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Fiscalité des entreprises en Côte d'Ivoire

Le document présente une étude approfondie de la fiscalité des entreprises en Côte d'Ivoire, couvrant des thèmes tels que les impôts directs et indirects, les droits d'enregistrement, et la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). Il aborde également les principes fondamentaux de la fiscalité, les rôles de l'impôt dans l'économie et la société, ainsi que les administrations en charge de la gestion fiscale. Enfin, il souligne l'importance de la légalité et de l'égalité devant l'impôt dans le cadre des politiques fiscales.

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Fiscalité des entreprises en Côte d'Ivoire

Le document présente une étude approfondie de la fiscalité des entreprises en Côte d'Ivoire, couvrant des thèmes tels que les impôts directs et indirects, les droits d'enregistrement, et la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). Il aborde également les principes fondamentaux de la fiscalité, les rôles de l'impôt dans l'économie et la société, ainsi que les administrations en charge de la gestion fiscale. Enfin, il souligne l'importance de la légalité et de l'égalité devant l'impôt dans le cadre des politiques fiscales.

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INP-HB Yamoussoukro

FISCALITE DES
ENTREPRISES

M. DJEHA « Enseignant INP-HB »


2018 - 2019
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Sommaire

Chapitre 1 : Introduction générale à l’étude des impôts en Côte d’Ivoire

Section 1 : Les notions fondamentales de l’impôt …………

Section 2 : Elaboration juridique et technique de l’impôt…

Chapitre 2 : Patentes et impôt foncier

Section1 : La contribution des patentes

Section 2 : Les impôts fonciers

Chapitre 3 : Les droits d’enregistrement

Section 1. Les droits d’enregistrement lors de la constitution des


Sociétés
Section 2. Les droits dus lors de la modification du statut
Section 3 : Les droits d’enregistrement lors de la fusion, la scission et
L’apport partiel d’actifs

Chapitre 4 : L’impôt sur les traitements et salaire

Section 1 : champ d’application et base imposable

Section2 : Les impôts et les cotisations exigibles

Chapitre 5 : Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)

Section 1 : généralité et champ d’application de la TVA

Section 2 : fait générateur, exigibilité, assiette et taux

Section 3 : traitements d’opérations particulières

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Chapitre 1 : Introduction générale à l’étude des impôts en Côte


D’Ivoire
L’impôt est une contribution au budget de l’Etat mise à la charge des individus par des Lois
de Finances (L.F.). Ces L.F. et leurs annexes fiscales proposées par le gouvernement et votées
par l’Assemblée Nationale, autorisent le gouvernement à lever des impôts, aménager l’assiette
des impôts, supprimer des impôts, etc.… afin de réaliser l’équilibre économique et financier.
La fiscalité ou Droit fiscal est l’ensemble de ces textes qui organisent les rapports financiers
entre l’Etat et les contribuables.
Ces textes sont réunis et agencés suivant une codification pour donner le Code général des
Impôts (CGI).
Les impôts sont omniprésents à toutes les étapes de la vie de l’activité de l’entreprise et
frappent :
 Les actes affectant les structures ou le patrimoine de l’entreprise (création de la
société, modification du capital, fusion des sociétés, dissolution de société…)
 L’activité de l’entreprise : taxe sur la valeur ajoutée « TVA », AIRSI, TOB, etc.…
 Le potentiel ou les facteurs de production de l’entreprise :
o Facteur travail (main-d’œuvre) : les impôts sur le salaire
o Facteur capital économique (outil de travail) : les impôts fonciers, les patentes
 Les bénéfices réalisés par l’entreprise : Impôts BIC, Impôt Synthétique etc.…

Section 1 : Les notions fondamentales de l’impôt


1) Définition, caractéristiques de l’impôt et son importance dans la société
La fiscalité peut être définie comme un « ensemble de lois, règlements, procédures et
pratiques administratives relatifs à l’impôt »
En Côte d’Ivoire, la constitution dispose que « le parlement vote la loi et consent l’impôt ».
En somme, « l’impôt est source de vie pour l’Etat… » Et apparaît par conséquent comme un
moyen d’exercice du pouvoir politique.
Outre les liens étroits qu’il entretient avec la politique, l’impôt est intimement lié à
l’environnement économique. Ainsi, son rendement est tributaire de l’activité économique et
son poids plus ou moins grand renseigne sur le degré d’intervention de l’Etat dans
l’économie.
De même, la fiscalité occupe une place essentielle dans les politiques sociales menées par
l’Etat. Ceci est vrai tant en ce qui concerne la répartition de la charge fiscale entre les
différentes catégories socio-économiques concernées, que l’usage qui est fait des sommes
prélevées.
Comme on peut le noter, la fiscalité recouvre donc tous les domaines de la vie.
Aucun texte ne définit l’impôt précisément.
Selon le dictionnaire Larousse, l’impôt est un prélèvement que la société exige de l’individu
en vertu du principe de la solidarité nationale pour subvenir aux dépenses d’intérêt général et
aux charges résultant des dettes de l’Etat.

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

On peut tout aussi bien dire que l’impôt est un prélèvement pécuniaire requis des particuliers
(personnes morale et physique), par voie d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie en vue
d’assurer le financement des dépenses publiques.
L’impôt est :

 Une prestation pécuniaire


L’impôt se paie en « argent »
Dans ses modalités de paiement, l’impôt moderne est un prélèvement sous forme pécuniaire ;
ce qui exclut, en principe, l’extinction de la dette fiscale par un autre moyen de paiement.

 Requise des particuliers (personnes physiques et morales de droit privé, et


exceptionnellement des personnes morales de droit public).
La conséquence qui en découle c’est que l’Etat ne paie pas l’impôt. Les démembrements de
l’Etat non plus ne paient l’impôt, sauf dans les cas où l’Etat et/ou ses démembrements se
comportent comme des concurrents du secteur privé. Il en est notamment ainsi, dans le cas du
CGI qui dispose que sont imposables à l’impôt/BIC ; « les établissements publics, les
organismes de l’Etat, des départements ou des communes à condition qu’ils jouissent de
l’autonomie financière et se livrent à une activité de caractère industriel ou commercial et à
des opérations de caractère lucratif ».

 Par voie d’autorité


L’impôt a le caractère de prélèvement obligatoire, c'est-à-dire qu’il est effectué par voie
d’autorité sur la base de la loi et des prérogatives de puissance publique de l’Administration
chargée d’appliquer et de faire exécuter la loi.
Ainsi :
- L’impôt est un attribut essentiel de la souveraineté de l’Etat
- L’impôt est un fait institutionnel : il repose sur une base juridique
- L’impôt est obligatoire « c’est la loi qui consent l’impôt »

 A titre définitif
L’impôt n’est pas un prêt.
A la différence de l’emprunt, l’impôt légalement dû et régulièrement acquitté n’est en
principe ni restituable, ni remboursable sauf dans les cas de surtaxe.

 Sans contrepartie directe


Juridiquement, l’impôt ne constitue pas le prix d’un service rendu.

 L’impôt sert aux pouvoirs publics d’outils d’interventionnisme économique, social et


culturel
L’impôt sert à payer les dépenses publiques.
L’impôt est la principale ressource du budget de l’Etat et est un moyen d’exercice du pouvoir
politique.
L’interventionnisme fiscal est essentiellement un instrument d’orientation socio-économique
et culturelle dont se servent les pouvoirs publics.

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2) Les principes fondamentaux de la fiscalité

 Le principe de la légalité de l’impôt


Le terme de légalité signifie conformité à la loi, celle-ci englobant au sens large l’ensemble
des règles de droit.
Le principe de légalité de l’impôt est la principale conséquence du consentement de l’impôt
qui doit relever de la compétence d’une assemblée représentative des citoyens.
L’exercice de la souveraineté fiscale relève du pouvoir législatif qui assure la représentation
nationale.
La constitution dispose que « le Parlement vote les lois et consent l’impôt ».
Par ailleurs, la loi détermine l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des
dispositions de toute nature.
Il convient toutefois de relever que l’autorité gouvernementale demeure particulièrement
importante dans l’exercice de la souveraineté fiscale pour les raisons suivantes :
o Les autorités gouvernementales et administratives disposent légalement du
pouvoir de créer certains prélèvements obligatoires (taxes parafiscales,
redevances).
o En raison de la technicité et de la complexité de la fiscalité, les initiatives en la
matière sont très souvent d’origine gouvernementale.

 Le principe de l’égalité devant l’impôt


La déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 dispose que « Tous
sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi… »
Le principe de l’égalité devant l’impôt trouve ainsi son fondement dans le principe d’égalité
devant la loi consacré par la déclaration précitée à laquelle fait référence le préambule de la
Constitution de la République de Côte d’Ivoire.
Ce principe rapporté à la matière fiscale devient celui de l’égalité devant l’impôt et est défini
par la doctrine fiscale comme suit : « Tout contribuable se trouvant dans la même situation de
droit ou de fait qu’un autre contribuable doit être soumis à une imposition identique ».

 Le principe de liberté de gestion


Selon ce principe, les contribuables sont totalement libres de leurs choix de gestion, sauf si
ceux-ci s’analysent en abus de droit ou en actes anormaux de gestion.

L’abus de droit
Il y a abus de droit lorsque, dans le but de se soustraire en totalité ou en partie à l’impôt, le
contribuable produit à l’administration fiscale un acte qui dissimule la portée véritable d’un
contrat ou d’une convention. Exemple : une donation déguisée en vente ou un salaire présenté
sous forme de prêt.

L’acte anormal de gestion


Les actes des dirigeants d’entreprise doivent en principe être engagés dans l’intérêt de
l’entreprise. Est considéré comme un acte anormal celui qui n’obéit pas à ce principe.

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Lorsque l’anormalité d’une charge est retenue par l’administration, elle ne sera pas déductible
de la base de l’impôt sur les bénéfices et la somme concernée sera imposée entre les mains du
bénéficiaire de l’opération.
Exemple : les libéralités, la cession d’un bien de l’entreprise à un dirigeant à un prix inférieur
à sa valeur réelle…

 Le principe de respect du droit à la défense


Il s’agit de la transposition du principe général de droit dit « principe du contradictoire ».
Ce principe oblige l’administration à entendre ou à communiquer au contribuable sa situation
fiscale avant l’application de toute sanction. Cela pour permettre au contribuable de préparer
sa défense. Celui-ci peut même se faire assister du conseil de son choix.
Sur la base de ce principe, tout contrôle fiscal est fondé sur le respect d’une procédure
contradictoire, sauf cas spécifique d’imposition d’office.
Le non respect par l’administration de ce principe peut entrainer la nullité de toute la
procédure et des redressements éventuellement notifiés.

3) Les classifications des impôts


Les impôts peuvent être classés en fonction :
- de leur qualification par la loi ;
- de l’organisme qui les perçoit ;
- de la nature de l’impôt.

 Les impôts selon leur qualification par la loi


Les impôts directs
Ils frappent annuellement un contribuable déterminé (personne physiques ou entreprise) au
titre des revenus ou bénéfices qu’il réalise, ou de certains éléments de son patrimoine
(immeuble par exemple).
Exemple : impôt sur revenu, impôt sur des sociétés de capitaux, taxe d’apprentissage, taxe à la
formation professionnelle, taxe foncière…

Les impôts indirects


Ils frappent la dépense, la consommation, la circulation des richesses.
Les taxes sur le chiffre d’affaire frappent le montant des opérations commerciales. Elles sont
incluses dans les prix. La plus importantes est la TVA.
Les taxes diverses et les contributions indirectes sont perçues sur certains produits ou
opérations.
Exemples : droits sur les boissons et les alcools, taxe sur les réunions sportives, taxes sur les
véhicules, taxe sur les conventions d’assurance,…
Les droits d’enregistrement et de timbre sont perçus à l’occasion de certains actes juridiques.
Exemples : vente d’immeubles, cession de fonds de commerce, constitution de société,…

 Les impôts selon l’organisme qui les perçoit


- Les impôts perçus par l’Etat, tels l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les bénéfices, la
TVA,

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

- Les impôts perçus par les collectivités locales (département, région, …)


Tels les impôts locaux (taxe professionnelle, taxe foncière, taxe d’habitation)

 Les impôts selon leur nature


o Les impôts sur le revenu ou les bénéfices : impôt sur le revenu, impôt sur les
sociétés ;
o Les impôts sur la dépense : TVA, contributions indirectes, droit de douane ;
o Les impôts sur le capital : droit d’enregistrement sur l’acquisition des moyens
de production de l’entreprise.

