1. Phrase modalisée. Notions fondamentales (cours 1-2). 1.1. Phrase/ énoncé.

Phrase : l'unité linguistique maximale (→COMPÉTENCE).

• • •

Constituée de morphèmes (lexicaux et grammaticaux), associés de manière incrémentielle les uns aux autres, selon des règles de bonne formation syntaxique. Niveaux d’analyse pertinents: la syntaxe (règles de formation de la phrase) et la sémantique (contenu de la phrase). Contenu de la phrase : la signification, produit de la signification des morphèmes (lexicaux et grammaticaux) qui la composent (signification dite, de ce fait, compositionnelle).

Enoncé : l'unité pragmatique minimale (→PERFORMANCE).

• • •

Constitué par une phrase (unité linguistique maximale) utilisée dans un contexte précis, dans une certaine situation d’énonciation. Niveau d’analyse pertinent: la pragmatique. Contenu de l’énoncé : le sens, obtenu sur la base de la signification de la phrase et des informations constituant son contexte.

Noter que cette découpe <phrase/ énoncé>, largement acceptée en linguistique contemporaine, n’allait pas de soi chez Saussure (début du XXème siècle), pour qui la phrase procédait, en tant que combinatoire libre de signes linguistiques, de la « parole ».

COMPÉTENCE/ PERFORMANCE (Noam Chomsky1)

LANGUE/ PAROLE (Ferdinand de Saussure2)

Compétence : connaissance que le locuteur-auditeur (idéal) a de sa langue (lexique, syntaxe, phonologie, sémantique).

Performance : emploi effectif de la langue, par un sujet parlant donné, dans des situations concrètes.

Langue : côté social (conventionnel) du langage : trésor collectif. Langue : entité abstraite (système de potentialités : PURES VALEURS) ; code (= système de signes : SIGNES & RELATIONS entre signes). Langue : produit [de l’usage collectif, des conventions] que l’individu « enregistre passivement » Langue : « dictionnaire » →relations associatives (in absentia : paradigmatiques) entre signes linguistiques →combinatoire figée3

Parole : côté individuel du langage. Parole : entité concrète : utilisation individuelle (actualisation) du code de la langue, dans la communication. Parole : « acte individuel de volonté et d’intelligence » Parole : relations combinatoires (in præsentia : syntagmatiques) entre signes linguistiques : combinatoire libre. → !!!Phrase ∈ PAROLE. → !!!Phrase ≠ unité linguistique (opposition linguistique/ langagier)

Phrase ∈ compétence

1

Chomsky N. (1965) – Aspects of the Theory of Syntax, Cambridge Massachussets : MIT Press, 1965 (trad. fr., Aspects de la théorie syntaxique, Paris : Seuil 1971). Dans cette section, les renvois à la page concerneront la traduction en français de l’ouvrage cité (Chomsky 1965/1971). 2 De Saussure, Ferdinand (1995/ 1916) - Cours de linguistique générale, Paris : Payot. Publié en 1916, le Cours de linguistique générale a été rédigé par les élèves de Ferdinand de Saussure (1857-1913) à partir de leurs notes (Charles Bally, Albert Sechehaye, « avec la collaboration de » Albert Riedlinger). L’édition 1995 reproduit l'édition originale. Elle est accompagnée de l'important appareil critique établi par Tullio de Mauro.

1

Les deux définitions corrélées de la phrase et respectivement de l’énoncé reposent crucialement sur l’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre ces deux types d'unités :

une phrase telle que Je suis arrivée en retard est susceptible de nombreuses actualisations, qui influeront sur sa référence; prononcée par Marie Dupont, le 23 mai 2008, devant le secrétariat de sa faculté, elle signifiera: „Marie Dupont est arrivée en retard (à la fac), le jeudi 23 mai au matin”, et prononcée par Jeanne Dubois, le 4 novembre 2008, dans le hall de la Banque où elle travaille: „Jeanne Dubois est arrivée en retard (au bureau) le vendredi 4 novembre 2008, au matin”; par voie de conséquence, c’est l’énoncé d’une phrase assertive et non cette phrase même (à référence incomplètement spécifiée) qui sera le lieu de l’assignation d’une valeur de vérité (vrai/ faux).

L’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre phrase et énoncé se laisse préciser par l’identification de deux types de mécanismes interprétatifs – l’enrichissement contextuel, d’une part, et le filtrage contextuel, de l’autre :

la signification (compositionnelle) de la phrase doit être enrichie contextuellement pour produire le sens de l'énoncé (voir problématique de la référence actuelle – évoquée tout à l’heure) ; corrélativement, étant donné un énoncé (entendu ou lu), il n’est pas toujours évident d’identifier la phrase dont il est l’actualisation : en cas d’ambiguïté (syntaxique : [SN Le vieux singe] [SV [SN le] [v masque]] (« le vieux primate (m’) empêche de voir quelque chose»/ [SN le vieux] [SV singe [SN le masque]] (= « le vieillard imite un masque »); lexicale : le loup (= « masque de carnaval » ? ou bien : « animal carnassier » ?) est gris), c’est le contexte qui filtrera les interprétations inconsistantes, permettant d’associer, à l’énoncé entendu (ou lu) la phrase correspondant à l’intention communicative du locuteur4.

Ces deux définitions gomment en revanche les divergences structurales censées pouvoir subsister entre énoncé et phrase. Il est en effet souvent suggéré, dans la littérature, que si la phrase est le résultat de principes de composition syntaxique et sémantique, l'énoncé n'aurait pas à être interprété en termes des seuls principes compositionnels, n’étant pas toujours construit en fonction de critères syntaxiques : Moi, tu sais, la linguistique…, ouais, bôf ! Il y aurait donc des énoncés qui ne sont pas pour autant des phrases: « En français, la phrase minimale comporte nécessairement au moins un sujet et un verbe conjugué. En revanche, l'énoncé minimal peut être constitué d'un seul élément, de nature quelconque : des séquences comme « Bonjour ! », « Allô ? » ou « Zut ! » constituent des énoncés, mais pas des phrases5. Des énoncés comme « Moi, partir ? », « Quel désastre ! », « Voir Venise et mourir », ou encore « Là, il va, je ne sais pas, moi, mais sûrement, enfin comment dire ? sûrement réagir, oui, c'est ça, réagir », ne sont pas descriptibles en termes de construction syntaxique canonique de phrases. L'énoncé peut apparaître, tantôt comme une phrase incomplète ou tronquée (« Moi ? jamais ! »), tantôt comme une phrase en quelque sorte « surchargée et bégayante » (« Ma sœur, elle, son concours, c'est pour bientôt »). Si la structure de l'énoncé se différencie souvent de celle de la phrase, c'est parce qu'il s'agit de réalités linguistiques relevant de niveaux différents du point de vue théorique » (Encyclopaedia Universalis, art. énoncé). Nous nous en tiendrons, ici, à la définition fonctionnelle (vs structurale) du couple phrase/ énoncé (définition en termes d’actualisation). Les énoncés syntaxiquement déviants mais parfaitement interprétables du (des) type(s) évoqué(s) précédemment se laissent également analyser en tant qu’occurrences de phrases, à force d’assumer, ne serait-ce qu’en termes opérationnels (vs théoriques), la distinction entre phrases grammaticales, phrases interprétables et phrases acceptables.

Le couple notionnel grammaticalité/ acceptabilité (notions graduelles) est développé, en grammaire générative, en liséré de la distinction compétence/ performance:
3 4

Dans les termes mêmes du Cours de linguistique générale : « combinaisons régulières ». Cf. Moeschler, Jacques et Anne Reboul (1994) – Dictionnaire encyclopédique de pragmatique, Paris : Seuil, 131-132.

5

Cela dit, le départ phrase/ énoncé n’est pas toujours aussi tranché en termes de leur structuration respective. Charles-Albert Sechehaye analyse les « énoncés monorèmes » en tant que « phrases à un seul terme », « énoncé monorème » et « phrase monorème » apparaissant en variation libre, dans le texte (Sechehaye, Charles-Albert (1926) – Essai sur la structure logique de la phrase, Tome 1/1, Paris : Champion, chap. I. Accessible en ligne sur : http://roman.ens-lsh.fr ).

2

Grammaticalité : conformité aux règles de la grammaire. Concept appartenant à l’étude de la compétence. Acceptabilité : conformité à l’usage (« les phrases plus acceptables sont celles qui ont plus de chances d’être produites, sont plus aisément comprises, moins maladroites et, en un certain sens, plus naturelles » – op. cit., p. 22). Concept appartenant à l’étude de la performance6. Définitions opérationnelles.

• • •

phrase grammaticale : conforme aux règles de la grammaire (D’incolores idées vertes dorment furieusement7) ; phrase interprétable : à laquelle ont peut assigner un sens (même si elle n’est pas bien formée selon les règles de la grammaire : moi, Tarzan, toi, Jane ; moi, la linguistique, tu sais, bôf !) ; phrase acceptable : à la fois grammaticale et interprétable (De jolis agneaux blancs dorment paisiblement ; moi, la linguistique, je peux très bien m’en passer).

1.2. Enoncé/ énonciation. Énonciation : acte individuel d’utilisation de la langue, activité exercée par celui qui parle au moment où il parle. Énoncé : produit de cet acte, qui en garde les traces (marques énonciatives = marques du locuteur; dans les termes d’Émile Benveniste8, initiateur de la « linguistique de l’énonciation », en France : « l’homme dans la langue », « la subjectivité dans le langage »). Parmi les représentants de marque de cette mouvance en linguistique française : Catherine KerbratOrecchioni9, Oswald Ducrot10, Antoine Culioli11.

6

La distinction compétence vs performance et l’abstraction du locuteur-auditeur idéal sont autant d’hypothèses de travail participant du cadre général des recherches générativistes dès la version standard du modèle. « L’objet premier de la théorie linguistique est un locuteur-auditeur idéal, appartenant à une communauté linguistique complètement homogène, qui connaît parfaitement sa langue et qui, lorsqu’il applique en une performance effective sa connaissance de la langue, n’est pas affecté par des conditions grammaticalement non pertinentes, telles que limitations de mémoire, distractions, déplacements d’intérêt ou d’attention, erreurs (fortuites ou caractéristiques) » (Chomsky 1965/1971 : 12). Une distinction fondamentale est ainsi établie « entre la compétence (la connaissance que le locuteur-auditeur a de sa langue) et la performance (l’emploi effectif de la langue dans des situations concrètes) ». Est également souligné le fait que la performance ne peut être dite « refléter directement la compétence » qu’à l’intérieur de la première hypothèse de travail avancée, à savoir l’hypothèse du locuteur-auditeur idéal (op. cit., p. 13), et non « dans les faits », puisqu’un « enregistrement de la parole naturelle comportera de faux départs, des infractions aux règles, des changements d’intention en cours de phrase, etc. » (op. cit., p.13). Le rapport entre compétence et performance est un rapport d’inclusion (de la compétence, à la performance) : l’étude de la « performance linguistique effective », oblige à « considérer l’interaction de facteurs variés, dont la compétence sous-jacente du locuteur-auditeur ne constitue qu’un élément parmi d’autres » (idem, pp. 12-13). Mais, corrélativement, « l’investigation de la performance n’avancera qu’autant que le permettra la compréhension de la compétence sous-jacente » (ibid., p. 20). Les données de la performance, en tant qu’observables, se retrouvent en amont de la modélisation de la compétence (ou : « grammaire »), censée « déterminer, à partir des données de la performance, le système sous-jacent de règles qui a été maîtrisé par le locuteur-auditeur et qu’il met en usage dans sa performance effective. » (ibid., p.13, nous soulignons).
7

Remarquer la violation systématique des restrictions de sélection sémantique (dormir sélectionne un sujet animé, les adjectifs de couleur tel vert(es), des nominaux concrets, notamment objets physiques, et les modificateurs de verbe tel furieusement, un verbe [+intentionnel]), ainsi que les contradictions (idées ou bien incolores ou bien vertes).
8

Benveniste, Emile (1958) « De la subjectivité dans le langage », Journal de Psychologie, 55, repris in : Benveniste, Emile (1966), Problèmes de linguistique générale, tome I, ch. XXI. Benveniste, Emile (1970), « L’Appareil formel de l’énonciation », Langages, 17, repris in : Benveniste, Emile (1974), Problèmes de linguistique générale, tome II, ch. V.
9

Kerbrat-Orecchioni, Catherine (1980) – L’Énonciation. De la subjectivité dans le langage, Paris : Armand Colin. KerbratOrecchioni, Catherine (1990-1994) – Les Interactions verbales, tomes 1-3, Paris : Armand Colin.
10

Qui articule traitement de la phrase et traitement de l’énoncé en termes du contexte situationnel (composant linguistique : signification de la phrase, composant rhétorique : sens de l’énoncé – étant donné un certain contexte situationnel), et opère, dans le cadre d’une extension originale de la théorie énonciative de Benveniste, inspirée des analyses de texte chez Bakhtine (linguiste russe), la théorie de la polyphonie, une distinction de principe entre locuteur-allocutaire, d’une part, et énonciateur-destinataire de l’autre. Cf. Ducrot, Oswald, (1980) – Les Mots du discours, Paris : Minuit.
11

Théorie des opérations énonciatives. Cf. Culioli, Antoine (1990) – Pour une linguistique de l’énonciation. Opérations et représentations, Tome 1, Paris : Ophrys.

3

1.3. Phrase/ proposition. Distinction structurale manifeste (distinction syntaxique): →proposition = constituant syntaxique de la phrase. phrase simple (= élémentaire) ⊃ 1 proposition phrase complexe ⊃ plusieurs propositions13 proposition indépendante : Sylvie est allée à la fac. proposition principale : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. proposition subordonnée : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. La notion de proposition indépendante est définie par la négative : ni principale, ni subordonnée (c’est-à-dire : en dehors de toute relation de dépendance). Il s’ensuivra que les coordonnées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac14 et Marie est restée chez soi15) et les juxtaposées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre16) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac, Marie est restée chez soi) seront aussi envisagées comme « indépendantes »17. Dédoublement terminologique phrase/ proposition : Distinction en termes de niveaux d’analyse syntaxique (distinction structurale pas forcément apparente)

→proposition = niveau d’analyse syntaxique inférieur à celui de la phrase12. Phrase : unité syntaxique et sémantique pourvue de spécifications temporo-aspectuelles et modales (ancrage temporel au sens large : Sylvie est allée à la fac).

Proposition : unité syntaxico-sémantique non pourvue d’ancrage temporel, simple structure de prédication (structure argumentale [aller (Sylvie, à la fac)], [marcher (Sylvie)] – augmentée éventuellement de compléments optionnels [à pied [aller (Sylvie, à la fac)]]20, [vite [marcher (Sylvie)]]21). Il s’agit là, sans autre, d’une définition de la proposition comme niveau d’analyse syntaxique inférieur à la phrase (donc : comme constituant syntaxique de la phrase) y compris dans le cas des phrases simples. Rappel : une structure argumentale est constituée d’un Prédicat (sémantique22) et des arguments sélectionnés par ce prédicat. La notion d’argument est empruntée à la logique des prédicats (ou : logique des propositions analysées), plus exactement, à la notation logique des relations de prédication (‘x est f’ noté f(x) - argument d’une fonction, donc), la notion de prédicat étant assimilée à la notion (mathématique, logique) de fonction (MORTEL (Socrate) : ‘Socrate est mortel’). En linguistique structurale française (Tesnière, Lucien (1959) – Eléments de syntaxe structurale, Paris : Klincksieck), on dirait plutôt ‘structure actancielle’ (de: ‘actant’ (sélectionné et donc non optionnel dans l’économie de la phrase), notion syntaxique et sémantique correspondant à la notion d’argument (davantage utilisée dans l’espace anglophone), et opposée à la notion de ‘circonstant’ (non sélectionné et donc optionnel, dans l’économie de la phrase). Sujet et compléments sont, chez Tesnière, des actants qui complètent (ou : satisfont) les valences du verbe (centre de la phrase). Le sujet est le premier actant, les compléments sélectionnés, des actants second ou tiers, les compléments non sélectionnés, des circonstants. Il existe des actants syntaxiques auxquels il ne correspond aucun actant sémantique (les sujets explétifs : il est arrivé trois étudiants), et des actants sémantiques auxquels il ne

• •

proposition indépendante = phrase simple proposition principale = phrase matrice (= phrase

12 13

Ce qui reformule en fait l’idée que la proposition est un constituant syntaxique de la phrase.

On distingue, traditionnellement, aussi : phrase minimale (qui ne comporte que des éléments essentiels, ineffaçables : le minimum requis pour sa grammaticalité – parfois appelée toujours : ‘phrase simple’), et phrase étendue (qui comporte, outre les éléments essentiels, des « élargissements » (ou : « expansions ») : épithètes conjointes venant élargir les groupes nominaux sujet ou objet, adverbiaux venant élargir le groupe verbal, compléments de phrase venant élargir la phrase tout entière) – cf. Dubois, Jean et René Lagane (1993) – La nouvelle grammaire du français, Paris : Larousse-Bordas : 151-152). Nous préserverons au terme de phrase simple l’acception courante en grammaire générative (phrase uni-propositionnelle, opposée à la notion de phrase complexe (=multi-propositionnelle)), et opposerons à la phrase étendue (= phrase qui comporte des éléments non sélectionnés, optionnels mais : non propositionnels eux-mêmes – quel qu’en soit le niveau d’incidence), la phrase minimale.
14 15 16 17

Premier conjoint : une proposition indépendante. Second conjoint : une autre proposition indépendante. Veuillez noter que la phrase complexe n’est pas, elle, soulignée comme un tout (virgule comprise) !

Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

4

racine)18 Spécialisation structurale (en grammaire générative notamment) : phrase racine (=matrice)/ proposition enchâssée. N.B. Que l’on prenne le dédoublement terminologique proposition indépendante/ phrase simple pour une relation d’équivalence substantive (et donc transitive : ‘toute proposition indépendante serait une phrase simple et toute phrase simple, une proposition indépendante’) ou que l’on veuille distinguer minimalement propositions indépendantes et phrases simples (‘toute phrase simple se réduit à une proposition indépendante, mais toute proposition indépendante n’est pas du coup une phrase simple’19), sous cet éclairage, il n’y a pas moyen de distinguer entre (dans cet ordre-ci :) phrase simple et proposition indépendante. Il y aurait donc coïncidence (triviale) entre phrase simple et proposition indépendante en tant que niveaux d’analyse syntaxique. Un résultat pas très heureux.

correspond aucun actant syntaxique (l’objet ‘zéro’ de phrases elliptiques telle Cela dépend [« de quoi ? »]). Les notions d’argument et d’actant ne sont cela dit pas strictement parallèles : le nom modifié par un adjectif épithète conjointe (la belle Venitienne) est bien l’argument de cet adjectif (analysé, lui, comme prédicat sémantique), sans pour autant en être l’actant. Une fois la proposition appréhendée comme simple structure de prédication (structure argumentale, éventuellement étendue), non soumise à ancrage temporel, toute phrase simple devrait être constituée d’un syntagme (=groupe de mots) instanciant la relation de prédication sémantique essentielle, enchâssé (en l’absence de compléments non sélectionnés (=prédications optionnelles)) sous une catégorie fonctionnelle portant les traits de temps-aspect-mode pertinents pour l’ancrage temporel (au sens large) : voir Fig. 1 ci-après. Cette catégorie, notée T (T de Temps) réunit les traits de temps-aspect-mode du verbe (les ‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle de la phrase), ainsi que ses traits d’accord (traits de personne et de nombre), redondants, eux, de traits de mêmes valeurs d’un argument nominal du verbe (en français, il s’agira du sujet). Si les traits de temps-aspect-mode d’un verbe sémantiquement plein (=verbe ‘substantif’ vs auxiliaire ou verbe postiche) seront composés, lors de l’interprétation sémantique de la représentation générée en syntaxe, à la matrice de traits sémantiques purs de celui-ci, les traits d’accord, qui n’ont aucune pertinence interprétative sur le verbe, ne le seront pas ; ce sont leurs corrélats sur l’argument nominal sujet qui seront interprétés.

18 19

.Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

Une phrase simple est constituée d’une (seule) proposition indépendante, et certaines phrases complexes sont construites de plusieurs propositions indépendantes – celles qui n’instancient pas de relation de dépendance sémantico-syntaxique, à savoir les phrases complexes composées par juxtaposition et par coordination. Le jeu des formes verbales suggère déjà que c’est là notre option.
20 21 22

Phrases simples correspondantes : Sylvie va à la fac à pied./ Sylvie ira à la fac à pied./ Sylvie est allée à la fac à pied./… Phrases simples correspondantes : Sylvie marche vite./ Sylvie marchera vite./ Sylvie marchait vite./…

Prédicat sémantique vs prédicat syntaxique (au sens de la grammaire traditionnelle) : dans le cadre du prédicat nominal (=copule+ attribut du sujet), seul l’attribut du sujet est un prédicat sémantique (un ‘prédicatif’, en termes de grammaire structurale). Prédicat sémantique vs ‘groupe prédicatif’ (grammaire structurale) : l’analyse structurale des ‘phrases étendues’ distingue, outre le sujet (GN1), deux niveaux, incrémentiels : le groupe verbal GV (=verbe+ compléments sélectionnés), et le groupe prédicatif GPréd (=GV + compléments de verbe non sélectionnés), la structure de la phrase étant Ph = GN1 + GPréd. À l’intérieur d’une telle approche, la notion de ‘groupe prédicatif’ recoupe plus ou moins la notion logique de prédicat (vs sujet) d’un jugement (exprimé par une proposition susceptible de se voir assigner une valeur de vérité (ou bien vrai ou bien faux)), mais le verbe (à valences satisfaites par le sujet et (le cas échéant) par son ou ses compléments obligatoires) n’y est pas le seul prédicat sémantique. Les compléments non sélectionnés par le verbe (analysés comme des ‘Groupes Adverbiaux (notés GAdv), même lorsqu’ils sont exprimés par des groupes prépositionnels (Sylvie va à la fac à pied), voire par des groupes nominaux (compléments directs qui ne sont pas des compléments d’objet, tels les compléments de prix ou de mesure : j’ai payé/ acheté ce meuble 1000 euros/ trois fois rien, j’ai nagé 1000 mètres), se laissent également envisager en tant que prédicats sémantiques : ce seraient des prédicats optionnels, dans l’économie de la phrase, qui sélectionnent, eux, un certain (type de) verbe/ groupe verbal (ce qui expliquerait l’existence de relations de sélection sémantique fine entre ces éléments : *Sylvie va à la fac à l’aiguille (OKCette nappe est brodée à aiguille), Sylvie va à la fac à pied (*Cette nappe est brodée à pied).

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1. Sylvie va la fac 6 . ind. 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig..T =TP Ancrage temporel (phrase) 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés.

