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Plan

Partie I : les traits principaux de l’antichrèse

Chapitre I : la constitution de l’antichrèse

A- La définition de l’antichrèse

B- Caractéristiques de l’antichrèse :

Chapitre II : les spécificités du contrat d’antichrèse

A- Les conditions de validité :

B- L’immeuble objet de l’antichrèse :

Partie II : les effets de l’antichrèse et la position du créancier antichrèsiste dans le cas d’une

entreprise en difficulté

Chapitre I- les effets de l’antichrèse

A- Les effets de l’antichrèse sur le créancier antichrèsiste

B- Les effets sur le débiteur antichrèsiste

Chapitre II-- la position du créancier antichrèsiste dans le cas d’une entreprise en difficulté :

A- La position du créancier antichrèsiste dans une entreprise en difficulté :

B- L’arrivée du terme de l’antichrèse :


Introduction :

En effet, les droits réels ont été longtemps régis par une multitude de référentiels,

constitués par le coran sacré et les préceptes du rite « MALIKITE », la jurisprudence des

jurisconsultes, le dahir des obligations et contrats (DOC) ou encore les us et coutumes.

« Cette multitude de sources, et du fait du fort pouvoir discrétionnaire qu’elle octroyait

aux juges, aboutissait à des traitements non similaires, voire contradictoires, des cas qui se

posent à la justice », justifie-t-on auprès des concepteurs de la nouvelle loi.

A présent, la loi 39-08 portant code des droits réels qui a été publiée au Bulletin officiel

du 24 novembre 2012, constitue le référentiel unique qui est déterminé pour les biens non

immatriculés afin que les juges puissent se référer à un code unique dans leurs jugements. Mais

même pour les biens immatriculés, la nouvelle loi apporte des compléments sans toutefois

modifier les grands principes de base des textes préexistants.

La présente loi constitue ainsi, le premier apport de taille résidant dans la codification

pour la première fois des règles régissant les biens non immatriculés. Car, « s’il existait

auparavant des textes de loi régissant les droits réels sur les biens immeubles immatriculés, les

biens non immatriculés ne bénéficiaient pas d’un cadre légal ou du moins d’une législation bien

délimitée et unifiée », explique-t-on auprès des concepteurs de la nouvelle loi.

Un grave vide juridique existait surtout lorsqu’on sait qu’entre les zones dépendant
d’organismes étatiques mais ne disposant pas de titre foncier et le milieu rural où des terres ont

pour seul titre de reconnaissance un acte adoulaire, les biens non immatriculés représentent une

grande partie du sol national.

Il faut dire que celle-ci, a introduit à travers ses 334 articles une multitude de nouveautés

en matière de législation des droits détenus sur des biens immeubles, l’institution de l’antichrèse

n’était pas exclue de cette réforme.

Contrairement au Dahir de 1915 relatif à la législation applicable aux immeubles

immatriculés qui ne donnait aucune définition expresse à l’institution de l’antichrèse, la loi 39-

08l’a défini, a travers son article 145 comme étant « un droit réel portant sur un immeuble, que le

débiteur remet à son créancier antichrèsiste ou à son mandataire en guise de sûreté de sa dette, et

procure au créancier antichrèsiste la mise en possession de l’immeuble jusqu’au paiement de la

dette. »

En France, la loi du 12 mai 2009, a démystifié l’antichrèse : cette institution a pris le nom de «

gage immobilier ».

Formée du préfixe « anti » et du substantif « khresis », le terme antichrèse signifie

littéralement « usage à la place de ». Elle avait chez les grecs et les romains un rôle bien

particulier, elle constituait un moyen pour le préteur de deniers de garantir le paiement des

intérêts et de sa créance en se faisant attribuer forfaitairement les revenus de l’immeuble.

De ce fait, l’antichrèse est une sûreté anachronique, qui n’est utilisée qu’à des fins

souvent douteuses, et dont la suppression pourrait être envisagée sans inconvénient.

