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MATERIAUX
POUR SERVIR À L'ÉTARLISSEMENT

D'UN

DICTIONNAIRE D ARCHÉOLOGIE ÉGYPTIENNE


MATÉRIAUX
POUR SERVIR A L'ETABLISSEMENT

D'UN

DICTIONNAIRE D'ARCHEOLOGIE EGYPTIENNE


PAR

GUSTAVE JEOUIER

[Extrait DU Bulletin de l'Institut français d'auciiéologie orientale, t. XIX.]

LE CAIRE
IMPRIMERIE DE L'INSTITUT FRANÇAIS
D'ARCHÉOLOGIE ORIENTALE

1922

Tous droits de reptoduclion réservé»


iNSTiTure
OF FINE ARTS

Dr
.J2ù>
MATERIAUX
POUR SERVIR À L'ÉTABLISSEMENT
D'UN

DICTlOrSNAIUE D'ARCHÉOLOGIE ÉGYPTIENNE.

Les circonstances m'ont obligé à renoncer à mon projet de publier un


jour un dictionnaire des antiquités éjjyptiennes. De nombreux documents
avaient été réunis à cet efTet et même, pour une bonne partie des sujets qui

devaient figurer sous la lettre A, la rédaction des notices était déjà terminée,

ou tout au moins très avancée.


Pour utiliser ces matériaux, j'en réunis ici une série, en suivant l'ordre
alpbabélique français, après avoir supprimé d'une part tout ce qui a pu servir
à d'autres travaux spéciaux, ainsi que les articles n'apportant ni documents
nouveaux ni appréciations originales, et d'autre part les grandes notices d'ordre
général. De même l'illustration, qui devait être très abondante, a été réduite
aux seules vignettes indispensables à la compréhension du texte et à quelques
reproductions de documents inédits.

A.

I
. Le f'brasr du cbar égyptien, donc très probablement le limon, suivant

linterprétalion de Ghabasf'), plus plausible cpie celle de Brugsch'-) qui, s'ap-

puyant sur l'Iiébreu dIt'^^ veut y voir les essieux. Ce mot hébreu, qui signifie

''' CnkM!i,VoijriirecriiuEgui>lim,]i.û'] i-'ij^; ''''


Dicllomiairc lnèrojr}ijphi(iue , Supplément,
(JARDINER, Ejjyptian hieialic Tcxls, I, p. 28, p. 9 2 5.
note 6. <''
1 Rois, vu, 3a.

Bulletin, I. Xl\. t
proprement les mains (et non les bim), scml)le plutôt devoir se rapproclier de
deux noms égyptiens qui désignent également des parties du cliar non encore
identifiées avec certitude, dit ^ l'extrémité antérieure du timon, l'attache du
joug CM le joug lui-même, ctdithaou ^'^\^. l'an-ière-main, sans doute
la parlic du timon qui touche à Tessieu ; ces deux rmiainsn aui-aicnt ainsi

leur place toute naturelle


aux deux extrémités du
"hras-ii ou timon.
Les ouvriers syriens
chargés de la réparation
du char d'un oflicier égyp-
tien commencent par re-
mettre en état l'àO, pièce
Fij;. 1. — Caisse de chah (croquis de l'autour d'après le tombeau essentielle et délicate qui
de llepou, à Cheikh Ahd el-Gournaii, n° C6). •< i \ *< i -v
avait du être la première
brisée lorsque les chevaux avaient cassé le joug ((/?/) pour se débarrasser de

leur harnachement'-'. Dans un autre texte'^', le «brasii est cité après les pièces
de la caisse, avant les roues et leurs accessoires, à côté d'autres parties nom-
mées mâaml ^^^^i (essieux?); il était fait en bois provenant du pays
d'Aoupa ^ ^ ^ j^, qu'il faut j)robal)lement situer dans le Liban''', ou en bois
zdgd 3<^'n^| ''•
Dans la nomenclature fournie par l'Hymne au char du roi'**',

l'rt ne paraît pas, et il semble que ce soit le mot àqunit .=—


i^ J^ (voir ce

mot) et la grande canne ti qui le remplace pour désigner le timon.


Le timon est une pièce de bois d'une forme particulière'''' : solidement fixé

au milieu de l'essieu, il se dirige d'abord horizontalement sous la caisse dont


il forme ainsi le support, puis remonte obliquement après un coude brusque et

une courbe plus ou moins accentuée'-'. Celte dernière partie, soigneusement

<" Pap. Anaslasil, pi. XXVI, I. 6. '°'


Erman, Congirs prov. des Oriental, à Saint-
'''
I/iid., pi. XXIV, 1. 5-7; Chabas, Voyage Etienne , II, p. /i.3a.

d'un Egyptien, \i. aio-a/ia. '''


Textor de Ravisi, Congres prov. des Oriental,
'''
Pap. Anaslasi IV, pi. XVI, 1. 11. à Siiinl-Etienne , II, p. i5i: Wii.kinsom, Manners
'*'
Chabas, op. cit., p. 97. and Cii.stonis, 1, p. dlth (édition de 18/17).
'*'
Pap. Koller, pi. H, ]. 1 [(}.broker, Egyj)- '*'
Le limon est visible avec tous ses détails

lifin Iiirrtitic Tcxts, 1, p. 8h). dans les scfrnes de cliarronnag-e des lonilîeaux
polie eL souvent dorée et recouverte de cuir sur une partie de sa longueur,
constitue la flèche et parfois se divise à son extrémité antérieure de manière
à former le joug, mais celui-ci est le plus souvent indépendant et se fixe au

bout du limon au moyen de chevilles et de courroies. Pour fabriquer le timon,

on devait employer des branches ayant naturellement cette forme à double


courbure''), ou faire un assemblage de deux pièces, l'une droite et l'autre

courbe.

^ — I .Hta>.. Ce nom, qui désigne sans doute un objet, ne paraît qu'aux textes
des Pyramides et seulement dans la locution ^>t- ffle grand du r('^',

qui paraît être une épithète divine. Cet objet est un meuble plus long que
haut, avec deux petits pieds, et surmonté à une de ses extrémités d'une pièce
en saillie, plus ou moins arrondie; parfois une autre pièce, posée verticale-
ment, le termine à l'autre bout. L'a(?) pour-
rait donc être un
muni de longues
lit ou plutôt, puisqu'il paraît
tiges fixées à sa partie infé-
ImmS _^H t3
rieure et dépassant de chaque coté, une sorte FijJ. 2. VAniiNTES DU SIGNE À (?)

DANS LES TEXTES DES PiRAMIDES.


de chaise à porteurs d'un modèle un peu diffé-

rent de celui qui est généralement en usage; ce serait alors un lit portatif,

peut-être analogue aux cafas modernes.


La lecture de ce nom est incertaine, le — ' pouvant être la première lettre

du mot aussi bien que le mot tout entier.

AA.

ç|, àdl . Nom donné à une des catégories d'étoffes fai-

sant partie du mobilier funéraire le plus ancien, à côté des adnia ^, des

'' NuoFFER, DerReunwagen im Alicrtum, p. aS.


Ihébains, entre autres ceux de Menklieperra-
senl), n" 86 (VVRESziNSKr, Atlas zur alltli^. h'ultur- '^)
Pyi: Ounas, \. 68 Pépi
: l", 1. 86 , 1 6ii ;
Pépi

geschichte, I, ])l. XVII, I,XIX), et de Hepou, II, I. hh, 328,861; cf. édit. Selhe, 56', 811",

n" CT), dont nous donnons un cioquis. Cf. Ciiam- 8()a'. — Maspero {Les liiscr. des pijr. deSnqqa-
POLLioN, Momimi'Hts ,
|d. CCCCXXXVIII (chars rnli , p. 160, 36a, /106) traduit, diiliitativemcut

du Musée de Floionce et du tombeau de Rekh- du reste, par (rie jTiand de la porter ou "le grand
mara). clief du tombeau 1.
,

shesrou —•
>
et d'autres. La nature exacte de ce genre de tissu n'est pas con-

nueî'\ mais il est à pre'sunier que c'était de la toile de lin; on en faisait,

comme du reste aussi pour les autres étofl'es, de plusieurs espèces; sur une
représentation figurée, les àii sont de couleur brune'-'. Le sens ordinaii'e du

mot ^ étant rr grande, il est possible qu'il faille voir dans les étoiles qui

portent le même nom des pièces de toile de grandes dimensions, draps, cou-
vertures, linceuls'^'.

La série des étoffes âd parait à la IV"" dynastie dans les tableaux donnant la
liste du mobilier funéraire, qui remplissent le centre de la stèle fausse-porte

ou le bas-relief qui la surmonte''); on y remarque toujours cinq ou six varié-

tés, qui doivent se distinguer non pas d'après la force du fil employé pour
le tissage, comme on l'admet généralement'-), mais d'apiès leur largeur,
indiquée par un nombre plus ou moins grand de groupes de franges''"''. Ce
genre de l'eprésenlation disparaît dans les tableaux d'olïrandes des tombeaux
de la dynastie suivante, où il n'est plus fait mention des -<
— ; ceux-ci, par

contre, se retrouvent dans les petites cbambres funéraires de la VP dynastie,

à côté d'autres tissus; ici les figurations qui accompagnent les noms.montrent
des pièces d'étoffes pliées, empilées les unes sur les autres, généralement au
nombre de cinq, ou réunies en ballots de couleur jaune'"'.

'''
L'identification de lV/« avec Xadmn, qui mot suivant). ^

repose sur une variante d'un texte d'Aliydos '''


MtiRRAY, Saqqara Mastabas, I, pi. I, II (cf.

cité plus bas (Brugsch , Diclionn. hiérogt. , Suppl. ,


Maiiiette, Les Mastabas de l'Ane. En.p. , p. 78):
p. 17.3, 178), est inacceptable tout au moins PiTRiE, Medum, pi. XIII (cf. Mariette, Monu-
pour les époques les plus anciennes, où ces deux ments divers, pi. XVIII); Lepsils, Denkmâler, II,

étoffes apparaissent toujours l'une ù côté de pi. Ml, XIX, XXVIII; Brugsch, Dictionn. hiérogl.,
l'autre. M. Dévaud (Zellsrlir. fiir (iffi/pl. Sprnclie Siqypl., p. 1118 (relief Louvre, B. ig); vox
XLIX, p. 11.3) rapproche ce mot du copte BissiNfi, Denicm. iig. Sculplur, pi. XIV; Maspero,
eixx'>,% liiiiim. Ilisl. anc. des peuples de l'Orient, I, p. aSo (stèle
'"'
Stèle de Ra-IIotej) t\ Meidoum (Mariette, de Liverpool): collci-tion Rarracco, pi. I.

'"'
Monuments divers, p. h). Bruiiscii , Dictionn. hiérogl. , Suppl. , p. ga a ,

'''
Au temple de Séli I" à Abydos, le bas- . 118.
relief représentant l'offrande de l'étoffe m mon- '"'
JiiouiER, Les frises d'objets des sarcophages

tre le roi enveloppant la slatne du dieu d'une du Moyen Empire, p. 38 (Mémoires publiés par

sorte de grand manleau droit, poui'vu de cor- les membres de l'inst. franc, du Caire, XLVll).

dons (Mariette. Abydos. 1, pi. XLIV), mais cet '''


Maspero , Trois années de fouilles ( Mémoires
exemple isolé de la XIX" dynastie n'est pas con- de la Miss, franc, au Caire, 1), p. 900. 201
cluant par rapport à l'Ancien Empire (voir le et pi. III; Pétrie, Dendereh, pi. 111.
.

Au Moyen Empire on ne voit plus les àd, même dans les listes d'étofTes,

dans les frises d'objets à lintérieuf des sarcophages. Elles leparaissent à une
ou deux reprises, au Nouvel Empire''' et à l'époque ptolémaïque'-), toujours

comme des étoiïes réservées aux usages cultuels; il semble du reste, vu la

rareté de ce mot, qu'il n'était j)his le nom réel de certaines étoffes, mais une
dénomination peu précise, employée par recherche d'archaïsme.

AAA.

^-^\ '"'
W-" (^;^- "'
nés époques seulement, pour désigner certains vêtements qui porlent en outre
\-^^}> ^^^ en usage aux ancien-

les noms spéciaux ba-{qema) ^ ^, Içhesdez ®p— '^, mash y'p j-, iQu- *! Y"^'
sur les stèles de Sokar-kha-baou et de sa femme (•^),
c'(;st sous ce nom général

que sont rangées quatre sortes de pagnes différents, accompagnées chacune


du signe []^'''l

Au tombeau d'Amten'-'', dans une théorie de serviteurs portant divers objets


qui peuvent êlre utiles à leur maître s'il veut, en voyage, se reposer ou faire
sa toilette, un cliàlit, nn chevet, une aiguière, des parfums, à côté d'un bâton
et d une paire de sandales, un personnage tient à la main une sorte de long

manteau à cordons d'attache, nommé ndù, et qui rappelle par sa forme le

vêtement dd dont Séti \" enveloppe la statue du dieu dans une scène d'Aby-
dos''^'); cet objet ne doit pas êlre confondu avec un autre aht f
^— ', qui se

trouve au même tombeau d'Amten, sur l'épaule d'un autre porteur, et qui

représente un étui d'armes.


Quant au moiàùd ^^, qui dans un sarcophage du Moyen Empire semble
'''
Mariette, Ahtjdos , I, [jI.XI^IV , où 1V'« rem- '''
MuRRAY, Saqqam Masiabas, I, pi. I et 11.

place Vadma, mentionné aux autres variantes du '*'


Ce signe a été en {jénéral pris pour un
même texte du rituel (cf. Moret, Rituel ch aille vase (Mi'RRAv, op. cit., p. 3^-35), niais il repré-
divin jmirnnlier, p. 179); Schiaparelli, // I.il/ro sente incontestablement un pagne avec sa cein-

dei riiiicrali, II, p. 19, .3/i; Newiiebry, Tlic Life ture et la queue [lendante; le mot Uiesdei ne
of Reklimnrti , pi. V (peul-i'lre ici seulement laisse aucun doute à cet égard (cf. Pijr. Téli,

adjectif). I. 1 /|/|) : Jkquier, Rec. de trao. , XXXVII. p. 1 l ^1.

C' Mariette, Demlmd, XXXVl '*'


Bsnkmàlcr,
, IV, pi. et liEPsius, 11, pi. IV.

XXXVII (col. 00 et 6/1); LoRET, Bec. de irav. . 1\ '"'


Voir [). A, note 3. Cf. Ji'qiiier, Les frises

p. 9.1 et 95. d'objets des sarcophages du Moijen Empire, |). i^i.


, ,

s'applinuei' à un pagne, sa lecture est très douteuse''', et il ne pourrait être


identifié à Yadd que sous toutes réserves.
Il y a donc lieu de croire que le mot aàd est, à l'origine tout au moins, un

terme général désignant tout vêtement porté par les grands seigneurs égy|)-

tiens.

ÂÂÂ.

- I "V ^^
'
( var. ^^ .= I
)
, dmàdà ^ — V ^— Ik i i
,^^. iNom donné à

certains réservoirs, bassins, puits ou citernes qui pouvaient être remplis d'eau

comme ceux des champs d'Hotep, où le mort allait s'abreuver (-'. D'autres de

ces ddà, mis en rapport avec un liquide coulant de la bouche du dieu Set,
étaient un obstacle et une menace pour le défunt (^); nous devons sans doute

y reconnaître les bassins de feu attisés par la salive enflammée du serpent


Set ("^ ^) et où se consument les réprouvés, dans la XI^ heure de l'Am-

Douatf"'. Les textes des Pyramides en parlent encore ailleurs, mais de façon
moins claire (''',

AAAÏT.

|\k \k * , add i\^ \^ *^I. (id I^W *^- Nom d'une plante dans laquelle

on voulait autrefois reconnaître le lin (copte lAy, giaay)'"'. D'après les recher-

ches de M. Loretta', il semble que ce nom, qui a donné naissance à celui d'un

canton de la Syrie méridionale, | \ iv ^'^'' f^ésigne plutôt VArundo isiaca

Del., plante ligneuse atteignant k mètres de hauteur, et qu'il soit un synonyme


du mot nebaït j^->^*. 11 dériverait alors du mot a
|
,4!, appliqué plus spécia-

lement au panicule de roseau qui a servi de modèle au signe hiéroglyphique


|('), et désignant, par extension, non seulement le roseau, mais toute tige

<' Lepsius, Aelle.slr Texte, [À. XXVIII; cf. [[c,\^\.\\U\, Lkmo^K, Le Domicile des E.frils

Steindorff, Grabjunde des miulereii Bciclts, I, pi. III, etc.


<^)
p. Q^. P^)-.iVo/e)-Â-aw,I. i85(édit..Sellic, 1788-).

(''
Pi/r. Pépi i\ 1. /m {=Merenra, 1. 588; '°i
BnuGscii, Dicitonn. hicroffi, \). 99.

Noferkara, 1. 1 19/1; édit. Sethe, 1200''). '''


Loret, Revue égij2)tol., XI, p. -j'i ;
Sphinx,
(')
Pyr.Merenra,\.i3G{=Noferl!aiv,,\.ù!f]; VIII, p. i58.

édit. Sethe, iGaS).


'*'
Maspeuo, Les Mémoires de Siiioiihît, j). 9
'*'
JiQviEn^I^e lioie de ce qu'il ij admis l'Hiidès 1. 11 et p. 45.

p. 127; L^vÉBVRE, LeTombenudeSélil", 2' par- '"'


Loret, Bec. de li-ao., I, p. 195.
— vj.( 7 )^-»—

végétale longue, droite et mince, dont on pouvait l'aire des hâtons tels que le

support d'enseigne ^F («"'«'//


^IkIK'T')' '-'^' ^^^ verges pour donner la bas-

tonnade'''. Le nom de la même plante se retrouve avec l'orlhograplie ^


-si

dans une recette me'dicale, pour un remède diurétique'-', puis, écrit sous sa

forme pleine, au Livre des Morls^^\ dans des textes du Nouvel Empire'''' et

dans des comptes'^'.

A À AIT.

j\. .^^ T
1 .^^ -^^ ^^^-^ '
1 1 -^ .^- T '
1 .^^
de sceptre connu par quelques textes religieux et en particulier par ceux des

Pyramides, qui le mettent toujours en corrélation avec le sceptre àhd :


||î
\

^—'^ji^l^jj^^^^^-^ ril frappe avec Yàbd, \\ assomme (?) avec


rrtrta'ïi 11
''''.
Dans les litanies du Soleil, il se retrouve comme une arme que le

dieu tient dans son poing et avec laquelle il détruit ses ennemis, mais toujours

en rapport avec rrièft''*'.

Vàbd était primitivement un casse-lête en bois; le fait que Yaiidtt n'est jamais
cité seul, mais toujours à coté de Yàbd, semble bien indiquer qu'il s'agit d'un
sceptre de la même nature, ce que confirme du reste la forme du détermina-
tif; peut-être même n'y a-t-il ici qu'un autre nom pour le sceptre àhd, comme
c'est le cas pour le hou et le kJierp qui représentent aussi le même objet.

Pour l'Ancien Empire, aucune représentation du sceptre addït ne nous est

parvenue, et nous devons nous en tenir aux déterminalifs des textes des Pyra-
mides, qui montrent tous un sceptre |, dont la tête est plus ou moins forte,

parfois même arrondie ou pointue'^'. Dès le Moyen Empire, il est accompagné


du déterminatif ^— ou même 'ï, ce qui pourrait faire croire qu'on avait perdu

'"'
Vogelsang-Gardixer, Die Klagcii des Bau- par lu plante "îi (Lacau, Rec. de trav., XKX,
ern ,
pi. II, I. 72; pi. Y, 1. 29. p. 191).
<-'
Pap. Ehers, pi. XLIX, 1. 2. <')
Pyr. Péfi l" , l Uh; cf. 1. 1/16, 4i5
'''
Lepsius, D«s Todtmbueh dcr Agijjyler, cliap. (édit.Setlie, 866'', 1 iSg', 1 aoi'); L.acao, Teates
xxxiv, 1. 1 (pi. XVII), et xcviii, I. 6 (pi. XXXV). religieux, $ XXXIX, 1. 5 {Bec. de trav. , XXX,
'''
Pleyte, Eludes égijplol. , p. 1 1 4, 122. p. 191); Mariette, Abydos , I, p. .jy.

'*'
Griffitii, The Peine Papijri , pi. XIX, '*'
Navili.e, ittenic rfw So/ei/, p. 91 , note iJo;

1. 59,p.5o. pl.XlII,1.23:pl.XIX,1.26;pl.XXXI,1.2i,22.
'*'
Une fois même le bois >^— est remplacé '''
Setiie, Die allâg. Pijramidcnlexle, I, 866''.
,

— !-».( 8 )m:h—

le soiivcnii- de sa l'orme originale; (^ii ciïcl, dans le livre tK; rAm-Doiial. nous
"^
voyons un personnajjc nommé le rseigneur de Yadml-n W^\^ ^- ']"'

])oi'le un bâton droit tordu dans sa partie supérieure ''*, mais cette représen-
tation ne donne ;im( imk; indication sérieuse sur la foinii; de l'objet puisque, im-

médiatement à côté, d'autres génies portant les mêmes sceptres sont qualifiés

l'un de -f'^"-^'.^*
^^^ 7' ''''^''''' 'le /jiq-nelerou-f '^
'"^^l^, deux allusions

évidentes à des sceptres bien connus, ('e n'est qu'à la période ptolémaïque
que nous trouvons l'image de l'objet liii-mènie accompagné de son nom,
ortliograpbié aâ 1^""^''^ ' il " 'i^> 'orme (jiie lui donnent les textes des Pyra-

mides et est employé par le roi pour la consécration du mat érigé aux fêles

de Min, et son emploi l'assimile donc aux sceptres de même forme.


M. Pierret'^) signale, dans une sièle du j.ouvre, l'existence d'un mol ald

^-''^—». (pii est évidemment une roiiiic l'aulivc de adïl


W^^- l^n ce (pii

concerne les mots dann ''^ |^.^>-, tiddil


W^\^-^^ i's n'ont aucun rapport
avec le scej)tre addit. Par contre, b) mot addïl peut être employé dans un sens
plus large que celui de sceptre et s'applicjuer à un simple bâton, une baguetle
(pic l'on cueille à un arbre pour frapper qucbpi'un '''l

ÀÂÀOUÏ.

^^ m
I

-, ùdmil i-'l (lolonnetle; mot désignant plus


spécialement les quatre colonneltes (pii supporleiit le baldaquin abritant la

châsse divine, au milieu de la barque sacrée''''. Placées exactement aux quati'e

angles du naos et fixées dans le bordage de la Ixiri ou dans le traîneau qui la

supporte, ces colonnetles, très minces pai' rapport à leur hauteur, vu le poids

très minime qu'elles ont à supporlei-, ont surtout un caractère décoratif; elles

sont en bois, souvent incrustées de métaux précieux. Le plus souvent elles

n'ont comme chapiteau que le renllcment en forme de cloche par lequel se

<''
Lkkkburi:, />e 7'o)»iMH '/('Sé/t /', 2' parlie, '''
Vogei.sang, Kommenlar zu den klagcn des

])1. XVII, ic{j, iiif. lïauciH, |). 53.


'^'
'''
Lei'.sius, Itenhmiilcr, IV, pi. Xlill''. Nouvel Kmpire. l'iiiir Torthograplie rlii

'"'
Recvcil â'inscv. iiml. du Musée du Lvuorc iikiI ;i ré|)0(|iio [jlolt'iiiaïiine, voir plus lias.

I, p. /i : Bnucscii. Diclioiiu. Iilérngl. . Siippl. '"'


C(.\iMGScii, Dielionii. liicto(rl. , SuppL, p.

p. 10. 179.
terminent ordinairement les colonnes de bois, mais sur certaines barcj[iies elles

prennent le symbole même du dieu comme motif de couronnement : ainsi

celles que fit faire Hamsès III pour la barque sacrée


du grand tem|)le de Mempbis''' étaient surmontées
du dad et de la menai, deux emblèmes de Ptah'-'; de
même dans des représentations, où du reste le nom
àWddouï ne paraît pas, on voit les colonnetles de
la barque d'Osiris à Abydos se terminer par des
dad^^\ et celles des ban's de Moût, d'IIatlior et de

Mehit, par le sistre hatborien (').


p.^ 3 _ ^^^^ ^^ ^^^^^^

A l'époque ptolémaïque, les grands naos portatifs (d'après Reisneii, Modela nfSh'ps

d'LI iK 1 ril I (1 '


1
""'' Bonis , \t\. Xin, n" /i88i)-
'
Hatlior et u liorus sont aussi lianqu»;s aux quatre '

angles de colonnettes terminées par le chapiteau hathorien ou


par celui du type ordinaire, qui supportent, comme dans les
barques, un léger baldaquin'''. Le nom en est le même, avec

de petites dilTérences orthographiques : àdïniri \~~\'^\^>, àdon

J!V I I 1

Nous ne savons si dans le langage courant ce mot pou-


Fig. i. — Naos poR- vait s'appliquer à toutes les colonnettes, quelle que lût Icui'
TATip b'Hathor clestinalion, par exemple à celles qui supportaient le dais
(d'après Mariette
Dendérah, IV, pi.
l'oyal daus Ics gi'audes cérémonies. Au Livre des Morls tout au
IX). moins, son sens est plus généralisé : ainsi il s'applique ù une

amulette, la petite colonnette j en spath vert, sous la forme ^ ^ 1^ '''^

I')
Pap. Han-isn-I. pi. XLVI, I. 8-9. '''
Cadlfeild, Temple of ike Kingx ,
pi. III.

''*
Le (hd est non senlenient une des paclies C' Lepsius, Dmlmâli-r, III ,
pi. CCXLV ; dk Ro-

principales dn sceplie de Plah, mais il lui sert CHEMONTEIX-ClIASSINAT, Lc TcmpIc d'ElIJott, I, pl.

encore de support, dans plusieurs de ses repré- XIV, XXX', XI/.


sentations. De même, sur les slaluelles, la menât '''
Mariette, Dendéi-fdi , IV, pl. IX (cf. pl.

est souvent figurée comme coiili'cpoids de son XVIII); de RociiEMONTEix-CiiAssmAT, Le Temple


collier, ce qui est très rare pour les autres dieux d'Ed/ou, I, p. 5S/i. Ces textes, ainsi que les

(cf. Dauessy, Slrtlues de dwinilcs, I, p. 1 1 6-128). représentations qu'ils accompagnent, ne laissent

Il est difficile de se rendre compte comment se aucun doute sur la position de ces colonneUes

ci)nd)inaicnt ces deux emblèmes pour former aux quatre angles du naos.

un chapiteau : ils étaient sans doute simplement '"'


Cliap. ci.ix (Lepsius, Das Todlenlmch der
posés l'un sur l'autre. Agijpter, pl. I,X\VI, 1. 9,).

Bitlletin, 1. XIX.
, ,

— »».( 10 )<,—

et aux malereaux qui servent de supports aux fjouvernails des liatcaux'''.

«o»'^, '
L'identification proposée par Brugsch''-) d'àdàoui avec «| n'est

pas démontrée de façon sufTisante. Ce dernier mot parait plutôt désioner un

arbre; en effet, la lecture de ce groupe semble être àié et non àqn^'^'i.

AÂB.

1 ^k \W- Nom d'un sceptre on d'un insigne de dignité, d'origine très

ancienne, qui ne se trouve jamais à côté des objets analogues dans les repré-
sentations, et n'était donc sans doute plus en usage sous l'Ancien Empire. Le

souvenir s'en est néanmoins conservé dans certains textes


religieux, un entre autres où il est mis en parallèle avec le

sceptre î^hi*'''. Cet objet, composé d'une liampe surmontée


d'un bouton bémispbérique, d'une tablette et d'une sorte de
Le scEPinE aU. longue olive, a servi de prototype au signe ab ^ tf l'Orient,

5. Déterminailf des icx- la gauclier, dont l'ortbograplie pleine était également adh'^^^;
tes des Pyramides, -i,!
est donc
,

a
,

présumer nue
i
le
, ,1 ^
sceptre aub devait se porter
l
r
o.
v
Enseigne ,1 •

Uiinite.
•. 11
1 1 J. 1

7. Hiérogi. du Moyen dans la main gaucbe. Sur la plaque de scbiste du Louvre,


"'"'""'
qui est d'époque tbinite, un des cliasseurs tient de la main
gaucbe un bâton ou une arme qui ressemble beaucoup t\ l'r/r/è'''', mais dont
nous ne pouvons apprécier exactement l'usage.
A partir du Moyen Empire, les variantes très nombreuses du signe ^ mon-
trent que la notion du sceptre primitif adb s'était complètement perdue'"'.

AABERTIT.
Nom, ou plutôt dénomination spéciale d'une sorte d'àn/t ou
r.:
d'encens, qui est plus fréquemment appelée shemevkhel '5?^P.'^; cette variété

'''
Gliap. xc : Naville, Dasiigijpt. Todtenbuch [il/id., 1. tgo) ne donne pas un sens aussi pré-
II, p. 292 (nombreuses variantes gra[)liiques); cis (édit. Sethe, 1000', 1790').
iÉQVlER, Bidl.di; riiist.frruiç. ilii Cfiire ,\X,\^.iiçi. ''' Pi/r. Tcli, 1. JQf), 38.5; Pépi I", I. 369
'^'
BnuGscii, Diitionii. hiémirl., p. 16/i. (édit. Sethe, Goi', 743\ ii.5C'').

'''
Lepsius, Benkmàlev, IV, pi. LXIX: Dl'mi- '"'
Legge, Prnc. of die Soc. of Bihl. ArchœoL,
CHEN, Altâgypdsche Tempelinschriflcn , II, pi. XXII, pi. II et IX.

LXXXVII, I. 1.
•''
Par exemple Griffitii, Béni Hasaii , III,

'*'
Pi/r. Nofcricara , I. 9/1/1; un autre passage pi. III.
rentre dans la série de celles qui sont employées pour les besoins du culte et
occupe le 5"^ rang dans une liste d'époque ploléniaïque '''. Vddbcrtil se pré-

sentait sous la forme de bulbes (?|||*) et avait une couleur jaunâtre'"^';

délayée dans l'eau, elle avait l'aspect «du soleil en hiver ^^ Cette espèce
d'encens provenait du pays de Kliet ^ et, au point de vue mythologique, on
disait qu'elle sortait de l'œil de Touni. En suite de la ressenddance de ce mot
avec le terme hébreu i^a iu ^ Myrrha lacrimansr on a voulu y reconnaître une
sorte de myrrhe'-'', et la chose est fort possible, le mot ànli, dans cette liste

du moins, désignant non seulement l'encens, mais aussi des substances ana-
logues, de même origine.

ÂÂDINÂ.

"V • Nom dune sorte de <>raine qui pouvait se conserver et

qu'on serrait dans des greniers, avec le blé, la farine, les fèves, les lentilles

et une quantité d'autres végétaux, cités dans le même texte (*'. On a ra])pro-

clié ce mot très rare de l'hébreu ]tj rt délices r'*', mais il semble que le sens

primitif de la même racine py cfêtre flexible, moun'''' serait plus approprié à


un nom de plante. Cette graine ne paraît jamais dans les recettes médicales.

ÂÂDir.

^^ . ^>^^k . Sorte de pain mentionné dans des comptes du

Moyen Empire ^'J; on ne le trouve pas dans la grande liste des ofl'randes funé-
raires; sa forme et la manière de le préparer sont inconnues. 11 diffère certai-

nement de Yadit (|^, voir ce mot), qui parait un peu plus loin, ou immé-
diatement à côté, dans les mêmes textes.

'''
r^aljoraloire du temple d'Edfou, Dïsikuien, '''
Iîrigscu, Diclinmi. hiérogl., SuppL, p. 201.

Recueil (le Moiium. égypL, IV, pi. LXXXVI, <'''


Pap. Anastasi IV, pi. VIII, i. 11.

1. II. — L'arJjre produisant le shcmerlçhel était '^'


Mxspero, Du genre épislolnirc, [i. i 3, noie 5.

représenté dans le temple d'Atlu'iijis (Pétrie, '°'


Gesenius, Ihhr. tind avam. Ilanda'ôiiei-
Athribis, pi. XVIII, XiX). buch (lo- édit.), p. 602.
'"'
DïjiiciiEN, Geogr. Inschi: allâg. Deiihn., '''
GRirmii, The Pelrie Papijii ,1^1. Xl\,\. 1 1;

Text, p. 6(j. pl. XX, 1. i3.


->o.( 12 )^v.

AAGASOU.

V VN ° r;p :
'"
k°k
^^"•-
»">)
"'

Courroie, lien au moyen duquel on assujettissait ensemble


(- ^v
les dilTe'rentes pièces d'un instrument, ou bien la lame d'un
outil à son manche'').

AAIRTA.
rilJ. H. — LlGATUBB
d'uer.misette (d"a|)rcs ^_^ w
le tombeau de Hor- ^^ 1 I ^ mlùia ,
(*). Mot d'ori-
emheb [croquis de -»' I I 1 I I I if I I 1 I I I

l'auieur]). gine st'uiitique (de la racine r^b'j rr monter n) désignant des


parties spéciales d'un mur d'enceinte, aussi bien dans un mur de pierre,
comme celui (pii existe encoie à Mcdinet-HabouH que
dans les fortes murailles de briques que Ramsès III fit

construire autour des temples de Thinis, d'Hermopolis,

d'Abydos et d'Assiout'"'; dans les mêmes textes sont men-


tionnées d'autres. portions des murs d'enceinte, les zdkdï-

ces derniers
rnn
^''v "T'i'v'i
^^ '*^^ tesmsloii ^^C'vl'
désignant probablement les parapets. La signification

exacte du mot àdh-ta n'a pas encore été déterminée, mais — SurEKsrnccTiJKES
Fig. g.

on le traduit en général par r escaliem '"'',


en se basant sur DE LA FOniERESSE DE Da-
pocR d'après une plioto-
le sens qu'a parfois le mot hébreu correspondant n^^^y'*); (

giapliie).
toutefois, comme ce mot désigne le plus souvent une

chambre haute, une chambre bâtie sur une terrasse ''•),


on pourrait aussi, et

avec plus de raison, voir dans les àdirla des constructions édifiées sur le

<) Pap. Sailiei- I, pi. VI, 1. 4-5; pap. Sallier f'i


Pap. Ilanis n" I, pi. LVII, I. i3; pi.

II, pi. V, 1. 8; pi. VI, 1. 2. LVIII, 1. 5, lo; pi. LIX,I. 2.

'=)
Pap. Anasiasi \, pi. XVI, I. 4; celle va-
'''
liv,vGscn, Dictionn.hiérogl. ,Suppl. , p.^ya;
riante est probablement fautive, pour l'ortlio- Bbeasted, Anciciil Recorch , IV, p. 11 4, note 1 :

grapbe comme jioih- le déterminatif. Bircli (Fac-siiuile ofan Egypt. Iiierat. Pap., p. 6)
'''
Brugsch, Diclioiin. hiéroirl., p. aaO; cf. traduit rrentrances".

Masi'ero, Du (renie épislolaire , p. Sg, 53. '''


II Chroniques, w, h.

'*'
Ce mot est toujours employé au pluriel. '"'
Juges, m, 23, 25; 1 Uois, xvii, if), 23;
i^l
Pap. IIamsn^'l,pl. IV, 1. a. H Rots, IV. 10.
,

— M.( 13 )^-.—

haut (les murs, sortes de tours de garde ou de défense, dont du reste aucun
exemple ne nous est parvenu, ces murailles étant aujourd'hui trop en ruines,
mais qui correspondraient assez bien aux superstructures des forteresses sy-

riennes qu'on voit représentées dans les tableaux éjjypticnsC'.

ÂÀÏT.

^k ^k , (iil
\^ '-). Bâton porté par le roi, à l'époque plolémaï-

que, dans certaines cérémonies d'oll'randes. et semblable en tout point à

Vaines, pour la forme comme pour l'emploi''' : une tige droite interrompue vers
le milieu par une pièce faisant saillie, en forme de Heur de lotus ou de cône
tronqué; le haut de cette canne est parfois légèrement renflé,
le bas strié transversalement,pour imiter l'enroulement d'une
cordelette. C'est, à la dillerence près qu'il n'y a pas dans le

bas la petite cheville traversant le bàlon, l'ancien modèle du


makes '^'.
Le mot ddït est très probablement dérivé de l'ancien nom
du sceptre «««7^
l^^"! (voir ce mot), dont le sens pri-

mitif paraît s'être perdu déjà très anciennement. On retrouve


donc ici le même phénomène que pour Vaines, ra])plicalion

de vieux mots, dont la signification précise n'était plus connue ^'s- lo. — Le scei-

que vaguement, pour designer un


1 , •
1-11
ustensile du
11
culte dont on
1 (
TBE i.</ï- (d'apivs
CisfunKr, Le Temple

avait oublié le vrai nom. <r£<i/oi(,ll,pi.XL'',(.

Dans la plupart des cas où ce bâton pai-aîl entre les mains du roi dans les
scènes dolîrandes, les légendes ne le nomment pas; on peut lui donner indif-

féremment le nom <Vd<iil qui ne se tiouve que dans les deux exemples cités
plus haut, ou celui d'aines, qui est un peu plus fréquent, ces deux mots
semblant être absolument synonymes.

'''
HôLSCiiER. Dus Hohe Tor von Medinct Habu se faisant pendant, le bâton est nommé une fois

1). Gi-(J2. cmcs, l'autre fois âdïl.

'^'
Chassinat, Le Temple d'Eâfon, 11, p. ai '*'
Pour le mtilci's et Ynincs, voir la partie

et 62 (pi. XI/ et XL''). concernant les bâtons et les sceptres dans Jiî-

'^*
Voir la planclic XL'' du Temple d'Edfou, ouier, Les frises d'objets des sarcophages du

où dans deux tableaux exactement semblables et Moijen Empire.


.

iÀÏT.

^ m. Nom d'une substance qui était employée pour les besoins du culte, à

répoijue ptol(''mai(|ue''); on la conservait dans des vases à parfums du modèle


ordinaire ^. et il est à présumer que c'était une sorte d'onguent. Une recette

du laboratoire d'Edfou '-) donne avec détails le procédé de fabrication de


ïâdtl, dans la composition de laquelle entraient divers ingrédients végétaux
et minéraux (•*', mais surtout du cinnamome (] ^ j™| '^) '^' '^*^ '"* manne
("^,) qu'il fallait bi'oyer, passer au tamis, puis cuire à plusieurs reprises à
quelques joui's de distance.
Le mot àd'il. est toujours accompagné de l'épitbète "] ou '^ f divine. On
trouve dans certains textes du Livre des Morts, d'époque tbébaine, un mol
semblable ^T''^ iiiais son sens n'est pas absolument certain et l'on ne peut
que sous toutes réserves l'identifier à l'onguent àml.

A À M.

aind i^r4^''^^' '"" I


fi^' 1 1
^' ^ ik '^f - • ^^^^ désignant un arbre
qui croissait en Egypte déjà sous l'Ancien Empiie et qui faisait certainement
partie de la flore primitive du pays; on a voulu y voir un nom s'appliquant au
datlier ou une sorte de palmier nain'"), mais ces opinions ont été reconnues
inexactes'"'. Le déterminalif de ce mot ^''*' représente un arbre au tronc d'un
brun rougeâtre, gros et court, supportant une branche maîtresse verticale

(')
Mariette , Dendérah , IV, |.l. XXXVI , 1. 63. p. -a
99 , 33 1

Cf. LoRET, liée, lie liav., III, j). 56. qui donne '*'
Ces premières formes représentent l'ortlin-

ia Iraduction trcouverclc, sans (lu reste I:i jus- graphe de l'Ancien Empire, les autres sont

tifier. postérieures.
'^'
DÏMiciiEX, Recueil de Monum. égypt., IV, '"'
Jjkvgscji , Diclioiin. hicrogl., [). 66; SiippL,
pi. XCVI et XCVII. — On retrouve ce mot dans p. 66 Wcsmc Die Pfaiiten tm
; , altcn Ag. , p. 3o5.
le même ouvrage, pi. LXXX, I. 6. '''
Moldenke, Ueber die in allâgypt. Texlen
*''
lb!d., texte, p. yS-yi. erwtihnlen Bâmiie, j). 6o-G5.
'*'
Pap. de Non, cliap. cxxxvi", I. iC; ilia]). '*'
Bmcii, Cofui of Amamu, pi. XX, XXV-
cxLiv, I. I 6 : Rudge, The Book of the Dead, Text, XXVII.
,

-M.( 15 ).«1-

(Voù partent craulrcs branches obliques, ramifiées à leur tour et couvertes


(l'une épaisse frondaison de petites feuilles vertes. Comme le nom même de
l'arbre mm (ou am) a pu être pris, à une époque indéterminée, dans le. sens
général d'a/-i;-e''', de même son déterminatif est aussi appliqué à d'autres
végétaux de même nature, mais il appartient primitivement bien à Yadm
puisque, dès l'origine, le même signe est employé phonétique-
ment pour désigner la syllabe àm^'l Les documents ne sont pas
sulfisants pour permettre de déterminer l'espèce exacte de Vmm,
mais nous pouvons nous rendre compte qu'il s'agissait d'un arbre
ressemblant comme forme et comme aspect général au sycomore

et au napéca et appartenant sans doute à la même famille; dans

les textes des Pyramides ''', il est du reste cité généralement en


parallèle avec ces deux arbres, le nehnl 'ra^^ et le Jiehes j~ji^; il Kig.!].— L.).iu

(liiéroglyplio
devait cependant être moins abondant que ces deux autres essen-
du sarcopliago
ces, puisque dans le jardin d'Anna'*' on n'en voit paraître que d'Amamon).
trois exemplaires, à côté de 90 sycomores. Enfin Yadm élait con-
sidéré comme arbre sacré dans les nomes de Goptos et d'Apbroditopolis (''
et

élait donc sans doute un arbre originaire de la Haute-Egypte; d'après certains


textes religieux, il aurait été voué à Ilathor'-'; à l'époque ptolémaïque, il est

considéré comme un arbre divin au même litre que Wished et le sont^"'> et il

se trouve parfois en rapport avec le culte funéraire d'Osiris**).


Les textes ne parlent pas de l'emploi du bois dV/w pour les constructions;

en menuiserie, on l'utilisait très rarement, entre autres pour la fabrication

'''
Par exemple an papyrus Harris n" I, pi. sacré du XiV" nome de la Haufe-Ég-ypte doit-il

VIII, I. 6; pi. XXVIIJ. 8. également se lire atim (Moldenke, Uebcr die lu

<''
Erman, Aegi/pùsche Grmnmadk {li° édit.), idlSgi/pt. Texien enràliiilcu Baume, p. \h).

p. 3oo. '"'
Liove des Moiis , cliap. i.xviii, i. 10 (pap.
<''
Pijr. Téd, 1. 90, 334; Pépi l", 1. G7, 8/1 ;
de Nou, édit. Budge, pi. XII, The Rod- of dw
Mcrenra , 1. 720 (cf. édit. Selhe, Slia"*, 699% Dead, Text, p. i5i); cliap. lxxxii, 1. 6 [ibid.

791°, 808', i7a3'). p. 180).


'''
Setiie, Urhuiiden der XVIII. Dijn. , p. 70. '''
De Rochemonteix-Ciiassinat, Le Temple
— Les napécas (iicbes) sont ici aussi en petit dEdfou, I, p. 990, 997 (pi. XXIX'').

nombre (5).
''•
Mabiette, Dendérah, IV, pi. LXXI, où
'*'
Liste géogr. d'fidfuu : Bnucscii, Dicdonn. trois am sont plantés sous le lit funèbre d'O-
géogr., p. iSGa. — Peut-être le nom de l'arbre siris.

— ^^.( 1G )^H

(l'iin joug''', d'une staliielte''-'. Par contre, certaines de ses parties, telles que
les feuilles {yà et ;^^) et les graines on fniils (^, ^"^ Q ! ! *' ! 2l!^ô
""

J^u), sont souvent employées en me'decine, généralement en même temps


que les parties correspondantes du sycomore et du napéca; elles entrent
dans la composition de divers emplâtres ou onguents pour les blessures''),
les bridures''', les fractures'^', les ulcères'"', les maux de tête'"' ou d'oreilles'"',

la chute des cheveux'^', les rhumatismes (?)''"', et aussi pour assouplir, forti-

fier ou rafraîchir les membres''''.

AAMADII.

Jk^ Jj^â^. Partie du cliar égyptien; dans ce mot qui a une appa-

rence sémitique, liriigsch veut retrouver la racine loy, d'oii viennent des
mots comme -•n:i", :>ji tf colonne, supports ''^'. Ce seraient alors les montants
verticaux de la caisse du char, mortaises dans la pièce d'avant du châssis et

supportant la bordure supérieure ou main courante. Ces montants ne parais-


sent en général pas dans les peintures on bas-reliefs représentant des chars,

mais on les retrouve, par contre, au nombre de dix, dans le char funéraire
de louaa''^' : étant l'ecouvcrts extérieurement d'une garniture de Itois et de
cuir, ils n'étaient visibles que dans l'intérieur du char; une couche de peinture
jaune, destinée à imiter l'or, les recouvrait. Dans le char de Florence '''Ml n'y
a qu'un seul montant vertical, an milieu de la face antérieure de la caisse''^';

'''
LoRET, Roc. ih ti-fw., IV, p. a'i (1. Go): 1. 8.

V, p. 97. M. Loret remarque à ce propos que


('»)
Pap. Ebers. pi. LXXX,1. 18: pap. Hearst,
ie joug du char de Florence est en bois de cliar- pi. VI, 1. 3; pi. V11I,L à.

'"'
me oriental [Cmflnwt orieiitalin Lahk). Pap. Ebers, pi. LXXXIII, 1. 3, A; pap.
'"'
lÀore des Morts, cliap. cxxxvn" [ibid., p. Hearst, pi. XVI, 1. .3.

?)i-?.). — Na VILLE, Les h stèles orieiitccs de Mar- ''"'


Bruoscii, Diclioiiii.liié7-ogI,,Siippl., p. t-ili.

''^'
seille, p. 8, pi. I (XII). QuiBr.LL, Tomb ofluaa and Thuiu {Catal.
<')
Pap.Ebers,pl. LXXI, 1. 10, iG. n;éii. du Musée du Caire, n° 5i 1S8), p. G6. pi.
c Ibid., pi. LXVII, 1. 21. LI-LIlI.
''''
f'i
Pap. Hearst, pi. I, 1. i4; pi. XIV, 1. 17. CiiAMPOLLioN, Monuments de l'Egypte et de
!°'
Pap. Ehers, pi. LXXXVi,l. la. la Nubie, pi. CCCC\XXV1II.
'"'
'')
Ibid., pi. XL Vil, 1. 11. Voir la scène de cbarronneric du tombeau
m 7i!V/.,pl. XC1,1. a. d'Aba : Scheil , Mémoires de la Miss, franc, au
(')
Ibid., pi. LXVII, 1. 1 ;
pap. Hearst, pi. X, Caire, V, p. G36, pi. IV.
,

--•M.( 17 )<^—

c'était sans doute le modèle ordinaire, celui des cliai's dont le manteau des-
cend de chaque côte' en une courbe régu-
lière, et qui sont de beaucoup les plus nom-
breux.
Le seul texte''' où ces objets soient nom-

trses ddniddii dorés r les place en tète d'une


liste des parties du cliar, qui commence en
eft'et par énumérer les divers éléments de la
2. — Caisse du ciiab de Ioi;aa.
caisse, ainsi le klict-ir-klirl ^,'='^,^ ban-
dage en bois, les lokkir "7" panneaux de cuir incrusté, la peUinit
] ^ ^ T !' J ^

iv^" l3oi"*^l^""G en bois courbé'-', etc.

A A MOU.

