Vous êtes sur la page 1sur 192

ÉCOLE NATIONALE VÉTÉRINAIRE D’ALFORT

Année 2012

ATLAS PHOTOGRAPHIQUE DE L’ANATOMIE

CLINIQUE DES NAC

(PETITS MAMMIFÈRES À L’EXCEPTION DU FURET)

THÈSE
Pour le
DOCTORAT VÉTÉRINAIRE

Présentée et soutenue publiquement devant

LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE CRÉTEIL


Le

par
Marine Hegelen et Alizée Thiriet
Née le 14 septembre 1986 à Eaubonne, (Val-d’Oise)
Née le 13 avril 1986 à Besançon, (Doubs)

JURY

Président : Pr.
Professeur à la Faculté de Médecine de CRÉTEIL

Membres
Directeur : Céline Robert
Maître de conférences à l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort
Assesseur : Pascal Arné
Maître de conférences à l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort
Octobre 2012
LISTE DES MEMBRES DU CORPS ENSEIGNANT
Directeur : M. le Professeur GOGNY Marc
Directeurs honoraires : MM. les Professeurs MORAILLON Robert, PARODI André-Laurent, PILET Charles, TOMA Bernard
Professeurs honoraires: Mme et MM. : BRUGERE Henri, BRUGERE-PICOUX Jeanne, BUSSIERAS Jean, CERF Olivier, CLERC Bernard,
CRESPEAU François, DEPUTTE Bertrand, MOUTHON Gilbert, MILHAUD Guy, POUCHELON Jean-Louis, ROZIER Jacques

DEPARTEMENT D’ELEVAGE ET DE PATHOLOGIE DES EQUIDES ET DES CARNIVORES (DEPEC)


Chef du département : M. POLACK Bruno, Maître de conférences - Adjoint : M. BLOT Stéphane, Professeur
- UNITE DE CARDIOLOGIE - UNITE DE PARASITOLOGIE ET MALADIES PARASITAIRES
Mme CHETBOUL Valérie, Professeur * M. BLAGA Radu Gheorghe, Maître de conférences (rattaché au DPASP)
Mme GKOUNI Vassiliki, Praticien hospitalier M. CHERMETTE René, Professeur *
M. GUILLOT Jacques, Professeur
- UNITE DE CLINIQUE EQUINE
Mme MARIGNAC Geneviève, Maître de conférences
M. AUDIGIE Fabrice, Professeur
M. POLACK Bruno, Maître de conférences
M. DENOIX Jean-Marie, Professeur
M. BENSIGNOR Emmanuel, Professeur contractuel
Mme TRACHSEL Dagmar, Maître de conférences contractuel
Mme DUPAYS Anne-Gaëlle, Assistant d’enseignement et de recherche - UNITE DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE
contractuel M. FAYOLLE Pascal, Professeur
Mme GIRAUDET Aude, Praticien hospitalier * M. MAILHAC Jean-Marie, Maître de conférences
Mme MESPOULHES-RIVIERE Céline, Maître de conférences contractuel M. MOISSONNIER Pierre, Professeur*
Mme PRADIER Sophie, Maître de conférences M. NIEBAUER Gert, Professeur contractuel
- UNITE D’IMAGERIE MEDICALE Mme RAVARY-PLUMIOEN Bérangère, Maître de conférences (rattachée au
Mme BEDU-LEPERLIER Anne-Sophie, Maître de conférences contractuel DPASP)
Mme STAMBOULI Fouzia, Praticien hospitalier Mme VIATEAU-DUVAL Véronique, Maître de conférences
M. ZILBERSTEIN Luca, Maître de conférences
- UNITE DE MEDECINE
Mme BENCHEKROUN Ghita, Maître de conférences contractuel - UNITE DE REPRODUCTION ANIMALE
M. BLOT Stéphane, Professeur* Mme CONSTANT Fabienne, Maître de conférences (rattachée au DPASP)
Mme MAUREY-GUENEC Christelle, Maître de conférences M. DESBOIS Christophe, Maître de conférences
M. ROSENBERG Charles, Maître de conférences M. FONTBONNE Alain, Maître de conférences
Mme MASSE-MOREL Gaëlle, Maître de conférences contractuel (rattachée au
- UNITE DE MEDECINE DE L’ELEVAGE ET DU SPORT
DPASP)
M. GRANDJEAN Dominique, Professeur *
M. NUDELMANN Nicolas, Maître de conférences
Mme YAGUIYAN-COLLIARD Laurence, Maître de conférences contractuel
M. REMY Dominique, Maître de conférences (rattaché au DPASP)*
Mme CLERO Delphine, Maître de conférences contractuel
M. MAUFFRE Vincent, Assistant d’enseignement et de recherche contractuel,
- DISCIPLINE : NUTRITION-ALIMENTATION (rattaché au DPASP)
M. PARAGON Bernard, Professeur
- DISCIPLINE : URGENCE SOINS INTENSIFS
- DISCIPLINE : OPHTALMOLOGIE Mme ROUX Françoise, Maître de conférences
Mme CHAHORY Sabine, Maître de conférences *
DEPARTEMENT DES PRODUCTIONS ANIMALES ET DE LA SANTE PUBLIQUE (DPASP)
Chef du département : M. MILLEMANN Yves, Maître de conférences - Adjoint : Mme DUFOUR Barbara, Professeur
- DISCIPLINE : BIOSTATISTIQUES - UNITE DE PATHOLOGIE MEDICALE DU BETAIL ET DES ANIMAUX
M. DESQUILBET Loïc, Maître de conférences DE BASSE-COUR
M. ADJOU Karim, Professeur *
- UNITE D’HYGIENE ET INDUSTRIE DES ALIMENTS D’ORIGINE
M. BELBIS Guillaume, Assistant d’enseignement et de recherche contractuel,
ANIMALE
M. HESKIA Bernard, Professeur contractuel
M. AUGUSTIN Jean-Christophe, Maître de conférences
M. MILLEMANN Yves, Professeur
M. BOLNOT François, Maître de conférences *
M. CARLIER Vincent, Professeur - UNITE DE ZOOTECHNIE, ECONOMIE RURALE
Mme COLMIN Catherine, Maître de conférences M. ARNE Pascal, Maître de conférences*
- UNITE DES MALADIES CONTAGIEUSES M. BOSSE Philippe, Professeur
M. BENET Jean-Jacques, Professeur M. COURREAU Jean-François, Professeur
Mme DUFOUR Barbara, Professeur* Mme GRIMARD-BALLIF Bénédicte, Professeur
Mme HADDAD/HOANG-XUAN Nadia, Professeur Mme LEROY-BARASSIN Isabelle, Maître de conférences
Mme PRAUD Anne, Assistant d’enseignement et de recherche contractuel M. PONTER Andrew, Professeur
DEPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET PHARMACEUTIQUES (DSBP)
Chef du département : Mme COMBRISSON Hélène, Professeur - Adjoint : Mme LE PODER Sophie, Maître de conférences
- UNITE D’ANATOMIE DES ANIMAUX DOMESTIQUES - UNITE DE PATHOLOGIE GENERALE MICROBIOLOGIE,
M. CHATEAU Henry, Maître de conférences* IMMUNOLOGIE
Mme CREVIER-DENOIX Nathalie, Professeur M. BOULOUIS Henri-Jean, Professeur
M. DEGUEURCE Christophe, Professeur Mme QUINTIN-COLONNA Françoise, Professeur*
Mme ROBERT Céline, Maître de conférences Mme LE ROUX Delphine, Maître de conférences stagiaire
- DISCIPLINE : ANGLAIS - UNITE DE PHARMACIE ET TOXICOLOGIE
Mme CONAN Muriel, Professeur certifié Mme ENRIQUEZ Brigitte, Professeur
M. PERROT Sébastien, Maître de conférences
- UNITE DE BIOCHIMIE
M. TISSIER Renaud, Maître de conférences*
M. BELLIER Sylvain, Maître de conférences*
M. MICHAUX Jean-Michel, Maître de conférences - UNITE DE PHYSIOLOGIE ET THERAPEUTIQUE
- DISCIPLINE : EDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE Mme COMBRISSON Hélène, Professeur
M. PHILIPS, Professeur certifié Mme PILOT-STORCK Fanny, Maître de conférences
M. TIRET Laurent, Maître de conférences*
- UNITE DE GENETIQUE MEDICALE ET MOLECULAIRE
Mme ABITBOL Marie, Maître de conférences - UNITE DE VIROLOGIE
M. PANTHIER Jean-Jacques, Professeur* M. ELOIT Marc, Professeur
Mme LE PODER Sophie, Maître de conférences *
-UNITE D’HISTOLOGIE, ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Mme CORDONNIER-LEFORT Nathalie, Maître de conférences* - DISCIPLINE : ETHOLOGIE
M. FONTAINE Jean-Jacques, Professeur Mme GILBERT Caroline, Maître de conférences
Mme LALOY Eve, Maître de conférences contractuel
M. REYES GOMEZ Edouard, Assistant d’enseignement et de recherche * responsable d’unité
contractuel
REMERCIEMENTS

Au professeur de la faculté de Médecine de Créteil,


qui nous a fait l’honneur d’accepter la présidence de notre jury de thèse.

A Madame Robert,
Maître de conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort,
Pour nous avoir soutenues tout au long de la réalisation de cette thèse,
Pour sa grande responsabilité et ses conseils.

A Monsieur Arné,
Maître de conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort,
Pour l’attention portée à l’examen de ce travail,
Pour ses conseils.

A Monsieur Minh Huynh,


Consultant au service NAC de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort,
Résident en médecine aviaire,
Pour ses connaissances sur l’application clinique chez les NAC,
Pour sa contribution à la collecte de pièces anatomiques.

A Monsieur Charlie Pignon,


Résident ECZM,
Responsable du service NAC de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort,
Pour ses connaissances sur la clinique des NAC,
Pour sa contribution quand à la collecte de pièces anatomiques.

Aux responsables du CRBM et de l'animalerie de l'ANSES pour l’apport d’animaux à


disséquer.

A tous les membres de nos familles,


Qui nous ont toujours encouragées dans ce que nous entreprenions.
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION .................................................................................................................. 17
A. MATERIEL ET METHODES ...................................................................................... 19
A.1. MATERIEL ................................................................................................................. 19
A.2. METHODES ................................................................................................................ 20
A.3. TRAITEMENT DES DONNEES ....................................................................................... 22
B. LE LAPIN ....................................................................................................................... 25
B.1. CLASSIFICATION ET HISTOIRE DU LAPIN .................................................................... 25
B.1.1. Classification [26] ................................................................................................ 25
B.1.2. Histoire du lapin [32] .......................................................................................... 25
B.2. ANATOMIE EXTERNE ................................................................................................. 26
B.2.1. La tête [2] ............................................................................................................ 26
B.2.2. Le tronc [2] .......................................................................................................... 26
B.2.3. Les membres ......................................................................................................... 26
B.2.4. Organes génitaux externes [2] ............................................................................. 27
B.3. ANATOMIE INTERNE .................................................................................................. 27
B.3.1. Appareil squelettique [2] ..................................................................................... 27
B.3.1.1. Le crâne et l’appareil hyoïde ........................................................................ 27
B.3.1.2. Squelette axial .............................................................................................. 27
B.3.1.3. Squelette appendiculaire .............................................................................. 29
B.3.1.3.1. Membre thoracique ............................................................................... 29
B.3.1.3.2. Membre pelvien .................................................................................... 30
B.3.2. Muscles ................................................................................................................. 31
B.3.2.1. Muscles de la tête [2], [30] ........................................................................... 31
B.3.2.2. Muscles du thorax [2], [11] .......................................................................... 32
B.3.2.3. Muscles de l’abdomen [2], [10] ................................................................... 32
B.3.2.4. Muscles du membre thoracique [2], [28] ..................................................... 33
B.3.2.5. Muscles du membre pelvien [2], [29] .......................................................... 34
B.3.3. Appareil digestif et glandes annexes [2], [3], [20], [26] .................................... 34
B.3.3.1. Appareil digestif ........................................................................................... 34
B.3.3.1.1. Cavité buccale ....................................................................................... 35
B.3.3.1.2. Œsophage .............................................................................................. 36
B.3.3.1.3. Estomac ................................................................................................. 36
B.3.3.1.4. Intestin grêle .......................................................................................... 36
B.3.3.1.5. Gros intestin .......................................................................................... 37
B.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif ................................................................. 38
B.3.3.2.1. Glandes salivaires ................................................................................. 38
B.3.3.2.2. Foie et voies biliaires ............................................................................ 38
B.3.3.2.3. Pancréas ................................................................................................ 39
B.3.4. Appareil respiratoire [2], [3], [14], [27], ........................................................... 39
B.3.4.1. Cavités nasales ............................................................................................. 39

1
B.3.4.2. Pharynx ......................................................................................................... 39
B.3.4.3. Larynx .......................................................................................................... 39
B.3.4.4. Trachée ......................................................................................................... 40
B.3.4.5. Poumons et bronches .................................................................................... 40
B.3.5. Appareil cardio-vasculaire [3] ............................................................................ 40
B.3.5.1. Cœur ............................................................................................................. 40
B.3.5.2. Vaisseaux [2], [26] ....................................................................................... 41
B.3.6. Le système lymphatique [2], [4], [26] ................................................................. 42
B.3.6.1. Les nœuds lymphatiques .............................................................................. 42
B.3.6.2. Les organes lymphoïdes ............................................................................... 42
B.3.6.2.1. Le thymus .............................................................................................. 42
B.3.6.2.2. La rate [3] .............................................................................................. 43
B.3.6.2.3. Les tonsilles palatines ........................................................................... 43
B.3.7. Appareil urinaire [2], [3], [9], [26] .................................................................... 43
B.3.7.1. Reins ............................................................................................................. 43
B.3.7.2. Uretères ........................................................................................................ 44
B.3.7.3. Vessie ........................................................................................................... 44
B.3.7.4. Urètre ............................................................................................................ 44
B.3.8. Appareil reproducteur [2], [3], [8], [26] ............................................................ 44
B.3.8.1. Mâle .............................................................................................................. 44
B.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes ............................................................... 44
B.3.8.1.2. Voies génitales ...................................................................................... 45
B.3.8.1.3. Glandes annexes .................................................................................... 46
B.3.8.2. Femelle ......................................................................................................... 46
B.3.8.2.1. Ovaires .................................................................................................. 46
B.3.8.2.2. Utérus .................................................................................................... 46
B.3.8.2.3. Vagin ..................................................................................................... 47
B.3.8.2.4. Mamelles [33] ....................................................................................... 47
B.3.9. Les glandes de marquages [2], [26] .................................................................... 47
B.3.9.1. Les glandes sous mentonières ...................................................................... 47
B.3.9.2. Les glandes péri-anales ................................................................................ 47
B.3.9.3. Les glandes inguinales ................................................................................. 47
B.3.10. Système endocrine [2] ...................................................................................... 48
B.3.10.1. Thyroïde et Glandes parathyroïdes .............................................................. 48
B.3.10.2. Glandes surrénales ........................................................................................ 48
B.3.11. Système nerveux ............................................................................................... 48
B.3.11.1. Système nerveux central [2] ......................................................................... 48
B.3.11.2. Organes des sens [2], [26], [39] ................................................................... 49
B.3.11.2.1. Ouïe ..................................................................................................... 49
B.3.11.2.2. Vision .................................................................................................. 49
B.3.11.2.3. Olfaction ............................................................................................. 49
B.3.11.3. Système nerveux périphérique [2]................................................................ 49
B.4. PHYSIOLOGIE [26] ..................................................................................................... 50
B.4.1. Physiologie cutanée.............................................................................................. 50

2
B.4.2. Physiologie digestive ............................................................................................ 50
B.4.3. Physiologie urinaire ............................................................................................. 52
B.4.3.1. Métabolisme du calcium .............................................................................. 52
B.4.3.2. Excrétion de porphyrine ............................................................................... 52
B.5. VOIES D’ABORD ET APPLICATION CHIRURGICALES .................................................... 52
B.5.1. Appareil digestif ................................................................................................... 52
B.5.1.1. Appareil digestif ........................................................................................... 52
B.5.1.1.1. Cavité buccale [26] ............................................................................... 52
B.5.1.1.2. Intestin grêle [25] .................................................................................. 54
B.5.2. Appareil reproducteur [26] .................................................................................. 55
B.5.2.1. Mâle .............................................................................................................. 55
B.5.2.2. Femelle ......................................................................................................... 55
B.5.2.2.1. Ovaires .................................................................................................. 55
B.5.2.2.2. L’utérus ................................................................................................. 56
B.5.3. La tête ................................................................................................................... 56
B.5.3.1. L’oreille ........................................................................................................ 56
B.5.3.2. L’œil [22] ..................................................................................................... 57
B.5.4. Les membres ......................................................................................................... 57
B.5.5. Les gestes basiques [26] ...................................................................................... 58
B.5.5.1. Pose d’un cathéter auriculaire ...................................................................... 58
B.5.5.2. Pose d’un cathéter sur la veine céphalique ................................................... 58
C. LE RAT ........................................................................................................................... 59
C.1. CLASSIFICATION ET HISTOIRE DU RAT [41] ................................................................ 59
C.1.1. Classification ........................................................................................................ 59
C.1.2. Histoire ................................................................................................................. 59
C.2. ANATOMIE EXTERNE [18], [23] ................................................................................. 59
C.2.1. La tête ................................................................................................................... 60
C.2.2. Le tronc ................................................................................................................ 60
C.2.3. Les membres thoraciques ..................................................................................... 60
C.2.4. Les membres pelviens ........................................................................................... 60
C.2.5. L’appareil reproducteur ....................................................................................... 61
C.3. ANATOMIE INTERNE .................................................................................................. 61
C.3.1. Squelette [18], [23] .............................................................................................. 61
C.3.1.1. Squelette axial .............................................................................................. 61
C.3.1.1.1. Le crâne et l’appareil hyoïde ................................................................. 61
C.3.1.1.2. Colonne vertébrale ................................................................................ 62
C.3.1.2. Squelette appendiculaire .............................................................................. 62
C.3.1.2.1. Membre thoracique ............................................................................... 62
C.3.1.2.2. Membre pelvien .................................................................................... 63
C.3.2. Muscles [11], [18], [23], [30] ............................................................................. 63
C.3.3. Appareil digestif et glandes annexes [17], [18], [23] .......................................... 63
C.3.3.1. Appareil digestif ........................................................................................... 63
C.3.3.1.1. Cavité buccale ....................................................................................... 63

3
C.3.3.1.2. Œsophage .............................................................................................. 64
C.3.3.1.3. Estomac ................................................................................................. 64
C.3.3.1.4. Intestin grêle .......................................................................................... 64
C.3.3.1.5. Gros intestin .......................................................................................... 65
C.3.3.2. Glandes annexes ........................................................................................... 65
C.3.3.2.1. Glandes salivaires ................................................................................. 65
C.3.3.2.2. Foie et voies biliaires ............................................................................ 65
C.3.3.2.3. Pancréas ................................................................................................ 66
C.3.4. Appareil respiratoire [17], [18], [23] ................................................................. 66
C.3.4.1. Cavités nasales ............................................................................................. 66
C.3.4.2. Pharynx ......................................................................................................... 66
C.3.4.3. Larynx .......................................................................................................... 66
C.3.4.4. Trachée ......................................................................................................... 67
C.3.4.5. Poumons ....................................................................................................... 67
C.3.5. Appareil cardio-vasculaire [17], [18], [23] ........................................................ 67
C.3.5.1. Cœur ............................................................................................................. 67
C.3.5.2. Vaisseaux ..................................................................................................... 67
C.3.6. Le système lymphatique [17], [18], [23] ............................................................. 68
C.3.6.1. Les nœuds lymphatiques .............................................................................. 68
C.3.6.2. Les organes lymphoïdes ............................................................................... 68
C.3.6.2.1. Le thymus .............................................................................................. 68
C.3.6.2.2. La rate ................................................................................................... 69
C.3.6.2.3. Les tonsilles palatines ........................................................................... 69
C.3.7. Appareil urinaire [17], [18], [23] ....................................................................... 69
C.3.7.1. Reins ............................................................................................................. 69
C.3.7.2. Uretères ........................................................................................................ 69
C.3.7.3. Vessie ........................................................................................................... 69
C.3.8. Appareil reproducteur [17], [18], [23] ............................................................... 69
C.3.8.1. Mâle .............................................................................................................. 69
C.3.8.1.1. Testicules .............................................................................................. 69
C.3.8.1.2. Glandes annexes .................................................................................... 70
C.3.8.1.3. Pénis ...................................................................................................... 70
C.3.8.2. Femelle ......................................................................................................... 70
C.3.8.2.1. Ovaires .................................................................................................. 70
C.3.8.2.2. Utérus .................................................................................................... 70
C.3.8.2.3. Vagin ..................................................................................................... 70
C.3.8.2.4. Mamelles ............................................................................................... 71
C.3.9. Système endocrine [17], [18], [23] ...................................................................... 71
C.3.9.1. Thyroïde ....................................................................................................... 71
C.3.9.2. Glandes parathyroïdes .................................................................................. 71
C.3.9.3. Glandes surrénales ........................................................................................ 71
C.3.10. Système nerveux [17], [18], [23] ..................................................................... 71
C.3.10.1. Cerveau et moelle épinière ........................................................................... 71
C.4. PHYSIOLOGIE [26] ..................................................................................................... 72

4
C.4.1. Chromodacriorrhée .............................................................................................. 72
C.4.2. Physiologie digestive ............................................................................................ 72
C.4.3. Physiologie de la reproduction ............................................................................ 72
C.5. VOIES D’ABORD ET APPLICATION CHIRURGICALES .................................................... 72
C.5.1. Appareil reproducteur [26] .................................................................................. 72
C.5.1.1. Mâle .............................................................................................................. 72
C.5.1.2. Femelle ......................................................................................................... 73
C.5.1.2.1. Ovaires .................................................................................................. 73
C.5.1.2.2. Mamelles ............................................................................................... 74
C.5.2. Les gestes de base [26] ....................................................................................... 74
C.5.2.1. Pose d’un cathéter ........................................................................................ 74
C.5.2.2. Ponction sanguine ........................................................................................ 74
D. LE HAMSTER ............................................................................................................... 75
D.1. CLASSIFICATION ET HISTOIRE DU HAMSTER............................................................... 75
D.1.1. Classification [20], [21], [38] ............................................................................. 75
D.1.2. Histoire du hamster [21], [38] ............................................................................. 76
D.2. ANATOMIE EXTERNE [21], [38] ................................................................................. 76
D.2.1. La tête [21] ........................................................................................................... 77
D.2.2. Le tronc ................................................................................................................ 77
D.2.3. Les membres ......................................................................................................... 77
D.2.4. Organes génitaux externes [21] ........................................................................... 77
D.3. ANATOMIE INTERNE [19]........................................................................................... 78
D.3.1. Appareil squelettique [21] ................................................................................... 78
D.3.1.1. Squelette axial .............................................................................................. 79
D.3.1.2. Squelette appendiculaire .............................................................................. 79
D.3.2. Muscles ................................................................................................................. 79
D.3.3. Appareil digestif et glandes annexes [17], [20], [21], [26] ................................ 80
D.3.3.1. Appareil digestif [17], [20], [21] (figures 6 et 7) ......................................... 81
D.3.3.1.1. Cavité buccale ....................................................................................... 81
D.3.3.1.2. Œsophage .............................................................................................. 82
D.3.3.1.3. Estomac................................................................................................. 82
D.3.3.1.4. Intestin grêle ......................................................................................... 83
D.3.3.1.5. Gros intestin .......................................................................................... 83
D.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif ................................................................. 83
D.3.3.2.1. Glandes salivaires ................................................................................. 83
D.3.3.2.2. Foie et voies biliaires ............................................................................ 84
D.3.3.2.3. Pancréas ................................................................................................ 84
D.3.4. Appareil respiratoire [17], [21] ........................................................................... 84
D.3.4.1. Cavités nasales ............................................................................................. 84
D.3.4.2. Pharynx ......................................................................................................... 84
D.3.4.3. Larynx .......................................................................................................... 84
D.3.4.4. Trachée ......................................................................................................... 84
D.3.4.5. Poumons et bronches .................................................................................... 84

5
D.3.5. Appareil cardio-vasculaire [17] .......................................................................... 85
D.3.5.1. Cœur ............................................................................................................. 85
D.3.5.2. Vaisseaux ..................................................................................................... 85
D.3.6. Le système lymphatique [17], [21] ...................................................................... 85
D.3.6.1. Les nœuds lymphatiques .............................................................................. 85
D.3.6.2. Les organes lymphoïdes ............................................................................... 86
D.3.6.2.1. Le thymus ............................................................................................. 86
D.3.6.2.2. La rate ................................................................................................... 86
D.3.6.2.3. Les tonsilles palatines ........................................................................... 86
D.3.7. Appareil urinaire [17], [21] ................................................................................. 86
D.3.7.1. Reins ............................................................................................................. 86
D.3.7.2. Uretères ........................................................................................................ 86
D.3.7.3. Vessie ........................................................................................................... 87
D.3.7.4. Urètre ............................................................................................................ 87
D.3.8. Appareil reproducteur [1], [17], [21] ................................................................. 87
D.3.8.1. Mâle (figure 8) ............................................................................................. 87
D.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes .............................................................. 87
D.3.8.1.2. Voies génitales ...................................................................................... 88
D.3.8.1.3. Glandes annexes ................................................................................... 88
D.3.8.1.4. Le pénis ................................................................................................. 88
D.3.8.2. Femelle (figure 9) ......................................................................................... 89
D.3.8.2.1. Ovaires .................................................................................................. 89
D.3.8.2.2. Utérus .................................................................................................... 89
D.3.8.2.3. Vagin..................................................................................................... 89
D.3.8.2.4. Mamelles............................................................................................... 90
D.3.9. Les glandes de marquages [21] ........................................................................... 90
D.3.10. Système endocrine |23] .................................................................................... 90
D.3.10.1. Thyroïde et Glandes parathyroïdes .............................................................. 90
D.3.10.2. Glandes surrénales [17], [21] ....................................................................... 90
D.3.11. Système nerveux ............................................................................................... 91
D.3.11.1. Système nerveux central ............................................................................... 91
D.3.11.2. Organes des sens [38] ................................................................................... 91
D.3.11.2.1. Ouïe [21] ............................................................................................. 91
D.3.11.2.2. Vision [21], [38] ................................................................................. 91
D.3.11.2.3. Olfaction [21]...................................................................................... 91
D.3.11.2.4. Goût .................................................................................................... 91
D.3.11.3. Système nerveux périphérique ..................................................................... 92
D.4. PHYSIOLOGIE [21], [26]............................................................................................. 92
D.4.1. Thermorégulation ................................................................................................. 92
D.4.2. Hibernation .......................................................................................................... 92
D.4.3. Physiologie de la reproduction ............................................................................ 92
D.4.3.1. l’oestrus ........................................................................................................ 92
D.4.3.2. Le bouchon copulatoire ou « plug » ............................................................. 93
D.4.3.3. La gestation .................................................................................................. 93

6
D.4.3.4. La mise-bas et la lactation ............................................................................ 93
D.5. VOIES D ABORD ET APPLICATION CHIRURGICALES [12], [24], [26] ............................ 93
D.5.1. Appareil digestif ................................................................................................... 93
D.5.1.1. Cavité buccale .............................................................................................. 93
D.5.1.2. Les abajoues ................................................................................................. 93
D.5.1.3. Gros intestins ................................................................................................ 94
D.5.2. Appareil reproducteur .......................................................................................... 94
D.5.2.1. Mâle .............................................................................................................. 94
D.5.2.2. L’utérus ........................................................................................................ 94
D.5.3. Les gestes basiques............................................................................................... 94
E. LA GERBILLE .............................................................................................................. 95
E.1. CLASSIFICATION ET HISTOIRE DE LA GERBILLE [20], [24], [36], [37] ......................... 95
E.1.1. Classification ........................................................................................................ 95
E.1.2. Histoire de la gerbille .......................................................................................... 95
E.2. ANATOMIE EXTERNE [6], [26], [37] ........................................................................... 96
E.2.1. La tête ................................................................................................................... 96
E.2.2. Le tronc ................................................................................................................ 96
E.2.3. Les membres ......................................................................................................... 96
E.2.4. Organes génitaux externes ................................................................................... 96
E.3. ANATOMIE INTERNE .................................................................................................. 97
E.3.1. Appareil squelettique [6] ..................................................................................... 97
E.3.1.1. Squelette axial .............................................................................................. 97
E.3.1.2. Squelette appendiculaire .............................................................................. 97
E.3.2. Muscles [6] ........................................................................................................... 97
E.3.3. Appareil digestif et glandes annexes [6], [20], [24], [26] .................................. 97
E.3.3.1. Appareil digestif (figure 11) ......................................................................... 97
E.3.3.1.1. Cavité buccale ....................................................................................... 97
E.3.3.1.2. Œsophage .............................................................................................. 97
E.3.3.1.3. Estomac ................................................................................................. 98
E.3.3.1.4. Intestin grêle .......................................................................................... 98
E.3.3.1.5. Gros intestin .......................................................................................... 98
E.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif ................................................................. 98
E.3.3.2.1. Glandes salivaires .................................................................................. 98
E.3.3.2.2. Foie et voies biliaires ............................................................................ 98
E.3.3.2.3. Pancréas ................................................................................................. 98
E.3.4. Appareil respiratoire [6] ...................................................................................... 99
E.3.4.1. Cavités nasales ............................................................................................. 99
E.3.4.2. Pharynx ......................................................................................................... 99
E.3.4.3. Larynx ........................................................................................................ 100
E.3.4.4. Trachée ....................................................................................................... 100
E.3.4.5. Poumons et bronches .................................................................................. 100
E.3.5. Appareil cardio-vasculaire ................................................................................ 100
E.3.5.1. Cœur ........................................................................................................... 100

7
E.3.5.2. Vaisseaux ................................................................................................... 100
E.3.6. Le système lymphatique ...................................................................................... 100
E.3.7. Appareil urinaire [6] .......................................................................................... 100
E.3.7.1. Reins ........................................................................................................... 100
E.3.7.2. Uretères ...................................................................................................... 100
E.3.7.3. Vessie ......................................................................................................... 101
E.3.7.4. Urètre .......................................................................................................... 101
E.3.8. Appareil reproducteur [1], [6] ........................................................................... 101
E.3.8.1. Mâle (figure 12) ......................................................................................... 101
E.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes ............................................................. 101
E.3.8.1.2. Voies génitales .................................................................................... 102
E.3.8.1.3. Glandes annexes .................................................................................. 102
E.3.8.1.4. Le pénis ............................................................................................... 102
E.3.8.2. Femelle (figure 13) ..................................................................................... 102
E.3.9. Les glandes de marquages [6] ........................................................................... 103
E.3.10. Système endocrine .......................................................................................... 103
E.3.11. Système nerveux ............................................................................................. 103
E.4. PHYSIOLOGIE [26] ................................................................................................... 103
E.4.1. Physiologie digestive .......................................................................................... 103
E.4.2. Chromodaccriorrhée .......................................................................................... 103
E.4.3. Physiologie de la reproduction .......................................................................... 104
E.4.3.1. L’oestrus ..................................................................................................... 104
E.4.3.2. Le bouchon copulatoire ou « plug » ........................................................... 104
E.4.3.3. La gestation ................................................................................................ 104
E.4.3.4. La mise-bas et la lactation .......................................................................... 104
E.5. VOIES D’ABORD ET APPLICATION CHIRURGICALES [12], [24], [26] .......................... 104
E.5.1. Appareil digestif ................................................................................................. 105
E.5.1.1. Cavité buccale ............................................................................................ 105
E.5.1.2. Gros intestins .............................................................................................. 105
E.5.2. Appareil reproducteur ........................................................................................ 105
E.5.2.1. Mâle ............................................................................................................ 105
E.5.2.2. Femelle ....................................................................................................... 105
E.5.3. Processus tumoraux ........................................................................................... 105
E.5.4. Les gestes basiques............................................................................................. 105
F. LE COBAYE ................................................................................................................ 107
F.1. CLASSIFICATION ET HISTOIRE DU COBAYE [20], [21], [34] ...................................... 107
F.1.1. Classification ...................................................................................................... 107
F.1.2. Histoire du cobaye ............................................................................................. 107
F.2. ANATOMIE EXTERNE [26], [34] ............................................................................... 108
F.2.1. La tête ................................................................................................................. 108
F.2.2. Le tronc .............................................................................................................. 108
F.2.3. Les membres ....................................................................................................... 108
F.2.4. Organes génitaux externes ................................................................................. 109

8
F.3. ANATOMIE INTERNE [19]......................................................................................... 110
F.3.1. Appareil squelettique (figure 17) ....................................................................... 110
F.3.1.1. Squelette axial ............................................................................................ 110
F.3.1.2. Squelette appendiculaire ............................................................................ 111
F.3.1.2.1. Membre thoracique .............................................................................. 111
F.3.1.2.2. Membre pelvien ................................................................................... 111
F.3.2. Muscles ............................................................................................................... 111
F.3.3. Appareil digestif et glandes annexes [15], [16], [20], [21], [26] ..................... 112
F.3.3.1. Appareil digestif (figure 18) ....................................................................... 112
F.3.3.1.1. Cavité buccale (figure 19) ................................................................... 112
F.3.3.1.2. Œsophage ............................................................................................ 113
F.3.3.1.3. Estomac ............................................................................................... 113
F.3.3.1.4. Intestin grêle ........................................................................................ 114
F.3.3.1.5. Gros intestin ........................................................................................ 114
F.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif ............................................................... 115
F.3.3.2.1. Glandes salivaires ................................................................................ 115
F.3.3.2.2. Foie et voies biliaires ........................................................................... 115
F.3.3.2.3. Pancréas ............................................................................................... 116
F.3.4. Appareil respiratoire [21] .................................................................................. 116
F.3.4.1. Cavités nasales ........................................................................................... 116
F.3.4.2. Pharynx ....................................................................................................... 116
F.3.4.3. Larynx ........................................................................................................ 116
F.3.4.4. Trachée ....................................................................................................... 118
F.3.4.5. Poumons et bronches .................................................................................. 118
F.3.5. Appareil cardio-vasculaire [16] ........................................................................ 118
F.3.5.1. Cœur ........................................................................................................... 118
F.3.5.2. Vaisseaux ................................................................................................... 119
F.3.6. Le système lymphatique [16], [21] .................................................................... 119
F.3.6.1. Les nœuds lymphatiques ............................................................................ 119
F.3.6.2. Les organes lymphoïdes [21] ..................................................................... 120
F.3.6.2.1. Le thymus ............................................................................................ 120
F.3.6.2.2. La rate [16] .......................................................................................... 120
F.3.6.2.3. Les tonsilles palatines .......................................................................... 120
F.3.7. Appareil urinaire [16], [21] ............................................................................... 120
F.3.7.1. Reins ........................................................................................................... 120
F.3.7.2. Uretères ...................................................................................................... 121
F.3.7.3. Vessie ......................................................................................................... 121
F.3.7.4. Urètre .......................................................................................................... 121
F.3.8. Appareil reproducteur [1], [16], [21] ............................................................... 122
F.3.8.1. Mâle (figure 20) ......................................................................................... 122
F.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes ............................................................. 122
F.3.8.1.2. Voies génitales .................................................................................... 122
F.3.8.1.3. Glandes annexes .................................................................................. 123
F.3.8.1.4. Le pénis ............................................................................................... 123

9
F.3.8.2. Femelle (figure 21) ..................................................................................... 124
F.3.8.2.1. Ovaires ................................................................................................. 124
F.3.8.2.2. Utérus .................................................................................................. 125
F.3.8.2.3. Vagin ................................................................................................... 125
F.3.8.2.4. Mamelles ............................................................................................. 125
F.3.9. Les glandes de marquages [21] ......................................................................... 125
F.3.10. Système endocrine [16] .................................................................................. 125
F.3.10.1. Thyroïde et Glandes parathyroïdes ............................................................ 125
F.3.10.2. Glandes surrénales ...................................................................................... 126
F.3.11. Système nerveux ............................................................................................. 126
F.3.11.1. Système nerveux central ............................................................................. 126
F.3.11.2. Organes des sens [21], [34] ........................................................................ 126
F.3.11.2.1. Ouïe ................................................................................................... 126
F.3.11.2.2. Vision ................................................................................................ 126
F.3.11.2.3. Olfaction ............................................................................................ 127
F.3.11.3. Système nerveux périphérique [16]............................................................ 127
F.4. PHYSIOLOGIE [21], [26]........................................................................................... 127
F.4.1. Physiologie digestive .......................................................................................... 127
F.4.2. Métabolisme de la vitamine C ............................................................................ 128
F.4.3. Physiologie de la reproduction .......................................................................... 128
F.4.3.1. L’oestrus ..................................................................................................... 128
F.4.3.2. Le bouchon copulatoire ou « plug » ........................................................... 129
F.4.3.3. La gestation ................................................................................................ 129
F.4.3.4. La mise-bas et la lactation .......................................................................... 129
F.5. VOIES D’ABORD ET APPLICATION CHIRURGICALES .................................................. 130
F.5.1. Appareil digestif [26] ......................................................................................... 130
F.5.1.1. Cavité buccale ............................................................................................ 130
F.5.1.2. Estomac ...................................................................................................... 130
F.5.1.3. Intestin grêle ............................................................................................... 131
F.5.2. Appareil reproducteur [12], [21], [26] ............................................................. 131
F.5.2.1. Mâle ............................................................................................................ 131
F.5.2.2. Femelle ....................................................................................................... 131
F.5.2.2.1. Ovaires ................................................................................................. 131
F.5.2.2.2. L’utérus ............................................................................................... 131
F.5.3. L’appareil urinaire ............................................................................................. 131
F.5.3.1. La vessie ..................................................................................................... 131
F.5.4. La tête ................................................................................................................. 131
F.5.5. Les membres ....................................................................................................... 132
F.5.6. Les gestes basiques............................................................................................. 132
Pose d’un cathéter sur la veine céphalique :............................................................... 132
G. LE CHINCHILLA ....................................................................................................... 133
G.1. CLASSIFICATION ET HISTOIRE DU CHINCHILLA [20], [21], [26], [35] ....................... 133
G.1.1. Classification ...................................................................................................... 133

10
G.1.2. Histoire du Chinchilla ........................................................................................ 133
G.2. ANATOMIE EXTERNE ............................................................................................... 134
G.2.1. La tête ................................................................................................................. 134
G.2.2. Le tronc .............................................................................................................. 134
G.2.3. Les membres ....................................................................................................... 134
G.2.4. Organes génitaux externes ................................................................................. 135
G.3. ANATOMIE INTERNE ................................................................................................ 135
G.3.1. Appareil squelettique.......................................................................................... 135
G.3.1.1. Squelette axial ............................................................................................ 135
G.3.1.2. Squelette appendiculaire ............................................................................ 135
G.3.1.2.1. Membre thoracique ............................................................................. 135
G.3.1.2.2. Membre pelvien .................................................................................. 135
G.3.2. Muscles ............................................................................................................... 136
G.3.3. Appareil digestif et glandes annexes [20], [21], [26], [35] .............................. 136
G.3.3.1. Appareil digestif ......................................................................................... 136
G.3.3.1.1. Cavité buccale ..................................................................................... 136
G.3.3.1.2. Œsophage ............................................................................................ 136
G.3.3.1.3. Estomac............................................................................................... 136
G.3.3.1.4. Intestin grêle ....................................................................................... 136
G.3.3.1.5. Gros intestin ........................................................................................ 136
G.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif ............................................................... 137
G.3.3.2.1. Glandes salivaires ............................................................................... 137
G.3.3.2.2. Foie et voies biliaires .......................................................................... 137
G.3.3.2.3. Pancréas .............................................................................................. 137
G.3.4. Appareil respiratoire [21], [26] ......................................................................... 137
G.3.4.1. Cavités nasales ........................................................................................... 137
G.3.4.2. Pharynx ....................................................................................................... 137
G.3.4.3. Larynx ........................................................................................................ 137
G.3.4.4. Trachée ....................................................................................................... 137
G.3.4.5. Poumons et bronches .................................................................................. 137
G.3.5. Appareil cardio-vasculaire [21], [26] ............................................................... 137
G.3.5.1. Cœur ........................................................................................................... 137
G.3.5.2. Vaisseaux ................................................................................................... 138
G.3.6. Le système lymphatique ...................................................................................... 138
G.3.7. Appareil urinaire [21], [26] ............................................................................... 138
G.3.7.1. Reins ........................................................................................................... 138
G.3.7.2. Uretères ...................................................................................................... 138
G.3.7.3. Vessie ......................................................................................................... 138
G.3.7.4. Urètre .......................................................................................................... 138
G.3.8. Appareil reproducteur [1], [21], [26] ............................................................... 139
G.3.8.1. Mâle (figure 24) ......................................................................................... 139
G.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes ............................................................ 139
G.3.8.1.2. Voies génitales .................................................................................... 139
G.3.8.1.3. Glandes annexes ................................................................................. 139

11
G.3.8.1.4. Le pénis ............................................................................................... 140
G.3.8.2. Femelle (figure 25) ..................................................................................... 141
G.3.8.2.1. Ovaires ................................................................................................ 141
G.3.8.2.2. Utérus .................................................................................................. 141
G.3.8.2.3. Vagin................................................................................................... 141
G.3.8.2.4. Mamelles............................................................................................. 142
G.3.9. Les glandes de marquages ................................................................................. 142
G.3.10. Système endocrine .......................................................................................... 142
G.3.11. Système nerveux ............................................................................................. 142
G.3.11.1. Système nerveux central ............................................................................. 142
G.3.11.2. Organes des sens ........................................................................................ 142
G.3.11.3. Système nerveux périphérique ................................................................... 142
G.4. PHYSIOLOGIE [21], [26]........................................................................................... 143
G.4.1. Physiologie digestive .......................................................................................... 143
G.4.2. Physiologie de la reproduction .......................................................................... 143
G.4.2.1. l’oestrus ...................................................................................................... 143
G.4.2.2. La gestation ................................................................................................ 144
G.4.2.3. La mise-bas et la lactation .......................................................................... 144
G.5. VOIES D’ABORD ET APPLICATIONS CHIRURGICALES ................................................ 144
G.5.1. Appareil digestif ................................................................................................. 144
G.5.1.1. Appareil digestif ......................................................................................... 144
G.5.1.1.1. Cavité buccale ..................................................................................... 144
G.5.1.1.2. Gros intestins ...................................................................................... 144
G.5.2. Appareil reproducteur ........................................................................................ 144
G.5.3. La tête ................................................................................................................. 144
G.5.3.1. L’œil ........................................................................................................... 144
G.5.4. Les membres ....................................................................................................... 145
G.5.5. Les gestes basiques............................................................................................. 145
G.5.5.1. Pose d’un cathéter sur la veine céphalique ................................................. 145
H. L’OCTODON ............................................................................................................... 147
H.1. CLASSIFICATION ET HISTOIRE DE L’OCTODON [7], [26], [40] ................................... 147
H.1.1. Classification ...................................................................................................... 147
H.1.2. Histoire de l’octodon .......................................................................................... 147
H.2. ANATOMIE EXTERNE ............................................................................................... 147
H.2.1. La tête ................................................................................................................. 148
H.2.2. Le tronc .............................................................................................................. 148
H.2.3. Les membres ....................................................................................................... 148
H.2.4. Organes génitaux externes ................................................................................. 148
H.3. ANATOMIE INTERNE [7], [26] .................................................................................. 149
H.3.1. Appareil squelettique.......................................................................................... 149
H.3.1.1. Squelette axial ............................................................................................ 149
H.3.1.2. Squelette appendiculaire ............................................................................ 149
H.3.1.2.1. Membre thoracique ............................................................................. 149

12
H.3.1.2.2. Membre pelvien .................................................................................. 149
H.3.2. Muscles ............................................................................................................... 149
H.3.3. Appareil digestif et glandes annexes .................................................................. 150
H.3.3.1. Appareil digestif ......................................................................................... 150
H.3.3.1.1. Cavité buccale ..................................................................................... 150
H.3.3.1.2. Œsophage ............................................................................................ 150
H.3.3.1.3. Estomac............................................................................................... 150
H.3.3.1.4. Intestin grêle ....................................................................................... 150
H.3.3.1.5. Gros intestin ........................................................................................ 151
H.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif ............................................................... 151
H.3.3.2.1. Glandes salivaires ............................................................................... 151
H.3.3.2.2. Foie et voies biliaires .......................................................................... 151
H.3.3.2.3. Pancréas .............................................................................................. 151
H.3.4. Appareil respiratoire .......................................................................................... 151
H.3.5. Appareil cardio-vasculaire ................................................................................ 152
H.3.5.1. Cœur ........................................................................................................... 152
H.3.5.2. Vaisseaux ................................................................................................... 152
H.3.6. Le système lymphatique ...................................................................................... 152
H.3.6.1. Les nœuds lymphatiques ............................................................................ 152
H.3.6.2. Les organes lymphoïdes ............................................................................. 152
H.3.6.2.1. Le thymus ........................................................................................... 152
H.3.6.2.2. La rate ................................................................................................. 153
H.3.6.2.3. Les tonsilles palatines ......................................................................... 153
H.3.7. Appareil urinaire ................................................................................................ 153
H.3.7.1. Reins ........................................................................................................... 153
H.3.7.2. Uretères ...................................................................................................... 153
H.3.7.3. Vessie ......................................................................................................... 153
H.3.7.4. Urètre .......................................................................................................... 153
H.3.8. Appareil reproducteur [1] .................................................................................. 153
H.3.8.1. Mâle (figure 26) ......................................................................................... 153
H.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes ............................................................ 154
H.3.8.1.2. Voies génitales .................................................................................... 154
H.3.8.1.3. Glandes annexes ................................................................................. 154
H.3.8.1.4. Le pénis ............................................................................................... 154
H.3.8.2. Femelle ....................................................................................................... 155
H.3.8.2.1. Ovaires ................................................................................................ 155
H.3.8.2.2. Utérus .................................................................................................. 155
H.3.8.2.3. Vagin................................................................................................... 155
H.3.8.2.4. Mamelles............................................................................................. 155
H.3.9. Les glandes de marquages [5], [7], [13] ........................................................... 155
H.3.10. Système endocrine .......................................................................................... 156
H.3.10.1. Thyroïde et Glandes parathyroïdes ............................................................ 156
H.3.10.2. Glandes surrénales ...................................................................................... 156
H.3.11. Système nerveux ............................................................................................. 156

13
H.3.11.1. Système nerveux central ............................................................................. 156
H.3.11.2. Organes des sens ........................................................................................ 156
H.3.11.2.1. Ouïe [7] ............................................................................................. 156
H.3.11.2.2. Vision [5], [40] ................................................................................. 156
H.3.11.2.3. Olfaction ........................................................................................... 157
H.3.11.3. Système nerveux périphérique ................................................................... 157
H.4. PHYSIOLOGIE [26], [40]........................................................................................... 157
H.4.1. Physiologie digestive .......................................................................................... 157
H.4.2. Physiologie de la reproduction .......................................................................... 157
H.4.2.1. l’oestrus ...................................................................................................... 157
H.4.2.2. La gestation ................................................................................................ 158
H.4.2.3. La mise-bas et la lactation .......................................................................... 158
H.5. VOIES D ABORD ET APPLICATION CHIRURGICALES ................................................... 158
CONCLUSION ..................................................................................................................... 159
ANNEXES ............................................................................................................................. 161
BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................... 181

14
Table des illustrations
 Tableaux

Tableau 1 : Classification des espèces étudiées ....................................................................... 19

Tableau 2 : Nombre d’animaux étudiés et leur provenance ..................................................... 19

Tableau 3 : Formule dentaire du lapin ..................................................................................... 25

Tableau 4 : Formule dentaire du rat ......................................................................................... 59

Tableau 5 : Formule dentaire du hamster ................................................................................. 76

Tableau 6 : Formule dentaire de la gerbille .............................................................................. 95

Tableau 7 : Formule dentaire du cobaye ................................................................................ 107

Tableau 8 : Formule dentaire du chinchilla ............................................................................ 133

Tableau 9 : Formule dentaire de l'octodon ............................................................................. 147

 Figures
Figure 1 : La caectrophie [26] .................................................................................................. 51

Figure 2 : Comparaison des tailles des différentes races de hamster [38] ............................... 75

Figure 3 :Vue externe de l'appareil génital du hamster [21] .................................................... 77

Figure 4 : Squelette du hamster syrien [23]…………………………………………………..78

Figure 5 : Squelette du hamster syrien mettant en évidence les abajoues [21]………………78

Figure 6 : Vue ventrale de la cavité abdominale [23] .............................................................. 80

Figure 7 : Vue latérale gauche de la cavité abdominale [23] ................................................... 81

Figure 8 : Appareil génital du hamster mâle isolé [23] ............................................................ 87

Figure 9 : Vue ventrale de l'appareil génital du hamster doré femelle [23] ............................. 89

Figure 10 : Vue ventrale des mamelles chez une femelle hamster [23] ................................... 90

Figure 11 : Appareil digestif de la gerbille isolé [6] ................................................................ 99

Figure 12 : Appareil génital de gerbille mâle isolé [1] .......................................................... 101

Figure 13 : Appareil urogénital de gerbille femelle isolé[1] .................................................. 102

Figure 14 : Face plantaire du pied droit du cobaye [21]…………………………………….109

15
Figure 15 : Face palmaire de la main droite du cobaye [21]………………………………...109

Figure 16 : Vue externe de la zone urogénitale d'un cobaye mâle et d'un cobaye femelle [21]
……………………………………………...…………………………………………….….109

Figure 17 : Squelette de cobaye [22] ……………………………………………………….110

Figure 18 : Vue ventrale de la cavité abdominale d'un cobaye [21] ...................................... 112

Figure 19 : Vue intra-buccale : mise en évidence de l'ostium palatin [22] …………...…….117

Figure 20: Appareil génital mâle de cobaye isolé [22] .......................................................... 122

Figure 21 : Appareil génital femelle de cobaye isolé [22] ..................................................... 124

Figure 22 : Représentation des deux principales espèces de chinchilla [35]………………..134

Figure 23 : Représentation des surfaces plantaires et palmaires du chinchilla [35]………...134

Figure 24 : Vue ventrale de l'appareil urogénital du chinchilla mâle [1] ............................... 139

Figure 25 : Vue ventrale de l'appareil urogénital du chinchilla femelle [1] ........................... 141

Figure 26: Vue ventrale de l'appareil génital de l'octodon mâle [1] ...................................... 154

16
INTRODUCTION
Dans nos foyers, la place de l’animal de compagnie ne cesse d’augmenter et la diversité de
ces animaux de compagnie est de plus en plus grande notamment avec l’intérêt naissant et
grandissant pour les Nouveaux Animaux de Compagnie, plus couramment appelé NAC.
Parmi ces NAC, les petits mammifères, regroupant majoritairement les rongeurs et les
lagomorphes sont de plus en plus courants, pour leur grande disponibilité auprès d’animalerie
et d’élevage et leur faible coût à l’achat.

