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Résumé du droit pénal

La classification des infractions

1- Selon la gravité

On distingue entre 3 catégories d’infraction : les crimes, les délits et les contraventions.

Les crimes

Ce sont les infractions les plus graves. Les peines qui les sanctionnent varient de la
dégradation civique jusqu'à la peine capitale, en passant par la réclusion perpétuelle ou à
temps ( de 05 et 30 ans ) . Ainsi, si le meurtre est puni de la réclusion perpétuelle, le meurtre
commis avec préméditation ou guet-apens est puni de la peine de mort

Les délits

Ces infractions moyennes sont de 2 sortes :


a) Les délits correctionnels
Ils font appel à des peines d’emprisonnement : dont la durée est comprise entre 2 et
5 ans. Citons, à titre d’exemple, l’article 494 du code pénal qui puni de l’emprisonnement
d’un à 5 ans et d’une amende celui qui, « par fraude, violences ou menaces, enlève une
femme mariée ou la déplace…… des lieux où elle était placée »

b) Les délits de police


Ces infractions se situent entre les délits correctionnelles et les contraventions. La
peine d’emprisonnement encourue est d’un minimum d’un mois et d’un maximum égal ou
supérieur à 2 ans et d’une amende supérieure à 1200 dhs. C’est ainsi que l’article 483 du code
pénal prévoit une peine d’emprisonnement d’un mois à 2 ans à l’encontre de celui qui se rend
coupable d’un outrage public à la pudeur, en se promenant dans la rue dans un état de nudité
volontaire ou faisant des gestes obscènes

Les contraventions :

Il s’agit des infractions les moins graves qui donnent lieu à des sanctions assez légères :
une amende de 30 à 1200 Dhs et (ou) une courte amende qui ne dépasse pas les 30 jours.

2- Selon le mode matériel d’exécution

A ce niveau, nous distinguons d’une part les infractions simples, infractions d’habitude et infractions
complexes et d’autres part les infractions formelles et infractions matérielles. En effet, selon les
infractions, certaines sont commises à l'aide d'un seul acte matériel, tandis que d'autres sont
commises à l'aide d'une pluralité d'actes.
a- Infractions simples, infractions d’habitude et infractions complexes

- Pour l'infraction simple, elle est une infraction dont la consommation suppose

l'accomplissement d'un acte unique.

- L'infraction d'habitude est consommée par une simple opération matérielle mais n’est
punissable que quand elle est répétée plusieurs fois (Ex. L’exercice illégal de la médecine).
- De sa part, l'infraction complexe est une infraction dont la consommation suppose
l'accomplissement de deux actes différents. L'infraction ne sera considérée comme accomplie
que si les deux actes ont été accomplis.

b- Infractions formelles et infractions matérielles


Ces infractions supposent toutes les deux l'accomplissement d'un acte matériel mais la différence
entre elles se base sur le critère du résultat de l'acte incriminé.

Les infractions formelles sont consommées par le seul accomplissement de l’acte incriminé,
même s’il n’a causé aucun dommage. A titre d’exemple, citons les cas d’empoisonnement, la
fabrication de fausse monnaie sans qu’elle soit mise en circulation, .... Alors que la réalisation
des les infractions matérielles suppose un dommage, e lles reviennent au délit dans le sens
objectif et n’ont pas besoin, comme on a prétendu, d’un élément moral.
Selon la nature
Outre les infractions découlant de la classification tripartite, il existe également des infractions
spéciales soumises à un régime dérogatoire. Il s’agit des infractions militaires, des
infractions politiques et des infractions de droit commun.

a- Infractions militaires
Une faute qui enfreint la discipline de l’armée constitue une infraction disciplinaire. Outre les
fautes disciplinaires qui engendrent une simple application du régime disciplinaire, les
infractions pénales militaires (ex : la désertion, le refus de l’autorité) relèvent du Code de
justice militaire et sont sanctionnées par un régime particulier.

Le militaire qui commet une infraction ne ressemble pas au délinquant ordinaire. La


motivation de son acte, sa matérialisation et ses buts ne reviennent presque jamais à la haine,
la cupidité, le profit, l’égoïsme et la bassesse crapuleuse en général. L’action délictueuse
militaire s’explique en grande partie par des raisons engendrées par son genre de vie spécial et
par la doctrine sociopolitique par laquelle il est convaincu.

b- Infractions politiques
Elle est généralement définie comme toute atteinte inspirée par un mobile politique, visant
l’organisation politique de l’Etat, son intérêt supérieur, ses institutions, ses organes, ou les
droits politiques des citoyens (fraude électorale, diffamation visant une personnalité politique
Au Maroc, il n’y a pas un régime spécial pour les infractions politiques. Pour ce qui est des
infractions de presse par exemple, un délit de presse relatif à la liberté d’expression peut
être poursuivi soit par le Code de la Presse (qui prévoit bien entendu des sanctions moins
rigoureuses) soit par le Code Pénal (comme est le cas de l’affaire Rachid NINI).

c- Infractions de droit commun :


Les infractions de droit commun sont celles qui portent atteinte à l'ordre général non
politique et non militaire d'un État. Elles relèvent des juridictions de droit commun.

Les peines et les mesures du sûreté


Introduction

La commission de l’infraction implique une réaction de la société qui a subi un trouble


consécutif. Cette réaction sociale qui a pour but de préserver l’ordre social, se traduit soit par
une réaction répressive (condamnation à une peine) soit par une réaction de protection
préventive (Application d’une mesure de sureté).

Lorsqu’une infraction est commise, la société peut réagir de deux manières : ou bien elle
pense d’abord au passé et elle envisage alors de réprimer l’auteur de l’infraction, ou bien elle
songe à l’avenir et s’efforce alors de prévenir la commission d’une nouvelle infraction.

Dans le premier cas la société retient qu’une faute peut être reprochée au délinquant. Cette
faute doit être punie, ce qui nécessite le prononcée d’une première catégorie de mesures, que
l’on appelle des peines.

Dans le second cas, la société se préoccupe de l’état dangereux de l’individu, si bien qu’il faut
faire cesser cette dangerosité, peu important qu’il y ait eu une faute, ce qui nécessite le
prononcée d’une seconde catégorie de mesure, qualifiée de sûreté.

A l’origine de la réaction sociale, on envisageait les choses qu’en termes de culpabilité. Avec
l’apparition des sciences criminologiques, et sous l’influence des courants doctrinaux
modernes, on s’est de plus en plus intéressé à la dangerosité.

C’est pourquoi dans notre droit positif, cohabitent deux séries de sanctions de nature
différente, les peines et les mesures de sûreté. Si au niveau de leur fondement théorique, il
parait aisé de les distinguer, au niveau pratique des difficultés se rencontrent.La distinction
entre peine et mesure de sûreté se fait à travers leurs fondements.

Elles sont de simples précautions de protection sociale destinées à prévenir la récidive d’un
délinquant ou à neutraliser l’état dangereux. Elle se distingue très nettement des peines par
leur fondement, par leur but et par leur contenu.
Peine et mesures de sûreté sont deux choses très différentes. Les peines sont le résultat de la
théorie objective de l’infraction tandis que les mesures de sûreté sont une émanation de la
théorie subjective de l’infraction. A la différence des peines, le fondement des mesures de
sûreté est l’état dangereux, et non la culpabilité du prévenu. Leur but est la prévention
individuelle et non la rétribution et l’expiation. Enfin les mesures de sûreté ne présentent
aucun caractère afflictif et infamant.

A l’origine les mesures de sûreté sont nées de l’école positiviste qui les qualifiait de « mesure
de défense ». Ces mesures avaient pour vocation à remplacer purement et simplement la
peine. Elles étaient conçues comme des procédés de neutralisation des individualités
dangereuses soit en les exterminant, soit en les soumettant à la ségrégation (peine de
déportation dans les colonies). Et puis, à partir de la première moitié du XXème siècle, les
mesures de défense sont devenues les mesures de sûreté. Les mesures de sûreté sont alors
restées un substitut à la peine mais uniquement dans le cas des individus pénalement
irresponsables (trouble mental, minorité).

D’ailleurs la lutte contre la criminalité nécessite aussi bien le recours aux peines qu’aux
mesures de sureté. Classiquement le droit pénal marocain se connaissait comme sanction
pénale que la peine qui lui a d’ailleurs donné son nom, par la suite l’arsenal répressif s’est
enrichi de sureté pour permettre une meilleure protection de la société et pour mieux assurer
la réadaptation de l’individu.

Cependant, aujourd’hui peine et mesure de sûreté sont confondues par le législateur sous
l’appellation de peine. En outre on les utilise parallèlement au sujet de délinquant pénalement
responsable en vue de prévenir la récidive. La distinction entre peine et mesure de sûreté tend
par conséquent à s’estomper. Relativité de la distinction amène à constater que bien souvent,
les finalités poursuivies par les peines et les mesures de sûreté se confondent et se cumulent
dans une même sanction pénale.

Seulement, la question qui se pose aujourd’hui est celle de savoir le problème de la pertinence
de cette distinction.

Il nous parait donc plus approprié d’étudier notre sujet, les peines et mesures de suretés, toute
en s’interrogeons sur la comparaison la peine et la mesure de sûreté au point de vue de leurs
finalités, de leurs caractères fondamentaux, de leur domaine d’application et de leur technique
juridique d’intervention. Nous aurons ainsi l’occasion de constater que, contrairement à ce
que l’on prétend parfois, ces deux sortes de sanctions s’opposent foncièrement l’une à l’autre.

Partie I : Les caractères fondamentaux et finalités de la sanction pénale :

En cette première partie, et avant de démontrer les finalités et les caractères fondamentaux de
la sanction pénale, nous nous proposons de définir la sanction pénale tout en rappelons les
principes communs aux peines et mesures de sûretés.

Qu’est-ce que la sanction ?

Définition :
Peine: Punition légale appliquée par le pouvoir public sur une ou plusieurs personnes
jugées coupable d’un fait qualifié d’infraction par la loi pénale.

La mesure de sureté est une sanction pénale individuelle, coercitive (contrainte) et sans
coloration morale imposé à l’individu reconnu dangereux pour l’ordre social et ceci afin de
prévenir dans un but de défense sociale, que son état dangereux rend probable. L’état
dangereux, cette réductibilité, la capacité criminelle ou la forte probabilité de voir cet individu
enfreindre la loi.

La mesure de sureté ne nécessite pas une faute pénale, elle est déclenché par l’état dangereux
d’un individu même irresponsable, donc elle s’attache moins à l’infraction commise qu’a
l’état dangereux que représente le délinquant des peines.

• Principes communs aux peines et mesures de sureté :

Les peines et mesures de sureté qui ont pour objet de prévenir ou de réprimer les infractions
sont soumises à des principes communs qui constituent par ailleurs des garanties
indispensables pour la personne accusé d’avoir enfreint ou d’être susceptible d’enfreindre la
loi pénale et qui sont au nombre de trois :

1) Le respect du principe de la légalité : Qui s’applique aussi bien aux peines qu’aux mesures
de sureté.
Pour cette dernière la règle de non rétroactivité ne s’applique pas aux mesures de sureté, on
admet que le juge peut utiliser toutes mesures de suretés applicables à l’état dangereux le jour
du jugement de l’infraction.

2) Le respect de la dignité de la personne: La loi interdit toute atteinte à la dignité de la


personne qui ne doit être soumise ni à la torture ni à des traitements cruels et inhumains.

3) La nécessité de l’intervention de l’autorité judiciaire, peines et mesures de suretés ne


peuvent être prononcé que par le juge répressif.

Les caractères fondamentaux de la peine et de la mesure de sûreté :

Ces caractères fondamentaux découlent tout naturellement des fonctions que poursuivent
respectivement ces deux moyens de politique criminelle.

