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Poulies et courroies de transmission

Entraînement par adhérence


par Roland FARGES
Ingénieur de l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon
Responsable Technique des courroies industrielles
de la Société Caoutchouc Manufacturé et Plastiques - Kléber Industrie

1. Différents types de courroies............................................................... B 5 680 - 3


1.1 Courroies plates........................................................................................... — 3
1.2 Courroies trapézoïdales .............................................................................. — 4
1.3 Courroies striées.......................................................................................... — 7
1.4 Autres types de courroies ........................................................................... — 8
2. Théorie de la courroie............................................................................. — 10
2.1 Les efforts..................................................................................................... — 10
2.2 Possibilités d’entraînement ........................................................................ — 12
2.3 Efforts sur les poulies et les paliers ........................................................... — 16
2.4 Pertes de puissance..................................................................................... — 16
2.5 Notions de fatigue dans une transmission................................................ — 17
3. Technologie des transmissions ............................................................ — 18
3.1 Critères de longévité d’une courroie.......................................................... — 18
3.2 Dispositions des poulies ............................................................................. — 19
3.3 Poulies .......................................................................................................... — 22
3.4 Mise par jeux des courroies trapézoïdales ................................................ — 23
3.5 Causes de détérioration et entretien.......................................................... — 23
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. B 5 680

es courroies sont des organes de transmission, au même titre que les


L engrenages ou les chaînes à rouleaux. Leur rôle est de transmettre la
puissance d’un organe tournant à un autre, c’est-à-dire le produit d’un effort par
une vitesse ou un couple.
Le principe de fonctionnement des courroies repose sur deux éléments
principaux :
— une surface de contact, dont l’importance est fonction de son coefficient
de frottement, permettant de prélever le couple de la poulie motrice, de le
transmettre à l’armature de traction et, ensuite, de le restituer aux poulies
réceptrices de la transmission ;
— une armature, capable de transformer l’effort tangentiel prélevé sur la
poulie motrice en un effort longitudinal de traction entre les poulies.
8 - 1988
B 5 680

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La combinaison de ces deux éléments caractérise l’effort transmissible,


celui-ci étant directement lié à l’absence de glissement du premier et à la
résistance à la traction du second. C’est pourquoi, actuellement, ces éléments
sont le plus souvent constitués, d’une part, d’un élastomère et, d’autre part, de
fibres synthétiques.
Bien qu’organe mécanique, la courroie permet, en raison de sa souplesse,
une certaine imprécision de réalisation qui évite d’avoir recours à des solutions
très sophistiquées, donc beaucoup plus coûteuses. Mais si la courroie est la
solution la moins chère pour une transmission (absence de lubrification), elle
est aussi d’une application quasi universelle grâce à la combinaison de ses
différentes possibilités :
— multiplication ou réduction du mouvement selon le diamètre des poulies ;
— variation de vitesse avec des poulies à flasques mobiles ;
— inversion du sens de rotation par croisement des brins ;
— transmission à axes non parallèles avec des galets de renvoi ;
— débrayage avec un galet tendeur escamotable.
Par ailleurs, le principe de fonctionnement autorisant un glissement en cas de
surcharge, la courroie amortit les vibrations et absorbe les à-coups, tout
en servant de fusible en cas de blocage d’un élément de la transmission.
Phénomène souvent oublié lorsque le fusible a sauté, on a tendance à lui attribuer
pour cause un défaut de fabrication alors qu’une destruction prématurée peut
aussi traduire un défaut de conception de la transmission ; comme en électricité,
il ne suffit pas de mettre un fusible plus résistant pour supprimer l’anomalie de
fonctionnement. L’illustration privilégiée de ces caractéristiques est le
machinisme agricole où pratiquement tous les mouvements sont assurés par
des courroies.
Les courroies se sont considérablement améliorées depuis leur origine. Il y
eut d’abord la courroie plate, toujours appréciée pour les vitesses linéaires
élevées et les faibles diamètres d’enroulement. Puis la recherche constante
d’amélioration des performances et de l’encombrement des transmissions a
conduit à la création de la courroie trapézoïdale en 1900, mais il fallut attendre
la production industrielle des matériaux synthétiques, fibres et élastomères, pour
assister à la percée technologique de cette solution dans les années cinquante.
Actuellement, on peut dire qu’aucun domaine n’échappe à la courroie : de
l’électroménager aux plus gros variateurs industriels, où une seule courroie de
100 mm de largeur supporte jusqu’à 100 kW. Et le plus remarquable est que la
fiabilité a évolué dans le même sens que la capacité de transmission de
puissance.
Lorsqu’une courroie est correctement déterminée et utilisée, son rendement
est de l’ordre de 98 à 99 % ; mais si les conditions de fonctionnement diffèrent
des conditions optimales, cette valeur peut descendre jusqu’à 80 %. On conçoit
donc l’intérêt de calculer correctement une transmission par courroies.

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Notations et Symboles 1. Différents types de courroies


Symbole Unité Définition 1.1 Courroies plates
C N·m couple appliqué Il existe un très grand nombre de courroies plates mais, cependant,
CL nombre facteur de longueur nous pouvons les diviser en deux catégories (figure 1) :
Cα nombre facteur d’arc — les courroies dites sans fin caractérisées par leur largeur, leur
E mm entraxe des poulies épaisseur et leur longueur intérieure mesurée sous tension normale
F N effort tangentiel de montage (norme ISO 63) ;
Fc N effort centrifuge — les courroies jonctionnables coupées à la longueur voulue
Fu N effort tangentiel utile mesurée à plat, et dont les extrémités sont réunies par un joint de
D mm diamètre de la grande poulie précision soudé, par une couture, par collage ou par une agrafe en
H mm hauteur de la courroie trapézoïdale métal ; dans tous ces cas, la jonction constitue un point faible et les
ou striée
agrafes présentent un danger permanent pour les utilisateurs ;
Ho h durée de vie (de base) de la courroie
c’est pour ces raisons que les courroies fabriquées en sans fin (ou
L mm longueur de la courroie
jonctionnées par collage ou soudure) sont utilisées de préférence ;
Lo mm longueur de base de la courroie
correspondant à un facteur C L égal à 1 on évite ainsi les trépidations, le bruit et le glissement dus aux
∆L mm allongement de la courroie passages de l’agrafe sur la poulie.
ND tr/min vitesse angulaire de la grande poulie
Nd tr/min vitesse angulaire de la petite poulie
P kW puissance à transmettre 1.1.1 Constitution
Po kW puissance brute transmissible
par courroie Traditionnellement, le cuir a été à l’origine le matériau favori pour
R mm rayon de la grande poulie la fabrication des courroies plates avec, comme autres matériaux,
Ro N réaction statique sur les arbres le coton et le crin tissés. Ces matériaux anciens ont été largement
S mm2 section de la courroie supplantés, pour la majorité des courroies, par des matériaux
Ss nombre facteur de service composites.
T N effort de traction total dans le brin tendu Actuellement, les courroies plates sont en règle générale
Tu N effort de traction utile dans le brin tendu constituées par :
a nombre coefficient d’adhérence
— une surface de frottement en tissus imprégnés d’élastomère ;
b mm largeur de jante des poulies plates
— un élément de traction (carcasse ou armature ) fait de
d mm diamètre de la petite poulie
matériaux synthétiques tels le polyamide, le polyester ou, dans les
e mm entraxe des dents d’une courroie striée
transmissions très sévères, les fibres aramides ; ce sont des tissus
f, f ′ nombre coefficients de frottement
dans le cas des courroies jonctionnables et des câbles enroulés en
g % glissement
hélice dans le cas des courroies sans fin.
 mm largeur de la courroie
p mm largeur primitive de la courroie
m kg/m masse linéique de la courroie
r mm rayon de la petite poulie
t N effort de traction total dans le brin mou
to N effort de traction initial
u N effort de traction utile sur la courroie
to circulant sans charge
tu N effort de traction utile dans le brin mou
tc N effort de traction centrifuge
v m/s vitesse linéaire de la courroie
z nombre nombre de courroies trapézoïdales
(ou nombre de dents de courroies
striées)
α rad angle de contact sur la petite poulie
αc rad angle des courroies trapézoïdales
et striées
β rad angle des gorges des poulies
η nombre rapport de transmission

Figure 1 – Exemples de construction de courroies plates

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Des exemples de construction de courroies plates sont représentés ■ Quelques définitions (d’après la norme NF T 47-123)
sur la figure 1. — Ligne primitive d’une courroie : toute ligne circonférentielle
qui, dans la courroie (non chargée), conserve la même largeur
quand celle-ci est courbée perpendiculairement à la base.
Remarque : lorsque les poulies sont pourvues de rebords sur
lesquels les flancs de la courroie peuvent frotter, la surface de — Zone primitive : lieu géométrique de l’ensemble des lignes
frottement se trouve sur les quatre faces de la courroie. primitives.
— Largeur primitive  p : largeur de la courroie au niveau de sa
zone primitive.
1.1.2 Avantages et applications — Largeur au sommet  : grande base du trapèze définie sur
une section droite.
Les avantages principaux des courroies plates sont les suivants : — Hauteur H : hauteur du trapèze définie sur une section droite.
— un coût économique faible car elles peuvent être découpées — Hauteur relative h r : grandeur sans dimension telle que
en n’importe quelle largeur ; les courroies à bouts libres peuvent h r = H / p .
être jonctionnées rapidement à la longueur souhaitée ; Nota : seule la largeur primitive est une donnée normalisée. Les autres grandeurs
— une bonne résistance aux hydrocarbures, graisses, acides, peuvent différer selon les constructeurs.
bases et vapeurs diverses du fait de l’utilisation de matières synthé- Longueur de référence L, anciennement appelée longueur
tiques dans leur construction ; primitive : longueur d’une ligne circonscrite à une courroie au niveau
— une légèreté et une bonne élasticité : leur faible masse permet du diamètre de référence des poulies de mesure (§ 3.3) lorsque la
d’atteindre de grandes vitesses linéaires (plus de 80 m/s dans courroie est sous une tension spécifiée par la norme ISO 4184, qui
certains cas) ; de plus, leur élasticité assure un fonctionnement donne la méthode de mesure des courroies trapézoïdales classiques
souple qui amortit les à-coups, efface les vibrations et autorise une et étroites. La courroie étant montée sur deux poulies de même
moindre pression sur les poulies, évitant ainsi l’échauffement des diamètre de référence, la longueur L est obtenue en ajoutant la
paliers ; circonférence de référence d’une poulie à deux fois l’entraxe mesuré
— une possibilité de s’enrouler sur de petits diamètres en raison entre les centres des poulies (figure 3). Les valeurs de la tension ou
de leur faible épaisseur (pour une épaisseur de 2 mm, les courroies effort d’écartement F e et des circonférences des poulies en fonction
peuvent s’enrouler sur des diamètres de l’ordre de 25 à 30 mm) ; de la section des courroies sont consignées dans le tableau 1 (en
— la possibilité de travailler sur les deux faces dans le cas d’une [Form. B 5 681]).
transmission à plusieurs poulies de sens de rotation différents.
Actuellement, la courroie plate est surtout utilisée sur des 1.2.1.1 Courroies classiques
machines tournant à grande vitesse, avec des poulies de faible
diamètre (industrie du bois ou des textiles), ou sur des installations Les courroies classiques sont telles que la hauteur relative h r est
ayant un grand nombre de poulies (imprimeries). voisine de 0,7 et que l’angle du trapèze α c (figure 2) est de l’ordre
de 40o.
Ce sont les premières courroies trapézoïdales à être apparues
1.2 Courroies trapézoïdales sur le marché ; leur utilisation est aujourd’hui celle du marché de
remplacement.
1.2.1 Définitions et terminologie Il existe sept sections normalisées désignées par une lettre :
A, B, C, D, E, Y ou Z. Les cotes de ces sections sont consignées
Une courroie trapézoïdale est une courroie dont la section trans- dans le tableau 2 (en [Form. B 5 681]).
versale a la forme générale d’un trapèze isocèle (figure 2). Sur une
section droite de la courroie maintenue rectiligne, le trapèze est défini 1.2.1.2 Courroies étroites
par la base, les flancs et le sommet de la courroie.
C’est une évolution de la courroie classique : l’encombrement
est réduit (h r ≈ 0,9) pour de meilleures performances grâce à un
moindre échauffement en flexion.
Le but a été également de réduire la zone à faible taux de travail :
la répartition des efforts (traction et flexion) n’étant pas la même
dans tous les câbles d’une même courroie, les câbles les plus
sollicités sont les câbles les plus proches des flancs (§ 2.5.4). Les
câbles du centre travaillent donc moins, d’où l’intérêt de réduire la
zone centrale (figure 4).