4) Les principaux rôles de l’impôt


 Le rôle classique de l’impôt, le rôle financier et budgétaire
Dans son rôle classique, l’impôt sert à :
- Renflouer les caisses de l’Etat ;
- Procurer des recettes à l’Etat,
En vue de la couverture des dépenses publiques.
En effet, c’est avec les recettes fiscales que l’Etat construit les routes, les écoles, les hôpitaux,
paye les salaires des fonctionnaires, des policiers, des militaires, des gendarmes, et finance
l’éclairage public, l’adduction d’eau potable, etc.
Dans l’optique du rôle financier, l’impôt est uniquement fait pour renflouer les caisses de
l’Etat. Il faut donc qu’il soit productif. Parallèlement, la répartition des charges publiques
résultant de l’impôt doit être aussi équitable que possible.

 Le rôle économique ou moderne de l’impôt : l’impôt, un outil d’interventionnisme


économique, social et culturel
Aujourd’hui, l’Etat utilise l’impôt pour orienter sa politique économique sociale et culturelle.
Cette instrumentalisation de l’impôt se manifeste par exemple par les mesures d’incitation
fiscale à l’investissement, par la progressivité de l’impôt sur les revenus, par les exonérations,
les exemptions et autres réductions et remises accordées, etc.
L’interventionnisme fiscal est donc le fait d’utiliser l’impôt dans le but autre que celui de
procurer des recettes.
L’interventionnisme fiscal est essentiellement un instrument d’orientation socio-économique
et culturelle. Son champ d’application va de l’investissement à l’emploi et de l’épargne à
l’aide aux familles.
L’impôt assure une sorte de redistribution des richesses du pays entre les citoyens (c’est le
rôle social de l’impôt).

5) Les administrations en charge de l’impôt


 La Direction Générale des Impôts pour l’assiette, le contrôle, le recouvrement, le
contentieux des impôts directs, des taxes indirectes, des droits d’enregistrement et de
timbre
 La Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor pour le recouvrement
des droits perçus par voie de rôle

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 La Direction Générale des Douanes pour l’assiette, le recouvrement, le contrôle et


contentieux des droits et taxes inscrits au tarif des douanes.

Section 2 : Elaboration juridique et technique de l’impôt


1) Les sources du droit fiscal
 Les sources internationales

Les traités Internationaux régulièrement ratifiés par la Côte d’Ivoire ont une autorité par
rapport aux lois internes. Ces traités visent généralement à éviter les doubles impositions. A
cela, il faut ajouter les directives de l’UEMOA qui oblige les Etats membres à modifier leurs
législations nationales de façon à réaliser une certains harmonisation des fiscalités dans le
cadre de la communauté économique. C’est en matière de TVA que l’harmonisation est plus
avancée.

 Les sources nationales

Les textes réglementaires (décrets et arrêtés ministériels) complètent la loi. La jurisprudence,


établie par les tribunaux, précise l’interprétation à donner aux différents textes de loi et
directives.

2) La technique fiscale

La technique fiscale comporte quatre opérations :

- l’assiette ;
- la liquidation ;
- le recouvrement ;
- le contrôle.

 L’assiette

L’assiette est l’ensemble des règles appliquées ou des opérations effectuées pour :

- établir l’existence de la matière imposable (éléments qui doivent être soumis à


l’impôt) ;
- évaluer cette matière imposable ;
- déduire les exonérations et les abattements ;
- en vue de déterminer la base imposable ou base d’imposition.

Mais au sens strict, l’assiette peut être définie comme la base imposable ou base d’imposition.

 La liquidation

La liquidation est l’opération de calcul de l’impôt : elle consiste à appliquer à la base


d’imposition le taux prévu en vue d’obtenir le montant de l’impôt.

 Le recouvrement

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C’est l’ensemble des opérations et pratiques, des règles et procédures qui permettent de faire
passer l’impôt du patrimoine du contribuable dans les caisses de l’Etat. Le recouvrement des
impôts et taxes est assuré par le comptable public.

En d’autres termes, le recouvrement, c’est la perception de l’impôt par le comptable public ou


le paiement de l’impôt par le contribuable.

 Le contrôle fiscal et les sanctions

C’est le pouvoir reconnu à l’administration fiscale de vérifier l’exactitude des informations


fournies par le contribuable et du montant de l’impôt dû. En effet, le système déclaratif laisse
toute latitude au contribuable de déclarer à l’administration la matière imposable et par
conséquent l’impôt dû. Dès lors, il implique pour celle-ci le pouvoir d’exercer le contrôle afin
de :

- vérifier l’exactitude des déclarations effectuées par le contribuable et de l’impôt dû ;


- appréhender les défauts et insuffisances de déclaration ;
- réclamer les compléments d’impôt dû ou les impôts éludés.

3) Les différents régimes d’imposition en côte d’ivoire

Il existe 4 régimes d’imposition en Côte d’Ivoire :

* le régime du réel normal

* le régime simplifié d’imposition

* le régime de l’impôt synthétique

* le régime de la taxe forfaitaire des petits commerçants et artisans.

a) le régime du réel normal (art 34-1° CGI)


Sont obligatoirement soumises au régime du bénéfice réel, les entreprises dont le chiffre
d’affaires annuel, toutes taxes incluses, excède 150 millions de francs.
Les entreprise dont le chiffre d’affaires s’abaissent en dessous de la limite prévue au
paragraphe ci-dessus, ne sont soumises au régime du bénéfice réel simplifié, ou le cas
échéant, au régime de l’impôt synthétique, que lorsque le chiffre d’affaires est resté inférieur à
cette limite pendant trois exercices consécutifs.

b) le régime simplifié d’imposition (art 45 CGI)


Le régime du bénéfice réel simplifié s’applique aux personnes physiques ou morales dont le
chiffre d’affaires annuel, toutes taxes incluses, est compris entre 50 et 150 millions de francs.
Les personnes physiques ou morales dont le chiffre d’affaires s’abaissent en dessous de la
limite prévue au paragraphe ci-dessus, ne sont soumises au régime de l’impôt synthétique.

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

c) le régime de l’impôt synthétique (art 73 CGI)


Sont soumises au régime de l’impôt synthétique, les personnes physiques ou morales dont le
chiffre d’affaires annuel, toutes taxes incluses, est compris entre 5 et 50 millions de francs.

d) le régime de la taxe forfaitaire des petits commerçants et artisans


Il concerne les petits commerçants et artisans qui réalisent un chiffre d’affaires annuel
inférieur ou égal à 5 000 000 f.
Ce régime concerne à titre d’exemple :
- Les vendeurs ambulants
- Les vendeurs en étalage
- Les exploitants de moulins à maïs ou à arachide etc…

Chapitre 2 : Patentes et impôt foncier


Section1 : La contribution des patentes
La contribution des patentes est un impôt professionnel qui tient compte, entre autres :
- du chiffre d’affaires ou des recettes brutes hors taxes de l’année précédente,
- de la valeur locative des locaux professionnels.

I) Champ d’application
1) Les assujettis (art 264 CGI)
Est assujettie à la patente, toute personne physique ou morale exerçant en Côte d’Ivoire un
commerce, une industrie, une profession non exemptée selon l’article 280 du CGI.

2) Les exemptions (art 280 CGI)


Ne sont pas assujetties à la patente, les personnes ci-après énumérées :
- l’état, les départements, les communes et les établissements publics pour les services
publics d’utilité générale ;
- les établissements d’enseignement scolaires et universitaires
- édifices religieux
- etc…

II) Liquidation des droits


La contribution de la patente se compose (art 265 CGI) du :
- droit sur le chiffre d’affaires,
- droit sur la valeur locative.

1) Le droit sur le chiffre d’affaires (DCA)


Le chiffre d’affaire s’entend de l’ensemble des recettes et produits acquis dans le cadre de
l’exercice de l’activité, y compris toutes les sommes provenant des activités annexes et
accessoires ou de la gestion de l’actif commercial, quelle que soit leur situation fiscale au
regard des taxes sur le chiffre d’affaires (CGI, art 270).

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Le taux de droit commun est de 0,5%, calculé sur le chiffre d’affaires ou des recettes hors
taxe, de l’année précédente. Un minimum de perception fixe à 300 000 F CFA.
Le seuil maximum de perception du droit sur le chiffre d’affaires se présente comme suit :

Chiffres d’affaires ou recettes HT Montant maximum du DCA


Inférieur à 200 000 000 350 000 F
De 200 000 000 à 500 000 000 700 000 F
De 500 000 001 à 1 000 000 000 1 300 000 F
Supérieur à 1 000 000 000 3 000 000 F

Ce taux est porté à 0,7% pour :


- Les entrepreneurs de télégraphie et téléphonie par câble ou sans fils ;
- Les ports ivoiriens ;
- Les concessionnaires de la distribution de l’eau ;
- Les entreprises d’enlèvement des ordures ménagères ;
- La poste de Côte d’Ivoire.

NB : les entreprises et organismes qui acquittent le droit sur le chiffre d’affaires au taux de
0,7% sont exemptés du droit sur la valeur locative.
Il convient de noter que la limite maximum de perception du droit sur le chiffre d’affaires
n’est pas applicable aux entreprises passibles du taux de 0,7% ainsi qu’aux entreprises de
transport.

2) Le droit sur la valeur locative (DVL)


Le DVL est établi sur la Valeur Locative Annuelle « VLA » des bureaux, magasins,
boutiques, usines, ateliers, hangars, remises, chantiers, garages, terrains de dépôt, autres
locaux et emplacement professionnels, à l’exclusion des matériels et outillages, des mobiliers,
agencement et installation visés à l’alinéa 5 de l’article 153 du Code Général des Impôts. Le
plancher du DVL est : Minimum de DVL = 1/3 DCA

Le DVL est assis sur la valeur locative des établissements pris dans leur ensemble.
La VLA des établissements industriels est déterminée comme suit :
- terrains, Bâtiments industriels, Usines : 5,6% Valeur Brute au bilan
- bureaux (Immeubles à usage administratif) : 15% Valeur Brute au bilan
- magasins (Immeubles à usage commercial) : 15% valeur Brute au bilan
La méthode de calcul de la VLA à partir du bilan n’est utilisée qu’à défaut d’une valeur
locative réelle.
NB : Entreprises commerciales et entreprises prestataires de services.
Les immeubles (terrains et bâtiments) sont pris en compte, par l’administration fiscale, dans le
calcul de la valeur locative de l’entreprise pour 10% de leur valeur brute au bilan.

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

3) Les taux usités


Il existe deux taux :
- le taux de 18,5% s’applique au niveau des communes
- le taux de 16% s’applique hors des communes.

Application 1 :
Une entreprise commerciale a 3 établissements Yamoussoukro, Daloa et Abidjan.
L’entreprise loue les locaux de Daloa et de Yamoussoukro, mais au niveau d’Abidjan,
l’entreprise est dans ses propres locaux. Les autres informations sont communiquées dans le
tableau ci-dessous :

Etablissements Nature Location Propriétés de CAHT n-1


mensuelle l’entreprise
(Montant brut
au bilan)
Yamoussoukro Hall d’exposition 400 000 1 000 000 000
Daloa Magasins 45 000 55 000 000
Abidjan Bureaux…………….. …………. 500 000 000
Bâtiments industries... …………. 1 200 000 000
Magasins……………. …………. 2 000 000 000 15 000 000 000
3 700 000 000
Matériels et outillages ………….. 400 000 000

Travail à faire :
1- calculer la patente due par l’entreprise
2- calculer la patente due si l’entreprise commerciale était une entreprise industrielle.

Section 2 : Les impôts fonciers

L’impôt foncier (IF) = impôt sur le revenu foncier (IRF) + impôt sur le patrimoine foncier
(IPF)

I) Impôt sur le revenu foncier et impôt sur le patrimoine foncier des propriétés
bâties
1) Champ d’application

1.1 propriétés imposables

Art. 149 – il est établit un impôt annuel sur le revenu foncier et sur le patrimoine foncier des
propriétés bâties, telle que maisons, fabriques, manufactures, usines et en général, tous les
immeubles construits en maçonnerie, fer ou bois fixés au sol à demeure, à l’exception de ceux
qui en sont expressément exonérés par dispositions du présent Code.

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Art. 150 – sont également soumis à l’impôt sur le revenu foncier et à l’impôt sur le patrimoine
foncier des propriétés bâties :
1- les terrains non cultivés employés à usage commercial ou industriel, tels que chantiers,
lieux de dépôt de marchandises et autres emplacements de même nature, soit que les
propriétaires les occupent, soit qu’ils les fassent occuper par autrui à titre gratuit ou
onéreux.
2- Les bureaux utilisés en un point fixe et aménagés pour l’habitation, le commerce,
l’industrie ou la prestation de services même s’ils sont seulement retenus par des
amarres.