En effet, une enquête de la Société Française d’Enquêtes par Sondages (SOFRES) de 2010
[31] indique que 6,1 % des foyers français possèdent au moins un rongeur et que la
population de rongeurs atteint 3,01 millions.

D’autre part, la demande de soins sur ces animaux ne cesse elle aussi d’augmenter. Un
vétérinaire sera maintenant couramment confronté à un petit mammifère en consultation.
Cependant, les analogies supposées avec les carnivores domestiques peuvent avoir des
conséquences dramatiques. En effet, ces animaux possèdent des particularités anatomiques et
physiologiques bien spécifiques qui doivent être connues pour une prise en charge optimale.

Cette thèse se veut être une aide pédagogique destinées aux vétérinaires présentant un
complément au cours d’anatomie en détaillant les particularités spécifiques de l’anatomie des
petits mammifères de compagnie (Lagomorphes, Caviomorphes et Myomorphes) par rapport
au chien et au chat.

Ce travail sera présenté en deux parties : une première présentant les particularités
anatomiques et physiologiques des espèces sélectionnées, la seconde présentant sous forme
d’atlas photographiques par appareil et par espèces l’anatomie et les principales chirurgies
chez ces petits mammifères de compagnie. Les espèces présentées seront le lapin, le cochon
d’inde, le chinchilla, l’octodon, le rat, le hamster et la gerbille.

17
A.MATÉRIEL ET MÉTHODES

A.1. Matériel

Nous étudierons successivement l’anatomie clinique du lapin, du rat, du hamster, de la


gerbille, du cobaye (ou cochon d’Inde), du chinchilla et de l’octodon. Le tableau 1 ci-dessous
situe ces espèces dans la classification du règne animal.

Tableau 1 : Classification des espèces étudiées [26]

Odre Sous-Ordre Famille Genre Espece Nom Courant


Lagomorphe Lagomorphe Léporidés Oryctolagus Oryctolagus cuniculus lapin
Cavidés Cavia Cavia porcellus cobaye
Chinchilla laniger X
Caviomorphes Chinchillidés Chinchilla chinchilla
Chinchilla brevicauda
Octodontidés Octodon Octodon degus octodon
Rongeurs Ratus Ratus Norvegicus rat
Mus Mus Musculus souris
Myomorphes Muridés Mesocricetus Mesocricetus auratus hamster

Meriones Meriones unguculatus gerbille


Les animaux ont pour origine :

- le CHUVA (Centre Hospitalier Universitaire Vétérinaire d’Alfort) dans le cadre de la


consultation des NAC ;
- les animaleries expérimentales du CRBM (Centre de Recherche Bio-Médicale) de
l’ENVA et de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation de
l’Environnement et du travail, site d’Alfort).
Afin d’illustrer de façon optimale l’anatomie de toutes les régions dans les 2 sexes, il fallait 4
animaux de chaque espèce, 2 mâles et 2 femelles. Néanmoins, certaines espèces ont été plus
difficiles à recruter que d’autres. Le tableau 2 résume le nombre d’animaux étudiés ainsi que
leur provenance.

Tableau 2 : Nombre d’animaux étudiés et leur provenance


Espèce Nombre Caractéristiques Provenance
Lapin 4 2M +2F CHUVA
Cobaye 4 2M + 5F ANSES
Chinchilla 1 F CHUVA
Octodon 1 F CHUVA
Rat 4 2M+2F ENVA
Hamster 4 2M+2F ENVA
Gerbille 3 M ANSES

19
Le matériel utilisé pour la préparation des animaux comprend des instruments de dissection
classiques : scalpel, pince à dents de souris, pince mousse, sonde cannelée…).
Les photographies ont été réalisées à l’aide de trois appareils photos utilisés en mode
macroscopique ; leurs références sont les suivantes :
- Panasonic DMC-TZ5 LUMIX,
- Panasonic DMC-LX3 LUMIX,
- Panasonic LUMIX DMC-FZ18.

Les coupes ont été effectuées avec une scie à os que l’on trouve dans les abattoirs. Nous
avons réalisé une coupe longitudinale dans le plan médian et des coupes transversales, tous
les centimètres, de la tête à la queue de l’animal.
Par ailleurs, nous avons utilisé un champ chirurgical pour réaliser nos photographies.
Il nous est aussi nécessaire d’être en possession de matériel de dissection, à savoir :
- un scalpel ;
- une sonde cannelée ;
- une pince à dent de souris ;
- une pince mousse ;
- des clamps chirurgicaux ;
- des ciseaux Dauphin ;
- des ciseaux Mayo.

A.2. Méthodes

Les animaux ont été disséqués dans les 24 h suivant leur mort ou congelés pour la réalisation
ultérieure de coupes longitudinales et transversales.
La dissection comprenait les grandes étapes suivantes :
- retrait de la peau afin d’éviter la présence de poils sur les différentes prises de vue,
- mise en évidence des structures superficielles,
- ouverture des cavités abdominale et thoracique et examen des organes en place,
- isolement des différents organes.
Les photos étaient prises à chaque étape de la dissection.
Le plan de dissection adopté pour toutes les espèces étudiées est évoqué ci-dessous ; nous
avons d’abord étudié l’animal en décubitus latéral puis en décubitus dorsal.
Les différentes structures anatomiques mises en évidence seront présentées de la façon
suivante:

 Animal en décubitus latéral :

• Plan superficiel
Incision sur la ligne médiane ventrale et la face médiale des membres superficiels, retrait
total de la peau.
- Tête : muscles masticateurs (masséter et digastrique), glandes salivaires (parotide et
mandibulaire), nœuds lymphatiques mandibulaires ;
- Encolure : muscles cervicaux dorsaux (muscles omo-transversaire, trapèze) et ventraux
(muscles sterno-céphalique, brachio-céphalique, sterno-hyoïdien, mylohyoïdien), veine
jugulaire externe ;

20
- Thorax : muscles de la ceinture thoracique (muscles grand dorsal, pectoraux) et muscles
intercostaux ;
- Abdomen : muscle oblique externe ;
- Membre thoracique : veine céphalique, muscles superficiels de l’épaule (muscle deltoïde) et
du bras (muscles triceps brachial, biceps brachial) ;
- Membre pelvien : veine saphène externe, muscles de la croupe (muscles tenseur du fascia
lata, fessier superficiel, caudo-fémoral), de la cuisse (muscles quadriceps fémoral, biceps
fémoral, gracile, pectiné, adducteur, semi-membraneux et semi-tendineux) et de la jambe
(muscle gastrocnémien).

• Plan moyen
Section des muscles sterno-céphalique, brachio-céphalique et omo-transversaire, abouts
réclinés. Visualisation du sillon jugulaire.
Membre pelvien en abduction et mise en évidence de la région inguinale.
- Encolure : nœuds lymphatiques cervicaux superficiels caudaux, artère carotide commune,
tronc vago-sympatique, thyroïde ;
- Thorax : muscles de la ceinture thoracique, intercostaux ;
- Abdomen : muscle oblique interne ;
- Membre thoracique : plexus brachial ;
- Membre pelvien : nerf saphène.

• Plan profond
Désinsertion des côtes au niveau des articulations costo-vertébrales, volet costal rabattu
ventralement.
- Organes thoraciques en place
Isolement du poumon superficiel.
- Organes médiastinaux en place
Isolement du cœur et des gros vaisseaux et du poumon profond – conservation de l’intégrité
de l’œsophage.
- Poumons isolés : vue costale et médiastinale ;
- Cœur isolé : vue droite, gauche et dorsale (base).
Incision le long de l’arc costal, sur la ligne blanche et le long des muscles juxta vertébraux.
- Organes abdominaux en place ;
- Organes abdominaux en place, grand omentum récliné crânialement ;
- Jéjunum et iléon extériorisé.

 Animal en décubitus dorsal :

• Plan superficiel
Incision sur la ligne médiane ventrale et la face médiale des 4 membres.
- Tête : glandes salivaires et nœuds lymphatiques mandibulaires ;
- Encolure : muscles cervicaux ventraux (muscles sterno-céphalique, brachiocéphalique,
sterno-hyoïdien, sterno-thyroïdien et myélo-hyoïdien), veine jugulaire externe ;
- Thorax : muscles pectoraux ;
- Abdomen : muscle droit de l’abdomen ;
- Membre thoracique : veine céphalique, muscles superficiels de l’épaule et du bras ;
- Membre pelvien : artère, veine et nerf fémoral.

21
• Plan moyen
Section de la commissure des lèvres et des muscles masséter le long de l’arcade zygomatique
pour ouvrir la bouche.
Section des muscles sterno-céphalique, sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien, abouts réclinés.
Section des muscles pectoraux, abouts réclinés.
Mise en évidence de l‘artère axillaire, des muscles biceps et triceps brachiaux.
- Tête : cavité orale vue dorsale et ventrale ;
- Encolure : trachée, thyroïdes ;
- Thorax : muscles pectoraux ;
- Abdomen : muscle droit de l’abdomen ;
- Membre thoracique : artère axillaire, plexus brachial, muscles profonds ;
- Membre pelvien : muscles quadriceps fémoral et fémoraux caudaux.

• Plan profond
Section des muscles masséter le long de l’arcade zygomatique, désinsertion des muscles
digastriques et myélo-hyoïdien, luxation des articulations temporo-mandibulaires et
isolement de la mandibule.
Ouverture sur la ligne blanche puis incision le long de l’arc costal.
- Organes thoraciques en place ;
- Organes abdominaux en place, grand omentum récliné crânialement ;
- Jéjunum et iléon réclinés à gauche, puis réclinés à droite, veine porte.
Pose de 2 ligatures au niveau de la courbure duodéno-jéjunale et de la terminaison de l’iléon
- Jéjunum et iléon isolés ;
- Cadres duodénal et colique.
Isolement des organes post-diaphragmatiques et du gros intestin
- Organes post-diaphragmatiques vue crâniale et caudale ;
- Foie : face diaphragmatique et viscérale ;
- Estomac : conformation externe et conformation interne ;
- Appareil uro-génital en place.
Isolement des reins.
- Reins : conformation externe et conformation interne après coupe sagittale et transversale.
Isolement de l’appareil uro-génital mâle ou femelle.
- Prostate ;
- Pénis.

 Coupe longitudinale

 Coupes transversales

Enfin, nous avons répertorié les principales interventions cliniques pour chaque espèce. Dans
la mesure du possible, nous les avons documentées, et illustrées. Nous avons ainsi
photographié et légendé chaque étape des chirurgies les plus courantes.

A.3. Traitement des données

Les photographies ont été traitées à l’aide du logiciel Powerpoint 2010, commercialisé par
Microsoft. En effet, ce logiciel permet de recadrer les images, de faire varier l’éclairage et de
redéfinir le fond de la photographie.

22
Nous avons choisi de présenter l’atlas photographique sous forme de site internet afin que ce
document soit accessible aux étudiants et aux vétérinaires praticiens membres de
l’Association des Ancien Elèves et Amis de l’Ecole d’Alfort. Le site a été créé sur la plate-
forme EVE (portail de l’Enseignement et de la Vie Etudiante de l’ENVA) à l’aide du logiciel
Moodle. Avant de commencer la création du site, toutes les photographies ont été intégrées
dans une base de données. La page d’accueil comporte différents cadres appelés « Thèmes »
et chaque thème correspond à une rubrique.

La page d’accueil regroupe différentes rubriques pour chaque espèce étudiée dont l’anatomie
externe, l’anatomie interne et les applications chirurgicales.
Dans chaque rubrique, des liens à des fichiers power point apparaissent.
Quand on clique sur un lien, les photographies correspondantes ainsi que leur titre et leurs
légendes, s’affichent dans une nouvelle fenêtre.

23
B. LE LAPIN

B.1. Classification et histoire du lapin

B.1.1. Classification [26]

Le lapin appartient à la classe des mammifères et à l’ordre des lagomorphes.


L’ordre des lagomorphes se caractérise par une denture, qui les distingue des rongeurs
(tableau 3).

Tableau 3 : Formule dentaire du lapin


Incisives Canines Prémolaires Molaires
Mâchoire 2 0 3 3
supérieure
Mâchoire 1 0 2 3
inférieure

Elle présente deux paires d'incisives à la mâchoire supérieure (l'une, plus petite, étant
dissimulée derrière l'autre) qui sont, comme celles de la mandibule, entièrement recouvertes
d'émail. Les Lagomorphes sont des animaux dont la taille peut varier de 12 cm pour le lapin
nain à 25 cm pour le lapin domestique. Ils sont recouverts d'une fourrure dense à épaisse et
dont la couleur peut varier selon les saisons. Leur museau, doté de nombreuses vibrisses,
comporte toutefois une zone de peau nue (rhinarium). Cette zone s'étend des narines jusqu'à la
lèvre supérieure, qui est fendue en son milieu. Les lagomorphes se caractérisent également par
la cæcotrophie : le lapin ingère des caecotrophes, c’est-à-dire des crottes molles, en grappe,
enduites de mucus. Le lapin produit deux sortes de crottes : les caecotrophes qui
correspondent au contenu caecal et qui sont directement ingérées par le lapin après leur
excrétion et les crottes dures, sèches et rondes qui sont des déchets. Cette forme de recyclage
des nutriments permet de valoriser la ration alimentaire du lapin qui est une ration riche en
fibres végétale et donc pauvre en énergie.
L’ordre des lagomorphes est divisé en deux familles à savoir les léporidés et les
ochotonidés.
Le lapin appartient à la famille des léporidés qui est constituée des lapins et des lièvres.
Il appartient au genre des oryctolagus.
L’espèce du lapin domestique, appelé aussi lapin de garenne est oryctolagus cuniculus.

B.1.2. Histoire du lapin [32]

Depuis l’antiquité, le lapin est domestiqué dans des clapiers, pour sa chair et sa fourrure. Ce
n’est que depuis quelques décennies que le lapin est devenu un nouvel animal de compagnie ;
c’est d’ailleurs à cette occasion que la race des lapins nains a été créée.
Les lapins élevés pour leur fourrure sont d’environ 70 millions.
Les lapins de compagnie, sont aujourd’hui en France au nombre de 600 000.

25
B.2. Anatomie externe

Comme lors d’un examen clinique, nous allons procéder par étape en observant la tête de
l’animal, le tronc de l’animal, et les pattes.

B.2.1. La tête [2]

Au niveau de la tête de l’animal, on distingue :


- l’oreille : sur le bord latéral du pavillon auriculaire externe, on peut observer les
veines auriculaires superficielles latérales et médiales. Il est possible de poser un cathéter
veineux sur ces veines auriculaires (comme nous le verrons dans les applications cliniques
décrites ci-après).
Une artère auriculaire superficielle se trouve au milieu du pavillon auriculaire externe. Des
prélèvements de sang artériel peuvent être réalisés à ce niveau.
- l’œil, protégé par trois enveloppes, à savoir, la paupière supérieure, la paupière
inférieure et la troisième paupière. Cette dernière se récline dans le sens horizontal chez le
lapin. Le lapin présente une exophtalmie physiologique.
En arrière de l’œil se trouve un sinus veineux, auquel il faudra faire particulièrement attention
lors d’une énucléation.
- les narines, recouvertes de nombreuses vibrisses, qui jouent un rôle important dans la
perception de l’environnement.
- le sillon jugulaire, le long duquel court la veine jugulaire externe, visible lors de la
réalisation d’une compression à la base du cou ; des prises de sang sont réalisables à ce niveau
(comme nous le verrons dans les applications cliniques décrites ci-après). Ces prises de sang
sont plus difficilement réalisables du fait de la contention moins évidente de cette région.

B.2.2. Le tronc [2]

Le tronc de l’animal peut se diviser en quatre grandes parties :


- l’encolure ;
- le thorax, dont le volume est relativement petit par rapport à la taille de l’animal.
Cette caractéristique est l’une des explications de la sensibilité de l’appareil respiratoire des
lapins aux différentes affections pathologiques.
- l’abdomen, Le lapin possède une région lombaire très longue ce qui le prédispose au
traumatisme. En effet, un faux mouvement peut entrainer la formation de fractures des
vertèbres lombaires qui peuvent être fatales pour l’animal, d’où l’intérêt d’une bonne
contention lors de l’examen clinique.
- le bassin.

B.2.3. Les membres

- Les membres thoraciques, définis dorso-ventralement par les régions suivantes, à


savoir, épaule, bras, avant-bras, carpe, doigts. Au niveau de l’avant-bras, lors de la
réalisation d’une compression, l’on peut observer et cathétériser la veine céphalique (comme
nous le verrons dans les applications cliniques décrites ci-après).

26
- Les membres pelviens, définis dorso-ventralement par les régions suivantes, à savoir,
région glutéale, cuisse, grasset, jambe, tarse, doigts.

Les lapins ont la particularité d’être plantigrades et d’avoir la plante des pieds et la paume des
mains recouvertes de poils, ce qui diminue l’apparition de pododermatite chez cette espèce.
Cependant, il existe « des maux de patte » chez le lapin d’élevage dus à une infection par des
staphylocoques.

B.2.4. Organes génitaux externes [2]

Chez les jeunes lapereaux, le sexage peut s’avérer difficile. En fait, l’écartement entre
l’orifice génital et l’orifice anal est plus grand chez le mâle. En cas de doute, une légère
pression sur l’orifice génital extériorise un pénis chez le mâle et une fente chez la femelle.
A partir de 4 mois, le sexage devient plus simple puisque les testicules apparaissent chez le
mâle, en position scrotale, et, un jabot graisseux se développe chez les femelles.
Chez la femelle, la vulve présente deux paires de lèvres.
De part et d’autre de la région anale, se trouve un sinus inguinal qui correspond à une poche
au fond de laquelle débouchent des conduits excréteurs de deux glandes périnéales, sous-
cutanées, inégales et juxtaposées. Ces glandes, communes aux deux sexes, ont un
fonctionnement qui est indépendant de l’activité sexuelle. Leur sécrétion, d’odeur forte, se
dessèche en petites écailles jaunâtres sur les parois du sinus cutané.

B.3. Anatomie interne

B.3.1. Appareil squelettique [2]

B.3.1.1. Le crâne et l’appareil hyoïde

La surface dorsale du crâne est assez plate et très allongée rostralement. On y distingue sur
la ligne médiane, une crête sagittale qui s’étend de l’occiput aux orbites, et, caudalement, une
crête nucale qui s’étend transversalement d’une bulle tympanique à l’autre. La portion la plus
large du crâne est située entre les arcades zygomatiques. Chaque arcade est assez mince et
s’étend de l’os maxillaire à l’os temporal pour délimiter une cavité de taille moyenne de
chaque côté qui est occupée rostralement par l’œil et caudalement par les muscles
masticateurs.
Les bulles tympaniques se trouvent en région caudo-ventrale. Sur leur face latérale se trouve
le méat acoustique externe où est rattachée l’oreille externe.
Le lapin possède des mâchoires courtes, anisognatiques c’est-à-dire que l’arcade
mandibulaire est plus étroite que l’arcade maxillaire. Ceci permet une action de cisaillement
lors de la mastication.

B.3.1.2. Squelette axial

La formule vertébrale du lapin est la suivante :


- 7 vertèbres cervicales ;
- 12 vertèbres thoraciques ;

27
- 7 vertèbres lombaires ;
- 4 vertèbres sacrées ;
- 14-16 vertèbres caudales.

Le squelette axial du lapin présente certaines particularités :


- l’atlas est caractérisé par l’étroitesse de la base de ses processus transverses, lesquels
sont attachés seulement sur la moitié caudale de l’arc dorsal. Leur bord crânial forme avec le
reste de la vertèbre une profonde échancrure à angle presque droit, tenant lieu d’incisure
alaire. Le tubercule ventral est fort saillant. Chacune des cavités articulaires crâniales est
subdivisée en deux facettes bien séparées par l’arrière-fond. La facette dorsale est légèrement
oblique en dehors et la facette ventrale peu écartée de celle du côté opposée en dessous du
foramen vertébral.
- la dent de l’axis est pourvue d’un col prononcé et d’une surface articulaire dorsale
également nette. Le processus épineux, très haut dans sa partie crâniale, est bifide
caudalement et les tubercules qui le terminent sont bien séparés des processus articulaires.
- les vertèbres thoraciques, au nombre de 12, ont un corps comprimé et évidé
latéralement. Ils sont pourvus d’une crête ventrale qui devient particulièrement saillante sur
les quatre ou cinq dernières vertèbres, lesquelles sont par ailleurs dépourvues de fovéa
costales caudales. Les processus épineux sont nettement plus hauts que chez le chat, surtout
pour les derniers. Les huit premiers sont particulièrement étroits et pointus, bien inclinés
caudalement ; la vertèbre anticlinale est la dixième. Les processus transverses sont forts
larges, aplatis dorso-ventralement et étirés transversalement ; les deux ou trois derniers sont
dépourvus de fovéa costales. Les processus accessoires n’existent que sur la dernière.
- il y a douze paires de côtes, dont sept sternales et cinq asternales. Ces os présentent
un angle costal très marqué, et sont fort peu incurvés dans le reste de leur étendue.
- le lapin possède six sternèbres, parfois une de plus ou une de moins qui forment un
sternum triangulaire à peine moins grêle que chez les carnivores.
- les vertèbres lombaires sont au nombre de sept, parfois huit. Leur corps est très long,
excavé sur les côtés et pourvu d’une crête ventrale très marquée ; sur les premiers corps
vertébraux, celle-ci forme même une épine à son extrémité crâniale. Les processus épineux
sont de plus en plus hauts et de plus en plus inclinés crânialement du premier au dernier. Les
quatre ou cinq premiers sont prolongés caudalement par une crête très mince et très saillante.
Les processus transverses plus longs et beaucoup plus rabattus ventralement que chez le chat,
sont plats et élargis au bout, surtout chez les premiers où les extrémités sont un peu
échancrées. Leur longueur augmente beaucoup du premier au sixième ; le dernier est plus
court et beaucoup plus grêle que l’avant dernier et il est particulièrement étroit. Les processus
mamillaires sont extrêmement forts. Par contre, les processus accessoires sont relativement
faibles, réduit à l’état de pointes, beaucoup moins saillantes que chez le chat.
- les vertèbres sacrales se soudent tardivement chez le lapin, en un os bien plus long
que large et rétréci caudalement. Il existe une crête médio-ventrale nette, sauf sur le premier
corps vertébral et les lignes traverses sont bien marquées. A l’exception des deux derniers qui
se soudent parfois, les processus épineux sont complétement isolés et saillants, tubéreux à
l’extrémité et non pointus. La crête sacrale intermédiaire est continue, simplement relevée au
niveau des vestiges de processus articulaires. Les foramens sacraux dorsaux et pelviens
diminuent de calibres des premiers aux derniers. La surface articulaire est allongée et très
incurvée.
- les vertèbres caudales sont de faible taille. Toutefois, les cinq ou six premières ont
des arcs complets, avec de courts processus transverses. Il n’y a que des rudiments de
processus hémaux, sur les cinq ou six premières. La dixième vertèbre est quasiment réduite à
son corps.

28
B.3.1.3. Squelette appendiculaire

B.3.1.3.1. Membre thoracique

La scapula est allongée, nettement triangulaire, avec un col étroit et long. L’épine scapulaire,
très inclinée caudalement, se prolonge par un acromion très long. La fosse infra-épineuse est
deux fois plus large que la fosse supra-épineuse. La fosse subscapulaire est profonde,
parcourue d’une cannelure en regard de l’insertion de l’épine scapulaire sur l’autre face. La
cavité glénoïdale est ovalaire.

L’humérus est aplati d’un côté à l’autre dans sa moitié proximale. Le sillon brachial est très
peu profond et la crête humérale peu distincte. L’extrémité distale, aplatie dans le sens crânio-
caudal, est dépourvue de foramen supracondylaire. La trochlée présente deux lèvres à peu
près égale et une gorge relativement large. Du côté médial, il existe un fort tubercule sur
lequel glissent les tendons d’origine des muscles fléchisseurs des doigts et qui présentent de
ce fait l’aspect d’un capitulum supplémentaire, symétrique du capitulum véritable. La fosse
coronoïdienne est confondue avec la fosse radiale. Les épicondyles latéral et médial ne sont
représentés que par des tubercules à peine marqués.

Les os de l’avant-bras sont étroitement appliqués l’un contre l’autre et non mobiles ; ils sont
toutefois un peu croisés à leur partie proximale. Ils sont aussi très incurvés, concaves du côté
palmaire et latéralement. Le radius, étroit, est moins volumineux que l’ulna et sa face dorsale
est très convexe. L’ulna est aussi large à ses deux extrémités. Son union avec le radius ne se
fait pas par une large surface, sauf, à la partie proximale. Il s’agit plutôt d’une ligne de
soudure voisine du bord médial. L’olécrane est plus haut mais moins large que chez le chat,
nettement rejeté vers l’avant à partir de sa base. L’extrémité distale est large, mais rétrécie au
bout et son processus styloïde est peu saillant, remplacé par un fort condyle qui répond au
carpe.

Le carpe comprend, outre les quatre os de chaque rangée, un petit os central, toujours distinct
et enclavé entre les os intermédiaire et radial d’une part, trapézoïde et capitum d’autre part.

Les cinq métacarpiens sont présents. Le troisième est le plus long et le plus grêle ; le second
et le quatrième sont un peu plus courts et le cinquième est moitié moins long que le troisième.
L’os métacarpien du pouce est court, épais et sa partie proximale possède un prolongement
qui s’étend jusqu’à l’os radial. L’os métacarpien deux se poursuit à son extrémité proximale
par un prolongement qui chevauche le métacarpien trois et s’insinue entre l’os trapézoïde et
l’os capitum.

Le doigt deux est presque aussi long que le doigt trois et la taille décroit nettement de ce
dernier au doigt cinq. Les phalanges ressemblent à celle des carnivores. Le pouce est
complétement dépourvu d’os sésamoïdes, mais il existe un sésamoïde à chacun des autres
doigts.

29
B.3.1.3.2. Membre pelvien

L’os coxal est très allongé et à peu près horizontal. L’acétabulum est presque à égale distance
de la tubérosité ischiatique et de la crête illiaque, un peu plus éloigné toutefois de cette
dernière. Il est en proportion plus étroit que chez le chat mais plus profond et l’incisure
acétabulaire est presque convertie en trou. L’épine sciatique est très basse, presque indictincte,
sauf son extrémité caudale, qui forme une forte pointe située à mi-longueur de l’os de
l’ischium. La ligne arquée constitue une crête épaisse et courte. L’épine iliaque ventro-
caudale est épaisse et fort saillante. L’aile de l’ilium est très allongée et s’étend au-delà du
sacrum, bien plus encore que chez les carnivores. Elle est, comme chez ces derniers, rabattue
dans un plan presque sagittal. La surface auriculaire, moins étendue que chez les carnivores,
est située à sa base et, en raison de la brièveté du col, se trouve plus près du bord crânial du
pubis que de sa crête iliaque. Il existe une ébauche de fosse iliaque, presque plane, mais très
allongée. La crête iliaque est fortement convexe. Le col de l’ilium est particulièrement court,
épais, prismatique à section triangulaire. La partie ischio-pubienne est large et longue. Elle
est pourvue d’un foramen obturé relativement vaste, dessinant un ovale à peu près régulier, à
petit pôle caudal. L’os pubis est épais et large, avec une éminence ilio-pubienne saillante. La
partie acétabulaire de l’os ischium est située dans le prolongement direct du col de l’ilium ;
l’épine sciatique en est presque à mi-longueur. La tuberosité ischiatique est volumineuse,
tricuspide, avec une forte pointe rejetée en direction crânio-latérale, un peu comme chez les
petits ruminants. La symphyse pelvienne est courte et l’arcade ischiatique et large et très
profonde. La cavité pelvienne est relativement large, mais aplatie dans le sens dorso-ventral.
Le plancher pelvien est à peu près plat, beaucoup moins excavé que chez les carnivores.

Le fémur est légérement courbé sur toute sa longueur, avec une convexité crâniale. Son corps
est aplati dans le sens crânio-caudal, de sorte que sa face caudale est large et presque lisse.
Elle est limitée par son bord latéral saillant, qui commence proximalement par un troisième
trochanter large et élevé. Le grand trochanter massif, est nettement plus élevé que la tête
articulaire, petite et sphéroïde. Les condyles sont relativement étroits, plus rapprochés l’un de
l’autre que chez le chat. La trochlée est étroite et allongée, avec des lèvres égales. Il existe des
os sésamoïdes supracondylaires, auxquels répondent des facettes plus nettes que chez le chat.

La rotule est plus épaisse et plus étroite que chez le chat, plutôt proportionnée comme chez le
chien. Le tibia a une section triangulaire dans sa partie proximale, mais est fortement aplati
dans le sens crânio-caudal à sa partie distale. Il est surtout caractérisé par sa soudure avec la
fibula, qui ne s’en distingue pas dans toute sa partie distale. Sa crête est bien plus saillante,
mais plus courte que chez le chat, sa fosse tibiale plus profonde et plus large et son sillon de
l’extenseur bien marqué. L’éminence intercondylaire est très basse et les condyles
surplombent nettement la face caudale. L’extrémité distale présente, outre les deux gorges
habituelles, dont la latérale est plus profonde que l’autre, une large facette articulaire concave
d’avant en arrière et répondant au calcanéus. Les malléoles sont fortes, étirées
transversalement, mais très peu saillantes distalement. La latérale porte une épine qui précède
le sillon malléolaire.
La fibula n’est libre que dans sa moitié proximale. Son corps est très aplati, avec un bord
crânial tranchant et une véritable fasse caudale, étroite. Sa face médiale est un peu caudale et

30
fortement cannelée. L’extrémité proximale s’articule en revers distal du condyle latéral du
tibia.

Le tarse comporte six os. Le talus a une trochlée plus étroite que celle des carnivores. Il est
surtout caractérisé par la grande longueur de son col et la moindre obliquité de la tête, qui est
infléchie du côté dorsal. Le calcanéus est très épais et ne chevauche pas le talus comme chez
les carnivores, mais se place latéralement à lui, en ne couvrant sa face plantaire que par le
sustentaculum tali. Le processus coracoïde fait pratiquement défaut. La face latérale porte du
côté dorsal un fort relief qui s’articule avec la malléole correspondante par un large condyle
dont il n’existe pas de trace chez les carnivores. L’os naviculaire, excavé à sa face proximale,
porte à son extrémité plantaire un fort prolongement pointu qui descend jusqu’au métatarse.
L’os cuboïde, a peu près aussi large que haut, présente pour le tendon du muscle long
péronier un sillon presque aussi profond que chez le chat. Il n’existe que deux os
cunéiformes distincts : le latéral ou grand cunéïforme, ressemble à celui des carnivores. Le
petit, qui représente l’os cunéïforme intermédiaire, est enclavé dans une encoche de l’os
métatarsien médial II.

Le pouce ayant totalement disparu, il n’y a que quatre os métatarsiens. Ces os sont à peu
près rectilignes, le plus long étant le III, le plus épais le II et le plus court le V. ce dernier
porte, comme chez les carnivores, un processus proximo-latéral, ici particulièrement aigu.

En ce qui concerne les phalanges, chez le lapin, comme chez les carnivores, en dehors de
l’absence de pouce, aucune particularité n’est digne de mention.

B.3.2. Muscles

B.3.2.1. Muscles de la tête [2], [30]

Pour chaque muscle présenté ci-dessous, nous indiquerons son insertion, son innervation et sa
fonction.

Le muscle zygomatique s’insère au niveau de l’os zygomatique et se termine au niveau de la


peau de la lèvre supérieure. Il est innervé par un rameau du nerf facial et permet de relever la
lèvre supérieure.

Le muscle temporal occupe la fosse temporale. Il s’insère au niveau de la fosse temporale, la


ligne temporale externe, la crête sagittale externe, la crête infra-temporale et se termine sur le
processus coronoïde de la mandibule et sur le bord rostral de la branche mandibulaire. Il est
innervé par la branche motrice du nerf trijumeau, le nerf masticateur, et assure la fermeture de
la bouche.

Le muscle masséter constitue la base de la région massétérique. Il occupe une situation


superficielle et couvre la branche de la mandibule. Il est très épais et arrondi. Le muscle
masséter prend son origine sur l’arcade zygomatique, la crête faciale et le tubercule facial et
se termine sur la branche de la mandibule, dans toute l’étendue de la fosse massétérique. Le
muscle masséter élève la mandibule et la tire vers l’avant. Il est innervé par un rameau du nerf
trijumeau, le nerf masticateur.

31
Le muscle élévateur naso-labial s’insère sur le processus orbitaire interne de l’os frontal et
se termine au niveau de la face profonde de la peau des cavités nasales. Il est innervé par un
rameau du nerf facial, le nerf zygomatique, et assure l’ouverture des narines et l’élévation des
vibrisses.

B.3.2.2. Muscles du thorax [2], [11]

Les muscles cutanés du cou sont normalement constitués de fibres musculaires


perpendiculaires à l’axe de la colonne vertébrale, à savoir, les muscles sphincters superficiel
et profond du cou, séparés par le platysma. Ils assurent la mobilisation de la peau de
l’encolure de l’animal.

Le muscle cutané du tronc est un muscle plat très étendu qui est présent sur la face latérale
de la région du thorax et de l’abdomen. Il s’insère crânialement au niveau de la tubérosité des
muscles grand rond et grand dorsal, dorsalement au niveau du garrot, caudalement au niveau
de la patella et se termine sur la face interne de la peau. Il permet ainsi la réalisation de
mouvements cutanés localisés.

Le muscle cléïdo-mastoïdien s’insère sur la ligne nucale et le processus mastoïde et se


termine sur la clavicule et le manubrium sternal. Il est innervé par le nerf accessoire et assure
la flexion de la tête.

Le muscle sterno-céphalique est un muscle long qui s’insère sur le manubrium sternal et se
termine en région mastoïdienne de l’os temporal. Il est innervé par le nerf accessoire et
permet la flexion de la tête.

Les muscles pectoraux sont au nombre de trois : le muscle pectoral ascendant (le plus
caudal), le muscle pectoral transverse et le muscle pectoral descendant (le plus crânial). Ils
s’insèrent sur le sternum et se terminent sur les tubercules majeur et mineur de l’humérus. Ils
sont innervés par le nerf thoracique latéral et les nerfs pectoraux. Ces muscles ont une
fonction d’adducteur.

Le muscle trapèze se divise en deux : la partie cervicale et la partie thoracique. Il s’insère sur
la corde du ligament nuchal et le ligament supra-épineux et se termine sur l’épine scapulaire.
Il est innervé par le nerf accessoire et permet l’abduction de l’épaule.

Le muscle grand dorsal s’insère sur les processus épineux des vertèbres thoraciques et
lombaires et se termine sur la diaphyse humérale. Il permet la rétraction du membre.

B.3.2.3. Muscles de l’abdomen [2], [10]

Le muscle oblique externe de l’abdomen s’insère sur les dentelures présentes sur le quart
ventral de toutes les côtes à partir de la quatrième et se termine au niveau de la ligne blanche
et du fascia thoraco-lombaire. Il permet le soutien des viscères abdominaux et la flexion de la
colonne vertébrale.

32
Le muscle glutéal superficiel s’insère sur le tuber coxae et sur l’épine sacrale et se termine
au niveau de la tubérosité glutéale. Il joue un rôle dans l’abduction de la cuisse et assure la
tension du fascia glutéal.

Le muscle tenseur du fascia lata s’insère sur l’ilium et se termine au niveau du plateau
tibial. Il est innervé par le nerf glutéal superficiel et a un rôle d’abduction.

B.3.2.4. Muscles du membre thoracique [2], [28]

Le muscle deltoïde s’insère sur la clavicule, l’acromion et l’épine de la scapula et se termine


sur la tubérosité deltoïdienne de l’humérus. Il est innervé par le nerf axillaire et assure
l’abduction de l’épaule.

Le muscle supra-épineux s’insère sur toute l’étendue de la fosse supra-épineuse et se


termine sur le sommet du tubercule majeur de l’humérus. Il assure l’extension du bras.

Le muscle sub-scapulaire s’insère sur toute l’étendue de la fosse subscapulaire et se termine


sur la crête du tubercule mineur de l’humérus. Il assure l’adduction du bras.

Le muscle grand rond s’insère sur le bord caudal de la scapula et se termine sur la tubérosité
du grand rond et du grand dorsal. Il joue le rôle d’adducteur, fléchisseur et rotateur interne du
bras.

Le muscle triceps brachial est constitué de quatre chefs : le chef médial, le chef long, le chef
latéral et le chef accessoire. Ils s’insèrent respectivement sur le tubercule mineur de
l’humérus, la partie caudale de la scapula, la partie latérale de l’humérus et le col de
l’humérus et, ils se terminent sur l’olécrâne. Il est innervé par le nerf radial et assure
l’extension de l’avant-bras.

Le muscle biceps brachial s’insère sur le tubercule supraglénoïdale de la scapula et se


termine sur la tubérosité du radius. Il joue alors le rôle de fléchisseur de l’avant-bras et de
tenseur du fascia ante-brachial.

Le muscle brachial s’insère sur le sillon brachial de l’humérus et se termine sur la face
médiale de l’olécrâne. Il est innervé par le nerf musculo-cutané et permet la flexion de
l’avant-bras.

Le muscle anconé s’insère sur le pourtour de la fosse olécranienne de l’humérus et se termine


sur la surface latérale de l’olécrâne. Il permet l’extension de l’avant-bras.

Le muscle extenseur ulnaire du carpe ou ulnaire latéral s’insère sur la base de


l’épicondyle latéral de l’humérus et se termine sur l’os accessoire du carpe. Il assure
l’extension du carpe.

Le muscle extenseur radial du carpe s’insère sur la crête épicondylaire de l’humérus et se


termine sur la tubérosité dorsale des métacarpiens II et III. Il permet l’extension du carpe.

Le muscle fléchisseur ulnaire du carpe s’insère sur la base de l’épicondyle médial de


l’humérus et le bord caudal de l’humérus et se termine au niveau de l’os accessoire du carpe.
Il permet la flexion du carpe.

33
Le muscle fléchisseur radial du carpe s’insère sur la base de l’épicondyle médial et se
termine sur l’extrémité proximale du métacarpien III. Il permet la flexion du carpe.

Le muscle extenseur latéral du doigt s’insère sur le ligament collatéral latéral du coude et
la tubérosité adjacente du radius. Il permet l’extension des doigts ainsi que de la main dans
son ensemble.

Le muscle extenseur commun du doigt est constitué d’un corps charnu et de quatre tendons
pour les doigts II, III, IV et V. Il s’insère sur l’extrémité distale de la crête épicondylaire et
chaque tendon se termine sur le processus extensorius de chaque troisième phalange. Il
permet l’extension de tous les doigts.

B.3.2.5. Muscles du membre pelvien [2], [29]

Le muscle gracile s’insère sur la symphyse pelvienne et se termine sur le revers médial de la
crête tibiale. Il joue un rôle d’adducteur et de rotateur en dedans de la jambe et du membre.
Le muscle glutéal superficiel s’insère sur le tuber coxae et au niveau de l’épine sacrale et se
termine sur la tubérosité glutéale. Il joue un rôle dans l’abduction de la cuisse et assure la
tension du fascia glutéal.
Le muscle biceps fémoral s’insère sur la partie latérale de la tubérosité ischiatique et se
termine par son aponévrose qui se confond avec le fascia jambier. Il permet l’abduction du
membre.
Le muscle semi-tendineux s’insère sur la face ventrale de la tubérosité ischiatique et se
termine médialement à la crête tibiale.
Le muscle gastrocnémien s’insère sur la tubérosité supra-condylaires latérale et médiale du
fémur et se termine sur le lobe plantaire du tuber calcanei. Il permet l’extension du pied.
Le muscle long fléchisseur du doigt s’insère sur la fosse du fémur et se termine sur le
processus extensorius d’une phalange distale.
Le muscle tibial crânial s’insère sur la partie proximale de la fosse tibiale et se termine à
l’extrémité proximale d’un des os métatarsiens. Il permet la flexion des doigts.

B.3.3. Appareil digestif et glandes annexes [2], [3], [20], [26]

B.3.3.1. Appareil digestif

La cavité abdominale est beaucoup plus développée que la cavité thoracique. Les lapins de
compagnie sont généralement sédentaires et possèdent de ce fait une quantité importante de
graisse abdominale.

34
B.3.3.1.1. Cavité buccale

 La dentition

La formule dentaire du lapin est la suivante : 2 ( I 2/1, C 0/0, PM 3/2, M 3/3).


