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Denis Richer, ethnolinguiste, président de l!association «"Pays perdu"» qu!

il a fondée
en 1990 et enregistrée dans les différentes instances depuis cette date, est établi au
Cambodge depuis 1996. Il a réalisé avec une collaboratrice, Melle Kagnada Keo, et M.
Vanra Ieng, informaticien, développeur de programmes, le premier dictionnaire français-
khmer informatisé [7], présenté avec l!alphabet phonétique international.
Il y a longtemps déjà, en 1987 au Brésil, en tant qu!ethnolinguiste de terrain, Denis
Richer avait fait le constat que la civilisation des Indiens dans la forêt amazonienne était
en extrême danger de disparaître vu le contact agressif des intérêts économiques d!ordre
individuel (chercheurs d!or, éleveurs de bétail, commerçants peu scrupuleux, etc.), ou
industriel (groupes miniers, exploitation forestière anarchique, etc.), et avait conçu avec
l!aide d!un linguiste de terrain, Henri Ramirez, l!idée d!apporter aux Indiens Yanomami
(environ un millier de personnes, répartis en une quinzaine de villages autour de Xitei et
Catrimani) une aide structurée sous forme d!écoles, afin de leur donner les moyens de
survivre à l!ethnocide.
Une fois cette mission accomplie, c'est-à-dire après avoir transféré aux indiens des
forêts d!Amazonie les moyens de leur autonomie culturelle, Denis Richer s!est tourné vers
une autre civilisation menacée, celle des Khmers du Cambodge. Fort de ses expériences
antérieures, il a monté dès 1995 à Siem Reap (petite ville établie près des célèbres
temples d!Angkor Vat), des écoles de rue pour les enfants pauvres, les alphabétisant, et
leur apprenant le français et l'anglais afin qu!ils puissent se faire embaucher dans les
hôtels et restaurants, en plein développement après la pacification du pays.
Devant la situation non linguistique du pidgin fortement répandu à travers les
différentes civilisations en contact sur le territoire cambodgien, et la forte demande, de la
part des francophones œuvrant ou travaillant au Cambodge pour quelques mois ou
années, de pouvoir rapidement communiquer avec la population khmérophone, la
nécessité de créer un dictionnaire français-khmer s!est rapidement imposée.
Pour réaliser au mieux cette tâche, Denis Richer, ayant à sa disposition les
précédents dictionnaires ou publications sur la langue khmère, s!est entouré de
spécialistes du khmer, comme Alain Daniel, linguiste, et de phonétique (Bernard Bel et
Geneviève Caelen-Haumont, du LPL), et d!informateurs. En 5 ans, le dictionnaire a été
entièrement informatisé, phonétisé en API, et comporte désormais 20.000 entrées. Il a été
publié au printemps 2007.
Etant à l!initiative de ce dictionnaire, Denis Richer occuperait le poste de consultant
dans le cadre de son association pour laquelle il opère depuis sa création.
Ieng Vanra, Cambodgien, informaticien de 24 ans, travaille auprès de Denis Richer
pour les travaux d!informatiques qu!il ne peut réaliser lui-même.