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Un artiste complet

Un artiste complet

UN HOMME AUX MULTIPLES TALENTS. YANN LAMBIEL, IMITATEUR, HUMORISTE, MUSICIEN, CHANTEUR, DANSEUR, BATTEUR, VENTRILOQUE, ETC.

MUSICIEN, CHANTEUR, DANSEUR, BATTEUR, VENTRILOQUE, ETC. ou presque. S’il a souvent été qualifié en Suisse
MUSICIEN, CHANTEUR, DANSEUR, BATTEUR, VENTRILOQUE, ETC. ou presque. S’il a souvent été qualifié en Suisse

ou presque. S’il a souvent été qualifié en

Suisse d’humoriste et surtout d’imitateur, ses talents vont bien au-delà de ces genres. Avec un répertoire de 130 voix, un regard souvent cri- tique, parfois sensible, toujours décalé sur l’actualité, Yann Lambiel fait rire, certes. Mais ses spectacles relèvent également son talent inné pour les genres du music-hall.

Yann Lambiel peut tout faire

Autant ventriloque que chanteur, danseur ou musicien, il enchante le public, passant d’un répertoire à l’autre avec une aisance déconcertante. Son précédent spectacle, «Aux suivants», se termine sur un panorama musical des cents dernières années. 78 chanteurs, imités par la voix et par le geste. Edith Piaf, Les Beatles, Elton John, Jane Birkin, Gilbert Monta- gné, Michael Jackson, Vanessa Paradis, Bénabar, Christophe Maé et bien d’autres sont invités sur scène pour quelques secondes chacun.

L’artiste est un performer capable non seulement de jouer avec les genres artistiques, mais également d’adapter son registre aux lieux qu’il habite: radio, télévision, théâtre, chapiteau ou encore grandes scènes extérieures comme au Paléo Festival de Nyon.

radio, télévision, théâtre, chapiteau ou encore grandes scènes extérieures comme au Paléo Festival de Nyon .

Passion, travail

Passion, travail

UNE ASCENSION gUIDéE PAR LA PASSION, NOURRIE PAR LE TRAVAIL

UNE ASCENSION gUIDéE PAR LA PASSION, NOURRIE PAR LE TRAVAIL Yann Lambiel est aujourd’hui un artiste

Yann Lambiel est aujourd’hui un artiste de variété accompli, une réfé- rence en Suisse romande. Il y est arrivé à force de passion et de travail, s’entourant de personnes de choix notamment pour l’écriture de ses spectacles.

La passion pour la musique et pour la scène, il l’a développée très jeune. Né dans un village des Alpes suisses où les fanfares animent la vie com- munautaire, il apprend, enfant, à jouer de la trompette. Bientôt, la bat- terie prend le dessus et, à 16 ans, il anime les bals populaires avec son groupe. L’occasion de faire ses premières imitations, puisqu’il prend déjà le micro pour chanter Cloclo, Johnny ou encore Serge Lama.

En 1995 il créé, en amateur, son premier spectacle et fait le grand saut vers la professionnalisation l’année suivante. Dans les années qui suivent, il présente son spectacle dans des soirées, fait ses débuts d’humoriste sur une radio privée, se produit dans des revues et participe à divers concours dont «Graine de star» sur M6. Un plongeon réussi! 2000 marque un tournant dans la carrière de l’artiste: sur les ondes, sur scène et sur petit écran, il devient rapidement le chouchou des Suisses romands.

DePuis 2000, le succès

Depuis 2000, le succès

2012 - Festival Grand rire de Québec

En juin dernier, Yann Lambiel y présente deux numéros spécialement adaptés pour les Québecois. Le programme fait mouche! Le Suisse y fait un véritable triomphe, déclenchant l’ovation des quelque 1800 spectateurs présents.

2012 - voo rire de lièGe, Festival international du

rire Yann Lambiel fait partie de la brochette d’artistes choisis par les Frères Taloche pour l’affiche 2012.

2011 – Festival international du rire de rocheFort

(belGiQue) Sa prestation en compagnie de l’humoriste et imitateur

breton Laurent Chandemerle rencontre un succès phénoménal. Le duo est invité au Festival du rire de Bierges.

2010 – Paléo Festival de nyon Près de 10’000 spectateurs

pour une représentation.

2010 – «aux suivants» Yann Lambiel met en scène ses multiples talents pour jouer avec un humour subtil, oser l’émotion, intégrer la musique. Il partage la scène avec un orchestre live. 68 dates au théâtre et sous chapiteau – plus de 60’000 spectateurs*– production d’un DVD.

2007 – ParticiPation à «Paris Fait sa comédie avec le

Festival du rire de m ontreux» à l’o lym P ia Le festival parisien pro - pose une soirée de gala co-présentée par François Rollin et Alexandre Astier et qui permet de découvrir des artistes des différentes scènes francophones.Festival du rire de m ontreux» à l’o lym P ia

– Festival du rire de montreux – «yann lambiel Fait son

cabaret» Pour sa soirée de gala, le festival offre une carte blanche à Yann Lambiel qui propose une soirée cabaret avec notamment les Français Vincent Roca, Stéphane Guillon, Patrick Timsit, Annie Cordy et Michaël Gregorio.

2007 – «PatinaGe satiriQue» 80 représentations – 45’000 spectateurs*

satiriQue» 80 représentations – 45’000 spectateurs* 2007 – production d’un DVD. 2004 – «délits de

2007

80 représentations – 45’000 spectateurs* 2007 – production d’un DVD. 2004 – «délits de suisse»
80 représentations – 45’000 spectateurs* 2007 – production d’un DVD. 2004 – «délits de suisse»

– production d’un DVD.

2004 – «délits de suisse» 65 représentations – 38’000 spectateurs – pro-

duction d’un DVD.

2001 – «satires obliGatoires» 57 représentations – 33’000 specta- teurs* – production d’un DVD.2001 – «satires obliGatoires»

*La Suisse romande compte un million d’habitants

raDio

Radio

IMPERTINENCE ET POPULARITé

raDio Radio IMPERTINENCE ET POPULARITé «les niolus», émission humoristiQue sur la station Privée radio Framboise

«les niolus», émission humoristiQue sur la station Privée radio Framboise Yann Lambiel fait ses débuts sur les ondes en 1997 dans l’émission radio «Les Niolus» qui s’inscrit dans la lignée des «Grosses têtes» de Philippe Bouvard sur RTL.

«la souPe» sur la Première / rts1 13 ans d’antenne, 48,4% de Part de marché en 2010 Proche du concept du «Fou du roi», créé en 2000 sur RTL, l’émission «La Soupe» a vu le jour la même année en Suisse. Yann Lambiel est alors le premier et le seul en Suisse à imiter des personnalités helvétiques. Un talent qui en fait rapidement l’un des piliers de l’émission.

Chaque dimanche sur les ondes de la première station de radio pu- blique suisse, il prête sa voix aux politiciens et personnalités suisses pour décortiquer l’actualité de la semaine aux côtés d’une quinzaine de chroniqueurs et d’un invité. Mots d’humour, impertinence, billets d’hu- meur, parodies, chroniques s’enchaînent durant une heure et demie.

L’émission devient un élément incontournable de la vie politique suisse et un succès d’audience. En 2010, elle fait 48,4% de part de marché et est écoutée par 209’030 personnes pour un bassin de population d’un million d’habitants. Bien des invités de renom au niveau suisse se sont frottés aux chroni- queurs au fil des années, mais également des personnalités connues au- delà de nos frontières: l’écrivain Eric-Emmanuel Schmitt, le sociologue et rapporteur spécial des Nations-Unies Jean Ziegler, le dessinateur de BD Zep, …

télévision

Distinctions

Télévision

LES BOUFFONS DE LA CONFEDERATION

Distinctions Télévision LES BOUFFONS DE LA CONFEDERATION De 2009 à 2011, après avoir parfait ses interprétations

De 2009 à 2011, après avoir parfait ses interprétations et ses imitations sur scène et à la radio, Yann Lambiel relève un nouveau défi. Les télévi- sions régionales Léman Bleu et La Télé proposent une version suisse des «Guignols» de Canal+, «Les Bouffons de la Confédération». Avec l’humoriste suisse Thierry Meury, Yann Lambiel assure la rédaction en chef et les voix des 38 épisodes diffusés.

Distinctions

2011

Prix de l’humour de la Société suisse des auteurs (SSA) à l’unanimité du

jury (meilleur spectacle inédit de type «one man/woman show»)

2009

Prix suisse de la scène de l’Association artistes-théâtres-promotion (ATP).

Prix d’encouragement et de reconnaissance

1997

Premier prix du concours du festival off du festival Morges-sous-rire

1994

Lauréat du concours de chanson francophone «Médaille d’or de la chan- son» à Saignelégier (CH)

revue De Presse

Revue de presse

EXTRAITS

revue De Presse Revue de presse EXTRAITS «On ne peut que saluer la performance que représente
revue De Presse Revue de presse EXTRAITS «On ne peut que saluer la performance que représente

«On ne peut que saluer la performance que représente cet enchaîne- ment aussi précis de voix, de postures, de gestes. Yann Lambiel est un virtuose de l’imitation.» La Liberté, 03.03.2012

«Drôle

fant.» Le Nouvelliste, 17.04.2010

03.03.2012 «Drôle fant.» Le Nouvelliste, 17.04.2010 «Yann Lambiel pousse ses imitations si loin, dans la
03.03.2012 «Drôle fant.» Le Nouvelliste, 17.04.2010 «Yann Lambiel pousse ses imitations si loin, dans la
03.03.2012 «Drôle fant.» Le Nouvelliste, 17.04.2010 «Yann Lambiel pousse ses imitations si loin, dans la

«Yann Lambiel pousse ses imitations si loin, dans la précision, qu’elles

frisent

«Il a réussi un numéro de haut vol. Et obtenu en retour, ces derniers

un numéro de haut vol. Et obtenu en retour, ces derniers mois, un succès quasi stratosphérique

mois, un succès quasi stratosphérique pour un spectacle d’humour pro-

duit en

La Liberté, 19.09.2011

un spectacle d’humour pro- duit en La Liberté, 19.09.2011 «Tel un orfèvre qui se penche en
un spectacle d’humour pro- duit en La Liberté, 19.09.2011 «Tel un orfèvre qui se penche en

«Tel un orfèvre qui se penche en détail sur son bijou, il navigue d’une figure à l’autre avec brio.» 24Heures, 23.12.2010

figure à l’autre avec brio.» 24Heures, 23.12.2010 «Aujourd’hui, quel chemin, quiconque aspire à la

«Aujourd’hui, quel chemin, quiconque aspire à la notoriété rêve de se faire «lambiéliser».» Le Temps, 14.06.2008

rêve de se faire «lambiéliser».» Le Temps, 14.06.2008 «Hilarantes, ses imitations de Joe Dassin, Brassens,
rêve de se faire «lambiéliser».» Le Temps, 14.06.2008 «Hilarantes, ses imitations de Joe Dassin, Brassens,
rêve de se faire «lambiéliser».» Le Temps, 14.06.2008 «Hilarantes, ses imitations de Joe Dassin, Brassens,
rêve de se faire «lambiéliser».» Le Temps, 14.06.2008 «Hilarantes, ses imitations de Joe Dassin, Brassens,

«Hilarantes, ses imitations de Joe Dassin, Brassens, Johnny, Florent Pagny et Dalida. Savoureux, ses croquis de Depardieu, Galabru, Coluche, Peter Falk alias le lieutenant Colombo ou encore Luchini face à l’animateur Marc-Olivier Fogiel. Ces séquences sont si prenantes qu’on souhaiterait qu’elles durent un peu.» Le Temps, 12.06.2012

Fogiel. Ces séquences sont si prenantes qu’on souhaiterait qu’elles durent un peu.» Le Temps, 12.06.2012 7

Morceaux choisis

Morceaux choisis

Le Nouvelliste 18 juin 2012

LE MAG

18

DR
DR

MARDI 19 JUIN 2012 LE NOUVELLISTE

LITTÉRATURE

Le démon de la sénilité

«Soucougnant», le premier roman traduit de David Chariandy parle de la démence précoce d’un être aimé. Avec douceur et poésie. PAGE 19

dc - ar

FESTIVAL Programmé deux soirées au festival Grand Rire, l’humoriste a été ovationné.

Yann Lambiel enchante Québec

PIERROT MÉTRAILLER, QUÉBEC

Les 1800 spectateurs du Grand Théâtre de Québec sont debout, ils ovationnent Yann Lambiel et un drapeau valaisan se déploie avec fierté dans les premiers rangs. L’imitateur suisse a con- vaincu le public du festival Grand Rire de Québec. Sa «Complainte du phoque en Alaska» avec les voix de Louis Amstrong,PhilCollins,ouautres JohnnyHallydayetEricLapointe

a atteint sa cible. L’univers de no-

tre imitateur romand peut en- chanter des amateurs d’humour qui possèdent des repères diffé- rents. Yann Lambiel voulait toucher les Québécois en allant vers leur monde. Les politiciens et autres personnalités helvétiques sont inconnues en Amérique du Nord, il devait donc jouer sur un autre registre. Son objectif est réussi, malgré la difficulté du défi. Les horizons de l’artiste de Saxon s’ouvrent, il peut voyager avec succès.

Une préparation minutieuse

il peut voyager avec succès. Une préparation minutieuse Proposé sur deux soirées, «Humour du monde» et

Proposé sur deux soirées, «Humour du monde» et «Coup de cœur d’Anthony Kavanagh», Yann Lambiel s’est fait découvrir par le public canadien.

Anthony Kavanagh qui a épousé une Sédunoise. Les imitations ont bien fonctionné, Yann Lambiel a créé un premier lien qui ne demande qu’à se renfor- cer.