L’espace entre les incisives et les prémolaires associé à l’absence de canine se nomme le
diastème ; il est presque aussi long que la tête de l’animal.
La dentition du lapin est adaptée à un régime riche en fibres abrasives puisque la croissance
des incisives et des molaires est continue, permettant ainsi, de compenser leur usure
permanente. La croissance des incisives supérieure est 105 millimètres par an contre 125
millimètres par an pour les incisives inférieures. En effet, les racines de ces dernières sont
ouvertes. On parle de dents hypsodontes.
Par conséquent, les dents doivent s’user en se frottant contre les dents antagonistes. Seule la
face externe des incisives est recouverte d’émail, la face interne est moins dure. Les dents sont
ainsi taillées en biseau. Si cette usure n’est pas correcte, la croissance démesurée est à
l’origine de malocclusion ou de lésions de la langue ou de la joue. Les molaires et
prémolaires ne sont hypsodontes que sur une de leur face : la face interne pour les dents
maxillaires, la face externe pour les dents mandibulaires, l’autre face étant brachyodonte,
c’est-à-dire que leurs racines sont fermées et qu’elles ne poussent pas de façon continue. Les
dents sont de ce fait légèrement inclinées vers l’extérieur. Seule la première paire d’incisives
supérieures bien développée et visible est fonctionnelle, la deuxième paire d’incisives étant
« vestigiale » elles ne sont visibles qu’après extraction de la première paire d’incisives. Les
racines des incisives supérieures s’étendent vers les cavités nasales, à proximité du canal
nasolacrymal ; celles des secondes prémolaires supérieures dans l’os lacrymal, celles des
troisièmes prémolaires et des molaires supérieures sous l’orbite dans une structure osseuse
délimitée par la bulle alvéolaire ; celles des prémolaires et molaires inférieures occupent la
branche horizontale de la mandibule.
La mandibule est naturellement plus étroite que le maxillaire : on parle d’anisognathisme
physiologique. Au repos, l’occlusion dentaire n’est donc pas parfaite.
L’articulation temporo-mandibulaire de par sa forme longitudinale permet essentiellement des
mouvements d’avant en arrière, et l’ouverture maximale de la cavité buccale est faible.

 La langue

La langue est relativement longue et se décompose en trois parties, à savoir d’avant en


arrière : l’apex, le corps et la racine.
La langue est de largeur uniforme et est arrondie à son extrémité libre.
L’apex, aplati dorso-ventralement mais relativement épais, est pourvu d’un faible sillon
médian dorsal. Le dos porte un torus long et large mais peu élevé, nettement délimité à son
bord rostral et sur les côtés mais progressivement effacé sur sa partie caudale. L’ensemble est
couvert de papilles molles qui donnent à la muqueuse un aspect velouté.
Les papilles fongiformes présentent la particularité d’être chacune entourée d’une mince crête
annulaire qui détermine avec elle un sillon circulaire dans lequel s’ouvrent des pores
gustatifs ; elles ébauchent ainsi le type circumvallé. Il existe une paire de grosses papilles
circumvallées, un groupe de papilles foliées très visibles, formant une saillie elliptique peu
élevée mais longue de 6 à 7 millimètres.

35
B.3.3.1.2. Œsophage

L’œsophage est long de 12 à 14 cm. Il est large d’un centimètre dans le cou et plus étroit dans
tout le thorax. Sa partie cervicale basse est à peine déviée vers la gauche. Il traverse le
diaphragme en regard de la 9ème vertèbre thoracique. La musculeuse est formée de fibres
striées jusqu’à sa terminaison. La sous-muqueuse ne présente de glandes œsophagienne qu’au
voisinage immédiat du pharynx. La musculaire muqueuse existe sur toute la longueur de
l’organe.

B.3.3.1.3. Estomac

L’estomac se situe sous l’hypochondre, caudalement au foie et crânialement à la rate. Il se


localise sur le plan médian mais est légèrement dévié à gauche.
L’estomac possède toujours un rapport assez étendu avec la paroi abdominale ventrale en
arrière de l’hypochondre, qu’il déborde à droite jusque dans le prolongement de la dernière
côte et un peu moins loin à gauche. Il atteint caudalement un plan passant par la troisième
vertèbre lombaire. Le grand omentum est vaste, mais ne couvre que de façon incomplète la
masse intestinale.
L’estomac est relativement volumineux et peut contenir 250 à 300 millilitres. Il est
généralement toujours à demi plein, sinon plein. Vidé, il pèse 15 à 20 grammes. La capacité à
se distendre de l’estomac est assez modérée. Cependant, le cul de sac délimité par l’arrivée
de l’œsophage permet de stocker une partie du bol alimentaire dont les caecotrophes.
Comme chez les carnivores domestiques, l’estomac est constitué en trois parties : le fundus
recouvert d’une muqueuse peptique grisâtre, le corps allongé et cylindroïde avec un léger
rétrécissement circulaire en son milieu et l’antre pylorique recouvert d’une muqueuse
épaisse plissée et rougeâtre.
La paroi de l’estomac est fine et inextensible. Les ruptures ne sont donc pas rares.
L’estomac contient habituellement des fibres alimentaires végétales, des poils et des crottes
molles. Cela s’explique par la présence d’un sphincter pylorique très développé ; ce dernier
empêche le passage des boules de poils et rend la formation de trichobézoards fréquente.
Le contenu stomacal est néanmoins fluidifié par les sucs digestifs et l’eau absorbée.
Les vomissements sont rendus impossibles par l’anatomie du cardia dont la musculature et le
sphincter sont très épais, tout comme le pylore. L’estomac ne reste jamais vide.
Le rôle sécrétoire de l’estomac est très important dans la digestion : le pH atteint 1,5 à 2 grâce
à une sécrétion intense et permanente d’acide chlorhydrique. Les cellules principales sécrètent
également du pepsinogène. Au niveau du pylore, des glandes sécrètent du mucus protégeant
la muqueuse de l’acidité gastrique.
Chez le lapereau nouveau-né dont l’estomac est rempli de lait et a un pH peu acide de 4 à 4,5,
une réaction entre la pepsine et le lait permet grâce à la formation d’acides gras l’obtention
d’un pH plus acide dans l’estomac que ne le permettrait la seule sécrétion d’acide
chlorhydrique ce qui le protège des proliférations bactériennes.
Le temps de séjour des aliments dans l’estomac est de 3 à 6 heures.

B.3.3.1.4. Intestin grêle

L’intestin grêle mesure entre 3,20 et 4,50 m et son calibre atteint rarement un centimètre.

36
Le duodénum mesure environ 40 cm. Il possède un méso important et libre ce qui permet au
duodénum de flotter dans la partie caudale du flanc droit jusque près de l’entrée du bassin.
Dans le méso se loge un pancréas diffus et très étalé. La partie crâniale du duodénum est
courte, réduite à une ampoule à peine dilatée qui s’élève vers la droite et à laquelle fait suite
une brusque courbure à concavité caudale et ventrale. Le conduit cholédoque se termine seul à
sa face dorsale, à deux ou trois centimètres du pylore. La partie descendante décrit une longue
courbure ouverte ventralement en suivant la base de la masse caeco-colique, qui la plaque
contre le rein droit puis contre le bord dorsal du flanc droit. La partie transverse est longue et
flottante, de sorte que ses limites soient imprécises. Le conduit pancréatique, unique chez le
lapin aboutit à sa terminaison. Enfin, la partie ascendante du duodénum est rectiligne et longe
le côté médial du côlon descendant, auquel elle est unie par un pli duodéno-colique étroit.

Le jéjunum fait suite à une courbure duodéno-jéjunale aigüe, située en regard de la troisième
vertèbre lombaire. Sa paroi, est plus sombre et plus fine que celle du duodénum. Le jéjunum
se replie en de nombreuses circonvolutions qui occupent la moitié dorsale du flanc gauche et
toute la partie caudale droite et gauche de l’abdomen, jusqu’à l’entrée du bassin. Son
mésentère est très ample et atteint 8 à 10 centimètres de hauteur.

L’iléon mesure 15 à 20 centimètres et s’engage entre le caecum et la partie initiale du côlon.


Il est en effet uni à toute la courbure concave du caecum par le pli iléo-caecal très long et
étroit et par sa face opposée à la convexité de l’anse spirale du côlon par un pli caeco-colique
plus étroit encore. L’ensemble des trois viscères solidarisés s’enroulent en un tour et demi de
spire. La terminaison de l’iléon est fortement dilatée en une ampoule iléale dont la paroi est
très épaissie et constituée d’un volumineux amas nodulaire lymphatique, formant une
véritable tonsille.

B.3.3.1.5. Gros intestin

Le gros intestin est successivement composé du caecum, du côlon et du rectum.

Le caecum occupe 40 % du volume de la cavité abdominale. Il est essentiellement dans la


partie ventrale de l’abdomen, et est dorsalement en contact avec les autres viscères
abdominaux (l’intestin grêle, les reins…). Il mesure environ 40 centimètres de long et son
calibre atteint 3 à 4 centimètres.
Le caecum est divisible en deux parties, une proximale et une distale appendiculaire. La
première s’est annexée le début du côlon de sorte que l’iléon débouche en son intérieur à un
centimètre et demi de l’ostium caeco-colique. Cette partie correspond à la base ; le corps de
l’organe et son calibre décroit peu à peu en allant vers la partie distale. Sa paroi est mince,
translucide et fragile et forme des bosselures volumineuses et régulières, séparées par un
profond sillon spiral. La partie distale du caecum est cylindroïde et plus étroite ; son calibre
n’excède pas 8 à 9 millimètres. Sa paroi est épaisse, grisâtre et ferme, d’aspect finement
granuleux. Cette partie par sa forme comme par sa structure constitue un appendice
vermiforme.
En ce qui concerne la cavité du caecum, la papille iléale n’y fait aucune saillie. En effet,
l’ostium iléal est simplement percé au centre d’un diaphragme circulaire et peu épais, d’une
largeur de 2 centimètres. Il s’adosse à l’ostium caeco-colique d’une largeur de 1 à 1,5
centimètres. Au bord opposé du diaphragme iléal commence le pli spiral, une caractéristique
des lagomorphes. Ce pli décrit 22 à 25 tours en diminuant peu à peu de hauteur jusqu’à
l’entrée de l’appendice, près de laquelle il disparait.

37
Le côlon est plus long que le caecum mais occupe une toute petite partie de la cavité
abdominale. En effet, il mesure 1,2 à 2 mètres de long et a un calibre beaucoup plus faible que
celui du caecum : 7 à 10 millimètres. Le côlon est bosselé sur toute sa longueur et sa
disposition est particulièrement compliquée. Il se divise en trois parties : le côlon ascendant,
le côlon transverse et le côlon descendant.
Le côlon ascendant est organisé en une anse spirale mais les deux branches de cette anse ne
sont pas parallèles ni solidarisées. La première qui fait suite au caecum, présente à son origine
une dilatation ovoïde et lisse : l’ampoule du côlon. Apparaissent ensuite trois bandes charnues
longitudinales qui maintiennent des bosselures très marquées mais étroites et serrées. Arrivé
en regard de l’apex vermiforme, le colon revient brusquement sur lui-même. Là commence la
deuxième branche sur laquelle les bandes charnues s’effacent tandis que les bosselures
deviennent plus larges et irrégulières.
Le côlon transverse qui lui fait suite présente la même conformation. Il est très court.
Le côlon descendant est long et flottant. Appendu à un méso d’abord étroit, il est voisin du
plan médian et séparé du flanc gauche par les circonvolutions du jéjunum. Près de l’entrée du
bassin, son méso devient beaucoup plus ample de sorte qu’existe un véritable côlon sigmoïde,
qui décrit quelques flexuosités dorsalement à la vessie.

Le rectum est allongé et l’ampoule rectale est peu distincte. De part et d’autre de sa partie
caudale, se trouve un volumineux amas de glandes annales, constituant la glande para-
proctale. Elle est longue de 15 à 20 millimètres.

B.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif

B.3.3.2.1. Glandes salivaires

Il y a quatre types de glandes qui participent à l’élaboration de la salive comme chez les
carnivores domestiques: les glandes parotides, mandibulaires, sublinguales et
zygomatiques.
La glande parotide est large et embrasse la base de l’oreille en couvrant la région temporo-
mandibulaire et les muscles sterno-céphaliques et cleïdo-mastoïdiens.
La glande mandibulaire est compacte et arrondie comme celle des carnivores, mais elle est
en situation plus rostrale, sous l’angle de la mâchoire et l’angle ventral de la parotide, qui ne
la laisse qu’à demi-découverte.
La glande sublinguale est réduite à sa partie polystomatique. Ses lobules forment une masse
elliptique, relativement compacte et longue de 2 centimètres, situé en regard de la mandibule.

B.3.3.2.2. Foie et voies biliaires

Le foie de teinte rouge brun, pèse 95 grammes en moyenne.


Il est composé de trois gros lobes presque égaux : un droit et deux gauches (un latéral et un
médial) et d’un lobe caudé. Le lobe droit n’est pas subdivisé.
Le lobe droit n’est pas subdivisé.
Le lobe caudé est très développé, surtout au niveau du processus caudé dans lequel se trouve
l’empreinte rénale. Le lobe caudé est divisé en deux segments : le processus caudé du lobe
caudé et le processus papillaire du lobe caudé.
La vésicule biliaire, de forme cylindroïde se situe entre le lobe droit et le lobe gauche.
Le ligament rond a complètement disparu chez le lapin et le ligament falciforme est limité à
sa partie hépato-phrénique.
Le foie s’étend jusqu’à la septième côte à droite et la neuvième côte à gauche.

38
B.3.3.2.3. Pancréas

Le lobe droit du pancréas est diffus dans le méso du duodénum. Le lobe gauche est plus
compact et de forme mieux définie. Il se trouve dans la paroi profonde du grand omentum,
caudalement au fundus gastrique et arrive à la face ventrale du rein gauche en contact avec la
rate. Le canal pancréatique (car il n’en existe qu’un seul chez le lapin) s’abouche dans la
limite des parties descendante et transverse du duodénum. Le lapin est un des seuls animaux
chez qui les abouchements du conduit cholédoque et du canal pancréatique sont aussi
éloignés.

B.3.4. Appareil respiratoire [2], [3], [14], [27],

L'appareil respiratoire comprend d’une part les voies aérifères (cavités nasales, larynx,
trachée, bronches), d’autre part les poumons, siège de l'hématose.

La fréquence respiratoire du lapin est d’environ 38 à 66 mouvements par minute.

B.3.4.1. Cavités nasales

Les voies respiratoires sont étroites.


La cavité nasale est longue, comprimée d’un côté à l’autre.
Comme chez les carnivores domestiques, on distingue les cornets nasaux dorsaux, moyens et
ventraux qui délimitent des méats : les méats nasaux dorsaux, moyens et ventraux,
respectivement.
Comme chez les carnivores domestiques, les cavités nasales rendant possible la mise en
place de sondes de gavage naso-gastrique (on ne pose pas de sonde naso-oesophagienne du
fait du fort développement musculaire de l’œsophage et du cardia).

B.3.4.2. Pharynx

Le pharynx est le carrefour entre les voies aériennes et digestives.


Il s’étend jusqu’en regard de l’axis.
Le nasopharynx est comme le palais mou relativement long.

B.3.4.3. Larynx

Le voile du palais est relativement long et recouvre l’épiglotte. Ainsi, toute communication
entre la cavité buccale et la trachée n’est pas permise, rendant la respiration par voie buccale
impossible sans un effort prononcé. Le lapin est respirateur nasal strict.
En ce qui concerne la conformation du larynx, elle est semblable à celle des carnivores
domestiques.

39
B.3.4.4. Trachée

La trachée, de section presque circulaire, comprend 45 à 50 anneaux dont les extrémités se


chevauchent légèrement. Le muscle trachéal est attaché à leur face interne.

B.3.4.5. Poumons et bronches

La cage thoracique est de petite taille. Par conséquent, le volume pulmonaire est relativement
restreint. Ceci peut trouver son explication par l’adaptation du lapin à son mode de vie. En
effet, le lapin est plus adapté au sprint pour échapper à un prédateur qu’à la course
d’endurance.
L’étroitesse des voies respiratoires supérieures, le faible volume de la cavité respiratoire, la
persistance du thymus, prédisposent les lapins aux infections respiratoires.

Les bronches sont caractérisées par une extrême réduction des systèmes crâniaux dont la
naissance est asymétrique. La bronche principale droite est nettement plus grosse et moins
oblique que la gauche, mesure à peine 4 à 5 millimètres de long. Elle donne naissance à des
bronches lobaires crâniale, moyenne et caudale. La bronche principale gauche est plus plus
longue que la droite et se distribue comme à droite.
Le cœur occupant la partie crâniale du thorax, les lobes correspondant des deux poumons sont
très réduits et laissent le péricarde largement à découvert. Le poumon droit est nettement plus
gros que le poumon gauche. Des deux côtés, les fissures sont à peine moins profondes que
chez les carnivores domestiques. La surface de l’organe montre une lobulation faiblement
distincte.
Les deux poumons présentent de profil l’aspect d’un triangle rectangle dont le grand côté est
occupé par le bord dorsal et le petit côté par le bord ventral. L’apex est arrondi, épais et peu
distinct.
Comme chez les carnivores domestiques, le poumon droit comprend les quatre lobes
habituels : le lobe caudal qui en constitue à peu près les deux tiers, le lobe accessoire qui
s’attache à sa face médiale par un pédicule étroit, le lobe moyen qui est ventral au lobe
crânial, lui-même dorsal au cœur.
Le poumon gauche n’a que deux lobes : le lobe caudal, à peine plus petit qu’à droite et le lobe
crânial, parfois découpé par une fissure horizontale et incomplète, représente un lobe moyen
et un lobe crânial confondus mais parfaitement reconnaissables à la dissection.
Les septums interlobulaires et intersegmentaires sont minces mais bien plus nets que chez les
carnivores domestiques.

B.3.5. Appareil cardio-vasculaire [3]

Chez le lapin, la fréquence cardiaque varie de 120 à 330 battements par minute.

B.3.5.1. Cœur

Le cœur du lapin est relativement petit, comme dans toutes les espèces à faible activité
physique et dont le principal moyen de défense est de se cacher. Il pèse 8 à 14 g soit environ
1/300 du poids du corps. Il est relativement plus étroit que celui des carnivores.

40
La forme est un peu moins globuleuse et l’apex un peu moins obtus que chez les carnivores.
Le bord ventral de l’auricule gauche est découpée par de petites incisures. Surtout, cet
appendice est croisé dorsalement par la veine cave crâniale gauche, laquelle manque chez
tous les autres mammifères domestiques. Ce gros vaisseau se porte caudalement jusqu’au
sillon coronaire et reçoit la grande veine du cœur, au-delà de laquelle il représente le sinus
coronaire des autres espèces. Le sillon interventriculaire paraconal est peine moins oblique
que chez les carnivores et descend un peu plus bas sur le bord ventriculaire droit. Le sillon
interventriculaire subsinusal est reporté caudalement, plus près du bord du ventricule gauche
que dans les autres espèces, en raison de l’extension du ventricule droit de ce côté. Le bord
ventriculaire gauche montre en outre un sillon particulièrement long et net, qui se dévie sur la
face auriculaire.
La particularité la plus remarquable de la conformation intérieure concerne la valve atrio-
ventriculaire droite, qui ne comporte que deux cuspides. L’une de celles-ci est septale ;
elle est relativement courte. L’autre, plus large, résume les cuspides augulaire et pariétale. Le
petit et le grand muscle papillaires sont tous deux insérés sur le septum interventriculaire et
saillants. Le muscle papillaire subartériel est très petit. La trabécule septo-marginale est faible.
La valve atrio-ventriculaire gauche est plus circulaire que la droite.
La topographie est caractérisée par une situation nettement plus crâniale que les autres
mammifères domestiques. le cœur s’étend de la deuxième à la cinquième côte. L’organe est
presque aussi couché sur le sternum que chez les carnivores.
Les artères coronaires sont de calibre presque égal, la gauche étant toutefois un peu plus
grosse que la droite. Celle-ci se termine par un rameau interventriculaire subsinusal et un
rameau atrio-ventriculaire disposés a peu près comme chez les équidés. Comme chez ces
derniers également, l’artère coronaire gauche fournit, outre le rameau interventriculaire
paraconal, un rameau circonflexe qui ne s’étend guère au-delà du bord ventriculaire gauche.
Le rameau de ce dernier bord est bien développé.
Les veines sont drainées dans la partie terminale de la veine cave crâniale gauche. La grande
veine du cœur est courte en raison de sa terminaison dans cette dernière au niveau du bord
ventriculaire gauche.
Le péricarde reste à distance du diaphragme et n’est uni au sternum que par un rudiment de
ligament sterno-péricardique. La séreuse engaine nettement les gros vaisseaux de la base du
cœur. Elle s’élève autour du tronc pulmonaire et de l’aorte ascendante jusqu’à l’origine des
artères pulmonaires d’une part, du ligament artériel et du tronc brachio-céphalique d’autre
part. Elle enveloppe la face ventrale et les côtés des veines caves crâniales et un peu moins
largement la veine cave caudale. Le sinus transverse est large et le sinus oblique plus net que
chez les carnivores. Un récessus relativement profond existe de chaque côté entre les veines
pulmonaires et la veine cave correspondante.

B.3.5.2. Vaisseaux [2], [26]

La veine céphalique est sous cutanée. Elle longe de bas en haut le sillon bicipital externe
puis le sillon delto-pectoral. Elle rejoint, enfin, la veine axillaire. Ce vaisseau est assez gros et
permet la ponction d’une grande quantité de sang, lors de prise de sang.

La veine saphène latérale, est également un vaisseau sous-cutané, qui décrit une diagonale
traversant le tibia. Il s’agit du site de ponction, le plus adéquat pour une prise de sang en
grande quantité.
La veine jugulaire externe, est une veine sous cutanée du cou, qui collecte le sang de
l'encéphale, des parties superficielles de la face et du cou. Il existe une veine jugulaire interne

41
de chaque côté du cou. À la base du cou elle s'unit à la veine sous-clavière pour former la
veine brachiocéphalique. Contrairement, aux carnivores domestiques, ce vaisseau n’est pas un
lieu de ponction sanguine privilégié, du fait d’une contention difficile à réaliser.
Les veines auriculaires externes médiale et latérale, sont situées sur le plan sous-cutané,
sur le plan médian du pavillon auriculaire externe. Elles peuvent être un lieu de ponction
sanguine, mais cette manipulation s’accompagne souvent, d’hématomes peu esthétiques. Par
contre, la pose de cathéter sur ce vaisseau est commune.
Les veines caves crâniales, présentent sont au nombre de deux chez le lapin.

B.3.6. Le système lymphatique [2], [4], [26]

B.3.6.1. Les nœuds lymphatiques

Le système lymphatique du lapin présente quelques analogies avec celui des carnivores : le
nombre des nœuds lymphatiques, leurs groupes relativement réduits et la disposition souvent
plexiforme des collecteurs terminaux. De teinte gris rosé ou rose très pâle voire blanchâtre, les
nœuds lymphatiques sont quelques fois difficiles à discerner, dans la graisse qui les entoure.
Leur taille est modeste : selon les groupes, elle varie d’un à une quinzaine de millimètres ; elle
peut dépasser deux centimètres dans les nœuds lymphatiques mésentériques crâniaux, qui sont
les plus gros.

Lors de l’examen clinique, il est important de palper les noeuds lymphatiques car le
lymphome cutané est une néoplasie fréquente chez le lapin. Les nœuds lymphatiques
accessibles à l’examen clinique sont les sous-mandibulaires, les axillaires, les inguinaux et
les poplités.

B.3.6.2. Les organes lymphoïdes

B.3.6.2.1. Le thymus

Le thymus est un organe lymphoïde primaire. Il se situe dans la cavité thoracique, dans le
médiastin antérieur, de part et d’autre de la base du cœur.
Le thymus atteint son développement maximal vers l’âge de trois ou quatre mois. Sa longueur
est alors voisine de 30 millimètres, sa largeur d’environ 25 millimètres et son épaisseur d’une
quinzaine de millimètres. Le poids moyen est de l’ordre de 6 à 7 grammes. L’organe est
entièrement thoracique et le lobe gauche est nettement plus gros que le droit, dont le sépare
une fissure interlobaire très nette. L’ensemble forme un cône aplati d’un côté à l’autre. La
base, moulée sur le péricarde, est bien moins oblique que chez les carnivores. Le lobe gauche
en occupe presque les deux tiers et son bord caudal se situe en regard de la troisième côte et
du troisième espace intercostal. Le sommet, arrondi, large et court, est placé entre les côtes de
la première paire, qu’il dépasse de trois ou quatre millimètres, ventralement à la trachée et à
ses vaisseaux satellites. Le bord ventral est en rapport avec le sternum et la face dorsale
répond aux veines caves crâniales, au tronc brachio-céphaliques et aux nerfs périphériques.
Contrairement aux carnivores domestiques, le thymus n’involue pas progressivement avec
l’âge de l’animal et persiste donc dans son intégrité, durant toute la vie de l’animal. Ainsi,

42
lors de la réalisation de radiographie thoracique, le contour crânial du cœur n’est jamais bien
délimité du fait, de l’accolement du thymus (de densité radiographique tissulaire) à la base du
cœur.
Enfin, il peut être à l’origine de tumeurs médiatisnales.

B.3.6.2.2. La rate [3]

La rate est un organe lymphoïde secondaire, il a les mêmes fonctions que chez les
carnivores domestiques.
La rate est rouge brun, longue de 3 à 5 centimètres et large de 6 à 12 millimètres.
Son poids moyen est de 1,5 grammes environ, avec des variations de 1 à 3,2 grammes. Son
poids relatif est de 0,05 % en moyenne.
Elle est allongée, arrondie aux extrémités avec des bords à peu près parallèles. Son extrémité
dorsale est placée en arrière des deux dernières côtes, nettement en avant du rein gauche et le
reste de l’organe est situé caudalement à l’arc costal, sous la paroi abdominale, entre
l’estomac d’une part, le jéjunum et le caecum d’autre part. Le hile est disposé comme chez
les carnivores, de même que le ligament gastro-splénique. Le ligament phénico-splénique est
peu distinct.

B.3.6.2.3. Les tonsilles palatines

Il s’agit d’un organe immunologique important. Les tonsilles palatines sont plus connues sous
le terme amygdale.

B.3.7. Appareil urinaire [2], [3], [9], [26]

- L’appareil urinaire est constitué de deux reins, un rein droit et un rein gauche. Ces
deux organes détoxifient le sang en concentrant les déchets du métabolisme (urée,
créatinine…) dans l’urine.
- Deux uretères conduisant l’urine produite par le rein jusqu’à la vessie.
- La vessie qui stocke l’urine
- L’urètre qui permet l’élimination de l’urine contenue dans la vessie lorsqu’elle se
contracte.

B.3.7.1. Reins

Les reins sont plus petits que ceux des chats. Ils sont longs de 3 centimètres environ et larges
de 1,5 à 2 centimètres. Chacun pèse de 8 à 12 grammes et le poids relatif des deux reins
représente environ 1/160 ième du poids de l’animal.
Comme chez le chien, ils sont brun-chocolat, lisse en surface et de forme ovoïde. Toutefois, le
hile étroit et profond est un peu plus rapproché du pôle crânial que du pôle caudal.
En ce qui concerne la conformation intérieure du rein, elle est analogue à celle décrite chez les
carnivores : un cortex deux fois plus mince que la médulla, encapsulée par la corticale rénale.
Le rein droit est nettement plus crânial que le rein gauche. Son pôle crânial atteint le niveau
de la dernière côte et son pôle caudal celui de l’extrémité du troisième processus transverse
lombaire.
Le rein gauche est situé en regard des troisième et quatrième processus transverses et son
extrémité caudale est en regard du cinquième processus transverse.

43
Cependant, on retiendra que dans cette espèce, les processus transverses lombaires sont
fortement obliques en direction crâniale et que les deux reins sont placés plus latéralement
que dans toutes les espèces étudiées, de sortes que leur bord médial se projette en regard des
extrémités des processus transverses précités.

B.3.7.2. Uretères

Les uretères font parties des voies urinaires extra-rénales.


Ils sont au nombre de deux, un pour chaque rein. Il s’agit d’un conduit qui débute au niveau
du hile rénal, et chemine jusqu’à la vessie avec laquelle il s’abouche au niveau du trigone
vésical.
Le pelvis rénal est disposé comme chez les carnivores. Le pelvis rénal et le sinus rénal, sont
seulement plus court et plus large. Dans leur partie abdominale, les uretères sont placés à
distance de l’aorte et de la veine cave caudale.

B.3.7.3. Vessie

La vessie est complètement située dans l’abdomen comme chez les carnivores domestiques.
En réplétion, elle s’avance au-delà de la région ombilicale. Elle est pratiquement dépourvue
de ligaments latéraux ; le ligament médian est par contre relativement long. Le vestige de
l’artère ombilicale reste perméable et prend une part importante dans la vascularisation de
l’organe.
La paroi de la vessie est mince et très distensible.

B.3.7.4. Urètre

L’urètre chez la femelle est plus long que chez les carnivores domestiques. Son ostium
externe est surmonté d’une large valvule muqueuse transversale.

B.3.8. Appareil reproducteur [2], [3], [8], [26]

B.3.8.1. Mâle

L’appareil génital mâle est constitué :


- de deux gonades, les testicules ;
- d’un ensemble de voies excrétrices ;
- des voies génitales mâles : l’épididyme, le canal déférent et l’uro-spermiducte ;
- des glandes annexes : les glandes vésiculaires, la prostate et les glandes bulbo-
urétrales.
Le lapin est alternativement exorchide et énorchide. La descente des testicules est temporaire,
ils testicules peuvent facilement réintégrer la cavité abdominale.

B.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes

Les testicules mesurent environ 3-3,5 cm sur 1-1,5 cm. Ils sont amincis aux extrémités ce qui
facilite leur passage dans l’espace inguinal. Quand ils sont descendus, les testicules sont
presque horizontaux et leur extrémité capitée est crâniale.

44
L’artère testiculaire ne décrit que des flexuosités lâches dans le cône vasculaire. Arrivée
contre la glande, elle fait un tour complet sans se diviser puis fournit deux branches parallèles
qui font ensemble un second tour. Ces dernières émettent les divisions qui se portent autour
du mediastinum testis d’où se fait la redistribution centrifuge.

Le scrotum n’est bien visible que lors des périodes d’activité sexuelle, où il loge les
testicules, il est alors double et forme de chaque côté un sac volumineux, très allongé et dirigé
caudalement sous le bassin, jusqu’au voisinage du prépuce, dont il reste indépendant. Sa peau
très fine est presque glabre. Le dartos est presque absent, mais le muscle crémaster est très
développé. C’est un sac musculaire complet, directement continu avec le muscle oblique
interne de l’abdomen autour de l’anneau inguinal profond, qui est large, d’un diamètre
suffisant pour livrer passage au testicule et à l’épididyme. Il reçoit en outre, quelques
faisceaux du muscle transverse.
Lors d’un stress, le muscle crémaster se contracte et entraine la rétraction du testicule dans la
cavité abdominale.

La tunique vaginale est très ample, piriforme, et le canal vaginal est long et vaste. La large
communication de celui-ci avec la cavité générale du péritoine impose des précautions
particulières pour la castration (décrites par la suite).

B.3.8.1.2. Voies génitales

Les voies génitales sont constituées de l’épididyme, du canal déférent et de


l’urospermiducte.

L’épididyme possède une tête volumineuse, qui coiffe largement l’extrémité capitée du
testicule. Le corps est épais et la queue, bien détachée, forme un appendice globuleux et
mobile. A la base de celui-ci, prennent attache le ligament propre du testicule et le ligament
de la base de la queue de l’épididyme ; ils sont relativement longs et épais, mêlés de fibres
musculaires lisses et évoquant le gubernaculum testis incomplètement rétracté.

Le conduit déférent, long de 12 à 15 centimètres, est relativement épais. Très fluctueux en


regard du testicule, il se localise dans le cordon attaché par son méso propre. Parvenu dans
l’abdomen, il continue d’abord son trajet en direction crâniale puis forme un crochet brusque
pour contourner l’uretère et se porter caudalement au-dessus du col de la vessie. Il présente là
une ampoule assez nette, longue de deux centimètres environ, qui s’engage sous la vésicule
séminale et s’ouvre dans la partie caudale de celle-ci par un orifice impair porté sur le
colliculus séminal.

La glande séminale est impaire, volumineuse et bilobée. Située dorsalement au col de la


vessie et aux ampoules des conduits déférents, elle est longue d’environ 2,5 centimètres et
aplatie dorso-ventralement. Couverte dans ces deux tiers caudaux par la glande vésiculaire et
la prostate, elle est libre et un peu rétrécie à sa partie crâniale qui est bilobée par un sillon
large et peu profond. Sa paroi épaisse et musculeuse à ce niveau, devient mince à sa face
ventrale. La cavité large et anfractueuse, s’étire caudalement en une sorte de col qui reçoit les
conduits déférents tout près de son abouchement à l’urètre. En raison de cette disposition,
cette glande a été parfois assimilée à un volumineux utricule prostatique.

L’urètre est long de 12 à 13 centimètres, dont seulement 8 à 9 pour la partie spongieuse. La


partie pelvienne a une paroi mince et dilatable.

45
B.3.8.1.3. Glandes annexes

Parmi les glandes annexes on distingue des glandes vésiculaires, la prostate et les glandes
bulbo-urétrales.
La prostate est remplacée par un complexe de plusieurs glandes. On y reconnait trois parties :
une glande vésiculaire qui est en réalité une prostate crâniale, une prostate caudale ou
prostate proprement dite et une paire de glandes paraprostatiques.
La glande vésiculaire est ovalaire, relativement volumineuse et de teinte gris sombre.
La prostate proprement dite, est un peu plus petite, étirée d’un côté à l’autre, de couleur
jaune-rosée.
Les glandes paraprostatiques sont nettement plus petites et arrondies.
La glande bulbo-urétrale est unie à celle du côté opposé en une volumineuse masse bilobée
par un sillon médian et de teinte brun rosée.

B.3.8.2. Femelle

L’appareil génital femelle est constitué :


- des ovaires ;
- des voies génitales femelles : l’oviducte, l’utérus et le vagin.

B.3.8.2.1. Ovaires

L’ovaire est nettement plus long que large, presque cylindroïde et à peine aplati d’un côté à
l’autre. Chez l’adulte, il est long de 10 à 15 millimètres et large de 6 à 8 millimètres. Son
poids varie entre 0,10 et 0,35 grammes et peut atteindre 80 à 90 grammes pendant la
gestation. La teinte est jaune rosée et la surface est bosselée par les follicules. Les deux
ovaires sont situés au niveau de la cinquième vertèbre lombaire. Ils se situent contre la paroi
abdominale, contre laquelle ils sont plaqués par l’intestin.
Le mésovarium proximal est ample : il se prolonge crânialement jusqu’au contact du rein
mais le ligament suspenseur de l’ovaire est peu distinct. Le mésovarium distal est un peu
plus long et plus mince que chez les carnivores.
Les ovaires sont enveloppés dans une bourse ovarique.
Ils sont constitués d’une corticale et d’une médullaire.
La structure est caractérisée par le peu d’étendue de la zone vasculaire, réduite à une trainée
axiale de tissu conjonctif où courent quelques gros vaisseaux sanguins et lymphatiques. La
particularité la plus remarquable réside dans l’énorme développement de l’interstitium qui
occupe 80 % de la glande. Il constitue une couche épaisse et compacte qui s’interpose entre la
zone vasculaire et une étroite bande de stroma portant les follicules refoulés sous la surface de
l’organe.

B.3.8.2.2. Utérus

La lapine possède un utérus duplex, c’est-à-dire constitué par deux cornes distinctes,
simplement accolées par leur extrémité caudale et terminées chacune par un col. Chacun de
ces hémi-utérus est long de 10 à 12 centimètres, large de 4 à 6 millimètres, un peu dilaté à son
extrémité caudale, dont le calibre atteint 8 à 9 millimètres. Plaqués contre la paroi latérale de
l’abdomen par l’intestin, les deux hémi-utérus sont surtout en rapport avec le jéjunum et le

46
duodénum, sauf dans leur partie caudale, où ils encadrent le côlon descendant puis se placent
entre lui et la vessie. En dehors de la gestation, ils ne s’avancent pas au-delà de la sixième
vertèbre lombaire.
L’irrigation sanguine est assurée un peu comme chez les carnivores, par une longue arcade
artérielle située à distance de l’utérus, auquel elle délègue de nombreuses branches plus ou
moins parallèles. La constitution de cette arcade est pourtant différente et plus complexe que
celle des carnivores. Le tiers crânial de l’utérus est irrigué par le rameau utérin de l’artère
ovarique, qui se divise en un rameau crânial et un raeau caudal. Le premier s’unit à un fort
rameau tubaire de l’artère ovarique et forme ainsi une arcade tubo-utérine. L’autre rejoint
dans le mésométrium le rameau crânial de l’artère utérine et forme avec lui l’arcade principale
qui dessert tout le reste de l’utérus à l’exception du col.

B.3.8.2.3. Vagin

Cet organe est particulièrement long. Il mesure 4 à 6 centimètres et est très aplati dorso-
ventralement et large de 10 à 12 millimètres. Sa muqueuse est rosée et plissée en long.
Le fornix est profond de 3 à 4 millimètres autour des deux cols utérins, juxtaposés mais
séparés par un profond sillon médian. L’hymen est rudimentaire ou le plus souvent absent.

B.3.8.2.4. Mamelles [33]

La lapine possède quatre ou cinq paires de mamelles :


- deux paires de mamelles thoraciques
- une ou deux paires de mamelles abdominales
- une paire de mamelles inguinales.

B.3.9. Les glandes de marquages [2], [26]

Les glandes de marquage se nomment aussi les glandes odiférantes. Elles se regroupent au
nombre de trois, à savoir : les glandes sous mentionières, les glandes péri-anales et les glandes
inguinales.

B.3.9.1. Les glandes sous mentonières

Les glandes sous mentonières sont au nombre de deux et se situent sous le menton. Ces
glandes permettent à l’animal de marquer son territoire en frottant son menton sur les objets
de son environnement.

B.3.9.2. Les glandes péri-anales

Les glandes péri-anales sont au nombre de deux et se situent de part et d’autre de l’anus.

B.3.9.3. Les glandes inguinales

Les glandes inguinales sont au nombre de deux. Elles se situent de part et d’autre de l’orifice
génital, dans deux replis cutanés et sont souvent remplies de sécrétions noirâtres.

47
B.3.10. Système endocrine [2]

B.3.10.1. Thyroïde et Glandes parathyroïdes

La thyroïde est une glande bilobée dont les 2 lobes sont réunis par un isthme. Sa taille
moyenne est de 1 centimètre de long, 0,2 centimètre de large. Elle est de couleur marron.
Chaque lobe est situé latéralement à la trachée et médialement à la veine jugulaire
externe et à l’artère carotide commune. La thyroïde s’étend du troisième au onzième
anneau trachéal.

Les glandes parathyroïdes sont de petits disques roses situés médialement à


l’extrémitécrâniale de la thyroïde. Elles sont en contact avec la trachée au niveau du
quatrième ou cinquième anneau trachéal.

B.3.10.2. Glandes surrénales

Les surrénales sont de couleur beige. Elles sont recouvertes d’un mince péritoine et souvent
enrobées dans la graisse.
Comme chez les carnivores domestiques, elles sont situées crânio-médialement à chaque rein.
La surrénale gauche est localisée à gauche de l’aorte abdominale et caudalement à l’artère
mésentérique crâniale. La surrénale droite se trouve ventralement à la veine cave caudale sous
le lobe caudé du foie.

Le cortex est composé des zones glomérulée, fasciculée et réticulée et d’une zone
intermédiaire et juxtamédullaire.

Une branche de l’aorte irrigue le pôle crânial de chaque glande, des branches de l’artère
rénale irriguent le pôle caudal de chaque glande.

B.3.11. Système nerveux

B.3.11.1. Système nerveux central [2]

Le cerveau d’un lapin domestique mesure environ quatre centimètres de long et deux
centimètres de large.
Le cerveau est constitué de deux hémisphères cérébraux sur lesquels on observe des gyrus
et des sulcus. Le cerveau se prolonge caudalement par le cervelet, le pont, la moelle allongée
puis la moelle épinière.
Sur la moelle épinière, on distingue en son centre la substance grise (noyau des neurones) et
à sa périphérie, la substance blanche (les axones myélinisés).
Sur la face médiale du cerveau, on remarque également le chiasma optique et les deux nerfs
optiques, des structures impliquées dans la vision, ainsi que le bulbe olfactif, une structure
indispensable à l’olfaction.

48
B.3.11.2. Organes des sens [2], [26], [39]

B.3.11.2.1. Ouïe

Le lapin a une bonne sensibilité auditive. Il perçoit les sons entre 360 et 42 000 à 50 000 Hz.
Les lapins n'entendent donc pas les sons très graves, mais ils sont sensibles à une très large
gamme d'ultrasons. Le lapin a en revanche du mal à localiser avec précision l'origine d'un son.
L’oreille externe est constituée d’un pavillon et d’un conduit auditif externe. Le conduit
auditif présente une subdivision qui se termine en un cul de sac qui est situé superficiellement
par rapport au conduit principal.
Les oreilles moyenne et interne sont comparables à celle du chien et du chat.

B.3.11.2.2. Vision

L’œil du lapin est généralement protégé par trois paupières, la paupière supérieure, la
paupière inférieure et la membrane nictitante recouvrant l’œil horizontalement.
Il n’existe qu’un seul canal lacrymal, situé à l’extrémité distale de la paupière inférieure.
Le lapin a un champ de vision très développé ; en effet, chacun des deux yeux a un champ
de vision de 192°. Ainsi, le champ de vision global est de 360°, et la zone de vision
binoculaire est de 24° devant lui et de 30 ° au-dessus de sa tête. De plus, en cas d'alerte, le
lapin peut accroître cette vision binoculaire à 30° vers l'avant et 8 à 10° vers l'arrière en
modifiant la position de ses yeux dans leurs orbites. L'animal peut donc évaluer la distance à
laquelle se trouvent les éléments dans la zone de vision binoculaire. Par ailleurs, il existe un
angle mort d’une dizaine de centimètres devant le museau. Cependant, dans cette zone, les
vibrisses permettent de percevoir les éléments placés devant le lapin. Les cellules de la
rétine sensibles à la lumière sont peu denses. L’image perçue est donc vaste mais floue. Le
lapin est donc plus sensible au mouvement qu'à la forme des objets. La rétine est tapissée
de cellules sensibles à la lumière : on distingue notamment des cellules en bâtonnet et des
cellules en forme de cône. Les cellules en forme de bâtonnet sont nombreuses et permettent à
l’animal de percevoir son environnement avec une très faible luminisité. Le lapin a donc une
bonne vision nocturne. Les cellules coniques ont une absorption maximale de la lumière pour
des longueurs d'onde correspondant au bleu et au vert. Le lapin perçoit donc particulièrement
bien ces couleurs, tandis que les autres couleurs, notamment le rouge et l'orange, sont très mal
distinguées.

B.3.11.2.3. Olfaction

L’odorat du lapin est assez développé. Il dispose de 50 à 100 millions de récepteurs sur sa
muqueuse olfactive. La surface importante de ses cornets naseaux permet la présence de
nombreux récepteurs.

B.3.11.3. Système nerveux périphérique [2]

De la moelle épinière partent de nombreux nerfs qui forment le système nerveux périphérique.
On a pu notamment mettre en évidence le plexus brachial qui innerve le membre thoracique
ainsi que la région thoracique.

49
B.4. Physiologie [26]

B.4.1. Physiologie cutanée

La mue de lapin peut être surprenante puisque l’animal peut perdre brutalement la quasi-
totalité de ses poils par touffes.
Tant que la zone dépilée ne présente ni alopécie ni squamosis et que la repousse du poil est
saine, le processus de mue est normal.

B.4.2. Physiologie digestive

Le lapin est un animal caecotrophe c’est-à-dire qu’il ingère des caecotrophes, c’est-à-dire des
crottes molles, en grappe, enduites de mucus. Le lapin produit deux sortes de crottes : les
caecotrophes qui correspondent au contenu caecal et qui sont directement ingérées par le
lapin après leur excrétion et les crottes dures, sèches et rondes qui sont des déchets. La
caecotrophie permet de valoriser la ration alimentaire du lapin qui est une ration riche en
fibres végétale et donc pauvre en énergie (figure1).
En effet, la ration alimentaire du lapin se compose essentiellement de fibres végétales. Celles-
ci peuvent être solubles et donc digestibles, comme la pectine, l’hémicellulose et les
polysaccharides ou bien non digestibles comme la cellulose ou la lignine.
Le trajet digestif de ces deux catégories de fibres végétales est différent.
En ce qui concerne les fibres non digestibles, elles passent d’abord dans l’estomac, puis dans
l’intestin grêle et enfin dans le côlon proximal puis distal. Ces fibres insolubles sont en fait
entrainées par un gradient osmotique vers la lumière du tube digestif, puis sont éliminées sous
forme de crottes dures grâce au péristaltisme du côlon.
En ce qui concerne les fibres digestibles, elles passent dans un premier temps dans l’estomac,
puis, dans l’intestin grêle et enfin dans le côlon. A ce niveau là, les fibres digestibles sont
rassemblées le long de la paroi du côlon proximal qui est divisées en haustras. Les haustras
sont à l’origine de contractions antipéristaltiques et ramènent les fibres digestibles dans le
caecum. Ce dernier est le siège des fermentations bactériennes puisqu’il renferme la majeure
partie des bactéries digestives. Celles-ci sont pour la plupart Gram négatives et sont à
l’origine de la production d’acides aminées, d’acides gras volatils ( surtout de l’acétate) et de
vitamines, notamment B et K.
Le matin et à la tombée de la nuit, le caecum se contracte et vide son contenu pâteux, entouré
de mucus dans le côlon proximale. Celui-ci arrête ces contractions anti-peristaltiques et
évacuent les caecotrophes qui sont directement réingérées. Son contenu est protègé par le
mucus qui l’entoure des suc gastriques et est absorbées dans l’intestin grêle.

