Vous êtes sur la page 1sur 69

Master 1 en énergies renouvelables et efficacité énergétique

Module: Ingénierie des réseaux électriques


(Partie 1)

Cours dispensé à Esmer par Romaric Adegbola, ingénieur civil


électricien-Belgique, Chercheur-EPAC-UAC
Email: Adegbola_romaric@yahoo.fr
Tél: 62044092
RESEAUX DE TRANSPORT ET DE DISTRIBUTION DE
L’ENERGIE ELECTRIQUE

Cours dispensé à Esmer par Romaric Adegbola, ingénieur civil électricien-


Belgique, Chercheur-EPAC-UAC
Email: Adegbola_romaric@yahoo.fr
Tél: 62044092
Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
PLAN DU COURS
I. Introduction aux réseaux de transport et de distribution
II. Systèmes électriques en régime sinusoïdal triphasé
III.Puissance transmissible dans une ligne
IV.Courbe d’équilibre et équation d’état d’un conducteur de
ligne
V. Calcul d’une liaison de ligne aérienne
VI.Calcul des caractéristiques RLC d’une jonction triphasée
VII.Système per-unit
VIII.Réseau et jeux de barres
IX.Modélisation d’un réseau électrique : calcul de
répartition de puissance.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
INTRODUCTION GENERALE

L'électricité circule depuis le lieu où elle est fabriquée jusqu’à l’endroit où elle est consommée,
par l’intermédiaire d’un réseau de lignes électriques aériennes ou souterraines. Il permet de
transporter et de distribuer l'énergie électrique sur l'ensemble du territoire béninois et même
vers d'autres pays frontaliers

Il est organisé à la manière d’un réseau routier avec ses grands axes, ses axes secondaires et
ses échangeurs :
 le réseau de transport joue le rôle du réseau des autoroutes et des routes nationales ;
le réseau de distribution joue celui du réseau des routes départementales.

Pour passer d'un réseau à un autre, les postes de transformation jouent le rôle d'échangeurs

Au Bénin, l'énergie électrique est acheminée vers environ 11 millions de consommateurs


(particuliers, professionnels, industrie, collectivités territoriales…), dont les besoins sont très
variés.
La consommation varie donc en permanence au cours de la journée et de l'année.

Comme l'électricité ne peut pas se stocker, la production doit être ajustée à cette
consommation

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Le réseau d'acheminement de l'énergie électrique est généralement organisé en 2 niveaux : le
réseau de transport et le réseau de distribution.

Ces réseaux électriques sont conçus dans le but de veiller à :

- la fiabilité de la fourniture de l’énergie électrique et à assurer une fonction de secours en cas


de pannes et/ou de défaillances.

-l’optimalisation de la disponibilité de l’énergie électrique au consommateurs ainsi ils


permettent d’acheminer l’énergie produites par les sources délocalisées vers les points de
consommation.

-Le but premier d’un réseau d’énergie est de pouvoir alimenter la demande des
consommateurs. Comme on ne peut encore stocker économiquement et en grande quantité
l’énergie électrique il faut pouvoir maintenir en permanence l’égalité:

c’est donc le problème de la CONDUITE du réseau

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Centrale électrique

Une centrale électrique (thermique, nucléaire, hydraulique, éolienne) est constituée d’une
turbine et d’un alternateur.
est constituée d’une turbine et d’un alternateur.

Fig. : Centrale Thermique Maria-Gléta 2 Abomey-Calavi


Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
Pour produire l'électricité, on utilise deux types de sources d'énergie : les énergies
renouvelables et les énergies non renouvelables :

Une énergie est dite renouvelable si son utilisation n'entraîne pas la diminution de sa réserve.
L'eau, le vent sont des énergies renouvelables au même titre que le soleil, la géothermie
(chaleur du sol).

Une énergie est dite non renouvelable si son utilisation entraîne la diminution de sa réserve.
Le pétrole, le charbon, le gaz naturel et l'uranium sont des énergies non renouvelables.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Le réseau de transport

Il transporte l'énergie électrique des centres de production, les centrales électriques, aux zones
de consommation :
 à l’échelle nationale, via le réseau de grand transport et d'interconnexion, vers :
 les grandes zones de consommation,
les pays frontaliers : le Togo, le Nigéria, le Burkina Faso, le Niger afin d’assurer la stabilité
du réseau, la sécurité d’approvisionnement, les échanges commerciaux.
 puis à l’échelle régionale et départementale,
via le réseau de répartition, vers :
 les agglomérations,
 les entreprises fortement consommatrices
comme la Béninoise, les cimenterie, ou les
industries (chimiques, sidérurgiques et
métallurgiques).

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Le réseau de distribution

Exploité, entretenu et développé par la SBEE, il permet de transporter l'énergie électrique à


l’échelle locale, des centres de distribution vers le client final : les petites et moyennes
entreprises, les villes, les grandes surfaces, les commerces, les artisans, les particuliers...

