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Phrase-modalisee Cours2011 Version 19mai

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1. Phrase modalisée. Notions fondamentales (cours 1-2). 1.1. Phrase/ énoncé.

Phrase : l'unité linguistique maximale (→COMPÉTENCE).

• • •

Constituée de morphèmes (lexicaux et grammaticaux), associés de manière incrémentielle les uns aux autres, selon des règles de bonne formation syntaxique. Niveaux d’analyse pertinents: la syntaxe (règles de formation de la phrase) et la sémantique (contenu de la phrase). Contenu de la phrase : la signification, produit de la signification des morphèmes (lexicaux et grammaticaux) qui la composent (signification dite, de ce fait, compositionnelle).

Enoncé : l'unité pragmatique minimale (→PERFORMANCE).

• • •

Constitué par une phrase (unité linguistique maximale) utilisée dans un contexte précis, dans une certaine situation d’énonciation. Niveau d’analyse pertinent: la pragmatique. Contenu de l’énoncé : le sens, obtenu sur la base de la signification de la phrase et des informations constituant son contexte.

Noter que cette découpe <phrase/ énoncé>, largement acceptée en linguistique contemporaine, n’allait pas de soi chez Saussure (début du XXème siècle), pour qui la phrase procédait, en tant que combinatoire libre de signes linguistiques, de la « parole ».

COMPÉTENCE/ PERFORMANCE (Noam Chomsky1)

LANGUE/ PAROLE (Ferdinand de Saussure2)

Compétence : connaissance que le locuteur-auditeur (idéal) a de sa langue (lexique, syntaxe, phonologie, sémantique).

Performance : emploi effectif de la langue, par un sujet parlant donné, dans des situations concrètes.

Langue : côté social (conventionnel) du langage : trésor collectif. Langue : entité abstraite (système de potentialités : PURES VALEURS) ; code (= système de signes : SIGNES & RELATIONS entre signes). Langue : produit [de l’usage collectif, des conventions] que l’individu « enregistre passivement » Langue : « dictionnaire » →relations associatives (in absentia : paradigmatiques) entre signes linguistiques →combinatoire figée3

Parole : côté individuel du langage. Parole : entité concrète : utilisation individuelle (actualisation) du code de la langue, dans la communication. Parole : « acte individuel de volonté et d’intelligence » Parole : relations combinatoires (in præsentia : syntagmatiques) entre signes linguistiques : combinatoire libre. → !!!Phrase ∈ PAROLE. → !!!Phrase ≠ unité linguistique (opposition linguistique/ langagier)

Phrase ∈ compétence

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Chomsky N. (1965) – Aspects of the Theory of Syntax, Cambridge Massachussets : MIT Press, 1965 (trad. fr., Aspects de la théorie syntaxique, Paris : Seuil 1971). Dans cette section, les renvois à la page concerneront la traduction en français de l’ouvrage cité (Chomsky 1965/1971). 2 De Saussure, Ferdinand (1995/ 1916) - Cours de linguistique générale, Paris : Payot. Publié en 1916, le Cours de linguistique générale a été rédigé par les élèves de Ferdinand de Saussure (1857-1913) à partir de leurs notes (Charles Bally, Albert Sechehaye, « avec la collaboration de » Albert Riedlinger). L’édition 1995 reproduit l'édition originale. Elle est accompagnée de l'important appareil critique établi par Tullio de Mauro.

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Les deux définitions corrélées de la phrase et respectivement de l’énoncé reposent crucialement sur l’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre ces deux types d'unités :

une phrase telle que Je suis arrivée en retard est susceptible de nombreuses actualisations, qui influeront sur sa référence; prononcée par Marie Dupont, le 23 mai 2008, devant le secrétariat de sa faculté, elle signifiera: „Marie Dupont est arrivée en retard (à la fac), le jeudi 23 mai au matin”, et prononcée par Jeanne Dubois, le 4 novembre 2008, dans le hall de la Banque où elle travaille: „Jeanne Dubois est arrivée en retard (au bureau) le vendredi 4 novembre 2008, au matin”; par voie de conséquence, c’est l’énoncé d’une phrase assertive et non cette phrase même (à référence incomplètement spécifiée) qui sera le lieu de l’assignation d’une valeur de vérité (vrai/ faux).

L’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre phrase et énoncé se laisse préciser par l’identification de deux types de mécanismes interprétatifs – l’enrichissement contextuel, d’une part, et le filtrage contextuel, de l’autre :

la signification (compositionnelle) de la phrase doit être enrichie contextuellement pour produire le sens de l'énoncé (voir problématique de la référence actuelle – évoquée tout à l’heure) ; corrélativement, étant donné un énoncé (entendu ou lu), il n’est pas toujours évident d’identifier la phrase dont il est l’actualisation : en cas d’ambiguïté (syntaxique : [SN Le vieux singe] [SV [SN le] [v masque]] (« le vieux primate (m’) empêche de voir quelque chose»/ [SN le vieux] [SV singe [SN le masque]] (= « le vieillard imite un masque »); lexicale : le loup (= « masque de carnaval » ? ou bien : « animal carnassier » ?) est gris), c’est le contexte qui filtrera les interprétations inconsistantes, permettant d’associer, à l’énoncé entendu (ou lu) la phrase correspondant à l’intention communicative du locuteur4.

Ces deux définitions gomment en revanche les divergences structurales censées pouvoir subsister entre énoncé et phrase. Il est en effet souvent suggéré, dans la littérature, que si la phrase est le résultat de principes de composition syntaxique et sémantique, l'énoncé n'aurait pas à être interprété en termes des seuls principes compositionnels, n’étant pas toujours construit en fonction de critères syntaxiques : Moi, tu sais, la linguistique…, ouais, bôf ! Il y aurait donc des énoncés qui ne sont pas pour autant des phrases: « En français, la phrase minimale comporte nécessairement au moins un sujet et un verbe conjugué. En revanche, l'énoncé minimal peut être constitué d'un seul élément, de nature quelconque : des séquences comme « Bonjour ! », « Allô ? » ou « Zut ! » constituent des énoncés, mais pas des phrases5. Des énoncés comme « Moi, partir ? », « Quel désastre ! », « Voir Venise et mourir », ou encore « Là, il va, je ne sais pas, moi, mais sûrement, enfin comment dire ? sûrement réagir, oui, c'est ça, réagir », ne sont pas descriptibles en termes de construction syntaxique canonique de phrases. L'énoncé peut apparaître, tantôt comme une phrase incomplète ou tronquée (« Moi ? jamais ! »), tantôt comme une phrase en quelque sorte « surchargée et bégayante » (« Ma sœur, elle, son concours, c'est pour bientôt »). Si la structure de l'énoncé se différencie souvent de celle de la phrase, c'est parce qu'il s'agit de réalités linguistiques relevant de niveaux différents du point de vue théorique » (Encyclopaedia Universalis, art. énoncé). Nous nous en tiendrons, ici, à la définition fonctionnelle (vs structurale) du couple phrase/ énoncé (définition en termes d’actualisation). Les énoncés syntaxiquement déviants mais parfaitement interprétables du (des) type(s) évoqué(s) précédemment se laissent également analyser en tant qu’occurrences de phrases, à force d’assumer, ne serait-ce qu’en termes opérationnels (vs théoriques), la distinction entre phrases grammaticales, phrases interprétables et phrases acceptables.

Le couple notionnel grammaticalité/ acceptabilité (notions graduelles) est développé, en grammaire générative, en liséré de la distinction compétence/ performance:
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Dans les termes mêmes du Cours de linguistique générale : « combinaisons régulières ». Cf. Moeschler, Jacques et Anne Reboul (1994) – Dictionnaire encyclopédique de pragmatique, Paris : Seuil, 131-132.

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Cela dit, le départ phrase/ énoncé n’est pas toujours aussi tranché en termes de leur structuration respective. Charles-Albert Sechehaye analyse les « énoncés monorèmes » en tant que « phrases à un seul terme », « énoncé monorème » et « phrase monorème » apparaissant en variation libre, dans le texte (Sechehaye, Charles-Albert (1926) – Essai sur la structure logique de la phrase, Tome 1/1, Paris : Champion, chap. I. Accessible en ligne sur : http://roman.ens-lsh.fr ).

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Grammaticalité : conformité aux règles de la grammaire. Concept appartenant à l’étude de la compétence. Acceptabilité : conformité à l’usage (« les phrases plus acceptables sont celles qui ont plus de chances d’être produites, sont plus aisément comprises, moins maladroites et, en un certain sens, plus naturelles » – op. cit., p. 22). Concept appartenant à l’étude de la performance6. Définitions opérationnelles.

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phrase grammaticale : conforme aux règles de la grammaire (D’incolores idées vertes dorment furieusement7) ; phrase interprétable : à laquelle ont peut assigner un sens (même si elle n’est pas bien formée selon les règles de la grammaire : moi, Tarzan, toi, Jane ; moi, la linguistique, tu sais, bôf !) ; phrase acceptable : à la fois grammaticale et interprétable (De jolis agneaux blancs dorment paisiblement ; moi, la linguistique, je peux très bien m’en passer).

1.2. Enoncé/ énonciation. Énonciation : acte individuel d’utilisation de la langue, activité exercée par celui qui parle au moment où il parle. Énoncé : produit de cet acte, qui en garde les traces (marques énonciatives = marques du locuteur; dans les termes d’Émile Benveniste8, initiateur de la « linguistique de l’énonciation », en France : « l’homme dans la langue », « la subjectivité dans le langage »). Parmi les représentants de marque de cette mouvance en linguistique française : Catherine KerbratOrecchioni9, Oswald Ducrot10, Antoine Culioli11.

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La distinction compétence vs performance et l’abstraction du locuteur-auditeur idéal sont autant d’hypothèses de travail participant du cadre général des recherches générativistes dès la version standard du modèle. « L’objet premier de la théorie linguistique est un locuteur-auditeur idéal, appartenant à une communauté linguistique complètement homogène, qui connaît parfaitement sa langue et qui, lorsqu’il applique en une performance effective sa connaissance de la langue, n’est pas affecté par des conditions grammaticalement non pertinentes, telles que limitations de mémoire, distractions, déplacements d’intérêt ou d’attention, erreurs (fortuites ou caractéristiques) » (Chomsky 1965/1971 : 12). Une distinction fondamentale est ainsi établie « entre la compétence (la connaissance que le locuteur-auditeur a de sa langue) et la performance (l’emploi effectif de la langue dans des situations concrètes) ». Est également souligné le fait que la performance ne peut être dite « refléter directement la compétence » qu’à l’intérieur de la première hypothèse de travail avancée, à savoir l’hypothèse du locuteur-auditeur idéal (op. cit., p. 13), et non « dans les faits », puisqu’un « enregistrement de la parole naturelle comportera de faux départs, des infractions aux règles, des changements d’intention en cours de phrase, etc. » (op. cit., p.13). Le rapport entre compétence et performance est un rapport d’inclusion (de la compétence, à la performance) : l’étude de la « performance linguistique effective », oblige à « considérer l’interaction de facteurs variés, dont la compétence sous-jacente du locuteur-auditeur ne constitue qu’un élément parmi d’autres » (idem, pp. 12-13). Mais, corrélativement, « l’investigation de la performance n’avancera qu’autant que le permettra la compréhension de la compétence sous-jacente » (ibid., p. 20). Les données de la performance, en tant qu’observables, se retrouvent en amont de la modélisation de la compétence (ou : « grammaire »), censée « déterminer, à partir des données de la performance, le système sous-jacent de règles qui a été maîtrisé par le locuteur-auditeur et qu’il met en usage dans sa performance effective. » (ibid., p.13, nous soulignons).
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Remarquer la violation systématique des restrictions de sélection sémantique (dormir sélectionne un sujet animé, les adjectifs de couleur tel vert(es), des nominaux concrets, notamment objets physiques, et les modificateurs de verbe tel furieusement, un verbe [+intentionnel]), ainsi que les contradictions (idées ou bien incolores ou bien vertes).
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Benveniste, Emile (1958) « De la subjectivité dans le langage », Journal de Psychologie, 55, repris in : Benveniste, Emile (1966), Problèmes de linguistique générale, tome I, ch. XXI. Benveniste, Emile (1970), « L’Appareil formel de l’énonciation », Langages, 17, repris in : Benveniste, Emile (1974), Problèmes de linguistique générale, tome II, ch. V.
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Kerbrat-Orecchioni, Catherine (1980) – L’Énonciation. De la subjectivité dans le langage, Paris : Armand Colin. KerbratOrecchioni, Catherine (1990-1994) – Les Interactions verbales, tomes 1-3, Paris : Armand Colin.
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Qui articule traitement de la phrase et traitement de l’énoncé en termes du contexte situationnel (composant linguistique : signification de la phrase, composant rhétorique : sens de l’énoncé – étant donné un certain contexte situationnel), et opère, dans le cadre d’une extension originale de la théorie énonciative de Benveniste, inspirée des analyses de texte chez Bakhtine (linguiste russe), la théorie de la polyphonie, une distinction de principe entre locuteur-allocutaire, d’une part, et énonciateur-destinataire de l’autre. Cf. Ducrot, Oswald, (1980) – Les Mots du discours, Paris : Minuit.
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Théorie des opérations énonciatives. Cf. Culioli, Antoine (1990) – Pour une linguistique de l’énonciation. Opérations et représentations, Tome 1, Paris : Ophrys.

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1.3. Phrase/ proposition. Distinction structurale manifeste (distinction syntaxique): →proposition = constituant syntaxique de la phrase. phrase simple (= élémentaire) ⊃ 1 proposition phrase complexe ⊃ plusieurs propositions13 proposition indépendante : Sylvie est allée à la fac. proposition principale : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. proposition subordonnée : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. La notion de proposition indépendante est définie par la négative : ni principale, ni subordonnée (c’est-à-dire : en dehors de toute relation de dépendance). Il s’ensuivra que les coordonnées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac14 et Marie est restée chez soi15) et les juxtaposées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre16) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac, Marie est restée chez soi) seront aussi envisagées comme « indépendantes »17. Dédoublement terminologique phrase/ proposition : Distinction en termes de niveaux d’analyse syntaxique (distinction structurale pas forcément apparente)

→proposition = niveau d’analyse syntaxique inférieur à celui de la phrase12. Phrase : unité syntaxique et sémantique pourvue de spécifications temporo-aspectuelles et modales (ancrage temporel au sens large : Sylvie est allée à la fac).

Proposition : unité syntaxico-sémantique non pourvue d’ancrage temporel, simple structure de prédication (structure argumentale [aller (Sylvie, à la fac)], [marcher (Sylvie)] – augmentée éventuellement de compléments optionnels [à pied [aller (Sylvie, à la fac)]]20, [vite [marcher (Sylvie)]]21). Il s’agit là, sans autre, d’une définition de la proposition comme niveau d’analyse syntaxique inférieur à la phrase (donc : comme constituant syntaxique de la phrase) y compris dans le cas des phrases simples. Rappel : une structure argumentale est constituée d’un Prédicat (sémantique22) et des arguments sélectionnés par ce prédicat. La notion d’argument est empruntée à la logique des prédicats (ou : logique des propositions analysées), plus exactement, à la notation logique des relations de prédication (‘x est f’ noté f(x) - argument d’une fonction, donc), la notion de prédicat étant assimilée à la notion (mathématique, logique) de fonction (MORTEL (Socrate) : ‘Socrate est mortel’). En linguistique structurale française (Tesnière, Lucien (1959) – Eléments de syntaxe structurale, Paris : Klincksieck), on dirait plutôt ‘structure actancielle’ (de: ‘actant’ (sélectionné et donc non optionnel dans l’économie de la phrase), notion syntaxique et sémantique correspondant à la notion d’argument (davantage utilisée dans l’espace anglophone), et opposée à la notion de ‘circonstant’ (non sélectionné et donc optionnel, dans l’économie de la phrase). Sujet et compléments sont, chez Tesnière, des actants qui complètent (ou : satisfont) les valences du verbe (centre de la phrase). Le sujet est le premier actant, les compléments sélectionnés, des actants second ou tiers, les compléments non sélectionnés, des circonstants. Il existe des actants syntaxiques auxquels il ne correspond aucun actant sémantique (les sujets explétifs : il est arrivé trois étudiants), et des actants sémantiques auxquels il ne

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proposition indépendante = phrase simple proposition principale = phrase matrice (= phrase

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Ce qui reformule en fait l’idée que la proposition est un constituant syntaxique de la phrase.

On distingue, traditionnellement, aussi : phrase minimale (qui ne comporte que des éléments essentiels, ineffaçables : le minimum requis pour sa grammaticalité – parfois appelée toujours : ‘phrase simple’), et phrase étendue (qui comporte, outre les éléments essentiels, des « élargissements » (ou : « expansions ») : épithètes conjointes venant élargir les groupes nominaux sujet ou objet, adverbiaux venant élargir le groupe verbal, compléments de phrase venant élargir la phrase tout entière) – cf. Dubois, Jean et René Lagane (1993) – La nouvelle grammaire du français, Paris : Larousse-Bordas : 151-152). Nous préserverons au terme de phrase simple l’acception courante en grammaire générative (phrase uni-propositionnelle, opposée à la notion de phrase complexe (=multi-propositionnelle)), et opposerons à la phrase étendue (= phrase qui comporte des éléments non sélectionnés, optionnels mais : non propositionnels eux-mêmes – quel qu’en soit le niveau d’incidence), la phrase minimale.
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Premier conjoint : une proposition indépendante. Second conjoint : une autre proposition indépendante. Veuillez noter que la phrase complexe n’est pas, elle, soulignée comme un tout (virgule comprise) !

Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

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racine)18 Spécialisation structurale (en grammaire générative notamment) : phrase racine (=matrice)/ proposition enchâssée. N.B. Que l’on prenne le dédoublement terminologique proposition indépendante/ phrase simple pour une relation d’équivalence substantive (et donc transitive : ‘toute proposition indépendante serait une phrase simple et toute phrase simple, une proposition indépendante’) ou que l’on veuille distinguer minimalement propositions indépendantes et phrases simples (‘toute phrase simple se réduit à une proposition indépendante, mais toute proposition indépendante n’est pas du coup une phrase simple’19), sous cet éclairage, il n’y a pas moyen de distinguer entre (dans cet ordre-ci :) phrase simple et proposition indépendante. Il y aurait donc coïncidence (triviale) entre phrase simple et proposition indépendante en tant que niveaux d’analyse syntaxique. Un résultat pas très heureux.

correspond aucun actant syntaxique (l’objet ‘zéro’ de phrases elliptiques telle Cela dépend [« de quoi ? »]). Les notions d’argument et d’actant ne sont cela dit pas strictement parallèles : le nom modifié par un adjectif épithète conjointe (la belle Venitienne) est bien l’argument de cet adjectif (analysé, lui, comme prédicat sémantique), sans pour autant en être l’actant. Une fois la proposition appréhendée comme simple structure de prédication (structure argumentale, éventuellement étendue), non soumise à ancrage temporel, toute phrase simple devrait être constituée d’un syntagme (=groupe de mots) instanciant la relation de prédication sémantique essentielle, enchâssé (en l’absence de compléments non sélectionnés (=prédications optionnelles)) sous une catégorie fonctionnelle portant les traits de temps-aspect-mode pertinents pour l’ancrage temporel (au sens large) : voir Fig. 1 ci-après. Cette catégorie, notée T (T de Temps) réunit les traits de temps-aspect-mode du verbe (les ‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle de la phrase), ainsi que ses traits d’accord (traits de personne et de nombre), redondants, eux, de traits de mêmes valeurs d’un argument nominal du verbe (en français, il s’agira du sujet). Si les traits de temps-aspect-mode d’un verbe sémantiquement plein (=verbe ‘substantif’ vs auxiliaire ou verbe postiche) seront composés, lors de l’interprétation sémantique de la représentation générée en syntaxe, à la matrice de traits sémantiques purs de celui-ci, les traits d’accord, qui n’ont aucune pertinence interprétative sur le verbe, ne le seront pas ; ce sont leurs corrélats sur l’argument nominal sujet qui seront interprétés.

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.Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

Une phrase simple est constituée d’une (seule) proposition indépendante, et certaines phrases complexes sont construites de plusieurs propositions indépendantes – celles qui n’instancient pas de relation de dépendance sémantico-syntaxique, à savoir les phrases complexes composées par juxtaposition et par coordination. Le jeu des formes verbales suggère déjà que c’est là notre option.
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Phrases simples correspondantes : Sylvie va à la fac à pied./ Sylvie ira à la fac à pied./ Sylvie est allée à la fac à pied./… Phrases simples correspondantes : Sylvie marche vite./ Sylvie marchera vite./ Sylvie marchait vite./…

Prédicat sémantique vs prédicat syntaxique (au sens de la grammaire traditionnelle) : dans le cadre du prédicat nominal (=copule+ attribut du sujet), seul l’attribut du sujet est un prédicat sémantique (un ‘prédicatif’, en termes de grammaire structurale). Prédicat sémantique vs ‘groupe prédicatif’ (grammaire structurale) : l’analyse structurale des ‘phrases étendues’ distingue, outre le sujet (GN1), deux niveaux, incrémentiels : le groupe verbal GV (=verbe+ compléments sélectionnés), et le groupe prédicatif GPréd (=GV + compléments de verbe non sélectionnés), la structure de la phrase étant Ph = GN1 + GPréd. À l’intérieur d’une telle approche, la notion de ‘groupe prédicatif’ recoupe plus ou moins la notion logique de prédicat (vs sujet) d’un jugement (exprimé par une proposition susceptible de se voir assigner une valeur de vérité (ou bien vrai ou bien faux)), mais le verbe (à valences satisfaites par le sujet et (le cas échéant) par son ou ses compléments obligatoires) n’y est pas le seul prédicat sémantique. Les compléments non sélectionnés par le verbe (analysés comme des ‘Groupes Adverbiaux (notés GAdv), même lorsqu’ils sont exprimés par des groupes prépositionnels (Sylvie va à la fac à pied), voire par des groupes nominaux (compléments directs qui ne sont pas des compléments d’objet, tels les compléments de prix ou de mesure : j’ai payé/ acheté ce meuble 1000 euros/ trois fois rien, j’ai nagé 1000 mètres), se laissent également envisager en tant que prédicats sémantiques : ce seraient des prédicats optionnels, dans l’économie de la phrase, qui sélectionnent, eux, un certain (type de) verbe/ groupe verbal (ce qui expliquerait l’existence de relations de sélection sémantique fine entre ces éléments : *Sylvie va à la fac à l’aiguille (OKCette nappe est brodée à aiguille), Sylvie va à la fac à pied (*Cette nappe est brodée à pied).