Figure 2 – Section d’une courroie trapézoïdale

Figure 3 – Dispositif de mesurage d’une courroie


(norme ISO 4184 et NF T 47-141)

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Ces courroies ont donc tendance à supplanter les courroies Elles existent dans les sections classiques et étroites. La dénomina-
classiques pour toutes ces raisons. tion des sections et de leurs cotes sont donc données dans le
Il existe quatre sections normalisées désignées par les lettres : tableau 2 (en [Form. B 5 681]).
SPZ, SPA, SPB et SPC. Les cotes de ces sections sont consignées
dans le tableau 2 (en [Form. B 5 681]).
1.2.2 Constitution
1.2.1.3 Courroies larges
La plupart des courroies trapézoïdales sont réalisées en sans fin,
Elles sont utilisées pour les variateurs de vitesse industriels : le constituées d’élastomère qui assure un bon coefficient de frottement
rapport h r est de l’ordre de 0,3 et leur angle α c est ramené à une et de fibres synthétiques pour l’armature (ou élément de traction).
valeur de l’ordre de 26o pour augmenter la plage de variation de
Deux types de courroies existent suivant qu’elles sont
vitesse.
enveloppées ou non sur les quatre faces.
Dans la plupart des cas, elles sont crantées sur la petite base afin
de diminuer le diamètre d’enroulement. 1.2.2.1 Courroies enveloppées
La dénomination des sections ainsi que les cotes de celles-ci
sont consignées dans le tableau 3 (en [Form. B 5 681]). Afin de protéger les éléments internes de la courroie contre les
agressions externes, la courroie est enrobée de tissu caoutchouté
qui résiste à l’abrasion ainsi qu’aux agents chimiques présents sur
1.2.1.4 Courroies semi-larges certaines transmissions.
Elles sont utilisées pour les variateurs de vitesse en machinisme
■ Courroie multicorde (figure 6a) : premier type de courroie trapé-
agricole : le rapport h r est voisin de 0,5 et, dans ce cas également,
zoïdale apparu sur le marché, elle est constituée d’un empilage de
l’angle α c est de l’ordre de 26o pour augmenter la plage de variation
tissu cord (nappe câblée) noyé dans un mélange à base d’élastomère.
de vitesse.
L’irrégularité des contraintes dans les différentes nappes, une
La dénomination des sections ainsi que les cotes de celles-ci
mauvaise tenue à la fatigue et une trop grande rigidité à la flexion
sont consignées dans le tableau 3 (en [Form. B 5 681]).
ont provoqué l’abandon de ce type de courroie au profit de la
courroie Grommet, puis de la courroie monocorde.
1.2.1.5 Courroies jumelées
Dans un jeu de courroies, l’allongement de chacune est différent
de l’une à l’autre ; certaines courroies travaillent tandis que d’autres
battent et sont peu sollicitées. Le rendement d’une telle transmission
est amélioré en jumelant les courroies par une nappe de liaison sur
leur sommet (figure 5).

Figure 4 – Comparaison des zones à faible taux de travail


entre une section classique et une section étroite :
répartition des efforts différente dans tous les câbles de la courroie

Figure 5 – Courroie jumelée


Figure 6 – Courroies enveloppées

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■ Courroie Grommet (figure 6b) : l’armature est formée par deux


anneaux constitués d’un câble enroulé sur lui-même.
Le rendement a été augmenté, mais cette courroie a de faibles
possibilités d’enroulement sur de petits diamètres lorsque la section
des anneaux est importante (diamètre supérieur à 5 mm).
La courroie Grommet est susceptible de supporter plus d’à-coups,
mais transmet moins de puissance qu’une courroie monocorde.
Ce type de construction se rencontre surtout dans les grosses
sections (C, D et E en courroies classiques).
■ Courroie monocorde (figure 6c) : c’est le type de courroie le plus
fabriqué actuellement. Un seul câble enroulé en hélice forme une
seule nappe ; ce câble, à l’origine en coton, puis en rayonne, est
remplacé à ce jour par des fibres synthétiques telles que les
polyesters (câbles les plus employés), les polyamides (appréciés
pour leurs facultés d’allongement) ou les fibres aramides (module
d’élasticité semblable à celui de l’acier).
Ce type de construction présente l’avantage d’une grande stabilité
de fonctionnement et des possibilités d’enroulement sur de faibles
Figure 7 – Exemple de construction d’une courroie à flancs nus
diamètres (tableau 4, en [Form. B 5 681]).
(sans enveloppage)

1.2.2.2 Courroies à flancs nus (ou sans enveloppage)


À flancs nus signifie que la courroie ne comporte pas d’envelop-
page sur tout son pourtour et que ses côtés ne sont donc pas recou-
verts. La surface de frottement (les flancs) est donc non protégée :
c’est pour cette raison que la structure interne de la courroie est plus
complexe que dans le cas d’une courroie enveloppée.
Leur structure est toujours du type monocorde, le mélange de base
est très souvent renforcé par des fibres limitant l’abrasion de
l’élastomère ; il peut également exister une stratification transversale
sous l’armature constituée de un ou plusieurs plis de tissu cord
assurant une bonne rigidité de l’ensemble et limitant l’usure
(figure 7).
Les performances d’une courroie sans enveloppage sont
améliorées par rapport à celles d’une courroie enveloppée par un
meilleur coefficient de frottement et une meilleure utilisation de
l’armature (20 % de zone utile en plus) (figure 8).
Figure 8 – Comparaison des largeurs utiles de l’armature
entre une courroie enveloppée et une sans enveloppage
Remarques
■ Les courroies à flancs nus sont, pour la majorité, crantées sur
la petite base. Ce crantage assure une grande flexibilité, en 1.2.3 Caractéristiques physiques
faisant diminuer les contraintes de flexion à l’enroulement sur de
petits diamètres (tableau 4, en [Form. B 5 681]). De ce fait, le Pour comparer les différentes sections, le tableau 4 (en
rapport de vitesse des transmissions peut être largement [Form. B 5 681]) donne les valeurs du diamètre minimal d’enroule-
augmenté. Le crantage permet également une ventilation plus ment, de la masse linéique et de la vitesse linéaire maximale
importante qui fait diminuer la température de fonctionnement. d’utilisation.
Pour toutes ces raisons, la courroie à flancs nus a une durée de
vie supérieure à celle d’une courroie enveloppée à égalité de De plus, la figure 9 montre l’évolution des puissances unitaires
puissance transmise (§ 1.2.3). brutes transmissibles (§ 3.1.3) entre des courroies B, SPB et SPBX
(ou XPB) pour une même durée de vie. Remarquons l’évolution des
■ Les courroies à flancs nus peuvent être fabriquées dans toutes diamètres minimaux d’enroulement, les écarts de puissance trans-
les sections (classiques ou étroites) mais la section étroite est la missible pour un diamètre identique de petite poulie, les possibilités
plus utilisée pour les raisons évoquées au paragraphe 1.2.1.2. de diminution du diamètre d’enroulement pour une même puissance
à transmettre, les combinaisons possibles d’une réduction de
Afin de différencier les courroies enveloppées des courroies à diamètre avec un accroissement de la puissance transmissible.
flancs nus, une section A sera appelée section AX, SPA devient Certaines variantes de construction existent.
SPAX (ou XPA), etc. mais les valeurs des cotes restent les mêmes.

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■ En règle générale, la position de l’armature se situe au niveau de La plupart des transmissions se font à deux poulies et l’apparition
la zone primitive, mais les courroies peuvent être réalisées avec une des courroies étroites permet aujourd’hui une transmission de
armature positionnée au-dessous de cette zone pour des applica- puissance accrue avec de plus grandes vitesses de rotation et de
tions avec contreflexion importante (galet tendeur ou rupteur sur le plus petits diamètres de poulies.
dos de la courroie, § 3.2.2.1). La courroie enveloppée reste prédominante dans ce domaine.
■ La toile d’enveloppage peut être non caoutchoutée (tissu écru) ■ Dans le domaine des appareils électroménagers, notamment les
pour des transmissions à coefficient de frottement réduit (transmis- machines à laver le linge, on exige la garantie d’une absence totale
sions débrayables). d’entretien pendant une durée de fonctionnement de 3 000 à 5 000 h,
■ La qualité des élastomères employés peut être variable et et cela avec de très petits diamètres de poulies et de grands rapports
modifiée pour des applications particulières. de transmission (dépassant 1/10).
En effet, la plupart des courroies sur le marché résistent aux Les courroies doivent avoir un très faible allongement, des flancs
huiles minérales courantes, évacuent les charges électrostatiques très résistants à l’usure et des possibilités d’enroulement sur petits
et ont une tenue à la température dans la limite de – 40 à + 90 oC. diamètres.
Mais certains constructeurs proposent différentes qualités dont les La courroie étroite à flancs nus est préconisée pour ce genre
quatre principales sont : d’applications.
— courroies ignifuges conformes au cahier des charges propre
■ Dans le secteur des machines agricoles, on demande des durées
à certaines industries (charbonnage, chimie) ;
de service de 500 à 2 000 h suivant les types de machine et de
— courroies résistant au froid, pour un stockage, un fonctionne-
système à entraîner.
ment et un démarrage jusqu’à – 70 oC ;
— courroies résistant à des températures pouvant atteindre En raison de leurs entraxes fixes, presque toutes les transmissions
+ 120 oC ; comportent des galets tendeurs destinés à absorber l’allongement
— courroies électriquement non conductrices et conformes aux des courroies ou à assurer la fonction d’embrayage, ce qui augmente
normes de sécurité de certaines professions (l’électroménager, par les contraintes dans les courroies, d’où une diminution de leur durée
exemple). de vie.
Par ailleurs, différentes influences du milieu telles que la
poussière, la chaleur, la pluie, le stockage hors période d’utilisation
1.2.4 Applications rendent les conditions plus difficiles pour les courroies.
C’est dans le domaine agricole que les courroies jumelées sont
Hors automobile, les principaux domaines d’emploi de la courroie les plus employées. La tendance reste à la courroie enveloppée, à
trapézoïdale sont la mécanique générale, les appareils électro- l’exception des variateurs de vitesse.
ménagers et le machinisme agricole.
■ La mécanique générale demande des courroies de qualité
standard qui puissent être employées autant que possible à tous les 1.3 Courroies striées
usages. La durée de vie d’une courroie doit être de l’ordre de 20 000
à 25 000 h.
1.3.1 Définition et constitution
La courroie striée est une courroie généralement caoutchoutée,
sans fin, rainurée dans le sens de la longueur par des dents de
section triangulaire (figure 10) ; ces dents peuvent être tronquées
(diminution du diamètre minimal d’enroulement) ou non.
L’armature est constituée d’une seule nappe de câble (générale-
ment en polyester).
Les courroies, fabriquées en manchons de grande largeur, sont
découpées ultérieurement au nombre de dents nécessaires corres-
pondant au nombre de gorges de la poulie, ce qui génère une
courroie unique transmettant la puissance attendue.

