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Thème : la brevetabilité des inventions

Module : droit de la propriété intellectuelle

Préparé par :

 Kaoutar kholtei
 Hamza saidi
 Adil hamdini
 Mohammed amine hnida

Professeur :

 Mr.Aloui bouchta

Master : juriste d’affaires

Année universitaire : 2018-2019


Sommaire

PARTIE 1 : CONDITIONS DE BREVETABILITE ET


PROCEDURE D’OBTENTION DU BREVET

CHAPITRE 1 : CONDITIONS DE FOND :

CHAPITRE 2 : CONDITIONS DE FORME DE LA


BREVETABILITE :
PARTIE 2 : LES EFFETS DE LA BREVETABILITE

CHAPITRE 1 : DROIT D’AUTORISER ET D’INTERDIRE


L’EXPLOITATION :

CHAPITRE 2 : LES ACTIONS EN JUSTICE

1
INTRODUCTION

Dans le monde des affaires, un monde fondé sur les opérations d’échanges, des
transactions, concurrence, il s’agit d’un ensemble des actes et des activités
portantes sur des biens et des services , c’est un monde qui connait un
développement continu, chose qui impose aux différents acteurs d’adopter des
stratégies d’innovations et de création afin de garder leurs place sur le marché et
de promouvoir leurs activités.

Innovation est devenu un levier de développement dans les domaines industriels


et commerciales, il s’agit des inventions, qui traduisent la créativité humaine,
l’invention est le fruit d’un effort intellectuel de son créateur, c’est une réflexion
sur des choses nouvelles et une manifestation de l’intelligence de l’inventeur1, ce
dernier de nos jours a une grande importance dans les différents domaines de ses
créations sont considérés comme une source de richesse pour les entreprises, et
même pour la société civile.

l’inventeur mérite d’être récompensé par la reconnaissance d’un certain nombre


de droits sur ses inventions, et dans le souci de protection des inventions et la
lutte contre des agissements frauduleux qui portent sur l’invention, les
différentes législations à travers le monde ont instaurées un régime et un arsenal
juridique pour protéger les créations et les inventions des inventeurs, cette
branche de droit c’est le droit de la propriété intellectuelle, Les droits de
propriété intellectuelle sont des droits de propriété comme les autres ils
permettent au créateur, ou au propriétaire ou titulaire d’un brevet, d’une marque
ou d’une œuvre protégée par le droit d’auteur, de tirer profit de son travail ou de
son investissement dans une création, Ces droits sont énoncés à l’article 27 de la
Déclaration universelle des droits de l’homme, qui consacre le droit de chacun à
la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production
scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur2, La propriété
intellectuelle comporte deux branches du droit privé, l’une traditionnellement
rattachée au droit civil, l’autre au droit commercial :

1
R. YOUNES & M. OMAR – mémoire fin d’études «LE BREVET D’INVENTION » Année universitaire:
2009/2010 P : 6
2
https://www.wipo.int/edocs/pubdocs/fr/intproperty/450/wipo_pub_450.pdf consulté le 25-03-2019

2
– le droit de la propriété littéraire et artistique : La propriété littéraire et
artistique comprend deux types de droits : le droit d’auteur et les droits dits
voisins du droit d’auteur, que l’on nomme simplement droits voisins

– le droit de la propriété industrielle : La propriété industrielle regroupe le droit


des brevets, le droit des marques et le droit des dessins et des modèles

Donc les inventions sont protégées par le brevet d’invention, le brevet


d’invention est un titre de propriété industrielle dont l’objet est de protéger une
invention qui apporte une nouvelle solution à un problème technique.

L’arsenal juridique au Maroc en matière de la propriété intellectuelle est très


riche on trouve la loi 17-97 relative à la protection de la propriété industrielle
(2000) complétée par la loi 31-05 (2006) et la loi 23-13 (2014) on trouve aussi
la loi 9-94 sur la protection des obtentions végétales (1997) la loi 2-00 relative
aux droits d’auteur et droits voisins (2000) et la loi 17-94 relative aux activités
de production, d'édition, d'importation, de distribution, de reproduction et
d'exploitation des vidéogrammes destinés à l'usage privé du public (1995) sans
oublier la création d’une entité de contrôle à savoir l’ompic en vertu de la loi
13-99

Sur le plan international on trouve

 Convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle du 20


mars 1883

 L'Arrangement de Madrid du 14 avril 1891 concernant l'enregistrement


international des marques (révisé à Stockholm le 14 juillet 1967)

 Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle « APDIC »


signé à Marrakech le 15 avril 19943

 Traité sur le droit des brevets (PLT), adopté à Genève en 2000.

 Création d’OMPI : organisation mondiale de la propriété intellectuelle 14


juillet 1967

Donc la propriété intellectuelle avec ses deux branches : Les droits des auteurs
d'œuvres littéraires et artistiques et Les droits de la propriété industrielle et
commerciale, pour nous c’est les droits de la propriété industrielle et

3
Mireille Buydens - L'application des droits de propriété intellectuelle 2014 P : 9

3
commerciale qui nous intéressent, puisque les inventions font partie de cette
branche.

L’invention peut consister en la création d’un nouvel objet ou en l`amélioration


d’un objet existant, l’auteur de cette invention peut être un inventeur libre qui
agit d’une façon individuelle, en collaboration, ou bien il peut être un inventeur
salarié,

La protection présentée aux inventeurs encourage l’innovation et la productivité,


et favorise la concurrence loyale.

Ce qui nous mène à poser la problématique suivante quelles sont les conditions
pour qu’une invention soit protégée et les effets de cette protection ?

Afin de répondre à cette problématique on va suivre le plan suivant :

PARTIE 1 : CONDITIONS DE BREVETABILITE ET PROCEDURE


D’OBTENTION DU BREVET

PARTIE 2 : LES EFFETS DE LA BREVETABILITE

4
PARTIE 1 : LES CONDITIONS DE LA BREVETABILITE :

Pour qu’une invention soit protégée il doit remplir les conditions de fond
prévues par la loi (chapitre 1) et de forme à savoir procédure de dépôt et de
demande de brevet d’invention (chapitre 2)

Chapitre 1 : conditions de fond :

L’invention qui le fruit de la créativité humaine peut prendre plusieurs formes


(section 1) pour qu’elle soit protégée il faut la réunion d’un certain nombre de
conditions (section 2)

 Section 1 : typologie et conditions de brevetabilité

Paragraphe 1 : Typologie des inventions :

Les inventions brevetables ou bien les objets protégés, selon l’article 21 de la loi
17-97 « L’invention peut porter sur des produits, sur des procédés et
sur toute application nouvelle ou une combinaison de moyens
connus pour arriver à un résultat inconnu par rapport à l’état de la
technique. L’invention peut porter également sur des compositions
pharmaceutiques, des produits pharmaceutiques ou remèdes de
toute espèce y compris les procédés et appareils servant à leur
obtention » donc Plusieurs types d’inventions sont traditionnellement
distingués :

Les inventions de produits : Ces inventions portent sur un produit nouveau, qui
peut être défini comme « un corps déterminé ayant une composition ou une
structure particulière qui le distingue des autres corps ». Il peut donc s’agir
d’une substance ou composition telle que par exemple, un produit chimique,
pharmaceutique ou alimentaire.

Les inventions de procédés (ou de « moyens ») : selon article 52 de la loi 17-97


« Si l’objet du brevet porte sur un procédé, la protection conférée par
le brevet s’étend aux produits obtenus directement par ce procédé » , ,
les procédés sont des moyens, qui permettent d’obtenir un résultat particulier, ce

5
qui est inventif ici n’est pas le produit mais les moyens de leur obtention 4,
exemple d’un procédé de fabrication du vinaigre grâce à certaines bactéries
permettant la fermentation du vin, inventé par Pasteur, les procédés peuvent être
des secrets d’affaires, la non-divulgation constitue pour l’entreprise un avantage
sur ses concurrents5

L’application nouvelle de moyens connus : Ce type d’inventions consiste en


l’utilisation d’un moyen technique déjà connu, même sans le modifier, de
manière à obtenir un résultat différent de celui que le moyen avait produit
jusque-là. La nouveauté réside ici dans le rapport du moyen au résultat,
autrement dit c’est l’emploi d’un moyen connu pour obtenir un résultat
industriel auquel ce moyen n’avait pas encore servi.