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ind.T =TP Ancrage temporel (phrase) 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. Sylvie va la fac 6 .. 1. 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig.

et d’un noyau (abréviation : P. vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? Définis. Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. et de constituants facultatifs (négation. Cette transposition en français n’harmonise donc pas les rapports entre les deux notations. emphase. par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. qui en détermine la modalité. emphase et passif – notés entre parenthèses dans la formule cicontre) :  Affir25  Interr  Imp . il aurait fallu sans doute avoir ici : Π (lire : « pi »)/P). 23 24 25 Dubois. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. formé d’un élément obligatoire (soit Affir(mation). dans la lecture de Dubois & Dubois-Charlier 197023). 7 . Syntaxe de la phrase modalisée (version générative-transformationnelle standard – Chomsky 1965/ trad. Jean et Françoise Dubois-Charlier (1970) – Éléments de linguistique française : syntaxe. forme affirmative)/ négation (type négatif. à ce que je vois). de phrase24) : Σ→ Const + P (lire : « Σ se réécrit comme Const + P »). en termes (implicitement) transformationnels. 1. Paris : Larousse (collection « Langue et langage »). en structure profonde (niveau de représentation syntaxique dont est justiciable l’interprétation sémantique).4. En anglais : S. impersonnel). dans la littérature. dans l’énonciation. un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). Toute phrase Σ (lire : « sigma » – le terme anglais correspondant ayant l’initiale S(entence)) est formée. à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. de sentence. Paul n’est pas là pour l’instant. mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). Tu viens ?/ -Je ne peux pas. fr. Les types de phrase facultatifs (= formes de phrase) sont : - des constituants de phrase optionnels27.4. d’un constituant de phrase (abréviation : Const). à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). Phrase noyau/ phrase modalisée. Bien que l’on puisse affirmer que non-p en langue naturelle (J’affirme qu’il n’est pas là. Nous prenons nos distances par rapport à la nomenclature en place dans Dubois & Dubois-Charlier 1970. et je peux le prouver). l’affirmation en tant que telle ne saurait être dite négative sans contradiction. Const → + (Nég) + (Emph) + (Passif) Marqueur sous-jacent de la modalité. L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. soit Inter(rogation). comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. Riegel et al. forme négative) »). soit Imp(ératif)). mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types).1. 2004 (1994): 386). à structure syntaxique. lui.1. ou descriptif (=représentationnel : négation28) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. Les types essentiels sont: - des constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types).1971 (Aspects de la théorie syntaxique). morphologie et intonation spécifiques. employant « affirmation » pour l’une des deux formes logiques possibles (« affirmation (type affirmatif. et (le cas échéant) des types de phrase facultatifs (= formes de phrase). ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . en alphabet grec et latin (dans la logique de Σ/ S. et dirons plutôt « assertion (type assertif) ». sur ce point précis. 2004 (1994) : 386-387). Le constituant est. il y a hésitation sur la marque du pluriel. (cf. parce que parler d’« affirmation négative » nous semble participer de la contradiction dans les termes. 26 27 28 Souvent. ce Constituant engendrera les types de phrase essentiels ou : obligatoires (= types de phrase26).

fr. The Hague (trad. et les phrases modalisées en étaient dérivées par transformations. résultat des transformations portant sur cette structure profonde. N. Harris) et dans la première version de la grammaire générative (Chomsky 1957/trad. seule la structure profonde fera l’objet de l’interprétation sémantique :   Catégories → /Règles de réécriture/ → Structure profonde : interprétation sémantique. 4. l’emphase. [déclarative affirmative active non emphatisée] 2. La notion de phrase noyau coïncidait à cet observable linguistique. restrictions sémantico-distributionnelles liées à la subordination/ à l’enchâssement (*C’est Paul qui est-il venu ?). Sous l’analyse purement transformationnelle des types de phrases/ formes de phrases. la nouvelle analyse de la phrase ne privilégie plus le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) : la notion même de ‘type de base’ perd tout contenu propre. Structure profonde →/Transformations/ → Structure superficielle : forme (ordre des mots observé). la négation31. *C’est le déca que prenez. et une structure de surface. En bon français. Ce noyau est maintenant postulé en tant que niveau d’analyse pertinent (analyse en constituants immédiats). par l’intermédiaire de règles de réécritures (inscrites dans le composant de base de la grammaire). [clivée négative d’une phrase déclarative passive] N’est-ce pas par une vipère que la brebis a été mordue ? [clivée négative interrogative de la même phrase passive]. [déclarative affirmative passive non emphatisée] C’est par une vipère que la brebis a été mordue. on s’évertue à rendre compte des mêmes observables en termes du rapprochement des constituants optionnels et respectivement obligatoire30. Mouton. ‘modalisée’. Paris : Seuil. S. puis. OK Prenez le déca (décaféiné). par hypothèse. mais n’est plus susceptible d’instanciations per se au gré des énonciations et n’est jamais. Des deux représentations générées en syntaxe. 5. structure argumentale distincte) sont autant d’éléments susceptibles de fournir à cette analyse des motivations indépendantes. phrase clivée & impératif (mise en vedette du complément par le présentatif c’est… que…) et impératif : *c’est… que+ verbe à l’impératif33 . 31 La question se pose de savoir si les observables eux-mêmes imposaient un tel biais ou si ce n’était là que l’influence de la modélisation précédente. OK Le café est froid. 3. Phénomènes de portée de la négation (C’est Paul qui n’est pas venu (emphase à départ négatif)/ Ce n’est pas Paul qui est venu (négation d’une phrase déjà emphatisée). Cette analyse-là était consistante avec le statut privilégié de la phrase assertive. Rappelons qu’au sens de cette modélisation de la grammaire. en logique – seule phrase en langue naturelle donnant lieu à une proposition logique (lieu du vrai ou du faux). Sous l’analyse non-transformationnelle. et transformation impérative/ interrogative par la suite. L’analyse des phrases-types en grammaire transformationnelle (non générative : Z. réanalyse du passif comme donnée morphologique/ lexicale (radical verbal passif non trivialement distinct du radical actif. issue de l’insertion lexicale des catégories. certaines combinatoires de types sont de fait barrées : • • 29 30 mise en vedette de l’attribut (du sujet) par le présentatif c’est… que… : *c’est … que X est32 . La ‘phrase noyau’ est de fait désormais plutôt appréhendée comme ‘noyau de la phrase’– toute phrase susceptible d’être énoncée étant. Introduisant le marqueur abstrait de modalité dès la structure profonde. (1957) – Syntactic Structures. 32 33 *C’est froid que le café est.  L’introduction de Const dès la structure profonde permet de rendre justice au postulat selon lequel « les transformations ne peuvent introduire des éléments porteurs de sens » (Chomsky 1971 (1965) : 180-181). en syntaxe seraient générées non pas une. Une vipère a mordu la brebis. Structures syntaxiques. La brebis a été mordue (par une vipère). [déclarative affirmative passive à complément d’agent mis en vedette : phrase clivée] Ce n’est pas par une vipère que la brebis a été mordue. fr. les transformations étaient entendues procéder de manière ordonnée : passivation avant emphase. Chomsky. 1969).. donc. qui introduit la modalité (Const) dès la base de la grammaire (en structure profonde). le passif. Singulier puisque les constituants obligatoires sont par hypothèse mutuellement exclusifs. dont on dérivait tous les autres types (et toutes les formes de phrase aussi). de la phrase. 8 . emphase avant transformation négative. directement observable. puis. par rapport au Noyau : le constituant le plus à droite dans la formule sera le premier introduit dans la base – en l’occurrence. mais deux représentations : une structure profonde. 196929 ) privilégiait le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) en tant que type de base. Comparer : 1.

aussi bien l’emphase que le passif (et. note 32). Toute subordonnée enchâssée sera donc analysée comme un CP (un syntagme complément(is)eur) : Jean dit [CP queC [TP Marie est jolie]]/ Jean ignore [CP siC [TP elle est à la fac]]/ Dis-lui [CP deC PRO34 partir]. complément de la tête (première catégorie avec laquelle la tête fusionne formant ainsi un constituant complexe): Compl. outre la sélection d’une proposition subordonnée à verbe fini (+Temps). Les complément(is)eurs que (+indicatif) et si (dubitatif) expriment. C contribuerait crucialement au codage grammatical de ce que l’on pourrait appeler sans autre ‘l’ancrage discursif’ de la phrase). le complément(is)eur étant. «impératif ».2. Béni soit-il !). Les versions plus récentes de la GGT reformulent le marqueur sous-jacent de la modalité (Const) à une catégorie fonctionnelle qui prendrait TP pour complément : le complément(is)eur C. mais aussi les traits d’accord (traits de personne et de nombre). une fois composée structuralement à son complément. X . 163.4. Chomsky 1971 (1965) : 186. lui (l’homme [CP dont [C’ C [TP tu as épousé la fille]]]). 343) ignore un certain nombre de détails. p. et. épelé (l’homme [CP LEQUEL [C’ queC [TP j’aime]]]).  La reformulation. sujet d’une infinitive . catégorie qui réunit –rappelons-le – les traits de temps-aspect-mode du verbe (‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle→ ce qui en fait une sorte de déterminant du verbe). Retenons pour le moment qu’au sens de Chomsky 1965. Chomsky 1971 (1965) : 180-181. étaient-ils analysés comme relevant (au mieux) des « effets de surface » sur l’interprétation (sémantique – cf. le syntagme relatif (opérateur de relativisation) spécifiera un complément(is)eur non épelé. qui dans les relatives à antécédent du type de l’homme qui est arrivé est en fait le complément(is)eur. respectivement la valeur assertive de la complétive enchâssée. lui. et la valeur interrogative de celle-ci (question à réponse oui/non) . ‘accordé’ au Nominatif avec l’opérateur de relativisation non épelé (sans forme phonétique) dans son Spec. déterminant du nom : référence nominale) et de T (T de Temps . le complément(is)eur est d’abord envisagé en tant que catégorie capable de convertir une phrase en complément du verbe (position typiquement vouée à un syntagme nominal). continuaient de fait à être analysés comme phénomènes syntaxiques sans retombées interprétatives sémantico-logiques : l’interprétation sémantique (des structures générées en syntaxe) était envisagée comme restreinte au représentationnel et à l’actionnel (force illocutionnaire). note 9 . mais sur l’argument nominal (sujet)). Paris : Plon.d’autres sont marquées. Ruwet. Catégorie syntaxique fonctionnelle (vs substantive). 9 . Nicolas (1967) – Introduction à la grammaire générative. Tout syntagme est supposé instancier les relations structurales suivantes : - tête X (catégorie terminale qui projette) . ou bien sera analysé comme phonétiquement nul. à l’instar de D (D de : déterminant . Appelé ainsi en référence notamment aux propositions subordonnées enchâssées. le complément(is)eur C est censé exprimer des composants non référentiels de l’intention informative du locuteur. « négatif » (cf. principalement. ainsi que les effets de sens communément imputés aux « divergences d’accentuation » entre une phrase active et sa contrepartie passive. par Dubois & Dubois-Charlier 1970. Rappel. tout en rappelant le caractère fini (+Temps) ou non fini (-Temps) de celle-ci – voir Fig. ayant trait notamment au passif et à l’emphase : nous y reviendrons plus tard. ayant respectivement trait à la dimension actionnelle (« force ») et à la hiérarchie informationnelle de la phrase énoncée (bref. Aussi les « effets de sens » liés à l’emphase. par le complément d’objet indirect lui). une subordonnée non tensée (-fini). correspondant alors à la conjonction introductive d’une complétive. le complément(is)eur des phrases racines est typiquement non épelé (=dépourvu de matrice phonologique). alors. moment où de fait C se substituera pour de bon au marqueur de modalité de la version standard du modèle (noté Const in Dubois & Dubois-Charlier 1970). Selon une analyse déjà classique par Richard Kayne. Ré-analyse du marqueur abstrait de modalité : la catégorie complément(is)eur (C). pour commentaire. Dans une proposition relative (restrictive). de la thèse chomskyenne des marqueurs sousjacents (seuls) responsables du sens « interrogatif ». L’analyse sera ensuite étendue aux phrases racines (propositions indépendantes comprises). En français. le complément(is)eur de sélectionne. son interprétation (référentielle) est en général « contrôlée » par un argument du verbe recteur (ici. non interprétés sur le verbe. 3 plus bas dans le texte. 1. restant confinées à des genres discursifs particuliers : • Remarque : passif & impératif (Soyez remerciés pour votre cadeau. pour les mêmes raisons). la catégorie introduite en syntaxe comme tête projettera : le constituant complexe engendré par 34 Pronom abstrait (sans forme phonétique).

Structure du syntagme (théorie X-barre). noté aussi X’’). en l’occurrence l’objet complexe X° + YP dans son entier) . 2. C =CP Ancrage discursif {+assertif. 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig. projection notée X’. qui ne comporte que des di-branchements. Cette analyse des syntagmes. 35 P du terme anglais de phrase. ind.l’union de X à un autre syntagme YP35 (son complément) sera vue par la computation syntaxique (et à l’interface sémantico-logique) comme catégorie du type de X (non comme catégorie du type Y . pour : « syntagme ». +fini} T =TP Ancrage temporel 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. 3. de sorte que le nouveau constituant complexe sera toujours visible comme catégorie du type de X (=XP) . dans la représentation syntaxique générée. Mode/ modalité/ modalisation. ce sera la première projection de X (X’) qui projettera. notation : Spec.. Sylvie va la fac 1. une fois l’objet syntaxique formé par X° et par YP (son complément) fusionné à ZP. XP a Projection maximale de la tęte X (→Xmx donc. X. permet de rendre compte de manière immédiate de l’ordre d’introduction des constituants dans l’objet syntaxique.type instancié par son complément) .5. assurant une transparence maximale de la chronologie des procédures de fusion. qui représente tout ce qu’elle domine. - spécifieur de la tête (seconde catégorie (ZP) introduite dans l’objet syntaxique en train d’être généré. interprétée comme syntagme de catégorie X (→XP) Spécifieur ZP X’ Projection intermédiaire a qui projette ŕ son tour (X° et Xmx ŕ la fois) : chaque niveau de projection est noté par une barre ou un prime X Tęte X° qui projettera YP Complément Fig. auprès de X° déjà composé à son complément YP (en fait : auprès de la première projection de la tête X°. 10 .

penser. Vendler 1967):  verbes d’état ([-dynamique. exploser. trouver une solution. aspect grammatical / aspect lexical. -télique. Noter dès à présent que t0 est un moment fictif. aspect (grammatical). D. Mode d’action (aspect lexical) : « temps intérieur au procès » (Gustave Guillaume) . perfectif (terminatif)/ imperfectif (non terminatif). nager jusqu’à l’île des rats (en dix minutes) : accomplissements. variable en extension (une seconde. pleurer.). mais le verbe avec ses arguments (sujet. Temps. d’autre part. ponctuel/ non ponctuel (=duratif) (Zeno Vendler – cf. Paul court peut-être. certains auteurs parlent de : éventualités (Vikner. etc. Langue Française 67. connaître qqch.5. Paris : Champion. puisque ce n’est pas le verbe seul que l’on classifie. Avant t0. +ponctuel] – verbes décrivant le seul point culminant (ou : dénouement) de la situation envisagée. Paul court (énoncé sans marque d’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel autre que le type de phrase : type assertif neutre. Amsterdam : John Benjamins Publishing Company. D. *X met une heure à nager (-télique). des modes et des temps.). une période quelconque). +télique. dans la littérature non-générativiste. Cf. écrire. GUILLAUME. une journée. éclater. OKX a cessé d’aimer la musique (+duratif (=-ponctuel)). et à l’instar des phrases à . impérative. *X est en train de trouver la solution (!! +ponctuel). mode : formes de langue (morphologie verbale : « tiroirs verbaux ») Temporalité. danser … (sans complément désignant la limite finale ou cible du mouvement39) . Paul peut courir (énoncés modalisés). sans structure interne et sans limite temporelle inhérente) : être malade. au contraire des accomplissements) : (se) casser. après. 38 39 40 41 Telos : but.1. événements . procès. R. limite finale. apprendre la nouvelle…/ tests distributionnels : *X a cessé de trouver la solution (-duratif). Distinguer : écrire (pendant des heures) : activité/ écrire l’exercice (en cinq minutes) : accomplissement. comme énoncé ‘non modalisé’ par excellence)/ Il se peut que Paul coure.). +télique.  verbes d’activité ([+dynamique. mais pas ce qui précède. Mode/ modalité. Paris : Larousse. actions. une année. au-delà duquel l’action ne peut plus continuer) : fondre (intr. Une fois la modalité intégrée dans la base de la grammaire (règle de réécriture de toute phrase comme Const + noyau). apprendre la poésie par coeur. objets) . dans la littérature : télique/ atélique. OKX nage pendant une heure (+duratif). OKX met une heure à peindre un/ le tableau (+télique) verbes d’achèvement ([+dynamique. 11 . classes (aspectuelles) de verbes37 définies en termes des traits dynamique/ non dynamique (=statique). voire avec ses adverbes.  Terminologie relativement floue. La neige fond. analysé. caractéristiques du déroulement du procès .  verbes d’accomplissement ([+dynamique. -ponctuel] – situations statiques. OKX a trouvé la solution en deux secondes/ OKX met deux secondes à trouver la solution (+télique). 95-113)ou de prédications (au sens de la Role and Reference Grammar – cf. rire. Ou plutôt : classes aspectuelles de situations (métaterme entendu non comme synonyme d’état. le type assertif neutre se laissera envisager comme modalisateur à l’instar des types de phrases marqués (phrases interrogative. « Temps extérieur au procès36 » (Gustave Guillaume). entre Il court/ Je crois qu’il court. homogènes et continues. Gustave (1984) – Temps et verbe. Modalité : expression de l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de son énoncé. accompli/ inaccompli. (1993) – « A Synopsis of Role and Reference Grammar ». …/ tests distributionnels : *X est en train d’aimer la musique (-dynamique). Temporalité : notion construite autour du moment de la parole (le maintenant du locuteur. Van Valin (ed. Distinguer nager (pendant 30 minutes) : activité/ nager cent mètres (en trois minutes). avoir qqch. il ya le passé.1. aimer qqch. in Advances in Role and Reference Grammar.41). croire qqch. la différence. *X nage en une heure (-télique) . Carl (1985) – « L’aspect come modificateur du mode d’action : à propos de la construction être + participe passé ». R. sécher (intr. temps/ temporalité. peindre un tableau……/ tests distributionnels : OKX est en train de peindre un/ le tableau (+dynamique) . 1-164). Théorie des aspects. Van Valin. Il est vrai qu’il court pourra être 36 37 Il s’agit bien évidemment du procès désigné par le verbe. -ponctuel] – actions qui peuvent avoir une certaine durée et qui ont un point de terminaison arbitraire) : marcher. OKX a cessé de nager (+duratif). -ponctuel] – actions/ situations qui ont une certaine durée et qui comportent un point de terminaison précis. … . -télique. noté par convention t0). mode d’action (aspect lexical). boire. l’avenir. mais comme une sorte d’hyperonyme pour : états. télique/ atélique38. …(sans objet direct explicite40) / tests distributionnels : OKX est en train de marcher (+dynamique). modalité : notions sémantiques. nager. du point de vue de la modalité. OKX peint un/ le tableau en une heure (+télique) .

. aspect/ mode d’action. Typologie des modalités. sens : modalité injonctive). et vous tombez dans l’abîme (tiroir : présent. Un pas de plus. Il n’y a pas de correspondance terme-à-terme entre tiroirs verbaux et notions sémantiques (temps/ temporalité. mode/ modalité). 42 Cf. Le Querler. mais en tant que différence de réalisation linguistique d’une seule et même valeur modale (attitude propositionnelle de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé). vous tomberez… »). Nicole (1996). 12 . Il m’avait dit qu’il viendrait ce soir (tiroir modal : conditionnel. sens : modalité implicative « si vous faites un pas de plus. • • • Vous fermerez cette porte sans la claquer (tiroir : futur.formulée non plus en termes de +modalité/ -modalité. Caen : Presses Universitaires de Caen. sens temporel : futur du passé)42.

S. imitant leur référent.5. et I. Modalisateur : marqueur (perspective d’interprétation)/ réalisateur (perspective de production). 1. au sens de Ch. aux sens) : du marqueur modal aux valeurs modales qu’il exprime. mangeable. d’une part. représentation virtuelle d’un état de chose) Modus : modalité de l’énoncé (assertion qui actualise une telle représentation virtuelle). Richards (1989/1923) – The Meaning of Meaning. 44 Ce qui vaut de tout symbole. improbable (« qui n’est pas [possible. Modalité(s) : catégories conceptuelles logico-sémantiques . Charles Bally (Linguistique générale et linguistique française (1932)) récupère la distinction. prédicats modaux (abstraits). mais également les affixes flexionnels (viendra (« à l’avenir »)). des parties constitutives d’un mot sont des signes linguistiques (non autonomes) : les préfixes ou suffixes dérivationnels (impossible. probable] »). A. Le signe linguistique n’est pas identique au mot : d’une part. une phrase (un énoncé). la signification de la proposition. Démarche onomasiologique/ démarche sémasiologique. 13 .) et onomatopées (qui. Plus exactement : une représentation mentale de celui-ci. K. une lexie complexe ou un syntagme (groupe de mots) non lexicalisé. prise en charge de l’énoncé par son énonciateur (rapports entre : énoncé/ fait asserté . selon cette tripartition. la plupart des signes linguistiques sont des symboles (interjections (qui sont des indices d’états d’âme. et énonciateur-destinatire (parfois appelé : énonciataire). Modalité/ modalisation. Ferdinand de Saussure définit le signe linguistique en tant que catégorie relationnelle44. la distinction allocutaire (visé par le locuteur)/ auditeur (qui se trouve entendre ce qui est dit sans être nullement visé par le locuteur) – telle que posée en linguistique de l’énonciation – n’est en général pas pertinente. énonciateur/ destinataire (locuteur/ allocutaire. Structure de la phrase modalisée : modus + dictum. La relation modalité/ modalisateur se laisse alors envisager comme cas particulier de la relation signifié/ signifiant. produit de la modalisation.1. énonciateur/ sa façon de réaliser l’énonciation . Ducrot. sont des icônes) mises à part). voire tout un texte peuvent être envisagés comme signes (signifiant-signifié(-référent)) . qui inclura le référent46 : signifiant (symbol (“symbole”)) + signifié (thought (“pensée”)) + référent (referent)). buvable (« (qui) peut être [mangé/ bu] »…). formulée d’abord par la Scolastique médiévale : dictum propositionis désigne. 43 Pour les besoins des analyses syntaxiques et syntaxico-sémantiques faisant l’objet de ce cours sur la phrase modalisée. Toute phrase a un dictum et un modus. Démarche sémasiologique (des mots. distinction est également faite entre locuteur-allocutaire. San Diego-New York: Harcourt Brace Jovanovitch Publishers. le référent (objet du monde auquel renvoie la chaîne sonore ou graphique pourvue de cette signification : entité extralinguistique qui satisfait la description) restant extérieur au signe à proprement parler.6. de l’autre. En linguistique de l’énonciation (notamment dans le cadre des théories polyphoniques – cf. Polysémie des marqueurs modaux. 45 46 Ogden. Modalité : zone modale. Modalisation : opération énonciative . un paragraphe.2. son contenu (contenu propositionnel. Dictum : contenu propositionnel de l’énoncé (prédication. énonciateur/ fait asserté . prédicat modal abstrait) à ses incarnations linguistiques.7. de l’autre. sentiments etc. (1980) – Les Mots du discours. Peirce (à noter que. énonciateur/ son énoncé . O. Les modalisateurs sont des signes linguistiques à signification modale. Démarche onomasiologique (du sens vers les mots) : de la zone modale (valeur modale. Modalité/ modalisateur. D’autres auteurs45 proposeront une définition ternaire du signe linguistique. Paris : Minuit). C. Modus/ dictum. Ces distinctions feront l’objet de vos cours d’initiation en pragmatique. mais la structure syntaxique ne soutient pas toujours aussi directement cette structuration sémantique. à deux facettes solidaires : le signifiant (suite de phonèmes ou de graphèmes) et le signifié (signification (description) lexicalement associée à cette chaîne sonore ou graphique). 1. Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). chez Abélard (XIIe siècle). en logique moderne). auditeur43)). selon Bally. et même des indices ou des icônes – pour nous référer au classement des signes selon leur relation au référent.

but. mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). il y a hésitation sur la marque du pluriel. axiologiques) implicatives (relation causales au sens large : condition.  Modalités d’énonciation (contribution interprétative → attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage47 . Modalité de re/ modalité de dicto. 1. Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). Symbole notant ici l’inclusion à un ensemble donné. parti !/ Que cette fenêtre est sale !). exclamation (phrase exclamative : Paul. Les étudiants sont sans doute partis. vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? 14 .8. Modalités de message (contribution interprétative → hiérarchie informationnelle. impersonnel (Il est arrivé trois nouveaux étudiants/ Il a été dansé toute la nuit). Voilà TROIS JOURS qu’il est parti). il est déjà parti pour Paris/ C’est PAUL49 qui est arrivé le premier.  Modalités d’énoncé (contribution interprétative → attitude du locuteur face au contenu propositionnel de son énoncé . C’est À PAUL que je voudrais parler. Les majuscules notent ici l’accent de phrase : l’accent le plus fort dans la phrase. injonction (phrase impérative : Fermez la fenêtre !). Voir chapitre dédié (encadré ). syntaxiquement parlant ⊂ 48types de phrase facultatifs) : • • • emphase (Paul. Kleiber (éds). dans la littérature. • • • • Modalités (d’énonciation. Termes remontant à Thomas d’Aquin (De modalibus) : propositions modales de re (quand le modus est inséré dans le dictum : Socrate peut courir) / propositions modales de dicto (modus prédiqué du dictum sujet : Que Socrate coure est possible/ il est possible que Socrate coure). Souvent. sporadicité (Kleiber 198350)). Modalité de re : portée intra-prédicative (interne au dictum). passif (La porte fut ouverte par un étudiant) . Types de phrase obligatoires (= types de phrase51): - constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). syntaxiquement parlant ⊂ phrases à double prédication: • • • aléthiques . cause. Modalité de dicto : portée extra-prédicative (externe au dictum). J. qui frappe un constituant du syntagme apportant l’information nouvelle (que le locuteur présente/ signale ainsi comme étant) la plus importante pour l’interlocuteur. 47 48 49 50 51 Ou plutôt : actes illocutionnaires. déontiques désidératives (volitives) appréciatives (évaluatives. 183-203. interrogation (phrase interrogative : Paul est-il là ?/ Où est-il ?). conséquence.9. et G. de message) et types de phrase : problèmes de classement. épistémiques . Portée de la modalité (du modalisateur) : interne/ externe (au dictum). à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). morphologie et intonation spécifiques. syntaxiquement parlant = types de phrase obligatoires) : • • • •  assertion (phrase assertive ou : déclarative : Paul est là). à structure syntaxique. « L’emploi sporadique du verbe pouvoir ». in : David. Classement des modalités. Paris : Klincksieck. La notion sémantico-logique de modalité.1. concession …) temporelles (logique du temps linéaire (vs logique du temps arborescent: mondes possibles) .

tandis que le type interrogatif procède des forces dérivées (instanciant un sous-type directif : demander de répondre)54 . est elle-même sujette à caution. types de réagencement communicatif (passif. En pragmatique inférentielle56. mais représentationnel. Riegel et al. Paul n’est pas là pour l’instant. en termes (implicitement) transformationnels. Paris : Minuit. interrogatif. La pertinence. pour tirer argument des seuls emplois « illocutionnaires » de la négation. on voit dans les types de phrases obligatoires des « indicateurs de force illocutionnaire ». emphase. impersonnel). non descriptif (hiérarchie informationnelle. du moins selon certains auteurs. que cette analyse le suppose55. seul. n’a pas d’apport sémantique essentiellement fonctionnel. type exclamatif (manifestant seulement la subjectivité du locuteur et réalisant la fonction expressive du langage). 54 Cf. impératif) . ou descriptif (=représentationnel : négation53) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. à ce que je vois). négation descriptive. Sperber Dan et Deirdre Wilson. (cf. le lien entre types de phrases et « acte de langage spécifique » n’est pas aussi direct. ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. qui. Communication et cognition. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. descriptif (contribution sémantico-logique propositionnelle). il n’exprimerait pas d’« acte de langage spécifique ». ne laissant pas d’être tributaire d’un certain horizon théorique. 55 56 Dans cette même logique. dans la mesure où : (1) les types énonciatifs restants eux-mêmes ne font pas l’objet d’analyses uniformes. interroexclamatif : moi. La solution serait de re-classer les types de phrases obligatoires/ facultatifs en quatre catégories. doué d’intonation particulière. mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). ni aussi naturel. impersonnel) . mais à des « actes génériques dire que/ dire de/ demander (si /qu-) » – entendus par Sperber et Wilson comme des « schémas d’hypothèse » (ou « schémas descriptifs ») dans lesquels sont (2) 52 53 Définis. Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). 15 . Cette solution ne fait que reformuler les problèmes soulevés. comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. et à spécificité syntaxique douteuse (car partageant les structures des phrases déclaratives (Vous ne songez point à elle !) et interrogatives (Qu’est-ce qu’elle était belle ! Est-il bête !)) peut-il être envisagé comme type obligatoire. par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. quitte à ce que l’exclamatif soit envisagé comme seul représentant de sa catégorie (Riegel et al. Et la distinction alléguée entre types énonciatifs et exclamatif. types logiques (négatif/ positif) . fondé sur des rapports entre le locuteur et son destinataire ? Le négatif. sans y apporter de réelle explication. mais non exclusif d’autres types obligatoires (cf. 1989 (original en anglais 1986). un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. parmi les types optionnels. L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. structuration du message). dans la littérature. et qui semble au moins susceptible de réaliser un « acte de langage spécifique » (dénégation. Ghiglione & Trognon 1993. 2004 (1994) : 386-387). par exemple. Problèmes : 1. dans l’énonciation. d’autant que. emphase. 2004 (1994): 386). les trois types de phrases en question sont censés correspondre non pas à des « actes spécifiques ». partir pour Londres ?!). selon le critère pragmatique de « l’acte de langage spécifique ».Types de phrase facultatifs (= formes de phrase) : - constituants de phrase optionnels52. réfutation) peut-il être envisagé comme type optionnel ? 2. L’exclamatif. Tu viens ?/ -Je ne peux pas. Cf. L’analyse de la négation fait l’impasse sur ce qui est appelé. dans le paradigme théorique dont procède la notion distinctive invoquée (Théorie des actes de langage) : les types assertif et impératif correspondent aux forces primitives assertive et directive. 2004 (1994) : 388390) :     types énonciatifs (assertif.

de faire une tentative linguistique pour que le destinataire réalise une action future (cf. et le but directif (primitif). l’existence d’une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses (non pas réel. 57 Par contre. dire de. ce qui en fait justement « les forces illocutoires les plus simples possibles ». dire que P et dire de P (où P est la forme propositionnelle de l’énoncé p). ne « rendent manifeste qu’une propriété assez abstraite de l’intention du locuteur : la direction dans laquelle la pertinence de l’énoncé est à rechercher » (Sperber et Wilson 1989 : 381).incorporées les formes propositionnelles pleines des énoncés concernés. tout en étant sous-déterminées quant aux autres « composants ». mais :) désirable. mais qui restent typiquement sousdéterminés quant à ce qu’il est convenu d’appeler « intention (ou : but) illocutoire »57. Ghiglione & Trognon 1993). quant au but. Dire que rendrait manifeste l’existence d’une relation descriptive (vs interprétative) entre la pensée du locuteur et un état de choses réel . les « forces primitives » assertive et directive (cela vaut d’ailleurs de toutes les cinq « forces primitives » distinguées dans la théorie logique de l’illocutoire). sont bien déterminées. en tant qu’actes génériques. elles. Le but assertif (primitif) est de représenter quelque chose qui est le cas. Par contre. 16 .

à tort.1. Caen : Presses Universitaires de Caen. Si nous n’avions pas souscrit au délitement de cette nuance au niveau conceptuel même. appréciatives. agréable. Ses réalisations linguistiques sont très diverses de même que les contenus sémantiques et logiques qu’on peut lui reconnaître. modalités désidératives (ou : volitives) translatives67) . P. Bucuresti : TUB.1. implicatives). idiot. …) » (art. [La modalité d’énoncé] se rapporte au sujet de l’énoncé. 13). modalité de dicto (incidence syntaxique extra-prédicative). rapport entre énonciateur et destinataire à propos du contenu propositionnel : modalités déontiques.10. Langue Française n° 21. 59 60 61 Cristea. a. N.2. Ce classement concerne surtout les modalités dites d’énoncé (selon le critère précédent). Les modalités. certain. 8-46. Le Querler. Rob. désirer que + subjonctif : Je veux que vous fassiez attention à l’emploi des modes dans la relative. conseil.2. injonctives. topicalisations. nécessaire et leurs contraires etc.).. [Elle] caractérise la manière dont le sujet de l’énoncé situe la proposition de base par rapport à la vérité. implicatives. Noter que le contenu de cette classe n’est pas identique chez les deux auteurs. Critère de l’incidence (construction de la phrase modalisée60): modalité de re (incidence syntaxique intra-prédicative) . Cf. 63 64 65 66 67 68 Le Querler (1996). « Une phrase ne peut recevoir qu’une seule modalité d’énonciation. Au gré des auteurs. cit. nécessité (vrai. Typologie des modalités. Patrick (1992) – Grammaire du sens et de l’expression. …)59. 62 Ce sont là des tentatives de classement (Le Querler 1996 et Charaudeau 1992) qui regroupent modalités d’énonciation et modalités d’énoncé. Paris : Hachette. Elle intervient obligatoirement et donne une fois pour toutes à une phrase sa forme déclarative. possible. Cf. b. concerne. ou : axiologiques). Charaudeau. interdire » . la distinction <désidératif>/ <volitif> est maintenue ou au contraire délitée. déontiques. Nous préférons cette étiquette à celle de « critères fonctionnels» – susceptible de suggérer. appréciatives (ou : évaluatives. surtout les modalités dites d’énoncé. temporelles … 58 Au sens d’André Meunier. Critères syntaxiques.1. 13-14). qui récupère les catégories modales de la tradition logique. Le Querler 2001) b. a. in Cristea et al. pp. alors qu’elle peut présenter plusieurs modalités d’énoncé combinées » (art. pp. modalités intersubjectives (« allocutives » . Distinction terminologique : incidence syntaxique/ portée sémantique (cf. Critère de l’énonciateur62 : • • • modalités subjectives63 (« élocutives » 64 . que lesdits critères aient à voir avec la découpe focus/ topique de la grammaire fonctionnelle. Meunier. 8-25. modalités illocutionnaires directives : ordre. à nouveau..) Ce classement. modalités objectives (« délocutives » : rapport entre deux contenus propositionnels. Citations pertinentes : « [La modalité d’énonciation] se rapporte au sujet parlant (ou écrivant). p. Vouloir que.cf.. En guise de conclusions : retour sur les critères de classement des modalités. épistémiques. b. désidératives (ou65 : volitives) réflexives66) . Teodora (1981) – « Pour une approche contrastive de la modalité ». désidératives. Critère du rapport fonction modale/ structure phrastique (modalité/ type de phrase) : • modalités d’énoncé (phrase à double prédication)/ • • • • modalités d’énonciation (phrases à contour non assertif : interrogatives. par rapport aussi à des jugements d’ordre appréciatif (utile. cit. exclamatives)58/ modalités de message (phrases clivées. a. Vouloir. Je ne veux pas que tu viennes (négation portant sur la complétive : « défendre. suggestion…. Nouv. Cf. André (1974) – « Modalités et communication ». 17 . Critère du contenu68 : • modalités aléthiques (ontiques). Critères sémantiques61. rapport sujet énonciateur/ contenu propositionnel : modalités épistémiques. malgré des points de coïncidence. éventuellement confondu avec le sujet de l’énonciation. regrettable. interrogative ou impérative […]. requête. contre effacement de l’énonciateur : ontiques (ou : aléthiques). (1996). tout en en augmentant l’inventaire. il aurait fallu noter ici « ou » (sans « : »). Terme emprunté à Charaudeau 1992. désirer + infinitif : Je veux partir. Etudes contrastives.

syntaxiquement parlant. les modalités d’énonciation indiquent l’attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage69 . interrogation (phrase interrogative). Voir encadré 18 . injonction (phrase impérative).2. Sémantiquement parlant. 69 Ou plutôt : actes illocutionnaires. exclamation (phrase exclamative). ce sont là des types de phrase obligatoires – modulo l’hésitation au sujet de l’exclamation : • • • • assertion (phrase assertive ou : déclarative). Modalités d’énonciation.

lui-même décomposé en plusieurs actes généralement coextensifs l’un à l’autre :  produire (prononcer) des sons (= acte phonétique) . condamner. Dépourvus de conditions de vérité.  2. • Actes exercitifs [exercitives] : énonciations consistant à donner une décision pour ou contre une certaine façon d’agir. Actes comportatifs [behabitives] : énonciations qui expriment une réaction à la conduite ou au sort des autres. de ce que l’on fait (accomplit) en disant quelque chose à quelqu’un. et respectivement ± conventionnel :  la distinction entre valeur (force) de l’énonciation et signification de l’énoncé (assimilée. Quand dire c’est faire. pardonner. critiquer. d’une généralisation du concept de performatif. etc. braver. elle. Le noyau dur de la théorie défendue par Austin est sans conteste la notion d’illocutoire. elle. s’engager formellement. les mots ‘je baptise’ ). d’autrui (s’excuser. syntaxique. to perform) une action (exemple donné : baptiser un bateau. du verbe performatif à la première personne du singulier.). remercier. La question de savoir ce que veut dire. dans les termes d’Austin). acquitter. sur les sentiments. évaluer. La notion d’acte de langage est définie à l’intérieur d’un cadre théorique spécifique : la théorie des actes de langage (entendue comme cas particulier de la théorie de l’action).. faire faire. du locuteur ou de tiers (= acte perlocutoire. l’acte ou l’effet provoqué par la locution (vs dans la locution). dans les circonstances appropriées. des « mots performatifs » (verbes ou autres) a eu pour conséquence l’élaboration de l’appareil théorique. etc. comme l’invariant au variable. 19 . ordonner. léguer. à inciter les autres à se comporter de telle ou telle façon. etc. … . pour l’essentiel. • • Actes promissifs [commissives] : énonciations qui visent à obliger le locuteur à adopter une certaine façon d’agir. Austin distingue cinq types fondamentaux d’illocutions : • Actes verdictifs [verdictives] : énonciations qui reviennent à exprimer ce que l’on a constaté (officiellement ou pas). née. agissements de l’auditoire.  la distinction entre conventionnel (produit de règles) et non conventionnel (produit des circonstances) oppose l’illocutoire au perlocutoire. parier. produire des vocables (ou : mots) qui entrent dans des constructions conformes à la grammaire (=acte phatique). commander. classer. l’acte de dire quelque chose (= acte locutoire). en droite ligne. au juste.  et pourvus. à l’encontre des énoncés qui décrivent un état de chose ou rapportent (= constatent) un fait (énoncés appelés. Performatif vs constatif Dans un premier temps (Austin J.)/ 1962 (original)) sont seulement dissociés les performatifs ou : déclarations (angl. statements) dont l’énonciation revient à exécuter (angl. c’est dire. plutôt que législatifs ou exécutifs : prononcer un diagnostic (par un expert : médecin ou autre). Paris. 3. à la dénotation (=sens + référence)) oppose l’illocution à la locution . c’est faire » sera envisagée sous un angle plus large. dans l’emploi. des attitudes à l’égard du comportement antérieur ou simplement prévu. ou le critère. « dire. les exercitifs comportent un jugement (une décision) sur ce qui devra ou devrait être. poser une question. l’action réalisée du fait même de dire (en accomplissant un acte locutoire donc = acte illocutoire – de in (« dans ») – ‘acte réalisé dans la locution’) : promettre. à s’engager à des degrés divers (ce terme ne s’applique pas aux seules promesses au sens strict : promettre. déplorer. d’un sens et d’une référence déterminés (= acte rhétique) .). désormais : constatifs). effrayer. donner un ordre. … (Austin 1970/ 1962). Seuil. décréter. mais sujets à des conditions de réussite. Seront maintenant définis comme « actes de langage » : 1. de per (« par »)) : convaincre.Hors cours. les énoncés performatifs remettent en cause le postulat du caractère essentiellement descriptif du langage (« l’illusion descriptive ». prêter serment (jurer de). injurier. Il s’agit. La spécificité de l’illocutoire repose sur l’exploitation conjointe de deux axes d’oppositions : ± fonction dénotative.L. à partir de l’évidence ou à partir des raisons concernant ou bien les faits eux-mêmes. plutôt que sur ce qui est : dégrader. fr.). annoncer un verdict. ou bien leur caractère axiologique (actes judiciaires. faire voeu de. pensées. 1970 (tr. etc. donner un renseignement. Locutoire vs illocutoire vs perlocutoire La difficulté d’opérer des distinctions tranchées entre énoncés constatifs et énoncés performatifs à l’aide de critères à proprement parler linguistiques tels le critère. lexical. A l’encontre des verdictifs.).

remarquer.). intention pour la promesse. d’où force chevauchements inter-catégoriels. pour l’acte de force F accompli à propos du contenu propositionnel p : F(p). ne reposant pas sur des principes/ critères de classement clairement définis d’entrée de jeu. Conditions de succès des actes illocutionnaires À la distinction actes/ marqueurs des actes il correspond. en structure profonde. nier. rapporter. Condition de sincérité (qui définit l’état psychologique du locuteur : désir pour l’ordre. quand nous emploierons le terme d’acte de langage (ou : acte de parole). tout énoncé (analyse qui correspond en tout point à l’ « hypothèse performative » des générativistes chomskyens (cf. pour la promesse) . pour l’assertion) . où la principale correspond au marqueur de force illocutoire. Cette distinction se laisse enchâsser dans une autre. ainsi discriminera-t-il deux types de marqueurs : le marqueur de contenu propositionnel et le marqueur de force illocutoire. au marqueur de contenu propositionnel : [F je te promets [p que je fermerai la fenêtre]] – soit. Il en isole douze. les règles constitutives des actes de langage seraient universelles. Wittgenstein) vs règles normatives (qui ont pour objet des comportements/ actions qui existent indépendamment des normes les régissant : à l’instar des règles de politesse. Si les conventions sémantiques dépendent des langues particulières. postuler. la distinction règles constitutives (des actes)/ règles sémantiques (dérivées des premières. du locuteur. Contenu propositionnel vs force illocuoire La postérité d’Austin élaborera davantage encore la théorie des actes de langage (= actes illocutionnaires). Ross 1970)). et. l’auteur réévalue la taxinomie d’Austin. pour que l’acte puisse être accompli : capacité de l’interlocuteur. témoigner. d’ordre plus général : règles constitutives (qui créent des activités dépourvues d’existence indépendante : les règles qui gouvernent les jeux (football ou échecs au même titre). à développer un argument. qui pis est. etc. s’engager à la réaliser soi-même. Condition(s) préliminaire(s) (qui doivent être satisfaites préalablement. l’acte échoue. Dès qu’une règle constitutive est enfreinte. pour l’ordre) . mais également en termes de la structure syntaxique de la phrase énoncée (relativement aux actes illocutionnaires mêmes). à tirer au clair l’usage d’un mot. la signification des phrases est justiciable de conventions). dans la notation de l’auteur. pour la promesse. davantage un classement de verbes que d’actes. s’engager sur la vérité de la proposition exprimée. ou le référent de celuici (affirmer. et gouvernant l’emploi des marqueurs d’actes). Aussi. En vertu cependant du principe d’exprimabilité70. 20 . y compris les « jeux de langage » au sens de L. Condition essentielle (qui définit le but illocutoire : amener l’interlocuteur à réaliser l’action pour l’ordre. la contribution de Searle consistera-t-elle notamment à une recherche des critères de classement pertinents et surtout mutuellement consistants. Elles définissent autant de conditions de succès des actes illocutoires : • • • • Condition de contenu propositionnel (propriétés du contenu propositionnel de l’acte : action future de l’interlocuteur pour l’ordre. C’est là une distinction qui ne se laisse appréhender directement que dans le cas des performatifs explicites. décrire. mais cinq seulement sont décisifs dans la classification à proprement parler : 70 Qui asserte que tout ce que l’on veut dire peut être dit littéralement (cf. pour l’assertion). et la subordonnée enchâssée. mais cet échec est différent suivant la règle spécifique qui aura été violée. nous nous référerons aux seuls actes illocutoires (ou : illocutionnaires). Searle 1969/ 1972). Searle (1972 (1969)) s’attache à opérer la distinction entre proposition exprimée par l’énoncé et acte accompli dans l’énonciation non seulement en termes d’actes (acte locutoire (notamment : rhétique) vs acte illocutoire).• Actes expositifs [expositives] : énonciations qui visent à exposer une manière de voir les choses. dans la théorie searlienne. croyance. Classement des actes illocutionnaires Partant de la distinction explicite entre verbes illocutoires (qui ressortissent aux langues particulières) et actes illocutoires (universaux de langage). tous les énoncés se laisseraient réduire à des performatifs explicites : Searle considère en effet qu’un marqueur de force illocutoire (préfixe performatif Je verbe illocutoire) sous-tend. Désormais.

au monde. à la place du sempiternel sel. ajustement du monde. pour une assertion. Action future de l’interlocuteur. prédiction. ____ (croyance+ γ71 ) (vérité présupposée) DÉCLARATIFS72 : Bénédiction. aux mots. selon le verbe employé : demander de/ exiger de/ ordonner de). au monde. Désir.• Le but illocutoire (condition essentielle) . ni entre actes institutionnels (excommunication. • • • L’état psychologique exprimé (l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de l’acte : condition de sincérité) . un malade en régime hyposodique. baptême. arbitrage d’un hors-jeu de l’avant-centre. menacer). pour une promesse ou un ordre) . états de choses futurs. Obligation du locuteur à accomplir certain(s) acte(s) Exprimer l’état psychologique (par rapport à l’état de chose spécifié dans le contenu propositionnel). • La direction d’ajustement entre les mots et le monde (concerne le contenu propositionnel de l’acte.. remerciements… Du monde. Provoquer la vérité de leur contenu propositionnel Des mots. se vanter. Position de force du locuteur. PROMISSIFS : Promesse. pari sur un trois sans atout (annonce au bridge). est de l’ordre du sentiment : insatisfaction (PLAINTE). tristesse (LAMENTATION). pour la prédiction). pour sembler naturelles telles quelles : si l’interlocuteur est par exemple. Mais pas : les différences entre actes essentiellement et non essentiellement linguistiques (qui ne peuvent pas ou respectivement qui peuvent être accomplis y compris sans le dire : poser un diagnostic vs prêter serment). Type d’actes But illocutoire Direction d’ajustement REPRÉSENTATIFS: Suggestion. et qui exigent simplement la construction d’un contexte interprétatif spécifique. pour le rapport. Action future du locuteur. et non institutionnels. excomunication. et représente une sous-composante (sinon une conséquence) du but illocutoire : ajustement des mots. Mais pas : la force avec laquelle est présenté le but (qui varie selon le degré d’explicitation de l’acte. Statuts du locuteur et de l’ interlocuteur Contenu propositionnel DIRECTIFS : Requête. Etat psychologique exprimé Croyance. aux mots. assertion. qui est de l’ordre de la croyance. Le contenu propositionnel (les différences dans le contenu propositionnel qui sont déterminées par des mécanismes liés à la force illocutionnaire : états de choses passés. consigne. verdict de culpabilité. (+institution extralinguistique : statuts respectifs bien spécifiques) 71 Où l’élément ajouté à l’attitude fondamentale. ordre. legs. serment… EXPRESSIFS : excuse. critique. ni entre actes dont le marqueur (le verbe) est susceptible d’emploi performatif. condoléances. … question… Du monde.… Engagement du locuteur sur la vérité de la proposition exprimée Obligation de l’interlocuteur à accomplir certain(s) acte(s). y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). Intention. 21 . conclusion (→argument(s))). déclaration de guerre). aux mots. et actes dont le verbe n’est pas susceptible d’un tel usage (cf. Mais pas : les relations de l’énoncé aux intérêts du locuteur et de l’interlocuteur. Les statuts respectifs du locuteur et de l’interlocuteur (condition préparatoire) . et. ni les relations de l’acte au reste du discours (réponse (→question).. rapport. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)… 72 73 Ce sont les performatifs d’Austin. Formulations tout à fait naturelles avec « l’arme » ou « cette arme ». félicitation. ni le style de l’accomplissement de l’acte (annonce vs confession). si l’acte est explicite. déclaration de guerre… Direction d’ajustement double.