Plante médicinale non encore identifiée; le déterminalif du mot, qui est


alternativement et indifféremment • et -ï, montre que c'étaient les graines

de cette plante qui étaient utilisées en pharmacie. Leur effet paraît avoir été

surtout laxatif: elles entraient, en proportion plus ou moins forte, dans la

composition de divers purgatifs'-*' et même de suppositoires'''. C'est sans doute


au môme titre qu'on employait ces graines dàdinoa, toujours à côté de beau-
coup d'autres ingrédients, dans des médicaments pour les maladies afl'cctant

les voies digeslives'-''. On les retrouve dans des fumigations contre les nau-
sées'''', dans des pâtes qu'on devait mâcher pour guérir certains maux de la

bouche'"', ou dans des gargarismes pour affections de la langue (aphtes?)''*',

<'i
l'ui). Anaslasi IV, pi. XVI , I. 8. Lill. : » ses <"'
Pup. Ebers, pi. IX, 1. 5.

àdmâdii (ion[ en) (luvail d'ori. <^'


/Wrf., pi. XXIV, 1. 1 1; pap. niéd. n" .3o38
'"'
Le sens exact de ces mois n'est pas encore de Berlin, pi. XI, I. 8; pi. XII, 1. 5, 9; pi.
d'une certitude absolue. MU, 1. 9: pi. XIV, 1. Zi; pap. Hearsl, pl. II,

('I
Pap. Ebeis, pi. III, 1. i; pi. VII, 1. ifr. 1. 11, 1.^).

pap. méil. n' 3o38 de Berlin, pi. 1,1. 2 ; pi. XI! <"'
l'ap. Ebei-s, pl. LIV, 1. 19.

i.
7 (Wrkszinsm Der jrrosse mediiiniftche Pnpynis
,
c Ibid., pl. XXVII, 1. 8; pap. méd. n° 3o38
des Ijerlincr Muscums); pap. Hearst (éclit. Reis- de Berlin, pl. III, 1. 9.

ner), pi. I, I.
Cl l'ap. Ebei-s.pl.LXXXV, 1. 17.
7 (?).

BuUetui, I. Xl\.
,

])our des emplâtres contre des maux de tête''' ou même pour des pansements
à appliquer sur des membres cassés'-'.

Ce mot ne doit pas être confondu avec d'autres noms de plantes qui s'en

rapprochent beaucoup pour la forme, àmninqu ^\i^W ,'} , et àmàdm —'^


n^Mi (^'oii' ces mots), plantes qui sont également employées en pharmacie,
mais dont les propriétés médicinales paraissent très différentes.

ÀA OU.

\k i V vo>-r.^. Sorte d'arme, probablement une lance ou tm bâton; ce mot

n"a été signalé que dans un exemplaire de basse époque du chapitre cxlv du
Livre des Morts''^\ comme variante de heli |'^|'''', mot plus fréquemment em-
ployé et qui signifie d'ordinaire et lancer mais peut aussi avoir le sens plus gé-
néral d'ffarmeii :
^"^Pl'f'ï C'''^ "î) ^1^'''^^! '^ "" ^'j'^' "" bâtdh dmes
comme arme (bâton?)'-. IJans ce chapitre, il est dit, en effet, que ce sceptre
tient lieu au mort de plusieurs sortes d'armes aux noms peu fréquents, qui ne
peuvent être considérés comme des noms de bois rares, ainsi que les ont inter-
prétés plusieurs traducteurs'^', car une des formules parallèles'"' dit clairement

^^^^^-::=| *yi^^,ti^ "j'-^^i ^"^ '"'*<^s pour frapper les ennemisf.

AÂSEB.

i \k I I , asch II I
. .leu de combinaisons qui consiste à faire manœuvrer
des pions sur une tablelte divisée à cet effet en un certain nombre de cases'"',

et qui est analogue au jeu de senail ^; comme pour ce dernier jeu, les pions

sont de deux espèces, les uns blancs, coniques ou arrondis du haut, les autres

verts, plus grands et munis d'une petite saillie à leur partie supérieure, mais
ils se placent sur le damier d'une façon différente, en deux groupes de cinq

'''
I'a|i. Ilearsl, |il. V, 1. iG. ''''
Pikrret, Livre des Morts, \). hCA eLsuiv.;
<''
ULi, 1)1. XIV, 1. i5. l'.LDOE, The Bovk of thc Demi, Transi., p. 244
'''
Pa|i. Ud'iiig; cl. Brugscii, /)/t7/oH)i./(((;Vfig-/. el siiiv.

'''
p. 1. Lïpsius, op. cit., |il. LXII, 1. 20.
''''
Lepsius, Das Todlciibuch dcr Agijpter, pi. '''
Wiedemann, dans A' Conjjrcs des Oricnlal.

liXI, \. II. â Genève, IV, p. Itj.


— ^».( 19 ).«^—

pions chacun, sépares par un espace libre. Les deux joueurs sont assis pnr
terre l'un en face de l'autre, aux deux extrémités d'une petite table basse,

chacun ayant devant lui ses pions quil déj)lace en les prenant entre le pouce
et l'index ('). Nous ne connaissons ni les règles du jeu. ni même le genre de
damier employé, mais il esta présumer que, puisque Yadseb est toujours mis
en parallèle avec le senait, le jeu à trois rangées de dix cases, il devait repré-

senter celui dont le plan est tracé sur l'autre face de la boîte à jeu ordinaire,
avec un carré de douze cases au bout d'une rangée de huit cases, et qu'on a

coutume d'appeler le jeu de la voie sacrée'-). D'après la disposition même du


damier, il n'est guère possible d'installer les pions autrement qu'en deux
camps ''' l'un en face de l'autre, sur le carré de

douze cases, et comme le damier se plaçait entre

les joueurs de manière que chacun ait devant lui ) ~>^^iiLii^iW!r^^^/]

un des côtés longs'*', la disposition correspond à


celle qui est donnée dans les représentations figu- ''''!T-
'3. — L'^.isEB (d'après Cimm-

rees, saut en un seul pomt : u ny a, en eiiet, place


de chaque côté que pour quatre pions, et non pour cinq, ce qui ne permet
pas de donner cette explication pour absolument certaine.
Ce jeu, dont le nom a été rapproché du mot|^PJ^^~^ poutre n ou
adseb fr

plutôt cf trône 11 (voir .i.sB/r) t'^',


était en usage au Moyen Empire, mais il n'est
nommé que très rarement; il est possible qu'il faille le reconnaître dans des
représentations d'une époque plus récente, où la disposition des pions en
deux groupes est exactement la même''''.

AB.

T
' "^ If. Nom du reliquaire d'Osiris dans le sanctuaire d'Abydos, ch^îsse

de forme spéciale dans laquelle était conservée la tête du dieu. D'excellentes

'' Newberrv, Beiii Hasan, II, pi. Vit, XIII; '*'


WiEDEMANN, daus X' Cougrès des Oriental,

cf. CriAMPOLLlON, Monuments, pi. CCCLXIX. à Genèoe , IV, p. ij ; ce mot désignerait alors le
'''
Falkener, Games ancient and oriental, bloc de bois dans lequel était taillé le damier
p. 91. primitif, avant l'adoption du modèle classique,
'''
Dans le jeu de senaïl les pions devaient, la boite à jeu ii deux faces.

au (It'parl, être alternés sur une seule ligne. '')


Lepsius, Denhnfdcr, III, pi. CCVI (Ram-
'*'
Garstang, BurialCustoms rif Ancient Egijpt, sès III et ses femmes), et siutoul Lepsius,

p. i5i, fig-. \hf\. Austvahl der wicliliffKteit Urkunden, pi. XXIII.

3.
représentalions sculptées sur les parois du temple de Séti I'^ à Abydos, nous
font connaître exactement l'aspect de cet objet, sorte de caisse plus haute que
large, arrondie dans sa partie supérieure ('); le bas de cette cliâsse est décoré
très simplement de quatre zones de petits carre's en échiquier, séparées par
des bandes nnies; devant le couvercle en forme de dôme se dresse un double
urœus dont la queue retombe de l'autre côté du reliquaire, très bas. Le tout

est surmonté de deux hautes plumes droites, et fixé sur une longue et forte

hampe qui vient à son tour se planter dans un meuble spe'cial en forme de
table que des tringles fixées des deux côtés permettent de transporter dans
les processions; sur le plateau de la table sont deux uranis, deux chacals et

des figurines de rois faisant des offrandes ou soutenant la hampe, et au bas


de celle-ci sont accolées deux ou trois statuettes léontocéphales mummiformes,
protégées par des vautours déployant leurs ailes '-l Des enseignes diverses se

dressent à côté de la châsse, et pai-mi celles-ci les plus importantes sont celles
des deux béliers qui semblent en être les gardiens. Sur un autre bas-relief du
même temple '')
on voit sortir d'un des côtés de la ch;isse la tète même du
dieu, coifTée du grand serre-tête d'étoffe, barbue et l'urteus double au front.
Enfin dans la barque sacrée d'Osiris*'', au-dessus du tabernacle, se dressait
le même emblème, mais terminé dans le haut par la tête du dieu, surmon-
tée comme d'ordinaire des deux plumes; c'était ici soit une reproduction de
la châsse sainte, soit la chasse elle-même qu'on pouvait hisser sur la bnri en
certaines occasions.

En tant que chasse d'Osiris, cet objet parait encore dans d'autres repré-

sentations, entre autres sur des stèles'^) et sur des sarcophages'''' du Nouvel

•''
Caulfeild, Temple of tlic kiiigs, pi. II. M. l'époque romaine : Lepsius, Denkmâler, IV, pi.

Pétrie (ibid., p. i 5) voit dans cet objet la figu- LXXXVI ; BÉPiÉuiTE, Le Temple de Plitlœ ,
pi. XL.
ralion d'une grande perruque. Il n'est pas pos- '*
Gallfeild, Temple of llte Kings, pi. III.

sible de voir d'après les bas -reliefs si la base de '*'


Stèle n" igiS de Bologne (phot. Pétrie,

la caisse est eaiTee ou ronde. n" 287). Mariette, Abijdos, 11, pi. XLI. — Ces
'"'
Au le7nple de Hanisès II à Abydos, seule deux stèles datent du lègne de Ramsès 11, et

ceUe base est encore visildc sur un bas-relief sont donc presque conleniporaines des reliefs

représentant le même relicjuaire (Mirrav, An- du temple d Abydos. — Roeseb, Bcsclireibiing

cient Egi/pl, 111, p. ia5). der ôgypl. Sammlung in Leideii , IV, pi. XXXI \'
'''
Caulfeild, op. cit., pi. XII. — Le mètne (porte d'un tombeau).
emblème se retrouve au temple de Phila?, à '"'
Caisse de momie de Bologne, n" 1972
,

Empire, ainsi que dans une vignette dn Livre des Morts^^\ 11 sert toujours

d'insigne an nome d'Abydos et se trouve, à ce titie, dans les listes géogi'a])hi-

ques de toutes les époques; il est luèmc employé parfois


pour écrire le nom de la ville même d'Abydos'-'; dans

ces cas, il est en général représenté sommairement "t\ ,

traversé de part en part par le serpent ^ qui dans


certains textes est figuré à côté de l'objet, comme s'il

s'agissait d'un signe phonétique :


jf^n^^'' ^'^^^ '^"'

cas, il faudrait lire le nom de


ce reliquaire ahez^''^ et non ah,
et voir en lui non seulement
la cliàsse d'Osiris, mais le sym-
bole éponyme de la ville d'A-

bydos, Ahdm f J*©*-


D'autre
part, il est possible, et même

probable, que ce serpent ne


soit autre chose (pie l'urfeus Fijj. l 'i. — La châsse d Osiiiis

fixé au liautde la châsse comme (stèle 11" igiS de Bologne


[croquis (le l'auleur]).

Kij;. i5. — I.A CHASSE oOsinis


au front même d'Osiris, et ne

(sarcophage n" 1972 de Bo- doive pas être Considéré comme un signe phonétique.
logne [croquis de i'auleur]).
,^^ ^j^.^^^ ^ ^^ ^^^^^^ .^^^j,. ,^^^^^^^^ y^^^^.ovi d'origine

avec son homophone ah ^, l'Orient (voir li/i').

ÂBÀB.
s • -^'ot d'origine inconnue, qui ne se trouve que sur un monument
I I

(phot. Petrio, n" 33o), où \ab est accomp.igné lenbuch , 1, [il. CLII. Dans les manuscrits de
(les mêmes erabl(^'nies ([lie dans le temple de basse (époque, rohjet est represenli^ de façon

Séti; sarcopliage n" iQfii de Bologne: Britisli plus sommaire.


Muséum, n" 2 3989 [Guide lo ike 1'' nnd a"' •''
Par exemple Dïmiciiex, Recueil de Monuni.
(gtfpl. Booms, pi. VII); CiiASsrxAT, Lu accoude égijpt., 111, pi. XCIII, 1. G, etc.

Irouvaille de Deir et-Daliaii [Cnlnl. fjén. du Musée '''


WiEDEMANN, Zeilschr. fïir (igijpt. Spiache

du Caire), I, p. 3, 28; Pétrie, Ramcssetim , pi. XVI, p. 99; cf. vos Bergmann, Das Buch vont
XVI, XXIV; Lanzone, Dizioii. di Milol. cffizia, Durchirniidelu der Ewigkcit, p. 17.

p. 819; etc. <*'


Brl'gscii, Dictioun. gcogr., p. 116/1;
'' Chap. cxxxviii : Naville , Dus (igiji'l. Tod- Brugscii, Diclionii. Iiiérogl., Suppl., p. 'i.t.
éthiopien (')
et tlonl le sens n'a pas encore été déterminé. La phrase où il se

rencontre "^ ^ P
^. ^ 5
^ ^^ "j^ s doit se ti-aduire : fj'y coucliai, car

il est mon ^^ '-'. Gomme sens, on n"a proposé jusqu'ici que des hypothè-
ses, comme rMnanteaii royale ou rhandeau royal 15 (^^; le déterminatif indique
en ed'et une étofl'e, mais vu le contexte, il s'agit prohahlement d'une pièce
de literie, une couverture ou quelque chose de semhiable.

ABÂÏRI.

l'jN^fci.<=»l| T ''',
alidr J f^ -y^^'^'- Mot dérivé d'une racine sé-

mitique et pouvant s'a])|)liquer, comme son correspondant hébreu T13N*''' (litt. :

rètre fort 11), soit à l'étalon, soit au taureau. Dans la liste du butin fait par
Thoutmès m après la bataille de Mageddo, bien que le déterminatif >» ne
soit pas absolument certain, il s'agit sans aucun doute de chevaux, donc d'éta-

lons'"'. Par contre, dans un texte hiérali({ue du Nouvel Empire, la phrase

!lfc¥-=nJ.Va:'2'Kl.r^.T,-!â!frti.-^«''-^" de premier
ordre du pays de Kheta, kalm d'Aïrsar ("*), pourrait désigner des taureaux et
des vaches'^) aussi bien que des étalons et des juments, mais cette seconde
alternative est plus probable, vu que la Syrie était surtout un jiays producteur
de chevaux.

ABÂQR.

^\^W- \ \ VW\^''°'' !
JtV'"'-Motsigninantrlesauteurr
(de la racine ah
\ \^ ff sauter, dansen^) et désignant un quadrupède vivant
sur les confins de la vallée du Nil dès la plus haute antiquité et s'y trouvant

'' Stèle de Nastosenen : Lepsius, Denkmiiler, Iitstov. (2' i^dil.), p. lili-2: CiiAnAS, Voyage d'un

V, pi. XVI. 1. 7. Egyptien, p. 87.


'''
ScnAFER. Dieûihiop. kôniffshisclir. des Derl. '''
Setiie, loc. cit. Il n'y a que G «irt'r contre

Mus., p. 99. 20/11 juments et 191 poulains.


^''
Maspero, Ci Pap. Anastasi IV, XVll,
Mélange.'! d'archcol. égtjpt. et pi. 1. 9; cf.

fissyr., I, p. 990, noie 3. BnuGscii, Dictimn. hiérogt., Suppl., p. 3G.


(»'
Pap. AnastasilV, pi. XVIIJ. 9.
'''
Le mot kat désigne loiil animal femelle
'^'
Sethe, Uikiinden der XVIII. Dyii., p. GG3. Erman, Aegypiisches Glossar, p. i3G.
'"^^
Gesenius, //(?/;)•. iiiid aram. Ilandaorlcrhuch <"' Lacau, Rec. de trao., XXIX, ]). 1/19.

(10' édit.), p. 6; Chabas, Eludes sur l'anllq. i") Figurations de Béni Hassan.
— ^ï-( :>;3 )<-.—

encore au Nouvel Empire!''. Cet animal aux jambes fines, à la robe brune,
aux cornes très recourbées et dirigées en deliors, jaunes ainsi que les sabots,

a été identifié avec le mouflon, soit le moullon à manchettes [Ammotragus


lrogelaphus)'-\ soit le
17 IC)

mouflon égyptien (Iw-


moimgus leriviay^\ Les

représentations ne sont
pas assez caractéristi-
ques pour qu'on puisse Fijj. i6 à 18. — Le mouflon.

le déterminer avec cer- 1'). D'apros PEiRiE-QuiiiELL, Ndijadu and BtiUas, pi. LIX.

titude : ainsi il n'y a


'''
17. — VON BissiNG, Mnslnbn ries Gein-in-l.ai, I, pi. XXV.
CiiAMi'oi.LiON, Mon limerais, pi. (jCCGWVIll''.
aucune indication de
crinière ou de manchettes ('''
sur les figurations les plus détaillées dans les
mastabas de l'Ancien Empii-e'^' et à Béni Hassan'"'.

ADASHTOV.

c^^. Dans une liste de pains, datant du Nouvel Empire ("',


^ mS 7^
ce mot se trouve placé le second de la série, avec l'épithèle '^
i*^, | f pains

bons 11'"*'. Dans une autre liste analogue ''-'',


il est orthographié ahaskui "^ ^
Llx^ ^ ^
(^ et qualifié de p.s |P<^, c'est-à-dire (ju'il s'agit d'une sorte de
pain cuit au four. Plutôt que d'attribuer à ce mot une origine sémitique'"'', je

'"'
Au Ramesseum (d'après Hartmann). XXV, n" '1; Mariette, Les Mastabas de rAiic.
''
Hartmann, Zeilschr.fûrâgi/pl. Spmchc, II. Emp., p. 288.

p. 28.
'"'
GiiAMPOLLioN, Monuiiteuis, pi. CCCLXXXIV
''*
MATscniii (von Bissing, MaHlaba dus Gcm- et CGCGXXVIII qualcr; Newberrv. Déni Uasan,

ni-kaî, I, p. .3.5); cf. Marshall, T)k Tierc der ll,pl. IVetXIll.


Erdc , II, p. fiG; Gaillard-Daressv, La Fmmc C' Pap. .\nastasi IV, pi. Xl\', 1. 1.

momifiée de l'antique Egypte du Musée y a 10.000 de ces abdshinu, tandis que


'*'
( Catal. ffén. Il

du Caire), p. 26-36. les autres pains nommés dans cette liste sont
'''
On ne rclrouvc ces détails (jii« sur une en général au nombre de looo ou aooo.
représentation d'époque areliaïquc : PiitRiE-Qui- '''
Glossaire Golénischeff, VI, 11 (transcrip-

Biiu.,Naqada and Ballas, pi. LIX, fig. 6. D'autres tion de M. Gardiner pour le dictionnaire de

figurations de cette période ne les ont pas : Berlin).


''"'
OtniELL, Hierahoi.polis , I, pi. \II, XIV. BuRCHARBT, Die aille anaanfàschen Fremd-
'*'
VonBissing, Mastaba des Gem-ni-Lai, I, pi. ivorle , 11, p. 2 , n° ?)0.
, —

— n.{ 'l'i ).e-i

serais lenlc de le rapproclier du mot hesJi


J ^^_,
hci>hd
J LLl^ ', sorte de grain

(ju'on réduisait en farine et dont on faisait des pains''), plus spécialement desti-

nés à la fabrication de la hière; ïabdshlnu serait alors un pain tirant son nom
de la matière même avec laquelle il était fait, peut-être du dourah(?).

.] BIJOU.

-^J ç X^ •
-^ J y, (ilxl
-^ J ^, ^ J ^.
Nom
(ihnni d\in ani-

mal qui était considéré par les Egyptiens comme un on émis poisson; a l'opi-

nion'-) que ce mot correspond au copte ec|>cDT, ^w^J! et s'applique à la tortue

du Nil, Tcsliido Irmnguis FonsK.'^), et non au poJyptère comme d'autres l'ont


bicliir,

cru'''); les Orientaux du reste considèrent souvent la tortue comme un poisson'^).

Vabchju est mentionné dans quelques textes médicaux : on en employait


le fiel
(?/'^«ç/J V")
^^^^ ^'^ fabrication d'un collyre pour les maux d'yeux'"'
et dans un emjilàlre contre les maux de tète'"'). Une aulre partie de son corps

(le sedbou
P-^J j,,^) était utilisée pour un remède contre une certaine mala-
die d'enfants'-'. Un remède magique renfermait également un liquide tiré du
même animal '^'.

Vabdou paraît surtout dans les textes mythologiques et magiques, mais


toujours comme un poisson; c'était un dieu, fi-ère d'Horus''"', un poisson d'or

qui nageait dans l'étang sacré de lîa et qui avait une fois été mangé par
Horus'"); tandis (|ue le poisson anil i^^-^^ suit la barcpie du soleil, il l'ac-

compagne en la précédant''-', lui montre le chemin et en même temps la

'''
l^ar exemple Steindorkf, Z>«s Gmb des Ti '"'
l'ap. Eljcrs, pi. LXII, 1. G. — Un remède
[il. LXXXV. arabe pour les yeux, donné par Ibn al-Baïlàr,
'''
LoRET, Zcilschi: fur Sgypi. Sprache, XXX, contient également du fiel de tortue (Loret,

p. 25; WiiîDEMANN, Sphiiix , XIV, p. a4-2. Zeilschr.fûr àgypt. Spraclie, XXX. p. aS).
''*
Peyron, Leœ. ling. copl., p. /i5; IjOret.
f'i
I^ap. Ebers, pi. LXV, 1. G.

Annales du Serv. des Anliq. , I, p. .53. ii" i/kj. '*'


Erman Zauberspniche fur Mutter uud Kinâ,
,

(ieoffroy Saint-IIiiaire [Descr. de l'Egyplr, p. 12.


_
^

XXIV, p. 1-1 3) donne à celte lorlue le nom de ''*


Pleyte, Eludes égyplo!. , 1, [>. >jo.

''"'
Trionyx œgypliacvs. GÔLÉNISCHEIF, Metlernichslele, pi. IV. 1. 78
'''
Ebers, Papyrus Ehers. Die Matisse uiid das et p. 11.

kapilel iber die Augenlcraiikheileii, a8G. '"* Pleïte, op. cil., I, i38.
|).
J).

'''
'''
S. DE Sacy, Relat. de l'Ejypte par Abd- Pleytb-Rossi, Piipyrus de Turin, lû.CWW,
Allalif, p. 1 h-]. 1. 1 li el ]). 160.
,, ,

— o.( 25 ).e-.—

défend contre certains monstres''). C'est aussi en vertu de ces rapports inliuies
avec la barque solaire qu'il est mentionné dans deux cliapitres du Livre des
l\lorls^'-\ Nous voyons en eflet, sur des stèles et des papyrus du Nouvel Em-
pire, deux poissons, sans doute Xahdoii et Xanil, accompagner la barque de
Ha (^).

A BER.

UT'
rentrant ilans
^''"'HJ^^Î.;"''"*'!]
la catégorie des huiles et onguents, employée en médecine aussi
T*' "'"'IJIi?.-
^"'^^'^"•^*:

bien qu'en parfumerie, mais dont nous ne connaissons pas la composition.


L'aher paraît dès le Moyen Empire à la suite de la liste des huiles canoni-

ques, en plus des sept essences réglementaires, renfermé dans des vases ayant
la même forme que ceux qui contiennent ces substances, ^ ou '^''''; on l'ollre

aux dieux ou aux morts en récitant en même temps, comme pour toute
ollrande, une formule magique qui repose sur un jeu de molsf''). Dans les

cérémonies du culte, tout au moins du culte funéraire, le prêtre s'en oignait

avant de commencer l'oflice '''.


A partir du Nouvel Empire et à l'époque j)to-

lémaïque, ïaber est la pommade dont on se sert couramment pour s'oindre


les cheveux (''';
on l'apporte aux dieux dans des vases fermés, en même tem|)s

que d'autres parfums'-'; elle est souvent assimilée à l'onguent maz ^i ('').

'"'
CiiABAS, Papi/nis iiiag. Ilavrls, pi. V, 1. 7. vel Empire : Sciiiaparelli, Il Libro dei Funerali

iM. (jolénisclieir(.'l/t'(/cni/c/w/(7e, p. 1 1) a reclifK' H, p. 5i, 8!i.

la IraJiR-lion de ce passage. '*'


IjEPSIIIs, Dus Todlenbuch dcr Agijpler, cliap.
'"'
(]liap. \v: Naville, Dus ngypl. ToJténbuch cxi.v, pi. LXll, 1. iç). C'est le mort qui parle,
I, pi. XIV. 1. l3; BiDGE, Papi/ius nf Aiii, pi. 1. mais en s'assimilant à llorus céléljianl l'office

1. 1.5; — chap. V. : Naville, op. cit., pi. CXIIi, funéraire d'Osiris.

I. 7. Cf. WlEDEMANN, SpIllIlX , XIV, p. 2^0, 9^1.3. '''


nierai. Pap. aus den hônigl. Mus. zn Ber-
'''
Mariette, Monuments divers, pi. lAI. — lin, 11, pi. V, 1. 1 (pap. 3o5o', cf. Lepsius, Denlc-

Slôlc (le Turin': \Iaspero, Bec. de trac, IV, p. màler, VI, pi. (J\M); BnDGSCii, Dictionn. hic-

l38; Lanzone, Dizionario di Mitologia egizia rOjjl., p. ii-'ia; de Rociieuonteix-Chassinat, Le


pi. CGLV. Temple d'Edfou, I, p. i.'3o, i33, etc.

'* Gai'tier-Jéqiier, Fouilles de Liclit, pi. C' Mariette, Dendéral, , I, pi. Ll, I.XXiX.
XXV; Steindorfe, Grabjundcdes tnillleren Reiclis 1. 8.

II, pi. I, p. 10. *''


De Rociiemonteix-Ciiassinat, oj). cil. , I , p.
'•^'
Ces textes ne sont pas antérieurs au Nou- /i.5, 1 33 ; 11, p. i3, etc.

BuUetin, l. Xl.\. Il
.

—n.{ 26 ).e-i—

En pharmacie, ïabcr entre dans la composition de divers remèdes, rare-

ment pour des médicaments internes''', mais très souvent pour des onguents

ou des emplâtres, contre les maux de tète, d'yeux ou d'oreilles!"-), les brûlu-

res, l'eczéma et certaines tumeurs'^', contre la chute des cheveux'"', pour

l'assouplissement des muscles (?)'"', comme aussi pour soustraire à l'influence

des revenants les personnes qui en étaient tourmentées''''. Dans tous ces cas,
le mot aber désigne une substance bien déterminée, et non un terme général
comme onguent ou pommade.
11 y a tout lieu de croire que Yaher est exactement la même pommade que
Yah
W^'^ mentionné dans les listes d'oil'randes de la llf" dynastie (voir ico//).

ABHETI.

i 1
17] ^. Nom d'une pierre qui se trouve mentionnée parmi les pro-

duits syriens rapportés par Tlioutmès III ''' et qui était sans doute considérée
comme rare ou précieuse ('=''.
H est possible, mais non certain, qu'il faille l'assi-

miler''-"' avec une pierre nommée behit * ^7. ^^^"^ '"-'^ inscriptions ptolémaïques,

pierre provenant, non pas de Syrie, mais du pays de Koush''"' ou d'une mon-
tagne située à l'ouest de l'Egypte'"'. On a également, mais sans raisons suffi-

santes, proposé l'assimilation de ce mot avec l'hébreu lona, qui désigne nne

sorte de marbre ou, suivant la version des Septante, la fausse émeraude


(o-jU.a/sa)rîlTj;> )''-'. Enfin on a voulu y voir un mot dérivé du nom de la loca-

lité ablidït Jra^^''^', située près d'Assouan, et où se trouvaient des carriè-


\

res de granit''"'. Cette hypothèse n'est guère plus concluante que les autres.

'''
Pap. Ebci-s, pi. XXVIl, i. G. '*'
Eviakti, Zaubenpniche fût- Muller md Kind,
(=)
Ibid., pl.XLVII, 1. 12: pi XLVIll, 1. 6; p. io {ocr.w, pi. IV, 1. 7).

pi. LU, 1. 11, 1/1; pi. LVIl. 1. 10; pap. méd. '°'
Brlgscii, Z)/c/. /i/éro^/., %j;j/., p. 07. i38.
'"' DCmiciien, Reaieil de Monum. égypl., VI,
n° 3o38 de Berlin, pi. XXIII, 1. 10.
"1 Pap. Ebers, pi. LXVIll,!. 9; pl. EXXXVl, pi. CLXXVI.
'"' IImL, IV, pl. LXV11,1. g.-
1. 20.
"' Ibid., |il. lAV, I. 12, 1.5, 16: [il. LXVi, ''-'
Enthsr, i,G; d. GESEmcs, flebr. und amiii.

]. |5. Ifaiidœôrlerbuch (10° édil.), p. 96; Levi, ]'ocrih.

'*)
7/«y.,pl.lAXX[,l. i,-2i;pl.L\X\llJ.2. gcrogl., 11, p. 160.
<'>
Pap.méd.n°3o38 de Berlin, pi.VIlM.3, ''''
Dévaud, Rcc. de irav., XXXIX, p. 2^1 :

h: pl. IX, 1. 2. inscription d'Ouna, 1. 38 et '11.


'"' Breasted, Aiicient Records, note
''j
Sethe , Urhundrn der XVIII. D./ii. , p. 716. I. p. i '18, 1
-.K 27 y

ABNOUSA.
I I J^i»x.Tj. Piaille mentionnée dans la recelte d'un médicament
pour certaine maladie de cœur ('l Un double de cette ordonnance '-) indique, à

la place de cette plante, celle, plus connue, qui porte le


|J ^ nom d\iboit
,^f,

(voir ce mot). Il faut donc voir dans ïabnmsd une plante particulière, on l'i-

dentifier avec Yabou, plutôt qu'avec Yabsd


| J
>îi ^'''^ (voir ce mot), comme on
a coutume de le faire '^h le mot copte xbccum, Aycon, qui désigne une espèce
de menthe JuJl çLou (la menthe de montagne?)'''' et qui correspond assez
exactement à l'égyptien abnousd, semble bien indiquer que ce nom doit s'ap-

pliquer à une plante spéciale, sorte de menthe sauvage.

ABOU.

U^ 1 ?r U^^
préparations pharmaceutiques, surtout des emplâtres et des onguents pour
I ? i"
^? I i"
^''^"^^^ employée dans diverses

assouplir et fortifier les muscles et les membres (^', pour les maux de tèlef"',

les hépatites!"', les brûlures'"', les enflures'^', comme aussi pour certaines
maladies de l'épine dorsale ('"'
ou d'ailleurs'"', et même contre les mauvaises
odeurs produites par la sueur''-'; des suppositoires pour arrêter les gaz conte-
naient aussi de raèou''^'. Il est plus rare dans les médicaments internes, mais
on le retrouve cependant dans des potions destinées à comballre la chlorose'''''

et dans un diurétique''^'.

(')
Pap. méd. n" 3o38 rie Berlin, pi. IX, f Pap. Hearst, pl. IX, !. 1/..

1. 11 (éflit. Wreszinski, p. aa et 78). ''°)


Pap. Ebers, pl. LXXVlil, 1. n: pap.
f^i
Pap. Ebers.pl. XLVI,1. i-5. Hearst, pl. Xll, 1. 7, iG.
'''
Brugsch, Dklionn. hiérogl., Siippl., p. ho. '"i Pap. Ebers, pi. XXVI, 1. 5, 8.
'*'
Peyron, Lex. a; Loret, ("1 LXXXVI,
Unir, copl., p. Ibid., pl. 1. 9; pap. Hearst, pl.
Annales dn Scrv. des Antiq., I, p. 62, n" 877. X, 1. 11.
<^'
Pap. Ebers, pi. LXXXl, 1. 1 1: pi. LXXXIII, '"' Pap. Ebers.pl. XXXI, 1. 10.

1. G; pl. LXXXIV, 1. 6: pap.' llearst (édit. Reis- ('*>


Uid., pl. XXXI V, 1. 1-2, iG; pl. XXXV.
ner), pl. VIII, 1. ^1. 1. a; pi. XLV, 1. 5, 9, 23; pl. XLVI, 1. 1, 2.
'»'
Pap. Ebers, pl. XLVIII, I. G. Cf. JoACHiM, Papyros Ebers, p. xiv.
'''
IbnL, pl. XC, 1. 7.
''^'
Pap. Ebers, pl. L, 1. 1 '1, i5; pap. Hearst,
(" lUd., pl. LXVIII. I. 19. pl. V, 1. a, 3.
— ^-i.{ 28 >e^—

Les stèles funéraires de la III'' dynastie'') nomment parfois une essence d'ai

j __* M "IW^ fjni est très probablement extraite de la plante ahou; dans Fiin

de ces textes'') on trouve à côté de l'essence à'ab l'essence iïabsd qu'on tirait

d'une plante nommée également dans les papyrus médicaux (voir Aiis.i) et

appartenant sans doute à la même famdle. Cette essence à'ab parait être

identique à l'onguent abcr (voir ce mot), en usage dès le Moyen Empire en


pai'fumerie.

11 y avait deux espèces lYabou, celui du Nord et celui du Midi ('); en général
on ne dit pas quelle était la partie de la plante qui était employée, mais

c'était sans doute la tige, les feuilles ou les fleurs, puisque le déterminatif est

toujours -a, jamais la graine •; les textes parlent cependant quelquefois des
l)aics (^>',7,)''' cl'«^OM. Ils disent en outre qu'on pouvait réduire Yabçm en

poudre (i^)''' et en tirer une graisse (^\, g)'"'- J^ans un remède pour les
seins, on trouve un mot semldable, mais du genre féminin, abù ^^'''; sous

une orthographe un peu dilïérente tj^i?!' ^^ "^'^'' t^ésigne une graine qui
entre dans la composition d'une pommade contre les maux de tête''*).

On a voulu rapprocber le mot ahjn du copte


{c^^, ImcIucu icub, cdb, oy'i

saliva)^''\ mais sans preuves suffisantes; ce sens de laitue paraît en elfet mieux
convenir à l''/*
Cl! iv*^^
(voir ce mot), qui est une plante comestible aussi
bien que médicinale. Dans une des recettes médicales, une variante''") donne
au lieu du mot abm, celui à'abnousd UTT-^Y*^ [\o\v ce mot); il est donc
possible que les deux mots désignent la même plante.

ÂBOU.
.3 I I V*Ti, ùb ^-'è, •=4-' '"*• Bouquet que dans certaines cérémo-
nies le roi présente au dieu Min; quand il s'agit, comme dans une scène du

'')
MiiiinAY, Snqqnva Masiahas , I, |il. 1, II: '''
Pap. Ebers, [il. XCV, I. lo, i3.

[-Ei'sius, DciiLmiilcr, II, j>I. III; Maspcro, III.sI. <'' Ihid., |.l. LXIV, I. ai.

nnc. dex pupics di- iOrleiil, \, [t. '2^0. '''


Peiron, Lcx. Ihif;. copt. , |). 58, iSg,
'' Pétrie, Mcdum , pi. XIII (cl'. Mariette, 270: Loret, La Flore pluimoniiiue (a'édif.),
Mnnuiiienls divers, pi. XIX). p. 69.
('1
Pap. Ebeis, pi. L, I. i4, i5. ''"'
Pap. Ebers, pi. XLVI, I. /. = pap. inéd.
<*>
Ibhl, pi. XXVI, I. 5, 8; pi. LXXXI, I. 1 i. n" 3o38 tic Bei-Iin, pi. IX, 1. 11.
"
'"' La forme employée dans
'''
Ibid., pi. XLVI, 1. 9. plurielle est les

'"'
On un suc? Pap. Ebers, pi. XLVIII, 1. G. textes ptolémaïqnes.
Nouvel Empire, d'un bouquet monlé du type ordinaire, gros et court, FoOlVant

le prend à deux mains pour l'élever vers la figure du dieu'''. Dans les présents
que fait llamsès III aux temples d'Amon se trouve une série de i
g i 5o grands
l)ou(|uels iihm faits en fleurs — 'J ^ *^
Î2Z 'Ç'^ *^ ^^IT"^"^'^ '"' ^n auti'c

texte du Nouvel Empire les nomme, mais sans

parler de leur qualité de bouquets consacrés à une


divinité particulière (-^l

A l'époque ptolémaïque, Vàh paraît de Houvcau,


mais sous une forme un peu dillérente, plus petit,
puisque le roi en tient un dans cbaque main; il est

régulier, amygdaloide, pointu Fi.;, i^. - D'apris Lepsuis,

du haut et rond du bas, avec Df«/.m«7fi-, m, pi. c\LI.

une couile tige'"' et rappelle, par son profil, les grandes

plantes qu'on voit souvent dressées derrière le dieu Min

sur un édicnle ou dans un carré de jardin.


Le même oI)jet, où M. Loret croit pouvoir retrouver,
Fi 0. — D'après
sans doute à cause de sa forme cône de pint"'', se pré-
|, le
Gauthier, Le Tem-
ple de Kalabehnh , I ,
sente avec l'ortliograplie pleine àbou ^—ij^>l"); il a ici la

pi. LV. forme du déterminatif, qui est celle d'une feuille'"), et

peut donc être considéré comme la réduction d'un bouquet; c'est à Amon que
le roi le présente.

AB(MÏ.

I |\\ VI) I |\\% J f-


ï^om d'un arbre consacré à Ilorus, sans doute dans
son temple d'Edfou. Ce mot, qui est très rare et ne se rencontre que dans les

'''
Lepsius, Deiil.maler, lit, [il. C\IjI; Roeder, (pi. XL''); J.DE Morgan, Kom Ombos , 11, n°.'îA(i:

Zeilsclir.fiir (igljpt. Spi-ache , XLVIII, p. 117,118. Gauthier, Le Temple de Knlabcliah , 1, p. itls,


<^)
Pap. Hai-ris n" I, pi. XX1\ 1. i..Amon pi. LV; BÉnédite, Le Teii,ple de Pliilœ , p. 3o.
illiyphalliqac est une forme de Min; tes â/jon pi. XL
ne se retrouvent pas dans les dons faits aux '^'
Loret, La Flore pharaomifie (•.!" édil.),

autres temples. p. /ia.


''''
Pap. Anastasi 177 (scène
'"'
111, pi. 11, 1. 5. C,ï. Rrugscii, RRtifisrii, Dictioiiii. hirrngl., p.

Dictiojin. hiénigl., Siipp!., p. aog. de Karnak).


'*'
De RoClIESIONTEIX-CuASSINAT, Lu TcDipill' '')
Cf. Lepsius. Denhnàh'r, 111, pl.X\ II'', on la

u'Edfou, 1, p. 3f,G (pi. XXXir): II, p. 4/. feuille est très liion dessinée, mais pas nommée.
— «.( 30 )^H~

textes ptolémaïquest^', ne doit pas être confondu avec celui de la plante abou

W^'i (voir ce mot), mais par contre on pourrait le rapproclier d'un autre
\

nom d'arbre, ab
| J|, \\^ qui parait dans les textes des Pyramides; avec les

feuilles (ou les fleurs?) de ce dernier arbre, un faisait des guirlandes qui se

mettaient autour du cou (-).

A BSÂ.

I I ^WT »Ix, ]^l»iTr*5. Plante médicinale qui enti'e dans la composition

de diverses recettes, rarement pour des remèdes internes'^', plus souvent


pour des pommades ou onguents destinés soit à combattre les maux de tête''''

ou une maladie nommée nuhd ^ "$"^ • '^') soit pour oindre les membres et

assouplir ou fortifier les muscles'*^'. Enliii on la trouve une fois dans un mé-
dicament destiné à guérir des morsures de porc('). Les parties de la plante

employées en pbarmacie étaient la tige, les feuilles ou les fleurs, puisque le

déterminatif est toujours -a, jamais •, comme pour les plantes dont la graine

seule est employée; on pouvait réduire en poudre (^ri^ti'yi) ^^'^'^

substance médicinale'**'.
On a coutume '"' d'assimiler cette plante à celle qui est nommée abnousd | J
'
*>ç V,5i (voir ce mot) et qui parait dans une recette'"*' dont un duplicata'"'
donne comme variante, non pas le mot absd, mais abm ^ J ^ i^^^^
(voir ce mot);

il semble donc qu'il ne faille pas maintenir cette identification. 11 en est de

même pour celle du mot rtis« avec le copte abccom, a>,'Com, qui désigne une

espèce de mentbe {j.f4- ^^^^, '^ menthe de montagne)''-', l'adjonction de la

'' Brcgsou, Diclionn. géogr., p. 52i2; DiJMi- <«)


Pap. Ebers, pi. LXV, 1. 3.

cnEN, Allâgyplische Tempelinscliiiften, I, pi. <''


Brl'gscii, Diclioim. hiérogl., SuppL, p. ho.

xr,viii,i. 8. On la trouve citée encore dans une liste de


<^'
Pyr. Pépi 1" , \. ^27 { = Mereiiv/i , 1. 61 1 ; plantes, dans l'histoire du paysan : Vogelsang-

Péjji II, \. iai5); cf. édit. Sethe, lai."!'. GARDiNEn, Die Klagen des Bnuerti, pi. I, 1. 25.
'») Pap. méd. n° 3o38 de iX,
(^)
Pap. Ebers, pi. XC,1. 0.. Berlin ,
pi. 1. 1 1 ;

(" 7tà/., pi. XLVIII, 1. 9: pi. LXV, i. 3,.5. dans ce papyrus (voir l'édition Wreszinski) la

(^1
/iiW.,pl. XXVI, 1. 2. plante abul ne parait pas.

LXXXV, <"> XLVI,


(°)
Ibkl., pi. LXXXIV. I. .-!,
7; pi. Pap. Ebers, pi. I. /i-5.

''"'
1. 10; pap. llcai-st (édit. Reisner), pi. YIII, Pevron, L«j'. liiig. copt., p. 2; LoRET,

I. 8, 11; pi. X,I. 2; pi. XV, 1.9. 11. Annales du Service des Aiitiquilés, I, p. C2,
f) Pap. lleaisl, pi. XVI, 1. 6. n" 377.
,

lettre n paraissant cliose peu admissible; de plus, la menthe a des propriéte's


toniques qui ne seraient que de peu d'utilité dans les remèdes où entre Yabsd.

Quelques plaquettes d'époque thinile'') et des stèles funéraires delà 111'=

dynastie nomment parfois à côté de l'essence à'ab une essence d'absii | *\ \


"JW-»- "^'-^ qui est certainement semblable à la pommade employée en phar-
macie. 11 est pi'obable, d'après cela, que les plantes obnii et absd appartenaient
à la même famille.

ACACIA.

Genre d'arbres de la famille des léf^umineuses, habitant surtout les pays


cliauds; plusieurs espèces deviennent très grandes, tandis que d'autres restent
plutôt à l'état d'arbrisseaux ou même de buissons. Le bois, plus ou moins
teinté, en est dur et lourd, mais fournit rarement des pièces d'une certaine
longueur, le tronc étant le plus souvent très irrégulier; il est armé d'épines
très acérées, en général droites; ses feuilles sont composées d'un grand nom-
bre de petites folioles ovales, disposées j)ar paires, et ses fleurs, toujours

blanclies ou jaunes, sont aussi composées, et ont la forme de petites boules ou


d'épis; les graines sont renfermées dans de longues gousses plates. La plupart
des acacias sécrètent naturellement de la gomme.
On a relevé dans tout le bassin du !Nil vingt-quatre espèces d'acacias'-^',

tant arbres qu'arbrisseaux, dont du reste la plus grande partie habitent les
régions tropicales, le Soudan et l'Abyssinie; les conditions climatériques de
l'Egypte s'étant plus ou moins modifiées depuis quelques milliers d'années,

il est possible qu'autrefois certaines de ces espèces aient habité jusque dans
le Delta, mais actuellement on ne retrouve plus, dans l'Egypte même, tant

dans la plaine cultivée que dans le désert qui la borde, que sept espèces

différentes d'acacias'*''.

'') I'etrie, Royal Tombs , II, pi. VIII, ii" h , cl tiœa, XXW, ji. Sog-SyC, pi. IV-X\II.

1, pi. XII, 11" 2 (?); NiiWBERRY, Proc.ofthc Soc. '"'


On ne peut citer dans le nombre, bien
nf Bibl. Archœol. , XXXIV, p. aSS. (ju"il se reti'ouve (le nos jours en Egypte, VAca-
'"'
Pétrie, Medum, pi. Xlll (cf. Mariette, C(n/«rHe.sm/îa Willd., qui est originaire d'Anié-

Moimments divers, pi. XIX). riipie et n'a été introduit dans l'ancien monde
'''
Schweinflirtii, AnfzïMung imd Ueschirl- ^u an \\n° ùbcla (]jOret, La Flore phninoiiique
bunjj der Acacien- Arien des Nilgebiels , dans Lin- 2° édil., p. 85).
—«.( 32 ).fr^

J . Acacia nilolica Del. ''' (arabe : sonl laÀ«) : un des arbres les pbis répandus
dans toute FEgyple, où du reste il ne croît plus sj)onlanément; il borde les

loutos. forme des bosquets près des villages, et, par les emplois multiples de
son bois, de ses llcurs, de ses graines et inéme de son écorce, est un des
arbres les plus utiles du pays. L'écorce est foncée, brun-noir au tronc, brun-
rouge aux branches, et contient beaucoup de tanin; le bois est dur, lourd,

brun-rouge, les épines droites et longues (G-io centimètres). Les feuilles ont
h à 8 nervures, portant chacune i 5 à 27 Folioles; les fleurs forment de petites
boules jaune -clair, et les semences, ellipti(jues, sont renfermées au nombre
de 7 a 10 dans des gousses qui ont jusqu'à 90 centimètres de long.

2. Acacia seijàl Del. <-'


(arabe : scijàl JL«, Inlh J^) : liabite la vallée du Nil,

de la Haute-Egypte jusiju'au Soudan; c'est un petit arljrc de ^1 à 1 mètres


de haut, au tronc droit, mince, avec des branches horizontales allant dans
tous les sens, ou parfois un simple buisson. L'écorce est rougeàlre et lisse,
les épines blanches et fines, longues de 5 à 7 centimètres. Les feuilles ont gé-
néralement de 3 à 5 nervures portant chacune 8 à 10 paires de folioles; les

lleurs, réunies sur un axe par groupes de ^10 ou Bo, forment de petites
boules jaunes de 10 à i3 millimètres de diamètre; les gousses sonl longues
[)arfois de i5 centimètres et contiennent de G à 8 graines ovales.

3. Acacia Elirenhergiana IlAY^E t^) (arabe : selem L«). Arbrisseau à branches

longues, droites et minces, qui pousse dans les déserts de la Haute-Egypte


aussi bien qu'au bord de la mer Rouge et en Nubie; il devient rarement un
arbre. L'écorce est brune et s'écaille facilement; le bois est clair, lourd et dur;

les épines sont très aiguës, blanches ou grises, plus longues que les feuilles,
qui ont une ou deux nervures avec 8 à 1 o folioles. Les indorescences sonl de

jietites boules jaunes de près de 1 centimètre de diamètre, au bout d'un pé-


doncule, composées de 5o à 60 fleurs. Les gousses, longues et minces, rouge
pourpi'e, recourbées en croissant, contiennent 8 graines noires et sont le plus

souvent réunies en grappes.