Figure 9 – Évolution des puissances brutes transmissibles


entre les courroies B, SPB, et SPBX (ou XPB) Figure 10 – Courroie striée
(d’après doc. Kléber-Industrie, courroies Texrope)

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Il existe cinq sections normalisées désignées par une lettre : H, Leur emploi est généralement limité au domaine des machines
J, K, L ou M. Les trois sections les plus utilisées dans l’industrie agricoles.
sont les sections J, L et M. La section K est réservée à l’automobile,
la section H peut être obtenue chez certains fabricants pour des
applications particulières (micromécanique, par exemple). 1.4.2 Courroies trapézoïdales à bouts libres
Les cotes de ces sections ainsi que les principales caractéristiques
physiques sont consignées dans les tableaux 5 et 6 (en Ces courroies peuvent être constituées dans différents matériaux
[Form. B 5 681]). tels que le cuir (courroies à maillons, par exemple), le caoutchouc
armé par des plis de textile (type multicorde, figure 12) dont la
jonction se fait à l’aide d’une agrafe, ou les matières plastiques ou
1.3.2 Avantages et applications thermoplastiques dont la jonction se fait par soudure.
Le principal avantage est la liberté de placer la transmission de
La courroie striée allie la flexibilité élevée propre aux courroies façon la mieux adaptée possible, en fonction de la machine, sans
plates et les très bonnes caractéristiques de transmission de que la disposition soit soumise aux nécessités d’accès d’une courroie
puissance propres aux courroies trapézoïdales. Ces qualités sans fin.
permettent aux bureaux d’études d’apporter des solutions nouvelles Cependant, la capacité de transmission de puissance se trouve
à certains problèmes spécifiques de transmission. Dans tous les cas réduite de plus de 50 % par rapport à une courroie sans fin qui
où des considérations techniques et économiques amènent à serait réalisée dans les mêmes matériaux de base.
recourir à des moteurs d’entraînement à très grande vitesse, ce choix
implique toujours l’emploi de poulies de faible diamètre, tombant
parfois au-dessous des valeurs minimales prescrites par les 1.4.3 Courroies de transport de matières
fabricants de courroies trapézoïdales dont l’utilisation devient alors
critique.
Il s’agit de courroies généralement à bouts libres sur lesquelles
Lorsque la courroie plate elle non plus n’est pas envisageable, par un revêtement profilé est placé sur la grande base. Ce profil est
exemple s’il n’est pas possible techniquement d’augmenter la adapté aux produits convoyés (calibrage de fruits, par exemple).
tension de la courroie afin d’améliorer les capacités de transmission
ou de choisir une plus grande largeur, on est amené à recourir à la Leur fonction n’est pas de transmettre une puissance.
courroie striée. Pour terminer cet inventaire des différentes courroies disponibles
Les nervures trapézoïdales de la courroie striée emplissent totale- sur le marché, citons les courroies à section circulaire employées
ment les gorges de la poulie, à condition d’être correctement dans la micromécanique mais dont la capacité de transmettre une
tendues, assurant ainsi une bonne adhérence et une répartition puissance est très limitée.
régulière des efforts sur toute la largeur de la courroie. L’armature Le tableau 1 récapitule les différents types de transmission
intégrée dans la courroie par enroulement en sans fin transmet le (poulies et courroies), ainsi que leurs principales applications dans
couple de rotation de la poulie menante à la poulie menée ; son très l’industrie.
faible allongement est la condition d’un service pratiquement
exempt de maintenance.
De plus, la courroie striée autorise des rapports de vitesses
atteignant 1/40 en un seul palier, d’où un encombrement réduit pour
ces transmissions.
Le niveau de bruit reste faible en service, même à très grande
vitesse, et l’on peut recourir à des galets tendeurs en appui dorsal
sans affecter la durée de vie de la courroie.
Les sections H et J sont essentiellement utilisées dans l’électro-
ménager (lave-linge, par exemple) et en construction de petite
mécanique, tandis que les sections L et M sont surtout prévues dans
les secteurs de moyenne et grosse mécanique.

Figure 11 – Courroie hexagonale


1.4 Autres types de courroies
1.4.1 Courroies hexagonales
Ces courroies sont utilisées pour des transmissions polygonales,
c’est-à-dire pour un entraînement de plusieurs poulies de sens de
rotation inversés. Leur section est constituée de deux trapèzes
opposés par leur grande base (figure 11). Elles peuvent être
fabriquées en sans fin ou à bouts libres.
Les matériaux entrant dans leur constitution sont les mêmes que
ceux pour les courroies trapézoïdales (§ 1.2.2).
Elles existent en quatre sections désignées par les lettres : HAA, Figure 12 – Courroie trapézoïdale agrafable
HBB, HCC et HDD, dont les cotes sont consignées dans le tableau 7
(en [Form. B 5 681]).

(0)

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Tableau 1 – Différents types de transmission (poulies et courroies)


avec leurs principales applications dans l’industrie
Profil des poulies
Désignation des courroies Applications principales
correspondantes

Plates Plates Transmissions tournant à grande vitesse utilisant des poulies


de faible diamètre et/ou un grand nombre de poulies.
Trapézoïdales À gorges trapézoïdales
Sections classiques
Y Y Petite mécanique.
Z Z Petite et moyenne mécaniques, électroménager.
A A Moyenne mécanique, motoculture, électroménager.
B B Moyenne mécanique, machinisme agricole léger.


C C
D D Grosse mécanique.
E E Machinisme agricole.

Sections étroites
SPZ SPZ ou Z  Mêmes applications que les courroies classiques. Tendance à rem-
SPA SPA ou A  placer ces dernières dans tous les domaines, en particulier en élec-
SPB SPB ou B  troménager (SPZ). En automobile, ce sont les sections SPZ et SPA
 qui sont les plus utilisées, respectivement désignées par les codes
SPC SPC ou C  AV 10 et AV 13.
Courroies jumelées
Sections classiques
AJ AJ
BJ BJ ou B
CJ CJ ou C 
DJ DJ 

Sections étroites  Dans tous les domaines où les courroies classiques et étroites
 sont montées par jeux.
9J 9J 
15J 15J 
20J 20J 

25J 25J
Variateurs Poulies de variateurs Variateurs de vitesse à courroies.
industriels à flasques mobiles
W 16 ; W 20 ; W 25 ; W 31,5 W 16 ; W 20 ; W 25 ; W 31,5
W 40 ; W 50 ; W 63 ; W 71 W 40 ; W 50 ; W 63 ; W 71 Installations industrielles.
W 80 ; W 100 W 80 ; W 100
agricoles
HI ; HJ ; HK ; HL ; HM HI ; HJ ; HK ; HL ; HM Machinisme agricole.
HN ; HO HN ; HO
Striées Striées Utilisation à grandes vitesses :
H H micromécanique, électroménager ;
J J petite mécanique, électroménager ;
K K automobile ;
L L 
M M  moyenne et grosse mécaniques.

Hexagonales Trapézoïdales Entraînement de plusieurs poulies de sens de rotation inversés,
HAA, HBB, HCC, HDD A, B, C, D en particulier dans le machinisme agricole.

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2. Théorie de la courroie Et, en particulier, entre les efforts T u et t u il existe la relation


suivante :
Tu
- = exp ( f ′ α )
------- (3)
2.1 Les efforts tu

2.1.1 Efforts utiles Le coefficient f ′, appelé coefficient de frottement réel, est défini
ainsi :
2.1.1.1 Loi du frottement exponentiel capacité d′entraînement
f ′ = -----------------------------------------------------------------------
Dans un premier temps, considérons une courroie enroulée sur force de pression
une poulie de rayon r d’un angle α . Dans le cas d’une courroie plate, ce coefficient f ′ est utilisé dans
La courroie est tendue : la valeur de la tension dans chacun des les calculs d’adhérence (§ 2.2.3).
u
brins est égale à t o effort de traction sur la courroie circulant sans Dans le cas d’une courroie trapézoïdale, c’est un coefficient de
charge. frottement global qui intervient.
Lorsqu’un couple C est appliqué (figure 13), la tension dans le Soit une courroie trapézoïdale enroulée dans une gorge de poulie
brin tendu (brin moteur) a la valeur T u et la tension dans le brin d’angle β (figure 14b).
mou (brin conduit) a la valeur t u , telles que : La réaction dR n = F d γ est la résultante de deux réactions normales
dR 1 exercées sur les flancs de l’élément de courroie ; ce qui s’écrit :
C
T u = t u + ----- (1)
r β
F d γ = dR n = 2dR 1 sin -----
u 2
et Tu + t u = 2t o
La relation (3) devient alors par analogie :
Sachant que le coefficient de frottement entre la poulie et la
courroie a la valeur f ′, raisonnons sur le cas où la capacité d’entraîne- Tu f′
ment par enroulement permise par ce coefficient est pleinement -------
tu 
- = exp ---------------------- α
sin β /2  (4)
utilisée, et cela afin de déterminer jusqu’à quelle valeur le couple
peut croître sans que la courroie patine. f′
Le terme f = --------------------- est appelé coefficient de frottement global.
Soit un élément de courroie repéré par sa situation angulaire γ , sin β /2
qui est soumis aux forces extérieures suivantes (figure 14a) :
— efforts tangentiels : F et F + dF ; 2.1.1.2 Système des efforts utiles
— réaction normale de la poulie : dR n ;
— réaction tangentielle de la poulie : dR t = f ′ dR n . Considérons maintenant une transmission à deux poulies et une
En considérant que l’angle d γ est petit [d γ ≈ sin (d γ )], nous
courroie trapézoïdale (figure 15).
obtenons les relations suivantes : Les relations précédentes montrent que le couple transmissible
croît avec l’angle de contact ; c’est donc le travail effectué par la
Fd γ = dR n  dF petite poulie qu’il faut surveiller (arc de contact le plus faible).
- = f ′ dγ
 d′où -------- Sur la petite poulie, l’effort de traction suit la loi :
dF = f ′ dR n  F
F = t u exp (f γ ) (5)
soit F = t u exp (f ′ γ ) (2)
Cette loi montre que l’effort tangentiel dans une courroie suit
une variation exponentielle en fonction de l’angle enroulé.

