Vous êtes sur la page 1sur 55

La procédure civile

INTRODUCTION :

Le sens étymologique du terme procédure civile revêt 2 sens : au sens

large, il désigne l’ensemble des formalités devant être suivies pour l’obtention

d’un certain résultat. Dans un sens plus restreint, il indique quelles sont les

formalités adéquates et requises devant telle ou telle juridiction. Ainsi, la

procédure civile est l’ensemble des règles qui régissent l’organisation et le

fonctionnement de la justice en ce qui concerne les rapports entre particuliers.

Elle permet donc, aux particuliers de s’adresser aux tribunaux en vue d’obtenir la sanction, le respect de leurs droits et les moyens d’assurer l’exécution forcée

des obligations de leurs débiteurs. La finalité donc de la procédure civile étant d’éviter que les particuliers ne se fasse justice eux même. La procédure civile est déterminée par trois séries de règles : -elle détermine d’abord, quelles sont les ordres de juridictions devant lesquels le justiciables sont habilités à faire valoir leurs droits et quel est le statut des membres composant ou siégeant à la tête de ces juridictions ainsi que celui des auxiliaires de justice ; ce sont les

règles d’organisation judiciaire.- elle détermine les attributions de chacune des juridictions et qu’elle est en conséquence la juridiction à laquelle le justiciable devra s’adresser : ce sont les règles de compétence. – elle fixe enfin, les règles suivant lesquelles les tribunaux sont saisis, instruisent les procès et rendent

leurs jugements qui feront l’objet d’une exécution forcée : ce sont les règles de

procédure proprement dites. De ce qui précède, la procédure civile comprend des règles de forme et des règles de fond : les 1ères visent à déterminer quelles

sont les formalités qu’il convient d’observer et d’accomplir pour la recevabilité

de la requête, les mentions à faire figurer dans les actes, les délais à observer.

Les secondes sont des règles de fond primordiales : « c’est le cas des conditions d’exercice des actions en justice, les principes directeurs de la procédure…. ». L’objet de ce cours consistera à appréhender le déroulement du procès civil, aussi et dans le cadre d’une 1ère partie, on abordera l’action en justice ou la faculté d’agir devant les juridictions ce qui permet le déclenchement de la

1

procédure. On examinera ensuite, (2ème partie), l’instance afin de mieux comprendre comment se déroule et s’engage un débat judiciaire lequel

débouche toujours sur une décision de justice. On étudiera également (3ème partie), les moyens par lesquels un plaideur peut critiquer un jugement (les voix de recours). Enfin, et en dernier lieu l’étude englobera l’analyse des procédures permettant d’aboutir à l’exécution forcée, au moyen de voix d’exécution qui ont pour but l’exécution d’un jugement ou d’un engagement

face à la récalcitrante du débiteur. Titre1 : l’action en justice :

L’action en justice est le droit pour toute personne d’agir en justice c'est- à-dire de déclencher la machine judiciaire : (article 1 du code de PC). Ne peuvent ester en justice que ceux qui ont qualité, capacité et intérêt pour faire

valoir leurs droits. Ce droit ou pouvoir d’agir en justice a un caractère légal car reconnu et garantie par la loi, mais il est aussi facultatif en ce qu’une personne n’est pas forcée d’agir en justice. L’action en justice étant un pouvoir légal, la demande constitue donc l’acte de procédure qui exprime la décision de passer de la faculté d’agir à la volonté d’engager une instance précise et déterminée. C’est pourquoi le plaideur devra accomplir et remplir certaines conditions pour intenter une action en justice au moyen d’une demande. A noter qu’à l’appui de ces demandes il peut y avoir un abus de droit d’ester en justice. En effet, l’exercice abusif de l’action en justice est une faute génératrice de dommages et intérêts s’il constitue un acte de malice ou une erreur grossière équipollente au dol. En effet, l’article 5 du code de PC dispose que tout plaideur

est tenu d’agir de bonne foi, et donc il s’en suie que toute attitude dilatoire ou abusive de ce plaideur pourra être sanctionnée par une amende ou des DI.

Chapitre1 : conditions de recevabilité de l’action :

Les conditions requises pour la recevabilité de l’action en justice se déclinent autour de trois axes : l’intérêt, la qualité et la capacité. Le non respect des conditions requises se traduira par une sanction prononcée à l’initiative du juge.

2

Section1 : conditions relatives à la personne du sujet qui agit :

A. L’intérêt :

Pour exercer valablement une action en justice, il faut avoir un intérêt à agir car en vertu de l’adage : pas d’intérêt, pas d’action. Avoir intérêt telle est la condition première pour pouvoir agir en justice et celui qui agit doit justifier

que l’action qu’il exerce est susceptible de lui procurer un avantage.

1. L’intérêt doit être légitime et juridique :

Il est nécessaire que la partie qui agit en justice fasse état à un intérêt

juridiquement protégé. Une société qui est nulle fait concurrence à un

commerçant : ce dernier a bien d’un point de vue économique un intérêt à

demander la nullité de cette société. (Détournement de clientèle), mais il n’a pas le droit de le faire faute d’intérêt juridique. Cet intérêt juridique peut être pécuniaire (réclamer le paiement d’une créance), ou moral si la personne

demande outre la réparation du dommage matériel subit, la réparation du préjudice qu’elle éprouve dans ses affections pour suite à une atteinte à sa

probité, honneur ou réputation. De plus, l’intérêt doit être légitime : le titulaire de l’action doit justifier de la lésion d’un droit reconnu par la loi, ainsi par exemple ; au Maroc, la concubine n’est pas fondée à réclamer la réparation du préjudice subit suite au décès du concubin car le concubinage est une situation de fait et non de droit.

2. L’intérêt doit être direct et personnel :

La personne qui agit doit prouver qu’elle a subit une atteinte à un droit qu’il lui est propre puisque l’action ne peut logiquement être intentée que par le titulaire du droit allégué. Il n’est pas permis d’agir dans l’intérêt d’autrui

pour faire respecter la loi (nul ne plaide par procureur). Cette condition ne

soulève aucune difficulté lorsqu’il s’agit de personne physique. Mais la question revêt un tout autre intérêt lorsqu’il s’agit d’apprécier ce cadre direct

et personnel dans le cadre des groupements dotés de la personnalité morale. Il est évident qu’un groupement peut agir en justice pour la défense de ses intérêts mais, cette action appelée sociale se distingue de celle individuelle qui appartient à chaque membre du groupement pour défendre ses propres intérêts. La question qui se pose étant de savoir si le groupement peut se

3

substituer à l’un de ses membres lorsqu’il y a atteinte à l’intérêt collectif du groupement ? S’agissant des syndicats, on admet que la violation des droits de l’un des membres porte atteinte à l’intérêt de la profession.

  • 3. L’intérêt doit être né et actuel :

Il faut que l’atteinte aux droits allégués soit certaine au moment où la demande est formée : cela signifie qu’un intérêt éventuel ou futur ne saurait servir de

substituer à l’un de ses membres lorsqu’il y a atteinte à l’intérêt collectif du groupement ?

base à une action en justice. En effet, on ne peut saisir un tribunal à titre

préventif indépendamment de l’existence d’un préjudice réel car le rôle du juge est de trancher les litiges déjà nés. L’exigence d’un intérêt né et actuel est d’éviter les guerres judiciaires préventives ne viennent à engorger les tribunaux : une certaine moralisation de l’accès au prétoire rejoint ici la régulation des flux judiciaires et le manque patent de magistrats.

B. La qualité :

C’est le titre juridique en vertu duquel une personne a le pouvoir de figurer dans une procédure lorsque l’action est intentée par le titulaire du droit

lui-même. Ont qualité pour agir en justice : _le titulaire du droit litigieux ainsi que ses héritiers_ le mandataire légal ou conventionnel : (par exemple : le tuteur autorisé par le juge des tutelles pour le mineur, le chef du

gouvernement pour l’Etat, le gouverneur pour les provinces et préfectures…).

En tout cas, les personnes ayant qualité pour représenter les plaideurs ne peuvent le faire que dans certaines situations tout en étant assujetti au respect de certaines conditions.

  • 1. Les cas de représentation en justice :

Il s’agit tout simplement du mandat conféré par une personne à une autre en vue d’agir en son nom et pour son compte, c’est ce qu’on appelle un mandat AD LITEM. C'est-à-dire un mandat de représentation en vue d’un procès. La représentation est obligatoire (constitution d’avocat) devant certaines

juridictions (essentiellement CA et CC) sauf autorisation expresse d’agir en

justice pour soi même accordée par le chef de la juridiction saisi du litige. Il en va de même devant le tribunal de 1ère instance en cas de procédure écrite.

  • 2. Les conditions de représentation en justice :

substituer à l’un de ses membres lorsqu’il y a atteinte à l’intérêt collectif du groupement ?

4

loi (mandataire légal pour les administrations publiques) par le juge (mandataire judiciaire pour le mineur, le

loi (mandataire légal pour les administrations publiques) par le juge (mandataire judiciaire pour le mineur, le tuteur autorisé) ou par la volonté des parties (mandataire conventionnel).

loi (mandataire légal pour les administrations publiques) par le juge (mandataire judiciaire pour le mineur, le

tique ou sous sein privé dument légalisé, soit par la déclaration verbale de la partie comparaissant avec lui devant le juge. A noter que le mandat doit être spécial à telle ou telle affaire déterminée.

loi (mandataire légal pour les administrations publiques) par le juge (mandataire judiciaire pour le mineur, le

devant figurer à côté de

celui du mandataire. cette obligation s’impose en vertu de la règle : « nul ne

peut plaider par procureur ». 3. Les effets de la représentation en justice :

Ce n’est pas le mandataire (l’avocat) qui est partie au procès mais c’est le plaideur. C’est pourquoi la notification d’une décision de justice doit être faite à l’adresse du plaideur plutôt qu’à celle de son avocat notamment faire suivre

l’exécution. C. La capacité :

Pour être recevable, l’action en justice doit être exercée par une personne ayant

la capacité d’ester en justice. A cet égard, on distingue deux sortes de capacités : la capacité de jouissance et la capacité d’exercice. La capacité de jouissance c’est le droit d’ester en justice, en principe, toute personne physique ou morale a ce droit. La capacité d’exercice par contre, correspond à l’exercice du droit d’agir en justice de sorte que les personnes frappées d’incapacité ne peuvent agir que par l’intermédiaire de leur représentant légal.

Section2 : sanctions des conditions de recevabilité :

Le juge relève d’office le défaut de qualité, de capacité ou d’intérêt ou le défaut d’autorisation lorsque celle-ci est exigée. Il va donc mettre en demeure (enjoindre, demander) la partie de régulariser la situation dans un délai qu’il fixe et si la régularisation intervient dans le délai, l’action sera déclarée recevable. Dans le cas contraire, l’action sera déclarée irrecevable. Les personnes pouvant relever l’absence d’une condition de recevabilité sont ; le

juge ou les parties intéressées. Ces conditions sont vérifiées par le juge dès le

5

début de l’instance au moment où il vérifie sa compétence et les autres conditions de sa saisine. Mais si la loi l’y oblige, il n’en a pas seul le monopole. En effet, la partie adverse peut également invoquée l’absence de qualité, d’intérêt ou de capacité. Par ailleurs, le législateur contraint le juge à mettre en demeure la partie ayant un défaut de qualité, d’intérêt ou de capacité à régulariser sa situation dans un délai qu’il fixe lui-même étant préciser que la juridiction saisie ne peut en aucun cas prononcer l’irrecevabilité de la demande si elle n’a pas au préalable, mis en demeure. Si la régularisation a été accomplie dans les délais, l’action sera déclarée recevable, dans le cas contraire

elle sera déclarée irrecevable. La régularisation concerne au 1er chef, le défaut

de capacité ou d’autorisation, le défaut de qualité ou d’intérêt pouvant l’être difficilement. En effet, l’incapable peut devenir capable ou se faire représenter

par la personne ayant qualité pour la défense de ses intérêts.

Chapitre2 : différentes formes de l’action :

Considérée du côté de celui qui s’adresse au 1er au juge, l’action s’appelle la demande en justice. L’action prend le nom de défense quand elle est envisagée

du côté de celui contre qui le demandeur agit, cette personne se dénomme le

défendeur et son rôle consiste à s’opposer à la demande introduite à son égard.

Section1 : la demande en justice :

C’est l’acte par lequel une personne dénommée demandeur saisie un tribunal d’une prétention au moyen d’une requête introductive d’instance.

A. Les différentes catégories de demandes :

1. Les demandes introductives d’instance :

Elles sont appelées aussi demandes principales et ce sont donc celles qui commencent un procès, une instance. Elles sont l’oeuvre des parties et la demande introductive est dénommée demande initiale car c’est celle par laquelle le plaideur prend l’initiative d’une procédure en soumettant au juge

ses prétentions. Cette demande introduit donc une instance et cette requête

prend la forme d’une requête écrite ou parfois d’une déclaration verbale faite

auprès du greffe du tribunal compétent. 2. Les demandes incidentes :

6

Ce sont celles

qui

vont être formées

au

cours d’un procès engagé. Ces

demandes se subdivisent en trois groupes selon qu’elles émanent du demandeur, du défendeur ou qu’elles mettent en jeu les intérêts d’un tiers.

Ce sont celles qui vont être formées au cours d’un procès engagé. Ces demandes se subdi

additionnelles (s’ajoutent aux demandes introductives d’instance) : ce sont celles par lesquelles le demandeur modifie sa demande, l’étend ou la réduit. L’objet du litige pourra être modifié par les demandes incidentes lorsque celle- ci se rattachent aux prétentions originaires par un lien suffisant : (s’agissant d’une demande en paiement du loyer, le demandeur aura la possibilité le jour où l’affaire sera jugée de former une demande additionnelle pour obtenir le paiement du loyer échu depuis l’introduction de la demande principale).

Ce sont celles qui vont être formées au cours d’un procès engagé. Ces demandes se subdi

u demandes reconventionnelles. Le défendeur peut se contenter de résister à la demande, il

se défend en prouvant qu’il ne doit rien au demandeur. Il peut aller plus loin

aussi, et attaquer à son tour le demandeur. Par ce biais, il devient donc lui- même demandeur, il y a donc, demande reconventionnelle car le défendeur originaire prétend obtenir un avantage autre que le rejet de la prétention de son adversaire. (exemple du prof).

Ce sont celles qui vont être formées au cours d’un procès engagé. Ces demandes se subdi

auquel il n’est pas partie pour faire valoir ses droits qui peuvent être compromis par le jugement à intervenir par les plaideurs primitifs (demandeur

et défendeur) : c’est ce qu’on appel une intervention volontaire.

