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Les contrats en cours

MASTER :Droit Notarial

Module : Droit des Entreprises en Difficultés

Recherche sous le thème :

LES CONTRATS
EN COURS

Un travail encadré par :


Pr SQUALLI ABDELAAZIZ
Professeur de droit des entreprises en difficultés
Faculté des sciences juridique, économiques et sociales Sidi Mohammed
Ben Abdallah Fès

Réalisé par :OUAZIZ MOSTAFA

Année universitaire :2019-2020


Introduction
L’ouverture d’une procédure de redressement équivaut à une
hospitalisation judicaire de l’entreprise. Ce n’est pas du tout par volonté
d’acharnement thérapeutique : si l’état de l’entreprise semble désespéré ou le
devient par une irrémédiable aggravation, le tribunal peut « à tout moment »
prononcer la liquidation judicaire .L’image équivaut plutôt que les ressources de la
clinique et de la pathologie doivent pouvoir être commodément mobilisées pour une
appréciation précise des symptômes de l’essoufflement de l’entreprise ; elle implique
aussi que tout soit mis en œuvre afin de protéger ses capacités fonctionnelles.

Les potentialités de l'entreprise visent d'abord les contrats, en tant que


source de richesses de l'entreprise. C'est la question de la préservation du tissu
contractuel. . Le moyen essentiel du redressement de l'entreprise réside
incontestablement dans la faculté de poursuite des contrats en cours posée par
l'article 573 alinéas 1. Dans la perspective du sauvetage de l'entreprise, la poursuite
de l'activité pendant la période d'observation est essentielle. Elle permettra
l'élaboration éventuelle d'un plan de sauvegarde ou de redressement.

Le législateur a entendu imposer la volonté le syndic, ou en son


absence, du débiteur, à ses partenaires afin de continuer la relation contractuelle.
Ces derniers ne pourront se prévaloir de l'inexécution d'engagements financiers
antérieurs au jugement d'ouverture pour cesser la relation contractuelle après
l'ouverture de la procédure collective du débiteur. Dans une mesure qu'il faudra
définir, la poursuite du contrat en liquidation judiciaire pourra s'avérer utile.

Pour permettre le maintien de l’activité dans les meilleures conditions, il


est nécessaire de faire un tri parmi les contrats en cours (ex. baux professionnels,
fournisseurs). Certains sont indispensables à la poursuite de l’exploitation, d’autres
sont superflus. Cependant, l’intérêt de l’entreprise à maintenir certains contrats peut
aller à l’encontre de la volonté des cocontractants de rompre leurs relations avec un
partenaire en cessation de paiements.
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Si le droit commun des contrats avait été applicable, le débiteur n’aurait


pu refuser de poursuivre l’exécution des contrats en cours sans l’accord des
cocontractants. En présence d’une clause stipulée dans le contrat prévoyant sa
résiliation en cas d’ouverture collective de débiteur, le cocontractant aurait pu obtenir
la résiliation de plein droit dudit contrat, dés que cet événement se serait produit. De
même, si le débiteur n’avait pas exécuté certaines prestations, son cocontractant
aurait pu lui opposer l’exception d’inexécution pour ne pas exécuter ses prestations
corrélatives.

Le cocontractant aurait encore pu demander la résolution judicaire du


contrat pour inexécution des obligations du débiteur avec dommages-intérêts.
Pourtant toutes ces solutions sont écartées par le droit des entreprises en difficulté,
qui confère au seul syndic le pouvoir de décider la continuation du contrat ou de
demander au juge commissaire de prononcer sa résiliation.

Il est évident que la poursuite de l’activité de l’entreprise durant la


période de l’activité de l’entreprise, implique des moyens fonctionnels et financiers.
Faute de pouvoir les fournir d’une manière directe, la législation doit du moins
énoncer les mesures propres à en favoriser l’acquisition ; d’autant que l’échec
présumé imputable à l’entreprise supposé remédiable, inciterait plutôt ses
partenaires à se désengager de ses affaires ou même à cesser tout relation
professionnelle avec cette dernière. Ainsi, s’expliquent les dispositions de la loi sous
réserve desquelles la continuation de l’activité a eu lieu.