1.1. des intonations interrogative et impérative. en structure profonde. L’assertion.4. mais plutôt un objet de référence » (Vanderveken 1988 : 30) : Vive la France ! 75 Dont il est question dans la fable de La Fontaine. La phrase déclarative. Le constituant affirmatif se réécrit obligatoirement par le constituant Intonation affirmative (abréviation Intonaffir). 76 De toute manière. La transformation affirmative ainsi formulée est postulée pour rendre compte de l’hypothèse fondamentale du modèle. l’ordre des mots et affixes directement observable en surface. l’emphase. le sujet est indéfini. D’autre part. l’affirmation n’est pas opposée à la négation : les phrases négatives peuvent fort bien épouser le contour prosodique ‘affirmatif’ (Le serpent ne tua pas Jacques Fréron). ouverte par deux compléments donnant le cadre spatio-temporel : Un beau jour. par hypothèse. le déplacement à droite du constituant affirmatif (Intonaffir) rendrait compte du traitement prosodique caractérisé en fin de syntagme prosodique maximal. au fond d’un vallon. un serpent mordit Jacques Fréron. en grammaire générative-transformationnelle standard. Syntaxe de la phrase déclarative : phrase déclarative ou phrase affirmative ? La négation étant regroupée. opposée à l’interrogation et à l’impératif : Le serpent75 mordit Jacques Fréron). Nous avons fait état précédemment de nos réserves sur cette option métalinguistique (§1. Ce type de construction. dans le cas de la phrase affirmative (active non emphatique) se réduira au déplacement du constituant Intonaffir en fin de séquence : Intonaffir +SN +SV (structure profonde) Taff SN +SV + Intonaffir (structure de surface). Dans le texte évoqué. à sujet non-topical. Dans cette acception donc. et la phrase. 2. comme type de phrase optionnel (forme de phrase). supra). le type déclaratif sera directement envisagé en tant que type obligatoire ‘affirmatif ‘(‘affirmation’. même en l’absence de différences directement observables en termes de contour prosodique marqué et/ou en termes de l’ordre des éléments terminaux (mots76) : il n’y a donc plus de réécriture directe de la phrase de base (affirmative active non emphatique). aussi contre-intuitif que cela puisse paraître. est une phrase thétique. 22 . au passage de la structure profonde à la structure de surface. en français. ne recoupe pas directement l’ordre d’insertion lexicale des constituants terminaux sous les constituants syntagmatiques concernés (en structure profonde issue de l’application incrémentielle. des règles de réécriture) : (…) Aux (→affixe) + V (→racine) + SN.2. la distinction entre structure profonde et structure de surface. au niveau du noyau. donc concernant 74 Seraient dépourvus de contenu propositionnel certains actes expressifs réalisés au moyen d’interjections (Zut! Aïe !). distincte. avec le passif. contre racine+ affixe en structure de surface. l’impersonnel. Nous y reviendrons sous 3 (voir infra).1. aussi nous bornerons-nous ici à un rapport neutre de la théorie présentée. éventuellement récursive. Σ→ Const Const → +P Affir Affir → Σ→ Intonaffir +P P→ Σ→ Intonaffir +SN +SV Intonaffir SN +SV (structure profonde) Le changement structurel. tandis que d’autres auraient un « contenu qui n’est pas une proposition complète.

prédicat : terme général (Strawson78)). L’homme est mortel).2. une mise au point à cet égard s’impose. Sémantique de la phrase déclarative. Peter Frederik (1974) – Subject and Predicate in Logic and Grammar. 2. ou bien la relation information donnée/ information nouvelle. les deux phrases (active et passive) étant censées se ramener. ce qui est annoncé en premier lieu par le locuteur)/ commentaire (ce qui est introduit après introduction du topique): distinction syntaxique (positionnelle). Expression contenant l’information que le locuteur désire communiquer (au sens de l’école fonctionnaliste praguoise (Firbas). Les critères opérationnels pour la discrimination de ces couples notionnels restent minimalement distincts. descendant. Londres : Methuen. Le piano est dans le bureau : DANS (le piano. et respectivement. Jacques Fréron ⊂ commentaire] → Jacques Fréron fut mordu d’un serpent [Topique : Jacques Fréron. et du syntagme verbal comme commentaire. 79 Les exemples donnés dans la référence citée pour illustrer l’absence de correspondance terme-à-terme entre catégories logico-sémantiques et catégories de l’analyse grammaticale sont en fait : (i) Sujet logique ≠ sujet grammatical (Paul a été tué par Jean vs Jean a tué Paul. dans la mesure où.1. (ii) Prédicat (logique) ≠ verbe (L’homme est mortel : MORTEL (l’homme) . Strawson. l’assertion exprime une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de chose du monde –ou.    Topique (ce qui est mis en position frontale. Paul)). Le constituant affirmatif est interprété comme une assertion dont P est le noyau (comme une assertion dont P est le contenu propositionnel. XV. le constituant affirmatif permet l’interprétation du sujet de l’assertion (de) P comme topique (de cette assertion). en français du moins. nous avons changé d’illustrations sur ce point précis. de l’avis des auteurs. le bureau)). Du point de vue de la hiérarchie informationnelle. et comme instanciant en quelque sorte ou bien la relation sujet/ prédicat. aussi le sujet de la phrase passive (complément de la phrase active correspondante) sera-t-il interprété comme topique de l’assertion que fonde le constituant Affir (c’est-à-dire : de l’assertion qui est l’interprétation sémantique du Constituant Affir) : Le serpent mordit Jacques Fréron [Topique : serpent. Cf. L’assertion exprime l’attitude de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé (Théorie des actes de langage). serpent ⊂ commentaire].au premier degré la fin de la séquence linéaire (linéarisée). en termes plus étoffés : la forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase déclarative interprète (littéralement) une pensée du locuteur qui est la description d’un état de chose réel. Ces faits permettent de définir la relation entre phrase active et phrase passive : la transformation concernant le marqueur sous-jacent de modalité Affir (en bref : la transformation affirmative) a lieu après la transformation concernant le marqueur sous-jacent de Passif (ou : transformation passive). n’étant pas 77 78 Ou : rhème. 23 . et il existe des phrases dont les prédicats logiques ne sont pas analysés (du moins pas en grammaire normative scolaire) comme des prédicats grammaticaux. de commentaire et de propos (ou : rhème). Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. Dubois et Dubois-Charlier 1970. bien que le contour assertif soit. Les fonctions grammaticales ne recoupent pas systématiquement les catégories logiques correspondantes79: il existe des sujets grammaticaux qui n’ont pas la sémantique des ‘termes particuliers’ (tels les noms en emploi générique Les castors sont des mammifères. en termes de la théorie des actes de langage). Puisque cette analyse ne correspond pas à la perspective adoptée ici. Thème (objet du discours)/ propos (ce qu’en dit le locuteur77) : distinction fonctionnelle (structure fonctionnelle (= interprétative) des énoncés vs structure formelle des phrases). Bien que souvent. ainsi que l’interprétation des autres syntagmes nominaux (compléments) comme non-topiques. les données prosodiques concernent l’ensemble de la phrase. dans la littérature. En termes de pragmatique inférentielle (Théorie de la Pertinence). Sujet/ prédicat : distinction grammaticale (fonctions grammaticales) et logique (sujet : terme particulier. Cette corrélation reste cependant sujette à caution. chap. à une même forme logique TUER (Jean. et non seulement sa fin. soient entendues comme synonymes. les notions de topique et de thème.

80 81 82 83 Le vers de La Fontaine se prête justement à une analyse différente. Syntaxe de la phrase interrogative. ou est dans le bureau (sous l’analyse copulative). Qui est là ?/ présupposé : ‘quelqu’un est là’. Sous-types. L’interrogation. Interprétation de la phrase interrogative: • question appel d’information (valeur prototypique) : le locuteur ignore la réponse. non prototypique) : on n’aura pas bien entendu. le plus souvent. particulièrement agressif. au cas par cas. il n’est plus là) . prédicat logique LINGUISTE) ou des prépositions (Le piano est dans le bureau : prédicat grammatical est (sous analyse existentielle forte des situatifs). je l’aime/ Non. du fait des adverbiaux de cadre qui ouvrent la phrase : Un beau jour. pour les Topiques.1. mais par des adjectifs (L’homme est mortel : prédicat grammatical est mortel. où le nom linguiste (en usage non référentiel – l’absence d’article en témoignant) est analysé come attribut du sujet . 2. où l’adjectif mortel est analysé come attribut du sujet . cette question alternative fonctionnera pragmatiquement comme un acte. Un énoncé tel Un serpent mordit Jacques Fréron sera donc (toutes choses égales par ailleurs80) moins acceptable que sa contrepartie à sujet défini Le serpent mordit Jacques Fréron. Exemple : A : Je vais fermer la fenêtre. au fond d’un vallon. un serpent mordit Jacques Fréron. 2.2. et Topiques et Thèmes participent de l’information donnée (référents déjà introduits dans le discours). Distinction définie en terme de portée.  Interrogation alternative (à coordination disjonctive d’éléments : Préférez-vous la mer ou la montagne ? (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : Je préfère la mer/ Je préfère la montagne) . Exemples : Êtes-vous son père ? Qui êtes-vous ? question-écho (valeur marginale. les sujets sont des Thèmes. ba da. Me prenez-vous pour un imbécile ou le faitesvous exprès ? (réponses visées (toutes choses égales par ailleurs): Je vous prends pour un imbécile/ Je le fais exprès . La phrase interrogative. 24 . Distinction purement interprétative : réponses visées. liant une variable (soulignée dans les exemples ciaprès) dont la réponse fixera la valeur. Le reste des éléments de la phrase interrogative ressortissent aux informations présupposées (=déjà acquises). Réponse affirmative à une question oui/non de forme négative. Cf. interrogation alternative polaire (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : si81/ non) : Aimez-vous la mer ou ne l’aimez-vous pas/ ou non ? / ou pas ? réponses : Si. B : Tu vas faire quoi ? (intonation montante) • 2. de remise en cause des faits et/ ou dires de l’interlocuteur) . prédicat logique MORTEL).2. les Thèmes sont des Topiques. Typiquement. par des noms Anne est linguiste : prédicat grammatical est linguiste. Moeschler & Reboul (1994) : 456-458.2. Interrogation totale/ interrogation partielle  Interrogation totale (sans mot interrogatif . Roum. il est là/ Non. questions ouvertes83 : alternatives épistémiques en nombre in(dé)fini) : Qui est là ? (C’est Paul/ Sylvie/ …).réalisés par des séquences qui comportent des verbes.  Interrogation partielle82 (à mot interrogatif (qu-) . en français. je ne l’aime pas). des syntagmes nominaux définis. on veut se faire répéter/ préciser une partie de l’énoncé de l’interlocuteur. ce pourquoi ce sont (ou.2. aucune de ces deux réponses n’étant socialement admissible. Syntagme qu.: focalisé (=foyer d’information nouvelle).  Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. Où est-elle ?/ présupposé : ‘elle est quelque part’. questions fermées : alternatives épistémiques en nombre fini : réponse visée oui/ non) : Est-il encore là ? (Oui. ils comportent). à deux arguments internes sélectionnés : le piano et respectivement le bureau. prédicat logique DANS.

 Interrogation comme acte de langage indirect (stratégie communicative): Je ne trouve pas ce livre (comparer cette assertion à la question appel d’information : Où est ce livre ?).2.2. Après si : Je ne sais si le docteur viendra   Inversion du sujet clitique bloquée (inversion simple ou complexe) : *Je ne sais si viendra-t-il. Marqueurs indicatifs vs descriptifs.Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. il. sais-je.  Intonation ascendante suspensive optionnelle.3. inversion de je : systématique au futur et au conditionnel (dirai-je. puis-je. *mens-je.   Et Est-ce que (version interrogative du présentatif c’est que+ structure phrastique87) : Est-ce que Paul est là ? 2.euphonique après un verbe finissant en voyelle : A-t-il compris ? Parle-t-elle toujours aussi fort ?) . à la faveur de la subordination) : Je me demande si Paul arrivera ce soir. fais-je. Pour la mémoire : sont appelés clitiques les pronoms atones (=non accentués) qui présentent une contrainte d’’adjacence au verbe. Interrogation totale directe. à l’écrit.1. Seuls peuvent intervenir entre un clitique et le verbe d’autres clitiques. 2. veux-je.2.2. *pars-je. Réalisateurs (marqueurs). éviter après d’autres monosyllabes : *cours-je. …) .   Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. après une montée sur le mot interrogatif 84 85 86 Information commune à une question et à sa réponse.2. 87 Construite par inversion simple du sujet clitique ce. nous.3. 2.3. Interrogation partielle directe. Inversion complexe : <sujet nominal + verbe-clitique sujet> (Paul est-il encore là ?). Syntaxe de la phrase interrogative. pourrais-je.: questions partielles).2. …). Je ne sais pas qui arrivera le premier. Interrogation directe/ interrogation indirecte :  Interrogation directe : phrase indépendante. Focus (foyer d’information nouvelle)/ présupposé (information partagée par le locuteur et l’interlocuteur84): distinction cognitive et énonciative. *Je ne sais si le docteur viendra-t-il Inversion (simple) du sujet non clitique bloquée : *Je ne sais si viendra le docteur. Est-il encore là ?/ Qui est là ? Interrogation indirecte (discours rapporté en style indirect) : subordonnée complétive. votre mari ? (comparer à : Il est toujours là. Clitiques sujets : je. rare après le présent de l’indicatif (liste fermée : ai-je. Pourvue de valeur et de fonction interrogative.3. 2. elle. vous. Interrogation partielle. ils. Ainsi. enchâssée sous un verbe principal qui marque conceptuellement (= descriptivement) la valeur interrogative (mais pas la fonction : suspendue. votre mari – à intonation déclarative descendante). par un point d’interrogation. entre je (clitique sujet) et ai (auxiliaire de temps) peuvent licitement intervenir les clitiques objets (le lui) et ne (négation clitique) : Je ne le lui ai pas rendu.3.2. à courbe intonatoire spécifique. Le plus souvent : intonation descendante (à l’instar des phrases déclaratives correspondantes). dois-je. Et inversion du sujet :   Inversion simple du sujet clitique: <verbe-clitique86 sujet> (trait d’union obligé : Es-tu encore là ?.1. 2. *sors-je.3. vais-je.2.1. tu.1. 1.2. elle. elles (pronoms personnels sujets) et ce (démonstratif sujet). Interrogation totale. insertion d’un -t. vois-je . et se terminant. suis-je. Interrogation totale indirecte. 2.  Intonation ascendante suspensive (sans modification aucune dans l’ordre des mots) : Il est toujours là. dis-je. 25 . Noter que la valeur interrogative est également indiquée85 par l’élément introducteur (si : questions totales/ qu.

Laquelle de ces deux Mathilde (…) emporte-t-elle la sympathie d’Aliénor ? (Pernoud) [variantes permises – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 199190 : 526527] 2. Les opérations stylistiques étant par hypothèse supposées être optionnelles. {Pas d’inversion : variante préférée/ inversion complexe : variante permise} : mot qu.s) : Attribut du sujet à choix Qui est cette femme ? Quelle est cette femme ? Sujet= SN [+humain] Sujet= pronom personnel [+personne. dans la littérature : inversion stylistique.Cas particuliers. rarissime (tour très marqué.1.2. selon l’analyse générativetransformationnelle standard. 89 Souvent appelée.1. 2. Joseph (1991) – Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne. Inversion exclue : mot qu. Inversion simple obligée :  Mot qu.1.2. vois-je : Pourquoi ai-je fermé ce tiroir à clé ?) . (porteur de l’accent focal). Qui est cet homme ? Quelle sera votre décision ?) ou ⊂ attribut (Quelles gens êtes-vous ? Quelles gens sont les Dupont ?) Attributs du sujet en variation libre : Qui / Quel Attribut du sujet à choix contraint : Qui/ *Quel(le.attribut (Qui êtes-vous ?. suis-je. Inversion complexe : Quand Paul repartira-t-il ? Mot interrogatif & est-ce que : Quand est-ce que Paul repartira ? -humain Qu’(est-ce) +sujet …qui -sujet …que Qui [+humain] est-ce que [-sujet] tu as rencontré ? Qu’ [-humain] est-ce que [-sujet] tu racontes ? Qui [+humain] est-ce qui [+sujet] veut encore partir ? Qu’[-humain] est-ce qui [+sujet] arrive ? Inversion (simple) du sujet clitique/ inversion (simple) du sujet non clitique : distributions distinctes (→structures syntaxiques bien différentes !) Inversion simple du sujet clitique (…) Verbe +TEMPS . deuxième édition mise à jour et enrichie. .2. fais-je. l’intonation ne serait plus guère un marqueur actuel de l’interrogation.⊂ sujet (combien de…. Quelle rage de vivre et de dominer l’avait-elle soutenue ? (Druon). Paris-Louvain-la-Neuve : Duculot.3.3. dois-je. puis-je. quel…. sais-je. en particulier à l’oral). infinitif 2.2. dis-je. Dans ce second cas de figure. veux-je. avec les verbes en -e → -é ( ?Pourquoi hésité-je ? /OKPourquoi est-ce que j’hésite ?).1. 26 . Inversion simple du sujet non clitique (pronominal ou nominal) 89 – sans trait d’union: Que disait celui-là ? Que disait cet homme ? Quand est parti Jean (pour Londres) ?).2.sujet (qui : Qui l’a dit ?). lequel de(s)…). vais-je. 90 Hanse.1. Mot interrogatif & inversion du sujet :     +humain Qui (est-ce) Inversion simple du sujet clitique (trait d’union obligé : Que disait-il ? Qui cherchezvous ? Qui est-ce ?88).2. ± locuteur] Qui Qui Qui Qui suis-je ? sommes-nous ? es-tu ? êtes-vous ? *Quel suis-je ? *Quels sommes-nous ? *Quel es-tu ? *Quels êtes-vous ? Quelle est cette voiture ? Sujet= SN [-humain] 88 *Qui est cette voiture ? Inversion de je courante pour les verbes de la liste déjà mentionnée (ai-je.clitique sujet (…) Formes complexes : auxiliaire Inversion simple du sujet non clitique … verbe +TRAITS SÉMANTIQUES PURS sujet non clitique (…) Formes complexes : participe passé.1. - Combien de gens l’ont vu ? Quel témoin a vu l’accusé ? Quelle folie avait pris Clémence ? Lequel de ces enfants a vu l’accusé ? Lequel de ses romans vous paraît le meilleur ? [variantes préférées – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 1991 : 526] Combien d’entre vous l’ont fait (+ l’ont-ils fait).2.1.3. seuls les cas où cette inversion est optionnelle devraient être nommés ainsi.

1.2. de l’objet)> tombe sous le même principe (éviter l’équivoque au niveau notamment de l’interprétation des fonctions grammaticales). Quel… ne pas (Quels étudiants n’ont-ils pas compris l’explication ?). Traduction en roumain : Ce mai face ?. lui. si l’objet est.contraint : *Qui/ Quel Interroger sur la qualité Attribut du sujet +qu Interroger sur l’identité Que suis-je ? Que devient-elle ?91 Qui suis-je ? Qui est-elle ? Qui est cette femme ?   QueCOD (Que disent-ils ? Que veulent ces gens ? Que vont dire ces gens ?) Où est + SN (Où est votre guitare ? Où avait été votre guitare ?) 2.3. En effet. comme facteurs de risque sémantique (interprétatif).2. Interrogation partielle indirecte. l’adjacence du sujet nominal inversé et de l’objet non clitique92. Avec. on) : Je ne sais où il est/ pour quand c’est. Inversion complexe obligée :     Négation excluant l’inversion simple du sujet non clitique: Depuis quand votre ami ne dort-il plus ?/ *Depuis quand ne dort plus votre ami ? Comparer à : Depuis quand votre ami dort-il? OKDepuis quand dort votre ami? Depuis quand s’est endormi votre ami ? Négation & mot qu. si. Même cas de figure donc que <Verbe + SNi+ SNj>.3. dans le cas de l’attribut de l’objet on peut alléguer (à la limite).2. Inversion simple du sujet non-clitique possible : Sujet SN (non clitique) : Je me demande ce que mon frère a dit/ ce qu’a dit mon frère.1. Pourquoi. Pas d’inversion :    91 92 Sujet pronom clitique (personnel. 27 . 2. ou.⊂ sujet (→négation excluant l’absence d’inversion): Combien de… ne pas (Combien d’entre vous ne l’ont-ils pas fait ?). une lecture idiomatique (disant à peu près la même chose que : Comment va-t-elle ?). Inversion simple du sujet non-clitique préférée : Verbe plus court que le SN sujet : J’ignore où est cet employé (comparer : J’ignore où se trouve cet employé/ J’ignore où cet employé se trouve actuellement). l’adjacence du sujet et de l’attribut accordé avec l’objet : - *Quand laissera celui-là [sujet inversé] les enfants [objet] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là laissera-t-il les enfants tranquilles ? *Quand nous [objet clitique] laissera celui-là [sujet inversé] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là nous laissera-t-il tranquilles ? tel n’est manifestement plus le cas avec l’attribut du sujet : - *Comment serait votre frère [sujet] si ingrat [attribut du sujet]?/ OKComment votre frère serait-il si ingrat ? 2.3.2. En quel sens excluant l’inversion simple du sujet non clitique : *Pourquoi rient les enfants ?/ OKPourquoi les enfants rient-ils ? *En quel sens parlent les fleurs ? / En quel sens les fleurs parlent-elles ? Pour éviter l’équivoque :   éviter la séquence <Verbe + SNi+ SNj> : *Où a trouvé Pierre ce livre ? OKOù Pierre at-il trouvé ce livre ? *À qui a donné Pierre ce livre ? OKÀ qui Pierre a-t-il donné ce livre ? éviter les phrases à deux arguments nominaux directs (=sans préposition) [+humain]: ???Quel ami [sujet ? COD ?] soupçonne votre fils [sujet ? COD ?]?/ ami votre fils soupçonne-t-il ? OK Quel Ce n’est pas évident que l’interdiction des séquences <V + sujet+attribut (du sujet. un pronom clitique. en sus de la lecture littérale compositionnelle (réponse attendue (par exemple): prof d’anglais). ce.

et l'une des quatre relations possibles entre une pensée et ce que cette pensée représente.1. Négation . interprétation de la phrase interrogative) : question-appel d’information.   Interprétation directive (question comme demande de dire. 28 . lexicalisation du verbe de pensée ou de parole sous-jacent dans la question au style direct (« portée sur le dire »): ?J’ignore en quel sens les fleurs parlent. 2.+est-ce que) : Où [est-ce] que tu vas ? Quand [est-ce] que tu reviens ? Qui [est-ce] que tu attends ? Terme interrogatif extrait par le présentatif c’est __ qui/que C’est quand que tu pars ? C’est qui que tu attends ? C’est où que tu vas ? ?? C’est quoi.3. par exemple. Valeur fondamentale (cf.   Terme interrogatif en position de base : Tu vas où ? Vous attendez qui ? Tu pars quand ? Tu regardes quoi ?96 Terme interrogatif en tête de phrase. au style indirect. semestre 6). ou comme des question-écho (demande de précision : on n’aura pas bien entendu/ compris).3. sous-type directif donc) : théorie des actes de langage (Searle & Vanderveken 1985). peut être utilisée descriptivement. D'où les cas de figure ci-contre : METAPHORE : 93 94 relation interprétative entre la forme propositionnelle de l'énoncé et la Mais : Je me demande qui vous êtes (sujet clitique→ pas d’inversion). Questions partielles portant sur un argument non sujet ou sur un circonstant : Que faire ?95 Où aller ? Comment retirer le poignard ? Interprétation : sujet non exprimé = locuteur/ indéfini générique équivalent à on. une pensée peut être la description d'un état de choses réel. 2. Interprétation non directive (question comme interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance) : théorie de la pertinence (Sperber & Wilson 1989). Dans l’acception pertinente (circonstant de phrase). Interrogation à l’infinitif. 95 96 Cette question porte sur le procès même.atribut. …). Une pensée. Quand elle est utilisée descriptivement.2.4. Utilisée interprétativement. 2. éviter l’inversion. Pourquoi excluant l’inversion simple du sujet non clitique94 : *Dites-moi depuis quand ne dort plus votre ami / *J’ignore pourquoi rient les enfants.Inversion simple du sujet non-clitique obligée :  Mot qu.93 Inversion simple du sujet non-clitique bloquée :   En cas d’équivoque (deux arguments nominaux directs (sans préposition) +humain): J’ignore qui [sujet ? COD ?] a rencontré Jean [sujet ? COD ?]/ OKJ’ignore qui [objet] Jean [sujet] a rencontré. ou bien l'interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance.4.3. Réponses : toujours des phrases infinitives (fuir. Tout énoncé implique aux moins deux relations : une relation entre la forme propositionnelle de l’énoncé et une pensée du locuteur (son «intention informative ostensive»). ou celle d'un état de choses désirable. voir cours de linguistique voué à la pragmatique (Licence. ou interprétativement. Je me demande qui est cet individu.2. une pensée peut être l'interprétation d'une pensée attribuée (ou d'un énoncé attribué) à quelqu'un. renforcé par c’est qui/ que (éviter l’inversion de est-ce (que/ qui)) : Quand c’est que tu pars ? Qui c’est que tu attends ? Qui c’est qui a cassé le vase ? !!!*Que c’est que …   Terme interrogatif (qu-) + que (abréviation de Qu. sujet SN (non clitique) : Je ne sais quel est votre avantage.2. Interprétées comme vraies questions-appels d’information.2. Pragmatique de l’interrogation→ pour détails. quoique(tu veuilles bien y aller)…] ?? C’est qui qui arrive ? 2. que tu veux ? [comparer à : quoi que (tu veuilles). Tours familiers : préserver l’ordre des mots de la phrase déclarative. En quel sens exige. lutter. / OK J’ignore en quel sens tu penses que/ tu dis que/ on dit que les fleurs parlent.4. comme toute représentation mentale douée d'une forme propositionnelle.

