l’Enass

Ecole nationale d’assurances

Communication financière et environnement réglementaire
Quels enjeux pour les sociétés d’assurance ?

Fabien MATUSZAK

Le contenu de cette thèse professionnelle n'engage que son auteur, la responsabilité de l'Enass - Institut du Cnam ne pourrait être engagée à ce titre.

CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance

Communication financière et environnement règlementaire

Remerciements

Je remercie avant tout AXA et mon responsable, Hubert JUMEL, de m’avoir donné cette opportunité de suivre le cursus du MBA Management de l’entreprise d’assurance. Le suivi de cette formation répond au besoin d’accompagnement que j’ai ressenti pour renforcer des compétences professionnelles acquises jusqu’à présent sur le terrain. Je tâcherai de mettre à profit ce riche enseignement dans le cadre de mes missions.

Je remercie également les professionnels qui m’ont accordé de leur temps et aidé dans ma réflexion sur ce thème de la communication financière : Monsieur Emmanuel du BOULLAY, Président de la société FINCA 1 Monsieur Etienne BOUAS-LAURENT, Directeur de la communication financière, GIE AXA Monsieur Edouard SALUSTRO, Commissaire aux comptes - Cabinet SALUSTRO Monsieur Christian JACQ, Directeur souscription Financial Lines, AXA CS Madame Lien-Phuong NGUYEN, Service Normes et Etudes, AXA France

Merci à mon équipe pour son soutien et son professionnalisme durant cette période.

Enfin, une affectueuse pensée pour ma femme qui a du supporter un mari parfois peu accommodant dans ces moments difficiles. Merci pour ton appui et tes encouragements. A notre petit titou …

Les prises de position dans cette thèse sont personnelles et ne reflètent pas forcément l’opinion des personnes interrogées.

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Société de conseil en gouvernance.

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Cependant. en une décennie. les sociétés d’assurance ou de réassurance évoluent dans un environnement règlementaire de plus en plus dense et contraignant. Il s’agit d’accroître la discipline de marché par la transparence de l’information transmise aux assurés. Pour ce faire. mais aussi la comparaison entre les établissements. En adoptant une communication financière pertinente et transparente. Ces informations permettent d’éclaircir leur stratégie. Deux réformes importantes concernent ces sociétés : Solvabilité II et les IFRS phase II. L’établissement devra prendre en considération le principe d’importance relative selon lequel l’information est dite importante si son omission ou si son [in]exactitude modifie ou influence l’appréciation ou la décision de son utilisateur. qu’elle soit imposée par le législateur. l’actionnaire ou par le client. Ceci est d’autant plus important pour les sociétés que la communication financière apparaît maintenant comme un élément de la chaîne de valeur de l’entreprise. mais aussi délivrer une information institutionnelle de qualité auprès des autorités de tutelle. Satisfaire le client par une gamme de produits diversifiés et adaptés. le régulateur. tels sont les enjeux de la communication financière. Les conséquences pour améliorer la communication financière des sociétés ne sont pas neutres sur leurs systèmes d’information et la structure de leur organisation. L’accent est mis sur la directive Solvabilité II. elle est devenue. La difficulté pour les établissements est de déterminer une communication transparente sur leur approche des risques et les moyens mis en œuvre pour rassurer les investisseurs. L’avantage comparatif que pourrait avoir une société d’assurance par rapport à ses Page 3 sur 88 . rassurer l’actionnaire participatif par des chiffres stables. le régulateur cherche à fluidifier l’information vers le marché. plus particulièrement avec le troisième pilier dont l’objectif est de renforcer les mécanismes de marché et le contrôle fondé sur les risques. aux investisseurs et aux autorités de contrôle. En imposant un cadre commun aux sociétés d’assurance et de réassurance. La deuxième partie de ce mémoire est consacrée aux différents textes et règlements en la matière. mais informe également la concurrence. aux résultats. il n’en demeure pas moins que le principal challenge de la communication financière est désormais la cohérence de l’information diffusée. le mettre en confiance et le fidéliser. mais aussi aux perspectives plus stratégiques de leur positionnement et de leur développement sur le marché. l'objet de risques juridiques et médiatiques accrus alors que les progrès de la gouvernance et de la transparence n'ont jamais été aussi réels. les entreprises affichent leur ambition de valoriser au mieux leur image économique par la publication d’information relative aux produits.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Synthèse Bien que la communication financière soit un concept relativement récent en France pour les sociétés d’assurance ou de réassurance.

Solvabilité II.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire concurrents doit cependant être correctement intégré dans la gouvernance de l’entreprise. Assurance. D’où la nécessité pour les administrateurs d’être correctement informés sur les enjeux de la communication financière. Gouvernance. Pilier 3. IFRS. Page 4 sur 88 . avec une réglementation toujours en mouvance. Réglementation. Système d’information. Mots clés : Communication financière.

.................................... 15 Chapitre 2 ..................................... 1 Présentation de la réforme ............ 25 3........ 44 5....... 35 4........ 3 Le calendrier................. 64 Chapitre 8 ........ 66 8............................................... 3 Une évolution progressive dans le style de communication ................................................................. 63 7.. 1 Présentation des IFRS............ 4 Pilier III : la communication financière de demain ........................................ 1 Directive « Transparence »............. 1 Les trois notions d’information financière ............... 3 IFRS phase 2 en bref .................................... une nécessité pour bâtir sa communication financière........ 36 4................ 5 La 8ème directive européenne ........Des objectifs multiples.. 27 3.................... 54 6............................. 54 6............................ 35 4........................ 70 Page 5 sur 88 ....... 51 6.............................................. 38 Chapitre 5 ................................. 10 1.................................................... 34 Chapitre 4 .................................................... 61 Chapitre 7 .............................................................................................................................................................CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Sommaire Introduction .......................................................... 3 Le code des assurances....... 3 IFRS phase II et Solvabilité II : nécessité de converger pour limiter les risques ? .....................................Un concept relativement récent ................. 9 Chapitre 1 ......... 2 Principes de la réforme ....................... 3 Structure de la réforme ........................ 10 1......................... 58 Synthèse 2ème partie ............................................................ 51 6.......................................................................................... 2 Ce que la communication financière n’est pas ........... 4 L’organisation de la communication financière ...... parfois contradictoires ............................................. 1 Comment rendre compte de la diversité des informations ? ......................................... 7 1ère PARTIE : Cadre et principes de la communication financière....... 50 Chapitre 6 .Le rôle des systèmes d’information............................................................................................................................. 68 8.................................................... 2 Les principes de la communication financière .............. 1 Définition de la communication financière ............................................ 29 Synthèse 1ère partie .............Principes généraux de la communication financière .......................................... 20 Chapitre 3 ...... 59 3ème PARTIE : Quels enjeux pour les sociétés d’assurance ? ........Les autres dispositions règlementaires ................................. 62 7...........Communiquer sur des données comptables standarisées .......... 66 8...................................... 17 2.. 2 Les enjeux de la communication financière ............................. 2 Chaîne de valeur et communication financière ........................................................ 62 7...... 57 6.................. 25 3................................................................. 45 5..... 12 1...... 35 4... 2 La Loi de Sécurité Financière (LSF) .............................................. 32 2ème PARTIE : Environnement règlementaire et communication financière .... 4 Le règlement général de l’AMF ............................................................................................................Un état des lieux contrasté...... 1 Trop d’information tue l’information..................... 2 Normes spécifiques à l’information financière ......... 2 Plus concrètement …......... 44 5..........................................................................Directive européenne Solvabilité II.............................................. 3 La communication financière dépend de la volonté du dirigeant : ................................. 17 2..................................................................... 4 Une communication révolutionnée par Internet ....................... 1 Les cibles de la communication financière .................................................................................................................................... 11 1................... 26 3................

.................................. 81 Conclusion ............. 75 9................. 4 Une utilisation possible du langage XBRL ? ................................................................................ 82 Table des matières détaillée.......................... 72 Chapitre 9 .......................... 74 9.. 76 9........................... 5 L’assurance Responsabilité Civile des Mandataires Sociaux .......... 76 9.. 80 Synthèse 3ème partie .................................................................................................................................. 74 9.......................................... 4 La responsabilité en droit des sociétés .......CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 8..Le conseil d’administration : garant de l’efficacité du système ? ......................................................................... 87 Page 6 sur 88 ........... 1 Rôle de surveillance et d’alerte du Conseil d’administration........................................................... 84 Principales références documentaires............................. 2 La communication sur les risques par le Conseil d’administration....... 3 Les informations à disposition du Conseil d’administration...............

la communication financière est maintenant positionnée au cœur de la stratégie des sociétés d’assurance. voire international. les compagnies doivent se conformer à une législation française et européenne très abondante. avec une réactivité et vitesse de diffusion de l’information toujours plus fortes. que ce soit dans leurs relations avec les assurés. Ces changements. longtemps considérée comme un simple moyen de livrer une information sur les performances passées de l’entreprise. L’évolution du contexte règlementaire. Aussi. mais également sur la forme par laquelle cette information est diffusée.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Introduction L a communication financière joue un rôle essentiel dans la transparence des marchés et constitue un élément clé pour instaurer une relation de confiance entre les acteurs du marché et une entreprise. La conséquence est une modification du mode de transmission des informations financières. vidéo conférence) permettent d’atteindre des destinataires de plus en plus variés et nombreux. impose en effet une nouvelle forme de communication financière qui est définie dans le troisième pilier du projet. dans un environnement règlementaire de plus en plus dense ? La réforme Solvabilité II. De manière générale. les nouvelles technologies (Internet. Autrement dit une évolution sur la forme et la manière de communiquer. doivent être mis en parallèle de la multiplication des supports d’information développés depuis la fin du XXème siècle. explique en partie la mutation de la relation entre la société émettrice et le marché. qui est en train de se mettre en place. qu’il soit national. En effet. Mais l’environnent lié à la communication financière a subi au cours de ces dernières années de profonds changements. La solidité financière des entreprises est en effet la garantie qu’elles pourront tenir leurs engagements envers les assurés. européen. le principe du pilier III vise à renforcer les mécanismes de marché et le contrôle fondé sur les risques : il s’agit d’accroître la discipline de marché en garantissant la transparence de l’information transmise aux assurés. Ce contrôle est d’autant plus important que l’assurance constitue le seul secteur économique dans lequel il y a une inversion du cycle de production : l’assureur fixe en effet le prix de vente de sa prestation (c’es à dire la prime) alors que le prix de revient de cette dernière lui est encore inconnu. en matière de placements ou dans leur gestion. portant davantage sur le fonds de la communication financière. Dans le domaine de l’assurance ou de la réassurance. Dans ce contexte. aux investisseurs et aux autorités de contrôle. Page 7 sur 88 . comment une compagnie d’assurance doit-elle organiser sa communication financière pour faire face à ces enjeux. à la fois sur le fonds de l’information financière que transmettent les sociétés. par le biais de chiffres et ratios principalement. conference call.

ce mémoire replacera les enjeux de la communication financière telle que définie dans les réformes et la règlementation en cours. quant à elle. Page 8 sur 88 . Pour faire preuve d’objectivité la plus grande.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Bien qu’encore peu documentée pour le moment. Ce thème doit également être mis au regard des réflexions en cours sur les IFRS phase II. de définir ce qu’est la communication financière. le contexte économique a profondément changé. Une des difficultés rencontrée dans ce travail est qu’entre le moment où le thème de ce mémoire a été défini et sa finalisation. mais également sur la gouvernance des entreprises avec les rôles et responsabilités des administrateurs dans les entreprises. L’accent sera mis sur les conséquences dans le domaine des systèmes d’information. La deuxième partie. Le périmètre couvert ici va au delà du cadre purement assurantiel développé dans le pilier trois de Solvabilité II. les bases de son fonctionnement. avec pour conséquence les débats et réactions « à chaud » qui en découlent. notamment sur les aspects règlementaires et les conséquences de la crise financière actuelle. A noter qu’ils porteront avant tout sur les sociétés d’assurance ou de réassurance faisant appel public à l’épargne. cette partie du projet traite pleinement ces aspects transformation et mutation de la communication financière pour les sociétés d’assurance en France et en Europe. d’en comprendre ses objectifs. sa mise en œuvre. sera consacrée à l’environnement règlementaire impactant les sociétés d’assurance et de réassurance en matière de communication financière. étant donné que les sociétés cotées sont soumises à la fois au règlement général de l’Autorité des marchés financiers et aux normes IFRS. Il s’agira. La première partie expose le cadre et les principes de la communication financière. Pour répondre à cette question les propos développés dans ce mémoire sont organisés en trois parties. Bien qu’elles ne soient pas représentatives en nombre par rapport à l’ensemble du marché. elles le sont en revanche par l’ensemble de cet environnement règlementaire. en dépassant le concept théorique. La dernière partie dressera un constat sur les enjeux et les impacts pour les sociétés d’assurance et de réassurance de cet environnement règlementaire.

CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 1ère PARTIE : Cadre et principes de la communication financière Page 9 sur 88 .

de rassurer leurs différents partenaires. externe. agences de notation) et plus généralement au grand public d’informations financières la concernant. qu'elle soit interne. investisseurs potentiels. à savoir les actionnaires. les dirigeants d'une entreprise disposant notamment d'une information supérieure à celle de ses pourvoyeurs de fonds. mais aussi en convaincre le marché. Elle est pour une part imposée par la réglementation (publication de comptes en particulier) et pour une autre réalisée sur une base volontaire (communiqués. dans un marché où l’information n’est pas également répartie (comme le postule la théorie des signaux 3 ). la capacité à fournir au marché une bonne lisibilité via une information précise et crédible est un élément essentiel pour la valorisation du titre (baisse du coût du capital) et la flexibilité financière de l’entreprise. 2008 . décision financière porteuse de conséquences financièrement négatives pour son initiateur au cas où ce signal se révèlerait erroné.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 1 . Pour ce faire. qui met en évidence l'importance de la crédibilité du signal.UN CONCEPT RELATIVEMENT RECENT Ce premier chapitre présente le contexte et l’environnement de la communication financière. les analystes financiers. les investisseurs institutionnels et individuels. 3 2 Page 10 sur 88 . Pour mieux en appréhender le déroulé. mais aussi les acteurs régulant ce secteur. C’est une information porteuse d’un contenu qui prend une valeur par le fait d’être transmise à un récepteur. Dès lors. une politique de communication efficace est nécessaire : les dirigeants doivent non seulement prendre des décisions justes. surtout celles cotées sur un marché financier. institutionnelle. et de véhiculer l’image de la société. La communication financière pourrait se définir comme étant une activité d'information et de promotion de l'image financière de l'entreprise. une attention particulière sera portée sur les aspects règlementaires. C'est une technique de communication qui permet aux entreprises.Chapitre 1. analystes. Cette théorie. 1 Définition de la communication financière La communication. En effet. consiste pour une entreprise (et de manière générale) à délivrer une information à ses différents partenaires. sur les choix qu’elles effectuent. Il s’agit de la transmission par la société au marché (actionnaires. ils ont recours au signal. mais aussi les salariés. C’est pourquoi les grandes sociétés se Edition Dalloz. La théorie des signaux se fonde sur le fait que l'information est inégalement partagée ou asymétrique. 1. Une définition de ce concept sera tout d’abord donnée afin de cadrer les propos et faciliter la compréhension de cet exposé. roadshows) dans le but de donner au marché une meilleure visibilité de la société et de ses projets. présentations aux analystes. corporate ou bien financière. interne ou externe à la société. incite à s'interroger sur la perception qu'auront les investisseurs de toute décision financière (et non sur sa seule portée objective). Une définition plus précise de la communication financière est donnée dans l’ouvrage Vernimmen 2 : « La communication financière concerne essentiellement les sociétés cotées. en présentant les principaux textes s’appliquant aux sociétés d’assurance.

la communication financière est un processus intégré dans la stratégie de l’entreprise qui vise à mieux connaître la société et ses dirigeants. La communication financière recouvre donc une réalité plus vaste que l’information financière et la publicité financière. pour ses assurés ? La réponse est oui. 1. encore moins si l’entreprise se place dans une vision prospective. La publicité financière. il n’en demeure pas moins que les principes généraux et les enjeux de la communication financière décrits un peu plus loin restent valables et applicables à l’ensemble des sociétés du secteur. Elle porte sur des éléments essentiellement comptables et financiers : le compte de résultat. quant à elle. mais pourtant différentes : l’information financière et la publicité financière. Page 11 sur 88 . tout en développant des outils de communication permettant d’entretenir des relations de long terme avec eux. C’est la représentation des données économiques et financières de l’entreprise. élément devenu central pour les analystes financiers et investisseurs. La communication financière est donc la mise en œuvre. 2 Ce que la communication financière n’est pas Ce thème étant relativement nouveau pour les sociétés d’assurance. Comme l’évoque le paragraphe ci-après. l’information financière est progressivement devenue communication financière. Cependant l’information n’est pas suffisante pour donner une vue globale de la société. promouvoir son image et exprimer ses valeurs auprès des investisseurs et autres parties prenantes. le bilan. l'annexe et le tableau de flux ou de financement. soit dans un journal ou un site Internet spécialisés. Même si par la suite les propos de ce papier seront plus spécifiques aux sociétés d’assurance ou de réassurance cotées sur un marché. le développement et l’amélioration de techniques destinées à augmenter la marge de manœuvre d’une entreprise Cependant. L’information financière peut-être assimilée à la matière première de la communication. à un instant donné. il est important de préciser deux autres expressions souvent assimilées à la communication financière. Dit autrement. Et comme le précisera le chapitre dédié à Solvabilité II. les enjeux et impacts en matière de communication financière de cette réforme concernent l’ensemble des sociétés d’assurance ou de réassurance. soit dans un espace acheté spécialement pour cette occasion.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire sont dotées de services de communication financière et que des agences spécialisées dans le domaine se sont développées ». la communication financière peut-elle se limiter aux seules sociétés d’assurance ou de réassurance cotées ? Une mutuelle d’assurance n’est-elle pas obligée de transmettre des informations sur son activité et ses résultats pour les acteurs du marché de l’assurance. est vue comme un moyen de la communication financière et une forme de diffusion de l’information financière.

Cabinet CCAS.3. l’autre sur la modernisation des activités financières (2 juillet 1996). Deux directives européennes ont été transposées en France : l’une portant sur les services d’investissement (10 mai 1993). des investisseurs ou encore des analystes financiers. Dans le secteur de l’assurance. aussi bien macro que micro. avec pour conséquence une plus grande intermédiation financière. Les analystes devaient les constituer eux-mêmes à partir des comptes sociaux des entités et de leurs filiales . Page 12 sur 88 .  La mondialisation des marchés financiers Autre facteur ayant influencé sur la manière de communiquer : la fin des frontières entre les marchés financiers. aussi bien de la part des émetteurs de valeurs mobilières que des investisseurs.fin 1980 a été marquée par des évolutions majeures dans l’environnement économique. la mondialisation des marchés financiers et la part croissante des investisseurs étrangers sur le marché français. et il n’était pas d’usage d’établir des comptes consolidés.1 Les pratiques anciennes de l’information financière En France. 3 Une évolution progressive dans le style de communication 1. pour la plupart d’entre elles. 1.  La libéralisation des économies Elle se caractérise par la privatisation des économies et le développement des marchés financiers. les privatisations ont été initiées en France après la vague de nationalisations de 1982. c’est la loi du 31 décembre 1989 qui. Au début des années 1980 les marchés ont connu. Ces principaux facteurs sont : la libéralisation des économies. En Europe. dans le cadre des publications légales. Le désengagement de l’Etat dans le financement de l’économie et l’assouplissement de la réglementation bancaire ont conduit à l’essor des marchés financiers. qui ont modifié le mode de communication financière des entreprises. L’assurance et la communication financière en 1994. 4 Cf. au minimum en termes de communication financière. un engouement qui est allé croissant.3. a rendu obligatoire l’établissement de comptes consolidés par tous les groupes d’assurance 4 . portant adaptation du Code des assurances à l’ouverture du marché européen. ni de donner des prévisions ou objectifs sur les résultats futurs. une information chiffrée donc.2 Des facteurs exogènes à la base du changement La période des années fin 1970 . en France. surtout. Elles diffusaient des données surtout comptables.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 1. les sociétés s’en tenaient. avec les principaux compétiteurs présents à fin 2007. jusque dans le milieu des années soixante dix. Le tableau ci-après illustre la situation sur le marché de l’assurance en France. que ce soit vis-à-vis des actionnaires. Ce mouvement s’est poursuivi jusque dans les années quatrevingt dix. il était peu fréquent de parler d’information prospective.