La combinaison6 nouvelle de moyens connus : Elle consiste à associer de


manière nouvelle des moyens connus dans un but commun. Le résultat obtenu
par une telle invention ne doit pas nécessairement être nouveau, autrement dit
c’est l’utilisation de moyens connus dans une combinaison nouvelle pour
atteindre un résultat industriel. Seule la combinaison des moyens est brevetable
et non la simple juxtaposition, donc c’est l’association des moyens connus,
caractérisée par leurs rapports fonctionnels et leur disposition, qui est alors
protégée.7

Produits pharmaceutiques : Quand une société pharmaceutique développe


d'abord un médicament neuf à employer pour un état de la maladie, elle est au
commencement vendue sous une marque par laquelle les cliniciens peuvent
prescrire le médicament à l'usage des patients. Le médicament est couvert sous
la protection de brevet, ainsi il signifie que seulement on permet à la société
pharmaceutique qui retient le brevet de fabriquer, lance le médicament et réalise
sur le marché éventuellement le bénéfice à partir de lui8, Le but poursuivi par le
législateur est de stimuler la création de nouveaux médicaments

4
Pr. Sanae rifai – droit de la propriété intellectuelle. Cours S6 année universitaire 2017-2018 P : 24.
5
Pauline Grégoire-mémoire master « Le brevet d’invention : guide pratique » Année académique 2013-2014
P : 32.
6
Cette combinaison doit procurer un fonctionnement solidaire et une synergie d’ensemble des différents
organes la composant sinon on parle de simple juxtaposition. Par exemple, le simple fait de rajouter une
gomme au bout d’un crayon n’est qu’une juxtaposition car chacun des organes peut fonctionner isolément et
indépendamment de l’autre
7
Anais Boucher - L'essentiel du Droit des marques, brevets et design ED : STUDYRAMA 2016 P : 78
8
Ananya Mandal – article « Brevets de médicament et médicaments pharmaceutiques génériques » publié sur
www.news-medical.net consulté le 29-03-2019

6
Paragraphe 2 : les exclusions légales du domaine de la brevetabilité :

Selon l’article 23, ne sont pas considérés comme des inventions ces éléments :

1. les découvertes ainsi que les théories scientifiques et les méthodes


mathématiques : La notion de découverte se distingue de celle d’invention,
seule susceptible d’être protégée par le droit des brevets. Tandis que la
découverte consiste à mettre en lumière quelque chose qui préexiste, l’invention
consiste à créer quelque chose qui n’existe pas encore. Pour la même raison (le
défaut d’application directe dans l’industrie), les idées, les théories scientifiques
et les méthodes mathématiques sont également exclues en tant que telles du
champ de la brevetabilité.

2. les créations esthétiques : Le droit des brevets protègent les créations


techniques, non les créations esthétiques, lesquelles pourront éventuellement
jouir d'une protection par le droit d'auteur

3. la présentation d’informations : Les présentations d’information sont


également exclues en tant que telles du champ de la brevetabilité, c’est-à-dire
lorsqu’elles sont uniquement caractérisées (ou définies) par l’information
qu’elles contiennent. Il s’agit par exemple des cartes géographiques, des
systèmes de signalisation routière, des calendriers, des livres définis par leur
objet

4. les plans, principes et méthodes dans l’exercice d’activités intellectuelles,


ou en matière de jeu ou dans le domaine des activités économiques

5. programmes d’ordinateurs. Toutefois, sont brevetables les inventions dont


l’exécution implique l’utilisation d’un ordinateur, d’un réseau informatique ou
d’autre appareil programmable et présentant une ou plusieurs caractéristiques
réalisées totalement ou en partie par un ou plusieurs programmes d’ordinateurs.
Pour impliquer une activité inventive, une invention mise en œuvre par
ordinateur doit apporter une contribution technique

7
De même l’article 24 ajoute que ne sont pas brevetables :

1-les inventions contraires à l’ordre public ou aux bonnes mœurs : ce sont des
inventions exclues de la brevetabilité en raison de considérations éthiques

2-les méthodes de traitement chirurgical ou thérapeutique du corps humain


ou animal et les méthodes de diagnostic appliquées au corps humain ou
animal. : Les méthodes de traitement et de diagnostic étaient à l’origine exclues
de la brevetabilité comme n’étant pas susceptibles d’application industrielle

3- les variétés végétales ou les races animales ainsi que les procédés
essentiellement biologiques d’obtention de végétaux ou de sélection de races
d’animaux.

 Section 2 : examen sur l’état technique :

Pour qu’une invention puisse être protégée par un brevet et prétendre bénéficier
des droits conférés par ce titre, elle doit tout d’abord porter sur un objet
brevetable, puis satisfaire aux conditions de brevetabilité exigées par la loi,
selon article l’article 22 de la loi 17-97 « Est brevetable, dans tous les
domaines technologiques, toute invention nouvelle, impliquant une
activité inventive et susceptible d’application industrielle »

Selon l’article 26 « L’état de la technique est constitué par tout ce qui a


été rendu accessible au public par une description écrite ou orale, un
usage ou tout autre moyen, avant la date de dépôt de la demande de
brevet au Maroc, ou d’une demande de brevet déposée à l’étranger et
dont la priorité est valablement revendiquée »

d’après cette définition, l’état de la technique est constitué de toute information


divulguée n’importe où dans le monde - et pas seulement sur le territoire
national - et par n’importe quel moyen : expression écrite (demande de brevet

8
antérieure, brochure commerciale, publication dans des revues scientifiques ou
technologiques, article ou communiqué de presse, etc.), expression orale
(communication publique lors d’un cours ou d’un séminaire, présentation à un
salon d’exposition, sur une foire ou dans n’importe quel lieu public) ou usage
public9

Pour que l’invention soit brevetable :

L’invention doit être nouvelle : au terme de l’article 26 « Une invention est


considérée comme nouvelle si elle n’est pas comprise dans l’état de la
technique », une solution technique qui a déjà été divulguée au public n’est
pas brevetable, toute description ou publicité de l’invention, même par
l’inventeur lui-même, avant la date de dépôt du brevet détruit cette nouveauté.
On appelle cela une antériorité.10

L’invention doit être inventive : selon article 28 « Une invention est


considérée comme impliquant une activité inventive si, pour un
homme du métier11, elle ne découle pas d’une manière évidente de
l’état de la Technique », La détermination de l’activité inventive suppose
donc de procéder à une comparaison de l’invention avec l’état de la technique. Il
s’agit de déterminer si, du point de vue de l’homme du métier, l’invention ne
résultait pas de manière évidente de l’état de la technique, au contraire
l’invention doit enrichir l’état de la technique, il n’y a implication de l’activité
inventive que si l’invention revendiquée constitue un progrès significatif par
rapport à l’état de la technique dans sa globalité

L’invention doit être susceptible d’application industrielle : L’article 29


dispose « Une invention est considérée comme susceptible
d’application industrielle lorsqu’elle présente une utilité déterminée,
probante et crédible » Une invention est considérée comme susceptible
d'application industrielle si son objet peut être fabriqué ou utilisé dans tout genre

9
Guide sur le brevet d’invention publié par l’ompic P : 24
10
Bruguière jean-michel - Droit des propriétés intellectuelles éditeur : Ellipses 2011 P : 143
11
Celui qui possède les connaissances normales de la technique en cause et est capable à l'aide de ses seules
connaissances professionnelles de concevoir la solution du problème que propose de résoudre l'invention

9
d'industrie, y compris l'agriculture, l’invention doit pouvoir être fabriquée et
utilisée dans tout genre d’industrie.

CHAPITRE 2 : CONDITIONS DE FORME DE LA BREVETABILITE :


Un brevet d’invention doit être demandé conformément des formalités et des
exigences requises de manière impératives. Le dépôt d’une telle demande saisit
l’office marocain de la propriété industrielle, qui s’assure du respect des
conditions de la demande avant de décrire des suites à lui donner

 Section1 : Dépôt et examen de la demande de brevet :

Paragraphe1 : dépôt de la demande de brevet :


La demande peut être déposée par l’inventeur lui-même ou son mandataire,
conformément aux nuances entre l’inventeur indépendant ou l’inventeur salarié
et l’inventeur propriétaire national ou ressortissant d’un pays de l’union
nationale. De ce fait une invention peut bien se produire dans le cadre d’un
travail en entreprise12.

Seule cette personne a la qualité de déposer le dossier de demande de brevet


d’invention, et peut légalement se défendre contre toute personne désirant
s’approprier illégitimement ce droit (droit d’opposition).