1.2 propriétés exemptées

Art. 151 – sont exemptés de l’impôt sur le revenu foncier et de l’impôt sur le patrimoine
foncier des propriétés bâties :
1- les immeubles, bâtiments ou constructions appartenant à l’Etat, aux collectivités
territoriales et aux établissements publics, lorsqu’ils sont affectés à un service public
ou d’utilité générale et sont improductifs de revenus.
2- Les installations qui dans les ports maritimes, fluviaux ou aériens, et sur les voies de
navigation intérieure font l’objet de concessions d’outillage public accordées par l’Etat
à des chambres de commerce, d’agriculture ou d’industrie, ou à des municipalités et
sont exploitées dans les conditions fixées par un cahier des charges.
3- Les ouvrages établis pour la distribution de l’eau potable ou de l’énergie électrique et
appartenant à l’Etat, ou à des collectivités territoriales.
4- Les édifices servant à l’exercice public des cultes.
5- Les immeubles à usage scolaire non productifs de revenus fonciers.
6- Les immeubles affectés à des œuvres d’assistance médicale ou d’assistance sociale.

1.3 la base d’imposition

L’impôt sur le revenu foncier et l’impôt sur le patrimoine foncier des propriétés bâtis sont
calculés à raison de la valeur locative de la période d’imposition.
On entend par la valeur locative le prix que le propriétaire retire de ses immeubles lorsqu’il
les donne à bail, ou s’il les occupe lui-même, celui qu’il pourrait en retirer en cas de location.
A défaut de la valeur locative si les propriétés appartiennent à l’entreprise :
- si l’entreprise est une entreprise commerciale ou une entreprise de prestation de
services : on prendra dans ce cas 10% de la valeur brute au bilan des propriétés
comme VLA,
- si l’entreprise est une entreprise industrielle, on déterminera la VLA comme suit :
Terrains, bâtiments industriels, usines : 5,6% valeur brute au bilan
Bureaux (immeuble à usage administratif) : 15% valeur brute au bilan
Magasins (immeuble à usage commercial) : 15% valeur brute au bilan

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

NB : les matériels et outillages, les matériels de transport, les matériels et mobiliers, les
agencements et installations, les immobilisations incorporelles et financières sont à exclure de
l’assiette de la valeur locative.

2) Taux de l’impôt

Personnes Taux/revenu foncier Taux / patrimoine Taux global


productif de revenu foncier productif de
revenu
Personnes Morales
4% 11% 15%
(art 169 CGI)
Personnes physiques
3% 9% 12%
(art 171 CGI)

NB : le taux de l’impôt sur le revenu foncier est de 3%. Il est porté à 4% en ce qui concerne
les personnes morales et les entreprises. Il s’applique à la valeur locative des immeubles
productifs de revenus. Sont visés par ce taux seulement les immeubles donnés en location.
Le taux de l’impôt sur le patrimoine foncier est également fixé à 3% en ce qui concerne les
immeubles affectés à l’habitation et occupés par leur propriétaire à titre d’habitation
principale (4% pour les entreprises propriétaires).
Le taux de l’impôt sur le patrimoine foncier des propriétés bâties pour la résidence secondaire
à usage personnel improductive de revenus fonciers est de 3%. Le bénéfice du taux réduit est
subordonné à la production d’un certificat de résidence secondaire établi à la direction
générale des impôts.

3) Remise et modération pour perte de revenu

Selon l’article 157 du CGI, en cas de vacances de maison ou de chômage d’établissements


commerciaux et industriels, les propriétaires peuvent obtenir du taux réduit prévu à l’article
156 du CGI, lorsqu’il est établi que la vacance est indépendant de la volonté du propriétaire
et que la durée total de l’inoccupation excède six mois c'est-à-dire tous les immeubles bâtis,
restés vacants pendant une période de 6 mois consécutifs au cours d’une même année. Le
point de départ de ces périodes est le premier jour du mois suivant l’ouverture de la vacance
ou du chômage.

Application 2
La société S (personne morale) à un bâtiment, qu’elle met en louage à 100 000 F par mois.
Calculer le montant de l’impôt foncier à payer dans les cas suivants :
1) Location normale sur les 12 mois
2) Le bâtiment vacant durant 3 mois
3) Le bâtiment vacant durant 8 mois
4) Le bâtiment est habité par le propriétaire lui-même.

14
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Solution
Cas IRF IPF IF = IRF + IPF
1
2
3
4

Application 3
L’entreprise S (entreprise commerciale) a 3 établissements Yamoussoukro, Daloa et Abidjan.
S loue les locaux de Daloa et de Yamoussoukro, mais au niveau d’Abidjan, S est dans ses
propres locaux. Les autres informations sont communiquées dans le tableau ci-dessous :

Etablissements Nature Location Propriétés de S CAHT n-1


mensuelle (Montant brut
au bilan)
Yamoussoukro Hall d’exposition 400 000 1 000 000 000
Daloa Magasins 45 000 55 000 000
Abidjan Bureaux…………….. …………. 500 000 000
Bâtiments industries... …………. 1 200 000 000
Magasins……………. …………. 2 000 000 000 15 000 000 000
3 700 000 000
Matériels et outillages ………….. 400 000 000

Travail à faire :
1) Calculer le montant de l’impôt foncier dû par S
2) Calculer le montant de l’impôt foncier dû si S était B (entreprise industrielle).

II) Impôt sur le patrimoine foncier des propriétés non bâties


1) Champ d’application
Propriétés imposables
Art. 159 – il est établi un impôt annuel sur le patrimoine foncier des propriétés non bâties.
Art. 160 – pour l’assiette de l’impôt annuel sur le patrimoine foncier des propriétés non bâties,
les immeubles sont répartis en deux catégories :

 Les immeubles urbains, imposables


Sont considérés comme immeubles urbains :
a) Les terrains situés dans l’étendue d’une agglomération déjà existante ou en voie de
formation et compris dans les limites des plans de lotissement régulièrement
approuvés.
b) Ceux qui, se trouvent en dehors du périmètre des agglomérations visées aux
paragraphes précédents, sont destinés à l’établissement de maisons d’habitation,
comptoirs avec leurs distances et dépendances, lorsque lesdites constructions ne se
rattachent pas à une exploitation agricole.

15
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

 Les immeubles ruraux, non imposables


Zone non cultivées et non affectées à usage d’exploitation

2) Base d’imposition
2.1 Propriétés imposables
Art. 161 – les immeubles urbains sont imposables en raison de leur valeur vénale au 1er
janvier de l’année de l’imposition.
La valeur vénale est déterminée :
- en ce qui concerne les terrains urbains visés à l’article 160 ci-dessus, par des
commissions communales nommées par arrêté du Ministre des Finances, composées et
statuant dans des conditions qui seront fixées par décret pris en Conseil des Ministres.
Cette valeur vénale est fixée pour chaque année d’imposition, au cours des deux
derniers mois de l’année précédente ;
- en ce qui concerne les autres terrains imposables, au moyen des actes translatifs de
propriété concernant les terrains imposables ou les terrains voisins, ou à défaut d’actes
translatifs, par voies d’estimation directe.

2.2 Les exemptions


Art. 162– sont exempts de l’impôt sur le patrimoine foncier des propriétés bâties :
a) les terrains faisant l’objet d’une interdiction générale absolue de construction résultant
par application de textes réglementaires de leur situation topographique et ceux qui
font l’objet d’une interdiction temporaire ou conditionnelle résultant d’une décision
particulière ne provenant pas du fait du propriétaire.
b) Les terrains dont le propriétaire se trouve privé temporairement de la jouissance par la
suite d’une situation de fait indépendante de sa volonté.
c) Les terrains appartenant à l’Etat, aux collectivités territoriales, à la SODEFOR,
affectés ou non à un usage public, mais improductifs de revenus.
d) Les pépinières et jardins d’essai créés par l’Administration ou par les sociétés d’intérêt
collectif agricole et les centres de coopération et coordination agricole dans un but de
sélection et d’amélioration des plants.
e) Les terrains à usage scolaire, à usage du culte ou utilisés par des établissements
d’assistance médicale ou sociale ou par des sociétés reconnues d’utilité publique et
agrées comme sociétés d’éducation physique ou de préparation militaire.

3) Taux d’imposition
L’article 165 du CGI fixe le taux d’impôt sur le patrimoine foncier des propriétés non bâties à
1,5% de la valeur vénale déterminée conformément aux dispositions de l’article 161 du CGI.
Ce taux s’applique à partir de la fin de la 2e année suivant l’année d’acquisition du terrain.

16
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Application
Monsieur A a acheté un terrain de 600 m² au prix de 2 500 000 F. la lettre d’attribution est
datée du 10 mai N+1. Monsieur A n’a pas encore mis en valeur la parcelle au 31/12/N+6.
La commission communale a fixé les années ci-après, les valeurs suivantes :
N+2 : 6 500 F / m² N+4 : 5 000 F / m² N+6 : 10 000 F / m²
N+3 : 8 000 F / m² N+5 : 10 000 F / m²
Travail à faire : Calculer l’impôt foncier dû au titre des exercices N+2 à N+6

Solution :
Périodes Surfaces Prix / m² IPF = 1,5% x valeur vénale

Chapitre 3 : Les droits d’enregistrement


Le droit d’enregistrement est un impôt qui concerne les actes juridiques tels que les ventes, les
échanges, les donations, les baux et les actes relatifs aux sociétés.

Dans le cadre de la fiscalité des entreprises, les droits d’enregistrement sont constitués des
droits que l’entreprise paye lors :
 de la constitution des sociétés
 de la modification des statuts
 de la fusion
 de la dissolution
 de la scission
 d’apport partiel d’actifs

Section 1. Les droits d’enregistrement lors de la constitution des sociétés


Le législateur reconnait le caractère de société au groupement dans lequel deux ou plusieurs
personnes conviennent de mettre quelques choses en commun en vue de l’économie qui
pourra en résulter. Dès lors qu’un groupement répond à cette définition, les actes juridiques y
afférents sont soumis à la formalité de l’enregistrement.

Quels sont les droits dus lors de la constitution des sociétés ?


A la constitution d’une société, les associés font des apports qui se présentent sous la forme
nature ou numéraire, mais la fiscalité retient pour l’imposition la rémunération accordée à ces
différents apports. Ainsi lorsque la société fait un apport que ce soit en nature ou en numéraire
et qu’il reçoit en contrepartie des titres (actions ou parts sociales), on dit alors qu’il a effectué
des apports purs et simples (APS).Par compte lorsqu’un associé apporte une dette ou encore
lorsque la société en constitution prend en charge le passif d’un associé, on qualifie alors ce
type d’apport d’apports à titre onéreux (ATO).

17
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Exemple 1 d’apport à titre pur et simple (APS)


Sorti de la faculté de pharmacie depuis 2 ans, aidés par ses amis et connaissances, le jeune
Yao vous contacte en vue d’évaluer le capital de son entreprise naissante. Il dispose à cet
effet de :
Bâtiment : 10 000 000 F Marchandises : 15 000 000 F Banque : 12 000 000 F

Solution :
Bâtiment :…………… 10 000 000
Marchandises :……. 15 000 000
Banque :…………… 12 000 000
Total :……………… 37 000 000

Apport net (APS) = 37 000 000


Capital = 37 000 000

1. L’imposition des apports purs et simple (APS)

Les taux d’impositions pour les apports purs et simples sont les suivants :
 Lorsque le montant des APS est compris entre 0 F et 10 000 000 F, il n’y a pas de
droit fixe à payer,
 Si le montant des APS est compris entre 10 000 001 F et 5 milliards le taux
d’imposition est de 0,3%
 et au-delà de 5 milliards le taux est de 0,1%.

Si les apports comportent des immeubles et les terrains, la loi exige un taux supplémentaire
de 1,2% sur les terrains et les immeubles.

Exemple 2 :
L’entreprise B a constitué un capital de X F.
Travail à faire : Calculer les droits dus à la constitution dans les cas suivants :
a) X = 8 000 000
b) X = 10 000 000
c) X= 4 000 000 000
d) X = 5 000 000 000
e) X = 7 000 000 000
Solution :
CAPITAL CALCULS DP DF
A
B
C

Remarque :
Le contribuable ne paie qu’un seul des droits :
- Si DP > DF, alors il paie le DP (droit proportionnel ou progressif)

18
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

- Si DP < DF, alors il paie le DF (droit fixe)


Les droits fies (DF) ne s’additionnent pas, c’est le plus élevé des DF qu’on porte au total de la
colonne des DF.

