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MAB

TRIB UNAL AD:I>IINISTRATIF


DE :l>IOl'TPELLIER

N° 090~058 ; 090~ 138 ; 090~ 165


RÉPUBLIQ UE FRANÇAISE

M . François ESPUCHE et autres


SYN DrCAT VITlCOLE DU CRU MINERVOIS et
autres AU NOM DU P EUPLE FRANÇAIS
M. René BASTIE et autres

M. Prunet Le Tribunal admini stratif de Montpell ier


Rapporteur
(4ème cham bre)

Mme Hardy
Rapporteur publi c

Audience du 19 novembre 2010


Lecture du 3 décembre 20 10

44-01-0 1-02-02

Vu, 1), la requête enregistrée au greffe du tribunal le 25 septembre 2009, sous le


nv 0904058, présentée pour M. François ESPUCHE, demeurant domaine de Baffrancou, à
Limous is (11600), pour M. Christian DE MARION GAJA demeurant dom aine de Russec, à
Conques sur Orbiel ( 11600), pour M. Henri DE MARJON GAJA demeurant bergerie de Russec,
à Salsigne (1 1600) et pour l'ASSOCIA nON TERRES D'ORBIEL, dont le siège se situe La
Vernède, à Conques sur Orbiel (11600), représentée par son président en exercice, par Me
Gollain, avocat ;

M. ESPUCHE et autres demandent au Tri bunal :

1°) d' annul er la délibérati on du conseil généra l de l'Aude en date du 27 j uillet 2009,
approuvant le plan départeme ntal d'élimination des déc hets ménagers et assimi lés, ensemble
l'arrêté du président d u conseil général de J'Aude en date du 28 juillet 2009, relatif à la révision
du plan départemental d' élimination des déchets ménagers et assimilés ;

2°) de co ndamner le département de l' Aude à payer à chacun des requérants la somme
de 5.000 euros, au titre de J'article L. 76 1-1 d u code de justice administrative ;
N' 0904058 , 0904138, 09041 65 2

Ils soutiennent que la délibération contestée méconnaît les dispositions de l' art icle
R.54 1· 14 du code de l' environnement, dès lors qu'il n'a pas été fait un inventaire prospecti f à 5
et 10 ans ; que l'enquête publ ique est irrégulière à défaut de publication valablement interve nue
de l' avis cl'enquête; gu' en méconnai ssance de l'article R. 11 ·14·8 du code de l'expropriation, le
dossier soumis à enquête publique n' a pas été adressé à l' ensemble des maire s du département ;
que le dossier qu i a été adre sse aux maires ne comportait pas l' avis émis par le CODERST ; que
le projet et le rapport environnemental auraient dû être soumis à enquête publique dans les
formes prévues à J'article R.11 -14-2 du code de l'exprop riation ; que le dossier cl'enquête devait
comprendre un document menti onnant les textes régissant cene dernière, conformément aux
dispositions de l'article R.11-14-4 du code de l'expropriation ; qu' en méconnaissance de l'arti cle
R. 11-14-14 du code de l' exprop riation, la commission d' enquête n' a pas examin é l'ensemble
des observations qui lui ont été soumises; que le tableau récapitulatif des avis émis lors de
l' enquête ne satisfait pas aux ex igences de l'article R. 54 1-22 du code de l' environnement ; qu' à
défaut de j ustification du choix du proj et rete nu, notamment du point de vue enviro nnemental, le
plan méconnaît les dispositions de l' article R. 11-3 du code de l'expropriation; qu'en
méconnaissance des dispositions de l'article R. 54 1-22 du code de l'environnement, il n'est pas
justifié des principales mesures, en particulier de l'installati on d'un centre de stockage de
déchets ultimes à Lassac ; qu'en méconnaissance de l'article R. 541- 14 du code de
l'environnement, le choix du site de Lassac a été effectué, alors que les autorisations nécessaires,
après enquête publique, n'ont pas été d élivr ées ; qu'au demeurant, tant le préfet que la
commission d'enquête ont émis des réserve s quant au choix des sites, ceux-ci préférant la notion
de zones d' implantation souhaitables; qu' un tel choix méconnaît le principe constitutionnel de
libre administration des collectiv ités territoriales ; qu' en renvoyant à des études ultérieures des
éléments essentiels du plan, celui-ci constitue un document inachevé ; que le plan app rouvé
méconnaît l'article L. 541·1 4 du code de l'environnement et le principe de participation du
public inscrit dans la convention d'Aarhus, le choix du site de Lassac étant intervenu sans
concertation avec le public ; que le plan est illégal à défaut d' avoir indiqué la possibilité de
traitement de déchets par incinération dan s un autre département, en méconnai ssance de l'article
L. 541-14 II 2° du code de l'environnem ent, de sorte que l' avis émis par le conseil général de la
Haute-Garonne n' a pu valablement intervenir ; que le plan méconn aît l' objecti f de coordi nation
assigné par l'article R. 541-13 du code de J' environnement ; que n'a pas été exam iné le mode de
traitement de déchets pne umatiques par incinération, pourtant déj à autorisé; que le plan n' a pas
pris en considération les décharges sauvages, s' agissant de leur réhabilitation, en
méconnaissance de la directive communautaire 75/442 ; que le plan est illégal à défaut
d'inventaire prospectif à 5 et 10 ans, s' agissant de l'élimination des DEEE, en méconnai ssance
du décret n" 2005-89 du 20 juillet 2005 et de l'article R. 541-14 du code de l'environnement;
que le plan ne comporte pas de chapitre consacré aux déchets d'emballage ; qu'en
méconnaissance des articles L. 541-14 et R. 122-20 du code de l'environnement, le plan ne
prend pas en considération le traitement des pneumatiques ; que l' évaluat ion des déchets à traiter
omet le traitement de 103.000 tonnes ; qu' en retenant le site de Lassac, le plan méconnaît le droit
de la concurrence, plaçant le Sydom de l' Aude en position dominante, en méco nnaissance de
l' article R. 54 1-13 du code de l' environnement ; que le rapport environnemental est entaché
d'insuffisance, celui -ci ne prenant pas en con sidération les insuffisances, soulignées par le préfet,
quant aux incidences du projet de Lassac sur l'environnement, en méconnai ssance de l' art icle
R.122-20 du code de l'environnement ; qu' à dé faut de prise en considération des autres plans
visés par l'article l" du décret n'' 2005-613 , le plan approuvé est illégal ; que les sites de
Lambert et de Lassac n'ont fait l'objet d'aucune analyse de l'état initial de l'environnement ; que
ce plan n'expose pas plus les effets notables de sa mise en œuvre; que le plan ne j ustifie pas du
choix du projet retenu, en méconnaissance de l' article R. 122-20 du code de l' environnement ;
que le plan approuvé est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, l' avis du préfet étant rép uté
défavo rable, la délibération critiquée ne satisfaisant pas à la réserve émise par le CODERST ;
N' 0904058, 0904138, 0904165 3

