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M-" SimoneBERRIAU
Directricedu ThéâtreAntoinedepuis1943
(Dessinde A. Drian)
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Photo X

Peude ThéâtresPrivésprogrammentdesspectacles à 18h 30,maisquand


FrancisHuster estvenu avecson enthousiasmeson charmeet son talent
nous parler de Laforgue et d"'Hamlet", nous n'avons pas hésitéune
seconde.L'aurions-nousfait quece"prince dont le théâtreestle royaume"
nous aurait entraînéirrésistiblement,irrémédiablement...
Antoine, pour Huster, c'est non seulementle fondateur de ce lieu
prestigieux,mais c'est aussitoute une armée d'ombres silencieuses, de
présencesévocatricesdes grands du Théâtre qui y sont passés.
En 1887André Antoine fondele ThéâtreLibre...tandisqueJulesLaforgue
meurt, tuberculeux,à 27 ans...
C'estlà aussiqueLouis Jouvet,en 195I , justeavantdemourir met enscène
"Le Diable et le Bon Dieu" de Sartre,et Dieu sait encorecombienJouvet
fascineHuster.Celalui faisaitvraimentbeaucoupdebonnesraisonspour y
venir défendrele chef-d'æuvrede "l'Homme aux Camélias".
A 18h 30 désormais,avecdu vert ou du bleu pour lesyeux (c'estselon..'),
du noir et du blanc pour le reste,Francis Huster va interprétertous les
personnages d'Hamlet, en une heure trente, avec l'étonnantemagie des
mots de Laforgueet la puissancedramatiqueet multiple de I'acteurqueI'on
connaît'
SimoneBerriau et Daniel Darès
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THÉÂTNE
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HUSTIR créutionIe 17 janvier 1984


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la d;û^ravt)to.
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7n cJartt,2n*tn aeuiz dalntûL
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quûu{tr h p*t ,ruin;n/lâr,lt
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J U L E S L A F OR GU E