Il est à souligner que le bénéfice du droit au brevet revient aux nationaux et


étrangers résidant au Maroc, comme aux détenteurs d’entreprises industrielles
ou commerciales au Maroc ou aux ressortissants des pays accordant au Maroc
l’égalité de traitement au sens de l’article 3 « Les ressortissants de chacun
des pays faisant partie de l’Union internationale pour la protection
de la propriété industrielle jouissent de la protection des droits de
propriété industrielle prévus par la présente loi sous réserve de
l’accomplissement des conditions et formalités qui y sont prévues ».

Les ayants droit détiennent les mêmes pouvoirs que le titulaire de l’invention,
c’est pourquoi ils peuvent déposer une demande d’enregistrement, tout comme
se défendre contre les tiers en cas d’usurpation de l’invention.

Le titulaire d'une demande de brevet ou son mandataire muni d'un pouvoir


spécial, peut, à compter de la date de dépôt et avant la date de publication de sa

12
Guide sur le brevet d’invention réalisé par L’OMPIC au soutien de l’Agence Américaine pour le
Développement International (USAID). Page 45.

10
demande, retirer cette demande de brevet par une déclaration écrite, sous réserve
des dispositions ci-après 13:

a) si des droits réels de licence ou de gage ont été inscrits au registre national des
brevets visé au 1er alinéa de l'article 58, la déclaration de retrait n'est recevable
que si elle est accompagnée du consentement écrit des titulaires de ces droits ;

b) si la demande de brevet est en copropriété, le retrait de la demande ne peut


être effectué que s'il est requis par l'ensemble des copropriétaires.

La mention de la demande retirée est inscrite par l'organisme chargé de la


propriété industrielle au registre national des brevets visé au 1er alinéa de
l'article 58.

Les titulaires du brevet :

Il peut s’agir d’une seule personne ou d’une copropriété avec une ou plusieurs
personnes, ou bien un salarié

 Les inventions des salariés :


On peut distinguer trois cas d’invention salariés
Invention de mission ou de service. L’invention a été réalisée par le salarié en
exécution de son contrat de travail qui comporte soit une « mission inventive »,
soit un travail « d’études et de recherches ». Ou bien l’employeur a confié
expressément une telle mission ou un tel travail à son salarié dont ce n’était pas
la tâche principale14. Elle appartient alors à l’employeur, mais l’inventeur salarié
a droit à un complément de salaire fixé dans le contrat, l’accord d’entreprise ou
la convention collective.
Invention « hors mission, attribuable » à l’employeur. L’invention a été créée
par le salarié dont ce n’était pas la mission, article 18 dispose « lorsqu’une
invention est faite par un salarié, soit dans le cours de l’exécution de
ses fonctions, soit dans le domaine des activités de l’entreprise, soit
par la connaissance ou l’utilisation de techniques ou de moyens
spécifiques à l’entreprise, ou de données procurées par elle »
 soit pendant les heures de bureau,

13
Article 40 de la loi 23-13 de la propriété industrielle.
14
CA Paris, 28 mars 2014, pôle 5, 2e ch., nº 13/11578, Fi murex Planchers Sarl c/L. PIBD 2014, nº 1005, III,
p.361.

11
 soit dans le domaine des activités de l’entreprise,
 soit en utilisant les moyens de l’entreprise,
Dans ces cas l’invention appartient au salarié, ce dernier doit en informer
immédiatement son employeur par déclaration écrite et envoyée par lettre
recommandée avec accusé de réception, L’employeur dispose d’un délai de six
mois à compter de la date de réception de la déclaration écrite pour se faire
attribuer la propriété ou la jouissance de tout ou partie des droits attachés à
l’invention de son salarié par le dépôt d’une demande de brevet auprès de
l’organisme chargé de la propriété industrielle, Les inventions hors mission
peuvent alors devenir la propriété de l’employeur si celui-ci en fait la déclaration
à son salarié Il doit dans ce cas lui verser un « juste prix », l'employeur devra
payer le « juste prix » du droit qu'il s'est fait attribuer, qui correspond davantage
à la valeur commerciale de l’invention, Le calcul du juste prix revient en
principe aux parties et en cas de litige au tribunal.
Invention libre. L’invention a été réalisée par le salarié en dehors de ses
fonctions, sans aucun lien avec celles-ci. Dans ce cas, elle lui appartient. Peu
importe alors sa condition de salarié. Celle-ci n’est pas prise en considération

Paragraphe2 : Examen du dossier de la demande :

Avant de délivrer un brevet d’invention, l’administration chargée de cette


délivrance procède à l’examen quant à la forme et/ou quant au fond

La procédure de dépôt d’un brevet d’invention est soumise à un certain nombre


des conditions. Le dépôt d’une demande de brevet d’invention est effectué sur
requête du déposant ou de son mandataire auprès de l’organisme chargé de la
propriété industrielle.

Cependant que cette requête doit répondre à un certain nombre d’exigences de


formalités concernant la régularisation du dossier de la brevetabilité.

Lorsque le dossier de dépôt comprend les pièces ainsi indiquées, la demande de


brevet est inscrite par ordre chronologique des dépôts au registre national des
brevets avec une date et un numéro de dépôt15.

Le dossier de dépôt d’une demande de brevet d’invention doit comporter 16:

15
DRISSI ALAMI MACHICHI. Droit commercial fondamental au Maroc. Ed En-najah. 2006. Page 386.
16
Article 31 de la loi 17-97.

12
a)- un formulaire de dépôt de demande de brevet d’invention dont le contenu est
fixé par voie réglementaire ;

b)- une description de l’invention et/ou une partie de cette description, qui
semble en constituer une, et/ou un renvoi à une demande déposée
antérieurement, sous réserve qu’elle soit accessible. Cette description peut être
fournie au moment du dépôt dans n'importe quelle langue.

c) une ou plusieurs revendications ;

d) les dessins auxquels se réfèrent la description ou les revendications ;

e) un abrégé ;

La date de dépôt de la demande de brevet est celle à laquelle le déposant ou son


mandataire a produit les pièces prévues au formulaire et la description. Le
dossier de demande de brevet ne comportant pas lesdites pièces n’est pas
recevable.

Lorsque le dossier de demande de brevet comprend les pièces visées aux (a) et
(b) ci-dessus, la demande de brevet, telle que prévue au (a) ci-dessus est inscrite
au registre national des brevets visé au 1er alinéa de l’article 58 avec date et
numéro de dépôt.

Sont fixées par voie réglementaire :

-les formalités et les pièces à joindre au document visé au (a) du présent article,

-les modalités d’application du renvoi et de l’accessibilité aux documents visés


au (b) du présent article.

Lorsque, à la date du dépôt, le dossier de demande de brevet ne comporte pas


une ou plusieurs pièces à joindre aux documents visés aux paragraphes (a) et (b)
de l’article 31, le déposant ou son mandataire dispose d’un délai de trois mois à
compter de la date de son dépôt pour régulariser son dossier17.

Au même courant le dossier doit être accompagné d’un descriptif de


l’invention de descriptif doit contenir18 :

1) l'indication du domaine technique auquel se rapporte l’invention ;

17
Article 32 de la loi 17.97
18
Article 34 de la loi 17.97.

13
2) l'indication de l'état de la technique antérieur, connu du demandeur, pouvant
être considéré comme utile pour la compréhension de l’invention ;

3) un exposé de l'invention, telle que caractérisée dans les revendications,


permettant la compréhension du problème technique ainsi que la solution qui lui
est apportée, sont indiqués, le cas échéant, les avantages de l'invention par
rapport à l'état de la technique antérieure ;

4) une brève description des dessins s'il en existe ;

5) un exposé détaillé d'au moins un mode de réalisation de l'invention, l'exposé


est en principe assorti d'exemples et de références aux dessins, s'il en existe ;

6) l'indication de la manière dont l'invention est susceptible d’application


industrielle, si cette application ne résulte pas à l'évidence de la description ou
de la nature de l'invention.

La description de l'invention doit exposer l'invention d'une façon suffisamment


claire et complète en divulguant des informations suffisantes permettant à un
homme du métier, sans expérimentation excessive, d'exécuter l'invention connue
de l'inventeur à la date du dépôt.

Ainsi l’article 37 dispose que la description ne droit pas contenir d'éléments ou


de dessins contraires à l'ordre public ou aux bonnes mœurs. Aussi la demande de
brevet ne peut comporter ni restrictions ni conditions, ni réserves.