MMA) Sogecap ACM Source : FFSA 93.9 15.8 7.9 18.3 19. De part les moyens dont ils disposent et leur origine (essentiellement anglo-saxonne).7 10. 1.8 En France Vie Dommages 15.2 17.7 11. mais il apparaît important ici d’avoir une vue d’ensemble des différents textes et principaux acteurs encadrant la réglementation dans le domaine de la communication financière. Lisbonne) a fusionné avec le New York Stock Exchange.3 Une communication soumise à la puissance des règlementations La deuxième partie de ce mémoire traitera en détail des aspects règlementaires en matière de communication financière pour les sociétés d’assurance. ordonnance.3 4. Les dix premiers groupes d’assurances en France à fin 2007 Cotisations en milliards d'euros Consolidé AXA CNP Crédit Agricole Assurances (Prédica / Pacifica) AGF BNP Paribas Assurance Generali France Groupama Covéa (GMF .5 6. En exigeant notamment une information rapide et régulière (par exemple la trimestrialité des résultats.3 3. Bruxelles. comme aux Etats-Unis).4 6.5 25.6 31. ou encore un contact direct avec la direction générale de l’entreprise où ces investisseurs ont placé leurs fonds. Amsterdam.3 8.7  Investisseurs étrangers La présence croissante des investisseurs étrangers dans le capital des sociétés et l’économie françaises a été une conséquence des deux thèmes évoqués précédemment.0 1.5 24.9 12. Ce mouvement se retrouve à l’échelon mondial avec une circulation croissante des capitaux et l’émergence de grandes zones financières.7 0.MAAF .0 6. Page 13 sur 88 .0 4.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Ces deux textes ont libéralisé les conditions de fourniture de services d’investissement et aboli les frontières entre les marchés nationaux et les différents marchés financiers.4 8. une interpénétration des marchés boursiers et financiers de plus en plus forte 5 .2 7.2 1.5 14.3. 5 Début 2007 Euronext (regroupement des bourses européennes de Paris.0 0. Le Comité consultatif de la législation et de la réglementation financière (CCLRF) tout d’abord donne un avis sur l’ensemble des projets de textes normatifs (loi.1 2.1 5.1 8. ces investisseurs ont joué un rôle dans le renforcement et la professionnalisation de la communication financière des entreprises.

pouvoir d’agrément . 727-2 du Code rural. 7 La SEC a été créée en 1934. ainsi que les organismes de tête des groupes d’assurance. pouvoir d’enquête . les institutions de retraite supplémentaire régis par le même Code et les organismes régis par l'article L. La loi du 15 décembre 2005 n°20051564 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de l'assurance a changé sa dénomination en Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles. Trois exemples : SOX. Elle dispose pour exercer ses missions d’un ensemble de dispositions : pouvoir règlementaire . tout investisseur doit avoir accès à la même information de base avant toute décision d’investissement sur une société cotée. Le secteur de l’assurance est supervisé par l'Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (ACAM) 6 . arrêté. pouvoir de contrôle de l’information . Solvabilité II. avec la Securities Exchange Commission (SEC) 7 . Au niveau des marchés financiers également. Page 14 sur 88 . et aux Etats-Unis. organisme indépendant qui a notamment pour mission de veiller à ce que les sociétés d’assurances et réassurance respectent les dispositions législatives et réglementaires qui leur sont applicables et les engagements contractuels qui les lient à leurs assurés ou adhérents. les entreprises de réassurance. pourvoir d’injonction. avec l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). qui a été effectivement mise en place en juillet 2004. Sa mission première est de protéger les investisseurs et l’intégrité des marchés à partir d’un principe simple : qu’il soit institutionnel ou individuel. financier et des assurances.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire décret. La loi soumet également au contrôle de l'ACAM. alors que la multiplication des moyens 6 La loi du 1er août 2003 de sécurité financière a modifié l'organisation du contrôle prudentiel du secteur de l'assurance qui avait été mise en place par la loi n° 89-1014 du 31 décembre 1989. les mutuelles régies par le Code de la mutualité. L’affaire Enron aux Etat-Unis a fait prendre conscience aux milieux financiers que les marchés n’étaient pas encore assez matures. les organismes de tutelle se sont organisés en France. de mutuelles et d’institutions de prévoyance. Mais le fait majeur réside dans la mondialisation croissante des règlementations. Les sociétés d’assurance soumises à la supervision de cet organisme sont les entreprises d'assurance françaises et des succursales d'entreprises d'assurance non communautaires. IFRS. L’AMF a pour mission de veiller à la protection de l’épargne investie en valeurs mobilières ou à tout autre placement faisant appel public à l’épargne. pour mettre en place des règles tendant à renforcer les obligations d’information de la part des émetteurs sur le marché des actions. Cette loi de sécurité financière a prévu la fusion de la Commission de contrôle des assurances (CCA) et de la Commission de contrôle des mutuelles et des institutions de prévoyance (CCMIP) en une commission de contrôle unique appelée Commission de contrôle des assurances. ainsi que règlement européen et directive européenne) à portée générale dans le domaine bancaire. des mutuelles et des institutions de prévoyances (CCAMIP). les institutions de prévoyance régies par le Code de la sécurité sociale.

Cf. un service télématique (le minitel. mais de constater que la donne a bel et bien changé en matière de communication financière pour les entreprises. souvent utilisé à propose d’Internet. avec le rapport sur le contrôle interne 9 . sous peine de poursuite pénale. Mais ils peuvent aussi entrer en contact directement avec les sociétés. centraux dans la deuxième partie de ce mémoire. Une brève rétrospective permet d’illustrer le passage d’une communication assurée par les médias et la presse écrite dans les années cinquante / soixante. illustrent bien l’implication de plus en plus forte du régulateur dans la vie des sociétés d’assurance. Page 15 sur 88 . Ces deux textes. A la suite de ce scandale.Ce principe a été transposé en France avec la Loi de Sécurité Financière du 1er août 2003. à renforcer la discipline de marché par une exigence élevée en termes de transparence des sociétés d’assurance. 4 Une communication révolutionnée par Internet Il est évident que de nos jours internet a donné une nouvelle dimension à l’environnement économique et financier des sociétés. internet qui a permis la mondialisation des échanges en ligne par la mise en réseau des ordinateurs entre eux. qu’elles soient ou non américaines. 8 9 Respectivement Chief Executive Officer et Chief Financial Officer. deux parlementaires américains (le démocrate Paul Sarbanes et le représentant Mike Oxley) ont fait adopter par le Congrès. quant à lui. un texte très contraignant pour les sociétés cotées aux Etats-Unis. Le projet de réforme Solvabilité II avec le pilier 3 cherche. 1. Le terme révolution. qui a notamment renforcé la transparence des procédures. pour plus de détail chapitre 6 page 54. La première est que les internautes peuvent accéder à la même information financière (écrite ou visuelle) diffusée partout dans le monde à partir d’un simple clic de leur ordinateur. Il ne s’agit pas ici de débattre sur cet état de fait. avec une information actualisée quasiment en temps réel .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire d’information laissait présager une plus grande sécurité. L’introduction des normes IFRS (International Financial Reporting Standards) en 2005 a pour volonté de garantir un degré élevé de transparence et de comparabilité des rapports financiers des sociétés cotées. très rapidement. fidèles et sincères les informations contenues dans le rapport d’activité de leur compagnie. Internet regroupe quatre avantages pour une société d’assurance en matière de diffusion d’information pour le public : la rapidité. ancêtre d’internet) dans les années quatre-vingt en France et au milieu des années quatre-vingt-dix. Il s’agit de renforcer la fiabilité et la transparence de l’information comptable et financière transmise par la société : le CEO et le CFO 8 doivent certifier exactes. avec des impacts majeurs sur leur manière de communiquer. se justifie pour deux raisons. le 30 juillet 2002. par l’utilisation du courrier électronique.

Une société qui ouvre un site sur internet doit respecter les principes généraux de la communication financière. volontaire. maîtrisée et ciblée. avec une information disponible pour tous les publics à travers le monde . ne doit pas nuire à la qualité de l’information transmise par la société. l’économie. caractéristique essentielle de toute communication. mais également mise à disposition à moindre coût pour l’entreprise (en effet internet s’impose progressivement comme source d’économies d’échelle). qui doivent maintenant avoir une communication financière active. Ce premier chapitre a mis en avant les mutations de la communication financière et leurs impacts pour les sociétés d’assurance. des investisseurs. avec une information accessible économiquement pour les cibles concernées. infra) définit l’information règlementée et les dispositions communes concernant la diffusion et l’archivage de cette information qui doit être conservée au moins cinq ans sur le site internet de l’entreprise. 10 La Commission des opérations de bourse (prédécesseur de l’AMF) préconisait dans sa recommandation du 3 mai 1999 « que les règles relatives à la diffusion de l’information financière s’appliquent également à la diffusion sur internet » pour les sociétés cotées sur un marché règlementé. Internet est donc un moyen majeur dans la relation de l’entreprise avec des actionnaires. des analystes toujours plus demandeurs d’information et de transparence. Le destinataire devra bénéficier de la même fiabilité sur l’information diffusée10 . Mais la rapidité que permet internet. la permanence. Page 16 sur 88 . l’Autorité des marchés financiers (cf. avec une information et des bases de données archivées disponibles à tout moment .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - l’universalité. Comme le précise son règlement général.

l’entreprise doit maîtriser sa communication financière. les organismes de tutelle. analystes financiers et investisseurs. par l’identification de ses cibles. les concurrents. 2. vient s’ajouter une population toute aussi sensible à la communication financière : les clients et assurés de l’entreprise. PARFOIS CONTRADICTOIRES La communication financière doit avant tout répondre à des obligations légales et règlementaires. les salariés. ou encore les pouvoirs publics et organisations professionnelles du secteur de l’assurance. mais également la compréhension et la portée des enjeux que peut avoir sa communication. Aux cibles naturelles que sont les actionnaires. Comme évoqué précédemment. Surtout. mais aussi internationales. la communication financière vise à créer et développer les liens que l’entreprise a avec son environnement économique. 1 Les cibles de la communication financière Le panel des cibles potentielles de la communication financière ne se limite pas à un public externe à l’entreprise. Elle a également un rôle d’information sur les résultats de l’entreprise vis-à-vis du public et des marchés.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 2 . Les principales cibles de la communication financière pour une société d’assurance Les actionnaires Actionnaires individuels Investisseurs institutionnels Actionnaires salariés Les acteurs des marchés Analystes Banquiers Agences de notations Concurrents Les partenaires de l’entreprise Salariés Clients / Assurés / Sociétaires Instances professionnelles Organes de contrôle / tutelle Auditeurs Les journalistes Généralistes Economiques.DES OBJECTIFS MULTIPLES. Face à ces contraintes. françaises et européennes. les prescripteurs et les cibles périphériques. avec un profil uniquement financier. financiers Techniques Presse professionnelle Ces récepteurs d’information peuvent être regroupés en trois types : les décideurs. financier et interne. Page 17 sur 88 . le développement rapide de moyens de communication transversaux permet de toucher une population plus étendue et plus hétérogène.

ils peuvent manifester leur désaccord par la vente de titres sur le marché. stratégiques ou simplement pédagogiques à destination des salariés. Concernant la communication financière destinée à l’actionnariat salarié. Sans moyen d’action direct sur le management de l’entreprise. l’entreprise n’a pas le monopole de la communication financière. il sera attentif aux résultats de l’entreprise. que l’on considère tous deux comme les apporteurs de fonds propres. le rôle des analystes financiers est triple : obtenir de l’information à partir de sources internes ou externes à l’entreprise . les banquiers. qui peuvent être tout aussi exigeants en termes d’information communiquée. il est en revanche sensible à la qualité. Dans les deux cas la société d’assurance cherchera à fidéliser ce type de population par une communication financière appropriée. ils ont un droit de regard sur la stratégie engagée par les dirigeants de la société. ils peuvent être transposés aux mutuelles d’assurance. Dans ce cas de figure.2 Les prescripteurs Cette population est plutôt hétérogène puisque les prescripteurs d’information sont les analystes financiers. De la même façon. il importe pour l’entreprise de maintenir une cohérence forte en image externe (publication dans les revues spécialisées ou presse nationale) et interne que donne la société. 2.1. Du fait de leur vote en assemblée générale. En effet. De façon simplifiée. ainsi qu’à l’évolution attendue des résultats. mais avec un objectif affiché (valoriser au mieux et dans la durée les fonds qui lui sont alloués) les actionnaires institutionnels ont une double exigence : en matière de création de valeur actionnariale et de respect des principes de gouvernement d’entreprise. les journalistes. Le propos se concentrera ici aux analystes financiers et agences de notation. Cela peut être vu comme une stratégie de communication à part entière. Page 18 sur 88 . En effet elle ne maîtrise pas l’output du prescripteur d’information qui peut lui aussi donner un signal ou influencer le comportement des décideurs. les dirigeants doivent rendre compte de leur gestion aux sociétaires. Bien que ces propos concernent en premier lieu les sociétés d’assurance composées d’actionnaires. Un responsable de l’actionnariat salarié peut même être désigné au sein de l’entreprise pour définir un discours sur des aspects patrimoniaux.1 Les décideurs Cette catégorie repose sur les actionnaires individuels (salariés ou non) et les investisseurs institutionnels. avec la même régularité. L’actionnaire individuel cherchant à valoriser son patrimoine (dividendes ou plusvalues).1. Sans pour autant avoir la capacité d’analyser en détail l’ensemble des décisions stratégiques de l’entreprise. claire et cohérente. la stabilité de la gouvernance de l’entreprise. même si la notion de capital est différente. les auditeurs ou encore les agences de notation.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 2.

1. et non des moindres : l’assuré. Les agences de notation. en abaissant ou relevant la note de l’entreprise. sur la base de ce qu’il percevra comme information. 11 Page 19 sur 88 . Les entreprises doivent faire face à ces attentes en se préoccupant aussi bien de la forme que du fonds de sa communication. 2.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - analyser les sociétés (accent mis sur la stratégie. par conséquent. l’Autorité des marchés financiers pour les sociétés cotées. une forte influence sur le devenir de la société en émettant une opinion. elle n’en demeure pas moins importante puisque le client se fera sa propre opinion de sa compagnie d’assurance. l’entreprise devra satisfaire les exigences de ses cibles sur plusieurs thèmes : Il existe trois grandes agences de notation dans le monde : Standard & Poor’s. peuvent conditionner son accès au crédit ou la possibilité qu’elle a de faire appel au marché de capitaux. Les agences de notation. puisqu’elles sont à la fois juges et prescriptrices 11 . Elles peuvent induire des décisions et provoquer des changements dans le comportement des décideurs et acteurs du marché. 2. les pouvoirs publics.4 Une nécessité : comprendre les attentes des cibles L’entreprise devra avoir avant tout un message clair. D’où l’importance pour la société d’assurance d’entretenir de bonnes relations avec cette catégorie d’interlocuteurs afin d’éviter qu’un message négatif soit délivré auprès des autres cibles.1. donner un conseil boursier au marché. Sur la forme. mais aussi. …) . un signal. plus ou moins favorable sur celle-ci. Bien que dans ce dernier cas la communication puisse être considérée comme passive. Elles ont une double logique en examinant les informations transmises par les sociétés et en tissant des relations privilégiées avec ces dernières pour compléter cette information. les professionnels du secteur avec la Fédération Française des Sociétés d’Assurance (FFSA) ou le GEMA. Ces deux récepteurs d’information ont. Dans ce contexte où les cibles sont nombreuses et surtout hétérogènes. ont une relation tout aussi forte avec les sociétés. Leur métier consiste à attribuer une note aux sociétés qui le leur demandent permettant ensuite à ces entreprises d’accéder plus facilement aux systèmes de financement. sans tomber dans l’exagération d’un jargon trop technique et financier. Notons pour les principales : les organismes de tutelle (ACAM pour le marché français de l’assurance). quant à elles. Moody’s et Fitch (établissement français). l’environnement économique et concurrentiel.3 Les cibles périphériques Là encore les cibles sont très diversifiées. les sociétés sont confrontées à une multitude d’attentes de leur part.

2. dans le but de réduire le risque supporté par les investisseurs. affronter les difficultés rencontrées) et de pédagogie. Par conséquent une bonne communication financière sur les éléments et enjeux financiers de l’entreprise peut s’avérer être un facteur de création de valeur pour celleci. stratégiques.2.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - - accessibilité de l’information : il s’agira pour l’entreprise de mettre en ligne sur son site internet l’information financière et de désigner un contact spécifique pour les investisseurs et professionnels afin de faciliter les échanges .1 Les enjeux financiers Dans cette perspective. mais également de gérer le consensus dans ce domaine. La conséquence directe pour la société face à ce risque peut être résumée comme suit : en réduisant l’asymétrie d’information. elle veillera à avoir un message cohérent dans le temps. en garantissant également la comparabilité des données. rapidité et réactivité de la société dans ses annonces . l’entreprise devra faire preuve d’objectivité dans sa communication (ne pas passer les mauvaises nouvelles sous silence. Le processus de communication financière vise alors à informer sur tout ce qui peut avoir une incidence sur la valeur de l’entreprise. Sur le fonds. Il est nécessaire pour une société d’assurance de connaître et d’arriver à dominer les enjeux financiers. le principe théorique sous-jacent à cet enjeu et qui vise au final l’abaissement du coût du capital pour les sociétés est le suivant : une réduction de l’asymétrie d’information cumulée avec un accroissement de liquidité va induire une baisse de la prime de risque supportée par les apporteurs de capitaux. cette stabilité du cours de bourse pouvant générer un accroissement de la liquidité. infra). Aussi. avec in fine une réduction du coût du capital pour la société et une meilleure valorisation de ses cash flows prévisionnels (cf. le véritable challenge pour l’entreprise consiste à réduire au maximum l’asymétrie d’information entre les dirigeants et l’ensemble des autres acteurs intervenant dans le processus de communication financière. éthiques que peut avoir sa communication. Non moins important : maîtriser les enjeux de celle-ci. régularité de la communication : c’est un point essentiel dans la mise en place du calendrier de communication financière (cf. schéma ci-après). 2 Les enjeux de la communication financière Les conséquences d’une communication financière sur l’environnement de l’entreprise sont multiples. En effet l’entreprise n’a pas le monopole de sa communication et elle doit considérer Page 20 sur 88 . Identifier les cibles est un des objectifs pour réussir sa communication financière. Et inversement … Sans l’exposer en détail. la communication financière peut réduire la volatilité du titre (c’est à dire permettre à l’entreprise d’être plus crédible dans ses propos) . 2.

Variée parce que la société aura la possibilité d’accéder à l’ensemble des instruments financiers existants (capital. contribuer à garantir cette pérennité. quasi fonds propres).Cohérente . mais ce qu’annonce l’entreprise à un instant donné doit être cohérent avec la stratégie qu’elle a déjà communiquée au fil du temps.2 Les enjeux stratégiques La société. dettes. dans ce cadre. quelque soit son secteur. obligations. Toujours avec l’objectif que l’entreprise soit valorisée au plus juste. Un des buts poursuivi par les messages portant sur la stratégie de l’entreprise consiste à préparer le marché à son évolution . par la transmission de messages adaptés. Les effets induits de la communication financière sur la valorisation de l’entreprise Communication financière Claire . C’est pourquoi ces messages doivent inscrire la stratégie de l’entreprise dans la durée. Page 21 sur 88 . la perception qu’ont les acteurs du marché de la stratégie poursuivie par l’entreprise et de sa crédibilité. Efficace par l’obtention de ces ressources au moindre coût.2. Elle cherchera donc à favoriser. La communication financière doit.Constante Crédibilité renforcée Volatilité plus faible Prime de risque moindre Accroissement des liquidités Abaissement du coût du capital Valorisation de la société renforcée Meilleure prévision des cash flows 2. L’idée est que la communication financière de l’entreprise doit être un outil au service d’une politique de financement variée et efficace. a un objectif général : assurer sa pérennité dans un environnement de plus en plus concurrentiel.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire deux éléments : la manière dont sa communication est perçue par les autres acteurs du processus et la communication que ces derniers peuvent également déployer.

CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Cependant cette volonté de donner une information prévisionnelle 12 la plus claire est un enjeu difficile à gérer pour les sociétés car elles sont confrontées à deux objectifs contradictoires : le premier est de satisfaire aux attentes du marché financier qui est fortement demandeur de prévisions pour bâtir ses modèles d’évaluation .4 Les enjeux éthiques L’asymétrie d’information a été évoquée ci-avant concernant les enjeux financiers. cet objectif d’égalité est encadré par des règles portant sur la publication des informations privilégiées et sanctionné par les manquements d’initiés. l’entreprise met en jeu sa crédibilité auprès des investisseurs dont la réaction pourrait être amplifiée.3 La gestion du consensus La gestion de consensus est un facteur délicat en matière de communication financière et déterminant dans la volatilité des marchés. Anne Guimard. Cette information est accessible à tous à partir de sources comme Bloomberg ou JCF (Jacques Chahine Finance).Théorie et pratique. elle est en droit de demander à ses interlocuteurs leurs grilles d’analyse détaillées pour juger de la pertinence de l’écart observé. avec potentiellement un impact direct sur le cours de bourse pour les sociétés cotées. La commission européenne a précisé dans son règlement du 29 avril 2004 la notion de prévisions concernant les informations contenues dans un prospectus : les principales hypothèses sur lesquelles sont fondées les prévisions doivent être énoncées . Cela paraît être un principe simple. afin de ne pas être sanctionnée par le marché. 2. Editions Economica. 13 Profit warning en anglais. bénéfice net. résultat technique. D’où la difficulté pour une société de prendre la décision d’alerter sur ses résultats 13 . 12 Page 22 sur 88 . page 41.2. …) faites par les analystes financiers.2. L’égalité de traitement entre les différentes cibles est un point crucial dont l’entreprise doit tenir compte dans sa communication. Mais si elle s’abstient. L’enjeu pour la société est donc de s’assurer qu’il n’y a pas d’écart entre ses propres prévisions et le consensus des analystes financiers. 2. les prévisions doivent faire l’objet d’un rapport des commissaires aux comptes. La société a toute latitude pour apprécier si l’écart entre ses données réelles et ses objectifs (ou les estimations des analystes) justifie un profit warning. Si nécessaire elle communiquera au marché une information corrective. le second est de ne pas décevoir les acteurs du marché et d’éviter d’avoir à corriger ultérieurement la réalité par rapport aux attentes qu’ils ont. Le consensus se définit comme la moyenne arithmétique ou la médiane des estimations de résultats pour un certain nombre d’agrégats financiers (croissance du chiffre d’affaires. En Europe et en France. Pour ce faire. mais qui n’est pas toujours aussi facilement applicable. 2007. marge opérationnelle. sur un horizon allant du trimestre en cours à trois ans 14 . 14 La communication financière . de base.

d’autre part la transmission.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire En effet. Page 23 sur 88 . Ces deux dimensions peuvent recouvrir deux registres opposés : une communication égocentrique centrée sur l’entreprise traduisant le désir d’expression et de valorisation de l’image de l’entreprise et de ses dirigeants. . peut donner des informations précises à certaines personnes. par delà. Ce risque d’asymétrie d’information pour une société peut être limité en suivant quelques règles simples : assurer l’égal accès des journalistes et analystes aux différentes réunions . versus une réunion d’actionnaires individuels qui auront une information beaucoup plus générale. Comme le mentionne l’Institut Français des Administrateurs. publier immédiatement (dans le cadre de la publication des résultats. ce qui peut les amener à privilégier certains interlocuteurs au détriment des actionnaires. la diffusion et l’instrumentation d’informations qui renvoient à une communication fonctionnelle. Le problème se pose également dans la relation avec les analystes : la société. ces contraintes représentent un coût réel pour l’entreprise. 2. investisseurs. alors que les investisseurs professionnels disposent gratuitement de rapports détaillés publiés par les bureaux d’analystes.). à l’ensemble du marché.. mais elles sont une garantie de l’égalité de traitement en matière de communication avec les actionnaires. informations qui ne seront pas nécessairement répercutées aux autres et. de l’assemblée générale ou encore de conférence sectorielle) les supports de présentations sur le site internet de l’entreprise . afin de décrypter et contrôler les informations données en réunion. les émetteurs ont pris l’habitude de communiquer auprès des différents professionnels (analystes. davantage orientée pour comprendre et satisfaire les attentes des différentes cibles du processus de communication.5 La typologie des enjeux de la communication financière Les enjeux évoqués précédemment soulignent le caractère ambivalent de la communication financière qui recouvre deux principaux domaines : d’une part le partage et l’échange d’informations qui peuvent être assimilés à une communication relationnelle . L’égalité de traitement peut prêter à discussion si l’on considère les réunions d’analystes participant à une présentation des résultats et posant des questions précises au président. interrogée par téléphone ou lors d’un tête à tête. Ces derniers n’ont en outre accès gratuitement qu’aux documents légaux émis par l’entreprise (ceux prévus lors de l’assemblée générale par exemple). et une communication altruiste tournée vers un ou plusieurs destinataires.2.. privilégier les rencontres avec les professionnels en binôme.

et entrecroisent des actions de communication de type égocentrique ou altruiste. Fonction des attentes et de la sensibilité des cibles concernées. Document de recherche N°2005-05. il s’agira plutôt d’une communication égocentrique. page 27 15 Page 24 sur 88 . la communication sera considérée comme fonctionnelle / relationnelle . un exemple peut être donné avec la lettre aux actionnaires.altruiste. Stéphane Onnée et Rahma Chekkar. Pour éclairer la compréhension de ce propos. Extrait de L’évolution de la communication financière dans le processus de gouvernance : le cas SaintGobain. Dans le cas où ces informations mettent en avant l’entreprise et valorisent son image.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Typologie des enjeux de la communication financière 15 Echange et partage d’informations favorisant la compréhension et l’écoute des parties prenantes Altruistes Diffusion d’informations centrée sur les attentes des parties prenantes Egocentriques Diffusion d’informations centrée sur l’entreprise et ses dirigeants Echange et partage d’informations valorisant la compréhension et l’écoute des parties prenantes Fonctionnels Relationnels Le processus de communication révèle donc que la communication financière mêle les dimensions relationnelles et fonctionnelles.

