1. Phrase modalisée. Notions fondamentales (cours 1-2). 1.1. Phrase/ énoncé.

Phrase : l'unité linguistique maximale (→COMPÉTENCE).

• • •

Constituée de morphèmes (lexicaux et grammaticaux), associés de manière incrémentielle les uns aux autres, selon des règles de bonne formation syntaxique. Niveaux d’analyse pertinents: la syntaxe (règles de formation de la phrase) et la sémantique (contenu de la phrase). Contenu de la phrase : la signification, produit de la signification des morphèmes (lexicaux et grammaticaux) qui la composent (signification dite, de ce fait, compositionnelle).

Enoncé : l'unité pragmatique minimale (→PERFORMANCE).

• • •

Constitué par une phrase (unité linguistique maximale) utilisée dans un contexte précis, dans une certaine situation d’énonciation. Niveau d’analyse pertinent: la pragmatique. Contenu de l’énoncé : le sens, obtenu sur la base de la signification de la phrase et des informations constituant son contexte.

Noter que cette découpe <phrase/ énoncé>, largement acceptée en linguistique contemporaine, n’allait pas de soi chez Saussure (début du XXème siècle), pour qui la phrase procédait, en tant que combinatoire libre de signes linguistiques, de la « parole ».

COMPÉTENCE/ PERFORMANCE (Noam Chomsky1)

LANGUE/ PAROLE (Ferdinand de Saussure2)

Compétence : connaissance que le locuteur-auditeur (idéal) a de sa langue (lexique, syntaxe, phonologie, sémantique).

Performance : emploi effectif de la langue, par un sujet parlant donné, dans des situations concrètes.

Langue : côté social (conventionnel) du langage : trésor collectif. Langue : entité abstraite (système de potentialités : PURES VALEURS) ; code (= système de signes : SIGNES & RELATIONS entre signes). Langue : produit [de l’usage collectif, des conventions] que l’individu « enregistre passivement » Langue : « dictionnaire » →relations associatives (in absentia : paradigmatiques) entre signes linguistiques →combinatoire figée3

Parole : côté individuel du langage. Parole : entité concrète : utilisation individuelle (actualisation) du code de la langue, dans la communication. Parole : « acte individuel de volonté et d’intelligence » Parole : relations combinatoires (in præsentia : syntagmatiques) entre signes linguistiques : combinatoire libre. → !!!Phrase ∈ PAROLE. → !!!Phrase ≠ unité linguistique (opposition linguistique/ langagier)

Phrase ∈ compétence

1

Chomsky N. (1965) – Aspects of the Theory of Syntax, Cambridge Massachussets : MIT Press, 1965 (trad. fr., Aspects de la théorie syntaxique, Paris : Seuil 1971). Dans cette section, les renvois à la page concerneront la traduction en français de l’ouvrage cité (Chomsky 1965/1971). 2 De Saussure, Ferdinand (1995/ 1916) - Cours de linguistique générale, Paris : Payot. Publié en 1916, le Cours de linguistique générale a été rédigé par les élèves de Ferdinand de Saussure (1857-1913) à partir de leurs notes (Charles Bally, Albert Sechehaye, « avec la collaboration de » Albert Riedlinger). L’édition 1995 reproduit l'édition originale. Elle est accompagnée de l'important appareil critique établi par Tullio de Mauro.

1

Les deux définitions corrélées de la phrase et respectivement de l’énoncé reposent crucialement sur l’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre ces deux types d'unités :

une phrase telle que Je suis arrivée en retard est susceptible de nombreuses actualisations, qui influeront sur sa référence; prononcée par Marie Dupont, le 23 mai 2008, devant le secrétariat de sa faculté, elle signifiera: „Marie Dupont est arrivée en retard (à la fac), le jeudi 23 mai au matin”, et prononcée par Jeanne Dubois, le 4 novembre 2008, dans le hall de la Banque où elle travaille: „Jeanne Dubois est arrivée en retard (au bureau) le vendredi 4 novembre 2008, au matin”; par voie de conséquence, c’est l’énoncé d’une phrase assertive et non cette phrase même (à référence incomplètement spécifiée) qui sera le lieu de l’assignation d’une valeur de vérité (vrai/ faux).

L’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre phrase et énoncé se laisse préciser par l’identification de deux types de mécanismes interprétatifs – l’enrichissement contextuel, d’une part, et le filtrage contextuel, de l’autre :

la signification (compositionnelle) de la phrase doit être enrichie contextuellement pour produire le sens de l'énoncé (voir problématique de la référence actuelle – évoquée tout à l’heure) ; corrélativement, étant donné un énoncé (entendu ou lu), il n’est pas toujours évident d’identifier la phrase dont il est l’actualisation : en cas d’ambiguïté (syntaxique : [SN Le vieux singe] [SV [SN le] [v masque]] (« le vieux primate (m’) empêche de voir quelque chose»/ [SN le vieux] [SV singe [SN le masque]] (= « le vieillard imite un masque »); lexicale : le loup (= « masque de carnaval » ? ou bien : « animal carnassier » ?) est gris), c’est le contexte qui filtrera les interprétations inconsistantes, permettant d’associer, à l’énoncé entendu (ou lu) la phrase correspondant à l’intention communicative du locuteur4.

Ces deux définitions gomment en revanche les divergences structurales censées pouvoir subsister entre énoncé et phrase. Il est en effet souvent suggéré, dans la littérature, que si la phrase est le résultat de principes de composition syntaxique et sémantique, l'énoncé n'aurait pas à être interprété en termes des seuls principes compositionnels, n’étant pas toujours construit en fonction de critères syntaxiques : Moi, tu sais, la linguistique…, ouais, bôf ! Il y aurait donc des énoncés qui ne sont pas pour autant des phrases: « En français, la phrase minimale comporte nécessairement au moins un sujet et un verbe conjugué. En revanche, l'énoncé minimal peut être constitué d'un seul élément, de nature quelconque : des séquences comme « Bonjour ! », « Allô ? » ou « Zut ! » constituent des énoncés, mais pas des phrases5. Des énoncés comme « Moi, partir ? », « Quel désastre ! », « Voir Venise et mourir », ou encore « Là, il va, je ne sais pas, moi, mais sûrement, enfin comment dire ? sûrement réagir, oui, c'est ça, réagir », ne sont pas descriptibles en termes de construction syntaxique canonique de phrases. L'énoncé peut apparaître, tantôt comme une phrase incomplète ou tronquée (« Moi ? jamais ! »), tantôt comme une phrase en quelque sorte « surchargée et bégayante » (« Ma sœur, elle, son concours, c'est pour bientôt »). Si la structure de l'énoncé se différencie souvent de celle de la phrase, c'est parce qu'il s'agit de réalités linguistiques relevant de niveaux différents du point de vue théorique » (Encyclopaedia Universalis, art. énoncé). Nous nous en tiendrons, ici, à la définition fonctionnelle (vs structurale) du couple phrase/ énoncé (définition en termes d’actualisation). Les énoncés syntaxiquement déviants mais parfaitement interprétables du (des) type(s) évoqué(s) précédemment se laissent également analyser en tant qu’occurrences de phrases, à force d’assumer, ne serait-ce qu’en termes opérationnels (vs théoriques), la distinction entre phrases grammaticales, phrases interprétables et phrases acceptables.

Le couple notionnel grammaticalité/ acceptabilité (notions graduelles) est développé, en grammaire générative, en liséré de la distinction compétence/ performance:
3 4

Dans les termes mêmes du Cours de linguistique générale : « combinaisons régulières ». Cf. Moeschler, Jacques et Anne Reboul (1994) – Dictionnaire encyclopédique de pragmatique, Paris : Seuil, 131-132.

5

Cela dit, le départ phrase/ énoncé n’est pas toujours aussi tranché en termes de leur structuration respective. Charles-Albert Sechehaye analyse les « énoncés monorèmes » en tant que « phrases à un seul terme », « énoncé monorème » et « phrase monorème » apparaissant en variation libre, dans le texte (Sechehaye, Charles-Albert (1926) – Essai sur la structure logique de la phrase, Tome 1/1, Paris : Champion, chap. I. Accessible en ligne sur : http://roman.ens-lsh.fr ).

2

Grammaticalité : conformité aux règles de la grammaire. Concept appartenant à l’étude de la compétence. Acceptabilité : conformité à l’usage (« les phrases plus acceptables sont celles qui ont plus de chances d’être produites, sont plus aisément comprises, moins maladroites et, en un certain sens, plus naturelles » – op. cit., p. 22). Concept appartenant à l’étude de la performance6. Définitions opérationnelles.

• • •

phrase grammaticale : conforme aux règles de la grammaire (D’incolores idées vertes dorment furieusement7) ; phrase interprétable : à laquelle ont peut assigner un sens (même si elle n’est pas bien formée selon les règles de la grammaire : moi, Tarzan, toi, Jane ; moi, la linguistique, tu sais, bôf !) ; phrase acceptable : à la fois grammaticale et interprétable (De jolis agneaux blancs dorment paisiblement ; moi, la linguistique, je peux très bien m’en passer).

1.2. Enoncé/ énonciation. Énonciation : acte individuel d’utilisation de la langue, activité exercée par celui qui parle au moment où il parle. Énoncé : produit de cet acte, qui en garde les traces (marques énonciatives = marques du locuteur; dans les termes d’Émile Benveniste8, initiateur de la « linguistique de l’énonciation », en France : « l’homme dans la langue », « la subjectivité dans le langage »). Parmi les représentants de marque de cette mouvance en linguistique française : Catherine KerbratOrecchioni9, Oswald Ducrot10, Antoine Culioli11.

6

La distinction compétence vs performance et l’abstraction du locuteur-auditeur idéal sont autant d’hypothèses de travail participant du cadre général des recherches générativistes dès la version standard du modèle. « L’objet premier de la théorie linguistique est un locuteur-auditeur idéal, appartenant à une communauté linguistique complètement homogène, qui connaît parfaitement sa langue et qui, lorsqu’il applique en une performance effective sa connaissance de la langue, n’est pas affecté par des conditions grammaticalement non pertinentes, telles que limitations de mémoire, distractions, déplacements d’intérêt ou d’attention, erreurs (fortuites ou caractéristiques) » (Chomsky 1965/1971 : 12). Une distinction fondamentale est ainsi établie « entre la compétence (la connaissance que le locuteur-auditeur a de sa langue) et la performance (l’emploi effectif de la langue dans des situations concrètes) ». Est également souligné le fait que la performance ne peut être dite « refléter directement la compétence » qu’à l’intérieur de la première hypothèse de travail avancée, à savoir l’hypothèse du locuteur-auditeur idéal (op. cit., p. 13), et non « dans les faits », puisqu’un « enregistrement de la parole naturelle comportera de faux départs, des infractions aux règles, des changements d’intention en cours de phrase, etc. » (op. cit., p.13). Le rapport entre compétence et performance est un rapport d’inclusion (de la compétence, à la performance) : l’étude de la « performance linguistique effective », oblige à « considérer l’interaction de facteurs variés, dont la compétence sous-jacente du locuteur-auditeur ne constitue qu’un élément parmi d’autres » (idem, pp. 12-13). Mais, corrélativement, « l’investigation de la performance n’avancera qu’autant que le permettra la compréhension de la compétence sous-jacente » (ibid., p. 20). Les données de la performance, en tant qu’observables, se retrouvent en amont de la modélisation de la compétence (ou : « grammaire »), censée « déterminer, à partir des données de la performance, le système sous-jacent de règles qui a été maîtrisé par le locuteur-auditeur et qu’il met en usage dans sa performance effective. » (ibid., p.13, nous soulignons).
7

Remarquer la violation systématique des restrictions de sélection sémantique (dormir sélectionne un sujet animé, les adjectifs de couleur tel vert(es), des nominaux concrets, notamment objets physiques, et les modificateurs de verbe tel furieusement, un verbe [+intentionnel]), ainsi que les contradictions (idées ou bien incolores ou bien vertes).
8

Benveniste, Emile (1958) « De la subjectivité dans le langage », Journal de Psychologie, 55, repris in : Benveniste, Emile (1966), Problèmes de linguistique générale, tome I, ch. XXI. Benveniste, Emile (1970), « L’Appareil formel de l’énonciation », Langages, 17, repris in : Benveniste, Emile (1974), Problèmes de linguistique générale, tome II, ch. V.
9

Kerbrat-Orecchioni, Catherine (1980) – L’Énonciation. De la subjectivité dans le langage, Paris : Armand Colin. KerbratOrecchioni, Catherine (1990-1994) – Les Interactions verbales, tomes 1-3, Paris : Armand Colin.
10

Qui articule traitement de la phrase et traitement de l’énoncé en termes du contexte situationnel (composant linguistique : signification de la phrase, composant rhétorique : sens de l’énoncé – étant donné un certain contexte situationnel), et opère, dans le cadre d’une extension originale de la théorie énonciative de Benveniste, inspirée des analyses de texte chez Bakhtine (linguiste russe), la théorie de la polyphonie, une distinction de principe entre locuteur-allocutaire, d’une part, et énonciateur-destinataire de l’autre. Cf. Ducrot, Oswald, (1980) – Les Mots du discours, Paris : Minuit.
11

Théorie des opérations énonciatives. Cf. Culioli, Antoine (1990) – Pour une linguistique de l’énonciation. Opérations et représentations, Tome 1, Paris : Ophrys.

3

1.3. Phrase/ proposition. Distinction structurale manifeste (distinction syntaxique): →proposition = constituant syntaxique de la phrase. phrase simple (= élémentaire) ⊃ 1 proposition phrase complexe ⊃ plusieurs propositions13 proposition indépendante : Sylvie est allée à la fac. proposition principale : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. proposition subordonnée : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. La notion de proposition indépendante est définie par la négative : ni principale, ni subordonnée (c’est-à-dire : en dehors de toute relation de dépendance). Il s’ensuivra que les coordonnées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac14 et Marie est restée chez soi15) et les juxtaposées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre16) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac, Marie est restée chez soi) seront aussi envisagées comme « indépendantes »17. Dédoublement terminologique phrase/ proposition : Distinction en termes de niveaux d’analyse syntaxique (distinction structurale pas forcément apparente)

→proposition = niveau d’analyse syntaxique inférieur à celui de la phrase12. Phrase : unité syntaxique et sémantique pourvue de spécifications temporo-aspectuelles et modales (ancrage temporel au sens large : Sylvie est allée à la fac).

Proposition : unité syntaxico-sémantique non pourvue d’ancrage temporel, simple structure de prédication (structure argumentale [aller (Sylvie, à la fac)], [marcher (Sylvie)] – augmentée éventuellement de compléments optionnels [à pied [aller (Sylvie, à la fac)]]20, [vite [marcher (Sylvie)]]21). Il s’agit là, sans autre, d’une définition de la proposition comme niveau d’analyse syntaxique inférieur à la phrase (donc : comme constituant syntaxique de la phrase) y compris dans le cas des phrases simples. Rappel : une structure argumentale est constituée d’un Prédicat (sémantique22) et des arguments sélectionnés par ce prédicat. La notion d’argument est empruntée à la logique des prédicats (ou : logique des propositions analysées), plus exactement, à la notation logique des relations de prédication (‘x est f’ noté f(x) - argument d’une fonction, donc), la notion de prédicat étant assimilée à la notion (mathématique, logique) de fonction (MORTEL (Socrate) : ‘Socrate est mortel’). En linguistique structurale française (Tesnière, Lucien (1959) – Eléments de syntaxe structurale, Paris : Klincksieck), on dirait plutôt ‘structure actancielle’ (de: ‘actant’ (sélectionné et donc non optionnel dans l’économie de la phrase), notion syntaxique et sémantique correspondant à la notion d’argument (davantage utilisée dans l’espace anglophone), et opposée à la notion de ‘circonstant’ (non sélectionné et donc optionnel, dans l’économie de la phrase). Sujet et compléments sont, chez Tesnière, des actants qui complètent (ou : satisfont) les valences du verbe (centre de la phrase). Le sujet est le premier actant, les compléments sélectionnés, des actants second ou tiers, les compléments non sélectionnés, des circonstants. Il existe des actants syntaxiques auxquels il ne correspond aucun actant sémantique (les sujets explétifs : il est arrivé trois étudiants), et des actants sémantiques auxquels il ne

• •

proposition indépendante = phrase simple proposition principale = phrase matrice (= phrase

12 13

Ce qui reformule en fait l’idée que la proposition est un constituant syntaxique de la phrase.

On distingue, traditionnellement, aussi : phrase minimale (qui ne comporte que des éléments essentiels, ineffaçables : le minimum requis pour sa grammaticalité – parfois appelée toujours : ‘phrase simple’), et phrase étendue (qui comporte, outre les éléments essentiels, des « élargissements » (ou : « expansions ») : épithètes conjointes venant élargir les groupes nominaux sujet ou objet, adverbiaux venant élargir le groupe verbal, compléments de phrase venant élargir la phrase tout entière) – cf. Dubois, Jean et René Lagane (1993) – La nouvelle grammaire du français, Paris : Larousse-Bordas : 151-152). Nous préserverons au terme de phrase simple l’acception courante en grammaire générative (phrase uni-propositionnelle, opposée à la notion de phrase complexe (=multi-propositionnelle)), et opposerons à la phrase étendue (= phrase qui comporte des éléments non sélectionnés, optionnels mais : non propositionnels eux-mêmes – quel qu’en soit le niveau d’incidence), la phrase minimale.
14 15 16 17

Premier conjoint : une proposition indépendante. Second conjoint : une autre proposition indépendante. Veuillez noter que la phrase complexe n’est pas, elle, soulignée comme un tout (virgule comprise) !

Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

4

racine)18 Spécialisation structurale (en grammaire générative notamment) : phrase racine (=matrice)/ proposition enchâssée. N.B. Que l’on prenne le dédoublement terminologique proposition indépendante/ phrase simple pour une relation d’équivalence substantive (et donc transitive : ‘toute proposition indépendante serait une phrase simple et toute phrase simple, une proposition indépendante’) ou que l’on veuille distinguer minimalement propositions indépendantes et phrases simples (‘toute phrase simple se réduit à une proposition indépendante, mais toute proposition indépendante n’est pas du coup une phrase simple’19), sous cet éclairage, il n’y a pas moyen de distinguer entre (dans cet ordre-ci :) phrase simple et proposition indépendante. Il y aurait donc coïncidence (triviale) entre phrase simple et proposition indépendante en tant que niveaux d’analyse syntaxique. Un résultat pas très heureux.

correspond aucun actant syntaxique (l’objet ‘zéro’ de phrases elliptiques telle Cela dépend [« de quoi ? »]). Les notions d’argument et d’actant ne sont cela dit pas strictement parallèles : le nom modifié par un adjectif épithète conjointe (la belle Venitienne) est bien l’argument de cet adjectif (analysé, lui, comme prédicat sémantique), sans pour autant en être l’actant. Une fois la proposition appréhendée comme simple structure de prédication (structure argumentale, éventuellement étendue), non soumise à ancrage temporel, toute phrase simple devrait être constituée d’un syntagme (=groupe de mots) instanciant la relation de prédication sémantique essentielle, enchâssé (en l’absence de compléments non sélectionnés (=prédications optionnelles)) sous une catégorie fonctionnelle portant les traits de temps-aspect-mode pertinents pour l’ancrage temporel (au sens large) : voir Fig. 1 ci-après. Cette catégorie, notée T (T de Temps) réunit les traits de temps-aspect-mode du verbe (les ‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle de la phrase), ainsi que ses traits d’accord (traits de personne et de nombre), redondants, eux, de traits de mêmes valeurs d’un argument nominal du verbe (en français, il s’agira du sujet). Si les traits de temps-aspect-mode d’un verbe sémantiquement plein (=verbe ‘substantif’ vs auxiliaire ou verbe postiche) seront composés, lors de l’interprétation sémantique de la représentation générée en syntaxe, à la matrice de traits sémantiques purs de celui-ci, les traits d’accord, qui n’ont aucune pertinence interprétative sur le verbe, ne le seront pas ; ce sont leurs corrélats sur l’argument nominal sujet qui seront interprétés.

18 19

.Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

Une phrase simple est constituée d’une (seule) proposition indépendante, et certaines phrases complexes sont construites de plusieurs propositions indépendantes – celles qui n’instancient pas de relation de dépendance sémantico-syntaxique, à savoir les phrases complexes composées par juxtaposition et par coordination. Le jeu des formes verbales suggère déjà que c’est là notre option.
20 21 22

Phrases simples correspondantes : Sylvie va à la fac à pied./ Sylvie ira à la fac à pied./ Sylvie est allée à la fac à pied./… Phrases simples correspondantes : Sylvie marche vite./ Sylvie marchera vite./ Sylvie marchait vite./…

Prédicat sémantique vs prédicat syntaxique (au sens de la grammaire traditionnelle) : dans le cadre du prédicat nominal (=copule+ attribut du sujet), seul l’attribut du sujet est un prédicat sémantique (un ‘prédicatif’, en termes de grammaire structurale). Prédicat sémantique vs ‘groupe prédicatif’ (grammaire structurale) : l’analyse structurale des ‘phrases étendues’ distingue, outre le sujet (GN1), deux niveaux, incrémentiels : le groupe verbal GV (=verbe+ compléments sélectionnés), et le groupe prédicatif GPréd (=GV + compléments de verbe non sélectionnés), la structure de la phrase étant Ph = GN1 + GPréd. À l’intérieur d’une telle approche, la notion de ‘groupe prédicatif’ recoupe plus ou moins la notion logique de prédicat (vs sujet) d’un jugement (exprimé par une proposition susceptible de se voir assigner une valeur de vérité (ou bien vrai ou bien faux)), mais le verbe (à valences satisfaites par le sujet et (le cas échéant) par son ou ses compléments obligatoires) n’y est pas le seul prédicat sémantique. Les compléments non sélectionnés par le verbe (analysés comme des ‘Groupes Adverbiaux (notés GAdv), même lorsqu’ils sont exprimés par des groupes prépositionnels (Sylvie va à la fac à pied), voire par des groupes nominaux (compléments directs qui ne sont pas des compléments d’objet, tels les compléments de prix ou de mesure : j’ai payé/ acheté ce meuble 1000 euros/ trois fois rien, j’ai nagé 1000 mètres), se laissent également envisager en tant que prédicats sémantiques : ce seraient des prédicats optionnels, dans l’économie de la phrase, qui sélectionnent, eux, un certain (type de) verbe/ groupe verbal (ce qui expliquerait l’existence de relations de sélection sémantique fine entre ces éléments : *Sylvie va à la fac à l’aiguille (OKCette nappe est brodée à aiguille), Sylvie va à la fac à pied (*Cette nappe est brodée à pied).

5

ind.. 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig.T =TP Ancrage temporel (phrase) 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. 1. Sylvie va la fac 6 .