Il peut exister localement des sources de production qui injectent de l'électricité sur
le réseau (éolien, microcentrales hydrauliques, photovoltaïques...).

 Grâce à des postes de transformation, la HT


(90 000 ou 63 000 volts) est abaissée
en Moyenne Tension (20 000 volts) ou Basse
Tension (400 ou 220 volts).

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Schéma général de la production, du transport et de la distribution d’énergie

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Poste de transformation

ÉLÉMENT CLÉ DU RÉSEAU DE TRANSPORT (ET DE DISTRIBUTION). IL REÇOIT L’ÉNERGIE


ÉLECTRIQUE, LA CONTRÔLE, LA TRANSFORME ET LA RÉPARTIT.

La transformation de l’énergie permet:


 l’évacuation de l’énergie des sources de
production vers le réseau (postes élévateur de
centrale ou abaisseur de distribution).
 Adapte la tension au transport et à la distribution.
La sureté du réseau assure la surveillance et la
protection du réseau contre les anomalies de
fonctionnement.
 Chaque poste est télécommandé à partir d’un
“pupitre centralisé” (éloigné au plus d’une
cinquantaine de kilomètres), ce qui permet une
intervention rapide en cas d’incidentCours
surenseigné
le réseau.
à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
La SBEE construit des lignes électriques souterraines et surtout aériennes des réseaux
électriques au Bénin.

• Lignes aériennes: constituées de conducteurs nu en aluminium souvent un alliage pour


renforcer les propriétés mécaniques (âme en acier)
• Câbles souterrains: constitués de conducteurs protégés par des isolants

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Lignes aériennes
Les lignes à haute tension aériennes sont composées de câbles conducteurs, généralement en
alliage d'aluminium, suspendus à des supports, pylônes ou poteaux. Ces supports peuvent être
faits de bois, d'acier, de béton, d'aluminium ou parfois en matière plastique renforcée.
Elles assurent la continuité électrique entre deux nœuds du réseau et peuvent être classées
selon les types suivants :

lignes de grand transport : entre un centre de production et un centre de consommation


ou un grand poste d’interconnexion.
lignes d’interconnexion : entre plusieurs régions ou plusieurs pays (secours mutuel).
 lignes de répartition : entre grands postes et petits postes ou gros clients nationaux.
 lignes de distribution : vers les consommateurs BT.

Les différentes classes de tension en courant alternatif sont définies, comme suit :

Tableau: Classification de tensions


Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
Les principaux composants d’une ligne aérienne haute tension

Le conducteur (Phases + câble(s) de garde).


Le pylône.
L’isolateur.
Les fondations.
Autres accessoires (pinces de suspension, jonctions de connecteurs, amortisseurs
dynamiques,…).

Le conducteur
Pour la construction des lignes électriques à haute tension, on utilise généralement les
conducteurs à base d’aluminium, à la fois pour des raisons d’économie et de plus grande
d’exécution. Il s’agit pour la majeure partie de conducteurs en :

Aluminium –Acier
Aluminium allié
Aluminium allié-Acier

Deux types de conducteurs à distinguer :


Conducteur homogènes
Conducteur hétérogènes
Les conducteurs homogènes sont fabriqués
avec des brins de même diamètre, d’où
Coursle nomà Esmer par Romaric
enseigné
du conducteur équibrins. ADEGBOLA
Le pylône
Un pylône électrique est un support vertical portant les conducteurs d'une ligne à haute
tension.
Les principaux types de supports que l’on rencontre sont décrits sur les figures suivantes, Ils
se différencient principalement, par la position verticale des conducteurs de puissance.

Fig.: Types De Supports À Phases Étagées

Fig. : Pylônes Ou Portiques À Armement Nappe

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Quelques exemples de modèles de lignes

Fig. lignes haute tension

Cours enseigné à Esmer par Romaric


Fig. lignes moyenne tension ADEGBOLA
L’isolateur
L’isolation entre les conducteurs et les pylônes est assurée par des isolateurs. Ceux-ci sont
réalisés en verre, en céramique, ou en matériau synthétique.
Les isolateurs en verre ou céramique ont en général la forme d’une assiette, On les associe
entre eux pour former des chaînes d’isolateurs.
En effet, Plus la tension de la ligne est élevée, plus le nombre d’isolateurs dans la chaîne est
important.
Par exemple sur une ligne de 400KV, les chaînes d’isolateurs comportent 19 assiettes.
On peut alors deviner la tension des lignes en multipliant le nombre d’isolateurs par 20KV
environ.

