INTRODUCTION AU DROIT CONSTITUTIONNEL L’étude du droit amène d’abord à se poser la question : qu’est-ce que le droit ?

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit » (Henri Lacordaire, 45ème conférence Notre-Dame). « La loi, comme l’enfer, est souvent pavée de bonnes intentions ». Le droit permet d’organiser la vie des hommes en société. Il peut se définir comme l’ensemble des règles de conduite extérieures, définies par des hommes pour régir les rapports sociaux, et généralement sanctionnées par la contrainte publique. La sanction attachée à la règle de droit est ce qui distingue cette dernière des autres règles, telles que les règles morales et de politesse. Dans l’inconscient des hommes existe déjà l’idée vague de droit. Lorsque plusieurs êtres se retrouvent ensemble, apparaît aussitôt quelque besoin d’ordonner leurs conduites. Ces règles de conduite peuvent être éparses et informelles. Elles composent un ensemble : le Droit. Lorsque la vie en société humaine se développe, il se produit des regroupements de règles, et même de code : le code de la route, par exemple, est un ensemble de règles de droit, de règles juridiques. Même s’ils ne s’en rendent pas toujours compte, les hommes entrent en contact avec le droit : par la route ou par l’impôt, par l’achat d’un pain le matin ou d’un journal, et même par l’heure que dit la montre ou l’horloge. L’heure est fixée sur la base des fuseaux horaires que l’ordre juridique a définis. Le droit fait partie de la réalité quotidienne. L’idée de base est que le droit est un phénomène social et normatif. Dans toutes les sociétés humaines, les relations entre les hommes sont régies par des règles diverses. Ces règles imposent des contraintes. Même dans la société la plus libre, les individus sont soumis à un minimum de règles. Il y a par exemple des règles économiques concernant la production, la circulation et la répartition des richesses ; des règles qui intéressent les mœurs (pratique religieuse ou coutumière) ; des règles juridiques, qui visent à assurer l’ordre, la sécurité des personnes et des biens, l’harmonie sociale. Dans certains systèmes juridiques ou politiques, la signification du mot droit est unique. En droit anglais ou en droit japonais, le droit sert à désigner les règles gouvernant la vie des hommes en société. Dans le droit français et le droit francophone dont fait partie le droit malgache, le mot droit désigne deux ensembles qui diffèrent profondément. 1°) Au sens large, le « Droit », c’est un ensemble de règles de conduite qui, dans une société donnée, régissent les rapports entre les hommes. Ici, le droit se traduit par des règles. A cet ensemble de règles, on applique l’expression Droit objectif car le droit se définit par son objet. Ex : - en droit malgache, « les enfants doivent des aliments à leurs pères et mères et autres ascendants et réciproquement », c’est-à-dire que le père ou la mère qui n’est pas

le droit. Ce sont par exemple le droit de propriété ou le droit de créance. Donc. Dans cet exemple. Ces règles sont établies par le pouvoir régulièrement en place dans le pays et sont destinées au maintien de l’ordre et de la sécurité. le droit des affaires. La question est de savoir si c’est le droit objectif ou les droits subjectifs qui doivent être pris comme base de la science du droit. le droit du développement. Le droit réglemente la vie en société et il évolue donc avec l’évolution de la société. l’individu doit passer par la justice de l’Etat. Lorsqu’on parle de droit subjectif. Il y a de nouvelles matières juridiques qui continuent à apparaître comme le droit économique. Le droit doit réglementer de nouveaux problèmes qui apparaissent au sein de la société. Avec le progrès technique. le droit objectif est supérieur aux droits subjectifs. etc. les « droits » sont les prérogatives personnelles que le Droit objectif reconnaît à un individu ou à un groupe d’individus et dont ceux-ci peuvent se prévaloir dans leurs relations avec les autres. est une science très vaste. 