Ce sont celles qui vont être formées au cours d’un procès engagé. Ces demandes se subdi

tiers appelées aussi, demandes en intervention forcée, ou mise en cause ou action en déclaration de jugement

commun : l’une des parties au procès appelle à l’instance un 1/3 pour que le

jugement rendu lui soi opposable. Par exemple : l’une des parties (demandeur appel au procès un tiers : (le fabriquant) pour le forcé à l’indemniser des

condamnations qui pourrait être prononcées contre le demandeur lui-même par exemple : c’est le cas de la demande en garantie formée par l’acheteur menacée d’éviction contre le vendeur). B. Les effets de la demande en justice :

7

Par la demande, le procès se trouve donc engagé. Un rapport de droit se forme auquel vont participer le juge et les parties.

1. Les effets à l’égard du juge :

Le juge saisi doit examiner la demande et statuer sur toutes les prétentions des

parties mais il ne peut accorder plus qu’il n’a été demandé. Il doit statuer «

ULTRA PETITA» c'est-à-dire répondre à tous les points soulevés par la demande

et ne pas accorder plus que ce qui lui a été demandé. Autrement dit, il doit statuer dans les limites fixées par les demandes des parties et ne pas modifier

d’office ni l’objet, ni la cause de ces demandes. Par ailleurs, pour apprécier la

demande, le juge devra se placer au moment où la demande a été introduite

c'est-à-dire qu’il n’a pas à tenir compte de ce qui a pu modifier les droits des parties depuis la demande tel par exemple une loi nouvelle.

2. Les effets à l’égard des parties :

- La demande en justice interrompt la prescription (il s’agit du délai pour agir) elle entraine une mise en demeure avec toutes ses conséquences. Cette mise en

demeure est l’acte par lequel le débiteur se trouve contraint d’exécuter ses

obligations. - La demande en justice rend transmissible aux héritiers certaines actions à

caractère personnel lorsqu’elles ont été formée par le de cujus avant son décès. C’est le cas par exemple de l’action en dommage et intérêts (en diffamation)

qui est donc transmissible aux héritiers à condition que la demande ait été introduite par le défunt de son vivant. En revanche certaines actions personnelles même exercées par le défunt de son vivant, sont intransmissibles

aux héritiers et c’est le cas par exemple de la demande en divorce.

Section2 : les défenses :

C’est l’ensemble des procédés mis à la disposition du défendeur pour résister à l’attaque dont il est l’objet de la part du demandeur. Cette riposte fait appel à deux techniques : soit le défendeur va chercher à paralyser l’action du

demandeur, dans ce cas, il lui oppose ou bien des défenses au fond ou des

exceptions ou des fins de non recevoir. Soit il tentera d’attaquer le demandeur

et il formera une action reconventionnelle (c'est-à-dire répondre à la demande).

8

  • A. La défense au fond :

Il s’agit d’un moyen qui tend à rejeter la prétention de l’adversaire. De ce fait,

le défendeur va s’attaquer directement aux droits du demandeur et soutien par exemple, que ce droit n’a jamais existé ou qu’il s’est éteint. Constitue donc une

défense au fond, tout moyen qui tend à faire rejeter comme non justifiée après

examen au fond du droit, la prétention de l’adversaire.

  • B. Les exceptions :

C’est un moyen invoqué par le défendeur pour paralyser momentanément la demande en déclarant la procédure irrégulière ou pour en suspendre le cours. Le défendeur s’attaque uniquement à la procédure sans toucher au fond de

l’affaire. Le code distingue : l’exception d’incompétence par laquelle une partie

prétend que la juridiction saisie est incompétente territorialement soit en raison de la nature de la contestation c’est la compétence matérielle. (Articles 27 et 278 du VPC). Les exceptions de « LITISPENDANCE » : supposent que le même litige entre les mêmes parties est pendant devant deux juridictions

également compétentes. Les exceptions de connexité : signifient qu’un lien

étroit existe entre deux affaires portées devant des juridictions différentes. En effet, les deux litiges ne sont pas les mêmes mais il existe entre eux un lien de

connexité tel que la solution du premier pourra directement influer sur la solution du second. Les exceptions dilatoires : par lesquelles il est demandé au

juge de suspendre l’instance. Les exceptions de nullité : par lesquelles une partie invoque la nullité d’un acte de procédure : (non respect des délais,

notification incomplète, mentions insuffisantes sur la requête…). En d’autres termes, par le biais des exceptions le défendeur met un obstacle temporaire à

l’examen au fond de la demande et c’est ce qui explique que les exceptions ne

peuvent pas être opposées à tous les stades de la procédure car elles doivent être nécessairement invoquées IN LIMINE LITIS c'est-à-dire au seuil de

l’instance et avant tout débat au fond.

  • C. La fin de non recevoir :

Le défendeur soutien qu’il manque une condition de recevabilité de l’action par

exemple : il évoque le défaut d’intérêt ou de qualité ou il se prévaut de la prescription. En réalité, il ne conteste pas la demande au fond mais seulement

9

le droit à l’exercice de l’action. Si cette fin de non recevoir est accueillie, elle aboutie à l’échec définitif de la demande.

D. Les demandes reconventionnelles :

Elle est une demande incidente formée par le défendeur dans le but de neutraliser la condamnation réclamée à son encontre, soit l’atténuer, soit obtenir carrément la condamnation du demandeur. Elle a pour effet d’élargir la saisine initiale du tribunal en lui faisant trancher deux demandes distinctes :

celle du demandeur initial et celle reconventionnelle du défendeur. Par exemple : sont considérées comme reconventionnelles : * les demandes qui servent de défense à l’action principale : le défendeur auquel on réclame

l’exécution d’un droit, peut par voie reconventionnelle demander la nullité ou la résolution de ce droit : (parce que l’action est prescrite). On voit bien que

cette demande tend au rejet de la demande principale mais elle va plus loin car le défendeur cherche à obtenir un résultat distinct du simple rejet de la demande. * les demandes en DI fondées exclusivement sur la demande

principale : si le défendeur estime que l’action qui est diligentée à son égard est abusive, il peu former une demande reconventionnelle en DI à raison du

préjudice qu’il subit du fait de l’action principale. Les demandes reconventionnelles permettent de gagner du temps et de l’argent en faisant trancher deux procès à la fois et en faisant l’économie d’une autre procédure ce qui permettra au juge saisi d’une telle demande d’avoir une vue d’ensemble plus complète des éléments du litige de sorte que la justice sera mieux rendue. En revanche, ces demandes reconventionnelles ralentissent le cours de la justice car le jugement de la demande principale risque d’être retardé par l’examen de la demande reconventionnelle et à ce titre on peut craindre qu’une demande reconventionnelle puisse être utilisée à des fins dilatoires pour retarder la solution du litige. C’est pourquoi le code de PC prévoit que les demandes incidentes ne peuvent retarder le jugement des demandes principales quand celles-ci sont en état d’être jugées. Chapitre3 : classification des actions :

Section1 : action réelle, personnelle et mixte :

A. Définition :

10

Les actions réelles : protègent les droits réels c‘est le cas par exemple de l’action

en revendication qui sanctionne le droit de propriété et grâce à laquelle un propriétaire réclame la restitution de la chose à titre de propriétaire. Les actions personnelles : sont destinées à protéger un droit de créance dit aussi

personnel et c’est le cas lorsque le créancier par exemple, réclame une somme d’argent qui lui est due par son débiteur. Enfin, il reste à noter que les actions

mixtes : mettent en présence à la fois un droit réel et un droit personnel. On les range en deux catégories :

Les actions réelles : protègent les droits réels c‘est le cas par exemple de l’action en

droit réel immobilier en même temps qu’il a fait naitre un droit de créance. Exemple : une personne achète un immeuble et agit en délivrance de ce

dernier. Cette action est mixte car d’une part, le vendeur doit livrer la chose, l’acheteur tant à ce titre créancier de la livraison et à ce titre l’action est personnelle. D’autre part, l’acheteur est devenu propriétaire dès le jour de l’inscription de l’acte de vente à la conservation de la propriété foncière et à ce

titre son action est réelle car elle tend à faire reconnaitrez son droit réel. ’annulation, la résolution ou la révocation d’un acte translatif de propriété ou constitutif d’un droit réel immobilier c’est le cas par exemple, du vendeur qui va demander la résolution de la vente d’un immeuble son action est mixte car elle vise à obtenir la résolution du contrat (d’où son caractère personnel) et à redonner la propriété du bien au vendeur (d’où son caractère réel). B. Intérêt de la distinction :

Les actions réelles : protègent les droits réels c‘est le cas par exemple de l’action en

Au niveau de la procédure, l’action personnelle ne peut être exercée que par le créancier et contre la personne même qui s’est obligée (le débiteur). Alors que

l’action réelle peut être par toute personne qui émet une prétention sur le droit

litigieux et contre tout détenteur du bien en question. Ainsi, le créancier hypothécaire impayé pourra exercer son droit de suite à l’égard de toute personne détentrice de l’immeuble.

Section2 : actions mobilières et immobilières :

11

A noter que si le droit porte sur un meuble, l’action est dite mobilière et s’il porte sur un immeuble, l’action est dite immobilière. Les actions mobilières sont celles qui tendent à sanctionner un droit de créance. Section3 : actions pétitoires et actions possessoires :

Les actions pétitoires tendent à faire juger l fond du droit (par exemple ; le droit de propriété sur un immeuble) par contre les actions possessoires tendent à protéger non pas la propriété mais la possession ou la détention de droits réels immobiliers. La possession consiste en un simple fait qui tend à se conduire comme un propriétaire alors que la détention consiste en un pouvoir de fait mais seulement avec la permission et pour le compte du propriétaire (le

). Il existe trois types d’actions possessoires : locataire du… ..
).
Il existe trois types d’actions possessoires :
locataire du…
..

d’un immeuble dont la possession est troublée par autrui. La complainte suppose donc, un trouble grave et actuel de la possession impliquant que la

personne auteur du trouble ait l’intention de manifester par ce trouble, une

prétention quelconque à un droit sur le fond.

A noter que si le droit porte sur un meuble, l’action est dite mobilière et s’il

cesser des travaux effectués par un voisin et dont l’achèvement provoquerait

un trouble grave. Cette action est prescrite en cas de troubles éventuels. Par

exemple, un voisin fait des fouilles en bordure son fond dans le but de planter des arbres à une distance inférieure à la distance légale communément admise.

L’action possessoire permettra d’intervenir avant que l’acte n’ait un caractère

irrémédiable.

A noter que si le droit porte sur un meuble, l’action est dite mobilière et s’il

est donnée à celui qui est victime d’une voie de fait

accompagnée ou non de violence, elle va donc sanctionnée la dépossession

brutale et réprimée une atteinte portée à l’ordre public.

Titre2 : les décisions de justice :

L’instance se définie comme une suite d’actes de procédure allant de la

demande en justice jusqu’au jugement.

Chapitre1 : principes directeurs de la procédure :

Section1 : le principe du contradictoire :

12

La procédure est contradictoire en ce sens qu’une partie ne peut être jugée sans

avoir été entendue ou appelée. Ce principe consacre la liberté de la défense et il

s’impose aussi bien aux parties qu’au juge. Les parties doivent faire connaitre

en temps utile les moyens de fait sur lesquels elles fondent leurs prétentions, les

moyens de preuve qu’elles produisent et les moyens de droit qu’elles invoquent afin que chacun soit à même d’organiser sa défens. Les règles de citation, de

La procédure est contradictoire en ce sens qu’une partie ne peut être jugée sans avoir été

notification, et autres actes de procédure permettent de veiller au respect des échanges d’informations entre parties adverses en vue de faire respecter le principe du contradictoire lequel s’impose aussi bien au juge qu’au tribunal.

Enfin, à noter que le juge ne peut retenir dans sa décision que les moyens, les

explications et les documents invoqués ou produits par les parties que si celles-

ci ont été à même d’en débattre contradictoirement.

Section2 : le principe de la publicité des débats :

Les débats sont généralement publics. En effet, les audiences sont publiques sauf si la loi en décide autrement. La publicité des débats est une garantie de la

bonne administration de la justice et cette publicité s’applique aussi bien à l’audience qu’au jugement. Elle a pour corollaire la liberté de publication des

débats et des décisions judiciaires notamment par voie de presse. Des

restrictions sont prévues par la loi dans certains cas, par exemple le tribunal peut décider que les débats se poursuivront en chambre de conseil s’il doit résulter de la publicité une atteinte à l’intimité de la vie privé ou si toutes les parties le demande ou s’il survient des désordres de nature à troubler la sérénité de la justice. Section3 : rôle des parties et du juge :

En principe, seules les parties introduisent une instance et ont la liberté d’y

mettre fin. En effet, elle détermine l’objet du litige par la prétention et le juge ne peut se prononcer que sur ce qui est demandé. En ce sens, la procédure est

dite accusatoire. D’autre part, au moins en certains points, la procédure civile relève du droit public puisqu’elle comporte des règles relatives à l’organisation et au fonctionnement de la justice qui est un service public. Le juge n’a pas un rôle passif puisqu’il veuille au bon déroulement de l’instance et il a le pouvoir d’impartir les délais et d’ordonner les mesures nécessaires. Il peut aussi inviter

13

les parties à fournir des explications de fait et de droit qu’il estime nécessaire à

la solution du litige ou ordonner des mesures d’instruction…

..

En ce sens, la

procédure est dite inquisitoriale. Chapitre2 : les actes et les délais de procédure :

Section1 : les actes de procédure :

A. Les divers actes écrits :

Si les débats peuvent se dérouler oralement, la forme écrite s’impose toutefois, pour un grand nombre d’actes pour conserver la preuve de ce qu’ils

contiennent. On groupe les actes de procédure en deux catégories :

les parties à fournir des explications de fait et de droit qu’il estime nécessaire à la

les PV.

les parties à fournir des explications de fait et de droit qu’il estime nécessaire à la

fonctionnaires tel les greffiers au nom et pour le compte des parties. Ces actes doivent être écrits, contenir certaines mentions et être notifiés aux parties. B. Notification des actes :

On distingue la citation ou l’assignation (comparution) de la signification

(notification). L’assignation est l’acte par lequel le demandeur cite son adversaire à comparaitre devant le juge. La signification est la notification

d’une décision de justice.

1. Les procédés de notification :

La notification est directe lorsqu’elle s’opère par l’un des agents du greffe soit à

la partie elle-même soit à son mandataire (l’avocat). Ensuite, lorsque la notification par le greffe est demeurée infructueuse, la partie diligente peut

demander au juge la notification par voie postale au moyen d’une LRAR. Le

juge peut également ordonner qu’une notification soit effectuée par voie administrative c'est-à-dire par les agents de l’administration (forces publiques, militaires et autres fonctionnaires). 2. Le destinataire de la notification :

La notification est considérée comme valablement effectuée, si elle est remise au concerné (destinataire) en personne soit à domicile entre les mains de parents, serviteurs ou toute autre personne habitant avec le destinataire. A défaut de domicile, la notification sera valablement faite à la résidence dans les

14

mêmes conditions. Compte à la computation des délais, si le délai est exprimé

en jours, celui de l’acte de l’événement, de la décision ou de la notification qui le fait courir ainsi que celui du jour de l’échéance ne compte pas. En effet, on

ne compte pas le jour à partir duquel court le délai et tous les délais sont en

outre fronts c'est-à-dire que le jour vers lequel tend le délai ne compte pas. Par

exemple ; un délai de 10 jours ne va expirer que le 11ème jour et d’autre part,

si le dernier jour est un jour férié un samedi ou un dimanche, le délai sera

prorogé jusqu’au 1er jour non férié (automatiquement le lundi etc.).

