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Salomon ben Yehudah ibn Gabirol (1021?-1070?).

La Création, poème traduit en vers français de l'hébreu du rabbin Salomon, fils de Gabirol, suivi d'un Hymne à l'Éternel, traduit
du même auteur, par J.-C. Moline. 1809.

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LA
CRÉATION.
De l'Itaprimerie de P. N. ROUGERON, rue de l'Hirondelle,
t ; _i i. * Hôtel Salamandre*, .3Ti°22. l :
LA CRÉATION,

POËME,

Traduit en vers Français de l'Hébreu du


Rabbin SALGMON , fils de Gabirol,

SUIVI

D'un Hymne-, à l'Eternel, traduit du même


Auteur ;

PAR J. C MOLINE.

.PRIX : 3 francs.

A PARIS,
Chez LÉOPOLD COL LIN, Libraire, Rue
Gît-le-Coeur;JNr. 04.

1809.
'
'NOTA.' Le Traducteur à changé le titre

de ce Po'ëmé intitulé : QUÊTER MALCHOUT

OU Couronné du Royaume , en celui de


LA CRÉATION, comme plus conforme au

sujet, et pour l'intelligence des Lecteurs.


AVANT-PROPOS.

XJ% tousles peuples lé plus persécuté et le

plus sas^j^j ce fut le peuple Jui£ C'est cette


même persécution qui lui donna tant d?e-
elat, et ces mêmes lumières qui causent m\*

jôurd'hui son obscurité. Tout homme judi-


cieux en découvrira facilement la raison ; et
sans ces deux motifs, peut-être oublîeroit-^oii
aujourd'hui l'origine de ce peuple quia tenu
les premières annales du monde. La persécu-
tion rend éclatant ce qui est obs-
quelquefois
cur ; elle sert à perpétuer la haine et la pitié ;

îàhainepour l'objet dont les ver tus blessent,


et la pitié pour l'objet malheureux. Il-ne.
faut donc pas s'étonner que les Juifs aient
puisé dans leur persécution ce zèle ardent

pour leur foi, cette doctrine , dont la vérité


leur attira tant d'ennemis , beaucoup d'ap-
probateurs, peu de prosélytes, mais aussi qui

augmenta leur gloire. Venons au second

point. J'ai dit que leurs lumières sont la cause


de leur obscurité ; en voici la raison : comme
i
ils furent le premier peuple de l'univers, ils
donnèrent nécessairementies premières idées
dès sciences.'" Leurs successeurs étrangers en

profitèrent et en agrandirent tellentënt le do-

nlàihê, que la. source en fut presqu'oiïbliée.


Côtoyez pendant quelque temps le lit d'un
fleuve naissant ; le lit dé ce fleuve vous.paroît
plus large à mesuré que vous avancez : bien-
tôt; perdant dé vue le point dont il est parti.
Vous le voyez confondre ses eaux avec cel-
les des immenses mers, et tout entier à ce

spectacle , vous oubliez que , sans la source


qlié Vous avez vue, ce fleuven'existeroit point
sur là terre. lien est ainsi des Juifs et des peu-
vécurent "eux. A
ples qui après
Tout lé mondé connôît les Pseaumes de
David, lés Lamentations de Jérémiè, les ou->.

vràges de Job , de Salonion, du sublime


Isaïé et dëtant d'autres rabbins ou prophètes

qui tiennent un rang honorable après eux.


Quand même les Juifs n'aurôient eu d'écri-
vain que David, David eût suffi pour les illus-
trer. J. B. Rousseau avoue lui-même dans
la Préface dèses oeuvres que c'est -depuis qu'il
travailloit à là traduction des Pseaumes qu'il
(3)
a connu ce qu'on appelle enthousiasme. «Oit
« peut-on trouver ailleurs que dansles Pseaû-
» mes, s'écrie-t-il,rien de plus divin et où*l?iss*
» pirationse fasse mieux sentir, rien, dis-je^
» de à remuer l'esprit etaen même
;pluspropre
» temps à enlever le coeur ».SiRousseàti,quï
ne savait point
l'hébreu, nous émeut tant a la
traduction qu^s en a faite d'après le latin ,

quelle impression ne ;doit pas faire sur nous

l'original, si nous pouvons y lire ! David*


s'abandonne augéniei qui l'entraîne
,ç sans;
toutefois s'écarter de là sagesse. Salomon est
l'élégance .et la sagesse toute entière. IL est'
tour autour philosophé etipoète. Jamais il ne

s'éloigne de la route qu'il s'est tracée pour


arriver au coeur. Isaïe, par ses clans impé-
tueux et sublimes, entraîne avec lui l'image
nation et nous fait partager son délire* Tan-
tôt, comme Pindare, il s'élève ou il s'abaisse ^
mais sans perdre son ascendant, ni quitter le
ton prophétique. Si le siècle où vécut Isaïô
eût été organisé comme "'lé nôtre, Isaïe eût
fait un excellent poète tragique;jPersonue ne
peint mieux que lui les fortes passions et ne
sait mieux Partie remuer Içs coeurs. Jobiou-
£4)

souffrant nous fait partager ses souf-;


jours
francësr, Jérémie nousattendrit au récit de
$m>.Lamentations:, dontoh à; fait! lé mot fran*

çai$ Jérémiades y appliqué à ceux \ dont la


douleur est comique, ou aux auteurs quil en*
fient ridiculement leurs expressions dans, des

giijéfs, tristes. .. : .. .':


. 'Parmi lés poètes distingues dont peuvent
s%<Dfnorer:les Juifs., le rabbin Salomon, fils
dé jQràbirol y. est un.de; ceux qui m archent le

plus près des grands modèles. Il réunit lasa-

gesse à l'élégance y l'élégance a la grandeur


des idéesiy la grandeur des idées à la poésie,
et; lia poésie à ja plus brillante imagination.
Saisi dé la même admirationque Rousseau
traduisant |es Pseaumes, je. me suis proposé
déimettre en vers français: l'ouvrage Jdti '•jPâ-b-
fein Salomon mtitxAfyQueter Malchout, 01*
(couronne du Royaume, parce que tionseu-i
îénaenton y, trouve des connoissances pro-
fondes ,anais encore dés remarques curieuses
à recueillir ; Toici
l'aperçu qu'en a fait Ten-
ture son traducteur; : «Ce Quêter Malehout
»;: est composé dans un stylé poétique très-
a élégant, et quoique son système; d'astro-
(5)