Il convient alors de mettre sous le feu des projecteurs, cette institution, afin de déterminer

ses spécificités, ses éléments, et ses effets, et ce en essayant de mener une étude exégétique

portant sur la comparaison entre les dispositions de l’ancienne loi à savoir le Dahir de 1915, ainsi
que les nouveautés apportées par la nouvelle loi 39-08.

Notre étude portera dans une première partie sur les traits principaux de l’antichrèse à

savoir, la constitution de l’antichrèse (I), et les spécificités du contrat d’antichrèse (II), et dans

une seconde partie sur les effets et la position du créancier antichrèsiste dans le cas de

l’entreprise en difficulté ainsi que l’acquittement intégral de la créance à savoir, la position du

créancier antichrèsiste ayant un gage immobilier dans une entreprise en difficulté(I), et l’arrivée

du terme de l’antichrèse (II).


Partie I : les traits principaux de l’antichrèse

L’antichrèse ou gage immobilier fait partie des garanties de sureté réelle dans le cadre

d’un crédit immobilier. Elle n’est pas applicable pour les prêts bancaires à faible montant comme

la réserve d’argent. Toutefois, le gage immobilier est, tout à fait, réalisable au niveau d’un

important rachat de crédit. Il ne s’adresse pas à tout le monde puisqu’il faut répondre à plusieurs

critères pour y recourir.

Le législateur marocain a entamé les règles générales du nantissement dans les

dispositions des articles 1170 jusqu’à 1184 du D.O.C, et l’a strictement réglementé dans les

dispositions des articles 145 à 164 de la loi 39-08, c’est à travers ces articles, qu’on va essayer

d’étudier la constitution du gage immobilier selon les règles générales et communes relatives aux

immeubles de façon générale (chapitre I), pour étudier par la suite les spécificités du contrat

d’antichrèse (chapitre II).

Chapitre I : la constitution de l’antichrèse

Afin de mieux comprendre l’antichrèse, il faudra d’abord commencer par définir cette

institution ainsi que préciser ses caractéristiques (A), puis déterminer ses conditions de validité

afin qu’il produise valablement es effets (B).

Section1 La définition de l’antichrèse :

En l’occurrence le législation en vigueur et contrairement aux dispositions de l’ancien

dahir du 2juin 1915 concernant les biens immatriculés ,le législateur marocain a pris le soin de

définir l’antichrèse dans l’article 145 de la loi 39-08 comme étant : « un droit réel portant sur un

immeuble, que le débiteur remet à son créancier antichrèsiste ou à son mandataire en guise de

sûreté de sa dette, et procure au créancier antichrèsiste la mise en possession de l’immeuble

jusqu’au paiement de la dette. »


La position doctrinale semble joindre la définition donnée par le législateur et définit

l’antichrèse aussi comme une sûreté réelle avec un droit de suite sur un immeuble dont le

propriétaire confère la propriété en la délivrant entre les mains du créancier ou d’un tiers sur

lesquels les deux parties se sont mises d’accord, sous la condition suspensive qui est le paiement

de la créance, à défaut, le créancier a la possibilité de vendre le bien en bénéficiant du privilège

"d’un créancier principal".

Dans une optique comparative de la législation en vigueur et la position de la doctrine,

nous allons constater que cette dernière a appuyé la force probante de l’antichrèse avec la

possibilité du transfert de la propriétéà une personne autre étant donné que cette pratique ne

contredit aucunement l’ordre public sous l’égide du principe de la liberté contractuelle qui

autorise aux contractants d’user de cette alternative.

Ces points divergents mais fortement complémentaires nous mène à extirper l’intérêt de

l’antichrèse et sa forte position autant que sûretéréelle que la doctrine a renforcé en ajoutant

qu’un gage n’est utilisé qu’à des fins douteuses.