Suite de la procédure civile :

Le législateur a tenu compte de l’éloignement du domicile d’une personne par

rapport du domicile dans lequel doit être accompli la procédure. Il prévoit des

délais de distance qui s’ajoutent au délai normal. Par exemple : si l’intéressé

réside à l’étranger, les délais de comparution sont augmentés de deux mois

pour les personnes qui demeurent en Algérie, en Tunisie ou dans un Etat

d’Europe, de trois mois pour les personnes qui demeurent dans un autre pays

africain, en Asie ou en Amérique, et de quatre mois pour les personnes qui demeurent en Océanie. Ces règles sont des règles impératives, le non respect des actes et des délais de procédure entrainera des sanctions. Section2 : sanctions des actes et délais de procédure :

Diverses sanctions sont prévues en cas de non respect des règles applicables aux actes et délais de procédure :

mêmes conditions. Compte à la computation des délais, si le délai est exprimé en jours, celui

amendes.

Concernant la déchéance, si l’acte de procédure n’a pas été accompli de façon

régulière dans les délais fixés par la loi, on ne peut plus le refaire valablement,

il y a donc déchéance. La nullité s’applique si on n’a pas respecter les

formalités imposées par le législateur, et cette nullité pourra intervenir sur la demande des intéressés. Il peut y avoir enfin, place pour des

amendes civiles ou des DI auxquelles les parties pourront être condamnées. Chapitre3 : le déroulement et la fin du procès civil :

Section1 : procédure devant les JCA :

La procédure est essentiellement orale et gratuite. Le législateur a pris en compte la situation sociale des plaideurs qui auront recours à ce type de

15

juridictions en l’occurrence, des gens illettrés. D’ailleurs, la valeur matérielle du litige est fixée à 1000dh et plus, et exceptionnellement à 2000dh par

accord écrit des parties. Même si la procédure est orale, le juge peut être saisi par une requête écrite et il procédera dans un 1er temps à la conciliation préalable des parties au procès. En cas d’échec de la conciliation, il rendra immédiatement son jugement. D’une façon générale, lorsque le juge s’estime

suffisamment éclairé, il rend son jugement et si les parties sont présentes au moment où la sentence (décision) est prononcée, la décision n’a pas à être notifiée et doit être exécutée après expiration du délai de 3 jours de son prononcé. Si la partie condamnée est absente au moment où le jugement est

prononcé, le juge va ordonner la notification et il sera procéder à l’exécution dans les 3 jours de l a notification. En principe, les décisions du juge communal

et d’arrondissements ne sont susceptibles d’aucun recours ordinaire ou extraordinaire. Les décisions du juge communal et d’arrondissements sont

insusceptibles de recours mais elles peuvent toutefois, être déférées dan les 3

jours du prononcé (parties présentes) ou de la notification (partie absente) par les parties elles mêmes devant le président du TPI, ce magistrat devra statuer dans les quinzaines qui suivent sa saisine et sa décision ne sera susceptible

d’aucune voie de recours. Le recours est ouvert en quatre cas limitativement,

énumérés par la loi :

lein droit ;
lein droit ;

par la notification ou la convocation. Section2 : le déroulement de la procédure devant le TPI :

A. Le déroulement proprement dit d’un procès civil :

1. Introduction de la demande et saisine du tribunal :

Une demande en justice peut être introduite sous deux formes : la requête écrite ou la déclaration verbale. Toutefois, avec la réintroduction de la formation collégiale et la généralisation de la procédure écrite en 1ère

instance, c’est évidemment la requête écrite qui prévaut. Cette requête doit être

16

signée par le demandeur ou par son mandataire et comporter le nom ; prénom ; qualité ou profession ; domicile ou résidence du demandeur et du défendeur.

Si l’un des protagonistes est une société, le requérant sera tenu d’indiquer la dénomination sociale ; la nature de l’activité et le siège social. La requête doit en outre, énoncée sommairement, l’objet de la demande, les faits et les moyens invoqués, les pièces dont le demandeur entend éventuellement s’en servir

lesquelles doivent être annexées à la demande. Ces mentions sont pour la plupart, impératives, leur non respect entraine l’irrecevabilité de la demande. En outre, le demandeur est tenu de déposer sa

requête introductive d’instance au moment même où il s’acquitte de la taxe

judiciaire prévue à la caisse du greffe du tribunal saisi.

  • 2. Instruction de la demande :

L’instruction de la demande est d’abord confiée à un juge rapporteur dont le

rôle est de contrôler toutes les phases de la procédure en faisant respecter les règles régissant les actes et délais de procédure. Il doit veiller également, à la

garantie des droits de la défense des parties et des intervenants au procès

notamment, lors de la mise en oeuvre des mesures d’instruction destinées essentiellement à l’administration de la preuve. Enfin, le juge rapporteur dresse lorsque l’affaire est en état d’être jugée, un rapport écrit relatant les incidents,

des procédures et les moyens des parties et énonce en outre les points à

trancher sans donner son avis. L’administration judiciaire de la preuve peut

être faite au moyen des expertises, de visites des lieux, des enquêtes ou des

serments. Le juge rapporteur manifeste par ce biais qu’est la phase de l’instruction, son besoin d’être éclairé sur les éléments du procès et lorsqu’il s’estimera suffisamment éclairé, il prendra une ordonnance de dessaisissement comme c’est le cas en appel.

  • 3. L’audience :

Après avoir fixer le jour de l’audience, les parties comparaissent en personne

ou par mandataires et elles sont selon les cas, invitées à échanger leurs conclusions écrites, remettre les pièces au juge ou à plaider leurs affaires si elles auront fait leur demande ou si celle-ci est acceptée. Les parties sont tenues

de s’expliquer avec modération et si elles manquent de respect à la justice, le

17

magistrat pourra les condamnées à une amende sur la base d’outrage à magistrats. De même, ce magistrat pourra également en cas de trouble ou scandale, ordonner l’expulsion tant d’une partie ou du mandataire la représentant ainsi que toute personne présente à l’audience. 4. Procédures particulières :

a. Les procédures en cas d’urgence :

magistrat pourra les condamnées à une amende sur la base d’outrage à magistrats. De même, ce

sur requête : il s’agit d’une décision de justice rendue sous forme d’ordonnance par laquelle est saisi le juge compétent. Deux conditions sont exigées pour qu’une ordonnance sur requête soit prononcée, il faut que la mesure sollicitée soit urgente et qu’elle ne préjudicie pas au

principal. C’est le cas en matière de constats, c’est le cas également de toute ordonnance autorisant un propriétaire à reprendre la possession d’un local abandonné par son locataire et c’est le cas aussi aux fins de saisies

conservatoire, mobilière ou immobilière. La compétence est exclusivement,

attribuée au président du TPI. L’ordonnance rendue est susceptible d’appel

dans le délai de 15 jours de son prononcé et elle est immédiatement exécutoire. la juridiction de droit commun du provisoire et

magistrat pourra les condamnées à une amende sur la base d’outrage à magistrats. De même, ce

de l’urgence. La décision qu’elle comporte ne statue qu’au provisoire et sans

préjudice de ce qui sera décidé sur le fond. Les conditions de mise en oeuvre de la procédure de référé sont l’urgence et la nécessité de statuer au provisoire. L’urgence doit s’apprécier en raison de la nature de l’affaire et des conséquences graves et parfois irréparables qu’un retard peut entrainer si une décision n’est pas prise immédiatement. Quant à la seconde condition, le juge des référés ne doit jamais tranché une question touchant au fond du litige. Le

référé a lieu par exemple, lorsqu’il s’agit de solliciter une mesure conservatoire ou une expertise. Le recours au juge des référés est également possible, en cas de difficultés relatives à l’exécution d’un jugement ou d’un titre exécutoire. Deux conditions sont exigées : 1. Décision de justice

ou titre exécutoire : le titre exécutoire est un acte authentique revêtu de la formule exécutoire et susceptible de donner lieu à une exécution forcée. 2.

Nature des difficultés d’exécution : il s’agit généralement de contestations ou de demandes de délais de grâce. L’ordonnance rendue ne statue qu’au provisoire

18

et sans préjudice de ce qui sera décidé sur le fond. De ce fait, elle ne s’impose aucunement au juge du fond qui peut statué différemment sans être lié par la

portée de la décision prise en vertu de l’urgence. Enfin, on peut faire appel des

ordonnances de référé dans un délai de 15 jours à compter de la notification ou du prononcé si les parties sont présentes à l’audience du jugement.

et sans préjudice de ce qui sera décidé sur le fond. De ce fait, elle ne

des créances en l’occurrence, pour toute demande de paiement d’une somme d’argent supérieur à 1000dh. Au dessous d’une telle somme, la compétence sera dévolue aux JCA. La créance doit être due en vertu d’un titre ou d’une promesse reconnue, tel est le cas du règlement d’une traite (lettre de change ou billet à ordre) relative à une fourniture quelconque. Cette procédure d’injonction de payer est utilisée seulement lorsqu’il s’agit d’une somme d’argent c'est-à-dire d’une créance liquide. Enfin, s’agissant d’une procédure sommaire et expéditive notamment, quant à l’exécution, elle n’est pas applicable dans le cas où le débiteur réside » à l’étranger ou n’a pas de domicile au Maroc. Cette procédure est de la compétence exclusive du président du TPI. b. Les procédures spéciales :

et sans préjudice de ce qui sera décidé sur le fond. De ce fait, elle ne

tenu de s’acquitter de son obligation sinon, le créancier met en jeu toutes les voies de droit qui lui sont reconnues pour récupérer sa créance. Pourtant, il

arrive parfois, que le créancier refuse l’exécution par le débiteur d’une

obligation devenue exigible dans ce cas, le débiteur peut faire somation au

créancier d’avoir à recevoir sa créance. C’est par exemple, le cas en matière de loyer. Les offres doivent porter sur la totalité des sommes exigibles. À cet effet, un procès verbal d’offre est dressé et si le créancier refuse les offres, le débiteur peut pour se libérer, consigner la somme ou la chose offerte sans qu’il soit nécessaire pour la validité de la consignation qu’elle ait été autorisée par le

juge. nt qu’il
juge.
nt qu’il

ne soit statuer sur le fond de la demande relative à la pension alimentaire, le

juge peut dans le délai d’un mois à compter de cette demande, ordonner l’attribution à qui de droit (épouse et/ou enfants mineurs) d’une pension

19

alimentaire provisoire en tenant compte du bien fondé de la demande et des preuves fournies à son appui.

alimentaire provisoire en tenant compte du bien fondé de la demande et des preuves fournies à

selon qu’elles concernent les déclarations de l’état civil ou des rectifications

d’actes de l’état civil. Concernant, les déclarations judiciaires d’état civil, toute personne justifiant d’un intérêt légitime ou le ministère publique peut saisir le

tribunal de 1ère instance en vue de faire déclarer judiciairement une naissance

ou un décès qui n’aurait pas été inscrit sur les registres d’état civile. En d’autres

termes, cette procédure vise à réparer l’oubli ou la carence d’une procédure ou d’une formalité essentielle dont les conséquences se feront durement sentis

toute la vie d’une personne ou en cas de décès celle de ses ayants droit en ce qui concerne l’exercice de leurs droits civils, civiques…. En tout état de cause,

la requête est présentée au tribunal de droit commun du lieu de naissance ou du lieu du domicile du demandeur. Par la suite, le juge statut par ordonnance après avoir le cas échéant, entendu les parties

intéressées et procéder à une enquête en vue d’établir la preuve des faits

allégués par tout moyen de droit. La décision qui sera rendue ordonnera la

description de l’acte sur l registre de l’état civil de l’année de naissance ou du

décès. S’agissant de la rectification de l’état civil, il est procédé de même en vue de rectifier un acte d’état civil lorsque cet acte ne contient pas toutes les mentions requises par la loi ou lorsque l’une ou plusieurs de ces énonciations sont inexactes.

alimentaire provisoire en tenant compte du bien fondé de la demande et des preuves fournies à

bien que régulièrement convoqué, n’a pas comparu en matière de procédure orale ou n’a pas conclu en matière de procédure écrite au jour fixé. Il faut distinguer le défaut du demandeur et celui du défendeur. Si le demandeur ou son mandataire régulièrement convoqué, ne comparé pas à la date fixée, deux

phases sont nécessaires pou la radiation définitive de l’instance : 1ère phase :

radiation de l’affaire du rôle de l’audience : le tribunal peut en l’absence d’éléments lui permettant de statuer sur la demande, décider la radiation de l’affaire du rôle de l’audience. Il s’agit d’une sorte de renvoi de l’affaire sans fixation de l’audience. 2ème phase : radiation de l’instance en l’état : si au

20

cours des deux mois suivant la décision de la radiation du rôle, le demandeur

ne sollicite pas la poursuite de l’examen de l’affaire, le tribunal ordonnera la radiation de l’instance en l’état. Ce n’est donc qu’en l’absence d’actes de

procédure en ce sens interprétés comme une manifestation négative du

demandeur, que le juge prononcera la radiation de l’instance. Quant au défaut

du défendeur, le jugement peut être contradictoire ou réputé tel si en effet,

après avoir comparu, le défendeur s’abstient d’accomplir les actes de

procédure.

  • B. Les incidents de procédure :

Un procès ne se déroule jamais aussi simplement qu’il vient d’être décrit. En

effet, il est parfois l’occasion d’incidents c'est-à-dire d’événements qui ralentissent ou alourdissent son cours normal.

1. Les causes de suspension et d’interruption de l’instance :

  • a. Causes de suspension de l’instance :

Les causes de suspension sont des événements qui arrêtent le cours de

l’instance momentanément pour la laisser se continuer ensuite quand la cause a disparue. C’est le juge qui statut sur la recevabilité des causes. Parmi ces

événements on peut citer le sursis à statuer, la radiation en cas de défaut de

diligence d’une partie (radiation du rôle de l’instance). Ainsi, la suspension de l’instance découle d’une décision du tribunal qui n’est pas dessaisie.

  • b. Les causes d’interruption de l’instance :

Elles se rattachent à une modification dans la situation des parties ou de leurs

représentants : (le décès de l’une de parties) modification dans la capacité des parties. L’instance interrompue ne reprendra qu’après les formalités prévues par le code de PC en matière de reprise d’instances : reprise volontaire par

l’une des parties ou reprise forcée par voie de citation émanant du juge ou de la partie adverse.