Figure 13 – Enroulement d’une courroie sur une poulie


Figure 14 – Équilibre des forces dans un élément de courroie

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Figure 15 – Système des efforts centrifuges en équilibre dans une transmission à deux poulies et une courroie trapézoïdale

Aux rayons limites de l’angle α, les efforts de traction valent Pour mettre en évidence les efforts exercés sur la courroie par la
respectivement t u et T u . Ils sont toujours valables aux rayons force centrifuge, il est nécessaire d’utiliser la notion de charge
limites de l’angle (2π – α ) sur la grande poulie. répartie.
Sur la grande poulie, l’effort de traction suit la même loi exponen- La charge répartie centrifuge est le quotient de l’effort centrifuge
tielle qui met en jeu un coefficient de frottement global f 1 inférieur local par la longueur de l’arc intéressé.
au coefficient f de la petite poulie : Sur la portion de courroie enroulée sur la petite poulie, de rayon r,
F 1 = t u exp (f 1 γ 1) (6) s’exerce la charge répartie constante :

Appliquée à l’angle total (2π – α ), elle donne : t


q = ------c-
r
Tu
- = exp [ f 1 ( 2π – α ) ] = exp ( f α )
------- et sur la grande poulie de rayon R :
tu

d’où : tc
q 1 = ------
-
R
α
f1 =  ------------------
2π – α 
f
Les résultantes des charges centrifuges, Q sur la petite poulie et
Q1 sur la grande poulie, sont situées sur l’axe de symétrie de la
Ces efforts servent à la transmission de puissance. Ils constituent
figure 15b en raison de la symétrie générale.
le système des efforts utiles.
Nous avons la relation suivante :


+ α /2
2.1.2 Efforts dus à l’effet centrifuge
Q = dF c cos γ
– α /2
La courroie de section S, de masse volumique ρ, s’enroule sur
une poulie de rayon r et tourne à la vitesse v. α
Q = 2t c sin ----- (8)
2
L’élément de courroie est soumis aux efforts suivants
(figure 15a) : Par le même raisonnement, nous obtenons la relation :
— effort centrifuge : dFc = S ρ v 2 d γ ;
— tractions des portions de courroie voisines : t c . α
Q 1 = 2t c sin ----- = Q
2
L’équilibre de l’élément de courroie permet d’écrire en projetant
les forces sur l’axe de symétrie : Les deux résultantes ont donc même intensité.
dγ Au total, les efforts dus à l’effet centrifuge sur la courroie se
S ρ v 2 d γ = 2t c sin -------- ramènent aux charges réparties dont les résultantes sont opposées.
2
Le système des efforts centrifuges est donc un système en équilibre
et pour un angle d γ petit : sur lui-même, sans interaction sur les poulies.
tc = S ρ v 2
Posons M, masse de la courroie, telle que : 2.1.3 Efforts totaux
M=SLρ
En ce qui concerne les efforts de traction dans la courroie, on peut
L étant la longueur totale de la courroie et m sa masse linéique considérer que le système des efforts centrifuges se superpose au
avec m = M /L = S ρ. système des efforts utiles.
De ce fait, l’effort de traction centrifuge a pour expression : En une section donnée de la courroie, l’effort de traction total est
la somme de l’effort de traction utile et de l’effort de traction
tc = m v 2 (7) centrifuge.
On peut remarquer qu’il est indépendant du rayon de la poulie Aussi dans le brin mou, l’effort de traction total est :
et de l’arc de contact. Il dépend uniquement de la masse linéique
t = tu + tc
de la courroie et de sa vitesse linéaire. De plus, cet effort est constant
sur toute la longueur de la courroie. et, de même, dans le brin tendu :
T = Tu + tc

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2.1.4 Efforts tangentiels utiles Cela montre que la somme des efforts dans les brins rectilignes
est constante.
2.1.4.1 Somme des efforts dans les brins rectilignes
Il est utile d’examiner comment s’effectue, du point de vue des 2.1.4.2 Effort tangentiel utile possible
efforts dans la courroie, le passage de l’état de repos à l’état de On tire le meilleur service possible d’une courroie lorsque
fonctionnement en charge. l’effort T u dans le brin tendu a une valeur tenant compte de la résis-
Sur la transmission au repos, la courroie dont l’allongement est tance en traction, de la vitesse et de la durée souhaitée. L’effort T u
∆L o est soumise à l’effort de traction initial t o . est alors une donnée.
Si l’on applique un couple à l’une des poulies en empêchant Dans ce cas, on a :
l’autre de tourner, la première poulie tourne d’un petit angle et Tu
l’augmentation d’allongement supportée par le brin tendu est t u = ------------------------
-
exp ( f α )
égale à la diminution d’allongement supportée par le brin mou.
Les allongements des brins rectilignes sont devenus ∆LT et ∆L t Pour une transmission à z courroies, l’effort tangentiel utile
tels que : possible a pour expression :
∆LT – ∆Lo = ∆Lo – ∆L t F u = z (T u – t u )
exp ( f α ) – 1
 ----------------------------------
exp ( f α ) 
les efforts de traction étant T dans le brin tendu et t dans le brin
mou. soit Fu = - zT u (10)
En tenant compte de l’élasticité des matériaux utilisés dans la
constitution des courroies, la courbe d’allongement est pratique- formule connue sous le nom de formule de Rankine.
ment rectiligne (figure 16). Les variations des efforts sont donc Il est fréquent, dans la pratique, que les performances soient
égales et opposées dans les deux brins : limitées par l’effort de traction initial t o et, par suite, par l’effort de
u
T – to = to – t traction utile en marche sans charge t o = t o – t c . Dans ce cas, les
efforts de traction utiles dans les brins rectilignes satisfont aux
Sur les portions enroulées, la courroie n’a pas glissé et conserve
relations suivantes :
sa longueur.
u
Lorsque la transmission tourne dans les mêmes conditions de  T u + t u = 2t o

couple, la longueur totale de la courroie ne change pas. Sur les  Tu
portions enroulées, les zones d’allongement compensent les zones  -------- = exp ( f α )
de raccourcissement et les longueurs enroulées sont les mêmes  tu
qu’au repos. Les allongements des brins rectilignes restent les
mêmes, ∆LT et ∆L t , ainsi que les efforts de traction T et t. Il en résulte :
u
La relation entre les efforts des brins rectilignes en charge s’écrit  2 exp ( f α ) t o
donc :  T u = -------------------------------------
 exp ( f α ) + 1
T + t = 2t o
 u
 2to
d’où (T – t c ) + (t – t c ) = 2(t o – t c )  t u = ----------------------------------
-
 exp ( f α ) + 1
u
T u + t u = 2 ( t o – t c ) = 2t o (9)
exp ( f α ) – 1
avec
u
to partie utile de l’effort de traction dans la courroie circulant
d’où 
exp ( f α ) + 1  u
F u = 2 ----------------------------------- z t o (11)

sans charge.

2.2 Possibilités d’entraînement


2.2.1 Grandeurs d’entraînement
Considérons une transmission comportant z courroies trapézoï-
dales. En l’absence de charge, les courroies sont soumises à l’effort
u
de traction t o .
Examinons comment varient les différentes grandeurs caracté-
risant l’entraînement quand la charge, représentée par l’effort
tangentiel utile F u , croît progressivement à partir de la valeur zéro.
Les efforts dans les brins rectilignes satisfont aux relations :
u
T u + t u = 2t o
Fu
T u – t u = -------
-
z

De ce fait, ces efforts suivent la loi :


u
Tu t o + ( F u /2z )
-------
- = ----------------------------------
u
-
Figure 16 – Courbe d’allongement d’une courroie
tu t o – ( F u /2z )

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La limite théorique de la charge sera obtenue pour t u = 0, soit Si l’on considère la courroie comme un matériau élastique de
pour : module d’élasticité apparent E ′, suivant la loi de Hooke on a :
Fu u
- = 2t o
------- ∆L T T ∆L t t
z - = ------------ et ----------- = ------------
-----------
L E ′S L E ′S
Ainsi, dans aucun cas, la courroie tendue initialement à la valeur
u u
avec S section de la courroie,
t o = t o + t c ne pourra supporter une charge supérieure à 2 t o . donc :
T t Fu
g = ------------ – ------------ = ------------
2.2.2 Glissement E ′S E ′S E ′S
Le rapport de transmission  , défini comme étant le rapport entre
Toutes les courroies possèdent une certaine élasticité, c’est-à-dire les vitesses de la courroie sur les poulies motrice et réceptrice
que leur longueur varie de façon réversible selon la tension qu’elles (diamètres respectifs d et D), est donné par :
supportent. La longueur d’un élément de courroie n’est donc pas
la même selon qu’il se trouve sur le brin tendu ou sur le brin mou. D
η = ( 1 + g ) ------ (13)
De ce fait, quand il passe sur la poulie réceptrice, sa longueur d
augmente légèrement, ainsi que sa vitesse (dans les mêmes
proportions) au fur et à mesure que sa tension passe de t à T. Il doit
en même temps ramper sur la poulie. Ce glissement est appelé Remarque concernant les courroies trapézoïdales : le brin
glissement fonctionnel ou glissement relatif et n’a aucun rapport tendu n’ayant pas la même tension que le brin mou, il s’enfonce
avec le patinage. davantage dans la gorge de la poulie réceptrice, d’une valeur dR.
De ce fait, le brin tendu s’enroule sur la poulie motrice sur un
Des recherches expérimentales [1] ont montré que ce glissement
diamètre plus faible que s’il avait la même tension que le brin
ne se produit que sur une partie de l’arc embrassé total α qui se
mou. Ce diamètre est égal à (d – 2 dR ).
décompose donc en deux parties : l’arc de glissement α g et l’arc de
repos α r sur lequel le glissement n’a pas lieu (figure 17). Sur les Le rapport de transmission devient alors :
deux poulies, l’arc de repos se trouve du côté du brin attaquant la
D
poulie et l’arc de glissement du côté du brin quittant la poulie. η = ----------------------- ( 1 + g )
d – 2dR
À mesure que la charge Fu augmente, l’arc de glissement
augmente lui aussi au détriment de l’arc de repos. En surcharge, le 2 dR
soit, sachant que g  1 et --------------  1 :
glissement affecte tout l’arc embrassé α ; dans ces conditions, le d
glissement fonctionnel se transforme en patinage.
Ces expériences ont montré que le glissement croît d’abord pro-
D
2dR
η ≈ ------ 1 + g + -------------
d d 
portionnellement à la charge, puis plus rapidement pour finalement
annuler l’entraînement (figure 19a). À chaque valeur de la charge 2dR
Dans la pratique, le terme ------------- est toujours négligé.
correspond une valeur de glissement et aussi une valeur du coef- d
ficient d’adhérence (§ 2.2.3), ce qui conduit à dire que le coefficient
d’adhérence s’adapte à la charge dans un large domaine de charge
et que, dans celui-ci, l’entraînement par courroies est stable. 2.2.3 Adhérence
La valeur du glissement g est donc donnée par la variation relative
de longueur de la courroie entre les tensions t et T : 2.2.3.1 Définition
Il existe, dans la pratique, une infinité de valeurs du coefficient
∆L T ∆L t
g = -----------
- – ----------- (12) de frottement global f, suivant les matériaux en contact, l’usure de
L L la courroie, la température des organes en présence, l’angle des
gorges de poulie, le diamètre d’enroulement des poulies, la raideur
L étant la longueur de la courroie non chargée. de la courroie à la flexion, le type de transmission (entraxe libre ou
bloqué), la puissance transmise, etc.
Pour évaluer les conditions d’entraînement lorsque la courroie
n’est pas sur le point de décrocher (glissement très élevé), on utilise
dR t
le rapport a = ------------
- (§ 2.1.1) et, si l’on admet que a conserve la
dR n
même valeur tout le long de l’arc de contact, on a :
Tu
- = exp ( a α )
------- (14)
tu

a est appelé coefficient d’adhérence.

2.2.3.2 Adhérence statique


Au démarrage, pendant la fraction de seconde que dure le décol-
lement de la machine, c’est le coefficient d’adhérence statique qui
Figure 17 – Glissement fonctionnel intervient.

