1. Phrase modalisée. Notions fondamentales (cours 1-2). 1.1. Phrase/ énoncé.

Phrase : l'unité linguistique maximale (→COMPÉTENCE).

• • •

Constituée de morphèmes (lexicaux et grammaticaux), associés de manière incrémentielle les uns aux autres, selon des règles de bonne formation syntaxique. Niveaux d’analyse pertinents: la syntaxe (règles de formation de la phrase) et la sémantique (contenu de la phrase). Contenu de la phrase : la signification, produit de la signification des morphèmes (lexicaux et grammaticaux) qui la composent (signification dite, de ce fait, compositionnelle).

Enoncé : l'unité pragmatique minimale (→PERFORMANCE).

• • •

Constitué par une phrase (unité linguistique maximale) utilisée dans un contexte précis, dans une certaine situation d’énonciation. Niveau d’analyse pertinent: la pragmatique. Contenu de l’énoncé : le sens, obtenu sur la base de la signification de la phrase et des informations constituant son contexte.

Noter que cette découpe <phrase/ énoncé>, largement acceptée en linguistique contemporaine, n’allait pas de soi chez Saussure (début du XXème siècle), pour qui la phrase procédait, en tant que combinatoire libre de signes linguistiques, de la « parole ».

COMPÉTENCE/ PERFORMANCE (Noam Chomsky1)

LANGUE/ PAROLE (Ferdinand de Saussure2)

Compétence : connaissance que le locuteur-auditeur (idéal) a de sa langue (lexique, syntaxe, phonologie, sémantique).

Performance : emploi effectif de la langue, par un sujet parlant donné, dans des situations concrètes.

Langue : côté social (conventionnel) du langage : trésor collectif. Langue : entité abstraite (système de potentialités : PURES VALEURS) ; code (= système de signes : SIGNES & RELATIONS entre signes). Langue : produit [de l’usage collectif, des conventions] que l’individu « enregistre passivement » Langue : « dictionnaire » →relations associatives (in absentia : paradigmatiques) entre signes linguistiques →combinatoire figée3

Parole : côté individuel du langage. Parole : entité concrète : utilisation individuelle (actualisation) du code de la langue, dans la communication. Parole : « acte individuel de volonté et d’intelligence » Parole : relations combinatoires (in præsentia : syntagmatiques) entre signes linguistiques : combinatoire libre. → !!!Phrase ∈ PAROLE. → !!!Phrase ≠ unité linguistique (opposition linguistique/ langagier)

Phrase ∈ compétence

1

Chomsky N. (1965) – Aspects of the Theory of Syntax, Cambridge Massachussets : MIT Press, 1965 (trad. fr., Aspects de la théorie syntaxique, Paris : Seuil 1971). Dans cette section, les renvois à la page concerneront la traduction en français de l’ouvrage cité (Chomsky 1965/1971). 2 De Saussure, Ferdinand (1995/ 1916) - Cours de linguistique générale, Paris : Payot. Publié en 1916, le Cours de linguistique générale a été rédigé par les élèves de Ferdinand de Saussure (1857-1913) à partir de leurs notes (Charles Bally, Albert Sechehaye, « avec la collaboration de » Albert Riedlinger). L’édition 1995 reproduit l'édition originale. Elle est accompagnée de l'important appareil critique établi par Tullio de Mauro.

1

Les deux définitions corrélées de la phrase et respectivement de l’énoncé reposent crucialement sur l’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre ces deux types d'unités :

une phrase telle que Je suis arrivée en retard est susceptible de nombreuses actualisations, qui influeront sur sa référence; prononcée par Marie Dupont, le 23 mai 2008, devant le secrétariat de sa faculté, elle signifiera: „Marie Dupont est arrivée en retard (à la fac), le jeudi 23 mai au matin”, et prononcée par Jeanne Dubois, le 4 novembre 2008, dans le hall de la Banque où elle travaille: „Jeanne Dubois est arrivée en retard (au bureau) le vendredi 4 novembre 2008, au matin”; par voie de conséquence, c’est l’énoncé d’une phrase assertive et non cette phrase même (à référence incomplètement spécifiée) qui sera le lieu de l’assignation d’une valeur de vérité (vrai/ faux).

L’hypothèse de rapports d’occurrence (ou: d’actualisation) entre phrase et énoncé se laisse préciser par l’identification de deux types de mécanismes interprétatifs – l’enrichissement contextuel, d’une part, et le filtrage contextuel, de l’autre :

la signification (compositionnelle) de la phrase doit être enrichie contextuellement pour produire le sens de l'énoncé (voir problématique de la référence actuelle – évoquée tout à l’heure) ; corrélativement, étant donné un énoncé (entendu ou lu), il n’est pas toujours évident d’identifier la phrase dont il est l’actualisation : en cas d’ambiguïté (syntaxique : [SN Le vieux singe] [SV [SN le] [v masque]] (« le vieux primate (m’) empêche de voir quelque chose»/ [SN le vieux] [SV singe [SN le masque]] (= « le vieillard imite un masque »); lexicale : le loup (= « masque de carnaval » ? ou bien : « animal carnassier » ?) est gris), c’est le contexte qui filtrera les interprétations inconsistantes, permettant d’associer, à l’énoncé entendu (ou lu) la phrase correspondant à l’intention communicative du locuteur4.

Ces deux définitions gomment en revanche les divergences structurales censées pouvoir subsister entre énoncé et phrase. Il est en effet souvent suggéré, dans la littérature, que si la phrase est le résultat de principes de composition syntaxique et sémantique, l'énoncé n'aurait pas à être interprété en termes des seuls principes compositionnels, n’étant pas toujours construit en fonction de critères syntaxiques : Moi, tu sais, la linguistique…, ouais, bôf ! Il y aurait donc des énoncés qui ne sont pas pour autant des phrases: « En français, la phrase minimale comporte nécessairement au moins un sujet et un verbe conjugué. En revanche, l'énoncé minimal peut être constitué d'un seul élément, de nature quelconque : des séquences comme « Bonjour ! », « Allô ? » ou « Zut ! » constituent des énoncés, mais pas des phrases5. Des énoncés comme « Moi, partir ? », « Quel désastre ! », « Voir Venise et mourir », ou encore « Là, il va, je ne sais pas, moi, mais sûrement, enfin comment dire ? sûrement réagir, oui, c'est ça, réagir », ne sont pas descriptibles en termes de construction syntaxique canonique de phrases. L'énoncé peut apparaître, tantôt comme une phrase incomplète ou tronquée (« Moi ? jamais ! »), tantôt comme une phrase en quelque sorte « surchargée et bégayante » (« Ma sœur, elle, son concours, c'est pour bientôt »). Si la structure de l'énoncé se différencie souvent de celle de la phrase, c'est parce qu'il s'agit de réalités linguistiques relevant de niveaux différents du point de vue théorique » (Encyclopaedia Universalis, art. énoncé). Nous nous en tiendrons, ici, à la définition fonctionnelle (vs structurale) du couple phrase/ énoncé (définition en termes d’actualisation). Les énoncés syntaxiquement déviants mais parfaitement interprétables du (des) type(s) évoqué(s) précédemment se laissent également analyser en tant qu’occurrences de phrases, à force d’assumer, ne serait-ce qu’en termes opérationnels (vs théoriques), la distinction entre phrases grammaticales, phrases interprétables et phrases acceptables.

Le couple notionnel grammaticalité/ acceptabilité (notions graduelles) est développé, en grammaire générative, en liséré de la distinction compétence/ performance:
3 4

Dans les termes mêmes du Cours de linguistique générale : « combinaisons régulières ». Cf. Moeschler, Jacques et Anne Reboul (1994) – Dictionnaire encyclopédique de pragmatique, Paris : Seuil, 131-132.

5

Cela dit, le départ phrase/ énoncé n’est pas toujours aussi tranché en termes de leur structuration respective. Charles-Albert Sechehaye analyse les « énoncés monorèmes » en tant que « phrases à un seul terme », « énoncé monorème » et « phrase monorème » apparaissant en variation libre, dans le texte (Sechehaye, Charles-Albert (1926) – Essai sur la structure logique de la phrase, Tome 1/1, Paris : Champion, chap. I. Accessible en ligne sur : http://roman.ens-lsh.fr ).

2

Grammaticalité : conformité aux règles de la grammaire. Concept appartenant à l’étude de la compétence. Acceptabilité : conformité à l’usage (« les phrases plus acceptables sont celles qui ont plus de chances d’être produites, sont plus aisément comprises, moins maladroites et, en un certain sens, plus naturelles » – op. cit., p. 22). Concept appartenant à l’étude de la performance6. Définitions opérationnelles.

• • •

phrase grammaticale : conforme aux règles de la grammaire (D’incolores idées vertes dorment furieusement7) ; phrase interprétable : à laquelle ont peut assigner un sens (même si elle n’est pas bien formée selon les règles de la grammaire : moi, Tarzan, toi, Jane ; moi, la linguistique, tu sais, bôf !) ; phrase acceptable : à la fois grammaticale et interprétable (De jolis agneaux blancs dorment paisiblement ; moi, la linguistique, je peux très bien m’en passer).

1.2. Enoncé/ énonciation. Énonciation : acte individuel d’utilisation de la langue, activité exercée par celui qui parle au moment où il parle. Énoncé : produit de cet acte, qui en garde les traces (marques énonciatives = marques du locuteur; dans les termes d’Émile Benveniste8, initiateur de la « linguistique de l’énonciation », en France : « l’homme dans la langue », « la subjectivité dans le langage »). Parmi les représentants de marque de cette mouvance en linguistique française : Catherine KerbratOrecchioni9, Oswald Ducrot10, Antoine Culioli11.

6

La distinction compétence vs performance et l’abstraction du locuteur-auditeur idéal sont autant d’hypothèses de travail participant du cadre général des recherches générativistes dès la version standard du modèle. « L’objet premier de la théorie linguistique est un locuteur-auditeur idéal, appartenant à une communauté linguistique complètement homogène, qui connaît parfaitement sa langue et qui, lorsqu’il applique en une performance effective sa connaissance de la langue, n’est pas affecté par des conditions grammaticalement non pertinentes, telles que limitations de mémoire, distractions, déplacements d’intérêt ou d’attention, erreurs (fortuites ou caractéristiques) » (Chomsky 1965/1971 : 12). Une distinction fondamentale est ainsi établie « entre la compétence (la connaissance que le locuteur-auditeur a de sa langue) et la performance (l’emploi effectif de la langue dans des situations concrètes) ». Est également souligné le fait que la performance ne peut être dite « refléter directement la compétence » qu’à l’intérieur de la première hypothèse de travail avancée, à savoir l’hypothèse du locuteur-auditeur idéal (op. cit., p. 13), et non « dans les faits », puisqu’un « enregistrement de la parole naturelle comportera de faux départs, des infractions aux règles, des changements d’intention en cours de phrase, etc. » (op. cit., p.13). Le rapport entre compétence et performance est un rapport d’inclusion (de la compétence, à la performance) : l’étude de la « performance linguistique effective », oblige à « considérer l’interaction de facteurs variés, dont la compétence sous-jacente du locuteur-auditeur ne constitue qu’un élément parmi d’autres » (idem, pp. 12-13). Mais, corrélativement, « l’investigation de la performance n’avancera qu’autant que le permettra la compréhension de la compétence sous-jacente » (ibid., p. 20). Les données de la performance, en tant qu’observables, se retrouvent en amont de la modélisation de la compétence (ou : « grammaire »), censée « déterminer, à partir des données de la performance, le système sous-jacent de règles qui a été maîtrisé par le locuteur-auditeur et qu’il met en usage dans sa performance effective. » (ibid., p.13, nous soulignons).
7

Remarquer la violation systématique des restrictions de sélection sémantique (dormir sélectionne un sujet animé, les adjectifs de couleur tel vert(es), des nominaux concrets, notamment objets physiques, et les modificateurs de verbe tel furieusement, un verbe [+intentionnel]), ainsi que les contradictions (idées ou bien incolores ou bien vertes).
8

Benveniste, Emile (1958) « De la subjectivité dans le langage », Journal de Psychologie, 55, repris in : Benveniste, Emile (1966), Problèmes de linguistique générale, tome I, ch. XXI. Benveniste, Emile (1970), « L’Appareil formel de l’énonciation », Langages, 17, repris in : Benveniste, Emile (1974), Problèmes de linguistique générale, tome II, ch. V.
9

Kerbrat-Orecchioni, Catherine (1980) – L’Énonciation. De la subjectivité dans le langage, Paris : Armand Colin. KerbratOrecchioni, Catherine (1990-1994) – Les Interactions verbales, tomes 1-3, Paris : Armand Colin.
10

Qui articule traitement de la phrase et traitement de l’énoncé en termes du contexte situationnel (composant linguistique : signification de la phrase, composant rhétorique : sens de l’énoncé – étant donné un certain contexte situationnel), et opère, dans le cadre d’une extension originale de la théorie énonciative de Benveniste, inspirée des analyses de texte chez Bakhtine (linguiste russe), la théorie de la polyphonie, une distinction de principe entre locuteur-allocutaire, d’une part, et énonciateur-destinataire de l’autre. Cf. Ducrot, Oswald, (1980) – Les Mots du discours, Paris : Minuit.
11

Théorie des opérations énonciatives. Cf. Culioli, Antoine (1990) – Pour une linguistique de l’énonciation. Opérations et représentations, Tome 1, Paris : Ophrys.

3

1.3. Phrase/ proposition. Distinction structurale manifeste (distinction syntaxique): →proposition = constituant syntaxique de la phrase. phrase simple (= élémentaire) ⊃ 1 proposition phrase complexe ⊃ plusieurs propositions13 proposition indépendante : Sylvie est allée à la fac. proposition principale : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. proposition subordonnée : Jean croit que Sylvie est allée à la fac. La notion de proposition indépendante est définie par la négative : ni principale, ni subordonnée (c’est-à-dire : en dehors de toute relation de dépendance). Il s’ensuivra que les coordonnées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac14 et Marie est restée chez soi15) et les juxtaposées (=chacun des conjoints (soulignés dans l’exemple ci-contre16) d’une phrase complexe du type de : Sylvie est allée à la fac, Marie est restée chez soi) seront aussi envisagées comme « indépendantes »17. Dédoublement terminologique phrase/ proposition : Distinction en termes de niveaux d’analyse syntaxique (distinction structurale pas forcément apparente)

→proposition = niveau d’analyse syntaxique inférieur à celui de la phrase12. Phrase : unité syntaxique et sémantique pourvue de spécifications temporo-aspectuelles et modales (ancrage temporel au sens large : Sylvie est allée à la fac).

Proposition : unité syntaxico-sémantique non pourvue d’ancrage temporel, simple structure de prédication (structure argumentale [aller (Sylvie, à la fac)], [marcher (Sylvie)] – augmentée éventuellement de compléments optionnels [à pied [aller (Sylvie, à la fac)]]20, [vite [marcher (Sylvie)]]21). Il s’agit là, sans autre, d’une définition de la proposition comme niveau d’analyse syntaxique inférieur à la phrase (donc : comme constituant syntaxique de la phrase) y compris dans le cas des phrases simples. Rappel : une structure argumentale est constituée d’un Prédicat (sémantique22) et des arguments sélectionnés par ce prédicat. La notion d’argument est empruntée à la logique des prédicats (ou : logique des propositions analysées), plus exactement, à la notation logique des relations de prédication (‘x est f’ noté f(x) - argument d’une fonction, donc), la notion de prédicat étant assimilée à la notion (mathématique, logique) de fonction (MORTEL (Socrate) : ‘Socrate est mortel’). En linguistique structurale française (Tesnière, Lucien (1959) – Eléments de syntaxe structurale, Paris : Klincksieck), on dirait plutôt ‘structure actancielle’ (de: ‘actant’ (sélectionné et donc non optionnel dans l’économie de la phrase), notion syntaxique et sémantique correspondant à la notion d’argument (davantage utilisée dans l’espace anglophone), et opposée à la notion de ‘circonstant’ (non sélectionné et donc optionnel, dans l’économie de la phrase). Sujet et compléments sont, chez Tesnière, des actants qui complètent (ou : satisfont) les valences du verbe (centre de la phrase). Le sujet est le premier actant, les compléments sélectionnés, des actants second ou tiers, les compléments non sélectionnés, des circonstants. Il existe des actants syntaxiques auxquels il ne correspond aucun actant sémantique (les sujets explétifs : il est arrivé trois étudiants), et des actants sémantiques auxquels il ne

• •

proposition indépendante = phrase simple proposition principale = phrase matrice (= phrase

12 13

Ce qui reformule en fait l’idée que la proposition est un constituant syntaxique de la phrase.

On distingue, traditionnellement, aussi : phrase minimale (qui ne comporte que des éléments essentiels, ineffaçables : le minimum requis pour sa grammaticalité – parfois appelée toujours : ‘phrase simple’), et phrase étendue (qui comporte, outre les éléments essentiels, des « élargissements » (ou : « expansions ») : épithètes conjointes venant élargir les groupes nominaux sujet ou objet, adverbiaux venant élargir le groupe verbal, compléments de phrase venant élargir la phrase tout entière) – cf. Dubois, Jean et René Lagane (1993) – La nouvelle grammaire du français, Paris : Larousse-Bordas : 151-152). Nous préserverons au terme de phrase simple l’acception courante en grammaire générative (phrase uni-propositionnelle, opposée à la notion de phrase complexe (=multi-propositionnelle)), et opposerons à la phrase étendue (= phrase qui comporte des éléments non sélectionnés, optionnels mais : non propositionnels eux-mêmes – quel qu’en soit le niveau d’incidence), la phrase minimale.
14 15 16 17

Premier conjoint : une proposition indépendante. Second conjoint : une autre proposition indépendante. Veuillez noter que la phrase complexe n’est pas, elle, soulignée comme un tout (virgule comprise) !

Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

4

racine)18 Spécialisation structurale (en grammaire générative notamment) : phrase racine (=matrice)/ proposition enchâssée. N.B. Que l’on prenne le dédoublement terminologique proposition indépendante/ phrase simple pour une relation d’équivalence substantive (et donc transitive : ‘toute proposition indépendante serait une phrase simple et toute phrase simple, une proposition indépendante’) ou que l’on veuille distinguer minimalement propositions indépendantes et phrases simples (‘toute phrase simple se réduit à une proposition indépendante, mais toute proposition indépendante n’est pas du coup une phrase simple’19), sous cet éclairage, il n’y a pas moyen de distinguer entre (dans cet ordre-ci :) phrase simple et proposition indépendante. Il y aurait donc coïncidence (triviale) entre phrase simple et proposition indépendante en tant que niveaux d’analyse syntaxique. Un résultat pas très heureux.

correspond aucun actant syntaxique (l’objet ‘zéro’ de phrases elliptiques telle Cela dépend [« de quoi ? »]). Les notions d’argument et d’actant ne sont cela dit pas strictement parallèles : le nom modifié par un adjectif épithète conjointe (la belle Venitienne) est bien l’argument de cet adjectif (analysé, lui, comme prédicat sémantique), sans pour autant en être l’actant. Une fois la proposition appréhendée comme simple structure de prédication (structure argumentale, éventuellement étendue), non soumise à ancrage temporel, toute phrase simple devrait être constituée d’un syntagme (=groupe de mots) instanciant la relation de prédication sémantique essentielle, enchâssé (en l’absence de compléments non sélectionnés (=prédications optionnelles)) sous une catégorie fonctionnelle portant les traits de temps-aspect-mode pertinents pour l’ancrage temporel (au sens large) : voir Fig. 1 ci-après. Cette catégorie, notée T (T de Temps) réunit les traits de temps-aspect-mode du verbe (les ‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle de la phrase), ainsi que ses traits d’accord (traits de personne et de nombre), redondants, eux, de traits de mêmes valeurs d’un argument nominal du verbe (en français, il s’agira du sujet). Si les traits de temps-aspect-mode d’un verbe sémantiquement plein (=verbe ‘substantif’ vs auxiliaire ou verbe postiche) seront composés, lors de l’interprétation sémantique de la représentation générée en syntaxe, à la matrice de traits sémantiques purs de celui-ci, les traits d’accord, qui n’ont aucune pertinence interprétative sur le verbe, ne le seront pas ; ce sont leurs corrélats sur l’argument nominal sujet qui seront interprétés.

18 19

.Cf. Riegel, Pellat & Rioul (2008/ 1994) : 472.

Une phrase simple est constituée d’une (seule) proposition indépendante, et certaines phrases complexes sont construites de plusieurs propositions indépendantes – celles qui n’instancient pas de relation de dépendance sémantico-syntaxique, à savoir les phrases complexes composées par juxtaposition et par coordination. Le jeu des formes verbales suggère déjà que c’est là notre option.
20 21 22

Phrases simples correspondantes : Sylvie va à la fac à pied./ Sylvie ira à la fac à pied./ Sylvie est allée à la fac à pied./… Phrases simples correspondantes : Sylvie marche vite./ Sylvie marchera vite./ Sylvie marchait vite./…

Prédicat sémantique vs prédicat syntaxique (au sens de la grammaire traditionnelle) : dans le cadre du prédicat nominal (=copule+ attribut du sujet), seul l’attribut du sujet est un prédicat sémantique (un ‘prédicatif’, en termes de grammaire structurale). Prédicat sémantique vs ‘groupe prédicatif’ (grammaire structurale) : l’analyse structurale des ‘phrases étendues’ distingue, outre le sujet (GN1), deux niveaux, incrémentiels : le groupe verbal GV (=verbe+ compléments sélectionnés), et le groupe prédicatif GPréd (=GV + compléments de verbe non sélectionnés), la structure de la phrase étant Ph = GN1 + GPréd. À l’intérieur d’une telle approche, la notion de ‘groupe prédicatif’ recoupe plus ou moins la notion logique de prédicat (vs sujet) d’un jugement (exprimé par une proposition susceptible de se voir assigner une valeur de vérité (ou bien vrai ou bien faux)), mais le verbe (à valences satisfaites par le sujet et (le cas échéant) par son ou ses compléments obligatoires) n’y est pas le seul prédicat sémantique. Les compléments non sélectionnés par le verbe (analysés comme des ‘Groupes Adverbiaux (notés GAdv), même lorsqu’ils sont exprimés par des groupes prépositionnels (Sylvie va à la fac à pied), voire par des groupes nominaux (compléments directs qui ne sont pas des compléments d’objet, tels les compléments de prix ou de mesure : j’ai payé/ acheté ce meuble 1000 euros/ trois fois rien, j’ai nagé 1000 mètres), se laissent également envisager en tant que prédicats sémantiques : ce seraient des prédicats optionnels, dans l’économie de la phrase, qui sélectionnent, eux, un certain (type de) verbe/ groupe verbal (ce qui expliquerait l’existence de relations de sélection sémantique fine entre ces éléments : *Sylvie va à la fac à l’aiguille (OKCette nappe est brodée à aiguille), Sylvie va à la fac à pied (*Cette nappe est brodée à pied).

5

T =TP Ancrage temporel (phrase) 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. Sylvie va la fac 6 . ind.. 1. 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig.

parce que parler d’« affirmation négative » nous semble participer de la contradiction dans les termes. formé d’un élément obligatoire (soit Affir(mation). dans l’énonciation. Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. et de constituants facultatifs (négation. l’affirmation en tant que telle ne saurait être dite négative sans contradiction. à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). (cf. dans la lecture de Dubois & Dubois-Charlier 197023). Bien que l’on puisse affirmer que non-p en langue naturelle (J’affirme qu’il n’est pas là. à structure syntaxique. 1.4. Les types de phrase facultatifs (= formes de phrase) sont : - des constituants de phrase optionnels27. soit Imp(ératif)). de phrase24) : Σ→ Const + P (lire : « Σ se réécrit comme Const + P »). Phrase noyau/ phrase modalisée. 7 . Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). morphologie et intonation spécifiques. et je peux le prouver).4.1. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. en alphabet grec et latin (dans la logique de Σ/ S. en structure profonde (niveau de représentation syntaxique dont est justiciable l’interprétation sémantique). 2004 (1994): 386). soit Inter(rogation). comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al.1. à ce que je vois). de sentence. Paris : Larousse (collection « Langue et langage »). et d’un noyau (abréviation : P. forme affirmative)/ négation (type négatif. il aurait fallu sans doute avoir ici : Π (lire : « pi »)/P). lui. ou descriptif (=représentationnel : négation28) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. fr. Cette transposition en français n’harmonise donc pas les rapports entre les deux notations. ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . et (le cas échéant) des types de phrase facultatifs (= formes de phrase). Le constituant est. Riegel et al. En anglais : S. qui en détermine la modalité. dans la littérature. Const → + (Nég) + (Emph) + (Passif) Marqueur sous-jacent de la modalité. Syntaxe de la phrase modalisée (version générative-transformationnelle standard – Chomsky 1965/ trad. L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. 26 27 28 Souvent.1971 (Aspects de la théorie syntaxique). Toute phrase Σ (lire : « sigma » – le terme anglais correspondant ayant l’initiale S(entence)) est formée. ce Constituant engendrera les types de phrase essentiels ou : obligatoires (= types de phrase26). et dirons plutôt « assertion (type assertif) ». 2004 (1994) : 386-387). Paul n’est pas là pour l’instant. en termes (implicitement) transformationnels. 23 24 25 Dubois. forme négative) »). emphase et passif – notés entre parenthèses dans la formule cicontre) :  Affir25  Interr  Imp . sur ce point précis. Tu viens ?/ -Je ne peux pas. d’un constituant de phrase (abréviation : Const). Les types essentiels sont: - des constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). Nous prenons nos distances par rapport à la nomenclature en place dans Dubois & Dubois-Charlier 1970. employant « affirmation » pour l’une des deux formes logiques possibles (« affirmation (type affirmatif. un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? Définis. emphase. par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. Jean et Françoise Dubois-Charlier (1970) – Éléments de linguistique française : syntaxe. impersonnel). il y a hésitation sur la marque du pluriel.