qu'en méconnaissance de l'article L. 312 1-18 du code général des collectivités territoriales,
l'information des conseillers généraux a été insuffisante ;

Vu le mémoire, enregistré le 4 janvier 2010, présenté pour le département de l'Aude,


par Me Matharan, avocat, qui conclut au rejet de la requête ; il demande également que les
requérants soient condamnés à lui payer la somme de 5.000 euros, au litre de l'article L. 761 -1
du code de justice administrative;

Il soutient que les requérant s, personnes physiques, ne justifient pas d'un intérèt à agi r ;
qu'eu égard à la portée de la délibération attaquée, l' association requérante ne j ustifie pas de son
intérêt à agir; que la délibération contestée satisfa it aux exigences de l' article R. 54 1- 14 du code
de l'environnement, dès lors qu'elle a pour seul obj et de régulariser un motif de légalité externe,
retenu par le Tribunal ; que le moyen tiré du défaut d'affichage de l'avis d'enquête publique
manque en fait et en droit ; que le dossier d' enquête publ ique devait seule ment être déposé au
siège du conseil général ; qu'en application de l' articl e R. 541-20 du code de l'environnement, il
a pu considérer, qu'à défau t de réponse du CODE RST dans le délai imparti, son avis était réputé
favorable; qu'eu égard aux dispositions de l' article R. 541-22 du code de l'environnement, il
n'avait pas à satisfaire aux exigences de l'article R. 11- 14-2 du code de l'expropriation ; que
n'ont pas été méconnues les dispositions de l'article R. 11-14-14 du code de l'expropriation dès
lors que la commission d'enquête a bien formulé un avis et a pris en considération les
observations formul ées au cours de l'enquête ; que les requérants ne sauraient utilement invoquer
la méconnaissance de l'article R. 11-3 du code de l'expropriation, celles-ci étant inapplicables en
l'espèce; que le plan n'a nullement méconnu les dispositions de l'article R. 541-22 du code de
l'environnement , celui-ci ayant décl iné les mesures à mettre en œuvre, dans la notice exp licative
et examiné les différents modes de traitement des déchets; qu' il lui appartenait de prendre en
cons idération la décision du Sydom de l'Aude de retenir le choix du site de Lassac : qu'il a ainsi
bien pris en considération les programm es éta blis par les personnes publiqu es compétentes ; qu 'il
a pu valablement retenir un tel site, alors même que l' examen des demandes au titre des
installat ions classées pour la protection de l'environnement n'a pas eu lieu ; qu'aucun
équipement de traitement des déchets par incinération n' a été programmé avant l' approbation du
plan ; que le moyen tiré du prétendu report à des études ultérieure s d' éléments essentie ls du plan
est infondé; que n' ont nullement été méconnu es les dispositions de l'article L. 54 1· 14 du code
de l' environnement et que les requérants ne sa uraient utilement invoquer la méconnaissance les
stipulations de la convention d' Aarhus; que le plan fait bien mention de la solution transitoire
d'i ncinération ; que les critères définis dans le plan n' excluent nullement la poss ibilité de
recouri r à l'incinération ; que la délibération du Sydom de l' Aude prévoyant l' élimination des
déche ts par incinération à Toulouse date seulement du 30 août 2006 ; qu'au demeurant, les
requérants s'abstiennent de démo ntrer en quoi l'avis des autorités consultées aurait été altéré au
regard des dispositions de l'article R. 541-22 du code de l'environnement; que le plan n'avait
pas à faire référence aux installations de combustion de déchets locaux d'activité industrielle
détenus par la socié té Lafarge Ciment. au titre de l'article R. 541-13 du code de
l'environneme nt ; que le moyen tiré de l'absence de prise en cons idération des décharges
sauvages manque en fait; que les décharges brutes ou non autorisées ne sauraient être assimi lées
aux décharges sauvages ; que seul un recensement des décharges sauvages existantes est requis ;
que le plan prend bien en considérat ion les DEEE ; qu' il n'a aucune compétence en matière
d' élimination de ces déchets, pas plus que les autres personnes publique s, celle-ci pesant sur
leurs prod ucteurs ou leurs distributeurs ; que le plan n'avait nullement à faire référence à
l'échéance du 3 1 décembre 2006, relative à l' objectif de collecte sélective des DEEE ; que le
moyen tiré de l' absenc e de chapitre spécifique aux emballages et aux déchets d'emballage
manq ue en fait, eu égard au chapitre 6.1 de la partie V du plan ; que les mesures fixées par le
W 090405 8. 09041 38. 0904165 4