1. fr. Phrase noyau/ phrase modalisée. dans la littérature. Les types essentiels sont: - des constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. forme négative) »). morphologie et intonation spécifiques.4. et je peux le prouver). Toute phrase Σ (lire : « sigma » – le terme anglais correspondant ayant l’initiale S(entence)) est formée. à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. 23 24 25 Dubois. Tu viens ?/ -Je ne peux pas. et d’un noyau (abréviation : P. soit Imp(ératif)). dans la lecture de Dubois & Dubois-Charlier 197023). qui en détermine la modalité. comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. emphase et passif – notés entre parenthèses dans la formule cicontre) :  Affir25  Interr  Imp . forme affirmative)/ négation (type négatif. soit Inter(rogation). ce Constituant engendrera les types de phrase essentiels ou : obligatoires (= types de phrase26). et de constituants facultatifs (négation. l’affirmation en tant que telle ne saurait être dite négative sans contradiction. mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). et (le cas échéant) des types de phrase facultatifs (= formes de phrase). en structure profonde (niveau de représentation syntaxique dont est justiciable l’interprétation sémantique). à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). à structure syntaxique. 7 . Syntaxe de la phrase modalisée (version générative-transformationnelle standard – Chomsky 1965/ trad. formé d’un élément obligatoire (soit Affir(mation). sur ce point précis.1971 (Aspects de la théorie syntaxique). vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? Définis. ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . emphase. de phrase24) : Σ→ Const + P (lire : « Σ se réécrit comme Const + P »). 1. Paris : Larousse (collection « Langue et langage »). Paul n’est pas là pour l’instant. Les types de phrase facultatifs (= formes de phrase) sont : - des constituants de phrase optionnels27. en termes (implicitement) transformationnels. en alphabet grec et latin (dans la logique de Σ/ S. lui. 2004 (1994): 386). et dirons plutôt « assertion (type assertif) ». Cette transposition en français n’harmonise donc pas les rapports entre les deux notations. parce que parler d’« affirmation négative » nous semble participer de la contradiction dans les termes. ou descriptif (=représentationnel : négation28) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). 26 27 28 Souvent. employant « affirmation » pour l’une des deux formes logiques possibles (« affirmation (type affirmatif. dans l’énonciation.4. d’un constituant de phrase (abréviation : Const). Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. 2004 (1994) : 386-387). (cf.1. il aurait fallu sans doute avoir ici : Π (lire : « pi »)/P). Const → + (Nég) + (Emph) + (Passif) Marqueur sous-jacent de la modalité. de sentence. L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. Jean et Françoise Dubois-Charlier (1970) – Éléments de linguistique française : syntaxe. par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. impersonnel). En anglais : S. Riegel et al. à ce que je vois). il y a hésitation sur la marque du pluriel. Le constituant est. Bien que l’on puisse affirmer que non-p en langue naturelle (J’affirme qu’il n’est pas là. Nous prenons nos distances par rapport à la nomenclature en place dans Dubois & Dubois-Charlier 1970.

S. 3. qui introduit la modalité (Const) dès la base de la grammaire (en structure profonde). réanalyse du passif comme donnée morphologique/ lexicale (radical verbal passif non trivialement distinct du radical actif. La brebis a été mordue (par une vipère). structure argumentale distincte) sont autant d’éléments susceptibles de fournir à cette analyse des motivations indépendantes. restrictions sémantico-distributionnelles liées à la subordination/ à l’enchâssement (*C’est Paul qui est-il venu ?).  L’introduction de Const dès la structure profonde permet de rendre justice au postulat selon lequel « les transformations ne peuvent introduire des éléments porteurs de sens » (Chomsky 1971 (1965) : 180-181). donc. Une vipère a mordu la brebis. puis. phrase clivée & impératif (mise en vedette du complément par le présentatif c’est… que…) et impératif : *c’est… que+ verbe à l’impératif33 . issue de l’insertion lexicale des catégories. Cette analyse-là était consistante avec le statut privilégié de la phrase assertive. les transformations étaient entendues procéder de manière ordonnée : passivation avant emphase. (1957) – Syntactic Structures. 8 . Des deux représentations générées en syntaxe. L’analyse des phrases-types en grammaire transformationnelle (non générative : Z. 31 La question se pose de savoir si les observables eux-mêmes imposaient un tel biais ou si ce n’était là que l’influence de la modélisation précédente. directement observable. La ‘phrase noyau’ est de fait désormais plutôt appréhendée comme ‘noyau de la phrase’– toute phrase susceptible d’être énoncée étant. OK Le café est froid. Sous l’analyse non-transformationnelle. [clivée négative d’une phrase déclarative passive] N’est-ce pas par une vipère que la brebis a été mordue ? [clivée négative interrogative de la même phrase passive]. OK Prenez le déca (décaféiné). en syntaxe seraient générées non pas une. fr. résultat des transformations portant sur cette structure profonde. et transformation impérative/ interrogative par la suite. *C’est le déca que prenez. La notion de phrase noyau coïncidait à cet observable linguistique. 1969). 4. En bon français. par l’intermédiaire de règles de réécritures (inscrites dans le composant de base de la grammaire). 5. et les phrases modalisées en étaient dérivées par transformations. Introduisant le marqueur abstrait de modalité dès la structure profonde. Sous l’analyse purement transformationnelle des types de phrases/ formes de phrases. la nouvelle analyse de la phrase ne privilégie plus le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) : la notion même de ‘type de base’ perd tout contenu propre. et une structure de surface. mais deux représentations : une structure profonde. Structures syntaxiques. l’emphase. Chomsky. N. Singulier puisque les constituants obligatoires sont par hypothèse mutuellement exclusifs. ‘modalisée’. dont on dérivait tous les autres types (et toutes les formes de phrase aussi). certaines combinatoires de types sont de fait barrées : • • 29 30 mise en vedette de l’attribut (du sujet) par le présentatif c’est… que… : *c’est … que X est32 . Structure profonde →/Transformations/ → Structure superficielle : forme (ordre des mots observé). par rapport au Noyau : le constituant le plus à droite dans la formule sera le premier introduit dans la base – en l’occurrence. le passif. la négation31. Comparer : 1. The Hague (trad. [déclarative affirmative passive non emphatisée] C’est par une vipère que la brebis a été mordue. mais n’est plus susceptible d’instanciations per se au gré des énonciations et n’est jamais. Paris : Seuil. seule la structure profonde fera l’objet de l’interprétation sémantique :   Catégories → /Règles de réécriture/ → Structure profonde : interprétation sémantique. emphase avant transformation négative. Mouton. Rappelons qu’au sens de cette modélisation de la grammaire. Ce noyau est maintenant postulé en tant que niveau d’analyse pertinent (analyse en constituants immédiats). en logique – seule phrase en langue naturelle donnant lieu à une proposition logique (lieu du vrai ou du faux).. par hypothèse. puis. fr. 196929 ) privilégiait le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) en tant que type de base. [déclarative affirmative active non emphatisée] 2. Phénomènes de portée de la négation (C’est Paul qui n’est pas venu (emphase à départ négatif)/ Ce n’est pas Paul qui est venu (négation d’une phrase déjà emphatisée). on s’évertue à rendre compte des mêmes observables en termes du rapprochement des constituants optionnels et respectivement obligatoire30. de la phrase. Harris) et dans la première version de la grammaire générative (Chomsky 1957/trad. 32 33 *C’est froid que le café est. [déclarative affirmative passive à complément d’agent mis en vedette : phrase clivée] Ce n’est pas par une vipère que la brebis a été mordue.

son interprétation (référentielle) est en général « contrôlée » par un argument du verbe recteur (ici. de la thèse chomskyenne des marqueurs sousjacents (seuls) responsables du sens « interrogatif ». à l’instar de D (D de : déterminant . mais aussi les traits d’accord (traits de personne et de nombre). aussi bien l’emphase que le passif (et. 3 plus bas dans le texte. ayant trait notamment au passif et à l’emphase : nous y reviendrons plus tard.4. Toute subordonnée enchâssée sera donc analysée comme un CP (un syntagme complément(is)eur) : Jean dit [CP queC [TP Marie est jolie]]/ Jean ignore [CP siC [TP elle est à la fac]]/ Dis-lui [CP deC PRO34 partir]. Paris : Plon. lui (l’homme [CP dont [C’ C [TP tu as épousé la fille]]]). pour les mêmes raisons). épelé (l’homme [CP LEQUEL [C’ queC [TP j’aime]]]).d’autres sont marquées. sujet d’une infinitive . ainsi que les effets de sens communément imputés aux « divergences d’accentuation » entre une phrase active et sa contrepartie passive.  La reformulation. 1. Béni soit-il !). catégorie qui réunit –rappelons-le – les traits de temps-aspect-mode du verbe (‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle→ ce qui en fait une sorte de déterminant du verbe). Selon une analyse déjà classique par Richard Kayne. En français. lui. 163. Dans une proposition relative (restrictive). Catégorie syntaxique fonctionnelle (vs substantive). Les complément(is)eurs que (+indicatif) et si (dubitatif) expriment. complément de la tête (première catégorie avec laquelle la tête fusionne formant ainsi un constituant complexe): Compl. le complément(is)eur des phrases racines est typiquement non épelé (=dépourvu de matrice phonologique). une subordonnée non tensée (-fini). alors. le complément(is)eur est d’abord envisagé en tant que catégorie capable de convertir une phrase en complément du verbe (position typiquement vouée à un syntagme nominal). Chomsky 1971 (1965) : 186. ayant respectivement trait à la dimension actionnelle (« force ») et à la hiérarchie informationnelle de la phrase énoncée (bref. p. ou bien sera analysé comme phonétiquement nul. Nicolas (1967) – Introduction à la grammaire générative. la catégorie introduite en syntaxe comme tête projettera : le constituant complexe engendré par 34 Pronom abstrait (sans forme phonétique). note 9 . ‘accordé’ au Nominatif avec l’opérateur de relativisation non épelé (sans forme phonétique) dans son Spec. le syntagme relatif (opérateur de relativisation) spécifiera un complément(is)eur non épelé. le complément(is)eur de sélectionne. continuaient de fait à être analysés comme phénomènes syntaxiques sans retombées interprétatives sémantico-logiques : l’interprétation sémantique (des structures générées en syntaxe) était envisagée comme restreinte au représentationnel et à l’actionnel (force illocutionnaire). Tout syntagme est supposé instancier les relations structurales suivantes : - tête X (catégorie terminale qui projette) . note 32). L’analyse sera ensuite étendue aux phrases racines (propositions indépendantes comprises). C contribuerait crucialement au codage grammatical de ce que l’on pourrait appeler sans autre ‘l’ancrage discursif’ de la phrase). une fois composée structuralement à son complément. principalement. mais sur l’argument nominal (sujet)). Aussi les « effets de sens » liés à l’emphase. et la valeur interrogative de celle-ci (question à réponse oui/non) . pour commentaire. respectivement la valeur assertive de la complétive enchâssée. Chomsky 1971 (1965) : 180-181. 9 . étaient-ils analysés comme relevant (au mieux) des « effets de surface » sur l’interprétation (sémantique – cf. correspondant alors à la conjonction introductive d’une complétive. restant confinées à des genres discursifs particuliers : • Remarque : passif & impératif (Soyez remerciés pour votre cadeau. le complément(is)eur C est censé exprimer des composants non référentiels de l’intention informative du locuteur. Ré-analyse du marqueur abstrait de modalité : la catégorie complément(is)eur (C). par Dubois & Dubois-Charlier 1970. X . Appelé ainsi en référence notamment aux propositions subordonnées enchâssées. Retenons pour le moment qu’au sens de Chomsky 1965. 343) ignore un certain nombre de détails. Ruwet. «impératif ». par le complément d’objet indirect lui).2. déterminant du nom : référence nominale) et de T (T de Temps . non interprétés sur le verbe. qui dans les relatives à antécédent du type de l’homme qui est arrivé est en fait le complément(is)eur. moment où de fait C se substituera pour de bon au marqueur de modalité de la version standard du modèle (noté Const in Dubois & Dubois-Charlier 1970). et. outre la sélection d’une proposition subordonnée à verbe fini (+Temps). Rappel. le complément(is)eur étant. tout en rappelant le caractère fini (+Temps) ou non fini (-Temps) de celle-ci – voir Fig. Les versions plus récentes de la GGT reformulent le marqueur sous-jacent de la modalité (Const) à une catégorie fonctionnelle qui prendrait TP pour complément : le complément(is)eur C. « négatif » (cf.

une fois l’objet syntaxique formé par X° et par YP (son complément) fusionné à ZP. ind. qui ne comporte que des di-branchements. noté aussi X’’). auprès de X° déjà composé à son complément YP (en fait : auprès de la première projection de la tête X°. XP a Projection maximale de la tęte X (→Xmx donc. Cette analyse des syntagmes.l’union de X à un autre syntagme YP35 (son complément) sera vue par la computation syntaxique (et à l’interface sémantico-logique) comme catégorie du type de X (non comme catégorie du type Y . pour : « syntagme ». projection notée X’. de sorte que le nouveau constituant complexe sera toujours visible comme catégorie du type de X (=XP) . notation : Spec. 3.. assurant une transparence maximale de la chronologie des procédures de fusion. qui représente tout ce qu’elle domine. Mode/ modalité/ modalisation. 2. en l’occurrence l’objet complexe X° + YP dans son entier) . Sylvie va la fac 1. permet de rendre compte de manière immédiate de l’ordre d’introduction des constituants dans l’objet syntaxique.type instancié par son complément) . X. - spécifieur de la tête (seconde catégorie (ZP) introduite dans l’objet syntaxique en train d’être généré. +fini} T =TP Ancrage temporel 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. 10 .5. interprétée comme syntagme de catégorie X (→XP) Spécifieur ZP X’ Projection intermédiaire a qui projette ŕ son tour (X° et Xmx ŕ la fois) : chaque niveau de projection est noté par une barre ou un prime X Tęte X° qui projettera YP Complément Fig. Structure du syntagme (théorie X-barre). 35 P du terme anglais de phrase. 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig. dans la représentation syntaxique générée. ce sera la première projection de X (X’) qui projettera. C =CP Ancrage discursif {+assertif.

homogènes et continues. D. Langue Française 67. apprendre la poésie par coeur. (1993) – « A Synopsis of Role and Reference Grammar ». +télique. avoir qqch. connaître qqch. objets) . mais pas ce qui précède. Modalité : expression de l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de son énoncé. Paul court (énoncé sans marque d’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel autre que le type de phrase : type assertif neutre.  verbes d’activité ([+dynamique. Il est vrai qu’il court pourra être 36 37 Il s’agit bien évidemment du procès désigné par le verbe. La neige fond. du point de vue de la modalité. Vendler 1967):  verbes d’état ([-dynamique. 1-164). événements . nager. Distinguer nager (pendant 30 minutes) : activité/ nager cent mètres (en trois minutes). Van Valin. « Temps extérieur au procès36 » (Gustave Guillaume). actions. puisque ce n’est pas le verbe seul que l’on classifie. aspect grammatical / aspect lexical. *X met une heure à nager (-télique). -ponctuel] – actions/ situations qui ont une certaine durée et qui comportent un point de terminaison précis.41). -télique. Gustave (1984) – Temps et verbe. et à l’instar des phrases à . *X nage en une heure (-télique) . il ya le passé. OKX a cessé de nager (+duratif). mode : formes de langue (morphologie verbale : « tiroirs verbaux ») Temporalité. 11 . Théorie des aspects. variable en extension (une seconde. comme énoncé ‘non modalisé’ par excellence)/ Il se peut que Paul coure. temps/ temporalité. Une fois la modalité intégrée dans la base de la grammaire (règle de réécriture de toute phrase comme Const + noyau).). R. analysé. perfectif (terminatif)/ imperfectif (non terminatif). GUILLAUME. 95-113)ou de prédications (au sens de la Role and Reference Grammar – cf. ponctuel/ non ponctuel (=duratif) (Zeno Vendler – cf. danser … (sans complément désignant la limite finale ou cible du mouvement39) . Noter dès à présent que t0 est un moment fictif.1. peindre un tableau……/ tests distributionnels : OKX est en train de peindre un/ le tableau (+dynamique) . après. sans structure interne et sans limite temporelle inhérente) : être malade.5. Paris : Champion. rire. Paul peut courir (énoncés modalisés). éclater. Ou plutôt : classes aspectuelles de situations (métaterme entendu non comme synonyme d’état. Mode d’action (aspect lexical) : « temps intérieur au procès » (Gustave Guillaume) . caractéristiques du déroulement du procès . au contraire des accomplissements) : (se) casser. -ponctuel] – actions qui peuvent avoir une certaine durée et qui ont un point de terminaison arbitraire) : marcher. …/ tests distributionnels : *X est en train d’aimer la musique (-dynamique). mais le verbe avec ses arguments (sujet. Paris : Larousse.  Terminologie relativement floue. télique/ atélique38. voire avec ses adverbes. Paul court peut-être. in Advances in Role and Reference Grammar.). accompli/ inaccompli. … . des modes et des temps. sécher (intr. OKX a cessé d’aimer la musique (+duratif (=-ponctuel)). au-delà duquel l’action ne peut plus continuer) : fondre (intr. apprendre la nouvelle…/ tests distributionnels : *X a cessé de trouver la solution (-duratif). Avant t0. une année. OKX nage pendant une heure (+duratif). d’autre part.1. certains auteurs parlent de : éventualités (Vikner. Carl (1985) – « L’aspect come modificateur du mode d’action : à propos de la construction être + participe passé ». Temps. Amsterdam : John Benjamins Publishing Company. Van Valin (ed. OKX met une heure à peindre un/ le tableau (+télique) verbes d’achèvement ([+dynamique. -ponctuel] – situations statiques. +ponctuel] – verbes décrivant le seul point culminant (ou : dénouement) de la situation envisagée. penser. …(sans objet direct explicite40) / tests distributionnels : OKX est en train de marcher (+dynamique).  verbes d’accomplissement ([+dynamique. OKX peint un/ le tableau en une heure (+télique) . entre Il court/ Je crois qu’il court. OKX a trouvé la solution en deux secondes/ OKX met deux secondes à trouver la solution (+télique). Distinguer : écrire (pendant des heures) : activité/ écrire l’exercice (en cinq minutes) : accomplissement. Temporalité : notion construite autour du moment de la parole (le maintenant du locuteur. mais comme une sorte d’hyperonyme pour : états. aimer qqch. une période quelconque). impérative. *X est en train de trouver la solution (!! +ponctuel). dans la littérature non-générativiste. exploser. pleurer. procès. nager jusqu’à l’île des rats (en dix minutes) : accomplissements. +télique. classes (aspectuelles) de verbes37 définies en termes des traits dynamique/ non dynamique (=statique). D. dans la littérature : télique/ atélique. aspect (grammatical). etc. le type assertif neutre se laissera envisager comme modalisateur à l’instar des types de phrases marqués (phrases interrogative. mode d’action (aspect lexical). la différence. -télique. écrire. R. 38 39 40 41 Telos : but. noté par convention t0). l’avenir. Cf.). croire qqch. trouver une solution. modalité : notions sémantiques. limite finale. boire. une journée. Mode/ modalité.

42 Cf. Un pas de plus. et vous tombez dans l’abîme (tiroir : présent. • • • Vous fermerez cette porte sans la claquer (tiroir : futur.formulée non plus en termes de +modalité/ -modalité. vous tomberez… »). 12 . aspect/ mode d’action. mais en tant que différence de réalisation linguistique d’une seule et même valeur modale (attitude propositionnelle de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé). sens : modalité implicative « si vous faites un pas de plus. Il n’y a pas de correspondance terme-à-terme entre tiroirs verbaux et notions sémantiques (temps/ temporalité.. sens temporel : futur du passé)42. Le Querler. Nicole (1996). Typologie des modalités. mode/ modalité). Il m’avait dit qu’il viendrait ce soir (tiroir modal : conditionnel. sens : modalité injonctive). Caen : Presses Universitaires de Caen.

auditeur43)). une lexie complexe ou un syntagme (groupe de mots) non lexicalisé. distinction est également faite entre locuteur-allocutaire. un paragraphe. énonciateur/ fait asserté . mais également les affixes flexionnels (viendra (« à l’avenir »)). D’autres auteurs45 proposeront une définition ternaire du signe linguistique. Paris : Minuit). sont des icônes) mises à part). Démarche onomasiologique/ démarche sémasiologique.1. énonciateur/ son énoncé . Dictum : contenu propositionnel de l’énoncé (prédication. Modus/ dictum. des parties constitutives d’un mot sont des signes linguistiques (non autonomes) : les préfixes ou suffixes dérivationnels (impossible. Modalisateur : marqueur (perspective d’interprétation)/ réalisateur (perspective de production). chez Abélard (XIIe siècle). 44 Ce qui vaut de tout symbole. à deux facettes solidaires : le signifiant (suite de phonèmes ou de graphèmes) et le signifié (signification (description) lexicalement associée à cette chaîne sonore ou graphique). et même des indices ou des icônes – pour nous référer au classement des signes selon leur relation au référent. selon cette tripartition. 45 46 Ogden. la plupart des signes linguistiques sont des symboles (interjections (qui sont des indices d’états d’âme. la signification de la proposition.2. le référent (objet du monde auquel renvoie la chaîne sonore ou graphique pourvue de cette signification : entité extralinguistique qui satisfait la description) restant extérieur au signe à proprement parler. O. Plus exactement : une représentation mentale de celui-ci. formulée d’abord par la Scolastique médiévale : dictum propositionis désigne. sentiments etc. Ducrot. Les modalisateurs sont des signes linguistiques à signification modale. S. 1. Modalité(s) : catégories conceptuelles logico-sémantiques . selon Bally. Démarche onomasiologique (du sens vers les mots) : de la zone modale (valeur modale. Modalité/ modalisation. probable] »). 43 Pour les besoins des analyses syntaxiques et syntaxico-sémantiques faisant l’objet de ce cours sur la phrase modalisée. Polysémie des marqueurs modaux. A. La relation modalité/ modalisateur se laisse alors envisager comme cas particulier de la relation signifié/ signifiant. de l’autre. Ces distinctions feront l’objet de vos cours d’initiation en pragmatique. prédicat modal abstrait) à ses incarnations linguistiques. 1. Peirce (à noter que. Modalisation : opération énonciative . son contenu (contenu propositionnel. Structure de la phrase modalisée : modus + dictum.7. improbable (« qui n’est pas [possible. au sens de Ch. représentation virtuelle d’un état de chose) Modus : modalité de l’énoncé (assertion qui actualise une telle représentation virtuelle). d’une part. produit de la modalisation. buvable (« (qui) peut être [mangé/ bu] »…). San Diego-New York: Harcourt Brace Jovanovitch Publishers. et énonciateur-destinatire (parfois appelé : énonciataire). Richards (1989/1923) – The Meaning of Meaning. de l’autre. énonciateur/ destinataire (locuteur/ allocutaire.) et onomatopées (qui. énonciateur/ sa façon de réaliser l’énonciation . mais la structure syntaxique ne soutient pas toujours aussi directement cette structuration sémantique. En linguistique de l’énonciation (notamment dans le cadre des théories polyphoniques – cf. mangeable. la distinction allocutaire (visé par le locuteur)/ auditeur (qui se trouve entendre ce qui est dit sans être nullement visé par le locuteur) – telle que posée en linguistique de l’énonciation – n’est en général pas pertinente. Démarche sémasiologique (des mots. K. et I. voire tout un texte peuvent être envisagés comme signes (signifiant-signifié(-référent)) . aux sens) : du marqueur modal aux valeurs modales qu’il exprime. Ferdinand de Saussure définit le signe linguistique en tant que catégorie relationnelle44. imitant leur référent. (1980) – Les Mots du discours. en logique moderne). une phrase (un énoncé). Le signe linguistique n’est pas identique au mot : d’une part. Charles Bally (Linguistique générale et linguistique française (1932)) récupère la distinction. Modalité/ modalisateur. 13 . qui inclura le référent46 : signifiant (symbol (“symbole”)) + signifié (thought (“pensée”)) + référent (referent)). Toute phrase a un dictum et un modus. prise en charge de l’énoncé par son énonciateur (rapports entre : énoncé/ fait asserté .5. C. Modalité : zone modale. Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM).6. prédicats modaux (abstraits).