L’analyse des phrases-types en grammaire transformationnelle (non générative : Z. Mouton. on s’évertue à rendre compte des mêmes observables en termes du rapprochement des constituants optionnels et respectivement obligatoire30. en syntaxe seraient générées non pas une. 4. issue de l’insertion lexicale des catégories. et une structure de surface. de la phrase. qui introduit la modalité (Const) dès la base de la grammaire (en structure profonde). [déclarative affirmative passive à complément d’agent mis en vedette : phrase clivée] Ce n’est pas par une vipère que la brebis a été mordue. 1969). et les phrases modalisées en étaient dérivées par transformations. 32 33 *C’est froid que le café est. par hypothèse. (1957) – Syntactic Structures. restrictions sémantico-distributionnelles liées à la subordination/ à l’enchâssement (*C’est Paul qui est-il venu ?). directement observable. N. Ce noyau est maintenant postulé en tant que niveau d’analyse pertinent (analyse en constituants immédiats).. ‘modalisée’. [déclarative affirmative active non emphatisée] 2. 5. le passif. la nouvelle analyse de la phrase ne privilégie plus le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) : la notion même de ‘type de base’ perd tout contenu propre. La ‘phrase noyau’ est de fait désormais plutôt appréhendée comme ‘noyau de la phrase’– toute phrase susceptible d’être énoncée étant. En bon français. 31 La question se pose de savoir si les observables eux-mêmes imposaient un tel biais ou si ce n’était là que l’influence de la modélisation précédente. Chomsky. La notion de phrase noyau coïncidait à cet observable linguistique. Paris : Seuil. résultat des transformations portant sur cette structure profonde. fr. Singulier puisque les constituants obligatoires sont par hypothèse mutuellement exclusifs. [déclarative affirmative passive non emphatisée] C’est par une vipère que la brebis a été mordue. The Hague (trad. en logique – seule phrase en langue naturelle donnant lieu à une proposition logique (lieu du vrai ou du faux). Sous l’analyse non-transformationnelle. structure argumentale distincte) sont autant d’éléments susceptibles de fournir à cette analyse des motivations indépendantes. puis. *C’est le déca que prenez. fr. 196929 ) privilégiait le type assertif neutre (phrase assertive active affirmative non emphatisée) en tant que type de base. par l’intermédiaire de règles de réécritures (inscrites dans le composant de base de la grammaire). phrase clivée & impératif (mise en vedette du complément par le présentatif c’est… que…) et impératif : *c’est… que+ verbe à l’impératif33 . OK Le café est froid. la négation31. [clivée négative d’une phrase déclarative passive] N’est-ce pas par une vipère que la brebis a été mordue ? [clivée négative interrogative de la même phrase passive]. et transformation impérative/ interrogative par la suite. puis. mais n’est plus susceptible d’instanciations per se au gré des énonciations et n’est jamais. Des deux représentations générées en syntaxe. par rapport au Noyau : le constituant le plus à droite dans la formule sera le premier introduit dans la base – en l’occurrence. S. seule la structure profonde fera l’objet de l’interprétation sémantique :   Catégories → /Règles de réécriture/ → Structure profonde : interprétation sémantique. emphase avant transformation négative. OK Prenez le déca (décaféiné). Une vipère a mordu la brebis. Cette analyse-là était consistante avec le statut privilégié de la phrase assertive. donc. mais deux représentations : une structure profonde. les transformations étaient entendues procéder de manière ordonnée : passivation avant emphase.  L’introduction de Const dès la structure profonde permet de rendre justice au postulat selon lequel « les transformations ne peuvent introduire des éléments porteurs de sens » (Chomsky 1971 (1965) : 180-181). Structures syntaxiques. Structure profonde →/Transformations/ → Structure superficielle : forme (ordre des mots observé). 8 . réanalyse du passif comme donnée morphologique/ lexicale (radical verbal passif non trivialement distinct du radical actif. La brebis a été mordue (par une vipère). 3. certaines combinatoires de types sont de fait barrées : • • 29 30 mise en vedette de l’attribut (du sujet) par le présentatif c’est… que… : *c’est … que X est32 . Comparer : 1. Introduisant le marqueur abstrait de modalité dès la structure profonde. dont on dérivait tous les autres types (et toutes les formes de phrase aussi). Sous l’analyse purement transformationnelle des types de phrases/ formes de phrases. Harris) et dans la première version de la grammaire générative (Chomsky 1957/trad. Rappelons qu’au sens de cette modélisation de la grammaire. l’emphase. Phénomènes de portée de la négation (C’est Paul qui n’est pas venu (emphase à départ négatif)/ Ce n’est pas Paul qui est venu (négation d’une phrase déjà emphatisée).

Dans une proposition relative (restrictive). 3 plus bas dans le texte. note 32). Ruwet. étaient-ils analysés comme relevant (au mieux) des « effets de surface » sur l’interprétation (sémantique – cf.d’autres sont marquées. le complément(is)eur est d’abord envisagé en tant que catégorie capable de convertir une phrase en complément du verbe (position typiquement vouée à un syntagme nominal). outre la sélection d’une proposition subordonnée à verbe fini (+Temps). son interprétation (référentielle) est en général « contrôlée » par un argument du verbe recteur (ici. le complément(is)eur C est censé exprimer des composants non référentiels de l’intention informative du locuteur. aussi bien l’emphase que le passif (et. continuaient de fait à être analysés comme phénomènes syntaxiques sans retombées interprétatives sémantico-logiques : l’interprétation sémantique (des structures générées en syntaxe) était envisagée comme restreinte au représentationnel et à l’actionnel (force illocutionnaire). tout en rappelant le caractère fini (+Temps) ou non fini (-Temps) de celle-ci – voir Fig. Tout syntagme est supposé instancier les relations structurales suivantes : - tête X (catégorie terminale qui projette) . X . « négatif » (cf. Rappel. lui (l’homme [CP dont [C’ C [TP tu as épousé la fille]]]). le syntagme relatif (opérateur de relativisation) spécifiera un complément(is)eur non épelé. principalement. Chomsky 1971 (1965) : 180-181. 163. mais aussi les traits d’accord (traits de personne et de nombre). pour commentaire. par Dubois & Dubois-Charlier 1970. moment où de fait C se substituera pour de bon au marqueur de modalité de la version standard du modèle (noté Const in Dubois & Dubois-Charlier 1970). qui dans les relatives à antécédent du type de l’homme qui est arrivé est en fait le complément(is)eur. le complément(is)eur des phrases racines est typiquement non épelé (=dépourvu de matrice phonologique). lui. respectivement la valeur assertive de la complétive enchâssée. p. 343) ignore un certain nombre de détails. L’analyse sera ensuite étendue aux phrases racines (propositions indépendantes comprises). complément de la tête (première catégorie avec laquelle la tête fusionne formant ainsi un constituant complexe): Compl. Retenons pour le moment qu’au sens de Chomsky 1965. note 9 . Nicolas (1967) – Introduction à la grammaire générative. 1. déterminant du nom : référence nominale) et de T (T de Temps . correspondant alors à la conjonction introductive d’une complétive. En français. Ré-analyse du marqueur abstrait de modalité : la catégorie complément(is)eur (C). et. Chomsky 1971 (1965) : 186. Les versions plus récentes de la GGT reformulent le marqueur sous-jacent de la modalité (Const) à une catégorie fonctionnelle qui prendrait TP pour complément : le complément(is)eur C. pour les mêmes raisons). une subordonnée non tensée (-fini). épelé (l’homme [CP LEQUEL [C’ queC [TP j’aime]]]). le complément(is)eur étant. une fois composée structuralement à son complément. Selon une analyse déjà classique par Richard Kayne. 9 . à l’instar de D (D de : déterminant . mais sur l’argument nominal (sujet)). et la valeur interrogative de celle-ci (question à réponse oui/non) . Aussi les « effets de sens » liés à l’emphase. la catégorie introduite en syntaxe comme tête projettera : le constituant complexe engendré par 34 Pronom abstrait (sans forme phonétique).2. non interprétés sur le verbe. Catégorie syntaxique fonctionnelle (vs substantive). «impératif ». Appelé ainsi en référence notamment aux propositions subordonnées enchâssées. de la thèse chomskyenne des marqueurs sousjacents (seuls) responsables du sens « interrogatif ». Béni soit-il !). ainsi que les effets de sens communément imputés aux « divergences d’accentuation » entre une phrase active et sa contrepartie passive. Paris : Plon. ayant trait notamment au passif et à l’emphase : nous y reviendrons plus tard. ‘accordé’ au Nominatif avec l’opérateur de relativisation non épelé (sans forme phonétique) dans son Spec. ou bien sera analysé comme phonétiquement nul.  La reformulation. catégorie qui réunit –rappelons-le – les traits de temps-aspect-mode du verbe (‘flexions verbales’ pertinentes du point de vue interprétatif pour la référence temporelle→ ce qui en fait une sorte de déterminant du verbe). Toute subordonnée enchâssée sera donc analysée comme un CP (un syntagme complément(is)eur) : Jean dit [CP queC [TP Marie est jolie]]/ Jean ignore [CP siC [TP elle est à la fac]]/ Dis-lui [CP deC PRO34 partir].4. par le complément d’objet indirect lui). sujet d’une infinitive . alors. Les complément(is)eurs que (+indicatif) et si (dubitatif) expriment. le complément(is)eur de sélectionne. C contribuerait crucialement au codage grammatical de ce que l’on pourrait appeler sans autre ‘l’ancrage discursif’ de la phrase). restant confinées à des genres discursifs particuliers : • Remarque : passif & impératif (Soyez remerciés pour votre cadeau. ayant respectivement trait à la dimension actionnelle (« force ») et à la hiérarchie informationnelle de la phrase énoncée (bref.

XP a Projection maximale de la tęte X (→Xmx donc. 2.l’union de X à un autre syntagme YP35 (son complément) sera vue par la computation syntaxique (et à l’interface sémantico-logique) comme catégorie du type de X (non comme catégorie du type Y . 35 P du terme anglais de phrase. Mode/ modalité/ modalisation. interprétée comme syntagme de catégorie X (→XP) Spécifieur ZP X’ Projection intermédiaire a qui projette ŕ son tour (X° et Xmx ŕ la fois) : chaque niveau de projection est noté par une barre ou un prime X Tęte X° qui projettera YP Complément Fig. C =CP Ancrage discursif {+assertif. Cette analyse des syntagmes. auprès de X° déjà composé à son complément YP (en fait : auprès de la première projection de la tête X°.. projection notée X’. 10 . +fini} T =TP Ancrage temporel 2 SylvieN T =T’ a =T°mx T V =VP Structure de prédication (proposition) 2 all(er)+ {prés. assurant une transparence maximale de la chronologie des procédures de fusion. Structure du syntagme (théorie X-barre). permet de rendre compte de manière immédiate de l’ordre d’introduction des constituants dans l’objet syntaxique. qui représente tout ce qu’elle domine. qui ne comporte que des di-branchements. Sylvie va la fac 1. noté aussi X’’). 3. pour : « syntagme ». de sorte que le nouveau constituant complexe sera toujours visible comme catégorie du type de X (=XP) . dans la représentation syntaxique générée. 3 sg} 1 SylvieN V =T° 1 all(er) P =PP ŕ D =DP la facN =NP Fig. X. ce sera la première projection de X (X’) qui projettera. une fois l’objet syntaxique formé par X° et par YP (son complément) fusionné à ZP.5. ind. notation : Spec. - spécifieur de la tête (seconde catégorie (ZP) introduite dans l’objet syntaxique en train d’être généré.type instancié par son complément) . en l’occurrence l’objet complexe X° + YP dans son entier) .

perfectif (terminatif)/ imperfectif (non terminatif). -ponctuel] – actions qui peuvent avoir une certaine durée et qui ont un point de terminaison arbitraire) : marcher. homogènes et continues. puisque ce n’est pas le verbe seul que l’on classifie. Carl (1985) – « L’aspect come modificateur du mode d’action : à propos de la construction être + participe passé ». et à l’instar des phrases à . événements . *X met une heure à nager (-télique). au contraire des accomplissements) : (se) casser. « Temps extérieur au procès36 » (Gustave Guillaume). D.  verbes d’activité ([+dynamique. +télique. certains auteurs parlent de : éventualités (Vikner. classes (aspectuelles) de verbes37 définies en termes des traits dynamique/ non dynamique (=statique). GUILLAUME. apprendre la nouvelle…/ tests distributionnels : *X a cessé de trouver la solution (-duratif). -ponctuel] – actions/ situations qui ont une certaine durée et qui comportent un point de terminaison précis. Une fois la modalité intégrée dans la base de la grammaire (règle de réécriture de toute phrase comme Const + noyau). Vendler 1967):  verbes d’état ([-dynamique. -ponctuel] – situations statiques. +ponctuel] – verbes décrivant le seul point culminant (ou : dénouement) de la situation envisagée. Van Valin. sans structure interne et sans limite temporelle inhérente) : être malade. la différence. noté par convention t0). Modalité : expression de l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de son énoncé. temps/ temporalité. variable en extension (une seconde. entre Il court/ Je crois qu’il court. impérative. le type assertif neutre se laissera envisager comme modalisateur à l’instar des types de phrases marqués (phrases interrogative. … . télique/ atélique38. boire. Paul peut courir (énoncés modalisés). R. Gustave (1984) – Temps et verbe.). trouver une solution. connaître qqch. des modes et des temps. penser. pleurer. apprendre la poésie par coeur.  Terminologie relativement floue. comme énoncé ‘non modalisé’ par excellence)/ Il se peut que Paul coure. Paris : Larousse. écrire. Amsterdam : John Benjamins Publishing Company. etc. sécher (intr. actions. -télique. une année.5. limite finale. La neige fond. OKX nage pendant une heure (+duratif). objets) . in Advances in Role and Reference Grammar. *X est en train de trouver la solution (!! +ponctuel). …/ tests distributionnels : *X est en train d’aimer la musique (-dynamique). dans la littérature non-générativiste. Paul court peut-être. mais comme une sorte d’hyperonyme pour : états. R. analysé. rire.). OKX peint un/ le tableau en une heure (+télique) . Temporalité : notion construite autour du moment de la parole (le maintenant du locuteur.). 1-164).1.  verbes d’accomplissement ([+dynamique. du point de vue de la modalité. d’autre part. procès. Il est vrai qu’il court pourra être 36 37 Il s’agit bien évidemment du procès désigné par le verbe. éclater. +télique. Distinguer : écrire (pendant des heures) : activité/ écrire l’exercice (en cinq minutes) : accomplissement. (1993) – « A Synopsis of Role and Reference Grammar ». D. mode d’action (aspect lexical). aspect grammatical / aspect lexical. danser … (sans complément désignant la limite finale ou cible du mouvement39) . mais le verbe avec ses arguments (sujet. une période quelconque). au-delà duquel l’action ne peut plus continuer) : fondre (intr.41). OKX a cessé de nager (+duratif). voire avec ses adverbes. Avant t0. après.1. aspect (grammatical). OKX a cessé d’aimer la musique (+duratif (=-ponctuel)). Van Valin (ed. Mode/ modalité. Paris : Champion. nager. dans la littérature : télique/ atélique. Paul court (énoncé sans marque d’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel autre que le type de phrase : type assertif neutre. Théorie des aspects. modalité : notions sémantiques. 11 . OKX a trouvé la solution en deux secondes/ OKX met deux secondes à trouver la solution (+télique). nager jusqu’à l’île des rats (en dix minutes) : accomplissements. peindre un tableau……/ tests distributionnels : OKX est en train de peindre un/ le tableau (+dynamique) . -télique. une journée. exploser. Distinguer nager (pendant 30 minutes) : activité/ nager cent mètres (en trois minutes). Temps. Ou plutôt : classes aspectuelles de situations (métaterme entendu non comme synonyme d’état. *X nage en une heure (-télique) . ponctuel/ non ponctuel (=duratif) (Zeno Vendler – cf. mode : formes de langue (morphologie verbale : « tiroirs verbaux ») Temporalité. Noter dès à présent que t0 est un moment fictif. Langue Française 67. OKX met une heure à peindre un/ le tableau (+télique) verbes d’achèvement ([+dynamique. avoir qqch. 38 39 40 41 Telos : but. …(sans objet direct explicite40) / tests distributionnels : OKX est en train de marcher (+dynamique). 95-113)ou de prédications (au sens de la Role and Reference Grammar – cf. accompli/ inaccompli. l’avenir. croire qqch. caractéristiques du déroulement du procès . mais pas ce qui précède. Mode d’action (aspect lexical) : « temps intérieur au procès » (Gustave Guillaume) . Cf. aimer qqch. il ya le passé.

formulée non plus en termes de +modalité/ -modalité. sens : modalité injonctive). vous tomberez… »). Il m’avait dit qu’il viendrait ce soir (tiroir modal : conditionnel. sens temporel : futur du passé)42. Typologie des modalités. sens : modalité implicative « si vous faites un pas de plus. mode/ modalité). • • • Vous fermerez cette porte sans la claquer (tiroir : futur. et vous tombez dans l’abîme (tiroir : présent. mais en tant que différence de réalisation linguistique d’une seule et même valeur modale (attitude propositionnelle de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé). Il n’y a pas de correspondance terme-à-terme entre tiroirs verbaux et notions sémantiques (temps/ temporalité. Nicole (1996). Caen : Presses Universitaires de Caen. Un pas de plus. 12 .. aspect/ mode d’action. 42 Cf. Le Querler.

énonciateur/ sa façon de réaliser l’énonciation .2. Ces distinctions feront l’objet de vos cours d’initiation en pragmatique. la distinction allocutaire (visé par le locuteur)/ auditeur (qui se trouve entendre ce qui est dit sans être nullement visé par le locuteur) – telle que posée en linguistique de l’énonciation – n’est en général pas pertinente. distinction est également faite entre locuteur-allocutaire. Peirce (à noter que. Paris : Minuit). produit de la modalisation. une lexie complexe ou un syntagme (groupe de mots) non lexicalisé. Le signe linguistique n’est pas identique au mot : d’une part. Modalisateur : marqueur (perspective d’interprétation)/ réalisateur (perspective de production). 13 . imitant leur référent. 1. selon Bally. Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). 45 46 Ogden. Modus/ dictum. D’autres auteurs45 proposeront une définition ternaire du signe linguistique. Démarche sémasiologique (des mots. mais également les affixes flexionnels (viendra (« à l’avenir »)). d’une part. et I. improbable (« qui n’est pas [possible. au sens de Ch. mais la structure syntaxique ne soutient pas toujours aussi directement cette structuration sémantique. mangeable. La relation modalité/ modalisateur se laisse alors envisager comme cas particulier de la relation signifié/ signifiant. à deux facettes solidaires : le signifiant (suite de phonèmes ou de graphèmes) et le signifié (signification (description) lexicalement associée à cette chaîne sonore ou graphique). O. (1980) – Les Mots du discours. sentiments etc.1. probable] »). prédicat modal abstrait) à ses incarnations linguistiques. Modalité/ modalisateur. A. de l’autre. qui inclura le référent46 : signifiant (symbol (“symbole”)) + signifié (thought (“pensée”)) + référent (referent)). de l’autre. et énonciateur-destinatire (parfois appelé : énonciataire). Modalité/ modalisation. la signification de la proposition. son contenu (contenu propositionnel. un paragraphe. des parties constitutives d’un mot sont des signes linguistiques (non autonomes) : les préfixes ou suffixes dérivationnels (impossible. Les modalisateurs sont des signes linguistiques à signification modale. énonciateur/ fait asserté . San Diego-New York: Harcourt Brace Jovanovitch Publishers. 43 Pour les besoins des analyses syntaxiques et syntaxico-sémantiques faisant l’objet de ce cours sur la phrase modalisée. formulée d’abord par la Scolastique médiévale : dictum propositionis désigne. S. Démarche onomasiologique (du sens vers les mots) : de la zone modale (valeur modale. et même des indices ou des icônes – pour nous référer au classement des signes selon leur relation au référent.7. 1. Modalité : zone modale. prédicats modaux (abstraits). buvable (« (qui) peut être [mangé/ bu] »…). Plus exactement : une représentation mentale de celui-ci. chez Abélard (XIIe siècle).6. le référent (objet du monde auquel renvoie la chaîne sonore ou graphique pourvue de cette signification : entité extralinguistique qui satisfait la description) restant extérieur au signe à proprement parler. Ferdinand de Saussure définit le signe linguistique en tant que catégorie relationnelle44. Polysémie des marqueurs modaux. Charles Bally (Linguistique générale et linguistique française (1932)) récupère la distinction. aux sens) : du marqueur modal aux valeurs modales qu’il exprime. En linguistique de l’énonciation (notamment dans le cadre des théories polyphoniques – cf. prise en charge de l’énoncé par son énonciateur (rapports entre : énoncé/ fait asserté . sont des icônes) mises à part). Dictum : contenu propositionnel de l’énoncé (prédication. une phrase (un énoncé). auditeur43)). énonciateur/ son énoncé . énonciateur/ destinataire (locuteur/ allocutaire. voire tout un texte peuvent être envisagés comme signes (signifiant-signifié(-référent)) . Modalisation : opération énonciative . Modalité(s) : catégories conceptuelles logico-sémantiques .5. Structure de la phrase modalisée : modus + dictum. C. Toute phrase a un dictum et un modus. représentation virtuelle d’un état de chose) Modus : modalité de l’énoncé (assertion qui actualise une telle représentation virtuelle). selon cette tripartition. K. Richards (1989/1923) – The Meaning of Meaning. en logique moderne). 44 Ce qui vaut de tout symbole. Ducrot. Démarche onomasiologique/ démarche sémasiologique.) et onomatopées (qui. la plupart des signes linguistiques sont des symboles (interjections (qui sont des indices d’états d’âme.