Un grand festival Le festival Grand Rire de Québec en est à sa 13e édition. Il ouvre la saison estivale de Québec. Il sedéroulecetteannée

du8juinau1erjuilletetprésente

une cinquantaine de spectacles. Le Grand Théâtre de Québec et ses 1800 places accueille les principaux, d’autres salles plus petites permettent de multiplier les shows. La rue n’est pas ou- bliée, des prestations multiples sont offertes aux estivants et l’agora du port de Québec, qui peut accueillir jusqu’à 4000 per- sonnes, verra Whoopi Goldberg, la vedette de «Sister Act», clore le festival. Le festival Grand Rire attend plus de 300 000 spectateurs tout au long du mois de juin. Avec un budget de 7 millions de dollars canadiens (parité avec le franc suisse), la manifesta- tion est une des plus importan- tes du genre. Les différents spectacles sont enregistrés pour la télévision et plus de 13 heures d’humour seront diffu- sées en prime time sur Radio Canada, la grande chaîne publi- que, dès le mois de septembre

Rencontré à la veille de sa pre- mière prestation en Amérique,

 

YannLambielétaitconfiantmais tendu. «J’ai beaucoup travaillé avec des gens de Québec, je leur ai envoyé les voix que je fais habituel- lement pour voir lesquelles étaient connues.» Evidemment que le monde politique suisse ne faisait pas partie du panel, mais, même

sont plus habitués à des prestations en«standup»,jeveuxlesemmener avec moi sur une autre voie.» Les infirmières, la poule aux œufs d’or sontdesimportationsquébé- coises en Suisse et AlainMorisod et Sweet People sont des stars au Québec. Ces ponts ont permis à

la

plupart des chanteurs franco-

Yann Lambiel de tendre la main

phones n’ont pas passé ce test de notoriété. L’humoriste a donc créé deux nouveaux sketchs spécialement pour ce festival. «J’ai cherché à al- ler vers cepublic entrouvantdes ré- férences communes. Les Québécois

aux Québécois. Visiblement ils l’ont saisie avec plaisir. Il a ainsi pu leur proposer des dessins ani- més de son enfance et leMuppet Show lors du premier spectacle et une «Complainte du phoque enAlaska»inspiréed’unecélèbre

«

J’ai cherché à aller vers ce

talent de Yann Lambiel. Il a vou- lu faire partager sa découverte à son public. Yann Lambiel avait l’idée de monter une prestation d’imita- teurs francophones à quatre, un Belge, un Québécois, un Français et unSuisse. L’occasion était rêvée de venir tester sa ca- pacité à séduire le public nord- américain. Son voyage a été convaincant. Il a participé à deux soirées,lemercredidansle cadre du spectacle Humour du monde et le vendredi dans les coups de cœur de son ami

 

public en trouvant des références

communes.» YANN LAMBIEL, HUMORISTE

2012.

chanson québécoise du groupe mythique «Beau Dommage».

rencontré Sylvain Parent-Bédard sur les bords du lac Léman, il m’a invité à venir me produire au festi- val Grand Rire.» Le président fondateur de la manifestation a tout de suite été convaincu du

Ce festival fait partie de la Fédération Humour du monde en compagnie des festivals Humour en Capitales de Paris pour la France, Marrakech du rire pour le Maroc, Voo Rire de Liège pour la Belgique et Morges-sous Rire pour la Suisse.

Une volonté de rencontre

Cette aventure a commencé au festival Morges-sous Rire. «J’ai

Élargir les horizons

Sylvain Parent-Bédard a fondé le festival Grand Rire en 2000. Il est également à la tête de la société Québécomm qui produit le festi- val et la célèbre émission «LOL» diffusée dans plus de 108 pays à travers le monde. Le prési- dent fondateur connaît le Valais puisqu’il vient de passer quelques semaines à Sion pour le tournage, entre Valère et Tourbillon, de la pro- chaine saison de «LOL».

Sylvain Parent-Bédard, pourquoi inviter des artistes étrangers à votre festival? Nous poursuivons deux objectifs avec cette di versité. D’une part, nous voulons donner la possibilité àdes artistesinternationauxde venir présenter leur forme d’expression artistique à Québec et ainsi semer une graine pour une fu- ture carrière sur le continent. D’autre part, avec notre slogan «A chacun son rire», nous voulons montrer à notre public ce qui fait rire les spectateurs des autres régions francopho- nes et élargir leur horizon humoristique.

Comment en êtes-vous arrivé à inviter Yann Lambiel? J’ai vu son dernier spectacle à Morges-sous Rire etjel’ai convaincude venirpartager son ta- lent avec les Québécois. Yann était un peu craintif, mais j’avais pleinement confiance.

était un peu craintif, mais j’avais pleinement confiance. Sylvain Parent-Bédard, le président fondateur du festival

Sylvain Parent-Bédard, le président fondateur du festival Grand Rire en compagnie de l’humoriste

suisse. P. MÉTRAILLER

C’est un artiste de talent qui a beaucoup de charisme et d’intelligence. Nous avions tellement confiance en lui que nousl’avons programmé en ouverture de notre soirée Humour du monde. Il a parfaitement rempli son rôle. Ses affinités avec Anthony Ka- vanagh ont permis une deuxième soirée tout aussi réussie. Nous avons la preuve que Yann peut s’exporter, je suis sûr qu’il reviendra au Québec. PM

je suis sûr qu’il reviendra au Québec. PM UN DRAPEAU VALAISAN DÉPLOYÉ Le public applaudit à

UN DRAPEAU VALAISAN DÉPLOYÉ

Le public applaudit à tout rompre. La salle se lève pour montrer sa satisfaction, elle ne le fait qu’après quelques numéros particulièrement appréciés. Au troisième rang, des couleurs connues apparaissent furtivement. Les 13 étoiles du drapeau valaisan sont brandies avec fierté. Elodie Richard et Ludovic Lathion, deux jeunes de la val- lée d’Entremont, ont montré leurs couleurs. Ils ont fait le voyage de Québec spécialement pour assister à ce spectacle. «Nous aimons beaucoup Anthony Kavanagh et Yann Lambiel. Nous avons profité de cette occasion pour découvrir le Québec.» Les deux jeunes étaient ravis de se retrouver en belle compagnie à l’issue du specta- cle. Leur geste n’est pas passé inaperçu et a été très ap- précié.

n’est pas passé inaperçu et a été très ap- précié. Elodie Richard et Ludovic Lathion deux

Elodie Richard et Ludovic Lathion deux Valaisans venus soutenir Anthony Kavanagh et Yann Lambiel.

PM

UN PUBLIC CONQUIS

Anthony Kavanagh et Yann Lambiel. PM UN PUBLIC CONQUIS Après la première prestation de Yann Lambiel,

Après la première prestation de Yann Lambiel, un spectateur habitué du fes-

gens et de situation que nous con- naissons au Québec.

tival nous livre ses impressions.

J’ai aimé ce respect. Monsieur Lambiel

Steeve Gaudreault ne regrette pas son voyage du pied des pistes du Mont St-

ade laprestance et ilutiliseun langage choisi. Il nous épargne l’humour popu-

Anne au Grand Théâtre de Québec. «J’aitrouvétrèsbon cethumoriste. Il est très professionnel. Il nous a offert une prestation originale. J’ai beaucoup ap-

laire facile qu’on voit trop souvent chez nous. C’est pour ce genre de prestation originale que j’aime venir à Humour du monde. Je pense que cet imitateur

précié le fait qu’il soit venu nous cher- cher dans notre univers en parlant de

a tout pour séduire le public du Qué- bec.»

Steeve Gaudreault, un spectateur comblé. PM

Le Matin, 07 août 2008

6 SUISSE SUISSE 7 LeMatin Jeudi 7.8.2008 Jeudi 7.8.2008 LeMatin SPECTACLE. «Martignix, c’est pas la
6
SUISSE
SUISSE
7
LeMatin Jeudi 7.8.2008
Jeudi 7.8.2008 LeMatin
SPECTACLE. «Martignix, c’est pas la Gaule» détourne l’histoire helvétique et met en scène les
aïeux de Couchepin, Constantin et Freysinger
Comment castagner
Coup de censure
des vétérinaires
un Romain
Une cinquantaine de comédiens et figurants s’entraînent à simuler des combats
réalistes sans se blesser.
Comédiens et figurants, ils seront plus d’une cin-
quantaine à se castagner dans l’amphithéâtre. Ber-
nard Berthel, de la société française Les Voyageurs
du Temps, leur enseigne comment se battre sans se
faire mal. Au milieu de la meute valaisanne, le prof
de castagne donne fortement de la voix: «Quand on
attaque, c’est pour tuer! Chacun doit avoir son
adversaire. Cela rigole encore, il faut éviter ça…
Ne tenez pas votre bouclier droit!»
Quelques accrochages plus tard, Bernard Berthel
lâche en rigolant: «On recommence, cela ne vaut
rien! On ne sent pas encore le contact et tout le
monde doit gueuler!»
Et pour gueuler, la fois suivante, ça gueule! «Pas
mal, laisse tomber Berthel, encore quarante-huit
fois comme ça aujourd’hui et ça va rentrer!»
Yann Lambiel dans
la peau de l’ancêtre
de Pascal Couchepin.
La retraite devant les
Romains? Impossible!
Au début
de son
spectacle
intitulé
«Inferno»,
l’artiste
italien
Romeo
Castellucci
se fait
attaquer par
trois chiens
ressemblant
à des bergers
allemands. DR
FESTIVAL DE LA BÂTIE (GE)
vétérinaire cantonal, Grégoire Seitert, a
rendu sa décision voici quelques semaines
Ils sont fous, ces
Une scène d’attaque par
trois chiens au début d’un
spectacle a été supprimée
à la demande du Service
vétérinaire, car elle était
jugée contraire à la loi
en
signalant qu’il n’autorisait pas la scène.
Pourquoi? Notamment parce que ces
Valaisans
k Textes: Stéphane Berney
stephane.berney@edipresse.ch
chiens, même s’ils ne figurent pas sur la
liste genevoise des races interdites, font de
l’attaque au mordant. «Il existe une loi
genevoise datant du 1 er octobre 2003 et
révisée fin juillet 2007 qui interdit le
dressage, la défense et la garde d’objets
avec des chiens», justifie-t-on du côté du
Service vétérinaire genevois, en l’absence
VALAIS
L’amphithéâtre
de Martigny résonne
de coups de glaives,
les Romains attaquent
la cité d’Octodure…
L’humoriste Yann
Lambiel peaufine son
nouveau spectacle, qui
débutera le 15 août.
Succès pressenti!
du «Matin», Yann Lambiel devient
Pascalus Bignasus. Le costume,
qui sent méchamment le ren-
fermé, vient d’être livré. Lambiel
sue à grosses gouttes, mais qu’im-
porte! «Là, je me sens vraiment
dans le personnage… Mais Bigna-
sus, ce n’est pas le Couchepin que
j’imite habituellement. C’est son
ancêtre! Il ne parle pas la même
chose. Couchepin ne dit pas: «En
avant! Chargez!!!» Quoique…»
L’artiste italien Romeo Castellucci était la
star du dernier Festival d’Avignon, qui
s’est achevé le 26 juillet. Il y présentait une
adaptation très libre de «La divine comé-
die», de Dante Alighieri. Un des volets de
son spectacle, intitulé «Inferno», sera un
des grands moments du prochain Festival
de la Bâtie, qui aura lieu du 29 août au
13 septembre à Genève.
de
Grégoire Seitert.
k Castellucci compréhensif
Et,
du côté de la Bâtie, est-on déçu de
cette censure? «D’un côté, oui, je la re-
grette, car cette scène était vraiment ma-
gnifique et très forte. De l’autre, non, car
Romeo Castellucci est un artiste tellement
talentueux que je fais confiance à son
inventivité pour trouver autre chose. Il
s’est d’ailleurs montré compréhensif, no-
tamment parce que cette loi sur les chiens
a
été acceptée par le peuple.» Et Alya
Stürenburg de souligner que ce spectacle
aura d’ailleurs été entièrement repensé
Yann Lambiel a coécrit le spectacle avec Alexis Giroud.
k Textes: Joël Cerutti
Photos: Isabelle Favre
joel.cerutti@edipresse.ch
Par Toutatis! Voilà que, du fin
fond de l’histoire helvétique, l’imi-
tateur Yann Lambiel déterre l’an-
cêtre de Pascal Couchepin: Pasca-
lus Bignasus, chef d’Octodure en
57 av. J.-C. Quand les Romains
assaillent sa cité, cela laisse Bigna-
sus de marbre. Il préfère couper le
ruban du Comptoir d’Octodure!
Ainsi se résume «Martignix,
c’est pas la Gaule!», spectacle qui
commence d’ici à deux semaines
dans un véritable amphithéâtre
romain, évidemment à Martigny!
La pression monte, les gradins
se construisent, le village gaulois
sera bientôt amené par camion-
grue. Et les costumes arrivent de-
puis la France. «Jeudi, un doua-
nier qui avait déjà son billet pour
le spectacle a fait ouvrir trois cais-
ses pour les voir en avant-pre-
mière», rapporte Alexis Giroud,
coauteur de la pièce. Pour la pre-
mière fois, devant la photographe
k Potion magique
Dans ce spectacle, Yann Lambiel
assure quatre personnages. A part
Bignasus, on retrouve les ancêtres
de Daniel Brélaz, de Christian
Constantin ou d’Oskar Freysin-
ger. «Lui, c’est peut-être le seul
élément satirique de «Martignix».
J’exploite son côté chanteur raté.
Il devient Oscarix, un barde vul-
gaire, doué pour trouver des ri-
mes en ouille. C’est quand même
lui qui a dit «petite bite» sur les
ondes de La Première, non?» ap-
puie Yann Lambiel.
pour être joué en intérieur, ce qui impli-
que plusieurs modifications et suppres-
sions de séquences.
Il ne plaisante pas non plus
avec le rythme. Un jour, un filage
de la pièce se révèle trop mou? Il le
filme, revient avec des pages de
notes et secoue les troupes. «A un
moment ou un autre, il doit y
avoir un chieur et les comédiens
sont demandeurs. Là, on resserre
le texte, on le rebooste. Il faut que
ce soit pêchu, efficace. Je veux du
«Kaamelott», que ça bouge, qu’il y
ait des surprises!»
Le public accroche: 5000 places
sont déjà réservées avant même
la première représentation. Ils
découvriront, entre autres, la po-
tion magique des Valaisans: la ra-
clette préparée par un certain
Obrelax. ■
k Violemment attaqué
«Au milieu du chemin de notre vie, je me
retrouvai par une forêt obscure, car la
voie droite était perdue. Ah! dire ce
qu’elle était est chose dure, cette forêt
féroce et âpre et forte, qui ranime la peur
dans la pensée!», écrit Dante dans le
Chant I de «L’enfer». Eh bien, justement,
les spectateurs genevois seront privés
d’une partie de cette «forêt féroce». En
Patrice Mugny, chef du Département
de
la culture de la Ville de Genève, est
effet, dans sa mise en scène en plein air et
spectaculaire de la cour d’honneur du
Palais des Papes d’Avignon, Romeo Cas-
tellucci commençait sa mise en scène
recouvert d’une combinaison matelassée.
Car il se faisait violemment attaquer par
trois chiens ressemblant à des bergers
allemands, qui jaillissaient d’une meute
d’une dizaine de ces animaux, attachés au
bord de la scène et sur-
veillés par leur maître.
étonné d’apprendre cette histoire. «Je n’ai
pas d’avis sur ce cas particulier puisque je
ne
le connais pas, mais, dans une société
généralement très politiquement correcte,
les
lois sont parfois insensibles aux préoc-
k www.martignix.ch
cupations des artistes.» ■
Voir la vidéo:
Voir la galerie photos:
é http://batie.lematin.ch
é http://lambiel.
lematin.ch
La fumée aussi interdite
«Un côté BD, léger»
Cette scène a été suppri-
mée de la version qui sera
donnée les 5, 6 et 7 sep-
tembre au Théâtre Forum
Meyrin.
«Lorsqu’il y a des scènes
avec des animaux, nous
sommes obligés de pré-
senter les actions du spec-
tacle au vétérinaire canto-
nal, qui doit donner son
accord», explique Alya
Stürenburg, directrice ar-
tistique de la Bâtie. Et là le
Lafumée,interditedansleslieuxpublicsdepuisle1er juillet
à
Genève, sera-t-elle aussi bannie des scènes? «Nous
Pour «Martignix, c’est pas la Gaule», la
plume de Yann Lambiel s’est associée à
celle d’Alexis Giroud. «Dans un premier jet,
c’est Alexis qui a posé toutes les bases de
l’histoire. Ensuite, depuis février, j’ai reca-
dré le texte pour typer chaque personnage.
«Martignix» a un côté BD, léger, tous pu-
blics. Cela ne ressemble pas à ce que je
fais pour «La soupe» sur des textes de
Laurent Flutsch ou de Thierry Meury», ex-
plique Yann Lambiel. Derrière cette grosse
production, on retrouve une autre com-
plice de «La soupe», Sandrine Viglino, pour
la musique. Entre deux représentations à
Knie, le metteur en scène Jean-Luc Barbe-
zat gère les évolutions de la troupe. Une
formule magique qui avait déjà bien fonc-
tionné lors de «Sion 2006 quand même!».
La semaine passée, l’équipe de «Marti-
gnix» a subi un grand choc. Elle a été
endeuillée par la mort de Pierre-Alain Fu-
meau, organisateur à l’origine du specta-
cle. C’était aussi le producteur et ami de
Yann Lambiel.
Pierre-Alain Fumeau a été frappé, à
44 ans, par un accident vasculo-cérébral
foudroyant. «Selon le vœu de la famille, et
pour rendre hommage à Pierre-Alain, la
production maintient le spectacle», indi-
que un communiqué.
avons eu un cas de figure il y a quelques semaines et il
a
fondé la pratique», informe Carmelo Laganà, secré-
taire adjoint du Département genevois de l’économie
et
de la santé. «A l’avenir, les spectacles dans lesquels
de
la fumée est présente sur scène devront faire une
demande à la Direction générale de la santé, qui
décidera si elle dérogera ou non à la loi. Les artistes
gagnent leur vie avec la scène, on se montre donc
compréhensif. C’est pourquoi dans le cas survenu
récemment on a autorisé l’usage de la fumée.»