1. d’un constituant de phrase (abréviation : Const). Riegel et al. dans l’énonciation. forme négative) »). 26 27 28 Souvent. de phrase24) : Σ→ Const + P (lire : « Σ se réécrit comme Const + P »). à structure syntaxique.4. 23 24 25 Dubois. il y a hésitation sur la marque du pluriel. et de constituants facultatifs (négation. vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? Définis. Paul n’est pas là pour l’instant. Phrase noyau/ phrase modalisée. de sentence. dans la littérature. et dirons plutôt « assertion (type assertif) ». Tu viens ?/ -Je ne peux pas. Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). forme affirmative)/ négation (type négatif. Paris : Larousse (collection « Langue et langage »). Cette transposition en français n’harmonise donc pas les rapports entre les deux notations. Les types de phrase facultatifs (= formes de phrase) sont : - des constituants de phrase optionnels27. mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. impersonnel). emphase. (cf. qui en détermine la modalité. dans la lecture de Dubois & Dubois-Charlier 197023).4. ce Constituant engendrera les types de phrase essentiels ou : obligatoires (= types de phrase26). à ce que je vois). Bien que l’on puisse affirmer que non-p en langue naturelle (J’affirme qu’il n’est pas là. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. 2004 (1994) : 386-387). 1. ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . Const → + (Nég) + (Emph) + (Passif) Marqueur sous-jacent de la modalité. mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). formé d’un élément obligatoire (soit Affir(mation). l’affirmation en tant que telle ne saurait être dite négative sans contradiction. sur ce point précis. soit Inter(rogation). fr. il aurait fallu sans doute avoir ici : Π (lire : « pi »)/P). Nous prenons nos distances par rapport à la nomenclature en place dans Dubois & Dubois-Charlier 1970. par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. 2004 (1994): 386). en structure profonde (niveau de représentation syntaxique dont est justiciable l’interprétation sémantique). L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale.1971 (Aspects de la théorie syntaxique). en alphabet grec et latin (dans la logique de Σ/ S. emphase et passif – notés entre parenthèses dans la formule cicontre) :  Affir25  Interr  Imp . Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. morphologie et intonation spécifiques. Jean et Françoise Dubois-Charlier (1970) – Éléments de linguistique française : syntaxe. à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. parce que parler d’« affirmation négative » nous semble participer de la contradiction dans les termes. 7 . en termes (implicitement) transformationnels. soit Imp(ératif)). Les types essentiels sont: - des constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types).1. En anglais : S. et je peux le prouver). Le constituant est. ou descriptif (=représentationnel : négation28) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. Toute phrase Σ (lire : « sigma » – le terme anglais correspondant ayant l’initiale S(entence)) est formée. lui. et (le cas échéant) des types de phrase facultatifs (= formes de phrase). et d’un noyau (abréviation : P. employant « affirmation » pour l’une des deux formes logiques possibles (« affirmation (type affirmatif. Syntaxe de la phrase modalisée (version générative-transformationnelle standard – Chomsky 1965/ trad. un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex.

Structures syntaxiques. puis. seule la structure profonde fera l’objet de l’interprétation sémantique :   Catégories → /Règles de réécriture/ → Structure profonde : interprétation sémantique. En bon français. Comparer : 1. les transformations étaient entendues procéder de manière ordonnée : passivation avant emphase. La brebis a été mordue (par une vipère). (1957) – Syntactic Structures. résultat des transformations portant sur cette structure profonde. S. *C’est le déca que prenez. Sous l’analyse non-transformationnelle. de la phrase. La notion de phrase noyau coïncidait à cet observable linguistique. Structure profonde →/Transformations/ → Structure superficielle : forme (ordre des mots observé). fr. [clivée négative d’une phrase déclarative passive] N’est-ce pas par une vipère que la brebis a été mordue ? [clivée négative interrogative de la même phrase passive]. Une vipère a mordu la brebis. et les phrases modalisées en étaient dérivées par transformations. Sous l’analyse purement transformationnelle des types de phrases/ formes de phrases. ‘modalisée’. 32 33 *C’est froid que le café est. qui introduit la modalité (Const) dès la base de la grammaire (en structure profonde). Chomsky. on s’évertue à rendre compte des mêmes observables en termes du rapprochement des constituants optionnels et respectivement obligatoire30. emphase avant transformation négative. certaines combinatoires de types sont de fait barrées : • • 29 30 mise en vedette de l’attribut (du sujet) par le présentatif c’est… que… : *c’est … que X est32 . Singulier puisque les constituants obligatoires sont par hypothèse mutuellement exclusifs. fr. Paris : Seuil. 5. issue de l’insertion lexicale des catégories. [déclarative affirmative passive non emphatisée] C’est par une vipère que la brebis a été mordue. Rappelons qu’au sens de cette modélisation de la grammaire. donc. et transformation impérative/ interrogative par la suite. le passif. la négation31. Introduisant le marqueur abstrait de modalité dès la structure profonde. Mouton. OK Prenez le déca (décaféiné). l’emphase. Harris) et dans la première version de la grammaire générative (Chomsky 1957/trad. restrictions sémantico-distributionnelles liées à la subordination/ à l’enchâssement (*C’est Paul qui est-il venu ?). L’analyse des phrases-types en grammaire transformationnelle (non générative : Z. par rapport au Noyau : le constituant le plus à droite dans la formule sera le premier introduit dans la base – en l’occurrence. phrase clivée & impératif (mise en vedette du complément par le présentatif c’est… que…) et impératif : *c’est… que+ verbe à l’impératif33 . et une structure de surface. puis. par hypothèse. La ‘phrase noyau’ est de fait désormais plutôt appréhendée comme ‘noyau de la phrase’– toute phrase susceptible d’être énoncée étant.  L’introduction de Const dès la structure profonde permet de rendre justice au postulat selon lequel « les transformations ne peuvent introduire des éléments porteurs de sens » (Chomsky 1971 (1965) : 180-181). 4.. 31 La question se pose de savoir si les observables eux-mêmes imposaient un tel biais ou si ce n’était là que l’influence de la modélisation précédente. [déclarative affirmative active non emphatisée] 2. Ce noyau est maintenant postulé en tant que niveau d’analyse pertinent (analyse en constituants immédiats). Cette analyse-là était consistante avec le statut privilégié de la phrase assertive. la nouvelle analyse de la phrase ne privilégie plus le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) : la notion même de ‘type de base’ perd tout contenu propre. 196929 ) privilégiait le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) en tant que type de base. Des deux représentations générées en syntaxe. N. directement observable. structure argumentale distincte) sont autant d’éléments susceptibles de fournir à cette analyse des motivations indépendantes. 3. mais deux représentations : une structure profonde. en syntaxe seraient générées non pas une. réanalyse du passif comme donnée morphologique/ lexicale (radical verbal passif non trivialement distinct du radical actif. OK Le café est froid. mais n’est plus susceptible d’instanciations per se au gré des énonciations et n’est jamais. dont on dérivait tous les autres types (et toutes les formes de phrase aussi). The Hague (trad. 1969). Phénomènes de portée de la négation (C’est Paul qui n’est pas venu (emphase à départ négatif)/ Ce n’est pas Paul qui est venu (négation d’une phrase déjà emphatisée). [déclarative affirmative passive à complément d’agent mis en vedette : phrase clivée] Ce n’est pas par une vipère que la brebis a été mordue. par l’intermédiaire de règles de réécritures (inscrites dans le composant de base de la grammaire). 8 . en logique – seule phrase en langue naturelle donnant lieu à une proposition logique (lieu du vrai ou du faux).

mais sur l’argument nominal (sujet)). continuaient de fait à être analysés comme phénomènes syntaxiques sans retombées interprétatives sémantico-logiques : l’interprétation sémantique (des structures générées en syntaxe) était envisagée comme restreinte au représentationnel et à l’actionnel (force illocutionnaire). outre la sélection d’une proposition subordonnée à verbe fini (+Temps). restant confinées à des genres discursifs particuliers : • Remarque : passif & impératif (Soyez remerciés pour votre cadeau. L’analyse sera ensuite étendue aux phrases racines (propositions indépendantes comprises). qui dans les relatives à antécédent du type de l’homme qui est arrivé est en fait le complément(is)eur. ayant respectivement trait à la dimension actionnelle (« force ») et à la hiérarchie informationnelle de la phrase énoncée (bref. correspondant alors à la conjonction introductive d’une complétive.2. ainsi que les effets de sens communément imputés aux « divergences d’accentuation » entre une phrase active et sa contrepartie passive. le complément(is)eur est d’abord envisagé en tant que catégorie capable de convertir une phrase en complément du verbe (position typiquement vouée à un syntagme nominal). le complément(is)eur de sélectionne. 1. note 32). 9 . et. complément de la tête (première catégorie avec laquelle la tête fusionne formant ainsi un constituant complexe): Compl. ‘accordé’ au Nominatif avec l’opérateur de relativisation non épelé (sans forme phonétique) dans son Spec. Béni soit-il !). note 9 . Chomsky 1971 (1965) : 186.  La reformulation. le complément(is)eur des phrases racines est typiquement non épelé (=dépourvu de matrice phonologique). 343) ignore un certain nombre de détails. épelé (l’homme [CP LEQUEL [C’ queC [TP j’aime]]]). une subordonnée non tensée (-fini). non interprétés sur le verbe. En français. principalement. ayant trait notamment au passif et à l’emphase : nous y reviendrons plus tard. Aussi les « effets de sens » liés à l’emphase. et la valeur interrogative de celle-ci (question à réponse oui/non) . de la thèse chomskyenne des marqueurs sousjacents (seuls) responsables du sens « interrogatif ». son interprétation (référentielle) est en général « contrôlée » par un argument du verbe recteur (ici. «impératif ». respectivement la valeur assertive de la complétive enchâssée. mais aussi les traits d’accord (traits de personne et de nombre). Catégorie syntaxique fonctionnelle (vs substantive). par Dubois & Dubois-Charlier 1970. par le complément d’objet indirect lui). la catégorie introduite en syntaxe comme tête projettera : le constituant complexe engendré par 34 Pronom abstrait (sans forme phonétique). le syntagme relatif (opérateur de relativisation) spécifiera un complément(is)eur non épelé. Toute subordonnée enchâssée sera donc analysée comme un CP (un syntagme complément(is)eur) : Jean dit [CP queC [TP Marie est jolie]]/ Jean ignore [CP siC [TP elle est à la fac]]/ Dis-lui [CP deC PRO34 partir]. Ré-analyse du marqueur abstrait de modalité : la catégorie complément(is)eur (C). moment où de fait C se substituera pour de bon au marqueur de modalité de la version standard du modèle (noté Const in Dubois & Dubois-Charlier 1970).4. le complément(is)eur étant. Les versions plus récentes de la GGT reformulent le marqueur sous-jacent de la modalité (Const) à une catégorie fonctionnelle qui prendrait TP pour complément : le complément(is)eur C. p. aussi bien l’emphase que le passif (et. étaient-ils analysés comme relevant (au mieux) des « effets de surface » sur l’interprétation (sémantique – cf. X . Paris : Plon. Appelé ainsi en référence notamment aux propositions subordonnées enchâssées. alors. « négatif » (cf. le complément(is)eur C est censé exprimer des composants non référentiels de l’intention informative du locuteur. Dans une proposition relative (restrictive).d’autres sont marquées. Rappel. pour les mêmes raisons). sujet d’une infinitive . Chomsky 1971 (1965) : 180-181. déterminant du nom : référence nominale) et de T (T de Temps . Selon une analyse déjà classique par Richard Kayne. Tout syntagme est supposé instancier les relations structurales suivantes : - tête X (catégorie terminale qui projette) . C contribuerait crucialement au codage grammatical de ce que l’on pourrait appeler sans autre ‘l’ancrage discursif’ de la phrase). Ruwet. catégorie qui réunit –rappelons-le – les traits de temps-aspect-mode du verbe (‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle→ ce qui en fait une sorte de déterminant du verbe). pour commentaire. à l’instar de D (D de : déterminant . 163. tout en rappelant le caractère fini (+Temps) ou non fini (-Temps) de celle-ci – voir Fig. lui (l’homme [CP dont [C’ C [TP tu as épousé la fille]]]). 3 plus bas dans le texte. Retenons pour le moment qu’au sens de Chomsky 1965. lui. Nicolas (1967) – Introduction à la grammaire générative. ou bien sera analysé comme phonétiquement nul. Les complément(is)eurs que (+indicatif) et si (dubitatif) expriment. une fois composée structuralement à son complément.

- spécifieur de la tête (seconde catégorie (ZP) introduite dans l’objet syntaxique en train d’être généré. qui représente tout ce qu’elle domine. permet de rendre compte de manière immédiate de l’ordre d’introduction des constituants dans l’objet syntaxique. +fini} T =TP Ancrage temporel 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. Mode/ modalité/ modalisation. Sylvie va la fac 1. en l’occurrence l’objet complexe X° + YP dans son entier) . qui ne comporte que des di-branchements. Structure du syntagme (théorie X-barre). 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig. 10 . projection notée X’. C =CP Ancrage discursif {+assertif. 2. interprétée comme syntagme de catégorie X (→XP) Spécifieur ZP X’ Projection intermédiaire a qui projette ŕ son tour (X° et Xmx ŕ la fois) : chaque niveau de projection est noté par une barre ou un prime X Tęte X° qui projettera YP Complément Fig. noté aussi X’’).type instancié par son complément) . dans la représentation syntaxique générée. notation : Spec. pour : « syntagme ». ind.5. 35 P du terme anglais de phrase. assurant une transparence maximale de la chronologie des procédures de fusion.l’union de X à un autre syntagme YP35 (son complément) sera vue par la computation syntaxique (et à l’interface sémantico-logique) comme catégorie du type de X (non comme catégorie du type Y . ce sera la première projection de X (X’) qui projettera. X. Cette analyse des syntagmes. 3. auprès de X° déjà composé à son complément YP (en fait : auprès de la première projection de la tête X°. de sorte que le nouveau constituant complexe sera toujours visible comme catégorie du type de X (=XP) . XP a Projection maximale de la tęte X (→Xmx donc. une fois l’objet syntaxique formé par X° et par YP (son complément) fusionné à ZP..

). écrire. R. il ya le passé. OKX a cessé d’aimer la musique (+duratif (=-ponctuel)). *X nage en une heure (-télique) .). au contraire des accomplissements) : (se) casser. Théorie des aspects. (1993) – « A Synopsis of Role and Reference Grammar ». 1-164). éclater. une journée. Cf. Paris : Champion. perfectif (terminatif)/ imperfectif (non terminatif). penser. Vendler 1967):  verbes d’état ([-dynamique. accompli/ inaccompli. aspect grammatical / aspect lexical.  verbes d’accomplissement ([+dynamique. 11 . -télique. Ou plutôt : classes aspectuelles de situations (métaterme entendu non comme synonyme d’état. Gustave (1984) – Temps et verbe. -ponctuel] – situations statiques. ponctuel/ non ponctuel (=duratif) (Zeno Vendler – cf. nager. sans structure interne et sans limite temporelle inhérente) : être malade. certains auteurs parlent de : éventualités (Vikner. au-delà duquel l’action ne peut plus continuer) : fondre (intr. 38 39 40 41 Telos : but. mode : formes de langue (morphologie verbale : « tiroirs verbaux ») Temporalité. télique/ atélique38. *X est en train de trouver la solution (!! +ponctuel). OKX a cessé de nager (+duratif). Van Valin. Temporalité : notion construite autour du moment de la parole (le maintenant du locuteur. mais pas ce qui précède. Distinguer nager (pendant 30 minutes) : activité/ nager cent mètres (en trois minutes). -ponctuel] – actions qui peuvent avoir une certaine durée et qui ont un point de terminaison arbitraire) : marcher. sécher (intr. apprendre la poésie par coeur. *X met une heure à nager (-télique). Paul court peut-être. exploser. +télique. connaître qqch.1. une année. puisque ce n’est pas le verbe seul que l’on classifie. objets) . dans la littérature : télique/ atélique. mode d’action (aspect lexical). OKX peint un/ le tableau en une heure (+télique) . danser … (sans complément désignant la limite finale ou cible du mouvement39) . Mode/ modalité. +ponctuel] – verbes décrivant le seul point culminant (ou : dénouement) de la situation envisagée. du point de vue de la modalité. « Temps extérieur au procès36 » (Gustave Guillaume). +télique. la différence. Paul peut courir (énoncés modalisés). peindre un tableau……/ tests distributionnels : OKX est en train de peindre un/ le tableau (+dynamique) . événements . homogènes et continues. modalité : notions sémantiques. des modes et des temps. trouver une solution. apprendre la nouvelle…/ tests distributionnels : *X a cessé de trouver la solution (-duratif). aimer qqch. OKX nage pendant une heure (+duratif). OKX a trouvé la solution en deux secondes/ OKX met deux secondes à trouver la solution (+télique). Paul court (énoncé sans marque d’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel autre que le type de phrase : type assertif neutre. d’autre part. -télique.). Carl (1985) – « L’aspect come modificateur du mode d’action : à propos de la construction être + participe passé ». Noter dès à présent que t0 est un moment fictif. caractéristiques du déroulement du procès . in Advances in Role and Reference Grammar. limite finale. avoir qqch. … .41). …(sans objet direct explicite40) / tests distributionnels : OKX est en train de marcher (+dynamique). dans la littérature non-générativiste.5. Une fois la modalité intégrée dans la base de la grammaire (règle de réécriture de toute phrase comme Const + noyau). Il est vrai qu’il court pourra être 36 37 Il s’agit bien évidemment du procès désigné par le verbe. analysé. OKX met une heure à peindre un/ le tableau (+télique) verbes d’achèvement ([+dynamique. classes (aspectuelles) de verbes37 définies en termes des traits dynamique/ non dynamique (=statique). voire avec ses adverbes. GUILLAUME. pleurer. une période quelconque). Avant t0. Amsterdam : John Benjamins Publishing Company.1. Paris : Larousse.  Terminologie relativement floue. nager jusqu’à l’île des rats (en dix minutes) : accomplissements. procès. etc. croire qqch. mais comme une sorte d’hyperonyme pour : états. temps/ temporalité. R. Modalité : expression de l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de son énoncé. -ponctuel] – actions/ situations qui ont une certaine durée et qui comportent un point de terminaison précis. l’avenir. D. le type assertif neutre se laissera envisager comme modalisateur à l’instar des types de phrases marqués (phrases interrogative. Temps. et à l’instar des phrases à . noté par convention t0). …/ tests distributionnels : *X est en train d’aimer la musique (-dynamique). 95-113)ou de prédications (au sens de la Role and Reference Grammar – cf. Langue Française 67. mais le verbe avec ses arguments (sujet. rire. actions. aspect (grammatical). comme énoncé ‘non modalisé’ par excellence)/ Il se peut que Paul coure. Distinguer : écrire (pendant des heures) : activité/ écrire l’exercice (en cinq minutes) : accomplissement. D. boire. entre Il court/ Je crois qu’il court. Mode d’action (aspect lexical) : « temps intérieur au procès » (Gustave Guillaume) . impérative. Van Valin (ed.  verbes d’activité ([+dynamique. après. La neige fond. variable en extension (une seconde.

Il n’y a pas de correspondance terme-à-terme entre tiroirs verbaux et notions sémantiques (temps/ temporalité. sens : modalité implicative « si vous faites un pas de plus. Caen : Presses Universitaires de Caen. sens : modalité injonctive). sens temporel : futur du passé)42. Typologie des modalités. et vous tombez dans l’abîme (tiroir : présent. 42 Cf. Il m’avait dit qu’il viendrait ce soir (tiroir modal : conditionnel. mode/ modalité). • • • Vous fermerez cette porte sans la claquer (tiroir : futur. vous tomberez… »). Un pas de plus. aspect/ mode d’action. Le Querler. 12 .. mais en tant que différence de réalisation linguistique d’une seule et même valeur modale (attitude propositionnelle de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé). Nicole (1996).formulée non plus en termes de +modalité/ -modalité.

Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). distinction est également faite entre locuteur-allocutaire. Ducrot. produit de la modalisation. Modalisation : opération énonciative . Démarche sémasiologique (des mots. La relation modalité/ modalisateur se laisse alors envisager comme cas particulier de la relation signifié/ signifiant. la plupart des signes linguistiques sont des symboles (interjections (qui sont des indices d’états d’âme. Démarche onomasiologique/ démarche sémasiologique. une phrase (un énoncé).1. 44 Ce qui vaut de tout symbole. Charles Bally (Linguistique générale et linguistique française (1932)) récupère la distinction. Démarche onomasiologique (du sens vers les mots) : de la zone modale (valeur modale. mais également les affixes flexionnels (viendra (« à l’avenir »)). et I. de l’autre. un paragraphe. buvable (« (qui) peut être [mangé/ bu] »…). En linguistique de l’énonciation (notamment dans le cadre des théories polyphoniques – cf. énonciateur/ son énoncé . qui inclura le référent46 : signifiant (symbol (“symbole”)) + signifié (thought (“pensée”)) + référent (referent)). C. Plus exactement : une représentation mentale de celui-ci. Modalité(s) : catégories conceptuelles logico-sémantiques . O. Modalité/ modalisation. Ferdinand de Saussure définit le signe linguistique en tant que catégorie relationnelle44. sentiments etc. 45 46 Ogden. Structure de la phrase modalisée : modus + dictum. K. selon cette tripartition. Les modalisateurs sont des signes linguistiques à signification modale.7. énonciateur/ destinataire (locuteur/ allocutaire. Le signe linguistique n’est pas identique au mot : d’une part. 1. Modalité/ modalisateur. Modalité : zone modale. Peirce (à noter que. énonciateur/ sa façon de réaliser l’énonciation . sont des icônes) mises à part). Dictum : contenu propositionnel de l’énoncé (prédication.5. Paris : Minuit). formulée d’abord par la Scolastique médiévale : dictum propositionis désigne. D’autres auteurs45 proposeront une définition ternaire du signe linguistique. représentation virtuelle d’un état de chose) Modus : modalité de l’énoncé (assertion qui actualise une telle représentation virtuelle). énonciateur/ fait asserté . Ces distinctions feront l’objet de vos cours d’initiation en pragmatique.2. à deux facettes solidaires : le signifiant (suite de phonèmes ou de graphèmes) et le signifié (signification (description) lexicalement associée à cette chaîne sonore ou graphique). 43 Pour les besoins des analyses syntaxiques et syntaxico-sémantiques faisant l’objet de ce cours sur la phrase modalisée. voire tout un texte peuvent être envisagés comme signes (signifiant-signifié(-référent)) . Modus/ dictum. auditeur43)). selon Bally. (1980) – Les Mots du discours. prédicats modaux (abstraits). la distinction allocutaire (visé par le locuteur)/ auditeur (qui se trouve entendre ce qui est dit sans être nullement visé par le locuteur) – telle que posée en linguistique de l’énonciation – n’est en général pas pertinente. imitant leur référent. chez Abélard (XIIe siècle). Richards (1989/1923) – The Meaning of Meaning. prédicat modal abstrait) à ses incarnations linguistiques. et énonciateur-destinatire (parfois appelé : énonciataire). des parties constitutives d’un mot sont des signes linguistiques (non autonomes) : les préfixes ou suffixes dérivationnels (impossible. 1. aux sens) : du marqueur modal aux valeurs modales qu’il exprime. 13 .) et onomatopées (qui. Toute phrase a un dictum et un modus. de l’autre. mangeable. Modalisateur : marqueur (perspective d’interprétation)/ réalisateur (perspective de production). et même des indices ou des icônes – pour nous référer au classement des signes selon leur relation au référent. d’une part. au sens de Ch. prise en charge de l’énoncé par son énonciateur (rapports entre : énoncé/ fait asserté . son contenu (contenu propositionnel. A. improbable (« qui n’est pas [possible. probable] »). mais la structure syntaxique ne soutient pas toujours aussi directement cette structuration sémantique. San Diego-New York: Harcourt Brace Jovanovitch Publishers. Polysémie des marqueurs modaux. S.6. la signification de la proposition. en logique moderne). le référent (objet du monde auquel renvoie la chaîne sonore ou graphique pourvue de cette signification : entité extralinguistique qui satisfait la description) restant extérieur au signe à proprement parler. une lexie complexe ou un syntagme (groupe de mots) non lexicalisé.