Ces règles se rapportent principalement à deux objets. Le premier


concerne le traitement des créances nées après le jugement d’ouverture, des
rapports d’affaires nés entre l’entreprise et ses partenaires : l’objectif à cet égard est
de réserver à ceux-ci une situation qui ne les dissuade pas de prolonger ou d’établir
des relations nouvelles avec l’entreprise. L’autre objectif est constitué par les contrats
en cours, prenant acte de ce que l’entreprise est « nœud de contrat » dont la
préservation conditionne la survie.

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Donc la question qui se pose est de savoir qu’en est-il du sort des
contrats en cours d’exécution lors du jugement d’ouverture de la procédure de
redressement judicaire ?

Afin de répondre à cette problématique et mieux cerner le sujet, il


implique d’envisager dans un premier grand titre Le champ d’application de la règle
de continuation des contrats en cours et dans second les conséquences résultant de
la continuation des contrats en cours lors de l’ouverture de la procédure de
redressement judicaire
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Sommaire
Partie I : Le champ d’application de la règle de continuation des contrats en
cours
Chapitre I : Le contrat de travail
Chapitre II : La situation du contrat-bail des immeubles affectés à l’activité de
l’entreprise
Chapitre III : Le contrat de vente et de prêt

Partie II : Les modalités de l’exercice de l’option de continuation des


contrats et ses conséquences
Chapitre I : Les modalités d’exercice d’option relative au sort des contrats en cours
Chapitre II : Les conséquences de l’exercice de l’option relative au sort des contrats
en cours

Conclusion

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PARTIE I :
LE CHAMP D’APPLICATION DE LA
REGLE DE CONTINUATION DES
CONTRATS EN COURS

La règle de la continuation des contrats en cours, peut avoir lieu, lors


du jugement du tribunal prononçant à l’encontre de l’entreprise en cessation des
paiements, soit par nécessité pour la continuation de l’activité de l’entreprise durant
la période de continuation soit non, ce qui suppose des règles souples qui
permettront au syndic de se comporter avec les titulaires de ce contrats, et ce en
conformité avec ce qu’exige la règle de continuation de l’exploitation durant la
période précitée.

Ainsi, en vertu de l’article 573, alinéa 1 du code de commerce, le syndic


a seul faculté d’exiger l’exécution des contrats rn cours en fournissant la prestation
promise au cocontractant de l’entreprise. Le contrat est résilié de plein droit, après la
mise en demeure adressée au syndic, doit être antérieure à la date du jugement
d’ouverture de la procédure de redressement judicaire.

La règle de continuation des contrats en cours, lors du jugement


d’ouverture de la procédure de redressement judicaire, contient en principe tous les
contrats conclus avec l’entreprise soumise à la procédure de redressement y compris
ceux conclus pour des considérations personnelles du chef de l’entreprise. Ce qui
renforce cette conception est que le législateur marocain prévoit dans la quatrième
de l’article 573 du code de commerce, qu’aucune indivisibilité, résiliation ou
résolution du contrat, ne peut résulter du seul fait de l’ouverture du redressement
judicaire, nonobstant toute disposition légale ou toute clause contractuelle contraire.
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CHAPITRE I : Le contrat de travail

Contrairement au législateur français, qui a conformément aux


dispositions du dernier paragraphe de l’article 621-37 du code de commerce, exclu
le contrat de travail du champ d’application du principe de l’exécution des contrats en
cours lors du jugement d’ouverture de la procédure de redressement judicaire, le
législateur marocain n’a prévu aucune disposition dans ce sens. Ce qui nous amène
à se demander, si les contrats de travail sont inclus ou non dans la législation
marocaine, dans le cadre de l’application du principe susvisé.

En dépit du silence du texte en droit marocain, au sujet de l’inclusion


des contrats de travail, le principe est prévu à l’article 573 du code de commerce :
ces contrats sont , par conséquent, exclu du champ d’application précité pour de
nombreuses raisons parmi lesquelles la salaire dans le contrat de travail, qui a un
aspect social économique particulier, ce qui implique, que celui-ci , n’est pas
concerné par les différents dispositions relatives aux autres créances imposées au
chef de l’entreprise.

En outre le contrat de travail est soumis constamment à un régime,


spécifique très différent de celui appliqué dans les autres contrats conclus avec
l’entreprise à l’encontre de laquelle une procédure de redressement judicaire a été
ouverte.