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A proposde JulesLaforgue
A tout poètequi s'avance,il faudraitque Ie
eàrdien'du temple fit dès le seuil quelques
-questions
très simPles:
;Éi-iu a. q.tinomment,lui dirait-il,ou de
c** qui "eux répèténtles noms? Quelleschoses
nouu.it.. urltu uu.t dansleur beautéet dans
leur vérité,ou bien dansquellebeautéet dans
ouelle vérité nouvellesas-tu vu ces memes
i't'tot.t qu. tant d'autresont vues?"' Si le poète
néo.ut basrépondretout desuite,s'il hésiteou
r. itoubleun instant,passez votrecheminsans
àétoutn..la tête;il ne vientpasdeslieuxoù se
trouventlessources.Mais si' dansle chucho-
i.t.nt leplushumble.il croitserappelerqu'il a
peut-être'vu, dansleur beautéou leur vertte'
unefleur,unelarme.uneombreou un sourlre'
àirêt.z-uous,approchez-vous. écoutez-le : il est
sûr qu' il v ous es t e n v o y ép a r u n l )l e u .q u la
besoind'êtreadmiréd'unefaçonnouvelle' .
Or, nous voici devantun p.oètetncertaln'Je
l'appelleincertainparcequ'il n'estpasencore
clasiique. Qu'alloni-nous répondreensonnom
à ceui qui àousdemandentce qu'il a vu dans
unebeaùtéet dansunevéritéqu'on ne connals-
sait pas encore? I1 a vu bien deschosesautre-
qu. lesautres;et voir autrementque les
autres,c'estpresquetoujoursvoir un peumieux
-èni
que les autres. Et puisqu'illesa vus. il a su nousfaire
voii dei paysages,des imageset des
sentimentaasseZdifférentsde ceux qui
nousétaienthabituels.Mais cequ'il a,je
crois.le plusclairement aperçudansune
beauié ét une vérité inattendues,c'est
unesortede sourirepuérilet divin qui est
peut-êtreau fond de toutesnosactions'
èt qll'on pourrait nommer"le sourirede
l'âme".
Tandis que I'Hamlet des Moralités
Lésendaiies, qui està certainsmoments
o l fi s H aml et' que I' H aml et même de
3huk.tp.ut.,tandisquesonHamletrêve
à sa propre mort dans l e ci meti ère
d'Elseneui: "Hé là-bas,vousI lui criele
secondfossoyeur,voilà justement-le
convoi d'OPhelie qui monte ! - Le !'
oremiermouvemenf du penseurest de
1 -----
réveillépar un
iinser à ravir le clown -1.,^:114
.o,ip d. maillocheà grosse caissedansle
d osi etc' esttoutj ustequ' i l l erépri me" ' "
C'est toute I'attitudedu poètedansla
vie. réveillésansrépit par lescoupsde
mai l l ochedu desti n' et n' est-cepas
I'attitudede quelquechoseen nousqui
estlenoYaumème-de notreêtre.et quine
peutpaicroire.malgrécequ'onaffirm,e,
quetôut cequi sepasse sepasse"pour de
vr al !
J'ai choisi à desseincet exemple, Qu'avions-nous pour traduire le
parcequ'il peutparaîtreun peugros, souriregravede notre âmeau milieu
maisnemarque-t-ilpasd'un trait sûr, de seslarmes,et le rire denosplaisan-
amusant et profond, I'inexplicable teries habituellesse rapporte-t-il à
distractionde l'âmehumaineoui va notre âme et s'allie-t-ilà rien de ce
jouer on ne saitoir cependant que le que l'âme adore? Mais voici qu'un
cæur se déchire,parce qu'elle sait enfant,de cesmille petiteschosesqui
sansdoute tout au fond d'elle-même niaient jusqu'ici, nous a fait un
que les plus grands malheurs qui poème qui vient nous affirmer aussi
nousarriventne nousarriventqu'en divinement que les plus grands
apparence? poèmesla profondeur et la beautéde
Il semblequ'avantLaforgueon n'ait tout ce qui existe.
jamais osé danserni chantersur la Il semblequetousceuxqui précèdent
route de la vérité. Tout Laforgue se un poète dans la vie n'aient jamais
révèledans des traits de ce senre. qualité pour apercevoir une beauté
Il faut aimer tous ceux quTont su qui est plus jeune qu'eux. Un poète
purifier quelquechose: èt celui-ci n'estjugéjustementquepar ceuxqui
vraimentpurifia notre rire. N'est-ce I'entourentet par ceuxqui le suivent.
rien que d'avoir su retourner ainsi le Et c'estpourquoije croisquel'æuvre
rl comiqueinhumain,et d'en avoir pu
faire je ne saisquellejoie tendreet
presque affligée qu'on pourrait
de Laforgue,devantlaquelles'incli-
nent les meilleursd'entre nous, n'a
pas à craindreI'avenir...
appeler "le comique angélique"?

MAURICE MAETERLINCK.
I

(Mercure
deFrancemai 1896)
[Jnetraiectoirede27 ons...
Le mardi 29 novembre1881,à huit heures
du matin,à la garede1'Est,un jeunehomme
vêtude deuil,et auquelsamlse'sonaspect,
sonattitude,sonvisagerasé,donnatentune
apparence un peu ecclésiastique' prenaltle
tiuin a. Cologne pour se rendre à Coblentz'
-poui
Il s'v rendait remplir une chargeassez
i"àti*au. srir laquellèil n'avait que-des
ut,.t .n"ot. vagués: il se nommait Jules
Laforgueet il venaitd'être agréécomme
lecteu-rfrançais auprès de I'j-mpératrtce
Ârgrsta.te-;t"tedeGuillaumel"'. lepremier
des - t r ois emp e re u rs d e I' A l l e m a g n e
Àod..n.. Cetteiituationétaitd'autantplus
extraordinairepour Jules Laforgue que'
quelques iour sâ u p a ra v a nit,l n ' é ta i te n c o re
qu'un i.uh. hommebesogneux. vivanIlant
bi. n qu. m al à Pa ri s 'd a n s u n e c h a mb re
sarniede la rue Monsieur-le-Prince'
Lrans 1. chemin de fer, Jules Laforgue
oouvait,à bon droit, se sentlr surprrs.oe
i.1i. .tÉe". de sursautde sa destinéequi Ie
oioi.tuit uintl dela rueMonsieur-le-Prince à
iu .ônt d'Allemagne; il pensait aux clrcons-
iân.* tlngurières"qui l'àvaientamenéde la Jules['aJbrgue'
*âi. a. l'Ëst ce jorir-là à I'autrebout de la élèvedu l)'c'éede Torbes'
i*t., ."t Jules"Laforgueest un des lrois
ooètesfrançaisde grandmérite.- il y en a
nés à Montevideo et qui lont de
à."* *,*'t : Laùréamont. l'auteur des français : : M o n r e u i d . o - l a - C o q u e t t e " . c o m m e l 'a
étonnantsChants de Maldoror,'et pour notre
appeléesi justement Lautréamont, une sorte
bonheur,le poèteinspiré -l'un desGravitatrons'
Jules Supervielle,- des trois poètes de Parnassetrançals.