'"'
'''
ScllWEINFURTII. Aufziihiulllj- tllld Ihscluci- ScilWEIMa'RTIl , /oC. flV. , [). 3/l8-352 ; BoiS-

huHg (1er Acaci;ii-Arlcn des NUgebiets, dans sier, f/ora orie;i(«//,ç, 11, p. 636.
Liimtea, XXXV, p. 333-334: Boissier, Flora '''
SciiwEipiFiiRTii. hic. cit., p. 35a-355, pi.

mieiilaUs, 11, p. 635. XV, XVI: Boissier. loc. cit., \\, p. 636.
— »-»•( 33 )^t^~

^i. Acacia spirocarpa HociisT.f'' (arabe : sammôr ^^); ilans le désert éfj;y[i-

tien, c'est un arbuste qui ne dépasse pas 6 mètres de hauteur, tandis qu'en
Abyssinie il acquiert une taille beaucoup plus élevée; le tronc se divise dès
sa naissance puis se ramifie de manière à former une sorte d'écran ])arfaite-

ment horizontal, qui, par suite de la sécheresse du sol, est dépourvu de


feuilles pendant la plus grande partie de l'année. Le bois est blanc, l'écorce

claire dans le bas, plus foncée aux branches, les épines longues, droites,

blanches, alternant avec d'autres très petites, recourbées en hameçon. Les


feuilles ont de 5 à lo nervures, avec lo à i5 paires de folioles sur chacune;
les fleurs sont réunies par groupes de a 5 pour former de petites boules blan-

ches; les gousses se recourbent sur elles-mêmes et contiennent h graines vert

olive foncé.

5. Acacia loiiilis HAY^E f-^ (arabe : seijùl JIaw); arbre croissant dans les

déserts de la Haute-Egypte, et qui atteint lo à la mètres de haut, avec un


tronc plus ou moins droit, souvent assez épais (plus de oo centimètres), à
écorce rouge ou brune, avec des épines semblables à celles de l'espèce pré-
cédente. Les feuilles ont a ou 3 nervures, chacune avec 5 à i a paires de fo-

lioles; les (leurs forment de petites boules blanches; les gousses, plus ou moins
contournées, renferment lo à 12 graines ovales, gris olive.

6. Acacia hela B. Bu., Benth''); ne se trouve en Egypte que près d'Assouan;


c'est un arbre élancé de 3 à 5 mètres de haut, au bois ressemblant à l'ébène,
à l'écorce foncée et très rugueuse, habitant surtout les régions plus méridio-
nales. Les épines sont noires, recourbées; les feuilles, gris-vert, de forme
variable, à a ou 3 nervures doubles ayant chacune 3 à 5 paires de folioles;

les Heurs forment des épis blanchâtres, peu fournis; les gousses, vert olive,

contiennent 2 à 5 graines arrondies, de même couleur.

'''
ScHWEiNFURTii. Ai(f:aliluiig iiiiil Deschici- espèce parail être identique à celles (jui portent

/jioiif (1er Acacien- Arien des Nilgcbiels , d;ins Li)i- les noms suivants : A. fasciciilata G. P. H., A.
t:œa, XXXV, p.oaa-SaG, pi. IV-YI. Cette espèce raJcliaiia Savi, Mimosa toriilis ForskÂl. — Bois-

conespond àl'yt. ^i/mmi/è/vi Del.: BoissiER, F/orrt sier, Flora orienlalis, II. p. GoC.
orienlalls, II, p. 03,5. '''
Schweikfurtii, loc. cil., [). 3G7-371, pi.
'''
ScHWEiNFiRTii, loc. cil. , p. Sûj-onS. Cette XIX-XXI; Boissier, loc. cil., H, jj. 638.

Bulletin, t. XIX. 5
7. Acacia oWida Del.''' (arabe : liam'is ^1^); cet arbre, qui ne quille pas

les terrains arrosés, devient très granJ au Soudan, mais ne se rencontre en

Épypte que sous la forme d'un petit arbuste à écorce lisse et blancbe, à épines

droites, jaunâtres. Les feuilles ont k à G nervures doubles portant 8 à i5

paires de folioles; les fleurs sont disposées en épis blancs, grêles, longs de lo
centimètres; les gousses, contournées, renferment 8 graines.

NOMS ANCIENS DE L'ACACIA.

Pour cliacune, ou à peu près, des espèces énumérées ci- dessus, les Arabes

emploient des mots spéciaux, qui sont du reste loin d'avoir la précision de nos

noms scientifiques : ainsi le même mot seyàl JL« est employé pour deux
espèces très différentes '^l Les anciens paraissent avoir déterminé les espèces

d'une manière plus sommaire encore : ainsi les Grecs et les Romains <-^', qui

connaissaient l'acacia d'Egypte, l'employaient souvent et lui donnaient les

noms généraux à'àxixKia, ctKavda, Spina œgypiia, ou même Spina tout courte,

mais n'en distinguaient que trois sortes, l'acacia noir [axctvda v fx-éXatra),
l'acacia blanc [ânavBa v Xsvxn'j)'^^^ et l'acacia altéré [anavOn v Siipâ.?, Spina

sî7fe?îs)'"l La première espèce, qui correspond sans aucun doute à Y Acacia


nilotica, donne un excellent bois, très supérieur à celui de la seconde, qui se

pourrit facilement C'; la troisième sorte est certainement un arbre du désert,

et peut aussi bien être YA. spirocarpa que l'.^. seyàl avec lequel elle a été

'"*'.
identifiée

Des mots employés par les Egyptiens eux-mêmes pour désigner cet arbre,

il n'y en a qu'un seul dont le sens soit absolument certain, celui de l'^^. nilo-

lica, shenz^''^i, shemlel X "^^; les autres, nàr ^i, per-shen ^ ^,, mer

'''
Raffeneau-Delile, Uncr. de Vligiiplc, XV, 67 1), 68o (citations d'HeUanicus et de Dé-

XIX, p. 385 ScuwEiNFCRTH, Aujiàhlung.


;
. . (kv métrius).

Aeaclen- Arien, p. 358-359 ; Boissier, . F/ora <''


Théophraste, //w^ p?aH/., IV, 2, 8.
''' IV, 7, 1.
orienlalis, II, p. 687. Tiiéopubaste, op. cil.,

<' Voir plus haut, n"' 2 et 5.


'''
On a identifié celte espèce avec YA.fanic-
<''
Pauly-Wissowa, Real-EnrijclopSdie, I, p. siana, qui na été introduit que récemment en
ti5r) à 11G2; WiEDEMANN, Heivilots zweites Éfjypte. Il faut donc y reconnaître plutôt i'/l.

Buclt , p. 08 '1. albida on Y A. torlilis.

'*'
Pi.iNE, Hist. imt., XIII, G3, 66; Athénée, '*'
Loret, Rec. de triw., II, p. 61, note 9.
— «.( 35 )^^—

^y et mdfet )'^^|, désignent probablement certaines variéle's de ce


genre d'arbres, mais leur identification est douteuse; le mot dsh ^•j, sou-

vent traduit par cracacian, de'signe sans aucun doute un conifcre syrien'''.
Quant au copte TApiiioii, qui dans les scalœ^-'> correspond à l'arabe ^da et

désigne donc YAcacia seyàl, on ne l'a pas encore retrouvé en égyptien ancien.

EMPLOIS DE L'ACACIA.

Bois. — On ne s'est guère occupé jusqu'ici à déterminer les bois dont


sont faits les objets anciens qui nous sont parvenus, aussi ne pouvons-nous

savoir exactement quels sont ceux pour lesquels on avait coutume d'employer
l'acacia, d'autant moins encore que les noms de cet arbre ne sont pas iden-
tifiés avec certitude. Suivant les espèces, la qualité des bois d'acacia, au point
de vue cbarpente et menuiserie, présente de grandes différences : le meilleur
était le sont [A. niloùca) dont le bois noir, dur, imputrescible, convenait par-

ticulièrement à la construction des bateaux; les classiques, qui le connaissaient


sous le nom d'iracacia noirr, nous ont laissé, de la manière dont procédaient
les cbarpentiers pour faire une barque, une description'^) qui correspond en
tout point avec une scène figurée à Béni Hassan : ici, à côté d'ouvriers abat-

tant des sont à la baclie, d'autres sont occupés à la cbarpente'*', assemblant

au moyen de cbevilles des pièces de bois longues d'un mètre à peine et dispo-

sées les unes à côté des autres comme les briques d'un mur; la membrure
n'était pas nécessaire, paraît-il, pour ce genre de bateaux, mais l'on employait
le même bois pour d'autres pièces, le pont, la quille, et même le màt'^'. De
nombreux textes parlent de ces bateaux en shent, ainsi que de ceux en ùsh,

en mer ou en nàr; un modèle de lettre du Nouvel Empire donne même des

détails précis sur les réparations à faire à une vieille barque sacrée''''.

'''
LoRET, Annales du Seru. des Aiiliq., XVI, — Même scène, avec moins fie détails : I^epsiis,

p. 33-5i. De»toâ/er, II, pi. LXIet GVIII; Steindorff, Drts

'^'
LoRET, loc. cit., I, p. 55, n° ai. Grab des Ti , pi. CXIX.
'^'
''>
Hérodote, II, 96 (Wiedemann, Herodols Théopliraste {Hisl. plan/., IV, 9, 8) dit

zweites Biich, p. 38^1); cf. Tiiéopiiiuste , Hisl. ([u'on pouvait tiiei- de l'acacia des pièces de

pliml., IV, a, 8; Pline, Ilisi. nal., XIII, 63; douze coudées de long.
'"'
WoExiG, Die PJJanzen im alleu Affijplen, p. 299. Pap. Anasiasi IV, pi. Vil, 1. 9, à pi. Vlll,
'*'
CnA.MP0LLi0N, Monuments, pi. CCGLV- \. -i. Maspero, Du genre épistolaiie chez les égyp-
GGCLVI; Newberrv, Béni Hasan, 1, pi. XXI\. tiens, p. i5-iC.
—«•( 36 )<+—
Pour faire des manches de miroirs, des poignées d'armes ('', on employait
volontiers le bois d'acacia, sans doute V Acacia Jœla qui sert encore aujourd'hui

à ces usages'-). Les branches droites de Y Acacia Elirenbergiana sont très recher-
chées pour faire des bâtons, des cannes ''), et il en était probablement de
même autrefois.

Egorge. — On emploie aujourd'hui pour fabriquer des cordes l'écorce de


Y Acacia spivocarpn, qui est fibreuse et très résistante''"'. Celle de Y Acacia nilo-
lica est très ricbe en tanin; elle sert à la préparation des cuiis'^' et entre
dans la composition d'un remède contre la fièvre'"'; elle se retrouve dans une
recette ancienne (^, |^,
'—>î"^-4^)'"'-
Epixes. — 11 en a été retrouvé dans des tombeaux, avec des objets de toi-

lette; elles ont pu servir d'aiguilles ou de poinçons'**'.

Gomme. — Celle que sécrètent les acacias, soit naturellement, soit quand
on les traite d'une certaine manière, était très appréciée des anciens'^', mais
est loin d'avoir la môme valeur, pour les diverses espèces : ainsi celle du seyâl

[talh) est la meilleure''"', et celle du sont ne vaut pas grand'chose'"'. f^a gom-
me d'acacia est employée dans la fabrication des couleurs, et surtout en phar-
macie.

Fleurs. — On tressait des guirlandes et des couronnes avec les fleurs


odorantes de l'acacia, et on en jonchait le sol des maisons pour les parfumer,
les jours de fête''-'. Elles entraient aussi dans la composition du kyphi et de

l'onguent a|)pelé aiyvirliov (xv^ov''^', comme dans celle de divers remèdes.

'''
\NiiKKSo?i, MannersnmlCitsloiiis{^' éd'û.), '''
Musée (le Florence, n° 363o (Loret, La
m, p. iC8: Bknkditiî, Miroirs [CaUd. gén. du Flore pharaonique , p. 8i).

Musée du Caire), p. xw. '''


Paii.v-Wissowa, Real-Encydopâdie , I, p.
<"'
ScinvEiNFiiRTii, Auftâhhmg und Besckrei- 1160.
''"'
hungder Acacien-Arlen des f^dgehiels,{\a.ns Lin- Wilkinson, Waîiners and Cusioms, III, p.

nœa , XXXV, p. 870. 168.


''' '"' ScinVEINFlRTH 334.
ScilWEINFlIRTH, IcC. Cit., p. 35/|. , loC. cit. , p.
'*' ''^'
ScilWElXFURTII, loC. Cit., p. SaG. TllÉOPIlRASTE , //l's/. p/dHÏ., IV, 2, 8 ; PlINE ,

**'
WiLKiNSON, op. cit., m, p. 162. llist. nat., XIII, 63; Athénée, XV, 95; Woe-
'°*
Sciiweinfurtii, Ioc. cit., p. 33i. nig, Die PJlanzen iin allen Agijplen, p. 3oa.
'''
Pap. Ebers, pi. XXIV, 1. i.5. ("' Pally-Wissowa, op. cit., I, p. i i6i.
Graines. — Le jus qu'on obtenait en pressant les graines, vertes ou mûres,
était IVéquemment employé en médecine, comme astringent et rafraîchissant,

contre les maladies de peau, les inflammations, ainsi que pour régler la

menstruation et assouplir les membres, au dire des auteurs classiques'''. La


substance tirée de certains acacias et nommée zerz ^ par les papyrus médi-
caux est employée dans les mêmes cas et représente sans doute ce jus de

graines d'acacia '"-'.

Pour la préparation des cuirs, on emploie fréquemment les graines d'aca-


cia, qui contiennent beaucoup de tanin'''. On s'en servait aussi probablement
pour nettoyer les vêtements'^'. Le suc était employé pour teindre les cheveux
en noir'='.

Les tableaux où est figuré un acacia sont des plus rares'''', et cela tient

sans doute au fait que les Egyptiens dessinaient presque toujours leurs arbres
d'une façon toute schématique, où il est impossible de reconnaître les genres
et même les familles.

Il devait y avoir autrefois en Egypte de vraies forêts d'acacias (sans doute

de sont^, entretenues et exploitées comme bois de construction. Les auteurs

classiques en mentionnent dans les environs d'Abydos et de Memphis'"''; une


bourgade en tirait même son nom d'Akanthos'*'.

ACCOUCHEMENT.
Dans l'Egypte moderne, les femmes s'installent, pour mettre au monde
leurs enfants, sur une sorte de fauteuil où elles se tiennent assises, à peu

(')
Pline, Hht. nai., XX, 48, aSo; XXIV, '"'
DioscoRiDE, I, i33; Pline, XXIV, 110;
iio; XXX, 56; Hippocrate, II, 689; Galiex, Pétrone, a 3.
X, 298, 339; DioscoRiDE, I, i33. Cf. Padly- '''
En plus de la figure ci-dessus : Rosellini,

WissowA, Real-Encijchpûdic , I, |>. ii(Jo-ii6i. Monumenticiv., II, 8 (cf. Woenig , loc. cil. , p. 3o3 ).
'''
Pap. Ehers, ;m.ç.çi'(rt {\o\r Glossaire , p. iC). Ces deux arbustes au tronc gros et court sont

M. Loret voit dans ce mot la gousse de l'acacia dans une scène de chasse aux oiseaux, à Béni
(Rec. de trav., XV, p. lai). Hassan (cf. Newberry, Béni flasnn , IV, pi. 1, VI.
<''
TnÉopiiRASTE, IV, a, 8; Pline, Xill, 03; Vît) et représentent probablement Y A. seijâl.

XXIV, io9;\VoENiG, Die PJlnnim im alleu Agi/p- '''


Strabon, XVII, 35; Diodore, I, 97.
leii, p. 3o2. '"'
Ptolémke, Géoffiaphio , IV, 5, 55; Amkli-
") Pline, XXIII, 65. neau, Géog-r. de l'Eg. à l'époque copte, p. 17.
— «•( 38 )^H—

près droites, pendant toute la durée de l'opération''). Cette manière de pro-


céder, qui ne peut que retarder et même contrarier l'accouchement, est
extrêmement ancienne, et nous la retrouvons exactement semblable dès la

WllP dynastie tout au moins; elle est répandue, maintenant encore, dans
beaucoup de peuples peu civilisés, africains ou autres.
Les monuments égyptiens ne parlent guère des accouchements ordinaires,
mais quelques-uns relatent avec détails certaines naissances miraculeuses :

c'est d'abord le conte renfermé dans le papyrus VVestcar, avec le récit de la

venue au monde des trois premiers rois de la V"" dynastie''^', puis les séries de
tableaux des temples de Deir el-Bahari''' et de LouxorC'), avec la figuration

des naissances de Hatshopsitou et d'Amenophis 111, tous deux procréés par

Amon lui-même. Enfin un certain nombre de tableaux mythologiques de basse


époque sont relatifs à la naissance du soleil ou d'autres dieux. De ces divers
documents, on peut tirer certaines données assez précises sur les procédés
ordinaires d'accouchement, en les complétant au moyen des renseignements
fournis par les papyrus médicaux'^) et magiques '''l

Les médecins avaient divers moyens pour reconnaître d'avance si une fem-
me serait stérile, ainsi que pour déterminer le sexe de l'enfant à venir; leurs

procédés les plus simples consistaient à juger d'après la couleur des yenx
de la femme ou d'après le degré de limpidité de ses urines''*.
Pour accoucher, on n'employait pas le siège aux époques les plus ancien-
nes; comme l'indique le déterminalif des mots f|i[l-4^ ines, ^^4^ pàpà et

J
*»- <|i,'*' bekhd, qui ont tous les trois ce sens, la femme enceinte s'accroupissait

'"'
Larrey, dans la Descv. de l'Egi/ple, XIII, XCIV (cf. la traduction dans JoAciini, Papyros

p. 2 1 3. Ebers, p. 169-173). Pap. méd. n" 3o38 de


'''
Er5IAN, Die Mâvcheu des Papijrus Weslcar, Berlin : Brugscii, Recueil de Momini. égxjpt. , II,

pi. X, 1. 7; pi. XI, 1. 3, p. 62-65: Maspero, ])1. G VI, GVII; Wreszin.ski Der grosse medizi-
,

Contes populaires (4' édit.), p. 38. nisclie Papyrus des Bcrlincr Muséums, p. hh-h'].
<')
Navillr, Deir cl Bahari, pi. XLVl-LV. '"'
Erman Zaubersprûchefur Mullcr und Kind,
,

'*'
Gayet, Le Temple de Loiixor, pi. LXVI- p. 2/1-28.

LXVII; Champollion, Monuments, pi. CCCXL- '''


Brugscii, Recueil de Monum.égypt., II, pl.

CCCXLI; Lepsius, Denhnàler, III, pi. LXXlV- GVI, GVll, p. 117; Griffith, The Pétrie Papy-
LXXV. ri, pl. VI, p. 10-11.
<*'
'"'
Pap. méd. de Kalioun Griffith : , The Pétrie Brl'gscii, Dictirinn. Iticrcgl., p. /i 1 a , ti&3,

Pflp^)(,pl. V, VI, p. 7-1 1 : pap. Ebers, pl.XCIlI, 696.


,

par terre, ie buste droit; deux ou trois matrones se tenaient debout à côté
d'elle pour la soutenir, tandis que celle qui devait faire i'ofllcc d'accouclieuse

s'agenouillait devant la patiente. Tout se faisait entre femmes, le médecin ne


paraissait pas.

Le système du fauteuil, d'un usage courant sous le Nouvel Empire, est

d'origine beaucoup plus ancienne, et son développement dut avoir lieu de la

manière suivante ''' : pour faciliter l'opération et peut-être aussi pour rendre

moins inconfortable la position de la femme en couches, on commença par


mettre sous elle deux briques, une de clia{[ue côté, et elle s'y installait accrou-
pie, comme le montre un hiéroglyphe de basse époque, très caractéristique

^ ('-^; le verbe hems ^-^, employé comme synonyme de pàpà dans le sens

d'accoucher, indique clairement la position que devait prendre la femme,


assise et non couchée'"'. Déjà très anciennement on apporta à cette coutume
des perfectionnements importants, et certains déterminatifs des textes des
pyramides |^ et
f^ montrent, au lieu des deux briques primitives, une vraie
construction vide au centre et ouverte sur le devant, qui porte le nom de

lljP;.^^ meskhenil
'''l On y ajoutait aussi une étoile, tapis ou coussin, pour
rendre le siège moins dur, et sous la XVIH" dynastie, le tabouret d'accou-
chement était devenu semblable, comme forme extérieure, au trône cubique
des dieux.
A côté du mot meskitenit
(||P'™^,
qui est le plus usité, le siège en question

en porte un autre, composé des deux mots qui désignent ses parties constitu-
tives, la brique et l'étoffe :
V J i ^T'TT'" ou |1::I,1T^ V J i '"'•

D'après le mot copte iceMici, on pourrait conjecturer l'existence d un troi-

'''
SriEGELBEnc, Zeilschr. fur Assijriohgic sente te plan de i'oljjct el non i't'lévalion. Si'in-

XIV, sGq; cet ;irtiele ;i t'U' re|iii]ilié tl;ins : celbeug, Agyplologischc Itavdglosscn zmn Allen

Affi/plologische Rttiiilfflossen zu7n Allen Tcslniiient; Testaiiieiil, p. a a.

'^'
p. 19-25. l'ap. EJjers, pi. XCIII, 1. kj; I^rjian, /.au-
'-'
Stèle Harris : Spiegelberg, Rec. de trao., hcrspriiclie fiir Multcr und kiml , p. 25.

XXVI, p. h-].
w l'ap. VVestcar, pi. X, 1. 12, 20; pi. XI,
'''
Ghassinat, Le Matnmisi d'Edfou, p. 90; 1. .'!. (Jonime c'est là qu'on dépose les enfants

Chassinat, Bull, de l'Insi. franc, du Caire, X, nouveau-nés, il faut voir sans doute, dans ce

p. 1 90. cas particulier, un de ces immenses lits où se


'*'
f^r. Pepj /", 1. 393.- jl/e)'?;ir«, j. 56o (édil. [natiipiaient les accouclienients royaux (voir
Sethe, 1180M. Le signe en (pieslion rcpré- ci-dessous).
,

sième nom -^K-i n fîlP'''


4"^ ^^ ^^ retrouve pas dans les lextesO. Enfin,
dans un passage de XE.vodc relatif à la persécution des Israélites et aux ordres
donnés aux sages-femmes pour faire périr les enfants mâles, se trouve le mol
hébreu désignant les tabourets d'accouchement, c^ax (sing. j^n)''''.

Les bas-reliefs de Deir el-Babari et de Louxor*'', qui représentent la nais-

sance d'enfants royaux, avec le cérémonial le plus compliqué, mettent sur la

scène un mobilier beaucoup plus riche, nn immense lit à deux étages sur

Fig. 2 1. — Naissance de Hatshopsitod (d'après Naville, Deir et Bahari, pi. LI). ^

lequel prennent place non seulement raccoucbée assise sur le siège tradition-

nel, mais encore toutes ses assistantes et un certain nombre de divinités. Etant

donné les lois de la perspective égyptienne, il est possible que nous devions
voir dans cet échafaudage deux lits semblables placés l'un à côté de l'autre,
avec un intervalle entre eux et le tabouret d'accouchement reposant sur les
rebords des deux lits, comme autrefois la femme elle-même sur les deux bri-

ques primitives f''l

'''
Si'iiiGELBUHO, Ajjijptologische Randglossen '''
Navili.e, Deir eî Bahnri, pi. Ll; Champol-

zuin Allen Testament, p. 20. iiON. Monuments, pi. CGGXL; cf. Moret. Du
'' Exode, I, 16. Le sens orilinuiiu tie ce mol caractère religieux de la royauté pharaonique

esl trlour de polieri; on jiourrait aussi le rap- p. 54.

procher tki mot px (rpierrei (cf. Gesenius, '''


Sui' certains tal)leaux de basse épocpic
Ilebr. und araiii. Unndwôvterbuch, p. 8). (Lepsius Denhnàler, IV, pi.
, LXXXII) l'accouchée
Pour hâter ou faciliter l'accouchement, on pouvait recourir à des médica-
ments soit externes, sous forme d'applications sur le bas-ventre, soit internes,
injections ou boulettes introduites dans les organes de la femme; les matières
les plus diverses entraient dans la composition de ces remèdes : sel, miel,
oignon, huile, encens, menthe, vin, même des morceaux de tortue et de sca-
rabée'''. Pour faire sortir le placenta, on introduisait dans la matrice de
l'huile chaude additionnée de diverses substances '-); pour que la matrice se
remette, on employait aussi des médicaments internes solides, mais de préfé-
rence des fumigations sur les parties inférieures (''. Certains désordres dans
ces organes étaient soignés au moyen d'injections ("'. 11 entre dans tous ces
remèdes les substances les plus bizarres, jusqu'à des copeaux de bois, des
excréments humains, de la corne de vache, à côté d'autres très simples, comme
le lait, l'huile, le sel.

On pouvait reconnaître immédiatement, d'après son premier cri, si l'enfant

vivrait ou mourrait '^); de même, on voyait à l'odeur si le lait de la mère


était bon*"', et s'il manquait, on pouvait le faire venir, par exemple en fric-

tionnant l'épine dorsale de la femme avec une décoction d'arêtes de poisson


dans de l'huile (''';
il y avait aussi des médicaments et des incantations pour
soigner les seins malades '^'.

En plus des remèdes, on utilisait encore les formules magiques; celles qui

nous sont parvenues sont destinées à faciliter l'accouchement ''''.

Suivant une croyance encore en vigueur chez certains peuples sauvages,


la nouvelle accouchée était considérée comme morte, et pour la faire revivre,

il fallait lui faire subir une opération d'ordre magique, l'ouverture de la


bouche : dans ce but on présentait à la femme une galette àperit j^ et un

est assise sui' le iit supérieur, sans siège intermé- '*'


Pap. Elieis, pi. XGV, 1. i5; pi. XCVI,
diaire. Le grand lit doul)le reparaît, avec de 1. la.

légères différences, dans les scènes d'allaitement '^'


/iiW. ,
pi. XCVII, i. i3-ii.
(Naville , Detr el Bahari, pi. LUI ; Ciiampoi.lion, ("'
lùid. , pi. XCIII , 1. 1 7-1 8 ;
pi. XCIV, 1. 8-10.

Momimenls, pi. ('.CCXLl; Lepsius, Denkmâler, '''


Ib'ul, pi. XCVIF, 1. 10-1 a.

IV, pi. LXXXIl). '«


Ihid., pi. XGV, 1. 1-1 6 ; pap. méd. n" 3o38
<')
Pap. Eljers, pi. XGIV, 1. 1/.-22. • de Bei'lin, pi. II, 1. i-5; pi. XII, i. 2-3.
'''
Ibid., pi. XCIV, 1. ii-ih. '''
EmiM^. Zaïiberspiûchcfvr Mutlerund hind,
'')
Ibid., pi. XCIII, 1. 18; pi. XCIV, 1. 7. p. 25-28.

Bulletin, t. XIX. 6
,

peu de miel'''. Puis on procédait à des purifications, par l'eau et l'encens'^',

qui duraient assez longtemps : celles de la mère des trois futurs rois d'Egypte,

d'après le papyrus Westcar'^', furent de quatorze jours.


Nous sommes assez bien renseignés sur le côté mythologique et magique
de l'opération : une déesse spéciale, Meskiienit, est préposée aux naissances,

auxquelles elle préside sans y mettre personnellement la main : c'est la fée

qui décide des destinées de l'enfant et qui, au moment où il voit le jour,

prononce la phrase magique qui influera sur toute sa vie et lui apporte le

bonheur ou la misère''''; elle n'est autre, comme son nom l'indique, que la

divinisation du tabouret d'accouchement'^'. Son signe distinctif, qu'elle porte

sur la tète, ^, est celui de l'organe féminin'"'. Parfois ce sont les sept Hathors

qui la remplacent dans ce rôle de déesse du destin'"'.


Une fonction plus active est celle du dieu Khnoum et de sa compagne
Heqit''*', la déesse à tète de grenouille : c'est Khnoum qui modèle sur son

tour de potier l'enfant et son double, au moment de la conception ou tout


au moins bien avant la naissance, tandis qu'en même temps Ileqit leur in-

sullle la vie''-''. Lors de l'accouchement, dans les grandes occasions, c'est

Heqit elle-même qui fonctionne comme sage-femme et qui active la nais-

sance''"', puis Khnoum reparaît pour donner au nouveau-né, déjà formé par

lui, une dernière retouche'"'. Parfois aussi on trouve, dans des rôles analo-
gues, Ptah"'-' ou Heka ''=>'.

'"'
Chassinat, Bull, (le Vlml. franc, du Caire, cliœoL, XXI, p. 277: cf. (iRiFFiTii, Hieroghjphs

X,p. i83-i86. p. Co.


'^'
Ibid., p. 190.
'''
Dans le conte des deux lières (pap. d'Oi-
'''
EMlkfi , Die Mârchcn des Papt/riis Wcslcar, bincy, pi. IX, 1. 8) et dans celui du Prince

pLXIJ. 18. prédestiné (Maspero, Etudes ég)/ptie)incs, I, p.

'*'
Lanzone, Dliion. diMilol. egizio , p. Sag; /i); cf. Maspero, Contes populaires [l\° édit.),

Naville, Deir cl Baliari, II, p. 17. Son rôle p. 12 et 1


97.
apparaît surtout lii's net dans le conte du roi <*'
Divinités de la ville de Her-our, dans le

Klionfon et des magiciens {Emm,Die Mârchcn XVI' nome de la Haute-Egypte (Brdgsch, Dic-

des Pfipijrus U'eslcnr, pi. X, 1. i3, 20, a6: Mas- lionn. géogr. , p. 62/1).
Ci Naville, Doir Bnluiri , pi. XLVIII.
PERO, Contes pcyiiidaircs, p. 38-ii): cf. Setiie, el

Die ahâg. Pijrmnidcnicxie, 11 83'', 11 85. ('"'


Pap. Westcar, pi. X, 1. 8, 10, a3.
*'' Rumlglos- <"' Ibid., pi. X,l. i4,2i; pi. XI, 1. 2.
Cf. SpiKGELBEnG, Agi/plologisclie
'"' Chassinat, Le Mammisi d'Edfou, 91.
sen zum Allen Teslamenl, p. ai. p.

Ar- (") Ibid., p. 31.


<''
Griffitii, Proc. nf ihe Soc. of Bibl.
Isis et Nephthys ont aussi un rôle bien défini : elles viennent se placer de
cliaque côté de la patiente, la soutiennent dans leurs bras, et l'une d'elles tout

au moins lui murmure les paroles magiques qui faciliteront l'opération en


empêchant l'enfant de se présenter d'uner façon anormale''*. Parfois elles sont

remplace'es par d'autres déesses, comme Neit ou Nebouout.

On voit encore paraître toute une série de divinités secondaires, mais elles

se tiennent à l'écart, en général sous les lils'-', et leur fonction semble être
surtout de veiller sur l'enfant, d'écarter de lui les mauvaises influences et les
mauvais esprits, et de lui garantir d'innombrables années de vie: ce rôle est

nettement indiqué par la présence constante au milieu de ces dieux et de ces


génies dont la plupart ne sont pas nommés, de Khnoum le modeleur de l'en-

fant, et surtout de Bes et de Thouèris, ses protecteurs attitrés'').

Dans le domaine purement mythologique, la naissance journalière du soleil


était considérée comme un accouchement réel, mais un accouchement divin
qui n'a pas grand'chose de commun avec ceux des femmes égyptiennes, du

Kig. 22. — Naissance uu Soleil (d'après Lepsius, DenhinAler, IV, pi. LX).

moins si nous en jugeons d'après les tableaux qui représentent le disque solaire

paraissant entre les flancs de la déesse-ciel, femme ou vache, ou sortant de


l'horizon sur sa barque. La seule scène un peu réaliste, simple croquis sur un
ostracon'"', est celle qui montre le petit enfant-soleil dans le sein de sa mère.
La naissance du dieu-fils, dans chaque triade égyptienne, était cependant

'''
Pap. Westcar, pi. X, 1. 7-10, li-iy, 22- XXXVlI,p. 11/1.

ih.
'*'
Daressy, Oslracn , pi. XV [Calai, j^cii. du
'"'
Voir les tableaux cités ci-dessus. Musée du Caire, n° aSoyi); Spiegelberc, Oricii-
'''
Cf. Jéquier, Bec. de Irav., XXX, p. /lo; laltslischc Lillcralurzeilung, V, p. Sog.

— 1^( Uft )•«^-

célébrée solennellement, suivant des rites paticuliers, et des salles spéciales


portant le nom
de vieshhcnil ffJPJ^c^ ''' étaient réservées à cet eflel dans les
temples. A partir de l'époque plolémaïque, on en vint même à construire pour
cet usage de pelils temples spéciaux à côté des grands temples; la décoration

de ces chapelles, auxquelles on a donné le nom de mammm, montre bien


l'usage exclusif qu'on en faisait : au lieu des perpétuels tableaux d'offrandes
des sanctuaires de l'époque, on voit à la place d'honneur la scène représen-
tant le dieu naissant comme un simple mortel, son nourrissage, son dévelop-
pement, et l'image des divinités qui pouvaient le protéger (-1

ACORE.

Acorus caJamiis L., plante vivace de la famille des aroïdées, à feuilles ruba-

nées et engainantes, à fleurs terminales, au fruit composé d'une aggloméra-


tion de petites baies rouges. La seule partie de cette plante utilisée actuelle-

ment est le rhizome odorant, très développé, cylindrique, annelé, et de


couleur roussâtrc, qu'on emploie surtout en parfumerie. Ces propriétés
étaient connues des anciens, qui lui donnaient le nom de Calamus aroma liens,
le jonc odorant.
Les Egyptiens employaient l'acore pour les mêmes usages ''^ : les recettes

d'époque ptolémaïque pour la préparation du kypin monlvent qu'il en était,


avec le bois de cinnamome, un des principaux ingrédients'*); il entre aussi
dans la composition de certains parfums '•"^l Le nom employé pour le désigner
est kenen
^ ]
«— , kcnna ^ | ]
, kdnou "^ * ^ ^ (var. : gânou Q ^ '^)-, nom qui

est exactement semblable à l'hébreu n;]?'''', à l'arabe Us. dont la signification

est la même, et qui est sans doute l'origine de xâvvy, canna ft canne n*''); on

'' ^RVGSCU, DictIonn.hiérogl.,\^.-/Oj;Siippl., '"'


GeseiNius, //eér. uiid aram. Haiidworlerlmch

p. Gia. (i o°éclit.), p. 7^7 ; ce mot (lésigneaussi souvent


'"'
Ghampollion, Monmnenls, ])J. CXLV sejH.; l'acore que le jonc en général, et le mot égyp-
Lepsius, Denhnâkr, IV, pi. LX, LXXXIl. lien était sans cloute aussi eniployé dans ces
'*'
LoRET, Rec. de irav., I, p. 190; IV, p. deux sens.
i5G; La Flore pharaonique , p. 3i. '''
Brugsch, Diclionn. hiérogl., Suppl, p.
'*'
DujiicnEN, Geogr. Iiischr., II, pi. LXXXIl, ia54. — L'assimilation avec le copte kn^Yi
1. 1; pi. LXXXIII, 1. 1; [)1. LXXXIV', 1. 1. KriWY, hpi-)ij.a, spica (Birch, Papi/ius Ilanis
'''
lùid., pi. LXX.X1X, 1. 2, 6; pi. XCVI, 1. G. no. I, p. i5, note 38) parait plus aventurée.
le désigne aussi parfois d'une manière plus spéciale par le ternie p J]î|| seb

jie:e«t crie roseau odorant T.


Cette plante ne pousse pas actuellement en Egypte; au Nouvel Empire, où
elle porte le nom un peu dill'érent de qenen j~^], qenna ^|]^, on l'impor-
tait de SyrieC; elle se tiouve, parfois en très grandes quantités, parmi les

dons faits aux temples par les rois'-', presque toujours à côté du bois de cin-

namome, donc aussi pour le même usage. 11 est possible que plus ancienne-
ment Tacore ait cru en Egypte même, car des bas-reliefs de l'Ancien Em-
pire ''' montrent des bergers aux cbamps occupés à tresser des nattes avec

les liges (ou les feuilles) de la plante qen J_^U; il se pourrait alors que ce
fut l'origine du nom d'un vêtement sacerdotal employé pour la cérémonie
de Yap-7'o, la qena J^^A (voir ce mot).

ACROBATIE.

Ij'art de divertir le public par des tours de force et des exercices d'équilibre
ne constituait pas en Egypte une profession spéciale, apanage plus ou moins
exclusif d'une certaine classe d'individus. L'acrobatie, qui forme en réalité

l'intermédiaire entre la gymnastique et la danse, est en rapport intime avec

ce dernier art surtout, se confond souveni avec lui, et est exercée par les

mêmes personnages''''.

Comme partout et de tout temps en Orient, la danse est un divertissement


au(juel les gens de qualité assistent sans s'y livrer eux-mêmes : ce sont des

subalternes, esclaves ou salariés, quelque cbose d'équivalent à nos bateleurs

et jongleurs du moven âge, qui exécutent devant eux, au son de la musique,


en troupe ou séparément, des mouvements rytiimés plus ou moins agiles,

souvent lascifs, parfois violen(s. Dès que les évolutions des exécutants cessent

'"'
BiRCu, Zeilsclir.fiir âgypt. Sprache , XV, p. LXVl ; cf. Pereot-Ciiii>iez, Illul. de VArl, I, p.

.32 (lombeau de Rekhniara). 3G.


'"'
Pap. Harris ii°I,pl. X\\l. i6; [)1. XX.X1V% !*'
Wilkinson, Maimcrs and Cusloms, II, p.

1. 8,9 ;
pi. Lin% 1.6; pi. LXIVM.il; pi. LXXI-, 328-34o ((''ililion de 18^17); Erman, Âgypicn
1. 13; dans une decescitationson en voitpai'aître iiml
âu;.
I.eben, j). 336-3/io. Comparer pour les
pius de 2000 IjoUes. acrobates en Grèce et à I\omc, Daremberg et
'^'
Lepsids, Dsnkmàler, II, ])1. LXXVIl; Qui- Saglio, Diciiuim. des Anllq. gr. et rom., article
BELL, Excaoaûons al Satjqara [iQO'j-igoS), pi. Cernuus (I,p. 1078).
de se succéder d'une manière harmonieuse, que les pas ryllimés sont rempla-

cés par des sauls, des culbutes ou des tours de force, que les danseurs cliei--

client à faire valoir leur adresse plutôt (]u"à donner aux spectateurs l'impression
de la beauté des formes ou des mouvements, ce n'est plus la vraie danse,

mais l'acrobatie, qui n'en est qu'une déformation ou une exagération.


De même au point de vue linguistique, les mots signifiant danse ou danser,

comme ah
^ J É "', 'erf S i% M o J ff
"'
(
var. °
J f '
oT t' '"') peuvent
J J
fréquemment employé
'

aussi s'appliquer aux exercices acrobatiques; le plus

dans ce sens est le dernier de ces trois mots, dont la signification n'est du
reste pas exclusive.

D'après les monuments figurés, on pourrait croire que sous l'Ancien Em-
pire on n'allait pas, en fait de danse, jusqu'à des mouvements qui devraient
être qualifiés d'acrobatie. Qu'elles soient

données en l'honneur des morts ou pour


amuser les vivants, les danses, presque

toujours exécutées par des femmes, soit


en chœur, soit en groupes distincts, res-
tent de vraies danses, rythmées et ordon-

nées, même quand les mouvements sont


violents et donnent l'impression d'un can-
can échevelé, comme ceux qui consistent
à renverser le corps en arrière pour
arriver à jeter une des jambes en l'air,

''''.
[)resquc vei'tiealement
Fig. 23- — Jeu fioubé au mastaba de Meba ( )n voit parfois aussi ('')
des scènes d'une
(dessin de G. Legrain).
nature plus spéciale, où des jeunes gens,

garçons et filles, se livrent à divers exercices : porter un enfant en équilibre

sur les bras étendus, s'asseoir en croisant les jambes ou en redressant le buste

'' Brugsch, Dictionn.hiérogL, i>.


.35; Suppl., mots représente un liomme se recourbant en

p. 35.
airiére, les deux mains à terre.

'-'
Brdgsch, op. cit., ]). 1087; cf. k' copte '*'
Capart, Une rue de tombeaux, jil. LX;
TBHp, sallus. Davies, Detr el Gebrawi, II, pi. Vil.

'^'
Brugsch, op. cit., p. io65. '"'
Paget-Pirie, Tomb ofPlnh-hetq), pi. XXXllI,
'*>
Le détermliialif employé pour ces deux p. 27; Daressy, Mastaba de Mera [Mémoires de
pour arriver à touclier ses pieds avec ses mains, ou encore faire la r ligure de
la Ireiller, c'est-à-dire se mettre à ^i ou à G pour tourner rapidement sur

n c::^ 8]

Fig. a'i. — Jeu de h treille, au mastaba de Meiia (dessin de G. Legraiii).

place, deux des danseurs servant de pivot. Plutôt que des tours d'acrobates,
ce sont des jeux d'enfants, jeux d'adresse qui se font dans les fêtes champê-
tres, au moment des récoltes ou des grandes battues O.
I^es jeux gymniques sont particulièrement en honneur sous le Moyen Em-
pire, au moins dans les provinces
qui nous ont fourni le plus de do-
"cuments sur cette époque; on en
voit l'inlluence sur la danse, qui

parfois se transforme complète-

ment dans le sens de l'acrobatie.


Ainsi lors du transport de la statue Fi;; 2.'). DaNSECBS du COnTÎiGE FUNÉRAIBE (d'api'ès
Newberrv, Béni Ihsan, I, pi. XIII).
du ka au tombeau, les gens qui,
au son des instruments de musique, accompagnent le cortège, se livrent à

des danses spéciales'-' qui, pour les femmes, restent calmes et modérées.

l'Inst. égypi., 1898), p. 55 1. Dans ce Jm-nier description de ces scènes.


'' Voir dans ces tombeaux les scènes qui se
tombeau , les scènes sont plus complètes (fig'. a.'î

et a A). Des exercices semblables avaient lieu déroulent immédiatement à côté de celles ci.

dans les harems du Moyen Empire Ciia jipollioîs '-'


Newberry, Béni ffasan, 1, pi. XIII; 11, ]il.
( ,

Monuments, ])1. CCCIjXXXVII); cf. plus bas la VIl.XlIl, XVII.


mais deviennent pour les hommes de vrais exercices d'acrobatie : les uns gam-
badent de diverses façons, d'autres font la pirouette '^^ sur un pied, levant à

angle droit l'autre jambe et écartant les bras, d'autres encore vont jusqu'à
sauter à pieds joints sur le dos d'un de leurs camarades.
Une autre fois'-', dans la même procession, ces danseurs sont remplacés

par un groupe de cinq femmes qui font des exercices d'un ordre tout diffé-

rent : elles miment de vraies scènes, comme celle du roi massacrant un ennemi
terrassé ''Sous les pieds n as ^ ^
'•''',

M (Jh tandis que les trois autres exécutent


la figure du rf venir 1^, qui consiste
à faire la roue en arrière avec rapi-
dité en se jetant sur les mains W.
Le costume de ces femmes, petit
pagne qui par-devant se réduit pres-
que à la largeur d'une ceinture, est

celui des danseuses en général, dès


FijJ. 36. BaLADINKS du COUTÈGE FUNtRAlKE l'Ancien Empire; quant à leur coif-
(d'après Lepsids, Denlcmàler. II, pi. CXXVI).
fure caractéristique, les cheveux
dressés sur la tête, maintenus en l'air par un procédé spécial et liés à leur
extrémité, de manière à donner à peu près le profil de la couronne 4^, elle

correspond à celle de cerlaines femmes occupées dans le gynécée aux beso-


gnes les plus rudes, par exemple à moudre le grain '"'. C'étaient, à n'en pas

douter, des servantes, peut-être des esclaves étrangères; on le voit d'une ma-
nière plus claire encore dans d'autres scènes des mêmes tombeaux, oïl sont
retracées les occupations habituelles des femmes du harem, dans leurs appar-

tementst'^') : pendant que les unes fdent ou tissent, d'autres, les plus nombreuses.

'"'
Cf. ia représentation d'un lionime dressé ''"'
D'après M. Erman {ihicL), les femmes no
tout droit sur la tête, sans doute aussi pirouet- feraient que se pencher en arrière pour repré-
tant : Champollion, Monuments , jJ. CCCLXXXI; senter des roseaux courbés par le vent.

Notices desciipt., II, p. 352; Neweerry, Bent ''^i


Même paroi du même tombeau , a' registre

Hasan, II, pi. XVI. à gauche de la porte (Newberry, Béni Hasan,


'' Champollion, Notices descripl., II p. kok : I, pi. XXIX).
,

Lepsids, Denlcmàler, II, pi. CXX.VI; Newberry, <»'


Newberry, Béni Hasan, II, pi. IV, XIII;

Béni Hasan, I, pi. XXIX. cf. Champollion, Monuments, pi. CCCLXVII,


''>
Erman, Agypten uud âg. Lehen, p. 338. CCCLXXXVII;iVoftmf;Mcr!>(.,II,p. 3/12, 363.
se livrent à des exercices variés et montrent un ceiiain talent d'acrobates,
soit en exécutant divers sauts à pieds joints, soit en faisant le moulin en se
saisissant deux à deux en sens inverse, à bras-le-corps, pour faire une série
de culbutes dont les divci's états sont représentés successivement dans les

peintures; d'autres enfin jonglent avec adresse à plusieurs balles, dans diver-

ses positions, et même à

cheval sur le dos d'autres


femmes.
D'après ces divers ren-
seignements, il semble
donc évident que les

grands personnages en-


tretenaient dans leur

maison certaines et mê-


me peut-être certains

domestiques dont le rôle

était, non seulement de _.


danser, mais aussi de FijT. 3 7. — E.XERCii.iiS AcnoBATiQUES (cl'aprcs Champollion,
Monuments , pi. GGCLXVII ).
savoir faire des tours
d'adresse et d'acrobatie pour récréer leur maître, comme pour fonctionner

dans certaines cérémonies religieuses, ou tout au moins funéraires.


Dans les banquets du Nouvel Empire, tels que les montrent les tableaux
des tombes thébaines, il paraît bien encore parfois, à côté des musiciens et

musiciennes, une ou deux danseuses, qui n'exécutent plus comme autrefois

des mouvements d'ensemble bien ordonnés, mais des danses plus libres, plus

hardies et plus variées, et c'est ainsi que nous les voyons parfois |)rendre les
attitudes des baladines de Béni Hassan, par exemple faire la roue en com-
mençant par se jeter en arrière sur les mains'''.

Pendant cette période, les nègres pratiquent encore des danses d'allure très

violente, avec sauts périlleux et autres gambades. Ils exécutent ces exercices

'''
Ostracon du Musée (11' Tui'iu (pliof. Peliie, niencmlial à Cheikh Abd el-Goui'nah, n" 53. Le
n" 2o3); Masi'ero. Uisi. une. ths i^ehiA'x do costume se compose du petit pagne long par
l'Orient, II, p. 5-2r). Une danseuse dans \in(: dci'iièi'e et court par devant; les cheveux sont
posture semblable est figurée au tombeau d"A- longs et dénoués.

Balktin, t. Xl\.
acrobatiques jusque (levant le mi tVE^jypIe auquel ils viennent rendre hom-
mage!''.

Les danses funéraires ne sont plus en usage alors, pas plus que les pirouettes

et gambades auxquelles donnait lieu la procession de la statue du ka : les

pleureuses ont remplacé les danseuses. On reti'ouve cependant un vestige de


ces dernières dans certains personnages qui prennent part à la cérémonie au
même titre, semble-t-il, que toute une série d'accessoires surannés et démo-
dés, par tradition et sans qu'on en comprît le sens('-l (lomme elles, ces maïou
'^\\ portent parfois l'étrange coillure haute qui resseml)le à la couronne
blanche, mais il paraît bien que ce soient des hommes et non des femmes,
et le pas qu'ils esquissent est bien timide à côté des cabrioles d'autrefois.

ACROSTOLE.
Pièce oi'nemcnlale fixée à la j)roue d'un bateau (•*), et correspondant à Yaplus-

Irc, qui décore la poupe.