Caractères de la peine :

La peine doit avoir un :

Caractère afflictif : découle directement de sa fonction rétributive , la peine est un châtiment,


une souffrance, l’individu se voit infligé une sanction pour la faute qu’il a commis. Elle
frappe le condamné dans sa liberté, son patrimoine, ses droits ou sa réputation et donc de ce
fait, elle est ressentie comme quelques chose de pénible, c’est une privation.

Caractère infamant : La peine implique un blâme social, le coupable qui a enfreint l’ordre
social est désigné à la réprobation publique. Cependant ce blâme ne doit pas être poussé très
loin pour ne pas empêcher le reclassement de l’individu après l’exécution de la sanction.

Caractère déterminé et définitif : on parle d’un caractère préfix : La durée de la peine est
déterminé d’une manière précise par le juge qui dispose au moment du prononcé de sa
décision, de tous les éléments pour doser et prononcé la peine. Le jugement pénal, la décision
judiciaire qui prononce la peine devient définitive à l’expiration des voies des recours. Elle
acquiert l’autorité de la chose jugée.

Caractères de la mesure de sureté :

Au contraire la mesure de sûreté tend uniquement à réadapter l’individu :

Moralement neutre : la mesure de sureté n’a ni caractère afflictif ni caractère infamant à la


différence de la peine la mesure de sureté ne vise pas à infliger une souffrance, un blâme, ou
une humiliation on parle à cet égard de l’amoralité de la mesure de sureté.

L’indétermination de la mesure de sureté : La mesure de sureté s’accommode par essence à


une certaine imprécision, elle ne doit normalement cessé qu’avec la disparition de l’état
dangereux, or ni le législateur ni le juge ne peuvent fixé à l’avance le temps nécessaire à la
disparition de l’état dangereux, cependant le respect de la liberté individuelle s’oppose à
l’indétermination absolue de la mesure de sureté pour des raisons de sécurité juridique,
l’autorité judiciaire fixe la durée maximale de la sanction dans les limites établies par la loi.

Caractère révisable : La mesure de sureté doit être continuellement adapté à l’évolution de


l’état dangereux du sujet, elle est variable comme lui, elle doit pouvoir être révisé à tout
moment, elle est donc susceptibles de modification postérieurement après le prononcé du
jugement.

Finalités des peines et mesures de sûretés :

Les buts de la peine :

La peine poursuit trois buts. Elle les a toujours poursuivis simultanément, mais, selon les
époques, l’accent a été mis plus particulièrement sur l’un ou sur l’autre. Il s’agit du but
d’intimidation, du but de rétribution et du but de réadaptation qu’elle conserve à travers le
temps et l’espace :
Le but d’intimidation : paraît avoir été le premier but de la peine, celui qui prédominait à la
période la plus ancienne. Ceci explique le caractère particulièrement rigoureux des peines de
cette époque, surtout pour les actes causant un trouble social sérieux. La peine doit être telle
que sa perspective impressionne vivement le coupable éventuel, que son application lui laisse
un souvenir cruel, et que le spectacle de cette application frappe profondément l’opinion
publique, décourageant les imitateurs éventuels.

Le but de rétribution ou fonction morale : La peine est la juste sanction de la faute commise et
du trouble social occasionné par l’infraction, le délinquant assume les conséquences de ses
actes et accepte la règle du « jeu social » qui veut que la faute mérite punition, la peine
représente le tarif de l’infraction ou le prix à verser pour le mal qui a été causé.

Le but de réadaptation : C’est une fonction prédominante, on peut dire que la peine se
préoccupe de l’avenir dans un but social de réadaptation, l’évolution du droit pénal a placé au
premier rang la fonction de réadaptation. La peine n’est pas seulement un châtiment pour une
infraction commise, elle a aussi pour but de corriger et de rééduquer le condamné dans un
esprit de respect des règles de la vie en société.

Ce but ne pourra être atteint que si la période de privation de liberté est mise à profit pour
obtenir que le délinquant, une fois libéré soit capable de vivre en respectant la loi. Cette
fonction d’amendement et de réinsertion sociale est même pour la société un devoir, pour cela
une assistance postpénale est indispensable. Notre pays s’est engagé dans cette voie, et il
convient à ce sujet de rendre hommage à la fondation Mohammed VI pour la réinsertion des
détenus qui a veiller depuis sa création en 2002 à améliorer les conditions des détenus faisant
du milieu carcéral, un espace d’éducation et de formation, ce qui permet au détenus de
corriger leurs comportements, d’acquérir les compétences, d’apprendre un métier qui les
orientent vers le marché de l’emploi.

Les buts des mesures de sûretés :

La mesure de sûreté a uniquement un but de prévention qu’elle s’efforce d’atteindre par le


moyen de la réadaptation ou par le moyen de la neutralisation. Les mesures de sûreté sont des
mesures individuelles imposées à certains individus reconnus dangereux pour l’ordre social,
et afin de prévenir les infractions que leur état rend très probables.

Pas de but rétributif :

Donc la mesure de sûreté n’a aucunement un but rétributif, à la différence de la peine. Elle
tend uniquement à remédier à un état dangereux dont l’intéressé n’est peut-être pas
moralement responsable (dément). Cet état dangereux doit se définir comme la probabilité
majeure que le sujet commette certaines infractions à la loi pénale si rien n’est fait pour
remédier à cet état (c’est cette probabilité d’une infraction future qui amère à traiter les

Mesures de sûreté dans le cadre du droit criminel).


Pas de but d’intimidation :

La mesure de sûreté ne poursuit pas non plus un but d’intimidation ; Mais certaines mesures
de sûreté imposant à l’individu une gêne considérable peuvent avoir un effet d’intimidation.
Cet effet d’intimidation, s’il ne doit pas être recherché, ne doit pas non plus être

Systématiquement proscrit. Il peut être salutaire pour l’ordre social, du moment qu’il ne
constitue pas une menace pour la liberté individuelle. Il n’y a aucun inconvénient à ce que le

mineur sache que son comportement l’expose non pas seulement à quelques mois de prison
comme le majeur qui aurait commis la même infraction, mais à être placé dans un
établissement de rééducation jusqu’à sa majorité.

Pas de but de réadaptation :

En principe la mesure de sûreté poursuit exclusivement un but de réadaptation sociale du


délinquant en s’efforçant de faire disparaître ou tout au moins d’atténuer l’état dangereux du
sujet, en dehors de toute considération de rétribution ni d’intimidation individuelle ou
collective, de toute considération relative au trouble social causé, et de toute recherche d’une
faute à la charge de l’intéressé.

Parfois Un souci de neutralisation :

Parfois la réadaptation sociale apparaîtra comme une œuvre de longue haleine et il sera
nécessaire de protéger la société en neutralisant l’état dangereux de l’individu par des mesures
appropriées.

Aussi certaines mesures de sûreté ont-elles pour objectif dominant la réadaptation du


sujet(rééducation des mineurs, mesures curatives, mesures de tutelle), alors que d’autres ont
pour objectif dominant la neutralisation de celui-ci(relégation, expulsion, interdictions
professionnelles). Certaines peuvent comporter, selon le régime d’exécution prescrit, des
modalités poursuivant l’un ou l’autre objectif (interdiction de séjour). Il est possible que la
réadaptation ne puisse être sérieusement entreprise qu’après une période de neutralisation
préalable.

Partie II: La classification de la sanction pénale et son domaine d’application

La diversité des peines envisageables est aujourd’hui très grande, il est dès lors nécessaire
d’opérer des classements, à des fins aussi bien pédagogiques que techniques. Les distinctions
qui en résultent sont multiples à leur tour.la principale consiste à différencier les peines
criminelles, délictuelles ; et contraventionnelles. Elle détermine indirectement la classification
légale des infractions en crimes, délit ; contraventions. On se contentera ici d’envisager la
classification du code pénale.

A - Classification des peines et des mesures de sûretés :

Classifications s des peines :


En droit marocain il existe deux catégories de peine : les peines principales et les peines
accessoires.

- La peine principale : est la sanction essentielle de l’infraction, celle qui s’applique


directement à l’infraction qui sert de référence pour qualifier l’infraction.

- La peine accessoire : c’est celle qui s’ajoute à la peine principale, elle constitue une mesure
secondaire appuyé sur la peine principale et ne peut être prononcé sans elle, elle est donc la
conséquence de la condamnation principale et elle a généralement pour but d’en assurer
l’efficacité.

a. Peines principales : au nombre de 5

L’article 14 du code pénal dispose : « Elles sont principales lorsqu’elles peuvent être
prononcées sans être adjointes à aucune autre peine ». Elles sont criminelles, délictuelles ou
contraventionnelles. (Article 15 du Code pénal.)

les peines corporelles :

La peine criminelle principale est prévue par l’article 16 alinéa 1 du code pénal la peine
corporelle dans notre droit c’est la peine de mort par fusillade.

Les crimes qui sont passibles de la peine de mort sont au nombre de 29 notamment la récidive
criminelle prévue par l’article 155 du C.P, les crimes contre la sûreté de l’Etat, meurtre avec
préméditation (art.395), parricide (art. 396), torture ou actes de barbarie à l’occasion d’un
crime (art.399), Empoisonnement (art.398).

les peines privatives de liberté :

En fonction de la gravité de l’infraction elles sont soient criminelles, délictuelles ou


contraventionnelles.

La réclusion : seule peine criminelle privative de liberté, elle peut être perpétuelle soit à temps
(art.16 du C.P). Il existe 28 infractions qui sont passibles de cette peines dont la récidive, la
sûreté de l’Etat quand il s’agit d’attentats et de complot contre le Roi, la famille royale et la
forme du gouvernement, l’ordre public tel la coalition de fonctionnaires civils ou militaires
visant à attenter à la sûreté intérieure de l’Etat, usurpations, crimes contre les personnes et
crimes contre les biens.

L’emprisonnement : c’est la seule peine délictuelle privative de liberté, c’est une peine « à
temps », en principe d’un mois au moins à 5ans au plus (art17 C.P).

La détention : c’est la peine conventionnelle privative de liberté, c’est une peine à temps, en
principe, d’un jour à un mois.

les peines restrictives de liberté :

Parfois la peine infligé restreint la liberté de déplacement mais tout en laissant au condamné la
possibilité de mener par ailleurs une vie normale.
Il s’agit de la résidence forcée qui est des fois une peine criminelle principale et d’autres fois
une mesure de sûreté et elle devient alors appelée « assignation à résidence ».Elle consiste
dans l’assibilation au condamné d’un lieu de résidence ou un périmètre dont le condamné ne
peut s’éloigner sans autorisation de l’autorité compétente.

Le condamné à cette peine qui quitte le lieu qui lui avait été assigné sans autorisation de
l’autorité compétente sera puni de l’emprisonnement d’un à cinq ans.

les peines privatives de droit :

Il s’agit de la dégradation civique qui peut être une peine criminelle principale ou bien une
peine accessoire rattachée à une peine principale.

C’est une incapacité de jouissance dans la mesure où elle interdit l’exercice des droits liés à la
citoyenneté aussi bien les droits civiques que civils et de famille. Exemple la destitution de
toutes fonctions, emplois ou offices publics, la privation du droit d’être électeur ou éligible.

les peines pécuniaires :

On parle ici de l’amende qui sanctionne soit un délit soit une contravention. Elle pourrait être
définie comme une obligation pour le condamné de payer une dette au Trésor une somme
d’argent déterminé. L’amende délictuelle est de plus de 1200dhs, et il y’a l’amende
contraventionnelle qui est de 30 à 1200dhs (Article 18).

b. Peines accessoires au nombre de 7 :

« Elles sont accessoires quand elles ne peuvent être infligées séparément ou qu’elles sont les
conséquences d’une peine principales » (art.14 du C.P).

Peuvent être perçus sous deux formes d’une part des peines privatives de droit et d’autre part
comme des peines pécuniaires.