Fig. : Isolateur électrique en verre

Fig. : Isolateur électrique en céramique


Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
Le Câble de garde
Un câble de garde ne transporte pas le courant. Il est situé au-dessus des conducteurs. Il joue
un rôle de paratonnerre au-dessus de la ligne, en attirant les coups de foudre, et en évitant le
foudroiement du conducteur. Il est en général réalisé en almélec-acier.
Au centre du câble de garde on place parfois un câble en fibre optique qui sert à la
communication avec l'exploitant.
Station à haute tension
Une Station électrique est un composant important dans un système d'énergie électrique.
Elle se compose de plusieurs transformateurs abaisseurs, C’est un centre qui reçoit
l'électricité d'où l'électricité est produite afin d’alimenter des réseaux de distribution, aussi
bien que d'autres stations.
À titre d’exemple, Dans une station de distribution, l'électricité est reçue par la ligne aérienne
à haute tension et transformée pour la distribution avec une tension inférieure.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


Fig. Station à Haute TensionADEGBOLA
Disjoncteur: l’appareil le plus important Sectionneur: relie deux partie du réseau
pour le bon fonctionnement d’un réseau qui peuvent être sous tension
électrique. Le seul capable d’interrompre ou
d’ouvrir un courant dans un circuit électrique

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Principaux composants d’une station haute tension

•Appareillage de liaison: jeu de barres où aboutissent les raccordements, aux


centres consommateurs/producteurs

•Appareillage de protection: Disjoncteurs , Sectionneurs (isolement du circuit qu’il


protège

•Appareillage de régulation: Transformateur à réglage en charge(Puissance)

•Appareillage de conversion: redresseurs (courant alternatif/courant continu)


• Appareillage de mesure: Transformateur de potentiel et d’intensité, relais branché au
secondaire des transformateurs de potentiel et d’intensité
•Appareillage alimentant les moteurs de commande, de signalisation, les verrouillages.

•Appareillage d’automatisme, télécommande, télésignalisation, télémesure

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Poste à un jeu de barre Poste à deux jeu de barres a un disjoncteur par départ

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Les principaux composants d’une ligne aérienne de distribution
les poteaux
les armements
 les câbles
les parafoudres
les transformateurs
le disjoncteur
l'Interrupteurs Aérien à Commande Mécanique (IACM)

Les poteaux
Généralement réalisés, en treillis d'acier, de bois, de béton ou d'aluminium, les poteaux ou
pylônes sont les éléments qui supportent et maintiennent les conducteurs à une distance
suffisante du sol et des obstacles.
Leur choix est basé sur le type de réseau soit MT (Moyenne Tension) ou soit BT (Basse Tension)
qui y sera transporté
 Les poteaux d'alignement
Ils sont situés entre deux poteaux dits d'angle ou d'effort et sont de types :
•13.430m et 12.430m pour les réseaux MT
•9.550m pour les réseaux BT.
Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
 Les poteaux d'angles ou d'effort
On les rencontre lorsque dans le tracé de la ligne du réseau de transport, il y a déviation
(tournant) ou traversé d'une voie. Ils sont de types :
• 12.990m, 13.990m, pour les réseaux MT
• 9.550m pour les réseaux BT
• 11.1250m celui-ci est spécifique et est utilisé pour porter les transformateurs

 Poteaux d'arrêt
Ils sont des poteaux qui se retrouvent généralement en début du réseau et à la fin de
réseau. Ils sont de types :
•12.990m pour les réseaux MT
•9.550m pour les réseaux BT

Les armements
Les armements sont tout ce qui intervient dans la réalisation d’une ligne électrique pour isoler
et rendre solidaire le câble électrique des poteaux. Ils permettent ainsi de renforcer le réseau
électrique et de garantir aux populations et à l’environnement une sécurité optimale.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
On distingue plusieurs types d’armement à savoir :
 Pinces d’ancrages

Elles sont utilisées dans le transport aérien de l’énergie et surtout lorsque sur le chemin de
transport est nécessaire de réaliser un angle de parcours. On en utilise qu’une seule sur les
poteaux d’extrémité et deux pinces entre poteaux, c’est le cas d’un double ancrage.

 Pinces d’alignements
Comme l’indique leurs noms, les pinces d’alignements sont utilisés sur un poteau électrique
lorsque au niveau de celui-ci, le câble ne réalise aucun angle, aucune dérivation et ne s’arrête
pas, autrement dit, il passe-droit et est complètement libre.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Les câbles

Ils servent au transport sur les longues distances de l'électricité produite par les diverses
centrales électriques, ainsi qu'à l'interconnexion des réseaux électriques.

Les plus utilisés sont les BT/NF C 33-209 qui sont des câbles à
trois (3) phases, un (1) neutre et les câbles MT/NFC 33-223
18/30KV qui sont des câbles en aluminium sans protection
mécanique, utilisés pour le transport de l'énergie électrique en
haute tension de dix-huit (18) à trente (30) milles volts jusqu'au
Câble BT/NF C 33-209
transformateur.