Ce qui renforce ce point de vue est que le législateur marocain lui-


même reconnait la particularité de la créance résultant d’un contrat résultant du fait,
que celle-ci, n’a pas été traitée de la même manière que les autres créances.

On remarque ainsi que ce type de créance n’est pas soumis à la


procédure de la déclaration au syndic conformément aux dispositions de l’article 688
à 690 du code de commerce. Une alternative se présente alors : si l’actif de débiteur
est insuffisant dans ce cas le paiement est par L’A.G.S.

En cas de difficultés financières de l’employeur, les salariés ont, par


conséquent intérêt à ce que la procédure s’ouvre sans tarder. En effet, les salaires

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impayés ne seront pris en charge par l’A.G.S que si le redressement judicaire a été
prononcé.

Il est nécessaire de rappeler que ce système d’assurance obligatoire en


France a été mis en place par la législation du 27 décembre 1973. IL constitue une
garantie fondamentale pour les salariés, qui sont ainsi payés sur le champ. Son
financement est assuré par le versement obligatoire d’une cotisation spéciale par les
employeurs. En cas de non paiement de cotisations, les salariés ont droit à la
garantie.

Au Maroc, le nouveau code de travail n’ a pas prévu des salaires dus


lors du jugement d’ouverture. Néanmoins, si l’employeur procède aux licenciements
pour motif économique, technologique ou structurel, les salariés bénéficient d’une
indemnité suivant le barème cité à l’article 53 de code de travail.

Il convient de souligner en outre que ces indemnités feront l’objet de


négociation entre l’employeur et les salariés ou avec leurs représentants élus. Elles
pourraient même leur être spontanément versées par l’employeur. Une négociation
collective plus étendue pourra également jouer un rôle non négligeable à l’occasion.

On retiendra également que les salariés licenciés, à titre individuel ou


collectivement bénéficient d’une éventuelle priorité d’emploi en vue de leur
réembauchage et que le non respect de cette priorité est punissable d’une amende
pécuniaire.

Depuis l’accord du 30 avril 2003, les salariés licenciés pour raison


économique, structurelle ou technologique, peuvent obtenir une indemnité pour perte
d’emploi dans les modalités d’attribution seront fixés par un texte législatif séparé.

On retiendra aussi que le déterminent principal d’une cessation


collective du travail est l’exigence d’un traitement spécial à réserver à des salariés
qui ne doivent supporter aucune responsabilité du fait de circonstances
indépendantes de leur volonté, alors qu’ils sont à la merci de l’employeur. Il faut dire
que le droit discrétionnaire de résiliation unilatérale du contrat de travail par cz
dernier, est d’autant plus évident que le licenciement collectif, la fermeture partielle
ou totale de l’entreprise ou encore la compression du personnel peuvent s’analyser
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en une somme de licenciements individuels pour quelque motif que ce soit.


Cependant, à la difficulté économique à laquelle est confrontée l’entreprise. Le code
de travail a ajouté la notion de « motifs technologiques » afin semble il, prendre en
compte les possibilités d’innovation technologique en vue d’une meilleure production
ou compétitivité au niveau interne et international.

Le redressement judicaire ne constitue pas à titre principal, une


procédure d’exécution des biens de l’entreprise défaillante. Elle vise au contraire,
dans l’intérêt social du maintien de l’emploi, préserver l’existence d’abord et à
favoriser la survie ultérieure de l’unité économique en cause, à laquelle s’attache
des fonctions voire le sort des salariés.

Lorsque l’actif du débiteur est suffisant pour permettre un paiement sur


le champ, sur la base du dernier bulletin de salaire, mais dans la limite de deux fois
le plafond des cotisations au titre de la sécurité sociale. Le solde est payé avec
l’autorisation du juge commissaire, dès que son montant est connu. Il y a là une
dérogation à la règle selon laquelle aucun paiement ne peut avoir lieu durant la
période d’observation. Par contre les salaires non garantis par le super-privilège, ne
bénéficient pas de ce paiement anticipé, car ils n’ont pas un caractère alimentaire.