Peines accessoires privatives de droit:

l’interdiction légale : elle consiste en la privation de l’exercice et de la jouissance des droits


patrimoniaux qui sont confiés à l’administration d’un tuteur pendant la durée d’exécution de
la peine principale.

la dégradation civique : soit à une peine criminelle principale soit accessoire à une peine
criminelle principale, sa durée n’a pas été fixée par le législateur elle est par conséquent
perpétuelle.

la suspension de certains droits civiques: civils et de famille : cette suspension est temporaire
quand elle agit en tant que peine principale elle peut aller de un an à dix ans sauf quand il
s’agit d’un délit contre le Roi, la famille royale et la forme du gouvernement ou quand il
s’agit d’un délit contre la sûreté intérieure de l’Etat où la durée est de cinq à vingt ans.
cependant quand cette sanction opère en tant que peine accessoire elle est perpétuelle.
la dissolution d’une personne juridique : il s’agit de l’interdiction de continuer une activité
sociale même sous un autre nom ou avec d’autres personnes. Les infractions passibles de cette
sanction sont prévues par le dahir du 15 novembre 1958. la dissolution ne peut être prononcée
que dans les cas prévus par la loi, une disposition expresse de la décision de condamnation ou
par décret en tant que peine principale uniquement. en tous les cas cette sanction entraine la
liquidation des biens de la personne juridique.

Peines accessoires pécuniaires:

la perte ou la suspension du droit aux pensions servies par l’Etat : (art 36 du code pénal) : il
peut s’agir d’une perte définitive liée de plein droit à la condamnation à mort et à la réclusion
perpétuelle et par conséquent n’a pas à être prononcée ou d’une perte temporaire et dans ce
cas elle est liée de manière facultative aux trois autres peines criminelles.

la confiscation partielle des biens appartenant au condamné : tantôt une peine accessoire
tantôt une mesure de sûreté même si il est impossible de faire un partage exact entre les deux
cas. Le code dans ses articles 341 ,350 et 610 exigent leur association à une peine principale.
Cette sanction, ne concerne que les biens du condamné sauf en matière de sûreté extérieure
de l’Etat où les objets du crime ou du délit doivent être confisqués « sans qu’il y’ait lieu de
rechercher s’ils appartiennent ou non au condamné » (art .199 du C.P) qu’elle que soit sa
forme, la confiscation ne peut être réalisée que lorsque la condamnation est irrévocable.

la publication de la décision de condamnation : dans les cas déterminés par la loi, la


juridiction de jugement peut ordonner que sa décision de condamnation sera publiée ou
affichée. il s’agit à la fois d’une peine pécuniaire étant donné que le condamné en supporte le
coût et d’une peine morale visant la réparation du scandale causé par le criminel.

Classification des mesures de suretés

Mesures coercitives, elles peuvent être personnelles ou réelles.

a. Mesures de sûreté personnelles:

Mesures privatives de liberté :

Relégation : il s’agit de l’internement dans un établissement de travail, sous un régime de


réadaptation sociale pour une durée « qui ne peut être inférieure à cinq ans, ni être supérieur à
dix ans à compter du jour où cesse l’exécution de la peine » (art.64 du C.P). Prononcée
uniquement par les juridictions ordinaires au côté de la peine principale. En droit marocain il
existe deux sortes de relégation : obligatoire appliquée aux récidivistes (art 65 du C.P) et
facultative appliquée aux récidivistes dans les conditions prévus par l’article 66 du code ou
prononcée comme une dérogation à la relégation obligatoire par mesure d’humanité à
l’égard des femmes, des âgés de moins de vingt ans ou de plus de soixante ans. Dans ce cas,
le tribunal devra calculer l’âge du condamné avant de prendre la décision.

Placement judiciaire dans une colonie agricole (art.61 et 83 à 85) : les agents sont employés à
des travaux agricoles. Cette mesure concerne les condamnés qu’on qualifie de criminels
d’habitude tel les mendiants, les vagabonds, les souteneurs… comme il peut s’agir de
contrebandiers de voleurs… cette mesure demeure tout de même facultative sa durée étant de
six mois à deux ans c’est au juge de décider si elle imputable ou non à l’agent. Ceci dit, le
séjour suit automatiquement l’exécution de la peine.

Mesures restrictives de liberté:

L’assignation à résidence (art.62 et 70 du C.P) : il s’agit d’une atténuation de la résidence


forcée qui est une peine criminelle principale. ‘’C’est une assignation d’un lieu de résidence
tel une localité ou même une province dans laquelle le condamné est obligé de rester’’. Il peut
par conséquent y sortir qu’avec l’autorisation de la direction générale de la sureté nationale.
Sa durée ne peut être inférieure à cinq ans.

L’interdiction de séjour : c’est une « défense faite au condamné de paraitre dans certains lieux
déterminés et pour une durée déterminée ». Il s’agit la encore d’une mesure facultative
prononcée en même temps que la peine principale. (art.61 et 71-74 du C.P). Pouvant aller de
cinq à vingt ans, la durée de cette sanction varie en fonction de la peine principale.

Mesures privatives de droit:

Les déchéances professionnelles : cette mesure tend surtout à protéger le public de nouvelles
infractions de la part de l’agent. C’est ainsi qu’un médecin avorteur peut se voir interdit
d’exercer son métier.

Les déchéances des droits de puissance paternelle : définies par le code du statuts personnel,
cette mesure est prévue par l’article 88 du code pénal, elle vise la protection des enfants
contre toute défaillance de ceux qui jouissent de la puissance paternelle c'est-à-dire qui ont un
droit de garde, de direction, d’éducation, de gestion des biens des mineurs. Pour que cette
mesure soit prononcée il faut que les agissements de l’ascendant soit un crime ou délit punis
d’emprisonnement et qu’ils soient commis sur l’enfant mineur.

Mesures applicables aux majeurs:

L’internement judiciaire dans un établissement psychiatrique : il s’agit du placement


d’individus atteints, au moment de la commission de l’infraction, de troubles mentaux et ce
dans des établissements approprié régis par la dahir du 30 avril 1949 relatif à la prévention et
au traitement des maladies mentales et à la protection des malades mentaux.

Le placement judiciaire dans un établissement thérapeutique : c’est une mise sous surveillance
dans un établissement approprié des individus dont l’intoxication chronique est liée à leur
criminalité. Mais pour pouvoir appliquer cette mesure il faudra s’assurer que ce lien est bien
réel et que l’intoxication est bien la source du comportement criminel.

Mesures réservées aux mineurs:

Elles concernent les mineurs n’ayant pas encore atteint l’âge de dix-huit ans. Prévues par le
code pénal. Il s’agit de mesures de protection comme la remise des mineurs à ses gardiens,
parents, tuteur ou autres personnes en ayant juridiquement la garde ou encore placés sous le
régime de la liberté surveillée assurée par un ou plusieurs délégués permanents ou bénévoles
qui veillent sur les conditions matérielles et morales de l’existence du mineur, de sa santé,
son éducation, son travail et sur le bon emploi de ses loisirs.

D’autre part, il existe des mesures de rééducation qui consiste cette fois en un placement dans
une institution public ou privé ou encore de formation professionnelle habilité à cet effet. Il
peut s’agir aussi d’un placement dans un centre médico-pédagogique ou dans un internat apte
à recevoir des mineurs délinquants d’âge scolaire. Quoiqu’il en soit, ces mesures prévues ne
peuvent dépasser la date à laquelle le mineur aura atteint l’âge de dix-huit ans.

b. Mesures de sûreté réelles (2):

Il s’agit de la confiscation et de la fermeture d’établissements.

La confiscation

Elle peut être soit une mesure de sûreté soit une peine accessoire. Cette confiscation porte sur
« les objets nuisibles ou dangereux, ou dont la possession est illicite » (art.61 du C.P) ou
« dont la fabrication, l’usage, le port, la détention ou la vente constituent une infraction, même
s’ils appartiennent à un tiers, et même si aucune condamnation n'est prononcée ». (Art .89 du
C.P). Mais si la mesure porte aussi sur les biens d’un tiers, la peine, elle, ne concerne que
ceux du condamné.

la fermeture de l’établissement ayant servi à commettre l’infraction

Les établissements dont il est question sont énumérés expressément par les articles 220 ,501 et
577 du code pénal. Cette mesure peut être facultative lorsqu’elle est prévue par un texte
spécial. Mais en général, elle ne peut être que l’accessoire d’une peine principale. Si cette
mesure est temporaire, elle ne saurait être inférieure à dix jours sans pour autant dépasser six
mois sinon elle est définitive. Les conséquences de la fermeture diffèrent qu’il s’agisse d’une
fermeture temporaire ou d’une fermeture définitive.

B. Le domaine d’application respectif des peines et des mesures de sûreté :

Les mesures de sûreté regardent uniquement et exclusivement vers l’avenir (empêcher


l’infraction future hautement probable). Les peines regardent en partie vers
l’avenir(réadaptation sociale du délinquant), mais elles regardent aussi (et autrefois surtout)
vers le passé (trouble social causé, intimidation, rétribution).

Les peines supposent une responsabilité morale (liée à l’idée de faute), les mesures de sûreté
ne s’en préoccupent pas mais découlent de l’état dangereux présenté par l’intéressé(risque
majeure d’infraction prochaine).

Les mesures de sûreté sont choisies exclusivement en fonction de la personnalité du sujet, les
peines le sont largement en tenant compte de cet élément mais sans faire abstraction d’autres
considérations.
Domaine d’application quant aux personnes :

Les personnes justiciables des peines Doivent faire l’objet de peines, à la suite des infractions
qu’elles ont commises, les personnes ayant une certaine dose de responsabilité. Ces peines
sont alors choisies, d’une

part en fonction du trouble social causé (apprécié en premier lieu par le législateur puis, de
façon plus concrète, par le juge), d’autre part en fonction de la faute commise par le
délinquant (appréciée par le juge en tenant compte de la personnalité du coupable).

Les peines prononcées contre ces personnes auront ainsi un effet rétributif, un effet intimidant
(prévention individuelle et prévention collective), et un effet ré adaptateur (cet effetsoulève
des problèmes de science pénitentiaire).

Les personnes justiciables des mesures de sûreté

Les personnes justiciables des mesures de sûreté sont celles pour lesquelles les peines sont
inapplicables ou inefficaces. L’inapplicabilité tient au fait que l’élément moral requis pour
l’incrimination de l’infraction fait défaut (cas des déments, par exemple) ou quel ’élément
matériel n’est pas encore réalisé.

L’inefficacité tient au fait que la personne aurait besoin d’un traitement spécial à la place de la
peine ou en supplément à la peine (mineurs, anormaux, délinquants à responsabilité atténuée,
délinquants devenus aliénés après l’infraction, récidivistes et délinquants d’habitude,
inadaptés vagabonds et mendiants).

Tout état dangereux qui ne paraît pas susceptible d’être amélioré par l’application d’une peine
au sens classique, appelle une mesure de sûreté alors même que la responsabilité morale du
sujet est entière (d’où le retrait du permis de conduire, l’interdiction d’exercer certaines
professions, l’expulsion, etc.).

Domaine d’application quant aux activités

Les peines sanctionnent les infractions à la loi pénale ; Les mesures de sûreté ont pour but
d’empêcher telles infractions hautement probables.

En fait le droit positif, par souci de la liberté individuelle, fait rarement intervenir les mesures
de sûreté de sorte que, en pratique, ce sera généralement le comportement délictueux de
l’intéressé qui conduira à lui appliquer, en fonction de sa personnalité, l’une ou l’autre forme
de réaction sociale.

On s’est parfois demandé cependant s’il ne conviendrait pas de « déclasser » certains


agissements antisociaux en les sanctionnant systématiquement par des mesures de sûreté
plutôt que par des peines. par exemple, pour certains agissements contre lesquels la société a
besoin d’être protégée alors que l’opinion publique se refuse encore à les frapper de la
réprobation qui entoure les infractions, et pour lesquels la sanction pénale paraît assez mal
adaptée : délits artificiels, délits fiscaux, délits économiques.
CONCLUSION :

Les mesures de sûreté se distinguent des peines qui sont infligées en raison d’un acte commis,
l’infraction pénale.