Section 2 Caractéristiques de l’antichrèse :

L’antichrèse se distingue par certaines caractéristiques à savoir :

Droit accessoire : étant lui-même un droit réel accessoire, l’antichrèse ne peut porter que

sur un droit réel principal (propriété, usufruit, ou emphytéose…) , De ce fait, l’antichrèse suit

la créance qu’elle garantit dans sa nullité et sa validité ainsi que dans son extinction .

Droit réel : en tant que tel, l’antichrèse bénéficie de deux caractéristiques qu’on ne peut

trouver dans les droits personnels, à savoir, un droit de préférence et un droit de suite.
- Droit de préférence constitue une exception au principe d’égalité des créanciers,

dans le sens où l’antichrèse confère à son bénéficiaire le privilège d’être payé en premier par

rapport aux autres créanciers.

- Droit de suite : cette prérogative octroyée au créancier antichrèsiste lui permet

d’exercer ses droits sur l’immeuble en quelque main qu’il se trouve.

Droit de rétention : le créancier antichrèsiste est autorisé à retenir l’immeuble qui lui a été

donné en antichrèse jusqu’au parfait paiement de la créance.

-L’indivisibilité de l’antichrèse : selon l’article 106 du Dahir de 1915, et l’article 146 de

la loi 39-08, on déduit que l’immeuble en antichrèse garantit la totalité de la créance, et que

chaque part de la créance est garantie par la totalité de l’immeuble, de ce fait, l’héritier du

débiteur, qui a payé sa quote-part de la dette, ne peut demander au créancier la restitution de sa

portion dans l’immeuble, et réciproquement, l’héritier du créancier qui a reçu sa part de dette ne

peut remettre l’immeuble au préjudice de ses héritiers non payés.

Chapitre II : les spécificités du contrat d’antichrèse

D’après la définition donnée par le législateur dans l’article 145 de la loi 39-08, le contrat

d’antichrèse n’est valable qu’à la réunion de quelques conditions (A), d’autant plus que le

législateur a déterminé quelques conditions pour l’immeuble objet d’antichrèse (B).

Section1 Les conditions de validité :

Le législateur a déterminé les conditions de validité d’un contrat d’antichrèse et ce dans

l’article 149, contrairement au Dahir de 1915, qui est resté muet la dessus.

Pour sa validité, le contrat d’antichrèse doit contenir, l’identité des parties, ainsi que la

détermination de l’immeuble objet du contrat, en déterminant sa superficie, son emplacement

géographique, ainsi que le numéro de son titre foncier, et tout détail relatif à l’immeuble.
Un acte écrit

Comme tout contrat, l’antichrèse pour être valable, doit remplir sous peine de nullité

quelques conditions, celles-ci sont en général, relatives aux parties du contrat ainsi qu’à

l’immeuble objet de l’antichrèse.

En effet, et à la lecture de l’article 147 de la loi 39-08, l’on comprend que le législateur a

exigé que l’antichrèse fasse l’objet d’un acte authentique, contrairement à l’article 100 du Dahir

de 1915 qui permettait les actes sous seing privé, en effet, c’est l’une des nouveautés les plus

déterminantes du nouveau code des droits réels.

Capacité et propriété

Le constituant de l’antichrèse doit avoir :

• Capacité d’aliéner : Le constituant doit avoir la capacité d’aliéner son immeuble

Cette possibilité s’explique par le fait que l’antichrèse peut déboucher sur l’aliénation

future de l’immeuble par le biais d’une saisie immobilière. Cela découle de l’article 1171 du

dahir des obligations et des contrats « pour constituer un nantissement, il faut avoir la capacité de

disposer à titre onéreux de la chose qui en est l’objet ».

• La propriété de l’immeuble mis en antichrèse. Selon l’article 1172 du DOC «

ceux qui n’ont sur la chose qu’un droit résoluble, conditionnel, ou sujet de rescision, ne peuvent

consentir qu’un nantissement soumis a la même condition ou a la même rescision ».