Je crois (MODUS) que les étudiants sont partis (DICTUM). in : David. Modalité de re : portée intra-prédicative (interne au dictum). La notion sémantico-logique de modalité. interrogation (phrase interrogative : Paul est-il là ?/ Où est-il ?). syntaxiquement parlant = types de phrase obligatoires) : • • • •  assertion (phrase assertive ou : déclarative : Paul est là). exclamation (phrase exclamative : Paul. Modalité de re/ modalité de dicto. C’est À PAUL que je voudrais parler. épistémiques . Souvent. morphologie et intonation spécifiques. il y a hésitation sur la marque du pluriel. passif (La porte fut ouverte par un étudiant) . Symbole notant ici l’inclusion à un ensemble donné. syntaxiquement parlant ⊂ 48types de phrase facultatifs) : • • • emphase (Paul. impersonnel (Il est arrivé trois nouveaux étudiants/ Il a été dansé toute la nuit). Paris : Klincksieck. mutuellement exclusifs (→toute phrase est assignée à l’un et seulement un de ces types). Classement des modalités. Voilà TROIS JOURS qu’il est parti).  Modalités d’énonciation (contribution interprétative → attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage47 . Kleiber (éds). • • • • Modalités (d’énonciation. Les majuscules notent ici l’accent de phrase : l’accent le plus fort dans la phrase.9.  Modalités d’énoncé (contribution interprétative → attitude du locuteur face au contenu propositionnel de son énoncé . Les étudiants sont sans doute partis. 47 48 49 50 51 Ou plutôt : actes illocutionnaires. but. Portée de la modalité (du modalisateur) : interne/ externe (au dictum). concession …) temporelles (logique du temps linéaire (vs logique du temps arborescent: mondes possibles) . et G.1. 1. de message) et types de phrase : problèmes de classement. 183-203. Modalités de message (contribution interprétative → hiérarchie informationnelle. qui frappe un constituant du syntagme apportant l’information nouvelle (que le locuteur présente/ signale ainsi comme étant) la plus importante pour l’interlocuteur. injonction (phrase impérative : Fermez la fenêtre !). J. Termes remontant à Thomas d’Aquin (De modalibus) : propositions modales de re (quand le modus est inséré dans le dictum : Socrate peut courir) / propositions modales de dicto (modus prédiqué du dictum sujet : Que Socrate coure est possible/ il est possible que Socrate coure). cause. il est déjà parti pour Paris/ C’est PAUL49 qui est arrivé le premier. « L’emploi sporadique du verbe pouvoir ». Voir chapitre dédié (encadré ). vu la variante phrase(s)-type(s) : types/ formes de phrase ou : phrases ? 14 . dans la littérature. à import sémantique fonctionnel-actionnel (« acte de langage »). Modalité de dicto : portée extra-prédicative (externe au dictum). syntaxiquement parlant ⊂ phrases à double prédication: • • • aléthiques .8. axiologiques) implicatives (relation causales au sens large : condition. Types de phrase obligatoires (= types de phrase51): - constituants de phrase fondamentaux (→toute phrase est assignée à l’un de ces types). parti !/ Que cette fenêtre est sale !). à structure syntaxique. sporadicité (Kleiber 198350)). conséquence. déontiques désidératives (volitives) appréciatives (évaluatives.

il n’exprimerait pas d’« acte de langage spécifique ». L’analyse de la négation fait l’impasse sur ce qui est appelé. L’interprétation des types facultatifs ne peut être actionnelle que de manière marginale. 55 56 Dans cette même logique. 2004 (1994) : 388390) :     types énonciatifs (assertif. emphase. à import sémantique surtout fonctionnel-communicatif (répartition de l’information en thème-propos : passif. impersonnel) . le lien entre types de phrases et « acte de langage spécifique » n’est pas aussi direct. sans y apporter de réelle explication. L’exclamatif. emphase. à ce que je vois). Et la distinction alléguée entre types énonciatifs et exclamatif. Cf. Négation descriptive : assertion d’un contenu propositionnel négatif (ex. doué d’intonation particulière. est elle-même sujette à caution. un acte de dénégation (ou de refus) plutôt que la simple assertion d’un contenu négatif – ex. à l’encontre de celle des types obligatoires : le type facultatif qui illustre ce cas de figure marginal est encore la négation (quand elle réalise. impératif) .Types de phrase facultatifs (= formes de phrase) : - constituants de phrase optionnels52. mais non exclusif d’autres types obligatoires (cf. type exclamatif (manifestant seulement la subjectivité du locuteur et réalisant la fonction expressive du langage). En pragmatique inférentielle56. Toujours dans un contexte d’offre/ invitation : Un peu de rôti?/ -Je ne mange pas de viande). Tu viens ?/ -Je ne peux pas. 2004 (1994): 386). ni aussi naturel. dans l’énonciation. les trois types de phrases en question sont censés correspondre non pas à des « actes spécifiques ». 2004 (1994) : 386-387). descriptif (contribution sémantico-logique propositionnelle). et qui semble au moins susceptible de réaliser un « acte de langage spécifique » (dénégation. La solution serait de re-classer les types de phrases obligatoires/ facultatifs en quatre catégories. réfutation) peut-il être envisagé comme type optionnel ? 2. dans la littérature. on voit dans les types de phrases obligatoires des « indicateurs de force illocutionnaire ». selon le critère pragmatique de « l’acte de langage spécifique ». par hypothèse non exclusifs des types obligatoires. ne laissant pas d’être tributaire d’un certain horizon théorique. (cf. La pertinence. dans le paradigme théorique dont procède la notion distinctive invoquée (Théorie des actes de langage) : les types assertif et impératif correspondent aux forces primitives assertive et directive. d’autant que. 1989 (original en anglais 1986). types logiques (négatif/ positif) . par exemple. mais dépourvus d’intonation propre – encore que non dépourvus d’effet sur l’intonation spécifique du type obligatoire avec lequel ils se combinent (phénomènes d’accentuation). en termes (implicitement) transformationnels. qui. et à spécificité syntaxique douteuse (car partageant les structures des phrases déclaratives (Vous ne songez point à elle !) et interrogatives (Qu’est-ce qu’elle était belle ! Est-il bête !)) peut-il être envisagé comme type obligatoire. Cette solution ne fait que reformuler les problèmes soulevés. dans la mesure où : (1) les types énonciatifs restants eux-mêmes ne font pas l’objet d’analyses uniformes. Problèmes : 1. Paul n’est pas là pour l’instant. tandis que le type interrogatif procède des forces dérivées (instanciant un sous-type directif : demander de répondre)54 . non descriptif (hiérarchie informationnelle. Riegel et al. quitte à ce que l’exclamatif soit envisagé comme seul représentant de sa catégorie (Riegel et al. pour tirer argument des seuls emplois « illocutionnaires » de la négation. Sperber Dan et Deirdre Wilson. partir pour Londres ?!). ni entre eux (→se combinent entre eux et/ou avec les types obligatoires) . seul. parmi les types optionnels. 54 Cf. ou descriptif (=représentationnel : négation53) à structure syntaxique et morphologie spécifiques. Ghiglione & Trognon 1993. structuration du message). types de réagencement communicatif (passif. impersonnel). 15 . comme « réagencements particuliers des types obligatoires » (Riegel et al. interroexclamatif : moi. que cette analyse le suppose55. fondé sur des rapports entre le locuteur et son destinataire ? Le négatif. mais à des « actes génériques dire que/ dire de/ demander (si /qu-) » – entendus par Sperber et Wilson comme des « schémas d’hypothèse » (ou « schémas descriptifs ») dans lesquels sont (2) 52 53 Définis. mais représentationnel. Communication et cognition. Paris : Minuit. du moins selon certains auteurs. interrogatif. n’a pas d’apport sémantique essentiellement fonctionnel. négation descriptive.

et le but directif (primitif). 57 Par contre. l’existence d’une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses (non pas réel. mais :) désirable. dire que P et dire de P (où P est la forme propositionnelle de l’énoncé p). les « forces primitives » assertive et directive (cela vaut d’ailleurs de toutes les cinq « forces primitives » distinguées dans la théorie logique de l’illocutoire). en tant qu’actes génériques.incorporées les formes propositionnelles pleines des énoncés concernés. tout en étant sous-déterminées quant aux autres « composants ». mais qui restent typiquement sousdéterminés quant à ce qu’il est convenu d’appeler « intention (ou : but) illocutoire »57. Ghiglione & Trognon 1993). Par contre. elles. 16 . ne « rendent manifeste qu’une propriété assez abstraite de l’intention du locuteur : la direction dans laquelle la pertinence de l’énoncé est à rechercher » (Sperber et Wilson 1989 : 381). dire de. quant au but. Dire que rendrait manifeste l’existence d’une relation descriptive (vs interprétative) entre la pensée du locuteur et un état de choses réel . de faire une tentative linguistique pour que le destinataire réalise une action future (cf. Le but assertif (primitif) est de représenter quelque chose qui est le cas. sont bien déterminées. ce qui en fait justement « les forces illocutoires les plus simples possibles ».

désirer que + subjonctif : Je veux que vous fassiez attention à l’emploi des modes dans la relative. 17 . Vouloir que. certain. P. [La modalité d’énoncé] se rapporte au sujet de l’énoncé. Elle intervient obligatoirement et donne une fois pour toutes à une phrase sa forme déclarative. conseil. Critère de l’incidence (construction de la phrase modalisée60): modalité de re (incidence syntaxique intra-prédicative) . modalités objectives (« délocutives » : rapport entre deux contenus propositionnels. Ce classement concerne surtout les modalités dites d’énoncé (selon le critère précédent).2. il aurait fallu noter ici « ou » (sans « : »). Cf. alors qu’elle peut présenter plusieurs modalités d’énoncé combinées » (art.2. rapport sujet énonciateur/ contenu propositionnel : modalités épistémiques. Etudes contrastives. N. Teodora (1981) – « Pour une approche contrastive de la modalité ». Langue Française n° 21. Critère du rapport fonction modale/ structure phrastique (modalité/ type de phrase) : • modalités d’énoncé (phrase à double prédication)/ • • • • modalités d’énonciation (phrases à contour non assertif : interrogatives. Nous préférons cette étiquette à celle de « critères fonctionnels» – susceptible de suggérer. contre effacement de l’énonciateur : ontiques (ou : aléthiques). Critère du contenu68 : • modalités aléthiques (ontiques). qui récupère les catégories modales de la tradition logique. à nouveau. désidératives (ou65 : volitives) réflexives66) . modalité de dicto (incidence syntaxique extra-prédicative). b. Paris : Hachette.1.) Ce classement. Bucuresti : TUB. [Elle] caractérise la manière dont le sujet de l’énoncé situe la proposition de base par rapport à la vérité. Typologie des modalités. Charaudeau. pp. injonctives. Le Querler 2001) b. …)59. modalités intersubjectives (« allocutives » . déontiques. appréciatives. Rob. que lesdits critères aient à voir avec la découpe focus/ topique de la grammaire fonctionnelle. a. 13). 13-14). André (1974) – « Modalités et communication ». 59 60 61 Cristea. Distinction terminologique : incidence syntaxique/ portée sémantique (cf. cit. concerne. idiot. 8-25. appréciatives (ou : évaluatives. Patrick (1992) – Grammaire du sens et de l’expression. par rapport aussi à des jugements d’ordre appréciatif (utile.. nécessité (vrai. Caen : Presses Universitaires de Caen. a. Meunier. possible. surtout les modalités dites d’énoncé. Critère de l’énonciateur62 : • • • modalités subjectives63 (« élocutives » 64 . Noter que le contenu de cette classe n’est pas identique chez les deux auteurs. a. Ses réalisations linguistiques sont très diverses de même que les contenus sémantiques et logiques qu’on peut lui reconnaître. Les modalités. Critères syntaxiques. Cf. éventuellement confondu avec le sujet de l’énonciation. interdire » . 8-46. in Cristea et al. Terme emprunté à Charaudeau 1992. épistémiques.). tout en en augmentant l’inventaire. 63 64 65 66 67 68 Le Querler (1996). …) » (art. regrettable.cf.. suggestion…. p.. malgré des points de coïncidence. Cf. exclamatives)58/ modalités de message (phrases clivées. la distinction <désidératif>/ <volitif> est maintenue ou au contraire délitée. désidératives. nécessaire et leurs contraires etc. Au gré des auteurs. désirer + infinitif : Je veux partir.10. requête. interrogative ou impérative […]. implicatives). rapport entre énonciateur et destinataire à propos du contenu propositionnel : modalités déontiques. temporelles … 58 Au sens d’André Meunier. Vouloir. modalités désidératives (ou : volitives) translatives67) . Je ne veux pas que tu viennes (négation portant sur la complétive : « défendre. En guise de conclusions : retour sur les critères de classement des modalités. modalités illocutionnaires directives : ordre. Le Querler.1.1. à tort. implicatives. (1996). Si nous n’avions pas souscrit au délitement de cette nuance au niveau conceptuel même. ou : axiologiques). 62 Ce sont là des tentatives de classement (Le Querler 1996 et Charaudeau 1992) qui regroupent modalités d’énonciation et modalités d’énoncé. agréable. Nouv. cit. Citations pertinentes : « [La modalité d’énonciation] se rapporte au sujet parlant (ou écrivant). b. topicalisations. pp. Critères sémantiques61. « Une phrase ne peut recevoir qu’une seule modalité d’énonciation.

syntaxiquement parlant. ce sont là des types de phrase obligatoires – modulo l’hésitation au sujet de l’exclamation : • • • • assertion (phrase assertive ou : déclarative). exclamation (phrase exclamative). Voir encadré 18 . Modalités d’énonciation.2. interrogation (phrase interrogative). les modalités d’énonciation indiquent l’attitude du locuteur dans son rapport avec le destinataire de l’énonciation : actes de langage69 . injonction (phrase impérative). Sémantiquement parlant. 69 Ou plutôt : actes illocutionnaires.

etc. prêter serment (jurer de). • Actes exercitifs [exercitives] : énonciations consistant à donner une décision pour ou contre une certaine façon d’agir. comme l’invariant au variable. plutôt que législatifs ou exécutifs : prononcer un diagnostic (par un expert : médecin ou autre). à partir de l’évidence ou à partir des raisons concernant ou bien les faits eux-mêmes. A l’encontre des verdictifs. d’un sens et d’une référence déterminés (= acte rhétique) . La spécificité de l’illocutoire repose sur l’exploitation conjointe de deux axes d’oppositions : ± fonction dénotative. Austin distingue cinq types fondamentaux d’illocutions : • Actes verdictifs [verdictives] : énonciations qui reviennent à exprimer ce que l’on a constaté (officiellement ou pas). à inciter les autres à se comporter de telle ou telle façon. … . l’action réalisée du fait même de dire (en accomplissant un acte locutoire donc = acte illocutoire – de in (« dans ») – ‘acte réalisé dans la locution’) : promettre. etc.)/ 1962 (original)) sont seulement dissociés les performatifs ou : déclarations (angl.L. pour l’essentiel. « dire. du verbe performatif à la première personne du singulier.). condamner. l’acte de dire quelque chose (= acte locutoire). c’est faire » sera envisagée sous un angle plus large.Hors cours. La notion d’acte de langage est définie à l’intérieur d’un cadre théorique spécifique : la théorie des actes de langage (entendue comme cas particulier de la théorie de l’action). mais sujets à des conditions de réussite.). faire voeu de. des attitudes à l’égard du comportement antérieur ou simplement prévu.  la distinction entre conventionnel (produit de règles) et non conventionnel (produit des circonstances) oppose l’illocutoire au perlocutoire. critiquer. remercier. parier. en droite ligne.). au juste. • • Actes promissifs [commissives] : énonciations qui visent à obliger le locuteur à adopter une certaine façon d’agir. ordonner. Il s’agit. à s’engager à des degrés divers (ce terme ne s’applique pas aux seules promesses au sens strict : promettre. les énoncés performatifs remettent en cause le postulat du caractère essentiellement descriptif du langage (« l’illusion descriptive ». etc. donner un ordre. évaluer. 19 . plutôt que sur ce qui est : dégrader. décréter. Locutoire vs illocutoire vs perlocutoire La difficulté d’opérer des distinctions tranchées entre énoncés constatifs et énoncés performatifs à l’aide de critères à proprement parler linguistiques tels le critère. des « mots performatifs » (verbes ou autres) a eu pour conséquence l’élaboration de l’appareil théorique. déplorer. à la dénotation (=sens + référence)) oppose l’illocution à la locution . pensées. etc. les exercitifs comportent un jugement (une décision) sur ce qui devra ou devrait être. La question de savoir ce que veut dire. Seront maintenant définis comme « actes de langage » : 1. effrayer. syntaxique. pardonner.  2. et respectivement ± conventionnel :  la distinction entre valeur (force) de l’énonciation et signification de l’énoncé (assimilée. Actes comportatifs [behabitives] : énonciations qui expriment une réaction à la conduite ou au sort des autres.  et pourvus. faire faire. elle. ou le critère. Performatif vs constatif Dans un premier temps (Austin J. d’autrui (s’excuser. 3. née. Quand dire c’est faire. léguer. injurier. statements) dont l’énonciation revient à exécuter (angl. Paris. fr. ou bien leur caractère axiologique (actes judiciaires. produire des vocables (ou : mots) qui entrent dans des constructions conformes à la grammaire (=acte phatique). agissements de l’auditoire. … (Austin 1970/ 1962). annoncer un verdict. sur les sentiments. de ce que l’on fait (accomplit) en disant quelque chose à quelqu’un. donner un renseignement. Le noyau dur de la théorie défendue par Austin est sans conteste la notion d’illocutoire. c’est dire. to perform) une action (exemple donné : baptiser un bateau.). lui-même décomposé en plusieurs actes généralement coextensifs l’un à l’autre :  produire (prononcer) des sons (= acte phonétique) .. de per (« par »)) : convaincre. braver. dans les circonstances appropriées. s’engager formellement. commander. Dépourvus de conditions de vérité. 1970 (tr. d’une généralisation du concept de performatif. l’acte ou l’effet provoqué par la locution (vs dans la locution). Seuil. elle. dans l’emploi. classer. désormais : constatifs). poser une question. à l’encontre des énoncés qui décrivent un état de chose ou rapportent (= constatent) un fait (énoncés appelés. lexical. du locuteur ou de tiers (= acte perlocutoire. dans les termes d’Austin). acquitter. les mots ‘je baptise’ ).

et gouvernant l’emploi des marqueurs d’actes). Condition essentielle (qui définit le but illocutoire : amener l’interlocuteur à réaliser l’action pour l’ordre. mais cet échec est différent suivant la règle spécifique qui aura été violée. tous les énoncés se laisseraient réduire à des performatifs explicites : Searle considère en effet qu’un marqueur de force illocutoire (préfixe performatif Je verbe illocutoire) sous-tend. Si les conventions sémantiques dépendent des langues particulières. Condition de sincérité (qui définit l’état psychologique du locuteur : désir pour l’ordre. mais cinq seulement sont décisifs dans la classification à proprement parler : 70 Qui asserte que tout ce que l’on veut dire peut être dit littéralement (cf. l’auteur réévalue la taxinomie d’Austin. Contenu propositionnel vs force illocuoire La postérité d’Austin élaborera davantage encore la théorie des actes de langage (= actes illocutionnaires). Il en isole douze. l’acte échoue. d’ordre plus général : règles constitutives (qui créent des activités dépourvues d’existence indépendante : les règles qui gouvernent les jeux (football ou échecs au même titre). ne reposant pas sur des principes/ critères de classement clairement définis d’entrée de jeu. 20 . pour la promesse) . du locuteur. etc.• Actes expositifs [expositives] : énonciations qui visent à exposer une manière de voir les choses. ou le référent de celuici (affirmer. Searle (1972 (1969)) s’attache à opérer la distinction entre proposition exprimée par l’énoncé et acte accompli dans l’énonciation non seulement en termes d’actes (acte locutoire (notamment : rhétique) vs acte illocutoire). au marqueur de contenu propositionnel : [F je te promets [p que je fermerai la fenêtre]] – soit. s’engager à la réaliser soi-même. tout énoncé (analyse qui correspond en tout point à l’ « hypothèse performative » des générativistes chomskyens (cf. la distinction règles constitutives (des actes)/ règles sémantiques (dérivées des premières. dans la notation de l’auteur. davantage un classement de verbes que d’actes. nous nous référerons aux seuls actes illocutoires (ou : illocutionnaires).). rapporter. y compris les « jeux de langage » au sens de L. intention pour la promesse. et la subordonnée enchâssée. pour la promesse. témoigner. d’où force chevauchements inter-catégoriels. à tirer au clair l’usage d’un mot. croyance. remarquer. postuler. à développer un argument. les règles constitutives des actes de langage seraient universelles. Aussi. dans la théorie searlienne. Wittgenstein) vs règles normatives (qui ont pour objet des comportements/ actions qui existent indépendamment des normes les régissant : à l’instar des règles de politesse. où la principale correspond au marqueur de force illocutoire. Cette distinction se laisse enchâsser dans une autre. Elles définissent autant de conditions de succès des actes illocutoires : • • • • Condition de contenu propositionnel (propriétés du contenu propositionnel de l’acte : action future de l’interlocuteur pour l’ordre. Ross 1970)). Dès qu’une règle constitutive est enfreinte. qui pis est. en structure profonde. Condition(s) préliminaire(s) (qui doivent être satisfaites préalablement. la signification des phrases est justiciable de conventions). pour l’assertion) . pour l’ordre) . C’est là une distinction qui ne se laisse appréhender directement que dans le cas des performatifs explicites. et. mais également en termes de la structure syntaxique de la phrase énoncée (relativement aux actes illocutionnaires mêmes). nier. Classement des actes illocutionnaires Partant de la distinction explicite entre verbes illocutoires (qui ressortissent aux langues particulières) et actes illocutoires (universaux de langage). pour que l’acte puisse être accompli : capacité de l’interlocuteur. Désormais. En vertu cependant du principe d’exprimabilité70. pour l’assertion). pour l’acte de force F accompli à propos du contenu propositionnel p : F(p). décrire. la contribution de Searle consistera-t-elle notamment à une recherche des critères de classement pertinents et surtout mutuellement consistants. s’engager sur la vérité de la proposition exprimée. Conditions de succès des actes illocutionnaires À la distinction actes/ marqueurs des actes il correspond. ainsi discriminera-t-il deux types de marqueurs : le marqueur de contenu propositionnel et le marqueur de force illocutoire. quand nous emploierons le terme d’acte de langage (ou : acte de parole). Searle 1969/ 1972).

se vanter. tristesse (LAMENTATION). pour la prédiction). pari sur un trois sans atout (annonce au bridge). (+institution extralinguistique : statuts respectifs bien spécifiques) 71 Où l’élément ajouté à l’attitude fondamentale. déclaration de guerre… Direction d’ajustement double. Désir. aux mots. pour sembler naturelles telles quelles : si l’interlocuteur est par exemple. aux mots.… Engagement du locuteur sur la vérité de la proposition exprimée Obligation de l’interlocuteur à accomplir certain(s) acte(s). et. rapport. menacer). • • • L’état psychologique exprimé (l’attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de l’acte : condition de sincérité) . Provoquer la vérité de leur contenu propositionnel Des mots. Position de force du locuteur. à la place du sempiternel sel. critique. au monde. états de choses futurs.. … question… Du monde. Type d’actes But illocutoire Direction d’ajustement REPRÉSENTATIFS: Suggestion. félicitation. ____ (croyance+ γ71 ) (vérité présupposée) DÉCLARATIFS72 : Bénédiction. selon le verbe employé : demander de/ exiger de/ ordonner de). conclusion (→argument(s))). pour le rapport. • La direction d’ajustement entre les mots et le monde (concerne le contenu propositionnel de l’acte. remerciements… Du monde. est de l’ordre du sentiment : insatisfaction (PLAINTE). Action future du locuteur. prédiction. baptême. ordre. PROMISSIFS : Promesse. au monde. et qui exigent simplement la construction d’un contexte interprétatif spécifique. si l’acte est explicite. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)… 72 73 Ce sont les performatifs d’Austin. ajustement du monde. assertion. verdict de culpabilité. ni entre actes institutionnels (excommunication. Etat psychologique exprimé Croyance. un malade en régime hyposodique. et non institutionnels. pour une promesse ou un ordre) . qui est de l’ordre de la croyance. excomunication. aux mots. Mais pas : les relations de l’énoncé aux intérêts du locuteur et de l’interlocuteur. consigne. arbitrage d’un hors-jeu de l’avant-centre. Obligation du locuteur à accomplir certain(s) acte(s) Exprimer l’état psychologique (par rapport à l’état de chose spécifié dans le contenu propositionnel). condoléances. et représente une sous-composante (sinon une conséquence) du but illocutoire : ajustement des mots. ni les relations de l’acte au reste du discours (réponse (→question).• Le but illocutoire (condition essentielle) . Mais pas : les différences entre actes essentiellement et non essentiellement linguistiques (qui ne peuvent pas ou respectivement qui peuvent être accomplis y compris sans le dire : poser un diagnostic vs prêter serment). pour une assertion. ni le style de l’accomplissement de l’acte (annonce vs confession). legs. serment… EXPRESSIFS : excuse. et actes dont le verbe n’est pas susceptible d’un tel usage (cf. ni entre actes dont le marqueur (le verbe) est susceptible d’emploi performatif. Action future de l’interlocuteur. y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). déclaration de guerre). Statuts du locuteur et de l’ interlocuteur Contenu propositionnel DIRECTIFS : Requête. Mais pas : la force avec laquelle est présenté le but (qui varie selon le degré d’explicitation de l’acte. Formulations tout à fait naturelles avec « l’arme » ou « cette arme ». Le contenu propositionnel (les différences dans le contenu propositionnel qui sont déterminées par des mécanismes liés à la force illocutionnaire : états de choses passés. Intention. 21 .. Les statuts respectifs du locuteur et de l’interlocuteur (condition préparatoire) .

ouverte par deux compléments donnant le cadre spatio-temporel : Un beau jour. la distinction entre structure profonde et structure de surface. opposée à l’interrogation et à l’impératif : Le serpent75 mordit Jacques Fréron). Syntaxe de la phrase déclarative : phrase déclarative ou phrase affirmative ? La négation étant regroupée. donc concernant 74 Seraient dépourvus de contenu propositionnel certains actes expressifs réalisés au moyen d’interjections (Zut! Aïe !). aussi contre-intuitif que cela puisse paraître. éventuellement récursive. au fond d’un vallon.1. l’emphase. le déplacement à droite du constituant affirmatif (Intonaffir) rendrait compte du traitement prosodique caractérisé en fin de syntagme prosodique maximal. le type déclaratif sera directement envisagé en tant que type obligatoire ‘affirmatif ‘(‘affirmation’. D’autre part. des intonations interrogative et impérative. Dans le texte évoqué. avec le passif. La phrase déclarative. est une phrase thétique. 2. La transformation affirmative ainsi formulée est postulée pour rendre compte de l’hypothèse fondamentale du modèle. par hypothèse. dans le cas de la phrase affirmative (active non emphatique) se réduira au déplacement du constituant Intonaffir en fin de séquence : Intonaffir +SN +SV (structure profonde) Taff SN +SV + Intonaffir (structure de surface). supra). distincte. l’ordre des mots et affixes directement observable en surface. des règles de réécriture) : (…) Aux (→affixe) + V (→racine) + SN. l’impersonnel. 22 . aussi nous bornerons-nous ici à un rapport neutre de la théorie présentée. un serpent mordit Jacques Fréron. et la phrase. même en l’absence de différences directement observables en termes de contour prosodique marqué et/ou en termes de l’ordre des éléments terminaux (mots76) : il n’y a donc plus de réécriture directe de la phrase de base (affirmative active non emphatique). ne recoupe pas directement l’ordre d’insertion lexicale des constituants terminaux sous les constituants syntagmatiques concernés (en structure profonde issue de l’application incrémentielle.1. 76 De toute manière. au passage de la structure profonde à la structure de surface. mais plutôt un objet de référence » (Vanderveken 1988 : 30) : Vive la France ! 75 Dont il est question dans la fable de La Fontaine.2. tandis que d’autres auraient un « contenu qui n’est pas une proposition complète. Σ→ Const Const → +P Affir Affir → Σ→ Intonaffir +P P→ Σ→ Intonaffir +SN +SV Intonaffir SN +SV (structure profonde) Le changement structurel. Dans cette acception donc. contre racine+ affixe en structure de surface. au niveau du noyau. L’assertion. comme type de phrase optionnel (forme de phrase). Nous y reviendrons sous 3 (voir infra). Le constituant affirmatif se réécrit obligatoirement par le constituant Intonation affirmative (abréviation Intonaffir).4. en structure profonde. en grammaire générative-transformationnelle standard.1. le sujet est indéfini. Ce type de construction. en français. Nous avons fait état précédemment de nos réserves sur cette option métalinguistique (§1. à sujet non-topical. l’affirmation n’est pas opposée à la négation : les phrases négatives peuvent fort bien épouser le contour prosodique ‘affirmatif’ (Le serpent ne tua pas Jacques Fréron).

