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La situation linguistique au Maroc

entre hier et aujourd’hui


Par
Malika Rafiq
E.N.S. de Casablanca -
Université Hassan II de Casablanca

Introduction
La situation linguistique au Maroc fait état de plusieurs
langues; ainsi la langue maternelle est soit l’arabe marocain parlé
par la majorité des locuteurs; soit l’amazighe. L’arabe classique
est enseigné dans les écoles et les universités et l’arabe médian
appelé également l’arabe standard, issu de l’arabe classique, parlé
par les mass médias. En parcourant le Maroc, nous constatons un
ensemble de parlers qui diffèrent, d’une région à une autre. Ces
parlers ont des points communs et des divergences selon les
différentes régions : villes, campagnes ou montagnes.
La situation linguistique au Maroc est multiculturelle. En
sillonnant le Maroc, nous assisterons à un essaim de langues
nationales et de langues étrangères, qui cohabitent ensemble et se
côtoient et évoluent chaque jour. Cette situation hybride et
complexe a donné lieu à une diversité langagière assez complexe.
Nous traiterons dans un premier temps chacun de ces parlers
et nous l’analyserons afin de donner une esquisse sur la situation
linguistique au Maroc. Ensuite, nous traiterons la place de l’arabe
dialectal, son évolution et sa rivalité face à l’arabe classique en
répondant et en étudiant les questions suivantes : est-ce que
l’arabe classique peut-il surmonter sa rivalité avec l’arabe
dialectal? L’arabe dialectal accédera-t-il au statut de langue
officielle enseignée et écrite à l’école et dans les administrations?

291
Cette ascension sera-t-elle acceptée par les locuteurs marocains
particulièrement les puristes et les intellectuels?
Cependant, avant de traiter cette problématique, nous
passerons en revue la situation de toutes les langues qui ont
cohabité au Maroc pour considérer par la suite le cas diglossique
de l’arabe dialectal et l’arabe classique.

1. Français
Le Maroc en 1912 était un protectorat français, il a eu son
indépendance en 1956. Pour des raisons économiques et
politiques, le protectorat a installé le français en tant que langue
officielle du pays. Cette langue considérée comme une langue
d’ouverture vers le monde moderne s’est répandue dans tout le
pays. Les locuteurs marocains se sont acharnés à l’apprendre afin
de communiquer avec le colon qui était considéré comme un lien
avec le monde de la modernité et de l’épanouissement.
Face à cette éclosion de la langue française, l’arabe est négligé
et mis en retrait par conséquent il n’est pas parvenu au monde
contemporain, il est resté statique. Cette prédilection et cette
ascension de la langue française sont vues par les autochtones
comme une agression et comme un expansionnisme langagier qui
a pour seul objectif d’éliminer la langue des aïeux.
L’apprentissage du français pendant la période coloniale se
faisait spontanément par la proximité et le contact quotidien au
français. Le français était appris dans la rue, dans les administrations,
auprès des militaires etc. La naissance des écoles populaires a
également favorisé l’apprentissage de la langue française.
Cet enseignement de la langue française n’était pas gênant
pour les locuteurs marocains, parce qu’ils le considéraient comme
un accès au monde moderne qu’ils ne connaissaient qu’à travers
les films télévisés et le cinéma, mais c’est la langue française
comme emblème de la colonisation que les Marocains refusaient.
Les colons ont apporté avec eux la langue française et elle
s’est enracinée dans la culture marocaine, ce qui fait que cette
dernière a étouffé la langue arabe qui est devenue une langue
inconnue même pour ses propres sujets parlants. Face à la

292
colonisation, la langue arabe a subi un délaissement de la part du
peuple marocain, obligé à cette époque de suivre le changement.
Cette mutation a asphyxié l’arabe qui a sombré dans l’oubli de la
part de la jeunesse marocaine, qui pour accéder à un échelon
social important, avait besoin de la langue française et de la
langue arabe. Par conséquent, la langue française entretenue par
le colon a gagné en suprématie.
Aussi, «l’enjeu n’est-il donc pas purement culturel. Il est aussi
politique et social. Mais, il dépasse par sa gravité de simple fait
de conjoncture (…) Le viol de notre personnalité et l’attentat fait
à nos cultures, n’appartient pas encore au passé. Il se perpétue
encore sous nos yeux. La grande presse mais surtout, le film, le
disque, la radio, déversent à longueur de journée, à nos portes et
dans le secret le plus retranché de nos cités des signes, des
symboles, des idéaux que nous n’avons pas élaborés et qui
constituent des réponses inventées sous d’autres cieux à des
problèmes qui ne sont même pas les nôtres».1
La continuité et la persistance du français après
l’indépendance, par le biais du cinéma, des journaux etc., est pour
beaucoup de maghrébins l’extension du colonialisme mais à un
degré moindre. Certes, le colonialisme n’est plus; cependant, il
persiste par l’intermédiaire maghrébin qui s’est imprégné de la
culture française et qui veille à sa survie. De ce fait, le Maroc
était confronté à une situation glotophagique.
Le colon valorisait la langue française au détriment de la langue
arabe; car il était imprégné d’idées racistes, selon lesquelles la langue
française surpasse toutes les langues et elle doit être connue de tout le
monde, ce qui fait que pendant la période coloniale, les Marocains ont
quasiment oublié leur langue et ont consacré tous leurs efforts à
l’apprentissage de la langue française. En effet, quand un peuple met
en valeur sa langue, il cultive une dégradation de la langue d’autrui.