plan à cet égard sont suffisantes; que la question de l' élimination des pneumatiques relevait
enco re de la seule compétence du plan régional d'élimination des déchets; que J'élimination des
103.000 tonnes de déchets industriels banals ne relevait pas de sa compétence ; que le droit de la
concurrence n'a nullement été méconnu ; que le plan critiqué n'a pas vocation à se substituer aux
procédures prévues par la législation des installations classées, de sorte qu'il n'avait pas à
procéder à l' étude environnementale précise d' un site; que si le plan ne fait pas expressément
référence aux autres plan s articulés avec le plan critiqué, il précise les données disponibles de s
territoires voisins ; qu'il n'avait pas à faire référence au plan régional d'élimination des déchets
industriels, ses prescriptions, approuvées, étant obsolètes à la date d'adoption de la délibération
attaquée ; que l'analyse de l' état initial du site de Lassac est suffisante ; que le moyen tiré du
défaut d 'analyse des effets probables notables de la mise en œuvre du plan, s'agissant des sites
de Lambert et de Lassee, manque en fait ; que le moyen tiré du défaut de justification des choix
opérés manque en fait ; que les mesures compensatoires ont bien été examinées par le plan ; que
les avis émis sont bien des avis favorables et non « défavorables sous réserve de » ; que le
rapport cite l'en semble des réserves émises par le préfet et par la commission d'enquête, celles-ci
ayant été prises en considération; qu'ainsi, l' erreur manifeste d' appréciation alléguée n'est pas
établie ;

Vu le mémoire, enregistré le 23 février 2010, présenté pour M. ESPUCHE et autres, qui


persistent dans leurs précédentes conclusions ;

Ils font en outre valoir, qu' en application de l' article R. 541-13 du code de
l' environnement, un plan départeme ntal d'élimination des déchets ménagers et assimilés doit
prendre en considération l' ensemble des déchets ménagers ainsi que tous les déchets qui, par leur
nature, peuvent être traités dans les mêmes installat ions que les déchets ménagers, quelle que soit
la personne responsable de leur élimination; qu'en méconnaissance de l'article 5 de la directive
199913 1/CE du 26 avril 1999, le plan critiqué ne comporte aucune disposition quant à la
réduction progressive des déchets biodégradables mis en décharge ; que les déchets incinérés
dans l' unité Lafarge devaient bien être pris en considération par le plan, ceux-ci ne constituant
nullement des déchets dangereux ; que le plan critiqué est entaché d'erreur manifeste
d' appréciation dès lors qu'il conduit à une surcapacité des installations de traitement ;
qu'auj ourd'hui, le syndicat n' a plus la maîtrise foncière des terrains ;

Vu le mémoire, enregistré le I l mars 20 10, présenté pour M. ESPUCHE et autres, qui


persistent dans leurs précédentes conclusions;

Ils font en outre valoir que la délibération contestée est irrégulière dès lors qu'elle
méconnaît les dispositions de l' article R. 123-13 du code de l' environnement, à défaut de
mention dans l'arrêté portant ouverture de l' enquête publique et dans ravis d'o uverture de
l' enquête publique de l' identité de J' autorité compétente pour prendre la décision finale, ainsi
que de l' identité de la personne responsable du projet ;

Vu le mémoire, enregistré le 23 mars 2010, présenté pour le département de j'Aude, qui


persiste dans ses précédentes conclusions ;

Il soutient que le plan n' avait pas à prendre en compte les 103.000 tonnes de déchets
industriels banals, dès lors que ceux-ci ne suivent pas la même filière d'él imination que les
déchets ménagers ; que les déchets recensés ne comportent pas de déchets biodégradables au
NO 09040 58, 0904 138, 0904 165 5

sens des dispositions de la directive invoquee ; que l'installation de la cimenterie Lafarge n'est
pas autorisée à incinérer des déchets ménagers et assimilés, de sorte que le plan n'avait pas à la
prendre en considération ; que la prétendue surcapacité des installations prévues n'est nullement
établie ; que le moyen tiré de l' absence de maîtrise foncière est sans influence sur la légalité des
décisions contestées ; que le moyen tiré de l' absence d' information des élus manq ue en fait ; que
le moyen tiré du défaut de production des avis dan s le dossier soumis à enquête manq ue en fait ;
que le moyen tiré de la méconnaissance de J' article R. 123-13 du code de l' environnement est
inopérant ;

Vu l' ordonnance en date du 18 janvier 20 10 fixant la clôture d'instruction au 26 février


2010. à 12 heures, en application des articles R 6 13-1 et R 6 13-3 du code de justice
administrative;

Vu l' ordonnance en date du 26 février 20 10 prononçant la réouverture d'instruction et


fixant la clôture au 26 mars 2010, à 12 heures, en application des articles R 6 13-1 et R 613- 3 du
code de j ustice administrative;

Vu la note en délibéré, enregistrée le 23 novembre 2010, présentée pour M. ESPUC HE


et autres;

Vu la note en délibéré, enre gistrée le 30 novembre 20 10, présentée pour le départem ent
de l' Aude ;

Vu, Il). la requête enregistrée le 28 septembre 2009, sous le n? 0904138 . présentée pour
le SYNDICAT VITICOLE DU CRU MINERVOIS, dont le siège se situe avenue du Château, â
Siran (34210), représenté par son président en exercice. pour l' EARL AUGE, dont le siège se
situe domaine de Cabrespinat. à Salsigne ( 11600). représentée par son président en exercice,
pour l'EARL LA VITALLA DE. dont le siège se situe château de La Vitallade, à Sallèles-
Cabard ès (11600), représentée par son gérant en exercice, pour le GAEC MONTAGNE, dont le
siège se situe impasse de Quiès, à Limousis (11600), représenté par son représentant légal en
exercice et pour M. Jean-Louis ALAUX, demeurant château Le Bouchat Alaux, à Salsigne
( 11600), par Me Poitout, avocat ;