ru$J$ffi YtrH1{S*$
Atléecl'eucalyptusdujartlincluRatlo,àMontevideo'àlaquelledes.adlnirlteyl'1..u.:yCyoy'nt
""'àrî qui y naquit et y demeuro0 ons.
àîiài.,'ai qu'oi donn, le nom de JulesLaforgue
C'estPaul Bourgetqui eut I'idéede recom-
mander Jules Laforguepour remplacerle
lecteur de I'ImpératriceAugusta. A ce
moment 1à, Jules Laforgue n'avait pour
vivre quelesdeuxcentsfrancsqu'il recevait
de Charles Ephrussi,pour collaborer au
travail d'un buvrage sur les dessinsde
Dûrer. On peut aisémentcomprendredans
quelleétrangetéd'espritLaforguedevaitse
trouverau momentde prendrele train pour
Coblentz...

Extrait de la lettre adresséeà sa sæur dès le


lendemainde son arrivée à Coblentz. L'lmpérarriceAugustade Prusse

.,A dir heures,visitedu secrétairede la maisondela reine.On vameprésenterà Sa Maiesté


...
ters onzeheures.
"Comme le ceur me bat ! Représente-toiton pauureJules!
..A onzeheures, monte.litiaierse des coiridors p.le.ins (e portraits, deglac91,lveg.de1
ie
ransées de senriielles ,n oi*rr. J'arrive dansuneaniichambrequi esl un véritablejardin de
'it"friài prAtenreà la comlesseHacke, une bônneet maternelledame(la
iià'tà)|i."ô7-^,
;:;;;;;r;;;;;ithinnrurt nile q srltamort depgpa' etc', elle me.parletès affecrueusement'
elle me dit de ne pas
"r'tî;';;;;;;ii io, to fenêtre le Rhin qui coulê dans le brouillard,
m'intimider.
"Deux valetss'avancent,on m'inftoduit !
" Ç; ;;i';;**à u'nétlouttsemenl.Ah ! monDieu ! l' impératice.étaitlà ! Elle s'estlevée'm'a
de la mort de
souhaitéla bienvenue, qirttionné sur ma carrière,m'a plaint longuement
^;i jeunes èt sæurs. en donnedes
;;;;'i;;;:.'mta demandéqii soignerairmes frè.res Mir^.!:i répondanttrès
nouvelles,er cela si sinciii t Jrét:aisconfoidu. Je m'en suisbien tiré, en
simolement.Puis :
li-i ComtetseHacke,
faites visiter la galerie à M .!o.fqr.su,: ..
,,La comtesse Hacke mefaisait visiter,àlleestaimable,'ellem'a dit quej'aille lui rendrevisite'
etc.
"Ma chèreMarie, es-tucontentede moi? Espèreslu?
"Je vousembrassetous ainsi qu'Anastasie,loncle, Pascal' la cousine'
"Ton Jules"

"Écrivez-moi : M. Jules Laforgue,près de S.M. Ïimpératrice-reine, PrinzessinenPalais,


Berlin (Allemagne)."

Pour I'amour d'une jeune Anglaise, Leah


Legil est contraint de quitter son poste de
lecteur.Le 31décembre1886au retourde la
cérémoniedu mariagequi eut lieu à Londres,
Laforsueprendfroid à bord du bateau.La
phtisiéseâéclara,fit de rapidesprogrès.De
ietour à Paris il ne put que revoir ses
un volume d'impressionssur
^Berlin, écrire
ooèmes.
la cour et la ville et donner les
dernierssoins à sesMoralités Légendaires.
Le 20 août 1887,il mourait à27 ans. (Jules Loforgue par F. Valloton)
Je songeà une poésiequi seraitde la
osvchoiogie dansuneformederêve.avec
d'inex-
à.i fl.u.tl du vent,dessenteurs.
tricables symphoniesavec une phrase
(un sujet)-mélodique dont le dessin
reparaîtde temPsen temps.