2°) Au sens restreint. par opposition au droit objectif. Dans les sociétés modernes. une personne peut exiger d’une autre qu’elle fasse ou ne fasse pas quelque chose (obligation ou interdiction). on donne au mot droit un caractère plus personnel et plus concret. le droit de l’informatique. On dit qu’il a un droit subjectif. Ex : Un créancier a le droit de réclamer la somme due par son débiteur. dérive seulement de la règle de droit. le droit des investissements. Aujourd’hui. . c’est-à-dire des personnes au profit desquelles la règle objective reconnaît des prérogatives. c’est-à-dire que pour réclamer son ou ses droits. Quoi qu’il en soit. Les mots « droits subjectifs » désignent une prérogative individuelle. en invoquant. Le droit est ici envisagé du point de vue de son titulaire. Le droit est divisé en une très grande diversité de matières juridiques. s’il y a lieu la protection et l’aide des pouvoirs publics. Il comporte plusieurs ramifications ou branches. Les droits subjectifs sont différents du droit objectif et cette distinction est fondamentale. Il y a cependant des liens entre le droit objectif et les droits subjectifs. Le droit objectif est l’ensemble des règles juridiques obligatoires applicables dans un pays. C’est le droit objectif où le mot droit est pris dans son sens de règle de vie sociale. Le droit de créance est un droit subjectif. Grâce à cette prérogative. la diversité de la science juridique s’accentue. la justice privée n’est pas admise. Il en est de même pour le droit de propriété. au sens subjectif. il s’agit d’une réglementation générale et impersonnelle des rapports sociaux. Le droit est envisagé du point de vue des sujets. alors que les mots « droit objectif » servent à désigner le droit en tant que règle. Cette prérogative est assortie de la sanction de l’autorité étatique. c’est-à-dire du sujet de droit. il est généralement admis que la règle de droit constitue bien la base des études de la science du droit et que le droit. à « préserver les intérêts subjectifs légitimes et de réprimer les intérêts subjectifs illégitimes » (Huguette Jones). On parle alors de droits subjectifs.capable de subvenir à ses besoins aura le droit d’exiger de ses enfants le versement d’une pension alimentaire. en tant que discipline scientifique.

Pour mettre un peu d’ordre dans toutes ces matières juridiques. en théorie. notamment doctrinales. l’utilité des particuliers. Le droit français a hérité cette distinction du droit romain. le terme droit public correspond à ce que l’on appelle aujourd’hui le droit international. des personnes morales qui sont le plus souvent créées par l’Etat. Les personnes publiques sont. Il en est de même de Montesquieu dont l’opposition entre droit politique et droit civil correspond à la distinction faite par Ulpien entre droit public et droit privé. affectées par lui à une fonction d’intérêt général et . Les programmes officiels et les professeurs continuent aujourd’hui à véhiculer et à transmettre cette distinction. » La pérennisation de la distinction droit public-droit privé résulte aussi de l’enseignement dispensé dans les facultés de droit où la distinction a pris une importance institutionnelle. Chapitre premier. CRITERE ORGANIQUE Le droit public est le droit applicable à une relation juridique au sein de laquelle une personne publique est présente. Dans L’Esprit des lois. il y a deux aspects : le public et le privé. Le droit public concerne l’état de la République.. » Cette division fondamentale selon laquelle le droit public concerne la république romaine et le droit privé les particuliers a traversé les siècles en connaissant bien des vicissitudes. l’Etat.LES CRITERES DE LA DISTINCTION Le droit public et le droit privé peuvent. C’est la summa divisio ou distinction fondamentale. et c’est le droit politique. – LA DISTINCTION DU DROIT PUBLIC ET DU DROIT PRIVE La distinction droit public-droit privé que connaît le droit malgache a été reprise du droit français. Montesquieu écrit : « Considérés comme vivant dans une société qui doit être maintenue. le droit privé. employé par JeanJacques Rousseau. correspond à peu près à notre conception actuelle du droit public général. mais sans jamais totalement disparaître. La distinction traditionnelle entre le droit public et le droit privé a été établie par le jurisconsulte romain Ulpien (178-228 après Jesus-Christ) de la manière suivante : « Dans l’étude du droit. d’une part. appliqué à Madagascar sous la colonisation. Cette division est moins présente au sein des systèmes juridiques anglo-saxons également nommés systèmes de « common law ». le droit romanogermanique est traditionnellement divisé en droit public et droit privé. Ils en ont encore dans les rapports que tous les citoyens ont encore entre eux. d’autre part. être distingués sur la base des critères suivants : 1. Titre Premier. Chez les auteurs politiques du XVIIIe siècle. les hommes ont des lois dans le rapport de ceux qui gouvernent. et c’est le droit civil. Le terme droit politique.