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Sous un couple C, l’effort tangentiel utile est : On observe trois phases :


— passage de la valeur zéro à F 4 : le glissement g est proportionnel
C
F u = ----- à la charge F u ;
r — entre F 4 et F 5 , g n’est plus proportionnel à la charge F u mais
Le coefficient d’adhérence s’écrit, d’après la relation (14) : croît plus vite ;
— à la valeur F 5 , g prend des valeurs considérables (> 6 %) ; il y

 
1 Tu a décrochement dynamique.
a = ----- In --------
α tu Sur la figure 19b est tracée l’évolution du coefficient a en
fonction du glissement g. On remarque qu’après le décrochement
Si l’on prend une transmission à deux poulies de mêmes rayons dynamique, a se maintient à une valeur a 5 constante.
(α = π) avec une courroie soumise à l’effort de traction initial t o , on
peut tracer l’évolution de la vitesse v, des efforts T et t, du
coefficient d’adhérence a en fonction de l’effort F u (figure 18a ). 2.2.4 Allures de marche de la courroie
À la valeur F u = F 2 se produit le décrochement statique, valeur à
partir de laquelle le coefficient d’adhérence chute (figure 18b ). L’allure de marche normale se caractérise de la façon suivante :
— le glissement relatif est situé dans la zone où il est proportionnel
2.2.3.3 Adhérence dynamique à la charge (figure 19a) ; sa valeur est de l’ordre de 1 à 2 % ;
— la charge F 4 est le maximum que la transmission peut supporter
Lorsque la transmission tourne, c’est le coefficient d’adhérence de façon permanente et quasi indéfiniment.
dynamique de la transmission qui intervient.
En marche normale, la transmission travaille avec une réserve
Sur la figure 19a est tracée l’évolution du glissement g, des par rapport au décrochement dynamique.
efforts de traction utiles T u et t u , du coefficient d’adhérence a en
fonction de l’effort utile F u .

Figure 19 – Adhérence dynamique


Figure 18 – Adhérence statique

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L’allure de pointe se caractérise comme suit : Dans ces conditions, pour une courroie plate dont le matériau
— le glissement se situe dans la zone où il croît plus vite que la constituant la surface de frottement serait le même que celui des
charge ; il peut atteindre 4 à 5 % ; flancs de la courroie trapézoïdale, nous avons, pour un angle α de
— la charge F 5 est le maximum que la transmission peut supporter 180o, la valeur du rapport :
à titre occasionnel et pendant une durée limitée à une ou quelques
Tu
secondes. - = exp ( πf ′ ) = 1,689
-------
tu
Au décrochement dynamique correspond un coefficient
d’adhérence important. Le glissement peut atteindre 100 % (arrêt de
la poulie réceptrice) et la destruction des courroies peut s’ensuivre
rapidement par échauffement. Remarque : pour une courroie striée, ce rapport est pris égal
à 5 comme pour une courroie trapézoïdale.
Les valeurs conventionnelles du coefficient d’adhérence pour
une transmission équipée de deux poulies de même diamètre et
une courroie trapézoïdale sont les suivantes. Pour simplifier les comparaisons, assimilons la valeur de exp (πf ′)
à la fraction 5/3 et étudions deux transmissions à deux poulies de
L’angle de contact α étant égal à π rad (180o), la relation (14)
même diamètre, l’une équipée d’une courroie trapézoïdale (ou d’une
permet d’écrire :
courroie striée) et l’autre d’une courroie plate.
 
1 Tu
a = ----- In -------- Supposons que dans les deux cas l’effort T u admissible dans le
π tu brin tendu soit le même et vaille 5 unités d’effort (T u = 5).
En marche normale, il est communément admis que le Soit R p la réaction de la courroie sur sa poulie (§ 2.3) et observons
rapport Tu /t u a pour valeur 5 ; de ce fait : sur la figure 20 l’équilibre des forces :
— dans le cas de la courroie trapézoïdale et de la courroie striée :
1
a n = ----- In 5 = 0,512
π Tu = 5 
 Fu = 4 et R p = 6 = 1,5 F u
ce qui correspond à la valeur usuellement prise pour le coefficient tu = 1 
de frottement global f.
En marche en pointe, le rapport des efforts de traction utiles est — dans le cas de la courroie plate :
pris égal à 15. Le coefficient a p est donc tel que :
Tu = 5 
1  Fu = 2 et Rp = 8 = 4 Fu
a p = ----- In 15 = 0,862 tu = 3 
π
Au décrochement dynamique, ce rapport est égal à 20, d’où : Nous constatons que :
— la possibilité d’entraînement F u de la courroie trapézoïdale vaut
1 deux fois celle de la courroie plate ;
a d = ----- In 20 = 0,954
π — la réaction R p de la courroie trapézoïdale sur la poulie
représente les trois quarts de celle de la courroie plate.
Lors du démarrage, qui met en jeu le coefficient d’adhérence
statique, le rapport Tu /t u est égal à 25 :
1
a o = ----- In 25 = 1,025
π
Nous avons vu (§ 2.1.1.1) que le coefficient de frottement réel f ′
est donné par la relation suivante :
f ′ = f sin (β /2)
Dans le cas d’une poulie dont l’angle de gorge est de 38o, sachant
que f = a n , nous avons l’égalité :

f ′ = f sin (19o ) = 0,167


■ Remarque : dans le cas d’une transmission à deux poulies de
diamètres différents, le coefficient d’adhérence sur la poulie
motrice f m est lié à celui sur la poulie réceptrice f r par la relation
suivante :
αr
f m = ---------- f r (15)
αm

α m et α r étant les angles de contact respectivement sur la poulie


motrice et sur la poulie réceptrice.

2.2.5 Comparaison entre les différents types


de courroies
Figure 20 – Comparaison des efforts
s’exerçant sur deux types de courroies
Pour une courroie trapézoïdale, nous venons de voir qu’un coef-
ficient de frottement global f = 0,512 implique que nous admettons
un coefficient de frottement réel f ′ = 0,167.

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Ces résultats montrent qu’il est préférable d’utiliser une courroie Les projections de leur résultante sur l’axe de symétrie et son
trapézoïdale lorsque cela est possible. Dans le cas des fortes vitesses axe perpendiculaire (x et y ) sont :
linéaires (> 50 m/s) ou lorsque le travail de flexion est sévère, cas
u
où habituellement la courroie plate et utilisée, il est préférable R x = z ( T u + t u ) sin (α /2 ) = 2 z t o sin (α /2 )
d’équiper la transmission avec une courroie striée, qui a les mêmes
performances que la courroie trapézoïdale et les possibilités R y = z ( T u – t u ) cos ( α /2 ) = F u cos (α /2 )
d’enroulement sur petit diamètre de la courroie plate.
et la résultante en marche et en charge vaut donc :

2 2
2.3 Efforts sur les poulies et les paliers Rp = Rx + Ry (18)

2.3.1 Transmission au repos


La transmission est installée avec un effort de traction initial t o
2.4 Pertes de puissance
dans chaque courroie. La résultante des efforts exercés par les
z courroies sur une poulie vaut : La puissance perdue correspond à la différence entre celle
R o = 2 z t o sin (α /2) (16) disponible sur l’arbre moteur P et celle reçue sur l’arbre récepteur.

2.3.2 Transmission en marche à vide 2.4.1 Perte de puissance par glissement

Quand la transmission tourne sans charge, une part t c = mv 2 Cette perte est proportionnelle au glissement g défini au para-
(§ 2.1.2) de l’effort de traction initial t o est affectée à la mise en charge graphe 2.2.2 :
interne de la courroie par les effets centrifuges sur les portions de ∆Pg = g P
courroie enroulées, ces effets tendant à décoller les courroies des
■ Remarque : dans le domaine d’utilisation des courroies, g est
poulies en les déchargeant d’autant.
sensiblement proportionnel à la charge F u (§ 2.2.4) donc à la
u
Seule la part restante t o = t o – t c de l’effort de traction initial tire puissance P et de ce fait :
∆Pg ≈ KP 2 (19)
sur les poulies, applique les courroies dans les gorges et est
disponible pour la transmission de puissance. avec K coefficient de proportionnalité.
La résultante des efforts vaut donc :
u
R o = 2z ( t o – t c ) sin ( α /2 ) (17) 2.4.2 Pertes de couple

Ces pertes de couple comprennent toutes les pertes de la trans-


2.3.3 Transmission en fonctionnement mission à l’exception des pertes par glissement, c’est-à-dire les
pertes par flexion de la courroie, les pertes dans les paliers et les
pertes par ventilation.
Les possibilités de transmission de puissance sont définies par la
condition (§ 2.1.4.2) : ■ Pertes par flexion de la courroie
exp ( f α ) – 1
  u
F u  2 ---------------------------------- z t o
exp ( f α ) + 1
Le moment de flexion en A (figure 13) est donné par :
E′I
M f = -----------
Quand la transmission tourne en charge, ce sont les efforts de r
traction utiles dans la nappe molle (z brins mous) et dans la nappe
tendue (z brins tendus) qui s’exercent sur chaque poulie (figure 21) : avec I moment d’inertie de la courroie,
E ′ module d’élasticité.
u Fu
z t u = z t o – -------
- Le travail dépensé par la flexion de l’élément AB est :
2
u Fu Mf E′I
z T u = z t o + -------- W = ---------- y = ----------- y
2 x xr

x x2
Or, sachant que ------  1 et y ≈ -------
2r
- , on a :
r
E′I
W = -----------2- x
2r
Pour une courroie non homogène, on ne peut parler d’une
valeur de E ′ et d’une valeur de I ; il est indispensable d’associer la
raideur de la courroie E′I en une seule mesure.
Au dépliage, au point C (figure 13), selon la vitesse et l’hystérésis,
ce travail peut être récupéré en partie ou, au contraire, il peut y avoir
une nouvelle perte d’énergie.

Figure 21 – Réactions des courroies sur les poulies

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Le travail nécessaire pour faire avancer la courroie de la longueur x 2.5 Notions de fatigue
sur la poulie est donc :
JE ′ I
dans une transmission
-------------
-x
2r 2
2.5.1 Vitesse d’usure d’une courroie
avec J coefficient compris entre 0 (élasticité parfaite) et 2 à régime constant
(plasticité totale).
Ce travail correspond pour ce déplacement x à une différence de Soit une transmission équipée de courroies trapézoïdales
tension dt entre les deux brins, telle que : comportant n poulies.
Lorsqu’une courroie passe sur une poulie i , elle supporte un
JE ′ I système de contraintes (flexion, traction, force centrifuge, etc.) qui
dt = -------------
-
2r 2 en abrègent l’existence.
Les pertes de couple par flexion sur deux poulies de diamètre D Désignons par r i le nombre de révolutions que la courroie
et d sont données par : pourrait effectuer pendant sa vie du fait des contraintes dues à la
poulie i si cette poulie était seule en cause ; on peut admettre qu’à
JE ′ I
D  D
d 
∆C f = -------------- 1 + ------ (20) chacune de ses révolutions autour de cette unique poulie, la
courroie consommerait une fraction 1/ ri de sa vie.
■ Pertes dans les paliers : elles sont dues aux frottements sur les Si cette courroie passe sur n poulies, à chaque révolution elle
paliers des poulies sollicités par la tension des courroies, et consomme une fraction 1/ro de sa vie telle que :
augmentent avec la vitesse angulaire et la tension.
n
1 1
■ Pertes par ventilation : elles sont dues à la résistance de l’air au ------- =
ro ∑ ----ri-
mouvement de la courroie et des poulies, et dépendent donc de la i=1
vitesse linéaire des courroies.
r o représente aussi le nombre de révolutions que la courroie peut
effectuer autour de l’ensemble des n poulies avant de périr au bout
2.4.3 Bilan des pertes de Ho heures.
Pendant cette vie, la courroie de longueur L parcourt une longueur
Les pertes seront minimales pour une transmission dont les égale à r o L ; elle le fait à la vitesse v et, en choisissant correctement
vitesses angulaires sont données si l’on parvient à réunir les les unités, nous pouvons obtenir la longévité (en heures) par la
conditions suivantes : relation :
— courroie souple (E ′ I faible) ; ro L L
H o = ----------
- = -----
— hystérésis faible (J faible) ; v u
— poulies de grand diamètre.
où L est exprimée en millimètres et u en millimètres par heure, u
Pour éviter une trop grande perte par glissement, il est souhaitable représentant la vitesse d’usure v /ro à régime d’utilisation constant ;
d’avoir des courroies à faible allongement élastique [E ′S élevé, d’où cette quantité mesure en quelque sorte la vitesse fictive à laquelle
une tension de pose correcte et assez élevée (§ 3.1)]. est consommée la longueur L de la courroie au cours du fonction-
L’ordre de grandeur des pertes de puissance sur une transmission nement de la transmission.
est donné sur la figure 22 en fonction de la vitesse linéaire de la
courroie. Les pertes totales en marche normale sont de l’ordre de
1 à 2 %, de sorte que le rendement de la transmission peut être voisin 2.5.2 Vitesse d’usure d’une courroie
de 98 à 99 %. sous régimes multiples