Les majuscules notent ici l’accent de phrase : l’accent le plus fort dans la phrase. Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). in : David. cause. Modalité de re/ modalité de dicto. sporadicité (Kleiber 198350)). conséquence. déontiques désidératives (volitives) appréciatives (évaluatives. 183-203. but. épistémiques . Voilà TROIS JOURS qu’il est parti). 1. à structure syntaxique. Portée de la modalité (du modalisateur) : interne/ externe (au dictum). Termes remontant à Thomas d’Aquin (De modalibus) : propositions modales de re (quand le modus est inséré dans le dictum : Socrate peut courir) / propositions modales de dicto (modus prédiqué du dictum sujet : Que Socrate coure est possible/ il est possible que Socrate coure). syntaxiquement parlant ⊂ 48types de phrase facultatifs) : • • • emphase (Paul. Paris : Klincksieck. « L’emploi sporadique du verbe pouvoir ». Symbole notant ici l’inclusion à un ensemble donné. exclamation (phrase exclamative : Paul. Types de phrase obligatoires (= types de phrase51): - constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). injonction (phrase impérative : Fermez la fenêtre !).9. • • • • Modalités (d’énonciation.  Modalités d’énoncé (contribution interprétative → attitude du locuteur face au contenu propositionnel de son énoncé . Les étudiants sont sans doute partis. syntaxiquement parlant = types de phrase obligatoires) : • • • •  assertion (phrase assertive ou : déclarative : Paul est là). impersonnel (Il est arrivé trois nouveaux étudiants/ Il a été dansé toute la nuit). Modalité de re : portée intra-prédicative (interne au dictum). Modalités de message (contribution interprétative → hiérarchie informationnelle. interrogation (phrase interrogative : Paul est-il là ?/ Où est-il ?). de message) et types de phrase : problèmes de classement. J. syntaxiquement parlant ⊂ phrases à double prédication: • • • aléthiques .1. 47 48 49 50 51 Ou plutôt : actes illocutionnaires. et G. morphologie et intonation spécifiques.8. passif (La porte fut ouverte par un étudiant) . dans la littérature. La notion sémantico-logique de modalité. concession …) temporelles (logique du temps linéaire (vs logique du temps arborescent: mondes possibles) . axiologiques) implicatives (relation causales au sens large : condition. vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? 14 . mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). Modalité de dicto : portée extra-prédicative (externe au dictum). Souvent. à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). parti !/ Que cette fenêtre est sale !).  Modalités d’énonciation (contribution interprétative → attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage47 . Kleiber (éds). il y a hésitation sur la marque du pluriel. C’est À PAUL que je voudrais parler. il est déjà parti pour Paris/ C’est PAUL49 qui est arrivé le premier. Voir chapitre dédié (encadré ). Classement des modalités. qui frappe un constituant du syntagme apportant l’information nouvelle (que le locuteur présente/ signale ainsi comme étant) la plus importante pour l’interlocuteur.

qui.Types de phrase facultatifs (= formes de phrase) : - constituants de phrase optionnels52. interroexclamatif : moi. En pragmatique inférentielle56. Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). Cette solution ne fait que reformuler les problèmes soulevés. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. descriptif (contribution sémantico-logique propositionnelle). 55 56 Dans cette même logique. dans l’énonciation. La pertinence. (cf. il n’exprimerait pas d’« acte de langage spécifique ». sans y apporter de réelle explication. ou descriptif (=représentationnel : négation53) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. Ghiglione & Trognon 1993. types de réagencement communicatif (passif. dans la littérature. Riegel et al. comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). impératif) . Paul n’est pas là pour l’instant. mais représentationnel. Tu viens ?/ -Je ne peux pas. L’exclamatif. dans la mesure où : (1) les types énonciatifs restants eux-mêmes ne font pas l’objet d’analyses uniformes. ne laissant pas d’être tributaire d’un certain horizon théorique. d’autant que. structuration du message). on voit dans les types de phrases obligatoires des « indicateurs de force illocutionnaire ». selon le critère pragmatique de « l’acte de langage spécifique ». à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. type exclamatif (manifestant seulement la subjectivité du locuteur et réalisant la fonction expressive du langage). le lien entre types de phrases et « acte de langage spécifique » n’est pas aussi direct. un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. ni aussi naturel. impersonnel). ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . non descriptif (hiérarchie informationnelle. 2004 (1994): 386). 2004 (1994) : 386-387). dans le paradigme théorique dont procède la notion distinctive invoquée (Théorie des actes de langage) : les types assertif et impératif correspondent aux forces primitives assertive et directive. seul. 2004 (1994) : 388390) :     types énonciatifs (assertif. Cf. interrogatif. Et la distinction alléguée entre types énonciatifs et exclamatif. L’analyse de la négation fait l’impasse sur ce qui est appelé. à ce que je vois). n’a pas d’apport sémantique essentiellement fonctionnel. quitte à ce que l’exclamatif soit envisagé comme seul représentant de sa catégorie (Riegel et al. 15 . mais non exclusif d’autres types obligatoires (cf. mais à des « actes génériques dire que/ dire de/ demander (si /qu-) » – entendus par Sperber et Wilson comme des « schémas d’hypothèse » (ou « schémas descriptifs ») dans lesquels sont (2) 52 53 Définis. par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. négation descriptive. types logiques (négatif/ positif) . est elle-même sujette à caution. emphase. Sperber Dan et Deirdre Wilson. partir pour Londres ?!). 54 Cf. Problèmes : 1. L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. réfutation) peut-il être envisagé comme type optionnel ? 2. parmi les types optionnels. La solution serait de re-classer les types de phrases obligatoires/ facultatifs en quatre catégories. fondé sur des rapports entre le locuteur et son destinataire ? Le négatif. pour tirer argument des seuls emplois « illocutionnaires » de la négation. 1989 (original en anglais 1986). Paris : Minuit. Communication et cognition. en termes (implicitement) transformationnels. et qui semble au moins susceptible de réaliser un « acte de langage spécifique » (dénégation. du moins selon certains auteurs. par exemple. tandis que le type interrogatif procède des forces dérivées (instanciant un sous-type directif : demander de répondre)54 . emphase. impersonnel) . et à spécificité syntaxique douteuse (car partageant les structures des phrases déclaratives (Vous ne songez point à elle !) et interrogatives (Qu’est-ce qu’elle était belle ! Est-il bête !)) peut-il être envisagé comme type obligatoire. que cette analyse le suppose55. les trois types de phrases en question sont censés correspondre non pas à des « actes spécifiques ». doué d’intonation particulière.

l’existence d’une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses (non pas réel. Ghiglione & Trognon 1993). et le but directif (primitif). tout en étant sous-déterminées quant aux autres « composants ». elles. quant au but. sont bien déterminées. Le but assertif (primitif) est de représenter quelque chose qui est le cas. mais :) désirable.incorporées les formes propositionnelles pleines des énoncés concernés. dire que P et dire de P (où P est la forme propositionnelle de l’énoncé p). ce qui en fait justement « les forces illocutoires les plus simples possibles ». Par contre. en tant qu’actes génériques. mais qui restent typiquement sousdéterminés quant à ce qu’il est convenu d’appeler « intention (ou : but) illocutoire »57. ne « rendent manifeste qu’une propriété assez abstraite de l’intention du locuteur : la direction dans laquelle la pertinence de l’énoncé est à rechercher » (Sperber et Wilson 1989 : 381). de faire une tentative linguistique pour que le destinataire réalise une action future (cf. Dire que rendrait manifeste l’existence d’une relation descriptive (vs interprétative) entre la pensée du locuteur et un état de choses réel . 16 . dire de. les « forces primitives » assertive et directive (cela vaut d’ailleurs de toutes les cinq « forces primitives » distinguées dans la théorie logique de l’illocutoire). 57 Par contre.

1. Critère du rapport fonction modale/ structure phrastique (modalité/ type de phrase) : • modalités d’énoncé (phrase à double prédication)/ • • • • modalités d’énonciation (phrases à contour non assertif : interrogatives. malgré des points de coïncidence. b. Meunier. pp. implicatives. Elle intervient obligatoirement et donne une fois pour toutes à une phrase sa forme déclarative. que lesdits critères aient à voir avec la découpe focus/ topique de la grammaire fonctionnelle. Terme emprunté à Charaudeau 1992. modalité de dicto (incidence syntaxique extra-prédicative). 59 60 61 Cristea. injonctives. André (1974) – « Modalités et communication ». modalités illocutionnaires directives : ordre. Le Querler 2001) b. implicatives). …)59. déontiques. par rapport aussi à des jugements d’ordre appréciatif (utile. ou : axiologiques). 8-25. requête. Critère de l’énonciateur62 : • • • modalités subjectives63 (« élocutives » 64 . in Cristea et al.). appréciatives. [Elle] caractérise la manière dont le sujet de l’énoncé situe la proposition de base par rapport à la vérité. 13-14). possible. suggestion…. Critère de l’incidence (construction de la phrase modalisée60): modalité de re (incidence syntaxique intra-prédicative) . interrogative ou impérative […]. b. interdire » . surtout les modalités dites d’énoncé. En guise de conclusions : retour sur les critères de classement des modalités. Je ne veux pas que tu viennes (négation portant sur la complétive : « défendre. [La modalité d’énoncé] se rapporte au sujet de l’énoncé. Etudes contrastives. modalités intersubjectives (« allocutives » .cf. Typologie des modalités. Noter que le contenu de cette classe n’est pas identique chez les deux auteurs.10. Ce classement concerne surtout les modalités dites d’énoncé (selon le critère précédent). …) » (art. Rob.2. temporelles … 58 Au sens d’André Meunier. 62 Ce sont là des tentatives de classement (Le Querler 1996 et Charaudeau 1992) qui regroupent modalités d’énonciation et modalités d’énoncé. à tort. exclamatives)58/ modalités de message (phrases clivées. Distinction terminologique : incidence syntaxique/ portée sémantique (cf. p. nécessaire et leurs contraires etc. il aurait fallu noter ici « ou » (sans « : »). (1996). Langue Française n° 21. modalités désidératives (ou : volitives) translatives67) . Cf. modalités objectives (« délocutives » : rapport entre deux contenus propositionnels. à nouveau. N. désidératives (ou65 : volitives) réflexives66) . Critère du contenu68 : • modalités aléthiques (ontiques). P. Au gré des auteurs. Si nous n’avions pas souscrit au délitement de cette nuance au niveau conceptuel même. Les modalités. concerne. rapport sujet énonciateur/ contenu propositionnel : modalités épistémiques. Vouloir.. nécessité (vrai. contre effacement de l’énonciateur : ontiques (ou : aléthiques). qui récupère les catégories modales de la tradition logique. regrettable. « Une phrase ne peut recevoir qu’une seule modalité d’énonciation. conseil. alors qu’elle peut présenter plusieurs modalités d’énoncé combinées » (art.. Le Querler. Teodora (1981) – « Pour une approche contrastive de la modalité ». certain. Critères sémantiques61.. 8-46.1.) Ce classement. désirer que + subjonctif : Je veux que vous fassiez attention à l’emploi des modes dans la relative. appréciatives (ou : évaluatives. a. Patrick (1992) – Grammaire du sens et de l’expression. éventuellement confondu avec le sujet de l’énonciation. Vouloir que. désidératives. épistémiques. Cf. Bucuresti : TUB. Critères syntaxiques. 17 . rapport entre énonciateur et destinataire à propos du contenu propositionnel : modalités déontiques. 63 64 65 66 67 68 Le Querler (1996). Caen : Presses Universitaires de Caen. la distinction <désidératif>/ <volitif> est maintenue ou au contraire délitée. a.1. a. idiot. pp. cit. Cf. Paris : Hachette. Charaudeau.2. Ses réalisations linguistiques sont très diverses de même que les contenus sémantiques et logiques qu’on peut lui reconnaître. Nouv. Nous préférons cette étiquette à celle de « critères fonctionnels» – susceptible de suggérer. Citations pertinentes : « [La modalité d’énonciation] se rapporte au sujet parlant (ou écrivant). désirer + infinitif : Je veux partir. 13). tout en en augmentant l’inventaire. agréable. topicalisations. cit.

interrogation (phrase interrogative). ce sont là des types de phrase obligatoires – modulo l’hésitation au sujet de l’exclamation : • • • • assertion (phrase assertive ou : déclarative). Voir encadré 18 . Modalités d’énonciation. 69 Ou plutôt : actes illocutionnaires. syntaxiquement parlant. exclamation (phrase exclamative).2. les modalités d’énonciation indiquent l’attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage69 . injonction (phrase impérative). Sémantiquement parlant.

condamner.). à inciter les autres à se comporter de telle ou telle façon. du locuteur ou de tiers (= acte perlocutoire. 19 . ordonner. à la dénotation (=sens + référence)) oppose l’illocution à la locution . donner un ordre. léguer. … (Austin 1970/ 1962).  la distinction entre conventionnel (produit de règles) et non conventionnel (produit des circonstances) oppose l’illocutoire au perlocutoire. syntaxique. etc. à l’encontre des énoncés qui décrivent un état de chose ou rapportent (= constatent) un fait (énoncés appelés. La notion d’acte de langage est définie à l’intérieur d’un cadre théorique spécifique : la théorie des actes de langage (entendue comme cas particulier de la théorie de l’action). statements) dont l’énonciation revient à exécuter (angl. etc. Quand dire c’est faire. donner un renseignement. faire voeu de. elle. des attitudes à l’égard du comportement antérieur ou simplement prévu. fr. effrayer.). Performatif vs constatif Dans un premier temps (Austin J. s’engager formellement. annoncer un verdict.. • • Actes promissifs [commissives] : énonciations qui visent à obliger le locuteur à adopter une certaine façon d’agir. déplorer. injurier. commander. La question de savoir ce que veut dire. agissements de l’auditoire. « dire. décréter. remercier.L. d’autrui (s’excuser. Seront maintenant définis comme « actes de langage » : 1. comme l’invariant au variable.  et pourvus. to perform) une action (exemple donné : baptiser un bateau. ou bien leur caractère axiologique (actes judiciaires. Locutoire vs illocutoire vs perlocutoire La difficulté d’opérer des distinctions tranchées entre énoncés constatifs et énoncés performatifs à l’aide de critères à proprement parler linguistiques tels le critère. 3. plutôt que sur ce qui est : dégrader. les exercitifs comportent un jugement (une décision) sur ce qui devra ou devrait être. pensées. classer. prêter serment (jurer de). et respectivement ± conventionnel :  la distinction entre valeur (force) de l’énonciation et signification de l’énoncé (assimilée. plutôt que législatifs ou exécutifs : prononcer un diagnostic (par un expert : médecin ou autre). parier. à partir de l’évidence ou à partir des raisons concernant ou bien les faits eux-mêmes. désormais : constatifs). etc.  2. née. sur les sentiments. d’un sens et d’une référence déterminés (= acte rhétique) . poser une question. Paris. critiquer. des « mots performatifs » (verbes ou autres) a eu pour conséquence l’élaboration de l’appareil théorique. de ce que l’on fait (accomplit) en disant quelque chose à quelqu’un. l’acte de dire quelque chose (= acte locutoire). lexical. Austin distingue cinq types fondamentaux d’illocutions : • Actes verdictifs [verdictives] : énonciations qui reviennent à exprimer ce que l’on a constaté (officiellement ou pas). évaluer. lui-même décomposé en plusieurs actes généralement coextensifs l’un à l’autre :  produire (prononcer) des sons (= acte phonétique) . 1970 (tr. au juste. à s’engager à des degrés divers (ce terme ne s’applique pas aux seules promesses au sens strict : promettre. dans les circonstances appropriées. Dépourvus de conditions de vérité. … . ou le critère. les énoncés performatifs remettent en cause le postulat du caractère essentiellement descriptif du langage (« l’illusion descriptive ». l’acte ou l’effet provoqué par la locution (vs dans la locution). Il s’agit.). en droite ligne. d’une généralisation du concept de performatif.). mais sujets à des conditions de réussite. de per (« par »)) : convaincre. braver. acquitter. l’action réalisée du fait même de dire (en accomplissant un acte locutoire donc = acte illocutoire – de in (« dans ») – ‘acte réalisé dans la locution’) : promettre. elle. pardonner. dans les termes d’Austin). c’est dire. faire faire. A l’encontre des verdictifs. produire des vocables (ou : mots) qui entrent dans des constructions conformes à la grammaire (=acte phatique).)/ 1962 (original)) sont seulement dissociés les performatifs ou : déclarations (angl. c’est faire » sera envisagée sous un angle plus large. Actes comportatifs [behabitives] : énonciations qui expriment une réaction à la conduite ou au sort des autres. • Actes exercitifs [exercitives] : énonciations consistant à donner une décision pour ou contre une certaine façon d’agir. La spécificité de l’illocutoire repose sur l’exploitation conjointe de deux axes d’oppositions : ± fonction dénotative. etc. du verbe performatif à la première personne du singulier. Le noyau dur de la théorie défendue par Austin est sans conteste la notion d’illocutoire. pour l’essentiel. dans l’emploi. Seuil. les mots ‘je baptise’ ).Hors cours.

dans la théorie searlienne. tout énoncé (analyse qui correspond en tout point à l’ « hypothèse performative » des générativistes chomskyens (cf. Dès qu’une règle constitutive est enfreinte. ne reposant pas sur des principes/ critères de classement clairement définis d’entrée de jeu. d’ordre plus général : règles constitutives (qui créent des activités dépourvues d’existence indépendante : les règles qui gouvernent les jeux (football ou échecs au même titre). et.• Actes expositifs [expositives] : énonciations qui visent à exposer une manière de voir les choses. s’engager à la réaliser soi-même. y compris les « jeux de langage » au sens de L. décrire. Si les conventions sémantiques dépendent des langues particulières. pour la promesse. l’auteur réévalue la taxinomie d’Austin. mais cet échec est différent suivant la règle spécifique qui aura été violée. Searle 1969/ 1972). témoigner. quand nous emploierons le terme d’acte de langage (ou : acte de parole). qui pis est. mais également en termes de la structure syntaxique de la phrase énoncée (relativement aux actes illocutionnaires mêmes). Désormais. et la subordonnée enchâssée. rapporter. et gouvernant l’emploi des marqueurs d’actes). Condition essentielle (qui définit le but illocutoire : amener l’interlocuteur à réaliser l’action pour l’ordre. pour la promesse) . la distinction règles constitutives (des actes)/ règles sémantiques (dérivées des premières. la contribution de Searle consistera-t-elle notamment à une recherche des critères de classement pertinents et surtout mutuellement consistants. s’engager sur la vérité de la proposition exprimée. croyance. du locuteur. Condition de sincérité (qui définit l’état psychologique du locuteur : désir pour l’ordre. où la principale correspond au marqueur de force illocutoire. Aussi. Conditions de succès des actes illocutionnaires À la distinction actes/ marqueurs des actes il correspond. pour l’assertion) . nier. postuler. intention pour la promesse. Il en isole douze. En vertu cependant du principe d’exprimabilité70. Ross 1970)). etc. Searle (1972 (1969)) s’attache à opérer la distinction entre proposition exprimée par l’énoncé et acte accompli dans l’énonciation non seulement en termes d’actes (acte locutoire (notamment : rhétique) vs acte illocutoire). Elles définissent autant de conditions de succès des actes illocutoires : • • • • Condition de contenu propositionnel (propriétés du contenu propositionnel de l’acte : action future de l’interlocuteur pour l’ordre. les règles constitutives des actes de langage seraient universelles. Cette distinction se laisse enchâsser dans une autre. pour que l’acte puisse être accompli : capacité de l’interlocuteur. Contenu propositionnel vs force illocuoire La postérité d’Austin élaborera davantage encore la théorie des actes de langage (= actes illocutionnaires). 20 . ainsi discriminera-t-il deux types de marqueurs : le marqueur de contenu propositionnel et le marqueur de force illocutoire.). davantage un classement de verbes que d’actes. C’est là une distinction qui ne se laisse appréhender directement que dans le cas des performatifs explicites. à tirer au clair l’usage d’un mot. dans la notation de l’auteur. ou le référent de celuici (affirmer. pour l’ordre) . au marqueur de contenu propositionnel : [F je te promets [p que je fermerai la fenêtre]] – soit. Wittgenstein) vs règles normatives (qui ont pour objet des comportements/ actions qui existent indépendamment des normes les régissant : à l’instar des règles de politesse. d’où force chevauchements inter-catégoriels. pour l’assertion). pour l’acte de force F accompli à propos du contenu propositionnel p : F(p). mais cinq seulement sont décisifs dans la classification à proprement parler : 70 Qui asserte que tout ce que l’on veut dire peut être dit littéralement (cf. l’acte échoue. à développer un argument. Classement des actes illocutionnaires Partant de la distinction explicite entre verbes illocutoires (qui ressortissent aux langues particulières) et actes illocutoires (universaux de langage). Condition(s) préliminaire(s) (qui doivent être satisfaites préalablement. nous nous référerons aux seuls actes illocutoires (ou : illocutionnaires). remarquer. la signification des phrases est justiciable de conventions). tous les énoncés se laisseraient réduire à des performatifs explicites : Searle considère en effet qu’un marqueur de force illocutoire (préfixe performatif Je verbe illocutoire) sous-tend. en structure profonde.

Position de force du locuteur. Mais pas : les relations de l’énoncé aux intérêts du locuteur et de l’interlocuteur.• Le but illocutoire (condition essentielle) . assertion. et actes dont le verbe n’est pas susceptible d’un tel usage (cf. rapport. ni entre actes institutionnels (excommunication. Mais pas : les différences entre actes essentiellement et non essentiellement linguistiques (qui ne peuvent pas ou respectivement qui peuvent être accomplis y compris sans le dire : poser un diagnostic vs prêter serment). consigne. aux mots. états de choses futurs. arbitrage d’un hors-jeu de l’avant-centre. 21 . verdict de culpabilité. et non institutionnels. Formulations tout à fait naturelles avec « l’arme » ou « cette arme ». ordre. Action future du locuteur. pour une assertion. pour sembler naturelles telles quelles : si l’interlocuteur est par exemple. (+institution extralinguistique : statuts respectifs bien spécifiques) 71 Où l’élément ajouté à l’attitude fondamentale. au monde.… Engagement du locuteur sur la vérité de la proposition exprimée Obligation de l’interlocuteur à accomplir certain(s) acte(s). selon le verbe employé : demander de/ exiger de/ ordonner de). se vanter. • • • L’état psychologique exprimé (l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de l’acte : condition de sincérité) . baptême. ajustement du monde. condoléances. y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). ____ (croyance+ γ71 ) (vérité présupposée) DÉCLARATIFS72 : Bénédiction. ni les relations de l’acte au reste du discours (réponse (→question). pour une promesse ou un ordre) . assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)… 72 73 Ce sont les performatifs d’Austin. conclusion (→argument(s))). et représente une sous-composante (sinon une conséquence) du but illocutoire : ajustement des mots. à la place du sempiternel sel. pour le rapport. pari sur un trois sans atout (annonce au bridge). Intention. aux mots. un malade en régime hyposodique. tristesse (LAMENTATION). Provoquer la vérité de leur contenu propositionnel Des mots. déclaration de guerre). ni le style de l’accomplissement de l’acte (annonce vs confession). au monde. qui est de l’ordre de la croyance. menacer). et. déclaration de guerre… Direction d’ajustement double. Désir. legs. excomunication. aux mots. serment… EXPRESSIFS : excuse. est de l’ordre du sentiment : insatisfaction (PLAINTE). prédiction. ni entre actes dont le marqueur (le verbe) est susceptible d’emploi performatif. Le contenu propositionnel (les différences dans le contenu propositionnel qui sont déterminées par des mécanismes liés à la force illocutionnaire : états de choses passés. et qui exigent simplement la construction d’un contexte interprétatif spécifique. Statuts du locuteur et de l’ interlocuteur Contenu propositionnel DIRECTIFS : Requête. Action future de l’interlocuteur. Etat psychologique exprimé Croyance. remerciements… Du monde. critique. • La direction d’ajustement entre les mots et le monde (concerne le contenu propositionnel de l’acte.. pour la prédiction). PROMISSIFS : Promesse. … question… Du monde. Les statuts respectifs du locuteur et de l’interlocuteur (condition préparatoire) . si l’acte est explicite. Obligation du locuteur à accomplir certain(s) acte(s) Exprimer l’état psychologique (par rapport à l’état de chose spécifié dans le contenu propositionnel).. félicitation. Mais pas : la force avec laquelle est présenté le but (qui varie selon le degré d’explicitation de l’acte. Type d’actes But illocutoire Direction d’ajustement REPRÉSENTATIFS: Suggestion.

ne recoupe pas directement l’ordre d’insertion lexicale des constituants terminaux sous les constituants syntagmatiques concernés (en structure profonde issue de l’application incrémentielle. Syntaxe de la phrase déclarative : phrase déclarative ou phrase affirmative ? La négation étant regroupée. Dans cette acception donc. mais plutôt un objet de référence » (Vanderveken 1988 : 30) : Vive la France ! 75 Dont il est question dans la fable de La Fontaine. éventuellement récursive.1. D’autre part. supra). Nous y reviendrons sous 3 (voir infra). en structure profonde. Nous avons fait état précédemment de nos réserves sur cette option métalinguistique (§1. l’ordre des mots et affixes directement observable en surface.2. l’impersonnel. Dans le texte évoqué. par hypothèse. Σ→ Const Const → +P Affir Affir → Σ→ Intonaffir +P P→ Σ→ Intonaffir +SN +SV Intonaffir SN +SV (structure profonde) Le changement structurel. 22 . au fond d’un vallon. tandis que d’autres auraient un « contenu qui n’est pas une proposition complète. La transformation affirmative ainsi formulée est postulée pour rendre compte de l’hypothèse fondamentale du modèle. à sujet non-topical. la distinction entre structure profonde et structure de surface. le déplacement à droite du constituant affirmatif (Intonaffir) rendrait compte du traitement prosodique caractérisé en fin de syntagme prosodique maximal. même en l’absence de différences directement observables en termes de contour prosodique marqué et/ou en termes de l’ordre des éléments terminaux (mots76) : il n’y a donc plus de réécriture directe de la phrase de base (affirmative active non emphatique). au niveau du noyau. distincte. des règles de réécriture) : (…) Aux (→affixe) + V (→racine) + SN. l’affirmation n’est pas opposée à la négation : les phrases négatives peuvent fort bien épouser le contour prosodique ‘affirmatif’ (Le serpent ne tua pas Jacques Fréron). aussi contre-intuitif que cela puisse paraître. La phrase déclarative. au passage de la structure profonde à la structure de surface.1. Le constituant affirmatif se réécrit obligatoirement par le constituant Intonation affirmative (abréviation Intonaffir). l’emphase. en grammaire générative-transformationnelle standard. L’assertion.1. donc concernant 74 Seraient dépourvus de contenu propositionnel certains actes expressifs réalisés au moyen d’interjections (Zut! Aïe !). avec le passif.4. en français. opposée à l’interrogation et à l’impératif : Le serpent75 mordit Jacques Fréron). aussi nous bornerons-nous ici à un rapport neutre de la théorie présentée. 76 De toute manière. 2. des intonations interrogative et impérative. et la phrase. comme type de phrase optionnel (forme de phrase). dans le cas de la phrase affirmative (active non emphatique) se réduira au déplacement du constituant Intonaffir en fin de séquence : Intonaffir +SN +SV (structure profonde) Taff SN +SV + Intonaffir (structure de surface). Ce type de construction. ouverte par deux compléments donnant le cadre spatio-temporel : Un beau jour. le sujet est indéfini. est une phrase thétique. le type déclaratif sera directement envisagé en tant que type obligatoire ‘affirmatif ‘(‘affirmation’. contre racine+ affixe en structure de surface. un serpent mordit Jacques Fréron.

