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Dossier de presse

Exposition
Musée du Louvre
Aile Sully, salle de la Maquette

du 19 mai au 15 août 2011

Mimmo Jodice
Les Yeux du Louvre

Sommaire

Communiqué de presse p.2


En partenariat media avec Polka magazine
Préface d’Henri Loyrette p.4

Aux yeux de tous par Quentin Bajac p.5

Interview de Mimmo Jodice p.7

Repères biographiques p.8

Catalogue p.10

Listes des oeuvres exposées p.11


Relations presse:
Laurence Roussel
Liste des tableaux photographiés p.12
laurence.roussel@louvre.fr
01 40 20 84 98
Visuels de l’exposition p.13
Direction de la communication:
Anne-Laure Béatrix Partenaire media p.15
anne-laure.beatrix@louvre.fr

1
Communiqué de presse
Exposition Mimmo Jodice
19 mai - 15 août 2011 Les yeux du Louvre
Aile Sully, Salle de la maquette

Après les expositions des photographes contemporains


L’exposition a été rendue possible grâce au Patrick Faigenbaum (2004), Jean-Luc Moulène (2005) et
mécénat de Garofalo Candida Höfer (2006), le Louvre accueille Mimmo Jodice,
artiste italien majeur de la scène photographique
internationale.

Le photographe napolitain Mimmo Jodice est un familier des


musées. Après avoir travaillé sur les ravages causés par le temps
En partenariat avec l'Istituto Italiano di sur les sculptures antiques du musée archéologique de Naples,
Cultura de Paris puis sur les tableaux baroques du musée de Capodimonte en les
http://www.iicparigi.esteri.it confrontant avec des portraits photographiques, il propose, au
Louvre, un nouveau projet centré sur le regard.

Mimmo Jodice, Projet pour les yeux du Louvre


© Mimmo Jodice - Musée du Louvre 2011
Informations pratiques

Horaires
Exposition ouverte tous les jours de 9h à
18h, sauf le mardi, nocturnes jusqu’à 22h les
mercredi et vendredi.
Commissaire de l’exposition :
Tarifs Marie-Laure Bernadac, conservateur général, chargée de
Accès avec le billet d’entrée au musée : 10 €. mission pour l'art contemporain au Louvre, assistée de Pauline
Gratuit pour les moins de 18 ans, les moins de
Guelaud.
26 ans résidents de l’U.E., les enseignants
titulaires du pass éducation, les demandeurs
d’emploi, les adhérents des cartes Louvre
familles, Louvre jeunes, Louvre professionnels
et Amis du Louvre, ainsi que le premier
dimanche du mois pour tous.

Renseignements
Tél. 01 40 20 53 17 - www.louvre.fr

Direction de la communication Contact presse 2


Anne-Laure Béatrix Laurence Roussel
anne-laure.beatrix@louvre.fr laurence.roussel@louvre.fr - Tél. 01 40 20 84 98 / Fax 54 52
En juxtaposant des photographies de portraits célèbres du
« Mon projet est de mélanger la réalité musée, toutes époques confondues, avec celles de personnes
d'aujourd'hui avec celle des siècles passés travaillant au Louvre, il cherche à abolir le temps et la
et de montrer dans les visages d’hier et différence entre peinture et photographie. Les yeux des
aujourd'hui les mêmes sentiments comme personnages sont alignés à la même hauteur et regardent ainsi le
la passion, l'anxiété, la noblesse, visiteur. Il ne s’agit pas uniquement de créer des analogies entre
l'arrogance, la stupeur, l’ironie. » portrait peint et portrait vivant mais de redonner vie, âme et
Mimmo Jodice caractère aux figures du passé, tout en conférant un nouveau
statut aux modèles photographiés.

Né à Naples en 1934, Mimmo Jodice a enseigné la photographie


pendant de nombreuses années à l’Académie des Beaux-Arts de
Naples. Mimmo Jodice a largement contribué au succès de la
photographie italienne sur le plan international. Sa première
exposition importante a lieu au Palais Ducal d’Urbino en 1968.
Au cours des années 70, il se consacre à des thèmes sociaux et
questionne la dégradation du monde urbain puis il s’intéresse de
plus en plus à l’architecture et au paysage, tout en continuant,
jusqu’à aujourd’hui, sa réflexion sur l’impact du passé artistique
Publication dans le quotidien, sur la persistance des mythes originels de
Catalogue de l’exposition notre civilisation antique.
Les Yeux du Louvre
Texte de Quentin Bajac En 1980, avec son album Vedute di Napoli (Vues de Naples), il
Interview de Marie-Laure Bernadac se lance dans une nouvelle série, travaillant sur l’espace urbain
Coédition Actes Sud / Musée du Louvre
vide et angoissant, de façon quasi métaphysique. Dès lors, ses
Editions
Cette publication a été rendue possible photos seront de plus en plus marquées par une approche
grâce au mécénat de Gianfranco et visionnaire et silencieuse. Son œuvre et son enseignement sont
Monica D'Amato devenus l’un des points de repère de la photographie italienne
contemporaine. En 2003, l’Accademia dei Lincei de Rome lui
décerne le prestigieux « Prix Feltrinelli ». Après la rétrospective
présentée à Rome, puis à Paris, à la Maison Européenne de la
photographie en 2010, cette exposition est la première de ce
grand photographe italien dans un musée parisien.