Exemple 3 :
Koné et Drissa décident de créer une société en faisant les apports suivants :
Koné : fonds de commerce : 7 000 000 000 Drissa : Marchandises : 22 000 000 000
Caisse : 1 000 000 000 Banque : 5 000 000 000
Travail à faire :
1) Calculer le capital de cette entreprise
2) Liquider le droit exigible

Remarque :
La taxation prend en compte aussi bien les apports en numéraire libérés que la fraction non
libérée.

Exemple 4 :
M. Koné souscrit à 2 000 actions de valeur nominale 3 500 F. Il libère les ¾ à la constitution.
Travail à faire : Calculer les DA dus lors de la constitution de cette entité

Remaque : le droit de publicité foncière (DPF) ou la taxe de publicité foncière


La TPF est exigible sur les immeubles bâtis et non bâtis (terrains, bâtiments). Elle est liquidée
au taux de 1,2% sur l’immeuble en question. Cette taxe est exigible en intégralité à la
constitution.

Exemple 5 :
Pour créer son entreprise J apporte les éléments suivants :
Terrain : 2 000 000 000 ; Bâtiment : 3 000 000 000 ; Banque : 12 000 000 000

Travail à faire : Calculer le droit exigible lors de la constitution

2. L’imposition des apports à titre onéreux (ATO)

Les ATO sont des apports dont la contrepartie peut être une reconnaissance de dette pour un
remboursement, ou la prise en charge d’un passif par la société à l’égard de l’associé.
Les apports seront imposés selon leur nature. Ainsi par exemple :
 Le fond de commerce fera l’objet d’un taux de 10%,
 Les immeubles feront l’objet d’un taux de 4%,
 la créance et la trésorerie seront exonérées,
 Les marchandises apportées à titre onéreux comme à titre pur et simple subissent
toujours un droit fixe égal à 18 000 F.

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Exemple 6 :
Koné et Drissa ont fait des apports suivants lors de la constitution d’une entreprise :
Fonds de commerce : 1 500 000 000
Koné Caisse : 2 000 000 000
Dette : 1 000 000 000

Banque : 3 000 000 000


Drissa Fournisseur : 1 000 000 000

Travail à faire : Calculer les apports des deux (2) associés

 La taxation des ATO


L’ATO est une véritable mutation (vente). Sa taxation se fait selon la nature du bien. Le droit
exigible est le droit de mutation dont les taux sont consignés dans le tableau suivant :

N° Eléments Taux
1 Trésoreries (caisse, banque,…) 0%
2 Créances (client,…) 0%
3 Cession de droits sociaux (actions, parts sociales) 1%
4 Marchandises et mobilier de bureau 18 000 F
5 Acquisition d’immeubles (bâtis ou non bâtis) à 4% + TPF
usage commercial, administratif, industriel
6 Cession de Fonds de commerce 10%
7 Acquisition d’in immeuble par un crédit preneur 18 000 F +
dans le cadre d’un contrat de crédit-bail au moment TPF
de la levée d’option
8 Echange d’immeuble sans retour 3% + TPF
9 Echange d’immeuble d’inégale valeur avec plus- 2% moindre
value et soulte portion + 4
% sur valeur
plus élevée
entre plus-
value et soulte
+ TPF
10 Plus-value sur vente d’immeuble par un particulier 15%
(20% du prix de cession)
11 Cession de stocks de marchandises 18 000 f
12 Echange d’immeubles d’inégale valeur avec plus- 2% moindre
value mais sans soulte portion + 4%
sur plus-value
+ DPF
13 Inventaire des objets mobiliers 18 000 F

20
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

3. Principe de taxation
Il existe 2 principes de taxation sous le régime du droit commun :

1) Cas où l’entreprise donne un ordre d’imputation ou imputation favorable à


l’entreprise

Dans ce cas, les ATO seront imputés sur les éléments qui subissent les taux les plus faibles
vers les éléments qui supportent les taux de mutation les plus élevés.

2) Cas où l’entreprise ne donne pas un ordre d’imputation ou imputation favorable


au fisc (DGI, ETAT)

Les parties au contrat social jouissent de la liberté de définir l’ordre d’imputation du passif
(dette et hypothèque). Lorsqu’elles ne satisfont pas à cette hypothèse, l’administration
procède à l’imputation du passif selon deux méthodes :

- Imputation proportionnelle au passif


- Imputation du passif dans un ordre préférentiel ouvrant droit à des tarifs profitables au
trésor public.

2.1. Imputation proportionnelle au passif

La taxation se fera sur la base de chaque élément de l’actif apporté

2.2. Imputation du passif dans un ordre préférentiel ouvrant droit à des tarifs
profitables au trésor public

Dans ce cas, les ATO seront imputés sur les éléments qui subissent les taux les plus élevés
vers les éléments qui supportent les taux de mutation les plus faibles.

APPORTS MIXTES
Les parties sont libres de désigner parmi les biens apportés ceux qui constituent un apport pur
& simple et ceux qui représentent un apport à titre onéreux. Elles ont tout intérêt à utiliser
cette faculté, en rangeant dans la seconde catégorie les biens dont la vente est exonérée de
tous les droits d’enregistrement ou supporte les tarifs les moins élevés. A défaut de cette
précision, l’administration procéderait (ce qui serait plus coûteux) à une imputation
proportionnelle sur les biens de chaque nature apportés par l’intéressé.

21
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Application 1:
PIERRE et PAUL s’accordent pour créer l’entreprise BERGER. Les apports de chaque
associé sont :
L’associé PIERRE a apporté ; un bâtiment à usage commercial de 1 000 000 000 F, un
fonds commercial de 2 000 000 000 F, et une dette fournisseur de 1 200 000 000 F.
L’associé PAUL a apporté de la liquidité de banque de 6 000 000 000 F, des marchandises
de 500 000 000 F et des dettes de 2 500 000 000 F.
Travail à faire :

Calculer les droits dus à la constitution (par la méthode d’imputation proportionnelle au


passif, par la méthode d’imputation du passif dans un ordre préférentiel et la méthode
favorable à l’entreprise).

Application 2:
Messieurs TOTOKRA, TAPE et ASSO décident de créer l’entreprise GABA le 01/01/N.
les apports de chaque associé sont :

TOTOKRA : Apporte de la liquidité 12 000 000 F, des titres de placement 16 000 000 F,
un fonds commercial de 20 000 000 F, de mobilier de bureau de 5 000 000 F, un
bâtiment industriel de 10 000 000 F, et un terrain de valeur 17 000 000 F. le montant de
ses dettes est de 50 000 000 F. la société naissante décide de prendre en charge seulement
60% de ces dettes.
TAPE : il a apporté un bâtiment commercial de 5 000 000 F mais l’expertise du bâtiment
lui donne la valeur de 4 000 000 F, lequel bâtiment est hypothéqué à 2 500 000 F, un
fonds de commerce de 11 000 000 F, des marchandises de 2 000 000 F, une créance de
3 500 000 F, de la liquidité en banque de 5 000 000 F. Enfin il doit à son fournisseur la
somme de 15 000 000 F.
ASSO : Apporte du numéraire d’un montant de 5 000 000 F dont 700 000 F de prêt à la
nouvelle société naissante

Travail à faire :
Calculer les droits dus à la constitution de la SA GABA selon :
a) La méthode favorable à l’entreprise
b) La méthode d’imputation proportionnelle au passif
c) La méthode d’imputation du passif dans un ordre préférentiel ouvrant droit à des
tarifs profitables au trésor public.

22
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Section 2. Les droits dus lors de la modification du statut


I. Les droits dus en cas d’augmentation du capital

1) Augmentation par apport nouveau (application de l’article 754 du CGI)

Cela se produit lorsque le capital augmente par apport en nature, en numéraire, par conversion
des créances en actions, par conversion des comptes courants associés (capitalisation compte
courant associé), par capitalisation de la dette fournisseur…
Les droits d’enregistrement se calculent de la même façon qu’à la constitution, mais on doit
tenir ici compte du capital primitif pour l’application du barème dégressif.
Exemple 1 :
La SA DIDIER au capital de 4 500 000 000, procède à une augmentation de son capital par
incorporation d’une dette fournisseur de montant 3 000 000 000.

Travail à faire :
Liquider les droits dus lors de cette opération.

Exemple 2 :
Une SA au capital de X milliards de franc procède à une augmentation de capital par apports
suivants :
Apports en espèces 800 000 000
Capitalisation des comptes courants associés 200 000 000
Apport d’un immeuble 100 000 000 grevé d’hypothèque de 50 000 000
Capitalisation de la dette fournisseur 1 500 000 000

Travail à faire :
Calculer le droit exigible lors de cette opération dans les cas suivants :
a) X = 1 000 000 000 b) X= 4 000 000 000 c) X : 6 000 000 000

2) Les droits dus en cas d’incorporation des réserves, du bénéfice, du report à


nouveau, des provisions (application de la l’art 754 si c’est une société de
personne et l’art 758 du CGI si c’est une société de capitaux)

Il est exigible sous cette opération selon l’article 758 du CGI un droit proportionnel au taux de
6%. Il est appliqué pour les sociétés de capitaux soumises à l’IRVM sans tenir compte du
capital ancien. En ce qui concerne les sociétés de personnes, il convient d’appliquer le barème
dégressif. (Article 754).

Exemple :
La SA Aïcha a procédé à une double augmentation du capital simultanée par incorporation de
la réserve facultative de 500 000 000 et d’une réserve spéciale de réévaluation de 300 000 000
et par une augmentation en numéraire de 1 300 000 000. Sachant que le capital ancien est
composé de 4 000 000 000 en numéraire et 700 000 000 par incorporation de réserves et que
l’opération a lieu 1an 6mois après réévaluation.

Travail à faire :
1) Liquider les droits exigibles et déterminer le montant des droits payables lors de la
formalité de l’enregistrement.
2) Quel serait le montant des droits si la SA était une SNC ?

23
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Exemple :
Constituée le 1/01/N au capital de 3 000 000 000, la société Aïcha a procédé à une
augmentation de son capital par émission de 165 000 actions avec une prime d’émission de
25% de la valeur nominale le 1/1/N+1. Le 1/1/N+2 une seconde augmentation a lieu par
apport en espèce de 1 500 000 000.

Travail à faire :
1) Chiffrer le droit dû à la constitution.
2) Calculer les droits dus à la première augmentation (valeur nominale = 10 000)
3) Déduire le capital après cette augmentation.
4) Liquider les droits dus à la seconde augmentation
5) Le 1/1/N+3, il y a incorporation des primes antérieures ; liquider les droits dus lors de
cette opération.

Application :

La SA TOTOKRA est une société spécialisée dans la fabrication et la


commercialisation d’engrais et de produits chimiques. Elle a été constituée en 2000.
Le capital avant augmentation est de 410 000 000 f dont 10 000 000 f d’actions
gratuites. La valeur nominale est de 20 000 F par action.

 Le 02/07/2013 elle procède à une première augmentation de capital au moyen de :


- Emission de 50 000 actions en numéraires au prix d’émission de 35 000f.
- Conversion de 60 000 obligations en actions en raison d’une (1) action pour deux (2)
obligations (prime de conversion unitaire 12 000f).
- Incorporation d’une dette fournisseur de 875 000 000 f (prime de conversion unitaire
15 000f)
- Apport en nature d’un immeuble industriel hypothéqué à raison d’un emprunt de
50 000 000f dégageant une prime d’apport unitaire de 15 000f
- Incorporation de réserve légale 100 000 000f

 Le 16/10/2013, la SA procède à la deuxième augmentation par les éléments suivants


d’un fonds de commerce :
Immeuble commercial 2 242 000 000
Stock de marchandises 624 000 000
Créances 1 972 000 000
Banque 532 000 000
Caisse 100 000 000
Capital 1 200 000 000
Réserves 100 000 000
Bénéfices 1 612 000 000
Emprunt à long terme 2 058 000 000
Découvert bancaire X?

L’immeuble commercial a été réévalué à 115% et la valeur du stock de marchandise a


baissé de 10%.

24
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Travail à faire :

1) Déterminer la valeur d’apport de l’immeuble industriel sachant que le montant de


l’augmentation de capital au 02/07/2013 est de 2 500 000 000.

2) Calculer les droits dus lors de l’opération du 02/07/2013.

3) Calculer les droits dus de la seconde augmentation.

4) Déterminer le capital après la seconde augmentation.