Le droit privé est la partie du droit qui régit les rapports entre les particuliers qu’il s’agisse de personnes physiques ou de personnes morales de droit privé.). c’est-àdire capables. C’est ce qu’on appelle le droit international public. d’autre part les groupements d’individus dotés de la personnalité juridique. non dans l’intérêt de leurs auteurs. d’avoir des droits et des obligations. destinée à protéger des intérêts particuliers. il règle les questions de filiation. La règle de droit privé est parfois impérative mais souvent elle se borne à autoriser une certaine activité. Des ordonnances fixent le statut des communes. etc. les hôpitaux publics. c’est-à-dire la manière dont elles sont créées. Le droit privé réglemente le statut de ces personnes. Pour les personnes morales. Les personnes privées sont. Il concerne encore les relations de l’Etat avec les autres personnes publiques créées dans son cadre (régions. donc dans ce cas il s’agit d’une règle interprétative. au contraire. Ainsi. dont elles sont organisées. 2. les universités publiques. il règle les questions de formation (par exemple constitution de sociétés) ou de fonctionnement. l’acte juridique de droit privé est passé dans l’intérêt de son auteur ou dans un autre intérêt privé. parce qu’elle rend compte de la relation politique de subordination de l’individu à l’égard des autorités étatiques. La règle de droit privé serait. l’utilité publique. les actes de droit public doivent être accomplis dans l’intérêt public. pour les personnes physiques. Au contraire. . donc c’est une règle permissive. Le droit public régit encore les relations des personnes publiques entre elles. Il s’applique notamment aux relations entre Etats. que l’on appelle personnes morales.dont il surveille étroitement le fonctionnement (par exemple les provinces autonomes. Ainsi. D’une manière générale. 3. L’acte unilatéral autoritaire par lequel une personne peut en obliger juridiquement une autre. les communes. Par exemple : sociétés commerciales. ou encore à interpréter une attitude des sujets de droit comme traduisant une certaine intention. Le droit privé règle encore les relations qui s’établissent entre les personnes privées : par exemple. Le droit public réglemente le statut de ces personnes. CRITERE TELEOLOGIQUE (par rapport à la finalité) La règle de droit public aurait pour but de promouvoir l’intérêt général. d’une part. associations. notamment en ce qui concerne la forme des règles. comme une personne physique. CRITERE FORMEL Le droit public est caractérisé par des techniques différentes de celles du droit privé. etc. communes). et fonctionnent. des intérêts privés. les questions matrimoniales et successorales. La règle de droit public est généralement impérative : elle se présente sous la forme d’un ordre ou d’une interdiction. les régions. est une technique très souvent utilisée en droit public. des lois organiques fixent le statut des provinces autonomes. il pose les règles applicables aux contrats conclu entre ces personnes. les individus que l’on appelle personnes physiques.