Les plus anciens bateaux égyptiens, aux époques arcliaï-

pies, ne présentent à leurs extrémités aucun ornement pou-


vant être rangé dans cette catégorie. Sous l'Ancien Empire,
les grandes barques en bois, qui correspondentaux dababiebs

Ki(J. 28. Acr.OSTOLK modernes, sont en général dans le môme cas : leur proue est
DU LA V° DYNASTIE le plus souvent coupée droit, comme la poupe, niaisparfois,
(Musée du Caire,
dans certains vaisseaux allongés et bas sur l'eau, elle se re-
n" 1696 [croquis
de l'autourl ). courbe légèrement en arrière et se termine par une tête

d'animal (|ui regarde vers l'intérieur du bateau; le caractère de cette tête est

(li(li(il(! à déterminer : il semble qu'il faille y reconnaître celle d'un lion''''.

{)\\ n'a pas rencontré jusqu'ici d'acj'ostole sur les proues pointues des

'" Daviiîs, 77(0 roch Toiiths of El Amarn» , II, les plus élevées d'un navire, à ses deux exlré-
|.l. XXX.V1II. niilés. Ce sens n'est plus usité aujourd'hui.
'"'
ViKEv, I.c Tomhomi de llekJimara [Mémoires '"1
Lei'SIUS, Denhnàler, H, ji. XXII, XXIV,
de la Miss, franc, au Caire, V), pi. XXVI; Mas- XXVIll; WiEDEMANN-PôRTNER, A(r. GrabreUefs in

l'EUo, Le Tonihemi de Monlnuhikhnfshoufiihid.), karisruhe , p. 18, pi. IV. I5as-rclicf n" i(>f)G du
p. hhiy, l5()ii.ssA(;, J,c Tombeau d. Anna [ibid., Mus('e du (laire. Purl'ois la proue est simj'lement
XVIII); I)Aviics-(iAni)iM:ii, Tlic Tomh of Amenem- l'ccourljée, mais sans scid|)lnre : Lei'SIUs, DeiiL-

hêl, pi. XI. miiler, II, pi. XCVI. Au lias-i-elicf n" 1/1101 de
'^'
Ce mol dôsigriail pi-iiiiiliveineiil les pai'tics Beilin (V' dynastie) elle porle une tèle d'oie.
-.>{ 51 ).*^—

bateaux du Moyen Empire, pas plus sur les bas-reliefs et les peintures que sur
les modèles de barques trouvés dans les tombes (''. 11 reparaît au Nouvel Em-
pire, mais pas d'une façon régulière : les bateaux ordinaires le portent rare-

FijT. ag à 33. — AcBOSTOi.ES des niiioiiES de Hatshepsou (d'après DCmiciien, Ilislnr. Insclu:, II, pi. XXII).

ment : leur avant est non seulement coupé franc, mais porte une large entaille

qui est sans doute destinée à permettre d'y fixer à certaines occasions une
pièce indépendante de la ro<|ue. Les barques royales ont en

eiîet souvent, à cet endroit, une grande tète sculptée en ronde


bosse et regardant en avant, (|ui est tantôt celle d'une déesse,

tantôt celle d'un animal quelconque, lion, taureau, antilope,

faucon, surmontée d'un symbole divin '-l La tête de taureau,


toute nue, se retrouve sur la proue de quelques bateaux de

transport '''. Ailleurs, la pièce qui termine la proue se divise

en deux cornes ('*'


ou se recourbe en arrière pour s'épanouir Fi;[. 3/i. — AcnosToi.i;

eu lOTUS (d'après
en une fleur de lotus, donnant ainsi un acrostole du modèle Namm.e, Deir el

llahari, pl.CLIII).
employé d'ordinaire pour l'apluslref'^'. Les vaisseaux de liante
nieront une proue relevée, mais droite et sans sculpture ('', ou bien terminée
par une tête de lion formant éperon'"'.

'''
Le fragment de [leindire monlionné dans '"'
CnAMPOLLioN, Monuments, pi. CrjA'.
Wiedemann (j4^. Grabreliefs in Karlsvuhe , p. 1 8 ,
<')
Naville, Deir cl Bahuri , pi. CLllI; Na-

pi. IV) comme étant la proue d'une barque à viLLE, Bas ôgypl. Todlenhuch, 1, pi. ('XII et

tête de lion (Newberrï, El Bevsheh, II, pi. IX) yassmi.

pourrait aussi être l'avant d'un autre ohjet, par <»'


mviihE, Deir dBahari, pi. LXXIl-LXXlV.
exemple un traîneau (cf. Virey, Le Tombeau de '''
Champollion, cp. cit., pi. (IGXXII (vais-
Rehhmava, pi. XXll). seaux de Ramsès 111; les deux extrémités des
'" ^mu.?.,DeielBaliari, pi. lAXXlX. XCl; vaisseaux ennemis se terminent par des tôles
cf. Di^JUCHEN, Hisloi: hisrhr.. II, pi. XXII. d'oiseaux grossièrement sculptées); cf. Gharas,
'"'
Lepsius, Deiikmàlei; III, pi. lAXVl. Eludes sur l'antiij. histor., p. .3i i.
~M.( 52 ).e^—

Les nacelles faites de bottes de papyrus liées ensemble, ainsi que les bateaux

en bois construits sur le même modèle, ont les extrémités qui vont naturelle-

ment en s'e'vasant et s'épanouissent plus ou moins, do manière à ressembler

soit à un cbapiteau palmiforme, soit à une (leur de lotus''); parfois, comme


dans certaines barques funéraires, ces extrémités se reconr-
bent en arrière et se redressent'-', et celle de l'avant est sou-

vent surmontée d'un petit faucon qui constitue l'acroslole


proprement dit''', tandis que l'appendice fleuronné doit être

considéré plutôt comme la terminaison naturelle de la coque


que comme une pièce indépendante.

Les barques divines ont toutes une décoration spéciale de


proue et de poupe, qui consiste en général en une tète bu-
maine ou animale, semblable à l'avant et à l'arrière; cette tête

est celle du dieu lui-même, tête d'homme pour Osiris''*', de

FijT. 35. — AcnosTOLE fcmmc pour Moût'-'', pour Hathor'"' et pour Isis'"', de bélier
DR BARQUE FiiNÉRAinE pQ^,j. Auiou''^', de faucon pour Horus''-'', Klions''"', Nekbeb'^'' et
(d'aprôs N a ville, , •
i
.

'6 TOI

lui-nieme
i
''-'
\ it
elle est

toujours surmontée de sa
/ ^ i »
coulure
Deir cl Bahari, pi. ;

LXXXIX). grand collier nnselik qui recouvre


ordinaire et repose sur le

toute l'extrémité du bateau. Quelques divinités ont des barques dont l'aplustre

'"'
Exemples très nonihreux : voir LErsius, Irouve a!!ssi sur certaines des grandes barques

Denhnàkr, 11, pi. L\, LXXVH, CI, CVl: III, royales : Navu.le, Deir el Bahari, pi. LXXXIX:
pi. CXllI; Davies, Deir cl Gebrawi, 1, pi. III, cf. Di\Mir.iiEN. Uislor. Lischr. , II, pi. XXII.

X; VU, XIV: Newberry,


II, pi. Deui Ilfisrm, 1,
'*'
Cailfeild, Temple of ihe kivgs, pi. III.

pi. XXXII, XXXIV; Garstang. Bur'wl Cusloms <^'


LEPSits, Denkmâkr, lll, pi. CCXLV.
of Ancien t Egtjpt, p. 69, 60, elc.
('»
Mariette, Dendérah , I, pi. XIJV, XLV.
'''
Newberrï, Béni Hasan, I, pi. XXIX; \'inF.v,
<''
Pétrie, k'oplos, pi. XlX; Ghampollion,
Le Tombeau de UMiiiaia [Mémoires de In Mifs. Monuments ,
pi. LXXXII.
franc, au Caire, V), pi. XXVI; Bocriant, Le <')
Lepsius, Denhnàler, III, ]il. XIV, CLXXX,
Tombeau à'Harihhahi (ibid.), pi. V; Sciiâfer, CLXXXIX, GGXXXV, CCXLIV; Caulfeild, /oc.

Prieslergràber... vum Tolenlenipel des Konigs Ne- cil., pi. IV.

User-Rè, p. 100. Celli^ foi-me est souvent celle ''>


Mariette, Dendérah, 1, pi. XLIV.
(le la Iinrqiie ipii porlc le soleil : Lepsiis, Deuh- ''»'
Lepsies, Denhnàler, III, pi. GCXLV.
imilcr, m, ].l. LXV, CCXXII, CCLXXX. <") Lepsics.^;). cit., m, pl. LXXX.
'''
Ainsi dans la liairjiie de Senousrit III, rpii ('-'
Lepsuîs, op. cit., III. pl. GLXXX. Pour

peut être considérée comme une Ijanpie divine : celui-ci, on emploie aussi la tète liuniaine :

Lepsius, Deiilimâler, III, pi, XLVIII, L. 11 se GnAMPOLLioN, Monuments ,


pl. CL bis et ter.

— »-»•( 53 )<<

(liiïère de l'acrostole : celui-ci représente, pour Harmakliis('), un dieu ac-


croupi sur un riche tapis, soulevant le ciel et le soleil; pour Toumf'-), un
30 37 38 39

Fig. 30 à 30. — Af.nnsTOLF.s des habiiues divines.

36. Amon : d'apivs C.iulfeii.d, Temple nf the Kings , pi. IV.

3'j. Hallioi- : — Mariette, DeiideVaA, pi. XLV.


38. Le roi : — Lepsius, Denhnâler, III, pi. CLXXX.
Sg. Osiris : — Caulfeii.d, op. ct(.,pl. lit.

pavois de même nature surmonté d'un petit oiseau, et enlin, pour l'étrange
barque de Sokaris'^', une tête d'antilope avec divers accessoires.

L'acrostole était fait en bois, souvent en un bois plus précieux que le reste

du bateau et qu'on allait chercher au loin'*'. Los Egyptiens lui donnaient le nom
de * '-^^ ''la It'le d'avant('''r ou "J^*^, (lelien^''\ quand il s'agit d'un
acrostole en forme de tète, ou, d'une façon plus générale, onazU ]\\^.

1> MJl'" '^ la verte r(?).

(''
Lepsids, Denhnider, III, ].l. CXXXVIll, Monuments, pl. LXXXVIII. Cf. l'avant d'une des
CLXXXI : Caulfeild , Temple of tlic hings , pi. \' : barques funéraires de Piamsès III ((.iiampollion,

cf. I.E Page-Riînoif, Proc. of the Soc. rif Bibl. Monuments , pl. CCLVU).
Arcliœol. ,W\', \t. 17; J. de Morgan, kom Oiii- '"'
Pap. Golénisdiell, 1. ."iy-.SS; cf. Maspero,
bos, I, j). i85. Pour les ilivei'ses liaïques du so- Uec. de trac, XXVlll, p. 1 G.

leil, voir Champoi.lion, Monuments , pi. (JXXIV, <')


Ibid.

CXXX, etc.
'"'
IJaiifiscH, Dirtionn. tnérngl. , SiippL, p.
(^'
DiisilciiEN, llialov. Insclir., 11, pl. XLIV. 137..
'"'
Caulfeild, Ioc. cit., ])1. VI; Mariette, Don- '''
Naville, Dasûgypl. Todlenbuch , II, p. 222
dérah, IV, pl. LXIV, LXXXV; Lanzone, Dhion. (variantes du chapitre xci.\). Dans cette liste des

(K Milol. egizùi ,
pl. CGCLXV; Champollion, parties du bateau, ce mot est le seul qui puisse
à\ i2 iO

Fig. lin à ^2. — Ornements de prode des bahoies divines.

/io. Ilarmakliis : d'apros Cuiifeild, Temple of ihe kings, pi. V.

il. Toiim : — DÎMICHES, Ilislor. Inschr., pi. XLIV.


hi, Sokaris : — Mariette, Dendernh , IV, pi. LXXXV.

ADGA.
J j-r '^^- Nom d'une pièce de vêtement, de forme et d'usage
f^*»^^'
inconnus, qui se faisait en étofî'e royale (=^^ = ) ou en étoffe du Sud (•=i-'| =

ou -^»), et que Ramsès III disti'ii)ne aux temples en quantite's assez considé-
rables''). La racine de ce mot doit être cherchée dans le verbe defld "tT V '
A-^)

réouvrira (cf. le vieux nom -^^^^)'^''

A DIT.

I '"'
(
var. ad i-^i^^ «' 1^,. "dii I "V • addït I x ("', adouit l-^*<

être appliqué à ia piouc, Pielil ayant démontré '"'


BnuGscn, Diclioiin. hiéroirl., Suppl., p.
{Proc. oflhe Soc. of Bill. Archœol., XV, p. a 64] 1.378.

que le mol iwfrh désignait la poupe. (L'opinion '^^


Lacau, Savcq)h. anlér. mi Nouvel Emp. , I,

contraire émise par Le Page-Renocf, Book of the ]i. 56.


Dead, p. 3i.) '")
Pip-.Oanas, \. ii5 (édit. Setlie. 67'*).
f Paj). llarris n" I, pi. XIV, 1. i5; pi. X1V\ *''
li faiidi'ait peut-être lire nàdil (Murrav,
l 9; pi. LXIllM 10; pL LXIIP, l i, 10. Saqqava Mastabas, I, p. 38).
— M.( 55 ).«-»-—

%o'''' "^^'*' ^
'"
/ ^^^'^^ ^^ gâteau employé pour ]'olïrande funéraire et

mentionne avec les autres victuailles du même ordre, dans la pancarte. Ce


mot est toujours suivi de la loculion hak '^"»^, nit liak '^'^'—^ rr derrière
toi 11 ou cla hak ^ "^""^^ ^fà mettre derrière toi'^'n; ces pains ou gâteaux qui,
d'après le déterminatif, étaient de forme ronde, étaient donc destinés à être

déposés, au nombre de quatre, derrière le mort ou plutôt derrière la statue

du mort, pendant la cérémonie funéraire'*'.

Dans des comptes de denrées diverses, datant du Moyen Empire, on re-


trouve ce mot à coté d'autres pains, mais sans l'adjonction hak^'='\

A DO II.

%^t ,
(id
_ ^^. _ ^^- '^O'" 'l'i"^ poisson qui se trouvait

dans le Delta'"' et dont la chair était généralement appréciée'"' bien qu'elle

fût considérée comme impure dans certaines localités, ainsi dans la ca])itale

du XX'' nome de la Basse-Egypte'*'. On en lirait une sorte d'huile (^|^j


^ ^ V^) qui était employée en médecine dans la composition d'un emplâtre
destiné à assouplir les muscles ''''.
Ce poisson est cité également dans les textes

démotiques''"' et au Livre deti Morts^^^l Cette citation Ç*^^^-^ V^^^^ )

a pu faire croire qu'il s'agissait non d'un j)oisson, mais d'un animal aquatique
avançant à reculons''"-', un cruslacé, un homard; mais les variantes graj)hiques

du titre bien connu ^, qui s'écrit parfois ^=— =, àd mer, permettent de

'''
l'oui- ces variantes, voir Dïmiciiex, Gmb- <'>
Pap. Anasiasi IV, pt. XV, I. 7.

palast des Paluamenap , I, ])1. XXII, n" 67. t" Pap. Anasiasi III, pi. 11, I. S; pi. 111,
'')
Pur. Noferkara, 1. /.ai. 1. 1.

'''
M. Maspero [La lahle d'ofjrundes des tom- '''
De RociiEMONTEix-CuAssiiVAT, Le Temple
bemix cgi/pt. , p. Sg) tiaduil rrle gàleati de der- d'Edfou, I, p. .335; lÎRUGscii, Diclioiin. Iiiérogl.,

rière le douljiei , Ijien (pron ne trouve jamais le p. 228 (g-iande liste de nomes à Edfmi).
sijjne il à la place du ^. Pour le sens, cela Cl
Pap. Kbers, pi. LXXXll, 1. y.

revient au même. ''"'


Brlgsch, op. cit., p. 227.
'*'
C'était sans doute une mesure de protec- '"' Cliap. cxxui et cxxxix : Naviixe , Das l'igypl.

tion contre les jjénies qui seraient tenlés daUa- Todtenl/ucli, pi. GXXXI, 1. 3; Lepsius, Dus Tod-
(pier le mort par derrière. teiibucli dcr Agi/pter, pi. XLV et LVII.
<*'
Tlw Pétrie Papyri , ''"'
(!i\iFFiTH, pi. XIX, 1. 13; BiKCii, Zeilschr. fiir âgijpt. Sprache, VI, p.

pi. XX, 1. ili. 1 1 ; Le Page-Renouf, Doih of the Ikud, j). 2 1


9.
,
, .

repousser celte ideiilifi cation et d'en adopter une autre, plus sùrc"'; ïàdon
est certainement un poisson, et dans les inscriplions de l'Ancien Empire, où
ce titre est très fréquent, l'animai est assez bien dessiné pour (pion puisse
i3 lia
mulet
y reconnaître le
(mH/j/7), poisson de mer
([ui remonte très sou-

vent en eau douce ''^'.


A

FijT. 43 et 44. — Le mulet égïi'tien. celte époque, il devait

43. D'après von Bissing, Maslaba des Gem-nil;ni , I, |il. XXVI. se trouver en grande
44. — Gbikfitii, Ptahhetep , I, pi. IX.
abondance dans le Nil

et ses dérivés, car on le voit dans presque toutes les scènes aquatiques, surtout

celles de pêche à la seine '').

Aux époques les plus anciennes, la lecture de ce mot était probablement


flttz"^^, valeur phonétique originale du signe ^—c, mais on n'en a pas

trouvé jusqu'ici d'exemple pour le nom du poisson âd. La signification de ce

mot doit être rc poisson grasn '''^


pliilùt (pie -'poisson perceur '^'-i.

A FA.

Plante employée fréquemment en pharmacie, et qui enli'c le plus souvent


dans la composition d'emplâtres ou d'onguents pour assouplir ou fortifier les

muscles et les membres'^), pour certaines douleurs de côté'"*', pour les maux

<''
Von Bergsunn, Ree. de trao. , VII, p. lyy: RAv, Saqqarn Mastabas , I, pi. XXXVIIl; Davies,
Le Page-Renoijf. Proc. nf ihc Soc. of B'M. Ar- Mastaba <f Plakhetep and Ahliellictcji , I, p. 20,
chœoL, XII, p. 36i (ii/e woii- , II, p. 353); [il. IX, n" i5 i

Gbikfitii, Proc. of the Soc. of BihL ArchwoL '*'


MispiiRo, Du genre épislolaire , p. io5;
XIV, p. 455; Maspero, Les Mémoires de Siiwii- Brugsch, Dictionn. hiérogl., p. 227.
'*'
hil, p. 7'2 ; Brcgscii, Dielionn. ffcogr., y. 906. Griffith, Plahhetqi, 1, p. 28.
'^'
BouLENGER, (lans Davies, Deir el Gehraivi, '"'
Ces deux dernières formes, qui paraissent
II, p. iy; VON Bissing, Mastaba des Gem-ni-kai un peu douteuses, n'appartiennent qu'au pa-
I, p. /io cl pi. XXVI, II" 4o-4i; Montet, Vndl. ])yrus nii^dical de Berlin.
"<')
de riiist. franc, du Caire, XI, p. 4o. Pap. Ebers, pi. I.XXVII, I. 8, 11; j.l.

« Davii;s, Beirel Gehrawi, I, pi. III, IV, V, LXXX, I. n; pi. LXXXUI, 1. l'i, 17: pap.
XXI; II, pi. IV, V. — Comme signe Iiiûi'ogly- Hearsl, pi. III, 1.3, 12 (édit. Reisner).
<»i
phicpie, voir Pétrie, Mediim, pi. IX, XII; Mirn- Pap. Ebers, pi. XIII, I. i3.
, —

—»->•( 57 )-<-i

d'oreilles''' et la calvitie'-', comme aussi pour l'aire cesser les pertes de


sang (?)'*'. Elle se retrouve dans quelques médicaments internes, purga-
tifs (?)''"', vermifuges'^', ou remèdes pour certains maux d'estomac ou d'in-

testin'"', ainsi que pour une maladie des yeux'^' et une maladie d'enfants'**'.

Il n'y a |)as d'indication qui nous permette de savoir quelle partie de la

plante on employait pour ces préparations; c'étaient probablement les tiges,


les feuilles ou les fleurs, puisque le déterminatif est toujours -a, sauf dans un

seul passage oii le -a est remplacé par la graine ,*,''"''

LWJd est en même temps une plante comestible : elle est citée en première
ligne parmi les légumes que mangeaient les prêtres de Phihï''"'. Ce fait est de
nature à rendre assez plausible l'identificalion du copte icdk, cdk, o^,-'i, ^il,
Lacluca sai/i'rt'"', avec Yàfd, qui serait alors une sorte de lailue; la chose n'est
cependant pas certaine, la laitue étant connue pour avoir en pharmacie des

vertus calmantes, tandis que plusieurs des remèdes égyptiens où entrait Yùfd
devaient avoir des propriétés tout à fait diil'érentes.

AFAOU^

M. % T| . Nom d'une espèce d'étofle figurée dans une chambre fu-

néraire de la VI'' dynastie ''-', à côté des peqil 271"' ""^''*' '^*"^ /^"^ -^'^ T"' ^^

autres, sous la forme de pièces d'étoile pliées, empilées les unes sur les autres

et réunies par des liens S. Ce mot ne revient pas ailleurs. Il est à remarquer
que dans une autre cliambre funéraire de la même époque et de la même

<' Pa|.. mrd. n° 3o38 de Berlin, pi. XXllI, <"'


P;ip. Hearsl, ])1. III, 1. 3.
''"'
1. 10 (édit. Wreszinski). Stern, Papi/ro.i Ebers, II, Glossarîum
'"'
Pap. Ebers, ])I. LXVI, 1. \h. hierngi, p. 4, s. v. annek.
W IbiiL, |il. LXXI, 1. 5. (") Peyron, Lex.ling.c<ypl., p. 58, i5ç), 273:
'*'
U/h]., [il. XXIII, 1. 3. LoRET, Annales du Sero. des Anliq., I, p. G-'.

'^'
Ibid., ]il. XX, 1. 2; pi. XXI, 1. 3. (n° 389). — On a proposé aussi le rapproche-
'"'
Ibid., pi. LUI, 1. 16; pap. méd. n° 3o38 nient de ce mot copte avec celui de la plante

de Berlin, pi. III, 1. 11; pi. XIV, I. > , 10. nbgu (voir ce mot), mais sans ])reuves sudisantes
<''
Paj). El)ers, jil. LXXXIX, 1. 19. (Loret, La Flore j)liaraoitiqite , 2* édit., p. Cg).
<*'
EMikJi , Zauberspriiclie fur Mutler und Kind ''''
Maspero, Trois années de fouilles {Mémoires
[I. 12. de la Miss. franc, au Caire, I), ]). 20/i.


Bullelw, 1. Xl,\'. S
,

localité, oxactemenl siunblable comme disposition''', c'est l'étolTe àd ^@ qui

est nommée ;\ la place de Vàfiiqu, ce (jiii poiirraii faire cioirc soit à une erreur
de copiste dans le premier cas, soit à la similitude des deux étoiïes.

Une petite plaquette d'époque tliinite ('-',


ayant dû servir d'étiquette à une

caisse, porte le mot (if^ P\ qui désigne sans doute le contenu du cotTret et

pourrait être la forme primitive du mol àfim-

A FI).

désignant, à en juger par son étymologie (|^Ë


V 00' ^^^^ ^^'^^ ^'^^^

cr quatre n) et son déterminatif, un édifice carré, ou tout au moins rectangulaire,


un pavillon ouvert, orné de colonnes, analogue de forme à celui oii se tient

le roi pendant la fête sed. Ce nom peut aussi s'appliquer à un temple tout en-
tier : ainsi le temple d'Edfou s'appelle parfois ^^Qû^î©'"''- On
afd-ni-tes

a voulu rapprocher le mot afd du copte akht, abot, aoybut, a\'ht, man-
sio, monaslermm, et même de l'hébreu ]7SN rr palais " '''; cette dernière identi-

fication est extrêmement douteuse.

AFFUT.

Lieu caché où Ton se poste pour guetter le gibier. Les Égyptiens ne l'utili-

saient que pour la chasse au filet, quand il s'agissait de capturer des oiseaux

d'eau sur un (Uang'-''. D'ordinaire on choisissait pour cela, immédiatement

sur le bord de la pièce d'eau, un abri nalurel denière lequel le chef de

chasse pouvait S(? dissimuler, observer le gibier et donner, sans être vu, le

signal de tirer la corde à ses hommes postés un peu plus loin : c'était soit une

'''
MiSPEîio, Trois années de fouilles {Mémoires I, pi. CI, I. ^i.

de la Miss, franc, au Caire, I), p. 201.


'"'
Brugscii, Diclioiin. hiérogl., p. 62.
'" Manners and Cusloms [éàiXion
'"'
Pétrir, Pioyal Tombs , 1, pi. X, n" 11; \^ \i.KKSon ,

Newberry, Proc. tf ihe Soc. nf Bihl. Archœnl.. ilc 18/17), "L V-


^''^' Rosellim, Monumenli
XXXIV, p. 28.5. civili, Teslo, I, ]i. iV7;Erman, Agi/pten iind â/r.

•''
Di'siiCHKN, ylllâgyptische Teinpelinschriflen Leben, p. 02(1.
toiill'e de roseaux ou do papyrus dans laquelle le chasseur disparaissail [)resque
en enlier''', soit un arbuste quelconque, mémo parfois un tronc de palmier (-1
Comme ces abris naturels ne se

trouvaient pas partout à lendroit


voulu, on commença déjà sous l'An-

cien Empire à les remplacer par


des allùts artificiels qui étaient pro-
bablement construits surplace avec
des matériaux de rencontre '^), bran-
ches d'arbres ou roseaux : ce sont

des sortes de claies de la hauteur


d'un homme, revenant un peu en
arrière dans leur partie supérieure

j)Our mieux cacher le chasseur. La


corde qui
comman-
Fig. 45. — Affût NAïunEL
de le dé- (d'après Citart, Une rue de loinbeaux, pi. XXXVII)
clic du h-
let passe au travers de ce clayonnage, qui est en-
core en général percé de plusieurs autres trous
permettant de surveiller l'arrivée des oiseaux (''. Un
tableau du Moyen Empire montre même, à la place
Fij;. 46. — Affût ARTIFICIEL (d"a- Jc ces abris ])artiels, une vraie hutte ronde dans
— A.. K.
près „„»„ Béni
Newberrï, B„...- tf
Hn I

pi. XXXIII).
laquelle se tient le chef de chasse H Les scènes du
Nouvel Empire, plus rares mais reproduisant tou-
jours le même thème sans variantes appréciables, n'apprennent rien de nou-
veau à ce sujet''''.

'''
Capart, Une me de lambeaux, ])1. XXXVII, p. .30.

\ XXIX Qt icELL E.vrtwalions


; , al Sfiqijnra ( / r)OÔ- '''
A Bi'iii II;iss;in, ccI (ilijcl i-sl pciiil en lii'im

ujo6). |il. \X, 11" 5: Daviks, Tlic ruch Tniii/is of (Lepsius, Dciihmàlcr, II, pi. GX\X).
Sheikh Snïd, pi. Xll; .1. de Morcan, De la fron- '*'
(">APART, Une rue de tombeaux , pi. LXX.XVII ;

tière df Nubie à hoiii Oinhos , p. ido; Nlwbeiirv, MiRRAY, Saqijnra Mastabas, I, ])1. XI ('?): New-
BeniHasan,\,iA. XII, XXX; II, pi. VII, XXII'. RERRV, Béni Hasan , I. |il. XXX. XXXIIL
'^'
Lei'sius, Denkmûler, II, pi. IX; von Bissikg, '*'
.XEWBERRy, Hcui Ilasan II, pi. XXXV.
,

Mastaba de.s Gem-iii-hiii , 1, pi. VIII. IX. XXVI, '"'


l';ii' cxciiipli' Tvi.oR-dRiri'iTii , Tonib uf

— ^».( 60 )^—
Pour la chasse au l)ouni»>rang ou à l'air,, qu'il s'ajjissc d'oiseaux ou de qua-
drupèdes, jamais on ne se mettait à l'aHùt pour jjuetter le gibier.

Le nom de la Initie d'alFùt, ùjdiqdit ^ -«^ | |


-«^ ^".^ ''s' donné dans les

chants d'amour du papyrus Harris n" 5oo'''.

AFZET.

":) , et poste'rieurement à l'Ancien Empire, àfdet ^ ^Ê


/'^^Vv^^, ,
* )*"'• ^'Offre ou cassette quadran-
-^
1 HiL
wulaire, mais de formes et sans doute aussi de dimensions variables, employé
]iour le mobilier funéraire (^' aussi bien que pour celui des

temples, et très probablement aussi pour l'usage de la vie

ordinaire. Le même mot sert aussi parfois à désigner le

cercueil''', sans aucun doute, à l'oi'igine, le sarcophage carré


en bois.
Sous l'Ancien Empire, Yàfzet se fait eu bois; il est large

et bas, ou haut et étroit, avec ou sans pieds '''l Les àfdcl que

Ranisès 111'''^ donne aux temples de Thèbes sont en argent


Fijj. /l 'y
.
A FZF.T [A'a- et munis d'un couvercle Jp ,), de petites dimensions, [Ijebes
|
prrs Maspeko, Trois
puisque leur poids moyen ne doit guère dépasser 3ao gram-
années de fouilles,
pi. II). mes'''. Ceux dont on se servait dans les temples ptolémaï-
ques'*' jiour serrer divers objets et ustensiles du culte étaient
en bois, hauts d'environ o m. (io cent, sur o m. 90 cent.'-'', et leur forme est

Palteri {Egi/pt Eaplor. Fuiid), pi. IV: Boiriaint, Miss, franc, au Caire, I), jil. Il; Steinoouit,

Le Tombeau d' Hariiihnl/i [Mémoires de la Miss, Das Grab des Ti, pi. CXXXIII.
franc, nu Caire, V), pi. VI. f' Pap. Han-is n° I, pi. Xm\ I. 11. — Nous
'''
MASi'Eno, Eludes cgijiH.,\, ]>. aW, nolo 9. n'avons pu Irouvei' aucun CNcnijilc île eel olijel,

'''
Brugscii , Dictionn. hiérogl. , p. 18."); SiippL, au Moyen Empire.

p. 318.
'''
2 1 dfdet pèsent 7/1 deben et k Jàt ((j kilogr.
'''
Insi'riplion de Sabni, I. iS (Setiie. Ur- 770)-
Jiundcn des allen Rriclis , I, p. i3q).
'')
Mariette, Z)«WeV«//, IV, pi. XXXV, XXXVI
'''
GiiASSiNAT, f.fi seconde Iroitvaille de Deir el- et XXXVIII, I. 22, /i3, !ih, ii5 (cf. LoRET,
Bnhnri , I, ]). 08, 79 et pnssim. /.Vf. de Irnv., III, ]>. f,f>; V, p. 89).
'''
MiiRRAY, Srtf/ijfrtJYf Mastabas, I, pi. M: Mas- '''
Une couili'c el une jiairne île li;uit, ?i |ki]-

PERO, Trois années de fouilles [Mémoires de la mcs (le côté.


~i->{ 61 )^-i—

indiquée par le déterminatif J : c'étaient donc des meubles semblables à


ceux que portaient les prêtres dans certaines processions, ou que le roi offrait

aux dieux et qui contenaient des étoiles ou


des pierres précieuses'''.
Dans les textes religieux, Vàfdel prend
parfois un sens plus spécial, dérivé directe-

ment de celui de coiïre à objets sacrés : il

devient le naos, le lieu de résidence, la re-


traite du dieu lui-même, que ce soit le reli-

quaire des entrailles d'Osiris'-', la cabine de


la barque solaire'^', ou l'anlre d'un serpent

sacré W; c'est aussi le naos en pierre conte-


Fig. 48. CoKFRET PTOLÉMAÏQUE
nant la cliàsse même du dieu, qui est faite (d'après Mariette, Dendérah , IV, pi. X).

en bois H
A l'époque ptolémaïque, on emploie le même mot pour désigner la cas-

sette royale, ou la caisse des temples, à laquelle étaient payées certaines

redevances ('').

AGA.

Nom d'une essence ou d'un parfum dont mort devait


Q '\^i le

s'oindre pour se présenter devant le gardien du sixième pylône des enfers, au


cbapitre cxi,v du Livre des Morts^'^\ tandis que pour passer les autres portes,

il s'oignait lYaber ou d'une des huiles rituelles. S'il fallait tenir compte du
signe '^, on aurait y\ne huile ou une graisse animale. Il est possible aussi

<')
Cf. Mariette, Dendérah, II, pi. Mil: 111, '^'
Pap. Wesicar, ]il. IX, 1. i, o : cf. Jkquieh,

|il. XXIII, XXIV; IV, |.l. I\-XI, XVllI-XX, Rcc. de trav., XXXIV, ]>. i uj.

X\lll, etc.
'"'
Papyrus tléiiKitiquw de Berlin : cf. Bkijgscu,
'"'
Livre des Morts, cli.ip. xvii (p:i[). d Aiii, Dictionn. Jiiéro(rl., p. )85.

pi. X, 1. la.i; cf. Pleyte, Zeilschr. fur âgifpt.


'''
Lepshis, Das Todlenbuch der Afjijpter, pi.

Sprach', IV, ]i. i4 ). LXlI, I. a/i, et pour la rédaction lliéhaine du


'''
Liore des Morts, cliap. lxxvh (éilil. N'a- Livre des Morts où ce clia[iitre est exlrême-

\iu.r. , Das âgtjpl. Todieitbuch , M , p. i6i). nienl lai'e, le loiiiheaii d' Anieii-lii-kliopeslief :

'*'
Livre des Morts, cliap. cxxxviB {M\\. 'Sa- Colin Campbeli,, Two Tlieban princes sous nf
Mii.E, op. cit. , I, pi. CiXLlX, I. ai). Ramesscs III, p. i i ^i , 1. 7.
,

ninl faille raj)proclicr ce mol de celui d'àdgil


^^^f i
>i"ii' <! iiiic matière
employée dans la composition d'un emplâtre contre les cmids de san{{n (fu-
roncles?)*'' et qui, d'après le déterminatif employé, désigne aussi une subs-
tance grasse.

Â(;Âï.

em|)loyé dans la fabrication du l,ypli.i à l'époque ptolémaïque '''; il a été assi-

milé à la menthe [Mcnllia piperiln L.)'''', bien que d'après les déterminatifs |

ou • on soit en droit d'y voir un arbre, une graine ou un fruit plutôt qu'une
petite plante, dont le nom serait accompagné du signe 'ï. Il ne paraît y avoir
aucun rapport entre ce mot et celui iVdgquit, àgil (voir ce mot). IJàgdi portait
aussi le nom de nclnel I
'

"^^F^ <^
'

I
*
1 I
î^'.

ÂGÂÏNÂ.

^k II \. *Jl. Mol désignant un i)ouquet'''', ou plutôt niK^ partie de

bouquet, et paraissant dans la phrase suivanic d'un texte du Nouv(d Empire :

^V^Ti '"T^ V M 'ïT'-'!


' '
'

-^ JT ^e'"' ^rzcdmel (ou zeihiier) et àgdtnd de bou-


quets, too". Les grands bouquets montés se composent en etfet de d>îu\ par-
ties essentielles, d'abord la hampe, formée généralement de trois tiges de
papyrus qui se terminent par leur ombelle, puis les Heurs, feuilles et fruits

qui y sont attachés; comme ce sens de garniture de bouquet paraît s'appli-

quer plus particulièrement au mot zeilmct^^\ il faudrait en conclure que àgdïnd

<''
Pap. Ebeis, pi. LXXVl, 1. 6: Jo.u.him. '*'
DÏMiCHEN, Recueil de Monum. égypt., pi.

Pnpifros Ebevs , ]i. 129, noU' a. LXXXIII. 1. 2. D'après Levi, Vucab. gcrogl.,\\,
'' CcUo (lernii''i-(! xaiiantc dans Brlgscii, Dk- p. 1S7. eu mol dôsignorait uno sorte d'astra-
lioiiii. hicrogl.,\^. 22G (cl. Liivi, Vocal), gcmjrl. {jalc, arbrisseau prodiiisanl de la goniiiie adra-

1, !>. -j-iG). jjan(c.

''' (Ptlilfoii
'' Blirciiardi, Die altkanaanâischen Vremd-
I,al)(iral()irc ilu l('iii])lc : IJïjii-

ciiEN. Recueil de Monum. ég-ypt., IV, j)l. LXXXII, worle, 11, p. 16, n" 291.

1. a:])]. LXXXIII,!. 2. i''


Pap. AnastasilV, pl.Xlll,l. 11.
'''
I^ORET, La Flore pharaonique (y° édil.), m l»ap. Harris n°l,pl. XXIM. 10: .1. XXI"
p. 53. 1. /.; pi. lAXIlI.l. 5.
désigne la partie rigide, la hampe; peut-être même doit-on rapprociier ce
mot d'un autre qui lui ressemble beaucoup, et qui s'applique probablement

l''iij. àg à fiQ. — BouijUETS monti':s

(d'après les loniboaiix de Horemliel), Pelisoukiier, Ameneinlipl) ot Rm'. Croquis de l'aufcur)

au bâton de rallume-feu (voir ce mot), àgiind tous deux alors


"^^'x'^'^;
auraient le sens primitif de fdige droites. Ces mots seraient, suivant certains
— M.( 64 )^—
auteurs''', d'origine sëniiti(|iie, mais il n'est guère possible de savoir quelle

racine étrangère a pu leur donner naissance.

AGEN.

. Nom d'un support de vase de forme ordinaire, sorte de cylindre


LA Li
creux, aux parois légèrement évasées en Iiaut et en bas, cintrées an milieu.
Cet ustensile, nommé sur un seul monument de la XVIl^ dynastie'-), était en

argent, et servait de base à un vase de forme spéciale appelé zni ^ J •, en or


ou aussi en argent. Ce mot est peut-être apparenté à celui de gennu ^* ^ I,
employé plus fréquemment dans les textes pour désigner aussi un support de

vase'-*'. Il n'a j)ar conti-e pas de l'apport avec le mo\ (igdnd ^^'^^'^i 4"'

désigne une partie de l'alhime-feu.

AGIT.

tr^. Nom d'un métal ou d'un alliage employé en Syrie pour l'ornemen-

tation des chars de guerre'"'; cette matière encore indéterminée était consi-

dérée comme ayant une certaine valeur, puisque son emploi alternait avec
celui de l'or; peut-être faut-il y voir une sorte de cloisonné dans le genre de
celui qu'on trouve sui- des sarcophages et divers objets, dès la X\ Ml'' dynastie.

A G OUÏ T.

% , àpù ,
*, plus rarement au masculin, dgm

•• ^'^^^ 1"^'' désigne une sorte de graine et qui, étant })ro-


TT l^*' "ïï n

'"'
BuRCiiARDT, Die altlcaiinaïuiisclien Fremd- ]). Q02 (rf. p. 196); BiRCH, Transnclious of tlie

worte, II, p. i6, n° 391. Soc. (if Bibl. Archwol., 111, ]i. iiG cl pi. 111,

'^'
StMe d'Ahmes, de Karnak, i. 28 el 29 : I. ilx'.

'' Setiie, Urkundcn der XVIII. Dyn., G69,


liEGRAis, Annales du Serv. des Anliq., IV, p. 29; p.

Lacal- , Stèles du Nouvel Empire ( Catal. gén. du (lyo (Annales de Thoulmès III); Chabas, Voi/a(re

Musée du Caire, n" 3/i 00 1 ) , I , p. 4 ,


pi. I. Breasied d'uH Ëgijplini, p. 27/1, 3G6. Maspero [Rec. de

{Ancienl Records, II, § 3a) traduit r standard n. Irav., II, ]). i5o) traduit ce mot par m^niail (?)t
''^'
Daressv, Annales du Serv. des Antiq., XVI, et Biug;scli [Dictionn. hiérogl., p. 226) par n clou 1.

— -i-s«( C") )•«-«-

bablemenl dérivé de la racine dgd


^\^l '-être chaud, être sec Or, s'ap-
plique plus spécialement aux grains secs. Ces grains so conservaient, aux
plus anciennes époques, dans des vases'-', puis dans des greniers'^'. Dans
la grande liste d'ofl'randes funéraires, la ^ pancartes '', ce mot, employé
à deux reprises, désigne deux sortes de grains, les 7t^^^' '^I"'
''"'i^ des
grains rougeâtres, et les ^f qui sont des grains jaunes (''; il est à jiré-

sumer que ces espèces dirt'érentes sont, la première, le froment, la seconde,


l'orge'''', et que le mot est ici un simple adjectif, signifiant rfséclicn ou
ff grillé T)
('',
tandis qu'aux époques plus anciennes il aurait été employé sub-
stantivement. D'après une scène où l'on mesure des provisions'*' au boisseau,
on voit un las à'àgQuIt immédiatement à côté des (ixhdm ^"j (fruits du
balanit(;) et des sekiiel p
|lr (pistaches?). Ce serait alors ])lul(jt un petit fruit

qu'un grain.
Un mot analogue, quoique d'une forme un peu dilTérente, ùdgtl ^^Q
M*' "S^"'' "s^^M»' "8'^^ "5^!!^' ^^ trouve dans les papyrus médicaux
pour désigner soit des sortes de granulations (?)'*' qui peuvent se former
sur une plaie ''"', soit un produit végétal tiré d'un arbre [am, uqerou ou
slieniy^^\ il est possible qu'il faille y voir un fruit, une Ijaie. mais peut-être
aussi une épine; dans ce cas ce serait un mot tout dilférent dont l'origine

serait non la racine ùgd fètre seci% mais Ni mot àgdil ^^7 "clou, ongle,
sabot 11''-'.

*''
Ervcsch, Dictloiw. liiérogL, p. s-j.t.
''''
Maspero, La table d'offrandes des tombeaux
<''
PiiTRif:. Roijal Tumùs, 1, pi. Xt.ll, n" Gi ;
kHP'-' P-
•*''•

AiiMKD liEy Kamal, Tables d'offrandes {Calai. '''


DiJMiciiEN, Grabpalasi des Paluamenap, I,

gén. da Musée du Caire, ri° a.'îoi.'i), p. i.3 cl li-2.


J).

pi. Vif. '*'


Von Bissiw,, Mastaba des Gem-ni-kai , II,
'''
MrnRAY, Saqqara Mastabas, I, |il. I, II, ]>I. IX, p. «.T, .39.

p. .35, 36. — I>es exemples de ce mot ilans les ''''


LiRiN(;, Die iiber die mcdicinischen Kennl-

textes snnt rares : (jBIFFITII, The Pétrie Papi/ri, nisse der alten .'igijpter bcriclitenden Papijri,

pi. XWIll, 1. .'!.


p. 35.
<'")
<*'
Pyr. Oiuias, I. i.")7', ih>^'; Téli, 1. i-jS', Pap. Ebers, pi. LXXI, 1. ./i.

\-ii)' (('(lit. Sdlie, S gy). — DïMiciiEN, Qrnh- ("' Pap. Klmis, pi. LXVII, 1. )8; j-l. LXIX,
palasl des Paluamenap , I, pi. XWI, n"' to8 cl I. 11; pi. LXXI, I. iG: pi. LXXIX. 1. G; pl.

i(i(): MrRRAY, Saqqara Mastabas, 1. pi. XVIII. LXXXVI. I. M>.: pap. Hcaisl, pl. VIII, I. 2:pl.
XXI, XXIII, XXIX, XXX, e(r. XII.I. 10.
''"*
'*'
fiRiFFiTH, Béni llasan', III, i). 3o. Hrccscii, Diclionn. liiérogL, p. 2 a 5.

Bulletin, t. XIX.
,

»{ 66 y.

AH.

^'^'^^ désignant ;i l'origine le grand fiiet à poissons''', la seine, et


^9 Ml"
paraissant tombé en désuétude à une époque très ancienne, puisque dans
aucune représentation de pêche nous ne voyons ce mot appliqué à l'objet lui-

même, qui est très souvent figuré; dans ceux de ces tableaux où la seine est
désignée par son nom, on lui donne celui, plus général, d'addù ^^'^'''- Le
mot ah frfiletr, s'étant donc perdu très tôt, il resta le signe
^ qui continua

à être employé comme syllabique avec sa valeur primitive ah : il s'applique

ainsi à divers mots tels que ah \l^^ cr étendre, embras-


sera (^', qui peut encore se rattacher en une certaine
mesure à la racine originale, et surtout ahouli ^^Cj^
tfpaysanr (''), qui doit êli'e d'une origine toute dilTérente.
Une réminiscence de l'ancienne signification du mot se

retrouve dans le mot ys=>, qui s'applique à la chasse

Fig. 53. — HiÉnoGLïPiiEDE iiiix animaux enfermés dans un parc entouré de filets î^',

l'Ancien Ewrine (d'après


^[ (|a,-,s fgj^,} Jg ^/j | n
|
qui désigne, au Nouvcl Empire,
I.EPSius, Deiihnuïler, II,
,„>
,
la corde
i
commandant
i , i
le
i ^ i i
decianchement du t)orand
, i in,
tiiet
,
[il. Ul).

à oiseaux'''. Enfin, dans les textes du mythe d'ilorus'"'

on voit un objet indéterminable, nommé ||^. qui sert au dieu à combatti'c

ses ennemis, et qui est censé appartenir à Min f"*'.

'''
Neubisbrï, Ihoc. ofihe Soc.of Bibl. Anhœol., el ne ]ieu\ent l'iie piises en considéialion.

XXII, ji. iSa. G'esl sans doute Dcxéiia <jiii re- '"'
Neuberrï, El Ikisheh, I, \\\. VU.
connut le premier le vrai sens de ce mot ( PiiiBREx, '"'
Cha.mpollion, Monuments , pl.CCLXXXVIl:

Vocab. hiérogl., p. 44). chasse rituelle célébrée en l'honneur de Min,


'"'
Davies, Deir el Gebraxvi, I, pi. IV. ou d'Amon ithyplialli(pie.
'"'
'''
Brugsi:ii, WciioM». /(('eVo^'/. , ]). toj :Siq)pl. Xavili.e, Le Mijllte d'IIorus, pi. Il, 1. i, et

p. i-:!'i. — Quant au mol ah noub, au déhrit de pi. Vil, 1. 1. — Rien dans les illustrations du
la ligne lia de la stèle de Piankiii, e'esl luie texte ne ])eut faiie supposer ce qu'est cet ah.

laule évidente jxiur lie: trargent", coninie le '*'


Celle indication n'est pas sullisante pour
jirouve le contexte. en faiie un enddènie de Min qui, comme le
'*'
Maspkro, Eludes égypiieiiiies , H. ]>. 170. voudrait Lelébure, serait la petite huile conique
Les étymologies j)roposées par MM. Moret (llcc. dressée souvent deri'icre le dieu (Proc. of ihe
de Iriw., XIX, ]). I 17) et Baillet (ibid.. XX VII, Soc.of BiU. Airhœul.. VIII, p. 19/1: ci. Jkouier,

p. 20.'!) ne l'eposenl sui' aucune base sérieuse Bull, di' l'Iusl. franc, du Cniie , \1, p. ."!ô).
— ts.( G7 ).«—

Dans les plus anciennes inscriptions où paraît le signe Jl*'', il est fait de
façon si claire qu'il n'y a pas à se méprendre sur sa signification : c'est, en
miniature, la reproduction exacte de la seine avec ses deux cordes, son réseau

de mailles, ses flotteurs triangulaires découpés et les pierres ovoïdes servant


de plombs. Plus tard, les variantes du signe, qu'on ne comprenait sans doute

plus très bien, deviennent extrêmement nombreuses et il est difficile d'y

Fig. 5^1. — Variantes du sicne mi au Nouvel Empire.

reconnaître un filet, bien que la corde maîtresse soit toujours représentée,


agrémentée soit à l'intérieur do lignes transversales qui rappellent les mailles,

soit en dehors par les plombs, très exagérés (-1

ÂH.