Le SYNDICAT VITICOLE DU CRU MINERVOIS et autres demandent au Tribunal :

1°) en application de l'article R. 622-1 du code de j ustice administrative, d'ordonner le


transport sur les lieux du Tribunal ;

2°) d' annuler la délibération du conseil général de l' Aude en date du 27 jui llet 2009,
approuvant le plan départem ental d' élimination des déchets ménagers et assimilés, ensemble
l' arrêté du président du conseil général de l'Aude en date du 28 juillet 2009, relatif à la révision
du plan départemental d'élimination des déchets ménagers et assimilés ;

3°) de condamne r le département de t' Aud e à payer au syndicat requérant la somme de


3.000 euros et celle de 1.000 euros aux autres partie s. au titre de l' article L. 761- 1 du code de
justice adm inistrative ;
W 09040 58, 0904138, 0904165 6

Ils soutiennent, qu'e n méconnaissance des articles R. 5-tl ·22 et R. 122-21 du code de
l' environnement, les avis devant être annexés au rapport environnemental ne l'ont pas été ; que
la comm ission d'enqu ête n' a pas exam iné toutes les observations soumises à son appréciation;
qu'elle n' a pas suffisamment motivé son avis, notanuncnt en quoi le site de Lassac ne présente
pas d'incon vénients ; que le choix du site de Lassac est contraire au princ ipe de précaution et à la
Charte de l' environnement, aux dispositions de l'art icle L. 110 du code de l' urbanisme et à la
Convention européenne du paysage ;

Vu le mémo ire enregistré le 11 janvier 20 10, présenté po ur le dépa rtement de l'Aude.


par Me Matharan. avocat, qui conclut au rejet de la requête ; il dem ande également qu e les
req uérants soient condamnés à lui payer la somme de 2.000 euros, au titre de J'art icle L. 761- 1
du code de j ustice administrative ;

Il so utient que les avis devant être joints au dossier soumis à enquête l' ont bien été; que
le rapport d' enquête restitue l' ensemble des entretiens particuliers, ainsi que les observatio ns
rec ueillies auprès du public ; que la commission d'enquête a bien examiné l' ensemble des
observations qu i lui ont été présentées et n' éta it pas tenue de répondre à toutes : que son avi s est
suffisamment motivé ; qu'elle a bien formulé un avis ; que le plan critiqu é ne méconnait
nullem ent le principe de précaution ni l' article 1er de la loi n" 2005-205 d u l" mars 2005 ; que le
site de Lassac ne souffre d' aucune diffi culté de desserte ; que la prétendue atteinte au paysa ge
n'est nu llement établie, tout comme celle qu i serait portée aux effort s relatifs à I'agrotourisme ;

Vu le mémoire enre gistré le 19 février 20 10, présenté pour le SYN DICAT VITICOL E
DU CRU MINERVOIS et autres, qui persistent dan s leurs précédentes conclusion s ;

Ils soutiennent, cn outre, qu ' en méconn aissance de l' art icle R. 123-5 du cod e de
l' environnement.!a prorogation de l' enq uête publique n' est pas régulièrement intervenue ;

Vu le mémoire enregistré le 25 mar s 20 10, présenté pour le département de l' Aud e, qu i


persiste dans ses précédentes concl usions;

Il fait valoir, en outre, que le dossier so umis à enq uête a été présenté con formément aux
dispositions des articles R. 54 1-20 et R. 54 1-22 du code de l'e nvironnemen t; que la prorogation
de l'enquête publique est régulièrement intervenue ; que la perte de maî trise fonci ère est sans
influence sur la légalité des décisions contestées; que l' o uverture du CSDU de Lassac n' a pas
pour effet de remettre en cause la réhabilitation opérée sur le site de Salsigne ; que les prétendus
risques de pollution tenant à l' ouverture d'un CSDU à Lassac ne sont pas établis; q ue ce proj et
ne porte pas atteinte aux paysa ges, ni aux vestige s archéol ogiques présent s sur le site;

Vu l'ordonnance en date du 26 février 20 10 fixant la clôture d'instruction au 26 mars


2010 , à 12 heures, en app licat ion des articles R 613- 1 et R 613-3 du code de just ice
administrat ive;
W 0904058 , 0904138 , 0904165 7

Vu. Ill), la requête enregistrée au greffe du tribunal le 30 septembre 2009. sous le


Q
n 0904 165. présentée pour M. René BASTIE. demeurant 1 rue de la Condamine, à Sallèles
Cabardès (11600), pour M. Régis FRAISSE. demeurant 9 avenue des Buissons. 1640, à Rhode
Saint Genèse (Belgique) et pour Mme Marie BLAIZE, demeurant La Ferruti èrc-Vic, à Conques
sur Orbiel (1 1600), par Mc Courrech, avocat;

M. BASTIE et autres demandent au Tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la délibération du conseil général de l'Aude en date du 27


j uillet 2009, approuvant le plan départemental d ' élimination des déchets ménagers et ass im ilés.
ensem ble l'arrêté du président du conseil général de l' Aude en date du 28 juillet 2009, relatif à la
révision du plan départemental d'élimi nation des déchets ménagers et ass imilés ;

2°) à titre subsidiaire, d 'ordonner une expertise ou une visite de s lieux;

3°) de condamner le dé partement de l'Aude à leur payer la somme de 3.000 euros, au


titre de J'article L. 761- 1 du code de justice administrative ;