2. Les causes d’extinction de l’instance :

L’instance se termine normalement, par le jugement. Mais les parties peuvent

mettre fin à l’instance par le désistement, l’acquiescement et en vertu de la loi, la péremption met fin à l’instance.

  • a. Le désistement :

21

Il se produit quand le demandeur renonce à l’instance actuellement engagée sans renoncer pour autant, à sa prétention. Il y a intérêt par exemple, si l’instance a été engagée devant un tribunal incompétent. En d’autres termes, le désistement d’instance n’entraine pas la renonciation de la partie au fond du droit. À côté de ce premier type de désistement, on distingue le désistement d’action qui est bien plus grave. F=dans ce cas, le demandeur ne renonce pas

seulement à son instance mais à son action, au droit d’agir lui-même et donc ce désistement d’action entrainera e facto, l’extinction du droit d’agir relativement

à la prétention dont le juge était saisi.

  • b. L’acquiescement :

Est le fait de la part d’un plaideur (le défendeur dans ce cas), de se soumettre aux prétentions de l’autre. On distingue deux sortes d’acquiescements :

l’acquiescement à la demande : le défendeur se soumet à toutes les prétentions du demandeur. Et l’acquiescement au jugement : qui emporte toute renonciation aux voies de recours et soumission à tous les chefs de jugement.

  • c. La péremption d’instance :

C’est l’extinction de l’instance par suite de l’inaction des parties pendant un certain délai. Elle n’est pas réglementée par le code de PC. Elle peut être

seulement considérée comme une pratique consacrée par la jurisprudence. Aucun délai ne fixe le délai de péremption lequel est de deux ans en France, étant précisé que ce délai peut être interrompu par tout acte de procédure.

  • C. Les jugements :

Le mot jugement désigne toute décision émanant d’une juridiction. Les

jugements sont rendus en audience publique au nom du roi et ce n’est qu’à la fin des débats que l’affaire est mise en délibéré (en état d’être jugée). Ensuite,

intervient le prononcé élu par le juge unique ou par le président de chambre

ou par un magistrat qu’il désigne à cet effet, en cas d’empêchement.

1. Différentes sortes de jugements :

Il se produit quand le demandeur renonce à l’instance actuellement engagée sans renoncer pour autant, à
  • a. Les jugements définitifs et les jugements avant dire droit.

Concernant les 1ers ce sont ceux qui statuent sur le fond du procès en mettant fin à la contestation qui leur a été soumise ou à un incident de procédure, ils

22

ont donc l’autorité de la chose jugée. Quant au jugement avant dire droit, ils ne statuent pas sur le fond du procès, ils ne disent pas encore le droit, ils

ordonnent uniquement une mesure provisoire dans l’intérêt de l’une des

parties afin de lui assurer une protection qui pourrait devenir nécessaire en

raison des lenteurs de la justice (c’est le cas de l’expertise ou des enquêtes) qui permettent au tribunal d’être mieux informé avant de pouvoir statuer sur le

fond.

b. Jugements gracieux et contentieux :

Les jugements contentieux tranchent une contestation qui oppose des

adversaires et les seconds sont des décisions rendues en l’absence parfois, de

tout litige véritable ou d’adversaires.

c. Les jugements déclaratifs et constitutifs :

Les jugements déclaratifs confirment une situation juridique préexistante, les seconds sont ceux qui créent une situation juridique nouvelle. 2. Forme des jugements :

Sous la dictée du juge, le greffier va rédiger l’original du jugement qu’on appel la minute. Le jugement doit contenir l’indication de la juridiction dont il

émane, la date, le nom du ou des juges, le nom du représentant du ministère

public s’il y lieu, celui du secrétaire greffier, les noms, prénoms, dénominations

des parties, leurs domiciles ou siège social, le nom des avocats le cas échéant. Le jugement doit exposer sommairement les prétentions respectives des parties et leurs moyens de défense. Il doit en outre, être motivé. Le jugement va énoncer

la décision rendue sous forme de dispositif : (le dispositif étant la solution du

litige). L’expédition (la copie de la décision rendue et l’original s’appel la

minute) du jugement est peut être demandée par les parties au greffier. On dit que les parties : « élèvent le jugement ». La 1ère expédition qui est délivrée à la

partie requérante « qui en fait la demande) s’appelle la grosse du jugement. Elle est revêtue de la formule exécutoire. Le jugement rendu est revêtu de la

formule exécutoire constitue ce que l’on appel un titre exécutoire. La sanction des règles de forme des jugements sera la nullité notamment, en cas de violation des règles prescrivant l’indication des noms des juges, leurs signatures, ou encore l’obligation de motiver le jugement.

23

  • 3. Les effets des jugements :

En principe, les jugements produisent leurs effets au jour où la demande est formée et non pas du jour où elles sont rendues. En effet, ils rétroagissent au

jour de la demande parce qu’ils ne créent pas le droit, ils ne font que le

constaté ; à ce titre, on dit qu’ils sont déclaratifs de droit. Quant aux jugements

qui créent une situation nouvelle, ils seront considérés comme constitutifs ou attributifs de droit.

  • a. Le dessaisissement :

Le 1er effet du jugement est de dessaisir le juge. En effet, une fois la décision rendue, le juge ne peut plus revenir sur la dite décision pour la modifiée ou y

ajouté quelque chose. Certaines limites ont été néanmoins, portées à ce dessaisissement par exemple, le juge peut sur requête, réparer certaines erreurs

matérielles : (indication d’une adresse fausse pour la notification).

  • b. Création ou renforcement du droit :

Le juge crée le droit lorsqu’il s’agit d’un jugement constitutif. Il peut renforcer

le droit dans d’autres cas à plusieurs points de vue, par exemple ; communiquer la force exécutoire ou droits dont il reconnait l’existence ou procurer au demandeur qui peut être n’avait qu’un titre sous sein privé, un titre authentique.

  • c. L’autorité de la chose jugée (principe universel en matière juridique) :

Dès qu’un jugement est rendu, il emporte autorité de la chose jugée c'est-à- dire, l’impossibilité de remettre en cause le point sur lequel le tribunal a statué. Cette autorité de la chose jugée a donc un double aspect. Un aspect positif,

puisque les parties pourront donc se prévaloir du droit qui a été reconnu par le

jugement et les avantages qui s’y rattachent. Quant à l’aspect négatif, les parties

ne pourront pas remettre en cause devant une autre juridiction ce qui a été

ainsi jugé. En effet, ce principe d’autorité de la chose jugée, repose sur la considération que les litiges n’ont pas vocation à s’éterniser et que la décision rendue est alors, comme ouverte par une présomption de vérité. L’autorité de la

chose jugée ne concerne évidemment que les décisions contentieuses qui sont

définitives ce qui logiquement, exclu les jugements d’avant dire droit.

  • 4. L’exécution des jugements :

24

Pour que le jugement puisse être exécuté, il faut que l’adversaire ne l’ignore pas. De là une condition préliminaire et indispensable, il s’agit du procédé de la

notification.

  • a. Notification du jugement :

Les jugements sont notifiés aux parties elles même, en l’occurrence à la partie contre laquelle, la décision sera exécutée. La notification du jugement est

nécessairement accompagnée d’une expédition dument certifiée conforme de ce jugement. L’agent chargé de l’exécution (huissier) notifie à la partie condamnée la décision qu’il est chargé d’exécuter. Il la met en demeure de se

libérer sur le champ ou de faire connaitre ses intentions. Au cas où le débiteur

sollicite un délai, l’agent doit rendre compte au président qu’il l’autorise à

saisir conservatoirement et par ordonnance, les biens du débiteur si cette mesure parait nécessaire pour sauvegarder les droits du bénéficiaire de cette

décision. Au cas où le débiteur refuse de se libérer (de payer, de renoncer,…)

ou se déclare incapable de le faire, l’agent d’exécution utilisera des voies d’exécution prévues par le code de PC.

  • b. L’exécution du jugement :

Le jugement est exécutoire à partir du moment où il passe en force de chose

jugée. En effet, au Maroc les décisions de justice sont susceptibles d’être exécutées pendant 30 années à partir du jour où elles ont été rendues. Ce délai expiré, les décisions seront périmées.

Pour que le jugement puisse être exécuté, il faut que l’adversaire ne l’ignore pas. De là

au contraire accélérée. En effet, il s’agit d’un bénéfice accordé au gagnant et grâce auquel il pourra exécuter un jugement rendu en 1er ressort malgré le

délai d’appel ou l’appel inter joué qui normalement, suspend l’exécution. L’exécution provisoire est judiciaire et elle n’existe que parce que le juge la prononce. Elle peut être ordonnée à la demande des parties ou d’office chaque fois que le juge l’estimera nécessaire et compatible avec la nature de l’affaire à

condition que cette exécution provisoire ne soit pas interdite par la loi.

L’exécution provisoire peut être subordonnée à la constitution d’une garantie

réelle ou personnelle suffisante pour répondre à toute restitution ou

réparation. 2ème cas où l’exécution d’un jugement peut être retardée et c’est le

25

cas par exemple, lorsque les délais de grâce (le paiement) sont accordées par le juge.

cas par exemple, lorsque les délais de grâce (le paiement) sont accordées par le juge. compétent

compétent pour statuer sur les demandes d’exéquatur et ce quelque soit le

degré de juridictions étrangères qui a rendue la décision. seules les décisions de

justice rendues par les juridictions étrangères peuvent faire l’objet d’une demande d’exéquatur, il peut s’agir de jugements, d’arrêts, d’ordonnances et donc de tout acte qualifié de juridictionnel. À noter que les actes passés à l’étranger devant les officiers et fonctionnaires publics compétents sont également, susceptibles d’exécution au Maroc, à condition que

l’exéquatur ait été accordé. Cette demande ne peut en tout cas être formée que par le bénéficiaire de la décision ou de l’acte étranger. La demande d’exéquatur doit être formée par requête et être accompagnée des documents suivants tels

qu’éclairé par le code de PC :

cas par exemple, lorsque les délais de grâce (le paiement) sont accordées par le juge. compétent

étrangère ;

ication ou de tout autre acte en tenant lieu ;
ication ou de tout autre acte en tenant lieu ;

appel ni pourvoi en cassation contre la décision ; -dessus certifiée conforme par un traducteur assermenté. Le TPI devra vérifier simplement sur

cas par exemple, lorsque les délais de grâce (le paiement) sont accordées par le juge. compétent

la base des pièces produites si la décision émane bien d’une juridiction

étrangère régulière (compétente,…), vérifier également la compétence du

tribunal étranger émetteur de la décision et vérifier enfin, si cette décision ne

comporte en son sein aucune stipulation de nature à porter atteinte à l’ordre

public marocain. Une fois ces vérifications terminées, le tribunal rendra un

jugement d’exéquatur.

D. les frais de justice :

Le principe est que la justice est gratuite mais cela signifie seulement que les

plaideurs n’ont pas à payé les juges. Il n’en reste pas moins que le recours aux

tribunaux donne lieu à de nombreux frais. Ceux-ci sont mis en partie à la

26

charge du plaideur qui lorsqu’il prend son procès se voit condamné aux dépens.

  • 1. Principaux frais de justice :

Les droits fiscaux : ce sont les droits de timbres et d’enregistrement qui sont

perçus sur les actes de procédure ainsi que sur les actes produits en justice à l’occasion du procès. Les émoluments des officiers ministériels (exemple : huissiers de justice). Les frais occasionnés par les incidents relatifs à la preuve : par exemple : les

charge du plaideur q ui lorsqu’il prend son procès se voit condamné aux dépens. 1. Principaux

honoraires des experts, les indemnités de témoins…

Les honoraires des consultations et de plaidoiries des avocats.

  • 2. Les dépens :

Ce sont les frais que l’une des parties peut mettre à la charge de l’autre. Ils ne

comprennent que les frais essentiels par exemple : les droits fiscaux sur les actes de procédure ; les émoluments des officiers ministériels, les redevances perçus au profit du trésor public par les greffiers ; les droits de plaidoiries

etc.… au contraire, ne sont pas compris dans les dépens, les honoraires de

consultations et de plaidoiries des avocats. En principe, c’est la partie perdante (la partie qui succombe) qui est condamné aux dépens sauf au tribunal à

laisser la totalité ou une fraction des dépens à la charge d’une autre partie par

décision motivée.

  • 3. L’assistance judiciaire :

Permet au plaideur qu’il soit demandeur ou défendeur et qui n’a pas de

ressource suffisante d’exercer ses droits en justice sans avoir à avancer aucun frais. L’assistance judiciaire permet notamment, d’assurer le respect de l’égalité

de tous devant la justice. Toutefois, elle constitue pour les avocats une lourde

charge car en principe, leur concours est gratuit. L’assistance judiciaire peut

être accordée devant toutes les juridictions du pays. En tout état de cause aux

personnes de nationalité marocaine que l’insuffisance de leurs ressources met dans l’impossibilité de défendre leurs droits en justice. Les étrangers peuvent

également être admis à ce bénéfice à condition que des conventions judiciaires

internationales le prévoient. L’admission à l’assistance judiciaire est prononcée

par des bureaux établis près des juridictions devant lesquelles sont portés les

27

litiges. Le plaideur qui désire bénéficier de l’assistance judiciaire va dresser une lettre au procureur du roi. À l’appui de cette lettre il joint une déclaration par laquelle il affirme qu’il est dans l’impossibilité de faire valoir ses droits en justice en raison de son indigence. La demande est transmise par le procureur du roi pour y être examinée à un bureau d’assistance judiciaire et celui-ci l’accorde lorsqu’il apparait que la demande est justifiée. Dan le cas contraire, elle est refusée. Dans l’hypothèse où la demande est admise, ce secrétaire du bureau adresse dans les 3 jours de l’admission à l’assistance judiciaire au

litiges. Le plaideur qui désire bénéficier de l’assistance judiciaire va dresser une lettre au procureur du

président de la juridiction compétente, un extrait de la décision accordant

l’assistance en y joignant les pièces du dossier remises au bureau. Le président

de la juridiction compétente va donc inviter le bâtonnier à désigner un avocat. Le défenseur (avocat) est tenu de prêter gratuitement son ministère (son

concours) à l’assisté. Lorsque l’assistance judiciaire est accordée, l’assisté est dispensé de toute consignation de frais ou de tout paiement de taxes. Ces frais

sont en effet, avancés par le trésor. Cependant, cette dispense de payer n’est

que provisoire. En effet, il faut distinguer deux situations :

  • Au cas où l’assisté gagne son procès, la condamnation aux dépens est

prononcée au profit de l’administration des finances qu’en poursuit le

recouvrement sur la partie ayant succombée.

  • Au cas où l’assisté perd son procès, l’administration a le droit de recouvrer

les sommes avancées si le plaideur venait ultérieurement, à posséder des

ressources. En dernier lieu, le retrait de l’assistance judiciaire est possible dans

les cas suivants :

  • - S’il survient à l’assisté des ressources suffisantes ;

  • - Lorsqu’il y a radiation de la cause, ou si une transaction entre les parties est

intervenue au cours du procès ;

  • - Si l’inaction prolongée de l’assisté laisse présumer qu’il se désintéresse de la

suite de l’instance.

