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Université Sidi Mohammed Ben Abdellah

Faculté Des Sciences Juridiques,


Economiques Et Sociales

-FES-

Département : Droit Privé


Master : Juriste d’Affaires
Module
Droit De La Concurrence Et De La Consommation

Analyse Des Clauses


Du Contrat
De Consommation

Travail réalisé par :


Encadré par :
ELYAZID MERYAM
ER-RAFIK NAJOUA Mr. Jouidi Driss

MEHDAOUI ALAOUI ILHAM


MOATASSIM SALMA

Année Universitaire
2018 1 2019
SOMMAIRE

PARTIE 1 : Le contrat de consommation comme moyen de protection


de consommateur
Chapitre 1 : Le cadre conceptuel

Section 1 : La Clarification du contrat de consommation

Section 2 : Le contenu que porte le contrat de consommation


Chapitre 2 : Le renforcement de l’équilibre contractuel par les règles du
droit de consommation

Section 1 : L’altération du principe de l’autonomie de volonté

Section 2 : L’obligation d’information et la concrétisation d’un délai de


réflexion

PARTIE 2 : les clauses abusives et les clauses voisins


Chapitre 1 : les moyens préventifs de lutte contre les clauses abusives
Section 1 : la détection des clauses abusives et les clauses voisines
Section 2 : la diversité des clauses abusives
Chapitre 2 : les moyens d’actions contre les clauses abusives

Section 1 : le rôle de juge comme un acteur de lutte contre les clauses


abusives

Section 2 : Les associations comme acteurs de protection du


consommateur

2
INTRODUCTION

Le droit de la consommation que fondent plusieurs textes juridiques, dont certains remontent à la
période du Protectorat, et que la loi n° 31-08 consacre, du 18 février 2011, édictant des mesures de
protection du consommateur, parue dans le Bulletin Officiel de mai 2011, marque un pas important
dans la modernisation de la législation marocaine relative à la défense du consommateur ; le droit qui
régit les relations contractuelles entre professionnels de la vente et non professionnels, et simples
consommateurs, met en place toute une batterie de mesures en vue de la protection de la partie faible
qu’est le consommateur, face à un ensemble de pratiques abusives qui marque les contrats de
consommation qui sont en majeure partie des contrats d’adhésion.

La nouvelle loi marocaine s’inspire de la législation européenne en matière de protection du


consommateur et de la loi dite « Scrivener »1, introduite dans le code français de la consommation et
qui a pour but de protéger le consommateur contre les dangers de certains crédits.

En effet, la pratique contractuelle marocaine est marquée par un développement sans précédent de
contrats d’adhésion, c’est-à-dire de contrats préparés à l’avance par les professionnels et soumis à
l’adhésion des consommateurs qui n’ont aucune possibilité réelle de négociation et de discussion.
Exigence de rationalisation de la gestion des entreprises, les contrats d’adhésion présentent cependant
de nombreux dangers pour les consommateurs. Les professionnels y insèrent souvent des clauses
abusives qui perturbent l’équilibre des contrats au détriment des consommateurs. Les exemples sont
nombreux tel qu'imposer au consommateur qui n’exécute pas ses obligations une indemnité d’un
montant disproportionnellement élevé, autoriser le fournisseur à modifier unilatéralement les termes
du contrat sans raison valable et spécifiée dans le contrat et sans en informer le consommateur,
obliger le consommateur à exécuter ses obligations alors même que le fournisseur n’exécuterait pas
les siennes, et d'autres clauses …
Par conséquent, il fallait une intervention du législateur pour limiter les abus nés de telles pratiques.
C’est aujourd’hui chose faite, par la précité à savoir la loi 31.08 du 18 février 2011 édictant des
mesures de protection des consommateurs.

C’est dans cet esprit que la loi 31.08 définit tout d’abord la clause abusive comme étant toute clause
ayant pour objet ou pour effet de créer, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif
entre les droits et obligations des parties au contrat.
Elle présente ensuite une liste indicative, non exhaustive, de 17 clauses pouvant être regardées
comme abusives: de celles qui dans les contrats de vente supprimeraient ou réduiraient le droit à

1
La loi n°78-22 du 10 janvier 1978 relative à l'information et à la protection des consommateurs dans le domaine de
certaines opérations de crédit, dite loi Scrivener I du nom de la secrétaire d’État à la Consommation Christiane Scrivener,
est une loi française ayant pour objectif d'améliorer l’information préalable du consommateur et de le protéger tout au
long du remboursement de ses crédits. Elle renforce la protection de l'emprunteur mais aussi des co-emprunteurs et des
personnes s'étant portées cautions. Elle sera complétée par la loi Scrivener II.

3
réparation du consommateur en cas de manquement par le fournisseur à l’une quelconque de ses
obligations à celles qui supprimeraient ou entraveraient l’exercice d’actions en justice ou des voies de
recours par le consommateur en passant par celles qui constateraient de manière irréfragable
l’adhésion du consommateur à des clauses dont il n’a pas eu, effectivement, l’occasion de prendre
connaissance avant la conclusion du contrat. La liste est donc limitative et le juge pourra toujours
considérer une clause abusive même si elle ne figure pas parmi les 17 clauses de la liste indicative
légale.
La loi 31/08 prévoit également qu’en cas de litige concernant une clause abusive, le fournisseur doit
apporter la preuve du caractère non abusif de la clause objet du litige. Cela semble a priori favorable
au consommateur mais cela signifie aussi qu’il est toujours possible au professionnel de contester le
caractère abusif de la clause qu’elle figure ou pas sur la liste indicative.
Quant au sort des clauses abusives, l’article 19 de la loi 31.08 considère nulles et de nul effet les
clauses abusives contenues dans les contrats conclus entre fournisseurs et consommateurs.
Cependant, le contrat restera applicable dans toutes ses dispositions autres que celles jugées abusives
s’il peut subsister sans lesdites clauses. Cette possibilité est originale car traditionnellement le contrat
basé sur une volonté altérée était frappé de nullité dans sa globalité. Cette sanction classique de la
nullité de tout le contrat était inopportune ; le consommateur a besoin du contrat mais ne veut pas se
voir imposer des clauses léonines.

Théoriquement, il s'agit de relever les nouveaux apports de la nouvelle loi 31.08 du 18 février 2011,
édictant des mesures de protection du consommateur, et principalement les dispositions concernant les
clauses abusives.

Sur le plan pratique, ce sujet permet de s'arrêter sur le rôle des dispositions des articles de la loi 31.08
dans le cadre de la pratique judiciaire, des différends pouvant surgir entre les co-contractants dans le
cadre de contrat de consommation contenant des clauses abusives. Pour renforcer l'intérêt pratique
de notre sujet, nous allons présenter un jugement prononcé par le tribunal de commerce de Fès à la date
du 1er octobre 2015 qui sera en annexe, concernant une action intentée en justice par un consommateur
contre la banque avec laquelle il a conclu un contrat, devant le tribunal de commerce de Fès, et ce à cause des
manœuvres frauduleuses commises par la banque et qui concerne le contrat de crédit.