exclamation (phrase exclamative : Paul. in : David. Modalité de re : portée intra-prédicative (interne au dictum). il est déjà parti pour Paris/ C’est PAUL49 qui est arrivé le premier. qui frappe un constituant du syntagme apportant l’information nouvelle (que le locuteur présente/ signale ainsi comme étant) la plus importante pour l’interlocuteur.1. C’est À PAUL que je voudrais parler. conséquence. passif (La porte fut ouverte par un étudiant) . but. Modalité de re/ modalité de dicto. 47 48 49 50 51 Ou plutôt : actes illocutionnaires. Voir chapitre dédié (encadré ). 1. Les majuscules notent ici l’accent de phrase : l’accent le plus fort dans la phrase. axiologiques) implicatives (relation causales au sens large : condition. Voilà TROIS JOURS qu’il est parti). Souvent. et G. dans la littérature. sporadicité (Kleiber 198350)). il y a hésitation sur la marque du pluriel. Modalités de message (contribution interprétative → hiérarchie informationnelle. Portée de la modalité (du modalisateur) : interne/ externe (au dictum). 183-203. impersonnel (Il est arrivé trois nouveaux étudiants/ Il a été dansé toute la nuit). à structure syntaxique. syntaxiquement parlant ⊂ 48types de phrase facultatifs) : • • • emphase (Paul. de message) et types de phrase : problèmes de classement. Modalité de dicto : portée extra-prédicative (externe au dictum). vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? 14 . interrogation (phrase interrogative : Paul est-il là ?/ Où est-il ?). Les étudiants sont sans doute partis. syntaxiquement parlant ⊂ phrases à double prédication: • • • aléthiques . Paris : Klincksieck. La notion sémantico-logique de modalité.8. syntaxiquement parlant = types de phrase obligatoires) : • • • •  assertion (phrase assertive ou : déclarative : Paul est là). morphologie et intonation spécifiques. « L’emploi sporadique du verbe pouvoir ».  Modalités d’énoncé (contribution interprétative → attitude du locuteur face au contenu propositionnel de son énoncé .9. Symbole notant ici l’inclusion à un ensemble donné. à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). J. déontiques désidératives (volitives) appréciatives (évaluatives. Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). Classement des modalités.  Modalités d’énonciation (contribution interprétative → attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage47 . parti !/ Que cette fenêtre est sale !). injonction (phrase impérative : Fermez la fenêtre !). épistémiques . Kleiber (éds). mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). • • • • Modalités (d’énonciation. Types de phrase obligatoires (= types de phrase51): - constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). Termes remontant à Thomas d’Aquin (De modalibus) : propositions modales de re (quand le modus est inséré dans le dictum : Socrate peut courir) / propositions modales de dicto (modus prédiqué du dictum sujet : Que Socrate coure est possible/ il est possible que Socrate coure). cause. concession …) temporelles (logique du temps linéaire (vs logique du temps arborescent: mondes possibles) .

seul. est elle-même sujette à caution. on voit dans les types de phrases obligatoires des « indicateurs de force illocutionnaire ». doué d’intonation particulière. en termes (implicitement) transformationnels. du moins selon certains auteurs. quitte à ce que l’exclamatif soit envisagé comme seul représentant de sa catégorie (Riegel et al. et qui semble au moins susceptible de réaliser un « acte de langage spécifique » (dénégation. L’analyse de la négation fait l’impasse sur ce qui est appelé. ni aussi naturel. Tu viens ?/ -Je ne peux pas. mais non exclusif d’autres types obligatoires (cf. La solution serait de re-classer les types de phrases obligatoires/ facultatifs en quatre catégories. type exclamatif (manifestant seulement la subjectivité du locuteur et réalisant la fonction expressive du langage). dans le paradigme théorique dont procède la notion distinctive invoquée (Théorie des actes de langage) : les types assertif et impératif correspondent aux forces primitives assertive et directive. réfutation) peut-il être envisagé comme type optionnel ? 2. La pertinence. dans la littérature. parmi les types optionnels.Types de phrase facultatifs (= formes de phrase) : - constituants de phrase optionnels52. mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). selon le critère pragmatique de « l’acte de langage spécifique ». Communication et cognition. ou descriptif (=représentationnel : négation53) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. 54 Cf. dans l’énonciation. mais représentationnel. 2004 (1994) : 388390) :     types énonciatifs (assertif. Cette solution ne fait que reformuler les problèmes soulevés. emphase. négation descriptive. Riegel et al. descriptif (contribution sémantico-logique propositionnelle). 15 . qui. ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . fondé sur des rapports entre le locuteur et son destinataire ? Le négatif. et à spécificité syntaxique douteuse (car partageant les structures des phrases déclaratives (Vous ne songez point à elle !) et interrogatives (Qu’est-ce qu’elle était belle ! Est-il bête !)) peut-il être envisagé comme type obligatoire. 2004 (1994) : 386-387). 55 56 Dans cette même logique. 2004 (1994): 386). Cf. tandis que le type interrogatif procède des forces dérivées (instanciant un sous-type directif : demander de répondre)54 . non descriptif (hiérarchie informationnelle. mais à des « actes génériques dire que/ dire de/ demander (si /qu-) » – entendus par Sperber et Wilson comme des « schémas d’hypothèse » (ou « schémas descriptifs ») dans lesquels sont (2) 52 53 Définis. dans la mesure où : (1) les types énonciatifs restants eux-mêmes ne font pas l’objet d’analyses uniformes. Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. interroexclamatif : moi. Paris : Minuit. interrogatif. que cette analyse le suppose55. L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. Problèmes : 1. Paul n’est pas là pour l’instant. En pragmatique inférentielle56. ne laissant pas d’être tributaire d’un certain horizon théorique. à ce que je vois). types logiques (négatif/ positif) . emphase. par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. il n’exprimerait pas d’« acte de langage spécifique ». Sperber Dan et Deirdre Wilson. types de réagencement communicatif (passif. le lien entre types de phrases et « acte de langage spécifique » n’est pas aussi direct. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. impersonnel) . d’autant que. (cf. Et la distinction alléguée entre types énonciatifs et exclamatif. comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. pour tirer argument des seuls emplois « illocutionnaires » de la négation. partir pour Londres ?!). un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. impératif) . sans y apporter de réelle explication. Ghiglione & Trognon 1993. Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). n’a pas d’apport sémantique essentiellement fonctionnel. les trois types de phrases en question sont censés correspondre non pas à des « actes spécifiques ». par exemple. structuration du message). L’exclamatif. à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. impersonnel). 1989 (original en anglais 1986).

dire que P et dire de P (où P est la forme propositionnelle de l’énoncé p). de faire une tentative linguistique pour que le destinataire réalise une action future (cf. 57 Par contre. et le but directif (primitif). dire de. elles. sont bien déterminées. Par contre. ce qui en fait justement « les forces illocutoires les plus simples possibles ». Le but assertif (primitif) est de représenter quelque chose qui est le cas. en tant qu’actes génériques. les « forces primitives » assertive et directive (cela vaut d’ailleurs de toutes les cinq « forces primitives » distinguées dans la théorie logique de l’illocutoire).incorporées les formes propositionnelles pleines des énoncés concernés. l’existence d’une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses (non pas réel. ne « rendent manifeste qu’une propriété assez abstraite de l’intention du locuteur : la direction dans laquelle la pertinence de l’énoncé est à rechercher » (Sperber et Wilson 1989 : 381). 16 . Ghiglione & Trognon 1993). quant au but. mais :) désirable. tout en étant sous-déterminées quant aux autres « composants ». mais qui restent typiquement sousdéterminés quant à ce qu’il est convenu d’appeler « intention (ou : but) illocutoire »57. Dire que rendrait manifeste l’existence d’une relation descriptive (vs interprétative) entre la pensée du locuteur et un état de choses réel .

cf. désirer que + subjonctif : Je veux que vous fassiez attention à l’emploi des modes dans la relative. b.2. idiot. implicatives). Ce classement concerne surtout les modalités dites d’énoncé (selon le critère précédent). la distinction <désidératif>/ <volitif> est maintenue ou au contraire délitée. désidératives. 63 64 65 66 67 68 Le Querler (1996). 59 60 61 Cristea. N. conseil. Je ne veux pas que tu viennes (négation portant sur la complétive : « défendre.1. 8-25. injonctives.. désidératives (ou65 : volitives) réflexives66) . ou : axiologiques). Si nous n’avions pas souscrit au délitement de cette nuance au niveau conceptuel même. En guise de conclusions : retour sur les critères de classement des modalités. Nous préférons cette étiquette à celle de « critères fonctionnels» – susceptible de suggérer. 8-46. Cf.). Critères syntaxiques. malgré des points de coïncidence. modalités illocutionnaires directives : ordre. pp. Patrick (1992) – Grammaire du sens et de l’expression. Bucuresti : TUB. Nouv. Terme emprunté à Charaudeau 1992. modalité de dicto (incidence syntaxique extra-prédicative). André (1974) – « Modalités et communication ». à nouveau. requête.2. nécessité (vrai. Charaudeau.1. épistémiques. cit. Rob. Caen : Presses Universitaires de Caen. surtout les modalités dites d’énoncé. Les modalités. 17 . que lesdits critères aient à voir avec la découpe focus/ topique de la grammaire fonctionnelle. temporelles … 58 Au sens d’André Meunier. Vouloir que. Teodora (1981) – « Pour une approche contrastive de la modalité ». a. appréciatives. désirer + infinitif : Je veux partir. certain. implicatives. concerne. (1996). …)59. Elle intervient obligatoirement et donne une fois pour toutes à une phrase sa forme déclarative. modalités intersubjectives (« allocutives » .1. 13-14). rapport entre énonciateur et destinataire à propos du contenu propositionnel : modalités déontiques. Cf. Distinction terminologique : incidence syntaxique/ portée sémantique (cf. Cf. suggestion…. Au gré des auteurs. Paris : Hachette. Etudes contrastives. rapport sujet énonciateur/ contenu propositionnel : modalités épistémiques. déontiques. Meunier. Vouloir. a. Typologie des modalités.. possible. Noter que le contenu de cette classe n’est pas identique chez les deux auteurs. in Cristea et al. interdire » . cit. modalités désidératives (ou : volitives) translatives67) . tout en en augmentant l’inventaire.. Critère de l’incidence (construction de la phrase modalisée60): modalité de re (incidence syntaxique intra-prédicative) . appréciatives (ou : évaluatives. b. Le Querler. à tort. Le Querler 2001) b. Critère du rapport fonction modale/ structure phrastique (modalité/ type de phrase) : • modalités d’énoncé (phrase à double prédication)/ • • • • modalités d’énonciation (phrases à contour non assertif : interrogatives. a. nécessaire et leurs contraires etc. éventuellement confondu avec le sujet de l’énonciation. [Elle] caractérise la manière dont le sujet de l’énoncé situe la proposition de base par rapport à la vérité. il aurait fallu noter ici « ou » (sans « : »). exclamatives)58/ modalités de message (phrases clivées. alors qu’elle peut présenter plusieurs modalités d’énoncé combinées » (art. p. pp. P. modalités objectives (« délocutives » : rapport entre deux contenus propositionnels. contre effacement de l’énonciateur : ontiques (ou : aléthiques). [La modalité d’énoncé] se rapporte au sujet de l’énoncé. 62 Ce sont là des tentatives de classement (Le Querler 1996 et Charaudeau 1992) qui regroupent modalités d’énonciation et modalités d’énoncé.10.) Ce classement. Ses réalisations linguistiques sont très diverses de même que les contenus sémantiques et logiques qu’on peut lui reconnaître. …) » (art. Citations pertinentes : « [La modalité d’énonciation] se rapporte au sujet parlant (ou écrivant). Critère de l’énonciateur62 : • • • modalités subjectives63 (« élocutives » 64 . qui récupère les catégories modales de la tradition logique. Langue Française n° 21. « Une phrase ne peut recevoir qu’une seule modalité d’énonciation. agréable. Critères sémantiques61. 13). Critère du contenu68 : • modalités aléthiques (ontiques). par rapport aussi à des jugements d’ordre appréciatif (utile. regrettable. interrogative ou impérative […]. topicalisations.

les modalités d’énonciation indiquent l’attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage69 . Voir encadré 18 . injonction (phrase impérative). interrogation (phrase interrogative). Sémantiquement parlant. exclamation (phrase exclamative). 69 Ou plutôt : actes illocutionnaires. ce sont là des types de phrase obligatoires – modulo l’hésitation au sujet de l’exclamation : • • • • assertion (phrase assertive ou : déclarative). syntaxiquement parlant. Modalités d’énonciation.2.

de per (« par »)) : convaincre. lui-même décomposé en plusieurs actes généralement coextensifs l’un à l’autre :  produire (prononcer) des sons (= acte phonétique) . condamner. sur les sentiments. Seront maintenant définis comme « actes de langage » : 1. à s’engager à des degrés divers (ce terme ne s’applique pas aux seules promesses au sens strict : promettre. et respectivement ± conventionnel :  la distinction entre valeur (force) de l’énonciation et signification de l’énoncé (assimilée. donner un ordre. syntaxique. l’action réalisée du fait même de dire (en accomplissant un acte locutoire donc = acte illocutoire – de in (« dans ») – ‘acte réalisé dans la locution’) : promettre. à inciter les autres à se comporter de telle ou telle façon. statements) dont l’énonciation revient à exécuter (angl. prêter serment (jurer de). La spécificité de l’illocutoire repose sur l’exploitation conjointe de deux axes d’oppositions : ± fonction dénotative. d’autrui (s’excuser. commander. ou le critère. 3. … (Austin 1970/ 1962). en droite ligne. fr.). pensées. acquitter. effrayer. Il s’agit. du locuteur ou de tiers (= acte perlocutoire. parier.  la distinction entre conventionnel (produit de règles) et non conventionnel (produit des circonstances) oppose l’illocutoire au perlocutoire. des attitudes à l’égard du comportement antérieur ou simplement prévu. à l’encontre des énoncés qui décrivent un état de chose ou rapportent (= constatent) un fait (énoncés appelés. plutôt que législatifs ou exécutifs : prononcer un diagnostic (par un expert : médecin ou autre). du verbe performatif à la première personne du singulier.). de ce que l’on fait (accomplit) en disant quelque chose à quelqu’un. ordonner. remercier. La notion d’acte de langage est définie à l’intérieur d’un cadre théorique spécifique : la théorie des actes de langage (entendue comme cas particulier de la théorie de l’action). to perform) une action (exemple donné : baptiser un bateau. faire faire. c’est faire » sera envisagée sous un angle plus large. A l’encontre des verdictifs. à partir de l’évidence ou à partir des raisons concernant ou bien les faits eux-mêmes. annoncer un verdict. critiquer. c’est dire. « dire. comme l’invariant au variable. La question de savoir ce que veut dire.)/ 1962 (original)) sont seulement dissociés les performatifs ou : déclarations (angl. Paris. • Actes exercitifs [exercitives] : énonciations consistant à donner une décision pour ou contre une certaine façon d’agir. d’une généralisation du concept de performatif. au juste. décréter.. Locutoire vs illocutoire vs perlocutoire La difficulté d’opérer des distinctions tranchées entre énoncés constatifs et énoncés performatifs à l’aide de critères à proprement parler linguistiques tels le critère. Austin distingue cinq types fondamentaux d’illocutions : • Actes verdictifs [verdictives] : énonciations qui reviennent à exprimer ce que l’on a constaté (officiellement ou pas).  et pourvus. elle. elle.L. • • Actes promissifs [commissives] : énonciations qui visent à obliger le locuteur à adopter une certaine façon d’agir. les exercitifs comportent un jugement (une décision) sur ce qui devra ou devrait être. poser une question. pour l’essentiel. Actes comportatifs [behabitives] : énonciations qui expriment une réaction à la conduite ou au sort des autres. donner un renseignement. 1970 (tr. lexical. produire des vocables (ou : mots) qui entrent dans des constructions conformes à la grammaire (=acte phatique). … . léguer. etc. Dépourvus de conditions de vérité. etc. etc.Hors cours. Seuil.). dans les circonstances appropriées. des « mots performatifs » (verbes ou autres) a eu pour conséquence l’élaboration de l’appareil théorique. évaluer.  2. les mots ‘je baptise’ ). classer. etc. Performatif vs constatif Dans un premier temps (Austin J. ou bien leur caractère axiologique (actes judiciaires. à la dénotation (=sens + référence)) oppose l’illocution à la locution . dans les termes d’Austin). plutôt que sur ce qui est : dégrader. dans l’emploi. les énoncés performatifs remettent en cause le postulat du caractère essentiellement descriptif du langage (« l’illusion descriptive ». Quand dire c’est faire. née. pardonner. l’acte ou l’effet provoqué par la locution (vs dans la locution). Le noyau dur de la théorie défendue par Austin est sans conteste la notion d’illocutoire. 19 . s’engager formellement. mais sujets à des conditions de réussite. braver. faire voeu de. désormais : constatifs). injurier.). agissements de l’auditoire. d’un sens et d’une référence déterminés (= acte rhétique) . déplorer. l’acte de dire quelque chose (= acte locutoire).

intention pour la promesse. qui pis est. dans la notation de l’auteur. d’où force chevauchements inter-catégoriels. Elles définissent autant de conditions de succès des actes illocutoires : • • • • Condition de contenu propositionnel (propriétés du contenu propositionnel de l’acte : action future de l’interlocuteur pour l’ordre. témoigner. la contribution de Searle consistera-t-elle notamment à une recherche des critères de classement pertinents et surtout mutuellement consistants. Conditions de succès des actes illocutionnaires À la distinction actes/ marqueurs des actes il correspond. pour que l’acte puisse être accompli : capacité de l’interlocuteur. du locuteur. mais également en termes de la structure syntaxique de la phrase énoncée (relativement aux actes illocutionnaires mêmes). Searle 1969/ 1972). Condition essentielle (qui définit le but illocutoire : amener l’interlocuteur à réaliser l’action pour l’ordre. croyance. décrire. Désormais. à tirer au clair l’usage d’un mot. pour l’assertion) . la distinction règles constitutives (des actes)/ règles sémantiques (dérivées des premières. s’engager sur la vérité de la proposition exprimée. l’acte échoue. où la principale correspond au marqueur de force illocutoire. mais cinq seulement sont décisifs dans la classification à proprement parler : 70 Qui asserte que tout ce que l’on veut dire peut être dit littéralement (cf. quand nous emploierons le terme d’acte de langage (ou : acte de parole). Searle (1972 (1969)) s’attache à opérer la distinction entre proposition exprimée par l’énoncé et acte accompli dans l’énonciation non seulement en termes d’actes (acte locutoire (notamment : rhétique) vs acte illocutoire). Ross 1970)). pour la promesse) . Dès qu’une règle constitutive est enfreinte. rapporter. tout énoncé (analyse qui correspond en tout point à l’ « hypothèse performative » des générativistes chomskyens (cf. tous les énoncés se laisseraient réduire à des performatifs explicites : Searle considère en effet qu’un marqueur de force illocutoire (préfixe performatif Je verbe illocutoire) sous-tend. pour l’acte de force F accompli à propos du contenu propositionnel p : F(p). pour la promesse. Condition de sincérité (qui définit l’état psychologique du locuteur : désir pour l’ordre. Si les conventions sémantiques dépendent des langues particulières. à développer un argument. etc. et gouvernant l’emploi des marqueurs d’actes).• Actes expositifs [expositives] : énonciations qui visent à exposer une manière de voir les choses. En vertu cependant du principe d’exprimabilité70. s’engager à la réaliser soi-même. Contenu propositionnel vs force illocuoire La postérité d’Austin élaborera davantage encore la théorie des actes de langage (= actes illocutionnaires). Cette distinction se laisse enchâsser dans une autre. Classement des actes illocutionnaires Partant de la distinction explicite entre verbes illocutoires (qui ressortissent aux langues particulières) et actes illocutoires (universaux de langage). y compris les « jeux de langage » au sens de L. mais cet échec est différent suivant la règle spécifique qui aura été violée. dans la théorie searlienne. pour l’assertion). l’auteur réévalue la taxinomie d’Austin. davantage un classement de verbes que d’actes. ou le référent de celuici (affirmer. Aussi. ne reposant pas sur des principes/ critères de classement clairement définis d’entrée de jeu. d’ordre plus général : règles constitutives (qui créent des activités dépourvues d’existence indépendante : les règles qui gouvernent les jeux (football ou échecs au même titre). en structure profonde. au marqueur de contenu propositionnel : [F je te promets [p que je fermerai la fenêtre]] – soit. C’est là une distinction qui ne se laisse appréhender directement que dans le cas des performatifs explicites. la signification des phrases est justiciable de conventions). nous nous référerons aux seuls actes illocutoires (ou : illocutionnaires). remarquer. et.). Condition(s) préliminaire(s) (qui doivent être satisfaites préalablement. 20 . nier. Il en isole douze. Wittgenstein) vs règles normatives (qui ont pour objet des comportements/ actions qui existent indépendamment des normes les régissant : à l’instar des règles de politesse. les règles constitutives des actes de langage seraient universelles. pour l’ordre) . et la subordonnée enchâssée. ainsi discriminera-t-il deux types de marqueurs : le marqueur de contenu propositionnel et le marqueur de force illocutoire. postuler.

ajustement du monde. déclaration de guerre… Direction d’ajustement double. arbitrage d’un hors-jeu de l’avant-centre. conclusion (→argument(s))). Action future de l’interlocuteur. et. Désir. PROMISSIFS : Promesse. aux mots. pour une promesse ou un ordre) . à la place du sempiternel sel. ____ (croyance+ γ71 ) (vérité présupposée) DÉCLARATIFS72 : Bénédiction. prédiction. Type d’actes But illocutoire Direction d’ajustement REPRÉSENTATIFS: Suggestion. Etat psychologique exprimé Croyance. consigne. (+institution extralinguistique : statuts respectifs bien spécifiques) 71 Où l’élément ajouté à l’attitude fondamentale.. et qui exigent simplement la construction d’un contexte interprétatif spécifique. assertion. ni entre actes dont le marqueur (le verbe) est susceptible d’emploi performatif. menacer). se vanter. un malade en régime hyposodique. serment… EXPRESSIFS : excuse. et actes dont le verbe n’est pas susceptible d’un tel usage (cf. critique. 21 . pour le rapport. y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). excomunication. Mais pas : les relations de l’énoncé aux intérêts du locuteur et de l’interlocuteur. déclaration de guerre). et représente une sous-composante (sinon une conséquence) du but illocutoire : ajustement des mots. selon le verbe employé : demander de/ exiger de/ ordonner de). pari sur un trois sans atout (annonce au bridge). états de choses futurs. Mais pas : les différences entre actes essentiellement et non essentiellement linguistiques (qui ne peuvent pas ou respectivement qui peuvent être accomplis y compris sans le dire : poser un diagnostic vs prêter serment).. pour la prédiction). qui est de l’ordre de la croyance. baptême. félicitation. si l’acte est explicite. au monde.… Engagement du locuteur sur la vérité de la proposition exprimée Obligation de l’interlocuteur à accomplir certain(s) acte(s). … question… Du monde. est de l’ordre du sentiment : insatisfaction (PLAINTE). Formulations tout à fait naturelles avec « l’arme » ou « cette arme ». ordre. au monde. Obligation du locuteur à accomplir certain(s) acte(s) Exprimer l’état psychologique (par rapport à l’état de chose spécifié dans le contenu propositionnel). remerciements… Du monde. Intention. Les statuts respectifs du locuteur et de l’interlocuteur (condition préparatoire) . Mais pas : la force avec laquelle est présenté le but (qui varie selon le degré d’explicitation de l’acte. verdict de culpabilité. pour une assertion.• Le but illocutoire (condition essentielle) . Le contenu propositionnel (les différences dans le contenu propositionnel qui sont déterminées par des mécanismes liés à la force illocutionnaire : états de choses passés. ni entre actes institutionnels (excommunication. pour sembler naturelles telles quelles : si l’interlocuteur est par exemple. Provoquer la vérité de leur contenu propositionnel Des mots. condoléances. aux mots. Action future du locuteur. legs. ni le style de l’accomplissement de l’acte (annonce vs confession). tristesse (LAMENTATION). ni les relations de l’acte au reste du discours (réponse (→question). et non institutionnels. Statuts du locuteur et de l’ interlocuteur Contenu propositionnel DIRECTIFS : Requête. aux mots. Position de force du locuteur. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)… 72 73 Ce sont les performatifs d’Austin. • • • L’état psychologique exprimé (l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de l’acte : condition de sincérité) . • La direction d’ajustement entre les mots et le monde (concerne le contenu propositionnel de l’acte. rapport.