Peter Frederik (1974) – Subject and Predicate in Logic and Grammar. Bien que souvent. 2. nous avons changé d’illustrations sur ce point précis. Strawson. aussi le sujet de la phrase passive (complément de la phrase active correspondante) sera-t-il interprété comme topique de l’assertion que fonde le constituant Affir (c’est-à-dire : de l’assertion qui est l’interprétation sémantique du Constituant Affir) : Le serpent mordit Jacques Fréron [Topique : serpent. et respectivement. les notions de topique et de thème. ce qui est annoncé en premier lieu par le locuteur)/ commentaire (ce qui est introduit après introduction du topique): distinction syntaxique (positionnelle). L’assertion exprime l’attitude de croyance du locuteur à la vérité de l’état de chose décrit par son énoncé (Théorie des actes de langage). Expression contenant l’information que le locuteur désire communiquer (au sens de l’école fonctionnaliste praguoise (Firbas). et il existe des phrases dont les prédicats logiques ne sont pas analysés (du moins pas en grammaire normative scolaire) comme des prédicats grammaticaux. Les critères opérationnels pour la discrimination de ces couples notionnels restent minimalement distincts. dans la mesure où. Londres : Methuen. Cette corrélation reste cependant sujette à caution. de l’avis des auteurs. et comme instanciant en quelque sorte ou bien la relation sujet/ prédicat. de commentaire et de propos (ou : rhème). une mise au point à cet égard s’impose. En termes de pragmatique inférentielle (Théorie de la Pertinence). Le constituant affirmatif est interprété comme une assertion dont P est le noyau (comme une assertion dont P est le contenu propositionnel. Dubois et Dubois-Charlier 1970. Ces faits permettent de définir la relation entre phrase active et phrase passive : la transformation concernant le marqueur sous-jacent de modalité Affir (en bref : la transformation affirmative) a lieu après la transformation concernant le marqueur sous-jacent de Passif (ou : transformation passive). L’homme est mortel).au premier degré la fin de la séquence linéaire (linéarisée). Thème (objet du discours)/ propos (ce qu’en dit le locuteur77) : distinction fonctionnelle (structure fonctionnelle (= interprétative) des énoncés vs structure formelle des phrases). en termes plus étoffés : la forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase déclarative interprète (littéralement) une pensée du locuteur qui est la description d’un état de chose réel. Jacques Fréron ⊂ commentaire] → Jacques Fréron fut mordu d’un serpent [Topique : Jacques Fréron. bien que le contour assertif soit. Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. n’étant pas 77 78 Ou : rhème. Du point de vue de la hiérarchie informationnelle.2. et non seulement sa fin. les deux phrases (active et passive) étant censées se ramener. Cf. 79 Les exemples donnés dans la référence citée pour illustrer l’absence de correspondance terme-à-terme entre catégories logico-sémantiques et catégories de l’analyse grammaticale sont en fait : (i) Sujet logique ≠ sujet grammatical (Paul a été tué par Jean vs Jean a tué Paul. Paul)). Le piano est dans le bureau : DANS (le piano. en termes de la théorie des actes de langage).    Topique (ce qui est mis en position frontale. le constituant affirmatif permet l’interprétation du sujet de l’assertion (de) P comme topique (de cette assertion). Puisque cette analyse ne correspond pas à la perspective adoptée ici. le bureau)). descendant. à une même forme logique TUER (Jean. Les fonctions grammaticales ne recoupent pas systématiquement les catégories logiques correspondantes79: il existe des sujets grammaticaux qui n’ont pas la sémantique des ‘termes particuliers’ (tels les noms en emploi générique Les castors sont des mammifères. (ii) Prédicat (logique) ≠ verbe (L’homme est mortel : MORTEL (l’homme) . et du syntagme verbal comme commentaire. Sémantique de la phrase déclarative. soient entendues comme synonymes. XV. ou bien la relation information donnée/ information nouvelle. dans la littérature. l’assertion exprime une relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de chose du monde –ou. chap. serpent ⊂ commentaire]. ainsi que l’interprétation des autres syntagmes nominaux (compléments) comme non-topiques. les données prosodiques concernent l’ensemble de la phrase. 23 . Sujet/ prédicat : distinction grammaticale (fonctions grammaticales) et logique (sujet : terme particulier. en français du moins. prédicat : terme général (Strawson78)).1.

Syntaxe de la phrase interrogative.2. un serpent mordit Jacques Fréron.  Interrogation alternative (à coordination disjonctive d’éléments : Préférez-vous la mer ou la montagne ? (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : Je préfère la mer/ Je préfère la montagne) . où l’adjectif mortel est analysé come attribut du sujet . le plus souvent. Réponse affirmative à une question oui/non de forme négative. Me prenez-vous pour un imbécile ou le faitesvous exprès ? (réponses visées (toutes choses égales par ailleurs): Je vous prends pour un imbécile/ Je le fais exprès . ils comportent).  Interrogation partielle82 (à mot interrogatif (qu-) . pour les Topiques. prédicat logique LINGUISTE) ou des prépositions (Le piano est dans le bureau : prédicat grammatical est (sous analyse existentielle forte des situatifs). et Topiques et Thèmes participent de l’information donnée (référents déjà introduits dans le discours). aucune de ces deux réponses n’étant socialement admissible. Cf.réalisés par des séquences qui comportent des verbes. ce pourquoi ce sont (ou. Exemples : Êtes-vous son père ? Qui êtes-vous ? question-écho (valeur marginale. 24 . au cas par cas. Typiquement. Roum.  Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. par des noms Anne est linguiste : prédicat grammatical est linguiste. liant une variable (soulignée dans les exemples ciaprès) dont la réponse fixera la valeur.1. Sous-types. Distinction définie en terme de portée.: focalisé (=foyer d’information nouvelle). L’interrogation. 2. de remise en cause des faits et/ ou dires de l’interlocuteur) . La phrase interrogative. il n’est plus là) . particulièrement agressif. Distinction purement interprétative : réponses visées. ou est dans le bureau (sous l’analyse copulative). interrogation alternative polaire (alternatives épistémiques en nombre fini→ réponses visées : si81/ non) : Aimez-vous la mer ou ne l’aimez-vous pas/ ou non ? / ou pas ? réponses : Si. les sujets sont des Thèmes. prédicat logique DANS. Le reste des éléments de la phrase interrogative ressortissent aux informations présupposées (=déjà acquises).2. Où est-elle ?/ présupposé : ‘elle est quelque part’. on veut se faire répéter/ préciser une partie de l’énoncé de l’interlocuteur. non prototypique) : on n’aura pas bien entendu. Exemple : A : Je vais fermer la fenêtre. Un énoncé tel Un serpent mordit Jacques Fréron sera donc (toutes choses égales par ailleurs80) moins acceptable que sa contrepartie à sujet défini Le serpent mordit Jacques Fréron.2. prédicat logique MORTEL). il est là/ Non. au fond d’un vallon. je ne l’aime pas). ba da. en français. je l’aime/ Non. 80 81 82 83 Le vers de La Fontaine se prête justement à une analyse différente. des syntagmes nominaux définis. 2. questions ouvertes83 : alternatives épistémiques en nombre in(dé)fini) : Qui est là ? (C’est Paul/ Sylvie/ …). Moeschler & Reboul (1994) : 456-458. Interprétation de la phrase interrogative: • question appel d’information (valeur prototypique) : le locuteur ignore la réponse. les Thèmes sont des Topiques. Qui est là ?/ présupposé : ‘quelqu’un est là’. Interrogation totale/ interrogation partielle  Interrogation totale (sans mot interrogatif . Syntagme qu. où le nom linguiste (en usage non référentiel – l’absence d’article en témoignant) est analysé come attribut du sujet .2. du fait des adverbiaux de cadre qui ouvrent la phrase : Un beau jour. cette question alternative fonctionnera pragmatiquement comme un acte. questions fermées : alternatives épistémiques en nombre fini : réponse visée oui/ non) : Est-il encore là ? (Oui. à deux arguments internes sélectionnés : le piano et respectivement le bureau. mais par des adjectifs (L’homme est mortel : prédicat grammatical est mortel. B : Tu vas faire quoi ? (intonation montante) • 2.

inversion de je : systématique au futur et au conditionnel (dirai-je. votre mari ? (comparer à : Il est toujours là. *Je ne sais si le docteur viendra-t-il Inversion (simple) du sujet non clitique bloquée : *Je ne sais si viendra le docteur. *mens-je. vais-je. elles (pronoms personnels sujets) et ce (démonstratif sujet). 87 Construite par inversion simple du sujet clitique ce. Interrogation partielle.2. Inversion complexe : <sujet nominal + verbe-clitique sujet> (Paul est-il encore là ?). elle. Marqueurs indicatifs vs descriptifs. Le plus souvent : intonation descendante (à l’instar des phrases déclaratives correspondantes). Syntaxe de la phrase interrogative. Seuls peuvent intervenir entre un clitique et le verbe d’autres clitiques.1.3. il.euphonique après un verbe finissant en voyelle : A-t-il compris ? Parle-t-elle toujours aussi fort ?) . *sors-je.2.2. et se terminant. vois-je . …) . Interrogation totale indirecte. à la faveur de la subordination) : Je me demande si Paul arrivera ce soir. Focus (foyer d’information nouvelle)/ présupposé (information partagée par le locuteur et l’interlocuteur84): distinction cognitive et énonciative.  Interrogation comme acte de langage indirect (stratégie communicative): Je ne trouve pas ce livre (comparer cette assertion à la question appel d’information : Où est ce livre ?).   Et Est-ce que (version interrogative du présentatif c’est que+ structure phrastique87) : Est-ce que Paul est là ? 2.2. Réalisateurs (marqueurs). …).: questions partielles). 2.Des notions corrélatives proches mais (minimalement) distinctes. après une montée sur le mot interrogatif 84 85 86 Information commune à une question et à sa réponse.3.1. Clitiques sujets : je. Interrogation partielle directe. vous. Interrogation totale directe. Pourvue de valeur et de fonction interrogative. 25 .2.2. elle.3. Ainsi. fais-je.3. tu.1. 1.3. Je ne sais pas qui arrivera le premier. dois-je. à l’écrit. Est-il encore là ?/ Qui est là ? Interrogation indirecte (discours rapporté en style indirect) : subordonnée complétive. Interrogation totale. puis-je.   Information donnée (ancienne)/ information nouvelle : distinction cognitive. sais-je. Interrogation directe/ interrogation indirecte :  Interrogation directe : phrase indépendante.3.2. enchâssée sous un verbe principal qui marque conceptuellement (= descriptivement) la valeur interrogative (mais pas la fonction : suspendue. dis-je. 2.  Intonation ascendante suspensive (sans modification aucune dans l’ordre des mots) : Il est toujours là. insertion d’un -t. *pars-je. par un point d’interrogation. votre mari – à intonation déclarative descendante).2. nous. Après si : Je ne sais si le docteur viendra   Inversion du sujet clitique bloquée (inversion simple ou complexe) : *Je ne sais si viendra-t-il. Et inversion du sujet :   Inversion simple du sujet clitique: <verbe-clitique86 sujet> (trait d’union obligé : Es-tu encore là ?. à courbe intonatoire spécifique. éviter après d’autres monosyllabes : *cours-je. 2. entre je (clitique sujet) et ai (auxiliaire de temps) peuvent licitement intervenir les clitiques objets (le lui) et ne (négation clitique) : Je ne le lui ai pas rendu. pourrais-je.2. suis-je. Noter que la valeur interrogative est également indiquée85 par l’élément introducteur (si : questions totales/ qu. Pour la mémoire : sont appelés clitiques les pronoms atones (=non accentués) qui présentent une contrainte d’’adjacence au verbe. ils. veux-je. 2. rare après le présent de l’indicatif (liste fermée : ai-je. 2.  Intonation ascendante suspensive optionnelle.1.

⊂ sujet (combien de…. Qui est cet homme ? Quelle sera votre décision ?) ou ⊂ attribut (Quelles gens êtes-vous ? Quelles gens sont les Dupont ?) Attributs du sujet en variation libre : Qui / Quel Attribut du sujet à choix contraint : Qui/ *Quel(le.2. dois-je. (porteur de l’accent focal). . {Pas d’inversion : variante préférée/ inversion complexe : variante permise} : mot qu.1. Dans ce second cas de figure.2. Paris-Louvain-la-Neuve : Duculot. Quelle rage de vivre et de dominer l’avait-elle soutenue ? (Druon). vois-je : Pourquoi ai-je fermé ce tiroir à clé ?) . 90 Hanse. Joseph (1991) – Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne. l’intonation ne serait plus guère un marqueur actuel de l’interrogation. quel…. lequel de(s)…). 26 . dans la littérature : inversion stylistique. fais-je. Inversion exclue : mot qu.1.1.1. puis-je. Inversion complexe : Quand Paul repartira-t-il ? Mot interrogatif & est-ce que : Quand est-ce que Paul repartira ? -humain Qu’(est-ce) +sujet …qui -sujet …que Qui [+humain] est-ce que [-sujet] tu as rencontré ? Qu’ [-humain] est-ce que [-sujet] tu racontes ? Qui [+humain] est-ce qui [+sujet] veut encore partir ? Qu’[-humain] est-ce qui [+sujet] arrive ? Inversion (simple) du sujet clitique/ inversion (simple) du sujet non clitique : distributions distinctes (→structures syntaxiques bien différentes !) Inversion simple du sujet clitique (…) Verbe +TEMPS .sujet (qui : Qui l’a dit ?).2. Laquelle de ces deux Mathilde (…) emporte-t-elle la sympathie d’Aliénor ? (Pernoud) [variantes permises – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 199190 : 526527] 2. en particulier à l’oral). sais-je. vais-je. 2. 89 Souvent appelée.attribut (Qui êtes-vous ?.clitique sujet (…) Formes complexes : auxiliaire Inversion simple du sujet non clitique … verbe +TRAITS SÉMANTIQUES PURS sujet non clitique (…) Formes complexes : participe passé.3.1.3.2. deuxième édition mise à jour et enrichie.2.1.2. Inversion simple du sujet non clitique (pronominal ou nominal) 89 – sans trait d’union: Que disait celui-là ? Que disait cet homme ? Quand est parti Jean (pour Londres) ?). veux-je. Inversion simple obligée :  Mot qu. Mot interrogatif & inversion du sujet :     +humain Qui (est-ce) Inversion simple du sujet clitique (trait d’union obligé : Que disait-il ? Qui cherchezvous ? Qui est-ce ?88). selon l’analyse générativetransformationnelle standard.2. infinitif 2. suis-je.3. dis-je. rarissime (tour très marqué.Cas particuliers. - Combien de gens l’ont vu ? Quel témoin a vu l’accusé ? Quelle folie avait pris Clémence ? Lequel de ces enfants a vu l’accusé ? Lequel de ses romans vous paraît le meilleur ? [variantes préférées – exemples (et sanction normative) empruntés à Hanse 1991 : 526] Combien d’entre vous l’ont fait (+ l’ont-ils fait). avec les verbes en -e → -é ( ?Pourquoi hésité-je ? /OKPourquoi est-ce que j’hésite ?). Les opérations stylistiques étant par hypothèse supposées être optionnelles. seuls les cas où cette inversion est optionnelle devraient être nommés ainsi.1. ± locuteur] Qui Qui Qui Qui suis-je ? sommes-nous ? es-tu ? êtes-vous ? *Quel suis-je ? *Quels sommes-nous ? *Quel es-tu ? *Quels êtes-vous ? Quelle est cette voiture ? Sujet= SN [-humain] 88 *Qui est cette voiture ? Inversion de je courante pour les verbes de la liste déjà mentionnée (ai-je.s) : Attribut du sujet à choix Qui est cette femme ? Quelle est cette femme ? Sujet= SN [+humain] Sujet= pronom personnel [+personne.

ce. on) : Je ne sais où il est/ pour quand c’est.contraint : *Qui/ Quel Interroger sur la qualité Attribut du sujet +qu Interroger sur l’identité Que suis-je ? Que devient-elle ?91 Qui suis-je ? Qui est-elle ? Qui est cette femme ?   QueCOD (Que disent-ils ? Que veulent ces gens ? Que vont dire ces gens ?) Où est + SN (Où est votre guitare ? Où avait été votre guitare ?) 2. Pas d’inversion :    91 92 Sujet pronom clitique (personnel. si l’objet est. un pronom clitique. Pourquoi. Même cas de figure donc que <Verbe + SNi+ SNj>. dans le cas de l’attribut de l’objet on peut alléguer (à la limite). Inversion simple du sujet non-clitique possible : Sujet SN (non clitique) : Je me demande ce que mon frère a dit/ ce qu’a dit mon frère. l’adjacence du sujet et de l’attribut accordé avec l’objet : - *Quand laissera celui-là [sujet inversé] les enfants [objet] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là laissera-t-il les enfants tranquilles ? *Quand nous [objet clitique] laissera celui-là [sujet inversé] tranquilles [attribut de l’objet]?/ OKQuand celui-là nous laissera-t-il tranquilles ? tel n’est manifestement plus le cas avec l’attribut du sujet : - *Comment serait votre frère [sujet] si ingrat [attribut du sujet]?/ OKComment votre frère serait-il si ingrat ? 2.2. de l’objet)> tombe sous le même principe (éviter l’équivoque au niveau notamment de l’interprétation des fonctions grammaticales).3.1. Traduction en roumain : Ce mai face ?. une lecture idiomatique (disant à peu près la même chose que : Comment va-t-elle ?). en sus de la lecture littérale compositionnelle (réponse attendue (par exemple): prof d’anglais).2. 2. 27 . Quel… ne pas (Quels étudiants n’ont-ils pas compris l’explication ?). ou.3.1. si. Inversion complexe obligée :     Négation excluant l’inversion simple du sujet non clitique: Depuis quand votre ami ne dort-il plus ?/ *Depuis quand ne dort plus votre ami ? Comparer à : Depuis quand votre ami dort-il? OKDepuis quand dort votre ami? Depuis quand s’est endormi votre ami ? Négation & mot qu. comme facteurs de risque sémantique (interprétatif). l’adjacence du sujet nominal inversé et de l’objet non clitique92. lui.⊂ sujet (→négation excluant l’absence d’inversion): Combien de… ne pas (Combien d’entre vous ne l’ont-ils pas fait ?). Avec.2. Interrogation partielle indirecte.3. En effet. En quel sens excluant l’inversion simple du sujet non clitique : *Pourquoi rient les enfants ?/ OKPourquoi les enfants rient-ils ? *En quel sens parlent les fleurs ? / En quel sens les fleurs parlent-elles ? Pour éviter l’équivoque :   éviter la séquence <Verbe + SNi+ SNj> : *Où a trouvé Pierre ce livre ? OKOù Pierre at-il trouvé ce livre ? *À qui a donné Pierre ce livre ? OKÀ qui Pierre a-t-il donné ce livre ? éviter les phrases à deux arguments nominaux directs (=sans préposition) [+humain]: ???Quel ami [sujet ? COD ?] soupçonne votre fils [sujet ? COD ?]?/ ami votre fils soupçonne-t-il ? OK Quel Ce n’est pas évident que l’interdiction des séquences <V + sujet+attribut (du sujet. Inversion simple du sujet non-clitique préférée : Verbe plus court que le SN sujet : J’ignore où est cet employé (comparer : J’ignore où se trouve cet employé/ J’ignore où cet employé se trouve actuellement).2.

sous-type directif donc) : théorie des actes de langage (Searle & Vanderveken 1985).4. …).2.4. Interprétées comme vraies questions-appels d’information. que tu veux ? [comparer à : quoi que (tu veuilles). 2. Valeur fondamentale (cf. Négation . / OK J’ignore en quel sens tu penses que/ tu dis que/ on dit que les fleurs parlent. renforcé par c’est qui/ que (éviter l’inversion de est-ce (que/ qui)) : Quand c’est que tu pars ? Qui c’est que tu attends ? Qui c’est qui a cassé le vase ? !!!*Que c’est que …   Terme interrogatif (qu-) + que (abréviation de Qu. Pourquoi excluant l’inversion simple du sujet non clitique94 : *Dites-moi depuis quand ne dort plus votre ami / *J’ignore pourquoi rient les enfants. par exemple.3. Dans l’acception pertinente (circonstant de phrase).2.1. 2. et l'une des quatre relations possibles entre une pensée et ce que cette pensée représente.4.3. 2.+est-ce que) : Où [est-ce] que tu vas ? Quand [est-ce] que tu reviens ? Qui [est-ce] que tu attends ? Terme interrogatif extrait par le présentatif c’est __ qui/que C’est quand que tu pars ? C’est qui que tu attends ? C’est où que tu vas ? ?? C’est quoi.Inversion simple du sujet non-clitique obligée :  Mot qu. interprétation de la phrase interrogative) : question-appel d’information. ou interprétativement.93 Inversion simple du sujet non-clitique bloquée :   En cas d’équivoque (deux arguments nominaux directs (sans préposition) +humain): J’ignore qui [sujet ? COD ?] a rencontré Jean [sujet ? COD ?]/ OKJ’ignore qui [objet] Jean [sujet] a rencontré. ou comme des question-écho (demande de précision : on n’aura pas bien entendu/ compris). Utilisée interprétativement. ou bien l'interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance. D'où les cas de figure ci-contre : METAPHORE : 93 94 relation interprétative entre la forme propositionnelle de l'énoncé et la Mais : Je me demande qui vous êtes (sujet clitique→ pas d’inversion). Tout énoncé implique aux moins deux relations : une relation entre la forme propositionnelle de l’énoncé et une pensée du locuteur (son «intention informative ostensive»). Réponses : toujours des phrases infinitives (fuir. Interrogation à l’infinitif. 28 . peut être utilisée descriptivement. Quand elle est utilisée descriptivement.   Interprétation directive (question comme demande de dire. Pragmatique de l’interrogation→ pour détails. sujet SN (non clitique) : Je ne sais quel est votre avantage.atribut. semestre 6). éviter l’inversion.   Terme interrogatif en position de base : Tu vas où ? Vous attendez qui ? Tu pars quand ? Tu regardes quoi ?96 Terme interrogatif en tête de phrase. Je me demande qui est cet individu.3. Questions partielles portant sur un argument non sujet ou sur un circonstant : Que faire ?95 Où aller ? Comment retirer le poignard ? Interprétation : sujet non exprimé = locuteur/ indéfini générique équivalent à on. Tours familiers : préserver l’ordre des mots de la phrase déclarative. Une pensée. comme toute représentation mentale douée d'une forme propositionnelle. 95 96 Cette question porte sur le procès même. lexicalisation du verbe de pensée ou de parole sous-jacent dans la question au style direct (« portée sur le dire »): ?J’ignore en quel sens les fleurs parlent. voir cours de linguistique voué à la pragmatique (Licence.2. ou celle d'un état de choses désirable. une pensée peut être la description d'un état de choses réel. Interprétation non directive (question comme interprétation d'une pensée qu'il serait désirable d'entretenir d'une certaine manière : en tant que connaissance) : théorie de la pertinence (Sperber & Wilson 1989). En quel sens exige. quoique(tu veuilles bien y aller)…] ?? C’est qui qui arrive ? 2. lutter.2. une pensée peut être l'interprétation d'une pensée attribuée (ou d'un énoncé attribué) à quelqu'un. au style indirect.