;?•• nomieneis'accorde poiatavec le-moderûe^


?> et que la grandeur et le cours des planètes
» diffèrentbeauepup de ce gue l'on croit au-
», jôurid'hui, il ne s'éloigne point du but de
» l'auteur,
parce qu'ont né* laissé point -d'y
» reeônnoîcce la mâgnifîceriCe-et la; puissance
» de son créateur, encore qu'il fût tel qu'à
'»" le représente, son intention ayant été-de
.»" fairecpnnoître lés oeuvré» de son créa?»
» teur et non un systêmed'astronomie. Il y
» démontre la grahdeurdeDieu et -sa toute**
», puissance dans la création de l'univers, de*
» puis son commencement jusqu'à la chute
» de l'homme;Il y fait apercevoir Fexcellen-
» eey la spiritualité etlà pureté de notre ame^
» en la mettant au rang-déa intelligences ce-:
» lestes ; il y observe la matérialité de notre
» corps, ses foiblesses, sa fin et sa corrup-
» ~tiont Ilr l'exhorte au repentir, etil finit son
» poëmefen se repentant lui-même dé ses
»: fautes', et en faisant l'aveu dé son néant».>
Quelles que soient les fautes qu'on remar-
que dans la traduction dé Venture, il n'en est

pas moins un homme recommandable ; on


ne sauroittrople louer s.nr-tout d'avoir entre->
j...
pris" rai^t|^uc|iôri aussi pénible que celle
dés Prières" de'MÉfefôe^ mais elle ne peut
être: entendue dé tous les ïèetéàîs etrànr

gérs, puisque Venture né; paroît tfayàiHë^


que pour lèsi-J'uif$: (ï). C'est pourquoi^pen-
sant que ; je hé fèrois point mal de donner
ùné idée d'un poëme que beaucoup de monde

ignore.,'et dés traits remarquables qui lé


distinguéntyj'ài entrepris une traduction li^
bre de cet ouvrage- :"je dis traduction libre, car
mon but n'a pas été de traduire littéralement^
mais d'assortir l'épopée hébraïque a l'épo-

pée française! J'avouëràïmêmè que latradû(>


tron'de denture, qui passe pour une des meil-
leures et des plus fidèles, m'a été d?ùn grand
secours. J*ài>aùssi une'obligation infinie aux

respectables et savàns rabbins y Gologna et


- ' '': '';'' '' "'' ''"'' • '''
Spire.
Ce poème réunit dans l'original la pro-
fondeur des pensées h là beauté dé la poésie :

cependant son système sd'astronomie s'élpi-

(i) C'est ainsi qu'il intituleson Livre : Prières des jours


dë'B.&s'-Haschàna' et du jour de ~Kippour , à l'usage des
Juifs portugais ou'espagnbls. J •
c;'7 )';. .
;
gnè tellement ç]û. nôtre,; quoique l'époque
.'delà, mort dé son auteurne soit point si recu-
lée, (i) qu'on nesauroit trop en donner la
raison. Je me bornerai à dire que Salomon
'
fait ; le soleil cent ;soixante et » dix ;fois plus

grand, que'la terré, tandis qu'à présent son


diamètre est évalué à 319397lieues, à'ràison
de 22.83 toises là liéuè. Par conséquent
la masse solaire est quatorze cent mille fois

plus grosse que celle dé la terre


(2)'.L'énorme
différence qui se-trouve entre ces:deux cal-
culs peut venir des lunettes ""d'approche qui
n'étoient pas alors dans leur entier perfec-
tionnement, ou peut-être le rabbin Salomon,
assez instruit pour recpnn0.ître ses erreurs,
les sacrifioit volontiers à son respect pour
un système sacré et immémorial qu'il ne
vouloit point changer, puisque son intention
n'étoit que de faire un poëme. Cependant aux

(1) Ilvivoit l'an 483o delà création du monde, qui cor-


respond à 1070 de l'ère-chrétienne.
(a.)Théorie ou Système du Monde, de la Sphère et du
Globe terrestre, par Pierre*T01ivier , professeur recom-
mgndable par ses connoissanses. Cette Théorie pgu,t servir
d'introduction à l'étude de la géographie.
endroits de ma traduction oij il est parlé dési

planètes, j'ai placé des notés instructives su?


ces mêmes astres , considérés maintenant sous
un autre point de vue, en faisant coopooître
les }ieues et les degrés qui les rendent diffé-
rens de ce qu'ils étoient jadis. J'ai ajouté k
la fin du poëmeune hymne du même auteur.-
Salomon se montre à la fois dans ses ouvrages

poète sublime et philosophe austère. Parle-t-il


des anges? les couleurs les plus vives et les plus
brillantes ne saurôiënt rendre l'éclat de ses pin-»
ceaux. Parle-t-il de la mort? Young n'a point
de couleurs plus noires : mais Young afflige
fortement Famé sans la consoler -, et le fils de
Gabirol là'Console, tout en la désespérant.
LACRlATICM

OÙBÏJMÉ Créateur"d'une oeuvré magnifique,


D'un mortel qui t'adore accepte le Cantique.
Environné d'éclat, de gloire et de grandeurs,
Dispensant à ton gré les biens et les honneurs ;
Plus grand'que tous les rois ornés d'une couronne,
Tu tiens entre tes mains leur puissance et leur trône,
Et les êtres formés de la terre, du ciel,
Attendent leur néant : Dieu seul est immortel.
Du voile qui le couvre, ô mortel téméraire,
En vain tu veux percer la nuit et lé mystère :*

Qui pourrait pénétrer'l'esprit intelligent,


Ce nom impénétrable où se perd le savant,
"
Cette forceinconnue , et la cause première

Qui sert de fondement à;là nature entière ?


A sa voix l'univers a roulé sans appuis.:
Les secrets éternels de ses mains sont sortis.
Ce Dieu fait éprouver ses bienfaits , sa clémence,,''
A l'humble adorateur de sa toute-puissance.
Ce trône radieux qui n'a point de hauteur ,
Qu'aux cieux lès plus cachés plaça le Créateur ;
( •**)

Son immo£talité,,.çe£4Q^ -.>


1 l-
DontjouÙll&jjfoiteJl, câ^àtag^^niystèr-es
Que nous dérobe-un voile impénétrable , obscur,
Aux yeux les pluspereâhs, à l'esprit le plus pur ,
Grand Dieu,,telss£nt.tesii^
Dont ta main partag,ealesliniil.es profondes^.;,
L'un pour les çhâtHnens réservés, aux forfaits,,,..-.
L'autre pourles vertus.qu'appellent.tes bienfaits^. ,
Ce prix de l'anie, juste ,,et. destiné; pour elle,,, ...
Doit un jour couronner rhomme a ta loi.fîdelle..
De tout nombre possible un estle fondement;
L'Etre ;Etjer,nel e&t:un , m,aisss,aB$ commençernentr.
Sa secrète unilé, que rien ne diminue,» ...
Sans jamais augmenter,* est tpujpurs continue,:,
Loin de prendre à pos yeux, Informe de calcul.,. .....
Il est un,près jde.lui'toutchiffre djevieijt nul: , .
Rien n'en ppurroit fixer l'idéepou la,limite..
Homme, retiens ta laiigue,.e,t! règle .ta conduite? .-.•
Adresse ta louange au Dieu * dont l'unité
N'est pas-unjnotobscur en sa bornearEêlési. .
Mais un esprit réel d'éternelle durée.,, . ;
Un point dont i'ex.cejl;én.ce, est,pai>tÀut.çonsacrée.
L'Eternel est vivant j ep, vain nies foi.bles yeux !
Qnt s'ftr son existence interrogé !çs;,cie.ux j
'
En vap^e 'quîestionsnHa' tangue enUbar'Vffiâséë ' ' -

N'exhala que;des;nïOi&suiPmaîlèvireprè'sfsée\"( '

Il existe en lui seul,, eti'célunïqueiDÎBii''


- i ')
Invisible , pat*toù*., àîinS'être en aucunslieu,
Plus ancien qae ïertemps,» plus«neren>q«e'leimond«>'
Cache sonékrstenceià '«'!' "-'.>
jamais si profonde.
Il existe ,ietson "temps-n'?est fi*é:, ni connu ;
Ce n'est point uniesprU duiis-an «Oî^ps î»ëtenu j
Son toutrn?éstîqufesplë'iide"ur;n'eStqu'immoptelles -flammés,
Et son anie aâoEablé>e&tU'àfS©urcefdes'8Tnes. ' r '
~ r
Ilvitsansrèss'enïbler:aii;préiri8saKlèibBnTa.in
Que les yers mangeront,; dent un souffle;est ia tfin.