Ce que l’on puisse reprocher au législateur, c’est qu’il a laissé dans l’ombre le cas

où l’une de ces conditions fait défaut, doit-on dans ce cas considérer le contrat comme étant non

valable ?
Section 2 L’immeuble objet de l’antichrèse :

Publicité (s’il s’agit d’un immeuble immatriculé)

En effet, à la lecture des dispositions de l’article 145, l’on constate que le législateur fait

référence aux règles relatives à l’inscription d’un immeuble immatriculé, et de cela, l’acte écrit

doit être inscrit sur les livres foncier, or l’inscription est nécessaire pour l’existence du droit réel

d’antichrèse entre les parties elles- mêmes et pour son opposabilité aux tiers, conformément aux

articles 65, 66 et 67 du Dahir du 9 ramadan 1331 tel qu’ils ont été modifiés et complétés par la

loi 14-07.

L’acte écrit est exigé à des fins de preuve.

Après avoir essayé de déterminer les caractéristiques de l’antichrèse, il convient de se

demandersur les effets de cette institution ainsi que l’acquittement de la créance faisant objet du

contrat d’antichrèse et l’arrivée du terme de celui-ci.

Partie II : les effets de l’antichrèse et la position du créancier antichrèsiste dans le cas d’une

entreprise en difficulté

Le législateur marocain a abordé en vertu des articles 101 à 103 et de 106 à 107 du Dahir

de 1915, les effets de l’antichrèse, et n’a consacré que l’article 104 pour le terme du contrat de

l’antichrèse.

En revanche, les dispositions de la loi 39-08 en ce sujet, ont été plus détaillées, et le

législateur a consacré le deuxième titre du deuxième chapitre aux effets de l’antichrèse à savoir
de (l’article 155 à l’article 160), comme il a consacré le troisième titre du même chapitre au

terme de l’antichrèse.

A cet effet, l’on va parler des effets de l’antichrèse (chapitre I), et de la position du

créancier antichrèsiste dans une entreprise en difficulté ainsi que l’arrivée du terme de

l’antichrèse (chapitre II).

Chapitre I- les effets de l’antichrèse :

Afin de mieux cerner les effets de l’antichrèse, il faudra qu’on détermine les effets de

celle-ci tant sur le créancier (A), que sur le débiteur antichrèsiste (B).

Section 1 Les effets de l’antichrèse sur le créancier antichrèsiste

1- Les obligations du créancier antichrèsiste

Le créancier antichrésiste est tenu, d’administrer l’immeuble en bon père de famille et y

effectuer des réparations utiles et nécessaires . A défaut, il s’expose à une déchéance de

l’antichrese. Le constituant pourrait également engager la responsabilité contractuelle du

créancier, ce dernier a l’obligation de réparer le dommage qu’il a causé à l’immeuble .

2- Les prérogatives du créancier antichresiste

Avant l’échéance de la dette :

Droit réel immobilier : le contrat d’antichrèse confère au créancier un droit immobilier

susceptible de possession. Et par conséquent, les actions possessoires sont accordées au

créancier antichrèsiste pour la défense de son droit, à condition que la possession soit paisible,

publique, continue, non interrompue, non précaire, non équivoque et ce, pendant au moins 1 an.
Toutefois, dans le cas de dépossession par voie de fait ou violence, il suffit que le

demandeur justifie qu'il avait, lors de la violence ou de la voie de fait, la possession matérielle,

actuelle paisible et publique .

Droit de percevoir les fruits. De leur imputation ou non sur la créance : l’article 101 du

Dahir de 1915 dispose que « le créancier n’acquiert par ce contrat que la faculté de percevoir les

fruits de l’immeuble, la créance ne peut produire d’intérêts, mais il peut être stipulé que tout ou

partie des fruits reviendra au créancier. Le créancier impute annuellement les fruits perçus pour

son débiteur sur le capital de sa créance ».