L’assertion. Dans le texte évoqué. en grammaire générative-transformationnelle standard. La transformation affirmative ainsi formulée est postulée pour rendre compte de l’hypothèse fondamentale du modèle. le déplacement à droite du constituant affirmatif (Intonaffir) rendrait compte du traitement prosodique caractérisé en fin de syntagme prosodique maximal. Ce type de construction. un serpent mordit Jacques Fréron. opposée à l’interrogation et à l’impératif : Le serpent75 mordit Jacques Fréron). Nous y reviendrons sous 3 (voir infra). en structure profonde.1.1. ouverte par deux compléments donnant le cadre spatio-temporel : Un beau jour. même en l’absence de différences directement observables en termes de contour prosodique marqué et/ou en termes de l’ordre des éléments terminaux (mots76) : il n’y a donc plus de réécriture directe de la phrase de base (affirmative active non emphatique). au fond d’un vallon. éventuellement récursive. comme type de phrase optionnel (forme de phrase). l’affirmation n’est pas opposée à la négation : les phrases négatives peuvent fort bien épouser le contour prosodique ‘affirmatif’ (Le serpent ne tua pas Jacques Fréron). au passage de la structure profonde à la structure de surface. contre racine+ affixe en structure de surface. l’emphase. au niveau du noyau. et la phrase. supra). aussi nous bornerons-nous ici à un rapport neutre de la théorie présentée. le type déclaratif sera directement envisagé en tant que type obligatoire ‘affirmatif ‘(‘affirmation’. des intonations interrogative et impérative. l’impersonnel. mais plutôt un objet de référence » (Vanderveken 1988 : 30) : Vive la France ! 75 Dont il est question dans la fable de La Fontaine. donc concernant 74 Seraient dépourvus de contenu propositionnel certains actes expressifs réalisés au moyen d’interjections (Zut! Aïe !). en français. avec le passif. le sujet est indéfini. 22 .2. Σ→ Const Const → +P Affir Affir → Σ→ Intonaffir +P P→ Σ→ Intonaffir +SN +SV Intonaffir SN +SV (structure profonde) Le changement structurel. Dans cette acception donc. des règles de réécriture) : (…) Aux (→affixe) + V (→racine) + SN. par hypothèse. 2. 76 De toute manière. à sujet non-topical. ne recoupe pas directement l’ordre d’insertion lexicale des constituants terminaux sous les constituants syntagmatiques concernés (en structure profonde issue de l’application incrémentielle. aussi contre-intuitif que cela puisse paraître. tandis que d’autres auraient un « contenu qui n’est pas une proposition complète. La phrase déclarative.1. Nous avons fait état précédemment de nos réserves sur cette option métalinguistique (§1. la distinction entre structure profonde et structure de surface. l’ordre des mots et affixes directement observable en surface. Syntaxe de la phrase déclarative : phrase déclarative ou phrase affirmative ? La négation étant regroupée. Le constituant affirmatif se réécrit obligatoirement par le constituant Intonation affirmative (abréviation Intonaffir). dans le cas de la phrase affirmative (active non emphatique) se réduira au déplacement du constituant Intonaffir en fin de séquence : Intonaffir +SN +SV (structure profonde) Taff SN +SV + Intonaffir (structure de surface).4. distincte. est une phrase thétique. D’autre part.

Strawson. Jacques Fréron ⊂ commentaire] → Jacques Fréron fut mordu d’un serpent [Topique : Jacques Fréron. Dubois et Dubois-Charlier 1970. dans la littérature. 23 . Puisque cette analyse ne correspond pas à la perspective adoptée ici. ou bien la relation information donnée/ information nouvelle. Sujet/ prédicat : distinction grammaticale (fonctions grammaticales) et logique (sujet : terme particulier. les deux phrases (active et passive) étant censées se ramener. Expression contenant l’information que le locuteur désire communiquer (au sens de l’école fonctionnaliste praguoise (Firbas). de commentaire et de propos (ou : rhème). Sémantique de la phrase déclarative.2. et il existe des phrases dont les prédicats logiques ne sont pas analysés (du moins pas en grammaire normative scolaire) comme des prédicats grammaticaux. Ces faits permettent de définir la relation entre phrase active et phrase passive : la transformation concernant le marqueur sous-jacent de modalité Affir (en bref : la transformation affirmative) a lieu après la transformation concernant le marqueur sous-jacent de Passif (ou : transformation passive). 2. à une même forme logique TUER (Jean. nous avons changé d’illustrations sur ce point précis. le constituant affirmatif permet l’interprétation du sujet de l’assertion (de) P comme topique (de cette assertion). en termes de la théorie des actes de langage). bien que le contour assertif soit. le bureau)). serpent ⊂ commentaire]. Cette corrélation reste cependant sujette à caution. Du point de vue de la hiérarchie informationnelle. et non seulement sa fin. L’assertion exprime l’attitude de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé (Théorie des actes de langage). les notions de topique et de thème. Thème (objet du discours)/ propos (ce qu’en dit le locuteur77) : distinction fonctionnelle (structure fonctionnelle (= interprétative) des énoncés vs structure formelle des phrases). ce qui est annoncé en premier lieu par le locuteur)/ commentaire (ce qui est introduit après introduction du topique): distinction syntaxique (positionnelle). soient entendues comme synonymes. et respectivement. dans la mesure où. les données prosodiques concernent l’ensemble de la phrase. chap. en français du moins. prédicat : terme général (Strawson78)). n’étant pas 77 78 Ou : rhème.1. l’assertion exprime une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de chose du monde –ou. Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. et du syntagme verbal comme commentaire. une mise au point à cet égard s’impose. En termes de pragmatique inférentielle (Théorie de la Pertinence). descendant. Le piano est dans le bureau : DANS (le piano. en termes plus étoffés : la forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase déclarative interprète (littéralement) une pensée du locuteur qui est la description d’un état de chose réel. et comme instanciant en quelque sorte ou bien la relation sujet/ prédicat. Londres : Methuen. Paul)). de l’avis des auteurs. XV. Bien que souvent. Le constituant affirmatif est interprété comme une assertion dont P est le noyau (comme une assertion dont P est le contenu propositionnel. Les critères opérationnels pour la discrimination de ces couples notionnels restent minimalement distincts.    Topique (ce qui est mis en position frontale. (ii) Prédicat (logique) ≠ verbe (L’homme est mortel : MORTEL (l’homme) . Cf. L’homme est mortel).au premier degré la fin de la séquence linéaire (linéarisée). Peter Frederik (1974) – Subject and Predicate in Logic and Grammar. aussi le sujet de la phrase passive (complément de la phrase active correspondante) sera-t-il interprété comme topique de l’assertion que fonde le constituant Affir (c’est-à-dire : de l’assertion qui est l’interprétation sémantique du Constituant Affir) : Le serpent mordit Jacques Fréron [Topique : serpent. ainsi que l’interprétation des autres syntagmes nominaux (compléments) comme non-topiques. Les fonctions grammaticales ne recoupent pas systématiquement les catégories logiques correspondantes79: il existe des sujets grammaticaux qui n’ont pas la sémantique des ‘termes particuliers’ (tels les noms en emploi générique Les castors sont des mammifères. 79 Les exemples donnés dans la référence citée pour illustrer l’absence de correspondance terme-à-terme entre catégories logico-sémantiques et catégories de l’analyse grammaticale sont en fait : (i) Sujet logique ≠ sujet grammatical (Paul a été tué par Jean vs Jean a tué Paul.

Moeschler & Reboul (1994) : 456-458. non prototypique) : on n’aura pas bien entendu. Cf. 2. par des noms Anne est linguiste : prédicat grammatical est linguiste.  Interrogation partielle82 (à mot interrogatif (qu-) . je ne l’aime pas). les Thèmes sont des Topiques. prédicat logique DANS. il est là/ Non. L’interrogation. Où est-elle ?/ présupposé : ‘elle est quelque part’. Me prenez-vous pour un imbécile ou le faitesvous exprès ? (réponses visées (toutes choses égales par ailleurs): Je vous prends pour un imbécile/ Je le fais exprès . particulièrement agressif. 2. prédicat logique LINGUISTE) ou des prépositions (Le piano est dans le bureau : prédicat grammatical est (sous analyse existentielle forte des situatifs). La phrase interrogative. Typiquement. Roum. ba da. 80 81 82 83 Le vers de La Fontaine se prête justement à une analyse différente. Exemple : A : Je vais fermer la fenêtre.1. ce pourquoi ce sont (ou. cette question alternative fonctionnera pragmatiquement comme un acte. où l’adjectif mortel est analysé come attribut du sujet . on veut se faire répéter/ préciser une partie de l’énoncé de l’interlocuteur. Exemples : Êtes-vous son père ? Qui êtes-vous ? question-écho (valeur marginale. je l’aime/ Non. liant une variable (soulignée dans les exemples ciaprès) dont la réponse fixera la valeur.  Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive.2. ils comportent). Un énoncé tel Un serpent mordit Jacques Fréron sera donc (toutes choses égales par ailleurs80) moins acceptable que sa contrepartie à sujet défini Le serpent mordit Jacques Fréron.  Interrogation alternative (à coordination disjonctive d’éléments : Préférez-vous la mer ou la montagne ? (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : Je préfère la mer/ Je préfère la montagne) . interrogation alternative polaire (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : si81/ non) : Aimez-vous la mer ou ne l’aimez-vous pas/ ou non ? / ou pas ? réponses : Si. le plus souvent. Qui est là ?/ présupposé : ‘quelqu’un est là’. Syntaxe de la phrase interrogative. où le nom linguiste (en usage non référentiel – l’absence d’article en témoignant) est analysé come attribut du sujet . du fait des adverbiaux de cadre qui ouvrent la phrase : Un beau jour. des syntagmes nominaux définis.2. Sous-types. ou est dans le bureau (sous l’analyse copulative). il n’est plus là) .réalisés par des séquences qui comportent des verbes. prédicat logique MORTEL). les sujets sont des Thèmes. Le reste des éléments de la phrase interrogative ressortissent aux informations présupposées (=déjà acquises). Syntagme qu. Interprétation de la phrase interrogative: • question appel d’information (valeur prototypique) : le locuteur ignore la réponse. de remise en cause des faits et/ ou dires de l’interlocuteur) .2. aucune de ces deux réponses n’étant socialement admissible. 24 . B : Tu vas faire quoi ? (intonation montante) • 2. questions ouvertes83 : alternatives épistémiques en nombre in(dé)fini) : Qui est là ? (C’est Paul/ Sylvie/ …). à deux arguments internes sélectionnés : le piano et respectivement le bureau. mais par des adjectifs (L’homme est mortel : prédicat grammatical est mortel. Distinction définie en terme de portée.: focalisé (=foyer d’information nouvelle). Distinction purement interprétative : réponses visées. en français. et Topiques et Thèmes participent de l’information donnée (référents déjà introduits dans le discours). un serpent mordit Jacques Fréron. au fond d’un vallon. au cas par cas. pour les Topiques. Interrogation totale/ interrogation partielle  Interrogation totale (sans mot interrogatif .2. questions fermées : alternatives épistémiques en nombre fini : réponse visée oui/ non) : Est-il encore là ? (Oui. Réponse affirmative à une question oui/non de forme négative.

dis-je. Marqueurs indicatifs vs descriptifs.3. vois-je . Noter que la valeur interrogative est également indiquée85 par l’élément introducteur (si : questions totales/ qu.3. Interrogation totale indirecte.Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. elles (pronoms personnels sujets) et ce (démonstratif sujet). tu.3.  Intonation ascendante suspensive optionnelle. Et inversion du sujet :   Inversion simple du sujet clitique: <verbe-clitique86 sujet> (trait d’union obligé : Es-tu encore là ?. 2. il. Je ne sais pas qui arrivera le premier.1. elle.: questions partielles). pourrais-je.3. vous. Est-il encore là ?/ Qui est là ? Interrogation indirecte (discours rapporté en style indirect) : subordonnée complétive. elle. puis-je. dois-je. …) .3. inversion de je : systématique au futur et au conditionnel (dirai-je. votre mari – à intonation déclarative descendante). Interrogation partielle. après une montée sur le mot interrogatif 84 85 86 Information commune à une question et à sa réponse. Réalisateurs (marqueurs).2.2. 2. rare après le présent de l’indicatif (liste fermée : ai-je. 25 . enchâssée sous un verbe principal qui marque conceptuellement (= descriptivement) la valeur interrogative (mais pas la fonction : suspendue.2. fais-je.3.2.   Et Est-ce que (version interrogative du présentatif c’est que+ structure phrastique87) : Est-ce que Paul est là ? 2.1. Après si : Je ne sais si le docteur viendra   Inversion du sujet clitique bloquée (inversion simple ou complexe) : *Je ne sais si viendra-t-il.2.2. suis-je. à courbe intonatoire spécifique.  Interrogation comme acte de langage indirect (stratégie communicative): Je ne trouve pas ce livre (comparer cette assertion à la question appel d’information : Où est ce livre ?). veux-je. 87 Construite par inversion simple du sujet clitique ce. vais-je. sais-je. et se terminant. insertion d’un -t. Interrogation totale. Interrogation totale directe.2. à l’écrit. entre je (clitique sujet) et ai (auxiliaire de temps) peuvent licitement intervenir les clitiques objets (le lui) et ne (négation clitique) : Je ne le lui ai pas rendu.   Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. Clitiques sujets : je. *sors-je. ils. 1. Interrogation partielle directe.1.2. *pars-je. Le plus souvent : intonation descendante (à l’instar des phrases déclaratives correspondantes). Ainsi. 2. Inversion complexe : <sujet nominal + verbe-clitique sujet> (Paul est-il encore là ?).1. Syntaxe de la phrase interrogative. par un point d’interrogation. nous.  Intonation ascendante suspensive (sans modification aucune dans l’ordre des mots) : Il est toujours là. …). 2.2. éviter après d’autres monosyllabes : *cours-je. *mens-je. à la faveur de la subordination) : Je me demande si Paul arrivera ce soir. Interrogation directe/ interrogation indirecte :  Interrogation directe : phrase indépendante. Pour la mémoire : sont appelés clitiques les pronoms atones (=non accentués) qui présentent une contrainte d’’adjacence au verbe. votre mari ? (comparer à : Il est toujours là. Pourvue de valeur et de fonction interrogative.euphonique après un verbe finissant en voyelle : A-t-il compris ? Parle-t-elle toujours aussi fort ?) . Seuls peuvent intervenir entre un clitique et le verbe d’autres clitiques. *Je ne sais si le docteur viendra-t-il Inversion (simple) du sujet non clitique bloquée : *Je ne sais si viendra le docteur. 2. Focus (foyer d’information nouvelle)/ présupposé (information partagée par le locuteur et l’interlocuteur84): distinction cognitive et énonciative.

Les opérations stylistiques étant par hypothèse supposées être optionnelles. sais-je.2. Inversion simple du sujet non clitique (pronominal ou nominal) 89 – sans trait d’union: Que disait celui-là ? Que disait cet homme ? Quand est parti Jean (pour Londres) ?). quel….2. en particulier à l’oral).2. (porteur de l’accent focal).1.3. . vois-je : Pourquoi ai-je fermé ce tiroir à clé ?) . dois-je. puis-je.attribut (Qui êtes-vous ?. rarissime (tour très marqué. Qui est cet homme ? Quelle sera votre décision ?) ou ⊂ attribut (Quelles gens êtes-vous ? Quelles gens sont les Dupont ?) Attributs du sujet en variation libre : Qui / Quel Attribut du sujet à choix contraint : Qui/ *Quel(le. Paris-Louvain-la-Neuve : Duculot.1. vais-je. ± locuteur] Qui Qui Qui Qui suis-je ? sommes-nous ? es-tu ? êtes-vous ? *Quel suis-je ? *Quels sommes-nous ? *Quel es-tu ? *Quels êtes-vous ? Quelle est cette voiture ? Sujet= SN [-humain] 88 *Qui est cette voiture ? Inversion de je courante pour les verbes de la liste déjà mentionnée (ai-je. 2.2.1. dans la littérature : inversion stylistique.sujet (qui : Qui l’a dit ?).clitique sujet (…) Formes complexes : auxiliaire Inversion simple du sujet non clitique … verbe +TRAITS SÉMANTIQUES PURS sujet non clitique (…) Formes complexes : participe passé. - Combien de gens l’ont vu ? Quel témoin a vu l’accusé ? Quelle folie avait pris Clémence ? Lequel de ces enfants a vu l’accusé ? Lequel de ses romans vous paraît le meilleur ? [variantes préférées – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 1991 : 526] Combien d’entre vous l’ont fait (+ l’ont-ils fait). l’intonation ne serait plus guère un marqueur actuel de l’interrogation. dis-je. avec les verbes en -e → -é ( ?Pourquoi hésité-je ? /OKPourquoi est-ce que j’hésite ?). Inversion complexe : Quand Paul repartira-t-il ? Mot interrogatif & est-ce que : Quand est-ce que Paul repartira ? -humain Qu’(est-ce) +sujet …qui -sujet …que Qui [+humain] est-ce que [-sujet] tu as rencontré ? Qu’ [-humain] est-ce que [-sujet] tu racontes ? Qui [+humain] est-ce qui [+sujet] veut encore partir ? Qu’[-humain] est-ce qui [+sujet] arrive ? Inversion (simple) du sujet clitique/ inversion (simple) du sujet non clitique : distributions distinctes (→structures syntaxiques bien différentes !) Inversion simple du sujet clitique (…) Verbe +TEMPS . 26 .s) : Attribut du sujet à choix Qui est cette femme ? Quelle est cette femme ? Sujet= SN [+humain] Sujet= pronom personnel [+personne. suis-je.2.1.Cas particuliers. infinitif 2. fais-je. {Pas d’inversion : variante préférée/ inversion complexe : variante permise} : mot qu. Inversion simple obligée :  Mot qu. selon l’analyse générativetransformationnelle standard. Laquelle de ces deux Mathilde (…) emporte-t-elle la sympathie d’Aliénor ? (Pernoud) [variantes permises – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 199190 : 526527] 2.⊂ sujet (combien de…. 90 Hanse. 89 Souvent appelée. Inversion exclue : mot qu. seuls les cas où cette inversion est optionnelle devraient être nommés ainsi.1.3. Joseph (1991) – Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne.3.2. Quelle rage de vivre et de dominer l’avait-elle soutenue ? (Druon).1. veux-je. deuxième édition mise à jour et enrichie. Mot interrogatif & inversion du sujet :     +humain Qui (est-ce) Inversion simple du sujet clitique (trait d’union obligé : Que disait-il ? Qui cherchezvous ? Qui est-ce ?88).2. lequel de(s)…).1. Dans ce second cas de figure.

Même cas de figure donc que <Verbe + SNi+ SNj>. ce. Avec. 27 . Traduction en roumain : Ce mai face ?. en sus de la lecture littérale compositionnelle (réponse attendue (par exemple): prof d’anglais). Pourquoi.2.2.2. on) : Je ne sais où il est/ pour quand c’est. un pronom clitique. si.⊂ sujet (→négation excluant l’absence d’inversion): Combien de… ne pas (Combien d’entre vous ne l’ont-ils pas fait ?). l’adjacence du sujet et de l’attribut accordé avec l’objet : - *Quand laissera celui-là [sujet inversé] les enfants [objet] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là laissera-t-il les enfants tranquilles ? *Quand nous [objet clitique] laissera celui-là [sujet inversé] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là nous laissera-t-il tranquilles ? tel n’est manifestement plus le cas avec l’attribut du sujet : - *Comment serait votre frère [sujet] si ingrat [attribut du sujet]?/ OKComment votre frère serait-il si ingrat ? 2.1. 2.2. Inversion simple du sujet non-clitique préférée : Verbe plus court que le SN sujet : J’ignore où est cet employé (comparer : J’ignore où se trouve cet employé/ J’ignore où cet employé se trouve actuellement). l’adjacence du sujet nominal inversé et de l’objet non clitique92. de l’objet)> tombe sous le même principe (éviter l’équivoque au niveau notamment de l’interprétation des fonctions grammaticales). En effet.3. En quel sens excluant l’inversion simple du sujet non clitique : *Pourquoi rient les enfants ?/ OKPourquoi les enfants rient-ils ? *En quel sens parlent les fleurs ? / En quel sens les fleurs parlent-elles ? Pour éviter l’équivoque :   éviter la séquence <Verbe + SNi+ SNj> : *Où a trouvé Pierre ce livre ? OKOù Pierre at-il trouvé ce livre ? *À qui a donné Pierre ce livre ? OKÀ qui Pierre a-t-il donné ce livre ? éviter les phrases à deux arguments nominaux directs (=sans préposition) [+humain]: ???Quel ami [sujet ? COD ?] soupçonne votre fils [sujet ? COD ?]?/ ami votre fils soupçonne-t-il ? OK Quel Ce n’est pas évident que l’interdiction des séquences <V + sujet+attribut (du sujet. si l’objet est. une lecture idiomatique (disant à peu près la même chose que : Comment va-t-elle ?). Interrogation partielle indirecte. Inversion complexe obligée :     Négation excluant l’inversion simple du sujet non clitique: Depuis quand votre ami ne dort-il plus ?/ *Depuis quand ne dort plus votre ami ? Comparer à : Depuis quand votre ami dort-il? OKDepuis quand dort votre ami? Depuis quand s’est endormi votre ami ? Négation & mot qu.contraint : *Qui/ Quel Interroger sur la qualité Attribut du sujet +qu Interroger sur l’identité Que suis-je ? Que devient-elle ?91 Qui suis-je ? Qui est-elle ? Qui est cette femme ?   QueCOD (Que disent-ils ? Que veulent ces gens ? Que vont dire ces gens ?) Où est + SN (Où est votre guitare ? Où avait été votre guitare ?) 2.1. ou. dans le cas de l’attribut de l’objet on peut alléguer (à la limite). comme facteurs de risque sémantique (interprétatif).3. Quel… ne pas (Quels étudiants n’ont-ils pas compris l’explication ?). lui. Pas d’inversion :    91 92 Sujet pronom clitique (personnel. Inversion simple du sujet non-clitique possible : Sujet SN (non clitique) : Je me demande ce que mon frère a dit/ ce qu’a dit mon frère.3.