20 Minutes, 15 août 2008

VENDREDI 15 AOÛT 2008 / WWW.20MINUTES.CH

Culture

21

2008 VENDREDI 15 AOÛT 2008 / WWW.20MINUTES.CH Culture 21 Avec Yann Lambiel, Martignix, c’est pas trix!

Avec Yann Lambiel, Martignix, c’est pas trix!

MARTIGNY. Le

Octoduriens. Il est égal à lui-même, mais il ressem- ble à mon Couchepin à moi, rigolo, donc. Mais il est autoritaire quand même, et comme il est Valaisan, il va boire un verre.

spectacle «Martignix,

c’est pas la Gaule»

débute ce soir, avec

Yann Lambiel et une

cinquantaine d’acteurs

et figurants.

Rétablir la vérité sur la bataille que Jules César prétend avoir remportée en 57 avant J.-C. en Valais, c’est le dé de cette BD vivante. Le tout est traité avec humour, puisque Yann Lambiel interprétera les ancêtres de quatre de ses cibles préférées (plus une surprise). Des aïeuls qui ont la même voix et des airs de famille! – Comment est l’ancêtre de Pascal Couchepin? – Il s’appelle Pascalus Bignasus, c’est le chef des

Et Christian Constan- tin?

Il a pour nom Megalus

Constantinus, c’est un promoteur qui cherche du pognon où il peut en trou-

ver pour construire un amphithéâtre.

Quel est le rôle de

Daniel Brélaz?

Obrélax confectionne la potion magique.

En n vous imitez l’an-

cêtre d’Oskar Freysin- ger.

Oskarix est le barde vul-

gaire. C’est un spectacle assez léger, pas satirique,

donc, plutôt que d’al- ler dans le côté politi- que, j’ai été dans le côté chanteur raté. – Avez-vous eu des réactions de ces per-

sonnalités?

beaucoup plus gentil que d’habitude! (Rires.)

Pas encore, mais je serai

que d’habitude! (Rires. ) Pas encore, mais je serai – Viendront-ils au spec- tacle? – mière,

– Viendront-ils au spec- tacle?

mière, les autres ont été invités, mais je ne sais pas s’ils viendront.

Constantin sera à la pre-

Myriam Genier www.martignix.ch

Arène de Martigny, du 15 août au 6 septembre.

Lambiel dans la peau de Pascalus Bignasus, alias Pascal Couchepin. dr

L’âme

russe à

Genève

GENÈVE. Recueil d’amours espérées et perdues, d’ambi- tions rêvées, «La mouette», d’Anton Tchekhov, classique du théâtre russe, prend une nouvelle dimension dans l’adaptation de Didier Nke- bereza. De treize personna- ges, la pièce est passée à un quatuor et soulève cette question: peut-on croire en l’humain de nos jours? En effet le metteur en scène genevois fait de cette comé- die naturaliste une tragédie contemporaine, dans la Genève actuelle. N’attendez donc pas de décor slave et à de couleur locale. C’est à une «Mouette» transposée que nous avons affaire, avec une psychologie des personnages remise au goût du jour. mge Théâtre de l’Orangerie, du 17 au 31 août.

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14 i Le Matin Dimanche. 25 juillet 2010

Le Matin Dimanche, 25 juillet 2010

25 juillet 2010 . Le Matin Dimanche i 15

PortraitYann Lambiel «J’aurais rêvé «J’aurais La taque-taque-tique d’unantibranleur d’être…»
PortraitYann Lambiel
«J’aurais rêvé
«J’aurais
La taque-taque-tique
d’unantibranleur
d’être…»
détestéêtre…»
i «Exactement ce que je suis
aujourd’hui. Petit, j’ai rêvé d’être
Yves Montand derrière un micro,
d’être sur scène, de m’amuser.
C’est ce que j’ai la chance de faire
aujourd’hui. J’ai réalisé mon rêve
d’enfant.» Y
i «Un politicien. La politique, c’est
plus facile de s’en moquer que d’en
faire. Même si je me marre beaucoup
en les imitant, c’est un job pas évident
qu’ils ont choisi. C’est beaucoup de
temps, beaucoup d’énergie, beaucoup
de critiques. Reste qu’il doit quand
même y avoir quelque chose de positif
là-dedans, s’ils le font malgré tout.» Y
CONSÉCRATION. Ce soir, l’humoriste valaisan
s’offre le Chapiteau du Paléo et 10000 spectateurs.
L’imitateur, qui se cache derrière son épouse dans
les soirées mondaines et sous sa casquette pour
éviter de devoir participer aux animations du Club
Med, est gonflé à bloc. Pour la première fois,
son public sera une vraie foule. Rencontre avec
le timide qui se dissimule derrière l’artiste
Stéphanie Germanier
i PROFIL
stephanie.germanier@edipresse.ch
C’ est l’histoire
d’un mec qui
a écouté mille
fois les cas-
settes de Co-
luche. Avec
son walkman.
Fonction
Humoriste, imitateur
Formation
Installateur sanitaire
Etat civil
Marié, un enfant
Age
37 ans
il a gardé ses lunettes et c’est tant
mieux. Ça veut dire qu’il est Lambiel
sans «enclencher l’artiste», comme il
dit. Parce que, même si jouer la
comédie en Suisse romande rend
l’humilité plus facile, Yann Lambiel
dissocie vraiment ses deux existen-
ces. «Je peux dire des horreurs sur
scène, que je n’oserais même pas
penser dans la vie.» Il peut aussi
enflammer une salle, mais raconte
qu’il se cache derrière sa femme
dans les cocktails mondains. Lors de
ses dernières vacances au Club Med,
il n’a même pas osé se joindre à un
groupe pour participer aux anima-
tions. Il aura loupé une leçon de ski
nautique, mais tant pis. De toute
façon, Yann Lambiel n’aime pas être
derrière, sauf derrière un micro.
la relève de reprendre mes personna-
ges.» Pascal Couchepin grognon et
égotiste, c’est son Couchepin. Le
bonjour traînant de Moritz Leuen-
berger en fait, lui aussi, sa créature.
Difficile donc, pour celui qui voudra
faire du Brélaz, de ne pas faire du
Lambiel.
Villa jumelle et barquette
La capacité de muer, de monter, de
descendre ou de glousser au bon
vouloir, Yann Lambiel pense qu’«on
l’a ou on ne l’a pas». Mais il y a tout
le travail derrière. «Il y a une vraie
évolution depuis dix ans dans mes
imitations. Je contrôle et connais
mieux ma voix et mes possibilités.»
Ses premières imitations, c’était
Cloclo, Renaud et Serge Lama, dont
il égrainait le répertoire dans les bals
populaires. «Germaine», «Les peti-
tes femmes de Pigalle» et tous les
autres tubes des années yé-yé. «Je
suis rétro dans mes goûts musi-
caux.» Son premier modèle: Patrick
Sébastien. Ses premiers soutiens: ses
parents.
Il nous fait presque son Lambiel,
l’autre, celui qui se fait très très très
mal quand il tombe en patinant et
qui vient du même patelin que lui,
quand il explique la dévotion de ses
parents pour sa carrière. La maman
de Stéphane multipliait les allers et
retours entre la plaine du Rhône et
Lausanne pour conduire le cham-
pion à l’entraînement. Le papa de
Yann se levait aux aurores pour aller
récupérer le fiston qui animait une
fête ici ou là. «Mes parents ont
même arrêté le ski pour m’assister
durant les week-ends.»
Sa famille vivait simplement, et
Yann a gardé toute la prudence rai-
sonnable de ses origines. «Ça mar-
che bien, mais il faut toujours penser
à plus tard. Je suis un indépendant.
Comme l’était mon père, peintre en
bâtiment. J’ai toujours appris que
dans la vie il fallait se démerder tout
seul.» Alors pas de luxe pour la star
du jour du Paléo. Une villa, mais
jumelle, sur les bords du Léman. Un
bateau dessus – mais une «bar-
quette» – comme seul luxe.
Le dernier coup de courage
Partout. Tout le temps. L’histoire
d’un mec qui a toujours aimé faire le
show, mais jamais le con.
Pour voir son fils brûler les planches
du Chapiteau devant 10 000 specta-
teurs, le papa de Yann Lambiel se
rendra pour la première fois au Paléo
Festival ce soir. C’est qu’à Saxon, le
pays des abricots et des «on» lour-
dauds, on fréquentait plus les bals que
les concerts, et les stars tenaient da-
vantage des orchestres à la Joe Perrier
qu’aux icônes du rock international.
C’est là-bas, entre les planchers de
danse, les podiums de fanfare et les
barres parallèles que Yann Lambiel a
grandi. Une enfance tout heureuse et
banale, même si lui revendique la
caractéristique de ne pas être un Valai-
san comme les autres. «Je ne suis pas
un fêtard, pas un homme de la nuit.»
Batteur et chanteur dans un orchestre
dès l’âge de 14 ans, l’imitateur se
souvient encore avec lassitude du
coup de barre de 1 heure du matin,
alors qu’il fallait encore faire danser
jusqu’à 3 heures.
Son histoire avec la scène, il l’a
commencée sur une table. Son phy-
sique d’éternel adolescent élégant
n’en laisse rien entrevoir, mais, petit,
Yann Lambiel était grassouillet. Sa
maman le met à la gymnastique. «Ça
me convenait bien, car je ne suis pas
un endurant et il y avait déjà une part
artistique dans ce sport.» Pas endu-
rant, mais volontaire. Il a seulement
10 ans lorsqu’un soir il monte sur la
table lors du camp, prend sa trom-
pette et entonne «La tactique du
gendarme», de Bourvil. Sa presta-
tion fait rire. Lui pas. «Je suis un très
mauvais amuseur dans la vie et pas
du tout un joyeux luron. Je fais
d’ailleurs un très mauvais major de
table.» A bon entendeur à tous ceux
qui croient faire l’affaire du siècle en
lui demandant cette faveur.
Yann Lambiel revendique son côté
gendre idéal et bûcheur. Sa seule
façon d’être pour avoir l’air décon-
tracté sur la scène.
Répéter, partout, tout le temps et pas
forcément au bureau, qu’il s’est
aménagé près de son domicile, à
Morges. «Les paroles, les airs tour-
nent sans cesse dans ma tête. Alors
je répète sous la douche, au volant,
en marchant.»
Yann Lambiel met vite ses lentilles
de contact pour la photo. Pour nous,
Installateur sanitaire et pas auteur
«J’ai adoré faire de la batterie, mais je
me suis vite senti coincé. Le batteur
s’entend beaucoup, mais il est discret
et ça, ça ne me convenait pas.» Alors
le Saxonin se met à chanter, même
s’il trouve qu’il n’a pas une belle
voix. Il gagne la médaille d’or de la
chanson à Saignelégier avec deux
textes arrangés sur trois accords.
«L’éclair» et «Le branleur», dans le-
quel il décrivait un ouvrier «qui n’en
foutait pas une de ses dix doigts» et
qui lui expliquait son métier sur les
chantiers. Car, durant ses pérégrina-
tions d’artiste de province qui se
Batteur et chanteur dans un orchestre dès l’âge de 14 ans, Yann Lambiel trouve qu’il n’a pas une belle voix. Ce qui ne l’a pas empêché de gagner la médaille d’or de la chanson à Saignelégier, avec deux textes arrangés sur trois
accords: «L’éclair» et «Le branleur», dans lequel il décrivait un ouvrier «qui n’en foutait pas une de ses dix doigts» et qui lui expliquait son métier sur les chantiers. Photos Laurent de Senarclens
change dans les toilettes avant le
spectacle, Yann Lambiel en montait,
des cuvettes et des lavabos. C’était
son métier. Pas sa passion. Ça aussi, il
le revendique. «Je suis installateur
sanitaire, moi, pas auteur», répond-il
quand on lui demande pourquoi il fait
appel à d’autres amuseurs publics
pour écrire ses spectacles. Yann Lam-
biel sait pourquoi il est bon et où.
Donner les idées, commander un
texte, le retravailler. Conscient de ses
faiblesses, il utilise à merveille les
talents des autres et vice versa. «La
soupe» sur la Radio suisse romande,
les «Bouffons de la Confédération» à
La Télé, les spectacles: la success
story de Yann Lambiel est un travail
d’équipe. Quand on lui livre un texte,
lui sert son auteur.
Après des années à avoir tout fait
tout seul dans les salles de fond de
campagne, il avoue que «ça fait
drôle quand aujourd’hui quelqu’un
vous tend le micro avant d’entrer en
scène». Ni petites pépées ni caisse
de whisky dans sa loge de la plaine
de l’Asse. Juste le trac. Celui qu’il
gère en arpentant la scène de fond en
comble et en jouant de tous les
instruments qui lui tombent sous la
main. Le trac qu’il gère aussi en
répétant, ce jeudi-là, dans le studio
Fabemol de Granges (Veveyse) avec
collègues et amis tout à la fois. La
répète qui donne le dernier coup de
courage. Yann Lambiel jette ses len-
tilles et remet ses lunettes pour
s’emparer du micro, enclenché pour
de vrai cette fois-ci, comme l’artiste.
Ce matin-là, c’est l’histoire d’un
mec qui s’appelle Daniel Brélaz que
l’imitateur raconte en chanson. Y
Difficile de ne pas faire du Lambiel
Regardez des sketches
de Yann Lambiel:
Parce que, partout où il se produit, il
est «à une heure de la maison», où
l’attendent son épouse et un petit
Maxime de 2 ans et demi et parce
qu’il a encore le rêve de faire quel-
que chose de différent – du théâtre,
un disque – l’homme aux plus de
cent voix ne rêve pas des lumières
de Paris et de son nom en haut de
l’affiche de l’Olympia. «Pourquoi?
Pour être le 500e à imiter Nicolas
Sarkozy? Non merci.» En Suisse
romande, le Valaisan est le comique
de référence et tient à conserver le
monopole un moment encore.
«C’est vrai que ça commence à être
difficile car toutes mes stars sont en
train de se barrer, mais c’est dur pour
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20 Minutes, 22 septembre 2009

36 Sortir

, www.sortir.20min.ch

Minutes, 22 septembre 2009 36 Sortir , www.sortir.20min.ch 20 secondes Xzibit au micro Lyss. Le rappeur

20 secondes

20 secondes Xzibit au micro Lyss. Le rappeur West Coast, auteur des tubes «X», «What U

Xzibit au micro

Lyss. Le rappeur West Coast, auteur des tubes «X», «What U see Is What U Get» et «Papa- razzi», sera en concert le ven- dredi 7 octobre au KUFA. Les billets sont en vente (34 fr.).