5) Un an plus tard l’entreprise incorpore les primes nées de la première augmentation.


Déterminer le capital après cette opération puis le droit dû.

Droits dus lors de la réduction du capital

L’acte constatant la réduction du capital subit un droit fixe de 18 000 F.

Droits dus lors de l’amortissement du capital

L’amortissement du capital est soumis également ou est passible d’un droit fixe de 18 000 F.

Droits dus lors de la transformation de société

On entend par transformation de société les opérations suivantes :

 La prorogation de société : droit fixe 18 000 F

 Le changement de forme de société : droit fixe 18 000 F

 Le changement d’objet social : droit fixe 18 000 F à condition que le changement


n’entraine pas de création d’une personne morale nouvelle.

Section 3 : Les droits d’enregistrement lors de la fusion, la scission et


l’apport partiel d’actifs

I) Lors de la fusion ou de la scission

La fusion sur le plan comptable s’analyse comme la dissolution d’une société ayant au
préalable apporté l’ensemble de son actif et de son passif à une société qui existe déjà.
La scission par contre constitue l’opération par laquelle une société dite scindée disparait du
fait qu’elle apporte son patrimoine à des sociétés existantes ou qu’elle participe avec de telles
sociétés à la constitution de société nouvelle.
Sur le plan fiscal, la fusion et la scission s’apparentent au régime du droit d’apport réduit de
moitié (régime spéciale de fusion ou régime de faveur) sur la valeur de l’actif net apporté
c'est-à-dire :
 De 10 000 000 à 5 milliards F, le droit d’apport est de 0,15%,

25
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

 Supérieur à 5 milliards F, le droit d’apport est de 0,05%.

Remarque :
Le régime du droit commun est le même régime que celui qui s’applique à la constitution des
sociétés.
Le régime spécial de fusion ou régime de faveur est un régime obligatoire pour la fusion et la
scission ; et optionnel pour les apports partiels d’actifs. Le régime de faveur est accordé sous
certaines conditions :
 Les sociétés apporteuses et les sociétés bénéficiaires doivent être des sociétés de
capitaux (SA, SARL),
 Le siège social des sociétés bénéficiaires doit se situer en CI,
 Dans le cas d’apport partiel d’actif, les sociétés concernées doivent manifester
expressément dans l’acte d’apport, leur volonté,
 Dans le cas de fusion et de scission, les apports résultant des conventions doivent
prendre effet à la même date et doivent entrainer dès leur réalisation, la dissolution
systématique de la société apporteuse.

II) Lors de l’apport partiel d’actifs

L’apport partiel ne porte que sur une partie des éléments de l’actif d’une société et n’entraine
donc pas la dissolution de la société qui apporte. Les dispositions du code général des impôts
sont les mêmes que lors de la fusion et de la scission c'est-à-dire le droit d’apport est minoré
de :
 0,15% pour un montant allant à 5 milliards F,
 0,05% pour un montant allant au-delà de 5 milliards F.

Remarque :
Pour l’application de ces taux, il faut tenir compte du capital déjà taxé au barème dégressif
de la société absorbante.
En dehors des droits minorés, il existe une publicité foncière (TPF) calculée sur les
immeubles bâtis et non bâtis (terrains, constructions,…) au taux de 0,4%.
Enfin, il existe sous le régime spécial de fusion un droit dit « prise en charge du passif » par
la société bénéficiaire au montant fixe de 18 000 F CFA.

Application 1 :
La SARL au capital de 3 200 000 000 décide par une opération de fusion d’augmenter son
capital. La SA SENAÏ aux caractéristiques suivantes :

Capital : 3 000 000 000


Actif net apporté : 4 500 000 000
Dette de la société absorbée : 600 000 000 (est absorbée par la SARL).

Travail à faire :
Calculer les droits d’enregistrement lors de cette fusion sachant que l’apport est placé sous le
régime spécial de fusion et que l’actif net comporte un terrain d’exploitation de 60 000 000 F.

26
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Application 2 :
Le 31/12/1998, la société Anonyme RESU au capital de 30 000 actions de 150 000 F à
absorbé la SARL BON BERGER. Le bilan de la SARL BON BERGER se présente comme
suit :

ACTIF PASSIF
LIBELLES MONTANT LIBELLES MONTANT
Terrain 800 000 000 Capital 2 000 000 000
Constructions 200 000 000 Réserves 820 000 000
Matériels et outillages 1 200 000 000 Dettes financières 580 000 000
Stock de marchandises 450 000 000 Passif circulant 125 000 000
Clients 750 000 000
Banque 50 000 000
Caisse 20 000 000
Ecart de conversion 55 000 000
TOTAL 3 525 000 000 TOTAL 3 525 000 000
Les valeurs d’apport ont été ainsi arrêtées :

- Les terrains sont repris avec un abattement de 5%,


- Les constructions sont reprises de 9% de moins qu’à leur valeur comptable,
- Les stocks sont repris avec une décote de 10%,
- Les matériels & outillages sont estimés à 140% de leur valeur au bilan.

Travail à faire :

1) Etablir le tableau de + & - values (les écarts de réévaluation) sur éléments d’actif,
2) Etablir le bilan de liquidation,
3) Les deux sociétés hésitent entre le régime de droit commun et le régime spécial de
fusion ; que conseillez-vous ?

Chapitre 4 : L’impôt sur les traitements et salaire

Le personnel d’une entreprise est composé de :


 Personnel interne
 Personnel externe

Le personnel interne comprend :


 Les membres de la direction (le Président, le Directeur général, les Directeurs
généraux adjoints pour les sociétés anonymes et le(s) gérant(s) pour les sociétés de
personne et pour la société à responsabilité limitée) : Ils sont désignés par les associés
en qualité de mandataire sociaux. Ils agissent au nom de la société et pour les intérêts
de celle-ci.
 Des salariés : Les personnes pour lesquelles il existe un lien de subordination avec
l’employeur. Ce lien est matérialisé par un contrat de travail.
Le personnel extérieur : est une disposition du SYSCOHADA qui stipule que « à la fin d’un
exercice on intègre dans les rémunérations versées aux travailleurs les services
extérieurs en provenance du personnel extérieur. Cette intégration est faite dans

27
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

l’esprit d’avoir des états financiers qui reflètent l’image fidèle du patrimoine de
l’entreprise en vertu du principe de la prééminence de la réalité économique sur
l’apparence juridique.
L’impôt sur traitement et salaire (ITS) ne concerne donc que les rémunérations versées aux
personnels internes (les salariés). Ces rémunérations subissent d’une part les impôts appelés
impôts sur les traitements et salaires et d’autre part des cotisations.

Section 1 : Champ d’application et base imposable

I) Le champ d’application

1. Les revenus imposables

Les revenus imposables comprennent des revenus réguliers et des allocations périodiques.
(i) Les revenus réguliers :
 Salaire : c’est la rémunération versée par un employeur à un employé sur la base d’un
contrat de travail.

 Commission : c’est une rémunération perçue par certains corps du métier tel que les
vendeurs, les courtiers d’où de façon générale les intermédiaires de commerce.

 Honoraire : c’est une rémunération perçue par des professions libérales notamment les
avocats, les notaires.

 Solde : c’est la rémunération perçue par les militaires et certains officiers.

 Indemnités : représente soit des allocations qui s’ajoutent au salaire et qui sont
destinées à compenser certaines charges soit des rémunérations versées à certaines
personnes telles que les parlementaires (député).

 Emoluments : il désigne des rémunérations fixes ou variables affectées ou attachées à


une place ou à un emploi (les émoluments d’un officier ministériel).

(ii) Les allocations périodiques :


 Pension : c’est une allocation périodique versée par un organisme social ou par l’Etat.
Elle ne constitue pas la rémunération des services présents mais plutôt des services
passés dont le paiement est garanti au bénéficiaire durant toute sa vie.

 Rentes viagères : elles sont également des allocations périodiques versées à une
personne en exécution soit d’un engagement soit d’un jugement. Elles doivent être
payées à titre obligatoire et doivent avoir pour terme final le décès du bénéficiaire.

2. Les revenus non imposables

Sont exonérés de l’impôt sur les traitement et salaires :

28
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

 Les indemnités professionnelles


 Les allocations ou avantages à caractère familial
 Indemnité pour cessation d’emploi
 Les appointements diplomatiques

a. Les indemnités professionnelles

Ce sont des frais qu’un salarié est amené à exposer dans le cadre de son activité professionnel.
Elles ne sont imposables que sous certaines conditions et limites.
Exemple : indemnité de représentation, d’utilisation d’un véhicule personnel, de salissure.

Les conditions et limites de l’exonération


Les indemnités professionnelles sont en principe exonérées de l’impôt sur les traitements et
salaire mais dans la limite de 10% de la base imposable y compris les indemnités elles-
mêmes (c’est la rémunération totale en espèce) et non compris les avantages en nature.
Cette limite est impérative et elle ne doit pas être dépassée sans aucun prétexte sauf si le
salarié est remboursé de ses débours sur présentation des justifications des frais
préalablement engagé par lui. Il convient en pratique de réintégrer dans le traitement
imposable la part des indemnités qui excèdent 10% de la rémunération totale.

N.B. : on entend par la rémunération totale en espèce (RE) le salaire brut à l’exclusion des
avantages en nature.

b. Les allocations ou avantages à caractère familial

Les allocations ou les avantages versés à un salarié en vertu d’une disposition légale ou par
des organismes sociaux sont exonérés de l’impôt sur traitement et salaire.

c. Les indemnités pour cessation d’emploi

Les indemnités versées au moment de la cessation d’emploi, de licenciement, de départ à la


retraite quel que soit le motif du départ sont imposables sur la moitié de leur montant. Si le
montant est inférieur à 50 000 F il est totalement exonéré.

d. Les appointements pour les diplomates

Les rémunérations que perçoivent les diplomates pour l’exercice de leur fonction sont
exonérées de l’impôt sur traitement et salaire dans la mesure où les pays qu’ils représentent
accordent des avantages analogues aux personnes diplomatiques ivoiriennes.

Remarque :
Les éléments exonérés partiellement (l’art 116.1° à 17 du CGI) :
- La prime de transport exonérée à 25 000 F CFA par bénéficiaire et par mois,
- La prime de transport en commun est exonérée dans la limite de 20 000 F CFA par
salarié et par mois,
- Les frais de restauration du personnel dans les cantines de l’entreprise sont exonérés
dans la limite de 30 000 F CFA par mois et par salarié,
- Dans le cadre du contrat groupe d’assurance maladie, la prime d’assurance est
exonérée à 100% (art. 116-14° du CGI),

29
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

- Les compléments de retraite sont exonérés dans la double limite de 10% de la


rémunération brute imposable et 300 000 F.

3. La règle de territorialité

a. Le lieu de domicile du salaire

En matière de traitement et salaire, la territorialité s’apprécie en fonction du lieu de domicile


du salaire et de l’existence des conventions internationales
A considérer comme domicilié en Côte d’Ivoire, toute personne physique qui possède une
habitation à titre de propriétaire ou locataire ou d’usufruitier ou qui sans disposer en Côte
d’Ivoire le lieu de son séjour principal.

b. Lieu d’imposition du salaire en fonction du domicile

L’activité est exercée en L’activité est exercée hors


de Côte d’Ivoire
Côte d’Ivoire

Salarié domicilié en Imposition en Côte d’Ivoire Imposition en Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire Sauf l’existence de


convention fiscale
internationale

Salarié domicilié hors de Imposition en Côte d’Ivoire Non imposable en Côte


d’Ivoire
Côte d’ivoire

c. Les règles applicables en présence d’une convention inter fiscal

En l’absence de toute règle, l’imposition du salaire est attribuée à tout Etat dans lequel le
salaire est domicilié même lorsque l’activité est exercée dans l’autre Etat.

d. Première condition d’imputation en Côte d’Ivoire par un résident d’un


autre Etat

Le bénéficiaire ou le résident qui séjourne en Côte d’Ivoire pendant une période excédent 183
jours au cours de l’année fiscale considérée, doit faire l’objet d’imposition de son salaire en
Côte d’Ivoire.

A. La base imposable

On aura quatre (04) grandes composantes qui sont :


 Le salaire de base
 Les heures supplémentaires
 Les primes et les gratifications
 Les avantages en nature et en argent

30
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

1. Le salaire de base

Il est composé de deux (02) éléments qui sont :

 Le taux horaire de base : qui est généralement défini par les conventions
professionnelles
 La durée légale de travail : en Côte d’Ivoire la durée légale est de 40h par semaine
soit 173,33= (40×52)/12 heures par mois.