Les finalités des peines et des mesures de sûreté sont donc à opposer. Alors que la peine a un
but de rétribution, c’est-à-dire de punition, la mesure de sûreté s’attache à une atteinte qui
n’est que probable. Elle ne renferme en principe aucun sentiment de culpabilité. En
conséquence, toute idée de châtiment est bânie dans le cadre des mesures de sûreté. Celles-ci
ne doivent prévoir que ce qui est strictement nécessaire pour « traiter » la dangerosité de la
personne.

Néanmoins cette distinction fondamentale entre peine et mesure de sûreté est à relativiser.
Elle est essentiellement le fait de la doctrine juridique et l’observation du droit positif amène à
constater que bien souvent, les finalités poursuivies par les peines et les mesures de sûreté se
confondent et se cumulent dans une même sanction pénale.

En effet, chaque sanction présente à la fois les caractères d’une peine et ceux des mesures de
sûreté. Ces diverses sanctions sont alors qualifiées de peine ou de mesure de sûreté en
fonction de la prédominance de tel ou tel caractère.

Les éléments constitutifs de l’infraction

1- L’élément légal

a- Principe de la légalité

Ce principe est exprimé par la formule latine suivante : « Nullum crimen, nulla pœna
sine lege ». Cela signifie que pour qu’un comportement ou agissement soit considéré comme
une infraction pénale, il faut qu’il soit préalablement interdit par un texte de loi sous la
menace d’une sanction.

Fondement de la liberté individuelle et collective contre l’arbitraire, l’inégalité et


l’injustice, ce principe est affirmé par Cesare Beccaria selon qui « aucun magistrat qui fait
partie de la société ne peut, sans injustice, infliger de son chef des châtiments contre un autre
membre de la société (...) »

Ce principe est consacré par plusieurs textes à vocations internationale et nationale.


Nous pouvons citer à titre d’exemple les articles suivants :

 Art. 11 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme


 Art. 15 du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques
 Art.3 du code pénal
 Art.23 de la Constitution
Portée du principe de la légalité

L’élaboration de la loi:

C’est-à-dire que la loi doit être écrite, précise et claire pour ne pas donner lieu à des
divergences. Une loi écrite présente deux avantages :
- Seule une règle écrite est à même de renseigner les citoyens sur les limites du permis
et du défendu.
- Une règle écrite peut assurer une stabilité au droit criminel.

L’interprétation de la loi:
- Interprétation par analogie: Elle consiste à résoudre un cas non prévu par les textes en
se référant et en appliquant un autre cas prévu pour une hypothèse similaire.
- Interprétation téléologique: Elle repose sur la volonté déclarée ou présumée du
législateur. Pour cela, le juge ne va pas chercher la solution la plus favorable à l’inculpé, mais
la volonté exacte et voulu par le législateur conformément à la logique. Donc, le juge doit
faire preuve de bon sens.

Pour le système pénal Marocain, le principe applicable est celui de « l’interprétation


stricte des textes ».
L’application de la loi :
- Dans le temps:
Il peut arriver qu’une infraction soit commise selon une loi pénale, mais avant qu’elle
soit jugée, une nouvelle loi pénale est entrée en vigueur. Il s’agirait de savoir selon laquelle de
ces loi, l’infraction sera jugée. Ce problème est résolu par le principe de « la non rétroactivité
des lois pénales » en vertu duquel la loi ne s’applique qu’aux actes postérieurs à sa
promulgation. Il est important de préciser que ce principe s’applique pour les lois de fond
(droit pénal général et droit pénal spécial), contrairement aux lois de forme (procédure pénale)
pour lequel s’applique le principe de « l’application immédiate de la loi pénale ». Toutefois,
ce principe est limité :
- La loi nouvelle s’appliquera lorsqu’elle est moins sévère et rigoureuse que l’ancienne
(Art 6. Du CP)
- Elle s’appliquera également lorsqu’elle vient supprimer l’incrimination d’un acte qui
était sanctionné et puni par la loi antérieure (Art 5. Du CP)

- Il existe des lois déclarées rétroactives par le législateur et donc le juge est tenu de les
appliquer même à des faits antérieurs à leur promulgation. Exemple : Dahir de 1959 sur les
crimes contre la santé publique.

- Dans l’espace :

L’application de la loi dans l’espace est manifestée par le principe de « la territorialité


des lois » prévu par l’art. 10 du CP et en vertu duquel la loi pénale Marocaine s’applique à
tous ceux qui commettent des infractions pénales sur le territoire marocain (marocains,
étrangers ou apatrides).
Toutefois, ce principe cannait des exceptions à titre d’exemple, notons le cas des agents
diplomatiques accrédités au Maroc qui commettent une infraction sur le territoire Marocain et
qui sont couverts par l’immunité diplomatique et relevant donc de la législation et des
juridictions de leur propre pays.

2-L’élément moral
Un acte interdit par la loi n’est punissable que lorsqu’il est l’œuvre de la volonté, et
donc de l’intention, de celui qui le commet.

Les infractions intentionnelles

L’intention (dol criminel autrement dit) : il s’agit de la volonté consciente d’accomplir un


acte que l’on sait qu’il est défendu par la loi pénale. Cette volonté a deux conceptions :
- Une conception classique : selon laquelle la volonté coupable ne peut concerner que
les êtres doués de consciences et de volonté. (C’est le courant adopté par le Maroc )

- Une conception positiviste : Elle considère qu’un acte n’est punissable que lorsqu’il
a été voulu dans un but antisocial ; cela implique que le juge devrait chercher les motifs ayant
poussé le délinquant à commettre l’infraction.

Les infractions non-intentionnelles

Dans ces infractions, l’élément moral consiste dans une simple faute, « la faute
pénale ». Il peut s’agir d’une faute d’imprudence, d’inattention, de négligence ou alors d’une
faute contraventionnelle qui consiste dans le fait d’enfreindre une disposition légale ou
réglementaire. D’ailleurs, le seul fait de violer une règle suffit à aménager une faute
contraventionnelle punissable, peu importe qu’elle ait été commise volontairement ou par
imprudence ou de bonne foi dans l’ignorance de la disposition légale ou réglementaire.

L’individualisation de la sanction

Parler du principe de l’individualisation de la sanction pénale, revient à dire, faire varier la


peine selon le criminel ou le délinquant et donc donner au juge des faits un pouvoir plus ou
moins étendu pour pouvoir fixer et individualiser la peine tout en tenant compte d’une part
des circonstances dans lesquelles, l’infraction a été commise et d’autre part de la personnalité
du criminel ou du délinquant.

L'individualisation s'opère soit par atténuation, aggravation ou exemption de la sanction.

I- L'atténuation de la sanction
A- les excuses atténuantes légales

- la provocation : Sont excusables: le meurtre, les blessures et les coups qui ont été
provoqués par des coups ou violences graves envers les personnes provoquées. (Ex : Le
délinquant qui, en escaladant les clôtures d’une maison pendant la nuit, a été blessé ou tué par
le propriétaire de la maison / Cas de l’un des époux qui a tué, ou blessé son conjoint a
l’instant où il est surpris en flagrant délit d’adultère, ce délinquant peut bénéficier d’une
excuse.)

- La minorité : Le mineur de 12 ans à 18 ans est considéré comme partiellement


irresponsable en raison d’une insuffisance de discernement.

- L'aliénation mentale:Elle est conçue comme excuse atténuante, lorsqu'elle est


partiellement établie.

- La dénonciation : Les auteurs ou complices, ayant averti les autorités administratives ou


judiciaires, et permis de faire cesser les agissements, d'éviter l'infraction, d'identifier les autres
coupables doivent bénéficier d'une excuseatténuante.

Les circonstances atténuantes judiciaires

Le législateur marocain autorise le juge à atténuer la peine prévue par la loi dans tous les cas
où il existe des circonstances atténuantes.

L'appréciation des circonstances atténuantes est laissée à l’appréciation du juge.

Les circonstances atténuantes sont différentes des excuses atténuantes qui sont limitativement
énumérées par la loi.

Le juge ne doit prendre en compte que les circonstances qui ont eu un impact sur le
comportement du délinquant, c'est-à-dire les circonstances antérieures ou concomitantes à
l'infraction et en relation causale avec celle-ci.

Ex : l'âge du délinquant, sa situation familiale ou financière, sa constitution mentale anormale,


l'ivresse passagère, les mauvaises influences, etc.

Les circonstances atténuantes s'appliquent à tous les crimes et délits prévus par le code pénal,
sans distinction.

En principe toutes les catégories de délinquants peuvent bénéficier des circonstances


atténuantes : mineurs, majeurs, délinquants primaires, délinquants multiples et même
récidivistes.

II- L'aggravation de la sanction

A- Les circonstances aggravantes

- Les circonstances aggravantes réelles : Ce sont des circonstances aggravantes objectives.


Ce sont celles qui augmentent la criminalité de l'acte quelle que soit la personnalité de celui
qui l'a commis. Exemple en matière de vol, le législateurretient comme circonstances
aggravantes : la modalité du vol (bande ou à main armée), le lieu du vol (maison, chambre
habités, les chemins publics), le moment du vol (la nuit, lors d’un incendie).

- Les circonstances aggravantes personnelles : Ce sont des circonstances aggravantes


subjectives.Elles sont fondées soit sur la nature des relations qui unissaient le délinquant à la
victime ou sur la qualité particulière de la fonction qu'il exerçait, soit sur des circonstances
plus intimement révélatrices de sa psychologie ou de sa nocuité (La préméditation et le guet-
apens)

B- Autres cas d'aggravation

- La récidive: Lorsqu’après avoir subi une condamnation définitive pour une première
infraction, il commet une ou plusieurs autres dans les conditions définies par la loi.Elle
suppose donc d'abord une condamnation ensuite une infraction postérieure à cette
condamnation : c'est que l'on appelle le 1er et le 2eme terme de la récidive.

- Le cumul d'infraction:C'est le cas notamment du meurtre qui est puni de la perpétuité, mais
lorsqu'il a précédé, accompagné ou suivi un autre crime, il est puni de la mort.

III- De la sanction pénale Exemptée

Elle permet au juge de dispenser le condamné d’exécuter la peine prononcée.

Les excuses légales absolutoires

Elles sont prévues par la loi. Les excuses absolutoires ont pour effet de paralyser l’application
de la sanction pénale. Le juge prononce la culpabilité de l’auteur de l’infraction mais l’absous
par la suite de sa responsabilité pénale.Elles ont aussi un caractère personnel. Nous pouvons
citer à titre d’exemple :

-Excuse absolutoire de minorité: Le mineur de moins de 12 ans est considéré comme


irresponsable pénalement pour faute de discernement.

-L'aliénation mentale totale: le délinquant qui, au moment de la commission d’une


infraction, se trouvait, par suite de troubles de ses facultés mentales, dans l’impossibilité de
comprendre ou de vouloir

-Dénonciation avant acte :L’auteur, le coauteur ou le complice qui, avant toute tentative de
commettre une infraction de terrorisme, a le premier, révélé aux autorités l'existence de cette
entente doit bénéficier d'une excuse absolutoire.

B- les excuses conditionnées

Elles sont assorties de conditions.

- Le sursis:Le sursis désigne une condamnation pénale que le condamné n'a pas à effectuer,
sauf nouvelle condamnation pour une autre infraction. Il est donc soumis à des conditions.
En effet, le sursis ne peut être prononcé qu’à l’égard d’un condamné à un emprisonnement
n’ayant jamais fait l’objet d’une condamnation antérieure. Le juge doit motiver sa décision
lorsqu’il accorde le sursis. Le délinquant n’échappe pas aux peines accessoires, aux
incapacités résultant de la condamnation, aux frais du procès ou encore aux réparations
civiles.