, www.kufa.ch

Hommage à Gainsbar

LAUsAnne. Jane Birkin présen- tera, le 25 janvier aux Docks, son projet «Jane Birkin sings serge Gainsbourg via Japan». La chanteuse reprendra le ré- pertoire de son défunt amour avec des musiciens japonais. Les billets sont en vente (60 fr.).

, www.lesdocks.ch

L’imitateur Yann Lambiel s’apprête à tourner la page

MONTREUX. Le Valaisan

donnera la dernière de son

spectacle «Aux Suivants!»

vendredi à l’auditorium

Stravinski.

Que l’on se rassure, Yann Lam- biel ne quittera pas définitive- ment la scène une fois le rideau tombé. On le retrouvera d’ici

peu à l’affiche de «La Revue fait son cirque», une création dont il a assuré la direction artisti- que avec Jean-Luc Barbezat. A Montreux, ses fans auront tout de même de quoi verser une larme. L’imitateur y donnera une ultime fois ce qui restera comme l’un de ses plus grands succès, le spectacle «Aux sui- vants!».

Jouée depuis début 2010,

cette création a marqué un vé-

Jouée depuis début 2010, cette création a marqué un vé- l’artiste (en blanc) aura quatre fidèles

l’artiste (en blanc) aura quatre fidèles complices sur scène. –DR

ritable tournant dans la carrière du Valaisan. Yann Lambiel y prenait évidemment les voix d’autres personnes (il en a plus d’une centaine dans son répertoire) mais devenait égale- ment musicien et danseur. Une prise de risque payante puis- que près de 60 000 spectateurs l’ont applaudi. Vendredi soir, à l’occasion de la dernière de «Aux suivants!» et de la sortie du spectacle le même jour en DVD, l’imitateur promet des surprises

Yann Lambiel

Vendredi, 20 h 15. 2m2c, Grand-Rue 95, Montreux. Prix: de 29 à 49 fr. , www.saisonculturelle.ch

–JUliEN dElafONTaiNE

VisiONNEz la VidéO L’humoriste valaisan se confie devant nos caméras sur: , www.20minutes.ch

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dElafONTaiNE VisiONNEz la VidéO L’humoriste valaisan se confie devant nos caméras sur: , www.20minutes.ch Pub

Journal de Morges, 7 janvier 2011

et région JA 1110 Morges - Paraît le vendredi - Fr. 2.- www. journaldemorges.ch Fondé
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JA 1110 Morges - Paraît le vendredi - Fr. 2.- www. journaldemorges.ch
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Heureux réveillon Né à 22h38 le 31 décembre, le petit Alessio est le dernier bébé
Heureux réveillon
Né à 22h38 le 31
décembre, le petit
Alessio est le
dernier bébé
2010 de
l’hôpital de
Morges
page 2
Elèves récompensés 32 travaux d’élèves morgiens ont été primés lors d’une cérémonie fin décembre page

Elèves récompensés

32 travaux d’élèves morgiens ont été primés lors d’une cérémonie fin décembre page 6

été primés lors d’une cérémonie fin décembre page 6 Fin de parcours Après 49 ans de

Fin de parcours

Après 49 ans de carrière postale, les facteurs Zurflüh ont tourné la

page page 11

CARTON PLEIN L’espace de huit représentations fin décembre, Yann Lambiel a triomphé dans son jardin
CARTON PLEIN
L’espace de huit représentations
fin décembre, Yann Lambiel a
triomphé dans son jardin de
Beausobre. L’humoriste et
imitateur est devenu
incontournable dans le paysage
romand. Il revient sur cette fin
d’année riche en émotions.
A lire en page 3
Cardoso

Cardoso

Cardoso Un toit pour les SDF Installés à l’initiative de la commune le 21 dé- cembre,

Un toit pour les SDF

Installés à l’initiative de la commune le 21 dé- cembre, les Portakabins pour sans-abri ont pour l’heure accueilli une personne. Une structure d’hébergement néces- saire selon François Perrinjaquet, directeur de l’association Entrée de Secours.

A lire en page 5

Un cœur gros comme ça!

Page 13
Page 13

Passionné d’alpinisme, le Team3deCoeur s’est lancé un défi sportif de taille en faveur des enfants polyhandicapés. Team3deCoeur/DR

Edito

faveur des enfants polyhandicapés. Team3deCoeur/DR Edito Par CÉDRIC JOTTERAND Rédacteur en chef

Par CÉDRIC JOTTERAND

Rédacteur en chef

cedric.jotterand@journaldemorges.ch

Tout le bonheur du monde…

Vous ne connaissez sans doute pas le groupe Sinsemi- lia, mais avez forcément entendu un jour leur chanson «On vous souhaite tout le bonheur du monde». On pourrait presque s’arrê- ter à ces paroles en ce pre- mier numéro de l’an, mais le refrain déraille lorsqu’on entend la suite. «Que votre chemin évite les bombes, qu’il mène vers de calmes jardins.» Et bien, autant dire qu’après sept jours, ça part plutôt mal. Je ne parle pas des déboires amoureux de Wawrinka (quel drame!), mais de cette pla- nète qui n’arrête pas de bé- gayer. Des inondations, des conflits, des attentats. Bref, on a connu mieux. On ne sait pas si ce sont les astres qui se vengent après l’éviction de leur déesse Eliza- beth Teissier, chassée de l’Illustré, mais force est de constater qu’il y a déjà du pain sur la planche pour remonter le moral des trou- pes. C’est peut-être ce qui expli- que aussi le succès de Yann Lambiel, dont tout le monde nous parle depuis dix jours. Pendant un spectacle de haut vol, l’imitateur a réussi à faire oublier ces mille maux à plus de 6000 personnes qui ne rêvaient que d'une chose en sortant de Beausobre: repar- tir du bon pied en 2011. Bonne année!

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repar- tir du bon pied en 2011. Bonne année! PUBLICITÉ L’INFO EN CONTINU www.journaldemorges.ch REDACTION

L’INFO EN CONTINU

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Le Nouvelliste, 16 mai 2012

MERCREDI 16 MAI 2012 LA CÔTE DES FILMS SUISSES À SEATTLE «Hiver nomade» du réalisateur
MERCREDI 16 MAI 2012 LA CÔTE
DES FILMS SUISSES À SEATTLE
«Hiver nomade» du réalisateur
romand Manuel von Stürler est à
LE MAG
l’affiche du Festival international du
film de Seattle. Quatre autres
productions helvétiques ont
également été sélectionnées.
DR

HUMOUR L’imitateur jouera «Zapping» à l’Usine à Gaz de Nyon.

Yann Lambiel présente ses souvenirs a capella

CÉCILE GAVLAK info@lacote.ch En écoutant Yann Lambiel parler de son spectacle, on sent une vague
CÉCILE GAVLAK
info@lacote.ch
En écoutant Yann Lambiel
parler de son spectacle, on sent
une vague de changement. Avec
sesimitations de Pascal Couche-
pin, d’Oskar Freysinger ou de
Daniel Brélaz, Yann Lambiel
s’est fait un nom en Suisse ro-
mande. Mais, et c’est lui qui le
dit, il est inconnu hors de nos
frontières. Raison pour laquelle
l’imitateur, morgien d’adoption,
a
créé «Zapping», un solo plus
intimiste et moins suisse que les
précédents.Une trentaine de re-
présentations dans les jambes, il
revient à l’Usine à gaz après son
dernier passage il y a dix ans.
Dans «Zapping», est-ce que
vous vous faites enfant de la
télé?
Ça ne concerne pas unique-
ment la télévision, mais aussi la
chanson, le cinéma ou la politi-
que. Le spectacle s’appelle «Zap-
ping» parce qu’il est fait de 280
morceaux de 10 à 30 secondes
chacun. Je viens de ce monde de
L’été passé, Yann Lambiel a écrit ce spectacle qu’il avait dans la tête depuis deux ans. DR
exemple, c’est difficile de les
Oui, je termine avec François
la
chanson et de la télé, la satire
De
1962
jusqu’à
jourd’hui…Evoquez-vous la
présidentielle française?
●« Certains souvenirs sont
comme des amis en commun.»
Hollande. Et ça commence par
le clip de «Cloclo» dansla neige,
avec un col roulé rouge, qui
chante «Belle, belle, belle». Si
les gens se souviennent des ima-
ges, il entendent la musique…
Donc je fais tout le spectacle a
capella. C’est intéressant de re-
venir à la base de l’imitation: la
voix. C’est aussi très physique,
j’essaie de mimer, d’avoir la
bonne attitude. Même si on n’a
pas vu «Le Corniaud», on a la vi-
sion de Bourvil avec sa voiture
qui se démonte. On a tous les
mêmes images. Proust a dit à ce
propos: «Certains souvenirs
sont comme des amis en com-
mun». C’est ce que je ressens en
jouant.
politique suisse est venue bien
plus tard. Sur la Première, «La
Soupe» va s’arrêter après treize
ans. Je me rends compte que j’ai
fait le tour du paysage médiati-
que suisse. Tant que le public n’a
pas la référence d’Alain Berset
ou de Didier Burkhalter, par
rendre drôles. Pour «Zapping»,
j’ai repris l’idée du medley final
de mon dernier spectacle, «Aux
suivants», mais sur les cin-
quante dernières années.
au-
YANN LAMBIEL HUMORISTE
Parmi tous ces souvenirs,
quel est votre favori?
Le «Muppet Show» que je re-
garde aujourd’hui avec mon fils
de 4 ans. Et c’est toujours aussi
bien! Jusqu’aux années 2000, les
références sont des souvenirs,
puis c’est du quotidien. Si on a
vu «Intouchables», ce ne sera ja-
mais aussi fort que «La grande
vadrouille». Parce que nous
l’avons regardée 1200 fois et que
ça nous rappelle des événe-
ments de notre vie. Dans ce
spectacle, le public est bousculé
tout le temps. Il n’y a pas de rai-

son que je sois le seul fatigué à la fin! Donc, dans la salle, les gens causent et chantent beaucoup.

Est-ce que Jean-Luc Barbe- zat a assuré la «Swiss Touch» par la mise en scène? Il a plutôt été un œil extérieur, pourles réglages. Il n’y a presque rien de suisse à part Stephane Eicher par exemple. Le but était justement de pas avoir de réfé- rences helvétiques pour que ce soit compréhensible partout. Si- non j’aurais imité Couchepin ou Brélaz.Ça ne veutpasdirequeje ne vais plus les faire…

«La Soupe» qui s’arrête en juin, «Les Bouffons de la con- fédération» qui n’ont pas con- tinué… Etiez-vous repu de la satire? Oui sans doute… «La Soupe», ça fait treize ans! Parler de l’ac- tualité, ça signifie qu’il faut être au courant toutes les semaines. Je sentais que je ne lefaisais plus correctement. J’avais l’impres- sion de ne plus m’investir assez. J’aimerais revenir avec quelque chose de fort plus tard.

Vous serez aussi à Morges- sous-rire bientôt Oui, c’est un spectacle avec trois autres imitateurs: un Français, un Québécois et un Belge. On a monté notre spectacle via Skype. Ça parle de tout, d’Alain Morisod à Phil Collins. Et il y aura une rencontre entre Constantin et Madame de Fontenay!

INFO+

«Zapping»

Usine à Gaz, Nyon, du mardi 22 au jeudi

24

mai à 19 h 30; vendredi 25 et samedi

26

mai à 20 h 30.

Renseignements et réservations:

usineagaz.ch ou 361 44 04

DISQUE

Nouvel album de Sylvie Bourban

ou 361 44 04 DISQUE Nouvel album de Sylvie Bourban La chanteuse valaisanne, que le public

La chanteuse valaisanne, que le public nyonnais a pu décou- vrir au Noviodunum en 2011, a sorti en avril «Aussi pour les pe- tits», des chansons jazzy enfran- çais, puis en patois d’Evolène et de Nendaz (VS), commune où estnéel’artiste trentenaire.Sylvie Bourban en a fait sa marque de fabrique originale. Avec une for- mation de musicienne de jazz, elle allie les sons du patois à ces rythmes musicaux. Avec, tour à tour, un saxophoniste, une tromboniste et un contrebas- siste, entre autres, les arrange- ments sont résolument fidèles à l’univers de la chanteuse. Les versions en français ne valori- sent pas toujours cette couleur musicale car les paroles, em- preintes de naïveté et écrites en rimes, sont peu surprenantes. Et, on le sait, la langue française est particulièrement difficile à causede sonmanquedemusica- lité. Au milieu du disque, en guise de transition vers les patois va- laisans, unmorceaudebruitages vocaux est accompagné d’ins- truments. Après dix pistes dans la langue de Molière, les mêmes textes sontdoncpresque tous re- pris en patois. C’est là que «Aus- si pour les petits» se démarque. Ce langage étonnant que la chanteuse valaisanne parvient à faire sonner au rythme delamu- sique, devient sons, onomato- pées, au même titre que les ins- truments. CLAK

INFO+ «Aussi pour les petits», Sylvie Bourban, distr. Disques Office.
INFO+
«Aussi pour les petits»,
Sylvie Bourban, distr. Disques Office.

RAP Vendredi, le duo donnera son dernier concert à l’Usine à Gaz de Nyon. Bilan.