CHAPITRE II : La situation du contrat-bail des immeubles


affectés à l’activité de l’entreprise

En principe , le contrat-bail des immeubles affectés à l’activité de


l’entreprise à l’encontre de laquelle une procédure a été ouverte, n’est pas exclu du
champ d’application de la règle de la continuation des contrats en cours lors du
jugement d’ouverture , et ce, en raison de la continuation de ce contrat, durant la
période de préparation de la solution nécessaire pour la continuation de l’activité de
l’entreprise pendant cette période qui peut s’étendre à huit mois.

Selon un arrêt rendu le 15 Novembre 2016 par la chambre commerciale


de la cour de cassation française que l’action en résolution d’un contrat pour défaut
de paiement d’une somme d’argent à son échéance est une action fondée sur le
défaut de paiement d’une somme d’argent au sens de l’article 622-21 du code de
commerce de sorte qu’est irrecevable la demande de bailleur tendant à la résiliation

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du contrat de bail pour paiement tardif des loyers antérieures au jugement
d’ouverture se trouve ainsi rejeté le pourvoi du bailleur contre l’arrêt de cour d’appel
qui avait considérer que son assignation en résiliation du contrat de bail pour
paiement tardif des loyers se heurtait au principe de l’interdiction ou de la suspension
des poursuites ou des instances en cours compte tenu de la mise en redressement
judicaire de preneur.

Dit autrement, et l’on comprend alors la portée essentielle de cet arrêt,


l’action en résolution d’un contrat pour non paiement à l’échéance convenue est une
action fondée sur le défaut de paiement. Elle tombe donc sous le coup de
l’interruption des poursuites individuelles contre le débiteur en procédure collective.
Le bail commercial étant rompu, deux séries de conséquences à évoquer :

Le liquidateur ou le syndic (l’administrateur) doivent restituer les locaux


dés que le bail est rompu à défaut de quoi, ils commettent une faute de nature à
engager leur responsabilité civile.

Les indemnités de la résiliation doivent être déclarées au passif. Les


loyers de la période d’observation doivent être payées.par conséquent en cas d’arrêt
d’un plan de redressement, ils ont payés avant tous les créances, à l’exception du
super privilège des salariés. En cas de la liquidation judicaire, sont primés par ce
super privilège, les frais de la justice et certaines suretés garantissant des créances
antérieures : suretés immobilières, sûretés mobiliers assorties d’un droit de rétention
et nantissement sur le matériel et l’outillage.

Les droits du bailleur sont soumis à des règles particulières que le


législateur a organisé conformément aux dispositions de l’article 661 du code de
commerce. Ainsi, le bailleur n’a privilège que pour les deux années de loyer
précédant immédiatement le jugement d’ouverture de la procédure. Mais si le bail
n’est pas résilié, le bailleur ne peut exiger le paiement des loyers à échoir sauf si le
privilège donné lors de la conclusion de bail a été annulé et ce contrairement à ce
que prévoient les dispositions générales stipulées aux articles 684 et 1250 du code
des obligations et des contrats.
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La question qui se pose de savoir si les créanciers inscrits doivent


bénéficier d’une notification en cas d’absence de poursuite de contrat de bail de
l’immeuble dans lequel est exploité le fonds de commerce grevé.la cour de cassation
française dans un arrêt du 13 octobre a répondu par l’affirmative en estimant que le
bailleur doit notifier sa demande de résiliation du bail aux seuls créanciers inscrits.

C’est ainsi, que d’après ce qui précède, il semble que les droits du
bailleur des immeubles, affectes à l’activité de l’entreprise, sont soumis durant la
période de la préparation de la solution à deux contraintes importants à savoir :

✓ La première contrainte oblige celui-ci, notamment après l’ouverture de la


procédure de redressement judicaire à ne pas réclamer la rupture du bail sous
prétexte qu’il ne peut pas régler la paiement des loyers dus avant l’annonce le
jugement

✓ La seconde limite considérablement les avantages dont bénéfice le bailleur des


immeubles affectés à l’activité de l’entreprise.

En conclusion, la situation du bailleur n’est guère enviable dans les


procédures collectives. Le cocontractant subit ici une restriction de ses droits afin de
faciliter les chances de redressement de l’entreprise. Sa situation est meilleure dans
la liquidation judicaire mais elle est tout de même en retrait par rapport au droit
commun.