Heureux/qui .peut Jatteindée àiSes divins>mystères 1

QuiUanrd'tni^olialiieriesfd'eTHéurés-vnjlgaires., '•
Des déHe«Sfdu^ciekgoûtant^Je»prix vanté, =- -;,;-

Ses beaux jours s%tendronr-eomme l'éternité.


Il est grand ; d&va"nt!lui'les'igKindëurs!disparGissent :; ; ï

I^srcélestesîesprits/lesGÎenximêmeisîabaissent. v >: .
• ;.n :
L'objet^e:plusipa.rfait;ddvi?entdéfetttoeu*. ;
Pour un être<siîba«tcomm'etit3forMîeïude«;voenx; •--:t ' '
C'est à lui qu'appa?tiénl'cett"efô~fJce'4e:rrïble y 'r::-:'~"""•' ^
mvûacifefe; <' : '' ^
Inébranlâble^u'*empsî|et( toujours
Ces superbespakis>, ces teayaâx^enôï'mîàïiss --irscZ

Peuvent41s(appT©cher-^
f/ifc")

Du Seignejn? qùtpàrdonne su- temps- dé ^côltÉ^? ;;


'
Qui jamais aù-pécheur ne;seimt)ntreïsévèi'éV f, r
Dont la miséricorde et les bienfaits divers;; -Ï ) v
Pour chaque créature emplissentïl'univèrsvt - -

Çest le/raybnidiviri, c'est la vive lumière r ;ïi"> ?

Que verraThomme pur,' terminant sa'Carrière y


Quand loin -de; ses regards, hontetfsement.càchés, '•
Sous leur puage obscur gémiront les péchés: ?'>

Cîestile flambeau céleste éclaira*nt''l'autremondè,


Que dérobe àmossyeux lanuiftlà-plus ?
profonde^
Et mon esprit ardent à cheroher"sa clarté , .

DéÇudesônïèspoir ,troisfois s'esUarrété.: ; JW ^


Dieu'des Dieux , prosternant devant toi leur •
visage
Tu voisJes natipns*t'adKesser.'leurshomiin:age ; :i
Mais si des insensés à d'ànJres Dieux quevtoi - V"; '*.,
Elevant des autels ^engagèrent leur fbiy! ^-t ! fc y ;.-<
Ilspensoifin^dorer^autèwr^ 'v
Si leurcoeur.-s'cst trompéjleurame est toujoUEspure.-
Gomme l'aveugle errant ,/sublé:b6rd>d'un fossé ; J;>.'v
Ou dansiunpuitsprotedïen^lsàmarcheipoussé y
Pense suivre- toûjonrsune a?Qute connuej
Ainsi dans^fedésirsseCEoy^ntparvenue^?^ /'^V -;
Sur un dessein détrûit-bâtissânt undessein^ft*fs •:>,>.'.

L'ame hiteainé s'égare et séfafigueiénvsain.', 'ï'''•


(If)
Maisles^fils-4'Israël marchent: à/taluniière:,
'
Ne s'écartaht jamaisrdela-droiteîcarrièré, . /
Et du palais du roi^gagnantlesaint parvis ,
Ils entrent à nos yeux éperdus et'Tavis. ' :

Dieu règne.A-seseôlês préside la puissance ;


Son nom-est: dés humains la force et l'espérance.'
Unité , déité,' divine éternité,
Composent du Seigneur l'auguste vérité.
Ces noms peuvent changer : il est toujours le même :
C'est à lui qu'appartient lascience suprême ;
* Cettesource de vie émane de son-sein ,
Et le plus éclairé;près dïellel'est en vain. :

Depuis l'éternité, sur son trône nourrie,


De lui seul elle tient sa lumière chérie. r

Et de sa volonté le signe ordonnateur


Fit jaillir du néant le germe créateur ,
Comme sans nuls ressorts des .y eux , miroirs de l'ame,
'Jaillissent les rayons d'une subtile flamme.
A sa puissante voix le cahos s'entrouvrit,
Et l'univers naissant alors se découvrit.

;Dessphères rassemblante cohorte enflammée,


Dans l«scieux mesurés il plaça leur armée;; .
Dé la création il touche le rideau ;
Il l'agite, que vois-je ! ô prodige nouveau !
Ses deux bords "opposés., ;du doigt;suXvfint la 'tracé,

Se.ra,pprpch.e^,^B»r.j^c^mer-uÉM;,S'tn'facéi
Qui pourront annoncer tfoninom et'ta'grandeur !
Du globe divisé.tu (fixas la lhauteur ;
Et la tecre etlesmerSi,fsépkrant;leurs4imiteST
Se tinrentranssitôt dans des bornes prescrites':
L'air entoura les eaux et JeséjourTnotftel ,;
De lui-même lesfeuyseiplaça prèsrda ciel ;
Et ces quatirfe'élémensvsartis de 'la ïrfatièrev
N'ont toujours •re^reduHqu^ùnesonrce^emièré.
Ton '*
bras, preniierprincipe ;-auteur 'dumauvemetit,
Sur la sphère.dusfeu plaiga>lèflrmament.r(i) ,
C'est là que dans sa marche;avançant d'beure'ehrheurel,
' •
La Lune , astre des nuits , a-fixé sa demeuré;* .' -
;
Et parcourant le&cieuxvaprès vingt et neuf ijours, (2)
Rentre dans sa.li/ait'e.,et;'tepmi»e'sbn cours.
1,_ 1, 1 ' .-„.-.. 1 - i. 11 - 1H1 --.'
'(i)Salomon, fils'âef Gâliîrol,"admet dix deux. PraldmeV, dans
son système, en admetfdixs aussi; a; 0celui delà •L«rie.:,a.0'de'^?.-
nus ; 3.° du Soleil.; 4.° de Mars ; 5.» de Jupiter | 6.° de.la Terre ;
7. 0 de Saturne'; 8C°du Tirmament; 9.° et 10.° du premier et'seconâ
Cristallin , ainsi ndfiïmés/Jpâî'ée; cfufan cr'dybit-âl^^l'a'rnatièrie
des deux claire et-transparenle comme du .cristal. Onipourroit
dire onze, puisqu'il en admet encore un , comme le s^ége de la
divine intelligencé.'PMôni'éePhft^
lomée Soter, ljin d.es.gçnéi?a;uixd'Alèxandçe.y éomposa^ua^ysiêm'e
sur la Théorie-des étoiles. .
(g) La Lune fait son coursren aç^joùrs ila n. 44 m- 2 s>
Elle estsi^pljeenseççetïetprofond^ea mystèj'c•;.•
Trente neuf fois SQn:Corps(i)estn^ps;g-Fapd qwelaterfe^
Son orbe chaque; moisdég?it les biens divers- ':'•
'
El les calamités qui tpottblenï runivers: ,
Aux fils de l'hOmme^eafincetasiliré fait coinpoitre.
'
Le pouvoir d« sonDiew;, de sans mi-, d© son maitrei
Des fêles, des.saisons; j «lie;règle le temps,
Et calcule les jours» dansfe le cercle des. ans :
Dominant dans les airs, la nuit silencieuse , ; -'>' i *
Elle fuit au lever de l'aube malineuse.
Dans les noeuds du dragon la quatorzième nuit
Rencontrant sur ses. pas le Soleil qu'elle suit ,
Eller.mêmeelleypitsa.planète éclipsées .:"-.;

Ce prodige étpnpant révèle à la pensée,

Que malgré- leur- pouvoir, les-déités''"dû


ciét
Ont un roi comme nous , un juge , L'ÉTERNEL:

Que. ce. juge à son gré les abat, lés élève; *'• '

De sa chute bientôt cet astre se relève j


Et sur la fin du, mois, arrivé près des. noeuds,

Traçant dans l'écliptique un cercle lumineux ,


Rencontré le Soleil volant en sa carrière,
Et l'éclipsé à son tour de toute sa lumière.
- - - y. • •"- ...... i .—, . )—^- r.