Le retrait peut être demandé soit par le ministère public soit par le représentant

du ministère des finances soit par la partie adverse. Le retrait n’est prononcé qu’après que l’intéressé ait été entendu. Lorsque le retrait est prononcé

28

définitivement l’assisté doit rembourser immédiatement les frais, les honoraires, les émoluments et les avances dont il avait été dispensé. Titre3 : les voies de recours :

Les décisions judiciaires peuvent être entachées d’erreurs judiciaires. Aussi les

justiciables sont ils garanties de ce risque par le moyen de provoquer un nouvel examen du procès et ce grâce aux voies de recours. Au Maroc les voies

de recours au nombre de cinq : l’opposition ; l’appel ; la tierce opposition ; la

rétractation et le pourvoi en cassation. On classe ces voies de recours en voies de recours de reformation et de rétractation ou en voies de recours ordinaires et extraordinaires. Les voies de recours de rétractation permettent aux

justiciables de s’adresser à la juridiction même qui a

rendue la décision judiciaire attaquée en lui demandant de revenir sur sa

décision. Sont considérées comme étant voies de rétractation : l’opposition ; la

demande en rétractation et dans la plupart des cas, la tièrce opposition. Les

voies de reformation sont l’appel et dans certains cas la tièrce opposition. Les justiciables s’adressent à une juridiction hiérarchiquement supérieure à celle

qui a rendue la décision en lui demandant de reformer cette sentence. Les voies

ordinaires sont toujours ouvertes aux plaideurs et ce sont l’opposition et l’appel. En revanche, les voies extraordinaires ne sont ouvertes que dans les cas

limitativement énumérés par la loi : (le pourvoi en cassation, la rétractation et la tièrce opposition). Section1 : les voies de recours ordinaires :

A. L’opposition :

1. Conditions de l’opposition :

Voie de recours dirigée contre les jugements par défaut c'est-à-dire contre les

décisions rendues contre un plaideur qui n’a pas comparu et qui n’a pas été en

mesure de présenter son point de vue. La partie défaillante demande donc, à la

juridiction qui a rendue la décision par défaut de se rétracter. L’opposition est

formée par requête écrite ou par voie de déclaration verbale consignée par un PV établi par le greffe du tribunal compétent et contenir les moyens de

l’opposant. Le délai pour faire opposition est de 10 jours. 2. Les effets de l’opposition :

29

  • a. Effet suspensif : le délai d’opposition et la formation de ce recours, suspendent l’exécution du jugement contre lequel l’opposition est faite sauf si

la décision rendue est assortie de l’exécution provisoire. Toutefois, si l’opposition suspend l’exécution, elle n’anéantie pas le jugement ce qui signifie

que si l’opposition est rejetée, les actes qu’auront été fait antérieurement en

exécution de ce jugement resterons valables.

  • b. Effet de rétractation : l’opposition étant une voie de rétractation, elle fait

revenir le procès devant le même tribunal qui a déjà statué. Le tribunal va donc

statuer sur la recevabilité de l’opposition et c’est la décision rendue sur l’opposition qui va anéantir le jugement par défaut ou y apporte les

modifications jugées nécessaires.

  • B. L’appel :

C’est une voie de recours ordinaire par laquelle, la partie qui a succombée devant le tribunal de 1ère instance s’adresse à une juridiction supérieure, appelée cour d’appel pour obtenir la réformation de la décision du 1er juge. Il

faut pour cela distinguer l’appel principal qui est formé le 1er par l’appelant (le demandeur) ou l’appel incident formé par l’intimé (le défendeur). 1. Les conditions d’appel :

L’appel est de droit dans tous les cas qui ne sont pas exceptés par la loi et l’appel est une garantie d’ne bonne administration de la justice qui découle de » la règle du double degré de juridiction. Le délai d’appel est de 30 jours mais il peut être ramené à 15 jours pour les ordonnances de référé ou pour les jugements statuant sur les actions en faillite (liquidation judiciaire). Ces délais

abrégés le sont en raison de l’urgence. Le délai d’appel sera triplé en faveur des parties qui n’ont ni domicile ni résidence au Maroc.

2. Les effets de l’appel :

  • a. L’effet suspensif : le délai d’appel et l’appel interjeté dans le délai l égal sont

suspensifs, à moins que ne soit ordonné une exécution provisoire.

  • b. L’effet dévolutif : par l’acte d’appel, le procès tout entier est porté devant la

juridiction de second degré et tous les points de droit et de fait que le litige comporte sont soumis à cette juridiction. La juridiction du second degré est essentiellement liée par l’acte d’appel c'est-à-dire qu’elle ne connait que des

30

chefs de la demande qui lui sont soumis par l’appelant. En conséquence, les juges d’appel ne peuvent que confirmer ou infirmer le jugement attaqué.

Toutefois, ils sont saisis du litige tel qu’il a été soumis au 1er juge en ce sens qu’ils ne pourront être saisis de prétentions nouvelles car on bouleverserait l’économie de la hiérarchie judiciaire en permettant de saisir les juges de 2ème degré d’une prétention non préalablement soumise au 1er juge. Donc, à

chaque fois que le but recherché en appel est en contradiction avec celui soulevé en 1ère instance, la demande sera irrecevable car l’appel est uniquement destinée à vérifier dans quelle condition les premiers juges ont accomplis leur mission et c’est pourquoi il serait illogique de modifier dans le cadre de l’appel, les éléments du débat. Les parties peuvent à l’appui de la requête d’appel, demander des intérêts, des loyers et autres accessoires écus depuis le jugement et donc ne saurait être considérée comme demande nouvelle, celle procédant de la demande originaire et tendant aux mêmes fins. c. Le droit d’évocation : c’est une faculté qui appartient au juge de second degré saisi de l’appel du jugement de 1ère instance, de s’emparer de toute l’affaire, c'est-à-dire de statuer sur le fond du dossier par une seule et même décision :

(loyers échus+ expulsion). Ainsi, la CA pourra évoquer les points non jugés par les juges de 1er degré pour leurs donnés elle-même une solution définitive ce qui permet de réaliser une économie de temps en rendant la procédure moins couteuse et plus rapide. En effet, il se peut que les 1ers juges soient froissés de voir leur jugement infirmé par la juridiction supérieure et s’ils restaient saisi du fond de l’affaire après cette infirmation, ils pourraient sous l’influence de ce mécontentement avoir tendance à ne pas tenir compte des indications qui résultent de cette infirmation. C. L’instance d’appel :

1. Procédure devant la CA :

S’effectue au moyen d’une requête écrite : La requête doit contenir les noms, prénoms, qualité ou profession, domicile ou résidence du demandeur ou défendeur ainsi que les noms, qualité, domicile du mandataire (avocat) de l’appelant. S’il s’agit d’une société, il faudra indiquer la dénomination sociale, la nature et le siège sociale de cette société ainsi que l’objet de la demande, les

31

faits et moyens indiqués. La partie appelante devra également produire une

copie du jugement attaqué. Le dépôt de la requête au greffe est constaté sur un

registre spécial. La requête ainsi que les pièces sont transmises sans frais au

greffe de la CA. L’appelant sera tenu de payer une taxe judiciaire et de

constituer un mandataire (avocat) car la procédure devant cette juridiction est

essentiellement écrite.

Instruction du procès : le 1er président de la CA désigne la chambre (formation

collégiale (3 juges qui rendent la décision)) à laquelle l’affaire est attribuée puis

l’affaire est instruite par un conseiller rapporteur qui a pour mission de veiller

au déroulement loyal de la procédure spécialement à la ponctualité de

l’échange des conclusions et communication des pièces du dossier. Il peut

ordonner toute mesure d’instruction (expertises, visite des lieux, enquêtes

)

qui

lui parait utile pour éclairer la religion de la cour. Lorsque l’état de l’affaire le

permet, le conseiller rapporteur prend une ordonnance de clôture ou de

dessaisissement.

L’arrêt de la CA : la cour va donc examiner si l’appel est recevable et si tel est le

cas, la cour statue au fond et pourra confirmer ou infirmer en tout ou partie, la

décision des 1ers juges.

2. Procédure devant le 1er président :

Le 1er président peut statuer comme juge unique en référé. Il peut dans tous

les cas d’urgence, ordonner en référé, au cours de l’instance, toute mesure qui

ne se heurte à aucune contestation sérieuse oui que justifie l’existence d’un

différent (difficulté d’exécution, délai de grâce).

Section2 : les voies de recours extraordinaires :

A. La tierce opposition :

Ouverte aux personnes qui éprouvent un préjudice par l’effet d’un jugement

auquel ils n’ont été ni parties ni représentées et à l’égard duquel, elles sont

tiers. .

C’est un moyen donné à une personne de faire tomber un jugement

rendu en fraude de ses droits par exemple : (le vendeur d’un immeuble

demande la résolution de la vente pour non paiement du prix alors que

l’acheteur a revendu l’immeuble à un tiers. Ce tiers dont les droits peuvent être

compromis par le jugement qui va annuler la vente, formera donc, une tierce

32

opposition contre cette décision). Au rang des conditions de recevabilité, il faut

que ce tiers éprouve un préjudice du fait du jugement ou du moins être

menacé de le subir et être un tiers c'est-à-dire n’être ni partie ni représenté au

procès. Enfin, il est à noter que la tierce opposition n’est pas suspensive de

l’exécution du jugement mais le juge peut demander le sursis à cette exécution.

Par ailleurs, si la tierce opposition réussie, le jugement attaqué sera rétracter ou

reformer mais seulement sur les chefs préjudiciables au tiers opposant. Si la

tierce opposition échoue, le jugement attaqué produira tous ses effets.

B. Le recours en rétractation :

Une partie demande à une juridiction qui a rendue une décision passée en

force de chose jugée, de rétracter la décision parce qu’elle est entachée d’erreur

et de statuer de nouveau en fait et en droit.

  • 1. Les cas d’ouverture :

Ce recours en rétractation n’est ouvert que dans les cas énumérés

limitativement par le code de PC (par exemple : si depuis la décision rendue, il

a été recouvert de pièces décisives qui avaient été retenu par la partie adverse

et que leur rétention est de nature à modifier le contenu de la décision ; si au

cours de l’instruction de l’affaire, il y a eu dol, faut témoignage, faut rapport

d’experts ; s’il a été jugé sur des pièces reconnues ou déclarées fausses depuis la

décision rendue…).

  • 2. Les conditions d’exercice :

Le délai pour former une telle demande est de 30j à partir de la notification de

la décision attaquée et ce délai peut être bien sur triplé en faveur des personnes

qui n’ont ni domicile ni résidence au Maroc.

  • 3. Procédure et effets :

La demande du recours en rétractation est portée devant la juridiction qui a

rendue la décision attaquée. Si la rétractation est admise, les parties seront

remises dans l’état où elles se trouvaient avant ce jugement.

C. Le pourvoi en cassation :

A pour objet de faire annuler par la cour de cassation les décisions rendues en

dernier ressort et en violation de la loi. La cour de cassation ne juge pas à

nouveau l’affaire mais elle renvoie en cas de cassation à une autre juridiction.

33

1. Causes d’ouverture de la cassation :

1. Causes d’ouverture de la cassation : application de la loi marocaine dans le dispositif du

application de la loi marocaine dans le dispositif du jugement.

1. Causes d’ouverture de la cassation : application de la loi marocaine dans le dispositif du

yant causé préjudice à une partie :

(exemple : absence de notification.)

1. Causes d’ouverture de la cassation : application de la loi marocaine dans le dispositif du

territoriale.

1. Causes d’ouverture de la cassation : application de la loi marocaine dans le dispositif du

exécutif : (par exemple porte atteinte à des principes fondamentaux de la

procédure tels que la liberté de la défense qui exige que la procédure soit

contradictoire).

1. Causes d’ouverture de la cassation : application de la loi marocaine dans le dispositif du

décisions rendues. En effet, toutes les décisions doivent constituer une

application régulière des textes en vigueurs.

2. Conditions du pourvoi en cassation :

Toutes les décisions de l’ensemble des juridictions peuvent faire l’objet d’un tel

pourvoi s’y rendu en dernier ressort. De même lorsque le procureur général du

roi près de la cour de cassation apprend qu’une décision a été rendue en

dernier ressort, en violation de la loi ou des règles de procédure et qu’aucune

des parties ne s’est pourvue en cassation dans les délais, il va saisir la cour de

cassation, mais les parties s’il y a cassation, ne pourront s’en prévaloir pour

éluder les dispositions de la décision cassée. Ce recours a pour objet de

sanctionner les erreurs d’interprétation ou d’application de la loi qui

pourraient être commises par le juge et ce afin d’éviter que ne subsiste une

jurisprudence contraire aux textes en vigueurs. Le MP ne pourra donc agir que

si les parties ont laissé le délai s’écouler sans se pourvoir. D’ailleurs, si le

recours abouti à la cassation, les parties ne pourront pas se prévaloir pour

éluder les conséquences de la décision attaquée qui concerne à leur égard tous

ces effets puisqu’on sanctionne ici l’inertie ou le désintéressement des parties.

Quant au pourvoi pour excès de pouvoir des juges : (par exemple si le juge

rend une décision sans respecter le principe de la séparation des pouvoirs tel

que se prononcer sur la constitutionnalité d’un décret). Dans ce cas l’autorité

34

judiciaire ne sera pas habilité à prononcer l’annulation d’un acte administratif

ou sa suspension, le juge ne pourra pas vérifier ses les formalités légales

d’expropriation ont été accomplis sans pouvoir se prononcer sur l’opportunité

d’une telle mesure. En effet, il ne pourra que sanctionner ce comportement en

prononçant contre l’administration une condamnation pécuniaire.

