1. Phrase modalisée. Notions fondamentales (cours 1-2). 1.1. Phrase/ énoncé.

Phrase : l'unité linguistique maximale (→COMPÉTENCE).

• • •

Constituée de morphèmes (lexicaux et grammaticaux), associés de manière incrémentielle les uns aux autres, selon des règles de bonne formation syntaxique. Niveaux d’analyse pertinents: la syntaxe (règles de formation de la phrase) et la sémantique (contenu de la phrase). Contenu de la phrase : la signification, produit de la signification des morphèmes (lexicaux et grammaticaux) qui la composent (signification dite, de ce fait, compositionnelle).

Enoncé : l'unité pragmatique minimale (→PERFORMANCE).

• • •

Constitué par une phrase (unité linguistique maximale) utilisée dans un contexte précis, dans une certaine situation d’énonciation. Niveau d’analyse pertinent: la pragmatique. Contenu de l’énoncé : le sens, obtenu sur la base de la signification de la phrase et des informations constituant son contexte.

Noter que cette découpe <phrase/ énoncé>, largement acceptée en linguistique contemporaine, n’allait pas de soi chez Saussure (début du XXème siècle), pour qui la phrase procédait, en tant que combinatoire libre de signes linguistiques, de la « parole ».

COMPÉTENCE/ PERFORMANCE (Noam Chomsky1)

LANGUE/ PAROLE (Ferdinand de Saussure2)

Compétence : connaissance que le locuteur-auditeur (idéal) a de sa langue (lexique, syntaxe, phonologie, sémantique).

Performance : emploi effectif de la langue, par un sujet parlant donné, dans des situations concrètes.

Langue : côté social (conventionnel) du langage : trésor collectif. Langue : entité abstraite (système de potentialités : PURES VALEURS) ; code (= système de signes : SIGNES & RELATIONS entre signes). Langue : produit [de l’usage collectif, des conventions] que l’individu « enregistre passivement » Langue : « dictionnaire » →relations associatives (in absentia : paradigmatiques) entre signes linguistiques →combinatoire figée3

Parole : côté individuel du langage. Parole : entité concrète : utilisation individuelle (actualisation) du code de la langue, dans la communication. Parole : « acte individuel de volonté et d’intelligence » Parole : relations combinatoires (in præsentia : syntagmatiques) entre signes linguistiques : combinatoire libre. → !!!Phrase ∈ PAROLE. → !!!Phrase ≠ unité linguistique (opposition linguistique/ langagier)

Phrase ∈ compétence

1

Chomsky N. (1965) – Aspects of the Theory of Syntax, Cambridge Massachussets : MIT Press, 1965 (trad. fr., Aspects de la théorie syntaxique, Paris : Seuil 1971). Dans cette section, les renvois à la page concerneront la traduction en français de l’ouvrage cité (Chomsky 1965/1971). 2 De Saussure, Ferdinand (1995/ 1916) - Cours de linguistique générale, Paris : Payot. Publié en 1916, le Cours de linguistique générale a été rédigé par les élèves de Ferdinand de Saussure (1857-1913) à partir de leurs notes (Charles Bally, Albert Sechehaye, « avec la collaboration de » Albert Riedlinger). L’édition 1995 reproduit l'édition originale. Elle est accompagnée de l'important appareil critique établi par Tullio de Mauro.

1

Les deux définitions corrélées de la phrase et respectivement de l’énoncé reposent crucialement sur l’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre ces deux types d'unités :

une phrase telle que Je suis arrivée en retard est susceptible de nombreuses actualisations, qui influeront sur sa référence; prononcée par Marie Dupont, le 23 mai 2008, devant le secrétariat de sa faculté, elle signifiera: „Marie Dupont est arrivée en retard (à la fac), le jeudi 23 mai au matin”, et prononcée par Jeanne Dubois, le 4 novembre 2008, dans le hall de la Banque où elle travaille: „Jeanne Dubois est arrivée en retard (au bureau) le vendredi 4 novembre 2008, au matin”; par voie de conséquence, c’est l’énoncé d’une phrase assertive et non cette phrase même (à référence incomplètement spécifiée) qui sera le lieu de l’assignation d’une valeur de vérité (vrai/ faux).

L’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre phrase et énoncé se laisse préciser par l’identification de deux types de mécanismes interprétatifs – l’enrichissement contextuel, d’une part, et le filtrage contextuel, de l’autre :

la signification (compositionnelle) de la phrase doit être enrichie contextuellement pour produire le sens de l'énoncé (voir problématique de la référence actuelle – évoquée tout à l’heure) ; corrélativement, étant donné un énoncé (entendu ou lu), il n’est pas toujours évident d’identifier la phrase dont il est l’actualisation : en cas d’ambiguïté (syntaxique : [SN Le vieux singe] [SV [SN le] [v masque]] (« le vieux primate (m’) empêche de voir quelque chose»/ [SN le vieux] [SV singe [SN le masque]] (= « le vieillard imite un masque »); lexicale : le loup (= « masque de carnaval » ? ou bien : « animal carnassier » ?) est gris), c’est le contexte qui filtrera les interprétations inconsistantes, permettant d’associer, à l’énoncé entendu (ou lu) la phrase correspondant à l’intention communicative du locuteur4.

Ces deux définitions gomment en revanche les divergences structurales censées pouvoir subsister entre énoncé et phrase. Il est en effet souvent suggéré, dans la littérature, que si la phrase est le résultat de principes de composition syntaxique et sémantique, l'énoncé n'aurait pas à être interprété en termes des seuls principes compositionnels, n’étant pas toujours construit en fonction de critères syntaxiques : Moi, tu sais, la linguistique…, ouais, bôf ! Il y aurait donc des énoncés qui ne sont pas pour autant des phrases: « En français, la phrase minimale comporte nécessairement au moins un sujet et un verbe conjugué. En revanche, l'énoncé minimal peut être constitué d'un seul élément, de nature quelconque : des séquences comme « Bonjour ! », « Allô ? » ou « Zut ! » constituent des énoncés, mais pas des phrases5. Des énoncés comme « Moi, partir ? », « Quel désastre ! », « Voir Venise et mourir », ou encore « Là, il va, je ne sais pas, moi, mais sûrement, enfin comment dire ? sûrement réagir, oui, c'est ça, réagir », ne sont pas descriptibles en termes de construction syntaxique canonique de phrases. L'énoncé peut apparaître, tantôt comme une phrase incomplète ou tronquée (« Moi ? jamais ! »), tantôt comme une phrase en quelque sorte « surchargée et bégayante » (« Ma sœur, elle, son concours, c'est pour bientôt »). Si la structure de l'énoncé se différencie souvent de celle de la phrase, c'est parce qu'il s'agit de réalités linguistiques relevant de niveaux différents du point de vue théorique » (Encyclopaedia Universalis, art. énoncé). Nous nous en tiendrons, ici, à la définition fonctionnelle (vs structurale) du couple phrase/ énoncé (définition en termes d’actualisation). Les énoncés syntaxiquement déviants mais parfaitement interprétables du (des) type(s) évoqué(s) précédemment se laissent également analyser en tant qu’occurrences de phrases, à force d’assumer, ne serait-ce qu’en termes opérationnels (vs théoriques), la distinction entre phrases grammaticales, phrases interprétables et phrases acceptables.

Le couple notionnel grammaticalité/ acceptabilité (notions graduelles) est développé, en grammaire générative, en liséré de la distinction compétence/ performance:
3 4

Dans les termes mêmes du Cours de linguistique générale : « combinaisons régulières ». Cf. Moeschler, Jacques et Anne Reboul (1994) – Dictionnaire encyclopédique de pragmatique, Paris : Seuil, 131-132.

5

Cela dit, le départ phrase/ énoncé n’est pas toujours aussi tranché en termes de leur structuration respective. Charles-Albert Sechehaye analyse les « énoncés monorèmes » en tant que « phrases à un seul terme », « énoncé monorème » et « phrase monorème » apparaissant en variation libre, dans le texte (Sechehaye, Charles-Albert (1926) – Essai sur la structure logique de la phrase, Tome 1/1, Paris : Champion, chap. I. Accessible en ligne sur : http://roman.ens-lsh.fr ).

2

Grammaticalité : conformité aux règles de la grammaire. Concept appartenant à l’étude de la compétence. Acceptabilité : conformité à l’usage (« les phrases plus acceptables sont celles qui ont plus de chances d’être produites, sont plus aisément comprises, moins maladroites et, en un certain sens, plus naturelles » – op. cit., p. 22). Concept appartenant à l’étude de la performance6. Définitions opérationnelles.

• • •

phrase grammaticale : conforme aux règles de la grammaire (D’incolores idées vertes dorment furieusement7) ; phrase interprétable : à laquelle ont peut assigner un sens (même si elle n’est pas bien formée selon les règles de la grammaire : moi, Tarzan, toi, Jane ; moi, la linguistique, tu sais, bôf !) ; phrase acceptable : à la fois grammaticale et interprétable (De jolis agneaux blancs dorment paisiblement ; moi, la linguistique, je peux très bien m’en passer).

1.2. Enoncé/ énonciation. Énonciation : acte individuel d’utilisation de la langue, activité exercée par celui qui parle au moment où il parle. Énoncé : produit de cet acte, qui en garde les traces (marques énonciatives = marques du locuteur; dans les termes d’Émile Benveniste8, initiateur de la « linguistique de l’énonciation », en France : « l’homme dans la langue », « la subjectivité dans le langage »). Parmi les représentants de marque de cette mouvance en linguistique française : Catherine KerbratOrecchioni9, Oswald Ducrot10, Antoine Culioli11.

6

La distinction compétence vs performance et l’abstraction du locuteur-auditeur idéal sont autant d’hypothèses de travail participant du cadre général des recherches générativistes dès la version standard du modèle. « L’objet premier de la théorie linguistique est un locuteur-auditeur idéal, appartenant à une communauté linguistique complètement homogène, qui connaît parfaitement sa langue et qui, lorsqu’il applique en une performance effective sa connaissance de la langue, n’est pas affecté par des conditions grammaticalement non pertinentes, telles que limitations de mémoire, distractions, déplacements d’intérêt ou d’attention, erreurs (fortuites ou caractéristiques) » (Chomsky 1965/1971 : 12). Une distinction fondamentale est ainsi établie « entre la compétence (la connaissance que le locuteur-auditeur a de sa langue) et la performance (l’emploi effectif de la langue dans des situations concrètes) ». Est également souligné le fait que la performance ne peut être dite « refléter directement la compétence » qu’à l’intérieur de la première hypothèse de travail avancée, à savoir l’hypothèse du locuteur-auditeur idéal (op. cit., p. 13), et non « dans les faits », puisqu’un « enregistrement de la parole naturelle comportera de faux départs, des infractions aux règles, des changements d’intention en cours de phrase, etc. » (op. cit., p.13). Le rapport entre compétence et performance est un rapport d’inclusion (de la compétence, à la performance) : l’étude de la « performance linguistique effective », oblige à « considérer l’interaction de facteurs variés, dont la compétence sous-jacente du locuteur-auditeur ne constitue qu’un élément parmi d’autres » (idem, pp. 12-13). Mais, corrélativement, « l’investigation de la performance n’avancera qu’autant que le permettra la compréhension de la compétence sous-jacente » (ibid., p. 20). Les données de la performance, en tant qu’observables, se retrouvent en amont de la modélisation de la compétence (ou : « grammaire »), censée « déterminer, à partir des données de la performance, le système sous-jacent de règles qui a été maîtrisé par le locuteur-auditeur et qu’il met en usage dans sa performance effective. » (ibid., p.13, nous soulignons).
7

Remarquer la violation systématique des restrictions de sélection sémantique (dormir sélectionne un sujet animé, les adjectifs de couleur tel vert(es), des nominaux concrets, notamment objets physiques, et les modificateurs de verbe tel furieusement, un verbe [+intentionnel]), ainsi que les contradictions (idées ou bien incolores ou bien vertes).
8

Benveniste, Emile (1958) « De la subjectivité dans le langage », Journal de Psychologie, 55, repris in : Benveniste, Emile (1966), Problèmes de linguistique générale, tome I, ch. XXI. Benveniste, Emile (1970), « L’Appareil formel de l’énonciation », Langages, 17, repris in : Benveniste, Emile (1974), Problèmes de linguistique générale, tome II, ch. V.
9

Kerbrat-Orecchioni, Catherine (1980) – L’Énonciation. De la subjectivité dans le langage, Paris : Armand Colin. KerbratOrecchioni, Catherine (1990-1994) – Les Interactions verbales, tomes 1-3, Paris : Armand Colin.
10

Qui articule traitement de la phrase et traitement de l’énoncé en termes du contexte situationnel (composant linguistique : signification de la phrase, composant rhétorique : sens de l’énoncé – étant donné un certain contexte situationnel), et opère, dans le cadre d’une extension originale de la théorie énonciative de Benveniste, inspirée des analyses de texte chez Bakhtine (linguiste russe), la théorie de la polyphonie, une distinction de principe entre locuteur-allocutaire, d’une part, et énonciateur-destinataire de l’autre. Cf. Ducrot, Oswald, (1980) – Les Mots du discours, Paris : Minuit.
11

Théorie des opérations énonciatives. Cf. Culioli, Antoine (1990) – Pour une linguistique de l’énonciation. Opérations et représentations, Tome 1, Paris : Ophrys.

3

1.3. Phrase/ proposition. Distinction structurale manifeste (distinction syntaxique): →proposition = constituant syntaxique de la phrase. phrase simple (= élémentaire) ⊃ 1 proposition phrase complexe ⊃ plusieurs propositions13 proposition indépendante : Sylvie est allée à la fac. proposition principale : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. proposition subordonnée : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. La notion de proposition indépendante est définie par la négative : ni principale, ni subordonnée (c’est-à-dire : en dehors de toute relation de dépendance). Il s’ensuivra que les coordonnées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac14 et Marie est restée chez soi15) et les juxtaposées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre16) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac, Marie est restée chez soi) seront aussi envisagées comme « indépendantes »17. Dédoublement terminologique phrase/ proposition : Distinction en termes de niveaux d’analyse syntaxique (distinction structurale pas forcément apparente)

→proposition = niveau d’analyse syntaxique inférieur à celui de la phrase12. Phrase : unité syntaxique et sémantique pourvue de spécifications temporo-aspectuelles et modales (ancrage temporel au sens large : Sylvie est allée à la fac).

Proposition : unité syntaxico-sémantique non pourvue d’ancrage temporel, simple structure de prédication (structure argumentale [aller (Sylvie, à la fac)], [marcher (Sylvie)] – augmentée éventuellement de compléments optionnels [à pied [aller (Sylvie, à la fac)]]20, [vite [marcher (Sylvie)]]21). Il s’agit là, sans autre, d’une définition de la proposition comme niveau d’analyse syntaxique inférieur à la phrase (donc : comme constituant syntaxique de la phrase) y compris dans le cas des phrases simples. Rappel : une structure argumentale est constituée d’un Prédicat (sémantique22) et des arguments sélectionnés par ce prédicat. La notion d’argument est empruntée à la logique des prédicats (ou : logique des propositions analysées), plus exactement, à la notation logique des relations de prédication (‘x est f’ noté f(x) - argument d’une fonction, donc), la notion de prédicat étant assimilée à la notion (mathématique, logique) de fonction (MORTEL (Socrate) : ‘Socrate est mortel’). En linguistique structurale française (Tesnière, Lucien (1959) – Eléments de syntaxe structurale, Paris : Klincksieck), on dirait plutôt ‘structure actancielle’ (de: ‘actant’ (sélectionné et donc non optionnel dans l’économie de la phrase), notion syntaxique et sémantique correspondant à la notion d’argument (davantage utilisée dans l’espace anglophone), et opposée à la notion de ‘circonstant’ (non sélectionné et donc optionnel, dans l’économie de la phrase). Sujet et compléments sont, chez Tesnière, des actants qui complètent (ou : satisfont) les valences du verbe (centre de la phrase). Le sujet est le premier actant, les compléments sélectionnés, des actants second ou tiers, les compléments non sélectionnés, des circonstants. Il existe des actants syntaxiques auxquels il ne correspond aucun actant sémantique (les sujets explétifs : il est arrivé trois étudiants), et des actants sémantiques auxquels il ne

• •

proposition indépendante = phrase simple proposition principale = phrase matrice (= phrase

12 13

Ce qui reformule en fait l’idée que la proposition est un constituant syntaxique de la phrase.

On distingue, traditionnellement, aussi : phrase minimale (qui ne comporte que des éléments essentiels, ineffaçables : le minimum requis pour sa grammaticalité – parfois appelée toujours : ‘phrase simple’), et phrase étendue (qui comporte, outre les éléments essentiels, des « élargissements » (ou : « expansions ») : épithètes conjointes venant élargir les groupes nominaux sujet ou objet, adverbiaux venant élargir le groupe verbal, compléments de phrase venant élargir la phrase tout entière) – cf. Dubois, Jean et René Lagane (1993) – La nouvelle grammaire du français, Paris : Larousse-Bordas : 151-152). Nous préserverons au terme de phrase simple l’acception courante en grammaire générative (phrase uni-propositionnelle, opposée à la notion de phrase complexe (=multi-propositionnelle)), et opposerons à la phrase étendue (= phrase qui comporte des éléments non sélectionnés, optionnels mais : non propositionnels eux-mêmes – quel qu’en soit le niveau d’incidence), la phrase minimale.
14 15 16 17

Premier conjoint : une proposition indépendante. Second conjoint : une autre proposition indépendante. Veuillez noter que la phrase complexe n’est pas, elle, soulignée comme un tout (virgule comprise) !

Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

4

racine)18 Spécialisation structurale (en grammaire générative notamment) : phrase racine (=matrice)/ proposition enchâssée. N.B. Que l’on prenne le dédoublement terminologique proposition indépendante/ phrase simple pour une relation d’équivalence substantive (et donc transitive : ‘toute proposition indépendante serait une phrase simple et toute phrase simple, une proposition indépendante’) ou que l’on veuille distinguer minimalement propositions indépendantes et phrases simples (‘toute phrase simple se réduit à une proposition indépendante, mais toute proposition indépendante n’est pas du coup une phrase simple’19), sous cet éclairage, il n’y a pas moyen de distinguer entre (dans cet ordre-ci :) phrase simple et proposition indépendante. Il y aurait donc coïncidence (triviale) entre phrase simple et proposition indépendante en tant que niveaux d’analyse syntaxique. Un résultat pas très heureux.

correspond aucun actant syntaxique (l’objet ‘zéro’ de phrases elliptiques telle Cela dépend [« de quoi ? »]). Les notions d’argument et d’actant ne sont cela dit pas strictement parallèles : le nom modifié par un adjectif épithète conjointe (la belle Venitienne) est bien l’argument de cet adjectif (analysé, lui, comme prédicat sémantique), sans pour autant en être l’actant. Une fois la proposition appréhendée comme simple structure de prédication (structure argumentale, éventuellement étendue), non soumise à ancrage temporel, toute phrase simple devrait être constituée d’un syntagme (=groupe de mots) instanciant la relation de prédication sémantique essentielle, enchâssé (en l’absence de compléments non sélectionnés (=prédications optionnelles)) sous une catégorie fonctionnelle portant les traits de temps-aspect-mode pertinents pour l’ancrage temporel (au sens large) : voir Fig. 1 ci-après. Cette catégorie, notée T (T de Temps) réunit les traits de temps-aspect-mode du verbe (les ‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle de la phrase), ainsi que ses traits d’accord (traits de personne et de nombre), redondants, eux, de traits de mêmes valeurs d’un argument nominal du verbe (en français, il s’agira du sujet). Si les traits de temps-aspect-mode d’un verbe sémantiquement plein (=verbe ‘substantif’ vs auxiliaire ou verbe postiche) seront composés, lors de l’interprétation sémantique de la représentation générée en syntaxe, à la matrice de traits sémantiques purs de celui-ci, les traits d’accord, qui n’ont aucune pertinence interprétative sur le verbe, ne le seront pas ; ce sont leurs corrélats sur l’argument nominal sujet qui seront interprétés.

18 19

.Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

Une phrase simple est constituée d’une (seule) proposition indépendante, et certaines phrases complexes sont construites de plusieurs propositions indépendantes – celles qui n’instancient pas de relation de dépendance sémantico-syntaxique, à savoir les phrases complexes composées par juxtaposition et par coordination. Le jeu des formes verbales suggère déjà que c’est là notre option.
20 21 22

Phrases simples correspondantes : Sylvie va à la fac à pied./ Sylvie ira à la fac à pied./ Sylvie est allée à la fac à pied./… Phrases simples correspondantes : Sylvie marche vite./ Sylvie marchera vite./ Sylvie marchait vite./…

Prédicat sémantique vs prédicat syntaxique (au sens de la grammaire traditionnelle) : dans le cadre du prédicat nominal (=copule+ attribut du sujet), seul l’attribut du sujet est un prédicat sémantique (un ‘prédicatif’, en termes de grammaire structurale). Prédicat sémantique vs ‘groupe prédicatif’ (grammaire structurale) : l’analyse structurale des ‘phrases étendues’ distingue, outre le sujet (GN1), deux niveaux, incrémentiels : le groupe verbal GV (=verbe+ compléments sélectionnés), et le groupe prédicatif GPréd (=GV + compléments de verbe non sélectionnés), la structure de la phrase étant Ph = GN1 + GPréd. À l’intérieur d’une telle approche, la notion de ‘groupe prédicatif’ recoupe plus ou moins la notion logique de prédicat (vs sujet) d’un jugement (exprimé par une proposition susceptible de se voir assigner une valeur de vérité (ou bien vrai ou bien faux)), mais le verbe (à valences satisfaites par le sujet et (le cas échéant) par son ou ses compléments obligatoires) n’y est pas le seul prédicat sémantique. Les compléments non sélectionnés par le verbe (analysés comme des ‘Groupes Adverbiaux (notés GAdv), même lorsqu’ils sont exprimés par des groupes prépositionnels (Sylvie va à la fac à pied), voire par des groupes nominaux (compléments directs qui ne sont pas des compléments d’objet, tels les compléments de prix ou de mesure : j’ai payé/ acheté ce meuble 1000 euros/ trois fois rien, j’ai nagé 1000 mètres), se laissent également envisager en tant que prédicats sémantiques : ce seraient des prédicats optionnels, dans l’économie de la phrase, qui sélectionnent, eux, un certain (type de) verbe/ groupe verbal (ce qui expliquerait l’existence de relations de sélection sémantique fine entre ces éléments : *Sylvie va à la fac à l’aiguille (OKCette nappe est brodée à aiguille), Sylvie va à la fac à pied (*Cette nappe est brodée à pied).