filiation) prennent en considération des intérêts privés mais elles intéressent aussi l’intérêt général de la société. lorsque le droit public réglemente les libertés fondamentales (liberté d’aller et venir. Toutes les lois intéressant l’ordre public et les bonnes mœurs sont généralement impératives. Tout ce qui relève de l’organisation de l’Etat relève du droit public mais on ne peut pas prétendre que tout le droit utilisé par l’Etat soit nécessairement du droit public. Ce critère est loin d’être absolu. Il est exact que le droit public est impératif. liberté d’association. etc. le droit privé contenait peu de règles impératives établies par l’Etat dans l’intérêt public. Dans la plupart des cas. divorce.. l’ordre public. dans les sociétés industrielles et commerciales. Inversement. il se préoccupe de la tranquillité sociale tout en assurant la protection des intérêts privés et des droits subjectifs. il laissait les individus libres de déterminer leurs relations par voie de contrat. ordre des médecins. ce deuxième critère n’est pas décisif. Ainsi. c’est-à-dire impose des commandements. liberté de réunion. les règles intéressant le droit de la famille. 2) Certains auteurs ont affirmé que la démarcation entre les règles de droit public et de droit privé devrait se faire en considération du but poursuivi. la polygamie est interdite. les ordres professionnels (ordre des avocats. Ex : à Madagascar. L’activité de l’Etat et des autres personnes publiques est dans certains cas soumise au droit privé. Pour ces activités. Les volontés des particuliers n’ont pas de prise à l’égard des règles d’ordre public. ordre des journalistes) utilisent des prérogatives de droit . 3) Un dernier critère consiste à soutenir que le droit public serait le droit propre à l’Etat et aux collectivités publiques et le droit privé serait le droit des particuliers.Chapitre 2. Les dispositions concernant la famille (mariage. les successions et même parfois les contrats s’imposent aux particuliers sans possibilité de les écarter. Donc.). c’est-à-dire ne font que donner des conseils. l’Etat peut se comporter comme un particulier en détenant des actions dans les banques. les contrats utilisés sont ceux du droit privé. Aujourd’hui. 1) On a prétendu que le droit public se distingue du droit privé par ses caractères. Les lois de droit privé protègent les intérêts particuliers mais concernent aussi l’intérêt général. sous sa forme traditionnelle. Le droit public viserait à satisfaire l’intérêt général alors que le droit privé aurait pour objet de satisfaire des intérêts particuliers. En droit civil. c’est le caractère des règles juridiques qui s’imposent pour des raisons de moralité ou de sécurité impératives dans les rapports sociaux. Ex : le statut de la JIRAMA et ses relations avec les fournisseurs et les clients sont soumis au droit privé. ordre des pharmaciens. bien des règles de droit privé sont d’ordre public.LES LIMITES DE LA DISTINCTION Plusieurs critères permettant de faire la distinction entre droit public et droit privé ne sont pas toujours déterminants. A l’inverse. Mais aujourd’hui. Et. Le droit public serait impératif alors que les règles de droit privé seraient supplétives de volonté.

LES BRANCHES DU DROIT PUBLIC Au sein d’un système juridique. Ce caractère se reflète dans le fait que le procédé juridique type du droit public est l’ordre donné par une personne à d’autres par le biais de la loi ou du règlement ou encore que la règle de droit peut normalement faire l’objet d’une exécution forcée. A l’intérieur du droit public sont distingués traditionnellement plusieurs matières.public. Chapitre 3. On désigne sous ce terme les subdivisions intérieures dans un système juridique donné. En ce sens. Malgré la difficulté de la distinction entre droit public et droit privé. un droit public français. destinées à s’appliquer à des catégories abstraitement définies de citoyens. on distingue différentes branches. elle est maintenue au moins pour des motifs pédagogiques. à chaque fois. Il existe ainsi un droit public malgache. et elles sont réputées en user pour le bien commun. Ce sont des règles posées principalement au moyen d’une technique unilatérale et autoritaire. un droit public allemand. Par essence le droit public se rattache donc à la notion d’Etat. c’est-à-dire qui ont une force contraignante et impérative à l’égard des citoyens sans que le consentement soit. dont ne peuvent se prévaloir les particuliers. leurs relations avec les personnes privées. Les autorités publiques disposent de privilèges exorbitants. Ces ordres professionnels ne sont pas des organismes administratifs mais ils remplissent un service public et appliquent le droit public. c’est-à-dire un ordre de droit global qui régit un ensemble social. etc. Cela explique les traits caractéristiques des règles de droit public. sollicité. . On est en présence d’un droit profondément inégalitaire. 1° Distinction du droit public interne et du droit public international Le droit public interne est celui qui pour chaque Etat fixe le statut des personnes publiques. le droit public est un procédé de gouvernement. Chapitre 4.. la supériorité des personnes publiques vis-à-vis des personnes privées. La conséquence générale est qu’il est impossible de déterminer la nature d’une règle de droit en fonction de la personne qui l’utilise. Le droit public consacre la supériorité de l’Etat vis-àvis des autres personnes publiques.. Ce sont des règles générales par vocation. collectivités locales) dans un but d’intérêt général et généralement avec des prérogatives liées avec la puissance publique et celles qui régissent les relations entre ces personnes publiques et les citoyens.DEFINITION ET CARACTERES FONDAMENTAUX DU DROIT PUBLIC Le droit public est constitué par l’ensemble des règles régissant les rapports de droit dans lesquels interviennent des personnes publiques (Etat.