(i)ita Luna est te, ^ç-de'la .Terre;.


- La
puissa^cé*ën^fietï le droit-d&*&yaiirêéy iu> " '-'•'" ;''-'

;! > ^
3^^pa-Hâ'e#t&^
Mais au-seut-Roi'des!rbis?&%DieWmàît^édn^nonde,

Qui peut de leUÊclafté^fàire ûà&pùit^ro^Mér


Mais voûsèpiadusSole^ adorez la -splendeur-,' ;•

MortelSf,iOuycréz vos^ëux-^ abjurez vptre erreur ,*


Et sachez queceiDteu^dopt la*séule-periséè'
Peut ravir au SoleiMsàdumièré '• '
effacée','
Enlever le ppu?^rv^.3^dfe':tonra-.toù-r:,:r''.'
Mérite deshumMpsîet'Iécullèct-Èamourl- -J":,>
*;
Qui pourjcaidu'Seignéurjpénétrer'lemyst-èré!
- >
Ausecpn4îfirnfâme,pt'ilaniniè%uie:sphère V
Mercure(i) qui^suivantid'irrévoëablés'lbisi
Au point qu'il a. décrit reparbît en dixittipiiïi: v

( i ) Le seffer 7iïscfiira^composé' par le^atriarche Abraham ,,


renferme là' description* des "sé'pt planètes et de tous les éle'mens ;
ce qui nous prouyeïquè; lesfG^
de Mercure, Mars, Jupiter, Saturne, etc. ,avec'les dénominations;
qu'on 'attribue à chacune de ces Divinités,'pùisqu'Abraham en
parlé le préAiiép''Y';éttquHlv^i^oit,'aT'âût-en'i;'-^Ôn: raconté ce fait
de lui. Il n'ayoit'pas ;dixtan^,^
lurel pour son âge. Ayant vu son père pros,terne--deyant plusieurs
statues , auxquelleâ-ïl- rëôd'oît "Konîmage ^ il s'étonna que plu-
sieurs Dieux régnassent ensemble sans qu#ëlle^6u'lânt lui iFairc
voir qu'il se trompoit en leur adressant des voeux, il attenditqu'il
soTfffirL'e'jëunè^^ par abattre la tête à tous ces
Dieux , et mit une hacheenitretlé'i'mâins^^^
C'est
C'est lui dont l'influence'entraine aux perfidies "
(p)i!
Aux.haines, aux procès, aux noires;calomniési, 7 ! A
Suscite la pensée et leïdbndfacquérirji -; ;':>) *,:..
Par elle le mortel; apprend à; s'enrichir $i - ? ' \ •
Et des arts, des, métiers, concevant l'ipdusti'ie ,
Par les plus doux emplois sait occuper sa*viei -
Dans un troisième ciel il a placé Vénus M
Comme un Archange brille au milieu
des élus ,
Ou telle que l'épouse, à son-époux-livrée, ir ' -

De ses plus beaux atours à ses yeux s'est parée.


Onze mois dans les cieux elle règne en son cours (2) ,
Elle tient en ses mains le bonheur de nos jours-.

laissa intact. Apostrophé pari son'père sur la cause de ce désor-


dre"": « Vo^yéz , réppnditfil-, comme le pousv'oir .de l'Eternel se
manifeste ! Il ne veut point souffrit- près de lui des Dieux déferre
et de bois , puisqu'il est le seul qui ait crée' l'univers. Si les autres
sont des Dieux véritables", ils n'ont-qu'à vëngér^cet affront >'».'
Loin'; de, .recevoir, le ptix, d'une franchise iaussi surprenante , il
éprouva tout le courroux de son père..Ce dernier alla le dénon-
cer, et Abraham , pour se mettre à couvert du ressentiment de la
'•: ""
justice /secàçha.p'eBdant'lorig-t'ëffii^s." ,:
(1) Selon-le-systême de Êppernic j Mercure-fait-son cours ~en
trois mois ou. en deux mois 27 j, a3 h. :." ,i-i ; ./ ; 1

(a ) Au rapport dès astronomes et d'après leurs observations


réitérées j Vénus fait son cours en'sëpt mois 7 j, 118 h, et selon le
de mois et demi. - iJ'
système Çopernicen sept
S.

( ï8)

La pa'iij-lès-Hs-y'i-esfthaMsI'l^ymëûiet'tallëgrèsisë'' •

Sont lessfruits que du ;ciel nous v<elfse sa tendresse ;


Elle engraissé les champs, et préside aux (moissons

Que lé flambeau du jour mûititdfe ses Fày'onà.


Adorons dû Seigneur la puissance suprême,
Quand ceigî^nt au Sofeil uà brillant diadème,
Au quatrième ''
eielqu'ilJdàigfla déCoùvrkv
Du mondé il lui fixa le globe à1parcourir. '

Ose-t-on lé nier ? lecercle 5d<e-sasphère ;

Cent soixante et dix;fois«st pkïs grand ^jue là Terre(i).


Des étoilesyâ'ù pôle-ett son cotfrà emporté ,'
Il répanden tous lieux Ja vie et là éfertë;
Lui seul dansl'uni vers fait, naître ces merveilles
Dont d'étonnans,récits ont frappé nos oreilles »•.-' .
Il donne aux souverains'lé droit de commander ,-'
Deîéur pbuvbir, s'ilvept, peut les déposséder ,
Par-tout devant son char fait marcherla victoire, ,

Dispense les lauriers,


etlesoëptre, et la gloire;
Mais'humble devant Dieu dont il connpit la voix,
à se Une fôis^ -
Chaque jour ses'piëds prosterne
; . : 1- -• -'r , r- ---I.. ., ; . ' —:—-
{ i ) D'après le rapport de plusieurs savans. observateurs, le
diamètre du Soleil est cent fois celui de la Terre ; donc, on peut
conclure que son" globe contient un million de fois'celui de, la
' '
Terré. -.,-; ,-.. -." ...-.•,./ . .,. ., .,., .•>
Le matin: se levant de l'aùbê gtriewtale,-.'.;
Il finit de remplir son immense intervalle,: .; •
Avantde s'effacer, s'inclipe à l'occident » ;

Pour renaître à nos yeux; plus fier -et,plus brillant.


