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Cours de droit

Droit des contrats au Maroc


Par coursdedroit dans Droit des contrats marocain le 5 Juillet 2016 à 00:45

 Cours de Droit des Contrats Au Maroc     


 Ce cours transmis par un étudiant marocain est un cours de droit des contrats marocain.
Pour vivre et s’épanouir , l’entreprise marocain ou la personne physique a besoin de
recourir à un certain nombre de mécanismes juridiques dans ses relations avec ses
divers partenaires économiques (clients , fournisseurs , prestataires de service ) . Les
participants dans la vie économique à savoir les personnes physiques et les personnes
morales de droit public ( Etat , collectivités locales , établissements publics ) de droit privé
(essentiellement les  sociétés ) et les personnes morales mixtes vont nouer des rapports
juridiques d’affaires , ils seront amenés à prendre des actes juridiques. 
Les actes juridiques sont des actes volontairement accomplis par l’entreprise en vue de
produire des effets de droit .
Ils obligent l’entreprise qui les a pris : ils sont donc une source volontaire d’obligation .
Le contrat constitue l’acte juridique typiquement volontaire (acte juridique ou obligation
volontaire )
 

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2 HD ‫ﺗﻔﺮﺝ ﺍﻷﻥ‬
‫ ﺷﺎﺭﻙ‬،HD ‫ﺃﻓﻼﻡ ﻭﻣﺴﻠﺴﻼﺕ ﺑﺠﻮﺩﺓ ﻋﺎﻟﻴﺔ‬
‫ﻭﺗﻤﺘﻊ ﺍﻵﻥ‬
Playvod

 
Le contrat ou l’acte contractuel est un instrument normal de la vie économique , c’est un
instrument de mise en œuvre juridique des rapports économiques nécessaires à
l’existence de la personne humaine , à l’échange de richesses et de services .
 
Ex  : acheter une voiture , louer un local ou une maison , travailler pour autrui ou faire
travailler autrui pour soi .
Le droit des contrats constitue une matière juridique très importante à laquelle le
législateur s’est intéressé  dés le début du protectorat , le code des droits et obligations
des contrats de promulgué par dahir de 1913 en constitue d’ailleurs  la preuve puisqu’il
demeure toujours en vigueur .
 
Le contrat est donc un acte juridique constatant la volonté concordante de deux ou
plusieurs personnes en vue de produire des effets juridiques .
Il s’agit donc d’un accord de volonté librement consenti , accepté , volontairement assuré ;
il s’agit d’une convention génératrice d’obligations .

HD ‫ﺗﻔﺮﺝ ﺍﻷﻥ‬
‫ﺃﻓﻼﻡ ﻭﻣﺴﻠﺴﻼﺕ ﺑﺪﻭﻥ ﺣﺪﻭﺩ ﻭﺑﺪﻭﻥ ﺍﺷﻬﺎﺭﺍﺕ ﻓﻲ‬
‫ﺃﻱ ﻭﻗﺖ ﺃﻱ ﻣﻜﺎﻥ‬
Playvod ‫ﻣﻌﺮﻓﺔ ﺍﻟﻤﺰﻳﺪ‬

Le rapport contractuel intervient donc entre plusieurs partenaires appelés les parties ; ol
s’agit du créancier qui est en droit d’exiger de son l’autre partie appelée débiteur une
certaine prestation , une créance .
 
Les sources du contrat :
Avant le protectorat , les relations contractuelles étaient régies par le droit musulman
relevant du rite malékite , les autorités du protectorat se sont empressées de faire
adopter par le souverain Moulay Youssef le DOC du 12 Août 1913 , ce code toujours en
vigueur qui constitue la base de toute la réglementation contractuelle . il s’agit donc d’un
code moderne qui a subi l’influence des textes juridiques étrangers , français , allemand et
suisse .
Souvent , le DOC a reproduit le DOC tunisien du 15 Décembre 1906 parceque les
caractéristique du code tunisien est qu’il concilie les différentes législations européennes
avec le droit musulman et ce dans des conditions telles que ni les étrangers ni les
musulmans ne sont exposés à y rencontrer rien qui soit incompatible avec leurs mœurs
et leurs habitudes respectives .

Après l’indépendance , le DOC initialement applicable aux seuls européens résidants dans
le ressort géographique du protectorat français (zone sud) est étendu à la zone nord et à
la ville de Tanger , qui  étaient régies alors par des textes particuliers .
Le DOC deviendra par la suite le code unique des obligations et contrats pour l’ensemble
du Maroc .

«Dans l’état actuel de nos sociétés et de la division du travail, les échanges de biens et de
services indispensables à la vie individuelle et collective se réalisent par le moyen de
contrats … ».

En tant qu’instrument d’échange entre les hommes, le contrat a connu un développement


rapide et important, parallèlement à la multiplication des biens à échanger.

Par sa souplesse, par la liberté d’action qu’il laisse aux individus, le contrat est apparu aux
tenants du libéralisme comme un instrument idéal, comme le seul procédé possible
d’organisation économique et sociale.

Aussi, très tôt, le contrat sera intégré largement dans la construction politico-économique
et devient de ce fait l’instrument du célèbre « Laisser faire-laisser passer »

La situation économique et sociale de la fin du XIXème siècle a malheureusement montré


les injustices produites par la doctrine du « laisser faire-laisser passer » et les excès «
d’une liberté sauvage «. La différence de puissance économique rend souvent illusoire la
négociation : le plus faible est contraint d’accepter les conditions qui lui sont imposées,
qui ne sont pas justes à son égard. Ainsi s’est répandue la pratique des contrats
d’adhésion dans lesquels une partie ne fait qu’adhérer à une convention pratiquement
préparée par l’autre.

Ce libéralisme total, lié à l’individualisme qui constitue le fondement de toute relation


contractuelle (liberté de contracter ou non, liberté de forme, liberté du contenu) a fait
l’objet de nombreuses critiques qui ont entraîné un déclin sensible du principe de
l’autonomie de la volonté.

Un important mouvement législatif a suivi et dans les domaines les plus divers, nous
avons assisté à la multiplication des lois impératives destinées à protéger la partie la plus
faible.

Ceci a donné naissance à des droits particuliers dérogatoires du droit civil (droit du
travail, droit des assurances, droit bancaire et depuis quelques années droit du
consommateur). Ces droits relativement récents limitent considérablement l’autonomie
de la volonté.
En effet, face aux inégalités engendrées par la liberté contractuelle, l’Etat s’est de plus en
plus arrogé le droit d’intervenir pour limiter ces injustices. Ainsi, le mot cher à Fouillé «
toute justice est contractuelle, qui dit contractuel dit juste » a été remplacé par la formule
célèbre « entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

Rappelons que malgré leur importance, les atteintes étatiques portées à la liberté
contractuelle n’ont jamais remis en cause le principe de la liberté contractuelle et la
majorité des contrats est restée et reste gouvernée par l’idée de liberté.

De même, on constate aujourd’hui un renouveau du phénomène contractuel avec


l’apparition dans la vie des affaires des formules conventionnelles originales telles que le
factoring, le franchising et de nouveaux contrats tels que les contrats informatiques, les
contrats via Internet qui sont régis soit par le droit existant, soit par les clauses telles
qu’elles sont édictées par les parties.

-          INTRODUCTION au droit des contrats marocain 


-          Chapitre I : Importance de la théorie des contrats 
-          CHAPITRE II : CLASSIFICATION DES CONTRATS 
-          ° Contrat nommé – contrat innomé 
-          ° Contrat synallagmatique et contrat unilatéral 
-          ° Contrat à titre onéreux – contrat à titre gratuit 
-          ° Contrat à exécution instantanée – contrat à exécution successive 
-          ° Contrat formel – contrat consensuel- contrat réel 
-          ° Contrat intuitu personae – contrat ordinaire 
-          CHAPITRE III : LA FORMATION DU CONTRAT : 
-          Section 1 Le consentement : 
-          Parag I : L’écrit mode de preuve : 
-          Parag II : le consentement doit être oit libre et éclairé. 
-          A/ L’erreur (articles 40, 41, 42, 43 et 44, 55 et 56 du DOC). 
-          B/ Le dol : (article 52 et 53 du DOC). 
-          C/ La violence (46 –47-48-50-51 du doc) 
-          Section 2 : La capacité juridique (articles 3 –4-5-6-7-8-9-10-11-12-13 du doc) (nouveau code de la famille :
livre IV : arts. 206 à 276). 
-          Parag I : La capacité de jouissance 
-          Parag II : La capacité d’exercice à développer 
-          Section 3 : L’objet (Articles 2, 57, 58 et 61 du DOC). 
-          Section 4 : La cause 
-          CHAPITRE IV : La nullité du contrat 
-          Section 1 :  La nullité relative et la nullité absolue 
-          Section 2 :  L’exécution de bonne foi  
-          Chapitre V : L’EXECUTION DU CONTRAT OU LES EFFETS DU CONTRAT 
-          Section 1 :  La force obligatoire du contrat 
-          Parag I : Le contrat est la loi des parties 
-          Parag II : Le contrat et le juge 
-          Parag III : Le contrat et le législateur. 
-          Section 2 : L’effet relatif des contrats 
-          Parag I : Le principe 
-          A/ Les « ayants cause particuliers des contractants ou à titre particulier 
-          B/ Les créanciers chirographaires  
-          C/ Les ayants –cause à titre universel 
-          D/ Les tiers absolus 
-          Parag II : Les exceptions relatives au principe de la relativité au contrat : 
-          A/ Les contrats collectifs (les conventions collectives) 
-          B/ La représentation 
-          C/ La stipulation pour autrui. 
-          Chapitre VI :  SANCTION DE L’INEXECUTION DU CONTRAT 
-          Titre II : LES CONTRATS ADMINISTRATIFS 
-          A/ L’exécution des contrats administratifs 
-          TITRE III : LES CLAUSES USUELLES ou CLAUSES RELATIVES A LA VENTE 
-          A/ La clause de réserve de propriété ; 
-          B/ Les clauses de garanties 
-          Clause étendant la garantie : 
-          Clause restreignant la garantie : 
-          C/ Clause de variation de prix 
-          C/ Clause de non concurrence 
-          D/ Clause pénale 
-          D/Clause résolutoire : 
-          E/ Compétence et arbitrage 
-          F/Clauses de prorogation-reconduction 
-          Les clauses de prorogation 
-          Les clauses de reconduction 
-          Principe fondamentale du droit des contrats ( l’autonomie de la volonté ) 
-          1)-Classification des contrats : 
-          La nullité , sanction des conditions de validité des contrats . 
-          a)– la nullité absolue  
-          b)- la nullité relative ou rescision 
-          c)- les effets de la nullité des contrats  
-          2)-Les effets du contrat : 
-          A)– Les effets juridiques entre les parties  
-          a)-le contrat s’impose aux parties :
-          b)-le contrat s’impose au juge . 
-          B)- Les effets du contrat à l’égard des tiers : relativité des contrats : 
-          a)- le principe de la relativité des contrats : 

-          b)- Les exceptions au principe de la relativité des contrats . 


-           EXEMPLE CLASSIQUE D’UN TYPE DE CONTRAT : LE CONTRAT DE VENTE
-          A)- Modalités de la vente : 
-          B)- Définition du contrat de vente : 
-          1)-Les conditions générales du contrat de vente : 
-          a)les restrictions légales au consentement du vendeur et de l’acheteur :
-          b)les restrictions conventionnelles : 
-          2)-Les effets du contrat de vente : 
-          a)-le transfert de propriété : 
-          -Les effets à l’égard du vendeur :
-          -Les effets du contrat de vente à l’égard de l’acheteur  
II – LES FAITS JURIDIQUES ( définition parue au livre 104) :  La responsabilité contractuelle :( actes juridiques) 
-          A)-La faute du débiteur  
-          1)-Obligation de résultat :
-          2)-Obligation de moyen :
-          B)-Le dommage subi : 
-          2)-Conditions pour que le préjudice soit réparable  
-          C)-la causalité : 
-          1)-La nécessité d’un lien de causalité : 
-          2)-les causes d’exonération de responsabilité : 

Chapitre I : Importance de la théorie des contrats

La notion de contrat, de pacte, est une notion fondamentale de la vie en société, sans
laquelle les rapports humains seraient inconcevables.

On sait que le « droit naturel » est extrêmement incertain, faute de contenu qui se retrouve
en tout temps et en tous lieux ; s’il est cependant un concept qui présente cette
universalité et cette permanence, qu’aucune société ou groupe humain n’a pu ignorer,
c’est bien celui de la parole donnée « Pacta sunt servanda » : les accords doivent être
respectés.

S’agissant des rapports des membres du groupe social entre eux, cette notion intéresse
fondamentalement le droit civil, entendu au sens large des relations entre sujets de droit
(ce qui inclut le droit des affaires).

Le droit public y est moins sensible, puisqu’il est dominé par un rapport hiérarchique entre
l’état et les sujets de droit. Mais la force de la technique est telle que la puissance
publique y a recours et que les contrats administratifs connaissent un développement
continu.

La théorie des contrats apparaît donc occuper en droit privé une place centrale : sur le
plan pratique parce qu’elle est de très loin la source la plus fréquente d’obligations ; sur le
plan théorique parce que les notions qu’elle met en œuvre ont essaimé dans tous les
domaines y compris ceux où il s’agit d’institutions et non d’accords privés (droit de la
famille par exemple).
On peut dire que la théorie des contrats est au cœur du droit privé et qu’elle en innerve
toutes les disciplines.

Au Maroc le contrat est réglementé par le DOC (Dahir des obligations et contrats), texte
législatif datant de 1913 et qui a été institué par les autorités du protectorat français.
Le DOC comprend deux grandes parties : l’une relative aux obligations en général et
l’autre relative aux différends contrats déterminés et aux quasi-contrats qui s’y attachent
tels que la vente, l’échange, le louage, le dépôt et le séquestre, le mandat, le prêt,
l’association, le contrat aléatoire, la transaction, le cautionnement, le nantissement et les
différents espèces de créanciers.

Mais les contrats sont aussi régis par le code de Commerce tel qu’il fût modifié par le DH
n°1-96-8-83 du 1er Août 1992. Il s’agit particulièrement des contrats commerciaux : le
nantissement avec dépossession et sans dépossession. Le contrat d’agence
commerciale, (Art. 393 du C.C), le courtage, la commission et le crédit-bail (Art. 431 à
442), le contrat de transport des personnes et des choses (Art.443 à 486), contrats
bancaires (Art. 487 à 528), la cession des créances professionnelles (Art. 529 à 536), le
nantissement des titres (Art. 537 à 544)

Le DOC comme le code de commerce apparaît comme des codes libéraux mettant
l’accent sur la liberté individuelle et sur la volonté humaine.

La théorie classique repose sur le principe de l’autonomie de la volonté, en vertu duquel


les personnes sont libres de créer leur propre loi : le contrat.

Cette théorie prend sa source dans la doctrine libérale de la fin XIXe siècle « laisser faire,
laisser passer »., « Les hommes naissent libres et demeurent libres et égaux en droits »,
théorie rousseauiste du contrat social. Tous les rapports sociaux reposent sur les
volontés individuelles et libres d’individus égaux.

Selon ce point de vue, la liberté d’un individu ne peut être limitée que par sa propre
volonté ; le contrat est supérieur à la loi qui doit se borner à être supplétive à la volonté
des parties.

De ce principe, découlent deux conséquences essentielles :

- La 1ère consiste dans l’affirmation du principe de la liberté contractuelle qui implique la


liberté de conclure ou de modifier un contrat, de choisir son contractant, de déterminer
les conditions et les effets du contrat.
-
En résumé, la volonté est dite autonome, car ce n’est pas la loi qui confère aux contrats
leur caractère obligatoire, mais seule la volonté individuelle est créatrice d’obligations.