Ils soutiennent, qu'en méconnai ssance de l' articl e R. 122-24 du code de


l'environnement. la décision approuvant le plan n' a pas fait mention de la po ssibilité d 'accès au x
documents visés à l'article L. 122-10 du code de l'environnement ; qu' à défaut d'avoir formul é
un avi s sur la création du site de Lassae et l'extension de celui de Lambert, la commi ssion
d'enquête a entac hé son avis d ' un défaut de motivation ; que le rapport env iron nemental est
entaché d' insuffi sance, dès lors que le plan a retenu le site de Lassac, sans analy ser l'état de
l'environnement de ce site, en méconnaissance des articles L. 122-6 et R. 122-20 du code de
l'environnement ; qu'en méconnaissance de l'article R. 122-20 3° du code de l'environnement,
le plan ne comprend pas une analyse des effet s de l' exp loitation du site de Lassac ; que le plan
n'a nullement pris en con sidération le site Natura 2000 et celui du Parc naturel régional ; que le
rapport environnemental n'expose pas les motifs de s choix opérés ni n'en j ustifie, en
méconnaissance de l'article R. 122-204° du code de l'environnement; que le plan ne définit pas
les me sures compensatrice s qui auraient dû être env isagées; qu'à tort, le con seil général s'est
estimé lié par la délibérat ion du conseil synd ical du SMED retenant le site de Lassac ; qu ' ainsi , il
a méconnu l'étendue de sa compétence, en méconnaissance de l'article L. 54 1- 14 du cod e de
l'environnement; qu'en prévoyant un centre de stockage de déchets sur le site de Lassac, le plan
critiqué est entaché d 'erreur manifeste d'appréciation ;

Vu le mémoire enregi stré le 4 j an vier 2010, présenté pour le département de l'Aude, par
Me Matharan, avocat, qui conclut au rejet de la requête ; il demande également que les
requé rant s so ient condamnés à lui payer la somm e de 3.000 euro s, au titre de l'article L. 76 1- 1
d u code de j ustice administrative;

li soutient que les requérants ne j ustifient pas d'un intérêt à agir, les déci sions attaquées
n'étant pas susceptibles de leur créer un préjudice personnel ; que le moyen tiré de la
méco nnaissance de l' article R. 122-24 du code de l'envi ronnement manque en fait, l' arrêté
critiqué répondant à l'exigence de ce s dispositions ; que l' avis du conunissaire enquêteur était
suffisamment motivé ; que cel ui-ci n'avait pas à émenre un avis particulier sur le choix du site de
N° 0904058, 090 4 138, 090 4 165 8

Lassac ; que le rappon en vironn emental n'est nullement entaché d 'insuffi sance, celui-ci n ' ayant
pas vocation à se substituer aux études à réaliser dans le cadre de la législation sur les
installat ions classées; que le moyen tiré de la méconnai ssance de l'articl e R . 122-20 du code de
l' environnement man que en fait ; q ue, conform ément aux dispositions des articles L. 122·6 et
R.122-20 1 3° du code de l' environnement, le rapport environnemental présente les effets
notables sur l'environnement de l' installat ion d'un CSDU sur le site de Lassac ; que la poll utio n
arséniée, au voisinag e du site de Lassac a bien été prise en considération ; que l' extension du site
de Lam bert n'est pas de nature à générer des problèmes au regard de la présence d'un site Natura
2000, de sorte que, conformément aux dispositions de l' article R. 122-20 1 3° a), le ra pport
environnemental n'exigeait aucune mention particulière à ce titre ; que le rapport
environnemental justifie des choix opérés ; que le recours à l' incinération n' a nullement été
écarté sans analyse ; que le rapport environnemental a bien déta illé les avantages et les
inconvénients des différentes solutions envisagées, conformément aux dispositions de l'article
L.1 22-6 du code de l'environnement; que le conseil général n'a nullement méconnu l' étendue de
sa compétence, co nfo rm ément aux dispositions de l'article L. 541-14 du code de
l' environnement ; qu'en ayant retenu le site de Lassae comme lieu d'implantation d'un CSDU, le
plan crit iqué n'est nullement entaché d'erreur manifeste d'appréciation;

Vu le mémoire enregistré le 26 mars 2010, présenté pour M. BASTIE et autres, qui


persistent dans leurs précédentes conclusions;

Ils soutiennent en outre qu' ils j ustifient d'une qualité leur donnant intérêt à agir ; que,
dès lors que le plan a relenu un site d'implantation précis, il appartenait au commissai re
enquêteur de se prononcer sur un tel choix et ce dernier ne pouvait intervenir qu'à l'issue
d'é tudes complètes et circonstanciées; qu 'en effet, une telle d étermination a pour effet
d' imposer, au niveau de l'autorisation au titre des installations classées, la seule installation du
site de Lassac ; qu' ils sont fondés à soutenir que, eu égard au degré de précision du plan, le
rapport environnemental est insuffisant s' agissant du choix du site de Lassac ; qu'en l'espèce,
compte tenu du degré de précision du plan, l'autorité préfectorale se retrouve en situation de
compétence liée dans le cadre de l' examen de l'autorisation au titre des installations classées ;
que les seuls tableaux annexé s au rapport environnemental ne sauraient satisfaire à l'exigence
d'analyse des effets probab les de la mise en œuvre du plan; que l' implantation d' un centre
d'enfouissement technique à Lassac aura bien des effets notab les; que les pièces écrites ne
consacrent pas la moindre ligne aux effets négatifs sur l'environnement de l' extension du site de
Lambert et de la créatio n de celui de Lassac ; que le rapport environnemental est d' autant plus
insuffisant que le site de Lassac est intégré à un paysage remarquable, d'i mportance nationale ;
que le même rapport ne justifie pas de ce que l' extension du site de Lambert ne présenterait
aucun problème au regard de l' existence d'un site Natura 2000 ; que, s' agissant du choix du site
de Lassac, le rapport environnemental aurait dû s' interroger sur son articulation avec le
programme de dépollut ion du site; que le rapport environnemental ne j ustifie absolument pas
des choix opérés, notamment quant à l' exclusion d'un traitement des déchets par incinération ni
au fait que d' autres sites que Lassac aient été envisagés et écartés ; que les études de recherche
de site n'ont pas été jo intes au rapport environneme ntal ; qu'auc une réelle mesure compensatrice
n' a été envisagée ;