^ 8 )
/'"
ç iL
'''• '^om diin aliment qui paraît dans les plus

développées des grandes listes d'oflVandes, ou pancartes, et qui, d'après le

déterminatif usuel, semble être un pain; sa place n'est cependant pas dans la

série des pains, au milieu du grand repas, mais dans la petite collation qui
se faisait avant la toilette, entre un autre pain [depit ^l) et une viande

{sehhcn "o"^), avec diverses boissons'''). D'après M. Maspero'''^, ce seraient


(^probablement les ancêtres àcs Jatlir ("Uîaj) de l'Egypte moderne, sorte de
galettes au beurre, aplaties et repliées sur elles-mêmes, qu'on mange comme
pain ou entremets suivant qu'elles sont ou ne sont pas préparées au mieln;
les non-miellées ])euvent avoir été employées en guise d'assiettes, à poser
les morceaux de viande trop gros pour être mangés d'une seule boucbée.

'''
Lepsids, Dciihnàler, II, pi. III; Pétrie, fpic dans la pyiamiile d'Onnas, 1. .')0.

Mediim pi. IX. '*'


Sethe, Die nlu'qj. Pyramichnlcxte , 38''.
,

'^'
Brugscii Diclionn. hiérogl.
, , Suppl. , p. i a .3 ;
'''
Les imci-iptions des pyramides de Saqqa-
Levi, Vocah. Qerngl. , I, p. i3i. rnh , p. 36o: La table d'offrandes des tombeaux
'''
Cette variante inétatlit^i'e ne se liinixe

— H>.( G8 ).«—

\ùili ne païaît ni dans les textes littéraires ni dans les comptes de victnail-

les, aussi peut-on supposer que son emploi était rare aux époques historiques,

pour la nourriture ordinaire des Egyptiens. Par contre, on le retrouve écrit

IT" *^'" IkI '''' '^^^ parfois sous la forme féminine dhh ^|Ô*"'' "^'^"^
''*^'^
1k. I

nombre de recettes pharmaceutiques, sans doute à titre d'excipient plutôt


que de substance médicamenteuse : ainsi il entre dans la composition de

divers remèdes à prendre pour régulariser les fonctions digestives et intesti-

nales, aussi bien contre la diarrhée et la dysenterie'^' que contre la constipa-

tion'''; il en est de même pour la vessie, qu'il s'agisse d'urémie ou d'inconti-

nence d'urine''', il csL aussi employé dans un remède interne contre la chlo-

rose (?)'"' et dans des emplâtres pour les démangeaisons'"', les maux du côté

droit '*', les mauvaises odeurs''-'' et d'auli-es infirmités (iliumatismes? )''"'. Dans
grande majorité de ces cas. Vdh de frais le déter-
la est qualifié (^fT^H);
minatif étant parfois s au lieu de c^, on a pu considérer la matière en ques-

tion comme une bouillie, une pâte ou une purée'"', non un pain. Vu la place

(jiic le mot occupe dans la pancarte, il semble cependant qu'il faille s'en tenir

au sens de r pain v.

ÂlI.

=""'9 @"^' ^^'^^ donné à cei'lains cordages de bateau, peut-être même à

toutes les manœuvres; ce mot ne parait que dans l'expression S^^.i_i|^s,<

"^y'TM^ ^ ^ t^'^^''"' "' manoHivre (?) les cordages; le roi rassemble

les bacsi'.

'')
Cette loriiie seiileiiient dans la (leiiNièiiic
''*
Pap. F.liers, pi. LWXVIli, i. 2; pap.

partie <lu papyrus Klicis, à partir île la plan- Heai'st, pi. IX, 1. 9.

cheL. <''
Pap. Ebers, ])1. XG, 1. G, 19.
'''
Pa]). nn'il. n" 3o38 île Berlin seulement. <''
Pap. Ebers, pi. LXXXVI, 1. 1.3: pap.
'';
Pap. Ebers, pi. XIV, 1. i3; pi. XVI, 1. <); lleaist, pi. III, 1. . ;
pi. X, 1. 1-2.

"°' Pap. Ebers, XLVl, XLVII,


pi. XXXIl, 1. iG; pap. Heaist, pi. II, 1. 4. pi. 1. 1 '1 : pi.

(')
Pap. Ebers, pi. XXWII, 1. 7: pap. niéd. 1. 3; pap. niéil. n" 3o38 de Berlin, pi. Xll. I. 9,

n" 3o38 de Berlin. |d. Xlil. 1. 7: pap. Hearst, 3; pap. Hearst, pi. IV, I. 1 4 ; j)l. V, 1. i3.
'"' Ster.n, Papijros Ebers, Glossarium
]il. Vil, 1. i3. 11,

'''
Pai). Ebers, pi. L, 1. 4, 7. i4, uj: jiaj). kierogL, p. 1 : puis quaedam; Joaciiim, Papi/ros

Hearst. pi. V, 1. 3. Ebers, passim : frische Griilze, Brei.


'"'
'"'
Pap. Ebers, pi. XL1\, 1. 9.1; jiap. Hearst, Pi/r. Mereni-a, I. 782, 785 (édit. Sctlie,

pi. VI, 1. 16. 1376= et 174-2").


,
,

__v_^ 69 )<^~-

ÂflÂOU.

^^_i%N_tÈs, àhùi 9~—j 1 1 i^ifes. Nom désignant certains bateaux, de

grandes dimensions, qui pouvaient être employés aussi bien pour transporter
des marchandises que comme vaisseaux de guerre f')
: ainsi les navires de
Piankhi sont souvent nommés âhâou^'-\ de même que ceux de l'expédition de
Pount sous Hatshepsou (''. Dans une inscription de Médinet-Habouî'', les «dhàou

de guerre "
? ^ ,"t1|;0 iVi
^'^ placent en tète de la série des vaisseaux de la flotte

qui attaque lîamsès 111. D'après les représentations de Deir el-Baliari'''', ce sont
de grands et lourds navires construits pour pouvoir tenir la mer : le pont est

absolument horizontal, avec la proue et la poupe moins relevées que dans les

autres bateaux; un fort câble, tendu horizontalement au-dessus du pont, assure


la cohésion des diverses pièces de la coque; il' n'y a que deux petites super-

structures, à l'avant et à l'arrière; le màt, placé au centre, porte une grande

voile rectangulaire dont les vergues sont presque aussi longues que la coque;
une rangée de rames fixées au bordage peut servir à aider la manœuvre, et

les deux grands gouvernails sont déposés, une fois le vaisseau amarré.

ÂHÂQU.
S Y . Ce ujot désigne, dans un des textes ihi chapitre cxxv da Livre

des Morts '^''\ le support d'une balance :


^^^^^'^'^''^f'V'i^ ff poser
la balance sur ses supports^. Ce mot est toujours au pluriel, sans doute parce
qu'il s'applique à l'ensemble des pièces constituant ce support, le pied propre-
ment dit et la tige verticale avec sa traverse de suspension. En l'absence de
tout déterminatif (^', la signification du mot âhâou reste cependant encore

'''
Maspero, Les Mémoires do Sinouliîl, p. 20, et pi. LXXXIV, 1. ih.

l. 8; Newbgrrï, Béni Hasan, I, pi. XLIV, 1. 6; '*'


Brdgsch, Thesamus, p. 1208, 1. 5.

Daressy, liée, (le trav., XXH, p. •?., i. 17 (slMe


'*'
Naville, Deir el Bahari, pi. LXXI-IAXV.
d'Amasis). '"'
Naville, Das àifi/pt. Todlenbuch, I, pi.

''^'
LoRET, L'inscriinioiuV Ahmhs ,fds d' Ahana CXXXVll, 1. 16; II, p. 3iç); Budre, The Bonk
1.3i (p. 5). SlMe (le l'ianklii, 1. 9, 20, 89, gi oflheDead, Text, p. 9.62,1. a (pap. de Non).

95, 106, i58 (Mariette, Monuments divers, '''


On ne peut eonsidéi-cr comme délermina-
pl. 1-VI). tifs les si{(nes a ou o 1, qui sont des complé-
''^'
Naville, Deir el Bahari, pi. LXXIV, 1. 1, ments de la racine ôhâ.
,

douteuse; certaines variantes le remplacent par ouzd ^ i


^^ ou par ouou ^
""^.
On retrouve ce même mot au chapitre clxxxii du même recueil''), pour

Fig. 55 à 57. — Supports de balances (tombeaux irAnna, de Tliotnofer cl do IIouï. Croquis do l'auteur).

désigner le support du cœur. 11 dérive sans aucun doute de la racine âhâ

erse tenir debout ^^ '-l

ÂIJÂfM-
''^~*
T 1^ ^^ T'
1^ /^" '^^'^^ "^^ "" e'chassier, sorte de grue ou dfe héron,

que les déterminalifs des textes des Pyramides, seul endroit où il paraisse, ne

permettent pas d'identifier; ])arfois l'oiseau a derrière

la tète une, deux et même trois grandes plumes, par-


fois rien de semblable. Dans presque toutes les cita-

tions'^), le verbe employé dans la phrase où est nommé


Ydhàqu se rapporte à son vol : c'est gap ou agap ^Tïïf,
Fig. 58. — - DtTERMINATlFS
DES TEXTES DES PïBAMIDES. ^
^TïïT rr tourbillonner'"), voler comme un nuage n'^); une
fois'') cependant on trouve le mot qebeh -«Jlf}
cf rafraîchir,

se baignerr, qui est bien approprié à un oiseau d'eau. Le verbe àM |"^ ctêtre

<" Naville.oj). c("/.,I,pl. CCVII,i. 18. '*'


Maspero , Les inscr. des pijr. de Saqqarah
'''
Brucsch, Dictionn. hiérogl., p. 927. p. ho6.
*''
Sethe, Die altdg. Pyramidenle.rle ,
891'' '''
Erman, Aegyptisches Glos.inr, p. iSg.
'"'
Sethe, op. cil., lioia''.
_M.( 71 )k^~

debout 1^ dont ce mot est sans doute aussi dérivé, s'applique particulièrement
bien à un échassier.

AHMEN{?).
IrO ^=-^. objet en bois (jui doit être une arme dans le genre de Ydam,
du benben, du benen, donc une sorte de lance ou de javeline''); le bâton dmes
que porte le mort en se présentant devant les gardiens des portes de l'enfer'-)

se transforme pour lui par une arme difféi-ente à chacune des portes : ^^=
P|^^^-= ^ Ji^^T 'fii""J'i ""*<^-^ est comme un ahmeiir. La lecture de ce
mot n'est pas absolument certaine; ainsi le Livre des Morts de Turin donne

AHOU-

le V*^î Je m ' "/"^ lo T.< "(i lo^- l'iante ayant certaines propriétés

médicinales, employée dans des remèdes très divers, soit comme médicaments
internes destinés aux maladies des voies digestives '^), de la vessie'') ou des
yeux'-^', soit comme onguents pour les maux de seins'") ou de jambes''), les

brûlures'*) ou la calvitie'''). D'après les déterniinatifs employés, -s ou •, on


peut conclure (pion se servait soit de la plante elle-même, parfois broyée,
soit de ses graines, qui sont une fois qualifiées de sèches.
Le sens du mot est donné par un tableau d'Edfou, qui montre le roi oiTrant

à Horus deux longues liges de papyrus |


parfaitement reconnaissables à leur

ombelle éj)anouie, avec la légende * —'||, *?,'"''• Ahou est donc le papyrus, ou
tout au moins une espèce de papyrus. Il se retrouve dans la liste des arbres

du jardin d'Anna, sous la forme simple y^'"', sans doute à titre de plante

'''
Peut-être aussi une liinie ou pagaie, de *'"'
Pap. inéd. n .3o38 de Berlin (édit. Wres-
nième ijue Yahm ipii paiait ilans li; même texte. zinski), pi. II. 1. 3.
"'
(lliap. cxi.v du Livrfi des Morts, c''dili(m '''
Pap. Hcarsl , pi. II. I. il.

saïte: IjIîpsrs. Dos Todtenbuch der Agypter, pi. '"


Pap. Elieis. pI.LXVlII, I. 4, 7.

LXIt, I. 12; Legrun, Rec. de irau., XV, p. -jo. '''


Pap. Ebers, pi. Xt.II, 1. >).

'"'
Pap. EliiTS, pi. XXMI, 1. i(i. ''"'
Bkvgsch Dklioiin.
,
hiérogl. , Suppl. , p. f?.-î.
'*>
Pap. Eliei-s, pl.XLIX, 1. i;j; pap. lleaisl "' Sethe, Urhunden {IV) dcr XVlll. D,ji,.,

(édit. Reisner), pi. V, 1. i. p. -j'i. — Dans le Ijassin, un xoit en ell'et des


'*'
Pap. Eix'is, |il. LXXXIX, 1. Kj; pap. |)lanlos a([uali(pies, mais 011 ne peut eu dislin-
Hearst, j)I. Xlll, I. iG, jjuci' res[)èce (Boussac, Le Tombeau d'Annu,
V
,

d'agrément dans la pièce d'eau qui forme le centre de tout jardin funéraire.

Le mot égyptien ahou a passé sans modificalion à l'hébreu inx'"', et de là

au grec, a^^et, a.-/j,^-\ mais avec un sens un peu généralisé, puisqu'il ne paraît
plus désigner le papyrus seulement, plante inconnue en Palestine, mais toute
herbe de marais. Dans les mêmes passages, les versions co])les donnent aJ)i ,

.\x.\, xape, A2p(-^), mot qui ne se retrouve pas ailleurs et semble donc une
transcription du grec plutôt qu'un dérivé de l'égyptien ancien.

AHOU.

JbVI, ah iç^^- «ùlik \ ^V • Sorte d'aviron, [)agaie (litl. : rrle

battoir^', An verbe ah ||, ancienne variante de hou |^ ^ abattre, frappem :

l'objet avec lequel on frappe l'eau). Ce mot ne se trouve que


dans des textes religieux, en particulier dans le Livre de ÏAm-
Doml, où il s'applique aux rames portées par certains génies

infernaux qui accompagnent la barque solaire lors de son


passage dans la IX% la X'' et la Xil'' heure de la nuit'*' : la

])ale large el en forme d'amande, le manche court et droit,

et surtout la manière de tenir cet instrument avec les deux


mains, l'une en haut, l'autre tout en bas du manche, mon-
ti-ent clairement quel était son "usage; ce n'est pas nne rame
ordinaire qu'on tiendrait de cette façon-là, mais une jiagaie,
Fig. 59.
telle qu'on la voit enqjloyée dans certaines embarcations, sous
GÉNIE PAOAIEIR.
l'Ancien Empire '•').

Celte pagaie peut aussi servir d'arme; le bâton dmes que porte le mort
en se présentant devant les gardiens des portes des champs Adrou^''^ doit en

Mémoires de la Miss, franc, au Caire. XVIII )il. X\l et \1X {rcg. niiiyen): Lanzo>'e, Le
11 est bon de noter la i'onue du déleiniinalif, (jiii Domicile des Esprits, pi. 1, 1. ^)8; pi. II, 1. 56;
semblerait désigner plutôt un aibi-e. pi. V. 1. 1^16.
'''
Genèse, xli, mu, ''
-j
, 18; Job, 11. Par exemple Lepsius, Denhnàlcr, 11, |d.

'"'
Traduction des Seplanle : Genèse, xli, a. WII, XXIV, XXXll. Quand les rameurs sont
1 8 ; IsAÏE , XIX, 7 ; Ecclésiastique , xi. , 1 0. — Dans tournés face à l'avanl du bateau, c'est toujours
le passage de Job, le grec traduit TsàiTvpoi. à la pagaie ijirils manœuvrent.
'''
Peïron, Lex. ling. copt., p. 16. '"'
Lei'sus, Bas Todlenbuch der Agyp/er, pi.
'*'
Lefébure Le Tombeau de
, Séli I" , 2' partie LXlI, 1. 28 (cliap. cxLV du Livre des Morts).
eflet pouvoir lui servir de lance ou de javelot, sans doute pour se défendre
contre les monstres infernaux, comme le montre l'emploi des mots dam,
benben, bcnen, ahmen, etc., parallèlement avec celui (Wihm pour iiualifier cette

sorte de sceptre.

Dans les textes des Pyramides '') on trouve ])our de'signer la rame, et même
plus probablement la pagaie, un mot (jui se rapproche beaucoup de celui-ci,
ùnnli .—1^11, et malgré la dillérence de la première lettre, il est très possi-

ble qu'il s'agisse du même mot.

AIGUILLON.

Bâton pointu dont ou se sert pour piquer et faire avancer les bœufs, spé-
cialement ceux qui sont attelés à la cliarrue. Les agriculteurs et les éleveurs

égyptiens ne paraissent pas avoir employé cet instrument; les bouviers font
avancer leurs bêtes en les frappant à l'aide d'un bâton plus ou moins long'-),
et les laboureurs font de même sous l'Ancien Empire f-^',
tandis que plus
tard ils se servent de préférence d'une sorte de fouet à lanières larges ('). 11

y a cependant une circonstance dans laquelle paraît un objet qui ne peut être
autre chose ((u'un aiguillon : c'est la cérémonie dans laquelle le roi amène au
dieu quatre veaux de robes dilïérentes*^^; dans sa main gauche, le roi tient

l'extrémité des cpiatre cordes auxquelles les veaux sont attachés, et une sorte

de long bâton ondulé, et dans la droite, un antre bâton à l'aide duquel il fait

marcher les animaux qu'il conduit. La façon dont il tient ce dernier objet

montre qu'il s'en sert, non j)our frapper les veaux, mais pour les piquer, et

sur un sarcophage du Nouvel Empii-e '"'


qui reproduit la même scène, on voit

'' Pyr. Pépi 1", i63 (édil. Sethe. 88(j'').


1. 11. p. 70
Le fait (jiie le inoit ne reçoit qirun seul âow/i '*'
TiLOR-GRiFEiTH Tomb ofPahcri,
, pi. I II , etc.

montre (|iril s'iijjit pliilôl du ni' pagfaie i[iie '> Xa VILLE, Drir d Bahari, pi. CXXXIV,
(l'une l'anie oiiliiuiiie. CLXl; CiUAiMi'oLLioN, Munumcnis . pl. CtjGXLIV;
'''
Davies, /lia«toJrt of Plahlu'tep ami Alchetlie- (javet, Le Temple de Louxov, pl. 1\, XXXVI,
tep, II, |il. X1V,XXII; \ii«RERriv, ElBersheh. 1. LXIX; DE RoCIlEJlONTI-lX-CllASSINAT. I.C TeVipJc

pi. XVII. XVill; lEPSiuii, Dciémiilcr. II, pi. IX, d'Eilfou, pl. XXXIl'', \l.^ XLV1'\
X\XV, XLV, LIV, LX, et.-.
'*'
CiiASSiNAT, La seconde trouvaille de Deir cl-

'')
Lepsius, Denhimler, 11, |1 MJll, IJ, Biilinn [Calai. if eu. du Musée du Caire , m° fioiU),

I.\l, t-VI, fie; cf. Masi'euo. Eludes éjjijptirniics . 1 , 1)1. V.

llutletin, t. XIX.
-»->• J II •«^-

uii détail (|ui a'apparait pas sur les bas-reliefs des temples : le i)àton terminé

par une vraie pointe légèrement recourbée, peinte d'une couleur plus foncée,
donc probablement en mêlai. Le mot \^ « frap-

per •«, employé dans celle occasion, montre qu'il

ne devait pas y avoir de mot spécial pour désigner


l'aiguillon, dont l'usage restait confine à cette seule

cérémonie.
Les tableaux de l'Ancien Empire qui représen-
tent le piélinage du terrain nouvellement semé
au moyen de clièvres que des bommes font courir

continuellement, montrent ces bommes tenant


Fig. 60. - PnKSK^TATioN DES VEAM j-^^^^g ,,^gj,^ ^^^^^ ,g,^j^ courbacbc avcc laquelle
(d'après Chassinat, La seconde

trouvaille de Deir ei-Bahari . I, ils frappent leurs chèvres, et de l'autre un bâton


p'-^')- court et nn instrument bizarre qui ne se retrouve

pas ailleurs'''. G est un anneau portant d'un coté quatre brandies pointues,
légèrement recourbées, mais rigides, une sorte de rrcoup-
de-poingii dont les ouvriers pouvaient se servir pour parer

les coups de corne et en même temps pour stimuler au


passage les bêtes paresseuses pour lesquelles la courbacbe
ne sutTirait pas*'-'. Les textes ne donnent pas le nom de
cette espèce toute spéciale d'aiguillon particulière à l'Egypte , , f;,, g 1. — D'après Da-
vies, j/te roW. ï'«m6«
qui ne nous est connue que par les figurations que nous
avons citées, ii usage seml^le du reste s en être perdu Ires
tôt, car on ne le retrouve plus sur les tableaux du Moyen Empire, où les

'"'
La seiik' rcpi-ésenlaliun paifailcment claire jeunes l)(}les n'est pas très \ raisendjjaljle : daljord

(le cet ol)jct se trouve dans Davies, Tlie rock les clièvres eniployt^es sont toutes des adultes,
Tombs ofSheikh SnU, pi. VllI et XVI; elle per- puis les hommes ne seraient pas rcpi'(5scntès
met (le conipi-endi'e celles (le Lei'siis, Deiikiiullcr. liiMJoins de la ni('me manière, la main en bas,
II, pi. LI, LVI, CVI, et Ergânziingslwnd, [A. pliil(')l |Hiiir se garer tpic pour frapper; enfin
XXXII, iii'i la loriiic jjt'ni'i'ale de riiistrunient des coi'di's pendraient pktl(jl (jiie de se tenir
est seule iiidi(jU('e, ce ((ui le rend à peu piès raides, et je ne puis voir des nœuds dans les

méconiiaissalde. jielilcs ])iotul)éjances de clia(pie liranclie. On


'"'
L'opinion de M. Davies {loc. cit., p. ai). peut constater la grande différence «ju'il y a
qui y voit un faisceau de coides à nœuds desti- sui- ce point avec les tableaux du Moyen Em-
n(;es à frapper avec plus de mt'nagcnicnl les pire.
bergers emploient pour cet usage u» vrai paquet de cordes ou de tiges végé-
tales O.

AIL.

AUhim sativuin L. (grec nxôpoSov, latin aUium, hébreu avi^r, arabe p^->). Les
bulbes de cette plante (ou gousses d'ail) sont très fréquemment employés,
surtout dans les régions voisines de la Méditerranée, comme condiment et

même comme aliment; ils ont aussi certaines propriétés médirinales et peu-
vent servir de vermifuge et d'antisc])tique.
Les anciens connaissaient lail; on on distribuait aux soldats romains pour
leur donner de la force; les auteurs classiques vantent les qualités de cette
plante, qu'ils employaient aussi en médecine, surtout contre les maux de
(-'.
dents
Dans l'Egypte moderne, l'ail provient surtout de Syrie''', mais on le cultive

aussi dans le pays même'''). Hérodote parle du nombre d'aulx et d'oignons que
mangèrent les constructeurs de la grande pyramide (-'); les Hébreux, dans le

désert, regrettent l'ail d'Egypte '''l l^ans des lombes de l'Assassif et de Drab
Aboul Neggali, pou postérieures aux Hamessides, on a trouvé des restes de
piaules qui ont été reconnues pour être V AUium snlivmn, et où la présence des

feuilles et des (leurs semble bien indiquer que ce n'était pas un produit d'im-
portation'"'. Cet ail dilfère légèrement de celui qui est cultivé actuellement

en Egypte, et ressemble plutôt à celui des Oasis.


A côté du nom grec cKopA-on, cxopA.ofi, les Coptes emploient aussi celui
de a;GiMi, ci).xiim(^', qui dérive du mot ancien °^'>f,*y, hhj^ànd, cité au

'''
Nf.wberrv, ElBer.iheh, I, pi. XXV. <l(ile esl du rosiclirs disciilalilc :MAsi'ïiio,7iWra
(')
PuxE. Hisi. nul., XX, 2.3; XXXVl, i-k de Mylhol. HcVArchéol. [BMoth. cgijploL,'^\\),

WoENiG, Die PJlanten im allen Agijpten , ]). i()'). III, p. 4iC.


>''
Raffeneau-Delile, Florœ œg. illustr., ii"
'"'
Nombres, xi, 5.

.369 {Descr. de l'Égtjipie, XIX, 84); Sonmni, Schweinfurtii, (hins Eiiglers Holaii.
<'* liilir-
]).

\'oii(igedanslaIlaul(n!lliiBa.ssc-Égypte,\\,\i.G(^. Intchcr, Vlil, 1, p. 10; Loret, dans Spliiii.v,

<*'
FoRSKÂL, Flora œg. arnb., p. lxv, m 197; VIII, p. i38-i ho. On en a relrouv('! également

Wn,KiNSON, Manners and Ciisloms (édilion de dans nne lonilie de I)eii- el-Médincli (Musée de

i8'i7), IV, p. 70. Tniin).


'''
I.ivre II, cliap. cxw; WiEOEMANN, //erof/o/s '**
I-oret, La Flore pliaraoni/iue (.>,* édil.),

zweiles ïïuch , [). li-]-i. — CeUe assertion d'IIi-in- l>. .)


,

papyrus Hairis ii" I"'; d'après ces textes, on voit qu'au Nouvel Empire il élait

consonnué dans les temples des rpiantilés assez considérables d'ail, (pi'on me-
surait soit par boites'-^, soit par boisseaux. Le même mol se reiroiive dans une
recette médico-magique de basse époque '^l

Les représentations d'oignons sont fre'qnentes, au milieu des autres légu-


mes, dès l'Ancien Empire, mais parmi toutes les divergences de dessin de ces
(igiirations, aucune ne s'éloigne assez du type usuel pour que nous puissions
l'attribuer avec quelcpe probabilité à l'aiM'l

AILE.

A part le signe liiéroglyphique ^^s, l'aile n'est jamais représentée coupée


ou isolée, mais elle est toujours attenante à un corps, que ce soit celui d'un
être de forme animale ou humaine, ou même parfois à un objet inanimé. Les
ailes des oiseaux, qui sont de beaucoup les plus fréquentes dans les repré-
sentations, sont ligurées soit étendues, en plein vol, soit repliées contre le

corps, au repos, soit encore à demi ouvertes, quand l'oiseau volette ou qu'un
homme le saisit par ses membres antérieurs pour le porter. L'aile étant la

partie la plus caractéristique du corps de l'oiseau, les artistes égyptiens l'ont

toujours observée avec grand soin, et rendue avec autant de sincérité que de
naturel, tenant compte non seulement des diverses sortes de plumes qui com-
posent l'aile, rémiges ou tectrices, mais aussi, au moins dans les représenta-

tions soignées, des différences importantes qui existent entre les ailes des

nombreuses es[)èces de volatiles. La face inférieure de l'aile étendue, avec


l'indication du relief de l'os, est aussi parfois très nettement distincte de l'autre

face, où ne sont mar(pu;es que les imbrications des plumes, mais le plus
souvent le dessin est stylisé, ne présentant que les caractères les plus saillants.

Les ailes des insectes sont moins souvent représentées et ont un aspect

!''
PI. XIX". 1. ).3-i-'i: p]. LXXII. 1. 10. '*'
M.\Yœmg{DiePfaHzeniviaItenÂgyplen,
li'ideiilificalion de ce mol csL due ;i M. txinET, p. ii)6) croit reconnaiire t'ait dans un lalileaii

Sphinx, Vllt, p. l'ii. de liéni Hassan [Dean: de l'Egypte, Anliquhès


'"'
Ou plutôt par {jiappes (voir le ninl Aysov). IV. jil. LXM: cf. Newberp.y, Béni Hasan . II. pi.

'^'
LoRKT, op. cit., p. i/io: Maspero, Uec. de Wll): le dessin est insnlllsant pour pormcltre

trav., I, p. 33, note 67. cette idenlilication.


— <^( 77 )^-.—

plus conventionnel, moins conforme à la nature, ainsi celles des guêpes \|^''',

des mouches 'jIj^^-\


des sauterelles''); celles des papillons'"' et des scarabées'-''
sont plus fantaisistes encoi-e. Pour les autres animaux qui par exiraordinaire
sont pourvus d'ailes, comme le grillon royal''', certains monstres composi-
tes'"' et les serpents infernaux'^', ce sont celles d'oiseaux quelconques, sans
caractère particulier, qui sont représentées; il en est de même pour celles que
portent certaines divinités, les urneus, le disque api et l'on^"'-

Le nom le plus ancien donné à l'aile est zeiih ^|nK^ (arabe ri^), devenu
plus tard den/iou
"^l ^ nvi^'^'; on trouve aussi le mot dema [^iiss^'"'', ainsi

que melj =<='^|ii«^ et sAom/î ^'^iss^ ''^', ces deux derniers ayant du reste plutôt

le sens de tr plume-.

SYMBOLIQUE DE L'AILE.

Les texies religieux ne donnent pas aux ailes, comme telles, nue significa-

tion mystique ou symbolique : dans les textes des Pyramides, Tliot transporle
sur son aile le mort au delà du lac des enfers''-' et soutient de même ma-
la

nière l'œil d'Horus''^'; le mort lui-même est pourvu d'ailes, comme les dieux,
pour pouvoir franchir l'espace''''. Le Livre des Moris ne contient aucune don-
née utile à ce sujet. Dès les plus anciens teuq)s, cependant, on voit dans les

représentations figurées de nombreuses scènes où les ailes jouent un i-ôle tout


particulier, qui a]i])araît nettement comme symbolique : ce sont ou bien des

oiseaux planant au-dessus du l'oi, enli-'ouvrant et abaissant sur lui leurs ailes,

'''
Voirie sigiiu liiéroglypIiiijiK' usuel. pL XXIll.
'^'
Décoration mililaire flu Nouvel Empire. '°'
BnuGSCH . DicliniiJi. Iiiéro'rl. , |). 1 Ci 'ly : I.evi .

'' CiiAJii'OLLioN, Momiiiienis pi. riCCIjXIll: Vocah. gerngj.. V, p.


, S."), 87.
(iAPART, Une rue de tombeaux , pi. XXXVIIl. '"' lÎRLGScii, Dictionn. hicvogl., p. lO.'icS; Levi,
'"'
GnAîiPOLLiON , ihid.; Capart, Inc. cil., pi. \ocnb. gerogl. , V, p. 97.
XXXIX. '"'
Levi, Vocab. gerogl., III, p. 73; BRUCsnii,
"' E. Brugsch, Tente fum'r. â'himhheli IV i3G8; SiippL,
, pi. Dictionn. hiérogl., p. p. 1172.
et V. Le scarabée ailé a tlu resle le plus souvent ''-'
Pijr. Ounas, I. ^199; Téti, \. 187, i8<j:

(les ailes d'oiseau. Pépil", I. 390, /i59 (é(!i(. Scllie, 387^ 89 V,


™' Carter and XinvnEnnv, Tomb
Tlic o/' Tlioiit- 59.6", 1176% laSf)").

môsis IV, pi. XII. '"' Pijr. Pépi I", (édil. Setlie, 976').
1. 19^1
"' MonnmenVi CCCrjXXXlI, '''
CiiAMPor.LioN, ,
](l. Pi/r. Ouna.i , 1. .'J70, 579; Pépi I" . 1. 90^1

(;CGGXXVlll4/.s. + iC: Pépi U, 1. 738, 953 (édil. Sethe, /ifii',


'*'
Lefébcre Le Tombeau de
, Séti l", 2° partie, li(,Z\ ioi8', 19^8', 2043").
— *s.( 78 )^^ —
ou bien encore «les déesses aux bras armés de grandes ailes dont elles se

servent ])onr abriler, presque pour envelopper le personnage placé devant


elles. Dans les deux cas, la signification de la scène' est la même : le geste des

ailes exprime la faculté de l'être qui en est pourvu, de défendre, de protéger


celui qu'il accompagne ou qu'il suit, vertu qui, par conséquent, réside essen-
tiellement dans les ailes : c'est une protection efl'ective, rentrant dans les attri-

butions d'une divinité et qu'elle exerce sur un liomme ou sur un autre dieu,
non une protection magique comme celle qu'on obtient au moyen d'amulettes
on de formules et qui est à la portée des hommes eux-mêmes [sd «=jîî§=). Cette
vertu divine n'appai'tient du reste qu'à ceux des dieux ou des déesses qui

portent des ailes, et non à toutes les divinités indifi'éremment.

Les ailes ont également une vertu magique : Isis battant de l'aile arrête le

cours d'un fleuve''); elle produit la lumière au moyen de ses plumes, elle

fait naître le vent avec ses ailes'-'.

A. Les oiseaux protecteurs. — Us sont au nombre de deux seulement : le

faucon qui personnifie Horus d'Edfou, donc une divinité solaii'e, ])uis le vau-
tour qui représente alternativement soit Neklieb, soit Ouazil, les déesses de
la Haute et de la Basse-Egypte.
Le faucon, sur certaines statues royales, surtout des plus anciennes'^', vient
se placer debout sur le pilastre postérieur, donc immédiatement derrière la

tête du roi; il ouvre ses ailes et les applique contre la coiflure, faisant ainsi

presque corps avec le nemes auquel il est si étroitement uni et derrière lequel
il est si bien caché que, ponr qui regarde la statue de face, l'oiseau divin
passe inaperçu : de même les sujets du roi ne pouvaient voir le dieu planant au-
dessus de son successeur et le protégeant de ses ailes'''. Dans les bas-reliefs,

le faucon planant au-dessus du roi paraît dès les dynasties memphites'^'

'"'
GiUBAs, Papi/rus mag. Hairis, p. 102. lue de Ramsès VI (IjEgrain, Stalui's el slatueltes
'^'
Chabas, Biblioth. égyptol., IX, p. 108, de ivis et de parliculiers, II, n" IfitSii, ]A. XV.
]il. II, 1. i5 (Ilynino ;\ Osiris). Cf. Ghampollion, Moiiuiiieiils, pi. LVI, 1).

'''
Statues (le Kliéfien au Musée flu Caiio: ''''
M.vnnBissing (/oc. ciV.) y voit plutôt Horus

statues d'Ameiiopliis III cl Ramsès II, au Caire |)rolé{jeant le loi considéré lui-même comme
(n°' 636, 7^3 du Catalogue général); statue à un Osiiis.

Vienne (Ilofnuiseen XVI, etc. : cf. von Bissing, •''


Cardiner-Peet, hiseriplinits ofSinal, T,

Denkm.iig. Scidplvi; pi. X, texte, note 7); sta- ]il. III, VIII.
tout au inoins; une de ses ailes est étendue en avant, l'autre retombe obli-

quement en arrière; c'est du même principe mystique, le dieu protégeant

son descendant qui le remplace sur le trùne d'Egypte, que dérive cette re-
présentation, si fréquente pendant tout le Nouvel Empire'''.
Au point de vue funéraire, le faucon d'Horus joue un rôle un peu différent
quand il se pose, les ailes retombantes, dans un geste similaire, sur la momie
d'Osiris ou sur son catafalque '-); sa fonction est sans aucun doute de protéger
son père mort et en même temps de le ranimer : il semble que l'idée de résur-
rection soit ici en quelque sorte confondue avec celle de protection.
Le vautour des deux déesses Ouazit et Neklieb joue auprès du roi le même
rôle prolecteur (jue le faucon, avec lequel il est souvent échangé sans raison
apparente, comme si tous deux avaient exactement la même signiGcation. On
ne l'a pas retrouvé jusqu'ici sur les stahies, derrière la tête du roi, mais il est

par contre plus fréquent que le faucon dans les bas-reliefs et peintures depuis

les dynasties thinites^'', et surtout au Nouvel Empire''"'; à l'époque ptolémaï-


que, le vautour seul est en usage. La position des ailes du vautour est toujours
la même que lorsqu'il s'agit du faucon, l'une étendue en avant, l'autre retom-
bant à demi en ariièrc.
Les ailes largement éployées des vautours tapissent les plafonds de la plus

grande partie des édifices religieux, répondant sans doute à la même idée de

la protection divine planant sur le lieu sacré.


On applique fréquemment au vautour à demi éployé l'épitliète (içm ''
AV
^ (f celle qui étend le bras-n'-'l

Parfois, et tout spécialement dans les scènes de bataille, on voit deux


oiseaux'"', soit tous les deux de la même espèce, soit un vautour et un faucon,

'' Bahaii, XX, XXII,


Naville, Dell- el pi. ]i.
89 (V' dynastie).
XXIV, XXXIII, XXXVil, XXXIX, lAVI, »i
Lei'sius, />c;(/m«/ec, III,prtM»«; N.vviLLE,
lAXVII, etc.: Lepsius, Dcnhnûler, lit, pi. Dclrcl Baknrl, pi. IV, VI, VII, XVIII, XIX,
Wll, XX, XXI, XXXllI, XXXV, XXWI, XXI,XX1II, XXXVI, XXXVIII, etc. — Vautour
XLIX, LXIX, CXXIV, etc. planaiil au-ilcssus d'inie scène religieuse : Lep-
<=' MARn;TTE,7)m/cVrt/(,lV.pl.LXVIll,LXiX, sus, Denkmàkr, III. pi. Mil; N.u'ille, Ikiv A
LXX, LXXI, LXXll, LXXXVlll, LXXXIX, XC; Bakarl, pi. XXXV.
AsiÉLiNEAD, Le Tombeau d'Osiris, pi. lit et IV. '''
Levi, Vccah. gerogl., II, p. 18.
'''
QnBEi.i, IlicralMipoUs. I,pl. XXVl":BoR- ''>
Lev^s, Deiibii. , lll,pl. CXXX, CXXXIX,
ca.KRDT, Dus Graùdeiilcmal des Kunigs Nc-ifsei-Pic, (AL, CLIX, GXCIV, CGVII, CCIX, CGX.
,,

—+».( 80 ).«^—

volant danl le haut du lalileaii, liin au-dessus du roi, coiiiiuc d ordinaire,


l'autre en sens inverse, allant à la rencontre du premier; la position des ailes

est toujours la même et le sens de cette pailie de la scène est des ])lus clairs :

le roi courra moins de dangers s'il est sous la [)rotection ellectivc de deux
divinités plutôt (|ue d'une seule.

Le disque ailé ^ remplace fréquemment le faucon'''; dans les scènes fu-

néraires on voit souvent à la place de l'un ou l'autre des deux oiseaux, un


ouzri ailé de la même fa(;on <-'.

B. Les divinités protectrices. — Lide'e de la puissance protectrice résidant


dans les ailes est plus évidente encore quand il s'agit de déesses qui, jjour
pouvoir mieux exercer leur sauvegarde sur le dieu ou le roi jilacé devant elles,

sont munies de deux grandes ailes qui paraissent fixées aux aisselles et sup-
portées par les bras. En étendant leurs bras en avant, légèrement inclinés

vers la terre, ainsi qu'elles paraissent dans les groupes statuaires, elles

couvrent pres(|ue complètement leur protégé, des épaules jusqu'aux pieds (^';

dans les bas-reliefs et les peintures, étant donné les besoins de la perspective
égyptienne, une des ailes descend bien vers le sol, mais l'autre se relève,
formant avec la première un angle à peu près droit. La déesse (jui est le plus

souvent représentée ainsi est Màït'*', qui cache de ses ailes l'image d'Amon
dans son naos, puis Isis et Nephthys'''), à côté de la momie d'Osiris, tel enfin,

beaucoup plus rarement, des dieux comme Menton derrière le roi combat-
tant '"'. Parfois les déesses sont remplacées par des urœus, qui portent alors

les mêmes ailes C'I

''>
Lm-siis, Dcnkmàlev, lit, [il. XL1\, L, LUI, (J(JXX\V, CC.XLIV: Cuampollion, Munuiiienls
Ij\ , LVIll. Le disijuc n";i alors en générai (]irune pi. GXLViil, eux, GCCXLlll.
seule aile, tendue en a\ant. '*'
Lefiîbure , Le Tombeau de Séti 1" , h' partie,
'"'
Daressv, Cercueils des cachettes roi/ales ( Ca- pi. XXIII ; ClIAMl'OLLIo^• , Moiniiiieiits , pi. LXXXIII
lai, géii. -(lu Musée du Caire), n"' (J1027, (iio-.>8, L\XXIX; Xavii.i.iî, Das âgi/pl. Todteubucli , I. pi.

()iot!(), Gio3o, Oioja, GioSi; Ciiassi;(at, L« CLlll.

seconde trouvaille de Drir el-Bakari ,


passiiii. '''
Carteu and X'e^bkbrv, Ttio Tnmh of Thout-
'''
l'ai- exciMi)lo Daressï, Statues de divinités n.ùsis IV, pi. XII.

{Catal. géii. (ht Musée du Caire), n" 388yi, '''


Laxzone , Dizioii. di Mitol. egizia , p ! . L\' 1 1 1
,

39471, 3927>. I.XIX. CGXXXV, CCLXXII,


LXXI, CXLIV,
'')
[-Ei'sius, Denlcmiilcr, III, pi. \IV, CCIL ccxniv, CCCXXIII. cccxlix. ccclxxxii.
— K>.( 81 )^-.

Au fond de certains sarcophages du Nouvel Empire, la déesse Nouït (parfois


aussi Anientit) étend non seulement ses bras pour protéger le mort, comme
<l'lial)itude, mais est encore pourvue de grandes ailes qui, remontant sur les

parois intérieures du cercueil, semblent envelopper complètement la momiet''.


Nouït reparaît encore avec les mêmes attributs, et beaucoup plus fréquemment,
sur le couvercle des sarcophages anthropoïdes, du Nouvel Empii'c aux épo-
(jucs les plus récentes'-' : elle occupe alors la partie médiane, au-dessous des

colliers et est représentée accroupie, étendant, tout droits de chaque côté, ses
deux bras où sont fixées d'immenses ailes, et ces ailes indiquent clairement
que le mort est sous la sauvegarde île la déesse : n "j^ 'jjj
* '^.
•} rT" muTTi
^
^ "descends, mère Nouït, étends les ailes sur inoinW.
Certains sarcophages monumentaux, comme ceux d'Aï et de Horemheb'''',

portent à chaque angle la représentation d'une déesse debout, étendant ses ailes.

Des divinités protectrices, comme Bes'"'' ou certains dieux panthées'"', por-


tent aussi une ou deux paires de grandes ailes, ou même davantage.

EMPLOI DE LAILE DANS EE COSTUME.

Les déesses possédant des ailes qu'elles étendent sur leurs protégés peuvent
au.ssi, au repos, les leplicr sur leur propre corps, et ces ailes multicolores, dont
on ne distingue plus l'allache, mais qui sont alors indépendantes des bras, se
croisent et se recroisent sur le torse et les jambes, formant ainsi une robe

collante d'une grande richesse. Ce costume paraît dès le Nouvel Empire, mais
semble l'éservé aux déesses qui occupent le fond des sarcophages, en particu-
lier Isis'"'; il ne devient fréquent (|u'à partir de l'époque ptolémaïque, pour

'''
Daressv, Cercueils des cachelles royales, Tomb of Yuaa and Tliuiu, n°' 5iiio, ôiiia;
n°' 6102/1, 61028, 6io3o, 61082. D\KESS\, Slalues de divinilés, n"' 38846, .388/i(),

'''
Darf.ssv, ibid.; Ghassinat, La seconde trou- ."58850.

vaille de Deir cl-Bahari, |iassim, clc. '"'


Amon paiilhée : J^ainzone, DIziou. di Milol.
'^'
Daressy, Cercueils des cachettes royales, p. e/rizia, pi. XXIV, GLXVI, CCXIII. — Moiil pan-

?)C> til prisf^liii ; Gm imT.R. Cemif'ilsanlhrop. des prc- lliée : ibid., pi. CXXXVI, CXXWII, CXXXVIil
très de Mon loti, U. pi. H', \ 1, Vil MX, XI, XII, elc. (cf. Livre des Morts, chap. ci.xiv, édif. Lepsius.
'*'
STEixDORKr. Die niiilezeii des Phnraonen- pi. I^XXIX, 1. i.'!).

reichs, p. iGo. '''


Dakessv, Cercueils des cachettes royales,
'*'
.Naville, Goshen, pi. II, 111, \ ; (Juiuell, pi. XLIX, n" 6io3o.

B«//p(m, t. XIX. II
,

— 1^( 82 )^H~

la plupart des divinités représentées dans les temples, mais il est probable qu'à
celte époque sa vraie signification s'était perdue et qu'on ne le considérait
plus que comme un vêtement somptueux, puisque à coté d'lsis'''et de Nouït'-',

on le voit porté par des déesses de toute espèce, Anoukit'-*^, Satit''', Tefnout'''),

Neit'"), Hatborf'', Sefkhitf'*), et même par des dieux comme Horus''-') et Kbon-
souf'"'. 11 est ce])endant des cas où un dieu peut porter avec raison le même
costume pour représenter non plus une divinité prolectrice, mais une divinité

protégée, enveloppée dans les ailes de la déesse sous la sauvegarde de laquelle


il est placé; ainsi pour Osiris'"' ou son remplaçant, le Dad''-', au lond de
quelques cercueils du Nouvel Empire.
Ce costume n'est du reste pas spécial aux divinités : il élail revêtu parfois
par des reines comme Karomama''^', ou même, à une époque plus ancienne,
par certaines femmes attachées au service du mort'*').
Les rois portent à la guerre, au moment de la bataille, une sorte de jus-
taucorps qui doit leur servir d'armure magique : de chaque côté du corps,
deux faucons brodés sur l'étolTe et disposés de manière que leur tête arrive
sous l'aisselle du roi, étendent leurs ailes de façon à les croiser sur sa ])oi-
trinc et sur son dos, le couvrant ainsi de la protection divine''^), (le genre de
costume date du Nouvel Empire.

'''
Ghampollion, Monuments , pi. LUI. L\\] Giiassinat, La seconde trouvaille de Deirel-Biihari,

XCVI bis. 1, pi. IV, n" 6o-3o, A.


''''>
Ghampollion, Monuments, pi. LIV; J. de '"' Ghassinat, Une statuette de la reine knro-
Morgan, kom Oinbos , (\g. i4g. mama [Monuments Piot, IV), p. 8.
'''
GiiAMi'OLLioN, Monuments , pi. XCI ter. '"' Cuassinat-Palanque Fouilles dans , la nécrq).
<*'
Ghampollion, op. cit., pi. LXXVIIF. d'Assiout, pl. X.
'*'
Ghampollion, op. cit., pi. 1^111, LXXXF. <'•'
Naville, Deir el Bahati, pl. GLXIV (seul
<"'
J. DE Morgan, Kojn Ombos, lig. iCa. exemple de ce cosliime porté dans une cérémo-
'' Ghampollion, Monuments, pi. LXXVIll; nie non militaire); Ghampollion, Monuments,
Mariette, Dendérah, I, pi. 111. pL XI, XIll, XXV, LXIll, LXXXVl, CXGVII,
'*'
Champoliion, Monuments, pi. XGVI. GGV. — G'est peut-être aussi à des statues ro-
''''
Ghampollion, op. cit., pi. LXXVIIF. yales qu'appartenaient deux torses de cliacpie
<'"'
J. DE Morgan, ATow OjhJo*, llg. 129, i5G. côté desquels on voit des oiseaux ressemblant
'"' Daressy, Cercueils des cachettes royales, aux faucons et qui ont été attriliués par M. Da-
pi. LX, n" (5io34; Giiassinat, La seconde trou- ressy (Statues de divinités, pi. XXVIIl, n"
vaille de Deir el-Buhai-i, I, pi. IV, n" 601G. 38/i()8 et 38699) à des statues du dieu Min. —
''"*
Daressv, Cercueils des cachettes royales, Van CiENNKP-JÉQiiir.R, Le tissage aux cartons et

pi. XLV, L, LIX, 11°' 6io3o, 6io3i, 6io34; son utilisation décorative, p. 9,'j.
Les ailes forment la |)arlie la plus importante de la coiflure classique des

reines, le vautour dont le corps même constitue un bonnet épousant exacte-


ment le contour du crâne : elles retombent de chaque côté, obliquement, et

passent derrière les oreilles en recouvrant toute la chevelure jusqu'à la nuque;


il s'agit ici encore du même symbole des ailes douées d'une puissance protec-
trice. Ce vautour servant de coiflure peut parfois afl'ecter des formes un peu
difl'érentes, comme lorsque, placé sur l'os occipital, il enveloppe le crâne de
ses ailes''' ou que. beaucouj) plus petit, il n'est plus qu'un accessoire du dia-
dème royal, sur le derrière duquel il vient s'accrocher'-), toujours dans le

même but de sauvegarde. 11 se retrouve même parfois, appliqué sur la partie

postérieure de la couronne du roi, mais avec des dimensions très réduites'^'.