5

Sylvie va la fac 6 . 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig.. ind.T =TP Ancrage temporel (phrase) 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. 1.

d’un constituant de phrase (abréviation : Const).1971 (Aspects de la théorie syntaxique). et (le cas échéant) des types de phrase facultatifs (= formes de phrase). 23 24 25 Dubois. parce que parler d’« affirmation négative » nous semble participer de la contradiction dans les termes. mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). fr. En anglais : S. Paris : Larousse (collection « Langue et langage »). soit Inter(rogation). ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex.1. il y a hésitation sur la marque du pluriel. en termes (implicitement) transformationnels. Riegel et al. employant « affirmation » pour l’une des deux formes logiques possibles (« affirmation (type affirmatif. Les types essentiels sont: - des constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). et de constituants facultatifs (négation. qui en détermine la modalité. il aurait fallu sans doute avoir ici : Π (lire : « pi »)/P). sur ce point précis. forme affirmative)/ négation (type négatif. soit Imp(ératif)). dans la lecture de Dubois & Dubois-Charlier 197023). 7 . l’affirmation en tant que telle ne saurait être dite négative sans contradiction. ou descriptif (=représentationnel : négation28) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. emphase. Nous prenons nos distances par rapport à la nomenclature en place dans Dubois & Dubois-Charlier 1970. Paul n’est pas là pour l’instant.4. dans l’énonciation. Les types de phrase facultatifs (= formes de phrase) sont : - des constituants de phrase optionnels27. Syntaxe de la phrase modalisée (version générative-transformationnelle standard – Chomsky 1965/ trad. de phrase24) : Σ→ Const + P (lire : « Σ se réécrit comme Const + P »). à structure syntaxique. impersonnel). Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). Const → + (Nég) + (Emph) + (Passif) Marqueur sous-jacent de la modalité. en alphabet grec et latin (dans la logique de Σ/ S. ce Constituant engendrera les types de phrase essentiels ou : obligatoires (= types de phrase26). emphase et passif – notés entre parenthèses dans la formule cicontre) :  Affir25  Interr  Imp . (cf. Cette transposition en français n’harmonise donc pas les rapports entre les deux notations.4. un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. et dirons plutôt « assertion (type assertif) ». à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. 2004 (1994) : 386-387). de sentence. Phrase noyau/ phrase modalisée. Bien que l’on puisse affirmer que non-p en langue naturelle (J’affirme qu’il n’est pas là. 1. vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? Définis. dans la littérature. et je peux le prouver). lui. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. Toute phrase Σ (lire : « sigma » – le terme anglais correspondant ayant l’initiale S(entence)) est formée. forme négative) »). à ce que je vois). formé d’un élément obligatoire (soit Affir(mation). Le constituant est. Jean et Françoise Dubois-Charlier (1970) – Éléments de linguistique française : syntaxe. 26 27 28 Souvent. comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. 2004 (1994): 386). en structure profonde (niveau de représentation syntaxique dont est justiciable l’interprétation sémantique). et d’un noyau (abréviation : P.1. à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). Tu viens ?/ -Je ne peux pas. morphologie et intonation spécifiques. mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale.

3. la nouvelle analyse de la phrase ne privilégie plus le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) : la notion même de ‘type de base’ perd tout contenu propre. OK Prenez le déca (décaféiné). 1969). The Hague (trad. par rapport au Noyau : le constituant le plus à droite dans la formule sera le premier introduit dans la base – en l’occurrence. 4. fr. en logique – seule phrase en langue naturelle donnant lieu à une proposition logique (lieu du vrai ou du faux). [clivée négative d’une phrase déclarative passive] N’est-ce pas par une vipère que la brebis a été mordue ? [clivée négative interrogative de la même phrase passive]. par hypothèse. et une structure de surface. Sous l’analyse purement transformationnelle des types de phrases/ formes de phrases. les transformations étaient entendues procéder de manière ordonnée : passivation avant emphase. L’analyse des phrases-types en grammaire transformationnelle (non générative : Z. donc. résultat des transformations portant sur cette structure profonde. phrase clivée & impératif (mise en vedette du complément par le présentatif c’est… que…) et impératif : *c’est… que+ verbe à l’impératif33 . Introduisant le marqueur abstrait de modalité dès la structure profonde. Cette analyse-là était consistante avec le statut privilégié de la phrase assertive. Structures syntaxiques. qui introduit la modalité (Const) dès la base de la grammaire (en structure profonde). Comparer : 1. [déclarative affirmative active non emphatisée] 2. puis. Harris) et dans la première version de la grammaire générative (Chomsky 1957/trad. [déclarative affirmative passive à complément d’agent mis en vedette : phrase clivée] Ce n’est pas par une vipère que la brebis a été mordue. et transformation impérative/ interrogative par la suite. structure argumentale distincte) sont autant d’éléments susceptibles de fournir à cette analyse des motivations indépendantes. Rappelons qu’au sens de cette modélisation de la grammaire. on s’évertue à rendre compte des mêmes observables en termes du rapprochement des constituants optionnels et respectivement obligatoire30.. Structure profonde →/Transformations/ → Structure superficielle : forme (ordre des mots observé). restrictions sémantico-distributionnelles liées à la subordination/ à l’enchâssement (*C’est Paul qui est-il venu ?). de la phrase. puis. fr. (1957) – Syntactic Structures. mais n’est plus susceptible d’instanciations per se au gré des énonciations et n’est jamais. 32 33 *C’est froid que le café est. le passif. La ‘phrase noyau’ est de fait désormais plutôt appréhendée comme ‘noyau de la phrase’– toute phrase susceptible d’être énoncée étant. l’emphase. Ce noyau est maintenant postulé en tant que niveau d’analyse pertinent (analyse en constituants immédiats). et les phrases modalisées en étaient dérivées par transformations. Singulier puisque les constituants obligatoires sont par hypothèse mutuellement exclusifs. issue de l’insertion lexicale des catégories. La brebis a été mordue (par une vipère). Sous l’analyse non-transformationnelle. 31 La question se pose de savoir si les observables eux-mêmes imposaient un tel biais ou si ce n’était là que l’influence de la modélisation précédente. 5. *C’est le déca que prenez. directement observable. emphase avant transformation négative. la négation31. 8 . Paris : Seuil. réanalyse du passif comme donnée morphologique/ lexicale (radical verbal passif non trivialement distinct du radical actif. par l’intermédiaire de règles de réécritures (inscrites dans le composant de base de la grammaire). [déclarative affirmative passive non emphatisée] C’est par une vipère que la brebis a été mordue. S. mais deux représentations : une structure profonde. OK Le café est froid. dont on dérivait tous les autres types (et toutes les formes de phrase aussi). ‘modalisée’. Des deux représentations générées en syntaxe. Phénomènes de portée de la négation (C’est Paul qui n’est pas venu (emphase à départ négatif)/ Ce n’est pas Paul qui est venu (négation d’une phrase déjà emphatisée). 196929 ) privilégiait le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) en tant que type de base. Chomsky. Une vipère a mordu la brebis. certaines combinatoires de types sont de fait barrées : • • 29 30 mise en vedette de l’attribut (du sujet) par le présentatif c’est… que… : *c’est … que X est32 .  L’introduction de Const dès la structure profonde permet de rendre justice au postulat selon lequel « les transformations ne peuvent introduire des éléments porteurs de sens » (Chomsky 1971 (1965) : 180-181). seule la structure profonde fera l’objet de l’interprétation sémantique :   Catégories → /Règles de réécriture/ → Structure profonde : interprétation sémantique. Mouton. La notion de phrase noyau coïncidait à cet observable linguistique. en syntaxe seraient générées non pas une. En bon français. N.

‘accordé’ au Nominatif avec l’opérateur de relativisation non épelé (sans forme phonétique) dans son Spec. 9 .d’autres sont marquées. principalement. 163. Les complément(is)eurs que (+indicatif) et si (dubitatif) expriment. étaient-ils analysés comme relevant (au mieux) des « effets de surface » sur l’interprétation (sémantique – cf. lui (l’homme [CP dont [C’ C [TP tu as épousé la fille]]]). Aussi les « effets de sens » liés à l’emphase. 3 plus bas dans le texte. une subordonnée non tensée (-fini). aussi bien l’emphase que le passif (et. Chomsky 1971 (1965) : 180-181. non interprétés sur le verbe. le complément(is)eur est d’abord envisagé en tant que catégorie capable de convertir une phrase en complément du verbe (position typiquement vouée à un syntagme nominal). de la thèse chomskyenne des marqueurs sousjacents (seuls) responsables du sens « interrogatif ». note 32). Catégorie syntaxique fonctionnelle (vs substantive). le complément(is)eur des phrases racines est typiquement non épelé (=dépourvu de matrice phonologique). ayant trait notamment au passif et à l’emphase : nous y reviendrons plus tard. Ré-analyse du marqueur abstrait de modalité : la catégorie complément(is)eur (C). par Dubois & Dubois-Charlier 1970. qui dans les relatives à antécédent du type de l’homme qui est arrivé est en fait le complément(is)eur. ayant respectivement trait à la dimension actionnelle (« force ») et à la hiérarchie informationnelle de la phrase énoncée (bref. respectivement la valeur assertive de la complétive enchâssée. Dans une proposition relative (restrictive). Chomsky 1971 (1965) : 186. déterminant du nom : référence nominale) et de T (T de Temps . mais sur l’argument nominal (sujet)). Ruwet. pour commentaire. C contribuerait crucialement au codage grammatical de ce que l’on pourrait appeler sans autre ‘l’ancrage discursif’ de la phrase). et la valeur interrogative de celle-ci (question à réponse oui/non) . lui.4. alors. « négatif » (cf. le syntagme relatif (opérateur de relativisation) spécifiera un complément(is)eur non épelé. ou bien sera analysé comme phonétiquement nul. la catégorie introduite en syntaxe comme tête projettera : le constituant complexe engendré par 34 Pronom abstrait (sans forme phonétique). Paris : Plon. 343) ignore un certain nombre de détails. Les versions plus récentes de la GGT reformulent le marqueur sous-jacent de la modalité (Const) à une catégorie fonctionnelle qui prendrait TP pour complément : le complément(is)eur C. et. mais aussi les traits d’accord (traits de personne et de nombre). catégorie qui réunit –rappelons-le – les traits de temps-aspect-mode du verbe (‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle→ ce qui en fait une sorte de déterminant du verbe). ainsi que les effets de sens communément imputés aux « divergences d’accentuation » entre une phrase active et sa contrepartie passive. à l’instar de D (D de : déterminant . par le complément d’objet indirect lui). Nicolas (1967) – Introduction à la grammaire générative. p. 1. tout en rappelant le caractère fini (+Temps) ou non fini (-Temps) de celle-ci – voir Fig. X . «impératif ». le complément(is)eur C est censé exprimer des composants non référentiels de l’intention informative du locuteur. Tout syntagme est supposé instancier les relations structurales suivantes : - tête X (catégorie terminale qui projette) . Rappel. moment où de fait C se substituera pour de bon au marqueur de modalité de la version standard du modèle (noté Const in Dubois & Dubois-Charlier 1970). outre la sélection d’une proposition subordonnée à verbe fini (+Temps). restant confinées à des genres discursifs particuliers : • Remarque : passif & impératif (Soyez remerciés pour votre cadeau. une fois composée structuralement à son complément. Béni soit-il !). pour les mêmes raisons). le complément(is)eur étant. correspondant alors à la conjonction introductive d’une complétive.  La reformulation. note 9 . Retenons pour le moment qu’au sens de Chomsky 1965. épelé (l’homme [CP LEQUEL [C’ queC [TP j’aime]]]). Toute subordonnée enchâssée sera donc analysée comme un CP (un syntagme complément(is)eur) : Jean dit [CP queC [TP Marie est jolie]]/ Jean ignore [CP siC [TP elle est à la fac]]/ Dis-lui [CP deC PRO34 partir]. continuaient de fait à être analysés comme phénomènes syntaxiques sans retombées interprétatives sémantico-logiques : l’interprétation sémantique (des structures générées en syntaxe) était envisagée comme restreinte au représentationnel et à l’actionnel (force illocutionnaire). complément de la tête (première catégorie avec laquelle la tête fusionne formant ainsi un constituant complexe): Compl. Selon une analyse déjà classique par Richard Kayne. Appelé ainsi en référence notamment aux propositions subordonnées enchâssées. L’analyse sera ensuite étendue aux phrases racines (propositions indépendantes comprises). le complément(is)eur de sélectionne.2. son interprétation (référentielle) est en général « contrôlée » par un argument du verbe recteur (ici. sujet d’une infinitive . En français.

ind.. - spécifieur de la tête (seconde catégorie (ZP) introduite dans l’objet syntaxique en train d’être généré. qui ne comporte que des di-branchements.5. C =CP Ancrage discursif {+assertif. une fois l’objet syntaxique formé par X° et par YP (son complément) fusionné à ZP. Sylvie va la fac 1. qui représente tout ce qu’elle domine. permet de rendre compte de manière immédiate de l’ordre d’introduction des constituants dans l’objet syntaxique. de sorte que le nouveau constituant complexe sera toujours visible comme catégorie du type de X (=XP) . XP a Projection maximale de la tęte X (→Xmx donc.l’union de X à un autre syntagme YP35 (son complément) sera vue par la computation syntaxique (et à l’interface sémantico-logique) comme catégorie du type de X (non comme catégorie du type Y . noté aussi X’’). notation : Spec. 3. interprétée comme syntagme de catégorie X (→XP) Spécifieur ZP X’ Projection intermédiaire a qui projette ŕ son tour (X° et Xmx ŕ la fois) : chaque niveau de projection est noté par une barre ou un prime X Tęte X° qui projettera YP Complément Fig. assurant une transparence maximale de la chronologie des procédures de fusion. dans la représentation syntaxique générée. projection notée X’. auprès de X° déjà composé à son complément YP (en fait : auprès de la première projection de la tête X°. Mode/ modalité/ modalisation. 2. X. +fini} T =TP Ancrage temporel 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig. 35 P du terme anglais de phrase. Structure du syntagme (théorie X-barre).type instancié par son complément) . en l’occurrence l’objet complexe X° + YP dans son entier) . ce sera la première projection de X (X’) qui projettera. 10 . Cette analyse des syntagmes. pour : « syntagme ».

avoir qqch. Gustave (1984) – Temps et verbe. Cf. « Temps extérieur au procès36 » (Gustave Guillaume). aspect grammatical / aspect lexical. des modes et des temps. noté par convention t0). l’avenir. analysé. 11 . apprendre la nouvelle…/ tests distributionnels : *X a cessé de trouver la solution (-duratif). pleurer. il ya le passé. penser. du point de vue de la modalité. Ou plutôt : classes aspectuelles de situations (métaterme entendu non comme synonyme d’état. modalité : notions sémantiques. Van Valin (ed. ponctuel/ non ponctuel (=duratif) (Zeno Vendler – cf. Van Valin.41). Modalité : expression de l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de son énoncé. limite finale. Distinguer : écrire (pendant des heures) : activité/ écrire l’exercice (en cinq minutes) : accomplissement. +télique. danser … (sans complément désignant la limite finale ou cible du mouvement39) . -télique. …(sans objet direct explicite40) / tests distributionnels : OKX est en train de marcher (+dynamique). comme énoncé ‘non modalisé’ par excellence)/ Il se peut que Paul coure. apprendre la poésie par coeur. entre Il court/ Je crois qu’il court. OKX nage pendant une heure (+duratif). dans la littérature : télique/ atélique. événements . puisque ce n’est pas le verbe seul que l’on classifie. La neige fond. dans la littérature non-générativiste. OKX a cessé d’aimer la musique (+duratif (=-ponctuel)). éclater. variable en extension (une seconde. -ponctuel] – actions qui peuvent avoir une certaine durée et qui ont un point de terminaison arbitraire) : marcher. d’autre part. trouver une solution. une journée. 95-113)ou de prédications (au sens de la Role and Reference Grammar – cf. au-delà duquel l’action ne peut plus continuer) : fondre (intr. GUILLAUME. R.  verbes d’accomplissement ([+dynamique.). mais comme une sorte d’hyperonyme pour : états. mais le verbe avec ses arguments (sujet. -ponctuel] – actions/ situations qui ont une certaine durée et qui comportent un point de terminaison précis. aimer qqch.1. D. Théorie des aspects. (1993) – « A Synopsis of Role and Reference Grammar ». in Advances in Role and Reference Grammar. Amsterdam : John Benjamins Publishing Company. OKX peint un/ le tableau en une heure (+télique) . Mode/ modalité. caractéristiques du déroulement du procès .1. mais pas ce qui précède.  verbes d’activité ([+dynamique. voire avec ses adverbes. Avant t0. *X est en train de trouver la solution (!! +ponctuel). 38 39 40 41 Telos : but. une période quelconque). homogènes et continues. Paris : Champion. accompli/ inaccompli. une année. Noter dès à présent que t0 est un moment fictif. Carl (1985) – « L’aspect come modificateur du mode d’action : à propos de la construction être + participe passé ». OKX a cessé de nager (+duratif). peindre un tableau……/ tests distributionnels : OKX est en train de peindre un/ le tableau (+dynamique) . Temps. boire. Paul peut courir (énoncés modalisés). et à l’instar des phrases à . OKX a trouvé la solution en deux secondes/ OKX met deux secondes à trouver la solution (+télique). Une fois la modalité intégrée dans la base de la grammaire (règle de réécriture de toute phrase comme Const + noyau). temps/ temporalité. procès. … . -ponctuel] – situations statiques. *X met une heure à nager (-télique). nager jusqu’à l’île des rats (en dix minutes) : accomplissements. objets) . aspect (grammatical). actions. mode d’action (aspect lexical). Mode d’action (aspect lexical) : « temps intérieur au procès » (Gustave Guillaume) . classes (aspectuelles) de verbes37 définies en termes des traits dynamique/ non dynamique (=statique). +ponctuel] – verbes décrivant le seul point culminant (ou : dénouement) de la situation envisagée. D.5. perfectif (terminatif)/ imperfectif (non terminatif). sans structure interne et sans limite temporelle inhérente) : être malade. …/ tests distributionnels : *X est en train d’aimer la musique (-dynamique). 1-164).). Il est vrai qu’il court pourra être 36 37 Il s’agit bien évidemment du procès désigné par le verbe. OKX met une heure à peindre un/ le tableau (+télique) verbes d’achèvement ([+dynamique. R. impérative.  Terminologie relativement floue. mode : formes de langue (morphologie verbale : « tiroirs verbaux ») Temporalité. croire qqch. écrire. Paul court (énoncé sans marque d’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel autre que le type de phrase : type assertif neutre. Vendler 1967):  verbes d’état ([-dynamique. Paris : Larousse. après. Distinguer nager (pendant 30 minutes) : activité/ nager cent mètres (en trois minutes).). télique/ atélique38. Langue Française 67. rire. -télique. connaître qqch. Temporalité : notion construite autour du moment de la parole (le maintenant du locuteur. nager. +télique. la différence. *X nage en une heure (-télique) . Paul court peut-être. au contraire des accomplissements) : (se) casser. exploser. sécher (intr. etc. certains auteurs parlent de : éventualités (Vikner. le type assertif neutre se laissera envisager comme modalisateur à l’instar des types de phrases marqués (phrases interrogative.

et vous tombez dans l’abîme (tiroir : présent. mode/ modalité). aspect/ mode d’action. 12 .. Un pas de plus. Nicole (1996). sens : modalité injonctive). sens temporel : futur du passé)42. sens : modalité implicative « si vous faites un pas de plus. vous tomberez… »). mais en tant que différence de réalisation linguistique d’une seule et même valeur modale (attitude propositionnelle de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé). Caen : Presses Universitaires de Caen. Typologie des modalités. Le Querler. • • • Vous fermerez cette porte sans la claquer (tiroir : futur. Il m’avait dit qu’il viendrait ce soir (tiroir modal : conditionnel. 42 Cf.formulée non plus en termes de +modalité/ -modalité. Il n’y a pas de correspondance terme-à-terme entre tiroirs verbaux et notions sémantiques (temps/ temporalité.

1. un paragraphe. Démarche sémasiologique (des mots. sont des icônes) mises à part). une lexie complexe ou un syntagme (groupe de mots) non lexicalisé. Modalisateur : marqueur (perspective d’interprétation)/ réalisateur (perspective de production). de l’autre. mais également les affixes flexionnels (viendra (« à l’avenir »)). Démarche onomasiologique (du sens vers les mots) : de la zone modale (valeur modale. D’autres auteurs45 proposeront une définition ternaire du signe linguistique. la plupart des signes linguistiques sont des symboles (interjections (qui sont des indices d’états d’âme.7. produit de la modalisation. 45 46 Ogden. imitant leur référent. sentiments etc. prédicat modal abstrait) à ses incarnations linguistiques. une phrase (un énoncé). Le signe linguistique n’est pas identique au mot : d’une part. Démarche onomasiologique/ démarche sémasiologique. La relation modalité/ modalisateur se laisse alors envisager comme cas particulier de la relation signifié/ signifiant. buvable (« (qui) peut être [mangé/ bu] »…). formulée d’abord par la Scolastique médiévale : dictum propositionis désigne. des parties constitutives d’un mot sont des signes linguistiques (non autonomes) : les préfixes ou suffixes dérivationnels (impossible. Toute phrase a un dictum et un modus. 43 Pour les besoins des analyses syntaxiques et syntaxico-sémantiques faisant l’objet de ce cours sur la phrase modalisée. Ces distinctions feront l’objet de vos cours d’initiation en pragmatique. qui inclura le référent46 : signifiant (symbol (“symbole”)) + signifié (thought (“pensée”)) + référent (referent)). le référent (objet du monde auquel renvoie la chaîne sonore ou graphique pourvue de cette signification : entité extralinguistique qui satisfait la description) restant extérieur au signe à proprement parler.6. la signification de la proposition.2. 1. mangeable. Structure de la phrase modalisée : modus + dictum. Ducrot. improbable (« qui n’est pas [possible. prise en charge de l’énoncé par son énonciateur (rapports entre : énoncé/ fait asserté . Modalité/ modalisateur. d’une part. la distinction allocutaire (visé par le locuteur)/ auditeur (qui se trouve entendre ce qui est dit sans être nullement visé par le locuteur) – telle que posée en linguistique de l’énonciation – n’est en général pas pertinente. distinction est également faite entre locuteur-allocutaire. (1980) – Les Mots du discours. de l’autre. Modalité/ modalisation. en logique moderne). aux sens) : du marqueur modal aux valeurs modales qu’il exprime. Peirce (à noter que. Ferdinand de Saussure définit le signe linguistique en tant que catégorie relationnelle44. son contenu (contenu propositionnel.5. O. chez Abélard (XIIe siècle). probable] »). Modalité : zone modale. à deux facettes solidaires : le signifiant (suite de phonèmes ou de graphèmes) et le signifié (signification (description) lexicalement associée à cette chaîne sonore ou graphique).) et onomatopées (qui. et énonciateur-destinatire (parfois appelé : énonciataire). représentation virtuelle d’un état de chose) Modus : modalité de l’énoncé (assertion qui actualise une telle représentation virtuelle). et même des indices ou des icônes – pour nous référer au classement des signes selon leur relation au référent. En linguistique de l’énonciation (notamment dans le cadre des théories polyphoniques – cf. voire tout un texte peuvent être envisagés comme signes (signifiant-signifié(-référent)) . K. 44 Ce qui vaut de tout symbole. mais la structure syntaxique ne soutient pas toujours aussi directement cette structuration sémantique. Plus exactement : une représentation mentale de celui-ci. 13 . Polysémie des marqueurs modaux. Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). Modalité(s) : catégories conceptuelles logico-sémantiques . San Diego-New York: Harcourt Brace Jovanovitch Publishers. Dictum : contenu propositionnel de l’énoncé (prédication. selon Bally. au sens de Ch. Paris : Minuit). Modus/ dictum. énonciateur/ fait asserté . auditeur43)). A. Richards (1989/1923) – The Meaning of Meaning. Charles Bally (Linguistique générale et linguistique française (1932)) récupère la distinction. énonciateur/ destinataire (locuteur/ allocutaire. prédicats modaux (abstraits).1. Modalisation : opération énonciative . énonciateur/ sa façon de réaliser l’énonciation . énonciateur/ son énoncé . selon cette tripartition. Les modalisateurs sont des signes linguistiques à signification modale. C. S. et I.