Ceci étant dit, il est primordial de se demander à travers l'analyse des clauses de contrat de
consommation sur le rôle des clauses est principalement les clauses abusives ?

Pour répondre à cette question, nous allons voir dans une première partie que le contrat de
consommation est considéré comme étant un moyen de protection de consommateur, et dans une
seconde partie la signification des clauses abusives et des clauses voisines.

4
PARTIE 1 : le contrat de consommation
comme moyen de protection de
consommateur
Chapitre 1 : Le cadre conceptuel

Section 1 : La clarification du contrat de consommation

Dans la loi 31-08 du 18 février 2011 édictant des mesures de la protection du consommateur ; dans cette
loi le législateur va agir directement sur le contenu du contrat en réagissant contre les risques d’abus de
nature à perturber l’équilibre du contrat au détriment des consommateurs en proposant pour la première
fois une réglementation d’ensemble des clauses abusives.

La définition du contrat de consommation n'est pas juridique mais jurisprudentielle. Il est admis qu'il
s'agit d'une convention librement signée par une partie professionnelle (le vendeur) et une partie non
professionnelle (le consommateur). Cette convention engage donc le vendeur à fournir une marchandise
ou une prestation en échange d'un paiement.

Les notions de non-professionnel et de relation contractuelle déséquilibrée sont déterminantes. C'est sur
ces critères que le législateur attribue à chacun ses prérogatives, afin que le consommateur soit toujours
dans une situation d'égalité avec le vendeur. En effet, le droit considère qu'il existe, naturellement, un
rapport de force disproportionné entre les deux parties au contrat. En effet, le vendeur est un technicien
possédant toutes les informations sur le produit (ou la prestation) qu'il vend. Il est à même de déterminer
ses qualités et ses défauts. À l'inverse, le consommateur ne dispose pas toujours d'un avis éclairé, par
manque d'information. Par conséquent, le lien contractuel, sans intervention du législateur, s'établira à
l'avantage du vendeur.2

Section 2 : Le contenu que porte le contrat de consommation

Le contrat de consommation peut contenir des clauses que le juge et le législateur peuvent les qualifier
de clauses abusives.

Ces clauses abusives ont été définit comme par la loi 31-08 comme toute clause qui a pour objet ou pour
effet de créer ou détriment du consommateur un déséquilibre significatif entre les droits et obligations
des parties au contrat.

Sans oublier que le législateur a donné une liste indicative et non exhaustive de 17 conditions de
qualifier une clause d’abusive.

2
https://www.assistancescolaire.com/eleve/1STMG/droit/reviser-le-cours/le-contrat-de-consommation-1stmg_drt_10

5
L’article 19 de la loi 31-08 considère nulles et de nul effet les clauses abusives contenues dans les
contrats conclus entre fournisseurs et consommateurs.

Cependant ; le contrat reste applicable dans toute ses dispositions autres que celles jugées abusives s’il
peut subsister sans lesdites clauses.

Cette possibilité est originale car traditionnellement le contrat basé sur une volonté altérée était frappé
de nullité dans sa globalité.

Cette sanction classique de la nullité de tout le contrat était inopportune. Le consommateur a besoin de
contrat mais ne veut pas se voir imposer des clauses léonines

Dans cette loi 31-08 procède d’une vision plus réaliste des relations contractuelles modernes et d’une
approche plus objective du contrat ou les éléments de loyauté de justice et d’équilibre doivent désormais
trouver leur place à côté de la volonté.

Chapitre 2 : Le renforcement de l’équilibre contractuel par les règles


du droit de consommation

Section 1 : L’altération du principe de l’autonomie de volonté

La place de la volonté dans le contrat de consommation

Le principe de l’autonomie de la volonté repose sur l’idée que l’Homme est libre, en ce sens qu’il ne
saurait s’obliger qu’en vertu de sa propre volonté.

Seule la volonté serait, en d’autres termes, source d’obligations. On ne saurait obliger quelqu’un contre
sa volonté, sauf à porter atteinte à sa liberté individuelle.

Si l’on admet qu’un contrat ait force obligatoire, c’est seulement parce que celui qui s’est obligé l’a
voulu. Ce qui signifie que la volonté de l’homme est souveraine : seul un acte de volonté de la personne
peut faire qu’elle est engagée, et la personne n’est engagée que dans la mesure de ce qu’elle a voulu.

Toutefois, le principe de l’autonomie de la volonté est régulièrement écarté par la loi, le plus souvent
dans un but de protection d’une partie considérée comme faible.

Si il n’y a pas de contrat sans volonté , en ce sens que la situation juridique qui résulte du contrat est
acceptée par les parties au rapport d’obligation, il empêche que le rôle de la volonté ne soit pas toujours
le même dans toutes les situations juridique contractuelle 3 .Alors que dans certaines situations le rôle de
la volonté est tout à fait complet, dans d’autres son rôle est réduit au minimum sans compter que
l’importance du rôle de la volonté des parties peut dans certains cas être plus grande que celle de l’autre
partie.

L’égalité contractuelle présume la justice contractuelle. Cette conception et appuyer sur le postulat qui
dit que la liberté des individus conduit à établir des rapports individuellement les plus justes et
socialement des plus utiles.

3
Khalid kandiss, Le nouveau droit des clauses abusives (mémoire encadrée par Mr.Driss Jouidi ) p 38

6
Cela signifie que le libre jeu des volontés individuelles ne peut réaliser la justice, chaque individu étant
le meilleur juge de ses intérêts. On peut présumer que ceux-ci sont parfaitement respectes par des
engagements qu’il a volontairement souscrits.

L’opposition d’intérêt au contrat, demeure la meilleure garantie de ce que les obligations qui en sont
issues respectent un certain équilibre puisqu’elles répondent aux besoins de chacun.

Cependant pour être fondé cette conception doit être basée sur l’égalité des parties au contrat. La justice
contractuelle ne peut être atteinte que si les parties sont égales et leur volonté sont autonome. Ce qui est
souvent le cas des contrats truffés de clauses abusives.

Si les hommes sont libres de créer leur propre loi à travers la puissance de leur propre volonté c’est leur
égalité de puissance de volonté qui fonde la justice des lois qui en découlent. Comment donc pouvoir
parvenir à protéger le consommateur ?

La dépendance économique et l'arme dont dispose le titulaire d’un pouvoir économique pour alerter le
consentement de son partenaire dans son aptitude à se décider. Le professionnel peut imposer un
contractant une clause, et ce en agissant d’une convention qui ne présente pas de rapport direct avec
l’activité professionnelle de ce dernier. Le contenu du contrat a été fixée totalement ou partiellement de
façon abstraite ou générale avant la période contractuelle.