Mimmo Jodice, Projet pour les yeux du Louvre


© Mimmo Jodice - Musée du Louvre 2011
3
Préface
Par Henri Loyrette
Président-directeur du musée du Louvre

Les yeux du Louvre vous regardent… Comment ne pas être saisi, en en-
trant dans la salle d’exposition, par la diversité et l’intensité de tous ces
regards qui convergent vers vous ?

Ceux des personnages peints et ceux des personnages réels.


Christian Boltanski les appelait les Habitants du Louvre, les visibles et les
invisibles, les morts et les vivants. Mimmo a voulu rendre hommage à ces
habitants en les photographiant. Tous sont également présents grâce à la
magie de l’objectif sensible de l’artiste photographe qui a su capter, dans
les innombrables portraits du musée et dans les visages des personnes qu’il
a rencontrées, leur expression individuelle, leur caractère, leur personnalité.

Mimmo Jodice est un habitué des musées, un “voyageur dans le temps”


comme il se définit lui-même, et qui n’a de cesse d’interroger les vestiges
du passé afin qu’ils nous parlent encore et toujours. Pour lui, “la
photographie est un présent absolu”.
Pour répondre à l’invitation du Louvre, après ses travaux réalisés au musée
archéologique de Naples puis au musée de Capodimonte, et dans bien
d’autres musées en Europe, il a choisi de se concentrer sur un thème
récurrent de son travail et qui lui est cher : celui du visage humain et de son
regard tel qu’il apparaissait déjà dans les statues de pierre de la série
Anamnesi, en 1990. Mais alors les yeux étaient des trous vides et les
visages semblables à des masques. Ici, rien de tel, le regard est vif,
expressif, et Mimmo Jodice a souhaité restituer à chacun son identité et sa
fonction. C’est d’abord un portrait avant d’être un tableau. S’ils n’avaient
pas été peintres, dit-il des peintres qu’il a choisis, ils auraient été
photographes.

Cette sixième carte blanche donnée à un photographe, après Patrick


Faigenbaum, Jean-Luc Moulène, Candida Höfer, Christian Milovanoff et
Nan Goldin, confirme une fois de plus que le regard des artistes sur nos
collections est chaque fois une redécouverte, une réactivation de notre
connaissance et de notre regard sur les œuvres. Chacun apporte sa vision du
Louvre, et nous espérons que celle, mystérieuse et spectaculaire de Mimmo
Jodice, trouvera un écho en chacun des visiteurs, qui pourront s’amuser à
retrouver ces visages devenus familiers. (…)

(extrait du catalogue de l’exposition)

4
Aux yeux de tous
Par Quentin Bajac

Par une curieuse coïncidence, le nouveau projet de Mimmo Jodice fait chronologiquement suite à une série de
travaux qui, de la Scopophilia de Nan Goldin à la collaboration entre Jacques Roubaud et Christian Boltanski
(Les Habitants du Louvre), ont été l’occasion, dans le cadre des commandes passées par le musée du Louvre à
des artistes contemporains, d’une confrontation entre peinture et photographie autour du genre du portrait et du
thème de la figure humaine. Un regard rapide relèvera certes des parallélismes formels mais qu’un examen plus
approfondi jugera superficiels – et finalement inopérants. Le travail de Nan Goldin entendait souligner, par-delà
les différences apparentes de sujets et d’approches d’une œuvre résolument moderne et ancrée dans une
humanité très contemporaine, les affinités, tant iconographiques que stylistiques, entre sa propre démarche
photographique et une tradition picturale occidentale. Pour Christian Boltanski, la combinaison de la peinture et
de la photographie, à travers ses portraits combinés, hybrides des morts et des vivants du Louvre, permettait
d’offrir un prolongement visuel aux taxinomies ludiques et perturbatrices de Jacques Roubaud, convoquant les
plaisirs des rencontres provoquées, des classements absurdes, interrogeant les mystères de l’identité et de la
représentation, déjouant les évidences du nom.