3. Procédure et effets du pourvoi :

Les parties doivent obligatoirement avoir recours au ministère d’un avocat à la

cour de cassation. Celui-ci introduit le pourvoi par une requête qu’il signe et

dépose au greffe de la juridiction (CA) qui a rendue la décision attaquée ou

directement au greffe de la cour de cassation. La requête est nécessairement

accompagnée d’une expédition de la décision attaquée. Le demandeur doit

payer la taxe judiciaire et a l’obligation de saisir la cour dans un délai de 30

jours à compter du jour de la notification de la décision déféré soit à personne

soit à domicile réel. Dès la formation du

recours (pourvoi) et transmission du dossier de l’affaire par la juridiction dont

la décision est attaquée (la CA), la procédure devant la cour de cassation va

s’enclencher. Le demandeur va constituer un avocat agrée (au moins 10 de

pratique) auprès de la CC qui est chargé de déposer la requête et le secrétaire

greffier de cette juridiction va notifier le pourvoi au défendeur. Il en va de

même pour la transmission du dossier par le 1er président au président de la

chambre compétente qui désigne à son tour, un conseiller rapporteur chargé

de la procédure. Ce magistrat dépose son rapport lorsqu’il estime que l’affaire

est en état d’être jugée et le dossier est transmis au procureur général qui le

remet à l’avocat général en vue de préparer ses conclusions. Quant aux effets

du pourvoi, aucun effet suspensif ni dévolutif car ce n’est pas l’affaire qui est

examinée à nouveau (comme c’est le cas devant la CA), mais uniquement la

décision rendue à l’occasion de cette affaire, la décision de la cour de cassation

peut consister en un arrêt de rejet si elle estime le pourvoi infondé ou un arrêt

de cassation si le pourvoi s’avère fondé. En cas de cassation l’affaire renvoyée

devant la juridiction du même ordre que celle qui avait statué et si la

juridiction de renvoi (CA) statue à l’identique, il pourra y avoir un nouveau

pourvoi pour les mêmes moyens à la différence que l’affaire ne sera plus portée

35

devant la juridiction du même ordre que celle qui avait statuer mais devant

une formation spéciale à savoir les chambres réunies.

TITRE IV : Les voies d’exécution

Lorsqu’une personne saisi un tribunal, elle vise la condamnation du défendeur

à lui fournir une prestation ou a honorer une obligation valablement

contractée, mais surtout à faire exécuter les causes du jugement ou les termes

de l’engagement. Généralement le débiteur qui a perdu son procès, exécute

volontairement la décision rendue mais il arrive souvent qu’il s’obstine à ne

pas l’exécuter. Aussi la loi prévoit elle des procédures permettant d’aboutir à

l’exécution forcée au moyen des voies d’exécution qui ont pour but l’exécution

d’un jugement ou d’un engagement. Qu’il s’agisse d’un jugement ou d’un

engagement, son efficacité dépend largement de son exécution, sinon on voit

mal la finalité des recours aux tribunaux. Malheureusement, ces procédures

d’exécution et de distribution sont souvent longues et onéreuses.

Les voies d’exécution sont régies par des textes de loi (articles 411 à 510 du

code de procédure civile).

Chapitre I : Règles générales en matière d’exécution forcée et de saisie.

Section I : Généralités sur l’exécution forcée.

Les saisies ne sont pas les seuls moyens légaux d’exécution : il existe d’autres

modes d’exécution.

A Différents modes d’exécution

1-l’ exécution directe ou par équivalent

Le créancier est en droit de demander l’exécution directe ou en nature dans

tous les cas ou cela serait possible : Démolition d’un mur ou expulsion du

locataire. Dans ce cas c’est la prestation qui constitue l’objet de l’obligation qui

doit être fournie au créancier, grâce souvent à l’emploi de la force publique.

L’exécution forcée porte sur une somme d’argent et en cas de refus du débiteur

de payer sa dette, il encourt une exécution sur sa personne elle même

2-L’éxécution sur la personne : la contrainte par corps

Le Bulletin officiel n° 5 480 (version française) du 7 décembre 2006 a publié

la loi n°30-6 modifiant le dahir du 20 février 1961 relatif à l’exercice de la

contrainte par corps en matière civile. Via cette loi, les dispositions des articles

36

1er et 2 du dahir du 20 février 1961 relatif à l’exercice de la contrainte par

corps en matière civile sont modifiées et complétées comme il suit : Article 1

«L’exécution de tous jugements ou arrêts portant condamnation au paiement

d’une somme d’argent peut être poursuivie par la voie de la contrainte par

corps» Cependant, lit-on dans le même texte de loi, «Toutefois, une personne

ne peut être mise en prison pour le simple fait de son incapacité à remplir un

engagement contractuel». Le reste du Dahir ayant trait à la contrainte par

corps reste inchangé.

Cette légère modification, intervient pour, entre autres, plus de conformité des

législations nationales avec les engagements du Maroc au niveau international

et surtout les dispositions du Pacte relatif aux droits civils et politiques ratifié

par le Royaume.

Il convient de préciser que cette contrainte par corps demeure en vigueur,

pour le pénal, selon les dispositions du même Dahir (articles 633 à 647)

malgré les modifications introduites par le Dahir du 3 octobre 2002. En effet et

en vertu de l’article 2 : «La contrainte par corps s’exerce selon les règles et

modalités fixées par les articles 633 à 647 du dahir du 3 octobre 2002 relatif

au Code de procédure pénale».

Elle est prévue pour l’exécution des condamnations à l’amende, aux

restitutions, aux dommages-intérêts et aux frais. La durée de la contrainte par

corps est proportionnelle au montant des sommes à payer, en vertu des

dispositions de l’article 638 du Code de procédure pénale Ainsi, le juge peut

ordonner la contrainte par corps dont la durée est fixée selon les montants que

doit verser la personne condamnée. Cette durée d'emprisonnement peut aller

de 6 jours (pour des sommes inférieures à 8.000 DH) à 15 mois si ce montant

est équivalent ou supérieur à un million DH.

Néanmoins, la contrainte par corps est entourée de mesures restrictives

destinées à protéger le débiteur défaillant. Elle ne peut s’appliquer lorsque le

condamné justifie de son insolvabilité par : - La présentation d’une attestation

d’indigence et d’une attestation de non-imposition (biens immobiliers & impôt

sur le revenu -IR), conformément au Code de procédure pénale, article 635 ; -

Elle ne peut s’appliquer aux personnes âgées de moins de 18 ans ou de plus de

37

60 ans ; - Elle ne peut être exécutée contre un débiteur au profit de son

conjoint, ses ascendants, descendants, frères et soeurs, oncles et tantes, neveux

et nièces et alliés au même degré ; - Elle ne peut être exécutée simultanément

contre le mari et l’épouse, même

pour des dettes différentes, ni contre une femme enceinte ou une femme

allaitante pendant les deux années suivant son accouchement ; - Elle n’est

exécutée qu’à la suite d’une procédure prévue par le Code de procédure pénale

: injonction de payer infructueuse pendant un mois, requête du créancier,

vérification du dossier qui est alors transmis au procureur pour exécution.

3-l’exécution sur les biens du débiteur

Le patrimoine du débiteur constitue le gage général de ses créanciers et une

variété de modalités sont prévues pour mettre sous-main de justice les biens du

débiteur. Il s’agit des saisies dont la finalité est la vente des biens saisis et la

récupération par les créanciers de leurs droits respectifs au moyen de la

procédure de distribution par contribution.

4-Procédures spéciales d’exécution sur les biens

Il s’agit du redressement judiciaire et de la liquidation judiciaire, recouvrement

des pensions alimentaires (la personne qui s’estime créancière d’une pension

alimentaire peut saisir le juge des référés dont les décisions sont exécutoires

sur minute et nonobstant toutes voies de recours), des amendes et certaines

condamnations pénales à caractère pécuniaire (le montant des frais de justice

et des amendes est recouvré par les soins de l’administration des finances)

ect……

5-l’astreinte

Un créancier peut solliciter du tribunal la condamnation du débiteur à une

somme d’argent dont le montant augmentera chaque jour, jusqu’à

l’exécution de la décision principale. Cette condamnation accessoire est

appelée astreinte et elle est un moyen de pression exercé à l’égard du débiteur

récalcitrant pour l’inciter à l’exécution prompte de la condamnation. (Exemple

: le bailleur qui demande au tribunal en sus de l’expulsion du locataire, la

condamnation de ce dernier à une somme d’argent déterminée par jour de

retard apporté à l’exécution du jugement d’expulsion)

38

B: Conditions de l’exécution forcée

1-titre exécutoire

Aucune saisie mobilière ou immobilière ne peut être diligentée sans que le

créancier ne soit muni d’un titre exécutoire. En outre, les jugements ou arrêts

ne doivent pas être frappés d’opposition ou d’appel et enfin toute décision

judicaire n’est exécutoire que si elle comporte la formule exécutoire et si

notifiée à la partie condamnée sur réquisition de la partie bénéficiaire.

2-role de l’agent d’exécution

**greffe : L’exécution forcée est assurée par le greffe du tribunal qui a rendu la

décision (bureau des notifications et des exécutions judicaires) : l’agent

instrumentaire met le débiteur en demeure de se libérer sur le champ ou de

faire connaître son intention (mise en demeure). Toutefois entre la mise en

demeure et l’exécution proprement dite, il s’écoule fatalement un délai qui

permet parfois au débiteur de mauvaise foi, de faire disparaître le gage du

créancier et de se déclarer insolvable.

**huissiers de justice : aident les juridictions à vaincre les problèmes de

notification et d’exécution des jugements : ils ont un rôle d’appoint. Ainsi ils

sont chargés de procéder au recouvrement des créances en vertu d’une

décision passée en force de chose jugée donc exécutoire ainsi qu’aux ventes

publiques de meubles et effets mobiliers corporels. Dressent tous les actes

requis pour l’exécution des ordonnances, jugements et arrêts.

3-recours éventuel au juge

Un créancier sollicite la permission du juge pour faire pratiquer une saisie et

celle ci lui est accordée par le président du tribunal de première instance ou

par le juge le plus ancien. Il arrive aussi qu’un agent chargé de l’exécution

comme d’ailleurs le poursuivi saisissent le juge des référés pour statuer sur des

difficultés relatives à l’exécution d’un jugement ou titre exécutoire. Le juge

peut autoriser la continuation des poursuites, accorder au débiteur des délais

de grâce qui ont pour effet de suspendre les poursuites.

De même, lorsque surgit un obstacle de droit ou de fait (par exemple par la

voie du référé peut être demandé l’expulsion d’un locataire sans droit ni titre

ou prévention d’un dommage imminent tel interdiction faite à un à un

39

fabricant d’écouler sur le marché un produit portant une marque imitant

frauduleusement une marque régulièrement déposée) visant à empêcher

l’exécution d’une condamnation à une somme d’argent ou d’une obligation de

faire ou de ne pas faire, la compétence est attribuée au président du tribunal

qui a rendu la décision ou celui chargé par la cour d’appel de l’exécution. Il est

saisi soit par la partie poursuivante ou par l’agent d’exécution lui même : une

fois saisi il apprécie si la difficulté est sérieuse et si tel est le cas, il ordonne le

sursis à exécution : il ne statue que provisoirement en attendant le règlement

du litige au fond. L’agent peut aussi se faire autoriser par le président à faire

ouvrir portes et chambres des maisons pour toutes les perquisitions lorsque les

personnes présentes, ne permettent pas à l’agent d’accomplir sa mission, à

savoir la saisie des effets et meubles appartenant au débiteur.

4-recours éventuel à la force publique

En cas de refus d’exécution par la partie poursuivie, l’agent peut demander

l’intervention de la force publique. Il en avise les autorités locales compétentes

(caid, commissaire de police) qui sont tenus de lui apporter leurs concours

(article 433 al3 du code de procédure civile).

Section II : Limites à l’exercice des voies d’exécution

A- l’abus des voies d’exécution

Les tribunaux condamnent à des dommages et intérêts le créancier qui pour

une créance minime, saisit des immeubles très importants de son débiteur. La

jurisprudence sanctionne ces saisies abusives ou injustifiées en faisant appel à

la théorie de l’abus de droit, le saisissant ayant commis une faute impliquant le

droit à réparation. La saisie ne saurait être étendue au delà de ce qui est

nécessaire pour désintéresser le créancier et couvrir les frais de l’exécution

forcée.

B- caractère d’ordre public des règles d’exécution forcée.

Les parties ne peuvent déroger aux règles légales de l’exécution forcée : les

dispositions du dahir du 07 juin 1941 et du 14 juin 1941 relatifs à la saisie

arrêt des traitements et de salaires sont d’ordre public lorsqu’elles déterminent

impérativement les portions saisissables. De même en matière de saisie

mobilière, est nulle et non avenue, toute stipulation même postérieure au

40

contrat, qui autoriserait le créancier, faute de paiement, à s’approprier le gage

ou à en disposer, sans les formalités prescrites par la loi.

CHAPITRE II : Principes généraux en matière de saisies

Section I : Définition et classification des saisies :

La saisie a pour but de mettre sous la main de la justice les biens d’un débiteur

jusqu’à désintéressement du ou des créanciers. Le détenteur ou le propriétaire

de ces biens est dessaisi des biens : cette mesure vise à l’empêcher d’en disposer

ou d’en jouir. Si le débiteur ne règle pas ses dettes, on procède à leur vente

pour se faire payer sur leur prix.

Les saisies peuvent être classées soit d’après leur but ou leur objet :

*la saisie conservatoire est une mesure de sauvegarde qui a pour effet

d’empêcher le débiteur de disposer de ses biens au préjudice de son créancier

jusqu’au jugement définitif sur le fonds. Elle vise à soustraire les biens à la libre

disposition du débiteur, les maintenir sous la main de la justice et les conserver

au profit du créancier. Peut être effectuée sans titre exécutoire, une simple

autorisation du juge suffit.

*La saisie exécution a pour but de parvenir à la vente des biens saisis pour

permettre au créancier d’en toucher le prix. L’obtention d’un titre exécutoire

est nécessaire.

D’après la nature de l’objet saisi, on distingue les saisies mobilières et la saisie

immobilière. Les saisies mobilières sont de type varié : saisie exécution, saisie

arrêt…

Les

saisies immobilières est plus complexe et onéreuse que la saisie

mobilière.

Section II : Conditions générales des saisies

A Les causes de la saisie

1-conditions de fond

Pour les saisies exécution, la créance doit être liquide (il faut savoir combien il

est du), certaine (l’existence de la créance ne doit pas être contestée et doit

exister : elle n’est pas certaine si l’événement dont elle dépend ne s’est pas

encore réalisé) et exigible (la créance doit être échue et non à échoir)

2-conditions de forme

41

S’il s’agit d’une saisie conservatoire, un titre exécutoire n’est pas nécessaire

mais ce titre est requis en matière de saisie exécution.

B Les sujets de la saisie

//En principe, les personnes pouvant faire procéder à une saisie doivent jouir

d’une capacité pour saisir. Le droit de saisie des créanciers passe à ses

successeurs universels (héritiers). Ce droit appartient aussi aux mandataires

légaux (tuteurs), ou conventionnels du créancier. Le père qui administre les

biens du mineur ou incapable et tous administrateurs constitués par la loi, ne

peuvent faire aucun acte de gestion sur les biens et toucher le produit de la

saisie : ils leur faut obtenir une autorisation spéciale du magistrat compétent et

ce dans l’intérêt du mineur ou de l’incapable

//Seul le débiteur peut être saisi ainsi que ses successeurs qui prennent sa place

à sa mort : on doit seulement leur signifier le titre exécutoire contre le défunt

avant de commencer les poursuites contre eux. Il reste qu’on ne peut jamais

opérer une saisie contre les personnes morales de droit public (communes, état

ou établissement public). De même, des considérations humanitaires et sociales,

limitent le droit des créanciers à la saisie : en effet tous les biens mobiliers

nécessaires à la vie et au travail du saisi et de sa famille ou les biens attachés à

la personne du titulaire, sont insaisissables (tente servant d’abri, la nourriture

pour un mois du saisi et de sa famille à charge, les outils nécessaires à la

profession du saisi). Cette disposition ne concerne que les personnes d’un

niveau de vie faible.