 Modalités d’énoncé (contribution interprétative → attitude du locuteur face au contenu propositionnel de son énoncé . parti !/ Que cette fenêtre est sale !). Modalité de re/ modalité de dicto. syntaxiquement parlant ⊂ phrases à double prédication: • • • aléthiques . Souvent. morphologie et intonation spécifiques. Voir chapitre dédié (encadré ). axiologiques) implicatives (relation causales au sens large : condition. qui frappe un constituant du syntagme apportant l’information nouvelle (que le locuteur présente/ signale ainsi comme étant) la plus importante pour l’interlocuteur.  Modalités d’énonciation (contribution interprétative → attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage47 . Classement des modalités. 1. impersonnel (Il est arrivé trois nouveaux étudiants/ Il a été dansé toute la nuit). à structure syntaxique. déontiques désidératives (volitives) appréciatives (évaluatives. La notion sémantico-logique de modalité. Voilà TROIS JOURS qu’il est parti).9. Kleiber (éds). Portée de la modalité (du modalisateur) : interne/ externe (au dictum). exclamation (phrase exclamative : Paul. Modalité de re : portée intra-prédicative (interne au dictum). et G. but. Symbole notant ici l’inclusion à un ensemble donné. Termes remontant à Thomas d’Aquin (De modalibus) : propositions modales de re (quand le modus est inséré dans le dictum : Socrate peut courir) / propositions modales de dicto (modus prédiqué du dictum sujet : Que Socrate coure est possible/ il est possible que Socrate coure). Les étudiants sont sans doute partis. syntaxiquement parlant = types de phrase obligatoires) : • • • •  assertion (phrase assertive ou : déclarative : Paul est là). à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). Modalité de dicto : portée extra-prédicative (externe au dictum). Modalités de message (contribution interprétative → hiérarchie informationnelle. • • • • Modalités (d’énonciation. épistémiques . Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). 47 48 49 50 51 Ou plutôt : actes illocutionnaires. passif (La porte fut ouverte par un étudiant) .8. sporadicité (Kleiber 198350)). conséquence. cause. Les majuscules notent ici l’accent de phrase : l’accent le plus fort dans la phrase. concession …) temporelles (logique du temps linéaire (vs logique du temps arborescent: mondes possibles) . interrogation (phrase interrogative : Paul est-il là ?/ Où est-il ?). « L’emploi sporadique du verbe pouvoir ».1. il est déjà parti pour Paris/ C’est PAUL49 qui est arrivé le premier. Paris : Klincksieck. vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? 14 . in : David. syntaxiquement parlant ⊂ 48types de phrase facultatifs) : • • • emphase (Paul. mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). il y a hésitation sur la marque du pluriel. C’est À PAUL que je voudrais parler. J. de message) et types de phrase : problèmes de classement. Types de phrase obligatoires (= types de phrase51): - constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). dans la littérature. injonction (phrase impérative : Fermez la fenêtre !). 183-203.

Communication et cognition. L’exclamatif. interrogatif. le lien entre types de phrases et « acte de langage spécifique » n’est pas aussi direct. 1989 (original en anglais 1986). Cette solution ne fait que reformuler les problèmes soulevés. comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. dans la mesure où : (1) les types énonciatifs restants eux-mêmes ne font pas l’objet d’analyses uniformes. qui. La solution serait de re-classer les types de phrases obligatoires/ facultatifs en quatre catégories. Tu viens ?/ -Je ne peux pas. ou descriptif (=représentationnel : négation53) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. structuration du message). ne laissant pas d’être tributaire d’un certain horizon théorique. (cf. Riegel et al. La pertinence. mais à des « actes génériques dire que/ dire de/ demander (si /qu-) » – entendus par Sperber et Wilson comme des « schémas d’hypothèse » (ou « schémas descriptifs ») dans lesquels sont (2) 52 53 Définis. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. impératif) . négation descriptive. à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. est elle-même sujette à caution. doué d’intonation particulière. type exclamatif (manifestant seulement la subjectivité du locuteur et réalisant la fonction expressive du langage). que cette analyse le suppose55. ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . emphase. Et la distinction alléguée entre types énonciatifs et exclamatif. 2004 (1994) : 386-387). 54 Cf. non descriptif (hiérarchie informationnelle. en termes (implicitement) transformationnels. L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. Paul n’est pas là pour l’instant. il n’exprimerait pas d’« acte de langage spécifique ». 2004 (1994): 386). du moins selon certains auteurs. et à spécificité syntaxique douteuse (car partageant les structures des phrases déclaratives (Vous ne songez point à elle !) et interrogatives (Qu’est-ce qu’elle était belle ! Est-il bête !)) peut-il être envisagé comme type obligatoire. Paris : Minuit. En pragmatique inférentielle56. mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). sans y apporter de réelle explication. d’autant que. tandis que le type interrogatif procède des forces dérivées (instanciant un sous-type directif : demander de répondre)54 . par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. ni aussi naturel. on voit dans les types de phrases obligatoires des « indicateurs de force illocutionnaire ». dans le paradigme théorique dont procède la notion distinctive invoquée (Théorie des actes de langage) : les types assertif et impératif correspondent aux forces primitives assertive et directive. les trois types de phrases en question sont censés correspondre non pas à des « actes spécifiques ». Cf. mais non exclusif d’autres types obligatoires (cf. impersonnel) . interroexclamatif : moi. n’a pas d’apport sémantique essentiellement fonctionnel. réfutation) peut-il être envisagé comme type optionnel ? 2. à ce que je vois). emphase. Ghiglione & Trognon 1993.Types de phrase facultatifs (= formes de phrase) : - constituants de phrase optionnels52. 55 56 Dans cette même logique. types logiques (négatif/ positif) . partir pour Londres ?!). dans la littérature. Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. 15 . parmi les types optionnels. Sperber Dan et Deirdre Wilson. Problèmes : 1. par exemple. selon le critère pragmatique de « l’acte de langage spécifique ». Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). descriptif (contribution sémantico-logique propositionnelle). 2004 (1994) : 388390) :     types énonciatifs (assertif. dans l’énonciation. et qui semble au moins susceptible de réaliser un « acte de langage spécifique » (dénégation. fondé sur des rapports entre le locuteur et son destinataire ? Le négatif. seul. impersonnel). types de réagencement communicatif (passif. mais représentationnel. un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. L’analyse de la négation fait l’impasse sur ce qui est appelé. quitte à ce que l’exclamatif soit envisagé comme seul représentant de sa catégorie (Riegel et al. pour tirer argument des seuls emplois « illocutionnaires » de la négation.

dire de. et le but directif (primitif). de faire une tentative linguistique pour que le destinataire réalise une action future (cf. en tant qu’actes génériques. sont bien déterminées. ce qui en fait justement « les forces illocutoires les plus simples possibles ». tout en étant sous-déterminées quant aux autres « composants ». elles.incorporées les formes propositionnelles pleines des énoncés concernés. quant au but. mais :) désirable. Par contre. 57 Par contre. mais qui restent typiquement sousdéterminés quant à ce qu’il est convenu d’appeler « intention (ou : but) illocutoire »57. Ghiglione & Trognon 1993). dire que P et dire de P (où P est la forme propositionnelle de l’énoncé p). l’existence d’une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses (non pas réel. Le but assertif (primitif) est de représenter quelque chose qui est le cas. Dire que rendrait manifeste l’existence d’une relation descriptive (vs interprétative) entre la pensée du locuteur et un état de choses réel . les « forces primitives » assertive et directive (cela vaut d’ailleurs de toutes les cinq « forces primitives » distinguées dans la théorie logique de l’illocutoire). 16 . ne « rendent manifeste qu’une propriété assez abstraite de l’intention du locuteur : la direction dans laquelle la pertinence de l’énoncé est à rechercher » (Sperber et Wilson 1989 : 381).

62 Ce sont là des tentatives de classement (Le Querler 1996 et Charaudeau 1992) qui regroupent modalités d’énonciation et modalités d’énoncé. modalités désidératives (ou : volitives) translatives67) .. désidératives (ou65 : volitives) réflexives66) . Cf.) Ce classement. Critères sémantiques61. à nouveau. rapport sujet énonciateur/ contenu propositionnel : modalités épistémiques. pp. modalités intersubjectives (« allocutives » . b. surtout les modalités dites d’énoncé. modalités illocutionnaires directives : ordre. Caen : Presses Universitaires de Caen. interdire » . Critère du contenu68 : • modalités aléthiques (ontiques). « Une phrase ne peut recevoir qu’une seule modalité d’énonciation. Le Querler. alors qu’elle peut présenter plusieurs modalités d’énoncé combinées » (art. désidératives. [Elle] caractérise la manière dont le sujet de l’énoncé situe la proposition de base par rapport à la vérité. André (1974) – « Modalités et communication ». [La modalité d’énoncé] se rapporte au sujet de l’énoncé.. P. …) » (art. modalité de dicto (incidence syntaxique extra-prédicative). Rob. éventuellement confondu avec le sujet de l’énonciation.1. qui récupère les catégories modales de la tradition logique. 63 64 65 66 67 68 Le Querler (1996). concerne. 59 60 61 Cristea.2. a.10. cit. En guise de conclusions : retour sur les critères de classement des modalités. idiot. tout en en augmentant l’inventaire. Teodora (1981) – « Pour une approche contrastive de la modalité ». Typologie des modalités. cit. 8-46. conseil. suggestion…. temporelles … 58 Au sens d’André Meunier. requête.cf. ou : axiologiques). Patrick (1992) – Grammaire du sens et de l’expression. Noter que le contenu de cette classe n’est pas identique chez les deux auteurs. exclamatives)58/ modalités de message (phrases clivées. p. Elle intervient obligatoirement et donne une fois pour toutes à une phrase sa forme déclarative. désirer + infinitif : Je veux partir. possible. pp. regrettable. Distinction terminologique : incidence syntaxique/ portée sémantique (cf. Critères syntaxiques. 13-14). Critère de l’énonciateur62 : • • • modalités subjectives63 (« élocutives » 64 . déontiques. désirer que + subjonctif : Je veux que vous fassiez attention à l’emploi des modes dans la relative. Les modalités. (1996). Si nous n’avions pas souscrit au délitement de cette nuance au niveau conceptuel même. a. Meunier. in Cristea et al. Vouloir. appréciatives (ou : évaluatives. b. la distinction <désidératif>/ <volitif> est maintenue ou au contraire délitée. Critère de l’incidence (construction de la phrase modalisée60): modalité de re (incidence syntaxique intra-prédicative) . a. Ce classement concerne surtout les modalités dites d’énoncé (selon le critère précédent). modalités objectives (« délocutives » : rapport entre deux contenus propositionnels. rapport entre énonciateur et destinataire à propos du contenu propositionnel : modalités déontiques. implicatives). Etudes contrastives. Bucuresti : TUB. Je ne veux pas que tu viennes (négation portant sur la complétive : « défendre. injonctives. 13). Au gré des auteurs. par rapport aussi à des jugements d’ordre appréciatif (utile.2. Charaudeau. nécessité (vrai. implicatives.1. certain.1. à tort.. que lesdits critères aient à voir avec la découpe focus/ topique de la grammaire fonctionnelle. il aurait fallu noter ici « ou » (sans « : »). Vouloir que. Nous préférons cette étiquette à celle de « critères fonctionnels» – susceptible de suggérer. Ses réalisations linguistiques sont très diverses de même que les contenus sémantiques et logiques qu’on peut lui reconnaître. Paris : Hachette. …)59. Cf. Langue Française n° 21. nécessaire et leurs contraires etc. Citations pertinentes : « [La modalité d’énonciation] se rapporte au sujet parlant (ou écrivant). N. appréciatives. Nouv. Critère du rapport fonction modale/ structure phrastique (modalité/ type de phrase) : • modalités d’énoncé (phrase à double prédication)/ • • • • modalités d’énonciation (phrases à contour non assertif : interrogatives. contre effacement de l’énonciateur : ontiques (ou : aléthiques). agréable.). interrogative ou impérative […]. Terme emprunté à Charaudeau 1992. Le Querler 2001) b. Cf. malgré des points de coïncidence. 8-25. épistémiques. topicalisations. 17 .

les modalités d’énonciation indiquent l’attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage69 . 69 Ou plutôt : actes illocutionnaires. exclamation (phrase exclamative).2. Voir encadré 18 . injonction (phrase impérative). Modalités d’énonciation. syntaxiquement parlant. interrogation (phrase interrogative). ce sont là des types de phrase obligatoires – modulo l’hésitation au sujet de l’exclamation : • • • • assertion (phrase assertive ou : déclarative). Sémantiquement parlant.

comme l’invariant au variable. dans les circonstances appropriées. pensées. A l’encontre des verdictifs. l’action réalisée du fait même de dire (en accomplissant un acte locutoire donc = acte illocutoire – de in (« dans ») – ‘acte réalisé dans la locution’) : promettre. parier. à s’engager à des degrés divers (ce terme ne s’applique pas aux seules promesses au sens strict : promettre. l’acte ou l’effet provoqué par la locution (vs dans la locution). Dépourvus de conditions de vérité. elle. évaluer. to perform) une action (exemple donné : baptiser un bateau. agissements de l’auditoire. du verbe performatif à la première personne du singulier.). La notion d’acte de langage est définie à l’intérieur d’un cadre théorique spécifique : la théorie des actes de langage (entendue comme cas particulier de la théorie de l’action). dans les termes d’Austin). plutôt que sur ce qui est : dégrader. donner un ordre. « dire. décréter. pardonner. plutôt que législatifs ou exécutifs : prononcer un diagnostic (par un expert : médecin ou autre). donner un renseignement. c’est dire. Il s’agit. Paris. faire voeu de. Quand dire c’est faire. pour l’essentiel. condamner.). les exercitifs comportent un jugement (une décision) sur ce qui devra ou devrait être. elle. de ce que l’on fait (accomplit) en disant quelque chose à quelqu’un. s’engager formellement. née. … . injurier. dans l’emploi. sur les sentiments. prêter serment (jurer de). au juste. à l’encontre des énoncés qui décrivent un état de chose ou rapportent (= constatent) un fait (énoncés appelés. déplorer. poser une question. Seuil. à inciter les autres à se comporter de telle ou telle façon. etc. de per (« par »)) : convaincre. d’un sens et d’une référence déterminés (= acte rhétique) . etc.Hors cours. La question de savoir ce que veut dire. etc. les énoncés performatifs remettent en cause le postulat du caractère essentiellement descriptif du langage (« l’illusion descriptive ». Actes comportatifs [behabitives] : énonciations qui expriment une réaction à la conduite ou au sort des autres. annoncer un verdict.). en droite ligne. … (Austin 1970/ 1962). faire faire. c’est faire » sera envisagée sous un angle plus large. 3.  la distinction entre conventionnel (produit de règles) et non conventionnel (produit des circonstances) oppose l’illocutoire au perlocutoire. statements) dont l’énonciation revient à exécuter (angl. à partir de l’évidence ou à partir des raisons concernant ou bien les faits eux-mêmes. remercier. du locuteur ou de tiers (= acte perlocutoire. les mots ‘je baptise’ ). ordonner. lui-même décomposé en plusieurs actes généralement coextensifs l’un à l’autre :  produire (prononcer) des sons (= acte phonétique) . critiquer. acquitter. Seront maintenant définis comme « actes de langage » : 1. à la dénotation (=sens + référence)) oppose l’illocution à la locution . lexical. d’une généralisation du concept de performatif. syntaxique. ou le critère. mais sujets à des conditions de réussite. braver. des attitudes à l’égard du comportement antérieur ou simplement prévu. d’autrui (s’excuser.. ou bien leur caractère axiologique (actes judiciaires.  et pourvus. désormais : constatifs). léguer. Performatif vs constatif Dans un premier temps (Austin J. effrayer.  2. commander. • Actes exercitifs [exercitives] : énonciations consistant à donner une décision pour ou contre une certaine façon d’agir.)/ 1962 (original)) sont seulement dissociés les performatifs ou : déclarations (angl. La spécificité de l’illocutoire repose sur l’exploitation conjointe de deux axes d’oppositions : ± fonction dénotative. etc. produire des vocables (ou : mots) qui entrent dans des constructions conformes à la grammaire (=acte phatique).L.). des « mots performatifs » (verbes ou autres) a eu pour conséquence l’élaboration de l’appareil théorique. Austin distingue cinq types fondamentaux d’illocutions : • Actes verdictifs [verdictives] : énonciations qui reviennent à exprimer ce que l’on a constaté (officiellement ou pas). 19 . l’acte de dire quelque chose (= acte locutoire). 1970 (tr. Le noyau dur de la théorie défendue par Austin est sans conteste la notion d’illocutoire. • • Actes promissifs [commissives] : énonciations qui visent à obliger le locuteur à adopter une certaine façon d’agir. et respectivement ± conventionnel :  la distinction entre valeur (force) de l’énonciation et signification de l’énoncé (assimilée. classer. Locutoire vs illocutoire vs perlocutoire La difficulté d’opérer des distinctions tranchées entre énoncés constatifs et énoncés performatifs à l’aide de critères à proprement parler linguistiques tels le critère. fr.

remarquer. nous nous référerons aux seuls actes illocutoires (ou : illocutionnaires). d’où force chevauchements inter-catégoriels. et gouvernant l’emploi des marqueurs d’actes). intention pour la promesse. Il en isole douze. En vertu cependant du principe d’exprimabilité70. ainsi discriminera-t-il deux types de marqueurs : le marqueur de contenu propositionnel et le marqueur de force illocutoire. mais également en termes de la structure syntaxique de la phrase énoncée (relativement aux actes illocutionnaires mêmes). à tirer au clair l’usage d’un mot. s’engager sur la vérité de la proposition exprimée. Wittgenstein) vs règles normatives (qui ont pour objet des comportements/ actions qui existent indépendamment des normes les régissant : à l’instar des règles de politesse. Contenu propositionnel vs force illocuoire La postérité d’Austin élaborera davantage encore la théorie des actes de langage (= actes illocutionnaires). postuler. mais cinq seulement sont décisifs dans la classification à proprement parler : 70 Qui asserte que tout ce que l’on veut dire peut être dit littéralement (cf. pour l’ordre) . ou le référent de celuici (affirmer. où la principale correspond au marqueur de force illocutoire. pour que l’acte puisse être accompli : capacité de l’interlocuteur. dans la notation de l’auteur. décrire. tous les énoncés se laisseraient réduire à des performatifs explicites : Searle considère en effet qu’un marqueur de force illocutoire (préfixe performatif Je verbe illocutoire) sous-tend. pour la promesse) . en structure profonde. Désormais.• Actes expositifs [expositives] : énonciations qui visent à exposer une manière de voir les choses. tout énoncé (analyse qui correspond en tout point à l’ « hypothèse performative » des générativistes chomskyens (cf. Aussi. l’auteur réévalue la taxinomie d’Austin. Ross 1970)). Classement des actes illocutionnaires Partant de la distinction explicite entre verbes illocutoires (qui ressortissent aux langues particulières) et actes illocutoires (universaux de langage). 20 . la distinction règles constitutives (des actes)/ règles sémantiques (dérivées des premières. la contribution de Searle consistera-t-elle notamment à une recherche des critères de classement pertinents et surtout mutuellement consistants. C’est là une distinction qui ne se laisse appréhender directement que dans le cas des performatifs explicites. au marqueur de contenu propositionnel : [F je te promets [p que je fermerai la fenêtre]] – soit. etc. Conditions de succès des actes illocutionnaires À la distinction actes/ marqueurs des actes il correspond. s’engager à la réaliser soi-même. qui pis est. et. pour la promesse. Condition de sincérité (qui définit l’état psychologique du locuteur : désir pour l’ordre. du locuteur. davantage un classement de verbes que d’actes. quand nous emploierons le terme d’acte de langage (ou : acte de parole). témoigner. l’acte échoue. rapporter. Dès qu’une règle constitutive est enfreinte. la signification des phrases est justiciable de conventions). nier. mais cet échec est différent suivant la règle spécifique qui aura été violée. Condition essentielle (qui définit le but illocutoire : amener l’interlocuteur à réaliser l’action pour l’ordre. d’ordre plus général : règles constitutives (qui créent des activités dépourvues d’existence indépendante : les règles qui gouvernent les jeux (football ou échecs au même titre). ne reposant pas sur des principes/ critères de classement clairement définis d’entrée de jeu. pour l’acte de force F accompli à propos du contenu propositionnel p : F(p).). Searle 1969/ 1972). les règles constitutives des actes de langage seraient universelles. croyance. Si les conventions sémantiques dépendent des langues particulières. dans la théorie searlienne. à développer un argument. Elles définissent autant de conditions de succès des actes illocutoires : • • • • Condition de contenu propositionnel (propriétés du contenu propositionnel de l’acte : action future de l’interlocuteur pour l’ordre. Condition(s) préliminaire(s) (qui doivent être satisfaites préalablement. y compris les « jeux de langage » au sens de L. Cette distinction se laisse enchâsser dans une autre. Searle (1972 (1969)) s’attache à opérer la distinction entre proposition exprimée par l’énoncé et acte accompli dans l’énonciation non seulement en termes d’actes (acte locutoire (notamment : rhétique) vs acte illocutoire). pour l’assertion). pour l’assertion) . et la subordonnée enchâssée.

selon le verbe employé : demander de/ exiger de/ ordonner de). Mais pas : la force avec laquelle est présenté le but (qui varie selon le degré d’explicitation de l’acte. ni entre actes institutionnels (excommunication. menacer). assertion. Le contenu propositionnel (les différences dans le contenu propositionnel qui sont déterminées par des mécanismes liés à la force illocutionnaire : états de choses passés. Position de force du locuteur. déclaration de guerre… Direction d’ajustement double. • • • L’état psychologique exprimé (l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de l’acte : condition de sincérité) . pari sur un trois sans atout (annonce au bridge).• Le but illocutoire (condition essentielle) . Type d’actes But illocutoire Direction d’ajustement REPRÉSENTATIFS: Suggestion. condoléances. et qui exigent simplement la construction d’un contexte interprétatif spécifique.. Désir. Obligation du locuteur à accomplir certain(s) acte(s) Exprimer l’état psychologique (par rapport à l’état de chose spécifié dans le contenu propositionnel). félicitation. consigne. ni les relations de l’acte au reste du discours (réponse (→question). ordre. legs. Action future de l’interlocuteur. Etat psychologique exprimé Croyance. verdict de culpabilité. et. PROMISSIFS : Promesse. ni entre actes dont le marqueur (le verbe) est susceptible d’emploi performatif. aux mots. au monde. pour le rapport. (+institution extralinguistique : statuts respectifs bien spécifiques) 71 Où l’élément ajouté à l’attitude fondamentale. est de l’ordre du sentiment : insatisfaction (PLAINTE). si l’acte est explicite. et actes dont le verbe n’est pas susceptible d’un tel usage (cf. états de choses futurs. déclaration de guerre). pour une promesse ou un ordre) . aux mots. ajustement du monde. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)… 72 73 Ce sont les performatifs d’Austin. arbitrage d’un hors-jeu de l’avant-centre. Formulations tout à fait naturelles avec « l’arme » ou « cette arme ». excomunication. à la place du sempiternel sel. tristesse (LAMENTATION). pour sembler naturelles telles quelles : si l’interlocuteur est par exemple.. pour la prédiction). 21 . … question… Du monde. rapport. au monde. Mais pas : les différences entre actes essentiellement et non essentiellement linguistiques (qui ne peuvent pas ou respectivement qui peuvent être accomplis y compris sans le dire : poser un diagnostic vs prêter serment). remerciements… Du monde. et non institutionnels. ni le style de l’accomplissement de l’acte (annonce vs confession). un malade en régime hyposodique. pour une assertion. conclusion (→argument(s))). Provoquer la vérité de leur contenu propositionnel Des mots. baptême. Intention. • La direction d’ajustement entre les mots et le monde (concerne le contenu propositionnel de l’acte. critique. Les statuts respectifs du locuteur et de l’interlocuteur (condition préparatoire) . prédiction.… Engagement du locuteur sur la vérité de la proposition exprimée Obligation de l’interlocuteur à accomplir certain(s) acte(s). Mais pas : les relations de l’énoncé aux intérêts du locuteur et de l’interlocuteur. et représente une sous-composante (sinon une conséquence) du but illocutoire : ajustement des mots. Statuts du locuteur et de l’ interlocuteur Contenu propositionnel DIRECTIFS : Requête. y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). aux mots. Action future du locuteur. qui est de l’ordre de la croyance. ____ (croyance+ γ71 ) (vérité présupposée) DÉCLARATIFS72 : Bénédiction. se vanter. serment… EXPRESSIFS : excuse.

comme type de phrase optionnel (forme de phrase). tandis que d’autres auraient un « contenu qui n’est pas une proposition complète. L’assertion. dans le cas de la phrase affirmative (active non emphatique) se réduira au déplacement du constituant Intonaffir en fin de séquence : Intonaffir +SN +SV (structure profonde) Taff SN +SV + Intonaffir (structure de surface). Ce type de construction. le sujet est indéfini. le déplacement à droite du constituant affirmatif (Intonaffir) rendrait compte du traitement prosodique caractérisé en fin de syntagme prosodique maximal. le type déclaratif sera directement envisagé en tant que type obligatoire ‘affirmatif ‘(‘affirmation’. Syntaxe de la phrase déclarative : phrase déclarative ou phrase affirmative ? La négation étant regroupée. éventuellement récursive. est une phrase thétique. distincte. l’impersonnel.4. 22 . l’emphase. l’ordre des mots et affixes directement observable en surface. par hypothèse. et la phrase. même en l’absence de différences directement observables en termes de contour prosodique marqué et/ou en termes de l’ordre des éléments terminaux (mots76) : il n’y a donc plus de réécriture directe de la phrase de base (affirmative active non emphatique). l’affirmation n’est pas opposée à la négation : les phrases négatives peuvent fort bien épouser le contour prosodique ‘affirmatif’ (Le serpent ne tua pas Jacques Fréron). en français. un serpent mordit Jacques Fréron. avec le passif. aussi contre-intuitif que cela puisse paraître.1. 2. D’autre part. des intonations interrogative et impérative.2. aussi nous bornerons-nous ici à un rapport neutre de la théorie présentée. au fond d’un vallon. des règles de réécriture) : (…) Aux (→affixe) + V (→racine) + SN. en structure profonde. La transformation affirmative ainsi formulée est postulée pour rendre compte de l’hypothèse fondamentale du modèle. à sujet non-topical. Nous y reviendrons sous 3 (voir infra). contre racine+ affixe en structure de surface. mais plutôt un objet de référence » (Vanderveken 1988 : 30) : Vive la France ! 75 Dont il est question dans la fable de La Fontaine. 76 De toute manière. la distinction entre structure profonde et structure de surface. ouverte par deux compléments donnant le cadre spatio-temporel : Un beau jour. donc concernant 74 Seraient dépourvus de contenu propositionnel certains actes expressifs réalisés au moyen d’interjections (Zut! Aïe !). au niveau du noyau. au passage de la structure profonde à la structure de surface. ne recoupe pas directement l’ordre d’insertion lexicale des constituants terminaux sous les constituants syntagmatiques concernés (en structure profonde issue de l’application incrémentielle. La phrase déclarative. Dans le texte évoqué. opposée à l’interrogation et à l’impératif : Le serpent75 mordit Jacques Fréron). Nous avons fait état précédemment de nos réserves sur cette option métalinguistique (§1. Le constituant affirmatif se réécrit obligatoirement par le constituant Intonation affirmative (abréviation Intonaffir).1.1. Σ→ Const Const → +P Affir Affir → Σ→ Intonaffir +P P→ Σ→ Intonaffir +SN +SV Intonaffir SN +SV (structure profonde) Le changement structurel. supra). en grammaire générative-transformationnelle standard. Dans cette acception donc.

