiens. En fin de compte. être méprisé de. être compris de… Il est aimé de tous. (+ de stupeur). 2007). Les touristes ont été étonnés par la beauté de ces sites historiques (sens dérivé. Elle est touchée de votre sympathie (emploi figuré : verbe de sentiment) 156 Mais.

Critères sémantico-syntaxiques (tests distributionnels) 1a. PEU À PEU.3. La réunion fut précédée d’une allocution du président. nous avons là des compléments instrumentaux plutôt que de vrais compléments d’agent.4.1.2. assassiner. Passif d’action (passif du procès) vs passif d’état (passif du résultat). être mangé aux vers.J’étais submergé d’étranges pressentiments . Ce test discrimine les procès (+pendant…) des événements (+en…) . Les cimes étaient couvertes par le manteau étincelant des neiges éternelles. L’étrange phénomène a été vu pendant quelques minutes. le passif n’étant pas processuel (et donc pas agentif). décapiter. La salle est peu à peu vidée. Elle était accompagnée de son mari. + EN … heures158 (durée : limites atteintes) 1b. être câliné. 46 . être regardé. être secoué . être cajolé. passé] [sujet] ? (3’) Verbes d’accompagnement dénotant une situation habituelle : Le chasseur est suivi de ses chiens. Nos employés étaient submergés de travail (3) Verbes d’accompagnement dénotant une action intentionnelle. non habituelle. être entendu. être ressenti… Exemples : L’enfant malade est caressé pendant quelques minutes afin qu’il s’endorme. pourtant. être câliné. être cajolé. Aussitôt après les rideaux sont tirés) + (La porte est fermée lentement. le résultat (l’état) : a) b) 158 159 être caressé. envisagée dans son unicité : La petite fille est suivie par un clébard à l’air féroce. mais comme des verbes d’activité ou de procès : être caressé. … Ce tapis était mangé aux mites. (4’) verbes d’état dont le participe passé a (ou : acquiert) une valeur adjective (constructions attributives): complément instrumentaux plutôt que vrais compléments d’agent. Question : PAR QUOI EST [part. Le criminel sera accompagné par nos gendarmes jusqu’à la frontière. en trois minutes etc. être écouté. les verbes d’activité (+pendant…). fusiller. tuer… Exemple : Napoléon faisait le bilan de la bataille : deux mille soldats français* étaient tués (ETAT ! OK morts : copule+adj)/ OK avaient été tués : ACTION !) Tout autre intervalle de temps ferait l’affaire (en trois jours. Elle était accompagnée par un jeune homme hirsute (4) verbes d’état dont le participe passé garde entière sa valeur verbale : résultat d’une action antérieure (passif du résultat).). + PUIS/ ENSUITE/ AUSSITÔT APRÈS (succession d’événements) 3. être vu. Le rideau est orné de fanfreluches. au passif. Exemples : La villa du P-DG est entourée par des jardins à l’anglaise. PROGRESSIVEMENT. + LENTEMENT. guillotiner. 3. + PENDANT … heures (durée : intervalle ouvert) Action (procès)157 + (Ces établissements ont été fermés en quelques heures) __ État (résultat) __ + (Ces établissements ont été fermés pendant quelques heures)159 __ 2. Exemples : Mon jardin est entouré de haies. Question : COMMENT EST [sujet] ? Complément d’agent en à (passif du résultat): être rongé aux mites/ aux rats. des verbes d’accomplissement ou des verbes d’achèvement (+en…). pendre. au sens de Vendler 1967. Le texte est lu __ 157 Verbes qui n’expriment jamais en français. La terre est couverte de neige. être secoué (au sens propre) abattre. exécuter. VITE (manière : déroulement dans le temps) + (Puis le phare est éteint. Le plancher était rongé aux rats. comme des verbes d’état. au passif.au sens de Vikner 1985 . La rue est bordée d’arbres. Aussi n’y-a-t-il rien d’étonnant à ce qu’un tas de verbes qui acceptent pendant… ne se comportent-ils pas.