Des heures décrivant llaiguille limitée ,;L
Il fait germer lesfruiis d-e la terre humectée , ,
Et sur l'ombrage frais répandant sa ehaleuç >•-'"',
Dés bienfaits d'Orion (i) nous verscla douceur.
Du nord six mois échauffant " .
pendant l'atmosphère,
Il ranime les eaux et pénètre la pierre,L :., '.;.-, ',.
Et dans Pair enflammépar sonrapide cours:,- ': !! :
Arrive jusqu'au,point Qû s'augmentent-les> jours. (2).
Mais bientôt achevant le cercle de l'année "
,
Il franchit du;midi la barrière étonnée,, ,, , •>. ,
Pendant six mois encore en parcourt les Jp*$s »

Jusqu'aux lieux oitles jpurSifonjt place aux longues nuitSi

( i ) Orion. est une des constellations méridionales,, composée


de trente-huit étoiles, selon Ptoïornée, et de soixante-deux , selon
Kepler. Elle est facile à remarquer ;- elle a trois étoiles en ligne
droite à sa ceinture.,, deux .autres grandes sur les deux épaules d'u
côté du nord , et deux autres dans ses deux pieds ( Usage des
Globes Célestes et Terrestres , par Bion, ingénieur-géographe
du roi).
,...
(2)Pole arctique, dont Igs hjahjtans. ont §ix,mois de jquji comme
ceux du pôle antarctique o|jjt six mois de nuit.
Des rayons du Seigneur sa lumière sortie'"'""
Nous frappe, et cependant n'en est qu'une partiel
Comme on voit en tout temps l'éclat du serviteur
De son maître annoncer la gloire et la grandeur.

Cependant an milieu des glbbes qu'il"éclaire V


La Lune que partage et l'ombre-et la lumière",
du Soleil d'un cours précipité^ rt
S'éloignant
-Voit par l'élbignement augmenter sa clarté ,
Jusqu'au tempsoii par luipleinemént éclairée,
Et du quinzièmér jour achevant la durée ",''
Son orbe s?ën rapproche; et son éclat perdu
Avec l'ombre et la nuft demeure confpndu-,
Enfin le m'ois expiré -,elle entré en sa limite.

Quelquefois du Soleil la rencbnte subite


Dérobe sa lûAnèreaux '
rëgaïds curieux ;
Mais son disque':, bientôt brillant et radieux,
Sort de la nuit, ainsi que l'épouse nouvelle
De son lit nuptial sort plus Fraîche et plus belle.
Dans un cinquième ciel la main du Créateur

Plaça Mars comme un roi d'imposante grandeur.


Dix-huit mois il décrit une route enflammée (i).
Tel un guerrier farouche au milieu d'une armée , '
'
>' .
:. . , "- ,
v (i) Selon le système de Ptolomée , Mars fait sa révolution en
• ;
deux ans ; selon le nouVeau, en un aii ^i jours 22 h.
'
Tel son orbe rbugeâtrë, augure des combats,
N'éclaire que les morts et les assassinats,
Décolore les fleurs , fait'sécher la verdure,
De tonnerres, ébranle la nature, ; ;
d'éclairs,
Et ministre du mal, par les plus affreux traits
la fois lé meurtre et lés forfaits. '
Encouragea
D'un ciel plus élevé parcourant l'atmosphère,
Soixante et quinze fois plus vaste que la Terre (i) ,

Jupiter en douze "ans règle son juste cours ;


Il aime les vertus, préside aux heureux jours ,
^TiDes moissons de l'année augmente l'abondance,
Fait craindre le Seigneur , précède sa clémence,

Règle les différends, prête sa force aux lois,


Et de Dieu , pour juger , semble emprunter la voix.

Qui pourrait du Seigneur pénétrer la pensée ?


Une septième sphère est dans les cieux placée ;
Saturne , qui roulant dans le cercle des mois,
De son cours en trente ans suit les exactes lois.

^Quatre-vingt-onze fois (2) plus vaste que la Terre,


Il suscite le trouble, et se plaîfca la guerre.

( 1 ) Jupiter , selon Ptolomée, emploie douze ans à faire son-


cours ; selon nous, onze ans 5i5 jours 17 h.
( 2 ) Selon Ptolomée, Saturne fait son cours en trente ans, et
selon nous, en vingt-neuf ans i55 jours 8 h. Son corps est 2>o86
fois plus gros que celui de la Terre.
' '
• , \ '
. Caa)\
r
Par l'ordre du Seigneur sa volonté, '
réglant
Il annonce le deuil et, la captivité; ;t
Et des pays détruits renversant ^espérance;,
Répand en tous les lieux sa terrible influence-.
Dans Un huitième ciel douze-signes - :
égaux
Brillent au Zodiaq-ucet règlent leurs trava^uxi;
En ce cercle brillant nos yeux voient réunies
Cet innombrable essaim- d'Etoiles infinies ,
Et dont le cours- prescrit trente-six fois mille ans
-
Agit et se,partage,en emplois différens(i)i
Leur globe sept cents fois (2) est plus grand que la/Terre. 1
L'Eternel.à chacune assigne un ministère , f
Et des signes du ciell-homme et les animaux >

Reçoivent l'influence et des biens et des maux.


Dieu, qui peut pénétrer tes démarches secrètes ?
Ta main au Zodiaque attacha les Planètes.

(1) Le mouvement propre des EUpiles fixes se.fait.d'occident en ,


orient, suivant des cercles parallèles à l'écliptique. Ce mouvement
est très-lent ; car elles sont- environ soixante-dix ans-pour faire
• un
degré, de sorte.qu'il lèur-faut près dé vingt-cinq mille ans!
pour achever leur révolution entière ( Crpzat,, Abrégé de la
Sphère). .

(2) C'est une absurdité ^ car comment le globe des Etoiles, peut-
il être sept Cents fois plus gVosque la Terre", pendant que celui
du Soleil ne l'est que cent soixante et,,dix fois, selon Salomon,
0*5).''

Là le Bélier '
placé par ton secoiifs •puissant
Voit partager sa force au Taureau - ' -
mugissant ;
Là brillent les &émeaiax,4on:tl%mitié fidèle
De deux frères unis retraceilé modèle -,
Là. s'offre le'GanGër, la Viei'gCi 1-e Lion,

Que suiventla Balance et le.noirrSeorpip1n. -J


Ici le Capricorne, et le fier ''Sagittaire,- "

à son arc une flèche légère ; -"> '•


Ajustant
Enfin au,dernier "'"'
rang paroissènt les'Vérsëaiix ,
Et les Poissons fermant et rouvrant '
les travaux.
célébrer ta puissance? ;
Qui pourroit dignement
Dans un neuvième eiël est -une sphère immense ,
Où ces globes érrans dans 4e vidé jetés
De l'aurore au couchant sont par elle empottés.
Sa têtechaque ' '
joui* versl''ocçidieiittonmée,
Te fixe ,l'élit roi', s'arrête :
prûsterpee.
Tel du vaste Océan l'imposante grandeur
Près de l'hanible ruis-seaîi dont Pçeil siiiï la'longueur ,
Telle à îiPS yeux sa gloire et sa magnificence
De tous les ammè^rtels surpasse la puissance ;
Mais devant un rayon du Dieu'qui îa'cbnduit,
Sa grandeur disparaît, et son éclat s'enfuit."
'
Au dessus entouré d'une flamme immortelle ,
Brillé un'dixième ciel', t'a demeure éternelle ;
(H)

Rien n'en trouble la paix,j et spnimmensité


Parmi sesprofondeurscacha lavérité.->;
C'est là qu'est,top palais v:ta.:main,mystérieuse
Posa sur le secret sa base mex'veilleuse,;: ; ;,.,;» .