A partir d’une idée proche, la confrontation de reproductions photographiques de portraits peints, sélectionnés
par ses soins parmi les collections du musée, et de portraits photographiques de membres du personnel du
Louvre réalisés pour l’occasion, Jodice emprunte un chemin fort différent. L’enjeu n’est plus le même puisqu’il
s’agit ici avant tout d’interroger le genre même du portrait et sa double nature – autrefois picturale, aujourd’hui
majoritairement photographique. Pour décrire différemment et de manière sans doute plus juste le projet de
Jodice, en ne s’attachant qu’au processus de création, on dira que celui-ci a donc avant tout entrepris de
photographier dans le même temps deux types de modèles, les uns vivants, les autres peints, puis de les mettre
en présence pour voir ce qu’ils avaient à se dire.

Ce projet dans sa double dimension, de dialogue et d’expérimentation, appelant une mise en perspective
critique de sa propre pratique photographique par la confrontation directe et volontaire à d’autres images –
d’autres artistes, d’autres formes et d’autres langages –, s’inscrit bien évidemment dans le droit fil de certains
de ses précédents travaux. A cet égard, le projet du Louvre peut en évoquer de manière directe ou indirecte au
moins trois autres, dont il apparaît comme la réminiscence ou le prolongement : le premier est celui qui, en
1974, à la galerie Il Diaframma à Milan le voyait, dans son exposition Fotografie dal Giappone, confronter ses
propres clichés à des cartes postales. Le second, Identificazione, au studio Trisorio à Naples, en 1978, était pour
lui l’occasion de réinscrire ses images dans le champ culturel et artistique dont elles s’étaient émancipées –
celui de ses grandes influences en photographie, de Bill Brandt à André Kertész. Enfin le troisième, beaucoup plus
récent et plus proche de celui du Louvre, est celui mené en 2008 au musée de Capodimonte à Naples avec l’exposition
Transiti : autour des têtes d’expression et de la grammaire des passions, Jodice y dressait des parallèles entre
certains de ses anciens clichés et la collection de peinture baroque du musée napolitain. De la même manière,
d’emblée, dans ces Yeux du Louvre, Jodice revendique une communauté de dessein entre sa pratique du por-
trait et celle des siècles passés.

C’est ici autour du seul regard que le propos se concentre. C’est ce dernier qui, par le principe strict de
l’alignement, constitue littéralement un trait d’union entre les vivants et les morts, les êtres de chair et ceux de
toile, l’époque contemporaine et les six siècles d’histoire du portrait, la photographie et la peinture. On pourrait
d’ailleurs à ce titre convoquer une autre exposition: l’installation Anamnesi dans le métro de Naples en 2005
rassemblait déjà des reproductions de têtes sculptées et peintes, présentées au mur alignées par la seule ligne du
regard.

Tous les portraits sélectionnés dans les collections du Louvre ont en commun de nous fixer. De face ou de trois
quarts, leur regard est pourtant, sans ambiguïté aucune, tourné vers le spectateur.
5
Les portraits photographiques des membres du personnel du Louvre, recourant de manière systématique à la
prise de vue frontale, à la manière des portraits d’identité ou d’anthropométrie, accentuent encore cette
spécificité. Jodice ne s’est d’ailleurs contenté ni de reproduire tel quel, en noir et blanc, ni de simplement
aligner les reproductions faites et les images réalisées pour l’occasion. Au terme d’un travail de recadrage
effectué sur les portraits peints, il n’en conserve que l’essentiel : le visage, troué par deux yeux qui fixent le
lecteur/visiteur. Soit un portrait réduit à la seule tête: plus aucune mention du corps si ce n’est le cou et, de
temps à autre, le sommet des épaules. Nulle main, trop expressive, nul accessoire, draperie ou colonne, qui
risquerait de retenir l’attention. Pas non plus d’arrière-plan, aucune ligne d’horizon ou profondeur de champ,
vers lequel le regard du spectateur risquerait de s’égarer et qui serait susceptible de rompre le face à face. Enfin,
à l’exact contraire des choix de Capodimonte, les portraits peints ont été sélectionnés pour la relative retenue
dont ils font preuve: nulle expression trop accentuée, nulle contraction des muscles du visage trop prononcée,
qui risquerait d’attirer le regard et d’introduire comme une ébauche de sentiment, voire de récit. Enfin, est-il
besoin de le préciser, nulle couleur, elle aussi trop souvent facteur de distraction et que, ici comme dans le reste
de ses travaux, Jodice a choisi de tenir à distance.