Si, pendant sa vie Ho , la courroie est soumise à un certain nombre j


de régimes d’utilisation constants et distincts, chacun pendant des
durées H j , on peut dire qu’à chaque régime la courroie s’use fictive-
ment d’une longueur :
Lj = H j uj
Lors de la destruction de la courroie, on aura ainsi :

∑L j = L et ∑ H j = Ho
Ainsi, la courroie se sera usée à la vitesse moyenne u donnée
par :
L pj
u = --------- = ∑ ----------- u j
Ho 100

avec pj pourcentage du temps total pendant lequel le régime


d’utilisation j a été appliqué à la courroie.
Figure 22 – Ordre de grandeur des pertes de puissance
sur une transmission donnée en fonction de la vitesse linéaire
de la courroie

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2.5.3 Relation entre la contrainte et la longévité ■ Dans le cas de transmissions à courroies multiples, on admet que
les efforts sont également répartis entre toutes les courroies.
Une courroie trapézoïdale conçue et fabriquée d’une manière ■ Le calcul des efforts de traction suppose qu’à chaque régime
équilibrée doit comporter des éléments et des assemblages dont la d’utilisation la courroie fonctionne sur l’une des poulies à son seuil
résistance n’est pas inférieure à celle de l’armature qui est l’élément conventionnel d’adhérence, ce qui implique qu’on réajuste la tension
actif ; dans ce cas, c’est par défaillance de l’armature que périt la de pose à chacun des changements de régime ; de ce fait, les efforts
courroie à l’usage. sont sous-estimés à tous les régimes, sauf à l’un d’entre eux.
L’expérience montre que le nombre ri de révolutions que pourrait
■ Enfin, le calcul néglige les aléas de fabrication et d’utilisation.
effectuer la courroie sur la poulie i est lié à la contrainte relative
Parmi les premiers, on peut ranger les imperfections géométriques
maximale qi supportée par son armature, par une relation de la
de l’armature et, parmi les seconds, on peut indiquer les imper-
forme :
fections des poulies et de leur montage, les erreurs d’estimation des
1 puissances absorbées et des facteurs de service ([Form. B 5 681]).
lg ----- = A 1 q i – A 2
ri

avec A1 et A 2 constantes caractéristiques de l’armature.


L’expérience montre également que la contrainte relative
maximale est de la forme :
3. Technologie
B
des transmissions
T i + -------- + mv 2
Di
q i = ------------------------------------------ (21) 3.1 Critères de longévité d’une courroie
Rp

avec B constante liée à la raideur dynamique de la courroie Nous venons de voir au paragraphe 2 que la transmission d’une
(proportionnelle à R p), puissance par courroies entraîne dans chacun des brins la présence
Di diamètre de la poulie i, d’efforts de traction de plusieurs natures :
— effort de traction utile ;
R p charge de rupture de l’armature à la traction,
— effort de traction dû à la force centrifuge ;
T i effort total dans le brin tendu de la courroie. — effort dû à la tension de pose et destiné à éviter un glissement
Nous obtenons donc une relation de la forme : anormal en service ;
— effort résultant de la flexion instantanée de la courroie au
1 k moment où elle aborde chacune des gorges de la poulie.
lg ----- = k 1 T i + ------2- + k 3 v 2 – k 4
ri Di C’est la répétition cyclique de ces efforts qui crée une fatigue en
service, dont le taux est pris en considération pour la détermination
avec k1 , k 2 , k 3 et k 4 constantes déterminées expérimentale- des puissances brutes transmissibles ([Form. B 5 681]).
ment et caractéristiques de la courroie.
Ainsi :
k2 3.1.1 Mise en tension des courroies
- + k 3 v 2 + lg v – k 4
lg u i = k 1 T i + ------- (22)
Di
La tension de pose des courroies t o est un facteur très important
C’est à partir de cette équation qu’est déterminée la formule donnant pour leur assurer une bonne longévité. Effectivement, trop peu
la puissance transmissible par courroie à longévité constante (norme tendues, les courroies périssent par glissement excessif et ne sont
ISO 5292), sachant que, pour une transmission à deux poulies de plus aptes à supporter les pointes de couple auxquelles elles peuvent
même diamètre, on a : être soumises. Trop tendues, les contraintes internes deviennent trop
importantes ainsi que les réactions sur les poulies. Cependant, il est
exp ( f π ) P important de noter qu’une tension de pose (correspondant à un
T i = T u = --------------------------------- ----- allongement installé ∆L i) appliquée sur une courroie neuve ne se
exp ( f π ) – 1 v
maintient pas dans le temps. Les courroies se rodent à l’usage et
prennent un allongement rémanent non négligeable qui diminue
d’autant l’allongement utile restant (ou allongement efficace ∆L ef).
2.5.4 Remarques sur la validité de la théorie
Dès la mise en route, l’allongement installé chute par adaptation
■ Le modèle mathématique choisi suppose que l’armature seule de la courroie dans les poulies, ainsi que par tassement interne des
limite les performances de la courroie, les autres constituants et leur constituants, pour tendre vers une valeur stable égale, selon le type
liaison réciproque ayant une résistance supérieure à celle de de courroies, à 50 à 60 % de la valeur d’origine (figure 23a ).
l’armature. Pendant les premières minutes de fonctionnement, il se crée un
allongement apparent de la courroie supérieur au véritable allonge-
■ Ce modèle admet que la vitesse d’usure u demeure constante ment de l’armature.
pendant toute la vie de la courroie ; en réalité, par suite de la dégra-
dation progressive de la courroie, la vitesse d’usure augmente avec
le temps. 3.1.2 Méthodes de mise en tension
■ L’expression de la contrainte relative maximale qi suppose que
l’effort total Ti se répartit également entre tous les câbles de ■ Mise en tension en une fois : la courroie est tendue lors de
l’armature ; en fait, pour Ti donné, les câbles de la courroie sont l’installation de manière à lui conférer un allongement de l’ordre de
d’autant plus sollicités : deux fois la valeur de l’allongement efficace ∆L ef souhaité. Au bout
— qu’ils sont proches de l’un de ses flancs ; de quelques heures (environ 24 h), l’allongement de la courroie a
— que la poulie a un diamètre plus petit ; chuté à la valeur ∆L ef (figure 23a ).
— qu’elle exerce ou reçoit un couple plus élevé.

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L’avantage de cette méthode est d’éviter de retoucher la trans- 3.2 Dispositions des poulies
mission, une fois celle-ci installée. Il n’est pas nécessaire de retendre
la courroie après 24 h de fonctionnement. La condition de transmission du mouvement est telle que la
■ Mise en tension en deux fois : la première mise en tension partie de la courroie qui se dirige vers la poulie suive une direction
correspondant à un allongement ∆L i est telle que ∆L i ≈ 4/ 3 ∆L ef . qui coïncide avec le plan médian de la poulie considérée.
Après 24 h environ, l’allongement a chuté à la valeur ∆Lu ≈ 2/3 ∆L ef , En pratique, on peut toujours trouver une disposition qui satisfasse
il faut retendre la courroie pour lui donner un allongement de même à cette condition, comme le montrent les exemples suivants.
valeur que ∆L i afin d’atteindre après un second rodage la valeur ∆Lef
(figure 23b ).
L’avantage de cette méthode est d’éviter de surcharger les paliers. 3.2.1 Transmissions à deux poulies
Nota : les valeurs des allongements ∆L i s’entendent après rotation de la nappe d’une
révolution complète. 3.2.1.1 Transmissions à arbres parallèles
Pour régler une transmission, il est important de connaître C’est le cas le plus courant. On distingue les deux types suivants.
l’allongement efficace qui doit exister après rodage. Pour avoir une
solution idéale, il faudrait calculer pour chaque cas de transmission ■ Transmission à courroie droite (figure 24a) : dans ce cas-là, les
l’allongement efficace d’après la constitution de la courroie et les poulies tournent dans le même sens. C’est dans cette configuration
conditions de fonctionnement. En pratique, il suffit d’appliquer les que les courroies fatiguent le moins et que la transmission travaille
consignes indiquées dans le tableau 8 (en [Form. B 5 681]). avec son rendement optimal.
■ Transmission à courroie croisée (figure 24b ) : elle permet de faire
tourner deux arbres parallèles en sens inverse. En passant d’une
3.1.3 Contrôle de l’allongement poulie sur l’autre, la courroie se tord de 180 o. Cette solution est
déconseillée dans le cas de l’utilisation d’une courroie trapézoïdale,
Pratiquement, le procédé est le suivant : les courroies étant mais peut cependant être employée en suivant les précautions
montées sur les poulies, il faut tendre très légèrement celles-ci afin suivantes (applicables également pour les courroies plates et
que les deux nappes ne présentent plus de flèche appréciable. striées) :
Ensuite, il faut tracer sur le dos de la courroie du centre deux traits
— le point de croisement est d’autant plus rapproché de la petite
fins transversaux, mesurer la distance les séparant et tendre progres-
poulie que la différence des diamètres est grande ; de plus, comme
sivement la nappe en faisant tourner la transmission d’au moins une
la courroie se vrille de 90o jusqu’à ce point, il sera nécessaire de
révolution entre chaque reprise de tension, et cela jusqu’à ce que
vérifier que la distance du point de contact de la courroie avec la
la longueur entre les repères soit augmentée du pourcentage
petite poulie au point de croisement n’est pas trop petite, pour éviter
figurant dans le tableau 8 (en [Form. B 5 681]).
une trop grande fatigue et une usure prématurée ;
Par exemple, une distance initiale de 500 mm entre les deux repères — la longueur de courroie doit être au moins égale à 7 à 8 fois
sera amenée par le jeu de la tension à 503 mm pour une courroie étroite la largeur de la courroie plate ou striée ;
subissant des couples moteur et résistant uniformes (0,6 %) ou — la largeur  de la courroie, l’entraxe E des poulies et les
à 505 mm pour un couple moteur très variable (1 %). diamètres D et d doivent répondre à la condition :
D+d
E  10  ----------------
d
— dans le cas des courroies plates, la largeur b des jantes des
poulies doit satisfaire à :
 + 10  b   + 20
b et  étant exprimées en millimètres.

3.2.1.2 Transmissions à arbres non parallèles


Dans le cas d’un tel type de transmission (figure 25), les poulies
sont placées de façon que l’intersection de leurs plans médians
soit tangente aux deux circonférences médianes aux points où la
courroie sort de chacune des poulies.