Le professionnel profite de son pouvoir économique informationnel, technique ou de l’exploitation


d’un état de dépendance dans laquelle se trouve son partenaire 4. Cette réalité atteste l’inégalité
contractuelle des cocontractants.

L’égalité qui préside aux relations individuelles est une égalité en droit, c’est-à-dire une égalité formelle.
Celle-ci est considérée comme étant cruciale.

Mais partant, bien loin de conduire à des rapports équilibrés, la liberté contractuelle serait, ainsi,
l’instrument qui permet au fort d’imposer sa loi au faible. À la formule de fouillée « qui dit contractuelle
dit juste » réponds celle de Lacordaire « Entre le fort et le faible, c’est la liberté qui asservit, la loi qui
affranchi ».

Section 2 : L’obligation d’information et la concrétisation d’un délai de


réflexion

Paragraphe 1 : L’obligation d’information

En droit, initialement dans le code civil, l'information que l'on envisageait était celle que l'on faisait pour
soi. Le co-contractant devait s'informer sur sa situation. Ensuite cela a évolué et on a pris en compte
l'information par le co-contractant, il y a eu une prise de conscience sur l'inégalité de certains co-
contractants.

On a vu la nécessité, pour qu'il fonctionne bien, d'un équilibre du contrat. La notion de bonne foi a
également pris davantage de force.

4
http://www.cours-de-droit.net/principe-de-l-autonomie-de-la-volonte-et-son-declin-a121603170 ( consulté le 1 mai 2019
)
7
Cette information peut soit être prévue expressément par un texte spécial, mais même en l'absence de
texte spécial on considère que les deux parties doivent bénéficier de l'information, et lorsqu'elles ne sont
pas au même niveau pour accéder à l'information la partie la plus faible doit être informée par le co-
contractant.

Cette obligation d'information c'est la possibilité d'obtenir pour le plus faible des deux des
renseignements objectifs et pertinents, comme par exemple les caractéristiques d'un produit ou d'un
service. Cette obligation doit être distinguée de deux autres informations : l'obligation de mise en garde
(avertissement d'un danger), et l'obligation de conseil (apporter au consommateur des éléments de choix,
et l'orienter en fonction des spécificités de sa situation).

Exécuter et réaliser l'information est une tâche difficile, spécialement en droit de la consommation.

La première difficulté est le fait que la compréhension des consommateurs est hétérogène, parce que
leur niveau intellectuel est différent. Se pose donc la question de se faire comprendre 5.

Le second problème en matière de consommation est qu'il ne faut pas oublier le rôle que joue le coup de
cœur. Lorsque l'on rappelle le raisonnable à cette victime du coup de cœur elle n'est pas prête à
l'entendre.

La troisième difficulté est le manque d'éducation en matière de consommation, c'est un problème plutôt
national.

Autre difficulté : l'information peut prendre la forme de ce que l'on appelle le formalisme informatif,
exemple : mention manuscrite obligatoire. On s'est rendu compte que sur la prise de conscience ce
formalisme était relativement inefficace parce que les gens ne pensent pas à ce qu'ils écrivent mais ils
pensent à ne pas se tromper et à recopier convenablement.

Dernière difficulté principale : l'information peut avoir des effets pervers, même lorsqu'elle est réussie.
On considère qu'il y en a deux essentiels parce qu'elle déresponsabilise le consommateur qui n'écoute
pas forcément ce qu'on lui dit, et cela peut même encourager la mauvaise foi (on demande l'annulation
pour non information).:

 L'information doit être claire et compréhensive.

 L'information écrite doit être lisible. Cela concerne notamment la taille des caractères, mais aussi
les caractères gras ou la mise en italique pour attirer l'intention sur certains points.

 L'auteur de l'information : En principe, c'est le co-contractant professionnel, mais le droit de la


consommation considère que l'information peut être aussi donnée par le fabricant, ou encore
toute personne dont le métier est de fournir des conseils.

 Le bénéficiaire (le créancier) de l'information :Il s'agit du consommateur, mais il peut aussi s'agir
d'un professionnel lorsque sa compétence ne lui donne pas les moyens d'apprécier la portée
exacte des caractéristiques techniques du bien ou du service proposé6.

5
Khalid kandiss, Le nouveau droit des clauses abusives ( mémoire encadrée par Mr.Driss Jouidi ) p 47

6
https://www.ladissertation.com/Politique-et-International/Droit/La-Th%C3%A9orie-De-L'autonomie-de-volont%C3%A9-
en-Droit-361432.html ( consulté le 2 mai 2019 )
8
 La preuve de l'information : Cette preuve a longtemps pesé sur celui qui se plaignait de
l'inexécution de l'information (majoritairement le consommateur).

 Les caractères de l'information : L'information doit être pertinente, claire et intelligible, elle ne
doit pas consister en un fait connu de tous (le consommateur ne peut pas dire qu'il ne savait pas
que le tabac était mauvais à la santé, par exemple). L'information doit également être objective.

 La date de l'information : La plupart des informations doivent être délivrées lors de l'offre de
contrat, avant l'acceptation

Paragraphe 2 : La réflexion et la conformité

La réflexion

Cette réflexion est rendue possible par l'information. Mais en général par réflexion on entend deux
techniques juridiques : le maintien de l'offre pendant un certain délai, avec l'interdiction d'accepter avant
le délai et l'interdiction d'offrir des paiements.

La deuxième technique est la possibilité de rétractation.

 Concernant le délai de réflexion :

La durée du délai varie suivant les cas. En principe, le délai n'est pas inférieur à 7 jours, et ce que l'on
constate à l'heure actuelle c'est un allongement des délais qui sont souvent portés à 14 jours. C'est par
exemple le résultat d'une directive de 2011, pour les démarchages.

Ce délai n'existe pas dans tous les contrats, il y a un certain nombre de fondements pour l'expliquer : la
gravité de l'opération, mais aussi le risque de pression.

Ce qui est commun à tous les délais, c'est que le point de départ est la remise de l'offre.

En général, le délai est impératif, mais il y a quelques cas ou il est facultatif et où l'intéressé peut
renoncer au délai.

Son non-respect entraine en général la nullité du contrat, et enfin ce délai suspend l'exécution du contrat
qui n'est réalisé qu'au bout de l'écoulement du délai.

 Concernant le délai de rétractation :

La rétractation permet de changer d'avis. En général, les délais sont les mêmes qu'en matière de
réflexion (7 ou 14 jours). L'acceptation ayant été donnée, le consommateur, pour exercer son droit de
rétractation, doit faire un acte positif. Cet acte positif peut prendre des formes imposées par la loi,
comme par exemple remplir le formulaire de rétractation qui est attaché au contrat et qui doit pouvoir en
être détaché. Ce système de formulaire de rétractation se trouve dans le crédit à la consommation ou
dans les ventes avec démarchages7.Très souvent, les versements de somme d'argent pendant le délai de
rétractation sont interdits. La rétractation est en général sans frais et sans justification, sous réserve de la
déloyauté et de l'enrichissement sans cause du consommateur.