2. Les heures supplémentaires

a. Définition

Les heures de travail au-delà des 40 heures par semaine sont considérées comme des heures
supplémentaires payées suivant la règlementation en vigueur en prenant comme base le taux
horaire.

b. Détermination et valorisation des heures supplémentaires

Période Majoration

De la 41ième à la 46ième heure 15% du taux horaire de base

De la 47ième à la 55ième heure 50% du taux horaire de base

Heure de nuit en semaine 21h à 5h du matin 75% du taux horaire de base

Heure de jour dimanche et jours fériés 75% du taux horaire de base

Heures de nuit dimanche et jours fériés 100% du taux horaire de base

NB : Les cadres dans une entreprise n’ont pas le droit aux heures supplémentaire selon
la loi.

Exemple 1 :
Un agent technique ivoirien dont la rémunération du mois de mai est de 2500FCFA l’heure, a
effectué 52 heures supplémentaires qui se décomposent de la manière suivantes :
 1èresemaine : 12h dont 4h la nuit du 1er mai
 2èmesemaine : 14h dont 4h la nuit du mardi et 3h de la nuit du dimanche
 3èmesemaine : 11h
 4èmesemaine : 15h dont 4h le samedi matin et 5h le dimanche matin

TAF : Déterminer ses heures supplémentaires pour le mois de mai.

 Détail des heures supplémentaires

15% 50% 75% 100% TOTAL

1ère Semaine 6 2 4 12

31
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

2ème Semaine 6 1 4 3 14

3ème Semaine 6 5 11

4ème Semaine 6 4 5 15

TOTAL 24 12 9 7 52

 Valorisation des heures supplémentaires

Majoration Calcul Montant

15% 24×2 500 x (1+15%) 69 000

50% 12×2 500 x (1+50%) 45 000

75% 9×2 500 x (1+75%) 39 375

100% 7×2500 x (1+100%) 35 000

TOTAL 188 375

3. Les primes et les gratifications

a. La prime d’ancienneté

C’est une prime destinée à récompenser la stabilité et l’expérience du travailleur dans


l’entreprise.
La prime d’ancienneté est calculée sur le salaire minimum catégoriel à partir de la date
d’embauche du salarié. Elle est accordée après 24 mois effectifs dans l’entreprise.

Le taux est de 2% à partir du 25èmemois jusqu’au 36ème mois et ce taux est majoré de 1% par
année supplémentaire jusqu’à la 25ème année incluse.
Exemple 1 : Déterminer la prime d’ancienneté de M. Konan qui à 15ans 6mois d’ancienneté
dans une entreprise avec un salaire de base catégoriel de 350 000FCFA.
Résolution : Prime d’ancienneté de M. Konan= 350 000×15%=52 500FCFA

Exemple 2 : M. YAO perçoit un salaire de base catégoriel de 320 000 F. il a à son actif X
année de service dans son entreprise

Travail à faire :
Calculer sa prime d’ancienneté dans les cas suivants :
1) X= 2 ans 4) X = 4 ans 7 mois 7) X = 25 ans
2) X = 2 ans 3 mois 5) X = 20 ans 8) X = 25 ans 4 mois
3) X = 4 ans 6) X = 20 ans 9mois 9) X = 30 ans

Solution :

32
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

CAS DUREES SALAIRE DE BASE TAUX Prime d’anc. = t x SB


(SB) (t)
1
2
3
4
5
6
7
8
9

Exemple 3 : M. YAO perçoit un salaire de base (ou salaire catégoriel) mensuel de 320 000 F.

Travail à faire :
Déterminer sa prime d’ancienneté dans les cas suivants :

a) Le 31/12/2010 ; embouché le 20/10/1990


b) Le 15/10/2009 ; embauché le 25/08/1982
c) Le 30/07/2008 ; embauché le 20/11/1997
d) Le 10/06/2010 ; embauché le 30/12/2000

Solution
Cas Calcul de la durée Taux Prime d’anc. = taux x SB
a)
b)
c)
d)

a. La prime de salissure

Lorsque l’entreprise utilise les travailleurs à des travaux salissants, une prime de salissure
égale à 13 fois le SMIG horaire leur est versée mensuellement.

SMIG=60 000 FCFA

Prime de salissure= (60 000/173,33) ×13 = 346 x 13 = 4 498 FCFA

b. La prime de tenu de travail

La prime de tenu de travail est égale à 7 fois le SMIG horaire.

c. La prime d’outillage

Lorsque le travailleur fourni l’outillage nécessaire à l’accomplissement du travail, il perçoit


une prime d’outillage dont le montant est égal à 10 fois le SMIG horaire.

33
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

d. La prime de panier

Les conventions collectives prévoient le plus souvent que les travailleurs bénéficient d’une
indemnité dénommée prime de panier dont le montant est égal à 3 fois le SMIG horaire
lorsqu’ils accomplissent :

 6h consécutives de travail de nuit


 10h de travail ou plus de jour prolongé d’au moins une heure après le début de la
période règlementaire de travail
 Une séance ininterrompue de travail de 10h dans la journée.

e. La prime d’équipement

Elle est allouée aux travailleurs recrutés en Côte d’Ivoire déplacés du fait de l’employeur pour
exécuter un contrat de travail hors de Côte d’Ivoire et lors de son premier départ. Une
indemnité d’équipements dont le montant est de :
 600 fois le SMIG horaire pour l’agent célibataire
 700 fois le SMIG horaire pour l’agent marié
 100 fois le SMIG horaire pour chaque enfant

A l’occasion d’un départ, cette indemnité sera renouvelée après une période de 3 ans.

f. Prime de logement

C’est une prime qui est destinée à couvrir les frais de logement du travailleur. Elle n’est
obligatoire que dans le cas où le travailleur est déplacé pour exécuter un contrat de travail
hors de sa résidence habituelle.

g. Prime d’expatriation

Destinée à dédommager le travailleur recruté hors de Côte d’Ivoire des dépenses et risques
supplémentaires auxquels il s’expose en Côte d’Ivoire. Cette prime est fixée à 40% du
salaire de base du contrat de travail (salaire de base catégoriel + sursalaire).

h. Prime ou indemnité de transport

C’est une indemnité compensatoire des frais engagés par le travailleur pour son déplacement
de sa résidence à son lieu de travail. Elle n’est pas due si le travailleur habite à proximité de
son lieu de travail ou si le travailleur est transporté par l’entreprise (service de ramassage ou
véhicule de fonction).
i. Les gratifications

Appelées encore prime de fin d’année, les gratifications constituent des rémunérations
additionnelles dues en fin d’année aux salariés. Le montant de ces rémunérations ne peut être
inférieur au ¾ du salaire minimum conventionnel de la catégorie.
Exemple : Un travailleur a un salaire catégoriel de 250 000 francs. Quel doit être le montant
minimum de sa gratification ?
Solution :

34
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Montant minimum = 250 000 x ¾ = 187 500 F

Remarque :
 Les heures d’absence non justifiées sont imputées en cas d’heures supplémentaires sur
les heures rémunérées au taux le plus fort.
 Le salaire réel comprend : le salaire de base, le sursalaire, la prime de rendement, la
prime de technicité, la prime de fonction, la prime de représentation.

Exemple :
M. Aly est un agent de maitrise. Son salaire de base est de 405 655. En outre, il bénéficie des
éléments suivants :
Prime d’ancienneté : 95 000
Prime de technicité : 60 000
Prime de rendement : 41 000
Prime de fonction : 100 000
Il a réalisé au cours du mois de novembre 2008 les heures suivantes :
- 1ère semaine : 48 H dont 4 H dans la journée du dimanche
- 2e semaine : 50H
- 3e semaine : 53H dont 3 H dans la nuit du dimanche entre 21 H à minuit
- 4e semaine : 50H dont 4 H de nuit, jour ouvrables entre 21H à 1H du matin
- 5e semaine : 8 H

Travail à faire :
M. Aly est soumis au régime de 40H/semaine.
Faire le décompte des heures supplémentaires sachant qu’il a eu une heure d’absence non
justifiée. Puis déduire son salaire brut.

Solution
Périodes HT HN HS Majoration des HS
15% 50% 75% 100%

TOTAL

4. Avantages en nature ou en argent

a. Avantages en nature

Ils correspondent à la fourniture par un employeur de biens ou de services à un salarié


(exemple : la mise à disposition d’un logement dont l’employeur est le propriétaire ou le
locataire).
Barème administratif des avantages en nature
Le code général des impôts pose le principe que les avantages en nature sont évalués selon les
règles fixées par arrêté du Ministre de l’Economie et des Finances.

35
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Logement et accessoires

Nombre de
pièces Logement Mobilier Electricité (a) Eau (b)
principales
1 60 000 10 000 10 000 10 000

2 80 000 20 000 20 000 15 000

3 160 000 40 000 30 000 20 000

4 300 000 60 000 40 000 30 000

5 480 000 80 000 50 000 40 000

6 600 000 100 000 60 000 50 000

7 et plus 800 000 150 000 70 000 60 000

(a) Montants à majorer de 20 000F par appareil individuel de climatisation ou par pièce
climatisée pour les installations centrales.
(b) Montants à majorer de 30 000F pour les logements dotés d’une piscine.

Les autres avantages en nature


Les autres avantages en nature concernent la domesticité. Les personnels visés par l’arrêté
sont : gardien, jardinier, gens de maison, cuisinier.
Ces avantages en nature sont :
 Gardien, jardinier : 50 000
 Gens de maison : 60 000
 Cuisinier : 90 000

b. Avantage en argent

C’est la remise d’une somme d’argent ou d’une indemnité versée au salarié et qui
correspondent à des dépenses qui incombent normalement au salarié. L’avantage en argent
peut consister également en un remboursement.

 Les cotisations à des caisses de retraite complémentaire de retraite :


Le code général des impôts dispose que les cotisations patronales à des organismes de retraite
et de prévoyance complémentaire constituent des avantages en argent. Ces avantages ne sont
imposables que s’ils excèdent l’une des deux (2) limites suivantes :
- Le dixième du salaire ;
- Un montant de 300 000 FCFA par mois.

 Les frais de télécommunication :


L’administration considère que ces frais ont un caractère exclusivement privé et constituent
des avantages en argent imposables.

36
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

 Les frais de téléphone exposés à domicile :


L’administration fiscale tend à considérer que lesdits frais ont un caractère privé et que par
conséquent sont imposables en tant qu’avantages en argent.

 Les frais de téléphone cellulaire :


L’administration fiscale les considère comme des frais engagés dans une optique
exclusivement privée et donc imposables.

 Les frais de scolarité ou d’écolage :


Certaines entreprises soit, prennent en charge directement les frais de scolarité des enfants de
leurs salariés, soit remboursent les montants payées par ceux-ci ou leur versent une indemnité.
Ces avantages sont imposables et donc doivent être intégrés à la base imposable à l’impôt sur
les traitements et salaires des salariés bénéficiaires, pour le montant réel payé.

 Les frais de cotisations à un club service


Les frais de cotisations à un club service ou à tout autre type d’organisation pris en charge par
la société en lieu et place du salarié sont considérés comme des avantages en argent.

SALAIRE DE BASE
+
HEURES SUPPLEMENTAIRES
+
PRIMES ET GRATIFICATIONS
+ = SALAIRE BRUT IMPOSABLE
INDEMNITES IMPOSABLES
+
AVANTAGES EN NATURE ET EN ARGENT
-
INDEMNITES PROFESSIONNELLES NON
IMPOSABLES

Remarque :
- L’utilisation personnelle d’une voiture de fonction n’est pas prise en compte pour la
détermination des avantages en nature.
- Le barème d’évaluation des avantages en nature sur le plan social est abrogé et
remplacé par le barème des impôts. Cependant dans ce cas (au plan social) si le
montant réel des avantages dépasse celui du barème, on prend le montant réel même
si l’avantage en nature en question figure dans les avantages en nature de référence.
En un mot c’est le montant le plus grand d’entre les deux qu’on prend.
Exemple :
Satisfaite de son travail, l’entreprise BETHANIE loue pour son salarié TA deux appartements
A et B dont les caractéristiques sont :
« A » est de 4 pièces de loyer mensuel 650 000 F, meublé, eau, électricité, doté d’une
climatisation centrale. Les mobiliers sont la propriété de l’entreprise. Cet appartement est
gardé par un gardien que BETHANIE a obtenu avec la société de gardiennage
VIGASISTANCE à 180 000 F/mois, somme versée à VIGASISTANCE.
« B » est de 5 pièces meublé, électrifié avec trois appareils de climatisation, eau avec une
piscine. Les factures d’électricité, eau, de télécommunication sont respectivement pour ce
37
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

mois à 150 000, 60 000 et 120 000. Le gardien de cet appartement émarge dans le livre de
paie de BETHANIE. Tandis que TA perçoit une allocation de 85 000 F/mois pour le paiement
de son cuisinier. TA bénéficie d’une camionnette appartenant à l’entreprise d’une valeur de
7 080 000 TTC pour ces courses dans l’exercice de sa fonction avec une dotation mensuelle
de carburant de 82 000 F.
Travail à faire :

Déterminer le salaire brut imposable et l’assiette sociale du salarié TA au titre de ce mois


sachant qu’il a un salaire de base de 400 000 F/mois.