ma bien-aimée ! [exclamation] Oh [interjection+]. n’est-ce pas ?/ Jacques est gentil. 2.4. Cas particulier : les questions appel de confirmation (N’est-ce pas que Jacques est gentil ?/ Jacques est gentil. Sperber et Wilson 1989: 347-348. s’il vous plaît »] .3. elle est là. 2. Valeur argumentative : orientation vers le négatif (Il fait beau maintenant [→sortir]. au sens de Karl Bühler. par exemple ! Ça alors ! [interjections] Ça alors ! [interjection +] Vous l’avez assommée. le lavabo ! (Ah ! [interjection+] Qu’il est beau ! [exclamation]) Qu’il est laid. Noter que l’analyse générative-transformationnelle standard du Constituant interrogatif comme type obligatoire de phrase repose crucialement sur l’hypothèse de l’interprétation distincte des questions (pour le type interrogatif) et des ordres (pour le type impératif). Cette approche. N’es-tu pas là ? (→« Tu es là »). le plus souvent. L’exclamation exprime « un sentiment vif devant un événement » . et. du souhait104 ou du regret105. de l’étonnement106 etc. intègre exclamation et interjection à une même catégorie : 97 98 99 Fonctions du langage. relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses du monde . L’exclamation. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées ou des énoncés attribués . mais aussi de l’ordre de l’incrédulité. Sémantique (non vériconditionnelle) : fonction expressive (affectivité) vs fonction référentielle vs fonction d’appel (ou : directive)97. la mégère ! [exclamation] Ah [interjection+]! Si elle était encore là ! [exclamation] Hélas [interjection+]. une réaction affective du locuteur. question rhétorique (implique le contraire de ce qu’exprime sa forme grammaticale) : Es-tu parti pour Londres ? (→« Tu n’es pas parti pour Londres ») . voler un parapluie! 29 . de l’ordre de l’admiration98 ou du dégoût99. elle est là.2. fortement lexicalisées. « Dites-moi l’heure qu’il est. T’aurais-pas cent balles ? [« Prêtez-moi 100 francs. et la portée cognitive (selon l’opposition cognitif/ affectif). Qu’il est beau. le bidet ! (Pouah ! [interjection+] Qu’il est laid ! [exclamation]) 100 C’est parfait ! [exclamation] Tant mieux ! C’est cela (+ça) ! Ça va ! [exclamations brèves.2. bref. s’il vous plaît »] . votre Dulcinée ! [exclamation] Tiens [interjection+]! Il pleut ! [exclamation] Ça alors [interjection+] ! elle n’est plus là ! [exclamation] Lui. de la joie102 ou de la peur103. mais fera-t-il beau ce soir [→ne pas sortir]?). la réponse visée par l’interro-négatif (réponse préférée) sera : Si/ réponse non préférée : Non/ réponse exclue : *Oui. Valeurs dérivées :   question-requête : Avez-vous l’heure ? [Quelle heure est-il s’il vous plaît ?. imbécile ! [interjection +exclamation] Ah [interjection+]. en termes des fonctions du langage dans la communication (approche traditionnelle que nous appellerons de ce fait : fonctionnelle) refuse à l’exclamation à la fois la dimension actionnelle (acte de langage).3. Pouvez-vous me passer le sel ? [« Passez-moi le sel.4.IRONIE : ASSERTION : DEMANDE. EXCLAMATION : pensée qu'il représente . Pellat & Rioul 2008 (1994): 387).2. relation interprétative entre la pensée du locuteur et des pensées désirables – cf. « une attitude affective du sujet parlant à l’égard de l’état de chose évoqué par son énoncé » (Riegel. CONSEIL : QUESTIONS. 2. relation descriptive entre la pensée du locuteur et un état de choses désirable. elle est déjà partie. de l’approbation100 ou de l’indignation101. non ?). Dans tous ces cas de figure. La phrase exclamative. s’il vous plaît »]. souvent analysées comme interjections] Bravo ! [interjection] 101 102 103 104 105 106 Ça.Dubois & Lagane 1997 (1973) : 161).

108 CULIOLI. c’est que cognitif et affectif y sont réunis plutôt qu’opposés l’un à l’autre (à l’encontre de l’analyse traditionnelle en terme des fonctions du langage (fonction expressive). B : Elle est déjà partie ?! A : Oui. le cas échéant. 2.1. de l’ordre de l’incrédulité face aux indices situationnels pointant vers la première de ces alternatives (OUI). Approches alternatives de l’exclamation.[réponse non préférée]/ Non.1. type optionnel ? (← type non exclusif de l’assertion. augmentée d’un élément de l’ordre du sentiment (insatisfaction (PLAINTE). mais en l’occurrence plutôt empreinte du regret (pour son départ précoce)/ souhait qu’elle ait été encore là (‘pourvu qu’elle ne soit pas partie !’) ou bien d’une question rhétorique au sens usuel . dont l’assertion). Approche actionnelle : théorie des actes de langage. l’exclamation (ou plutôt : la forme moins que propositionnelle car incomplète de l’énoncé exclamatif) fournirait une interprétation de l’assertion du haut degré/ du degré extrême 107 L’interro-exclamatif y exprime alors. comme modalité « de l’énoncé » (vs type de phrase). les interjections aux phrases exclamatives (« les interjections. à côté non seulement de l’affirmation ou de la négation. sur le mode de l’évidence). remerciements…). mais aussi du doute. tel n’est pas le cas des questions QU. Approche cognitive : pragmatique inférentielle (Théorie de la pertinence).1. cumul de valeurs modales explicitement consigné à l’écrit. y compris lorsque cette attitude est fonction de (voire redondante du) statut du locuteur : culpabilité (EXCUSE). Les théories de l’énonciation. elle. Antoine (1974) – «A propos des énoncés exclamatifs ». de l’ordre du regret que tel puisse être le cas. se rallient à la même perspective : Exclamation = Assertion + « quelque chose en plus » (Antoine Culioli – théorie des opérations énonciatives108) Exclamation = Assertion du haut degré/ du degré extrême. parfois envisagées en tant que classe grammaticale (Mauger 1968 : 382). s’il s’agira d’une sorte de question appel de confirmation (comparable à Elle n’est pas encore partie. peuvent être assimilées à des phrases exclamatives » – Dubois & Lagane 1997 (1973) : 162). Langue Française n°22. Dans le classement des actes de langage proposé dans Searle (1972 (1969)). n’est-ce pas ?. Rapprochement (et opposition) dire QU-/ demander QULa forme propositionnelle de l’énoncé d’une phrase exclamative (graduelle) interprète une pensée qui est ellemême l’interprétation d’une pensée désirable (assigner une valeur à la variable liée par le mot exclamatif : pertinent pour l’interlocuteur/ assigner une valeur à la variable liée par le mot interrogatif : pertinent pour le locuteur). de l’ordre ou de la défense. de la possibilité et de l’éventualité): « exclamations brèves. elle est partie plus tôt que prévu. par la ponctuation [?!] : Elle est déjà partie ?! (exclamation surajoutée à une vraie question appel d’information107) Elle est allée où ?! (exclamation surajoutée à une question-écho) Que ne le disiez-vous plus tôt ?! (exclamation surajoutée à une question rhétorique). La question se pose de savoir comment l’interrogation (alternatives épistémiques polaires (OUI/NON) activées à la fois) survit alors à l’exclamation (qui n’en active par hypothèse qu’une seule. ni de l’interrogation – modalités avec lesquelles l’exclamation partage. l’état de non savoir préalable du locuteur (alternatives épistémiques ouvertes : ‘Elle est déjà partie’ (OUI)/ ‘Elle n’est pas encore partie’ (NON)). en second. de manière assez systématique. Syntaxe de la phrase exclamative:   type obligatoire ? (← contour prosodique propre) .- - soit en définissant d’emblée les interjections comme espèces d’exclamations (l’exclamation étant entendue. elle est en réunion.3. 2. et qui expriment une attitude psychologique de l’ordre de la croyance (à l’instar des actes représentatifs. et.: Mais quand/ où a-t-elle bien pu partir ?!. destinées à mettre en relief un sentiment ou un geste ». si l’interrogation totale à inversion du sujet (clitique) semble exclusive de ce cumul de valeurs modales. Sa voiture est chez le garagiste. soit en assimilant. [réponse attendue/ espérée] Remarquer que.1. mais la description des actes EXPRESSIFS se laisse extrapoler à l’exclamation : ce sont des actes typiquement réalisés par des phrases exclamatives (excuse. 30 . de l’interrogation. pour l’interro-exclamatif. à la fois. dont la fonction est d’exprimer un sentiment plus ou moins vif. assurance/ sentiment de supériorité (CRITIQUE)…) –soit. du souhait ou du regret. Ce qui est remarquable dans cette analyse. félicitation. 2. de l’ordre du souhait que ce soit plutôt l’autre alternative qui se réalise. et son attitude subjective. … : A : La voiture de Marie n’est plus dans le parking. l’exclamation n’est pas mentionnée en tant que telle. condoléances.3. tristesse (LAMENTATION). dans l’espace francophone. Sous cette analyse. si l’ajout de l’exclamation achève de convertir une question a priori non orientée en question orientée. Exclamation = Assertion emphatique (croyance + sentiment). parfois faites d’un simple cri. le plus clair de ses marqueurs morphosyntaxiques (sinon prosodiques). Paris : Larousse. en notation : « croyance + y ».3. la critique.2.

sa réussite étant évoquée dans un monde contrefactuel (¯m – je n’arrive pas à « dessiner » la barre sur la lettre !!!). ou bien l’univers du locuteur en un temps autre que t0 (le temps de l’énonciation). faits mémorisés : la même phrase.fournit une interprétation de la réponse. c’est dire qu’il épousa sa mère (même si Œdipe ignorait l’identité référentielle /Jocaste = sa mère/). le long de l’ouvrage. La représentation. aura des contenus plus ou moins précis). Mondes possibles : (1) totalité inconditionnée de faits non contradictoires (le monde actuel = un monde possible parmi une infinité d’autres : extension infinie du POSSIBLE. Notions opérationnelles. Ne sachant pas que la femme appelée Jocaste était également sa mère. que l’auteur emploie le terme.3. U’’…) : l’ensemble de propositions que tient pour vraies celui dont le locuteur rapporte les dires. POSSIBLE intemporel) . (2) l’ensemble des mondes alternatifs du monde m0 de ce qui est . au moment où il s’exprime.1. 2.1. Les univers de croyance dans la théorie sémantique. dans le texte comme m barré. de l’emploi des temps et des modes. énoncée par des locuteurs différents. ces mondes alternatifs ne diffèrent de m0 que par une proposition ou par un ensemble de propositions qui s’y trouvent non vérifiées (conception temporelle du POSSIBLE). p) ou fournies par le co(n)texte interprétatif)). Il est possible que Pierre soit revenu évoque un monde où Pierre est revenu est une proposition vraie.1. Mondes potentiels (m): ne contiennent aucune proposition contradictoire avec celles de m0 (mondes qui présentent comme vrai ou comme faux ce qui apparaît dans m0 comme possiblement vrai ou comme possiblement faux110). quand l’avenir sera lui aussi devenu du passé. Variable selon les informations que le locuteur possède (connaissances acquises. à l’occasion. le locuteur peut situer cette proposition dans quelque univers qu’il évoque. d’un univers de croyance qui n’est pas le sien ici-et-maintenant. Mondes contrefactuels (―m111): contiennent au moins une proposition contradictoire avec celles de m0 (et donnent donc pour vraie une proposition admise dans m0 comme fausse112). Univers de croyance vs image d’univers : au lieu de conférer lui-même à une proposition une valeur de vérité. Noté. 20)  Hétéro-univers (U’.3. est appelée image d’univers. Si Pierre avait réussi laisse entendre que Pierre n’a pas réussi. dans son acception la plus large (la plus naturelle aussi) de terme complexe s’appliquant à tout sujet de conscience : ainsi. Le « monde des attentes » : chaîne privilégiée ayant toutes les chances de se réaliser (parmi le champ infini des possibles ouverts en t0). En termes de valeur de vérité relativisée aux univers de croyance et aux mondes possibles. Notion opérationnelle pour l’analyse de :     des contextes opaques (Oedipe voulait épouser (vs épousa114) Jocaste/ *sa mère115) . Génèrent des hétéro-univers : 109 110 111 112 113 MARTIN. Approche vériconditionnelle de l’exclamation (théorie des univers de croyance – Martin 1987109).correspondante – de même que la (forme moins que propositionnelle car incomplète de la) question QU. tient pour vraies ou qu’il veut accréditer comme telles113. Uil est-il censé noter « l’univers de croyance de il » (table des abréviations et des symboles). 31 . Images d’univers : notion qui ‘couvre toutes les modalités épistémiques’ (p. Univers de croyance : l’ensemble indéfini des propositions que le locuteur. du discours direct et indirect. Robert (1987) – Langage et croyance. Indéfini : parce que toutes ces propositions ne sont pas explicitées (propositions latentes tenues pour respectivement vraies ou fausses). dans le discours (du locuteur).3.3. Mais il est évident. Distinct de la notion d’univers de discours (=ensemble des circonstances dans lesquelles une proposition peut être dite vraie (circonstances décrites par des adverbiaux de phrase (sous l’Ancien Régime. la pensée ou la croyance (« l’énonciateur ») . L’un seulement des mondes possibles deviendra « le monde de ce qui est ». de l’usage de certains adverbes. 2. le contexte est transparent : dire qu’Œdipe épousa Jocaste. 114 115 Avec le passé simple (sans verbe modal désidératif). Bruxelles : Mardaga.

et qui définissent des mondes esentiellement contrefactuels. Comparer à Je crois que p Comparer à Paul croit que p. ou autre118) serait complètement dépourvue de marquage linguistique). au vraisemblable. les traits TAM exprimeront (par défaut : seul sujet de conscience d’accessible dans le contexte énonciatif/ interprétatif) le degré d’adhésion du locuteur actuel. on fait l’intéressant ?). jamais toutefois pour le verbe porteur de l’information de temps et de personne. les verbes d’attitude propositionnelle (ou de parole) à un temps autre que le présent (de l’indicatif) : je pensais alors que p. auraient pu être vraies (=que l’on imagine être vraies). ou textuels (co-texte intra-phrastique: apostrophe. d’où sans doute l’idée que la prise en charge par un énonciateur spécifique (locuteur actuel117. donc l’ensemble des propositions vraies dans des mondes accidentellement contrefactuels. Pierre a réussi ∈ ―U). ‘vous’ (Alors. à la première personne du singulier (je).). Emplois particuliers (avec diverses valeurs de style) : on = ‘je’ (On fait ce qu’on peut). C’est là un indice à proprement parler linguistique de la sémantique ‘déviante’ du pronom. Rappel : on est un pronom de troisième personne qui désigne toujours des humains (= ‘n’importe qui’. une description de l’univers actuel du locuteur (à l’instar d’énoncés épistémiques à sujet modal je du type de je trouve certain que p. … : Il est certain que p – énoncés à pronom sujet impersonnel (explétif il). à la vérité de la proposition posée comme certaine. pour vous. 32 . toutes choses égales par ailleurs120. et commande un accord du verbe au singulier : Quand on veut. toutes les autres étant ‘hors ligne’. le locuteur assume cette certitude autant – sinon plus – que lorsqu’il dit je crois que p. à moins d’accepter que la construction impersonnelle véhicule. la langue familière accepte l’accord référentiel avec le sujet visé pour l’adjectif attribut. on peut. Image (en ligne) d’un univers ‘anonyme’ (modalisateur épistémique renvoyant anonymement au certain. les verbes d’attitude propositionnelle (croire. je sais que p). mais projette un hétéro-univers de la ‘voix publique’119. Si – selon interprétations ‘marquées’ de on – la référence du pronom personnel [+humain] à sémantique référentielle vague se laisse dévoiler discursivement (en présence. Jamais pourtant avec ce que Martin 1987 appelle image d’un « univers anonyme ». on = ‘nous (moi +d’autres)’ – accord de l’attribut du sujet ou du participe passé avec le sujet réellement visé : On est arrivés en retard). 120 Comparer : En résumé. je crois que p. Comment d’ailleurs exprimer la distinction entre il est certain que p et on est certain que p (forme personnelle à sémantique vague qui préserve elle aussi le caractère (référentiellement) anonyme du sujet modal. ‘les gens’). il est bien certain que p. penser…) et les verbes de parole (dire que. Remarque : Dans toutes ces interprétations marquées. n’est-ce pas ?) il s’agira de l’hétéro-univers d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours (l’interlocuteur. quoique fausses en t0. En l’absence de tout renvoi à quelque autre énonciateur (à la faveur de la construction impersonnelle). je m’imaginais que p. Je sais que p). ‘tout le monde’. elle. Dubois & Lagane 1997 (1973) : 90-91). À distinguer des propositions fausses qui ne sauraient être vraies en t0 (car étant le fruit de la seule imagination du locuteur : Si Napoléon était au pouvoir… (prononcée en 2011)). mon petit/ ma petite fleur/ mes petits. Commentaire : Cette analyse ignore l’apport sémantique de la forme verbale (traits de temps-aspect-mode (TAM)). exposant participant d’une stratégie allocutive. à moins que on ne désigne le locuteur lui-même ou le locuteur lui-même et un (des) tiers : auquel cas nous serons présentés avec une image (en ligne) de l’univers de croyance (du locuteur). le participe passé du verbe. ou l’interlocuteur et/ou un (des) tiers). : Si Pierre avait réussi (Pierre n’a pas réussi ∈ Uje. Notation en usage : 116 117 118 119 Sorte d’image d’univers ‘en ligne’. Ex. puisqu’en disant il est certain que p (vs on est certain que p : hétéro-univers de la ‘voix publique’ si ce n’est d’un énonciateur identifiable dans l’environnement cognitif du locuteur et/ou en situation de discours). d’indices linguistiques (tel l’accord). Anti-univers (―U) : l’ensemble des propositions qui. Cf. ne s’emploie qu’en tant que sujet. je vous avais dit que p… le conditionnel dit de l’information incertaine (de distanciation – n.   Image de l’univers de croyance116 (description de l’univers actuel du locuteur : Je crois que p. demander si…) .n.    à une personne autre que je. je sais que p) ? J’avoue ne pas saisir la portée pragmatique exacte de cette distinction. éventuellement. …) : on est certaine/ certains de ce que l’on avance. on = ‘tu’. au codage linguistique (grammatical) de la prise en charge par le locuteur actuel (ici: présent de l’indicatif).

mécanismes de pseudosubordination que/ ce que). Uon (univers ‘anonyme’ [ ?] – s’agirait-il de la voix publique [comme dans les dictons et autres proverbes] ?).3. Tours non tronqués : Vous pensez si elle était là ! Pensez si elle était là ! (« bien sûr qu’elle était là ») Malgré la forme d’interrogation indirecte./ Elle n’a pas été invitée. combien de… . vous pensez si (à la différence de vous savez si123) est confiné à l’exclamation. Comparer à la question indirecte oui/non correspondante : Vous vous demandez [maintenant] si elle était là [alors]. et négative à une question affirmative (Le vois-tu là ?). 2.2.2.7) & réalisateurs.Ui (univers d’un locuteur donné à l’instant i)/ Ui+k (univers d’un locuteur donné à l’instant i+k)/ Uje (univers du locuteur (actuel)). 2.p vérifié jusque dans les cas extrêmes (parcours des possibles : mondes potentiels m (relevant de l’univers de croyance U)) / fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) Exclamation graduelle Forme interrogative (inversion du sujet clitique. quel…. Si elle était là ! Si elle est là ! Noter la troncation.1. Exclamation non graduelle121 2.3. [structure de phrase assertive] Mais elle est là ! (en réponse et s’opposant à une assertion de l’interlocuteur : Marie ne viendra pas. de comparaison (comme).1. non ?.3. Autres constructions :  [exclamation non graduelle & emphase par extraction du constituant focalisé (phrase clivée) : C’est maintenant que tu le dis ! C’est René qui a été surpris ! (GM : 405). l’effacement de la proposition racine : l’interrogation est attribuée à quelqu’un d’autre. Qui exprime l’ignorance du locuteur.2. U’je (univers du locuteur en un temps autre que t0). si.1. 2. 33 .3.) Comparer à l’assertion (enchaînement en discours homogène): {Nous ne l’attendions pas.p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo (univers de croyance U)/ fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’: contradictoire avec l’univers actuel du locuteur) évidence dans l’univers de croyance (du locuteur) U .1. combien….cit. Classement des phrases exclamatives (Martin 1987 : chap. pas vrai ? exclues !] Mais enfin. quant à la valeur de vérité de la proposition elle était là.3. n’est-ce pas ?) Qui ne l’accepterait ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Qui ne l’accepterait ? (= « n’importe qui l’accepterait. Formants qui se rattachent directement au composant « p assertée avec force dans le monde de ce qui est mo » (formes qui assertent p ou évoquent p (même quand elles interrogent non-p): 2. 121 122 123 Exemples de l’op. U’ (image d’univers) . de consécution (si/ tellement + adj/ adv & ellipse de la subordonnée consécutive).2.3. (sauf stipulation). non graduelle Forme assertive. [structure de question rhétorique (équivalent fonctionnel d’une assertion.2. tout le monde l’accepterait ») Comment est-ce possible ! Comparer à la question rhétorique correspondante : Comment est-ce possible ? (= « ce n’est pas possible ») →exclamation contradictoire : le réel contredit les attentes du locuteur.1. Selon l’inversion de polarités : réponse affirmative à une question négative (N’est-elle pas charmante ?). Uil (univers de de il).1. interrogative rhétorique (question oui/non à réponse orientée) ou interrogative indirecte en si + INTONATION .2.2. car se heurtant à l’évidence des faits. la mise en doute interrogative est présentée comme injustifiée.3. diverses (autres) procédures d’effacement +INTONATION 2. n’était-il pas présent quand la décision a été prise ! Comparer à la question inversive correspondante (une question à réponse orientée): N’était-il pas présent quand la décision a été prise ? (= il était présent quand la décision a été prise. qu’est-ce que).} mais elle est là. d’indéfinition.3. du fait du caractère fortement orienté de la réponse122) – formes finissant en n’est-ce pas ?.

même dans le cas où on pourrait le supposer être faux (cas extrême).3. apud GM : 407). 2. Quel juge a été désigné ? (accent focal sur quel. signification des exclamatives morphosyntaxiquement semblables aux interrogatives partielles : écart quantitatif en nombre ou écart en intensité de la propriété)] 2. l’intonation exclamative indiquera.1.1. [Formes sémantiquement liées au contrefactuel – formes qui évoquent non-p] : Même Pierre est venu ! (« Pierre n’est pas venu » est vrai dans plusieurs mondes contrefactuels : sa venue est étonnante en t0) Il est déjà là ! (=on s’attendait à ce qu’il ne fût pas encore là) S’il avait réussi ! (« Pierre n’a pas réussi » est vrai pour le locuteur) Dommage que tu ne sois pas avec nous ! (« Tu es avec nous » (=non-p. Ce qui revient à reformuler en termes de mondes possibles la sémantique des questions fermées OUI/NON. renoncer à mon projet ! (« je ne vais pas renoncer … »). indirectes (si dubitatif)] Ces formes « suggèrent » (je dirais plutôt.1. Comparer : Est-elle charmante ! / ???Est-elle ingénieur ! Est-elle grande ! /*Est-elle grande de 1m85 ! *Que ce triangle est isocèle ! 2.3. Octave !125 (…) tu as un pied de rouge sur les joues ! (Musset.3. Voir Naples et mourir ! (« Si je voyais Naples je pourrais bien mourir.2.3. montée de la courbe mélodique sur juge (le prédicat quantifié quant à l’intensité de la propriété : ici.3.2. montée de la courbe intonatoire sur le même mot. Est-elle charmante ! Si elle est charmante ! 2.3.directes (portée sur le syntagme nominal dans son entier exclue . [Formants qui se rattachent au composant « parcours des possibles »] 2. Apostrophe. que je fasse une si pauvre chère ! (« je ne ferai pas… ») [Infinitif d’exclamation]: Moi. Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans quelque monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’) » 2. descente sur juge)/ Quel juge a été désigné ! : départ bas sur quel. GM : 406).3.3. p.2. elle.3. je ne m’en lasse jamais ! (GM : 406) [exclamation non graduelle renforcée par apostrophe et/ou interjections] : Quoi !124 cette nuit ne finira donc pas ! (Bernanos..2.3. 34 . il n’ya pas d’exclamation qui corresponde à une QAI ouverte (interrogation partielle) telle : Qui a été désigné comme juge ? #Qui a été désigné comme juge !). cit. héron. [formes interrogatives : questions qu.   Et [sujet] qui ne [Verbe] pas ! « ajout d’un argument négatif » : Et Tristan qui n’est pas là ! (GM : 406) [exclamation non graduelle & emphase par dislocation du Topique] : La grammaire.1. Exclamation graduelle Pré-requis : prédicats désignant des propriétés sujettes à gradation.1. 2. p est faux dans au moins un monde possible » (de son univers de croyance – op.1. 24)126) . cela ne me ferait rien » (→infinitif de souhait)).3.3. [formes interrogatives : questions oui/non directes (inversion simple du sujet clitique).2. où p est déjà négatif) vrai dans un monde contrefactuel) [Subjonctif de protestation]: Moi.2. que p est de fait vrai dans tous les cas.2.& ellipse de la copule : construction de fait exclusive de l’interrogation ] Quelle fille charmante ! (*Quelle fille charmante ?) 124 125 126 127 Interjection.1. de la qualité de juge). en tant que juge : écart quantitatif en intensité de la propriété : noter les données prosodiques distinctes de la phrase interrogative correspondante127] [questions qu.3.3. [Formants qui se rattachent au composant « fausseté de p dans au moins un monde contrefactuel (relevant d’une image d’univers U’ ) »] 2. ici : connotent) la fausseté de p dans au moins un monde possible (comme il en va en général des questions fermées (interrogations totales : « le locuteur ignore si p si et seulement si. [écart en intensité de la propriété] Quel juge a été désigné ! [→bien mauvais. à ses yeux.