1. bien que le contour assertif soit. 79 Les exemples donnés dans la référence citée pour illustrer l’absence de correspondance terme-à-terme entre catégories logico-sémantiques et catégories de l’analyse grammaticale sont en fait : (i) Sujet logique ≠ sujet grammatical (Paul a été tué par Jean vs Jean a tué Paul. prédicat : terme général (Strawson78)). en termes plus étoffés : la forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase déclarative interprète (littéralement) une pensée du locuteur qui est la description d’un état de chose réel. une mise au point à cet égard s’impose. nous avons changé d’illustrations sur ce point précis. ainsi que l’interprétation des autres syntagmes nominaux (compléments) comme non-topiques. dans la littérature. (ii) Prédicat (logique) ≠ verbe (L’homme est mortel : MORTEL (l’homme) . Strawson. en français du moins. Londres : Methuen. le bureau)). et il existe des phrases dont les prédicats logiques ne sont pas analysés (du moins pas en grammaire normative scolaire) comme des prédicats grammaticaux. les deux phrases (active et passive) étant censées se ramener. Paul)). 23 . soient entendues comme synonymes. ce qui est annoncé en premier lieu par le locuteur)/ commentaire (ce qui est introduit après introduction du topique): distinction syntaxique (positionnelle). Sujet/ prédicat : distinction grammaticale (fonctions grammaticales) et logique (sujet : terme particulier. Sémantique de la phrase déclarative. et comme instanciant en quelque sorte ou bien la relation sujet/ prédicat. Puisque cette analyse ne correspond pas à la perspective adoptée ici. de l’avis des auteurs.2. et respectivement. à une même forme logique TUER (Jean. en termes de la théorie des actes de langage). Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. Bien que souvent. Du point de vue de la hiérarchie informationnelle. de commentaire et de propos (ou : rhème). 2. Peter Frederik (1974) – Subject and Predicate in Logic and Grammar. Cf. Le constituant affirmatif est interprété comme une assertion dont P est le noyau (comme une assertion dont P est le contenu propositionnel. l’assertion exprime une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de chose du monde –ou. Les critères opérationnels pour la discrimination de ces couples notionnels restent minimalement distincts. Thème (objet du discours)/ propos (ce qu’en dit le locuteur77) : distinction fonctionnelle (structure fonctionnelle (= interprétative) des énoncés vs structure formelle des phrases). L’homme est mortel). et non seulement sa fin. Le piano est dans le bureau : DANS (le piano. Cette corrélation reste cependant sujette à caution. XV. et du syntagme verbal comme commentaire. Dubois et Dubois-Charlier 1970. dans la mesure où. les données prosodiques concernent l’ensemble de la phrase. Expression contenant l’information que le locuteur désire communiquer (au sens de l’école fonctionnaliste praguoise (Firbas).au premier degré la fin de la séquence linéaire (linéarisée). serpent ⊂ commentaire]. Jacques Fréron ⊂ commentaire] → Jacques Fréron fut mordu d’un serpent [Topique : Jacques Fréron. chap. les notions de topique et de thème. En termes de pragmatique inférentielle (Théorie de la Pertinence). descendant. L’assertion exprime l’attitude de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé (Théorie des actes de langage). Les fonctions grammaticales ne recoupent pas systématiquement les catégories logiques correspondantes79: il existe des sujets grammaticaux qui n’ont pas la sémantique des ‘termes particuliers’ (tels les noms en emploi générique Les castors sont des mammifères. Ces faits permettent de définir la relation entre phrase active et phrase passive : la transformation concernant le marqueur sous-jacent de modalité Affir (en bref : la transformation affirmative) a lieu après la transformation concernant le marqueur sous-jacent de Passif (ou : transformation passive). n’étant pas 77 78 Ou : rhème. le constituant affirmatif permet l’interprétation du sujet de l’assertion (de) P comme topique (de cette assertion).    Topique (ce qui est mis en position frontale. aussi le sujet de la phrase passive (complément de la phrase active correspondante) sera-t-il interprété comme topique de l’assertion que fonde le constituant Affir (c’est-à-dire : de l’assertion qui est l’interprétation sémantique du Constituant Affir) : Le serpent mordit Jacques Fréron [Topique : serpent. ou bien la relation information donnée/ information nouvelle.

réalisés par des séquences qui comportent des verbes. 80 81 82 83 Le vers de La Fontaine se prête justement à une analyse différente. cette question alternative fonctionnera pragmatiquement comme un acte.1. des syntagmes nominaux définis. prédicat logique LINGUISTE) ou des prépositions (Le piano est dans le bureau : prédicat grammatical est (sous analyse existentielle forte des situatifs). par des noms Anne est linguiste : prédicat grammatical est linguiste. mais par des adjectifs (L’homme est mortel : prédicat grammatical est mortel. les Thèmes sont des Topiques. Exemples : Êtes-vous son père ? Qui êtes-vous ? question-écho (valeur marginale. il est là/ Non. à deux arguments internes sélectionnés : le piano et respectivement le bureau. 2. au cas par cas. Syntaxe de la phrase interrogative. interrogation alternative polaire (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : si81/ non) : Aimez-vous la mer ou ne l’aimez-vous pas/ ou non ? / ou pas ? réponses : Si.  Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. Distinction définie en terme de portée. ils comportent). aucune de ces deux réponses n’étant socialement admissible. pour les Topiques.2. Moeschler & Reboul (1994) : 456-458. Cf. B : Tu vas faire quoi ? (intonation montante) • 2. ou est dans le bureau (sous l’analyse copulative). un serpent mordit Jacques Fréron. Sous-types. particulièrement agressif. Qui est là ?/ présupposé : ‘quelqu’un est là’. 24 . Typiquement. il n’est plus là) .  Interrogation alternative (à coordination disjonctive d’éléments : Préférez-vous la mer ou la montagne ? (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : Je préfère la mer/ Je préfère la montagne) . non prototypique) : on n’aura pas bien entendu. ba da.  Interrogation partielle82 (à mot interrogatif (qu-) . on veut se faire répéter/ préciser une partie de l’énoncé de l’interlocuteur. je l’aime/ Non. Interrogation totale/ interrogation partielle  Interrogation totale (sans mot interrogatif . où le nom linguiste (en usage non référentiel – l’absence d’article en témoignant) est analysé come attribut du sujet . questions fermées : alternatives épistémiques en nombre fini : réponse visée oui/ non) : Est-il encore là ? (Oui. L’interrogation.2. Syntagme qu. La phrase interrogative. prédicat logique DANS. du fait des adverbiaux de cadre qui ouvrent la phrase : Un beau jour. de remise en cause des faits et/ ou dires de l’interlocuteur) . les sujets sont des Thèmes. prédicat logique MORTEL). Où est-elle ?/ présupposé : ‘elle est quelque part’. au fond d’un vallon. ce pourquoi ce sont (ou.: focalisé (=foyer d’information nouvelle). 2. Roum. Un énoncé tel Un serpent mordit Jacques Fréron sera donc (toutes choses égales par ailleurs80) moins acceptable que sa contrepartie à sujet défini Le serpent mordit Jacques Fréron. le plus souvent. Exemple : A : Je vais fermer la fenêtre. liant une variable (soulignée dans les exemples ciaprès) dont la réponse fixera la valeur. Me prenez-vous pour un imbécile ou le faitesvous exprès ? (réponses visées (toutes choses égales par ailleurs): Je vous prends pour un imbécile/ Je le fais exprès .2. où l’adjectif mortel est analysé come attribut du sujet .2. en français. Le reste des éléments de la phrase interrogative ressortissent aux informations présupposées (=déjà acquises). et Topiques et Thèmes participent de l’information donnée (référents déjà introduits dans le discours). questions ouvertes83 : alternatives épistémiques en nombre in(dé)fini) : Qui est là ? (C’est Paul/ Sylvie/ …). Réponse affirmative à une question oui/non de forme négative. je ne l’aime pas). Distinction purement interprétative : réponses visées. Interprétation de la phrase interrogative: • question appel d’information (valeur prototypique) : le locuteur ignore la réponse.

25 . sais-je. enchâssée sous un verbe principal qui marque conceptuellement (= descriptivement) la valeur interrogative (mais pas la fonction : suspendue.Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. ils. Inversion complexe : <sujet nominal + verbe-clitique sujet> (Paul est-il encore là ?). 2. Focus (foyer d’information nouvelle)/ présupposé (information partagée par le locuteur et l’interlocuteur84): distinction cognitive et énonciative. …).2. 1. inversion de je : systématique au futur et au conditionnel (dirai-je.: questions partielles). 2. Interrogation totale directe. 87 Construite par inversion simple du sujet clitique ce.2.1. Et inversion du sujet :   Inversion simple du sujet clitique: <verbe-clitique86 sujet> (trait d’union obligé : Es-tu encore là ?.  Interrogation comme acte de langage indirect (stratégie communicative): Je ne trouve pas ce livre (comparer cette assertion à la question appel d’information : Où est ce livre ?). Marqueurs indicatifs vs descriptifs. Interrogation directe/ interrogation indirecte :  Interrogation directe : phrase indépendante.3.2. *mens-je.   Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. elles (pronoms personnels sujets) et ce (démonstratif sujet).2. fais-je. Syntaxe de la phrase interrogative. par un point d’interrogation. elle. veux-je.1. 2. dis-je. Réalisateurs (marqueurs). votre mari ? (comparer à : Il est toujours là. après une montée sur le mot interrogatif 84 85 86 Information commune à une question et à sa réponse. Noter que la valeur interrogative est également indiquée85 par l’élément introducteur (si : questions totales/ qu. Seuls peuvent intervenir entre un clitique et le verbe d’autres clitiques. …) .3.   Et Est-ce que (version interrogative du présentatif c’est que+ structure phrastique87) : Est-ce que Paul est là ? 2. nous. à courbe intonatoire spécifique. votre mari – à intonation déclarative descendante). Interrogation totale.2. 2. vais-je. insertion d’un -t. Pourvue de valeur et de fonction interrogative. dois-je. pourrais-je.1.  Intonation ascendante suspensive optionnelle. et se terminant. 2. Pour la mémoire : sont appelés clitiques les pronoms atones (=non accentués) qui présentent une contrainte d’’adjacence au verbe. Après si : Je ne sais si le docteur viendra   Inversion du sujet clitique bloquée (inversion simple ou complexe) : *Je ne sais si viendra-t-il. Clitiques sujets : je. Interrogation partielle directe.3. *Je ne sais si le docteur viendra-t-il Inversion (simple) du sujet non clitique bloquée : *Je ne sais si viendra le docteur.2.3.2. Interrogation totale indirecte. à l’écrit. entre je (clitique sujet) et ai (auxiliaire de temps) peuvent licitement intervenir les clitiques objets (le lui) et ne (négation clitique) : Je ne le lui ai pas rendu. puis-je.euphonique après un verbe finissant en voyelle : A-t-il compris ? Parle-t-elle toujours aussi fort ?) . il. *sors-je. Je ne sais pas qui arrivera le premier.2. *pars-je.2. à la faveur de la subordination) : Je me demande si Paul arrivera ce soir. vous. Ainsi. rare après le présent de l’indicatif (liste fermée : ai-je. Est-il encore là ?/ Qui est là ? Interrogation indirecte (discours rapporté en style indirect) : subordonnée complétive.3.  Intonation ascendante suspensive (sans modification aucune dans l’ordre des mots) : Il est toujours là. Interrogation partielle. Le plus souvent : intonation descendante (à l’instar des phrases déclaratives correspondantes). tu.3. éviter après d’autres monosyllabes : *cours-je. vois-je .1. suis-je. elle.

Joseph (1991) – Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne.s) : Attribut du sujet à choix Qui est cette femme ? Quelle est cette femme ? Sujet= SN [+humain] Sujet= pronom personnel [+personne.3.⊂ sujet (combien de…. lequel de(s)…). ± locuteur] Qui Qui Qui Qui suis-je ? sommes-nous ? es-tu ? êtes-vous ? *Quel suis-je ? *Quels sommes-nous ? *Quel es-tu ? *Quels êtes-vous ? Quelle est cette voiture ? Sujet= SN [-humain] 88 *Qui est cette voiture ? Inversion de je courante pour les verbes de la liste déjà mentionnée (ai-je. Inversion complexe : Quand Paul repartira-t-il ? Mot interrogatif & est-ce que : Quand est-ce que Paul repartira ? -humain Qu’(est-ce) +sujet …qui -sujet …que Qui [+humain] est-ce que [-sujet] tu as rencontré ? Qu’ [-humain] est-ce que [-sujet] tu racontes ? Qui [+humain] est-ce qui [+sujet] veut encore partir ? Qu’[-humain] est-ce qui [+sujet] arrive ? Inversion (simple) du sujet clitique/ inversion (simple) du sujet non clitique : distributions distinctes (→structures syntaxiques bien différentes !) Inversion simple du sujet clitique (…) Verbe +TEMPS .2. sais-je.2.1.attribut (Qui êtes-vous ?. vais-je.2. rarissime (tour très marqué. en particulier à l’oral).1.1.1. dans la littérature : inversion stylistique. . {Pas d’inversion : variante préférée/ inversion complexe : variante permise} : mot qu. Inversion simple obligée :  Mot qu.3. Quelle rage de vivre et de dominer l’avait-elle soutenue ? (Druon).1. Mot interrogatif & inversion du sujet :     +humain Qui (est-ce) Inversion simple du sujet clitique (trait d’union obligé : Que disait-il ? Qui cherchezvous ? Qui est-ce ?88). dois-je. veux-je.2. 26 .2. 90 Hanse. seuls les cas où cette inversion est optionnelle devraient être nommés ainsi. Dans ce second cas de figure. l’intonation ne serait plus guère un marqueur actuel de l’interrogation.2. - Combien de gens l’ont vu ? Quel témoin a vu l’accusé ? Quelle folie avait pris Clémence ? Lequel de ces enfants a vu l’accusé ? Lequel de ses romans vous paraît le meilleur ? [variantes préférées – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 1991 : 526] Combien d’entre vous l’ont fait (+ l’ont-ils fait). Paris-Louvain-la-Neuve : Duculot.sujet (qui : Qui l’a dit ?).2. infinitif 2. (porteur de l’accent focal). vois-je : Pourquoi ai-je fermé ce tiroir à clé ?) .1. deuxième édition mise à jour et enrichie. 2. selon l’analyse générativetransformationnelle standard.clitique sujet (…) Formes complexes : auxiliaire Inversion simple du sujet non clitique … verbe +TRAITS SÉMANTIQUES PURS sujet non clitique (…) Formes complexes : participe passé.3. puis-je.Cas particuliers. dis-je. Inversion simple du sujet non clitique (pronominal ou nominal) 89 – sans trait d’union: Que disait celui-là ? Que disait cet homme ? Quand est parti Jean (pour Londres) ?). Laquelle de ces deux Mathilde (…) emporte-t-elle la sympathie d’Aliénor ? (Pernoud) [variantes permises – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 199190 : 526527] 2. quel…. Les opérations stylistiques étant par hypothèse supposées être optionnelles. fais-je. Inversion exclue : mot qu. avec les verbes en -e → -é ( ?Pourquoi hésité-je ? /OKPourquoi est-ce que j’hésite ?). suis-je. 89 Souvent appelée. Qui est cet homme ? Quelle sera votre décision ?) ou ⊂ attribut (Quelles gens êtes-vous ? Quelles gens sont les Dupont ?) Attributs du sujet en variation libre : Qui / Quel Attribut du sujet à choix contraint : Qui/ *Quel(le.1.

si l’objet est. Pas d’inversion :    91 92 Sujet pronom clitique (personnel. comme facteurs de risque sémantique (interprétatif). un pronom clitique.2. Traduction en roumain : Ce mai face ?.3. Inversion simple du sujet non-clitique possible : Sujet SN (non clitique) : Je me demande ce que mon frère a dit/ ce qu’a dit mon frère.2. Pourquoi. Inversion simple du sujet non-clitique préférée : Verbe plus court que le SN sujet : J’ignore où est cet employé (comparer : J’ignore où se trouve cet employé/ J’ignore où cet employé se trouve actuellement). ou. on) : Je ne sais où il est/ pour quand c’est.1. ce.⊂ sujet (→négation excluant l’absence d’inversion): Combien de… ne pas (Combien d’entre vous ne l’ont-ils pas fait ?). une lecture idiomatique (disant à peu près la même chose que : Comment va-t-elle ?).contraint : *Qui/ Quel Interroger sur la qualité Attribut du sujet +qu Interroger sur l’identité Que suis-je ? Que devient-elle ?91 Qui suis-je ? Qui est-elle ? Qui est cette femme ?   QueCOD (Que disent-ils ? Que veulent ces gens ? Que vont dire ces gens ?) Où est + SN (Où est votre guitare ? Où avait été votre guitare ?) 2. Inversion complexe obligée :     Négation excluant l’inversion simple du sujet non clitique: Depuis quand votre ami ne dort-il plus ?/ *Depuis quand ne dort plus votre ami ? Comparer à : Depuis quand votre ami dort-il? OKDepuis quand dort votre ami? Depuis quand s’est endormi votre ami ? Négation & mot qu. dans le cas de l’attribut de l’objet on peut alléguer (à la limite). 27 . Avec.2. si. l’adjacence du sujet nominal inversé et de l’objet non clitique92.1.2. En quel sens excluant l’inversion simple du sujet non clitique : *Pourquoi rient les enfants ?/ OKPourquoi les enfants rient-ils ? *En quel sens parlent les fleurs ? / En quel sens les fleurs parlent-elles ? Pour éviter l’équivoque :   éviter la séquence <Verbe + SNi+ SNj> : *Où a trouvé Pierre ce livre ? OKOù Pierre at-il trouvé ce livre ? *À qui a donné Pierre ce livre ? OKÀ qui Pierre a-t-il donné ce livre ? éviter les phrases à deux arguments nominaux directs (=sans préposition) [+humain]: ???Quel ami [sujet ? COD ?] soupçonne votre fils [sujet ? COD ?]?/ ami votre fils soupçonne-t-il ? OK Quel Ce n’est pas évident que l’interdiction des séquences <V + sujet+attribut (du sujet. Interrogation partielle indirecte. 2.3.3. lui. l’adjacence du sujet et de l’attribut accordé avec l’objet : - *Quand laissera celui-là [sujet inversé] les enfants [objet] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là laissera-t-il les enfants tranquilles ? *Quand nous [objet clitique] laissera celui-là [sujet inversé] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là nous laissera-t-il tranquilles ? tel n’est manifestement plus le cas avec l’attribut du sujet : - *Comment serait votre frère [sujet] si ingrat [attribut du sujet]?/ OKComment votre frère serait-il si ingrat ? 2. En effet. de l’objet)> tombe sous le même principe (éviter l’équivoque au niveau notamment de l’interprétation des fonctions grammaticales). Même cas de figure donc que <Verbe + SNi+ SNj>. Quel… ne pas (Quels étudiants n’ont-ils pas compris l’explication ?). en sus de la lecture littérale compositionnelle (réponse attendue (par exemple): prof d’anglais).

renforcé par c’est qui/ que (éviter l’inversion de est-ce (que/ qui)) : Quand c’est que tu pars ? Qui c’est que tu attends ? Qui c’est qui a cassé le vase ? !!!*Que c’est que …   Terme interrogatif (qu-) + que (abréviation de Qu. 2. éviter l’inversion. voir cours de linguistique voué à la pragmatique (Licence.3.4.2. sujet SN (non clitique) : Je ne sais quel est votre avantage.93 Inversion simple du sujet non-clitique bloquée :   En cas d’équivoque (deux arguments nominaux directs (sans préposition) +humain): J’ignore qui [sujet ? COD ?] a rencontré Jean [sujet ? COD ?]/ OKJ’ignore qui [objet] Jean [sujet] a rencontré. comme toute représentation mentale douée d'une forme propositionnelle. Quand elle est utilisée descriptivement. sous-type directif donc) : théorie des actes de langage (Searle & Vanderveken 1985). quoique(tu veuilles bien y aller)…] ?? C’est qui qui arrive ? 2. et l'une des quatre relations possibles entre une pensée et ce que cette pensée représente.atribut. Pourquoi excluant l’inversion simple du sujet non clitique94 : *Dites-moi depuis quand ne dort plus votre ami / *J’ignore pourquoi rient les enfants. ou bien l'interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance. Pragmatique de l’interrogation→ pour détails. ou comme des question-écho (demande de précision : on n’aura pas bien entendu/ compris). peut être utilisée descriptivement. Je me demande qui est cet individu.4. 95 96 Cette question porte sur le procès même. interprétation de la phrase interrogative) : question-appel d’information.2. D'où les cas de figure ci-contre : METAPHORE : 93 94 relation interprétative entre la forme propositionnelle de l'énoncé et la Mais : Je me demande qui vous êtes (sujet clitique→ pas d’inversion). Interprétées comme vraies questions-appels d’information. En quel sens exige.+est-ce que) : Où [est-ce] que tu vas ? Quand [est-ce] que tu reviens ? Qui [est-ce] que tu attends ? Terme interrogatif extrait par le présentatif c’est __ qui/que C’est quand que tu pars ? C’est qui que tu attends ? C’est où que tu vas ? ?? C’est quoi. une pensée peut être l'interprétation d'une pensée attribuée (ou d'un énoncé attribué) à quelqu'un. Interrogation à l’infinitif. 2. ou celle d'un état de choses désirable. Une pensée. par exemple. / OK J’ignore en quel sens tu penses que/ tu dis que/ on dit que les fleurs parlent.   Terme interrogatif en position de base : Tu vas où ? Vous attendez qui ? Tu pars quand ? Tu regardes quoi ?96 Terme interrogatif en tête de phrase. semestre 6). Valeur fondamentale (cf. Négation . lexicalisation du verbe de pensée ou de parole sous-jacent dans la question au style direct (« portée sur le dire »): ?J’ignore en quel sens les fleurs parlent. au style indirect. Dans l’acception pertinente (circonstant de phrase).2. 2. Tours familiers : préserver l’ordre des mots de la phrase déclarative. ou interprétativement. que tu veux ? [comparer à : quoi que (tu veuilles).3.Inversion simple du sujet non-clitique obligée :  Mot qu. lutter. Utilisée interprétativement.1.   Interprétation directive (question comme demande de dire. …). Réponses : toujours des phrases infinitives (fuir.2. Questions partielles portant sur un argument non sujet ou sur un circonstant : Que faire ?95 Où aller ? Comment retirer le poignard ? Interprétation : sujet non exprimé = locuteur/ indéfini générique équivalent à on. 28 . Tout énoncé implique aux moins deux relations : une relation entre la forme propositionnelle de l’énoncé et une pensée du locuteur (son «intention informative ostensive»).4. Interprétation non directive (question comme interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance) : théorie de la pertinence (Sperber & Wilson 1989).3. une pensée peut être la description d'un état de choses réel.