être approuvé par. La maison est progressivement repeinte). être avalisé par. seulement à autres paramètres égaux. être réalisé par… Ces verbes expriment. même en présence d’un complément d’agent. Cet arrangement floral est visiblement réalisé par un maître de l’ikebana. Le bordereau est émargé par notre représentant)160. être paraphé par. / Les actes sont dûment signés par les deux parties (résultat). + (Le texte est lu attentivement. être accepté par [en parlant d’un effet de commerce ou d’un papier adinistratif]. Ce paysage était manifestement peint par un maître flamand du XVIIème siècle. 5b. Comparer : Les actes sont ensuite signés par les deux parties (action). Vous constaterez que le bordereau de livraison est en effet émargé par votre représentant. être peint par.4. 47 . le résultat (l’état) si être est à une forme non perfective simple. L’ordre est obéi à contrecœur. + complément d’agent exclusif de l’auxiliaire être à une forme perfective composée ou au passé simple rapidement. être émargé par. + complément d’agent sans restrictions quant à la forme de l’auxiliaire (en particulier si aux formes interdites pour la lecture résultative) +(Le contrat d’achat a(vait) été paraphé par Julien Vasco __ 160 Les verbes susceptibles d’emplois au passif d’état ou du résultat à vrai complément d’agent sont des verbes dénotant des actions telles que le fait que l’état résulte de l’action de X plutôt que de celle de Y ou de Z est pertinent (dans la pratique). À CONTRE-CŒUR (manière : caractère intentionnel de l’action) 5a. Nous avons constaté que ces demandes étaient effectivement approuvées par l’ANPE. +ATTENTIVEMENT. Cette pétition était manifestement écrite par un illettré. et directement visible à partir du (dans le) résultat de cette action : il s’ensuit que l’entité qui subit l’action (ou qui en résulte) est nécessairement une chose concrète. être avisé favorablement/ défavorablement par.) __ __ +(Le contrat d’achat est (était) paraphé par Julien Vasco Nous nous sommes aperçus du premier coup d’œil que l’acceptation était biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. être écrit par. être fait par. être biffé par. un objet sur lequel l’agent aura laissé son empreinte : être signé par.

48 . dans les phrases actives correspondantes. comme sujet grammatical163 interprété comme thème). + (La traite vient d’être avalisée). Nous avons constaté que ces demandes avaient été effectivement approuvées par l’ANPE. __ + (La traite a (+ avait) déjà été avalisée). comme objet grammatical162. SN complément direct (=sans préposition) du verbe.4. ainsi que sur celle des phrases interrogatives et impératives (types obligatoires). Rappelons que. note 3. dans Aspects… .3]. à l’instar des marqueurs de force illocutionnaire. + déjà (verbe être à une forme simple non perfective) 6b. qui commandera ainsi une transformation obligatoire. comme le passif).3. Le passif comme modalité de message161. en position initiale. L’analyse du passif est explicitement alignée. à l’instar de l’emphase : l’introduction précoce du marqueur de passif n’y est donc pas envisagée comme régie par le même principe que l’introduction dans la base de la grammaire des marqueurs de force illocutionnaires ou de négation (pour la mémoire : pas d’interprétation sémantique des structures superficielles. toutes choses égales par ailleurs. + VENIR DE + inf. + (La traite est (était) déjà avalisée) __ __ 3. seulement du point de vue syntaxique (vs sémantique) : le passif serait lui aussi introduit par un marqueur dès la structure profonde. dans les phrases actives correspondantes. À cet égard. Ce paysage a été peint par un maître flamand du XVIIème siècle. Structure profonde d’une phrase passive (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. + déjà (verbe être à une forme composée perfective) 7.Nous savons que l’acceptation avait été biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. Visée théorique : éliminer les transformations facultatives autres que l’inversion stylistique. sur celle de la négation (type optionnel ou : forme de phrase. du point de vue interprétatif (=sémantique au sens large). et l’accord en nombre et en gendre du participe passé des verbes conjugués aux temps perfectifs composés avec l’auxiliaire être (PaulMsg est entréMsg en classe/ MarieFsg est entréeFsg en classe) ainsi que de l’adjectif attribut du sujet (MarieFsg est intelligente Fsg). Mais le passif continuera à être envisagé comme phénomène syntaxique sans retombées interprétatives sémantico-logiques. et relevant du propos (rhème)) ainsi que par la dé-topicalisation-rhématisation de l’argument agissant (réalisé. 1. Sujet : SN à Cas Nominatif assigné par l’inflexion [+Temps]. et commandant l’accord en nombre et en personne du verbe porteur de traits de temps (L’étudiant3sg ouvre3sg la porte/ Les étudiants3pl ouvrent3pl la porte). les modalités dites de message concernent toutes la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). Nous avons constaté que le bordereau de livraison n’avait en effet été émargé par votre représentant. Le bordereau fut émargé par votre représentant). le passif se caractérise par la topicalisatio-thématisation de l’argument subissant (réalisé. à Cas Accusatif assigné par celui-ci. 6a. toutes choses égales par ailleurs. Cet arrangement floral a été réalisé par un maître de l’ikebana. en position postverbale. donc pas d’import sémantique des transformations) – cf. XVI) : Σ→ Const + P Const→ Affir + Passif Passif → Aux 161 162 163 être + SP passif Diathèse au sens de Muller 2005. Chomsky 1971 (1965) : 181 [chap.

