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UE 1 - CULTURE HISPANIQUE - LU1ES1EF

L1ES012O - Littérature : Analyse textuelle

2021-2022
Premier semestre

ANTOLOGÍA DE POEMAS

España – Hispanoamérica

Sorbonne Université
Institut d’Études ibériques & latino-américaines

CM : Madame Breysse-Chanet
TD : Madame Cristini, Madame Karalékian, Monsieur Lanes, Madame Martínez-Chauvin
GLOSSAIRE

ACCENT(S) MÉTRIQUE(S) / acento(s) métrico(s) - Accent(s) tonique(s) pris en compte pour la


détermination du mètre* d'un vers*.
- corrélats: mètre - rythme - syllabe métrique.

ACCUMULATION / acumulación - Effet de surcharge expressive : obtenu par l'énumération d'éléments


de même nature (sémantique, syntaxique, phonétique, etc.).
- corrélats: anaphore - redondance.

ACROSTICHE (m.) / acróstico - Poème ou strophe où la première lettre de chaque vers se combine avec
les autres initiales de vers pour former un mot lu verticalement (souvent un nom propre: auteur,
dédicataire, etc.).
- corrélat: typographie.
AGUDO (mot–) - V. OXYTON.
ALEJANDRINO - Vers* composé de deux hémistiches heptasyllabes* indépendants (entre lesquels il ne
peut donc y avoir de synalèphe*).
NB : ce type de vers est totalement distinct de l'alexandrin français.

ALLÉGORIE 1 alegoría - Figure* consistant à représenter un comparé* immatériel (une idée, un


sentiment, une valeur, etc.) sous l'aspect d'une combinaison cohérente d'éléments matériels à valeur
symbolique ou métaphorique.
- corrélats : comparaison - image - image filée - métaphore - symbole.

ALLITÉRATION / aliteración - Répétition (le plus souvent à l'initiale de mots ou de syllabes) d'un ou
plusieurs sons consonantiques. C'est un des procédés de l'imitation phonique* ou de la musique* du vers.
- corrélats : assonance - imitation phonique - musique du vers - paronomase.

ANACOLUTHE / anacoluto - Figure* consistant en une rupture de la construction syntaxique d'usage.


- corrélat: hyperbate.

ANAGRAMME (f.) / anagrama (m.) - Procédé consistant à reprendre dans un ordre différent les lettres ou
les phonèmes* d'un mot donné pour produire un autre mot.
- corrélat: typographie.

ANAPHORE / anáfora - Répétition d'un même mot ou groupe de mots en tête de phrases ou de
propositions.
- corrélats : accumulation - redondance.

ANTIPHRASE / antífrasis - Procédé consistant - souvent dans une intention ironique – à désigner une
notion par un mot ou un groupe de mots exprimant le contraire.

ANTITHÈSE / antítesis - Figure* consistant à rapprocher dans un même contexte deux notions opposées
pour créer un contraste.
- corrélat: oxymore.
ANTONOMASE / antonomasia - Figure* qui consiste,
(a) soit à exprimer par le nom propre d'un personnage une caractérisation que la tradition lui attribue
notoirement.
(b) soit à remplacer le nom propre d'un personnage connu par la caractérisation pour laquelle ce
personnage est connu.

APOSTROPHE 1 apóstrofe - Figure* qui consiste à interpeller soit le lecteur, soit un personnage ou un
élément personnifié du poème.

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ARTE MAYOR -(a) On appelle vers d'arte mayor tous les vers* métriques plus longs que l'octosyllabe*.
Le terme désigne aussi de façon générale la poésie de tradition savante utilisant principalement cette
catégorie de vers*.
(b) Au sens historique restreint, le vers d'arte mayor est un vers médiéval composé de deux hémistiches*
hexasyllabiques* ; vers qui oscille en fait entre dix et quatorze syllabes, car chaque hémistiche* admet
l'élimination de la syllabe initiale inaccentuée ou l'addition d'une syllabe complémentaire.
ARTE MENOR - On appelle vers d'arte menor tous les vers courts jusqu'à l'octosyllabe compris. Le
terme désigne aussi plus généralement la poésie de tradition populaire utilisant cette catégorie de vers.
ASSONANCE / asonancia - (a) Répétition d'un ou de plusieurs sons vocaliques. C'est un des procédés de
l'imitation phonique* et de la musique du vers*.
b) Ce terme est également employé dans le sens de rime assonante*.
ASSONANTE (rime-) - V. RIME.
ATONE / átono,a - Se dit de toute syllabe qui ne porte pas l'accent tonique du mot. Se dit aussi de
certains mots (articles, adjectifs, possessifs, prépositions, conjonctions, etc.) considérés comme
inaccentués parce que prenant appui sur la syllabe tonique des mots auxquels ils sont associés.
- corrélats: mètre - rythme - tonique.
BLANC (vers-) - V. VERS.
CACOPHONIE / cacofonía - Rencontre de phonèmes* jugée désagréable pour l'oreille. Elle peut aussi
être parfois recherchée volontairement par le poète à des fins expressives diverses: effet comique,
mimétique, etc.
- corrélats: euphonie - musique du vers.
CADENCE / cadencia, compás - Retour à intervalles réguliers des syllabes toniques* à l'intérieur du
discours.
- corrélat: rythme.

CALLIGRAMME /caligrama - Poème dont la disposition typographique suggère un dessin en rapport


avec le sujet traité.
- corrélat: typographie.

CANCION PETRARQUISTA - Poème d'arte mayor (a)*, imité de la canzone italienne, composé d'une
série de stances* dont la dernière conclut le poème sous forme d'un envoi*.

CANCION TROVADORESCA - Composition poétique en vers d'arte menor* qui, dans sa forme la
plus régulière, comporte un couplet (motif ou «thème» + deux variations ou mudanzas) et une reprise ou
vuelta.

CÉSURE / cesura - Coupe* principale à l'intérieur de certains vers*, les divisant en deux membres
d'égale ou d'inégale longueur. A l'inverse de la pause métrique*, la césure n'empêche pas la synalèphe*. La
césure n'est pas toujours marquée par une virgule, ou autre signe de ponctuation.
- corrélats: hémistiche - pause métrique

CHAMP LEXICAL / campo léxico - Ensemble des mots qui, par dénotation* ou connotation·, sont
utilisés pour désigner, caractériser, évoquer ou suggérer une notion, une activité, une personne.

CHAMP SÉMANTIQUE / campo semántico - Ensemble des sens qu'un mot, par dénotation* et/ou
connotation*, prend dans un texte.

CHIASME / quiasmo - Figure* consistant à croiser, dans la disposition syntaxique, des mots ou groupes
de mots que la logique met en parallèle.

CITATION / cita - Fragment extrait d'un texte et réutilisé comme tel dans un autre texte, où cette citation
peut être marquée par des guillemets ou l'usage de l'italique.
- corrélats: collage - épigraphe - exergue.

CODE / código - Système conventionnel de signes* destiné à représenter et à transmettre l'information,


grâce à une transmutation de la forme du message*. L'écriture, par exemple, est un code qui permet de
transformer un message acoustique en message graphique.

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COLLAGE / collage (gaI.) - A l'origine procédé de la peinture moderne: composition obtenue en
juxtaposant sur la toile divers éléments tels que papiers, fragments de tissus, etc., éventuellement intégrés à
la peinture. En littérature, et par analogie, introduction dans un texte d'éléments langagiers hétérogènes
empruntés directement à la réalité (slogans publicitaires, écriteaux, etc.).

COMPARAISON / comparación - Image* où apparaissent explicitement trois éléments : le comparé*


(término comparado), le comparant* (término de comparación) et l'introducteur syntaxique* (nexo
comparativo).
- corrélats : métaphore- symbole.
COMPARANT / término de comparación - V. IMAGE.

COMPARÉ / término comparado - V. IMAGE.

COMPOSÉ (vers–) - V. VERS.

COMPOSITION POÉTIQUE / composición poética - On désigne sous ce terme certaines combinaisons


courantes de vers* ou de strophes* (Ex. : le sonnet*, la siIva*, la seguidilla*, la canción*, les divers
modèles de cantiga, etc.
- corrélat : construction.

CONCEPTO - Dan la poésie classique espagnole, effet poétique ,. Cherchant à surprendre le lecteur par
le jeu ingénieux (agudeza) sur la polysémie* d’un mot, de ses composés, sur les antithèses* et les figures*
en général et sur le renouvellement de toutes les formes linguistiques figées par l’usage courant
(topiques*, proverbes, etc.).
CONNOTATION / connotación - V. DÉNOTATION.

CONSONANTE (rime – ) - V. RIME.

CONSTRUCTION/ construcción - On désigne sous ce terme l’agencement (répartition, découpage,


gradations, parallélismes, symétries, etc.) du texte d'un poème ou d'une composition* poétique.

CONTINUA (rima –) - V. RIMA.

COPLA - Strophe* de la poésie d'inspiration populaire (pouvant constituer à elle seule un court poème),
comprenant le plus souvent 4 octosyllabes à rimes assonantes* aux vers* pairs.

COPLA DE PIE QUEBRADO - Strophe de douze vers alternant ctosyllabes* et tétrasyllabes* (pie
quebrado*). La forme la plus répandue est la copla manriqueña.

CORRIGÉE (image-) - V. IMAGE.

CROISÉES (rimes-) - V. RIME.

CUADERNA VÎA - Strophe médiévale de quatre vers alejandrinos*, avec la même rime* consonante* à
chaque vers*.
CUARTETA - Quatrain d'octosyllabes* à rimes croisées*. La cuarteta peut également être constituée de
n'importe quel mètre d'arte menor*.
- corrélats : cuarteto - redondilla.

CUARTETO - Quatrain d'hendécasyllabes* à rimes consonantes* embrassées* (Cf. sonnets* classiques).


Lorsque les rimes sont croisées, on appelle cette strophe serventesio. Le cuarteto peut aussi être constitué
de n'importe quel vers d'arte mayor*.
- corrélats: cuarteta - redondilla.
DÉCASYLLABE / decasílabo - Vers dont le dernier accent tonique* tombe sur la neuvième syllabe
métrique*.

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DÉCIMA - Strophe qui sous sa forme la plus courante (dite espinela) se compose de deux redondillas*
reliées par deux vers de transition (versos de enlace) suivant le schéma: 8A, 8B, 8B, 8A, 8A, 8C, 8C, 80,
80, 8C.

DÉNOT ATION / denotación - C'est le sens objectif et stable (à une époque et dans un milieu donnés) es
mots de la langue; sens par lequel nous sommes directement renvoyés au concept ou à l'objet désigné. La
dénotation s'oppose à la connotation (connotación), qui concerne le sens subjectif et impressif des mots,
variable selon les contextes.
DIÉRÈSE / diéresis - Dissociation d'une diphtongue* en deux syllabes métriques*.
NB : la diérèse est parfois marquée typographiquement par un tréma (diéresis).
- corrélats: hiatus - synalèphe - synérèse.
DIPHTONGUE (f.) / diptongo (m.) - Groupe de deux voyelles constitué soit par une voyelle ouverte (a,
o, e) et une voyelle fermée (i, u), soit par les deux voyelles fermées, et ne formant qu'une seule syllabe.
- corrélat: triphtongue.

DISCOURS 1 discurso - En linguistique: (a) De façon générale le « discours» (ou «parole») se conçoit
par rapport à la « langue ». Celle-ci désigne le langage à l'état de système virtuel, non directement sensible,
mais en permanence à la disposition du sujet parlant. Le «discours» sera le résultat du passage à l'acte; il
est directement appréhensible et lié aux circonstances de l'énonciation.
(b) Dans un sens plus restreint: tout énoncé constitué de plus d'une phrase.
NB : D'autre part, on emploie parfois actuellement le terme «discours» pour désigner le langage
caractéristique d'une personnalité, d'un groupe, d'une institution, d'un domaine spécifique de l'expression
(ex. : le discours gaullien, lorquien, autonomiste, psychanalytique, etc.).
DISSYLLABE 1 bisílabo - Vers dont l'accent tonique* (unique) est placé sur la première syllabe
métrique*.