Chapitre III : la saisie conservatoire

Sous chapitre I : la saisie conservatoire générale

Section I : Conditions de la saisie

Le créancier peut obtenir une saisie conservatoire avant l’exigibilité de la

créance s’il établit que sa créance est mise en péril par les agissements de son

débiteur. Le créancier doit justifier aussi de l’urgence du recouvrement de sa

créance, qui peut être mise en péril par les agissements du débiteur. La saisie

conservatoire peut porter sur des meubles ou immeubles : on peut saisir par

exemple des meubles corporels (matériels, véhicules ou marchandises) ainsi

que les éléments incorporels d’un fonds de commerce.

42

Section II : Procédure.

Elle relève de la compétence du président du TPI qui statue en tant que juge des

référés sur les mesures conservatoires. L’opportunité d’autoriser une telle saisie

est laissée à l’appréciation du président du TPI ou du juge qu’il délègue à cet

effet. Si la saisie est autorisée, elle est exécutoire sur minute nonobstant appel

ou opposition. Peut être demandé en référé, la consignation entre les mains

d’un séquestre désigné par le juge, des sommes suffisantes pour garantir la

cause de la saisie. Si la saisie porte sur des biens mobiliers, l’agent d’exécution

procède par procès verbal à leur inventaire et les énumère. Si la saisie porte sur

un immeuble , la décision l’ordonnant est déposée à la conservation foncière en

vue de son inscription sur le livre foncier et la publicité de la saisie est assurée

pour une durée de 15 jours , pour la sauvegarde des droits des tiers. Si la saisie

a été pratiquée contre le débiteur lui même, celui ci reste en possession de ses

biens jusqu’à la conversion de la saisie conservatoire en une autre saisie. En

revanche si les

biens appartenant au poursuivi sont entre les mains d’un tiers, l’agent

d’exécution lui notifie l’ordonnance de saisie et lui en remet copie : de ce fait, le

tiers est constitué gardien des objets mobiliers ou de l’immeuble à moins qu’il

ne préfère remettre les biens saisis à l’agent. Il ne pourra s’en dessaisir que s’il

en est autorisé par le juge. La saisie empêche le saisi d’en disposer au détriment

de son créancier (en procédant à l’aliénation des biens par exemple). De plus, il

encourt des sanctions pénales en cas de détournements des objets saisis si ceux

ci sont détruits volontairement et dans le dessein de les soustraire à la justice.

Enfin si le créancier obtient un jugement ou arrêt passé en force jugée

condamnant le débiteur et partant un titre exécutoire, la conversion de la saisie

conservatoire en saisie exécution s’opère automatiquement par le seul effet de

la loi.

Sous chapitre II : Saisies conservatoires particulières

Il s’agit de la saisie gagerie, la saisie revendication et celle des navires et

aéronefs.

**La saisie gagerie est une saisie conservatoire mobilière organisée dans

l’intérêt du bailleur d’immeuble en vue de lui assurer le paiement des loyers

43

dus. Elle peut porter sur les meubles de toute nature garnissant les lieux loués

ou sur les créances nées du bail à raison des réparations locatives ou dégâts à la

propriété. Le privilège du bailleur subsiste même si les meubles ont étés

déplacés sans le consentement de ce dernier. Elle est demandée par requête au

président du TPI qui autorise le bailleur à la faire pratiquer par l’agent

d’exécution. La phase d’exécution ne débute qu’après que la saisie gagerie ait

été validée par décision du TPI du lieu ou la saisie à eté effectuée. Le jugement

de validité convertira la saisie gagerie en saisie exécution, ce qui entraînera la

réalisation du gage.

**La saisie revendication : Permet au titulaire d’un droit réel sur une chose

mobilière d’obtenir que celle-ci soit mise sous main de justice pour assurer la

protection de ce droit réel. C’est l’action par laquelle une personne qui prétend

à un droit de propriété, de possession légale ou de gage sur une chose

mobilière possédée par un tiers, met cette chose sous main de justice. La saisie

revendication peut être pratiquée par le propriétaire de l’objet ou par le

créancier gagiste : on peut revendiquer un meuble volé ou perdu, un meuble se

trouvant entre les mains d’un possesseur de mauvaise foi. (Vendeur au

comptant peut pratiquer une telle saisie contre l’acheteur si celui ci enlève

l’objet vendu sans s’acquitter du prix).

Pour saisir, le créancier sollicite une autorisation du juge dans le lieu ou se

trouve l’objet revendiqué et dés que ce magistrat rend l’ordonnance de saisie, la

décision est notifiée au détenteur des meubles dans les formes ordinaires. Celui

ci peut s’y opposer en prétendant par exemple avoir acheté les objets volés de

bonne foi : l’agent est tenu de surseoir à l’exécution et porte la difficulté devant

le magistrat saisi. Le créancier doit pour se voir restituer les objets saisis,

obtenir un jugement de validité du tribunal de première instance. Détenteur et

créancier débattent contradictoirement devant le juge du fond qui tranche la

contestation. Si la demande est fondée, le jugement sur la validité constate le

droit du revendiquant et ordonne restitution des meubles à son profit.

Chapitre IV : Les saisies exécution

Sous Chapitre I : les saisies mobilières

44

Procédure par laquelle le créancier muni d’un titre exécutoire, fait placer sous

main de justice des biens meubles corporels de son débiteur et en poursuit la

vente pour se faire payer sur le prix. S’agissant des conditions de la saisie, il

faut se reporter aux conditions générales de la saisie déjà étudiées. Tout

créancier peut poursuivre cette procédure en justifiant d’un titre exécutoire

et d’une créance liquide et exigible. Cette saisie ne porte que des meubles et ces

biens doivent être en la possession du débiteur.

Section I : Procédure

L’agent d’exécution notifie à la partie condamnée la décision qu’il est chargé

d’exécuter (commandement). Il la met en demeure de se libérer sur le champ

ou de faire connaître son intention. Dés le commandement, le débiteur doit

payer car à défaut, un jour après cette mise en demeure, le créancier peut

procéder à la saisie. Le commandement est une formalité substantielle qui ne

saurait être omise sous peine de nullité de toute la procédure d’exécution qui

suivrait. Si le débiteur mis en demeure refuse de se libérer, ou ne tient pas son

engagement de se libérer, l’agent d’exécution procède à la saisie des biens du

poursuivi tout en respectant les prescriptions de l’article 451 CPC en vertu

duquel, une saisie exécution ne peut être diligentée avant 5 heures du matin et

après 21 heures. L’agent se transporte sur les lieux pour procéder à la saisie,

accompagné de 2 témoins et l’agent d’exécution met en demeure une dernière

fois, le débiteur de payer. A son refus, il établit un procès verbal de saisie qui

est l’inventaire des objets saisissables ou un PV de carence s’il ne trouve rien à

saisir. Le débiteur objet d’une saisie exécution, ne peut se servir des biens saisis

pour son propre compte ni en jouir. Le gardien doit seulement conserver les

biens saisis au profit du créancier. Le gardien agit en qualité de séquestre

judicaire. Après saisie, la vente a lieu 8 jours (délai conventionnel) après ladite

saisie et la vente a lieu sur le plus prochain marché public soit a la salle des

ventes mais rien n’interdit aux parties de choisir un autre lieu de vente

.Immédiatement après la vente, l’agent s’assure qu’il n y a pas eu détournement

ou dégradation des meubles saisis (pv de récolement), puis la vente est portée à

la connaissance du public. La vente à lieu aux enchères publiques et les objets

sont attribués au plus offrant, au dernier enchérisseur qui doit payer comptant

45

le prix augmenté des frais. En cas de non-paiement, l’objet est remis en vente

aux frais et risques de l’adjudicataire défaillant , lequel peut être tenu de payer

la différence entre le prix qu’il avait consenti et celui atteint par la remise en

vente, s’il est inférieur. Mais si le prix obtenu

par l’objet est plus élevé, l’adjudicataire défaillant ne peut prétendre à recevoir

le bénéfice, ce montant étant acquis à la saisie. Dans cette situation, la remise

en vente est appelée folle enchère, qui constitue une procédure de seconde

enchère. L’adjudication entraîne transfert de la propriété et si le prix de vente

est suffisant pour désintéresser les créanciers, l’agent d’exécution qui a procédé

à la vente leur remet le montant de la vente et le surplus éventuel sera versé au

saisi. Si le montant en revanche s’avère insuffisant et qu’il existe plusieurs

créanciers, cet agent doit déposer le montant de la vente à la caisse de dépôt et

de gestion, en attendant sa répartition entre les créanciers suivant la procédure

de distribution par contribution. Toutefois il faut préciser que s’agissant de la

procédure de saisie d’exécution, il est fréquent de constater que les débiteurs de

mauvaise foi organisent leur insolvabilité, notamment en s’absentant le jour de

l’arrivée de l’agent ou en déplaçant les objets qui ont une valeur : les

démarches nécessaires pour obtenir le concours de la force publique ou

l’ouverture des portes demandent un temps appréciable dont en profite

largement le débiteur. D’autres difficultés résultent du mauvais

fonctionnement des greffes chargés des exécutions judiciaires car ils sont

surchargés de dossiers mais ne possèdent pas un personnel consciencieux et

suffisant.

Section II : incidents de la saisie exécution

A- Incidents provenant du saisi et des autres créanciers

Le saisi peut prétendre que sa dette n’existe pas ou qu’il y a vice de forme

(défaut de commandement) dans la procédure de saisie. Le juge des référés

dans ces hypothèses peut accorder un sursis d’exécution. Le créancier premier

saisissant ne jouit pas d’un privilège du fait de la saisie car les autres créanciers

peuvent faire valoir leurs droits jusqu’à la distribution du prix par le biais de la

procédure d’opposition sur le prix de vente. L’opposition est formée entre les

46

mains de l’agent d’exécution en précisant l’identité du créancier opposant,

cause de la créance, son montant et le titre exécutoire.

La formation de l’opposition contraint l’agent à consigner le prix de la vente en

attendant qu’il soit statué sur l’opposition.

B- incidents provenant des tiers

Le tiers peut solliciter une demande en distraction des biens saisis, soit que ces

biens se trouvent entre les mains du tiers (ex ; tiers qui prête de l’argent qu’il

souhaite récupérer au moment de la distribution) soit que ces biens sont en

possession du débiteur saisi.

Dans le premier cas, le tiers qui est en possession de la chose sur laquelle

l’exécution est poursuivie, ne peut à raison d’un droit de gage ou privilège sur

cette chose, s’opposer à la saisie. Il peut seulement faire valoir ses droits au

moment de la distraction du prix. Dans la seconde hypothèse, le tiers se

prétend propriétaire des biens saisis, le saisi les possédant indûment. Le tiers va

d’abord tenté de se faire remettre les meubles lui appartenant en produisant

des justificatifs (titre de propriété) et le juge des référés autorisera la restitution

des biens revendiqués. En cas de contestation de la part du débiteur saisi et si la

demande en distraction est accompagnée de preuves consistantes, le président

du TPI peut surseoir à la vente et le tiers a un délai de 8 jours pour saisir le juge

du fond. Par contre si les preuves sont insuffisantes, le juge peut refuser de

surseoir à la vente et le tiers devra introduire une demande en distraction

devant la juridiction du fond dans les mêmes délais. Si le tiers ne respecte pas le

délai de huitaine, les poursuites sont continuées et le tiers négligeant ne peut

plus faire opérer la distraction.

Sous Chapitre II : la saisie immobilière

Procédure par laquelle le créancier va placer sous main de justice un ou

plusieurs immeubles de son débiteur, les faire vendre et se faire payer sur le

prix. Toutefois dans l’intérêt du débiteur, la vente forcée des immeubles ne

peut être poursuivie qu’en cas d’insuffisance des biens mobiliers sauf si la

créance est assortie d’une sûreté réelle immobilière.

Section I: les conditions de la saisie immobilière

A- Biens susceptibles d’être saisis.

47

1-les biens saisissables

La saisie s’applique aussi bien aux immeubles par nature (un créancier peut

saisir des terres, bâtiments, des arbres, fruits et récoltes ou part indivise d’un

immeuble appartenant au débiteur) immeubles par destination (qui ne

sauraient être saisis indépendamment de l’immeuble auquel ils sont attachés)

ou par l’objet auxquels ils s’appliquent (on peut saisir le droit d’emphytéose).

2-restrictions au droit de saisir

Le créancier peut provoquer simultanément la saisie de plusieurs immeubles

appartenant au débiteur mais en cas d’affectation de plusieurs immeubles à

une même créance, l’exécution ne peut être poursuivie simultanément sur

chacun d’eux qu’après autorisation délivrée en forme d’ordonnance sur

requête par le juge des référés qui va désigner le ou les immeubles qui feront

l’objet de poursuites. Par ailleurs et aux fins de protéger les immeubles

produisant des revenus importants, la suspension de la procédure de saisie est

permise si ces revenus suffisent à assurer le paiement de la dette.

B- créanciers habilités à effectuer la saisie

Toutes catégories confondues (chirographaires, privilégiés ou hypothécaires)

mais le droit de préférence ne joue qu’au stade de la distribution des deniers.

Toutefois les créanciers chirographaires n’ont intérêt à saisir que si en

concours avec les créanciers privilégiés ou hypothécaires, la valeur de

l’immeuble est nettement supérieure à celle des créances privilégiées. Seuls les

créanciers privilégiés ou hypothécaires peuvent pratiquer une saisie entre les

mains du tiers détenteur. Enfin les créanciers saisissants qui ont inscrit la saisie

immobilière, ne peuvent se voir opposer une prétendue mutation de propriété

(donation).

Section II : Procédure de la saisie immobilière

A-la saisie proprement dite

La procédure débute par un commandement et la saisie de réalise par la

publication de ce commandement.

1-le commandement tendant à la saisie

C’est un acte qui contient le commandement et le procès-verbal de saisie. Le PV

permet une meilleure identification de l’immeuble ou de ceux saisis et le

48

commandement mentionne obligatoirement le nom, numéro du titre, situation

de l’immeuble dont la vente sera poursuivie en cas de non-paiement. L’agent

d’exécution va se faire remettre le titre de propriété par le propriétaire ou par

tout détenteur. Il peut arriver que le saisissant souhaite pratiquer la saisie sur

d’autres biens immeubles de son débiteur non compris dans les titres de

propriété : il lui suffit d’obtenir l’autorisation en référé du président du

tribunal du lieu d’exécution. Le procès-verbal de saisie met le débiteur en

demeure, interrompt la prescription et fait courir les intérêts.