CHAPITRE III : Le contrat de vente et de prêt

Si l'exécution de l'obligation de délivrance est déjà intervenue au jour


du jugement d'ouverture, le contrat de vente n'est plus en cours. La règle s'applique
même en cas de vente avec clause de réserve de propriété. En revanche, la Cour de
cassation française a précisé que le contrat de vente à terme est un contrat en
cours, lorsque le transfert de propriété ne s'est pas opéré.

En matière de vente en l'état futur d'achèvement, le contrat de vente est


en cours si l'achèvement n'a pas eu lieu au jour de l'ouverture de la procédure. Dès
lors que les fonds ont été intégralement versés à l'emprunteur antérieurement à
l'ouverture de la procédure.

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Dès lors que les fonds ont été intégralement versés à l'emprunteur
antérieurement à l'ouverture de la procédure, le contrat de prêt n'est pas en cours.
Les échéances du prêt relatives aux fonds débloqués avant jugement d'ouverture
sont des créances antérieures à ce jugement puisque leur fait générateur est
constitué par le déblocage des fonds. Seule leur exigibilité est postérieure au
jugement d'ouverture.

À l'inverse, si le prêt n'a pas été entièrement débloqué avant le


prononcé du jugement d'ouverture, à concurrence des sommes non débloquées au
jour du jugement d'ouverture, il doit être considéré comme un contrat en cours. Cette
solution a cependant été écartée par la Cour de cassation, dans le domaine des
prêts immobiliers à l'habitat et dans celui des crédits à la consommation. Elle décide
que ces prêts sont consensuels et non réels, leur perfection étant trouvée non dans
la remise des fonds, mais dans l'acceptation de l'offre préalable.

Quant à la situation du contrat de vente des marchandises consignées


à l’Enterprise tant que la tradition n’en pas été affectée dans ses magasins ou dans
ceux du commissaire chargé de les vendre pour le compte de l’entreprise.
Néanmoins, la revendication n’est pas recevable si, avant leur arrivée, les
marchandises ont été vendues sans fraude, sur facture, ou titres de transport
réguliers.

Peuvent également être revendiquées, à condition qu’elles se


retrouvent en nature, les marchandises consignées à l’entreprise, soit à titre de
dépôt, soit pour être vendues pour le compte du propriétaire.

Peuvent être également revendiqués, s’ils se retrouvent en nature au


moment de l’ouverture de la procédure, les biens vendus avec une clause de
propriété subordonnant le transfert de propriété au paiement intégral du prix .

La revendication en nature peut s’exercer dans les mêmes conditions


sur les biens mobiliers incorporés dans un autre bien mobilier lorsque leur
récupération peut être effectuée sans dommage matériel pour les biens eux-mêmes
et les biens dans lequel ils sont incorporés, et sans que cette récupération entraine
une dépréciation excessive des autres actifs de l’entreprise.
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Ceci étant, d’après l’article 667 du code de commerce, la revendication


des membres ne peut être exercée que dans le délai de trois mois suivant la
publication du jugement ouvrant la procédure de redressement ou de liquidation
judicaire. Pour les biens faisant l’objet d’un contrat en cours au jour de l’ouverture de
la procédure, le délai court à partir de la résiliation ou du terme du contrat.

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PARTIE II :
LES MODALITES DE L’EXERCICE DE
L’OPTION DE CONTINUATION DES
CONTRATS ET SES CONSEQUENCES

Dans l’éventualité d’une application continue des contrats en cours


d’exécution lors de la date du jugement de l’ouverture de la procédure de
redressement judicaire, seul le syndic qui a le pouvoir d’exiger l’exécution des
contrats en cours ou non. Dans les deux cas, la position du syndic vis-à-vis des
contrats engendre des résultats variables selon la décision de ce dernier à ce sujet.

La règle générale en matière de la théorie des obligations et contrats


est la libre volonté des parties contractantes en matière de continuation du lien
contractuel. Cependant, une simple lecture des articles relatifs au contrat dans le
livre 5 du code de commerce permet de détecter un nombre important d’exception,
on peut même dire qu’il ya une exécution ‘’forcée’’ des contrats.

En effet, cette intervention majeure du législateur ne peut être justifiée


que par sa volonté de sauver l’entreprise et l’aider à survivre à ‘’tout prix’’ même au
détriment des tiers contractants.