   Topique (ce qui est mis en position frontale. (ii) Prédicat (logique) ≠ verbe (L’homme est mortel : MORTEL (l’homme) . Les fonctions grammaticales ne recoupent pas systématiquement les catégories logiques correspondantes79: il existe des sujets grammaticaux qui n’ont pas la sémantique des ‘termes particuliers’ (tels les noms en emploi générique Les castors sont des mammifères. Bien que souvent. en termes de la théorie des actes de langage). ou bien la relation information donnée/ information nouvelle. Puisque cette analyse ne correspond pas à la perspective adoptée ici. le bureau)). Strawson. les notions de topique et de thème. et il existe des phrases dont les prédicats logiques ne sont pas analysés (du moins pas en grammaire normative scolaire) comme des prédicats grammaticaux. Sémantique de la phrase déclarative. Cette corrélation reste cependant sujette à caution. 2. n’étant pas 77 78 Ou : rhème. les données prosodiques concernent l’ensemble de la phrase. et respectivement. L’homme est mortel). Le piano est dans le bureau : DANS (le piano. Ces faits permettent de définir la relation entre phrase active et phrase passive : la transformation concernant le marqueur sous-jacent de modalité Affir (en bref : la transformation affirmative) a lieu après la transformation concernant le marqueur sous-jacent de Passif (ou : transformation passive). Peter Frederik (1974) – Subject and Predicate in Logic and Grammar. Londres : Methuen. une mise au point à cet égard s’impose. Cf.au premier degré la fin de la séquence linéaire (linéarisée). XV. les deux phrases (active et passive) étant censées se ramener. 23 . Sujet/ prédicat : distinction grammaticale (fonctions grammaticales) et logique (sujet : terme particulier. aussi le sujet de la phrase passive (complément de la phrase active correspondante) sera-t-il interprété comme topique de l’assertion que fonde le constituant Affir (c’est-à-dire : de l’assertion qui est l’interprétation sémantique du Constituant Affir) : Le serpent mordit Jacques Fréron [Topique : serpent. Paul)). en termes plus étoffés : la forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase déclarative interprète (littéralement) une pensée du locuteur qui est la description d’un état de chose réel. le constituant affirmatif permet l’interprétation du sujet de l’assertion (de) P comme topique (de cette assertion). chap.1. en français du moins. ce qui est annoncé en premier lieu par le locuteur)/ commentaire (ce qui est introduit après introduction du topique): distinction syntaxique (positionnelle). prédicat : terme général (Strawson78)). Du point de vue de la hiérarchie informationnelle. ainsi que l’interprétation des autres syntagmes nominaux (compléments) comme non-topiques. 79 Les exemples donnés dans la référence citée pour illustrer l’absence de correspondance terme-à-terme entre catégories logico-sémantiques et catégories de l’analyse grammaticale sont en fait : (i) Sujet logique ≠ sujet grammatical (Paul a été tué par Jean vs Jean a tué Paul. Expression contenant l’information que le locuteur désire communiquer (au sens de l’école fonctionnaliste praguoise (Firbas).2. et non seulement sa fin. serpent ⊂ commentaire]. L’assertion exprime l’attitude de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé (Théorie des actes de langage). Les critères opérationnels pour la discrimination de ces couples notionnels restent minimalement distincts. Le constituant affirmatif est interprété comme une assertion dont P est le noyau (comme une assertion dont P est le contenu propositionnel. Jacques Fréron ⊂ commentaire] → Jacques Fréron fut mordu d’un serpent [Topique : Jacques Fréron. de l’avis des auteurs. et du syntagme verbal comme commentaire. Dubois et Dubois-Charlier 1970. de commentaire et de propos (ou : rhème). dans la littérature. bien que le contour assertif soit. Thème (objet du discours)/ propos (ce qu’en dit le locuteur77) : distinction fonctionnelle (structure fonctionnelle (= interprétative) des énoncés vs structure formelle des phrases). soient entendues comme synonymes. et comme instanciant en quelque sorte ou bien la relation sujet/ prédicat. descendant. nous avons changé d’illustrations sur ce point précis. l’assertion exprime une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de chose du monde –ou. Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. En termes de pragmatique inférentielle (Théorie de la Pertinence). à une même forme logique TUER (Jean. dans la mesure où.

questions ouvertes83 : alternatives épistémiques en nombre in(dé)fini) : Qui est là ? (C’est Paul/ Sylvie/ …). cette question alternative fonctionnera pragmatiquement comme un acte.2. il est là/ Non. prédicat logique MORTEL). 2.  Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. ils comportent). un serpent mordit Jacques Fréron. 80 81 82 83 Le vers de La Fontaine se prête justement à une analyse différente. 2. Qui est là ?/ présupposé : ‘quelqu’un est là’. interrogation alternative polaire (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : si81/ non) : Aimez-vous la mer ou ne l’aimez-vous pas/ ou non ? / ou pas ? réponses : Si. les Thèmes sont des Topiques. Le reste des éléments de la phrase interrogative ressortissent aux informations présupposées (=déjà acquises). Syntagme qu. Exemples : Êtes-vous son père ? Qui êtes-vous ? question-écho (valeur marginale. Interrogation totale/ interrogation partielle  Interrogation totale (sans mot interrogatif . Un énoncé tel Un serpent mordit Jacques Fréron sera donc (toutes choses égales par ailleurs80) moins acceptable que sa contrepartie à sujet défini Le serpent mordit Jacques Fréron. des syntagmes nominaux définis. Sous-types. Roum. en français. ba da. particulièrement agressif. le plus souvent. par des noms Anne est linguiste : prédicat grammatical est linguiste.1. Cf. Distinction définie en terme de portée. mais par des adjectifs (L’homme est mortel : prédicat grammatical est mortel.2. je ne l’aime pas). Où est-elle ?/ présupposé : ‘elle est quelque part’. 24 .  Interrogation alternative (à coordination disjonctive d’éléments : Préférez-vous la mer ou la montagne ? (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : Je préfère la mer/ Je préfère la montagne) . du fait des adverbiaux de cadre qui ouvrent la phrase : Un beau jour. Syntaxe de la phrase interrogative. ce pourquoi ce sont (ou. au cas par cas. Typiquement.réalisés par des séquences qui comportent des verbes. aucune de ces deux réponses n’étant socialement admissible. non prototypique) : on n’aura pas bien entendu. Interprétation de la phrase interrogative: • question appel d’information (valeur prototypique) : le locuteur ignore la réponse. B : Tu vas faire quoi ? (intonation montante) • 2. prédicat logique DANS. liant une variable (soulignée dans les exemples ciaprès) dont la réponse fixera la valeur. on veut se faire répéter/ préciser une partie de l’énoncé de l’interlocuteur. La phrase interrogative. de remise en cause des faits et/ ou dires de l’interlocuteur) . au fond d’un vallon. Moeschler & Reboul (1994) : 456-458.2. L’interrogation. questions fermées : alternatives épistémiques en nombre fini : réponse visée oui/ non) : Est-il encore là ? (Oui. Distinction purement interprétative : réponses visées. je l’aime/ Non. prédicat logique LINGUISTE) ou des prépositions (Le piano est dans le bureau : prédicat grammatical est (sous analyse existentielle forte des situatifs). ou est dans le bureau (sous l’analyse copulative).: focalisé (=foyer d’information nouvelle). et Topiques et Thèmes participent de l’information donnée (référents déjà introduits dans le discours). Me prenez-vous pour un imbécile ou le faitesvous exprès ? (réponses visées (toutes choses égales par ailleurs): Je vous prends pour un imbécile/ Je le fais exprès .2. Réponse affirmative à une question oui/non de forme négative. pour les Topiques. Exemple : A : Je vais fermer la fenêtre. il n’est plus là) . les sujets sont des Thèmes. où le nom linguiste (en usage non référentiel – l’absence d’article en témoignant) est analysé come attribut du sujet .  Interrogation partielle82 (à mot interrogatif (qu-) . à deux arguments internes sélectionnés : le piano et respectivement le bureau. où l’adjectif mortel est analysé come attribut du sujet .

2. Interrogation totale indirecte.  Intonation ascendante suspensive optionnelle. à l’écrit. ils.2. après une montée sur le mot interrogatif 84 85 86 Information commune à une question et à sa réponse. *sors-je. 2.2. tu. …). …) . votre mari – à intonation déclarative descendante). Pourvue de valeur et de fonction interrogative. à courbe intonatoire spécifique. Noter que la valeur interrogative est également indiquée85 par l’élément introducteur (si : questions totales/ qu. *Je ne sais si le docteur viendra-t-il Inversion (simple) du sujet non clitique bloquée : *Je ne sais si viendra le docteur. Le plus souvent : intonation descendante (à l’instar des phrases déclaratives correspondantes). elle. Inversion complexe : <sujet nominal + verbe-clitique sujet> (Paul est-il encore là ?).3.  Intonation ascendante suspensive (sans modification aucune dans l’ordre des mots) : Il est toujours là.   Et Est-ce que (version interrogative du présentatif c’est que+ structure phrastique87) : Est-ce que Paul est là ? 2. Réalisateurs (marqueurs). insertion d’un -t. suis-je. Est-il encore là ?/ Qui est là ? Interrogation indirecte (discours rapporté en style indirect) : subordonnée complétive. vois-je .: questions partielles).2. Interrogation totale directe. veux-je. elles (pronoms personnels sujets) et ce (démonstratif sujet).3.1. entre je (clitique sujet) et ai (auxiliaire de temps) peuvent licitement intervenir les clitiques objets (le lui) et ne (négation clitique) : Je ne le lui ai pas rendu. Ainsi. à la faveur de la subordination) : Je me demande si Paul arrivera ce soir. Je ne sais pas qui arrivera le premier. Focus (foyer d’information nouvelle)/ présupposé (information partagée par le locuteur et l’interlocuteur84): distinction cognitive et énonciative.2. par un point d’interrogation. inversion de je : systématique au futur et au conditionnel (dirai-je.3. enchâssée sous un verbe principal qui marque conceptuellement (= descriptivement) la valeur interrogative (mais pas la fonction : suspendue. pourrais-je.2. Syntaxe de la phrase interrogative. Seuls peuvent intervenir entre un clitique et le verbe d’autres clitiques. fais-je.euphonique après un verbe finissant en voyelle : A-t-il compris ? Parle-t-elle toujours aussi fort ?) . 2. Clitiques sujets : je.1. et se terminant. Interrogation partielle directe. Marqueurs indicatifs vs descriptifs. 1.  Interrogation comme acte de langage indirect (stratégie communicative): Je ne trouve pas ce livre (comparer cette assertion à la question appel d’information : Où est ce livre ?). nous. 2. Interrogation partielle. dois-je.2. Pour la mémoire : sont appelés clitiques les pronoms atones (=non accentués) qui présentent une contrainte d’’adjacence au verbe. *mens-je. vais-je. rare après le présent de l’indicatif (liste fermée : ai-je. *pars-je. 2. il. Et inversion du sujet :   Inversion simple du sujet clitique: <verbe-clitique86 sujet> (trait d’union obligé : Es-tu encore là ?. puis-je.Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes.3.2. sais-je. Après si : Je ne sais si le docteur viendra   Inversion du sujet clitique bloquée (inversion simple ou complexe) : *Je ne sais si viendra-t-il.3. votre mari ? (comparer à : Il est toujours là. 25 . Interrogation directe/ interrogation indirecte :  Interrogation directe : phrase indépendante.   Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. elle.2.1. Interrogation totale. éviter après d’autres monosyllabes : *cours-je. dis-je. 87 Construite par inversion simple du sujet clitique ce.3. vous.1.2.

2. Inversion simple du sujet non clitique (pronominal ou nominal) 89 – sans trait d’union: Que disait celui-là ? Que disait cet homme ? Quand est parti Jean (pour Londres) ?). infinitif 2. sais-je. fais-je. Inversion exclue : mot qu. dans la littérature : inversion stylistique. Mot interrogatif & inversion du sujet :     +humain Qui (est-ce) Inversion simple du sujet clitique (trait d’union obligé : Que disait-il ? Qui cherchezvous ? Qui est-ce ?88). 89 Souvent appelée. Quelle rage de vivre et de dominer l’avait-elle soutenue ? (Druon). Les opérations stylistiques étant par hypothèse supposées être optionnelles.1. l’intonation ne serait plus guère un marqueur actuel de l’interrogation.2.2.clitique sujet (…) Formes complexes : auxiliaire Inversion simple du sujet non clitique … verbe +TRAITS SÉMANTIQUES PURS sujet non clitique (…) Formes complexes : participe passé. suis-je. vois-je : Pourquoi ai-je fermé ce tiroir à clé ?) . rarissime (tour très marqué. .1. dois-je.1. Dans ce second cas de figure. quel…. - Combien de gens l’ont vu ? Quel témoin a vu l’accusé ? Quelle folie avait pris Clémence ? Lequel de ces enfants a vu l’accusé ? Lequel de ses romans vous paraît le meilleur ? [variantes préférées – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 1991 : 526] Combien d’entre vous l’ont fait (+ l’ont-ils fait). puis-je. Qui est cet homme ? Quelle sera votre décision ?) ou ⊂ attribut (Quelles gens êtes-vous ? Quelles gens sont les Dupont ?) Attributs du sujet en variation libre : Qui / Quel Attribut du sujet à choix contraint : Qui/ *Quel(le. Laquelle de ces deux Mathilde (…) emporte-t-elle la sympathie d’Aliénor ? (Pernoud) [variantes permises – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 199190 : 526527] 2.2. (porteur de l’accent focal). selon l’analyse générativetransformationnelle standard. veux-je.2. Paris-Louvain-la-Neuve : Duculot.3.s) : Attribut du sujet à choix Qui est cette femme ? Quelle est cette femme ? Sujet= SN [+humain] Sujet= pronom personnel [+personne.Cas particuliers. Inversion simple obligée :  Mot qu.1.1. ± locuteur] Qui Qui Qui Qui suis-je ? sommes-nous ? es-tu ? êtes-vous ? *Quel suis-je ? *Quels sommes-nous ? *Quel es-tu ? *Quels êtes-vous ? Quelle est cette voiture ? Sujet= SN [-humain] 88 *Qui est cette voiture ? Inversion de je courante pour les verbes de la liste déjà mentionnée (ai-je.attribut (Qui êtes-vous ?.sujet (qui : Qui l’a dit ?). 26 .1. dis-je. 90 Hanse. {Pas d’inversion : variante préférée/ inversion complexe : variante permise} : mot qu. Joseph (1991) – Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne. en particulier à l’oral). 2. vais-je.1.2. lequel de(s)…).3. seuls les cas où cette inversion est optionnelle devraient être nommés ainsi. avec les verbes en -e → -é ( ?Pourquoi hésité-je ? /OKPourquoi est-ce que j’hésite ?).3. deuxième édition mise à jour et enrichie.⊂ sujet (combien de….2. Inversion complexe : Quand Paul repartira-t-il ? Mot interrogatif & est-ce que : Quand est-ce que Paul repartira ? -humain Qu’(est-ce) +sujet …qui -sujet …que Qui [+humain] est-ce que [-sujet] tu as rencontré ? Qu’ [-humain] est-ce que [-sujet] tu racontes ? Qui [+humain] est-ce qui [+sujet] veut encore partir ? Qu’[-humain] est-ce qui [+sujet] arrive ? Inversion (simple) du sujet clitique/ inversion (simple) du sujet non clitique : distributions distinctes (→structures syntaxiques bien différentes !) Inversion simple du sujet clitique (…) Verbe +TEMPS .

Inversion simple du sujet non-clitique possible : Sujet SN (non clitique) : Je me demande ce que mon frère a dit/ ce qu’a dit mon frère. ce. en sus de la lecture littérale compositionnelle (réponse attendue (par exemple): prof d’anglais).2. ou.3.1.1. lui. En effet. En quel sens excluant l’inversion simple du sujet non clitique : *Pourquoi rient les enfants ?/ OKPourquoi les enfants rient-ils ? *En quel sens parlent les fleurs ? / En quel sens les fleurs parlent-elles ? Pour éviter l’équivoque :   éviter la séquence <Verbe + SNi+ SNj> : *Où a trouvé Pierre ce livre ? OKOù Pierre at-il trouvé ce livre ? *À qui a donné Pierre ce livre ? OKÀ qui Pierre a-t-il donné ce livre ? éviter les phrases à deux arguments nominaux directs (=sans préposition) [+humain]: ???Quel ami [sujet ? COD ?] soupçonne votre fils [sujet ? COD ?]?/ ami votre fils soupçonne-t-il ? OK Quel Ce n’est pas évident que l’interdiction des séquences <V + sujet+attribut (du sujet. Interrogation partielle indirecte. Inversion complexe obligée :     Négation excluant l’inversion simple du sujet non clitique: Depuis quand votre ami ne dort-il plus ?/ *Depuis quand ne dort plus votre ami ? Comparer à : Depuis quand votre ami dort-il? OKDepuis quand dort votre ami? Depuis quand s’est endormi votre ami ? Négation & mot qu.3. si.2. Traduction en roumain : Ce mai face ?. l’adjacence du sujet et de l’attribut accordé avec l’objet : - *Quand laissera celui-là [sujet inversé] les enfants [objet] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là laissera-t-il les enfants tranquilles ? *Quand nous [objet clitique] laissera celui-là [sujet inversé] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là nous laissera-t-il tranquilles ? tel n’est manifestement plus le cas avec l’attribut du sujet : - *Comment serait votre frère [sujet] si ingrat [attribut du sujet]?/ OKComment votre frère serait-il si ingrat ? 2. dans le cas de l’attribut de l’objet on peut alléguer (à la limite). 27 .2. Quel… ne pas (Quels étudiants n’ont-ils pas compris l’explication ?). Pas d’inversion :    91 92 Sujet pronom clitique (personnel. 2. Inversion simple du sujet non-clitique préférée : Verbe plus court que le SN sujet : J’ignore où est cet employé (comparer : J’ignore où se trouve cet employé/ J’ignore où cet employé se trouve actuellement). Avec.contraint : *Qui/ Quel Interroger sur la qualité Attribut du sujet +qu Interroger sur l’identité Que suis-je ? Que devient-elle ?91 Qui suis-je ? Qui est-elle ? Qui est cette femme ?   QueCOD (Que disent-ils ? Que veulent ces gens ? Que vont dire ces gens ?) Où est + SN (Où est votre guitare ? Où avait été votre guitare ?) 2. un pronom clitique.3. comme facteurs de risque sémantique (interprétatif).⊂ sujet (→négation excluant l’absence d’inversion): Combien de… ne pas (Combien d’entre vous ne l’ont-ils pas fait ?). une lecture idiomatique (disant à peu près la même chose que : Comment va-t-elle ?). Pourquoi. l’adjacence du sujet nominal inversé et de l’objet non clitique92. Même cas de figure donc que <Verbe + SNi+ SNj>. si l’objet est. de l’objet)> tombe sous le même principe (éviter l’équivoque au niveau notamment de l’interprétation des fonctions grammaticales).2. on) : Je ne sais où il est/ pour quand c’est.

que tu veux ? [comparer à : quoi que (tu veuilles). 2. Négation . Quand elle est utilisée descriptivement.1.3. Valeur fondamentale (cf.2. voir cours de linguistique voué à la pragmatique (Licence. Utilisée interprétativement. ou celle d'un état de choses désirable. renforcé par c’est qui/ que (éviter l’inversion de est-ce (que/ qui)) : Quand c’est que tu pars ? Qui c’est que tu attends ? Qui c’est qui a cassé le vase ? !!!*Que c’est que …   Terme interrogatif (qu-) + que (abréviation de Qu. Une pensée. quoique(tu veuilles bien y aller)…] ?? C’est qui qui arrive ? 2.4.   Interprétation directive (question comme demande de dire.+est-ce que) : Où [est-ce] que tu vas ? Quand [est-ce] que tu reviens ? Qui [est-ce] que tu attends ? Terme interrogatif extrait par le présentatif c’est __ qui/que C’est quand que tu pars ? C’est qui que tu attends ? C’est où que tu vas ? ?? C’est quoi. ou comme des question-écho (demande de précision : on n’aura pas bien entendu/ compris). interprétation de la phrase interrogative) : question-appel d’information.3.3.atribut. Questions partielles portant sur un argument non sujet ou sur un circonstant : Que faire ?95 Où aller ? Comment retirer le poignard ? Interprétation : sujet non exprimé = locuteur/ indéfini générique équivalent à on. sous-type directif donc) : théorie des actes de langage (Searle & Vanderveken 1985). …). une pensée peut être la description d'un état de choses réel.4.2. 95 96 Cette question porte sur le procès même. sujet SN (non clitique) : Je ne sais quel est votre avantage. 28 . lutter. Tout énoncé implique aux moins deux relations : une relation entre la forme propositionnelle de l’énoncé et une pensée du locuteur (son «intention informative ostensive»). Interrogation à l’infinitif. au style indirect. et l'une des quatre relations possibles entre une pensée et ce que cette pensée représente. 2. lexicalisation du verbe de pensée ou de parole sous-jacent dans la question au style direct (« portée sur le dire »): ?J’ignore en quel sens les fleurs parlent.Inversion simple du sujet non-clitique obligée :  Mot qu. Interprétées comme vraies questions-appels d’information. Réponses : toujours des phrases infinitives (fuir. par exemple.   Terme interrogatif en position de base : Tu vas où ? Vous attendez qui ? Tu pars quand ? Tu regardes quoi ?96 Terme interrogatif en tête de phrase. 2. ou interprétativement. comme toute représentation mentale douée d'une forme propositionnelle. Dans l’acception pertinente (circonstant de phrase). éviter l’inversion. semestre 6). Interprétation non directive (question comme interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance) : théorie de la pertinence (Sperber & Wilson 1989). Je me demande qui est cet individu. En quel sens exige. D'où les cas de figure ci-contre : METAPHORE : 93 94 relation interprétative entre la forme propositionnelle de l'énoncé et la Mais : Je me demande qui vous êtes (sujet clitique→ pas d’inversion).2.2.93 Inversion simple du sujet non-clitique bloquée :   En cas d’équivoque (deux arguments nominaux directs (sans préposition) +humain): J’ignore qui [sujet ? COD ?] a rencontré Jean [sujet ? COD ?]/ OKJ’ignore qui [objet] Jean [sujet] a rencontré. / OK J’ignore en quel sens tu penses que/ tu dis que/ on dit que les fleurs parlent. une pensée peut être l'interprétation d'une pensée attribuée (ou d'un énoncé attribué) à quelqu'un. ou bien l'interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance. peut être utilisée descriptivement. Tours familiers : préserver l’ordre des mots de la phrase déclarative.4. Pourquoi excluant l’inversion simple du sujet non clitique94 : *Dites-moi depuis quand ne dort plus votre ami / *J’ignore pourquoi rient les enfants. Pragmatique de l’interrogation→ pour détails.