Trip In dira «adieu» à son public avant d’entamer sa mue

Ils sont deux, Nadir Mokdad (voix) etMaxime Steiner (musi-

Nadir: D’abord parce que c’est la fin de la tournée promotion-

vie de travailler avec des gens provenant d’horizons différents,

sicales.

que). Depuis quelques années,

nelle de notre second album.

de rencontrer leur univers artis-

A

l’heure de regarder dans le

ilsforment le duo de rap Trip In,

Mais aussi parce que nous chan-

tique et d’aider à réaliser leur

rétroviseur, que vous a appor-

formé à Nyon, dont le second disque «Tomber les masques», sorti il y a un an, a connu un joli succès en Suisse romande. Et même au-delà. Mais malgré ce succès, le duo a décidé de se sé-

geons d’orientation. Maxime: Grâce à ce groupe, nous avons pu grandir et trouver chacun notre place, celle de no- tre choix, dans le monde musi- cal. Nadir va s’orienter vers une

musique. J’ai quelques projets qui m’attendent, dont je ne peux malheureusement pas vous par- ler pour l’heure.

Nadir: Ce fut une expérience merveilleuse. Musicalement d’abord. Mais il faut rajouter les rencontres, les voyages.On a ap- pris beaucoup de choses, et

Trip In?

Et

puis il y a eu le succès

parer

pour

mieux collaborer.

carrière solo, et moi je vais me

Et vous, Nadir, vous partez donc en solo?

maintenant, tant pour Maxime

Simple stratégie de communi- cation ou réel changement dans le fonctionnement du groupe? Avant leur ultime concert à l’Usine à gaz, ce vendredi soir, qui sera ponctué d’invités et de

Pourquoi ce concert final?

consacrer au travail de produc- teur et orchestrateur. Ce qui ne nous empêche pas et ne nous empêchera pas de travailler en- semble.

Oui, c’est un projet sur lequel j’ai déjà commencé à travailler. Et ce sera différent. Stylistique- ment, j’aspire, sans renier mes racines, à ne plus me cantoner à un style, le rap en l’occurrence.

que pour moi, il s’agit de quitter ce qui pourrait être nommé une adolescence pour aller vers un autre âge.

quelques surprises, les deux mu- siciens s’expliquent.

Maxime, vous avez notam- ment travaillé sur le dernier disque d’Aliose? Oui. Je me suis découvert l’en-

J’ai envie de chanter davantage. Le texte reste bien sûr, à mes yeux, le plus important, mais j’ai besoin de nouvelles formes mu-

Maxime: S’il est difficile de s’extasier devant les chiffres de vente de nos albums, mais ça vaut également pour les autres

de nos albums, mais ça vaut également pour les autres Maxime Steiner et Nadir Mokdad se

Maxime Steiner et Nadir Mokdad se séparent pour mieux collaborer. DR

musiciens, nous avons eu une certaine reconnaissance qui nous a permis de faire des con- certs et de passer en radio très régulièrement. RH

INFO+

Trip In + guests Ve 28 mai à l’Usine à Gaz de Nyon 21h (portes) / 21h30 concert Entrée 15.- www.usineagaz.ch

102 tendances& loisir s

Coopération, 22 mai 2012

102 tendances & loisir s Coopération, 22 mai 2012 Ya nn Lambiel (39 ans) est à

Ya nn Lambiel (39 ans) est à un tournant de sa ca rrière d’imitateur: «Je vis une période très stimulante!»

«Couchepin me manque déjà!»

L’invité. Yann Lambiel tourne la page

radiophonique de «La Soupe» et part à la conquête d’autres horizons franco- phones avec «Le Zapping», un nouveau spectacle qui voyage à travers l’actualité des cinquante dernières anné es.

INTERVIEW FLORENCE MICHEL PHOTOS CHARLY RAPPO/ARKIVE .CH

Co opérat ion. Vo us donnez les premières re présenta- tions de vo tre nouveau spectacle, raco nt ez-nous Ya nn Lambiel. Il s’appelle Le Zapping et propose, en 280 voix et une heure vingt, un voyage à travers l’actuali- té des cinquante der nières années: cinéma, télévision,

politique et chanson. C’est a cappella, ce qui me donne une totale liber té, et ça va très vite! Le public s’amuse beaucoup à reconnaître les personnages et chaque gé- nération retrouve un mo- ment de sa vie.

Vo us ne faites pas de vo ix suisses dans ce spectacle, vo us allez jouer au Québec et l’émission de ra dio «La So upe » se termine. Un nouveau Ya nn Lambiel est-il né? En effet, Le Zapping est fait pour être joué en franco- phonie, avec des références françaises. On me deman- dait depuis longtemps de ve- nir jouer en France, en Bel- gique et au Québec, mais je

Le Temps, 25 mai 2012

Le Temps, 25 mai 2012

Tribune de Genève, 26 juillet 2010

22

CultureSpectacles

LUNDI 26 JUILLET 2010 TRIBUNE DE GENÈVE

Souchon prend Paléo par les sentiments

En attendant Indochine, le chanteur charmait encore l’Asse avec l’audace d’un jeune homme.

CRITIQUE

FRANÇOIS BARRAS

our son dernier jour,

la Grande Scène s’était habillée hier d’une jolie extension perpendicu-

laire menant dans la foule. Les habits du dimanche, quoi. Mais gare: propriété d’Indochine! Pas touche, aurait ordonné le poin-

P

tilleux chanteur Nicola Sirkis, qui devait clore à 23 h cette 35e édition. Parce qu’elles ont de grosses guitares pour envoyer la sauce, les quatre demoiselles des Plastiscines sont restées derrière leur ligne de retour. Sagement serait un grand mot. La nouvelle batteuse tabasse sa grosse caisse d’une façon telle qu’on se demande si les Wisi- goths de Motörhead, mardi, n’ont pas oublié un musicien sur l’Asse. Tonique à défaut

d’être révolutionnaire, comme le répertoire des Françaises.

Le Chapiteau déborde

Féfé, sous le Club Tent, garde la forme en traversant la foule de long en large sur les épaules d’un camarade. Bel exploit. Peut-être Renan Luce a-t-il également prévu un artifice scénique plus acrobatique que sa musique? On ne pourra en témoigner, tant les abords du Chapiteau débordent de grappes de spectateurs et in-

du Chapiteau débordent de grappes de spectateurs et in- Alain Souchon. Au fil d’un concert gagnant,

Alain Souchon. Au fil d’un concert gagnant, le chanteur ébouriffé donnait hier de vifs coups d’accélérateur à son concert, bousculant son univers de pull en mohair pour temps pluvieux sur une plage normande. Pire, il osait même emprunter la rampe prévue pour l’usage exclusif de Nicola Sirkis d’Indochine. (ALAIN ROUÈCHE)

terdisent tout espoir de passer sous la tente.

Le rocker Alain

«Toi, tu envoies du bois! Bravo.» Dans les loges, Alain Souchon a passé sa tignasse fri- sée dans la roulotte des Plastisci- nes pour féliciter la batteuse, qui n’en revient pas. Souchon rock? Et pourquoi pas? Il en a vu passer en quarante ans de car- rière, des cogneurs. Celui qu’il installe en sa compagnie sur la Grande Scène possède un jeu subtil et cependant solide. Nul besoin de trop de muscles pour entrer dans le répertoire du chanteur, juste un bon petit groove pour tenir une entrée en matière douce-amère devant une plaine de l’Asse aussi bondée que mesurée dans son enthousiasme. Souchon y va à petits pas, de sa courte voix inimitable. Quand il empoigne le destin des immigrés clandestins sur C’est déjà ça, le voilà qui s’em- balle. Est-il au courant de la consigne? Souchon sautille et court sur le podium, en direction de la foule. Au fil d’un concert gagnant, il donnera d’autres vifs coups d’accélérateur, bousculant son univers de pull en mohair pour temps pluvieux sur une plage normande. Cette chanson «cocooning», propre à son duo avec Laurent Voulzy, dont L’amour à la machine et Somer- set Maugham sonnent au Paléo comme des refrains évocateurs. Et puis Souchon s’en va à l’extré- mité du podium, un pied dans cette «foule sentimentale», fre- donner la chanson du même nom. Comme souvent sur la Grande Scène de cette 35e édi- tion, les fins de concerts rencon- trent l’«effet Paléo», celui qui décuple l’émotion de l’artiste face aux 30 000 spectateurs. Hugues Aufray en eut jeudi les larmes aux yeux. Hier soir, Souchon, l’éternel ado je-m’en-foutiste qui, à 66 balais, chante toujours J’ai 10 ans, dut se faire violence pour abandonner son public après deux rappels impériaux.

Lire aussi en page 3

après deux rappels impériaux. ❚ Lire aussi en page 3 Yann Lambiel. Pour chauffer avant les

Yann Lambiel. Pour chauffer avant les feux, l’imitateur vedette a invoqué ses personnages préférés. Johnny en tête, cor des Alpes

en prime. (KEYSTONE)

Lambiel, l’humoriste qui a du rock sous le Chapiteau

CRITIQUE

I l est 21 h 30 dimanche

sous le Chapiteau lors­

qu’on annonce Lambiel,

son orchestre rock et les

cent vedettes qui l’accompa­ gnent. Un guitariste, une contrebasse, une batterie, un piano. Les 10 000 personnes présentes n’avaient, et de loin, jamais crié aussi fort pour un type que l’on écou­ tera, deux secondes plus tard, dans le silence le plus com­ plet. D’entrée, Yann Lambiel nous fait sa revue des trou­ pes en présence sur l’air de Au suivant. Jacques Brel dans la voix. Une tentation de Nougaro. Bref, de l’em­ phase. Couchepin, sans nul doute l’imitation la plus fameuse du comique, fait un coucou sous les applaudisse­

ments. Leuenberger, Leuthard, Freysinger, Brélaz,

Burkhalter aussi, dont le charisme est «celui d’un

gérant de la Migros d’Interla­ ken». Lambiel, pas avare de citations, accélère le tempo. Pour mieux s’installer, le galopin grimpe sur les épau­ les de ses congénères, Cuche et Barbezat, Marie Thérèse Porchet, imitation dans l’imi­ tation, mise en abyme comme dirait l’autre: et ça marche, là où d’ordinaire il faut son lot de décibels pour s’imposer face au public. «La plus grande star fran­ çaise est Suisse!» lance l’hu­ moriste. Pas besoin de devi­ ner. La ressemblance, excep­ tion faite du visage, est totale. Hernie «fiscale» com­ prise. Johnny, donc, a décou­ vert le cor des Alpes. «Je vais faire un album de mes chan­ sons. Ça s’appellera Johnny et son vieux cor! Ouais, je peux tout reprendre. Sauf Allumez le feu. Le cor, c’est du bois, ça brûle…» En plein festival pop, il fallait bien

cela pour séduire le public. Fabrice Gottraux

CULTURE EN BREF

Al Jarreau transféré à Marseille

JAZZ Hospitalisé jeudi soir en France dans un état jugé criti- que, le chanteur de jazz Al Jarreau a été transféré samedi après-midi à l’Hôpital de la Ti- mone, à Marseille, pour «deux ou trois jours de repos». L’Amé- ricain a confié à son médecin qu’il était «très content de son séjour à Gap et a exprimé sa reconnaissance au personnel de l’hôpital», estimant que l’équipe lui avait «sauvé la vie». Son état de santé a été jugé «stable». AFP

Mort du Vienna Art Orchestra

JAZZ Le Vienna Art Orchestra, l’un des rares grands orchestres de jazz en Europe, va disparaî- tre faute de financement, a dé- claré son chef, Mathias Rüegg, au journal autrichien Der Stan- dard. L’orchestre connaissait de sérieuses difficultés financières depuis plusieurs années. «Il y a

eu une forte chute de la de- mande des organisateurs en

Autriche, en Suisse et en Alle- magne», a expliqué le directeur

et compositeur suisse. La perte

récente d’un important sponsor

a également contribué à sa dé-

cision de démanteler le groupe

vieux de 33 ans. AFP

Bayreuth: c’est parti!

OPÉRA Comme tous les

25 juillet, le Festival de Bay-

reuth a débuté hier à 16 h avec Lohengrin. Jusqu’au 28 août, le Festspielhaus (1974 places), pa-

lais du festival inauguré en 1876 sur une «Colline verte» domi- nant cette ville du nord de la Bavière, accueillera 29 autres représentations à guichets fer- més: chaque année, la demande

places est en effet huit à neuf

de

fois supérieure à l’offre! Les festivaliers devraient avoir une pensée pour Wolfgang Wagner. Le petit-fils du compositeur est décédé le 21 mars à l’âge de

90 ans, après avoir régné sur la

Colline d’une main de fer pen- dant 57 ans (1951-2008). AFP

A Avignon, le public continue de «parier sur l’audace et l’esprit de découverte»

THÉÂTRE

La 64e édition du festival – qui se terminera demain – affiche un taux de fréquentation record.

Le Festival d’Avignon a présenté di-

manche le bilan de sa 64e édition. Il

affiche un taux de fréquentation «re- cord»: la grande manifestation du spectacle vivant contemporain, qui s’achèvera mardi, a en effet délivré 116 000 billets pour une jauge totale de 122 000 places, «soit une fréquenta- tion record de 95%». Ce taux en hausse d’un point par rapport à 2009 est cependant à relativiser, car le festival avait mis en vente davantage de billets

l’an dernier (133 000). Pour Vincent Baudriller, codirecteur de la manifestation avec Hortense Ar- chambault, «cela traduit une très forte réponse du public à une programma- tion qui continue de parier sur l’audace et l’esprit de découverte». Sur un mode moins radical qu’en 2005, édition qui avait provoqué une contro-

verse autour de l’«artiste associé» fla- mand Jan Fabre, ce millésime 2010 aura été assez loin dans l’exploration de nouvelles écritures scéniques, avec un humour parfois décalé et des for- mes hybrides. «On essaie de faire chaque année un festival différent. L’an dernier, il était très ancré dans l’épopée. Cette année,

il a été axé à la fois sur l’écriture et la musicalité», avec l’écrivain Olivier Ca- diot et le metteur en scène suisse Christoph Marthaler, a expliqué Vin- cent Baudriller à l’AFP. Parmi les moments mémorables du festival, le directeur retient la venue d’Angélica Liddell, adepte d’un théâtre de la souffrance qui vient des tripes. «C’était une des propositions les plus radicales, mais elle s’est révélée la plus fédératrice», s’est réjoui M. Baudriller. Lequel n’oublie pas Schutz vor der Zukunft, le bouleversant requiem pour les victimes de l’eugénisme nazi de Christoph Marthaler, «un des plus beaux spectacles que j’ai vus dans ma

vie».

(afp)

plus beaux spectacles que j’ai vus dans ma vie». (afp) Angelica Liddell. L’artiste espagnole est «une

Angelica Liddell. L’artiste espagnole est «une adepte d’un théâtre de la souffrance». (AFP)

Berner Zeitung, 16 avril 2009

Berner Zeitung, 16 avril 2009 Ausgehen Kino Fernsehen Bücher Theater Kunst Pop & Jazz Klassik Bestenlisten
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LES ARTISTES ET LES PROVOCATEURS

L’Hebdo, 22 mai 2008

FORUMDES100

ET LES PROVOCATEURS L’Hebdo, 22 mai 2008 FORUM DES 1 00 ∑ 111 THIERRY PAREL Ya

111

THIERRY PAREL
THIERRY PAREL

Yann La mb iel, 3 5 a n s; V in cen t Kohle r, 42 a n s; Sa nd r ine V iglino, 32 a n s; La ur ent F l uts c h, 4 6 an s; La ur en t N i c ole t , 3 8 a ns; F lo r en c e Fa r ion, 44 a n s; G uy Schr en z el, 41 a n s; G o ssip, 41 a n s: Na t h a n a ël Ro c h a t , 3 4 a n s; T hie rry M eury, 42 a n s . Manq uen t s ur la pho t o: M ic hèle D ur a nd-Va ll ade, 5 0 a n s; Va r ie Pa ccau d, 3 5 a n s; C h r i stophe B ugnon, 41 a n s .