qu’il s’agisse du droit public ou du droit privé. des organismes fiscaux comme les contributions directes ou indirectes. Il comprend également l’étude des diverses taxes (ex :TVA) et de leurs applications. La constitution se caractérise par sa suprématie sur toutes les autres normes juridiques. gouvernement. le droit constitutionnel se trouve être le fondement de tout le droit interne. . Il concerne les relations des Etats avec les autres entités internationales. transport. En République fédérale d’Allemagne. Selon le critère organique. des établissements publics et de toutes autres personnes morales de droit public. Un système de réglementation est donc nécessaire et correspond à ce que l’on peut appeler le besoin d’ordre public. les douanes. Le second bloc du droit public interne est le droit administratif. l’enregistrement et le timbre. pouvoir judiciaire. etc. L’étude des différentes taxes porte le nom de droit fiscal. Le droit public interne comprend trois branches principales. son mode d’acquisition. Il concerne l’organisation de la puissance publique dans ses éléments les plus élevés (parlement. il est possible de partir de deux considérations. 2° Distinction à l’intérieur du droit public interne Le droit public interne a pour but de fixer quelles sont. Au 19ème siècle. car la constitution est toujours la loi fondamentale de chaque pays. Le droit administratif peut donc être défini comme l’ensemble des normes relatives à l’ordre public et à la mise en œuvre des activités publiques destinées à satisfaire des besoins publics. son fonctionnement). LE DROIT CONSTITUTIONNEL Par certains aspects. santé. les dettes publiques. En premier lieu. Il s’agit en premier lieu du droit constitutionnel ou droit des institutions politiques. l’Union africaine. c’est à dire les organisations internationales comme l’ONU. les finances publiques peuvent aussi être présentées comme l’ensemble des règles gouvernant les finances de l’Etat. Titre II. les règles relatives à la constitution de la puissance publique et à ses rapports avec les sujets ou gouvernés. etc). En second lieu. le texte constitutionnel est appelé Loi fondamentale et non pas constitution. les impôts. culture). à l’intérieur d’un Etat. et d’une manière générale la communauté internationale. la construction européenne a généré un droit nouveau. Enfin le droit public comprend le droit des finances publiques. L'expression finances publiques désigne l'étude des règles et des opérations relatives aux deniers publics comme la loi de finances ou budget. Le droit fiscal détermine les conditions et le montant de la participation des sujets de droit aux budgets de l'État et des collectivités publiques. des collectivités locales. Il peut être considéré comme le droit qui réglemente la structure de l’administration et ses agents et leurs rapports avec les particuliers. il existe des besoins sociaux qui ne peuvent être satisfaites grâce à l’initiative des particuliers (éducation. toute société a besoin d’une organisation sans laquelle la vie des individus deviendrait impossible parce que les menaces sur les personnes et les biens seraient permanentes et atteindraient un niveau intolérable. le droit communautaire applicable aux pays membres de l’Union européenne.Le droit international public est l’ensemble ordonné des règles qui concernent les Etats et les organisations internationales. Par ailleurs. Pour cerner son domaine. etc. Il concerne le pouvoir dans l’Etat (sa structure . on l’appelait droit politique.