2. Cela vaut (plus ou moins) de l’ensemble des analyses de Culioli (1974. analyse conforme à l’avis des dictionnaires de langue. et reproduisant ainsi. nous en rapprocherons plutôt la forme des questions appel d’information à complément de relation telle Qu’est-ce qu’il a écrit(. 131 132 Le rapport à l’interrogation invoqué dans la référence citée en termes assez ambigus : tantôt on allègue une sorte de ‘source’ d’ordre interrogatif (approche informellement transformationnelle). en matière de recherche scientifique.1. qu’est-ce que p ! n’est pas à l’origine de ce que p. Principe d’épistémologie qui privilégie.Mais ce rapprochement n’est lui-même pas entendu comme pertinent en synchronie.. hors ligne. postuler des ‘opérations énonciatives’ trop étoffées en amont de ce qui se laisse effectivement observer (lien entre opérations sous-jacentes et formes observées rétabli à coup de troncations) participe d’une politique assez douteuse : comment en effet traiter les troncations requises – en ligne. note 22. il s’agirait au contraire d’une pseudo-subordination. Glose bien plus difficile (moins naturelle) pour : Qu’est-ce qu’il a écrit comme bouquins ! [quantification d’objets vs intensité de propriété]. Diachronie (étymologie de que adverbe exclamatif intensificateur. signifiant « comme ». chap. Rob. « … » … (énumération des bouquins écrits (titres) : référence à des particuliers) & glissement d’une lecture qualitative (d’identification : énumération de particuliers) à une lecture quantitative (nombre de(s) particuliers (énumérés)132.) comme bouquins ? – à réponses visées non du type de : Il a écrit des romans (spécification de l’espèce de bouquins (prédication sortale)) mais du type de : Il a écrit les romans suivants : « … ». à savoir que [que2 appositif] p (= (qu’) elle est charmante) ». En général. le rapport à l’interrogation n’est plus directement pertinent en synchronie: la phrase exclamative comporte un ouvreur d’alternatives épistémiques à proprement parler exclamatif (spécialisé pour l’exclamation) – ainsi qu’il est aisé de le prouver : *Qu’est-ce qu’elle est belle ? (avec l’interprétation visée ici pour que : « à quel point » vs « pourquoi »130) .(‘à quel point’. également analysées dans la référence commentée en termes de pseudo-subordination. « combien ») : dérivé du que interrogatif « pourquoi ». p. P. Sous cette analyse. 35 . malgré l’apparente relation de parenté formelle entre qu’est-ce que P !/ ce que P !/ que P !. C’est-à-dire : qui suspend la valeur de vérité : dans une subordonnée (Je crois que Marie est charmante). op.7. que n’êtes-vous ici ? (Hugo. en synchronie. à l’instar des tours Ce qu’elle est charmante ! Qu’elle est charmante !. L’auteur met en garde cependant que. (les données diachroniques s’y opposeraient : qu’est-ce que p ! attesté le plus tard). en français. le que initial (en termes génératifs : complément(is)eur) suspend la valeur de vérité de la proposition : c’est par le truchement de la principale que la subordonnée peut se voir assigner une valeur de vérité).Condition nécessaire : propriété « attachée de manière durable » au sujet (définition d’une « classe de référence »)128. ni de que p (par troncations successives) – cf. en termes de simple proximité formelle superficielle (rapport homonymique des constructions). ce ne sont ni plus ni moins que des évolutions diachroniques. 2007). mais grammatical. une évolution sémantique déjà réalisée en latin pour quid (étymon de que interrogatif « pourquoi »). 107.3. du moins 128 129 Op.cit. Le tour serait glosé à: « Que [que1 suspensif129. Comparer : Quelle fille fatigante ! /*__________fatiguée ! Quelle fille maladive ! /*_________ malade ! Qu1’est-ce qu2’elle est charmante ! Selon Martin 1987. ce qu’il a écrit comme bouquins »). 130 Olivier et Roland. comparer à À quel point est-elle belle ? insolite sémantiquement si ce n’est pragmatiquement (À quel point est-elle intelligente ? c’est bien mieux comme acceptabilité). tantôt (et c’est là je crois l’option correcte) on pose ce rapport. ‘combien’) (vs conjS). la solution la plus simple.3.2. Contre-argument à l’analyse en termes de subordination : l’inversion du sujet clitique !!! Qu’elle est belle ! *qu’est-elle belle ! (subordination) Qu’est-ce qu’elle est belle ! (phrase racine) Nous adopterons ici l’analyse plus directe selon laquelle que1 est un adverbe intensificateur QU. 1992) et de Martin (1987). provoquant le parcours des possibles] cela est. C’est là une analyse sémantique de type ‘what you see is what you get’ qui n’exige plus d’implicite laborieux (rasoir d’Occam131). il faudrait y voir des ellipses (avec tout ce que cela comporte de restrictions en syntaxe et sémantique grammaticale) . apud Nouv. où que2 n’est plus appositif. cit. mais relatif ( ??« que cela est. [écart quantitatif en nombre] Quant aux phrases exclamatives en Qu’est-ce que… à sémantique de quantification d’objets (que2 relatif). 2.

3. apud GM133 : 404).3. supra) à extraction du prédicat susceptible de gradation (Topicalisation-focus)] : Octave ! [apostrophe] ô [interjection] fou que tu es ! (Musset.5.3. : comparant spécifié distinct du comparé).3.2.3.3. apud GM : 406) Comparer : Fou que tu es ! [-gradation sur un prédicat par ailleurs gradable]/ Que tu es fou ! [+gradation] 133 134 135 136 Grammaire méthodique… GM : 404. [tours elliptiques définis : contre-exemple apparent .7.3. Que1 doit être analysé en synchronie en termes d’ouvreur d’alternatives épistémiques portant sur le nombre. Interprétation : si on l’avait comparée à x (laide comme un pou. Combien de films ont été censurés ! Combien de courage a-t-il fallu ! Que de trésors éclos en mon absence! (Colette. spécialisé dans l’exclamation134] Comme elle est charmante ! Comme elle s’exprime bien ! Analysé dans Martin 1987 en termes d’auto-repérage135 : [elle est charmante] comme elle est charmante + ellipse de la phrase racine. ?Folle qu’elle est !/ OK Qu’elle est folle ! 36 . peu de…) – que de spécialisé pour l’exclamation #Qu’il y a des gens dans la rue ! 2. Martin) du fait que.2. introduisant une proposition en apposition à ce (selon l’auteur. belle comme Vénus.à l’origine interrogatif.2. Mécanisme postulé par Culioli 1974 (schémas circulaire de repérage). comparer une jeune femme à ellemême pour ce qui est du charme « conduit à la conclusion qu’elle est exemplairement » charmante (propriété quantifiée dans l’exemple donné). [exclamation graduelle renforcée par apostrophe et/ ou interjections & forme (surtout) interlocutive 136: pseudo-subordination (voir 2. parcours des possibles présupposé] Le charme ! Le chapeau ! Ce charme ! Ce chapeau ! Dérivation postulée : Elle a un chapeau (indéfinition déclenchant le parcours des possibles déterminations (compléments))→ Le chapeau qu’elle a ! → Le/ Ce chapeau ! 2. 2.2.pas au sens fort (qui consisterait à voir dans l’exclamative une transformée de l’interrogation correspondante). du point de vue de la propriété P (quelle que soit cette propriété). [indéfinition – à compléments/ qualificatifs possibles seulement suggérés : tous ces compléments (parcours des possibles) vérifient ce qui est dit] Elle a un (de ces) charme(s) ! Elle portait un chapeau (un de ces chapeaux) ! C’est d’un pénible ! 2.2. directement (« combien ») – compatible. Ouvreur d’alternatives épistémiques à statut de quantifieur (déterminant quantitatif : beaucoup de.6.4.3. [pseudo-subordination : que suspend la valeur de vérité et déclenche le parcours des possibles] Qu’elle est charmante ! Ce qu’elle est charmante ! [quantification sur l’intensité d’une propriété : que = conjonction de subordination. que fonctionne comme relatif.2. 2.3. et non comme conjonction de subordination).3. à la fois avec l’interrogation et avec l’exclamation. lui. on aurait présupposé que x est exemplairement P . etc. [comparaison – sans comparant spécifié : mot qu. le prédicat est vérifié] Elle est si charmante ! Comparer à l’assertion correspondante non tronquée : Elle est si charmante que vous allez l’épouser.3.3. 2. dont ce est l’antécédent.2. [consécution – sans conséquence spécifiée : quelle que soit la conséquence.2. assez de. résidu d’un cela)] Ce qu’il a écrit comme bouquins ! (*Qu’il a écrit comme bouquins !: preuve (selon R.3. dans cette logique. dans ces contextes (=quantification d’objets).

ou à clivage rarement employé. ou indication de force illocutionnaire). focalisation&clivage138) . passif (dé-topicalisation du participant agissant au procès & topicalisation du participant non agissant) . car n’affectant pas le ‘contenu informationnel du message’. 37 . Pour la distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). Syntaxiquement parlant. note 32. aux types de phrase facultatifs : • • • emphase (topicalisation137 . donc à nouveau : dé-topicalisation du sujet. par opposition au couple sujet/ prédicat. impersonnel (disparition du thème (ou : topique). Cela en légitimera le traitement transformationnel (vs basique): le topique et le commentaire sont envisagés. descriptive. 137 Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. en particulier dans les langues dépourvues de tours présentatifs susceptibles d’instancier des structures phrastiques à clivage. Voilà TROIS JOURS qu’il est parti. tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe Mircea) – où les capitales marquent l’accentuation focale). C’est À PAUL que je voudrais parler. comme des fonctions définies (exclusivement) au niveau des structures superficielles. il est déjà parti pour Paris. comme nous l’avons déjà évoqué dans le chapitre introductif.3. Au sens des Aspects… la hiérarchie informationnelle d’une phrase énoncée participe d’une « fonction d’emphase » au sens large dépourvue de contribution sémantico-logique (=contribution propositionnelle. mais non redoublée d’une topicalisation de l’objet → phrases « thétiques »). défini en termes fonctionnels relatifs à la base de a grammaire (constituant syntagmatique responsable de la génération de la structure profonde) – Chomsky 1965 : 221. les modalités de message ressortissent. …) : C’est PAUL qui est arrivé le premier. Les modalités du message L’interprétation des modalités dites ‘de message’ concerne de manière cruciale la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). voilà… que. 138 Mise en vedette du foyer d’information nouvelle par un présentatif (c’est… qui/que. dans cette version du modèle.

la phrase phonologique). Typiquement. Il s’agit de la partie de l’énoncé qui représente une information nouvelle (nouvelle pour l’auditeur) non-présupposée. L’élément en question est marqué comme celui – à l’exclusion de toutes les autres alternatives – pour lequel la prédication vaut (parcours exhaustif des possibles). Focus : l’information relativement la plus importante ou saillante dans la situation de communication donnée. - position canonique (in-situ) : le terme focalisé garde sa place ‘de base’ (position à légitimation sémantique propositionnelle vs fonctionnelle) .3. L’entité en focus et la partie non-focalisée. Le marquage grammatical du focus est réalisé. en français (comme en anglais) : membres de phrase les plus à droite (derniers à être prononcés) : J’ai acheté mon chapeau à Paris. lexicaux (comme les particules sensibles au focus (=opérateurs de focalisation) : seulement) et syntaxiques (comme la position du terme focalisé). et non à Londres. par des procédés différents. à focus symétriques – même fonction grammaticale. 38 . mais [je l’ai acheté] à Paris. si bien qu’il reste une lacune (analysée en grammaire générative (version « standard étendue » : « théorie du gouvernement et du liage ») comme trace de l’élément déplacé en tête de phrase). cet élément se trouve en contraste avec les autres options (ce qui est exclu. C’est à Paris que j’ai acheté mon chapeau. sont séparées par une pause ainsi que. mais à Paris. - constructions ex-situ : focus d’identification (ou : de contraste). interprétation de la construction entière).(nombre illimité d’alternatives épistémiques ouvertes. position ex-situ : le terme focalisé se trouve à l’initiale de la phrase. le ton. même rôle sémantique): Je n’ai pas acheté mon chapeau à Londres. Typiquement. Constructions in-situ à opérateur de focalisation restrictif (par ‘exclusion d’addition’ vs ‘exclusion de substitution’) : J’achète mes chapeaux seulement à Paris139.-à-d. le cas échéant. Ces constructions exhibent des traits sémantico-pragmatiques différents (interprétation des termes focalisés. la prédication. la réponse à une question QU.1. en règle générale par un ensemble de moyens phonologiques (comme l’accent. J’ai acheté mon chapeau à Paris. - constructions in-situ : focus d’information. c. J’ai acheté mon chapeau non pas à Londres. Grammaire fonctionnelle : catégories Focus et Topique. Comment tu le trouves ? Un ‘accent noyau’ dans une position autre que celle prédite par la règle indiquerait un focus expressif ou contrastif : Jai acheté mon chapeau à Paris (non ma jupe) ! Constructions in-situ et focus de contraste (constructions corrélatives. par d’autres caractéristiques phonologiques (prosodie). En même temps. information considérée par le locuteur comme devant être intégrée par l’auditeur parmi ses informations pragmatiques en toute priorité (Dik 1997:326).1. Négation restrictive: Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris J’ai acheté seulement mon chapeau à Paris. parcours non exhaustif) : Où avez-vous acheté votre chapeau ? -J’ai acheté mon chapeau à Paris. 139 Variante restrictive : Je n’achète mes chapeaux qu’à Paris. La position de l’argument focalisé dans la partie présupposée (non-focalisée) de la construction n’est pas comblée. Position d’accent de phrase déterminée par la syntaxe (‘règle d’accent noyau’ – Chomsky 1971). Un élément est choisi dans l’ensemble des alternatives contextuelles possibles. C’est là une différence essentielle par rapport aux constructions de topique. en français. 3. c’est la possibilité de substitution d’une autre option à l’option actuellement en focus).1.

je n’ai toujours pas de nouvelles142. dans la situation d’énonciation donné.Négation restrictive: Je n’ai acheté que mon chapeau à Paris.   l’élément connu : amalgame entre statut informatif et accessibilité cognitive . Noter que l’emploi du terme « lié » est ici informel.  repérage s’appliquant à l’état de choses (fait exprimé par l’énoncé ou l’énonciation) auquel réfère la phrase (adverbiaux) .  signalent ce sur quoi porte le segment en tête duquel ils sont détachés. je n’ai toujours pas de ←ses nouvelles illustrera. un certain nombre de propositions subséquentes. possiblement. conditionné à la c-commande du « lié » par le « lieur »). descriptif (à ne pas confondre avec la notion technique générativiste de liage. un cas de topique détaché lié. du fait que. 141 142 Au sens de Sophie Prévost (Prévost 2003). dans les constructions à topique détaché. « à-propos ») – le topique chez Lambrecht (1994) et chez Dik (1997). Topique : ce dont on parle (« aboutness ». par contre. Paul m’a téléphoné hier) ferait l’affaire. y compris la répétition du syntagme nominal d’origine (en l’occurrence : Oui. qui se trouve en position périphérique (détachée). Cadre spatial: Sur le pont d’Avignon on danse (vs Le pont d’Avignon. ←il m’a téléphoné hier. Topique détaché (non intégré). puis par Firbas (1992). Paul. les pronoms personnels clitiques ne seraient jamais des Topiques. l’élément peu informatif : le thème dans les travaux développés par l’école de Prague. Topique intégré : Tu as des nouvelles de Paul ?/ – Oui. 39 .  indexe(raie)nt non seulement la proposition à l’initiale de laquelle ils se trouvent. lié141: Paul. 3. le topique. ou : ton frère (si. nous mentionnerons les suivantes (perspective informationnelle et/ ou cognitive):   le point de départ psychologique et/ou positionnel : le thème chez Halliday (1994) . les clitiques redoublent. Noter que selon certains auteurs. lui. Topique détaché (non intégré). on ←y danse: topique 140 Ou : celui-ci. à la position casuelle (fonction sujet). Topiques: Fonction de repérage: Cadres (de discours – Charolles 1997):  repérage s’appliquant aux participants à la prédication principale (arguments) .1. Parmi les définitions (concurrentes) les plus fréquentes dans la littérature. à la différence de descriptions nominales plus fournies ou de pronoms démonstratifs. mais aussi. ←il140 m’a téléphoné hier.2. la notion de cadre : Chafe (1976). Dans le même logique. nécessairement tonique. non lié: Paul. toute anaphore nominale (fût-elle ad hoc). le caractère plus ou moins informatif étant formulé en termes de degré de dynamisme communicatif . le frère de l’interlocuteur est (ledit) Paul) – bref.

tel le roumain (Pe PAUL îl caut (nu pe MIRCEA) – où les capitales marquent l’accentuation focale145). Cela dit. En revanche s’il se lance dans une énumération des événements caractéristiques de la nuit (agressions. vouées à interprétation fonctionnelle discursive actionnelle et/ou informationnelle (positions qui interviennent dans la réalisation syntaxique des modalités d’énonciation et de message). Une extraposition vient en sus des positions argumentales et/ou casuelles canoniques y associées (dont sont respectivement justiciables le rôle sémantique et la fonction syntaxique des syntagmes). À distinguer de la topicalisation-focus (=déplacement en tête de phrase à interprétation fonctionnelle de <focus = foyer d’information nouvelle>). dans le second conjoint. je←lui ai légué ma montre en or. Au 17e siècle. seront appelées topicalisations aussi bien le déplacement en tête de phrase/ à l’une des frontières de la phrase du constituant voué à interprétation fonctionnelle de topique que celui du constituant voué à interprétation fonctionnelle de focus:   Topicalisation-Topique (+extraposition. en surface)). l’accent focal frappe. 40 . Suite linéaire non respectueuse du principe d’iconicité. non pas le membre de phrase à statut syntaxico-sémantique symétrique. rencontres étranges…). Paul. souvent. vols de voitures. Topicalisation (= déplacement en tête de phrase)-topique (=à interprétation fonctionnelle de <topique>) : Paul. Topicalisation régressive: syntagme topicalisé détaché à droite (postposé). annoncé par le clitique argumental et pourvu de marques casuelles. mais la négation (Pe PAUL îl caut. actualisée en particulier dans les langues dépourvues de structures phrastiques à clivage. ceux-ci constitueront le topique principal de l’énoncé. NU pe Mircea).détaché lié143) Cadre temporel: La nuit. 145 En cas d’explicitation de l’alternative rejetée (phrase complexe construite par juxtaposition). Dans la littérature on parle aussi bien de position détachée (que ce soit par clivage ou par des moyens prosodiques (pause-virgule)) et de syntagmes détachés (qui en arrivent à occuper de telles positions. la condition paysanne était rude. on y danse… » ? Cadre lié ?! Pause-virgule. ou du XVIIe siècle (vie des autres catégories sociales…) on peut considérer que ce sont « la nuit » ou « le XVIIe siècle » qui ont un statut de topique. je n’ai toujours pas de (ses) nouvelles. Si le locuteur poursuit son discours sur les chats. tous les chats sont gris. Tout dépend de la suite du texte. on y dans. avec ou sans détachement144). ou à clivage rarement employé. le terme de topicalisation sera entendu dans ce qui suit au sens de « topicalisation-Topique ». Suite linéaire respectueuse du principe d’iconicité (ce qui est connu/ donné est énoncé d’abord). ou sur la condition paysanne. ainsi que fonctionnelle (interprétation)). Topicalisation progressive: syntagme topicalisé antéposé (liant le clitique in-situ) dépourvu de marques casuelles. ←il m’a téléphoné hier. j’←y vais tous les ans. J’y→ vais tous les ans. +détachement) Topicalisation-Focus (+extraposition. 143 144 Que faire alors du refrain de la vieille chanson « Sur le pont d’Avignon. il est déjà parti pour Paris. Paris. Sont des extrapositions les positions de périphérie gauche. Dans cette acception. Paul. Ce qui ne les empêche pas d’assurer en même temps une fonction de cadrage (…) par rapport aux événements qui les caractérisent. neutralisée discursivement quant à la distinction fonctionelle (=interprétative) Topique/ Focus. Topicalisation: opération (syntaxique) de déplacement en tête de phrase (frontalisation) ou bien: à l’une des frontières de la phrase (extraposition – à gauche/ à droite. en l’absence de qualification. à Paris. Cadre thématique: Quant à Paul. Topicalisation/ Focalisation: stratégies discursives de construction du Topique et respectivement du Focus (à contreparties syntaxique et phonologique (réalisateurs). -détachement).