La S ou pe

Lindispensable grand-messe

CHANTAL TAUXE

P l us de 2 1 2 0 00 au di t eurs c h aq u e dim a n c he. Une des émi s -

s ions le s pl us é c o ut ée s de La P r emiè r e. I l y a s o r m a i s pl us de Rom and s fidèle s à La S o upe q u e d a n s le s ég li s es a u même momen t. O n n o s e à peine pla is a n te r s ur le su je t : ch a qu e f oi s

q ue l a r i a n te é q uip e, c o aché e p a r F lor en c e Fa r ion dep u i s m a i

200 4, se r i squ e à mo q u er l a o u le s r eligion s , le c o urr ier s ’en

r e ssen t.

Q u’imp o rte, l émi ss ion, c r éée en 2000 p a r I v a n Fr és a r d, e st

de v en u e u ne s o rt e d e p oin t de r a lliement iden t it a ir e, l a p r euv e

q ue d a n s c e c oin de pa ys la c a r i catur e, le t on i rr é v ér encieux , l a

s a ti r e, l a pe t i te v ac her ie ass a ssine c omme l a t endr e p iqu e s on t

22 MAI 2008 LHEBDO

de v en us u n d es b ea ux - a rts le s pl us go ût és . Qu e s e r a ien t no s dim a n c he s m a t in s s a n s les imi t a t ion s de La m b iel, s a n s le s

r o ss e r ie s de M e ury, sa n s les imp e rt inen c e s de Fl uts c h, s a n s l a

b e a u tu de de Kohle r, e t s a ns l a s a r aba nde g r in ça n t e d e t o us

le s a utr e s? U n m illefe u ille sa n s c r ème. U ne hér és ie, d on c.

La S ou pe e st u ne su b t ile a ddi t ion de t a len ts , u ne r é u nion

d ego s q u i ne s’en tr e c ho q u en t pa s , a ssur e F lor en c e Fa r ion,

m a i s donnen t le meilleur d eux -même s , m a lg r é d e s lende- m a in s d hie r fest if s . D è s le mer c r ed i, p a r c onfé r enc e t éléphoni-

q u e o u v i a de s c on t ac ts b il a t ér a ux , l e s c u i s inie rs a v a n c ent le urs

ing r éd ien ts , t enden t le s filets , p o ur a ttra pe r de s in v i t é s (dep u i s

l a ut omne de r nie r, c est no uv e a u , l es in v i t a t ion s s e fon t à l a der niè r e m in ut e p o ur mie ux c olle r à l ac tu a li t é). E nsu i t e

F lo r en c e Fa r ion «f a i t s on tr i c o t», c omme di t c e tte Fr a n ça i s e

d o r igine, d o u c emen t hel v é t i s ée. L e s a me di le s cr ip t e st clo s ,

m a i s le dima n c he m a t in, le s ma r mi t on s a do r en t r a jout e r des gr a in s de s el impr évus . L es Roma nd s c on t in u ent à s’en lé c her

le s bab ine s , e t l éq u ip e t âc he de ne pa s for c e r s ur le l a ur ie r.

r le s bab ine s , e t l ’ éq u ip e t
r le s bab ine s , e t l ’ éq u ip e t
r le s bab ine s , e t l ’ éq u ip e t
r le s bab ine s , e t l ’ éq u ip e t
r le s bab ine s , e t l ’ éq u ip e t
r le s bab ine s , e t l ’ éq u ip e t
r le s bab ine s , e t l ’ éq u ip e t
r le s bab ine s , e t l ’ éq u ip e t

Le Matin, 14 juin 2012

20 PEOPLE 21 JEUDI 14 JUIN 2012 LE MATIN «OUI, J’AI LA TROUILLE !» YANN
20
PEOPLE
21
JEUDI 14 JUIN 2012 LE MATIN
«OUI, J’AI LA
TROUILLE
YANN LAMBIEL A 40 ans, il cherche à se
mettre en danger pour se dépasser. Hier soir au
Québec, devant un public qui ne le connaît pas.
«J e ne vous le ca-
che pas, j’ai la
trouille.» Ainsi
l’équipe de France. Eux savaient
quela France avait gagné,maisils
ne savaient pas contre qui. Et j’ai
pris un bide monumental. Le len-
demain, avec Cloclo et Bourvil,
les gens ont applaudi.
très haut avec Goldman, mais
pas aussi haut avec ma voix.
C’est très bizarre.
Outre les voix de Bugs Bunny ou
Rocky, j’ai cherché des points
communs entre la Suisse et eux.
«La poule aux œufs d’or» de
Jean-Marc Richard, c’est un jeu
qui a vingt ans au Québec et
qu’ils connaissent bien. Je leur
dis: «Vous avez exporté chez
nous «La poule aux œufs d’or»,
mais vous auriez pu la garder.
D’ailleurs, nous, on a exporté
chez vous Alain Morisod. Et
parle l’imita-
teurYann Lam-
U
Avez-vous essayé
vous auriez pu le garder aussi!»
biel avant de s’envoler pour le
de travailler le chant
(Rires.)
Vendredi dernier à Beausobre,
Yann Lambiel a présenté
un spectacle autour de 50 ans
Québec, où il s’est produit hier
soir dans le cadre du Festival
avec un prof?
U Vous abandonnez
U
Etre imitateur,
Grand Rire devant un public qui
c’est un genre à part
ne
le connaît pas. Un vrai pari.
selon vous.
de télé. Un show «exportable»
en dehors de nos frontières.
Oui. Carje ne suis pas un
U
Pourquoi aller jouer
humoriste. Pour moi
à l’étranger sans vos
l’imitateur est un artiste
imitations fétiches?
de music-hall, dans la
A
40 ans, je ressens le besoin de
me mettre en danger. En Suisse
romande, à part le Jurassien Jé-
rôme Mouttet, je suis le seul.
Alors est-ce que je me prélasse?
catégorie des ventrilo-
ques et magiciens. C’est
un art et un subterfuge
aussi qui me permet de
faire rire.
«La soupe» le
24 juin pour rester
auprès de votre fils
tous les dimanches.
Oui, il a 4 ans et il com-
mence l’école. C’est une
des raisons pour les-
quelles j’ai souhaité ar-
rêter. L’autre, c’est que
les politiques se sont re-
nouvelés. Il y a 12 ans,
j’ai commencé à faire
Non, j’ai décidé de me dépasser
Couchepin qui était
et
j’essaie tout. Cela fait 13 ans
U
Vous êtes drôle
que l’on fait «La soupe est
pleine». Toutes ces voix ont très
bien fonctionné et je n’aban-
dans le paysage depuis
presque 20 ans. Les
gens l’avaient vu et en-
tendu. Idem pour
g Le type Yann
Lambiel n’est
pas drôle. Je suis
un imitateur, pas
un humoriste! »
donne pas mon public, mais je ne
souhaite pas m’enfermer dans la
seule imitation suisse et la satire
politique. Lorsque j’ai reçu des
demandes de Belgique et de
France,je n’ai pas pules honorer,
parce que justement je faisais
Brélaz et Couchepin.
pourtant.
Non. Je ne sais pas ra-
conter un gag. Pour ça,
je suis zéro. Couchepin,
si je l’imite et qu’il ra-
conte une blague, ça va marcher.
g
Mais le type Yann Lambiel, lui,
n’est pas drôle.
D’ici à deux
ans, lorsque
Claude Frey avec le fa-
meux «écoutez». Tandis qu’un
Alain Berset, vous savez la voix
qu’il a? Non!
Alain Berset
aura connu
U
Et Lambiel chanteur,
U Pas encore mûr?
c’est le même constat?
des problèmes,
Le public n’a pas encore la réfé-
J’ai fait de l’orchestre comme
rence vocale et politique des Ber-
je reviendrai»
g
Je n’ai
U
Ils ne sont pas
batteur et chanteur lorsque
jamais
pris de cours
de chant,
car j’ai eu
peur de
dénaturer
mes
imitations
en chantant
juste »
exportables?
Non. Le public n’a aucune réfé-
rence et, par exemple, les Fran-
çais veulent qu’on leur fasse du
Français.
j’étais plombier, mon tout pre-
mier métier. J’ai gagné la mé-
daille d’or de la chanson en 1994,
maisje ne suis pas unchanteur. Je
n’ai pas une belle voix.
Jamais. J’ai eu peur de dénaturer
mes imitations en chantant
juste. Le chanteur, lorsqu’il fait
une imitation, fait tout le con-
set, Burkhalter et Sommaruga.
Berset va connaître des problè-
mes dans son département. Il va
me titiller l’oreille. Je cherche sa
voix. On a l’impression qu’il a un
zézaiement etje pense qu’il a tra-
vaillé pour le gommer. Burkhal-
traire du professeur de chant qui
U Vous l’avez testé?
U
Il y a deux minutes, vous
ter, lui, sera toujoursmoins drôle
va direàl’élève: «Ouvre-toi!» (Il
A Paris, au Théâtre des Deux
chantiez «Con Te Partiro»
Anes, il y a dix ans. Je me suis dit:
«Je ne vais tout demême pas y al-
lerpourimiterBourviletCloclo».
J’avais 20 minutes sur scène.
d’une voix superbe!
Non. C’est parce que j’imitais
Andrea Bocelli. J’ai une puis-
sance vocale lorsque je fais
émet un son de voix grave et am-
ple.) Pour Cloclo par exemple, il
faut que je resserre tout. (Il parle
du nez.)
que Couchepin et Blocher. Alors,
jeleurlaisse deux ans. Etlà, je re-
viens! (Rires.)
● PROPOS RECUEILLIS PAR
DIDIER DANA
Deux jours avant, la Suisse venait
Johnny que je n’ai pas si je chante
U
Qu’allez-vous présenter
didier.dana@lematin.ch
Yann Lambiel
de
perdre la Coupe Davis contre
en Yann Lambiel. Je peux aller
au Québec pour les séduire?
PHOTOS: SABINE PAPILLOUD
PEOPLE

L’Illustré, 24 mars 2010

présente Temple du show Le Chapiteau «Das ZeLt» en suisse romande Massimo Rocchi Cuche et
présente
Temple
du show
Le Chapiteau «Das ZeLt» en suisse romande
Massimo Rocchi
Cuche et Barbezat
Umberto Tozzi
Les Peutch
Yann Lambiel
La Famiglia Dimitri
Karim Slama
Né à l’Expo.02, le Chapiteau «Das ZElT» présente des spectacles de
qualité, allant de ville en ville à la rencontre du public. Pour la quatrième
fois, sa tournée l’amènera en suisse romande. Ce sera du 17 avril au
1 er mai à Vevey, du 6 au 16 mai à Fribourg et du 11 au 19 juin à Bienne.
Media CH
Media Local
Photos: a. Morenza, Didier Martenet/
RDB et DR

L’Illustré, 19 janvier 2011

Pour Moi cuLture On Lit cette semaine… des amours perdues Dès les premières phrases –
Pour Moi
cuLture
On Lit cette semaine…
des amours perdues
Dès les premières phrases – «J’ai reçu les papiers
du divorce ce matin. J’ai connu de meilleures
façons de commencer la journée» –, l’affaire est
entendue. Cet instant-là est un grand Kennedy,
peut-être l’un de ses meilleurs. Mémoire, fidélité et
rupture. Roman d’amour et d’espionnage. Roman
histoire du Berlin d’avant la chute du Mur, histoire
d’un écrivain new-yorkais en rupture de vie et de
Petra, son ancien amour passé à l’Ouest.
Cet instant-là, de Douglas Kennedy, Ed. Belfond.
sexe et politique
Claire Germouty l’a dédicacé: «RDV à «La mai-
son», au cœur du pouvoir et des relations… (la
suite est illisible)». Après Confessions d’un ban-
quier pourri (livre faussement anonyme puis-
qu’elle a finalement reconnu l’avoir écrit), la
journaliste signe ce nouveau docuroman dont
l’histoire se déroule dans le quartier des Invali-
des, à Paris, dans une maison close, «au cœur
du sexe et du pouvoir» où se croisent, secrètement bien sûr, des
spéculateurs, un héritier saoudien, des hommes politiques et puis
des banquiers véreux… Edifiant.
La maison, de Claire Germounty, Ed. Albin Michel.
questions d’identité
Exactement comme Rachel Morse, son héroïne,
Heidi W. Durrow est fille d’une mère danoise et
d’un père GI noir américain. Alors cette «fille tom-
bée du ciel» lui ressemble sans doute beaucoup
dans sa quête à propos de la filiation, de la famille,
des origines. Ce premier livre d’une New-Yorkaise
de 42 ans tient du roman d’apprentissage et de la
fausse biographie poétique. Le tout dans un style
résolument moderne qui fait écrire au New York Times: «Durrow a
le talent de faire surgir des trésors d’espoirs et de peurs en une
seule phrase.»
La fille tombée du ciel, de Heidi W. Durrow, Ed. Anne Carrière.
À mort l’émir!
On ne va pas trahir un secret mais, depuis le
2 mai dernier, depuis la mort de Ben Laden, avant
même d’être traduit en français, le nouveau ro-
man de Tom Clancy avait un peu perdu de son
«actualité». Parce que, évidemment, c’est lui
l’Emir, à peine déguisé, que recherchent «mort ou
vif» Jack Ryan, son fils Jack Ryan Jr. et une poi-
gnée d’autres durs à cuir du techno-thriller. Les
héros roulent désormais pour une armée secrète et privée… Côté
politique, le millionnaire d’Octobre rouge nous sert une bonne
tasse de Tea Party, mépris des institutions et des opinions. Sans
parler du grand flou historico-stratégique, pas un mot par exem-
ple sur les causes et les conséquences des guerres en Irak et en
Afghanistan.
Mort ou vif, de Tom Clancy, t. 1 et 2, Ed. Albin Michel.
sale vengeance
Dans l’univers du polar scandinave qui n’en finit
pas de voir éclore des phénomènes de l’édition,
le duo Anders Roslund - Börge Hellström fait déjà
figure de poids lourd. Le premier fut journaliste,
le second a tâté de la paille humide des cachots.
C’est sans doute pour ça qu’ils font la paire
dans cette histoire de meurtrier de jeune fille
qui oppose la vengeance personnelle à la justice.
Gare au dérapage!
L’honneur d’Edward Finnigan, de Roslund & Hellström, Presses de la Cité.
Photos: P. d’Antonio et DR

Sans remor ni regrets

Après dix-huit mois de représentations triomphales, Yann LambieL est définitivement passé «Aux suivants!». Reste un DVD tout neuf, pour les souvenirs et une ultime tranche de rire.