La jurisprudence et le droit communautaire considèrent que le contrat est formé dès la souscription, et
que la rétractation va jouer comme une condition résolutoire.

7
https://defense-du-consommateur.ooreka.fr/comprendre/delai-de-reflexion (consulté le 2 mai 2019)
9
La conformité

Lorsqu’un consommateur acquiert un produit, quel qu’il soit, il s’attend naturellement à ce que celui-ci
soit conforme à l’usage attendu mais aussi à la description faite par le vendeur. Ce sont des obligations
que l’on retrouve également dans la loi via la garantie légale de conformité.

Cette garantie de conformité est valable pour les défauts ou vice caché présents au moment de la
livraison du produit.

Cette garantie légale de conformité permet de lutter contre un vice caché et permet au consommateur de
se faire rembourser grâce à une garantie des vices cachés. Un remplacement ou une réparation du
produit incriminé couvert par la garantie de conformité est aussi possible.

On peut parler d’un vice caché si :

Le produit ne remplit pas l’usage habituel et attendu par exemple pour un objet pouvant fonctionner de
façon indépendante qui dans le cas présent doit être de façon continue branché.

Le produit ne correspond pas à la description faite par le vendeur. La différence de couleur par exemple
peut être couverte par la garantie légale de conformité.

Le produit ne dispose pas de toutes les qualités présentées par le vendeur comme une machine à laver
présentée comme très silencieuse mais qui ne l’est finalement pas.

10
Partie 2 : les clauses abusives et les
clauses voisins
Le professionnel possède une supériorité technique sur le consommateur. Il maitrise le monde et la vie
des affaires, connait les obligations que le contrat mettra à la charge des deux parties, connait les biens
et services qu’il s’engage à fournir et les conditions de son engagement. D’un autre côté, le
consommateur ne possède pas tous ces éléments ; il ignore la qualité de l’objet commandé, méconnait
ses droits et obligations, fait confiance au professionnel. L’inégalité des parties se reflète aussi la
matière de conclusion du contrat notamment le contrat de consommation

La lutte contre les clauses abusives suppose dans un premier temps de pouvoir les détecter, puis
d’étudier les contrats et les avants contrats afin de voir comment les éviter. Car détecter la clause
abusive est déjà une forme de protection du consommateur. Nous verrons au (chapitre 1) les moyens
préventifs de lutte contre les clauses abusives, et au (chapitre 2) les moyens d’actions contre les clauses
abusives.

Chapitre 1 : les moyens préventifs de lutte contre les clauses abusives


Les clauses abusives dans les contrats sont pour la plupart du temps regorgés, altèrent les principes
traditionnels de tout contrat à savoir l’autonomie de la volonté et l’égalité des contractants. Nous verrons
premièrement la détection des clauses abusives et les clauses voisines (section 1) et deuxièmement la
diversité des clauses abusives (section2)

Section 1 : la détection des clauses abusives et les clauses voisines 8

Les clauses abusives sont les clauses qui ont pour objet de créer au détriment du non professionnel un
déséquilibre significatif entre les droits et les obligations. Mais il y a une multitude de clauses qui sont
réglementées au point qu’une confusion peut être facilement faite.

Ainsi, il existe des règles qui interdisent ou encadrent certaines clauses. De telles clauses ne luttent pas
directement contre les clauses abusives puisqu’elles déclarent l’illicéité d’une clause en raison de non-
respect d’une règle de fond et non pas en de son caractère abusif. 9

Il convient dès lors de voir très rapidement les clauses abusives et les clauses voisins à savoir clause
compromissoire, clause attributive de compétence et clause pénale.

8
http://www.khidmat-almostahlik.ma/portal/fr/reglementation/protection-des-consommateurs/lois(consulté le
11/05/2019)
9
Kandiss khalid / le nouveau droit des clauses abusifs / encadré par monsieur driss jouidi 2017-2018
11
Paragraphe 1 : les clauses abusives et les clauses compromissoires

Les clauses abusives ont pour objet de conférer un avantage excessif aux professionnels en leur
permettant de se soustraire, pour partie ou en totalité, à leurs obligations légales ou contractuelles.

La clause compromissoire quant à elle est une clause contractuelle qui anticipe des différends pouvant
survenir au cours de l’exécution d’un contrat et qui vise à privilégier le recours à un mode de résolution
des conflits faisant appel à un tiers neutre, impartial, et indépendant.10

C’est ainsi que de nos jours on assiste à l’insertion de beaucoup plus de clauses compromissoires et
auxquelles il peut arriver d’être qualifiée de clause abusive. C’est le cas de la clause compromissoire qui
supprime ou entrave l’exercice d’actions en justice ou des voies de recours par le consommateur,
notamment en obligeant le consommateur à saisir exclusivement une juridiction d’arbitrage non
couverte par des dispositions légales ou à passer exclusivement par un mode alternatif de règlement des
litiges.

Paragraphe 2 : Les clauses abusives et les clauses attributives de compétence

Une clause attributive de juridiction est une disposition d’un contrat par laquelle les parties conviennent
de confier le règlement d’un éventuel litige à une juridiction déterminée, bien que cette juridiction ne
soit pas en principe compétente pour en connaitre au regard des textes de loi applicables.11

Néanmoins, la clause attributive de compétence peut paraitre manifestement abusive. En forçant le


consommateur à se déplacer vers un tribunal éloignée pour un litige portant sur des sommes
relativement peu importantes, elle aboutit souvent à le privé de tout recours judicaire et constitue une
clause d’exonération indirecte.

La juridiction fréquemment désignée est en effet, celle du siège social du commerçant et ce, même
lorsque ce dernier assigne son client. De telles clauses sort donc considérées comme nulles car donnant
automatiquement compétences dans les contrats conclus avec les consommateurs aux tribunaux de
commerçants.

12
Paragraphe 3 : Les clauses abusives et les clauses pénales

L’adage, « nul ne peut se faire en justice à soi-même » est très souvent invoqué. Cependant, cet adage
n’a pas de valeur de principe absolu. Notamment en droit contractuel, les parties peuvent très largement
se passer du juge pour faire cesser la relation contractuelle grâce à des mécanismes conventionnels.