Section2 : Les impôts et les cotisations exigibles

Les traitements et salaires subissent deux (2) types de retenues à la source : l’une au titre des
différents impôts et l’autre au titre des cotisations.

SALARIE EMPLOYEUR

SALAIRE TOTAL SALAIRE

IMPOTS COTISATIONS IMPOTS COTISATIONS

R Etat FDFP PF AT R
ITS CN IGR
CN TAFC TA

A. Les impôts exigibles


1. Les impôts à la charge du salarié

Il existait quatre (4) impôts à la charge du salarié. Mais à l’heure actuelle, il n’y a que trois (3)
c'est-à-dire :
 Impôt sur les traitements et salaires (ITS)
 Contribution nationale (CN)
 Impôt général sur le revenu (IGR)

a. Impôt sur les traitements et salaires (ITS)

La base imposable est obtenue en appliquant au revenu brut imposable une déduction de 20%.
Cette déduction forfaitaire est exclusive de toute autre déduction.
Le taux de l’impôt est de 1,5%.
ITS = B x 80% x 1,5% avec B = Revenu brut imposable (y compris les avantages en nature)

38
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Exercice 1 :
M. YAO perçoit un salaire brut égal à 500 000 F dont une indemnité de déplacement de
montant 40 000 F et des avantages en nature de montant 60 000 F.

Travail à faire : Calculer l’IS (ou ITS) dû par M. YAO

Exercice 2 :
M. YAO perçoit un salaire de base égal à 500 000 F, des avantages en nature : un logement de
6 pièces meublées, bénéficie d’eau, d’une piscine. En outre, il perçoit une somme de 200 000
F pour la rentrée scolaire. Enfin il perçoit une indemnité de déplacement de 40 000 F.

Travail à faire : Calculer l’IS (ou ITS) dû par M. YAO

Exercice 3 :
M. LOGE bénéficiant d’un contrat d’expatrié fut embauché à la SONITRA le 1/1/N bénéficie
chaque année de la gratification de ladite entité et perçoit un taux horaire de 4 000 F, une
prime de panier de 100 000 F, des avantages en nature de montant 680 000 F. il bénéficie
d’une indemnité d’équipement de montant 70 000 F.

Travail à faire : Calculer l’IS dû par LOGE à la date du 1/1/N+5 sachant qu’il est aligné au
régime de 40h par semaine et qu’il a effectué 2 h supplémentaires dimanche nuit et 4h
supplémentaires jour ouvrable et il a eu une demi-heure d’absence non justifiée.

Exercice 4 :
Totalisant tous les deux 10 ans 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise SACO. M. et Mme
SYLLA ont les caractéristiques salariales suivantes :

Mme SYLLA perçoit un salaire de base de 400 000, une prime d’ancienneté (à déterminer),
une indemnité d’équipement 80 000, une prime de transport de 30 000, une allocation
familiale de 100 000. Mme SYLLA bénéficie des avantages en nature évalués à 70 000 le
mois. En outre SACO verse à SUNU la somme de 50 000 dans le cadre de contrat groupe
d’assurance maladie. En vue de passer une bonne retraite l’allocation de 55 000 par mois est
versée par SACO à un organisme de retraite et de prévoyance complémentaire au profit de
Mme SYLLA.

M. SYLLA perçoit un salaire catégoriel mensuel de 500 000, une prime d’ancienneté (à
déterminer), une allocation familiale de 14 000, il perçoit 60 000 par mois pour couvrir les
frais de restauration dans les cantines de l’entreprise, une indemnité de déplacement de
40 000, une indemnité d’équipement de 10 000 mais non utilisée conformément à son objet et
des remboursements de frais de réparation de la poulie du chantier supportés par M. SYLLA
sur ses ressources personnelles lors de sa mission sur ledit chantier montant de la facture
26 000. M. SYLLA bénéficie du car de ramassage mis à la disposition du personne pour aller
au travail. Les frais de transport supportés par l’employeur par salarié par mois sont de 50 000
en outre il bénéficie des avantages en nature de montant global de 450 000 (dont les frais de
ramassage).
L’entreprise SACO verse à un organisme de la place la somme de 135 000 par mois en guise
de complément de retraite au profit de M. SYLLA.

Travail à faire : Déterminer le salaire brut imposable de M. et Mme SYLLA.

39
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

b. La contribution nationale (CN)

La base imposable bénéficie d’une déduction forfaitaire de 20%. La base imposable B est :

B = SBI – (SBI X 20%) = 80% SBI


Le barème est le suivant :
Base = 80% SBI Taux

Inférieur à 50 000 F 0%

Compris entre 50 000 F et 130 000 F 1,5%

Compris entre 130 000 F et 200 000 F 5%

Supérieur à 200 000 10%

Exemple : Quels sont les impôts ITS et CN pour un salarié dont le salaire brut mensuel
est de 1millions de francs.
Solution:
= (1 000 000 – 20% x 1 000 000) x 1,5% = 12 000
ITS = 80% x 1 000 000 x 1,5% = 12 000
= 1,2% x 1 000 000 = 12 000
Base CN = 80% x 1 000 000 = 800 000
De 0 à 50 000, on a : 50 000 x 0% = 0
De 50 000 à 130 000, on a : 80 000 x 1,5% = 1 200
De 130 000 à 200 000, on a : 70 000 x 5% = 3 500
De 200 000 à 800 000, on a : 600 000 x 10% =60 000
CN = 64 700

La contribution nationale peut être obtenue par la formule suivante :

Base = 80% SBI Taux

Inférieur à 50 000 F 0

Compris entre 50 000 F et 130 000 F B x 1,5% - 750

Compris entre 130 000 F et 200 000 F B x 5% -5300

Supérieur à 200 000 B x 10% - 15 300

Exemple : (suite)
CN = 800 000 x 10% - 15 300 = 64 700

40
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

c. Impôt général sur le revenu (IGR)

C’est un impôt progressif au même titre que l’impôt contribution nationale à la seule
différence qu’il tient compte du nombre de part qui lui-même est fonction de la situation et
des charges de familles du contribuable. Pour déterminer l’impôt IGR, il convient de
déterminer les éléments suivant :

 La base imposable IGR (R): Elle est obtenue par la formule suivante :

 Le nombre de parts (N):


o Célibataire, divorcé ou veuf et sans enfant à charge = 1 part ;
o Marié sans enfant à charge, divorcé ou célibataire avec 1 enfant à charge = 2
parts ;
o Marié ou veuf ayant 1 enfant à charge, célibataire ou divorcé ayant 2 enfants à
charge = 2,5 parts ;
o Marié ou veuf ayant 2 enfants à charge, célibataire ou divorcé ayant 3 enfants à
charge = 3 parts ;
o Marié ou veuf ayant 3 enfants à charge, célibataire ou divorcé ayant 4 enfants à
charge = 3,5 parts ;
o … Ainsi de suite en augmentant ½ part par enfant à charge et le maximum de
parts dont bénéficie un contribuable est limité à 5 parts.

 Les enfants à charge : sont considérés comme enfants à charge du contribuable les
enfants légitimes, les enfants naturels reconnus, les enfants légalement adoptés. Les
enfants sont à charge pendant leur minorité seulement ou s’ils sont âgés de moins de
27 ans et poursuivent leurs études. Les enfants majeurs infirmes sont considérés
comme des enfants à charge.

 Le quotient familial : est obtenu en divisant la base imposable IGR arrondie au


millier de francs inférieur, par le nombre de parts.
 Le barème de calcul :(formule annuelle)

Quotient familial Tranche d’imposition Impôt IGR

Inférieur à 300 000 - néant

Compris entre 300 000 et 547 000 10/110 (R*10/110)-(27 273*N)

Compris entre 548 000 et 979 000 15/115 (R*15/115)-(448 913*N)

Compris 980 000 et 1 519 000 20/120 (R*20/120)-(84 375*N)

Compris entre 1 520 000 et 2 640 000 25/125 (R*25/125)-(135 000*N)

Compris entre 2 645 000 et 4 669 000 35/135 (R*35/135)-(291 667*N)

Compris entre 4 670 000 et 10 106 000 45/145 (R*45/145)-(530 172*N)

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Supérieur à 10 106 000 60/160 (R*60/160)-(1 183 594*N)

Exercice :
M. KOFFI est marié père de 4 enfants perçoit un taux horaire de 4000 F et des avantages en
nature une valeur de 106 680 F.

Travail à faire : Calculer les charges salariales de KOFFI.

2. Les impôts à la charge de l’employeur

a. Forme

Les différents impôts sur traitements à la charge des employeurs sont :


 La contribution à la charge de l’employeur
 La contribution nationale
 La taxe d’apprentissage
 La taxe additionnelle à la formation professionnelle continue
Ces différents impôts selon qu’il s’agit du personnel local ou du personnel expatrié. Les deux
(2) premiers impôts sont versés au trésor public tandis que le deux (2) derniers au FDFP. En
ce qui concerne la taxe de formation professionnelle et continue, l’employeur verse la moitié
de la taxe au FDFP et conserve l’autre moitié pour assurer la formation professionnelle
continue de ses salariés. Si à la fin d’un exercice, l’employeur n’a pas utilisé cette moitié pour
la formation, elle doit alors reverser cette moitié au FDFP à la fin de cet exercice.

b. La base imposable

Elle est identique à celle retenue pour le calcul de l’impôt sur les traitements et salaires des
salariés i.e. y compris les avantages en nature. Une déduction forfaitaire de 20% est alors
applicable.

c. Les différents taux

Prélèvements versé au Trésor


Prélèvement Personnel local Personnel expatrié

Contribution à la charge de l’employeur Néant 9,2%

Contribution nationale 1,2% 1,2%

Abattement de 20% 0,3% 2,6%

Taux d’usage 1,2% 10,4%

total 1,5% 13%

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Prélèvements versés au FDFP


Prélèvements Personnel local Personnel expatrié

Taxe d’apprentissage 0,4% 0,4%

Taxe additionnelle à la formation


1,2% 1,2%
continue

Total 1,6% 1,6%

EXERCICE D’APPLICATION
Un chef d’équipe ivoirien marié légalement avec sept enfants dont la rémunération du mois de
mai est de 3 100F l’heure bénéficie des avantages en nature suivant :
Logement de 6 pièces dotées chacune d’un appareil de climatisation, mobilier, électricité, eau
et d’un gardien.
Il travaille depuis 9 ans 5 mois dans une entreprise soumise au régime du réel normal.

En outre il a effectué 52h supplémentaires qui se décomposent de la manière suivante :


1ère semaine : 12 heures dont 4heurs la nuit du 1er Mai
2ème semaine : 14 heures dont 4heurs la nuit du mardi et 3 heures la nuit du dimanche
3ème semaine : 11 heurs
4ème semaine : 15 heures dont 5 heures la nuit du samedi et 5 heures le dimanche matin
Enfin il a perçu une indemnité professionnelle d’un montant de 360 000 F et d’une prime
d’ancienneté.
TAF : Calculer les impôts sur salaire dus au titre du mois de Mai par le salarié et par
l’employeur.

B. Les cotisations sociales

Tout comme pour les impôts, les cotisations sociales concernent aussi bien le salarié que
l’employeur.

1. Les cotisations à la charge du salarié

Le salarié ne cotise uniquement que pour la retraite. Le montant de cette cotisation qui était
calculé sur la base d’un taux de 3,20% est passé actuellement à 6,3%. Le taux est calculé sur
une base plafonnée à 45 fois le Smig soit un montant de 1 647 315 FCFA, ce montant est un
montant mensuel.

2. Cotisations à la charge de l’employeur

L’employeur supporte trois (3) types de cotisation :

43
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

- Les prestations familiales : le taux de cotisation est fixé à 5,75% sur une base
plafonnée mensuellement à 70 000 F. les entreprises du secteur agricole ne cotisent
pas à ce régime.