Avant la délivrance du brevet et sur demande justifiée, le déposant ou son


mandataire, peut demander la rectification des fautes d'expression ou de
transcription ainsi que des erreurs matérielles relevées dans les pièces et
documents déposés19.

 Les instructions :
Cependant le dépôt de brevet peut être soumis à des instructions dont la nature
est administrative, technique, et de sécurité pour des raisons de la sécurité
nationale et de la législation nationale.

Ces pratiques sont légales et prévues par le décret n° 2-00-368, mais


généralement ces instructions portent sur l’état technique, c’est un examen
purement formel débouchant sur une délivrance automatique du brevet.

19
Article 39 de la loi 17-97.

14
Mais ce n'est pas non plus un examen approfondi de la demande portant sur la
brevetabilité de l’invention. En effet, la demande de brevet, qui peut certes se
heurter à certaines causes d’irrecevabilité ou de rejet limitativement énumérées,
fait l’objet d’une publication, donne lieu à l’établissement d’un rapport de
recherche et peut évoluer dans son objet . Les enseignements du rapport de
recherche, quels qu’ils soient, ne font pas en principe obstacle à la délivrance du
brevet. Ces cas sont décidés par les articles 43 et 58.

Les instructions sont généralement d’ordre sécuritaire soit pour des objectifs
de la sécurité nationale, de la législation nationale.

 Les revendications :
Les revendications définissent l'objet de la protection demandée en indiquant les
caractéristiques techniques de l'invention. Une revendication ne peut, sauf
absolue nécessité, se fonder pour exprimer les caractéristiques techniques de
l'invention, sur de simples références à la description ou aux dessins20.
Les revendications doivent être claires, concises et fondées sur la description.

Une invention revendiquée est suffisamment étayée par les informations


divulguées lorsque lesdits renseignements montrent raisonnablement à un
homme du métier que le demandeur était en possession de l’invention
revendiquée, à la date du dépôt de la demande de brevet de l’invention.

 Paiement des droits exigibles :

Les droits exigibles pour le maintien en vigueur d’un brevet d’invention sont
acquittés à l’organisme chargé de la propriété industrielle pour les années qui
suivent celle au cours de laquelle le brevet d’invention a été délivré. Le titulaire
d'un brevet d’invention qui n'a pas acquitté les droits exigibles pour le maintien
en vigueur de ses droits dans les délais prescrits encourt la déchéance desdits
droits21.

20
Article 35 de la loi 17-97.
21
Article 82 de la loi 17-97.

15
Toutefois, le paiement des droits exigibles peut être valablement effectué
pendant un délai supplémentaire de six mois courant à compter de la date de son
échéance.

L’article 82 dispose ainsi que lorsque le paiement des droits exigibles n'a pas
été effectué à la date de son échéance, un avertissement est adressé par
l'organisme chargé de la propriété industrielle au titulaire du brevet, ou à son
mandataire, lui indiquant qu'il encourt la déchéance de ses droits si le paiement
n'est pas effectué avant l'expiration du délai de six mois prévu au précédent
alinéa.

 Section 2 : la validation et la délivrance du brevet :

Pagraphe1 : De la délivrance du brevet :

Après le dépôt de la demande de brevet l’OMPIC procède à une recherche sur


l’état technique d’une invention, l’organisme peut opter à délivrance du brevet.

Les brevets sont délivrés après le délai, si aucune opposition n’intervienne, dix-
huit mois. Ils sont délivrés selon la date de leur dépôt et de leur demande selon
un calendrier et une périodicité prévue22. L’organisme chargé de la propriété
industrielle délivre le brevet d’invention, sous réserve des articles14 et 41, après
acquittement des droits exigibles23.

Les brevets sont délivrés en fonction de la date de dépôt de leur demande selon
un calendrier et une périodicité prévue par voie réglementaire.

L’organisme chargé de la propriété industrielle publie le brevet d’invention


délivré comprenant la description, les dernières revendications, les dessins s’il
en existe et le rapport de recherche définitif accompagné de l’opinion sur la
brevetabilité24.

Sur demande du déposant ou son mandataire, l’organisme chargé de la


propriété industrielle lui délivre le titre du brevet d’invention.

La décision de l’OMPIC suppose la conformité de la demande aux dispositions


juridiques.

22
DRISSI ALAMI MACHICHI. Droit Commercial fondamental au Maroc. Ed En-Najah. 2006. 391.
23
Article 46 de la loi 23-13.
24
Article 47 de la loi 23-13.

16
Quant à la délivrance d’un brevet, elle constitue une présomption de l’exactitude
de la procédure, sauf décision contraire émanant de l’autorité judiciaire
compétente. Toutefois, l’octroi d’un brevet ne signifie pas que l’invention a une
valeur technologique ou économique25.

Paragraphe2 : - La validation du brevet :

La demande de brevet est demandée auprès d’une organisation ou d’un


organisme chargé à cette quête, d’une manière réglementaire et par les autorités.
Une requête de validation doit être déposée auprès de l’organisme de
validation26.

Cette requête est assujettie à l’acquittement des droits exigibles. A l’expiration


d’un délai de dix-huit mois courant à compter de la date du dépôt, ou si une
priorité a été revendiquée, courant à compter de la priorité la plus ancienne,
l'organisme chargé de la propriété industrielle publie, sans délai, toute requête en
validation, après avoir été informé par l’organisme de validation de
l’acquittement des droits exigibles27.

Cette règle entraîne plusieurs difficultés car, entre le dépôt de la demande et la


délivrance du brevet et la validation, il se passe de longs mois pendant lesquels
le déposant ignore si son invention sera ou non protégée. Or, il ne peut pas
toujours attendre le résultat de la procédure pour commencer à exploiter son
invention et, le cas échéant, pour la défendre contre les actes qui devront être
qualifiés de contrefaçon si l’invention est finalement brevetée28.

A cet effet pour protéger l’invention brevetée une publication de la


brevetabilité s’effectue au Bulletin officiel29.

Ainsi au même sens que la procédure de la brevetabilité peut porter aussi sur la
délivrance des certificats d’additions.

Ainsi définie les certificats d’additions comme étant tout titre délivré pour
protéger les changements, perfectionnements ou additions apportés à un brevet,
sont donc des titres accessoires pour des inventions dont l’objet est rattaché à au

25
Guide sur les brevets d’inventions réalisé par l’OMPIC. Page 71.
26
Article 50.alinéa 2 de la loi 17-97relative à la propriété industrielle.
27
Article 50 alinéa 2 de la loi 17-97
28
Patrick TOFFAREAU, Cédric MONNERIE. Op.cit. page 393.
29
Document réalisé par Mme Ilham BENNANI, chef département Brevets, Dessins, et Modèles industriels à
l’OMPIC. Page 10.

17
moins une revendication d’un brevet principal. Le certificat d’addition obéit aux
mêmes critères de forme et de fond que le brevet. Cela veut dire que les mêmes
pièces à fournir en dossier de demande de la brevetabilité sont exigibles pour le
certificat d’additions.

De la suite les titulaires de ce droit sont soit le bénéficiaire30 de brevet ou bien


ses ayants droit, ainsi n’as pas de délai pour y afférer elle éligible à tout
moment.

le brevet est publié dans un catalogue officiel édité par l’organisme chargé de la
propriété industrielle. Ce document contient tous les actes transmettant,
modifiant ou affectant le droit attaché à une demande de brevet ou à un brevet.
L’organisme chargé de la propriété industrielle publie par ailleurs un catalogue
officiel des brevets d’invention délivrés ou figure les mentions et les actes
établis sur le brevet.

30
http://www.servicepublic.gouv.sn/index.php/demarche_administrative/demarche/2/602. Consulté le
1/04/2019.