mais aussi de l’ordre de l’incrédulité. de l’étonnement106 etc.IRONIE : ASSERTION : DEMANDE. souvent analysées comme interjections] Bravo ! [interjection] 101 102 103 104 105 106 Ça. votre Dulcinée ! [exclamation] Tiens [interjection+]! Il pleut ! [exclamation] Ça alors [interjection+] ! elle n’est plus là ! [exclamation] Lui. par exemple ! Ça alors ! [interjections] Ça alors ! [interjection +] Vous l’avez assommée. la réponse visée par l’interro-négatif (réponse préférée) sera : Si/ réponse non préférée : Non/ réponse exclue : *Oui. intègre exclamation et interjection à une même catégorie : 97 98 99 Fonctions du langage. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées ou des énoncés attribués .4. s’il vous plaît »]. du souhait104 ou du regret105. Sperber et Wilson 1989: 347-348. Valeur argumentative : orientation vers le négatif (Il fait beau maintenant [→sortir]. ma bien-aimée ! [exclamation] Oh [interjection+]. relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses désirable. L’exclamation exprime « un sentiment vif devant un événement » .2. Pouvez-vous me passer le sel ? [« Passez-moi le sel. imbécile ! [interjection +exclamation] Ah [interjection+]. et la portée cognitive (selon l’opposition cognitif/ affectif). au sens de Karl Bühler.2. Valeurs dérivées :   question-requête : Avez-vous l’heure ? [Quelle heure est-il s’il vous plaît ?.3. relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses du monde . le bidet ! (Pouah ! [interjection+] Qu’il est laid ! [exclamation]) 100 C’est parfait ! [exclamation] Tant mieux ! C’est cela (+ça) ! Ça va ! [exclamations brèves. elle est là. 2. de l’approbation100 ou de l’indignation101. et.4. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées désirables – cf. 2. non ?). une réaction affective du locuteur. en termes des fonctions du langage dans la communication (approche traditionnelle que nous appellerons de ce fait : fonctionnelle) refuse à l’exclamation à la fois la dimension actionnelle (acte de langage). « Dites-moi l’heure qu’il est. Pellat & Rioul 2008 (1994): 387). N’es-tu pas là ? (→« Tu es là »). elle est là. de l’ordre de l’admiration98 ou du dégoût99. Qu’il est beau. L’exclamation. question rhétorique (implique le contraire de ce qu’exprime sa forme grammaticale) : Es-tu parti pour Londres ? (→« Tu n’es pas parti pour Londres ») . le plus souvent. « une attitude affective du sujet parlant à l’égard de l’état de chose évoqué par son énoncé » (Riegel. T’aurais-pas cent balles ? [« Prêtez-moi 100 francs. n’est-ce pas ?/ Jacques est gentil. la mégère ! [exclamation] Ah [interjection+]! Si elle était encore là ! [exclamation] Hélas [interjection+]. fortement lexicalisées. voler un parapluie! 29 . 2. La phrase exclamative. mais fera-t-il beau ce soir [→ne pas sortir]?). Cette approche.3. de la joie102 ou de la peur103.2. s’il vous plaît »] . Sémantique (non vériconditionnelle) : fonction expressive (affectivité) vs fonction référentielle vs fonction d’appel (ou : directive)97. Noter que l’analyse générative-transformationnelle standard du Constituant interrogatif comme type obligatoire de phrase repose crucialement sur l’hypothèse de l’interprétation distincte des questions (pour le type interrogatif) et des ordres (pour le type impératif). CONSEIL : QUESTIONS. s’il vous plaît »] . Cas particulier : les questions appel de confirmation (N’est-ce pas que Jacques est gentil ?/ Jacques est gentil. le lavabo ! (Ah ! [interjection+] Qu’il est beau ! [exclamation]) Qu’il est laid. elle est déjà partie. EXCLAMATION : pensée qu'il représente . Dans tous ces cas de figure. bref.Dubois & Lagane 1997 (1973) : 161).

B : Elle est déjà partie ?! A : Oui. se rallient à la même perspective : Exclamation = Assertion + « quelque chose en plus » (Antoine Culioli – théorie des opérations énonciatives108) Exclamation = Assertion du haut degré/ du degré extrême. [réponse attendue/ espérée] Remarquer que. destinées à mettre en relief un sentiment ou un geste ». et son attitude subjective. la critique. tel n’est pas le cas des questions QU. le plus clair de ses marqueurs morphosyntaxiques (sinon prosodiques). Syntaxe de la phrase exclamative:   type obligatoire ? (← contour prosodique propre) . Approche cognitive : pragmatique inférentielle (Théorie de la pertinence). du souhait ou du regret. à côté non seulement de l’affirmation ou de la négation. félicitation. de l’ordre du regret que tel puisse être le cas.3.1. Langue Française n°22. si l’interrogation totale à inversion du sujet (clitique) semble exclusive de ce cumul de valeurs modales. 2. Approche actionnelle : théorie des actes de langage. Approches alternatives de l’exclamation. … : A : La voiture de Marie n’est plus dans le parking. 30 . et. condoléances.3. 2. remerciements…).[réponse non préférée]/ Non. pour l’interro-exclamatif. augmentée d’un élément de l’ordre du sentiment (insatisfaction (PLAINTE). de l’ordre de l’incrédulité face aux indices situationnels pointant vers la première de ces alternatives (OUI). l’exclamation (ou plutôt : la forme moins que propositionnelle car incomplète de l’énoncé exclamatif) fournirait une interprétation de l’assertion du haut degré/ du degré extrême 107 L’interro-exclamatif y exprime alors. parfois envisagées en tant que classe grammaticale (Mauger 1968 : 382).: Mais quand/ où a-t-elle bien pu partir ?!.- - soit en définissant d’emblée les interjections comme espèces d’exclamations (l’exclamation étant entendue.1. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)…) –soit. de l’ordre ou de la défense. le cas échéant.2. tristesse (LAMENTATION). de l’ordre du souhait que ce soit plutôt l’autre alternative qui se réalise. elle est partie plus tôt que prévu. en notation : « croyance + y ». elle. mais en l’occurrence plutôt empreinte du regret (pour son départ précoce)/ souhait qu’elle ait été encore là (‘pourvu qu’elle ne soit pas partie !’) ou bien d’une question rhétorique au sens usuel . Antoine (1974) – «A propos des énoncés exclamatifs ». Exclamation = Assertion emphatique (croyance + sentiment). y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). sur le mode de l’évidence). si l’ajout de l’exclamation achève de convertir une question a priori non orientée en question orientée. Sous cette analyse.1. Ce qui est remarquable dans cette analyse. peuvent être assimilées à des phrases exclamatives » – Dubois & Lagane 1997 (1973) : 162). 2. n’est-ce pas ?. Paris : Larousse. Rapprochement (et opposition) dire QU-/ demander QULa forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase exclamative (graduelle) interprète une pensée qui est ellemême l’interprétation d’une pensée désirable (assigner une valeur à la variable liée par le mot exclamatif : pertinent pour l’interlocuteur/ assigner une valeur à la variable liée par le mot interrogatif : pertinent pour le locuteur). en second. parfois faites d’un simple cri. l’exclamation n’est pas mentionnée en tant que telle. dont la fonction est d’exprimer un sentiment plus ou moins vif. s’il s’agira d’une sorte de question appel de confirmation (comparable à Elle n’est pas encore partie. cumul de valeurs modales explicitement consigné à l’écrit. de l’interrogation. type optionnel ? (← type non exclusif de l’assertion. l’état de non savoir préalable du locuteur (alternatives épistémiques ouvertes : ‘Elle est déjà partie’ (OUI)/ ‘Elle n’est pas encore partie’ (NON)). dans l’espace francophone. mais la description des actes EXPRESSIFS se laisse extrapoler à l’exclamation : ce sont des actes typiquement réalisés par des phrases exclamatives (excuse. c’est que cognitif et affectif y sont réunis plutôt qu’opposés l’un à l’autre (à l’encontre de l’analyse traditionnelle en terme des fonctions du langage (fonction expressive).3.1. comme modalité « de l’énoncé » (vs type de phrase). dont l’assertion). 108 CULIOLI. soit en assimilant. et qui expriment une attitude psychologique de l’ordre de la croyance (à l’instar des actes représentatifs. à la fois. elle est en réunion. ni de l’interrogation – modalités avec lesquelles l’exclamation partage. par la ponctuation [?!] : Elle est déjà partie ?! (exclamation surajoutée à une vraie question appel d’information107) Elle est allée où ?! (exclamation surajoutée à une question-écho) Que ne le disiez-vous plus tôt ?! (exclamation surajoutée à une question rhétorique). de la possibilité et de l’éventualité): « exclamations brèves. mais aussi du doute. Sa voiture est chez le garagiste. de manière assez systématique. Dans le classement des actes de langage proposé dans Searle (1972 (1969)). La question se pose de savoir comment l’interrogation (alternatives épistémiques polaires (OUI/NON) activées à la fois) survit alors à l’exclamation (qui n’en active par hypothèse qu’une seule. les interjections aux phrases exclamatives (« les interjections. Les théories de l’énonciation.

dans le texte comme m barré. (2) l’ensemble des mondes alternatifs du monde m0 de ce qui est . Les univers de croyance dans la théorie sémantique. quand l’avenir sera lui aussi devenu du passé. L’un seulement des mondes possibles deviendra « le monde de ce qui est ». dans son acception la plus large (la plus naturelle aussi) de terme complexe s’appliquant à tout sujet de conscience : ainsi. Bruxelles : Mardaga. 2. le contexte est transparent : dire qu’Œdipe épousa Jocaste. Le « monde des attentes » : chaîne privilégiée ayant toutes les chances de se réaliser (parmi le champ infini des possibles ouverts en t0). énoncée par des locuteurs différents. Indéfini : parce que toutes ces propositions ne sont pas explicitées (propositions latentes tenues pour respectivement vraies ou fausses). faits mémorisés : la même phrase. Variable selon les informations que le locuteur possède (connaissances acquises. à l’occasion. de l’usage de certains adverbes. Noté. La représentation.1. Robert (1987) – Langage et croyance. Mondes potentiels (m): ne contiennent aucune proposition contradictoire avec celles de m0 (mondes qui présentent comme vrai ou comme faux ce qui apparaît dans m0 comme possiblement vrai ou comme possiblement faux110). Il est possible que Pierre soit revenu évoque un monde où Pierre est revenu est une proposition vraie. ou bien l’univers du locuteur en un temps autre que t0 (le temps de l’énonciation). le locuteur peut situer cette proposition dans quelque univers qu’il évoque.3. Distinct de la notion d’univers de discours (=ensemble des circonstances dans lesquelles une proposition peut être dite vraie (circonstances décrites par des adverbiaux de phrase (sous l’Ancien Régime. Univers de croyance : l’ensemble indéfini des propositions que le locuteur.3. dans le discours (du locuteur). 31 .3. Uil est-il censé noter « l’univers de croyance de il » (table des abréviations et des symboles). est appelée image d’univers.fournit une interprétation de la réponse.3. Univers de croyance vs image d’univers : au lieu de conférer lui-même à une proposition une valeur de vérité. la pensée ou la croyance (« l’énonciateur ») . POSSIBLE intemporel) . Mondes contrefactuels (―m111): contiennent au moins une proposition contradictoire avec celles de m0 (et donnent donc pour vraie une proposition admise dans m0 comme fausse112). du discours direct et indirect. Mondes possibles : (1) totalité inconditionnée de faits non contradictoires (le monde actuel = un monde possible parmi une infinité d’autres : extension infinie du POSSIBLE. Notions opérationnelles. Génèrent des hétéro-univers : 109 110 111 112 113 MARTIN. Images d’univers : notion qui ‘couvre toutes les modalités épistémiques’ (p. Si Pierre avait réussi laisse entendre que Pierre n’a pas réussi. En termes de valeur de vérité relativisée aux univers de croyance et aux mondes possibles. p) ou fournies par le co(n)texte interprétatif)). que l’auteur emploie le terme. Approche vériconditionnelle de l’exclamation (théorie des univers de croyance – Martin 1987109). 114 115 Avec le passé simple (sans verbe modal désidératif). de l’emploi des temps et des modes. le long de l’ouvrage. Notion opérationnelle pour l’analyse de :     des contextes opaques (Oedipe voulait épouser (vs épousa114) Jocaste/ *sa mère115) . au moment où il s’exprime. c’est dire qu’il épousa sa mère (même si Œdipe ignorait l’identité référentielle /Jocaste = sa mère/). aura des contenus plus ou moins précis).1.correspondante – de même que la (forme moins que propositionnelle car incomplète de la) question QU. ces mondes alternatifs ne diffèrent de m0 que par une proposition ou par un ensemble de propositions qui s’y trouvent non vérifiées (conception temporelle du POSSIBLE). Mais il est évident.1. 2. 20)  Hétéro-univers (U’. Ne sachant pas que la femme appelée Jocaste était également sa mère. d’un univers de croyance qui n’est pas le sien ici-et-maintenant. tient pour vraies ou qu’il veut accréditer comme telles113. sa réussite étant évoquée dans un monde contrefactuel (¯m – je n’arrive pas à « dessiner » la barre sur la lettre !!!). U’’…) : l’ensemble de propositions que tient pour vraies celui dont le locuteur rapporte les dires.

je sais que p). C’est là un indice à proprement parler linguistique de la sémantique ‘déviante’ du pronom. ou autre118) serait complètement dépourvue de marquage linguistique). Si – selon interprétations ‘marquées’ de on – la référence du pronom personnel [+humain] à sémantique référentielle vague se laisse dévoiler discursivement (en présence. … : Il est certain que p – énoncés à pronom sujet impersonnel (explétif il). on fait l’intéressant ?). à moins d’accepter que la construction impersonnelle véhicule. d’où sans doute l’idée que la prise en charge par un énonciateur spécifique (locuteur actuel117. les verbes d’attitude propositionnelle (croire. à la première personne du singulier (je). pour vous. éventuellement. le participe passé du verbe. ‘tout le monde’. je vous avais dit que p… le conditionnel dit de l’information incertaine (de distanciation – n. mon petit/ ma petite fleur/ mes petits. Comment d’ailleurs exprimer la distinction entre il est certain que p et on est certain que p (forme personnelle à sémantique vague qui préserve elle aussi le caractère (référentiellement) anonyme du sujet modal. toutes choses égales par ailleurs120. toutes les autres étant ‘hors ligne’. demander si…) . Image (en ligne) d’un univers ‘anonyme’ (modalisateur épistémique renvoyant anonymement au certain. Jamais pourtant avec ce que Martin 1987 appelle image d’un « univers anonyme ». ou textuels (co-texte intra-phrastique: apostrophe. je m’imaginais que p. En l’absence de tout renvoi à quelque autre énonciateur (à la faveur de la construction impersonnelle). auraient pu être vraies (=que l’on imagine être vraies).n.). 120 Comparer : En résumé. la langue familière accepte l’accord référentiel avec le sujet visé pour l’adjectif attribut. Comparer à Je crois que p Comparer à Paul croit que p. Notation en usage : 116 117 118 119 Sorte d’image d’univers ‘en ligne’. à la vérité de la proposition posée comme certaine. je crois que p. puisqu’en disant il est certain que p (vs on est certain que p : hétéro-univers de la ‘voix publique’ si ce n’est d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours).   Image de l’univers de croyance116 (description de l’univers actuel du locuteur : Je crois que p. penser…) et les verbes de parole (dire que. au codage linguistique (grammatical) de la prise en charge par le locuteur actuel (ici: présent de l’indicatif). au vraisemblable. ou l’interlocuteur et/ou un (des) tiers). mais projette un hétéro-univers de la ‘voix publique’119. on peut. elle. Emplois particuliers (avec diverses valeurs de style) : on = ‘je’ (On fait ce qu’on peut). Commentaire : Cette analyse ignore l’apport sémantique de la forme verbale (traits de temps-aspect-mode (TAM)). ne s’emploie qu’en tant que sujet. ‘les gens’).    à une personne autre que je. quoique fausses en t0. on = ‘nous (moi +d’autres)’ – accord de l’attribut du sujet ou du participe passé avec le sujet réellement visé : On est arrivés en retard). et commande un accord du verbe au singulier : Quand on veut. Cf. et qui définissent des mondes esentiellement contrefactuels. Je sais que p). Pierre a réussi ∈ ―U). les traits TAM exprimeront (par défaut : seul sujet de conscience d’accessible dans le contexte énonciatif/ interprétatif) le degré d’adhésion du locuteur actuel. une description de l’univers actuel du locuteur (à l’instar d’énoncés épistémiques à sujet modal je du type de je trouve certain que p. : Si Pierre avait réussi (Pierre n’a pas réussi ∈ Uje. jamais toutefois pour le verbe porteur de l’information de temps et de personne. Dubois & Lagane 1997 (1973) : 90-91). d’indices linguistiques (tel l’accord). Rappel : on est un pronom de troisième personne qui désigne toujours des humains (= ‘n’importe qui’. donc l’ensemble des propositions vraies dans des mondes accidentellement contrefactuels. ‘vous’ (Alors. n’est-ce pas ?) il s’agira de l’hétéro-univers d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours (l’interlocuteur. …) : on est certaine/ certains de ce que l’on avance. À distinguer des propositions fausses qui ne sauraient être vraies en t0 (car étant le fruit de la seule imagination du locuteur : Si Napoléon était au pouvoir… (prononcée en 2011)). Ex. il est bien certain que p. les verbes d’attitude propositionnelle (ou de parole) à un temps autre que le présent (de l’indicatif) : je pensais alors que p. le locuteur assume cette certitude autant – sinon plus – que lorsqu’il dit je crois que p. Anti-univers (―U) : l’ensemble des propositions qui. je sais que p) ? J’avoue ne pas saisir la portée pragmatique exacte de cette distinction. on = ‘tu’. 32 . Remarque : Dans toutes ces interprétations marquées. à moins que on ne désigne le locuteur lui-même ou le locuteur lui-même et un (des) tiers : auquel cas nous serons présentés avec une image (en ligne) de l’univers de croyance (du locuteur). exposant participant d’une stratégie allocutive.

/ Elle n’a pas été invitée. non ?. Formants qui se rattachent directement au composant « p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo » (formes qui assertent p ou évoquent p (même quand elles interrogent non-p): 2.p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo (univers de croyance U)/ fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’: contradictoire avec l’univers actuel du locuteur) évidence dans l’univers de croyance (du locuteur) U . Si elle était là ! Si elle est là ! Noter la troncation. du fait du caractère fortement orienté de la réponse122) – formes finissant en n’est-ce pas ?. [structure de question rhétorique (équivalent fonctionnel d’une assertion. diverses (autres) procédures d’effacement +INTONATION 2. (sauf stipulation). Tours non tronqués : Vous pensez si elle était là ! Pensez si elle était là ! (« bien sûr qu’elle était là ») Malgré la forme d’interrogation indirecte. l’effacement de la proposition racine : l’interrogation est attribuée à quelqu’un d’autre. vous pensez si (à la différence de vous savez si123) est confiné à l’exclamation.1. si. quel…. pas vrai ? exclues !] Mais enfin. [structure de phrase assertive] Mais elle est là ! (en réponse et s’opposant à une assertion de l’interlocuteur : Marie ne viendra pas. U’je (univers du locuteur en un temps autre que t0).1. mécanismes de pseudosubordination que/ ce que). d’indéfinition.7) & réalisateurs. quant à la valeur de vérité de la proposition elle était là.3. la mise en doute interrogative est présentée comme injustifiée. Qui exprime l’ignorance du locuteur.1. Exclamation non graduelle121 2. combien de… .2.3. interrogative rhétorique (question oui/non à réponse orientée) ou interrogative indirecte en si + INTONATION . U’ (image d’univers) .1.Ui (univers d’un locuteur donné à l’instant i)/ Ui+k (univers d’un locuteur donné à l’instant i+k)/ Uje (univers du locuteur (actuel)).2. et négative à une question affirmative (Le vois-tu là ?).} mais elle est là.p vérifié jusque dans les cas extrêmes (parcours des possibles : mondes potentiels m (relevant de l’univers de croyance U)) / fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) Exclamation graduelle Forme interrogative (inversion du sujet clitique. n’est-ce pas ?) Qui ne l’accepterait ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Qui ne l’accepterait ? (= « n’importe qui l’accepterait. 2. Uil (univers de de il). Autres constructions :  [exclamation non graduelle & emphase par extraction du constituant focalisé (phrase clivée) : C’est maintenant que tu le dis ! C’est René qui a été surpris ! (GM : 405).3.) Comparer à l’assertion (enchaînement en discours homogène): {Nous ne l’attendions pas. non graduelle Forme assertive. n’était-il pas présent quand la décision a été prise ! Comparer à la question inversive correspondante (une question à réponse orientée): N’était-il pas présent quand la décision a été prise ? (= il était présent quand la décision a été prise.cit. tout le monde l’accepterait ») Comment est-ce possible ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Comment est-ce possible ? (= « ce n’est pas possible ») →exclamation contradictoire : le réel contredit les attentes du locuteur. de consécution (si/ tellement + adj/ adv & ellipse de la subordonnée consécutive). car se heurtant à l’évidence des faits. Selon l’inversion de polarités : réponse affirmative à une question négative (N’est-elle pas charmante ?).2.2.3.1.2. Classement des phrases exclamatives (Martin 1987 : chap. Comparer à la question indirecte oui/non correspondante : Vous vous demandez [maintenant] si elle était là [alors].3.2. de comparaison (comme). 33 .3. combien….1. 2. Uon (univers ‘anonyme’ [ ?] – s’agirait-il de la voix publique [comme dans les dictons et autres proverbes] ?).3.2. 2. 121 122 123 Exemples de l’op.3. qu’est-ce que).