Dans le bijou, les ailes éployées du vautour ou du faucon, étalées à plat
de façon à dessiner un large croissant ou même un cercle presque complet,
constituent certains colliers qui ne se retrouvent guère que dans le mobilier
funéraire peint sur les parois des sarcophages du Moyen Empire'*'. Suivant

l'oiseau qui sert de support à ces ailes, le collier porte le nom (Yousekh
(^P®)
du vautour, du faucon, ou même du vautour et du serpent.

L'AILE DAiNS LA DÉCORATION.

En plus du disque ailé, qui occupe une place si importante dans la décora-

tion des édilices religieux, et des vautours aux ailes éployées des plafonds, on
voit souvent dans les temples des frises dans lesquelles alternent des faucons
et des vautours (parfois aussi des ur*us) debout et couvrant de leurs ailes

étendues le cartouche royal : c'est toujours la même idée de {)rotection, passée

dans le domaine ornemenlal''^'.

Dans les sarcophages anthropoïdes, à coté de ceux sur la cuve et le cou-


vercle desquels sont figurées de nombreuses déesses ailées, il s'en trouve une

*''
Tuniheiiii (le Tii : AvRTori, Pruc. oftlie Soc. du Moyen Empire { Mémoires publiés par les mem-
of Bibl. Archœol., WIX, p. 07g. bres de l'Insl. franc, du Cnire , XI>\II), |). 71-73.
''
.1. DE Mor.ciAN, Fouilles à Dalichour, II,
''''
Lepsius, Denhmlcr, III, [)1. CLXXXVI,
|,1. \1. CGVI, CGXVIII; Mariettk, Deudérah, IV, pi.

>^*
.Xaville, Deir el Bahari , pi. C. XL, XLIII: J. de Morgan, Kotn Ombos, I. p.
'*'
Jéoiier, Les frises d'objets des sarcophages 216, .35 '1, 386, 887, de.
.

— »».( 8/1 ).<H —


catégorie spéciale, ayant appartenu à des rois ou à de grands personnages de

la XVI^ et du commencement de la XVIIP dynastie''), dont le couvercle est

orne de deux grandes ailes tombant des épaules (sous le grand collier nvsekh)

jusqu'aux pieds, verticalement, ne laissant entre elles que la place nécessaire

pour une longue bande d'hiéroglypbes : ce sont les deux ailes de la déesse

protectrice, invisible elle-même, qui recouvrent entièrement le mort. Les

Arabes ont donné à ce type de cercueils le nom de richi {^^.) "à plumesT],

nom sous lequel ils sont généralement désignés. •

AIRE.

Surface plane sur laquelle on foule le grain. Dans la plupart des villages

orientaux, on aménage à cet etlét une partie des terrains vagues qui en géné-
ral les entourent, en humectant et en pilant le sol jusqu'à ce qu'il forme une
place horizontale, bien durcie et sans crevasses. Quand l'étendue est sullisante,

il y a plusieurs de ces aires les imes à côté des autres; les habitants du village

les remettent en état chaque année, et viennent tour à tour y dépiquer leurs

récolles'-'.

Les bas-reliefs antiques montreni ([ii'il en était de même autrefois et que


l'endioit où Ion faisait cette opération et oij Ton vannait ensuite le gi'ain,

était situé loin des champs et à proximité des greniers : il faut, en effet, des

convois incessants d'ànes ou d'hommes pour transpoiler les gerbes du lieu ou

se fait la moisson, tandis qu'après le vannage, les ouvriers qui ont mesuré le

grain semblent n'avoir que quelques pas à faire avant de mettre le pied sur
l'échelle des magasins'^'.

'''
UAiiEssv, Cercueils des cncliellcs rntjuliis Klioinuilen (Musée du Caire, inédit). Aux basses
1). H et 2 : n°' G loo i, (Jiooj , GiooS , 6iooi , époijues, on letioiue des cercueils décorés d'ai-

(iioolî, ()ioo8; DAiiiissv, Annales du Scrv. des les, inspiri'S sans doute du mémo |)rincipc; voN

Auliij., IX, ]). (Il ; Sriin'uoRKF, Zeitsrhr. fiir lîissiNc. Denhii. ii(f. Sciilptur, [il. L\\\ (texte).

àjri/pt. Spmche, XXXIII, [). 8-'i et 85; I'errot- ''*


(iiiunn, dans la Descr. de l'Egyple, XVll,

CiiiPiEZ, Hisl. de l'Art, I, p. 16-2; Mariette. p. -jG, .So, 07: Maspero, Etudes égyptiennes,
Momimenls divers, p). Ll, p. iC; Pétrie, Qur- 11. p. .)'..

)wJi, p. 7, pi. XXIll; BiDGE, Guide to the 1" and '''


lin des meilleurs exemples à Ei-Kab :

-"'
^oHP'- liooms , p. 68, pi. X. — Le })liis TïLou-liRnFiTii, Tomh of Paheri, pi. 111: cf.

l'éccnl (le ccllc'sérip de sarco[)li;iges est celui de (jOstaz, dans la Descr. de T Egypte, M, ji. i-JO.

„H..( 85 ).«^

Le aoiii égyptien de laiie est ©][^V^i'''' kketil , ou comme on le dit

parfois pour en préciser le sens,


©^ V^iT^ivI \2i "l^^''^ sur la liau-
teur^'; le mot qui sert ici de déterminatif, -"^ 1 1^, ([nit, désigne un terrain
assez élevé pour être à l'abri de la crue du Nil, et les terrains de cette

nature ne peuvent être dans les parties cultivées, mais seulement sur la

lisière du désert ou à coté des villages. Cette situation est d'autant plus indis-
pensable que par certains textes, nous voyons que le dépiquage et le vannage
se faisaient, sous le Nouvel Empire, au moment ofi l'inondalion battait son
(-).
plein

Il devait y avoir, à côté de l'aire, ou des aires, une certaine surface de ter-

rain libre, car les récoltes y sont toujours amenées immédiatement après la

moisson et emmagasinées pi'ovisoirement, soit en menles ordinaires, soit en


fausses meules, sortes de bâtis en cliarpente légère ou en clayonnage, en forme

de pyramide tronquée, qui se ferment au moyeu d'un couvercle.


Dans l'Egypte moderne, l'aii'e a en général un diamètre de i 5 à lo mè-
tres-^'; ces dimensions sont nécessaires pour la manœuvre de la noreg, sorte de
traîneau à dépiquer, ti'aîné par des bœufs; cejtendant comme dans les monu-
ments antiques cet instrument ne paraît pas^"') et qu'on se sert seulement
d'ànes et de bœufs pour fouler le grain, elles peuvent avoir été moins grandes :

une aire de lo mètres de diamètre semble snllisanle pour faire évoluer en


ordre serré une troupe de buit à dix ânes ou bceufs'"'), cbillVe qui paraît avoir

'''
Ce sens a été (télerniitié pai- le \icomte E. considérerles dates comme exactes et non comme
de Rongé [Zeiischr. fur ûgi/pt. Sprache , VI,]). de la pure fantaisie, ainsi que le veut de Rongé.
i.*!!): cf. Brugsch, Diclioim. Iiiétogl., p. ii/iâ: I^es l'écoltes auraient ainsi séjourné environ
SiippL, p. 97'!. Par exlensidii, ce mol osl aussi riii(| mois siu- l'aire axant d'être foulées. Il serait

employé pour désigner une mesure de siipcrli- aussi [lossilile ipiii s'agisse delà seconde ri'colte,

cie, de 100 coudées carrées. — Le mot lemioul (pii se lait plus tardivement.

I
. pourrait aussi axoir le sens daii'C '''
(îiRARi), dans la Descr. de l'Egijple, WII,
(I5iiuc.si:ii, Dklioiiii. hicrogl., StippL, |). i.'î8A). p. 5o.
'"
Textes au re\ers i\h [lapyrus Sallier IV '
Il est |iossilil(' cependant (|u il ail iMe ui-

(cl. (iooDuiN, Zi'ilsclii: fiir âffi/pl. Sprache, V, p. (rciduil en l'-gypte à la lin du Nouvel l']mpirc.
.îy-Go; DE RoifiK, iliid. , VI, p. r -jg-i.ji). Ce soni ([loipie à iaipielle il était employé eu Palestine.

des comptes écrits à la hâte <pii ont tous les ca- '•'
I.Ersius, Deiihmûler, II, pi. IX, XLVil:

ractères de notes prises an moment des ti-avaux, Davies, TIw rock Tombs of Shciich Saïd, pi. \\ I .

par le scribe sui'veillant, et destinées à être plus etc.: Ki.KBs. Die Reliefs des tdieit Reiclis, p. ln)-

taid remises au net. 11 v a donc tout lieu ilc


M.( 86 )<^—

été rarement dépassé'''; il peut niéiiie y en avoir en de beaucoup phis ])elitcs,

car parfois on ne voit rpie trois on quatre ânes au Iravail'-'.

(le n'est naturellement pas l'aire proprement dite qui est représentée sur

les monuments, mais la récolte qui y est répandue pour être dépiquée; sur

les bas-reliefs de l'Ancien Empire, cette couche d'une épaisseur de o m. 3o


cent, environ, dans laquelle les animaux enfoncent jusqu'au jarret, est ligurce

rij;. 6-2. AlBt DOLBLE DU TOMBEAU DE Tl

(d'apri's Meïer, Geschichte Aegyptens, planche à la pajjp 68).

comme une bande horizontale coupée net aux deux extrémités '•''; très rare-

ment on voit les grains sur cette surface''', qui est presque toujours unie.
Presque dans chaque représentation, le travail se fait sur deux aires à la fois,

d'un côté avec des ânes, de l'autre avec des


bœufs. •

Dans les tableaux du Moyen Empire il

n'y a pas de dillercnce notable f"^',


et il faut

se reporter aux scènes de la XVIII" dynastie


pour trouver une recherche plus accentuée
Fig. eS. — AiHE DU Nouvel Empire (J-apr-'s ,] ^ naturel : SOUS IcS picds deS bœufs, Seuls
Tilob-Grikfitii, Tmiih nf Palieri . iil. llf I. .
i r ^ , r i i i ?
animaux employés a cette époque, le blé est

repoussé vers l'extérieur, et la couche devient moins épaisse au centre, aussi

'''
Uno si'iik' l'ois, à ma l'iiiiiiaissaiicc. un le ilussiiialeiii' a oiiMii' diniliijiier celle liande,

voil |Kiiaili(_' (iiize ânes (Mirrav, Saqijara Mas- el ânes et liœuls semblent marcher sur le sol nu.
'"'
Inhns, I, |)]. XI). Pétrie, Deshasheh, pi. XXIII.
'''
Pai' exemple Lei'sr'S, Denhnàki-, 11, pi. '^'
Lei'Sius, Denkmàler, II, pi. CXXVII, où
XLIII, LXXI. la couche de gi'ains est très mince , et Newberry,
'''
Voir les l'envois des noies piécédenles. El Berxheh, I, pi. XXXI, où elle forme un M-ai
Une l'ois (Davies, Deir el Gebnnvi, 1, pi. \11) las aux coins arrondis.
— —

— ^s.( 87 ).H

le tas de grain prend-il la forme du si}>ne »-•('). Parfois même, on voit la

meule dressée au centre de l'aire, comme cela se fait actuellement '-l

Aussitôt après le dépiquage, on vannait le grain sur l'aire même ou immé-


diatement à côté, puis on le mesurait et on le portait dans les greniers.

ÂKEKOU.

âhchil -^^ ,
(idkehil ''). Sorte de pain fait avec

la même farine et de la même manière (jue le kyllestis, mais plus gros;


c'étaient des miches, parfois de forme liémispliérique .^, qui pesaient dans la

règle i3 deben 1/2 (1228 grammes), soit à peu près la valeur de quatre kyl-
lestis, mais qui pouvaient aussi être nn peu plus petites (11 à 12 deben)^"K
Ce genre de pain, qui ne doit pas être confondu avec Yàqou "^ ^ <^ (voir

ce mot), ne se trouve guère mentionné que dans les comptes de boulangerie

du papyrus Rollin''') et dans certaines listes de Médinet Habou '"'.

Le dérivé copie de dkcknii. est Gxae, gxxgc^'^; on reti'ouve le même mot


dans les langues S('miti(jnes, sous la forme chaldéenne N'?^'?, imi ai'abe Jji.5^

qui soni sans donti' aussi des (léri\i's de ri-gyplicn ''*).

A KEN.

1 ¥. Vase à boire, gobelet, de la même forme, à en juger d'api'ès le

déterminalif employé, que les vases à et aàb. On n'en connaît qu'un exemple
certain, datant du Moyen Empire : IVI""^ ' CIÎ "t"" V )1 îi:::^ » I 1
-.^(a) cnin

verre d'eau élanche la soifii. Mais il est fort possible qu'il faille retrouver le

''1
Dans la ])lnpart des tombeaux de Thèbes. pi. XI-XIII, passim.
*' WiLKiNsoN, Maimers and Customs (édition '"'
DïJiicHEN, Kalendevinschr. , pi. XX, 9, et

de 18/17), IV, P- f)''- XXXIII, 9.


'^'
fja forme masculine date de la XIX* dy- '''
Spiegelberg, Uec. tic Ivav., XXIII, p. 9.0'i;

nastie, la forme féminine, de la \X°. Peyron, Lex. liiijj. copt., p. 'laS.

'''
Chabas, Zeilschr.fûr àgijpl. Sprache, VU, '*'
BuDGE, Egijjiliaii Diclionunj, p. 109.

p. 88; EiNSENi.oiiR, Proc. of ihe Soc. of Bibl. '''


Pap. Pri-ise. pi. I, 1. S. Pour le détermi-

Arcliœol. , XIX, |i. 1 I


7. nalif, voir MiiiJ.Eii, Hirriitisclie Palâographie , I,

'' I'lkvte, Les ptij). Itoltin à lu Uil/liolli. Iiiip., m" a 9!.


.

—»•( 88 )•*^' —
même mot, dans une phrase analogue, an papyrus Weslcai-, où le détermi-
nalif. très eiïacé, a été lu ^, ce qui a fait traduire '-
une main pleine d'eau "C.
tandis qu'on pourrait aussi fort Nicn le liic *.

Ce mot ne doit pas être identilié, comme on le fait d'ordinaire''', avec

Yaqdnd \[}'\V, vase d'une tout autre forme, de très grandes dimensions, et

d'origine étrangère, sans doute syrienne (voir .40111'), tandis ([unl.rn est très

certainement un mot purement égyptien.

A KENNOU.

J*jS * V' I \ • ^^^^^ désignant un instrument employé [)ar les

gens du peuple et dont les scribes n'ont pas à se servir'^'; d'après le délermi-
natif, il s'agit très probablement d'une houe, de la grande pioche en boisC''

qu'emploient souvent les laboureurs en guise de charrue.

A KM.

O ^^, _ ^
_ âklia iiMï, àkliou j(^'. Ustensile sur lequel on faisait
O 1^^^ O e 1 /
du l'en, sorte de brasero on de loyer mobile (''l Cet objet faisait partie, avec
des marmites et des vases de formes diverses, dn mobilier funéraire des
grands personnages au début de l'Ancien Empire'"' et devait servir au mort
à faire cuire ses aliments; d'après les déterrainatifs employés à cette époque
pour ce mot, 5»e, TT,i-i, on voit que ce genre de foyer était exactement sem-
blable à celui sur lequel les cuisiniers faisaient rùtir leurs viandes ou bouillir

'' PI. XII, 1. 18; Erman, D!e Marche,, des XX, L 45.
Piipy>-us Weslcar, I , p. 71.
'''
Les papyrus de Kalioun donnenl l'indica-
'''
Brcgscii, Diclionn. hiérogl., SiippL, p. i54 linn fpie l'objet est en bois ^^—
(le signe •#• (lonno comme di^teiminalif au mnl <''
L'oi-llingraphe àkhou esl la plus usuelle et

alce,i par.iit tri'S dmileiix); I..KVI, Vocnh. jjei'nirl., date du Nouvel Empire; les deux autres sont
I, p. lii. les plus anciennes.
(')
Pap. Anastasi II. pi. Vit, I. 1. — Ma.s- '"'
Copie Aty, Kiiuvoç, fornax.
PERO, Du genre épislolaii-e , p. 3/i; Griffitii, Tito
'''
MrRRAV, Saqqnra Mastabas, I, pi. 1 el 11:

Pei,ie Papy,-!, p. 5o-5i, pi. XIX, 1. ^7; pi. Pétrie, Medum, pi. XIII.
— H>-( 89 ).o—

leurs casseroles''). Gost une masse rectangulaire, épaisse, avec une forte dé-

pression sur la face supérieure, à l'endroit où l'on mettait le charbon pour


faire le feu; j)arfois de petits pieds l'isolent de la terre, le faisant ressembler
à une petite table basse, tandis que d'autres fois il est un peu plus large du
haut que du bas et ferait plutôt penser à une sorte de cuvette, de vase très

aplati ou de mortier muni d'ailettes, comme dans les déterminatifs des textes
des Pyramides "W on ^ *"'• La matière dont étaient faits ces braseros était sans

doute de la pierre, ou plutôt encore de la terre cuite ''', comme ces foyers

d'époque ihinite qui ont la forme de grandes cuvettes à fond plat et dont la

bordure est oi-née d'un motif emprunté à l'art du vannier'''.

Au Moyen Empire on ne trouve plus le foyer dans le mobilier funéraire

tel qu'il est figuré sur les sarcophages : le mort n'avait plus à faire lui-même
sa cuisine, et les petits groupes en bois peint représentant des serviteurs en
train de cuire, de pétrir on de brasser étaient considérés comme suffisants

pour lui préparer sa nourriture dans l'autre monde '^'. Quelques rares modèles
de fours, dans ces groupes ou dans les tableaux de l'époque''"', rappellent
bien encore le type ]trimitif de l'Ancien Empire, mais la plupart sont déjà
d un genre tout dillerent, mieux approprié aux diverses exigences de la cuisine.

VàkllQii reparaît au Nouvel Empire, mais sous une autre forme et avec un
rôle tout durèrent. Ce n'est plus un ustensile d'usage courant, mais un vase

'''
Miss Miirray [Snqqara Masiahas, I, p. .3.3) (-'
Pyr. Téll, 1. 85; Merenm, 1. sSg (cdit.

voit dans ce signe une pierre à moudre le grain. Selhe, 558').


Le sens de foyer est cependant absolument cer- '^'
A Me'idoum, le déterminatif est peint en
tain. On peut citer encore à l'appui la phrase rouge (Pétrie, Mediim, pi. Xlll).

suivante i \ ^^ [I
| _^ j^ ^^ tt rrtu lais
'''
Pétrie, Abijdos, I, pi. LUI, p. a.'). Le dia-

la cuisine (ou du l'eu) sur le l'oyer» (Lacau, mètre de ces objets était d'environ o ni. 6o cent.

Textes rcllgieti.v, $ IjXXIII, 1. 5, dans Rec. de >*'


BoRciiARDT, Zeitschr. fur (igypt. Sprnche,
Irav., XXXI, p. ag). Pour les scènes de cuisine XXXV, p. 126; SciiÂFER, Pries torgrâber... vom
avec foyer ifkhqu, voir Lepsius, Deiiknu'iler, 11, Toleiitempel des Ne-User-Rc, ]>. G5-69; Quiuell,
pi. idi, r.XVI; D.iviES, Tke rock TomLs ofShcikIi Excavations al Saqqara ( i()o<)-irjoj ), pi. XVII,
Sfiiil, pi. \, Xll; Pétrie, Deshaslich, pi. XXV, XIX.
XKVll; Davies, Deir cl Gebraivi, 1, pi. IX, XII; '"'
lîoRCiiARDT, Zeitschr. fiir âgypt. Sprnche,

WiEDEMANN-PôRTNER, l/j. GmliiTliefs tii Kaih XXXV, p. t27;NEWBERnv, Béni Ilnsaii , l,pl. Xll;

rube, pi. IV, etc. II, pi. XXX.


Bullelin, t. XI.X. 13
,

spécial faisant partie du mobilier des temples!'', un récipient en métal, géné-


ralement en bronze, dans lequel on faisait du feu, une sorte d'autel portatif.

H en existe deux modèles : le premier, très simple, est un vase creux aux parois
droites, large du liant, w, qui peut se monter sur un trépied posé sur un traî-

neau, le ^~^, àlilLQM n sidon "Ydkkqu à iranien-' '-'; l'autre, plus répandu,
consiste en une écuelle peu profonde, à fond ar-

rondi, (|ui se ])lace sur un haut supj)ort J'^'; l'en-

semble de ce dernier objet a de grandes analogies


de formes, comme de nom et d'attributions, avec
le petit autel à feu hhàfmil
^^^-X''' '^1"'^^' ' "^"^

tient le plus souvent à la main et qui paraît toujours

Fi;;. 64 et 65. — Les àkhou de fait d'une sculc ])ièce, tandis que YàMiOll, de plus
m
Thoutmès
lo;;raphie).
(d'après une pho-

... ]^^

vait avoir le pied


dimensions, devait se poser à terre et pou-
en pierre et la coupe en métal. Les
textes qui donnent des listes du mobilier sacré ne les confondent du reste
jamais ('', tout en les citant l'un à côté de 1 autre et en leur donnant des dé-
terrainatifs semblables.

A KHI.

_^ Il 4fc^^- Nom d'un oiseau cité dans un lexlclilléi'aire du Nouvel Empire :

^^ J[_^^^^^ 1^1 ^ V| ftlon cœur sautille, lu es comme les r^''l

Il n'est pas possible de savoir si ce mot désigne un oiseau spécial, ou si c'est

un nom général, déi'ivé de la racine àkh "^bk^t r voler r et s'appliquant à

*''
Lei'sii's, Deiikmâlei; lit, pi. I^W '. I. u> Setue, op. cit., p. G'ih ; Lepsiis, Denicmâler, 111

(stèle d'Amada). — Pap. Harris n° I. [)1. XLIX, pi. IX.

1. 8 ; Navillk , Uulmstis, \A. Ll , (j , 1. 5 ; Brucscii ,


'*'
Biu'fiscii, Dicliimn. Iiicroirl., p. loai (voir

Thcsdunis, p. 1 280, 1. 8; Maspero, Annales du ce nidt).


'''
Son. des Aniiq., IX, p. 187. Textes cités plus liant (note 1 ). I,c texte
<"'
Tableau de Thoutmès III à Karnak. Ciiam- liiéialique du papyrus Hariis donne comme
poLLiOiN, Monuments, pi. CGGXVI; Setue, Uv- déterminalif un vase (|uelcon(jue.

kundcn des /Ig-. Ail., IV, p. 689; Jkoiier, L'Ar- '"'


Pap. Anaslasi IV, pi. II, 1. 5 (cf. Maspero.

chitecture et la décoration dans l'Egi/ple ancienne, J)ii genre épistolaire, p. 28), et pap. Koller, pi. I,

I, pi. XLVII. 1. 9.1 (GAnr)l^En , Egijptian hieratic Texls, I .


p. .38'
'''
Ibid.; Ghampoli.ion, op. cit., pi. CCGXMI; et 8/4).
toute espèce de volatile C; il est sans doute apparenté au mot àkh-ter ^ j^.
<[ai désigne un petit oiseau blanc à longue queue, aux jambes fines et assez
longues, dans une peinture de Béni Hassan'-); le bec est légèrement recourbé,
les ailes paraissent courtes. D'après l'adjonction ter
j^
ff saison r, il Faudrait considérer comme un oiseau de
passage Yàkh-ler fpii. à en jngei- par ses formes géné-
rales, appartiendrait à l'ordre des passereaux ("'l

Fijj. CG. — L'oiseau Àkh-teu


ALARASTRON. (d'après Champoi.i.ion, Mo-
iiumeiils ,
]il. CCCL).
Les Gi'ecs et les Romains donnaient le nom d'àÀâ-
êarrlpov {^alabastcr, alabastriimy'''' à des vases à j)arfums de petites dimensions,
qui peuvent avoir diverses formes, mais sont le plus souvent d'un type spé-

cial, avec le fond ariondi, la panse allongée, plus large dans le bas que dans
le liani, munie à sa partie supérieure de ])etites oreillettes percées d'un trou,
en guise d'anse, et se terminant pai' un col très étroit, à orifice large et

aplati. Les matières employées pour ces vases étaient la terre cuite, le verre,

même le métal, mais surtout l'onyx ou albâtre oriental, et il est probable,


sinon certain f-^',
que le nom même de l'objet dérive de celui de la piei're dans
laquelle on le taillait le plus souvent.

La forme babituelle de ces vases est empruntée à l'Egypte, aussi bien que
la matière. Déjà sous le Nouvel Empire ''''
on trouve des vases à parfums en
albâtre dont la panse, plus large en bas qu'en baut, affecte la forme d'un œuf,

porte deux petits oreillons percés pour permettre de le suspendre au moyen


d'un fil ou d'une cordelette, et se termine à sa partie supérieure par un col

'''
Les autres textes où ee mol paiail ne lion- '''
Dauemberg et Saglio, Z)iV(iO)i«. dos Antiij.

nenl pas non plus d'indication à ce sujet : pap. gr. et rom., I, p. 17C; Pauly-Wissowa, Pieal-

Anastasi IV, pi. V, 1. 1, et pap. niéd. n° 3o.38 EHCijclopàdic , 1, p. laya.


deBei'lin (édil. Wreszinski), pi. XXI, 1. -i.
'''
Quelfpies auleins veulent qu'au contraire
'^'
CiiAMPOLi.ioN, il/oni/î/iCTite, pi. GCiCl;: No- ce soit le nom de rall)àlre(pii soit dérivé du nom
(/cm f/eM^]p^, II, p. 366 XEwnERiîY. Ce»!
: //rts«H , de rolijet: létymologie de ce dernier mot se-
II, pi. IV. jait alors iXriSii nsans ansesn. 0. Mïlier,
'''
Peut-être pounait-on soii(jer à l'identifier Arch. der Kuitsl (édil. Welckcr), p. Il 10.

avec la petite lieigeroiinette, si commune en '"'


\ox Iîissing, Steingejassc {(ktal. géii. du

Egypte. Musée du Caire), p. xu. xxxvi, pi. III.


étroit et aplali du haut. Peu à peu ces vases s'allongent et se rétrécissent, le

col devient de plus en plus mince et la partie aplatie par laquelle il se ter-

mine forme un viai disque percé d'un petit trou : c'est le type classique de

l'alabastron |, qui se trouve à partir de l'époque saite. Plus tard, à la période

ptolémaïque, on remarque souvent au haut de la panse des cordons en relief

et parfois le col n'est plus qu'un long tuhe très mince aboulissanl au disque
d'embouchure'''.
On trouve à l'époque perse des vases du même type, mais de plus grandes

dimensions et avec un col plus lai-gement ouvert, qui ont pu servir de mesu-
res plutôt que de flacons à parfums. Ces vases qui, vu leur forme, peuvent
rentrer dans la catégorie des alabastra, ])ortent souvent le nom du loi en hié-
roglyphes, accompagné de la triple légende cunéiforme en perse, élamite et
chaldéen, des souverains achéménides ('^'.

ALBATP.E.

L'albàti'e calcaire, le seul qui se trouve en Egypte, pierre plus ou moins


translucide, relativement facile à li-availler, est une variété de chaux carbona-
tes, une calcite concrétionnée, qui peut se former de deux manières dilVéren-
tes, soit par voie d'incrustation dans les grottes calcaires, quand les sttdagmifes

forment des couches très étendues, soit pai" éva])oration dans les sources chau-
des, 01*1 les travertins caverneux deviennent de ])lus en plus conij)acls j)ar de
nouvelles cristallisations de carbonate de chaux. C'est sans doute le premier de
ces deux modes de formation (jiii est celui de l'albâtre d'Egypte, ou alhàlre
oriental, li'ès belle variété aux nuances diverses, du blanc crémeux jusqu'au
brun clair, mais qui est le plus souvent d'un jaune de miel avec des veines
laiteuses distribuées iri'égulièrement par zones ondulées. Cette esjièce est par-

ticulièrement appréciée à cause de la finesse du grain, de l'uniformité de la

texture, comme aussi de sa (lemi-lransj)arence et de l'éclat cju'elle ])eul pren-

'''
Par exemple Bologne, Miiseo civico, p. /iM , /jgy. Quelqiies-unsdeces vases, trouvés
11°' Saoi el S-iyo. en Perse, ne poilent que la léjjeiule cunéiforme
'' \'ase de Xerxès CiAYLUS, Recueil d'Aiili- [Mémoires de Délég. scienl. franc, en Perse,
: la

qiiilés, V, pi. XXX. — Vase d'Ai-faxerxès : I.ONfi- 1. p. f)3 cl i3o); d'autres ont aussi le nom en
pÉKiER, Revue archéol., i" série, 1, 9° partie, liiérogiyplies [ibid., Vil, p. ho).
. ,

dre au polissage; déjà les Grecs el les Romains, qui lui donnaient aussi le nom
d'onyx, et qui le tiraient non seulement d'Egypte, mais aussi de la Syrie, de

l'Arabie, de l'Inde, le pi'éféraient à l'albâtre provenant de tla])padoce. de Grèce


ou d Italie, (pii est d'une qualité inférieure et d'un moindre éclat'''. Quant aii

faux albâtre, ou alabaslrite, c'est tme pierre d'une nature toute différente, un
gypse, ou sulfate de cliaux, ijui ne se trouve ])as en Egypte.

NOM ANCIEN DE L'ALBÂTRE.

Les Egyptiens semblent n'avoir eu, dès les plus anciens temps, — car l'ex-

pression fr pierre de Hat-NoubTi comme ^'—'[^'"-' ne saurait être considérée


telle — qu'un seul mot spécial pour désigne)- l'albâtre, qes _^mm, ]^mM, en
^

copte Kcuc, <ycDc'^'; ce mot a souvent été lu shes, considéré comme signifiant
ff matière blanche, brillantes et rappi'ocbé de l'hélireu 'C]'d , 'd'c ,
qui désigne
en effet l'albâtre; cette ojjinion''') ne paraît cependant pas justifiée, étant
donné la variante ]^mm.
Ge mot a donné naissance à plusieurs noms de villes, voisines sans doute

(les endroits d'où l'on exti-ayait l'albàtrc : d'abord Qestl rjj^, Koûtrat, Cusœ,
xxoyiJ!, Kousicli^''), au nord de Sioût, puis Qesqesil (ou Qesil) [^q, kcdc, Apol-
Unopolis parmi, ^^i, Kous '''',
au nord de Tiièbes, Ces ^O, ville probable-
ment située sur la rive droite tlu Nil, dans le XVIH'' nome, près de Cheikh
FadI'''', et Assa-qes-mer-ànkh M^M tj;!^"^©' localité dont le site n'est ]»as

connu (^'. Les noms coptes kcuc Bepsep, kcuc kam et kcuc kocu, <{ui n'ont

pas encore été identifiés avec certitude, se rapportent probablement à la pre-

mière et à la deuxième de ces localités ('•''.

•''
Daremberg et Saglio, Dictionn. des Aniiq. Dictionn. géogr., p. 87 a.
gr. el rom., I, p. lyS; Pauly-Wissowa, Real- '^'
Brugsch, Dictionn. géogr. , p. 868.
Eiici/clopâdie , 1 , p. i a7 i
m Ibid., p. 86/1.
(')
Newberry, El Bersheh, I, j)!. XIV. '''
Iliid., p. 876. Pour la position de ces trois
'^'
Brvgsch Recueil Je Moiiiwt.éirypt.
, , I, p. 9 3; \iltes. voir la carte de Dïjiicuen, Zur Geogr. des
Pleïte, Zeitschr.fûr ngijpt. Spniclie, IV, p. iG- allen Agyplen, pi. VII.

l'j; Bmgscu, Dictionn. hiérogl., p. 1/17/1; Da- '*'


Brugsch, Geogr. Inschr., I, p. 288,
RESSY, Rec. de trao., X, p. l'i.*!. 11° i55g.
'**
Brugscii , DictioHH. liiénigl. , Suppl. ,
]i. /j 1 •?
'''
Brugscii, Recueil de Moiium. égijpt., I,

12o3;Levi, Vocal), gevigl., IV, p. 2 25; Brugscii, p. -28; CuAMPOLLiON L'Egypte sous
, les Pharaons, I ,
,

Lo mot {Tcc ixkix£y.<rl pos , àCkàSao-l pov (liiliii (ihdmsier, iilnhaslrnm), tlonl.

rélymologie n'a pas encore été t'Iablic''', sert à l'ornioM- le nom de la ville

d" À'kaëâfrl p(A.^v (,l/«/w.s<j'Mm),silii(''e par Pline dans le nome (lynopolite, et (|ni

paraît devoir ùlrc la même que ^©. l)i»'ii (|iie les auteurs ne soient |ias abso-

lument d'accord à ce sujet'-'.

CAUIUEUES, EXPLOITATION, TECHNIQUE.

Les {jisemcnts d'alliAtre se tronvc-nt dans la chaîne arabique, assez éloignés


de la vallée; le plus im|)ortant est crhii de lliil-Nmh Qr^"^' H' *' 1'^" ^^''

distance au sud-est de T(dl el-Ainarna, immense carrière d'où l'on extrayait

les blocs de la plus grande dimension '•''


et de la meilleure qualité, et qui fut
largenieut exploitée sous l'Ancien et le Moyen Kmpiret''; il est possible que
la proximité de Kousieli, seule ville imj)ortante des environs, ait fait de cette
lo(;alité le déj)ôt des matériaux exti'aits de llat-Noub et lui ait valu son nom.

Une autre cariière, plus ancienne encore, semble-t-il, et où devaient s'appro-

visionner les constructeurs des pyramides, était celle du Ouadi Gerraoui, non
loin de Tonrali cl du (lebel Alimarf'"'; la (pialité de l'albâtre qu'on y trouvait

était inférieure à celle de rall);Ur(! de llat-Noub ("'. Quant au centre d'ex-

ploitation de cette matière qui. d'a|)rès l'Iine, se trouvait dans le nome Gyno-
polite. il n'a pas encore été retrouvé, mais sou existence est des plus proba-
bles, dans les environs de l'endroit où l'on croit retrouver la ville d'Alabas-

tron '"'.
-Malgré le nom de la ville de kous, aucun gisement d'albâtre n'a
encore été signalé dans son voisinage. Enlin, par des inscriptions de basse

p. 272, a8/i: .1. Masimoro (d (1. \\ iiît. M(ilvnmi:v '*>


l'^RASEn, Proc. oflhe Soc. nj'Pnlil. Archœnl.,

pour servir à lu nvoffraphic il- rEgi/jylc ( Mémoires XVI, p. 7.3-82 ; IJi.ackuen-Fraser, ///eirt/. (JrnJ}'.

publiés par les membres de l'inst. franc, du Caire of llanub (passini); NEWREKRy, El Bershch, il,

XXXVl),p. i55-iG(). j). /17-5A, pi. XXll el XXlll. Celle carrière n'é-
'''
DAnuMBEnG el Saglki, Diclionn. des Antiq. tail plus connue: elle l'ut retrouvée par M. Fra-
gr.elrom., I, p. lyG: l'Aii.Y-WissnwA, Real- sei' en i8() 1.

<'' dc
Enci/clopûdie . I, p. 127.'!. SoHWEINFLRTIl . Itllll. l'IlISl. égtjpt. , S*

(='
Vu^K, Hist. M,l., V, 61; WXVII, 109, série, VI, ]i. 1.39-1/1."); Maspero, Uist. une. des

1/1.3 ; I^toi.i'mke, IV, 5, .')(); Jomaud. Dcscr. de peuples de l'Orient, 1, p. 383.


rErri/pic, IV, ]). 380; 1'aiji,v-Wisso« A , loc. cit. '''
BoRtuARDT, Das Ile-Heiliglum des Ne-Wo-
'''
Ia" colosse (te TImlliolep, ipii en venait, ser-Ile , 1, ]i. .'>7.

'' JojiARD, Descr. dc l'Egijple, \\, .38G.


avait 1.3 coudées de tiant. j>.
,

époque, nous savons que les Kjjypticns tiraient aussi l'alhatrc de la Nultie-'l

Ces carrières étant assez loin <Im fleuve, en pleine nionlafjnc, il y avait en
général, tout auprès, des villa'fes dont on a reirouvé les ruines et qui étaieni
destinés à loger les ouvriei-s'''; au Ouadi (lei'raoui, on avait même barré la

vallée au moyen d'une énorme digue, de manière à avoir une importante


réserve d'eau '''.

L'exploitation se faisait sans doule de la même manière que dans les autres
carrières, celles de calcaire eu particulier, au pic el au ciseau ('"'.
A llat-Noub,
on peut se rendre comple de la façon générale de jiiocédei' aux plus ancien-
nes époques : la cari'ièi'e de l'Ancien Em|)ire est un vasie pnils de /io mètres
de diamèti'é environ et de j)lus de 3o mèlres ilc ])rofond(Mir, au fond diupud
on accède par une tranchée et une roule en pent»;; à c(! moment-là on tra-

vaillait donc enlièremenl à ciel ouvert, tandis que loul à cùlé, la carrière du
Moyen Empire est entièi'ement souterraine ('^'.

Pour pouvoir amenei' au bord du lleiive les blocs extraits de la carrière,

qui atteignaient parfois de ti'ès grandes dimensions, on avait aménagé des


roules larges et diditcs où l'on pouvait facilement faire circuler les traîneaux
lourdement chargés : elles se voient encore sui' presque tout leur paicours,
des carrières de Hat-Noub à la vallée ''').
Les blocs étaient du reste dégrossis
sur jdace et même parfois la taille complètement terminée dans la cairièic

même, de laçon à diminuer le ])oids i\n monument à ti'ansjjorter'''.

Actuellement, l'albàtii!, qui est une pierre relativement tendre, se travaille

indilléremment au tour, à la scie, au ciseau ou à la râpe; il est probable que


les Egyptiens, qui connaissaient les trois pi'euiiers de ces procédés, les em-
ployaient aussi ])our lalbatre; quant au foiage des vases, il se faisait à l'aide

<l un insiruiiieiil sj)écial aux ouvriei's de la vallée du Nil. Le polissage est assez

difficile : il se fait maintenant à la pierre ponce, puis avec une j)àle de craie

'"'
lÎRur.scii, (ic'ifr. Insclir. , 1. pi. Mil. Caire, Vltl, p. 35;i-:î6i.
'''
1''ra.seb. l'rric. iifihc Soc. nf Ihlil. Aniiœol. '''
Fraser, loc. cil., p. 7.5.

XVI, p. 76.
''^'
Pétrie, Tell el Amarna ,i>l.W\l\ ; 'IYmme,
'•''
SciiWEl.NFi nui, lliill. de riiml. éifijiJl., a' Tell il Amarna vor der deuischen Aiisgrabiiiiff

série, VI, ji. i.'ÎQ-i/i.^. im .Jiihrc if)ii, pi. VI et VIII.


'*'
Masi'ero, Aichcol. ('gi/pl. ( r'wlil.), p. !*?}, '''
Ainsi pour le colosse de Tiiofliofep : New-
i. DE Morgan, Mémoires de la Miss, franc, au BEliRY, El Jicrshch , 1 ,
pi. X\ .
,

mélangée de savon et de lail; il est probable que les Egyptiens employaient

simplement leur polissoii' oïdinaire en pierre avec des ponssici'es de substan-

ces plus dures.

L'ALBÂTRE EN AHC.UITECTURE.

A partir île la iV'^ dynastie, (piand la pierre Cul définitivement sul)stilue'e

à la brique pour les grands monuments, on clierclia d'abord à orner les parois

des temples de matières belles par elles-mêmes, et ainsi TaUjàtre fut fre'quem-
ment employé d'aboid comme dallage, puis comme revêtement des murs,
sous la forme de grandes dalles polies et bien ajustées, sans sculplures d'au-

cune sorte; le seul exemple bien conservé en est le soi-disant temple du


Spbinx (portique inférieur de la pyramide de Khéfren)('', mais il en était

de même dans certaines cbapelles funéraires aujourd'hui ruinées (-' et dans

une partie du temple solaire d'Abousiri". Dès la ¥•= dynastie, on commença


à substituer à ce luxe de matières précieuses le luxe de l'ornementation et

aux murailles des temples, l'albàlre nu céda la place an calcaire ou an grès

sculpté; ce n'est ([ue par exception (pi'on reliouve paifois une pièce entière
construite en albâtre, comme l'était le sanctuaire du temple de Ramsès II à

AbydosC').

Eu revanche, on emploie assez fréquemment l'albâtre dans les temples, de

l'Ancien au Nouvel Empire, pour faire des seuils de portes'"'', des socles de

naos'''') e-t, d'autres parties secondaires de l'édifice ''''.


Sauf dans des cas très

rares et pour des colonnes de petites dimensions'^', il ne paraît pas qu'aux

'''
PERnoT-GiiiriEz, IIlsl. ilc FAi-t, p. •'Soo: Ne-Usev-R(>, \^. 60.

HÔLSCHER Das Gvahdenhnal des Kôiiigs Chephren


, ,
'^'
Stèle Northanipton, 1. -l'-i (Spiegeliîerg,

p. 19, 29. On l'elronvc encore des dallages en Uec. de Irav., XXll, p. 119, lai).

albâtre au Nouvel Emj)irc: Petuie, TcH cl Ainnr- '''


Inscription du spéos Arteniidos, 1. 28 :

ii(i
, p. 8. CiOLÉNiscuEFF, Rcc. dc Irai}., M, p. 20 (enca-
<''
Pétri R. Pummids and Temples of G'ncli drement de porte?).
p. kU.
'*'
Taniljours de colonnes dc Piamsès III au
'''
BoRcnARDT, Das Re-HciUglum des Ne-Wo- Caire (Masi'ero, Guide to ihc Gain Muséum,
ser-Be, I, p. 1*6. n" 5/1 4 , p. 1
1)7 de l'édition de 1908); ces colon-
''''
Mariette, Abijdos, II, p. 12, iG. nes piovcnaient non d'un temple, mais d'un pa-
'^'
BoRr.iiARDT, Das Grahdcuhnal des hûiiijrs lais, par conséquent d'une constrnction légère.
—«•( 97 ).e-.—

époques pharaoniques on ait fait des supports d'albâtre, sans doute parce
qu'on ne considérait pas cette pierre comme assez résislante.

Parmi les pièces architecturales qui ne rentrent pas dans le domaine de la

construction proprement dite, l'albâtre est utilisé pour des naos qui parfois
atteignent de grandes dimensions, comme celui qui se trouve au fond du sou-
teri'ain derrière le temple de Mentouhotep II à Deir el-Bahari^), ou pour des
tables d'olTrandes souvent aussi très grandes, de deux types différents : les

unes, sans sculptures, sont taillées en forme du signe -a- quatre fois répété,
et se plaçaient dans la cour des temples'-', tandis que les autres, celles des
chapelles funéraires, devant les pyramides, sont de forme plus ou moins cubi-
que et couvertes de figurations, sculptées en creux '^l Une série de grandes
vasques d'albâtre occupait un coin de la cour du temple du Soleil à Abou-
sir'"'.

Dans les monuments funéraires, les sarcophages en albâtre sont très rares;

ceux qui ont été trouvés à Dahchour ne paiaissent pas avoir jamais contenu
de momie '^), et un seul roi, Séti I'^'', semble s'en être fait faire un en cette ma-
tière ''''.
Un roi de l'Ancien Empire donne à un de ses sujets un sarcophage
d'albiUre (''.
Les caisses à canopes ne sont guère plus fréquentes f"*'.

Un certain nombre de tables d'olTrandes, de dimensions ordinaires, se

faisaient en albâtre, surtout sous l'Ancien et le Moyen Empire (°'; quelques-


unes proviennent des temples, mais la plupart, des tombeaux. Les stèles

funéraires du Moyen Empire sont aussi parfois en albâtre, mais toujours de

'''
Na VILLE, The XI''' DijH. Temple at Deir cl '"'
BoNOJii-SnARPE, The Alabaster Sarcophagus
Bfihari, I, jj. 35; Archœological Report i()o6- of Oimeneplhah , l , p. ik.

07, p. 3, j)l. III; ce naos n'est pas monolithe, '''


Ostracon de Florence : Golénisciieff, Rec.

mais construit en blocs appareillés et recouvert de trac, III, p. 4.

d'une dalle de granit. (»)


Fragments de celle de Horemlieb au Musée ,

'"'
BoRciiARDT, Das lie-Heiliglum des Ne-Wo- du (laire. — Caisse à canopes en forme de naos,
ser-Re, I, p. 3, i/i, 43; Sktiie, Urlumclen der de Sbesbonq 1", Berlin n° 1 1000. — Daressv,
XV[II. Dyn., p. G4o (Annales de Tboulmès III). Fouilles de la Vallée des Rots, pi. L, p. a 4 3.
'''
BoRCHARDT, Das Grahdenkmal des Kôiiigs "' Musée du Caire, n" iSaS, iSag, i332,
Ne-User-Re, p. 55, G8; Das Grabdenhnal des i35q (Calai. Borcbardt); 23oi3, â3o43,
Kôiiigs NcJer-ir-ke-Re , ]i. 7. 23047, 2 3o8 g, 23092 , 23 io5, 20 180, 93187
''*
BoRCiiARDT, Das Re-IIeiligluiu des Ne-Wo- (Ahmed cey Kamal, Tables d'offrandes). ^Mu-
ser-Re, I, p. 3, 5, i5, /17. sée de Berlin, 11°' ii3f), ii4o, 120J, laoa
'''
J. DE Morgan, Fouilles à Dahchour, I, p. 75. (cf. Lepsii's, Denhnàler, Tcxl, I, j). 12, i4).

Bulletin, t. XIX. i3

— !-»•( 98 )^

petite taille'''; cette matière est encore plus rarement employée pour les stèles

déposées dans les temples (-1

L'ALBÂTRE EN SCULPTURE.

i.a ])eaiilé nitMiie de cette matièi'e lui donne sur d'aulres pierres, au point
de vue de la scul|)luie, une infériorité très manpiée : sa demi-transparence
nuit à la netteté des contours et des détails et donne une apparence un peu
floue à la figure entière. Les Egyptiens l'employèrent cependant au même
litre (|ue les autres pierres de valeur, hien que moins fréquemment. Les
statues et statuettes dalbàtre de l'Ancien Empire qui nous sont parvenues
représentent toutes des rois, qu'elles soient de grandeur naturelle'-^' ou de
dimensions beaucoup moindres''''; aux époques postérieures, celles des sim-
ples particuliers sont aussi nombreuses que celles des l'ois ''''.
La plus belle est

la fameuse statue d'Aménéritis, au Musée du Caire''''.

