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NOTE DE CONSULTATION RELATIVE AU CHOIX DE CREATION D’UNE

FILIALE OU D’UNE SUCCURSALE AU CAMEROUN

I. CREER UNE FILIALE AU CAMEROUN

La notion de filiale est expressément traitée dans l’Acte Uniforme de l’OHADA relatif aux sociétés
commerciales.

En effet, l’article 179 dispose que « une société est société mère d’une autre société quand elle possède
dans la seconde plus de la moitié du capital. La seconde société est la filiale de la première ».

Il ressort clairement de cette lecture que la filiale est une société dont le capital appartient pour plus de
moitié à une autre société qui, dès lors, est en mesure de la contrôler.

Qu'est-ce qu'une filiale ?

Juridiquement : une filiale est une société dont le capital est possédé pour plus de 50 % par une autre
société, dite société mère (article 179 de l’Acte Uniforme de l’OHADA). La société mère contrôle la
filiale : elle a une influence déterminante sur sa gestion en détenant la majorité de son capital social.

Quel est son statut juridique ?

La filiale a une personnalité juridique propre, distincte de celle de la société mère. La filiale se distingue
de la succursale en ce que bien que contrôlée, elle est une véritable société ayant sa personnalité juridique
propre. Elle dispose ainsi de biens propres et de tous les attributs résultant de la personnalité morale.
Elle agit en son propre nom. Le plus souvent, la société mère fixe les buts à atteindre tout en laissant à
sa filiale une certaine liberté sur les moyens à utiliser.

Les risques sont partagés : la société mère ne répond pas des dettes de sa filiale et inversement. En effet,
les tribunaux étendent parfois à la société mère la procédure collective ouverte à l'encontre de la filiale
lorsqu'ils estiment qu'il y a eu confusion de patrimoine ou d'activité entre les deux sociétés et que la
filiale est une société fictive. Cette notion pourra être retenue s'il est prouvé qu'il y a eu des transferts
d'actifs entre les deux sociétés sans contrepartie. C’est pourquoi il convient d'être prudent et d'assurer
l'indépendance tant économique que juridique de la filiale.
Comment créer une filiale dans l’espace CEMAC ?

La société mère étrangère peut :

1) Soit créer une nouvelle société dans le pays d’implantation (société de droit Camerounais par
exemple). Certes, c’est une formule coûteuse et longue voir difficile à mettre en œuvre, mais elle permet
de choisir la structure juridique locale la mieux adéquate.

2) Soit par la reprise d’une société étrangère.

Cela est possible par une prise de participation dans le capital d'une société étrangère (achat d'actions,
souscription à une augmentation de capital). Ce choix permettra de bénéficier d'une structure
immédiatement opérationnelle sur le marché. Mais il conviendra de faire un audit très précis de
l'entreprise à reprendre.

L'organe compétent au sein de la société mère pour prendre cette décision est :

La direction de la société mère lorsque l'objet social de la filiale est identique. Ainsi, dans une société
anonyme, la décision est prise par le président du conseil d'administration sur autorisation ou non du
conseil d'administration, suivant les statuts.

L'assemblée générale extraordinaire lorsque les objets sociaux de la filiale et de la société mère sont
différents. Dans ce cas, une modification de l'objet social de la société mère est nécessaire.

Une fois la décision prise, il conviendra, selon les cas, de :

Choisir l'une des formes juridiques en vigueur dans la législation du pays d'implantation et procéder aux
formalités de constitution exigées dans le pays d'implantation. Exécuter les modalités de rachat de parts
ou de souscription au capital.

Quel est son statut fiscal ?

Les bénéfices réalisés par la filiale sont imposés selon la réglementation du pays d'implantation. La base
imposable et le taux d'imposition sur les bénéfices sont déterminés de la même façon que pour les
entreprises nationales, car la filiale est fiscalement considérée comme "résidente" du pays
d'implantation.