Cette simple action de recadrage sur le seul visage permet bien évidemment neutralisation et harmonisation.
Gommant les différences stylistiques, les partis pris de cadrage et de composition, elle abolit les distances
temporelles qui séparent non seulement les photographies des vivants des portraits des morts mais également, et
surtout serait-on tenté de dire, les morts entre eux. Par-delà les siècles, les auteurs, et les médiums –
photographie et peinture – utilisés, ces portraits deviennent de simples visages de gens qui sont et de gens qui
ont été. Ce faisant, il est évident qu’elle favorise également une lecture typologique qui, pour être efficace et
pertinente, ne peut porter que sur des éléments équivalents.

(…) Au mur, chacun de ces visages mesure environ un mètre de haut : soit une présence imposante,
nettement plus grande que nature, mais qui conserve un semblant de mesure humaine et qui de ce fait relève
tant de la présence que de la représentation. Réduits au jeu du simple regard fixé droit devant lui, ces visages
n’offrent aucune échappatoire possible au spectateur. Dans le métro de Naples, les têtes peintes et sculptées
d’Anamnesi suivaient le visiteur tout au long d’un couloir. Ici ils l’enveloppent de toutes parts. Dans cette boîte
noire, le spectateur se trouve confronté à cette multitude d’yeux qui le fixent, l’examinent, le jugent peut-être.
Chacun réclame son attention et l’établit en retour comme objet de son propre regard. L’effet était d’ailleurs
renforcé dans l’idée initiale de Jodice – difficilement compatible avec les rythmes et impératifs de visite d’un
musée comme le Louvre – de ne laisser chaque fois qu’un visiteur pénétrer dans la salle.

Ces individus nous fixent et dans ce regard expriment leur individualité mieux que de n’importe quelle autre
manière. Centré sur chaque image, le dispositif conçu offre la possibilité de cette lecture verticale, humaniste,
isolant chaque individu dans le cadre qui est le sien, en un face à face entre le modèle et le spectateur. Libre
alors à ce dernier de tenter de saisir, à travers le langage des regards, les infinies variations et les infimes
nuances de sentiment et d’expression. Chacune s’y présente dans l’affirmation d’une subjectivité propre,
conforme en cela à la lecture d’un genre qui à la Renaissance affirme la singularité de chaque individu
portraituré. Chaque représentation, posée, où le modèle regarde calmement en direction de l’artiste – peintre ou
photographe –, souligne le lien contractuel existant entre l’un et l’autre sur le mode de l’échange et de la
reconnaissance mutuelle.
(…) Sans recourir à la moindre retouche de l’image, Mimmo Jodice, par l’utilisation d’une petite lumière
braquée sur les yeux des portraits peints ou d’un miroir pour les personnes vivantes, rehausse l’éclat lumineux
des regards, selon un dispositif qu’il se plaît à utiliser parfois : depuis les années 1960, miroir et lumière
artificielle lui permettent de littéralement sculpter l’espace de la représentation, en donnant à cette dernière un
relief différent. Le blanc y brille ici d’un éclat surnaturel, les pupilles scintillent de manière inhabituelle,
comme s’ils ne répondaient plus à la même logique d’élaboration, à la manière de ces sculptures antiques, dont
les yeux, d’un autre matériau que celui dont on fait le corps, marbre, ivoire, pâte de verre blanche, pierre
précieuse : des yeux comme rapportés. (…)

6
Interview de Mimmo Jodice
Par Marie-Laure Bernadac

MLB : Vous avez beaucoup travaillé dans les musées, en Italie mais aussi en France, en Espagne, en Grèce, en
Turquie ... Qu’est-ce qui vous attire dans ces lieux et quel regard portez-vous sur les œuvres ?

M.J : Le travail dans les musées, est lié à des projets qui ont généralement un lien très fort avec la mémoire.
L’intention est de faire revivre le passé dans le présent. Le thème de l’archéologie nait de l’idée d’un voyage
hypothétique dans le monde antique, où je revis l’histoire à travers les lieux et les personnages du passé, en
cherchant à leur donner vie. Comme si j’étais un voyageur qui photographie réellement les lieux et les
personnes que je rencontre dans les sites archéologiques et dans les musées.

MLB : Y a-t-il une différence pour vous entre photographier la peinture et la sculpture ?

MJ : Le rapport avec les peintures est différent. J’ai toujours imaginé que si les peintres avaient eu un appareil
photo, ils auraient fait de splendides photographies. En quelque sorte je fais un voyage dans le temps et je me
substitue à eux, en transformant les tableaux en vraies photographies.
Photographier une sculpture requiert une manière complètement différente de celle utilisée pour un tableau. La
sculpture a un volume qui doit être mis en évidence; le rapport entre l’ombre et la lumière est important ainsi
que celui des pleins et des vides. C’est seulement à travers une étude attentive de la lumière que l’on réussit à
capter l’âme intérieure de la sculpture.