Cours enseigné à Esmer par Romaric câble MT/NF C 33-223


ADEGBOLA
Parafoudres
Les parafoudres sont des dispositifs qui permettent de protéger les réseaux électriques contre
les surtensions d’origine atmosphérique en les captant et en les écoulant à la terre. Ils se placent
à l’entrée du réseau.

Parafoudre

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Les transformateurs
Un transformateur électrique est un convertisseur qui permet de modifier les valeurs de la
tension et de l'intensité du courant délivrées par une source d'énergie électrique alternative en
un système de tension et de courant de valeurs différentes mais de même fréquence et de
même forme.
Il est destiné à modifier la tension électrique du courant.

Il peut permettre d’élever la tension, par exemple en sortie de centrale de production, de 20 KV


à 400 KV, afin de rendre l’électricité transportable sur de longues distances, en limitant les
pertes électriques (effet joule). Il peut également
Cours abaisser
enseigné à Esmer la tension, par échelons successifs, en
par Romaric
fonction de l’utilisateur final et de ses besoinsADEGBOLA
en électricité.
Les différents types postes électriques moyenne tension

Fig. poste H61 dont le transformateur Fig. poste H59 dont le transformateur est
est accroché directement au poteau, posé sur châssis

Fig. poste dont le transformateur est


Cours enseigné à Esmer par Romaric
posé dans une cabine ADEGBOLA
Centre de contrôle d’énergie

Chaque réseau de transport et distribution d’énergie électrique est supervisé par un centre
de contrôle. Chaque entreprise du domaine supervise les réseaux installés dans les
différentes régions géographiques par un ou plusieurs centres de contrôle.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Les circuits électriques en régime sinusoïdal triphasé

Définitions

- Un système triphasé est un ensemble de 3 grandeurs (tensions ou courants) sinusoïdales de


même fréquence, déphasées les unes par rapport aux autres.
- Le système triphasé est symétrique si les valeurs efficaces des grandeurs sinusoïdales sont
égales et si le déphasage entre deux grandeurs consécutives vaut 2 PI/3 radian

- Un circuit triphasé est équilibré quand la source et la charge sont toutes les deux équilibrées.

- Une source triphasée est équilibrée lorsque les trois tensions générées sont de même amplitude
et déphasées de 2PI/3 radian l’une par rapport à l’autre.
- Une charge triphasée est équilibrée lorsque toutes les impédances de chacune des trois phases
sont identiques en module et en argument.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Systèmes et régimes triphasés équilibrés
Si l’on excepte la présence de liaisons haute tension à courant continu, la quasi-totalité du
transport et de la distribution d’´energie électrique est réalisée au moyen de systèmes triphasés.

Les avantages principaux de ce système sont l’économie de conducteurs et la possibilité de


générer des champs magnétiques tournants dans les générateurs et dans les moteurs.

Fig. a- Système triphasé


Principe
Un circuit triphasé équilibré est constitué de trois circuits identiques, appelés phases.
Le régime triphasé équilibré est tel que les tensions et les courants aux points des trois phases
qui se correspondent sont de même amplitude mais décalés dans le temps d’un tiers de période
d’une phase à l’autre. Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
La figure ci- dessous est un exemple de système triphasé qui pourrait représenter un générateur
alimentant une charge par l’intermédiaire d’une ligne de transport que nous supposons idéale,
pour simplifier.

Fig. b- circuit triphasé constitué de trois circuits monophasés

On a pour les tensions et les courants indiqués sur cette figure :

avec pour Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Les diagrammes de phaseurs relatifs aux tensions et aux courants se présentent sous forme
d’étoiles aux branches de même amplitude et déphasées l’une par rapport à l’autre de
radians (120 degrés), comme représenté à la figure ci-dessous.

On a donc pour les tensions et les courants :

Il est clair que :

Fig. c- diagramme de phaseurs des tensions et courants en


régime triphasé équilibré

Nous avons supposé que l’onde de tension de la phase b est en retard sur celle de la phase a et
celle de la phase c en retard sur celle de la phase b. Dans le diagramme de la fig ci-dessus, un
observateur placé en O voit passer les vecteurs tournants dans l’ordre a, b, c.
Cours enseigné à Esmer par Romaric
On dit que les tensions forment
ADEGBOLA une séquence directe.
En fait, la configuration de la fig. b présente peu d’intérêt. On peut obtenir un montage plus
intéressant en regroupant les conducteurs de retour 11’, 22’ et 33’ en un conducteur unique.
Ce dernier est parcouru par le courant total

On peut donc supprimer cette connexion sans modifier le fonctionnement du système, ce qui
donne le circuit de la fig. d, typique des réseaux de transport à haute tension.
Le modèle simplifié usuel d’une source de
tension triphasé comprend trois sources
monophasées connectées en étoile, c’est
à dire avec un point commun :

Fig.d – un authentique circuit triphasé !