C’est un moyen indispensable pour assurer et garantir la transparence du marché. qui distingue « l’information périodique ». 16 Page 25 sur 88 . Les deux derniers paragraphes abordent des aspects plus organisationnels : l’importance d’un calendrier pour bâtir sa communication financière et le processus interne de l’entreprise pour organiser et coordonner les équipes dédiées. Depuis le 1er septembre 2008 les obligations de publication au Bulletin des Annonces Légales Obligatoires (BALO) ont été allégées pour ne pas faire doublon avec celles de la réglementation européenne. le but est de garantir que les investisseurs ont connaissance de tous les faits nouveaux importants susceptibles de provoquer une variation.3 L’information règlementée Le règlement général de l’AMF encadre la diffusion de l’ensemble des documents communiqués et diffusés périodiquement ou de façon permanente. L’émetteur doit notamment publier un rapport financier pour chacune de ces échéances 16 . puis les principes généraux de la communication.1.1. à la hausse comme à la baisse. Articles L. 3. 3. « l’information permanente » et « l’information règlementée ».1 L’information périodique Il s’agit des éléments communiqués par la société d’assurance à échéances régulières. Ce chapitre expose dans un premier paragraphe les différentes notions d’information financière.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 3 . l’entreprise doit suivre certaines règles. 1 Les trois notions d’information financière La transmission d’information financière fait l’objet d’un encadrement très strict. semestrielle ou trimestrielle. sur une base annuelle.1. du cours de bourse de la société.2 L’information permanente Pour les sociétés cotées. paragraphe 6-4 pour avoir le détail des éléments composant cette information règlementée. 3. 451-1-1 et suivants du Code monétaire et financier issus de la loi n°2005-842 du 26 juillet 2005 pour la confiance et la modernisation de l’économie (Règlement général de l’AMF). L’aspect règlementaire étant traité dans la deuxième partie de cet exposé.PRINCIPES GENERAUX DE LA COMMUNICATION FINANCIERE Pour mettre en place une communication efficace. Pour l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). se référer au chapitre 6. Il doit également déposer son rapport de gestion annuel (y compris annexes) au Greffe du Tribunal de commerce. 3. l’émetteur doit porter à connaissance du marché toute information précise non publique susceptible d’influencer son cours de bourse si elle était divulguée.

étant donné la multiplicité des textes règlementant ce sujet. Dans le premier cas. voire une centralisation de l’information diffusée (recommandation de l’Observatoire de la Communication Financière 18 ). La difficulté pour l’entreprise consistera à déterminer le document de référence à utiliser pour mettre en œuvre cette communication.2. lors de la communication d’information privilégiée à un tiers non tenu d’une obligation de confidentialité. l’émetteur devra veiller à diffuser en même temps.Observatoire Communication Financière. l’émetteur devra considérer ses pratiques antérieures et l’historique de ses communications.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 3. L’homogénéité de l’information doit également être garantie auprès des différentes cibles et dans l’utilisation des différents modes de diffusion. Il est également recommandé. pour les sociétés cotées. exhaustive. et donc d’éviter des variations brutales du cours de la société.1 L’égalité d’information Ce paragraphe va développer l’aspect asymétrie d’information évoqué ci-avant dans les enjeux de la communication financière. 3. Bien que le nombre de sociétés d’assurance ou de réassurance concernées soit limité. 3.2. 17 Page 26 sur 88 . Ce qui nécessite pour la société émettrice un contrôle préalable. Il sera en effet plus commode pour les investisseurs d’assimiler l’ensemble de ces informations avant la reprise des cotations. Il s’agit notamment d’assurer une bonne compréhension et clarté lors de changement de périmètres ou alors en cas de survenance ou réalisation d’évènements exceptionnels. en France et à l’étranger. ses informations. précise et sincère Le premier qualificatif oblige l’émetteur à être exempté de toutes erreurs dans sa communication. 18 Cadre et Pratiques de Communication Financière . 2 Les principes de la communication financière 3.2. l’émetteur doit se prémunir. Dans tous les cas la diffusion doit être intégrale et effective. de publier leurs informations financières en dehors des périodes d’ouverture des salles de marché. Pour assurer une parfaite égalité d’information entre les investisseurs. Avril 2008.3 Une information exacte. Par exemple : obligation de diffuser publiquement une information communiquée confidentiellement à un analyste lors d’un entretien individuel.2 L’homogénéité de l’information Pour ne pas induire en erreur les analystes ou investisseurs. page 16. Une information exacte est également une information complète. si les changements sont significatifs il faudra que l’entreprise communique une information dite pro forma pour faciliter le suivi de l’activité par la communauté financière. d’assurer une diffusion simultanée (pour une communication intentionnelle) ou le plus rapidement possible (pour une communication non intentionnelle 17 ) des éléments composant sa communication financière.

2. 19 Page 27 sur 88 . et ses principes ont été transposés par l’AMF dans son règlement général 19 .3. avec une base actionnariale de plus en plus diversifiée géographiquement. Le législateur européen a harmonisé le régime linguistique des différents documents d’information publiés par l’émetteur. Fédération française des sociétés d’assurance entre autres.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Une information précise signifie que la société doit communiquer l’ensemble des éléments relatifs au sujet faisant l’objet de cette communication. et 212-12 pour les prospectus. une nécessité pour bâtir sa communication financière La publication légale des informations est une obligation pour une société qui doit en respecter le calendrier. le processus de communication financière doit chercher à optimiser en permanence le calendrier. la société émettrice est en mesure d’établir son propre calendrier interne pour définir et mettre en œuvre sa communication financière. A partir des échéances qui lui sont fixées. Enfin. d’établissement des comptes consolidés. les responsables de la direction financière : pour faire part de leurs délais de collecte. Article 221-2 du Règlement général de l’AMF pour l’information règlementée. une information sincère sous-entend que l’émetteur relate aussi bien les éléments positifs que négatifs relatifs à l’information communiquée. Etant donné qu’elle intervient en bout de chaine d’information.1 Les intervenants dans la mise en œuvre La définition du calendrier de la société se fera en considérant les dates au plus tard qu’elle doit respecter vis-à-vis du législateur : Autorité de contrôle des assurances et mutuelles. comme évoqué jusqu'à présent. Pour celles cotées sur un marché étranger. jusqu’à la validation par les commissaires aux comptes. il apparaît nécessaire pour les sociétés concernées de procéder à la traduction de ses documents. il leur est demandé que les informations diffusées sur ce marché le soient dans une langue accessible et compréhensible pour les investisseurs concernés.4 La langue de la communication financière Du fait. Autorités des marchés financiers. 3. d’une internationalisation croissante des marchés financiers. 3 Le calendrier. Ce processus doit se faire en concertation avec les responsables des systèmes d’information . 3. de rédaction des états financiers. Les intervenants bâtiront ce calendrier le plus en amont possible de ces dates pour établir le rétroplanning de la communication financière de la société. Cet exercice fait appel à plusieurs acteurs de la société : les juristes : pour s’assurer du contenu légal du calendrier. ainsi que la tenue des conseils d’administration qui arrêtent les comptes consolidés de la société . pour que le marché puisse apprécier l’impact de cet évènement sur la situation et les perspectives de l’émetteur. 3.

Internet.Observatoire Communication Financière. évolution des effectifs. page 25. Mise en ligne sur le site de l’émetteur et envoi à l’AMF Mise en ligne sur le site de l’émetteur et envoi à l’AMF Mise en ligne sur le site de l’émetteur et envoi à l’AMF Calendrier Après la tenue du Conseil d’administration ou du Conseil de surveillance Au plus tard dans les 4 mois suivant la clôture de l’exercice Pas de délai règlementaire Au plus tard dans les 20 jours de bourse qui suivent la publication du rapport financier annuel Au plus tard dans les 4 mois suivant la clôture de l’exercice Dans les 45 jours qui suivent l’approbation des comptes en AG Dans le mois qui suit l’approbation des comptes en AG Document de référence Document d’information annuel Facultatif Obligatoire Communiqué sur les honoraires des Commissaires aux comptes Documents publiés au BALO Documents déposés au Greffe du tribunal de commerce Obligatoire Obligatoire Par voie électronique. Elle essaiera aussi de se renseigner sur le calendrier de ses concurrents pour limiter les conflits de date. Mise en ligne sur le site de l’émetteur Réunion physique / conférence téléphonique Par voie de presse écrite. …) . la communication financière : pour s’assurer qu’elle disposera de tous les éléments chiffrés et indicateurs de performance pour concevoir son analyse et construire ses messages. Les obligations pour une société d’assurance ou de réassurance cotée sur le marché parisien pour la publication de ses résultats annuels 20 Type de document Evènement Communiqué de presse Réunion d’information Avis financier Rapport financier annuel Régime Pas d’obligation légale.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - - les opérationnels : pour expliquer leurs prévisions ou résultats sur leurs activités (politique de souscription. gestion de sinistre. mais usuel Facultatif Obligatoire Mode de publication Par voie électronique. Mise en ligne sur le site de l’émetteur et envoi à l’AMF Transmission électronique Obligatoire Adapté de Cadre et Pratiques de Communication Financière . radio Par voie électronique. programme de réassurance. 20 Page 28 sur 88 . Avril 2008. mais nécessaire en pratique Pas d’obligation.

Typologie d’organisation de communication financière Direction Générale Direction Communication Direction Financière Direction Ressources Humaines Option 1 Communication Financière Option 2 Page 29 sur 88 . et qu’il est susceptible d’être modifié.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le calendrier comprend au minimum les dates de publication de l’information financière périodique obligatoire : chiffres d’affaires. En effet. 3.3. Par rapport à des sociétés du même secteur. C’est un gage de rigueur : le calendrier rythme la vie de la société qui doit s’organiser en conséquent pour respecter les échéances imposées par la réglementation et celles qu’elle s’est elle-même fixées. 4 L’organisation de la communication financière La mise en œuvre d’une politique de communication financière fait appel. à plusieurs acteurs de la société émettrice. comme décrit ci-avant. plus l’entreprise renforcera son image.2 L’intérêt de la publication d’un calendrier Plus le calendrier sera porté à connaissance du public tôt dans l’année. résultats et assemblée générale annuelle. Les sociétés prennent généralement la précaution d’indiquer que le calendrier est donné à titre indicatif. L’entreprise aura également des retombées sur sa crédibilité et son professionnalisme. Le schéma ci-après représente les structures organisationnelles généralement mises en place dans les entreprises pour encadrer la communication financière. la publication d’un calendrier est un facteur de visibilité si cet usage n’est pas répandu dans la profession. la mise à disposition d’un calendrier prévisionnel sur sa communication financière présente plusieurs avantages pour l’entreprise. En effet elle permet aux différents acteurs de mieux préparer leur propre travail (les analystes savent que telle société communique à telle date) et s’inscrit dans des standards internationaux où la publication du calendrier annuel est devenue une référence. 3.

de clarté et d’efficacité. mais la relation avec une partie significative des différents publics est assurée par la direction de la communication. dans la cadre de la communication financière. quelque soit le lien hiérarchique de directeur ou responsable de la communication financière. il doit disposer de deux éléments essentiels : La communication financière . Editions DUNOD. elle devra donc être l’interface entre les principales directions fonctionnelles et opérationnelles de l’entreprise. Dans le second cas. professionnels) et internes. relativement proches l’un de l’autre. le rôle de la communication financière est d’expliquer la stratégie future de l’entreprise. Pour cela. la direction de la communication financière devra prendre en charge l’élaboration de tous les éléments financiers qui sont souvent éclatés entre différentes directions ou départements . Cette direction est. 21 Page 30 sur 88 . 2008. la direction financière a en charge l’élaboration de la communication financière. comme cela a été précisé. le porte parole privilégié auprès des publics externes (financiers. beaucoup plus que des chiffres passés. nécessitent cependant une parfaite coordination entre les deux structures impliquées dans l’élaboration de la communication financière. Du fait de sujets de plus en plus complexes.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Dans l’option 1. Jean-Yves LEGER recommande dans son ouvrage le mode organisationnel ci-dessous. mais les informations sont pour l’essentiel fournies par la direction financière. Une organisation de communication financière recommandée 21 Direction Générale Direction Communication Direction Financière Direction Ressources Humaines Cette typologie d’organisation regroupe au sein d’un même service toutes les communications. la communication financière est rattachée à la direction de la communication. L’aspect purement comptable et quantitatif de la fonction est de moins en moins essentiel. Deux précautions doivent être considérées cependant par rapport à cette préconisation : le recrutement de profils ad hoc au sein de cette direction (nécessité de compétences diverses) et la gestion de la relation avec la direction financière qui pourrait se voir comme un simple fournisseur d’information. Ce qui n’est pas toujours évident.Bâtir et mettre en œuvre une stratégie de communication financière. Aussi. Ces deux types d’organisation. Pour l’auteur. c’est un gage de cohérence. pages 73-76.

de pouvoirs de coordination très étendus pour traiter la masse d’informations provenant de domaines variés. il devrait avoir accès au président du comité d’audit (lorsque la structure en dispose). infra).CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - d’une liberté suffisante pour dialoguer et alerter tous les membres de la direction générale . ce dernier demeurant le représentant du conseil le plus concerné par les questions de communication financière (cf. Page 31 sur 88 . Dans cet esprit.

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Communication financière et environnement règlementaire

Synthèse 1ère partie
La communication financière est un concept relativement récent pour les sociétés d’assurance, du moins en France, qui a fortement évolué depuis les années 1990 - 2000. Du fait de la libéralisation des économies, la mondialisation des marchés financiers ou encore la présence croissante des investisseurs étrangers dans l’économie française, le style de communication des sociétés s’est transformé pour passer de l’information financière à la communication financière. En effet, la transmission par la société émettrice d’informations au marché (actionnaires, investisseurs, assurés, analystes, agences de notation) va aujourd’hui au delà d’éléments purement comptables ou chiffrés. La communication financière est ainsi progressivement devenue un processus intégré dans la stratégie de l’entreprise pour informer et rassurer les acteurs du marché, désireux d’appréhender et de connaître de plus en plus la vision prospective de la société. Cette évolution de la communication financière a aussi été contrainte par un environnement réglementaire qui est maintenant de plus en plus dense. La majeure partie des sociétés d’assurance et de réassurance sont impactées par la réforme Solvabilité II, toutes sont soumises à des obligations d’information vis-à-vis des organismes de tutelle, les plus importantes d’entre elles sont concernées par les normes IFRS et les contraintes SOX. La communication financière doit, dans ces conditions, satisfaire à des objectifs parfois contradictoires, étant à la fois une obligation et une opportunité pour les sociétés. Un des objectifs de la communication financière consiste à identifier les cibles que la société souhaite atteindre et à comprendre leurs attentes afin d’adapter son mode de communication et son contenu. Les cibles de la communication financière représentent trois ensembles : les décideurs (assimilés aux apporteurs de capitaux, c'està-dire les actionnaires individuels ou institutionnels) ; les prescripteurs (analystes financiers, agences de notations) ; les cibles périphériques (organismes de tutelle [ACAM, AMF], professionnels [FFSA], pouvoirs publics, assurés). Dans ce contexte, les sociétés d’assurance, dans leur communication financière, font face à trois types d’enjeux majeurs. Se pose tout d’abord la question de l’égalité du traitement de l’information vis-à-vis des différentes cibles, où les entreprises doivent limiter le risque d’asymétrie d’information. Le deuxième enjeu est stratégique et porte sur l’information prévisionnelle ; difficile à gérer pour la société, car cet enjeu répond à deux objectifs contradictoires : satisfaire aux attentes du marché (qui est demandeur de prévisions) et ne pas le décevoir. D’où le troisième enjeu de la communication financière : la gestion du consensus qui vise pour la compagnie à s’assurer qu’il n’y a pas d’écart entre ses propres prévisions et celles du marché et des analystes. Réussir à gérer ces trois enjeux est un gage de crédibilité pour la société, dont la valorisation se trouvera renforcée.

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Pour s’assurer de la bonne fluidité et lisibilité de l’information vers le marché, l’entreprise s’appuie sur les principes élémentaires, mais fondamentaux de la communication financière. L’information diffusée doit être exacte, précise et sincère : l’entreprise est exhaustive sur l’information livrée et relate aussi bien les éléments positifs que négatifs la concernant, pour garantir la transparence dans sa communication financière, et donc sur les marchés.

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2ème PARTIE : Environnement règlementaire et communication financière

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CHAPITRE 4 - DIRECTIVE EUROPEENNE SOLVABILITE II
Ce projet, conduit par la Commission européenne, vise à moderniser et harmoniser les règles de solvabilité applicables aux sociétés d’assurance et de réassurance en Europe. La philosophie de la Directive est de renforcer la protection des assurés et d’inciter les entreprises à améliorer la gestion de leurs risques. En matière de communication financière, Solvabilité II, via le pilier 3, cherche à renforcer la discipline de marché par une exigence élevée en termes de transparence. Les paragraphes ci-après précisent le contexte, les principes et la structure de cette réforme, avec un point développement plus important pour le pilier 3. 4. 1 Présentation de la réforme Le projet Solvabilité II a été lancé en 2001 dans le but de revoir le dispositif européen de surveillance prudentielle des sociétés d’assurance qui reposait sur des règles définies dans les années 70 (Solvabilité I). Solvabilité II consiste à refondre en un texte unique 14 directives relatives à l’assurance vie et non-vie, la réassurance et aux groupes d’assurance. Aussi, ces règles ne correspondaient plus forcément à la réalité et à l’environnement économiques du début du XXIème siècle. La Directive cadre a été adoptée par la Parlement européen en juillet 2007 (niveau 1 du processus ; cf. infra). Il est prévu que le texte le soit au cours de l’année 2009, à l’issue peut-être d’une cinquième étude d’impact quantitative 22 . Les Etats membres auront jusqu’en 2012 pour transposer cette directive dans leurs législations nationales. Cette directive sera applicable à l’ensemble des sociétés d’assurance et de réassurance, à l’exception des petites mutuelles et entreprises d’assurance pour qui l’encaissement annuel de primes est inférieur à 5 millions d’euros. 4. 2 Principes de la réforme Cette réforme a été conduite selon le processus Lamfalussy 23 . Les principaux groupes de travail sont constitués de l’EIOPC 24 (sur lequel se base la Commission pour les sujets du niveau 2) et du CEIOPS 25 (comité consultatif technique du niveau 3).
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Quantitative Impact Studies en anglais (QIS). La démarche Lamfalussy œuvre pour la mise en place d’un cadre règlementaire et prudentiel efficace au niveau de l’Union Européenne, dans le but d’assurer l’adoption rapide et souple de la législation et de tendre vers une meilleure convergence des pratiques prudentielles. Ce processus recommande une approche de la réglementation à quatre niveaux : - niveau 1 : proposition par la Commission, et adoption par le Conseil et le Parlement européens, d’une directive cadre fixant les lignes directrices de la réforme (principe de codécision). - niveau 2 : élaboration des mesures techniques de mise en œuvre par le Comité de surveillance des assurances, et adoption par la Commission. Le Parlement est tenu informé des travaux. - niveau 3 : le Comité de surveillance des assurances s’assure de l’application et d’une mise en œuvre cohérentes au sein des Etats membres (convergence de la réglementation des Etats). - niveau 4 : la Commission vérifie le respect de la législation européenne par les Etats membres et prend, le cas échéant, les mesures nécessaires à l’encontre de celui ne respectant pas le droit communautaire. 24 European Insurance and Occupational Pensions Committee - Comité européen des assurances et des pensions professionnelles - réunissant les ministères des Finances des 27 Etats membres).