Il existe aussi des statuettes en albâtre de certains dieux'''', Thot, Nepbtliys,


Selkit, ou d'autres, mais elles sont beaucoup plus rares. Un groupe de petites

dimensions re[)résentait deux dieux piiriliaut le l'oi ''*',


et un autre, actuelle-
ment au Louvre, un scribe au pied d'un monument surmonté du cynocéphale
de Tliot, petit objet d'une exécution remarquablement soignée'"'.
Le plus ancien des colosses d'albâtre connus est celui que le nomarque
Tbotliotep se fit tailler dans les carrières de llat-Noub, qui relevaient de son

'''
Lange-Schâfer, Grah- und Denicsteine des n" /i-2ooO, !i-2ohk, /iao45 (Moyen Empire),
milllercn Reiclis [Catal. gén. du Musée du Cnire). /i-.!oGo à 'iaoG3 (XVIII' dynastie), /la iGC (XIX'
n"' 20'.]li>, •^.o'u^ï), 2051j/|. Si;HIAPARELLI, dvnaslie) et d'aulres statues saïtes provenant
Museo airlieol. di Fireuze, n" i55i. de la carlielle de Karnak. — Musée de Rerlin,
'"'
Peti'.ie, Ti'll el Amarna, p. 8: Maspero, n° 7790 , elc.

Annnlcs du Serv. des Antiq., \, |). 8k (stèlo '"'


Mariette, Album du Musée de Boulaq,
d'Anklinas-nofer-ab-Ra). pi. XXXV.
'''
SlaUie de Mycérinus, (h'cnnverle par M. '''
Daressv. Statues de divinités (Calai, géii.

Reisner (Musée du Caire). du Musée du Caire), n" 38G48, 38926, 38987,


''''
Slaluetles de Klii''IVeii, Mycérinus cL un .'M)ao7. 39078. — Pap. Harrisn°I,pl.XLI", 1. 4.

autre roi de la l\'' dynastie, au Caire : Le Mu- <"'


Darkssy, Fouilles de la Vallée des Rois
sée égiiptien, I, pi. VIII, XI, XII. (Cntid. gén. du Musée du Caire), n° 26157.
'*'
Lecrain, Slalues et slaluetles de rois el de '"'
Bkm'iiite . Scribe et babouin [Moauriieiils

p/irliculieis [Catid. gén. du Musée du Caire). I, Piot. XIX). |,l. I el H.


fief; il mesurait plus de 7 mètres de hauteur'''. Celui que Ramsès II érigea
devant le temple de Memphis atteignait pins ilc 19 mètres'-'; (piant à ceux
de Ilamsès III à Médinet-Ilabou î-^', il n'en reste plus trace; ceux de Séti I''' à

Karnak étaient plus petits, en plusieurs morceaux assemblés au moyen de


mortaises i''; une grande statue de Ramsès H est actuellement au Louvre'^'.
De petits sphinx d'albâtre tenant des deux pattes de devant des vases à
parfums, très soignés comme travail, proviennent de la cachette de Karnak'"';

ils sont faits à la ressemblance de rois du Moyen et du Nouvel Empire'"'.


Dans cette catégorie peuvent encore rentrer les deux tf tables à libations

aux lions 11 de Saqqarah (IV" dynastie), qui semblent être })lutot des sortes de
moulins votif^''*'.

A part les tables d'offrandes de l'Ancien Empire, citées plus haut, et le

sarcophage de Séti P''. qui poi'lent des représentations gravées en creux, il

ne paraît pas y avoir eu d(; lias-reliefs sur albâtre.

VASES D'ALBAtRE.

C'est surtout pour la fabrication des vases de luxe que l'albâtre a été em-
ployé, à toutes les époques, et les exemplaires qui nous en sont parvenus
sont innombrables.
Les vases les plus anciens (période archaïque) sont irréguliers de galbe,
n'étant pas faits au tour; les formes les phis courantes sont le vase plus ou
moins renllé, parfois presque globulaire, avec de petites ailettes servant
d'anses, ou le vase à peu près cylindrique, aux parois légèrement cin-
''-''.
trées

Un progrès considérable s'accomplit à l'époque ihinite, la période où les

'''
NKWiiERRy, El Hrrslieli , I, pi. \IV cl XV. parliniliers . I, n"' /iao33, i2o68, ^2070.
'''
I'ktuie, Mempliis , I, p. .">
, 10. O Nous jugeons inulile ilo donner ici la l'e-

'^'
Pap. Ilarris n" l, pi. IV, 1. cS-çj. |)résentation de tous ces objets, qui ne difforenl
'*'
Legrain, Slaliics et statuettes de rois et de en rien pour la forme et la teclinique des objets

particuliers (Catfil. gcn. du Musée du Cnire), II, semblables faits en d'autres matières.
n" iiai.39 ^^ !•'• '• '*'
Mariettk, Les Mastabas de l'Ane. Emp.,
'''
Statue A. 22. Lapartieinférieure du corps p. SQ; Hqvier, Rec. de trao., XXXIX, p. 12.
'''>
seule est ancienne. Qiiibell , Archaic abjects [Calai, gcn. du
'''
Legrain, Statues et statuettes de rois et de j¥Mxeerf« CVaVe), pi. lilII-LVI(cf. index, p. .jay).

i3.
,

vases en pierres dures de loulc espèce furent le plus en honneur et où

cctle industrie prit- son plus grand développement : la majorité de ces vases

sont faits en albâtre, matière qui avait le double avantage d'être d'un très

bel effet et relativement facile à tailler et à creuser'''; les formes ordinaires

de ces ustensiles sont d'abord les coupes, plates ou creuses, les gobelets, les

vases globulaires ou cylindriques, et enfin les grandes jarres, dont quelques-

unes atteignent près d'un mètre de hauteur.


Sous l'Ancien Empire, les vases d'albâtre sont déjà moins abondants et de
beaucoup plus petites dimensions; les plus nombreux sont les petits vases à

parfums, les uns à la panse plus ou moins rcnllée, ])ointu^ du bas, avec une
embouchure très ouverte, les autres cylindro-coniques, s'élargissant de nou-

veau au pied et munis à la partie supéi'ieure d'un large l)ord plat, en saillie,

enfin les petits vases globulaires à bord plal et ouverture étroite'-'. On imi-

tait aussi parfois en albâtre des formes de vases de bronze, comme les ver-

seuses d'aiguières au goulot proéminent'^'.

Au Moyen Empire, ce sont toujours des vases à parfums, à peu près du


même type (jue pendant la période précédente, mais d'un galbe moins pro-
noncé; aux vases à pointe sont substitués ceux à fond plat et à panse plus

renllée, aussi larges que hauts, puis viennent les cylindro-coniques et les sphé-

riques '*'.

A partir de la WIII'^ dynastie, on ne trouve guère que la bouteille de


Nouvel-An, le petit pot à kohol du type Moyen Empire, le vase à parfums

à panse sphérique avec pied et embouchure haute et large, les ustensiles en

Cl Petkie, Iloyal Tomhs , I, pi. XXN.VI11; II, !>'.]-. Pétrie, Gizch and Rifeh, jil. ^ 11"; clc.

pi. LFàUlt'; Ah,iâo^, I, pi. XL1V-XLVI;Qli- '''


Garstang, Mahnsiia and Bel-khallaf,

BEM,, Hierahoiipolis , pi. XXX, XXX VI; Pétrie, [il. \\I: Garstanc, The tliird Egijpt. Dynaslij,

Gizeh mil m/eh, \A. V"', Vl"-': .1. de Morgan, pi. Xll.

Reclierclies sur les ()i-ii<iiics de iEgijiJte, II, '''


Pétrie, Demlercli , pi. \XII; Diospolis

p. 3^5 ; clc. panm, pi. XXIX; MacIver aiul Mage, El


'"'
Pétrie, Demloreh ,
pi. XXI; Diospolix Amnih and Ahijdos , p. Gg: Quibell, El Kab,
piiwa, pi. XX.VIII; Abydos, II, pi. XXI; pi. X; .1. DE Morgan, Fouilles à Dahcliour, I,

Ayrton, AbijdoK , m, pi. XI; Quibell, El Kab p. Go, 71, lOf), 110; Garstang, El Arabah,
pi. X; Garstakg, Mahasiia ami Bct-Khallaf, ])1. lit, IV, X; Pétrie, Qurneit ,
pi. IX; Gars-

pi. XI-XIV, XXI-XXII, XXXIV-XXXVII: Gars- ïang, Bminl Cusloms nf Ancicnt Effijpl, p. 1 16-

TANG, Burial Custotns of Andent Effijpt, p. ho- n 8 ; etc.


— , ,

«( 101 )k^—

forme d'animaux et, peu avant Tépoque grecque, l'alabastron'''. De nombreux


vases fictifs en bois sont peints à l'imitation de l'albâtre, avec des zones
rubanées et ondulées (-'.

Les canopes les plus ricbes se font en albâtre, tant au Moyen qu'au Nou-
vel Empire'-^'; à de rares exceptions près'''), ils ont la même forme ([ue ceux
qui sont en pierre calcaire.

AUTRES EMPLOIS DE L'ALBÂTRE.

Aux périodes arcbaïques on employait l'albâtre à fabriquer divers menus


objets, tels que pendants, fusaïoles, pieds de meubles'^', et surtout des mas-
sues'"', dont l'usage se perpétua jusqu'à k XIP dynastie'"', ainsi que le plus

ancien type de table à manger, le guéridon bas formé d'un disque plat monté
sur un pied'**', dont on se servait encore beaucoiij) au commencement de
l'Ancien Empire ('•''.

C'est de l'Ancien Empire que datent les cbevets d'albâtre (ju'on trouve dans
les tondues et qui sont en général d'un très beau travail''"', et de la période
suivante, les objets votifs, images de victuailles (oies troussées)'"'. Plus tai'd

on voit paraître des palettes de scribe de la même matière, palettes qui du


reste ne semblent être que des objets funéraires ou votifs.

'''
MacIver and Mace, El Ammh and Ahijdos Musée du Caire), n" ihhbh-ihh^o; ii/i3i;
1)1.XLVI,XLVIII;Garstang,£'/ Arahah, pi. XVil 1 1980.
à XXI; Pethie, Gizeh and lUfeh, pi. XXYII-"; '"'
Ideh, ibid., n" iltlti^-ililiûS. — J. i>r

Qurueh, pi, XXVIl; Fabretti, Rossi, Lanzone, Morgan, Recherches sur les origines de l'E-

Rc'gio Museo di Torino, n" Saa/i à 33oi; etc. gypte, II, j). 71; etc.

'"'
QuiBELi, , Tomb ofYuaa and TItuiu [Calai, '''
J. DE Morgan, Fouilles à Dnhchour, 1 , p. 7 1 ;

gvn. du Musée du Caire), [il. XX, etc.; cf. les re- Jéolier, Les frises d'objels des sarcophages du

[)réseiitalions de vases d'alltàtre peintes sur les Moyen Empii'e, p. 200.


sarcopliagres du Moyen Empii-e. '*'
QuiBELL, Archaic objecls , n° 11 9.'17.

'^'
Musée de Berlin, n°' y/iiS, 717C, ii638 '''
Garstang, Mahasna and Bel-khallaf,
(Nouvel Empire), atoS (époque élliiopienne), ]il. XXIX; The ihird Egypl. Dyuasly, pi. VIll.

7166, 7166, 71 08, 7172 (basses époques). '"' Musée de Berlin n" 1809,7791,7808.
.

Musée de Turin, n"' .j2o8-39a.3 (Nouvel Empi- Garstang, Mahasna and Bel-Kliallaf, pi. XXXVll
l'e); Reisner, Zeitschr. fur âgypt. Sprarhe, et XXXVlll; Burial Cusloms of Ancienl Egypl
XXXVII, p. 61-72; etc. p. ho; Jéquier, Les frises d'objels des sarcopha-
'*'
Canopes plats : .1. de Morgan, Fouilles à ges du Moyen Empire , p. 307.
Dnhchour, '"' Maspero, Etudes de Myihdl. d'ArchêoL,
I, p. 73. el

'*'
QuiBELL, Arckaic objccls [Calai, gén. du I, p. 1/.8.
— !-».( 102 )^^~

Dans les fondations des édifices, on déposait de petits objets d'albâtre, en


général des plaquettes portant un cartouclie ''l C'est aussi sur albâlrc qu'avait

été écrit, à une époque très ancienne, le chapitre i.xiv du Livre des Moris, qui

fut découvert sous les pieds du dieu Tbot, donc sans doute dans un dépôt de
fondation ('). Des dalles d'albaire portant des textes religieux ont été décou-

vertes dans le tombeau du roi Hor'-'^ et ailleurs''' : les inscriptions gravées


en creux sont rehaussées de couleur bleue.
11 convient de mentionner encore, comme objets pouvant se faire en albâ-

tre, les liants sup])orts de vases'-'', les socles des statues ou des symboles sacrés,
décorés comme les sarcopbages de l'Ancien Empire''"'', les msliablis de la

WlIP et de la XIV dynastie.

Enfin, en pharmacie, l'albâtre réduit en jtoudre élail employé dans la com-


position de certains remèdes, empilalres pour les contusions'"', pâtes pour
soigner les maux de langue'^' ou [tour embellir la peau''-'', comme aussi pour
prévenir la chute, des cheveux ''"'.

ALLUME -FEU.
Pour obtenir du (eu, im procédé des plus simples et qui a été en usage de
tout temps chez les peuples primitifs, consiste à frotter énergiquement deux
morceaux de bois l'un contre l'autre; on emploie en général à cel^ ellet un
bâton de bois dur taillé en pointe, qu'on fait tourner avec la plus grande rapi-
dité possible, au moyen d'une cordelette, dans une petite entaille pratiquée

à la surface d'une planchette de bois plus léger et facilement inflammable :

une friction prolongée finit par produire une braise dans la planchette. En
Egypte cet instrument a été en usage dès les plus anciens temps et nous le

connaissons aussi bien jnir les représentations qu'en donnent certains signes

<'l
Pétrie, Abi/dos , 1, pi. LXX. 7: II,
^''
Setiie , Udiiiidcn dcr W'Ill. Di/ii. , p. 63^
jil. XXIII, 5, G. — Musée de Berlin, n" 2o4.5. (Annales de Thoulmès III).

'' Naville, Comptes rendus de V Acad. des '°'


Le Musée égyptien, I, jil. VII.
'''
Inscr., XXXVIII, 2" partie, p. lio. Pap. Ebers, pi. I.XIX, 1. tg.
« J. DE Mo^G\ti, Fouilles à Dahchour,\, p.9/1. <*>
Ibid., pi. LXXXVI, I. 3.
'''
'''
GoLÉNisciiEFF, Iiweiit. dc la coll. égijpl. de Ibid., pi. LXXXVII, l.."}, l'i.
'">)
rEmiilago, p. iC<). Ibid., pi. XCII, 1. i,^).
—+>.( 103 ).«—

hiéroglyphiques''' que par des exemplaires usagés, datant de diverses époques,

qui ont été retrouvés dans le pays même'-'. Le hàlon, le plus souvent légère-

ment renflé à sa partie inférieure, parfois côtelé pour donner plus de prise à la

cordelette motrice, était maintenu dans la position verticale au moyen d'une


noix que l'opérateur tenait dans le creux de sa main, tandis qu'il l'actionnait
avec un archet, à la façon des menuisiers perçant le hois au foret; parfois on
se servait d'un morceau de bois dur très court qui se fixait dans un manche
cannelé, semblable au manche de foret. La planchette n'avait pas de forme
définie.

Le nom égyptien de l'allume-feu i^Jl^'^'; ce mot doit être très


est ui

ancien, puisque le signe ^ au moyen duquel il s'écrit figure l'objet lui-même


et a été employé dès l'origine pour représenter la syllabe zii; parfois même
on le voit muni de sa corde '^. 11 est probable que c'est aussi le bâton et la

corde d'un allume-feu que représente le signe 1*, syllabique de la racine nez,

dont le sens original est rr frotter n (''. La chose est moins probable pour le

signe lui |, bien qu'il s'écrive parfois avec une cordelette'^).


Le mot âgdnd "V* iv- 'iT ""^ '
'^
'
^""^^ doute d'origine sémitique (cf. l'hébreu

]P'j
ff tourncrr), désigne aussi probablement l'allume-feu, ou (ont au moins
le biiton tournant qui en est la pièce importante; ce mot se trouve dans
la phrase r;l.e.?;Vk'rZi;>lk^'kX ^'l^o's Pei-cé (la planchette),

bâton tournant de bois (? cf. l'bébreu bpv f^verger^n. Si par contre on voulait
i'ap|)rocher ce mot de âgen ^'~^, suj^port de vase (voir ce mot), il faudrait
traduire un peu difl'éremment, et voir dans àpdnd la planchette, le ffsupportn
de l'alluHie-feu.

'''
TiRiFFiTii, floiii lliiKan , III, p. 20, o..'î; ('''
Soldi, Im lanjjue sacrée, j). :!i.'!, ai.'J:

11°'
|il. \ . (j4 et G8; CiRiFFiTii. //i'ero^f/^/is, p. 5o, Maspeko, Proc. of ihc Soc. of llilil. Aichœol.,
|il. IV, VIII, n°' k-2 et 19,9: BoRCHARDT, Zei7sc7u'. XX, p. 1.37.

fur àgypt. Sprache,WW, p. io5. '*'


Le PiGE-PiENOUF, Life work, II, p. 211.
'^'
Pétrie, Illaliun, Kahun, Guroh , p. 11, 11 j a peut-être eu pour ce signe une confiisidii

]il. MI (n" a/l-96): Kahun, Gurob and lia- avec l'expression nesit
f
" ^ rrl'enflammeii-

wnra, p. 29, pi. IX; Daressy, Fouilles delà se, dont la lecture est du reste encore douteuse

Vallée des Rois [Catal. géii. du Musée du Caire), (Jéquier, Les frises d'ohjels des sarcophages du
n° 2^980, pi. LVII. Moijen Empire, p. 296).
!''
(:NriNAD,Ze(V.?c/(r./;V)%y;)/..S/);v(f/,p,XLIIl. <''
Paj.. Ilarris n'I, pi. XXXlV^ I. .3;RRUfiscif,

[i. i(m; GoLÉNiscuEFF, iHd. , XLV, p. 8."). Diclionn. hiérogl., SuppL, p. 291.
1

On a aussi voulu reconnaître l'allume-feu ilans le terme J^H^^ | ^ Jl, 1

qui se trouve au calendrier d'Edlbu (" et qui paraît otre une locution composée
plutôt qu'un mot spécial.

Un texte religieux du Moyen Empire, consacré à la lampe (-', donne un


groupe ^\ qui, en juger par le contexte, doit être une désignation idéogra-
;\

pliique de rulliime-l'eu, par la cordelette et la branche verticale de l'instru-

menl; le terme qui suit, am-à \\'^ ffce ({ui est dans la main-i, indique la

partie de i'aliume-reu où se produit la flamme.


Un autre moyen dont on se servait pour allumer le feu était le briquet; si

l'on n'a pas retrouvé ou reconnu jusqu'ici cet objet, son nom scshit
^ |
-,

nous est parvenu dans une liste d'ustensiles '^l

Beaucoup de cérémonies, tant funéraires''' que religieuses f^', débutaient

par l'allumage des lampes, qui était considéré comme un acte sacré et accom-
])agné par la récitation de formules et de prières; il est dit une fois expressé-

ment que cette opération ne devait pas se faire avec la main !-', et il est donc
vraisemblable qu'on devait faire fonctionner l'allume-feu sur place, de manière
à obtenir la llamme par le frottement des deux bois. Le nom de cette céré-

monie est set teha P-'*f*'tjl 'fjel'er (la flamme sur) la lampe r (var. P-lûl ^'^^'

lumer la lampe.)M, nu sekhscla P° ^P;"^!*'» (var. p V, >®


J> -1 )
<'^'
^^f'-ap-

per (?) la flamme n. v

ALOÈS.
Genre de plantes de la famille des liliacées, aux feuilles longuest épaisses

et cbarnues formant comme un bouquet au bas de la tige, qui elle-même se

<''
Brucscii, Thésaurus, II, p. h-jo. 1. 391, 996; ^m\k^ Zeilschr. fir âgypt. Sprache,
,

'"' ScHACK-ScHACKENRliRG, DuS Buch VOU (ku XX, p. )6i; DiMioHEN, ibid., XXI, p. 1 1.

zœei Weiren, cliap. v, p. 26 et pi. IV. — Les '''


Lemm, Zeilsclir.fûr àgypt. Sprache, XXV,
variantes inédites du même texte (sarcopliages p. 1 ih.

du Caire et du Louvre) ne donnent aucune dif- '''


Brugsch, Thésaurus, II, p. ^70.
férence pour ces mots (communication de M. '''
Erman, Zeitschr. fur figypt. Sprache, XX,
Lacau). p. iC>!).

'''
Maspero, Annales du Serv. des Anllq. , IX, '*'
Lemm, lUlualbuch des Amondienstcs , p. 9.

p. 187 (XVIII' dynastie).


'''
ScilACK-ScHACKENBURG, Das Buch VOU dcH
'*'
Griffitii, Siul and Der-Pdfeh , pi. VII, zwei Wegcn, cliap. v, p. 2 G.
— M.( 105 )<^

prolonge en liauleur, pour servir de support à des fleurs de couleurs variées


disposées en grappes. Plusieurs espèces sont originaires de l'Afrique tropicale,
mais aucune ne pousse naturellement en Egypte, où ce-
pendant on en cultive encore aujourd'hui de nombreux
exemplaires, en pots, pour les mettre soit dans les cime-
tières, soit au-dessus des portes des maisons; aux yeux
des Egyptiens, l'aioès est un symbole de force vitale et
sert aussi à protéger contre le mauvais œil'''. Fjg. 67. — Plante d'aloès
(d'après J. be Moi\g.4n,
M. Schweinfurlh reconnaît l'aioès dans certaines repré-
Origines, I, i>l. VU).
sentations des vases peints d'époque archaïque où l'on

voit, planté dans un vase ou dans une caisse, un végétal ayant six à dix

])aires de feuilles longues et recourbées en demi-cercle, retombant de chaque


coté, et une tige haute, portant encore le pédoncule des (leurs tombées, et

tout au bout, la fleur terminale '-l (Jette plante serait alors soit YAloe abyssi-
nica Lam., aux fleurs rouges, très répandue en Abyssinie et au Soudan, soit

plutôt YAloe vera L. (A. vulgaris Lam.) à fleurs orange ou jaunes, originaire

de l'Arabie Heureuse, et qui est celle que l'on cultive encore maintenant en
Egypte'-'). Cette identification semble absolument justifiée, mais par contre
celle que voudrait établir M. Schweinfurlli '''),
de l'aioès avec la plante qui
symbolise la Haute-Egypte J[;,
est beaucoup moins plausible, cette plante

])araissant devoir être considérée plutôt comme un iris'-''. 11 n'y a du reste,

pour l'époque historique, aucune autre représentation de plante qui puisse


être assimilée à l'aioès.

Le suc qu'on tire, au moyen d'incisions, des feuilles d'aloès, élait bien connu
des anciens pour son amertume et employé par eux en médecine, comme
astringent et rafraîchissant, contre les maux d'yeux, de tête, d'estomac, pour

des purgatifs, etc. f'^^'.


On ne l'a pas retrouvé jusqu'ici d'une manière certaine

'''
ScHWEiNFURTH, VerhatulluiigeH (1er Bcrliiicr '''
ScinvEiNFuRTii, Inc. Cit., p. .SçiS-.'igl).

Ge.i. fur Anlliropoloffie , 181)7, P- ''D"^-


'''
Dans les tombeaux peints du Nouvel Em-
'''
.1. DE Morgan, Recherches sur les orijrincs pii'e, où (-es fleurs entrent souvent eoninie motif
de l'Effyple, I, pi. VI et Vil; PETRiË-QLiBELL,/\^rt- décoratif, elles ne sont jamais entièi-ement rou-

qada and Brillas , pi. XXXIV; Pétrie, Diospolis ges, mais rouges el; bleues. De même sur les

parm , pi. XVI; MacIver and Mace, El Amrtih piliers de gi-anit de Karnak, etailleuis.
and Ahtjdos , pi. XIV. '°'
Wagler, dans Pauly-Wissowa , Ueal-En-
'^'
ScilWEINFDRTIl, loC. Cil., [).
3(J2.
cyclopûdie^ I, p. iSgS (article Aloiî).

BnUclm, I. XIX. j4
.

~^>( lOG )^^—

dans les papyrus médicaux, bien que certains auteurs l'aient identifié avec le

p T'i parait dans la composition de nombreux médicaments'''.


*
ta-sjicpscs
]^P,
On n'a ])as non plus trouvé de trace en Kgypte du bois d'aloès, importé
d'Extrême Orient, et mentionné à plusieurs repiises dans l'Ancien Testament
sous le nom c^^nxf-'. Le mot arabe désignant l'aloès comme le bois d'aloès

est :>j£.

ALUN.

Pour les anciens, le nom d'alun (^arlvTclvplci., (ilumen) ne désignait pas une
substance nettement caractérisée, mais tout un oroupe de sels, en particulier
des sulfates d'alumine et de potassium, qu'on ne savait sans doute pas distin-
guer nettement les uns des autres, et qu'on employait indilTéremment à divers

usages, en industrie comme en médecine'-*'. Il y avait donc des aluns de plu-


sieurs espèces, partant, de diverses qualités, dont le meilleur était, au dire

des écrivains classiques, celui qu'on tirait d'Egypte'''. Bien certainement les

Egyptiens eux-mêmes ne devaient pas se faire une idée plus nelle de ce


qu'était le vrai alun et comprenaient sous cette dénomination tous les sels

astringents : cette dernière propriété était en effet la seule qui pour eux
pouvait avoir de l'importance; ils pouvaient même le confondre j)arfois avec le

natron, comme cela arrive encore dans les temps modernes '''.

Le nom égyptien de l'alun estahennm, ahnm IJT^i*,^ ^J-^rtiîi''^


copte cuBGN , ABGM '"'
(=A.u)a)in6, Zk£1\); ce mot, qui ne parait pas avant

'''
Stern. Glossariiim hicrogl., p. 5o, dans '" Pline , Hist. uat., WXV, 1 84 (cf. XXVIIl
EiiERS, Papyrus E/jcrs, II: JoAcnni. Papyios 100, lO'i, 3 1 A); Diosr.oRiDE, De malcria iiic-

Ebers , p. igC), cic. 11 osf plus probable que ce (lica, V, 1-1 2; Gelse, De arle mcdica, V, 28,
nom, cjiii désigne aussi un arbre, soil celui 12: ScRiBOMUs, De coiiipos. medic., lij.

(lu cinnanionie (LoiïET, La Flore pharaonique, '''


A lY'poque de l'expédition française, on

p. 5i, 1 4.3). appiirtail parfois au Caire de l'alun presque pur,


'"'
I^osT, dans Hastinos, Dictioi. o/lhe Bible, (ju'on faisait passer sans dillicuilé' pnui' du
I, p. 69. nation du Sennar (de IloziiiRE, Z)racc. de l'Egyp-
'' Pauly-Wissowa, XXI,
lîeal-Encydopùdic, I. te, Ilisl. liât., p. 2i5, 931).
p. 12()6; Blïmner, dans Feslschrifl zur Sçf" '"'
IjORet, Rec. de Irav., XV, [). Kyy, Max
Versammiuiig deutsclier Philoloncn in Zurich Miller, Asien inid Europa, p. 188.

(1887), p. ,3/1; WiEDEMANN, Heroilols zxvciies


'''
Stern, Zeitschr. fur âgypt. Sprache , XXIII,
Buch , p. (îl G, p. 119.
— H.( 107 ).H

le commencement du Nouvel Empire C, doit être d'origine sémiti(|iie (cf. le

mot |?x et pierre ")(-); il est probable qu'auparavant on employait un autre


mot, ])eut-ètre un de ceux rpron traduit en ge'néral par 7ialvon^^\ comme bed

^1, qui de'sigue une substance servant à clarifier l'eau ('l ou encore
J_— ^,
hesmen in"*"!'.

FABRICATION DE L'ALUN.

Les procédés employés par les Egyptiens ne sont pas connus, mais devaient
être des plus primitifs. Ils pouvaient employer l'alun à peu près tel qu'il se

trouve dans la nature, ou bien le purifier d'une manière sommaire, soit par
des lavages, soit par une calcination plus ou moins poussée '''),
de manière à
obtenir des produits analogues à YAlumen rolundum, XA. iislum des écrivains
classi(pies.

La production d'alun de l'Lgyple était assez considérable, puisque Amasis


put en donner mille lalenls au temple de Delpbes ''').
Les quantités données

|)ar liamsès III à divers temples d'Egypte sont moins fortes'"'; on mesurait à

ce nH)ment-là l'alun dans de grands paniers comme ceux dont ou se servait


pour le raisin et d'autres fruits.

L'ALUN EN MÉDECINE.

Les papyrus médicaux donnent quelques recettes dans lesquelles paraît


Wdmou à côté d'autres ingrédients, pour des médicaments destinés à des ma-
ladies très diverses, et qui, sous la forme de pommades et d'onguents, sont

'''
An ]iapyi'us I']liers. ce mot ne parait plus dans des textes comme
'"'
Max Miller, .Eirijpltaca(Fcsl.sclinftfiir G. le papyrus Harris n I , où le mot abitqii est en
Ebevs), |i. 78. usage, tandis que Ton continue, dans ces mêmes
'''
De même que l'on coiifondail juufois les textes, à se servir du mot hesmen potu' désigner

deux substances, il est permis de supposer qu'on le natron.


devait employei- le même nom pour les dési- '''
Le procédé par cristallisation ne date que
gner. de l'alchimiste arabe Gebcr (vin'-i.v' siècles de
'*'
Maspero, Les inscr. des pijr. de Sri(jq/imh , noire ère).

[>. .35(j; cf. Dlmiciies, Graùpalast des Paluame- '''


Hérodote, U, cliap. clxxx.

imp , 1, ]il. XVIH et XXII; Naville, Z('i7»'c/ic. //ij-


Cl Pap. ilanis n" 1, pi. LXIV\ 1. 1 .t :

àsiipt. Spmche, XI, p. 28. Il esta remarquer que |,]. LXXlll. 1. iC.
— «.( 108 ).«—

en général |ioiii- l'usage externe. D'après les auteurs classiques, on voit que
l'alun (itait employé en Grèce et à Rome pour les mênties maladies, et entrait

dans des compositions pharmaceutiques analogues!''.


l'ourles maux d'yeux, une recette d'origine phénicienne (-) recommande
un onguent où entrent en quantités égales de l'alun, du sel, puis diverses

substances végétales, du safran, de la maijolaine, des figues, etc., le tout

prépare' avec de la graisse et de l'huile.

L'alun se mélangeait h de l'encens, de la résine odorante et dt's graines

d'acacia (?), pour combattre les odeurs fétides qui se produisent en été, et

qui sont sans doute les sueurs (''.

Pour certaines exci'oissances ou ennui'es(?), en plus des cataplasmes recom-


mandés on conseillait d'oindre la place avec de l'huile saupoudrée d'alun (''),

et pour finir on la traitait avec de la graisse et du miel.

Enfin, pour une maladie interne nommée serf (pesanteurs d'estomac?), on

pouvait faire des fumigations où l'alun entrait pour une bonne pai't''^'.

EMPLOI DE L'ALUN DANS L'INDUSTRIE.

On en est réduit, à ce point de vue, aux dires des écrivains classiques et


surtout à l'examen des habitudes des ouvriers égyptiens modernes, (jui sont

encore presque toujours les mêmes qu'à l'époque pharaonique. Il est des plus

probable qu'on se servait autrefois de l'alun de la même manière qu'aujour-


d'hui, surtout dans certains cas où son emploi est pour ainsi dire indispen-

sable.

Les tanneurs emploient pour durcir lus cuirs, soit le tanin, soit l'alun et

le sel''"'. Poui- donner aux cuirs la couleur rouge, on les passe à l'alun après

les avoir travaillés sur le chevalet pour les écharner, et avant de les teindre''';

'''
Voii' Pline, DioscoRiDE, Gelse, etc. , loc.cit. Ki, Der grosse medizinische Papyrus des BerUiier

(p. loG, noie h). Muséums, p. 10, 61.


('1
Pap. Eljeis, p]. LXIll, 1. 8-i i; MAxMii.- '^>
Pap. méd. n" 3o38 de Berlin, pi. IV, 1.5

LEn, dans /Egijptincn , p. 77-81. (l'dil. Wreszinski , p. 9, 58-59).


<'*
Pap. El.eis, pi. LXXXVI, 1. 8-9; pap. '"'
BoiDET, Descr. de VEgi/pIc, Elal moderne,
llearsl, pi. II, 1. 17-III, i. i. XVIII, 3" parlic, p. 81, 8/1.

(')
Pap. nukl. n- 3o38 de Reilin, pi. V, 1. 3; '''
Ihid., p. 7G, 79. On emploie le mi^ine

LoBET, dans Rec. de Irao., XV, p. 200; Wreszins- piocédé pour le maroquin rouge ou jaune.
— ,

— «-9.( 109 )^

la plupart des cuirs anciens étant d'une couleur rouge ou rosée, ils ont sans
doute passé par un traitement analogue.
Los mégissiers, pour obtenir des peaux souples, les font passer dans un
bain d'alun '''.

Les teinturiers se servent de 1 alun comme mordant; c'est même un des


principaux emplois de cette substance'-*.
Les orfèvres anciens cmployaieul l'alun pour séparer l'or de l'argent et pour
le purifier, comme aussi pour la dorure''', et les cliaiidromuers ,
pour souder
des feuilles de cuivre'''.

AUTRES EMPLOIS DE L'ALUN.

Pour ignifuger le bois, au moins dans une certaine mesure, les anciens
l'imprégnaient d'alun'^'; nous ne savons si les Egyptiens usaient du même
procédé. Nous ignorons de même s'ils l'employaient aussi pour le traitement
des vins''''.

Dès la plus haute anlitpiité, on employait pour clarifier l'eau, des boulettes
de certaines substances, entre autres le
J-^^' ^^à qui, comme il a été dit

plus iiaut, est probablement un des noms de l'alun'"''.

Les magiciens modernes brûlent de lalun sur un feu de charbon pour arri-
ver à reconnaître, par la forme que prend l'alun calciné, la personne qui a
jeté un mauvais sort'**'.

AU.

It . Dans la recension saïte du chapitre cxlv du Livre des Morls^'^\ ce

mot est donné comme une variante {^^) 'lu mot ^^î™^ et devrait donc

'"'
/ii'(/. , p. 83; Pline, W/sf. )(rt<. , XXXV, 190. '''
Maspero, Zm /w-çcr. des pyr. de Sciqqamh

Rml-Encyclopâdie , p. 35G. Ce renseignement se trouve sur


<''
PAULY-^^ISso\vA, I, la

p. 1297. grande pancarte des offrandes : cf. DiJuiiciiEN,

'^'
Pline, Tlist. nal., XXXIII, 8'i, 65. Gralrpalasl des Paliiameiiap , I, pi. XXII.
'*'
Idem, ibid., XXXIII, g/j. '*'
Lane, Modem Egijpliaiis, p. a5o.
'"'
Aulu-Gelle, XV, 1; Ammien Marcellin, '''
Lepsius, Dus Tod(enlmch der Agi/pler,

XX, 11, ilî. pi. LXII, I. 3i. Cette phrase ne se trouve pas
'"'
Geopoiika , VII, i-2, a 9. dans les textes antérieurs.
-~^i.{ 110 )<^—

designer une sorte de vêlement. Il est cependant très probable qu'en réalité
ce nom n'existe pas et qu'il repose uniquement sur une mauvaise lecture d'un
texte hiératique, les deux groupes
f '^ et
^ ^ !^ étant ])resqne idculitpios
dans l'écriture cursive.

A MA.

\^ \k ^—i. Oiseau non encore identifié, représenté dans une peinture de

Béni Hassan'''. Comparé aux autres volatiles figurés à côté de lui'-', c'est un
échassier de petite taille : le bec est fort, légèrement recourbé, ])lus long que
la tête et entièrement noir, le rou très court,
la tête blanclie ainsi que le coips, tacheté de
bleu à la partie postérieure; les ailes sont bleues

striées de noir, aussi longues que la ([ueue, très

petite, qui est également bleue à son extrémité;

les jambes sont minces et assez longues, elles

ont à 1 "arrière un doigt au niveau des doigts an-


Fig. 08. — L'oiseau .uià (d'après
térieurs.
Champoluon, Miimim., [il. CCCL).
L'oiseau qui correspondrait le mieux à celui-
ci serait le pluvian [Chnmdrius mclanorephalns)'^^\ mais certaines divergences''''
ne permettent pas de présenter cette identification comme certaine.

11 ne semble pas qu'il y ait |»arentc entre ce mot et le mot nmà-ler qui
désigne un oiseau analogue, dans le môme tableau (voir ce mot).

AMAAIT.

- —'V^^— '
jK.* I
y'^^'- ^'"'"''' ^^ — Ji
'
i^ )•
^^^^ connu par un
texte du Moyen Empire'^' et désignant un liàton recourbé, servant d'arme de

'''
GiiAMPOLi.iox, Mfimimmls , pi. CCCL: No- '*'
Le pluvian a enire aulrcs des plumes noi-
tices (lescripl., 11, p. 3Gfi. l'es à la lêle et au cou , le bec un peu plus court
'' Newberry, BeniHasan, 11. pi. IV. "el pas de doigl postérieur. Les autres caractères
'''
Savigny, dans Desciipùon de l'Egypte, sont à peu près les mêmes.
XXIII. p. .'i8/i, el//i,v(. nat., \,Oisemi.r, pi. VI, '''
Lacau, Textes religieux, $ XXll, 1. 09-71
fil!-- ''•
{Ucc. (le tnw., XXIX, p. 1/18).
, — .

— ^».( 111 )^-l

jet et employé pour la chasse aux oiseaux''', donc le boumerang dont se ser

valent avec tant d'adresse les

seigneurs égyptiens dès les âges


les plus anciens. Il se retrouve

sous la forme masculine àmà


^^ dans une scène de chasse
un peu plus ancienne (V"^ dy-
nastie) ('-',
et peut-être dans un Fj;;. 69 à 72. — Boumeranus du Nouvel EsiniiE (lonibeaux
(l'Amenenihel), d'Amenemhat de Senmout et de Zaunl:
texte des Pyramides, avec l'or-
,

croquis de l'auleur).
thographe mùadlm ^ ^_i | ^
-.^^^^''. Il est possible qu'il l'aille l'assimiler au luot imàmd ^;^ ^
qui paraît au Nouvel Empire (voir ce mot).

AMAAOU.

sition
\ *^. Plante non encore

de divers médicaments, sans doute en vertu de certaines propriétés léni-


identifiée, qui entrait dans la comno-

lives. On la trouve dans des recettes d'emplâtres destinés à assouplir les mus-
cles'^', à calmer des démangeaisons''^' ou à guérir des pustules, des plaies ou

certains rcniaux divins'^'"' comme aussi dans les ordonnances pour la fabrica-

tion de pâtes à mâcher, contre les maux de dents''' ou de langue''^'.

Pour ce mot, on employait le déterminalif • plus souvent encore que -a, et

cela prouve que la partie de la plante utilisée en pharmacie était la graine;

ce sens de te graine 11 a même pu pi'évaloir sur celui de la plante elle-même et

être pris dans un sens lout à fait général ; ainsi nous avons des âmààou de blé''''.

'''
Grapow, Zeilschi: fur Hgijpt. Sprachc («'
Pap. Ebcis, pi. XLVI, L ao; pi. LXXXIV,
XLVII, p. i33. 1. li-ït; pi. CIV, 1. 12; pap. niéd. Hcarst (i^dil.

'^'
Davies, Deir cl Gcbrawi, I ,
|il. \ : cf. Im.aiii- lîeisnei), pi. V, 1. 9.

MAH, Rock Toiiihs of Mcir, I, [)). II. "' Pap. Ebcrs, pi. LXXII, 1. 17 ; pi. LXXXIX
(''
Pijr. Péjn l", i. 170 («lit. Sethe. ()<)8'). 1. f) (il s'ag;itsansdoutede périosliles ou d'abcès).
GeUe forniu élanl celle du jdiiiiel, le sinjfiilior !"'
Pap. Ebeis.pl. LXXXV, 1. i8:pl.LXXXVI,
serait mâadil. 1. 2 (probablement les aphtes).
<"'
Pap. F.hois, pi. r.XXXIII, 1. I. <')
Pap. Ebeis, pi. LXXIV, 1. 9: P«P- Heaist.
W Ibld., pi. LXXV, 1. 9 0. pi. 1,1. 11.
n( 112 )<-.—

flo dattes'"', et même de nalron'-'. Pour les recettes mentionnées ci-dessus, on


réduisait souvent ces graines d'ànwàoii en poudre ^n^^^*''^'-
Il ne faut pas confondre ce nom avec ceux des deux autres plantes dmdmnu

^\^\\n, *^^ àdnion ^^-s dont les propriétés médicinales paraissent un

peu dill'érenles (voir ces mots). Elles se rencontrent parfois dans une même
recette, ce qui ne permet pas de les assimiler l'une à Taulrc.

Par contre le liquide àmàil ^—i^"^» (voir ce mot), qui paraît aussi avoir

une vertu adoucissante, est probablement le suc extrait de la plante âmââou.

A MA ÏT.
I 7*. Nom d'un quadrupède à la robe brune, aux cornes noires forte-

ment recourbées, qui encore au Moyen Empire habitait le désert sur les

confins de la vallée du Nil'*', et que déjà plus anciennement les Egyptiens

Kig. 78 cl 74. — L'.iwi/r sois l'Ancien et le Moyen Empire


(d'après Steindorif, Das Grab des Ti , pi. CXXVIII, pt Chajipollion, Moiiuiiienls , pi. CCCLXXXIII).

capturaient et sans doute domestiquaient, de même que les antilopes, les gazel-

les et autres animaux du même genre''''. D'après la forme du corps et surtout

des cornes, Yamdït est très probablement une sorte d'ibex; il ressemble égale-
ment beaucoup à Vabdou, qui paraît dans les mêmes scènes (voir ce mot) et
qui semble devoir être assimilé à un moullon.

''
Pap. Ebers, pi. XXII, 1. 17. II, pi. IV; MoiNTET, Bull, (k l'Iiisl. franc, du
<''
Ibici, pi. LXXVJ. i5. Caire, IX, p. 27.
'''
Ibid., pi. XLVI, 1. 20; pi. LXXXIV, lit; <^>
Steindorff, Das Grab des TI, pi. GXXVIIl.
pi. LXXX\'II,1. 17; pi. CIV, 1. la. Dans ce tableau, où paraissenl la plupart des
'''
GiiAMPOLLioN , Monuments , pi. CCGLXXXIII animaux domestkpiés par les Egyptiens, l'amàit
et GCCGXXVIII quater; Newberry, Béni Hasan, est une femelle accompagnée de son faon.
ÂMÂÏT.

j -'Ik *• Li<|iiitle qualifie de noir (^^) et employé en médecine


comme première ajiplicalion sur les brûlures C; il avait donc des propriétés
adoucissantes et était pi'obablement le suc extrait de la plante ùmààon =—
'^
^î^i, dont les graines avaient des vertus analogues (voir ce mot). Certains
tableaux des temples ptolémaïques montrent le roi offrant au dieu deux vases
ronds contenant un liquide âmâ ^7^ qui est sans doute le même que Xàmù'il

d'une éj)oquc plus ancienne'-'.

AMAM.
^ ' ' ^^^^^ *^ ^"^ récipient, sans doute d'une sorte de grande
f^^^ lK'
corbeille dont on se servait, au Moyen Empire, pour mettre des pains de
diverses espèces ''). Comme il s'agit d'un ustensile employé pour des victuail-
les, on peut songer à rapprocber ce mot de
^-'^— *
la racine ùm ^^î 'ftt^angern

et du mot àmàm nourriture ' ce ^^ ('').

AMA M A.
amaou Au Livre des

Portes, à la iX'' lieure'''', certains génies infernaux portent

un objet mince, long et recourbé, qui pourrait être une


corde, une baguette ou une courbache, et qu'ils tiennent
à deux mains, par les extrémités, le brandissant au-dessus Fig. 75. — D'après Bo-
'"'"-S"^'""-
de leur lète, comme si c'était une arme("'. Peut-être l'ori- ^'''-'-f
Oiineiieplliali ,
i^].
\U.
gine de ce terme doit-elle être cberchée dans le mot plus

ancien àmàdit =— '


^—^ '
-•
]
(voir ce mot), qui désigne le boumerang; elle

'" Pap. lîhers, pi. LXVII, I. 17. ''


BoNOMi-SiuRPE, The Alahaster Sarcopha^us
'''
Mariette. Demiérah, III, pi. WIII, /. nf Oimeneplhah ,
pi. XII, reg. siip. ; pi. XIII,
'^'
GrifI'Itii. Tlic Pétrie Papi/iù , pi. \iX, reg. m éd.
1. 10-. 3; pi. X\. 1. .1. '"'
Hnigsrli [Diclloini. Iiiérogl. , p. 1 90) Iratliiil :

'*'
Druc.scii , Dicùonn. hiéionl. , Suppl. ,
ji. -i 1
8- crcorde à piendro. t'îpiiiseUn, laeel, lacs, collets,

219. etc.".

Bulletin, t. XIX. i5
reposerait alors sur une erreur de lecture, et dans ce cas, le bouiueraiiy lui-

même serait si démesurément allongé et aminci (ju'il ne pourrait plus être


employé ])Our son nsagc ordinaire; du reste, le texic (pii accomjjagne les

figui'ations ne dit pas qu'il s'agit d'une arme.

 MA MOU.

. ^^\^%*"^. Plante médicinale (pii n"a pas encore été identifiée;

le délcrminatii" de ce mot étant indiflererament • ou 4i, on peut en conclure


que la partie de la plante employée en pharmacie était la grain(». Nous ne
pouvons guère nous rendre compte des propriétés spéciales de ces graines,
qui entrent dans la composition de médicaments très divers : c'étaient surtout

des remèdes internes, pour les pesanteurs d'estomac''', les maladies de cœur'-',
les faiblesses (?) ''', certaines afTections des voies digestives'''', et surtout des vci'-

mifuges'"). On employait encore ces graines {ïànuimou, toujours avec d'autres


substances, dans des emplâtres pour les pustules et certaines grosseurs'"', des
fumigations contre les pesanteurs d'estomac'''', et enfin dans une pâle qu'on
devait màcliei" pour combattre une maladie de la bouclie'"*'.

Les àmdmoii ne doivent pas être confondus avec d'aulres plantes qui ont
des noms analogues, mais des propriétés médicinales diiïérentes, les âàmou

iZliCm ^^ '*^^ (hiiàdon —'^^*y, (\oir ces mots). Les graines des trois
piaules se trouvent du reste employées dans une même recette, ce qui prouve
très clairement leur diversité''*'.

ÂMÂOJIÏ.

^>^ m?' (ou àindouli']). Mot s'appliipiaut à une action qui est sans nul

doute en rapport avec les travaux de l'agriculture; la scène qu il désigne, dans

'" Pap. mi'd. n" :]o38 de IVilin, pi. \1V, i. a <''


Pnp. El)crs. pi. XXII, 1. lo, i a , 16, iS.
(cf. .'Mlit. Wreszinski). ;"'
Ibid., pi. GV, 1.
7; pi. CX, 1. 8.
'''
l'ap. Ek'is, pi. XLIV, 1. G: pap. Ilearst, '''
ML, |)1. LIV, 1. 8.

pi. IV, '''


1. .3 (cf. c'MJit. Reisner). Pap. iii-mI. n' ,'îo.'î8 de Berlin, pi. 111, 1. 10
« Pap. EIj.ts, pi. LV, 1. 7. {ci édit. Wieszinski, |.. 5G).
'"'
IhiiL, pi. X\l\', 1. 5. C Voir note précédente.
,

.( 115

un papyrus mythologique du Musée de Turin''', fait pai'lie d'une repre'senta-


lion des champs Adrou, analogue à celle du chapitre ex du Livre des Morls'^-l

Une série de génies mumniiCormcs divise le tahlcau en deux parties : d\in


côté le mort lahoure et moissonne, de l'autre il navigue
sur le lleuve des enfers, puis il frappe ses bœufs pour
le dépiquage du grain, et enfin il se penche sur le bord
de l'eau en tenant dans chaque main un instrument
exactement semblable de forme au van généralement
en usage en Egypte; c'est à cette dernière scène que
s'appli(|ue le mot mmioui. Ici il ne peut être question
de vannage, puisque l'action se passe au bord du lleuve
et qu'aucun tas de grain n'est représenté; le défunt Fig. 76. — D après Laszone.
Dizioii. ili Mitol. egizin,
, .
1 r 1 / 11 1 1

semble puiser de 1 eau avec ses deux ecuelles de bois et j


y
il s'agit peut-être là d'un mode d'arrosage très primitif
(pii s'opérerait en aspergeant simplement les terrains voisins du fleuve ou
d'un canal quelconque. Dans ce cas, le mot en question serait celui qui est

employé au papyrus Hood pour désigner la boue àmdouï ^^^,,V'' '^^^ "'^

nom d'agent dérivé de la même racine, s'appliquant au personnage en frain

de travailler et pouvant se traduire ffle boueux r.