- La 2ème est relative au consensualisme (l’obligation naît de la simple rencontre des


volontés, il n’est pas nécessaire de dresser un acte constatant l’accord de volontés. Tout
formalisme est inutile).

Le consensualisme présente des dangers notables. D’abord les parties peuvent avoir mal
apprécié la portée de leur engagement ou s’exposer à une fraude du contractant (contrat
de vente d’immeuble, contrat de mariage). D’autre part, les tiers peuvent ignorer des
contrats qui ne seraient pas sans incidence pour eux (constitution d’hypothèque….). Enfin,
l’intérêt général peut lui même à avoir à souffrir du consensualisme : évasion fiscale
(contrat de donation…), violation des règles impératives (contrat du travail…...).

Pour remédier à ces inconvénients, le législateur impose parfois la rédaction d’un acte.
Mais cet acte n’est pas une simple forme probante, c’est alors une condition de validité
du contrat.

Généralement en matière civile, la loi exige un acte authentique (contrat de mariage,


donation, constitution d’hypothèque…..) alors qu’en matière sociale et commerciale, elle
se contente d’un acte sous-seing privé (conventions collectives, contrat de travail, contrat
d’édition…)

Malgré un développement certain du formalisme, le consensualisme reste la règle. A


défaut de dispositions législatives expresses, tout contrat est consensuel.

Le législateur prend en charge la défense de l’intérêt général en posant des règles qui
encadrent la volonté individuelle, voire en imposant certains contrats.

De nos jours, les contrats ne valent qu’autant qu’ils respectent les dispositions
législatives impératives :

-  Atteinte à la faculté de contracter ou non : il y a des contrats obligatoires (contrat


d’assurance…)
- Atteinte à la faculté de choix du contractant : est restreinte la liberté de choisir son
cocontractant (droit de préemption du propriétaire d’un immeuble) - - Atteinte à la libre
détermination des conditions et effets du contrat (nullité des contrats contraires à l’ordre
public ou aux bonnes mœurs, violation de l’ordre constitutionnel, économique, social ou
moral : trafic d’influence, contrat d’assassinat, contrat de vente de sang humain …etc.).

Le DOC marocain notamment son article 19 stipule : La convention n’est parfaite que par
l’accord des parties sur les éléments essentiels de l’obligation, ainsi que sur toutes les
autres clauses licites que les parties considèrent comme essentielles «

La théorie classique du contrat qui est une conception volontariste et individualiste et


consensualiste a été élaborée en France au cours des XVII et XVIII siècles pour être
consacrée par le code civil (1804) et marocain 1913).

Les exigences de forme qu’on rencontre n’apparaissent que comme des exceptions à ce
principe (la vente d’immeuble art.489, l’échange d’un immeuble art. 620 ; le contrat de
société ayant pour objet un immeuble art.987).

CHAPITRE II : CLASSIFICATION DES CONTRATS

La grande diversité des contrats appelle une mise en ordre qui se réalise au moyen de
regroupements dans des ensembles plus ou moins homogènes. Le code civil français fait
état de certaines classifications dans ses articles 1102 et suivants (contrats
synallagmatiques et contrats unilatéraux, contrats commutatifs et contrats aléatoires,
contrats de bienfaisance et contrats à titre onéreux).
Le DOC se contente de faire allusions indirectes à certaines classifications.

° Contrat nommé – contrat innomé

Les contrats nommés correspondent à une opération définie, dont le régime est fixé par
un texte (contrat de vente, de louage, de dépôt).

Les contrats innomés sont ceux qui n’ont pas été spécialement prévus par le texte
législatif mais les besoins de la vie sociale peuvent susciter l’apparition

Cette catégorie recouvre les contrats sui generis, créés par les parties pour répondre à un
besoin spécifique mais aussi tous les montages et opérations issus de la pratique
professionnelle (contrat d’affacturage).

Pour classer les contrats d’après leur contenu, il faut tenir compte de la réciprocité des
engagements, du but poursuivi par les parties .

° Contrat synallagmatique et contrat unilatéral

Le 1er est celui qui fait naître des obligations à la charge des deux parties qui sont à la
fois débitrice et créancière.

Exemple : Le contrat de vente. Le vendeur doit livrer la marchandise (il est donc débiteur
de la marchandise) et, en contrepartie, il est en droit d’exiger le paiement du prix
correspondant à la marchandise (il est créancier du prix). Réciproquement, l’acheteur doit
payer le prix de la marchandise (il est donc débiteur du prix) et, en contrepartie, il doit
recevoir la marchandise (il est donc créancier de la marchandise.

La plupart des contrats usuels sont des contrats synallagmatiques.

Contrat unilatéral

En revanche, le contrat unilatéral (à ne pas confondre avec l’acte unilatéral), résulte bien
de la volonté des parties, mais il n’engendre d’obligations juridiques qu’à la charge de
l’une des parties.

Exemple : Le contrat de prêt. Le créancier (ici le prêteur) n’a aucune obligation juridique
envers le débiteur. (L’emprunteur). En revanche, celui-ci est tenu de rembourser le prêt,
d’honorer sa dette. Le contrat de prêt est donc un contrat unilatéral dont la mise en ouvre
nécessite la volonté concordante des deux parties, mais il ne fait peser d’obligations
juridiques que sur l’emprunteur (qui doit rembourser la somme d’argent empruntée).

Cette distinction est importante en ce qu’elle permet de déterminer les règles de preuve
applicables (le consentement, le formalisme).

° Contrat à titre onéreux – contrat à titre gratuit


Le contrat à titre onéreux est celui qui assujettit chaque partie à faire ou à donner quelque
chose.

- contrat à titre gratuit

Au contraire, le contrat à titre gratuit ou contrat de bienfaisance ne procure un avantage


qu’à l’une des parties sans que l’autre ne reçoive de contrepartie. (La donation, le mandat
non salarié).

Là encore la distinction est utile car les contrats à titre gratuit, en raison des dangers
qu’ils représentent, sont soumis à des règles spéciales.

- contrat commutatif – contrat aléatoire (articles 1092-1O97)

Le contrat commutatif est un contrat à titre onéreux par lequel les parties s’engagent
réciproquement à fournir à l’autre partie une contrepartie déterminée et équivalente (le
contrat de vente et le contrat de louage.)

Le contrat aléatoire est un contrat synallagmatique dans lequel les parties ne connaissent
pas la valeur exacte que revêt la prestation.

Cette prestation ne sera déterminée qu’au jour de la survenance d’un événement qui est
incertain au moment de la conclusion du contrat (jeu, assurance, rente viagère).

Le principal intérêt de cette distinction apparaît à propos de la théorie de la lésion. Seul le


contrat commutatif est susceptible d’être rescindé pour lésion car on estime que dans les
contrats aléatoires les parties ont accepté de courir un risque..

° Contrat à exécution instantanée – contrat à exécution successive

Le contrat à exécution instantanée donne naissance à des obligations qui s’exécutent en


une seule fois, il cesse de produire effet dès l’exécution des prestations.

Le contrat à exécution successive s’échelonne dans le temps


Sa spécificité réside dans le fait que son annulation n’a pas d’effet rétroactif.

° Contrat formel – contrat consensuel- contrat réel

Les contrats formels sont ceux dans la validité est subordonnés à l’accomplissement de
certaines formalités.

Les contrats consensuels, au contraire, sont valables du seul fait de l’échange de volonté.

Les contrats réels sont ceux qui nécessitent pour leur validité et leur création un accord
de volonté et la remise de la chose (le contrat de prêt).

° Contrat intuitu personae – contrat ordinaire


Leur différence tient à l’importance que prend la personnalité du contractant- qualités
spécifiques, honnêteté…dans la décision de conclure le contrat avec lui plutôt qu’avec un
autre. Si c’est une importance essentielle, le contrat, le contrat est intuitu- personae, c'est-
à-dire conclu en considération de la personne (cas de la donation, du contrat de travail, ou
encore du prêt).

CHAPITRE III : LA FORMATION DU CONTRAT :

Si la liberté de contracter confère au contrat une grande souplesse en limitant le contrôle


de l’autorité publique, il est cependant nécessaire que certaines conditions minimales
soient réunies pour que l’accord des volontés prenne place dans l’ordre juridique étatique.
Le contrat a un caractère obligatoire qui lui donne « force de loi ».

Ainsi quatre conditions essentielles sont nécessaires à la validité du contrat : le


consentement, la capacité, un objet certain et une cause licite.

En effet, l’article 2 du DOC énonce que « les éléments nécessaires pour la validité des
obligations qui dérivent d’une déclaration de volonté sont :

-1° La capacité de s’obliger,

-2° Une déclaration valable de volonté portant sur les éléments essentiels de l’obligation

-3° Un objet certain pouvant former objet d’obligation

–4° Une cause licite de s’obliger.

Section 1 Le consentement :

En principe le contrat se forme par un simple échange des volontés, c’est la rencontre
simultanée d’une offre et d’une acceptation. ce qui fait dire que le consensualisme est la
règle et le formalisme est l’exception.

- L’offre doit indiquer la volonté de son auteur d’être lié en cas d’acceptation. Si aucun
délai n’a été fixé, elle peut être retirée tant qu’elle n’a pas été acceptée, sous réserve de
respecter un délai raisonnable dont la durée est souverainement appréciée par les juges
du fonds.

- L’acceptation doit être pure et simple. Si tel n’est pas le cas, elle sera qualifiée de contre-
proposition. Pour être valable, l’acceptation doit être expresse. Toutefois, dérogeant au
principe en vertu duquel le silence ne vaut pas acceptation, la jurisprudence admet,
notamment, que s’il existe des relations d’affaires suivies entre deux commerçants , le
silence peut être source d’obligations.

De même, le silence vaut acceptation si les parties appartiennent à un même milieu


professionnel où il est d’usage que le contrat se forme de cette manière.
Même dans les cas où le consentement peut s’exprimer librement, on voit mal en pratique
comment l’on pourrait se passer d’un écrit pour les contrats d’une certaine importance. Il
faut en effet pouvoir se constituer une preuve de l’étendue des droits et obligations de
chacune des parties au cas où l’une d’entre elles tenterait de revenir sur ce quoi elle s’est
obligée. Le code des obligations et contrats impose l’écrit pour tout acte dans la valeur
dépasse 250 DH.

Le législateur exige dans de nombreux cas qu’un acte soit passé par écrit , à peine de
nullité du contrat. Dans ces hypothèses, l’écrit est requis non plus pour la preuve mais
pour la validité du contrat. (Ex. : contrat de vente d’un bien immobilier ou de location
gérance ou de nantissement d’un fonds de commerce et cession de brevets)

Mais de plus en plus le formalisme tend à se développer car ses fonctions se diversifient :
il peut être imposé à peine de nullité du contrat, il peut avoir pour finalité d’instruire les
contractants de leurs droits et obligations. Il peut aussi avoir une fonction probante.

Le formalisme se traduit le plus souvent par un écrit (sous-seing privé ou notarié) ou par
la remise de la chose (contrat réel).

Parfois le législateur impose comme conditions de validité et de preuves que des


mentions soient apposées dans le corps de l’acte. C’est notamment le cas en matière de
cautionnement

De même, la loi peut exiger des formes particulières de rédaction. Ainsi, la clause
attributive de juridiction doit-elle apparaître de manière nette dans le contrat.

Mais dans la majorité des cas l’écrit est exigé, non pour la validité du contrat mais pour
une question de preuve. :

Parag I : L’écrit mode de preuve :

le principe est que la preuve des actes juridiques se fait par écrit. Cette règle est posée
par le DOC, dés que la valeur excède 250 DH. Si celui-ci n’a pas été dressé, il ne sera pas
possible de rapporter la preuve par présomption ou par témoignage.

Si l’écrit est sous-seing privé et que son origine n’est pas contestée, il fait foi de son
contenu et de sa date jusqu’à preuve du contraire. Cette preuve contraire doit être
rapportée par écrit.

Toutefois, à l’égard des tiers, la date n’est pas opposable que si elle est certaine
(enregistrement).

Si l’acte sous-seing privé contient une convention synallagmatique, il ne sera valable que
s’il a été fait en autant d’exemplaires signés qu’il y a de parties au contrat ayant un intérêt
distinct.

A défaut de respecter cette règle, l’écrit sera dépourvu de toute force probante

Dans tous les cas où la preuve écrite est exigée, elle peut être remplacée par un mode de
preuve qui lie le juge (l’aveu judiciaire, le serment décisoire);En matière commerciale, pour
les actes de commerce passés entre commerçants, la preuve se fait par tous moyens. Si
l’acte est mixte, la preuve est libre contre le commerçant et littérale contre le non-
commerçant.

Le consentement du contractant doit être protégé car le contrat entraîne des


conséquences importantes pour les contractants.

Parag II : le consentement doit être oit libre et éclairé.

Ces exigences relatives à la qualité du consentement ont donné lieu à un dispositif de


protection connu sous le nom de la « théorie des vices du consentement » qui sous
réserve de quelques aménagements se retrouve dans le DOC (articles 39 à 56).

L’article 39 du DOC déclare : « Est annulable le consentement donné par erreur, surpris
par dol ou extorqué par violence ». De son coté l’article 54 précise que « les motifs de
rescision fondés sur l’état de maladie et autres cas analogues sont abandonnés à
l’appréciation du juge ».

L’erreur, le dol, la violence, la maladie et les cas analogues peuvent quand elles sont
constatées provoquer l’annulation du contrat.

A/ L’erreur (articles 40, 41, 42, 43 et 44, 55 et 56 du DOC).

L’erreur consiste dans une fausse représentation de la réalité qui a conduit une personne
à contracter et qui ne l’aurait pas fait si elle avait connu la réalité.

Le Droit distingue deux types d’erreur susceptible d’entraîner la nullité du contrat :

❑ l’erreur sur la substance


❑ l’erreur sur la personne.

La doctrine et la jurisprudence quant à elles distinguent 3 types d’erreur :

➢ L’erreur obstacle qui empêche la rencontre des volontés.

Le contrat repose sur un quiproquo. L’erreur peut porter sur la nature du contrat (une
personne pensait conclure un contrat de location, alors que l’autre pensait vendre le bien).
Ou encore sur son objet (une personne pensait acquérir un immeuble alors que l’autre
vendait des parts sociales) Ce type d’erreur est souvent sanctionné par la nullité absolue
du contrat.

➢ L’erreur vice du consentement qui porte sur la substance, soit sur la personne : L’erreur
de la substance doit porter sur une qualité qui a eu une influence déterminante sur le
consentement (qualité de l’objet lui-même, soit l’aptitude de l’objet à réaliser le but
poursuivi).

Il n’est pas nécessaire que l’erreur soit commune aux deux parties, l’erreur d’une partie
suffit.
Quant à l’erreur portant sur la personne, il faut que la considération de la personne ait été
déterminante dans la formation du contrat (contrat intuitu personae). . L’erreur doit porter
sur une qualité de la personne qui a déterminé le consentement.

➢ L’erreur indifférente qui ne remet pas en cause la validité du contrat , soit parce qu’elle
ne porte pas sur une qualité substantielle du contrat , soit parce qu’elle porte sur la valeur
ou encore soit parce qu’elle porte sur les motifs qui ont amené les parties à contracter.
Exemple : Achat d’une maison parce que l’on a cru par erreur hériter une certaine fortune.

B/ Le dol : (article 52 et 53 du DOC).

« Le dol donne ouverture à la rescision lorsque les manœuvres ou les réticences sont de
telle nature que, sans ces manœuvres ou ces réticences, l’autre partie n’aurait pas
contracté ».

On entend par dol des manœuvres frauduleuses (exemple : déclarations mensongères,


ruses tendant à induire une personne en vue de la déterminer à contracter).