Figure 23 – Méthodes de mise en tension :


chute de l’allongement installé au cours du temps Figure 24 – Transmissions à deux poulies, arbres parallèles

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Dans ces conditions, la règle générale de position de la courroie 3.2.1.3 Transmission V-FLAT
dans le plan médian de la poulie vers laquelle elle se dirige est
C’est une transmission qui associe, d’un côté, une poulie à gorges
respectée.
et, de l’autre côté, une poulie plate.
Lorsque les arbres sont orthogonaux, la courroie est dite semi-
Du fait qu’une courroie trapézoïdale doit sa puissance de traction
croisée ou transmission quart de tour (figure 26). Ce genre de
à l’action coinçante à l’intérieur de la gorge de la poulie, une
montage exige un minimum d’entraxe car les courroies sont
transmission V-FLAT n’utilise pas complètement la capacité de la
soumises à une torsion qui fatigue inégalement leurs bords. Cette
courroie trapézoïdale.
différence de tension est d’autant plus grande que les diamètres des
poulies sont plus grands et que l’entraxe est plus petit. Effectivement, nous avons vu au paragraphe 2.2.4 que le rapport
des efforts Tu / tu (pour un arc de contact de 180o) a une valeur
Pour les courroies plates, ce dernier doit répondre à :
communément admise égale à 5 ; dans le cas d’une transmission
E  10 D V-FLAT, ce rapport est de l’ordre de 2,5.
Néanmoins, il peut y avoir des exceptions pour lesquelles une
Pour les courroies striées, la condition est : transmission par courroie trapézoïdale sur poulie plate est
souhaitable : en raison du prix ou de la fonction recherchée. On
E  5,5 ( D +  ) comprend pourquoi pour des raisons économiques, dans ce genre
Cette dernière condition est valable pour les courroies trapézoï- de transmission, c’est la grande poulie plate qui est conservée, la
dales,  représentant la largeur totale de la nappe de courroies. petite poulie étant remplacée par une poulie à gorges.
Par ailleurs : La règle essentielle à respecter, afin de faire fonctionner la trans-
mission dans les meilleures conditions, est la suivante :
— l’angle de déviation δ , mesuré sur la projection des fibres
moyennes sur le plan d’une des poulies, doit être inférieur à 25o ; D–d
— l’axe des dents du brin tendu (courroies striées) doit être aligné 0,48  ---------------  1,18
E
(à 2o près) avec les sillons correspondants de la poulie.
Nota : la position des poulies est relative à un sens unique de rotation (figure 26).
R e m a r q u e : l e s t r a n s m i s s i o n s V- F L AT n e s o n t p a s
recommandées pour les sections étroites, les courroies ayant
tendance à se retourner à cause de leur faible surface de base.
Cependant, si celles-ci sont jumelées, ce type de transmission
peut être utilisé sans inconvénient.

3.2.2 Transmissions à plusieurs poulies


3.2.2.1 Arbres parallèles et galets tendeurs
Les galets tendeurs peuvent être utilisés :
— sur des transmissions sans possibilité de réglage d’entraxe
pour assurer la tension des courroies ;
— pour permettre d’augmenter l’arc de contact sur les poulies ;
— pour assurer la fonction d’embrayage-débrayage sur certaines
transmissions (galet mobile) ;
Figure 25 – Transmission à deux poulies,
— sur des transmissions à grand entraxe lorsque le couple à
arbres non parallèles quelconques
transmettre est irrégulier, ce qui provoque des battements dont il
convient de réduire l’amplitude ; le terme de galet rupteur est alors
employé.
Il convient donc de respecter les préconisations suivantes selon
les cas, avec d diamètre de la petite poulie et dg diamètre du galet
comme notations.
■ Galet sur nappe conduite à l’intérieur (figure 27a) :
— implantation la plus fiable et la plus sûre si :
dg > d
— galet placé de telle sorte que l’arc de contact sur la petite poulie
ne soit pas trop diminué par rapport à une transmission similaire
à deux poulies, donc assez près de la poulie réceptrice ;
— galet bloqué en position, de préférence à un galet mobile,
surtout si le régime est variable, et impérativement bloqué s’il y a
inversion de marche ;
— galet à gorge pour les courroies trapézoïdales, mais peut être
plat pour les courroies jumelées.
■ Galet sur nappe conduite à l’extérieur (figures 27b et 28) : dispo-
sition à éviter pour les courroies trapézoïdales car il y a contreflexion
de la courroie, fort préjudiciable à ses constituants.

Figure 26 – Transmissions par courroie semi-croisée :


disposition des poulies en fonction du sens de rotation

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Cependant, on peut envisager une telle disposition en galet ■ Galet sur nappe tendue à l’extérieur (figure 27d ) : disposition la
rupteur. Il faut veiller à ce que la contreflexion soit minimale, que plus mauvaise de toutes : la contreflexion s’effectue sous tension
le galet soit placé le plus près possible de la poulie motrice ou de maximale de la courroie. Il ne faut pas l’utiliser en galet tendeur. Par
telle sorte que l’entrée des courroies dans les gorges de la poulie contre, en galet rupteur, il faut que :
réceptrice ne soit pas défavorisée par un léger déplacement latéral — dg soit le plus grand possible ;
des courroies sur le galet. — le galet soit placé le plus près possible de la poulie réceptrice ;
Il faut s’assurer également que : — la contreflexion soit minimale ;
— le galet soit bloqué en position.
dg > 1,3 d

■ Galet sur nappe tendue à l’intérieur (figure 27c ) : mêmes 3.2.2.2 Arbres non parallèles
remarques que pour la solution (a), mais plus défavorable : la flexion La condition énoncée au paragraphe 3.2 doit toujours être vérifiée.
s’effectue sous tension maximale de la courroie. Dans ce cas, le galet
doit être impérativement bloqué en position. Regardons les deux solutions le plus fréquemment employées.
■ Transmission semi-croisée avec galet (figure 29a) : solution à
éviter lors de l’emploi des courroies trapézoïdales.
Ce type de transmission permet d’obtenir de grands rapports de
vitesse avec des entraxes relativement courts.
Cependant, il faut respecter les conditions suivantes :
— le galet doit être placé sur le brin conduit, près de la poulie
motrice ;
— le galet doit avoir une inclinaison par rapport à l’horizontale
de l’ordre de :
Dh
δ ′ = 110 --------- (en degrés d ′ angle)
E
D h étant le diamètre de la poulie horizontale ;
— le galet doit avoir une largeur supérieure de 50 % à la largeur 
de la courroie ;
— l’axe de la courroie doit être centré sur le galet et, côté brin
tendu, il doit être aligné sur les dents de la poulie ;
— la longueur L c de la courroie entre tendeur et poulie motrice
doit satisfaire à la condition :
L c  4 + A (en millimètres)

Figure 27 – Transmissions à plusieurs poulies,


arbres parallèles et galets tendeurs

Figure 28 – Exemple de courroie striée sur broyeur agricole


(avec contreflexion)
Figure 29 – Transmissions à plusieurs poulies, arbres non parallèles

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Les valeurs de A sont pour la section J : A = 25 mm, Les valeurs minimales de la flèche h sont consignées dans le
section L : A = 50 mm, tableau 9 (en [Form. B 5 681]) et sont conformes à la norme ISO 100.
section M : A = 75 mm.
■ Transmission avec renvoi d’angle (figure 29b ) : ce type de trans- 3.3.3 Poulies pour courroies trapézoïdales
mission est utilisé lorsque les axes des poulies sont dans le même
plan et sous un angle de 90o l’un par rapport à l’autre. 3.3.3.1 Courroies classiques et étroites
Un alignement rigoureux est indispensable et l’entraxe entre La poulie se caractérise par sept paramètres (figure 31) :
poulie et tendeur doit être au minimum de 16 fois la largeur de la — son diamètre de référence Dd (anciennement appelé diamètre
courroie considérée. primitif ) ;
— sa largeur de référence  d (anciennement appelée largeur
primitive ) ;
3.3 Poulies — son angle de gorges β ;
— l’entraxe des gorges eg ;
— les hauteurs hp et bp ;
3.3.1 Matériaux employés. Constitution — la distance f p entre l’axe de la première gorge et le bord de
la poulie.
Le matériau utilisé est principalement la fonte, bien que l’acier
puisse être utilisé pour des tailles plus petites ou quand une solidité Ces valeurs sont consignées dans le tableau 10 (en
plus grande ou une masse plus faible sont nécessaires. Un alliage [Form. B 5 681]) et sont conformes aux normes NF T 47-140 et
d’aluminium peut être également utilisé ; toutefois, l’emploi de ISO 4183.
l’alliage est limité à des transmissions légères, l’usure étant en
général élevée. Les poulies en matières plastiques ont une limitation
similaire.
Les poulies peuvent être monoblocs, assemblées ou en deux
parties. Cette dernière solution présente l’avantage d’un démontage
et d’un remontage faciles en séparant les deux parties boulonnées
ensemble.
Il existe également des poulies dites à moyeu amovible , qui
diffèrent par le fait que ce sont des poulies monoblocs et que seul
le moyeu est démontable et fixé par des vis ; cela sert à rendre la
poulie solidaire de son arbre.
Les poulies peuvent être fixées sur leur arbre par frettage à chaud
ou emmanchement à la presse, par clavetage, par vis de pression,
ou bien par une combinaison de ces méthodes. Le montage par
moyeu amovible est très largement répandu pour les nombreux
avantages qu’il procure, en particulier pour la facilité de montage
et de démontage ainsi que pour la réduction des usinages.
Il existe une normalisation de l’état de surface des poulies. Les
valeurs de rugosité Ra maximale (définie par la norme ISO 468)
sont données par la norme NF T 47-142 :
— jante de poulie plate : R a  6,3 µm ;
— flanc de gorge de poulie pour courroies trapézoïdales :
R a  3,2 µm .

3.3.2 Poulies pour courroies plates

Soit un tambour conique sur lequel s’enroule une courroie


(figure 30a ). Comme la partie la plus tendue est sur le bord situé Figure 30 – Poulies pour courroies plates
du côté du grand diamètre, on comprend que la rotation du tambour
va avoir pour effet de déplacer la courroie vers la grande base du
cône. De ce fait, les poulies pour courroies plates sont bombées.
Effectivement, une poulie bombée peut être considérée comme la
limite vers laquelle tend une poulie biconique ; chaque moitié de la
courroie placée sur une telle poulie va tendre à se rapprocher de
la base commune, ce qui a pour effet de placer l’axe de la courroie
dans le plan du grand diamètre.
Il est recommandé de construire une surface dont le profil est une
courbe régulière et symétrique (figure 30b , profil I ) ; cependant, un
profil symétrique dont la partie centrale serait constituée par un
méplat est acceptable (figure 30b , profil II ) à condition que :
— ce méplat soit parallèle à l’arbre (tangent à la courbe) ;
— la largeur du méplat ne dépasse pas 40 % de la largeur totale b
de la poulie.
Figure 31 – Poulies pour courroies trapézoïdales
(y compris jumelées)

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________________________________________________________________________________________________ POULIES ET COURROIES DE TRANSMISSION

Lorsque sur une transmission on veut obtenir des rapports de Cependant, sur le marché apparaissent des courroies dites
vitesse échelonnés, on peut utiliser des poulies dites à gradins stabilisées par un traitement thermique de l’armature, c’est-à-dire
(figure 32). qu’il n’est pas nécessaire de les mesurer et de les répéter pour les
assembler par jeux ; de plus, le constructeur garantit une longueur
3.3.3.2 Courroies jumelées constante de ces courroies dans le temps.