Le condamné qui bénéficie du sursis est à mi-chemin entre l’application d’une peine plus
sévère et l’extinction de la sanction et ceci pendant une période de cinq années à partir du
moment où le jugement ou l’arrêt ayant accordé le sursis en devenu irrévocable. Il est censé
durant cette période ne commettre aucune infraction

-La liberté conditionnelle :Contrairement au sursis, la liberté conditionnelle sous-entend


l’incarcération préalable du condamné. Elle permet au condamné de bénéficier d’une
libération intervenant avant l’expiration de la sanction. L’octroi de cette mesure est
subordonné à des conditions de fond et de forme : le condamné à une peine délictuelle
d’emprisonnement doit avoir purgé la moitié de la peine fixée par le juge par ex. Le
condamné doit aussi manifester des efforts sérieux de réadaptation sociale. En ce qui concerne
les conditions de forme, la procédure débute par une demande faite par le condamné qui sera
traitée par une commission spéciale à cet effet. La libération conditionnelle n’est octroyée que
par arrêté ministériel.

les causes objectives de la suppression de la responsabilité pénale


L’infraction peut, dans certains cas, produire un résultat dommageable à l’encontre de la
victime sans qu’elle implique pour autant la punissabilite de l’auteur. Pour qu’il y ait
responsabilité pénale il faut que le délinquant ait commis une faute « la culpabilité »et que
cette faute lui soit imputée « l’imputabilité ».Ainsi, comme moyen de défense, une personne
poursuivie peut invoquer des causes d’irresponsabilité pénale. Parmi ces causes on distingue
les causes objectives et les causes subjectives.

Les causes subjectives agissent au niveau de l’imputabilité, alors que les causes objectives
font simplement disparaître la responsabilité sans toucher à l’imputabilité ou à la culpabilité,
elles résultent d’une circonstance extérieure à la personne et font disparaitre le caractère
infractionnel du fait.

Les causes subjectives sont applicables à toutes les infractions, alors que les causes objectives
ne peuvent être invoquées que pour certaines infractions, et sont ainsi exclues de leur champ
d’application certaines infractions particulièrement graves, telles que le viol.

Dans le cas des fait justificatif il ne peut y avoir ni responsabilité pénale ni responsabilité
civile, alors qu’il peut parfaitement y avoir responsabilité civile en cas de cause subjective
d’irresponsabilité pénale.

De ce fait, les faits justificatifs enlèvent à l’action incriminée son caractère répréhensible
parce qu’il réalise une exception légale à la légalité. En conséquence, si le fait justificatif est
établi, les poursuites doivent prendre fin et aucune sanction ne peut bien être prononcée à
l’encontre de l’agent.

Dans quelles mesures les causes objectives peuvent contribuer à la suppression de la


responsabilité pénale ?

1-Justificatif qui se base sur une injonction: l'ordre de la loi et le commandement de


l'autorité légitime.

Deux conditions cumulatives: l'ordre de la loi et le commandement de l'autorité légitime.

Notre système juridique donne lieu à des situations juridiques dans lesquelles l'ordre de la loi
et le commandement de l'autorité légitime doivent exister en même temps, en raison des
garanties nécessaires aux droits et aux libertés des citoyens. C'est ainsi que pour contrôler la
correspondance d'une personne, la loi ordonne que l'autorité judiciaire le demande à un
officier de la police judiciaire; pour l'application de la peine de mort, le texte du CP l'ordonne
au juge qui en intime l'ordre au bourreau.

En effet, le commandement ou l'ordre exécuté ne peut être considéré comme un fait


justificatif supprimant l'infraction, qu'à la double condition qu'il émane d'une autorité
légitime. Autrement dit, l'exécution d'un ordre manifestement illégal n'est pas un fait
justificatif.

Toutefois, dans certaines situations, la condition de l'ordre de la loi et le commandement de


l'autorité légitime perd son caractère cumulatif. D'où des solutions juridiques différentes à
observer.

Une condition suffit

Deux hypothèses se donnent lieu à savoir:

L'ordre de la loi sans le commandement de l'autorité légitime:

Lorsqu'il n' y a ni intermédiaire, ni hiérarchie, entre la loi et le citoyen, son exécution par le
concerné est un fait justificatif. C'est ainsi qu'un juge d'instruction n'a pas à recevoir d'ordre
d'un supérieur hiérarchique pour exécuter une arrestation, une perquisition, une expertise,
etc…La même constatation s'impose à un médecin qui observe une maladie contagieuse. On
peut citer les cas de flagrant délit dont l'auteur doit être arrêté par tout citoyen.

Le commandement de l'autorité légitime sans ordre de la loi

Lorsque le commandement de l'autorité légitime rentre dans le cadre d'un ordre légal ou dans
les compétences du responsable qui le donne, il ne soulève point de difficulté; il revient soit à
un fait justificatif, soit à l'exécution d'une fonction administrative. Il ne soulève problématique
que lorsque le supérieur hiérarchique ou l'autorité ordonne un acte illégal ou contraire à ses
compétences. Dans cette situation trois doctrines se donnent lieu:
Doctrine dite l'obéissance passive; l'exécution s'impose toujours et reste un fait justificatif

L'exécution ne doit pas être mécanique. Elle doit réunir deux conditions en l'occurrence la
légalité et la régularité du commandement.

Cette doctrine distingue entre l'acte comportant une illégalité manifeste, dans ce cas il ne doit
pas être exécuté, et entre l'ordre qui présente une apparence de légalité, l'exécutant peut
bénéficier dans ce cas d'un fait justificatif.

Justificatifs qui se basent sur la nécessité

l'état de nécessité et de contrainte

L'auteur d'une infraction commise sous la nécessité ou la contrainte d'une cause


étrangère et irrésistible, n'est pas pénalement responsable. C'est ce qui ressort de l'article124,
2°.Il y a état de nécessité, cause d'irresponsabilité, lorsque l'agent s'est trouvé réellement
acculé à commettre l'infraction pour éviter un mal au moins de valeur égale qui le menaçait ou
menaçait autrui. Ce qui traduit une option incontournable: sacrifier un bien pour sauvegarder
un autre. C'est le cas, par exemple, du médecin qui, pour préserver la vie de la mère enceinte,
procède à l'avortement et tue donc l'enfant qui allait naître (cas de l'avortement l'art 453 CP);
C'est aussi le cas du naufragé qui, pour sauver sa vie, précipite par dessus bord son
compagnon parce que leur embarcation de fortune ne pourrait supporter le poids de deux
personnes.

A la différence de l'état de nécessite, la contrainte traduit la situation dans laquelle l'agent n’a
pas d'alternative et se trouve matériellement forcé de commettre l'infraction. Dépourvu de sa
liberté d'action, il est donc dans l'impossibilité d'éviter l'infraction. C'est notamment le cas du
père de famille qui, incarcéré en prison, se trouve dans l'impossibilité physique et matérielle
de verser à l'échéance (à son conjoint, ses ascendants ou ses descendants) la pension
alimentaire fixée judiciairement (art 480 CP).

Bien entendu, pour constituer un fait justificatif supprimant la responsabilité pénale de l'agent,
la contrainte (tout comme l'état de nécessité) doit être consécutive à un événement provenant

d'une cause étrangère et irrésistible (Art 124, 2°), ce qui exclut du bénéfice de
l'irresponsabilité, la contrainte psychologique résultant par exemple, d'un état passionnel ou
émotif ( v.art 137CP),

la légitime défense

Lorsqu'une personne commet une infraction(en l'occurrence elle tue blesse ou assène des
coups) pour se défendre ou défendre autrui, ou pour défendre ses biens ou ceux d'autrui contre
une agression injuste et imminente, elle est en droit de se prévaloir d'un état de légitime
défense pour justifier l'infraction et bénéficier, ainsi, de l'irresponsabilité dans les conditions
de l'article 124-3°.Il importe donc de dégager les conditions nécessaires pour le bénéfice de la
légitime défense (a) avant de donner quelques précisions sur la question de la preuve.
a- Les conditions de la légitime défense

En ce qui concerne l'agression contre laquelle on se défend, elle doit être imminente et
injuste:

- imminente en ce sens qu'elle présente un danger immédiat (ainsi, il n'y a pas légitime
défense mais vengeance privée en cas de riposte à une attaque déjà passée et qui a cessé);

- injuste c'est-à-dire que l'agression n'est pas fondée en Droit et qu'elle n'est ni ordonnée ni
autorisée par la loi (ainsi, n'est pas considéré en état de légitime défense celui qui commet une
infraction en ripostant à une arrestation ou une perquisition dûment effectuée par l'officier de
police judiciaire).

En ce qui concerne la défense, deux conditions doivent être réunies pour qu'elle soit jugée
légitime, elle doit être:

- nécessaire c'est-à-dire constituer la seule possibilité pour faire face à l'agression (ainsi, il n'y
a pas légitime défense lorsque l'agent avait la possibilité d'alerter la police ou de prendre la
fuite).

- proportionnée à la gravité de l'attaque; autrement dit, il ne faut pas que la riposte soit sans
commune mesure avec la gravité de l'agression, l'appréciation de la proportionnalité étant une
question de fait relevant du pouvoir du tribunal (ainsi il n'y aurait pas légitime défense lorsque
l'agent a tué celui qui s'est contenté de le gifler ou de le menacer oralement, la riposte étant
manifestement disproportionnée à l'agression).

b- La preuve de la légitime défense

S'il est de règle que c'est au ministère public (procureur général du Roi, procureur du Roi ou
leur substituts) qu'incombe la charge de la preuve de la culpabilité de tout auteur d'infraction,
il est largement admis, et la pratique judiciaire le confirme, que c'est à celui qui se prévaut
d'un cas de légitime défense (ou de tout autre moyen de défense) d'en rapporter la preuve en
démontrant la réunion de toutes les conditions requises par la loi.

Toutefois, par dérogation à cette solution, le code pénal renferme deux cas particuliers où la
légitime défense est présumée, de sorte que l'agent est déchargé du fardeau de la preuve; il est
donc considéré comme ayant agi en état de légitime défense jusqu'à preuve du contraire le cas
échéant, c'est-à-dire à moins que le ministère public ne parvienne à démontrer que les
conditions de la légitime défense ne sont pas réunies.

Ces cas de présomption de légitime défense sont énoncés par l'article 125 aux termes duquel:
« sont présumés accomplis dans un cas de nécessité actuelle de légitime défense:

1°- L'homicide commis, les blessures faites ou les coups portés, en repoussant pendant la nuit,
l'escalade ou l'effraction des clôtures, murs ou entrée d'une maison ou d'un appartement habité
ou de leurs dépendances;
2°- L'infraction commise en défendant soi-même ou autrui contre l'auteur de vols ou de
pillages exécutés avec violence »

CONCLUSION

Quoi qu’une personne ait réalisé un comportement prohibé par le code pénal, on ne peut ni lui
reprocher d’avoir lésé l’intérêt protégé ni la déclarer pénalement responsable tant que son acte
est justifié par l’un des faits justificatifs prévus limitativement par la loi.

La question qui se pose donc est de savoir si le consentement de la victime peut constituer lui
aussi une autre cause objective de non responsabilité pénale ?

L’infraction inachevée
INTRODUCTION

L’infraction se défini comme étant un acte commis par un individu et de nature à apporter un
trouble dans la société.

Les infractions sont classées en trois groupes en fonction de leur gravité (les contraventions,
les délits et les crimes) ou en fonction de leur nature (de droit commun, infractions militaires,
politiques …etc).

La réalisation d’une infraction suppose l’existence de trois éléments essentiels, il s’agit de


l’élément légal, l’élément matériel et l’élément moral. Dès que le fait accompli par l’auteur
renferme tous ces éléments et produit le résultat désiré, l’infraction est consommée.

Cependant, si un acte matériel est nécessaire, un résultat nuisible n’est pas toujours exigé en
droit pénal.

La notion de la tentative n’est pas prévue en droit civil, puisqu’il faut dans la plupart des cas
qu’un résultat dommageable soit constaté pour qu’une action en responsabilité puisse être
engagée.