Qu’il est beau. bref. mais aussi de l’ordre de l’incrédulité. du souhait104 ou du regret105. ma bien-aimée ! [exclamation] Oh [interjection+]. n’est-ce pas ?/ Jacques est gentil. non ?). T’aurais-pas cent balles ? [« Prêtez-moi 100 francs. s’il vous plaît »] .IRONIE : ASSERTION : DEMANDE. par exemple ! Ça alors ! [interjections] Ça alors ! [interjection +] Vous l’avez assommée. Pellat & Rioul 2008 (1994): 387). le plus souvent. s’il vous plaît »] . et. souvent analysées comme interjections] Bravo ! [interjection] 101 102 103 104 105 106 Ça. elle est déjà partie. fortement lexicalisées. question rhétorique (implique le contraire de ce qu’exprime sa forme grammaticale) : Es-tu parti pour Londres ? (→« Tu n’es pas parti pour Londres ») . votre Dulcinée ! [exclamation] Tiens [interjection+]! Il pleut ! [exclamation] Ça alors [interjection+] ! elle n’est plus là ! [exclamation] Lui. EXCLAMATION : pensée qu'il représente . Noter que l’analyse générative-transformationnelle standard du Constituant interrogatif comme type obligatoire de phrase repose crucialement sur l’hypothèse de l’interprétation distincte des questions (pour le type interrogatif) et des ordres (pour le type impératif). mais fera-t-il beau ce soir [→ne pas sortir]?). Pouvez-vous me passer le sel ? [« Passez-moi le sel. la mégère ! [exclamation] Ah [interjection+]! Si elle était encore là ! [exclamation] Hélas [interjection+]. Valeurs dérivées :   question-requête : Avez-vous l’heure ? [Quelle heure est-il s’il vous plaît ?. intègre exclamation et interjection à une même catégorie : 97 98 99 Fonctions du langage. CONSEIL : QUESTIONS. elle est là.2. 2. de l’étonnement106 etc. au sens de Karl Bühler. relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses du monde . imbécile ! [interjection +exclamation] Ah [interjection+]. voler un parapluie! 29 . s’il vous plaît »]. Dans tous ces cas de figure. en termes des fonctions du langage dans la communication (approche traditionnelle que nous appellerons de ce fait : fonctionnelle) refuse à l’exclamation à la fois la dimension actionnelle (acte de langage). Cette approche. L’exclamation exprime « un sentiment vif devant un événement » . relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées ou des énoncés attribués . relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses désirable. Cas particulier : les questions appel de confirmation (N’est-ce pas que Jacques est gentil ?/ Jacques est gentil. 2. N’es-tu pas là ? (→« Tu es là »). « Dites-moi l’heure qu’il est. de la joie102 ou de la peur103.3. la réponse visée par l’interro-négatif (réponse préférée) sera : Si/ réponse non préférée : Non/ réponse exclue : *Oui. L’exclamation. 2. de l’approbation100 ou de l’indignation101. « une attitude affective du sujet parlant à l’égard de l’état de chose évoqué par son énoncé » (Riegel.2. Valeur argumentative : orientation vers le négatif (Il fait beau maintenant [→sortir]. La phrase exclamative. Sperber et Wilson 1989: 347-348. le bidet ! (Pouah ! [interjection+] Qu’il est laid ! [exclamation]) 100 C’est parfait ! [exclamation] Tant mieux ! C’est cela (+ça) ! Ça va ! [exclamations brèves. Sémantique (non vériconditionnelle) : fonction expressive (affectivité) vs fonction référentielle vs fonction d’appel (ou : directive)97. de l’ordre de l’admiration98 ou du dégoût99. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées désirables – cf. le lavabo ! (Ah ! [interjection+] Qu’il est beau ! [exclamation]) Qu’il est laid.2.Dubois & Lagane 1997 (1973) : 161).4. elle est là. et la portée cognitive (selon l’opposition cognitif/ affectif).3.4. une réaction affective du locuteur.

ni de l’interrogation – modalités avec lesquelles l’exclamation partage.- - soit en définissant d’emblée les interjections comme espèces d’exclamations (l’exclamation étant entendue. elle. Ce qui est remarquable dans cette analyse. de la possibilité et de l’éventualité): « exclamations brèves. type optionnel ? (← type non exclusif de l’assertion. Exclamation = Assertion emphatique (croyance + sentiment). en second. à la fois. de manière assez systématique. La question se pose de savoir comment l’interrogation (alternatives épistémiques polaires (OUI/NON) activées à la fois) survit alors à l’exclamation (qui n’en active par hypothèse qu’une seule. par la ponctuation [?!] : Elle est déjà partie ?! (exclamation surajoutée à une vraie question appel d’information107) Elle est allée où ?! (exclamation surajoutée à une question-écho) Que ne le disiez-vous plus tôt ?! (exclamation surajoutée à une question rhétorique). Langue Française n°22. le cas échéant. 2. condoléances. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)…) –soit. et. s’il s’agira d’une sorte de question appel de confirmation (comparable à Elle n’est pas encore partie. mais en l’occurrence plutôt empreinte du regret (pour son départ précoce)/ souhait qu’elle ait été encore là (‘pourvu qu’elle ne soit pas partie !’) ou bien d’une question rhétorique au sens usuel . Sous cette analyse. en notation : « croyance + y ».: Mais quand/ où a-t-elle bien pu partir ?!.1. félicitation. de l’ordre de l’incrédulité face aux indices situationnels pointant vers la première de ces alternatives (OUI). elle est en réunion. remerciements…). l’exclamation (ou plutôt : la forme moins que propositionnelle car incomplète de l’énoncé exclamatif) fournirait une interprétation de l’assertion du haut degré/ du degré extrême 107 L’interro-exclamatif y exprime alors. parfois faites d’un simple cri. de l’ordre ou de la défense. 2. n’est-ce pas ?. c’est que cognitif et affectif y sont réunis plutôt qu’opposés l’un à l’autre (à l’encontre de l’analyse traditionnelle en terme des fonctions du langage (fonction expressive). tel n’est pas le cas des questions QU.3. … : A : La voiture de Marie n’est plus dans le parking.1. de l’ordre du regret que tel puisse être le cas. de l’ordre du souhait que ce soit plutôt l’autre alternative qui se réalise. comme modalité « de l’énoncé » (vs type de phrase). soit en assimilant.2. dont l’assertion). Dans le classement des actes de langage proposé dans Searle (1972 (1969)). le plus clair de ses marqueurs morphosyntaxiques (sinon prosodiques). Antoine (1974) – «A propos des énoncés exclamatifs ». Rapprochement (et opposition) dire QU-/ demander QULa forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase exclamative (graduelle) interprète une pensée qui est ellemême l’interprétation d’une pensée désirable (assigner une valeur à la variable liée par le mot exclamatif : pertinent pour l’interlocuteur/ assigner une valeur à la variable liée par le mot interrogatif : pertinent pour le locuteur). parfois envisagées en tant que classe grammaticale (Mauger 1968 : 382). tristesse (LAMENTATION). Approche actionnelle : théorie des actes de langage.1. Les théories de l’énonciation. 2.3. peuvent être assimilées à des phrases exclamatives » – Dubois & Lagane 1997 (1973) : 162). cumul de valeurs modales explicitement consigné à l’écrit. dont la fonction est d’exprimer un sentiment plus ou moins vif. à côté non seulement de l’affirmation ou de la négation. 30 . Approches alternatives de l’exclamation. de l’interrogation. destinées à mettre en relief un sentiment ou un geste ». 108 CULIOLI. y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). l’exclamation n’est pas mentionnée en tant que telle. mais la description des actes EXPRESSIFS se laisse extrapoler à l’exclamation : ce sont des actes typiquement réalisés par des phrases exclamatives (excuse.3. l’état de non savoir préalable du locuteur (alternatives épistémiques ouvertes : ‘Elle est déjà partie’ (OUI)/ ‘Elle n’est pas encore partie’ (NON)). et son attitude subjective. si l’ajout de l’exclamation achève de convertir une question a priori non orientée en question orientée. si l’interrogation totale à inversion du sujet (clitique) semble exclusive de ce cumul de valeurs modales. B : Elle est déjà partie ?! A : Oui. la critique.[réponse non préférée]/ Non. elle est partie plus tôt que prévu. [réponse attendue/ espérée] Remarquer que. Paris : Larousse. Approche cognitive : pragmatique inférentielle (Théorie de la pertinence).1. sur le mode de l’évidence). Syntaxe de la phrase exclamative:   type obligatoire ? (← contour prosodique propre) . pour l’interro-exclamatif. du souhait ou du regret. mais aussi du doute. Sa voiture est chez le garagiste. les interjections aux phrases exclamatives (« les interjections. se rallient à la même perspective : Exclamation = Assertion + « quelque chose en plus » (Antoine Culioli – théorie des opérations énonciatives108) Exclamation = Assertion du haut degré/ du degré extrême. augmentée d’un élément de l’ordre du sentiment (insatisfaction (PLAINTE). et qui expriment une attitude psychologique de l’ordre de la croyance (à l’instar des actes représentatifs. dans l’espace francophone.

La représentation. Mais il est évident. Les univers de croyance dans la théorie sémantique.1. Mondes contrefactuels (―m111): contiennent au moins une proposition contradictoire avec celles de m0 (et donnent donc pour vraie une proposition admise dans m0 comme fausse112). 20)  Hétéro-univers (U’. Le « monde des attentes » : chaîne privilégiée ayant toutes les chances de se réaliser (parmi le champ infini des possibles ouverts en t0).fournit une interprétation de la réponse. 31 .3. Noté. Uil est-il censé noter « l’univers de croyance de il » (table des abréviations et des symboles). le locuteur peut situer cette proposition dans quelque univers qu’il évoque. Il est possible que Pierre soit revenu évoque un monde où Pierre est revenu est une proposition vraie. le long de l’ouvrage. Bruxelles : Mardaga. de l’usage de certains adverbes. dans son acception la plus large (la plus naturelle aussi) de terme complexe s’appliquant à tout sujet de conscience : ainsi. L’un seulement des mondes possibles deviendra « le monde de ce qui est ». tient pour vraies ou qu’il veut accréditer comme telles113. de l’emploi des temps et des modes. Mondes possibles : (1) totalité inconditionnée de faits non contradictoires (le monde actuel = un monde possible parmi une infinité d’autres : extension infinie du POSSIBLE.correspondante – de même que la (forme moins que propositionnelle car incomplète de la) question QU. est appelée image d’univers. ces mondes alternatifs ne diffèrent de m0 que par une proposition ou par un ensemble de propositions qui s’y trouvent non vérifiées (conception temporelle du POSSIBLE). Univers de croyance vs image d’univers : au lieu de conférer lui-même à une proposition une valeur de vérité. Images d’univers : notion qui ‘couvre toutes les modalités épistémiques’ (p. (2) l’ensemble des mondes alternatifs du monde m0 de ce qui est . Notions opérationnelles. dans le texte comme m barré. Variable selon les informations que le locuteur possède (connaissances acquises. le contexte est transparent : dire qu’Œdipe épousa Jocaste. la pensée ou la croyance (« l’énonciateur ») . p) ou fournies par le co(n)texte interprétatif)). quand l’avenir sera lui aussi devenu du passé. 2. d’un univers de croyance qui n’est pas le sien ici-et-maintenant. du discours direct et indirect.3. Univers de croyance : l’ensemble indéfini des propositions que le locuteur. Ne sachant pas que la femme appelée Jocaste était également sa mère. POSSIBLE intemporel) . Distinct de la notion d’univers de discours (=ensemble des circonstances dans lesquelles une proposition peut être dite vraie (circonstances décrites par des adverbiaux de phrase (sous l’Ancien Régime. c’est dire qu’il épousa sa mère (même si Œdipe ignorait l’identité référentielle /Jocaste = sa mère/). Génèrent des hétéro-univers : 109 110 111 112 113 MARTIN. dans le discours (du locuteur). U’’…) : l’ensemble de propositions que tient pour vraies celui dont le locuteur rapporte les dires. au moment où il s’exprime. Approche vériconditionnelle de l’exclamation (théorie des univers de croyance – Martin 1987109). 114 115 Avec le passé simple (sans verbe modal désidératif). En termes de valeur de vérité relativisée aux univers de croyance et aux mondes possibles. que l’auteur emploie le terme. énoncée par des locuteurs différents. Notion opérationnelle pour l’analyse de :     des contextes opaques (Oedipe voulait épouser (vs épousa114) Jocaste/ *sa mère115) .3. sa réussite étant évoquée dans un monde contrefactuel (¯m – je n’arrive pas à « dessiner » la barre sur la lettre !!!).3. Mondes potentiels (m): ne contiennent aucune proposition contradictoire avec celles de m0 (mondes qui présentent comme vrai ou comme faux ce qui apparaît dans m0 comme possiblement vrai ou comme possiblement faux110). Robert (1987) – Langage et croyance.1. Indéfini : parce que toutes ces propositions ne sont pas explicitées (propositions latentes tenues pour respectivement vraies ou fausses). Si Pierre avait réussi laisse entendre que Pierre n’a pas réussi. aura des contenus plus ou moins précis). à l’occasion. faits mémorisés : la même phrase. 2. ou bien l’univers du locuteur en un temps autre que t0 (le temps de l’énonciation).1.

d’indices linguistiques (tel l’accord). Cf. Comment d’ailleurs exprimer la distinction entre il est certain que p et on est certain que p (forme personnelle à sémantique vague qui préserve elle aussi le caractère (référentiellement) anonyme du sujet modal. ne s’emploie qu’en tant que sujet. Anti-univers (―U) : l’ensemble des propositions qui.    à une personne autre que je. exposant participant d’une stratégie allocutive. le locuteur assume cette certitude autant – sinon plus – que lorsqu’il dit je crois que p. Pierre a réussi ∈ ―U). pour vous. ‘tout le monde’.   Image de l’univers de croyance116 (description de l’univers actuel du locuteur : Je crois que p. on = ‘nous (moi +d’autres)’ – accord de l’attribut du sujet ou du participe passé avec le sujet réellement visé : On est arrivés en retard). je sais que p). quoique fausses en t0. Si – selon interprétations ‘marquées’ de on – la référence du pronom personnel [+humain] à sémantique référentielle vague se laisse dévoiler discursivement (en présence. il est bien certain que p. je crois que p. ou textuels (co-texte intra-phrastique: apostrophe. d’où sans doute l’idée que la prise en charge par un énonciateur spécifique (locuteur actuel117. 120 Comparer : En résumé. Rappel : on est un pronom de troisième personne qui désigne toujours des humains (= ‘n’importe qui’. … : Il est certain que p – énoncés à pronom sujet impersonnel (explétif il). jamais toutefois pour le verbe porteur de l’information de temps et de personne. C’est là un indice à proprement parler linguistique de la sémantique ‘déviante’ du pronom. et qui définissent des mondes esentiellement contrefactuels. puisqu’en disant il est certain que p (vs on est certain que p : hétéro-univers de la ‘voix publique’ si ce n’est d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours). ‘les gens’). ou autre118) serait complètement dépourvue de marquage linguistique). je sais que p) ? J’avoue ne pas saisir la portée pragmatique exacte de cette distinction. 32 . À distinguer des propositions fausses qui ne sauraient être vraies en t0 (car étant le fruit de la seule imagination du locuteur : Si Napoléon était au pouvoir… (prononcée en 2011)). mon petit/ ma petite fleur/ mes petits. on peut. Remarque : Dans toutes ces interprétations marquées. Ex. Commentaire : Cette analyse ignore l’apport sémantique de la forme verbale (traits de temps-aspect-mode (TAM)). et commande un accord du verbe au singulier : Quand on veut. je vous avais dit que p… le conditionnel dit de l’information incertaine (de distanciation – n. …) : on est certaine/ certains de ce que l’on avance. au codage linguistique (grammatical) de la prise en charge par le locuteur actuel (ici: présent de l’indicatif). à la première personne du singulier (je). à moins que on ne désigne le locuteur lui-même ou le locuteur lui-même et un (des) tiers : auquel cas nous serons présentés avec une image (en ligne) de l’univers de croyance (du locuteur). mais projette un hétéro-univers de la ‘voix publique’119. les traits TAM exprimeront (par défaut : seul sujet de conscience d’accessible dans le contexte énonciatif/ interprétatif) le degré d’adhésion du locuteur actuel. on = ‘tu’. la langue familière accepte l’accord référentiel avec le sujet visé pour l’adjectif attribut. toutes choses égales par ailleurs120. demander si…) . auraient pu être vraies (=que l’on imagine être vraies).). les verbes d’attitude propositionnelle (ou de parole) à un temps autre que le présent (de l’indicatif) : je pensais alors que p. on fait l’intéressant ?). elle. Je sais que p). ou l’interlocuteur et/ou un (des) tiers). n’est-ce pas ?) il s’agira de l’hétéro-univers d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours (l’interlocuteur. je m’imaginais que p. donc l’ensemble des propositions vraies dans des mondes accidentellement contrefactuels. toutes les autres étant ‘hors ligne’. Notation en usage : 116 117 118 119 Sorte d’image d’univers ‘en ligne’. : Si Pierre avait réussi (Pierre n’a pas réussi ∈ Uje. penser…) et les verbes de parole (dire que. à moins d’accepter que la construction impersonnelle véhicule. En l’absence de tout renvoi à quelque autre énonciateur (à la faveur de la construction impersonnelle). Comparer à Je crois que p Comparer à Paul croit que p. Jamais pourtant avec ce que Martin 1987 appelle image d’un « univers anonyme ». Dubois & Lagane 1997 (1973) : 90-91). ‘vous’ (Alors. Image (en ligne) d’un univers ‘anonyme’ (modalisateur épistémique renvoyant anonymement au certain.n. à la vérité de la proposition posée comme certaine. une description de l’univers actuel du locuteur (à l’instar d’énoncés épistémiques à sujet modal je du type de je trouve certain que p. les verbes d’attitude propositionnelle (croire. au vraisemblable. Emplois particuliers (avec diverses valeurs de style) : on = ‘je’ (On fait ce qu’on peut). éventuellement. le participe passé du verbe.

de consécution (si/ tellement + adj/ adv & ellipse de la subordonnée consécutive). Comparer à la question indirecte oui/non correspondante : Vous vous demandez [maintenant] si elle était là [alors].p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo (univers de croyance U)/ fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’: contradictoire avec l’univers actuel du locuteur) évidence dans l’univers de croyance (du locuteur) U .3. 121 122 123 Exemples de l’op.Ui (univers d’un locuteur donné à l’instant i)/ Ui+k (univers d’un locuteur donné à l’instant i+k)/ Uje (univers du locuteur (actuel)). Classement des phrases exclamatives (Martin 1987 : chap. combien de… ./ Elle n’a pas été invitée. l’effacement de la proposition racine : l’interrogation est attribuée à quelqu’un d’autre. Uil (univers de de il). non graduelle Forme assertive.2.7) & réalisateurs. Selon l’inversion de polarités : réponse affirmative à une question négative (N’est-elle pas charmante ?). Uon (univers ‘anonyme’ [ ?] – s’agirait-il de la voix publique [comme dans les dictons et autres proverbes] ?). 2. Exclamation non graduelle121 2. U’ (image d’univers) . qu’est-ce que). Formants qui se rattachent directement au composant « p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo » (formes qui assertent p ou évoquent p (même quand elles interrogent non-p): 2.) Comparer à l’assertion (enchaînement en discours homogène): {Nous ne l’attendions pas.1.2.2. de comparaison (comme). [structure de phrase assertive] Mais elle est là ! (en réponse et s’opposant à une assertion de l’interlocuteur : Marie ne viendra pas. d’indéfinition. 2. car se heurtant à l’évidence des faits. 33 .1. du fait du caractère fortement orienté de la réponse122) – formes finissant en n’est-ce pas ?.3.1.3. (sauf stipulation).} mais elle est là. quel…. Si elle était là ! Si elle est là ! Noter la troncation. Autres constructions :  [exclamation non graduelle & emphase par extraction du constituant focalisé (phrase clivée) : C’est maintenant que tu le dis ! C’est René qui a été surpris ! (GM : 405). mécanismes de pseudosubordination que/ ce que).3. vous pensez si (à la différence de vous savez si123) est confiné à l’exclamation.3.p vérifié jusque dans les cas extrêmes (parcours des possibles : mondes potentiels m (relevant de l’univers de croyance U)) / fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) Exclamation graduelle Forme interrogative (inversion du sujet clitique. tout le monde l’accepterait ») Comment est-ce possible ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Comment est-ce possible ? (= « ce n’est pas possible ») →exclamation contradictoire : le réel contredit les attentes du locuteur. n’était-il pas présent quand la décision a été prise ! Comparer à la question inversive correspondante (une question à réponse orientée): N’était-il pas présent quand la décision a été prise ? (= il était présent quand la décision a été prise.1.2. diverses (autres) procédures d’effacement +INTONATION 2.1. interrogative rhétorique (question oui/non à réponse orientée) ou interrogative indirecte en si + INTONATION .cit.3. pas vrai ? exclues !] Mais enfin. non ?.3. combien…. et négative à une question affirmative (Le vois-tu là ?).2. si. la mise en doute interrogative est présentée comme injustifiée.2. n’est-ce pas ?) Qui ne l’accepterait ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Qui ne l’accepterait ? (= « n’importe qui l’accepterait. Tours non tronqués : Vous pensez si elle était là ! Pensez si elle était là ! (« bien sûr qu’elle était là ») Malgré la forme d’interrogation indirecte. [structure de question rhétorique (équivalent fonctionnel d’une assertion.3. U’je (univers du locuteur en un temps autre que t0).1. 2. Qui exprime l’ignorance du locuteur.2. quant à la valeur de vérité de la proposition elle était là.

Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) » 2.3. apud GM : 407).3.1. il n’ya pas d’exclamation qui corresponde à une QAI ouverte (interrogation partielle) telle : Qui a été désigné comme juge ? #Qui a été désigné comme juge !). [Formes sémantiquement liées au contrefactuel – formes qui évoquent non-p] : Même Pierre est venu ! (« Pierre n’est pas venu » est vrai dans plusieurs mondes contrefactuels : sa venue est étonnante en t0) Il est déjà là ! (=on s’attendait à ce qu’il ne fût pas encore là) S’il avait réussi ! (« Pierre n’a pas réussi » est vrai pour le locuteur) Dommage que tu ne sois pas avec nous ! (« Tu es avec nous » (=non-p. Est-elle charmante ! Si elle est charmante ! 2. [Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’ ) »] 2. où p est déjà négatif) vrai dans un monde contrefactuel) [Subjonctif de protestation]: Moi.2.3.3. 34 .1. renoncer à mon projet ! (« je ne vais pas renoncer … »).1. en tant que juge : écart quantitatif en intensité de la propriété : noter les données prosodiques distinctes de la phrase interrogative correspondante127] [questions qu.   Et [sujet] qui ne [Verbe] pas ! « ajout d’un argument négatif » : Et Tristan qui n’est pas là ! (GM : 406) [exclamation non graduelle & emphase par dislocation du Topique] : La grammaire. p. descente sur juge)/ Quel juge a été désigné ! : départ bas sur quel.2.3. ici : connotent) la fausseté de p dans au moins un monde possible (comme il en va en général des questions fermées (interrogations totales : « le locuteur ignore si p si et seulement si.1. Ce qui revient à reformuler en termes de mondes possibles la sémantique des questions fermées OUI/NON. Apostrophe.2. cela ne me ferait rien » (→infinitif de souhait)). Quel juge a été désigné ? (accent focal sur quel. 2. elle. 2..3. signification des exclamatives morphosyntaxiquement semblables aux interrogatives partielles : écart quantitatif en nombre ou écart en intensité de la propriété)] 2. Comparer : Est-elle charmante ! / ???Est-elle ingénieur ! Est-elle grande ! /*Est-elle grande de 1m85 ! *Que ce triangle est isocèle ! 2.1. Voir Naples et mourir ! (« Si je voyais Naples je pourrais bien mourir.3.directes (portée sur le syntagme nominal dans son entier exclue .3.3. héron. je ne m’en lasse jamais ! (GM : 406) [exclamation non graduelle renforcée par apostrophe et/ou interjections] : Quoi !124 cette nuit ne finira donc pas ! (Bernanos.1.3. GM : 406).2. p est faux dans au moins un monde possible » (de son univers de croyance – op.2.1. cit. 24)126) . [formes interrogatives : questions oui/non directes (inversion simple du sujet clitique). que je fasse une si pauvre chère ! (« je ne ferai pas… ») [Infinitif d’exclamation]: Moi. de la qualité de juge). indirectes (si dubitatif)] Ces formes « suggèrent » (je dirais plutôt.3.3. [formes interrogatives : questions qu. montée de la courbe intonatoire sur le même mot. même dans le cas où on pourrait le supposer être faux (cas extrême).3.2. que p est de fait vrai dans tous les cas.3. Exclamation graduelle Pré-requis : prédicats désignant des propriétés sujettes à gradation. Octave !125 (…) tu as un pied de rouge sur les joues ! (Musset. [écart en intensité de la propriété] Quel juge a été désigné ! [→bien mauvais. montée de la courbe mélodique sur juge (le prédicat quantifié quant à l’intensité de la propriété : ici.& ellipse de la copule : construction de fait exclusive de l’interrogation ] Quelle fille charmante ! (*Quelle fille charmante ?) 124 125 126 127 Interjection. à ses yeux. [Formants qui se rattachent au composant « parcours des possibles »] 2.2. l’intonation exclamative indiquera.

3. Sous cette analyse. à l’instar des tours Ce qu’elle est charmante ! Qu’elle est charmante !. malgré l’apparente relation de parenté formelle entre qu’est-ce que P !/ ce que P !/ que P !. chap. tantôt (et c’est là je crois l’option correcte) on pose ce rapport.Condition nécessaire : propriété « attachée de manière durable » au sujet (définition d’une « classe de référence »)128. également analysées dans la référence commentée en termes de pseudo-subordination. 1992) et de Martin (1987). « combien ») : dérivé du que interrogatif « pourquoi ». il s’agirait au contraire d’une pseudo-subordination. et reproduisant ainsi. il faudrait y voir des ellipses (avec tout ce que cela comporte de restrictions en syntaxe et sémantique grammaticale) . postuler des ‘opérations énonciatives’ trop étoffées en amont de ce qui se laisse effectivement observer (lien entre opérations sous-jacentes et formes observées rétabli à coup de troncations) participe d’une politique assez douteuse : comment en effet traiter les troncations requises – en ligne. L’auteur met en garde cependant que. ni de que p (par troncations successives) – cf. 107. en matière de recherche scientifique. Principe d’épistémologie qui privilégie. Rob. où que2 n’est plus appositif. en français. 2007). qu’est-ce que p ! n’est pas à l’origine de ce que p. que n’êtes-vous ici ? (Hugo. Diachronie (étymologie de que adverbe exclamatif intensificateur. en synchronie. ‘combien’) (vs conjS). « … » … (énumération des bouquins écrits (titres) : référence à des particuliers) & glissement d’une lecture qualitative (d’identification : énumération de particuliers) à une lecture quantitative (nombre de(s) particuliers (énumérés)132. En général. Glose bien plus difficile (moins naturelle) pour : Qu’est-ce qu’il a écrit comme bouquins ! [quantification d’objets vs intensité de propriété]. C’est-à-dire : qui suspend la valeur de vérité : dans une subordonnée (Je crois que Marie est charmante). ce ne sont ni plus ni moins que des évolutions diachroniques. signifiant « comme ».2. (les données diachroniques s’y opposeraient : qu’est-ce que p ! attesté le plus tard).. Comparer : Quelle fille fatigante ! /*__________fatiguée ! Quelle fille maladive ! /*_________ malade ! Qu1’est-ce qu2’elle est charmante ! Selon Martin 1987. Le tour serait glosé à: « Que [que1 suspensif129. hors ligne. une évolution sémantique déjà réalisée en latin pour quid (étymon de que interrogatif « pourquoi »). provoquant le parcours des possibles] cela est. cit.) comme bouquins ? – à réponses visées non du type de : Il a écrit des romans (spécification de l’espèce de bouquins (prédication sortale)) mais du type de : Il a écrit les romans suivants : « … ».7. nous en rapprocherons plutôt la forme des questions appel d’information à complément de relation telle Qu’est-ce qu’il a écrit(. 35 . Cela vaut (plus ou moins) de l’ensemble des analyses de Culioli (1974. 2. Contre-argument à l’analyse en termes de subordination : l’inversion du sujet clitique !!! Qu’elle est belle ! *qu’est-elle belle ! (subordination) Qu’est-ce qu’elle est belle ! (phrase racine) Nous adopterons ici l’analyse plus directe selon laquelle que1 est un adverbe intensificateur QU. P. op. C’est là une analyse sémantique de type ‘what you see is what you get’ qui n’exige plus d’implicite laborieux (rasoir d’Occam131). mais relatif ( ??« que cela est. du moins 128 129 Op. apud Nouv.(‘à quel point’. 131 132 Le rapport à l’interrogation invoqué dans la référence citée en termes assez ambigus : tantôt on allègue une sorte de ‘source’ d’ordre interrogatif (approche informellement transformationnelle). comparer à À quel point est-elle belle ? insolite sémantiquement si ce n’est pragmatiquement (À quel point est-elle intelligente ? c’est bien mieux comme acceptabilité). mais grammatical. en termes de simple proximité formelle superficielle (rapport homonymique des constructions).3. p. le rapport à l’interrogation n’est plus directement pertinent en synchronie: la phrase exclamative comporte un ouvreur d’alternatives épistémiques à proprement parler exclamatif (spécialisé pour l’exclamation) – ainsi qu’il est aisé de le prouver : *Qu’est-ce qu’elle est belle ? (avec l’interprétation visée ici pour que : « à quel point » vs « pourquoi »130) .2. note 22. la solution la plus simple. analyse conforme à l’avis des dictionnaires de langue.cit. [écart quantitatif en nombre] Quant aux phrases exclamatives en Qu’est-ce que… à sémantique de quantification d’objets (que2 relatif). le que initial (en termes génératifs : complément(is)eur) suspend la valeur de vérité de la proposition : c’est par le truchement de la principale que la subordonnée peut se voir assigner une valeur de vérité). 130 Olivier et Roland. ce qu’il a écrit comme bouquins »). à savoir que [que2 appositif] p (= (qu’) elle est charmante) ».1.Mais ce rapprochement n’est lui-même pas entendu comme pertinent en synchronie.

et non comme conjonction de subordination).3. [consécution – sans conséquence spécifiée : quelle que soit la conséquence. apud GM : 406) Comparer : Fou que tu es ! [-gradation sur un prédicat par ailleurs gradable]/ Que tu es fou ! [+gradation] 133 134 135 136 Grammaire méthodique… GM : 404. Mécanisme postulé par Culioli 1974 (schémas circulaire de repérage). introduisant une proposition en apposition à ce (selon l’auteur. supra) à extraction du prédicat susceptible de gradation (Topicalisation-focus)] : Octave ! [apostrophe] ô [interjection] fou que tu es ! (Musset. directement (« combien ») – compatible.2. résidu d’un cela)] Ce qu’il a écrit comme bouquins ! (*Qu’il a écrit comme bouquins !: preuve (selon R.2. : comparant spécifié distinct du comparé).3.2. on aurait présupposé que x est exemplairement P . [exclamation graduelle renforcée par apostrophe et/ ou interjections & forme (surtout) interlocutive 136: pseudo-subordination (voir 2.3.5. le prédicat est vérifié] Elle est si charmante ! Comparer à l’assertion correspondante non tronquée : Elle est si charmante que vous allez l’épouser. spécialisé dans l’exclamation134] Comme elle est charmante ! Comme elle s’exprime bien ! Analysé dans Martin 1987 en termes d’auto-repérage135 : [elle est charmante] comme elle est charmante + ellipse de la phrase racine. lui. comparer une jeune femme à ellemême pour ce qui est du charme « conduit à la conclusion qu’elle est exemplairement » charmante (propriété quantifiée dans l’exemple donné).3.2.2. [indéfinition – à compléments/ qualificatifs possibles seulement suggérés : tous ces compléments (parcours des possibles) vérifient ce qui est dit] Elle a un (de ces) charme(s) ! Elle portait un chapeau (un de ces chapeaux) ! C’est d’un pénible ! 2. Ouvreur d’alternatives épistémiques à statut de quantifieur (déterminant quantitatif : beaucoup de. à la fois avec l’interrogation et avec l’exclamation.pas au sens fort (qui consisterait à voir dans l’exclamative une transformée de l’interrogation correspondante).4. 2.2.3. ?Folle qu’elle est !/ OK Qu’elle est folle ! 36 .3. dans cette logique.3. peu de…) – que de spécialisé pour l’exclamation #Qu’il y a des gens dans la rue ! 2.6.3.3. Interprétation : si on l’avait comparée à x (laide comme un pou. 2.2.3. [comparaison – sans comparant spécifié : mot qu.2. Combien de films ont été censurés ! Combien de courage a-t-il fallu ! Que de trésors éclos en mon absence! (Colette. [pseudo-subordination : que suspend la valeur de vérité et déclenche le parcours des possibles] Qu’elle est charmante ! Ce qu’elle est charmante ! [quantification sur l’intensité d’une propriété : que = conjonction de subordination. [tours elliptiques définis : contre-exemple apparent . belle comme Vénus. etc. du point de vue de la propriété P (quelle que soit cette propriété). dans ces contextes (=quantification d’objets).7. apud GM133 : 404). dont ce est l’antécédent. assez de.3. parcours des possibles présupposé] Le charme ! Le chapeau ! Ce charme ! Ce chapeau ! Dérivation postulée : Elle a un chapeau (indéfinition déclenchant le parcours des possibles déterminations (compléments))→ Le chapeau qu’elle a ! → Le/ Ce chapeau ! 2.3.à l’origine interrogatif. 2. Que1 doit être analysé en synchronie en termes d’ouvreur d’alternatives épistémiques portant sur le nombre.3. Martin) du fait que. que fonctionne comme relatif.

Cela en légitimera le traitement transformationnel (vs basique): le topique et le commentaire sont envisagés. les modalités de message ressortissent. comme nous l’avons déjà évoqué dans le chapitre introductif. comme des fonctions définies (exclusivement) au niveau des structures superficielles. 37 . car n’affectant pas le ‘contenu informationnel du message’. Voilà TROIS JOURS qu’il est parti. en particulier dans les langues dépourvues de tours présentatifs susceptibles d’instancier des structures phrastiques à clivage. ou à clivage rarement employé. focalisation&clivage138) . il est déjà parti pour Paris. 138 Mise en vedette du foyer d’information nouvelle par un présentatif (c’est… qui/que. donc à nouveau : dé-topicalisation du sujet. descriptive. défini en termes fonctionnels relatifs à la base de a grammaire (constituant syntagmatique responsable de la génération de la structure profonde) – Chomsky 1965 : 221. dans cette version du modèle. aux types de phrase facultatifs : • • • emphase (topicalisation137 . C’est À PAUL que je voudrais parler. tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe Mircea) – où les capitales marquent l’accentuation focale). 137 Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul.3. Au sens des Aspects… la hiérarchie informationnelle d’une phrase énoncée participe d’une « fonction d’emphase » au sens large dépourvue de contribution sémantico-logique (=contribution propositionnelle. Syntaxiquement parlant. …) : C’est PAUL qui est arrivé le premier. impersonnel (disparition du thème (ou : topique). Les modalités du message L’interprétation des modalités dites ‘de message’ concerne de manière cruciale la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). mais non redoublée d’une topicalisation de l’objet → phrases « thétiques »). Pour la distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). par opposition au couple sujet/ prédicat. passif (dé-topicalisation du participant agissant au procès & topicalisation du participant non agissant) . note 32. voilà… que. ou indication de force illocutionnaire).

Constructions in-situ à opérateur de focalisation restrictif (par ‘exclusion d’addition’ vs ‘exclusion de substitution’) : J’achète mes chapeaux seulement à Paris139. Typiquement. C’est là une différence essentielle par rapport aux constructions de topique.1. le cas échéant. Focus : l’information relativement la plus importante ou saillante dans la situation de communication donnée. - constructions in-situ : focus d’information. interprétation de la construction entière). Position d’accent de phrase déterminée par la syntaxe (‘règle d’accent noyau’ – Chomsky 1971). c. par d’autres caractéristiques phonologiques (prosodie). mais [je l’ai acheté] à Paris. L’entité en focus et la partie non-focalisée. lexicaux (comme les particules sensibles au focus (=opérateurs de focalisation) : seulement) et syntaxiques (comme la position du terme focalisé). C’est à Paris que j’ai acheté mon chapeau. L’élément en question est marqué comme celui – à l’exclusion de toutes les autres alternatives – pour lequel la prédication vaut (parcours exhaustif des possibles). si bien qu’il reste une lacune (analysée en grammaire générative (version « standard étendue » : « théorie du gouvernement et du liage ») comme trace de l’élément déplacé en tête de phrase). Comment tu le trouves ? Un ‘accent noyau’ dans une position autre que celle prédite par la règle indiquerait un focus expressif ou contrastif : Jai acheté mon chapeau à Paris (non ma jupe) ! Constructions in-situ et focus de contraste (constructions corrélatives. et non à Londres. le ton. Un élément est choisi dans l’ensemble des alternatives contextuelles possibles.3. à focus symétriques – même fonction grammaticale. la phrase phonologique).-à-d. Grammaire fonctionnelle : catégories Focus et Topique. cet élément se trouve en contraste avec les autres options (ce qui est exclu. même rôle sémantique): Je n’ai pas acheté mon chapeau à Londres. - position canonique (in-situ) : le terme focalisé garde sa place ‘de base’ (position à légitimation sémantique propositionnelle vs fonctionnelle) . Le marquage grammatical du focus est réalisé.1. en français. information considérée par le locuteur comme devant être intégrée par l’auditeur parmi ses informations pragmatiques en toute priorité (Dik 1997:326). J’ai acheté mon chapeau à Paris. Typiquement. - constructions ex-situ : focus d’identification (ou : de contraste). La position de l’argument focalisé dans la partie présupposée (non-focalisée) de la construction n’est pas comblée. parcours non exhaustif) : Où avez-vous acheté votre chapeau ? -J’ai acheté mon chapeau à Paris. Négation restrictive: Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris J’ai acheté seulement mon chapeau à Paris. En même temps. J’ai acheté mon chapeau non pas à Londres.1. 3. la prédication. Il s’agit de la partie de l’énoncé qui représente une information nouvelle (nouvelle pour l’auditeur) non-présupposée. 139 Variante restrictive : Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris. par des procédés différents. Ces constructions exhibent des traits sémantico-pragmatiques différents (interprétation des termes focalisés. position ex-situ : le terme focalisé se trouve à l’initiale de la phrase. la réponse à une question QU. sont séparées par une pause ainsi que. en règle générale par un ensemble de moyens phonologiques (comme l’accent. mais à Paris. 38 . c’est la possibilité de substitution d’une autre option à l’option actuellement en focus).(nombre illimité d’alternatives épistémiques ouvertes. en français (comme en anglais) : membres de phrase les plus à droite (derniers à être prononcés) : J’ai acheté mon chapeau à Paris.

toute anaphore nominale (fût-elle ad hoc). Topique détaché (non intégré). un certain nombre de propositions subséquentes. Topique détaché (non intégré).  indexe(raie)nt non seulement la proposition à l’initiale de laquelle ils se trouvent. Topiques: Fonction de repérage: Cadres (de discours – Charolles 1997):  repérage s’appliquant aux participants à la prédication principale (arguments) . le topique. Cadre spatial: Sur le pont d’Avignon on danse (vs Le pont d’Avignon. puis par Firbas (1992). lié141: Paul.  signalent ce sur quoi porte le segment en tête duquel ils sont détachés. conditionné à la c-commande du « lié » par le « lieur »). 3. Topique : ce dont on parle (« aboutness ». Noter que l’emploi du terme « lié » est ici informel.Négation restrictive: Je n’ai acheté que mon chapeau à Paris. les clitiques redoublent. 39 . dans les constructions à topique détaché. dans la situation d’énonciation donné. ou : ton frère (si. descriptif (à ne pas confondre avec la notion technique générativiste de liage. Topique intégré : Tu as des nouvelles de Paul ?/ – Oui. on ←y danse: topique 140 Ou : celui-ci.1. Paul. Dans le même logique. non lié: Paul. nécessairement tonique. 141 142 Au sens de Sophie Prévost (Prévost 2003).  repérage s’appliquant à l’état de choses (fait exprimé par l’énoncé ou l’énonciation) auquel réfère la phrase (adverbiaux) . je n’ai toujours pas de ←ses nouvelles illustrera. lui. Parmi les définitions (concurrentes) les plus fréquentes dans la littérature. à la différence de descriptions nominales plus fournies ou de pronoms démonstratifs. y compris la répétition du syntagme nominal d’origine (en l’occurrence : Oui. ←il140 m’a téléphoné hier.   l’élément connu : amalgame entre statut informatif et accessibilité cognitive . qui se trouve en position périphérique (détachée). ←il m’a téléphoné hier. nous mentionnerons les suivantes (perspective informationnelle et/ ou cognitive):   le point de départ psychologique et/ou positionnel : le thème chez Halliday (1994) . à la position casuelle (fonction sujet). je n’ai toujours pas de nouvelles142. Paul m’a téléphoné hier) ferait l’affaire. Noter que selon certains auteurs. possiblement. mais aussi. les pronoms personnels clitiques ne seraient jamais des Topiques. par contre. la notion de cadre : Chafe (1976). l’élément peu informatif : le thème dans les travaux développés par l’école de Prague.2. « à-propos ») – le topique chez Lambrecht (1994) et chez Dik (1997). le caractère plus ou moins informatif étant formulé en termes de degré de dynamisme communicatif . le frère de l’interlocuteur est (ledit) Paul) – bref. du fait que. un cas de topique détaché lié.

on y dans. ou sur la condition paysanne. +détachement) Topicalisation-Focus (+extraposition. ainsi que fonctionnelle (interprétation)). Topicalisation progressive: syntagme topicalisé antéposé (liant le clitique in-situ) dépourvu de marques casuelles. vols de voitures. Une extraposition vient en sus des positions argumentales et/ou casuelles canoniques y associées (dont sont respectivement justiciables le rôle sémantique et la fonction syntaxique des syntagmes). annoncé par le clitique argumental et pourvu de marques casuelles. Paul. En revanche s’il se lance dans une énumération des événements caractéristiques de la nuit (agressions. je n’ai toujours pas de (ses) nouvelles. -détachement). NU pe Mircea). le terme de topicalisation sera entendu dans ce qui suit au sens de « topicalisation-Topique ». Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. Suite linéaire respectueuse du principe d’iconicité (ce qui est connu/ donné est énoncé d’abord). ←il m’a téléphoné hier. j’←y vais tous les ans. Paris. Topicalisation régressive: syntagme topicalisé détaché à droite (postposé). il est déjà parti pour Paris. actualisée en particulier dans les langues dépourvues de structures phrastiques à clivage. dans le second conjoint. Dans la littérature on parle aussi bien de position détachée (que ce soit par clivage ou par des moyens prosodiques (pause-virgule)) et de syntagmes détachés (qui en arrivent à occuper de telles positions.détaché lié143) Cadre temporel: La nuit. J’y→ vais tous les ans. la condition paysanne était rude. vouées à interprétation fonctionnelle discursive actionnelle et/ou informationnelle (positions qui interviennent dans la réalisation syntaxique des modalités d’énonciation et de message). en l’absence de qualification. je←lui ai légué ma montre en or. à Paris. Topicalisation: opération (syntaxique) de déplacement en tête de phrase (frontalisation) ou bien: à l’une des frontières de la phrase (extraposition – à gauche/ à droite. souvent. Cadre thématique: Quant à Paul. Cela dit. ou du XVIIe siècle (vie des autres catégories sociales…) on peut considérer que ce sont « la nuit » ou « le XVIIe siècle » qui ont un statut de topique. Si le locuteur poursuit son discours sur les chats. en surface)). tous les chats sont gris. non pas le membre de phrase à statut syntaxico-sémantique symétrique. Paul. neutralisée discursivement quant à la distinction fonctionelle (=interprétative) Topique/ Focus. rencontres étranges…). l’accent focal frappe. ou à clivage rarement employé. Suite linéaire non respectueuse du principe d’iconicité. Tout dépend de la suite du texte. avec ou sans détachement144). Dans cette acception. Ce qui ne les empêche pas d’assurer en même temps une fonction de cadrage (…) par rapport aux événements qui les caractérisent. ceux-ci constitueront le topique principal de l’énoncé. tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe MIRCEA) – où les capitales marquent l’accentuation focale145). on y danse… » ? Cadre lié ?! Pause-virgule. Topicalisation/ Focalisation: stratégies discursives de construction du Topique et respectivement du Focus (à contreparties syntaxique et phonologique (réalisateurs). 143 144 Que faire alors du refrain de la vieille chanson « Sur le pont d’Avignon. 145 En cas d’explicitation de l’alternative rejetée (phrase complexe construite par juxtaposition). 40 . Sont des extrapositions les positions de périphérie gauche. À distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). Au 17e siècle. seront appelées topicalisations aussi bien le déplacement en tête de phrase/ à l’une des frontières de la phrase du constituant voué à interprétation fonctionnelle de topique que celui du constituant voué à interprétation fonctionnelle de focus:   Topicalisation-Topique (+extraposition. mais la négation (Pe PAUL îl caut.