MLB : Comment choisissez vous vos sujets, vos personnages dans cette multitude de figures ?

MJ : Je me sens comme un voyageur dans le temps quand je tente de déchiffrer le passé à travers les tableaux
et les sculptures. C’est comme être présent au moment où les personnages ont été immortalisés par les artistes
du passé.
Pour le choix des sujets, en dehors de leur qualité artistique, ce qui m’attire et m’émeut est leur expressivité.

MLB : Comment avez-vous conçu le projet du musée du Louvre ?

MJ : Le projet sur lequel je travaille se présente sous la forme d’une succession d'images à fort impact visuel.
Les images mettent en présence les protagonistes des siècles passés et ceux qui, dans le monde contemporain,
pour le travail ou par intérêt, font partie du musée du Louvre ou le fréquentent. Mon projet est de mélanger la
réalité d'aujourd'hui avec celle des siècles passés et de montrer dans les visages d’hier et aujourd'hui les mêmes
sentiments comme la passion, l'anxiété, la noblesse, l'arrogance, la stupeur, l’ironie.
Photographier un visage peint signifie le mettre au présent, annuler le temps et la différence entre deux langues,
celle de la peinture et celle de la photographie. Dans les portraits que je vais réaliser, dans cette rencontre entre
la peinture et la photographie, les yeux nous fixeront avec une grande intensité. Pour l’accrochage du travail,
tous les yeux des personnages seront alignés à la même hauteur et les visages rapprochés de manière à porter un
regard unique et insistant sur les visiteurs. L'exposition présentera environ cinquante œuvres, en noir et blanc,
de dimensions légèrement différentes mais généralement de 60 cm par 100 cm, dans un mince cadre noir.
Le titre de l'exposition pourrait être « Les Yeux du Louvre ». Une rencontre nouvelle entre la peinture et la
photographie. Le musée du Louvre, au passé si riche, peut parler au présent.

7
Repères biographiques

Né à Naples en 1934, Mimmo Jodice est l’un des photographes


italiens les plus influents de la seconde moitié du XXème siècle.
Son travail s’articule à la manière d’un voyage dans le temps, un
parcours mémoriel à travers la civilisation méditerranéenne, ses
ruines et ses visages.

Après une brève tentative en peinture et en sculpture, Mimmo


Jodice, autodidacte, débute en photographe au milieu des années
soixante. Passé maître du noir et blanc, photographiant au 50mm,
il travaille tout au long de sa carrière sur la vision, la ligne du re-
gard et la perception rétinienne. Son œuvre vibrante d’émotions,
saisissant la démarcation du ciel et de la mer,
rapprochant l’expressivité du regard d’un enfant à celle de la
peinture, est à la charnière de deux courants, l’un proche de
l’instantanéité, le second plus conceptuel.

A ses débuts, Mimmo Jodice découpe et colle la photographie,


dédouble les objets et travaille ses virages, reclus de longues
heures dans sa chambre noire pour ce qu’il appelle ses Recherches
Portrait de Mimmo Jodice, 2010 et expérimentations. C’est à Naples, ville de tous les contrastes,
ceux de la lumière mais aussi ceux de l’histoire, que Mimmo ren-
contrera par l’intermédiaire de son galeriste Lucio Amelio, toute
l’avant garde internationale : Andy Warhol, Jannis Kounellis, Jo-
seph Beuys… et se liera d’amitié avec les membres de l’Arte
povera.
Mimmo Jodice est représenté
mondialement par la La révolution sociale des années 1970 mobilise Mimmo Jodice qui
Galerie Karsten Greve tourne résolument son appareil sur la rue mais
également sur toute une humanité en marge, dans les prisons, les
hôpitaux et les hospices. Son regard distancé est alors comparable
à celui d’un anthropologue à l’étude.
Il collabore avec des historiens et des sociologues. Son travail
connaît un fort retentissement faisant l’objet de plusieurs ouvrages
dont Il ventre del colera en 1973 et Chi e devoto, Feste popolari in
Campania en 1974. Avec son album Vedute di Napoli paru en
1980, Mimmo Jodice aborde un nouveau registre, captivé par le
paysage méditerranéen, l’art et l’archéologie.
Détaché des préoccupations sociales, il cultive, dès lors, une
approche métaphysique de la photographie, à la fois épurée,
silencieuse et visionnaire. Ce style s’illustre également dans Città
visibili, série de 2006 sur l’architecture des grandes métropoles
publiée à l’occasion de sa nomination au titre de Docteur Honoris
Causa. Mimmo Jodice reçoit également le prestigieux Prix Feltrini
en 2003.