Valeur argumentative : orientation vers le négatif (Il fait beau maintenant [→sortir]. relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses du monde . intègre exclamation et interjection à une même catégorie : 97 98 99 Fonctions du langage. La phrase exclamative. Sperber et Wilson 1989: 347-348. votre Dulcinée ! [exclamation] Tiens [interjection+]! Il pleut ! [exclamation] Ça alors [interjection+] ! elle n’est plus là ! [exclamation] Lui. en termes des fonctions du langage dans la communication (approche traditionnelle que nous appellerons de ce fait : fonctionnelle) refuse à l’exclamation à la fois la dimension actionnelle (acte de langage). L’exclamation exprime « un sentiment vif devant un événement » . Qu’il est beau.3. fortement lexicalisées. N’es-tu pas là ? (→« Tu es là »). par exemple ! Ça alors ! [interjections] Ça alors ! [interjection +] Vous l’avez assommée. Cas particulier : les questions appel de confirmation (N’est-ce pas que Jacques est gentil ?/ Jacques est gentil. la mégère ! [exclamation] Ah [interjection+]! Si elle était encore là ! [exclamation] Hélas [interjection+]. 2. Dans tous ces cas de figure. EXCLAMATION : pensée qu'il représente . T’aurais-pas cent balles ? [« Prêtez-moi 100 francs. de la joie102 ou de la peur103. et. du souhait104 ou du regret105.2. elle est déjà partie.Dubois & Lagane 1997 (1973) : 161). le bidet ! (Pouah ! [interjection+] Qu’il est laid ! [exclamation]) 100 C’est parfait ! [exclamation] Tant mieux ! C’est cela (+ça) ! Ça va ! [exclamations brèves.3.4. voler un parapluie! 29 . souvent analysées comme interjections] Bravo ! [interjection] 101 102 103 104 105 106 Ça. s’il vous plaît »]. 2. Pellat & Rioul 2008 (1994): 387). relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses désirable. L’exclamation. mais fera-t-il beau ce soir [→ne pas sortir]?). Sémantique (non vériconditionnelle) : fonction expressive (affectivité) vs fonction référentielle vs fonction d’appel (ou : directive)97. CONSEIL : QUESTIONS.2. et la portée cognitive (selon l’opposition cognitif/ affectif). bref. au sens de Karl Bühler. de l’approbation100 ou de l’indignation101.4. elle est là. Noter que l’analyse générative-transformationnelle standard du Constituant interrogatif comme type obligatoire de phrase repose crucialement sur l’hypothèse de l’interprétation distincte des questions (pour le type interrogatif) et des ordres (pour le type impératif). Valeurs dérivées :   question-requête : Avez-vous l’heure ? [Quelle heure est-il s’il vous plaît ?. 2. s’il vous plaît »] . le plus souvent. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées désirables – cf. mais aussi de l’ordre de l’incrédulité. la réponse visée par l’interro-négatif (réponse préférée) sera : Si/ réponse non préférée : Non/ réponse exclue : *Oui. « Dites-moi l’heure qu’il est. Cette approche. non ?). elle est là. question rhétorique (implique le contraire de ce qu’exprime sa forme grammaticale) : Es-tu parti pour Londres ? (→« Tu n’es pas parti pour Londres ») .2. s’il vous plaît »] . une réaction affective du locuteur. imbécile ! [interjection +exclamation] Ah [interjection+]. Pouvez-vous me passer le sel ? [« Passez-moi le sel. « une attitude affective du sujet parlant à l’égard de l’état de chose évoqué par son énoncé » (Riegel. n’est-ce pas ?/ Jacques est gentil.IRONIE : ASSERTION : DEMANDE. de l’étonnement106 etc. le lavabo ! (Ah ! [interjection+] Qu’il est beau ! [exclamation]) Qu’il est laid. de l’ordre de l’admiration98 ou du dégoût99. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées ou des énoncés attribués . ma bien-aimée ! [exclamation] Oh [interjection+].

félicitation. y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). n’est-ce pas ?.3. B : Elle est déjà partie ?! A : Oui. si l’interrogation totale à inversion du sujet (clitique) semble exclusive de ce cumul de valeurs modales. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)…) –soit. pour l’interro-exclamatif. Ce qui est remarquable dans cette analyse. de l’ordre ou de la défense. l’état de non savoir préalable du locuteur (alternatives épistémiques ouvertes : ‘Elle est déjà partie’ (OUI)/ ‘Elle n’est pas encore partie’ (NON)). Langue Française n°22. et qui expriment une attitude psychologique de l’ordre de la croyance (à l’instar des actes représentatifs. par la ponctuation [?!] : Elle est déjà partie ?! (exclamation surajoutée à une vraie question appel d’information107) Elle est allée où ?! (exclamation surajoutée à une question-écho) Que ne le disiez-vous plus tôt ?! (exclamation surajoutée à une question rhétorique). de l’ordre de l’incrédulité face aux indices situationnels pointant vers la première de ces alternatives (OUI). de l’ordre du souhait que ce soit plutôt l’autre alternative qui se réalise. Paris : Larousse.3. les interjections aux phrases exclamatives (« les interjections. Syntaxe de la phrase exclamative:   type obligatoire ? (← contour prosodique propre) . dont la fonction est d’exprimer un sentiment plus ou moins vif. de manière assez systématique. tristesse (LAMENTATION). type optionnel ? (← type non exclusif de l’assertion. c’est que cognitif et affectif y sont réunis plutôt qu’opposés l’un à l’autre (à l’encontre de l’analyse traditionnelle en terme des fonctions du langage (fonction expressive). de l’interrogation.1. la critique. mais la description des actes EXPRESSIFS se laisse extrapoler à l’exclamation : ce sont des actes typiquement réalisés par des phrases exclamatives (excuse.- - soit en définissant d’emblée les interjections comme espèces d’exclamations (l’exclamation étant entendue. 30 . de la possibilité et de l’éventualité): « exclamations brèves. l’exclamation (ou plutôt : la forme moins que propositionnelle car incomplète de l’énoncé exclamatif) fournirait une interprétation de l’assertion du haut degré/ du degré extrême 107 L’interro-exclamatif y exprime alors. soit en assimilant. et son attitude subjective. s’il s’agira d’une sorte de question appel de confirmation (comparable à Elle n’est pas encore partie. de l’ordre du regret que tel puisse être le cas.: Mais quand/ où a-t-elle bien pu partir ?!. dont l’assertion). en second. Sa voiture est chez le garagiste. dans l’espace francophone. mais en l’occurrence plutôt empreinte du regret (pour son départ précoce)/ souhait qu’elle ait été encore là (‘pourvu qu’elle ne soit pas partie !’) ou bien d’une question rhétorique au sens usuel . … : A : La voiture de Marie n’est plus dans le parking. et. tel n’est pas le cas des questions QU.1. 2. comme modalité « de l’énoncé » (vs type de phrase).2.1. Approche actionnelle : théorie des actes de langage. Dans le classement des actes de langage proposé dans Searle (1972 (1969)). Sous cette analyse.[réponse non préférée]/ Non.1. parfois faites d’un simple cri. ni de l’interrogation – modalités avec lesquelles l’exclamation partage. elle est partie plus tôt que prévu. condoléances. [réponse attendue/ espérée] Remarquer que. cumul de valeurs modales explicitement consigné à l’écrit. l’exclamation n’est pas mentionnée en tant que telle. à côté non seulement de l’affirmation ou de la négation. en notation : « croyance + y ». mais aussi du doute. 2. le plus clair de ses marqueurs morphosyntaxiques (sinon prosodiques). Approche cognitive : pragmatique inférentielle (Théorie de la pertinence). Antoine (1974) – «A propos des énoncés exclamatifs ». parfois envisagées en tant que classe grammaticale (Mauger 1968 : 382). elle. Les théories de l’énonciation. augmentée d’un élément de l’ordre du sentiment (insatisfaction (PLAINTE). 108 CULIOLI.3. Rapprochement (et opposition) dire QU-/ demander QULa forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase exclamative (graduelle) interprète une pensée qui est ellemême l’interprétation d’une pensée désirable (assigner une valeur à la variable liée par le mot exclamatif : pertinent pour l’interlocuteur/ assigner une valeur à la variable liée par le mot interrogatif : pertinent pour le locuteur). Exclamation = Assertion emphatique (croyance + sentiment). à la fois. elle est en réunion. Approches alternatives de l’exclamation. du souhait ou du regret. si l’ajout de l’exclamation achève de convertir une question a priori non orientée en question orientée. peuvent être assimilées à des phrases exclamatives » – Dubois & Lagane 1997 (1973) : 162). sur le mode de l’évidence). remerciements…). se rallient à la même perspective : Exclamation = Assertion + « quelque chose en plus » (Antoine Culioli – théorie des opérations énonciatives108) Exclamation = Assertion du haut degré/ du degré extrême. La question se pose de savoir comment l’interrogation (alternatives épistémiques polaires (OUI/NON) activées à la fois) survit alors à l’exclamation (qui n’en active par hypothèse qu’une seule. 2. destinées à mettre en relief un sentiment ou un geste ». le cas échéant.

du discours direct et indirect. le long de l’ouvrage. La représentation. Mondes possibles : (1) totalité inconditionnée de faits non contradictoires (le monde actuel = un monde possible parmi une infinité d’autres : extension infinie du POSSIBLE. Si Pierre avait réussi laisse entendre que Pierre n’a pas réussi. à l’occasion.3. U’’…) : l’ensemble de propositions que tient pour vraies celui dont le locuteur rapporte les dires. au moment où il s’exprime. quand l’avenir sera lui aussi devenu du passé. ou bien l’univers du locuteur en un temps autre que t0 (le temps de l’énonciation). 31 . Mais il est évident. POSSIBLE intemporel) . 20)  Hétéro-univers (U’. c’est dire qu’il épousa sa mère (même si Œdipe ignorait l’identité référentielle /Jocaste = sa mère/). tient pour vraies ou qu’il veut accréditer comme telles113. de l’emploi des temps et des modes. Mondes contrefactuels (―m111): contiennent au moins une proposition contradictoire avec celles de m0 (et donnent donc pour vraie une proposition admise dans m0 comme fausse112). faits mémorisés : la même phrase. 2. L’un seulement des mondes possibles deviendra « le monde de ce qui est ». Mondes potentiels (m): ne contiennent aucune proposition contradictoire avec celles de m0 (mondes qui présentent comme vrai ou comme faux ce qui apparaît dans m0 comme possiblement vrai ou comme possiblement faux110). le locuteur peut situer cette proposition dans quelque univers qu’il évoque. Notion opérationnelle pour l’analyse de :     des contextes opaques (Oedipe voulait épouser (vs épousa114) Jocaste/ *sa mère115) . Approche vériconditionnelle de l’exclamation (théorie des univers de croyance – Martin 1987109). Bruxelles : Mardaga. Variable selon les informations que le locuteur possède (connaissances acquises. Indéfini : parce que toutes ces propositions ne sont pas explicitées (propositions latentes tenues pour respectivement vraies ou fausses). le contexte est transparent : dire qu’Œdipe épousa Jocaste. En termes de valeur de vérité relativisée aux univers de croyance et aux mondes possibles. Génèrent des hétéro-univers : 109 110 111 112 113 MARTIN. Le « monde des attentes » : chaîne privilégiée ayant toutes les chances de se réaliser (parmi le champ infini des possibles ouverts en t0). Images d’univers : notion qui ‘couvre toutes les modalités épistémiques’ (p.1.fournit une interprétation de la réponse. aura des contenus plus ou moins précis). Notions opérationnelles. que l’auteur emploie le terme.3. Il est possible que Pierre soit revenu évoque un monde où Pierre est revenu est une proposition vraie. Uil est-il censé noter « l’univers de croyance de il » (table des abréviations et des symboles).1. dans le texte comme m barré. Distinct de la notion d’univers de discours (=ensemble des circonstances dans lesquelles une proposition peut être dite vraie (circonstances décrites par des adverbiaux de phrase (sous l’Ancien Régime. de l’usage de certains adverbes. 114 115 Avec le passé simple (sans verbe modal désidératif).correspondante – de même que la (forme moins que propositionnelle car incomplète de la) question QU. Robert (1987) – Langage et croyance. 2. d’un univers de croyance qui n’est pas le sien ici-et-maintenant. dans son acception la plus large (la plus naturelle aussi) de terme complexe s’appliquant à tout sujet de conscience : ainsi. est appelée image d’univers. Les univers de croyance dans la théorie sémantique. sa réussite étant évoquée dans un monde contrefactuel (¯m – je n’arrive pas à « dessiner » la barre sur la lettre !!!). ces mondes alternatifs ne diffèrent de m0 que par une proposition ou par un ensemble de propositions qui s’y trouvent non vérifiées (conception temporelle du POSSIBLE). (2) l’ensemble des mondes alternatifs du monde m0 de ce qui est . Univers de croyance : l’ensemble indéfini des propositions que le locuteur. la pensée ou la croyance (« l’énonciateur ») .1. Noté.3. dans le discours (du locuteur).3. Univers de croyance vs image d’univers : au lieu de conférer lui-même à une proposition une valeur de vérité. Ne sachant pas que la femme appelée Jocaste était également sa mère. p) ou fournies par le co(n)texte interprétatif)). énoncée par des locuteurs différents.

Rappel : on est un pronom de troisième personne qui désigne toujours des humains (= ‘n’importe qui’. toutes choses égales par ailleurs120. auraient pu être vraies (=que l’on imagine être vraies). toutes les autres étant ‘hors ligne’. le participe passé du verbe. Ex. En l’absence de tout renvoi à quelque autre énonciateur (à la faveur de la construction impersonnelle). je vous avais dit que p… le conditionnel dit de l’information incertaine (de distanciation – n.). jamais toutefois pour le verbe porteur de l’information de temps et de personne. les traits TAM exprimeront (par défaut : seul sujet de conscience d’accessible dans le contexte énonciatif/ interprétatif) le degré d’adhésion du locuteur actuel. les verbes d’attitude propositionnelle (croire. puisqu’en disant il est certain que p (vs on est certain que p : hétéro-univers de la ‘voix publique’ si ce n’est d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours). mais projette un hétéro-univers de la ‘voix publique’119. C’est là un indice à proprement parler linguistique de la sémantique ‘déviante’ du pronom. une description de l’univers actuel du locuteur (à l’instar d’énoncés épistémiques à sujet modal je du type de je trouve certain que p. Comparer à Je crois que p Comparer à Paul croit que p. on peut. je sais que p) ? J’avoue ne pas saisir la portée pragmatique exacte de cette distinction. demander si…) . Anti-univers (―U) : l’ensemble des propositions qui. 120 Comparer : En résumé. il est bien certain que p. à la vérité de la proposition posée comme certaine. Pierre a réussi ∈ ―U). donc l’ensemble des propositions vraies dans des mondes accidentellement contrefactuels. on fait l’intéressant ?). exposant participant d’une stratégie allocutive. ‘les gens’). …) : on est certaine/ certains de ce que l’on avance. Remarque : Dans toutes ces interprétations marquées. on = ‘nous (moi +d’autres)’ – accord de l’attribut du sujet ou du participe passé avec le sujet réellement visé : On est arrivés en retard). au codage linguistique (grammatical) de la prise en charge par le locuteur actuel (ici: présent de l’indicatif). Comment d’ailleurs exprimer la distinction entre il est certain que p et on est certain que p (forme personnelle à sémantique vague qui préserve elle aussi le caractère (référentiellement) anonyme du sujet modal. je sais que p).    à une personne autre que je.n. les verbes d’attitude propositionnelle (ou de parole) à un temps autre que le présent (de l’indicatif) : je pensais alors que p. et commande un accord du verbe au singulier : Quand on veut. je crois que p. Jamais pourtant avec ce que Martin 1987 appelle image d’un « univers anonyme ». à moins d’accepter que la construction impersonnelle véhicule. ou l’interlocuteur et/ou un (des) tiers). 32 . ne s’emploie qu’en tant que sujet. Dubois & Lagane 1997 (1973) : 90-91). d’indices linguistiques (tel l’accord). pour vous. Commentaire : Cette analyse ignore l’apport sémantique de la forme verbale (traits de temps-aspect-mode (TAM)). au vraisemblable. et qui définissent des mondes esentiellement contrefactuels. ‘vous’ (Alors. Image (en ligne) d’un univers ‘anonyme’ (modalisateur épistémique renvoyant anonymement au certain. À distinguer des propositions fausses qui ne sauraient être vraies en t0 (car étant le fruit de la seule imagination du locuteur : Si Napoléon était au pouvoir… (prononcée en 2011)). je m’imaginais que p. d’où sans doute l’idée que la prise en charge par un énonciateur spécifique (locuteur actuel117. : Si Pierre avait réussi (Pierre n’a pas réussi ∈ Uje. elle. éventuellement. le locuteur assume cette certitude autant – sinon plus – que lorsqu’il dit je crois que p. à moins que on ne désigne le locuteur lui-même ou le locuteur lui-même et un (des) tiers : auquel cas nous serons présentés avec une image (en ligne) de l’univers de croyance (du locuteur).   Image de l’univers de croyance116 (description de l’univers actuel du locuteur : Je crois que p. Cf. Je sais que p). mon petit/ ma petite fleur/ mes petits. ‘tout le monde’. ou autre118) serait complètement dépourvue de marquage linguistique). quoique fausses en t0. penser…) et les verbes de parole (dire que. la langue familière accepte l’accord référentiel avec le sujet visé pour l’adjectif attribut. Emplois particuliers (avec diverses valeurs de style) : on = ‘je’ (On fait ce qu’on peut). on = ‘tu’. n’est-ce pas ?) il s’agira de l’hétéro-univers d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours (l’interlocuteur. à la première personne du singulier (je). Notation en usage : 116 117 118 119 Sorte d’image d’univers ‘en ligne’. Si – selon interprétations ‘marquées’ de on – la référence du pronom personnel [+humain] à sémantique référentielle vague se laisse dévoiler discursivement (en présence. … : Il est certain que p – énoncés à pronom sujet impersonnel (explétif il). ou textuels (co-texte intra-phrastique: apostrophe.

non graduelle Forme assertive.3. et négative à une question affirmative (Le vois-tu là ?). n’est-ce pas ?) Qui ne l’accepterait ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Qui ne l’accepterait ? (= « n’importe qui l’accepterait.3. de consécution (si/ tellement + adj/ adv & ellipse de la subordonnée consécutive). Classement des phrases exclamatives (Martin 1987 : chap.1. de comparaison (comme). n’était-il pas présent quand la décision a été prise ! Comparer à la question inversive correspondante (une question à réponse orientée): N’était-il pas présent quand la décision a été prise ? (= il était présent quand la décision a été prise. Formants qui se rattachent directement au composant « p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo » (formes qui assertent p ou évoquent p (même quand elles interrogent non-p): 2.3.2. Tours non tronqués : Vous pensez si elle était là ! Pensez si elle était là ! (« bien sûr qu’elle était là ») Malgré la forme d’interrogation indirecte.Ui (univers d’un locuteur donné à l’instant i)/ Ui+k (univers d’un locuteur donné à l’instant i+k)/ Uje (univers du locuteur (actuel)).3. mécanismes de pseudosubordination que/ ce que). si.} mais elle est là. l’effacement de la proposition racine : l’interrogation est attribuée à quelqu’un d’autre. la mise en doute interrogative est présentée comme injustifiée. 33 . d’indéfinition. quel…. Comparer à la question indirecte oui/non correspondante : Vous vous demandez [maintenant] si elle était là [alors].3.2.p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo (univers de croyance U)/ fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’: contradictoire avec l’univers actuel du locuteur) évidence dans l’univers de croyance (du locuteur) U . [structure de question rhétorique (équivalent fonctionnel d’une assertion.1. du fait du caractère fortement orienté de la réponse122) – formes finissant en n’est-ce pas ?.7) & réalisateurs. quant à la valeur de vérité de la proposition elle était là.3. diverses (autres) procédures d’effacement +INTONATION 2.2. U’ (image d’univers) . (sauf stipulation). 2. Autres constructions :  [exclamation non graduelle & emphase par extraction du constituant focalisé (phrase clivée) : C’est maintenant que tu le dis ! C’est René qui a été surpris ! (GM : 405). interrogative rhétorique (question oui/non à réponse orientée) ou interrogative indirecte en si + INTONATION .2.cit.1. Qui exprime l’ignorance du locuteur. Selon l’inversion de polarités : réponse affirmative à une question négative (N’est-elle pas charmante ?). pas vrai ? exclues !] Mais enfin.1. [structure de phrase assertive] Mais elle est là ! (en réponse et s’opposant à une assertion de l’interlocuteur : Marie ne viendra pas.3. combien de… . vous pensez si (à la différence de vous savez si123) est confiné à l’exclamation. 121 122 123 Exemples de l’op.2. combien…. Exclamation non graduelle121 2. tout le monde l’accepterait ») Comment est-ce possible ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Comment est-ce possible ? (= « ce n’est pas possible ») →exclamation contradictoire : le réel contredit les attentes du locuteur. non ?.1.) Comparer à l’assertion (enchaînement en discours homogène): {Nous ne l’attendions pas. Si elle était là ! Si elle est là ! Noter la troncation. car se heurtant à l’évidence des faits. Uil (univers de de il).1. 2.2./ Elle n’a pas été invitée.3. 2. qu’est-ce que).p vérifié jusque dans les cas extrêmes (parcours des possibles : mondes potentiels m (relevant de l’univers de croyance U)) / fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) Exclamation graduelle Forme interrogative (inversion du sujet clitique.2. Uon (univers ‘anonyme’ [ ?] – s’agirait-il de la voix publique [comme dans les dictons et autres proverbes] ?). U’je (univers du locuteur en un temps autre que t0).