Interprétation non directive (question comme interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance) : théorie de la pertinence (Sperber & Wilson 1989).+est-ce que) : Où [est-ce] que tu vas ? Quand [est-ce] que tu reviens ? Qui [est-ce] que tu attends ? Terme interrogatif extrait par le présentatif c’est __ qui/que C’est quand que tu pars ? C’est qui que tu attends ? C’est où que tu vas ? ?? C’est quoi. interprétation de la phrase interrogative) : question-appel d’information. semestre 6).4. Interrogation à l’infinitif. comme toute représentation mentale douée d'une forme propositionnelle. éviter l’inversion. peut être utilisée descriptivement.atribut.   Terme interrogatif en position de base : Tu vas où ? Vous attendez qui ? Tu pars quand ? Tu regardes quoi ?96 Terme interrogatif en tête de phrase. Dans l’acception pertinente (circonstant de phrase). 2. renforcé par c’est qui/ que (éviter l’inversion de est-ce (que/ qui)) : Quand c’est que tu pars ? Qui c’est que tu attends ? Qui c’est qui a cassé le vase ? !!!*Que c’est que …   Terme interrogatif (qu-) + que (abréviation de Qu. que tu veux ? [comparer à : quoi que (tu veuilles).3. voir cours de linguistique voué à la pragmatique (Licence. 2. ou celle d'un état de choses désirable. ou interprétativement. sujet SN (non clitique) : Je ne sais quel est votre avantage.2.3. Utilisée interprétativement. quoique(tu veuilles bien y aller)…] ?? C’est qui qui arrive ? 2. 28 . Pourquoi excluant l’inversion simple du sujet non clitique94 : *Dites-moi depuis quand ne dort plus votre ami / *J’ignore pourquoi rient les enfants. Réponses : toujours des phrases infinitives (fuir.   Interprétation directive (question comme demande de dire. Questions partielles portant sur un argument non sujet ou sur un circonstant : Que faire ?95 Où aller ? Comment retirer le poignard ? Interprétation : sujet non exprimé = locuteur/ indéfini générique équivalent à on. D'où les cas de figure ci-contre : METAPHORE : 93 94 relation interprétative entre la forme propositionnelle de l'énoncé et la Mais : Je me demande qui vous êtes (sujet clitique→ pas d’inversion). Une pensée.93 Inversion simple du sujet non-clitique bloquée :   En cas d’équivoque (deux arguments nominaux directs (sans préposition) +humain): J’ignore qui [sujet ? COD ?] a rencontré Jean [sujet ? COD ?]/ OKJ’ignore qui [objet] Jean [sujet] a rencontré. une pensée peut être l'interprétation d'une pensée attribuée (ou d'un énoncé attribué) à quelqu'un. sous-type directif donc) : théorie des actes de langage (Searle & Vanderveken 1985). au style indirect.2. …). une pensée peut être la description d'un état de choses réel.Inversion simple du sujet non-clitique obligée :  Mot qu.4. En quel sens exige. lutter. Pragmatique de l’interrogation→ pour détails. / OK J’ignore en quel sens tu penses que/ tu dis que/ on dit que les fleurs parlent.2. 95 96 Cette question porte sur le procès même. ou bien l'interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance. 2. lexicalisation du verbe de pensée ou de parole sous-jacent dans la question au style direct (« portée sur le dire »): ?J’ignore en quel sens les fleurs parlent. ou comme des question-écho (demande de précision : on n’aura pas bien entendu/ compris). Tours familiers : préserver l’ordre des mots de la phrase déclarative. Valeur fondamentale (cf.4.1. et l'une des quatre relations possibles entre une pensée et ce que cette pensée représente. Interprétées comme vraies questions-appels d’information.2. par exemple.3. Je me demande qui est cet individu. Tout énoncé implique aux moins deux relations : une relation entre la forme propositionnelle de l’énoncé et une pensée du locuteur (son «intention informative ostensive»). Quand elle est utilisée descriptivement. Négation .

fortement lexicalisées. du souhait104 ou du regret105. la réponse visée par l’interro-négatif (réponse préférée) sera : Si/ réponse non préférée : Non/ réponse exclue : *Oui. la mégère ! [exclamation] Ah [interjection+]! Si elle était encore là ! [exclamation] Hélas [interjection+]. n’est-ce pas ?/ Jacques est gentil.4. en termes des fonctions du langage dans la communication (approche traditionnelle que nous appellerons de ce fait : fonctionnelle) refuse à l’exclamation à la fois la dimension actionnelle (acte de langage). votre Dulcinée ! [exclamation] Tiens [interjection+]! Il pleut ! [exclamation] Ça alors [interjection+] ! elle n’est plus là ! [exclamation] Lui. Dans tous ces cas de figure. elle est là. au sens de Karl Bühler. 2. mais aussi de l’ordre de l’incrédulité.2. souvent analysées comme interjections] Bravo ! [interjection] 101 102 103 104 105 106 Ça. 2. le lavabo ! (Ah ! [interjection+] Qu’il est beau ! [exclamation]) Qu’il est laid. T’aurais-pas cent balles ? [« Prêtez-moi 100 francs. Valeur argumentative : orientation vers le négatif (Il fait beau maintenant [→sortir]. Cas particulier : les questions appel de confirmation (N’est-ce pas que Jacques est gentil ?/ Jacques est gentil. 2. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées ou des énoncés attribués . non ?). Pouvez-vous me passer le sel ? [« Passez-moi le sel. « une attitude affective du sujet parlant à l’égard de l’état de chose évoqué par son énoncé » (Riegel. et la portée cognitive (selon l’opposition cognitif/ affectif). le plus souvent. CONSEIL : QUESTIONS. « Dites-moi l’heure qu’il est. Pellat & Rioul 2008 (1994): 387).4. question rhétorique (implique le contraire de ce qu’exprime sa forme grammaticale) : Es-tu parti pour Londres ? (→« Tu n’es pas parti pour Londres ») . L’exclamation exprime « un sentiment vif devant un événement » . relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses du monde . imbécile ! [interjection +exclamation] Ah [interjection+]. L’exclamation.3. de l’ordre de l’admiration98 ou du dégoût99. relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses désirable.2. ma bien-aimée ! [exclamation] Oh [interjection+]. Sperber et Wilson 1989: 347-348. N’es-tu pas là ? (→« Tu es là »). et. Qu’il est beau.3. le bidet ! (Pouah ! [interjection+] Qu’il est laid ! [exclamation]) 100 C’est parfait ! [exclamation] Tant mieux ! C’est cela (+ça) ! Ça va ! [exclamations brèves.2. de l’étonnement106 etc. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées désirables – cf.IRONIE : ASSERTION : DEMANDE. de la joie102 ou de la peur103. mais fera-t-il beau ce soir [→ne pas sortir]?). Valeurs dérivées :   question-requête : Avez-vous l’heure ? [Quelle heure est-il s’il vous plaît ?. s’il vous plaît »] .Dubois & Lagane 1997 (1973) : 161). de l’approbation100 ou de l’indignation101. EXCLAMATION : pensée qu'il représente . s’il vous plaît »]. bref. Sémantique (non vériconditionnelle) : fonction expressive (affectivité) vs fonction référentielle vs fonction d’appel (ou : directive)97. Noter que l’analyse générative-transformationnelle standard du Constituant interrogatif comme type obligatoire de phrase repose crucialement sur l’hypothèse de l’interprétation distincte des questions (pour le type interrogatif) et des ordres (pour le type impératif). voler un parapluie! 29 . une réaction affective du locuteur. intègre exclamation et interjection à une même catégorie : 97 98 99 Fonctions du langage. elle est là. La phrase exclamative. elle est déjà partie. s’il vous plaît »] . par exemple ! Ça alors ! [interjections] Ça alors ! [interjection +] Vous l’avez assommée. Cette approche.

soit en assimilant. Sa voiture est chez le garagiste. Dans le classement des actes de langage proposé dans Searle (1972 (1969)). elle est en réunion. de manière assez systématique. 2. n’est-ce pas ?. et qui expriment une attitude psychologique de l’ordre de la croyance (à l’instar des actes représentatifs. la critique. sur le mode de l’évidence). dans l’espace francophone. félicitation.3. Paris : Larousse. l’exclamation (ou plutôt : la forme moins que propositionnelle car incomplète de l’énoncé exclamatif) fournirait une interprétation de l’assertion du haut degré/ du degré extrême 107 L’interro-exclamatif y exprime alors. l’exclamation n’est pas mentionnée en tant que telle. B : Elle est déjà partie ?! A : Oui. se rallient à la même perspective : Exclamation = Assertion + « quelque chose en plus » (Antoine Culioli – théorie des opérations énonciatives108) Exclamation = Assertion du haut degré/ du degré extrême. par la ponctuation [?!] : Elle est déjà partie ?! (exclamation surajoutée à une vraie question appel d’information107) Elle est allée où ?! (exclamation surajoutée à une question-écho) Que ne le disiez-vous plus tôt ?! (exclamation surajoutée à une question rhétorique). Rapprochement (et opposition) dire QU-/ demander QULa forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase exclamative (graduelle) interprète une pensée qui est ellemême l’interprétation d’une pensée désirable (assigner une valeur à la variable liée par le mot exclamatif : pertinent pour l’interlocuteur/ assigner une valeur à la variable liée par le mot interrogatif : pertinent pour le locuteur). La question se pose de savoir comment l’interrogation (alternatives épistémiques polaires (OUI/NON) activées à la fois) survit alors à l’exclamation (qui n’en active par hypothèse qu’une seule. en second. pour l’interro-exclamatif. elle est partie plus tôt que prévu. et son attitude subjective. ni de l’interrogation – modalités avec lesquelles l’exclamation partage. de la possibilité et de l’éventualité): « exclamations brèves. Ce qui est remarquable dans cette analyse. 2. Approche cognitive : pragmatique inférentielle (Théorie de la pertinence). le cas échéant. tristesse (LAMENTATION).: Mais quand/ où a-t-elle bien pu partir ?!. l’état de non savoir préalable du locuteur (alternatives épistémiques ouvertes : ‘Elle est déjà partie’ (OUI)/ ‘Elle n’est pas encore partie’ (NON)). de l’ordre du regret que tel puisse être le cas. [réponse attendue/ espérée] Remarquer que. parfois envisagées en tant que classe grammaticale (Mauger 1968 : 382). mais aussi du doute. 30 . 2. Exclamation = Assertion emphatique (croyance + sentiment). du souhait ou du regret. à la fois. y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). de l’ordre de l’incrédulité face aux indices situationnels pointant vers la première de ces alternatives (OUI). parfois faites d’un simple cri. Les théories de l’énonciation.1.[réponse non préférée]/ Non. type optionnel ? (← type non exclusif de l’assertion. Langue Française n°22. Sous cette analyse. les interjections aux phrases exclamatives (« les interjections. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)…) –soit. comme modalité « de l’énoncé » (vs type de phrase). s’il s’agira d’une sorte de question appel de confirmation (comparable à Elle n’est pas encore partie. Syntaxe de la phrase exclamative:   type obligatoire ? (← contour prosodique propre) . et.1.1.2. mais en l’occurrence plutôt empreinte du regret (pour son départ précoce)/ souhait qu’elle ait été encore là (‘pourvu qu’elle ne soit pas partie !’) ou bien d’une question rhétorique au sens usuel . c’est que cognitif et affectif y sont réunis plutôt qu’opposés l’un à l’autre (à l’encontre de l’analyse traditionnelle en terme des fonctions du langage (fonction expressive). si l’interrogation totale à inversion du sujet (clitique) semble exclusive de ce cumul de valeurs modales. destinées à mettre en relief un sentiment ou un geste ». tel n’est pas le cas des questions QU. dont l’assertion).1. de l’ordre du souhait que ce soit plutôt l’autre alternative qui se réalise. Approches alternatives de l’exclamation. à côté non seulement de l’affirmation ou de la négation. remerciements…). le plus clair de ses marqueurs morphosyntaxiques (sinon prosodiques). … : A : La voiture de Marie n’est plus dans le parking. 108 CULIOLI. de l’ordre ou de la défense. cumul de valeurs modales explicitement consigné à l’écrit. dont la fonction est d’exprimer un sentiment plus ou moins vif.3. mais la description des actes EXPRESSIFS se laisse extrapoler à l’exclamation : ce sont des actes typiquement réalisés par des phrases exclamatives (excuse. si l’ajout de l’exclamation achève de convertir une question a priori non orientée en question orientée.3.- - soit en définissant d’emblée les interjections comme espèces d’exclamations (l’exclamation étant entendue. peuvent être assimilées à des phrases exclamatives » – Dubois & Lagane 1997 (1973) : 162). en notation : « croyance + y ». condoléances. augmentée d’un élément de l’ordre du sentiment (insatisfaction (PLAINTE). Antoine (1974) – «A propos des énoncés exclamatifs ». elle. de l’interrogation. Approche actionnelle : théorie des actes de langage.

le long de l’ouvrage. est appelée image d’univers. du discours direct et indirect. Variable selon les informations que le locuteur possède (connaissances acquises.3. Notions opérationnelles.3. Distinct de la notion d’univers de discours (=ensemble des circonstances dans lesquelles une proposition peut être dite vraie (circonstances décrites par des adverbiaux de phrase (sous l’Ancien Régime. à l’occasion. Robert (1987) – Langage et croyance.3. Il est possible que Pierre soit revenu évoque un monde où Pierre est revenu est une proposition vraie.3. tient pour vraies ou qu’il veut accréditer comme telles113. d’un univers de croyance qui n’est pas le sien ici-et-maintenant.fournit une interprétation de la réponse. quand l’avenir sera lui aussi devenu du passé. Notion opérationnelle pour l’analyse de :     des contextes opaques (Oedipe voulait épouser (vs épousa114) Jocaste/ *sa mère115) . Univers de croyance : l’ensemble indéfini des propositions que le locuteur. En termes de valeur de vérité relativisée aux univers de croyance et aux mondes possibles. Univers de croyance vs image d’univers : au lieu de conférer lui-même à une proposition une valeur de vérité. 2.1. ces mondes alternatifs ne diffèrent de m0 que par une proposition ou par un ensemble de propositions qui s’y trouvent non vérifiées (conception temporelle du POSSIBLE). faits mémorisés : la même phrase. Le « monde des attentes » : chaîne privilégiée ayant toutes les chances de se réaliser (parmi le champ infini des possibles ouverts en t0). c’est dire qu’il épousa sa mère (même si Œdipe ignorait l’identité référentielle /Jocaste = sa mère/). Ne sachant pas que la femme appelée Jocaste était également sa mère. dans le discours (du locuteur). le contexte est transparent : dire qu’Œdipe épousa Jocaste. aura des contenus plus ou moins précis). Indéfini : parce que toutes ces propositions ne sont pas explicitées (propositions latentes tenues pour respectivement vraies ou fausses). que l’auteur emploie le terme. le locuteur peut situer cette proposition dans quelque univers qu’il évoque. 2. Si Pierre avait réussi laisse entendre que Pierre n’a pas réussi. au moment où il s’exprime. dans le texte comme m barré. Mondes potentiels (m): ne contiennent aucune proposition contradictoire avec celles de m0 (mondes qui présentent comme vrai ou comme faux ce qui apparaît dans m0 comme possiblement vrai ou comme possiblement faux110). sa réussite étant évoquée dans un monde contrefactuel (¯m – je n’arrive pas à « dessiner » la barre sur la lettre !!!). U’’…) : l’ensemble de propositions que tient pour vraies celui dont le locuteur rapporte les dires. Mondes possibles : (1) totalité inconditionnée de faits non contradictoires (le monde actuel = un monde possible parmi une infinité d’autres : extension infinie du POSSIBLE. Uil est-il censé noter « l’univers de croyance de il » (table des abréviations et des symboles). de l’emploi des temps et des modes. Approche vériconditionnelle de l’exclamation (théorie des univers de croyance – Martin 1987109). 114 115 Avec le passé simple (sans verbe modal désidératif). Images d’univers : notion qui ‘couvre toutes les modalités épistémiques’ (p.1. Bruxelles : Mardaga. (2) l’ensemble des mondes alternatifs du monde m0 de ce qui est .1. La représentation. 20)  Hétéro-univers (U’. la pensée ou la croyance (« l’énonciateur ») . Les univers de croyance dans la théorie sémantique. Génèrent des hétéro-univers : 109 110 111 112 113 MARTIN. Mais il est évident. p) ou fournies par le co(n)texte interprétatif)). Mondes contrefactuels (―m111): contiennent au moins une proposition contradictoire avec celles de m0 (et donnent donc pour vraie une proposition admise dans m0 comme fausse112). L’un seulement des mondes possibles deviendra « le monde de ce qui est ».correspondante – de même que la (forme moins que propositionnelle car incomplète de la) question QU. 31 . dans son acception la plus large (la plus naturelle aussi) de terme complexe s’appliquant à tout sujet de conscience : ainsi. Noté. de l’usage de certains adverbes. POSSIBLE intemporel) . énoncée par des locuteurs différents. ou bien l’univers du locuteur en un temps autre que t0 (le temps de l’énonciation).

d’indices linguistiques (tel l’accord). Emplois particuliers (avec diverses valeurs de style) : on = ‘je’ (On fait ce qu’on peut). ‘vous’ (Alors. mais projette un hétéro-univers de la ‘voix publique’119. … : Il est certain que p – énoncés à pronom sujet impersonnel (explétif il). penser…) et les verbes de parole (dire que.    à une personne autre que je. À distinguer des propositions fausses qui ne sauraient être vraies en t0 (car étant le fruit de la seule imagination du locuteur : Si Napoléon était au pouvoir… (prononcée en 2011)). au vraisemblable. je vous avais dit que p… le conditionnel dit de l’information incertaine (de distanciation – n. quoique fausses en t0. le participe passé du verbe. Jamais pourtant avec ce que Martin 1987 appelle image d’un « univers anonyme ». on fait l’intéressant ?). elle. …) : on est certaine/ certains de ce que l’on avance. n’est-ce pas ?) il s’agira de l’hétéro-univers d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours (l’interlocuteur. Commentaire : Cette analyse ignore l’apport sémantique de la forme verbale (traits de temps-aspect-mode (TAM)). et commande un accord du verbe au singulier : Quand on veut. exposant participant d’une stratégie allocutive. et qui définissent des mondes esentiellement contrefactuels. le locuteur assume cette certitude autant – sinon plus – que lorsqu’il dit je crois que p. Comment d’ailleurs exprimer la distinction entre il est certain que p et on est certain que p (forme personnelle à sémantique vague qui préserve elle aussi le caractère (référentiellement) anonyme du sujet modal. Remarque : Dans toutes ces interprétations marquées. à la première personne du singulier (je). éventuellement. ou l’interlocuteur et/ou un (des) tiers). toutes les autres étant ‘hors ligne’. Notation en usage : 116 117 118 119 Sorte d’image d’univers ‘en ligne’. Image (en ligne) d’un univers ‘anonyme’ (modalisateur épistémique renvoyant anonymement au certain. demander si…) . je m’imaginais que p. je sais que p) ? J’avoue ne pas saisir la portée pragmatique exacte de cette distinction. Anti-univers (―U) : l’ensemble des propositions qui. Rappel : on est un pronom de troisième personne qui désigne toujours des humains (= ‘n’importe qui’. mon petit/ ma petite fleur/ mes petits. En l’absence de tout renvoi à quelque autre énonciateur (à la faveur de la construction impersonnelle). on = ‘tu’. Ex. ‘tout le monde’.n. auraient pu être vraies (=que l’on imagine être vraies). : Si Pierre avait réussi (Pierre n’a pas réussi ∈ Uje. la langue familière accepte l’accord référentiel avec le sujet visé pour l’adjectif attribut. Comparer à Je crois que p Comparer à Paul croit que p. Si – selon interprétations ‘marquées’ de on – la référence du pronom personnel [+humain] à sémantique référentielle vague se laisse dévoiler discursivement (en présence. une description de l’univers actuel du locuteur (à l’instar d’énoncés épistémiques à sujet modal je du type de je trouve certain que p. C’est là un indice à proprement parler linguistique de la sémantique ‘déviante’ du pronom. les traits TAM exprimeront (par défaut : seul sujet de conscience d’accessible dans le contexte énonciatif/ interprétatif) le degré d’adhésion du locuteur actuel. 120 Comparer : En résumé. ne s’emploie qu’en tant que sujet. 32 . à moins que on ne désigne le locuteur lui-même ou le locuteur lui-même et un (des) tiers : auquel cas nous serons présentés avec une image (en ligne) de l’univers de croyance (du locuteur). puisqu’en disant il est certain que p (vs on est certain que p : hétéro-univers de la ‘voix publique’ si ce n’est d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours). les verbes d’attitude propositionnelle (croire. Cf. je sais que p). ou autre118) serait complètement dépourvue de marquage linguistique). Pierre a réussi ∈ ―U). ‘les gens’).).   Image de l’univers de croyance116 (description de l’univers actuel du locuteur : Je crois que p. à la vérité de la proposition posée comme certaine. Je sais que p). Dubois & Lagane 1997 (1973) : 90-91). il est bien certain que p. d’où sans doute l’idée que la prise en charge par un énonciateur spécifique (locuteur actuel117. ou textuels (co-texte intra-phrastique: apostrophe. les verbes d’attitude propositionnelle (ou de parole) à un temps autre que le présent (de l’indicatif) : je pensais alors que p. pour vous. donc l’ensemble des propositions vraies dans des mondes accidentellement contrefactuels. on = ‘nous (moi +d’autres)’ – accord de l’attribut du sujet ou du participe passé avec le sujet réellement visé : On est arrivés en retard). à moins d’accepter que la construction impersonnelle véhicule. toutes choses égales par ailleurs120. on peut. jamais toutefois pour le verbe porteur de l’information de temps et de personne. je crois que p. au codage linguistique (grammatical) de la prise en charge par le locuteur actuel (ici: présent de l’indicatif).

3. Uon (univers ‘anonyme’ [ ?] – s’agirait-il de la voix publique [comme dans les dictons et autres proverbes] ?).1. Classement des phrases exclamatives (Martin 1987 : chap. de comparaison (comme). Formants qui se rattachent directement au composant « p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo » (formes qui assertent p ou évoquent p (même quand elles interrogent non-p): 2. quant à la valeur de vérité de la proposition elle était là. Tours non tronqués : Vous pensez si elle était là ! Pensez si elle était là ! (« bien sûr qu’elle était là ») Malgré la forme d’interrogation indirecte.7) & réalisateurs.1. l’effacement de la proposition racine : l’interrogation est attribuée à quelqu’un d’autre. non ?. combien…. interrogative rhétorique (question oui/non à réponse orientée) ou interrogative indirecte en si + INTONATION .Ui (univers d’un locuteur donné à l’instant i)/ Ui+k (univers d’un locuteur donné à l’instant i+k)/ Uje (univers du locuteur (actuel)). car se heurtant à l’évidence des faits.p vérifié jusque dans les cas extrêmes (parcours des possibles : mondes potentiels m (relevant de l’univers de croyance U)) / fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) Exclamation graduelle Forme interrogative (inversion du sujet clitique.1. (sauf stipulation). Qui exprime l’ignorance du locuteur. si. pas vrai ? exclues !] Mais enfin. vous pensez si (à la différence de vous savez si123) est confiné à l’exclamation. Autres constructions :  [exclamation non graduelle & emphase par extraction du constituant focalisé (phrase clivée) : C’est maintenant que tu le dis ! C’est René qui a été surpris ! (GM : 405). Si elle était là ! Si elle est là ! Noter la troncation. 2. n’était-il pas présent quand la décision a été prise ! Comparer à la question inversive correspondante (une question à réponse orientée): N’était-il pas présent quand la décision a été prise ? (= il était présent quand la décision a été prise. 2.2./ Elle n’a pas été invitée.3. 121 122 123 Exemples de l’op.3.2. non graduelle Forme assertive. et négative à une question affirmative (Le vois-tu là ?). U’je (univers du locuteur en un temps autre que t0).) Comparer à l’assertion (enchaînement en discours homogène): {Nous ne l’attendions pas. combien de… .2. d’indéfinition.p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo (univers de croyance U)/ fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’: contradictoire avec l’univers actuel du locuteur) évidence dans l’univers de croyance (du locuteur) U . 2.2. n’est-ce pas ?) Qui ne l’accepterait ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Qui ne l’accepterait ? (= « n’importe qui l’accepterait. [structure de phrase assertive] Mais elle est là ! (en réponse et s’opposant à une assertion de l’interlocuteur : Marie ne viendra pas. mécanismes de pseudosubordination que/ ce que). de consécution (si/ tellement + adj/ adv & ellipse de la subordonnée consécutive).3.2. [structure de question rhétorique (équivalent fonctionnel d’une assertion.cit. 33 .1.} mais elle est là. Selon l’inversion de polarités : réponse affirmative à une question négative (N’est-elle pas charmante ?). quel….3. Comparer à la question indirecte oui/non correspondante : Vous vous demandez [maintenant] si elle était là [alors]. U’ (image d’univers) .1.3.3. Uil (univers de de il). tout le monde l’accepterait ») Comment est-ce possible ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Comment est-ce possible ? (= « ce n’est pas possible ») →exclamation contradictoire : le réel contredit les attentes du locuteur. qu’est-ce que). Exclamation non graduelle121 2.2.2. diverses (autres) procédures d’effacement +INTONATION 2. du fait du caractère fortement orienté de la réponse122) – formes finissant en n’est-ce pas ?.1.3. la mise en doute interrogative est présentée comme injustifiée.

indirectes (si dubitatif)] Ces formes « suggèrent » (je dirais plutôt. 34 . que p est de fait vrai dans tous les cas.2.3.1. en tant que juge : écart quantitatif en intensité de la propriété : noter les données prosodiques distinctes de la phrase interrogative correspondante127] [questions qu.2. Exclamation graduelle Pré-requis : prédicats désignant des propriétés sujettes à gradation. où p est déjà négatif) vrai dans un monde contrefactuel) [Subjonctif de protestation]: Moi.2. elle. [formes interrogatives : questions qu.2.3. cela ne me ferait rien » (→infinitif de souhait)). Octave !125 (…) tu as un pied de rouge sur les joues ! (Musset. renoncer à mon projet ! (« je ne vais pas renoncer … »).3. apud GM : 407).3.3. 2. Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) » 2. cit. [Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’ ) »] 2. l’intonation exclamative indiquera.1. Comparer : Est-elle charmante ! / ???Est-elle ingénieur ! Est-elle grande ! /*Est-elle grande de 1m85 ! *Que ce triangle est isocèle ! 2.1.2. [formes interrogatives : questions oui/non directes (inversion simple du sujet clitique).& ellipse de la copule : construction de fait exclusive de l’interrogation ] Quelle fille charmante ! (*Quelle fille charmante ?) 124 125 126 127 Interjection. je ne m’en lasse jamais ! (GM : 406) [exclamation non graduelle renforcée par apostrophe et/ou interjections] : Quoi !124 cette nuit ne finira donc pas ! (Bernanos. même dans le cas où on pourrait le supposer être faux (cas extrême).   Et [sujet] qui ne [Verbe] pas ! « ajout d’un argument négatif » : Et Tristan qui n’est pas là ! (GM : 406) [exclamation non graduelle & emphase par dislocation du Topique] : La grammaire. [Formes sémantiquement liées au contrefactuel – formes qui évoquent non-p] : Même Pierre est venu ! (« Pierre n’est pas venu » est vrai dans plusieurs mondes contrefactuels : sa venue est étonnante en t0) Il est déjà là ! (=on s’attendait à ce qu’il ne fût pas encore là) S’il avait réussi ! (« Pierre n’a pas réussi » est vrai pour le locuteur) Dommage que tu ne sois pas avec nous ! (« Tu es avec nous » (=non-p. 24)126) . que je fasse une si pauvre chère ! (« je ne ferai pas… ») [Infinitif d’exclamation]: Moi. Ce qui revient à reformuler en termes de mondes possibles la sémantique des questions fermées OUI/NON. p est faux dans au moins un monde possible » (de son univers de croyance – op. Apostrophe. [écart en intensité de la propriété] Quel juge a été désigné ! [→bien mauvais.3..3. [Formants qui se rattachent au composant « parcours des possibles »] 2.1.3.directes (portée sur le syntagme nominal dans son entier exclue . Est-elle charmante ! Si elle est charmante ! 2.1.3. il n’ya pas d’exclamation qui corresponde à une QAI ouverte (interrogation partielle) telle : Qui a été désigné comme juge ? #Qui a été désigné comme juge !).3. Quel juge a été désigné ? (accent focal sur quel. de la qualité de juge). descente sur juge)/ Quel juge a été désigné ! : départ bas sur quel.3.2. p.1. ici : connotent) la fausseté de p dans au moins un monde possible (comme il en va en général des questions fermées (interrogations totales : « le locuteur ignore si p si et seulement si. héron. GM : 406). Voir Naples et mourir ! (« Si je voyais Naples je pourrais bien mourir.3. 2. signification des exclamatives morphosyntaxiquement semblables aux interrogatives partielles : écart quantitatif en nombre ou écart en intensité de la propriété)] 2.3. montée de la courbe intonatoire sur le même mot. à ses yeux.3.1.2. montée de la courbe mélodique sur juge (le prédicat quantifié quant à l’intensité de la propriété : ici.