18
PARTIE 2 : LES EFFETS DE LA BREVETABILITE :

Après avoir délivrer le brevet d’invention par l’organisme chargé et remis au


déposant ou à son mandataire, le brevet commence à produire des effets à savoir
les droits attachés au brevet d’invention (chapitre 1) et aussi la protection du
droit sur le brevet (chapitre 2)

Chapitre 1 : droit d’autoriser et d’interdire l’exploitation :


Un brevet est un titre de propriété industrielle qui confère à son titulaire un
monopole d'exploitation, sur l'invention brevetée à compter, en principe, de la
date de dépôt et pour une durée maximale de 20 ans, en vertu de ce droit le
titulaire du brevet peut autoriser l’exploitation de l’invention (section 1) ou de
refuser et d’interdire l’exploitation ( section 2)

 Section 1 : autorisation d’exploitation de l’invention :


tout titre de propriété intellectuelle le brevet d’invention confère à son titulaire
ou à ses ayants cause un droit exclusif d’exploitation conformément à l’article
16 de la loi 17-97 , ainsi l’article 51 dispose que les droits attachés à une
demande de brevet ou à un brevet d’invention prennent effet à compter de la
date du dépôt de la demande de brevet et confèrent à leur titulaire ou à ses
ayants droit le droit exclusif d’exploitation

Il importe en conséquence de déterminer le contenu de ce droit exclusif


d’exploitation ,31 Le titulaire du droit de brevet a l’usus – il peut utiliser lui-
même l’invention brevetée –, le fructus – il peut octroyer des licences à des tiers
et l’abusus – il peut céder son droit ou l’abandonner, totalement ou
partiellement, en renonçant à tout ou partie des revendications ou en les
modifiant32.

L’autorisation d’exploitation se traduit à travers les conventions passées sur les


brevets, Il existe deux grands contrats portant sur les brevets : la cession et la
licence, par ces deux conventions le titulaire du brevet d’invention autorise
l’exploitation de l’invention ainsi que tous les droits attachés au brevet
d’invention, conformément à l’article 56 de la loi 17-97 « Les droits attachés
à une demande de brevet ou à un brevet sont transmissibles en
totalité ou en partie. Ils peuvent faire l’objet, en totalité ou en partie,

31
Jean-luc Piotraut - droit de la propriété intellectuelle 2eme Edition P : 188
32
Patrick tafforeau • Cédric Monnerie avec la collaboration de Christian KPOLO -Droit de la propriété
intellectuelle 4eme Edition de 2014 P : 399

19
d’une concession de licence d’exploitation exclusive ou non exclusive,
ainsi que d’une mise en gage. »

Paragraphe 1 : cession du brevet d’invention :


Elle s’agit d’une opération de vente, c’est un contrat qui conduit à transférer, à
titre onéreux, les droits du propriétaire du brevet, le contrat de transmission du
droit sur le brevet contient impérativement le prix de la cession ou, à défaut,
qu’il soit possible de déterminer ce prix en ayant recours aux règles du DOC. Si
cette détermination n’est pas possible, le contrat sera qualifié en donation ou
sera susceptible de nullité, aussi le contrat de cession doit être constaté par écrit
selon l’article 57 de la loi 17-97 « Les actes comportant une transmission ou
licence sont constatés par écrit, sous peine de nullité ».

Le contrat de cession implique transfert de la propriété, le transfert de propriété


a lieu entre les parties au jour où est signé le contrat écrit ; à l’égard des tiers, à
partir de l’inscription au Registre national des brevets conforment à l’article 58
de la loi 17-97 « Tous les actes transmettant, modifiant ou affectant
les droits attachés à une demande de brevet ou à un brevet doivent,
pour être opposables aux tiers, être inscrits sur un registre dit
registre national des brevets , tenu par l’organisme chargé de la
propriété industrielle »
Le contrat de cession valablement formé commence à produire ses effets il s’agit
des obligations réciproques :

Pour le cédant : il a deux obligations de délivrance et de garantie :


La première est exécutée par la remise du titre de brevet, le cédant doit délivrer
le brevet au cessionnaire par une remise matérielle
La seconde se divise en garantie contre l’éviction le vendeur doit assurer au
cessionnaire une possession paisible du brevet Le vendeur ne peut pas évincer le
cessionnaire de la propriété du brevet. Il ne peut donc plus l'exploiter lui-même
ni agir en contrefaçon contre le cessionnaire, le cédant n'est pas garant des
évictions de fait mais il est garant des évictions de droit33
Et garantie des vices cachés couvre les vices juridiques (ex. nullité du brevet) et
les vices matériels (ex. impossibilité d’exploitation en raison d’un vice de
conception de l’invention). L’acheteur pourra prétendre à la restitution totale ou
partielle du prix et si le vendeur connaissait les vices, à des dommages-intérêts34,
le cédant ne garantit pas la mauvaise utilisation de l’invention ni la valeur
commerciale de l’invention brevetée

33
Philippe MALAURIE -Laurent AYNÈS -Pierre-Yves GAUTIER droit des contrats spéciaux 8eme édition 2016
P : 228
34
Patrick tafforeau • cédric Monnerie avec la collaboration de Christian KPOLO -Droit de la propriété
intellectuelle 4eme edition de 2014 P : 406

20
Pour le cessionnaire : Les obligations du cessionnaire peuvent être résumées
comme suit :
1) Il doit payer le prix stipulé au contra comptant ou échelonné,
2) l’acquittement des droits annuels (article 82) sous peine d’appliquer la teneur
de l’article 83 de la loi n° 17.97.

Paragraphe 2 : licence d’exploitation brevet :

La loi prévoit que le titulaire du brevet peut accorder des licences sur son droit,
la licence d’exploitation consiste en une autorisation d’exploiter tout ou partie
des droits résultants soit d’un brevet, soit seulement d’une demande de brevet,
autrement dit La licence de brevet se définit comme le contrat par lequel le
titulaire du brevet autorise un tiers le licencié, à exploiter le brevet en tout ou
partie, en contrepartie d'une rémunération appelée « redevances » ou « royalties
» ce contrat de concession est assimilable à la location35 , la licence
d’exploitation peut être limitée quant à son objet par exemple, licence de vente
et non de fabrication, Il est également possible de limiter la licence
territorialement et de ne l'accorder que pour une fraction du territoire protégé par
le brevet.

On trouve deux types de licence d’exploitation, Licence conventionnelle et


Licences concédées contre le gré du titulaire du brevet.

A- Licences conventionnelles :

C’est le cas où le titulaire du brevet accorde de façon volontaire le droit


d’exploitation, le titulaire du brevet n’est pas obligé de consentir une licence, il
existe deux types de licence d’exploitation dans ce cadre :

 Licence d’exploitation exclusive : La licence est exclusive lorsque le titulaire


du brevet s'interdit de consentir d'autres licences du même brevet, pour les
mêmes applications et sur le même territoire, Le concédant a alors
l’obligation de ne pas consentir d’autres licences sur le même brevet à des
tiers, Le caractère exclusif de la licence doit être stipulé car il ne se présume
pas 36
 Licence d’exploitation non exclusive : Elle concerne le cas où celui qui
concède la licence détient la faculté d’accorder cette dernière à plusieurs
personnes ou conserve le droit d’exploitation, et ce à côté de la licence

35
http://fr.jurispedia.org/index.php/Licence_de_brevet_(fr) consulté le 17-03-2019
36
Jean-Luc Piotraut - droit de la propriété intellectuelle 2eme Edition 2011 P : 192

21
concédée au tiers toutefois les parties peuvent toutefois convenir, dans le
contrat, que ces autres licences seront en nombre limité ou qu'elles ne
pourront être accordées qu'à certaines conditions.

Le contrat licence d’exploitation c’est un contrat conclu entre propriétaire du


brevet appelé concédant et un licencié en ce qui concerne les obligations
mises à la charge des parties au contrat de licence :

Pour le Concédant :
- il a une obligation de délivrer le brevet objet du contrat de licence
d’exploitation
- et une garantie d’éviction et de vice caché,
- et de maintenir la validité du brevet en acquittant les droits exigibles dans les
délais légaux

Pour le licencié :

- une obligation essentielle consistant dans le paiement du prix relatif à la


licence
- l’exploitation effective du brevet pour conserver la valeur de ce dernier,
spécialement dans le cas du bénéficiaire d’une licence exclusive, puisque tout
défaut d’exploitation de la part de celui-ci peut entraîner l’application du
droit de licence obligatoire37
- de s’engager à exploiter le droit issu du brevet selon les conditions stipulées
au contrat, sous peine d’être déclaré responsable pour toute violation d’une
obligation contractuelle ou pour concurrence déloyale, dans ce cadre Le
contrat de licence de brevet comporte une certaine dose d'intuitu personae. Il
en résulte que le licencié doit exploiter personnellement l'invention. Il ne peut
donc pas, sauf clause contraire l'y autorisant, consentir de sous-licences. La
sous-licence serait nulle, le sous licencié contrefacteur et le licencié
engagerait sa responsabilité contractuelle, les sous-licences sont soumises à
l’autorisation du concédant38
B- Licences concédées contre le gré du titulaire du brevet :

L’exploitation du brevet échappe parfois au titulaire du droit, brevet d’invention


se caractérise par son attachement à des droits qui exercent une influence
principalement sur la vie économique, mais parfois également sur les besoins
essentiels des citoyens, surtout dans des secteurs tels que la santé ou les produits
37
« Guide sur le brevet d’invention » publiée par l’ompic P : 108 www.ompic.org.ma
38
Jérôme Passa - Droit de la propriété industrielle Tome 2 Editeur : L.G.D.J 2013 P : 345

22
de base, c’est pour cette raison que le législateur n’a pas laissé l’exercice du
droit d’exploitation au bon vouloir du titulaire ,cela aurait en effet conduit à des
monopoles ou négligences. Il a donc mis en place des systèmes juridiques qui
offrent des solutions à des situations spéciales. Ces systèmes résident dans
certaines formes de concession des licences, c’est l’exploitation forcée des
brevets d’invention, il existe deux formes de licence imposée contre la volonté
du propriétaire licence obligatoire et Licence d’office

Licence obligatoire : c’est une sorte de licences forcées elle accordée pour
défaut d'exploitation selon article 60 de la loi 17-97 « Toute personne de
droit public ou privé peut, trois ans après la délivrance du brevet ou
quatre ans après la date de dépôt de la demande de brevet, obtenir
du tribunal une licence obligatoire de ce brevet »

L’article 60 détermine les situations dans lesquelles l’administration a le droit de


passer outre la volonté du propriétaire du brevet ou son ayant cause et
d’intervenir en accordant des licences d’exploitation à des tiers, l’article prévoit
que si au moment de la requête, et sauf excuses légitimes, le propriétaire du
brevet ou son ayant cause:

- n’a pas commencé à exploiter ou fait des préparatifs effectifs et sérieux pour
exploiter l’invention objet du brevet sur le territoire du Royaume du Maroc;
- n’a pas commercialisé le produit objet du brevet en quantité suffisante pour
satisfaire aux besoins du marché marocain
- lorsque l’exploitation ou la commercialisation du brevet au Maroc a été
abandonnée depuis plus de trois ans.

L’article 61 ajoute que La demande de licence obligatoire est formée auprès du


tribunal. Elle doit être accompagnée de la justification que le demandeur n’a pu
obtenir du propriétaire du brevet une licence d’exploitation à l’amiable
notamment à des conditions et modalités commerciales raisonnables et qu’il est
en état d’exploitation effective de l’invention, la licence obligatoire c’est une
licence non exclusive (article 62) donc le titulaire du brevet conserve son droit à
l’exploitation

Licence d’office : La licence d’office est un moyen à la disposition des pouvoirs


publics, visant la réalisation de l’intérêt général, une licence obligatoire peut être

23
accordée lorsque la protection par un brevet est contraire au bien
commun.39Selon la loi il existe trois sortes de licence d’office :

- les licences dans l’intérêt de la défense nationale. (Article 73)


- les licences dans l’intérêt de la santé publique. (Article 67)
- les licences dans l’intérêt de l’économie nationale (article 71)

Les licences dans l’intérêt de la défense nationale. : Elles peuvent être


délivrées à tout moment au profit de l’État, Elle peut être accordée d’office et à
tout moment, que l’exploitation soit faite par l’État lui-même ou pour son
compte, La licence d’office est accordée à la demande de l’administration
chargée de la défense nationale par un acte administratif. (Article 75)

les licences dans l’intérêt de la santé publique : selon article 67 « Si l’intérêt


de la santé publique l’exige, les brevets délivrés pour des
médicaments, pour des procédés d’obtention de médicaments, pour
des produits nécessaires à l’obtention de ces médicaments ou pour
des procédés de fabrication de tels produits, peuvent, au cas où ces
médicaments ne sont mis à la disposition du public qu’en quantité ou
qualité insuffisante ou à des prix anormalement élevés, être
exploités d’office. L’exploitation d’office est édictée par un acte
administratif à la demande de l’administration chargée de la santé
publique. »

Donc pour permettre la diffusion de médicaments mis à la disposition du public


en quantités suffisantes ou à des prix modérés, ministère de la Santé publique
peut demander à l'autorité gouvernementale chargée de l'industrie et du
commerce (article 26 du Décret n° 2-00-368) de soumettre tel brevet de
médicament (ou assimilé) au régime de la licence d’office, contrairement à la
licence obligatoire qui est accordée par le tribunal.

Les licences dans l’intérêt de l’économie nationale : l’administration peut


présenter une demande de licence à l’autorité gouvernementale chargée de
l’industrie et du commerce, qui envoie une mise en demeure aux propriétaires de
l’invention afin d’entreprendre l’exploitation de cette dernière de façon à
satisfaire les besoins de l’économie nationale (article 71).

39
Magloire AKOGBETO – mémoire master « L'accès aux médicaments et le droit des brevets » Université Jean
Moulin Lyon 3 année universitaire 2004-2005 P : 76

24
 Section 2 : droit d’interdire l’exploitation :

La propriété d’un brevet d’invention confère le droit d’interdire aux tiers


d’effectuer toute forme d’exploitation, d’utilisation et de disposition se
rapportant à ce brevet sans avoir préalablement obtenu le consentement du
titulaire de ce dernier, sous peine qu’elle soit considérée comme une atteinte au
droit sur le brevet susceptible de donner lieu à des sanctions pénales et civiles à
l’encontre de l’auteur des agissements précités.

La loi n° 17.97 énumère, dans ses articles 53 et 54, les actes interdits d’être
accomplis sans le consentement du titulaire du brevet :

a) Par rapport aux produits

• La fabrication du produit objet du brevet aux fins de commercialisation.

• L’offre du produit objet du brevet aux fins de commercialisation.

• La mise dans le commerce du produit objet du brevet.

• L’utilisation du produit objet du brevet aux fins de commercialisation et


l’importation du produit objet du brevet aux fins de commercialisation.

• La détention du produit objet du brevet aux fins de commercialisation.

b) Par rapport aux procédés

• L’utilisation d’un procédé objet du brevet sur le territoire marocain lorsque les
circonstances rendent évident que l’utilisation du procédé est interdite sans le
consentement du propriétaire du brevet.

• L’offre d’utilisation d’un procédé objet du brevet sur le territoire marocain


lorsque les circonstances rendent évident que l’utilisation du procédé est
interdite sans le consentement du propriétaire du brevet.

c) Par rapport à un produit obtenu directement par le procédé objet du


brevet

• L’offre du produit obtenu directement par le procédé objet du brevet à des fins
commerciales

. • La mise dans le commerce du produit obtenu directement par le procédé objet


du brevet.

25
• L’utilisation du produit obtenu directement par le procédé objet du brevet à
des fins commerciales.

• L’importation du produit obtenu directement par le procédé objet du brevet à


des fins commerciales.

• La détention du produit obtenu directement par le procédé objet du brevet à des


fins commerciales.

 Sont également interdites, conformément à l’article 54 :

• la livraison, sur le territoire marocain, des moyens mis en œuvre de l’invention


et se rapportant à un élément essentiel de celle-ci à une personne autre que celle
habilitée à exploiter l’invention brevetée, lorsque le tiers sait ou lorsque les
circonstances rendent évident que ces moyens sont aptes et destinés à cette mise
en œuvre, sauf si le propriétaire du brevet y consent

• l’offre de livraison, sur le territoire marocain, des moyens mis en œuvre de


l’invention et se rapportant à un élément essentiel de celle-ci à une personne
autre que celle habilitée à exploiter l’invention brevetée, lorsque le tiers sait ou
lorsque les circonstances rendent évident que ces moyens sont aptes et destinés à
cette mise en œuvre, sauf si le propriétaire du brevet y consent.