50
Figure 1 : La caectrophie [26]

51
B.4.3. Physiologie urinaire

B.4.3.1. Métabolisme du calcium

L’absorption du calcium par voie digestive n’est pas totalement régulée. De ce fait, la
calcémie est physiologiquement plus élevée chez le lapin que chez les autres mammifères et
varie en fonction des apports alimentaires.
De plus, l’excrétion du calcium s’effectuant essentiellement par voie rénale, l’urine est
souvent riche en carbonate de calcium, ce qui peut lui donner un aspect épais et crémeux (que
l’on ne doit pas confondre avec du pus. Par ailleurs, une alimentation riche en calcium
associée à une faible consommation d’eau peut être à l’origine de l’apparition de boue
vésicale, voire de calculs vésicaux ou rénaux. Il est donc nécessaire de contrôler l’apport
alimentaire en calcium et utiliser les aliments riches en calcium, comme la luzerne, en
quantité raisonnable.
Par ailleurs, les lapins de compagnie peuvent être insuffisamment exposés à la lumière solaire
et présenter en conséquence une carence en vitamine D. Cette dernière joue un rôle important
dans l’absorption du calcium. De ce fait, on peut ainsi observer chez certains lapins de
compagnie une déminéralisation osseuse et des troubles dentaires.

B.4.3.2. Excrétion de porphyrine

La présence de porphyrine dans les urines peut être à l’origine d’une coloration rougeâtre et
orangée des urines. Ce phénomène peut durer trois à cinq jours et est liée à l’aborption de
certains légumes ou médicaments. Il est indispensable de distinguer l’excrétion de porphyrine
dans les urines de celle d’hémoglobine ou de sang.

B.5. Voies d’abord et application chirurgicales

B.5.1. Appareil digestif

B.5.1.1. Appareil digestif

B.5.1.1.1. Cavité buccale [26]

Les affections dentaires constituent un motif de consultation majeur des lagomorphes. On


distingue la malocclusion des incisives, la malocclusion des molaires et les abcès
dentaires.
Lors d’affection dentaires, le lapin se nourrit difficilement, ne se toilette plus et ingère
difficilement les caecotrophes. L’anorexie chez cette espèce constitue une véritable urgence
médicale. Si l’animal n’est pas pris en charge il s’ensuit un iléus, une déshydratation, une
entérotoxémie, une hypothermie pouvant causer rapidement la mort de l’animal.

52
 L’abcès buccal

Les différents temps de l’intervention sont les suivants :


- préparation chirurgicale de la zone ;
- incision cutanée en côte de melon ;
- dissection mousse pour débrider, vidanger et rincer l’abcès ;
- injection locale d’antibiotique (ex : clindamycine) ;
- suture de la peau.

 Malocclusion dentaire au niveau des dents jugales

La malocclusion dentaire des molaires résulte d’une alimentation insuffisamment riche


en fibres.
L’espace qui existe normalement au repos entre les dents inférieures et les dents supérieures
disparait. Les molaires inférieures et supérieures sont alors en contact permanent les unes
avec les autres créant ainsi une pression permanente. Ainsi, les incurvations dentaires
s’accentuent ; en effet, les couronnes dentaires du bas viennent se recourber vers la
langue et les couronnes dentaires supérieures viennent se recourber vers l’intérieur de la
joue ; la présence de ses pointes dentaires pouvant alors entraîner la formation d’ulcères sur la
langue ou les joues.
Le traitement consiste à effriter les « surdents » à l’aide d’une pince coupe gorge ou à l’aide
de petits moteurs dentaires. On remet également les couronnes à niveau pour éliminer
l’effet d’engrènement des mâchoires.
Il faut ensuite augmenter la proportion de fibres dans la ration.
Il est cependant fréquent que cette malocclusion récidive et qu’il soit nécessaire de parer les
dents de l’animal régulièrement.

 Malocclusion dentaire au niveau des incisives

Ces malocclusions sont généralement acquises du fait d’un déséquilibre entre l’élongation
continue des dents jugales et l’usure de ces dernières.
L’allongement des dents jugales entraîne au départ une disparition de l’espace libre entre
celles-ci, puis, une ouverture artificielle de la bouche. On observe alors une perturbation de
l’occlusion normale des incisives qui ne sont plus en contact et poussent librement.
Ainsi, les incisives inférieures poussent vers l’avant tandis que les incisives supérieures
s’enroulent vers l’intérieur.
Le traitement consiste à limer les incisives jusqu’à l’obtention d’une longueur normale.
Une occlusion normale peut alors être retrouvée.
Il est déconseillé de couper les incisives, ce geste pouvant générer la formation de fissures
tout le long de la dent et ainsi en perturber la croissance.

Les complications majeures des malocclusions sont :


- un épiphora ;
- les abcès dentaires avec notamment destruction progressive de la mâchoire ;
- l’anorexie (comme vu précédemment).

53
B.5.1.1.2. Intestin grêle [25]

En cas d’intussusception (invagination d’une portion d’intestin dans une autre), de corps
étranger ou d’occlusion de l’intestin grêle, on a recours à une entérotomie ou une
entérectomie.

Les différents temps de l’intervention sont les suivants :

- préparation chirurgicale de la zone d’intervention ;

- incision cutanée de six centimètres de long sur le plan médian de l’abdomen, trois
centimètre en amont de l’ombilic et trois centimètre en aval ;

- dissection mousse du tissu sous-cutané et graisseux ;


- ouverture de la cavité abdominale comme chez les carnivores avec une incision de la
ligne blanche sur six centimètres ;
- examen de l’intestion : on reprend toutes les portions de l’intestin en commençant
par le duodénum afin de trouver l’anomalie.
- réalisaiton de l’entérotomie ou de l’entérectomie de la même façon que chez les
carnivores domestiques. Pour l’entérotomie comme pour l’entérectomie, on évacue
de part et d’autre le contenu digestif et on pose deux fois deux pinces atromatiques,
type pinces bulldogs, sur deux zones saines encadrant l’anomalie ;
- en cas de corps étranger avec une portion intestinale saine, on réalise une incision
longitudinale de la paroi intestinale et on retire le corps étranger. On réalise donc une
entérotomie.
En cas d’intussusception, d’occlusion ou de nécrose de la paroi intestinale, on
ligature les vaisseaux mésentériques qui irriguent la portion intestinale devant être
retirée. et l’on coupe les deux extrémités de la paroi intestinale entre les deux pinces
bulldogs. Lorsque l’on résèque la portion intestinale lésée on parle d’entérectomie ;
- appose bord à bord la paroi incisée et réalisation d’abord d’un surjet simple
perforant, à l’aide d’un fil monobrin résorbable puis d’un sujet de cushing à l’aide
d’un fil monobrin résorbable. Rinçage de l’intestin à l’aide de sérum physiologique
chauffé ;

- suture la paroi ;

- suture du tissu sous-cutané ;


- fermeture du plan cutanée : à l’aide d’une colle chirurgicale, on rapproche les deux
bords cutanés.

On ne pose pas de pansement car le lapin risque de l’avaler, occasionnant ainsi des troubles
digestifs.

54
B.5.2. Appareil reproducteur [26]

B.5.2.1. Mâle

La castration du lapin est préconisé dès la puberté c’est-à-dire vers l’âge de cinq-six mois.
La castration évite l’apparition d’une certaine agressivité et d’un comportement de
marquage, caractérisé par la dissémination de crotte dures, un marquage urinaire et un
frottement.
Chez les lapins, contrairement aux carnivores domestiques, l’anneau inguinal reste ouvert ;
il y a donc un risque d’éventration lors de la castration si la gaine vaginale reste ouverte.
Il existe trois techniques de castration ; la castration par voie scrotale à testicules couverts,
la castration par voie scrotale à testicules découverts et la castration par voie
abdominale à testicules découverts. En ce qui concerne la castration par voie scrotale à
testicules couverts, elle est identique à celle réalisée chez le chat, hormis le fait que l’on
suture la tunique vaginale externe. La castration par voie abdominale à testicules découverts,
quant à elle est semblable à celle pratiquée chez le chien.
Nous détaillerons la castration par scrotale à testicules découverts, technique la plus
pratiquée à l’heure actuelle.

Castration par scrotale à testicules découverts :


Les différents temps de l’intervention sont les suivants :

- préparation chirurgicale de la zone d’intervention ;


- incision du scrotum sur le plan médian du premier testicule ;
- extériorisation du testicule recouvert de sa tunique vaginale externe et de sa tunique
vaginale interne ;
- incision de la tunique vaginale externe puis de la tunique vaginale interne ;
- extériorisation du testicule ;
- isolement du cordon vasculaire à l’aide d’un clamp et ligature de l’ensemble
cordon spermatique et cordon vasculaire, en dessous du clamp ;
- incision des deux cordons entre le testicule et le clamp ;
- suture de la tunique vaginale avec un fil résorbable monobrin en réalisant des
points simples en X ;
- réalisation d’un surjet intradermique ;
- fermeture du plan cutanée : à l’aide d’une colle chirurgicale, on rapproche les deux
bords cutanés du scrotum.
On renouvelle l’opération pour l’autre testicule.
On ne pose pas de pansement car le lapin risque de l’avaler, occasionnant ainsi des troubles
digestifs.

B.5.2.2. Femelle

B.5.2.2.1. Ovaires

La stérilisation de la lapine est préconisé dès la puberté c’est-à-dire vers l’âge de cinq à six
mois. La stérilisation évite l’apparition d’une certaine agressivité et d’un comportement de
marquage, caractérisé par la dissémination de crotte dures, un marquage urinaire et par
frottement. C’est exactement les mêmes signes que chez le mâle. Par ailleurs, la stérilisation

55
permet une maitrise de la reproduction. Enfin, elle évite l’apparition de tumeurs utérines,
fréquente chez les lapines.
Chez la lapine, contrairement aux carnivores domestiques, on préfère réaliser une ovario-
hystérectomie plutôt qu’une ovariectomie simple, du fait du fort risque d’apparition de
tumeur utérine ou de pyomètre.
Les étapes de l’ovario-hystérectomie sont les suivantes :
- préparation chirurgicale de la zone d’intervention ;
- incision cutanée de trois à quatre centimètres de long sur le plan médian de
l’abdomen, entre l’ombilic et le bord crânial de la vessie ;
- dissection mousse du tissu sous-cutané et graisseux ;
- ponction de la ligne blanche ;
- incision d’une petite partie de la ligne blanche au scalpel ;
- introduction de la sonde cannelée sous la paroi abdominale ;
- incision en toute sécurité de la ligne blanche sur trois ou quatre centimètres ;
- recherche des deux cornes utérines, assez ventrales et donc relativement facile à
extérioriser. Le ligament suspenseur de l’ovaire se rompt facilement et permet
l’extérioration aisée de l’ovaire ;
- pose d’un clamp sur le pédicule ovarien ;
- ligature du pédicule ovarien en dessous du clamp ;
- réalisation de la même opération pour l’autre ovaire ;
- incision du pédicule ovarien entre le clamp et la gonade ;
- pose de clamp sur les deux cols utérins ;
- ligature des deux artères utérines puis de l’utérus, en dessous du clampe, côté
vaginal ;
- incision du col utérin au-dessus du clampe ;
- suture la paroi musculaire à l’aide de points simples en X avec un fil résorbable
monobrin ;
- suture le tissu sous-cutané à l’aide de points simples en U avec un fil résorbable
monobrin ;
- rapprochement des deux bords cutanés de la peau avec de la colle chirurgicale.

On ne pose pas de pansement car le lapin risque de l’avaler, occasionnant ainsi des troubles
digestifs.

B.5.2.2.2. L’utérus

Lors d’adénocarcinome ou de pyométre, on réalise une ovario-hystérectomie (technique


décrite ci-dessus pour la stérilisation de la lapine).
En cas d’adénocarcinome, il est recommandé de réaliser un bilan radiographique d’extension
avant d’envisager toute chirurgie, même si généralement, ce type de tumeur met un à deux ans
à métastaser.

B.5.3. La tête

B.5.3.1. L’oreille

Comme chez les carnivores domestiques, le lapin peut etre sujet aux othématomes c’est-à-
dire à la formation d’une collection sanguine entre le cartilage auriculaire et la peau de
l’oreille du lapin.

56
Les étapes chirugicales sont alors les suivantes :
- préparation chirurgicale de la zone ;
- incision cutanée en forme de S sur toute la longueur de la face interne de
l’oreille ;
- drainage du sang collecté entre le cartilage auriculaire et la peau à l’aide de coton-
tige ;
- pose d’une vingtaine de points simple de part et d’autre de l’oreille et ce sur toute
l’épaisseur de l’oreille ;
- les points simples seront retirés quinze jours plus tard.

B.5.3.2. L’œil [22]

Lorque l’oeil de l’animal n’est plus fonctionnel, on peut avoir recours à l’énuclation.

Dans un premier temps, on réalise une préparation chirurgicale de la zone.


Afin de débrider le globe oculaire, on réalise une dissection mousse le plus près du globe
oculaire sur les conjonctives palpébrales puis, sur les muscles oculaires et enfin sur le nerf
optique. Cette étape est la plus délicate du fait de la présence d’un sinus veineux en arrière de
l’œil.
On réalise ensuite l’hémostase, d’abord en clampant les vaisseaux puis en apposant dans
l’orbite des compresses hémostatiques, après avoir vérifié l’absence de saignement et rincé
l’orbite à l’aide de Vétédine ND diluée.
On réalise ensuite des points simples sous cutanés puis cutanés pour fermer l’orbite.
On retire la compresse hémostatique quelques jours plus tard.

B.5.4. Les membres

Lors de fracture du membre, on peut mettre en place un fixateur externe.

Dans un premier temps, on réalise une préparation chirurgicale de la zone.


On réalise une incision cutanée de trois centimètres de long sur la face médiale du tibia.
On écarte les muscles afin de trouver la crête tibiale sur laquelle on pose de façon
antérograde la première broche.
On place ensuite la broche 1 par des mouvements rétrogrades.
On pose ensuite trois broches transversalement à la broche 1.
On suture ensuite successivement les plans musculaires et cutanés avec des points simples
à l’aide d’un fil monobrin résorbable.
On uni ensuite la broche 1 aux broches transversales à l’aide de Fast Fix par exemple,
une pate qui durcie instantanément.

57
B.5.5. Les gestes basiques [26]

B.5.5.1. Pose d’un cathéter auriculaire

Il est possible de poser un cathéter 24 ou 26 G.

Le lapin est tenu dans une serviette par un assistant, pendant que l’opérateur stabilise l’oreille
en la maintenant à hauteur de la base de l’oreille et pose le cathéter avec l’autre main.
Le cathéter est ensuite fixé à l’aide de deux morceaux de ruban adhésif en les entourant sur le
cathéter, l’oreille et le tuteur disposé face interne de l’oreille.
En ce qui concerne les lapins nains, il est préférable de poser le cathéter sur la veine
céphalique ou saphène externe plutôt que sur la veine auriculaire du fait du fort risque
de nécrose auriculaire.

B.5.5.2. Pose d’un cathéter sur la veine céphalique

Il est possible de poser un cathéter 24 ou 26 G.

Le lapin est tenu dans une serviette par un assistant, pendant que l’opérateur stabilise la patte
en la maintenant à hauteur de la jonction radio-carpienne et pose le cathéter avec l’autre main.
Le cathéter est ensuite fixé à l’aide de deux morceaux de ruban adhésif.
La ponction sanguine est aussi possible à ce niveau-là mais ne doit pas dépasser six millilitres.

On réalise le même type d’opération lors de la pose de cathéter sur la veine saphène externe.

58
C. LE RAT

C.1. Classification et histoire du rat [41]

C.1.1. Classification

Le rat appartient à la classe des Mammifères et à l’ordre des rongeurs.


L’ordre des rongeurs se caractérise par une denture, qui les distingue des lagomorphes et qui
est caractérisée par l’absence de canines et par la présence d’une paire d'incisives à croissance
continue, taillées en biseau et tranchantes. Les rongeurs ont une articulation de leur mâchoire
qui permet à celle-ci de se mouvoir dans le sens vertical comme les carnassiers, mais aussi
dans un mouvement horizontal d'arrière en avant, propre à limer les substances dures entre les
incisives, et à les broyer entre les molaires. Les rats sont des animaux dont la taille peut varier
de 8 à 15 cm de longueur. Ils sont recouverts d'une fourrure dense. Leur museau, est doté de
nombreuses vibrisses.
L’ordre des rongeurs est divisé en trois sous-ordres à savoir les caviomorphes, les
myomorphes et les sciuromorphes.
Le rat appartient au sous-ordre des myomorphes, caractérisé par leur formule dentaire :
tableau 4

Tableau 4 : Formule dentaire du rat


Incisives Canines Prémolaires Molaires
Mâchoire 1 0 0 3
supérieure
Mâchoire 1 0 0 3
inférieure

Leurs muscles masséters médial et latéral sont déplacés vers l'avant, les rendant aptes à
ronger.
Le rat appartient à la famille des muridés et au genre Rattus.
L’espèce du rat domestique est Rattus novergicus.

C.1.2. Histoire

Dans les ouvrages modernes, le mot « rat » désigne le plus souvent le rat noir (Rattus rattus),
mais aussi le rat brun (Rattus norvegicus). Le rat brun se nomme également le surmulot ou rat
d'égout. Le rat domestique est issu de l'élevage du rat brun. Le rat brun est maintenue en
captivité depuis longtemps. Elle est d'abord devenue un animal de laboratoire puis un animal
de compagnie, faisant partie ainsi des nouveaux animaux de compagnie (NAC).

C.2. Anatomie externe [18], [23]

Nous allons également procéder par étape, en observant d’une part la tête de l’animal, et
d’autre part, le tronc de l’animal, à savoir, l'encolure, le thorax et l’abdomen et enfin les
membres.

59
C.2.1. La tête

Le rat a une tête de forme triangulaire, où l’on distingue :


- l’oreille courte, en forme de demi-lune définie sur sa face interne par le pavillon
auriculaire interne et sur sa face externe par le pavillon auriculaire externe ; Le rat est souvent
sujet aux otites ;
- l’œil petit, protégé par trois enveloppes, à savoir, la paupière supérieure, la paupière
inférieure et la troisième paupière. Il est souvent entouré de porphyrine ;
- les narines rosées, recouvertes de nombreuses vibrisses, qui jouent un rôle important
dans la perception de l’environnement. Les narines du rat peuvent se fermer quand l’animal
va sous l’eau ;
- les dents incisives supérieures et inférieures, au nombre global de quatre ;
- le sillon jugulaire, le long duquel court la veine jugulaire, visible lors de la réalisation
d’une compression à la base du cou ; des prises de sang sont réalisables à ce niveau (cf. partie
applications cliniques) ;

C.2.2. Le tronc

Le tronc de l’animal peut se diviser en quatre grandes parties:


- le cou, court, marque la séparation entre la tête de l’animal et son thorax ;
- le thorax, dont le volume est relativement proche de celui de l’abdomen. Il est
délimité crânialement par le cou, caudalement par la dernière côte (la treizième),
dorsalement, par les vertèbres thoraciques (13) et ventralement par le sternum ;
- l’abdomen, limité crânialement par la dernière côte, caudalement par la queue de
l’animal, dorsalement par les vertèbres lombaires et sacrées, et enfin, ventralement par la
paroi abdominale ;
- la queue est quasiment glabre. La peau de la queue est très kératinisée et porte des
rangées d’écailles qui se chevauchent comme les tuiles d’un toit. Des poils courts émergent
sous les angles des écailles. Chez le rat, il y a une veine latérale caudale de chaque côté de la
queue qui peut être utilisée pour les injections et les ponctions veineuses.

C.2.3. Les membres thoraciques

Les membres thoraciques, définis dorso-ventralement par les régions suivantes : épaule,
bras, avant-bras, carpe et doigts. Sur la main, le pouce est réduit à un moignon que l’on
peut facilement manquer. Cependant, on considère qu’il y a 5 doigts. Au niveau de l’avant-
bras, lors de la réalisation d’une compression, on peut observer et cathétériser la veine
céphalique (cf. partie applications cliniques).

C.2.4. Les membres pelviens

Les membres pelviens, sont définis dorso-ventralement par les régions suivantes: région
glutéale, cuisse, grasset, jambe, tarse et doigts, au nombre de cinq. Le pouce du pied est
considérablement plus développé que celui de la main. Les membres pelviens sont beaucoup
plus longs que les membres thoraciques.

60
Les rats ont la particularité d’être plantigrades et d’avoir une surface plantaire et palmaire
entièrement glabre. Il existe de nombreux coussinets digitaux en région
métatarsophalangienne. Ainsi, contrairement aux lapins, l’apparition de pododermatite est
possible.

C.2.5. L’appareil reproducteur

Chez le rat mâle adulte, le scrotum s’étend caudalement, donnant au contour du corps une
apparence arrondie. A l’inverse, le contour caudal de la femelle apparaît triangulaire, ce qui
permet dans la plupart des cas de différencier le sexe des adultes simplement en les regardant
de dessus. Le rat, comme le chien possède un os pénien.
Chez la femelle, la vulve entoure l’ostium vaginal, le clitoris et l’ostium externe de l’urètre,
situé à la base du clitoris. Associées à l’ostium externe de l’urètre, une paire de glandes
prépuciales se situe de chaque côté du clitoris.
La différenciation sexuelle chez de jeunes animaux peut se faire en mesurant la distance ano-
génitale. Chez le mâle, la distance entre l’ostium prépucial et l’anus est plus grande que chez
la femelle. A partir de quatre semaines, le sexage devient plus simple puisque les testicules
apparaissent en position scrotale.
Le rats sont matures sexuellement à partir de l’âge de deux mois.

C.3. Anatomie interne

C.3.1. Squelette [18], [23]

C.3.1.1. Squelette axial

C.3.1.1.1. Le crâne et l’appareil hyoïde

La surface dorsale du crâne est assez plate. On y distingue sur la ligne médiane, une crête
sagittale qui s’étend de l’occiput aux orbites, et, caudalement, une crête nucale qui s’étend
transversalement d’une bulle tympanique à l’autre. La portion la plus large du crâne est située
entre les arcades zygomatiques. Chaque arcade est assez mince et s’étend de l’os maxillaire
à l’os temporal pour délimiter une grande cavité de chaque côté qui est occupée rostralement
par l’œil et caudalement par les muscles masticateurs.
Les bulles tympaniques se trouvent en région caudo-ventrale. Sur leur face latérale se trouve
le méat acoustique externe où est attachée l’oreille externe.
Le rat possède des mâchoires courtes, anisognatiques c’est-à-dire que l’arcade mandibulaire
est plus étroite que l’arcade maxillaire. Ceci permet une action de cisaillement lors de la
mastication.

61
C.3.1.1.2. Colonne vertébrale

La colonne vertébrale est longue et flexible. Sa formule vertébrale est la suivante :


C7, T13, L6, S4, Cd27-31 avec C pour vertèbres cervicales, T pour vertèbres thoraciques, L
pour vertèbres lombaires, S pour vertèbres sacrées et Cd pour vertèbres caudales.

En ce qui concerne la région cervicale, le cou est court et les 7 vertèbres cervicales qui sont
très massives, soulignent une musculature cervicale bien développée. L’atlas possède des
ailes proéminentes et l’axis a une dent saillante.

En région thoracique, le rat possède 13 vertèbres thoraciques, associées à treize paires de


côtes ; les 10 premières côtes sont rattachées au sternum tandis que les trois dernières forment
l’arc costal. Chaque côte présente une partie osseuse et une partie cartilagineuse.
La région lombaire est formée de 6 vertèbres lombaires dont la taille augmente de la
première à la dernière.

Les 4 vertèbres sacrées sont fusionnées. Cependant, on distingue les processus épineux et les
processus transverses de chaque vertèbre sacrée.

La région caudale comporte 27 et 31 vertèbres caudales. La queue est donc relativement


longue. La première vertèbre caudale est située au niveau de l’acétabulum.

C.3.1.2. Squelette appendiculaire

C.3.1.2.1. Membre thoracique

La scapula est triangulaire, avec une fosse supra-épineuse plus large que la fosse infra-
épineuse.

La clavicule est une petite tige aplatie qui se trouve dans le muscle brachiocéphalique. La
clavicule du rat est à croissance continue.

L’humérus est plus long que la scapula, terminé par la tête humérale en partie proximale et
les condyles en partie distale. Une tubérosité deltoïdienne est visible.

Le radius est élargi et aplati distalement. Il est légèrement incliné médialement en région
mediodiaphysaire.

L’ulna est également légèrement incliné. A l’extrémité proximale se trouvent l’olécrâne,


volumineux, et un processus anconé proéminent. Ce dernier se loge dans la fosse
olécrânienne de l’humérus.

Le carpe est formé de sept os organisés en deux rangées : la rangée proximale, constituée de
l’os intermédioradial du carpe, l’os ulnaire du carpe (plus petit) et l’os accessoire du carpe en
région palmaire et la rangée distale, composée des os carpaux I, II, III et IV.

Le métacarpe est formé de cinq os métacarpiens ; les troisième et quatrième sont les plus
longs.

62
Le rat possède cinq doigts. Le premier est le plus petit tandis que les troisième et quatrième
sont les plus longs. Le doigt I possède seulement deux phalanges alors que les autres doigts en
ont trois. Il y a un coussinet palmaire sous la phalange proximale. Le rat est palmigrade et
marche sur la surface palmaire du carpe, du métacarpe et des doigts.

C.3.1.2.2. Membre pelvien

Le membre pelvien est attaché au bassin au niveau de l’articulation coxo-fémorale.

Le fémur, long et droit est encadré par une tête large, prolongée par un col légèrement incliné
et par un grand trochanter volumineux, sur lequel s’insèrent les muscles de la hanche et
terminé distalement par des condyles médial et latéral volumineux.

L’articulation du grasset se situe entre le fémur et le tibia. Crânialement au grasset, on


distingue la patella, un os ovoïde.

Le tibia est l’os le plus long du membre pelvien. Son extrémité proximale est constituée par
les condyles médial et latéral séparés par l’aire intercondylaire et son extrémité distale,
est formée par la cochlée qui s'articule avec la trochlée du talus.

La fibula est un os mince presque aussi long que le tibia. Sa tête s’articule proximalement
avec le condyle tibial latéral. Son extrémité distale forme la malléole latérale qui s’articule
avec l'extrémité distale du tibia et le talus.

Le tarse est composé de sept os : deux os proximaux volumineux : le talus et le calcaneus,


un os central du tarse et quatre os tarsaux distaux.

Le métatarse est formé de cinq os métatarsiens.

Le rat possède cinq doigts. Le rat est plantigrade c'est-à-dire qu’il marche sur la surface
plantaire du tarse, du métatarse et des doigts.

C.3.2. Muscles [11], [18], [23], [30]

La musculature du rat étant très proche de celle des lagomorphes, nous ne le présenterons pas
en détail ici.

C.3.3. Appareil digestif et glandes annexes [17], [18], [23]

C.3.3.1. Appareil digestif

C.3.3.1.1. Cavité buccale


Le diastème est presque aussi long que la tête de l’animal.
Comme chez tous les rongeurs, les incisives ont une croissance continue durant toute la vie et
s’usent quand l’animal ronge : ce sont des dents hypsodontes. L’angle d’attaque des incisives
est maintenu très coupant par l’action en ciseaux des incisives supérieures glissant
rostralement sur les incisives inférieures.

63
Les molaires ont des racines fermées et ne poussent donc pas de façon continue. Elles sont de
type brachyodontes.
Un coussinet buccal sépare la zone incisive de la région plus caudale de la cavité buccale.
Cette organisation permet à l’animal de ronger des matériaux non comestibles sans que les
débris en résultant ne pénètrent dans la partie caudale de la cavité buccale. La mobilité des
lèvres supérieures est facilitée par le philtrum.
La mandibule est naturellement plus étroite que la mâchoire maxillaire : il s'agit
d’anisognathisme physiologique. Au repos, l’occlusion dentaire n’est donc pas parfaite.
La cavité buccale est délimitée dorso-crânialement par un palais dur constitué de replis
proéminents et caudo-dorsalement par un palais mou.

 La langue

La langue se décompose en trois parties, à savoir d’avant en arrière : l’apex, le corps et la


racine. En effet, la langue présente un apex rostral aplati suivi par une protubérance
proéminente qui diminue caudalement vers la racine de la langue.
Bien qu’il y ait de petites accumulations de tissus lymphoïde dans la muqueuse orale, il n’y a
pas de tonsille distincte.

C.3.3.1.2. Œsophage

L’œsophage s’étend de la démarcation pharyngo-œsophagienne au cardia. Il se place


dorsalement et à gauche de la trachée.
L’œsophage vient s’ouvrir dans la partie la plus déprimée de la petite courbure de
l’estomac ; cette courbure est orientée en avant et médialement. La communication entre
l’œsophage et l’estomac a lieu au niveau du cardia.

C.3.3.1.3. Estomac

L’estomac du rat est divisé en 2 parties distinctes. Le fundus et la partie proximale du corps
de l’estomac forment un cul de sac nommé le pré-estomac. Ils sont non glandulaires (pâles)
et une ligne distincte, la margo plicatus, à hauteur du cardia marque la jonction avec la
partie glandulaire plus sombre et plus distale. Cette zone glandulaire sombre est surmontée
par une étroite zone de muqueuse cardiale et se prolonge distalement par la muqueuse
pylorique plus pâle.
La margo plicatus forme un pli distinct au niveau du cardia, qui fonctionne apparemment
comme une valve mécanique et empêche les vomissements.
Le volume de l’estomac présente des variations importantes, selon son état de réplétion. Le
pré-estomac est en grande partie situé en avant de l’hypochondre tandis que l’estomac
glandulaire se situe en arrière de l’hypochondre. La majeure partie de l’estomac se trouve à
gauche du plan médian.

C.3.3.1.4. Intestin grêle

Le grand omentum est peu développé et ne s’étend pas caudalement sur la masse intestinale.
Cette dernière occupe les parties caudale et moyenne droite de la cavité abdominale.
La courbure crâniale du duodénum part du pylore et conduit à la partie descendante du
duodénum.

64
Le duodénum suit la face postérieure du foie jusqu’à la paroi abdominale droite où il se
réfléchit en arrière et un peu médialement ; arrivé en regard des muscles lombaires il se dirige
franchement vers le plan médian de l'abdomen ; il se porte alors en avant jusqu’à la hauteur
du côlon transverse où il se prolonge par le jéjunum. Il est réuni au côlon par le méso
duodéno-colique.
Le conduit biliaire débouche dans la partie proximale du duodénum descendant.
Le pancréas est également associé au duodénum descendant et à l’estomac. Le corps du
pancréas se situe près de la courbure crâniale du duodénum, le lobe droit est associé au
duodénum descendant et le lobe gauche près de la partie pylorique de l’estomac. Le nombre
de conduits excréteurs du pancréas est très variable chez le rat : 2 ou plus rejoignent le
conduit cholédoque, et d’autres peuvent déboucher directement dans le duodénum.

Le jéjunum est la partie la plus longue de l’intestin. Il est appendu au grand mésentère et
dessine de nombreuses circonvolutions dont la plus grande partie est située dans la partie
droite de la cavité abdominale, jusqu’au contact de la partie ventrale. Quelques anses sont
cependant disposées en avant et en arrière du caecum. Il y a quelques amas de nœuds
lymphatiques à l’origine du mésentère.
Le début de l’iléon se reconnaît par le pli iléo-caecal. L’iléon qui continue le jéjunum s’ouvre
dans le caecum, à la partie supérieure de celui-ci, juste à côté de l’origine du colon ; un
ganglion est situé dans la région de l’orifice iléo-caecal.

C.3.3.1.5. Gros intestin

Le caecum du rat est divisé par une constriction en parties basale et apicale.
Le caecum représente une volumineuse portion du tube digestif et occupe la partie caudale et
gauche de l’abdomen. Il est enroulé en forme de 6. Il est en contact, sur toute son étendue,
avec la paroi abdominale ventrale. La tête du caecum est dirigée vers l’arrière et, chez le mâle,
elle vient en contact du testicule gauche lorsque ce dernier est en situation abdominale. Sa
pointe est dirigée en avant.
Le côlon part du caecum au niveau de sa base.
Il dessine tout d’abord une anse en fer à cheval, orienté à gauche ; le côlon ascendant se
porte en direction thoracique jusqu’au duodénum et au foie ; là, il s’infléchit et devient le
côlon transverse qui gagne le plan médian et même au-delà à gauche ; le côlon descendant
qui lui fait suite à ce niveau se dirige vers le bassin où il se poursuit par le rectum.

C.3.3.2. Glandes annexes

C.3.3.2.1. Glandes salivaires

La glande parotide, de forme triangulaire, entoure la base de l’oreille juste en arrière de la


glande lacrymale extra-orbitaire.
La glande mandibulaire, large et bien encapsulée, se situe caudo-médialement à la parotide.
La glande sublinguale monostomatique s’applique au bord rostro-latéral de la glande
mandibulaire et est légèrement plus pâle.

C.3.3.2.2. Foie et voies biliaires

Le foie est protégé par le cartilage xiphoïde bien développé, et l’arc costal.
Le foie ne recouvre pas totalement le diaphragme dont il laisse libre le quadrant supérieur
gauche ; à ce niveau le pré-estomac vient au contact du diaphragme. Une partie importante du

65
foie est en arrière de l’hypochondre et s’étend, en région ventrale, loin en arrière du cartilage
xiphoïde.
Caudalement au foie, on peut observer la grande courbure de l’estomac.
Les moyens de fixité de l’organe sont : en région ventrale, le ligament falciforme, qui prend
attache sur le processus xiphoïde, le ligament hépato-gastrique, le ligament hépato-
duodénal, le ligament hépato-rénal et les ligaments triangulaires.
La lobation hépatique est bien visible. En effet, les lobes du foie sont nettement séparés par de
profondes scissures. Ils comprennent : à gauche, le lobe latéral gauche, le plus volumineux ;
puis, le lobe intermédiaire gauche, en demi-lune. Il n’y a pas de lobe carré ; quelquefois, on
trouve à l’emplacement correspondant une petite languette pointue, triangulaire, réunie aux
deux lobes voisins. Viennent ensuite le lobe intermédiaire droit, plus gros que le gauche et
le lobe latéral droit petit. En arrière de ce dernier se place le processus caudé du lobe
caudé, en forme de crochet qui porte une fossette rénale. Le processus papillaire du lobe
caudé est dédoublé et ses deux prolongements aplatis encadrent la petite courbure de
l’estomac, l’un en haut, l’autre en bas.
La veine cave caudale traverse la partie moyenne du lobe caudé.
Il n’y a pas de vésicule biliaire chez le rat.

C.3.3.2.3. Pancréas

Le pancréas a une structure très lâche semblable à celle du lapin.


Cet organe est également associé au duodénum descendant et à l’estomac. Le corps du
pancréas se situe près de la courbure crâniale du duodénum, le lobe droit est associé au
duodénum descendant et le lobe gauche près de la partie pylorique de l’estomac. Le nombre
de conduits excréteurs du pancréas est très variable chez le rat : 2 ou plus rejoignent le
conduit cholédoque, et d’autres peuvent déboucher directement dans le duodénum.

C.3.4. Appareil respiratoire [17], [18], [23]

C.3.4.1. Cavités nasales

L’étroitesse des voies respiratoires supérieures fait de la pathologie respiratoire une


dominante pathologique du rat.
Les cavités nasales sont trop étroites pour permettre un sondage naso-oesophagien.
Les cornets naseaux et les méats sont semblables à ceux du lapin.

C.3.4.2. Pharynx

Aucune particularité anatomique n’est rapportée par rapport aux carnivores.

C.3.4.3. Larynx

Aucune particularité anatomique n’est rapportée par rapport aux carnivores

66
C.3.4.4. Trachée

La trachée comprend environ trente anneaux cartilagineux, légèrement aplatis de haut en bas
et réunis les uns les autres en région supérieure par un ligament fibreux.
Lors d’anesthésie, le diamètre de la trachée étant petit et le rat ne pouvant pas vomir grâce au
Margo plicatus, l’intubation n’est pas réalisée.
Par contre, en cas de réanimation cardio-respiratoire, il est possible d’intuber l’animal à l’aide
d’un cathéter, en prenant soin de retirer au préalable le mandrin.

C.3.4.5. Poumons

Le poumon gauche n’est pas divisé par des scissures interlobaires et n’est donc constitué
que par un lobe unique, alors que le poumon droit, beaucoup plus gros, est typiquement
divisé en 4 lobes. Le lobe crânial atteint le cœur par son sommet, dirigé vers la gauche ; vient
ensuite le lobe moyen, de petite taille aplati, en forme de demi-lune, recouvrant la partie
postérieure du lobe apical et la partie crâniale du lobe caudal. Le lobe accessoire forme une
saillie dirigée vers la gauche et il enveloppe le cœur par sa pointe crâniale, orientée à droite.

C.3.5. Appareil cardio-vasculaire [17], [18], [23]

C.3.5.1. Cœur

Le cœur est entouré de tous les côtés par les poumons ; seules la pointe et une partie de sa
face antéro-inférieure sont libres. La pointe du cœur se trouve à peu près à deux centimètres
en avant du cartilage xiphoïde ; elle est dirigée médialement et caudalement. La plus grande
partie du cœur est à gauche du plan médian.

C.3.5.2. Vaisseaux

Chez le rat anesthésié, le sang peut être collecté avec un tube à micro hématocrite en
ponctionnant le plexus ophtalmique situé médialement au globe oculaire.

Les veines latérales caudales, présentes de chaque côté de la queue peuvent être utilisée pour
les injections et les ponctions veineuses.

La veine céphalique est sous cutanée. Elle longe de bas en haut le sillon bicipital externe
puis le sillon delto-pectoral. Elle rejoint, enfin, la veine axillaire. Ce vaisseau est assez gros et
permet la ponction d’une grande quantité de sang, lors de prise de sang.

La veine jugulaire externe, est une veine sous cutanée du cou, qui collecte le sang de
l'encéphale, des parties superficielles de la face et du cou.

67
C.3.6. Le système lymphatique [17], [18], [23]

C.3.6.1. Les nœuds lymphatiques

Le système lymphatique du rat présente quelques analogies avec celui des carnivores : le
nombre limité de nœuds lymphatiques, leurs groupes relativement réduits et la disposition
souvent plexiforme des collecteurs terminaux.
Lors de l’examen clinique, il est important de palper les nœuds lymphatiques car le
lymphome est une néoplasie fréquente chez le rat. Les nœuds lymphatiques accessibles à
l’examen clinique sont les sous-maxillaires, les cervicaux caudaux, les axillaires et les sub-
iliaques.

Les nœuds lymphatiques sous maxillaires sont situés en avant de la glande sous-maxillaire ;
généralement il y a de chaque côté deux à trois granulations aplaties, ovoïdes de trois
millimètres de long.

Il y a un nœud lymphatique cervical crânial de chaque côté du cou, placé au voisinage


immédiat de la bifurcation de la carotide.

Les nœuds lymphatiques cervicaux caudaux sont des formations grisâtres, situées en avant
de la poitrine.

Les nœuds lymphatiques pré-scapulaires (= cervicaux superficiels caudaux) sont placés en


avant et au-dessus de l’articulation scapulo-humérale, recouverts par les muscles cervicaux
dorsaux. Le plus souvent, il y a un à deux nodules ovoïdes de deux millimètres de long.

Les nœuds lymphatiques axillaires sont pairs. En effet, dans la profondeur de chaque espace
axillaire, il y a un nodule de sept millimètre de long.

Les nœuds lymphatiques précruraux (= subiliaques) sont représentés par deux à quatre
nodules de deux millimètres de long, sous la peau du pli du grasset.

Les nœuds poplités sont des formations grisâtres, situées en arrière de la cuisse.

C.3.6.2. Les organes lymphoïdes

C.3.6.2.1. Le thymus

Le thymus occupe la partie crâniale du médiastin et est situé sur la face ventrale de
l’extrémité de la trachée ; il s’étend jusqu’au cœur en formant deux lobes latéraux. En effet,
juste en arrière du thymus, dans le plan médian se trouvent l’auricule et l’atrium droits, avec
la terminaison de la veine cave caudale. Les ventricules sont situés juste après du côté gauche,
avec l’apex du cœur en contact avec la paroi thoracique gauche. Le thymus apparaît large et
pâle. Contrairement aux carnivores, il persiste durant toute la vie du rat.

68
C.3.6.2.2. La rate

La rate se situe dans la partie crâniale de l’abdomen. Elle peut être cachée par l’estomac. Elle
est assez volumineuse. Appliquée sur presque toute sa longueur contre la grande courbure de
l’estomac, elle est orientée dorso-ventralement et crânio-caudalement ; son extrémité crâniale
est sous l’hypochondre, son extrémité caudalement. Sa face externe est lisse ; l’axe médian de
sa face viscérale est en saillie et sépare la portion dorsale ou rénale de la partie ventrale ou
gastrique. Les vaisseaux sanguins pénètrent généralement dans le parenchyme le long de cette
élevation médiane. La section de la rate est d’aspect triangulaire.

C.3.6.2.3. Les tonsilles palatines

Bien qu’il y ait de petites accumulations de tissus lymphoïdes dans la muqueuse orale, il n’y a
pas de tonsille distincte.

C.3.7. Appareil urinaire [17], [18], [23]

C.3.7.1. Reins

Le rein gauche, situé au niveau des premières vertèbres lombaires est plus caudal que le
rein droit, localisé sous les dernières vertèbres thoraciques. Les rats ont une grande
capacité à concentrer leur urine et excrètent seulement une ou deux gouttes d’urine à la fois.

C.3.7.2. Uretères

Les uretères sont difficiles à identifier, mais on peut les voir dans la région caudale des reins.
Ils partent du hile rénal, ils croisent obliquement la face ventrale des muscles lombaires et
viennent finalement s’aboucher à la vessie.

C.3.7.3. Vessie

La vessie est abdominale et de petite taille.


Le rat, concentrant ces urines, les calculs y sont fréquents.

C.3.8. Appareil reproducteur [17], [18], [23]

C.3.8.1. Mâle

C.3.8.1.1. Testicules

Le canal inguinal reste large toute la vie et permet la migration des testicules. Leur
rétraction est facilitée par la grande quantité de graisse qui entoure le cordon
spermatique proximalement au testicule. Les muscles crémaster sont également bien
développés.
Les testicules sont ovoïdes ou cylindriques ; ils sont en situation abdominale, inguinale ou
scrotale.

69
Le conduit déférent croise l’uretère et se retourne caudalement entre le côlon descendant et
la vessie. Avant de rejoindre l’urètre, la paroi de chaque conduit déférent s’amincit et devient
glandulaire, formant l’ampoule glandulaire.
Les vaisseaux testiculaires partent de l’aorte et de la veine cave caudale, rejoignent le
conduit déférent et traversent l’anneau inguinal. L’artère testiculaire décrit alors trois ou
quatre flexuosités régulières.

C.3.8.1.2. Glandes annexes

Outre l'ampoule glandulaire (cf. conduit déférent), les glandes annexes de l'appareil génital
mâle comprennent :
- les glandes vésiculaires ou vésicules séminales, structures paires, jaunes lobulées ;
- les glandes coagulatrices, structures plus sombres que les précédentes ;
- la prostate assez sombre, avec une partie dorsale et une partie ventrale, cette dernière étant
bilobée et plus large ;
- les glandes bulbo-urétrales, structures pâles, paires, situées crânialement au muscle ischio-
caverneux.
Lors de l’éjaculation, les sécrétions de la prostate, des glandes vésiculaires et coagulatrices se
mélangent et coagulent pour former un bouchon dans le vagin de la femelle.

C.3.8.1.3. Pénis

Comme chez le chien, le rat a un os pénien (cartilagineux).


Il y a 2 glandes prépuciales de chaque côté du prépuce et du pénis. Ces glandes ne participent
pas à la formation du liquide séminal, mais élaborent une substance utilisée pour le marquage
du territoire ou l’identification au sein du groupe

C.3.8.2. Femelle

C.3.8.2.1. Ovaires

Les ovaires sont situés juste en arrière des reins. Ils sont ovales et aplatis et mesurent environ
six millimètres de diamètres. Leur surface est bosselée.

C.3.8.2.2. Utérus

Les cornes utérines sont complètement séparées et chacune se poursuit par son propre col.
Ainsi, la rate présente un utérus duplex. Le col utérin est court et se continue sans
délimitation nette par un corps utérin. Les cornes qui prolongent celui-ci se dirigent vers le
rein. Un large dépôt de gras s’accumule entre les deux feuillets du ligament large.
La rate présente un placenta discoïde.

C.3.8.2.3. Vagin

La rate possède un unique vagin. On parle de vagin simplex. Il s’agit d’une très longue et
large cavité dans laquelle la portion vaginale de l’utérus fait une saillie en forme de cône.
Il n’y a pas de sinus uro-génital. En effet, la vulve entoure l’ostium vaginal, le clitoris et
l’ostium externe de l’urètre, situé à la base du clitoris.

70
C.3.8.2.4. Mamelles

Le tissu mammaire est très vaste puisqu’il s’étend dorsalement sur toute la longueur du tronc
jusqu’à la ligne délimitée par le bord dorsal des omoplates. Comme nous le verrons par la
suite, lors de la tumorisation du tissu mammaire, les masses à retirer sont relativement
importantes. Ainsi, l’exérèse large ou l’exérèse d'une chaine mammaire complète n'est pas
pratiquée car cette opération serait trop invasive.
La rate possède six paires de mamelles, trois paires en région thoracique, une paire
abdominale et deux paires inguinales.