C’est-à-dire : qui suspend la valeur de vérité : dans une subordonnée (Je crois que Marie est charmante). op. du moins 128 129 Op. ‘combien’) (vs conjS). où que2 n’est plus appositif.2. et reproduisant ainsi. ce ne sont ni plus ni moins que des évolutions diachroniques. signifiant « comme ». En général. que n’êtes-vous ici ? (Hugo. chap.3. ni de que p (par troncations successives) – cf. 107. « … » … (énumération des bouquins écrits (titres) : référence à des particuliers) & glissement d’une lecture qualitative (d’identification : énumération de particuliers) à une lecture quantitative (nombre de(s) particuliers (énumérés)132. le rapport à l’interrogation n’est plus directement pertinent en synchronie: la phrase exclamative comporte un ouvreur d’alternatives épistémiques à proprement parler exclamatif (spécialisé pour l’exclamation) – ainsi qu’il est aisé de le prouver : *Qu’est-ce qu’elle est belle ? (avec l’interprétation visée ici pour que : « à quel point » vs « pourquoi »130) . 35 . en synchronie. la solution la plus simple. nous en rapprocherons plutôt la forme des questions appel d’information à complément de relation telle Qu’est-ce qu’il a écrit(.2. tantôt (et c’est là je crois l’option correcte) on pose ce rapport. qu’est-ce que p ! n’est pas à l’origine de ce que p. provoquant le parcours des possibles] cela est. mais relatif ( ??« que cela est. Comparer : Quelle fille fatigante ! /*__________fatiguée ! Quelle fille maladive ! /*_________ malade ! Qu1’est-ce qu2’elle est charmante ! Selon Martin 1987. également analysées dans la référence commentée en termes de pseudo-subordination. (les données diachroniques s’y opposeraient : qu’est-ce que p ! attesté le plus tard). mais grammatical. Principe d’épistémologie qui privilégie. Contre-argument à l’analyse en termes de subordination : l’inversion du sujet clitique !!! Qu’elle est belle ! *qu’est-elle belle ! (subordination) Qu’est-ce qu’elle est belle ! (phrase racine) Nous adopterons ici l’analyse plus directe selon laquelle que1 est un adverbe intensificateur QU. 1992) et de Martin (1987). en matière de recherche scientifique. à savoir que [que2 appositif] p (= (qu’) elle est charmante) ».1. comparer à À quel point est-elle belle ? insolite sémantiquement si ce n’est pragmatiquement (À quel point est-elle intelligente ? c’est bien mieux comme acceptabilité). Le tour serait glosé à: « Que [que1 suspensif129. 2. 2007).Condition nécessaire : propriété « attachée de manière durable » au sujet (définition d’une « classe de référence »)128. [écart quantitatif en nombre] Quant aux phrases exclamatives en Qu’est-ce que… à sémantique de quantification d’objets (que2 relatif). analyse conforme à l’avis des dictionnaires de langue.) comme bouquins ? – à réponses visées non du type de : Il a écrit des romans (spécification de l’espèce de bouquins (prédication sortale)) mais du type de : Il a écrit les romans suivants : « … ». postuler des ‘opérations énonciatives’ trop étoffées en amont de ce qui se laisse effectivement observer (lien entre opérations sous-jacentes et formes observées rétabli à coup de troncations) participe d’une politique assez douteuse : comment en effet traiter les troncations requises – en ligne. note 22. Rob.. à l’instar des tours Ce qu’elle est charmante ! Qu’elle est charmante !. C’est là une analyse sémantique de type ‘what you see is what you get’ qui n’exige plus d’implicite laborieux (rasoir d’Occam131). Glose bien plus difficile (moins naturelle) pour : Qu’est-ce qu’il a écrit comme bouquins ! [quantification d’objets vs intensité de propriété]. Cela vaut (plus ou moins) de l’ensemble des analyses de Culioli (1974. P. en termes de simple proximité formelle superficielle (rapport homonymique des constructions). 131 132 Le rapport à l’interrogation invoqué dans la référence citée en termes assez ambigus : tantôt on allègue une sorte de ‘source’ d’ordre interrogatif (approche informellement transformationnelle). L’auteur met en garde cependant que. en français. « combien ») : dérivé du que interrogatif « pourquoi ». malgré l’apparente relation de parenté formelle entre qu’est-ce que P !/ ce que P !/ que P !.(‘à quel point’. une évolution sémantique déjà réalisée en latin pour quid (étymon de que interrogatif « pourquoi »).7. il faudrait y voir des ellipses (avec tout ce que cela comporte de restrictions en syntaxe et sémantique grammaticale) . Sous cette analyse.3. hors ligne.cit. il s’agirait au contraire d’une pseudo-subordination.Mais ce rapprochement n’est lui-même pas entendu comme pertinent en synchronie. p. le que initial (en termes génératifs : complément(is)eur) suspend la valeur de vérité de la proposition : c’est par le truchement de la principale que la subordonnée peut se voir assigner une valeur de vérité). cit. Diachronie (étymologie de que adverbe exclamatif intensificateur. apud Nouv. ce qu’il a écrit comme bouquins »). 130 Olivier et Roland.

le prédicat est vérifié] Elle est si charmante ! Comparer à l’assertion correspondante non tronquée : Elle est si charmante que vous allez l’épouser.3.3. [exclamation graduelle renforcée par apostrophe et/ ou interjections & forme (surtout) interlocutive 136: pseudo-subordination (voir 2.3.3. Ouvreur d’alternatives épistémiques à statut de quantifieur (déterminant quantitatif : beaucoup de. [indéfinition – à compléments/ qualificatifs possibles seulement suggérés : tous ces compléments (parcours des possibles) vérifient ce qui est dit] Elle a un (de ces) charme(s) ! Elle portait un chapeau (un de ces chapeaux) ! C’est d’un pénible ! 2. peu de…) – que de spécialisé pour l’exclamation #Qu’il y a des gens dans la rue ! 2.4.3. assez de. Mécanisme postulé par Culioli 1974 (schémas circulaire de repérage). Combien de films ont été censurés ! Combien de courage a-t-il fallu ! Que de trésors éclos en mon absence! (Colette. 2. à la fois avec l’interrogation et avec l’exclamation. introduisant une proposition en apposition à ce (selon l’auteur. [comparaison – sans comparant spécifié : mot qu. dans ces contextes (=quantification d’objets).5. on aurait présupposé que x est exemplairement P . que fonctionne comme relatif.à l’origine interrogatif. apud GM : 406) Comparer : Fou que tu es ! [-gradation sur un prédicat par ailleurs gradable]/ Que tu es fou ! [+gradation] 133 134 135 136 Grammaire méthodique… GM : 404. apud GM133 : 404).2. directement (« combien ») – compatible.2.3. dont ce est l’antécédent.3. : comparant spécifié distinct du comparé). belle comme Vénus. 2. [consécution – sans conséquence spécifiée : quelle que soit la conséquence.3.6.3.3. 2.3.pas au sens fort (qui consisterait à voir dans l’exclamative une transformée de l’interrogation correspondante). Que1 doit être analysé en synchronie en termes d’ouvreur d’alternatives épistémiques portant sur le nombre. etc.3. ?Folle qu’elle est !/ OK Qu’elle est folle ! 36 .2.2.2.2. dans cette logique.2. [tours elliptiques définis : contre-exemple apparent .7. comparer une jeune femme à ellemême pour ce qui est du charme « conduit à la conclusion qu’elle est exemplairement » charmante (propriété quantifiée dans l’exemple donné). lui.3. résidu d’un cela)] Ce qu’il a écrit comme bouquins ! (*Qu’il a écrit comme bouquins !: preuve (selon R. Martin) du fait que. du point de vue de la propriété P (quelle que soit cette propriété). parcours des possibles présupposé] Le charme ! Le chapeau ! Ce charme ! Ce chapeau ! Dérivation postulée : Elle a un chapeau (indéfinition déclenchant le parcours des possibles déterminations (compléments))→ Le chapeau qu’elle a ! → Le/ Ce chapeau ! 2. et non comme conjonction de subordination). supra) à extraction du prédicat susceptible de gradation (Topicalisation-focus)] : Octave ! [apostrophe] ô [interjection] fou que tu es ! (Musset. spécialisé dans l’exclamation134] Comme elle est charmante ! Comme elle s’exprime bien ! Analysé dans Martin 1987 en termes d’auto-repérage135 : [elle est charmante] comme elle est charmante + ellipse de la phrase racine.2. Interprétation : si on l’avait comparée à x (laide comme un pou. [pseudo-subordination : que suspend la valeur de vérité et déclenche le parcours des possibles] Qu’elle est charmante ! Ce qu’elle est charmante ! [quantification sur l’intensité d’une propriété : que = conjonction de subordination.

Au sens des Aspects… la hiérarchie informationnelle d’une phrase énoncée participe d’une « fonction d’emphase » au sens large dépourvue de contribution sémantico-logique (=contribution propositionnelle. donc à nouveau : dé-topicalisation du sujet. ou indication de force illocutionnaire). …) : C’est PAUL qui est arrivé le premier. 37 . voilà… que. dans cette version du modèle. Syntaxiquement parlant. mais non redoublée d’une topicalisation de l’objet → phrases « thétiques »). tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe Mircea) – où les capitales marquent l’accentuation focale). car n’affectant pas le ‘contenu informationnel du message’. comme des fonctions définies (exclusivement) au niveau des structures superficielles. C’est À PAUL que je voudrais parler. 137 Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. focalisation&clivage138) .3. ou à clivage rarement employé. descriptive. en particulier dans les langues dépourvues de tours présentatifs susceptibles d’instancier des structures phrastiques à clivage. défini en termes fonctionnels relatifs à la base de a grammaire (constituant syntagmatique responsable de la génération de la structure profonde) – Chomsky 1965 : 221. Cela en légitimera le traitement transformationnel (vs basique): le topique et le commentaire sont envisagés. Voilà TROIS JOURS qu’il est parti. note 32. Pour la distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). impersonnel (disparition du thème (ou : topique). 138 Mise en vedette du foyer d’information nouvelle par un présentatif (c’est… qui/que. les modalités de message ressortissent. il est déjà parti pour Paris. par opposition au couple sujet/ prédicat. Les modalités du message L’interprétation des modalités dites ‘de message’ concerne de manière cruciale la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). aux types de phrase facultatifs : • • • emphase (topicalisation137 . passif (dé-topicalisation du participant agissant au procès & topicalisation du participant non agissant) . comme nous l’avons déjà évoqué dans le chapitre introductif.

information considérée par le locuteur comme devant être intégrée par l’auditeur parmi ses informations pragmatiques en toute priorité (Dik 1997:326). position ex-situ : le terme focalisé se trouve à l’initiale de la phrase. même rôle sémantique): Je n’ai pas acheté mon chapeau à Londres. J’ai acheté mon chapeau à Paris.-à-d. - position canonique (in-situ) : le terme focalisé garde sa place ‘de base’ (position à légitimation sémantique propositionnelle vs fonctionnelle) . en français. en règle générale par un ensemble de moyens phonologiques (comme l’accent. la réponse à une question QU.3. mais [je l’ai acheté] à Paris. c’est la possibilité de substitution d’une autre option à l’option actuellement en focus). c. L’entité en focus et la partie non-focalisée. Constructions in-situ à opérateur de focalisation restrictif (par ‘exclusion d’addition’ vs ‘exclusion de substitution’) : J’achète mes chapeaux seulement à Paris139. Un élément est choisi dans l’ensemble des alternatives contextuelles possibles. la phrase phonologique). Comment tu le trouves ? Un ‘accent noyau’ dans une position autre que celle prédite par la règle indiquerait un focus expressif ou contrastif : Jai acheté mon chapeau à Paris (non ma jupe) ! Constructions in-situ et focus de contraste (constructions corrélatives. 3. et non à Londres. mais à Paris. Focus : l’information relativement la plus importante ou saillante dans la situation de communication donnée. sont séparées par une pause ainsi que. à focus symétriques – même fonction grammaticale. cet élément se trouve en contraste avec les autres options (ce qui est exclu. La position de l’argument focalisé dans la partie présupposée (non-focalisée) de la construction n’est pas comblée. Grammaire fonctionnelle : catégories Focus et Topique. lexicaux (comme les particules sensibles au focus (=opérateurs de focalisation) : seulement) et syntaxiques (comme la position du terme focalisé). En même temps.1. L’élément en question est marqué comme celui – à l’exclusion de toutes les autres alternatives – pour lequel la prédication vaut (parcours exhaustif des possibles). Négation restrictive: Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris J’ai acheté seulement mon chapeau à Paris. J’ai acheté mon chapeau non pas à Londres. parcours non exhaustif) : Où avez-vous acheté votre chapeau ? -J’ai acheté mon chapeau à Paris.1. 38 . - constructions in-situ : focus d’information. Il s’agit de la partie de l’énoncé qui représente une information nouvelle (nouvelle pour l’auditeur) non-présupposée. Ces constructions exhibent des traits sémantico-pragmatiques différents (interprétation des termes focalisés. le ton. en français (comme en anglais) : membres de phrase les plus à droite (derniers à être prononcés) : J’ai acheté mon chapeau à Paris. Le marquage grammatical du focus est réalisé. 139 Variante restrictive : Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris. le cas échéant.(nombre illimité d’alternatives épistémiques ouvertes. si bien qu’il reste une lacune (analysée en grammaire générative (version « standard étendue » : « théorie du gouvernement et du liage ») comme trace de l’élément déplacé en tête de phrase). par d’autres caractéristiques phonologiques (prosodie). - constructions ex-situ : focus d’identification (ou : de contraste). Position d’accent de phrase déterminée par la syntaxe (‘règle d’accent noyau’ – Chomsky 1971).1. Typiquement. C’est à Paris que j’ai acheté mon chapeau. par des procédés différents. la prédication. Typiquement. interprétation de la construction entière). C’est là une différence essentielle par rapport aux constructions de topique.

à la position casuelle (fonction sujet). Noter que l’emploi du terme « lié » est ici informel. par contre. le topique. un cas de topique détaché lié. non lié: Paul. possiblement. les clitiques redoublent.1. à la différence de descriptions nominales plus fournies ou de pronoms démonstratifs. Noter que selon certains auteurs. le frère de l’interlocuteur est (ledit) Paul) – bref. 3. toute anaphore nominale (fût-elle ad hoc). lié141: Paul. Cadre spatial: Sur le pont d’Avignon on danse (vs Le pont d’Avignon. qui se trouve en position périphérique (détachée).2. dans les constructions à topique détaché.   l’élément connu : amalgame entre statut informatif et accessibilité cognitive . « à-propos ») – le topique chez Lambrecht (1994) et chez Dik (1997). les pronoms personnels clitiques ne seraient jamais des Topiques. la notion de cadre : Chafe (1976). Paul. je n’ai toujours pas de ←ses nouvelles illustrera.  signalent ce sur quoi porte le segment en tête duquel ils sont détachés. ou : ton frère (si. Topique détaché (non intégré). 141 142 Au sens de Sophie Prévost (Prévost 2003). on ←y danse: topique 140 Ou : celui-ci. Topique intégré : Tu as des nouvelles de Paul ?/ – Oui. Dans le même logique.  indexe(raie)nt non seulement la proposition à l’initiale de laquelle ils se trouvent. Topique détaché (non intégré). le caractère plus ou moins informatif étant formulé en termes de degré de dynamisme communicatif . un certain nombre de propositions subséquentes. 39 . nécessairement tonique.Négation restrictive: Je n’ai acheté que mon chapeau à Paris.  repérage s’appliquant à l’état de choses (fait exprimé par l’énoncé ou l’énonciation) auquel réfère la phrase (adverbiaux) . Topiques: Fonction de repérage: Cadres (de discours – Charolles 1997):  repérage s’appliquant aux participants à la prédication principale (arguments) . Paul m’a téléphoné hier) ferait l’affaire. du fait que. Topique : ce dont on parle (« aboutness ». dans la situation d’énonciation donné. conditionné à la c-commande du « lié » par le « lieur »). ←il m’a téléphoné hier. je n’ai toujours pas de nouvelles142. lui. l’élément peu informatif : le thème dans les travaux développés par l’école de Prague. y compris la répétition du syntagme nominal d’origine (en l’occurrence : Oui. nous mentionnerons les suivantes (perspective informationnelle et/ ou cognitive):   le point de départ psychologique et/ou positionnel : le thème chez Halliday (1994) . puis par Firbas (1992). Parmi les définitions (concurrentes) les plus fréquentes dans la littérature. mais aussi. descriptif (à ne pas confondre avec la notion technique générativiste de liage. ←il140 m’a téléphoné hier.

ou du XVIIe siècle (vie des autres catégories sociales…) on peut considérer que ce sont « la nuit » ou « le XVIIe siècle » qui ont un statut de topique. Topicalisation régressive: syntagme topicalisé détaché à droite (postposé). Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. Topicalisation: opération (syntaxique) de déplacement en tête de phrase (frontalisation) ou bien: à l’une des frontières de la phrase (extraposition – à gauche/ à droite. Ce qui ne les empêche pas d’assurer en même temps une fonction de cadrage (…) par rapport aux événements qui les caractérisent. Cela dit. ←il m’a téléphoné hier. mais la négation (Pe PAUL îl caut. ceux-ci constitueront le topique principal de l’énoncé. Suite linéaire non respectueuse du principe d’iconicité. Topicalisation progressive: syntagme topicalisé antéposé (liant le clitique in-situ) dépourvu de marques casuelles. l’accent focal frappe. À distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). Si le locuteur poursuit son discours sur les chats. avec ou sans détachement144). en l’absence de qualification. Une extraposition vient en sus des positions argumentales et/ou casuelles canoniques y associées (dont sont respectivement justiciables le rôle sémantique et la fonction syntaxique des syntagmes).détaché lié143) Cadre temporel: La nuit. vols de voitures. Topicalisation/ Focalisation: stratégies discursives de construction du Topique et respectivement du Focus (à contreparties syntaxique et phonologique (réalisateurs). seront appelées topicalisations aussi bien le déplacement en tête de phrase/ à l’une des frontières de la phrase du constituant voué à interprétation fonctionnelle de topique que celui du constituant voué à interprétation fonctionnelle de focus:   Topicalisation-Topique (+extraposition. Suite linéaire respectueuse du principe d’iconicité (ce qui est connu/ donné est énoncé d’abord). je←lui ai légué ma montre en or. annoncé par le clitique argumental et pourvu de marques casuelles. rencontres étranges…). vouées à interprétation fonctionnelle discursive actionnelle et/ou informationnelle (positions qui interviennent dans la réalisation syntaxique des modalités d’énonciation et de message). tous les chats sont gris. En revanche s’il se lance dans une énumération des événements caractéristiques de la nuit (agressions. souvent. dans le second conjoint. il est déjà parti pour Paris. Dans cette acception. Sont des extrapositions les positions de périphérie gauche. neutralisée discursivement quant à la distinction fonctionelle (=interprétative) Topique/ Focus. Paul. -détachement). Cadre thématique: Quant à Paul. Au 17e siècle. 145 En cas d’explicitation de l’alternative rejetée (phrase complexe construite par juxtaposition). Dans la littérature on parle aussi bien de position détachée (que ce soit par clivage ou par des moyens prosodiques (pause-virgule)) et de syntagmes détachés (qui en arrivent à occuper de telles positions. Tout dépend de la suite du texte. je n’ai toujours pas de (ses) nouvelles. ou sur la condition paysanne. en surface)). Paris. on y danse… » ? Cadre lié ?! Pause-virgule. ainsi que fonctionnelle (interprétation)). la condition paysanne était rude. 40 . non pas le membre de phrase à statut syntaxico-sémantique symétrique. on y dans. à Paris. 143 144 Que faire alors du refrain de la vieille chanson « Sur le pont d’Avignon. j’←y vais tous les ans. tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe MIRCEA) – où les capitales marquent l’accentuation focale145). +détachement) Topicalisation-Focus (+extraposition. NU pe Mircea). Paul. J’y→ vais tous les ans. actualisée en particulier dans les langues dépourvues de structures phrastiques à clivage. ou à clivage rarement employé. le terme de topicalisation sera entendu dans ce qui suit au sens de « topicalisation-Topique ».

champs.) Subject and Topic. Berlin. Cambridge: Cambridge University Press. à partir des années 1995.). en français. N. en général148 déplacé depuis la région référentielle de la phrase. la périphérie gauche bénéficiera. Luigi (1997) – « The Fine Structure of Left Periphery ». Grammaire générative : analyse fine de la périphérie gauche. 25-55. Une position C externe indicateur de Force (assertive. Li (éd.2. definiteness. C) interviennent crucialement tant dans le codage grammatical des modalités d’énonciation que dans celui des modalités de message. à/ de/ e147+ infinitif. Lambrecht Knud (1994) – Information structure and sentence form: Topic. d’une analyse « fine ». contrastiveness. que+ indicatif. pp. tête dont les positions de spécification (Spec. Université de Nancy-2.fr/siteACFT/Documents/CharollesAdverbFoncClass4111. Si dit dubitatif serait inséré en syntaxe directement à la position Focus (adjoint incorporé à la tête focus°). 41 . Syntagme formé de la tête Topique°. catégorie sans réalisation phonologique dans les phrases racines (tête phonologiquement vide) . London. Initialement (théorie standard étendue) appréhendée comme catégorie fonctionnelle « complémenteur » (ou : « complémentiseur »). Arnold. qui distingue non pas une.). Charolles Michel (1997) – L’encadrement du discours : univers. in C. and the mental representations of discourse referents. 1994) – An introduction to Functionnal Grammar. mais quatre catégories (positions) fonctionnelles distinctes. Dordrecht: Kluwer. New York. de Gruyter. notée « C ». Halliday Michael Alexander Kirkwood (1985. la tête Focus prenant le syntagme Complémenteur interne pour complément. que+subjonctif. et un autre syntagme XP. Cambridge. 281-337. dans ce qui sera désormais appelé le « domaine » Complément(is)eur : - Une position C interne. qui rappelle le caractère fini (tensé) ou non fini (non tensé) de la phrase. subjects. 2e éd. du complément de cette tête (Focus-P). Academic Press. in L Haegeman (ed. topics and point of view ».lattice. Elements of Grammar. sélectionnant un TP ou un IP : c’est là une dernière position de redondance morphologique . interrogative etc. Focus. Cahiers de Recherche Linguistique 6. 1-73. domaines et espaces.Je lui→ ai légué ma montre en or. dans le cadre de l’approche cartographique (école générativiste italienne). dans les subordonnées complétives (ou relatives) .pdf. (1976) – « Givenness. Morphème à réalisation phonologique zéro (la notation e venant de l’anglais empty (= vide)). en principal à la faveur des contributions de Luigi Rizzi : Nous nous référerons dans ce chapitre à la première version de cette analyse (Rizzi 1995 (1997146)). Bibliographie minimale : Chafe Wallace L. Firbas Jan (1992) – Functionnal Sentence Perspective in written and spoken communication. la tête Force° prenant un Topique-P149 pour complément : toute phrase sera donc un cas de ‘Force-P’. Une position de Focus. Dik Simon Cornelis (1997) – The theory of functionnal Grammar. et d’un spécifieur (éventuellement déplacé depuis la région référentielle de la phrase). - - - Ces catégories/ positions permettent une meilleure analyse syntaxique des types de phrases obligatoires aussi (par exemple.ens. des phrases interrogatives à inversion complexe). à Paul. Charolles Michel (2002) – « Les adverbiaux cadratifs : fonction et classification ». Cambridge University Press. 3. 146 147 148 149 Rizzi. et supérieure(s) au Focus) . pour spécifieur . Des positions de Topique optionnelles et itérables (entre C interne et Focus. http://www.

le VP comme ‘sujet de prédication’. La sémantique étoffée du syntagme prépositionnel ou adverbial ŕ Spec. 42 . La GGT standard analyse en termes d’emphase les constructions à topique détaché (non-intégré) et les constructions à Focus ex-situ. La focalisation in-situ n’est pas analysée comme un cas d’emphase. le focus ex-situ est typiquement instancié dans des phrases clivées.Force QU-P Force +Interr Foc tQU -P Foc Foc Top DPi Top Top +fini Oů [+fini] = ‘∀[+Temps]’ [+ i {REVEN(IR)+Futur 3pl} +fini] fin TP Oů : [ T P tlesétudiants [T’ t{REVEN(IR)+Futur3pl} [FP tquand [F’ F [VP tREVEN(IR) tlesétudiants ]]]]] Oů F = catégorie fonctionnelle de prédication optionnelle ŕ sémantique vague (ici : [+Repčre temporel]). et qui prend le VP pour complément. Quand les étudiants reviendront-ils ? 3.3. cet Adverbial (un PP ou un AdvP) sélectionne.F est en relation hyponymique ŕ la sémantique catégorielle de F . L’analyse syntaxique de ces constructions concerne la périphérie gauche de la phrase. en tant que prédicat sémantique. En français. spécifiée par un PP/ AdvP complément non sélectionné par le verbe. L’emphase. lui. par l’intermédiaire de F.