Vu le mémoire enregistré le 30 avril 20 10, présenté pour le départemen t de l' Aude, qui
persiste dans ses précédentes conclusions; il demande également que les req uérants soient
condamnés à lui payer la somme de 1.000 euros chacun, au titre de l' article L. 76 1- 1 du code de
j ustice administrative;
W 0904058. 0904 138. 0904 165 9

Il soutient que le seul niveau d' ana lyse requis, s' agissant des effets sur l' environnement.
est départemental el non. site par site; que le rapport environnemental présente des
développeme nts importants à l'impact spécifique du site de Lassac ; qu 'il n' était nulle ment tenu
de présenter l' état archéologique du site; que les trav aux de dépollution du site minier voisin
sont sans lien avec l' implantation du CSDU de Lassac ; que le rapport environnemental j ustifie
des choix opérés. s'ag issant de la préve ntion de la produc tion des déchets, de la collecte et du
tran spo rt des déchets, de la valorisation et du traitement des résiduel s ; que le traitement par
incinération a bien été exam iné ; qu'il n'a pas compétence en ma tière de traitement des déchets,
celle-ci relevant des co mmunes et de leurs groupements ; qu' il a bien pris en considération la
possible présence de vestiges archéologiques ;

Vu le mémoire enregistré le 18 mai 2010 , pré senté pour M. BASTIE et autre s, qUI
persistent dans leurs précédentes conclusions ;

Ils soutiennent que la commission d'enquête a bien précisé que son avis ne valait pas
pour les choix de la création de Lassac et de l'extension de Lam bert ; qu'ils n' ont j amais soutenu
qu e le préfet se retrouverait en situa tion de com pétence liée mais, qu 'en revanche, le plan
critiqué a pour effet d'i nte rdire au préfet de délivrer une autorisation pour l'i nstallation d'un
CSDU sur d' autres sites que ceux de Lambert et de Lassac ; qu e le moyen tiré de la
méco nnaissance par le département de l' étendue de sa compétence est relatif à l' élaboration du
plan et non au traitement des déc hets, compétence relevant en l'occurrence du Sydom ; qu 'il
appartenait donc bien au dépa rtement de décider du choix du site de Lassee . ce qu'il n' a pas fait;

Vu le mémoi re enregistré le 27 mai 20 10, présenté pour le département de l'A ude, qu i


persiste dans ses précédentes conclusions ;

Il soutient que l' avis favorable émis par la comm ission d 'enquête vaut bien pour le plan
pris dan s sa globalité ;

Vu le mémoire enregistré le 28 ma i 20 10, présenté pour M. BASTIE et autre s, q UI


persistent dans leurs précédentes conclusions ;

Vu le mémo ire enregistré le 28 mai 20 10, présenté pour le dépa rtement de l'Aude, qui
persiste dans ses précédentes conclusions ;

Vu l' ordonnance en dat e du 26 février 20 10 fixan t la clôture d'in struction au 2 avri l


2010, à 12 heures, en application des art icles R 6 13- 1 et R 6 13·3 du code de justic e
administrative ;

Vu l' ordonnance en date du 2 avril 20 10, prononçan t la réou verture de l' instruction et
fixant sa clôture au 30 avri l 20 10, à 12 heures, en application des art icle s R 6 13· 1 et R 6 13-3 du
code de j ustice administrative;
W 0904058 , 0904138 , 0904 165 \0

vli l' ord onnance en date du 6 mai 20 10. prononçant la réouvert ure de l' instruction et
fixant sa clôture au 28 mai 20 10, à 12 heures, en application des arti cl es R 613 -1 et R 613 -3 du
code de j ustice administrative ;

Vu la note en déli béré. enregistrée le 20 nov embre 2010, présen tée pou r M. BASTIE et
autres;

Vu les décisions attaqué es;

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu le code de l' environn ement ;

Vu le dé cret n° 96- 1008 du 18 novembre 1996, relatif aux plans d 'éliminat ion des
déchets ménagers et assimilés. modifié ;

Vu le code de j ustice adm inistrati ve ;

Les panies ayant été régulièrement averties de la date de l'audience;

Ap rès avoi r entendu au co urs de l'audi ence publique du 19 novembre 20 10 :

- le rap port de M. Prunet, rapporteur ;

- les conclusions de Mm e Hardy, rapporteur public ;

- les ob servations de Me Gollain, pour M. ESPUCHE et autre s ;

- les observations de Me Schlegel, pour M. BA ST IE et autres ;

- et les observa tions de Me Matharan, pou r le departement de l'Aude ;

Co nside rant qu e les requêtes susvisees, nO090405 8, n" 090 4 138 et n" 0904 165 tendent
à l'annulation des mêm es actes adm inistratifs, presentent à juger les mêm es q uestio ns et ont fait
l'objet d'une instruction commune ; qu'il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statue par un
même jugement ;