Cette notion soulève certaines problématiques en droit criminel, dans la mesure où la


conception du délit, la résolution d’agir ainsi que les actes préparatoires ne sont pas
punissables parce qu’ils restent équivoques, il faut donc qu’un fait matériel vienne
extérioriser cette décision. De ce fait, il devient pertinent de savoir à partir de quel moment
l’agissement mauvais, l’élément matériel nécessaire à la réalisation de l’infraction tombera
sous le coup de la loi et sera suffisant pour justifier l’application d’une peine.

I- L’exécution interrompue :

1) Conditions de la tentative punissable

a- Un élément matériel : Le commencement d’exécution

Le commencement d’exécution est un acte qui révèle chez son auteur le désir et le pouvoir
d’aller jusqu’au bout : l’agent a (ou croit avoir) la maîtrise des moyens d’exécution et il agit
de telle sorte qu’il ne reviendra plus en arrière. Il est plus difficile de le distinguer des actes
préparatoires qui sont, eux aussi, matériels. (L’achat d’un revolver est-il un acte préparatoire
ou le commencement d’exécution d’un meurtre).

Les actes préparatoires demeurent impunis parce qu’ils sont éloignés de la consommation du
crime projeté et ne peuvent pas révéler clairement l’intention criminelle de l’agent.

-Pour distinguer entre l’acte préparatoire et le commencement d’exécution, la doctrine a


proposé deux conceptions :

Objective : L’acte préparatoire ne rentre pas dans la définition légale de l’infraction tentée,
tandis que le commencement d’exécution est un acte qui en fait partie, soit comme élément
constitutif, soit comme circonstance aggravante.

Subjective : Il y a commencement d’exécution lorsque l’acte accompli révèle la volonté


définitive et arrêtée de commettre telle infraction. Cette volonté est bien établie lorsque l’acte
est lié au but et tout proche du but que l’agent voulait atteindre.

-La qualification de la tentative punissable demeure délicate à cause de l’étroite limite entre
les actes préparatoires et le commencement d’exécution. C’est d’ailleurs un problème
rencontré par le juge marocain (solution mixte: juge apprécie les faits selon les circonstances
et le type d'infraction).

b- Une circonstance contingente : Absence du désistement volontaire

-Le désistement volontaire empêche en effet la constitution de la tentative, à condition


toutefois qu’il intervienne à temps et qu’il soit véritablement volontaire. De ce fait le
désistement doit respecter certaines conditions, il doit être :

Réel : « L’infraction ne doit pas être consommée » ; S'il y a consommation et l'auteur essaie
de réparer les conséquences, on serait en présence de « repentir actif ».

Volontaire : « Il ne doit pas être le résultat de circonstances extérieures » ; ex : Le voleur qui


entend un bruit suspect, qui prend alors peur et renonce à son projet.

c- Un élément intentionnel : La résolution criminelle

La résolution criminelle est un élément essentiel de la tentative. On ne peut donc concevoir


une tentative non intentionnelle. Elle doit être déterminée, c'est-à-dire que l'agent ait eu le
projet de commettre une infraction.

La résolution criminelle sera déterminée par le fait lui-même, de l’aveu de l'agent ou les
circonstances de l'espèce.

2) La sanction de la tentative

En ce qui concerne la sanction de la tentative, le législateur a adopté la conception subjective.


Selon l’article 114 du Code Pénal : Le droit pénal marocain punit l’intention criminelle
indépendamment du résultat, aussi sévèrement que si elle avait produit un résultat.

La tentative de crime est toujours punissable, alors que la tentative de délit, n’est punissable
qu’en vertu de dispositions spéciales de la loi

(Ex : tentative de vol), alors que la tentative de contravention n’est jamais punissable.

-L’assimilation de l’auteur d’une tentative à l’auteur d’une infraction consommée peut


paraître sévère. Elle se justifie pourtant parce que celui qui tente de commettre une infraction,
dans les conditions légales, présente la même dangerosité que celui qui réalise l’infraction.

II – L’exécution infructueuse :

Dans la tentative il n’y a qu’un simple commencement d’exécution, alors que l’infraction
infructueuse suppose une exécution complète. Cette situation particulière pose le problème de
l’influence du résultat sur la répression des infractions.

On distingue entre deux hypothèses d’exécution infructueuse : l’infraction manquée et

L’infraction manquée :

-Il y a infraction manquée, lorsque par suite à une circonstance purement fortuite et
indépendante de la volonté de l’agent, ce dernier, et après avoir exécuté tous les actes
incriminés par la loi, n’obtient cependant aucun résultat. Donc si le résultat ne s’est produit,
c’est parce que l’auteur a commis une erreur d’imprudence qui l’a empêché et non parce qu’il
était impossible.

L’infraction manquée ne soulève aucune difficulté particulière en matière de répression : la loi


l’assimile complètement à la tentative (art 114 CP). Toutefois, et contrairement à la tentative
interrompue, la définition de l’infraction manquée ne donne aucun mal, puisque, par
hypothèse, tous les actes constitutifs de l’infraction ont été exécutés.

L’infraction impossible :

La théorie du délit impossible est d’origine allemande (Feuerbach 1808). Dans cette
hypothèse, l’agent accompli tous les actes incriminés par la loi, mais n’obtient aucun résultat,
soit parce que l’objet même de l’infraction n’existe pas (meurtre pratiqué sur un cadavre),
soit parce que les moyens employés étaient incapables de consommer l’infraction (fusil
chargé à blanc).

Le problème de la répression de l’infraction impossible a donné lieu à de vives controverses


doctrinales et à des longues hésitations jurisprudentielles, surtout au siècle dernier.

La jurisprudence semble aujourd’hui attacher au désistement volontaire de l’auteur. Elle


admet que même si le délit était absolument impossible, son auteur sera coupable s’il a
persévéré dans sa volonté coupable. Peu importe qu’un acte ait ou non un résultat, l’essentiel
est que l’auteur fut persuadé qu’il devait en avoir un.

De ce fait, elle assimile pratiquement le délit impossible à la tentative, réserve faite des cas où
la responsabilité pénale ne peut exister. Il en est ainsi du délit putatif, qui n’a existé que dans
l’imagination de l’agent. Notre code pénal adopte la même position en disposant dans son
article 117 : « la tentative est punissable alors même que le but recherché ne pouvait être
atteint en raison d’une circonstance de fait ignorée de l’auteur. »

La participation criminelle
Introduction:

A la différence de l'auteur qui accomplit personnellement et matériellement l'acte incriminé


et du coauteur qui prend part d'une façon directe à l'exécution matérielle de l'infraction (V. Art
128 CP), le complice ne s'associe à la préparation ou à l'exécution de l'entreprise criminelle
que d'une façon indirecte ou accessoire notamment dormant des instructions, en dispensant
une assistance, en fournissant des moyens...

les conditions de la participation criminelle

Des conditions tenant à l'incrimination du fait principal

La règle

Pour qu'il y ait complicité punissable, il faut que le fait principal (l'acte commis
matériellement par l'auteur de l'infraction) soit prévu et puni comme infraction qualifiée crime
ou délit (art. 129 C.P). Si le fait commis par l'auteur principal n'est pas incriminé par la loi
pénale, celui qui en est le complice n'est pas punissable.

Quelques précisions

- Si l'auteur matériel ne peut pas être puni en raison d'une cause objective de non
responsabilité ou de suppression de l'infraction (tel que l'état de nécessité ou la légitime
défense) le complice ne peut pas non plus être déclaré responsable et puni. Il en est de même

lorsque l'auteur principal bénéficie d'une amnistie (qui entraîne, nous le verrons plus loin,
effacement de l'infraction et suppression de tous ses effets).

Cette règle étant ainsi soulignée, il convient d'y apporter certaines précisions et nuances:

- Pour que le complice soit puni, il n'est pas nécessaire que l'auteur principal soit
effectivement poursuivi et condamné. Il suffit que le fait commis soit punissable. Ex: si
l'auteur d'un meurtre, décède ou prend la fuite ou même s'il reste inconnu, son complice peut
être poursuivi et puni.

- Si l'auteur principal bénéficie d'une cause personnelle d'absolution ou de non punissabilité


telles que la démence ou la minorité, le complice demeure normalement punissable même s'il
n'a fait que déterminer l'auteur à commettre l'infraction CV, Art 131).
- Chaque fois que la tentative d'infraction (fait principal) est punissable, le complice dans
cette tentative est, pour sa part, passible de poursuite et de sanction. En revanche, la simple
tentative de complicité n'est pas punissable car la loi pénale, d'interprétation restrictive, ne
réprime que la complicité et non la tentative de complicité.

- Dan certains cas particuliers, même lorsque le fait principal n'est pas punissable, la
responsabilité du complice peut être retenue en le considérant comme auteur ayant une
criminalité et une pénalité propre. Il en est ainsi en cas de complicité dans un vol entre époux
ou dans un vol commis par un ascendant au préjudice d'un descendant: alors que le conjoint
ou l'ascendant auteur du vol n'est pas punissable (Art 534 CP), son complice peut être
poursuivi et puni.

- De même, alors qu'en soi le suicide n'est pas incriminé, « quiconque sciemment aide une
personne dans les faits qui préparent ou facilitent Son suicide, ou fournit les armes, poison ou
instruments destinés au suicide sachant qu'ils doivent y servir, est puni, si le suicide est réalisé
de l'emprisonnement d'un à cinq ans « (art 407 CP).

- Dans d'autres cas prévus par la loi, les participants à une même infraction sont poursuivis et
jugés comme coauteurs et non comme complices. Il en est ainsi en cas de participation à une
rixe, rébellion ou réunion séditieuse au cours de laquelle, il est porté des coups ou fait des
blessures.

C’est également le cas pour les participants à la constitution d'une association ou entente de
malfaiteurs (art 294), à la rébellion commise en réunion de deux ou plusieurs personnes (art
301 et 302), à des bandes armées (Art 171 et 205); ...

- A signaler enfin que le recel de malfaiteur ou d'objets volés, détournés, ou obtenus à l’aide
d’un crime ou d'un délit, n'est pas puni comme acte de complicité mais comme infraction
distincte (Art 297 el 571).

Des conditions tenant à l'acte de complicité

L'acte de complicité doit être un comportement positif

Outre l'incrimination du fait principal telle que précisée ci-dessus, la complicité n'est
punissable que si elle se manifeste par un acte positif, non pas par un acte de participation
quelconque mais par l'un de ceux énumérés à l'art 129 précisé. Il s'ensuit qu'il n'y a pas de
complicité par omission. Celui qui assiste de façon passive à une infraction ne peut, donc être
condamné pour complicité. Il peut, toutefois, être poursuivi comme auteur sur la base d'autres
incriminations (notamment la non assistance à personne en danger ou la non révélation
d'attentat contre la sûreté l'Etat).

L'élément matériel de la complicité peut être constitué soit par des actes antérieurs à
l'infraction (ex: donner des instructions, fournir le plan ou la logistique), soit par des actes
concomitants (ex: faire le guet). Mais quid des actes postérieurs tels que l'effacement des
traces de l'infraction ou l'organisation de la fuite des auteurs, sachant que l'article 129 ne
renferme pas d'hypothèses de ce genre? En réalité, même s'il n'est pas poursuivi comme
complice, celui qui commet ces actes peut être jugé et puni comme auteur d’infraction sur la
base d'incriminations spécifiques (Aide à la fuite: art 297; Non révélation de crime consommé
ou tenté: art 299 ; voir aussi art 58 CPP)

Doit avoir été commis en connaissance de causes

Pour que la personne soit déclarée complice et qu'elle encoure les peines prévues à cet égard
par la loi, elle doit avoir contribué à la commission de l'acte délictueux en toute connaissance
de cause. On ne peut par exemple poursuivre comme complice d'un meurtre perpétré avec un
fusil de chasse, celui qui a prêté ce fusil croyant qu'il allait être utilisé pour la chasse.