Chapitre 2 : les actions en justice :

La loi 17.97 régit les modalités de la protection du droit lié au brevet. On peut
citer, d’une part, la protection antérieure à l’émission du brevet, qui consiste en
la protection temporaire dans les expositions (section 1); et d’autre part, la
protection concomitante ou postérieure à l’émission du brevet, donnant lieu au
recours à différentes actions en justice (section 2)

 Section 1 : la protection temporaire dans les expositions


La loi n° 17.97 a mis en place une protection temporaire en vertu de laquelle est
conféré un droit de priorité attaché à l’inscription et à l’acquisition d’un titre de
propriété. La durée de cette protection, fixée à six mois à dater de l’ouverture
officielle de l’exposition, est incorporée au délai de priorité prévu à l’article 7 de
la loi n° 17.97, et ce, conformément aux articles 186 à 188. Cette protection
trouve sa base dans les conventions internationales. La condition essentielle
pour jouir de cette protection réside dans le fait de présenter l’invention dans des
expositions internationales officielles ou officiellement reconnues (art. 26). En

26
outre, il importe de prendre les précautions nécessaires lorsqu’on expose
l’invention, en s’assurant que deux exigences sont respectées :

• l’organisation de l’exposition sur le territoire de l’un des pays de l’Union


internationale pour la protection de la propriété industrielle ;

• la présentation de l’invention pour la première fois dans l’exposition

 Section 2 : la défense des droits et différentes actions en justice :


Il existe plusieurs sortes d’atteinte au droit de la propriété industrielle et
intellectuelle, mais les plus fréquentes restent la contrefaçon et concurrence
déloyale à cet effet le législateur marocain a instauré ce qu’on appelle l’action
en contrefaçon et action en concurrence déloyale à côté de ces actions on trouve
d’autres actions à savoir action en revendication de la propriété du brevet et
action en nullité du brevet, ces actions40 représentent les meilleurs moyens de
protection contre les atteintes que le titulaire du droit sur le brevet pourrait subir,

Paragraphe 1 : action en revendication de la propriété du brevet :

Elle peut être exercée lorsqu’une demande de brevet a été déposée, et un brevet
le cas échéant déjà obtenu, par une personne qui n’avait pas droit au brevet,
parce qu’elle était ni l’inventeur ou l’un des inventeurs, éventuellement le
second, ni son ayant cause. Dès lors que ni la loi, ni un contrat, ne lui conférait
de droit au brevet41, L'action en revendication de brevet est intentée par le
véritable titulaire du brevet à l'encontre de la personne physique ou morale qui a
procédé frauduleusement au dépôt de la demande de brevet en son nom, le
principe donc il n’est pas permis à une personne autre que l’inventeur de
requérir l’inscription de l’invention auprès de l’OMPIC, donc L’objectif de
l’action intentée afin d’obtenir un titre de propriété du droit sur le brevet est de
permettre de restituer ledit titre à son titulaire légal

Cette action est prévue par l’article 19 qui dispose « Si un titre de propriété
industrielle a été demandé soit pour une invention soustraite à
l’inventeur ou à ses ayants droit, soit en violation d’une obligation
légale ou conventionnelle, la personne lésée peut revendiquer,
devant le tribunal, la propriété du titre délivré. L’action en
40
Selon l’article 15 de la loi 17-97 Seuls les tribunaux de commerce sont compétents pour connaître de tout
litige né de l’application de la présente loi, à l’exception des actions pénales et des décisions administratives
qui y sont prévues.
41
Jérôme Passa - Droit de la propriété industrielle Ed : 2013 P : 274

27
revendication se prescrit par trois ans à compter de la date de
l’inscription du titre au registre national des brevets, Toutefois, en
cas de mauvaise foi au moment de la délivrance ou de l’acquisition
du titre, le délai de prescription est de trois ans à compter de
l’expiration du titre »

Paragraphe 2 : l’action en nullité :

L’action en nullité est une action exercée par toute personne ou le ministère
public, par laquelle on demande au tribunal de prononcer l’annulation totale ou
partielle du titre du brevet, Cette action tend à sanctionner l’absence des
conditions de validité d’un brevet.

Selon l’article 85 La nullité du brevet est prononcée par le tribunal à la


demande de toute personne ayant intérêt :

 si l’invention n’est pas brevetable aux termes des dispositions de la loi


 si la description de l’invention n’expose pas l’invention d’une façon
suffisante pour qu’un homme du métier puisse l’exécuter
 si l’objet de l’invention s’étend au-delà de la demande telle qu’elle a été
déposée

 Si les revendications ne définissent pas l’étendue de la protection demandée

Paragraphe 3 : la contrefaçon

La contrefaçon42 est le fait de poser un acte nécessitant le consentement du


breveté à propos d’un produit ou procédé entrant dans le champ du brevet, sur le
territoire où ce brevet est en vigueur43, d’une façon générale c’est toute atteinte
portée aux droits du propriétaire du brevet par le fait de la reproduction ou
l’exploitation non autorisée d’une invention brevetée. Le titulaire d’un brevet
possède le droit d’intenter une action en contrefaçon pour validité de cette
action il faut respecter un certain nombre de conditions :

Pour la validité de l’action d’abord il faut l’existence d’un acte de contrefaçon


La loi n° 17.97 a mis l’accent sur le fait que celui qui intente l’action en
contrefaçon doit impérativement posséder un brevet délivré dont les droits sont
maintenus en vigueur et ne tombent pas sous le coup de la déchéance pour non-
42
Définie par l’article 201
43
Mireille Buydens- L'application des droits de propriété intellectuelle ED : 2014 P : 406

28
acquittement des droits exigibles (article 82). De plus, l’inscription doit toujours
figurer au registre national des brevets ; en effet, cette dernière atteste que le
brevet est toujours valide et permet également de déterminer la qualité du
demandeur ou du plaignant dans le cadre de l’action en contrefaçon, à savoir s’il
s’agit du titulaire du droit lui-même ou de la personne autorisée à exploiter le
brevet. (Article 202)

En ce qui concerne les éléments constitutifs :

L’élément matériel : selon article 201 de la loi 17-97 constitue contrefaçon :

L’offre - la mise dans le commerce - la reproduction - l’utilisation -la détention


en vue de l’utilisation ou la mise dans le commerce d’un produit contrefait

Dans le cadre de la contrefaçon on distingue entre deux notions même si que ces
notions ne sont pas utilisées par la loi
La notion de « contrefaçon directe » reprend les actes d’utilisation directe de
l’invention objet du brevet (fabrication, mise dans le commerce, utilisation,
etc...).
La contrefaçon indirecte vise quant à elle les hypothèses où un tiers, sans utiliser
lui-même l’invention brevetée, offre les moyens de mettre en œuvre cette
invention à autrui (qui sera, lui, éventuellement contrefacteur « direct »).

Afin de déterminer si un acte constitue une atteinte à un brevet, il importe tout


d’abord de déterminer l’étendue de la protection conférée par le brevet, article
52 dispose que « L’étendue de la protection conférée par le brevet est
déterminée par la teneur des revendications. Toutefois, la
description et les dessins peuvent servir à interpréter les
revendication » L’étendue de l’objet protégé par un brevet doit ainsi être
déterminée sur base des revendications.

L’élément moral : en matière pénale l’article 213 dispose « Toute atteinte


portée sciemment aux droits du propriétaire d’un brevet tels qu’ils
sont définis aux articles 53 et 54 ci-dessus constitue une contrefaçon
et est punie d’une peine de deux à six mois d’emprisonnement et
d’une amende de 50.000 à 500.000 dirhams ou de l’une de ces deux
peines seulement », donc le défendeur ne pourra être condamné que si
l’élément intentionnel est établi

Au civil, le régime est moins simple. Certains professionnels sont traités avec
une plus grande sévérité. Il faut distinguer selon deux catégories de
contrefacteurs :

29
 Les actes commis par le fabricant ou l’importateur (contrefaçon directe),
sont sanctionnés civilement sans que le demandeur ait à établir l’existence
d’un élément intentionnel, Il ne s’agit pas d’une présomption de mauvaise
foi simplement, l’élément matériel de la contrefaçon suffit à constituer la
contrefaçon. C’est un délit civil non intentionnel. Ainsi, le fabricant ou
l’importateur sera condamné dès lors qu’il aura fabriqué ou importé un
produit breveté sans autorisation.
 les actes commis par des tiers autres que le fabricant et l’importateur
(contrefaçon indirecte) ne constituent une contrefaçon que s’ils ont été
commis « en connaissance de cause » autrement dit, de mauvaise foi

L’action en contrefaçon donne lieu à deux types de procédure : pénal et civil ; et


chacun d’entre eux est soumis à des règles de compétence qui lui sont propres.
Donc on est devant deux types de sanctions :