10
nathalie rzepecki /Droit de la consommation et théorie générale du contrat/ 15 avril 2015

11
IDEM /page180
12
Mazaud(D), la notion de la clause pénale,LGDJ,1992
12
La clause pénale figure parmi les clauses les plus usuelles des contrats. Elle jouit d’une validité de
principe dans tous les contrats à titre onéreux aussi bien dans les contrats entre professionnels que dans
les contrats entre professionnels et consommateurs, ou encore dans les contrats entre simples
particuliers. Cette clause pénale présente plusieurs avantages comme par exemple éviter aux créanciers
les lenteurs et les difficultés qu’entraine la fixation des dommages et intérêts. La clause pénale est un
moyen de pression destiné à encourager le débiteur à exécuter ses obligations sous la menace de devoir
payer une importante somme d’argent en cas de défaillance

En général, pour parvenir à ce résultat, cette somme forfaitaire est très supérieure au montant du
préjudice réel subi par le créancier

C’est une peine privée, permettant de prévoir le montant des dommages et intérêts qui seront du en cas
d’inexécution. Elle permet donc d’éviter les aléas de l’appréciation judicaire du montant des dommages
et intérêts. La clause pénale est une des expressions de la liberté des parties dans la détermination de
l’office du juge. Le mécanisme de l’indemnisation, à hauteur du préjudice subi, est alors brisé.

Par sa stipulation. Les parties établissent un forfait qui liera le juge et les parties en cas de survenance
prévu.

Les effets de cette clause sont d’anéantir le pouvoir de ce dernier, d’évaluer le montant des dommages et
intérêts, les parties se substituant à lui pour les évaluer, elles écartent le pouvoir d’appréciation du juge
dont la mission se limite alors à faire respecter la loi des parties. Elle permet aussi d’éviter les
contestations sur l’importance du dommage. C’est pour cela que les cocontractants choisissent d’insérer
ce type de clause afin de privilégier l’exécution de l’objet du contrat

Si le premier but de la clause pénale est la sanction de l’inexécution des obligations contractuelle, son
rôle d’incitation à l’exécution ne doit pas être négligé car il permet de comprendre que les pénalités
prévues soient parfois très élevées.

Section 2 : la diversité des clauses abusives

La distinction des clauses abusives des autres clauses est nécessaire certes, mais il faut savoir que les
clauses abusives entre elles-mêmes se distinguent d’abord. Outre cet aspect, il ne faut pas oublier que
pour être toutes qualifiées d’abusives, c’est qu'elles ont forcément un ou plusieurs critères qui les
caractérisent.13

L’on peut encore distinguer entre ces clauses elles même avant de voir les critères qui les caractérisent
toutes inévitablement. C’est l’ordre que nous suivrons. Nous verrons en premier la distinction des

13 nathalie rzepecki /Droit de la consommation et théorie générale du contrat/ 15 avril 2015

13
clauses abusives selon les différents domaines d’intervention (paragraphe1) puis le critère de la clause
abusive (paragraphe 2).

Paragraphe 1 : la distinction des clauses abusives selon les différents domaines


d’intervention

Cette distinction peut se rapporter soit à la preuve, soit à la situation contractuelle

A. La Distinction selon la preuve 14

S'il est vrai que le domaine de la protection contre les clauses abusives doit être envisagé d’un certain
nombre de point de vue notamment des personnes au profit desquelles elle doit être admise et que dans
le cadre de notre thème il est basé sur la protection du consommateur ; s’intéresse aux contrats qui en
bénéficie ; c’est avant tout la question de clauses concernées qui est importante.

Le code de consommation français a dressé une nouvelle liste de dix clauses présumées abusives. Il
convient de préciser pourquoi la clause est qualifiée de présumée abusive et non abusive tout court.

Ainsi en raison de circonstances de faits spécifiques ; le professionnel sera admis démontrer que la
clause litigieuse n’est pas abusive et s’il y parvient, la clause n’est plus abusive du tout. Il ne serait y
avoir de degré dans l’abus des clauses. Il n’appartient pas au consommateur ou au non professionnel de
rapporter la preuve que la clause litigieuse ne crée pas de déséquilibre significatif. Cette remarque est
d’importance car l’absence de démonstration contraire si elles n’ont pu échapper à la qualification
d’abusives, elles doivent suivre le sort des clauses irréfragablement abusives. Le renversement de la
charge de la preuve est la caractéristique des clauses simplement présurées abusives dispensant le
consommateur de prouver l’abus et d’imposant au professionnel de démontrer l’absence d’abus

 Sont considérées comme clauses irréfragablement abusives les clauses qui ont pour but de :15

o Constater l’adhésion du consommateur à des clauses qui ne figurent pas dans l’écrit qu’il accepte ou
qui sont reprises dans un autre document auquel il n’est pas fait expressément référence lors de la
conclusion du contrat et dont il n’a pas eu connaissance avant sa conclusion ;
o Restreindre l’obligation pour le professionnel de respecter les engagements pris par ses préposés ou
ses mandataires ;
o Réserver au professionnel le droit de modifier unilatéralement les clauses du contrat relatives à sa
durée, aux caractéristiques ou au prix du bien à livrer ou du service à rendre ;

14
Larroumet(C), droit civil, les obligations-le contrat,t,3,Economica,édition 2007 , paris,p426
15
https://aurelienbamde.com//lidentification-des-clauses-abusives-desequilibre-significatif-liste-noire-liste-grise-et-
recommandations-de-la-commission-des-clauses-abusives/ (consulté le 08/05/2019)
14
o Accorder au seul professionnel le droit de déterminer si la chose livrée ou les services fournis sont
conformes ou non aux stipulations du contrat ou lui conférer le droit exclusif d’interpréter une
quelconque clause du contrat ;
o Contraindre le consommateur à exécuter ses obligations alors que, réciproquement, le professionnel
n’exécuterait pas ses obligations de délivrance ou de garantie d’un bien ou son obligation de fourniture
d’un service ;
o Supprimer ou réduire le droit à réparation du préjudice subi par le consommateur en cas de
manquement par le professionnel à l’une quelconque de ses obligations ;
o Interdire au consommateur le droit de demander la résolution ou la résiliation du contrat en cas
d’inexécution par le professionnel de ses obligations de délivrance ou de garantie d’un bien ou de son
obligation de fourniture d’un service ;
o Reconnaître au professionnel le droit de résilier discrétionnairement le contrat, sans reconnaître le
même droit au consommateur ;
o Permettre au professionnel de retenir les sommes versées au titre de prestations non réalisées par lui,
lorsque celui-ci résilie lui-même discrétionnairement le contrat ;
o Soumettre, dans les contrats à durée indéterminée, la résiliation à un délai de préavis plus long pour
le consommateur que pour le professionnel ;
o Subordonner, dans les contrats à durée indéterminée, la résiliation par le consommateur au versement
d’une indemnité au profit du professionnel ;
o Imposer au consommateur la charge de la preuve, qui, en application du droit applicable, devrait
incomber normalement à l’autre partie au contrat. »