C.3.9. Système endocrine [17], [18], [23]

C.3.9.1. Thyroïde

Les thyroïdes ont leur extrémité crâniale, ovoïde, située sur le côté du larynx et elles
s’étendent en arrière sur sept anneaux trachéaux environ. Elles sont réunies en région
inférieure par un isthme thyroïdien. En région supérieure elles recouvrent la trachée au point
que seule la partie médiane de cette dernière reste libre, là où l’œsophage vient au contact du
conduit respiratoire. Plus en arrière il s’en écarte pour se rapporter plus à gauche.

C.3.9.2. Glandes parathyroïdes

Les glandes parathyroïdes sont de petits disques roses situés médialement à l’extrémité
crâniale de la thyroïde. Elles sont en contact avec la trachée au niveau du huitième ou
neuvième anneau trachéal.

C.3.9.3. Glandes surrénales

Les glandes surrénales apparaissent sombres, rattachées au pôle antéro-crânial des reins et
séparées de ceux-ci par un amas adipeux.

C.3.10. Système nerveux [17], [18], [23]

C.3.10.1. Cerveau et moelle épinière

L’encéphale ressemble à celui du lapin. Le rat est un lissencéphale. Son cerveau est peu
divisé ; il possède deux bulbes olfactifs volumineux, faisant saillie assez loin en avant. Le
cervelet au contraire est creusé de nombreux sillons qui délimitent de nombreuses
circonvolutions ; comme chez le lapin, il peut être subdivisé en un vermis médian et en lobes
latéraux, situés en dehors de celui-ci ; il faut aussi noter les flocculus dont le développement
est encore plus important que chez le lapin et qui sont logés dans une profonde cavité du
rocher.

La moelle épinière présente un renflement cervical et un renflement lombaire. Elle se


termine à hauteur de la quatrième vertèbre lombaire. Les nerfs lombaires, sacrés et

71
coccygiens forme une queue de cheval bien développée ; le filum terminale commence à la
troisième vertèbre coccygienne.

C.4. Physiologie [26]

Dans cette partie, nous ne nous intéresserons qu’aux particularités physiologiques propres au
rat, et qu'il ne faut pas confondre avec la pathologie.

C.4.1. Chromodacriorrhée

En cas de stress ou d’irritation de la glande de Harder, le rat présente autour des yeux et des
narines des sécrétions rougeâtres de porphyrine, à ne pas confondre avec du sang. Pour
différencier ces sécrétions porphyriques avec du sang, il est possible de réaliser un frottis,
révélant au microscope l’absence d’hématie.
Ces sécrétions porphyriques sont néanmoins irritantes pour la peau et peuvent engendrer des
surinfections cutanées.

C.4.2. Physiologie digestive

Le rat est un animal omnivore. De ce fait, l'anatomie du tube digestif présente des
particularités intermédiaires entre les carnivores domestiques (intestin grêle assez court) et les
équidés (absence de vésicule biliaire, caecum développé). Il pratique la caecotrophie mais elle
n’est pas aussi essentielle que pour les rongeurs herbivores.
L’estomac du rat, comme celui des équidés est constitué d’une muqueuse glandulaire et d’une
muqueuse aglandulaire. Le cardia prévient les vomissements.

C.4.3. Physiologie de la reproduction

Le rat est une espèce polyoestrienne. La rate est mature sexuellement entre 50 et 60 jours ; la
gestation dure environ 21 jours. Rat et souris présentent un placenta discoïde.

C.5. Voies d’abord et application chirurgicales

C.5.1. Appareil reproducteur [26]

C.5.1.1. Mâle

La castration du rat est préconisé dès la puberté c’est-à-dire vers l’âge de deux mois. Elle
évite l’apparition d’une certaine agressivité et d’un comportement de marquage urinaire.
Il existe trois techniques de castration, la castration par voie scrotale à testicules couverts,
la castration par voie scrotale à testicules découverts et la castration par voie

72
abdominale à testicules découverts. Nous détaillerons la castration par voie scrotale à
testicules découverts, technique la plus pratiquée à l’heure actuelle :
- préparation chirurgicale de la zone ;
- incision du scrotum sur le plan médian du premier testicule ;
- extériorisation du testicule recouvert de la tunique ;
- incision ensuite de la tunique vaginale ;
- extériorisation du testicule ;
- écrasement du cordon vasculaire avec une pince hémostatique et ligature en masse
du cordon spermatique et du cordon vasculaire ;
- incision des deux cordons entre le testicule et la pince ;
- suture de la tunique vaginale avec un fil résorbable monobrin en réalisant des
points simples en X ;
- réalisation d’un surjet intradermique ;
- rapprochement des deux bords cutanés du scrotum à l’aide d’une colle
chirurgicale.
Renouvellement de l’opération pour l’autre testicule.
On ne pose pas de pansement car le rat risque de l’avaler, occasionnant ainsi des troubles
digestifs.

C.5.1.2. Femelle

C.5.1.2.1. Ovaires

La stérilisation de la rate est préconisé dès la puberté c’est-à-dire vers l’âge de deux mois.
Elle évite l’apparition d’une certaine agressivité et d’un comportement de marquage
urinaire. Par ailleurs, la stérilisation permet une maîtrise de la reproduction. Enfin, elle
prévient l’apparition de tumeurs mammaires, fréquente dans ces espèces.
Chez la rate, contrairement aux lapines, on préfère réaliser une ovariectomie seule :
- préparation chirurgicale de la zone ;
- incision cutanée de trois centimètres de long sur le plan médian de l’abdomen, entre
l’ombilic et le bord crânial de la vessie ;
- dissection mousse du tissu sous-cutané et graisseux ;
- ponction de la ligne blanche ;
- incision d’une petite partie de la ligne blanche au scalpel ;
- introduction de la sonde cannelée sous la paroi abdominale ;
- incision en toute sécurité de la ligne blanche sur trois ou quatre centimètres ;
- recherche des deux cornes utérines qui sont assez ventrales et donc relativement
facile à extérioriser ;
- rupture facile du ligament suspenseur de l’ovaire ;
- extérioration aisée de l’ovaire ;
- pincement du pédicule ovarien ;
- ligature du pédicule ovarien en dessous de la pince ;
- incision des ovaires entre le clamp et la gonade ;
- pose d’un clamp entre l’utérus et l’ovaire ;
- ligature de l’extrémité de la corne utérine ;
- incision de la corne utérine entre le clamp et l’ovaire et extériorisation de l’ovaire.
- répétition de l'opération pour l’autre ovaire ;
- suture de la paroi musculaire à l’aide de points simple en X avec un fil résorbable
monobrin ;

73
- suture du tissu sous-cutané à l’aide de points simple en U avec un fil résorbable
monobrin ;
- rapprochement des 2 bords cutanés à l’aide d’une colle chirurgicale.
On ne pose pas de pansement car la rate risque de l’avaler, occasionnant ainsi des troubles
digestifs.

C.5.1.2.2. Mamelles

Les tumeurs mammaires apparaissent généralement, à partir de l’âge de 18 mois. Il s’agit le


plus souvent de tumeurs bénignes type hyperplasie lobulaire ou fibro-adénome.
Cependant, ces tumeurs mammaires peuvent être malignes, de type adénocarcinome. Le
tissu mammaire est très développé chez la rate ; c’est pourquoi il n’est pas rare d’observer des
tumeurs de dix centimètres de diamètre qui s’étendent jusqu’aux omoplates. Les étapes
de l'exérèse sont les suivantes :
- préparation chirurgicale de la zone ;
- incision cutanée en côte de melon ;
- dissection mousse pour débrider la masse tumorale ;
- extraction de la masse tumorale et ligature des vaisseaux cutanés ;
- réalisation de points de rapprochement ;
- suture du tissu sous-cutané à l’aide de points simples en U avec un fil résorbable
monobrin ;
- rapprochement des 2 bords cutanés à l’aide d’une colle chirurgicale.
On ne pose pas de pansement car la rate risque de l’avaler, occasionnant ainsi des troubles
digestifs.

C.5.2. Les gestes de base [26]

C.5.2.1. Pose d’un cathéter

Il est possible de poser un cathéter 24 ou 26 G.

Le rat est tenu dans une serviette par un assistant, pendant que l’opérateur stabilise la patte en
la maintenant à hauteur de la jonction tibio-tarsienne et pose le cathéter avec l’autre main.
Le cathéter est ensuite fixé à l’aide de deux rubans adhésifs.
La ponction sanguine est aussi possible à ce niveau-là

C.5.2.2. Ponction sanguine

La ponction sanguine ne doit pas dépasser 0,5 à 0,8 millilitres (10 % du poids vif de
l'animal).
Elle a lieu soit au niveau du sinus rétro-orbitaire (chez l’animal anesthésié), soit au niveau
de la veine céphalique, la jugulaire ou la veine latéral de la queue.

74
D.LE HAMSTER

D.1. Classification et histoire du hamster

D.1.1.Classification [20], [21], [38]

Les hamsters (de l'allemand hamstern, « faire des réserves ») sont des petits rongeurs de la
classe des mammifères, appartenant à l’ordre des rongeurs, au sous-ordre des myomorphes
et à la famille des muridés. Les hamsters forment la sous-famille des cricetinae. Il en existe
plusieurs espèces (figure 2). Certains sont élevés en captivité comme animal de compagnie,
pour l'expérimentation animale ou pour leur fourrure. La première espèce fut le hamster doré
qui existe à présent en de multiples variétés colorées et, plus récemment, des espèces naines
comme le hamster de Roborovski, le hamster russe, le hamster de Campbell et le hamster de
Chine.
Parmi les muridés, les hamsters et les gerbilles se distinguent des rats et des souris leur queue
recouverte de poils et des molaires possédant des cuspides organisées en deux rangées
parallèles au lieu de trois.

Figure 2 : Comparaison des tailles des différentes races de hamster [38]

Hamster doré

Hamster de Chine
Hamster ruse

Hamster de Roborovski

Le hamster appartient au sous-ordre des Myomorphes caractérisé par leur formule dentaire,
distincte des Lagomorphes et des Caviomorphes. Tous les Myomorphes présentent la formule
dentaire suivante : tableau 5

75
Tableau 5 : Formule dentaire du hamster
Incisives Canines Prémolaires Molaires
Mâchoire 1 0 0 3
supérieure
Mâchoire 1 0 0 3
inférieure

Le hamster est un omnivore avec une forte tendance granivore mais également coprophage.
Ils mangent environ 5 à 7 grammes par jour et boivent environ 10 mL. Les hamsters ont
développé des comportements compatibles avec leur mode de vie désertique en enterrant et en
accumulant les réserves de nourritures. Contrairement aux rats goulus, ils n’accumulent pas la
nourriture durant les périodes de jeûnes mais plutôt en vue d’une privation ultérieure.
Les hamsters ont surtout la particularité de posséder des poches extensibles à l'intérieur des
joues, appelées abajoues.
Le record de longévité connu pour un hamster sauvage est de 10 ans, mais la plupart des
hamsters, sauvages ou en captivité, ne dépassent pas 2 ou 3 ans d’existence.
Certaines espèces sont particulièrement agressives vis-à-vis de leurs congénères. Les femelles
sont souvent dominantes. Les cricétinés se défendent âprement avec leurs incisives quand ils
sont attaqués. Ils mordent aussi quand ils se font capturer malgré leur fourrure propice au
camouflage

D.1.2.Histoire du hamster [21], [38]

Comparé au rat ou au cobaye, le hamster n’a été que récemment domestiqué. Le premier
hamster syrien sauvage a été prélevé de la nature dans les années 1930 dans le Nord-Ouest du
désert syrien. Nos hamsters de compagnie et de laboratoire actuels proviennent d’un
accouplement à partir d’un pool génétique limité composé de trois portées capturées en 1930,
onze capturées en 1971 et trois capturées en 1978. Le tout premier était appelé hamster doré
actuellement aussi appelé hamster syrien.
Le hamster syrien est unique parmi les rongeurs domestiques car il n’est pas grégaire ; la
femelle attaque le mâle excepté durant l’œstrus.
Ce sont aussi des animaux nocturnes et, comme ils peuvent agressifs s’ils sont dérangés dans
leur sommeil, ils ont injustement la réputation de posséder ce caractère.

Dans les pays occidentaux et au Japon, le hamster est l'un des animaux de compagnie bien
connus des enfants et des adolescents. L'image du hamster courant dans sa roue, comme celle
des abajoues remplies de graines est familière. Ces animaux sont souvent les héros
involontaires de nombreux jeux et gags sur Internet.

D.2. Anatomie externe [21], [38]

Les cricétidés sont différenciés physiquement par une queue courte et trapue (moins de 45 %
de la longueur du corps), un corps compact, des pattes courtes et larges, des oreilles petites et
sans poils. Leur taille est très variable selon les espèces avec un corps de 5 à 34 cm et une
queue de 0,7 à 10,6 cm. Le dimorphisme sexuel est peu apparent. La femelle (pesant 85-110
g) est moins grosse que le mâle (pesant 95 à 120 g) chez le hamster syrien.

76
À l'état sauvage, le poil est court mais il existe des hamsters domestiques à poils longs. La
longueur du poil dépend du sexe du hamster. Chez le mâle contrairement à la femelle, le poil
sera très long. Au niveau de la tête, le poil est plus court.
La fourrure est généralement dans des tons gris, noir, brun et roux, avec souvent des flancs
plus clairs ou une rayure dorsale.
Comme lors d’un examen clinique, nous allons procéder par étape en observant la tête de
l’animal, le tronc de l’animal, et les pattes.

D.2.1.La tête [21]

Les yeux sont noirs et en exophtalmie. Les incisives sont colorées en jaune à cause de
pigments à base de fer.
Le hamster possède des vibrisses ; celles-ci ont un rôle majeur dans le développement du
toucher.
La peau au niveau du cou est très lâche et peut être facilement distendue.

D.2.2.Le tronc

Pas de particularité notable chez le hamster.

D.2.3.Les membres

- Les membres thoraciques n’ont que quatre doigts ;


- Les membres pelviens ont cinq doigts.

D.2.4.Organes génitaux externes [21]

Figure 3 :Vue externe de l'appareil génital du hamster [21]


Urinary orifice : orifice urinaire; Vagina : Vagin; Anus : anus

Le mâle sexuellement mature possède un large postérieur rond quand les testicules sont
descendus, des glandes pigmentées sur les flancs. Il possède également une papille génitale
proéminente (figure 3). La femelle a un postérieur plus pointu, des flancs moins proéminents
et les ouvertures vaginale et urétrale sont complètement séparées. On trouve donc l’orifice

77
urinaire crânialement, l’anus caudalement et l’ouverture vaginale entre les deux. La distance
ano-génitale chez le mâle est plus grande que chez la femelle (figure 3).

D.3. Anatomie interne [19]

D.3.1.Appareil squelettique [21]

Figure 4: Squelette du hamster syrien [23]

Figure 5 : Squelette d'un hamster européen, mettant en évidence les abajoues [21]
[23]

78
D.3.1.1. Squelette axial

La formule vertébrale du hamster est la suivante (figures 4 et 5):


- 7 vertèbres cervicales ;
- 13 vertèbres thoraciques ;
- 6 vertèbres lombaires ;
- 4 vertèbres sacrées ;
- 13 à 14 vertèbres caudales.

Il y a sept côtes sternales et 6 côtes post-sternales.

D.3.1.2. Squelette appendiculaire

Pas de particularité notable chez le hamster.

D.3.2.Muscles

Pas de particularité notable chez le hamster.

79
D.3.3.Appareil digestif et glandes annexes [17], [20], [21], [26]

Figure 6 : Vue ventrale de la cavité abdominale [23]


Xiphoid cartilage : processus xiphoïde ; Right medial liver lobe : lobe droit médial du foie ;
Abdominal wall : paroi abdominale ; Ascending colon : côlon ascendant ; Ovary : ovaire ;
Jejunum : jejunum ; Uterus : utérus ; Ascending colon : côlon ascendant ; Left medial liver
lobe : lobe médial gauche du foie ; Stomach : estomac ; Spleen : rate ; Descending colon :
côlon descendant ; Body of caecum : corps du caecum ; Apex of caecum : apex du caecum ;
Urinary bladder : vessie.

80
Figure 7 : Vue latérale gauche de la cavité abdominale [23]
Left lung : poumon gauche ; Spleen : rate ; Pancreas : pancréas ; Left ovary : ovaire
gauche ; Left kidney : rein gauche ; Jejunum : jéjunum ; Rectum : rectum ; Left uterine horn :
corne utérine gauche ; Apex of caecum : apex caecal ; Descending colon : côlon descendant ;
Body of caecum : corps du caecum ; Stomach : estomac ; Liver lobes : lobes hépatiques ;
Sternum : sternum ; Heart : cœur ; Thymus : thymus.

D.3.3.1. Appareil digestif [17], [20], [21] (figures 6 et 7)

La cavité abdominale est la plus grande cavité s’étendant du diaphragme à la cavité pelvienne.
Le grand omentum, fin et gras, s’étend de la grande courbure de l’estomac jusqu’au
duodenum et au côlon transverse.

D.3.3.1.1. Cavité buccale

 La dentition
La formule dentaire du hamster est la suivante : 2 (I 1/1, C 0/0, PM 0/0, M 3/3).
L’ouverture buccale peut atteindre 12 mm verticalement et 17 mm horizontalement.
Les incisives en biseau sont à racines ouvertes et croissance continue, les molaires sont à
racines fermées.
Les incisives supérieures peuvent repousser en une semaine alors que les inférieures peuvent
mettre 2 à 3 semaines pour repousser. Les hamsters n’ont pas de dentition lactéale mais
directement une denture définitive avec une éruption progressive entre 8 et 35 jours de vie :
leur denture est donc appelée monophyodonte. Le diastème est plus long sur le maxillaire que
sur la mandibule. La symphyse mandibulaire peut ne pas se souder. Les molaires possèdent 2
rangs longitudinaux parallèles au niveau de la couronne contrairement aux rats et aux souris

81
qui en ont trois. Les couronnes des molaires peuvent retenir de la nourriture, ce qui rend les
hamsters sensibles aux caries dentaires. Les mâles y sont plus sujets que les femelles.

 La langue
La langue est bien développée et très mobile, avec un petit os hyoïde à sa base bombée.
On rencontre quatre types différents de papilles sur la langue : filiformes, fongiformes,
foliacées et circumvallées.

 Les abajoues (figure 5 page 78)


Le hamster a la particularité de stocker une grande quantité de nourriture dans ses abajoues
qui sont des évaginations extrêmement distensibles de la muqueuse buccale latérale, de la
bouche jusqu’au niveau de la scapula. Les abajoues mesurent 4 à 8 mm lorsqu’elles sont vides
et 20 mm lorsqu’elles sont pleines. Richement vascularisées (par trois branches de l’artère
carotide externe), transparentes et réversibles, elles recouvrent muscles et glande parotide
lorsqu’elles sont pleines. Les abajoues ne sont pas reliées au réseau lymphatique. Celles-ci
sont donc étudiées pour diminuer les rejets de greffes. Les abajoues sont facilement
éversables, ce qui les rend utiles pour les recherches sur la microcirculation, les tumeurs et les
greffes chirurgicales.
Les abajoues servent à transporter des réserves de nourriture dans le nid ou même parfois les
petits si la femelle se sent menacée. Le hamster réalise la vidange de ses bajoues en les
massant d’arrière en avant. L’animal est sensible à l’impaction d’aliments dans ses bajoues
s’ils y restent trop longtemps ou en cas de malocclusion dentaire. Les réserves de nourriture
doivent également être inspectées régulièrement même si le hamster peut ne pas apprécier la
manipulation, surtout s’il dort à côté. Les aliments qui commencent à fermenter doivent être
retirés avant d’être source d’infection digestive.

Les hamsters sont connus pour parfois cacher leurs petits dans leurs abajoues quand elles ont
peur d'un danger, afin de les transporter ailleurs. Les hamsters peuvent aussi nager
parfaitement en remplissant ces poches avec de l'air pour mieux flotter.

La paroi des abajoues est composée de plusieurs couches : kératinisée, stratifiée, un


épithélium squameux, un tissu conjonctif de collagène dense, des fibres musculaires striées, et
un tissu aréolaire lâche.
Une des affections du hamster est l’évagination d’une des abajoues, qui peut selon l’état de
l’abajoue soit être remise en place soit être amputée.

D.3.3.1.2. Œsophage

L’œsophage est recouvert d’un épithélium squameux kératinisé. Il s’abouche près de la


striction stomacale qui divise l’estomac en deux parties.

D.3.3.1.3. Estomac

L’estomac est situé contre le lobe latéral gauche du foie.


Le hamster est un digastrique, et les deux parties de l’estomac sont :
- un pré-estomac ou proventricule : partie proximale de l’estomac, c’est une continuation
anatomique de l’œsophage. Il est en forme de doigt de gant lorsqu’il est vide ou
moyennement rempli. Sa structure est squameuse avec une épaisse paroi musculaire
semblable à un rumen sans papilles ruminales et il est le siège de fermentations bactériennes

82
acides avec formation d’acides gras volatils. Les bactéries y sont majoritairement Gram
positive exceptées quelques coliformes Gram négatif. Le pH y est élevé.
Les aliments ne restant qu’environ une heure dans ce pré-estomac, on peut en déduire que ce
n’est pas le principal lieu de fermentation des aliments et que son rôle est mineur.
Lorsqu’il est en état de forte réplétion, le pré-estomac peut atteindre la taille de l’estomac
glandulaire.
- une partie distale ou estomac proprement dit, de structure glandulaire muqueuse,
semblable à l’estomac des monogastriques. Le pH y est plus acide que dans le pré-estomac ;
on peut en déduire qu’il n’y a pas de mélange de nourriture entre les deux parties de
l’estomac.
Le pré-estomac est séparé de l’estomac glandulaire par un rétrécissement particulièrement
marqué au niveau de la grande courbure. La séparation entre les muqueuses est marquée par
une ligne suturale.
La striction stomacale, sorte de sphincter musculeux, aurait un rôle dans la régulation du
passage des aliments d’une partie à l’autre de l’estomac.
Le cardia et le pylore de l’estomac sont très proches l’un de l’autre, ce qui rend le
vomissement impossible chez le hamster.
La taille de l’estomac chez le hamster syrien est d’environ 3,5 sur 2 cm.

D.3.3.1.4. Intestin grêle

L’intestin grêle comprend un duodénum, un long jéjunum et un court iléon. L’intestin grêle
mesurant environ 90 centimètres, le hamster est sensible aux infections digestives.
Dans l’angle formé par la première portion du duodénum et l’estomac se trouve le pancréas.
L’extrémité du duodénum est définie par le méso duodéno-colique.
Le jéjunum forme 4 ou 5 anses appendues à un mésentère relativement court.
L’iléon est réuni au caecum par le méso iléo-caecal.

D.3.3.1.5. Gros intestin

La tête du caecum est accolée à la paroi abdominale gauche, ses autres parties ont une
position très variable. Dans près de la moitié des cas, il est enroulé dans la moitié inférieure
gauche de la cavité abdominale.
La flore intestinale est composée de germes anaérobies d’origine caecale en grande quantité
mais aussi de quelques colibacilles.
Le caecum est volumineux et fonctionnel. La présence de saccules le divise en une portion
apicale et une portion basale. C’est le siège de la digestion de la cellulose, ce qui confère au
caecum un rôle majeur dans la fermentation des aliments. Le pH y est plus élevé que dans
l’estomac non glandulaire.
Le côlon est composé de trois parties : ascendante, transverse et descendante. Il est ensuite
prolongé par le rectum.
Le hamster pratique la coprophagie mais n’excrète pas de cæcotrophes vrais. Son système
digestif peut ainsi assimiler 80 % de l’énergie métabolisable ingérée.

D.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif

D.3.3.2.1. Glandes salivaires

Il y a trois paires de glandes salivaires majeures : submaxillaires, parotides et sublinguales.

83
D.3.3.2.2. Foie et voies biliaires

Sur toute son étendue, le foie est appliqué contre le diaphragme. Il est composé des lobes
suivants : un lobe latéral droit, un lobe intermédiaire droit, un lobe latéral gauche, un lobe
intermédiaire gauche, un lobe carré de forme très pyramidale et un lobe caudé doté d’un
processus. Ce dernier lobe dépasse largement le bord de l’organe et présente une forte fossette
rénale. La vésicule biliaire est bien développée. Le foie est généralement de couleur brun-
rouge foncé.
Au niveau du hile du foie se trouvent normalement un ou deux nœuds lymphatiques.

D.3.3.2.3. Pancréas

Le pancréas est bien différencié mais est associé au tissu adipeux environnant. Il est logé entre
l’estomac et la première partie du duodénum.

D.3.4.Appareil respiratoire [17], [21]

La fréquence respiratoire du hamster est d’environ 35 à 135 mouvements par minute.

D.3.4.1. Cavités nasales

Les hamsters disposent de cornets naseaux très développés, qui sont tapissés par la muqueuse
nasale dont la fonction est de filtrer et d’humidifier l’air inspiré et de refroidir ou réchauffer
l’air selon le cas avant son entrée dans les poumons. Ceci est possible grâce à de nombreuses
glandes nasales. Comme le rat, les hamsters ont un épithélium et des bulbes olfactifs bien
développés dotant les hamsters d’un bon odorat.

D.3.4.2. Pharynx

Pas de particularité notable chez le hamster.

D.3.4.3. Larynx

Pas de particularité notable chez le hamster.

D.3.4.4. Trachée

Pas de particularité notable chez le hamster.

D.3.4.5. Poumons et bronches

Les poumons diffèrent l’un de l’autre par leur conformation : tandis que le poumon gauche
n’est pas subdivisé, le poumon droit possède un lobe crânial, un lobe moyen, un lobe caudal
et un lobe accessoire. De plus le poumon droit est plus volumineux que le gauche.

84
D.3.5.Appareil cardio-vasculaire [17]

Chez le hamster, la fréquence cardiaque varie de 250 à 500 battements par minute.

D.3.5.1. Cœur

Le cœur est presque entièrement logé du côté gauche, il refoule ainsi le poumon gauche
caudalement. Il est en contact avec le volet thoracique au niveau des côtes 3 à 5.
Deux ligaments sternopéricardiques relient le sac péricardique au sternum.

D.3.5.2. Vaisseaux

Trois branches principales partent du tronc aortique (un tronc brachio-céphalique droit,
l’artère carotide commune gauche, l’artère subclavière gauche) et trois veines caves (deux
veines caves crâniales et une veine cave caudale) entrent dans l’atrium droit.
Le volume sanguin du hamster syrien est de 78 mL/kg. Un prélèvement au niveau de la veine
caudale sera difficile mais il peut être réalisé au niveau des veines saphènes ou des veines
jugulaires. Les hamsters de laboratoire sont souvent prélevés au niveau du sinus veineux
rétro-orbitaire ou à l’aide d’une ponction cardiaque, mais ces techniques ne sont pas
recommandées chez les hamsters domestiques. Le sang des hamsters coagule rapidement
donc il est conseillé de réaliser le prélèvement à l’aide de seringues préalablement héparinées.

D.3.6.Le système lymphatique [17], [21]

D.3.6.1. Les nœuds lymphatiques

Les nœuds lymphatiques suivants ont été décrits :


- les nœuds lymphatiques mandibulaire (=sous-maxillaires) : ils forment un amas de
nodules relativement gros, logés dans le tissu adipeux de la région de l’auge,
immédiatement sous la peau. Ils sont situés de part et d’autre du plan médian, entre la
glande sous-maxillaire en arrière, la glande sublinguale médialement et la parotide
latéralement ;
- le nœud lymphatique hépatique : il est placé au niveau du hile du foie. Il peut y avoir
deux nœuds lymphatiques ;
- les nœuds lymphatiques mésentériques : comme chez le chien, ils sont logés dans le
grand mésentère, au voisinage de l’artère mésentérique. Il y a 4 à 6 nœuds
lymphatiques ;
- les nœuds lymphatiques du côlon : il s’agit de 2 à 4 formations ovoïdes faciles à
trouver dans le petit mésentère du côlon transverse ;
- les nœuds lymphatiques rénaux : il y en a un de chaque côté, au voisinage du hile de
chaque rein, généralement dans un amas de tissu adipeux ;
- les nœuds lymphatiques axillaires : noyés dans la graisse entre la paroi thoracique et le
muscle grand dorsal ;
- les nœuds lymphatiques précruraux ou inguinaux : d’environ 3 mm sur 1 mm, noyés
dans un tissu adipeux dense, dans le pli du grasset ;
- les nœuds lymphatiques poplités : logés dans un amas adipeux, au fond de l’espace
poplité entre le muscle droit de la cuisse et le vaste médial ;

85
- les nœuds lymphatiques iliaques internes : d’environ 5 mm sur 1 à 2 mm, ovoïdes et
allongés. Il est placé en général dans l’angle formé entre l’artère aorte et l’artère
iliaque interne.

Lors de l’examen clinique, de la même façon que chez les carnivores domestiques, les nœuds
lymphatiques accessibles à l’examen clinique sont les mandibulaires, les axillaires, les
inguinaux et les poplités.

D.3.6.2. Les organes lymphoïdes

D.3.6.2.1. Le thymus

Chez les jeunes animaux il y a souvent un thymus bien développé à l’entrée de la poitrine,
dans le médiastin crânial. Il est composé de deux lobes qui diminuent de taille avec l’âge.

D.3.6.2.2. La rate

La rate est allongée en languette à section triangulaire. Elle est située du côté externe, sur la
face caudale du pré-estomac et d’une partie de l’estomac glandulaire (variation en fonction de
l’état de réplétion de ce dernier). Elle est orientée dorso-ventralement, ses deux extrémités un
peu effilées sont recourbées, l’extrémité dorsale crânialement et l’extrémité ventrale
caudalement.

D.3.6.2.3. Les tonsilles palatines

Le cobaye ne possède pas d’amygdales, elles sont remplacées par des nodules lymphatiques
présents sur la paroi du pharynx.

D.3.7.Appareil urinaire [17], [21]

Les hamsters sont adaptés aux environnements désertiques grâce à des mécanismes de
conservation de l’eau tant au niveau rénal que respiratoire.

D.3.7.1. Reins

Les deux reins sont orientés presque parallèlement de part et d’autre du plan médian. Le rein
droit est seulement un peu plus crânial (au niveau de L2-L4) que le rein gauche (au niveau de
L3-L4). Ils sont en forme de haricot ou de pyramide à bords arrondis et à surface lisse. Ils ne
possèdent qu’une papille, celle-ci est très longue et s’étend jusque dans l’uretère. Ceci est une
adaptation aux environnements arides, l’urine produite étant concentrée pour prévenir la
déshydratation.
Entre les deux reins, à proximité du hile se trouvent les nœuds lymphatiques rénaux,
généralement noyés dans la graisse.

D.3.7.2. Uretères

Pas de particularité notable chez le hamster.

86
D.3.7.3. Vessie

En état de réplétion, la vessie est arrondie, de la taille d’un pois.

D.3.7.4. Urètre

L’orifice urétral est distinct de l’orifice vaginal chez la femelle.

L’urine produite est épaisse et crémeuse avec un pH normal allant de 5,1 à 8,4. Les hamsters
produisent habituellement 7 mL d’urine par jour, mais cela peut aller jusqu’à 75 mL par jour
chez les hamsters diabétiques. Une protéinurie peut être rencontrée même chez les hamsters
sains.

D.3.8. Appareil reproducteur [1], [17], [21]

D.3.8.1. Mâle (figure 8)

D.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes

Figure 8 : Appareil génital du hamster mâle isolé |23]

Chez les mâles matures, un amas de graisse recouvre la partie proximale des testicules et
presque la moitié de l’épididyme donnant ainsi au hamster une silhouette scrotale très large.
Le volume des testicules est très variable ; il diminue en dehors des périodes d’activité
sexuelle tandis que pendant le rut, chaque gonade forme une masse ovoïde très volumineuse.

87
D.3.8.1.2. Voies génitales

L’épididyme est nettement divisé en une tête, un corps et une queue. La tête, enveloppée dans
une grosse pelote adipeuse qui atteint presque la taille du testicule, est appliquée contre le
pôle crânial de celui-ci mais elle s’en différencie nettement car il porte un réseau veineux bien
visible. Le corps très mince forme un cordon qui se porte vers l’extrémité postérieure du
testicule que vient coiffer la queue de l’épididyme, bien visible. De cette région, se détache un
volumineux cordon testiculaire qui se dirige crânialement.

Les hamsters exposés à une lumière et une température naturelles vont présenter une taille de
testicules variable en fonction des saisons, les testicules étant plus petits en hiver. Il n’est ainsi
pas rare que les propriétaires anxieux présentent leur hamster en pensant qu’il a développé
deux énormes tumeurs soudainement !

D.3.8.1.3. Glandes annexes

Les glandes annexes sont particulièrement développées. Dans le conduit déférent renflé à son
extrémité en une ampoule s’ouvrent deux à quatre glandes peu lobulées, considérées comme
des vésicules du déférent.
Les vésicules séminales sont particulièrement volumineuses et elles sont parcourues de sillons
qui leur donnent un aspect grossièrement lobulé ; elles s’abouchent à un canal commun.
De chaque côté, la prostate est divisée en trois lobes, chacun d’eux est parcouru de sillons
visibles seulement à la loupe.
Les glandes bulbo-urétrales sont deux formations mesurant quelques millimètres, associées à
la partie la plus caudale de l’uretère pelvien.
Le prépuce possède une petite glande préputiale.
Les glandes coagulatrices ne sont présentes que chez le hamster de Chine et le hamster doré.

D.3.8.1.4. Le pénis

Le gland du pénis porte deux courtes saillies coniques.


Le pénis chez le hamster doré est doté d’un os pénien ou baculum.

Comme chez les autres rongeurs, le hamster mâle adulte produit un bouchon copulatoire
urétral.

88
D.3.8.2. Femelle (figure 9)

Figure 9 : Vue ventrale de l'appareil génital du hamster doré femelle [23]

D.3.8.2.1. Ovaires

Les ovaires sont ovales et se situent dorso-latéralement dans la cavité abdominale


latéralement aux reins. Ils portent des follicules visibles à l’œil nu et sont complètement
enfermés dans une bourse ovarique entièrement graisseuse.
Les oviductes sont longs et fermement enroulés. Comme chez le rat et le cobaye, l’artère
utérine fournit une grande partie du sang assurant la vascularisation de la gonade.

D.3.8.2.2. Utérus

Comme chez le rat, l’utérus est duplex et mène à deux cols utérins. L’utérus est volumineux
même chez les femelles qui n’ont pas eu de gestation. Les cornes peu contournées sont logées
sur le côté, contre la paroi abdominale dorsale et elles atteignent presque le pôle caudal des
reins. Elles mesurent environ deux centimètres de long sur deux à trois millimètres de
diamètre. Le corps utérin s’étend sur 7 à 8 millimètres. Le col est formé de deux canaux
cervicaux qui cheminent séparément sur approximativement les deux tiers de la longueur puis
fusionnent pour déboucher au niveau du vagin.

D.3.8.2.3. Vagin

Le vagin possède deux poches vaginales qui s’étendent caudalement et se terminent au niveau
de l’orifice vaginal. La paroi vaginale contient les glandes urétrales de la femelle. Le clitoris
est large et traversé par l’urètre comme chez la souris. Chez le hamster, il n’y a pas de
vestibule.

89
D.3.8.2.4. Mamelles

Le hamster possède six ou sept paires de mamelles (figure 10) s‘étendant du thorax à la région
inguinale. La plupart des mâles n’en possèdent pas.

Figure 10 : Vue ventrale des mamelles chez une femelle hamster [23]
Mammary papilae : papille mammaire ; Anus : anus.

D.3.9.Les glandes de marquages [21]

Les hamsters possèdent des glandes odoriférantes dont la position est variable selon les
espèces : elles se trouvent sur les flancs chez le hamster doré et dans la région péri-ombilicale
chez le hamster du genre Phodopus. Ces glandes sont aussi présentes chez la femelle mais
sont plus proéminentes chez le mâle. Elles sont humides chez le mâle en rut. Les sécrétions de
ces glandes sont régulées par des hormones androgènes.

D.3.10.Système endocrine |23]

D.3.10.1. Thyroïde et Glandes parathyroïdes

La glande thyroïde est bilobée et localisée au niveau du premier cartilage trachéal. Les deux
glandes parathyroïdes se trouvent aux marges latérales de la glande thyroïde.

D.3.10.2. Glandes surrénales [17], [21]

Médialement au pôle crânial des reins se trouvent les surrénales, recouvertes en grande partie
par de volumineux amas adipeux. Elles sont assez volumineuses, ovoïdes ou en haricot et ont

90
une surface de la même couleur que les reins. Contrairement à la plupart des rongeurs, les
glandes surrénales chez les hamsters sont plus grosses chez le mâle que chez la femelle. La
présence d’un adénome ou d’une hyperplasie de la corticale des glandes surrénales a plus
d’incidence chez le hamster syrien que chez les autres rongeurs et est rencontré en général
chez les hamsters mâles âgés (vers deux ou trois ans).

D.3.11. Système nerveux

D.3.11.1.Système nerveux central

Pas de particularité notable chez le hamster.

D.3.11.2. Organes des sens [38]

Les hamsters bénéficient d'une bonne vue pour trouver leurs proies, mais leur ouïe et leur
odorat sont également bien développés. Pour communiquer entre eux les mâles surtout
utilisent un marquage olfactif du territoire. Plus l'animal est dominant, plus ses glandes
sébacées seront développées.

D.3.11.2.1. Ouïe [21]

Comme tous les rongeurs, le hamster possède de larges bulles tympaniques ce qui le dote
d’une très bonne ouïe.

D.3.11.2.2. Vision [21], [38]

Les hamsters sont des animaux nocturnes. Ils possèdent un large champ de vision.

D.3.11.2.3. Olfaction [21]

Leur sens olfactif est très développé. Ceci est permis par la présence d’un important
épithélium olfactif dans la partie caudale des cavités nasales et la présence d’un organe
voméronasal ou organe de Jacobson.
L’organe de Jacobson est un organe tubulaire bilatéral de 7 mm de long, localisé dans le
septum nasal rostroventral et complètement enfermé dans une capsule osseuse. La partie
crâniale communique avec la cavité nasale située rostralement. La partie médiale de la
lumière est soulignée par un épithélium olfactif où passe le nerf voméronasal. Caudalement, il
est connecté aux récepteurs olfactifs de la cloison nasale.
Cet organe joue aussi un rôle dans la sécrétion des phéromones. En cas d’ablation de celui-ci,
on observe une disparition du comportement sexuel.

D.3.11.2.4. Goût

Les hamsters détestent les préparations salées mais adorent l’alimentation sucrée. Ils
présentent aussi une attirance pour l’éthanol qui n’est pas apprécié des autres rongeurs. Ils
peuvent en effet le métaboliser car ils possèdent deux ou trois fois plus d’alcool
déshydrogénase dans leur foie que les rats. Cette évolution serait due à la présence des graines
fermentées stockées dans leur tanière. A cause de cette forte tolérance à l’alcool, les hamsters
ne peuvent pas être utilisés comme modèles pour les maladies induites par l’alcool.
91
D.3.11.3.Système nerveux périphérique

Pas de particularité notable chez le hamster.

D.4. Physiologie [21], [26]

D.4.1.Thermorégulation

La température ambiante recommandée pour un hamster est de 20 à 24°C, avec une humidité
relative de 54-55 %. Les hamsters étant des animaux nocturnes, la photopériode idéale pour la
reproduction est de 14 heures de nuit pour 10 heures de jour, contrairement aux autres
rongeurs pour lesquels une photopériode de 12 h-12 h est recommandée. Bien que les
hamsters passent pour des animaux somnolents, ils sont extrêmement actifs la nuit. Ils sont
connus notamment pour parcourir plusieurs kilomètres dans leur roue.
Les hamsters possèdent plusieurs zones de tissu adipeux brun, au niveau des scapula,
s’étendant de la région cervicale, jusqu’au milieu du thorax. Dans l’abdomen, les glandes
surrénales, les hiles rénaux et une partie des uretères sont eux aussi entourés de tissu adipeux
brun. Durant les périodes de froid, la vascularisation de ces tissus augmentent, de même que
leur poids.

D.4.2.Hibernation

Si la température environnante descend en-dessous de 5°C, les hamsters peuvent rentrer dans
une hibernation temporaire, diminuant ainsi leur température corporelle, leurs fréquences
cardiaque et respiratoire. Ils peuvent néanmoins rester sensibles au toucher durant cette
période. Cette pseudo-hibernation peut aussi être stimulée par des jours plus courts et moins
lumineux. L’inverse est également vrai, si le hamster est exposé à des températures élevées, il
rentrera aussi dans un profond sommeil et s’il est réveillé durant cette période, il n’en sera que
plus agressif.

D.4.3.Physiologie de la reproduction

Les hamsters sont polygames, c'est-à-dire que les mâles et les femelles n'ont pas de partenaire
sexuel précis. À la saison des amours, les mâles hamsters vont d'un terrier à l'autre à la
recherche de femelles réceptives. Un opercule empêche la fécondation des ovules par les
mâles suivants et la femelle chasse alors le plus souvent les prétendants de son territoire. La
saison de reproduction se situe entre février et novembre.

D.4.3.1. l’oestrus

Les hamsters ont aussi un polyœstrus saisonnier, très régulier avec un cycle œstral de 4 jours.
L’ovulation survient environ 12 h après le pic sérique de l’hormone lutéinisante (LH), suivi
en général d’une ovulation durant la nuit. La femelle sera alors réceptive pendant seulement
quelques heures après l’ovulation. Le deuxième jour d’œstrus, elle produit des sécrétions
filandreuses qui deviendront plus cireuses le troisième jour. A la fin de l’œstrus, la femelle

92
sécrète un produit blanc visqueux possédant une odeur caractéristique. Une femelle agressive
tolèrera le mâle au pic de l’œstrus et la copulation commencera dès l’introduction du mâle.
Ceci dure en général trente minutes. La femelle peut présenter une pseudo-gestation après un
accouplement infertile.
Bien que le vagin et le col de l’utérus présentent des modifications cycliques en réponse aux
hormones ovariennes, la cytologie ovarienne est compliquée par la présence des poches
vaginales qui accumulent les cellules exfoliatives et les leucocytes. Seule la réalisation de
frottis quotidiens permettra d’estimer le moment du cycle.

D.4.3.2. Le bouchon copulatoire ou « plug »

Un bouchon copulatoire pourra être observé après l’accouplement.

D.4.3.3. La gestation

Les femelles peuvent avoir deux à trois portées par an après une courte gestation de 15 à 22
jours.

D.4.3.4. La mise-bas et la lactation

Les petits naissent nidifuges avec les yeux fermés et des bouchons auriculaires, mais ils
possèdent déjà des dents tranchantes. Le nombre de petits par portée est très variable, pouvant
aller jusqu'à 13, avec une moyenne de 5 à 7. Ils pèsent deux à trois grammes à la naissance,
les yeux et les oreilles s’ouvrent à cinq et quinze jours respectivement. Les petits sont allaités
3 semaines environ et deviennent adultes à 6 ou 8 semaines.

D.5. Voies d abord et application chirurgicales [12], [24], [26]

Le traitement chirurgical chez ces petites espèces est toujours délicat, le risque anesthésique
étant très important. Il faudra donc toujours bien évaluer la balance bénéfice-risque de
l’intervention et privilégier des interventions courtes.

D.5.1.Appareil digestif

D.5.1.1. Cavité buccale

Les affections dentaires sont plus rares chez ces espèces, leurs dents jugales étant à racines
fermées.

D.5.1.2. Les abajoues

Des aliments inappropriés peuvent provoquer une obstruction des poches jugales. Des
aliments durs et coupants ou des morsures peuvent créer des plaies infectées à ce niveau

93
Il faut alors éverser les abajoues, les vider et les nettoyer avec un antiseptique et
éventuellement parer la lésion.
Le prolapsus des abajoues est une affection assez fréquente. Si la muqueuse est encore saine,
il faut la nettoyer et la réinsérer mais les récidives sont fréquentes. Si la muqueuse est
nécrosée ou s’il s’agit d’une récidive, on pourra alors amputer l’abajoue.
Les différents temps de l’intervention sont les suivants :
- nettoyage et flush de l’abajoue ;
- mise en place d’une ligature au niveau de la racine de l’abajoue ;
- section de l’abajoue en aval de la ligature ;
- réinsertion du moignon de l’abajoue dans la bouche.

D.5.1.3. Gros intestins

En cas de parasitisme important, d’entérite aiguë ou d’iléite proliférative, un prolapsus rectal


peut apparaître. On peut dans un premier temps essayer de remettre en place les parties
prolabées en effectuant une suture en bourse maintenue pendant deux ou trois jours, mais la
récidive est fréquente. L’amputation du rectum peut alors être envisagée. La technique est la
même que pour tout prolapsus chez les carnivores domestiques.

D.5.2. Appareil reproducteur

D.5.2.1. Mâle

La castration se réalise de la même façon que chez le lapin, par voie scrotale.

D.5.2.2. L’utérus

La stérilisation se réalise de la même façon que chez le lapin, l’utérus est facilement
extériorisable et présente peu de tissu adipeux.

D.5.3.Les gestes basiques

La pose d’un cathéter n’est pas réalisable chez cette petite espèce, la réhydratation pourra être
réalisée par voie intra-osseuse, intrapéritonéale ou sous-cutanée.