DISTIQUE 1 dístico - Groupe de deux vers formant un énoncé complet.


- corrélat: pareado.

DODÉCASYLLABE / dodecasílabo - Vers dont le dernier accent tonique* tombe sur la 11°syllabe
métrique*.

DRAMATIQUE / dramático - Se dit de la poésie où le dialogue est le mode de discours privilégié.


- corrélats: épique - lyrique.
ELLIPSE / elipsis - Figure* de construction consistant, à des fins expressives (concision, etc.), à omettre
un ou plusieurs mots dans la phrase par rapport à ce que serait une construction grammaticale complète,
mais sans que cela nuise pour autant à la perception du sens.
- corrélat: anacoluthe.

EMBRASSÉES (rimes-) - V. RIME. ENCADENADO (terceto-) - V. TIERCE RIME.

ENDECASiLABO - V. HENDÉCASYLLABE.

ENJAMBEMENT / encabalgamiento - Décalage de la pause syntaxique* par rapport à la pause


métrique* de fin de vers: la métrique introduit ainsi une rupture à valeur rythmique* et expressive dans la
continuité d'une phrase à cheval sur deux vers.
NB : Le terme «rejet» - sans équivalent en espagnol - désigne l'enjambement constitué par un élément
verbal bref, étroitement lié par la syntaxe au vers précédent.

ENNÉASYLLABE / eneasílabo - Vers* dont le dernier accent tonique* tombe sur la 8ème syllabe
métrique*.
ENVOI / envío - Strophe conclusive de certains poèmes à forme fixe (canción*, sextina*, etc.) dans
laquelle, reprenant les thèmes et une partie du schéma des strophes antérieures, l'auteur s'adresse à son
œuvre ou au destinataire de celle-ci.
- corrélat: refrain.
ÉPIGRAMME (f.) / epigrama (m.) - Court poème d'inspiration satirique.

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ÉPIGRAPHE (f.) / epígrafe (m.) - Citation placée en tête d'un texte, généralement pour en indiquer
l'esprit ou pour suggérer une interprétation.
- corrélats : citation - exergue.

ÉPIQUE / épico,a - Se dit de la poésie de caractère narratif construisant, à partir d'un contexte historique,
la figure mythique d'un héros (individu ou groupe), porteur d'une idéologie collective.
- corrélats: dramatique - lyrique.
ESDRÚJULO (mot-) - V. PROPAROXYTON*.
EUPHÉMISME / eufemismo - Figure* par laquelle on atténue l'expression de quelque chose de
déplaisant ou choquant. L'euphémisme peut prendre la forme d'une périphrase*, d'une métonymie*, d'une
métaphore*.

EUPHONIE / eufonía - Terme traditionnellement employé pour caractériser une combinaison de


phonèmes perçue comme agréable pour l'oreille.
- corrélats: cacophonie - musique du vers.

EXERGUE - V. ÉPIGRAPHE.

FIGURE / figura - Terme général emprunté à la rhétorique classique et servant à désigner un certain
nombre de procédés d'expression tels que: métaphore*, métonymie*, chiasme*, etc.

FILÉE (image-) - V. IMAGE.

GLOSE / glosa - Composition poétique consistant en une paraphrase ou variation sur un vers ou une
strophe. Le vers ou les vers glosés doivent nécessairement réapparaître dans le corps de la glose.
- corrélat: construction.

« HARMONIE» IMITATIVE / « armonía» imitativa- V. IMITATION PHONIQUE.

HÉMISTICHE / hemistiquio - Chacune des parties d'un vers* lorsqu'il est constitué de deux membres
égaux. Toutefois l'usage admet l'emploi du terme pour désigner les deux parties même inégales séparées
par la coupe principale.

HENDÉCASYLLABE / endecasílabo - Vers dont le dernier accent tonique* tombe sur la dixième syllabe
métrique*, et comportant au moins un accent intérieur sur la 6ème (type a majore) ou la 4ème (type a
minore). On distingue les variétés ryhtmique suivantes:
- a majore enfático : 1-6-10.
- a majore heroico : 2-6-10.
- a majore melódico : 3-6-10.
- a minore sáfico : 4-8-10.
- a minore dactílico (ou de gaita gallega) : 4-7-10.

HEPTASYLLABE / heptasílabo - Vers dont le dernier accent tonique* tombe sur la 6ème syllabe
métrique*.

HEXASYLLABE / hexasílabo - Vers dont le dernier accent tonique* tombe sur la Sème syllabe
métrique*.

HIATUS / hiato - On appelle ainsi toute exception à la règle de la synalèphe*. Notamment, il y a


généralement hiatus lorsque la synalèphe obligerait à faire fusionner avec une autre voyelle celle qui porte
le dernier accent tonique* du vers.
- corrélats: diérèse - synalèphe - synérèse.

HYPALLAGE / hipálage - Figure* consistant à établir un déplacement dans les rapports sémantiques
d'usage courant entre les mots.

HYPERBATE (f.) / hipérbaton (m.) - Figure* qui consiste à intervertir ou à disjoindre l'ordre habituel des
mots dans une phrase.

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- corrélat: anacoluthe.

HYPERBOLE / hipérbole - Figure* qui consiste à souligner une idée par une exagération de l'expression.

IMAGE / imagen - On désigne ainsi tout procédé de langage tendant à établir une analogie ou une identité
entre deux éléments : l'un, le comparé*, faisant l'objet de l'image; l'autre, le comparant*, étant celui à
travers lequel on réinterprète le premier.
- corrélats: allégorie - comparaison - métaphore - symbole.

IMAGE CORRIGÉE / imagen corregida - Image* où se trouve adjoint au comparant* un terme


exprimant l'un des caractères distinctifs du comparé* (souvent pour faciliter la compréhension littérale; en
particulier des métaphores « in absentia »*).

IMAGE FILÉE / imagen continuada - Enchaînement d'images* qui apparaît comme le développement
d'une image première.
- corrélat: allégorie.

IMAGE MOTIVÉE / imagen motivada - Image* comportant un terme exprimant un caractère commun
au comparé* et au comparant*, autrement dit dont l'intersection sémique* est explicitement exprimée dans
le texte. Voir pm.

IMAGE SURRÉELLE / imagen surreal - Image* où le rapprochement des deux termes (comparant* et
comparé*) -généralement très distants du point de vue sémantique- s'impose au lecteur, à partir du seul
texte, en excluant toute analogie préalable fondée sur les référents*.

IMITATION PHONIQUE / imitación fónica - Procédé (appelé aussi parfois « harmonie» imitative) qui
consiste à imiter dans la matière phonique* même de l'énoncé (par allitération*, assonance*, paronomase*,
effet de rythme*, etc.) le phénomène sonore signifié par ce dernier.
- corrélats: allitération - assonance - musique du vers - paronomase.

INDEPENDIENTE (terceto–) - V. TERCET. INTERNE (rime-) - V. RIME.

INTERSECTION SÉMIQUE* / intersección sémica - Sème(s)* commun(s) aux deux éléments


(comparé* et comparant*) d'une image*, et qui constituent l'analogie entre ces deux éléments.

INTONATION / entonación - Variations de la hauteur de ton sur lequel est émis oralement un énoncé.
L'intonation forme la courbe mélodique de la phrase et infléchit le sens de l'énoncé en soulignant ou
ajoutant des nuances d'interrogation, doute, ironie, indignation, etc.
INTRODUCTEUR SYNTAXIQUE / nexo comparativo – Mot-outil comme «tel », «ainsi que », etc.)
servant dans une comparaison* à établir le rapport entre comparé* et comparant*.
LANGUE / lengua - V. DISCOURS.

LEXÈME / lexema - C'est l'unité de base du lexique, dont les limites peuvent coïncider avec celles du mot
(ex. : chemin) ou lui être supérieures (ex. : chemin de fer).
LIBRE (vers-) - V. VERS.
LIGNE COMPLÉMENTAIRE / línea complementaria - Le vers libre* suppose fréquemment l'usage de
vers trop longs pour se loger dans une seule ligne typographique. L'imprimeur placera donc la fin du vers
dans une ou même plusieurs lignes complémentaires, marquées à l'origine par un crochet ([) et aujourd'hui
le plus souvent par un simple retrait (alinéa) de quelques caractères. On se gardera de confondre ces lignes
complémentaires -variables pour un même texte selon les éditions- et les vers autonomes, qui seuls sont
pertinents du point de vue poétique.
- corrélat : typographie.

LIRA - Strophe* de cinq vers hendécasyllabes* et heptasyllabes* à rimes consonantes* alternées selon le
schéma: 7 A, Il B, 7 A, 7 B, Il B.

LITOTE / lítote - Figure* qui consiste, comme l'euphémisme*, à atténuer l'expression, mais dans un
contexte et/ou avec une intonation* tels que l'on suggère bien davantage que ce qui est dit. La litote prend
le plus souvent la forme de la négation du contraire.

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LLANO (mot-) - V. PAROXYTON.
LYRIQUE / lírico, a - À l'origine, se disait de la poésie chantée ou accompagnée musicalement. Désigne
plus généralement la poésie où s'expriment émotions et sentiments personnels.
- corrélats: dramatique - épique.
MADRIGAL - Libre combinaison d'hendécasyllabes* et heptasyllabes*, à rimes consonantes*, traitant de
thèmes amoureux.

MÉTAPHORE / metáfora - Image* où comparé* et comparant* ne sont plus mis en rapport par un
introducteur syntaxique* comme dans la comparaison* mais assimilés l'un à l'autre.
- corrélats: allégorie - comparaison - symbole.

MÉTAPHORE «lN ABSENTIA» / metáfora « in absentia» - Métaphore* où n'apparaît explicitement


dans le contexte immédiat qu'un seul élément, le comparant*.

MÉTAPHORE «IN PRAESENTIA» / metáfora « in praesentia »- Métaphore* où le comparé* est


explicitement formulé dans le texte (de même que le comparant*).

MÉTONYMIE / metonimia - Figure* consistant à désigner un élément (objet, notion, personne, etc.) par
un autre élément appartenant au même champ lexical* et lié au premier par un rapport de causalité, de
complémentarité, d'inclusion, etc.
- corrélats: antonomase - synecdoque.

MÈTRE / metro - On détermine en espagnol le mètre d'un vers simple* à partir du numéro d'ordre de la
dernière syllabe accentuée de ce vers* (compte tenu des éventuels phénomènes de synalèphe*, hiatus*,
diérèse* et synérèse*). Par exemple un octosyllabe* est un vers dont le dernier accent tonique* tombe
toujours sur la septième syllabe métrique*. Dans le cas d'un vers composé*, on tient compte du dernier
accent tonique de chaque hémistiche.
MÉTRIQUE (pause –) - V. PAUSE.

MÉTRIQUE (schéma –) - V. SCHÉMA. MÉTRIQUE (syllabe–) - V.

SYLLABE. MONORRIMO (terceto –) - V. TERCETO.

MOTIVÉE (image –) - V. IMAGE.

« MUSIQUE» DU VERS / « música» del verso »- Tout ce qui dans la matière sonore du vers* :
phonèmes* (en particulier leurs combinaisons sous forme d'allitérations*, d'assonance*, de paronomase*,
...) rythme*, peut être utilisé à des fins esthétiques ou ludiques, évoquant par analogie les phénomènes
sonores propres à l'art musical.
- corrélats: allitération - assonance - cacophonie - euphonie - imitation phonique - paronomase.

NÉOLOGISME / neologismo - Mot créé par le poète, ou de création récente.