En français. 152 J’ai été eue = « j’ai été trompée » (fig. avait été..4. Bucarest : Ed. lire qq. Introduction. …) n’ont pas de ‘conjugaison passive’. …) : *Sa vie est vécue (par Jean). néanmoins on dit bien: Manger du porc est interdit aux Musulmans (= Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc). où le passif était une forme synthétique : on distinguait entre ama-nt (=ils aiment)/ ama-ntur (=ils sont aimés). Verbes modaux + infinitif153 : Marie peut marcher/ *Marcher est pu par Marie. et en dépit de l’absence d’article. 150 Tel n’était pas le cas en latin..4. Je doutais que cette traite fût avalisée par un banquier suisse..1.1. dormir le sommeil du juste. était. : « il est dominé par… »).… . aura été. sera. faire allusion à (qq ch). faire autorité (= être reconnu comme une autorité (dans un certain domaine) »).4. Allusion a été faite à cet épisode malheureux dans l’allocution du Président. et respectivement Je me flatte de bien parler l’allemand/ Je m’en flatte. de+inf. penser à qqn/ qq. ch. Claude (2005) – « Diathèses et voix en français ».ch. Verbes à COD interne (pleurer des larmes de joie. …). Vous serez pardonnés). venir de qq. 151 Les grammaires anciennes parlaient de : ‘genre’ ou de ‘signification’ du verbe pour désigner l’opposition entre « action » et « passion » (Muller. sont assez régulièrement rébarbatives au passif. ch./ *Ce livre est eu par Marie. +COInd : donner qqc. écrire qq. parler à qqn. Confirmation expresse nous en a été donnée par courrier du 15 courant. Je doutais que cette traite eût été avalisée par mon banquier suisse. ainsi que l’atteste la pronominalisation en le. Actes du XIe séminaire de Didactique Universitaire (Constanta 2004. 3. à l’instar des intransitifs (inergatifs : danser. peuvent être mis au passif : Ordre formel a été donné aux soldats d’attaquer à l’aube. s’il avait eu vent de la situation obérée de son tireur. de qqch). Sois (Soyez) félicité(e. appelée par les grammairiens français (à partir du XVIIIème siècle) ‘voix’151 et réalisée à l’aide de l’auxiliaire être + verbe au participe passé (accordé avec le sujet grammatical) : La traite est (a été. etc.3. En français. inaccusatifs : aller qq. ama-ba-nt (=ils aimaient)/ ama-ba-ntur (=ils étaient aimés). eut (vite) été. Notons également que. bien qu’ils correspondent à des verbes (ordonner. va être. les verbes transitifs indirects (parler de qq. À de rares exceptions près. donc des verbes qui ont un complément d’objet direct. s) ! Soyons bien entendu(e)s là-dessus ! La traite étant (ayant été) avalisée. part. tenir tête à (= « résister à »). dans les constructions actives correspondantes. vient d’être. donner confirmation (à qqn. nager.. … La traite doit être (avoir été) dûment avalisée. dans : Interaction entre sémantique et pragmatique. 43 . confirmer. à qqn). 1. et des verbes à COD qui ne sont jamais mis au passif : - Avoir. Morphologie passive. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier avant que notre banque n’engage aussi sa signature.. fut. 153 Les constructions V+ CODinf. ASE. a eu été. ACLIF). part.. ch.) Il est possédé du Démon Il est possédé par la jalousie (fig. peuvent « être mis au passif » (conjugaison passive vs conjugaison active) des verbes transitifs directs (+COD : ouvrir qq. *Le sommeil du juste est dormi… Expressions figées : casser sa pipe (= « mourir »). Comparer : Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc/ Le Coran l’interdit aux Musulmans. Boire du café m’a été vivement déconseillé par mon médecin (= Mon médecin m’a vivement déconseillé de boire du café). partir qq. contribuer à qq. comme en roumain. … Des tours tels donner ordre (aux soldats. d’attaquer à l’aube). Seules les formes perfectives de passif étaient analytiques (parfait passif = esse (au présent de l’indicatif) + participe parfait passif accordé en genre et en nombre avec le sujet (amati sunt (= ils ont été aimés))). serait. 3. posséder (dans leur acception première152) : Marie a un livre. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier suisse pour que notre banque engage aussi sa signature. pardonner à : Vos ordres ont été obéis. part.ch. 73-95). n’est pas un COInd mais un COD du verbe recteur. Cette corrélation n’est cela dit pas parfaite : il existe des verbes sans COD qui peuvent être mis au passif (les transitifs indirects (dés)obéir à. vivre sa vie. le passif est une forme analytique du verbe 150. Université Ovidius. ch. casser la croûte (= « manger »). suggérer). aurait été) avalisée par un banquier suisse. …)) et des verbes di-transitifs (+COD. Le passif.

Classe syntaxique du verbe ↓ Transitif direct. peser (une tonne). faire (= »mesurer ») deux mètres de long. 3.- Verbes à faux COD :  Complément de mesure : valoir (une fortune). 3. Il existe des énoncés qui ne sont attestés qu’au passif : Nul n’est censé155 ignorer la loi. Cette bagnole a été vendue à un ami (*par moi). Ce professeur était aimé de tous les étudiants. en français contemporain.2. apud Muller 2005 : 76). puisque censé est analysé comme vrai adjectif.… : *Une fortune est value (par ce tableau) Complément de temps : dormir la nuit. marcher (deux kilomètres).4.2. Il existe des phrases actives sans correspondant passif exhaustif (complément d’agent exclu) : les phrases actives à sujet pronom personnel clitique. P. (Pourtant elle n’a obtenu qu’un tiers du financement sollicité). Limites de la corrélation construction active/ construction passive. Contre-exemple apparent.   3. dans les phrases passives. Comparer : J’ai vendu cette bagnole à un ami. travailler le jour (= »pendant… ») Courir (le cerf. (Pourtant il a été rejeté par le Ministère). par les lexicographes (Nouv. les jupons (= « courir après ». DE…) Verbe au participe passé (≠ été) Verbe ETRE auxiliaire de voix Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) Complément d’agent Votre société a déposé le meilleur projet. Rob.2. 2007).2. (Wilmet 2003 : §581. Expression du complément d’agent.4. mesurer (trois mètres). Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet ON (+humain. « chaser en leurcourant après »). Construction passive vs construction active154. 44 . Le meilleur projet a été proposé par votre société. Le complément d’agent est largement optionnel. sans que le sens verbal (passif d’action ou du procès ne s’en trouve affecté) : Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés par un seul représentant ? Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés en un mois ? 154 155 Voix au sens de Muller 2005. 1. le sanglier . Tous les étudiants aimaient ce professeur. A l’impossible nul n’est tenu.1. ditransitif Voix ↓ Entité qui agit (Agent) Evénement dénoté Ancrage temporel Entité qui subit (Patient) Complément d’objet direct Sujet ←Rôles et valeurs sémantiques ←Réalisateurs syntaxiques active passive Sujet Complément prépositionnel (PAR…. courir (deux kilomètres). 1.1. On a vendu ces livres en trois semaines. coûter (la peau des fesse).4. -défini) Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive sans agent Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) ________ Pas de complément d’agent Ces livres ont été vendus en trois semaines.

Ces détails sont souvent ignorés par nos dirigeants (verbe de connaissance assimilé à un verbe d’action). DE + SN Par + SN (1) verbes d’action (et y assimilés) : Il fut appelé par le prof. Choix de la préposition. Le pays a été submergé par l’ennemi. P. être respecté de. (2’) Verbes d’action à agent abstrait (sans article ou à article indéfini) : être frappé d’étonnement. de honte). être suivi de…) : La réunion fut précédée d’une allocution du président/ *La réunion fut précédée. en place par votre (1’) verbes de sentiment et de connaissance : être aimé de. Ces licenciements ont été entraînés par la perte de plusieurs contrats importants. Cet arbre a été frappé par la foudre. (2) Verbes d’action à agent concret (référence définie) Le voleur fut saisi par la Police. et employer par : saisi par une émotion irrésistible. être saisi de peur. 45 . Le prof a été frappé d’étonnement. être estimé de. En fin de compte. tous ces licenciements auront été déterminés. être adoré de. être compris de… Il est aimé de tous. dans ce cas-ci également.Complément d’agent obligatoire (exceptions) : (1) (2) verbes d’accompagnement (être précédé de…. être accablé de soucis (+ de remords. (sens étymologique : verbe d’action). … ./ *Le chasseur est suivi. Le diamant a malheureusement été étonné (= fêlé) par le jeune apprenti. verbe psy assimilé à un verbe d’action : le passage à la figure n’est pas toujours accompagné d’un changement de la préposition à : DE). Le chasseur est suivi de ses chiens. être entraîné par…) : Cette hausse des prix a été causée par une fiscalité oppressive/ *Cette hausse des prix a été causée. (+ de stupeur). Il n’est pas compris de tous. 2007). pour cause de livraisons défectueuses/ *Ces licenciements ont été entraînés. on peut dans certains contextes envisager l’agent abstrait comme une sorte d’agent concret. par une curiosité violente. Ce mécanisme ingénieux a été conçu (+ imaginé) par un simple contremaître (verbe psy assimilé à un verbe d’action : noter le rapprochement sémantique du verbe créer (être créé par…)). être méprisé de. Le public était trop ému par la scène pour applaudir. être déterminé par…./ *En fin de compte. être apprécié de. Elle est touchée de votre sympathie (emploi figuré : verbe de sentiment) 156 Mais. être submergé de pressentiments (+ de travail)… L’enfant fut saisi de peur. Ce projet a été mis département. tous ces licenciements auront été déterminés par l’arrêté ministériel qui nous oblige à étaler les amortissement sur 25 ans : nos équipements battent de l’aile et nos technologies sont dépassées. J’ai été accablée d’injures [complément de moyen !] par la foule déchaînée. Rob. verbes exprimant la cause (être causé par…. Il fut saisi d’une peur panique156. apud Nouv. Les touristes ont été étonnés par la beauté de ces sites historiques (sens dérivé. Elle a été touchée par une balle (sens propre : verbe d’action). par un souvenir tout-puissant (Gobineau. être haï de. MAIS : Je suis impressionnée par la beauté de ces sites.

passé] [sujet] ? (3’) Verbes d’accompagnement dénotant une situation habituelle : Le chasseur est suivi de ses chiens. Le rideau est orné de fanfreluches. Passif d’action (passif du procès) vs passif d’état (passif du résultat). envisagée dans son unicité : La petite fille est suivie par un clébard à l’air féroce. en trois minutes etc. Exemples : La villa du P-DG est entourée par des jardins à l’anglaise. La réunion fut précédée d’une allocution du président. les verbes d’activité (+pendant…). Critères sémantico-syntaxiques (tests distributionnels) 1a. être ressenti… Exemples : L’enfant malade est caressé pendant quelques minutes afin qu’il s’endorme. Les cimes étaient couvertes par le manteau étincelant des neiges éternelles. être câliné. Nos employés étaient submergés de travail (3) Verbes d’accompagnement dénotant une action intentionnelle. mais comme des verbes d’activité ou de procès : être caressé. tuer… Exemple : Napoléon faisait le bilan de la bataille : deux mille soldats français* étaient tués (ETAT ! OK morts : copule+adj)/ OK avaient été tués : ACTION !) Tout autre intervalle de temps ferait l’affaire (en trois jours. le passif n’étant pas processuel (et donc pas agentif). être secoué (au sens propre) abattre. Aussitôt après les rideaux sont tirés) + (La porte est fermée lentement.4.J’étais submergé d’étranges pressentiments . assassiner. (4’) verbes d’état dont le participe passé a (ou : acquiert) une valeur adjective (constructions attributives): complément instrumentaux plutôt que vrais compléments d’agent. Le criminel sera accompagné par nos gendarmes jusqu’à la frontière. 3. + LENTEMENT. être écouté. des verbes d’accomplissement ou des verbes d’achèvement (+en…). pourtant. nous avons là des compléments instrumentaux plutôt que de vrais compléments d’agent. au sens de Vendler 1967. être secoué . La rue est bordée d’arbres. Exemples : Mon jardin est entouré de haies.). guillotiner. être entendu. être cajolé. Ce test discrimine les procès (+pendant…) des événements (+en…) . exécuter. VITE (manière : déroulement dans le temps) + (Puis le phare est éteint. être vu. … Ce tapis était mangé aux mites. L’étrange phénomène a été vu pendant quelques minutes.3. + EN … heures158 (durée : limites atteintes) 1b. Le texte est lu __ 157 Verbes qui n’expriment jamais en français. Question : PAR QUOI EST [part. PEU À PEU. être cajolé. au passif. décapiter. au passif. être câliné. pendre. 46 .au sens de Vikner 1985 . non habituelle. fusiller. Question : COMMENT EST [sujet] ? Complément d’agent en à (passif du résultat): être rongé aux mites/ aux rats. Elle était accompagnée par un jeune homme hirsute (4) verbes d’état dont le participe passé garde entière sa valeur verbale : résultat d’une action antérieure (passif du résultat). Elle était accompagnée de son mari. PROGRESSIVEMENT. le résultat (l’état) : a) b) 158 159 être caressé.1. + PUIS/ ENSUITE/ AUSSITÔT APRÈS (succession d’événements) 3. être regardé. La terre est couverte de neige. Le plancher était rongé aux rats. Aussi n’y-a-t-il rien d’étonnant à ce qu’un tas de verbes qui acceptent pendant… ne se comportent-ils pas. La salle est peu à peu vidée. + PENDANT … heures (durée : intervalle ouvert) Action (procès)157 + (Ces établissements ont été fermés en quelques heures) __ État (résultat) __ + (Ces établissements ont été fermés pendant quelques heures)159 __ 2.2. comme des verbes d’état. être mangé aux vers.

être réalisé par… Ces verbes expriment. être fait par. Vous constaterez que le bordereau de livraison est en effet émargé par votre représentant. + complément d’agent exclusif de l’auxiliaire être à une forme perfective composée ou au passé simple rapidement. être approuvé par.4. Ce paysage était manifestement peint par un maître flamand du XVIIème siècle. être écrit par. être avalisé par. être paraphé par. / Les actes sont dûment signés par les deux parties (résultat). Cet arrangement floral est visiblement réalisé par un maître de l’ikebana. + (Le texte est lu attentivement. être peint par. Comparer : Les actes sont ensuite signés par les deux parties (action). être biffé par. L’ordre est obéi à contrecœur. être avisé favorablement/ défavorablement par. seulement à autres paramètres égaux. À CONTRE-CŒUR (manière : caractère intentionnel de l’action) 5a. être accepté par [en parlant d’un effet de commerce ou d’un papier adinistratif]. La maison est progressivement repeinte). 5b. Le bordereau est émargé par notre représentant)160.) __ __ +(Le contrat d’achat est (était) paraphé par Julien Vasco Nous nous sommes aperçus du premier coup d’œil que l’acceptation était biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. Nous avons constaté que ces demandes étaient effectivement approuvées par l’ANPE. + complément d’agent sans restrictions quant à la forme de l’auxiliaire (en particulier si aux formes interdites pour la lecture résultative) +(Le contrat d’achat a(vait) été paraphé par Julien Vasco __ 160 Les verbes susceptibles d’emplois au passif d’état ou du résultat à vrai complément d’agent sont des verbes dénotant des actions telles que le fait que l’état résulte de l’action de X plutôt que de celle de Y ou de Z est pertinent (dans la pratique). même en présence d’un complément d’agent. et directement visible à partir du (dans le) résultat de cette action : il s’ensuit que l’entité qui subit l’action (ou qui en résulte) est nécessairement une chose concrète. 47 . le résultat (l’état) si être est à une forme non perfective simple. Cette pétition était manifestement écrite par un illettré. +ATTENTIVEMENT. un objet sur lequel l’agent aura laissé son empreinte : être signé par. être émargé par.

donc pas d’import sémantique des transformations) – cf.3. dans les phrases actives correspondantes. sur celle de la négation (type optionnel ou : forme de phrase. et commandant l’accord en nombre et en personne du verbe porteur de traits de temps (L’étudiant3sg ouvre3sg la porte/ Les étudiants3pl ouvrent3pl la porte). Nous avons constaté que ces demandes avaient été effectivement approuvées par l’ANPE. + déjà (verbe être à une forme simple non perfective) 6b. Sujet : SN à Cas Nominatif assigné par l’inflexion [+Temps]. + déjà (verbe être à une forme composée perfective) 7. et relevant du propos (rhème)) ainsi que par la dé-topicalisation-rhématisation de l’argument agissant (réalisé. + (La traite est (était) déjà avalisée) __ __ 3. SN complément direct (=sans préposition) du verbe. en position initiale. toutes choses égales par ailleurs. Cet arrangement floral a été réalisé par un maître de l’ikebana. dans les phrases actives correspondantes. note 3.4.3]. 1. dans Aspects… . seulement du point de vue syntaxique (vs sémantique) : le passif serait lui aussi introduit par un marqueur dès la structure profonde. Structure profonde d’une phrase passive (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. comme le passif). 48 . Le passif comme modalité de message161. qui commandera ainsi une transformation obligatoire. 6a. L’analyse du passif est explicitement alignée. XVI) : Σ→ Const + P Const→ Affir + Passif Passif → Aux 161 162 163 être + SP passif Diathèse au sens de Muller 2005. à l’instar des marqueurs de force illocutionnaire. comme objet grammatical162. toutes choses égales par ailleurs. Ce paysage a été peint par un maître flamand du XVIIème siècle. Visée théorique : éliminer les transformations facultatives autres que l’inversion stylistique. À cet égard. __ + (La traite a (+ avait) déjà été avalisée). Le bordereau fut émargé par votre représentant). + VENIR DE + inf. Chomsky 1971 (1965) : 181 [chap. les modalités dites de message concernent toutes la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). ainsi que sur celle des phrases interrogatives et impératives (types obligatoires). Mais le passif continuera à être envisagé comme phénomène syntaxique sans retombées interprétatives sémantico-logiques. le passif se caractérise par la topicalisatio-thématisation de l’argument subissant (réalisé. à l’instar de l’emphase : l’introduction précoce du marqueur de passif n’y est donc pas envisagée comme régie par le même principe que l’introduction dans la base de la grammaire des marqueurs de force illocutionnaires ou de négation (pour la mémoire : pas d’interprétation sémantique des structures superficielles. et l’accord en nombre et en gendre du participe passé des verbes conjugués aux temps perfectifs composés avec l’auxiliaire être (PaulMsg est entréMsg en classe/ MarieFsg est entréeFsg en classe) ainsi que de l’adjectif attribut du sujet (MarieFsg est intelligente Fsg). du point de vue interprétatif (=sémantique au sens large). à Cas Accusatif assigné par celui-ci. + (La traite vient d’être avalisée). Rappelons que. en position postverbale.Nous savons que l’acceptation avait été biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. comme sujet grammatical163 interprété comme thème). Nous avons constaté que le bordereau de livraison n’avait en effet été émargé par votre représentant.