Comparer : Est-elle charmante ! / ???Est-elle ingénieur ! Est-elle grande ! /*Est-elle grande de 1m85 ! *Que ce triangle est isocèle ! 2. cit.1.2.2. 24)126) . Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) » 2. [Formes sémantiquement liées au contrefactuel – formes qui évoquent non-p] : Même Pierre est venu ! (« Pierre n’est pas venu » est vrai dans plusieurs mondes contrefactuels : sa venue est étonnante en t0) Il est déjà là ! (=on s’attendait à ce qu’il ne fût pas encore là) S’il avait réussi ! (« Pierre n’a pas réussi » est vrai pour le locuteur) Dommage que tu ne sois pas avec nous ! (« Tu es avec nous » (=non-p.3. signification des exclamatives morphosyntaxiquement semblables aux interrogatives partielles : écart quantitatif en nombre ou écart en intensité de la propriété)] 2.1.2. elle. descente sur juge)/ Quel juge a été désigné ! : départ bas sur quel. Quel juge a été désigné ? (accent focal sur quel.1. Ce qui revient à reformuler en termes de mondes possibles la sémantique des questions fermées OUI/NON. l’intonation exclamative indiquera.& ellipse de la copule : construction de fait exclusive de l’interrogation ] Quelle fille charmante ! (*Quelle fille charmante ?) 124 125 126 127 Interjection.3.. [Formants qui se rattachent au composant « parcours des possibles »] 2. je ne m’en lasse jamais ! (GM : 406) [exclamation non graduelle renforcée par apostrophe et/ou interjections] : Quoi !124 cette nuit ne finira donc pas ! (Bernanos. de la qualité de juge). à ses yeux.1.3. que p est de fait vrai dans tous les cas. Octave !125 (…) tu as un pied de rouge sur les joues ! (Musset. GM : 406).3. Voir Naples et mourir ! (« Si je voyais Naples je pourrais bien mourir. montée de la courbe mélodique sur juge (le prédicat quantifié quant à l’intensité de la propriété : ici.3. [écart en intensité de la propriété] Quel juge a été désigné ! [→bien mauvais.3. 34 . héron. renoncer à mon projet ! (« je ne vais pas renoncer … »).1. Apostrophe.   Et [sujet] qui ne [Verbe] pas ! « ajout d’un argument négatif » : Et Tristan qui n’est pas là ! (GM : 406) [exclamation non graduelle & emphase par dislocation du Topique] : La grammaire.3.3. Exclamation graduelle Pré-requis : prédicats désignant des propriétés sujettes à gradation.3. en tant que juge : écart quantitatif en intensité de la propriété : noter les données prosodiques distinctes de la phrase interrogative correspondante127] [questions qu. p. [Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’ ) »] 2.2. indirectes (si dubitatif)] Ces formes « suggèrent » (je dirais plutôt.3.3. ici : connotent) la fausseté de p dans au moins un monde possible (comme il en va en général des questions fermées (interrogations totales : « le locuteur ignore si p si et seulement si. Est-elle charmante ! Si elle est charmante ! 2.1.2.directes (portée sur le syntagme nominal dans son entier exclue . que je fasse une si pauvre chère ! (« je ne ferai pas… ») [Infinitif d’exclamation]: Moi.3. 2. il n’ya pas d’exclamation qui corresponde à une QAI ouverte (interrogation partielle) telle : Qui a été désigné comme juge ? #Qui a été désigné comme juge !).2.1. même dans le cas où on pourrait le supposer être faux (cas extrême). cela ne me ferait rien » (→infinitif de souhait)). [formes interrogatives : questions oui/non directes (inversion simple du sujet clitique).3. où p est déjà négatif) vrai dans un monde contrefactuel) [Subjonctif de protestation]: Moi.3. 2. p est faux dans au moins un monde possible » (de son univers de croyance – op.2. [formes interrogatives : questions qu. montée de la courbe intonatoire sur le même mot. apud GM : 407).

postuler des ‘opérations énonciatives’ trop étoffées en amont de ce qui se laisse effectivement observer (lien entre opérations sous-jacentes et formes observées rétabli à coup de troncations) participe d’une politique assez douteuse : comment en effet traiter les troncations requises – en ligne. le rapport à l’interrogation n’est plus directement pertinent en synchronie: la phrase exclamative comporte un ouvreur d’alternatives épistémiques à proprement parler exclamatif (spécialisé pour l’exclamation) – ainsi qu’il est aisé de le prouver : *Qu’est-ce qu’elle est belle ? (avec l’interprétation visée ici pour que : « à quel point » vs « pourquoi »130) . où que2 n’est plus appositif. Principe d’épistémologie qui privilégie. (les données diachroniques s’y opposeraient : qu’est-ce que p ! attesté le plus tard). « combien ») : dérivé du que interrogatif « pourquoi ». ni de que p (par troncations successives) – cf. L’auteur met en garde cependant que. P. et reproduisant ainsi. Comparer : Quelle fille fatigante ! /*__________fatiguée ! Quelle fille maladive ! /*_________ malade ! Qu1’est-ce qu2’elle est charmante ! Selon Martin 1987.cit. analyse conforme à l’avis des dictionnaires de langue. il s’agirait au contraire d’une pseudo-subordination. ce ne sont ni plus ni moins que des évolutions diachroniques. 1992) et de Martin (1987). apud Nouv.2. que n’êtes-vous ici ? (Hugo. chap. 2. mais relatif ( ??« que cela est. op.2. qu’est-ce que p ! n’est pas à l’origine de ce que p. en synchronie. en français. ‘combien’) (vs conjS). Glose bien plus difficile (moins naturelle) pour : Qu’est-ce qu’il a écrit comme bouquins ! [quantification d’objets vs intensité de propriété]. Rob. 131 132 Le rapport à l’interrogation invoqué dans la référence citée en termes assez ambigus : tantôt on allègue une sorte de ‘source’ d’ordre interrogatif (approche informellement transformationnelle). cit. nous en rapprocherons plutôt la forme des questions appel d’information à complément de relation telle Qu’est-ce qu’il a écrit(. 2007). il faudrait y voir des ellipses (avec tout ce que cela comporte de restrictions en syntaxe et sémantique grammaticale) . tantôt (et c’est là je crois l’option correcte) on pose ce rapport. en matière de recherche scientifique.. 107. comparer à À quel point est-elle belle ? insolite sémantiquement si ce n’est pragmatiquement (À quel point est-elle intelligente ? c’est bien mieux comme acceptabilité). une évolution sémantique déjà réalisée en latin pour quid (étymon de que interrogatif « pourquoi »).3. signifiant « comme ».) comme bouquins ? – à réponses visées non du type de : Il a écrit des romans (spécification de l’espèce de bouquins (prédication sortale)) mais du type de : Il a écrit les romans suivants : « … ». p. mais grammatical. la solution la plus simple. C’est-à-dire : qui suspend la valeur de vérité : dans une subordonnée (Je crois que Marie est charmante). En général. Sous cette analyse.1. Contre-argument à l’analyse en termes de subordination : l’inversion du sujet clitique !!! Qu’elle est belle ! *qu’est-elle belle ! (subordination) Qu’est-ce qu’elle est belle ! (phrase racine) Nous adopterons ici l’analyse plus directe selon laquelle que1 est un adverbe intensificateur QU. également analysées dans la référence commentée en termes de pseudo-subordination.Mais ce rapprochement n’est lui-même pas entendu comme pertinent en synchronie. à l’instar des tours Ce qu’elle est charmante ! Qu’elle est charmante !. 130 Olivier et Roland. Le tour serait glosé à: « Que [que1 suspensif129. à savoir que [que2 appositif] p (= (qu’) elle est charmante) ». 35 . en termes de simple proximité formelle superficielle (rapport homonymique des constructions).7. du moins 128 129 Op.(‘à quel point’. hors ligne. C’est là une analyse sémantique de type ‘what you see is what you get’ qui n’exige plus d’implicite laborieux (rasoir d’Occam131). Cela vaut (plus ou moins) de l’ensemble des analyses de Culioli (1974. ce qu’il a écrit comme bouquins »). [écart quantitatif en nombre] Quant aux phrases exclamatives en Qu’est-ce que… à sémantique de quantification d’objets (que2 relatif). provoquant le parcours des possibles] cela est.Condition nécessaire : propriété « attachée de manière durable » au sujet (définition d’une « classe de référence »)128. malgré l’apparente relation de parenté formelle entre qu’est-ce que P !/ ce que P !/ que P !. note 22. le que initial (en termes génératifs : complément(is)eur) suspend la valeur de vérité de la proposition : c’est par le truchement de la principale que la subordonnée peut se voir assigner une valeur de vérité).3. « … » … (énumération des bouquins écrits (titres) : référence à des particuliers) & glissement d’une lecture qualitative (d’identification : énumération de particuliers) à une lecture quantitative (nombre de(s) particuliers (énumérés)132. Diachronie (étymologie de que adverbe exclamatif intensificateur.

apud GM133 : 404).3.2.3. [tours elliptiques définis : contre-exemple apparent . Ouvreur d’alternatives épistémiques à statut de quantifieur (déterminant quantitatif : beaucoup de. dont ce est l’antécédent. Combien de films ont été censurés ! Combien de courage a-t-il fallu ! Que de trésors éclos en mon absence! (Colette. à la fois avec l’interrogation et avec l’exclamation. directement (« combien ») – compatible. etc. assez de. résidu d’un cela)] Ce qu’il a écrit comme bouquins ! (*Qu’il a écrit comme bouquins !: preuve (selon R. [indéfinition – à compléments/ qualificatifs possibles seulement suggérés : tous ces compléments (parcours des possibles) vérifient ce qui est dit] Elle a un (de ces) charme(s) ! Elle portait un chapeau (un de ces chapeaux) ! C’est d’un pénible ! 2.3. : comparant spécifié distinct du comparé).2. parcours des possibles présupposé] Le charme ! Le chapeau ! Ce charme ! Ce chapeau ! Dérivation postulée : Elle a un chapeau (indéfinition déclenchant le parcours des possibles déterminations (compléments))→ Le chapeau qu’elle a ! → Le/ Ce chapeau ! 2.2. Mécanisme postulé par Culioli 1974 (schémas circulaire de repérage). lui. [consécution – sans conséquence spécifiée : quelle que soit la conséquence. introduisant une proposition en apposition à ce (selon l’auteur.3.5. le prédicat est vérifié] Elle est si charmante ! Comparer à l’assertion correspondante non tronquée : Elle est si charmante que vous allez l’épouser. et non comme conjonction de subordination).3. 2. dans ces contextes (=quantification d’objets).2.3. 2.2. spécialisé dans l’exclamation134] Comme elle est charmante ! Comme elle s’exprime bien ! Analysé dans Martin 1987 en termes d’auto-repérage135 : [elle est charmante] comme elle est charmante + ellipse de la phrase racine. on aurait présupposé que x est exemplairement P .à l’origine interrogatif.3.2. Que1 doit être analysé en synchronie en termes d’ouvreur d’alternatives épistémiques portant sur le nombre.4. supra) à extraction du prédicat susceptible de gradation (Topicalisation-focus)] : Octave ! [apostrophe] ô [interjection] fou que tu es ! (Musset. 2. comparer une jeune femme à ellemême pour ce qui est du charme « conduit à la conclusion qu’elle est exemplairement » charmante (propriété quantifiée dans l’exemple donné).2.6. [pseudo-subordination : que suspend la valeur de vérité et déclenche le parcours des possibles] Qu’elle est charmante ! Ce qu’elle est charmante ! [quantification sur l’intensité d’une propriété : que = conjonction de subordination.3.2.3. peu de…) – que de spécialisé pour l’exclamation #Qu’il y a des gens dans la rue ! 2. Interprétation : si on l’avait comparée à x (laide comme un pou. [exclamation graduelle renforcée par apostrophe et/ ou interjections & forme (surtout) interlocutive 136: pseudo-subordination (voir 2.7. du point de vue de la propriété P (quelle que soit cette propriété). Martin) du fait que. [comparaison – sans comparant spécifié : mot qu. apud GM : 406) Comparer : Fou que tu es ! [-gradation sur un prédicat par ailleurs gradable]/ Que tu es fou ! [+gradation] 133 134 135 136 Grammaire méthodique… GM : 404.pas au sens fort (qui consisterait à voir dans l’exclamative une transformée de l’interrogation correspondante).3. dans cette logique. que fonctionne comme relatif.3.3. ?Folle qu’elle est !/ OK Qu’elle est folle ! 36 . belle comme Vénus.3.

137 Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. impersonnel (disparition du thème (ou : topique). tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe Mircea) – où les capitales marquent l’accentuation focale). Voilà TROIS JOURS qu’il est parti. dans cette version du modèle. …) : C’est PAUL qui est arrivé le premier. car n’affectant pas le ‘contenu informationnel du message’. comme des fonctions définies (exclusivement) au niveau des structures superficielles. note 32.3. passif (dé-topicalisation du participant agissant au procès & topicalisation du participant non agissant) . Au sens des Aspects… la hiérarchie informationnelle d’une phrase énoncée participe d’une « fonction d’emphase » au sens large dépourvue de contribution sémantico-logique (=contribution propositionnelle. Syntaxiquement parlant. donc à nouveau : dé-topicalisation du sujet. 138 Mise en vedette du foyer d’information nouvelle par un présentatif (c’est… qui/que. Cela en légitimera le traitement transformationnel (vs basique): le topique et le commentaire sont envisagés. focalisation&clivage138) . Pour la distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). 37 . aux types de phrase facultatifs : • • • emphase (topicalisation137 . ou à clivage rarement employé. défini en termes fonctionnels relatifs à la base de a grammaire (constituant syntagmatique responsable de la génération de la structure profonde) – Chomsky 1965 : 221. ou indication de force illocutionnaire). en particulier dans les langues dépourvues de tours présentatifs susceptibles d’instancier des structures phrastiques à clivage. mais non redoublée d’une topicalisation de l’objet → phrases « thétiques »). C’est À PAUL que je voudrais parler. voilà… que. par opposition au couple sujet/ prédicat. comme nous l’avons déjà évoqué dans le chapitre introductif. descriptive. les modalités de message ressortissent. Les modalités du message L’interprétation des modalités dites ‘de message’ concerne de manière cruciale la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). il est déjà parti pour Paris.

interprétation de la construction entière).1. en règle générale par un ensemble de moyens phonologiques (comme l’accent. J’ai acheté mon chapeau à Paris. la phrase phonologique). la réponse à une question QU. La position de l’argument focalisé dans la partie présupposée (non-focalisée) de la construction n’est pas comblée. mais à Paris. Négation restrictive: Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris J’ai acheté seulement mon chapeau à Paris. C’est là une différence essentielle par rapport aux constructions de topique. - constructions ex-situ : focus d’identification (ou : de contraste).3. par des procédés différents. le ton. c’est la possibilité de substitution d’une autre option à l’option actuellement en focus).1. Typiquement. Typiquement. même rôle sémantique): Je n’ai pas acheté mon chapeau à Londres. parcours non exhaustif) : Où avez-vous acheté votre chapeau ? -J’ai acheté mon chapeau à Paris.(nombre illimité d’alternatives épistémiques ouvertes.1. par d’autres caractéristiques phonologiques (prosodie). mais [je l’ai acheté] à Paris. Un élément est choisi dans l’ensemble des alternatives contextuelles possibles. En même temps. sont séparées par une pause ainsi que. cet élément se trouve en contraste avec les autres options (ce qui est exclu. Constructions in-situ à opérateur de focalisation restrictif (par ‘exclusion d’addition’ vs ‘exclusion de substitution’) : J’achète mes chapeaux seulement à Paris139. J’ai acheté mon chapeau non pas à Londres. si bien qu’il reste une lacune (analysée en grammaire générative (version « standard étendue » : « théorie du gouvernement et du liage ») comme trace de l’élément déplacé en tête de phrase). C’est à Paris que j’ai acheté mon chapeau. 3. L’entité en focus et la partie non-focalisée. c.-à-d. Position d’accent de phrase déterminée par la syntaxe (‘règle d’accent noyau’ – Chomsky 1971). Grammaire fonctionnelle : catégories Focus et Topique. Il s’agit de la partie de l’énoncé qui représente une information nouvelle (nouvelle pour l’auditeur) non-présupposée. Comment tu le trouves ? Un ‘accent noyau’ dans une position autre que celle prédite par la règle indiquerait un focus expressif ou contrastif : Jai acheté mon chapeau à Paris (non ma jupe) ! Constructions in-situ et focus de contraste (constructions corrélatives. 139 Variante restrictive : Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris. L’élément en question est marqué comme celui – à l’exclusion de toutes les autres alternatives – pour lequel la prédication vaut (parcours exhaustif des possibles). à focus symétriques – même fonction grammaticale. 38 . lexicaux (comme les particules sensibles au focus (=opérateurs de focalisation) : seulement) et syntaxiques (comme la position du terme focalisé). et non à Londres. la prédication. le cas échéant. - position canonique (in-situ) : le terme focalisé garde sa place ‘de base’ (position à légitimation sémantique propositionnelle vs fonctionnelle) . - constructions in-situ : focus d’information. en français. position ex-situ : le terme focalisé se trouve à l’initiale de la phrase. Focus : l’information relativement la plus importante ou saillante dans la situation de communication donnée. en français (comme en anglais) : membres de phrase les plus à droite (derniers à être prononcés) : J’ai acheté mon chapeau à Paris. Ces constructions exhibent des traits sémantico-pragmatiques différents (interprétation des termes focalisés. Le marquage grammatical du focus est réalisé. information considérée par le locuteur comme devant être intégrée par l’auditeur parmi ses informations pragmatiques en toute priorité (Dik 1997:326).

on ←y danse: topique 140 Ou : celui-ci.  repérage s’appliquant à l’état de choses (fait exprimé par l’énoncé ou l’énonciation) auquel réfère la phrase (adverbiaux) . les pronoms personnels clitiques ne seraient jamais des Topiques. toute anaphore nominale (fût-elle ad hoc). nécessairement tonique. 141 142 Au sens de Sophie Prévost (Prévost 2003). les clitiques redoublent. Parmi les définitions (concurrentes) les plus fréquentes dans la littérature. lui. ←il140 m’a téléphoné hier. Topique intégré : Tu as des nouvelles de Paul ?/ – Oui. le caractère plus ou moins informatif étant formulé en termes de degré de dynamisme communicatif . à la position casuelle (fonction sujet). Cadre spatial: Sur le pont d’Avignon on danse (vs Le pont d’Avignon. je n’ai toujours pas de ←ses nouvelles illustrera. Topiques: Fonction de repérage: Cadres (de discours – Charolles 1997):  repérage s’appliquant aux participants à la prédication principale (arguments) . Noter que selon certains auteurs.  indexe(raie)nt non seulement la proposition à l’initiale de laquelle ils se trouvent. 3. Topique détaché (non intégré). la notion de cadre : Chafe (1976).1. Noter que l’emploi du terme « lié » est ici informel. Topique détaché (non intégré). Topique : ce dont on parle (« aboutness ».Négation restrictive: Je n’ai acheté que mon chapeau à Paris.  signalent ce sur quoi porte le segment en tête duquel ils sont détachés. puis par Firbas (1992). 39 . le topique. « à-propos ») – le topique chez Lambrecht (1994) et chez Dik (1997).2. non lié: Paul. possiblement. conditionné à la c-commande du « lié » par le « lieur »). lié141: Paul. l’élément peu informatif : le thème dans les travaux développés par l’école de Prague. par contre. mais aussi. nous mentionnerons les suivantes (perspective informationnelle et/ ou cognitive):   le point de départ psychologique et/ou positionnel : le thème chez Halliday (1994) . ←il m’a téléphoné hier. du fait que. à la différence de descriptions nominales plus fournies ou de pronoms démonstratifs. un cas de topique détaché lié. Paul m’a téléphoné hier) ferait l’affaire. ou : ton frère (si. dans la situation d’énonciation donné. un certain nombre de propositions subséquentes. le frère de l’interlocuteur est (ledit) Paul) – bref. dans les constructions à topique détaché. qui se trouve en position périphérique (détachée). Dans le même logique. Paul. y compris la répétition du syntagme nominal d’origine (en l’occurrence : Oui. je n’ai toujours pas de nouvelles142.   l’élément connu : amalgame entre statut informatif et accessibilité cognitive . descriptif (à ne pas confondre avec la notion technique générativiste de liage.

mais la négation (Pe PAUL îl caut. j’←y vais tous les ans. ainsi que fonctionnelle (interprétation)). ou sur la condition paysanne. rencontres étranges…). Une extraposition vient en sus des positions argumentales et/ou casuelles canoniques y associées (dont sont respectivement justiciables le rôle sémantique et la fonction syntaxique des syntagmes). -détachement). Dans la littérature on parle aussi bien de position détachée (que ce soit par clivage ou par des moyens prosodiques (pause-virgule)) et de syntagmes détachés (qui en arrivent à occuper de telles positions. Cela dit. Sont des extrapositions les positions de périphérie gauche. 40 . Si le locuteur poursuit son discours sur les chats. Dans cette acception. Topicalisation/ Focalisation: stratégies discursives de construction du Topique et respectivement du Focus (à contreparties syntaxique et phonologique (réalisateurs). ←il m’a téléphoné hier. Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. Suite linéaire non respectueuse du principe d’iconicité. ceux-ci constitueront le topique principal de l’énoncé. Au 17e siècle. neutralisée discursivement quant à la distinction fonctionelle (=interprétative) Topique/ Focus. tous les chats sont gris. En revanche s’il se lance dans une énumération des événements caractéristiques de la nuit (agressions. Topicalisation régressive: syntagme topicalisé détaché à droite (postposé). ou à clivage rarement employé. à Paris. on y dans. Suite linéaire respectueuse du principe d’iconicité (ce qui est connu/ donné est énoncé d’abord). souvent. Paris.détaché lié143) Cadre temporel: La nuit. 145 En cas d’explicitation de l’alternative rejetée (phrase complexe construite par juxtaposition). seront appelées topicalisations aussi bien le déplacement en tête de phrase/ à l’une des frontières de la phrase du constituant voué à interprétation fonctionnelle de topique que celui du constituant voué à interprétation fonctionnelle de focus:   Topicalisation-Topique (+extraposition. je←lui ai légué ma montre en or. dans le second conjoint. tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe MIRCEA) – où les capitales marquent l’accentuation focale145). Cadre thématique: Quant à Paul. À distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). il est déjà parti pour Paris. le terme de topicalisation sera entendu dans ce qui suit au sens de « topicalisation-Topique ». +détachement) Topicalisation-Focus (+extraposition. annoncé par le clitique argumental et pourvu de marques casuelles. Paul. Topicalisation: opération (syntaxique) de déplacement en tête de phrase (frontalisation) ou bien: à l’une des frontières de la phrase (extraposition – à gauche/ à droite. l’accent focal frappe. Ce qui ne les empêche pas d’assurer en même temps une fonction de cadrage (…) par rapport aux événements qui les caractérisent. en surface)). J’y→ vais tous les ans. 143 144 Que faire alors du refrain de la vieille chanson « Sur le pont d’Avignon. vols de voitures. vouées à interprétation fonctionnelle discursive actionnelle et/ou informationnelle (positions qui interviennent dans la réalisation syntaxique des modalités d’énonciation et de message). Topicalisation progressive: syntagme topicalisé antéposé (liant le clitique in-situ) dépourvu de marques casuelles. non pas le membre de phrase à statut syntaxico-sémantique symétrique. actualisée en particulier dans les langues dépourvues de structures phrastiques à clivage. ou du XVIIe siècle (vie des autres catégories sociales…) on peut considérer que ce sont « la nuit » ou « le XVIIe siècle » qui ont un statut de topique. en l’absence de qualification. Paul. NU pe Mircea). on y danse… » ? Cadre lié ?! Pause-virgule. Tout dépend de la suite du texte. je n’ai toujours pas de (ses) nouvelles. avec ou sans détachement144). la condition paysanne était rude.

topics and point of view ».). 3. dans le cadre de l’approche cartographique (école générativiste italienne). d’une analyse « fine ». Cambridge: Cambridge University Press. Cambridge. Charolles Michel (2002) – « Les adverbiaux cadratifs : fonction et classification ». Academic Press. en général148 déplacé depuis la région référentielle de la phrase. Firbas Jan (1992) – Functionnal Sentence Perspective in written and spoken communication. la tête Focus prenant le syntagme Complémenteur interne pour complément. Charolles Michel (1997) – L’encadrement du discours : univers.ens. 146 147 148 149 Rizzi. Elements of Grammar. dans ce qui sera désormais appelé le « domaine » Complément(is)eur : - Une position C interne. Une position C externe indicateur de Force (assertive. contrastiveness. Lambrecht Knud (1994) – Information structure and sentence form: Topic. en principal à la faveur des contributions de Luigi Rizzi : Nous nous référerons dans ce chapitre à la première version de cette analyse (Rizzi 1995 (1997146)). pour spécifieur . 2e éd.pdf. C) interviennent crucialement tant dans le codage grammatical des modalités d’énonciation que dans celui des modalités de message. champs. Initialement (théorie standard étendue) appréhendée comme catégorie fonctionnelle « complémenteur » (ou : « complémentiseur »). Des positions de Topique optionnelles et itérables (entre C interne et Focus. et supérieure(s) au Focus) . http://www. Luigi (1997) – « The Fine Structure of Left Periphery ». dans les subordonnées complétives (ou relatives) . Cahiers de Recherche Linguistique 6. des phrases interrogatives à inversion complexe). Grammaire générative : analyse fine de la périphérie gauche. 1-73. Cambridge University Press. catégorie sans réalisation phonologique dans les phrases racines (tête phonologiquement vide) . de Gruyter. 25-55. Focus. que+ indicatif.). - - - Ces catégories/ positions permettent une meilleure analyse syntaxique des types de phrases obligatoires aussi (par exemple. Syntagme formé de la tête Topique°. qui distingue non pas une. and the mental representations of discourse referents. 281-337. et un autre syntagme XP.lattice.2. à partir des années 1995. Halliday Michael Alexander Kirkwood (1985. domaines et espaces. à/ de/ e147+ infinitif. in C. notée « C ». Li (éd. du complément de cette tête (Focus-P). et d’un spécifieur (éventuellement déplacé depuis la région référentielle de la phrase). Université de Nancy-2. 1994) – An introduction to Functionnal Grammar. in L Haegeman (ed.Je lui→ ai légué ma montre en or. la tête Force° prenant un Topique-P149 pour complément : toute phrase sera donc un cas de ‘Force-P’. tête dont les positions de spécification (Spec. N. 41 . mais quatre catégories (positions) fonctionnelles distinctes. Une position de Focus. à Paul. la périphérie gauche bénéficiera. Dik Simon Cornelis (1997) – The theory of functionnal Grammar. definiteness. sélectionnant un TP ou un IP : c’est là une dernière position de redondance morphologique . qui rappelle le caractère fini (tensé) ou non fini (non tensé) de la phrase. New York. Arnold.) Subject and Topic. Dordrecht: Kluwer. que+subjonctif. Si dit dubitatif serait inséré en syntaxe directement à la position Focus (adjoint incorporé à la tête focus°).fr/siteACFT/Documents/CharollesAdverbFoncClass4111. en français. Morphème à réalisation phonologique zéro (la notation e venant de l’anglais empty (= vide)). London. (1976) – « Givenness. subjects. pp. Berlin. interrogative etc. Bibliographie minimale : Chafe Wallace L.