Chaque source correspond à une phase. Le point


Cours enseignécommun aux trois sources est appelé le neutre.
à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
L’avantage du système triphasé de la fig. d- par rapport à un système monophasé est évident :
la puissance transmise par le système triphasé à travers la coupe vaut 3 fois celle transmise par
une de ses phases, pour seulement 1,5 fois le nombre de conducteurs. De façon équivalente, le
système triphasé de la figure. d transporte autant de puissance que celui de la fig. b mais avec
moitié moins de conducteurs.
Les points tels que N et N’ sont appelés neutres. En régime parfaitement équilibré, tous les
neutres sont au même potentiel.
Les tensions sont appelées tensions de phase ou tensions phase-neutre.

Tensions de ligne (ou composées)


Considérons la fig. ci-dessous
Définissons à présent les différences :

Ces tensions sont appelées tensions composées ou


tensions entre phases ou tensions de ligne.
Cours enseigné à Esmer par Romaric
Fig. - Tensions de phase et tensions de ligne ADEGBOLA
Le diagramme de phaseur correspondant, fournit :

On voit que l’amplitude de la tension de ligne vaut fois celle de la tension de phase et que
forment aussi une séquence directe.
Il est à noter qu’en pratique, quand on spécifie la tension d’un équipement triphasé, il s’agit,
sauf mention contraire, de la valeur efficace de la tension de ligne. C’est le cas lorsque l’on parle,
par exemple, d’un réseau à 380, 150, 70, 161 , 63, …kV, etc.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Connexions en étoile et en triangle
Il existe deux modes de connexion d’un équipement triphasé : en étoile ou en triangle, comme
représenté à la fig. ci-dessous

FIG. – connexion d’une charge triphasée en étoile et en triangle


Recherchons la relation entre les courants dans le montage en triangle.
On a successivement :

dont on tire évidemment :

Le cours de circuits électriques montre que, si l’on applique les mêmes tensions de phase
aux deux montages, les courants de phase sont identiques à condition que:

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Une charge alimentée sous tension monophasée doit donc être placée dans une branche
d’étoile ou de triangle, selon la valeur de la tension en question.

Les distributeurs d’électricité veillent à connecter les différentes charges monophasées de


manière à équilibrer les trois phases. C’est pourquoi il est raisonnable de considérer que les
charges vues du réseau de transport sont équilibrées.
Au niveau d’une habitation alimentée en triphasé (380 V entre phases), les équipements
monophasés fonctionnant sous 220 V sont placés entre phase et neutre. On veille à répartir les
équipements (p.ex. les pièces d’habitation) sur les phases de la manière la plus équilibrée
possible. Evidemment, au niveau d’une habitation, il existe un déséquilibre.
Les câbles d’alimentation sont dotés d’un conducteur de neutre et ce dernier est parcouru par
un certain courant. Les neutres des différents consommateurs sont regroupés. Au fur et à
mesure de ce groupement, le courant total de neutre devient négligeable devant les courants de
phases. Notons que le câble d’alimentation peut être doté d’un cinquième conducteur, destiné à
mettre les équipements à la terre.

Certaines charges, alimentées sous une tension sinusoïdale, produisent des harmoniques de
courant. Ces derniers ont des effets indésirables telles que pertes supplémentaires, vibrations
dans les machines, perturbations des équipements électroniques, etc. . .. Il convient donc de
prendre des mesures pour limiter leur propagation dans le réseau. Etant donné que dans un
spectre de Fourier, l’énergie contenue dans une harmonique diminue quand le rang de cette
harmonique (c’est-`a-dire la fréquence) augmente, ce sont principalement les harmoniques de
rang le plus bas qu’il faut supprimerCours
(ouenseigné
du moins atténuer).
à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
Calcul des caractéristiques « RLC » d’une ligne de transport triphasée

Introduction
Les lignes aériennes constituent des circuits de transmission des réseaux triphasés
reliant des générateurs aux charges.
Chacune des lignes possède ses propres caractéristiques résistive, inductive et capacitive.
Cette partie du cours vise à déterminer les valeurs de ces paramètres.
Elle fait la distinction entre:

 les caractéristiques longitudinales (résistances des conducteurs et les inductances entre les
conducteurs)
 caractéristiques transversales (capacité des conducteurs).
Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
Méthode générale de calcul

Rappels

Schéma équivalent d'une ligne


Une ligne aérienne peut se mettre sous la forme du schéma équivalent suivant

Fig. Modèle de ligne électrique

L'impédance effective longitudinale (composée de la résistance linéique et de la réactance


linéique

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
 L'impédance effective transversale composée de la susceptance linéique

Résistance longitudinale
Partons de la loi d'Ohm locale :
où : J est la densité de courant [A/m2] ;
σ est la conductivité électrique [Ω-1m-1] ;
E est le champ électrique (dans le conducteur) [V/m].