 Les clauses simplement abusives quant à elles sont celles qui ont pour objet ou pour effet de :16

o Prévoir un engagement ferme du consommateur, alors que l’exécution des prestations du


professionnel est assujettie à une condition dont la réalisation dépend de sa seule volonté
o Autoriser le professionnel à conserver des sommes versées par le consommateur lorsque celui-ci
renonce à conclure ou à exécuter le contrat, sans prévoir réciproquement le droit pour le
consommateur de percevoir une indemnité d’un montant équivalent, ou égale au double en cas de
versement si c’est le professionnel qui renonce ;
o Imposer au consommateur qui n’exécute pas ses obligations une indemnité d’un montant
manifestement disproportionné ;
o Reconnaître au professionnel la faculté de résilier le contrat sans préavis d’une durée raisonnable ;

16
https://aurelienbamde.com//lidentification-des-clauses-abusives-desequilibre-significatif-liste-noire-liste-grise-et-
recommandations-de-la-commission-des-clauses-abusives/ (consulté le 08/05/2019)

15
o Permettre au professionnel de procéder à la cession de son contrat sans l’accord du consommateur
et lorsque cette cession est susceptible d’engendrer une diminution des droits du consommateur ;
o Réserver au professionnel le droit de modifier unilatéralement les clauses du contrat relatives aux
droits et obligations des parties,
o Stipuler une date indicative d’exécution du contrat, hors les cas où la loi l’autorise ;
o Soumettre la résolution ou la résiliation du contrat à des conditions ou modalités plus rigoureuses
pour le consommateur que pour le professionnel ;
o Limiter indûment les moyens de preuve à la disposition du consommateur ;
o Supprimer ou entraver l’exercice d’actions en justice ou des voies de recours par le consommateur,
notamment en obligeant le consommateur à saisir exclusivement une juridiction d’arbitrage non
couverte par des dispositions légales ou à passer exclusivement par un mode alternatif de règlement
des litiges. »

Au Maroc, la distinction entre clause présumées abusives et irréfragablement abusives n’est pas faite.
On parle tout simplement de clauses abusives

B. La Distinction suivant la situation contractuelle

La distinction suivant la situation contractuelle quant à elle ne tient pas compte de telle ou telle
législation. Et puis cette distinction est caractérisée par la disparition de toute liste limitative 17

Ainsi on peut citer selon la phase du contrat :

 Les clauses organisant la formation du contrat, comme son objet ou encore le prix que devra
payer le consommateur sans le fixer et réservant au professionnel l’apport de quelques
modifications aux prévisions d’origine
 Les clauses aménageant les différentes obligations des parties comme celles se rapportant à la
garantie des vices cachés, domaine de prédilection des clauses abusives
 Les clauses qui se rapportant à l’inexécution du contrat par l’une des parties aux litiges qui
opposent alors les contractants.

Paragraphe 2 : le critère de la clause abusive 18

Les législations qui consacrent une protection contre les clauses abusives en donnant toujours une
définition même si elle peut être vague comme en droit allemand où l’abus apparait comme l’absence de
bonne foi.

17
PICOD(Y)et davo(H),op,cit,p176
18
Larroumet(C), droit civil, les obligations-le contrat,t,3,Economica,édition 2007 , paris,p426
16
Au Maroc, la loi 31-08 définit la clause abusive comme étant « toute clause qui a pour objet ou pour
effet de créer, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations
des parties au contrat ».19

Elle présente une liste indicative, non exhaustive, de 17 clauses pouvant être regardées comme abusives.
Ces clauses ont énuméré dans l’article 18 de la loi 31-08, Aux termes de celui-ci :

« Sous réserve de l’application de législations spéciales et ou de l’appréciation des tribunaux, et de


façon indicative et non exhaustive, peuvent être regardées comme abusives, si elles satisfont aux
conditions prévues à l’article 15 ci-dessus, les clauses ayant pour objet ou pour effet : »

 Dans les contrats de vente de supprimer ou de réduire le droit à réparation du consommateur


en cas de manquement par le fournisseur à l'une quelconque de ses obligations
 De réserver au fournisseur le droit de modifier unilatéralement les caractéristiques du produit, du
bien à livrer ou du service à fournir.
Toutefois, il peut être stipulé que le fournisseur peut apporter des modifications liées à
l'évolution technique, à condition qu'il n'en résulte ni augmentation des prix ni altération
de qualité et que la clause réserve au consommateur la possibilité de mentionner les
caractéristiques auxquelles il subordonne son engagement ;
 D’exclure ou de limiter la responsabilité légale du fournisseur en cas de mort d’un
consommateur ou de dommages corporels causés à celui-ci, résultant d’un acte ou d’une
omission du fournisseur ;
 D’exclure ou de limiter de façon inappropriée les droits légaux du consommateur vis-à-vis du
fournisseur ou d’une autre partie en cas de non-exécution totale ou partielle ou d’exécution
défectueuse par le fournisseur d’une quelconque des obligations contractuelles, y compris la
possibilité de compenser une dette envers le fournisseur avec une créance qu’il aurait
contre lui ;
 De prévoir un engagement ferme du consommateur, alors que l’exécution de l’engagement
du fournisseur est assujettie à une condition dont la réalisation dépend de sa seule volonté ;
 D’imposer au consommateur qui n’exécute pas ses obligations une indemnité d’un montant
disproportionnellement élevé ou le cumul de plusieurs indemnités ;
 D’autoriser le fournisseur à résilier le contrat de façon discrétionnaire si la même faculté
n’est pas reconnue au consommateur, ainsi que de permettre au fournisseur de retenir les sommes
versées au titre de prestations non encore réalisées par lui, lorsque c’est le fournisseur lui
même qui résilie le contrat ;

19
La loi31-08
17
 D’autoriser le fournisseur à mettre fin sans un préavis raisonnable à un contrat à durée
indéterminée, sauf en cas de motif grave ;
 De proroger automatiquement un contrat à durée déterminée en l’absence d’expression
contraire du consommateur, alors qu’une date excessivement éloignée de la fin du contrat a été
fixée comme date limite pour exprimer cette volonté de non-prorogation de la part du
consommateur ;
 De constater de manière irréfragable l’adhésion du consommateur à des clauses dont il n’a pas
eu, effectivement, l’occasion de prendre connaissance avant la conclusion du contrat ;
 D’autoriser le fournisseur à modifier unilatéralement les termes du contrat sans raison
valable et spécifiée dans le contrat et sans en informer le consommateur
 De prévoir que le prix ou le tarif des produits, biens et services est déterminé au moment
de la livraison ou au début de l’exécution du service, ou d’accorder au fournisseur le droit
d’augmenter leur prix ou leur tarif sans que, dans les deux cas, le consommateur n’ait de droit
correspondant lui permettant de rompre le contrat au cas où le prix ou le tarif final est trop
élevé par rapport au prix ou tarif convenu lors de la conclusion du contrat ;
 D’accorder au fournisseur, seul, le droit de déterminer si le produit ou bien livré ou le service
fourni est conforme aux stipulations du contrat ou de lui conférer le droit exclusif
d’interpréter une quelconque clause du contrat ;
 De restreindre l’obligation du fournisseur de respecter les engagements pris par ses
mandataires ou de soumettre ses engagements au respect d’une formalité particulière ;
 D’obliger le consommateur à exécuter ses obligations alors même que le fournisseur
n’exécuterait pas les siennes ;
 De prévoir la possibilité de cession du contrat de la part du fournisseur, lorsqu’elle est
susceptible d’engendrer une diminution des garanties pour le consommateur sans l’accord de
celui-ci;
 De supprimer ou d’entraver l’exercice d’actions en justice ou des voies de recours par le
consommateur, en limitant indûment les moyens de preuves à la disposition du consommateur
ou en imposant à celui-ci une charge de preuve qui, en vertu du droit applicable, devrait revenir
normalement à une autre partie au contrat. 20