Aux termes de l’article 52 du DOC

« Le dol ne se présume pas, il doit être prouvé. »

Le dol est en fait une erreur provoquée. Le contractant par des manœuvres, provoque une
erreur chez son partenaire qui détermine ce dernier à contracter.

Pour que le dol soit constitué, il faut :

➢ Une tromperie, ce qui implique une véritable intention d’induire le contractant en erreur.
Il peut s’agir d’un mensonge mais également d’une simple réticence ; on parle de
réticence dolosive.
➢ Que cette tromperie ait provoqué l’erreur. (même une erreur minime)
➢ Que la tromperie émane d’un contractant.

La victime doit intenter une action en nullité relative dans l’année de la découverte du dol.
L’auteur du dol peut être condamné à payer des dommages-intérêts, car le dol est
considéré comme un délit civil.

C/ La violence (46 –47-48-50-51 du doc)

La violence porte atteinte à la liberté du consentement. La victime de la violence est


parfaitement consciente des inconvénients du contrat qui lui est imposé, mais elle donne
son consentement pour échapper au danger qui la menace.

Selon l’article 46 du DOC :

« La violence est la contrainte...moyennant laquelle on amène une personne à accomplir


un acte qu’elle n’a pas consenti ». Dans la majorité des cas, il s’agit de la violence morale.
Pour entraîner l’annulation du contrat, la violence, qu’elle soit directe ou indirecte, doit
avoir déterminer le consentement. Elle doit être injuste et illégitime.La violence, peut
émaner soit d’un contractant, soit d’un tiers.

La nullité du contrat peut être demandée par la victime, dans l’année à compter du jour où
la violence a cessé.

En France, le législateur, plutôt que d’annuler le contrat pour vices du consentement a mis
au point des techniques à caractère préventif qui sont fondées sur l’information et sur la
réflexion des contractants. Il s’agit de « l’obligation d’information « qui doit être générale
et spéciale.

Le contractant qui détient une information pertinente doit la communiquer à son


partenaire.

L’information pertinente est toute information susceptible de modifier le comportement


du contractant. (Exemple : le professionnel doit mettre le consommateur en mesure de
connaître les caractéristiques du bien).

En France, le code du consommateur impose aux professionnels d’informer les


consommateurs par voie de marquage, d’étiquetage et d’affichage ou par tout autre
procédé approprié sur les prix, les limitations éventuelles de responsabilité contractuelles
et les conditions éventuelles de la vente.

Parfois le législateur, impose dans les rapports consommateur professionnel, la rédaction


d’un écrit comportant des mentions informant le consommateur sur la composition du
produit, la date de consommation …etc

Dans certains cas, le législateur, a prévu pour certains contractants un délai impératif de «
réflexion » qui permet au destinataire de l’offre de réfléchir à la portée de son engagement
(possibilité de rétractation, en général, elle est de 7 jours). Le contractant doit être
informé de cette faculté de rétractation par les termes du contrat.

Section 2 : La capacité juridique (articles 3 –4-5-6-7-8-9-10-11-12-13 du


doc) (nouveau code de la famille : livre IV : arts. 206 à 276).

Au Maroc, l’incapacité est régie par le nouveau code de la famille (Loi n°70-03 portant
code de la famille.

La capacité peut être définie comme l’aptitude d’une personne à acquérir des droits et à
les exercer.

Il y a deux sortes de capacités : la capacité de jouissance et la capacité d’exercice


(art.206 nouveau code de la famille)

Parag I : La capacité de jouissance


C’est la faculté qu’a la personne d’acquérir des droits et d’assumer des obligations tels
que fixés par la loi. Cette capacité est attachée à la personne durant toute sa vie et ne
peut lui être enlevée (art.207 du n.c. de la famille).

Parag II : La capacité d’exercice à développer

Section 3 : L’objet (Articles 2, 57, 58 et 61 du DOC).

L’objet peut être défini comme ce à quoi le débiteur est tenu envers le créancier exemple :
transférer la propriété d’un bien, verser un prix, effectuer un travail, s’abstenir d’accomplir
un acte.

Pour être valable :

➢ L’objet doit être licite. L’article 57 du DOC énonce que seuls « les choses, les faits et les
droits incorporels qui sont dans le commerce peuvent...former objet d’obligation..... »

➢ La prestation doit être possible, la chose doit exister au jour de la conclusion du


contrat. Il est possible que l’objet du contrat soit une chose future, comme par exemple
les contrats de vente d’immeuble à construire.

➢ La chose doit être déterminée ou déterminable.

S’il s’agit d’un corps certain sa détermination ne pose pas de problème. En revanche s’il
s’agit d’une chose de genre, il faut que l’espèce soit déterminée que sa quotité soit au
moins déterminable. Le contrat peut être annulé pour indétermination du prix. Sauf si les
parties conviennent d’une méthode de détermination du prix.

➢ Le prix doit être juste sous peine de voir le contrat rescindé pour lésion.

Dans la plupart des cas l’objet de l’obligation consiste dans le paiement d’une somme
d’argent.

Section 4 : La cause

Le DOC subordonne la validité du contrat à l’existence d’une cause licite de l’obligation.


Quant à l’existence de la cause, la notion varie en fonction de la nature de l’acte
.
Dans les contrats synallagmatiques, la cause de l’obligation de chaque partie réside dans
l’obligation de l’autre.
L’obligation sans cause ou fondée sur une fausse cause est nulle.

L’article 6 du DOC dispose « que toute obligation est présumée avoir une cause certaine
et licite » et l’article 64 ajoute que » lorsque la cause est exprimée, elle est présumée vraie
jusqu’à preuve du contraire. »
Il ne s’agit là que de présomptions simples qui peuvent donc tomber devant la preuve
contraire.
Selon l’article 449 du DOC « Les présomptions sont des indices au moyen desquels la loi
ou le juge établit l’existence de certains faits inconnus ».

Il existe des présomptions établies par la loi ou présomptions légales et des


présomptions simples qui sont remises à la prudence du juge. « Nulle preuve n’est
admise contre la présomption de la loi »(voir document contrat public contrat privé)

CHAPITRE IV : La nullité du contrat

Section 1 :  La nullité relative et la nullité absolue

La nullité d’un acte est la sanction de la violation des règles édictées par la loi quand à,
cet acte. Cette sanction consiste dans la suppression de l’acte. Mais selon l’importance
de la règle violée, la sanction sera plus ou moins brutale, l’anéantissement de l’acte plus
ou moins complet.

L’effet fondamental de la nullité est de faire disparaître rétroactivement le contrat.

Dans le cas d’une vente par exemple, l’acquéreur restituera la chose et le vendeur
restituera le prix.

Ce principe comporte d’importantes exceptions

Certaines prestations ne pouvant être restituées, l’annulation ne vaudra que pour l’avenir

Exemple : Si un contrat de bail est annulé, on ne peut effacer rétroactivement la durée de


jouissance du local dont le preneur a déjà bénéficié

On distingue la nullité relative et la nullité absolue

- la nullité relative est une nullité de protection (incapables, vices du consentement).


Si le contrat annulé transférait la propriété d’une chose, qui a été ensuite transmise à un
sous-acquéreur, ce dernier se trouve en principe dispensé de la restitution sur la base des
dispositions législatives : « En fait de biens meubles , la possession (de bonne foi ) vaut
titre (de propriété) »

- la nullité absolue dans l’hypothèse des conventions contraires à l’ordre public ou aux
bonnes mœurs. C’est donc une sanction d’une règle d’ordre public.

Lorsqu’un contrat est annulé comme illicite ou immoral, l’action en restitution peut se
heurter à une fin de non-recevoir tirée de l’adage « nul ne peut se prévaloir de sa propre
immoralité »

S’agissant de contrats à durée indéterminée : le principe est la possibilité de se dégager


unilatéralement (sinon, il s’agirait d’un engagement perpétuel, ce qui est prohibé).
Cependant, la rupture ne doit pas être abusive ; un certain préavis doit être respecté.

Pour le contrat de travail à durée indéterminée, l’employeur doit se fonder sur une cause
réelle et sérieuse pour licencier le salarié qui, dans le cas contraire, percevra des
dommages intérêts

Section 2 :  L’exécution de bonne foi 

L’article 231 du DOC stipule que « Tout engagement doit être exécuté de bonne foi et
oblige non seulement à ce qui y est exprimé, mais encore à toutes les suites que la loi,
l’usage ou l’équité donnent à l’obligation d’après sa nature »

Cette notion est de plus en plus souvent évoquée par le juge, dans un meilleur but d’équité
contractuelle.

La bonne foi recouvre plusieurs notions : le devoir de loyauté d’une part, le devoir de
coopération d’autre part.
La jurisprudence sanctionne ce manque de loyauté et plus encore si le débiteur de
l’obligation est un professionnel. (Le médecin doit informer des risques encourus avant
un traitement, le banquier envers son client ou une caution.)
De plus le créancier ne doit rien faire qui rendrait l’exécution de l’obligation plus coûteuse
ou plus difficile pour le débiteur.
Il faut que le contractant facilite l’exécution du contrat et prenne toutes les mesures
édictées par les usages et la bonne foi pour arriver au but.
Les professionnels notamment doivent conseiller leurs clients sur une situation
d’ensemble :

Exemple : un garagiste doit attirer l’attention d’un client sur la disproportion des frais à
engager pour réparer une voiture, par rapport à sa valeur vénale.
Le législateur ne prévoit pas la possibilité de révision du contrat en cas de changement
imprévu des circonstances (théorie de l’imprévision) sauf cas exceptionnels. (

Chapitre V : L’EXECUTION DU CONTRAT OU LES EFFETS DU CONTRAT

Section 1 :  La force obligatoire du contrat

Parag I : Le contrat est la loi des parties

Le contrat légalement formé s’impose aux parties et doit être exécuté de bonne foi, il ne
peut être révoqué unilatéralement, ni en principe être modifié même en cas de
changement imprévu des circonstances.

L’article 230 du DOC stipule « Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à
ceux qui les ont et ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel ou dans
les cas prévus par la loi ».

Par conventions légalement formées, il faut entendre celles qui ne peuvent être frappées
de nullité par suite de l’existence d’un vice de volonté (erreur, dol, violence, lésion), par
suite d’un défaut de capacité, d’une absence d’objet ou d’un objet contraire à l’ordre public
et aux bonnes mœurs.

Si elles sont légalement formées, elles sont obligatoires entre parties : celles-ci, ayant
librement contracté et apprécié les conséquences de leur acte, doivent s’y tenir.

Parag II : Le contrat et le juge

Le contrat s’impose au juge. Ainsi, quand les clauses du contrat sont claires et précises,
le juge doit respecter la volonté des parties. Mais si certaines clauses sont mal rédigées
et apparaissent à l’évidence équivoques, confuses ou contradictoires, ou qu’elles
paraissent au juge comme contraires « au but poursuivi » par les contractants, dans ce
cas la clause est jugée non « claire et précise » et le juge peut l’interpréter.

Parag III : Le contrat et le législateur.

Quand il s’agit d’une nouvelle loi, législateur, en principe, respecte la force obligatoire du
contrat, la stabilité des situations contractuelles est souhaitable.

Seules les lois d’ordre public écartent la survie de la loi ancienne dans les contrats.

Cependant le législateur impose de plus en plus des règles impératives aux contractants ;
certains juristes soulignent l’interventionnisme de plus en plus accentué du législateur,
qui, généralement dans le but de protéger le plus faible, s’oppose à l’autonomie de la
volonté

L’action du législateur intervient essentiellement sur la durée du contrat, (il décide la


prolongation ou en permet le raccourcissement), sur le montant des prestations). Les
contrats concernés sont en particulier : le contrat de travail, le contrat de bail, le contrat
de cré

- la résolution pour inexécution (pour ce qui est des contrats synallagmatiques). Si l’une
des parties a déjà exécuté son obligation, l’exception d’inexécution n’est plus d’aucun
secours, la résolution du contrat sera alors la seule voie pour revenir sur l’exécution déjà
réalisée.

- la résiliation, dans certains contrats à exécution successive à durée déterminée


lorsqu’ils ont été conclus intuitus personae,. quand il s’agit aussi de contrats à durée
indéterminée,

- la suspension ou la résiliation pour cas fortuit ou force majeur,

- la rescision pour lésion (art. 55 et 56 « est réputée lésion toute différence au-delà du 1/3
entre le prix porté au contrat et la valeur effective de la chose ». La lésion ne vicie la
convention que dans certains contrats où à l’égard de certaines personnes (les
incapables ou le contrat de vente d’immeuble).
La lésion peut être définie comme le préjudice subi par une partie au contrat, résultant
d’une disproportion entre les prestations dès l’origine du contrat.

« La lésion ne donne pas lieu à la rescision, à moins qu’elle ne soit causée par le dol de
l’autre partie ou de celui qui la représente ou qui a traité pour elle, et sauf l’exception ci-
après » (article 55 du DOC)

« La lésion donne ouverture à la rescision, lorsque la partie lésée est un mineur ou un


incapable, alors même qu’il aurait contracté avec l’assistance de son tuteur ou conseil
judiciaire dans les formes déterminées par la loi, et bien qu’il n’y ait pas dol de l’autre
partie. Est réputée lésion toute différence au-delà du tiers entre le prix porté au contrat et
la valeur effective de la chose ».

en cas de donation avec la possibilité pour le bénéficiaire d’une donation de demander en


justice la révision des charges).

Même situation dans le cas du contrat à exécution successive, c’est-à-dire un contrat qui
s’inscrit dans le temps et qui est exposé aux aléas du futur.

Nombreux sont en effet, les événements imprévus, extérieurs aux parties qui risquent de
modifier les prévisions initiales et contrarier l’exécution du contrat.

Certains de ces événements vont jusqu’à provoquer une impossibilité d’exécuter. Est
alors sollicitée la théorie de la force majeure pour régler tant le sort du contrat que la
responsabilité civile contractuelle.

D’autres circonstances ont un effet moins radical, elles rendent l’exécution du contrat
beaucoup plus difficile, beaucoup plus onéreuse sans que l’on constate pour autant une
impossibilité d’exécution.

Qu’advient-il dès lors du contrat ?

Le contractant défavorisé peut-il obtenir une révision du contrat ? Voir une destruction de
ce contrat ?

Au Maroc, comme en France, les rédacteurs du code civil et du DOC, n’ont pas pris en
compte le phénomène de l’imprévision qui n’est autre qu’une question d’ordre
économique et financier qui se traduit par un déséquilibre important entre les prestations
réciproques (exemple : cas de dépréciation monétaire).
Une célèbre jurisprudence française annonce son hostilité à la théorie de l’imprévision de
la manière suivante :

« Dans aucun cas, il n’appartient aux tribunaux , quelque équitable que puisse leur paraître
leur décision, de prendre en considération le temps et les circonstances pou modifier les
conventions des parties et substituer des clauses nouvelles à celles qui ont été librement
acceptées par les parties » (Cass. Civ. 6 Mars 1876, affaire Canal De Craponne).

Pour remédier à cette situation, les contractants ont la possibilité de prévoir des clauses
d’adaptation automatique dont le meilleur exemple est la clause d’indexation, ou prévoir
des clauses de révision et plus particulièrement de renégociation telle que la clause de
hardship comme en matière des contrats internationaux.

Cette clause qu’on traduit parfois par clause d’imprévision met à la charge des
contractants une obligation de renégocier tout ou une partie du contrat afin de maintenir
l’équilibre contractuel initial. Si les parties n’ont prévue aucune stipulation relative à
l’imprévision ; en l’absence de renégociation spontanée, le contrat devra être exécuté
même s’il est déséquilibré.