OCTAVA REAL - Strophe* de huit hendécasyllabes* aux rimes consonantes* s'enchaînant suivant le
schéma: Il A, Il B, Il A, Il B, Il A, 11 B, 11 C, 11 C.
OCTAVILLA - Strophe* médiévale formée de deux redondillas* d'octosyllabes* unies par la distribution
des rimes*, par exemple: AB BAACCA ou ABAB-BCCB. L'octavilla aguda est une variante dans laquelle
la quatrième rime* est aguda*.
OCTOSYLLABE /octosílabo - Vers dont le dernier accent tonique* tombe sur la 7ème syllabe
métrique*.
Voir en particulier les romances*.
ODE /oda - Poème lyrique* composé de strophes symétriques (liras* dans la poésie classique espagnole)
et traitant de thèmes amoureux, philosophiques, moraux, etc.

ONOMATOPÉE / onomatopeya - Cas particulier d'imitation phonique* : création d'un mot qui signifie un
bruit (cri d'animal, etc.) et qui l'imite approximativement par les phonèmes* dont il se compose.
OXYMORE (ou oxymoron) / oxímoron - Figure* associant deux termes contradictoires en une nouvelle
unité de sens.
- corrélat: antithèse.

OXYTON /oxítono (ou agudo) - Se dit d'un mot accentué sur la dernière syllabe.

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- corrélats: paroxyton - proparoxyton.
PAREADOS, UN PAREADO - Se dit de deux vers* consécutifs de même mètre*, rimant ensemble et
formant une unité autonome dans le schéma des rimes*.
- corrélat: distique.

PARONOMASE / paronomasia - Répétition portant à la fois sur des phonèmes* vocaliques et


consonantiques, et ayant souvent pour effet de souligner une antithèse* ou toute autre relation sémantique*
entre deux termes.
- corrélats: allitération - assonance - imitation phonique - musique du vers.
PAROXYTON / paroxítono (ou llano) - Se dit d'un mot accentué sur l'avant-dernière syllabe.
- corrélats: oxyton - proparoxyton.
PAUSE / pausa - (a) pause métrique (pausa métrica) : repos ou silence plus ou moins bref qui se produit
obligatoirement à la fin de chaque vers et en principe entre les hémistiches* des vers composés*. Cette
pause exclut la synalèphe*. (b) pause syntaxique (pausa sintáctica) : celle qui est déterminée par le sens
et/ou la ponctuation et qui n'exclut jamais la synalèphe.
- corrélats: césure - hémistiche.

PENTASYLLABE / pentasílabo - Vers dont le dernier accent tonique* tombe sur la 4ème syllabe*
métrique.

PÉRIPHRASE / perífrasis - Procédé consistant à substituer à un terme unique un groupe de termes qui
fonctionne comme équivalent.

PHONÈME / fonema - Chacun des sons élémentaires qui constituent le système phonologique d'une
langue.

PHONIQUE / fónico, a - S'applique à tout ce qui est relatif aux sons du langage.
PHONIQUE (symbolisme –) - V. SYMBOLISME.
PIE QUEBRADO - Dans certaines compositions poétiques, il y a parfois combinaison d'un mètre* de
base et d'un mètre plus court (dit pie quebrado) qui apparaît comme une fragmentation du premier, par
exemple les pentasyllabes* de la seguidilla*.

PIEDS / pies de verso - Unités rythmiques inspirées de la métrique gréco-latine et correspondant à


certaines combinaisons de syllabes toniques (–) et atones (‫)ں‬, sur le modèle des groupes de syllabes
longues et brèves des langues anciennes. Types les plus courants:
- iambe / yambo : ‫– ں‬
- trochée / troqueo : – ‫ں‬
- dactylle / dáctilo : – ‫ں ں‬
- anapeste / anapesto : ‫– ں ں‬
- spondée / espondeo : – –
- amphibraque / anfíbraco : ‫ں – ں‬
PLATES (rimes –) - V. RIME.
PROPAROXYTON / proparoxítono (ou esdrújulo) - Se dit d'un mot accentué sur l'antépénultième
syllabe. Rime· esdrújula : si dans un poème rimé en assonance* le dernier mot d'un vers est un esdrújulo,
en général seules la voyelle accentuée et la dernière voyelle de ce mot sont à prendre en compte pour la
rime.
- corrélats: oxyton - paroxyton.
QUATRAIN - V. CUARTETO, CUARTETA, REDONDILLA.
QUINTETO - Strophe* de cinq vers hendécasyllabes* aux rimes consonantes* ordonnées suivant le
schéma: 11A, 11 B, 11A, 11 A, 11 B.

QUINTILLA - Strophe* de cinq vers octosyllabes* à rimes consonantes*, disposées de manière à éviter
trois rimes plates* ou un pareado* final. Les schémas les plus courants sont: ABABA, ABBAB, ABAAB,
AABBA.
REDONDANCE / redundancia - Réitération, à des fins expressives, d'une construction syntaxique, d'un
mot, d'une notion à l'intérieur d'un texte.

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- corrélats: accumulation - anaphore.
REDONDILLA - Quatrain d'octosyllabes* à rimes consonantes* embrassées*. La redondilla peut
également être constituée de n'importe quel mètre d'arte menor*'.
- corrélats: copla - cuarteta - cuarteto.

RÉFÉRENT / referente - On appelle référent ce à quoi renvoie le signe* linguistique dans la réalité telle
qu'elle est perçue et découpée dans une langue donnée.

REFRAIN / estribillo - Vers* ou strophe* se répétant à intervalles réguliers à l'intérieur d'un poème.
REJET - V. ENJAMBEMENT.
RIME / rima - Retour régulier de mêmes phonèmes*, à partir de la dernière voyelle accentuée incluse, à la
fin de deux ou plusieurs vers.
- corrélats: rime assonante - rime consonante - schéma métrique - vers blanc.

RIME ASSONANTE / rima asonante, asonancia - Rime* où ne sont pris en compte que les sons
vocaliques (à partir de la dernière voyelle accentuée incluse).
NB : dans le cas d'un vers terminé par un mot esdrújulo* (proparoxyton*), on ne tient généralement
compte que de la voyelle tonique et de la dernière voyelle atone*.

RIME CONSONANTE / rima consonante - Rime* où sont prise en compte tous les phonèmes*, tant
consonantiques que vocaliques (à partir de la dernière voyelle accentuée incluse).

RIMA CONTINUA - Rimes distribuées selon le schéma: a a a a etc.

RIMES CROISÉES / rimas cruzadas - Rimes* distribuées selon le schéma: abab (cdcd, etc.).

RIMES EMBRASSÉES / rimas abrazadas - Rimes* distribuées selon le schéma: abba (cddc, etc.).

RIME INTERNE / rima interna - Rime* qui trouve sa correspondance à l'intérieur du même vers ou à
l'intérieur du vers suivant.

RIMES PLATES (ou suivies) / rimas pareadas - Rimes* distribuées selon le schéma: aabb (ccdd, etc.).

ROMANCE - Série d'octosyllabes*, dont aucune règle ne fixe le nombre, présentant aux vers pairs une
rime assonante* identique dans tout le poème, les vers impairs restant sue/cos* (schéma métrique* : 8x-8a-
8x8a-8x-8a, etc.).

ROMANCILLO - Forme de romance* utilisant des vers* plus courts que l'octosyllabe*

RYTHME / ritmo - Distribution des accents toniques* à l'intérieur du discours, pouvant aller, avec tous les
degrés intermédiaires, de la parfaite régularité (cadence*) à l'irrégularité systématique.
- corrélats: accent métrique - atone - mètre - pause métrique - syllabe métrique.

SCHÉMA MÉTRIQUE / esquema métrico - Procédé d'analyse des mètres* et des rimes* à l'intérieur
d'une strophe ou d'un poème consistant à transcrire le mètre* par un nombre et la rime* par une lettre
(minuscule pour les rimes assonantes* et majuscule pour les rimes consonantes*).

SEGUIDILLA - Strophe de la poésie populaire, corespondant au schéma métrique* : 7x-5a-7x-5a (=


seguidilla proprement dite) + 5b-7x-5b (= bordón, facultatif).

SÉMANTIQUE / semántico, a - S'applique à toute étude du langage sous l'aspect du sens.


- corrélat: champ sémantique.

SÈME / sema - C'est l'unité minimale de signification (de même que le phonème* -fonema- est la plus
petite unité entrant dans la combinaison sonore qui constitue l'aspect physique du mot -au niveau du
signifiant*). A la différence du phonème*, le sème -au niveau du signifié*- n'est pas susceptible d'une
réalisation indépendante et ne peut être saisi que dans une configuration de sèmes, à l'intérieur d'un mot

10
donné.
SÉMIQUE / sémico, a - Qui a trait aux sèmes*.

SÉMIQUE (intersection –) - V. INTERSECTION. SERVENTESIO - V. CUARTETO*.

SEXTETO - Strophe* de six vers où alternent traditionnellement, selon diverses combinaisons de rimes*,
hendécasyllabes* et heptasyllabes*.

SEXTILLA - Strophe* d'arte menor* composée de six vers, où l'octosyllabe* alterne parfois avec son pie
quebrado* et qui utilise de combinaisons de rimes diverses.

SIGNE / signo - (a) en sémiologie ou en sémiotique (science générale des signes de toute nature) : tout
élément significatif A substitué -selon un code* explicite ou implicite- à un élément B. Exemples: les
signes du code de la route, l'alphabet Morse, le système de la mode, etc.
(b) en linguistique: unité fondamentale du langage considéré comme un système. Cette unité est toujours
une entité à deux faces indissociables: le signifié qui est un concept (par exemple: l'idée d'«arbre»/árbol),
et le signifiant qui est la combinaison de sons du langage (effectivement prononcés ou non) servant de
support au concept (<< a+r+b+r» / á +r+b+o+l)
SIGNIFIANT / significante - V. SIGNE b).

SIGNIFIÉ / significado - V. SIGNE b).


SIGUIRIYA - Strophe* de la poésie populaire andalouse, constituée de 3 hexasyllabes* et 1
hendécasyllabe* à rimes assonantes*, selon le schéma 6x-6a-l1x-6a.

SILVA - Mélange entièrement libre d'heptasyllabes* et d'hendécasyllabes*. Les rimes*, facultatives, sont
librement disposées et peuvent être assonantes* ou consonantes*.
SIMPLE (vers –) - V. VERS.

SOLEÁ (pluriel: soleares) - Strophe* de la poésie populaire andalouse composée de trois vers
octosyllabes* aux rimes assonantes* disposées suivant le schéma: 8a-8x-8a.

SONNET / soneto - Composition de deux quatrains (cuartetos*) suivis de deux tercets* de vers
hendécasyllabes* à rimes consonantes*. Les quatrains sont à rimes embrassées*, identiques d'un quatrain à
l'autre. Les tercets riment selon diverses combinaisons dont les plus courantes sont CDC-DCD ou CDE-
CDE. On trouve aussi des sonnets en octosyllabes* (sonetillo) et en vers alejandrinos*.
STANCE / estancia - Strophe* de la cancian petrarquista* composé d'éléments variables à l'intérieur du
schéma suivant:
motif ou thème + transition + conclusion
en deux parties ou ou
a/b « clef» p « coda»

Le mètre* utilisé est l'hendécasyllabe* seul ou combiné à des heptasyllabes*. Les rimes sont consonantes*.
STROPHE / estrofa - Ensemble formé par plusieurs vers*, selon une disposition déterminée de mètres* et
de rimes* qui assure sa cohésion.

SUELTO (verso–) - V. VERSOS SUELTOS.

SURRÉELLE (image-) – V. IMAGE

SYLLABE MÉTRIQUE / sílaba métrica - Syllabe telle que la détermine la métrique à l'intérieur du
vers*, en tenant compte des éventuels phénomènes de synalèphe*, hiatus*, diérèse* et synérèse*.
- corrélats: accent métrique - pause métrique.