GM : 406). [formes interrogatives : questions oui/non directes (inversion simple du sujet clitique). apud GM : 407). cela ne me ferait rien » (→infinitif de souhait)).3. Octave !125 (…) tu as un pied de rouge sur les joues ! (Musset. que p est de fait vrai dans tous les cas. [Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’ ) »] 2. montée de la courbe mélodique sur juge (le prédicat quantifié quant à l’intensité de la propriété : ici.3. [écart en intensité de la propriété] Quel juge a été désigné ! [→bien mauvais. où p est déjà négatif) vrai dans un monde contrefactuel) [Subjonctif de protestation]: Moi. Est-elle charmante ! Si elle est charmante ! 2. 2.3. que je fasse une si pauvre chère ! (« je ne ferai pas… ») [Infinitif d’exclamation]: Moi. [Formes sémantiquement liées au contrefactuel – formes qui évoquent non-p] : Même Pierre est venu ! (« Pierre n’est pas venu » est vrai dans plusieurs mondes contrefactuels : sa venue est étonnante en t0) Il est déjà là ! (=on s’attendait à ce qu’il ne fût pas encore là) S’il avait réussi ! (« Pierre n’a pas réussi » est vrai pour le locuteur) Dommage que tu ne sois pas avec nous ! (« Tu es avec nous » (=non-p.3. p.1. ici : connotent) la fausseté de p dans au moins un monde possible (comme il en va en général des questions fermées (interrogations totales : « le locuteur ignore si p si et seulement si. je ne m’en lasse jamais ! (GM : 406) [exclamation non graduelle renforcée par apostrophe et/ou interjections] : Quoi !124 cette nuit ne finira donc pas ! (Bernanos. Comparer : Est-elle charmante ! / ???Est-elle ingénieur ! Est-elle grande ! /*Est-elle grande de 1m85 ! *Que ce triangle est isocèle ! 2.1.2. cit.2. indirectes (si dubitatif)] Ces formes « suggèrent » (je dirais plutôt. à ses yeux. Voir Naples et mourir ! (« Si je voyais Naples je pourrais bien mourir. l’intonation exclamative indiquera. signification des exclamatives morphosyntaxiquement semblables aux interrogatives partielles : écart quantitatif en nombre ou écart en intensité de la propriété)] 2.& ellipse de la copule : construction de fait exclusive de l’interrogation ] Quelle fille charmante ! (*Quelle fille charmante ?) 124 125 126 127 Interjection.   Et [sujet] qui ne [Verbe] pas ! « ajout d’un argument négatif » : Et Tristan qui n’est pas là ! (GM : 406) [exclamation non graduelle & emphase par dislocation du Topique] : La grammaire.1.3.1.3.2.3. [Formants qui se rattachent au composant « parcours des possibles »] 2. [formes interrogatives : questions qu. 24)126) .3. montée de la courbe intonatoire sur le même mot.3. elle..3.2.3. héron.directes (portée sur le syntagme nominal dans son entier exclue . renoncer à mon projet ! (« je ne vais pas renoncer … »). Exclamation graduelle Pré-requis : prédicats désignant des propriétés sujettes à gradation. p est faux dans au moins un monde possible » (de son univers de croyance – op. descente sur juge)/ Quel juge a été désigné ! : départ bas sur quel.1. 2.2.1.2.3. en tant que juge : écart quantitatif en intensité de la propriété : noter les données prosodiques distinctes de la phrase interrogative correspondante127] [questions qu. même dans le cas où on pourrait le supposer être faux (cas extrême).3. de la qualité de juge).1.3. Apostrophe. Ce qui revient à reformuler en termes de mondes possibles la sémantique des questions fermées OUI/NON. Quel juge a été désigné ? (accent focal sur quel. il n’ya pas d’exclamation qui corresponde à une QAI ouverte (interrogation partielle) telle : Qui a été désigné comme juge ? #Qui a été désigné comme juge !). Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) » 2. 34 .2.

‘combien’) (vs conjS).Condition nécessaire : propriété « attachée de manière durable » au sujet (définition d’une « classe de référence »)128. hors ligne. postuler des ‘opérations énonciatives’ trop étoffées en amont de ce qui se laisse effectivement observer (lien entre opérations sous-jacentes et formes observées rétabli à coup de troncations) participe d’une politique assez douteuse : comment en effet traiter les troncations requises – en ligne. en termes de simple proximité formelle superficielle (rapport homonymique des constructions). (les données diachroniques s’y opposeraient : qu’est-ce que p ! attesté le plus tard).3. nous en rapprocherons plutôt la forme des questions appel d’information à complément de relation telle Qu’est-ce qu’il a écrit(. Glose bien plus difficile (moins naturelle) pour : Qu’est-ce qu’il a écrit comme bouquins ! [quantification d’objets vs intensité de propriété]. « … » … (énumération des bouquins écrits (titres) : référence à des particuliers) & glissement d’une lecture qualitative (d’identification : énumération de particuliers) à une lecture quantitative (nombre de(s) particuliers (énumérés)132. ni de que p (par troncations successives) – cf.Mais ce rapprochement n’est lui-même pas entendu comme pertinent en synchronie.. provoquant le parcours des possibles] cela est. note 22. et reproduisant ainsi. le que initial (en termes génératifs : complément(is)eur) suspend la valeur de vérité de la proposition : c’est par le truchement de la principale que la subordonnée peut se voir assigner une valeur de vérité). ce ne sont ni plus ni moins que des évolutions diachroniques. Rob. tantôt (et c’est là je crois l’option correcte) on pose ce rapport. il faudrait y voir des ellipses (avec tout ce que cela comporte de restrictions en syntaxe et sémantique grammaticale) . C’est là une analyse sémantique de type ‘what you see is what you get’ qui n’exige plus d’implicite laborieux (rasoir d’Occam131). en français.7.1. « combien ») : dérivé du que interrogatif « pourquoi ». apud Nouv. la solution la plus simple.2. 35 .) comme bouquins ? – à réponses visées non du type de : Il a écrit des romans (spécification de l’espèce de bouquins (prédication sortale)) mais du type de : Il a écrit les romans suivants : « … ». il s’agirait au contraire d’une pseudo-subordination.2. en matière de recherche scientifique. op. 2. 2007). Principe d’épistémologie qui privilégie. malgré l’apparente relation de parenté formelle entre qu’est-ce que P !/ ce que P !/ que P !. 131 132 Le rapport à l’interrogation invoqué dans la référence citée en termes assez ambigus : tantôt on allègue une sorte de ‘source’ d’ordre interrogatif (approche informellement transformationnelle). C’est-à-dire : qui suspend la valeur de vérité : dans une subordonnée (Je crois que Marie est charmante). du moins 128 129 Op. également analysées dans la référence commentée en termes de pseudo-subordination. à l’instar des tours Ce qu’elle est charmante ! Qu’elle est charmante !. le rapport à l’interrogation n’est plus directement pertinent en synchronie: la phrase exclamative comporte un ouvreur d’alternatives épistémiques à proprement parler exclamatif (spécialisé pour l’exclamation) – ainsi qu’il est aisé de le prouver : *Qu’est-ce qu’elle est belle ? (avec l’interprétation visée ici pour que : « à quel point » vs « pourquoi »130) . Contre-argument à l’analyse en termes de subordination : l’inversion du sujet clitique !!! Qu’elle est belle ! *qu’est-elle belle ! (subordination) Qu’est-ce qu’elle est belle ! (phrase racine) Nous adopterons ici l’analyse plus directe selon laquelle que1 est un adverbe intensificateur QU. L’auteur met en garde cependant que. 1992) et de Martin (1987). analyse conforme à l’avis des dictionnaires de langue. mais grammatical. mais relatif ( ??« que cela est. qu’est-ce que p ! n’est pas à l’origine de ce que p. ce qu’il a écrit comme bouquins »). Sous cette analyse. Le tour serait glosé à: « Que [que1 suspensif129. à savoir que [que2 appositif] p (= (qu’) elle est charmante) ».3. en synchronie. où que2 n’est plus appositif. En général. Comparer : Quelle fille fatigante ! /*__________fatiguée ! Quelle fille maladive ! /*_________ malade ! Qu1’est-ce qu2’elle est charmante ! Selon Martin 1987. Cela vaut (plus ou moins) de l’ensemble des analyses de Culioli (1974. 107. signifiant « comme ». Diachronie (étymologie de que adverbe exclamatif intensificateur.cit. comparer à À quel point est-elle belle ? insolite sémantiquement si ce n’est pragmatiquement (À quel point est-elle intelligente ? c’est bien mieux comme acceptabilité).(‘à quel point’. une évolution sémantique déjà réalisée en latin pour quid (étymon de que interrogatif « pourquoi »). chap. [écart quantitatif en nombre] Quant aux phrases exclamatives en Qu’est-ce que… à sémantique de quantification d’objets (que2 relatif). 130 Olivier et Roland. P. cit. p. que n’êtes-vous ici ? (Hugo.

Martin) du fait que.2.3. que fonctionne comme relatif. à la fois avec l’interrogation et avec l’exclamation. [exclamation graduelle renforcée par apostrophe et/ ou interjections & forme (surtout) interlocutive 136: pseudo-subordination (voir 2. 2. belle comme Vénus.3.2.2.2.3. et non comme conjonction de subordination). assez de.3. peu de…) – que de spécialisé pour l’exclamation #Qu’il y a des gens dans la rue ! 2.3. apud GM : 406) Comparer : Fou que tu es ! [-gradation sur un prédicat par ailleurs gradable]/ Que tu es fou ! [+gradation] 133 134 135 136 Grammaire méthodique… GM : 404. dans ces contextes (=quantification d’objets).3. résidu d’un cela)] Ce qu’il a écrit comme bouquins ! (*Qu’il a écrit comme bouquins !: preuve (selon R. Mécanisme postulé par Culioli 1974 (schémas circulaire de repérage).6. comparer une jeune femme à ellemême pour ce qui est du charme « conduit à la conclusion qu’elle est exemplairement » charmante (propriété quantifiée dans l’exemple donné).à l’origine interrogatif.3. etc.pas au sens fort (qui consisterait à voir dans l’exclamative une transformée de l’interrogation correspondante).2. dont ce est l’antécédent. du point de vue de la propriété P (quelle que soit cette propriété). le prédicat est vérifié] Elle est si charmante ! Comparer à l’assertion correspondante non tronquée : Elle est si charmante que vous allez l’épouser. supra) à extraction du prédicat susceptible de gradation (Topicalisation-focus)] : Octave ! [apostrophe] ô [interjection] fou que tu es ! (Musset.2.3. Que1 doit être analysé en synchronie en termes d’ouvreur d’alternatives épistémiques portant sur le nombre. 2.3.3. 2.3.7. directement (« combien ») – compatible.3.2. [consécution – sans conséquence spécifiée : quelle que soit la conséquence. [indéfinition – à compléments/ qualificatifs possibles seulement suggérés : tous ces compléments (parcours des possibles) vérifient ce qui est dit] Elle a un (de ces) charme(s) ! Elle portait un chapeau (un de ces chapeaux) ! C’est d’un pénible ! 2.3. introduisant une proposition en apposition à ce (selon l’auteur. Ouvreur d’alternatives épistémiques à statut de quantifieur (déterminant quantitatif : beaucoup de. spécialisé dans l’exclamation134] Comme elle est charmante ! Comme elle s’exprime bien ! Analysé dans Martin 1987 en termes d’auto-repérage135 : [elle est charmante] comme elle est charmante + ellipse de la phrase racine. Interprétation : si on l’avait comparée à x (laide comme un pou.4.5. parcours des possibles présupposé] Le charme ! Le chapeau ! Ce charme ! Ce chapeau ! Dérivation postulée : Elle a un chapeau (indéfinition déclenchant le parcours des possibles déterminations (compléments))→ Le chapeau qu’elle a ! → Le/ Ce chapeau ! 2. [tours elliptiques définis : contre-exemple apparent . dans cette logique. ?Folle qu’elle est !/ OK Qu’elle est folle ! 36 . [pseudo-subordination : que suspend la valeur de vérité et déclenche le parcours des possibles] Qu’elle est charmante ! Ce qu’elle est charmante ! [quantification sur l’intensité d’une propriété : que = conjonction de subordination. : comparant spécifié distinct du comparé). [comparaison – sans comparant spécifié : mot qu.2. Combien de films ont été censurés ! Combien de courage a-t-il fallu ! Que de trésors éclos en mon absence! (Colette. apud GM133 : 404). lui. on aurait présupposé que x est exemplairement P .

Pour la distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). mais non redoublée d’une topicalisation de l’objet → phrases « thétiques »). descriptive. 138 Mise en vedette du foyer d’information nouvelle par un présentatif (c’est… qui/que. Cela en légitimera le traitement transformationnel (vs basique): le topique et le commentaire sont envisagés. par opposition au couple sujet/ prédicat. impersonnel (disparition du thème (ou : topique). tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe Mircea) – où les capitales marquent l’accentuation focale). aux types de phrase facultatifs : • • • emphase (topicalisation137 . donc à nouveau : dé-topicalisation du sujet. C’est À PAUL que je voudrais parler. note 32. dans cette version du modèle. défini en termes fonctionnels relatifs à la base de a grammaire (constituant syntagmatique responsable de la génération de la structure profonde) – Chomsky 1965 : 221. 137 Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. comme nous l’avons déjà évoqué dans le chapitre introductif. comme des fonctions définies (exclusivement) au niveau des structures superficielles. il est déjà parti pour Paris. voilà… que. focalisation&clivage138) . 37 . Au sens des Aspects… la hiérarchie informationnelle d’une phrase énoncée participe d’une « fonction d’emphase » au sens large dépourvue de contribution sémantico-logique (=contribution propositionnelle. ou indication de force illocutionnaire). les modalités de message ressortissent.3. en particulier dans les langues dépourvues de tours présentatifs susceptibles d’instancier des structures phrastiques à clivage. Syntaxiquement parlant. Les modalités du message L’interprétation des modalités dites ‘de message’ concerne de manière cruciale la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). Voilà TROIS JOURS qu’il est parti. …) : C’est PAUL qui est arrivé le premier. passif (dé-topicalisation du participant agissant au procès & topicalisation du participant non agissant) . car n’affectant pas le ‘contenu informationnel du message’. ou à clivage rarement employé.

L’élément en question est marqué comme celui – à l’exclusion de toutes les autres alternatives – pour lequel la prédication vaut (parcours exhaustif des possibles). En même temps.(nombre illimité d’alternatives épistémiques ouvertes. c. interprétation de la construction entière). C’est à Paris que j’ai acheté mon chapeau. par d’autres caractéristiques phonologiques (prosodie). 3. le cas échéant. et non à Londres. sont séparées par une pause ainsi que. - constructions in-situ : focus d’information. Il s’agit de la partie de l’énoncé qui représente une information nouvelle (nouvelle pour l’auditeur) non-présupposée. Constructions in-situ à opérateur de focalisation restrictif (par ‘exclusion d’addition’ vs ‘exclusion de substitution’) : J’achète mes chapeaux seulement à Paris139.1. mais [je l’ai acheté] à Paris. la réponse à une question QU. J’ai acheté mon chapeau à Paris. C’est là une différence essentielle par rapport aux constructions de topique. par des procédés différents.3. c’est la possibilité de substitution d’une autre option à l’option actuellement en focus). Ces constructions exhibent des traits sémantico-pragmatiques différents (interprétation des termes focalisés. Grammaire fonctionnelle : catégories Focus et Topique. le ton. même rôle sémantique): Je n’ai pas acheté mon chapeau à Londres.-à-d. lexicaux (comme les particules sensibles au focus (=opérateurs de focalisation) : seulement) et syntaxiques (comme la position du terme focalisé). Typiquement. 38 . Focus : l’information relativement la plus importante ou saillante dans la situation de communication donnée. Un élément est choisi dans l’ensemble des alternatives contextuelles possibles.1. en règle générale par un ensemble de moyens phonologiques (comme l’accent. à focus symétriques – même fonction grammaticale. Négation restrictive: Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris J’ai acheté seulement mon chapeau à Paris. la prédication. L’entité en focus et la partie non-focalisée. en français. mais à Paris. cet élément se trouve en contraste avec les autres options (ce qui est exclu.1. - constructions ex-situ : focus d’identification (ou : de contraste). Le marquage grammatical du focus est réalisé. Typiquement. parcours non exhaustif) : Où avez-vous acheté votre chapeau ? -J’ai acheté mon chapeau à Paris. information considérée par le locuteur comme devant être intégrée par l’auditeur parmi ses informations pragmatiques en toute priorité (Dik 1997:326). si bien qu’il reste une lacune (analysée en grammaire générative (version « standard étendue » : « théorie du gouvernement et du liage ») comme trace de l’élément déplacé en tête de phrase). J’ai acheté mon chapeau non pas à Londres. Position d’accent de phrase déterminée par la syntaxe (‘règle d’accent noyau’ – Chomsky 1971). la phrase phonologique). - position canonique (in-situ) : le terme focalisé garde sa place ‘de base’ (position à légitimation sémantique propositionnelle vs fonctionnelle) . position ex-situ : le terme focalisé se trouve à l’initiale de la phrase. La position de l’argument focalisé dans la partie présupposée (non-focalisée) de la construction n’est pas comblée. Comment tu le trouves ? Un ‘accent noyau’ dans une position autre que celle prédite par la règle indiquerait un focus expressif ou contrastif : Jai acheté mon chapeau à Paris (non ma jupe) ! Constructions in-situ et focus de contraste (constructions corrélatives. 139 Variante restrictive : Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris. en français (comme en anglais) : membres de phrase les plus à droite (derniers à être prononcés) : J’ai acheté mon chapeau à Paris.

qui se trouve en position périphérique (détachée). Noter que l’emploi du terme « lié » est ici informel. Topique : ce dont on parle (« aboutness ». les pronoms personnels clitiques ne seraient jamais des Topiques. Paul m’a téléphoné hier) ferait l’affaire. je n’ai toujours pas de nouvelles142. nécessairement tonique. descriptif (à ne pas confondre avec la notion technique générativiste de liage. on ←y danse: topique 140 Ou : celui-ci. 3. le topique. le frère de l’interlocuteur est (ledit) Paul) – bref. Parmi les définitions (concurrentes) les plus fréquentes dans la littérature. « à-propos ») – le topique chez Lambrecht (1994) et chez Dik (1997). conditionné à la c-commande du « lié » par le « lieur »). les clitiques redoublent. un certain nombre de propositions subséquentes. dans la situation d’énonciation donné. lui. 39 . Paul. à la position casuelle (fonction sujet).Négation restrictive: Je n’ai acheté que mon chapeau à Paris. à la différence de descriptions nominales plus fournies ou de pronoms démonstratifs. du fait que. l’élément peu informatif : le thème dans les travaux développés par l’école de Prague.2. y compris la répétition du syntagme nominal d’origine (en l’occurrence : Oui. Topique intégré : Tu as des nouvelles de Paul ?/ – Oui. le caractère plus ou moins informatif étant formulé en termes de degré de dynamisme communicatif . dans les constructions à topique détaché. toute anaphore nominale (fût-elle ad hoc).  repérage s’appliquant à l’état de choses (fait exprimé par l’énoncé ou l’énonciation) auquel réfère la phrase (adverbiaux) . nous mentionnerons les suivantes (perspective informationnelle et/ ou cognitive):   le point de départ psychologique et/ou positionnel : le thème chez Halliday (1994) . mais aussi. un cas de topique détaché lié.   l’élément connu : amalgame entre statut informatif et accessibilité cognitive . ←il140 m’a téléphoné hier. non lié: Paul. Topique détaché (non intégré).  signalent ce sur quoi porte le segment en tête duquel ils sont détachés. Dans le même logique. Topiques: Fonction de repérage: Cadres (de discours – Charolles 1997):  repérage s’appliquant aux participants à la prédication principale (arguments) . puis par Firbas (1992). lié141: Paul. la notion de cadre : Chafe (1976). possiblement. Topique détaché (non intégré). Cadre spatial: Sur le pont d’Avignon on danse (vs Le pont d’Avignon. ou : ton frère (si.1. par contre. je n’ai toujours pas de ←ses nouvelles illustrera. ←il m’a téléphoné hier. 141 142 Au sens de Sophie Prévost (Prévost 2003). Noter que selon certains auteurs.  indexe(raie)nt non seulement la proposition à l’initiale de laquelle ils se trouvent.

non pas le membre de phrase à statut syntaxico-sémantique symétrique. le terme de topicalisation sera entendu dans ce qui suit au sens de « topicalisation-Topique ». ou à clivage rarement employé. Paul. dans le second conjoint. 145 En cas d’explicitation de l’alternative rejetée (phrase complexe construite par juxtaposition). tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe MIRCEA) – où les capitales marquent l’accentuation focale145). Sont des extrapositions les positions de périphérie gauche. tous les chats sont gris. Topicalisation progressive: syntagme topicalisé antéposé (liant le clitique in-situ) dépourvu de marques casuelles. Au 17e siècle. annoncé par le clitique argumental et pourvu de marques casuelles. Une extraposition vient en sus des positions argumentales et/ou casuelles canoniques y associées (dont sont respectivement justiciables le rôle sémantique et la fonction syntaxique des syntagmes). Dans cette acception. 40 . en l’absence de qualification. Paul. J’y→ vais tous les ans. Topicalisation/ Focalisation: stratégies discursives de construction du Topique et respectivement du Focus (à contreparties syntaxique et phonologique (réalisateurs). vouées à interprétation fonctionnelle discursive actionnelle et/ou informationnelle (positions qui interviennent dans la réalisation syntaxique des modalités d’énonciation et de message). Si le locuteur poursuit son discours sur les chats. je←lui ai légué ma montre en or. NU pe Mircea). ainsi que fonctionnelle (interprétation)). ←il m’a téléphoné hier. mais la négation (Pe PAUL îl caut. En revanche s’il se lance dans une énumération des événements caractéristiques de la nuit (agressions. Topicalisation: opération (syntaxique) de déplacement en tête de phrase (frontalisation) ou bien: à l’une des frontières de la phrase (extraposition – à gauche/ à droite. on y dans. -détachement).détaché lié143) Cadre temporel: La nuit. on y danse… » ? Cadre lié ?! Pause-virgule. Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. je n’ai toujours pas de (ses) nouvelles. neutralisée discursivement quant à la distinction fonctionelle (=interprétative) Topique/ Focus. 143 144 Que faire alors du refrain de la vieille chanson « Sur le pont d’Avignon. Dans la littérature on parle aussi bien de position détachée (que ce soit par clivage ou par des moyens prosodiques (pause-virgule)) et de syntagmes détachés (qui en arrivent à occuper de telles positions. Ce qui ne les empêche pas d’assurer en même temps une fonction de cadrage (…) par rapport aux événements qui les caractérisent. Suite linéaire non respectueuse du principe d’iconicité. la condition paysanne était rude. Topicalisation régressive: syntagme topicalisé détaché à droite (postposé). j’←y vais tous les ans. seront appelées topicalisations aussi bien le déplacement en tête de phrase/ à l’une des frontières de la phrase du constituant voué à interprétation fonctionnelle de topique que celui du constituant voué à interprétation fonctionnelle de focus:   Topicalisation-Topique (+extraposition. +détachement) Topicalisation-Focus (+extraposition. l’accent focal frappe. actualisée en particulier dans les langues dépourvues de structures phrastiques à clivage. ou du XVIIe siècle (vie des autres catégories sociales…) on peut considérer que ce sont « la nuit » ou « le XVIIe siècle » qui ont un statut de topique. avec ou sans détachement144). vols de voitures. souvent. en surface)). Paris. rencontres étranges…). il est déjà parti pour Paris. à Paris. Cadre thématique: Quant à Paul. ou sur la condition paysanne. Suite linéaire respectueuse du principe d’iconicité (ce qui est connu/ donné est énoncé d’abord). ceux-ci constitueront le topique principal de l’énoncé. À distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). Tout dépend de la suite du texte. Cela dit.

in C. Charolles Michel (2002) – « Les adverbiaux cadratifs : fonction et classification ». Charolles Michel (1997) – L’encadrement du discours : univers. la tête Focus prenant le syntagme Complémenteur interne pour complément. C) interviennent crucialement tant dans le codage grammatical des modalités d’énonciation que dans celui des modalités de message. dans les subordonnées complétives (ou relatives) .fr/siteACFT/Documents/CharollesAdverbFoncClass4111. à/ de/ e147+ infinitif. Une position C externe indicateur de Force (assertive. 1-73. Lambrecht Knud (1994) – Information structure and sentence form: Topic.pdf. Elements of Grammar. sélectionnant un TP ou un IP : c’est là une dernière position de redondance morphologique . New York. Une position de Focus. - - - Ces catégories/ positions permettent une meilleure analyse syntaxique des types de phrases obligatoires aussi (par exemple.ens. Des positions de Topique optionnelles et itérables (entre C interne et Focus. tête dont les positions de spécification (Spec. d’une analyse « fine ». 25-55. Arnold. definiteness. Li (éd. que+ indicatif. la tête Force° prenant un Topique-P149 pour complément : toute phrase sera donc un cas de ‘Force-P’.) Subject and Topic. Grammaire générative : analyse fine de la périphérie gauche. et d’un spécifieur (éventuellement déplacé depuis la région référentielle de la phrase). Berlin. qui rappelle le caractère fini (tensé) ou non fini (non tensé) de la phrase. que+subjonctif. 41 . en général148 déplacé depuis la région référentielle de la phrase. topics and point of view ». Cambridge: Cambridge University Press. pp. Dordrecht: Kluwer. 281-337.). (1976) – « Givenness. Si dit dubitatif serait inséré en syntaxe directement à la position Focus (adjoint incorporé à la tête focus°). et un autre syntagme XP. de Gruyter.).2. 3. Cahiers de Recherche Linguistique 6. Initialement (théorie standard étendue) appréhendée comme catégorie fonctionnelle « complémenteur » (ou : « complémentiseur »). Firbas Jan (1992) – Functionnal Sentence Perspective in written and spoken communication. et supérieure(s) au Focus) . dans ce qui sera désormais appelé le « domaine » Complément(is)eur : - Une position C interne. Cambridge. Academic Press. du complément de cette tête (Focus-P). subjects. Dik Simon Cornelis (1997) – The theory of functionnal Grammar. catégorie sans réalisation phonologique dans les phrases racines (tête phonologiquement vide) . Luigi (1997) – « The Fine Structure of Left Periphery ». http://www. Morphème à réalisation phonologique zéro (la notation e venant de l’anglais empty (= vide)). Halliday Michael Alexander Kirkwood (1985. pour spécifieur . in L Haegeman (ed. contrastiveness.lattice. interrogative etc. London. notée « C ». en français. 2e éd.Je lui→ ai légué ma montre en or. à partir des années 1995. 1994) – An introduction to Functionnal Grammar. la périphérie gauche bénéficiera. and the mental representations of discourse referents. 146 147 148 149 Rizzi. Focus. champs. Bibliographie minimale : Chafe Wallace L. qui distingue non pas une. Université de Nancy-2. Cambridge University Press. à Paul. mais quatre catégories (positions) fonctionnelles distinctes. N. dans le cadre de l’approche cartographique (école générativiste italienne). Syntagme formé de la tête Topique°. domaines et espaces. des phrases interrogatives à inversion complexe). en principal à la faveur des contributions de Luigi Rizzi : Nous nous référerons dans ce chapitre à la première version de cette analyse (Rizzi 1995 (1997146)).

par l’intermédiaire de F. L’analyse syntaxique de ces constructions concerne la périphérie gauche de la phrase. La sémantique étoffée du syntagme prépositionnel ou adverbial ŕ Spec.3. spécifiée par un PP/ AdvP complément non sélectionné par le verbe. le VP comme ‘sujet de prédication’. 42 . L’emphase. cet Adverbial (un PP ou un AdvP) sélectionne. La focalisation in-situ n’est pas analysée comme un cas d’emphase. La GGT standard analyse en termes d’emphase les constructions à topique détaché (non-intégré) et les constructions à Focus ex-situ.Force QU-P Force +Interr Foc tQU -P Foc Foc Top DPi Top Top +fini Oů [+fini] = ‘∀[+Temps]’ [+ i {REVEN(IR)+Futur 3pl} +fini] fin TP Oů : [ T P tlesétudiants [T’ t{REVEN(IR)+Futur3pl} [FP tquand [F’ F [VP tREVEN(IR) tlesétudiants ]]]]] Oů F = catégorie fonctionnelle de prédication optionnelle ŕ sémantique vague (ici : [+Repčre temporel]). le focus ex-situ est typiquement instancié dans des phrases clivées. en tant que prédicat sémantique. lui. Quand les étudiants reviendront-ils ? 3. et qui prend le VP pour complément. En français.F est en relation hyponymique ŕ la sémantique catégorielle de F .