Section 2 : L’effet relatif des contrats

Parag I : Le principe

Le principe de l’effet relatif du contrat signifie que le contrat ne peut engendrer


d’obligation qu’au profit ou à la charge des parties contractantes ainsi entendues : celles-
ci n’ont pas le pouvoir de faire naître par, par le seul effet de leur volonté, une obligation
sur la tête d’un tiers
Selon les dispositions de l’article 228 du DOC « Les obligations n’engagent que ceux qui
ont été partie à l’acte : elles ne nuisent point au tiers et elles ne leur profitent que dans les
cas exprimés par la loi »
Le DOC pose ainsi le principe de la relativité des contrats, c’est-à-dire que ce qui a été fait
entre certaines personnes ne peut nuire ni profiter à d’autres. Il faut lire cette règle avec
un certain nombre de précautions car il existe d’importantes exceptions.
Ce principe connaît quelques exceptions : les tiers tout à fait étrangers au contrat ou tiers
absolus, les tiers qui deviennent parties et les ayants-cause (à titre universel et à titre
particulier).
Le terme tiers s’oppose à celui « de parties », de « contractants ».
On peut définir les tiers au contrat en disant : ce sont tous ceux qui ne sont pas les
contractants. Les tiers peuvent être :

- A/ Les « ayants cause particuliers des contractants ou à titre particulier

Ce sont ceux qui tiennent un bien ou un droit déterminé de l’une des parties
contractantes. C’est le cas d’un acheteur, d’un donataire, d’un légataire particulier. On
appelle « ayant cause particulier » ou « à titre particulier » celui qui a acquis un bien ou
droit déterminé. (Acheteur, donataire, un légataire particulier)
Le principe est celui de l’intransmissibilité. Les ayants cause à titre particulier ne sont
concernés ni par les dettes ni par les créances nées dans des contrats passés par leur
auteur.
Exemple ; l’acquéreur d’un fonds de commerce n’est pas tenu des dettes du cédant,
même relatives à l’exploitation du fonds ; cependant :
Dans certains cas précis, le contrat passé par l’auteur peut engager l’ayant cause à titre
particulier :

Exemples :
Le contrat de bail : si le propriétaire décède ou vend l’appartement, le contrat est
opposable aux héritiers ou à l’acheteur.
Le contrat de travail : l’acquéreur d’un fonds de commerce ou d’une entreprise est tenu de
respecter tous les contrats de travail passés par son prédécesseur.
Le contrat d’assurance, si la chose est transférée, l’assurance continue de plein droit.
B/ Les créanciers chirographaires sont des tiers à l’endroit de toutes les
conventions passées par leur débiteur. Cependant, ils ont un droit de gage général sur le
patrimoine de leur débiteur. Ils restent néanmoins extrêmement intéressés par toutes
conventions qui sont susceptibles d’altérer la consistance du patrimoine de leur débiteur
(action oblique, action paulienne). Ces deux actions n’ont pour effet que de permettre au
créancier chirographaire, tiers à l’endroit de la convention passée par son débiteur, objet
de son droit de gage général de préserver ce patrimoine.
La loi reconnaît au créancier privilégié l’action directe qui lui permet de se saisir du
contrat et spécialement de la créance conclue par son débiteur pour obtenir paiement du
contractant de celui-ci. (L’action des ouvriers du bâtiment contre le maître de l’ouvrage.

C/ Les ayants –cause à titre universel

Les ayant cause à titre universel ou universel sont les personnes qui recueillant la totalité
ou une partie du patrimoine Selon l’article 229 du DOC :

« Les obligations ont effet, non seulement entre les parties, mais aussi entre leurs
héritiers ou ayant cause, à moins que le contraire ne soit exprimé ou ne résulte de la
nature de l’obligation ou de la loi. Les héritiers ne sont tenus toutefois que jusqu’à
concurrence des forces héréditaires et proportionnellement à l’émolument de chacun
d’eux. Lorsque les héritiers refusent d’accepter la succession, ils ne peuvent y être
contraints et ils ne sont nullement tenus des dettes héréditaires : les créanciers ne
peuvent, dans ce cas, que poursuivre leurs droits contre la succession ». Pour plus de
précisions, voir le nouveau code de la famille Titre IX de la liquidation de la succession :
arts. 373 à 395).

D/ Les tiers absolus

Mais on parle aussi de tiers « absolus « ou pénitus extranei. Ils sont ceux qui n’ont aucun
rapport juridique avec l’un ou l’autre des contractants.
.
Le principe de la relativité du contrat apparaît à travers les dispositions de l’article 228
cité plus haut, il signifie que les contrats n’engagent que les parties qui les ont
volontairement acceptées, les tiers c’est-à-dire les personnes étrangères à ces rapports
contractuels, ne sont pas, en principe, concernés par cette situation juridique.

Toutefois, les tiers ne peuvent ignorer les situations objectives, crées par le contrat. On dit
que le contrat est opposable aux tiers. (Principe de l’opposabilité du contrat aux tiers).
Vis à vis des tiers, le contrat est un fait social, les tiers doivent le respecter et accepter de
tenir compte des effets qu’il produit entre les parties. Les tiers sont en droit de se
prévaloir de cette même situation, c’est-à-dire de l’invoquer à leur profit

Cette opposabilité est subordonnée des fois à un acte de publicité destiné à informer les
tiers de l’existence de cette situation juridique objective. (Exemple en cas de vente d’un
fonds de commerce).
De même, les tiers doivent s’abstenir de tout comportement susceptible de porter atteinte
à une situation juridique objective :
Exemple : le contrat de travail conclu entre un employeur et le salarié , le tiers (employeur
concurrent) ne doit pas entrer en contact avec le salarié pour tenter de le débaucher et de
le faire travailler pour son propre compte, sous peine d’être exposé à des sanctions.
Les tiers complètement étrangers au contrat peuvent s’appuyer sur ce contrat pour en
tirer les conséquences juridiques.
Exemple : le conjoint et les enfants d’un passager victime d’un accident de transport
peuvent invoquer l’existence du contrat de transport pour engager la responsabilité du
transporteur et demander des dommages intérêts

Parag II : Les exceptions relatives au principe de la relativité au contrat :

Des cas peuvent se présenter où le contrat produit des effets obligatoires à l’égard des
tiers. Il s’agit essentiellement des contrats collectifs et de la stipulation pour autrui.

A/ Les contrats collectifs (les conventions collectives)

Il s’agit d’un contrat passé entre d’une part un ou plusieurs syndicats de salariés et un ou
plusieurs employeurs en vue de régler des problèmes liés au travail : salaires, congés etc.
Ces accords produisent des effets à l’égard des salariés comme s’ils les avaient
personnellement signés.

B/ La représentation

La représentation peut être définie comme le mécanisme par lequel une personne (le
représentant) accomplit un acte juridique pour le compte d’une autre personne (le
représenté) de sorte que les droits et obligations découlant de l’acte se fixent sur la
personne du représenté. (Représentation légale et représentation contractuelle, la
déclaration de command et la commission…).

C/ La stipulation pour autrui.

C’est l’opération par laquelle le stipulant demande au promettant de s’engager au profit


d’un tiers, le bénéficiaire.

L’article 33 du DOC pose la règle suivante ; « Nul ne peut engager autrui, ni stipuler pour
lui ..... ». Mais l’article 34 autorise la stipulation pour autrui :

« Néanmoins, on peut stipuler au profit d’un tiers, même indéterminé, lors..... que telle est
la cause d’une convention à titre onéreux que l’on fait soi-même ou d’une libéralité qu’on
fait au promettant».
Exemple : « l’Assurance vie » d’un emprunteur en faveur de l’organisme de crédit ; «
l’Assurance passagers au profit des personnes que l’on transporte gratuitement « ;
l’Assurance individuelle accidents de travail » que les chefs d’entreprise peuvent souscrire
a profit de leurs employés pour compléter les prestations de sécurité sociale.
Ainsi définie, la stipulation pour autrui peut soit réaliser une donation indirecte (assurance
vie au profit de la famille), soit éteindre une dette vis-à-vis du tiers bénéficiaire (assurance
vie au profit d’un prêteur d’argent.).

Cette notion se trouve encore à la base de « l’assurance pour le compte de qui il


appartiendra » (une marchandise est assurée par son propriétaire au profit des
acquéreurs successifs pour la durée de transport). Cette notion se trouve à la base de la
donation avec charge (le donateur impose au donataire d’assurer au profit d’un tiers , les
charges de la donation versement d’une somme , subvenir aux besoins du tiers
bénéficiaire...).

Exemple : À supposer qu’un commerçant assuré sur la vie soit mis en liquidation
judiciaire, puis décède, le tiers bénéficiaire percevra le capital sans avoir à redouter les
poursuites des créanciers du défunt. A moins que le contrat d’assurance n’apparaisse
comme une fraude à leur égard… mais ce qui restera à démontrer.
D’une manière plus générale, une stipulation pour autrui peut se greffer sur quantité de
contrats et on a même vu la jurisprudence « découvrir » dans certains cas des
stipulations pour autrui tacites. Exemple :
Stipulation du voyageur en faveur de ses héritiers ; (obligation de sécurité résultant du
contrat de transport).
Assurance vie d’un emprunteur en faveur de l’organisme de crédit, assurance individuelle
accidents de travail que les chefs d’entreprise peuvent souscrire au profit de leurs
employés.
Bilatéral dans sa formation (assureur/ assuré), le contrat de stipulation pour autrui
devient triangulaire quant à ses effets (stipulant, promettant et bénéficiaire). Celui-ci doit
être déterminé ou moins déterminable).
En effet, la stipulation pour autrui produit ses effets :

- Entre le stipulant et le promettant, chacun doit exécuter ses obligations,

- Entre le promettant et le bénéficiaire. Celui-ci a un « droit direct « à l’encontre du


promettant qui lui est acquis dès la stipulation. Ainsi en matière d’assurance vie, le capital
sera versé directement au bénéficiaire sans transiter par le patrimoine de l’assuré.

Exemples : A supposer qu’un commerçant assuré sur la vie soit mis en liquidation
judiciaire, puis décède, le tiers bénéficiaire percevra le capital sans avoir à redouter les
poursuites du créancier du défunt, à moins que le contrat d’assurance n’apparaisse
comme une fraude à leur égard……mais ce qui restera à démontrer.

- Entre le stipulant et le bénéficiaire.

La stipulation pour autrui si elle n’est pas acceptée, reste révocable. Si le bénéficiaire l’a
acceptée, le stipulant ne pourra plus la révoquer.

Chapitre VI :  SANCTION DE L’INEXECUTION DU CONTRAT

Il va de soi que Celui qui n’exécute pas les obligations mises à sa charge par le contrat
engage sa responsabilité contractuelle.
La mise en jeu de la responsabilité contractuelle du débiteur suppose la réunion de trois
conditions
: Une faute contractuelle
Un dommage
Un lien de causalité entre la faute et le dommage.

La faute consiste dans une inexécution du contrat qui peut être totale ou partielle.
Il appartient au créancier de rapporter la preuve de l’inexécution.
Si l’obligation inexécutée est une obligation de moyen, le créancier devra rapporter la
preuve que le débiteur a commis une faute.
Si l’obligation inexécutée est une obligation de résultat,, le créancier devra simplement
rapporter la preuve que le débiteur n’a pas atteint le résultat escompté.
Dans tous les cas le débiteur peut s’exonérer lorsque l’inexécution provient de la force
majeure. Celle-ci est définie par le DOC comme « ….Tout fait que l’homme ne peut
prévenir, tel que les phénomènes naturels (inondations, sécheresses, orages, incendies,
sauterelles), l’invasion ennemie, le fait du prince, et qui rend impossible l’exécution de
l’obligation » d’un cas fortuit ou du fait du créancier.

Si l’impossibilité n’est que momentanée, l’exécution du contrat sera seulement suspendue


L’inexécution n’entraîne pas de plein droit une obligation à réparation, il faut que le
créancier ait subi un dommage. Si l’inexécution est totale, le dommage est présumé et le
créancier devra alors en déterminer le dommage.
Si l’inexécution n’est que partielle, le créancier devra alors prouver l’existence du
dommage. La preuve du dommage et de son montant peut se faire par tous moyens.
Le dommage peut être matériel, moral ou corporel et il doit répondre à un certain nombre
de conditions pour être réparable. :

- Il doit être certain : un dommage éventuel ne suffit pas.


- Il doit être direct, c’est-à-dire qu’il doit exister un lien suffisant entre l’inexécution et le
dommage.
- Il doit être prévisible, c’est-à-dire que le débiteur ne doit réparer que le dommage qu’il
pouvait prévoir lors de la conclusion du contrat. Cependant, en cas de dol du débiteur,
celui-ci peut être condamné à réparer les dommages imprévisibles.

Une fois constatée l’inexécution, le créancier doit mettre le débiteur en demeure


d’exécuter ses obligations. La mise en demeure produit 2 effets principaux : elle permet
d’une part de faire courir les intérêts moratoires et d’autre part, si l’objet de l’obligation est
un corps certain, de mettre cette chose au risque du débiteur.

La mise en demeure se fait soit par lettre recommandée, soit par acte d’huissier La mise
en demeure permet de constater officiellement le retard mis par le débiteur pour honorer
ses engagements. Sans cette mise en demeure, le débiteur pourra invoquer , devant le
juge, que l’inexécution du contrat provient du retard dont il a cru bénéficier.
Aux termes de l’art.265 du DOC, « le débiteur est considéré être mis en demeure par la
seule échéance du terme fixé par le contrat. »

L’inexécution du contrat expose le débiteur défaillant à l’exécution forcée des prestations.


En effet, aux termes de l’article 259 du DOC, le créancier a le droit de contraindre le
débiteur à honorer ses engagements. L’exécution forcée porte sur la personne même du
débiteur ou sur ses biens. (La législation marocaine prévoit la contrainte par corps)

Une fois le dommage prouvé et la mise en demeure effectués, la réparation du dommage


prendra le plus souvent la forme d’une indemnité pécuniaire, quand la réparation en
nature n’est pas toujours possible.( il existe des dommages intérêts compensatoires
destinés à indemniser le créancier pour le préjudice subi et des dommages –intérêts
moratoires).
Pour échapper totalement ou partiellement au versement des dommages intérêts, une
partie contractante peut inclure dans le contrat qu’elle impose ou propose à l’autre partie
contractante une clause limitant ou excluant la responsabilité du débiteur, en cas
d’inexécution du contrat.

En vertu du principe de l’autonomie de la volonté et de la liberté contractuelle, les clauses


de non responsabilité sont en principe valables. Mais en raison du danger qu’elles
présentent pour le contractant imprudent, le législateur a intervenu pour annuler les
clauses de non responsabilité totale (en cas de dol ou de faute lourde du débiteur).
De même ces clauses sont interdites lorsqu’elles portent atteinte à l’intégrité du
contractant ou à sa personnalité exemple : le contrat médical.

Il existe aussi des clauses limitatives de responsabilité :


La clause de garantie est une clause d’accroissement de la responsabilité du débiteur. Il
s’engage à répondre des cas fortuits en général ou de certains fortuits désignés par le
contrat.
La clause d’irresponsabilité totale ou partielle. En principe sont valides, en vertu du
principe de l’autonomie de la volonté. Mais cette clause présente un réel danger pour la
partie la plus faible, surtout quand elle est employée dans le contrat d’adhésion. elle
entraînerait l’irresponsabilité du professionnel. Ainsi, elle sera souvent non valable
(réputée non écrite) :
Par la jurisprudence en cas de faute intentionnelle ou en cas de dommages à la personne
(intégrité corporelle ou droits de la personnalité).
Par la loi (en matière de contrat maritime ou aérien de marchandises ou de personnes, en
matière de rupture du contrat de travail, en matière de non renouvellement des baux
commerciaux.
Par le code du consommateur et la loi de 1995 sur les clauses abusives. (en France)

La clause pénale peut être prévue, elle a l’avantage de fixer d’avance les dommages-
intérêts compensatoires. Cette clause fait perdre au juge son pouvoir d’appréciation.
Parmi les contrats nommés, le contrat synallagmatique caractérisé par l’interdépendance
et la réciprocité des obligations des contractants ; la partie lésée, en cas d’inexécution
fautive, pourra suspendre l’exécution de son obligation ((l’exception d’inexécution) ou
demander la résolution de son contrat en justice (la résolution pour inexécution).