catégorie sans réalisation phonologique dans les phrases racines (tête phonologiquement vide) . Grammaire générative : analyse fine de la périphérie gauche. subjects. la périphérie gauche bénéficiera. que+ indicatif. en général148 déplacé depuis la région référentielle de la phrase. Dordrecht: Kluwer. Focus. 1994) – An introduction to Functionnal Grammar. Elements of Grammar. 25-55. dans le cadre de l’approche cartographique (école générativiste italienne). en français. Li (éd. d’une analyse « fine ». Cambridge. à Paul. pour spécifieur .).lattice. pp. sélectionnant un TP ou un IP : c’est là une dernière position de redondance morphologique . (1976) – « Givenness. notée « C ». de Gruyter. et supérieure(s) au Focus) . Une position C externe indicateur de Force (assertive. qui rappelle le caractère fini (tensé) ou non fini (non tensé) de la phrase. dans les subordonnées complétives (ou relatives) . Initialement (théorie standard étendue) appréhendée comme catégorie fonctionnelle « complémenteur » (ou : « complémentiseur »). Université de Nancy-2. Cahiers de Recherche Linguistique 6.). Cambridge: Cambridge University Press. definiteness. que+subjonctif. Berlin. la tête Focus prenant le syntagme Complémenteur interne pour complément. Firbas Jan (1992) – Functionnal Sentence Perspective in written and spoken communication. London. des phrases interrogatives à inversion complexe). and the mental representations of discourse referents. interrogative etc. Charolles Michel (2002) – « Les adverbiaux cadratifs : fonction et classification ». Lambrecht Knud (1994) – Information structure and sentence form: Topic. http://www. mais quatre catégories (positions) fonctionnelles distinctes. Bibliographie minimale : Chafe Wallace L. Morphème à réalisation phonologique zéro (la notation e venant de l’anglais empty (= vide)). à partir des années 1995. du complément de cette tête (Focus-P). et d’un spécifieur (éventuellement déplacé depuis la région référentielle de la phrase). Dik Simon Cornelis (1997) – The theory of functionnal Grammar. Academic Press. Des positions de Topique optionnelles et itérables (entre C interne et Focus. New York. in C.fr/siteACFT/Documents/CharollesAdverbFoncClass4111. Luigi (1997) – « The Fine Structure of Left Periphery ». tête dont les positions de spécification (Spec. domaines et espaces.Je lui→ ai légué ma montre en or. Halliday Michael Alexander Kirkwood (1985. Cambridge University Press. 3. Syntagme formé de la tête Topique°. 41 . 1-73. topics and point of view ». Si dit dubitatif serait inséré en syntaxe directement à la position Focus (adjoint incorporé à la tête focus°). contrastiveness. 146 147 148 149 Rizzi. à/ de/ e147+ infinitif. C) interviennent crucialement tant dans le codage grammatical des modalités d’énonciation que dans celui des modalités de message. 2e éd. Une position de Focus. 281-337. champs.pdf. N. dans ce qui sera désormais appelé le « domaine » Complément(is)eur : - Une position C interne.ens. et un autre syntagme XP. Arnold.) Subject and Topic. en principal à la faveur des contributions de Luigi Rizzi : Nous nous référerons dans ce chapitre à la première version de cette analyse (Rizzi 1995 (1997146)). la tête Force° prenant un Topique-P149 pour complément : toute phrase sera donc un cas de ‘Force-P’. - - - Ces catégories/ positions permettent une meilleure analyse syntaxique des types de phrases obligatoires aussi (par exemple. qui distingue non pas une. in L Haegeman (ed.2. Charolles Michel (1997) – L’encadrement du discours : univers.

le VP comme ‘sujet de prédication’. le focus ex-situ est typiquement instancié dans des phrases clivées.Force QU-P Force +Interr Foc tQU -P Foc Foc Top DPi Top Top +fini Oů [+fini] = ‘∀[+Temps]’ [+ i {REVEN(IR)+Futur 3pl} +fini] fin TP Oů : [ T P tlesétudiants [T’ t{REVEN(IR)+Futur3pl} [FP tquand [F’ F [VP tREVEN(IR) tlesétudiants ]]]]] Oů F = catégorie fonctionnelle de prédication optionnelle ŕ sémantique vague (ici : [+Repčre temporel]). La GGT standard analyse en termes d’emphase les constructions à topique détaché (non-intégré) et les constructions à Focus ex-situ. en tant que prédicat sémantique. et qui prend le VP pour complément. spécifiée par un PP/ AdvP complément non sélectionné par le verbe.F est en relation hyponymique ŕ la sémantique catégorielle de F . En français.3. cet Adverbial (un PP ou un AdvP) sélectionne. L’emphase. 42 . La sémantique étoffée du syntagme prépositionnel ou adverbial ŕ Spec. L’analyse syntaxique de ces constructions concerne la périphérie gauche de la phrase. La focalisation in-situ n’est pas analysée comme un cas d’emphase. par l’intermédiaire de F. Quand les étudiants reviendront-ils ? 3. lui.

part.4. faire autorité (= être reconnu comme une autorité (dans un certain domaine) »). serait. donc des verbes qui ont un complément d’objet direct.1.. Vous serez pardonnés). part.. s’il avait eu vent de la situation obérée de son tireur. où le passif était une forme synthétique : on distinguait entre ama-nt (=ils aiment)/ ama-ntur (=ils sont aimés). faire allusion à (qq ch).) Il est possédé du Démon Il est possédé par la jalousie (fig. sont assez régulièrement rébarbatives au passif. Verbes modaux + infinitif153 : Marie peut marcher/ *Marcher est pu par Marie. bien qu’ils correspondent à des verbes (ordonner. avait été. partir qq. dormir le sommeil du juste. peuvent être mis au passif : Ordre formel a été donné aux soldats d’attaquer à l’aube. à qqn).1. Claude (2005) – « Diathèses et voix en français ». À de rares exceptions près. inaccusatifs : aller qq. venir de qq.ch. ch. le passif est une forme analytique du verbe 150. posséder (dans leur acception première152) : Marie a un livre. les verbes transitifs indirects (parler de qq. à l’instar des intransitifs (inergatifs : danser. confirmer. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier avant que notre banque n’engage aussi sa signature. 152 J’ai été eue = « j’ai été trompée » (fig. ama-ba-nt (=ils aimaient)/ ama-ba-ntur (=ils étaient aimés). … Des tours tels donner ordre (aux soldats. Sois (Soyez) félicité(e. +COInd : donner qqc. va être. Il faut bien que cette traite soit avalisée par un banquier suisse pour que notre banque engage aussi sa signature. Le passif. Seules les formes perfectives de passif étaient analytiques (parfait passif = esse (au présent de l’indicatif) + participe parfait passif accordé en genre et en nombre avec le sujet (amati sunt (= ils ont été aimés))).4. dans les constructions actives correspondantes. Actes du XIe séminaire de Didactique Universitaire (Constanta 2004. Bucarest : Ed. part.3. aura été. Je doutais que cette traite eût été avalisée par mon banquier suisse.. etc. et des verbes à COD qui ne sont jamais mis au passif : - Avoir. Verbes à COD interne (pleurer des larmes de joie. ch. Je doutais que cette traite fût avalisée par un banquier suisse. pardonner à : Vos ordres ont été obéis. : « il est dominé par… »). Allusion a été faite à cet épisode malheureux dans l’allocution du Président. fut.4. tenir tête à (= « résister à »). dans : Interaction entre sémantique et pragmatique. 151 Les grammaires anciennes parlaient de : ‘genre’ ou de ‘signification’ du verbe pour désigner l’opposition entre « action » et « passion » (Muller. lire qq. sera. écrire qq. a eu été.. 1. …) : *Sa vie est vécue (par Jean). Notons également que. aurait été) avalisée par un banquier suisse. 3.… . 3. s) ! Soyons bien entendu(e)s là-dessus ! La traite étant (ayant été) avalisée. penser à qqn/ qq. néanmoins on dit bien: Manger du porc est interdit aux Musulmans (= Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc). et en dépit de l’absence d’article. donner confirmation (à qqn. Comparer : Le Coran interdit aux Musulmans de manger du porc/ Le Coran l’interdit aux Musulmans. 73-95). nager. Université Ovidius. ch. … La traite doit être (avoir été) dûment avalisée. En français. ASE. comme en roumain. était. 43 . et respectivement Je me flatte de bien parler l’allemand/ Je m’en flatte. 153 Les constructions V+ CODinf. *Le sommeil du juste est dormi… Expressions figées : casser sa pipe (= « mourir »).ch. appelée par les grammairiens français (à partir du XVIIIème siècle) ‘voix’151 et réalisée à l’aide de l’auxiliaire être + verbe au participe passé (accordé avec le sujet grammatical) : La traite est (a été. …)) et des verbes di-transitifs (+COD. eut (vite) été. …). suggérer). Morphologie passive. de qqch). …) n’ont pas de ‘conjugaison passive’. 150 Tel n’était pas le cas en latin.. vivre sa vie. casser la croûte (= « manger »). peuvent « être mis au passif » (conjugaison passive vs conjugaison active) des verbes transitifs directs (+COD : ouvrir qq. parler à qqn. ch. Introduction. Confirmation expresse nous en a été donnée par courrier du 15 courant. d’attaquer à l’aube). ainsi que l’atteste la pronominalisation en le. de+inf. En français. Cette corrélation n’est cela dit pas parfaite : il existe des verbes sans COD qui peuvent être mis au passif (les transitifs indirects (dés)obéir à. ACLIF). vient d’être./ *Ce livre est eu par Marie. contribuer à qq. Boire du café m’a été vivement déconseillé par mon médecin (= Mon médecin m’a vivement déconseillé de boire du café). n’est pas un COInd mais un COD du verbe recteur..

2.   3. Tous les étudiants aimaient ce professeur. 2007). On a vendu ces livres en trois semaines. Contre-exemple apparent.4. 3. Il existe des phrases actives sans correspondant passif exhaustif (complément d’agent exclu) : les phrases actives à sujet pronom personnel clitique. faire (= »mesurer ») deux mètres de long. Limites de la corrélation construction active/ construction passive. Il existe des énoncés qui ne sont attestés qu’au passif : Nul n’est censé155 ignorer la loi. DE…) Verbe au participe passé (≠ été) Verbe ETRE auxiliaire de voix Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) Complément d’agent Votre société a déposé le meilleur projet. « chaser en leurcourant après »). mesurer (trois mètres). en français contemporain. le sanglier . coûter (la peau des fesse). Le complément d’agent est largement optionnel. Classe syntaxique du verbe ↓ Transitif direct.4. ditransitif Voix ↓ Entité qui agit (Agent) Evénement dénoté Ancrage temporel Entité qui subit (Patient) Complément d’objet direct Sujet ←Rôles et valeurs sémantiques ←Réalisateurs syntaxiques active passive Sujet Complément prépositionnel (PAR…. peser (une tonne).1.2. Cette bagnole a été vendue à un ami (*par moi). Expression du complément d’agent. 1. par les lexicographes (Nouv.2. -défini) Reformulation ↔ ↔ ↔ ↔ Phrase passive sans agent Sujet Participe passé (≠ été) ÊTRE (conjugué) ________ Pas de complément d’agent Ces livres ont été vendus en trois semaines.4. Phrase active COD Verbe Temps/Mode Sujet ON (+humain. (Pourtant elle n’a obtenu qu’un tiers du financement sollicité). A l’impossible nul n’est tenu. (Wilmet 2003 : §581. P. 44 . dans les phrases passives. les jupons (= « courir après ».- Verbes à faux COD :  Complément de mesure : valoir (une fortune). Rob.1. Ce professeur était aimé de tous les étudiants. puisque censé est analysé comme vrai adjectif. Construction passive vs construction active154. apud Muller 2005 : 76).… : *Une fortune est value (par ce tableau) Complément de temps : dormir la nuit. courir (deux kilomètres). marcher (deux kilomètres). 1.2. travailler le jour (= »pendant… ») Courir (le cerf. 3. Le meilleur projet a été proposé par votre société. sans que le sens verbal (passif d’action ou du procès ne s’en trouve affecté) : Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés par un seul représentant ? Tous ces exemplaires ont-ils vraiment été écoulés en un mois ? 154 155 Voix au sens de Muller 2005. (Pourtant il a été rejeté par le Ministère). Comparer : J’ai vendu cette bagnole à un ami.

être submergé de pressentiments (+ de travail)… L’enfant fut saisi de peur. être accablé de soucis (+ de remords. dans ce cas-ci également./ *En fin de compte. tous ces licenciements auront été déterminés. être estimé de. 2007). Le prof a été frappé d’étonnement. de honte). on peut dans certains contextes envisager l’agent abstrait comme une sorte d’agent concret. Choix de la préposition. tous ces licenciements auront été déterminés par l’arrêté ministériel qui nous oblige à étaler les amortissement sur 25 ans : nos équipements battent de l’aile et nos technologies sont dépassées. verbe psy assimilé à un verbe d’action : le passage à la figure n’est pas toujours accompagné d’un changement de la préposition à : DE). En fin de compte. en place par votre (1’) verbes de sentiment et de connaissance : être aimé de. (2) Verbes d’action à agent concret (référence définie) Le voleur fut saisi par la Police. être respecté de. être déterminé par…. être méprisé de. apud Nouv. P. Ce projet a été mis département. (+ de stupeur). MAIS : Je suis impressionnée par la beauté de ces sites. Elle est touchée de votre sympathie (emploi figuré : verbe de sentiment) 156 Mais. être apprécié de. DE + SN Par + SN (1) verbes d’action (et y assimilés) : Il fut appelé par le prof. Le diamant a malheureusement été étonné (= fêlé) par le jeune apprenti. Ces licenciements ont été entraînés par la perte de plusieurs contrats importants. verbes exprimant la cause (être causé par…. Elle a été touchée par une balle (sens propre : verbe d’action). Le chasseur est suivi de ses chiens. Le public était trop ému par la scène pour applaudir. Rob. être saisi de peur. Il fut saisi d’une peur panique156. et employer par : saisi par une émotion irrésistible. être entraîné par…) : Cette hausse des prix a été causée par une fiscalité oppressive/ *Cette hausse des prix a été causée. par une curiosité violente. Ces détails sont souvent ignorés par nos dirigeants (verbe de connaissance assimilé à un verbe d’action). pour cause de livraisons défectueuses/ *Ces licenciements ont été entraînés. par un souvenir tout-puissant (Gobineau. être adoré de. J’ai été accablée d’injures [complément de moyen !] par la foule déchaînée. (sens étymologique : verbe d’action). Les touristes ont été étonnés par la beauté de ces sites historiques (sens dérivé. être compris de… Il est aimé de tous. Le pays a été submergé par l’ennemi.Complément d’agent obligatoire (exceptions) : (1) (2) verbes d’accompagnement (être précédé de…. Cet arbre a été frappé par la foudre. Ce mécanisme ingénieux a été conçu (+ imaginé) par un simple contremaître (verbe psy assimilé à un verbe d’action : noter le rapprochement sémantique du verbe créer (être créé par…)). 45 . (2’) Verbes d’action à agent abstrait (sans article ou à article indéfini) : être frappé d’étonnement./ *Le chasseur est suivi. Il n’est pas compris de tous. … . être haï de. être suivi de…) : La réunion fut précédée d’une allocution du président/ *La réunion fut précédée.

(4’) verbes d’état dont le participe passé a (ou : acquiert) une valeur adjective (constructions attributives): complément instrumentaux plutôt que vrais compléments d’agent. Exemples : La villa du P-DG est entourée par des jardins à l’anglaise. Les cimes étaient couvertes par le manteau étincelant des neiges éternelles. au passif. être cajolé. Exemples : Mon jardin est entouré de haies. tuer… Exemple : Napoléon faisait le bilan de la bataille : deux mille soldats français* étaient tués (ETAT ! OK morts : copule+adj)/ OK avaient été tués : ACTION !) Tout autre intervalle de temps ferait l’affaire (en trois jours. pourtant.au sens de Vikner 1985 . 46 . envisagée dans son unicité : La petite fille est suivie par un clébard à l’air féroce. + PENDANT … heures (durée : intervalle ouvert) Action (procès)157 + (Ces établissements ont été fermés en quelques heures) __ État (résultat) __ + (Ces établissements ont été fermés pendant quelques heures)159 __ 2. être cajolé. + PUIS/ ENSUITE/ AUSSITÔT APRÈS (succession d’événements) 3. des verbes d’accomplissement ou des verbes d’achèvement (+en…). Nos employés étaient submergés de travail (3) Verbes d’accompagnement dénotant une action intentionnelle. … Ce tapis était mangé aux mites. + EN … heures158 (durée : limites atteintes) 1b. être secoué (au sens propre) abattre. La rue est bordée d’arbres. le résultat (l’état) : a) b) 158 159 être caressé. passé] [sujet] ? (3’) Verbes d’accompagnement dénotant une situation habituelle : Le chasseur est suivi de ses chiens. être câliné. Aussi n’y-a-t-il rien d’étonnant à ce qu’un tas de verbes qui acceptent pendant… ne se comportent-ils pas. non habituelle. être vu.). PROGRESSIVEMENT. Ce test discrimine les procès (+pendant…) des événements (+en…) . être ressenti… Exemples : L’enfant malade est caressé pendant quelques minutes afin qu’il s’endorme.3. en trois minutes etc.1. Critères sémantico-syntaxiques (tests distributionnels) 1a. être regardé. Elle était accompagnée de son mari. Passif d’action (passif du procès) vs passif d’état (passif du résultat). La réunion fut précédée d’une allocution du président. Question : COMMENT EST [sujet] ? Complément d’agent en à (passif du résultat): être rongé aux mites/ aux rats. mais comme des verbes d’activité ou de procès : être caressé.4. assassiner. au sens de Vendler 1967. Le rideau est orné de fanfreluches. être secoué . La salle est peu à peu vidée. VITE (manière : déroulement dans le temps) + (Puis le phare est éteint. le passif n’étant pas processuel (et donc pas agentif). être entendu. au passif. La terre est couverte de neige. 3. nous avons là des compléments instrumentaux plutôt que de vrais compléments d’agent. les verbes d’activité (+pendant…). Question : PAR QUOI EST [part. Elle était accompagnée par un jeune homme hirsute (4) verbes d’état dont le participe passé garde entière sa valeur verbale : résultat d’une action antérieure (passif du résultat). PEU À PEU. exécuter. fusiller.J’étais submergé d’étranges pressentiments . comme des verbes d’état. être mangé aux vers. être câliné. + LENTEMENT. pendre. Le texte est lu __ 157 Verbes qui n’expriment jamais en français. L’étrange phénomène a été vu pendant quelques minutes. Le criminel sera accompagné par nos gendarmes jusqu’à la frontière.2. guillotiner. Le plancher était rongé aux rats. être écouté. décapiter. Aussitôt après les rideaux sont tirés) + (La porte est fermée lentement.

le résultat (l’état) si être est à une forme non perfective simple. Vous constaterez que le bordereau de livraison est en effet émargé par votre représentant. Ce paysage était manifestement peint par un maître flamand du XVIIème siècle. + complément d’agent exclusif de l’auxiliaire être à une forme perfective composée ou au passé simple rapidement. et directement visible à partir du (dans le) résultat de cette action : il s’ensuit que l’entité qui subit l’action (ou qui en résulte) est nécessairement une chose concrète.) __ __ +(Le contrat d’achat est (était) paraphé par Julien Vasco Nous nous sommes aperçus du premier coup d’œil que l’acceptation était biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. être fait par. Nous avons constaté que ces demandes étaient effectivement approuvées par l’ANPE. À CONTRE-CŒUR (manière : caractère intentionnel de l’action) 5a. +ATTENTIVEMENT. être réalisé par… Ces verbes expriment. même en présence d’un complément d’agent. Cet arrangement floral est visiblement réalisé par un maître de l’ikebana. + (Le texte est lu attentivement. être biffé par. L’ordre est obéi à contrecœur. être paraphé par. être accepté par [en parlant d’un effet de commerce ou d’un papier adinistratif]. être avisé favorablement/ défavorablement par. Le bordereau est émargé par notre représentant)160. / Les actes sont dûment signés par les deux parties (résultat). être approuvé par. être écrit par. être émargé par. 5b. + complément d’agent sans restrictions quant à la forme de l’auxiliaire (en particulier si aux formes interdites pour la lecture résultative) +(Le contrat d’achat a(vait) été paraphé par Julien Vasco __ 160 Les verbes susceptibles d’emplois au passif d’état ou du résultat à vrai complément d’agent sont des verbes dénotant des actions telles que le fait que l’état résulte de l’action de X plutôt que de celle de Y ou de Z est pertinent (dans la pratique). 47 . être peint par. Comparer : Les actes sont ensuite signés par les deux parties (action). Cette pétition était manifestement écrite par un illettré.4. La maison est progressivement repeinte). seulement à autres paramètres égaux. un objet sur lequel l’agent aura laissé son empreinte : être signé par. être avalisé par.

note 3. le passif se caractérise par la topicalisatio-thématisation de l’argument subissant (réalisé. __ + (La traite a (+ avait) déjà été avalisée). Chomsky 1971 (1965) : 181 [chap. du point de vue interprétatif (=sémantique au sens large). toutes choses égales par ailleurs. dans Aspects… . sur celle de la négation (type optionnel ou : forme de phrase. en position postverbale. Le bordereau fut émargé par votre représentant). 48 .3]. ainsi que sur celle des phrases interrogatives et impératives (types obligatoires). Ce paysage a été peint par un maître flamand du XVIIème siècle. à l’instar des marqueurs de force illocutionnaire. à l’instar de l’emphase : l’introduction précoce du marqueur de passif n’y est donc pas envisagée comme régie par le même principe que l’introduction dans la base de la grammaire des marqueurs de force illocutionnaires ou de négation (pour la mémoire : pas d’interprétation sémantique des structures superficielles. + (La traite vient d’être avalisée). seulement du point de vue syntaxique (vs sémantique) : le passif serait lui aussi introduit par un marqueur dès la structure profonde. les modalités dites de message concernent toutes la hiérarchie informationnelle thème-rhème (ou : topique-commentaire). Nous avons constaté que ces demandes avaient été effectivement approuvées par l’ANPE.Nous savons que l’acceptation avait été biffée par quelqu’un d’autre que le tireur. XVI) : Σ→ Const + P Const→ Affir + Passif Passif → Aux 161 162 163 être + SP passif Diathèse au sens de Muller 2005. en position initiale. SN complément direct (=sans préposition) du verbe. et commandant l’accord en nombre et en personne du verbe porteur de traits de temps (L’étudiant3sg ouvre3sg la porte/ Les étudiants3pl ouvrent3pl la porte). et relevant du propos (rhème)) ainsi que par la dé-topicalisation-rhématisation de l’argument agissant (réalisé. 1.3. + déjà (verbe être à une forme composée perfective) 7. toutes choses égales par ailleurs. 6a. comme sujet grammatical163 interprété comme thème). L’analyse du passif est explicitement alignée. Mais le passif continuera à être envisagé comme phénomène syntaxique sans retombées interprétatives sémantico-logiques. Sujet : SN à Cas Nominatif assigné par l’inflexion [+Temps]. + (La traite est (était) déjà avalisée) __ __ 3. Nous avons constaté que le bordereau de livraison n’avait en effet été émargé par votre représentant. comme le passif). dans les phrases actives correspondantes. Cet arrangement floral a été réalisé par un maître de l’ikebana. + VENIR DE + inf. À cet égard. Rappelons que. + déjà (verbe être à une forme simple non perfective) 6b. qui commandera ainsi une transformation obligatoire. dans les phrases actives correspondantes. donc pas d’import sémantique des transformations) – cf. à Cas Accusatif assigné par celui-ci. Visée théorique : éliminer les transformations facultatives autres que l’inversion stylistique. Structure profonde d’une phrase passive (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap.4. Le passif comme modalité de message161. comme objet grammatical162. et l’accord en nombre et en gendre du participe passé des verbes conjugués aux temps perfectifs composés avec l’auxiliaire être (PaulMsg est entréMsg en classe/ MarieFsg est entréeFsg en classe) ainsi que de l’adjectif attribut du sujet (MarieFsg est intelligente Fsg).

il en va de même en français pour les pronoms personnels (clitiques). en structure profonde. mis au participe passé). 3. (À cette étape. Les versions ultérieures du modèle GG formuleront la distinction de principe entre Cas syntaxique. Tout en étant optionnel. …) la lettre (lentement. Transformations postulées dans la version standard du modèle GGT (Dubois & Dubois-Charlier 1970 : chap. langues à flexion nominale riche (déclinaison) . le verbe conjugué V étant. Cas syntaxiques et rôles sémantiques. attentivement. ces cas-là sont assez rares : Mes ordres seront obéis (comparer à : On obéira à mes ordres). *La voiture pesait deux tonnes lentement/ b. 49 . 3a. ce constituant adverbial n’est pas complètement étranger à la souscatégorisation par le verbe. à droite de Aux (cette transformation rendant compte de ce que le verbe être va porter les marques de temps de la phrase. Jean pesa (lentement. pourvu qu’ils sous-catégorisent un complément de manière – le sujet de surface de la phrase passive n’étant pas alors.4. Le Cas syntaxique doit être interprété (‘lu’) en morphologie flexionnelle. du syntagme nominal objet direct et du SP passif ). d’une part. Comparer : 1a.164 Cette analyse rend compte du fait que la passivation peut aussi concerner des verbes sans complément d’objet direct (à l’actif). comme en latin ou en roumain. l’introduction du « marqueur de passif » en structure profonde n’est pas réalisée à la faveur d’une règle de réécriture qui place d’abord la ‘modalité’ en marge du noyau. qui ont des 164 Exemples de base empruntés à Chomsky 1971 : 146 [chap. La lettre fut pesée par Jean.Aux être → être [+V] + part passé [+aff] SP passif → Prép + SN passif +P Σ→ Affir + Aux être + Prép + SN passif + P Σ→ Affir + être [+V] + part passé [+aff + Prép + SN passif Maintenant : dans le texte même des Aspects… (Chomsky 1965 : 104-105). 2a. (2) SP passif sera déplacé après l’objet direct du verbe (SN2) – en tant que constituant du GV. …). un Objet direct du verbe – en français. lui. constituant du groupe verbal : Manière → par ∩ passif. 1 déplacement à gauche (montée) : (4) SN objet profond se substituera à la position. dans la base (=structure profonde) à la faveur d’une règle de réécriture d’un adverbial de manière. sous le noyau. sous le SP passif. où il sera ‘traduit’ à un ‘cas [initiale minuscule !] morphologique’ –son réalisateur superficiel: - flexion nominale (affixe flexionnel. *Deux tonnes sont pesées par la voiture/ b. et rôle sémantique (thématique). développement des tests de notre main. (3) SN sujet se substitue à SN passif. 2. Préalables théoriques. du SN sujet profond (préalablement déplacé sous SP passif (3). 2]. L’introduction du morphème de passif est posée comme réalisée. XVI) : 3 déplacements à droite (= ‘descente’ dans l’arbre) : (1) Aux être sera déplacé de sous Const. Jean pesa la lettre. puisque certains verbes y sont rébarbatifs – ceux-là précisément qui s’avèrent rébarbatifs à la passivation (les verbes dits « moyens »). le groupe verbal est constitué du verbe. L’analyse du passif sera remaniée en conséquence. attentivement. de l’autre. dans la computation périphérique vers la Forme Phonologique. La voiture pesait deux tonnes/ b. désormais vide. Les versions plus récentes du modèle limiteront de manière très stricte les transformations entendues comme légitimes en syntaxe noyau (déplacements de droite à gauche et du bas vers le haut. dans le sens de génération des structures arborescentes).