Dans cette deuxième partie, nous allons voir en détails les


conséquences juridiques d’une éventuelle continuation des contrats ordonnée par le
syndic, et les mesures d’accompagnement de cette décision prévues par le livre 5 du
code de commerce
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CHAPITRE I : Les modalités d’exercice d’option relative au


sort des contrats en cours

Le droit d'option se définit comme « une prérogative juridique qui


permet à son titulaire de pouvoir, par un acte unilatéral de volonté, modifier une
situation juridique incertaine et cela suivant une alternative précise et prévisible ».

Le maintien des contrats qui unissent le débiteur à ses fournisseurs,


ses banquiers, ses clients, peut être utile à la continuation de l’entreprise. L’article
573 consacre indirectement cette solution en donnant au syndic le droit d’option
entre l’exécution et la continuation du contrat. Le droit d’option est réservé au syndic,
quelle que soit d’ailleurs l’étendue de sa mission.

Le maintien des contrats en cours est affirmé, en principe en dépit des


dispositions légales et nonobstant toute clause contractuelle. En effet, l’article 574
al.4 décide que « Nonobstant toute disposition légale ou toute clause contractuelle,
aucune indivisibilité résiliation ou résolution du contrat ne peut résulter du seul fait de
l’ouverture de redressement judicaire ». Cette solution s’impose donc en présence
d’une disposition légale contraire et, à plus forte raison, pour les contrats prévoyant
une résolution de pleine droit de la convention en cas de redressement.

Cette dérogation de droit commun se justifie par des considérations


pratiques évidentes.la disparition immédiate de nombreux contrats compromettrait
certainement la continuation de l’exploitation et placerait les cocontractants dans une
position de force leur permettant de rompre en leur faveur la règle de l’égalité.

L’article 573 s’efforce, par ailleurs, d’équilibrer l’intérêt de l’entreprise et


celui de son cocontractant. Ainsi la renonciation à la continuation du contrat est
présumée si le cocontractant a adressé au syndic une mise en demeure qui restée
plus d’un mois sans réponse. Cette présomption est irréfragable car le contrat est
résilié de plein droit dans ce cas. Le délai de réponse à la mise en demeure, est d'un
mois à compter de la réception de la mise en demeure.

Les règles relatives aux notifications des actes de procédure posées


aux articles, qui obligent à considérer que le délai ne court contre le destinataire de

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la mise en demeure qu'à compter de sa réception par celui- ci, sont ici applicables.
La réponse du titulaire de l'option devra être envoyée par celui- ci dans le délai du
mois à compter de la réception de la mise en demeure adressée par le
cocontractant.

Lorsque la période d'observation est courte ou lorsque le


cocontractant n'a pas envoyé la mise en demeure dans les jours qui suivent
l'ouverture de la procédure, la procédure peut être convertie en liquidation judiciaire
alors même que le délai courant à compter de la mise en demeure adressée au
syndic ou au débiteur n'est pas expiré. . Un nouveau délai n'est pas alors ouvert, le
délai initial continuant à courir contre le titulaire actuel de l'option.

CHAPITRE II : Les conséquences de l’exercice de l’option


relative au sort des contrats en cours

Le livre 5 du code de commerce a laissé au syndic la liberté de choix


entre la continuation de l’exécution du contrat ou sa résiliation, alors, chacune de ces
décisions à des conséquences et effets, et la seule motivation d’une telle décision
prise par le syndic réside dans le degré d’importance dans la continuité
d’exploitation.

A. Les conséquences de la continuité des contrats ordonnée par le


syndic

Selon l’article 573 du code de commerce, L'option pour la continuation


du contrat impose une exécution du contrat aux conditions existantes au jour du
jugement d'ouverture le cocontractant doit remplir ses obligations malgré le défaut
d'exécution par le débiteur d'engagements antérieurs au jugement d'ouverture. Ainsi,
l'exécution du contrat aux conditions initiales n'implique- t- elle pas l'exécution des
prestations antérieures au jugement d'ouverture, laquelle exécution ne peut intervenir
du fait, d'une part, de l'impossibilité de payer après jugement d'ouverture une
créance née antérieurement à ce jugement, et d'autre part, du fait de l'existence de la
règle de l'arrêt des poursuites individuelles relatives aux dettes antérieures à
l'ouverture de la procédure.
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Or, d’parés cet article seul le syndic qui a le droit de décider la


continuation du contrat ou son résiliation, et même le cocontractant n’a que le droit
de mettre en demeure l’entreprise, en effet un silence du syndic pendant un délai
d’un mois donne lieu à une résiliation de plain droit.