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Les principes de la réforme reposent sur des critères aussi bien quantitatifs que qualitatifs. Comme précisé ci-avant, la réforme cherche à renforcer la protection des preneurs d’assurance, c'est-à-dire les assurés. Pour cela, la directive entend revoir les calculs de solvabilité des assureurs afin de mieux refléter les risques qu’ils encourent. La notion de risque ne se limite pas au seul risque de souscription. Solvabilité II tient compte également des risques d’investissement, de crédit, ou encore du risque opérationnel. Il s’agira donc d’établir une corrélation plus forte entre les exigences de solvabilité déterminée par la réglementation et l’ensemble des risques supportés par les entreprises d’assurance. Mais le fait majeur, et le plus discuté de Solvabilité II, est que les actifs et passifs des sociétés sont évalués en valeur de marché, c'est-à-dire sur le principe de la juste valeur 26 . 4. 3 Structure de la réforme En avril 2003, la commission européenne a retenu une structure à trois piliers (cf. illustration ci-dessous) pour refondre son système de surveillance prudentielle. Le principe repose sur les mêmes bases que Bâle II, propre au secteur bancaire. Les piliers sont : les exigences quantitatives (premier pilier), les activités de contrôle (deuxième pilier) et les informations prudentielles et de publication (troisième pilier). La structure à trois piliers de Solvabilité II 27

Committee of European Insurance and Occupational Pensions Superviseurs - Comité européen des contrôleurs des assurances et des pensions professionnelles. 26 Cf. Reporting financier et gouvernance des entreprises : le sens des normes IFRS (Benoît Pigé et Xavier Paper) chapitre 3 sur le principe de la fair value. 27 Extrait de Revue Sigma (N°4 / 2006), page 8.

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et de réagir efficacement. puisqu’il s’agira de vérifier que l’entreprise décide « valablement » de ses politiques de développement et de risques. directoire). sont les principaux domaines concernés. aussi bien au niveau des sociétés d’assurance et de réassurance qu’à celui des superviseurs du secteur. soit par le modèle interne de la société d’assurance. calculée selon la méthode dite « coût du capital ». les mécanismes de contrôle interne et d’organisation.5% de capital au passif sur cet horizon. Les points de vigilance sur la qualité des contrôles portent sur l’existence de procédures écrites et la fiabilité du système d’audit interne. de favoriser la maîtrise de leurs risques par un suivi interne efficace. Le capital règlementaire quant à lui est défini à deux niveaux : le capital minimum requis ou MCR 28 équivaut au niveau de fonds propres en-dessous duquel la société d’assurance présente un risque de défaillance et où l’autorité de contrôle pourra intervenir de plein droit (retrait de l’agrémentation possible) . le capital de solvabilité requis ou SCR 29 correspond au capital cible.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 4. pour les entreprises. à condition qu’il soit validé par l’autorité de contrôle 30 .3. les critères sont un peu plus subjectifs. Cela pourra passer par la création d’un service dédié. et pour les autorités de tutelle de leur permettre d’exercer leur pouvoir de contrôle. Concernant les exigences sur la gestion des risques.5%. 29 28 Page 37 sur 88 . Le SCR est déterminé soit par le modèle standard de la directive (calibré avec les différentes études d’impact quantitatives). Les exigences en matière de gouvernance sont particulièrement fortes : honnêteté et compétence individuelle des dirigeants. La compagnie doit apporter la preuve que son processus décisionnel intègre la dimension risque. Solvabilité II retient comme critère dans le calcul du SCR de minimiser la probabilité de ruine d’une entreprise sur un an à 0. Il s’agit. résultat d’une modélisation de besoins en capital fondée sur la réalité des risques (au-delà des stocks de provisions techniques). Pour les entreprises. 30 Jusqu’à présent. ainsi que la gestion des risques. Le niveau de réserves techniques sera défini comme la somme d’un best estimate et d’une marge de risque.2 Pilier II : les activités de contrôle Le deuxième pilier de la réforme cherche à définir et harmoniser les activités de surveillance.1 Pilier I : les règles quantitatives Deux domaines sont principalement concernés : les provisions techniques et le capital règlementaire. Solvency Capital Requirement en anglais (SCR).3. autrement dit détenir 99. 4. capable de mesurer l’exposition de la société aux risques. versus compétence « collective » des structures internes à la société (conseil d’administration. Dans le premier cas il s’agit d’harmoniser le calcul des provisions au niveau européen. Minimum Capital Requirement en anglais (MCR). en tenant compte également des nouvelles normes comptables IFRS. conseil de surveillance.

L’exposé du contexte de la réforme et des deux premiers piliers permet d’aborder maintenant le thème au cœur de la communication financière de demain pour les sociétés d’assurance et de réassurance : le pilier 3 de Solvabilité II. que sur les pouvoirs et moyens d’action donnés aux autorités de contrôle. Il s’agit pour les sociétés d’assurance ou de réassurance de communiquer un ensemble d’éléments relatifs aux piliers 1 et 2 exposés ci-avant. Revue Echanges N°240. l’harmonisation doit se faire aussi bien sur les processus de contrôle des entités concernées.1 Les principes clés du pilier III Le troisième pilier de la réforme concerne les exigences en matière d’informations prudentielles et de publication à destination des assurés. ses enjeux. Page 38 sur 88 . des autorités de contrôle.4. Tout comme Bâle II. le principe d’harmonisation des états règlementaires de reportings aux superviseurs. des investisseurs. page 28. l’objectif recherché est d’accroître la transparence sur les informations transmises au marché. 4.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Pour les superviseurs. Cependant le CEIOPS a posé deux grands principes 31 : le principe de cohérence maximum entre les exigences comptables de publication d’information dans les annexes des comptes et ces mêmes exigences liées au pilier III . Bien entendu l’avancée et la construction du pilier III sont subordonnées à celles des deux autres piliers. puisque les sociétés d’assurance et de réassurance devront fournir un reporting aux superviseurs. 31 F. par le biais notamment du dossier annuel. Lustman. 4 Pilier III : la communication financière de demain Il s’agit de permettre au public (actionnaires et analystes) et aux autorités de contrôle de juger si l’information communiquée et les analyses effectuées sont fidèles à la réalité de l’entreprise. 4. avec pour but d’aboutir à un dossier annuel prudentiel européen. Les informations présentées dans cette perspective doivent l’être tant au niveau individuel que consolidé pour les sociétés et groupes d’assurance. son contenu et le détail de ses dispositions sont successivement présentés. Pour appréhender le pilier 3 de Solvabilité II et ses conséquences en matière de communication financière. Mais le troisième pilier de Solvabilité trouve un champ d’application plus large par rapport au secteur bancaire. ainsi que la discipline qui s’y exerce.

3 Les informations aux fins de contrôle Deux points majeurs sont au cœur de ce paragraphe : le système de gouvernance et la gestion des risques. imposant aux entreprises l'obligation générale de soumettre toute information nécessaire aux fins du contrôle. Elles doivent disposer d'une politique en matière de publication d'informations et obtenir impérativement l'aval de leur organe d'administration ou de direction avant de publier leur rapport sur la solvabilité et la situation financière de l'entreprise. sous une forme concise. compte tenu de l’environnement dans lequel elle opère. les informations essentielles relatives à leur situation financière et à leur solvabilité. 4. Une exception est possible pendant une période transitoire pour les exigences de fonds propres supplémentaires individuelles. Dans le second. ainsi que le système de gestion de ces risques par l’entreprise. la proposition autorise l'adoption de mesures d'exécution visant à assurer la convergence souhaitée. Les autres points de contrôle visés par le superviseur dans ce domaine portent sur : les activités de la société . elle introduit un certain nombre de principes clés que doit respecter l'information prudentielle et elle autorise l'adoption de mesures d'exécution destinées à assurer la convergence voulue. L’autorité de contrôle s’assurera que les exigences qualitatives en ce domaine sont bien respectées. Page 39 sur 88 .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 4. Néanmoins. il s’agira d’apprécier les risques auxquels la compagnie est exposée. l’accent est mis sur l’examen et l’évaluation du système de gouvernance mis en œuvre par la compagnie d’assurance ou de réassurance.4. Les entreprises sont tenues de mettre à jour les informations divulguées quand il y a lieu (des dispositions particulières s'appliquent en cas de non-respect du Minimum de Capital Requis ou du capital de solvabilité requis) et sont autorisées à publier des informations supplémentaires sur une base volontaire. 32 Page 10 du Projet de Directive 2007/0143. Enfin.4. Informations à destination du public – articles 50 à 55 : La proposition exige des entreprises qu'elles publient chaque année un rapport présentant. Les deux paragraphes ci-après reprennent les commentaires sur les articles relatifs au pilier III 32 : Informations à fournir aux fins du contrôle – article 35 : La proposition s'en tient pour l'essentiel à la philosophie actuelle de l'acquis. Dans le premier cas. conformément à l'approche Lamfalussy.2 Contenu règlementaire du pilier III Le projet de Directive du 10 juillet 2007 distingue deux types d’information : celles à fournir aux fins du contrôle (article 35) et celles à destination du public (articles 50 à 55). Les paragraphes suivants détaillent chacun des types d’information à communiquer.

elles peuvent provenir de source interne ou externe. De même. au paragraphe 3 de l’article 35. que les informations demandées peuvent porter sur des données historiques. son besoin en capital et la gestion de son capital. la portée et le format des informations mentionnées ci-dessus à n’importe quel moment. sur l’utilisation de modèle interne intégral ou partiel.4 Les informations à destination du public Les articles 50 à 55 régissant les informations à destination du public comportent deux thèmes : le rapport sur la solvabilité et la situation financière.système de gouvernance et appréciation de son adéquation au profil de risque . et demander des informations via des organismes extérieurs à la compagnie (commissaires aux comptes. sur la quantité et la qualité des fonds propres . sur les règles d’investissement . Il est stipulé. …). cabinets de conseils. Il est notamment envisagé qu’elles peuvent définir la nature.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - les principes d’évaluation appliqués à des fins de solvabilité . les sociétés d’assurance ou de réassurance doivent tenir à disposition des autorités compétentes les éléments suivants répondant aux exigences : sur les provisions techniques . Pour répondre à ces fins de contrôle.gestion du capital 4. Les autorités peuvent aussi accéder à tout type de contrat conclu entre la société d’assurance ou de réassurance et un tiers. la structure du capital de l’entreprise.4. et le flux d’informations Page 40 sur 88 . Impacts du Pilier III sur l’information financière communiquée Aujourd’hui Distinction entre l’information à fournir dans le cadre des comptes sociaux et des comptes consolidés IFRS Comptes consolidés IFRS / norme spécifique relative à l’information à communiquer en matière de risques (IFRS 7) Solvabilité II Absence de distinction entre comptes sociaux et des comptes consolidés Se rapproche des exigences IFRS en termes de reporting sur les risques Une information financière encore plus complète sur les parties : . actuelles ou prospectives. La Directive prévoit également les moyens d’actions et dotations des autorités de contrôle.

de même que sur la valeur de ces éléments bilanciels . Ce thème est l’un des plus conséquents de l’article 50. au regard notamment du degré de concentration. l’exposition au risque. le montant et la qualité de ses fonds propres. Elle doit apporter une analyse de tout changement important par rapport au dernier exercice. en respectant les critères suivants : les informations doivent refléter la nature. ses conséquences et les mesures correctives prises). les hypothèses et méthodes utilisées pour évaluer les actifs. Ce principe général peut ne pas être respecté dans le cas où la publication de ces informations par l’entreprise pourrait donner un avantage à ses concurrents. les provisions techniques et autres passifs. dans deux cas de figure : lorsqu’un écart par rapport au Minimum de Capital Requis est observé et que les autorités de contrôle n’obtiennent pas la certitude que la société Page 41 sur 88 . la société d’assurance ou de réassurance peut être obligée de produire des informations appropriées. de l’atténuation et la sensibilité du risque . ou si elle est tenue au secret ou à la confidentialité (en raison d’obligations vis-à-vis des preneurs d’assurance). D’autre part ces informations doivent être comparables et cohérentes dans le temps. la société doit en expliquer les raisons . En effet. le système de gouvernance et une appréciation de son adéquation au profil de risque de l’entreprise .  les mesures prises en cours d’exercice si le montant de capital s’était révélé insuffisant (explications sur l’origine de l’écart.  les principales différences observées entre la formule standard et le modèle interne utilisé par la société (si elle fait ce choix) pour calculer le capital de solvabilité requis . En revanche.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire avec le Comité européen des contrôleurs des assurances et des pensions professionnels (flux. avant la publication du rapport annuel. les exigences en matière de gestion des fonds propres ne dérogent à aucune règle. Le contenu du rapport est avant tout descriptif. De la même manière. Dans le cas où une différence majeure serait mise en avant entre les états financiers et les bases / méthodes utilisées. Il porte sur cinq thèmes : l’activité et les résultats de l’entreprise . la gestion des fonds propres. pour chacune des catégories de risques identifiés par la société. Dans ce cas elle n’est pas obligée de transmettre les informations nécessaires au rapport de solvabilité et situation financière.  Rapport sur la solvabilité et la situation financière La publication de ce rapport est annuelle. fiables et compréhensibles. la société doit décrire et documenter :  la structure. la taille et la complexité des activités exercées par la société d’assurance ou de réassurance concernée. puisque le CEIOPS fournit également des informations aux autorités de contrôle nationales).  les montants respectifs de MCR et SCR .

par catégorie d’entreprises. 33 Page 42 sur 88 . le système de gouvernance de l’entreprise ne lui permet pas d’évaluer et de gérer de manière adéquate les risques auxquels elle est ou pourrait être exposée. la société dispose de deux mois pour rétablir la situation . soit du modèle standard. du Projet de Directive 2007/0143. (2) par sociétés d’assurance vie . ainsi que les mesures correctives. il est en de même pour le SCR. se doit de publier annuellement. et celles que ce comité leur retourne. Dans le premier cas. complétées par un rapport sur le degré de convergence dans la mise en application des pratiques prudentielles entre les différentes autorités de contrôle de l’Union. en motivant son origine et ses conséquences. quant à lui. Quelque soit la situation. Le CEIOPS. ainsi que la répartition de ces fonds en pourcentage du Capital de Solvabilité Requis. (3) par sociétés d’assurance non-vie et de réassurance. soit du modèle interne . Il doit également donner une ventilation de ces fonds propres supplémentaires par Etat membre. le montant total de fonds propres supplémentaires exigés. Il communique l’ensemble de ces informations à la Commission.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire mette en place un programme de redressement viable. La segmentation pour restituer ces informations doit se faire : (1) par sociétés d’assurance et de réassurance . la société devra publier le montant de l’écart constaté. Les autorités doivent également justifier les raisons de ces exigences de fonds propres supplémentaires 34 : le profil de risque de l’entreprise d’assurance ou de réassurance s’écarte sensiblement des hypothèses. pour la période du dernier exercice écoulé et pour l’ensemble des sociétés du secteur 33 . le montant moyen des exigences de fonds propres supplémentaires exigé par entreprise. Le rapport sur la solvabilité et la situation financière de la société d’assurance ou de réassurance n’est publié qu’une fois validé par l’organe d’administration ou de gestion de la société. les autorités de contrôle doivent transmettre. à partir des données transmises par les différentes autorités de contrôle des pays de l’Union. dans un délai d’un mois . avec un délai porté respectivement à deux et quatre mois. 34 Article 37.  Flux d’informations avec le CEIOPS Il s’agit ici des informations que doivent fournir les autorités de contrôle au Comité européen des contrôleurs des assurances et des pensions professionnels. paragraphe 1.

mais aussi par l’exposition née à la fois sur des actifs et passifs d’assurance. Elle sera aussi contrainte d’indiquer ses objectifs. cette dernière devra décrire la stratégie et les procédures utilisées pour les identifier.5 Les apports du Consultation Paper 15 Ce document du CEIOPS. reporting par ligne d’activités. …) et apprécier le niveau de provisionnement (fournir les triangles de liquidation par exemple).4. Au niveau des actifs. la société devra apporter des informations permettant d’appréhender le niveau retenu pour l’évaluation de la solvabilité et les principales différences avec les éléments compris dans les états financiers. ou encore le degré de concentration de risque. les mesurer. sa stratégie et sa capacité à les mettre en œuvre (en listant les facteurs clés internes ou externes pour y parvenir). Concernant les provisions techniques tout d’abord. combined ratio. le CP 15 précise que les méthodes et hypothèses retenues devront faire partie du rapport de solvabilité. les analyses de sensibilité. La description concernant la performance sera faite avec des indicateurs clés : analyse des produits.  Précisions sur la gestion des risques Pour chaque catégorie de risques identifiés par l’entreprise.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 4. élaboré en novembre 2006.  Précisions sur l’activité et les performances de l’assureur La société doit décrire la nature de l’activité qu’elle exerce et son environnement externe (position concurrentielle. …) et ligne de business. pour sinistres. charges.  Précisions sur les évaluations liées à la solvabilité C’est le point pour lequel les apports du Consultation Paper 15 sont les plus importants. …). business model. comme pour les autres éléments. ceux en couverture des provisions techniques et du capital requis devront être décomposés par catégories clés d’investissement . profits et pertes par type d’actifs et de passif . Page 43 sur 88 . les atténuer et les contrôler. informations utiles pour s’assurer de l’adéquation de la tarification (indiquer le loss ratio. ses couvertures de réassurance et donner les hypothèses clés pour le calcul des provisions en best estimate. en brut et net de réassurance. par catégorie (provisions pour primes. Elle devra notamment indiquer le montant de ses provisions techniques brut de réassurance. et par zones géographiques . apporte des précisions sur le contenu du rapport de solvabilité par rapport au projet de directive. Cela passera notamment par la description de la structure et l’organisation de la fonction risk management au sein de l’entreprise. avec des éléments quantitatifs et qualitatifs.

des épargnants et des investisseurs. il s’agit de sa valeur de marché . et surtout la comparaison. En effet. la valorisation des actifs et passifs repose maintenant sur le principe de la juste valeur (fair value en anglais). 1 Présentation des IFRS Après les scandales financiers du début des années 2000 aux États-Unis et en Europe.COMMUNIQUER SUR DES DONNEES COMPTABLES STANDARISEES En juin 2000 la Commission européenne a décidé d’imposer l’utilisation des normes IAS (International Accounting Standard). La traduction française adoptée par la commission européenne est Normes d’information financière internationales. Pour un actif négociable sur un marché. pour les comptes consolidés des sociétés cotées relatifs à l’exercice commençant le 1er janvier 2005. Moins médiatisé dans le grand public que le passage à l’euro. le fonctionnement efficace du marché des capitaux de l’Union européenne. en présentant les comptes des entreprises selon des normes harmonisées le régulateur cherche à faciliter la compréhension. La juste valeur peut se définir par le montant pour lequel un actif pourrait être échangé. à l’échelon européen des sociétés. En effet. 5.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 5 . globalisées sous le vocable IFRS (International Financial Reporting Standards) 35 . pour un actif non négociable. ce basculement vers ces nouvelles normes IFRS a pourtant eu un impact majeur pour les sociétés du secteur de l’assurance. par voie de conséquence. entre des parties bien informées et consentantes dans le cadre d’une transaction effectuée dans des conditions normales de concurrence. ou un passif réglé. Ce chapitre présentera le contexte et les enjeux des normes IFRS dans un premier paragraphe. Ces nouvelles normes doivent garantir un degré élevé de transparence et de comparabilité des rapports financiers des sociétés cotées et. ce sera la valeur de ses flux financiers futurs (cash flows). Les normes IAS/IFRS visent essentiellement à normaliser la publication des comptes consolidés en définissant les éléments indispensables des états financiers et des règles d’évaluation. L'adoption et les critères d'application de ces nouvelles normes comptables internationales au sein de l'Union européenne sont régis par le règlement CE 1606/2002 du 19 juillet 2002 Ce vaste mouvement s’est traduit par l’adoption d’un ensemble de textes dont l’objectif commun est l’amélioration de la sécurité financière et la transparence des marchés. pour ensuite décrire leurs impacts en termes de communication financière pour une société d’assurance. les pouvoirs publics se sont attachés à renforcer la qualité de la communication financière des entreprises afin de rétablir la confiance du public. La raison pour laquelle la mise en œuvre des IFRS a causé tant de débats porte sur le fondement de son principe théorique. comparé à celui du coût historique utilisé traditionnellement en comptabilité. La traduction de reporting par information perd cependant la notion de rendre compte. 35 Page 44 sur 88 .

2. 5. IFRS 7 et IFRS 8. l’IASB 37 a édicté des règles sur la nature de l’information à présenter. IAS 1 s’applique de la même manière à toutes les entités. qu’elles doivent préparer ou non des états financiers consolidés ou des états individuels. C’est l’objet du paragraphe suivant. 5. et les normes spécifiques à l’information financière. Bien que n’imposant pas de format spécifique pour les états financiers. Ce dernier groupe représente une dizaine de normes. alors qu’à l’actif les placements sont généralement évalués à leur valeur de marché. dans une large mesure.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire La norme IFRS 4 (phase I) qui régit les contrats d’assurance maintient. Seuls les contrats dits financiers (qui ne prévoient pas d’attribution de participation aux bénéfices discrétionnaires) doivent être évalués comme des instruments financiers selon IAS 39. celles ayant un impact sur les comptes des filiales de groupes en IAS. Les contrats d’une compagnie (selon IAS 39 et IFRS 4) doivent être classés en contrats financiers et contrats d’assurance en fonction du caractère significatif ou non du risque d’assurance qu’il couvre. l’usage des pratiques comptables actuelles pour l’évaluation des passifs d’assurance 36 (avec toutefois des approches variables selon la nature des engagements et les référentiels comptables ou règlementaires. lui-même modifiant le règlement (CE) N° 1126/2008 (datant seulement du mois de novembre 2008 de la même année) portant adoption de certaines normes comptables internationales conformément au règlement (CE) N° 1606/2002 du Parlement européen et du Conseil. 2 Normes spécifiques à l’information financière Le tableau ci-après dresse l’ensemble des normes IAS / IFRS en vigueur au 29 novembre 2008. 36 Page 45 sur 88 . IAS 1 notifie les dispositions générales relatives à la présentation des états financiers. Cette norme encadre la base de présentation des états financiers à usage général 38 afin qu’ils soient comparables tant aux états financiers de l’entité pour les périodes antérieures qu’à ceux d’autres entités. Ce chapitre expose trois d’entre elles : IAS 1. Ces différentes normes peuvent se regrouper en trois sous-ensembles : les normes spécifiques aux opérations de consolidation. considérées comme les plus impactantes sur la communication et la transmission d’informations financières pour une société.1 IAS 1 : Présentation des états financiers Cette norme a été modifiée par le règlement (CE) N° 1274/2008 de la Commission du 17 décembre 2008. les lignes directrices concernant leur structure et les dispositions minimales en matière de contenu. 37 International Account Standards Board. allant du coût historique à la valeur actuelle des flux de trésorerie). 38 IAS 1 définit un état financier à usage général comme étant « destiné à répondre aux besoins des utilisateurs qui ne sont pas en mesure d’exiger que l’entité prépare des rapports financiers adaptés à leurs besoins particuliers d’informations ».

présentation IAS 33 * Résultat par action IAS 34 * Information financière intermédiaire IAS 36 Dépréciation d'actifs IAS 37 Provisions. passifs éventuels et actifs éventuels IAS 38 Immobilisations incorporelles IAS 39 Instruments financiers: comptabilisation et évaluation IAS 40 Immeubles de placement IAS 41 Agriculture IFRS 1 * Première adoption des normes internationales d'information financière IFRS 2 Paiement fondé sur des actions IFRS 3 Regroupements d'entreprises IFRS 4 Contrats d'assurance IFRS 5 Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités abandonnées IFRS 6 Prospection et évaluation de ressources minérales IFRS 7 * Instruments financiers . Page 46 sur 88 .informations à fournir IFRS 8 * Secteurs opérationnels * Normes spécifiques à l’information financière IAS 1 * IAS 2 IAS 7 * IAS 8 39 Extrait du règlement (CE) N° 1126/2008 de la Commission en date du 3 novembre 2008.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Normes comptables internationales 39 Présentation des états financiers Stocks Tableau des flux de trésorerie Méthodes comptables. changements d'estimations comptables et erreurs IAS 10 Événements postérieurs à la date de clôture IAS 11 Contrats de construction IAS 12 Impôts sur le résultat IAS 16 Immobilisations corporelles IAS 17 Contrats de location IAS 18 Produits des activités ordinaires IAS 19 Avantages du personnel IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur l'aide publique IAS 21 Effets des variations des cours des monnaies étrangères IAS 23 Coûts d'emprunt IAS 24 * Information relative aux parties liées IAS 26 * Comptabilité et rapports financiers des régimes de retraite IAS 27 États financiers consolidés et individuels IAS 28 Participations dans des entreprises associées IAS 29 Information financière dans les économies hyper inflationnistes IAS 31 Participations dans des coentreprises IAS 32 * Instruments financiers .

Un instrument financier est défini comme étant un contrat qui donne lieu à un actif financier d'une entité et à un passif financier ou à un instrument de capitaux propres d'une autre entité . Il peut s’agir des hypothèses d’actualisation retenues par la société d’assurance (taux d’intérêt sans risque. La norme IAS 1 définit la composition des états financiers comme devant comprendre : un état de situation financière à la fin de la période (c'est-à-dire un bilan) . Pour répondre à cette volonté. pour permettre et favoriser la prise de décisions économiques à un ensemble d’utilisateurs concernés et / ou intéressés par l’entreprise ou son secteur d’activités. coûts des sinistres. taux de participation bénéficiaire.informations à fournir IFRS 7 annule et remplace la norme IAS 30 Informations à fournir dans les états financiers des banques et des institutions financières assimilées. 40 Page 47 sur 88 .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire L’objectif de ces états financiers est de fournir des informations sur la situation et la performance financières de l’entreprise ainsi que sur ses flux de trésorerie. 5. d’être en mesure de distinguer les informations établies à l’aide des IFRS des autres informations contenues dans le rapport. y compris pertes et profits . un état des variations de capitaux propres sur la période . ses passifs . Etant donné que la norme IAS 1 s’applique uniquement aux états financiers. des notes contenant un résumé des principales méthodes comptables et autres informations explicatives 40 . évaluer : l’importance des instruments financiers au regard de la situation et de la performance financières de la société. en toute transparence.2 IFRS 7 : Instruments financiers . Cette norme est entrée en vigueur le 1er janvier 2007 et impose aux sociétés de fournir des informations dans leurs états financiers sur deux domaines plus spécifiquement. ses produits et charges. ou lorsqu’elle procède à un reclassement des éléments de ses états financiers. ses capitaux propres . un état de situation financière au début de la première période de comparaison lorsque l’entité applique une méthode comptable ou effectue un retraitement à titre rétroactif des éléments de ses états financiers. afin que les acteurs du marché puissent. L’information transmise doit « aider les utilisateurs à prévoir les flux de trésorerie futurs de l’entité. en particulier leurs échéances et leur degré de certitude ». mais ne faisant pas l’objet de ces dispositions. les apports des propriétaires et les distributions aux propriétaires agissant en cette qualité . l’information contenue dans les états financiers de l’entité doit porter sur : ses actifs . ses flux de trésorerie. …). il est important pour la société émettrice. un état de résultat global de la période .2. un tableau des flux de trésorerie . concernant son rapport annuel.

Elle doit porter sur des éléments à la fois qualitatifs et quantitatifs. L’information à propos de la nature et l’ampleur des risques découlant des instruments financiers est généralement limitée (mais pas uniquement) au risque de crédit. sur la performance financière de l’entreprise : il s’agit essentiellement de l’information sur les produits et charges. pertes de valeur. A noter qu’un projet de modification de cette norme est actuellement en cours41 . - 41 Cf. Pour chaque type de risque découlant d’instruments financiers.2.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire la nature et l’ampleur des risques découlant des instruments financiers auxquels l’entité est exposée.3 IFRS 8 : Secteurs opérationnels Cette norme sera applicable pour les exercices commençant le 1er janvier 2009. dans la transmission de ces informations. ainsi que l’information à fournir lorsque l’option juste valeur est utilisée . pour plus de détail le document de l’IASB Exposé-sondage « Amélioration des informations à fournir sur les instruments financiers ». ainsi que les environnements économiques où elle opère. de même que les objectifs. Concernant l’information relative aux instruments financiers. l’entité doit préciser la nature et les effets financiers des activités dans lesquelles elle est engagée. produits de commission. et vient en remplacement de l’IAS 14 (Information sectorielles). Page 48 sur 88 . elle doit comprendre : sur la situation financière de l’entreprise : les actifs et passifs financiers par catégories. IFRS 8 s’applique aussi bien aux états financiers individuels d’une entité qu’aux états consolidés d’un groupe avec une société mère. La société doit être capable. dès les comptes semestriels de juin 2009 pour les sociétés cotées ou destinées à l’être. les sûretés constituées sur des actifs. les reclassements. au risque de liquidité et au risque de marché. une entité doit qualifier ses expositions au risque ainsi que leur survenance. Son adoption permettrait d’améliorer les informations fournies sur les évaluations à la juste valeur et le risque de liquidité concernant les instruments financiers. la politique et les procédures qu’elle a mis en place pour assurer le gestion de ses risques. ainsi que la façon dont l’entité gère ces mêmes risques. les dérivés incorporés et les manquements aux conditions de contrat. Elle doit indiquer les méthodes utilisées pour mesurer chacun de ces risques et donner la variation de ses expositions par rapport à la période précédente. Le principe est le suivant : au sein de ses états financiers. Comme pour la norme précédente. les méthodes comptables doivent être documentées dans les états financiers communiqués. 5. de même que le calcul des justes valeurs de chaque catégorie d’actifs et passifs financiers. de permettre le rapprochement avec les postes présentés dans son bilan ou son compte de résultat. gains et pertes comptabilisés. les décomptabilisations.

CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le secteur opérationnel d’une entité se caractérise par des activités à partir desquelles elle est susceptible d’acquérir des produits et d’encourir des charges (y compris avec des composantes de la même entité). au global de son activité. Les actifs non courants incluent les montants que l’entité s’attend à recouvrer plus de douze mois après la date de clôture. pour répondre à ce besoin d’information vis-à-vis des acteurs du marché de l’assurance. Elle précisera le montant total des produits provenant de chaque client de ce type et le ou les secteur(s) opérationnel(s) concerné(s). L’entité doit également communiquer. Dans ce cadre. les types de produits / services dont découlent les produits de chacun des secteurs) et des informations relatives au résultat. Mais il faut également que les résultats opérationnels soient régulièrement examinés par le principal décideur opérationnel de l’entité en vue de prendre des décisions en matière de ressources à affecter à ce secteur et d’évaluer sa performance. Le lecteur des états financiers IFRS d’une compagnie d’assurance va donc trouver une information plus riche. Elle doit également communiquer sur son degré de dépendance à l’égard de ses principaux clients et mentionner (sans être obligée de les nommer) ceux qui représentent plus de 10% de ses produits. Les informations relatives au secteur opérationnel doivent également être disponibles et distinctes. 42 Page 49 sur 88 . L’identification d’un secteur opérationnel se fait sur la base de critères de seuils et économique ou organisationnel. Même si cette information supplémentaire pouvait être présente dans le rapport de gestion ou dans d’autres états du rapport annuel de la société. les sociétés devront livrer des informations générales (les facteurs ayant permis d’identifier les secteurs opérationnels. aux actifs et aux passifs de chaque secteur opérationnel. quitte à devoir présenter des secteurs qui ne satisfont pas aux critères de 10% évoqués ci-dessus. la répartition géographique de ses produits et actifs non courants 42 selon que les clients externes sont affectés au pays de résidence de l’entité ou dans des pays étrangers. elle ne faisait pas partie intégrante des états financiers règlementaires. Un secteur sera identifié comme opérationnel au sein de l’entité s’il atteint l’un des seuils suivants : les produits générés représentent plus de 10% des produits de tous les secteurs opérationnels OU le résultat est supérieur à 10% des profits cumulés des secteurs n’ayant pas comptabilisé de perte ou des pertes cumulées des secteurs ayant publié des pertes OU ses actifs représentent au moins 10% au moins des actifs cumulés de tous les secteurs opérationnels ET 75% au moins des produits de l’entité doivent être inclus dans des secteurs d’activité.

notamment du fait des incidences sur les agrégats financiers. 3 IFRS phase 2 en bref Le 14 mai 2007 l’IASB a publié un Discussion paper qui expose ses orientations pour une nouvelle norme concernant la comptabilisation et l’évaluation des contrats d’assurance. elle se substituera à l’horizon 2011 ou 2012 à la norme IFRS 4 actuellement en vigueur. Page 50 sur 88 . même si des interrogations subsistent encore sur le degré de convergence entre ces deux projets. Les assureurs européens doivent considérer cette évolution et être d’autant plus attentifs qu’elle se fait en parallèle de la réforme européenne des règles de solvabilité. La mise en œuvre de ce concept marquerait l’abandon des approches traditionnelles. qui se définit comme étant le prix que demanderait un tiers pour reprendre ses engagements. Le cœur de ce dispositif est l’évaluation des engagements liés aux contrats d’assurance en valeur actuelle de sortie. Si elle est adoptée. Cette valorisation plus économique des contrats d’assurance a pour but de refléter les estimations par le marché des risques et avantages attendus. Cette discussion a suscité de nombreuses réactions de la part des professionnels du secteur. les ratios clés de performance et l’organisation des sociétés.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 5.

Mais le rapport financier annuel répond également à deux autres intentions. dite «Transparence ». L’objectif principal du rapport annuel est d’informer l’actionnariat pour qu’il dispose d’une information plus détaillée. Si son contenu est strictement défini. Ces nouvelles règlementations. Le rapport annuel doit être mis à la disposition du public pour au moins cinq ans. Cette directive prévoit les obligations pour les sociétés en matière d’information périodique 44 et s’adresse aux sociétés européennes cotées sur un marché réglementé 45 . la directive du Parlement européen 43 . C’est sa vocation première. pour la plupart déjà transposées en droit français.1. Deux catégories de rapports sont définies.1 Rapport financier annuel Le rapport annuel de la société émettrice doit être publié au plus tard quatre mois après la clôture de son exercice comptable. plus rapide et plus actualisée. sa forme est laissée à la libre appréciation de l’entreprise. Chapitre II de la directive. Ce chapitre expose donc les principales mesures qui encadrent la communication financière. 6. aussi bien sur la forme que sur le fonds. 44 43 Page 51 sur 88 . la Commission européenne a engagé depuis plusieurs années un travail d’harmonisation des législations concernant l’information financière et la transparence. 45 L’obligation de publier un rapport financier annuel concerne également les sociétés non cotées qui émettent des titres de créance sur un marché réglementé de l’Union Européenne sous certaines conditions liées à la nature des titres et à leur valeur nominale. Elle a été transposée début 2007 dans le règlement général de l’Autorité des marchés financiers en France. s’appliquent également aux sociétés d’assurance ou de réassurance. Pour les sociétés anonymes composées d’un Directoire et d’un Conseil de surveillance. 1 Directive « Transparence » Les réflexions à la base de cette directive ont débuté en mars 2000 lors du sommet de Lisbonne qui a vu se créer le marché financier unique européen. 6. est publiée au Journal Officiel de l’Union Européenne le 31 décembre 2004.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 6 . C’est un vecteur de l’image de l’entreprise. Suite à une série de consultations publiques en 2001 et 2002. Mais il sert également d’outil de travail aux analystes et investisseurs Directive 2004/109/CE. le premier organe doit arrêter les comptes dans les trois mois de la clôture de l’exercice afin de permettre au Conseil de surveillance d’exercer son contrôle.LES AUTRES DISPOSITIONS REGLEMENTAIRES En plus du cadre règlementaire de Solvabilité II propre au secteur de l’assurance et des normes IFRS. tout en accédant plus facilement à l’information déjà diffusée via un archivage on-line. puisqu’il joue le rôle d’une véritable brochure institutionnelle.

et de manière générale.c. Plus précisément. branche.  les résolutions portant sur l’approbation des comptes et l’affectation des résultats (distribution ou mise en réserve) . Page 52 sur 88 . 46 Article 4.  Les données boursières Elles doivent comporter la structure de l’actionnariat. la structure du rapport annuel reproduit le schéma suivant :  L’information générale Il s’agit de décrire la société. les produits et services qu’elle propose (présentation par métier. certifiant l’exactitude des éléments mis à disposition (image fidèle et honnête des états financiers et du rapport de gestion) et décrivant les principaux risques et incertitudes auxquels ils sont confrontés . le rapport des Commissaires aux comptes ou des contrôleurs légaux sur les comptes annuels et les comptes consolidés. dans un format et dans des délais qui leur correspondent. Le rapport annuel doit comprendre : les états financiers ayant fait l’objet d’un audit . la déclaration de personnes. notamment pour les entreprises orientées vers le marché US. …). le document de référence est maintenant de plus en plus la présentation des comptes consolidés. paragraphe 2. américaines). La société peut également donner son positionnement par rapport à ses concurrents et ses parts de marché.  L’information financière Elle suit les obligations minimum formulées par la loi. le bilan. les cours et les transactions sur les valeurs mobilières de l’émetteur (notamment dans le cadre de programme de rachat). clairement identifiées au sein de la société46 .  l’information sectorielle par branche d’activités . Même si les comptes sociaux peuvent être présentés sous forme abrégée. le tableau de financement . de même que la définition des ratios utilisés (il se peut que les règles divergent parfois d’une société d’assurance à l’autre pour certains indicateurs). Les principaux indicateurs qui composent le rapport annuel sont :  le compte de résultat. Il importe de préciser les méthodes comptables utilisées (normes internationales. le nombre de titres composant le capital de la société.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire qui disposent d’une information exhaustive sur la société.  les principaux risques et incertitudes. Elle comporte généralement le message du Président qui expose les principaux faits de l’année écoulée. répartition ou implantation géographique. le rapport de gestion .

Cette obligation ne s’applique pas en revanche aux sociétés publiant des rapports trimestriels de manière volontaire. L’information communiquée porte généralement sur le chiffre d’affaires (par branche d’activités) et les faits marquants du trimestre écoulé. aux nuances près 47 : un jeu d’états financiers résumés . 49 Publication au Bulletin des annonces légales obligatoires (BALO) par décret du 23 mars 1967 (modifié par décret 85-295). Le délai durant lequel peuvent se faire les deux déclarations semestrielles va de la dixième semaine après le début du semestre concerné jusqu’à six semaines avant la fin du semestre concerné. paragraphe 2.a et 2.1. dont la publication trimestrielle est rendue obligatoire 49 . 48 47 Page 53 sur 88 .3 Rapport financier trimestriel Sa publication n’est pas obligatoire. Articles 5. Tort. Le reporting financier. il doit être transmis dans les 45 jours qui suivent la fin du premier et troisième trimestre à l’autorité de tutelle.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le rapport financier annuel pourra servir de rapport annuel présenté à l’Assemblée générale des actionnaires s’il est complété d’une série d’éléments portant notamment sur la participation des salariés au capital social de la société ou encore la rémunération et les avantages de toute nature versés à chaque mandataire social.1. une description générale de la situation financière et des résultats pendant la période concernée. cette publication trimestrielle est régie par la loi n° 2005-842 du 26 juillet 2005 48 . publier une déclaration portant sur : les évènements et transactions majeurs pouvant impacter la situation financière de l’entreprise . Au delà du chiffre d’affaires. Le contenu du rapport semestriel est identique. 6. ou du fait d’obligations réglementaires locales. l’information devra comprendre : une explication des évènements et des transactions majeurs avec leur conséquence sur la situation de la compagnie (entité et filiales) . page 87.4 Déclarations intermédiaires de la Direction La Direction de la société doit. à chaque semestre. En France.2 Rapport financier semestriel La logique pour établir et rendre public le rapport semestriel est la même que pour le rapport annuel. fiscaux et de gestion. aspects comptables. une description globale de la situation financière et des résultats de l’entité et de ses filiales. La société doit publier son rapport au plus tard dans les deux mois suivants la clôture semestrielle et le laisser à disposition du public au moins cinq ans. Dans le cas où le rapport est élaboré. 6. un rapport de gestion intermédiaire. avec une entrée en application depuis le 20 janvier 2007. 6.1.b E.

3. par le biais du conseil d’administration ou du conseil de surveillance. 6. commissaire contrôleur des assurances. suivi dans un second point des aspects règlementaires et implications pour les sociétés. Extrait du cours d’Olivier Fliche. et celle s’appliquant au contrôle interne résulte d’exigences ajoutées progressivement les unes aux autres. hors mutuelles soumises au code de la mutualité et institutions régies par le livre IX du code de la sécurité sociale 50 . L’instauration de cette loi devait permettre de produire une information financière de meilleure qualité et aux marchés d’accéder à plus de transparence.1 Principe de l’article R336-1 Cet article s’applique à toutes les sociétés d’assurance ou de réassurance. La LSF s'applique à toutes les sociétés anonymes ainsi qu'aux sociétés faisant appel à l'épargne publique et est effective pour les exercices comptables ouverts depuis le 1er janvier 2003. 6. au moins une fois par an. Le principe de l’article R336-1 porte sur l’obligation pour ces sociétés : de mettre en place un dispositif permanent de contrôle interne . La Loi de Sécurité Financière repose principalement sur : une responsabilité accrue des dirigeants . la réglementation actuelle est encore largement dispersée.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 6. rapport qui est également transmis à l’autorité de contrôle des assurances et des mutuelles. un renforcement du contrôle interne . 50 51 Article L310-1 du Code des Assurances. un rapport sur le contrôle interne. Page 54 sur 88 . en essayant d’optimiser la gestion du triangle de sûreté 51 . Ce paragraphe expose dans un premier point le principe général de l’article R336-1. une réduction des sources d’intérêt. sur certains aspects. d’approuver. 2 La Loi de Sécurité Financière (LSF) La Loi de Sécurité Financière (appelée Loi Mer) a été adoptée par le parlement français le 17 juillet 2003 afin de renforcer les dispositions légales en matière de gouvernance d'entreprise. C’est l’équivalent de la loi Sarbannes Oxley Act aux Etats-Unis. 3 Le code des assurances Ce paragraphe fait référence à l’article R336-1 du code des assurances (modifié par décret N° 2008-1154 du 7 novembre 2008 [art. L’article R336-1 a donc le mérite de donner une plus grande cohérence au dispositif règlementaire en place. MBA .février 2008. 12]) qui. En matière de gouvernance. anticipe ou rejoint la directive européenne Solvabilité II énoncée précédemment.

du suivi des placements et de la gestion des risques. 225-68 du code de commerce ». en précisant et détaillant : Page 55 sur 88 .2 Réglementation de l’article R336-1 Cet article du code des assurances impose aux sociétés du secteur de traiter deux thèmes: l’un sur l’organisation des pouvoirs (vis-à-vis des activités du conseil d’administration et du conseil de surveillance).  L’organisation des pouvoirs Il s’agit de la gouvernance des sociétés. les entreprises faisant appel public à l'épargne ne sont pas tenues de fournir ces éléments lorsqu'elles transmettent à l'Autorité de contrôle le rapport mentionné. Le rapport doit notamment détailler les conditions de préparation et d’organisation des travaux du conseil d’administration ou du conseil de surveillance. A noter : « Toutefois. Il est également prévu de mentionner. l’autre sur le contrôle interne et la gestion des risques. et. le cas échéant. Le rapport rend compte de l’organisation générale du contrôle interne au sein de l’entreprise.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le triangle de sûreté pour une société d’assurance Gouvernance Gestion des risques Contrôle interne Le paragraphe suivant décrit le contenu de cet article et ses implications pour les socités d’assurance et de réassurance concernées. les limitations fixées par le conseil d’administration aux pouvoirs du directeur général dans l’exercice de ses fonctions. les deux instances de l’entreprise doivent recenser ce qu’elles ont fait durant la période écoulée. s’autoévaluer. 6. du respect des normes. Autrement dit.  Contrôle interne et gestion des risques La seconde partie du rapport traite de l’organisation du contrôle interne. et de l’information financière. Il est fait référence ici aux sociétés anonymes faisant appel public à l’épargne. à l'article L. 225-37 ou à l'article L. en quelque sorte.3. selon les cas.

détaillées dans ce rapport. notamment pour s’assurer de la bonne répartition des rôles au sein du personnel (les personnes chargées d'effectuer les transactions ne pouvant être également chargées de leur suivi).  Particularité des groupes d’assurance et conglomérats financiers Une disposition particulière concerne les groupes d’assurance et conglomérats financiers. Il est demandé de s’assurer de la conformité des pratiques en matière d’acceptation et de tarification du risque. son efficacité : les mesures prises pour assurer son indépendance. En matière de placements. et de cessions en réassurance. Les alinéas consacrés à la gestion et au financement des risques sont très proches de ce qui a été évoqué dans le cadre de Solvabilité II. du respect des dispositions législatives et règlementaires (conformité externe). les méthodes utilisées pour mesurer. la compétence et l’expérience des équipes en charge du contrôle interne. elles-aussi. 52 Alinéa 2-e de l’article R336-1. les procédures d'élaboration et de vérification doivent être. évaluer et contrôler ses investissements doivent être détaillées. En effet il est précisé de détailler « les procédures et dispositifs permettant d'identifier. la méthodologie . L’article R336-1 stipule en effet trois points à mentionner dans leur rapport : décrire le dispositif de contrôle interne du Groupe . Il est également fait état de la description des procédures de délégation de pouvoir et diffusion d’information. d'évaluer. Le rapport doit également s’assurer de la conformité des opérations d’assurance ou de réassurance menées par la société vis-à-vis : de la politique et de la stratégie établies par les organes dirigeants de la société (conformité interne) . entre back office et front office. Il s’agit d’identifier et gérer les risques potentiels en termes : de qualité des actifs . les suites données aux recommandations. Page 56 sur 88 . Un point important de l’article concernant le risque opérationnel porte sur la maîtrise des activités externalisées. Concernant l'information financière et comptable. ce point ne doit pas être négligé par les sociétés d’assurance ou de réassurance. Le dispositif interne de contrôle doit être présenté. de suivi des opérations sur instruments financiers à terme. Etant donné les pratiques dans les domaines de la soustraitance ou des délocalisations. de gérer et de contrôler les risques liés aux engagements de l'entreprise et de détenir des capitaux suffisants pour ces risques » 52 . de gestion actif-passif .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - son fonctionnement : les objectifs.

l’information privilégiée . le communiqué précisant les modalités de mise à disposition d’un prospectus .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - - s’assurer de la mise en œuvre d’un contrôle interne de la production des informations financière servant à la surveillance complémentaire de l’autorité de contrôle . le communiqué précisant les modalités de mise à disposition ou de consultation des informations devant être mises à disposition des actionnaires préalablement à la convocation de l’Assemblée générale . les informations prévues à l’article 223-21 du Règlement général de l’AMF 54 . la diffusion de l’ensemble des documents communiqués et diffusés de manière périodique ou permanente pour les sociétés cotées fait l’objet d’une information règlementée. modification des conditions de l’émission susceptible d’avoir une incidence directe sur les droits des porteurs d’instruments financiers autres que des actions. le descriptif des programmes de rachat . pour les sociétés anonymes. 54 53 Page 57 sur 88 .3. au bon fonctionnement des marchés d’instruments financiers. Cette information règlementée comprend 53 : le rapport financier annuel .1. suite à la fusion du Conseil des marchés financiers (CMF) et de la Commission des opérations de bourse (COB). Elle a pour mission de veiller : à la protection de l’épargne . l’information financière trimestrielle . les rapports sur les procédures de contrôle interne et les rapports des Commissaires aux comptes sur les rapports précités . nouvelles émissions d’emprunt et les garanties dont elles seraient assorties. en application de la Loi de sécurité financière. soumise au règlement général de l’Autorité des marchés financiers. 6. garantir le contrôle des transactions intra-groupe et de la concentration des risques. l’information relative au nombre total de droits de vote et d’actions composant le capital social . le communiqué relatif aux honoraires des Commissaires aux comptes . le rapport financier semestriel . 4 Le règlement général de l’AMF L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a été créée en août 2004. Article 221-1 2° du Règlement général de l’AMF. Comme évoqué au paragraphe 3. à l’information des investisseurs . C'est-à-dire : modification des droits attachés aux différentes catégories d’actions.

l’objectif assigné au comité sera d’assurer que les risques sont bien recensés et que les procédures de contrôle interne sont conçues et fonctionnent de manière à réduire les risques identifiés. Elle concerne les nouvelles attributions des membres du Comité d’audit. Se référer si besoin à l’ouvrage de l’Observatoire Communication Financière.5.2 Les missions du comité La mission principale dévolue au comité d’audit est celle relative aux comptes et à l’information financière. Par rapport aux missions initiales du comité d’audit.5. Page 58 sur 88 . 5 La 8ème directive européenne La loi d’adoption de droit communautaire du 3 juillet 2008 a donné l’autorisation au gouvernement de transposer par ordonnance la 8ème directive européenne. Dans le dernier cas. 6. Il est fait état qu’un membre au moins doit présenter des compétences particulières en matière financière ou comptable et être indépendant. Il sera en effet en charge du suivi du processus d’élaboration de l’information financière. Ce comité ne peut comprendre que des membres d’organe chargé de l’administration ou de la surveillance.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Ce paragraphe n’a pas pour objectif de reprendre l’ensemble du dispositif du règlement de l’AMF en matière de communication financière. à l’exclusion des personnes assurant des fonctions de direction. Dans les faits il s’agit du Comité d’audit dont les missions et attributions se voient donc renforcées.1 La mise en place du comité La directive prévoit l’obligation de créer un comité spécialisé agissant sous la responsabilité des membres du Conseil d’administration ou du Conseil de surveillance. 6. 6. l’accent est mis maintenant sur la surveillance du processus d’élaboration de l’information financière et le suivi de l’efficacité du système de contrôle interne et de gestion des risques. Cadre et Pratiques de Communication Financière. à savoir l’examen des comptes.

Page 59 sur 88 . Bien que n’imposant pas de format spécifique pour les états financiers. des investisseurs et des autorités de contrôle. cela concerne la présentation des états financiers (IAS 1). tout à fait novateur pour la profession. le dispositif règlementaire est plus vaste. la pression de l’environnement règlementaire en matière de communication financière est de plus en plus forte. est la réglementation impactant le plus fortement ces sociétés puisqu’elles sont quasiment toutes concernées par la directive. Ces deux éléments (discipline et transparence) renforceront les mesures appliquées par les autorités de contrôle . La finalité des reportings règlementaires. la norme IFRS 4 (qui régit les contrats d’assurance) maintient l’usage des pratiques comptables actuelles pour l’évaluation des passifs d’assurance alors qu’à l’actif les placements sont généralement évalués à leur valeur de marché. En effet. qui vise à moderniser et harmoniser les règles de solvabilité applicables au secteur de l’assurance et de la réassurance en Europe. dans un contexte de crise de confiance envers le marché. l’IASB a édicté des règles sur la nature de l’information à présenter . Initié dans les années 2000. le non-respect de ces dispositions pourra être sanctionné. La réforme Solvabilité II.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Synthèse 2ème partie Que les sociétés d’assurance ou de réassurance soient ou non cotées. concerne la publication d’un rapport sur la solvabilité et la situation financière des entreprises d’assurance. Solvabilité II et les normes IFRS ont en commun l’utilisation de la fair value (juste valeur en français). Dans Solvabilité II en revanche la juste valeur est prévue de s’appliquer aussi bien à l’actif qu’au passif du bilan des sociétés. L’objectif de Solvabilité II est double : renforcer la protection des assurés et inciter les entreprises à améliorer la gestion de leurs risques. dans le cadre de Solvabilité II. Le véritable enjeu pour les sociétés d’assurance cotées réside dans l’application du référentiel des normes IFRS. Un des faits majeurs de la Directive. les informations à fournir sur les instruments financiers (IFRS 7) et les secteurs opérationnels (IFRS 8). est d’améliorer la discipline de marché. sans pour autant l’appliquer de manière identique. Il leur faut tout d’abord répondre aux obligations du règlement général de l’Autorité des marchés financiers qui définit notamment le contenu et les modalités de communication du rapport financier annuel. Dans le cas des sociétés cotées. ce projet avait pour objectif d’améliorer la sécurité financière et la transparence des marchés en présentant les comptes des entreprises selon des normes harmonisées. celle-ci passant par une obligation de transparence des informations communiquées. Le pilier trois de la réforme concerne les exigences en matière d’informations prudentielles et de publication financière à destination des assurés.

concilier l’exigence de communication financière et le souci de protection des données confidentielles des sociétés d’assurance et de réassurance est le réel défi imposé par les règlementations européennes. Il est présent aussi bien dans Solvabilité II que dans les normes IFRS. La gestion des risques est un domaine également très encadré étant donné qu’il constitue une des composantes majeures dans la communication financière.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Même si une réflexion est en cours sur le projet IFRS (la phase II visant à revoir les principes de la norme IFRS 4) cette divergence dans la réglementation n’est pas sans poser problème pour les sociétés. Il est inscrit dans le code des assurances et régi par l’article R336-1. Page 60 sur 88 . La transposition de la 8ème directive en juillet dernier renforce les pouvoirs et missions du Comité d’audit dans ce domaine. Néanmoins.

CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 3ème PARTIE : Quels enjeux pour les sociétés d’assurance ? Page 61 sur 88 .

et dans un second la communication financière dans la chaine de valeur. les sociétés peuvent être amenées à multiplier les sources d’information disponibles pour les différentes cibles. 7. En revanche. Autrement dit : construire une relation de confiance avec les acteurs du marché.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 7 . Ce chapitre traite dans un premier paragraphe sur les risques et dérives possibles des flux d’information financière.décembre 2008. La communication est devenue l'objet de risques accrus (juridiques. 1 Trop d’information tue l’information Les propos tenus jusqu’à présent ont montré la nécessité pour les sociétés d’assurance de communiquer sur leurs éléments financiers et de donner une vision prospective de leur développement.UN ETAT DES LIEUX CONTRASTE Ce chapitre va chercher à montrer toute l’ambigüité de la situation dans lesquelles se trouvent les entreprises d’assurance. Page 62 sur 88 . il est évident que le volume d’informations transmis par les entreprises dans le cadre de leur communication financière a considérablement augmenté. notamment pour les analystes financiers ou investisseurs institutionnels. Sans aller jusqu’à employer le terme inflation. du fait de l’environnement règlementaire de plus en plus dense (comme évoqué dans la deuxième partie de ce mémoire). médiatiques. …) alors que de le même temps elle est un élément de plus en plus incontournable dans la chaine de valeur de l’entreprise. Flux d’information : confiance et transparence 55 Confiance + Seuil de confiance - Transparence (volume d’informations) 55 Extrait de l’intervention d’Emmanuel du Boullay au MBA de l’ENASS.

même non audité. il conviendrait de trouver le juste équilibre entre les aspects qualitatifs et quantitatifs de l’information pour que la communication financière garantisse et préserve la relation de confiance entre les acteurs et la société émettrice.fr/chaine. hiérarchiser l’information et la fournir de façon plus synthétique en fonction des différentes cibles (l’information la plus pertinente n’est la plus exhaustive) . communiquer le plus possible sur des données auditées afin de crédibiliser les chiffres . continuer le travail de pédagogie auprès des différents publics. sur un résultat opérationnel et non opérationnel .htm Page 63 sur 88 . mais que les éléments essentiels peuvent se trouver noyer dans un flot d’informations secondaires.free. le constat est qu’ils contiennent une information de plus en plus riche sur le plan quantitatif. A l’inverse. trop d’information ne permet plus au Conseil d’administration de distinguer les informations pertinentes et risque ainsi de détruire la confiance. et surtout comparable d’une année sur l’autre. le principe est le suivant : trop peu d’information ne conduit pas à l’instauration d’un climat de confiance entre ces deux groupes d’intervenants. Plus précisément. 7. reconstituer un historique. les sociétés d’assurance ou de réassurance pourraient tenir compte des remarques suivantes : communiquer de façon récurrente. fournir. Mais cette réflexion reste aussi valable au sein de l’entreprise.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire La figure ci-avant illustre cet état de fait et amène la question suivante : jusqu’où la transparence des marchés et de la communication financière doit-elle aller pour maintenir le niveau de confiance des récepteurs d’information ? En considérant les rapports de gestion des sociétés. Pour assurer une communication financière qualitative. dans la relation entre le management et le Conseil d’administration notamment. des éléments de comparaison avec la concurrence . http://chohmann. 2 Chaîne de valeur et communication financière Le concept de chaîne de valeur a été introduit par Michel Porter dans son ouvrage « L’avantage concurrentiel » 56 et permet de décomposer l’activité de l’entreprise en séquence d’opérations élémentaires et d’identifier les sources d’avantages concurrentiels potentiels. Pour Emmanuel du Boullay. de sa propre initiative. l’analyse de la chaîne de valeur consiste à segmenter l'entreprise en activités stratégiquement importantes pour comprendre leur impact sur le comportement 56 Page 52 de l’ouvrage. Comme le suggère le graphique ci-avant. dans l’utilisation de nouveaux indicateurs pour permettre aux analystes de s’en approprier le sens et comprendre leur évolution .

Pour l’organiser et la mettre en œuvre. il convient de suivre les étapes ci-dessous : identifier les informations à produire . Cette analyse se fait généralement en distinguant deux types d’activité au sein de l’entreprise : les activités principales qui sont le cœur même de l’entreprise et directement impliquées dans la création d’une valeur pour le client . Cette démarche est généralement représentée comme suit : Schéma classique de la chaîne de valeur La communication financière n’est. bien entendu. mais elle contribue à valoriser la société.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire des coûts et la différenciation de l’entreprise. devant disposer de ressources (en capital humain). 3 La communication financière dépend de la volonté du dirigeant : C’est un des facteurs de succès de la communication financière : soit elle est considérée comme une contrainte ou une obligation. analyser les impacts sur les systèmes d’information . de moyens techniques et de temps.pdf consolider et analyser l’information financière . sans assurance sur les retombées éventuelles de cet « investissement ».com/ConsoMind%20Presentation%20FR. la communication financière sera assimilée à un centre de coûts. pas l’activité principale d’une société d’assurance ou de réassurance. mais perçue comme un métier à part entière. nécessitant une disponibilité importante de l’équipe dirigeante. Dans le second cas. soit elle est vue comme un levier stratégique au service de la valorisation et de la crédibilité de la société. Page 64 sur 88 . c'est-à-dire qu’il n’est pertinent de mettre en corrélation des ressources consommées et des biens ou services produits que s’ils sont en relation entre eux. la communication financière n’est pas subie. communiquer en interne et en externe. la création de valeur s’analyse donc par processus.consomind. les activités de soutien qui permettent de pratiquer un effet de levier par rapport à la marge créée par les activités principales. Elle fait donc partie des activités de soutien. 7. former des utilisateurs . http://www. Dans le premier cas. Dans une entreprise. mettre en œuvre dans les systèmes d’information .

Deux axes de réflexions doivent être considérés pour réussir : le degré de sensibilisation des dirigeants et administrateurs des sociétés à la communication financière et son environnement . la performance des systèmes d’information en place dans ces sociétés pour répondre aux contraintes et enjeux de la communication financière.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Ce qui pose la question de la gouvernance de la communication financière. Page 65 sur 88 .

En revanche. sans être forcément exhaustif. La mise en œuvre de Solvabilité II. Elle devra améliorer la Page 66 sur 88 . au stockage. 1 Comment rendre compte de la diversité des informations ? Le schéma ci-dessous synthétise.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 8 . la qualité des informations transmises et surtout l’adéquation du message par rapport à la cible demeurent un des facteurs de réussite de la communication financière. Impacts règlementaires sur les informations à livrer par une société d’assurance Qu’elle soit imposée par le législateur. Un système d'information se définit comme représentant l'ensemble des éléments qui participent à la gestion.LE ROLE DES SYSTEMES D’INFORMATION Le rôle des systèmes d’information occupe une place centrale dans le projet Solvabilité II. en proposant des pistes de réflexion. même si l’implémentation des normes IFRS phase I a déjà fortement impacté et fait évolué ce domaine. l’impact des nouvelles réglementations sur les informations à livrer pour les sociétés d’assurance. le régulateur. Ce chapitre met l’accent principalement sur les implications de Solvabilité sur le système d’information des sociétés. l’actionnaire ou par le client. 8. aussi bien pour le rapport de solvabilité que la construction des modèles internes. au traitement. il n’en demeure pas moins que le principal challenge de la communication financière est désormais la cohérence de l’information diffusée. La quantité d’information et de contrôles à produire est en effet de plus en plus importante. qui sont de véritables supports opérationnels de la transparence et de la fiabilisation des données transmises. au transport et à la diffusion de l'information au sein d'une organisation. aura un impact en termes d’architecture des systèmes d’information des sociétés d’assurance.

1. Simplement la directive Solvabilité II génère de nouveaux besoins en termes de données comme inputs des modèles internes. . 8. qui ont soit des formats soit des segmentations / niveaux de détail différents les unes des autres. En fonction de l'organisation. des contrôles et des données dont la gestion devrait être améliorée ou supportée par les systèmes des sociétés.dans la phase d’exploitation des données brutes (c'est-à-dire extraites des systèmes de gestion technique ou comptable. leur traçabilité.2 Comment supporter la production d’un reporting fiable ? Le principal enjeu réside dans la construction d’infrastructures permettant le stockage des données dans des entrepôts. les entreprises pourront alors adopter un plan d'action afin de répondre aux enjeux « informatiques » posés par les nouvelles réglementations. 8. des systèmes d'information déjà en place et de la stratégie qu'elles ont choisies. et l’optimisation des calculs. Ce propos n’ignore pas les avancées et bénéfices dont ont profité les sociétés du fait de l’implémentation de SOX ou de la Loi sur la sécurité financière.1. une revue de la cartographie applicative globale permettrait de donner une idée précise des flux. la collecte/migration des données) pour produire les indicateurs ou autres ratios utilisés dans la communication . elle devra se poser les questions suivantes : les informations financières disponibles sont-elles fiables ? Sont-elles livrées à temps pour respecter les obligations légales ? le système d’information permet-il de fournir des données à structure comparable ou à taux de change constant (dans le cas de fusion / acquisition ou activités significatives à l’étranger) ? le système gère-t-il plusieurs référentiels comptables ? le système donne-t-il une vision consolidée des comptes facilement ? le système intègre-t-il des indicateurs de performance financière et opérationnelle à moyen terme ? C'est-à-dire peut-on intégrer ces indicateurs dans un reporting budgétaire ou business plan ? Ces questions sont d’autant plus importantes que la cohérence et la disponibilité de l’information doit être assurée à deux nivaux : . de méthode et de restitutions.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire convergence de l’information financière vers une communication mesurée.1 La qualité du système d’information Pour savoir si l’entreprise d’assurance sera en mesure de satisfaire les exigences de communication financière. maîtrisée et fiable. Page 67 sur 88 . Par exemple la nécessité de produire des estimations sur la base de scénarios multiples de flux futurs actualisés ou probabilisés et utilisant des données de marché conduira forcément les assureurs à faire évoluer leurs systèmes et bases de données. leur accès. Même si les grands groupes d’assurance ou les bancassureurs peuvent prétendre être plus avancés que les autres acteurs du secteur (mutuelles ou groupes de protection sociale).lors de la diffusion et transmission de ces informations auprès des différentes cibles.

ainsi que la fiabilisation des données et des historiques idéalement au sein même des systèmes opérants. Ce choix permet d’éviter de dupliquer les saisies d’information. d’utiliser une base financière unique (comptabilité générale. sans oublier les nouveaux besoins en termes d’états réglementaires et de reporting de gestion qui devront être aussi intégrés. À commencer par le choix des logiciels au plan de la fiabilisation. analytique et budgétaire) et de configurer un reporting commun. 2 Plus concrètement … Du choix des logiciels à l'élaboration du « référentiel Solvabilité II » jusqu'à la mise en œuvre d'un plan de secours informatique. la directive européenne Solvabilité II devrait être adoptée par le Parlement européen et ainsi donner un nouvel élan au programme d'harmonisation des règles prudentielles au sein du secteur assurance. La performance de l’architecture. historique. et surtout flexible. En 2009.l’élaboration du « référentiel Solvabilité II » assurant la traçabilité des événements générateurs et permettant l'évaluation quantitative des exigences Page 68 sur 88 . l'extraction. 8. L’utilisation de systèmes de gestion intégrés est un facteur de sécurité et de rapidité (suppression des interfaces par exemple). L’exploitation de ces données demandera donc de choisir une solution technique adaptée à la taille et au volume d’informations traitées par l’entreprise. tâches souvent consommatrices de temps. est un enjeu critique pour les systèmes d’information. Trois principaux chantiers devront être mis en œuvre : . Les directions informatiques sont en première ligne sur de nombreux chantiers du programme Solvabilité II. diversité). les directions des systèmes informatiques doivent entamer de nombreux chantiers dans le cadre du programme d'harmonisation des règles prudentielles au sein du secteur assurance.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire notamment pour la construction des modèles internes de Solvabilité II. notamment en ce qui concerne la vitesse des calculs. Elle facilite l’automatisation de certaines opérations comme les réconciliations inter compagnies ou la comptabilisation de charges à payer récurrentes. Viennent ensuite la mise en place des moyens techniques et humains pour leur déploiement. Les directions des systèmes d'information les plus avancées ont d'ores et déjà intégré dans leurs budgets 2009 les chantiers visant à produire le référentiel de données fiables à partir duquel les niveaux de solvabilité par ligne de risques et de produits seront étudiés et arbitrés. avec comme conséquence des budgets d’investissements qui peuvent se chiffrer en milliers de jours hommes. le stockage du référentiel risques. ainsi que de l'analyse des données et du calcul actuariel. Le chantier Solvabilité II est l’occasion de faire remonter des besoins de modernisation des systèmes d’information. la cartographie des systèmes "collecteurs". de même que la cohérence et la qualité des données (intégrité.

la stratégie de détermination du SCR n'est pas neutre sur les efforts à produire. la mise en œuvre d'un plan de secours informatique. point d'entrée du système d’information risques. La vision transverse de la réglementation impose de mettre en place ce « métadatawarehouse ». plus la refonte du système d’information des sociétés sera mis en péril. Pour intégrer ces exigences de flexibilité et de délai. ainsi que d'autres issues des datawarehouses et datamarts existants.2. de la complexité des modèles internes. indispensable pour garantir la permanence de l'analyse de solvabilité.1 Maîtriser les échéances En matière d'impacts sur les systèmes d’information. Parmi eux. Construire la solution alors même que les arbitrages tactiques au sein de l'organisme s'affineront tout au long de l'avancement des études métiers et actuarielles exige un mode projet itératif. Page 69 sur 88 . la direction de projet doit impérativement être constituée rapidement et s'inscrire dans un double objectif d'écoute de l'entreprise et de surveillance des contraintes de planning. Solvabilité II est le projet par excellence où les logiciels sont au cœur de la problématique système d’information. 8. le référentiel « Solvabilité II ». Les entités concernées n'éviteront pas une analyse comparative des deux modèles.2 Le choix des logiciels. Ce référentiel consolidera des données opérationnelles. interne et standard. 8. support du référentiel risques. constitue le puits d'informations dont l'objectif est à la fois de modéliser divers scénarios et de faciliter les décisions. Plus elles arriveront tard dans le calendrier de la directive. La nécessité de réorienter les priorités sur telle fonction ou tel produit sera le fil rouge du projet.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - - le traitement des impacts système d’information issus des arbitrages Solvabilité II. Ce scénario a une conséquence directe sur la taille des chantiers informatiques. la définition de l’architecture du futur système d’information des sociétés s’assurance est contrainte par la fiabilisation et validation des données et hypothèses / méthodes qu’elles utiliseront. même si elles disposent de trois années pour intégrer Solvabilité II au sein des systèmes d'information. Les directions informatiques se doivent donc de définir leur plan d'impact Solvabilité II et d'entamer des chantiers structurants. colonne vertébrale du projet On peut facilement projeter que des spécifications détaillées validées devront être réarbitrées en cours de projet pour tenir compte de l'évolution des stratégies produits. des exigences de traçabilité et de reporting.2. Cependant dans le cas du modèle interne. à la fois sur les lignes de produits existants et sur l'alimentation récurrente du référentiel Solvabilité II . des contraintes sur les historiques de données. Il doit permettre la « reprise du stock » des risques embarqués. et l'intégration permanente des « flux » porteurs de nouveaux risques.

La collecte de ces données et historiques décentralisés nécessite un dispositif de traitement industriel. il est impératif d'initier rapidement le socle du projet. ainsi que la qualification des sources et le niveau de fiabilité adapté à chaque métier. 8.2. C'est une évidence. multiapplication. Dans le secteur de l'assurance. Solvabilité II nécessitera également des chantiers de cartographie applicative. validation / recyclage.3 Une collecte industrielle des données Projet transverse par excellence. Face à ce vaste programme. l'implémentation de Bâle II souffre encore aujourd'hui d'une fiabilisation des données partielle et insuffisamment traitée à la source. Le propos ici est d’exposer les effets possibles de l’implémentation des IFRS phase II.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire De nombreuses autres préoccupations pourront être adressées au travers de solutions logiciel. L'opération s'apparente à une migration de données de type convergence de systèmes d’information : extraction du système source. Dans la banque. Page 70 sur 88 . La centralisation de données fiables issues des différents systèmes d’information de l'organisation est l'enjeu majeur de la constitution d'un « référentiel Solvabilité II » certifié. les logiciels actuariels de calcul de fonds propres. la problématique est d'autant plus sensible que la durée de vie des contrats se compte souvent en dizaines d'années impliquant de fait les nombreuses « couches d'historiques » dans la problématique du projet. dans le contexte de crise financière du moment. dans l’optique de limiter les risques potentiels sur les sociétés. Il s'agit de structurer la gouvernance du projet. peuplement du référentiel Solvabilité II. multimétier. les conséquences de l’application des normes IFRS sur l’évaluation des actifs. leur extraction et leur chargement. pour s’interroger sur l’opportunité de mener une réflexion conjointe sur ces deux sujets. multisite. d'études d'impact et bien sûr de tests et recettes de bout en bout. les directions informatiques peuvent légitimement s'interroger sur la manière la plus efficace d'aborder le projet : « Par où démarrer ? ». notamment la mise en conformité des données. de leur complétude et des preuves. ce qui suppose l'identification des données à recueillir et des applications propriétaires. 3 IFRS phase II et Solvabilité II : nécessité de converger pour limiter les risques ? La publication des résultats des sociétés d’assurance pour l’année 2008 a illustré. à . 8. au regard de Solvabilité II. le référentiel Solvabilité II et le processus de fiabilisation des données. La priorité absolue pour la direction informatique consiste à définir la structure d'accueil de son système d’information risques et de structurer la solution industrielle de son peuplement. la reconstitution des historiques réglementaires. mise au format cible.chaque risque.

Cette évolution est évidemment à rapprocher des orientations de Solvabilité II dont les principes suivent la même logique. page 11. PricewaterhouseCoopers. Planning de mise en œuvre des IFRS phase II et Solvabilité II 57 Etant donné que cette échéance se rapproche dangereusement. la même. En effet.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le schéma ci-après superpose les calendriers prévisionnels des deux projets IFRS phase II et Solvabilité II dont la date de mise en œuvre est. 57 Extrait de Gearing up for Solvency II. Or les assureurs ont toujours perçu leurs contrats comme des contrats de service dont le profit devait être dégagé sur la durée de la période de garantie du contrat. dans un contexte économique bien différent de celui existant lors des réflexions initiales sur ces deux thèmes. à savoir : 2012. pour le moment. La prise en compte des évolutions des variables de marché accroîtrait encore plus la volatilité des résultats publiés. Tout d’abord sur les résultats des sociétés. Page 71 sur 88 . alors que l’évaluation des passifs contractuels devra être actualisée lors de chaque arrêté sur la base des meilleures estimations à cette date. la question a au moins le mérite d’être posée … Les changements apportés par la valeur actuelle de sortie dans le cadre de la norme IFRS 4 pour l’évaluation des actifs et passifs d’assurance constituent un enjeu majeur en termes de communication financière. si un contrat est tarifé à partir d’un taux de rendement plus élevé ou plus faible que le taux d’actualisation retenu en comptabilité. l’assureur sera conduit à reconnaître ce gain ou cette perte dès le départ. D’autre part l’utilisation de la valeur actuelle de sortie devrait conduire à reconnaître un profit ou une perte à l’origine du contrat. puisque les actifs seront en juste valeur par résultat.

gèrent et préviennent les risques qu’elles auraient à supporter. la participation prévisionnelle serait de fait incluse dans les capitaux propres de l’assureur (soit par le biais du résultat. fluidifier la communication financière et les informations transmises. Dans le cas présent. elle serait reconnue en dette à hauteur de la part légale ou contractuelle que les assureurs seraient tenus au minimum de verser. qui signifie eXtensible Business Reporting Language en anglais. 58 Page 72 sur 88 . l’association XBRL France a vu le jour en 2005. l’INSEE. Sous l’instigation de membres fondateurs 59 et avec le soutien de la Commission Européenne. notamment vers les investisseurs et les administrations. seraient implémentés dans les compagnies sans convergence sur des principes très proches les uns des autres ? 8. par exemple le résultat opérationnel. pour garantir la transparence des marchés. 59 A savoir : la Banque de France. La taxonomie définit les types de données et les relations entre ces données en fonction d’un type de rapport financier. Au delà de ce niveau. soit directement dans un poste distinct). Le dogme de la philosophie des règlementations en cours cherche est que les sociétés d’assurance ou de réassurance identifient. Pour les assureurs français qui ont l’habitude de distribuer à leurs assurés des montants supérieurs au minimum légal ou contractuel. L’enjeu est ainsi d’aider à structurer la profession et les travaux réalisés au niveau national. au final. IFRS phase II et Solvabilité II. et ce même si elle n’est pas distribuable. Des balises (ou tags) spécifient la donnée. est attribuée une balise qui lui est propre. Il s’agit de standardiser la communication des informations financières. protéger l’assuré. le Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables. tout en organisant la communication autour du langage XBRL. la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes et PriceWaterhouseCoopers. Les régulateurs ne peuvent-ils donner aux sociétés la possibilité de ne pas avoir à gérer un risque supplémentaire où les deux référentiels. il s’agit d’un impact majeur. Selon les orientations actuelles.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Un autre point pouvant impacter de façon significative les capitaux propres des sociétés d’assurance porte sur la participation des assurés aux bénéfices. Cela pourrait donc augmenter temporairement le montant de capitaux propres jusqu’à l’attribution effective de la participation aux assurés. 4 Une utilisation possible du langage XBRL ? XBRL. Le principe est de catégoriser les données : à chaque type de données financières. de façon à piloter. homogénéiser et optimiser la mise en place de projets et de taxonomies 58 . sur la base d’un même référentiel. il s’agirait bien sûr des IFRS pour le secteur de l’assurance. aux assurés. est un langage informatique permettant l’échange de données financières standardisées conçu par un consortium indépendant pour faciliter la communication financière et fluidifier la chaîne logistique de l’information financière.

Page 73 sur 88 . un investissement pour se fondre dans ce processus pourrait être intéressant. Il libérerait en effet des ressources sur des tâches qui sont (et deviendront) de plus en plus récurrentes.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Etant donné que l’information existe déjà dans les entreprises.

9. Ce chapitre expose donc les enjeux pour un conseil d’administration relatifs à la gestion des risques et la communication qui doit en être faite. Aussi. 61 60 Page 74 sur 88 . et même si le panel constitué dans l’étude ne comporte pas d’entreprise du secteur de l’assurance. En référence à l’étude d’AON 61 .des assurances décrit dans le chapitre 6-3). la réglementation en cours (et ses développements) tend à Directive 2006/43/CE du 17 mai 2006 transposée en juillet 2008 en France (cf. de la gouvernance à la communication. cette mission nécessite d’une part de s’assurer de l’existence de processus et outils nécessaires à la gestion des risques. 5ème édition (08-09). Concrètement. Gestion des risques et contrôle interne des sociétés cotées. Dans ce cadre le Conseil d’administration ira au-delà de la vérification de l’existence de la cartographie des risques en s’assurant que l’équipe managériale a fait le nécessaire en terme de gestion de ces risques. cela reste néanmoins un enjeu fort pour les sociétés de plus petite taille. le code de gouvernance et les règlementations en vigueur précisent que l’une des responsabilités principales du Conseil d’administration et du Comité d’audit est de suivre et contrôler les risques des sociétés et de s’assurer de l’existence et de l’efficacité du dispositif de contrôle interne (rappelons l’article R336-1 du code . mais également de l’efficacité du système en place. c’est un acteur majeur à associer sur la gestion des risques et la communication financière. toutes aussi concernées par la réforme Solvabilité II et son troisième pilier. paragraphe 6-5). Une de ses attributions est de s’assurer de l’intégrité et de la qualité de l’information financière transmise aux actionnaires et au marché.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 9 . Cette dernière attribution résulte de la 8ème directive de la Commission européenne 60 qui donne une responsabilité supplémentaire au Conseil d’administration. 1 Rôle de surveillance et d’alerte du Conseil d’administration Même si le premier acteur dans la gestion des risques reste le management de l’entreprise. Si la mise en place de tels dispositifs (gestion et suivi des risques) est plus avancée dans les grands groupes d’assurance ou de réassurance. Le conseil dépassera donc son rôle d’observateur pour être désormais partie prenante dans l’efficacité du dispositif avec un rôle d’alerte et d’impulsion du processus de gouvernance des risques. Cette remarque devrait aussi valoir pour les entreprises d’assurance et de réassurance. beaucoup d’administrateurs insistent sur « l’importance de leur rôle d’interpellation et de conseil en matière de gestion des risques ».LE CONSEIL D’ADMINISTRATION : GARANT DE L’EFFICACITE DU SYSTEME ? Le conseil d’administration est un acteur central dans la gouvernance d’entreprise. Bien que le métier des sociétés d’assurance consiste à couvrir des risques opérationnels orientés sur le long terme. AON Global Risk Consulting.

Ceci est d’autant plus important pour l’administrateur qu’il demeure « extérieur » à la société. et donc de ses engagements. Les risques sur lesquels se focalisaient les administrateurs (avant la mise en place de SOX. Cela lui permettra de cerner les risques critiques pour la société et de se focaliser sur les enjeux prioritaires. Mais c’est un exercice difficile car il existe à l’évidence des limites à la communication sur la matière « risque » et les expositions d’une société d’assurance. et c’est une parfaite illustration de la vigilance à avoir concernant l’asymétrie d’information. L’enjeu réside bien dans la capacité à trouver un certain équilibre. confiance. d’avoir une vision exhaustive des risques. Il est donc opportun pour le Conseil d’administration. disposant d’une vision long terme sur les risques. Avec l’entrée en vigueur en 2007 de la norme IFRS 7 portant sur la communication des risques associés aux instruments financiers (pour rappel). Le Conseil d’administration peut donc se révéler être un gardien des fondamentaux de l’entreprise et contribuer indirectement à la pérennité de ses valeurs et de son image. avec une revue régulière et un suivi de l’avancement des plans d’actions initiés pour réduire les risques majeurs. la montée en puissance du risque de réputation sous ses formes diverses (crédibilité. mais de disposer également d’une hiérarchisation qualitative de ces risques. Le Conseil d’administration. 62 Page 75 sur 88 . Mais aujourd’hui ils voient arriver dans leur domaine de responsabilité des risques opérationnels sur lesquels ils avaient moins de visibilité auparavant. situation de crise. il lui serait nécessaire d’instaurer une vision dynamique des risques. Les administrateurs peuvent en effet demander au management d’engager des démarches pour maîtriser les risques si elles s’avèrent insuffisantes. De même. avec l’appui du Comité d’audit principalement. ou de renforcer leur pilotage et contrôle de ces risques en cas de situation exceptionnelle (pertes non anticipées. de la LSF ou du projet Solvabilité II) portaient davantage sur la chaîne comptable et financière. …) est une préoccupation de plus en plus présente. …). crise. Les sociétés émettrices doivent en effet mesurer et prendre en compte la valeur de l’information publiée pour les investisseurs et pour les concurrents. Le Conseil d’administration est également chargé d’examiner les principaux éléments de communication financière préparés par le management de l’entreprise. En outre. notamment vis-àvis de la concurrence. mais de mettre au regard de Solvabilité II et des IFRS 62 les impacts et conséquences pour le Conseil d’administration. et de s’assurer qu’ils permettent une bonne compréhension par les actionnaires des différents risques de la société. peut et doit éviter toute dérive potentielle court termiste du management. 9. 2 La communication sur les risques par le Conseil d’administration Il ne s’agira pas ici de faire état du rôle et des missions du contrôle interne dans la gestion des risques.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire donner une vision à plus court terme de la situation patrimoniale des entreprises.

envers la société ou envers les tiers. En contrôlant l’information fournie et en endossant le cas échéant un rôle de « régulateur » par rapport à l’autorité de contrôle ou les commissaires aux comptes. soit des fautes commises dans leur gestion ». Page 76 sur 88 . 3 Les informations à disposition du Conseil d’administration L’essentiel des travaux et informations permettant aux administrateurs d’appréhender la maturité des processus est délivré par le Comité d’audit ou le Comité des Risques. Mais peutelle reposer uniquement sur auto-évaluation ou être complétée par des tests d’efficacité réalisés par l’audit interne ou en externe ? 63 9. Responsabilité Pénal (Fraude). Responsabilité particulaire (Procédure collective) . de manière à pouvoir lui-même conclure sur l’efficacité du système de contrôle interne. le tribunal détermine la part contributive de chacun dans la réparation du dommage. Dans une société anonyme.1 La responsabilité civile En application de l'article L. 4 La responsabilité en droit des sociétés La diversité en matière de responsabilité financière.4. et donc du respect des normes règlementaires. En revanche se pose la question de déterminer les éléments dont devront disposer les membres du Comité d’audit pour mener à bien leurs missions. les administrateurs contribuent à la qualité et pertinence de l’information transmise aux marchés. Ces comités ont un rôle crucial puisqu’ils doivent s’assurer notamment de la qualité de l’information financière diffusée.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le Conseil d’administration a ici un rôle de garde-fou à jouer. Si plusieurs administrateurs ont coopéré aux mêmes faits. 9. 9. Il apparaît nécessaire qu’il puisse disposer d’une évaluation interne produite par la direction. du fait des informations traitées et de la communication faite par un dirigeant ou administrateur de sociétés d’assurance. Dans la procédure. 63 En référence à la lettre de l’IFA (novembre 2008) le sujet n’était pas encore clarifié. soit des violations des statuts. l’expose à plusieurs risques juridiques. soit des infractions aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux sociétés anonymes.225-251 du Code de commerce « les administrateurs et le directeur général sont responsables individuellement ou solidairement selon le cas. la négligence ou la faute de l’administrateur peut engager sa responsabilité dans trois domaines : Responsabilité Civile . ils seront donc responsables des fautes de gestion.

Le défaut de surveillance d’un administrateur peut lui-aussi donner lieu à une faute de gestion. En plus de cette responsabilité civile. Selon la jurisprudence. le droit civil autorise une action individuelle des actionnaires (pour réparer le préjudice causé à chacun d'eux) ou une action sociale (pour réparer le préjudice subi par la société). un préjudice (par exemple. La responsabilité d'un administrateur peut se voir engagée si ses actes présentent trois éléments cumulatifs : une faute (infraction aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux sociétés anonymes.  en cas une violation des règles statutaires Lorsqu’une clause des statuts est ajoutée aux obligations légales.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire La faute en droit civil se présente :  lors d’une infraction aux dispositions législatives ou réglementaires Ces infractions sont applicables aux sociétés anonymes qui comportent un nombre important de règles (principalement issues du Code de commerce et du décret du 23 mars 1967). les actionnaires ou les tiers. La responsabilité des administrateurs peut être compromise suite à la non application et non respect des règles applicables aux sociétés. le tribunal détermine la part contributive de chacun dans la réparation du dommage ». si un seul administrateur a commis une faute.225-251 du Code de commerce précise en outre que « si plusieurs administrateurs et le directeur général ont coopéré aux mêmes faits. La responsabilité civile des administrateurs est également engagée envers la société. il peut être poursuivi individuellement. son inobservation par l’administrateur peut entrainer sa responsabilité. la faute de l'administrateur a eu des conséquences financières pour la société) . L'article L. violation des statuts ou faute de gestion) . sans pour autant être exonéré de leur responsabilité en invoquant la négligence ou l’imprudence. Il peut s’agir de l’inobservation de la tenue des assemblées ou de l’irrégularité de comptes sociaux. le régime de responsabilité d'un administrateur peut prendre une ampleur particulière si la société est l'objet d'une procédure collective. Les tiers peuvent attaquer les administrateurs seulement si la faute de gestion est détachable de ses attributions et incompatible avec l'exercice normal de ses fonctions. Ainsi. cette faute détachable doit être commise volontairement. Les administrateurs ont un rôle limité en matière de gestion de l’entreprise.  pour une faute de gestion La faute de gestion se présente dans les actes contraires à l’intérêt de la société. Concernant les actionnaires et la société. et un lien de causalité (le préjudice doit avoir été causé au moins en partie par la faute). Page 77 sur 88 .

le tribunal peut ouvrir la procédure collective directement contre les dirigeants en cause (Article L. sauf celui d’affaiblir les actionnaires. rémunérés ou non. Ce principe résulte de l'article L. 65 « En cas de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire d'une personne morale. Le rapport spécifie aussi « que le droit pénal n’a pas vocation à régler des conflits entre personnes privées(…). les dirigeants et émetteurs ont été tenté d’utiliser la justice pénale à leurs profits. par tous les dirigeants de droit ou de fait. le tribunal peut également ouvrir une procédure directement contre le dirigeant (article L.625-2 du Code de commerce 67 ). gérer. le tribunal peut décider de mettre à la charge des dirigeants une partie des dettes sociales si ceux-ci ont commis une faute de gestion. rémunéré ou non » 66 « Le tribunal peut ouvrir une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire à l'égard des dirigeants à la charge desquels a été mis tout ou partie du passif d'une personne morale et qui ne s'acquittent pas de cette dette ». toute exploitation agricole et toute personne morale ayant une activité économique. 9. directement ou indirectement.624-4 du Code de commerce 66 ). administrer ou contrôler.3 La responsabilité pénale La distorsion en matière de responsabilité pénale devient un problème de transparence. si une partie du passif de la société est mis à la charge d'un dirigeant par le tribunal et que ce dirigeant ne peut pas payer cette partie du passif. » 68 Rapport du 20 février 2008 remis au Ministre de la Justice.624-5 du Code de commerce 65 ). « Lorsque le redressement judiciaire ou la liquidation judiciaire d'une personne morale fait apparaître une insuffisance d'actif. pour que le droit soit plus sûr pour les acteurs économiques ». en tout ou en partie.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 9.2 La responsabilité particulière en cas de procédure collective Quand une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire) est ouverte à l'égard d'une société. avec ou sans solidarité. 64 Page 78 sur 88 . 67 « La faillite personnelle emporte interdiction de diriger.624-3 du Code de commerce 64 : Pour les fautes les plus graves. en cas de faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance d'actif. Il est passible aussi de sanctions pénales. ou par certains d'entre eux ». Il doit être destiné à protéger des valeurs sociales essentielles en sanctionnant des comportements et des malversations condamnables ». Il propose des mesures de dépénalisation équilibrées pour « amener les acteurs de la production du droit à toujours faire primer l’intelligence de la norme pénale sur la stratification conjoncturelle de textes répressifs. Même sans faute grave. En effet. le tribunal peut ouvrir une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire à l'égard de tout dirigeant de droit ou de fait. le tribunal peut. Le rapport Coulon 68 fait référence à la dépénalisation du droit des affaires et aux incohérences du droit pénal des sociétés. sans prendre le moindre risque. décider que les dettes de la personne morale seront supportées. toute entreprise commerciale ou artisanale.4.4. Il existe par ailleurs des sanctions complémentaires qui peuvent conduire le dirigeant à une interdiction de gérer (article L. La faute d'un administrateur peut se voir aggravée en cas de procédure collective.