L’approche configurationnelle à l’encodage lexical (vs à l’assignation) des rôles thématiques. lui. Je penserai à ce que vous venez de me dire (préposition = simple préfixe casuel)/ b. Les catégories substantives (N. Grimshaw 1981 : la réalisation structurale canonique d’un objet physique est N. 50 . <But> (<Cible>)… La question se pose de savoir si oui ou non il y a lieu de distinguer matrice conceptuelle du verbe et grille de rôles thématiques. V. CAT : N / « n » (notation du type notionnel associé à la catégorie N – « quel qu’il soit. on parlera de <Causateur> (neutralisation de la distinction animé/ non animé. A. de Pleine Interprétation et de Prédication. ou bien préfixe casuel (préposition) : 4a. CAT : P /« (inter)relation ». l’inventaire des Cas sémantiques des grammaires casuelles (sémantique générative) : <Thème> (argument qui ne peut manquer : tout verbe en a un) : participant non agissant au procès. étoffées.- formes de nominatif (je/ tu/ il. la/ lui. Plutôt que de distinguer <Agent> : participant agissant au procès. dans le cadre générativiste chomskyen. au verbe en tant que prédicat sémantique165 : c’est un rôle sémantique ayant la particularité saillante de devoir être réalisé en syntaxe par un argument du verbe (syntagme nominal. comme dynamiques par définition). <Source>. la notion d’ « événement dynamique » est redondante (les événements (vs situations) étant entendus. P) et les relations syntaxiques à une tête (Spec1 H /Compl1 H) définissent des inventaires fermés. etc. l’argument interne d’une tête substantive P (préposition) se voit assigner à la fois un Cas syntaxique et un rôle sémantique par cette préposition (ce pourquoi les PP peuvent ne pas être sélectionnés par le verbe. le rôle thématique est encore appelé rôle-θ (lisez : têta). V. 166 Cette notion est très proche de la CSR (Canonical Structural Realization) qu’introduit. on reprend. dans ce classement. et fonctionner comme compléments de phrase : À Paris j’ai appris à jouer du pipeau). en sus de ses traits sémantiques purs (en marge de la matrice conceptuelle du verbe). sous forme de « liste » : grille thématique (appelée aussi θ -grille). P) sont associées à des « types notionnels (ou : contenus notionnels) élémentaires »166 : CAT : V /« événement (ou peut-être événement dynamique) »167 (notation : e). que défendent Hale et Keyser 1993. non argumentales (rôles sémantiques sans contrepartie structurale et morphologique distincte). <Instrument> Arguments locatifs : <Lieu>. Hale et Keyser 1993 formulent l’hypothèse que les rôles thématiques sont en fait des dérivés de relations syntaxiques (lexicales) – le caractère limité de l’inventaire des rôles-θ s’expliquant par l’inventaire fermé des catégories substantives et des relations structurales possibles. CAT : A / « état » (notation : s (state angl. 167 Nous avons cité ici Hale et Keyser 1993. dans une perspective d’acquisition du langage (par l’enfant). elle/ nous/ vous/ ils. le. de fait » cf. en (ablatif))) . datif). Hale & Keiser 1993 : approche configurationnelle aux rôles thématiques (vs liste de rôles). y (locatif). J’y penserai (flexion)) Le rôle thématique est lexicalement associé. nécessairement [+animé] <Force> : causateur non animé.)). par exemple. A. tout prédicat sémantique ayant des arguments obligatoires en syntaxe est censé se voir associer de tels rôles dès l’entrée lexicale. celle d’une action est V. explore les implications et tire les dernières conséquences de l’option théorique selon laquelle la « θ –grille » du prédicat est projetée en syntaxe. en général. les catégories substantives (N. De même. elles) distinctes de leurs formes obliques (me/te (accusatif. À partir du constat qu’à la fois les rôles thématiques possibles. et un argument <Repère> (à la législation en vigueur). prépositionnel ou adverbial introduits en syntaxe en tant que compléments ou spécifieurs du verbe). Les rôles thématiques assignés par la tête verbale seraient ainsi spécifiés explicitement dans l’entrée lexicale du verbe. Hale et Keyser 1993 : 69). les/leur (accusatif/ datif). Un adjectif comme conforme (Ce clause contractuelle n’est pas conforme à la législation en vigueur) aura ainsi un argument <Thème> (le syntagme nominal dont il sera prédiqué : cette clause contractuelle). mais. reléguée aux distinctions/ sélections sémantiques fines. En regard du classement sémantique des verbes de Vendler (1967). et l’expression configurationnelle des rôles-θ étant régie par les principes de Projection non ambiguë. Du fait qu’il est assigné par une tête lexicale substantive (=douée de traits sémantiques purs). 165 De fait. La sémantique lexicale du verbe serait par hypothèse (dès le lexique) configurationnelle (iconicité des représentations syntaxiques relativement aux représentations sémantiques ‘pures’). L’inventaire des rôles thématiques varie au gré des linguistes.

Hale et Keyser.Mêmes les verbes « superficiellement mono-morphémiques » sont lexicalement syntagmatiques (phrasal angl. les rôles thématiques et la structure argumentale qui les porte/ exprime constituent le noyau dur de la structure profonde de la phrase (structure-D) : la proposition minimale (entité sémantico-logique) endeçà de l’ancrage temporel (=relations de prédication essentielle). exprime le rôle-θ <THÈME> (= sujet de l’interrelation que [CAT : P] exprime. la distinction sémantique Agent /Force ne peut être faite en tant que distinction argumentale.4) reprend explicitement à son compte l’idée d’approche configurationnelle à l’expression/ interprétation des rôles thématiques. il n’y a aucun processus d’ « assignation de rôle thématique » distinct de la prédication. L’entrée lexicale du verbe est en fait sa LRS. 95. 4). l’étiquetage de la position vide est redondant en regard des principes de Pleine Interprétation. ni les autres traits formels FF(CAT) ne sont directement pertinents) : une configuration V-VP (v-VP. sujet d’un « prédicat de changement »). Les verbes inergatifs sont des verbes transitifs cachés qui incorporent leur argument interne. trad. Cette structure. et il n’y a pas de « rôles thématiques » si ce n’est en tant que relations lexicales exprimées par des projections non ambiguës et pleinement interprétées de catégories lexicales élémentaires ». satisfaisant les conditions de Projection non ambiguë et de Pleine Interprétation (cf. à une approche interprétative des rôles thématiques : à la notion d’assignation de rôle-θ se substitue celle d’expression des rôles–θ et donc d’interprétation argumentale (à l’interface de FL)168.). 51 . et un « rôle interrelationnel » <BUT>. Ils sont assignés dans des configurations syntaxiques dérivées (à la faveur de transformations : structure-S (structure de surface)). Chomsky 1995 (chap. Parmi les Cas syntaxiques. art. le glissement est fait d’une approche de la θ -théorie en tant que module indépendant ((partiellement) autonome) de la grammaire. la structure relationnelle lexicale du verbe (sa LRS). dont certains. Cas inhérents : cas Obliques (assignés par les verbes. ou s’il veut plutôt dire que : la matrice conceptuelle du verbe consisterait dans un faisceau (liste) de traits. exprime univoquement la « θ -grille » de celui-ci. une configuration V NP (ou DP). Le patron de lexicalisation de tels verbes dérivés est appelé « conflation ». cit. verbe. Du coup.73). seul un syntagme nominal pourra être fusionné (puisque V n’a pas de Spec). p. <SOURCE> ou <LIEU>. et reviendrait en fait à récupérer l’hypothèse des sous-catégorisations (des relations de sélection-c) à expression lexicale directe. Notons que nous nous éloignons ici de la lettre de Hale et Keyser 1993. les prépositions ou par certains adjectifs). qui suggèrent que cette position vide soit « étiquetée » d’entrée de jeu (comme il en allait. une configuration [VPNP[V’V PP]]. mais il n’est pas clair s’il étend cette hypothèse à la sémantique du verbe en général. en syntaxe. Hale et Keyser 1993 : 96). assignés par une tête lexicale à son régime (argument sélectionné morphologiquement) dès la structure-D (structure profonde). 168 « Il n’y a pas de mécanismes linguistiques spécifiques à la structure argumentale. dans l’approche TSE en général. des positions de substitution – mais cette hypothèse a largement été abandonnée in Chomsky 1995: chap. [vP v [VP V e]] La LRS du verbe est interprétée en termes des configurations instanciées et des « contenus notionnels élémentaires » associés aux traits catégoriels (ni les TSPs (traits sémantiques purs) des items. interprétée comme (e1→e2) exprime le rôle argumental externe (n>(e1→e2)) de CAUSATEUR169 (Agent ou Force)170 . interprétée n>(e→r). en ce sens qu’ils possèdent une structure qui est syntaxique. cit. dans la dernière version de la GGT chomskyenne (programme minimaliste toujours – dérivation par phases). 93-94 – n. interprétée (e→n) (un événement crée ou modifie une entité) exprime le rôle-θ interne <THÈME>.. art. sont appelés inhérents. L’interprétation argumentale est l’interprétation des relations structurales lexicales du La LRS d’un verbe transitif V qui n’a qu’un seul argument interne sera : où e est une position vide à laquelle.) 169 La philosophie du « verbe léger » est loin d’être la même. 170 171 Dans l’hypothèse configurationnelle. En matière de LRS. idem. exprimant la sélection d’arguments thématiques. pp.4). D’autres seront directement ‘traduits’ en Forme Logique à un rôle thématique : ces Cas. Quoi qu’il en soit. certains ont surtout un effet sur la structure de surface (ordre des mots) : ces Cas sont appelés structuraux. Cas structuraux : Nominatif (assigné par T) et Accusatif (assigné par un verbe transitif). p. auraient une contrepartie configurationnelle obligée. (Hale et Keyser. mais cela émarge les visées de ce cours. en vertu des principes de Pleine Interprétation et de Prédication. dans la notation Chomsky 1995 : chap. et sera introduite dans la dérivation s-syntaxique en tant que catégorie syntagmatique complexe (visibilité de la LRS en syntaxe-s et à l’interface LF) – cf. Par exemple. des « dénominaux »171 (donnée lexicale – cf.

Cela étant. cela reviendrait à postuler une catégorie vide à cette position thématique (et non pas une simple position de substitution. In Johan Rooryck and Laurie Zaring. représentée par le verbe léger (dans l’esprit de Pylkkänen 2008172 : 6-7.4. tous les transitifs) se laissent en effet analyser comme un cas de ‘Y fait en sorte que X devient V-é’ où V note informellement la racine verbale. Le passif dit agentif (passif d’action ou du procès) étant censé préserver la représentation de l’action..5. et si on veut être complet. Cinque). et d’une structure de causation. comment le principe de projection (des propriétés lexicales du verbe. la position de Spec. ce rôle reste accessible (à référence certes indéfinie. Hirschbühler & Labelle 1992 (1994) : 209-211). dans certains cas même devant être lexicalisé en tant que Complément prépositionnel . Sous la lecture littérale. Sous cette analyse. l’l’hypothèse peut être formulée selon laquelle c’est plutôt l’actif qui est construit. par la morphologie passive (l’argument n’est pas vraiment rayé de la grille thématique du verbe. 3. éventuellement en syntaxe. qui introduit le complément d’agent (=Causateur) en tant que prédicat optionnel. Kratzer. y compris la représentation d’actions en cours. sous la lecture forte. ne pouvant plus être lexicalisé comme sujet. à argument externe introduit auprès d’une tête légère de causation. Dans les termes de Muller 2005 : « Pour une phrase active comme Pierre mange le gâteau. cas de figure neutre. Angelika (1996) – « Severing the external argument from its verb”.v. Question corrélative : quel est le patron exact de cette perte de saillance de l’agent ? Si réanalyse sémantique il y a. le verbe perd l’aptitude à assigner le Cas structural Accusatif à son argument interne. C’est dans ce sens qu’il faut entendre la sémantique de la configuration v-VP selon l’approche configurationnelle au codage des rôles thématiques (Hale & Keyser 1993). mais il perd de sa saillance. mais une sorte de PRO à référence arbitraire). London. Telle a été aussi l’analyse GGT standard. bien que la sémantique de causation et donc la configuration v-VP subsisterait – ce qui ne laisse pas d’avoir l’air contradictoire). voudrait dire qu’il n’y aurait pas de Spec. 109-137. Données empiriques en faveur de cette analyse : même en l’absence d’un AGENT lexicalisé. Première question : est-ce le passif qui perd un argument. une configuration passive simple VP. à la modélisation de Hale & Keyser 1993. comme cas marqué. corrélativement. qui reprend à cet égard l’argument de Kratzer 1996173. une configuration transitive(-causative).v serait vide (ce qui. 52 . à l’impossibilité d’insérer un argument externe épelé près. Dordrecht: Kluwer. A intégrer maintenant les suggestions de la référence citée (analyse qui résout en syntaxe la dérivation du passif à partir d’une même tête verbale que celle qui projette la LRS active (causative). le syntagme verbal devrait être configurationnellement identique à l’occurrence active. de façon incrémentielle. à partir du passif. arbitraire : Son portefeuille a été volé implicite un (quelconque) voleur – cf. il y a en quelque sorte deux propositions enchâssées l’une dans l’autre « Pierre fait en sorte que le gâteau devient mangé ». Révision de l’analyse syntaxique du passif. Phrase structure and the lexicon. par extension. non marqué. au passif.. et V-é le participe passé du verbe substantif. de son aptitude à assigner l’Accusatif). on doit y ajouter la simple relation de l’action en cours : « il y a action de manger » » (art. au niveau de la tête V. 79-80).3. auprès du VP . chez qui le verbe léger est explicitement envisagé comme catégorie fonctionnelle de voix). 172 173 Pylkkänen. il devra en acquérir un auprès de T.dans la veine des analyses cartographiques de G. c’est comment le verbe pourrait avoir la même sémantique causative. Le passif perd un argument (l’argument le plus saillant de l’actif) : - absorption de l’argument externe du verbe transitif. de l’actif.3. il faudrait bien postuler une nouvelle entrée lexicale. mais pouvant.T (position de sujet). Liina (2008) – Introducing Arguments. England : MIT Press. ce qui en motivera le déplacement à la position d’assignation casuelle Spec. Les verbes causatifs (et. éventuellement intégrée dans une structure de prédication optionnelle agentive (« FP » = CAUSE (DE). dans certaines phrases. et. Ce qui est peu clair (pour moi) dans cette analyse. Cambidge Masachussetts. Les phrases impersonnelles. en dépit des modifications de saillance relative des arguments qui correspondent aux participants agissant et subissant du procès. cit. et obtenir compositionnellement. comme le complément interne du verbe passif ne reçoit plus de Cas Structural du verbe (privé. et dans d’autres. ou l’actif qui en gagne un (pour les verbes transitifs directs en particulier) ? L’analyse traditionnelle dérive le passif. en syntaxe) sera-t-il satisfait ? Une solution consistante avec la modélisation de la GG reviendra alors à envisager le verbe V comme au demeurant sous-déterminé (les TSP du verbe coderaient pour le résultat de l’action). eds. Si la réanalyse ne concerne que les structures syntaxiques.

évitant ainsi la topicalisation du sujet » (Muller 2005 : 80). les formes verbales qui barrent l’interprétation générique sur le sujet (imparfait et forme progressive vs présent) : Un enfant joue dans la cour est toujours susceptible de lecture générique du type de « un enfant. en l’absence duquel les phrases sont peu acceptables. Construction assez rare en français. Dobrovie-Sorin. ■ Est dépourvue de présuppositions : la proposition dans son ensemble. il règne un silence de mort). l’impersonnel met au premier plan l’action verbale sans autre modification. sauf lecture partitive (elle-même conditionnée à un contexte contrastif. ←ils [sujet référentiel. toutes les phrases thétiques ne sont pas impersonnelles : Des enfants étaient en train de jouer dans la cour. di-transitifs : #__ transitifs indirects : # __. les prédicats qui ne se prêtent pas à l’interprétation [+propriété] (comparer : *Des enfants étaient intelligents dans la cour. Le Gré des Langues. 53 . Conséquence logico-sémantique (interprétative) : phrase « thétique ». la présence d’un localisateur spatial (en gras dans les exemples donnés). pas à l’intérieur ». transitifs directs : Il mange chaque jour une centaine de personnes dans cette cantine/ Voix active : Une centaine de personnes mange chaque jour dans cette cantine. Le référent du terme sujet (si le sujet est un argument nominal : il est arrivé trois étudiants) est traité comme étant une partie intégrante de la situation désignée par la proposition dans son entier . existence de l’action verbale même]. y compris l’argument sujet. anaphorique] avaient l’air désemparés). Phrase thétique : ■ ■ Sert à : rapporter un événement (il est arrivé plusieurs accidents). De l’eau dégoulinait sur le plancher sont également des phrases existentielles (thétiques) caractérisées .3. ou introduire un nouveau référent (il en sort du pétrole). le sujet nominal ne réfère pas de façon indépendante. Construction : 1. patient-action verbale. (1997) – « Classes de prédicats.5. n’étant pas lié au contexte (vs L’amphi était pour le moment vide. d’autres dormaient. b. se retrouve dans le champ de l’assertion. ■ Toutes les phrases impersonnelles sont thétiques. distribution des indéfinis et la distinction thétiquecatégorique ». défini contextuellement : les étudiants de la fac à l’amphi précédemment introduit dans le discours] allaient arriver d’un moment à l’autre) ni anaphorique (vs Il est arrivé trois étudiants . intransitifs : d. C. *Un enfant était intelligent dans la cour). Un enfant était en train de jouer dans la cour. Mécanisme fonctionnel allégué : dé-topicalisation du sujet. Les étudiants [sujet référentiel.  Cf. « À partir des mêmes relations prototypiques [définies pour l’appréhension des phrases catégoriques à verbe actif transitif : agent-action verbale. présenter un nouvel état de chose (il court de drôles de bruits.1. c. inergatifs : #__ inaccusatifs : Il est arrivé trois nouveaux étudiants. Types de verbes : a. ça doit jouer dans la cour. caractère focal (rhématique) de toutes les expressions argumentales de la phrase. et la lecture générique est un cas d’interprétation catégorique (à sujet thématique) vs thétique. à sujet thématique qui réfère de façon indépendante). Paris : L’Harmatan. noter :    le sujet indéfini (Les enfants étaient en train de jouer dans la cour est une phrase catégorique. 2. d’habitude) : Des (= « certains des ») enfants étaient en train de jouer.

inergatifs : Il a été dansé toute la nuit. 174 175 Hanse 1991 : 501. Trois nouveaux étudiants sont arrivés chez les Dupont.2. il faudrait Paul Dupont/ le professeur/ du temps/ (un dictionnaire). de toute évidence non accusatif (pronominalisation par le/ la/ les exclue): Il t’est arrivé un malheur. dépourvu de valeur référentielle (pronom explétif) + verbe (accordé avec il) + SN argumental (« associé de l’explétif » : sujet logique) Sujet (argumental – à rôle thématique non agentif. Construction sans associé de l’explétif. accord 3sg masc. 3. : événement dénoté) + GN (généralement indéfini175) à valeur référentielle (associé de l’explétif : interprétation argumentale : entité qui subit (patient). ( ? De drôles de bruits courent). Rassurez-vous : il ne leur a pas été dévoilé le montant exact de votre dette (il n’y a qu’un seul montant qui soit ‘exact’).5. c. si verbe intransitif. ou non finie : il vaudrait mieux finir ses devoirs avant l’examen) Il y a.) + être (auxiliaire de voix : traits TAM qui donnent l’ancrage temporel de la proposition) + verbe au participe passé accordé avec il en genre et en nombre : m. 1. 54 ./ On a dansé toute la nuit. intransitifs : e. il faut. Types de verbes : b. sg. Il court de drôles de bruits (en ville). II. Quand le sujet réel du passif impersonnel est un objet unique en son genre (dans une situation donnée). *Il te l’est arrivé. (Muller 2005 : 80) Ce syntagme nominal ne commandant pas l’accord des formes verbales non plus. di-transitifs : Il nous a été dit beaucoup de choses désagréables. partitif (et non seulement : indéfini ou négatif): Il y avait là Marie Dupont/ le pavillon de chasse/ du verglas/ (quelques arbres). l’hypothèse du Cas Nominatif (assigné par T) est elle aussi problématique. un GN défini reste possible : Personne ne sort ! Il a été volé le portefeuille de Marie (Marie n’ayant eu qu’un seul portefeuille sur elle). Il manque l’essentiel/ la clé174. puisque.IL impersonnel fonction sujet (Cas Nominatif. si verbe transitif) en position postverbale. transitifs directs : Il a été promulgué deux nouvelles lois/ On a promulgué deux nouvelles lois. Construction : Il impersonnel (explétif impur : Nominatif. statut fonctionnel informationnel/ discursif : rhématique). Il sera remédié à cet incident dans les meilleurs délais [circonstanciel nécessaire à la complétude pragmatique de l’énoncé176]/ On remédiera à cet incident dans les meilleurs délais. Corrélations systématiques forme personnelle/ forme impersonnelle : conditionnées à certains facteurs sémantico-pragmatiques. agentif. il reste + Nom propre ou SN défini. Il n’est entré aucun étudiant dans l’amphi jusqu’à présent). Pour résoudre cette difficulté. rhématique. mais comportement morpho-syntaxique modifié. accord du verbe)./ On nous a dit beaucoup de choses désagréables transitifs indirects : Il sera obéi à mes ordres/ On obéira à mes ordres. De drôles de bruits courent en ville. 176 Exemple et commentaire emprunté à Muller 2005 – « peut-être pour des raisons pragmatiques de localisation de l’action verbale » (Muller 2005 : 80). Sujet nominal : le plus souvent indéfini ou négatif (Il y a des livres sur la table. Complément d’agent rarissime : Il a été décidé des choses très importantes par le Conseil de l’Université (Muller 2005 : 80). il manque. Un malheur est arrivé chez les Dupont. d. Il est arrivé un malheur/ trois étudiants. Construction sans associé de l’explétif. Position de complément direct. Sujet clausal : proposition subordonnée (finie : il vaut mieux que tu finisses tes devoirs avant l’examen. Passif impersonnel I.

Elle est venue de Londres. 55 .2. etc ) ou d’état (Je suis devenue prof de français). 177 . inaccusatifs177 : ___. Verbes qui expriment le changement de place (Je suis allée à la fac.

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