Arnold. Grammaire générative : analyse fine de la périphérie gauche. tête dont les positions de spécification (Spec. London. Academic Press. la tête Focus prenant le syntagme Complémenteur interne pour complément.ens. Berlin. 2e éd. et supérieure(s) au Focus) . - - - Ces catégories/ positions permettent une meilleure analyse syntaxique des types de phrases obligatoires aussi (par exemple. et un autre syntagme XP. catégorie sans réalisation phonologique dans les phrases racines (tête phonologiquement vide) . 281-337. in L Haegeman (ed. Charolles Michel (2002) – « Les adverbiaux cadratifs : fonction et classification ». Morphème à réalisation phonologique zéro (la notation e venant de l’anglais empty (= vide)). Si dit dubitatif serait inséré en syntaxe directement à la position Focus (adjoint incorporé à la tête focus°). 146 147 148 149 Rizzi. interrogative etc. et d’un spécifieur (éventuellement déplacé depuis la région référentielle de la phrase). Dordrecht: Kluwer. notée « C ».). champs. Lambrecht Knud (1994) – Information structure and sentence form: Topic. de Gruyter. que+subjonctif. 1994) – An introduction to Functionnal Grammar. mais quatre catégories (positions) fonctionnelles distinctes.lattice. sélectionnant un TP ou un IP : c’est là une dernière position de redondance morphologique . Initialement (théorie standard étendue) appréhendée comme catégorie fonctionnelle « complémenteur » (ou : « complémentiseur »). que+ indicatif. qui distingue non pas une. à/ de/ e147+ infinitif. 1-73. Une position de Focus. en français. en principal à la faveur des contributions de Luigi Rizzi : Nous nous référerons dans ce chapitre à la première version de cette analyse (Rizzi 1995 (1997146)). Bibliographie minimale : Chafe Wallace L. topics and point of view ».fr/siteACFT/Documents/CharollesAdverbFoncClass4111. à Paul.2. pp. N. Une position C externe indicateur de Force (assertive. Cambridge. and the mental representations of discourse referents. Des positions de Topique optionnelles et itérables (entre C interne et Focus. Elements of Grammar. Cambridge University Press.) Subject and Topic. 41 . Université de Nancy-2. dans le cadre de l’approche cartographique (école générativiste italienne). Firbas Jan (1992) – Functionnal Sentence Perspective in written and spoken communication. des phrases interrogatives à inversion complexe). à partir des années 1995. pour spécifieur . 25-55. en général148 déplacé depuis la région référentielle de la phrase. Li (éd. Syntagme formé de la tête Topique°. Cahiers de Recherche Linguistique 6. 3. Charolles Michel (1997) – L’encadrement du discours : univers. Focus.). contrastiveness. dans les subordonnées complétives (ou relatives) . la tête Force° prenant un Topique-P149 pour complément : toute phrase sera donc un cas de ‘Force-P’. domaines et espaces. definiteness. (1976) – « Givenness. New York. http://www. Halliday Michael Alexander Kirkwood (1985. in C. subjects. Luigi (1997) – « The Fine Structure of Left Periphery ». d’une analyse « fine ». la périphérie gauche bénéficiera. dans ce qui sera désormais appelé le « domaine » Complément(is)eur : - Une position C interne. du complément de cette tête (Focus-P). C) interviennent crucialement tant dans le codage grammatical des modalités d’énonciation que dans celui des modalités de message.Je lui→ ai légué ma montre en or. Cambridge: Cambridge University Press. qui rappelle le caractère fini (tensé) ou non fini (non tensé) de la phrase.pdf. Dik Simon Cornelis (1997) – The theory of functionnal Grammar.

La GGT standard analyse en termes d’emphase les constructions à topique détaché (non-intégré) et les constructions à Focus ex-situ. spécifiée par un PP/ AdvP complément non sélectionné par le verbe. par l’intermédiaire de F. L’emphase. en tant que prédicat sémantique. cet Adverbial (un PP ou un AdvP) sélectionne.F est en relation hyponymique ŕ la sémantique catégorielle de F . le VP comme ‘sujet de prédication’. L’analyse syntaxique de ces constructions concerne la périphérie gauche de la phrase.Force QU-P Force +Interr Foc tQU -P Foc Foc Top DPi Top Top +fini Oů [+fini] = ‘∀[+Temps]’ [+ i {REVEN(IR)+Futur 3pl} +fini] fin TP Oů : [ T P tlesétudiants [T’ t{REVEN(IR)+Futur3pl} [FP tquand [F’ F [VP tREVEN(IR) tlesétudiants ]]]]] Oů F = catégorie fonctionnelle de prédication optionnelle ŕ sémantique vague (ici : [+Repčre temporel]). La focalisation in-situ n’est pas analysée comme un cas d’emphase. La sémantique étoffée du syntagme prépositionnel ou adverbial ŕ Spec. lui. Quand les étudiants reviendront-ils ? 3. le focus ex-situ est typiquement instancié dans des phrases clivées. et qui prend le VP pour complément.3. En français. 42 .

où le passif était une forme synthétique : on distinguait entre ama-nt (=ils aiment)/ ama-ntur (=ils sont aimés). Université Ovidius. ama-ba-nt (=ils aimaient)/ ama-ba-ntur (=ils étaient aimés). partir qq. vient d’être. ainsi que l’atteste la pronominalisation en le. néanmoins on dit bien: Manger du porc est interdit aux Musulmans (= Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc). s) ! Soyons bien entendu(e)s là-dessus ! La traite étant (ayant été) avalisée. Seules les formes perfectives de passif étaient analytiques (parfait passif = esse (au présent de l’indicatif) + participe parfait passif accordé en genre et en nombre avec le sujet (amati sunt (= ils ont été aimés))). contribuer à qq. comme en roumain. inaccusatifs : aller qq. donc des verbes qui ont un complément d’objet direct.ch.3. va être. Verbes à COD interne (pleurer des larmes de joie. …) : *Sa vie est vécue (par Jean). de qqch). parler à qqn. etc. 73-95). et des verbes à COD qui ne sont jamais mis au passif : - Avoir.. Confirmation expresse nous en a été donnée par courrier du 15 courant. Boire du café m’a été vivement déconseillé par mon médecin (= Mon médecin m’a vivement déconseillé de boire du café). les verbes transitifs indirects (parler de qq. Notons également que. eut (vite) été. *Le sommeil du juste est dormi… Expressions figées : casser sa pipe (= « mourir »). … Des tours tels donner ordre (aux soldats. 150 Tel n’était pas le cas en latin. 3. …). Comparer : Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc/ Le Coran l’interdit aux Musulmans.4. sont assez régulièrement rébarbatives au passif. En français. part. Morphologie passive.ch. Sois (Soyez) félicité(e. ch. à qqn). peuvent être mis au passif : Ordre formel a été donné aux soldats d’attaquer à l’aube. le passif est une forme analytique du verbe 150. dans les constructions actives correspondantes. À de rares exceptions près. penser à qqn/ qq. aurait été) avalisée par un banquier suisse.1. aura été.. suggérer). part. …)) et des verbes di-transitifs (+COD. bien qu’ils correspondent à des verbes (ordonner. 151 Les grammaires anciennes parlaient de : ‘genre’ ou de ‘signification’ du verbe pour désigner l’opposition entre « action » et « passion » (Muller. Cette corrélation n’est cela dit pas parfaite : il existe des verbes sans COD qui peuvent être mis au passif (les transitifs indirects (dés)obéir à. à l’instar des intransitifs (inergatifs : danser. Claude (2005) – « Diathèses et voix en français ».4. et respectivement Je me flatte de bien parler l’allemand/ Je m’en flatte. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier suisse pour que notre banque engage aussi sa signature. vivre sa vie. nager. était. fut. +COInd : donner qqc. serait. confirmer. part. En français. ASE. Je doutais que cette traite eût été avalisée par mon banquier suisse. … La traite doit être (avoir été) dûment avalisée. ch. dans : Interaction entre sémantique et pragmatique. Allusion a été faite à cet épisode malheureux dans l’allocution du Président. avait été./ *Ce livre est eu par Marie. 152 J’ai été eue = « j’ai été trompée » (fig. faire allusion à (qq ch). 43 . : « il est dominé par… »). Vous serez pardonnés). appelée par les grammairiens français (à partir du XVIIIème siècle) ‘voix’151 et réalisée à l’aide de l’auxiliaire être + verbe au participe passé (accordé avec le sujet grammatical) : La traite est (a été. venir de qq. n’est pas un COInd mais un COD du verbe recteur.1. dormir le sommeil du juste. pardonner à : Vos ordres ont été obéis.. …) n’ont pas de ‘conjugaison passive’. Actes du XIe séminaire de Didactique Universitaire (Constanta 2004. ch. ACLIF). casser la croûte (= « manger »). tenir tête à (= « résister à »). Verbes modaux + infinitif153 : Marie peut marcher/ *Marcher est pu par Marie. 1. ch. Bucarest : Ed. lire qq. peuvent « être mis au passif » (conjugaison passive vs conjugaison active) des verbes transitifs directs (+COD : ouvrir qq. a eu été. d’attaquer à l’aube). posséder (dans leur acception première152) : Marie a un livre. s’il avait eu vent de la situation obérée de son tireur. Le passif. et en dépit de l’absence d’article..) Il est possédé du Démon Il est possédé par la jalousie (fig. Introduction. faire autorité (= être reconnu comme une autorité (dans un certain domaine) »). de+inf. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier avant que notre banque n’engage aussi sa signature.. Je doutais que cette traite fût avalisée par un banquier suisse. 153 Les constructions V+ CODinf. donner confirmation (à qqn. sera. écrire qq.4. 3.… ..

(Pourtant il a été rejeté par le Ministère). Il existe des énoncés qui ne sont attestés qu’au passif : Nul n’est censé155 ignorer la loi. 44 . Contre-exemple apparent. A l’impossible nul n’est tenu. mesurer (trois mètres). (Wilmet 2003 : §581. DE…) Verbe au participe passé (≠ été) Verbe ETRE auxiliaire de voix Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) Complément d’agent Votre société a déposé le meilleur projet.4.1. P. puisque censé est analysé comme vrai adjectif.2. 3.4. « chaser en leurcourant après »). coûter (la peau des fesse). ditransitif Voix ↓ Entité qui agit (Agent) Evénement dénoté Ancrage temporel Entité qui subit (Patient) Complément d’objet direct Sujet ←Rôles et valeurs sémantiques ←Réalisateurs syntaxiques active passive Sujet Complément prépositionnel (PAR…. Construction passive vs construction active154.1. Le complément d’agent est largement optionnel. 1. sans que le sens verbal (passif d’action ou du procès ne s’en trouve affecté) : Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés par un seul représentant ? Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés en un mois ? 154 155 Voix au sens de Muller 2005. dans les phrases passives. les jupons (= « courir après ».   3. Ce professeur était aimé de tous les étudiants. faire (= »mesurer ») deux mètres de long. Tous les étudiants aimaient ce professeur. courir (deux kilomètres). Classe syntaxique du verbe ↓ Transitif direct. 1. Limites de la corrélation construction active/ construction passive. 3.4. On a vendu ces livres en trois semaines. -défini) Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive sans agent Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) ________ Pas de complément d’agent Ces livres ont été vendus en trois semaines.2. peser (une tonne). par les lexicographes (Nouv. en français contemporain. Comparer : J’ai vendu cette bagnole à un ami.2. 2007).2. (Pourtant elle n’a obtenu qu’un tiers du financement sollicité). Le meilleur projet a été proposé par votre société.… : *Une fortune est value (par ce tableau) Complément de temps : dormir la nuit. Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet ON (+humain. Rob. Expression du complément d’agent. Il existe des phrases actives sans correspondant passif exhaustif (complément d’agent exclu) : les phrases actives à sujet pronom personnel clitique. apud Muller 2005 : 76). le sanglier . marcher (deux kilomètres). Cette bagnole a été vendue à un ami (*par moi).- Verbes à faux COD :  Complément de mesure : valoir (une fortune). travailler le jour (= »pendant… ») Courir (le cerf.

verbes exprimant la cause (être causé par…. tous ces licenciements auront été déterminés.Complément d’agent obligatoire (exceptions) : (1) (2) verbes d’accompagnement (être précédé de…. Le prof a été frappé d’étonnement. être estimé de. Ces détails sont souvent ignorés par nos dirigeants (verbe de connaissance assimilé à un verbe d’action). (2) Verbes d’action à agent concret (référence définie) Le voleur fut saisi par la Police. Les touristes ont été étonnés par la beauté de ces sites historiques (sens dérivé. Choix de la préposition. Le pays a été submergé par l’ennemi. être haï de. être saisi de peur. (sens étymologique : verbe d’action). J’ai été accablée d’injures [complément de moyen !] par la foule déchaînée. et employer par : saisi par une émotion irrésistible. être compris de… Il est aimé de tous. Elle est touchée de votre sympathie (emploi figuré : verbe de sentiment) 156 Mais. P. être méprisé de. Ce projet a été mis département. Ces licenciements ont été entraînés par la perte de plusieurs contrats importants./ *En fin de compte. Il n’est pas compris de tous. être accablé de soucis (+ de remords. tous ces licenciements auront été déterminés par l’arrêté ministériel qui nous oblige à étaler les amortissement sur 25 ans : nos équipements battent de l’aile et nos technologies sont dépassées. MAIS : Je suis impressionnée par la beauté de ces sites. être apprécié de./ *Le chasseur est suivi. de honte). DE + SN Par + SN (1) verbes d’action (et y assimilés) : Il fut appelé par le prof. on peut dans certains contextes envisager l’agent abstrait comme une sorte d’agent concret. 45 . verbe psy assimilé à un verbe d’action : le passage à la figure n’est pas toujours accompagné d’un changement de la préposition à : DE). Elle a été touchée par une balle (sens propre : verbe d’action). apud Nouv. Le diamant a malheureusement été étonné (= fêlé) par le jeune apprenti. être adoré de. (2’) Verbes d’action à agent abstrait (sans article ou à article indéfini) : être frappé d’étonnement. être entraîné par…) : Cette hausse des prix a été causée par une fiscalité oppressive/ *Cette hausse des prix a été causée. être submergé de pressentiments (+ de travail)… L’enfant fut saisi de peur. Il fut saisi d’une peur panique156. … . En fin de compte. Le public était trop ému par la scène pour applaudir. être suivi de…) : La réunion fut précédée d’une allocution du président/ *La réunion fut précédée. dans ce cas-ci également. Ce mécanisme ingénieux a été conçu (+ imaginé) par un simple contremaître (verbe psy assimilé à un verbe d’action : noter le rapprochement sémantique du verbe créer (être créé par…)). par une curiosité violente. 2007). Le chasseur est suivi de ses chiens. être déterminé par…. être respecté de. (+ de stupeur). par un souvenir tout-puissant (Gobineau. Rob. pour cause de livraisons défectueuses/ *Ces licenciements ont été entraînés. Cet arbre a été frappé par la foudre. en place par votre (1’) verbes de sentiment et de connaissance : être aimé de.

pourtant. Question : PAR QUOI EST [part. être ressenti… Exemples : L’enfant malade est caressé pendant quelques minutes afin qu’il s’endorme. pendre. être vu. Elle était accompagnée de son mari. être câliné. VITE (manière : déroulement dans le temps) + (Puis le phare est éteint.). Le texte est lu __ 157 Verbes qui n’expriment jamais en français. non habituelle.2. fusiller. Ce test discrimine les procès (+pendant…) des événements (+en…) . passé] [sujet] ? (3’) Verbes d’accompagnement dénotant une situation habituelle : Le chasseur est suivi de ses chiens. L’étrange phénomène a été vu pendant quelques minutes. + PUIS/ ENSUITE/ AUSSITÔT APRÈS (succession d’événements) 3. mais comme des verbes d’activité ou de procès : être caressé. le passif n’étant pas processuel (et donc pas agentif). être mangé aux vers.au sens de Vikner 1985 . en trois minutes etc. Nos employés étaient submergés de travail (3) Verbes d’accompagnement dénotant une action intentionnelle. comme des verbes d’état.3.1. au passif. être cajolé. Le plancher était rongé aux rats. + EN … heures158 (durée : limites atteintes) 1b.4. La terre est couverte de neige. Exemples : La villa du P-DG est entourée par des jardins à l’anglaise. exécuter. + LENTEMENT. 3. Elle était accompagnée par un jeune homme hirsute (4) verbes d’état dont le participe passé garde entière sa valeur verbale : résultat d’une action antérieure (passif du résultat). (4’) verbes d’état dont le participe passé a (ou : acquiert) une valeur adjective (constructions attributives): complément instrumentaux plutôt que vrais compléments d’agent. + PENDANT … heures (durée : intervalle ouvert) Action (procès)157 + (Ces établissements ont été fermés en quelques heures) __ État (résultat) __ + (Ces établissements ont été fermés pendant quelques heures)159 __ 2. Critères sémantico-syntaxiques (tests distributionnels) 1a. PEU À PEU. le résultat (l’état) : a) b) 158 159 être caressé. Le criminel sera accompagné par nos gendarmes jusqu’à la frontière. Question : COMMENT EST [sujet] ? Complément d’agent en à (passif du résultat): être rongé aux mites/ aux rats. être regardé. Le rideau est orné de fanfreluches. guillotiner. La rue est bordée d’arbres. assassiner. … Ce tapis était mangé aux mites. au sens de Vendler 1967. Aussitôt après les rideaux sont tirés) + (La porte est fermée lentement. au passif. La salle est peu à peu vidée. La réunion fut précédée d’une allocution du président. envisagée dans son unicité : La petite fille est suivie par un clébard à l’air féroce. être secoué (au sens propre) abattre. nous avons là des compléments instrumentaux plutôt que de vrais compléments d’agent. être câliné. PROGRESSIVEMENT. être écouté. Passif d’action (passif du procès) vs passif d’état (passif du résultat). 46 . Exemples : Mon jardin est entouré de haies. être secoué . être entendu. être cajolé.J’étais submergé d’étranges pressentiments . les verbes d’activité (+pendant…). Les cimes étaient couvertes par le manteau étincelant des neiges éternelles. Aussi n’y-a-t-il rien d’étonnant à ce qu’un tas de verbes qui acceptent pendant… ne se comportent-ils pas. décapiter. des verbes d’accomplissement ou des verbes d’achèvement (+en…). tuer… Exemple : Napoléon faisait le bilan de la bataille : deux mille soldats français* étaient tués (ETAT ! OK morts : copule+adj)/ OK avaient été tués : ACTION !) Tout autre intervalle de temps ferait l’affaire (en trois jours.

Vous constaterez que le bordereau de livraison est en effet émargé par votre représentant. être écrit par. Cette pétition était manifestement écrite par un illettré. être avalisé par. 47 . être fait par. et directement visible à partir du (dans le) résultat de cette action : il s’ensuit que l’entité qui subit l’action (ou qui en résulte) est nécessairement une chose concrète.4. / Les actes sont dûment signés par les deux parties (résultat). être biffé par. être avisé favorablement/ défavorablement par. être paraphé par. être peint par. être émargé par. L’ordre est obéi à contrecœur. Comparer : Les actes sont ensuite signés par les deux parties (action). le résultat (l’état) si être est à une forme non perfective simple. Cet arrangement floral est visiblement réalisé par un maître de l’ikebana. Le bordereau est émargé par notre représentant)160. +ATTENTIVEMENT. La maison est progressivement repeinte). un objet sur lequel l’agent aura laissé son empreinte : être signé par. seulement à autres paramètres égaux. même en présence d’un complément d’agent.) __ __ +(Le contrat d’achat est (était) paraphé par Julien Vasco Nous nous sommes aperçus du premier coup d’œil que l’acceptation était biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. Ce paysage était manifestement peint par un maître flamand du XVIIème siècle. 5b. + (Le texte est lu attentivement. + complément d’agent exclusif de l’auxiliaire être à une forme perfective composée ou au passé simple rapidement. À CONTRE-CŒUR (manière : caractère intentionnel de l’action) 5a. + complément d’agent sans restrictions quant à la forme de l’auxiliaire (en particulier si aux formes interdites pour la lecture résultative) +(Le contrat d’achat a(vait) été paraphé par Julien Vasco __ 160 Les verbes susceptibles d’emplois au passif d’état ou du résultat à vrai complément d’agent sont des verbes dénotant des actions telles que le fait que l’état résulte de l’action de X plutôt que de celle de Y ou de Z est pertinent (dans la pratique). Nous avons constaté que ces demandes étaient effectivement approuvées par l’ANPE. être réalisé par… Ces verbes expriment. être approuvé par. être accepté par [en parlant d’un effet de commerce ou d’un papier adinistratif].

SN complément direct (=sans préposition) du verbe. du point de vue interprétatif (=sémantique au sens large). + (La traite vient d’être avalisée). À cet égard.4. __ + (La traite a (+ avait) déjà été avalisée). dans Aspects… . Rappelons que. + déjà (verbe être à une forme simple non perfective) 6b. et commandant l’accord en nombre et en personne du verbe porteur de traits de temps (L’étudiant3sg ouvre3sg la porte/ Les étudiants3pl ouvrent3pl la porte). toutes choses égales par ailleurs. Cet arrangement floral a été réalisé par un maître de l’ikebana. Le passif comme modalité de message161. Visée théorique : éliminer les transformations facultatives autres que l’inversion stylistique. en position postverbale.Nous savons que l’acceptation avait été biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. dans les phrases actives correspondantes. Ce paysage a été peint par un maître flamand du XVIIème siècle. Nous avons constaté que le bordereau de livraison n’avait en effet été émargé par votre représentant. comme sujet grammatical163 interprété comme thème). Sujet : SN à Cas Nominatif assigné par l’inflexion [+Temps]. et relevant du propos (rhème)) ainsi que par la dé-topicalisation-rhématisation de l’argument agissant (réalisé. seulement du point de vue syntaxique (vs sémantique) : le passif serait lui aussi introduit par un marqueur dès la structure profonde. comme le passif). 48 . qui commandera ainsi une transformation obligatoire. + déjà (verbe être à une forme composée perfective) 7. Le bordereau fut émargé par votre représentant). et l’accord en nombre et en gendre du participe passé des verbes conjugués aux temps perfectifs composés avec l’auxiliaire être (PaulMsg est entréMsg en classe/ MarieFsg est entréeFsg en classe) ainsi que de l’adjectif attribut du sujet (MarieFsg est intelligente Fsg). à l’instar des marqueurs de force illocutionnaire. sur celle de la négation (type optionnel ou : forme de phrase. dans les phrases actives correspondantes. XVI) : Σ→ Const + P Const→ Affir + Passif Passif → Aux 161 162 163 être + SP passif Diathèse au sens de Muller 2005. 6a.3. Chomsky 1971 (1965) : 181 [chap. en position initiale. Structure profonde d’une phrase passive (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. comme objet grammatical162. toutes choses égales par ailleurs. le passif se caractérise par la topicalisatio-thématisation de l’argument subissant (réalisé.3]. les modalités dites de message concernent toutes la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). à Cas Accusatif assigné par celui-ci. ainsi que sur celle des phrases interrogatives et impératives (types obligatoires). Mais le passif continuera à être envisagé comme phénomène syntaxique sans retombées interprétatives sémantico-logiques. + (La traite est (était) déjà avalisée) __ __ 3. Nous avons constaté que ces demandes avaient été effectivement approuvées par l’ANPE. L’analyse du passif est explicitement alignée. note 3. + VENIR DE + inf. à l’instar de l’emphase : l’introduction précoce du marqueur de passif n’y est donc pas envisagée comme régie par le même principe que l’introduction dans la base de la grammaire des marqueurs de force illocutionnaires ou de négation (pour la mémoire : pas d’interprétation sémantique des structures superficielles. 1. donc pas d’import sémantique des transformations) – cf.

dans la base (=structure profonde) à la faveur d’une règle de réécriture d’un adverbial de manière. ce constituant adverbial n’est pas complètement étranger à la souscatégorisation par le verbe. Le Cas syntaxique doit être interprété (‘lu’) en morphologie flexionnelle. mis au participe passé). La lettre fut pesée par Jean. …) la lettre (lentement. Comparer : 1a. où il sera ‘traduit’ à un ‘cas [initiale minuscule !] morphologique’ –son réalisateur superficiel: - flexion nominale (affixe flexionnel. La voiture pesait deux tonnes/ b. pourvu qu’ils sous-catégorisent un complément de manière – le sujet de surface de la phrase passive n’étant pas alors. 2a. 49 . 3. l’introduction du « marqueur de passif » en structure profonde n’est pas réalisée à la faveur d’une règle de réécriture qui place d’abord la ‘modalité’ en marge du noyau. sous le SP passif.164 Cette analyse rend compte du fait que la passivation peut aussi concerner des verbes sans complément d’objet direct (à l’actif). Jean pesa la lettre. *La voiture pesait deux tonnes lentement/ b. ces cas-là sont assez rares : Mes ordres seront obéis (comparer à : On obéira à mes ordres). dans la computation périphérique vers la Forme Phonologique. développement des tests de notre main. en structure profonde. 2]. Les versions plus récentes du modèle limiteront de manière très stricte les transformations entendues comme légitimes en syntaxe noyau (déplacements de droite à gauche et du bas vers le haut. 3a. L’analyse du passif sera remaniée en conséquence. désormais vide. le verbe conjugué V étant. L’introduction du morphème de passif est posée comme réalisée. sous le noyau. attentivement. d’une part. du SN sujet profond (préalablement déplacé sous SP passif (3). 1 déplacement à gauche (montée) : (4) SN objet profond se substituera à la position. Tout en étant optionnel. lui. (À cette étape. XVI) : 3 déplacements à droite (= ‘descente’ dans l’arbre) : (1) Aux être sera déplacé de sous Const.4. de l’autre. Les versions ultérieures du modèle GG formuleront la distinction de principe entre Cas syntaxique. 2. Transformations postulées dans la version standard du modèle GGT (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. constituant du groupe verbal : Manière → par ∩ passif. Préalables théoriques. qui ont des 164 Exemples de base empruntés à Chomsky 1971 : 146 [chap. Cas syntaxiques et rôles sémantiques. attentivement. il en va de même en français pour les pronoms personnels (clitiques). (2) SP passif sera déplacé après l’objet direct du verbe (SN2) – en tant que constituant du GV. *Deux tonnes sont pesées par la voiture/ b. le groupe verbal est constitué du verbe. et rôle sémantique (thématique). un Objet direct du verbe – en français. dans le sens de génération des structures arborescentes).Aux être → être [+V] + part passé [+aff] SP passif → Prép + SN passif +P Σ→ Affir + Aux être + Prép + SN passif + P Σ→ Affir + être [+V] + part passé [+aff + Prép + SN passif Maintenant : dans le texte même des Aspects… (Chomsky 1965 : 104-105). comme en latin ou en roumain. langues à flexion nominale riche (déclinaison) . puisque certains verbes y sont rébarbatifs – ceux-là précisément qui s’avèrent rébarbatifs à la passivation (les verbes dits « moyens »). …). Jean pesa (lentement. du syntagme nominal objet direct et du SP passif ). à droite de Aux (cette transformation rendant compte de ce que le verbe être va porter les marques de temps de la phrase. (3) SN sujet se substitue à SN passif.

Un adjectif comme conforme (Ce clause contractuelle n’est pas conforme à la législation en vigueur) aura ainsi un argument <Thème> (le syntagme nominal dont il sera prédiqué : cette clause contractuelle). en général. En regard du classement sémantique des verbes de Vendler (1967). 167 Nous avons cité ici Hale et Keyser 1993. sous forme de « liste » : grille thématique (appelée aussi θ -grille). les catégories substantives (N. celle d’une action est V. A. en sus de ses traits sémantiques purs (en marge de la matrice conceptuelle du verbe). P) sont associées à des « types notionnels (ou : contenus notionnels) élémentaires »166 : CAT : V /« événement (ou peut-être événement dynamique) »167 (notation : e). la/ lui. nécessairement [+animé] <Force> : causateur non animé. de Pleine Interprétation et de Prédication. Plutôt que de distinguer <Agent> : participant agissant au procès. Hale & Keiser 1993 : approche configurationnelle aux rôles thématiques (vs liste de rôles). non argumentales (rôles sémantiques sans contrepartie structurale et morphologique distincte). elle/ nous/ vous/ ils. Hale et Keyser 1993 : 69). dans le cadre générativiste chomskyen. Grimshaw 1981 : la réalisation structurale canonique d’un objet physique est N. elles) distinctes de leurs formes obliques (me/te (accusatif. 165 De fait. Je penserai à ce que vous venez de me dire (préposition = simple préfixe casuel)/ b. Les rôles thématiques assignés par la tête verbale seraient ainsi spécifiés explicitement dans l’entrée lexicale du verbe. au verbe en tant que prédicat sémantique165 : c’est un rôle sémantique ayant la particularité saillante de devoir être réalisé en syntaxe par un argument du verbe (syntagme nominal. l’inventaire des Cas sémantiques des grammaires casuelles (sémantique générative) : <Thème> (argument qui ne peut manquer : tout verbe en a un) : participant non agissant au procès. le rôle thématique est encore appelé rôle-θ (lisez : têta).)). J’y penserai (flexion)) Le rôle thématique est lexicalement associé. <But> (<Cible>)… La question se pose de savoir si oui ou non il y a lieu de distinguer matrice conceptuelle du verbe et grille de rôles thématiques. 166 Cette notion est très proche de la CSR (Canonical Structural Realization) qu’introduit. De même. l’argument interne d’une tête substantive P (préposition) se voit assigner à la fois un Cas syntaxique et un rôle sémantique par cette préposition (ce pourquoi les PP peuvent ne pas être sélectionnés par le verbe. Du fait qu’il est assigné par une tête lexicale substantive (=douée de traits sémantiques purs). et l’expression configurationnelle des rôles-θ étant régie par les principes de Projection non ambiguë. tout prédicat sémantique ayant des arguments obligatoires en syntaxe est censé se voir associer de tels rôles dès l’entrée lexicale. datif).- formes de nominatif (je/ tu/ il. lui. Les catégories substantives (N. dans ce classement. prépositionnel ou adverbial introduits en syntaxe en tant que compléments ou spécifieurs du verbe). ou bien préfixe casuel (préposition) : 4a. dans une perspective d’acquisition du langage (par l’enfant). par exemple. À partir du constat qu’à la fois les rôles thématiques possibles. comme dynamiques par définition). V. <Source>. A. explore les implications et tire les dernières conséquences de l’option théorique selon laquelle la « θ –grille » du prédicat est projetée en syntaxe. les/leur (accusatif/ datif). L’inventaire des rôles thématiques varie au gré des linguistes. la notion d’ « événement dynamique » est redondante (les événements (vs situations) étant entendus. étoffées. que défendent Hale et Keyser 1993. L’approche configurationnelle à l’encodage lexical (vs à l’assignation) des rôles thématiques. on reprend. CAT : N / « n » (notation du type notionnel associé à la catégorie N – « quel qu’il soit. le. CAT : A / « état » (notation : s (state angl. y (locatif). reléguée aux distinctions/ sélections sémantiques fines. Hale et Keyser 1993 formulent l’hypothèse que les rôles thématiques sont en fait des dérivés de relations syntaxiques (lexicales) – le caractère limité de l’inventaire des rôles-θ s’expliquant par l’inventaire fermé des catégories substantives et des relations structurales possibles. et fonctionner comme compléments de phrase : À Paris j’ai appris à jouer du pipeau). V. 50 . etc. P) et les relations syntaxiques à une tête (Spec1 H /Compl1 H) définissent des inventaires fermés. et un argument <Repère> (à la législation en vigueur). en (ablatif))) . La sémantique lexicale du verbe serait par hypothèse (dès le lexique) configurationnelle (iconicité des représentations syntaxiques relativement aux représentations sémantiques ‘pures’). de fait » cf. mais. <Instrument> Arguments locatifs : <Lieu>. on parlera de <Causateur> (neutralisation de la distinction animé/ non animé. CAT : P /« (inter)relation ».

la structure relationnelle lexicale du verbe (sa LRS). seul un syntagme nominal pourra être fusionné (puisque V n’a pas de Spec). 93-94 – n.4). Parmi les Cas syntaxiques. 4). mais il n’est pas clair s’il étend cette hypothèse à la sémantique du verbe en général. certains ont surtout un effet sur la structure de surface (ordre des mots) : ces Cas sont appelés structuraux. art. Cette structure. cit. ni les autres traits formels FF(CAT) ne sont directement pertinents) : une configuration V-VP (v-VP. 170 171 Dans l’hypothèse configurationnelle. pp. Hale et Keyser 1993 : 96). exprime le rôle-θ <THÈME> (= sujet de l’interrelation que [CAT : P] exprime. p. dans la dernière version de la GGT chomskyenne (programme minimaliste toujours – dérivation par phases). des « dénominaux »171 (donnée lexicale – cf. et un « rôle interrelationnel » <BUT>.73). il n’y a aucun processus d’ « assignation de rôle thématique » distinct de la prédication. idem. une configuration [VPNP[V’V PP]]. une configuration V NP (ou DP). Par exemple. L’entrée lexicale du verbe est en fait sa LRS. auraient une contrepartie configurationnelle obligée. satisfaisant les conditions de Projection non ambiguë et de Pleine Interprétation (cf. les rôles thématiques et la structure argumentale qui les porte/ exprime constituent le noyau dur de la structure profonde de la phrase (structure-D) : la proposition minimale (entité sémantico-logique) endeçà de l’ancrage temporel (=relations de prédication essentielle). sujet d’un « prédicat de changement »). verbe. 51 .) 169 La philosophie du « verbe léger » est loin d’être la même. et reviendrait en fait à récupérer l’hypothèse des sous-catégorisations (des relations de sélection-c) à expression lexicale directe.). en ce sens qu’ils possèdent une structure qui est syntaxique. dans l’approche TSE en général. l’étiquetage de la position vide est redondant en regard des principes de Pleine Interprétation. en vertu des principes de Pleine Interprétation et de Prédication. ou s’il veut plutôt dire que : la matrice conceptuelle du verbe consisterait dans un faisceau (liste) de traits. interprétée comme (e1→e2) exprime le rôle argumental externe (n>(e1→e2)) de CAUSATEUR169 (Agent ou Force)170 . En matière de LRS. Ils sont assignés dans des configurations syntaxiques dérivées (à la faveur de transformations : structure-S (structure de surface)). Du coup. le glissement est fait d’une approche de la θ -théorie en tant que module indépendant ((partiellement) autonome) de la grammaire. Notons que nous nous éloignons ici de la lettre de Hale et Keyser 1993. p. des positions de substitution – mais cette hypothèse a largement été abandonnée in Chomsky 1995: chap. exprime univoquement la « θ -grille » de celui-ci. Cas inhérents : cas Obliques (assignés par les verbes. les prépositions ou par certains adjectifs). en syntaxe. et il n’y a pas de « rôles thématiques » si ce n’est en tant que relations lexicales exprimées par des projections non ambiguës et pleinement interprétées de catégories lexicales élémentaires ». Hale et Keyser.Mêmes les verbes « superficiellement mono-morphémiques » sont lexicalement syntagmatiques (phrasal angl. assignés par une tête lexicale à son régime (argument sélectionné morphologiquement) dès la structure-D (structure profonde). exprimant la sélection d’arguments thématiques. et sera introduite dans la dérivation s-syntaxique en tant que catégorie syntagmatique complexe (visibilité de la LRS en syntaxe-s et à l’interface LF) – cf. la distinction sémantique Agent /Force ne peut être faite en tant que distinction argumentale. Chomsky 1995 (chap. Cas structuraux : Nominatif (assigné par T) et Accusatif (assigné par un verbe transitif). (Hale et Keyser. mais cela émarge les visées de ce cours. interprétée (e→n) (un événement crée ou modifie une entité) exprime le rôle-θ interne <THÈME>. <SOURCE> ou <LIEU>. qui suggèrent que cette position vide soit « étiquetée » d’entrée de jeu (comme il en allait. interprétée n>(e→r).4) reprend explicitement à son compte l’idée d’approche configurationnelle à l’expression/ interprétation des rôles thématiques. cit. L’interprétation argumentale est l’interprétation des relations structurales lexicales du La LRS d’un verbe transitif V qui n’a qu’un seul argument interne sera : où e est une position vide à laquelle. Le patron de lexicalisation de tels verbes dérivés est appelé « conflation ». dont certains. trad. [vP v [VP V e]] La LRS du verbe est interprétée en termes des configurations instanciées et des « contenus notionnels élémentaires » associés aux traits catégoriels (ni les TSPs (traits sémantiques purs) des items. art. Quoi qu’il en soit. D’autres seront directement ‘traduits’ en Forme Logique à un rôle thématique : ces Cas. dans la notation Chomsky 1995 : chap.. Les verbes inergatifs sont des verbes transitifs cachés qui incorporent leur argument interne. 168 « Il n’y a pas de mécanismes linguistiques spécifiques à la structure argumentale. 95. à une approche interprétative des rôles thématiques : à la notion d’assignation de rôle-θ se substitue celle d’expression des rôles–θ et donc d’interprétation argumentale (à l’interface de FL)168. sont appelés inhérents.

voudrait dire qu’il n’y aurait pas de Spec.T (position de sujet). 3. ne pouvant plus être lexicalisé comme sujet. de son aptitude à assigner l’Accusatif). une configuration passive simple VP. cit. et si on veut être complet. au niveau de la tête V. 109-137. Sous cette analyse. corrélativement. à argument externe introduit auprès d’une tête légère de causation.. London. Liina (2008) – Introducing Arguments. Le passif dit agentif (passif d’action ou du procès) étant censé préserver la représentation de l’action. le verbe perd l’aptitude à assigner le Cas structural Accusatif à son argument interne. mais pouvant.4. non marqué. Dans les termes de Muller 2005 : « Pour une phrase active comme Pierre mange le gâteau. de façon incrémentielle. eds. par extension. cas de figure neutre. représentée par le verbe léger (dans l’esprit de Pylkkänen 2008172 : 6-7. chez qui le verbe léger est explicitement envisagé comme catégorie fonctionnelle de voix). 52 . cela reviendrait à postuler une catégorie vide à cette position thématique (et non pas une simple position de substitution. dans certains cas même devant être lexicalisé en tant que Complément prépositionnel . et d’une structure de causation. arbitraire : Son portefeuille a été volé implicite un (quelconque) voleur – cf. à l’impossibilité d’insérer un argument externe épelé près. Les phrases impersonnelles. Kratzer. et V-é le participe passé du verbe substantif. mais une sorte de PRO à référence arbitraire). il faudrait bien postuler une nouvelle entrée lexicale.3. le syntagme verbal devrait être configurationnellement identique à l’occurrence active. ou l’actif qui en gagne un (pour les verbes transitifs directs en particulier) ? L’analyse traditionnelle dérive le passif. Les verbes causatifs (et. ce qui en motivera le déplacement à la position d’assignation casuelle Spec. In Johan Rooryck and Laurie Zaring. il y a en quelque sorte deux propositions enchâssées l’une dans l’autre « Pierre fait en sorte que le gâteau devient mangé ». en dépit des modifications de saillance relative des arguments qui correspondent aux participants agissant et subissant du procès. Si la réanalyse ne concerne que les structures syntaxiques. éventuellement intégrée dans une structure de prédication optionnelle agentive (« FP » = CAUSE (DE). mais il perd de sa saillance. Question corrélative : quel est le patron exact de cette perte de saillance de l’agent ? Si réanalyse sémantique il y a. Dordrecht: Kluwer. au passif. et. A intégrer maintenant les suggestions de la référence citée (analyse qui résout en syntaxe la dérivation du passif à partir d’une même tête verbale que celle qui projette la LRS active (causative). Phrase structure and the lexicon. ce rôle reste accessible (à référence certes indéfinie. par la morphologie passive (l’argument n’est pas vraiment rayé de la grille thématique du verbe. à la modélisation de Hale & Keyser 1993. comme cas marqué. dans certaines phrases. C’est dans ce sens qu’il faut entendre la sémantique de la configuration v-VP selon l’approche configurationnelle au codage des rôles thématiques (Hale & Keyser 1993). de l’actif. Hirschbühler & Labelle 1992 (1994) : 209-211). on doit y ajouter la simple relation de l’action en cours : « il y a action de manger » » (art.v serait vide (ce qui. England : MIT Press. et obtenir compositionnellement.dans la veine des analyses cartographiques de G. Révision de l’analyse syntaxique du passif. 79-80). et dans d’autres. tous les transitifs) se laissent en effet analyser comme un cas de ‘Y fait en sorte que X devient V-é’ où V note informellement la racine verbale. la position de Spec. Sous la lecture littérale.5. Le passif perd un argument (l’argument le plus saillant de l’actif) : - absorption de l’argument externe du verbe transitif. 172 173 Pylkkänen.3. y compris la représentation d’actions en cours. une configuration transitive(-causative). l’l’hypothèse peut être formulée selon laquelle c’est plutôt l’actif qui est construit. Angelika (1996) – « Severing the external argument from its verb”. qui introduit le complément d’agent (=Causateur) en tant que prédicat optionnel. Données empiriques en faveur de cette analyse : même en l’absence d’un AGENT lexicalisé. auprès du VP . Cinque). comme le complément interne du verbe passif ne reçoit plus de Cas Structural du verbe (privé. comment le principe de projection (des propriétés lexicales du verbe. Cela étant. à partir du passif. éventuellement en syntaxe. Première question : est-ce le passif qui perd un argument. Telle a été aussi l’analyse GGT standard. Ce qui est peu clair (pour moi) dans cette analyse. en syntaxe) sera-t-il satisfait ? Une solution consistante avec la modélisation de la GG reviendra alors à envisager le verbe V comme au demeurant sous-déterminé (les TSP du verbe coderaient pour le résultat de l’action). il devra en acquérir un auprès de T. bien que la sémantique de causation et donc la configuration v-VP subsisterait – ce qui ne laisse pas d’avoir l’air contradictoire). qui reprend à cet égard l’argument de Kratzer 1996173.v. c’est comment le verbe pourrait avoir la même sémantique causative.. sous la lecture forte. Cambidge Masachussetts.

présenter un nouvel état de chose (il court de drôles de bruits. distribution des indéfinis et la distinction thétiquecatégorique ». transitifs directs : Il mange chaque jour une centaine de personnes dans cette cantine/ Voix active : Une centaine de personnes mange chaque jour dans cette cantine. existence de l’action verbale même]. et la lecture générique est un cas d’interprétation catégorique (à sujet thématique) vs thétique. à sujet thématique qui réfère de façon indépendante). anaphorique] avaient l’air désemparés). toutes les phrases thétiques ne sont pas impersonnelles : Des enfants étaient en train de jouer dans la cour. pas à l’intérieur ». se retrouve dans le champ de l’assertion. défini contextuellement : les étudiants de la fac à l’amphi précédemment introduit dans le discours] allaient arriver d’un moment à l’autre) ni anaphorique (vs Il est arrivé trois étudiants . *Un enfant était intelligent dans la cour). (1997) – « Classes de prédicats. Le référent du terme sujet (si le sujet est un argument nominal : il est arrivé trois étudiants) est traité comme étant une partie intégrante de la situation désignée par la proposition dans son entier . ■ Toutes les phrases impersonnelles sont thétiques. 2. ou introduire un nouveau référent (il en sort du pétrole). d’habitude) : Des (= « certains des ») enfants étaient en train de jouer.  Cf. Les étudiants [sujet référentiel. le sujet nominal ne réfère pas de façon indépendante. Dobrovie-Sorin. ça doit jouer dans la cour. patient-action verbale. caractère focal (rhématique) de toutes les expressions argumentales de la phrase. la présence d’un localisateur spatial (en gras dans les exemples donnés). Construction assez rare en français. Un enfant était en train de jouer dans la cour. en l’absence duquel les phrases sont peu acceptables.1. l’impersonnel met au premier plan l’action verbale sans autre modification. Le Gré des Langues. Construction : 1. Mécanisme fonctionnel allégué : dé-topicalisation du sujet. intransitifs : d. Phrase thétique : ■ ■ Sert à : rapporter un événement (il est arrivé plusieurs accidents). c. inergatifs : #__ inaccusatifs : Il est arrivé trois nouveaux étudiants. C. n’étant pas lié au contexte (vs L’amphi était pour le moment vide. Types de verbes : a. di-transitifs : #__ transitifs indirects : # __. d’autres dormaient. « À partir des mêmes relations prototypiques [définies pour l’appréhension des phrases catégoriques à verbe actif transitif : agent-action verbale. noter :    le sujet indéfini (Les enfants étaient en train de jouer dans la cour est une phrase catégorique. les formes verbales qui barrent l’interprétation générique sur le sujet (imparfait et forme progressive vs présent) : Un enfant joue dans la cour est toujours susceptible de lecture générique du type de « un enfant. y compris l’argument sujet. sauf lecture partitive (elle-même conditionnée à un contexte contrastif. ←ils [sujet référentiel.3. les prédicats qui ne se prêtent pas à l’interprétation [+propriété] (comparer : *Des enfants étaient intelligents dans la cour. b. De l’eau dégoulinait sur le plancher sont également des phrases existentielles (thétiques) caractérisées . évitant ainsi la topicalisation du sujet » (Muller 2005 : 80).5. ■ Est dépourvue de présuppositions : la proposition dans son ensemble. Conséquence logico-sémantique (interprétative) : phrase « thétique ». il règne un silence de mort). Paris : L’Harmatan. 53 .

dépourvu de valeur référentielle (pronom explétif) + verbe (accordé avec il) + SN argumental (« associé de l’explétif » : sujet logique) Sujet (argumental – à rôle thématique non agentif. Position de complément direct. *Il te l’est arrivé.) + être (auxiliaire de voix : traits TAM qui donnent l’ancrage temporel de la proposition) + verbe au participe passé accordé avec il en genre et en nombre : m.2. inergatifs : Il a été dansé toute la nuit. un GN défini reste possible : Personne ne sort ! Il a été volé le portefeuille de Marie (Marie n’ayant eu qu’un seul portefeuille sur elle). Trois nouveaux étudiants sont arrivés chez les Dupont. si verbe transitif) en position postverbale. l’hypothèse du Cas Nominatif (assigné par T) est elle aussi problématique. Types de verbes : b. ( ? De drôles de bruits courent). 3. Un malheur est arrivé chez les Dupont. Il sera remédié à cet incident dans les meilleurs délais [circonstanciel nécessaire à la complétude pragmatique de l’énoncé176]/ On remédiera à cet incident dans les meilleurs délais.5. il manque. d. Sujet nominal : le plus souvent indéfini ou négatif (Il y a des livres sur la table./ On a dansé toute la nuit. : événement dénoté) + GN (généralement indéfini175) à valeur référentielle (associé de l’explétif : interprétation argumentale : entité qui subit (patient). 176 Exemple et commentaire emprunté à Muller 2005 – « peut-être pour des raisons pragmatiques de localisation de l’action verbale » (Muller 2005 : 80). Construction sans associé de l’explétif. De drôles de bruits courent en ville. mais comportement morpho-syntaxique modifié. Passif impersonnel I. statut fonctionnel informationnel/ discursif : rhématique). Construction sans associé de l’explétif. Corrélations systématiques forme personnelle/ forme impersonnelle : conditionnées à certains facteurs sémantico-pragmatiques. accord du verbe). di-transitifs : Il nous a été dit beaucoup de choses désagréables. il faudrait Paul Dupont/ le professeur/ du temps/ (un dictionnaire). agentif. II. partitif (et non seulement : indéfini ou négatif): Il y avait là Marie Dupont/ le pavillon de chasse/ du verglas/ (quelques arbres). intransitifs : e. Rassurez-vous : il ne leur a pas été dévoilé le montant exact de votre dette (il n’y a qu’un seul montant qui soit ‘exact’). Pour résoudre cette difficulté./ On nous a dit beaucoup de choses désagréables transitifs indirects : Il sera obéi à mes ordres/ On obéira à mes ordres. Il manque l’essentiel/ la clé174. transitifs directs : Il a été promulgué deux nouvelles lois/ On a promulgué deux nouvelles lois. Quand le sujet réel du passif impersonnel est un objet unique en son genre (dans une situation donnée). 174 175 Hanse 1991 : 501. Il n’est entré aucun étudiant dans l’amphi jusqu’à présent). accord 3sg masc. 1.IL impersonnel fonction sujet (Cas Nominatif. Sujet clausal : proposition subordonnée (finie : il vaut mieux que tu finisses tes devoirs avant l’examen. Il est arrivé un malheur/ trois étudiants. si verbe intransitif. ou non finie : il vaudrait mieux finir ses devoirs avant l’examen) Il y a. (Muller 2005 : 80) Ce syntagme nominal ne commandant pas l’accord des formes verbales non plus. rhématique. il faut. sg. 54 . c. de toute évidence non accusatif (pronominalisation par le/ la/ les exclue): Il t’est arrivé un malheur. Construction : Il impersonnel (explétif impur : Nominatif. Complément d’agent rarissime : Il a été décidé des choses très importantes par le Conseil de l’Université (Muller 2005 : 80). Il court de drôles de bruits (en ville). il reste + Nom propre ou SN défini. puisque.

inaccusatifs177 : ___.2. Elle est venue de Londres. 177 . 55 . Verbes qui expriment le changement de place (Je suis allée à la fac. etc ) ou d’état (Je suis devenue prof de français).

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