présentation de comptes infidèle. les administrateurs ou les directeurs généraux d'une société anonyme de faire. L. sur la tête des dirigeants et non sur les membres des conseils d’administration ou de surveillance.000 euros le fait pour (…) le président. En matière pénale.  Répartition de dividendes fictifs : Cette disposition vise à sanctionner. profite de ses pouvoirs ou ses voix pour favoriser une autre entreprise dans laquelle il est intéressé est passible de la sanction prévue à l’article. comme au civil.  Abus de pouvoirs ou de voix : Un dirigeant qui. défaut d’établissement de comptes et du rapport de gestion. ou au moyen d'inventaires frauduleux » 69 Page 79 sur 88 .000 euros le fait pour (…) le président. les dirigeants qui. des biens ou du crédit de la société. sans avoir fait d'inventaire ou sur la base d'un inventaire frauduleux. 71 « Est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 375. à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement ». les administrateurs ou les directeurs généraux d'une société anonyme d'opérer entre les actionnaires la répartition de dividendes fictifs. des pouvoirs qu'ils possèdent ou des voix dont ils disposent. par l’article L. distribuent des dividendes aux actionnaires alors que ces sommes n'étaient pas distribuables  Présentation de comptes non exacts : « Est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 375. un usage qu'ils savent contraire à l'intérêt de celle-ci. Un dirigeant social peut donc être responsable pénalement à plus d’un titre dans le cadre de son activité. les administrateurs ou les directeurs généraux d'une société anonyme de faire.242-6 3° du Code de commerce 69 . distribution de dividendes fictifs. au préjudice de la société qu'il dirige. un usage qu'ils savent contraire aux intérêts de la société. Sa responsabilité pourra être présumée en cas de simple violation d’une obligation légale ou réglementaire même si elle n’a pas entrainé de dommage.000 euros le fait pour (…) le président. abus de pouvoirs.242-6 1° du Code de commerce 71 . le risque premier pèse. Ces derniers sont en principe à l’abri de sanctions pénales sauf s’ils se sont comportés en dirigeants de fait ou rendus complices de délits commis par les membres de direction générale (présentation d’un bilan inexact). de mauvaise foi. Un dirigeant ne doit jamais confondre ses propres biens avec ceux de la société.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire La pénalisation excessive du droit des sociétés engendre une insécurité juridique surtout lorsque l’intérêt public s’utilise à des fins parfois privées. sauf si celui-ci entraîne une faute grave. en l'absence d'inventaire. de mauvaise foi.242-6 4° du Code de commerce 70 . La responsabilité pénale en matière de communication financière est engagée pour les principaux cas suivants (sanctions mentionnées dans le rapport Coulon) : abus de bien social. à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement ». 70 « Est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 375. en cette qualité.  Abus de bien social : C’est l’article L.

même en l'absence de toute distribution de dividendes. 73 Directors & Officers en anglais (D&O). les administrateurs ou les directeurs généraux d'une société anonyme de publier ou présenter aux actionnaires.242-6 2 72 ) punit les dirigeants qui dissimulent la véritable situation de la société en ne fournissant pas des comptes présentant une image fidèle de ce qu'ils sont en réalité 9. « Est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 375. 5 L’assurance Responsabilité Civile des Mandataires Sociaux73 Il s’agit de couvrir les dirigeants et administrateurs lorsque leur responsabilité est mise en cause. à l'expiration de cette période. L’assurance D&O est d’autant plus importante pour les entreprises françaises cotées aux Etats-Unis et détenant des parts dans des sociétés enregistrées dans un des Etats américains. aux transactions . en vue de dissimuler la véritable situation de la société ». C’est une assurance généralement souscrite par la société qui couvre les frais de défense. une image fidèle du résultat des opérations de l'exercice. d’expertise et les conséquences pécuniaires au civil. pour chaque exercice. En effet. aux opérations (absence de compréhension des principaux risques et de contrôle de leur maîtrise). L’information doit être exacte. Cette assurance produit ses effets lorsque la responsabilité est engagée sur des risques liés : aux comptes (présentation de comptes inexacts par exemple) . 72 Page 80 sur 88 . Le Code de commerce (Article L.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Les comptes sont un élément très important pour juger de la solvabilité d'une société.000 euros le fait pour (…) le président. précise et sincère. des comptes annuels ne donnant pas. la responsabilité des dirigeants de la maison mère peut être conjointement recherchée en cas de faute commise en matière de communication financière du fait des class actions. de la situation financière et du patrimoine.

CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Synthèse 3ème partie Qu’elle soit imposée par le législateur. supports opérationnels de la transparence et de la fiabilisation des données transmises. Même si la communication financière joue un rôle essentiel dans la réduction de l’asymétrie d’information. Dans le cadre d’IFRS phase II. pour y parvenir. D’où la nécessité pour les administrateurs d’être correctement informés sur les enjeux de la communication financière. Les entreprises risquent de devoir modifier leur structure organisationnelle dans la mesure où les rôles et les responsabilités des acteurs (Direction financière. Direction générale. faute de poursuites juridiques possibles si leur responsabilité est mise en cause. sont d’autant plus importants que la multiplicité des règlementations contraint de plus en plus les sociétés d’assurance. les sociétés d’assurance gagneraient à anticiper cette convergence dans leurs processus informatiques. Force est de constater toutefois que la communication financière apparaît de plus en plus comme un élément de la chaîne de valeur de l’entreprise. L’avantage comparatif que pourrait avoir une société d’assurance par rapport à ses concurrents doit cependant être correctement intégré dans la gouvernance de l’entreprise. Direction des risques / Risk management. ce qui pourrait détruire la relation de confiance avec le récepteur. La Directive européenne aura aussi un impact en termes d’architecture des systèmes d’information. qu’opérationnelles ou organisationnelles. il faudra adapter les modèles existants au sein des sociétés d’assurance et constituer de nouvelles bases de données actuarielles ou de marché (avec la nécessité de présenter un comparatif lors de la première année d’application et donc de retraiter l’information de l’exercice précédent). le régulateur. l’actionnaire ou par le client. et donc perdre en crédibilité. …) seront redéfinis. si elles ne font pas preuve de vigilance. En effet les sociétés pourraient être amenées à multiplier les sources d’information disponibles pour les différentes cibles. La mise en œuvre du pilier trois de Solvabilité II aura pour conséquence une uniformisation des bonnes pratiques liées aux exigences de transparence des marchés et de l’information transmise. Page 81 sur 88 . il n’en demeure pas moins que le principal challenge de la communication financière est désormais la cohérence de l’information diffusée. Elles devront donc se préparer à faire face à des problématiques tant techniques. Les enjeux. Si la convergence des deux projets Solvabilité II et IFRS phase II n’est pas encore assurée d’un point de vue conceptuel et organisationnel. il faut néanmoins veiller à ce que son utilité marginale ne devienne pas négative.

il est nécessaire pour la société d’assurance ou de réassurance d’adapter sa communication. En l’occurrence Solvabilité II exige de la part des sociétés d’assurance et de réassurance un nombre important d’informations sur l’organisation des risques. La réglementation a toutefois introduit une distinction sur les différents types d’informations. Notre ligne de conduite consiste à vous dire ce que nous voudrions savoir si nous étions à votre place ». en son état. D’où cet environnement règlementaire très dense qui contraint de plus en plus les sociétés d’assurance et de réassurance. afin de notamment protéger les sociétés sur les données confidentielles. le qualitatif prend le pas sur le quantitatif. il est censé être accessible à tout public. l'objet de risques juridiques et médiatiques accrus alors que les progrès de la gouvernance et de la transparence n'ont jamais été aussi réels. en soulignant les points positifs et négatifs importants pour l’estimation de notre valeur. Cependant. d’autant plus qu’elle n’est plus seulement financière. le régulateur cherche à faciliter la fluidité de l’information vers le marché. quelque soit leur statut. ce type de communication doit rester simple et compréhensible. en raison de la complexité de l’information diffusée. dont les thèmes sont imposés par la Directive. Dans cette communication. Page 82 sur 88 .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Conclusion La meilleure définition de la transparence de la communication financière reste sans doute celle donnée par Warren Buffet 74 : « Nous serons honnêtes dans les informations que nous vous donnerons. En imposant un cadre commun aux sociétés d’assurance et de réassurance. mais elle donne aussi l’opportunité à la concurrence de mieux décoder une stratégie à travers cette communication. en une décennie et paradoxalement. la communication financière se limite souvent à l’annonce périodique des résultats et aux événements particuliers de la vie de l’entreprise. 74 Extrait de Les nouvelles attentes de la communication financière. La communication financière exigée par Solvabilité II. mais aussi la comparaison entre les établissements. Plus synthétique. plus percutante. notamment avec le rapport annuel sur la solvabilité et la situation financière de l’entreprise. 2003. Bien que son contenu soit destiné avant tout aux professionnels et investisseurs. les contrôles effectués. les méthodes d’évaluation. Vis-à-vis du grand public. … Cette information qualitative est un outil exceptionnel permettant de véhiculer de l’information et de délivrer des messages aux marchés. PricewaterhouseCoopers. permet de délivrer des messages forts à l’attention du marché. La communication financière des sociétés est devenue. mais économique avec de nouveaux thèmes tel que la responsabilité sociale de l’entreprise et le développement durable.

deux points sont à retenir. Face à la crise. les sociétés ont réagi individuellement en renforçant à la fois leur dispositif de gestion des risques et leur communication. des marchés et aussi des clients de la société d’assurance. Elle doit chercher à en optimiser le processus. Pour s’assurer de l’efficacité de sa communication financière. l’entreprise devra en mesurer la performance à la fois par l’ensemble des données communiquées. Page 83 sur 88 . mais aussi par la qualité de l’information délivrée dans la communication corporate institutionnelle auprès des autorités de tutelle. Ces démarches ne leur ont toutefois pas permis de maîtriser les effets d’une crise sectorielle majeure qui révèle la nécessité d’une régulation et d’une gouvernance mondiale des marchés. Ceci est d’autant plus souhaitable au regard des projets Solvabilité II et IFRS II.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire En réponse à ce besoin de transparence dans la communication financière et au regard du contexte économique tel qu’il est aujourd’hui.

.... 23 Chapitre 3 .................... 10 1............ 11 1...............5 La typologie des enjeux de la communication financière .......... 32 2ème PARTIE : Environnement règlementaire et communication financière .......................................................................... 34 Chapitre 4 ................. parfois contradictoires ................................................ 17 2............Directive européenne Solvabilité II......... 12 1..................................................... 22 2........................... 19 2......................... 2 Principes de la réforme ........................ 15 Chapitre 2 ........ une nécessité pour bâtir sa communication financière.......3 L’information règlementée .................................................................................................................... 26 3....................................... 25 3............................3 Une communication soumise à la puissance des règlementations .......... 27 3............................3........................ 18 2.......1....... 12 1.... 25 3..............................................................Un concept relativement récent .................. 35 Page 84 sur 88 ...............2 L’information permanente..................2........... 20 2.....1.................... 25 3............................................1 L’égalité d’information . 2 Les enjeux de la communication financière .....4 Une nécessité : comprendre les attentes des cibles....................................................... 22 2...........4 Les enjeux éthiques ... 10 1............ 35 4...... 1 Définition de la communication financière ............. 19 2............................................................2 Des facteurs exogènes à la base du changement ............................................1.2............. 2 Ce que la communication financière n’est pas ....................................................... 35 4.. 1 Les trois notions d’information financière ....2............................................2... 7 1ère PARTIE : Cadre et principes de la communication financière..2 Les prescripteurs.................................................1 Les enjeux financiers......... 21 2.......................1 Les pratiques anciennes de l’information financière...2............. 27 3......................... 17 2......................... 2 Les principes de la communication financière ..........2..................................3 Les cibles périphériques ....3.............................................................4 La langue de la communication financière.......................1 Les décideurs ........................................3........Des objectifs multiples..2...CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Table des matières détaillée Introduction ............. 3 Une évolution progressive dans le style de communication ..................1.............. 9 Chapitre 1 ................................................................... 26 3.... 27 3. 4 L’organisation de la communication financière .......................................................... 29 Synthèse 1ère partie ........................... 20 2.........................3 Une information exacte..............2 L’homogénéité de l’information.......2 Les enjeux stratégiques...................................................................... 12 1.............................. 1 Les cibles de la communication financière ..........................1...............2 L’intérêt de la publication d’un calendrier ................... 25 3.........2.......................... 13 1..................... 3 Le calendrier................................1 Les intervenants dans la mise en œuvre ......1....3............... 26 3.............................................. 25 3................................................... précise et sincère.......................3...3 La gestion du consensus ............................................................................... 18 2..............2.......1.......... 26 3........................................1 L’information périodique ... 1 Présentation de la réforme ........................................................... 4 Une communication révolutionnée par Internet ........ 29 3.......Principes généraux de la communication financière .......................................

.................... 2 Chaîne de valeur et communication financière ..............4............................. 62 7...... 3 IFRS phase II et Solvabilité II : nécessité de converger pour limiter les risques ? ..............................................Un état des lieux contrasté.................................................................... 2 La Loi de Sécurité Financière (LSF) ....... 4 Le règlement général de l’AMF ....................1 Les principes clés du pilier III .................................................................................................................................. 44 5..............................................3.........................................................1 Maîtriser les échéances...............................................Le rôle des systèmes d’information....................................................1............. 1 Directive « Transparence »............3 Les informations aux fins de contrôle ..................... 51 6.................................................3 Rapport financier trimestriel.................Communiquer sur des données comptables standarisées ............................................................1............ 63 7........................................................... 58 6.................5.... 53 6...................... 43 Chapitre 5 ................................................................................................... 70 Page 85 sur 88 .................................................4.................................2 Réglementation de l’article R336-1................... 39 4... 40 4.........4 Déclarations intermédiaires de la Direction ......................... 53 6.. 66 8.................2 Pilier II : les activités de contrôle ......................................3 IFRS 8 : Secteurs opérationnels.............................................. 3 IFRS phase 2 en bref ...........................................1 Pilier I : les règles quantitatives..Les autres dispositions règlementaires ................ 2 Plus concrètement ….......informations à fournir ................................................. 55 6..................... 68 8............................................................................................................... 51 6...............2...............................3 Une collecte industrielle des données............................1 La mise en place du comité ......... 61 Chapitre 7 ...............5 Les apports du Consultation Paper 15 ...............................2 Les missions du comité ..........1.............................. 44 5............................................................... 3 Structure de la réforme .. 66 8. 57 6...............4....1...................... 50 Chapitre 6 ........ 59 3ème PARTIE : Quels enjeux pour les sociétés d’assurance ? ........ 3 La communication financière dépend de la volonté du dirigeant : ..................4 Les informations à destination du public.....1 La qualité du système d’information ............................. 37 4............... 1 Comment rendre compte de la diversité des informations ? ...... 36 4......................... 2 Normes spécifiques à l’information financière ..2.. colonne vertébrale du projet ..................................................2 IFRS 7 : Instruments financiers ...................1 Rapport financier annuel ................................................................................................... 45 5........................... 54 6.....................................1.......4. 5 La 8ème directive européenne ..... 54 6.....2.... 70 8...... 4 Pilier III : la communication financière de demain ................3.................... 62 7....... 47 5.. 67 8...........2...5....... 67 8.....................1 IAS 1 : Présentation des états financiers .........3...... 58 Synthèse 2ème partie ...2 Contenu règlementaire du pilier III ....................... 1 Trop d’information tue l’information...........2 Rapport financier semestriel................. 48 5..... 38 4................... 53 6................ 1 Présentation des IFRS........ 3 Le code des assurances......................................................................................... 69 8. 51 6..2 Comment supporter la production d’un reporting fiable ? ...................CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 4...2 Le choix des logiciels................................................2............. 45 5.......2.... 69 8.. 58 6........................................................................................ 54 6........................................................1.......................... 38 4... 64 Chapitre 8 .............................................................3......... 39 4....1 Principe de l’article R336-1............................................................................... 37 4................4................

... 3 Les informations à disposition du Conseil d’administration...................... 78 9.......................... 75 9...........................4.................................3 La responsabilité pénale ..... 5 L’assurance Responsabilité Civile des Mandataires Sociaux ............................. 1 Rôle de surveillance et d’alerte du Conseil d’administration... 87 Page 86 sur 88 .................4..........CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 8....................... 80 Synthèse 3ème partie ................................. 74 9........................ 2 La communication sur les risques par le Conseil d’administration....... 76 9.............................................4...................................................... 81 Conclusion ...........................................2 La responsabilité particulière en cas de procédure collective ......................... 76 9............................................ 82 Table des matières détaillée......................................................... 72 Chapitre 9 .... 4 Une utilisation possible du langage XBRL ? .. 74 9................... 78 9..................Le conseil d’administration : garant de l’efficacité du système ? ................................................................................................................................................ 76 9....................................... 4 La responsabilité en droit des sociétés ....1 La responsabilité civile... 84 Principales références documentaires............................

Jean-Yves Léger. Octobre 2007  Advice to the European Commission on Supervisory Reporting and Public Disclosure in the Framework of the Solvency II Project. Avril 2008  La communication financière . 2007  Le reporting financier : aspects comptables. décembre 2008  Rapport sur la crise financière . de la gouvernance à la communication.CEIOPS-DOC. Editions DUNOD.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Principales références documentaires Livres  La communication financière . bâtir et mettre en œuvre une stratégie de communication financière .1994  AGEFI Hebdo Page 87 sur 88 . CCAS . PricewaterhouseCoopers.Observatoire Communication Financière. Revue Sigma (N°4 / 2006)  L’évolution de la communication financière dans le processus de gouvernance Stéphane Onnée & Rahma Chekkar. Document de recherche N°2005-05  Note Commission Européenne DG Marché intérieur . Mai 2008 (Document AXA)  Rapport annuel AXA 2007  Contrats d’assurance en IFRS . 2006  Reporting financier et gouvernance des entreprises : le sens des normes IFRS Benoît Pigé et Xavier Paper. septembre 2008  Gestion des risques et contrôle interne des sociétés.Anne Guimard.MARKT/C2/MAAT D(2002)  L'assurance et la communication financière en 1994 : analyse comparative des comptes consolidés .Emmanuel du Boullay. 5ème édition (08-09)  Gearing up for Solvency II: The new business environment – PricewaterhouseCoopers. Editions Economica.Cabinet Cauvin.Eric Tort. « Pocket Guide ». Editions DUNOD. fiscaux et de gestion .Eric Dupont & Jean-Jacques Dussutour. 2008 (2ème édition)  Cadre et Pratiques de Communication Financière . Editions EMS. Novembre 2006  Solvabilité II : une approche intégrée des risques pour les assureurs européens . Angleys. théorie et pratique . 2005 Revues / Rapports  Présentation Gouvernance au MBA ENASS . Saint-Pierre.Swiss Ré. August 2008  Solvency II .René Ricol.Cabinet Mazars. Mars 2007  Consultation Paper N°15 – CEIOPS. AON Global Risk Consulting.

ifa-asso.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Références légales et règlementaires       Code des assurances Code du Commerce Règlement général de l’AMF Règlement (CE) No 1274/2008 de la Commission Européenne.fr www.gouv.com www.legifrance. 3 novembre 2008 Projet de Directive 2007/0143 (COD) du Parlement européen et du Conseil. une réelle stratégie d’entreprise . 10 juillet 2007  Directive 2004/109/CE du Parlement européen et du Conseil.fr www.org www. 17 décembre 2008 Règlement (CE) No 1126/2008 de la Commission Européenne. 15 décembre 2004  Loi N°2003-706 du 1er août 2003 de sécurité financière Articles  Reporting réglementaire: la communication financière.acam-france.org www. Echanges N°240.europa. un vecteur de changement pour l’Europe de l’assurance Florence Lustman (ACAM).fr www. Revue Banque N° 694. 3ème Convention des Professions Financières Sites Internet Autorité de Contrôle des Assurances et des Mutuelles Fédération Française des Sociétés d’Assurance Autorité des Marchés Financiers Commission Européenne Informations générales Informations économiques Institut Français des Administrateurs Lois et règlements français www. 2007  Solvabilité II. septembre 2007  Les nouvelles normes comptables internationales : une réforme aux implications considérables .eu www.Dadjo Dovonou et Ugo Marinelli.wikipedia. l’Economie Politique N°36.ffsa.amf-france.Dominique Plihon.lesechos.fr Page 88 sur 88 . février 2007 Conférences  La crise [financière] : quelles réflexions ? quelles questions ? Conférence du 2 décembre 2008.

• les « dialogues de l’Enass » éclairent l’actualité par le débat avec une personnalité remarquable . L’Ecole nationale d’assurances s’organise pour répondre le mieux possible à cette mission en direction de ses élèves d’abord. être édités. certains d’entre eux pouvant faire l’objet d’un tirage sur papier ou même. • « les travaux de l’Enass ». sont destinés à faire bénéficier la profession des travaux menés au sein de l’Enass par ses professeurs et ses élèves. François Ewald Directeur de l’Ecole nationale d’assurances . permettent aux professionnels de suivre les grandes innovations en assurance telles qu’on peut les observer à l’étranger . dans la mesure où les jurys qui les ont évalués ont noté leur qualité et leur originalité. Nous souhaitons que toutes ces initiatives vous soient profitables. mais aussi de la profession de l’assurance et de ses partenaires : • les « séminaires innovation » animés par les auditeurs du Centre des Hautes Etudes d’Assurance (CHEA). que nous lançons aujourd’hui. à tous les niveaux. Ces travaux vous seront adressés par Internet.Thèse professionnelle soutenue en avril 2009 pour l’obtention du MBA Manager d’entreprise d’assurance Sous la direction de : Hubert JUMEL Président du Jury : François EWALD Une école est un lieu de production et de diffusion de connaissances.

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