à l’égard de leurs concitoyens. Il est indissociable du Politique. dans sa description la plus classique. d’un pouvoir institutionnalisé. appelés gouvernés. Chapitre 2. Vu sous cet angle. il y a le pouvoir politique. il y a la structure de l’Etat. et. il peut se définir comme la branche du droit qui détermine les règles juridiques relatives à la structure de l’Etat et à l’exercice du pouvoir politique. Il régit des relations politiques qui ont pour enjeu essentiel la conquête et l’exercice du pouvoir dans le cadre de l’Etat. traités internationaux). tout le reste du droit. Le droit constitutionnel est défini par Hugues Portelli comme l’ensemble des règles juridiques qui encadrent l’exercice du pouvoir politique et la compétition pour sa conquête dans l’Etat. règlements. décisions de justice. tel qu'il est mis en place par un document particulièrement solennel: la Constitution. à travers son objet propre. mais aussi dans une certaine mesure leur contenu. Les gouvernants ont le privilège de commander et de se faire obéir par les gouvernés. Le droit constitutionnel est la branche du droit qui assure « l’encadrement juridique des phénomènes politiques ». C’est par là que le droit constitutionnel conditionne. droit du travail). est l'étude de l'ensemble des règles juridiques d'organisation et de fonctionnement des pouvoirs publics ou. au moins indirectement. l’objet d’étude du droit constitutionnel comprend deux éléments : • D’une part. D’après cette définition.Le droit constitutionnel est ainsi traditionnellement et principalement une branche essentielle du droit public mais il exerce une influence considérable sur les autres branches du droit public (droit administratif. contrats. Chapitre 1. le droit constitutionnel. Comme l’a écrit Charles Cadoux. l’enseignement du droit constitutionnel se limitait à l’étude de la Constitution. qu’il le détermine. plus précisément. susceptible de l’édicter et de le sanctionner. statut juridique de l’Etat qui fixe l’organisation des pouvoirs . du pouvoir politique de l'Etat. appelés gouvernants. L’EVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL Jusqu’au début du 20ème siècle. LA NOTION DE DROIT CONSTITUTIONNEL Le Droit constitutionnel. implique la présence d’un Etat – ou. • D’autre part. qui est le pouvoir de commandement qui appartient à certains individus. finances publiques) ainsi que sur celles du droit privé (droit civil. c’est-à-dire le droit en vigueur dans un pays donné. c’est le droit de l’Etat. Le droit positif. Ce sont les normes constitutionnelles qui vont définir la manière dont seront créés les autres règles juridiques (lois. selon la formule d’André Hauriou. qui est la forme actuelle de toute société humaine organisée. C’est d’ailleurs ce qui permet de qualifier les règles « infra-constitutionnelles » d’ « inférieures ». dans un ensemble. L’épithète « constitutionnel » vient du fait que les règles essentielles de ce droit figure généralement dans un document que l’on appelle la Constitution. du moins. Le Politique peut se définir comme la lutte pour la conquête et l’exercice du pouvoir dans les sociétés. C’est le « droit de l’autorité politique ». Il s’agit de l’organisation interne de l’Etat. y compris le droit constitutionnel.

