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Fait par : Gharbi Maha

L’exercice de l’action publique :
L’action publique a pour but de réprimer le trouble social, par l’application d’une
d’une peine ou d’une mesure de sureté à l’auteur de l’infraction. C’est une action de
d’intérêt général ou d’ordre public, par opposition à l’action civile qui est d’intérêt
privé.

Elle appartient à la société et à elle. Celle-ci a seule le droit de l’exercer ou d’y


renoncer. A vrai dire la société le fait exercer par des représentants qualifiés (les
magistrats du ministère public).

L’étude de l’exercice de l’action publique requiert l’examen successif des sujets de


l’action ainsi qu’aux modes de son exercice.

- Les sujets de l’action publique :

A ce niveau on pose deux questions : premièrement « contre qui l’action publique


peut être exercée ? » (Sujet passif) et deuxièmement « Qui peut exercer l’action
publique ? » (Sujet actif)

 Le sujet passif de l’action publique :

Etant une action pour l’application d’une peine, l’action publique ne peut en aucun
cas être dirigée que contre l’auteur de l’infraction, ou le complice même s’il n’est pas
encore identifié. Le principe de la responsabilité pénale individuelle et celui de la
personnalité des peines interdisent de l’intenter contre les personnes qui ne sont pas
civilement responsables du délinquant.

En cas d’infraction reprochée à une personne morale, l’action publique est en


principe dirigée contre les dirigeants de celle-ci. Cependant, les tiers civilement
responsables sont souvent cités devant les juridictions répressives pour paiement
des dommages et intérêts si le délinquant dont ils répondent est déclaré coupable et
condamné, mais leur condamnation est de nature purement civile.

En raison du même principe l’action publique ne peut en cas de décès du délinquant


être exercée contre les héritiers de celui-ci car ils ne sont tenus que des réparations
et des dettes civiles.

 Le sujet actif de l’action publique :

La mise en mouvement est l’acte initial de la poursuite, celui par lequel l’action
publique est déclenchée et qui saisit la juridiction d’instruction ou la juridiction du
jugement. Elle est le premier acte de l’exercice de mais elle ne constitue pas à elle
seule l’exercice.
L’exercice de l’action publique appartient exclusivement au ministère public et à
certaines administrations.

Le ministère public n’est pas un juge mais partie : le ministère public agit au nom de
la société, il a seulement le pouvoir de poursuivre et d’exercer l’action publique, mais
il n’a ni droit d’instruire, ni droit de juger, c’est-à-dire de décider l’innocence ou la
culpabilité et de prononcer un acquittement ou une condamnation à une peine.

Le ministère public est également un demandeur, mais il est un demandeur dont la


situation est différente de celle du demandeur au procès civil. Il exerce une action qui
appartient à la société dont il est le représentant et au nom de laquelle il agit.

- Les modes d’exercice de l’action publique  :

Il s’agit d’indiquer les différents moyens dont dispose le ministère public pour
déclencher l’action publique. Ce sont l’avertissement, l’information, la citation directe
et le procédé particulier en cas de flagrant délit.

1/ l’avertissement : l’avertissement délivré par le ministère public dispense de la


citation et saisit le tribunal de jugement, lorsqu’il est suivit de la comparution
volontaire de la personne à laquelle il est adressé. Si au contraire le prévenu ne
comparait pas le tribunal n’est pas saisi. Cet avertissement qui indique l’infraction
poursuivie ainsi que le texte qui la réprime, peut être adressé tant à un prévenu libre
qu’à un prévenu en détention provisoire.

2/l’information : le procédé d’information consiste à saisir un juge d’instruction qui va


enquêter sur l’affaire de façon approfondie, avant de décider s’il y a lieu ou non de
faire comparaitre le suspect devant la juridiction de jugement. Lorsqu’il est employé
par le ministère public, le parquet rédige un réquisitoire, ce dernier mettra l’action
publique en mouvement.