3a. 49 . l’introduction du « marqueur de passif » en structure profonde n’est pas réalisée à la faveur d’une règle de réécriture qui place d’abord la ‘modalité’ en marge du noyau.164 Cette analyse rend compte du fait que la passivation peut aussi concerner des verbes sans complément d’objet direct (à l’actif). du SN sujet profond (préalablement déplacé sous SP passif (3). Préalables théoriques. Cas syntaxiques et rôles sémantiques. (À cette étape. Tout en étant optionnel. …) la lettre (lentement. La voiture pesait deux tonnes/ b. mis au participe passé). XVI) : 3 déplacements à droite (= ‘descente’ dans l’arbre) : (1) Aux être sera déplacé de sous Const. comme en latin ou en roumain. 1 déplacement à gauche (montée) : (4) SN objet profond se substituera à la position. dans la computation périphérique vers la Forme Phonologique. et rôle sémantique (thématique). il en va de même en français pour les pronoms personnels (clitiques). constituant du groupe verbal : Manière → par ∩ passif. qui ont des 164 Exemples de base empruntés à Chomsky 1971 : 146 [chap. ce constituant adverbial n’est pas complètement étranger à la souscatégorisation par le verbe. développement des tests de notre main. langues à flexion nominale riche (déclinaison) . Jean pesa (lentement. 3. Les versions plus récentes du modèle limiteront de manière très stricte les transformations entendues comme légitimes en syntaxe noyau (déplacements de droite à gauche et du bas vers le haut. pourvu qu’ils sous-catégorisent un complément de manière – le sujet de surface de la phrase passive n’étant pas alors. à droite de Aux (cette transformation rendant compte de ce que le verbe être va porter les marques de temps de la phrase. Jean pesa la lettre. Le Cas syntaxique doit être interprété (‘lu’) en morphologie flexionnelle. *La voiture pesait deux tonnes lentement/ b. en structure profonde. désormais vide. (2) SP passif sera déplacé après l’objet direct du verbe (SN2) – en tant que constituant du GV. dans la base (=structure profonde) à la faveur d’une règle de réécriture d’un adverbial de manière. le groupe verbal est constitué du verbe. Transformations postulées dans la version standard du modèle GGT (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. d’une part. …). Les versions ultérieures du modèle GG formuleront la distinction de principe entre Cas syntaxique.Aux être → être [+V] + part passé [+aff] SP passif → Prép + SN passif +P Σ→ Affir + Aux être + Prép + SN passif + P Σ→ Affir + être [+V] + part passé [+aff + Prép + SN passif Maintenant : dans le texte même des Aspects… (Chomsky 1965 : 104-105). L’introduction du morphème de passif est posée comme réalisée.4. où il sera ‘traduit’ à un ‘cas [initiale minuscule !] morphologique’ –son réalisateur superficiel: - flexion nominale (affixe flexionnel. Comparer : 1a. 2. le verbe conjugué V étant. sous le SP passif. de l’autre. 2]. *Deux tonnes sont pesées par la voiture/ b. La lettre fut pesée par Jean. 2a. attentivement. L’analyse du passif sera remaniée en conséquence. du syntagme nominal objet direct et du SP passif ). sous le noyau. (3) SN sujet se substitue à SN passif. ces cas-là sont assez rares : Mes ordres seront obéis (comparer à : On obéira à mes ordres). lui. attentivement. dans le sens de génération des structures arborescentes). puisque certains verbes y sont rébarbatifs – ceux-là précisément qui s’avèrent rébarbatifs à la passivation (les verbes dits « moyens »). un Objet direct du verbe – en français.