Article 5731 :

Le syndic a seul la faculté d'exiger l'exécution des contrats en cours en fournissant la


prestation promise au cocontractant de l'entreprise. Le contrat est résilié de plein droit
après mise en demeure adressée au syndic et resté plus d'un mois sans réponse.

Le cocontractant doit remplir ses obligations malgré le défaut d'exécution par


l'entreprise d'engagements antérieurs au jugement d'ouverture. Le défaut d'exécution de
ces engagements n'ouvre droit au profit des créanciers qu'à déclaration au passif.

De plus, d’après l’alinéa 2 de cet article, Le cocontractant doit remplir


ses obligations malgré le défaut d'exécution par l'entreprise d'engagements
antérieurs au jugement d'ouverture. Le défaut d'exécution de ces engagements
n'ouvre droit au profit des créanciers qu'à déclaration au passif.

La poursuite du contrat après l'ouverture de la procédure impose au


syndic de fournir la prestation promise au cocontractant du débiteur. Le syndic, doit
respecter toutes les clauses du contrat, l'objet de la disposition étant « d'aménager
pour l'entreprise les chances d'un redressement sans pour autant perturber le tissu
économique environnant » Ainsi, les clauses attributives de juridiction, les clauses
d'arbitrage ou compromissoires doivent- elles être respectées.

Ainsi si il ya une condition précisant l’augmentation des obligations du


débiteur au cas où celui-ci est soumis au redressement judicaire. Cette condition est
considérée comme nulle car elle touche le principe d’équité entre les créancières qui
relève de droit commun.

Par conséquent, le jugement d’ouverture arrête les cours des intérêts


légaux et conventionnels, ainsi, que les intérêts de retard et majorations
conformément aux dispositions de l’article 659 du code de commerce.

1
Article 573 de la loi 15-95 formant le code marocain de commerce

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Les dispositions de code commerce met à la charge de syndic
l'obligation de s'assurer, au moment où il demande l'exécution du contrat, qu'il
disposera des fonds nécessaires à cet effet. Il semble que cette obligation soit de
moyens et non pas de résultat. Ce paiement à l'échéance respecte d'abord le
principe de continuation du contrat aux conditions initiales. Il respecte également la
règle fondamentale selon laquelle les créances nées régulièrement après le
jugement d'ouverture sont payées à leur échéance. Si tel n'est pas le cas, le
créancier a la possibilité d'entreprendre toute action en justice en vue du paiement
de cette créance. En effet, la règle de l'arrêt des poursuites individuelles ne vaut que
pour les créanciers non éligibles au traitement préférentiel réservé aux créanciers
postérieurs au jugement d'ouverture.

En cas de constitution de sommes financières, déterminées suite à la


continuation de l’exécution des contrats en cours lors de la date de l’ouverture de la
procédure, sont intégrées dans les comptes bancaires ou postaux de l’entreprise et
seront utilisées, par conséquent, pour faire face aux besoins nécessaires à la
continuation de celle-ci durant la période d’observation.

B. Les effets de la non-continuation du contrat ordonnée par le


syndic

Le non usage par le syndic de l’option de continuation des contrats en


cours d’exécution lors du jugement d’ouverture, donne lieu ipso facto à une
résiliation de ces contrat, mais vis-à-vis les tiers sa reste une affaire interne de
l’entreprise non opposable aux tiers ; En effet, cela peut donner lieu à des
dommages-intérêts pour le préjudice subi par le cocontractant suite au contrat
conclut avec l’entreprise.