. Actes du XIe séminaire de Didactique Universitaire (Constanta 2004. aura été.4. 153 Les constructions V+ CODinf. a eu été. Notons également que. lire qq. à qqn). ACLIF). Boire du café m’a été vivement déconseillé par mon médecin (= Mon médecin m’a vivement déconseillé de boire du café). dans : Interaction entre sémantique et pragmatique. *Le sommeil du juste est dormi… Expressions figées : casser sa pipe (= « mourir »). Seules les formes perfectives de passif étaient analytiques (parfait passif = esse (au présent de l’indicatif) + participe parfait passif accordé en genre et en nombre avec le sujet (amati sunt (= ils ont été aimés))). ch. peuvent « être mis au passif » (conjugaison passive vs conjugaison active) des verbes transitifs directs (+COD : ouvrir qq. les verbes transitifs indirects (parler de qq. appelée par les grammairiens français (à partir du XVIIIème siècle) ‘voix’151 et réalisée à l’aide de l’auxiliaire être + verbe au participe passé (accordé avec le sujet grammatical) : La traite est (a été.3. …)) et des verbes di-transitifs (+COD.. 3. 1. n’est pas un COInd mais un COD du verbe recteur. va être. dans les constructions actives correspondantes. de+inf. peuvent être mis au passif : Ordre formel a été donné aux soldats d’attaquer à l’aube.) Il est possédé du Démon Il est possédé par la jalousie (fig. 150 Tel n’était pas le cas en latin. tenir tête à (= « résister à »). pardonner à : Vos ordres ont été obéis./ *Ce livre est eu par Marie. nager. contribuer à qq. 43 . et des verbes à COD qui ne sont jamais mis au passif : - Avoir. Introduction. dormir le sommeil du juste. comme en roumain. s) ! Soyons bien entendu(e)s là-dessus ! La traite étant (ayant été) avalisée. Je doutais que cette traite fût avalisée par un banquier suisse. était. avait été.. Comparer : Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc/ Le Coran l’interdit aux Musulmans. …). : « il est dominé par… »). 152 J’ai été eue = « j’ai été trompée » (fig. inaccusatifs : aller qq. … Des tours tels donner ordre (aux soldats.4. À de rares exceptions près. Bucarest : Ed. écrire qq.… . aurait été) avalisée par un banquier suisse. suggérer).. ainsi que l’atteste la pronominalisation en le. posséder (dans leur acception première152) : Marie a un livre. serait. Je doutais que cette traite eût été avalisée par mon banquier suisse. partir qq. Université Ovidius. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier avant que notre banque n’engage aussi sa signature. casser la croûte (= « manger »). ch. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier suisse pour que notre banque engage aussi sa signature. et respectivement Je me flatte de bien parler l’allemand/ Je m’en flatte. Le passif. part. d’attaquer à l’aube). eut (vite) été.4. 3. s’il avait eu vent de la situation obérée de son tireur. Verbes modaux + infinitif153 : Marie peut marcher/ *Marcher est pu par Marie.ch. ch.1. sont assez régulièrement rébarbatives au passif. parler à qqn. faire allusion à (qq ch). … La traite doit être (avoir été) dûment avalisée. donc des verbes qui ont un complément d’objet direct. ama-ba-nt (=ils aimaient)/ ama-ba-ntur (=ils étaient aimés). fut. confirmer. le passif est une forme analytique du verbe 150. …) n’ont pas de ‘conjugaison passive’. Cette corrélation n’est cela dit pas parfaite : il existe des verbes sans COD qui peuvent être mis au passif (les transitifs indirects (dés)obéir à. etc. penser à qqn/ qq. sera. …) : *Sa vie est vécue (par Jean). Morphologie passive. et en dépit de l’absence d’article. 73-95). ASE. ch. part.1... vivre sa vie. Claude (2005) – « Diathèses et voix en français ». où le passif était une forme synthétique : on distinguait entre ama-nt (=ils aiment)/ ama-ntur (=ils sont aimés).ch. vient d’être. à l’instar des intransitifs (inergatifs : danser. +COInd : donner qqc. Vous serez pardonnés). Confirmation expresse nous en a été donnée par courrier du 15 courant. part. faire autorité (= être reconnu comme une autorité (dans un certain domaine) »). En français. donner confirmation (à qqn. de qqch). néanmoins on dit bien: Manger du porc est interdit aux Musulmans (= Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc). En français. Verbes à COD interne (pleurer des larmes de joie. Allusion a été faite à cet épisode malheureux dans l’allocution du Président. bien qu’ils correspondent à des verbes (ordonner. Sois (Soyez) félicité(e. venir de qq. 151 Les grammaires anciennes parlaient de : ‘genre’ ou de ‘signification’ du verbe pour désigner l’opposition entre « action » et « passion » (Muller.

Contre-exemple apparent.2. Comparer : J’ai vendu cette bagnole à un ami. Tous les étudiants aimaient ce professeur. 3. 44 .4. -défini) Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive sans agent Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) ________ Pas de complément d’agent Ces livres ont été vendus en trois semaines. DE…) Verbe au participe passé (≠ été) Verbe ETRE auxiliaire de voix Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) Complément d’agent Votre société a déposé le meilleur projet. P. (Pourtant elle n’a obtenu qu’un tiers du financement sollicité). mesurer (trois mètres). Il existe des énoncés qui ne sont attestés qu’au passif : Nul n’est censé155 ignorer la loi. 3. travailler le jour (= »pendant… ») Courir (le cerf. apud Muller 2005 : 76). On a vendu ces livres en trois semaines. Limites de la corrélation construction active/ construction passive.2. 2007). Le meilleur projet a été proposé par votre société. Cette bagnole a été vendue à un ami (*par moi). (Wilmet 2003 : §581.4. 1. peser (une tonne). « chaser en leurcourant après »). Il existe des phrases actives sans correspondant passif exhaustif (complément d’agent exclu) : les phrases actives à sujet pronom personnel clitique. Ce professeur était aimé de tous les étudiants. Rob. le sanglier . (Pourtant il a été rejeté par le Ministère).1. dans les phrases passives. 1. Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet ON (+humain. courir (deux kilomètres). Expression du complément d’agent.4. Le complément d’agent est largement optionnel. coûter (la peau des fesse).- Verbes à faux COD :  Complément de mesure : valoir (une fortune).… : *Une fortune est value (par ce tableau) Complément de temps : dormir la nuit.2. par les lexicographes (Nouv. puisque censé est analysé comme vrai adjectif. A l’impossible nul n’est tenu. Construction passive vs construction active154. marcher (deux kilomètres).2. ditransitif Voix ↓ Entité qui agit (Agent) Evénement dénoté Ancrage temporel Entité qui subit (Patient) Complément d’objet direct Sujet ←Rôles et valeurs sémantiques ←Réalisateurs syntaxiques active passive Sujet Complément prépositionnel (PAR…. faire (= »mesurer ») deux mètres de long. Classe syntaxique du verbe ↓ Transitif direct. les jupons (= « courir après ». sans que le sens verbal (passif d’action ou du procès ne s’en trouve affecté) : Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés par un seul représentant ? Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés en un mois ? 154 155 Voix au sens de Muller 2005. en français contemporain.1.   3.

Elle a été touchée par une balle (sens propre : verbe d’action). 45 . être déterminé par…. P. 2007). pour cause de livraisons défectueuses/ *Ces licenciements ont été entraînés. Les touristes ont été étonnés par la beauté de ces sites historiques (sens dérivé. Ces licenciements ont été entraînés par la perte de plusieurs contrats importants. Elle est touchée de votre sympathie (emploi figuré : verbe de sentiment) 156 Mais. être entraîné par…) : Cette hausse des prix a été causée par une fiscalité oppressive/ *Cette hausse des prix a été causée. Ces détails sont souvent ignorés par nos dirigeants (verbe de connaissance assimilé à un verbe d’action). Il n’est pas compris de tous. être submergé de pressentiments (+ de travail)… L’enfant fut saisi de peur. Il fut saisi d’une peur panique156. apud Nouv. être saisi de peur. par une curiosité violente.Complément d’agent obligatoire (exceptions) : (1) (2) verbes d’accompagnement (être précédé de…. être compris de… Il est aimé de tous. (+ de stupeur). être adoré de. être méprisé de. (2’) Verbes d’action à agent abstrait (sans article ou à article indéfini) : être frappé d’étonnement. Ce mécanisme ingénieux a été conçu (+ imaginé) par un simple contremaître (verbe psy assimilé à un verbe d’action : noter le rapprochement sémantique du verbe créer (être créé par…)). être apprécié de. Le public était trop ému par la scène pour applaudir. être respecté de. (sens étymologique : verbe d’action). être haï de. et employer par : saisi par une émotion irrésistible. Le chasseur est suivi de ses chiens. Rob. tous ces licenciements auront été déterminés. MAIS : Je suis impressionnée par la beauté de ces sites. J’ai été accablée d’injures [complément de moyen !] par la foule déchaînée. Ce projet a été mis département. Le diamant a malheureusement été étonné (= fêlé) par le jeune apprenti. Cet arbre a été frappé par la foudre. Choix de la préposition. verbe psy assimilé à un verbe d’action : le passage à la figure n’est pas toujours accompagné d’un changement de la préposition à : DE). de honte)./ *Le chasseur est suivi. (2) Verbes d’action à agent concret (référence définie) Le voleur fut saisi par la Police. … . être suivi de…) : La réunion fut précédée d’une allocution du président/ *La réunion fut précédée. par un souvenir tout-puissant (Gobineau. dans ce cas-ci également. être estimé de./ *En fin de compte. DE + SN Par + SN (1) verbes d’action (et y assimilés) : Il fut appelé par le prof. tous ces licenciements auront été déterminés par l’arrêté ministériel qui nous oblige à étaler les amortissement sur 25 ans : nos équipements battent de l’aile et nos technologies sont dépassées. En fin de compte. on peut dans certains contextes envisager l’agent abstrait comme une sorte d’agent concret. Le pays a été submergé par l’ennemi. en place par votre (1’) verbes de sentiment et de connaissance : être aimé de. Le prof a été frappé d’étonnement. être accablé de soucis (+ de remords. verbes exprimant la cause (être causé par….

être câliné. Exemples : Mon jardin est entouré de haies.J’étais submergé d’étranges pressentiments . Ce test discrimine les procès (+pendant…) des événements (+en…) . des verbes d’accomplissement ou des verbes d’achèvement (+en…). Aussi n’y-a-t-il rien d’étonnant à ce qu’un tas de verbes qui acceptent pendant… ne se comportent-ils pas. être cajolé. La terre est couverte de neige. les verbes d’activité (+pendant…). non habituelle. au passif. Nos employés étaient submergés de travail (3) Verbes d’accompagnement dénotant une action intentionnelle. nous avons là des compléments instrumentaux plutôt que de vrais compléments d’agent. le résultat (l’état) : a) b) 158 159 être caressé. + PUIS/ ENSUITE/ AUSSITÔT APRÈS (succession d’événements) 3. être regardé.2. 3. La salle est peu à peu vidée. Le plancher était rongé aux rats. Exemples : La villa du P-DG est entourée par des jardins à l’anglaise. Le texte est lu __ 157 Verbes qui n’expriment jamais en français. être cajolé. La rue est bordée d’arbres.1. le passif n’étant pas processuel (et donc pas agentif). PEU À PEU. être secoué (au sens propre) abattre. … Ce tapis était mangé aux mites. être mangé aux vers. être écouté. Critères sémantico-syntaxiques (tests distributionnels) 1a. décapiter. au passif. Aussitôt après les rideaux sont tirés) + (La porte est fermée lentement. + LENTEMENT. mais comme des verbes d’activité ou de procès : être caressé. en trois minutes etc.). tuer… Exemple : Napoléon faisait le bilan de la bataille : deux mille soldats français* étaient tués (ETAT ! OK morts : copule+adj)/ OK avaient été tués : ACTION !) Tout autre intervalle de temps ferait l’affaire (en trois jours. passé] [sujet] ? (3’) Verbes d’accompagnement dénotant une situation habituelle : Le chasseur est suivi de ses chiens. Passif d’action (passif du procès) vs passif d’état (passif du résultat). assassiner. envisagée dans son unicité : La petite fille est suivie par un clébard à l’air féroce. être entendu.3. Le rideau est orné de fanfreluches. Elle était accompagnée par un jeune homme hirsute (4) verbes d’état dont le participe passé garde entière sa valeur verbale : résultat d’une action antérieure (passif du résultat). guillotiner. Le criminel sera accompagné par nos gendarmes jusqu’à la frontière. être câliné. être vu.4. Question : PAR QUOI EST [part. + EN … heures158 (durée : limites atteintes) 1b. exécuter. pendre. Les cimes étaient couvertes par le manteau étincelant des neiges éternelles. Elle était accompagnée de son mari. VITE (manière : déroulement dans le temps) + (Puis le phare est éteint. Question : COMMENT EST [sujet] ? Complément d’agent en à (passif du résultat): être rongé aux mites/ aux rats. (4’) verbes d’état dont le participe passé a (ou : acquiert) une valeur adjective (constructions attributives): complément instrumentaux plutôt que vrais compléments d’agent. La réunion fut précédée d’une allocution du président. L’étrange phénomène a été vu pendant quelques minutes. comme des verbes d’état. fusiller. au sens de Vendler 1967. pourtant. PROGRESSIVEMENT.au sens de Vikner 1985 . être secoué . être ressenti… Exemples : L’enfant malade est caressé pendant quelques minutes afin qu’il s’endorme. + PENDANT … heures (durée : intervalle ouvert) Action (procès)157 + (Ces établissements ont été fermés en quelques heures) __ État (résultat) __ + (Ces établissements ont été fermés pendant quelques heures)159 __ 2. 46 .

La maison est progressivement repeinte). +ATTENTIVEMENT. seulement à autres paramètres égaux. même en présence d’un complément d’agent. Ce paysage était manifestement peint par un maître flamand du XVIIème siècle. être écrit par. le résultat (l’état) si être est à une forme non perfective simple. être fait par. À CONTRE-CŒUR (manière : caractère intentionnel de l’action) 5a. + complément d’agent exclusif de l’auxiliaire être à une forme perfective composée ou au passé simple rapidement.4. + (Le texte est lu attentivement. être approuvé par. Cet arrangement floral est visiblement réalisé par un maître de l’ikebana. + complément d’agent sans restrictions quant à la forme de l’auxiliaire (en particulier si aux formes interdites pour la lecture résultative) +(Le contrat d’achat a(vait) été paraphé par Julien Vasco __ 160 Les verbes susceptibles d’emplois au passif d’état ou du résultat à vrai complément d’agent sont des verbes dénotant des actions telles que le fait que l’état résulte de l’action de X plutôt que de celle de Y ou de Z est pertinent (dans la pratique). 5b. et directement visible à partir du (dans le) résultat de cette action : il s’ensuit que l’entité qui subit l’action (ou qui en résulte) est nécessairement une chose concrète. Nous avons constaté que ces demandes étaient effectivement approuvées par l’ANPE. être avalisé par. Vous constaterez que le bordereau de livraison est en effet émargé par votre représentant. 47 . / Les actes sont dûment signés par les deux parties (résultat). être accepté par [en parlant d’un effet de commerce ou d’un papier adinistratif]. être avisé favorablement/ défavorablement par. être peint par. Cette pétition était manifestement écrite par un illettré. un objet sur lequel l’agent aura laissé son empreinte : être signé par. L’ordre est obéi à contrecœur. Le bordereau est émargé par notre représentant)160. être réalisé par… Ces verbes expriment. être émargé par. être paraphé par.) __ __ +(Le contrat d’achat est (était) paraphé par Julien Vasco Nous nous sommes aperçus du premier coup d’œil que l’acceptation était biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. Comparer : Les actes sont ensuite signés par les deux parties (action). être biffé par.

Visée théorique : éliminer les transformations facultatives autres que l’inversion stylistique. Sujet : SN à Cas Nominatif assigné par l’inflexion [+Temps]. Mais le passif continuera à être envisagé comme phénomène syntaxique sans retombées interprétatives sémantico-logiques. 1. Ce paysage a été peint par un maître flamand du XVIIème siècle. toutes choses égales par ailleurs. dans les phrases actives correspondantes. note 3. comme sujet grammatical163 interprété comme thème). ainsi que sur celle des phrases interrogatives et impératives (types obligatoires). le passif se caractérise par la topicalisatio-thématisation de l’argument subissant (réalisé. et commandant l’accord en nombre et en personne du verbe porteur de traits de temps (L’étudiant3sg ouvre3sg la porte/ Les étudiants3pl ouvrent3pl la porte). Chomsky 1971 (1965) : 181 [chap. qui commandera ainsi une transformation obligatoire.4. du point de vue interprétatif (=sémantique au sens large).3]. L’analyse du passif est explicitement alignée. XVI) : Σ→ Const + P Const→ Affir + Passif Passif → Aux 161 162 163 être + SP passif Diathèse au sens de Muller 2005. + déjà (verbe être à une forme composée perfective) 7.3. comme le passif). à l’instar de l’emphase : l’introduction précoce du marqueur de passif n’y est donc pas envisagée comme régie par le même principe que l’introduction dans la base de la grammaire des marqueurs de force illocutionnaires ou de négation (pour la mémoire : pas d’interprétation sémantique des structures superficielles. + déjà (verbe être à une forme simple non perfective) 6b. Le passif comme modalité de message161. + VENIR DE + inf. 48 . 6a. donc pas d’import sémantique des transformations) – cf. Nous avons constaté que ces demandes avaient été effectivement approuvées par l’ANPE. SN complément direct (=sans préposition) du verbe. dans les phrases actives correspondantes. sur celle de la négation (type optionnel ou : forme de phrase. + (La traite vient d’être avalisée). en position postverbale. + (La traite est (était) déjà avalisée) __ __ 3. et l’accord en nombre et en gendre du participe passé des verbes conjugués aux temps perfectifs composés avec l’auxiliaire être (PaulMsg est entréMsg en classe/ MarieFsg est entréeFsg en classe) ainsi que de l’adjectif attribut du sujet (MarieFsg est intelligente Fsg). Nous avons constaté que le bordereau de livraison n’avait en effet été émargé par votre représentant. en position initiale. comme objet grammatical162. et relevant du propos (rhème)) ainsi que par la dé-topicalisation-rhématisation de l’argument agissant (réalisé. Le bordereau fut émargé par votre représentant).Nous savons que l’acceptation avait été biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. Cet arrangement floral a été réalisé par un maître de l’ikebana. À cet égard. les modalités dites de message concernent toutes la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). Rappelons que. Structure profonde d’une phrase passive (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. à Cas Accusatif assigné par celui-ci. seulement du point de vue syntaxique (vs sémantique) : le passif serait lui aussi introduit par un marqueur dès la structure profonde. à l’instar des marqueurs de force illocutionnaire. __ + (La traite a (+ avait) déjà été avalisée). toutes choses égales par ailleurs. dans Aspects… .