Hale et Keyser 1993 formulent l’hypothèse que les rôles thématiques sont en fait des dérivés de relations syntaxiques (lexicales) – le caractère limité de l’inventaire des rôles-θ s’expliquant par l’inventaire fermé des catégories substantives et des relations structurales possibles. en général. dans le cadre générativiste chomskyen. V. reléguée aux distinctions/ sélections sémantiques fines. on reprend. et fonctionner comme compléments de phrase : À Paris j’ai appris à jouer du pipeau). prépositionnel ou adverbial introduits en syntaxe en tant que compléments ou spécifieurs du verbe). Un adjectif comme conforme (Ce clause contractuelle n’est pas conforme à la législation en vigueur) aura ainsi un argument <Thème> (le syntagme nominal dont il sera prédiqué : cette clause contractuelle). la/ lui. 166 Cette notion est très proche de la CSR (Canonical Structural Realization) qu’introduit. etc. le. <Instrument> Arguments locatifs : <Lieu>. dans une perspective d’acquisition du langage (par l’enfant). L’inventaire des rôles thématiques varie au gré des linguistes. mais. non argumentales (rôles sémantiques sans contrepartie structurale et morphologique distincte). explore les implications et tire les dernières conséquences de l’option théorique selon laquelle la « θ –grille » du prédicat est projetée en syntaxe. Plutôt que de distinguer <Agent> : participant agissant au procès. en sus de ses traits sémantiques purs (en marge de la matrice conceptuelle du verbe). ou bien préfixe casuel (préposition) : 4a. étoffées. CAT : P /« (inter)relation ». et l’expression configurationnelle des rôles-θ étant régie par les principes de Projection non ambiguë.- formes de nominatif (je/ tu/ il. nécessairement [+animé] <Force> : causateur non animé. la notion d’ « événement dynamique » est redondante (les événements (vs situations) étant entendus. À partir du constat qu’à la fois les rôles thématiques possibles. <But> (<Cible>)… La question se pose de savoir si oui ou non il y a lieu de distinguer matrice conceptuelle du verbe et grille de rôles thématiques. l’inventaire des Cas sémantiques des grammaires casuelles (sémantique générative) : <Thème> (argument qui ne peut manquer : tout verbe en a un) : participant non agissant au procès. Du fait qu’il est assigné par une tête lexicale substantive (=douée de traits sémantiques purs). Hale & Keiser 1993 : approche configurationnelle aux rôles thématiques (vs liste de rôles). de Pleine Interprétation et de Prédication. L’approche configurationnelle à l’encodage lexical (vs à l’assignation) des rôles thématiques. Les catégories substantives (N. elle/ nous/ vous/ ils. 167 Nous avons cité ici Hale et Keyser 1993. dans ce classement. La sémantique lexicale du verbe serait par hypothèse (dès le lexique) configurationnelle (iconicité des représentations syntaxiques relativement aux représentations sémantiques ‘pures’). 165 De fait. <Source>. Grimshaw 1981 : la réalisation structurale canonique d’un objet physique est N. que défendent Hale et Keyser 1993. elles) distinctes de leurs formes obliques (me/te (accusatif. par exemple.)). en (ablatif))) . A. En regard du classement sémantique des verbes de Vendler (1967). de fait » cf. et un argument <Repère> (à la législation en vigueur). A. y (locatif). Les rôles thématiques assignés par la tête verbale seraient ainsi spécifiés explicitement dans l’entrée lexicale du verbe. l’argument interne d’une tête substantive P (préposition) se voit assigner à la fois un Cas syntaxique et un rôle sémantique par cette préposition (ce pourquoi les PP peuvent ne pas être sélectionnés par le verbe. celle d’une action est V. lui. les/leur (accusatif/ datif). Je penserai à ce que vous venez de me dire (préposition = simple préfixe casuel)/ b. on parlera de <Causateur> (neutralisation de la distinction animé/ non animé. tout prédicat sémantique ayant des arguments obligatoires en syntaxe est censé se voir associer de tels rôles dès l’entrée lexicale. P) sont associées à des « types notionnels (ou : contenus notionnels) élémentaires »166 : CAT : V /« événement (ou peut-être événement dynamique) »167 (notation : e). De même. CAT : N / « n » (notation du type notionnel associé à la catégorie N – « quel qu’il soit. au verbe en tant que prédicat sémantique165 : c’est un rôle sémantique ayant la particularité saillante de devoir être réalisé en syntaxe par un argument du verbe (syntagme nominal. le rôle thématique est encore appelé rôle-θ (lisez : têta). J’y penserai (flexion)) Le rôle thématique est lexicalement associé. datif). Hale et Keyser 1993 : 69). V. sous forme de « liste » : grille thématique (appelée aussi θ -grille). les catégories substantives (N. P) et les relations syntaxiques à une tête (Spec1 H /Compl1 H) définissent des inventaires fermés. 50 . CAT : A / « état » (notation : s (state angl. comme dynamiques par définition).