94
E. LA GERBILLE

E.1. Classification et histoire de la gerbille [20], [24], [36], [37]

E.1.1. Classification

Les gerbilles de Mongolie (Meriones unguiculatus) sont des petits rongeurs de la classe des
mammifères, appartenant à l’ordre des rongeurs, au sous-ordre des myomorphes et à la
famille des muridés. Les différentes espèces de gerbilles constituent la sous-famille des
gerbillinés.
Leur habitat naturel est situé dans les régions semi-désertiques du nord-est de la Chine et de la
Mongolie. En captivité c'est la gerbille d’élevage la plus connue.
Sa morphologie est adaptée à la fuite et les griffes sont des outils redoutables pour creuser
autant que des armes de défense. D’où son nom latin de « petit guerrier à griffes » (Meriones
de Mérion = guerrier dans la guerre de Troie, unguiculatus de unguiculus = ongle)[6].
La gerbille de Mongolie est un animal plutôt diurne.
Animaux grégaires, ils forment de grands groupes d’une vingtaine d’individus de
tempérament plutôt pacifique. Cependant, en période de reproduction lorsque deux mâles sont
mis en présence, ils peuvent avoir un comportement belliqueux.
Les gerbilles mesurent 21 à 25 cm queue comprise. Le poids à l’âge adulte peut atteindre 70 g
à 100 g.
Leur longévité est de 3 à 4 ans. Mais rares sont les individus qui vivent plus de 2 ou 3 ans à
cause de l'incidence élevée des tumeurs à partir de l'âge de 2 ans. Le mâle pèse 65 à 100 g et
la femelle 55 à 85 g.
La gerbille est un végétarien à tendance omnivore (graines, végétaux, insectes). Elle boit très
peu d’eau. Un mâle adulte mange environ 8 g de nourriture par jour.
Nous rappelons la formule dentaire des myomorphes qui les distingue des lagomorphes et des
caviomorphes. Tous les myomorphes présentent la formule dentaire suivante : tableau 6

Tableau 6 : Formule dentaire de la gerbille

Incisives Canines Prémolaires Molaires


Mâchoire 1 0 0 3
supérieure
Mâchoire 1 0 0 3
inférieure

E.1.2. Histoire de la gerbille

La gerbille de Mongolie est domestiquée depuis peu. Vingt couples capturés dans la région du
fleuve Amour ont été introduits au Japon en 1935 pour des recherches scientifiques au
Kitasato Institute. Ce rongeur se répand ensuite dans les laboratoires d'Amérique et d'Europe
à partir de 1954, quand quatre couples sont envoyés à New York comme animaux
d'expérimentation biomédicale. Ce sera le début de l’essor de son élevage commercial dans le
monde entier.

95
E.2. Anatomie externe [6], [26], [37]

Comme le chinchilla, la gerbille a besoin d’un bac de sable dans son environnement pour
l’entretien de son pelage.

E.2.1. La tête

La tête est soudée au corps avec de très petites oreilles rondes recouvertes de poils. Les yeux
sont sombres et saillants, ce qui explique un clignement fréquent des paupières. En arrière de
l’œil se trouve la glande de Harder.

E.2.2. Le tronc

Le corps est compact, couvert d’un pelage lisse de couleur variable, parfois plus clair sur le
ventre.
La queue est longue à poils ras. Elle sert de contrepoids ou d’appui lorsque la gerbille se
dresse sur les membres postérieurs. Elle représente 25 % de la longueur du corps à la
naissance puis 90 % chez l’adulte. Si la gerbille est saisie par la queue, la peau de celle-ci se
déchire pour permettre la fuite de l’animal, laissant une partie des os à nu jusqu’à ce qu’ils se
dessèchent et tombent. La queue de la gerbille ne repousse pas.

E.2.3. Les membres

Les pattes avant sont petites avec 5 doigts (le pouce est très rudimentaire), les pattes arrière,
beaucoup plus longues et ainsi adaptées au saut, ont 5 doigts. Les postérieurs permettent
effectivement la réalisation de sauts de 3 mètres verticalement et de 6 mètres horizontalement.
Les doigts sont garnis de fines griffes.

E.2.4. Organes génitaux externes

Le dimorphisme sexuel est peu apparent. Le mâle, un peu plus massif, diffère peu de la
femelle mais on peut facilement les identifier par sexage dès la naissance du fait de l’absence
de poil. Chez les gerbilles adultes, la distance séparant l’anus de la papille génitale est
inférieure chez la femelle (environ 5 millimètres contre environ 10 millimètres chez le mâle).
La papille génitale est plus développée chez le mâle. La femelle est légèrement moins grosse
que le mâle. Les glandes de marquage dont le développement est sous le contrôle des
hormones sexuelles dont l’androgène sont deux fois plus volumineuses chez le mâle.

96
E.3. Anatomie interne

E.3.1. Appareil squelettique [6]

Les gerbilles possèdent des modifications du crâne caractéristiques des rongeurs avec un
élargissement de la cavité cérébrale, une augmentation de la taille des mastoïdes et des bulles
tympaniques. Leur tête est ainsi courte et large.

E.3.1.1. Squelette axial

La formule vertébrale de la gerbille est la suivante :


- 7 vertèbres cervicales ;
- 13 vertèbres thoraciques ;
- 6 vertèbres lombaires ;
- 4 vertèbres sacrées ;
- 7 vertèbres caudales.

E.3.1.2. Squelette appendiculaire

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.2. Muscles [6]

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.3. Appareil digestif et glandes annexes [6], [20], [24], [26]

E.3.3.1. Appareil digestif (figure 11)

E.3.3.1.1. Cavité buccale

La formule dentaire de la gerbille est la suivante : 2 (I 1/1, C 0/0, PM 0/0, M 3/3).


Les muscles de la mastication sont bien développés, sur le modèle myomorphe, limitant les
mouvements latéraux des mâchoires et l’ouverture de la bouche.
Les incisives sont à racines ouvertes et croissent donc continuellement alors que les molaires
sont à racines fermées. En général, le rapport entre les incisives supérieures et inférieures est
de 1/3.

E.3.3.1.2. Œsophage

Sa musculature et son rôle sont ceux communs à tous les mammifères.

97
E.3.3.1.3. Estomac

Une striction peu marquée sépare l’estomac en deux parties, une glandulaire et une
squameuse, comme pour le rat et la souris. Le grand omentum s’étend le long de sa grande
courbure.

E.3.3.1.4. Intestin grêle

L’intestin grêle aux nombreuses villosités est divisé classiquement en duodénum, jéjunum et
iléon.

E.3.3.1.5. Gros intestin

Le gros intestin ne contient pas de villosité.


Le caecum est relativement petit. Le côlon, divisé en côlon ascendant, côlon transverse et
côlon descendant, et le rectum ont également une structure classique.
Les gerbilles n’ont pas spontanément recours à la coprophagie si leur régime alimentaire est
adapté et à volonté. Ce comportement peut toutefois avoir lieu après un rationnement strict ou
en période de lactation.

E.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif

E.3.3.2.1. Glandes salivaires

Dans la cavité buccale débouchent les glandes salivaires : parotides, submaxillaires et


sublinguales.

E.3.3.2.2. Foie et voies biliaires

Le foie, composé de 5 lobes, est situé classiquement entre le diaphragme et l’estomac.


Il n’y a pas de vésicule biliaire.

E.3.3.2.3. Pancréas

Le pancréas est relativement volumineux et se situe le long du duodénum.

98
Figure 11 : Appareil digestif de la gerbille isolé [6]

E.3.4. Appareil respiratoire [6]

La fréquence respiratoire de la gerbille est d’environ 90 mouvements par minute.

E.3.4.1. Cavités nasales

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.4.2. Pharynx

Le pharynx est en position caudale par rapport à la cavité orale, mais en position ventrale par
rapport au larynx.

99
E.3.4.3. Larynx

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.4.4. Trachée

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.4.5. Poumons et bronches

Le poumon droit est constitué de quatre lobes tandis que le poumon gauche n’en a que trois.
La structure alvéolaire du parenchyme pulmonaire est classique.

E.3.5. Appareil cardio-vasculaire

Chez La gerbille, la fréquence cardiaque est d’environ 360 battements par minute.

E.3.5.1. Cœur

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.5.2. Vaisseaux

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.6. Le système lymphatique

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.7. Appareil urinaire [6]

Adaptées pour vivre dans un milieu aride, les gerbilles produisent peu d’urine.

E.3.7.1. Reins

Les reins sont attachés à la paroi dorsale de la cavité péritonéale et entourés d’une masse
graisseuse. Ils sont rougeâtres. Le rein gauche est légèrement plus caudal que le rein droit.

E.3.7.2. Uretères

Les uretères sont entourés de tissu graisseux depuis leur portion distale jusqu’à la vessie.

100
E.3.7.3. Vessie

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.7.4. Urètre

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.8. Appareil reproducteur [1], [6]

Mâles et femelles présentent les mêmes distinctions anatomiques que les rats et les souris.

E.3.8.1. Mâle (figure 12)

Figure 12 : Appareil génital de gerbille mâle isolé [1]

E.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes

Les testicules migrent au travers du canal inguinal en fonction de la période d’activité


sexuelle de la gerbille. Ils sont entourés de tissu adipeux. En période de repos sexuel, ils sont
en position intra-abdominale. Ils descendent dans le scrotum en région périnéale lors des
périodes de reproduction.

101
E.3.8.1.2. Voies génitales

L’épididyme se divise en trois régions : la tête, le corps et la queue. Il est intimement lié aux
conduits déférents qui lui font suite par un mésenchyme. Ces conduits déférents partent de la
base de la vessie, forment une boucle au-dessus de l’urètre et s’étendent caudalement dans le
canal pelvien entre l’urètre et le gros intestin pour converger et pénétrer dans l’urètre.

E.3.8.1.3. Glandes annexes

Chez la gerbille, les glandes sexuelles accessoires sont nombreuses et assez développées. La
paire de glandes ampullaires débouche dans l’ampoule du conduit déférent.
La vésicule séminale est relativement volumineuse.
La prostate présente une partie diffuse et une partie conglomérée en deux lobes jaunâtres
situés juste au-dessus du point de jonction des conduits déférents et de l’uretère.
Les glandes bulbo-urétrales sont localisées à la base du pénis.

E.3.8.1.4. Le pénis

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.8.2. Femelle (figure 13)

La topographie de l’appareil génital femelle est similaire à celle de l’appareil génital type des
rongeurs.

Figure 13 : Appareil urogénital de gerbille femelle isolé[1]

La gerbille possède quatre paires de mamelles : deux thoracique et deux inguinales. Chacune
d’elle a un canal galactophore terminé par une tétine.

102
E.3.9. Les glandes de marquages [6]

Les gerbilles possèdent une glande ventrale, située au niveau de la ligne blanche, plus
développée chez le mâle qui permet de délimiter le territoire et que la mère utilise pour
marquer les petits. Cette glande est deux fois plus grosse chez le mâle que chez la femelle.
Cette glande est susceptible d’évolution néoplasique chez les animaux âgés nécessitant alors
un retrait chirurgical.
La production de cet organe est une sécrétion huileuse à forte odeur musquée.

La gerbille ne possède pas de glande sudoripare et est incapable de haleter. Elle est donc très
sujette à l’hyperthermie suite au stress et ne doit donc pas être exposée à des températures
trop élevées.

E.3.10. Système endocrine

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.3.11. Système nerveux

Pas de particularité notable chez la gerbille.

E.4. Physiologie [26]

E.4.1. Physiologie digestive

Les différentes espèces de gerbille sont des monogastriques omnivores. La plupart des
espèces sont à forte tendance herbivore et granivore, certaines complètent leur régime par des
insectes ou des petits reptiles. La gerbille peut à des degrés divers être coprophage.
L’ingestion des féces répond à une partie de ses besoins notamment en vitamine B.

La gerbille est adaptée à son environnement aride d’origine. Ses besoins en eau en plus de
l’alimentation sont très faibles. Son régime alimentaire a tendance à varier légèrement selon la
saison : elle mangera spontanément plus de fruits et légumes frais aux beaux jours. Il reste
encore beaucoup d’inconnues sur les espèces de gerbilles plus rares.

E.4.2. Chromodaccriorrhée

La gerbille peut comme le rat et la souris présenter des sécrétions pigmentaires rougeâtres en
cas d’inflammation ou d’irritation de la glande de Harder. Chez les gerbilles, les glandes de
Harder produisent non seulement des porphyrines mais aussi de acides gras dont elle s’enduit
pour se protéger du froid.
Lors d’hypersécrétion due à un environnement inadapté ou à un déficit du comportement
normal de nettoyage, les colonisations bactériennes se compliquant de pyodermite sont
fréquentes.

103
E.4.3. Physiologie de la reproduction

Les gerbilles sont monogames et elles se reconnaissent à l'odeur de l'urine et des phéromones
présentes dans la salive. Elles préfèrent avoir un partenaire de la même couleur. Les mâles
participent à l'élevage des petits.
La maturité sexuelle est atteinte entre 9 et 12 semaines, à 3 mois chez le mâle et à 2 mois chez
la femelle. La femelle n’est plus féconde à partir de l’âge de 18 à 24 mois.

E.4.3.1. L’oestrus

Le cycle œstral dure 4 à 6 jours et les chaleurs 12 à 18 heures avec de très grandes variations
individuelles.
Les périodes de reproduction sont possibles toute l’année.
Des frottis vaginaux peuvent être réalisés pour déterminer avec assez de précision la période
du cycle.
Un œstrus post-partum a lieu dans les 24 heures suivant le part.

E.4.3.2. Le bouchon copulatoire ou « plug »

Un bouchon copulatoire pourra être observé après l’accouplement.

E.4.3.3. La gestation

La gestation dure entre 24 et 26 jours. La première gestation pouvant aller jusqu'à 48 jours.

E.4.3.4. La mise-bas et la lactation

La mise-bas se déroule généralement pendant la nuit et dure en moyenne une heure.


Les portées comportent le plus souvent 4 à 6 jeunes ; les petits naissent nus et les yeux
fermés. Ils pèsent environ 3 g.
Le sevrage a lieu entre 20 et 30 jours. La séparation des petits en captivité ne se fait pas avant
7 semaines. La femelle peut faire 6 portées par an au minimum.

E.5. Voies d’abord et application chirurgicales [12], [24], [26]

Comme chez le hamster, le traitement chirurgical chez ces petites espèces est toujours délicat,
le risque anesthésique étant très important. Il faudra donc toujours bien évaluer les bénéfices
et les risques de l’intervention et privilégier des interventions de courte durée.

104
E.5.1. Appareil digestif

E.5.1.1. Cavité buccale

Les gerbilles, comme les autres myomorphes, sont assez peu présentées pour des problèmes
digestifs en consultation. Elles ont aussi une légère tendance à l’obésité. Les malocclusions
dentaires des incisives sont rares et se soignent classiquement.

E.5.1.2. Gros intestins

Les diarrhées sont un peu plus fréquentes et ont pour origine un changement alimentaire, un
parasitisme ou une infection bactérienne. Elles peuvent entraîner un prolapsus du rectum.
On peut dans un premier temps essayer de remettre en place les parties prolabées en
effectuant une suture en bourse maintenue pendant deux ou trois jours, mais la récidive est
fréquente. L’amputation du rectum peut alors être envisagée. La technique est la même que
pour tout prolapsus chez les carnivores domestiques.

E.5.2. Appareil reproducteur

E.5.2.1. Mâle

La castration se réalise de la même façon que chez le lapin, par voie scrotale.

E.5.2.2. Femelle

La stérilisation se réalise de la même façon que chez le Lapin, l’utérus est facilement
extériorisable et présente peu de tissu adipeux.

La formation de kystes ovariens est très fréquente chez la gerbille. Lorsque leur taille entraine
une forte distension abdominale, l’exérèse chirurgicale est conseillée ; on réalise alors un
ovario-hystérectomie.

E.5.3. Processus tumoraux

Une des rares tumeurs rencontrée chez la gerbille est le mélanome, tumeur en général
agressive. L’exérèse chirurgicale large est conseillée

E.5.4. Les gestes basiques

La pose d’un cathéter intraveineux n’est pas réalisable chez cette petite espèce, la
réhydratation pourra être réalisée par voie intra-osseuse, intrapéritonéale ou sous-cutanée.

105
F. LE COBAYE

F.1. Classification et histoire du cobaye [20], [21], [34]

F.1.1. Classification

Le cobaye commun ou cochon d’Inde (Cavia porcellus) appartient à la classe des


mammifères, à l’ordre des rongeurs, au sous-ordre des caviomorphes et à la famille des
caviidés.
Le sous-ordre des caviomorphes se caractérise par leur formule dentaire, qui les distingue des
Lagomorphes et des Myomorphes. Tous les Caviomorphes présentent la formule dentaire
suivante : tableau 7

Tableau 7 : Formule dentaire du Cobaye

Incisives Canines Prémolaires Molaires


Mâchoire 1 0 1 3
supérieure
Mâchoire 1 0 1 3
inférieure

Le cobaye possède des incisives lactéales qui sont remplacées avant la naissance.
C’est un herbivore strict.
Les cobayes doivent aussi compléter leur alimentation par coprophagie. Cependant, ils ne
consomment que leurs excréments mous, appelé cæcotrophes, qui recyclent des vitamines B,
des fibres, et les bactéries nécessaires à une bonne digestion. Les cæcotrophes sont
consommés directement à partir de l'anus, à moins que le cochon d'Inde ne soit gestant ou
obèse.
Comme chez les lagomorphes, la croissance des dents est continue et seule la face antérieure
de l’incisive est recouverte d’émail. La taille des cobayes peut varier de 12 à 50 cm de
longueur. Ils pèsent entre 0,5 et 1,7 kg. Ils peuvent vivre 3 à 4 ans en moyenne, 8 au
maximum.
Ce sont des animaux sociaux qui vivent de préférence en petits groupes de 5 à 10 individus.

F.1.2. Histoire du cobaye

Son nom de cochon d'Inde vient de son cri semblable à celui du porc et du fait qu'il vienne
d'Amérique du Sud appelée autrefois les Indes.
Les commerçants hollandais découvrent en Guyane cet animal exotique élevé par les indiens
locaux. Ils le rapportent en Europe, comme animal de compagnie pour leurs enfants, en 1670.
En 1880, très prolifiques, des individus sont vendus jusqu'en Angleterre et en France. D'abord
réservés à une élite, les cobayes, faciles à élever, sont rapidement devenus populaires en tant
qu'animaux exotiques de compagnie mais aussi de laboratoire ; ils furent utilisés pour la
première fois en expérimentation en 1780.
En 2007, des fouilles dans un sous-sol du centre-ville de Mons en Belgique mettent au jour
des restes d'un cochon d'Inde datant du XVIe siècle, c'est-à-dire de l'époque où l'animal vient

107
à peine d'être découvert en Amérique. Une découverte antérieure en Grande-Bretagne
montrait que détenir un cobaye à la Renaissance était un signe de grande richesse ; il s'avère
que cet animal de compagnie, qui se reproduit très facilement, était déjà à la portée d'un large
échantillon de la population.
Ayant tout d'abord été élevé pour sa chair dans les pays andins, puis comme animal de
laboratoire, le cobaye est aussi souvent adopté comme animal de compagnie par ceux qui
apprécient son caractère placide et sa facilité d'élevage.

F.2. Anatomie externe [26], [34]

Le pelage, court, dru et brun à l'origine, a donné par sélection au sein des élevages de très
nombreuses variantes de coloris, de texture et de longueur. Le cobaye mue deux fois par an
(en automne, il remplace ses fins poils d'été apparus au printemps par des poils plus épais
pour faire face aux rigueurs de l'hiver). Ces périodes peuvent varier si le cobaye est élevé en
intérieur à température constante.
Le dimorphisme sexuel est peu apparent. Le mâle (pesant 900-1200 g) est plus gros que la
femelle (pesant 700 à 900 g).
Comme lors d’un examen clinique, nous allons procéder par étape en observant la tête de
l’animal, le tronc de l’animal, et les pattes.

F.2.1. La tête

La tête est située dans le prolongement du corps, sans cou visible. Elle est terminée par un
museau arrondi avec des narines écartées formant des fentes presque horizontales. Les
vibrisses, ou moustaches, sont de taille moyenne, implantées dans toutes les directions et
servent au cochon d'Inde à s'orienter ; elles font partie des organes du toucher. On en trouve
sept groupes, divisés selon leur localisation (vibrisses buccales, mentales, nasales, supra-
orbitales et infra-orbitales).
La bouche est petite, arrondie et située très bas sous le museau.

F.2.2. Le tronc

Le cobaye n’a pas de queue apparente.

F.2.3. Les membres

- Les membres thoraciques n’ont que quatre doigts (figure 14), le doigt 1 est absent, ce
qui empêche le cochon d’Inde de saisir la nourriture.
- Les membres pelviens n’ont que trois doigts (figure 15), les doigts 1 et 5 sont
absents.
Les cobayes ont la particularité d’être plantigrades au niveau des postérieurs et d’avoir la
plante des pieds et la paume des mains sans poils, ce qui favorise le risque d’apparition de
pododermatite chez cette espèce.
La paume est divisée en trois régions palmaires dont une zone carpale bien définie. La plante
est divisée en deux zones dont une large zone tarsale.

108
Figure 14 : Face plantaire du pied droit
Figure 15 : Face palmaire de la main droite du
du cobaye [21]
cobaye [21]

F.2.4. Organes génitaux externes

Le mâle possède deux renflements de part et d’autre de l’anus constituant le scrotum et deux
orifices. L’orifice crânial est le pénis recouvert d’un tissu préputial, l’orifice caudal est une
fente longitudinale couvrant l’ouverture d’un large sac périnéal et de l’anus (figure 16).

La femelle possède une fente en forme de Y s’ouvrant sur un pseudo cloaque. L’orifice
urétral se trouve crânialement entre les branches montantes du « Y », la vulve abouche au
croisement des trois branches du « Y ». Caudalement, se trouve le sac périnéal, contenant
deux glandes périnéales, elles servent au marquage et contiennent une grande quantité de
matériel sébacé. L’anus se trouve à la base du « Y » (figure 16).
Figure 16 : Vue externe de la zone urogénitale d'un cobaye mâle et d'un cobaye femelle [21]
Urethra : urètre ; VUlva : vulve ; Anus : anus ;

109
F.3. Anatomie interne [19]

F.3.1. Appareil squelettique (figure 17)


Figure 17 : squelette de cobaye [22]
Orbit : orbite ; Calvarium : calvarium ; 7th cervical vertebra : 7è vertèbre cervicale ; Scapula :
scapula ; 6th lumbar vertebra : 6è vertèbre lombaire ; Caudal vertebrae : vertèbres caudales ;
Femur : fémur ; Tarsus : tarse ; Metatarsal bones : os métatarsiens ; Digital bones : os digités ;
Fibula : fibula ; Tibia : tibia ; Patella : patella ; Sternum : sternum ; Ulna : ulna ; Carpus : carpe ;
Metacarpal bones : os métacarpiens ; Radius : radius ; Humerus : humérus ; Hamate process of
acromion : processus Hamate de l’acromion ; Zygomatic arch : arcade zygomatique ;
Mandible : mandibule.

Les cobayes possèdent de larges bulles tympaniques et de proéminentes arcades


zygomatiques.
La mandibule qui est l’os le plus large du squelette est unie rostralement par la symphyse
mandibulaire. Cette dernière est rugueuse latéralement au niveau de l’insertion des muscles
masséters.

On pourra noter que le cobaye possède un os pénien.

F.3.1.1. Squelette axial

La formule vertébrale du cobaye est la suivante :


- 7 vertèbres cervicales ;
- 13 ou 14 vertèbres thoraciques ;
- 6 vertèbres lombaires ;
- 3 (femelle) ou 4 (mâle) vertèbres sacrées ;
- 4 à 7 vertèbres caudales.

110
Les vertèbres thoraciques sont au nombre de 13 ou 14, les deux dernières étant entièrement
cartilagineuses. Les six premières paires de côtes sont articulées avec le sternum, à partir de la
dixième paire de côtes, celles-ci sont flottantes

F.3.1.2. Squelette appendiculaire

F.3.1.2.1. Membre thoracique

Le cobaye possède deux petites clavicules à la base du cou et l’acromion de la scapula


possède un processus en forme de L. Les os composant le membre antérieur sont : l’humérus,
le radius, l’ulna, neuf os carpiens, quatre os métacarpiens, et quatre doigts.

F.3.1.2.2. Membre pelvien

L’os coxal résulte de la fusion de quatre os courts après la naissance : l’ilium, l’ischium, le
pubis et l’acétabulum. Il existe des variations au niveau de la symphyse pubienne selon le
sexe. Les femelles immatures possèdent une articulation fibrocartilagineuse qui s’ossifie
après l’âge de 1 an. Ainsi, chez les femelles primipares de moins d’un an, la symphyse est
encore cartilagineuse et peut donc être « dilatée », ce qui permet le passage d’un large fœtus .
En effet, les os pubiens se séparent deux semaines environ avant la parturition ; la palpation
du pubis peut donc être un bon moyen d’évaluer la date de la mise-bas. Cependant, si une
femelle n’a jamais eu de portée avant l’ossification de la symphyse, le risque de dystocie est
très élevé, il est alors conseillé de ne pas mettre ces femelles à la reproduction.
Le membre postérieur est composé des os suivants : le fémur, le tibia, la fibula, huit os
tarsiens, trois os mététarsiens, trois doigts composés chacun de trois phalanges. La patella est
large. La fibula s’articule au niveau proximal avec le condyle latéral du tibia et au niveau
distal avec le calcaneus.

F.3.2. Muscles

Pas de particularité notable chez le cobaye.

111
F.3.3. Appareil digestif et glandes annexes [15], [16], [20], [21], [26]

Figure 18 : Vue ventrale de la cavité abdominale d'un cobaye [21]


Right liver lobe : lobes hépatiques droits ; Gall bladder : vésicule biliaire, Duodenum :
duodénum ; Jejunum : jéjunum ; Ileum : iléon ; Bladder : vessie ; Opening of perineal sac :
orifice du sac périnéal ; Anus : anus ; Urethra : urètre ; Rectum : rectum ; Cecum : caecum ;
Fat and mesentary : gras et mésentère ; Ascending colon : côlon ascendant ; Greater
omentum : grand omentum ; Transverse colon : côlon transverse ; Stomach : estomac ;
Spleen : rate ; Left liver lobe : lobes hépatiques gauches ; Diaphragm : diaphragme.

F.3.3.1. Appareil digestif (figure 18)

F.3.3.1.1. Cavité buccale (figure 19)

 La dentition

La formule dentaire du cobaye est la suivante : 2 (I 1/1, C 0/0, PM 1/1, M 3/3).


Le diastème du cobaye est très long et lui permet en y invaginant les joues de ronger des
matériaux non comestibles comme des pièces de bois, sans pour autant que des débris ne
passent dans la partie postérieure de sa cavité buccale et ne soient avalés. L’examen de la
bouche du cobaye est de ce fait assez complexe.

112
Toutes les dents du cobaye sont, comme chez le lapin, hypsodontes ce qui va de pair avec
une croissance continue des dents.

Par conséquent, les dents doivent s’user en se frottant contre les dents antagonistes. Seule la
face externe des incisives est recouverte d’émail ; la face interne est moins dure. Les dents
sont ainsi taillées en biseau. Si cette usure n’est pas correcte, la croissance démesurée est à
l’origine de malocclusion. Les dents maxillaires pourront donc léser les joues alors que les
dents mandibulaires pourront être à l’origine de lésions sur la langue voire même, dans les cas
extrêmes, d’un entrappement de celle-ci sous l’arche formé par les dents mandibulaires droite
et gauche.
Les racines :
- des incisives supérieures s’étendent vers les cavités nasales, à proximité du canal
nasolacrymal ;
- des secondes prémolaires supérieures s’étendent dans l’os lacrymal ;
- des troisièmes prémolaires et des molaires supérieures s’étendent sous l’orbite dans
une structure osseuse délimitée par la bulle alvéolaire ;
- des prémolaires et molaires inférieures occupent la branche horizontale de la
mandibule.
La mandibule est naturellement plus étroite que le maxillaire : on parle d’anisognathisme
physiologique. Au repos, l’occlusion dentaire n’est donc pas parfaite.
L’articulation temporo-mandibulaire de par sa forme longitudinale permet essentiellement des
mouvements d’avant en arrière et l’ouverture maximale de la cavité buccale est faible.

 La langue
La langue est charnue et bombée, seul son tiers rostral est mobile. Un torus lingual
proéminent caractérise sa racine. Elle est recouverte de petites papilles filiformes rostralement
et de grandes papilles fongiformes caudalement.

F.3.3.1.2. Œsophage

L’œsophage est situé dorsalement à la trachée en région crâniale puis à gauche de celle-ci
quand il rentre dans le thorax. L’œsophage est recouvert d’un épithélium stratifié
squameux. Il possède une musculature striée squelettique proximalement et une musculature
lisse distalement.

F.3.3.1.3. Estomac

L’estomac est logé en arrière du foie, dans la partie crâniale gauche de l’abdomen. Lorsqu’il
est en état de réplétion, sa grande courbure qui est principalement orientée ventralement,
atteint la paroi abdominale ventrale ; son axe « cardia-pylore est orienté transversalement. La
petite courbure est dirigée vers l’avant et vers le haut ; dans sa partie gauche, l’œsophage
vient s’ouvrir par le cardia ; à celui-ci fait suite une zone cardiaque étendue.
Dans sa partie postéro-supérieure, il arrive au contact de la rate ; par sa face latérale gauche il
se trouve en avant et en arrière de l’hypochondre ; crânialement, il répond à la face
abdominale du foie (lobe latéral gauche). Il est relié à la rate par le ligament gastro-
splénique bien développé.
L’estomac est en contact en arrière avec les anses intestinales et, à son extrémité pylorique, il
est réuni au foie par un ligament hépato-gastrique relativement fort. Le duodénum, à sa
sortie du pylore, suit un trajet crânio-dorsal.

113
L’estomac ne reste jamais vide, les repas successifs se superposent. Sa capacité est modérée ;
il est de forme allongée simple. Sa vidange débute 30 à 60 minutes après le repas et dure au
total environ huit heures.
L’omentum s’étend à partir de l’estomac comme dans les autres espèces.
Le cobaye est monogastrique mais contrairement aux myomorphes, son estomac est
entièrement glandulaire.

F.3.3.1.4. Intestin grêle

Sa longueur est similaire à celle de l’intestin grêle du lapin (entre 3,20 et 4,50 m). Il est donc
long et spécialisé pour un régime herbivore.
Le duodénum représente la première portion de l’intestin grêle ; il se détache du pylore et
remonte crânio-dorsalement pour atteindre la face caudale du foie où il s’infléchit
ventralement.
La limite est définie par le méso duodéno-colique. A l’origine du duodénum est fixé le
ligament hépato-duodénal ; la branche droite du pancréas est étroitement liée au duodénum
descendant, le duodénum est rattaché au rein droit par le ligament duodéno-rénal.
Le jéjunum est appendu à un mésentère assez long ; il dessine plusieurs anses irrégulières,
essentiellement en arrière de l’estomac glandulaire, remplissant en grande partie la région
ventrale droite de la cavité abdominale. La dernière anse se porte près de l’origine du
mésentère et l’iléon fait suite au jéjunum. Cette portion de l’intestin est très courte et sa limite
par rapport au jéjunum est définie par le méso iléo-caecal.
L’iléon vient s’ouvrir du côté médial du caecum. La région de l’abouchement iléo-caecal est
riche en conjonctif et on y trouve presque constamment trois nœuds lymphatiques de la taille
d’un grain de mil.
Les couches alimentaires se superposent, prédisposant le cobaye à la météorisation, à la
cétose et l’auto-intoxication.

F.3.3.1.5. Gros intestin

 Caecum
Le caecum représente la portion la plus large du gros intestin, pour une longueur de quinze à
vingt centimètres, il occupe une grande partie de la cavité abdominale ventrale gauche. Il est
caractérisé par la présence de deux bandes fibreuses placées en face l’une de l’autre et entre
lesquelles la paroi caecale est dilatée de part et d’autre par des bosselures. L’ensemble de
l’organe peut être divisé en trois parties plus ou moins différenciées : tête, corps, pointe. La
tête, dans laquelle débouche l’iléon est de loin la partie la plus volumineuse ; elle est suivie
du corps et de la pointe. Ces trois régions du caecum sont disposées de telle sorte qu’elles
dessinent dans l’ensemble un fer à cheval.
Sa taille importante, sa forme semi-cylindrique, sa flore bactérienne principalement anaérobie
Gram positive en font une vaste cuve à fermentation. Malgré sa paroi fine, les vitamines
synthétisées par sa flore ne sont pas assimilées. La coprophagie est donc nécessaire.

 Côlon
Il mesure environ soixante-dix centimètres de long. A l’endroit où les bandes charnues
aboutissent sur la tête du caecum, débute le côlon ascendant qui présente, à son origine, un
petit cul de sac à peu près gros comme un pois. Il longe ensuite le caecum et forme une anse
colique en U comportant une branche interne, primaire, et une branche externe secondaire.
Cette anse est logée ventralement et latéralement, dans la partie crâniale droite de la cavité
abdominale. Elle est suivie immédiatement du côlon transverse qui croise crânialement

114
l’artère mésentérique crâniale pour se porter du côté droit au côté gauche du corps. Là, il se
continue par le colon descendant. Celui-ci forme quelques circonvolutions à l’extrémité d’un
petit mésentère relativement long, en région dorsale gauche de la partie moyenne de la cavité
abdominale. Puis il s’infléchit caudalement pour se continuer par le rectum.
Le côlon représente 40 % de la longueur des intestins. Sa muqueuse est semblable à celle du
caecum. Rempli de particules alimentaires et de bactéries, il permet grâce aux péristaltismes
du côlon et du caecum la formation de fèces molles, riches en protéines, qui sont ingérées et
de fèces dures, pauvres en protéines, qui sont évacuées dans la litière.
Toutefois la cæcotrophie permet un recyclage des vitamines B et K, des minéraux comme le
fer et le calcium, et permet l’équilibre de la flore intestinale. Elle permet aussi de compléter la
digestion de la cellulose.
Le transit alimentaire est très lent : l’élimination des premiers éléments a lieu quatre à six
heures après le début du repas pour se terminer sept à dix jours plus tard.

F.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif

F.3.3.2.1. Glandes salivaires

Le cobaye possède quatre paires de glandes salivaires majeures : parotides, mandibulaires,


sublinguales et zygomatiques (ou molaires) et une paire de glandes salivaires sublinguales
mineures. Leurs canaux s’abouchent au niveau des molaires.

F.3.3.2.2. Foie et voies biliaires

Organe post-diaphragmatique le plus crânial, le foie occupe la plus grande partie de la région
sous-costale droite. Les lobes gauches qui sont hypertrophiés le rendent asymétrique.
Volumineux et aplati crânio-caudalement, il présente d’importantes variations individuelles.
On distingue sept lobes, marqués par des divisions profondes :
- le lobe latéral gauche : le plus gros. Il porte sur sa face caudale une incisure profonde
et plusieurs autres superficielles, en relation avec sa forte concavité ;
- le lobe intermédiaire gauche (ou médial gauche) n’atteint pas la moitié du lobe
précédent. Lorsqu’on examine le foie par sa face caudale, seule son extrémité ventrale
apparaît libre ; il est en forme de demi-lune et sa partie convexe, dirigée latéralement,
est profondément échancrée en son milieu ; sa face caudale porte des sillons peu
profonds ;
- le lobe carré qui fait saillie ventralement ;
- le lobe intermédiaire droit (ou médial droit) est en forme de palette. Il descend très
bas et il enveloppe le côté droit et l’extrémité ventrale de la vésicule biliaire ;
- le lobe latéral droit est l’image symétrique du lobe intermédiaire gauche. Une partie
de son bord dorsal participe à la formation de la logette pour le pôle crânial du rein
droit ;
- Le lobe caudé dont le processus caudé est rattaché à la face caudale du lobe latéral,
est reconnaissable en particulier par sa profonde fossette rénale. Le reste du lobe
caudé est représenté par un processus papillaire de forme irrégulière, surtout dirigé
caudalement.
La limite entre la face crâniale et la face caudale du foie est représentée par un bord
tranchant finement festonné par des incisures.
La lobulation du parenchyme est visible.

115
Par sa face crâniale, convexe, le foie répond au diaphragme. Les lobes latéraux du foie
portent, sur leur face latérale, des impressions costales plus ou moins nettes. En arrière du
lobe latéral gauche se trouve la région cardiaque de l’estomac, tandis que les anses coliques
touchent le lobe latéral droit. Le pôle crânial du rein droit est enveloppé par le processus
caudé.
Les moyens de fixité du foie sont :
- le ligament hépato-gastrique ;
- le ligament falciforme ;
- Le ligament triangulaire gauche qui va du lobe latéral gauche à la partie dorso-latérale
de la paroi thoracique ;
- le ligament triangulaire droit ;
- le ligament coronaire qui embrasse la face ventrale de la veine cave caudale et dont les
deux branches se perdent dans les ligaments triangulaires.
Poids absolu : 16,68-33,32g poids relatif : 3.88-8.67 % du poids du corps.

F.3.3.2.3. Pancréas

Il est de couleur rosée, de forme triangulaire, allongé et rectiligne.


Il est caractérisé par ses moyens de fixité très lâches ; il est au contact du duodénum, de la
rate, de l’estomac, et du foie (la branche gauche est appliquée contre le duodénum, la portion
transversale suit le bord caudal de la petite courbure de l’estomac puis il se dirige
caudalement formant la branche droite).
Selon les auteurs, le conduit pancréatique, unique, s’abouche dans le duodénum ascendant
ou rejoint le conduit cholédoque avant son abouchement dans le duodénum crânial.

F.3.4. Appareil respiratoire [21]

La fréquence respiratoire du cobaye est d’environ 45 à 150 mouvements par minute.

F.3.4.1. Cavités nasales

Les narines écartées forment des fentes presque horizontales. La partie caudale des cavités
nasales est recouverte d’un épithélium de cellules sensorielles olfactives, ce qui confère au
cobaye un bon odorat.

F.3.4.2. Pharynx

Le nasopharynx et l’oropharynx sont séparés par le palais mou qui communique avec la
cavité buccale par l’ostium palatin (figure 19). Les cobayes n’ont pas de tonsille (amygdale)
mais ils possèdent des nodules lymphoïdes dans la paroi du pharynx.

F.3.4.3. Larynx

Le larynx est typique des mammifères et possède cinq cartilages. Cependant il n’y a pas de
ventricule laryngé.
Bien que les cobayes puissent émettre une grande variété de sons, ils possèdent des cordes
vocales peu développées.

116
La partie caudale de la langue est en continuité avec le palais mou excepté au niveau de
l’ostium palatin, anciennement appelé ostium inter-pharyngé. Cette ouverture forme la seule
connexion entre l’oropharynx et le pharynx. Les tissus du palais mous entourant cette
structure sont appelés les récessus vélopharyngés.
Une application directe de l’existence de l’ostium palatin est la difficulté d’intubation du
cochon d’inde, en effet il est alors difficile d’aligner l’ostium palatin et l’entrée de la trachée.
En cas d’urgence, si l’intubation n’est pas réalisable, il pourra être envisagé de réaliser une
trachéotomie.

Figure 19 : vue intra-buccale : mise ne évidence de l’ostium palatin [22]


Upper lip : lèvre supérieure ; Cut wall of cheek : coupe des joues ; Cheek fold : attache des
joues ; Masseter muscle : muscle masseter ; Torus (root of tongue) : torus lingual ; Apex of
tongue : apex de la langue ; Lower lip : lèvre inférieure ; Molar teeth : dents molaires ; Palatal
ostium : ostium palatin ; Soft palate : palais mou ; Hard palate : palais dur ; Upper Incisor :
incisives supérieures ; Labionasal sulcus : sulcus nasolabial.

117
F.3.4.4. Trachée

La trachée, de section presque circulaire, comprend 45 à 50 anneaux dont les extrémités se


chevauchent légèrement. Le muscle trachéal est attaché à leur face interne.

F.3.4.5. Poumons et bronches

Les poumons enveloppent le cœur de sorte que seule une partie de celui-ci reste libre, du côté
gauche ; ils sont remarquables par les scissures très profondes qui délimitent les lobes.
Sur le poumon droit isolé, on reconnaît les parties suivantes :
- à droite en avant, un lobe apical ou crânial, qui n’est réuni que par un mince pont de
parenchyme au lobe suivant ;
- le lobe cardiaque ou moyen, de forme pyramidale ; il touche le cœur par sa face
interne ;
- le lobe diaphragmatique droit ou caudal, à peu près aussi volumineux que les deux
précédents réunis et complètement libre ; les scissures qui le délimitent vont jusqu’aux
bronches ;
- le lobe azygos ou accessoire, de forme irrégulière, dirigé vers le bas.
Le poumon gauche est composé de trois lobes, qui sont plus petits :
- le lobe crânial ;
- le lobe moyen ;
- le lobe caudal.
Il n’y a pas de lobulation visible à l’œil nu.

Poids relatif : 0,74-1,4 % du poids du corps total, poids absolu : 3,18-5,0 g.

F.3.5. Appareil cardio-vasculaire [16]

Chez le cobaye, la fréquence cardiaque varie de 150 à 380 battements par minute.

F.3.5.1. Cœur

Le cœur est logé en grande partie à gauche du plan médian du corps, sa pointe est dirigée
caudo-ventralement ;, il occupe un espace relativement important dans la cavité thoracique,
entre le 2ème et le 4ème espace intercostal. Son péricarde transparent le rattache aux gros troncs
vasculaires et à la racine du poumon ainsi qu’au sternum, par le ligament sterno-
péricardique. Le péricarde est composé de deux enveloppes, la plus externe est fibreuse, la
plus interne est séreuse. Les poumons enveloppent le cœur de telle sorte que seuls les deux
auricules, l’atrium et le ventricule gauche sont libres. Sa forme rappelle celle d’un tronc de
cône aplati latéralement. Les atriums avec leurs volumineux auricules, sont nettement séparés
des ventricules par un profond sillon atrio-ventriculaire.
Poids relatif : 0,25-0,58 % du poids du corps total, poids absolu : 1,33-2,0 g.

118
F.3.5.2. Vaisseaux

Il existe des différences notables par rapport au système vasculaire du lapin dans le mode de
distribution de l’artère aorte. Chez le cobaye, le tronc cœliaque et l’artère mésentérique ne
naissent pas isolément, comme chez le lapin, mais en un tronc commun : le tronc cœliaco-
mésentérique. Celui-ci donne ensuite un tronc commun pour l’artère gastrique gauche et
l’artère splénique, puis il fournit l’artère hépatique et devient enfin l’artère mésentérique.
Les artères jéjunales ne constituent pas un tronc jéjunal ; elles se portent jusqu’à l’insertion
du mésentère sur l’intestin grêle et se divisent chacune en deux branches. Chaque branche
forme un arc anastomotique avec sa voisine issue de l’artère suivante. De ces arcs partent les
rameaux destinés à l’intestin.
Contrairement au lapin, il y a de chaque côté deux artères rénales, courtes et volumineuses,
une crâniale et une caudale. L’artère rénale crâniale se divise à proximité du hile en plusieurs
branches dont une partie se porte à la face ventrale du rein. La branche principale se place à
côté de l’uretère et pénètre dans le hile avec l’artère rénale caudale. De l’artère rénale crâniale
se détache encore la douzième artère intercostale qui fournit l’artère abdominale externe,
l’artère surrénalienne et quelquefois l’artère phrénique caudale.
Les artères spermatiques internes se détachent de la paroi ventrale de l’aorte descendante
tout près de l’artère rénale caudale, de temps en temps, elles peuvent même provenir de cette
dernière.
Le tronc iliaque ne donne aucune branche avant de se diviser en artères iliaques externe et
interne.
Le système veineux du cobaye ne présente pas de différence notable par rapport à celui du
lapin.

Le volume sanguin du cobaye est d’environ 70 à 75 mL/kg de poids vif. Les prélèvements
peuvent être réalisés au niveau des veines céphaliques, des veines saphènes externes, des
veines jugulaires, mais pour une plus grande quantité de sang, il est plus couramment prélevé
au niveau de l’une des veines caves crâniales sous anesthésie gazeuse comme chez le furet ;
cependant le thorax du cobaye étant plus court, il faudra faire attention à ne pas enfoncer trop
l’aiguille au risque de faire une ponction cardiaque.

F.3.6. Le système lymphatique [16], [21]

F.3.6.1. Les nœuds lymphatiques

Les nœuds lymphatiques suivants ont été décrits :


- les nœuds lymphatiques mandibulaires : placés juste en avant de la glande sous-
maxillaire ;
- les nœuds lymphatiques cervicaux crâniaux : placés à côté ou en arrière de la
thyroïde, quelquefois au contact direct de la trachée ; ils sont en partie recouverts par
la glande parotide ;
- les nœuds lymphatiques cervicaux caudaux : ils se trouvent à l’entrée de la poitrine
ou juste en arrière ;
- les nœuds lymphatiques cervicaux superficiels ou pré-scapulaires : ils sont logés
dans un amas adipeux en avant du muscle supra-épineux, partiellement recouverts par
le muscle sterno-cléido-mastoïdien ;

119
- les nœuds lymphatiques axillaires : noyés dans la graisse entre le muscle anconé et
le muscle grand dorsal ;
- les nœuds lymphatiques précruraux ou inguinaux : noyés dans un tissu adipeux
dense, au-dessus de l’articulation fémoro-tibio-patellaire, dans le pli du grasset ;
- les nœuds lymphatiques poplités : placés entre le muscle semi-tendineux et le vaste
latéral, au voisinage immédiat de l’origine des muscles gastrocnémiens.

Lors de l’examen clinique, de la même façon que chez les carnivores domestiques, les nœuds
lymphatiques accessibles à l’examen clinique sont les mandibulaires, les axillaires, les
inguinaux et les poplités.

En mangeant des aliments très abrasifs, il peut y avoir une irritation de la muqueuse buccale
permettant à Streptococcus zooepidemicus, un germe opportuniste normalement présent dans
la flore buccale du cobaye, d’accéder aux nœuds lymphatiques cervicaux et ainsi entraîner la
formation d’un abcès.