1
BouhdihaA., 1978 : Culture et société, Publication de l’Université de
Tunis, p. 2-19 cité par Ahmed Moatassime dans la langue française et
pluralité au Maghreb, p.103.

293
Selon Jean-Louis CALVET «le premier anthropophage est venu
d’Europe. Il a dévoré le colonisé. Et au plan particulier qui nous
concerne il a dévoré ses langues glottophages donc»1, pour lui tout
acte colonisateur est porteur de glottophagie.
La réciprocité des langues est toujours source
d’enrichissement mais, l’acquisition d’une langue ne doit pas se
faire au détriment de l’autre langue, l’échange linguistique est
continuellement source d’enrichissement s’il n’ya pas
d’hégémonie des langues. Cette situation de suprématie ou de
rejet peut être confrontée à « de graves ruptures et des périodes
de stérilité quand les siens s’écartent du cours de l’histoire et
sombrent dans l’obscurantisme. Elle périclite dès qu’elle n’est
pas travaillée, remodelée, actualisée, et le sous-développement
fait le reste » estime Salah GARMADI2.
Une langue a besoin d’évoluer au même niveau que les autres
langues dites de civilisation. Certes, beaucoup de puristes
refusent le contact des langues et l’emprunt parce qu’ils estiment
que ce dernier appauvrit la langue et l’empêche de s’épanouir
seule. Cependant, d’autres s’opposent à cet avis à l’instar de Jean
Pierre GOUAILLIER qui dit à propos de la langue française :

« nous nous serions demandé pour quelles raisons


objectives notre langue était perpétuellement considérée
comme véritablement, contaminée, blessée par les
langues étrangères plus particulièrement l’anglais, et au
nom de quoi les emprunts devraient être bannis, nous
aurions rappelé que l’emprunt n’est en fait dans la
majeure partie des cas, si ce n’est dans tous les cas que
le reflet d’un comblement des insuffisances internes d’un

1
Calvet J. L., 1974 : Linguistique et colonialisme : petit traité de
glottophagie, Payot, Paris, 224, p. 84.
2
Salah G.,1966 : Quelques faits linguistiques franco-arabe en Tunisie,
in : Actes du séminaire de linguistique 1965. Tunis publication in :
Revue tunisienne des sciences sociales, Tunis, N° 8, pages 23-56.

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système linguistique et non seulement une mode, un
snobisme de quelque nature que ce soit ...»1
Le colon s’introduit dans un pays dans un but économique, il
convoite ses richesses et ses ressources, l’intronisation de la
langue du colon est une conséquence de cette appétence.
L’autochtone intéressé par les transactions économiques oublie
d’entretenir sa langue. Le cas des jeunes d’aujourd’hui qui sont
attachés aux nouvelles technologies, apprennent les langues
d’une manière indirecte, cet apprentissage a beaucoup
d’avantages mais aussi beaucoup d’inconvénients. La génération
d’aujourd’hui a négligé sa langue et s’est attachée aux langues de
la technologie c’est le cas du chat.

2. L’espagnol

La situation de la langue espagnole est similaire à celle du


français. L’espagnol s’est infiltré au Maroc par l’intermédiaire du
colon, le Protectorat espagnol s’est installé par le traité du 27
novembre 1912. Ce traité a consolidé l’enracinement de la langue
espagnole dans les zones Nord.
Les colons espagnols n’étaient pas d’une grande influence sur
le Maroc excepté au Nord de celui-ci, c’est pourquoi la langue
espagnole ne s’est pas aussi bien imprégnée au Maroc que la
langue française. Le Maroc a libéré une partie de son territoire;
restent les villes de Ceuta et Mellilia, qui sont encore aux les
mains des Espagnols.
«Le cas de l’espagnol est paradoxal, parce que on aurait pu
s’attendre à ce qu’il jouât dans l’ancienne zone d’occupation
espagnole dans le nord du Maroc, un rôle au moins similaire, à
celui du français au sud ceci d’autant que l’espagnol semblait
même mieux disséminé dans la population, au lendemain de
l’indépendance, que le français l’était dans la zone d’occupation

1
Goudaillier J. P., 1977 : A nouveau les puristes contre la langue» In :
La Linguistique, Vol. 13, Fascicule 2, pages 85-95, p. 88-89.

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et que les échanges avec la population marocaine étaient plus
diversifiés»1.
L’espagnol n’est pas une langue dominante au Maroc sauf
bien sûr au nord où les gens parlent couramment cette dernière et
aussi nous trouvons au nord autant d’emprunts du français qu’au
sud. Cette langue a été bien conservée dans cette région vu le
voisinage géographique.

3. Amazighe
L’amazighe est l’une des différentes variétés langagières
existant sur le champ linguistique marocain. Ce parler est reparti
en trois variétés qui sont le Tamazight parlé dans le centre du
Maroc, le Tachelhit parlé dans le sud et le Tarifit parlé dans le
nord. L’amazighe « est la langue protosémitique, venue à une
époque inconnue dont on ne sait quelle contrée de l’orient ni quel
chemin, ni par le véhicule de quelle race. Elle s’employait
d’ailleurs dans tout le Nord de l’Afrique. Ce n’était pas une
langue unique homogène car elle se différenciait en nombreux
dialectes »2

Ahmed Moatassime se demande pourquoi l’amazighe n’a jamais


accédé au statut de langue qui aura les mêmes prérogatives et la
même prescription de langue que l’arabe dialectal. Est-ce que c’est

1
Youssi A., 1986 : L’arabe marocain médian, analyse fonctionnelle des
rapports syntaxiques (de la synchronie dynamique dans la création des
normes sociolinguistiques et des formes phonologiques,
morphosyntaxiques, et lexicales), Thèse pour le Doctorat d’Etat en
linguistique sous la direction de David Cohen, Paris, Paris III, Nouvelle
SORBONNE, 917 pages, p. 108.
2
Fennam M., 1986 : Phonologie et morphologie d’un parler marocain
de Rabat, Thèse pour l’obtention de Doctorat de 3 ème cycle sous la
direction de M. Fernand Bentolila, Paris, Université René Descartes,
Paris V, 2 Vol. , 791 pages, p. 9.

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une raison politique ou par manque de connaissance, ou par
méconnaissance psychologique ou sociologique.1
La question de la langue berbère a toujours été au centre des
débats culturels et politiques. Cette langue «poétique» parlée par
la majorité des locuteurs marocains a constamment ameuté
l’opinion publique.
La complexité de cette langue réside dans le choix d’un
alphabet qui soit complètement différent de la langue arabe.
Selon Stéphanie Poussel «l’officialisation de la langue berbère et
sa mise à l’écrit soulèvent la question du choix des signes à
adopter et plus largement la question des choix culturels et
politiques. Comment le choix d’un alphabet dépasse-t-il les
enjeux linguistiques pour recouvrir une dimension culturelle,
donc identitaire, et politique? Comment une langue et une
écriture s’élaborent-elles dans un rapport de domination et de
subordination? Comment s’en départissent-elles et transcendent-
elles leur relégation politique ? En quoi le choix de réinstaurer
l’alphabet tifinagh affirme-t-il un positionnement par rapport à
l’Islam, et donc à l’État?»2
La complexité vient également de la difficulté à former et à
trouver des agents compétents qui auront la charge de véhiculer
et perdurer cette langue, le manque d’outils linguistiques et de
travaux didactiques entravent la vulgarisation de cette langue. Un
autre problème se pose quant à l’apprentissage de la langue
berbère, c’est la diversité des dialectes berbères, faut-il puiser des
différentes divergences langagières (tarifit, tachelhit et
tamazight)? Comment différencier entre la langue de tous les
jours et la langue officielle? Aurions-nous une soutenue et une

1
Moatassime A., 1974 : Le bilinguisme sauvage, blocage linguistique,
sous-développement et coopération hypothécaire l’exemple maghrébin
(cas du Maroc) « Tiers Monde » Education et développement, Tome, X
59-60, Paris, Juillet-Décembre, p. 64.
2
Pouessel S., 2008 : Écrire la langue berbère au royaume de Mohamed
VI : les enjeux politiques et identitaires du tifinagh au Maroc,EHESS,
Paris, p. 221, remmm.revues.org/6029?&id=6029&file=1

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courante? Ou seulement une langue standard qui sera véhiculée
dans tous les domaines de la vie.
Cependant, malgré la difficulté des autorités à intégrer la
langue berbère dans l’enseignement, les locuteurs berbérophones,
afin d’assurer la pérennité, se sont acharnés à l’écrire, bien avant
son institutionnalisation, dans leurs correspondances usuelles et à
la faire connaitre à leurs concitoyens.
La difficulté réside également dans le fait que les enseignants
de cette langue sont formés en arabe ou en français, ceux qui
enseignent l’amazighe sont natifs berbérophones mais de
formation arabe ou française. Ces enseignants n’ont bénéficié que
de quelques mois de formation d’où le manque d’aisance dans la
transmission des règles de grammaire et d’orthographe. Selon
Abdallah EL Mountassir « les publications et les études
linguistiques berbères ont atteint ces dernières années une phase
considérable. La plupart de ces travaux portent sur des
descriptions linguistiques (phonétique / phonologie, morphologie,
syntaxe, lexique, …). Par contre, les recherches approfondies en
linguistique appliquée sont rares, et les travaux portant sur la
conception d'outils pédagogiques de base(méthodes de langue,
grammaires, guides d'orthographe, dictionnaires), indispensables
à l’enseignement du berbère, restent encore peu valorisés dans les
milieux universitaires des berbérisants»1. Les procédés
pédagogiques adaptés au berbère restent une vraie entrave à son
apprentissage, ajustées les méthodes pédagogiques du français ou
de l’arabe à la langue berbère est une sérieuse problématique.

Les pratiques de l’enseignement demeurent boiteuses,


elles varient entre l’amazighe standard et l’amazighe courant.
L’assimilation se fait difficilement et les élèves, par absence
d’outils pédagogiques, se voient tiraillés entre deux variantes de
la langue berbère.

1
EL Mountassir A., 2002 : L’enseignement du berbère au Maroc. De
quel berbère parle-t-on? Université Ibno Zohr Agadir, Maroc.

298
Néanmoins, le statut de la langue berbère a changé lorsque
Mohamed VI a crée le 17 octobre 2001 l’Institut Royal de la
Culture Amazigh (I.R.C.A.M.) dont l’objectif était d’introduire la
langue berbère et de veiller sur le bon fonctionnement de celle-ci
dans le système de l’enseignement marocain. En effet, le
Ministère de l’Education Nationale et de la Jeunesse (M.E.N.J.) a
entrepris en septembre 2003 l’enseignement du berbère dans 317
écoles. Cependant, afin de bien préparer l’apprentissage de cette
langue, le Ministère de l’Education Nationale et de la Jeunesse
avait mis en place une formation en amazighe destinée aux
enseignants qui seront appelés à l’assurer. Cette formation était
chapeautée par le Centre de l’Aménagement Linguistique
(C.A.L.) dépendant de l’I.R.C.A.M.
Cette initiative était un événement marquant dans la politique
linguistique du Maroc. La mission de l’(I.R.C.A.M.)était
d’introduire la langue berbère dans le système éducatif marocain
et de s’occuper du choix de la graphie. Le choix s’est arrêté sur
le tifinagh vu l’attachement des berbérophones à cette graphie.
L’adoption de cette graphie, qui censée traduire la langue
berbère, a soulevé de nombreuses polémiques étant donné que le
tifinagh présente plusieurs variétés. Face à cette hésitation, la
décision prise était de remodeler le tifinagh afin de satisfaire aux
exigences de l’enseignement de cette langue.

4. Arabe classique
Comme langue liturgique et sacrée, l’arabe classique est
révéré par le monde arabe et a pour objectif de transmettre les
principes du Coran et de la religion musulmane. Il est également
considéré comme une langue de prestige du fait que le coran est
révélé dans cette langue. Elle est aussi estimée parce qu’elle est
considérée comme une langue poétique. Tous les cours que ça
soit à l’école ou à l’université sont dispensés dans cette variété de
langue. Ainsi, cette langue est spécialement utilisée dans les
officialités comme les administrations, la justice, la télévision et
la radio. Cette langue appelée classique ou littérale est la langue
dans laquelle s’exprime conventionnellement toute la

299
communauté arabe. L’usage de cette langue est essentiellement
limité à l’écrit et à la prédication pendant la prière. Elle n’est
jamais employée, dans aucun pays, en tant que langue de
communication et d’usage quotidien.1
Malgré l’usage de l’arabe classique, celui-ci est ignorée par la
plupart des locuteurs arabes aussi bien à l’écrit qu’à l’oral vue sa
complexité. Son apprentissage reste difficile. «Les langues sont
d’habitude amusantes. Mais l’arabe est en train de me tuer», Dit
Robert Lane Greene, journaliste américain à Slate.com. Ainsi,
l’apprentissage et la difficulté de son utilisation dépend de chaque
locuteur: «suivant la langue maternelle de l’élève, l’arabe sera
plus ou moins difficile à appréhender», pense Mohammed Jeridi,
professeur d’arabe littéral à l’Institut national des langues et
civilisations orientales (I.n.a.l.c.o.).
D’après les locuteurs étrangers, le système phonétique arabe est
difficile parce qu’il contient des lettres assez compliquées à
prononcer étant donné que certaines lettres proviennent du pharynx,
du larynx et de la glotte comme le /ħ/, /x/, /ɤ/.Ainsi l’arabe a un
consonantisme assez riche et un vocalisme pauvre /a/, /u/, /i/.

5. Arabe standard
L’arabe standard appelé également l’arabe médian est une
langue qui constitue un système intermédiaire entre l’arabe
classique simplifié et l’arabe dialectal remanié. Il est utilisé
surtout à la radio, à la télévision, dans les discours politiques et
dans les médias. Cette variété est née afin de faciliter la
communication entre les locuteurs des différents pays arabes dont
les dialectes constituent de grands obstacles pour la
compréhension. Son emploi demande une certaine aisance en
arabe classique et des locuteurs avertis vu que ce parler est issu
de l’arabe classique.
En effet, l’arabe médian est devenu l’apanage de tous les
locuteurs intellectuels puisqu’il est réduit à une syntaxe plus

1
Grand-Guillaume G., 1983 : Arabisation et politique linguistique au
Maghreb, Paris : Maisonneuve et Larousse, 208 pages, p.19.

300
commode et un vocabulaire plus adapté à la vie quotidienne afin
de faciliter les échanges et les transactions commerciaux entre les
différents pays arabes qui ont énormément d’obstacles pour se
comprendre étant donné les différences langagières rencontrées
dans les divers dialectes arabes. Ainsi l’arabe standard est devenu
« à mi-chemin entre les parlers dialectaux et l’arabe classique ».1

I) Tentative d’arabisation
Après l’indépendance en 1956 le Maroc a commencé à
réfléchir sur les procédures d’une arabisation qui engloberait tous
les secteurs de la vie. Parce que selon les citoyens marocains, la
vraie libération doit être aussi bien au niveau national qu’au
niveau linguistique.
L’arabisation était réclamée par la «Umma» arabe parce que
pour elle la langue est la conservatrice de l’identité et de l’unité
arabe qui étaient jusqu’à maintenant étouffés par le colonialisme.
L’arabisation revendiquée par le peuple marocain était pour
lui le seul espoir pour retrouver sa vraie identité, tiraillée depuis
des années par le colonisateur.
Cependant, chacun voyait la méthode d’arabisation différente
de l’autre. Il y avait ceux qui revendiquaient une arabisation
hâtive pour en éradiquer la langue française, et ceux qui voulaient
une arabisation progressive.
En 1959, le ministre Abedelkrim BENJELLOUN a établi une
doctrine afin de changer le cours de la situation linguistique au
Maroc. Cette dernière repose sur quatre éléments essentiels :
l’unification, la généralisation, la marocanisation et l’arabisation.

L’unification conçoit la substitution de l’enseignement en


français, et le remplacement des enseignants français par des
enseignants nationaux. Toutefois, malgré ces tentatives

1
Youssi A., 1979 : Morphologie verbale en arabe marocain médian,
Actes du 11ème colloque international de linguistique fonctionnelle,
Rabat, Publication de la faculté des Lettres et Sciences Humaines,
Rabat, Maroc, pages 187-197-189.

301
d’arabisation «l’enseignement au Maroc aussi bien dans ses
structures que dans son contenu et ses méthodes, est resté,
comme dans beaucoup de pays du Tiers-Monde un enseignement
d’importation inadapté aux réalités locales et incapables de
recréer ou de se renouveler»1
La généralisation prévoit de donner la possibilité à tous les
enfants marocains ayant atteint l’âge de la scolarisation de
s’inscrire dans une école nationale, unifiée et gratuite.
La marocanisation était axée sur la formation en arabe de
cadres et d’enseignants marocains et aussi l’orientation des
marocains vers un enseignement particulièrement en arabe pour
qu’ils puissent remplacer les cadres étrangers.
L’arabisation avait objectif de faire de la langue arabe, la
langue officielle du pays. Toutefois, cette arabisation n’a pas
donné le résultat souhaité étant donné que cette méthode était
hâtive et non efficace par rapport aux objectifs des marocains.
Aussi, ce procédé n’avait pas pris en considération la motivation
et la préparation psychologique qui sont des facteurs primordiales
dans l’apprentissage d’une langue.

II) Cohabitation de l’arabe classique et de l’arabe


dialectal
Cette cohabitation de l’arabe classique et l’arabe dialectal
présente une situation diglossique dans la mesure où l’arabe
classique est considéré comme une langue de prestige parce qu’il
est parlé par l’élite intellectuelle et l’arabe dialectal est parlé par
des locuteurs rencontrant des difficultés à parler l’arabe classique.
Cette préférence et cette supériorité de l’arabe classique à
l’arabe dialectal vient de son lien étroit avec la religion et du fait
que c’est une langue de la littérature et de la poésie. Malgré ce
prestige et cette supériorité, l’emploi de cette langue se limite à la
langue de la religion et au discours officiels. Certains linguistes
pensent que l’arabe classique n’a pas le statut qu’il mérite c’est
1
Moatassime A., 1974 : Le bilinguisme sauvage au Maroc, op., p. 624.

302
pourquoi il devrait se substituer à l’arabe dialectal, qui n’est pour
eux qu’un mélange d’arabe classique, de français, de berbère et
d’autres langues étrangères. Donc hybride.
Pour d’autres, l’arabe dialectal doit se propager dans tous les
secteurs de la vie privée et professionnelle. Etant donné qu’il est
la langue de presque toute la communauté marocaine, à côté du
berbère parlée par un grand nombre de locuteurs marocains dont
la plupart parlent l’arabe marocain.

1) Situation de l’arabe dialectal ou la Darija


L’arabe dialectal est un mélange de l’arabe classique et de
mots étrangers : français, espagnols, anglais, perses et turcs. A la
différence, de l’arabe classique qui n’est utilité que dans les
situations formelles, l’arabe dialectal est la langue quotidienne de
presque tous les marocains; elle est parlée dans la vie
quotidienne, à la maison, dans la rue, dans les administrations,
etc. C’est une langue de culture orale.
Toutefois, ce parler comporte une grande diversité régionale.
Ainsi, trouvons-nous dans les différentes villes du Maroc une
importante variété de parlers. Cependant, malgré ces écarts
linguistiques, les locuteurs marocains communiquent sans aucune
difficulté.

L’arabe marocain fait partie de l’arabe maghrébin, l’arabe


dialectal marocain est un parler qui a des ressemblances et des
divergences avec les autres parlers maghrébins. Ces
dissimilitudes phonologiques, syntaxiques et morphologiques
n’empêchent nullement les locuteurs marocains de se
comprendre. L’arabe marocain est un ensemble de variétés
langagières utilisées dans tout le Maghreb; cet ensemble de
parlers ayant des traits de ressemblances entre eux et également
d’autres qui les différencient des parlers orientaux pense Philippe

303
Marçais1. A côté de ces ressemblances qui sont dus au voisinage
géographique, nous avons aussi des dissimilitudes qui posent
souvent des obstacles communicatifs.
Cependant, malgré la résistance des partisans de l’arabe celui-
ci demeure toujours délaissé et «maltraité» face à l’arabe
classique et face au français qui depuis le colonialisme n’a cessé
de prendre de l’ampleur. L’arabe dialectal ou la darija a toujours
été abandonné, il a constamment été considéré comme une langue
du peuple et de la vie quotidienne à la différence de l’arabe
classique et de l’arabe standard qui, quant à eux, pris entant que
langues des intellectuels.
Cette place défavorisée de l’arabe marocain lui procure un statut
d’infériorité par rapport à l’arabe classique qui a un caractère
supérieur. Les locuteurs sont la cause de cette entrave dans la mesure
où ils délèguent à l’arabe dialectal un niveau moindre.
Khalid Karaoui2 estime que nous ne pouvons pas considérer
l’arabe dialectal inférieur du moment que la majorité des mots
employés dans celui-ci viennent de l’arabe classique avec de
petites modifications phonétiques. Nous constatons que la
différence entre les deux langues ne se situe pas uniquement au
niveau phonique mais aussi au niveau morphologique. Ainsi, en
dialectal, le remplacement de certains mots de l’arabe classique
par des emprunts étrangers et sur la base morphologique de ceux-
ci, on constitue des dérivés et des flexions qui correspondent à
l’arabe dialectal, poussent les arabophones à stigmatiser leur
dialecte. Au niveau sémantique, on trouve parfois un glissement
de sens d’un mot dans l’arabe dialectal, par rapport à l’arabe
classique. Peut-on parler dans le cas de l’arabe classique et
l’arabe dialectal de diglossie.

1
Marçais P., 1977 : Esquisse grammaticale de l’arabe marocain, Paris,
Lib. Maisonneuve, 282 pages, p. 120-133.
2
Karaoui K., 1982 : La diglossie en Tunisie, journée d’études 9,
Sociolinguistique du Maghreb par Louis Jean Calvet, p. 85-103, p. 85.

304
Le terme diglossie est employé dans une communauté qui use de
ses communications journalières de deux langues. Ce sont deux
variétés linguistiques parentes. Cependant, l’une présente un statut
social plus important que l’autre. André Martinet1réfute le terme de
diglossie, selon lui lorsque les linguistes évoquent ce terme c’est pour
parler d’un bilinguisme ou d’un plurilinguisme employé dans une
société. Il estime qu’au moment où l’on parle de diglossie, on entend
que dans une communauté donnée, il ya deux langues apparentes qui
cohabitent ensemble toutefois une langue est considérée comme une
langue de prestige et l’autre de moindre portée.
Nous pensons que cette situation linguistique qui existe au
Maroc n’est pas un cas de diglossie étant donné qu’il y a une
identité et une grande affinité entre les deux langues et non une
diglossie. La dissimilitude entre les deux variétés est que la forme
dialectale a subi beaucoup d’altérations et a introduit beaucoup
d’emprunts alors que l’arabe classique a essayé de lutter contre
l’intégration des emprunts. Néanmoins, on ne peut parler de
diglossie « que lorsque les usagers prennent conscience de cette
identité et qu’au moins certains d’entre eux luttent pour la réduire
ou l’éliminer, soit par la réduction progressive des différences qui
les séparent » pense André Martinet2.

Cette situation linguistique métissée a compliqué


l’enseignement de la langue arabe au Maroc et a également crée
des obstacles à la communication. Cette problématique vient de
cet espacement qui existe entre l’arabe classique, langue
d’enseignement, et l’arabe standard langue des médias et de
l’administration et l’arabe dialectal et l’amazighe langues de tous
les jours. Depuis le processus de l’arabisation pendant les années
80, l’Education Nationale et le Conseil Supérieur de

1
Martinet A., bilinguisme et plurilinguisme, Revue tunisienne des
sciences sociales, publications C.E.R.S., Université de Tunis, Actes du
séminaire de linguistique des 14, 15, 16, avril 1965, extrait du numéro
8, décembre 1966, p. 60-61, pages 57-65.
2
Martinet A., 1982 : Bilinguisme et diglossie, Appel à une vision
dynamique des faits, in : La linguistique, Revue Internationale de
Linguistique Fonctionnelle, volume 18, Fascicule 1, P.U.F p. 9

305
l'Enseignement (C.S.E.)n’ont cessé de parler des difficultés
langagières causées par l’arabe classique, très difficile pour les
apprenants arabophones et l’arabe dialectal qui est considéré
comme une langue entrecroisée entre plusieurs dialectes. Selon
Salma EL Madani la darija est «comme nombre de langues de par
le monde, porte en elle les empreintes mémorielles de toute
l’Histoire du pays, entre autres, les contacts entre les variantes de
l’amazighe, l’important fond arabe de l’Orient (coranique, pré et
post hilalien) ainsi que celui de l’Andalousie musulmane,
l’hébreu, les langues de la péninsule ibérique et le français. Ces
contacts ont donné lieu à une multitude d’interférences
linguistiques que laisse transparaître l’arabe marocain et on
assiste actuellement, avec l’essor des médias, à l’évolution vers
une forme de normalisation de cette langue, engagée
spontanément par la jeunesse des grands centres urbains, et
particulièrement, Casablanca. Le passage, cependant, au statut
d’une langue véhiculaire des savoirs, est très problématique, le
processus étant fort complexe, comme le montre l’Histoire de
l’évolution des langues »1.

Ce rejet et cette problématique de la Darija vient de son statut


par rapport à l’arabe classique et de cette comparaison perpétuelle
entre deux langues présentant une multitude de dissemblance, une
(arabe classique) est considérée comme une sanctification et
l’autre (la darija) est la conséquence de l’entrecroisement entre
plusieurs langues qui n’ont pas la même source et des dialectes
marocains montrant quelques dissimilitudes.

Le plurilinguisme au Maroc doit être perçu comme une


chance et une grande richesse et non comme tare. L’arabe
dialectal ou la darija fait partie de cette richesse linguistique, c’est
un dialecte qui trace l’histoire du Maroc, la présence de la langue
1
EL Maadani S., 2014 : L’évolution des parlers au Maroc Le dialectal
marocain progresse, mais reste à standardiser, Entretien avec Yves
Montenay, Synergies Monde méditerranéen n°3, Mythes et Langues
Histoire Violence Création Devenirs méditerranéens, Université
Mohamed V, Souissi, Rabat, Maroc.

306
française démontre l’existence du colon français, l’empreinte de
la langue espagnole prouve la présence du colonisateur espagnol
au Nord, les mots turc montre le contact des marocains avec les
trucs lors des croisades arabes. La darija est donc la conséquence
du métissage avec les langues étrangères depuis les temps des
conquêtes islamiques jusqu'à la colonisation européenne.
La darija est toujours léguée au second plan par rapport à
l’arabe classique et l’arabe standard. Beaucoup de marocains
pensent que la darija est source d’analphabétisme cependant,
nous pensons que ce dialecte est vecteur puissant pour faire
connaitre l’identité et la culture marocaine.