le glissement est fait d’une approche de la θ -théorie en tant que module indépendant ((partiellement) autonome) de la grammaire. des positions de substitution – mais cette hypothèse a largement été abandonnée in Chomsky 1995: chap. Le patron de lexicalisation de tels verbes dérivés est appelé « conflation ». auraient une contrepartie configurationnelle obligée. les rôles thématiques et la structure argumentale qui les porte/ exprime constituent le noyau dur de la structure profonde de la phrase (structure-D) : la proposition minimale (entité sémantico-logique) endeçà de l’ancrage temporel (=relations de prédication essentielle). satisfaisant les conditions de Projection non ambiguë et de Pleine Interprétation (cf. certains ont surtout un effet sur la structure de surface (ordre des mots) : ces Cas sont appelés structuraux. mais cela émarge les visées de ce cours. Les verbes inergatifs sont des verbes transitifs cachés qui incorporent leur argument interne. idem. dans l’approche TSE en général. trad. verbe. 4). une configuration [VPNP[V’V PP]]. L’entrée lexicale du verbe est en fait sa LRS. 170 171 Dans l’hypothèse configurationnelle. assignés par une tête lexicale à son régime (argument sélectionné morphologiquement) dès la structure-D (structure profonde). seul un syntagme nominal pourra être fusionné (puisque V n’a pas de Spec).). dont certains. exprime univoquement la « θ -grille » de celui-ci. et sera introduite dans la dérivation s-syntaxique en tant que catégorie syntagmatique complexe (visibilité de la LRS en syntaxe-s et à l’interface LF) – cf. des « dénominaux »171 (donnée lexicale – cf.. 51 . Cas structuraux : Nominatif (assigné par T) et Accusatif (assigné par un verbe transitif). p. interprétée comme (e1→e2) exprime le rôle argumental externe (n>(e1→e2)) de CAUSATEUR169 (Agent ou Force)170 . interprétée (e→n) (un événement crée ou modifie une entité) exprime le rôle-θ interne <THÈME>.4) reprend explicitement à son compte l’idée d’approche configurationnelle à l’expression/ interprétation des rôles thématiques. la structure relationnelle lexicale du verbe (sa LRS). En matière de LRS. Cas inhérents : cas Obliques (assignés par les verbes. qui suggèrent que cette position vide soit « étiquetée » d’entrée de jeu (comme il en allait. interprétée n>(e→r). la distinction sémantique Agent /Force ne peut être faite en tant que distinction argumentale. exprimant la sélection d’arguments thématiques. les prépositions ou par certains adjectifs). une configuration V NP (ou DP). Notons que nous nous éloignons ici de la lettre de Hale et Keyser 1993.73). Ils sont assignés dans des configurations syntaxiques dérivées (à la faveur de transformations : structure-S (structure de surface)). [vP v [VP V e]] La LRS du verbe est interprétée en termes des configurations instanciées et des « contenus notionnels élémentaires » associés aux traits catégoriels (ni les TSPs (traits sémantiques purs) des items. cit. et un « rôle interrelationnel » <BUT>.Mêmes les verbes « superficiellement mono-morphémiques » sont lexicalement syntagmatiques (phrasal angl. Chomsky 1995 (chap. art. l’étiquetage de la position vide est redondant en regard des principes de Pleine Interprétation. pp. p. Parmi les Cas syntaxiques. exprime le rôle-θ <THÈME> (= sujet de l’interrelation que [CAT : P] exprime. Par exemple. D’autres seront directement ‘traduits’ en Forme Logique à un rôle thématique : ces Cas. sont appelés inhérents. ou s’il veut plutôt dire que : la matrice conceptuelle du verbe consisterait dans un faisceau (liste) de traits. cit. 168 « Il n’y a pas de mécanismes linguistiques spécifiques à la structure argumentale. en syntaxe. mais il n’est pas clair s’il étend cette hypothèse à la sémantique du verbe en général. L’interprétation argumentale est l’interprétation des relations structurales lexicales du La LRS d’un verbe transitif V qui n’a qu’un seul argument interne sera : où e est une position vide à laquelle. art. en vertu des principes de Pleine Interprétation et de Prédication. 93-94 – n. (Hale et Keyser. Hale et Keyser 1993 : 96).4). et il n’y a pas de « rôles thématiques » si ce n’est en tant que relations lexicales exprimées par des projections non ambiguës et pleinement interprétées de catégories lexicales élémentaires ». ni les autres traits formels FF(CAT) ne sont directement pertinents) : une configuration V-VP (v-VP. il n’y a aucun processus d’ « assignation de rôle thématique » distinct de la prédication. Du coup. dans la notation Chomsky 1995 : chap. Hale et Keyser. dans la dernière version de la GGT chomskyenne (programme minimaliste toujours – dérivation par phases). sujet d’un « prédicat de changement »). et reviendrait en fait à récupérer l’hypothèse des sous-catégorisations (des relations de sélection-c) à expression lexicale directe. 95. à une approche interprétative des rôles thématiques : à la notion d’assignation de rôle-θ se substitue celle d’expression des rôles–θ et donc d’interprétation argumentale (à l’interface de FL)168. Quoi qu’il en soit. Cette structure. en ce sens qu’ils possèdent une structure qui est syntaxique.) 169 La philosophie du « verbe léger » est loin d’être la même. <SOURCE> ou <LIEU>.