qui occupent une place importante dans l’exercice de la démocratie et le fonctionnement des régimes politiques contemporains.publics. la hiérarchie des normes et les droits fondamentaux des citoyens. La première évolution du droit constitutionnel moderne est donc l’influence de la science politique en dépassant la simple description des règles juridiques par la description du fonctionnement réel des systèmes politiques. aux partis politiques sur les 160 articles que comprend le texte fondamental. Les constitutionnalistes se sont progressivement aperçus que la simple étude du texte juridique fondamental était insuffisante pour rendre compte du droit constitutionnel. de 1975 à 1991. des cours constitutionnelles ont été créées. La constitution malgache ne consacre qu’un article.14. La description des règles constitutionnelles n’ajoutait que peu d’éléments nouveaux à la simple lecture des textes constitutionnels. La science du droit constitutionnel retrouve alors un rôle essentiel : décrire et commenter cette jurisprudence des cours constitutionnelles. la vie politique a montré que les multiples crises politiques qu’a connues Madagascar étaient liées au phénomène des partis politiques. La seconde évolution du droit constitutionnel résulte des transformations qui affectent le fond de cette matière juridique. C’est le cas des partis politiques. Or. L’ensemble de ces interprétations forme ce que l’on appelle la jurisprudence constitutionnelle. Dans de nombreux pays. l’art. C’est ainsi que les programmes des études de droit ont été modifiés pour faire figurer dans le titre des cours. celle de « science politique » ou d’ « institutions politiques ». il existe des phénomènes politiques dont les constitutions parlent très peu mais qui jouent un rôle important dans la vie constitutionnelle. La tâche essentielle de la science du droit constitutionnel était de décrire les normes juridiques en vigueur. Ces cours constitutionnelles sont amenées à examiner si les lois sont conformes aux principes contenus dans la constitution. Le droit constitutionnel est bouleversé par cette évolution puisque l’existence d’un juge de la Constitution « juridicise » considérablement un droit qui auparavant était davantage régi par des accords conventionnels entre les différents pouvoirs publics. Il s’agit principalement du prodigieux développement de la justice constitutionnelle et du droit de la Constitution sanctionné par un juge. Par exemple. Ces cours constitutionnelles ont interprété les règles constitutionnelles. C’est le cas à Madagascar avec la Haute cour constitutionnelle. Cette jurisprudence est d’une grande portée et d’une grande complexité. qui se trouvent dans la Constitution. Enfin. le droit pénal ou le droit commercial. . c’est-à-dire de la théorie constitutionnelle. Elles contribuent à déterminer les bases des différentes branches du droit comme le droit civil. Le droit constitutionnel apparaît aujourd’hui avec sa pleine normativité. On a remarqué également qu’il y avait un décalage entre les règles contenues dans la constitution et la pratique réelle au sein des Etats. c’est-àdire les règles du droit positif. Madagascar portait le titre officiel de République démocratique mais le régime politique en vigueur n’était pas démocratique. et d’en éclairer les fondements à l’aide des grandes doctrines. Il y a un écart entre le droit et les faits réels. à côté de l’expression « droit constitutionnel ».

LE DROIT CONSTITUTIONNEL INSTITUTIONNEL Le droit constitutionnel régit les relations entre les pouvoirs publics. Le droit constitutionnel ne se limite pas de nos jours aux seules institutions politiques. qui fixe les règles du jeu pour la désignation des représentants. le droit constitutionnel des libertés et le droit constitutionnel normatif. Il s’intéresse aussi à certains aspects du pouvoir judiciaire. Le droit constitutionnel a aussi un rôle important à jouer en matière d’étude des sociétés démocratiques. le droit constitutionnel est une technique de liberté. le financement de la vie politique. C’est à travers les règles de droit constitutionnel que l’on va essayer de tempérer le pouvoir des gouvernants avec le besoin de liberté des citoyens. qui régit la vie et l’activité des assemblées parlementaires.Aujourd’hui. Il est élargi à des droits dérivés comme le droit parlementaire. le droit électoral. Avec le processus de démocratisation engagé à Madagascar. Le droit constitutionnel s’intéresse ainsi à la dévolution du pouvoir. LE DROIT CONSTITUTIONNEL DES LIBERTES Le droit constitutionnel régit les rapports entre gouvernants et gouvernés. Le droit constitutionnel se prolonge par un droit politique. à son exercice ainsi qu’à sa transmission. Le droit constitutionnel a ainsi pour objet d’énoncer un certain nombre de droits dont les individus peuvent se prévaloir devant les gouvernants. En ce sens. Ces droits et libertés peuvent être individuels (droit au respect de la vie privée) ou collectifs (participation des travailleurs à la détermination des conditions de travail). entre la puissance publique et les individus en conférant à ces derniers un certain nombre de droits et libertés fondamentaux. qui réglemente l’activité des partis. Section 2. Ex : les articles 9 à 40 de la Constitution malgache actuelle. destinés à fixer des bornes aux pouvoirs ». il n’existe de « véritable constitution que libérale ». appelé le constitutionnalisme. Pour cette doctrine. consacrant « les principes suprapositifs. Section 1. le droit constitutionnel représente un vaste ensemble qui comprend plusieurs sous-branches. Il a pour objectif de concilier la liberté des citoyens et la nécessaire autorité des gouvernants. Cette conception du droit constitutionnel est née d’un mouvement idéologique puissant du 18ème siècle. Le droit constitutionnel n’est pas établi dans le seul intérêt des gouvernants mais surtout dans celui des gouvernés. Son objet s’étend également aux institutions administratives (par exemple les collectivités locales) ou aux institutions juridictionnelles (par exemple la Haute cour constitutionnelle). Chapitre 3. en Afrique et en Europe centrale et de l’Est à partir des années 90. essentiellement entre les pouvoirs institués c’est-à-dire le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. LES TROIS OBJETS DU DROIT CONSTITUTIONNEL On fait aujourd’hui la distinction entre le droit constitutionnel institutionnel. le statut des élus et des candidats aux élections. C’est d’abord le droit de l’Etat ou plus précisément le droit des activités internes de l’Etat. le droit constitutionnel est un outil utile pour comprendre les mécanismes de la démocratie. Il s’agit du droit constitutionnel substantiel. . les Droits de l’Homme et la séparation des pouvoirs.

c’est-à-dire de l’initier au droit constitutionnel.Section 3. vont puiser leur source dans la Constitution qui va consacrer leur existence. donc comme êtres pensants. l’élaboration d’une loi (création d’une norme juridique) peut soulever un conflit politique (droit constitutionnel institutionnel) et porter sur une question de liberté (droit substantiel). constituent le troisième objet du droit constitutionnel. Comme l’écrit Claude Leclercq. Pour ce faire. Chapitre 4. L’université a été et sera toujours un lieu de réflexion sur la société. Le plan général de ce cours est basé sur le schéma classique suivant : Première partie : LA THEORIE GENERALE DES INSTITUTIONS POLITIQUES Deuxième partie : LES REGIMES POLITIQUES CONTEMPORAINS . » Le droit constitutionnel doit favoriser la réflexion personnelle de l’étudiant. L’IMPORTANCE ET L’INTERET DU DROIT CONSTITUTIONNEL La difficulté d’enseigner le droit constitutionnel est reconnue par bon nombre d’auteurs. Il en est de même des élections législatives du 9 mars 2008 en Espagne. « le cours de droit constitutionnel se présente non seulement comme un enseignement d’introduction au droit. afin qu’il soit à même de juger l’évolution du monde contemporain au-delà des informations fournies par les médias. La seconde mission du droit constitutionnel est d’informer ou plus exactement de créer chez l’étudiant le réflexe de s’informer. La première de ces missions est de former l’étudiant. au monde contemporain. Georges Lecuyer a publié en 1969 dans les Annales de la Faculté de Droit de Clermont-Ferrand un article intitulé : « Peut-on encore enseigner le droit constitutionnel ? » Cette difficulté vient des missions assignées à cet enseignement. La Constitution est une « norme de production des normes ». La formation de l’étudiant passe par l’acquisition d’un vocabulaire aussi précis que possible et par la maîtrise de concepts et de mécanismes juridiques. Ces trois objets du droit constitutionnel sont interdépendants les uns des autres. La troisième mission a trait à la mission traditionnelle de l’université. comme citoyens. l’étudiant devra s’informer et s’intéresser aux problèmes de son pays et aux problèmes internationaux. Les problèmes de droit constitutionnel ont des liens étroits avec l’actualité interne et internationale. Pour compléter sa formation et le cours magistral. LE DROIT CONSTITUTIONNEL NORMATIF La création et le régime juridique des normes juridiques. Cela signifie que les compétences normatives. il lira les journaux et suivra les journaux parlés et télévisés. mais aussi comme une matière devant inciter les étudiants à la réflexion politique pour leur permettre de s’intégrer. c’est-à-dire la possibilité d’édicter des règles de droit. Les élections régionales du 16 mars 2008 à Madagascar relèvent de l’actualité constitutionnelle. Cette matière constitue une véritable introduction au droit. c’est-à-dire des règles de droit. Par exemple.

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