il en va de même en français pour les pronoms personnels (clitiques). Les versions plus récentes du modèle limiteront de manière très stricte les transformations entendues comme légitimes en syntaxe noyau (déplacements de droite à gauche et du bas vers le haut. puisque certains verbes y sont rébarbatifs – ceux-là précisément qui s’avèrent rébarbatifs à la passivation (les verbes dits « moyens »).4. *Deux tonnes sont pesées par la voiture/ b. 2a. dans la computation périphérique vers la Forme Phonologique. (3) SN sujet se substitue à SN passif. du syntagme nominal objet direct et du SP passif ). Comparer : 1a. ce constituant adverbial n’est pas complètement étranger à la souscatégorisation par le verbe. sous le noyau. désormais vide. L’introduction du morphème de passif est posée comme réalisée. lui.Aux être → être [+V] + part passé [+aff] SP passif → Prép + SN passif +P Σ→ Affir + Aux être + Prép + SN passif + P Σ→ Affir + être [+V] + part passé [+aff + Prép + SN passif Maintenant : dans le texte même des Aspects… (Chomsky 1965 : 104-105). 3a. Cas syntaxiques et rôles sémantiques. pourvu qu’ils sous-catégorisent un complément de manière – le sujet de surface de la phrase passive n’étant pas alors. Préalables théoriques. de l’autre. (2) SP passif sera déplacé après l’objet direct du verbe (SN2) – en tant que constituant du GV. le groupe verbal est constitué du verbe. le verbe conjugué V étant. Les versions ultérieures du modèle GG formuleront la distinction de principe entre Cas syntaxique. qui ont des 164 Exemples de base empruntés à Chomsky 1971 : 146 [chap. du SN sujet profond (préalablement déplacé sous SP passif (3). à droite de Aux (cette transformation rendant compte de ce que le verbe être va porter les marques de temps de la phrase. …). un Objet direct du verbe – en français. dans la base (=structure profonde) à la faveur d’une règle de réécriture d’un adverbial de manière.164 Cette analyse rend compte du fait que la passivation peut aussi concerner des verbes sans complément d’objet direct (à l’actif). 49 . ces cas-là sont assez rares : Mes ordres seront obéis (comparer à : On obéira à mes ordres). (À cette étape. Jean pesa (lentement. développement des tests de notre main. comme en latin ou en roumain. dans le sens de génération des structures arborescentes). en structure profonde. mis au participe passé). Transformations postulées dans la version standard du modèle GGT (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. Tout en étant optionnel. d’une part. constituant du groupe verbal : Manière → par ∩ passif. attentivement. 2]. Le Cas syntaxique doit être interprété (‘lu’) en morphologie flexionnelle. La voiture pesait deux tonnes/ b. langues à flexion nominale riche (déclinaison) . L’analyse du passif sera remaniée en conséquence. sous le SP passif. l’introduction du « marqueur de passif » en structure profonde n’est pas réalisée à la faveur d’une règle de réécriture qui place d’abord la ‘modalité’ en marge du noyau. attentivement. Jean pesa la lettre. XVI) : 3 déplacements à droite (= ‘descente’ dans l’arbre) : (1) Aux être sera déplacé de sous Const. 2. et rôle sémantique (thématique). 3. 1 déplacement à gauche (montée) : (4) SN objet profond se substituera à la position. …) la lettre (lentement. *La voiture pesait deux tonnes lentement/ b. où il sera ‘traduit’ à un ‘cas [initiale minuscule !] morphologique’ –son réalisateur superficiel: - flexion nominale (affixe flexionnel. La lettre fut pesée par Jean.

reléguée aux distinctions/ sélections sémantiques fines. dans une perspective d’acquisition du langage (par l’enfant). ou bien préfixe casuel (préposition) : 4a. <But> (<Cible>)… La question se pose de savoir si oui ou non il y a lieu de distinguer matrice conceptuelle du verbe et grille de rôles thématiques. 165 De fait. V. en (ablatif))) . La sémantique lexicale du verbe serait par hypothèse (dès le lexique) configurationnelle (iconicité des représentations syntaxiques relativement aux représentations sémantiques ‘pures’). datif). sous forme de « liste » : grille thématique (appelée aussi θ -grille). et l’expression configurationnelle des rôles-θ étant régie par les principes de Projection non ambiguë. les/leur (accusatif/ datif). de Pleine Interprétation et de Prédication. 166 Cette notion est très proche de la CSR (Canonical Structural Realization) qu’introduit. À partir du constat qu’à la fois les rôles thématiques possibles. Grimshaw 1981 : la réalisation structurale canonique d’un objet physique est N. P) et les relations syntaxiques à une tête (Spec1 H /Compl1 H) définissent des inventaires fermés. y (locatif). comme dynamiques par définition). L’inventaire des rôles thématiques varie au gré des linguistes. Je penserai à ce que vous venez de me dire (préposition = simple préfixe casuel)/ b. Hale et Keyser 1993 formulent l’hypothèse que les rôles thématiques sont en fait des dérivés de relations syntaxiques (lexicales) – le caractère limité de l’inventaire des rôles-θ s’expliquant par l’inventaire fermé des catégories substantives et des relations structurales possibles. que défendent Hale et Keyser 1993. en général. Hale & Keiser 1993 : approche configurationnelle aux rôles thématiques (vs liste de rôles). et fonctionner comme compléments de phrase : À Paris j’ai appris à jouer du pipeau). CAT : P /« (inter)relation ». 167 Nous avons cité ici Hale et Keyser 1993. 50 . par exemple. dans ce classement.- formes de nominatif (je/ tu/ il. les catégories substantives (N. CAT : N / « n » (notation du type notionnel associé à la catégorie N – « quel qu’il soit. <Instrument> Arguments locatifs : <Lieu>. non argumentales (rôles sémantiques sans contrepartie structurale et morphologique distincte). au verbe en tant que prédicat sémantique165 : c’est un rôle sémantique ayant la particularité saillante de devoir être réalisé en syntaxe par un argument du verbe (syntagme nominal. De même. tout prédicat sémantique ayant des arguments obligatoires en syntaxe est censé se voir associer de tels rôles dès l’entrée lexicale. nécessairement [+animé] <Force> : causateur non animé. Plutôt que de distinguer <Agent> : participant agissant au procès. en sus de ses traits sémantiques purs (en marge de la matrice conceptuelle du verbe). l’argument interne d’une tête substantive P (préposition) se voit assigner à la fois un Cas syntaxique et un rôle sémantique par cette préposition (ce pourquoi les PP peuvent ne pas être sélectionnés par le verbe. elle/ nous/ vous/ ils. L’approche configurationnelle à l’encodage lexical (vs à l’assignation) des rôles thématiques. étoffées. on parlera de <Causateur> (neutralisation de la distinction animé/ non animé. elles) distinctes de leurs formes obliques (me/te (accusatif. prépositionnel ou adverbial introduits en syntaxe en tant que compléments ou spécifieurs du verbe). J’y penserai (flexion)) Le rôle thématique est lexicalement associé. la/ lui. Un adjectif comme conforme (Ce clause contractuelle n’est pas conforme à la législation en vigueur) aura ainsi un argument <Thème> (le syntagme nominal dont il sera prédiqué : cette clause contractuelle). l’inventaire des Cas sémantiques des grammaires casuelles (sémantique générative) : <Thème> (argument qui ne peut manquer : tout verbe en a un) : participant non agissant au procès. dans le cadre générativiste chomskyen. la notion d’ « événement dynamique » est redondante (les événements (vs situations) étant entendus. celle d’une action est V. A. CAT : A / « état » (notation : s (state angl. Hale et Keyser 1993 : 69). En regard du classement sémantique des verbes de Vendler (1967). V. le rôle thématique est encore appelé rôle-θ (lisez : têta). Du fait qu’il est assigné par une tête lexicale substantive (=douée de traits sémantiques purs). Les catégories substantives (N. mais. etc. A. Les rôles thématiques assignés par la tête verbale seraient ainsi spécifiés explicitement dans l’entrée lexicale du verbe. le. lui. explore les implications et tire les dernières conséquences de l’option théorique selon laquelle la « θ –grille » du prédicat est projetée en syntaxe. de fait » cf. et un argument <Repère> (à la législation en vigueur). P) sont associées à des « types notionnels (ou : contenus notionnels) élémentaires »166 : CAT : V /« événement (ou peut-être événement dynamique) »167 (notation : e).)). <Source>. on reprend.

). et il n’y a pas de « rôles thématiques » si ce n’est en tant que relations lexicales exprimées par des projections non ambiguës et pleinement interprétées de catégories lexicales élémentaires ». Cas inhérents : cas Obliques (assignés par les verbes. auraient une contrepartie configurationnelle obligée. p. Par exemple. 4). (Hale et Keyser. cit. En matière de LRS. [vP v [VP V e]] La LRS du verbe est interprétée en termes des configurations instanciées et des « contenus notionnels élémentaires » associés aux traits catégoriels (ni les TSPs (traits sémantiques purs) des items. et sera introduite dans la dérivation s-syntaxique en tant que catégorie syntagmatique complexe (visibilité de la LRS en syntaxe-s et à l’interface LF) – cf. qui suggèrent que cette position vide soit « étiquetée » d’entrée de jeu (comme il en allait. les prépositions ou par certains adjectifs).Mêmes les verbes « superficiellement mono-morphémiques » sont lexicalement syntagmatiques (phrasal angl. idem. pp. le glissement est fait d’une approche de la θ -théorie en tant que module indépendant ((partiellement) autonome) de la grammaire. la structure relationnelle lexicale du verbe (sa LRS). dans la dernière version de la GGT chomskyenne (programme minimaliste toujours – dérivation par phases). en vertu des principes de Pleine Interprétation et de Prédication. les rôles thématiques et la structure argumentale qui les porte/ exprime constituent le noyau dur de la structure profonde de la phrase (structure-D) : la proposition minimale (entité sémantico-logique) endeçà de l’ancrage temporel (=relations de prédication essentielle). une configuration [VPNP[V’V PP]]. il n’y a aucun processus d’ « assignation de rôle thématique » distinct de la prédication.73). exprimant la sélection d’arguments thématiques. dans la notation Chomsky 1995 : chap. trad. 93-94 – n. Chomsky 1995 (chap. en syntaxe. et reviendrait en fait à récupérer l’hypothèse des sous-catégorisations (des relations de sélection-c) à expression lexicale directe. Les verbes inergatifs sont des verbes transitifs cachés qui incorporent leur argument interne. Hale et Keyser. L’interprétation argumentale est l’interprétation des relations structurales lexicales du La LRS d’un verbe transitif V qui n’a qu’un seul argument interne sera : où e est une position vide à laquelle.4).4) reprend explicitement à son compte l’idée d’approche configurationnelle à l’expression/ interprétation des rôles thématiques. mais cela émarge les visées de ce cours. interprétée n>(e→r). assignés par une tête lexicale à son régime (argument sélectionné morphologiquement) dès la structure-D (structure profonde). à une approche interprétative des rôles thématiques : à la notion d’assignation de rôle-θ se substitue celle d’expression des rôles–θ et donc d’interprétation argumentale (à l’interface de FL)168. Du coup. satisfaisant les conditions de Projection non ambiguë et de Pleine Interprétation (cf. en ce sens qu’ils possèdent une structure qui est syntaxique. exprime univoquement la « θ -grille » de celui-ci. dans l’approche TSE en général. seul un syntagme nominal pourra être fusionné (puisque V n’a pas de Spec). p. dont certains. interprétée (e→n) (un événement crée ou modifie une entité) exprime le rôle-θ interne <THÈME>. L’entrée lexicale du verbe est en fait sa LRS. 170 171 Dans l’hypothèse configurationnelle. art. Parmi les Cas syntaxiques. la distinction sémantique Agent /Force ne peut être faite en tant que distinction argumentale. <SOURCE> ou <LIEU>. verbe.) 169 La philosophie du « verbe léger » est loin d’être la même. des « dénominaux »171 (donnée lexicale – cf. ou s’il veut plutôt dire que : la matrice conceptuelle du verbe consisterait dans un faisceau (liste) de traits. Cette structure. 51 . mais il n’est pas clair s’il étend cette hypothèse à la sémantique du verbe en général. art. certains ont surtout un effet sur la structure de surface (ordre des mots) : ces Cas sont appelés structuraux. Le patron de lexicalisation de tels verbes dérivés est appelé « conflation ».. et un « rôle interrelationnel » <BUT>. D’autres seront directement ‘traduits’ en Forme Logique à un rôle thématique : ces Cas. Notons que nous nous éloignons ici de la lettre de Hale et Keyser 1993. 95. interprétée comme (e1→e2) exprime le rôle argumental externe (n>(e1→e2)) de CAUSATEUR169 (Agent ou Force)170 . sont appelés inhérents. cit. des positions de substitution – mais cette hypothèse a largement été abandonnée in Chomsky 1995: chap. Quoi qu’il en soit. exprime le rôle-θ <THÈME> (= sujet de l’interrelation que [CAT : P] exprime. Cas structuraux : Nominatif (assigné par T) et Accusatif (assigné par un verbe transitif). sujet d’un « prédicat de changement »). ni les autres traits formels FF(CAT) ne sont directement pertinents) : une configuration V-VP (v-VP. Ils sont assignés dans des configurations syntaxiques dérivées (à la faveur de transformations : structure-S (structure de surface)). Hale et Keyser 1993 : 96). l’étiquetage de la position vide est redondant en regard des principes de Pleine Interprétation. 168 « Il n’y a pas de mécanismes linguistiques spécifiques à la structure argumentale. une configuration V NP (ou DP).

il faudrait bien postuler une nouvelle entrée lexicale. et d’une structure de causation. éventuellement en syntaxe. Dans les termes de Muller 2005 : « Pour une phrase active comme Pierre mange le gâteau. tous les transitifs) se laissent en effet analyser comme un cas de ‘Y fait en sorte que X devient V-é’ où V note informellement la racine verbale. Liina (2008) – Introducing Arguments. de l’actif. 109-137. la position de Spec.3. et V-é le participe passé du verbe substantif. Le passif dit agentif (passif d’action ou du procès) étant censé préserver la représentation de l’action. Dordrecht: Kluwer. ce qui en motivera le déplacement à la position d’assignation casuelle Spec. à partir du passif. mais pouvant. comment le principe de projection (des propriétés lexicales du verbe. 3. de façon incrémentielle. corrélativement. comme cas marqué. Cinque). le verbe perd l’aptitude à assigner le Cas structural Accusatif à son argument interne. au niveau de la tête V. Sous cette analyse. Angelika (1996) – « Severing the external argument from its verb”. 79-80). et si on veut être complet. le syntagme verbal devrait être configurationnellement identique à l’occurrence active.5. Cambidge Masachussetts. bien que la sémantique de causation et donc la configuration v-VP subsisterait – ce qui ne laisse pas d’avoir l’air contradictoire). dans certains cas même devant être lexicalisé en tant que Complément prépositionnel . on doit y ajouter la simple relation de l’action en cours : « il y a action de manger » » (art. Les verbes causatifs (et. et obtenir compositionnellement. l’l’hypothèse peut être formulée selon laquelle c’est plutôt l’actif qui est construit. Si la réanalyse ne concerne que les structures syntaxiques. à argument externe introduit auprès d’une tête légère de causation. eds. Révision de l’analyse syntaxique du passif. qui reprend à cet égard l’argument de Kratzer 1996173. voudrait dire qu’il n’y aurait pas de Spec. Telle a été aussi l’analyse GGT standard. comme le complément interne du verbe passif ne reçoit plus de Cas Structural du verbe (privé.3. Cela étant. Sous la lecture littérale. et dans d’autres. il y a en quelque sorte deux propositions enchâssées l’une dans l’autre « Pierre fait en sorte que le gâteau devient mangé ». London. Première question : est-ce le passif qui perd un argument. Le passif perd un argument (l’argument le plus saillant de l’actif) : - absorption de l’argument externe du verbe transitif. à la modélisation de Hale & Keyser 1993.. Hirschbühler & Labelle 1992 (1994) : 209-211). ou l’actif qui en gagne un (pour les verbes transitifs directs en particulier) ? L’analyse traditionnelle dérive le passif. mais il perd de sa saillance.T (position de sujet). 172 173 Pylkkänen. cela reviendrait à postuler une catégorie vide à cette position thématique (et non pas une simple position de substitution. mais une sorte de PRO à référence arbitraire). et. de son aptitude à assigner l’Accusatif). auprès du VP . Données empiriques en faveur de cette analyse : même en l’absence d’un AGENT lexicalisé. par extension. en syntaxe) sera-t-il satisfait ? Une solution consistante avec la modélisation de la GG reviendra alors à envisager le verbe V comme au demeurant sous-déterminé (les TSP du verbe coderaient pour le résultat de l’action). 52 . en dépit des modifications de saillance relative des arguments qui correspondent aux participants agissant et subissant du procès. A intégrer maintenant les suggestions de la référence citée (analyse qui résout en syntaxe la dérivation du passif à partir d’une même tête verbale que celle qui projette la LRS active (causative). c’est comment le verbe pourrait avoir la même sémantique causative. chez qui le verbe léger est explicitement envisagé comme catégorie fonctionnelle de voix). ce rôle reste accessible (à référence certes indéfinie. il devra en acquérir un auprès de T. cit. non marqué..4. à l’impossibilité d’insérer un argument externe épelé près.v serait vide (ce qui. une configuration transitive(-causative). Les phrases impersonnelles. Kratzer. ne pouvant plus être lexicalisé comme sujet. qui introduit le complément d’agent (=Causateur) en tant que prédicat optionnel. England : MIT Press. C’est dans ce sens qu’il faut entendre la sémantique de la configuration v-VP selon l’approche configurationnelle au codage des rôles thématiques (Hale & Keyser 1993). Question corrélative : quel est le patron exact de cette perte de saillance de l’agent ? Si réanalyse sémantique il y a. une configuration passive simple VP. y compris la représentation d’actions en cours. représentée par le verbe léger (dans l’esprit de Pylkkänen 2008172 : 6-7. dans certaines phrases. éventuellement intégrée dans une structure de prédication optionnelle agentive (« FP » = CAUSE (DE). par la morphologie passive (l’argument n’est pas vraiment rayé de la grille thématique du verbe. cas de figure neutre. arbitraire : Son portefeuille a été volé implicite un (quelconque) voleur – cf. Phrase structure and the lexicon. au passif. sous la lecture forte.dans la veine des analyses cartographiques de G. Ce qui est peu clair (pour moi) dans cette analyse. In Johan Rooryck and Laurie Zaring.v.

les formes verbales qui barrent l’interprétation générique sur le sujet (imparfait et forme progressive vs présent) : Un enfant joue dans la cour est toujours susceptible de lecture générique du type de « un enfant. 2. Le référent du terme sujet (si le sujet est un argument nominal : il est arrivé trois étudiants) est traité comme étant une partie intégrante de la situation désignée par la proposition dans son entier .5. présenter un nouvel état de chose (il court de drôles de bruits. anaphorique] avaient l’air désemparés). il règne un silence de mort). *Un enfant était intelligent dans la cour). caractère focal (rhématique) de toutes les expressions argumentales de la phrase. évitant ainsi la topicalisation du sujet » (Muller 2005 : 80). toutes les phrases thétiques ne sont pas impersonnelles : Des enfants étaient en train de jouer dans la cour.3. en l’absence duquel les phrases sont peu acceptables. Un enfant était en train de jouer dans la cour. l’impersonnel met au premier plan l’action verbale sans autre modification. Construction : 1. noter :    le sujet indéfini (Les enfants étaient en train de jouer dans la cour est une phrase catégorique. Le Gré des Langues. les prédicats qui ne se prêtent pas à l’interprétation [+propriété] (comparer : *Des enfants étaient intelligents dans la cour. à sujet thématique qui réfère de façon indépendante). « À partir des mêmes relations prototypiques [définies pour l’appréhension des phrases catégoriques à verbe actif transitif : agent-action verbale. 53 . c. intransitifs : d.  Cf. d’autres dormaient. la présence d’un localisateur spatial (en gras dans les exemples donnés). ■ Toutes les phrases impersonnelles sont thétiques. Phrase thétique : ■ ■ Sert à : rapporter un événement (il est arrivé plusieurs accidents). se retrouve dans le champ de l’assertion. pas à l’intérieur ». distribution des indéfinis et la distinction thétiquecatégorique ». ou introduire un nouveau référent (il en sort du pétrole). le sujet nominal ne réfère pas de façon indépendante. n’étant pas lié au contexte (vs L’amphi était pour le moment vide. y compris l’argument sujet. (1997) – « Classes de prédicats. existence de l’action verbale même]. Les étudiants [sujet référentiel. Paris : L’Harmatan. transitifs directs : Il mange chaque jour une centaine de personnes dans cette cantine/ Voix active : Une centaine de personnes mange chaque jour dans cette cantine. d’habitude) : Des (= « certains des ») enfants étaient en train de jouer. ←ils [sujet référentiel. Construction assez rare en français. Dobrovie-Sorin. Mécanisme fonctionnel allégué : dé-topicalisation du sujet. C. di-transitifs : #__ transitifs indirects : # __. patient-action verbale. inergatifs : #__ inaccusatifs : Il est arrivé trois nouveaux étudiants. ■ Est dépourvue de présuppositions : la proposition dans son ensemble. ça doit jouer dans la cour. défini contextuellement : les étudiants de la fac à l’amphi précédemment introduit dans le discours] allaient arriver d’un moment à l’autre) ni anaphorique (vs Il est arrivé trois étudiants .1. sauf lecture partitive (elle-même conditionnée à un contexte contrastif. b. et la lecture générique est un cas d’interprétation catégorique (à sujet thématique) vs thétique. Conséquence logico-sémantique (interprétative) : phrase « thétique ». De l’eau dégoulinait sur le plancher sont également des phrases existentielles (thétiques) caractérisées . Types de verbes : a.

il faudrait Paul Dupont/ le professeur/ du temps/ (un dictionnaire). c. sg.5. accord 3sg masc. inergatifs : Il a été dansé toute la nuit. Complément d’agent rarissime : Il a été décidé des choses très importantes par le Conseil de l’Université (Muller 2005 : 80). il reste + Nom propre ou SN défini. 1. Il n’est entré aucun étudiant dans l’amphi jusqu’à présent). Quand le sujet réel du passif impersonnel est un objet unique en son genre (dans une situation donnée).) + être (auxiliaire de voix : traits TAM qui donnent l’ancrage temporel de la proposition) + verbe au participe passé accordé avec il en genre et en nombre : m. *Il te l’est arrivé. statut fonctionnel informationnel/ discursif : rhématique). Sujet nominal : le plus souvent indéfini ou négatif (Il y a des livres sur la table. si verbe intransitif. transitifs directs : Il a été promulgué deux nouvelles lois/ On a promulgué deux nouvelles lois. ( ? De drôles de bruits courent)./ On nous a dit beaucoup de choses désagréables transitifs indirects : Il sera obéi à mes ordres/ On obéira à mes ordres. si verbe transitif) en position postverbale. Rassurez-vous : il ne leur a pas été dévoilé le montant exact de votre dette (il n’y a qu’un seul montant qui soit ‘exact’). 174 175 Hanse 1991 : 501. puisque. dépourvu de valeur référentielle (pronom explétif) + verbe (accordé avec il) + SN argumental (« associé de l’explétif » : sujet logique) Sujet (argumental – à rôle thématique non agentif.IL impersonnel fonction sujet (Cas Nominatif. il manque. accord du verbe). Il sera remédié à cet incident dans les meilleurs délais [circonstanciel nécessaire à la complétude pragmatique de l’énoncé176]/ On remédiera à cet incident dans les meilleurs délais. un GN défini reste possible : Personne ne sort ! Il a été volé le portefeuille de Marie (Marie n’ayant eu qu’un seul portefeuille sur elle).2. Trois nouveaux étudiants sont arrivés chez les Dupont. ou non finie : il vaudrait mieux finir ses devoirs avant l’examen) Il y a. il faut. l’hypothèse du Cas Nominatif (assigné par T) est elle aussi problématique. De drôles de bruits courent en ville. d. Passif impersonnel I. 176 Exemple et commentaire emprunté à Muller 2005 – « peut-être pour des raisons pragmatiques de localisation de l’action verbale » (Muller 2005 : 80). Position de complément direct. : événement dénoté) + GN (généralement indéfini175) à valeur référentielle (associé de l’explétif : interprétation argumentale : entité qui subit (patient). 3. Corrélations systématiques forme personnelle/ forme impersonnelle : conditionnées à certains facteurs sémantico-pragmatiques. Construction : Il impersonnel (explétif impur : Nominatif. II. Pour résoudre cette difficulté. Construction sans associé de l’explétif. partitif (et non seulement : indéfini ou négatif): Il y avait là Marie Dupont/ le pavillon de chasse/ du verglas/ (quelques arbres). Un malheur est arrivé chez les Dupont. (Muller 2005 : 80) Ce syntagme nominal ne commandant pas l’accord des formes verbales non plus. Il court de drôles de bruits (en ville). Sujet clausal : proposition subordonnée (finie : il vaut mieux que tu finisses tes devoirs avant l’examen. agentif. intransitifs : e. 54 . di-transitifs : Il nous a été dit beaucoup de choses désagréables. Il est arrivé un malheur/ trois étudiants. Il manque l’essentiel/ la clé174. de toute évidence non accusatif (pronominalisation par le/ la/ les exclue): Il t’est arrivé un malheur. Types de verbes : b./ On a dansé toute la nuit. mais comportement morpho-syntaxique modifié. rhématique. Construction sans associé de l’explétif.

2. Elle est venue de Londres. 177 . etc ) ou d’état (Je suis devenue prof de français). inaccusatifs177 : ___. Verbes qui expriment le changement de place (Je suis allée à la fac. 55 .

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful