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Moteurs asynchrones

Choix et problèmes connexes


par Maxime DESSOUDE
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure d’Électricité et de Mécanique de Nancy
Ingénieur-Chercheur du Département Machines Électriques à la Direction des Études
et Recherches d’Électricité de France

Cet article est une mise à jour du texte rédigé par Michel FALLOU. Une grande partie de ce
texte a été conservée.

1. Caractéristiques ....................................................................................... D 3 490 - 2


1.1 Généralités ................................................................................................... — 2
1.2 Moteur asynchrone triphasé....................................................................... — 3
1.3 Moteur asynchrone monophasé ................................................................ — 4
2. Différents types de moteurs asynchrones........................................ — 5
2.1 Généralités ................................................................................................... — 5
2.2 Rotor bobiné ................................................................................................ — 5
2.3 Rotor à cage ................................................................................................. — 5
2.4 Rotor à double cage .................................................................................... — 5
2.5 Rotor à encoches profondes....................................................................... — 5
3. Choix du moteur monophasé ............................................................... — 6
3.1 Comparaison entre moteur monophasé et moteur triphasé ................... — 6
3.2 Démarrage des moteurs monophasés ...................................................... — 7
4. Choix des caractéristiques.................................................................... — 7
4.1 Tension nominale ........................................................................................ — 7
4.2 Réduction du courant de démarrage ......................................................... — 9
4.3 Détermination du couple ............................................................................ — 10
4.4 Puissance nominale et service nominal .................................................... — 12
4.5 Rendement ................................................................................................... — 12
4.6 Conception ................................................................................................... — 13
5. Perturbations de la tension................................................................... — 14
5.1 Origine .......................................................................................................... — 14
5.2 Répercussions des coupures brèves.......................................................... — 14
5.3 Répercussions des creux de tension.......................................................... — 15
5.4 Contacteurs .................................................................................................. — 15
6. Vitesse variable ........................................................................................ — 15
6.1 Intérêt............................................................................................................ — 15
6.2 Réglage discontinu de la vitesse ................................................................ — 16
6.3 Réglage continu de la vitesse ..................................................................... — 17
6.4 Choix des variateurs de vitesse pour moteurs asynchrones ................... — 21
7. Conclusion ................................................................................................. — 23
6 - 1996

Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. D 3 491

e moteur asynchrone est de beaucoup le moteur le plus utilisé dans toutes


L
D 3 490

les applications industrielles ou domestiques de l’électricité, du fait de sa


facilité d’installation, de son bon rendement et de son excellente fiabilité.
Il existe plusieurs types de moteurs asynchrones : monophasé, triphasé à cage,
triphasé à rotor bobiné (§ 1 et § 2).

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La généralisation actuelle, au moins en Europe, des réseaux triphasés fait que


les moteurs monophasés, dont les performances sont inférieures à celles de leurs
homologues triphasés, ne sont plus employés que dans des applications
particulières où les puissances sont limitées à quelques kilowatts et où
l’alimentation se fait à basse tension (§ 3).
Plusieurs caractéristiques, dont les principales font l’objet de normalisation,
conduisent donc au choix d’un moteur asynchrone pour une application donnée :
la puissance nominale, le service nominal, la tension d’alimentation, le mode
de construction mécanique et le degré de protection des enveloppes (§ 4). Il faut
aussi veiller à ce que le démarrage se fasse dans de bonnes conditions pour le
moteur et la machine entraînée ainsi que pour le réseau d’alimentation. Deux
facteurs non complètement indépendants sont ainsi à surveiller : le couple et
l’intensité du courant de démarrage. Ces facteurs peuvent ainsi conduire à
orienter le choix technologique du moteur.
Le bon fonctionnement des moteurs peut être altéré par les perturbations de
la tension provoquées par les incidents de nature aléatoire intervenant sur les
réseaux et les installations électriques, qui résultent du fonctionnement des
automatismes de protection. Des précautions de mise en œuvre peuvent être
employées pour réduire la sensibilité des moteurs aux perturbations de types
creux de tension ou coupures brèves (§ 5).
En outre, avec les progrès de l’électronique de puissance, les utilisations de
la variation électronique de vitesse des moteurs se sont développées, en
particulier pour les applications industrielles. Il existe maintenant plusieurs
technologies d’entraînements à vitesse variable utilisant des moteurs
asynchrones qui couvrent une gamme très étendue de puissances et
d’applications (§ 6). La technologie du convertisseur de fréquence à onduleur de
tension commandé en modulation de largeur d’impulsions associé à un moteur
asynchrone à cage tend à s’imposer comme la solution de référence pour des
puissances atteignant quelques centaines de kilowatts.

Notations et symboles principaux Liste des Indices

Symbole Unité Définition 1 primaire

C N·m couple (C D : démarrage, C r : résistant) 2 ou r rotor


f Hz fréquence
g ............. glissement D démarrage
I A courant
L H inductance n nominal
 H inductance de fuites
N tr/min vitesse réelle s synchronisme
Ns tr/min vitesse de synchronisme
P W puissance active
u utile
p ............. nombre de paires de pôles
Q var puissance réactive
R Ω résistance rotorique
S VA puissance apparente
U V tension composée 1. Caractéristiques
V V tension simple
α ............. coefficient de stabilité (= C max /C n)
η ............. rendement (ηr : rotor) 1.1 Généralités
ωm rad/s pulsation mécanique (vitesse du rotor)
ωr rad/s pulsation des courants induits (= g ωs ) Le moteur asynchrone, fréquemment appelé moteur à induction,
ωs rad/s pulsation des courants inducteurs comporte :
— un enroulement polyphasé inducteur, réparti sur une armature
cylindrique et parcouru par un système de courants polyphasés qui
engendre un champ tournant ;

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— un second enroulement polyphasé, placé coaxialement de


façon qu’il soit balayé par le champ tournant qui y induit un deuxième
système de courants polyphasés.
■ De l’action du champ tournant inducteur sur les courants induits
(qui créent à leur tour un champ tournant secondaire ayant la même
vitesse angulaire que le champ inducteur) naît un couple électro-
magnétique dont la valeur moyenne n’est, en règle générale, pas
nulle.
Normalement l’enroulement inducteur est fixe (stator), l’enrou-
lement induit est mobile (rotor). Sauf dans quelques cas particuliers
de fonctionnement, ce dernier enroulement est fermé sur lui-même,
Figure 1 – Schéma monophasé équivalent
et les courants induits n’en sortent pas.
d’un moteur asynchrone triphasé
■ Il résulte, du principe même du moteur asynchrone [15] que le
rotor soumis à son seul couple électromagnétique ne peut tourner à I1 est le courant primaire,
une vitesse angulaire égale à celle du champ tournant inducteur (dite
vitesse de synchronisme) : si, par un artifice quelconque, on le I2 est le courant rotorique ramené au stator,
portait à cette vitesse, il ne serait plus balayé par le champ statorique, L1 est l’inductance cyclique d’une phase statorique,
donc ne serait plus le siège de courants induits, et par suite ne serait  est l’inductance de fuites totales ramenée au stator,
plus soumis au couple qui en résulte ; il tendrait à ralentir, jusqu’à ce
que les courants induits atteignent une amplitude suffisante pour R est la résistance du rotor ramenée au stator,
créer un couple égal, et de signe contraire, au couple mécanique R Fe est une résistance qui représente les pertes fer,
s’opposant à la rotation. V 1 est la tension étoilée au primaire.
Pour caractériser la vitesse du rotor, on définit le glissement g, Nota : les pertes magnétiques du moteur, représentées figure 1, sont faibles (1 à 3 %).
qui est l’écart relatif entre la vitesse de synchronisme N s et sa vitesse Elles ont globalement peu d’effet sur les caractéristiques du moteur. On n’en tient pas
réelle N soit : compte dans les équations (§ 1.2.2), car elles seraient trop complexes.

Ns – N ω s – pω m On peut considérer que le courant :


g = ------------------
- = ---------------------------
- (1)
Ns ωs Iµ = I1 – I2
et, on a :
représente, comme dans le schéma du transformateur, le courant
2πN
ω m = -------------- magnétisant de la machine ; mais alors que, dans un transformateur
60 ayant une puissance supérieure à quelques dizaines de kilovoltam-
pères, le courant magnétisant est inférieur ou égal à 2 % du courant
ωs = 2πf
nominal, il est, dans un moteur asynchrone, de l’ordre de 30 à 40 %
ωr = ωs – pωm = gωs de ce courant.
L’intérêt fondamental du schéma monophasé de la figure 1, qui
avec f fréquence du réseau, rappelons-le, ne tient pas compte de la saturation et des pertes Joule
p nombre de paires de pôles, au stator, est qu’il permet de déterminer aisément les caractéris-
ω m pulsation mécanique, tiques de fonctionnement d’un moteur asynchrone. En particulier,
on en déduit :
ω r pulsation des courants induits,
— la puissance active P 2 fournie au rotor :
ω s pulsation des courants inducteurs.
Les vitesses N et N s sont exprimées en tours par minute et ωm Rg 2
P 2 = ----------------------------------
- U1 (2)
et ω s en radians par seconde. 2
R +  ω sg
2 2 2

— la puissance utile Pu sur l’arbre :

1.2 Moteur asynchrone triphasé P u = P 2 (1 – g ) (3)


— le couple C :
L’étude et le calcul du fonctionnement d’un moteur asynchrone p p Rg 2
étant traités dans l’article spécifique référencé [15], nous y C = P 2 -------- = -------- ----------------------------------
-U (4)
ωs ωs R 2 + 2 ω2 g2 1
renvoyons le lecteur et nous nous contenterons ici de donner les s
principaux éléments qui permettent de caractériser simplement un
moteur asynchrone. — le rendement du rotor η r :
η r = (1 – g ) (5)

1.2.1 Schéma équivalent — la puissance réactive totale Q 1 :


2
Le schéma équivalent le plus commode d’emploi est le schéma U1  ωs g
- + ---------------- P 2
Q 1 = -------------- (6)
monophasé de la figure 1 où le moteur asynchrone est assimilé à L1 ωs R
un transformateur statique dont le secondaire serait fermé sur une
résistance R/g inversement proportionnelle au glissement. Dans ce en introduisant la tension composée U 1 = V 1 3 .
schéma :

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On observe que la puissance utile [relation (3)] change de signe


avec g, ce qui correspond au fait que, au-delà de la vitesse de ■ Pour augmenter le couple de démarrage, on peut augmenter
synchronisme, le moteur se transforme en génératrice. la résistance rotorique R, mais, ce faisant, on augmente le glisse-
ment correspondant au couple maximal, donc celui corres-
En revanche, la puissance réactive [relation (6)] est toujours posi-
pondant au couple nominal, ce qui se traduit par une baisse de
tive et donc toujours fournie par le réseau ; on peut montrer qu’elle
rendement.
est la somme :
— de la puissance réactive absorbée par le stator (puissance ■ Pour accroître le couple maximal, il faut diminuer la valeur de
magnétisante incluse) ;  , ce qui est également favorable au couple de démarrage, mais
— de la puissance réactive absorbée par le rotor, multipliée par se traduit par une augmentation du courant de démarrage.
le rapport des pulsations ω s /g ω s .
Le réseau fournit donc l’énergie réactive du rotor, mais cela avec
un facteur multiplicatif 1/g. 1.3 Moteur asynchrone monophasé
L’enroulement inducteur monophasé ne peut, a priori, créer un
1.2.2 Couple d’un moteur champ tournant ; toutefois, il engendre un champ alternatif qui est
décomposable en deux champs tournants de même amplitude, et
La courbe du couple d’un moteur asynchrone en fonction de sa qui tournent l’un ➀ dans le sens direct, supposé être celui de
vitesse [relation (4)] a l’allure de la courbe tracée sur la figure 2 : l’entraînement du rotor, l’autre ➁ dans le sens inverse : tout se passe
— elle croît, d’abord, de manière sensiblement hyperbolique à donc, du point de vue électrique, comme si l’on avait affaire à deux
partir de l’arrêt (glissement égal à 1) ; où le couple initial de moteurs triphasés identiques ayant des enroulements statoriques
démarrage, à vitesse nulle, a pour valeur : montés en série, dont deux phases sont croisées, et des rotors
couplés sur le même arbre (figure 3a ).
p R p R
C 0 = -------- ---------------------------- U
2
≈ -------- --------------
2
U1 La tension étoilée U 1 du réseau triphasé fictif alimentant ces
ω s R 2 + 2 ω2 1 ωs  ω 2 2
s s moteurs est égale à la tension réelle appliquée au moteur mono-
phasé.
— elle passe par un maximum :
La valeur du couple d’un moteur monophasé C res [15], pour un
2 glissement donné g, est donc égale à la différence de deux couples
p U1 (figure 3b ) :
C max = -------- --------------
ω s 2 ω s
— celui (C d ) correspondant au même glissement g, du moteur
pour une vitesse correspondant au glissement : triphasé de sens direct ;
— celui (C i ) correspondant au glissement 2 – g, du moteur
g max = R /  ω s triphasé de sens inverse.
Il en résulte immédiatement que :
— puis, elle décroît pour atteindre, de façon presque linéaire,
— le couple de démarrage est nul ;
une valeur nulle à la vitesse du synchronisme (g = 0).
— le couple maximal est inférieur à celui d’un moteur triphasé
Pour de faibles glissements (g de l’ordre de quelques pour-cent), de dimensions équivalentes et de même tension ;
on peut représenter le couple par la formule simplifiée suivante : — le couple à la vitesse du synchronisme N s est négatif.
p g Nous reviendrons au paragraphe 3 sur les problèmes d’emploi
C ≈ -------- 2
------ U 1 du moteur monophasé.
ωs R

Des impératifs de stabilité, sur lesquels nous reviendrons au


paragraphe 4.3.1, font que seule la partie décroissante de la courbe
C (N ), correspondant à g < g max , est utilisable.

1.2.3 Courant de démarrage


Au décollage d’un moteur, c’est-à-dire au tout premier instant de
son démarrage, la force contre-électromotrice qui s’oppose à la
tension appliquée à la machine est nulle ; il apparaît donc un courant
I1 élevé. Dans le cas du moteur asynchrone, ce courant est de l’ordre
de 5 à plus de 10 fois le courant nominal I n , ce qui crée à la fois
une contrainte pour le moteur lui-même et une gêne pour le réseau.
Ce problème sera examiné au paragraphe 4.2.

1.2.4 Antinomie des caractéristiques


Les paramètres constructifs R, L 1 ,  intervenant de façon diffé-
rente dans les relations donnant les couples et les puissances (§ 1.2.1
et 1.2.2), il n’est pas possible de modifier une caractéristique d’un
moteur sans réagir de façon contradictoire sur au moins une des
autres. Figure 2 – Courbe du couple d’un moteur asynchrone triphasé
en fonction de sa vitesse relative et de son glissement

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Les extrémités de l’enroulement rotorique sont sorties et reliées


à des bagues montées sur l’arbre, sur lesquelles frottent des balais
en carbone. On peut ainsi mettre en série avec le circuit rotorique
des éléments de circuit complémentaires qui permettent des
réglages, par exemple de couple (§ 4.2.2) ou de vitesse (§ 6.3.3).

2.3 Rotor à cage


■ Le circuit du rotor est constitué de barres conductrices régu-
lièrement réparties entre deux couronnes métalliques formant les
extrémités, le tout rappelant la forme d’une cage d’écureuil. Bien
entendu, cette cage est insérée à l’intérieur d’un circuit magnétique
analogue à celui du moteur à rotor bobiné.
Les barres sont faites en cuivre, en bronze ou en aluminium,
suivant les caractéristiques mécaniques et électriques recherchées
par le constructeur. Dans certaines constructions, notamment pour
des moteurs à basse tension (par exemple 230/400 V), la cage est
réalisée par coulée et centrifugation d’aluminium.
On démontre que, si le nombre de barres N b est suffisamment
grand (soit, en pratique, N b  8 p ), la cage se transforme automa-
tiquement en un circuit polyphasé de polarité adéquate.
■ Ce type de moteur, beaucoup plus aisé à construire que le moteur
à rotor bobiné, est d’un prix de revient inférieur et a une robustesse
intrinsèquement plus grande. Il n’est donc pas étonnant qu’il
constitue, et de loin, la plus grande partie du parc des moteurs
asynchrones en service.
Son inconvénient majeur est qu’il ne permet pas d’insérer un
rhéostat et qu’il a, au démarrage, de mauvaises performances
(courant élevé et couple faible). C’est pour remédier à cette situation
qu’ont été développés deux autres types de moteur (rotor à double
cage et rotor à encoches profondes).
Figure 3 – Moteur asynchrone monophasé

2.4 Rotor à double cage


2. Différents types
■ Le rotor comporte deux cages coaxiales (figure 4) :
de moteurs asynchrones — l’une (fréquemment réalisée en laiton ou en bronze), externe,
à résistance relativement élevée, est placée près de l’entrefer ;
2.1 Généralités — l’autre (en cuivre), interne, de plus faible résistance, est noyée
dans le fer, ayant ainsi une inductance de fuites supérieure à la
■ Les différents types de moteurs asynchrones ne se distinguent première.
que par le rotor. ■ Au démarrage, le courant rotorique, de fréquence égale à la
■ Dans tous les cas, le stator reste, au moins dans son principe, le fréquence f du réseau d’alimentation, se répartit de façon inverse-
même : il est constitué d’un enroulement bobiné réparti à l’intérieur ment proportionnelle aux réactances des cages, qui sont alors
d’une carcasse cylindrique faisant office de bâti et logé à l’intérieur grandes devant les résistances. Dans ces conditions, c’est la cage
d’un circuit magnétique supporté par cette carcasse. Ce circuit externe qui est parcourue par le maximum de courant ; sa relative-
magnétique est formé d’un empilage de tôles, en forme de ment forte résistance réduit l’appel de courant et accroît le couple.
couronnes circulaires, dans lesquelles sont découpées les encoches Au contraire, lorsque le moteur atteint son régime nominal de
parallèles à l’axe de la machine. fonctionnement, normalement caractérisé par un faible glissement
Nota : on trouvera, dans ce traité, dans l’article référencé [15], une figure présentant g et une fréquence basse gf, ce sont les résistances qui contrôlent
les principales parties d’une machine asynchrone. En outre, pour avoir plus d’informations la répartition du courant, ce qui favorise la cage interne de faible
sur la conception des moteurs asynchrones, il y a lieu de se reporter, dans ce traité, à l’article
référencé [16].
résistance.
On peut, ainsi, obtenir des couples de démarrage C D de deux à
trois fois supérieurs à ceux du rotor à simple cage.
La figure 5 montre, en fonction de la vitesse, la variation du couple
2.2 Rotor bobiné d’un moteur à double cage, dont la cage externe est calculée pour
obtenir le couple maximal au démarrage.
Le rotor comporte un enroulement bobiné à l’intérieur d’un
circuit magnétique constitué de disques empilés sur l’arbre de la
machine. Cet enroulement est obligatoirement polyphasé, même si 2.5 Rotor à encoches profondes
le moteur est monophasé, et, en pratique, toujours triphasé à
couplage en étoile. Les encoches, découpées dans les tôles, sont
théoriquement parallèles à l’axe du moteur, mais, en fait, légèrement Le rotor à double cage est beaucoup plus difficile à construire que
inclinées par rapport à cet axe de façon à réduire certaines pertes le rotor à simple cage et est donc d’un coût plus élevé.
dues aux harmoniques.

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Figure 4 – Rotor à double cage : schéma Figure 6 – Encoches profondes (a ) et conducteurs en trapèze (b ) :
schémas

3. Choix du moteur
monophasé
3.1 Comparaison entre moteur
monophasé et moteur triphasé
Le moteur monophasé et le moteur triphasé sont construits de
façon semblable, avec toutefois cette différence importante que,
dans le moteur monophasé, on ne se sert généralement que des deux
tiers des encoches du stator. Par conséquent, dans ce moteur, les
matériaux sont moins bien utilisés. Par ailleurs, à dimensionnement
égal, le moteur monophasé a des performances inférieures à celles
de son homologue triphasé, et, en particulier, n’a pas de couple de
démarrage, ce qui impose de faire appel à un artifice pour le lancer.
A priori, le moteur triphasé s’impose donc, sauf si l’on ne dispose
Figure 5 – Moteur à double cage : courbe du couple pas d’une source d’alimentation triphasée ou si l’on veut profiter de
en fonction de sa vitesse la plus grande facilité d’installation du moteur monophasé. Actuel-
lement, ces deux raisons ne peuvent apparaître que dans le domaine
de la basse tension. Dans ce domaine, la politique des distributeurs
■ On peut pallier cet inconvénient, tout en gardant une partie de
d’électricité varie grandement d’un pays à l’autre :
ses avantages, en construisant une cage rotorique simple avec des
barres très plates s’enfonçant profondément dans le circuit — en Amérique du Nord (États-Unis et Canada), la distribution ne
magnétique (figure 6a ) : se fait pratiquement que par des réseaux monophasés, ce qui amène
les utilisateurs à employer systématiquement des moteurs
— lors du démarrage, la réactance, qui croît avec la profondeur,
monophasés ;
tend à imposer aux lignes de courant de se concentrer près de la
— en Europe, au contraire, la distribution se fait essentiellement
périphérie et à leur assigner ainsi une section de conducteur réduite
par des réseaux triphasés ; en particulier, en France, les utilisateurs
et une résistance accrue ;
sont raccordés en triphasé dès que leur puissance souscrite avoisine
— en revanche, en marche normale, cet effet disparaît et les lignes
la dizaine de kilowatts.
de courant, en occupant la pleine section de la barre, retrouvent un
circuit de faible résistance. Toutefois, il faut remarquer que, même si les utilisateurs domes-
tiques ont un branchement triphasé, leur installation intérieure est
Ce type de moteur, dit à encoches profondes, est très utilisé,
normalement réalisée par des liaisons à deux fils (conducteur de
notamment dans le cas des moteurs à haute tension et à fort
sécurité non compris), ce qui amène les constructeurs d’appareils
couple de démarrage. Il présente cependant l’inconvénient
usuels, du type électroménager par exemple, à n’employer que des
d’entraîner une augmentation du coefficient de dispersion des
moteurs monophasés.
enroulements, donc une diminution du facteur de puissance du
moteur, et, bien sûr, d’exiger un diamètre de rotor plus important. Le moteur monophasé ayant par ailleurs un sens de rotation fixé
par construction, c’est-à-dire après fixation de son dispositif de
■ Pour remédier à ce dernier inconvénient, on a parfois fait appel à démarrage, présente un avantage pour les appareils mobiles (scies
des conducteurs ayant des formes plus compliquées, en trapèze de chantier par exempe). Il évite, en effet, d’avoir, à chaque
(figure 6b ), voire en L (la base du L étant en fond d’encoche). branchement, à rechercher le sens adéquat de rotation des phases.

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3.2 Démarrage des moteurs monophasés


■ Dans le domaine de basse tension et de puissance inférieure à
quelques kilowatts, le procédé de démarrage des moteurs mono-
phasés le plus employé est celui du condensateur auxiliaire : dans
la partie du stator non utilisée par l’enroulement principal, on insère
un enroulement auxiliaire, que l’on met en série avec un
condensateur, le tout étant alimenté par le réseau. Du déphasage
entre les courants des deux enroulements, principal et auxiliaire,
résulte un champ tournant elliptique et, par suite, un couple de
démarrage.
Ce procédé de démarrage nécessite de fortes valeurs de capacité
(environ 50 µF pour un moteur de 600 W) qui, en pratique, ne peuvent
être obtenues que par des condensateurs électrochimiques. Ces
éléments, présentant un facteur de pertes élevé (de l’ordre de 10 %),
ne sont pas laissés sous tension permanente ; ils sont déconnectés
automatiquement, après le démarrage, par un relais mis sur l’arbre
et sensible à la force centrifuge, ou par un relais chronométrique.
L’enroulement auxiliaire n’ayant, dans ces conditions, qu’une durée Figure 7 – Moteur à pôles fendus : schéma de principe
d’utilisation très faible, ne subit pas de fortes contraintes thermiques
et peut être réalisé en fil fin.
■ Pour des moteurs ayant une puissance nominale réduite (100 à
300 W par exemple), dont le démarrage n’exige pas de capacités 4. Choix des caractéristiques
supérieures à quelques microfarads, on utilise parfois un
condensateur branché en permanence. Dans ce cas, la capacité
du condensateur et les caractéristiques de l’enroulement auxiliaire
4.1 Tension nominale
peuvent être déterminées de façon que les performances du moteur
à son régime nominal (mais à lui seul) soient équivalentes à celles 4.1.1 Raccordement à un réseau existant
de son homologue triphasé.
■ Un industriel qui veut installer un moteur, soit pour créer une
■ On peut, également pour des moteurs de puissance réduite, éviter installation nouvelle, soit pour étendre une installation existante, va
l’emploi d’un condensateur en utilisant un enroulement auxiliaire, tout naturellement chercher à le raccorder aux réseaux
conçu de telle sorte que le courant qui le traverse ait un déphasage d’alimentation :
important (de l’ordre de 30o par exemple) par rapport au courant de — dans tous les cas, il dispose d’un réseau à basse tension (BT :
l’enroulement principal. Le plus souvent, ce déphasage est obtenu 230/400 V), lequel est le plus souvent alimenté par un réseau de
sans artifice externe, en jouant sur la section du fil et le nombre de distribution à moyenne tension (HTA) à travers un poste HTA/BT ;
tours de l’enroulement auxiliaire. — si la puissance appelée par l’installation est suffisamment
Cet enroulement doit être déconnecté après démarrage, son grande, il dispose également du réseau de distribution à haute
échauffement devenant rapidement excessif. tension HTA lui-même ; compte tenu de la normalisation, ce réseau
est à 20 kV ; il existe encore, en certaines villes, des réseaux
■ On peut aussi obtenir deux flux inducteurs déphasés dans un souterrains à tension plus réduite, mais ils tendent à disparaître au
moteur à pôles saillants, en insérant une spire conductrice en profit du réseau à 20 kV.
court-circuit (spire de Frager) sur une partie du circuit magnétique
de chacun des pôles (figure 7). Cet artifice, qui élimine le problème Certaines usines particulièrement importantes sont raccordées à
de la commutation des condensateurs, ne permet pas de conférer à un réseau de répartition à haute tension (HTB : 63 ou 90 kV), voire
ces moteurs, dits à pôles fendus, des performances aussi bonnes que au réseau à très haute tension (225 kV). Mais de telles tensions ne
précédemment et voit son emploi limité à des petits moteurs (100 peuvent en aucun cas permettre une alimentation directe des
à 200 W par exemple). moteurs, et les réseaux correspondants ne servent alors que de
sources primaires à un ou à des réseaux HTA propres à l’usine.
■ Enfin, une autre solution, utilisable pour démarrer un moteur
monophasé, consiste à utiliser un moteur pilote, c’est-à-dire un ■ Le coût d’un moteur est, en outre, d’autant plus élevé, toutes
moteur auxiliaire doté de trois enroulements couplés en étoile dont choses égales par ailleurs, que sa tension nominale est plus élevée.
la puissance est faible vis-à-vis de celle du moteur principal. Cela n’est vrai, toutefois que si la puissance considérée pour le
moteur n’entraîne pas de difficultés particulières de construction à la
On lance tout d’abord ce petit moteur, par exemple à la main ; une tension considérée, autrement dit si l’on est loin des butées construc-
fois mis en rotation, il délivre à ses bornes un système de tensions tives (par exemple grosso modo quelques centaines de kilovoltam-
triphasées à peu près équilibrées, qui sert de source pour le démar- pères en basse tension, quelques mégavoltampères à 5 ou 6 kV). À
rage du moteur principal (lequel doit comporter également trois cette réserve près, l’utilisateur a donc, a priori, intérêt à raccorder son
enroulements en étoile). À son tour d’ailleurs, celui-ci peut servir de nouveau moteur au réseau de plus faible tension dont il dispose et,
source d’alimentation pour un moteur plus puissant, et ainsi de suite. en particulier au réseau BT.
En pratique, avec la généralisation des réseaux d’alimentation Une difficulté risque toutefois d’apparaître, du fait du courant de
triphasés, cette solution est devenue obsolète. démarrage. En effet, en règle générale, plus la tension d’un réseau
est basse, plus sa puissance de court-circuit est faible (c’est-à-dire
plus son impédance interne est grande). Donc, pour un moteur de
puissance donnée, les chutes de tension dues au courant de
démarrage seront d’autant plus importantes que son alimentation
se fera par un réseau à tension plus faible. Or ces chutes de tension
peuvent devenir insupportables pour le réseau, comme pour le
moteur.

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À titre d’illustration, supposons qu’un utilisateur veuille installer un ■ Si l’on alimentait le moteur considéré par le réseau HTA (à 20 kV
moteur à cage de 100 kVA sous 400 V et que, pour l’alimenter, il installe par exemple), il n’y aurait plus de chute de tension perturbatrice
un poste HTA/BT de 160 kVA, ce qui lui donne une réserve lui appréciable ; mais on aboutirait alors à une solution excessivement
permettant d’alimenter quelques autres appareils. Les puissances nor- onéreuse et peu satisfaisante du point de vue technique : les
malisées des transformateurs de distribution publique sont 50, 100, conducteurs étant parcourus par de faibles courants ne nécessitant
160, 250, 400, 630 et 1 000 kVA et leur tension de court-circuit est de que des sections très faibles, devraient être dimensionnés plus par
4 %, de 50 à 630 kVA. des considérations mécaniques qu’électriques. En outre, ces
Admettons, comme première approximation, que la puissance du conducteurs devraient être revêtus d’une isolation importante entre
réseau HTA est infiniment grande devant celle du transformateur, que spires et par rapport à la masse, ce qui augmenterait le coût et
le courant de démarrage du moteur est égal à 10 fois son courant nécessiterait, de plus, un accroissement des dimensions des
nominal et qu’il est entièrement réactif. encoches, donc de toutes celles de la machine.
On démontre que la chute de tension relative ∆U/U (en %) à
l’extrémité d’une ligne est donnée par la relation [17] [18] :
4.1.2 Utilisation d’une tension intermédiaire
∆U R P + L ω Q
---------- = ------------------------------------
2 ■ Une autre solution pour alimenter un moteur consiste à faire
U U appel à un réseau à tension intermédiaire, de l’ordre de quelques kilo-
avec R  et L résistance et inductance totales de la ligne, volts. Une telle solution s’impose lorsque la puissance du moteur est
supérieure à celle qui serait raisonnablement admissible, du point de
P et Q puissances active et réactive transitant dans la vue constructif, pour un moteur à basse tension. Mais, bien entendu,
ligne, si la puissance de la source (ou puissance que peut délivrer la source
ω pulsation du réseau. sans chute de tension excessive), c’est-à-dire en pratique celle du
Compte tenu des hypothèses, on a : transformateur d’alimentation, est dimensionnée pour la seule
puissance du moteur, les difficultés liées au courant de démarrage
L  ω = 0,04 Ω resteront les mêmes que précédemment.

P = 0 (les pertes du transformateur sont négligées) ■ La situation est tout autre si le réseau intermédiaire sert à
alimenter un certain nombre de moteurs différents. La puis-
Q = 1 000 kvar = 106 var sance de la source étant alors forcément supérieure à la puissance
des moteurs pris individuellement, le problème du démarrage
Il en résulte, au démarrage, une chute de tension relative :
s’estompe, dans la mesure où l’on s’abstient de démarrer tous les
∆U/U ≈ 25 % moteurs à la fois.
Dans un tel cas, la fixation de la tension d’alimentation résulte d’un
Une telle chute de tension n’est pas acceptable, surtout si elle se
choix économique qui fait intervenir, outre le coût des moteurs, ceux
produit à un moment où la tension de service est inférieure à sa
du poste d’alimentation et de l’appareillage. Or ces trois facteurs ont
valeur nominale :
chacun une sensibilité différente à la tension :
— d’une part, elle risque de perturber le fonctionnement du maté-
— comme il a été indiqué (§ 4.1.1), hors de toute butée construc-
riel voisin, notamment de faire déclencher, par baisse de tension,
tive, le prix d’un moteur décroît avec sa tension nominale ;
les contacteurs ;
— dans l’intervalle de tension considéré ici (jusqu’à 20 kV), le prix
— d’autre part, elle réduit de près de 45 % le couple de démarrage
d’un transformateur ne varie pratiquement pas avec la tension ;
du moteur, qui est alors susceptible de ne plus pouvoir entraîner
— à courant nominal et courant de court-circuit constants, le prix
sa charge.
de l’appareillage est indépendant de la tension ou, du moins, ne varie
■ Il y a également lieu de regarder si les autres utilisateurs du que suivant des paliers très larges de tension ; cette invariance
réseau de distribution publique ne souffrent pas d’un à-coup de résulte très simplement de la normalisation qui n’introduit qu’un
tension qui les gêne [19]. nombre discret de tensions nominales : ainsi, que l’on commande
un matériel à 4 ou à 6 kV par exemple, on obtiendra du fabricant
On a supposé, dans l’exemple précédent, que le réseau HTA avait
le même produit conçu pour 7,2 kV.
une impédance négligeable devant celle du transformateur ; on a
donc éliminé toute influence du courant de démarrage sur la tension La normalisation n’introduit également qu’un nombre discret de
de ce réseau. Mais une telle hypothèse est loin d’être toujours admis- valeurs pour les courants nominaux comme pour les courants de
sible. En pratique, il faut demander au distributeur la valeur de la court-circuit des éléments du poste (interrupteur compris) ; par suite,
puissance de court-circuit au point de raccordement, donc celle de si, en augmentant la tension, on peut diminuer d’un cran au moins
l’impédance du réseau d’alimentation et, à partir de là, calculer la une des deux valeurs normalisées de courant à prendre en compte,
chute de tension en ce point (cf. encadré dans le paragraphe 4.2.1) : on y gagne en prix.
la valeur maximale normalement tolérée est de 5 %, afin de rester
■ Dans le cas particulier où l’installation industrielle nécessite un
dans la limite des valeurs de fréquence et d’amplitude des à-coups
grand nombre de moteurs ayant des puissances nominales très
de tension (courbe de flicker) définies par la publication 1000-2-2 de
différentes (indépendamment des petits moteurs qui sont, a priori,
la CEI.
justiciables de la basse tension), on peut envisager de faire appel à
■ Lorsque l’on se heurte à des chutes de tension excessives, on deux réseaux de tensions différentes.
peut : À titre d’exemple, on peut avoir un réseau à 5 kV pour des moteurs
— augmenter la puissance du poste de transformation pour de quelques centaines de kilovoltampères et un réseau à 10 kV pour
réduire son impédance interne, ce qui se traduit par un surinves- des moteurs de quelques mégavoltampères.
tissement important (transformateur et appareillage) et un surcoût
d’exploitation dû à l’accroissement des pertes à vide du Un calcul économique est évidemment à faire, mais l’expérience
transformateur ; mais, bien entendu, cela ne peut résoudre le cas montre qu’une telle solution est rarement intéressante ; même si elle
où la chute de tension dépasse 5 % sur le réseau HTA ; s’avère apporter un léger gain en investissement, elle entraîne une
— réduire le courant d’appel au démarrage ; nous examinerons complication d’exploitation non négligeable et peut accroître les
ce moyen au paragraphe 4.2. coûts d’exploitation (frais d’entretien, de stockage de pièces de
réserve, etc.).

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4.2 Réduction du courant de démarrage


4.2.1 Moteur à cage
■ Une première solution consiste à coupler les enroulements du
stator en étoile au moment du démarrage, puis à revenir au
couplage normal en triangle une fois le moteur lancé (figures 8a
et 8b ). Cela revient à diviser, pendant la première phase du démar-
rage, par 3 la tension d’alimentation des enroulements
( V 1 = U 1 ⁄ 3 ) , par 3 le courant en ligne (en fait, un peu plus si l’on
tient compte de la saturation) et par 3 le couple.
Ce procédé, qui nécessite bien évidemment que toutes les extré-
mités des enroulements du stator soient sorties, est utilisable pour
des petits moteurs, si le couple résistant le permet, mais ne l’est
plus quand la puissance dépasse quelques dizaines de kilowatts.
La raison en est essentiellement la brutalité des régimes transitoi-
res de courant et de couple qui se manifestent lors du changement
de couplage (figure 8c ).
■ Un autre moyen consiste à réduire la tension aux bornes, en intro-
duisant une résistance en série sur chacune des phases du moteur.
Les résistances peuvent être des résistances métalliques, munies
d’un ou plusieurs crans que l’on court-circuite au fur et à mesure de
la montée en vitesse, ou bien des résistances électrolytiques ; dans
ces éléments, la variation de résistance est continue et obtenue soit
par l’échauffement d’un électrolyte sous l’effet du passage du cou- Figure 8 – Moteur asynchrone à cage. Démarrage étoile-triangle
rant (la résistivité d’un électrolyte décroissant avec la température),
soit par une variation commandée du niveau de l’électrolyte entre
des électrodes. La valeur initiale de la résistance des appareils
électrolytiques est fixée par la concentration du bain de l’électrolyte.
■ En associant le réglage étoile-triangle et les résistances stato-
riques, on aboutit à un système qui conserve la forte réduction du
courant initial et qui réduit l’appel de courant consécutif à la remise
en triangle des enroulements. Le démarrage se fait en trois temps :
alimentation en étoile, alimentation en triangle avec insertion de
résistances statoriques, puis mise en court-circuit de ces résistances.
■ On peut également, pour réduire la tension aux bornes du moteur,
utiliser des inductances à la place des résistances statoriques. Elles
présentent l’avantage d’éviter une dissipation d’énergie active et
d’avoir une isolation plus facilement réalisable. Alors que les résis-
tances ne sont employées pratiquement qu’en basse tension
(§ 4.1.1), les inductances le sont en HTA, pour des moteurs de
quelques centaines de kilowatts.
Elles peuvent, en variante, se présenter sous la forme
d’inductances saturables avec un enroulement auxiliaire à courant
continu.
■ Un autre dispositif de limitation du courant de démarrage est le
transformateur-bloc : il s’agit d’un transformateur fourni avec le
moteur (d’où son nom) ayant une forte impédance de fuites (de Figure 9 – Moteur asynchrone à cage. Démarrage
l’ordre de 8 à 15 %) qui joue le rôle d’une inductance statorique en par autotransformateur à un seul rapport de transformation
série. Ce transformateur permet de choisir librement la tension
d’alimentation du moteur, mais diminue le rendement (de quelques
points) et augmente l’énergie réactive ou absorbée en marche ■ Enfin, il existe un dispositif à semiconducteurs permettant de
normale. limiter le courant de démarrage, qui est le gradateur. Sa description
■ Ce transformateur-bloc peut être remplacé par un autotrans- en est donnée au paragraphe 6.3.4, car il sert aussi à faire varier la
formateur à une ou plusieurs prises. Dans le cas où il n’y a qu’un vitesse de moteurs de faible puissance [20] [21].
seul rapport de transformation (figure 9), le démarrage a lieu en trois
étapes :
La détermination des tensions et courants lors du démarrage
— d’abord, l’alimentation est faite par la prise, donc sous tension d’un moteur, prenant en compte les caractéristiques du réseau,
réduite ; du moteur et de son dispositif de réglage, nécessite un
— puis, on ouvre le point neutre de l’autotransformateur en programme informatique : beaucoup d’utilisateurs industriels
laissant son enroulement série en série avec le moteur ; importants possèdent un ou des programmes plus généraux qui
— en dernier lieu, ou court-circuite cet enroulement, ce qui met leur permettent d’obtenir ces valeurs [22]. Néanmoins, il faut
le moteur sous sa tension nominale. signaler qu’il existe un programme spécifique public
Ce dispositif est utilisable en HTA comme en BT ; pour un même (programme CADMOS), aisément transposable sur calculatrices
courant en ligne, il donne un couple moteur plus élevé qu’avec une programmables. Le lecteur le trouvera dans la publication
inductance statorique (approximativement, dans le rapport inverse référencée [3].
du rapport de transformation).

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4.2.2 Moteur à rotor bobiné qu’un seul point tel que P2, sur la partie ascendante, ou P3 sur la
partie descendante. Dans ce cas particulier, les deux points P2 et P3
Avec le moteur à rotor bobiné, malheureusement plus coûteux que peuvent correspondre chacun à un fonctionnement stable puisque la
le simple moteur à cage, on a la possibilité d’insérer, lors du condition de stabilité y est respectée pour l’un comme pour l’autre.
démarrage, un rhéostat dans le circuit du rotor (figure 10a ). Cela Il faut cependant remarquer que la partie de la courbe où C diminue
permet à la fois de diminuer le courant de démarrage I1 , comme quand g augmente a une pente relativement faible sur une grande
on peut s’en rendre compte en examinant le schéma équivalent partie de son tracé, comme le fait bien ressortir la figure 2, la
(figure 1), et d’augmenter le couple moteur. Il est même possible, figure 11 ayant, elle, été déformée suivant l’axe des g, pour faciliter
mais rarement utile, d’obtenir ainsi un couple de démarrage C D égal la représentation.
au couple maximal C max du moteur. Il en résulte qu’à une faible variation de C r3 peut correspondre
une grande variation de l’ordonnée g du point P3, ce qui donne un
■ Les résistances métalliques que l’on court-circuite progressive- régime relativement peu stable. De plus, le glissement étant alors
ment par des contacteurs K1, K2, ..., K (j – 1) permettent de fort, le rendement des moteurs est faible et l’échauffement des
commander des moteurs de plusieurs mégawatts. Les caractéris- bobinages important. Tout fonctionnement permanent dans cette
tiques associées aux différentes positions des contacteurs sont zone doit donc être exclu.
données sur la figure 10b.
Exemple : pendant la phase de démarrage, on enclenche succes-
sivement les contacteurs K1, K2, ..., K (j – 1), à des intervalles de temps
tels que le couple du moteur puisse varier entre deux valeurs, l’une
C D un peu inférieure au couple maximal C max , l’autre au voisinage du
couple nominal C n .
À l’arrêt, les (j – 1) contacteurs sont ouverts et la résistance complète
est insérée ; en régime final, les (j – 1) contacteurs sont fermés et la
résistance est mise en court-circuit.
■ On fait également souvent appel aux résistances électrolytiques
dans lesquelles la décroissance continue de la résistance est due soit
à la vaporisation partielle d’un électrolyte (puissance limite aux envi-
rons de 700 kW), soit à l’immersion progressive d’électrodes dans
une cuve par motopompe (puissance limite aux environs de
1 500 kW), soit au déplacement électromécanique d’électrodes
(pratiquement sans puissance limite).

4.3 Détermination du couple


4.3.1 Stabilité théorique
Le régime permanent de fonctionnement d’un moteur est
obtenu, du point de vue théorique, lorsqu’il y a égalité entre son
couple d’entraînement C et le couple résistant C r du mécanisme
entraîné. Il est nécessaire toutefois, pour qu’un tel régime puisse
réellement se maintenir, qu’il s’établisse un équilibre stable des
couples ; en pratique, cela signifie que, lorsque l’égalité est
obtenue, il faut qu’à toute augmentation ou diminution acciden-
telle de la vitesse corresponde respectivement une diminution ou
un accroissement du couple moteur par rapport au couple
résistant, de façon que le système tende à revenir au point
d’équilibre. La stabilité dépend donc de l’allure des caractéristiques
motrices et résistantes.
Traçons la courbe du couple C d’un moteur asynchrone en
fonction de son glissement g (figure 11).
■ Supposons, tout d’abord, que le couple résistant C r1 soit
indépendant de la vitesse. L’intersection des deux caractéris-
tiques C et C r1 donne deux points P1 et P’1, mais seul le point P1
correspond à un fonctionnement stable. En effet, on démontre que,
d’une façon générale, la condition de stabilité s’écrit :
dC – dC dC dC
-------------------------r- > 0 ou --------- > ----------r
dg dg dg

ce qui signifie que la pente de la caractéristique C (g ) doit être supé-


rieure à celle de la caractéristique C r (g ). Cette condition est évi-
demment réalisée pour P1 mais pas pour P’1. Figure 10 – Moteur asynchrone à rotor bobiné. Démarrage
par rhéostat rotorique
■ Supposons, maintenant, que la caractéristique C r soit une
fonction de la vitesse, par exemple qu’elle soit proportionnelle au
carré de la vitesse (cas d’un ventilateur ou d’une pompe). Son
intersection avec C (g) peut, si la courbure est suffisante, ne donner

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● Dans le cas où il présente une caractéristique variant fortement


avec le glissement (C r2 et C r3 sur la figure 11), on peut obtenir une
chute brutale de vitesse, puis un fonctionnement pseudo-stable avec
des oscillations plus ou moins prononcées autour d’un point d’équi-
libre correspondant à un glissement élevé, donc un rendement faible
et des courants rotorique et statorique élevés. On dit souvent, dans
ce cas, que le moteur rampe. Un tel fonctionnement ne doit pas être
maintenu longtemps, pour éviter une destruction de la machine par
effet thermique.
■ On caractérise le risque qu’a un moteur à se trouver dans une telle
situation en introduisant le coefficient de stabilité, qui est le rap-
port entre son couple maximal C max et son couple nominal C n . Plus
ce rapport est grand, plus le risque d’instabilité est faible.
● En pratique, pour un moteur triphasé, on adopte généralement :

C max
α = ---------------
Cn
≈ 1,8

● Pour différentes raisons, qui ne tiennent pas uniquement à la sta-


bilité, les normes imposent d’ailleurs une valeur minimale à ce coef-
ficient α. Par exemple, les normes NF C 51-111 et NF C 51-200
Figure 11 – Intersection de la caractéristique du couple d’un moteur spécifient :
asynchrone et de différentes caractéristiques de couples résistants — pour les moteurs polyphasés en général ..................... α > 1,6
— pour les moteurs polyphasés à cage spécialement
prévus pour avoir au démarrage un courant inférieur
■ Un des facteurs qui détermine le temps au bout duquel un moteur
à 4,5 I n ............................................................................... α > 1,5
atteint son régime d’équilibre est le couple accélérateur C a qui est
— pour les moteurs monophasés :
la différence, à chaque instant, entre C et C r : plus il est grand, plus
ce temps est court. Bien évidemment, s’il est négatif dans la phase • à condensateur et coupleur ............................................ α > 1,5
du démarrage le moteur ne peut décoller. • à condensateur permanent............................................. α > 1,4
Si J est le moment d’inertie global des masses en mouvement, • à bague de déphasage .................................................... α > 1,2
on a :
d ωm La courbe du couple moteur en fonction de la vitesse est
C a = C – C r = J --------------
dt établie par le constructeur en supposant un régime stationnaire
à chaque valeur de la vitesse. Or, lors du démarrage, ou plus
Plus le couple accélérateur est élevé, plus vite est atteinte la vitesse généralement lors d’une variation de vitesse, c’est le couple
nominale et plus faible est la contrainte thermique que subit le dynamique qui intervient, et sa valeur maximale est inférieure
moteur. à celle du couple statique. L’écart, difficile à déterminer, est
Toutefois, le constructeur peut être amené à imposer une valeur d’autant plus grand que l’accélération est plus forte, donc que
maximale à C a pour limiter les contraintes mécaniques de l’inertie du système entraîné est plus faible.
certaines pièces en rotation.
On définit parfois un couple accélérateur moyen C a moy (exprimé
en N · m) en déterminant, par intégration, l’aire comprise entre les 4.3.3 Couple de démarrage
deux courbes C et C r .
On montre que la durée de démarrage t D (exprimée en ■ Dans le cas d’un moteur à rotor bobiné, le couple de démarrage
secondes) est donnée par la relation : C D peut être réglé à la valeur que souhaite l’utilisateur, au moyen
d’un rhéostat triphasé adéquat dont les sorties constituent le point
π N
tD ≈ -----
- J ----------------- neutre de l’enroulement rotorique (figure 10).
30 C a moy
■ Le couple de démarrage d’un moteur à cage est, en revanche, fixé
par la construction même du moteur et ne peut être modifié, du
moins augmenté, par l’utilisateur. Les normes imposent cependant :
4.3.2 Couple nominal
— C D  0,5 C n pour les moteurs triphasés de moins de 100 kW ;
■ Il résulte du paragraphe 4.3.1 que le point de fonctionnement — C D  0,3 C n pour les moteurs triphasés de plus de 100 kW,
d’un moteur doit être situé dans la petite zone, à variation rapide de pour tous les moteurs monophasés et pour les moteurs triphasés
couple, délimitée par le point de glissement nul et le point corres- à plusieurs vitesses.
pondant au couple maximal (§ 1.2.2). Toutefois, il est prudent de ne
Les couples de démarrage que l’on considère ainsi sont des
pas le situer trop près de ce dernier, car on risque un phénomène
couples déterminés en régime établi. Au moment du décollage, il
accidentel d’instabilité. Si, en effet, il se produit une baisse de la
se superpose un couple transitoire oscillant à la fréquence du réseau,
tension d’alimentation (qui, rappelons-le, intervient sur la valeur des
dont l’amplitude peut être cinq fois supérieure à celle du couple
couples par le carré de l’amplitude de la tension) ou s’il apparaît un
moyen, avec une durée d’amortissement de l’ordre de la
point dur (frottement, par exemple) dans le mécanisme entraîné, le
demi-seconde. Il est donc prudent, surtout pour les gros moteurs
couple résistant à la vitesse considérée risque de devenir supé-
par exemple de puissance supérieure à 100 kW), d’avoir une ligne
rieur au couple moteur maximal.
d’arbre dont la fréquence de résonance soit éloignée de celle du
● Dans le cas où le couple résistant C r (g) est indépendant du réseau.
glissement (comme C r1 sur la figure 11), ou ne varie que faiblement
avec lui, cela va se traduire par un arrêt du moteur, qui doit alors être
rapidement mis hors service par un système de protections.

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4.4 Puissance nominale


et service nominal
Dans le cas très fréquent où un moteur fonctionne sinon d’une
façon rigoureusement permanente (service continu), du moins avec
de très grandes périodes de fonctionnement, la définition de la puis-
sance apparente S n ne soulève aucun problème ; elle a pour valeur :
Sn = Un In 3
alors que la puissance nominale active est :
2π C n N n Pn
P 1n = U n I n 3 cos ϕ n = -------- ----------------- = -------
-
60 η n ηn
avec Cn couple nominal à la vitesse nominale,
Pn puissance nominale du moteur, qui est la puissance
utile sur l’arbre et qui vaut C nω mn ,
U n et I n valeurs efficaces des tension et courant du moteur
en régime permanent,
ηn rendement du moteur au régime nominal,
ϕn déphasage entre courant et tension de chaque
enroulement.
Nota : P n désigne usuellement la puissance nominale, qui est en fait une puissance méca-
nique, et non pas électrique. L’introduction de P 1n permet d’éviter cette confusion et désigne
la puissance électrique active au régime nominal.
À partir de ces valeurs, le constructeur définit la conception du
moteur, en faisant intervenir les échauffements créés par le
courant permanent. Il peut, du moins en première approximation,
et si l’inertie de la masse tournante, donc la durée du démarrage,
n’est pas trop grande, négliger l’effet de l’échauffement dû à la sur-
intensité initiale, d’autant que celle-ci ne se développe que lorsque
le moteur est à l’état froid.
Mais si, sur le même circuit de charge, on soumet le moteur ainsi
conçu à des cycles rapprochés de démarrage et d’arrêt, il se
produit un suréchauffement des enroulements qui réduit la durée
de vie des isolants. Pour maintenir la température de ceux-ci
au-dessous de la valeur maximale admissible, il est donc nécessaire
de déclasser la puissance affichée du moteur.
Figure 12 – Services normalisés des moteurs
Bien entendu, si, en plus de ces cycles, on impose à ce moteur
des périodes de freinage électrique, le déclassement risque d’être
plus sévère.
En revanche, en établissant dans les cycles des intervalles de repos
4.5 Rendement
ayant une durée suffisante vis-à-vis des constantes de temps ther-
miques du moteur, on améliore la situation. En particulier, si les 4.5.1 Valeurs actuelles
temps de mise sous tension sont courts et les périodes de repos
grandes (ce qui caractérise ainsi ce que l’on appelle le service ■ Les moteurs asynchrones, comme la plupart des moteurs
temporaire), l’échauffement peut être plus faible que dans le cas électriques, ont la réputation d’avoir de bons rendements. Cette
du régime continu. réputation, qui résulte d’une comparaison implicite avec les sys-
tèmes mécaniques ou thermiques, est justifiée, comme le montre le
La notion de puissance nominale n’a donc pas de sens du point tableau 1 où sont données, à titre d’exemple, les valeurs du rende-
de vue constructif, si on ne lui associe pas tout ce qui caractérise ment à pleine charge de moteurs quadripolaires, c’est-à-dire de
les conditions d’emploi et qui forme le service nominal. Malheu- vitesse 1 500 tr/min pour une alimentation à 50 Hz, de différentes
reusement, à part quelques cas simples, il n’est pas aisé de définir puissances. On y observe l’effet de taille bien connu qui fait que les
le service nominal, car il fait intervenir un grand nombre de para- rendements peuvent être d’autant plus élevés que la puissance nomi-
mètres plus ou moins indépendants, tels que les temps de fonction- nale P n des appareils est plus grande. (0)
nement en charge, de démarrage et de freinage, la durée des cycles
et l’inertie des masses tournantes.
Pour faciliter le travail, il a été normalisé huit services types Tableau 1 – Exemples de rendement de moteurs
(figure 12), nous renvoyons le lecteur à la norme NF C 51-111 pour quadripolaires de différentes puissances
y trouver la définition et le contenu précis de chacun de ces services,
classés S1 à S8. Puissance nominale
du moteur ....................... (kW) 1,1 11 55 110 1 000 5 000
Rendement à pleine charge ... 0,78 0,88 0,94 0,95 0,96 0,97

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■ Par ailleurs, comme le montre l’exemple de la figure 13 , le ● On peut chercher à réduire les pertes électromagnétiques
rendement est peu variable sur une plage qui s’étend au moins entre par hystérésis et courants de Foucault en utilisant des tôles à faibles
les 2/3 de la puissance nominale et cette puissance nominale. L’adap- pertes massiques ou de faible épaisseur. Les matériaux magnétiques
tation du moteur à sa charge ne pose donc pas de problème critique sont, sur cet aspect, en progrès réguliers. Cependant, l’intégration de
de ce point de vue. ces matériaux performants dans les moteurs est réalisée au rythme
de l’évolution des gammes de moteurs. Notons que les tôles à
■ Cette réputation de bon rendement des moteurs asynchrones a eu cristaux orientés qui sont utilisées dans les transformateurs ne sont
l’inconvénient de désensibiliser les acheteurs des moteurs usuels pas utilisables efficacement dans les moteurs, car elles n’ont de fai-
(moteurs à basse tension essentiellement) vis-à-vis de la bles pertes massiques que lorsque l’induction est parallèle au sens
valeur même de ce rendement. De ce fait, certains constructeurs, qui de laminage ; or, dans les moteurs, l’induction tend à être multi-
sont soumis à une forte concurrence sur ce marché, peuvent être directionnelle.
amenés à minimiser les prix de revient de leurs appareils au
détriment du rendement. Lorsque ces moteurs sont utilisés de façon Enfin, un moyen supplémentaire de réduction des pertes magné-
temporaire ou avec des cycles de marche relativement courts, cela tiques est le surdimensionnement du circuit magnétique, par
n’a guère d’importance. En revanche, s’ils doivent assurer des exemple en augmentant la longueur et en conservant le diamètre,
régimes continus pour une charge supérieure à 50 % de la pleine de façon à utiliser les matériaux de façon moins intense, ce qui
charge nominale, comme c’est le cas de la majorité des moteurs à conduit à réduire les pertes volumiques.
usage industriel, ils peuvent être pénalisants en coût d’exploitation ● Lorsque les pertes électriques sont réduites, il devient possible
pour l’utilisateur, qui a intérêt, alors, à rechercher un moteur de de réduire les pertes mécaniques et de ventilation par l’utili-
meilleur rendement. sation d’un ventilateur de plus faible taille. L’amélioration des
échanges thermiques du moteur permet d’augmenter la capacité de
refroidissement et de réduire la puissance nécessaire à la ventilation.
On a cependant constaté récemment, à l’occasion de la Les pertes de friction des paliers peuvent être réduites par l’utilisation
normalisation européenne des valeurs de tension (passage de de roulements performants.
220/380 V à 230/400 V), un renouvellement des gammes de
moteurs les plus utilisés (moteurs asynchrones triphasés à cage ■ La réduction des pertes d’un moteur est étroitement liée au
à basse tension), qui s’est accompagné d’une amélioration dimensionnement d’ensemble, car la capacité d’emploi d’un moteur
sensible des performances de rendement. est limitée par la température atteinte par les conducteurs.
L’optimisation du rendement d’un moteur est un problème
global de conception, concernant à la fois le dimensionnement
et la construction. Outre l’amélioration de la qualité des matériaux,
4.5.2 Amélioration possible
la conception des moteurs les plus modernes a progressé grâce au
développement des outils de CAO dans le domaine de l’électro-
■ Pour augmenter le rendement d’un moteur, il faut chercher à
magnétisme et de la thermique. Le lecteur pourra trouver dans
réduire chacun des principaux postes de pertes [23].
l’article Conception assistée par ordinateur (CAO) en génie
● On peut tout d’abord chercher à réduire les pertes Joule des électrique. Méthodes et techniques [22] des informations détaillées
enroulements du stator. Les moteurs ont profité des caractéristiques sur ces outils.
thermiques améliorées des isolants modernes, qui sont désormais
couramment de classe de température F, pour augmenter la tempé-
rature de service des enroulements, tout en maintenant des tempé- Pour des usages intensifs (§ 4.4), le rendement d’un moteur
ratures de fonctionnement assurant une longévité compatible avec est un des critères techniques et économiques de choix. On
des exigences de service industriel [24]. notera, aussi, que l’amélioration du rendement des moteurs
La réduction des pertes Joule peut s’obtenir soit par une dimi- s’accompagne en général d’une réduction du bruit, grâce à l’utili-
nution de la résistance des enroulements, procurée par une meilleure sation d’un ventilateur moins puissant.
utilisation de la matière en réduisant la masse des conducteurs dans
la partie des enroulements qui ne participe pas directement à la Nota : le lecteur peut également se reporter à l’article Machines cryoélectriques [25].
conversion électromécanique (comme les têtes de bobines), soit par Il existe maintenant des fils supraconducteurs pour applications à 50 Hz qui sont, en théorie,
une réduction de la température moyenne par une amélioration de utilisables pour des stators de moteurs industriels, mais qui, en pratique, ne le sont pas
pour des raisons de coût et de difficultés de mise en œuvre en exploitation industrielle.
la capacité de refroidissement.

4.6 Conception
4.6.1 Normalisation
Nota : le lecteur pourra se reporter dans le fascicule [Doc. D 3 491] au paragraphe
Normalisation.

■ Les puissances nominales des moteurs de moins de 1 000 kW


ont fait l’objet d’une normalisation internationale.
Le lecteur trouvera dans la norme NF C 51-110 deux tableaux :
— le premier concerne les moteurs de moins de 280 kW ; il
indique, en plus des valeurs normalisées proprement dites, des
valeurs intermédiaires admissibles en cas de nécessité absolue ;
— le second concerne les moteurs de 280 à 1 000 kW.
À une exception près, donnée uniquement à titre transitoire, les
Figure 13 – Moteur asynchrone à cage d’environ 100 kW : courbe valeurs de ces deux tableaux sont toutes alignées sur celles de la
du rendement  en fonction de sa puissance utile P u norme internationale (CEI 34-1).
rapportée à la puissance nominale P n

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■ La normalisation des performances des moteurs est définie par Les répercussions de ces incidents sur la continuité du service et
la norme NF C 51-111 et son équivalent CEI 34-1. Le document le fonctionnement du matériel dépendent de la nature des défauts,
CEI 34-12 définit des performances complémentaires de couple et de de leur emplacement et des moyens de protection mis en œuvre
puissance apparente au démarrage des moteurs asynchrones pour les éliminer.
triphasés à cage d’une puissance inférieure ou égale à 630 kW et de Dans une installation industrielle, quand, par exemple, se produit
tension inférieure ou égale à 660 V. le claquage d’un élément (câble, moteur, transformateur, etc.), on
■ Les moteurs font l’objet d’une certaine normalisation des observe :
dimensions. Cela concerne essentiellement les cotes de fixation — si la protection est assurée par le seul disjoncteur d’arrivée, le
(NF C 51-104 et NF C 51-120) et, dans le cas des moteurs BT d’usage déclenchement de toute l’installation ;
courant, les cotes d’encombrement des moteurs fermés (guide — si cette protection est ramifiée en plusieurs zones, le déclen-
UTE C 51-151) et les dimensions des bouts d’arbre des moteurs chement de la zone comportant l’élément défectueux et une chute
fermés et protégés (NF C 51-150, NF C 51-155, NF C 51-160 et de tension pouvant atteindre 100 % sur une des phases des autres
NF C 51-165). zones pendant le temps d’élimination du défaut.
■ La norme NF C 51-150, ainsi que le document d’harmonisation Dans ce dernier cas, il y a donc à la fois coupure d’une partie de
CENELEC HD 231, définissent la coordination entre la puissance l’installation (jusqu’à sa remise en état) et creux de tension de plus
nominale et les dimensions pour les moteurs de type fermé à rotor ou moins forte amplitude, mais sans coupure, sur l’autre partie.
en court-circuit d’une hauteur d’axe inférieure ou égale à 315 mm, de En fait, il est statistiquement beaucoup plus fréquent qu’un défaut
puissance inférieure ou égale à 132 kW et de 2, 4, 6 ou 8 pôles. se produise dans les réseaux aériens, soit, en pratique, dans les
Les publications CEI 72-1, CEI 72-2 et CEI 72-3 constituent une mise réseaux de distribution ou de transport, plutôt que dans les
à jour de ces documents de normalisation dimensionnelle. installations intérieures ou liaisons souterraines situées à l’abri des
contraintes climatiques (pluie, foudre, etc.) et d’environnement
(branches d’arbre, plombs de chasse, etc.). En outre, par suite de
4.6.2 Protection l’interconnexion des différents réseaux, tout court-circuit affectant
l’un d’eux sera ressenti, en toute rigueur, par n’importe lequel des
autres, étant évidemment entendu que sa perception sera d’autant
Ce terme englobe à la fois le souci de protéger les personnes contre plus faible qu’il en sera plus éloigné.
les contacts avec les pièces en mouvement ou sous tension, en
prenant en compte les outils qu’elles peuvent avoir en main, et celui Il en résulte que les installations électriques peuvent subir un
de protéger le moteur lui-même contre les contraintes qu’il a à subir nombre difficilement prévisible de perturbations de tension, dont
du fait de l’environnement dans lequel il fonctionne (poussières de l’éventail va de la chute de tension transitoire, d’amplitude variable
différentes tailles, humidité, jets d’eau, gaz, etc.). Les normes ont entre 0 et 100 %, jusqu’à la coupure brève, de durée inférieure à
introduit deux systèmes de classification différents, le premier pour 300 ms, et, dans les cas les plus graves, jusqu’à la coupure de longue
les moteurs de moins de 600 W, le second pour ceux de plus durée (appelée simplement coupure ).
de 600 W. Le lecteur trouvera, dans l’article Qualité de la tension dans les
réseaux électriques. Creux de tension, flicker et harmoniques [19]
■ Pour les moteurs de puissance nominale inférieure ou égale des précisions sur ces perturbations, leur origine et leur classement.
à 600 W, la classification est faite en combinant la protection des Il y trouvera, en particulier, un exposé sur le réenclenchement rapide,
personnes et celle du moteur et comporte douze catégories de niveau qui est à l’origine du plus grand nombre des coupures brèves
croissant, allant de la machine ouverte à la machine à surpression observées, ce qui peut sembler paradoxal puisque ce système a pour
interne (norme NF C 51-200). Les moteurs les plus courants sont les but d’améliorer la continuité du service. Mais, en fait, ces automa-
moteurs protégés et les moteurs fermés. tismes de protection permettent d’éliminer rapidement la plus
■ La classification des autres moteurs, de puissance nominale grande part des défauts qui sont de nature fugitive.
supérieure à 600 W, comporte séparément six niveaux (classés de
0 à 5) pour la protection des personnes, et neuf niveaux (classés de
0 à 8) pour la protection du moteur contre l’introduction d’eau (norme
NF C 51-115). Les niveaux de protection de ces machines sont définis
5.2 Répercussions des coupures brèves
symboliquement par les lettres IP suivies de deux indices respecti-
vement égaux à un niveau de chacune de ces protections, par
Quand on coupe la tension d’alimentation d’un moteur
exemple IP 11, IP 23 ou IP 44 (moteurs pris parmi les plus courants).
asynchrone, celui-ci fonctionne en génératrice et délivre à ses bornes
Nota : le lecteur pourra se reporter, dans ce traité, aux articles Installations électriques
à basse tension [26] et Prévention des accidents électriques [27].
une tension d’amplitude et de fréquence progressivement décrois-
santes. On peut fréquemment admettre que la tension, au bout de
■ Pour les utilisations en zones industrielles exposées aux risques 0,5 s, a encore la moitié de sa valeur initiale. Si, après un temps de
d’explosion d’origine gazeuse, il existe des moteurs dont la l’ordre de 0,3 s, on réapplique la tension du réseau, il apparaît iné-
construction spécifique garantit qu’ils ne soient pas source vitablement une différence de phase, voire même une opposition
d’explosion. La définition des zones à risques et les performances de phase, entre la tension de la machine et celle du réseau. Tout
des matériels qui y sont utilisés sont définies par les normes NF C se passe sensiblement, du point de vue de la surintensité qui en
série 23 et leurs équivalents CENELEC et CEI (cf., dans ce traité, résulte, comme si l’on appliquait au moteur complètement déma-
l’article Matériels et installations électriques en atmosphères gnétisé une tension égale à la somme vectorielle de ces deux
explosibles. Normalisation [28]). tensions. Les contraintes sont plus fortes qu’au démarrage et
peuvent être préjudiciables au moteur. Il y a donc lieu d’interdire
tout réenclenchement tant que la tension résiduelle n’a pas disparu
(ou, à la rigueur, pour certains moteurs de construction récente, tant
5. Perturbations de la tension qu’elle n’est pas au moins inférieure à 20 % de sa valeur nominale).
En pratique, cela signifie que, sauf nécessité absolue imposée par
le processus de fabrication auquel est attaché le moteur, toute cou-
5.1 Origine pure brève doit entraîner le déclenchement de ce dernier.

Les réseaux et les installations électriques sont le siège d’incidents


de nature aléatoire, dont les plus fréquents sont les courts-circuits
et plus particulièrement les courts-circuits entre phase et masse [29].

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5.3 Répercussions des creux de tension ■ Un moteur à rotor bobiné, n’ayant plus le couple moteur
suffisant après le ralentissement consécutif à une baisse de
La chute de tension aux bornes d’un moteur se traduit par une tension, peut le retrouver par l’insertion automatique d’une résis-
diminution de son couple d’entraînement (qui est proportionnel au tance dans son circuit rotorique. Dans le cas fréquent où le couple
carré de la tension, § 1.2.2), et par conséquent par son ralentisse- résistant croît avec la vitesse, l’emploi de la résistance de
ment. La variation de la vitesse est une fonction de l’amplitude de démarrage risque de ne pas permettre de récupérer assez de
la chute de tension, de sa durée et de l’inertie des masses en couple. Il est donc nécessaire de prévoir une autre résistance, dite
mouvement. de repli, de valeur adéquate.
Pour réduire cette variation de vitesse, on a donc la possibilité de ■ Les contacteurs agissent sur le comportement d’une instal-
jouer sur l’inertie, par exemple en plaçant sur l’arbre du moteur un lation de moteurs, comme nous le précisons au paragraphe
volant. C’est une solution parfois utilisée lorsque le ralentissement suivant.
d’un moteur, pendant la durée prévisible d’un fort creux de tension
ou d’une coupure brève, risque d’avoir des répercussions graves sur
l’installation dans laquelle il est inséré. Bien entendu, ce volant
entraîne un accroissement du temps de démarrage et une augmen- 5.4 Contacteurs
tation des contraintes subies par le moteur ; il faut donc que celui-ci
soit conçu en conséquence. Il peut d’ailleurs être alors plus Les contacteurs, dont la bobine de commande est alimentée par
intéressant d’alimenter le moteur par une source de tension non le réseau à courant alternatif (cas assez général), se déclenchent en
perturbable. quelques dizaines de millisecondes lorsque la tension du réseau
baisse d’au moins 30 %, chaque appareil ayant d’ailleurs ses carac-
À la fin de la perturbation, lorsque la tension revient à sa valeur
téristiques propres [26]. De ce fait, les contacteurs tendent à trans-
initiale, le moteur devrait retrouver sa caractéristique normale de
former toute chute de tension transitoire en une coupure.
couple et revenir à la position d’équilibre de couple et de vitesse
qu’il avait auparavant. Malheureusement, deux obstacles risquent Pour remédier à une telle situation, on a souvent préconisé de tem-
d’apparaître : poriser le déclenchement par manque de tension du contacteur, par
— le couple du moteur, qui dépend du glissement atteint par le exemple en alimentant sa bobine à travers un pont de redresseurs
rotor à cet instant, peut-être inférieur au couple résistant du suivis de condensateurs qui fixent la valeur de la temporisation. Ce
mécanisme entraîné ; il n’y a alors plus d’équilibre possible et il est principe de temporisation est tout à fait valable lorsque l’on a affaire
nécessaire de déclencher le moteur ou de faire intervenir des auto- à des circuits passifs, mais l’expérience actuelle montre qu’il ne faut
mates qui permettent la réapparition rapide d’un couple pas y faire appel pour des moteurs.
accélérateur (§ 4.3.1) ; Le contacteur est, en effet, en l’absence d’un système sophistiqué
— la surintensité, qu’engendre à ce même instant la variation d’automates, la meilleure protection des moteurs contre les
brusque de tension, provoque une chute de tension dans le réseau, coupures brèves et les creux de tension de trop grande amplitude.
accentuant le risque d’instabilité ; la chute de tension est, bien sûr, Cependant, en cas de nécessité, pour des moteurs de faible
d’autant plus forte qu’il y a plus de machines dans l’installation. puissance, le maintien en position fermée du contacteur d’alimen-
Par ailleurs, sur un à-coup de tension, les moteurs à rotor bobiné tation du moteur est une solution pour assurer la continuité de
se comportent comme des moteurs à cage et sont le siège d’une service du moteur sur une coupure brève de tension ou un creux
surintensité pouvant dépasser celle pour laquelle ils sont conçus et de tension profond. En effet, pour des moteurs asynchrones à cage
les endommager. de puissance inférieure à 30 kW environ, la tension résiduelle décroît
Il n’est pas possible de définir, ni même d’esquisser, une politique suffisamment rapidement pour qu’au bout de 0,3 s, elle ait atteint
générale à appliquer lors des creux de tension. Chaque cas doit être un niveau admissible pour un réenclenchement sans surintensité
examiné en prenant en compte ses propres paramètres (caractéris- inadmissible. Toutefois, l’emploi de cette solution est soumis à la
tiques des moteurs et de leur système de démarrage, inertie des condition qu’un redémarrage automatique ne nuise pas à la sécurité
masses entraînées, impératifs d’exploitation, puissance de court- des matériels et des personnes.
circuit du réseau, etc.). Nota : l’article Régimes transitoires des machines électriques tournantes [29], ainsi que
l’ouvrage [13] fourniront des informations détaillées sur les régimes transitoires complexes
des moteurs asynchrones qui se produisent lors d’une perturbation de la tension
d’alimentation.
Les quelques remarques suivantes peuvent aider à la
réflexion.
■ On observe que, dans les creux de tension modérés (disons
de l’ordre de 30 %), qui sont les plus fréquents, la plupart des 6. Vitesse variable
installations se comportent bien, sans précaution particulière. Le
problème que posent les creux de tension n’atteint une véritable
acuité que dans un nombre limité de cas, où souvent d’ailleurs 6.1 Intérêt
leur existence n’a pas été prévue.
Bien que les moteurs asynchrones n’aient pas, comme les moteurs
■ Un moteur à cage sans système de démarrage ne se synchrones, une vitesse strictement constante, puisque [relation (1)]
heurte pas, lors d’un creux de tension, à des conditions de couple N = Ns (1 – g ), il n’est guère possible, pour autant, de les considérer
et de surintensité plus sévères que pendant son démarrage, dans comme des moteurs à vitesse variable. Leur vitesse est en effet
la mesure du moins où il n’y a pas d’autres moteurs au voisinage bornée, d’un côté par la vitesse de fonctionnement au couple
pour créer une chute de tension supplémentaire. En dehors de ce maximal, de l’autre par la vitesse de synchronisme, ce qui ne donne
cas, et si le système entraîné le permet, il peut supporter tous les qu’une plage de variation inférieure à 10 %. Par ailleurs, on ne
creux de tension, coupures brèves exclues. dispose pas de moyens électriques simples et économiques (comme
les rhéostats de champ des moteurs à courant continu) pour régler
leur vitesse.

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Pourtant la variation de vitesse d’un moteur présente deux intérêts 6.2 Réglage discontinu de la vitesse
fondamentaux.
— Le premier, qui est le plus évident, est de répondre aux On peut obtenir un nombre discret de vitesses en utilisant deux
exigences de variation de vitesse de l’organe entraîné (le cas le plus enroulements statoriques ou en modifiant le nombre des pôles du
typique est celui de la traction). stator.
— Le second est de fournir un réglage performant au système
entraîné, sans que celui-ci ait, en toute rigueur, besoin d’un réglage
de vitesse. 6.2.1 Double enroulement statorique
À titre d’exemple de ce second cas, on peut citer le fonctionnement Lorsque l’on veut obtenir deux vitesses qui ne soient pas dans
de compresseurs d’air ; il est d’usage très fréquent d’entraîner ces le rapport de 2 à 1, on munit le stator de deux enroulements que
appareils par un moteur asynchrone et de régler le débit d’air par des l’on alimente séparément. Pour éviter que l’enroulement utilisé
vannes qui introduisent une perte de charge. En installant un moteur n’induise des courants dans l’autre, ce qui provoquerait des pertes
d’entraînement à vitesse variable, on substitue à ce réglage, qui dégrade et des échauffements parasites, il est nécessaire de faire appel à des
l’énergie, un réglage à rendement sensiblement constant. enroulements en étoile, ou sinon d’ouvrir, au moyen de contacts
Pour illustrer ce gain de rendement, portons dans un système auxiliaires, le triangle de celui des enroulements qui n’est pas en
d’axes débit q – pression p (figure 14) les caractéristiques respec- service.
tives du compresseur (courbe I) et du réseau qu’il alimente. Leur Théoriquement, on pourrait utiliser plus de deux enroulements dif-
intersection donne le point de fonctionnement nominal N défini par férents pour augmenter le nombre des vitesses, mais, d’un point de
les valeurs p n et q n , auquel correspond une puissance électrique vue pratique, cela n’est guère possible.
pn qn Par ce procédé, on réalise des moteurs électrodomestiques ayant
pn proportionnelle à ---------------- (η étant le rendement du moteur). un rapport de vitesses pouvant atteindre 8 à 10 ; dans le cas des
η
moteurs industriels, ce rapport ne dépasse guère 4.
Si l’on veut réduire le débit à une valeur inférieure q 1 , on peut
alors :
— soit utiliser une vanne, ce qui revient à déformer la caracté- 6.2.2 Enroulements à changement de pôles
ristique du réseau (courbe en tireté) : la pression d’équilibre devient
p 1 (point A) ; Il est relativement facile de changer la vitesse d’un moteur asyn-
— soit réduire la vitesse du moteur entraînant le compresseur, chrone dans le rapport classique de 2 à 1 avec un seul enroulement
donc abaisser sa caractéristique (courbe II) : la pression d’équilibre statorique.
est alors p 2 (point B). La méthode la plus courante consiste à inverser la polarité de la
Le gain d’énergie de la solution électrique est proportionnel à moitié des pôles de chacune des phases d’un enroulement
( p1 – p2 ) q1 conventionnel, de façon à obtenir un enroulement où tous les pôles
--------------------------------- , en supposant, pour simplifier, un rendement constant. aient la même polarité. Un tel enroulement, dit à pôles conséquents,
η
a la propriété d’engendrer un champ tournant deux fois plus
Si le compresseur est appelé à fonctionner souvent hors de son lentement que l’enroulement conventionnel ayant même nombre
point de fonctionnement nominal, ce gain de rendement peut être total de pôles [30].
suffisant pour compenser l’accroissement de coût imposé par l’intro-
Bien entendu, pour revenir à la vitesse double, on opère la commu-
duction d’un entraîneur à vitesse variable. Il en est particulièrement
tation inverse qui permet de retrouver un enroulement dont les pôles
ainsi lorsque, pour des raisons de sécurité, on est amené à sur-
sont successivement de signes contraires.
dimensionner le compresseur par rapport aux besoins normaux de
l’installation, car celui-ci fonctionne alors en permanence en régime La réalisation est différente suivant que l’on désire, lors du
dégradé. changement de vitesse, conserver au moteur sa puissance nominale
ou lui conserver son couple à pleine charge (sa puissance nominale
est alors proportionnelle à la vitesse de synchronisme) ou obtenir
un moteur ayant un couple à pleine charge proportionnel à la vitesse
de synchronisme (et donc une puissance nominale proportionnelle
au carré de cette vitesse).
Pour les figures 15, 16 et 17 donnant les différents schémas
d’enroulement d’un moteur à deux vitesses, les lettres U, V et W
fixent le sens de rotation pour les deux vitesses.
■ La figure 15 donne le schéma de couplage des enroulements, et
son application à un moteur quadripolaire, dans le cas de la
puissance constante ; l’enroulement est connecté en triangle
série pour la grande vitesse et en étoile parallèle pour la petite.
Exemple : les points 1U, 1V et 1W sont les milieux de chacun des
enroulements de phase 2U 2W, 2V 2U et 2W 2V.
■ À grande vitesse (vitesse normale), l’alimentation se fait par les
points 2U, 2V, 2W, les trois extrémités 1 étant ouvertes.
Couplage du moteur : triangle.
Figure 14 – Réglage du débit d’un compresseur ■ À petite vitesse (demi-vitesse), l’alimentation se fait par les points
1U, 1V, 1W, les trois extrémités 2U, 2V, 2W étant connectées
ensemble, en un point neutre.
Couplage du moteur : 2 étoiles en parallèle.

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Exemple : les points 2U, 2V et 2W sont les points intermédiaires


de connexion de chacun des enroulements de phase 1U 1W, 1V 1U,
1W 1V.
■ À grande vitesse (vitesse normale), l’alimentation se fait par les
points 2U, 2V, 2W, les points 1 étant connectés ensemble, en un point
neutre.
Couplage du moteur : 2 étoiles en parallèle.
■ À petite vitesse (demi-vitesse), l’alimentation se fait par les points
1U, 1V, 1W, les extrémités 2 étant ouvertes.
Couplage du moteur : 2 étoiles en série.

Figure 15 – Moteur à deux vitesses à puissance constante : schémas En ajoutant à l’un de ces enroulements un enroulement
d’enroulement complémentaire, simple ou à changement de pôles, on aboutit
à un moteur à trois ou quatre vitesses. C’est le maximum
pratiquement réalisable.

6.3 Réglage continu de la vitesse


6.3.1 Généralités
Le réglage continu de la vitesse (N et N s étant exprimées en
tr/min) :
f
N = N s ( 1 – g ) = 60 ------ ( 1 – g )
p
peut être obtenu en agissant sur la fréquence, le glissement ou la
Figure 16 – Moteur à deux vitesses à couple constant : schémas
tension.
d’enroulement
Jusqu’à la fin des années soixante, le réglage continu de la vitesse
d’un moteur asynchrone se faisait par action sur le glissement, au
moyen d’une association de machines telles que la cascade Kraemer
ou Scherbius.
Le développement des semiconducteurs de puissance a rendu
obsolètes tous ces systèmes en permettant de réaliser, à partir du
réseau à fréquence industrielle, des sources de tension et de courant
à pulsation réglable ayant des performances d’emploi tout à fait
remarquables.
Les composants électroniques de puissance utilisés actuel-
lement pour la variation de vitesse des moteurs asynchrones à
usages industriels sont :
— les transistors, notamment les transistors IGBT (Insulated Gate
Bipolar Transistor ), jusqu’à des puissances unitaires de quelques
Figure 17 – Moteur à deux vitesses à couple proportionnel : schémas centaines de kilowatts, voire même 1 MW ;
d’enroulement — au-delà, les thyristors ordinaires et les thyristors GTO (Gate
Turn Off ) ;
■ Dans le cas du couple constant (figure 16), l’enroulement est en La frontière d’emploi entre les transistors de puissance, les
étoile parallèle pour la grande vitesse et en triangle série pour la thyristors ordinaires et les thyristors GTO évolue très rapidement
petite. avec les progrès des performances des composants de puissance,
principalement ceux des transistors IGBT, et des structures des
Exemple : les points 1U, 1V et 1W sont les milieux de chacun des convertisseurs qui les utilisent. Il est cependant acquis aujourd’hui
enroulements de phase 2V 2W, 2V 2U et 2W 2U. que, pour les applications de faible et moyenne puissances (moins
■ À grande vitesse (vitesse normale), l’alimentation se fait par les de 200 kW et, à terme, moins de quelques mégawatts), le transistor
points 2U, 2V, 2W, les trois extrémités 1 étant connectées ensemble, sera le principal composant utilisé. L’utilisation de thyristors
en un point neutre. ordinaires et thyristors GTO tend à se limiter aux entraînements de
Couplage du moteur : 2 étoiles en parallèle. puissance supérieure à quelques centaines de kilowatts environ et
■ À petite vitesse (demi-vitesse), l’alimentation se fait par les points
quelques mégawatts à terme.
1U, 1V, 1W, les trois extrémités 2 étant ouvertes. Outre les progrès des composants électroniques de puissance, les
Couplage du moteur : triangle. variateurs électroniques de vitesse pour moteurs asynchrones ont
aussi bénéficié des progrès des composants numériques de
■ Dans le cas du couple proportionnel (figure 17), l’enroulement logique programmée. Les processeurs modernes ont permis de
est en étoile parallèle pour la grande vitesse et en étoile série pour numériser le contrôle-commande des convertisseurs en autorisant
la petite. l’implantation d’algorithmes de commande sophistiqués procurant
un meilleur contrôle du couple moteur et de la vitesse, et améliorant
l’interface de communication homme-machine.

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Nous nous limiterons ici à indiquer brièvement les grandes lignes Ce convertisseur est actuellement le plus employé pour les
des solutions technologiques actuellement les plus employées pour entraînements industriels de faible et moyenne puissances. Cette
faire varier la vitesse des moteurs asynchrones. Le lecteur trouvera solution est attractive, car elle utilise un moteur asynchrone à cage
dans l’article de ce traité. Alimentation des machines asynchrones et offre une gande souplesse de fonctionnement. De plus, l’utilisation
[21], un exposé des différents schémas possibles, avec leurs de transistors IGBT et du contrôle-commande numérique a permis
variantes, ainsi qu’une explication détaillée de leur fonctionnement d’augementer les performances d’ensemble tout en diminuant les
et de leur mode de contrôle-commande. On pourra également se coûts de ces matériels.
reporter aux articles Convertisseurs statiques. Composants semi- Un progrès récent est le développement de la commande vecto-
conducteurs de puissance [31], Convertisseurs continu-alternatif et rielle de couple qui permet, pour des applications exigeantes, de
alternatif-continu [32] et Commande numérique des ensembles régler finement le couple du moteur, notamment à faible vitesse.
convertisseurs-machines [33]. Des logiciels de contrôle-commande très sophistiqués effectuent,
en temps réel, une simulation numérique du fonctionnement du
moteur pour calculer, à chaque instant, les valeurs de courants et
6.3.2 Réglage par variation de la fréquence de tensions à lui appliquer pour fournir un couple parfaitement
maîtrisé ; on parle, pour ces variateurs, de commande vectorielle,
6.3.2.1 Généralités car ils règlent les positions des courants et du flux magnétique du
La solution qui paraît, a priori, la plus simple pour faire varier la moteur, représentés mathématiquement par des vecteurs
vitesse d’un moteur asynchrone est celle qui consiste à faire varier tournants.
la fréquence de sa source d’alimentation. La mise en œuvre de ce
principe pour des applications industrielles utilise un convertisseur
triphasé-triphasé qui transforme le système industriel triphasé de Les moteurs à courant continu, grâce à leur très bonnes
tensions de fréquence et d’amplitude fixes, aux légères fluctuations performances de réglage dynamique de couple, ont longtemps
normales près, en un système triphasé de tensions ou de courants été la seule technologie disponible pour les entraînements de
de fréquence et d’amplitude maîtrisées. machines à papier, qui ont une puissance de quelques dizaines
à quelques centaines de kilowatts. Le développement de
Les principaux types de convertisseurs employés pour les moteurs variateurs de vitesse pour moteurs asynchrones à contrôle
asynchrones sont des convertisseurs indirects de fréquence, vectoriel de couple a permis de répondre aux exigences de
c’est-à-dire qui utilisent un étage intermédiaire à fréquence nulle précision de vitesse et de réglage de couple nécessaires à la
(tension ou courant continu) par l’association d’un convertisseur maîtrise de qualité de fabrication du papier. Les moteurs asyn-
alternatif-continu (redresseur) et d’un convertisseur continu- chrones à vitesse variable sont, maintenant, utilisés pour ces
alternatif (onduleur). Plusieurs technologies de convertisseurs machines car ils offrent, par rapport aux moteurs à courant
reposent sur ce principe, selon que l’étage à fréquence nulle est continu, des avantages significatifs de facilité d’installation, de
constitué d’une source de tension ou d’une source de courant et robustesse et de réduction de maintenance.
selon les formes d’ondes produites par l’onduleur.
Des convertisseurs directs de fréquence, dénommés cyclo-
convertisseurs, qui réalisent la conversion de fréquence sans
recourir à un étage intermédiaire à fréquence nulle, sont aussi utilisés
pour des cas particuliers d’entraînements par moteurs asynchrones
de forte puissance (quelques mégawatts).

Les convertisseurs indirects de fréquence sont aujourd’hui les


plus utilisés, avec essentiellement le convertisseur MLI.

6.3.2.2 Redresseur-onduleur de tension à modulation


de largeur d’impulsions (MLI)
Le schéma de principe de ce convertisseur de fréquence est
présenté sur la figure 18a. Il comporte :
— un redresseur triphasé à diodes qui délivre une tension
continue d’amplitude pratiquement constante (pour une tension
alternative d’alimentation constante) ;
— un étage de filtrage, comportant principalement un conden-
sateur de forte capacité ;
— un onduleur de tension délivrant des impulsions de tension
d’amplitude fixe mais de largeur variable, qui, en moyenne,
restituent un système de tensions d’amplitude et de fréquence
variables ; en général, la tension fondamentale est d’amplitude
proportionnelle à la fréquence de façon à maintenir un flux magné-
tique (rapport U/f ) constant dans le moteur sur toute la plage de
vitesse (figure 18b ).
L’onduleur nécessite l’utilisation d’interrupteurs électroniques de
puissance entièrement commandables, c’est-à-dire dont la mise en
conduction et le blocage sont maîtrisables à chaque instant ; c’est
pourquoi on utilise actuellement : Figure 18 – Convertisseur de fréquence à modulation de largeur
— des transistors IGBT, systématiquement pour les variateurs de d’impulsion
puissance inférieure à 200 kW environ ; les variateurs MLI à transi-
stors IGBT deviennent de plus en plus usuels pour des puissances
supérieures, atteignant 1 MW ;
— des thyristors GTO, pour des puissances de quelques centaines
de kilowatts à 3 MW environ.

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Cette technologie de convertisseur permet de faire varier la condensateurs constituent aussi un filtre à basse fréquence qui
vitesse d’un moteur industriel en réduisant sa fréquence permet ainsi de délivrer au moteur des tensions et des courants
d’alimentation, mais elle permet aussi d’augmenter la fréquence presque sinusoïdaux. Un convertisseur supplémentaire, de type
pour alimenter des moteurs au-delà de la fréquence industrielle de hacheur, est placé sur la boucle à courant continu pour assurer le
50 Hz. Cela permet, notamment, de réaliser des entraînements à fonctionnement du convertisseur aux fréquences faibles pendant le
grande vitesse de rotation qui peuvent ainsi largement dépasser la démarrage.
vitesse de 3 000 tr/min pour atteindre des vitesses supérieures à Cette technologie est disponible pour des puissances atteignant
20 000 tr/min à des puissances de plusieurs dizaines de kilowatts, 20 MW à des tensions de 7 kV viore davantage par l’utilisation d’un
voire plusieurs centaines de kilowatts. transformateur élevateur en sortie d’onduleur ; elle est adaptée à
l’entraînement de machines centrifuges (pompes, ventilateurs et
6.3.2.3 Redresseur-onduleur de tension pleine-onde compresseurs), avec une plage de variation de vitesse usuelle de
Ce convertisseur est constitué d’un redresseur à thyristors 60 à 100 % de la vitesse nominale.
délivrant une tension continue d’amplitude variable et d’un onduleur Exemple : grâce aux tensions et courants du moteur quasiment
à transistors ou à thyristors GTO alimentant le moteur à l’aide sinusoïdaux que produit l’onduleur, cette technologie de convertisseur
d’impulsions rectangulaires de tension de durée proportionnelle à est, en particulier, utilisée pour convertir à la vitesse variable des
la fréquence et d’amplitude variable. moteurs asynchrones à haute tension à vitesse fixe. Aux États-Unis,
Ce montage est principalement utilisé pour les moteurs de au cours des années 80, de nombreux entraînements de pompes et
moyenne puissance, jusqu’à 3 MW environ, et pour des fréquences ventilateurs de centrales électriques, atteignant des puissances uni-
d’alimentation pouvant atteindre plusieurs centaines de hertz. taires de 7 MW, ont ainsi été modernisés pour procurer des économies
d’énergie.
6.3.2.4 Redresseur-onduleur de courant
Ce convertisseur est constitué par un redresseur à thyristors en Les technologies d’entraînements à vitesse variable de forte
pont Graetz, commandé en courant, et d’un onduleur autonome à puissance par moteurs asynchrones à cage viennent renforcer
thyristors, qui délivre au moteur des impulsions de courant de forme l’offre technique dans un domaine de puissance où n’existaient
rectangulaire de fréquence et d’amplitude variables. Cette techno- jusqu’à présent, outre les entraînements par cascade hyposyn-
logie est en déclin au bénéfice des convertisseurs MLI et elle n’est chrone (§ 6.3.3), que les moteurs synchrones à commutateur de
utilisée que pour des applications particulières, nécessitant notam- courant assisté.
ment un fonctionnement en freinage électrique, comme le levage.

6.3.2.5 Convertisseurs pour moteurs asynchrones


de forte puissance
Les progrès des composants électroniques de puissance ont
permis le développement, pour des applications industrielles, de
structures de convertisseurs à haute tension pour moteurs asyn-
chrones à cage de forte puissance.
■ La première structure, illustrée par la figure 19, est dérivée du
convertisseur de tension MLI, par l’utilisation d’un onduleur
constitué de 3 hacheurs à 3 niveaux de tensions. Cette structure, dite
à 3 niveaux, permet d’appliquer au moteur une onde de tension plus
proche d’une sinusoïde que l’onduleur MLI classique. Au lieu
d’appliquer entre les phases du moteur une tension prenant les
valeurs – E ou + E (figure 18), les tensions prennent les valeurs
– E, – E/2, 0, + E/2 et + E, si E est la tension de la boucle à tension
continue. Cette topologie permet de réduire les harmoniques de
tension et de courant du moteur et permet aussi de doubler la tension
d’utilisation, pour des composants de puissance donnés.
Les composants utilisés pour l’onduleur sont des thyristors GTO
à haute tension. Les convertisseurs actuels ont des tensions d’utili-
sation le plus souvent de 3,3 kV et pouvant atteindre 6,6 kV, avec
une faisabilité en puissance atteignant 12 MW.
Un exemple d’utilisation de convertisseurs à 3 niveaux est
l’équipement de démarrage de turbines à gaz d’un banc d’essais situé
en France, constitué d’un moteur asynchrone de 5 000 kW à
1 200 tr/min alimenté par un convertisseur de 6 500 kVA, de tension
3,3 kV. Le contrôle-commande du convertisseur de type vectoriel
maintient le couple moteur constant sur toute la plage de vitesse de
0 à 1 200 tr/min.
■ Une seconde structure de convertisseur adaptée aux moteurs
asynchrones à cage de forte puissance est dérivée de celle des
moteurs synchrones à commutateur de courant assisté par la
machine (cf. article Alimentation des machines synchrones [34]). Ce
convertisseur, dont le schéma de principe est illustré par la figure 20,
est constitué d’un redresseur triphasé à thyristors commandé en
courant, d’un étage de filtrage à courant continu et d’un onduleur de
courant à thyristors fonctionnant en commutation assistée par la
charge. Des condensateurs de forte valeur sont placés en sortie de
l’onduleur et connectés en parallèle sur les enroulements du moteur Figure 19 – Convertisseur de fréquence MLI à 3 niveaux
de façon à fournir la puissance réactive de magnétisation du moteur pour moteur asynchrone de forte puissance
et celle nécessaire à la commutation naturelle du pont onduleur. Ces

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Figure 20 – Convertisseur de fréquence à commutateur de courant


assisté pour moteur asynchrone de forte puissance

6.3.2.6 Cycloconvertisseurs
Figure 21 – Cycloconvertisseur : schéma
On peut convertir directement la fréquence du réseau industriel
en une fréquence variable plus faible à l’aide d’un cycloconver-
tisseur à commutation naturelle. Ce convertisseur est constitué
(figure 21) de deux ponts de Graetz par phase et nécessite donc,
en triphasé, 36 soupapes. En commutant les angles de retard des
différents thyristors, on peut, par un procédé d’échantillonnage,
obtenir une tension de sortie qui soit, en moyenne, sinusoïdale. À
cause des difficultés dues aux harmoniques et à la commutation,
la fréquence maximale que peut délivrer le cycloconvertisseur est
de l’ordre du tiers de la fréquence d’entrée.
La vitesse d’un moteur asynchrone ainsi alimenté ne peut donc
dépasser 1 000 tr/min.
En pratique d’ailleurs, les cycloconvertisseurs sont employés pour
entraîner des moteurs plutôt lents, tournant au plus à 600 tr/min ou
moins (broyeurs de cimenterie par exemple), mais avec des puis-
sances qui peuvent atteindre 10 MW.

6.3.3 Cascade hyposynchrone

■ Avec un moteur à rotor bobiné, on a la possibilité de faire varier


le glissement en modifiant la résistance rotorique. Si l’on utilise pour
cela un rhéostat, on dissipe en pure perte de l’énergie active et on
abaisse de façon inacceptable le rendement. Pour que le procédé soit
viable, il faut faire appel à un circuit actif qui permet la récupération
de l’énergie correspondante en la réinjectant dans le réseau. C’est sur
ce principe qu’étaient réalisés les systèmes de machines tournantes
utilisées dans le passé. Maintenant, on redresse le courant rotorique
par un pont de diodes et, après filtrage, on le renvoie dans le réseau
au moyen d’un onduleur à commutation naturelle et d’un transfor-
mateur adaptateur de tension. Le réglage du glissement s’effectue en
jouant sur le retard à l’amorçage des thyristors. Le rendement
obtenu, de l’ordre de 0,90 à 0,95, est au moins aussi bon que celui
Figure 22 – Cascade hyposynchrone : schéma
d’un moteur à courant continu. Cet ensemnble, dont le schéma est
donné figure 22, constitue la cascade hyposynchrone.

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■ Il est, en théorie, possible de régler la vitesse depuis sa valeur Le gradateur voit son application en variateur de vitesse restreinte
maximale jusqu’au voisinage de l’arrêt. En fait, il n’est pas aux moteurs à cage résistante de faible puissance (moins de
intéressant de prévoir une telle plage de variation : d’une part, il est quelques kilowatts), demandant un réglage de vitesse limité ou des
rare que l’on ait besoin d’une si grande variation de vitesse, d’autre démarrages fréquents.
part, on montre que la puissance de dimensionnement de la cascade
est proportionnelle au glissement ; du point de vue des coûts, il faut
donc la dimensionner pour la seule marge de glissement nécessaire,
ce qui implique d’utiliser un rhéostat pour le démarrage.
6.4 Choix des variateurs de vitesse
En pratique, les cascades hyposynchrones sont utilisées pour des
pour moteurs asynchrones
plages de variation de vitesse de 50 à 100 % de la vitesse nominale,
le plus souvent entre 70 et 100 % de la vitesse nominale, ce qui est Les technologies d’entraînements à vitesse variable pour moteurs
bien adapté à l’entraînement de machines centrifuges (pompes, asynchrones sont nombreuses et viennent compléter les techno-
ventilateurs, compresseurs). logies disponibles pour les moteurs à courant continu et les moteurs
synchrones. Le choix de la technologie et de la structure du
■ La cascade hyposynchrone a longtemps été la solution la plus convertisseur dépend de nombreux facteurs liés à l’application visée.
employée pour faire varier la vitesse des moteurs asynchrones. Elle Parmi les principaux facteurs techniques de choix figurent :
est encore employée pour les moteurs de forte puissance ; elle est — la puissance et la vitesse nominales ;
même parfois préférée aux moteurs à courant continu, car elle auto- — le régime d’utilisation (utilisation en régime permanent ou
rise des puissances environ dix fois supérieures à grande vitesse intermittent) ;
(1 500 ou 3 000 tr/min) et ne nécessite que des bagues, beaucoup — la plage de variation de vitesse et le domaine de fonctionne-
moins contraignantes, pour l’exploitation, que les collecteurs. ment dans le plan puissance-vitesse (1 quadrant, 2 quadrants, 4
Les caractéristiques limites actuelles de la cascade sont de l’ordre quadrants) ;
de 3 MW à 3 600 tr/min et 60 MW à 1 900 tr/min (hyposynchrone et — le type de machine entraînée (inertie, caractéristique de couple
hypersynchrone inclus). résistant selon la vitesse) ;
Cependant le développement rapide des convertisseurs de vitesse — la précision de contrôle de couple et de vitesse ;
pour moteurs asynchrones à cage et les inconvénients des moteurs — la tension du réseau d’alimentation ;
asynchrones à rotor bobiné (présence de bagues et de balais — les contraintes d’installation (place disponible, degrés de
demandant de l’entretien et présentant des difficultés d’installation protection, etc.).
en atmosphère explosible et une grande sensibilité aux perturba- Le lecteur pourra trouver, dans l’ouvrage référencé [3] dans l’index
tions de tension du réseau) font que cette solution technologique bibliographique, des informations détaillées sur la nature des spécifi-
n’est pratiquement plus utilisée en faible et moyenne puissances cations techniques nécessaires au choix d’un entraînement.
(typiquement moins de 1 MW). Enfin, un critère essentiel est bien sûr le coût total d’investis-
■ En remplaçant le pont de diodes par un pont de thyristors et en sement de l’entraînement comprenant le coût du variateur, du
injectant, à partir du réseau, de l’énergie dans le rotor, on acquiert le moteur et de leur installation. Le coût d’exploitation de l’entraî-
moyen de dépasser la vitesse de synchronisme, en réalisant ainsi une nement (maintenance, coût d’indisponibilité, pertes énergétiques)
cascade hypersynchrone. est un critère économique supplémentaire de choix.
Le tableau 2 présente les principales caractéristiques des tech-
■ L’utilisation d’un convertisseur réversible, c’est-à-dire capable de nologies d’entraînements à vitesse variable pour moteurs asyn-
prélever ou d’injecter de la puissance au rotor, permet de réaliser une chrones que nous avons évoquées précédemment. On y a aussi
cascade hypo-hypersynchrone, c’est-à-dire un entraînement rappelé, à titre de comparaison, les caractéristiques d’entraînements
capable de fonctionner à une vitesse inférieure ou supérieure à la par moteurs synchrones. Toutes les technologies présentées sont
vitesse de synchronisme. Les convertisseurs utilisés sont, en forte disponibles sur le marché français. Le convertisseur MLI est la solu-
puissance, des cycloconvertisseurs ou, en moyenne puissance, des tion qui constitue l’offre technique la plus étendue, car de nombreux
convertisseurs indirects et réversibles dotés, du côté du réseau, d’un constructeurs proposent ce produit.
pont de Graetz tête-bêche à thyristors.
Les moteurs asynchrones alimentés à fréquence variable
présentent le sérieux avantage de ne donner aucune surintensité
Cette technologie est aussi utilisable pour des génératrices appréciable lors du démarrage, car les convertisseurs permettent de
asynchrones, notamment pour des centrales hydrauliques de régler la fréquence et la tension du moteur pendant le démarrage
production d’électricité. Le record actuel de puissance est détenu de sorte à n’appeler au réseau qu’un courant voisin du courant nomi-
par la machine hydraulique réversible de pompage installée à nal. Ils ne nécessitent donc aucun surdimensionnement en puissance
Ohkawachi au Japon dont le cycloconvertisseur du circuit d’exci- du circuit d’alimentation et peuvent démarrer aussi souvent que
tation est dimensionné pour une puissance de 72 MVA. nécessaire sans risques de suréchauffement.
Cependant, comme tout convertisseur électronique de puissance
industriel, les variateurs électroniques absorbent au réseau des
6.3.4 Réglage de vitesse par la tension courants entachés d’harmoniques qui induisent sur le réseau
d’alimentation. Gradateur d’alimentation des tensions harmoniques susceptibles de perturber
le fonctionnement des récepteurs alimentés par ce même réseau.
Il faut donc veiller à ce que les harmoniques engendrés par ces
Le gradateur est un réducteur de tension constitué de deux convertisseurs ne polluent pas le réseau. En cas de difficultés, il
thyristors montés tête-bêche sur chacune des phases [20] [21]. En existe des solutions qui permettent de résoudre les problèmes en
réglant l’angle de retard à l’amorçage des thyristors, on fait varier réduisant le taux de pollution harmonique. Cela peut être soit le
de façon progressive la tension statorique, donc le couple et la raccordement, lorsque cela est possible, à une source de plus forte
vitesse. Ce type de réglage ne convient donc qu’aux entraînements puissance, soit l’utilisation de convertisseurs à structure adaptée
ayant un faible couple résistant à basse vitesse. Compte tenu des (utilisation d’un pont redresseur à structure dodécaphasée par
pertes de glissement, la variation de vitesse que l’on peut en obtenir exemple), soit l’installation de filtres antiharmoniques à composants
ne doit pas dépasser 5 à 10 %. passifs voire actifs (un convertisseur piloté de façon adéquate
engendre un spectre d’harmoniques qui compense le spectre
d’harmoniques perturbateurs).
(0)

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Tableau 2 – Principales caractéristiques des entraînements à variation électronique de vitesse


pour moteurs asynchrones (complétées d’un rappel sur les entraînements
par moteurs synchrones et moteurs à courant continu)
Convertisseur Convertisseur pleine Convertisseur Commutateur
Technologies de tension MLI onde de tension de tension MLI autonome de courant
d’entraînements pour moteur pour moteur à 3 niveaux pour moteur pour moteur
asynchrone (§ 6.3.2.2) asynchrone (§ 6.3.2.3) asynchrone (§ 6.3.2.5) asynchrone (§ 6.3.2.4)
Nature du moteur asynchrone à cage asynchrone à cage asynchrone à cage asynchrone à cage
haute tension basse tension
Nature du convertisseur redresseur-onduleur redresseur-onduleur redresseur-onduleur redresseur-onduleur auto-
de tension à commutation de tension de tension à 3 niveaux nome de courant
forcée et MLI à commutation forcée à commutation forcée
et MLI
Composants du diodes thyristors diodes thyristors
convertisseur réseau
(redresseur)
Composants du GTO ou transistors GTO GTO et diodes thyristors et diodes
convertisseur moteur et diodes
(onduleur)
Gamme de puissance de 1 kW à 3 MW jusqu’à 3 MW jusqu’à 12 MW 0,1 à 3 MW

Gamme de tension 380 à 660 V 380 à 660 V 3,3 à 6,6 kV < 1 000 V
du variateur et du et jusqu’à 1 500 V et jusqu’à 1 500 V
moteur
Gamme de vitesse jusqu’à plusieurs milliers jusqu’à plusieurs milliers jusqu’à 8 000 tr/min < 6 000 tr/min
nominale de tr/min de tr/min)
(ou de fréquence) (< 400 Hz) (< 1 000 Hz) (< 120 Hz) (< 100 Hz)

Plage de variation 1 à 100 % 10 à 100 % 1 à 100 % 2 à 100 %


de vitesse
Domaine 2 quadrants 2 quadrants 2 quadrants 4 quadrants
de fonctionnement (4 quadrants en option) 4 quadrants (4 quadrants en option)
avec convertisseur
réseau à ponts tête-bêche
Applications principales technologie de référence pompes, ventilateurs, pompes, compresseurs, applications spécifiques
pour toutes applications compresseurs, ventilateurs, extrudeuses, (levage, manutention,...)
industrielles de faible extrudeuses, malaxeuses malaxeuses, laminoirs,...
et moyenne puissances
Observations contrôle-commande adapté à l’entraînement pour machines technologie de moins
vectoriel disponible direct de machines de forte puissance en moins utilisée
pour pilotage précis grande vitesse
du couple

Les progrès de l’électronique de puissance et de contrôle- De façon corollaire, les convertisseurs électroniques alimentent
commande ont aussi permis le développement de structures les moteurs par des courants et des tensions affectés d’harmo-
spécifiques de variateurs à absorption sinusoïdale de courant, niques qui produisent ainsi des couples pulsatoires harmoniques
qui sont disponibles sur le marché en faible et moyenne puissances. se superposant au couple moteur moyen. Il faut donc veiller à ce
L’utilisation de tels variateurs peut se justifier dans certains cas que, dans le domaine d’utilisation de l’entraînement, la fréquence
particuliers où la pollution harmonique du réseau doit être très fai- et l’amplitude de ces couples harmoniques n’excitent pas des
ble. Le lecteur pourra se reporter pour un complément d’informa- fréquences propres de machines qui seraient nuisibles pour l’inté-
tion aux articles Convertisseurs statiques. Réduction de la puissance grité du matériel. De même, il faut veiller à ce qu’aucune fréquence
réactive et des harmoniques produits [35] et Réseaux industriels. propre de la ligne d’arbre, en flexion et en torsion, ne puisse être
Correction de la puissance réactive et des harmoniques [36]. excitée de façon dangereuse par la fréquence de rotation dans
l’ensemble du domaine de fonctionnement de l’entraînement.