SYMBOLE / símbolo - Élément matériel (animal, objet, couleur, lieu, etc.) de l'univers évoqué par le
texte et qui désigne implicitement un comparé* immatériel (sentiments, valeur, concept, etc.) qui n'est
identifiable que par référence soit à un code culturel donné, soit à une création de sens établie par l'auteur à
l'intérieur de l'œuvre.

11
- corrélats: allégorie - comparaison - image - métaphore.

SYMBOLISME PHONIQUE / simbolismo fónico - Aptitude (controversée) que possèderaient les sons
du langage à évoquer par eux-mêmes des sensations non auditives, des impressions ou des sentiments (le i
suggèrerait par exemple la petitessse, le m la douceur, etc.).

SYNALÈPHE / sinalefa - Lorsque, dans un vers, deux voyelles se trouvent en contact parce que l'une est
à la fin d'un mot et l'autre au début du mot suivant, elles ne forment qu'une seule syllabe métrique*. Ce
phénomène est de règle dans la métrique espagnole.
NB : le h initial, la ponctuation ou la césure* ne sont pas des obstacles à la synalèphe.

SYNECDOQUE / sinécdoque - Figure* consistant à désigner un élément (objet, notion, personne, etc.)
par un autre élément lié au premier dans un rapport d'inclusion généralisante ou particularisante.
- corrélats : antonomase - métonymie.

SYNÉRÈSE / sinéresis – Fusion (à l'intérieur d'un mot) en une seule syllabe métrique* de deux voyelles
qui, normalement, forment deux syllabes distinctes.
- corrélats : diérèse - hiatus - synalèphe.

SYNESTHÉSIE / sinestesia - Phénomène psychologique -exploité par le langage poétique- défini comme
un croisement de perceptions sensorielles de nature différente (par exemple la vue et l'ouïe).

SYNTAXIQUE (introducteur –) - V. INTRODUCTEUR.

TERCETOS ENCADENADOS - V. TIERCE RIME.

TERCETS INDÉPENDANTS / tercetos independientes - Strophes* de trois vers* dont le premier rime
avec le troisième, le second restant blanc ou suelto*, le schéma des rimes est donc AXA BXB etc.

TERCETS MONORIMES / tercetos monorrimos - Strophe* de trois vers* à rime* unique.

TÉTRASYLLABE / tetrasílabo - Vers dont le dernier accent tonique tombe sur la 3ème syllabe
métrique*.

TIERCE RIME / tercetos encadenados (ou terza rima) - Strophes* de trois vers* généralement
hendécasyllabes* et à rimes consonantes*, réparties selon le schéma ABA BCB CDC ( ... ) YZYZ.

TONIQUE / tónico - Se dit de la voyelle ou de la syllabe qui porte l'accent grammatical d'intensité.
- corrélats: oxyton - paroxyton - proparoxyton.

TOPIQUE (m.) / tópico - Thèmes (brièveté de la vie, inconstance du sort, Age d'or, etc.), représentations
(rose éphémère, navire dans la tempête, bergers d'Arcadie, etc.) qui, gardant de leur origine rhétorique un
caractère stéréotypé, ont été transmis et consacrés par la tradition culturelle et littéraire occidentale.

TRIPHTONGUE / triptongo - Groupe phonétique composé de trois voyelles (une voyelle ouverte entre
deux voyelles fermées) ne formant qu'une seule syllabe-corrélat: diphtongue.

TRISYLLABE / trisílabo - Vers dont le dernier accent tonique* tombe sur la 2ème syllabe métrique*.

TYPOGRAPHIE / tipografía - La graphie et tout particulièrement les caractères imprimés peuvent jouer
un rôle important dans certaines compositions poétiques : par la variation expressive des types de
caractères, leur rapprochement ou leur espacement, la valeur suggestive de leur dessin, la disposition des «
blancs» sur l'espace de la page, etc.
-corrélats: acrostiche - calligramme - ligne complémentaire.
VERS / verso - Unité de base du texte poétique, soulignée par la typographie, définie par le retour de
certains traits constants (dans les vers réguliers: mètre*, rimes* et rythme*).
VERS BLANCS / versos blancos - Vers ne comportant pas de rimes*, qu'il s'agisse de vers libres* ou
réguliers.

VERS COMPOSÉ / verso compuesto - Vers* dont les hémistiches*, contrairement à ceux du vers
simple*, fonctionnent comme deux vers indépendants (entre lesquels il ne peut donc y avoir de
synalèphe*) : un décasyllabe composé se présentera ainsi comme l'union de deux pentasyllabes

12
indépendants, et pourra donc comporter de huit à douze syllabes effectives. Le cas le plus fréquent de vers
composé est l'alejandrino*.

VERS LIBRE / verso libre - Le vers libre est un vers* de longueur variable sans structure métrique
régulière. Son unité, soulignée par l'autonomie typographique de la ligne poétique, peut être assurée par un
rythme*, une coupe syntaxique, l'utilisation d'une mesure fluctuant autour d'un mètre* traditionnel, ou
même la seule pause* de fin de vers* (qui rend notamment possibles les effets d'enjambement* tout comme
dans le vers* métrique).
- corrélats: ligne complémentaire - verset.

VERS SIMPLE / verso simple - Vers ne pouvant être dissocié en deux hémistiches* métriquement
indépendants. (En règle générale le mètre* du vers simple ne dépasse pas les douze syllabes métriques*).

VERSET / versículo - Forme de vers libre* rappelant le modèle biblique. et caractérisé en général par son
ampleur (dont les seules limites sont les possibilités du souffle), par la coïncidence de la pause syntaxique*
et de 1" pause* de fin de vers, et par des effets de réitération oratoire.

VERSOS SUELTOS - Vers* ne comportant pas de rimes* dans un poème qui en comporte par ailleurs
(par exemple les vers impairs des romances).

VILLANCICO - Composition comportant:


1) un refrain* initial (ou villancico proprement dit)
2) un nombre variable de couplets en deux parties:
deux mudanzas formant redondillas*
une vuelta où se trouve repris partiellement le refrain*.

ZÉJEL / zéjel - Type de strophe d'origine arabe. Composée de vers octosyllabes* assonancés*, elle
comprend le plus souvent un pareado* initial (le refrain* ou estribillo), un tercet* monorime* (la mudanza)
et un vers (la vuelta) rimant avec le refrain dont il est la reprise partielle.

[Glossaire élaboré par Denise Boyer, Bernard Gille, Jacques Fressard, Jean-Pierre Ressot
puis revu.]

13
ANTOLOGÍA

DE

POEMAS

DE ESPAÑA E HISPANOAMÉRICA

14
ANÓNIMO

Romance del prisionero

Que por mayo era, por mayo, 1


cuando hace la calor,
cuando los trigos encañan
y están los campos en flor,
cuando canta la calandria 5
y responde el ruiseñor,
cuando los enamorados
van a servir al amor,
sino yo, triste, cuitado,
que vivo en esta prisión, 10
que ni sé cuándo es de día,
ni cuándo las noches son,
sino por una avecilla
que me cantaba al albor.
Matómela un ballestero; 15
déle Dios mal galardón.

15
GARCILASO de la VEGA (España, 1503-1536)

(Soneto XIII)

A Dafne ya los brazos le crecían 1


en luengos ramos vueltos se mostraban;
en verdes hojas vi que se tornaban
los cabellos que al oro oscurecían.

De áspera corteza se cubrían 5


los tiernos miembros que aún bullendo estaban;
los blancos pies en tierra se hincaban
y en torcidas raíces se volvían.

Aquel que fue la causa de tal daño,


a fuerza de llorar, crecer hacía 10
este árbol que con lágrimas regaba.

¡Oh miserable estado, oh mal tamaño


Que con lloralla crezca cada día
la causa y la razón por que lloraba!

(Soneto XXIII)

En tanto que de rosa y de azucena


se muestra la color en vuestro gesto,
y que vuestro mirar ardiente, honesto,
con clara luz la tempestad serena;

y en tanto que el cabello, que en la vena 5


del oro se escogió, con vuelo presto
por el hermoso cuello blanco, enhiesto,
el viento mueve, esparce y desordena;

coged de vuestra alegre primavera


el dulce fruto antes que el tiempo airado 10
cubra de nieve la hermosa cumbre.

Marchitará la rosa el viento helado,


todo lo mudará la edad ligera
por no hacer mudanza en su costumbre.

16
FRANCISCO DE QUEVEDO (España, 1580-1645)

Soneto amoroso definiendo el amor

Es hielo abrasador, es fuego helado, 1


es herida que duele y no se siente,
es un soñado bien, un mal presente,
es un breve descanso muy cansado.

Es un descuido que nos da cuidado, 5


un cobarde, con nombre de valiente,
un andar solitario entre la gente,
un amar solamente ser amado.

Es una libertad encarcelada,


que dura hasta el postrero parasismo; 10
enfermedad que crece si es curada.

Este es el niño Amor, éste es su abismo.


¡Mira cuál amistad tendrá con nada
el que todo es contrario de sí mismo!

17
GUSTAVO ADOLFO BÉCQUER (Sevilla, 1836-1870)

II

Saeta que voladora 1


cruza arrojada al azar,
y que no sabe dónde
temblando se clavará;

hoja que del árbol seca 5


arrebata el vendaval,
sin que nadie acierte el surco
donde al polvo volverá.

Gigante ola que el viento


riza y empuja en el mar, 10
y rueda y pasa, y se ignora
qué playa buscando va.

Luz que en cercos temblorosos


brilla próxima a expirar
y que no se sabe de ellos 15
cuál el último será.

Eso soy yo que al acaso


cruzo el mundo sin pensar
de dónde vengo ni adónde
mis pasos me llevarán. 20

Rimas, II, edición 1871

XV

Cendal flotante de leve bruma, 1


rizada cinta de blanca espuma,
rumor sonoro
de arpa de oro,
beso del aura, onda de luz, 5
eso eres tú.

¡Tú, sombra aérea que, cuantas veces


voy a tocarte, te desvaneces
como la llama, como el sonido,
como la niebla, como el gemido 10
del lago azul!

En mar sin playas onda sonante,

18
en el vacío cometa errante,
largo lamento
del ronco viento, 15
ansia perpetua de algo mejor,
eso soy yo.

¡Yo, que a tus ojos en mi agonía


los ojos vuelvo de noche y día;
yo, que incansable corro y demente 20
tras una sombra, tras la hija ardiente
de una visión!

Rimas, XV, edición 1871

LIII

Volverán las oscuras golondrinas 1


en tu balcón sus nidos a colgar,
y, otra vez, con el ala a sus cristales
jugando llamarán.

Pero aquéllas que el vuelo refrenaban 5


tu hermosura y mi dicha al contemplar,
aquéllas que aprendieron nuestros nombres...
ésas... ¡no volverán!

Volverán las tupidas madreselvas


de tu jardín las tapias a escalar, 10
y otra vez a la tarde, aun más hermosas,
sus flores se abrirán.

Pero aquéllas, cuajadas de rocío,


cuyas gotas mirábamos temblar
y caer, como lágrimas del día... 15
ésas... ¡no volverán!

Volverán del amor en tus oídos


las palabras ardientes a sonar;
tu corazón, de su profundo sueño
tal vez despertará. 20
Pero mudo y absorto y de rodillas,
como se adora a Dios ante su altar,
como yo te he querido..., desengáñate:
¡así no te querrán!

Rimas, LIII, edición 1871

19
JOSÉ MARTÍ (La Habana, 1853-Dos Ríos, 1895)

La niña de Guatemala

Quiero, a la sombra de un ala,


Contar este cuento en flor:
La niña de Guatemala,
La que se murió de amor.

Eran de lirios los ramos,


Y las orlas de reseda
Y de jazmín: la enterramos
En una caja de seda.