par extension. Angelika (1996) – « Severing the external argument from its verb”. ce rôle reste accessible (à référence certes indéfinie. et. Données empiriques en faveur de cette analyse : même en l’absence d’un AGENT lexicalisé.3. de l’actif. à l’impossibilité d’insérer un argument externe épelé près. Première question : est-ce le passif qui perd un argument. à partir du passif. Révision de l’analyse syntaxique du passif.3. 79-80). arbitraire : Son portefeuille a été volé implicite un (quelconque) voleur – cf. de son aptitude à assigner l’Accusatif). 52 .4.T (position de sujet).v serait vide (ce qui. 109-137. et si on veut être complet. en syntaxe) sera-t-il satisfait ? Une solution consistante avec la modélisation de la GG reviendra alors à envisager le verbe V comme au demeurant sous-déterminé (les TSP du verbe coderaient pour le résultat de l’action). Dans les termes de Muller 2005 : « Pour une phrase active comme Pierre mange le gâteau. cas de figure neutre. Ce qui est peu clair (pour moi) dans cette analyse. éventuellement en syntaxe. mais pouvant. il faudrait bien postuler une nouvelle entrée lexicale. et V-é le participe passé du verbe substantif. tous les transitifs) se laissent en effet analyser comme un cas de ‘Y fait en sorte que X devient V-é’ où V note informellement la racine verbale.. dans certains cas même devant être lexicalisé en tant que Complément prépositionnel .dans la veine des analyses cartographiques de G. A intégrer maintenant les suggestions de la référence citée (analyse qui résout en syntaxe la dérivation du passif à partir d’une même tête verbale que celle qui projette la LRS active (causative). non marqué. qui reprend à cet égard l’argument de Kratzer 1996173. Sous cette analyse. Liina (2008) – Introducing Arguments. Le passif dit agentif (passif d’action ou du procès) étant censé préserver la représentation de l’action. Kratzer. Si la réanalyse ne concerne que les structures syntaxiques. Cambidge Masachussetts.v. chez qui le verbe léger est explicitement envisagé comme catégorie fonctionnelle de voix). ou l’actif qui en gagne un (pour les verbes transitifs directs en particulier) ? L’analyse traditionnelle dérive le passif. et obtenir compositionnellement. auprès du VP . ce qui en motivera le déplacement à la position d’assignation casuelle Spec. à argument externe introduit auprès d’une tête légère de causation. eds. le syntagme verbal devrait être configurationnellement identique à l’occurrence active. Les verbes causatifs (et. Les phrases impersonnelles. sous la lecture forte. Cela étant. Telle a été aussi l’analyse GGT standard. C’est dans ce sens qu’il faut entendre la sémantique de la configuration v-VP selon l’approche configurationnelle au codage des rôles thématiques (Hale & Keyser 1993). l’l’hypothèse peut être formulée selon laquelle c’est plutôt l’actif qui est construit. mais il perd de sa saillance. le verbe perd l’aptitude à assigner le Cas structural Accusatif à son argument interne. mais une sorte de PRO à référence arbitraire). de façon incrémentielle. et dans d’autres. 3.. y compris la représentation d’actions en cours. London. il y a en quelque sorte deux propositions enchâssées l’une dans l’autre « Pierre fait en sorte que le gâteau devient mangé ». voudrait dire qu’il n’y aurait pas de Spec. Cinque). England : MIT Press. Le passif perd un argument (l’argument le plus saillant de l’actif) : - absorption de l’argument externe du verbe transitif. c’est comment le verbe pourrait avoir la même sémantique causative. une configuration passive simple VP. ne pouvant plus être lexicalisé comme sujet. par la morphologie passive (l’argument n’est pas vraiment rayé de la grille thématique du verbe. éventuellement intégrée dans une structure de prédication optionnelle agentive (« FP » = CAUSE (DE). Hirschbühler & Labelle 1992 (1994) : 209-211). la position de Spec. cit. comme cas marqué. on doit y ajouter la simple relation de l’action en cours : « il y a action de manger » » (art. comme le complément interne du verbe passif ne reçoit plus de Cas Structural du verbe (privé. au passif. Question corrélative : quel est le patron exact de cette perte de saillance de l’agent ? Si réanalyse sémantique il y a. une configuration transitive(-causative). en dépit des modifications de saillance relative