Sanctions civiles : la contrefaçon engage la responsabilité civile de son auteur


chose donne lieu à des dommages et intérêts aussi on trouve d’autres sanctions
civiles tels que l’interdiction de continuer la contrefaçon destinée à limiter le
préjudice subi par la victime de la contrefaçon tels que prévu par l’article 212
« Sur la demande de la partie lésée, et autant que la mesure s’avère
nécessaire pour assurer l’interdiction de continuer la contrefaçon »,
aussi la juridiction peut ordonner à la demande de la partie lésée que les
produits reconnus comme produits contrefaisants et les matériaux et instruments
ayant principalement servi à leur création soient rappelés des circuits
commerciaux, écartés définitivement de ces circuits, détruits ou confisqués au
profit de la partie lésée article 212 ajoute « le tribunal pourra ordonner la
confiscation, au profit du demandeur, d’objets reconnus contrefaits,
qui sont la propriété du contrefacteur à la date de l’entrée en vigueur
de l’interdiction, et, le cas échéant, celle des dispositifs ou moyens
spécialement destinés à la réalisation de la contrefaçon »

Sanction pénales : par le fait de déclencher une action publique à ce propos


l’article 205 dispose « L’action publique ne peut être exercée que sur la
plainte de la partie lésée sauf en cas d’infraction aux dispositions
prévues au a)de l’article 24 et des articles 113 et 135 ci-dessus pour
lesquelles le ministère public est compétent. »

30
Paragraphe 4 : concurrence déloyale :

Tout commerçant doit s’attendre à subir une concurrence de la part


d’exploitation voisine. Mais il ne pourra s’en plaindre que dans la mesure où elle
revêt un caractère déloyal44, fondement de l’industrie et du commerce réside
dans la liberté d’entreprise et de la concurrence, ladite liberté est supposée
devoir être exercée sans porter atteinte aux intérêts des tiers. Toute transgression
de cette limite est considérée comme illicite et donne lieu à responsabilité si un
préjudice résulte de cet acte, que ce dernier soit intentionnel ou pas, L’acte de
concurrence déloyale est un acte qui viole l’usage établi par des professionnels
dans un secteur déterminé et susceptible d’engendrer un préjudice

Selon article 184 Constitue un acte de concurrence déloyale, tout acte de


concurrence contraire aux usages honnêtes en matière industrielle ou
commerciale. Sont notamment interdits :

1. tous faits quelconques de nature à créer une confusion par n’importe quel
moyen avec l’établissement, les produits ou l’activité industrielle ou
commerciale d’un concurrent ;

2. les allégations fausses dans l’exercice du commerce de nature à discréditer


l’établissement, les produits ou l’activité industrielle ou commerciale d’un
concurrent ;

3. les indications ou allégations dont l’usage dans l’exercice du commerce est


susceptible d’induire le public en erreur sur la nature, le mode de fabrication, les
caractéristiques, l’aptitude à l’emploi ou la quantité des marchandises.

Les actes précités peuvent être répartis selon les points suivants45 :

Création d’un risque de confusion dans l’esprit du public

Il consiste dans le fait de commettre des actes de n’importe quelle manière


susceptible de créer une confusion avec l’établissement d’un concurrent ou avec
ses produits ou son activité industrielle ou commerciale.

Fausses allégations

44
Marie Anne frison roche – droit commercial Edition Dalloz 2015 P : 327
45
www.superprof.fr consulté le 20-04-2019

31
Il rentre dans le cadre de ce cas toute allégation visant à dénigrer ou ruiner la
réputation du titulaire du droit afin d’éloigner les personnes qui traitent avec ce
dernier, à titre d’exemple, dans le domaine du brevet, le fait de prétendre qu’un
produit dont le brevet d’invention a été obtenu est nuisible à la santé ou
susceptible de provoquer des maladies chroniques.

Indications trompeuses

Ce type d’acte de concurrence déloyale vise à porter atteinte aux moyens de


production ou aux moyens et méthodes de commercialisation en induisant le
public en erreur sur le procédé de fabrication des produits ou leurs
caractéristiques ou leur quantité ou leur aptitude à être utilisés.

En ce qui concerne les sanctions l’article 185 précise que Les faits de
concurrence déloyale ne peuvent donner lieu qu’à une action civile en cessation
des actes qui la constituent et en dommages intérêts.

32
CONCLUSION
Donc on a vu, les différents aspects de la vie d’un brevet, la procédure
applicable, le régime juridique des conditions de brevetabilité, ainsi que les
effets consécutifs à la brevetabilité. Et d’autre coté les voies de recours et les
actions consacrés par la loi si vous étiez victime.

Ainsi, on peut dire que le développement des climats des affaires au Maroc et
partout dans le monde a évolué ainsi que les périmètres des systèmes juridiques
de la propriété intellectuelle, en parallèle avec la mondialisation on peut arriver
à une certaine ouverture sur le monde, cette ouverture exige une modernisation
de l’arsenal juridique marocain. Ici la question qui se pose est ce qu’on va finir
avec un code de la propriété intellectuelle et industrielle unifié ? Et si les
dispositions légales disponibles de nos jours sont suffisantes pour dire que les
droits de la propriété intellectuelle sont protégés.

33
BIBLIOGRAPHIE :

 Ouvrages :
 Guide brevet d’invention réalisé par l’OMPIC.
 Marie Anne frison roche – droit commercial Edition Dalloz
2015.
 Mireille Buydens- L'application des droits de propriété
intellectuelle ED : 2014.
 Jérôme Passa - Droit de la propriété industrielle Ed : 2013.
 Patrick TOFFAREAU, Cédric MONNERIE. Droit de la
propriété intellectuelle. 4ème édition. Ed Gualino.

 Thèses et mémoires :
 R. YOUNES & M. OMAR – mémoire fin d’études «LE
BREVET D’INVENTION » Année universitaire : 2009/2010.

 Pauline Grégoire-mémoire master « Le brevet d’invention :


guide pratique » Année académique 2013-2014.

 Lois et règlements :
 Code de commerce.
 La loi 17-97 relative à la protection de la propriété industrielle
telle que modifiée et complétée par les lois 23-13 et 31-05
 Décret n° 2-14-316 modifiant et complétant le décret n°2-00-368

 Webographie :
 www.Ompic.ma
 www.wipo.int
 fr.jurispedia.org
 www.minilex.fr
 www.superprof.fr

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TABLE DES MATIERES :

INTRODUCTION 2

PARTIE 1 : LES CONDITIONS DE LA BREVETABILITE : 5

CHAPITRE 1 : CONDITIONS DE FOND : 5


 SECTION 1 : TYPOLOGIE ET CONDITIONS DE BREVETABILITE 5
Paragraphe 1 : Typologie des inventions : 5
Paragraphe 2 : les exclusions légales du domaine de la brevetabilité : 7
 SECTION 2 : EXAMEN SUR L’ETAT TECHNIQUE : 8
Pour que l’invention soit brevetable : 9
CHAPITRE 2 : CONDITIONS DE FORME DE LA BREVETABILITE : 10
 SECTION1 : DEPOT D’EXAMEN DE LA DEMANDE DE BREVET : 10
Paragraphe1 : dépôt de la demande de la brevetabilité : 10
Paragraphe2 :- Examen du dossier de la demande : 12
 SECTION 2 : LA VALIDATION ET LA DELIVRANCE DU BREVET : 16
Pagraphe1 : -De la délivrance du brevet : 16
Paragraphe2 : - La validation du brevet : 17

PARTIE 2 : LES EFFETS DE LA BREVETABILITE : 19

CHAPITRE 1 : DROIT D’AUTORISER ET D’INTERDIRE L’EXPLOITATION : 19


 SECTION 1 : AUTORISATION D’EXPLOITATION DE L’INVENTION : 19
Paragraphe 1 : cession du brevet d’invention : 20
Paragraphe 2 : licence d’exploitation brevet : 21
 SECTION 2 : DROIT D’INTERDIRE L’EXPLOITATION : 25
CHAPITRE 2 : LES ACTIONS EN JUSTICE : 26
 SECTION 1 : LA PROTECTION TEMPORAIRE DANS LES EXPOSITIONS 26
 SECTION 2 : LA DEFENSE DES DROITS ET DIFFERENTES ACTIONS EN JUSTICE : 27
Paragraphe 1 : action en revendication de la propriété du brevet : 27
Paragraphe 2 : l’action en nullité : 28
Paragraphe 3 : la contrefaçon 28
Paragraphe 4 : concurrence déloyale : 31

CONCLUSION 33

BIBLIOGRAPHIE : 34

35
36