Cette résolution ne peut intervenir de plein droit, sauf si les parties l’avaient inclue dans le
contrat. La résolution doit être demandée en justice. Cependant ce recours n’est pas
d’ordre public ; il est permis d’y renoncer dans une clause contractuelle. (Arrêt français de
la Chambre commerciale du 7 Mai 1984)
La clause résolutoire qui anéantit rétroactivement le contrat, c a d, un contrat résolu est
réputé n’avoir jamais existé. Il faut revenir à la situation antérieure à la conclusion du
contrat, c a d remettre les choses où elles se trouvaient au moment de la conclusion du
contrat.
Cette situation n’est pas toujours possible lorsqu’on est en présence d’un contrat à
exécution successive exemple, le contrat de bail ou le contrat de travail.

Dans ce cas, il s’agit de la résiliation d’un contrat qui signifie anéantissement, extinction
des effets du contrat pour l’avenir.

Par ailleurs, la résolution du contrat peut résulter d’une inexécution dont la cause est une
force majeure ou un cas fortuit.

L’exception d’inexécution consiste pour une partie contractante, de suspendre


provisoirement l’exécution d’une prestation tant que l’autre partie n’a pas accompli ses
propres engagements.

Le contrat n’est pas anéanti mais tout simplement suspendu. Pour que cette exception
puisse jouer, il faut que les parties soient dans le cadre d’obligations réciproques,
corrélatives et ayant une communauté d’origine c’est-à-dire l’inexécution d’un contrat
synallagmatique.

Titre II : LES CONTRATS ADMINISTRATIFS

Pour réaliser ses objectifs de gestion de service public, l’administration publique est
amenée assez fréquemment, à utiliser, en dehors de son pouvoir d’action unilatérale, des
procédés contractuels basés sur le principe de l’autonomie de la volonté et l’égalité des
cocontractants.
Cependant, la nature spécifique de sa mission liée à la réalisation de l’intérêt général fait
que la plupart des contrats administratifs dérogent à ces principes fondamentaux.
Les critères distinctifs d’un contrat administratif tels qu’ils sont dégagés par la
jurisprudence sont au nombre de trois et concernent :

- les parties contractantes (nécessité d’une personne morale de droit public


- L’objet du contrat (un contrat administratif doit être lié directement à l’exécution d’un
service public) et
- Les clauses qui y sont contenues.(Il s’agit de clauses exorbitantes du droit commun,
c’est-à-dire inhabituelles en matière de contrats ordinaires, notamment la reconnaissance
des prérogatives particulières à l’administration contractante.

Le contrat administratif peut porter sur divers domaines (marchés de travaux publics ou
de fournitures, marchés d’études, contrat d’emprunt public...etc.).

A/ L’exécution des contrats administratifs

C’est au niveau de son exécution que se révèle l’aspect le plus caractéristique du contrat
administratif. En effet, contrairement aux contrats de droit privé, marqué par l’égalité des
parties, la conclusion du contrat administratif implique pour l’Administration le droit de
disposer d’un ensemble de prérogatives exorbitantes de droit commun qui lui permettent
d’intervenir dans l’exécution du contrat en fonction des besoins d’intérêt général.
En contrepartie de ces prérogatives, le cocontractant de l’Administration dispose
normalement de larges garanties financières.

° Les prérogatives de l’Administration :

➢ Pouvoir de direction et de contrôle


Quand il s’agit d’un marché de fournitures, l’intervention de l’Administration se présente
comme une simple vérification de la qualité des dites fournitures ;
Par contre, quand il s’agit d’un marché de travaux publics, l’Administration devient en
mesure d’agir en tant que « maître d’ouvrage ». Elle adresse au contractant des ordres de
service, concernant tous les aspects de l’exécution du contrat(organisation du travail,
respect des délais d’exécution, application de la réglementation du travail etc.

➢ Pouvoir de modification unilatérale

Une telle prérogative se justifie selon la jurisprudence par deux principes fondamentaux
du droit administratif à savoir le principe d’adaptation et le principe de la continuité du
service public.
Dès lors, il s’avère que le pouvoir de modification unilatérale s’exerce de plein droit et peut
prendre plusieurs formes(changement des modalités d’exécution, réduction ou création
de nouvelles obligations etc.)

➢ Pouvoir de résiliation unilatérale :


Ce pouvoir se justifie par le principe d’adaptation du service public. En effet, lorsque,
l’administration estime que le fonctionnement du service public ne dépend plus des
prestations fournies par le cocontractant, elle peut décider discrétionnairement la
résiliation du contrat. (sauf le cas du contrat de concession du service public puisqu’il ne
peut faire l’objet que d’une résolution judiciaire).
Dans cette hypothèse, le contractant peut demander des dommages intérêts pour le
préjudice causé et pour le gain manqué du fait de l’interruption du contrat ;

➢ Pouvoir de sanctions :
Le pouvoir de sanction permet à l’Administration d’infliger à son cocontractant des
sanctions sans avoir à recourir à la justice, car l'administration cherche à garantir la
continuité du service public.
Les sanctions dont dispose l’administration sont nombreuses :

Les sanctions pécuniaires (pénalités contractuelles, dommages intérêts édictés


unilatéralement par l’administration)
Les sanctions coercitives (sont des mesures de substitution en cas de défaillance du
cocontractant. Il s’agit de :
La mise en régie
La mise en régie est une mesure par laquelle l’administration se substitue elle –même à
son contractant défaillant pour continuer l’exécution du contrat aux risques et périls de ce
dernier ;
La réadjudication à la folle enchère
Celle-ci permet à l’Administration d’écarter temporairement son contractant défaillant, en
désignant par la voie d’une nouvelle concurrence, un autre candidat qui doit continuer
l’exécution du contrat aux risques et péril du 1er contractant.
Outre l’adjudication, l’Administration peut recourir au procédé d’appel d’offres ou à celui
de l’entente.
La résiliation.
Il s’agit d’une résiliation –sanction en cas de faute grave du cocontractant. (En matière de
concession de service public, la déchéance du concession ne peut être prononcée que
par le juge , à moins que le contrat de concession n’en réserve la faculté à l’autorité
concédant).
L’exclusion des marchés de l’Etat
Cette exclusion peut être temporaire ou définitive. Elle peut être décidée par le Ministre
concerné, lorsqu’il est établi à la charge de l’entrepreneur :
❖ Des infractions réitérées aux conditions de travail
❖ Des actes frauduleux
❖ Des manquements graves aux engagements pris ;
De même, l’exclusion peut être prononcée en cas d’inexactitude de la déclaration sur
l’honneur.
2°Les droits du cocontractant :

Selon la jurisprudence, il existe un ensemble de droits qui visent à contrebalancer les


diverses prérogatives dont dispose l’Administration.
Le droit au règlement du prix
Le cocontractant peut se faire régler, par tranches le prix convenu et, ce concomitamment
à l’exécution partielle du contrat
Il ne peut du reste réclamer le versement d’avances en raison de la règle qui stipule « Nul
paiement avant service fait »(sauf cahiers des prescriptions communes) ou cahiers des
prescriptions spéciales).
Le règlement du prix doit, par ailleurs être effectué comme le prévoit le dahir du 9 juin
1948 dans un délai de 9à jours à compter de la liquidation sous peines de dommages-
intérêts moratoires (1%).
Le droit à l’équilibre financier
Le droit à l’équilibre financier du contrat se matérialise au niveau de trois théories
jurisprudentielles suivantes :
La théorie du fait du prince ( le cocontractant a droit à une indemnisation intégrale, c’est –
à dire équivalente au préjudice subi.
L’imprévision
On parle d’imprévision lorsqu’il survient des événements anormaux et imprévisibles qui
provoquent un bouleversement de l’économie du contrat (aléa économique) et mettent le
contractant dans une situation ruineuse sans rendre toutefois l’exécution du contrat
totalement impossible ;
Outre l’aléa économique, on parle de l’aléa administratif lorsque les actes pris par la
puissance publique aggravent considérablement la situation économique du
cocontractant.
Pour qu’il y ait imprévision, il faut que se réunissent trois conditions essentielles :

❖ L’événement en question doit être totalement indépendant de la volonté du


cocontractant
❖ Il doit être de nature anormale c’est-à-dire « déjouant tous les calculs que les parties
ont pu faire au moment du contrat »
❖ Il doit enfin bouleverser les termes d’exécution du contrat de manière à provoquer un
énorme déficit au cocontractant et mettre, ainsi, les parties dans une situation extra-
contractuelle
La principale illustration de la théorie est fournie par la jurisprudence française dans
l’arrêt de principe du 3à0 mars 1916(Cie de gaz de Bordeaux) ; le Conseil d’Etat français a
décidé que la hausse des prix du charbon occasionnée par la guerre mondiale constitue
un cas d’imprévision et qu’il es judicieux, par conséquent d’indemniser les
concessionnaires du gaz qui risquent la ruine à cause de cet événement imprévu.
Il est à préciser que le droit commun ignore la théorie de l’imprévision de fait de son
incompatibilité avec le principe de l’autonomie de la volonté , le droit administratif opte
pour cette solution pour permettre au cocontractant de poursuivre l’exécution et partant
d’assurer la continuité du service public.
Les effets de l’imprévision :
Deux conséquences essentielles :
d’un coté, le cocontractant demeure tenu d’exécuter le contrat ;
d’un autre, l’Administration se trouve dans l’obligation de compenser partiellement celui-ci
Obligation d’exécution
Le contractant ne peut se prévaloir de la situation extra-contractuelle pour échapper à ses
obligations.
Mais, comme il se trouve que le contrat est modifié par la nouvelle situation, les parties
doivent fixer les nouvelles conditions d’exécution, ou en cas de désaccord, s’en remettre
au juge.
Obligation de compensation
En contrepartie de l’obligation d’exécution qui demeure à la charge du contractant,
l’Administration contractante se trouve obligée d’indemniser celui-ci contre la perte qu’il a
subie.
Toute fois, à la différence de la théorie du prince , cette indemnisation n’est pas intégrale
puisqu’il appartient au cocontractant d’assumer une partie de la charge extra-
contractuelle
Si les parties ne parviennent pas à se mettre d’accord sur le montant de l’indemnité, le
juge intervient ;
Fin de l’imprévision
La situation extra-contractuelle ne peut durer infiniment. Elle doit prendre fin lorsque les
circonstances qui l’ont générée s’établissent définitivement . Dans un tel cas, les parties
peuvent conclure un nouveau contrat, s’ils n’ont pas choisi de recourir au juge pour
prononcer la résiliation.
la force majeure et du cas fortuit (articles 268-269)
L’article 268 du DOC énonce « Il n’y a lieu à aucuns dommages-intérêts, lorsque le
débiteur justifie que l’inexécution ou le retard proviennent d’une cause qui ne peut lui être
imputée, telle que la force majeure, le cas fortuit ou la demeure du créancier ».
La force majeure est tout fait que l’homme ne peut prévenir, tel que les phénomènes
naturels (inondations, sécheresses, orages, incendies, sauterelles), l’invasion ennemie ou
le fait du prince et qui rend impossible l’exécution de l’obligation. C’est donc un
événement étranger à la volonté des parties qui a pour effet non seulement de
bouleverser le contrat (comme en matière d’imprévision), mais de rendre impossible son
exécution.Lorsqu’il survient un cas de force majeure et à la différence de ce qui se passe
en matière d’imprévision, le cocontractante est dispensé de son obligation d’exécution.
Celui-ci peut demander au juge la résiliation du contrat.

TITRE III : LES CLAUSES USUELLES ou CLAUSES RELATIVES A LA VENTE

A/ La clause de réserve de propriété ;

En principe, l’accord des parties sur le prix et la chose emporte transfert de propriété de la
chose vendue donc transfert des risques.
La clause de réserve de propriété pallie ces inconvénients en permettant au vendeur de
retarder ce transfert jusqu’au paiement du prix.
La clause doit être contenue dans un écrit et doit donc être acceptée par l’acheteur au
plus tard au moment de la livraison.
« Le vendeur conservera la propriété des marchandises vendues jusqu’à complet
paiement du prix. La remise d’un titre créant une obligation de payer ne constitue pas un
paiement au sens de la présente clause.
Les dispositions ci-dessus ne font pas obstacle, au transfert, à l’acheteur , dès la livraison,
des risques de détérioration ou de perte des biens ainsi que des dommages qu’ils
pourraient occasionner. »

B/ Les clauses de garanties

a) Clause étendant la garantie :

Les biens vendus sont garantis contre tous vices cachés et apparents pendant une durée
de ……..à compter de la livraison
Le vendeur s’engage à remplacer gratuitement les pièces reconnues défectueuses les
frais de main-d’œuvre, de démontage, de remontage, de transport (à préciser) seront à la
charge du vendeur.
Le vendeur s’engage à remplacer le bien vicié pendant la durée nécessaire à sa remise en
état ».
b) Clause restreignant la garantie :

« La garantie ne couvre que le remplacement des pièces défectueuses. Cette garantie ne


pourra jouer que si l’acheteur avise le vendeur par lettre recommandée avec accusé de
réception pendant un délai de … à compter du jour de la livraison …..
c) Clause excluant la garantie :
« La présente vente est conclue aux risques et périls de l’acquéreur. En aucun cas le
vendeur ne garantit les vices cachés de la chose vendue ».
Les clauses limitatives ou excluant la garantie ne sont valables qu’entre professionnels
de même spécialité.

C/ Clause de variation de prix

a) Clause d’indexation L’indexation va permettre de faire varier le prix convenu en fonction


de l’évolution d’un indice.
Pour être valable, la stipulation d’indexation doit être expressément prévue par les parties.
Le choix de l’indice doit être précis. Il doit être en relation avec l’objet du contrat ou
l’activité de l’une des parties.
Il faut aussi prévoir un indice de substitution dans l’hypothèse où celui choisi au contrat
viendrait à disparaître avant le paiement.

« Par les présentes les parties conviennent que le prix fixé ci-dessus variera en hausse ou
en baisse en fonction de la variation de l’indice X tel que publié par …. ;L’indice servant de
référence est celui du …..trimestre de l’année….
La variation sera appliquée tous les …… à la date ……
En cas de disparition de l’indice, le calcul s’effectuera sur la base de l’indice de
remplacement en utilisant le coefficient de corrélation nécessaire.
En l’absence d’indice de remplacement et à défaut d’accord des parties sur un nouvel
indice, celui-ci sera déterminé par le président du tribunal de commerce de …… »

b) Clause de garantie de baisse


Celle-ci va permettre de répercuter sur l’acheteur les baisses du cours des marchandises
sans lui faire supporter les hausses éventuelles.
Elle peut prendre la forme suivante :

« En cas de baisse du cours des marchandises pendant l’exécution du contrat, le vendeur


s’engage à faire bénéficier l’acheteur de cette baisse et de lui facturer les marchandises
au cours en vigueur au jour de la livraison
Les hausses éventuelles ne seront pas supportées par l’acheteur »

C/ Clause de non concurrence

Ces clauses se rencontrent très fréquemment ; les contractants vont prévoir, que pendant
l’exécution du contrat et/ou la période post-contractuelle, l’un d’entre eux ne pourra
exercer une activité qui concurrencerait celle de l’autre.
La validité des clauses de non-concurrence suppose :

° Que l’activité interdite soit déterminée avec une précision suffisante


° Que l’interdiction soit limitée dans le temps
° Que l’interdiction soit limitée dans le temps.
D’une manière générale, la clause pour être valide ne doit pas empêcher l’exercice de
toute activité commerciale ou même toutes fonctions à l’intérieur d’une même discipline.
Elle pourra prendre la forme suivante dans un contrat de travail.