2-la publication du commandement

Si l’immeuble a été saisi conservatoirement, l’agent d’exécution notifie en la

forme ordinaire la conversion de cette saisie en saisie immobilière au saisi à

son domicile ou résidence. En l’absence de saisie conservatoire, l’agent

d’exécution place les biens immeubles sous main de justice. Ce n’est qu’ensuite

qu’il met le débiteur de se libérer en lui notifiant le commandement. L’acte de

conversion de la saisie conservatoire en saisie immobilière doit être inscrit sur

le livre foncier. Le commandement valant saisie des biens, cette saisie entraîne

mise sous séquestre (le saisi reste en possession mais à titre de séquestre

judicaire en percevant les fruits pour le compte de ses créanciers qui peuvent

toujours demander s’ils justifient de craintes sérieuses quant à la conservation

de l’immeuble, la nomination d’un séquestre étranger.) de l’immeuble et

immobilisation des fruits (immobilisés pour la partie correspondante à la

période qui suit la notification de la saisie au débiteur poursuivi) et défense

d’aliéner ou d’hypothéquer (le saisi ne peut a compter du jour de la

notification de la saisie, ni aliéner ni grever de droits réels, les immeubles saisis

à peine de nullité).

B-la réalisation du gage

1-formalités préparatoires de l’adjudication

Débute par des formalités préparatoires qui sont destinées à établir les

conditions de la vente, à faire connaître celle-ci aux différents intéressés :

débiteurs, créanciers inscrits ou acquéreurs éventuels. Il s’agit de la rédaction

et dépôt du cahier de charge (contient l'énonciation du titre exécutoire,

désignation de l’immeuble saisi, conditions de la vente et mise à prix) établi par

49

l’agent d’exécution dès que la saisie immobilière est pratiquée. Il est déposé au

greffer et mis à la disposition des enchérisseurs pour en prendre connaissance.

Une fois le cahier de charge établi, l’agent procède à la publicité légale aux

frais avancés par le créancier. L’avis de mise aux enchères indique la date

d’ouverture des enchères, le dépôt au greffe du procès-verbal de saisie et titres

de propriétés et énonce les conditions de vente. L’avis est porté ensuite à la

connaissance du public et la publicité est faite par différents moyens (presse,

radio, porte des immeubles saisis, cadre spécial

réservé aux affichages du TPI du lieu d’exécution) fonction de l’importance ou

de la valeur des immeubles à vendre. L’agent suite à cette publicité, commence

à recevoir les offres qui sont consignées par lui jusqu’à la clôture du PV

d’adjudication.

2-l’adjudication

A lieu 30 jours après la notification de la saisie c’est à dire de la publication du

commandement mais le débiteur peut obtenir des délais de grâce par le

président du tribunal, sachant que ce délai ne peut jamais excéder un délai de

90 jours, y compris le délai de 30 jours initial. Si le poursuivi ne s’est pas libéré

de sa dette et au jour fixé pour l’adjudication, l’agent va procéder à la vente et

le point de départ des enchères est la mise à prix fixé par le cahier des charges

ou si des offres avaient été faites, le prix le plus élevé fixé pour l’une de ces

offres. L’agent dresse un procès verbal d’adjudication qui constitue un titre

pour le paiement du prix en faveur du saisi et de ses ayants droit ainsi qu’un

titre de propriété en faveur de l’adjudicataire.

Quand aux effets de l’adjudication : opère un transfert de propriété puisque

l’adjudicataire aura les mêmes droits de propriété que ceux appartenant au

saisi. L’inscription au titre foncier du procès verbal d’adjudication purge tous

privilèges et hypothèques.

3-la surenchère du sixième :

Pour parvenir à faire vendre l’immeuble au meilleur prix possible, le

législateur a prévu qu’on pourrait après la première adjudication, faire

surenchère et remettre en cause le résultat de cette adjudication. Mais la

surenchère doit être du sixième. La nouvelle mise à prix sera au moins d’un

50

sixième, en sus du prix d’adjudication, le surenchérisseur s’engageant à

prendre l’immeuble à ce nouveau prix, s’il ne se présente pas d’enchérisseur.

Doit être formée dans les 6 jours qui suivent l’adjudication et à l’expiration

d’un délai de 30 jours, il est procédé à une adjudication définitive.Les effets de

l’adjudication sur surenchère : si l’adjudication a lieu au profit d’une personne

autre que l’adjudicataire, celle-ci est considéré comme propriétaire sous

condition résolutoire. L’événement qui va produire cette résolution, c’est la

déclaration de surenchère. Le saisi restant propriétaire jusqu’à l’adjudication

sur surenchère. Par contre si le premier adjudicataire le reste à la suite de la

seconde adjudication, cette adjudication ne fait que confirmer le droit qu’il

tenait de la première adjudication.

Section III : incidents de la saisie immobilière

A. L’action en revendication

Permettre à un tiers de faire retirer de la saisie un immeuble dont il se prétend

propriétaire. Un copropriétaire de l’immeuble saisi peut demander la

distraction de sa part de la propriété commune. Le revendiquant doit en outre

justifier et produire ses titres de propriété et intenter la procédure avant

l’adjudication ou avant la seconde adjudication si une surenchère est

intervenue. L’action en revendication entraîne la suspension de la procédure

d’exécution et arrête définitivement la procédure d’adjudication (saisie tombe).

Lorsque le tribunal admet l’action en revendication, aucun recours du saisi ou

créancier saisissant n’est admis. Par contre le revendiquant qui succombe est

condamné aux causes par la reprise des opérations de poursuites, sans

préjudice des dommages et intérêts pouvant lui être demandés par le saisi ou

créancier saisissant.

B- Demande en nullité de saisie

Sanctions des prescriptions légales. Il peut s’agir du non-respect des moyens de

forme qui affecte l’acte entaché de nullité et la procédure ultérieure ou

des moyens de fond dont l’admission, entraîne la nullité de toute la procédure

d’exécution. La nullité peut être demandée par tous ceux qui y ont intérêt :

saisi, créancier hypothécaire et chirographaire. La demande en nullité peut être

formée à tout moment avant l’adjudication. Si la nullité est rejetée, la poursuite

51

continue et si elle est admise, la poursuite est poursuivie à compter du dernier

acte valable (c'est-à-dire à compter de celui qui n’est pas entaché de nullité).

En cas de nullité de fond, toute la procédure tombe.

C- Folle enchère

Quand l’adjudicataire n’exécute pas les obligations dont il est tenu en vertu du

cahier des charges, il est fol enchérisseur et l’on revend le bien qui avait été

adjugé. Il y a folle enchère en cas de non paiement par l’adjudicataire du prix

de l’adjudication ou des frais de saisie ou en cas de violation ou d’inexécution

de l’un des autres clauses principales du cahier des charges. Tous les intéressés

peuvent demander la revente sur folle enchère : créanciers hypothécaires,

privilégiés, saisi…La procédure consiste a faire remettre l’immeuble en vente

en avertissant les principaux intéresses mais au préalable, l’adjudicataire est

mis en demeure de se conformer aux clauses du cahier de charges et faute

pour lui d’obéir à cette sommation dans les 10 jours de sa réception,

l’immeuble sera remis en vente à ses risques et périls. La procédure de remise

en vente consiste en une nouvelle publicité qui sera suivie d’une nouvelle

adjudication dans le délai de 30 jours. L’adjudicataire défaillant peut arrêter la

procédure jusqu’au jour de la nouvelle adjudication s’il justifie avoir satisfait

aux conditions de la première adjudication et payé les frais de procédure

intervenus par sa faute. A défaut d’arrêter la procédure, le fol enchérisseur n’a

plus aucun droit sur l’immeuble et il devra payer la différence entre son prix

d’achat et le prix de revente si l’immeuble se vend moins cher à l’adjudication

sur folle enchère qu’à la première adjudication. Il ne peut réclamer la

différence si l’immeuble s’est mieux vendu.

Chapitre V : la saisie arrêt : La saisie arrêt générale

Procédure par laquelle un créancier arrête entre les mains d’un tiers les

sommes et objets mobiliers qui sont dus ou qui appartiennent à son débiteur et

se fait payer sur ces sommes ou prix de ces meubles jusqu’à concurrence de ce

qui est du à lui-même. Le créancier saisissant fait défense à un tiers saisi de

payer les sommes ou de remettre les objets mobiliers appartenant à son

débiteur. Puis il obtient un jugement en vertu duquel les sommes dues par le

tiers saisi ou prix des objets seront employés à le désintéresser. La saisie arrêt

52

met en cause 3 personnes : le créancier saisissant, son débiteur et le débiteur du

débiteur (tiers par rapport au saisissant) .La créance du saisissant contre le

débiteur saisi est la cause de la saisie et la créance du débiteur saisi contre le

tiers saisi est la créance saisie arrêtée. La saisie arrêt découle du droit de gage

du créancier sur le patrimoine du débiteur et elle consiste généralement en une

somme d’argent. Elle est une mesure conservatoire (bloquer entre les mains du

tiers saisi, les créances ou meubles que celui détient pour le compte du débiteur

saisi : le créancier lui fait défense de s’en dessaisir) jusqu’au jugement de

validité ; après elle est une mesure d’exécution (le créancier se fait attribuer les

biens saisis jusqu’à concurrence du montant de sa créance).

Section I : Conditions de la saisie arrêt

Le droit de saisir arrêter appartient a tout créancier du saisi qu’il soit

hypothécaire ; chirographaire ou privilégié. Les ayants cause des créanciers

peuvent utiliser cette procédure ainsi que les mandataires conventionnels ou

légaux à condition de justifier du mandat, qualité et capacité d’ester en justice.

Toutefois il n’est pas permis de pratiquer une saisie arrêt sur une créance

appartenant à l’état, collectivités locales, établissements publics : les agents

diplomatiques qui représentent un état étranger bénéficient également de cette

immunité.La saisie arrêt ne peut être pratiquée que sur une personne qui a la

situation de tiers vis à vis du saisissant et qui est débitrice d’une créance ou de

la remise des sommes ou objets saisis arrêtés

appartenant au saisi. Par exemple une saisie arrêt est possible entre les mains

du banquier ou notaire qui détient des fonds pour le compte du débiteur saisi.

La créance doit par ailleurs être certaine, liquide et exigible, et la saisie arrêt

peut être faite soit en vertu d’un titre exécutoire soit en vertu d’une

ordonnance du président du tribunal de première instance accordée sur

requête écrite. En l’absence d’un titre exécutoire, l’autorisation de ce magistrat

est nécessaire et il doit s’assurer de la certitude ou sérieux de la créance. En

accordant une telle autorisation, le magistrat précisera la somme pour laquelle

la saisie est possible et il se réserve le droit de rétracter cette autorisation en

référé sur la demande du saisi ou du tiers saisi. Cela ne préjudicie en rien le

droit du saisissant d’attaquer par voie d’appel l’ordonnance lui refusant

53

l’autorisation. En dernier lieu, la créance saisie arrêtée doit exister dans le

patrimoine du saisi au jour de la saisie et être en outre disponible car on ne

peut saisir arrêter une créance insaisissable telle qu’une créance alimentaire.

Section II : Procédure de la saisie arrêt

L’agent instrumentaire établit un procès-verbal de saisie arrêt, qui comporte

des indications spéciales : le titre en vertu duquel la saisie est faite, la somme

sur laquelle elle est faite, l’élection de domicile du saisissant. Ce document est

ensuite notifié par cet agent au débiteur et au tiers saisi. Le tiers saisi est tenu

de communiquer à l’agent du greffe, toutes pièces et renseignements utiles à la

procédure et lui déclarer les saisies antérieurement pratiquées entre ses mains.

En cas de refus, l’agent peut en référer au président du tribunal pour prendre

par ordonnance des mesures de contrainte (menace d’astreinte). La

responsabilité du tiers saisi peut même être engagée pour toute inexactitude ou

réticence de nature à porter préjudice au créancier saisissant. La notification

du procès-verbal par lequel est formée la saisie arrêt n’exproprie pas le tiers

saisi de sa créance mais elle entraîne deux effets : la prescription qui courait au

profit du tiers saisi est interrompue et la créance saisie arrêté devient

indisponible. L’indisponibilité s’étend en effet à toute la somme saisie et le

débiteur saisi peut solliciter du juge des référés de

toucher le montant de sa créance contre le tiers saisi à condition de consigner

une somme suffisante pour répondre des causes de la saisie arrêt. Si cette

demande est accueillie par le magistrat, il donne main levée de l’opposition et

ordonne consignation. Cette consignation permettra au tiers saisi de payer le

débiteur saisi et la somme déposée sera affectée en priorité à la garantie de la

créance du saisissant qui aura un privilège exclusif de tout autre sur la somme

déposée.

Après cette étape va débuter la phase exécutoire de la saisie arrêt au cours de

laquelle une audience de conciliation a lieu entre le saisi, le tiers saisi et le

saisissant. Le tiers saisi n’est cependant pas tenu de se présenter à l’audience de

conciliation, il peut seulement adresser au président du tribunal une

déclaration affirmative par laquelle il fait connaître qu’il est bien débiteur du

saisi, montant de sa dette, acomptes déjà versés. Cette déclaration oblige le tiers

54

saisi, qui ne pourra interjeter appel contre la décision rendue en conformité à

la déclaration. L’issue de la conciliation dépend de l’accord des parties : si elles

sont d’accord pour la distribution des sommes saisies arrêtées, un PV de

conciliation est dressée et les bordereaux de distribution immédiatement

délivrés. En cas de désaccord tant sur la créance elle-même que sur la

déclaration affirmative du tiers saisi, l’affaire est renvoyée à une nouvelle

audience fixée par le juge. En effet, l’ensemble des parties sont re-convoquées

et entendues contradictoirement ce qui débouche sur un jugement de validité.

Si le créancier à un titre exécutoire, l’instance a pour but de permettre au juge

de reconnaître la validité de la saisie et si la saisie a été faite sans titre

exécutoire, ce magistrat aura en outre à condamner le débiteur saisi au

montant de la créance du saisissant. Au sein de cette audience, le tiers saisi,

intervient pour faire connaître sa qualité de débiteur du saisi : Il y sera déclaré

débiteur de la créance du saisissant. En dernier lieu, le jugement de validité va

déclarer la saisie valable et ordonner que le tiers saisi videra ses mains entre

celles du saisissant jusqu’à concurrence de la créance la plus faible. Mais

même si le jugement intime l’ordre au tiers saisi de payer le créancier, le saisi

reste le débiteur principal. Ainsi si le tiers ne peut payer la totalité de la

créance, le saisi demeure débiteur pour le surplus. L’exécution du jugement se

solde par la procédure de distribution des deniers : si la somme est suffisante à

désintéresser tous les créanciers du saisi, le tiers saisi se libère valablement

entre leurs mains pour le montant de

leur créance et dans le cas contraire, il se libère valablement en la déposant au

greffe ou elle est l’objet d’une distribution par contribution .__

55