Appliquée à un conducteur de longueur ‘l’ [m], de section ‘S’ [m2] et de conductivité ‘σ’
[Ω-1m-1], parcouru par un courant continu d’intensité ‘I’ [A], on a:

La résistance d’un conducteur se définit de la manière suivante

Cours enseigné à Esmer par Romaric


où « ρ = 1/σ » est la résistivité du conducteur ADEGBOLA
[Ωm].
La résistivité d'un matériau croît avec la température selon la loi

ρ0 est la résistivité du conducteur à 20 °C [Ωm] (AMS : ρ0 = 0,325.10-7Ω.m) ;


α est le coefficient de température [°C-1] (AMS : α = 0,004 °C-1) ;
ΔT est l’écart de température par rapport à 20°C

Réactance longitudinale (Inductance)

Une inductance (supposée linéaire) est toujours le quotient entre le flux embrassé par la
boucle conductrice et le courant qui la parcourt. Elle est déterminée par la relation

φ est le flux induit par le courant [Wb] ;


i est le courant circulant dans le conducteur [A].

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Nous avons deux types d'inductances :

• L’inductance propre (ou self-inductance) d'un conducteur électrique parcouru par un


courant est définie, à un instant donné, comme étant le rapport entre les valeurs du flux
induit par le courant et ce courant lui-même.

• L’inductance mutuelle se manifeste par l'interaction entre les conducteurs de phases,


entre les conducteurs des différents ternes et entre tous les conducteurs parcourus par un
courant tel que le fil de garde et le retour par la terre.

Réactance transversale (Capacité)

Nous pouvons assimiler les lignes aériennes à un condensateur qui est constitué de deux
conducteurs (les conducteurs de phase et la terre). A cause de la présence des charges
sur ces deux conducteurs, le potentiel a des valeurs différentes sur ces deux-ci.
Si nous prenons comme valeur du potentiel de la terre, la valeur zéro (la référence), la
valeur de la tension du conducteur de phase représente la différence de potentiel.
La relation linéaire qui lie la charge électrique (+q, q-) sur les deux conducteurs et la
différence de potentiel entre ceux-ci est donnée par

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Systèmes équilibrés et déséquilibrés

Les réseaux sont dits "parfaitement équilibrés" si les amplitudes des courants de chaque
phase ainsi que les amplitudes des tensions entre phases et terre sont égales

Pour un système triphasé équilibré parfaitement, ceci se traduit par le système


d’équations

Ce Cours
qui signifie que la somme des courants de phase est nulle.
enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
Idem pour les tensions

Ce qui signifie que la somme des tensions phase/neutre est


nulle.

En haute tension, on peut considérer le réseau comme très bien équilibré (U et I) en


régime de fonctionnement normal

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Lors d'une perturbation sur une ligne (tombée de la foudre, défaut à la terre, ...), les
courants de phases ou les tensions phase/terre ne sont plus égaux. Nous avons un courant de
retour qui circule par le fil de garde ou par la terre.

En pratique, il est impossible d’obtenir un équilibre parfait.

Les systèmes déséquilibrés électriquement sont traités par les méthodes de composantes :
Clarck ou Fortescue1.
Ces méthodes permettent d'étudier, à la place du système déséquilibré, trois sous systèmes
équilibrés (direct, inverse, homopolaire).

Dans ce cas, il faut tenir compte des conducteurs de phases mais aussi du fil de garde et de la
terre.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
PUISSANCE TRANSMISSIBLE DANS UNE LIGNE
La limite de puissance transmissible dans une ligne possède trois contraintes principales :

 limite thermique: L’échauffement maximal des conducteurs

 limite de la Chute de tension: Le maintien de la tension proche du niveau nominal

 limite de la stabilité en tension : La stabilité liée au bon fonctionnement du réseau

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
PUISSANCE TRANSMISSIBLE DANS UNE LIGNE….. suite

Exemple de dispositif de mesures en temps réel de


l’ampacité d’une ligne (AMPACIMON)

Travaux Héliportés sur lignes sous haute tension: mesure de la puissance


transmissible dans une ligneCours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
PUISSANCE TRANSMISSIBLE DANS UNE LIGNE… suite

1- L’échauffement maximal des conducteurs


Le conducteur parcouru par du courant et soumis aux
conditions météo locales s’échauffe.
Cet échauffement à une limite évidente.
En souterrain, cette limite est liée à la dégradation des
isolants.
En aérien elle est liée d’une part à la dégradation de la
tenue mécanique du conducteur et à la flèche maximale
possible compte tenu des obstacles locaux. Cette dernière Fig.1: mesure de l’ampacité: réalisée à ULG- Belgique.
limite s’appelle également l’ ampacité des lignes.
L’ampacité sera détaillé dans le paragraphe
dimensionnement