...Ella dio al desmemoriado


Una almohadilla de olor:
Él volvió, volvió casado:
Ella se murió de amor.

Iban cargándola en andas


Obispos y embajadores:
Detrás iba el pueblo en tandas,
Todo cargado de flores.

... Ella, por volverlo a ver,


Salió a verlo al mirador:
Él volvió con su mujer:
Ella se murió de amor.

Como de bronce candente


Al beso de despedida
Era su frente ¡la frente
Que más he amado en mi vida!

... Se entró de tarde en el río,


La sacó muerta el doctor:
Dicen que murió de frío:
Yo sé que murió de amor.

Allí, en la bóveda helada,


La pusieron en dos bancos:
Besé su mano afilada,
Besé sus zapatos blancos.

Callado, al oscurecer,
Me llamó el enterrador:
¡Nunca más he vuelto a ver
A la que murió de amor!

Versos sencillos, IX, 1891

20
Vierte, corazón, tu pena

Yo te quiero, verso amigo, 1


porque cuando siento el pecho
ya muy cargado y deshecho,
parto la carga contigo.

Tú me sufres, tú aposentas 5
en tu regazo amoroso,
todo mi amor doloroso,
todas mis ansias y afrentas.

Tú porque yo pueda en calma


amar y hacer bien, consientes 10
en enturbiar tus corrientes
con cuanto me agobia el alma.

Tú, porque yo cruce fiero


la tierra, y sin odio, y puro,
te arrastras, pálido y duro, 15
mi amoroso compañero.

Versos sencillos, XLVI (fragmento), 1891

21
RUBÉN DARÍO (Nicaragua, Metapa 1867-León 1916)

Caupolicán

A Enrique Hernández Miyares

Es algo formidable que vio la vieja raza: 1


robusto tronco de árbol al hombro de un campeón
salvaje y aguerrido, cuya fornida maza
blandiera el brazo de Hércules, o el brazo de Sansón.

Por casco sus cabellos, su pecho por coraza, 5


pudiera tal guerrero, de Arauco en la región,
lancero de los bosques, Nemrod que todo caza,
desjarretar un toro, o estrangular un león.

Anduvo, anduvo, anduvo. Le vio la luz del día,


le vio la tarde pálida, le vio la noche fría, 10
y siempre el tronco de árbol a cuestas del titán.

"¡El Toqui, el Toqui!", clama la conmovida casta.


Anduvo, anduvo, anduvo. La Aurora dijo: "Basta,
e irguióse la alta frente del gran Caupolicán.

Azul, 1890

22
Nocturno

A Mariano de Cavia

Los que auscultasteis el corazón de la noche,


los que por el insomnio tenaz habéis oído
el cerrar de una puerta, el resonar de un coche
lejano, un eco vago, un ligero ruido ....

En los instantes del silencio misterioso,


cuando surgen de su prisión los olvidados,
en la hora de los muertos, en la hora del reposo,
¡sabréis leer estos versos de amargor impregnados!..

Como en un vaso vierto en ellos mis dolores


de lejanos recuerdos y desgracias funestas,
y las tristes nostalgias de mi alma, ebria de flores,
y el duelo de mi corazón, triste de fiestas.

y el pesar de no ser lo que yo hubiera sido,


la pérdida del reino que estaba para mí,
el pensar que un instante pude no haber nacido,
¡y el sueño que es mi vida desde que yo nací!

Todo esto viene en medio del silencio profundo


en que la noche envuelve la terrena ilusión,
y siento como un eco del corazón del mundo
que penetra y conmueve mi propio corazón

Cantos de vida y esperanza, 1905

23
ANTONIO MACHADO (Sevilla, 1875-Colliure, 1939)

(Recuerdo infantil)

Una tarde parda y fría 1


de invierno. Los colegiales
estudian. Monotonía
de lluvia tras los cristales.

Es la clase. En un cartel 5
se representa a Caín
fugitivo, y muerto Abel,
junto a una mancha carmín.

Con timbre sonoro y hueco


truena el maestro, un anciano 10
mal vestido, enjuto y seco,
que lleva un libro en la mano.

Y todo un coro infantil


va cantando la lección :
mil veces ciento, cien mil, 15
mil veces mil, un millón.

Un tarde parda y fría


de invierno. Los colegiales
estudian. Monotonía
de la lluvia en los cristales. 20

Soledades, V (1899-1907)

24
CXXI

Allá, en las tierras altas, 1


por donde traza el Duero
su curva de ballesta
en torno a Soria, entre plomizos cerros
y manchas de raídos encinares, 5
mi corazón está vagando, en sueños ...
¿No ves, Leonor, los álamos del río
con sus ramajes yertos?
Mira el Moncayo azul y blanco;
dame tu mano y paseemos. 10
Por estos campos de la tierra mía,
bordados de olivares polvorientos,
voy caminando solo,
triste, cansado, pensativo y viejo.

Campos de Castilla, CXXI (1907-1917)

Meditación del día

Frente a la palma de fuego 1


que deja el sol que se va,
en la tarde silenciosa
y en este jardín de paz,
mientras Valencia florida 5
se bebe el Guadalaviar
–Valencia de finas torres,
en el lírico cielo de Ausias March,
trocando su río en rosas
antes que llegue a la mar!– 10
pienso en la guerra. La guerra
viene como un huracán
por los páramos del alto Duero,
por las llanuras de pan llevar,
desde la fértil Extremadura 15
a estos jardines de limonar,
desde los grises cielos astures
a las marismas de luz y sal.
Pienso en España, vendida toda
de río a río, de monte a monte, de mar a mar. 20

Valencia, febrero de 1937 [Poesías de la guerra (1936-1939]

25
CÉSAR VALLEJO (Perú, 1892-París, 1938)

Idilio muerto

Qué estará haciendo esta hora mi andina y dulce Rita


de junco y capulí;
ahora que me asfixia Bizancio, y que dormita
la sangre, como flojo cognac, dentro de mí.

Dónde estarán sus manos que en actitud contrita


planchaban en las tardes blancuras por venir;
ahora, en esta lluvia que me quita
las ganas de vivir.

Qué será de su falda de franela; de sus


afanes; de su andar;
de su sabor a cañas de mayo del lugar.

Ha de estarse a la puerta mirando algún celaje,


y al fin dirá temblando: "¡Qué frío hay... Jesús!".
Y llorará en las tejas un pájaro salvaje.

Los heraldos negros, 1918

XII, Masa

Al fin de la batalla,
y muerto el combatiente, vino hacia él un hombre
y le dijo: "¡No mueras, te amo tanto!"
Pero el cadáver ¡ay! siguió muriendo.

Se le acercaron dos y repitiéronle:


"¡No nos dejes! ¡Valor! ¡Vuelve a la vida!"
Pero el cadáver ¡ay! siguió muriendo.

Acudieron a él veinte, cien, mil, quinientos mil,


clamando "¡Tanto amor y no poder nada contra la muerte!"
Pero el cadáver ¡ay! siguió muriendo.

Le rodearon millones de individuos,


con un ruego común: "¡Quédate hermano!"
Pero el cadáver ¡ay! siguió muriendo.

Entonces todos los hombres de la tierra


le rodearon; les vio el cadáver triste, emocionado;
incorporóse lentamente,
abrazó al primer hombre; echóse a andar...

España, aparta de mí este cáliz [Poemas humanos, 1939]

26
VICENTE HUIDOBRO (Chile, 1893-1948)

Altazor ¿por qué perdiste tu primera serenidad?...

Altazor ¿por qué perdiste tu primera serenidad?


¿Qué ángel malo se paró en la puerta de tu
sonrisa
Con la espada en la mano?
¿Quién sembró la angustia en las llanuras de tus
ojos como el adorno de un dios?
¿Por qué un día de repente sentiste el terror de
ser?
Y esa voz que te gritó vives y no te ves vivir
¿Quién hizo converger tus pensamientos al cruce
de todos los vientos del dolor?
Se rompió el diamante de tus sueños en un mar
de estupor
Estás perdido Altazor
Solo en medio del universo
Solo como una nota que florece en las alturas del
vacío
No hay bien no hay mal ni verdad ni orden ni
belleza
¿En dónde estás Altazor?

La nebulosa de la angustia pasa como un río


Y me arrastra según la ley de las atracciones
La nebulosa en olores solidificada huye su propia
soledad
Siento un telescopio que me apunta como un
revólver
La cola de un cometa me azota el rostro y pasa
relleno de eternidad
Buscando infatigable un lago quieto en donde
refrescar su tarea ineludible […]

Altazor, Canto I, 1931 (publicado en Madrid)

27
JUAN LARREA (España, 1895-1980)

Estanque

Cervantes, junio de 1919 y Versión Celeste (1969)

28
PEDRO SALINAS (Madrid, 1891-Boston, 1959)

¡ Qué cruce en tu muñeca…

¡ Qué cruce en tu muñeca 1


del tiempo contra el tiempo !
Reló, frío, enroscado,
acechador, espera
el paso de tu sangre 5
en el pulso. Te oprimen
órdenes, desde fuera:
tic tac, tic tac.
la voz, allí, en la máquina.
A tu vida infinita, 10
sin término, echan lazos
pueriles los segundos.
Pero tu corazón
allá lejos afirma
— sangre yendo y viniendo 15
en ti, con tu querer—
su ser, su ritmo, otro.
No. Los días, el tiempo,
no te serán contados
nunca en esfera blanca, 20
tres, cuatro, cinco, seis.
tus perezas, tus prontos,
tu gran ardor sin cálculo,
no se pueden cifrar.
Siéntelos tú, desnuda 25
de reló, en la muñeca :
latido contra número.
¿ Amor ? ¿ Vivir ? Atiende
al tic tac diminuto
que hace ya veinte años 30
sonó por vez primera
en una carne virgen
del tacto de la luz,
para llevarle al mundo
una cuenta distinta, 35
única, nueva : tú.

La voz a ti debida, 1934.

29
JORGE GUILLÉN (Valladolid, 1893-Málaga, 1984)

Amanece, amanezco

Es la luz, aquí está: me arrulla un ruido.


Y me figuro el todavía pardo
Florecer del blancor. Un fondo aguardo
Con tanta realidad como le pido.

Luz, luz. El resplandor es un latido.


Y se me desvanece con el tardo
Resto de oscuridad mi angustia: fardo
Nocturno entre sus sombras bien hundido.

Aun sin el sol que desde aquí presiento,


La almohada – tan tierna bajo el alba
No vista – con la calle colabora.

Heme ya libre de ensimismamiento.


Mundo en resurrección es quien me salva.
Todo lo inventa el rayo de la aurora.

Cántico, 1950 (1ª versión, 1928).

30
FEDERICO GARCÍA LORCA (Granada, 1898-1936)

La guitarra

Empieza el llanto 1
de la guitarra.
Se rompen las copas
de la madrugada.
Empieza el llanto 5
de la guitarra.
Es inútil callarla.
Es imposible
callarla.
Llora monótona 10
como llora el agua,
como llora el viento
sobre la nevada
Es imposible
callarla, 15
Llora por cosas
lejanas.
Arena del Sur caliente
que pide camelias blancas.
Llora flecha sin blanco, 20
la tarde sin mañana,
y el primer pájaro muerto
sobre la rama
¡Oh guitarra!
Corazón malherido 25
por cinco espadas

Sorpresa

Muerto se quedó en la calle 1


con un puñal en el pecho.
No lo conocía nadie.
¡Cómo temblaba el farol!
Madre. 5
¡Cómo temblaba el farolito
de la calle!
Era madrugada. Nadie
pudo asomarse a sus ojos
abiertos al duro aire. 10
Que muerto se quedó en la calle
que con un puñal en el pecho
y que no lo conocía nadie.