AMAIUIAGE.

La façon d'amarrer les bateaux n'a pas varié suivant les époques et est

encore aujourd'hui sensiblement la même qu'autrefois ''). Que le bateau

'' (Pevron, Lea\


N° 1768. lÎRiGscn, Dicitnnn. hiérogl., tirgillii liiig. copt. . p. iho).

SuppL, [).
-3
-3 2. — La scène complète est rcpio- '*'
Champollion, Monuments do l'Egypte et de

fluite dans Lanzone, Dizion. <H Mitol. egizia la Nubie, IV, pi. CCCLXXVll ijualer (le pilote

[)1. V; ces deux copies sont loin d'être <les fac- prêt à lancer l'amarre, cf. Newberrv, Béni Ila-
similés de Toiiginal. un papyius lunéiaire de san , 1 , pi. XXIX) ; ibid. , pi. CGCGIIl iî's (hommes
liasse é|)n(|ue et d'assez mauvais style, comme plantant les pieux, cf. Béni Ilasan.U. [d. XII);

dessin. Lepsils, Bcnkmàlcr, 111, pi. CXVl; Wilkinson,


'"'
Dans li's nomlireuses variantes de la vi{jnet- Manners and Cusloms [étWimw de 18/17), 111.

te de ce cliapiti'e, aucune scène ne correspond p. ig.j; Davies, El Amarna, 1, pi. XXIX; Virey,

à celle qui est appelée ici àmâoui. Le Tombeau de Rekhmara [Mémoires de la Miss,
'''
Maspero, Etudes cjjijpticnnes , II. p. fi (pap. franr. au Caire, V), pi. XXV et XXVI (liateaux

llood, [il.l, 1. I 1); cf. OMC, OOMC, OUI .lulum aniai'rés).

>5.
— v5.( IIG ).e^—

rcmniilc ou redescende le ÎNil, le premier soin fies matelots qui veulent ahorder

est de le tourner la proue contre le courant, puis de ficher en terre un solide

])iquet et d'y attacher une corde parlant d'un |»oint du hordagc voisin de l'a-

Fij;. 77. — Bateacx à l"amabi\e (d'après Lepsius, Denhnâkr, 111, pi. CXVI)

vant. Si le vaisseau est grand ou le courant rapide, on fait la même opération

à l'arrière C; si le hateau reste stationnaire pendant quelque temps, il est

nécessaire de resserrer souvent les amarres et même de changer de place les

pieux, que le ballottement et nn e(Toi-t pi'olongc finissent par ébranler.

Suivant que le bateau est grand ou petit, on jdante vers l'avant un ou deux
piquets qu'on relie au bordage par une corde sini[)le, double ou triple, fixée

sans doute à la barque au moyen d'une bitte, d'un taquet ou d'un cabillot sur

lequel lesmonuments ne nous donnent aucun renseignement, pas plus les


tableaux que les modèles en bois stuqué du Moyen Empire. Le nom donné
par les Egyptiens à ces deux amari'es est, poui' l'une, ':1a corde d'avantn haîit

—'s,, pour l'autre '-la corde d'arrière n pchit Jfc \


\7^'^-

Le pieu d'amarrage est une pièce de bois pointue, longue de o m. 5o cent,

à 1 mètre, munie parfois d'un crochet ou d'un renllement formant saillie sur

un seul colé, comme le montre rhiérogly])he \. Son nom de meii "], menam
""l V 1 ,j«, menait
*"' I -. -1 ('), a donne lieu à des sens dérivés nombreux : le

Davies, El Amurna, V, pi. V. C'est sans (^)


M( mes ri'fi^ronccs. C'est le qantarouz j^ilali •

doute [Kii- erreur (]iril n'y a (le diaque côté que Les jii(|uets peuvent aussi être désignés par
deux pieux d'amai ra^je pour quatre bateaux. les iiiènics noms que les amarres de proue et

'^'
iVlASPEKO, Ftec. de trnv., XXIX, p. 107; de poupe : BoxoMi-SiunPE, T/ie j4/«Jrts/(>î' Srtrco-

Erman, Zeilschr. fur ûgyipl.Simichc ,\L\\\ . p. 5. plingus of Oimcneplluih, pi. XIII, reg. sup.
HS.( 117 )^-H—

verbe qui en est formé sert à désigner d'abord l'action d'cr amarrer n ''', puis
celle d'ff abordent, d'rf arriver au port-, et, comme cela devait se produire

naturellement dans un pays où le lleuve est pour ainsi dire la seule voie de
transport, il finit par exprimer l'idée générale crarriven'' et enfin, dans un
sens plus spécial, celle de ff mourini ('-',
c'est-à-dire ari'ivcr au terme de sa vie,

de son voyage sur terre.

Le maillet dont on se
sert pour enfoncer les

pieux est une grosse masse


ovoïde, sans doute en bois,
et muni d'une courte poi-

gnée, comme ceux dont se


servent les menuisiers et
les tailleurs de pierre; il

est assez lourd pour qu'on


doive le manier à deux
mains. Son nom est kher- Fig. 78. — Matelots plantant le piquet 1)"amarhage
(d'après Ciiampollion, Monuments, pi. CCC'JIII bis).
pou {^khorp)
^^ -=-- (3)_

Amarre, pieu, maillet, constituent les plus importants des accessoires d'un
bateau : ils sont cités en tête de la liste du cbapitre xcix du Livre des Morts,

où le mort s'adresse successivement à toutes les pièces principales de la bar-

que divine dans laquelle il doit être reçu''''. On en trouve aussi parfois des mo-
dèles en miniature à coté des barques funéraires en bois du Moyen Empire f-^'.

Quand l'occasion s'en présentait, on pouvait utiliser comme moyen d'amar-


rage les arbres poussant sur la berge, en attacbant l'amarre autour du tronc,
comme c'est le cas pour les vaisseaux de l'expédition de Pount-'''. Quant à

c Stèle de Pianklii. !. 89 et ijL Caire, IX, p. 77.


'''
Brugscii, Dictionii. liiérogL, p. 643. '^'
ScnlFEïi, Prie.'ilergràbcr... lom Tolcnleiiipd
'''
Maspero, iîec. c/e frny. , XXIX. p. 107. C'est des Ne-User-Rc , p. 78; Steindorfe, Grabjunde

le baria jù.U moderne. des miuleren Reichs , 1, p. 35, pl. X; Quibell,


''''
Naville, Dasâgypl. Todteubuch , 1 ,
[il. CXI; Excavations at Saqqara( igoG-iQOj), pl. XXVI.
II, p. 221. Le texte du Moyen Empire est plus W Naville, Deir el Bahari , 111, pl. LXXII:
complet : Lacao, Rec. de irao., XXX, p. fiO- cf. DiMicnEN.//i«?0)-. Inschr., II, pi. XL L'extré-

08; ici les accessoires de l'amarrage sont à la mité de la corde est enroulée autour de la corne
fin (1. 'lo-lg); Jéolier, Bull, de l'Insl. franc, du verticale de la proue.
— M.( lis ).C1

remploi lIc l'aiicic ou de quelque chose de semblable, pour mouiller, il esl

encore très problématique (anciie).

L'amarrage des barques funéraires, au momeul du IransporL de la momie


au tombeau, donne lieu à certaines cérémonies : une fois que les deux pieux,
celui d'avant et celui d'arrière, sont plantés en terre, on leur fait une ofl'rande

de pièces de viande, puis on y amarre bi barque et l'on termine par la pic-

sentalion de vases d'eau. Les deux piquets sont donc en quelque sorte divinisés

et c'est par leur entremise que certaines des olïrandes peuvent parvenir au
morte.
Dans certains textes religieux'-', c'est Isis cpii saisit l'amarre d'avant, !Nepb-

tbys qui se charge de celle de l'arrière. Ailleurs, ce sont des génies de la

Haute et de la Basse-Egypte qui dressent les deux piquets'''.

I V ^^ I
I . Oiseau non encore identifié, représenté dans un tableau de

Béni Hassan (''. Que ce mot soit ou non identiijuc à celui d'un autre écbassier
qui paraît dans le même tableau, dvid ^^^—
(voir ce mot), l'adjonction du terme ter ^, qui
signifie rc saison n, donnerait alors comme signifi-

cation (d'aiiià de saison n, donc un oiseau migra-


teui" cette qualification s'accorde très lùen avec

l'aspect même de l'animal, qui est certainement


un écbassier.

.,.
hig. 'jg. — ,.
L OISEAU -M-
.i>n-ri;ii (d;i-
Comparé aux
1
autres oiseaux du même tableau''^',

pn's Chamtollios, Moiiumciiis, cclui-ci est de taille moyenne; son corps est entiè-
c*^'^^)-
P''
rement blanc, sauf les ailes, très courtes, qui sont

noires et rouges, ainsi que la queue; la tète est ronde, le bec fort et court,
triangulaire et de couleur rouge; les jambes, longues et minces, onl un doigt

'''
ViREV, Le Tomhemi de Rckhmarn. p. 9/1,
'''
BoNOMi-SiiARPE, The Alabastcr Sarcnphagus

pi. XXV et XXVI. of Oimenepihuli , pi. Xlll.


'''
Pyr. Pépi 1", 1. 60 4. — Jéqiier. Les fri- '*'
CiiAMroLLiox, Monuments , pi. CCGL, el

xes d'objets des sarcophages du Moijch Empire, Notices descript. , II, p. 366.
p. .828.
'*'
NEWnEBRV, Benillnsnn, II, pi. 1\ .
.

— Hi.( 119 ).e-.—

postérieur placé plus liaut que les ante'ricurs. Ces caractères sont à peu près,
mais non pas exactement, ceux du grand pluvier (^Chorodrins liiullcuh^ ''); cette

identification n'est donc aucunement certaine, surtout vu l'absence du doigt


postérienr chez le pluvier.

AMETHYSTE.
Variété de quartz, de couleur violette plus ou moins foncée, translucide.
Elle jouait chez les Egyptiens le rôle de pierre précieuse, au même titre que
le grenat, mais son emploi était beaucoup moins fréquent que celui de la

cornaline, du lapis-lazuli et de la turquoise (-'; on s'en servait pour faire des

perles de formes variées ainsi que des scarabées et des amulettes, toujours
de dimensions 1res petites; il ne paraît pas qu'on Tait jamais employée pour
l'incrustation. Les perles se tournaient et se polissaient comme celles qui

étaient faites en dautres matières, mais le lapidaire rencontrait pour l'exécu-


tion (les objets moins simples de réelles diflicultés jM'ovenant de la dureté de
la pierre; aussi ces petits monuments sont-ils généralement travaillés de façon
somrnaiic ''', les détails à peine indiqués. L'amétliyste est sni'tout en usage
sous la \ll" dynastie; c'est aussi de cette épo([iie (|ue datent les pièces les mieux
ti'availlées et les pierres de la meilleure qualité, en cette matière; on en trouve
néanmoins, mais beaucoup plus rarement, à toutes les péi'iodes de l'empire

égyptien, des rois thinites aux Ptolémées t''l

Les perles ne varient guère suivant les époques : elles sont indilleremment
ovoïdes, aplaties en losange, ou en forme de barillet, mais le type (jui est

de beaucoup le plus fréquent est la perle globulaire, parfaitement ronde,

d'un (liamèli'e qui ne d('passe guère un demi-centimètre '^l Toutes ces perles

'''
Dcscr. (h l'Égijple, XXItl, j). ."iSo, el '**
Garstanc. , El Arabah, p. 28.
'''"''

Hisl. nal. , I. Oiscnii.r, pi. XIV, lig-. i. Les tlilTt'- Pétrie, Diospolis faroa, p. 27, h-i-hh^ 53 ;

renees les [liiis imporlanles sont (jiie le phiviei' PETiiWi-OiiiBEi.i, , Naqada and Ballas, p. /i , 8,

a cerlaiiics paiiies de la tète, de la niupie et du til> , G7 ; Pétrie, Deiideieh, p. 25 : Avrton, Abtj-


cou , noires et brunes, entre autres vm large col- dos, 111, p. h']; MacIver and Mace, El Amrak
lier noir; le bout du bec est noir. and Abtjdos, p. 69, 87; Quiiiei.l, El Kab , p. i5;
'' Vernier, La bijouterie (Iarstang, El Arnbah
et Iti Joaillerie éui/p- , p. 4 et 5; Pétrie, Hijksoa
lieniies , p. 9,21, nA , .3i and Israelilic Cities , p. t3; (Jarstang, Burial

p. 2.'18.
'''
Maspero, Aiclicol. égi/j)!. ,
Cuslonis of Aucient Eiiiipl, p. 111.
, ,

— ^».( 120 )^~


sont percées de part en part et devaient l'aire partie de colliers, soit simples,

soit composés de diverses sortes de pierres. Les plus belles, admirablement


calibrées et d'une très belle eau, proviennent des trouvailles de Dabcliour'''

et d"lilalinun (Xil'' dynastie)'-'; il n'y a que peu de perles datées avec cer-
titude du Nouvel Empire'-^'.

Dans un des bracelets d'Om el-Gaab (l''= dynastie), certains éléments sont

constitués par des sortes de ])erles affectant la forme générale d'un 8, avec
un renflement an milieu, permettant de les attacber, car elles ne sont pas
percées '"'.

Les scarabées en amétbyste sont épais, un i)eu lourds de formes, et souvent


les élytres et le prothorax ne sont même pas indiqués par un trait ''); rare-

ment ils porlent des inscriptions, même quand le plat est doublé d'une feuille

d'ori"', et dans aucun cas les signes ne sont gravés assez profondément pour
avoir pu servir de cachet ('. Parfois ils sont montés en bague'**'. Les uns da-

tent du Moyen Empire, les autres du Nouveau et même de l'époque saïte.

Divers petits objets, ayant dû servir d'amulettes, étaient parfois faits en

amétbyste, mais se rencontrent beaucoup plus rarement que les scarabées de

la même matière; ce sont des têtes de taureaux, des faucons, des sphinx, des
lions couchés, des cœurs, soit en forme de vase, soit ornés d'une tête hu-

maine ''^'.

Aucune indication ne permet de supposer que l'améthyste ait eii pour les

'' J. DE Morgan , Fouilles â Dahchour. I , p. 63 Arabah, p. 25: SctikvE^, Prieslergrâber... vom


ce . pi. XXIV. Toleidempel des Ne-User-Rê, p. 3/i; Pétrie,
'"'
Brlnton, Lahun, I, p. 26. 28, 3a, .IS, Diospolis 2>arca, p. /i3; etc.
'''
])L I, VIII; VViNLocK, AncientEgijpl, 1920, p. 80. }iE\vttE.R9.Y,Scarab-shaped Seals, n"' 86967,
'''
Pétrie, Diospolis pnrva , ]>. f).^. 37/159, avec feuille d'or : n" 37/101, 37/102.
'")
Pétrie, Royal Tombs, II, ],1. I, p. 18; '''
L'inscription du n" 87/159 du Caire rrAmon
Verîvier, Bijoux et orfèvreries [Calai, gén. du est dcrritre, il n'y a pas à craindre indique
Mrisèe du Caire), n° 62010. que certains de ces scarabées avaient le caractère
'*'
Pétrie, Scarabs and Cyliiiders, p. 8; New- d'amulettes.

BERRY, Scarab-sliuped Seals [Calai, gén. du Musée


'"'
Newberry, Scarah-shaped Seals , n°' 37/120
du Caire), n°' 37/120-37^22, Z'jhah, 87459, 87/128.
(" QuiBELL, El Kab, p. i5; Pétrie, Gizeli
37/183, Z-]hih, 37/186, 37/188;Fabretti,Ros-
si, Laxzgne, llcgio Museo di Tortno, n" Cioi, aud Rlfeh , p. i3; Reisner, Amulets (Calai, géii.

61 69, G173, 6181, 6187; Ayrton, Abijdos,\\\, du Musée du Caire), n" i2o5i, i2o52, 12859,

p. /17; QuiBELL, El Kab, p. t5; Garstang, El 1 2860.


~y>{ 1-21 ).e-H—

Egyptiens une signification symbolique, comme chez les Juifs, où (îUe se trou-
vait parmi les douze pierres du pectoral du grand prêtre ('), ni des propriéte's

magiques, comme chez les Grecs, où une amulette d'amc'thyste préservait de


l'ivresse celui qui la |)ortait, vertu (jui a donin' à la piei'i'c son nom d'àfxé-

L'origine de l'améthyste emjdoyée par les Egyptiens n'est pas connue; il

est pi'ohable néanmoins qu'ils la tiraient des Indes, comme plus tard les Grecs

et les Romains, soit directement, soit plutôt indirectement; ce sont en effet

des Indes que proviennent les ame'thystes de la plus belle qualité', semblables
à celles des perles de Dahcliour. On pourrai! aussi songer, pour la ])rovenance

de cette pierre, à la Sibérie ou à l'Espagne, qui sont d'autres centres de pro-


duction, et d'où les amiUliystes pouvaient arriver en Egyj)t(! ])ar la voie du
commerce.
Le nom ancien n'a pas encore été déterminé. Brugsch pensait le retrouver
dans le mot ® 1^' khenem, qu'il identifie au nij^ijx hébreu, en suite de
diverses considérations de nature linguistique et phonéti(|uc '^); cette attribu-

tion ne saurait du reste être maintenue, puis(jue le mot en question désigne


très clairement dans certains textes la cornaline, dont on faisait l'amulette la.

I'''.
Le mot herset |^.7.''' paraissant être aussi le nom d'une sorte de cor-
naline nu de jaspe, il n'y a guère dans la liste des pierres précieuses em-
ployées en Egypte'") que le mot hemdgd fy'^s^*, fl^f ;, qui pourrait
s'appliquer à l'améthyste : il représente une pierre qu'on apportait des pays
du Sud'"', en petits morceaux déposés dans des corbeilles et qui, dans les

peintures, ont une couleur rouge foncé'**); cette pierre joue un certain rôle

'''
Exode, xvviii, Kj: xwix, 12. L'aîné- '^'
C'est une pierre généialenienl rouge, em-
lliyste ne paraît dans aucun autre passage de pioyée entre autres pour les grosses perles ovoï-

l'Aticien Testament. des qu'on attacliait au Ijras. 11 y en avait aussi


'''
Pauly-Wissovva , Real-Encydopâdie , I, une variété blanche (agate?),
p. 1828. '*'
Dl'michen, Geogi: Insclir. aJli'ig. Denicm.,
'^'
Bmcsi-.ii, Dictioiiu. hiérogl., |i. i loo. Les U (Recueil de Moniim. égypl- , IV), pi. IX, 1.52;
ouvrages plus récenis du uième auteur (Die pl.XXlV, 1. i i i;cf. pi. LXlll, 1. i5,etLX.\,l. i o,

Agyplologie , p. ioa) ne reproduisent pas celte '''


Bnifiscii. Recueil de Monum. égi/pl., 1,

identification. pi. XV, 1. i5.


'*'
Liore des Morts , diap. ti.vi. — Maspero, *''
Setue, Urhindeu dcr XVIII. Diju., [>.

Mémoire sur quelques impijrus du Louvre, p. ?., 1099. IjCS peintres égyptiens n'ayant |)as de
h, 5, 7. couleur violette, employaient la nuance la plus

BuUclin, t. XIX. il)


-•«.( 1-22 >ci—

dans l;i cérémonie de Yap-ro, sans doute pour colorer les lèvres du mort'''.

Celle idenlificLition avec l'amélliyste n'est du reste aucunement certaine, les

pierres Ijcmdgd faisant partie des tributs apportés par les populations du
Soudan '-l

A M MA.

AfXfia. I)"aj)i'ès les auteurs classiques ''', cl, en particulier Héron d'Alexan-
drie et Didynic, Yamina serait une mesure de longueur purement égyptienne
qui équivaudi'ait à ho coudées ( i o brasses), soit 21 mètres ('"';
c'est donc sans
doute un simple cordeau à mesurer comme ceux dont se servent les arpen-
teurs (voir arpentage) ('); les mêmes auteurs le nomment aussi dans d'autres

passages rr-^omov ou TOLVcâpiov, mais le nom oi'iginal égyj)ti('n n'est ])as connu.

AMOU-

!.<=: V V:^Ats. fini I


I
:^tfe4, lA . Sorte de bateau, non encore déter-

minée et rarement mentionnée dans les textes, paraissant être un terme gé-
néral plutôt qu'un mot désignant un vaisseau de forme spéciale'*''. Ce nom
devait cependant être assez répandu, puisque le signe >-*« est employé couram-
ment, aux basses époques, comme plionétique pour la syllabe am^'\ La forme
ancienne lïnmon paraît avoir été mom ^=*>.('*).

i"i])proché(', donc soi) un roiigo foncé, soit un '"'


.Sléle n" ii5<j du Musée de Turin (Or-
Lieu fonce. Lepsius [Les métaux dans les iiiscr. ciiBTi, Ctital. illustrato, II, p. ûh, n° 18). Pap.
égijpl. , p. 2 1 ) traduit hemâgâ par jaspe rouge. Sailier il. pi. XII, 1. (j; Sethe, Urhundcn der
'"'
SciiiAPinELLi, // Libro (Ici Funerali, 1, XVIII. D//».. p. 686 (Annales deTlioulmèsIII)
p. i3/., i38, pi. I.XI. et p. i32 (inscription funéraire); BRLGscii,Z)m
'"'
M. Gardiner (Zi^^jj/mH hkvalic Te.xts , 1, Kalemler Insclir., pi. X, 1. 19.

p. il*, n. Il) propose, aussi sous réserves,


''*
la Brugscu, Dictionii. hiérogl., SiippL, p. 64.
même identificalion. '*'
Erman, Aegyylisckcs Glossar, p. 10. — La
'''
Dare.mberg et Saglio, Dictlonn. îles Aiitiq. iecluio de ce mot. qui se trouve dans une des
jrr. et 1-om. , l, p. aSo; Paui.y-Wissowa , lleat- inscriptions de Hirkiiouf (II, 19 : Sethe, Ur-
Enci)clopaclie , I, p. i84i. hinden des alten lîeiclis, p. i3o), est douteuse,
'''
IluLTSCii, Gr. mid rom. Métrologie, p. 38, le signe .<= ou =i pouvant se lire ges; il a
358, Gia; Lepsius [Lângenmasse der Alten, été traduit aussi par «les deux côtés du bateau^,
p. 3/1), prenant comme unité la petite coudée, au lieu de tfle bateau mem-n (Erman, Zeilschr.
ne donne à Wniuita que 17 ni. 80 cent. fiir âgijpt. Sprache, XXXI, p. 69; Breasted,
'*'
Daremberg et Saglio , toc. cil. Ancienl Records, I, S 353).
-^>.( 123 )^-i~

AMURE.

Cordage servant à fixer le coin inférieur d'une grand'voile à la muraille


du navire, du coté du vent, tandis que l'écoute, qui lui fait pendant, s'attache
du coté de l'arrière, sous le veni; dans les vaisseaux modernes, chaque voile

carrée est donc munie de. deux amures et de deux écoutes. Dans la marine
grecque, les trrô^ss (écoutes) et les tspônoSsî (amures) paraissent être le plus

souvent confondues et ne former qu'un seul cordage l'rajipé par son milieu à

l'angle de la voile et dont la moitié antérienre constituai! lamui'e, et l'autre


moitié, l'écoute (''. Il eu est vraisemhlahlement de même pour les hateaus
égyptiens à voile rectangulaire, du type en usage à partir de la fin de l'Ancien
Empire '-), à cette différence près que la voile, étant montée sur deux vergues,
a dans sa ])artie inférieure une rigidité sullisante qui ne nécessite pas la pi'é-

sence de deux cordages à chacune des extrémités de la basse-vergue, mais d'un


seul, servant plutôt d'écoute que d'amure'^'. En réalité, dans les représenta-

tions figurées, on ne voit jamais la manière dont la basse-vergue se fixe au


bord du haleau; elle paraît tout à fait libre, chose inadmissible au point de
vue nautique-'), sauf dans les plus anciens modèles de ce bateau, où elle est
munie de deux vrais bras semblables à ceux de la vergue supérieure et ma-
nœuvres de la même manière'"''. Les amures ne seraient donc pas indispensa-
bles; mais un mot ([ni paraît dans une liste d'agrès, au Livre des il/or/.s (''',

àlou-klierit
^Te "^ '^' étant déterminé, dans une des variantes, par quatre cordes,
semble, vu sa place dans la nomenclature, ne pouvoir s'appli([uer ([u'à l'en-

semble des deux écoutes et des deux amures.

'''
Serre. Les marines de guerre dans l'anlt-
'''*
I^a voile t'-tant fiffnrée de face et le bateau

(juité, 11, p. .1.39. (le profil, le dessinatcm- n'aurait pu représenter


'^'
Les voiles triang-uiaircs on Irapézoïdes ees petits cordages qu'en leur donnant une ton-
des hateaux plus anciens, ('tant fix(îes par le bas giieur très exagérée; de là sans doute l'oniissicm

sur le pont, n'ont pas besoin de cordages de ce de cette manoeuvre.


genre, puisqu'elles sont nianœnvrées uniqu(;- '*'
Jtîquier, Bull, de l'inst. fraiir. du Caire,

ment par le haut. * IX. pi. III, fig. •?..

'^'
Gîikser^, Dds Seeivcsoi der alten Aen.. [). i5 *"'
Chap. xcix (Naville, Das iigjipl. Tndlcn-

(dans DiJMiciiEx. Restdlale, I). buch, I, pi. CXI, 1. 19).

16.
. ,

*n.( 12'i ).e-i-

AN.

î , ao±tn •'l^v. j;^^ i o j


('), ou pliilùl i 1 I "le l)iUon li(niopolilainr.Noni

(run des bâtons faisant partie du mobilier l'iinéraire et rentrant dans la série
des quatre hores (?) ^Pou
i,',*JiJ^ bâtons de campagnes
(-) ces sortes ff :

de cannes sont sans doute destinées à permettre au mort qui les a en sa pos-
session de parcourir en tous sens les champs de l'autre monde, de même
que l'autre série, les quatre j,!,*" "'^''tons des bassinsu doivent lui donner
la faculté de traverser en toutes directions les terrains inondés. Ce nom se

rencontre presque chaque fois que les noms spéciaux de chacune des cannes
sont indiqués ('', et ne semble pas alterner avec d'autres (la variante j J_^"'"'
est peut-être fautive, mais il est également admissible qu'il y ait eu un ff bâton
de Pan comme il y avait un r bâton d'Héliopolisn, la première de ces villes

ayant aussi joué un rôle important au point de vue religieux et funéraire);


comme les trois autres, c'est le plus souvent une canne droite du type de
Vames avec pomme et virole métallique H parfois un gourdin renflé à sa partie
inférieure''). Dans une reproduction saïle des mêmes textes funéraires, ce

bâton est appelé aqur ^ '| ('l

AN.

C^E) C^E)
B, A, y
I

anou
ou ''').
A l'origine, ce mot
désigne la grande tablette rectangulaire, en bois stuqué et peint en blanc, sur

'' (JeUe variante est celle de rAneien Empi- <^i Lacau. op.n(., II, pLXL VI, fig..34/1, 345,
re: les aiilres appartiennent au Moyen. ."j/ig; Steindorff, Grahfunde des miuleren Beichs
'"'
Cette (léiioniinalinn générale se trouve I, pi. V; II, pl.II,etc.
entre autres au sarcopliage de Sepa, an Louvre. 1''
Lacau, op. cit., II. pi. XLVI, fig. 3/17;
Cf. Jéociep. , Les frises (ï objets des sarcophages Steindorff, Grahfunde des miuleren Reichs, I,

du Moyen Empire, j). iGo. ]il. 111; Gautier-Jiîouier, Fouilles de Lichl,


•''
Pijr. Noferfcara ,1.298. — Laça v , Sarcoph |d. XXVII.
antér. au Nouvel Emp. ( Calai, gén. du Musée du '''
Maspero, Annales du Sero. des Aniiq., I.

Caire), 28086, n° A7 Steindorff, Grahfunde des


; p. 2/10.

miuleren Reiclis, I, jil. 111, p. 17; (Iautif.r- '"'


Brl'csch, Dlctionn. hiérogl.. p. 192. —
Jéoiiier, Fouilles de Liclil ,
pi. XXVII. L'orlliograplie thiqu ou dnnnu est exclusivement
'*'
Lacau, op. cil., 28034. n" 1*8. employée à partir du Nouvel Empire.
,

— v-».f 125 ).e--i—

laquelle les scribes font leurs écritures couranlcs; une cordelette fixée à une

des extréniite's permettait de la suspendre ou de la sortir facilement de son


étui; c'était même une des pièces les plus importantes de l'attirail d'écrivain,

aussi ce nom de an a-t-il pu être employé comme une des valeurs phonéti-
ques du signe ||, qui est en usage aussi bien pour désigner l'écriture elle-même
que la fonction de scribe'''. Au Moyen Empire encore'-), le mot an ^ ne s'ap-

plique qu'à la tablette de bois, mais son sens s'étend progressivement, et dès

le Nouvel Empire on s'en sert pour désigner tout objet ayant à peu près la

forme d'une tablette et sur lequel on insci-it des documents d'une certaine
importance. Ces plaquettes sont alors généralement en métal, souvent en
métal précieux, ainsi la tablette d'argent sur laquelle était consigné le traité

de Ramsès II avec les Khétas'^', et celles des temples qui portaient des textes
sacrés et que les prêtres lisaient pendant les cérémonies du culte'''. Dans les

dons que Ramsès 111 fait aux divers temples d'Egypte, on voit figurer un cer-
tain nombre de ces tablettes en argent ou en bronze; il est dit expressément
que les unes porteni des inscriptions'-'', tandis que jiour les autres'''' on se

borne à indiquer le poids, variant de lo à 20 kilogrammes, ou la dimen-


sion, qui correspond à peu pi'ès à celle des anciennes tablettes de scribes, en
bois.

Dans le même texte, d'autres de ces dnqu qui sont en bronze, couleur d'or

et portent également des textes, sont cités avec la mention / — J^^^'^!


'
,'

I'
'

et représentent probablement des soi'Ies de prismes à six faces''''.

'"'
Urigscu Dictionn., kiérojrl. ^ p. 1 ijo ; Siippl. Cf. Bkugsch , loc. cil.

]i. 327. '^'


Bmcii, Fac-similé nf an Cffi/pL hievnt. Pnp.
'' En pailiciiliei- dans la IViso d'objets des (l>:i|i- Ilanis n°I).]il.VI, I.7: |il. XIAII. i. .'!.

sarcophages : IjAcal- . Sarcop/i. anlér. au Nouvel '•"'


Ibid., pi. XUl''. 1. i/i; \>\. XIV', 1. Pi:

Emp. {Calai, gén. du Musée du Caire). M. p. 10-] pi. XXXllI', 1.


9 , i5; pi. LU', 1. 11.

(index); Steindgrff, Grahfunde des iniulercu '''


/4i(/. ,
pi. \ 1, 1. 9: pi. XLVIl, 1. 6 ;
pi. I.ll'',

lieictis, I, p. .3o; Bircii, Cnjfin of Amamu, 1. 9,10.


pi. XXIV; Jkqiier, Les frises d'objets des sarco- -*'
Birch, ibid., p. G, 19 (note aG) et ai.
phages du Moyen Empire , p. a66. Cf. au cliapi- Brugsch (Diciiann. hiérogl., Suppl., p. io5'))

Ive dL^m (\\\ Livre des Moris [^vnGZ, The Book y \oit plutôt une composition de six métaux
of ihe Dead, Text, p. 366, 1. 5). dillérents, opinion qui ne parait pas sontonablc.
'"'
Lepsils, Denicmàler, III, pi. CXL\I, 1. (i. vu la mention très nette que ces objets sont en
'''
Mariette, Dendérali , I, j)l. XXIX, J, 1. 2. bronze.

— M.( \-2C) )<-.

/liV.I.

J l\<,."» 1 (5, , rt/'CH 1 ,s*w^ (5, • l';ii'lic d'iiii l)atean; (liins lin fies rares

textes''^ où il j3araisse, ce mot s applique à la Neshmit, barque sacrée d'Osiris


à Abydos. mais le determinatif élant difTérent dans les deux variantes, on ne
peut savoir sil s'agit de la membrure ou des cordages. L'analogie avec le mot
(tnqa "^^ j e. <-', qui est aussi du Moyen Knijtire et signifie r cordages, manœu-
^ ^

vres d'un bateau à voilesr, paraît justifier plutôt cette deuxième byj)otbèse; de
même il existe (sncore un aulrc mot analogue, aniil \'^^'^- (voii- ce mol),

qui signifie également corde. C'est évidemment aussi ce sens (|u'il faut adopter
dans un autre texte du Moyen Empire, où Van parait à coté du piquet d'a-

marrage '^).

yi Ni OU A OU.

'
Jele^i, (inaoji lA^^w^i .^''\nnaoiii II çll»ïr- l^lante employée dans

nelques recettes pharmaceutiques, soit pour des frictions contre la chlorose'^',

S(l| 10UI' des l'iimigalions destinées à guérii' des morsures ''^^'.


Oetlc plante n'a
pas élé identifiée; c'est probablement la même, avec une ortliogi'apbe un peu
différente
H''^, anonaou, dont il est parle dans un texte de Dendérali'"', par-
lant d'un oM,z«' fait en cette matière, donc sans doute en bois : ce serait alors

une plante ligneuse, arbre ou arlnisle. Peut-être faut-il également reconnaîti'e


la même plante dans Yaiioun ^"^'^i^.v qui est employée pour fabriquer des
emplâtres''*'.

'"'
Stèles n°" 2o538 cl aoSSg (lu Musée du franc .nu Cuire, 1), p. ilKi: IjEpsuis. Aellesle

Caire(Abyilos) : Catnl.IvANr.E-ScHAFEP., II, p. 1 iS Texte, pi. XiV, 1. 56.


(1. /i) et i55 (1. 7). Les deux textes ensemble '"'
Cette dernière oi'tliograplic est celle de
dans Daressv, Rec. de trnv., X, p. ihG. roslramn de Berlin.
'"'
Dans les différentes variantes de la liste '•'
Pap. méd. n" 3o,38 de Berlin (édit. Wres-
des parties de bateaux (Jkquier, Bull, de l'Iiist. zinski), pi. VI, 1. 5. — Ostiacon de Berlin P.
franc, du Caire, IX, p. 60), les deux mots 6670, 1. 6, 7, 8 (Hieral. Pap. ans den kônigJ.
alternent et sont donc considérés comme syno- Mtis. zii Berlin, III, pi. XXVII).

nymes. '"'
Pap. niéd. de Berlin, pi. \1I, 1. G.
''''
Sarcophage de Horbolo]), 1. ASa .-Maspero, '''
Brlgsch. Diclioiin. hiérogl., Stqrpl., yi. ijo.

Trois années de fouilles (^Mémoires de la Miss. '"'


Pap. Ebers, pi. LXXV, 1. 19.
.

— »»•( 1:27 )<-t —

ANBI.

J |ll*ÎI,rt"/'l *ÎI. Plante médicinale non identitiée, enlranl;


I

dans la composition de divers remèdes, spécialement des purgatifs''' et des


vermifuges'"-'; on l'employait aussi pour des emplâtres ou onguents destinés
à fortifier ou assouplir les muscles ''' ainsi qu'à guérir des blessures''', et pour
des fumigations'"''. Cette plante produisait également des graines comesti-
bles''"'. Les ])lus anciennes mentions de cette plante datent du Moyen Empire,
avec la forme anha | ^ J |
-^ et nnbqu ^
^'''
J ^ ^^ '^'.

On a rapproché ce mot, sans raison suflisante du reste, de l'hébreu 2:v


tr raisins 15 '**'.
Peut-être faudrait-il y voir j)lutùt une sorte de plante grimpante,
une te plante de muraille iî.

ÂNBOU.

Jm<j. Nom dune plante non identifiée (pii devait être comeslible,

puisqu'on la conservait dans des greniers, au même titre que le blé, les fèves,

les pois cliiches et quantité d'autres végétaux ''•''.


Elle se trouve aussi à plu-

sieurs reprises parmi les dons que Ramsès 111 fait aux temples''"'. L'ànhnu se

trouve en général cité à coté des raisins ou de la plante dedmel ^^^^ qui est

peut-être la mandragore'"'. On a rapproché ce mot, sans doute avec raison,


de l'hébreu 2jï (cf. v^) r- raisin, grappe-. H se trouve au grand papyrus
Harris, avec un déterminatif dilférent, ^ J ^ ^. pour désigner l'unité de

"> Pap.Eljers.i)i.V.I.2:pi.XXlIl,l. i3, iG. trav., XXXI, p. 26.


(='
Ibid., pi. XXI, 1. 17. m Levk Vocab. gerogl., I. j). 81.
m IbiiL, pi. LXXXIll, 1. 7.
!''
Pap. Anastasi tV, pi. VIII, I. 12. — Le
''"'
Ibid., pi. LXXI, I. 11. ren\(ii donné par Hnucscii, Diclioiin. Iiicrogl..

'"'
Pap. méd. n" .'îo38 de Berlin (édil. Wres- p. igO, à DiMiciiEN, Hisior. Iiisckr. , pi. XXMII,
zinski), pi. VII, 1. .j. est inexact.
'''
Chabas, Mélanges égi/piol., II, p. a.ja. <"''
Pap. Hanis n" 1, pi. XIX'', 1. a ;
pi. LXV\
'''
Vogelsang-Gardiner , Die hlageu des Bau- 1. 7; pi. F^XXII, 1. 1 1

eni ,
pi. I. 1. 2O: VooEi.sAXG, Knmmenlar zu deit '"' Masi'ero, Du genre épistolaire, p. 1^1 (fin

Klagen îles Bauern, p. 3o, Sa; Lacau, Bec. de de la note 5 de la page 10).
mesure quand il s'agit de com[)Lcr les aulxO. Celle planle ne paraît pas dans
les papyrus médicaux, car il ne senihle pas possible de l'assimiler, comme on
l'a lait*'), avec celle qui porte le nom d\inl)i \'Z!^\\\^'i (voir ci-dessus), pas

plus, du reste, qu'avec la planle hena ^y^it^'.

ANCHE.

Une des conséquences naturelles de la navigation fluviale est (jue, lorsqu'on

veut arrêter un bateau à un endroit quelconque, on l'amarre au l'ivage plutôt

que de mouiller en pleine eau; aussi rencontre-l-on de npmbreux exemples


d'amarrage, tandis que l'usage de l'ancre reste encore pi-oblématique.
Il se trouve cependant, parmi les

accessoires en miniature des modèles

de barques du Moyen Empire, des


objets ([ui peuvent représenter des
sortes d'ancres : ce sont de petites

pièces de bois, peintes en blanc, co-

niques et percées d'un trou à leur

pai'tie supérieure ('); il est dillicile d'y

\oir autre chose que la réduction de


gros poids de pierre destinés à être
Kig. 80. — iMoiiLLAOE d'uxe AN"CI1e(?)

(d'après Datiës, Deir d Gebrawi, II, pi. VII). descendus au fond de l'eau au moyen
d'une corde et qui pouvaient sullu-e

à maintenir une barque immobile au milieu du fleuve, au moins pendant un


certain temps, si le courant n'était pas trop fort'"'.

Ci Pap. Hanis m" LXXII, 10. '*'


SciilvEti, Prk'slergràber... vom Totentempel
1, ji!. i. Il y a

interversion de délerminalils entre la planche des Ne-User-Rc , p. 71 et 78.

\\\\ i. 1/1. et la planche XIX', 1. a, ce tpii '''


Ces petits objets onl de ni. o4 cent, à

prouve sulhsaniment i'équi\alence des deux o m. o5 cent, de haut; en admettant que ce


mots. 11 s'agit sans dente de gousses d'ail sont des réductions à 1/10 environ, échelle
(voir ce mot) réunies en g-rappes. normale jiour les accessoires des bateaux, les
'''
Levi, Vocab. gerofrl, , \U. p. 6). objets qu'ils leproduisent auraient eu environ
'''
Breasted. Anciciit Rcconk, V, p. laa m. 5o cent, de liant, ce (pii les rendrait tout

(cf. IV, UgS). à l'ait aptes à renqilir cette l'onction iTancre.


,

C'est peut-être une scène de mouillage dans laquelle est employé un objet
de celle espèce, que représente nu bas-relief de l'Ancien Empire''' où l'on

voil un liommc descendre dans l'eau ou en sortir un objet suspendu à une


corde. Dans une peinture de la même époque'-', on remarque sur un grand
bateau une corde enroulée au milieu du pont, dont l'autre extrémité passe
par-dessus la proue avant de plonger dans l'eau, tandis qu'un bonime est en
train de la manceuvrer, dans un sens ou dans l'autre; comme ce bateau est

sous voile, il s'agit sans doute d'im mouillage provisoire pour prendre le vent,

après le démarrage '^'.

Ce système d'ancre, très primitif, a aussi été employé ])ar d'autres |)eu-
ples''''; les Crées le désignaient sous le nom (Veiiin): nous n'en connaissons pas
le nom égyptien.

Sur aucun monument d'Egypte on ne voit paraître l'ancre en métal, le

croc de fer. L'ancre de pierre ne se rencontre plus à partir du Nouvel Empire,


même sur les vaisseaux de baule mer.
Hérodote''"' parle d'une sorte d'ancre flottante composée simplement d'une
pierre plus ou moins grosse au bout d'une corde fixée à la poupe et quon
mouillait en descendant le fleuve, pour maintenir le bateau dans le fil du
courant, tandis (piunc claie retenue par une autre corde, mais à lavant,
l'entraînait dans la bonne direction.

AN ET 11.

Plante de la famille des om])ellifères, à feuilles très découpées, fleurs jau-


nes et |)etits fruits plats de saveur piquante et aromatique, qui doit avoir été
cultivée; déjà très anciennement en l^^gypte, mais ne paraît pas y avoir jamais

'''
Mastalia du Musée île t^eydc (tloij.wERDA- eoralif. comme à la proue de la lianpie de So-
BoESER, Denkmiiler des alten Tteichs, pi. XX). karis (voir plus bas, p. 1.33).
'''
Davies, Deir el Gebrtiw! , II, ]il. VII. '' Vj. RosciiACii, dans DAREMnEHi; el Saci.io,
'' De d'une des liaïqnes
l'apluslre luni'- Dktioini. (les Aiili/j. jrr. et ram., article Am:iira
l'aires de Ramsès III (Ciiampoi.lion, Monuments (I, p. 366).
pi. CCLVll) pend jus(pi"au ras île l'eau ipiel- '*'
Livre 11, cliap. \i;vi: cf. Wiedemann, //cro-

qiie cliosc qui ressenihle à une i-liaine: il esl dols zweites Biich, p. 388; Wii.kinson. Maii-
cependant fort peu pi'obable ipTii s'agisse d'iuie nersand (hsloms nftlie nncicnt Egyptiaiis (édilion

rliaino d'ancir : re serait plulôl un éli-Tueul di'- de 18/17). III, '^^-


I'-

Bulletin, l. XIX.
— M.( \?,{) ).«H

poussé spontanéiiienl ''); les espèces ([iron y [i-ouvc son[ \Aiielhnm graveolcns

L., puis 1'^. acre, VA. fœniculatum cl \A. dulce^-\ Les graines d'aneth, em-
ployées par les Orientaux surtout comme condiment pour certains mets, ont

aussi des ])ropriétés médicinales qui étaient bien connues des anciens : ils les

utilisaient comme calmant et comme galactagogue, puis contre les coliques,


les tumeurs, les ulcères, les névralgies, les maux d'oreilles, mais surtout
pour les maux d'estomac '*'.

Le nom égyptien de l'anetli est amesit


| jfc ffl P !*

| "^ P ^ '
''' *^'" mestdmi , mesti

mp»^*^' îîiP«'^^'^''
''
P^''^''^
f'^'^s les papyrus médicaux oi'i il entre dans la
composition de certains remèdes, fumigations pour diverses maladies, onguent
pour les maux de jambe, friction pour les gens ayant peur des revenants''"''.

Dans beaucoup de cas, les mêmes (>n général pour lesquels les classiques uti-

lisaient l'anetb, les Egyptiens employaient un liquide appelé aussi inestd


[|jP7
V CZ^. (Mil n'est sans doute qu'une décoction ou une infusion de m-aines

d'aneth : on s'en servait comme boisson ou comme injection, mais surtout


dans la préparation d'emplâtres contre les maux de ventre, les ulcères, les
maux de pieds, etc.'"'.

Le copte AMici, GMicG, MiCG, qui (lérivc directement du mol (-gyptien,


est en général rendu dans les scalw par l'arabe ov-i. mais parfois aussi par
^;m, qui signifie menthe^^''; il s'agit sans doute d'une confusion provenant de
ce (|ue, au poini de vue culinaire, on cmplovait la menthe et l'arfeth à peu
près pour les mêmes usages. Une autre confusion a été provoquée par l'emploi
en copte du mot grec Aiineœii, remplacé, souvent par aijgcon, aiigco^^mi,
nom de Yanis, plante très voisine, d'un usage presque semblable, l'assonance
des deux mots étant à peu près identique''*'.

'''
l'usT, dans IIasïings, Diction, of llic Bille, (leiililicaliiin de ces mois est li-ès prolialdcniais
I. ji.
99 (article Anise): LoRET, La Flore phairio- |)as alisolument certaine(WRKSziNSKi, i)erg-)OMe
nique (2° édil.), p. 71: Boissier, Florn orieiilalis . mediziiiische Papyrus des Berliiier Muséums, p. cfi).

II, p. 102 G. m Pap. Eheis. pl.XLVII, 1. i.'î; pi. lAXXI.


'•'
WoENiG, Die Pjlanzcn im alleu Agijpten , I. 1 1; paj). méd. de Bcilin, pi. V. 1. ij;pl.MI,
p. i225. 1.3; pi. VIII, 1. 11.
<''
Olck, dans Paily-Wissowa. ReaUEnaj- (^'
Pap. El.ers. pi. XXIV, I. 2 ;pl.XXXV,l. 1 1;

dopUdie, V, p. 6.39 (ariicle Dill). pl.XUXJ. 18: pi. LXXIV. 1. 2 . i9;pl.LXXVI,


'"'
LoRKT, Rec. detrav., VII, ],. i o(\ : La Flore I. 1
.'î
;
pi. LXXVll, 1. 17: pi. XGVI, J. n.
pharaonique , p. 71. 1,37. '*'
Loret, La Flnre pharaonique , p. 53, 71.
'"'
Brlgscii, Diclionn. liiérogL, p. 71a. L'i- '"'
Loret, liée, de trav., XVI, p. 92.
-( l.'îl )«H-

ANGUILLE.
Bien ([ii'il soil abondant dans les eaux du Nil, ce poisson ne joua jamais
un rôle important chez les Egyptiens; on le voit figurer parfois dans les scènes
de pèche de l'Ancien Empire''', parmi les autres poissons, mais moins fré-
quemment que les individus de n'importe quelle autre espèce : dans ces repré-
sentations, l'anguille est très reconnaissable à sa forme allongée, sa tète ronde

et ses longues nageoires dorsale et ventrale qui viennent rejoindre la nageoire

caudale'-', mais il n'est guère possible de déterminer exactement s'il s'agit de


YAngm'lla vulgaris, ou d'une autre espèce,