Article 573 Alinéa 3 :


Si le syndic n'use pas de la faculté de poursuivre le contrat, l'inexécution peut donner lieu à
des dommages-intérêts dont le montant sera déclaré au passif. L'autre partie peut
néanmoins différer la restitution des sommes versées en excédent par l'entreprise en
exécution du contrat jusqu'à ce qu'il ait été statué sur les dommages-intérêts.
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Lorsqu’il s’agit d’un contrat de travail ou le salarié se trouve débiteur


vis-à-vis l’entreprise objet d’une procédure collective suite à des avances dans le
cadre de l’exécution de ses obligations contractuelles, le cocontractant doit en
principe rembourser ses sommes à son employeur, mais il ne peut pas procéder au
remboursement qu’après la fin de la procédure d’indemnisation pour préjudice à
l’occasion de la résiliation du contrat de travail.

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CONCLUSION
La période d’observation est une période décisive dans la vie de
l’entreprise en difficulté puisqu’elle précise le devenir de cette dernière. A son issu, le
syndic propose soit un plan de redressement, qui peut être soit un plan de
continuation soit un plan de cession, ou un plan de liquidation lorsqu’il y’a absence
de possibilité de redressement, notamment lorsque la situation de l’entreprise est
irrémédiablement compromise.

Cette importance de la période d’observation a pour conséquences la


difficulté de la gestion de l’entreprise durant cette période. En effet, le choix des
organes et précisément ceux assurant la gestion doit être très pertinent, en
choisissant un administrateur judiciaire compétant qui peut mener à bien cette tache
délicate.

Il apparaît, donc que la réussite du sauvetage de l’entreprise, dépend


principalement de la qualité des organes assurant la gestion et le contrôle, dans la
mesure où ils sont les responsables de l’établissement du rapport, de la proposition
de la solution et du choix de la solution, qui doit être la plus favorable. A défaut, toute
solution choisie sera vouée à l’échec.

Cependant, quelque soit la qualité des organes assurant la gestion de


l’entreprise dans cette période, elles reste incapable à résoudre les problèmes de
l’entreprise et garder en marche celle-ci sans l’aide du mécanisme contractuel, les
contrat sont, donc, les neurone vitaux de l’entreprise, raison pour laquelle le
législateur a offert au syndic ce droit de continuation des contrats et c’est à lui de
choisir les contrats nécessaires à la continuité d’exploitation de l’entreprise dans un
double objectifs, la survie de l’entreprise et la préservation maximal de sa valeur le
cas échéant.
Les contrats en cours Haddaoui Abderrahim

BIBLIOGRAPHIE

✓ Les difficultés des entreprises Corinne SAINT-ALARY-HOUIN

✓ Droit des entreprises en difficultés Jérôme Bonnard 6e édition

✓ Hassania CHERKAOUI Droit commercial

✓ Les procédures de traitement de l’entreprise en difficulté en droit marocain

BAKR ANAS BENNANI

✓ Les difficultés des entreprises et les procédures judicaire de leur traitement

MOHAMED LFROUJ (ouvrage en arabe) revue de droit commercial et des affaires

✓ Droit des entreprises en difficulté Pierre Michael le Corre Emmanuel le Corre

Broly 2e édition

✓ Dahir des obligations et des contrats

✓ Code de commerce marocain

MASTER : Droit Notarial P a g e | 21 FSJES Fès –USMBA FES


TABLE DES MATIERES

Introduction……………………………………………………………………………………………………….……02
Sommaire…………………………………………………………………………………………………………...……05
Partie I : le champ d’application de la règle de continuation des contrats en cours..…… 06
Chapitre I : le contrat de travail………………………………………………………………………………..07
Chapitre II : la situation du contrat-bail des immeubles affectés.
à l’activité de l’entreprise…………….……………………………………………………………….………...…09
Chapitre III : le contrat de vente et de prêt…………………………………………..……………………11
Partie II : les modalités de l’exercice de l’option de continuation des contrats et ses
conséquences………………….………………………………………………………………………………………..14
Chapitre I : Les modalités d’exercice d’option relative au sort des contrats en cours…..15
Chapitre II : Les conséquences de l’exercice de l’option relative au sort des contrats
en cours……………………………………………………………………………………………………………..……16
A. Les conséquences de la continuité des contrats ordonnée par le syndic………..………16
B. Les effets de la non-continuation du contrat ordonnée par le syndic……………..……..18
Conclusion………………………………………………………………………………………………………….……20
Bibliographie………………………………………………………………………………………………..……….…21
Table des matières………………………………………………………………………………..……………….…22