Poema del Cante Jondo (publicado en 1931)

31
Prendimiento de Antoñito El Camborio en el camino de Sevilla

Antonio Torres Heredia,


hijo y nieto de Camborios,
con una vara de mimbre
va a Sevilla a ver los toros.
Moreno de verde luna
anda despacio y garboso.
Sus empavonados bucles
le brillan entre los ojos.
A la mitad del camino
cortó limones redondos,
y los fue tirando al agua
hasta que la puso de oro.
Y a la mitad del camino,
bajo las ramas de un olmo,
guardia civil caminera
lo llevó codo con codo.

El día se va despacio,
la tarde colgada a un hombro,
dando una larga torera
sobre el mar y los arroyos.
Las aceitunas aguardan
la noche de Capricornio,
y una corta brisa, ecuestre,
salta los montes de plomo.
Antonio Torres Heredia,
hijo y nieto de Camborios,
viene sin vara de mimbre
entre los cinco tricornios.

Antonio, ¿quién eres tú?


Si te llamaras Camborio,
hubieras hecho una fuente
de sangre con cinco chorros.
Ni tú eres hijo de nadie,
ni legítimo Camborio.
¡Se acabaron los gitanos
que iban por el monte solos!
Están los viejos cuchillos
tiritando bajo el polvo.

A las nueve de la noche


lo llevan al calabozo,
mientras los guardias civiles
beben limonada todos.
Y a las nueve de la noche
le cierran el calabozo,
mientras el cielo reluce
como la grupa de un potro.

Romancero Gitano (1924-1927), publicación 1928.

32
En la muerte de José de Ciria y Escalante

¡Quién dirá que te vio, y en qué momento? 1


¡Qué dolor de penumbra iluminada!
Dos voces suenan: el reloj y el viento,
mientras flota sin ti la madrugada.

Un delirio de nardo ceniciento 5


invade tu cabeza delicada.
¡Hombre! ¡Pasión! ¡Dolor de luz! Memento.
Vuelve hecho luna y corazón de nada.

Vuelve hecho luna: con mi propia mano


lanzaré tu manzana sobre el río 10
turbio de rojos peces y verano.

Y tú, arriba, en lo alto, verde y frío,


¡olvídame! Y olvida al mundo vano,
tristísimo Giocondo, amigo mío.

[1ª versión del poema julio de 1924; en carta a Melchor Fernández Almagro en agosto de
1924. Recogido en Sonetos, con estas correcciones en la ed. de Miguel García-Posada,
Federico García Lorca, Obras completas, I, Poesía, Barcelona, Galaxia Gutenberg/Círculo de
Lectores, 1996.]

33
1910
Intermedio

Aquellos ojos míos de mil novecientos diez 1


no vieron enterrar a los muertos,
ni la feria de ceniza del que llora por la madrugada,
ni el corazón que tiembla arrinconado como un caballito de mar.

Aquellos ojos míos de mil novecientos diez 5


vieron la blanca pared donde orinaban las niñas,
el hocico del toro, la seta venenosa
y una luna incomprensible que iluminaba por los rincones
los pedazos de limón seco bajo el negro duro de las botellas.

Aquellos ojos míos en el cuello de la jaca, 10


en el seno traspasado de Santa Rosa dormida,
en los tejados del amor, con gemidos y frescas manos,
en un jardín donde los gatos se comían a las ranas.

Desván donde el polvo viejo congrega estatuas y musgos,


cajas que guardan silencio de cangrejos devorados 15
en el sitio donde el sueño tropezaba con su realidad.
Allí mis pequeños ojos.

No preguntarme nada. He visto que las cosas


cuando buscan su curso encuentran su vacío.
Hay un dolor de huecos por el aire sin gente 20
y en mis ojos criaturas vestidas ¡sin desnudo!

Nueva York, agosto 1929

Poeta en Nueva York (1ª edición póstuma, 1940) [1ª ed. del original, fijada y anotada por
Andrew. A. Anderson, Barcelona, Galaxia Gutenberg/Círculo de Lectores, 2013].

34
GERARDO DIEGO (Santander, 1896-Madrid, 1987)

Romance del Duero

Río Duero, río Duero,


nadie a acompañarte baja,
nadie se detiene a oír
tu eterna estrofa de agua.

Indiferente o cobarde
la ciudad vuelve la espalda.
No quiere ver en tu espejo
su muralla desdentada.

Tú, viejo Duero, sonríes


entre tus barbas de plata,
moliendo con tus romances
las cosechas mal logradas.

Y entre los santos de piedra


y los álamos de magia
pasas llevando en tus ondas
palabras de amor, palabras.

Quién pudiera como tú,


a la vez quieto y en marcha,
cantar siempre el mismo verso
pero con distinta agua.

Río Duero, río Duero,


nadie a estar contigo baja,
ya nadie quiere atender
tu eterna estrofa olvidada,

sino los enamorados


que preguntan por sus almas
y siembran en tus espumas
palabras de amor, palabras.

Soria. Galería de estampas y efusiones (1923).

35
Romance del río

¿No sabes lo que es el río?


-me preguntas-, ¿no lo sabes?
Estamos los dos sentados
sobre el césped de la margen,

tomando el pulso del tiempo


que se nos va con la tarde,
viendo el tránsito del agua
dulcemente irremediable.

Y entre mieses de oro


y entre viñas de sangre,
este río que fluye
y huye y canta y se evade,

este río que ríe,


llora, según el cante
que -ondas sobre sus ondas-
nuestras almas le engarcen,

sería el espejo,
sería la imagen
de la vida misma
que se nos desvae.

Canta, pájaro, canta


en la ribera,
que las aguas se van
y el río queda.

La Sorpresa, 1943

36
RAFAEL ALBERTI (El Puerto de Santa María, 1902-1999)

Madrigal al billete del tranvía

Adonde el viento, impávido, subleva


torres de luz contra la sangre mía,
tú, billete, flor nueva,
Cortada en los balcones del tranvía.

Huyes, directa, rectamente liso,


en tu pétalo un nombre y un encuentro
latentes, a ese centro
cerrado y por cortar del compromiso.

Y no arde en ti la rosa ni en ti priva


el finado clavel, sí la violeta
contemporánea, viva,
del libro que viaja en la chaqueta.

Cal y Canto (1926-1927)

37
LUIS CERNUDA (Sevilla, 1902-México1963)

Quisiera estar solo en el sur

Quizá mis lentos ojos no verán más el sur 1


De ligeros paisajes dormidos en el aire,
Con cuerpos a la sombra de ramas como flores
O huyendo en un galope de caballos furiosos.

El sur es un desierto que llora mientras canta, 5


Y esa voz no se extingue como pájaro muerto;
Hacia el mar encamina sus deseos amargos
Abriendo un eco débil que vive lentamente.

En el sur tan distante quiero estar confundido.


La lluvia allí no es más que una rosa entreabierta; 10
Su niebla misma ríe, risa blanca en el viento.
Su oscuridad, su luz son bellezas iguales.

Un Río, un Amor (1929), La realidad y el deseo (1942-1962)

38
MANUEL ALTOLAGUIRRE (Málaga, 1905-Madrid, 1959)

Círculos de soledad

Círculos de soledad
dibujados por mi espera.
Girando sobre mis pies,
impaciente, arrastro y doblo
las puntas de mis miradas
sobre lo inútil perpetuo.

Sendero abrirá, llegando


a mi centro permanente;
radio de circunferencia,
minutero de reloj
señalando con sus huellas.

... Y quedará en mí, o se irá


marcando nuevo camino
perpendicular al otro,
en ángulo al de llegada:
gráfico cuarto de hora.

Impaciente espera larga.

Entero horizonte ciñe


la estatua de mi ansiedad:
faro en islote perdido,
monumento a la inquietud
en una plaza redonda.

Ejemplo, 5 (1927)

39
MIGUEL HERNÁNDEZ (Orihuela, 1910-Alicante, 1942)

Un carnívoro cuchillo…

Un carnívoro cuchillo
de ala dulce y homicida
sostiene un vuelo y un brillo
alrededor de mi vida.

Rayo de metal crispado


fulgentemente caído,
picotea mi costado
y hace en él un triste nido.

Mi sien, florido balcón


de mis edades tempranas,
negra está, y mi corazón,
y mi corazón con canas.

Tal es la mala virtud


del rayo que me rodea,
que voy a mi juventud
como la luna a la aldea.

Recojo con las pestañas


sal del alma y sal del ojo
y flores de telarañas
de mis tristezas recojo.

¿A dónde iré que no vaya


mi perdición a buscar ?
Tu destino es de la playa
y mi vocación del mar.

Descansar de esta labor


de huracán, amor o infierno
No es posible, y el dolor
me hará a mi pesar eterno.

Pero al fin podré vencerte,


ave y rayo secular,
corazón, que de la muerte
nadie ha de hacerme dudar.

Sigue, pues, sigue cuchillo,


volando, hiriendo. Algún día
se pondrá el tiempo amarillo
sobre mi fotografía.

El rayo que no cesa, 1936

40
Ropas con su olor

Ropas con su olor,


paños con su aroma.
Se alejó en su cuerpo,
me dejó en sus ropas.
Lecho sin calor,
sábana de sombra.
Se ausentó en su cuerpo.
Se quedó en sus ropas.

Cancionero y romancero de ausencias (1938-1941)

41
GABRIEL CELAYA (Hernani, 1911-Madrid, 1991)

La poesía es un arma cargada de futuro

Cuando ya nada se espera personalmente exaltante,


mas se palpita y se sigue más acá de la conciencia,
fieramente existiendo, ciegamente afirmado,
como un pulso que golpea las tinieblas,

cuando se miran de frente


los vertiginosos ojos claros de la muerte,
se dicen las verdades:
las bárbaras, terribles, amorosas crueldades.

Se dicen los poemas


que ensanchan los pulmones de cuantos, asfixiados,
piden ser, piden ritmo,
piden ley para aquello que sienten excesivo.

Con la velocidad del instinto,


con el rayo del prodigio,
como mágica evidencia, lo real se nos convierte
en lo idéntico a sí mismo.

Poesía para el pobre, poesía necesaria


como el pan de cada día,
como el aire que exigimos tres veces por minuto,
para ser y en tanto somos dar un sí que glorifica.

Porque vivimos a golpes, y apenas si nos dejan


decir que somos quien somos,
nuestros cantares no pueden ser sin pecado un adorno.
Estamos tocando fondo.

Maldigo la poesía concebida como un lujo


cultural por los neutrales
que, lavándose las manos, se desentienden y evaden.
Maldigo la poesía de quien no toma partido hasta mancharse.

Hago mías las faltas. Siento en mí a cuantos sufren


y canto respirando.
Canto, y canto, y cantando más allá de mis penas
personales, me ensancho.

Quisiera daros vida, provocar nuevos actos,


y calculo por eso con técnica, qué puedo.
Me siento un ingeniero del verso y un obrero

42
que trabaja con otros a España en sus aceros.

Tal es mi poesía: poesía-herramienta


a la vez que látigo de lo unánime y ciego.
Tal es, arma cargada de futuro expansivo
con que te apunto al pecho.

No es una poesía gota a gota pensada.


No es un bello producto. No es un fruto perfecto.
Es algo como el aire que todos respiramos
y es el canto que espacia cuanto llevamos dentro.

Son palabras que todos repetimos sintiendo


como nuestras, y vuelan. Son más que lo mentado.
Son lo más necesario: lo que tiene nombre.
Son gritos en el cielo, y en la tierra, son actos.

Cantos iberos, 1955

43
BLAS DE OTERO (Bilbao, 1916-Majadahonda, 1979)

Me llamarán, nos llamarán a todos…

... porque la mayor locura que puede hacer un hombre en esta vida
es dejarse morir, sin más ni más ...
SANCHO (Quijote,II, cap.74)

Me llamarán, nos llamarán a todos.