De même l’article 156 de la loi 39-08, le législateur a offert au créancier cette faculté de

céder au débiteur les fruits qu’il a pu percevoir, ou les garder tout en imputant les fruits perçus

sur le capital de sa créance.

A l’échéance de la dette, en cas de non paiement

Droit de rétention de l’immeuble : le Dahir de 1915n’a pas entamé explicitement ce droit,

comme il est le cas dans la loi 39-08 dans son article 155 qui confère au créancier antichrèsiste

un droit de rétention de l’immeuble jusqu’au paiement intégral de la créance.

Droit de préférence : comme on l’a signalé plus haut, le créancier antichrèsiste a un droit

de préférence, à son rang, en cas de vente judiciaire de l’immeuble, il a le droit de se faire payer

par préférence aux autres.

Droit de poursuivre la vente judiciaire de l’immeuble : selon l’article 158 de la loi 39-08,

qui semble garder les mêmes dispositions de l’article 104 du Dahir de 1915,si le créancier n’est

pas payé à l’échéance, il peut faire vendre l’immeuble par voie judiciaire dans le sens où il doit

obtenir une décision judiciaire avant de procéder à la vente puisqu’il n’a pas la propriété de
l’immeuble, et toute clause stipulant le contraire, est réputée sans effet. , ce droit a été énoncé

aussi par l’article 1170 du D.O.C.

Cette prérogative est aussi renforcée par les dispositions de l’article 469 du code de

procédure civile en prévoyant que : « Sauf en ce qui concerne les créanciers bénéficiaires d'une

sûreté réelle, la vente forcée des immeubles ne peut être poursuivie qu'en cas d'insuffisance des

biens mobiliers. »

Section 2 les effets sur le débiteur antichrèsiste :

• La propriété des fruits perçus de l’immeuble : comme on l’a signalé plus haut, les

fruits de l’immeuble reviennent au créancier s’il est stipulé ainsi, mais à défaut, les fruits

reviennent au débiteur selon l’alinéa 1de l’article 156 de la loi 39-08.

• Droit de récupérer son immeuble avant l’échéance :L’antichrèse n’est valable que

s’il est pour une durée déterminée et un terme déterminé, et de ce fait, le débiteur est dans

l’obligation de payer sa créance dans le délai précisé, toutefois le débiteur peut remplir sa

créance avant l’échéance, et dans ce cas il a droit de restituer son immeuble.

Chapitre II- la position du créancier antichrèsiste dans le cas d’une entreprise en difficulté :

En effet, il se peut que l’immeuble faisant objet de l’antichrèse, constitue un apport dans

une société, comme il est possible que cette société rencontre des difficultés nécessitant un

redressement judiciaire (A), par ailleurs, le législateur marocain n’a pas entamé l’arrivée du
terme de l’antichrèse dans le DOC et le Dahir de 1915, mais il en a parlé dans les articles 161 à

164 de la loi 39-08 (B).

Section 1 la position du créancier antichrèsiste dans une entreprise en difficulté :

Il se peut que l’immeuble faisant objet de l’antichrèse, constitue apport dans une société,

comme il est possible que cette société rencontre des difficultés nécessitant un redressement

judiciaire.

En effet, le tribunal de commerce après avoir suivi la procédure du redressement, peut

décider de la continuation ou la cession de l’activité de l’entreprise, et puis de sa liquidation

judiciaire, a travers ce long processus, le législateur marocain, a voulu par les dispositions

relatives aux entreprises en difficulté contenues dans le livre 5 du code de commerce, protéger

aussi les créanciers, et dans ce cadre, on va s’intéresser à la position du créancier antichrèsiste

dans le plan de continuation de l’entreprise.