En cas de litige concernant un contrat comportant une clause abusive, le fournisseur doit apporter la
preuve du caractère non abusif de cette clause. Il s’agit donc de permettre de façon générale, une
élimination des clauses qui apparaissent comme abusive dans les contrats, c'est-à-dire de stipulations par
lesquelles une partie est avantagée de manière excessive par rapport à l’autre.

20
L’article 18 de la loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur
18
Chapitre 2 : les moyens d’actions contre les clauses abusives

Les moyens d’actions de natures curatif de lutte contre les clauses abusives peuvent être considérés
comme le noyau dur de la protection du consommateur contre les clauses abusives car lorsque la
prévention échoue et ceci plus que souvent, c’est finalement à ces moyens que l’on a recours. Le juge et
les associations de protection du consommateur sont les acteurs qui veillent à l’opération de la lutte
contre les clauses abusives21

Notre deuxième chapitre sera donc subdivisé en deux sections. La première aura pour objet le rôle de
juge comme un acteur de lutte contre les clauses abusives (section1), et la deuxième, le rôle des
associations de protection du consommateur dans la lutte contre les clauses abusives (section 2)

Section 1 : le rôle de juge comme un acteur de lutte contre les clauses


abusives

La force obligatoire du contrat ne devrait pas être toutefois plus préoccupante que la volonté première de
protéger la partie faible.

L’intervention du juge peut donc soit faire l’objet d’un forçage du contrat (paragraphe 1) ou d’une
sanction judicaire (paragraphe 2).

Paragraphe 1 : le forçage du contrat 22

Certes le juge ne peut pas compléter la volonté des parties car le contrat est la loi des parties, mais il arrive
que le juge ajoute obligation au contrat. Le juge peut donc ajouter au contrat ce que les parties auraient
dû prévoir. Evoquées dans notre première partie complétée de certaines autres dormant en tout,
l’obligation de renseignement, de conseil, de loyauté peuvent y être introduites par le juge. C’est ce qu’on
appelle le forçage du contrat

Cette possibilité est originale car traditionnellement, le contrat basé sur une volonté altérée peut subir pire,
d’être frappée de nullité.

Paragraphe 2 : la sanction judicaire

Un accroissement de l’office de juge en matière contractuelle entraine l’octroi celui-ci d’un pouvoir
modérateur lui permettant d’atténuer la rigueur du contrat ou encore de réputer non écrites des clauses

21
http://www.cours-de-droit.net consulté le 10/05/2019
22
Bouhjel(A), la theorie des contrats, 2010-2011
19
abusives. Un équilibre est alors à trouver entre la recherche de la justice contractuelle et le nécessaire
respect de la sécurité juridique.

La sanction que le juge est amenée à prononcer peut-être directe c'est-à-dire se référant directement à la
théorie des clauses abusives, soit indirecte en sanctionnant les clauses abusives au moyen d’autres
théories.

A. L’intervention du juge se basant uniquement sur les clauses abusives

Le critère de l’élimination de la clause abusive est un critère particulièrement flou. Et se prêtant aux
dispositions de l’article 308 du DOC, non serait tenté de généraliser la nullité d’une clause a tout le contrat
Les vices entrainent donc en principe la nullité du contrat dans son ensemble. Cette sanction est inadaptée
car souvent le consommateur aurait préféré faire reconnaitre seulement la nullité de la clause abusive car
il risque de ne pas obtenir le bien, le produit ou le service. Se poserait donc le problème soit d’annulation,
partielle ou totale du contrat

a- La nullité du contrat dans son totalité

Le consommateur peut être enclin, sinon obligé de requérir la nullité de tout le contrat, tout en invoquant
la nullité de l’une de ses clauses essentielles. Tel est d’abord le cas de la clause par laquelle l’une des
parties se réserve le droit discrétionnaire de ne pas exécuter ses obligations, en soutenant que l’obligation
est nulle. Il s’agit d’une condition potestative.

b- L’annulation partielle du contrat 23

L’article 19 de la loi 31-08 dispose que « Sont nulles et de nul effet les clauses abusives contenues dans
les contrats conclus entre fournisseur et consommateur. Le contrat restera applicable dans toutes ses autres
dispositions s’il peut subsister sans la clause abusive précitée. ». Cette protection n’était toutefois pas
facile à assurer.

Le juge doit apprécier le caractère abusif de la clause litigieuse ; sa décision sera guidée, par les
dispositions de code de consommation. Le rôle du pouvoir judiciaire est très important dans la
détermination de clauses abusives.

B. L’élimination des clauses abusives par la théorie de la cause

La motivation de la volonté correspond à la théorie de la cause. La cause en matière d’acte juridique, c’est
la motivation de la volonté24

23
L’article 19 de la loi 31-08
24
Larroumet(C),droit civil,les obligations-contrats, p 440
20
La théorie de la cause est un instrument au service de la protection du consommateur contre les clauses
abusives lorsque non régie par des dispositions spéciales. Elle connait désormais de nombreuses
applications jurisprudentielles dans le domaine de la lutte contre les clauses abusives

La théorie de la cause est donc aujourd’hui devenue le fondement privilégié de la lutte contre les clauses
abusives lorsqu’aucune disposition légal ne le traite spécialement

Aussi, il ne faut pas négliger l’importance de la théorie des vices de consentement dans la lutte contre les
clauses abusives, ainsi que la révision des clauses pénales figurant dans le contrat de consommation, car
ces clauses pénales donnent souvent lieu à de nombreux abus.

Section 2 : Les associations comme acteurs de protection du


consommateur

Les associations de protection du consommateur constituées conformément à la loi ; assurent


l’information ; la défense et la promotion des intérêts du consommateur ceci d’après l’article 152.

Sont interdits de faire partie de ces associations les personnes morales ayant une activité à but lucratif ;
l’association qui perçoit des aides ou subventions des entreprises ou groupes des entreprises fournissant
des produits ; biens ou services ou qui fait de la publicité commerciale et qui se consacre à des activités
autres que la défense du consommateur ou poursuit un but à caractère politique.