TExTE jean-bLaise besençOn

c’ est la rançon du suc- cès. «En faisant de plus grandes salles, les

spectacles durent moins long- temps, donc il faut se renouveler plus souvent!» confirme Yann Lambiel. Créé en 2001, Satires obligatoires avait été joué trois ans avant la création de Délits de Suisse, en 2004, suivi de Pati- nage satirique, en 2007. Depuis la première, à Vevey en avril 2010, Aux suivants! aura été vu par quelque 60 000 spectateurs, sans compter un passage triom- phal sous le grand chapiteau de Paléo. «Pendant une année et demie, ça n’a été que du bon- heur. Avec une standing ovation tous les soirs! Parfois même deux… Après l’EMS et après le medley de chansons. Et puis Pa- léo, ça a été comme… comme un deuxième mariage!» Subsiste un super DVD et quelques sou- venirs bonus pour ne pas oublier.

péter Le feu sacré

«Le spectacle a été enregistré en janvier dernier à Sion, après une série de neuf ou dix repré- sentations. C’était vraiment une chouette journée. On a utilisé deux prises, surtout celle du soir. C’est marrant comme dix soirs à la salle de la Matze, ça aurait fait prétentieux mais, même s’il y a plus de monde, dix soirs sous le chapiteau, ça a fait événement.» Das Zelt, le fameux chapiteau, dans l’esprit duquel le spectacle avait été imaginé et mis en scène par Jean-Luc Barbezat, a vrai- ment beaucoup plu à l’imitateur.

«Dans un théâtre, le public com- me les artistes, tout le monde est invité. Sous le chapiteau, les gens venaient chez moi. Et après le spectacle, c’était mon salon…» Assis dans celui d’un hôtel lau- sannois, Yann Lambiel porte toujours jeune ses 39 ans l’année prochaine. Souriant et le regard pétillant derrière les lunettes, il pète le feu comme on dit, plein de projets sur le gaz, la gentilles- se et le naturel en bandoulière. «Tous les artistes ont un côté narcissique mais, moi, je ne suis vraiment pas un fanatique de moi-même, peut-être même que je ne me regarde pas assez! Parce qu’en préparant le DVD, il y a plein de trucs qui m’ont sauté à la figure… Par exemple que les choses pour lesquelles je me suis fait aider, eh bien, je les fais tou- jours de manière un peu scolaire. Pour Michael Jackson, j’essaie de faire bien par rapport à ce que m’avait dit ma prof de danse! Alors qu’en fait ce qui marche le mieux, c’est tout ce que je fais à l’instinct.» Façon modeste, qui lui ressemble, de résumer son extraordinaire performance. Chanter, mimer, danser, jouer, et bien sûr faire rire. Le son est parfait, on ne perd pas un bon mot et les gros plans permettent d’apprécier au mieux les mimi- ques, le jeu du montage souligne sans avoir besoin d’en rajouter le formidable dynamisme du spec- tacle.

tOujOurs La rigOLade

Encore une fois plié de rire, on reprend volontiers une tranche des stars du show: le slammeur

84 L’ILLUSTRÉ 42/11

Le Matin, 15 avril 2010

34 LE GUIDE CULTURE

JEUDI 15 . 04.2010 LEMATIN

YANN LAMBIEL

L’humoriste passe «Aux suivants!» dès samedi à Vevey.

«DU PLAISIR, J’EN AI À REVENDRE»

À part le temps frisquet dont

il a soupé, comme tout le

monde, le jeune homme

de 37 ans, l’air d’un gamin appli- qué et l’œil pétillant, a l’humeur au beau fixe. Yann Lambiel prend l’humour au sérieux, c’est son métier, mais affiche une certaine décontraction. Pourtant, dès sa- medi, il passe «Aux suivants!», un nouveau spectacle sous le chapi- teau «Das Zelt» à Vevey. «J’ai la chance d’avoir un trac positif. Tout est basé sur le bien-être. J’ai compris qu’il fallait avoir un monstre plaisir soi-même pour pouvoir en donner aux autres. Et, ces jours, j’en ai, du plaisir!».

« J’AIME BIEN LES POLITICIENS, LEUR FAÇON DE RÉPÉTER LA MÊME CHOSE »

Yann Lambiel

Après «Satires obligatoires» (2001), «Délits de Suisse» (2004), «Patinage satirique» (2007), l’imi- tateur valaisan, piment de «La soupe» dominicale sur la Première et porte-voix des «Bouffons de la Confédération» à La Télé, joue cette fois les hommes-orchestres. Et se lance dans un show qui tient de la pochette-surprise.

£ «Aux suivants», c’est une ma- nière de passer à autre chose?

Le but, c’est toujours de faire mieux qu’avant. Et surtout différent. Il y a une certaine évolution depuis dix ans, heureusement, si à 37 ans, je dormais sur mes lauriers!… Alors oui, dans ce spectacle, je mets l’ac- cent sur de nouveaux personnages. Je ne voulais pas me reposer sur

Pascal Couchepin, une de mes pre- mières voix. Je le sacrifie même s’il fait une apparition. Couchepin, c’est du passé.

£ S’il vous entend, Pascal Cou- chepin ne va pas être content.

Mais je pourrais faire un spectacle rien que sur lui! Reste que cela aurait été une solution de facilité. C’est le seul qui arrive à dégommer tout le monde avec talent. Pour un imitateur, il a des pouvoirs comi- ques incroyables. Dans la vie, il peut être amusant aussi, passer une soirée en sa compagnie n’a rien d’une corvée. Alors que je ne suis pas sûr qu’on s’éclate avec son successeur, Didier Burkhalter, ou encore avec Christophe Darbellay, le président du PDC.

£ A force de pasticher les politi- ciens, vous vous intéressez da- vantage ou moins à la politique?

Je m’intéresse surtout aux person- nages. J’aime bien leur façon de toujours répéter la même chose. Ces temps-ci, j’apprécie particuliè- rement Christian Levrat, le prési- dent du Parti socialiste. J’ai l’im- pression qu’il utilise les ficelles des gens qu’il a en face de lui. L’autre fois, lors d’un débat, il faisait du sous-Freysinger! Les politiciens sont des comédiens, plus ou moins bons.

£ A part ça, vous avez une bonne voix. Chanteur, ça vous dirait?

J’adorerais, mais je n’ai pas du tout une belle voix, elle est na- sillarde. Je ne suis à l’aise qu’avec celle des autres. Grâce à l’imitation, je peux tout faire et, en plus, susciter le rire des autres. Quand on a goûté aux rires, c’est difficile de faire autre chose.

le cha- Patricia Gnasso Photos DR Photos DR
le
cha-
Patricia Gnasso
Photos DR
Photos DR

Mais si quelqu’un veut m’écrire un album…

£ Il y a deux Lambiel, l’un sé- rieux à la ville, l’autre qui s’éclate sur scène. S’entendent- ils bien?

Ce ne sont pas tout à fait les mê- mes, c’est vrai, mais ils n’ont pas de problème de cohabi- tation. Ces jours, je porte mon habit d’artiste tout le temps. Cela ne m’empê- che pas de rester très at- tentif à ma famille, à ma femme, So- nia, dont j’écoute les cri-

tiques, elle a un très bon regard, un ressenti de spectatrice.

£ Vous avez un fils de 2 ans, Maxime. Vous le faites rire?

Pour le moment, seule-

ment en

touillant. é

37 ans, un peu plus de dix ans dans le métier du rire. Yann Lambiel, batteur dans ses jeunes années, joue les hommes-orchestres dans son nouveau spectacle.

LES 130 VOIX D’UN PRINCE DU MUSIC-HALL Deux heures de spectacle sous un chapiteau de
LES 130 VOIX D’UN PRINCE DU MUSIC-HALL
Deux heures de spectacle sous
un chapiteau de 980 places,
vingt représentations,
quatre musiciens – «Ça me change
d’être accompagné» –, tous les
ingrédients de l’humour et de la
satire, de la musique en veux-tu
en voilà. Ajoutez-y 130 voix en une
seule, dont 78 pour un florilège
de 100 ans de chansons.
«Aux suivants!», c’est tout cela
et davantage encore avec un Yann
Lambiel très music-hall qui fait
tout ce qu’il aime: «Je bouge,
et dialoguistes, les Laurent Flutsch,
Alain Meury, Frédéric Recrosio,
je chante, je danse dans ce show
plus physique que les autres.»
Laurent Nicolet. Et, bien sûr,
un plateau de guest stars, Roger
A la mise en scène, Jean-Luc
Barbezat et, aux côtés du maître de
cérémonie, sa complice de toujours
Federer et Yannick Noah, Doris
Leuthard et Nicolas Sarkozy, etc.
Chapiteau «Das Zelt»
– en 1996, elle coécrivait le premier
spectacle de Yann joué à Riddes –-,
Sandrine Viglino, responsable
des arrangements musicaux, et
son orchestre. En coulisses, auteurs
Du 17 avril au 1er mai à Vevey,
du 6 au 16 mai à Fribourg
0900 000 848,
www.yannlambiel.ch,
www.daszelt.ch

Le Matin Dimanche, 16 septembre 2007

DR

DR 16 septembre 2007 . Le Matin Dimanche i 93

16 septembre 2007 . Le Matin Dimanche i 93

Sur Internet

Pour avoir toutes les infos concernant Yann Lambiel, sa bio, ses spectacles, son actu, et même

 

sa boutique de DVD…

sa boutique de DVD…

www.yannlambiel.ch 9

Spectacle

Scènes

Réservez vos places!

CocoRosie

 

Elles sont belles, déjantées, talentueuses, et très originales. Les CocoRosie, stars indés du moment, ont été assimilées à la vague néo-hippie, portée par le barde barbu Devendra Banhart.

Pourtant, Sierra et Bianca Casady, alias CocoRosie, n’ont de hippy que l’entourage. Leur musique s’approcherait davantage d’une œuvre d’avant-garde, voire d’art brut. A l’image de «The Adventure of Ghosthorse and Stillborn», leur dernier album. Le 19 novembre, à Fri Son,

à

Fribourg.

Rés.: www.fnac.ch

 

Véronique Sanson

Véronique Sanson est une artiste aux multiples facettes. Chanteuse à la voix exceptionnelle, musicienne de

Souloy Frederic/Gamma
Souloy Frederic/Gamma

très haut niveau, auteur-compositeur de la totalité de son répertoire, elle a marqué de sa «patte» la chanson française. Alors, dès qu’elle apparaît pour une date de concert en Suisse romande, il ne reste plus qu’une chose à faire: y courir. Le 5 avril 2008, au Théâtre de Beausobre, à Morges. Rés.: www.fnac.ch

The Boss Hoss

Au départ, the Boss Hoss, ce sont deux designers allemands, musiciens amateurs. Et au fil des ans, c’est devenu un groupe de

sept musiciens professionnels venus d’Allemagne, d’Angleterre ou de France. Leur truc: la reprise en version country music. Il faut les entendre reprendre «Ça plane pour moi», «I Say a Little Prayer For You» ou «Hot Stuff» à la sauce country allemande pour y croire. Surtout quand ils viennent à deux pas de chez nous… Le 21 novembre, aux Docks,

à

Lausanne.

Rés.: www.lesdocks.ch

Enrique Iglesias

Pas forcément évident d’avoir un père aussi connu, célèbre et charmeur que Julio Iglesias. Alors forcément, Enrique est parti avec l’étiquette du «beau gosse chantant». Mais il fait tout pour garder cette étiquette: après être devenu l’égérie d’un parfum, il a lancé des préservatifs de taille XS marqués à son nom… Au-delà de ça, Enrique Iglesias est surtout devenu une star planétaire avec sa pop latine. Le 30 octobre, au Hallenstadion, à Zurich. Rés.: www.ticketcorner.ch

The Devastations

Trio australien de très grande qualité, the Devastations ont déjà livré deux merveilles d’albums. Et voilà qu’ils viennent à peine de sortir «Yes, U», une nouvelle livraison de pop intrigante et mélodieuse, aux allures très «Nick Caviennes». Après avoir envoûté le public du Rock’Oz’Arènes d’Avenches en août dernier, The Devastations reviennent séduire les derniers récalcitrants romands. Le 13 octobre, à l’Usine,

à

Genève.

Rés.: www.usine.ch

 

«Jenesuispas méchant, j’adoredire

des horreurs»

i À VOIR «Patinage satirique» Spectacle de Yann Lambiel. Lausanne, Théâtre Boulimie. Jusqu’au 6 octobre.
i À VOIR
«Patinage satirique»
Spectacle de Yann Lambiel.
Lausanne, Théâtre Boulimie.
Jusqu’au 6 octobre.
Rés. 021 312 97 00
Il tournera ensuite
en Suisse romande.
Rens. www.yannlambiel.ch
Actuellement
sur scène
à Lausanne,
Yann Lambiel
(ici en Federer)
passera ensuite
à Crissier,
Yverdon,
Saint-Aubin,
Gland, Moudon,
Montreux,
Morges, Bienne,
Vuarrens,
Monthey,
Savièse,
Corpataux-
Magnedens,
Ollon, Prangins
et Gryon.

HUMOUR. Dans son nouveau «Patinage satirique», l’imitateur Yann Lambiel tire le portrait, féroce et hilarant, des personnalités suisses. Interview

Anne-Sylvie Sprenger

A vec «Patinage satirique», Yann Lambiel nous invite à un cocktail explosif. On y croise pêle-mêle nos sept Sages et leurs chicaneries de maternelle, un Yann Lambiel à l’affût de son feu sacré, un Federer as- sommé par les pleurniche- ries de sa copine, un Da- niel Brélaz à la gourman- dise rêveuse ou les tubes d’Henri Dès repris par une brochette de chanteurs français. Féroce, intelli- gent et terriblement drôle. i A voir votre spectacle, nos conseillers fédéraux n’ont rien à envier à des Sarkozy et Ségolène… Nos politiques sont de grands comiques aussi! Si vous lisez le journal, vous constaterez ce sont de vrais ani- mateurs, ils nous donnent de la matière tous les diman- ches! i Vous avez des chouchous? Couchepin reste un des plus importants moi, parce que j’ai dé- buté avec lui. Et puis Blo- cher, car il donne beaucoup de matière, mais dans un autre genre… On suit aussi

les courbes de popularité.

un autre genre… On suit aussi les courbes de popularité. Yann Lambiel en Blocher: une valeur

Yann Lambiel en Blocher: une valeur sûre de sa tournée. Photos DR

fronter à tous les grands imitateurs français, qui ont beaucoup plus de moyens et de talent! Et puis, mon plaisir est aussi de créer de nouvelles voix. Quand on imite Johnny ou Cabrel, on imite toujours un peu les autres caricatures. i Combien de voix suisses faites-vous?