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Tableau 2 – Principales caractéristiques des entraînements à variation électronique de vitesse


pour moteurs asynchrones (complétées d’un rappel sur les entraînements
par moteurs synchrones et moteurs à courant continu) (suite)
Commutateur Cycloconvertisseur
de courant assisté Cascade hyposynchrone pour moteur Moteur synchrone Moteur à courant
pour moteur et hypersynchrone (§ 6.3.3) asynchrone (§ 6.3.2.6) autopiloté continu
asynchrone (§ 6.3.2.5)
asynchrone à cage asynchrone à rotor asynchrone à cage synchrone à rotor à excitation séparée
bobiné bobiné
redresseur-onduleur redresseur-onduleur convertisseur direct redresseur-onduleur redresseur assisté
courant à commutation de courant assisté de fréquence de courant assisté et onduleur assisté
assistée (filtre) raccordé au rotor à commutation assistée (si entraînement
réversible)
thyristors thyristors thyristors thyristors thyristors

thyristors thyristors thyristors thyristors


ou GTO et diodes
0,5 à 20 MW hypo hyper 10 MW 0,5 à 50 MW et plus 0 à 20 MW
synchrone synchrone
20 MW 60 MW
0,5 à 7,2 kV < 18 kV 1 à 10 kV 1 à 2 kV

4 000 tr/min 1 500 tr/min 1 900 tr/min 600 tr/min jusqu’à 8 000 tr/min < 3 000 tr/min
(plus pour applications (forte (1 000 tr/min en théorie)
particulières) puissance)
3 600 tr/min
(quelques
MW)
10 à 100 % 50 à 100 % 70 à 130 % 0 à 100 % 5 à 100 % 0 à 100 %

2 quadrants 1 ou 2 quadrants moteur 4 quadrants 4 quadrants 2 quadrants


4 quadrants
avec
pont tête-bêche
pompes, ventilateurs, entraînements applications faible vitesse technologie utilisée toutes applications
compresseurs de pompes, ventilateurs, fort couple (laminoir, pour les grands industrielles en vitesse
centrifuges compresseurs centrifuges propulsion de navires) entraînements industriels, variable
en particulier
les compresseurs
références en conversion technologie ancienne convertisseur utilisé produit puissance
de moteurs à la vitesse pénalisée par l’utilisation aussi pour moteurs × vitesse limité
variable d’un moteur à bagues synchrones pour à 2 000 MW · tr/min
les mêmes applica- par le collecteur
tions

7. Conclusion Comme ces chutes de tension dépendent des caractéristiques du


réseau d’alimentation, il est nécessaire qu’il y ait un rapprochement
entre le distributeur d’énergie et l’installateur pour rechercher les
■ Le bon fonctionnement en service d’un moteur asynchrone conditions optimales de raccordement du moteur, dès que l’intensité
dépend largement de la façon dont ont été analysées et prises en du courant de démarrage n’est pas une fraction négligeable du
compte les contraintes auxquelles il aura à faire face. Deux facteurs, courant de court-circuit.
non complètement indépendants, sont particulièrement à surveiller :
■ Par ailleurs, il faut garder à l’esprit qu’un réseau d’alimentation
le couple et l’intensité du courant de démarrage :
peut être le siège de défauts de nature aléatoire, tels que les chutes
— il faut tout d’abord que le couple moteur soit supérieur au de tension transitoires ou les coupures brèves (cf., dans ce
couple résistant à tout instant et, en particulier, pendant le traité [15] [19]). L’expérience montre qu’heureusement la majorité
démarrage ; cela peut nécessiter de faire appel à des constructions des chutes de tension qui apparaissent n’affectent pas de façon
spéciales de cages (cages à encoches profondes ou doubles cages) sérieuse les installations. Il y a, toutefois, des chutes de tension qui,
ou à utiliser des moteurs à rotor bobiné avec insertion de par leur profondeur, provoquent un ralentissement tel qu’il n’est plus
résistances ; possible au moteur ou au système entraîné de revenir d’eux-mêmes
— quant au courant de démarrage, dont l’intensité peut varier au régime initial. Il n’y a malheureusement pas de règles générales
entre 6 et plus de 10 fois le courant nominal, il ne doit pas provoquer qu’on puisse édicter pour remédier à ce genre d’incidents et chaque
des chutes de tension qui perturbent les installations voisines ou qui installation doit faire l’objet d’une étude propre. L’important est que
réduisent trop le couple de démarrage. cette étude soit menée au stade de l’ingénierie et non après coup, car
les remèdes deviennent alors difficiles à trouver et coûteux.
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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 3 490 − 23
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■ La variation de vitesse d’un moteur asynchrone est très limitée et forte puissances. Des applications nouvelles comme les entraî-
par ses conditions de stabilité et il n’est pas possible de considérer nements directs de grands compresseurs industriels ou la traction
vraiment ce type de moteur comme un moteur à vitesse variable. On électrique de véhicules ferroviaires ou routiers sont devenues acces-
peut essentiellement par des artifices de bobinage, multiplier ou sibles aux moteurs asynchrones.
diviser la vitesse d’un moteur asynchrone, mais uniquement avec un
petit nombre de rapports fixes.
En fait, pour obtenir une variation continue de la vitesse, il faut
adjoindre au moteur des moyens de faire varier soit sa résistance
rotorique, soit sa fréquence d’alimentation, voire la tension à ses
bornes.
Les procédés électromécaniques utilisés à ces fins dans le passé
n’ont pas eu d’applications étendues, car ils étaient compliqués et
avaient un rendement médiocre. La situation a, en revanche, totale-
ment changé avec le développement des transistors et des thyristors
qui permettent de créer d’excellents convertisseurs de fréquence.
■ Le schéma le plus utilisé actuellement est celui du convertisseur
de fréquence MLI. Il constitue, avec le moteur asynchrone à cage,
une solution d’entraînement offrant de nombreux atouts, ce qui en
fait la solution de référence en faible et moyenne puissances. Elle
offre une grande souplesse de fonctionnement (régulation fine de
vitesse, démarrage et arrêt progressifs), de grandes performances
dynamiques et se prête naturellement à l’automatisation des proces-
sus. L’installation est aisée (le variateur se raccorde électriquement
entre le moteur et son alimentation) et le moteur est de construction
simple et robuste. Les performances de contrôle-commande ont
progressé de telle sorte que cette solution technique est désormais
utilisable pour des applications qui, encore récemment, étaient
réservées aux moteurs à courant continu. En complément de cette
solution technologique de base, d’autres schémas se sont déve-
loppés, en forte puissance notamment, pour procurer aux moteurs
asynchrones à cage un large domaine d’emploi.
La figure 23 représente, dans le plan puissance-vitesse, la faisa-
bilité technologique des entraînements à vitesse variable par
moteurs asynchrones à cage. L’extension de ce domaine s’est Figure 23 – Domaine indicatif de faisabilité des moteurs
effectuée vers les fortes puissances pour atteindre une limite de à vitesse variable (refroidissement par air)
20 MW, mais aussi vers les grandes vitesses de rotation en moyenne

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P
O
U
Moteurs asynchrones R
Choix et problèmes connexes E
par Maxime DESSOUDE N
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure d’Électricité et de Mécanique de Nancy
Ingénieur-Chercheur du Département Machines Électriques à la Direction des Études
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S
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Doc. D 3 491

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P MOTEURS ASYNCHRONES _______________________________________________________________________________________________________________
O
U Normalisation
R Association Française de Normalisation AFNOR. Commission Électrotechnique Internationale CEI. Union technique de l’Électricité UTE.
(0)

Machines électriques tournantes


E Titre UTE-AFNOR CEI

N Machines électriques tournantes : Cotes de fixation.


Raccordement
Bouts d’arbres cylindriques de la série longue avec
NF C 51-104

NF C 51-105
01.1974

09.1971
clavetage Add. 1 12.1983
Machines électriques tournantes d’usage général : NF C 51-106 04.1963
Glissières de fixation
S Valeurs normales de la puissance nominale NF C 51-110 02.1977 ≈ 34-1
≈ 279
1994
1969

A Règles d’établissement des machines électriques


tournantes
NF C 51-111
Add. 1
Add. 2
11.1975
02.1977
10.1981
≈ 34-1
≈ 279
1994
1969
V Méthodes pour la détermination des pertes et du
rendement des machines électriques tournantes à
NF C 51-112 11.1975 34-2
34-2A
1994
1974
partir d’essais
O Classification des degrés de protection procurés par
les enveloppes des machines électriques tournantes
NF C 51-115
(NF EN 60034-5)
09.1987 34-5 1991

I (code IP)
Modes de refroidissement (code IC) NF C 51-116
(NF EN 60034-6)
04-1995 34-6 1992

R Classification des formes de construction et des


dispositions de montage. Modes de refroidissement
NF C 51-117
(NF EN 60034-7)
04.1995 34-7 1992
(code IM)
Marques d’extrémités et sens de rotation des NF C 51-118 02.1996 34-8 1972
machines tournantes Modif 1 1990

P Limites de bruit NF C 51-119


(NF EN 60034-9)
05.1995 34-9 1990

L Protection thermique incorporée. Chapitre 1 : Règles


concernant la protection des machines électriques
tournantes
34-11 1978

U Protection thermique incorporée. Chapitre 2 : Détec-


teurs thermiques et auxiliaires de commande utili-
sés dans les dispositifs de protection thermique
34-11-2
Modif. 1
1984
1990

S Protection thermique incorporée. Chapitre 3 : Règles


générales concernant les protecteurs thermiques
utilisés dans les dispositifs de protection thermique
34-11-3 1984

Caractéristiques de démarrage des moteurs asyn- 34-12 1980


chrones triphasés à induction à cage à une seule Modif. 2 1995
vitesse pour des tensions d’alimentation inférieures
ou égales à 660 V
Spécifications pour les moteurs auxiliaires pour 34-13 1980
laminoirs
Vibrations mécaniques de certaines machines de 34-14 1988
hauteur d’axe supérieure ou égale à 56 mm. Mesu-
rage, évaluation et limites de l’intensité vibratoire
Niveaux de tension de tenue aux chocs des 34-15 1990
machines tournantes à courant alternatif à bobines
stator préformées

(0)
(0)

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______________________________________________________________________________________________________________ MOTEURS ASYNCHRONES
P
O
Moteurs U
Titre

Moteurs asynchrones triphasés d’usage général de faible et NF C 51-120


UTE-AFNOR

04.1965
CEI
R
moyenne puissance : Cotes de fixation. Raccordement. Add. 1 07.1969
Connexions internes Add. 2 10.1980
Moteurs asynchrones triphasés : Type « fermé ». Rotor en NF C 51-150 04.1965
court-circuit
Guide concernant les cotes d’encombrement de moteurs
Add. 1
UTE C 51-151
10.1981
09.1982
E
fermés à rotor en court-circuit d’usage général
Moteurs asynchrones triphasés à quatre pôles : Type « fermé ». NF C 51-155
Rotor bobiné Add. 1
03.1969
07.1981
N
Moteurs asynchrones triphasés : Type « fermé ». Rotor bobiné. NF C 51-157 06.1968
Marche intermittente
Moteurs asynchrones triphasés : Type « protégé ». Rotor en
court-circuit
NF C 51-160
Add. 1
04.1965
10.1981 S
Moteurs asynchrones triphasés : Type « protégé ». Rotor NF C 51-165 04.1965
bobiné
Machines électriques de puissance nominale inférieure ou
Add. 1
NF C 51-200
10.1981
09.1964
A
égale à 600 VA ou 600 W : Règles
Machines électriques tournantes de puissance nominale infé-
rieure ou égale à 600 W ou 600 VA. Moteurs incorporés :
NF C 51-221 12.1973 V
Dimensions
Guide d’application des moteurs à induction à cage alimentés 34-17 1992
O
par convertisseurs
Évaluation fonctionnelle des systèmes d’isolation. Section 1 :
Principes directeurs généraux
NF C 51-318-1
(NF EN 60034-18-1)
04.1995 34-18-1 1992 I
Évaluation fonctionnelle des systèmes d’isolation. Section 21 : NF C 51-318-21
Procédures d’essai pour enroulements à fils. Évaluation
thermique et classification
(NF EN 60034-18-21)
04.1995 34-18-21 1992
R
Évaluation fonctionnelle des systèmes d’isolation. Section 31 : NF C 51-318-31 04.1995 34-18-31 1992
Procédures d’essai pour enroulements préformés. Évaluation (NF EN 60034-18-31)
thermique et classification des systèmes d’isolation utilisés
dans les machines jusqu’à et y compris 50 MVA et 15 kV
Dimensions et séries de puissances des machines électriques 72-1 1991
P
tournantes. Partie 1 : Désignation des carcasses entre 56 et 400
et des brides entre 55 et 1080
Dimensions et séries de puissances des machines électriques 72-2 1990
L
tournantes. Partie 2 : Désignation des carcasses ente 355 et
1000 et des brides entre 1180 et 2360 U
Dimensions et séries de puissances des machines électriques 72-3 1994
tournantes. Partie 3 : Petits moteurs incorporés. Désignation
des brides BF 10 à BF 50 S
Électronique de puissance
Titre UTE-AFNOR CEI

Convertisseurs à semiconducteurs. Spécifications NF C 53-211 05.1993 146-1-1 1991


communes et convertisseurs commutés par le (NF EN 60146-1-1)
réseau. Partie 1-1 : Spécifications des clauses
techniques de base
Convertisseurs à semiconducteurs. Spécifications 146-1-2 1991
communes et convertisseurs commutés par le
réseau. Partie 1-2 : Guide d’application
Convertisseurs à semiconducteurs. Spécifications NF C 53-213 05.1993 146-1-3 1991
communes et convertisseurs commutés par le (NF EN 60146-1-3)
réseau. Partie 1-3 : Transformateurs et bobines
d’inductance
Convertisseurs autocommutés à semiconducteurs NF C 53-221 12.1980 146-2 1974

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique Doc. D 3 491 − 3