La limite «Minimum Power Transfer Limit »


signale que au-delà d’une certaine longueur de
ligne, les pertes deviennent trop importantes, il
n’est plus intéressant de transporter l’énergie

Fig 2. Limites thermiques et limites de tension pour


une ligne de transport d’énergie Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
2- Chute de tension dans une ligne

En considérant que la ligne de la figure ci-dessous a une impédance complexe


Z = R+jX et que la tension n’est tenue qu’à l’extrémité 1, l’extrémité 2 absorbant une
puissance S2
Nous allons montrer la relation liant la chute de tension à l’extrémité de la ligne et la
puissance transmise
Nous allons montrer également celle liée à l’angle de transport et la puissance
Si le réseau n’est pas trop chargé, le diagramme de tension est donné
par le diagramme de la fig.3. assimilé la chute de tension à :

Fig3. Ligne électrique Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
L’angle de transport θ étant petit (réseau peu chargé),
si ϕ désigne le déphasage du courant par rapport à la tension à l’extrémité réceptrice 2,
on peut écrire, pour un réseau monophasé :

= RI cos ϕ + XI sin ϕ

Que l’on peut écrire sous la forme

et on montre aussi

L’hypothèse du réseau peu chargé permet d’écrire :

soit, pour un réseau triphasé et en notant U la tension composée correspondant à V,

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
P et Q les transits triphasés :

et

On peut aussi noter que si, de plus, R est très petit par rapport à X (ce qui est le cas en
haute tension),
on peut encore simplifier les relations :

et

Dans ces conditions, les relations montrent le fait que :

 la chute de tension dépend principalement de la puissance réactive consommée par


l’extrémité réceptrice (charge) ;
l’angle de transport dépend principalement de la puissance active transmise.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
3- La limite de stabilité (en tension)

Nous allons envisager quelques cas simples

Cas 1 : Alimentation d’une charge résistive par une ligne purement résistive.

Rappel

Puissance fournie à la charge :

Fig.4.a: charge résistive


Puissance max soutirable
par ligne purement
résistive

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Le diagramme montre que le passage
de 19% de la puissance max donne
une chute de tension de 5% .
Il s’agit d’un cas purement
académique car la ligne a une
impédance principalement réactive.

Fig.4.b : variation de la tension aux bornes de la


charge en fonction de la puissance soutirée

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Cas 2 : Alimentation d’une charge purement résistive par une ligne purement réactive

Considérons le cas simple illustré par la fig5.1.


La charge R est alimentée à travers une ligne modélisée par une réactance série X.
Le module de la tension est maintenu constant (par un alternateur puissant par exemple).
Nous allons montrer la relation liant la puissance active P fournie à la charge et la tension
à ses bornes.

Nous avons (Fresnel) :

Fig 5.1. Schéma de l’alimentation


Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
On en déduit aisément Pc et Pc max. Ces deux équations sont illustrées par les fig.5.2 b et c .

On retrouve le fait que la puissance


fournie à la charge ne peut dépasser
une valeur maximale. On voit bien
un point critique C.

Figure5.2. point critique dans le cas de l’alimentation d’une charge purement résistive à
travers une ligne purement inductive.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
D’après la fig.5.2. b, il pourrait sembler possible d’avoir deux états de fonctionnement M et
M’ pour une valeur donnée de la puissance P appelée par la charge (du moins tant que P est
inférieure à sa valeur maximale). En fait le point M’ n’est pas stable. En effet, la charge Z est
en réalité alimentée à travers un transformateur muni d’un régleur en charge. Si la tension
baisse, pour quelque raison que ce soit, le régleur va induire des changements de prises de
façon à remonter la tension aux bornes de la charge.
Cette action va augmenter le courant dans la ligne, y accroître la chute de tension et donc
faire diminuer V2. On note que, pour M’ , cela correspond à une diminution de la puissance
fournie . Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
Il est donc nécessaire de maintenir la tension en tout point du réseau au-dessus de sa valeur
critique et en fait veiller à se tenir suffisamment éloigné de cette valeur pour faire face aux
accroissements de demande de puissance et aux incidents de réseaux (pertes de lignes ou de
groupes).

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Fig. 5.3. :
Fig. 5.3. identique à la fig. 5.2 avec informations additionnelles et diagramme de
Fresnel.

Cette fois (fig. 5.3) on peut faire circuler 60% de la puissance maximale avant d’avoir
5% de chute de tension, grâce au déphasage entre le courant et la tension
Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
Cas 3 : Un cas plus pratique

Il y a en pratique des sources de tension de part et d’autre de la ligne et on cherche à faire


transiter une puissance dans un sens ou dans l’autre entre ces deux entités.

