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La Transhumance politique au Sénégal : une pratique honteuse / «

Osez l’avenir » a osé le passé !


Aissata Tall Sall nous dit : « A l’unanimité, nous avons décidé de soutenir le candidat Macky Sall ». 

La transhumance, dans le vocabulaire agricole, est la migration périodique des troupeaux à la


recherche de meilleurs pâturages. Le nomadisme politique ou transhumance politique est tellement
populaire dans le monde que la Commission des affaires parlementaires s’est saisie du sujet. Ce
changement d’idéologies, de convictions peut faire très mal aux citoyens qui se sentiront trahis. Un
opportunisme politique est souvent en vue avec la promesse d’un poste. Il y a cependant des
régulations dans certains pays d’Afrique, le Sénégal y compris, où le député qui transhume est déchu
de son mandat et remplacé par un suppléant ou aussi une élection partielle prend place dans les
mois suivants. Ces régulations, sont-elles respectées au Sénégal ? Nous voyons depuis la première
alternance politique au Sénégal le nomadisme de manière plus fréquente. Cela devient sujet à
interrogation, car dans notre culture, la parole donnée est tellement importante et trahir une
personne, un peuple est impensable. 

Transhumance Medley au Sénégal

Alphonse Karr disait « qu’en politique plus ça change et plus c’est la même chose ». Si la
transhumance était utilisée pour servir le Sénégal, nous serions tous d’accord, mais elle est utilisée
pour une ascension sociale. 
En 2012, le président Sall disait que la transhumance était comme « une pathologie gangrenant notre
système politique. » Combien de transhumants ont été accueillis dans son parti ? En 1982, le
président Diouf demandait aux citoyens de « rompre avec le laxisme, le goût de la facilité et de la
futilité, la mentalité d’assisté.. » Voilà des paroles en or, mais le seul problème est que durant le
second tour de la première alternance politique, Djibo Ka, est allé du côté du camp du président
Diouf, car ce dernier lui avait promis le poste de Premier ministre et il avait accepté.
Malheureusement, le président Diouf avait perdu, car malgré le nomadisme de Djibo Ka, aucun de
ses partisans n’a voté pour le président Diouf, car ce dernier a eu le même score durant le second
tour. Le Sénégalais ne suit plus son leader de manière aveugle, il est devenu un citoyen mature. 
Souleymane Ndene Ndiaye disait ‘’J’ai dit et répété qu’il n’arrivera jamais, je dis bien, jamais, que je
rejoigne le Président Macky Sall dans sa formation politique. Ça, c’est exclu. Nous n’avons pas la
même vision de la gestion d’un pays, et même d’un parti politique. Maintenant entre ces relations
politiques que nous n’aurons jamais et les relations tout court que nous avons tissées avant même
qu’il ne soit Président, il y a un grand fossé’’. 
Sitor Ndour lui disait : « Je préfère prendre ma retraite politique que d’être avec Macky Sall ». Quand
il était critique, il disait tout simplement : « ‘Tout ce que me permet ma conscience et que me
permettent les Fatickois et les militants, je le fais. Je ne suis pas seul. J’assume ma transhumance.»
Aida Ndiongue, elle disait : « Si je transhume au PDS, que tous ceux qui ont un chiot lui donnent mon
nom ». Quelques mois plus tard, elle transhume au PDS sous prétexte qu’elle voulait sauvait Landing
Sané. Il y a eu d’autres comme Sada Ndiaye, Awa Ndiaye et Pape Samaba Mboup entre autres. 
On dit souvent que « Qui donne sa parole doit la tenir à quelque prix que ce puisse être.» Qu’est ce
qui arrive au Sénégal où la parole donnée valait de l’or ?

La « faim » justifie les moyens

Simon de Bignicourt disait que « la politique et la coquetterie sont synonymes, elles ne sont que l’art
de mentir ». Tout le monde ment, le seul problème avec le mensonge des politiciens est qu’ils sont
sous les projecteurs, donc c’est plus visible. Il y a plusieurs façons de mensonges. On peut mentir, car
on fait partie d’un parti politique qui a des idéologies. Si une personne n’est pas confortable avec
toutes les idéologies, elle sera dans l’obligation de mentir. Quand on appartient à un parti politique, il
y a des idéologies et on ne peut pas tout le temps dire ce que l’on pense. Il y a aussi ceux qui
mentent, car ils n’ont pas le niveau, donc ils font semblant de savoir ce dont ils parlent, car l’électorat
ne comprend pas trop ce dont ils parlent. Cela est facile à déceler, car c’est souvent celui qui croit
devoir se prononcer sur tous les dossiers pour faire plaisir au chef de parti. Il y a aussi le mensonge
professionnel qui est le mensonge pour garder son poste. Il y a un grand retour sur investissement,
donc on ne peut s’en passer. Si le politicien ment et qu’il se fasse réélire, il y verra une grande utilité
ce qui fait qu’il devienne un récidiviste jusqu’à ne plus faire exprès. Ça devient une pathologie, la
mythomanie. Le nomadisme politique fausse le jeu politique en ce sens qu’il ne fait pas l’affaire des
partis qui accueillent ou les partis d’origine. C’est une pratique dangereuse pour la démocratie de
notre nation. Sans vergogne, est définie par l’internaute comme le fait de dire quelque chose ou agir
sans pudeur, sans modestie. Faire quelque chose sans vergogne, c'est le faire de façon éhontée,
impudemment.

Si la politique est devenue un métier au Sénégal, c’est parce que les dirigeants n’ont pas pu
développer le Sénégal depuis son indépendance. Nous voyons toujours la même manière de
gouverner, les mêmes politiques de développement inefficaces. La pauvreté est endémique avec un
taux de 47 %, la dette n’est pas soutenable, la bonne gouvernance est inexistante. Les leaders sont
dans de bonnes conditions pendant que la majorité de la population souffre. Dans ce sens, je dis que
dans un pays, lorsque les mêmes personnes monopolisent le pouvoir, l’issue est souvent un
soulèvement. Ne prenons pas la stabilité du Sénégal pour acquis. En Afrique, on dit que le séjour
dans l’eau ne transforme pas un tronc d’arbre en crocodile.

Mohamed Dia, Consultant bancaire