Il faut donc induire de l'exigence de l'intention criminelle, que la complicité par imprudence
ou par négligence n'existe pas.

Quid alors lorsque le complice pensait que l'infraction à laquelle il a participé devait être
moins grave: par exemple il voulait aider l'auteur d'un vol, mais le vol a dégénéré en meurtre
d'une personne? Dans ce cas, en application, d'abord de la règle régissant le cumul
d'infraction, et conformément ensuite au système de la criminalité d'emprunt, le complice
reste passible de la même peine prévue à l'encontre de l'auteur principal pour l'infraction la
plus grave, en l'occurrence le meurtre. Le complice, estime t-on devrait évaluer tous les
risques et les imprévus auxquels l'expose sa participation délictueuse et devrai donc, en
supporter toutes les conséquences.

La sanction de la complicité

Des principes de base

Pas de répression de la complicité dans une contravention

Il faut d'abord souligner que la complicité n'est punissable que lorsque le fait principal est
qualifié de crime ou de délit. L'article 129 du CP précise en effet, dans son dernier alinéa que
« la complicité n'est jamais punissable en matière de contravention ».

Le complice d'une crime ou d'un délit est puni de la même façon que l'auteur principal.

S'agissant de la sanction applicable au complice, il faut rappeler que le législateur, s'est rallié
au système de la criminalité d'emprunt en énonçant clairement dans l'article 130 du code que
« le complice d'un crime ou d'un délit est punissable de la peine réprimant ce crime ou ce délit
».C'est-à-dire que le complice encoure la même peine que l'auteur principal.

Particularités et nuances

Particularités

Deux hypothèses:

L'article 130 qui édicte les circonstances personnelles et objectives.

Si la circonstance est personnelle donc elle est profitable à l'auteur; alors s'elle est objective,
elle sera profitable à tous.

- L'article 397 parle du cas de l'infanticide où la mère est punie moins sévèrement quelque soit
auteur au complice

Nuances:

Le complice d'un crime ou d'un délit encourt la peine prévue pour ce crime ou ce délit (Art
130) ne signifie pas que le complice se voit appliquer strictement et systématiquement la
même peine prononcée contre l'auteur principal. Dans la réalité, par le jeu, rappelons-le, des
circonstances atténuantes ou aggravantes et des causes personnelles d'exemption, mais aussi
compte tenu de la marge de manœuvre du minimum et du maximum de la peine prévue par la
loi, les tribunaux condamnent souvent l'auteur principal et le complice à des peines de
gravités différentes dans un souci d'individualisation.

La condition pénale du mineur délinquant


Introduction

Le Maroc a adhéré aux principales conventions internationales relatives à l’enfance, à


commencer par celle des Nations unies sur les droits de l’enfant, ratifiée en 1993, ainsi qu’aux
règles de Beijing sur l’administration de la justice pour mineurs.

En vertu de l’article 1 de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) ratifiée


par le Maroc : « un enfant s’entend de tout être humain de moins de 18 ans sauf si la majorité
est atteinte plus tôt ». Cette définition de la CIDE ne repose ni sur une base physiologique ni
psychologique, parce que l’être humain est capable de comprendre les notions de bien et de
mal avant dix huit ans. Toutefois, le droit se trouve devant la difficulté de concilier la double
nature de l’enfant qui est une personne à part entière mais qui reste une personne vulnérable et
inachevée.

La délinquance des mineurs se définie comme l’ensemble des infractions qui sont commises
par les mineurs c’est à dire par les jeunes de moins de dix huit ans. Selon la CIDE, le mineur
délinquant s’entend de « tout enfant suspecté, accusé ou convaincu d’infraction à la loi
pénale ».

Cette délinquance n’est pas l’apanage de notre pays, c’est un phénomène social qui se
retrouve dans toutes les sociétés. Elle reflète un échec de la socialisation et une crise
d’intégration d’une catégorie d’âge caractérisée par la fragilité et l’inachèvement de la
croissance. Elle peut revêtir soit un caractère initiatique :il s’agit des transgressions observées
lors du passage de l’adolescence à l’âge adulte ; soit un caractère pathologique : elle est alors
due à des troubles psychologiques fortement individualisés ; soit enfin un caractère
d’exclusion1 :elle est alors le produit de facteurs socio-économiques liés au phénomène de la
pauvreté et du chômage du père ou de la mère, ce qui peut pousser les mineurs à s’adonner au
vol pour compenser leur pauvreté et subvenir à leurs besoins. A cela s’ajoute l’exode de la
population rurale vers les villes qui pose des problèmes d’intégration. Elle peut être également
le résultat des facteurs relatifs à la famille souvent dissociée, ou recomposée, dans laquelle vit
le mineur.

En plus de ces facteurs, on trouve le problème de l’inadaptation scolaire ou professionnelle, le


problème de la drogue et le bien facile qu’elle procure, tout cela joue un rôle dans ces
démarches de délinquance des mineurs. Ceci renvoi à ce que l’on a pu appeler la crise des
repères, à la défaillance du rôle socialisateur de la famille, de l’école, et cela fait référence à
ce que la sociologie appel la crise des processus de socialisation, cette crise de civilisation
c’est ce que Raymond Aron à justifier en disant « l’incapacité des adultes de transmettre aux
générations montantes le respect des valeurs ou l’obéissance à des impératifs qui fondent la
cohérence d’une société.

Historiquement déjà, les civilisations ont connu ces rapports difficiles entre les générations.
Ainsi, chez les philosophes grecques Socrate soulignait déjà « notre jeunesse aime le luxe,
elle a de mauvaises manières, méconnaît l’autorité et n’a aucun respect de l’âge » et Socrate
concluait « les enfants d’aujourd’hui sont des tyrans ».

Toujours est il, la question qui se pose avec acuité est dans quelle mesure le mineur
délinquant est responsable de ses actes ou plutôt victime des circonstances ? faut il le protéger
et l’aider ou plutôt le punir ? et enfin quelle politique criminelle envers les mineurs le Maroc
a-t-il adopté (I) et avec quels moyens (II) ?

Le régime juridique régissant la délinquance des mineurs au Maroc

5.
Ce sont le Code de procédure pénale (CPP) et le Code pénal (CP) qui dictent la décision de
justice concernant le jeune en conflit avec la loi. Ils ont été réformés en 2002 pour une
harmonisation des textes de loi nationaux avec les diverses conventions et protocoles
internationaux ratifiés. Avant cette date, il n’y avait pas beaucoup de garanties pour mineurs.

Un régime pénal aménagé

Dans la pratique, l'engagement de la responsabilité du mineur tient compte de plusieurs


éléments; notamment la condition familiale, la récidivité… Toutefois, le code pénal n'en tient
qu'à deux, le discernement et l'age.

1. Le discernement

Selon l’article 132 du code pénal, seules les personnes saines d’esprit et capables de
discernement sont personnellement responsables.

Le principe est que les mineurs qui ne sont pas doués du discernement sont irresponsables de
leurs actes. Mais les mineurs doués du discernement sont responsables de leurs actes mais
cette responsabilité est limitée. Cette notion de discernement, d'origine jurisprudentielle, a
pour fondement juridique la Convention des nations unies sur les droits de l'enfant, signée à
New York le 26 janvier 1990 et ratifiée par le Maroc en 1993.

La notion de discernement est la faculté d’agir raisonnablement. C’est aussi la capacité


d’évaluer les conséquences de ses actes, la conscience de la transgression, la conscience du
bien et la conscience du mal. Cette capacité de discernement sera jugée au cas par cas, en
fonction du mineur, en fonction du problème qui se pose.

En droit musulman, on distingue 3 phases dans le développement de la personnalité du


mineur :Moins de 7 ans révolus : le mineur est considéré comme irresponsable

Entre 8 et 12 ans : le mineur ici est présumé responsable mais ne subit pas les peines légales
telles que la peine capitale, la flagellation ou l’amputation.

L’âge de la pleine majorité pénale qui divisait les auteurs : certains liaient cette majorité à la
puberté alors que d’autres la reportaient à un âge tardif.

2.L’âge de responsabilité pénale

Le régime juridique mettant en jeu la responsabilité pénale des mineurs est dérogatoire au
droit pénal général. Les mineurs bénéficient ainsi d'une excuse de minorité qui atténue les
peines applicables normalement aux délinquants majeurs.

L’article 138 fixe l’âge de la majorité pénale à dix-huit ans au lieu de seize ans.

Il résulte également de l'article 138 alinéa 1 du Code pénal que " le mineur de moins de douze
ans est considéré comme irresponsable pénalement par défaut de discernement ".

Pour les mineurs âgés de douze à dix-huit ans non révolus, l'article 139 dispose que " le
mineur de douze ans qui n'a pas atteint dix-huit ans est, pénalement, considéré comme
partiellement irresponsable en raison d'une insuffisance de discernement ". Donc l'excuse de
minorité est une dispense personnelle qui s'attache à la personne du délinquant et le soustrait à
la justice pénale soit totalement, soit partiellement.

Des règles procédurales spécifiques

La procédure concernant les mineurs délinquants est entourée de certaines particularités, à


savoir que le mineur doit obligatoirement se faire assister d’un avocat de même que sa
comparution personnelle avec son représentant légal est requise. Une autre particularité est
celle du caractère secret de la procédure depuis l’enquête préliminaire.

En effet, la publication de tout compte rendu des audiences des juridictions des mineurs, par
quelque procédé que ce soit est interdite et réprimée par la loi. (article 466 C.P.P.).

Le législateur permet également aux centres de sauvegarde de l’enfance de recourir aux


médias pour diffuser certaines informations concernant le mineur afin de faciliter les
retrouvailles avec sa famille mais après autorisation du juge des mineurs.

D’après l’article 462, et en plus d’une police judiciaire spécialisée, le CCP a mis en place des
juridictions spécialisées pour connaître des affaires des mineurs, il s’agit :

Au niveau du TPI : Le juge des mineurs, la chambre des mineurs.

Au niveau de la Cour d’Appel : le conseiller chargé des mineurs, la chambre correctionnelle


pour mineurs, la chambre correctionnelle d’appel, la chambre criminelle pour mineurs, la
chambre criminelle d’appel.

Les droits du mineur lors de l’enquête préliminaire

Selon l’article 460 du CPP, un officier de police judiciaire est en charge des mineurs. Il s’agit
d’une police spécialisée en la matière conformément aux dispositions de l’article 40.3 de la
CIDE.

Cette police judiciaire est tenue d’un certain nombre d’obligations. Il s’agit:

De garder le mineur auquel est imputée l’infraction dans un endroit spécialement aménagé à
cet effet pour une durée ne dépassant pas celle de la garde à vue. Le recours à cette mesure se
fait sur autorisation du parquet et dans deux cas bien précis, à savoir:

lorsqu’il y a des difficultés de remise du mineur à la personne qui se charge de son assistance

ou lorsque les nécessités de l’enquête ou la sécurité du mineur l’imposent.

Prendre, pendant la garde, toutes les mesures susceptibles d’éviter tout danger pour le mineur
telles que la privation d’aliments ou la violence. A cet égard, le parquet est obligé de
soumettre le mineur à un examen médical, avant son audition.
Information des parents, du tuteur, de la personne ou de l’établissement ayant la charge du
mineur des accusations portées contre lui, et ce, dans le plus court délai. Ces personnes ainsi
que l’avocat qui l’assiste peuvent prendre contact avec le mineur sous le contrôle de l’officier
de police et après autorisation du parquet.

Enfin, l’enquête préliminaire se fait en respectant le principe du secret professionnel.

La poursuite par le parquet

Le CPP a consacré un principe dans son article 461.3 qui prévoit le recours à la conciliation,
en cas d’actes sans gravité commis par le mineur, pour éviter qu’il soit présenté à la justice.