L’invitation au musée du Louvre s’inscrit dans la continuité de son


exposition Transiti au Museo di Capodimonte à Naples, à
l’occasion du cinquantenaire de sa réouverture, en 2008. L’œuvre
de Mimmo Jodice est révélée en France en 2010 avec sa 8
rétrospective à la Maison européenne de la Photographie à Paris.
Expositions monographiques (sélection):

2011 1999
28 mai-30 Juillet Mediterraneo, Museum of Art, Cleveland
Transiti—Galerie Karsten Greve, Cologne
1998
2010 Eden, Palazzo Ducale, Moutoue
Mimmo Jodice, rétrospective 1960-2000, Maison Paris, City of light, Maison Européenne de la
Européenne de la Photographie, Paris Photographie, Paris
Mimmo Jodice, Palazzo delle Esposizioni, Rome La citta invisibile, Kunstmuseum, Düsseldorf
Mimmo Jodice, Naples intime, Institut culturel italien,
Paris 1996
Arti visibili, Museo di Capodimonte, Naples
2009 Mediterraneo, Palazzo della Triennale, Milan
Transiti, Museo di Capodimonte, Naples
1995
2008 Mediterraneo, Philadelphia Museum of Art,
Mimmo Jodice – Les Parcours de la Mémoire – Philadelphie (exposition itinérance)
Galerie Karsten Greve, Paris
1994
2007
Tempo interiore, Museo di Villa Pignatelli,
Perdersi a guardane, Spazio Forma – Centro
Naples,
Internazionale di Fotografia, Milan
1992
2006
Confini, Palazzo degli Irlandesi, Prague
Citta visbili, Palazzo Reale, Naples
1990
2005
La citta invisibile, Castel Sant’Elmo, Naples
Light, Galleria d’Arte Moderna, Bologne
1988
2004
Arles, Musée Réattu, Arles
Mimmo Jodice dalla collezione Cotroneo, MART
Museo di Arte Moderna e Contemporanea, Rovereto 1986
San Paolo, MASP Museo de Arte de Sao Paolo, Sao Paestum, Memorial Federal Hall, New York
Paolo
European Eye on Japan, Museum of Modern Art, 1985
Wakayama Un secolo di furore, Villa Borghèse, Rome
Parigi, Moscow House of Photography, Moscou
1982
2002 Teatralita quotidiana a Napoli, Biblioteca
Gli iconemi. Storia e memoria del paesaggio, Palazzo Marciana, Venezia
Bagatti Valsecchi, Milan Naples, une archéologie future, Bibliothèque
nationale, Paris
2001
Inlands, Mass Art, Massachusetts College of Art, 1981
Boston Vedute di Napoli, Museo di Villa Pignatelli,
Retrospettiva 1965-2000, GAM Galleria d’Arte Napoli
Moderna, Turin
1972
2000 Naples, City Hall , Boston
Mediterraneo, Castello di Rivoli, Rivoli
Anamnesi, Galleria Nazionale d’Arte Moderna, Rome 1968
Il Real Albergo dei Poveri, Cappela Palatina, di Teatro Spento, Palazzo Ducale, Urbino
Castelnuovo, Naples 1967
1999 1ère exposition à la librairie Mandragola, Naples
Mediterraneo, Museum of Art, Cleveland
9
Le catalogue de l’exposition

Publication :

Les Yeux du Louvre

Coédition Actes Sud / musée du Louvre


Editions

Texte de Quentin Bajac


Interview de Marie-Laure Bernadac

Cet ouvrage est publié à l’occasion de


l’exposition Les Yeux du Louvre de
Mimmo Jodice, présentée au musée du
Louvre (Paris) du 19 mai au 15 août 2011.

Format : 19,5X25,5
112 pages
60 illustrations quadri
19 euros

Les tirages originaux des photographies


reproduites dans cet ouvrage ont été
réalisés par Mimmo Jodice au laboratoire
SPAZIO81 à Milan.

Conception graphique : @ntoine Herscher


Suivi de fabrication : Géraldine Lay
Photogravure : Terre Neuve, Arles
Responsable éditorial : Benoît Rivero

Reproduit et achevé d’imprimer en mai


2011 par l’imprimerie EBS à Vérone, Italie
Dépôt légal
1re édition : mai 2011

Cette publication a été rendue possible


grâce au mécénat de Gianfranco et
Monica D'Amato.