Ces associations peuvent être reconnues d’utilité publique si elles satisfont à la loi en vigueur et leur objet
doit avoir pour objet exclusif la protection des intérêts du consommateur conformément à des statuts fixés
par décret

Paragraphe 1 : Fonds national pour protection du consommateur

Est institué conformément à la loi un fonds national pour la protection du consommateur en vue de
financer les activités et les projets visant cette protection sous la tutelle du ministère chargé du
commerce fonds

Les ressources de ce fonds proviennent du budget général ; d’un pourcentage des amendes perçues sur les
contentieux des dons et legs et de toute autre ressource obtenue légalement

21
Paragraphe 2 : Actions en justice fédération et associations

La fédération nationale et les associations de protection du consommateur reconnues d’utilité publiques


conformément à la loi peuvent former des actions en justice ; intervenir dans les actions en cours ; se
constituer partie civile devant le juge et exercer tous les droits reconnus à la partie civile 25

Paragraphe 3 : Amendes sur les infractions

La plupart des infractions commises au niveau de la protection du consommateur sont sanctionnées par
des amendes qui sont portées au double dans certains cas. Dans les rares cas ; c’est l’emprisonnement de
1mois à 5 ans en plus de l’amende article 183 et 184

25
Droit des affaires au maroc ;Mohamed SOUAIDI ; 5eme édition page 196.197
22
CONCLUSION

Comme le contrat de consommation est un contrat d’adhésion, le consommateur est en position


de faiblesse. Une clause est considérée comme abusive si elle a pour objet ou pour effet de créer
un déséquilibre important entre les droits et les obligations des parties au contrat.
Le consommateur qui estime qu’une clause est abusive peut saisir le juge. La Commission des clauses
abusives étudie les clauses des contrats fréquemment conclus par les consommateurs et émettent
des recommandations. Les associations de consommateurs défendent les intérêts des consommateurs par
des actions de conseils et de formations, et par des actions en justice lorsqu’elles sont agréées.

En effet, l’appréciation du caractère abusif d’une clause ne doit porter ni sur la définition de l’objet
principal du contrat ni sur l’adéquation du prix ou de la rémunération au bien vendu ou au service offert
pour autant que les clauses soient rédigées de façon claire et compréhensible.

Cette restriction légale implique notamment le maintien de l’exclusion de la lésion comme cause
autonome de nullité des obligations. Le concept de clause abusive est, en droit des contrats, distinct de
celui de lésion qui est une différence entre le prix porté au contrat et la valeur effective de la chose.

Peut-on dire que les médias ont un rôle dans le cadre de la protection du consommateur ?

Pour répondre brièvement, les médias devront jouer leur rôle important dans la production et/ou la
diffusion d’informations utiles en langue arabe pour les consommateurs et renfoncer leur couverture des
problèmes, différends et litiges de consommation au Maroc. Ils doivent également jouer le rôle de
passerelle entre le consommateur et les professionnels d’une part et les associations de protection des
consommateurs, d’autre part.

23
ANNEXES

24
25
26
27
28
29
30
31
BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages
Droit des affaires au maroc ; Mohamed SOUAIDI ; 5eme édition page 196.197

Le nouveau droit des clauses abusives; Khalid kandiss; 2017 (encadré par monsieur driss jouidi 2017-2018)

Bouhjel(A), la theorie des contrats, 2010-2011

nathalie rzepecki /Droit de la consommation et théorie générale du contrat/ 15 avril 2015

Mazaud(D), la notion de la clause pénale,LGDJ,1992

Larroumet(C), droit civil, les obligations-le contrat,t,3,Economica,édition 2007 , paris,p426

Législation
LOI N° 31-08 EDICTANT DES MESURES DE PROTECTION DU CONSOMMATEUR

L’article 18 de la loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur

L’article 19 de la loi 31-08

Sites Internet
https://www.assistancescolaire.com/eleve/1STMG/droit/reviser-le-cours/le-contrat-de-consommation-
1stmg_drt_10

https://www.medias24.com/tr16302107042016Droit-du-consommateur-les-clauses-abusives-dans-les-contrats-
de-credit.html
https://prezi.com/uahoktjbxdct/les-clauses-abusives-au-maroc/

http://www.cours-de-droit.net/les-clauses-abusives-a126603352

https://aurelienbamde.com//lidentification-des-clauses-abusives-desequilibre-significatif-liste-noire-liste-grise-
et-recommandations-de-la-commission-des-clauses-abusives/ (consulté le 08/05/2019)

https://aurelienbamde.com//lidentification-des-clauses-abusives-desequilibre-significatif-liste-noire-liste-grise-
et-recommandations-de-la-commission-des-clauses-abusives/ (consulté le 08/05/2019)

http://www.cours-de-droit.net consulté le 10/05/2019

32
TABLE DE MATIERES

PARTIE 1 : Le contrat de consommation comme moyen de protection de consommateur


Chapitre 1 : Le cadre conceptuel
Section 1 : La Clarification du contrat de consommation
Section 2 : Le contenu que porte le contrat de consommation
Chapitre 2 : Le renforcement de l’équilibre contractuel par les règles du droit de consommation
Section 1 : L’altération du principe de l’autonomie de volonté
La place de la volonté dans le contrat de consommation
Section 2 : L’obligation d’information et la concrétisation d’un délai de réflexion
Paragraphe 1 : L’obligation d’information
Paragraphe 2 : La réflexion et la conformité

PARTIE 2 : Les clauses abusives et les clauses voisins


Chapitre 1 : Les moyens préventifs de lutte contre les clauses abusives
Section 1 : La détection des clauses abusives et les clauses voisines
Paragraphe 1 : Les clauses abusives et les clauses compromissoires
Paragraphe 2. Les clauses abusives et les clauses attributives de compétence
Paragraphe 3 : Les clauses abusives et les clauses pénales
Section 2 : La diversité des clauses abusives
Paragraphe 1 : La distinction des clauses abusives selon les différents domaines d’intervention
A. La distinction selon la preuve
B. La distinction suivant la situation contractuelle
Paragraphe 2 : Le critère de la clause abusive
Chapitre 2 : Les moyens d’actions contre les clauses abusives
Section 1 : Le rôle de juge comme un acteur de lutte contre les clauses abusives
Paragraphe 1 : Le forçage du contrat
Paragraphe 2 : La sanction judicaire
A. L’intervention du juge se basant uniquement sur les clauses abusives
a. La nullité du contrat dans son totalité
b. L’annulation partielle du contrat
B. L’élimination des clauses abusives par la théorie de la cause
Section 2 : Les associations comme acteurs de protection du consommateur
Paragraphe 1 : Fonds national pour protection du consommateur
Paragraphe 2 : Actions en justice fédération et associations
Paragraphe 3 : Amendes sur les infractions
33