des arguments qui correspondent aux participants agissant et subissant du procès. représentée par le verbe léger (dans l’esprit de Pylkkänen 2008172 : 6-7. il devra en acquérir un auprès de T. Dordrecht: Kluwer. Phrase structure and the lexicon. corrélativement. bien que la sémantique de causation et donc la configuration v-VP subsisterait – ce qui ne laisse pas d’avoir l’air contradictoire).5. In Johan Rooryck and Laurie Zaring. cela reviendrait à postuler une catégorie vide à cette position thématique (et non pas une simple position de substitution. et d’une structure de causation. dans certaines phrases. qui introduit le complément d’agent (=Causateur) en tant que prédicat optionnel. au niveau de la tête V. 172 173 Pylkkänen. Sous la lecture littérale. à la modélisation de Hale & Keyser 1993. comment le principe de projection (des propriétés lexicales du verbe.

en l’absence duquel les phrases sont peu acceptables. Paris : L’Harmatan. distribution des indéfinis et la distinction thétiquecatégorique ». les formes verbales qui barrent l’interprétation générique sur le sujet (imparfait et forme progressive vs présent) : Un enfant joue dans la cour est toujours susceptible de lecture générique du type de « un enfant. Un enfant était en train de jouer dans la cour.1. ou introduire un nouveau référent (il en sort du pétrole). Mécanisme fonctionnel allégué : dé-topicalisation du sujet. Types de verbes : a. anaphorique] avaient l’air désemparés). noter :    le sujet indéfini (Les enfants étaient en train de jouer dans la cour est une phrase catégorique. et la lecture générique est un cas d’interprétation catégorique (à sujet thématique) vs thétique. di-transitifs : #__ transitifs indirects : # __.3. C. les prédicats qui ne se prêtent pas à l’interprétation [+propriété] (comparer : *Des enfants étaient intelligents dans la cour. ■ Toutes les phrases impersonnelles sont thétiques. De l’eau dégoulinait sur le plancher sont également des phrases existentielles (thétiques) caractérisées . la présence d’un localisateur spatial (en gras dans les exemples donnés). « À partir des mêmes relations prototypiques [définies pour l’appréhension des phrases catégoriques à verbe actif transitif : agent-action verbale. b.  Cf. l’impersonnel met au premier plan l’action verbale sans autre modification. ←ils [sujet référentiel. ça doit jouer dans la cour. Dobrovie-Sorin. inergatifs : #__ inaccusatifs : Il est arrivé trois nouveaux étudiants. Conséquence logico-sémantique (interprétative) : phrase « thétique ». existence de l’action verbale même]. il règne un silence de mort). sauf lecture partitive (elle-même conditionnée à un contexte contrastif. Phrase thétique : ■ ■ Sert à : rapporter un événement (il est arrivé plusieurs accidents). Construction assez rare en français. présenter un nouvel état de chose (il court de drôles de bruits. le sujet nominal ne réfère pas de façon indépendante. y compris l’argument sujet. 53 . d’habitude) : Des (= « certains des ») enfants étaient en train de jouer. Le référent du terme sujet (si le sujet est un argument nominal : il est arrivé trois étudiants) est traité comme étant une partie intégrante de la situation désignée par la proposition dans son entier . se retrouve dans le champ de l’assertion. à sujet thématique qui réfère de façon indépendante). *Un enfant était intelligent dans la cour). (1997) – « Classes de prédicats. n’étant pas lié au contexte (vs L’amphi était pour le moment vide. caractère focal (rhématique) de toutes les expressions argumentales de la phrase. c. transitifs directs : Il mange chaque jour une centaine de personnes dans cette cantine/ Voix active : Une centaine de personnes mange chaque jour dans cette cantine. Les étudiants [sujet référentiel. intransitifs : d. 2. Construction : 1. patient-action verbale. défini contextuellement : les étudiants de la fac à l’amphi précédemment introduit dans le discours] allaient arriver d’un moment à l’autre) ni anaphorique (vs Il est arrivé trois étudiants . pas à l’intérieur ». Le Gré des Langues. ■ Est dépourvue de présuppositions : la proposition dans son ensemble. d’autres dormaient. évitant ainsi la topicalisation du sujet » (Muller 2005 : 80). toutes les phrases thétiques ne sont pas impersonnelles : Des enfants étaient en train de jouer dans la cour.5.