La poulie se caractérise par six paramètres (figure 31) :


— son diamètre effectif De ;
3.5 Causes de détérioration et entretien
— sa largeur effective  e ;
— son angle de gorges β ;
— l’entraxe des gorges e g ;
3.5.1 Causes de détérioration
— la hauteur des gorges hg ;
L’énoncé de ces causes se suffit à lui-même et les remèdes en
— la distance f p entre l’axe de la première gorge et le bord de
découlent immédiatement :
la poulie.
— défaut d’alignement des poulies ou de montage ;
Ces valeurs sont consignées dans le tableau 11 (en — poulies inadaptées ou mal polies (§ 3.3) ;
[Form. B 5 681]) et sont conformes à la norme ISO 5291 pour les — tension de pose inadaptée (§ 3.1) ;
sections AJ, BJ, CJ, DJ et à la norme ISO 5290 pour les sections — section insuffisante pour la puissance à transmettre ;
étroites (9J, 15J, 20J et 25J). — diamètre d’enroulement trop faible pour la section (tableaux 4
Nota : il y a compatibilité des entraxes seulement pour les sections BJ et B, et CJ et C. et 6 en [Form. B 5 681]) ;
— utilisation de courroies sur une même nappe n’ayant pas
rigoureusement la même longueur (§ 3.4) ;
3.3.4 Poulies pour courroies striées — embrayage mal conçu, donnant des à-coups brusques ;
— détérioration sous l’action des brouillards et projections
De telles poulies se caractérisent par sept paramètres (figure 33) : d’huile ;
— leur diamètre de référence Dd ; — détérioration sous l’influence de la température du milieu
— l’angle de gorges β ; ambiant ;
— emploi d’enduits adhésifs.
— l’entraxe des gorges eg ;
— les rayons de tête et de fond de gorges r a et r i ;
— la hauteur hp ;
— la distance f p entre l’axe de la première gorge et le bord de
la poulie.
Ces valeurs sont consignées dans le tableau 12 (en
[Form. B 5 681]) et sont conformes à la norme DIN 7867, à l’exception
de la cote hp . Effectivement, celle-ci n’est donnée qu’à titre indicatif
car les profondeurs de gorges peuvent varier, les courroies étant ou
non tronquées (§ 1.3).

3.4 Mise par jeux des courroies trapézoïdales

Dans des transmissions multibrins, les courroies trapézoïdales


doivent être montées par jeux. Toutes les courroies d’un même jeu
doivent avoir rigoureusement la même longueur à la tolérance
figurant au tableau 13 (en [Form. B 5 681]) près (d’après norme
ISO 4184).
Effectivement, l’utilisation de courroies en jeux garantit une
bonne répartition des efforts, un fonctionnement calme (sans bruit)
Figure 32 – Poulies à gradins
et régulier (pas de phénomène de battements) et une bonne renta-
bilité d’exploitation.
Les constructeurs contrôlent toutes les courroies destinées à être
mises par jeux en mesurant systématiquement leur longueur ;
chaque courroie reçoit alors le marquage d’un code à deux chiffres,
suivant une règle internationale.
Le code (ou repère) 50 désigne une courroie dont la longueur
réelle est égale à la longueur nominale, plus ou moins une certaine
tolérance allant de 1 à 2 mm suivant les constructeurs. Les codes
plus petits que 50 indiquent des longueurs réelles inférieures au
nominal, les codes plus grands que 50 indiquent des longueurs
réelles supérieures au nominal.
Par exemple, pour un constructeur ayant défini ses tolérances dans
ses repères à ± 1,5 mm, une courroie marquée 48 a une longueur
réelle égale à la longueur nominale moins 6 mm (± 1,5 mm). Figure 33 – Poulies pour courroies striées

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POULIES ET COURROIES DE TRANSMISSION ________________________________________________________________________________________________

3.5.2 Entretien et stockage Au stockage, il est inutile de passer un enduit sur les courroies
en caoutchouc pour conserver leur souplesse et leur coefficient de
Si la transmission a été correctement calculée, l’entretien des frottement (contrairement aux courroies en cuir qu’il est nécessaire
courroies est très réduit. En fonctionnement, il faut veiller au d’enduire de suif). Ces deux qualités seront conservées dans le
phénomène de battements, vérifier la tension des courroies et temps si :
retendre éventuellement celles-ci pour compenser l’allongement. — celles-ci sont suspendues à des supports de grands diamètres
(environ 10 fois la hauteur de la section de la courroie) ; il faut
Lorsque les courroies sont montées par jeux, il ne faut jamais
éviter de les suspendre à des clous ou à des crochets ;
changer une seule courroie, mais le jeu entier, des courroies neuves
— la température du milieu ambiant est de l’ordre de 15 à 25 oC ;
ne devant pas être montées avec des courroies déjà usagées, au
— les courroies ne sont pas stockées près d’une source de chaleur,
risque d’entraîner la destruction rapide de l’ensemble des courroies.
ni exposées à une lumière artificielle (ou au soleil) avec un taux
important d’ultraviolets, ni à proximité d’installations génératrices
d’ozone (par exemple, moteur électrique), ni stockées près de
produits agressifs tels que les lubrifiants et les acides (car ceux-ci
attaquent et détruisent les élastomères et les textiles).

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P
O
U
Poulies et courroies de transmission R
Entraînement par adhérence E
par Roland FARGES N
Ingénieur de l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon
Responsable Technique des courroies industrielles
de la Société Caoutchouc Manufacturé et Plastiques - Kléber Industrie
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Normalisation
8 - 1988

Association française de normalisation AFNOR NF T 47-143 9-83 Poulies pour courroies trapézoïdales classiques et
NF T 47-104 10-81 Courroies trapézoïdales sans fin antiélectrostatiques étroites. Vérification géométrique des gorges.
(sections Y, Z, A, B, C, D, E, SPZ, SPA, SPB, SPC). NF T 47-144 9-83 Contrôle de la section des courroies trapézoïdales.
Conductibilité électrique. Spécification et méthode
d’essai. NF T 47-145 9-83 Transmissions industrielles par courroies trapézoï-
dales. Calcul des puissances transmissibles.
NF T 47-123 1-82 Transmissions par courroies trapézoïdales et poulies à
Doc. B 5 680

gorges. Termes et définitions. International Organization for Standardization ISO


ISO 22 5-75 Courroies plates de transmission et poulies correspon-
NF T 47-128 7-66 Courroies trapézoïdales larges sans fin pour variateurs
dantes. Largeurs.
de vitesse industriels et profils de gorge des poulies
correspondantes. ISO 63 5-75 Courroies plates de transmission. Longueurs.
NF T 47-140 9-83 Poulies à gorges pour courroies trapézoïdales clas- ISO 99 5-75 Poulies pour courroies plates de transmission. Dia-
siques et étroites. mètres.
NF T 47-141 9-83 Longueurs des courroies trapézoïdales classiques et ISO 100 4-84 Poulies pour courroies plates de transmission. Bombe-
étroites. ment.
NF T 47-142 9-83 Qualité, état de surface et équilibrage des poulies de ISO 155 5-75 Poulies de transmission. Limites de réglage d’entraxe.
transmission.

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P POULIES ET COURROIES DE TRANSMISSION ________________________________________________________________________________________________
O
U ISO 254 7-81 Qualité, état de surface et équilibrage des poulies de Deutsches Institut für Normung eV DIN

R ISO 255 8-81


transmission.
Poulies pour courroies trapézoïdales classiques et
DIN 111 8-82 Antriebselemente. Flachriemenscheiben. Maβe, Nenn-
drehmomente.
étroites. Vérification géométrique des gorges. DIN 2211/1 3-84 Antriebselemente. Schmalkeilriemenscheiben. Maβe,
ISO 468 8-81 Rugosité, état de surface. Paramètres, leurs valeurs et Werkstoff.
règles générales pour l’établissement des spécifica- DIN 2211/2 3-84 Antriebselemente. Schmalkeilriemenscheiben. Prüfung

E ISO 1081 8-80


tions.
Transmissions par courroies trapézoïdales et poulies à DIN 2215 3-75
der Rillen.
Endlose Keilriemen. Maβe.
gorge. Terminologie. Édition bilingue.
N ISO 1604 8-76 Courroies trapézoïdales larges sans fin pour variateurs
de vitesse industriels et profil de gorge des poulies
DIN 2216
DIN 2217/1
10-72
2-73
Endliche Keilriemen. Maβe.
Antriebselemente. Keilriemenscheiben. Maβe, Werks-
correspondantes. toff.

ISO 1813 4-79 Courroies trapézoïdales sans fin, antiélectrostatiques. DIN 2217/2 2-73 Antriebselemente. Keilriemenscheiben. Prüfung der
Conductibilité électrique. Spécification et méthode Rillen.

S ISO 2790 11-82


d’essai.
Transmission par courroies trapézoïdales étroites pour
DIN 2218 4-76 Endlose Keilriemen für den Maschinenbau. Berech-
nung der Antriebe Leistungswerte.

A ISO 3410 8-76


la construction automobile. Dimensions.
Machines agricoles. Courroies trapézoïdales sans fin
DIN 7719/1 10-85 Endlose Breitkeilriemen für industrielle Drehzahlwan-
dler. Riemen und Rillenprofile der zugehörigen Schei-
ben.
pour variateurs de vitesse et profils de gorges des
V ISO 4183 9-80
poulies correspondantes.
Poulies à gorges pour courroies trapézoïdales clas-
DIN 7722 6-82 Endlose Hexagonalriemen für Landmaschinen und
Rillenprofile der zugehörigen Scheiben.

O ISO 4184 9-80


siques et étroites.
Longueurs des courroies trapézoïdales classiques et
DIN 7753/1 10-77 Endlose Schmalkeilriemen für den Maschinenbau.
Maβe.
étroites.
I ISO 5287 5-85 Transmissions par courroies trapézoïdales étroites pour
la construction automobile. Essai de fatigue.
DIN 7753/2

DIN 7753/3
4-76

2-86
Endlose Schmalkeilriemen für den Maschinenbau.
Berechnung der Antriebe, Leistungswerte.
Endlose Schmalkeilriemen für den Kraftfahrzeugbau.

R ISO 5289 5-78 Courroies hexagonales sans fin pour machines agri-
coles et profils de gorges des poulies correspondantes. DIN 7753/4 11-86
Maβe der Riemen und Scheibenrillenprofile.
Endlose Schmalkeilriemen für den Kraftfahrzeugbau.
ISO 5290 12-87 Poulies à gorges pour courroies trapézoïdales jumelées Ermüdungsprüfung.
étroites. Sections de gorge 9J, 15J, 20J et 25J (indice de DIN 7867 6-86 Keilrippenriemen und -scheiben.
classement : E 24-220).
American Society of Agricultural Engineers ASAE
P ISO 5291 12-87 Poulies à gorges pour courroies trapézoïdales jumelées
classiques. Sections de gorge AJ, BJ, CJ et DJ.
ASAE S 211-4 1986 Belt and V-ribbed the belt drives for agricultural
machines.

L ISO 5292 3-80 Transmissions industrielles par courroies trapézoï-


dales. Calcul des puissances transmissibles.

U
S Organismes
Pour tout renseignement sur les courroies et les poulies, ou connaître les
noms des principaux fabricants, le lecteur se reportera utilement aux labora-
toire et syndicats suivants.
Laboratoire de Recherches et de Contrôle du Caoutchouc et des Plastiques.
Syndicat National du Caoutchouc et des Plastiques.
Syndicat National des Fabricants d’Engrenages et Constructeurs d’Organes
de Transmission.

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Doc. B 5 680 − 2 est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique