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DOCUMENT CONFECTIONNE PAR MONSIEUR NDOUR TEL.

77-621-80-97

VERSION ORIGINALE AMELIOREE


Nous tenons à préciser que ce travail n’est qu’une esquisse des repères possibles pour acquérir des connaissances et
dérouler une argumentation en dissertation philosophique. Les choix opérés peuvent être arbitraires, comme tout choix
d’ailleurs, mais l’essentiel c’est que les mains expertes qui s’en saisiront mettent en branle leur effort d’orientation afin
de l’exploiter au mieux, pour le seul bénéfice des apprenants. Loin de réclamer une certaine exhaustivité, il va sans nul
doute aussi leur fournir des connaissances philosophiques non négligeables, renforçant la qualité de leur apprentissage,
leur procurer des données diverses, variées pouvant leur permettre de pallier à leur déficit de lecture. L’objectif ultime
visé de ce document est la mobilisation des ressources didactiques. Mais il ne prend pas en compte toutes les
appréhensions méthodologiques, du fait que leurs différents professeurs sont tenus de les mettre en œuvre dans le cadre
de leur enseignement apprentissage.
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SUJET DE DISSERTATION N°3


« La fonction de la philosophie est de contester, mais son destin est d’être
contesté. » Quelle réflexion vous suggère ce propos ?

INTRODUCTION
« La philosophie ne commence qu’avec la décision de soumettre l’héritage philosophique et culturel à une
critique sans complaisance ».Cette idée de Marcien TOWA montre qu’elle est une activité consciente et
méthodiquement conduite de production et de mise en forme logique d’idées, de concepts et de représentation, bref une
activité qui tente d’expliquer le réel.C’est dans cette dynamique que notre sujet nous amène à réfléchir sur la conception
selon laquelle « la fonction de la philosophie est de contester, mais son destin est d’être contestée ». Autrement dit, il
évoque le problème de la vocation de la philosophie et de son destin qui est remettre en question les vérités préétablies.
La philosophie n'a jamais réussi à développer une méthode qui aurait réussi à s’imposer parmi les philosophes. L’histoire
de la philosophie ne présente-t-elle pas une diversité de systèmes d’idées opposées favorable à la contestation ? Le
philosophe ne doit-il pas tout contester et être contesté pour rompre avec les apparences et les certitudes ? Cependant,
est-il possible d’instaurer des croyances, des certitudes et d’y penser juste et bon sans les contester et ainsi de se libérer
des influences extérieures ? Pour mieux élucider cette problématique, nous allons tenter d’apporter des réponses à ces
questions. Dans quel contexte la fonction de la philosophie est-elle toujours de contester ? La contestation dont la
philosophie fait preuve est-elle utile dans le cadre de son déploiement ?
DEVELOPPEMENT
La philosophie est souvent définie comme une remise en cause de nos manières habituelles de vivre et de penser
poussant toujours au pratiquant de demeurer dans le champ de la contestation.
La philosophie est essentiellement questionnement, examen, doute. Elle aspire à une connaissance générale et achevée de
l’expérience humaine dans sa totalité et dans cette entreprise, elle a comme instrument la raison et comme démarche
principale le doute. A l’origine, la philosophie a élaboré son discours en dehors des références magico-religieuses. Au
dogme religieux, la philosophie a toujours opposé le principe de la raison comme instance de validation et comme source
de vérité. Pierre FOUGEYROLLAS a dit à ce propos que « Dans son jaillissement originel, la philosophie n’apparait
ni comme un savoir ni comme un pouvoir, mais comme la dissolution de tout savoir acquis et de tout pouvoir établi ».
La dissolution dont il est question ici est tout simplement la critique, l’examen. La philosophie n’épargne aucun savoir,
aucun pouvoir dans sa critique. La subversion est l’âme de la philosophie ; elle n’est pas une connaissance, elle ne
prétend pas détenir la vérité ; elle se veut une instance de contrôle et de veille. Le mythe, la magie, la science, la
technique, rien n’est épargné par la critique philosophique. C’est parce qu’elle aspire à tout fonder en raison que la
philosophie est fatalement critique. C’est justement parce qu’elle est d’essence subversive que la philosophie suscite un
cortège de critiques et d’indignations. Dans l’antiquité déjà la philosophie a été la cible de toutes les formes de
diabolisation et même de la persécution. La mort tragique de Socrate (père symbolique de la philosophie) est la preuve
archétypale du destin de la philosophie d’être inexorablement contestée. Elle est critiquée pour sa nature controversée,
pour son caractère spéculatif et désintéressé, mais aussi parce qu’elle est redoutée. Elle se critique elle-même car elle est
personnelle et controversée : sa nature même est d’être source d’antagonisme. Parce qu’elle exige conformisme et

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unanimisme, la société considère la philosophie comme un danger à écarter. Le pouvoir politique, parce qu’il veut se
perpétuer sur la base de la manipulation est à abattre. Le pouvoir religieux aussi, parce qu’il repose sur le dogme,
conteste la philosophie qui prétend tout justifier par la raison. Le sens commun qui a la paresse d’examiner et la peur de
voir ses certitudes être ébranlées par la philosophie rejette cette dernière. C’est dans cette dynamique que KANT
soutient : « En philosophie chaque penseur bâtit son œuvre pour ainsi dire sur les ruines de ses prédécesseurs, mais
jamais aucune n’est parvenue à devenir inébranlable en toute ses parties. De la vient qu’on ne peut apprendre à fond
la philosophie puisqu’elle n’existe pas ».
Au regard de toutes ces considérations, nous pouvons valablement penser que la philosophie est par nature une
subversion infinie, mais sans cesse subvertie, récusée. Mais cela incline-t-il la philosophie au scepticisme et au
nihilisme ? La contestation dont la philosophie est victime est-elle toujours fondée ?
Après avoir développé les arguments qui confirment la thèse selon laquelle la fonction de la philosophie est de
contester et que son destin est d’être contesté, nous avons pu constater les limites et les insuffisances de notre sujet, que
chercherons à compléter et à clarifier, à travers d’autres considérations philosophiques.
La philosophie est à la fois une manière de penser et une manière, voire un art de vivre ; elle ne critique que par souci de
vérité. La critique philosophique ne saurait être assimilée à un esprit de critique qui fait de la critique une fin en soi. La
philosophie ne se sert de la critique que comme méthode d’investigation. Le doute cartésien illustre parfaitement cette
nature de la critique philosophique. : c’est un doute méthodique et par conséquent provisoire. DESCARTES commence
son itinéraire philosophique par une remise en question des préjugés reçues et des pseudos certitudes. C’est en ce sens
qu’il affirme : « Il fallait que je rejetasse comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer, le moindre
doute, afin de voir s’il ne resterait point après cela quelque chose à ma créance qui fut entièrement indubitable ». La
philosophie n’est ni pur scepticisme c’est-à-dire un doute motivé par une prétendue inaccessibilité de la vérité ni un
nihilisme consistant à tout rejeter toutes les valeurs et les préceptes moraux. Les adversaires de la philosophie sont
généralement soit de mauvaise foi, soit ignorants de la véritable vocation de la philosophie en lui reprochant
généralement de ne pas être ce qu’elle n’a jamais prétendu être ou de ne pas donner ce qu’elle ne peut offrir. La
philosophie est juste une attitude intellectuelle, une manière de penser ayant pour vocation de libérer l’homme de
l’ignorance et de la servitude intellectuelle. Nous oublions souvent que la philosophie est la quête de la sagesse dont
l’enjeu principal est d’ennoblir l’homme et de le mener à une vie paisible et sans souffrance (ataraxie). Sous ce rapport,
Nous ne saurions la réduire à une simple critique : elle est également une école de vie, une manière de réaliser l’homme
en l’élevant à l’universalité. Si la philosophie nous inculque l’esprit critique, ce n’est pas pour nous pousser à avoir un
esprit de critique, c’est plutôt pour savoir penser et mener une vie bonne, digne. C’est vrai qu’aucune philosophie ne fait
l’unanimité, mais cela ne signifie pas que la philosophie est fatalement contestée. D’un autre côté, nous pourrions même
envisager l’indifférence comme principale réaction à la philosophie. Étant donné que toute entreprise de contestation de
la philosophie s’inscrit dans l’esprit de la philosophie, la modernité préfère parfois opposer une sourde indifférence à la
critique philosophique.
L’histoire de la philosophie présente une multiplicité de systèmes philosophiques au point que nous nous
demandons si cette diversité ne serait pas un argument contre la philosophie. Chaque philosophe vante sa conception,
prétendant qu’elle vaille mieux, mais aucune philosophie n’a pu enterrer l’autre. Cette diversité de points de vue n’est
pas pour autant un handicap pour la philosophie. Au contraire, elle lui permet de s’enrichir de nouvelles idées. En réalité,
chaque point de vue enrichit le débat philosophique.
CONCLUSION
Au terme de notre analyse et au regard de ce qui précède, il était question de savoir si la fonction et le destin de la
philosophie sont de contester. Il importe de retenir que certes la philosophie critique et est critiquée à son tour. Mais elle
est avant tout une disposition intellectuelle orientée vers le bonheur de l’homme, car il est difficile de délimiter
rigoureusement ses méthodes, ses thèmes et ses objets. La philosophie n'a jamais réussi à développer une méthode qui
aurait réussi à s’imposer parmi les philosophes comme la méthode expérimentale s'est imposée en physique et en chimie.
Raison pour laquelle sa fonction est de contester le tout reçu. Cependant, même s’il est difficile de dire ce qu’est la
philosophie, Nous pouvons tout de même donner quelques définitions générales.

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