« Monsieur…….. s’engage pendant une durée de ……. Qui courra à compter de son départ
effectif de la société à ne pas exercer sous quelque forme que ce soit l’activité de ……..
qu’il a exercé durant son contrat de travail, qu’il exercera directement ou indirectement
pour son propre compte dans le département où l’entreprise a son siège social ».
Dans une vente de fonds de commerce, elle pourra prendre la forme suivante :
« Le vendeur s’engage à ne pas établir ou à exercer directement ou indirectement une
activité de même nature que celle exercée dans le fonds cédé pendant une de …..ans à
compter de la vente et dans un rayon de ….kilomètres à vol d’oiseau du dit fonds »
D/ Clause pénale

Cette clause va permettre d’évaluer de manière forfaitaire l’indemnité qui sera due par le
débiteur en cas d’inexécution, mais elle ne doit pas être un moyen détourné d’obtenir
l’exécution du contrat.
Le montant de cette indemnité est fixé librement par les parties . Cependant le juge peut,
d’office, modérer ou augmenter la peine qui avait été convenue si elle est manifestement
excessive ou dérisoire.

« A défaut d’exécution par Mr –Mme …….de ses obligations dans les délais prévus à la
présente convention, et après mise en demeure d’exécuter ses engagements dans un
délai de ……jours adressée par lettre recommandée avec accusé de réception restée sans
effet. Mr/Mme Z devra verser à Mr /Mme X une somme de …..dirhams à titre de
dommages et intérêts forfaitaires »

D/Clause résolutoire :

La condition résolutoire est toujours sous-entendue dans les contrats synallagmatiques


pour le cas où l’une des deux parties ne satisfait point à son engagement.

« En cas d’inexécution par l’une des parties de l’une quelconque de ses obligations, le
contrat sera résolu de plein droit , sans aucune formalité judiciaire, sans avis ni mise en
demeure au profit de l’autre partie , sans préjudice des dommages-intérêts qui pourraient
être réclamés à la partie responsable de l’inexécution »
« En cas d’inexécution par l’une des parties des obligations visées aux articles ……, le
contrat sera, si bon le semble au créancier des obligations inexécutées , résolu de plein
droit sans formalité judiciaire, sans préjudice de dommages-interêts qui pourraient être
réclamés à la partie responsable de l’inexécution.
La résolution prendra effet ….jours après mise en demeure d’exécuter contenant
indication de la volonté de faire jouer la clause, restée infructueuse »

E/ Compétence et arbitrage

a) Clauses attributives de compétence territoriale

Ces clauses ont pour but de désigner par avance la juridiction qui aura à connaître des
litiges relatifs à la formation, l’exécution ou l’interprétation du contrat. Elles sont valables
entre commerçants. Il s’agira de recourir : soit aux tribunaux étatiques, soit à la médiation
ou à l’arbitrage.
Ces clauses doivent être mentionnées de manière très apparente.
Le recours a l’arbitrage peut résulter soir d’un compromis, pour résoudre un différend qui
intervient pendant l’exécution du contrat, soit d’une clause d’arbitrage qui est prévue dans
le contrat, au moment de sa rédaction.
Le choix de recourir à l’arbitrage se fait soit par un compromis soit par l’insertion d’une
clause compromissoire dans le contrat
.
b) Le compromis

c) Les clauses compromissoires[/font] 

L’arbitrage est un mode de règlement des litiges par des personnes privées, appelées
arbitres, choisies par les parties comme juges de leurs différends. A la différence du
compromis qui suppose un litige déjà né, la clause compromissoire va permettre aux
parties à un contrat de prévoir que les litiges qui pourraient naître de l’exécution dudit
contrat seront soumis à l’arbitrage.

« Tous les différends qui pourraient naître du présent contrat, notamment concernant sa
validité, son interprétation, son exécution ou sa résolution, seront soumis à l’arbitrage.
Chacune des parties désignera un arbitre au maximum dans les ….. jours de la naissance
du différend. Ces deux arbitres désigneront le troisième dans un délai de ….. jours à
compter de leur désignation. Si l’une des parties ne procédait pas à cette désignation
dans le délai susvisé et après mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de
réception, l’arbitre serait alors désigné par ordonnance de Monsieur le Président du
tribunal de 1ère instance (ou du tribunal de commerce) de …….statuant en référé.
Il en sera de même si les deux arbitres ainsi désignés rencontraient des difficultés quant
à la nomination du troisième »

F/Clauses de prorogation-reconduction

La clause de prorogation va permettre le prolongement du contrat qui sera maintenu dans


toutes ses dispositions. Il s’agit en fait d’un simple report d’échéance.
La clause de reconduction permet quant à elle le renouvellement du contrat , un nouvel
accord se substitue à l’ancien, identique dans ses termes à l’exception de la clause
concernant la durée.

a) Les clauses de prorogation


La clause peut être automatique, en cas de suspension du contrat ou si l’exécution est
insuffisante.
« Le présent contrat est conclu pour une durée de ….. à compter du jour de sa signature
par les deux parties. Si l’exécution dudit contrat venait à être suspendu par la survenance
d’un évènement extérieur à la volonté des parties, le présent contrat sera prorogé pour
une durée équivalente à celle de la suspension »
La clause peut être semi automatique, elle est soumise à l’accord d’une des parties.

« M …..pourra proroger le présent contrat pour une durée de …..par simple envoi d’une
lettre recommandée avec accusé de réception , exposant clairement sa volonté de
proroger le contrat, adressée à M….dans un délai de …avant l’expiration du présent
contrat. »
Enfin, la prorogation volontaire est soumise à l’accord des parties.
« Le présent contrat pourra être prorogé pour une durée de …..avec l’accord des deux
parties . Cet accord écrit devra intervenir au plus tard trois mois avant l’expiration du
contrat ».

b) Les clauses de reconduction


b) Les clauses de reconduction

La clause la plus utilisée est celle permettant la tacite reconduction du contrat :


« A défaut de dénonciation par l’une des parties, le contrat se poursuivra par tacite
reconduction pour les périodes de ….an (s) . L’une ou l’autre des parties pourra faire échec
à la tacite reconduction par l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception
au moins trois mois avant le terme ».

La reconduction donne naissance à un nouveau contrat. Si le contrat initial était soumis à


des formalités, il semble que le nouvel accord devra lui aussi être soumis à ces
formalités. La tacite reconduction tant utilisée n’est donc pas sans danger.

Principe fondamentale du droit des contrats ( l’autonomie de la volonté ) 


 
La théorie de l’autonomie de la volonté , qui a dominé le droit des contrats tout au long
des XVII éme et XVIII éme siècle , tire sa substance de la philosophie libérale et
individuelle .
Le fondement économique  :  il s’agit de laisser faire , laisser passer . Cette philosophie
libérale s’est traduite sur le plan politique par une déclaration des droits de l’homme et du
citoyen , issue de la révolution française de 1789 , cette déclaration qui énumère les droits
naturels et imprescriptibles de l’homme , déclare notamment que les individus sont libres
et égaux en droit .
Sur le plan strictement juridique , cette philosophie du libéralisme économique peut être
admirablement illustré par une citation de KANT « une personne ne peut être soumise à
d’autres lois que celles qu’elle se donne elle –même ». c’est donc la volonté de l’homme
qui crée l’obligation juridique  : donc la liberté contractuelle doit être pleine et entière ,
l’Etat ne doit pas intervenir dans les rapports d’échange entre les acteurs de la vie
économique, dans les relations contractuelles entre personnes privées .
D’après la doctrine juridique libérale  , le contrat qui fait la loi des parties doit être
absolument respecté , l’homme ne peut être engagé par un contrat que s’il l’a accepté .
On part du postulat que tout ce qui est contractuel est juste d’une part , parc que le
contrat est une expression de la volonté librement consentie , déclarée par les parties et
d’autre part parc que les co-contractants sont égaux entre eux .
Cette volonté des parties s’impose au juge qui en cas d’inexécution ou d’interprétation du
contrat , doit rechercher la volonté des parties . Investies de la liberté contractuelle , les
parties contractantes sont libres de donner au contrat la forme juridique qu’elles veulent ;
d’où le triomphe du consensualisme . principe important pour la réalisation d’un contrat .
 
1)-Classification des contrats : 
 
Le nombre de types de contrat est théoriquement illimité . En effet pour répondre à des
besoins économiques nouveaux , à de nouvelles situations contractuelles non
initialement prévue par le DOC , le monde des affaires , les pratiques de l’entreprise ont
secrété de nouveaux contrats , de nouveaux supports juridiques des rapports
économiques .
A l’instar des autres codes des obligations et contrats , le code marocain a suivi la
réglementation générale des rapports juridiques par un certain nombre de types de
contrats qu’on qualifie de contrats nommés ou contrats spéciaux ( contrat de vente ,
d’échange , de louage ..).
Les autres contrats appelés contrats innomés justement parc qu’ ils ne sont pas prévus
par le DOC , résultent des usages du monde des affaires , de la pratique commerciale .
ex : le leasing ou le contrat se crédit-bail .
Les contrats aussi nombreux soient-ils peuvent être classés selon un nombre de critères ,
les classifications les courantes font appel au contenu des contrats , aux modes de leur
formation et aux modalités de leur exécution .
 
a)-Classification d’après le contenu : 
Dans cette classification , il faut tenir compte du critère de la réciprocité des
engagements , ce critère permettra de distinguer entre les contrats synallagmatiques et
les contrats unilatéraux .
-le contrat synallagmatique fait peser des obligations réciproques sur les parties
contractantes , ce genre de contrat établit un lien juridique d’interdépendance entre les
parties de telle façon que chacune des parties de telle façon que chacune des parties se
trouvent en même temps créancière et débitrice envers l’autre partie .
Ex : dans un contrat de vente , le vendeur doit livrer la marchandise (il est donc débiteur
de la marchandise ) et en contrepartie , il est en droit d’exiger le paiement du prix
correspondant à la marchandise (il est donc débiteur du prix) et doit recevoir la
marchandise (il est donc créancier de la marchandise).
-le contrat unilatéral en revanche ( à ne pas confondre avec l’acte juridique unilatéral)
résulte bien de la volonté de deux parties , mais il ne fait peser d’obligations juridiques
qu’à la charge de l’une d’entre elles .
Ex : le contrat de prêt , le créancier (ici le prêteur ) n’a aucune obligation juridique envers le
débiteur (l’emprunteur) . En revanche , celui-ci est tenu de rembourser le prêt , d’honorer
sa dette . Le contrat de prêt est donc un contrat unilatéral dont la mise en œuvre
nécessite la volonté concordante des deux parties , mais il ne fait peser d’obligation
juridiques que sur l’emprunteur (qui doit rembourser la somme d’argent empruntée).
 
b)-Classification selon le but poursuivi : 
Selon cette classification un contrat peut être conclu à titre onéreux ou à titre gratuit .
-dans un contrat à titre gratuit ( appelé aussi contrat de bienfaisance) une partie procure à
l’autre un avantage purement gratuit , sans rien attendre en contrepartie sans chercher à
en tirer un avantage personnel . Ex : la donation qui constitue un transfert de la valeur d’un
patrimoine d’une partie au profit de l’autre partie .

-tandis qu’un contrat peut être considérer à titre onéreux lorsque chacune des parties
cherche à en tirer  un avantage économique qui peut être pécuniairement chiffré ,
chacune des parties ne s’engage qu’en fonction de l’avantage , de la contrepartie qu’elle
compte tirer au contrat . Ex  : dans un contrat de vente  : le vendeur compte faire un
bénéfice et l’acheteur compte acquérir la marchandise .
Les contrats à titre onéreux peuvent être seulement selon le cas des contrats
commutatifs ou des contrats aléatoires .
-ils sont commutatifs lorsque l’avantage recherché par les parties peut être
pécuniairement chiffré avec exactitude . ce sont des contrats certains , sans risque car
les co-contractants ne sont exposés à aucun risque , à aucune incertitude , à aucun aléa .
les contrats de vente sont généralement des contrats commutatifs .
-en revanche , le contrat aléatoire expose les co-contractants à un risque , à une
incertitude , à un aléa , l’avantage tiré dépendra d’événements incertains , du hasard .
Ex : le contrat de rente viagère : dans ce genre de contrat , l’acheteur ne peut acquérir la
maison objet du contrat qu’après le décès du vendeur , moyennant une rente (versement
pécunier d’une somme d’argent convenu d’un commun accord ).
 
c)-Classification selon leur exécution : 
Ainsi les obligations nées d’un contrat peuvent être exécuté de façon instantanée ou de
façon successive .
-Dans un contrat à exécution instantanée : les obligations nées du contrat sont exécutées
immédiatement dans l’instant qui suit la conclusion du contrat.
Ex : le contrat de vente au comptant ; la livraison de la chose vendu et son payement ont
lieu en même temps et dans un même lieu .
-En revanche , le contrat à exécution successive donne naissance à des rapports
juridiques , des rapports qui s’échelonnent dans le temps , qui ont besoin de temps pour
se réaliser et se concrétiser .
Ex : contrat de vente , contrat de travail .
 
La nullité , sanction des conditions de validité des contrats . 
La violation des conditions de fond ou de forme(consentement,capacité,objet,cause)
concernant la validité du contrat entraîne la nullité de celui-ci .
La nullité est une sanction prononcée par le juge pour priver l’acte incrimine de ses effets
juridiques . L’acte juridique frappé par la nullité est effacé comme s’il n’a jamais existé
Il faudrait distinguer la nullité absolue et la nullité relative, une fois prononcé par le juge ,
aussi bien la nullité absolue et la nullité relative produisent les mêmes effets juridiques à
savoir la fin de l’acte juridique incriminée .
 
a)– la nullité absolue  
Elle intervient pour sanctionner la non observation , le non respect des normes juridiques
édictées dans un intérêt général ou la violation des dispositions légales relatives à l’ordre
public et aux bonnes mœurs .
Ex : un contrat portant sur un produit dont le commerce est prohibée .
La nullité d’un contrat incriminé peut être demandée par quiconque auquel le contrat peut
porter un préjudice moral ou matériel .
Les parties contractantes , les tiers ou le ministère public peuvent demander au juge
l’annulation de ce genre de contrats .
Le délai de prescription d’une nullité absolue est de 15 ans , certains estiment qu’il n’y a
pas de délai de prescription d’un contrat portant atteinte à l’ordre public .
b)- la nullité relative ou rescision 
Elle peut être invoquée lorsque le contrat viole une disposition légale visant la protection
d’intérêt purement privé ou bien le contrat en question est entaché d’un vice de
consentement ou il est conclu par un incapable .
le DOC fixe à une année le délai de prescription d’un contrat pour faire l’objet d’une
demande de nullité relative , cette demande ne peut etre introduite que par la personne
dont les intérêts sont protéges par la loi . Ainsi , le mineur (ou son tuteur) , la victime d’une
erreur , d’un dol ou d’une violence peuvent invoquer la nullité pour incapacité ou vice de
consentement .
c)- les effets de la nullité des contrats  
L’annulation du contrat prive celui-ci de tous ses effets juridiques .
Un contrat annulé est réputé n’avoir jamais existé ,deux cas peuvent se présenter .
-le contrat annulé n’a pas encore produit d’effets juridiques .
Le jugement d’annulation efface le contrat qui ne produits pas ses effets juridiques .
-le contrat annulé a déjà produit ses effets juridiques . Le contrat annulé cesse d’exister et
l’annulation doit produire un anéantissement rétroactif des rapports contractuels . Il faut
revenir à la situation antérieure au contrat et chaque partie doit restituer les prestations
fournies par l’autre partie .