Tú, y tú, y yo, nos turnaremos,
en tornos de cristal, ante la muerte.
y te expondrán, nos expondremos todos
a ser trizados ! zas ! por una bala.

bien lo sabéis. Vendrán


por ti, por ti, por mí, por todos.
Y también
por ti.
(Aquí
no se salva ni dios. Lo asesinaron);

Escrito está. Tu nombre está ya listo,


temblando en un papel. Aquél que dice:
abel, abel, abel...o yo, tú, él ...

Pero tú, Sancho Pueblo,


pronuncias anchas sílabas,
permanentes palabras que no lleva el viento ....

Pido la paz y la palabra, 1955

44
Cartilla (poética)

La poesía tiene sus derechos.


Lo sé.
Soy el primero en sudar tinta
delante del papel.

La poesía crea las palabras.


Lo sé.
Esto es verdad y sigue siéndolo
diciéndola al revés.

La poesía exige ser sinceros.


Lo sé.
Le pido a Dios que me perdone
y a todo dios, excúsenme.

La poesía atañe a lo esencial


del ser.
No lo repitan tantas veces,
repito que lo sé.

Ahora viene el pero.

La poesía tiene sus deberes.


Igual que un colegial.
Entre yo y ella hay un contrato
social.

Ah las palabras más maravillosas,


«rosa», «poema», «mar»,
son m pura y otras letras:
o, a…

Si hay un alma sincera, que se guarde


(en el almario) su cantar.
¿Cantos de vida y esperanza,
serán?

Pero yo no he venido a ver el cielo,


te advierto. Lo esencial
es la existencia; la conciencia
de estar
en esta clase o en la otra.

Es un deber elemental.

Que trata de España, 1964.

45
ANTONIO GAMONEDA (León, 1931-)

Te morirás de sombra anudada a mi cuerpo, 1


te ahogará mi casa entre sus brazos fríos,
beberás ríos nocturnos de mi vino y mi llanto,
comerás de mi pan, comerás de mi carne.

Reina de mi sangre, voluntad de amargura, 5


juventud derrotada por un reino de sombra,
te meces en mis brazos como un mar; incesante
como el mar, me nombras.

Aquí acaba tu cuerpo. Hay palabras oscuras


habitando tus ojos. Viene el silencio. Ahora 10
ya no tienes remedio; sólo tienes hondura,
soledad en mis brazos y la luz de mis dientes,
como señal de amor en nuestra casa sola.

Primeros poemas. La tierra y los labios, primera versión (1947-1953 y revisada en 2003), Esta luz.
Poesía reunida (1947-2004), Epílogo Miguel Casado, Barcelona, Galaxia Gutenberg/Círculo de
Lectores, 2004, p. 633.

Entre el estiércol y el relámpago escucho el grito del pastor.

Aún hay luz sobre las alas del gavilán y yo desciendo a las hogueras húmedas.

He oído la campana de la nieve, he visto el hongo de la pureza, he creado el olvido.

«Geórgicas», Libro del frío (1986-1992, 1998, 2004), op. cit., p. 308.

46
ANTONIO COLINAS (España, 1946-)

Recuerdas una senda sombría entre castaños

Recuerdas una senda sombría entre castaños


y un arroyo arrullando la piedra de los siglos
allá en la umbría del valle del silencio.
Recuerdas el camino, la misteriosa vía
ahora que el vacío está desorbitando
tus ojos, y tu vida, y tus sueños mejores.
Estás en el vacío que atraviesa el dolor.
Estás en el dolor que alimenta el vacío.
Y llega tu recuerdo, como un sueño vivido,
aquel paso del valle que protege la nieve.
Te llega sin relinchos, sin plegarias, sin cantos,
sin la soez blasfemia de algunos peregrinos.
Ya no hay huellas de pus en las losas del atrio.
Hoy un hondo silencio se ha llevado a los hombres,
a sus cruces, sus armas, sus cirios, sus hogueras.
El tiempo ha carcomido la madera aromada
ha sembrado de víboras las ruinas del cenobio,
ha hincado sus pezuñas y metido su hocico
en las sangrientas vísceras de la Historia, ha roído
lentamente los huesos de los más firmes dogmas,
ha arrancado las santas cenizas del sepulcro
a través de incesante turbulencia de crímenes.
Aun así, hoy añoras el silencio enlunado
de la braña, la senda perdida entre castaños,
protegida por una lejanía de lobos.
Desde el vacío ansías el perfecto vacío,
la misteriosa senda, de la que no se vuelve,
que conduce a un remoto cementerio de estrellas.

(Canto XXXII)

El río de sombra. Treinta y cinco años de poesía, 1967-2002.

47
Canto frente a los muros de Astorga

El pecho de un león son estos muros.


Tiemblan las ramas de color cereza.
Un trueno de palomas abre el día.
Veo en las piedras vetas verdinegras.
Tiene Teleno el lomo amoratado
de un centauro bajo la luz primera
y el belfo rojo de morder las flores
húmedo por la nieve y las estrellas.

Como un pulmón de pájaro respira


el jardín incrustado, la arboleda.
(Cuántas noches bebimos la hermosura
desde este mirador y qué leyenda
de plata antigua y vírgenes cautivas
tejía la luna entre las nobles piedras.
Tenías los ojos mansos de los ciervos
y una brisa de abeto entre las cejas.
Tu pupila de lago azul miraba
con paz la catedral, las roídas verjas.)
Astorga es un silencio dilatado.
Hecha de violines que no suenan
qué profunda es su música, qué honda
la pesadumbre de la yedra negra
en los jardines últimos trepando.
Rotundo corazón lleno de ausencia.

El pecho de un león, la frente dura


del topacio en los muros, las vidrieras
toscas, tintas de sangre y oxidadas,
la ronquera del grajo, las callejas
llenas de sombra humilde y sol antiguo…
Rotundo corazón lleno de ausencia.
De nobles tumbas tiene las raíces.
De argolla y cobre amargo son sus venas,
sus canales de mármol, de aguas rojas.
Astorga suena a roca y a pureza.
Qué sabios son sus ojos encendidos.
Astorga ve pasar la luz, y sueña.

El río de sombra. Treinta y cinco años de poesía, 1967-2002.

48
LUIS ANTONIO DE VILLENA (España, 1951-)

Nocturno en oro y negro

Del amor, amigo, no tengo sino nostalgia del amor…


En mi tiempo joven, la sabiduría me llevó a ciertas lujurias,
y cuando el amor acercaba una mano, se la besaba, frívolo,
para buscar, más allá, los bellos sortilegios, vírgenes o turbios…

Tengo ahora, pues, nostalgias de nostalgia. No sé si acierto.


Nostalgia del amor que nunca tuve, que apenas entreví
y que indudablemente –saltarín griego– dejé pasar de largo.
En mi nostalgia no hay amor, sino sólo añoranza. Amor nunca vivido.

Y como tiene el tiempo sus extrañas medidas, su plomada


soez, su posibilidad de emociones, racionada hasta el límite,
la añoranza me da melancolía, y el amor es humo, vaho que escapa.

Si fuera posible amor cuando huiste del amor tan a menudo,


el milagro indudable viviría en el cuerpo. Siento desear amor…
Soy un adolescente, vestido de viejo, que pide inútilmente su mañana primera.

Los gatos príncipes (1998-2001).

49
PABLO NERUDA (Chile, 1904-1973)

Amor América (1400)

Antes de la peluca y la casaca


fueron los ríos, ríos arteriales:
fueron las cordilleras, en cuya onda raída
el cóndor o la nieve parecían inmóviles:
fue la humedad y la espesura, el trueno
sin nombre todavía, las pampas planetarias.

El hombre tierra fue, vasija, párpado


del barro trémulo, forma de la arcilla,
fue cántaro caribe, piedra chibcha,
copa imperial o sílice araucana.
Tierno y sangriento fue, pero en la empuñadura
de su arma de cristal humedecido,
las iniciales de la tierra estaban
escritas.
Nadie pudo
recordarlas después: el viento
las olvidó, el idioma del agua
fue enterrado, las claves se perdieron
o se inundaron de silencio o sangre.

No se perdió la vida, hermanos pastorales.


Pero como una rosa salvaje
cayó una gota roja en la espesura,
y se apagó una lámpara de tierra.

Yo estoy aquí para contar la historia.


desde la paz del búfalo
hasta las azotadas arenas
de la tierra final, en las espumas
acumuladas de la luz antártica,
y por las madrigueras despeñadas
de la sombría paz venezolana,
te busqué, padre mío,
joven guerrero de tiniebla y cobre,
o tu, planta nupcial, cabellera indomable ;
madre caimán, metálica paloma.

Yo, incásico del légamo,


toqué la piedra y dije:
Quién
me espera? Y apreté la mano
sobre un puñado de cristal vacío.
Pero anduve entre flores zapotecas

50
y dulce era la luz como un venado,
y era la sombra como un párpado verde.

Tierra mía sin nombre, sin América,


estambre equinoccial. lanza de púrpura,
tu aroma me trepó por las raíces
hasta la copa que bebía, hasta las más delgada
palabra aún no nacida de mi boca.

La guerra (1936)

ESPAÑA, envuelta en sueño, despertando


como una cabellera con espigas,
te vi nacer, tal vez entre las breñas
y las tinieblas, labradora,
levantarte entre las encinas y los montes
y recorrer el aire con las venas abiertas.
Pero te vi atacada en las esquinas
por los antiguos bandoleros. Iban
enmascarados, con sus cruces hechas
de víboras, con los pies metidos
en el glacial pantano de los muertos.
Entonces vi tu cuerpo desprendido
de matorrales, roto
sobre la arena encarnizada, abierto,
sin mundo, aguijoneado en la agonía.
Hasta hoy corre el agua de tus peñas
entre los calabozos, y sostienes
tu corona de púas en silencio,
a ver quién puede más, si. tus dolores
o los rostros que cruzan sin mirarte.
Yo viví con tu aurora de fusiles,
y quiero que de nuevo pueblo y pólvora
sacudan los ramajes deshonrados
hasta que tiemble del sueño y se reúnan
los frutos divididos en la tierra.

Canto General, 1950

51
Oda a la cebolla

Cebolla
luminosa redoma,
pétalo a pétalo
se formó tu hermosura,
escamas de cristal te acrecentaron
y en el secreto de la tierra oscura
se redondeó tu vientre de rocío.

Bajo la tierra
fue el milagro
y cuando apareció
tu torpe tallo verde,
y nacieron
tus hojas como espadas en el huerto,
la tierra acumuló su poderío
mostrando tu desnuda transparencia,
y como en Afrodita el mar remoto
duplicó la magnolia
levantando sus senos,

la tierra
así te hizo,
cebolla,
clara como un planeta,
y destinada
a relucir,
constelación constante,
redonda rosa de agua,
sobre
la mesa
de las pobres gentes.

Generosa
deshaces
tu globo de frescura
en la consumación
ferviente de la olla,
y el jirón de cristal
al calor encendido del aceite
se transforma en rizada pluma de oro.

También recordaré cómo fecunda


tu influencia el amor de la ensalada
y parece que el cielo contribuye
dándote fina forma de granizo

52
a celebrar tu claridad picada
sobre los hemisferios de un tomate.
Pero al alcance
de las manos del pueblo,
regada con aceite,
espolvoreada
con un poco de sal,
matas el hambre
del jornalero en el duro camino.
Estrella de los pobres,
hada madrina
envuelta en delicado
papel, sales del suelo,
eterna, intacta, pura
como semilla de astro,
y al cortarte
el cuchillo en la cocina
sube la única lágrima
sin pena.
Nos hiciste llorar sin afligirnos.

Yo cuanto existe celebré, cebolla,


pero para mí eres
más hermosa que un ave
de plumas cegadoras,
eres para mis ojos
globo celeste, copa de platino,
baile inmóvil
de anémona nevada
y vive la fragancia de la tierra
en tu naturaleza cristalina.