- Les accidents de travail : le taux varie en fonction de la branche d’activité entre 2 et


5%. Ce taux est calculé sur une base également à 70 000 F/mois. Ainsi les taux
d’accident de travail varient pour certaines activités ;
o 2% pour les bureaucrates,
o 3% pour les entreprises de nettoyage, entreprises commerciales et de
production,
o 4% pour les garages,
o 5% pour le transport, entreprise de travaux publics, certaines entreprises de
production ou le risque du travail est très élevé.

- La retraite : qui était calculée sur un taux de 4,8% est passé à 7,7% par salarié. Par
contre le plafond reste identique à celui du salarié i.e. 45 fois le Smig soit 1 647 315
F/mois.

Exercice :

l’entreprise ALPHA est spécialisée dans la production et la vente des produits d’équipement,
au taux de 3%, elle a le personnel dont les caractéristiques salariales sont :

 M. Yao technicien de surface a un SBI égal à 50 000 et l’assiette sociale est de


60 000, il est marié,
 Mme Pierre mariée légalement, mère de 4 enfants, et ivoirienne, est agent de maitrise,
a un SBI égal à 450 000 et une assiette sociale égale à 400 000.
 Enfin M. Pierre bénéficiant d’un contrat d’expatrié a un SBI égale à 2 000 000 et une
assiette sociale égale à 1 800 000.

Travail à faire :

1- Calculer les retenues salariales de chaque employé


2- Déterminer les charges patronales à l’aide d’un tableau.

44
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Chapitre 5 : Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)


Section 1 : généralité et champ d’application de la TVA
I) Généralité
1) Définition

La TVA est un impôt sur la valeur ajoutée réalisée par l’entreprise, c'est-à-dire sur la
différence entre le montant des biens et services fournis et le montant des biens et services
acquis par l’entreprise.

En effet, l’entreprise, dans un premier temps, totalise la TVA perçue sur ses ventes (TVA
collectée ou TVA exigible). Puis, dans un second temps, elle détermine le montant de la taxe
afférente à ses acquisitions (TVA déductible). Enfin, elle calcule la différence entre ces deux
termes. L’impôt est égal à cette différence.

Le mode de calcul de l’impôt peut être formulé ainsi :

TVA EXIGIBLE (collectée ou facturée) – TVA DEDUCTIBLE (récupérable) = TVA A


PAYER (ou due, à verser)

2) Mécanisme de la TVA

Détermination de la valeur ajoutée par un circuit de fabrication et de vente :

Soit le circuit de fabrication et de vente de riz suivant :

Production de riz Détaillant Consommateur


Grossiste

ANADER SOCOCE DIALLO YAO prix


PV TTC PV TTC PV TTC
PV HT : PV HT : PV HT : d’achat :
354 000 413 000 649 000 649 000
300 000 350 000 550 000

La somme des valeurs ajoutées déterminées tout au long du circuit va se présenter comme
suit :

ENTREPRISES PV HT VALEUR AJOUTEE TVA


ANADER 300 000 = 300 000 300 000 x 18% = 54 000
SOCOCE 350 000 (350 000 – 300 000) = 50 000 50 000 x 18% = 9 000
DIALLO 550 000 (550 000 – 350 000) = 200 000 200 000 x 18% = 36 000
550 000 550 000 x 18% = 99 000

Taxe sur la valeur ajoutée : 550 000 x 18% = 99 000

Nous voyons que :

45
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

- La TVA est à la charge du consommateur final


- Les entreprises assujetties ne jouent que le rôle d’intermédiaire, de collecteur
d’’impôt.
- La TVA supportée lors des achats est une créance sur l’Etat
- La TVA sur les ventes est une dette envers l’Etat
- C’est la différence entre la TVA sur les ventes et la TVA sur les achats qui est
reversée à l’Etat.

3) La territorialité de la TVA (art 350 à 352 du CGI)

La TVA est un impôt qui frappe les dépenses afférentes aux produits consommés ou utilisés
en CI. Ainsi, les biens et produits ivoiriens consommés à l’étranger sont exonérés de TVA.

En ce qui concerne les prestations de services, elles sont imposables en CI lorsqu’elles y sont
exécutées. Lorsque la prestation bien que exécutée dans un autre pays est utilisée en CI
l’imposition est faite en CI (art 351 du CGI). La prestation exécutée en CI et utilisée à
l’étranger est non soumise à la TVA en CI. Selon l’Acte uniforme au sein de l’UEMOA, la
prestation est taxable (une fois) dans le pays où elle est utilisée.

II) Champ d’application de la TVA

Les opérations imposables à la TVA sont déterminées soit en fonction de l’activité exercée,
soit en vertu d’une disposition spéciale. L’activité est en principe caractérisée par la recherche
du profit. Les opérations telles que les subventions reçues de l’Etat ou des collectivités
publiques, les indemnités reçues en réparation d’un dommage ou d’un préjudice, les
remboursements de frais n’étant pas caractérisés par la recherche d’un profit ne sont donc pas
imposables à la TVA. Echappent aussi à la taxation les activités salariales, agricoles et toutes
les activités à caractère civil. Les subventions accordées par d’autres entreprises sont
imposables à la TVA.

1) Les assujettis en raison de l’activité


- Les producteurs,
- Les entrepreneurs de travaux immobiliers, les imprimeurs,
- Les commerçants,
- Les négociants de biens,
- Les professions libérales et assimilées,
- L’Etat, les collectivités locales et les organismes publics pour les activités exercées
dans le domaine industriel et commercial.

46
Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

2) L’assujettissement en vertu d’une disposition expresse de la loi

2.1. les importations

Les importations en CI sont soumises à la TVA (art 240 alinéa 1 er du CGI). Toutefois l’article
précise que ne sont soumises à la TVA les importations de produits qui subiraient la TVA
s’ils étaient fabriqués en CI.

Exemple : le livre est exonéré de TVA, même si le livre est importé, il reste toujours exonéré
de TVA.

2.2 les livraisons à soi-même de biens ou de services

Il y a livraison à soi-même lorsque les assujettis réalisent pour eux-mêmes ou pour les biens
de leur exploitation certaines opérations plutôt que de les commander à des tiers en supportant
la TVA correspondante. Une entreprise qui fabrique par exemple des mobiliers de bureau, au
lieu de l’acheter fait l’économie de la TVA qui n’est pas facturée par un tiers.

3) Les principales exonérations (article 354 à 357 du CGI)

Ces exonérations sont dites légales pour certaines, d’autres consenties par voies
conventionnelle.

- Les exonérations tendant a éviter les doubles impositions. C’est le cas des affaires
d’assurance soumises a la taxe sur les assurances, les cessions d’immeubles, de fonds
de commerce, clientèle, droit au bail soumis aux droits d’enregistrement.
- Ventes de timbres
- Les exonérations tendant a favoriser l’essor économique : les travaux d’aménagement,
affaires portant sur les engrais, sur les aliments destines a l’alimentation du bétail
- Les produits alimentaires : pain, farine, céréales, viande fraiche et congelée, le poisson
congelé,
- Les exonérations des activités de transport a l’exception des transports rapides de
documents et colis, de remorquages de véhicules accidentés ou en panne, de
convoyages de fonds
- Les exonérations de certaines professions : enseignement
- Les exonérations des ventes de produits et spécialités pharmaceutiques a l’exception
du coton hydrophile, bandes et compresses de coton et articles analogues
- Vente de livres, de journaux
- Les exonérations des exportations
- Les exonérations des titres (sociaux, placements, participations)
- Les exonérations conventionnelles qui sont des exonérations accordées a des marches
conclus entre l’Etat et certaines entreprises privées, mais dont le financement est
assure par des organismes internationaux exigeant le plus souvent que les marchés en
question soient exonérés de tous les impôts et taxes. Les entreprises titulaires du
marché présentent a leurs fournisseurs des attestations visées par la DGI

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

- Les exonérations liées au statut de personnel diplomatique


- Les semences et les graines
- Le gaz butane (LF 2001)
- Exonération de TVA des travaux de construction de logement a caractère économique
et social
- Les mesures de défiscalisations sont accordes aux matériels informatiques, aux
tablettes électroniques et aux téléphones portables, lors de leur importation pour la
mise a la consommation (ordonnance n*2015-503 du 08 juillet 2015) cette mesure
prend fin le 31 décembre 2018.

Application : TVA
EXONERATIONS
LIBELLE DES OPERATIONS TAXATION
LEGALE EXPORTTATION CONVENTION
ORCA DECO vend une table a
SOCOCE
SOCOCE vend du pain a
SOCIMAT
SOTRA vend un bus fabrique a la
Guinée
Le 43e BIMA importe du
matériel
CFAO vend un véhicule a
BOHORN
CFAO fait un don d’un véhicule
au CHU de Cocody
Salaire du travailleur
Alpha Blondy reçoit 2 000 000 f
de ses fans
Alpha a recueilli 50 000 000 f
pour les tickets vendus
Importations d’une tablette
Importation d’une photocopieuse
Transport d’un véhicule accidente
par la société de dépannage
Frais de transport pour aller au
séminaire
Cession de titres de participation
Livraison a soi-même d’une
photocopieuse
La SICOGI vend a YAO un
appartement de 30 000 000 HT
La SICOGI vend une maison
économiquement sociale a YAO
Indemnité versée dans le cadre de
la résiliation d’un contrat de
travaux immobiliers constituant
en fait la rémunération d’un
commencement d’exécution

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

Indemnité versée par une


compagnie d’assurance a son
assure a la suite de sinistre
Subvention d’exploitation reçue
par un operateur économique de
riz pour vendre cette denrée en
deca du prix de revient

Section 2 : fait générateur, exigibilité, assiette et taux


1) Fait générateur-exigibilité (article 361 du CGI)

1.1 Fait générateur

Il se définit comme le fait par lequel sont réalisées les conditions légales nécessaires pour
l’exigibilité de la taxe. C’est donc l’événement qui donne naissance a l’impôt. En pratique, il
est susceptible d’être utilisé pour déterminer le régime applicable a une opération donnée en
car de changement de législation.

1.2 Exigibilité

L’exigibilité est la date à partir de laquelle l’Etat peut exiger le paiement de la taxe.

Modification de l’exigibilité : autorisation de paiement d’apres les débits (art. 361-2 du


CGI)

a) Redevables concernes

Il s’agit de ceux qui réalisent des opérations pour lesquelles l’exigibilité de la taxe est
constituée par l’encaissement (prestations de services, travaux immobiliers, fournitures
d’eau, d’électricité et de télécommunication)

b) modalité

Les redevables intéressés doivent adresser une demande au Directeur général des impôts.
L’autorisation qui a un caractère global prend effet le premier jour du mois suivant celui au
cours duquel elle est accordée. Elle doit être mentionnée sur toutes les factures délivrées.

Application :

L’entreprise LIKE est spécialiste dans l’installation, l’entretien et la réparation des systèmes
sécuritaires, tandis que SOCOCE est une entreprise commerciale. On vous demande
d’analyser les différentes opérations (nature de l’opération. Régime de taxation, date du fait

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Fiscalité d’entreprise M. DJEHA « Enseignant INP-HB »

générateur, date d’exigibilité, TVA exigible et TVA déductible) puis calculer la TVA a payer
pour la période d’avril pour chaque entreprise. Les opérations réalisées sont ci-dessous
sachant que l’entreprise LIKE a obtenu l’autorisation de payement d’apres les débits.

- 1/4/2013 : facture de SOCOCE a LIKE répondant a la commande du 25/3/2013 de


photocopieuses, montant 212 400 000 f TTC , le cheque est reçu le 15/4/2013,
- 3/4/2013 : facture de SOCOCE a LIKE portant sur les marchandises payables le
17/5/2013, montant 59 000 000 f TTC,
- 5/4/2013 : facture de LIKE a SOCOCE pour l’installation de matériels informatiques,
règlement le 10/6/2013, pour un montant de 2 360 000 f ttc,
- 7/4/2013 : facture de LIKE a SOCOCE de 70 800 000 ttc pour exécution des travaux
du système de sécurité payable le 25/5/2013,
- 9/4/2013 : transport du personnel de SOCOCE pour un séminaire par UTB ; facture
1 000 000 f,
- 11/4/2013 : facture de LIKE a SOCOCE pour l’entretien des installations, montant
3 540 000 f TTC règle par cheque,
- 12/4/2013 : LIKE a acheté du matériel nécessaire a ses techniciens pour l’installation
du système sécuritaire de surveillance dans un de ses départements. Cout de
l’installation est estime a 500 000 F HT.

Section 3 : traitements d’opérations particulières


[…]

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