Cette obligation de restitution peut se heurter à des obstacles . Ex  : l’annulation d’un
contrat de bail , ce contrat ne peut cesser de produire ses effets juridiques que dans le
futur ., dans ce cas il y a exécution par équivalent c'est-à-dire par le dédommagement de
la partie victime .
 
2)-Les effets du contrat : 
Un contrat valablement conclu crée des obligations juridiques . Ainsi , un contrat
unilatéral crée des obligations à la charge d’une seule personne (ex  : le contrat de
donation ) . De même , un contrat synallagmatique crée des obligations à la charge de
deux parties .
A leur tour , ces obligations juridiques créent des effets juridiques entre les parties
contractantes et parfois , elles créent des effets juridiques à l’égard des tiers .
 
A)– Les effets juridiques entre les parties  (principe de la force obligatoire du
contrat) : 
Le contrat a une force obligatoire entre les parties , il s’impose aux parties qui l’on signé
et s’impose également au juge .
  
a)-le contrat s’impose aux parties :
l’article 230 du DOC énonce  : «  les obligations contractuelles valablement formées
tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites et ne peuvent être révoquées que de leur
consentement mutuel ou dans les cas prévus par la loi. »
Cet article pose clairement le principe de la force obligatoire du contrat entre les parties .
le contrat est assimilé à une loi . En outre , les contrats sont en principe irrévocable sauf
dans certains cas .
-La force obligatoire du contrat .
En principe , un contrat valablement formé acquiert une force juridique entre les parties
qui l’ont conclu .le principe de la force obligatoire du contrat est une conséquence directe
de la théorie de l’autonomie de la volonté .
Chaque partie est en droit d’obliger de l’autre partie à fournir la prestation objet du contrat
.
Cette force obligatoire du contrat s’explique par les impératifs de la stabilité des rapports
contractuels et de la sécurité du commerce juridique .
-Le contrat constitue la loi des parties . 
L’article 230 du DOC procède à une égalisation excessive entre la loi et le contrat. En cas
d’inexécution du contrat , le créancier est en droit de saisir l’autorité publique (la justice)
qui doit veiller au respect du contrat de la même façon qu’elle veille au respect de la loi.
Le créancier est en droit d’exiger du débiteur l’exécution de toutes les obligations
contractuelles convenues , tous le contrat , rien que le contrat .
-L’irrévocabilité du contrat . 
D’après l’art 230 du DOC , les contrats ne peuvent être révoqués que lorsqu’il y a un
consentement mutuel entre les parties ( c'est-à-dire elles peuvent faire et défaire le
contrat) ou dans les cas prévus par la loi .
En effet , l’irrévocabilité des contrats constitue un corollaire de la force obligatoire du
contrat.
Ce dernier principe serait vidé de sa substance si les parties contractantes pouvaient à
tout moment se libérer de leurs obligations contractuelles .
Il n’en demeure pas moins que les parties contractantes ont la possibilité d’introduire
dans le contrat une clause de rupture unilatérale du contrat .
Par ailleurs , la loi autorise , dans certains cas, la rupture unilatérale du contrat c'est-à-dire
que les parties peuvent résilier le contrat à n’importe quel moment .
Ex : le contrat de mandat , les parties à ce contrat qui est un contrat intuitu personæ , bâti
sur la confiance peuvent le résilier à n’importe quel moment , lorsque cette confiance fait
défaut .
 
b)-le contrat s’impose au juge . 
Les parties peuvent demander au juge d’interpréter ou de réviser un contrat .
-L’interprétation du contrat par le juge : 
Des litiges peuvent amener les parties à saisir le juge pour interpréter le contrat. Le juge
n’est pas libre dans ses efforts d’interprétation . il est tenu par les termes mêmes du
contrat , lorsque la volonté des parties est claire (article 461 du DOC).
Le juge au termes employés n’aura pas recours à l’interprétation du contrat lorsque les
clauses du contrat ne sont pas conciliables avec le but recherché ou lorsqu’il ne sont pas
claires ou créent une incertitude ou émanent de la volonté des parties .
Le juge est tenu de rechercher qu’elle a été la volonté des parties au moment de la
conclusion du contrat (article 462) . Le DOC énumère un certain nombre d’éléments qui
sont succeptibles de faciliter l’effort d’interprétation du juge (article 463 à 473) du DOC .
-La révision du Contrat : 
Une partie peut elle demander au juge de réviser le contrat du fait de l’évolution des
circonstances économiques entre le moment de la conclusion du contrat et le moment de
son exécution  ? il s’agit du problème de l’imprévision dans le contrat , le juge peut il
réviser le contrat pour équilibrer la prestation des parties ? .
Le problème de la révision des contrats concerne les contrats concerne les contrats dont
l’exécution s’étale sur une longue période . Bien entendu , les parties contractantes à la
survenance d’éléments qui peuvent bouleverser les rapports contractuels (hausse des
prix , fluctuation des cours , dépréciation de la monnaie …) .
La jurisprudence marocaine ne reconnaît pas au juge le pouvoir de réviser le contrat de
droit privé , le contrat doit être appliqué et la volonté des parties doit être absolument
respectée .
En effet , réviser un contrat , c’est le modifier or le juge marocain n’a pas le droit
d’intervenir dans les rapports contractuels .
Néanmoins , le juge peut en considération de la personne du débiteur accorder les délais
modérés pour le paiement et suspendre l’exécution des poursuites , il doit user de ce
pouvoir avec une grande réserve (article 234 du DOC ) .
Les parties contractantes peuvent remédier au problème de l’imprévision du contrat en y
introduisant une clause de variation automatique des prix ou des clauses d’indexation  ou
clause d’échelle mobile ( ex  : un entrepreneur de bâtiments peut introduire dans un
contrat avec son clients une clause de variation des prix pour répercuter les hausses de
prix du ciment ou des matières premières ).
Par ailleurs , il faut noter que le juge peut être habilité par le législateur à réviser certains
contrats ; exemple : en application de la législation en vigueur sur le contrat à bail à usage
d’habitation , le juge peut réviser ce contrat et majorer le montant du loyer .
 
B)- Les effets du contrat à l’égard des tiers : relativité des contrats : 
Le DOC pose le principe de la relativité des contrats , ce principe connaît quelques
exceptions .
  
a)- le principe de la relativité des contrats : 
l’article 228 du DOC dispose : « les obligations n’engagent que ceux qui ont été parties à
l’acte , elles ne nuisent point aux tiers et elles ne leur profitent que dans les cas exprimés
par la loi . »
en principe les contrats n’engagent que les parties qui les ont volontairement acceptés ,
les tiers c'est-à-dire les personnes étrangères à ces rapports contractuels ne sont pas en
principe concernés par cette situation juridique .
mais , il faudrait distinguer entre les véritables tiers , tout à fait étrangers à la situation
contractuelle et les ayants –cause .
-les tiers véritables quoique absolument étrangers au contrat , ils ne peuvent pas ignorer
les situations juridiques objectives , créées par le contrat . En effet , cette situation
juridique objective s’impose à tous . En d’autres termes , le contrat est opposable aux
tiers de l’existence de cette situation juridique objective .
Ex : nécessité d’une publicité pour la validité de l’opposabilité de la vente d’un fonds de
commerce ou d’un immeuble immatriculé .
Les tiers doivent respecter l’existence d’un contrat  : ils doivent s’abstenir de tout
comportement susceptible de porter atteinte à une situation juridique objective .
Ex  : le contrat de travail conclu entre un employeur et le salarié  ; le tiers (un employeur
concurrent) ne doit pas entrer en contact avec le salarié pou tenter de la débaucher et le
faire travailler pour son propre compte sous peine d’être exposer à des sanctions .
Les tiers peuvent cependant s’appuyer sur la situation contractuelle pour en tirer des
conséquences juridiques . Ex  : le conjoint et les enfants d’un passager victime d’un
accident de transport vont invoquer l’existence d’un contrat de transport pour engager la
responsabilité du transporteur et en conséquence percevoir les indemnités .
-les ayants- cause sont des personnes qui tiennent leur droits d’autres personnes 
appelées leurs auteurs Ex  : les héritiers qui perçoivent le patrimoine d’un défunt sont
appelés des ayants cause universels .
En revanche un ayant en cause à titre particulier n’acquiert qu’un bien déterminé est un
ayant cause vendeur , il n’a de droit que sur le bien vendu .
Quels sont les effets du contrat pour les ayants- cause ?.
L’ayant cause universel est celui qui selon le DOC accepte la succession et continue la
personnalité juridique de leur auteur , c'est-à-dire du défunt , ils reçoit l’intégralité des
droits et des obligations de ‘auteur décédé «  les obligations ont effet , non seulement
entre les parties elles-mêmes mais aussi entre les héritiers ayant -cause à moins que le
contraire ne soit exprimé ou ne résulte de la nature de l’obligation de la loi . » article 229 .
L’ayant- cause à titre particulier ne sont pas tenus des obligations découlant des contrats
passés par leur auteurs.
EX  : l’acheteur d’une voiture (ayant cause à titre particulier du vendeur de la voiture) ne
saurait être tenu de payer les frais occasionnés par la réparation de cette même voiture
avant qu’elle ne soit vendue .
Néanmoins , dans certains cas bien précis , le contrat passé par l’auteur peut engager
l’ayant-cause à titre particulier , Ex : le contrat de bail , le propriétaire et le locataire d’un
appartement passe un contrat de location , lorsque le propriétaire décède ou vend
l’appartement passent un contrat de location , lorsque le propriétaire décède ou vend
l’appartement , le contrat de bail est opposable aux héritiers ou à l’acheteur, autre EX : le
contrat de travail  ; l’acquéreur d’un fonds de commerce ou d’une entreprise est tenu de
respecter tous les contrats de travail passés par son prédécesseur .
  
b)- Les exceptions au principe de la relativité des contrats . 
-Les contrats collectifs  : il s’agit d’un contrat passé entre d’une part un ou plusieurs
syndicats de salariés et d’autre part un ou plusieurs employeurs en vue de régler des
problèmes liés au travail : salaire , congé …
Ces accords collectifs produisent des effets juridiques non pas à l’égard des syndicats
mais à l’égard des salariés comme s’ils les avaient personnellement signés .
-La stipulation pour autrui  : c’est un contrat au terme duquel l’une des parties (le
promettant ) promet à l’autre partie (le stipulant) d’assurer un prestation en faveur d’une
tierce personne , appelée le bénéficiaire . Ex : le contrat d’assurance sur le vie est le cas le
plus fréquent de la stipulation pour autrui , une personne A passe un contrat d’assurance
sur le vie avec un assureur B , au terme duquel B s’engage à verser une certaine somme
d’argent au profit des héritiers de A en cas de décès .
Bilatéral dans sa formation (assureur et assuré ) , le contrat de stipulation pour autrui est
triangulaire quant à ses effets . En cas de décès , la compagnie d’assurance effectue
directement au profit du bénéficiaire la prestation convenue (versement d’un capital
décés) .
 
EXEMPLE CLASSIQUE D’UN TYPE DE CONTRAT 
 
LE CONTRAT DE VENTE  
 
Le contrat de vente est une technique juridique usuelle , indispensable à la vie des
entreprises , il est le premier contrat examiné par les auteurs du DOC et fait partie des
contrats nommés , justement parc que le DOC lui a consacré le premier titre du 2 éme
livre intitulé « la vente ». Le grand nombre d’article traitant de la vente (articles 478 à 678)
témoignent de l’intérêt que les auteurs du DOC accordent à ce contrat .
 
A)- Modalités de la vente : 
La vente peut être effectuée en bloc , le prix est fixé d’une manière globale pour une
masse indivisible . Ex : la vente d’une cargaison d’un pétrolier , mais le plus souvent , le
vante est faite à la mesure(tant de mètre) , à la jauge(tant de M3) , au compte (tant
d’unités), sur dégustation (produits aromatiques : thé, café…) ou sur simple description .
La vente peut également s’opérer sur le base d’échantillon (lot prélevé sur la marchandise
et offert à l’appréciation des acheteurs ) sur la marque , sur analyse(produits miniers et
chimiques)….
  
B)- Définition du contrat de vente : 
Le contrat de vente est «  un contrat par lequel l’une des parties transmet la propriété
d’une chose ou d’un droit à l’autre contractant , contre un prix que celui-ci s’oblige à lui
payer. » article 478 du DOC .
Contrat civil et contrat commercial . 
La vente est commercial lorsqu’elle est précédée d’un achat ou d’une transformation de
l’objet du contrat dans le but de réaliser un profit , en d’autre termes , la vente est
commerciale lorsqu’elle est réalisée à titre professionnel par des commerçants ou des
industriels (article 1 du dahir formant code de commerce) .
La distinction entre une vente civile et une vente commerciale est très importante ,
l’intérêt de cette distinction est capital pour déterminer notamment les règles de capacité
, les mesures de publicité et les preuves de contrat de vente , ainsi par ex , le dahir
formant code de commerce a prévu des règles spéciales de capacité concernant les
mineurs pour faire des actes de commerce (l’article 5 du code de commerce) .
De même on sait que d’après l’article 444 du DOC , la preuve ne peut se faire par témoin
pour un contrat dépassant 250 Dh , mais la preuve testimoniale est valable entre
commerçants dans les affaires où il n’est pas d’usage d’exiger des preuves écrites .
 
1)-Les conditions générales du contrat de vente : 
Le législateur a subordonné la validité du contrat de vente à des conditions de fond et de
forme .
les conditions de fond :
-Le consentement  : c’est l’accord de 2 volontés pour produire des effets juridiques , le
contrat de vente naît de la volonté concordante de l’acheteur , il y a donc contrat de vente
au moment où l(offre faite par le vendeur est acceptée par l’acheteur , il s’agit de la
théorie de l’autonomie de la volonté et son corollaire qui est la liberté contractuelle .
Ce moment de rencontre de ces 2 volontés pose un certain nombre de problèmes , en
effet , « la vente peut être faite à condition que l’acheteur ou le vendeur aura le droit de se
départir du contrat dans un délai déterminé ( article 601 du DOC) , il s’agit d’une vente
sous conditions suspensives en faveur de l’une des parties (la vente à option) , la partie
qui s’est réservée le droit d’option pourra avoir 3 attitudes :
-la partie lève l’option dans le délai prévu par le contrat ou la loi , dans ce cas, la vente
devient pure et simple , dés le jour de la conclusion du contrat ( article 608 du DOC) .
-la partie laisse passer le délai sans faire connaître sa décision , elles est présumée de
plein droit avoir acceptée (article 608 du DOC) .
-la partie opte négativement , le contrat est réputé non avenu (article 611 du DOC ).
a)les restrictions légales au consentement du vendeur et de l’acheteur :
Ces restrictions légales sont nombreuses , certains produits sont interdits à la vente et à
l’achat (ex  : stupéfiants) ou strictement réglementés (tabacs , alcools) ou dont le
commerce est assujetti à des autorisations administratives(achats d’armes et
d’explosifs) ou dont les prix sont taxés par l’administration (farine, sucre, thé..)
Dans certains cas le législateur peut supprimer le consentement du vendeur en lui
imposant l’obligation de vendre , de même le vendeur peut se faire imposer un partenaire
autre que celui avec lequel il veut contracter , c’est ce qu’on appelle le droit de préemption
.
b)les restrictions conventionnelles : 
Les parties peuvent apporter des restrictions conventionnelles au contrat de vente ex  :
clause de non rétablissement dans un rayon donné et pendant une période bien
déterminée d’un commerçant ayant vendu son fonds de commerce .
par souci d’uniformiser les contrats passés avec les clients , des sociétés puissantes
peuvent imposer à leur clients des contrats types ( contrats d’adhésion) .
-la capacité : condition indispensable pour la validité d’un contrat article 3 du DOC .
(voir développement passé).
-l’objet de la vente  : l’objet est double , du coté du vendeur l’objet porte sur la chose
vendue , du coté de l’acheteur , il porte sur le prix .
D’après l’article 19 du DOC , le contrat n’est parfait que par l’accord des parties sur les
éléments essentiels de l’obligation , dans le même ordre d’idées , l’article 488 du DOC
considère que la vente est parfaite dés que les co-contractants se sont mis d’accord sur
la chose , le prix et les autres clause du contrats , il n’y a donc pas de contrat de vente s’il
n’y a pas accord des parties sur la chose et le prix .
La chose doit être licite , être dans le commerce juridique( pas prohibée) ,elle doit être
déterminé , le contrat doit en indiquer l’espèce , elle doit exister au moment de la vente
mais une chose future ou incertaine peut valablement faire l’objet d’un contrat de vente
(future : vente de machine à fabriquer sur commande , incertaine : vente d’une récolte sur
pied ) , la chose doit être possible .
Le prix doit être déterminé au moment de la conclusion du contrat soit de gré à gré, soit
par le vendeur (ex : vente à prix fixe ) soit par l’acheteur (vente aux enchères ).
Les parties peuvent recourir à d’autres critéres pour la fixation du prix de vente (ex : prix
du jour de la bourse d’une marchandise déterminée, la moyenne prix .
 