Quand les étudiants reviendront-ils ? 3. L’emphase. La GGT standard analyse en termes d’emphase les constructions à topique détaché (non-intégré) et les constructions à Focus ex-situ. lui. La sémantique étoffée du syntagme prépositionnel ou adverbial ŕ Spec. et qui prend le VP pour complément.F est en relation hyponymique ŕ la sémantique catégorielle de F .Force QU-P Force +Interr Foc tQU -P Foc Foc Top DPi Top Top +fini Oů [+fini] = ‘∀[+Temps]’ [+ i {REVEN(IR)+Futur 3pl} +fini] fin TP Oů : [ T P tlesétudiants [T’ t{REVEN(IR)+Futur3pl} [FP tquand [F’ F [VP tREVEN(IR) tlesétudiants ]]]]] Oů F = catégorie fonctionnelle de prédication optionnelle ŕ sémantique vague (ici : [+Repčre temporel]). le VP comme ‘sujet de prédication’. par l’intermédiaire de F. cet Adverbial (un PP ou un AdvP) sélectionne. en tant que prédicat sémantique. La focalisation in-situ n’est pas analysée comme un cas d’emphase. L’analyse syntaxique de ces constructions concerne la périphérie gauche de la phrase.3. spécifiée par un PP/ AdvP complément non sélectionné par le verbe. 42 . le focus ex-situ est typiquement instancié dans des phrases clivées. En français.

…)) et des verbes di-transitifs (+COD. 3. +COInd : donner qqc. le passif est une forme analytique du verbe 150. vivre sa vie. Verbes à COD interne (pleurer des larmes de joie. aura été. sera. *Le sommeil du juste est dormi… Expressions figées : casser sa pipe (= « mourir »).ch. d’attaquer à l’aube). Bucarest : Ed. les verbes transitifs indirects (parler de qq. s’il avait eu vent de la situation obérée de son tireur. peuvent être mis au passif : Ordre formel a été donné aux soldats d’attaquer à l’aube. sont assez régulièrement rébarbatives au passif./ *Ce livre est eu par Marie. et des verbes à COD qui ne sont jamais mis au passif : - Avoir. part. ch. faire allusion à (qq ch). fut. Comparer : Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc/ Le Coran l’interdit aux Musulmans.1. contribuer à qq. partir qq. parler à qqn. part. comme en roumain. ASE. penser à qqn/ qq. 73-95).4. etc.. Claude (2005) – « Diathèses et voix en français ». confirmer.) Il est possédé du Démon Il est possédé par la jalousie (fig. …) : *Sa vie est vécue (par Jean). Notons également que. 150 Tel n’était pas le cas en latin. 153 Les constructions V+ CODinf.. posséder (dans leur acception première152) : Marie a un livre. va être. néanmoins on dit bien: Manger du porc est interdit aux Musulmans (= Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc).. serait. ainsi que l’atteste la pronominalisation en le. venir de qq. dormir le sommeil du juste. Seules les formes perfectives de passif étaient analytiques (parfait passif = esse (au présent de l’indicatif) + participe parfait passif accordé en genre et en nombre avec le sujet (amati sunt (= ils ont été aimés))). ch. 43 . Je doutais que cette traite eût été avalisée par mon banquier suisse.3. Boire du café m’a été vivement déconseillé par mon médecin (= Mon médecin m’a vivement déconseillé de boire du café). écrire qq. de qqch). 3. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier suisse pour que notre banque engage aussi sa signature. 1. donc des verbes qui ont un complément d’objet direct. eut (vite) été. nager. faire autorité (= être reconnu comme une autorité (dans un certain domaine) »).. à qqn). était. suggérer). Vous serez pardonnés). Le passif. ch. …). aurait été) avalisée par un banquier suisse. … Des tours tels donner ordre (aux soldats. … La traite doit être (avoir été) dûment avalisée.1. tenir tête à (= « résister à »). Cette corrélation n’est cela dit pas parfaite : il existe des verbes sans COD qui peuvent être mis au passif (les transitifs indirects (dés)obéir à. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier avant que notre banque n’engage aussi sa signature. vient d’être. 151 Les grammaires anciennes parlaient de : ‘genre’ ou de ‘signification’ du verbe pour désigner l’opposition entre « action » et « passion » (Muller. à l’instar des intransitifs (inergatifs : danser. : « il est dominé par… »). Morphologie passive. 152 J’ai été eue = « j’ai été trompée » (fig.… . appelée par les grammairiens français (à partir du XVIIIème siècle) ‘voix’151 et réalisée à l’aide de l’auxiliaire être + verbe au participe passé (accordé avec le sujet grammatical) : La traite est (a été. casser la croûte (= « manger »). Sois (Soyez) félicité(e. a eu été.4. et respectivement Je me flatte de bien parler l’allemand/ Je m’en flatte. avait été.ch. pardonner à : Vos ordres ont été obéis. peuvent « être mis au passif » (conjugaison passive vs conjugaison active) des verbes transitifs directs (+COD : ouvrir qq. inaccusatifs : aller qq. En français. n’est pas un COInd mais un COD du verbe recteur. ACLIF). Actes du XIe séminaire de Didactique Universitaire (Constanta 2004. de+inf. Verbes modaux + infinitif153 : Marie peut marcher/ *Marcher est pu par Marie.. s) ! Soyons bien entendu(e)s là-dessus ! La traite étant (ayant été) avalisée. donner confirmation (à qqn. et en dépit de l’absence d’article. lire qq.. ch.4. À de rares exceptions près. dans : Interaction entre sémantique et pragmatique. dans les constructions actives correspondantes. Allusion a été faite à cet épisode malheureux dans l’allocution du Président. Introduction. …) n’ont pas de ‘conjugaison passive’. Confirmation expresse nous en a été donnée par courrier du 15 courant. bien qu’ils correspondent à des verbes (ordonner. En français. Université Ovidius. Je doutais que cette traite fût avalisée par un banquier suisse. part. où le passif était une forme synthétique : on distinguait entre ama-nt (=ils aiment)/ ama-ntur (=ils sont aimés). ama-ba-nt (=ils aimaient)/ ama-ba-ntur (=ils étaient aimés).

3. Comparer : J’ai vendu cette bagnole à un ami. 1. -défini) Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive sans agent Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) ________ Pas de complément d’agent Ces livres ont été vendus en trois semaines. Le meilleur projet a été proposé par votre société. Limites de la corrélation construction active/ construction passive. 3.2.1.2. peser (une tonne).4. 1. mesurer (trois mètres). Il existe des énoncés qui ne sont attestés qu’au passif : Nul n’est censé155 ignorer la loi. Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet ON (+humain. dans les phrases passives. (Wilmet 2003 : §581. par les lexicographes (Nouv. DE…) Verbe au participe passé (≠ été) Verbe ETRE auxiliaire de voix Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) Complément d’agent Votre société a déposé le meilleur projet. 2007).- Verbes à faux COD :  Complément de mesure : valoir (une fortune). courir (deux kilomètres).2. apud Muller 2005 : 76). sans que le sens verbal (passif d’action ou du procès ne s’en trouve affecté) : Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés par un seul représentant ? Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés en un mois ? 154 155 Voix au sens de Muller 2005. Cette bagnole a été vendue à un ami (*par moi). Le complément d’agent est largement optionnel. le sanglier . 44 . Classe syntaxique du verbe ↓ Transitif direct. Expression du complément d’agent. P.4. « chaser en leurcourant après »). Rob. Tous les étudiants aimaient ce professeur. Ce professeur était aimé de tous les étudiants. (Pourtant elle n’a obtenu qu’un tiers du financement sollicité). Construction passive vs construction active154. ditransitif Voix ↓ Entité qui agit (Agent) Evénement dénoté Ancrage temporel Entité qui subit (Patient) Complément d’objet direct Sujet ←Rôles et valeurs sémantiques ←Réalisateurs syntaxiques active passive Sujet Complément prépositionnel (PAR…. Contre-exemple apparent. (Pourtant il a été rejeté par le Ministère). A l’impossible nul n’est tenu. travailler le jour (= »pendant… ») Courir (le cerf.… : *Une fortune est value (par ce tableau) Complément de temps : dormir la nuit. puisque censé est analysé comme vrai adjectif.4. On a vendu ces livres en trois semaines. coûter (la peau des fesse). en français contemporain. Il existe des phrases actives sans correspondant passif exhaustif (complément d’agent exclu) : les phrases actives à sujet pronom personnel clitique. faire (= »mesurer ») deux mètres de long. marcher (deux kilomètres).   3.2.1. les jupons (= « courir après ».

(2’) Verbes d’action à agent abstrait (sans article ou à article indéfini) : être frappé d’étonnement. être apprécié de. par un souvenir tout-puissant (Gobineau./ *En fin de compte. être haï de. être compris de… Il est aimé de tous. En fin de compte. Ces licenciements ont été entraînés par la perte de plusieurs contrats importants. (+ de stupeur). … . Ce mécanisme ingénieux a été conçu (+ imaginé) par un simple contremaître (verbe psy assimilé à un verbe d’action : noter le rapprochement sémantique du verbe créer (être créé par…)). on peut dans certains contextes envisager l’agent abstrait comme une sorte d’agent concret. Rob. en place par votre (1’) verbes de sentiment et de connaissance : être aimé de. Elle est touchée de votre sympathie (emploi figuré : verbe de sentiment) 156 Mais. J’ai été accablée d’injures [complément de moyen !] par la foule déchaînée. être estimé de. être adoré de. tous ces licenciements auront été déterminés par l’arrêté ministériel qui nous oblige à étaler les amortissement sur 25 ans : nos équipements battent de l’aile et nos technologies sont dépassées. Le pays a été submergé par l’ennemi. de honte)./ *Le chasseur est suivi. être saisi de peur. Le chasseur est suivi de ses chiens. Choix de la préposition. verbes exprimant la cause (être causé par…. être méprisé de. Elle a été touchée par une balle (sens propre : verbe d’action). Il n’est pas compris de tous. être accablé de soucis (+ de remords. Le public était trop ému par la scène pour applaudir. Ces détails sont souvent ignorés par nos dirigeants (verbe de connaissance assimilé à un verbe d’action). 2007). Les touristes ont été étonnés par la beauté de ces sites historiques (sens dérivé. pour cause de livraisons défectueuses/ *Ces licenciements ont été entraînés. MAIS : Je suis impressionnée par la beauté de ces sites.Complément d’agent obligatoire (exceptions) : (1) (2) verbes d’accompagnement (être précédé de…. Le prof a été frappé d’étonnement. tous ces licenciements auront été déterminés. P. être déterminé par…. apud Nouv. être respecté de. par une curiosité violente. Ce projet a été mis département. Cet arbre a été frappé par la foudre. (2) Verbes d’action à agent concret (référence définie) Le voleur fut saisi par la Police. et employer par : saisi par une émotion irrésistible. être entraîné par…) : Cette hausse des prix a été causée par une fiscalité oppressive/ *Cette hausse des prix a été causée. Le diamant a malheureusement été étonné (= fêlé) par le jeune apprenti. verbe psy assimilé à un verbe d’action : le passage à la figure n’est pas toujours accompagné d’un changement de la préposition à : DE). DE + SN Par + SN (1) verbes d’action (et y assimilés) : Il fut appelé par le prof. dans ce cas-ci également. 45 . Il fut saisi d’une peur panique156. être suivi de…) : La réunion fut précédée d’une allocution du président/ *La réunion fut précédée. être submergé de pressentiments (+ de travail)… L’enfant fut saisi de peur. (sens étymologique : verbe d’action).

non habituelle. Le plancher était rongé aux rats. être cajolé. Exemples : La villa du P-DG est entourée par des jardins à l’anglaise. être câliné.2. + PENDANT … heures (durée : intervalle ouvert) Action (procès)157 + (Ces établissements ont été fermés en quelques heures) __ État (résultat) __ + (Ces établissements ont été fermés pendant quelques heures)159 __ 2. Question : PAR QUOI EST [part. le résultat (l’état) : a) b) 158 159 être caressé. tuer… Exemple : Napoléon faisait le bilan de la bataille : deux mille soldats français* étaient tués (ETAT ! OK morts : copule+adj)/ OK avaient été tués : ACTION !) Tout autre intervalle de temps ferait l’affaire (en trois jours. + LENTEMENT. passé] [sujet] ? (3’) Verbes d’accompagnement dénotant une situation habituelle : Le chasseur est suivi de ses chiens. Exemples : Mon jardin est entouré de haies. L’étrange phénomène a été vu pendant quelques minutes. être secoué (au sens propre) abattre. comme des verbes d’état. La réunion fut précédée d’une allocution du président. être entendu. au passif.1. fusiller. La rue est bordée d’arbres.J’étais submergé d’étranges pressentiments . + EN … heures158 (durée : limites atteintes) 1b. être cajolé. 3. … Ce tapis était mangé aux mites.). Elle était accompagnée par un jeune homme hirsute (4) verbes d’état dont le participe passé garde entière sa valeur verbale : résultat d’une action antérieure (passif du résultat). les verbes d’activité (+pendant…). décapiter. guillotiner. Aussi n’y-a-t-il rien d’étonnant à ce qu’un tas de verbes qui acceptent pendant… ne se comportent-ils pas. Le rideau est orné de fanfreluches. envisagée dans son unicité : La petite fille est suivie par un clébard à l’air féroce.au sens de Vikner 1985 .3. 46 . en trois minutes etc. Le texte est lu __ 157 Verbes qui n’expriment jamais en français. La salle est peu à peu vidée. être câliné. Les cimes étaient couvertes par le manteau étincelant des neiges éternelles. Le criminel sera accompagné par nos gendarmes jusqu’à la frontière.4. (4’) verbes d’état dont le participe passé a (ou : acquiert) une valeur adjective (constructions attributives): complément instrumentaux plutôt que vrais compléments d’agent. assassiner. pourtant. le passif n’étant pas processuel (et donc pas agentif). Elle était accompagnée de son mari. au passif. être écouté. être regardé. être vu. + PUIS/ ENSUITE/ AUSSITÔT APRÈS (succession d’événements) 3. pendre. nous avons là des compléments instrumentaux plutôt que de vrais compléments d’agent. être secoué . exécuter. mais comme des verbes d’activité ou de procès : être caressé. être ressenti… Exemples : L’enfant malade est caressé pendant quelques minutes afin qu’il s’endorme. au sens de Vendler 1967. Critères sémantico-syntaxiques (tests distributionnels) 1a. Question : COMMENT EST [sujet] ? Complément d’agent en à (passif du résultat): être rongé aux mites/ aux rats. PEU À PEU. Nos employés étaient submergés de travail (3) Verbes d’accompagnement dénotant une action intentionnelle. Passif d’action (passif du procès) vs passif d’état (passif du résultat). Aussitôt après les rideaux sont tirés) + (La porte est fermée lentement. être mangé aux vers. Ce test discrimine les procès (+pendant…) des événements (+en…) . VITE (manière : déroulement dans le temps) + (Puis le phare est éteint. des verbes d’accomplissement ou des verbes d’achèvement (+en…). La terre est couverte de neige. PROGRESSIVEMENT.

4. être avisé favorablement/ défavorablement par. + complément d’agent exclusif de l’auxiliaire être à une forme perfective composée ou au passé simple rapidement. être fait par. être émargé par. être réalisé par… Ces verbes expriment. / Les actes sont dûment signés par les deux parties (résultat). La maison est progressivement repeinte). + complément d’agent sans restrictions quant à la forme de l’auxiliaire (en particulier si aux formes interdites pour la lecture résultative) +(Le contrat d’achat a(vait) été paraphé par Julien Vasco __ 160 Les verbes susceptibles d’emplois au passif d’état ou du résultat à vrai complément d’agent sont des verbes dénotant des actions telles que le fait que l’état résulte de l’action de X plutôt que de celle de Y ou de Z est pertinent (dans la pratique). être accepté par [en parlant d’un effet de commerce ou d’un papier adinistratif]. et directement visible à partir du (dans le) résultat de cette action : il s’ensuit que l’entité qui subit l’action (ou qui en résulte) est nécessairement une chose concrète. seulement à autres paramètres égaux. Cette pétition était manifestement écrite par un illettré. 5b. Vous constaterez que le bordereau de livraison est en effet émargé par votre représentant. Cet arrangement floral est visiblement réalisé par un maître de l’ikebana. être biffé par. Comparer : Les actes sont ensuite signés par les deux parties (action).) __ __ +(Le contrat d’achat est (était) paraphé par Julien Vasco Nous nous sommes aperçus du premier coup d’œil que l’acceptation était biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. être paraphé par. être peint par. être approuvé par. Nous avons constaté que ces demandes étaient effectivement approuvées par l’ANPE. le résultat (l’état) si être est à une forme non perfective simple. 47 . être avalisé par. même en présence d’un complément d’agent. +ATTENTIVEMENT. À CONTRE-CŒUR (manière : caractère intentionnel de l’action) 5a. L’ordre est obéi à contrecœur. + (Le texte est lu attentivement. Ce paysage était manifestement peint par un maître flamand du XVIIème siècle. un objet sur lequel l’agent aura laissé son empreinte : être signé par. être écrit par. Le bordereau est émargé par notre représentant)160.

et commandant l’accord en nombre et en personne du verbe porteur de traits de temps (L’étudiant3sg ouvre3sg la porte/ Les étudiants3pl ouvrent3pl la porte).3. + VENIR DE + inf. en position postverbale. sur celle de la négation (type optionnel ou : forme de phrase. Nous avons constaté que le bordereau de livraison n’avait en effet été émargé par votre représentant. SN complément direct (=sans préposition) du verbe.3]. toutes choses égales par ailleurs.Nous savons que l’acceptation avait été biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. + déjà (verbe être à une forme simple non perfective) 6b. À cet égard. 48 . et l’accord en nombre et en gendre du participe passé des verbes conjugués aux temps perfectifs composés avec l’auxiliaire être (PaulMsg est entréMsg en classe/ MarieFsg est entréeFsg en classe) ainsi que de l’adjectif attribut du sujet (MarieFsg est intelligente Fsg). qui commandera ainsi une transformation obligatoire. Ce paysage a été peint par un maître flamand du XVIIème siècle. + déjà (verbe être à une forme composée perfective) 7. Visée théorique : éliminer les transformations facultatives autres que l’inversion stylistique. Chomsky 1971 (1965) : 181 [chap. à l’instar des marqueurs de force illocutionnaire.4. à l’instar de l’emphase : l’introduction précoce du marqueur de passif n’y est donc pas envisagée comme régie par le même principe que l’introduction dans la base de la grammaire des marqueurs de force illocutionnaires ou de négation (pour la mémoire : pas d’interprétation sémantique des structures superficielles. donc pas d’import sémantique des transformations) – cf. du point de vue interprétatif (=sémantique au sens large). le passif se caractérise par la topicalisatio-thématisation de l’argument subissant (réalisé. toutes choses égales par ailleurs. L’analyse du passif est explicitement alignée. Le bordereau fut émargé par votre représentant). dans Aspects… . 6a. Nous avons constaté que ces demandes avaient été effectivement approuvées par l’ANPE. XVI) : Σ→ Const + P Const→ Affir + Passif Passif → Aux 161 162 163 être + SP passif Diathèse au sens de Muller 2005. comme le passif). comme objet grammatical162. et relevant du propos (rhème)) ainsi que par la dé-topicalisation-rhématisation de l’argument agissant (réalisé. à Cas Accusatif assigné par celui-ci. Cet arrangement floral a été réalisé par un maître de l’ikebana. Sujet : SN à Cas Nominatif assigné par l’inflexion [+Temps]. 1. __ + (La traite a (+ avait) déjà été avalisée). les modalités dites de message concernent toutes la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). Mais le passif continuera à être envisagé comme phénomène syntaxique sans retombées interprétatives sémantico-logiques. Rappelons que. en position initiale. comme sujet grammatical163 interprété comme thème). + (La traite vient d’être avalisée). seulement du point de vue syntaxique (vs sémantique) : le passif serait lui aussi introduit par un marqueur dès la structure profonde. Structure profonde d’une phrase passive (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. + (La traite est (était) déjà avalisée) __ __ 3. Le passif comme modalité de message161. note 3. dans les phrases actives correspondantes. ainsi que sur celle des phrases interrogatives et impératives (types obligatoires). dans les phrases actives correspondantes.