Le législateur, a exigé des créancier dont les créances sont antérieures à la procédure du

redressement, de déclarer dans un délai de 60 jours à compter du jour de la publicité de la

décision au B.O sous peine de l’extinction de la créance , et selon l’alinéa 3 de l’article 696 du

code de commerce, les décisions d’admission sans contestation sont notifiées par lettre simple

aux créanciers, la notification précise le montant pour lequel la créance est admise, et d’autre

part, les sûretés et privilèges dont elle est assortie.

Le législateur a donné aux créanciers gagistes cette possibilité de se faire notifier

personnellement par le syndic afin qu’ils déclarent leurs créances, et puisque le créancier

antichrèsiste fait partie de cette catégorie, il se fait notifié personnellement aussi par le syndic.

La question qui se pose en ce sujet, si le créancier antichrèsiste a un droit de rétention sur

l’immeuble en sujet, jusqu’au paiement de la créance ?


En cas du non paiement de la créance durant la période d’observation, dans ce cas on ne

peut priver le créancier antichrèsiste d’exercer son droit de rétention qui lui est conféré par les

articles 626 : « Le syndic autorisé par le juge-commissaire peut, en payant la dette, retirer les

biens constitués en gage par le débiteur ou les choses retenues. » et 657 : « Le juge-commissaire

peut autoriser le syndic à payer des créances antérieures au jugement, pour retirer le gage ou une

chose légitimement retenue, lorsque ce retrait est nécessaire à la poursuite de l'activité de

l'entreprise. » du code de commerce. Sauf que celui-ci doit respecter les délais précisés dans le

cadre du plan de continuation pour le paiement, autrement dit, la créance est toujours valable

jusqu’au paiement.

En cas de pluralité de créanciers hypothécaires, dont la créance est antérieure à

l’ouverture de la procédure, le créancier antichrèsiste passe en préférence à ceux-ci, à contrario,

si les créances sont postérieures à l’ouverture de la procédure, le créancier antichrèsiste perd son

droit de préférence selon l’article 575 du code de commerce : « Les créances nées régulièrement

après le jugement d'ouverture du redressement sont payées par priorité à toutes autres créances

assorties ou non de privilèges ou de sûretés.»

Section 2 L’arrivée du terme de l’antichrèse :

L’extinction de L’antichrèse se réalisera généralement par voie accessoire en cas de

paiement de la créance. Elle pourra également se réaliser par voie principale .

1- Extinction par voie accessoire

Comme toute sûreté, l’antichrèse / gage immobilier, obéit a la règle de l’accessoire et

s’éteint avec le paiement de la créance qu’elle garantit .De ce fait, si le débiteur procède au
paiement de sa créance, à l’échéance, l’antichrèse s’éteint, sauf que le paiement doit porter sur

l’intégralité de la créance afin que le paiement soit parfait, l’article 161 de la loi 39-08 le dispose

explicitement.

2- Extinction par voie principale

Mais à la lecture de l’article 162 de la loi 39-08, l’on comprend que l’antichrèse peut

prendre fin sans que l’obligation soit remplie, en cas de péril de l’immeuble en l’antichrèse, ou si

le créancier antichrèsiste décide rejoindre le rang des créanciers hypothécaires, et quand le

créancier est au même temps le débiteur c’est le cas lorsque par exemple, le créancier

antichrèsiste décide d’acheter l’immeuble en antichrèse.

Cet article soulève une exception au principe signalé plus haut.

CONCLUSION
L’institution de l’antichrèse ou gage immobilier, en tant qu’une sûreté réelle accessoire,

provoque un grand déséquilibre entre les parties dans la mesure ou le débiteur est dépossédé de

son bien (immeuble), pour le paiement d’un crédit, alors que le créancierantichresiste se voit le

plus gagnant et seul le bénéficiaire des prérogatives relatives a cette sureté, ce qui rend le recours

a cette institution très faible.

De même, elle apparait que ce gage avec dépossession portant sur un immeuble se

présente comme une rivale de l’hypothèque, car il assure aux créanciers par la perception des

fruits, le paiement immédiat des intérêts, et lui permet de mieux faire face aux dangers d’une

procédure collective

Ci-après, un tableau qui illustre ce déséquilibre, de plus le débiteur semble mal protéger

juridiquement parlant.