en 1885'
JulesLaforgue (Letrre à Charlc Hen4 . dëcenùre I88l .)
D'aPrèsFranzSkarbina'

Avecuneardeurjuvéniledanstoutef ivresse
de sesrecherches.quoiquesansperdreson
sourirequi trahjt I'inquiétude'il écrit d-e
Berlinà iharles Éphrussiendécembre 1882'

Vousai-ieécritdanscesvingtjours,enfermé'
cloîtréd'ansce châteaude Coblentz.j'avats
infinimentpenséet travaillé?...Je me suls
recueilli,et dansunenuit. de dix heuresdu
soir à quatredu matin.tel Jésusau Jardin
desOliviers,saintJeanà Patmos,Platonau
Cap Sunnium,Bouddhasousle figuier de
Giza. l'ai écrit en dix pagesles principes
métaphvsiques deI'Esthétique nouvelle.une
esthéiique ôui s'accorde avecI'inconscient"'
Ma méihocie, ou plutôt ma divinationest-
elle enfantine,ou ai-je enfin la vérité sur
cetteéternellequestiondu Beau?
On le verra.En tous casc'esttrèsnouveau,
de la
fa touche aux problèmesderniers
ieniè. r'umain.êt ça n'esten désaccord ni
âvec la physiologie optiq-ue.moderne',ni
avec les travaux de psychologleles plus
avancés,et ça expliquele géniespontané"'
J. L.
tl"!- II1*'

,,Jepeux être immensémentlâche enfuce des étoiles!..."


Lâchetéhéroïquede Hamlet,de werther devenuFaust,de René! comme il
lesréunissaitbien en lui, le jeuneLaforgue,lestrois incarnationsdu mal de
I'absoluque furent I'anglaise,I'allemandeet la française! Il ne vit doncpas
seulement,rl pensepar l'âme. Psychéle mène ainsi au "renoncement...
à I'hommede I'éterneldansla contemplotionsereine,esthétique...',

Trarailler à I'art, multiplier les moyensd'extase,la


seuletrêveau supplicede l'Ëtre...On échappeà soi,on
estafïranchipour un instantdu Temps,de I'Espaceet
des Nombres,on meurt à I'individu, on monte, on
atteint à la grandeLiberté...On s'abandonneà cette
force unique, toujours veillante, à la grande vertu
curative,maternelle,présentepartout...
qui s'estdistraitede son(Euvreéternelet infini pour se
donnerspontanément / à moi, atomeet minute, et dans
ce baiser de la bonne Loi m'a ravi du mondede la
réflexion, du raisonnement, du calcul, des prémédi-
tqtions povr I'en allé à la dérive sur lesjourdains de
I'Inconscient...
- Je ne suisrien. - Je me laisseporter, - rien ne
m'étonne.
Berce-moi,roule-moi.vastefatalité!

(Caricatures autographesillustrant sesnotes.)

Le sagedevraéviterle grandécueil: secristalliseroans


son égoïsmed'émancipéde I'Univers.Il devrajeûner,
observer une rigoureuse continence,travailler,
partagerson cæur,saignerpour toute I'Humanité.A
certainesheures: sereprésenter
vivement,par I'imagi-
nation,touteslessouffrancesqui crienten cemoment
sur la terre.

"La destinéed2unartiste est de s'enthousiasmer


et de se dégoûterd'idéauxsuccessifs.',
THÉATRE ANTOINE

AdministrateurGéryéral
DANIEL DARES
Secrétaire
Attachée de Direction
Danielle MATHIEU Marité DELPOUVE

Technique
Responsable Chef Électricien,
RégisseurGénéral BernardPOILVE
Gérârd LINSOLAS Yves DERLON

Habilleuse Gardiens
Martine FREBILLOT Pierreet Arlette DELAMARE

JAN et SoPhieLANGELIER
Caissières.'simone
Contrôleur: Félix DENOUN
Chef contrôleur: Pierre RAMOMBORDES

Taraud
(Mise en scène)Francis Huster - (Assistant)Éric
(essistanie)bérard Linsolas' Bernard Poilvé
Yves Derlon - rtîu.[. r("tiv
Attachéede Presse:Monique Gérard
photos de Francis Huster sont signéesGWD/Muriel
miseen pagesdu programme
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à I'Associationde
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