3/la citation directe : à côté du procédé technique de l’information, qui aboutit à ouvrir
une instruction préparatoire, le ministère public peu procédé à travers la citation
directe et saisir directement la juridiction de jugement en citant le coupable devant
elle.

4/procédure spéciale en cas de flagrant délit : cette procédure est spéciale et


accélérée, elle est applicable soit en cas de délit flagrant, soit lorsqu’il apparaît au
procureur que les charges réunies sont suffisantes et que l’affaire est en état d’être
jugée en cas d’infraction non flagrante.
La présomption d’innocence :
Le nouveau code de la procédure pénale affirme avec force le principe de la
présomption d’innocence et lui consacre l’article premier qui stipule que « tout
accusé et tout individu soupçonné d’avoir commis un acte délictuel est présumé
innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement et définitivement établie
suite à un procès public et équitable où toutes les garanties légales nécessaires à sa
défense lui auront été assurées »

Avant l’entrée en vigueur du nouveau code, le juge d’instruction pour garder un


accusé, n’avait à sa disposition que la détention préventive. Pour des raisons
sociales ou plutôt humanitaires la nouvelle procédure permet désormais au juge
d’instruction d’avoir recours à un autre moyen qui concilie à la fois les exigences de
l’enquête avec les droits de la défense et la sauvegarde des libertés individuelles. Ce
moyen est appelé « le contrôle judiciaire ».

Cette mesure permet au juge de mettre sous contrôle judiciaire l’inculpé à tout
moment de l’instruction pour une durée de deux mois renouvelable cinq fois soit 10
mois au total quand il s’agit d’un flagrant délit, et un mois renouvelable 2 fois soit 3
mois au total quand il s’agit de délit.
L’opportunité des poursuites :
Le code de procédure pénale précise que le parquet est libre de donner la suite qu’il
considère aux plaintes, dénonciations, procès-verbaux et rapports qui lui sont
adressés à l’occasion de la commission d’une infraction.

En pratique, les poursuites sont généralement réservées aux infractions graves. Cela
permet de ne pas incomber les tribunaux répressifs d’infractions provoquant un faible
préjudice. Cette attitude ne nuit pas à la victime qui pourra agir de son côté en
mettant en mouvement l’action civile.

1/ Limite à la liberté des poursuites : il arrive que la liberté soit anéantie par la
présence d’une finalité sociale supérieure préférable à la répression, ce sont des
empêchements définitifs, dans d’autres situations le déclenchement de l’action
publique est conditionné par la réalisation de conditions supplémentaires en plus des
éléments de l’infraction et la responsabilité de l’infraction et la responsabilité de
l’auteur, il s’agit d’empêchements temporaires.

- Les empêchements définitifs : il s’agit de l’amnistie, dans ces cas d’action


publique perd sa finalité, sa raison d’être. Par ailleurs le législateur prévoit des
cas d’immunités pour certains étrangers délinquants et certains nationaux
(parlementaires…), ces immunités sont propres à leurs auteurs et ne
s’étendent pas aux autres coauteurs ou complices.
- Les empêchements temporaires : contrairement aux empêchements définitifs
qui excluent définitivement l’exercice de la poursuite de l’action publique les
empêchements temporaires les conditionnent par la réalisation de certaines
conditions préalables.

2/ limite à la liberté de ne pas poursuivre : certaines limites sont apportées à la


liberté de ne pas poursuivre. En effet les juges du parquet peuvent recevoir des
ordres de poursuivre émanant du ministère de la justice ou leur supérieur
hiérarchique, c’est une atteinte à la liberté de la justice, elle s’explique par
l’hésitation, l’inertie ou l’abus du juge du ministère public.

3/ Modalités de déclenchement et d’exercice des poursuites  : En dehors de la


procédure simplifiée et expéditive de la flagrance, la loi marocaine limite les
modalités de l’exercice et du déclenchement de l’action publique à la citation et le
réquisitoire introductif d’instance.