C'est de là qu'invisible auxjprQ.fapes.humainsY


Tu dictes en tous lieux tes prdres sppverains.
Du palais que soutient une.colonne sainte-,f, J :
La Justice affermit et protège l'enceinte ;J
.Elle est en.lpi, sans cesse y doit être .toujours,
Ne vivra qu'àvecloi 3 pour toi y par ton secours.
D'un raypn de ta gloirejaussitôl animée, ..^ :>
Des Anges s'éleva la séraphique armée. .
D'une arme ils .hérissent leurs-mains '
flambpya|tte >,
Prêts d'obéir sans pesse,àte.s.,or:drës divips.-^ .v.. •; - <:
Ils partent en volant du lieu de la lumière :
Où, dans top teniplet.apgpstej,/)ù; loinide,sa barrière :,'
Et toujours agités, sans.jamais'^tre las y-; .,,<..
** D'un céleste étendar,dsuiy,ent; chacun les pas.. ;,
Invisibles, les unsn'pntde, vivant que/l'ame;
D'autres sontdes .ççlaics^.t b^^ept^erl^riflamme ;: j
Ceux-ci des généraux^ des soldats, V(jgp;urç,ux,, ;; .
Des ministres prudens et tdes\prinGes fameux.
Elevés par millions aux sublimes,denieuresT
De la nuit etdu jour leprschants ' marqpent les.heur,es,i»
' Et
(25)

Et tous , silencieux, tremblansà ton aspect/,'


Disent en s'incjipantcesïmotspleinsvdë ;
respect:
« Oui, tu nous as créés pour chanter
tesMouanges : •
» Nous sommes-tes sujets : et la bouche des anges
» De ce faitJinouï maintient la vérité,
» Nous te récpnPoissbns dé toute éternité ». ' '

De tés oeuvres,grand Dieu, qui pèrdroit la mémoire?


Au dessus tu créas le trône de ta gloire,
Fondement.de tout être, et dont l'esprit humain
Ne pourra pénétrer la naissance et la fin.
Plus haut s'élève encoreuntrône où-la puissance
Pèse le monde entier eH'homme en sa balance Y
Et quel être en idée oseroit y monter r
Sans qu'une sombre nuit né vienne Ta"rrêter ?
Au dessous est un siège bù l'ame pure et sainte
Des délices du ciel goûte le fruit sans crainte,
Et de sa pureté reçoit le prix heureux.
Le mortel accablé sous des revers affreux '
,
A l'instant qu'il n'est plus, sent sa force renaître ,
El devant le miroir s"ans trouble va paroître; :
"
C'est là qu'envisageant la face du. Seigneur,-
Il pourra-dé ses yeux soutenir la splendeur ,

Qu'au sein de-son palais, à sa divine table,


Il se régalera de son-fruit délectable. ;;--'-— *
• r.--•*>:-.,»-'->-:i
"Voilàlefr,uit?sttpi?êmëé^eîr.épbsîteeie$Y
C'est co^evefIe*làit;etde;hïieli • • > • - . : ; -^
lepaysbù
O spectacle étonnant jadnrable merveille j -;< - , Y-- â

EtdoMmillerécitsontfrappé môoeoreille:! -.; ii

Quand tu fis darts le ciel ces ?asiles secret^ >«£; -':


; ' >
Où le mortel pïettx jouit dë:tés>bienfaitsy. .

0ùle-pécheùr, dôntl'àme éstàiste etiépentanie,


A l'espoir dusalut peut;mettre son-attente ^> ;; L

Où rimpie?enfërmé;danSidesdie.uxjinfer.naMX r i'-r^'ir.
Voit des feux éternels ^renouveler sés^maux1;!. «
C'est là que-duSeigneur: réside latcolèrëY ;

Que la fluit se confond à l'horrible- lumière, .


d'affreux des fléaux ' *
Que tourbillons, y desvapeurs-,
Des trembleniens soudains, rassemblent leurs fureur» î
Et céfflijÈHX séparés,'qu'éleva tajustice,
Sont le prix des vertus et;la peine du vicei
Des rayons glorieux de ta divinité
Tu créas l'ame enfin,semblable à:ta clarté, "".'» .
Et lui spnffiap&le fende tônintelligënce, ,,.
Instruisis saraison dans ta-pure science.,.}. n >,.
Du corps tu larendis l'arbitre et l'instrument, .-,
Pour fixer de ses pas^le moindre mpuyementv; ;

Quoique dttfêulsàeré tirant


son,origine y ; >
Elle agit dansîexprpSssanjs^çanseK sa tuine ,; ^ :,*,. ,ï;
Puisque la même maipçquitousdeuxsles forma , ;.
JDe la flamme céleste aussi lés anima," >
Limitant le savoir -de I%me-intelligente ,,
Tu la fis à la fpis immortelle et savante:. .,-• *- • !

Si le péché làssbuille^ et sa vertu s'endort, -;


Son immortalité souffre :plusque sà: mort. ;
Du Sëigneurà l?écart,supportânt lacplère .-,-.•
Loin du temple «lié ira languir en sa misère -

Jusqu'au jour accompli, parsesipleuTS limité: ,'


Et qui la lavera de touteimpureté.. ••
Mais celle qui toujours.et.charitable eti-pure- -
Eut pour loi la vertu , pour livre -la nature, ^ •

Qui servit le Seigneur ; honora ses autels ,


Jouira près de lui du rang des; immortels.
Tu joignis l'âme au corps:pour lui .servir de guide ,
Il apprit d'elle à fuir toute clarté perfide %
Et par elle commande à tous les animaux;-
Hélas ! il est comme eux4fésclave de ses maux !

Quels lieux il choisiroit pour te cacher ;un crime ?


Tu le verrois toujours y même an fondide l'abîme. 1
Son mouvement Je doit ses'ressbrts'précïeux'.. '
Pour voir l'àst-re;du jour~tû- lui donnas des yeux? '
Ta main ouvrit sa' bouehe;ainsi'qpeses.breilles ^
Pour entendre àJafois et; chantéetes merveilles.' ; ;
-(28)

ou? "
L'imagination^ou devine* conçbït
Les discours que sa langue et rapporte et reçoit ;
C'est ainsi qu'aujourd'hui la mienne suppliarite
Décrit un abrégé dé ta gloire éclatante,-
Dont la brapche s'étend etr rameaux si divers',

Qu'un seul pourr oit donner la vie à: l'univers.


Créateur des humains ysouffre que je*rappelle
Aux enfans d'Israël ta louange fidèle.
Peut-être vaisrje voir àeette vérité
L'incrédule abjurer son incrédulité j
Peut-être recevant ma très-humble prière v
Tu vas de mes erreurs détourner ta colère. '
La louange suffit pour appaiser un roi,.'"•.:
Et c'est par. elle enfin que je-m'adresse à toi.
Mais hélas Ma rougeur afcouvert mon visage ,
Je n'ose à tesçégardsmemontrer.davàntagé.
Je te vois aussi grand que je Suis abaissé^.
Aussi fort que mon'bras èst>foible et délaissé, ;

Aussi parfait-en tout que le; péché m'accable ;


Je te^cotripte<a la fois grand y fort et redoutable* :
Eh 1 que suis^jeiaprès toi; dans mon iniquité,.-.

Qu'une langue»où toujours; siégea l'impureté ,.:. ,

Qu'un orgueilleux , un;coeur tout pétri;d'arlifieè ,»

Injuste.^ criminel, habité par le vice ;;:, ::.


' ' ' '
. '(.*# ) .

Qu'une poussière, un ver sur qui l'on peut passer ,


Une ombre que.la nuit va bientôt effacer!
Voilà quelles vertus répondent pour ma vie ,
Qui par un souffle, un rien-, pourra m'être ravie.
Je sortis du néant et je dois y rentrer.
Eh quoi ! devant tes yeux j'ose encor me montrer !
A toi j'ose.m'offrir y et moname est impure ,
Semblable à cette affreuse et vile créature ,

Qui toujours dégradée et courant vers le mal,.