Contact Actes Sud


Nathalie Baravian
Attachée de presse
Editions Actes Sud
18, rue Séguier 75006 Paris
Tel : 01 55 42 63 08
n.baravian@actes-sud.fr 10
Liste des oeuvres exposées

Avec les titres souhaités par l’artiste

1 – Carle Vernet (1758 -1836), peintre 32 – Philibert Rivière (1766 – 1816)


2 – Anne-Laure Béatrix, Directrice de la 33 – Jeune fille en buste
communication 34 – Portrait d'homme
3 – Léon Riesener (1808-1878), peintre 35 – Portrait de jeune homme
4 – Sébastien Fumaroli, Société des Amis du Louvre 36 – Baldassare Castiglione (1478 – 1529), écrivain et
5 – Portrait de jeune fille (dit La cruche cassée) diplomate
6 – Prince palatin Edouard de Bavière (1624-1665) 37 – La Comtesse Skavronskaia, dame d’honneur de
7 – Nicolas Benoît, Gestionnaire images numériques Catherine II
8 – Portrait d'homme 38 – Homme en buste
9 – Marie-Laure Bernadac, Conservateur 39 – Portrait de jeune femme
10 –Le Condottière 40 – Khuzamah Abujoudeh, Stagiaire
11 – Portrait d’un couple 41 – Madame Molé-Reymond (1759-1833),
12 – Stéphane Fauvaux, Chef d'atelier de menuiserie comedienne
et d'ébénisterie 42 – Gaspard Meyer (1749-1798), ministre
13 –François Mansard (1598-1666), architecte 43 – Sabine de la Rochefoucauld, Responsable de
14 – Stéphane Lestieu, Agent d'accueil et de relations publiques
surveillance 44 – Maurice de Saxe (1696-1750), Maréchal général
15 – Madame Vigée-Le Brun (1755-1842), peintre, et de France
sa fille, Jeanne-Lucie-Louise (1780-1819) 45 – Martin Kiefer, Coordinateur d'expositions
16 – Claire Chalvet, Coordinateur d'expositions 46 –Comte James-Alexandre de Pourtalès-Gorgier
17 – La belle ferronnière (1776 – 1855), Banquier et diplomate
18 – Portrait d'un graveur de pierres fines 47 –Robert Arnaud d'Andilly (1589 – 1674), écrivain
19 – Christophe Gabriel Allegrain (1710-1795), janséniste
sculpteur 48 – Louis-François Bertin (1766-1841), Journaliste et
20 – Jacques-Louis David (1748-1825), peintre écrivain
21 – Noël Corbin, Directeur du service financier et 49 – Madame Dangé
juridique 50 – Monsieur Mongez (1747-1835), archéologue
22 – Charles Cordier (1827-1905), sculpteur 51 – Ludovic Delalande, Chargé de recherches
23 – Barbara Giboux, Agent d'accueil et de 52 – Portrait d'homme
surveillance 53 – Camille Legendre, Menuisier ébéniste
24 – François Boucher (1703-1770), peintre 54 – Portrait d'homme en chasseur
25 – Philippe Coypel, écuyer du Roi 55 – Le baron Jean-Dominique Larrey (1766-1842),
26 – Pie VII (1742 – 1823), Pape Chirurgien
27 – Henri Loyrette, Président Directeur 56 – Laurent Doumingos, Technicien d'art
28 – Jean-Baptiste Isabey (1767-1855), portraitiste 57 – Portrait d'homme
29 – La Comtesse Tessin, épouse de l’ambassadeur 58 – Luigi Chérubini (1760 – 1842), Compositeur
de Suède à Paris 59 – Nathalie Brac de la Perrière, Régisseur d'œuvres
30 – Jean Le Rond d'Alembert (1717-1783), 60 – Portrait d'homme, dit autrefois Robert Arnaud
mathématicien et philosophe d'Andilly
31 – Madame Mongez (1775-1855), peintre