F.3.6.2. Les organes lymphoïdes [21]

F.3.6.2.1. Le thymus

Le thymus étant facilement accessible, le cobaye a été utilisé de façon intensive pour des
recherches immunologiques. Chez le cobaye immature, il est placé dans le médiastin crânial
et en région sous-cutanée au niveau du cou où il entoure la trachée ventralement et
latéralement. Il est composé de deux lobes s’étendant depuis l’angle de la mandibule jusqu’à
la partie crâniale du thorax. Il persiste chez l’adulte mais est remplacé majoritairement par du
tissu adipeux.

F.3.6.2.2. La rate [16]

La rate est relativement large chez le cobaye comparée à la plupart des rongeurs. Elle est en
forme de languette et se trouve sur le côté latéral de l’estomac donc contre la paroi
abdominale gauche, suivant à peu près la direction de la grande courbure. Son grand axe est
incliné caudo-ventralement et comme elle épouse les contours de l’estomac, légèrement
incurvé. Sa face crâniale peut être divisée en une partie gastrique et une partie rénale
séparées l’une de l’autre par le hile ; celui-ci est légèrement en relief de sorte que la section de
la rate apparaît triangulaire.

F.3.6.2.3. Les tonsilles palatines

Le cobaye ne possède pas d’amygdales, elles sont remplacées par des nodules lymphatiques
présents sur la paroi du pharynx.

F.3.7. Appareil urinaire [16], [21]

F.3.7.1. Reins

Les reins sont placés près du plan médian du corps et fixés au plafond de la cavité abdominale
en position rétropéritonéale ; Le rein droit est en grande partie sous l’hypochondre, seul son

120
pôle caudal dépasse. Il est nettement en forme de haricot arrondi alors que le rein gauche au
contraire est plutôt en forme de pyramide à bords arrondis. Les deux reins présentent une
surface lisse. Caudalement et médialement, ils sont enveloppés dans de la graisse ; leur face
ventrale est tapissée par le péritoine, assurant ainsi la fixité des reins.
A l’extrémité crânio-médiale des reins, se trouvent les surrénales.
Le hile est situé médialement, sous la forme d’une dépression ovoïde, arrondie.

F.3.7.2. Uretères

L’uretère part du hile, décrit une anse horizontale, ouverte caudalement et se porte vers le
plan médian où il se place juste à côté de l’aorte, dans la dépression formée par les muscles
psoas fortement saillants. Les uretères, étroitement accolés, se dirigent ainsi vers le bassin et,
à la hauteur de la bifurcation de l’aorte, ils se séparent. Ils traversent le méso uro-génital et
s’ouvrent dans la vessie par une voie d’abord dorsale.

F.3.7.3. Vessie

A l’état de vacuité, la vessie a le volume d’un petit pois et elle est arrondie. Pleine ou vide, la
vessie est toujours située en avant du pubis. Elle est rattachée par un court ligament
vésicopubien à la paroi abdominale ventrale. Latéralement elle est fixée par des ligaments
latéraux et, en région dorsale, elle est réunie à la face ventrale du vagin par du tissu
conjonctif.
La paroi de la vessie est très fine, il faut y faire très attention en cas de laparotomie.
L’urine est alcaline, épaisse et d’une couleur blanche trouble ; elle contient des cristaux de
calcium, de carbonate et de phosphate d’ammonium.

F.3.7.4. Urètre

Chez la femelle, l’abouchement de l’urètre est séparé du vagin.

121
F.3.8. Appareil reproducteur [1], [16], [21]

F.3.8.1. Mâle (figure 20)

Figure 20: Appareil génital mâle de cobaye isolé [22]

Le cobaye est lui aussi alternativement exorchide et énorchide, le canal inguinal étant en
permanence ouvert. La descente des testicules est temporaire, lesquels peuvent facilement
réintégrer la cavité abdominale. La position des testicules est donc variable : scrotale,
abdominale ou inguinale.

F.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes

Les testicules sont ovoïdes ou cylindriques. Au moment de l’accouplement, ils sont


relativement volumineux et ils soulèvent fortement le scrotum.

F.3.8.1.2. Voies génitales

L’épididyme est bien développé, il est appliqué étroitement contre la gonade dont il coiffe en
partie les extrémités par sa tête et sa queue. La tête et la queue de l’épididyme sont associées à
de larges tissus graisseux.
L’urètre des mâles véhiculant des fluides séminaux en quantité importante et de l’urine, les
cobayes mâles âgés peuvent développer des cystites voire même des obstructions ayant pour
origine l’occlusion de l’urètre avec des sécrétions séminales coagulées ou des calculs.

122
F.3.8.1.3. Glandes annexes

Comme chez tous les rongeurs, les glandes annexes de l’appareil génital sont fortement
développées. On trouve : la prostate, les vésicules séminales, la glande coagulatrice ou
glande de Cowper, les glandes bulbo-urétrales.

Les vésicules séminales peuvent parfois remplir toute la partie caudo-ventrale de la région
abdomino-pelvienne. Elles s’étendent jusqu’à dix centimètres crânialement dans l’abdomen,
dorsalement à la vessie. Elles sont très développées, formant des sacs vermiformes jaune-
blanc. Lorsqu’elles sont remplies des sécrétions séminales semi-solides, elles peuvent être
confondues avec des cornes utérines.

La glande coagulatrice et la prostate sont trouvent à la base des vésicules séminales.


La prostate est en deux parties chez le cobaye, une partie ventrale et une partie dorsale
chacune bilobée.
Les glandes bulbo-urétrales sont paires, de forme ovale et se trouvent près de l’urètre dans
l’arcade ischiatique.

F.3.8.1.4. Le pénis

Il se trouve caudalement à l’arc ischiatique.


La partie distale du pénis contient un os pénien qui possède des dents cornues de même
longueur logées dans une poche caudo-ventralement à l’orifice urétral. Lors de l’érection,
cette poche est éversée projetant ainsi ces deux dents.

123
F.3.8.2. Femelle (figure 21)

Figure 21 : Appareil génital femelle de cobaye isolé [22]

L’appareil génital est appendu au méso uro-génital (mesovarium, mesosalpinx,


mesometrium) qui peut-être fortement infiltré de graisse (un ligament rond est présent),
rendant ainsi l’identification des pédicules ovariens difficile durant l’ovariohystérectomie.
Comme chez la majorité des mammifères, une anastomose entre l’artère ovarienne (une
branche de l’aorte) et l’artère utérine (une branche de l’artère iliaque interne) a lieu dans le
mésentère utérin. De l’artère utérine provient la majorité du sang irriguant les ovaires.
Une caractéristique des caviomorphes est la présence d’une membrane vaginale qui bouche
l’orifice vaginal excepté durant la copulation et la mise-bas. L’orifice vaginal est rapidement
fermé après l’œstrus ou s’il y a eu copulation ; il s’obture après l’expulsion du bouchon
vaginal.
Le placenta est de type hémochorial.

F.3.8.2.1. Ovaires

Chaque trompe dessine des replis en guirlande autour d’un ovaire ovoïde, trapu, sur lequel on
peut apercevoir nettement des follicules, même à l’œil nu.
Les ovaires sont caudo-latéraux aux reins et sont suspendus par un court mésovarium.

La présence d’ovaires kystiques est fréquente et a été mise en évidence de façon post-mortem
chez 76% des cobayes femelles de 2 à 5 ans. Ces kystes sont développés de façon spontanée
et peuvent mesurer entre 5 et 7 mm. Généralement les deux ovaires sont atteints et peuvent
être simples ou multilobulés, ils sont remplis avec des fluides clairs. Le traitement le plus
efficace est l’ovariohystérectomie, précédée si nécessaire d’un drainage percutané des kystes.

124
F.3.8.2.2. Utérus

Le vagin s’abouche sur un col simple, mesurant environ 45 mm de long, s’ouvrant lui-même
sur un court corps de l’utérus dont la longueur est à peu près la moitié de celle du vagin
(environ 12 mm de long sur 10 mm de diamètre). L’utérus se divise ensuite en deux cornes
utérines. Celles-ci se dirigent en avant, sans former de circonvolutions et se terminent par des
oviductes, en regard de la région postéro-externe des reins. Les cornes utérines sont
suspendues par les ligaments utérins à la paroi dorso-latérale de l’abdomen.

F.3.8.2.3. Vagin

La vulve est courte tandis que le vagin qui le précède s’étend très en avant, au point que le col
utérin se situe crânialement à la crête pubienne.
Le clitoris est localisé à l’intérieur d’une fosse peu profonde située sur le plancher de la
portion caudale du vagin. L’orifice urétral est observable sur la surface caudale de la fosse
clitoridienne et est distinct de l’orifice vaginal.

F.3.8.2.4. Mamelles

Le mâle et la femelle possèdent une seule paire de mamelles inguinales composées chacune
d’un mamelon entouré d’une zone sans poil. Cependant les glandes mammaires sont très peu
développées chez le mâle. Chez la femelle, elles sont chacune divisées en deux fin lobules
s’ouvrant par l’intermédiaire de plusieurs petits conduits s’abouchant dans un large conduit
s’ouvrant sur l’extérieur.
Les deux glandes mammaires ne possèdent pas une vascularisation commune facilitant ainsi
la réalisation de mammectomie.

F.3.9. Les glandes de marquages [21]

Elles sont nombreuses le long de la ligne dorsale et autour de l’anus.


On retrouve les glandes périnéales évoquées plus haut servant au marquage et contenant
beaucoup de matériel sébacé.
Il n’y a pas de glande anale.
Le mâle possède une glande sébacée caudale située sur le coccyx, un centimètre dorsalement
à l’anus. Elle se trouve dans une région ovale qui sécrète des phéromones, elle est visible car
la région est alors mate, avec des poils collés entre eux.

F.3.10. Système endocrine [16]

F.3.10.1. Thyroïde et Glandes parathyroïdes

La thyroïde du cobaye ne présente pas de différences essentielles par rapport à celle du chien.
L’hyperthyroïdie est une pathologie assez commune et à laquelle il faut penser chez le
cobaye présentant un amaigrissement marqué avec un appétit conservé.
Le diagnostic peut être réalisé par la palpation d’un goitre, un dosage des hormones
thyroïdiennes ou par la réalisation d’une scintigraphie comme chez le chat.

125
F.3.10.2. Glandes surrénales

Les glandes surrénales se trouvent placées près de l’extrémité crânio-médiale des reins. Elles
sont en partie séparées de ceux-ci par un petit amas adipeux. Leur cortex est de couleur jaune
ocre-brun argileux ; leur médullaire, très développée est de coloration brun foncé. Elles
ressemblent à des petites fèves globuleuses mais leur extrémité crâniale est généralement un
peu effilée.

F.3.11. Système nerveux

Le système nerveux du cobaye ressemble à celui du lapin, seules les particularités chez le
cobaye seront indiquées ici.

F.3.11.1. Système nerveux central

Le poids de l’encéphale est en moyenne de 4,4 g. Les tubercules quadrijumeaux sont


fortement développés, le floculus fait encore plus saillie en dehors que chez le lapin. Les
hémisphères s’écartent l’un de l’autre en arrière et ainsi laissent voir les pédoncules
cérébraux, qui sont très volumineux.

F.3.11.2. Organes des sens [21], [34]

F.3.11.2.1. Ouïe

Les oreilles sont assez courtes, larges, fines, presque translucides chez les animaux clairs,
couvertes d'un poil très court et rare. Elles sont situées vers l'arrière de la tête, de forme
ondulante, « en feuille de choux » et parfois repliées vers l'avant avec une zone d’alopécie
derrière chaque oreille.
Le canal cartilagineux de l’oreille est long et tortueux entrainant une visualisation difficile
de la membrane tympanique. La bulle tympanique est large et contient l’oreille interne et
l’oreille moyenne, ce qui donne au cochon d’inde une excellente ouïe.

F.3.11.2.2. Vision

Les yeux, situés latéralement, couvrent un champ de 340° afin de pouvoir voir arriver les
prédateurs. Ils sont enfoncés dans un tissu adipeux et glandulaire. Ils peuvent être très ronds
ou en amandes, légèrement saillants, noirs si le sujet n'est pas albinos et sans paupières
visibles. Cependant le cobaye possède bien une paupière inférieure et une paupière supérieure
assurant un rôle de protection de l’œil et clignant seulement de façon occasionnelle.
Contrairement au lapin, le cobaye possède deux conduits lacrymaux s’abouchant au niveau
des paupières supérieures et inférieures. La troisième paupière ou membrane nictitante est
rudimentaire.
L’acuité visuelle est assez mauvaise. Leur vision scotopique n'est qu'en noir et blanc et
permet principalement de distinguer les variations de luminosité.
L’œil ne remplit que la moitié de l’orbite, le reste étant occupé par les muscles extra-
oculaires, les glandes lacrymales, les glandes salivaires zygomatiques, les vaisseaux
sanguins et les nerfs. La glande lacrymale se trouve dans la partie caudo-ventrale de

126
l’orbite. Elle draine via deux canaux jusqu’au sac lacrymal situé au niveau de la marge
rostrale de l’orbite.
Le conduit nasolacrymal est assez long mais étroit près du vestibule nasal où il se termine.
Un important plexus veineux ophtalmique composé des veines maxillaire et ophtalmique
contourne l’œil.

F.3.11.2.3. Olfaction

L'odorat est le sens le plus développé du cobaye. L'organe de Jacobson (ou organe voméro-
nasal) permet au cochon d'Inde de reconnaître sa nourriture, son territoire et surtout ses
congénères grâce à l'odeur de leur urine et celle des sécrétions corporelles. On peut ainsi
faciliter la cohabitation de deux cochons d'Inde ne se connaissant pas en les plaçant dans une
cage propre après les avoir tous deux bien lavés avec un shampoing identique.
Les cellules olfactives du nez sont connectées au nerf olfactif qui pénètre la plaque criblée de
l’ethmoïde pour arriver dorsalement au lobe olfactif du cerveau.

F.3.11.3. Système nerveux périphérique [16]

Les nerfs crâniens sont assez volumineux et de consistance relativement ferme.

Les nerfs périphériques sont proportionnellement plus développés que chez le lapin.
Dans la constitution du plexus brachial intervient aussi, contrairement à ce qui se passe chez
le lapin, le deuxième nerf thoracique.
La division du nerf radial en un rameau superficiel et un rameau profond ne se produit, chez
le cobaye, que lorsqu’il arrive sur la face latérale de l’avant-bras.
Le nerf sciatique se sépare en nerf tibial et en nerf poplité à mi-hauteur de la cuisse. Le nerf
poplité croise latéralement le muscle jumeau externe pour se porter sur la face crâniale de la
jambe ; il ne traverse pas celle-ci comme chez le lapin.

F.4. Physiologie [21], [26]

F.4.1. Physiologie digestive

Le cobaye, animal crépusculaire, se nourrit donc majoritairement à l’aube et au crépuscule.


Il est strictement herbivore et pratique la caecotrophie. Dans la nature, les besoins en eau
sont couverts par l’eau provenant de l’alimentation, alors qu’en captivité, les animaux doivent
être supplémentés en eau.

Le temps de remplissage gastrique est de 2 heures, et le transit gastro-intestinal total est


réalisé en moyenne en 20 h (entre 8 et 30 heures). Si l’on prend en compte la caecotrophie, le
temps total du transit est de 66 heures. La caecotrophie est pratiquée 150 à 200 fois par jour,
est essentielle pour la digestion des fibres et des protéines.
Les jeunes cobayes ensemencent leurs intestins en mangeant leurs selles. La flore digestive
est principalement composée de bactéries Gram positives, de bactéries anaérobies telles que
les lactobacilles et de quelques coliformes, levures et clostridies en petite quantité.

127
Les cobayes digèrent les fibres plus efficacement que les lapins. Contrairement aux lapins et
aux rats, c’est la distension du tractus gastro-intestinal qui donne la sensation de satiété aux
cobayes, donc leur appétit ne change pas avec l’ajout de cellulose dans leur ration.
Les cobayes ont besoin de 18 à 20 % de protéines dans leur ration pour les stades de
croissance et de lactation et d’un taux minimal de 10 % de fibres.

F.4.2. Métabolisme de la vitamine C

La déficience du cobaye en gluconolactone oxydase, qui intervient pour transformer le


glucose en vitamine C, l’empêche de synthétiser la vitamine C ou acide ascorbique. L’acide
ascorbique est lui-même nécessaire pour la production d’hydroxylysine et d’hydroxyproline,
tous deux essentiels pour la synthèse de collagène. L’apport de vitamine C est donc
essentiel pour cette espèce dès la naissance. Elle aide notamment à la lutte contre le froid. La
vitamine C sera apportée par la mise à disposition de fruits (fruits rouges principalement), de
légumes (le poivron rouge par exemple, très riche en vitamine C), de granulés spécifiquement
conçus pour les cobayes et d’une supplémentation par voie orale. En effet il est possible de
complémenter l’eau, mais la vitamine C se désactive au bout de quelques heures.
Une carence, le scorbut, se manifeste par différents signes cliniques : difficultés locomotrices
dues à des atteintes musculaires et articulaires, apathie, anorexie, amaigrissement, poil piqué
et pododermatite.
Si elle n’est pas comblée, une carence en vitamine C est fatale en 1 mois.
Les besoins du cobaye en vitamine C sont les suivants : 30 mg/kg/jour pour un cobaye adulte
à l’entretien et 130 mg/kg/jour pour un cobaye en croissance, gestation, lactation ou
convalescence.

Le cobaye présente facilement des calcifications au niveau des tissus mous qui peuvent être
corrélées avec un déséquilibre en minéraux et une déshydratation.
Il faut notamment faire attention à ne pas leur donner des compléments multivitaminés pour
humain qui sont très riches en vitamine D et peuvent ainsi favoriser l’apparition de ces
calcifications.

F.4.3. Physiologie de la reproduction

La puberté survient à l’âge de deux mois chez les femelles et de 3 mois chez les mâles alors
que les mâles présentent déjà des changements de comportement à partir de l’âge d’un mois.
Cependant des femelles ont déjà été diagnostiquées comme gestantes à l’âge de 4-5 semaines.
La vie reproductrice des cobayes est d’environ 2,5 ans (1,5 à 2,5 chez la femelle et 2,5 à 3
chez le mâle).

F.4.3.1. L’oestrus

Les cycles des cobayes sont polyoestriens s’étalent sur 15 à 17 jours. L’œstrus dure environ 6
à 11 heures durant lesquelles, la femelle se met en position de lordose, élève la croupe et
présente une dilatation de la vulve. La membrane vaginale s’ouvre pendant environ deux jours
à cette période et se referme après l’ovulation. L’écoulement d’un épais mucus peut être
observé.
L’ovulation est spontanée et a lieu en général au bout de dix heures.

128
Un œstrus post-partum peut être observé dans les deux à dix heures après la mise-bas. Le
retrait du mâle dès que la femelle est gestante est conseillé afin d’éviter une nouvelle
fécondation.

F.4.3.2. Le bouchon copulatoire ou « plug »

Il est formé des sécrétions des vésicules séminales du mâle et des cellules mortes de
l’épithélium vaginal. Il diminue les pertes de sperme après l’accouplement et prévient la
fertilisation de la femelle par d’autres mâles. Ce « plug » pourra être retrouvé dans le fond de
la cage quelques heures après l’accouplement sous la forme d’un bouchon cireux.

F.4.3.3. La gestation

La gestation dure 59 à 72 jours et est plus courte chez les primipares et pour les petites
portées. L’implantation dans la muqueuse utérine a lieu le 6ème ou 7ème jour. Le placenta est
hémochorial, comme chez les humains, les lagomorphes et les myomorphes.
Le placenta sécrète de la progestérone vers le jour 15 et l’on peut aussi commencer à palper
les fœtus à cette période.
Les bébés cobayes reçoivent les anticorps maternels pendant la gestation à travers le
placenta et non par le colostrum.
Durant la deuxième moitié de la gestation, les jonctions cartilagineuses de la symphyse
pubienne commencent à se relâcher sous l’effet de la relaxine. Deux jours avant la mise-bas,
les jonctions sont élargies d’environ 15 mm. Au moment de la mise-bas, le cartilage a disparu
et le pubis s’est élargi d’environ 25 mm.

Comme il a été évoqué dans la partie ostéologie, si la femelle n’a jamais eu de portée avant
l’âge de 6 mois, les jonctions cartilagineuses du pubis sont soudées ce qui est à l’origine de
dystocies par défaut d’ouverture du pubis.

F.4.3.4. La mise-bas et la lactation

A la naissance les petits pèsent entre 45 et 115 g, sont nidifuges et recouverts de poils. Les
placentas sont mangés par les adultes. Les petits sont sevrés à l’âge de 21 jours ou au poids de
180 g.
La production de lait est maximale entre 5 et 8 jours post-partum et cesse au bout de 18 à 23
jours.
Le lait de cobaye contient environ 4 % de lipides, 8 % de protéines, 3 % de lactose.

129
F.5. Voies d’abord et application chirurgicales

F.5.1. Appareil digestif [26]

F.5.1.1. Cavité buccale

Les affections dentaires constituent un motif de consultation majeur des lagomorphes mais
aussi des caviomorphes dont toutes les dents sont à croissance continue comme chez les
lagomorphes. On distingue la malocclusion des incisives, la malocclusion des molaires et
les abcès dentaires comme chez le lapin. Les traitements sont identiques mais les parages
dentaires par la bouche seront plus difficiles que chez le lapin étant donné la faible ouverture
buccale.
L’anorexie chez les Caviomorphes constitue aussi une urgence, les enjeux sont les mêmes que
pour le lapin.
Les traitements de l’abcès buccal et des malocclusions dentaires sont les mêmes que chez le
lapin.

F.5.1.2. Estomac

Une intervention fréquente chez le lapin et les caviomorphes est le retrait de trichobézoards
ou de phytobézoards. Leur formation est favorisée par une alimentation inadaptée, où le foin
n’est pas à volonté, ou un toilettage excessif surtout aux périodes de mue.
Les différents temps de l’intervention sont les suivants :
- préparation chirurgicale de la zone d’intervention ;
- incision cutanée 2 cm en avant de l’ombilic sur quelques cm et dissection du tissu
mou afin de visualiser la ligne blanche ;
- dissection mousse du tissu sous-cutané et graisseux ;
- ponction de la ligne blanche à la lame de bistouri n°15 et incision de la ligne blanche
après introduction de la sonde cannelée ;
- extériorisation de l’estomac et mise en place de compresses à laparotomie imbibées de
sérum physiologique tiédi afin d’isoler l’estomac ;
- mise en place de deux points d’appui au Byosin 4-0 sur la grande courbure de
l’estomac et incision de la paroi gastrique entre ces deux points ;
- extraction du contenu gastrique fortement impacté à base de nourriture et de poils ;
- rinçage de l’estomac (paroi gastrique peu lésée) ;
- fermeture de la paroi gastrique par deux surjets enfouissants au Byosin 4-0 avec
changement du matériel et des gants et réalisation de nouveaux rinçages entre les deux
sutures puis vérification de l’étanchéité ;
- rinçages abondants de la cavité abdominale ;
- suture la paroi abdominale ;
- suture du tissu sous-cutané ;
- fermeture du plan cutané : points simples.

On ne pose pas de pansement comme chez le lapin.

130
F.5.1.3. Intestin grêle

Des entérectomies ou entérotomies peuvent être réalisées chez les caviomorphes selon la
même technique chirurgicale que pour le lapin.

F.5.2. Appareil reproducteur [12], [21], [26]

F.5.2.1. Mâle

La castration préconisée chez les caviomorphes est la castration par voie scrotale. Les
différentes étapes chirurgicales sont les mêmes que chez le lapin.

F.5.2.2. Femelle

F.5.2.2.1. Ovaires

Pour stériliser les femelles caviomorphes, on réalise une ovariohystérectomie selon les mêmes
étapes chirurgicales que chez le lapin.

F.5.2.2.2. L’utérus

Lors d’adénocarcinome ou de pyométre on réalise une ovario-hystérectomie (technique


décrite ci-dessus pour la stérilisation de la lapine).
En cas d’adénocarcinome, il est recommandé de réaliser un bilan radiographique d’extension
avant d’envisager toute chirurgie, même si généralement, ce type de tumeur met un à deux
ans à métastaser.

En cas de dystocie, si les examens complémentaires le justifient, une césarienne peut être
réalisée. Les étapes chirurgicales sont les mêmes que chez les carnivores domestiques.

F.5.3. L’appareil urinaire

F.5.3.1. La vessie

Les calculs urinaires sont fréquents chez les cobayes et font partie des principales hypothèses
lors d’hématurie. Cependant il est conseillé de n’envisager la chirurgie qu’en cas
d’obstruction ou d’anémie engendrée par l’hématurie chronique.
Le traitement se fait chirurgicalement par cystotomie. Les étapes chirurgicales sont les mêmes
que chez les carnivores domestiques.

F.5.4. La tête

Lorsque l’oeil de l’animal n’est plus fonctionnel, on peut avoir recourt à l’énuclation comme
chez le lapin. Les étapes chirurgicales sont les mêmes. Cette chirurgie demeure délicate car il
faut faire attention au sinus veineux que possèdent les caviomorphes dans la région oculaire.

131
F.5.5. Les membres

Lors de fracture le même traitement que chez le lapin peut être envisagé avec la mise en place
d’un tie-in, fixé à l’aide d’une pâte, ce qui revient à la réalisation d’un fixateur externe mais
dont le poids est adapté à la taille de ces espèces.
En cas d’impossibilité de traitement de la fracture, une amputation pourra être envisagée,
selon le même protocole que chez les carnivores domestiques.

F.5.6. Les gestes basiques

Pose d’un cathéter sur la veine céphalique :

La pose d’un cathéter sera utile pour réaliser une réhydratation. Le besoin d’entretien chez les
caviomorphes et les myomorphes étant de 100 mL/kg/j.
Elle se réalise de la même façon que chez le lapin, cependant la réalisation d’une scarification
au niveau de la veine à cathétériser est conseillée afin de bien visualiser cette dernière.
On réalise le même type d’opération lors de la pose de cathéter sur la veine saphène externe.
Sur un animal très déshydraté on pourra envisager la pose d’un cathéter intraosseux, le
placement idéal étant le fémur via la fosse trochantérienne. On peut soit utiliser un cathéter
pour ponction rachidienne ou à défaut une aiguille de 20 G.
Un contrôle radiographique est conseillé afin de vérifier que le cathéter est bien dans le fût
osseux.
La préparation aseptique doit être réalisée de façon scrupuleuse, le risque d’infection étant
non négligeable et pouvant entrainer des ostéomyélites secondaires.

Une réhydratation intrapéritonéale pourra aussi être envisagée en plaçant une aiguille de 25
G au centre du quadrant caudal droit de l’abdomen afin d’éviter le caecum. On pourra alors y
injecter jusqu’à une dose de 15 mL tiédi. Le fluide y est alors rapidement absorbé.
Enfin, la voie la plus fréquemment utilisée pour une réhydratation est la voie sous-cutanée.
Le volume injecté sera le même qu’en intrapéritonéal mais le délai d’absorption sera alors de
quelques heures. On pourra utiliser soit une aiguille de 25G soit un microperfuseur épicrânien
de 25G ou même un cathéter.

132
G. LE CHINCHILLA

G.1. Classification et histoire du chinchilla [20], [21], [26], [35]

G.1.1.Classification

Le chinchilla (chinchilla laniger ou chinchilla brevicauda) appartient à la classe des


mammifères, à l’ordre des rongeurs, au sous-ordre des caviomorphes comme le cochon
d’Inde et à la famille des chinchillidés.
Nous rappelons la formule dentaire commune à tous les caviomorphes : tableau 8

Tableau 8 : Formule dentaire du chinchilla

Incisives Canines Prémolaires Molaires


Mâchoire 1 0 1 3
supérieure
Mâchoire 1 0 1 3
inférieure

Un chinchilla domestique au régime alimentaire strict et adapté peut vivre dix-huit années,
l’âge moyen étant huit à douze ans, contre 6 années d'espérance de vie environ pour les
chinchillas sauvages.
Le poids moyen est de 400 à 600 g, les femelles étant plus grosses que les mâles.
Le chinchilla est un herbivore monogastrique à fermentation caecale. Il pratique la
caecotrophie comme le cobaye avec lequel il partage beaucoup de similitudes au niveau
anatomique.
Dans le milieu naturel, les chinchillas ont une alimentation sèche et très ligneuse; leur
alimentation en captivité doit être très riche en fibres.
En liberté, les chinchillas vivent en groupes sociaux hiérarchisés. Il supporte donc mal d’être
isolé en captivité. Cependant la compagnie d’autres espèces de rongeurs est fortement
déconseillée.
Les chinchillas sont très vulnérables aux changements brutaux de température ou
d’hygrométrie, qui peuvent déclencher des infections respiratoires. La température idéale pour
leur environnement est de 15 à 22°C ; ils peuvent occasionnellement supporter des
températures basses mais ils risquent des coups de chaleur mortels au-delà de 28°C.

G.1.2.Histoire du Chinchilla

Le mot chinchilla vient soit d’une tribu indienne des Andes, les indiens Chinchas qui vivaient
dans la région côtière autour de l'actuelle ville de Lima, avant les Incas, Chinchilla voulant
dire littéralement « petit chincha »; soit de chinche « animal puant » en espagnol, sans doute
en référence à la forte odeur qu'il dégage lorsqu'il est effrayé.
Chinchilla pourrait aussi venir de l'indien quechua : « chin » qui signifie silencieux et
« sinchi » qui veut dire fort et courageux], auxquels on ajoute le diminutif quechua « lla ». Ce
qui assemblé signifie « fort et silencieux petit ».

133
Ils sont originaires de la cordillère des Andes en Amérique du Sud. Figure 22 : Représentation des
Des restes fossilisés en Amérique du Sud indiquent qu’ils ont vécu
deux principales espèces de
dans cette région depuis approximativement 50 000 000 d’années.
Dotés d’une fourrure dense et légère les protégeant efficacement du chinchilla [35]
froid nocturne de ces régions montagneuses, les chinchillas ont été
décimés pour leur peau à l’arrivée des Européens. La majorité des
chinchillas est maintenant représentée par des animaux captifs, issus
de quelques individus qui ont été importés aux Etats-Unis
d’Amérique au début du vingtième siècle, ce qui en fait une
population d’une très faible variabilité génétique.
Le chinchilla d'élevage ou Chinchilla domestique est un hybride,
Chinchilla lanigera (à queue longue) x Chinchilla brevicaudata (à
queue courte) (figure 22), qui résulte d’une hybridation des deux
espèces sauvages au sein d’élevages. Il est toutefois beaucoup plus
proche du Chinchilla lanigera que du très rare Chinchilla
brevicaudata.

G.2. Anatomie externe

Les Chinchillas ont une fourrure particulièrement dense qui limite l’évaporation dans ces
régions où la température varie beaucoup entre le jour et la nuit. Lorsqu’un follicule chez
l’homme porte un poil, un follicule chez le chinchilla en porte plus d'une soixantaine.
C’est la fourrure la plus dense des espèces mammifères terrestres. La réalisation par l’animal
de bains de sable fréquents est nécessaire pour son entretien. Lorsqu’ils sont effrayés, les
chinchillas peuvent perdre des poignées de poils qui mettront environ 6 à 8 semaines pour
repousser et plusieurs mois pour qu’on ne distingue plus les zones initialement déplacées.

G.2.1.La tête

Animaux nocturnes, tous les chinchillas ont de gros yeux noirs, de grandes oreilles avec des
bulles tympaniques au développement important et de longues vibrisses leur permettant de se
repérer dans l’obscurité parmi les rochers.
Figure 23 : Représentation
G.2.2.Le tronc des surfaces plantaire et
palmaire du chinchilla [35]
Le chinchilla a un corps trapu et une longue queue touffue servant de
balancier lors des sauts.

G.2.3.Les membres

- Les membres thoraciques ont cinq doigts dont un doigt atrophié


- Les membres pelviens ont quatre doigts dont un doigt atrophié
(figure 23). Les membres postérieurs sont assez longs ; ils sont
adaptés au saut.

134
La paume des mains et la plante des pieds sont nues, d’où un risque important de
pododermatite en cas de litière inadéquate ou de surpoids.

G.2.4.Organes génitaux externes

Lors du sexage, on peut confondre au premier regard la papille urétrale conique de la femelle,
assez proéminente avec un pénis.
Comme chez le cobaye, une fine membrane obture l’orifice vulvaire en dehors de la période
des chaleurs.
La distance ano-génitale chez le mâle est environ le double de chez la femelle.
Les femelles sont plus grosses que les mâles et dominantes.
Les testicules sont situés dans le canal inguinal ; il n’existe pas de scrotum.
Les mâles sexuellement actifs peuvent parfois présenter des anneaux de poils enserrant le
pénis (conséquence du toilettage ou d’un toilettage masturbatoire du pénis). Il faut donc
conseiller aux propriétaires de contrôler régulièrement cette région pour éviter tout risque de
« garrot » au niveau du pénis.

G.3. Anatomie interne

G.3.1.Appareil squelettique

G.3.1.1. Squelette axial

La formule vertébrale du chinchilla est la suivante :


- 7 vertèbres cervicales ;
- 13 vertèbres thoraciques ;
- 6 ou 7 vertèbres lombaires ;
- 3 vertèbres sacrées ;
- 23 vertèbres caudales chez le chinchilla lanigera et 20 chez le chinchilla
brevicaudata.

Les vertèbres thoraciques sont au nombre de 13, le nombre de côtes sternales et asternales
étant variable.

G.3.1.2. Squelette appendiculaire

G.3.1.2.1. Membre thoracique

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.1.2.2. Membre pelvien

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

135
G.3.2.Muscles

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.3.Appareil digestif et glandes annexes [20], [21], [26], [35]

G.3.3.1. Appareil digestif

Le système digestif du chinchilla est très proche de celui des animaux des zones désertiques
arides. Le tube digestif mesure plus de trois mètres de long, ce qui permet une bonne
digestion des fibres et de la cellulose.

G.3.3.1.1. Cavité buccale

La cavité buccale est petite et profonde.


La formule dentaire du chinchilla est la suivante : 2 (I 1/1, C 0/0, PM 1/1, M 3/3).
Toutes les dents du chinchilla sont à racines ouvertes comme chez le cobaye.
Le chinchilla possède de petites incisives de couleur orange qui poussent d’environ 5 à 7,5 cm
par an.

G.3.3.1.2. Œsophage

L’œsophage est de structure classique.

G.3.3.1.3. Estomac

L’estomac a une faible contenance.

G.3.3.1.4. Intestin grêle

Le duodénum est court, alors que le jéjuno-iléon prend beaucoup de place dans la cavité
abdominale. Chez le chinchilla comme chez la plupart des rongeurs, l’intestin grêle est long
mais il est tout de même moins long que le gros intestin.

G.3.3.1.5. Gros intestin

Le gros intestin est très développé. Le caecum est palpable en région ventrale de l’abdomen.
Le côlon est divisé en côlon proximal et côlon distal par une courbure à 180° qui lui donne
une forme de U. La partie proximale est sacculée au contraire de la partie distale.
L’équilibre de la flore du caecum et du côlon, riche en lactobacilles et Bacteroïdes, est
primordial, le chinchilla étant très sensible à toute modification de sa flore digestive.

Le caecum du chinchilla est moins gros que celui du lapin et du cochon d’Inde, son contenu y
est moins important (23 % contre 57 % chez le lapin et 44 % chez le cobaye).

136
G.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif

G.3.3.2.1. Glandes salivaires

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.3.2.2. Foie et voies biliaires

Les problèmes hépatiques comme la lipidose hépatique sont assez fréquents chez les
chinchillas.

G.3.3.2.3. Pancréas

G.3.4.Appareil respiratoire [21], [26]

G.3.4.1. Cavités nasales

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.4.2. Pharynx

Comme le cobaye, le chinchilla possède un ostium palatin permettant la communication entre


l’oropharynx et le reste du pharynx.

G.3.4.3. Larynx

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.4.4. Trachée

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.4.5. Poumons et bronches

Les poumons du chinchilla ont les mêmes caractéristiques que ceux du lapin.

G.3.5.Appareil cardio-vasculaire [21], [26]

Chez le chinchilla, la fréquence cardiaque varie de 100 à 150 battements par minute.

G.3.5.1. Cœur

Le chinchilla est très sujet aux affections cardiaques. Des études sont en cours afin d’en
déterminer une éventuelle origine congénitale.

137
G.3.5.2. Vaisseaux

Pas de particularité notable chez le chinchilla.


Les sites de ponctions sanguines sont les mêmes que chez le cobaye.

G.3.6.Le système lymphatique

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.7.Appareil urinaire [21], [26]

G.3.7.1. Reins

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.7.2. Uretères

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.7.3. Vessie

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.7.4. Urètre

Les femelles possèdent une large papille urinaire à l’extrémité de laquelle se trouve l’orifice
urétral.

138
G.3.8. Appareil reproducteur [1], [21], [26]

G.3.8.1. Mâle (figure 24)

Figure 24 : Vue ventrale de l'appareil urogénital du chinchilla mâle [1]

G.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes

Les deux testicules ovoïdes mesurent chacun 1,5 à 2,5 centimètres de long sur 0,5 à 1,5
centimètres de large. Au moment de la saillie, ces testicules s’hypertrophieraient et
atteindraient un poids de 2,5 grammes. Ils sont inclinés selon un axe crânio-dorsolatéral à
caudo-ventromédial. Les testicules sont situés dans le canal inguinal qui est ouvert chez le
chinchilla, il n’existe pas de scrotum.
L’artère, la veine testiculaire et les conduits déférents débouchent dans la partie crâniale du
testicule.

G.3.8.1.2. Voies génitales

L’épididyme s’unit au pôle caudal du testicule par le ligament orchi-épididymaire et au sac


post-anal par le ligament épididymaire.
Chaque testicule possède 7 à 10 conduits déférents qui sont regroupés dans une tunique
fibreuse et qui débouche avec l’artère et la veine testiculaire sur la face médiale de la queue de
l’épididyme. Les conduits déférents mesurent 2,5 centimètres et s’abouchent via les conduits
éjaculateurs au niveau du collicule séminal de l’urètre, caudalement aux orifices urétéraux.

G.3.8.1.3. Glandes annexes

L’appareil reproducteur mâle possède trois type de glandes annexes :

139
- les vésicules séminales : paires et symétriques, sont dirigées crânialement dans
l’abdomen. Elles sont formées de deux tubes fins de 3 à 5 centimètres de long bordés
dorsalement de petits sacs aveugles qui sont plus développés vers la base des glandes. Les
vésicules séminales débouchent dorsalement sur le col de la vessie au niveau des ampoules
vésicales qui s’unissent aux conduits éjaculateurs et sécrètent l’essentiel du fluide de
l’éjaculât qui coagule par action des enzymes prostatiques ;
- la prostate est formée de deux lobes prostatiques qui sécrètent des enzymes à
l’origine de la coagulation de l’éjaculât dans les voies génitales femelles. Ces lobes mesurant
1 à 1,5 centimètres sur 0,5 centimètre sont en position dorso-latérale par rapport au col de la
vessie. Les conduits prostatiques débouchent au niveau du collicule séminal. Des cellules
prostatiques disséminées sont également présentes dans la paroi urétrale ;
- les glandes bulbo-urétrales : situées environ à deux centimètres en arrière du
collicule séminal près des muscles ischio-caverneux. Elles sont ovales et mesurent 0,5 à 1
centimètre de diamètre. Leurs sécrétions constituant le lubrifiant de l’éjaculât sont déversées
dans l’urètre.

G.3.8.1.4. Le pénis

Le pénis est apparent chez le chinchilla, crânialement à l’anus dont il est séparé par une large
zone de peau glabre. Le pénis décalotté peut atteindre un à deux centimètres. Il se différencie
en trois parties. La racine du pénis est constituée de deux piliers au niveau de l’arcade
ischiatique qui sont recouverts par les muscles ischio-caverneux et ischio-urétraux. Le corps
pénien est incurvé en S : la première incurvation prend une direction ventro-crâniale au
niveau du muscle ischio-caverneux alors que la seconde est ventro-caudale à proximité de la
jonction corps caverneux-gland. Lors de l’érection, cette courbure s’efface de sorte que le
pénis pointe crânialement. Un os pénien de 1 à 2 centimètres de long est situé dorsalement au
sillon urétral ventral. Cet os est visible à la radiographie abdominale latérale à hauteur de
l’épiphyse proximale du tibia. Le gland est présent en région périnéale, crânialement à l’anus.
La séparation entre le corps et le gland est peu marquée.

140
G.3.8.2. Femelle (figure 25)

Figure 25 : Vue ventrale de l'appareil urogénital du chinchilla femelle [1]

G.3.8.2.1. Ovaires

Les deux ovaires sont symétriques par rapport à l’axe sagittal du corps. Ils sont suspendus
dorsalement à la paroi abdominale, au niveau des reins par le ligament suspenseur de l’ovaire.
Ils ont la taille d’un grain de riz et chacun pèse en moyenne 30 milligrammes chez une
femelle pubère. Leurs poids augmentent avec le statut de la femelle (primipare ou multipare).
Chaque ovaire est recouvert par une fine couche péritonéale de mésosalpinx attachée à
l’oviducte sauf au niveau de sa face ventrale, où le mésosalpinx est inexistant. L’ovaire
communique donc librement avec la cavité abdominale au niveau de sa face ventrale. Le
mésosalpinx ne forme pas une véritable bourse ovarique et des ovules émis lors de l’ovulation
peuvent ne pas pénétrer dans les fimbriae et se retrouver ainsi en position intrapéritonéale.
Chaque ovaire se poursuit caudalement par un oviducte très contourné et difficilement visible
macroscopiquement. Les oviductes se composent de quatre parties : la région de
l’infundibulum, l’ampoule, l’isthme, la jonction utéro-tubaire abouchant l’oviducte à la corne
utérine.

G.3.8.2.2. Utérus

L’utérus est duplex : il possède deux cornes et deux cols utérins. Chaque corne mesure
environ six centimètres de long sur quelques millimètres de largeur et s’ouvre directement sur
un corps individualisé. Les deux cols sont accolés et rigides. Ils mesurent 3 à 4 millimètres et
s’ouvrent sur un vestibule vaginal étroit. Du fait de leur rigidité, ils sont parfois appelés « os
cervical ».

G.3.8.2.3. Vagin

Le vagin est lui aussi étroit et s’étend sur 3 à 5 centimètres jusqu’à l’orifice vaginal externe ou
vulve.

141
Caudalement à la papille urinaire se trouve la pseudo-fente vulvaire transverse par rapport à
l’axe du corps.
L’orifice vaginal est difficile à distinguer ; il s’agit d’une région semi-circulaire légèrement
surélevée.
Lorsque l’orifice vaginal est recouvert de sa membrane, l’orifice urétral peut être confondu
avec l’orifice génital.

La membrane vaginale est ouverte pendant l’accouplement et deux à quatre jours au total
durant l’œstrus.

G.3.8.2.4. Mamelles

Les chinchillas possèdent trois paires de mamelles : une inguinale et deux thoraciques mais
seule la paire la plus crâniale est réellement fonctionnelle.

G.3.9.Les glandes de marquages

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.10.Système endocrine

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.11.Système nerveux

G.3.11.1. Système nerveux central

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

G.3.11.2. Organes des sens

Animaux nocturnes, tous les Chinchillas ont de gros yeux noirs, de grandes oreilles avec des
bulles tympaniques au développement important et de longues vibrisses leur permettant de se
repérer dans l’obscurité.

G.3.11.3. Système nerveux périphérique

Pas de particularité notable chez le chinchilla.

142
G.4. Physiologie [21], [26]

G.4.1.Physiologie digestive

L’alimentation du chinchilla est essentiellement végétarienne. Dans leur habitat naturel les
chinchillas goûtent à tout végétal susceptible d’être comestible (feuilles, écorces et fruits
d'arbrisseaux ou de buissons épineux, herbes sèches, cactées, etc.) mais ils peuvent aussi à
l’occasion consommer des insectes, dans le but de survivre aux périodes de disettes. Ainsi ils
s’adaptent aux saisons et aux périodes de sécheresse.
La majeure partie du régime alimentaire du chinchilla sauvage se compose donc de végétaux
secs et de cactées, qui constituent un apport majeur en fibres et en cellulose, éléments
indispensables également au chinchilla domestique.

Le chinchilla est caecotrophe, il remâche ses pelotes cæcales pour mieux les digérer, mais
c'est aussi un coprophage conditionnel. Ce comportement occasionnel permet de rééquilibrer
la flore intestinale et de réabsorber certains nutriments comme des vitamines B et K ou des
protéines. En cas de souci digestif, le fait de consommer les pelotes cæcales d'un congénère
sain peut même aider le sujet atteint à retrouver un état plus équilibré.
Le transit du chinchilla dure entre 12 et 15 heures comme chez les autres rongeurs. Cependant
chez le chinchilla, le temps de transit n’est pas affecté par une diminution du taux de fibres de
l’alimentation.
Le taux de fibres doit par contre être suffisant, sinon le transit digestif ralentit ce qui cause
une constipation. S’il reste dans une large fourchette acceptable avec entre 14 et 21% environ
de fibres dans la ration quotidienne, le temps de transit intestinal reste stable.
Lors de tout changement alimentaire, d’autant plus si celui-ci est brusque, le chinchilla
passe par une période où il mange moins, quel que soit le taux de fibres des aliments utilisés.
Il convient donc d’être extrêmement prudent pour éviter tout trouble digestif.

L’excrétion fécale est extrêmement fréquente et a lieu majoritairement la nuit. Le jour, une
tonicité accrue du côlon distal et le peu d’activité diminueraient l’excrétion fécale. De plus le
taux d’humidité et le poids des fèces a tendance à augmenter pendant les périodes
d’excrétions nocturnes.

G.4.2.Physiologie de la reproduction

La maturité sexuelle est atteinte à neuf mois chez le mâle et 4 ou 5 mois chez la femelle.