Bibliographie :

Ouvrages
- PAUL DECROUX, Droit Foncier Marocain, Edition La Porte, 2007

- YVES PICOD,Droit des sûretés, presse universitaire de France, collection Thémis,

Edition PUF, 2011

- MICHEL DAGOT, les sûretés, éd. Presses universitaires de France, 1reÉdition 1981

- PHILIPPE THERY, sûretés et publicité foncières, éd. presses universitaires de France.

- DOMINIQUE LEGEAIS, Sûretés Et Garanties Du Crédit, 8EME Édition LGDJ

Textes de loi :

-La loi 39-08 portant code des droits réels qui a été publiée au Bulletin officiel du 24

novembre2012

- Dahir du 2 juin 1915 fixant la législation applicable aux immeubles immatriculés

-Dahir N° 1-02-298 du 25 rejeb 1423 (3 octobre 2002) portant promulgation de la loi N°

18-00 relatif au statut de la copropriété des immeubles bâtis. (BO N° 5054 du 7 Novembre 2002)

- Code de procédure civile

- Code de commerce

- Dahir des obligations et des contrats

Webographie :

- http://www.henricapitant.org/sites/default/files/Rapport_marocain-4.pdf

- http://www.lavieeco.com/news/economie/enfin-une-loi-pour-proteger-les-proprietaires-

de-terrains-non-immatricules-21209.html

- http://cours.de.droit.over-blog.com/article-droit-des-suretes-les-privileges-et-les-

hypotheques-66535181.html
- http://www.marocdroit.com/%D8%A7%D9%84%D8%B1%D9%87%D9%86-

%D8%A7%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%8A%D8%A7%D8%B2%D9%8A-

%D9%81%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%B4%D8%B1%D9%8A%D8%B9-

%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%BA%D8%B1%D8%A8%D9%8A%E2%80%8E_a2454.htm

- http://hypotheque.comprendrechoisir.com/comprendre/antichrese-gage-immobilier

Les articles

.‫ع‬.‫ومايليهمنقل‬ 1170 ‫بينالفصل‬ ،‫خصائصهومسطرةإنجازهوقواعده‬ :‫الرهنالحيازيالعقاري‬،‫محمدمتوكل‬ -

2004‫الملف‬: ‫ المجلةالقانونية‬4 ‫العدد‬،‫الشريعةاإلسالمية‬

2002‫دجنبر‬،‫نونبر‬. 97‫عدد‬،‫المجلةالمغربيةللمحاكم‬،‫عقدالرهنبينالشريعةوالقانون‬،‫ادريسالنوازلي‬ -

Coran Sacré

- SOURATE ALBAQARA « LA VACHE »


Sommaire

Plan 1

Introduction : 2

Partie I : les traits principaux de l’antichrèse 4

Chapitre I : la constitution de l’antichrèse 4

A- La définition de l’antichrèse 4

B- Caractéristiques de l’antichrèse : 5

Chapitre II : les spécificités du contrat d’antichrèse 6

A- Les conditions de validité : 6

B- L’immeuble objet de l’antichrèse : 7

Partie II : les effets de l’antichrèse et la position du créancier antichrèsiste dans le cas

d’une entreprise en difficulté ainsi que l’arrivée du terme de l’antichrèse 7

Chapitre I- les effets de l’antichrèse 8

A- Les effets de l’antichrèse sur le créancier antichrèsiste 8

B- Les effets sur le débiteur antichrèsiste 9

Chapitre II-- la position du créancier antichrèsiste dans le cas d’une entreprise en difficulté :

A- La position du créancier antichrèsiste dans une entreprise en difficulté : 10

B- L’arrivée du terme de l’antichrèse : 11

Conclusion 12

Bibliographie : 13

Sommaire 15