Considerant que par une dé lib ération du 27 juillet 2009, faisant suite au jugement de ce
tribu nal du 12 j uin 2009 par lequel ont été an nulé s la dél ibération du consei l géné ral de l' Au de
du 26 mars 2007 appro uvant la révision du plan dép artemental d ' élim ination des déche ts
ménage rs et ass imilés de l'Aude et l'arrêté du président du conseil général de l'Aude pris le 27
mars 2007 pour l'exécution de cette déli bératio n, le conseil général de l' Aude a approuvé la
N' 0904058, 0904138, 0904165 11

révision du plan départemental d'élimination des déc hets ménagers et assim ilés de l'Aude; que
par arrêté du 28 j uillet 2009. le président du conseil général de l'Aude a déc idé la mise en œuvre
de ce plan qu i prévoyait notamment la création d'un centre de stockage de déc hets ultimes au
lieu-dit Lassac, sur le territoire de la commune de Sallèles-Cabardès ; que les requérants
demandent l'annulation de cette délibération et de cel arrêté ;

Sur les fins de non- recevo ir opposées :

Considérant. en pre mier lieu, que , pour j ustifier de leur intérêt à demander J'annu lation
des décisions précitées, M. ESPUCHE et les autres personnes physiques requérantes. dans les
requêtes enreg istrées sous le na 0904058 et sous le na 0904 165. se prévalent de leur qualité de
propriétaires, riverains immédiats du site devant accueillir le projet de centre de stockage de
déchets ultimes de Lassac : que, contrairement à ce que soutient le département de l' Aude, en
cette seule qualité, qui n'est pas contestée, les requérants j ustifient d'un intérêt suffisant à
demander l'annulation des décisio ns précitées ;

Considérant, en second lieu, qu'il ressort des pièces du dossier, enregistré sous le n''
0904058, que, selon ses statuts, l'ASSOCIATIO N TERRES D'ORBIEL a notam ment pour objet
de s' opposer à l' installation sur le site de Lassac de tout centre de traitement et d'enfouissement
des ordures ménagères ; qu' eu égard à un tel objet social. cette association justifie également
d'un intérêt à demander l'annulation des décisions contestées;

Considérant qu' il résulte de ce qui précède que le département de l'Aude n' est pas
fondé à opposer la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants précités ;

Au fond :

Considérant, en premier lieu. qu'aux termes de l' article R.541-14 du code de


l'environnement : « Les plans d'élimination des déchets ménagers et assimilés comprennent : /
(.. .) 2° Un inventaire prospectif, établi sur cinq et dix ans, des quantités de déchets à éliminer
selon leur nature et leur origine; / 3° La fixation, pour les diverses catégories de déchets qu'ils
définissent. des proportions de déchets qui doivent être à terme de cinq ans, d'une pan, et à terme
de dix ans, d'autre part, soit valorisés par réemploi, recyclage, obtention de matières réutilisables
ou d'énergie, soit incinérés sans récupération d'énergie ou détruits par tout autre moyen ne
conduisant pas à une valorisation, soit stockés (... j » ; que ces dispositions imposent que le point
de départ des périodes de cinq et dix ans qui y sont prévues soit fixé, au plus tôt, à la date à
laquelle le plan est régulièrement approuvé ; qu'il suit de là que, alors même que sa précédente
délibération du 26 mars 2007 approuvant la révision du plan départemental d'élimination des
déchets ménagers et assimilés de l'Aude avait été annulée pour un motif d'illégalité externe par
ju gement de ce tribunal du 12 juin 2009. Je conseil général de l'Aude ne pouvait, ainsi qu'il l'a
fait par sa délibération attaquée du 27 juill et 2009, se borner. après avoir purgé le vice dont était
entachée la première délibération, à approuver de nouveau un plan départemental d'élimination
des déchets prévoyant un inventaire prospectif des déchets à éliminer à l'échéance des années
2012 et 2017 et fixant, pour ces mêmes périodes, les méthodes de valorisation, de recyclage ou
d'élimination de ces déchets ;

Considérant, au surplus, qu'aux termes de l'article L.122-6 du code de


l'environnement: « L'évaluation environnementale comporte l'établissement d'un rapport qui
identifie, décrit et évalue les effets notables que peut avoir la mise en oeuvre du plan ou du
N' 0904058, 090 4138 , 0904 165 12

document sur l'environnement. Ce rapport présente les mesures prévues pour réduire et, dans la
mesure du possible, compenser les incidences négati ves notables que l'application du plan peut
entrainer sur l'environnement. Il expo se les autres solutions envisagées el les raisons pour
lesquelles, notamment du point de vue de la protection de l'environnement. le projet a été retenu .
t Le rapport environnemental contient les informations qui peuvent être raisonnablement exigées,
compte tenu des connaissances ct des méthodes d'évaluat ion existant à la date à laquelle est
élaboré ou révisé le plan ou le document, de son contenu et de son degré de préci sion et, le cas
échéant. de l'existence d'autres documents ou plans relatifs à tout ou parti e de la même zone
géographique ou de procédures d'évaluation environnementale prévues à un stade ultérieur. » et
qu 'aux termes de l'article R. 122-20 du même code , dans sa rédaction alors en vigueur: « L - Le
rapport environnemental comprend: (... ) 1 3° Une analyse exposant : 1 a) Les effets notables
probables de la mise en oeuvre du plan ou docum ent sur l'environnement et notamment, s'il y a
lieu, sur la santé humaine, la diversité biologique, la faune, la flore, les sols, les eaux, l'air, le
bruit, le climat, le patrimoine culturel architectural et archéologique et les paysages; 1 b) Les
problèmes posés par la mise en oeuvre du plan ou document sur la protection des zones revêtant
une importance particulière pour l'environneme nt telles que celles désignées conformément aux
articles R. 4 14-3 à R. 414· 7 ainsi qu'à l'article 2 du décret n" 200 1-103 1 du 8 novembre 2001
relatif à la procédure de désignation des sites Natura 2000 et mod ifiant le code rural ; 1 4°
L'exposé des motifs pour lesquels le projet a été retenu au regard des obj ectifs de protection de
l'environnement établis au niveau international, communautaire ou national et les raison s qui
j ustifient le choix opéré au regard des autres solutions envisagées ; 1 5° La présentation de s
mesures envisagées pour éviter, réduire et, si possible, compenser les conséquences
dommageables du plan ou du document sur l'environnement et en assurer le suivi ; 1 6° Un
résumé non technique des informations prévues ci-dessus et la description de la manière dont
»} ;
l'évaluation a été effectuée (.. .