Depuis un certain temps la presse marocaine s’intéresse au


sort de la darija, maltraitée par beaucoup de locuteurs marocains,
l’enseignement en arabe dialecte est le centre des débats des
médias marocains. La fondation Zakoura-Éducation a relancé en
octobre 2014 une polémique entre adeptes de l’enseignement en
arabe dialectal. Le compte rendu auquel est arrivé cette fondation
lors du colloque organisé le 04 et 05/10/2013 est d’accorder la
même valeur à celle accordée à l’arabe classique. D’après
Noureddine Ayouch, la darija peut faciliter l’enseignement des
langues au Maroc parce que c’est la langue maternelle de tous les
marocains, les citoyens n’auront aucun problème à la maitriser.
Nous rejoignons Noureddine Ayouch lorsqu’il affirme que la
difficulté de l’apprentissage surtout de l’arabe classique vient du
fait que cette langue est considérée, au début de la scolarisation,
comme une langue étrangère aux apprenants dans la mesure où
ils la découvrent pour la première fois alors qu’elle est censée
être la leur. La diversification entre les deux langues pose
problème, les apprenants se trouvent perdus entre deux systèmes
différents qui sont supposés être très proches. Nous pensons que
le publicitaire Noureddine Ayouch confond entre la darija et
l’arabe standard ou l’arabe médian, la darija est effectivement
loin de l’arabe classique étant donné qu’elle est une fusion entre
plusieurs langues et dialectes complètement distincts l’un à

307
l’autre. Par contre, l’arabe standard est l’arabe classique simplifié
et l’arabe dialectal revu et retouché.
L’avenir de l’arabe dialectal était toujours expulsé en
comparaison avec les revendications linguistiques amazighes, les
berbérophones ont lutté et continuent à lutter afin de réformer
totalement leur dialecte qui commence à être enseigné dans certaines
écoles publiques. Les requêtes faites pour l’enseignement de la
darija sont timides et hésitantes, ce n’est que quelques années que
certains fervents de ce dialecte commencent à s’activer et à
s’intéresser à ce parler comme le cas de certains journaux (Nichan,
Akhbar Bladna et autres). Pour la secrétaire de Rédaction Akhbar
Bladna ZhourArfawi, écrire en arabe dialectal, c’est faciliter aux
marocains et surtout aux femmes la lecture parce que c’est très
difficile pour elles de comprendre l’arabe classique1.
J’appréhende fortement l’intégration de l’arabe dialectal dans
l’enseignement au Maroc dans la mesure où elle n’aura ni le
même statut ni le même sentiment identitaire que l’arabe
classique et sera toujours considéré semblable à une langue
hybride. L’arabe dialectal ne pourra jamais atteindre la
prépondérance de l’arabe classique parce que cette fusion des
dialectes donne aux locuteurs marocains l’effet d’une langue
moindre. Elle sera dépendante de l’arabe classique et ne pourra
pas avoir son propre statut.

Nous pensons également que la constitution et la structuration


des règles de la grammaire et de la morphologie de l’arabe
classique lui procure cette divinisation que le parler marocain n’a
pas dans la mesure où comme tout dialecte, les règles
grammaticales sont indéterminées et aléatoires.
A notre avis, l’arabe standard serait une solution pour faciliter
l’apprentissage de la langue arabe et les transactions
commerciales avec les autres pays arabes. L’arabe médian
présente moins de difficultés syntaxiques et morphologiques que
l’arabe classique. Nous affirmons également que l’arabe standard

1
http://ieiop.unizar.es/pub/06_Daiana,%20A.pdf Angela Daiana,langone

308
a fait ses preuves depuis quelques années surtout dans les médias
et dans le milieu intellectuel. Ce parler a facilité la
communication entre les locuteurs marocains même de différents
niveaux intellectuels et de différents continents arabes. L’arabe
standard, contrairement à l’arabe classique, reste un moyen de
communication très puissant dans la mesure où il est présent dans
tous les moyens de communication, compris et employé par
beaucoup de locuteurs marocains. Il est aussi ouvert à la
technologie et aux emprunts relatifs à tous les domaines de la
science. Cependant, le pouvoir politique doit soutenir cette
langue, l’aider à s’officialiser afin de répondre aux exigences
linguistiques et l’intégrer dans les écoles pour que son expansion
se fasse par le biais de l’enseignement.

Malika RAFIQ
E.N.S. de Casablanca
Université Hassan II de Casablanca

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310