comme en latin ou en roumain. lui. sous le noyau. *Deux tonnes sont pesées par la voiture/ b. L’introduction du morphème de passif est posée comme réalisée. Transformations postulées dans la version standard du modèle GGT (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. l’introduction du « marqueur de passif » en structure profonde n’est pas réalisée à la faveur d’une règle de réécriture qui place d’abord la ‘modalité’ en marge du noyau. pourvu qu’ils sous-catégorisent un complément de manière – le sujet de surface de la phrase passive n’étant pas alors. 2]. La voiture pesait deux tonnes/ b. en structure profonde.164 Cette analyse rend compte du fait que la passivation peut aussi concerner des verbes sans complément d’objet direct (à l’actif). *La voiture pesait deux tonnes lentement/ b. attentivement. de l’autre. développement des tests de notre main. dans le sens de génération des structures arborescentes). ce constituant adverbial n’est pas complètement étranger à la souscatégorisation par le verbe. d’une part. ces cas-là sont assez rares : Mes ordres seront obéis (comparer à : On obéira à mes ordres). dans la computation périphérique vers la Forme Phonologique. puisque certains verbes y sont rébarbatifs – ceux-là précisément qui s’avèrent rébarbatifs à la passivation (les verbes dits « moyens »). le groupe verbal est constitué du verbe. désormais vide. où il sera ‘traduit’ à un ‘cas [initiale minuscule !] morphologique’ –son réalisateur superficiel: - flexion nominale (affixe flexionnel. …) la lettre (lentement. Le Cas syntaxique doit être interprété (‘lu’) en morphologie flexionnelle. Tout en étant optionnel. La lettre fut pesée par Jean. à droite de Aux (cette transformation rendant compte de ce que le verbe être va porter les marques de temps de la phrase. (3) SN sujet se substitue à SN passif. sous le SP passif. Préalables théoriques. 2a. Jean pesa (lentement. XVI) : 3 déplacements à droite (= ‘descente’ dans l’arbre) : (1) Aux être sera déplacé de sous Const. il en va de même en français pour les pronoms personnels (clitiques). …). mis au participe passé). 3. le verbe conjugué V étant. un Objet direct du verbe – en français. Comparer : 1a. 2.Aux être → être [+V] + part passé [+aff] SP passif → Prép + SN passif +P Σ→ Affir + Aux être + Prép + SN passif + P Σ→ Affir + être [+V] + part passé [+aff + Prép + SN passif Maintenant : dans le texte même des Aspects… (Chomsky 1965 : 104-105). Cas syntaxiques et rôles sémantiques. dans la base (=structure profonde) à la faveur d’une règle de réécriture d’un adverbial de manière. attentivement. et rôle sémantique (thématique). L’analyse du passif sera remaniée en conséquence. Les versions plus récentes du modèle limiteront de manière très stricte les transformations entendues comme légitimes en syntaxe noyau (déplacements de droite à gauche et du bas vers le haut. Jean pesa la lettre. langues à flexion nominale riche (déclinaison) .4. (À cette étape. du SN sujet profond (préalablement déplacé sous SP passif (3). 1 déplacement à gauche (montée) : (4) SN objet profond se substituera à la position. Les versions ultérieures du modèle GG formuleront la distinction de principe entre Cas syntaxique. qui ont des 164 Exemples de base empruntés à Chomsky 1971 : 146 [chap. 3a. constituant du groupe verbal : Manière → par ∩ passif. du syntagme nominal objet direct et du SP passif ). 49 . (2) SP passif sera déplacé après l’objet direct du verbe (SN2) – en tant que constituant du GV.

on reprend. CAT : P /« (inter)relation ». explore les implications et tire les dernières conséquences de l’option théorique selon laquelle la « θ –grille » du prédicat est projetée en syntaxe. etc. Hale et Keyser 1993 formulent l’hypothèse que les rôles thématiques sont en fait des dérivés de relations syntaxiques (lexicales) – le caractère limité de l’inventaire des rôles-θ s’expliquant par l’inventaire fermé des catégories substantives et des relations structurales possibles. le. <But> (<Cible>)… La question se pose de savoir si oui ou non il y a lieu de distinguer matrice conceptuelle du verbe et grille de rôles thématiques. en sus de ses traits sémantiques purs (en marge de la matrice conceptuelle du verbe). 165 De fait. CAT : A / « état » (notation : s (state angl. V. Les rôles thématiques assignés par la tête verbale seraient ainsi spécifiés explicitement dans l’entrée lexicale du verbe. Les catégories substantives (N. reléguée aux distinctions/ sélections sémantiques fines. les catégories substantives (N. A. dans une perspective d’acquisition du langage (par l’enfant). que défendent Hale et Keyser 1993. non argumentales (rôles sémantiques sans contrepartie structurale et morphologique distincte). l’argument interne d’une tête substantive P (préposition) se voit assigner à la fois un Cas syntaxique et un rôle sémantique par cette préposition (ce pourquoi les PP peuvent ne pas être sélectionnés par le verbe.- formes de nominatif (je/ tu/ il. Hale & Keiser 1993 : approche configurationnelle aux rôles thématiques (vs liste de rôles). en (ablatif))) . le rôle thématique est encore appelé rôle-θ (lisez : têta). la notion d’ « événement dynamique » est redondante (les événements (vs situations) étant entendus. tout prédicat sémantique ayant des arguments obligatoires en syntaxe est censé se voir associer de tels rôles dès l’entrée lexicale. sous forme de « liste » : grille thématique (appelée aussi θ -grille). les/leur (accusatif/ datif). L’approche configurationnelle à l’encodage lexical (vs à l’assignation) des rôles thématiques. ou bien préfixe casuel (préposition) : 4a. Un adjectif comme conforme (Ce clause contractuelle n’est pas conforme à la législation en vigueur) aura ainsi un argument <Thème> (le syntagme nominal dont il sera prédiqué : cette clause contractuelle). Grimshaw 1981 : la réalisation structurale canonique d’un objet physique est N. dans ce classement. dans le cadre générativiste chomskyen. la/ lui. <Source>. CAT : N / « n » (notation du type notionnel associé à la catégorie N – « quel qu’il soit. L’inventaire des rôles thématiques varie au gré des linguistes. J’y penserai (flexion)) Le rôle thématique est lexicalement associé. V. 167 Nous avons cité ici Hale et Keyser 1993. P) sont associées à des « types notionnels (ou : contenus notionnels) élémentaires »166 : CAT : V /« événement (ou peut-être événement dynamique) »167 (notation : e). Je penserai à ce que vous venez de me dire (préposition = simple préfixe casuel)/ b. elle/ nous/ vous/ ils. en général.)). mais. À partir du constat qu’à la fois les rôles thématiques possibles. En regard du classement sémantique des verbes de Vendler (1967). on parlera de <Causateur> (neutralisation de la distinction animé/ non animé. datif). 166 Cette notion est très proche de la CSR (Canonical Structural Realization) qu’introduit. de Pleine Interprétation et de Prédication. lui. nécessairement [+animé] <Force> : causateur non animé. au verbe en tant que prédicat sémantique165 : c’est un rôle sémantique ayant la particularité saillante de devoir être réalisé en syntaxe par un argument du verbe (syntagme nominal. et un argument <Repère> (à la législation en vigueur). par exemple. Du fait qu’il est assigné par une tête lexicale substantive (=douée de traits sémantiques purs). prépositionnel ou adverbial introduits en syntaxe en tant que compléments ou spécifieurs du verbe). l’inventaire des Cas sémantiques des grammaires casuelles (sémantique générative) : <Thème> (argument qui ne peut manquer : tout verbe en a un) : participant non agissant au procès. La sémantique lexicale du verbe serait par hypothèse (dès le lexique) configurationnelle (iconicité des représentations syntaxiques relativement aux représentations sémantiques ‘pures’). y (locatif). elles) distinctes de leurs formes obliques (me/te (accusatif. A. et l’expression configurationnelle des rôles-θ étant régie par les principes de Projection non ambiguë. <Instrument> Arguments locatifs : <Lieu>. celle d’une action est V. et fonctionner comme compléments de phrase : À Paris j’ai appris à jouer du pipeau). Hale et Keyser 1993 : 69). de fait » cf. De même. Plutôt que de distinguer <Agent> : participant agissant au procès. P) et les relations syntaxiques à une tête (Spec1 H /Compl1 H) définissent des inventaires fermés. comme dynamiques par définition). 50 . étoffées.

73). les prépositions ou par certains adjectifs). Parmi les Cas syntaxiques. Par exemple.Mêmes les verbes « superficiellement mono-morphémiques » sont lexicalement syntagmatiques (phrasal angl. (Hale et Keyser. Notons que nous nous éloignons ici de la lettre de Hale et Keyser 1993. l’étiquetage de la position vide est redondant en regard des principes de Pleine Interprétation. en vertu des principes de Pleine Interprétation et de Prédication. Chomsky 1995 (chap. <SOURCE> ou <LIEU>. dans la notation Chomsky 1995 : chap.4) reprend explicitement à son compte l’idée d’approche configurationnelle à l’expression/ interprétation des rôles thématiques. Hale et Keyser. et il n’y a pas de « rôles thématiques » si ce n’est en tant que relations lexicales exprimées par des projections non ambiguës et pleinement interprétées de catégories lexicales élémentaires ».. En matière de LRS. p. des positions de substitution – mais cette hypothèse a largement été abandonnée in Chomsky 1995: chap. qui suggèrent que cette position vide soit « étiquetée » d’entrée de jeu (comme il en allait. la distinction sémantique Agent /Force ne peut être faite en tant que distinction argumentale. et reviendrait en fait à récupérer l’hypothèse des sous-catégorisations (des relations de sélection-c) à expression lexicale directe. Cette structure.). Le patron de lexicalisation de tels verbes dérivés est appelé « conflation ». Cas inhérents : cas Obliques (assignés par les verbes. Du coup. 4). Ils sont assignés dans des configurations syntaxiques dérivées (à la faveur de transformations : structure-S (structure de surface)). interprétée n>(e→r). des « dénominaux »171 (donnée lexicale – cf. une configuration V NP (ou DP). 95. en syntaxe. dont certains. sont appelés inhérents. en ce sens qu’ils possèdent une structure qui est syntaxique. Hale et Keyser 1993 : 96). le glissement est fait d’une approche de la θ -théorie en tant que module indépendant ((partiellement) autonome) de la grammaire. Les verbes inergatifs sont des verbes transitifs cachés qui incorporent leur argument interne. pp. 51 . ou s’il veut plutôt dire que : la matrice conceptuelle du verbe consisterait dans un faisceau (liste) de traits. il n’y a aucun processus d’ « assignation de rôle thématique » distinct de la prédication. une configuration [VPNP[V’V PP]]. trad. exprimant la sélection d’arguments thématiques. interprétée (e→n) (un événement crée ou modifie une entité) exprime le rôle-θ interne <THÈME>. art. et sera introduite dans la dérivation s-syntaxique en tant que catégorie syntagmatique complexe (visibilité de la LRS en syntaxe-s et à l’interface LF) – cf. à une approche interprétative des rôles thématiques : à la notion d’assignation de rôle-θ se substitue celle d’expression des rôles–θ et donc d’interprétation argumentale (à l’interface de FL)168. mais cela émarge les visées de ce cours. interprétée comme (e1→e2) exprime le rôle argumental externe (n>(e1→e2)) de CAUSATEUR169 (Agent ou Force)170 . 168 « Il n’y a pas de mécanismes linguistiques spécifiques à la structure argumentale. certains ont surtout un effet sur la structure de surface (ordre des mots) : ces Cas sont appelés structuraux. dans l’approche TSE en général. p. exprime univoquement la « θ -grille » de celui-ci. cit. 93-94 – n. L’interprétation argumentale est l’interprétation des relations structurales lexicales du La LRS d’un verbe transitif V qui n’a qu’un seul argument interne sera : où e est une position vide à laquelle. Cas structuraux : Nominatif (assigné par T) et Accusatif (assigné par un verbe transitif). mais il n’est pas clair s’il étend cette hypothèse à la sémantique du verbe en général. ni les autres traits formels FF(CAT) ne sont directement pertinents) : une configuration V-VP (v-VP. assignés par une tête lexicale à son régime (argument sélectionné morphologiquement) dès la structure-D (structure profonde). seul un syntagme nominal pourra être fusionné (puisque V n’a pas de Spec). Quoi qu’il en soit. D’autres seront directement ‘traduits’ en Forme Logique à un rôle thématique : ces Cas. sujet d’un « prédicat de changement »). et un « rôle interrelationnel » <BUT>. exprime le rôle-θ <THÈME> (= sujet de l’interrelation que [CAT : P] exprime. L’entrée lexicale du verbe est en fait sa LRS. auraient une contrepartie configurationnelle obligée. art. cit. 170 171 Dans l’hypothèse configurationnelle. [vP v [VP V e]] La LRS du verbe est interprétée en termes des configurations instanciées et des « contenus notionnels élémentaires » associés aux traits catégoriels (ni les TSPs (traits sémantiques purs) des items. idem. verbe. satisfaisant les conditions de Projection non ambiguë et de Pleine Interprétation (cf.4). la structure relationnelle lexicale du verbe (sa LRS). dans la dernière version de la GGT chomskyenne (programme minimaliste toujours – dérivation par phases). les rôles thématiques et la structure argumentale qui les porte/ exprime constituent le noyau dur de la structure profonde de la phrase (structure-D) : la proposition minimale (entité sémantico-logique) endeçà de l’ancrage temporel (=relations de prédication essentielle).) 169 La philosophie du « verbe léger » est loin d’être la même.

en syntaxe) sera-t-il satisfait ? Une solution consistante avec la modélisation de la GG reviendra alors à envisager le verbe V comme au demeurant sous-déterminé (les TSP du verbe coderaient pour le résultat de l’action). on doit y ajouter la simple relation de l’action en cours : « il y a action de manger » » (art. de façon incrémentielle. Angelika (1996) – « Severing the external argument from its verb”. 109-137. Telle a été aussi l’analyse GGT standard. auprès du VP . ce qui en motivera le déplacement à la position d’assignation casuelle Spec. y compris la représentation d’actions en cours. comme cas marqué. 172 173 Pylkkänen. en dépit des modifications de saillance relative des arguments qui correspondent aux participants agissant et subissant du procès. Le passif perd un argument (l’argument le plus saillant de l’actif) : - absorption de l’argument externe du verbe transitif. Données empiriques en faveur de cette analyse : même en l’absence d’un AGENT lexicalisé. éventuellement en syntaxe. par la morphologie passive (l’argument n’est pas vraiment rayé de la grille thématique du verbe. mais une sorte de PRO à référence arbitraire). et. mais pouvant. England : MIT Press. Si la réanalyse ne concerne que les structures syntaxiques. c’est comment le verbe pourrait avoir la même sémantique causative. par extension.v. Cinque). et obtenir compositionnellement.T (position de sujet).. Kratzer. comment le principe de projection (des propriétés lexicales du verbe. comme le complément interne du verbe passif ne reçoit plus de Cas Structural du verbe (privé. Question corrélative : quel est le patron exact de cette perte de saillance de l’agent ? Si réanalyse sémantique il y a. Phrase structure and the lexicon. le syntagme verbal devrait être configurationnellement identique à l’occurrence active. Le passif dit agentif (passif d’action ou du procès) étant censé préserver la représentation de l’action. dans certains cas même devant être lexicalisé en tant que Complément prépositionnel . Sous la lecture littérale. Les phrases impersonnelles. In Johan Rooryck and Laurie Zaring. cit. à argument externe introduit auprès d’une tête légère de causation. une configuration transitive(-causative). Dans les termes de Muller 2005 : « Pour une phrase active comme Pierre mange le gâteau. Cambidge Masachussetts. Les verbes causatifs (et. qui introduit le complément d’agent (=Causateur) en tant que prédicat optionnel. 79-80). ne pouvant plus être lexicalisé comme sujet. le verbe perd l’aptitude à assigner le Cas structural Accusatif à son argument interne. au niveau de la tête V. bien que la sémantique de causation et donc la configuration v-VP subsisterait – ce qui ne laisse pas d’avoir l’air contradictoire). corrélativement. 3. Dordrecht: Kluwer. au passif.5. 52 . Sous cette analyse. il y a en quelque sorte deux propositions enchâssées l’une dans l’autre « Pierre fait en sorte que le gâteau devient mangé ». éventuellement intégrée dans une structure de prédication optionnelle agentive (« FP » = CAUSE (DE). cas de figure neutre. cela reviendrait à postuler une catégorie vide à cette position thématique (et non pas une simple position de substitution. et V-é le participe passé du verbe substantif.3. non marqué. et d’une structure de causation. eds. mais il perd de sa saillance. A intégrer maintenant les suggestions de la référence citée (analyse qui résout en syntaxe la dérivation du passif à partir d’une même tête verbale que celle qui projette la LRS active (causative). C’est dans ce sens qu’il faut entendre la sémantique de la configuration v-VP selon l’approche configurationnelle au codage des rôles thématiques (Hale & Keyser 1993). arbitraire : Son portefeuille a été volé implicite un (quelconque) voleur – cf. ce rôle reste accessible (à référence certes indéfinie.v serait vide (ce qui. ou l’actif qui en gagne un (pour les verbes transitifs directs en particulier) ? L’analyse traditionnelle dérive le passif. Ce qui est peu clair (pour moi) dans cette analyse. la position de Spec. à la modélisation de Hale & Keyser 1993. Liina (2008) – Introducing Arguments. il devra en acquérir un auprès de T. sous la lecture forte. voudrait dire qu’il n’y aurait pas de Spec. Hirschbühler & Labelle 1992 (1994) : 209-211).3. London. qui reprend à cet égard l’argument de Kratzer 1996173. dans certaines phrases. l’l’hypothèse peut être formulée selon laquelle c’est plutôt l’actif qui est construit. et si on veut être complet. Révision de l’analyse syntaxique du passif.dans la veine des analyses cartographiques de G. une configuration passive simple VP.4. Cela étant. chez qui le verbe léger est explicitement envisagé comme catégorie fonctionnelle de voix). et dans d’autres. il faudrait bien postuler une nouvelle entrée lexicale. tous les transitifs) se laissent en effet analyser comme un cas de ‘Y fait en sorte que X devient V-é’ où V note informellement la racine verbale.. de son aptitude à assigner l’Accusatif). de l’actif. à partir du passif. représentée par le verbe léger (dans l’esprit de Pylkkänen 2008172 : 6-7. Première question : est-ce le passif qui perd un argument. à l’impossibilité d’insérer un argument externe épelé près.

présenter un nouvel état de chose (il court de drôles de bruits. C. transitifs directs : Il mange chaque jour une centaine de personnes dans cette cantine/ Voix active : Une centaine de personnes mange chaque jour dans cette cantine. et la lecture générique est un cas d’interprétation catégorique (à sujet thématique) vs thétique. pas à l’intérieur ». se retrouve dans le champ de l’assertion. Types de verbes : a. Conséquence logico-sémantique (interprétative) : phrase « thétique ». Paris : L’Harmatan. Phrase thétique : ■ ■ Sert à : rapporter un événement (il est arrivé plusieurs accidents). c. les prédicats qui ne se prêtent pas à l’interprétation [+propriété] (comparer : *Des enfants étaient intelligents dans la cour. Mécanisme fonctionnel allégué : dé-topicalisation du sujet. intransitifs : d. n’étant pas lié au contexte (vs L’amphi était pour le moment vide. les formes verbales qui barrent l’interprétation générique sur le sujet (imparfait et forme progressive vs présent) : Un enfant joue dans la cour est toujours susceptible de lecture générique du type de « un enfant. ou introduire un nouveau référent (il en sort du pétrole). la présence d’un localisateur spatial (en gras dans les exemples donnés). ←ils [sujet référentiel. ça doit jouer dans la cour. évitant ainsi la topicalisation du sujet » (Muller 2005 : 80). il règne un silence de mort). existence de l’action verbale même]. sauf lecture partitive (elle-même conditionnée à un contexte contrastif. le sujet nominal ne réfère pas de façon indépendante.  Cf. (1997) – « Classes de prédicats. *Un enfant était intelligent dans la cour). d’habitude) : Des (= « certains des ») enfants étaient en train de jouer. y compris l’argument sujet. patient-action verbale. ■ Toutes les phrases impersonnelles sont thétiques. défini contextuellement : les étudiants de la fac à l’amphi précédemment introduit dans le discours] allaient arriver d’un moment à l’autre) ni anaphorique (vs Il est arrivé trois étudiants . 2. toutes les phrases thétiques ne sont pas impersonnelles : Des enfants étaient en train de jouer dans la cour. anaphorique] avaient l’air désemparés). en l’absence duquel les phrases sont peu acceptables. Dobrovie-Sorin. caractère focal (rhématique) de toutes les expressions argumentales de la phrase. di-transitifs : #__ transitifs indirects : # __. ■ Est dépourvue de présuppositions : la proposition dans son ensemble.5. inergatifs : #__ inaccusatifs : Il est arrivé trois nouveaux étudiants. Construction assez rare en français.1. Construction : 1. 53 . b. d’autres dormaient. Le référent du terme sujet (si le sujet est un argument nominal : il est arrivé trois étudiants) est traité comme étant une partie intégrante de la situation désignée par la proposition dans son entier . à sujet thématique qui réfère de façon indépendante). Un enfant était en train de jouer dans la cour. l’impersonnel met au premier plan l’action verbale sans autre modification. « À partir des mêmes relations prototypiques [définies pour l’appréhension des phrases catégoriques à verbe actif transitif : agent-action verbale. noter :    le sujet indéfini (Les enfants étaient en train de jouer dans la cour est une phrase catégorique. distribution des indéfinis et la distinction thétiquecatégorique ». Les étudiants [sujet référentiel. De l’eau dégoulinait sur le plancher sont également des phrases existentielles (thétiques) caractérisées .3. Le Gré des Langues.

il faut. II. mais comportement morpho-syntaxique modifié. Rassurez-vous : il ne leur a pas été dévoilé le montant exact de votre dette (il n’y a qu’un seul montant qui soit ‘exact’). accord du verbe).2. Trois nouveaux étudiants sont arrivés chez les Dupont. Position de complément direct. di-transitifs : Il nous a été dit beaucoup de choses désagréables. sg.IL impersonnel fonction sujet (Cas Nominatif. Il manque l’essentiel/ la clé174. ( ? De drôles de bruits courent). partitif (et non seulement : indéfini ou négatif): Il y avait là Marie Dupont/ le pavillon de chasse/ du verglas/ (quelques arbres). Pour résoudre cette difficulté. Construction sans associé de l’explétif. rhématique. Sujet nominal : le plus souvent indéfini ou négatif (Il y a des livres sur la table.5. un GN défini reste possible : Personne ne sort ! Il a été volé le portefeuille de Marie (Marie n’ayant eu qu’un seul portefeuille sur elle).) + être (auxiliaire de voix : traits TAM qui donnent l’ancrage temporel de la proposition) + verbe au participe passé accordé avec il en genre et en nombre : m. si verbe intransitif. transitifs directs : Il a été promulgué deux nouvelles lois/ On a promulgué deux nouvelles lois. c. *Il te l’est arrivé. Passif impersonnel I. Types de verbes : b. Sujet clausal : proposition subordonnée (finie : il vaut mieux que tu finisses tes devoirs avant l’examen. (Muller 2005 : 80) Ce syntagme nominal ne commandant pas l’accord des formes verbales non plus. il faudrait Paul Dupont/ le professeur/ du temps/ (un dictionnaire). dépourvu de valeur référentielle (pronom explétif) + verbe (accordé avec il) + SN argumental (« associé de l’explétif » : sujet logique) Sujet (argumental – à rôle thématique non agentif. Construction : Il impersonnel (explétif impur : Nominatif./ On a dansé toute la nuit. De drôles de bruits courent en ville. 176 Exemple et commentaire emprunté à Muller 2005 – « peut-être pour des raisons pragmatiques de localisation de l’action verbale » (Muller 2005 : 80). Un malheur est arrivé chez les Dupont. Il court de drôles de bruits (en ville). Construction sans associé de l’explétif. statut fonctionnel informationnel/ discursif : rhématique). agentif. puisque. inergatifs : Il a été dansé toute la nuit. Il n’est entré aucun étudiant dans l’amphi jusqu’à présent). Il sera remédié à cet incident dans les meilleurs délais [circonstanciel nécessaire à la complétude pragmatique de l’énoncé176]/ On remédiera à cet incident dans les meilleurs délais. intransitifs : e. l’hypothèse du Cas Nominatif (assigné par T) est elle aussi problématique. ou non finie : il vaudrait mieux finir ses devoirs avant l’examen) Il y a. 54 . Quand le sujet réel du passif impersonnel est un objet unique en son genre (dans une situation donnée). accord 3sg masc. : événement dénoté) + GN (généralement indéfini175) à valeur référentielle (associé de l’explétif : interprétation argumentale : entité qui subit (patient). d. 174 175 Hanse 1991 : 501. Il est arrivé un malheur/ trois étudiants. il reste + Nom propre ou SN défini. Corrélations systématiques forme personnelle/ forme impersonnelle : conditionnées à certains facteurs sémantico-pragmatiques. il manque. 3. 1./ On nous a dit beaucoup de choses désagréables transitifs indirects : Il sera obéi à mes ordres/ On obéira à mes ordres. Complément d’agent rarissime : Il a été décidé des choses très importantes par le Conseil de l’Université (Muller 2005 : 80). si verbe transitif) en position postverbale. de toute évidence non accusatif (pronominalisation par le/ la/ les exclue): Il t’est arrivé un malheur.

2. 55 . Verbes qui expriment le changement de place (Je suis allée à la fac. Elle est venue de Londres. 177 . etc ) ou d’état (Je suis devenue prof de français). inaccusatifs177 : ___.

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