Considéran t que lorsque, comme en l'espèce, un plan départemental d'éli mination des
déchets ménagers et assimilés détermine avec précision la localisation de certains équipemen ts, il
est nécessaire que l'analyse exposée dans le rapport environnemental décrive et évalue les effets
notables des équipements envisagés sur l'environnement, présente les mesures prévues pour
réduire et, dans la mesure du possible, compenser les incidences négatives notables de ces
équipements et j ustifie des choix ainsi retenus et, en particulier pour ces équipements, expose les
problèmes posés par la mise en oeuvre du plan sur la protection de ces zone s et ce, alors même
que les équipements considérés seraient soumis à autorisation au titre des installations classées
pour la protection de l'environnement; qu'eu égard à la localisation extrê mement précise qui a
été retenue pour l'implantat ion des installations de stockage des déche ts, l'une par exte nsion du
site de Lambert , sur des terrains inclus dans une zone Natura 2000 et l'autre, à Salsigne, au lieu-
dit Lassac, en un lieu dont les sols présentent une importante pollution à l'arsenic , et bien que
quelques précisions complémentaires y aient été apportées à la suite des observations formul ées
par le préfet de l'Aude en ce qui concerne, notamment, la définition des critères retenus pour
d éterminer la localisation des centres de stockage de déchets ultimes et la prise en considération
des contraintes environnementales du site de Lambert, le plan environnemental n'exprime les
incidences de la mise en œuvre du plan au niveau départemental qu'en tenues très généraux qui
ne peuvent être con sidérés comme suffisants au regard des exigences des dispositions précitées
du code de l'environnement ;

Considérant qu'i l résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se
prononcer sur les autres moyens des requêtes et sans qu'il soit nécessaire pour le tribunal de se
transporter sur les lieux comme certains des requé rants l'y ont invité, la délibération du con seil
général de l' Aude du 27 j uillet 2009 ainsi que l' arrêté du président du consei l général de J' A ude
du 28 j uillet 2009 pris pour son exécution doivent être annu lés ;
N'0904058.0904138. 0904165 13

Sur les conclusions tendant à l' application de l'article L. 76 1- 1 du code de justice


:!dministrative :

Consid érant que. dans les circonstances de l'espèce. il y a lieu de condamner le


département de l' Aude à verser la somme de 1.000 euros à M. ESPUCHE et autres, la somme de
1.000 euros au SYNDICA T VITICOLE DU CRU MIN ERVO IS et autres et la somme de 1.000
euros à M. BASTIE et autres, au titre des frais exposés par eux et non compri s dans les dépens;

Considérant qu'en vertu des dispositions de l'article L.761-1 du code de j ustice


administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépe ns ou la partie
perdante du paiement par l' autre partie des frais qu ' elle a exposés à l' occasion du litige soumis
au j uge ; que les conclusions présentées à ce titre par le département de l' Aude doivent, dès lors,
être reje tées ;

DECIDE :

Article 1er : La délibération du conseil général de l'Aude du 27 juillet 2009. ensemble l'arrêté du
président du conseil général de l' Aude du 28 juillet 2009 pris pour son exécution, sont annulé s.

Article 2 : Le départem ent de l'Aude versera la somme de 1.000 euros à ~1. ESPUCHE et autres,
la somme de 1.000 euros au SYNDICAT VITICOLE DU CRU MINERVOIS et autres et la
somme de 1.000 euros à M. BASTIE et autres, au titre de l'article L. 761 -1 du code de j ustice
administrative.

Article 3 : Les conclusions du département de l'Aude tendant à l'application de l'article L.761-1


du code de justice admini strative sont rejetée s.
W 0904058, 0904138 , 0904 165 14

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. François ESPUCHE, à M. Christian DE


MARJON GAJA , à M . Henri DE MARJON GAJA, à l' ASSOCIATION TERRES D'ORBIEL,
au SYNDICAT VITICOLE DU CRU MINERVOIS, à l'EARL AUGE, à l' EARL LA
VITALLADE, au GA EC MONTAGNE, à M. Jean-Louis ALAUX, à M. René BASTlE, à M.
Régis FRAISSE , à Mme Marie BLAIZE et au départeme nt de l'Aude.

Copie en sera adr essée au préfet de l'Aude.

Délibéré après l'audi ence du 19 novembre 2010, à laqu elle siégeaient :

M. Alfonsi , président,
M. Prunet. prem ier conseiller,
M. Serre, premier conseiller,

Lu en aud ience publique le 3 déce mbre 2010.

Le rap porteur, Le président,

P. PRUNET J. F. ALFONSl

La greffière,

M.-A. BARTHELEMY

La Répu blique mand e et ordo nne au préfet de l' Aude, en ce qui le co ncerne ou à tous
huissiers de justice à ce requi s en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les pa rties
priv ées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision .

Pour expédition conforme,


Mo ntpellier. le 3 décembre 2010.

La greffière,

M.-A. BARTH ELEMY