L’action publique est exercée par le Procureur du Roi près le TPI, pour les délits et les
contraventions. Pour les crimes et les délits qui leur sont connexes, la poursuite est exercée
par le Procureur Général du Roi près la Cour d’Appel.

Le ministère public saisit le juge ou le conseiller chargés des mineurs. Si le mineur a des
coauteurs ou complices majeurs, la disjonction des poursuites est obligatoire et le ministère
public constitue pour le mineur un dossier spécial. Les victimes éventuelles peuvent joindre
leur action à l’action publique, mais elles ne peuvent déclencher cette action (art.463 et 464).
Le ministère public est donc seul juge de l’opportunité des poursuites, contrairement à ce qui
se passe devant les juridictions de droit commun où la constitution de partie civile de la
victime a pour effet de déclencher l’action publique.

Si le ministère public estime qu’une poursuite pénale serait contraire à l’intérêt de l’enfant, la
victime pourra demander réparation devant les juridictions civiles.

L’instruction

Pour les délits

Lorsque le Procureur du Roi estime qu’il est nécessaire de procéder à une instruction, il
renvoie l’affaire au juge des mineurs. Dans ce cas, le juge des mineurs procède à l’instruction
conformément aux règles prescrites par le CPP pour cette phase du procès. Si le délit n’exige
pas l’instruction, le Procureur renvoie l’affaire au juge des mineurs en vue d’appliquer les
mesures nécessaires pour parvenir à la connaissance de l’affaire et du dossier.

Dans les deux hypothèses, le juge des mineurs prend des mesures relatives à la garde du
mineur (art.471) : Il peut par ordonnance confier le mineur à :

Ses parents, à son tuteur ou à une personne digne de confiance ;

Un centre d’observation ;

Ou à un établissement, service public ou association habilités à cet effet.

Ces mesures peuvent, le cas échéant, être exercées sous le régime de la liberté surveillée.
Elles sont provisoires, toujours révocables et exécutées nonobstant appel.
L’appel est porté devant la chambre correctionnelle des mineurs près la Cour d’appel. Il peut
être placé exceptionnellement en détention préventive (article 473). Le mineur n’ayant pas
atteint l’âge de douze ans ne peut être placé, quelle que soit l’infraction commise et même à
titre provisoire, dans un établissement pénitentiaire. Le mineur de douze à dix-huit ans ne peut
être placé, même provisoirement, dans un établissement pénitentiaire, que si cette mesure
paraît indispensable ou s’il est impossible de prendre toute autre disposition. Dans ce cas, le
mineur est retenu dans un quartier spécial ou à défaut, dans un local spécial.

Le juge des mineurs doit s’enquérir au moins une fois par mois des mineurs détenus
préventivement ainsi que des mineurs placés dans des centres ou institutions. Il doit procéder
en personne ou ordonne une enquête sociale et de personnalité en vue de déterminer les
mesures à prendre pour assurer la sauvegarde et le relèvement du mineur et ordonner un
examen médical et s’il y a lieu psychiatrique ou psychologique.

Pour les crimes

Le conseiller chargé des mineurs instruit l’affaire dans les formes de l’instruction prévues par
le CPP. Comme dans le cadre de l’instruction en matière délictuelle, il fait procéder à
l’enquête sociale et de personnalité (art. 474), peut ordonner la garde provisoire comme le
prévoit l’article 471, placer exceptionnellement le mineur en détention préventive (article
475) ou prendre une mesure de rééducation et de protection comme prévu à l’article 481.

Les décisions du conseiller des mineurs sont susceptibles d’appel devant la Chambre
correctionnelle d’appel des mineurs (article 487).

Le jugement

Les contraventions

Elles sont jugées par le juge des mineurs près le TPI. Lorsque les faits sont établis, le juge
peut se contenter d’admonester le mineur ou le condamner au paiement de l’amende prévue
par la loi. S’il s’agit d’un mineur de douze ans, le juge ne peut que le confier à ses parents ou
à la personne ou l’établissement qui en a la charge.

Les délits

Si la peine prévue pour le délit est inférieure ou égale à deux ans, le délinquant mineur est
jugé par le juge des mineurs. Les délits plus graves sont jugés par la Chambre des mineurs
près le tribunal de première instance.

Dans les deux cas, les débats ont lieu à huis clos. Chaque affaire est jugée séparément hors de
la présence des autres mineurs poursuivis.

Si l’infraction n’est pas imputable au mineur, l’acquittement est prononcé. Toutefois, si


l’intérêt du mineur le requiert, le juge des mineurs ou la Chambre des mineurs peuvent
appliquer les dispositions des articles 510 à 517 relatives à la protection des mineurs victimes
de crimes ou de délits ou des mineurs en situation difficile.
Par contre, si les faits sont imputables au mineur (article 480) et si celui-ci a moins de douze
ans, le tribunal l’admoneste et le remet à ses parents ou à la personne ou l’organisme qui en
est la charge. Si le mineur a plus de douze ans, le tribunal peut lui appliquer une ou plusieurs
des mesures de protection et de rééducation prévues à l’article 481. Exceptionnellement, pour
les mineurs de douze à dix-huit ans, l’article 482 autorise le tribunal à prononcer une sanction.

Les décisions rendues par le juge des mineurs et par la chambre des mineurs près le tribunal
de première instance sont susceptibles d’appel devant la chambre correctionnelle d’appel des
mineurs de la cour d’appel.

Les crimes

Les crimes sont jugés par la chambre criminelle des mineurs près la cour d’appel. Les débats
ont lieu à huis clos (articles 490 à 493). Si les débats révèlent que l’infraction n’est pas
imputable au mineur, la chambre prononce son acquittement. Si les débats établissent que les
faits sont imputables au mineur, la chambre peut prononcer contre lui l’une des mesures de
rééducation et de protection prévues à l’article 481 si son âge est inférieur à 12 ans. Pour les
mineurs âgés de plus de douze ans, elle peut assortir ou remplacer ces mesures par une peine.

Les décisions de la chambre criminelle sont susceptibles d’appel devant la chambre criminelle
d’appel (article 494).

Le pourvoi en cassation

Les décisions définitives rendues par la chambre correctionnelle des mineurs, la chambre
correctionnelle d’appel des mineurs et la chambre criminelle d’appel des mineurs peuvent
faire l’objet d’un pourvoi en cassation dans les formes ordinaires, par le mineur, son
représentant légal, la partie civile ou le civilement responsable (article 495).

Un régime limité, nécessite une révision

Insuffisance de la prise en charge de la délinquance des mineurs

Même si les dispositions en faveur des mineurs délinquants, ont le mérite d’être parfaites
théoriquement et tout à fait conformes aux normes internationales, elles sont entachées de
lacunes et d’insuffisances.

Insuffisances en moyens humains

En termes de moyens humains, les effectifs dédiés aux mineurs délinquants aussi bien au
début de la procédure judiciaire qu’à sa fin restent limités. Ainsi, beaucoup de juges chargés
des mineurs soulignent la lenteur de l’enquête et de la prise de décision judiciaire faute de
moyens humains suffisants. A cet effet, il faut signaler que la majorité des détenus mineurs ne
bénéficient pas toujours de l’avocat conseil commis d’office dans le cadre de l’assistance
judiciaire. Ceci a pour conséquence le report des séances du jugement, surtout pour les
crimes, et entraîne une surpopulation dans le centre de réforme.

De même, l’ensemble des agents relevant de l’administration pénitentiaire, les assistantes


sociales et les cadres pédagogiques et éducateurs spécialisés son insuffisants par rapport à la
population des mineurs délinquants et ne sont guère motivés en raison de leurs bas salaires et
de leurs statuts professionnels peu attrayants en terme de gestion de carrière.

Par ailleurs, l’application des mesures de protection et de rééducation s’avère difficile pour les
juges chargés des mineurs en raison des moyens y affectés fort limités. Ainsi, le recours, entre
autres, à l’institution des délégués chargés d’assurer la surveillance et le suivi pédagogique et
social des mineurs placés sous le régime de la liberté surveillée et réaliser des rapports à cet
effet, n’a pas été suffisamment activé et présente des difficultés quant à sa réalisation, en
raison de leur absence pure et simple.

De même, il existe des obstacles pour effectuer des enquêtes sociales et familiales de facture
sérieuse, sur le mineur délinquant, faute de disponibilité d’experts et de spécialistes en matière
sociale et en psychologie sociale.

Insuffisances en moyens matériels

L’insuffisance se reflète également au niveau des infrastructures dédiées à la prise en charge


des mineurs délinquants. Ainsi, concernant les établissements de protection de l’enfance qui
relèvent du ministère de la jeunesse, on recense douze centres provinciaux de 1150 places,
quatre centres nationaux de rééducation pour 420 places et deux foyers d’action sociale
abritant 65 places. Quant aux centres de réforme et d’éducation relevant du ministère de la
justice (administration pénitentiaire), le Maroc en compte seulement trois, en plus des centres
agricoles et des prisons locales. La non disponibilité de centres de protection de l’enfance fait
d’ailleurs, que les juges optent souvent pour les peines privatives de liberté.

Ces infrastructures souffrent elles mêmes de tares et d’insuffisances, au premier rang


desquelles on relève le surpeuplement et les conditions sanitaires et médicales déplorables,
affectant gravement la dignité humaine, la précarité, les locaux menaçant ruine, et l’insécurité
ambiante. Beaucoup de mineurs sont incarcérés dans des prisons non spécifiques. Même si la
loi impose qu’ils soient strictement maintenus à l’écart des adultes.

Les centres de protection de l’enfance ne disposent pas toujours de pavillons dédiés aux
mineurs de sexe féminin. Pis encore, certaines régions ne disposent même pas de centres de
protection de l’enfance à proximité.

Par ailleurs, outre l’inexistence d’infirmerie en bonne et due forme, les cellules manquent de
toilettes et de douches en nombre suffisant, ce qui favorise propagation des maladies
contagieuses.
Les juges des mineurs dénoncent également l’indisponibilité de moyens de transport pour
assurer le transport des mineurs des centres de protection de l’enfance vers les juridictions
lorsque les mineurs délinquants font l’objet de poursuites par le parquet.

De la nécessité d’un nouveau modèle de sanction de la délinquance des mineurs basé sur la
réparation

Dans plusieurs pays, la législation autorise le juge des enfants à recourir à des mesures qui
permettent de dépasser le clivage traditionnel entre l’éducatif et le répressif : la mesure de
réparation pénale et le travail d’intérêt général (TIG). Fondées sur la notion de réparation du
trouble causé à la victime ou à la société par l’acte délictueux, ces mesures reposent en effet
sur une application combinée de ces deux principes.

Le TIG peut être défini comme l’obligation d’accomplir au profit d’une collectivité publique,
d’un établissement public ou d’une association, un travail non rémunéré dont la durée est
fixée par la juridiction pénale qui prononce la mesure. Cette sanction vise notamment à
imposer aux mineurs le respect des règles qui régissent la vie sociale (obligation de présence,
respect des horaires…) et à impliquer la collectivité dans le dispositif de réinsertion sociale
des jeunes en difficulté.

La mesure de réparation, qui consiste à effectuer une activité au profit de la victime ou d’une
collectivité, invite davantage le mineur à réfléchir sur le sens et la portée de l’acte qu’il a
commis et repose sur une véritable adaptation de la sanction au délit commis par le mineur.
En ce sens, cette mesure permet sans doute une meilleure personnalisation de la peine choisie
et peut jouer un rôle important dans la prévention de la récidive des mineurs.

Il est intéressant de noter que de nombreux pays européens (Angleterre, Pays-Bas, Belgique)
ont adopté des textes prévoyant le développement de ce type de mesures.

Ces mesures sont efficaces mais nécessitent beaucoup d’investissement en moyens humains et
matériels.

Certes, le TIG a suscité des critiques concernant le travail des enfants, mais il s’agit d’une
solution qui reflète la volonté légitime de déjudiciariser la prise en charge des enfants «en
danger» et le désir de moins recourir au placement.