2]. sous le noyau. attentivement. 3a. …). Le Cas syntaxique doit être interprété (‘lu’) en morphologie flexionnelle. dans la base (=structure profonde) à la faveur d’une règle de réécriture d’un adverbial de manière. Jean pesa la lettre. 2. ces cas-là sont assez rares : Mes ordres seront obéis (comparer à : On obéira à mes ordres). (À cette étape. *Deux tonnes sont pesées par la voiture/ b.Aux être → être [+V] + part passé [+aff] SP passif → Prép + SN passif +P Σ→ Affir + Aux être + Prép + SN passif + P Σ→ Affir + être [+V] + part passé [+aff + Prép + SN passif Maintenant : dans le texte même des Aspects… (Chomsky 1965 : 104-105). La voiture pesait deux tonnes/ b.164 Cette analyse rend compte du fait que la passivation peut aussi concerner des verbes sans complément d’objet direct (à l’actif). dans le sens de génération des structures arborescentes). 2a. dans la computation périphérique vers la Forme Phonologique. L’analyse du passif sera remaniée en conséquence. Jean pesa (lentement. il en va de même en français pour les pronoms personnels (clitiques). 3. développement des tests de notre main. Transformations postulées dans la version standard du modèle GGT (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. Cas syntaxiques et rôles sémantiques. (3) SN sujet se substitue à SN passif. L’introduction du morphème de passif est posée comme réalisée. attentivement. (2) SP passif sera déplacé après l’objet direct du verbe (SN2) – en tant que constituant du GV. d’une part. le verbe conjugué V étant. du SN sujet profond (préalablement déplacé sous SP passif (3). où il sera ‘traduit’ à un ‘cas [initiale minuscule !] morphologique’ –son réalisateur superficiel: - flexion nominale (affixe flexionnel. langues à flexion nominale riche (déclinaison) . Les versions plus récentes du modèle limiteront de manière très stricte les transformations entendues comme légitimes en syntaxe noyau (déplacements de droite à gauche et du bas vers le haut. *La voiture pesait deux tonnes lentement/ b. lui. en structure profonde. ce constituant adverbial n’est pas complètement étranger à la souscatégorisation par le verbe. du syntagme nominal objet direct et du SP passif ). constituant du groupe verbal : Manière → par ∩ passif. Tout en étant optionnel. puisque certains verbes y sont rébarbatifs – ceux-là précisément qui s’avèrent rébarbatifs à la passivation (les verbes dits « moyens »). le groupe verbal est constitué du verbe. comme en latin ou en roumain. de l’autre. 49 . Préalables théoriques. 1 déplacement à gauche (montée) : (4) SN objet profond se substituera à la position. XVI) : 3 déplacements à droite (= ‘descente’ dans l’arbre) : (1) Aux être sera déplacé de sous Const. mis au participe passé). désormais vide. un Objet direct du verbe – en français. pourvu qu’ils sous-catégorisent un complément de manière – le sujet de surface de la phrase passive n’étant pas alors.4. Comparer : 1a. Les versions ultérieures du modèle GG formuleront la distinction de principe entre Cas syntaxique. l’introduction du « marqueur de passif » en structure profonde n’est pas réalisée à la faveur d’une règle de réécriture qui place d’abord la ‘modalité’ en marge du noyau. qui ont des 164 Exemples de base empruntés à Chomsky 1971 : 146 [chap. sous le SP passif. La lettre fut pesée par Jean. à droite de Aux (cette transformation rendant compte de ce que le verbe être va porter les marques de temps de la phrase. et rôle sémantique (thématique). …) la lettre (lentement.

L’approche configurationnelle à l’encodage lexical (vs à l’assignation) des rôles thématiques. y (locatif). les catégories substantives (N. dans le cadre générativiste chomskyen. dans ce classement. prépositionnel ou adverbial introduits en syntaxe en tant que compléments ou spécifieurs du verbe). De même. 166 Cette notion est très proche de la CSR (Canonical Structural Realization) qu’introduit. Hale & Keiser 1993 : approche configurationnelle aux rôles thématiques (vs liste de rôles). V. en général. <Source>. <But> (<Cible>)… La question se pose de savoir si oui ou non il y a lieu de distinguer matrice conceptuelle du verbe et grille de rôles thématiques. la/ lui. Du fait qu’il est assigné par une tête lexicale substantive (=douée de traits sémantiques purs). A. le. etc. Plutôt que de distinguer <Agent> : participant agissant au procès. Hale et Keyser 1993 : 69). on reprend. À partir du constat qu’à la fois les rôles thématiques possibles. étoffées. Je penserai à ce que vous venez de me dire (préposition = simple préfixe casuel)/ b. lui. datif). J’y penserai (flexion)) Le rôle thématique est lexicalement associé. le rôle thématique est encore appelé rôle-θ (lisez : têta). celle d’une action est V. elle/ nous/ vous/ ils. de fait » cf. en sus de ses traits sémantiques purs (en marge de la matrice conceptuelle du verbe). 165 De fait. Hale et Keyser 1993 formulent l’hypothèse que les rôles thématiques sont en fait des dérivés de relations syntaxiques (lexicales) – le caractère limité de l’inventaire des rôles-θ s’expliquant par l’inventaire fermé des catégories substantives et des relations structurales possibles. 167 Nous avons cité ici Hale et Keyser 1993. <Instrument> Arguments locatifs : <Lieu>. La sémantique lexicale du verbe serait par hypothèse (dès le lexique) configurationnelle (iconicité des représentations syntaxiques relativement aux représentations sémantiques ‘pures’). L’inventaire des rôles thématiques varie au gré des linguistes.- formes de nominatif (je/ tu/ il. les/leur (accusatif/ datif). dans une perspective d’acquisition du langage (par l’enfant). A. que défendent Hale et Keyser 1993. ou bien préfixe casuel (préposition) : 4a. comme dynamiques par définition). En regard du classement sémantique des verbes de Vendler (1967). on parlera de <Causateur> (neutralisation de la distinction animé/ non animé. la notion d’ « événement dynamique » est redondante (les événements (vs situations) étant entendus. en (ablatif))) . Un adjectif comme conforme (Ce clause contractuelle n’est pas conforme à la législation en vigueur) aura ainsi un argument <Thème> (le syntagme nominal dont il sera prédiqué : cette clause contractuelle). nécessairement [+animé] <Force> : causateur non animé. Grimshaw 1981 : la réalisation structurale canonique d’un objet physique est N. de Pleine Interprétation et de Prédication. elles) distinctes de leurs formes obliques (me/te (accusatif. V. l’argument interne d’une tête substantive P (préposition) se voit assigner à la fois un Cas syntaxique et un rôle sémantique par cette préposition (ce pourquoi les PP peuvent ne pas être sélectionnés par le verbe. explore les implications et tire les dernières conséquences de l’option théorique selon laquelle la « θ –grille » du prédicat est projetée en syntaxe. l’inventaire des Cas sémantiques des grammaires casuelles (sémantique générative) : <Thème> (argument qui ne peut manquer : tout verbe en a un) : participant non agissant au procès. P) et les relations syntaxiques à une tête (Spec1 H /Compl1 H) définissent des inventaires fermés. sous forme de « liste » : grille thématique (appelée aussi θ -grille). 50 . reléguée aux distinctions/ sélections sémantiques fines. Les catégories substantives (N. et un argument <Repère> (à la législation en vigueur). et fonctionner comme compléments de phrase : À Paris j’ai appris à jouer du pipeau). Les rôles thématiques assignés par la tête verbale seraient ainsi spécifiés explicitement dans l’entrée lexicale du verbe. tout prédicat sémantique ayant des arguments obligatoires en syntaxe est censé se voir associer de tels rôles dès l’entrée lexicale. mais.)). non argumentales (rôles sémantiques sans contrepartie structurale et morphologique distincte). par exemple. P) sont associées à des « types notionnels (ou : contenus notionnels) élémentaires »166 : CAT : V /« événement (ou peut-être événement dynamique) »167 (notation : e). CAT : N / « n » (notation du type notionnel associé à la catégorie N – « quel qu’il soit. CAT : P /« (inter)relation ». au verbe en tant que prédicat sémantique165 : c’est un rôle sémantique ayant la particularité saillante de devoir être réalisé en syntaxe par un argument du verbe (syntagme nominal. et l’expression configurationnelle des rôles-θ étant régie par les principes de Projection non ambiguë. CAT : A / « état » (notation : s (state angl.

des « dénominaux »171 (donnée lexicale – cf. le glissement est fait d’une approche de la θ -théorie en tant que module indépendant ((partiellement) autonome) de la grammaire. <SOURCE> ou <LIEU>. p. mais il n’est pas clair s’il étend cette hypothèse à la sémantique du verbe en général. art. les prépositions ou par certains adjectifs). Du coup. Ils sont assignés dans des configurations syntaxiques dérivées (à la faveur de transformations : structure-S (structure de surface)).) 169 La philosophie du « verbe léger » est loin d’être la même. Par exemple. Cas structuraux : Nominatif (assigné par T) et Accusatif (assigné par un verbe transitif).4) reprend explicitement à son compte l’idée d’approche configurationnelle à l’expression/ interprétation des rôles thématiques. la structure relationnelle lexicale du verbe (sa LRS). 95. D’autres seront directement ‘traduits’ en Forme Logique à un rôle thématique : ces Cas. satisfaisant les conditions de Projection non ambiguë et de Pleine Interprétation (cf. [vP v [VP V e]] La LRS du verbe est interprétée en termes des configurations instanciées et des « contenus notionnels élémentaires » associés aux traits catégoriels (ni les TSPs (traits sémantiques purs) des items. 51 . cit. dans la notation Chomsky 1995 : chap. ni les autres traits formels FF(CAT) ne sont directement pertinents) : une configuration V-VP (v-VP. 170 171 Dans l’hypothèse configurationnelle. Le patron de lexicalisation de tels verbes dérivés est appelé « conflation ». et reviendrait en fait à récupérer l’hypothèse des sous-catégorisations (des relations de sélection-c) à expression lexicale directe.. certains ont surtout un effet sur la structure de surface (ordre des mots) : ces Cas sont appelés structuraux. L’entrée lexicale du verbe est en fait sa LRS. qui suggèrent que cette position vide soit « étiquetée » d’entrée de jeu (comme il en allait. à une approche interprétative des rôles thématiques : à la notion d’assignation de rôle-θ se substitue celle d’expression des rôles–θ et donc d’interprétation argumentale (à l’interface de FL)168. en vertu des principes de Pleine Interprétation et de Prédication. p. une configuration V NP (ou DP). 93-94 – n. Parmi les Cas syntaxiques. En matière de LRS. 168 « Il n’y a pas de mécanismes linguistiques spécifiques à la structure argumentale. seul un syntagme nominal pourra être fusionné (puisque V n’a pas de Spec). Hale et Keyser. Cette structure. ou s’il veut plutôt dire que : la matrice conceptuelle du verbe consisterait dans un faisceau (liste) de traits. interprétée comme (e1→e2) exprime le rôle argumental externe (n>(e1→e2)) de CAUSATEUR169 (Agent ou Force)170 . interprétée n>(e→r).). et sera introduite dans la dérivation s-syntaxique en tant que catégorie syntagmatique complexe (visibilité de la LRS en syntaxe-s et à l’interface LF) – cf. Hale et Keyser 1993 : 96). (Hale et Keyser. art. 4). il n’y a aucun processus d’ « assignation de rôle thématique » distinct de la prédication. dans la dernière version de la GGT chomskyenne (programme minimaliste toujours – dérivation par phases).4). exprimant la sélection d’arguments thématiques. et il n’y a pas de « rôles thématiques » si ce n’est en tant que relations lexicales exprimées par des projections non ambiguës et pleinement interprétées de catégories lexicales élémentaires ».Mêmes les verbes « superficiellement mono-morphémiques » sont lexicalement syntagmatiques (phrasal angl. l’étiquetage de la position vide est redondant en regard des principes de Pleine Interprétation. la distinction sémantique Agent /Force ne peut être faite en tant que distinction argumentale. mais cela émarge les visées de ce cours. des positions de substitution – mais cette hypothèse a largement été abandonnée in Chomsky 1995: chap. cit. dans l’approche TSE en général. idem. Cas inhérents : cas Obliques (assignés par les verbes. sujet d’un « prédicat de changement »). verbe. sont appelés inhérents. L’interprétation argumentale est l’interprétation des relations structurales lexicales du La LRS d’un verbe transitif V qui n’a qu’un seul argument interne sera : où e est une position vide à laquelle. pp. Les verbes inergatifs sont des verbes transitifs cachés qui incorporent leur argument interne. Quoi qu’il en soit. en ce sens qu’ils possèdent une structure qui est syntaxique. dont certains. en syntaxe. une configuration [VPNP[V’V PP]]. les rôles thématiques et la structure argumentale qui les porte/ exprime constituent le noyau dur de la structure profonde de la phrase (structure-D) : la proposition minimale (entité sémantico-logique) endeçà de l’ancrage temporel (=relations de prédication essentielle). Notons que nous nous éloignons ici de la lettre de Hale et Keyser 1993. interprétée (e→n) (un événement crée ou modifie une entité) exprime le rôle-θ interne <THÈME>. assignés par une tête lexicale à son régime (argument sélectionné morphologiquement) dès la structure-D (structure profonde). et un « rôle interrelationnel » <BUT>. trad. exprime univoquement la « θ -grille » de celui-ci.73). Chomsky 1995 (chap. auraient une contrepartie configurationnelle obligée. exprime le rôle-θ <THÈME> (= sujet de l’interrelation que [CAT : P] exprime.

London. chez qui le verbe léger est explicitement envisagé comme catégorie fonctionnelle de voix). le verbe perd l’aptitude à assigner le Cas structural Accusatif à son argument interne. à partir du passif. une configuration transitive(-causative). Telle a été aussi l’analyse GGT standard. éventuellement en syntaxe. mais il perd de sa saillance.3. 3.v serait vide (ce qui. ce qui en motivera le déplacement à la position d’assignation casuelle Spec. Le passif dit agentif (passif d’action ou du procès) étant censé préserver la représentation de l’action. non marqué. mais une sorte de PRO à référence arbitraire). et. et obtenir compositionnellement. en syntaxe) sera-t-il satisfait ? Une solution consistante avec la modélisation de la GG reviendra alors à envisager le verbe V comme au demeurant sous-déterminé (les TSP du verbe coderaient pour le résultat de l’action). de façon incrémentielle. comment le principe de projection (des propriétés lexicales du verbe. de l’actif. ne pouvant plus être lexicalisé comme sujet. comme cas marqué.5. une configuration passive simple VP. 172 173 Pylkkänen. qui reprend à cet égard l’argument de Kratzer 1996173. qui introduit le complément d’agent (=Causateur) en tant que prédicat optionnel. auprès du VP . eds. Kratzer. et dans d’autres. bien que la sémantique de causation et donc la configuration v-VP subsisterait – ce qui ne laisse pas d’avoir l’air contradictoire). de son aptitude à assigner l’Accusatif). on doit y ajouter la simple relation de l’action en cours : « il y a action de manger » » (art. éventuellement intégrée dans une structure de prédication optionnelle agentive (« FP » = CAUSE (DE). Dordrecht: Kluwer.3. le syntagme verbal devrait être configurationnellement identique à l’occurrence active. 79-80). il y a en quelque sorte deux propositions enchâssées l’une dans l’autre « Pierre fait en sorte que le gâteau devient mangé ». Cambidge Masachussetts. Angelika (1996) – « Severing the external argument from its verb”. dans certains cas même devant être lexicalisé en tant que Complément prépositionnel . Sous la lecture littérale. représentée par le verbe léger (dans l’esprit de Pylkkänen 2008172 : 6-7. cas de figure neutre. corrélativement. Révision de l’analyse syntaxique du passif. la position de Spec. C’est dans ce sens qu’il faut entendre la sémantique de la configuration v-VP selon l’approche configurationnelle au codage des rôles thématiques (Hale & Keyser 1993). Sous cette analyse.dans la veine des analyses cartographiques de G. tous les transitifs) se laissent en effet analyser comme un cas de ‘Y fait en sorte que X devient V-é’ où V note informellement la racine verbale. au niveau de la tête V. Si la réanalyse ne concerne que les structures syntaxiques. Liina (2008) – Introducing Arguments. et d’une structure de causation. Cinque). Les phrases impersonnelles. Les verbes causatifs (et. ce rôle reste accessible (à référence certes indéfinie. voudrait dire qu’il n’y aurait pas de Spec..4. Cela étant. à l’impossibilité d’insérer un argument externe épelé près. mais pouvant. il faudrait bien postuler une nouvelle entrée lexicale. cit. Ce qui est peu clair (pour moi) dans cette analyse. 52 . Première question : est-ce le passif qui perd un argument. il devra en acquérir un auprès de T. comme le complément interne du verbe passif ne reçoit plus de Cas Structural du verbe (privé. In Johan Rooryck and Laurie Zaring. Question corrélative : quel est le patron exact de cette perte de saillance de l’agent ? Si réanalyse sémantique il y a. l’l’hypothèse peut être formulée selon laquelle c’est plutôt l’actif qui est construit. par la morphologie passive (l’argument n’est pas vraiment rayé de la grille thématique du verbe. cela reviendrait à postuler une catégorie vide à cette position thématique (et non pas une simple position de substitution. England : MIT Press. Données empiriques en faveur de cette analyse : même en l’absence d’un AGENT lexicalisé. à la modélisation de Hale & Keyser 1993. 109-137. dans certaines phrases. en dépit des modifications de saillance relative des arguments qui correspondent aux participants agissant et subissant du procès. sous la lecture forte. à argument externe introduit auprès d’une tête légère de causation. A intégrer maintenant les suggestions de la référence citée (analyse qui résout en syntaxe la dérivation du passif à partir d’une même tête verbale que celle qui projette la LRS active (causative). y compris la représentation d’actions en cours. Hirschbühler & Labelle 1992 (1994) : 209-211). au passif. Dans les termes de Muller 2005 : « Pour une phrase active comme Pierre mange le gâteau. et V-é le participe passé du verbe substantif. arbitraire : Son portefeuille a été volé implicite un (quelconque) voleur – cf.T (position de sujet).v. par extension.. ou l’actif qui en gagne un (pour les verbes transitifs directs en particulier) ? L’analyse traditionnelle dérive le passif. et si on veut être complet. c’est comment le verbe pourrait avoir la même sémantique causative. Phrase structure and the lexicon. Le passif perd un argument (l’argument le plus saillant de l’actif) : - absorption de l’argument externe du verbe transitif.

y compris l’argument sujet. Conséquence logico-sémantique (interprétative) : phrase « thétique ». Un enfant était en train de jouer dans la cour. ■ Est dépourvue de présuppositions : la proposition dans son ensemble. distribution des indéfinis et la distinction thétiquecatégorique ». c. b. transitifs directs : Il mange chaque jour une centaine de personnes dans cette cantine/ Voix active : Une centaine de personnes mange chaque jour dans cette cantine. évitant ainsi la topicalisation du sujet » (Muller 2005 : 80). n’étant pas lié au contexte (vs L’amphi était pour le moment vide. intransitifs : d. Dobrovie-Sorin. patient-action verbale. « À partir des mêmes relations prototypiques [définies pour l’appréhension des phrases catégoriques à verbe actif transitif : agent-action verbale. 2. Le référent du terme sujet (si le sujet est un argument nominal : il est arrivé trois étudiants) est traité comme étant une partie intégrante de la situation désignée par la proposition dans son entier . inergatifs : #__ inaccusatifs : Il est arrivé trois nouveaux étudiants. Le Gré des Langues. di-transitifs : #__ transitifs indirects : # __.  Cf. existence de l’action verbale même]. ←ils [sujet référentiel. et la lecture générique est un cas d’interprétation catégorique (à sujet thématique) vs thétique. présenter un nouvel état de chose (il court de drôles de bruits.5. Construction : 1. ça doit jouer dans la cour. anaphorique] avaient l’air désemparés). (1997) – « Classes de prédicats. ■ Toutes les phrases impersonnelles sont thétiques. 53 . *Un enfant était intelligent dans la cour). d’habitude) : Des (= « certains des ») enfants étaient en train de jouer.3. pas à l’intérieur ». les formes verbales qui barrent l’interprétation générique sur le sujet (imparfait et forme progressive vs présent) : Un enfant joue dans la cour est toujours susceptible de lecture générique du type de « un enfant.1. Phrase thétique : ■ ■ Sert à : rapporter un événement (il est arrivé plusieurs accidents). à sujet thématique qui réfère de façon indépendante). il règne un silence de mort). en l’absence duquel les phrases sont peu acceptables. sauf lecture partitive (elle-même conditionnée à un contexte contrastif. la présence d’un localisateur spatial (en gras dans les exemples donnés). toutes les phrases thétiques ne sont pas impersonnelles : Des enfants étaient en train de jouer dans la cour. ou introduire un nouveau référent (il en sort du pétrole). l’impersonnel met au premier plan l’action verbale sans autre modification. Mécanisme fonctionnel allégué : dé-topicalisation du sujet. De l’eau dégoulinait sur le plancher sont également des phrases existentielles (thétiques) caractérisées . Types de verbes : a. les prédicats qui ne se prêtent pas à l’interprétation [+propriété] (comparer : *Des enfants étaient intelligents dans la cour. Paris : L’Harmatan. le sujet nominal ne réfère pas de façon indépendante. caractère focal (rhématique) de toutes les expressions argumentales de la phrase. d’autres dormaient. se retrouve dans le champ de l’assertion. Les étudiants [sujet référentiel. Construction assez rare en français. défini contextuellement : les étudiants de la fac à l’amphi précédemment introduit dans le discours] allaient arriver d’un moment à l’autre) ni anaphorique (vs Il est arrivé trois étudiants . noter :    le sujet indéfini (Les enfants étaient en train de jouer dans la cour est une phrase catégorique. C.

ou non finie : il vaudrait mieux finir ses devoirs avant l’examen) Il y a. ( ? De drôles de bruits courent). Il sera remédié à cet incident dans les meilleurs délais [circonstanciel nécessaire à la complétude pragmatique de l’énoncé176]/ On remédiera à cet incident dans les meilleurs délais. Construction sans associé de l’explétif. Il n’est entré aucun étudiant dans l’amphi jusqu’à présent). di-transitifs : Il nous a été dit beaucoup de choses désagréables. Il court de drôles de bruits (en ville). Construction : Il impersonnel (explétif impur : Nominatif.IL impersonnel fonction sujet (Cas Nominatif. Pour résoudre cette difficulté. partitif (et non seulement : indéfini ou négatif): Il y avait là Marie Dupont/ le pavillon de chasse/ du verglas/ (quelques arbres). intransitifs : e. Trois nouveaux étudiants sont arrivés chez les Dupont. sg. puisque. mais comportement morpho-syntaxique modifié. accord du verbe)./ On a dansé toute la nuit. c. 176 Exemple et commentaire emprunté à Muller 2005 – « peut-être pour des raisons pragmatiques de localisation de l’action verbale » (Muller 2005 : 80). *Il te l’est arrivé. Un malheur est arrivé chez les Dupont. (Muller 2005 : 80) Ce syntagme nominal ne commandant pas l’accord des formes verbales non plus. il faut. De drôles de bruits courent en ville.2. Position de complément direct. statut fonctionnel informationnel/ discursif : rhématique). Complément d’agent rarissime : Il a été décidé des choses très importantes par le Conseil de l’Université (Muller 2005 : 80). Corrélations systématiques forme personnelle/ forme impersonnelle : conditionnées à certains facteurs sémantico-pragmatiques. il manque. II. Il manque l’essentiel/ la clé174. Types de verbes : b. Sujet nominal : le plus souvent indéfini ou négatif (Il y a des livres sur la table.5. accord 3sg masc. Il est arrivé un malheur/ trois étudiants. : événement dénoté) + GN (généralement indéfini175) à valeur référentielle (associé de l’explétif : interprétation argumentale : entité qui subit (patient). inergatifs : Il a été dansé toute la nuit. Quand le sujet réel du passif impersonnel est un objet unique en son genre (dans une situation donnée). Construction sans associé de l’explétif. 54 . 174 175 Hanse 1991 : 501. l’hypothèse du Cas Nominatif (assigné par T) est elle aussi problématique. agentif.) + être (auxiliaire de voix : traits TAM qui donnent l’ancrage temporel de la proposition) + verbe au participe passé accordé avec il en genre et en nombre : m. si verbe intransitif. si verbe transitif) en position postverbale. il faudrait Paul Dupont/ le professeur/ du temps/ (un dictionnaire)./ On nous a dit beaucoup de choses désagréables transitifs indirects : Il sera obéi à mes ordres/ On obéira à mes ordres. 1. 3. transitifs directs : Il a été promulgué deux nouvelles lois/ On a promulgué deux nouvelles lois. rhématique. dépourvu de valeur référentielle (pronom explétif) + verbe (accordé avec il) + SN argumental (« associé de l’explétif » : sujet logique) Sujet (argumental – à rôle thématique non agentif. Sujet clausal : proposition subordonnée (finie : il vaut mieux que tu finisses tes devoirs avant l’examen. Passif impersonnel I. d. de toute évidence non accusatif (pronominalisation par le/ la/ les exclue): Il t’est arrivé un malheur. un GN défini reste possible : Personne ne sort ! Il a été volé le portefeuille de Marie (Marie n’ayant eu qu’un seul portefeuille sur elle). Rassurez-vous : il ne leur a pas été dévoilé le montant exact de votre dette (il n’y a qu’un seul montant qui soit ‘exact’). il reste + Nom propre ou SN défini.

etc ) ou d’état (Je suis devenue prof de français). 177 .2. 55 . Verbes qui expriment le changement de place (Je suis allée à la fac. inaccusatifs177 : ___. Elle est venue de Londres.

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