 
2)-Les effets du contrat de vente : 
Le contrat de vente produit 3 effets :
  
a)-le transfert de propriété : 
Ce transfert s’opère au moment de la rencontre des volontés concordantes du vendeur et
de l’acheteur sur la chose objet du contrat sur le prix et les autres clauses du contrat
(article 491 du DOC ) , ainsi aux termes de l’article 491 du DOC « L’acheteur acquiert de
plein droit le transfert de la propriété de la chose vendue dés que le contrat est parfait par
le consentement des parties . »
Ce transfert juridique de la propriété intervient par le seul consentement des parties ,
indépendamment de toute livraison ou paiement .
Pour la vente portant sur une chose de genre (ex : le blé , la viande , l’huile d’olive , café ) le
transfert juridique de propriété s’opére après l’utilisation du procédé habituel de
l’individualisation de la chose , objet du contrat c'est-à-dire après que la chose ait été
comptée , mesurée , pesée …
  
-Les effets à l’égard du vendeur :
Aux termes de l’article 498 du DOC , le vendeur a deux obligations principales.
-Obligation de délivrance de la chose vendue : 
le vendeur délivre la chose lorsqu’il s’en dessaisit au profit de l’acheteur et laisse celui-ci
en prendre possession sans empêchements (article 499 du DOC ).
La délivrance de la chose peut s’effectuer de différentes manières :
Pour les immeubles : la livraison s’effectue par la remise de titre de propriété et de clés .
Pour les valeurs mobilières : elle s’opère par la remise matérielle de la chose vendue ou
par la remise de clés du bâtiments ou du coffre dans lesquelles ces valeurs ont été
déposées .
Pour les choses qui ne peuvent être délivrées au moment de la vente (ex : récolte) : le seul
consentement des parties équivaut à la délivrance .
Pour les chose se trouvant dans un dépôt public ; la livraison s’effectue par la remise du
certificat de dépôt , du connaisement (contrat de transport maritime des marchandises )
ou la lettre de voiture (titre de transport par voie terrestre ).
Pour les droits incorporels (ex le droit de passage) : la livraison s’opère par la remise des
titres constatant le passage ou par l’usage qu’en fait l’acquéreur avec le consentement du
vendeur .
Le lieu de la délivrance de la chose est celui où la chose se trouvait au moment de la
vente , sauf clause contraire , la chose est quérable non portable c'est-à-dire que
l’acheteur doit venir la chercher .
Par ailleurs lorsque la chose doit être expédiée , elle voyage au risque du vendeur au
moment où la chose parvient à l’acheteur .
Le moment de la délivrance intervient aussitôt après la conclusion du contrat de vente
sauf clauses contraires ou délai exigé par la nature de la chose vendue (ex : récolte non
parvenue à maturité) ou par l’usage .
-Obligation de garantie . 
Conformément au DOC , le vendeur est tenu d’offrir de plein droit deux garanties à
l’acheteur .
il s’agit de la jouissance et la possession paisible de la chose vendue (c’est ce qu’on
appelle garantie pour cause d’éviction ) et la garantie pour les défauts de la chose c’est ce
qu’on appelle garantie des vices cachés .
1-La jouissance et la paisible possession de la chose vendue (garantie pour cause
d’éviction ). 
Le vendeur est tenu de garantir l’acheteur contre l’éviction . Le vendeur doit s’abstenir de
tout acte ou réclamation de nature à inquiéter l’acheteur ou le priver des avantages qu’il
peut tirer de la chose . Ex : le vendeur veut cultiver un terrain déjà vendu .
L’acheteur qui a subi une éviction peut , sous certaines conditions se faire rembourser le
prix de la vente ,les frais du contrat , les frais de justice et des dommages et intérêts
(article 538 du DOC) .
Les parties peuvent d’un commun accord insérer dans le contrat de vente une clause de
non garantie , cette clause ne libère pas pour autant le vendeur de la restitution du prix si
une éviction se produit mais cette clause affranchit le vendeur des dommages et intérêts
que peut réclamer l’acheteur .
2-Garantie des défauts cachés de la chose vendue (garantie des vices rédhibitoires ). 
Il s’agit de garantir les défauts cachés d’une certaine gravité , qui existaient au moment de
la vente , ces vices doivent diminuer sensiblement la valeur de la chose ou la rendre
impropre à l’usage qu’en compte faire l’acheteur , ex : vente d’un terrain renfermant des
excavations rendant impossible toute construction .
Par ailleurs , le vendeur engage sous sa responsabilité lorsque la chose vendue ne
correspond pas la qualité convenu .
L’acheteur doit engager rapidement la garantie du vendeur , ainsi , pour les choses
mobilières autres que les animaux , l’acheteur doit notifier immédiatement dans les 7
jours qui suivent la réception de la chose , les défauts qu’il avait relevés .
La non notification équivaut généralement à une acceptation .
L’acheteur peut demander la résolution de la vente , le restitution du prix et des frais de la
vente , la restitution du prix et des frais de la vente (c’est ce qu’on appelle l’action
rédhibitoire) , dans certains cas , l’acheteur a droit à des dommages intérêts (article 556
du DOC) . l’acheteur peut demander la réduction du prix (c’est ce qu’on appelle l’action
estimatoire) .
 
-Les effets du contrat de vente à l’égard de l’acheteur  
L’acheteur est soumis à trois obligations :
Le paiement du prix .
La date du paiement du prix peut être arrêtée d’un commun accord par le contrat de vente
ou à défaut , le paiement est concomitant avec le livraison .
Le contrat encore une fois peut déterminer le lieu de paiement .
Au cas où les parties n’ont pas fixé ce lieu , le paiement s’effectue dans le lieux de la
livraison e la chose .
Les parties contractantes conviennent des modalités de paiement .
 
-Vente au comptant : le paiement peut être fait au comptant , en même temps , l’acheteur
reçoit la marchandise et effectue le paiement .
 
-Vente à crédit  : une vente est censée être faite à crédit lorsque le vendeur accorde un
délai de paiement à l’acheteur , le terme commence à courir à partir de la conclusion du
contrat ,sauf clauses contraires .
 
-vente à tempérament  : il s’agit d’une forme particulière de vente à crédit . Le prix est
fractionné en plusieurs échéances déterminées . Le paiement se fait par des vêtements
périodiques .
La vente à crédit et la vente à tempérament n’empêchent pas le transfert de la propriété
de la chose vendu au profit de l’acheteur , ce transfert s’opère au moment même de la
formation du contrat car le contrat de vente est parfait par le simple consentement des
parties , abstraction faite du paiement ou de livraison .
Généralement le vendeur introduit dans le contrat de vente à tempérament une clause de
réserve de propriété , justement pour éviter de perdre la propriété de la chose vendue,
avant le paiement de l’intégralité du prix .
 
-Location-vente : le leasing , il s’agit d’un contrat de bail associé d’une promesse de vente ,
le locataire verse ses mensualités (effectue des versements périodiques) au propriétaires
jusqu’au jour où le locataire peut exercer une option d’achat de la chose louée .
A la fin du contrat , le locataire à la faculté de devenir propriétaire de la chose louée .
 
II – LES FAITS JURIDIQUES ( définition parue au livre 104) 
 
Les conséquences des actes et faits juridiques : 

 
 
Il existe deux sortes de responsabilité
 
-une responsabilité civile contractuelle qui résulte de l’inexécution d’une obligation
contractuelle ( conséquence des actes juridiques)et une responsabilité civile délictuelle
qui résulte à l’occasion d’un délit ou d’un quasi-délit
 
  
On étudie ici La responsabilité contractuelle :( actes juridiques) 
 
Elle ne peut être engagée que si certaines conditions sont réunis
  
A)-La faute du débiteur  
C’est une condition nécessaire pour engager la responsabilité  de celui-ci , il faut
remarquer qu’il n’ayant pas un régime unique de fautes en matière de responsabilité
contractuelle, selon le cas , la faute du débiteur doit être prouvée par le créancier ou elle
est tout simplement présumée exister . Cette précision nous amène à distinguer entre
l’obligation du résultat et l’obligation de moyen .
  
1)-Obligation de résultat :
Il s’agit d’un obligation contractuelle au terme de laquelle le débiteur doit accomplir une
prestation bien précise dont le résultat est connu d’avance , au moment de la conclusion
du contrat , Ex : le contrat de transport , en effet , au terme de ce contrat , le transporteur
s’engage à transporter le passager d’un point à un autre et le transporteur sain et sauf .
Pour ce genre de contrat , il suffit au transporté d’établir le fait unique de l’inexécution du
contrat sans prouver la faute du débiteur .
La faute du transporteur est présumée , le créancier , en locurence le transporté , doit se
contenter d’apporter la preuve que le résultat stipulé par le débiteur n’a pas été réalisé ,
nul besoin d’apporter donc la preuve que le débiteur a commis une faute .
2)-Obligation de moyen :
En revanche , l’obligation de moyen est une obligation en vertu de la quelle le débiteur
s’engage à faire de son mieux pour tenter de réaliser un résultat espéré , souhaité , ex :le
contrat médical au terme duquel le médecin s’engage à mettre son oeuvre toute sa
science , son savoir son expérience pour essayer de guérir le malade  ; mais il ne peut
garantir le résultat de son action , dans ce cas , le créancier doit apporter la preuve que le
débiteur a commis une faute : négligence , imprudence .
 
B)-Le dommage subi : 
Il s’agit d’un préjudice , d’une atteinte à des droits patrimoniaux ou extrapatrimoniaux ( les
droits à l’honneur , les droits à la dignité …), l’inexécution d’un contrat ou son exécution
tardive, défectueuse , incomplète entraîne la responsabilité civile du débiteur pour le
dommage subi par le créancier .
1)-La diversité des dommages  
Il faut noter que tout préjudice causé  à autrui entraîne une réparation , ces dommages
sont répartis en trois catégories .
-Dommage matériel : il s’agit d’une atteinte à des biens patrimoniaux d’une personne , il
s’agit donc d’un préjudice qui peut être pécuniairement chiffré puisqu’il s’agit d’un bien
détruit ou détérioré .
-Dommage moral  : ce genre de dommage porte atteinte aux droits de la personnalité
d’autrui (atteinte à l’honneur d’une personne ) ou à des sentiments (douleurs , souffrance)
ressentis par la victime ou par ses proches.
-Dommage corporel  : un dommage corporel porte atteinte à l’intégrité physique ou à la
santé de la victime ( la maladie , les blessures , le décès ).
2)-Conditions pour que le préjudice soit réparable  
Pour que le préjudice soit réparable , un préjudice doit remplir certaines conditions :
-Il doit être direct  : c'est-à-dire découler directement de l’inexécution des clauses
contractuelles .
-Il doit être certain : il doit être produit avec certitude ce qui amène à ne pas réparer les
préjudices éventuels, dans certains cas , le juge français est allé à la limite du préjudice
éventuel puisqu’il a admis dans certains cas , la réparation de la perte d’une chance (sauf
si elle est trop hypothétique ) ex : la fiancée d’un passager victime d’un accident mortel
peut demander réparation pour le préjudice subi du fait qu’elle a perdu une chance de se
marier).
-Il doit être déterminé  : le préjudice doit être déterminé pécuniairement (difficulté
d’évaluer le préjudice moral , d’où la nécessité de recourir à des experts).
-Il doit être actuel  : il s’agit d’un préjudice qui est déjà arrivé , qui est déjà produit par
opposition au préjudice futur , néanmoins , le préjudice futur peut ouvrir droit à une
réparation s’il est certain , inévitable et peut être pécuniairement évalué ex  : le juge
appréciera les dommages futurs causés à un enfant dont le père a été victime d’un
accident mortel de transport , dans ce cas , il s’agit de la prolongation certaine dans le
futur d’une situation actuelle .
 
C)-la causalité : 
1)-La nécessité d’un lien de causalité : 
La responsabilité contractuelle du débiteur ne peut être engagée que si les créanciers
apportent la preuve qu’il y’a lien de causalité entre le dommage subi et le comportement
du débiteur , ce lien de causalité doit être certain c'est-à-dire que la victime doit apporter
la preuve de l’existence d’une relation certaine de cause à effet entre le fait dommageable
et le préjudice subi .
De même ce lien de causalité doit être direct dans la mesure où le préjudice subi doit être
la suite immédiate et directe du fait dommageable .
Ce lien de causalité disparaît lorsque le dommage subi a été provoqué par une cause
d’exonération de la responsabilité .
2)-les causes d’exonération de responsabilité : 
Les causes d’exonération permettent au débiteur qui n’a pas honorer son engagement ,
de pouvoir échapper en partie ou en totalité , à l’obligation de réparation du préjudice
causé au créancier .
Ces clauses sont spécialement utiles pour les contrats contenant des obligations de
résultat , précisément parceque le créancier n’est pas tenu d’apporter la preuve de la faute
du débiteur .
Pour pouvoir échapper à l’obligation de réparation , le débiteur doit établir que
l’inexécution du contrat ou l’exécution tardive de celui-ci provient d’une cause extérieure à
sa volonté .
 
Ainsi l’événement de la force majeure (ou cas fortuit) , la faute de la victime ou le fait d’un
tiers constituent des causes d’exonération de la responsabilité contractuelle , le DOC
définit la force majeure ou le cas fortuit comme « tout fait que l’homme ne peut prévenir
tels les phénomènes naturels (inondations, sécheresse , orage , incendie, invasion
ennemie , fait du prince) et rendent impossible l’exécution de l’obligation . »article 229 du
DOC.
Pour le fait du prince , il faut entendre les décisions des pouvoirs publics qui rendent
impossible l’exécution de l’obligation ex  : la réquisition , interdiction d’importer ou
d’exporter un produit , mobilisation etc..)
 
Deux conditions sont exigées pour qu’on puisse parler de force majeure :
-l’événement doit être imprévisible , c'est-à-dire il doit être brusque , inconcevable au
moment de la conclusion du contrat ex : la grève subite peut constituer un cas de force
majeure ).
-l’événement doit être également irrésistible , c'est-à-dire doit rendre impossible
l’exécution de l’obligation contractuelle .
Cet événement doit être insurmontable pour le débiteur , la jurisprudence doit être stricte
pour la qualification de certains événements de force majeure , ainsi la guerre peut
compliquer l’exécution d’un contrat , le rendre plus difficile mais peut ne pas constituer un
cas de force majeure .

 
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