Odas elementales, 1954

53
JORGE LUIS BORGES (Buenos Aires, 1899-Ginebra, 1986)

España

Más allá de los símbolos,


más allá de la pompa y la ceniza de los aniversarios,
más allá de la aberración del gramático
que ve en la historia del hidalgo
que soñaba ser don Quijote y al fin lo fue,
no una amistad y una alegría
sino un herbario de arcaísmos y un refranero,
estás, España silenciosa, en nosotros.
España del bisonte, que moriría
Por el hierro o el rifle,
en las praderas del ocaso, en Montana,
España donde Ulises descendió a la Casa de Hades,
España del ibero, del celta, del cartaginés, y de Roma,
España de los duros visigodos,
de estirpe escandinava,
que deletrearon y olvidaron la escritura de Ulfilas,
pastor de pueblos,
España del Islam, de la cábala
y de la Noche Oscura del Alma,
España de los inquisidores,
que padecieron el destino de ser verdugos
y hubieran podido ser mártires,
España de la larga aventura
que descifró los mares y redujo crueles imperios
y que prosigue aquí, en Buenos Aires,
en este atardecer del mes de julio de 1964,
España de la otra guitarra, la desgarrada,
no la humilde, la nuestra,
España de los patios,
España de la piedra piadosa de catedrales y santuarios,
España de la hombría de bien y de la caudalosa amistad,
España del inútil coraje,
podemos profesar otros amores,
podemos olvidarte
como olvidamos nuestro propio pasado,
porque inseparablemente estás en nosotros,
en los íntimos hábitos de la sangre,
en los Acevedo y los Suárez de mi linaje,
España,
madre de ríos y de espadas y de multiplicadas generaciones,
Incesante y fatal.

El otro, el mismo, 1964

54
ROBERTO SOSA (Honduras, 1930-2011)

Niña de niebla

Tu escultura de ola
Con los senos abiertos sobre las dunas,
El mar desea,
Y a ti, dulce, se humilla.

Tu escritura de garza
El agua lee
Y cuidan los arrecifes.

Tu forma
Maravillosamente sin alma
Entrelazada a mi forma.

Desde tus hombros la espuma viene.


Desde tus hombros hasta mis ojos.

Mira los peces


Junto a la estatua del viento.
Oye el rocío
Entre tus piernas oscurecerse.

Rema mi boca. Rema.


Mis delfines te amparan, ellos desean
Tus profundos cabellos desordenados.
Estoy solo
Estoy solo
Y siento miedo
A las deshabitadas soledades.
Toca mi corazón y no te vuelvas,
Niña de niebla.

Mar interior, 1967

55
JUAN GELMAN (Buenos Aires, 1930-México, 2014)

Ausencia de amor

Cómo será pregunto. 1


Cómo será tocarte a mi costado.
Ando de loco por el aire
que ando que no ando.

Cómo será acostarme 5


en tu país de pechos tan lejano.
Ando de pobre cristo a tu recuerdo
clavado, reclavado.

Será ya como sea.


Tal vez me estalle el cuerpo todo lo que he esperado. 10
Me comerás entonces dulcemente
pedazo por pedazo.

Seré lo que debiera.


Tu pie. Tu mano.

El juego en que andamos, 1956-1958

¿dónde indican las luces 1


que todo fue nomás sombra de pájaro/
no pájaro/sonido
de agua sin agua?/¿dónde

pájaro y agua como piedras 5


golpean la herida dispersa de mundo?/en este suelo soy
sombra de sombras que en el nombre fueron
la no palabra/

Incompletamente, México, 1993-1995

56
MARIO BENEDETTI (Uruguay, 1920-2009)

Allende

Para matar al hombre de la paz


para golpear su frente limpia de pesadillas
tuvieron que convertirse en pesadilla,
para vencer al hombre de la paz
tuvieron que congregar todos los odios
y además los aviones y los tanques,
para batir al hombre de la paz
tuvieron que bombardearlo, hacerlo llama,
porque el hombre de la paz era una fortaleza
Para matar al hombre de la paz
tuvieron que desatar la guerra turbia,
para vencer al hombre de la paz
y acallar su voz modesta y taladrante
tuvieron que empujar el terror hasta el abismo
y matar más para seguir matando,
para batir al hombre de la paz
tuvieron que asesinarlo muchas veces
porque el hombre de la paz era una fortaleza,
Para matar al hombre de la paz
tuvieron que imaginar que era una tropa,
una armada, una hueste, una brigada,
tuvieron que creer que era otro ejército,
pero el hombre de la paz era tan sólo un pueblo
y tenía en sus manos un fusil y un mandato
y eran necesarios más tanques, más rencores
más bombas, más aviones, más oprobios
porque el hombre de la paz era una fortaleza
Para matar al hombre de la paz
para golpear su frente limpia de pesadillas
tuvieron que convertirse en pesadilla,
para vencer al hombre de la paz
tuvieron que afiliarse siempre a la muerte
matar y matar más para seguir matando
y condenarse a la blindada soledad,
para matar al hombre que era un pueblo
tuvieron que quedarse sin el pueblo.

(1983)

57
ANTONIO CISNEROS (Lima, 1942-2012)

Cuestión de tiempo

Mal negocio hiciste, Almagro. Pues a


ninguna piedra
de Atacama podías pedir pan, ni oro a sus
arenas.
y el sol con su abrelatas, destapó a
tus soldados bajo el hambre
de una nube de buitres.

II

En 1964,
donde tus ojos barbudos sólo vieron
rojas tunas, cosechan -otros buitres-
unos bosques
tan altos de metales,
que cien armadas de España
por cargarlos
hubieran naufragado bajo el sol

Comentarios Reales, 1964

58
JOSÉ WATANABE (Perú, Trujillo, 1945-Lima, 2007)

El guardián del hielo

y coincidimos en el terral
el heladero con su carretilla averiada
y yo
que corría tras los pájaros huidos del fuego
de la zafra.
También coincidió el sol.
En esa situación cómo negarse a un favor llano:
el heladero me pidió cuidar su efímero hielo.

Oh cuidar lo fugaz bajo el sol...

El hielo empezó a derretirse


bajo mi sombra, tan desesperada
como inútil.
Diluyéndose
dibujaba seres esbeltos y primordiales
que sólo un instante tenían firmeza
de cristal de cuarzo
y enseguida eran formas puras
como de montaña o planeta
que se devasta.

No se puede amar lo que tan rápido fuga.

Ama rápido, me dijo el sol.


y así aprendí, en su ardiente y perverso reino, a cumplir con
la vida:
yo soy el guardián del hielo.

Cosas del cuerpo, 1999

59
GONZALO MILLÁN (Chile, 1947-2006)

El ausente
La escritura es originalmente el lenguaje del ausente
S. Freud

Se desvanecen las huellas


De unas plantas sobre la balanza
Que ha retornado a cero.

Flota un olor a tostadas.


La cocina se enfría.
Aún crujen las sillas de mimbre.

El agua gotea,
Pero quisiera correr
como cuando se abrió la llave.
El jabón desea el agua fría
y la piel de unas manos
que ya se ensucian.

La toalla aguarda tendida


secar otra vez un rostro
cuya imagen recuerda el espejo.

Su tela es verde y brillante


como el césped bajo el sol afuera.
El peine retiene unos cabellos.

La casa recién abandonada


tiene la mañana y la tarde,
todo el día todavía por delante.

La cama deshecha espera


con el libro la llegada
de la noche y su durmiente.

El tiempo fluye
lisa y silenciosamente
en la ausencia como un aceite.

Vida, 1984

60
TABLE DES MATIÈRES

GLOSSAIRE ................................................... 1

ANÓNIMO ..................................................... 15
Romance del prisionero ....................................................................................................... 15
GARCILASO de la VEGA ........................................ 16
(Soneto XIII) ........................................................................................................................ 16
(Soneto XXIII) ..................................................................................................................... 16
FRANCISCO DE QUEVEDO) ....................................... 17
Soneto amoroso difiniendo el amor ..................................................................................... 17
GUSTAVO ADOLFO BÉCQUER ...................................... 18
Saeta que voladora................................................................................................................18
Cendal flotante de leve bruma… ......................................................................................... 18
Volverán las oscuras golondrinas… .................................................................................... 19
JOSÉ MARTI .................................................. 20
La niña de Guatemala .......................................................................................................... 20
Vierte, corazón, tu pena ....................................................................................................... 21
RUBÉN DARÍO ............................................ .....22
Caupolicán ........................................................................................................................... 22
Nocturno .............................................................................................................................. 23
ANTONIO MACHADO ............................................. 24
(Recuerdo infantil)… ........................................................................................................... 24
CXXI .................................................................................................................................... 25
Meditación del día................................................................................................................ 24
CÉSAR VALLEJO ............................................... 26
Idilio muerto......................................................................................................................... 26
Masa ..................................................................................................................................... 26
VICENTE HUIDOBRO ............................................ 27
Altazor ¿por qué perdiste tu primera serenidad?... .............................................................. 27
JUAN LARREA ................................................. 28
Estanque ............................................................................................................................... 28
PEDRO SALINAS (España, 1891-1959) ........................... 29
¡ Qué cruce en tu muñeca…................................................................................................. 29
JOGE GUILLÉN ................................................ 29
Amanece, amanezco ............................................................................................................ 30
FEDERICO GARCÍA LORCA ....................................... 31
La guitarra ............................................................................................................................ 31
Sorpresa................................................................................................................................ 31
Prendimiento de Antoñito El Camborio en el camino de Sevilla ........................................ 32
En la muerte de José de Ciria y Escalante ........................................................................... 33
1910...................................................................................................................................... 34
GERARDO DIEGO ............................................... 29
Romance del Duero.............................................................................................................. 35
Romance del río ................................................................................................................... 36
RAFAEL ALBERTI .............................................. 29
Madrigal al billete del tranvía .............................................................................................. 37

61
LUIS CERNUDA ................................................ 29
Quisiera estar solo en el sur ................................................................................................. 38
MANUEL ALTOLAGUIRRE ......................................... 39
Círculos de soledad… .......................................................................................................... 40
MIGUEL HERNÁNDEZ ............................................ 40
Un carnívoro cuchillo… ...................................................................................................... 40
Ropas con su olor ................................................................................................................. 41
GABRIEL CELAYA .............................................. 42
La poesía es un arma cargada de futuro ............................................................................... 42
BLAS DE OTERO ............................................... 44
Me llamarán, nos llamarán a todos… .................................................................................. 44
Cartilla (poética) .................................................................................................................. 45
ANTONIO GAMONEDA ............................................ 46
Te morirás ............................................................................................................................ 46
Entre el estiércol .................................................................................................................. 46
ANTONIO COLINAS ............................................ 47
Recuerdas una senda sombría entre castaños....................................................................... 47
Canto frente a los muros de Astorga .................................................................................... 48
LUIS ANTONIO DE VILLENA .................................... 49
Nocturno en oro y negro ...................................................................................................... 49
PABLO NERUDA ................................................ 50
Amor América (1400) ........................................................................................................ 50
La guerra (1936) .................................................................................................................. 51
Oda a la cebolla .................................................................................................................... 52
JORGE LUIS BORGES ........................................... 54
España .................................................................................................................................. 54
ROBERTO SOSA ................................................ 55
Niña de niebla ...................................................................................................................... 55
JUAN GELMAN ................................................. 56
Ausencia de amor ................................................................................................................. 56
¿dónde indican las luces....................................................................................................... 56
MARIO BENEDETTI ............................................. 57
Allende ................................................................................................................................. 57
ANTONIO CISNEROS ............................................ 58
Cuestión de tiempo ......................................................................................................... 58
JOSÉ WATANABE ............................................... 59
El guardián del hielo ............................................................................................................ 59
GONZALO MILLÁN .............................................. 60
El ausente ............................................................................................................................. 60

Ilustración Joan Miró

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