G.4.2.1. l’oestrus

Les cycles des chinchillas sont polyestriens, saisonniers (de novembre à mai), avec un
cycle de 30 à 50 jours. L’œstrus dure environ 3 à 5 jours. L’ovulation est spontanée.
Durant la période œstrale, la vulve s’ouvre et laisse échapper une sécrétion blanchâtre qu’il ne
faut pas confondre avec un écoulement purulent.
L’accouplement a lieu plusieurs fois pendant la nuit. Quelques heures après l’accouplement,
on peut retrouver au fond de la cage un cylindre de sécrétions séchées libéré par la femelle.
Un œstrus post-partum peut être observé dans les 12 à 48 heures après la mise-bas.

143
G.4.2.2. La gestation

La gestation dure 110 à 120 jours.

G.4.2.3. La mise-bas et la lactation

La mise-bas a lieu pendant la nuit ou tôt le matin et dure une à deux heures. Les fœtus mort-
nés ou momifiés ne sont pas rares dans cette espèce. Il faut les retirer de la mère car celle-ci
peut être tentée de les manger avec les placentas et risquer une obstruction digestive. Les
petits naissent déjà couverts de poils et les yeux ouverts.
Il n’y a en moyenne que deux portées par an comportant un à cinq petits (deux en moyenne),
pesant 30 à 60 g à la naissance.
Le sevrage a lieu entre la troisième et la sixième semaine des petits.

G.5. Voies d’abord et applications chirurgicales

Les traitements chirurgicaux chez le chinchilla sont très similaires à ceux réalisés chez le
cobaye. Ne seront présentées dans ce paragraphe que les affections quelques propres au
chinchilla.

G.5.1.Appareil digestif

G.5.1.1. Appareil digestif

G.5.1.1.1. Cavité buccale

Se référer au cobaye.

G.5.1.1.2. Gros intestins

En cas de stase digestive, il peut arriver que le chinchilla présente un prolapsus rectal qu’il
faut alors réduire chirurgicalement. La technique est la même que pour tout prolapsus chez les
carnivores domestiques.

G.5.2.Appareil reproducteur

Mêmes indications et étapes chirurgicales des chirurgies de convenance que chez les cobayes
mâles et femelle.

G.5.3.La tête

G.5.3.1. L’œil

Se référer au cobaye.

144
G.5.4.Les membres

Se référer au cobaye.

G.5.5.Les gestes basiques

G.5.5.1. Pose d’un cathéter sur la veine céphalique

Se référer au cobaye.

145
H. L’OCTODON

H.1. Classification et histoire de l’octodon [7], [26], [40]

H.1.1.Classification

Le dègue du Chili (Octodon degus) appartient à la classe des mammifères, à l’ordre des
rongeurs, au sous-ordre des caviomorphes et à la famille des octodontidés.
On le rencontre, à l'état sauvage, dans une zone qui s'étend de la partie centrale du Chili au
sud du Pérou. Il peut vivre jusqu'à environ 1 200 mètres d'altitude, dans des régions semi-
arides.
Il est aussi appelé communément degu, dégus ou octodon par assimilation avec le genre
Octodon auquel il appartient et qui doit son nom à ses molaires et prémolaires dont la table
d’usure a la forme d'un huit, octo en latin.

Nous rappelons sa formule dentaire caractérisant son appartenance au sous-ordres des


Caviomorphes : tableau 9

Tableau 9 : Formule dentaire de l'octodon

Incisives Canines Prémolaires Molaires


Mâchoire 1 0 1 3
supérieure
Mâchoire 1 0 1 3
inférieure
Le poids adulte est de 170 à 300 g et le corps mesure 12,5 à 19,5 cm de long.
C'est un animal diurne. En captivité, son cycle peut s'inverser et l’octodon devient donc
nocturne.
Leur espérance de vie est de 2 à 15 ans dans la nature, et 6 à plus de 10 ans en captivité.

H.1.2.Histoire de l’octodon

L’octodon était apprécié autrefois des Araucanos et des conquistadors pour sa chair blanche
exquise, il est considéré aujourd’hui comme nuisible.
Il a été importé comme animal de laboratoire aux Etats Unis d’Amérique dans les années
1960 pour étudier le diabète sucré. Cet animal est peu à peu devenu un rongeur de compagnie.
La contrainte principale est qu’il ne soit pas élevé seul, ces animaux peuvent parfois
s’automutiler s’ils sont maintenus isolés.
On lui donne parfois les noms suivants : rat à la queue en trompette, rat des pierres ou
pseudorat…

H.2. Anatomie externe

A l'état sauvage les octodons sont de couleur agouti avec des zones couleur crème sur le
ventre, les pattes, le cou et le tour des yeux. En élevage, des mutations génétiques ou des

147
croisements intentionnels ont aussi fait apparaître des robes de couleur blanche, noire, gris-
ardoise, ou fauve.
Leur peau produisant une quantité de sébum excessive, ils ont besoin d'un bain de sable,
comme les chinchillas.
Les octodons muent deux fois par an, au printemps et à l'automne. Une chute de poils est
anormale si elle est prolongée et survient en dehors de ces périodes.

H.2.1.La tête

L’octodon présente une large tête, des oreilles développées, de grandes vibrisses.

H.2.2.Le tronc

Les parties supérieures du corps vont du gris au brun, souvent avec une pointe d'orangé ; la
partie inférieure du corps est crème tirant sur le jaune. Le bout de la queue est noir.
La queue mesure 10,5 à 16,5 cm. Cette dernière lui sert de balancier dans le mouvement.
Une partie de la queue de l'animal peut se déchirer si elle est saisie ou tirée, ce phénomène, le
fur-slip, est un moyen de défense idéal pour fuir, on peut le comparer à celui des lézards, mais
contrairement à ces derniers, la queue de l'octodon ne repousse jamais, mais elle cicatrise très
bien (utiliser un désinfectant type Bétadine). La perte de la queue peut entraîner une baisse de
l'équilibre.

H.2.3.Les membres

Les quatre pattes se terminent par des pieds munis de cinq doigts dont les quatre derniers sont
bien développés tandis que le 1er est beaucoup plus petit. De longs poils dépassent au-delà des
griffes sur les pattes postérieures.
Les mains permettent à l’octodon de saisir ses aliments et de les porter à la cavité buccale
alors que les pieds sont de type plantigrade.
L’octodon possède des postérieurs musclés pour courir, sauter, grimper et se maintenir dressé.

H.2.4.Organes génitaux externes

Le sexage se fait selon les mêmes critères que pour le chinchilla.


Le dimorphisme sexuel est peu apparent. La femelle est plus grande que le mâle. La distance
entre l'anus et la papille génitale est plus petite chez la femelle que chez le mâle. Cependant ce
critère est difficilement utilisable car l’orifice uro-génital est masqué par un organe saillant
dans les deux sexes. Chez la femelle, le clitoris est très développé et fait saillie vers l’extérieur
du vagin au niveau de l’orifice urétral. Ce prépuce clitoridien, particulièrement saillant
lorsque la femelle est en chaleur, est souvent confondu avec le fourreau ou le pénis du mâle.
Les femelles ont 8 mamelles.

148
H.3. Anatomie interne [7], [26]

H.3.1.Appareil squelettique

La région nasale est longue et les bulles tympaniques sont volumineuses.


On pourra noter que l’octodon possède un os pénien.
Les vertèbres, le bassin et les segments proximaux des membres pelviens présentent de fines
crêtes osseuses d’insertion musculaire ; ces muscles permettent à l’octodon de redresser le
tronc et de le maintenir rigide.

H.3.1.1. Squelette axial

La formule vertébrale de l’octodon est la suivante :


- 7 vertèbres cervicales ;
- 13 vertèbres thoraciques ;
- 6 vertèbres lombaires ;
- 4 vertèbres sacrées ;
- 18 vertèbres caudales.
Le nombre de côtes est lié à celui des vertèbres thoraciques, avec un nombre variable de
vraies (sternales) et de fausses (asternales) côtes.

H.3.1.2. Squelette appendiculaire

H.3.1.2.1. Membre thoracique

L’humérus présente un développement important de la tubérosité qui forme une crête


deltoïdienne, ce qui intervient dans la grande mobilité du membre thoracique pour grimper et
creuser. De même la clavicule est forte pour les mouvements de latéralité de bras.
L’humérus possède à l’extrémité distale un foramen supracondylaire.

H.3.1.2.2. Membre pelvien

Le troisième trochanter du fémur est assez développé.

H.3.2.Muscles

Chez l’octodon, l’adaptation des muscles masticateurs aux mouvements antéro-


postérieurs des mâchoires se caractérise par les modifications anatomiques suivantes :
- la réduction de la partie superficielle du muscle temporal ;
- la position horizontale du muscle masséter superficiel ;
- le développement de la pars reflexa du muscle masséter superficiel ;
- la position horizontale de la partie postérieure du muscle masséter latéral ;
- l’augmentation relative de la taille et longueur du muscle ptérigoïdien latéral ;
- la configuration ininterrompue et rectiligne du muscle digastrique ;
- la réduction de la taille du « muscle mandibulaire transverse ».

149
H.3.3.Appareil digestif et glandes annexes

H.3.3.1. Appareil digestif

H.3.3.1.1. Cavité buccale

La formule dentaire de l’octodon est la suivante : 2 (I 1/1, C 0/0, PM 1/1, M 3/3).


Chez cette espèce, les deux rangées de molaires ipsilatérales entrent en contact
simultanément, l’occlusion dentaire se fait donc simultanément d’un côté et de l’autre.
L’émail des incisives est jaune safran.
Les dents lactéales sont remplacées avant la naissance.

H.3.3.1.2. Œsophage

Pas de particularité notable chez l’octodon.

H.3.3.1.3. Estomac

L’estomac est simple mais avec des sacculations. C’est un sac recourbé de taille extrêmement
variable en fonction de la réplétion. Le cul de sac se situe toujours à gauche de la cavité
abdominale. L’estomac occupe l’hypochondre gauche et, rempli, s’étend caudo-ventralement
débordant à droite.
Un repli muqueux sépare le corps de l’estomac, à gauche, de l’antre pylorique, à droite. Le
fond et le diverticule de l’estomac présentent 4 à 6 plis dans le sens de la longueur.
L’estomac est entouré par le foie, la rate, le pancréas, le duodénum descendant et le
diaphragme à hauteur des dixième-douzième paires de côtes. Le caecum selon sa position
entre à son contact à gauche.
Il se rapproche le plus de l’estomac du cobaye. La séparation macroscopique de la muqueuse
de type œsophagien et de la muqueuse glandulaire est difficile car ces dernières ont la même
couleur. La paroi gastrique est très mince.
L’artère cœliaque et l’artère mésentérique crâniale naissent d’un tronc commun : l’artère
cœliaco-mésentérique.

H.3.3.1.4. Intestin grêle

Le duodénum présente classiquement trois portions : descendante, transverse et ascendante.


Le conduit cholédoque s’abouche à 0,5-0,7 cm de l’origine du duodénum.

Le jéjunum est le segment le plus long de l’intestin grêle. Il présente de nombreuses sinuosités
en contact avec le côlon descendant à droite et le caecum à gauche.
La topographie du jéjunum suit en conséquence.
Les circonvolutions jéjunales sont recouvertes par le grand omentum, qui s’étend caudalement
jusqu’à la hauteur de l’ombilic.
L’irrigation artérielle se fait par sept à dix artères jéjunales formant un arc d’où naissent de
fins rameaux artériels.

L’iléon est le segment le plus court ; il se place médialement au caecum auquel il s’abouche
face droite de la crosse, sur la petite courbure (ostium iléal) à côté de l’origine du côlon
(ostium caeco-colique). Sa situation est aussi variable que celle du caecum.

150
H.3.3.1.5. Gros intestin

 Caecum
La topographie du caecum est variable, notamment selon son état de réplétion, ainsi que sa
forme en S, U ou colimaçon.
Le caecum se compose d’une crosse, d’un corps et d’une pointe ou apex et possède deux
bandes charnues nettes.

 Côlon
Le côlon se divise en ses trois segments classiques, ascendant, transverse et descendant.
Le côlon ascendant se situe à droite dans la cavité abdominale. Il présente deux anses de
forme variable, parfois en spirale comme celles du cobaye. Le côlon transverse est soit étiré,
soit il forme de une à quatre anses contre l’estomac. Le côlon descendant se trouve à gauche.

 Rectum
Le rectum ne présente pas de particularité, si ce n’est une longueur supérieure chez le mâle.

H.3.3.2. Glandes annexes du tube digestif

H.3.3.2.1. Glandes salivaires

Pas de particularité notable chez l’octodon.

H.3.3.2.2. Foie et voies biliaires

Le foie est « intrathoracique », recouvert par les côtes, et présente des scissures inter-lobaires
nettes. La scissure du ligament falciforme sépare à gauche, les lobes latéral, médial et carré
dorsalement, des lobes latéral, médial et caudé, à droite.
Le lobe caudé est divisé en processus papillaire et processus caudé. La vésicule biliaire, bien
développée, est cachée dans la scissure du ligament falciforme. La lobation du foie est
similaire à celle du cobaye, avec un lobe carré pas toujours nettement individualisé.

H.3.3.2.3. Pancréas

Le pancréas se place à la face dorsale de l’estomac. Il s’étend de droite à gauche. Il se situe


entre deux lames séreuses du grand omentum et du mésoduodénum. L’ouverture entre les
lames s’appelle la fenêtre pancréatique et varie selon les individus. Trois segments, les lobes
droit et gauche et le corps, de formes variées, constituent le pancréas. C’est un tissu
glandulaire rose clair finement lobulé. La veine porte traverse le corps du pancréas au niveau
d’un anneau pancréatique.

H.3.4.Appareil respiratoire

La fréquence respiratoire de l’octodon est d’environ 100 à 150 mouvements par minute.
La cage thoracique abrite deux poumons, le poumon droit possède quatre lobes et le gauche
n’en possède que trois.

151
Pas d’autre particularité notable chez l’octodon sur l’appareil respiratoire

H.3.5.Appareil cardio-vasculaire

Chez l’octodon, la fréquence cardiaque varie de 150 à 300 battements par minute.

H.3.5.1. Cœur

Pas de particularité notable chez l‘octodon.

H.3.5.2. Vaisseaux

Le système circulatoire a la particularité de présenter deux veines caves crâniales.


Nous ne traiterons ici que des artères abdominales et pelviennes. Il faut signaler que ce
modèle vasculaire se rapproche le plus de celui du cobaye.
On remarque une fréquente origine commune des artères cœliaques et mésentériques crâniale
formant le tronc coeliaco-mésentérique qui naît directement de l’aorte abdominale. L’artère
gastrique droite provient souvent de l’artère hépatique commune et suit le ventricule et la
région pylorique de l’estomac.
L’artère abdominale crâniale est toujours présente et irrigue les muscles transverses et
obliques de l’abdomen.
L’artère circonflexe iliaque profonde n’existe pas et le muscle tenseur du fascia lata est irrigué
par des branches de l’artère circonflexe fémorale latérale, laquelle provient toujours de
l’artère fémorale.
L’artère mésentérique caudale provient de l’aorte abdominale.
Pour la région pelvienne, la différence remarquable entre l’octodon et les sciuromorphes est
l’origine de l’artère glutéale crâniale. Elle constitue rarement une branche collatérale de
l’artère iliaque commune.
Contrairement au cas du cobaye, l’artère prostatique (pour le mâle) ou vaginale (pour la
femelle) provient toujours individuellement de l’artère iliaque externe. Enfin, la persistance de
nombreuses artères rénales est interprétée comme la persistance d’artères splanchniques
latérales embryonnaires.

H.3.6.Le système lymphatique

H.3.6.1. Les nœuds lymphatiques

Pas de particularité notable chez l’octodon.

H.3.6.2. Les organes lymphoïdes

H.3.6.2.1. Le thymus

L’octodon possède deux thymus anatomiquement distincts, l’un cervical, juxtaposé aux
glandes salivaires, l’autre médiastinal, recouvrant la base du cœur. Ce dernier subit une
atrophie et une infiltration graisseuse comme tous les mammifères. A l’inverse le thymus

152
cervical garde sa structure et sa taille, et reste fonctionnel toute la vie. Une étude montre que
les deux thymus sont fonctionnels chez le jeune.

H.3.6.2.2. La rate

La rate est dans la région de l’hypochondre gauche entre l’estomac et la partie costale du
diaphragme. Elle présente la forme d’une langue ; sa section est triangulaire.

H.3.6.2.3. Les tonsilles palatines

Pas de particularité notable chez l’octodon.

H.3.7.Appareil urinaire

H.3.7.1. Reins

Les reins sont unilobés avec une papille unique et ressemblent à ceux des rongeurs habituels
(rat, souris). Mais les octodons privés d’eau et d’aliments en cage à métabolisme, concentrent
leurs urines jusqu’à 4000 mOsm/L. La spécialisation rénale pour produire des urines
concentrées se traduit par une médulla bien développée avec des pyramides secondaires, une
papille proéminente, une adaptation vasculaire et tubulaire favorisant les échanges et un
bassinet complexe avec fornix spécialisé. On remarque la présence de deux conduits
papillaires ouverts à l’extrémité de la papille et la présence de cellules noires dispersées entre
les cellules épithéliales typiques bordant la papille.
L’octodon n’est pas totalement adapté au désert, mais peut tolérer une aridité modérée
saisonnière et occuper les marges de milieux xériques.

H.3.7.2. Uretères

Pas de particularité notable chez l’octodon.

H.3.7.3. Vessie

Pas de particularité notable chez l’octodon.

H.3.7.4. Urètre

Pas de particularité notable chez l’octodon.

H.3.8. Appareil reproducteur [1]

H.3.8.1. Mâle (figure 26)

Le cercle périnéal est nu et décoloré.

153
Figure 26: Vue ventrale de l'appareil génital de l'octodon mâle [1]

H.3.8.1.1. Testicules et leurs enveloppes

Les testicules ont une localisation inguinale chez l’octodon. Ils ne sont pas visibles
extérieurement. Il n’y a donc pas de scrotum à proprement parler mais seulement des sacs
crémastiques. Ces derniers contenant la queue de l’épididyme et entourés d’un corps adipeux
abondant, comme chez le cobaye, forment une paire de minces poches musculaires sous-
cutanées.
A l’âge adulte, les testicules pèsent entre 0,1 et 10 g.
L’artère testiculaire est courte, peu sinueuse, de large diamètre, en relation avec la position
particulière des gonades. De même le développement du plexus pampiniforme est lié à cette
énorchidie.

H.3.8.1.2. Voies génitales

L’épididyme est composé de trois segments : une tête, un corps mince et la queue. Il est
fortement solidarisé au testicule. Le sperme est stocké dans la partie la plus froide de
l’épididyme, c’est à dire la queue, car il y a un gradient thermique important entre le corps et
la queue.

H.3.8.1.3. Glandes annexes

Les glandes annexes sont remarquables par leur taille. Une paire de sacs vésiculaires
volumineux, variant selon la saison de 0,15 à 0,5 g s’abouche dans l’urètre indépendamment
des conduits déférents.
La prostate se divise en trois paires de lobes qui débouchent par de nombreux conduits
excréteurs dans l’urètre. Elle mesure entre 18 mm et 1,5 mm.
Deux glandes bulbo-urétrales sphériques de 5,8 mm de diamètre sont présentes.

H.3.8.1.4. Le pénis

Le pénis, dans un fourreau, pointe postérieurement. Le pénis mesure 16 mm, le gland,


cylindrique mesure 10 mm de long sur 3,5 mm de large. Ce dernier est pourvu de spicules
épineux (trois épines par spicule) et une paire de deux à trois spicules se trouvent à la base du
sac d’intromission.

154
Le pénis contient un os pénien ou baculum sous la face dorsale du gland. Cet os pénien se
caractérise par une base large, avec deux processus latéraux, s’affinant en pointe. Il est
convexe dorsalement, concave ventralement. Sa taille est de 9,6 mm de long et 1,6 mm de
large, la première année, mais sa croissance continue après atteinte de la maturité sexuelle.

Le corps caverneux est fermement attaché par une extension fibreuse, insérée dans le muscle
bulbo-caverneux, à l’extrémité distales du baculum. Ceci explique que le pénis pointe
caudalement au repos et crânialement en érection. De même, lors de l’érection, les spicules
sont alors dirigés vers l’arrière, permettant l’accrochage du vagin pendant la copulation.
Le corps spongieux maintient l’urètre dans une cannelure ventrale des corps caverneux.

H.3.8.2. Femelle

Le placenta de l’octodon est semblable à celui du cobaye et de l’homme, c'est-à-dire


chorioallantoïdien hémochorial.

H.3.8.2.1. Ovaires

Pas de particularité notable chez l’octodon.

H.3.8.2.2. Utérus

Le vagin abouche sur un col simple, mesurant environ 45 mm de long, s’ouvrant lui-même
sur un court corps de l’utérus dont la longueur est à peu près la moitié de celle du vagin
(environ 12 mm de long sur 10 mm de diamètre). L’utérus se divise en deux cornes utérines.
Celles-ci se dirigent en avant, sans former de circonvolutions, et elles se terminent par des
oviductes, en regard de la région postéro-externe des reins. Les cornes utérines sont
suspendues par les ligaments utérins à la paroi dorso-latérale de l’abdomen.

H.3.8.2.3. Vagin

La vulve est courte tandis que le vagin qui lui fait suite s’étend très en avant, au point que le
col utérin se trouve en avant de la crête pubienne.
Le clitoris est localisé à l’intérieur d’une fosse peu profonde située sur le plancher de la
portion caudale du vagin. L’orifice urétral est observable sur la surface caudale de la fosse
clitoridienne et est distinct de l’orifice vaginal.

H.3.8.2.4. Mamelles

La femelle possède 8 paires de mamelles : 7 paires sont localisées au niveau thoraco-


lombaire, à hauteur du flanc dorsal et une paire est localisée en région inguinale.

H.3.9.Les glandes de marquages [5], [7], [13]

Il existe trois types de glandes chez l’octodon comme chez les autres mammifères : les
glandes sébacées, les glandes sudoripares et les glandes odorantes. La glande odorante la plus
importante chez l’octodon est la glande pinéale.

155
Cette dernière participe au contrôle de la reproduction saisonnière comme synchroniseur
endocrine des informations photiques. Les octodons vivant en milieu tropical équatorial,
subissent de faibles variations de lumière et de température au cours de l’année. La glande
devrait alors être de petite taille car peu influencée par l’environnement. Mais contrairement
aux autres rongeurs, elle est de taille moyenne.
Des études histologiques laissent supposer une fonction sécrétoire endocrine.

H.3.10. Système endocrine

H.3.10.1. Thyroïde et Glandes parathyroïdes

Pas de particularité notable chez l’octodon.

H.3.10.2. Glandes surrénales

Les surrénales de l’octodon sont de taille importante. Cette particularité a suscité de


nombreuses études sur le système stéroïdien et hormonal en général.

H.3.11. Système nerveux

H.3.11.1. Système nerveux central

Le cerveau de l’octodon n’a pas de circonvolutions cérébrales (espèce lyssencéphale, comme


chez tous les rongeurs). L’encéphale est primitif avec des bulbes olfactifs volumineux, un
petit chiasma optique, un trigone développé et un thalamus optique. Le corps calleux est net.
Le cervelet bien différencié, comprend le vermis médian et deux hémisphères cérébelleux. Il
semble démesurément développé chez l’embryon.
Les parties rostrale et moyenne de l’encéphale sont généralement plus compactes que les
régions correspondantes chez le rat de laboratoire ou le cobaye. Le corps amygdaloïde
prolonge de plus le télencéphale vers la base. Le noyau majeur mésencéphalique est plus en
position rostrale, les collicules rostral et caudal sont plus longs. L’organisation de base du
rhombencéphale est semblable à celle du rat bien qu’il y ait des différences nettes dans la
longueur ou la taille de quelques noyaux.

H.3.11.2. Organes des sens

H.3.11.2.1. Ouïe [7]

Les bulles tympaniques sont volumineuses pour une audition adaptée au mode de vie
souterrain. En effet l’ouïe est très développée chez l’octodon avec la présence de ces grands
pavillons auriculaires et de ces volumineuses bulles tympaniques, comme chez le chinchilla.

H.3.11.2.2. Vision [5], [40]

La vision est le sens le plus développé chez l’octodon. Elle est remarquablement adaptée à
son activité strictement diurne, et de nombreux centres optiques de l’encéphale offrent le

156
substrat matériel à une acuité visuelle aigüe. Sa vision devient mauvaise si la luminosité est
faible. Par contre son cristallin semble contenir une lentiflavine, pigment retrouvé chez le
chien de prairie, qui permet à l’octodon de ne pas être ébloui même en cas de forte luminosité.

L’octodon développe une cataracte qui peut toucher un ou deux yeux. Elle se manifeste par
une tache blanche sur le cristallin devenu opaque. Cette pathologie découlerait directement du
diabète chez l’octodon.

L’octodon possède lui aussi une glande de Harder possédant les mêmes rôles que chez les
autres mammifères : lubrification de la cornée, site de photoréception, régulation thermique,
libération de phéromones, mais aussi certainement un rôle immunitaire.

H.3.11.2.3. Olfaction

La région nasale du crâne est longue ce qui laisse supposer une olfaction développée.

H.3.11.3. Système nerveux périphérique

Pas de particularité notable chez l’octodon.

H.4. Physiologie [26], [40]

H.4.1.Physiologie digestive

L'octodon est un rongeur herbivore monogastrique naturellement prédisposé au diabète et à la


stéatose hépatique qui, dans son milieu naturel, se nourrit d'écorces, de feuilles et de graines.
L'alimentation en captivité doit être composée de foin (à volonté) et de graines (blé,
avoine, etc.). Les matières grasses et le sucre sont à éviter absolument !
L'octodon est comme le lapin : caecotrophe, c'est-à-dire qu'il mange certains de ses propres
excréments (crottes vertes entourées de mucus) dès leur sortie de l'anus, car elles sont sources
de nombreuses vitamines. On peut lui donner de la nourriture déshydratée (concombre,
carotte, pomme) mais maintenant il existe des aliments spécifiques pour octodon.

H.4.2.Physiologie de la reproduction

La maturité sexuelle est atteinte à partir de 3 à 5 mois pour la femelle et à partir de 5-6 mois
pour le mâle. Pour le mâle, la maturité sexuelle se traduit par la descente de la tête de
l’épididyme dans le sac crémastérique. Il n’y a pas de saison sexuelle.

H.4.2.1. l’oestrus

L’octodon femelle présente elle aussi une membrane vaginale. La saison d’accouplement se
manifeste par l’ouverture de cette membrane. Le vagin se referme rapidement après
l’accouplement.
Le cycle est polyestrien. L’œstrus dure 3 à 5 jours et le cycle œstral dure 18 à 21 jours.

157
La femelle présente un œstrus post-partum entre 12 et 48 h après le part (elle est alors fertile à
40 %).
L’ovulation est spontanée.

H.4.2.2. La gestation

La gestation dure 87 à 93 jours.


Les femelles obèses sont prédisposées à la toxémie de gestation.

H.4.2.3. La mise-bas et la lactation

Le nombre de portées par an est de 2 à 3. Il y en moyenne 4 à 6 petits par portée. Ils pèsent
environ 15 g à la naissance.
Les petits restent en petit groupe, collés avec leurs frères et sœurs pour se réchauffer, jusqu'à
ce qu'ils soient prêts à s'aventurer hors du nid.
Les petits ont entre 4 et 6 semaines au sevrage ; il s’agit d’une espèce nidifuge. Un des
parents les couvre. Ils sont enfin prêts à découvrir leur monde vers l'âge de deux ou trois
mois. Ils auront cependant, s'ils sont en liberté, toujours besoin d'au moins leur mère, pour
apprendre tout ce dont ils ont besoin de savoir pour survivre.

H.5. Voies d abord et application chirurgicales

Les traitements chirurgicaux chez l’octodon sont très similaires à ceux réalisés chez le
cobaye, plus particulièrement pour le traitement des malocclusions dentaires, des abcès
dentaires et la réalisation des chirurgies de convenance.

158
CONCLUSION
Il est souvent enseigné aux vétérinaires novices dans le domaine de la médecine vétérinaire
des petits mammifères qu’ils ne sont pas si différents des carnivores domestiques, que
l’examen et la prise en charge globale de l’animal sont les mêmes. Ceci est vrai pour les bases
mais le vétérinaire se rendra rapidement compte de l’importance de la connaissance de
certaines caractéristiques anatomiques et physiologiques de ces espèces. En effet, les urgences
chez ces NAC ne sont pas les mêmes que chez les carnivores domestiques ; certaines
affections pathologiques sont très spécifiques et absentes chez les carnivores domestiques, et
inversement. Il est donc essentiel d’avoir une bonne connaissance à la base des particularités
de ces espèces afin que leur prise en charge soit optimale aussi bien au niveau médical que
chirurgical.
La présentation des photographies sur la plateforme pédagogiques de l’ENVA (plateforme de
l’enseignement et de la vie étudiante) rendra les photographies accessibles à un grand nombre
de vétérinaires.
Des compléments pourront être apportés à ce travail. En effet, nous avons malheureusement
été limitées dans le nombre de cadavres pour la réalisation de nos dissections chez certaines
espèces. Par exemple, nous n’avons parfois pas pu présenter certains organes sexuels, n’ayant
pas obtenu de cadavre de l’un des deux sexes dans une espèce. Parfois, c’est le manque de
précision possible sur ces animaux de petite taille, la présence d’organes plus ou moins bien
conservés lors de la réalisation des dissections qui nous ont empêchées de présenter tous les
organes souhaités.
Ce travail pourra donc être complété mais constitue déjà une base d’information pour les
vétérinaires et leur permettra de faire face à la clientèle croissante et demandeuse de soins
plus poussés sur leur Nouvel Animal de Compagnie.

159
ANNEXES

Annexe 1 : Caractéristiques communes aux petits mammifères………p.163

Annexe 2 : Caractéristiques communes aux myomorphes…………….p.165

Annexe 3 : Caractéristiques communes aux caviomorphes………...…p.165

Annexe 4 : Le lapin……………………………………………………….p.167

Annexe 5 : Le rat………………………………………………………….p.169
Annexe 6 : Le hamster……………………………………………………p.171

Annexe 7 : La gerbille…………………………………………………….p.173

Annexe 8 : Le cobaye……………………………………………………..p.175

Annexe 9 : Le chinchilla…………………………………………………..p.177

Annexe 10 : L’octodon……………………………………………………p.179

161
Annexe 1 : Caractéristiques communes aux petits
mammifères

 Animaux caecotrophes, en particulier, les herbivores (lagomorphes et


caviomorphes)

 Animaux plantigrades

 Incisives à croissance continue

 Présence d’un diasthème

 Respiration nasale stricte

 Sphincters cardiaque de l’estomac très développés => vomissement


impossible
 2 veines caves crâniales

 Présence d’un sinus veineux caudalement à l’œil


 Thymus persistant à l’âge adulte

 Alternativement exorchide et énorchide : l’anneau inguinal reste ouvert

163
Annexe 2 : Caractéristiques communes aux myomorphes

 Formule dentaire : 2 (I 1/1, C 0/0, PM 0/0, M 3/3)

 Seules les incisives sont à croissance continue

 Estomac composé d’un proventricule et d’une zone glandulaire

 Présence d’un os pénien

Annexe 3 : Caractéristiques communes aux caviomorphes

 Sous-ordre des caviomorphes


 Animal caecotrophe et herbivore

 Formule dentaire : 2 (I 1/1, C 0/0, PM 1/1, M 3/3)


 Toutes les dents sont à croissance continue => malocclusions dentaire très
fréquentes !

 Présence d’un os pénien

165
Annexe 4 : Le lapin

 Ordre des lagomorphes

 Animal caecotrophe et herbivore

 Formule vertébrale : C 7, T 12, L 7, S 4, Cd 14-16

 Fragilité des vertèbres lombaires


 4 os métatarsiens => pas de pouce sur les postérieurs

 Formule dentaire : 2 (I 2/1, C 0/0, PM 3/2, M 3/3)

 Toutes les dents sont à croissance continue => malocclusions dentaire très
fréquentes !
 Paroi de l’estomac fine => possibles ruptures digestives
 Sphincters cardiaque et pylorique de l’estomac très développés => vomissement
impossible et trichobézoards fréquents

 1 conduit pancréatique accessoire

 Si alimentation riche en calcium : production d’une urine riche en carbonate de


calcium => aspect boueux
 Absence d’os pénien chez le mâle

 Utérus duplex
 Présence des glandes inguinales dans le sinus inguinal

 4 ou 5 paires de mamelles : 2 thoraciques, 1 ou 2 abdominales, 1 inguinale

 Site supplémentaire de pose du cathéter intraveineux aux veines auriculaires


Superficielles

167
Annexe 5 : le rat

 Sous-ordre des myomorphes


 Animal omnivore
 Formule vertébrale : C 7, T 13, L 6, S 4, Cd 27-31
 Animal plantigrade et palmigrade

 Absence de vésicule biliaire

 Plusieurs conduits pancréatiques

 Présence d’un plexus ophtalmique médialement au globe oculaire

 Chromodacriorrhée (sécrétions porphyriques de la glande de Harder)

 Utérus duplex

 6 paires de mamelles : 3 thoraciques, 1 abdominale, 2 inguinales

 Tissu mammaire très développé

169
Annexe 6 : le hamster

 Sous-ordre des myomorphes

 Animal omnivore, plus particulièrement granivore et coprophage


 Présence d’abajoues
 Membres thoraciques : 4 doigts, membres pelviens : 5 doigts
 Formule vertébrale : C 7, T 13, L 6, S 4, Cd 13-14
 Utérus duplex

 6 ou 7 paires de mamelles (absentes chez la plupart des mâles)

 Hibernation

171
Annexe 7 : la gerbille

 *Sous-ordre des myomorphes

 Animal végétarien à tendance omnivore


 Les quatre membres sont munis de 5 doigts
 Formule vertébrale : C 7, T 13, L 6, S 4, Cd 7
 Absence de vésicule biliaire

 4 paires de mamelles : 2 thoraciques, 2 inguinales

 Chromodaccriorhée

173
Annexe 8 : le cobaye

 Sous-ordre des caviomorphes

 Membres thoraciques : 4 doigts, membres pelviens : 3 doigts


 Paume des mains et plante des pieds dépourvus de poils =>
pododermatites fréquentes
 La femelle possède un pseudo cloaque
 Formule vertébrale : C 7, T 13 ou 14, L 6, S 3 (chez la femelle) – 4
(chez le mâle), Cd 4à 7
 La symphyse pubienne s’ossifie vers l’âge de un an : si la première portée
est réalisée après l’âge de 6 mois => risque de dystocie important
 Estomac entièrement glandulaire

 Sphincters cardiaque et pylorique de l’estomac très développés =>


vomissement impossible, possibles trichobézoards
 Absence d’amygdales

 Présence d’un ostium palatin => intubation trachéale difficile


 Abouchement de l’urètre séparé du vagin chez la femelle

 Utérus bicorne

 Ovaires kystiques très fréquents chez les femelles non stérilisées

 1 paire de mamelles inguinale chez les mâles et les femelles

 L’hyperthyroïdie est une pathologie fréquente

 Le cobaye ne synthétise pas la vitamine C => complémentation


quotidienne obligatoire en vitamine C

175
Annexe 9 : le chinchilla

 Sous-ordre des caviomorphes

 Fourrure très dense


 Fort développement des bulles tympaniques

 Membres thoraciques : 5 doigts dont un atrophié, membres pelviens : 4


doigts dont un atrophié
 Paume des mains et plante des pieds dépourvues de poils =>
pododermatites fréquentes
 Absence de scrotum chez le mâle => testicules situés dans le canal
inguinal
 Formation d’anneau de poils enserrant le pénis
 Formule vertébrale : C 7, T 13, L 6 ou 7, S 3, Cd 20 ou 23
 Présence d’un ostium palatin
 Pathologie cardiaque rencontrée chez le chinchilla

 Utérus duplex

 3 paires de mamelles : 2 thoraciques et 1 inguinale

177
Annexe 10 : l’octodon

 Sous-ordre des caviomorphes

 « Déchirure » de la queue possible si elle est saisie ou tirée

 Les quatre membres sont munis de 5 doigts


 Absence de scrotum chez le mâle => testicules situés dans le canal
inguinal
 Formule vertébrale : C 7, T 13, L 6, S 4, Cd 18
 8 paires de mamelles : 7 thoraco-lombaires et 1 inguinale

 Diabète très fréquent chez l’octodon, conduisant fréquemment à une


cataracte bilatérale

 Stéatose hépatique fréquente

179
BIBLIOGRAPHIE
 Manuels, thèses et parutions

[1] BARNIOL K. Pathologie de la reproduction et de l’appareil urinaire chez les rongeurs,


Thèse Méd. Vét. Toulouse, 2004, 211 pages.

[2] BARONE R. PAVAUX C., BLIN P.C. et al. Atlas d’Anatomie du Lapin, Paris, Masson
éditeur, 1973, 220 pages.

[3] BARONE R. Tome 3, Splanchnologie fascicule I, Paris, Vigot éditeur, 1984, 848 pages.

[4] BERNEX F. Histologie du système lymphoïde, polycopié de l’unité d’histologie et


d’anatomie pathologique de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, 2005-2006, 25 pages.

[5] BOUSSARIE D. L’octodon ou dègue du Chili, Bornemann – Philippe Gérard édition,


2001, 87 pages.

[6] COLAMBANI J-M. La gerbille de Mongolie, Merinoes Unguiculatus, nouvel animal de


compagnie, Thèse Méd. Vét. Lyon, 2000, 102 pages.

[7] COTONNEC G. Contribution à l’étude d’un nouvel animal de compagnie : Octodon


Degus, Thèse Méd. Vét., Toulouse, 2000, 120 pages.

[8] CORDONNIER N, FONTAINE J-J. Histologie de l’appareil génital, polycopié de l’unité


d’histologie et d’anatomie pathologique de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, 2006-
2007, 60 pages.

[9] CORDONNIER N. FONTAINE J-J. Histologie de l’appareil urinaire, polycopié de l’unité


d’histologie et d’anatomie pathologique de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, 2006-
2007, 30 pages.

[10] DEGUEURCE C. Dissection de l’abdomen et du bassin des carnivores, polycopié de


l’U.P. d’anatomie des animaux domestiques de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, Juillet
2003, 72 pages.

[11] DEGUEURCE C. Dissection de l’encolure et du thorax des carnivores, polycopié de


l’U.P. d’anatomie des animaux domestiques de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort,
Octobre 2005, 125 pages.

[12] DE PAUW DELEPOULLE C. Contribution à l’étude de la pathologie chirurgicale des


nouveaux animaux de compagnie les plus fréquemment rencontrés en pratique vétérinaire :
Lapin, Rat, Souris, Cochon d’inde, Chinchilla, Hamster, Gerbille et furet, Thèse Méd. Vét.
Lyon, 2002, 232 pages.

[13] DESACHY F. L’octodon, Paris, De Vecchi, 2002, 94 pages.

[14] DETAILLE C. Pathologie respiratoire des rongeurs et lagomorphes de compagnie, Thèse


Med. Vet. Alfort, 2008, 124 pages

181
[15] FUSS S. Physiologie et pathologie digestive du cobaye domestique Cavia porcellus,
Thèse Méd. Vét. Toulouse, 2002, 203 pages.

[16] HEBERT F. BULLIOT C. Guide pratique de médecine interne chien, chat et NAC ; 3è
édition, MED’COM, 2010, 752 pages.

[17] HOFFMANN G. Les animaux de laboratoire, Paris, Vigot frères éditeur, 1963, 288
pages.

[18] LUKSENBERG M. Anatomie de la souris : Création d’un CD-Rom, thèse Med. Vet.
Alfort, 2004, 30 pages.

[19] MAC CRAKEN T, KEINER RA. Atlas d’anatomie du chien, du chat et des NAC. Les
fondamentaux. Paris, Med’Com éditions, 2010, 137 pages.

[20] MICHEL C. Particularités digestives des nouveaux animaux de compagnie, thèse Med.
Vet. Alfort, 2011, 114 pages.

[21] O’MALLEY B. Clinical anatomy and physiology of exotic species, St Louis, Elsevier
Saunders, 2005, 269 pages.

[22] POPESKO P, RAJTOVA V, HORAK J. A color atlas of small laboratory animals


volume 1 : Rabbit, Guinea pigs, London, Wolfe Publishing LTD, 1992, 255 pages.

[23] POPESKO P, RAJTOVA V, HORAK J. A color atlas of small laboratory animals


volume 2 : Rat, Mouse, Hamster, London, Wolfe Publishing LTD, 1992, 253 pages.

[24] QUESENBERRY KE, CARPENTER J.W. Ferrets, Rabbits and Rodents clinical
medicine and surgery, 2nd edition, St Louis, W.B. Saunders, 2004, 461 pages.

[25] QUESENBERRY KE, CARPENTER J.W. Ferrets, Rabbits and Rodents clinical
medicine and surgery, 3rd edition, St Louis, W.B. Saunders, 2012, 596 pages.

[26] QUINTON J-F. Atlas des nouveaux animaux de compagnies, Paris, édition Masson,
2009, 416 pages.

[27] SMALLWOOD JE. A guided tour of veterinary anatomy. Londres, W.B. Saunders,
1992, 453 pages.

[28] THERIN M, FONTAINE M, BRUNET E. Guide de dissection des mammifères


domestiques : membre thoracique, support de cours de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort,
octobre 1988, 54 pages.

[29] Guide de dissection des mammifères domestiques : membre pelvien, support de cours de
l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, novembre 1989, 73 pages

[30] Guide de dissection des mammifères domestiques : tête, support de cours de l’Ecole
Nationale Vétérinaire d’Alfort, novembre 1989, 111 pages.

182
 Sites internet

[31] http://www.facco.fr/-Population-animale consulté le 12/03/2012

[32]
http://www.quenottes.net/index.php?option=com_content&task=view&id=16&Itemid=45
consulté le 20/11/2011

[33] http://techniques-elevage.over-blog.com/article-anatomie-de-la-mamelle-et-
consequences-sur-l-alimentation-du-jeune-68620843.html consulté le 15/11/2011

[34] http://fr.wikipedia.org/wiki/Cavia_porcellus consulté le 15/04/2012

[35] http://fr.wikipedia.org/wiki/Chinchilla consulté le 20/04/2012

[36] http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerbille consulté le 14/05/2012

[37] http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerbille_de_Mongolie consulté le 14/05/2012

[38] http://fr.wikipedia.org/wiki/Hamster consulté le 03/05/2012

[39] http://fr.wikipedia.org/wiki/Lapin_domestique consulté le 18/10/2011

[40] http://fr.wikipedia.org/wiki/Octodon_degus consulté le 20/05/2012

[41] http://fr.wikipedia.org/wiki/Rat consulté le 12/12/2011

183
ATLAS PHOTOGRAPHIQUE DE L’ANATOMIE
CLINIQUE DES NAC
(PETITS MAMMIFÈRES À L’EXCEPTION DU FURET)

NOMS et Prénoms : HEGELEN Marine


THIRIET Alizée

Résumé :

L’anatomie clinique des petits mammifères est proche de celle du chien et du chat mais il
existe néanmoins quelques différences liées à leur mode de vie, leur régime alimentaire et leur
morphologie. Cette thèse regroupe une synthèse bibliographique de l’anatomie des principaux
mammifères rencontrés en consultation NAC en France (Lagomorphes, Caviomorphes et
Myomorphes) et un atlas photographique qui illustre l’anatomie externe et interne et les
principales données d’ostéologie de ces mêmes espèces. Cet atlas comporte de nombreuses
photographies légendées qui sont accessibles aux étudiants et aux vétérinaires membres de
l’Association des Ancien Elèves et Amis de l’Ecole d’Alfort sur la plateforme de
l’enseignement et de la vie étudiante de l’ENVA (http://eve.vet-
alfort.fr/course/view.php?id=119).
En complément, cette thèse présente de façon succincte les principales chirurgies, notamment
les chirurgies de convenance et les principaux gestes techniques et leur réalisation chez ces
espèces.

Mots clés : ANATOMIE, ANATOMIE CLINIQUE, ATLAS PHOTOGRAPHIQUE,


DISSECTION, OSTÉOLOGIE, CHIRURGIE, SITE INTERNET, NAC, PETIT
MAMMIFERE, LAGOMORPHES, LAPIN, RONGEUR, RAT, HAMSTER,
GERBILLE, COBAYE, CHINCHILLA, OCTODON.

Jury :
Président : Pr.
Directeur : Dr Céline ROBERT
Assesseur : Dr Pascal ARNÉ

185
PHOTOGRAPHIC ATLAS OF THE CLINICAL
ANATOMY OF THE SMALL MAMMALS
(THE FURET EXCEPTED)

SURNAME and Given name: HEGELEN Marine


THIRIET Alizée

Summary:

Clinical anatomy of the small mammlas is similar to that of dogs and cats but some minor
differences lined to their life habbits, their food habbits and their morphology are to be
considered. The present thesis includes a literature review of the anatomy of the small
mammals met in consultations in France (Lagomorphs, Caviomorphs, Myomorphs) and a
photographic atlas illustrating both external and internal anatomy, and the main information
of osteology of these species. This atlas contains many photographs and is presented on the
site of the veterinary school of Alfort (http://eve.vet-alfort.fr/course/view.php?id=119) and
could be consulted by the students and the veterinarians members of the association of the old
students and friends of the Alfort school. Besides, this thesis is presented the main surgeries
made on these species like sterilization and the main acts.

Keywords: ANATOMY, CLINICAL ANATOMY, PHOTOGRAPHIC ATLAS,


DISSECTION, OSTEOLOGY, SURGERY, WEBSITE, EXOTIC PET, SMALL
MAMMAL, LAGOMORPH, RABBITS, RODENT, RAT, GERBIL, HAMSTER,
GUINEA PIG, CHINCHILLA, OCTODON.

Jury:
President: Pr.
Director: Dr Céline ROBERT
Assessor: Dr Pascal ARNÉ

186