il manque. Un malheur est arrivé chez les Dupont. 176 Exemple et commentaire emprunté à Muller 2005 – « peut-être pour des raisons pragmatiques de localisation de l’action verbale » (Muller 2005 : 80).5. l’hypothèse du Cas Nominatif (assigné par T) est elle aussi problématique. di-transitifs : Il nous a été dit beaucoup de choses désagréables. Pour résoudre cette difficulté. II. partitif (et non seulement : indéfini ou négatif): Il y avait là Marie Dupont/ le pavillon de chasse/ du verglas/ (quelques arbres). Position de complément direct. accord du verbe). accord 3sg masc. Il sera remédié à cet incident dans les meilleurs délais [circonstanciel nécessaire à la complétude pragmatique de l’énoncé176]/ On remédiera à cet incident dans les meilleurs délais. inergatifs : Il a été dansé toute la nuit. : événement dénoté) + GN (généralement indéfini175) à valeur référentielle (associé de l’explétif : interprétation argumentale : entité qui subit (patient). c. De drôles de bruits courent en ville. Il n’est entré aucun étudiant dans l’amphi jusqu’à présent). si verbe intransitif. de toute évidence non accusatif (pronominalisation par le/ la/ les exclue): Il t’est arrivé un malheur. *Il te l’est arrivé. 54 . si verbe transitif) en position postverbale. 3. Corrélations systématiques forme personnelle/ forme impersonnelle : conditionnées à certains facteurs sémantico-pragmatiques./ On nous a dit beaucoup de choses désagréables transitifs indirects : Il sera obéi à mes ordres/ On obéira à mes ordres. Il manque l’essentiel/ la clé174. Il est arrivé un malheur/ trois étudiants. 1. (Muller 2005 : 80) Ce syntagme nominal ne commandant pas l’accord des formes verbales non plus. Rassurez-vous : il ne leur a pas été dévoilé le montant exact de votre dette (il n’y a qu’un seul montant qui soit ‘exact’). Il court de drôles de bruits (en ville)./ On a dansé toute la nuit. mais comportement morpho-syntaxique modifié. dépourvu de valeur référentielle (pronom explétif) + verbe (accordé avec il) + SN argumental (« associé de l’explétif » : sujet logique) Sujet (argumental – à rôle thématique non agentif. ou non finie : il vaudrait mieux finir ses devoirs avant l’examen) Il y a. il faut. Construction sans associé de l’explétif. Construction sans associé de l’explétif. puisque. transitifs directs : Il a été promulgué deux nouvelles lois/ On a promulgué deux nouvelles lois. rhématique.IL impersonnel fonction sujet (Cas Nominatif. Trois nouveaux étudiants sont arrivés chez les Dupont. Sujet nominal : le plus souvent indéfini ou négatif (Il y a des livres sur la table. un GN défini reste possible : Personne ne sort ! Il a été volé le portefeuille de Marie (Marie n’ayant eu qu’un seul portefeuille sur elle). il faudrait Paul Dupont/ le professeur/ du temps/ (un dictionnaire). il reste + Nom propre ou SN défini. d. agentif. 174 175 Hanse 1991 : 501. Types de verbes : b. ( ? De drôles de bruits courent).) + être (auxiliaire de voix : traits TAM qui donnent l’ancrage temporel de la proposition) + verbe au participe passé accordé avec il en genre et en nombre : m. Complément d’agent rarissime : Il a été décidé des choses très importantes par le Conseil de l’Université (Muller 2005 : 80). sg.2. Passif impersonnel I. Quand le sujet réel du passif impersonnel est un objet unique en son genre (dans une situation donnée). Sujet clausal : proposition subordonnée (finie : il vaut mieux que tu finisses tes devoirs avant l’examen. statut fonctionnel informationnel/ discursif : rhématique). intransitifs : e. Construction : Il impersonnel (explétif impur : Nominatif.

Elle est venue de Londres.2. etc ) ou d’état (Je suis devenue prof de français). 55 . Verbes qui expriment le changement de place (Je suis allée à la fac. 177 . inaccusatifs177 : ___.