Vomit tous les péchés de son coeur infernal.
Grand Dieu ! rappellerai-je encore à^ma-pensée
De mes iniquités la carrière avancée !

Oui, de quelques erreurs présentons le miroir,


Ah! quand je le ferois, qu'il t'en.reste à savoir !
Si des eaux de la mer une goutte est tirée,
Cette mer en est-elle ou moindre où resserrée ?
Hélas ! que mon aveu puisse appaiser ses flots !
J'exhalai contre toi d'audacieux? propos ; .
De mon coeur perverti rejetant; les maximes ,
Malheureux, je cburois dansleçhemindes crimes-.
Mon orgueil m'éblouitet n'a rien respecté ,
Mon visàgetôûjdurs peignit la fausseté ,.- ? -
Et ma4angue égarant des amis. sur; ma.trace v
A leurs yeux fascinés colora leurdisgrâce;
(!3o>

Mais tovmepunissaàt;de.mon seùLfepehtir5,-.- r- ; :


Turetenois cebras prêt àm?anéanllr.; ». ,; -
O cruel souvenir, dontjmon améest émue ! -
Où poùrrai-je, mesoustraire à ta vue? -
grandDieu;,
Quand, enrichi par ;toiyde"biens.immérités(:i) y
Mon coeur devint ingrat dans ses. prospérités; '.'
Ce coeur te méconnut, toi qui créas ma vie y
Non par nécessité , mais par ta seule envie ,
'
Dont la miséricorde a devancé mes jours ,
Et qui de leur, durée a soutenu le cours ! .
A l'ombre de ton aile , au temps de ta colère,
Je me suis rassuré sur le sein de ma mère,
Et du joug des douleurs par. ta main racheté ,
J'ai soufferlque sur moi s'épuisât ta bonté/
De mes maux inconnus: tu guéris la blessure ,
Et de ceux à venir tu'in'épàrgnas l'injure.
Sous la dent desjions prêts à me dévorer,?
J'invoquai ton secours, tu sus m'en délivrer.
Eh ! que n'as-rtù point fait ! Tù soutins mon enfance ,--
Et plus.grand , tu m'appris à goûter ta science. -
Si mon ingratitude attira: ton courroux , --'.

Comme un père ;enfràppant tu mépageas tes coups.

(i) Immérité.— Je n'ighorepas quecePrivatif n'est pas adopté


par rÀcadémie,," et..je l'ai puisé,dans I-estimable Puvrage des
Privatifs de M. Pougens, f.° 104.
.(:W>

Lorsque;dans mon chagrin;couchérsnrla •'


poussière,
Je pleurois, ta pitié xeleva-maimisère , ••
Et m'accablant encor sous Je «poids dé tesdons -,
A mes yeux deMa;foi découvris les rayons.
Je n'ai point par-tâgé la cruelle fortune ..-..,
De ceux à qui ta voix ;fut.toujours, importune ,
Qui méprisent ton. nom ,et reniant:tes saints ,
Cachëntsousûn airpur de:prbfanes:dësseins-:
Comme un vase rempli d'une liqueurperfide,

Qui flatte l'odorat, dont le goût^est putride.


C'est ainsi qnémoncoeuriabusantdè;tesdb.ns,
S'est livré.de lui-même au joug dés^passionS,

Emporté par le cours, d'une onde impétueuse :


Il implore aujourd'hui ta bonté généreuse , :
Il l'attend, et peut-être aidé de ton secours,
Il va purifier le flambeau dë.sès jours.
Amortis le désirsôus .lequel je succombe ,- :
Ne hâte point: mes pasverslëbord de la tombe,
Avant que de mes jours réparant les erreurs
Du repentir, enfin je ne verse les pleurs.
Nu , j'essayai;mes pas à marcher sur latërre,
Nu Vs'il faut'retourner à ma place'première, •'>''

Pourquoi de mpn néant m'aurois-tu fait sortir? .


Pour pécher ! >i. quand la niort.ni'eplève au rëpentii 1!
Mon heureuse en la nuit -
ame;, plus éternelle,
Ne se ftttrpoint rendue ôngrate et criminelle :
L'onneme verrait point à ton aspect,
tremblant

T'implorer à genouxrd'adoucir mon arrêtai ;


Eh ! j'ose réclamer un jugement . .. •
propice !-;
Que suisse pour oser^occuper ;ta justice ? ;

Qu'est l'homme en ta balancé' auijour, du jugement!


Comment peser un souffle
emporté par. le vent.
Des le berceau frappé d'une; douleur aiguë y
Il respire etfait vivre un chagrin quile tue.;
C'est une herbe flétrie au cours de son destin;

Cependant je t'ai vrelui tendre encor la main.


Des cris précipités annoncent sa naissance,
Dont la nuit et le;jour:voienttroùbler;leur silence*

Aujourd'hui sur le trône et demain au tombeau y •


Fort, il ne l'est pasplus qu'au sortir dû berceau :
Une épine le blesse, une feuille l'agitey - Vi ;
Et s'il court après*l'or, l'aigle vole moins vite.
si devait le ' '
Comme letrépas respecter y
Pour appaiser sa faim rien neva lai coûter.
Rassassié de biens,temal estsonenvie-; n'•;. .
Si le chagrin l'accable y il Mt des veéux^v il P*ieJ
Mais ses Voeux exaucés , oubliant tPn appui,
Il fermé ses verro«x,et'la mort est çh«z lui.
Il
Il naît, et nejsait quel motif Y4 fait nailreY
point
fllcherche à,tout savair<ët ne peut se^çonnoître ,
|©e ses.goûts dépravés#enfant ,;4l suit.Jes loïai, ?
|Et lprsquerla'rsajsonl'éclairé defsàvoixY V ;;
^Naviguantauhasard suri des'ffier& inconnues',
| Au dessus dé sa fêtéil- voit grossir les nues. ; ..,-..'."
* Tantôt dans les déserts? sur un sable brûlant '
„« ;
| Dévoré par la soif, iLse traînë:haletant;
"'- Ou cherchant un asile en quelque» antre- sauvage,
h Marche près;déèlioras.aJtërési de carnage?.;; ,
^ « C'estfasseaîy^en'aifplûs-a»former(«prl désir••:.'.•' 1
» Jouissoîis^i'i.i-et la mort «'apprêtera le saisir; Y
ï: Dépendant du:destin,«sclaveidè la Crainte y
is L'hommep'est!jamais libre!ettvitsdans laconfcaip'te.'/
YEnsa viémn^nioment^Jest-ilpoiritagité;!-v : -H
| Quelque malheurd'arraché à;sa.tranquillité, ] ;,-;,v; s
UneflècHe le perce ou hbrpesa^arisièrev ^*-.< « > r '>
Tantôt parrpi.ses rangs-ilexpife-à la ^guerre j> -'
Ou le chagrin'-leroHge)pu lemal Je détruit. ;
Vieillard, de jèur en jour sa tête^s?affoibliti ' -:•<
--.--.
-•:/'.
% A charge à tout; le' monde, incommode 4t iui-mê nae. 4,.}
I* Chaque*moment ressemble-.-^sbn'iheure suprême;, .-
En proie aux noirs'sopcisy.et jouet des énfansy --. .:. /
1' Il se voit méconnu desës'propres parensi ;
Bientôt y lorsque lâ^ mort et ses apprêts fûnèbres; -'
Escorteront séVosau séjour des'ténèbVés 1, ''>'•' ;;