Le régime de l'intégration fiscale

Ce régime permet à une société mère d'être la seule redevable des impôts du groupe qu'elle forme avec
ses filiales. Il s'applique aux sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés au taux de droit commun sur la
totalité des résultats français.

Quel est son statut social ?

Les salariés de la filiale sont soumis au régime social du pays d'implantation.


II. CREER UNE SUCCURSALE AU CAMEROUN

L’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales énonce que ‘’ La succursale peut être
l’établissement d’une société ou d’une personne physique étrangère’’

Aux termes des dispositions de l’article 10 de la loi n° 90/031 du 10 Août 1990 régissant l'activité
commerciale, les sociétés commerciales étrangères qui veulent s’installer au CAMEROUN peuvent y
ouvrir une succursale en lieu et place d’une société de droit camerounais.

L’ouverture d’une succursale par une société étrangère relève au préalable d’une décision de
l’Assemblée Générale, du Conseil d’Administration de la Société, ou le cas échéant d'une décision du
Président Directeur Général ou du Gérant.

Cette décision définit les activités de la future succursale, nomme son responsable, fixe les pouvoirs de
ce dernier, et lui consent des pouvoirs pour la réalisation des formalités y afférentes.

Les formalités de création de la succursale sont accomplies par le notaire. Pour ce faire, le responsable
désigné doit lui fournir les documents suivants ;

- les statuts de la société étrangère ;


- une expédition de l’acte d’immatriculation de ladite société au Registre du Commerce ;
- le Procès-verbal de la réunion de l’Assemblée générale, du Conseil d’Administration (ou
le cas échéant la décision du PDG ou du Gérant) portant ouverture de la succursale ;
- la photocopie de la Carte de séjour du responsable de la succursale ;
- et un extrait du Casier Judiciaire de l’intéressé datant de moins de trois (3) mois.

L’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales ne définit pas expressément les règles de
constitution d’une succursale. Cependant, l’article 119 de cet acte énonce que ‘’la succursale est
immatriculée au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier’’.

Cette immatriculation ne confère pas à la succursale une personnalité juridique autonome et distincte de
celle de la société ou de la personne physique propriétaire. Il en découle que la succursale n’a pas la
capacité d’ester en justice.

La durée d’activité de la succursale ne peut être supérieure à deux années à compter de sa date
d’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier. Au-delà de ce délai, la succursale
ainsi créée doit être apportée à une société préexistante ou venant d’être constituée dans l’un des Etats
partie.

Il peut être dérogé à cette obligation de filialiser par l’obtention d’un arrêté du ministre chargé du
Commerce. La durée d’une telle dispense est limitée à deux ans (article 120) non renouvelable.

Les sanctions prévues en cas de violation de cette obligation sont : la radiation de la succursale
du Registre du Commerce, et des sanctions pénales à l’encontre des dirigeants sociaux de la société
étrangère ou de la personne physique étrangère.
Ce régime des succursales des sociétés étrangères au CAMEROUN s’applique exclusivement aux
sociétés dont le siège social est situé en dehors de l’un des seize Etats de l’espace OHADA.

Ainsi, une société malienne pourra ouvrir une succursale au CAMEROUN sans que la durée de cette
succursale soit limitée dans le temps.

L’Article 120 al 2 de l’AUSCGIE autorise également les « sociétés soumises à un régime particulier »
à poursuivre leur activité sous la forme d’une succursale au-delà du délai maximum de deux ans
(renouvelable dorénavant une seule fois), ce qui laisse donc ouverte la possibilité pour les Etats membres
de mettre en place de tels régimes particuliers dans leurs législations nationales.

III. NOTRE PROPOSITION

A l’issue de l’analyse comparative qui ressort des préalables relatifs à chaque forme d’entités ci-dessus,
au vu de nos échanges relatifs à votre besoin, nous vous conseillerons de faire le choix de la filiale.

Nous restons disposés à vous accompagner dans la formalisation de cette étape chez l’un de nos
partenaires notaires sur la place.

Par ailleurs, nous restons disposés pour toutes questions ou éclaircis nécessitant notre intervention.

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