Considérons la ligne de la fig.5.4. représenté par une impédance R + jX,


Cette ligne est destinée à alimenter la charge dessinée en trait pointillé.

Fig.5.4. Modélisation d’une ligne de transport au sein d’un réseau


Cours enseigné à Esmer par Romaric
ADEGBOLA
nous supposerons d’abord que la résistance R de la ligne est nulle (elle est
généralement, en haute tension, environ dix fois plus faible que la réactance X) et
que la puissance réactive Q2 de la charge est nulle (ce qui est vrai en cas de bonne
compensation de puissance réactive).

Nous montrerons d’abord qu’il est important de réguler la tension aux bornes de la
charge.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Si nous désignons par l’angle entre le nœud 1 et le nœud 2.

En considérant la fig.5.4 simplifiée (avec R = 0 et courant I en phase avec V2),


On a :

et la puissance active qui transite dans la ligne pour alimenter la charge est:

Sans action pour maintenir V2 constante lorsque la charge varie, on a:

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Il apparaît donc que, dans ce cas, on ne peut transporter qu’une puissance active
maximale par phase, lorsque = PI/4

Pour améliorer la capacité de transfert d’un réseau, il est essentiel de disposer du plus
grand nombre possible de points à tension fixée.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Puissance de court-circuit
La puissance de court-circuit d'un réseau est une valeur dont l'ordre de grandeur est
connue des électriciens:
Elle permet de connaître le niveau de l'intensité de courant de court-circuit (triphasé
symétrique) d'un réseau,
Elle donne une image de la sensibilité d'un réseau à une perturbation (plus elle sera
élevée, plus le réseau sera insensible).

Sa définition est la suivante :

C'est une définition faisant intervenir la tension nominale et le courant de court-circuit, qui
ne peuvent simultanément exister.
Il n’y a pas de facteur de puissance, puisqu'en régime de court-circuit, le courant est
déphasé de pratiquement 90° par rapport à la tension.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Puissance naturelle
D’après [Aguet1987], on appelle puissance naturelle d’une ligne la puissance que cette
ligne supposée de longueur infinie absorberait si on lui appliquait la tension nominale.

Si nous négligeons les pertes actives la puissance naturelle

est la puissance qui transite à la tension nominale dans cette liaison lorsque celle-ci est
fermée sur une résistance égale à l’impédance caractéristique

est l’inductance linéique de la liaison


Sa capacité linéique

Nous considérons ces valeurs pour


la longueur totale de la ligne

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Schéma équivalent en PI d’une ligne ou câble de transport d’énergie représenté(e) et
connectée à une charge

Pour rappel, U est la tension entre phases et V la tension simple (entre phase et neutre).
Par conséquent, elle est indépendante de la longueur de la liaison.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
Or, la puissance réactive consommée par une ligne s’écrit

L’équation montre que si l’on choisit ( à la résistance linéique près),

alors la ligne ne consomme pas de puissance réactive.

Lorsqu’une ligne fonctionne à sa puissance naturelle, on a:

la quantité d’énergie stockée dans les champs magnétiques est égale à la quantité
d’énergie stockée dans les champs électriques.

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
A ce moment on peut dire que, pour le transit de cette puissance, la chute de tension en
ligne sera minimale et le rendement de la ligne sera optimal.
En anglais, la puissance naturelle s’appelle « surge impedance loading , en abrévié SIL)

On utilise souvent la notion de Puissance naturelle/SIL pour comparer les capacités de


transports de deux lignes haute tension.
Cependant, il faut bien distinguer la notion de puissance naturelle et celle de puissance
maximale.
La détermination de la puissance maximale qu’une ligne peut transporter est complexe.
Elle doit prendre en compte, comme nous l’avons vu,

les limites thermiques de la ligne,


 les limites de chute de tension,
 la stabilité du réseau

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA
RÉSUMÉ
- La puissance maximale qu’une ligne peut transporter est augmenté avec le carré de la tension
de ligne.

- La puissance maximale qu’une ligne peut transporter est inversement proportionnelle à son
impédance.

- La chute de tension dans une ligne inductive peut être compensée par la connexion de
condensateurs (en série).

- Dans le cas d’une ligne inductive (modèle applicable aux lignes aériennes de longueur
modérée), la puissance active transportée est proportionnelle au sinus de l’angle de déphasage
entre les tensions aux extrémités de la ligne. Ce déphasage ne peut s’approcher de π/2 , sous
peine d’instabilité.

-Les pertes par effet Joule entraînées par la circulation du courant dans la résistance des lignes
doivent être limitées en raison du coût de l’énergie perdue , de l’élévation de température des
conducteurs due à la dissipation de chaleur qui peut entraîner une dégradation des propriétés
mécaniques (aériens) ou diélectrique (souterrains).

Cours enseigné à Esmer par Romaric


ADEGBOLA