Quittant tous ces palais et cèsiaûlbrissi%eàùxv, ; • ">


Vous le verrez ,mu'etïdans
l'horreur-desïtombeaux,.
Redevenir poussière'yetftombant en ruine; in.-.r;.. Ur:.
' '
Reprendre avec le temps Sa première origine.
'
Esclave de toi-mêmë<ét dés événémens y : . ::

Mortel, reviendras^fu de tès'égaremëns: ^n ; ?<).-:


Hélas ! lési jours sont; courts'ét^ouvrageestimmeBse
Le temps court aprèss nous, il est peu;d'espérance. ; ...~

Dieu, son espoir , pardonne


rends-lui ses "erreurs Y
Ou fais qu'il quitte àû moins ce séjour; sans douleurs.
Grand Diéuy dé mes péchés le poids insupportable
Me force à t'implorër i prends pitié du" coupable;: '

De quelautrëquë toi'puis^je espérer l'appui? -/

Eh bien ! que ta: bon té; se déclare aujourd'hui::; -,-:'


Souviens-toi qxié mon^corps ; jadis vile poiissièrëj,
Tut pétri par tes mains dé limbn et déterre ; ' •"
ce accablésous le de sesmaux * » -;;
Que corps, poids
N 'a respiré toujours 1milieu des: fléaux.' -.•;^ ;-, T,
qû-âu
de nies destins tu tiendras -la'balance-, -
Lorsque
Au poids de mes forfaits appose la souffrance,-'
A mon impiété, mes regrets et mes pleurs ;. Y
Ainsi par mes vertus compense mes erreurs. . .'
Sous lepoidsde ses fersmon anie est abattue,
Elle meurt : rendons grâce;au chagrin qui la tue.
Qu'importe que je vive ici^ba s agité, ;
La mort serapour moirmon immortalité.
Dieu, détourné de moi ce courroux: si sévère,
De l'exterminateur arrête; l'a çolèrey '.\

Réponds-lui : c'est assez ; mon coeur sera, content.

Que deviendra ceponi suri la terre éclatant,

Lorsqu'au saint tribunal, j'entendrai, ma sentence?


La plupart de:mes jours, sont.passés en silence ,
Le reste suivra-t-il lei vice: ou les vertus ?" _
Je respire.;... et demain je ppurrai-n'être plus.
Grand Diep , fais que la mort ne puisse me surprendre,
Elle ne m'a laissé qu'un moment pour attendre.
Heureux ! si mes ver tus effaçant mes forfaits
Me rendoient digne un jour du;prix de tes bienfaits.
Hélas ÎJorsque des vers je serai la pâture,
PouprasTtù distinguer ta foible.créature, ::
Ouvre,à mon repentir tes.secours réunis ;
Rends mon coeur j tu,le peux ,.sensible à tes^avis ;
Instruis-le dans ta loi, loi sainte etfortunée ;
Purgé de mes péchés l'haleine empoisonnée ,
Et relevant un jou? ton temple, désolé, ,
Souviens-toi d'un sujet à tes biens appelé.
;; - ''
O mille fois beurepx lorsque dû sein ;desherbes
Je verrai s'élever ces portiques ' Y w-
snperbes,
Et les fils d'Israël, inondant-ces parvis
' ?
Quin'étoient ,èe matin, iqu'un amas de débris !
Mon Dieu', ceux dnntla bouche aspire à ta clémence,
Des vertus de leur ccear/font parler le silence : *

Hélas ! quelles vertus parlent en ma faveur !

Mespas ont évité, le sentier de l'honneur ;


Je n'ai rien écouté que ma seule pensée,
Cesse d'appesantir une main courroucée :
Conduis-moi désormais, je* te serai soumis ;
Qu'au milieu de tes saints,pn jour mes yeux ravis,
Contemplant les trésors de là vie éternelle ,
Inspirent Gésaccens à nia langue fidelle. ;
« Le courroux-du '
Seigneur s'est enfin appaisé(i),
» Le pardon l'a suivi > son bras s'est reposé.
» Grand Dieu,dé tes bienfaits remplissant ma mémoire
» Je mettrai mon bonheur à célébrer ta gloire.
» Mortels religieux * yVPûSj célestes esprits,
'v " if N
» Elevezpoûr lui seul vos copcèrts réunis.

(1) Le Rabbin Salomon ne finit point son Poème lout-à-fait


de cette^manière ; l'a mienne m'a paru' plus convenable èï plus
appropriée au sujet. .''". , ,-.-,...'• ''-•;;.-"•.;
(3r)

» Anges y bénissez-le , célébrez sa justice ',


» Que de vos chants le ciel mille fois retentisse :
» Archanges, Chérubins ; toi, vaillant Michaël ;
» Levez-vous, annoncez au peuple d'Israël
» Que son règne s'étend sur tout ce qui respire ,
» Et qu'il est ÉTERNEL ainsi que son Empire ».

FIN DE LA CRÉATION.
(18)

ÎÏYMHE'

TRADUIT DU JE ME AU TE v R#

Cet hymne se chanté ëp Hébreu le jour-des Prières


dé-iKippour;

Jr RÈS du trône éternel les Archanges placés,'


Enflammés et couverts d'une lame éclatante,
S'efforcent à l'erivi,
par leurs chants empressés ,
A bénir du Seigneur la bonté renaissante,
Et disent tous , les yeux baissés :
« C'est à lui qu'appartient et la force et la gloire;
» A ses côtés réside la victoire ».

Les célestes Hayot sous son trône sacré,


Et les Anges ardens , revêtus de lumière,
Jour et nuit, et chacun debout sur un degré,
A leur Dieu par un hymne adressent leur prière ,
S'écriant d'un coeur pénétré:
« C'est à lui , etc.

Ici de Michaël les nombreux chariots


De l'immense univers franchissent la barrière ,
(?39:0;

Et ses vaillapsspldats',^)ressés;cbmme les flots y . -•


De l'invisible voile adorent,le mystère;;. ,
Et prosternés ydiseptcesimots :.
« C'est à lui, etc. I : -

Chef de la seconde aile et des postés divins ,


Dont les guerriers de feu semblent n'être qu'une ame,
Gabriel, entouré de brillans Séraphins ,
Et comme eux habillé d'une robe de flamme,
Entonne des Cantiques saints :
« C'est à lui, etc.

Des Anges redoutés , soumis à Nuriel,


Les chants ont retenti dans la plaine sacrée ,
Tous d'un rapide vol jusqu'au plus haut du ciel
Cherchant du Créateur la place révérée,
Trois fois appellent l'Eternel :
« C'est à lui, etc.

Plus loin de Raphaël éclate la splendeur ,


Ses cris font ébranler la céleste milice \
Et des quatre côtés, au nom du Créateur,
Afin que de ce nopi tout le ciel retentisse,
Mille voix répondent en choeur ;
« C'est à lui, etc.
( 4o )

Les astres , devant toi prosternés chaque jour ,


Pour Israël mourant implorent ta clémence ;
A ce peuple chéri rends encor ton amour,
Et les siècles futurs, pleins de reconnoissancé
•Pourront répéter à leur tour :
« C'est à toi qu'appartient et la forçait:la.ffraire ;
» A tes côtés réside la victoû^^^_^^x<Y\

FIN.