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Liste des tableaux photographiés
1 – Robert Lefèvre, Carle Vernet (1758 -1836), peintre, 1804
3 – Eugène Delacroix, Léon Riesener, 1835
5 – Jean-Baptiste Greuze, Portrait de jeune fille (dit La cruche cassée), 1771
6 – Gerrit van Honthorst, Portrait du Prince palatin Edouard, 1640 ?
8 – Antonio Moro, Portrait d'homme désignant une horloge de table, 1565
10 – Antonello de Messine, Portrait d’homme dit Le Condottière, 1475
11 – Ecole française XVIIe siècle, Portrait d’un couple, vers 1610
13 – Philippe de Champaigne (attribué à), Portrait de deux hommes dit autrefois Portrait de François Mansard
et de Claude Perrault
15 – Elisabeth-Louise Vigée-Le Brun, Madame Vigée-Le Brun et sa fille, Jeanne-Lucie-Louise, dite Julie
(1780 – 1819), 1789
17 – Léonard de Vinci, Portrait de femme, dit La belle ferronnière, 1495 – 1499
18 – Jacopo Carrucci, dit Il Pontormo, Portrait d'un graveur de pierres fines, 1517 – 1518
19 – Joseph Siffred Duplessis, Christophe Gabriel Allegrain, 1774
20 – Jacques-Louis David, Portrait de l’artiste, 1794
22 – Jean-Auguste-Dominique Ingres, Charles Cordier, 1811
24 – Gustave Lundberg, Le peintre François Boucher, 1741 ?
25 – Charles Antoine Coypel, Philippe Coypel, 1732
26 – Jacques-Louis David, Pie VII (1742 – 1823), 1805
28 – Horace Vernet, Jean-Baptiste Isabey, 1828
29 – Jean-Marc Nattier, La Comtesse Tessin, 1741
30 – Maurice-Quentin Delatour, Jean Le Rond d'Alembert
31 – Jacques-Louis David, Monsieur et Madame Mongez, 1812
32 – Jean-Auguste-Dominique Ingres, Philibert Rivière (1766 – 1816), 1804 – 1805
33 – Baron Pierre-Narcisse Guérin, Jeune fille en buste, vers 1794
34 – Agnolo di Cosimo di Mariano Tori, dit Bronzino, Portrait d'homme tenant une statuette
35 – Francesco Mazzola, dit Parmigianino, Portrait de jeune homme
36 – Raffaello Santi, dit Raphaël, Portrait de Baldassare Castiglione, écrivain et diplomate (1478 – 1529),
1514 – 1515
37 – Elisabeth-Louise Vigée-Le Brun, La Comtesse Skavronskaia, 1796
38 – Ecole hollandaise XVIIe siècle, Homme en buste, coiffé d’un chapeau
39 – Atelier de Greuze, Portrait de jeune femme
41 – Elisabeth-Louise Vigée-Le Brun, Madame Molé-Reymond, 1786
42 – Jacques-Louis David, Gaspard Meyer, 1795 – 1796
44 – Maurice-Quentin Delatour, Le Maréchal de Saxe
46 – Paul Delaroche, Portrait du comte James-Alexandre de Pourtalès-Gorgier (1776 – 1855), 1846
Département Peintures
47 – Philippe de Champaigne, Robert Arnaud d'Andilly (1589 – 1674), écrivain janséniste, 1667
48 – Jean-Auguste-Dominique Ingres, Louis-François Bertin, 1832
49 – Louis Tocqué, Madame Dangé faisant des nœuds, 1753
50 – Jacques-Louis David, Monsieur et Madame Mongez, 1812
52 – Eustache Le Sueur, Portrait d'homme
54 – Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson, Portrait d'homme en chasseur
55 – Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson, Le baron Jean-Dominique Larrey, 1804
57 – Charles Mellin, Portrait d'homme
58 – Jean-Auguste-Dominique Ingres, Le compositeur Chérubini (1760 – 1842) et la Muse de la poésie lyrique,
1842
60 – Philippe de Champaigne, Portrait d'homme, dit autrefois Robert Arnaud d'Andilly, 1650
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Visuels de l’exposition
Mimmo Jodice
Les yeux du Louvre
du 19 mai au 15 août 2011
Les visuels sont libres de droit avant, pendant et jusqu’à deux mois après la fin de l’exposition. Ils peuvent être
utilisés uniquement dans le cadre de la promotion de l’exposition.
Merci de mentionner le crédit photographique et de nous envoyer une copie de l’article :
Musée du Louvre, Direction de la communication, 75058 Paris cedex 01

Mimmo Jodice
Les Yeux du Louvre
©Mimmo Jodice, 2010

Mimmo Jodice
Les Yeux du Louvre
©Mimmo Jodice, 2010

Relations presse Laurence Roussel


laurence.roussel@louvre.fr 13
Tél. 01 40 20 84 98 / Fax 54 52
39 –Mimmo Jodice, Portrait de jeune femme 10 – Mimmo Jodice, Le Condottière
©Mimmo Jodice, 2010 ©Mimmo Jodice, 2010

45 - Martin Kiefer, Coordinateur d'expositions 59 - Nathalie Brac de la Perrière,


Régisseur d'œuvres 14
©Mimmo Jodice, 2010
©Mimmo Jodice, 2010