J’en suis à 35. Là, c’est un vrai travail d’imitateur, j’ai écouté les voix, cherché les tics, comment faire rire avec un Federer aussi. Parce que c’est pas un gars drôle, Federer! Il est tou- jours avec la

même fille, il est sympa, il parle bien fran-

çais, il ga-

mais j’adore dire des hor- reurs! Et comme j’ai l’air gentil et que je dis les pires choses avec le sourire, tout passe. J’ai aussi la chance d’avoir des auteurs qui ont une écriture beaucoup plus féroce que moi. i Connaissez-vous la réaction des intéressés? Pour l’instant, il n’y a que Brélaz qui est venu voir ce spectacle, mais je les invite régulièrement. J’aimerais bien que Pascal Couchepin vienne une fois, ce serait drôle. Ils savent bien que ça les sert aussi, c’est de

i «Je garde toujours ce rapport à la Suisse,

c’est ça mon originalité»

Maintenant, clairement, gne… C’est

Brélaz a pris le dessus sur les autres!

i Ce qui est très fort pour un syndic… Mais c’est un syndic qui a de l’envergure! C’est une caricature vivante, il a tout:

l’accent, la voix, le physi- que, le côté people avec Marie-Ange, et puis le côté

juste insuppor-

table de faire

une caricature avec un gars comme ça! J’étais donc obligé d’aller taper sur sa copine pour faire rire. C’est un peu méchant pour Mirka… mais il y a tou- jours une différence entre la caricature de sketch et ce

Yann Lambiel

bonne guerre. Freysinger, lui, n’aime pas forcément, parce qu’on accentue son côté beauf. Mais c’est pas juste un sketch de gaucho, on y décortique vraiment comment on arrive à mani- puler les gens. i Vous finissez le spectacle avec une chanson chantée par…

i Votre homonyme Stéphane Lambiel s’en

prend également plein la Yann Lambiel. Une

gageure? Le plus difficile pour moi est de parler avec ma voix. Je me sens tout à coup nu, je ne sais plus comment me tenir, ni qui je suis.

pas être un peu méchant C’est toujours plus facile

pour être imitateur?

Je ne suis pas méchant, autres! Y

de se cacher derrière les

figure… C’est vrai… Mais je vais aller jouer à son repas de soutien le 13 octobre pour

politique avec sa fonction. que l’on pense vraiment.

i La majorité de votre spectacle se concentre sur les personnalités suisses… Oui, et quand je convie les stars françaises et anglai- ses, c’est pour chanter

l’hymne national ou du racheter ma conscience! Henri Dès. Je garde tou- i Est-ce qu’il ne faut

jours ce rapport à la Suisse, c’est ça mon originalité. Je n’ai ainsi pas à me con-

PHOTOS P. D’ANTONIO

Le Nouvelliste, 17 avril 2010

 
  C’EST DU PEOPLE Le sorcier à Broadway LE MAG
C’EST DU PEOPLE
C’EST DU
PEOPLE

Le sorcier à Broadway

LE MAG

Daniel «Potter» Radcliffe pense déjà à sa reconver-

sion. Après avoir joué de la baguette pendant quelques années, il se lance dans le chant et la danse à Broadway. Le jeune sorcier vient d’être engagé dans la comédie satirique «How

to succed in business without really trying» qui raconte l’ascension d’un jeune opportuniste au sein d’une entreprise. Et c’est pour l’année prochaine.

 

DR

Samedi 17 avril 2010

Le Nouvelliste

25

dc - bru

HUMOUR Avec «Aux suivants!», l'artiste signe un show explosif, mais pas seulement. Grande première ce
HUMOUR
Avec «Aux
suivants!»,
l'artiste
signe un show
explosif, mais
pas seulement.
Grande
première
ce soir à Vevey,
sous
chapiteau.

Lambiel se lâche

CHRISTINE SAVIOZ

«Je suis tout nu sans mon Couchepin.» Le début du nouveau spectacle de Yann Lambiel, «Aux sui- vants!» – qui ouvre les feux ce soir sous chapiteau à Vevey – annonce tout de suite la couleur. Oui, l'hu-

moriste a bel et bien dû abandonner son person- nage fétiche au grand nez. Mais, non, il n’a pas ar- rêté pour autant ses imitations. Au contraire. Grâce à cette disparition «couchepinesque», Yann Lambiel a fait éclore de nouveaux personna- ges pas tristes. Tel le célèbre Stress. «Faut écouter mes chansons, elles dénoncent», rappe l'humoriste avec une casquette sur la tête. Délicieux. Autres nouvelles personnalités croquées: Alain Morisod inséparable de son expression «C’est super sympa», Nicolas Sarkozy qui fait du jogging avec Doris Leuthard – jouissif, Darius Rochebin inter- rogé par Darius Rochebin et Yannick Noah qui ap- prend à faire un tube à Roger Federer. Les cibles fé- tiches de Yann sont toujours là, à l'instar de Chris- tian Constantin. L’humoriste fait

notamment slamer le président du FC Sion. Une chanson pour trouver des raisons à l'ineffica- cité des joueurs sédunois. «C’est pour pas faire du mal au ballon qu'ils shootent lentement», scande Yann Lambiel dans la peau d’un Constantin plus vrai que nature. De nombreux politiciens

suisses sont encore mangés tout cru par les sept auteurs, dont Yann, qui signent ce nouveau spectacle. Les Moritz Leuenberger – si mi- gnon avec son petit accordéon – Hans-Rudolph Merz, Christian Levrat et autre Christophe Darbel- lay ne manquent pas à l’appel. Yann Lambiel inter- prète même une Eveline Widmer-Schlump pres- que menaçante, les mains crispées sur son petit sac noir. «Ici,vous aimez beaucoup moi car c’est moi qui ai éjecté Blocher.» Bref, les as de la politique suisses sont presque tous là, hormis Pascal Couchepin.

Après Couchepin père, Couchepin fille

Le grand Pascal fait tout de même une petite apparition dans un EMS, et la famille Couchepin est dignement représentée via Anne-Laure Cou- chepin, la fille de l'ex-conseiller fédéral, actuelle conseillère communale de Martigny. «Je ne la fais pas encore très bien, mais elle me permet de garder un peu de Couchepin», souligne Yann Lambiel, après une dernière répétition avant la grande pre- mière de ce soir. Lumière, son, voix, placements… Comme tou- jours, l'artiste de Saxon a soigné tous les détails, sous l’œil attentif de son metteur en scène Jean- Luc Barbezat. «Yann m'épate! C’est un tel showman. Et dans ce spectacle, toutes ses qualités d'artiste de

variétés sont mises en avant. Je l'ai encouragé à ne pas seulement faire de la satire politique, mais à ex- ploiter ses talents d’imitation des chanteurs. Le but n'est pas qu'il fasse ce qu'il fait déjà à «La Soupe» à la radio ou aux «Bouffons» à la télévision», souligne Jean-Luc Barbezat. Et l'effet est plutôt réussi. Les spectateurs en prennent plein les yeux et les oreilles. La musique est live tous les soirs, grâce à un orchestre de quatre musiciens emmené par SandrineViglino, fidèle des fidèles de Yann Lambiel depuis le début de son aventure artistique.

Près de huitante chanteurs imités

Et la partie musicale n'est pas une mince af- faire, car Yann Lambiel imite successivement 78 chanteurs, dans un panorama musical de ces cent dernières années. L’humoriste passe donc en quel- ques secondes d’Edith Piaf, à Christophe Maé, via

les Beatles, Jane Birkin, Serge Lama, Elton John, Mi- chael Jackson, Gilbert Monta-

gné, ou encore Vanessa Paradis. Pour chaque artiste imité, Yann a trouvé LA touche typique. A relever le jeu de jambes réussi pour l'interprète de «Joe le Taxi». «J'avais envie de faire ce genre de medley depuis long- temps. Ce qui me plaît le plus, c’est de me dire que tout le monde va trouver son moment

Une perruque noire, un sac noir, et Yann devient Eveline Widmer- Schlumpf.
Une perruque
noire, un sac noir,
et Yann devient
Eveline Widmer-
Schlumpf.

«Ça n’a rien à voir avec ce qu’il fait à «La Soupe» et aux «Bouffons»

JEAN-LUC BARBEZAT,

METTEUR EN SCÈNE

dans une de ces chansons. Tant les personnes plus âgées que les jeunes. On a tous un souvenir, une émotion liée à telle ou telle chanson. Mon passage à moi, c’est Eros Ramazotti, car cela me rappelle le bal des Dreams de ma jeunesse», raconte Yann Lambiel.

Touchant Brélaz

Le Lambiel nouveau, c’est aussi une touche d'émotion dans quelques-uns de ses personnages fétiches. Ainsi, Daniel Brélaz est-il croqué avec ten- dresse dans un des sketches. Yann Lambiel imagine la souffrance du politicien devant sa glace, exa- minant ses kilos en trop. «J'ai le cœur gros», chante-il alors. Un moment touchant. «Cela fait dix ans que je me moque de Bré- laz sur scène; il dit que les remarques sur son physique ne le touchent pas, mais je suis cer- tain que cela le fait tout de même souffrir. Ce sketch est aussi une manière pour moi de me faire pardon- ner de toutes mes moqueries… Enfin, on verra com- ment il prendra ça», conclut Yann Lambiel, tou- jours inquiet de ne pas blesser ses «victimes». Drôle et émouvant, le nouveau spectacle de Yann Lam- biel est bluffant.

Un bon coup de rap avec Stress.
Un bon
coup de
rap avec
Stress.

«Aux suivants!», avec Yann Lambiel sous le chapiteau «Das Zelt» à Vevey, du 17 avril au 1er mai. Rés. sur www.yannlambiel.ch

Vevey, du 17 avril au 1er mai. Rés. sur www.yannlambiel.ch EXPOSITION Luminosité des paysages PATRIMOINE La

EXPOSITION

Luminosité des paysages

PATRIMOINE La galerie La Tine à Troistorrents nous offre un voyage dans le Valais et l’Oberland avec Alexandre Benois di Stetto.

le Valais et l’Oberland avec Alexandre Benois di Stetto. Alexandre Benois di Stetto, une force de

Alexandre Benois di Stetto, une force de création et des lumières envoûtantes. LDD

Chalets aux structures solides et charpen- tées, mazots disséminés dans une nature de- meurée sauvage, îlots de neige perdus dans les prés des fontes printanières, gammes d’ocre et de bruns chamoisés, portraits au- thentiques, 60 tableaux de Alexandre Benois de Stetto sont exposés actuellement à la ga-

lerie de la Tine à Troistorrents. L’arbre généa- logique du peintre est édifiant, issu d’une fa- mille de musiciens, sculpteurs, peintres et ar- chitectes suisses qui ont travaillé pour le tsar dès le XIII e siècle. Alexandre Benois vint en Suisse sous la contrainte de la Révolution russe en 1921, une patrie inconnue pour lui: il s’installa à Stetten près de Schaffhouse d’où l’adjonction di Stetto. Il se consacra à la peinture réalisant des por- traits, paysages et natures mortes, de même que des projets futuristes d’architecture. Sa fin de carrière se passa à Genève où il mourut en 1979. La dernière exposition sur ce peintre eut lieu au Musée de Saint-Pétersbourg en

2006.

Un patrimoine exceptionnel. La galerie de la Tine présente une soixantaine d’œuvres de Alexandre Benois di Stetto (1896-1979), des paysages de montagne, réalisés à travers di- verses techniques dont la gouache, l’aqua- relle, la peinture à l’huile et le dessin. Il s’agit d’une exposition vente: on retrouve

dans ses compositions des paysages du Va- lais et de l’Oberland nord, dont il sait rendre la force et la majesté avec beaucoup de justesse et de souffle. «Il s’agit de grands formats très impressionnants pour des gouaches, qui ont une finesse et un équilibre de composition ex- ceptionnels», nous dit le galeriste de La Tine, Gérald Lange. «Ces œuvres n’ont jamais été montrées et constituent un patrimoine de grande valeur dans l’œuvre paysager valaisan et suisse, avec des vues de montagnes, de paysages alpestres, du val d’Illiez, du val d’Anniviers et de bien d’autres lieux-dits de chez nous.»

Les Alpes en point de mire. La tension et l’équilibre qui émanent de ses compositions font penser parfois à Cézanne et ses constructions très élaborées, intenses et énergiques dans leurs symétries et parallélis- mes, pas de place pour le discontinu, le dis- tendu, la dissonance; la couleur y occupe une place prépondérante dans sa puissance et sa transparence.«On pourrait imaginer faire une exposition de ces gouaches et huiles en Rus- sie; les amateurs d’art y affectionnent ce genre de vues de la Suisse, elles connaissent toujours un grand succès. Mais encore faut-il trouver les réseaux par lesquels organiser

une exposition du peintre helvético-russe.» A souligner que Alexandre Benois excelle égale- ment dans le dessin et des compositions plus abstraites, où la maîtrise du geste et la rapi- dité d’exécution sont éloquentes.

JEAN-MARC THEYTAZ

Galerie de la Tine, exposition des œuvres d’Alexandre Benois di Stetto, jusqu’au 8 mai, ouvert tous les jours sauf le lundi, de 14 h 30 à 18 h 30.

Le Nouvelliste, 27 juillet 2010

LEMAG

 
LEMAG   C’EST DU PEOPLE Justin Bieber joue à l’expert
C’EST DU PEOPLE
C’EST DU
PEOPLE

Justin Bieber joue à l’expert

 

Justin Bieber a commencé le tournage de la série «Les experts». Il jouera le rôle de Jason McCann, un adolescent rebelle. Le jeune chanteur, idole des ados, a même publié une photo de lui menotté sur son compte Twitter avec cette phrase: «Je vous ai prévenus que j’étais un bad boy!»

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Le Nouvelliste

Mardi 27 juillet 2010

DR

cham - gb - bru

HUMOUR Succès sans nuance pour Yann Lambiel pour sa première participation au festival de Nyon. Reportage.

21 h 30. La foule est conquise par la prestation de l’humoriste valaisan. Un vrai show.

par la prestation de l’humoriste valaisan. Un vrai show. Lambiel triomphe au Paléo TEXTES CHRISTINE SAVIOZ

Lambiel triomphe au Paléo

TEXTES CHRISTINE SAVIOZ PHOTOS ANDREE-NOELLE POT

Neuf mille personnes applaudissant à tout rompre, les comédiens Frédéric Re- crosio et Jean-Luc Barbezat (ses potes), se prosternant devant lui à son retour en coulisses:Yann Lambiel aura des images fortes de sa première fois au Paléo. Suc- cès sans nuance pour l’humoriste valai- san dimanche soir à Nyon. L’émotion était palpable sous le cha-

piteau du festival, plein à craquer. Diffi- cile à imaginer que quelques heures au- paravant, Yann lambiel et ses quatre musiciens, dont sa complice de tou- jours Sandrine Viglino, craignaient de ne pas remplir le lieu. Les artistes ont bel et bien fait un carton. «Tous ces gens sont là pour toi. Profites-en à fond», avait lan- cé Daniel Rosselat, le patron du Paléo, à l’imitateur juste avant son entrée en scène. Une belle histoire s’est écrite di- manche soir à Nyon. Récit. Il fait beau en ce dimanche particu- lier à Morges, chez les Lambiel. A 8 heu- res, l’humoriste est déjà prêt. «Pas facile de se lever tôt le dimanche, hein? Mais, bon, après une dizaine d’années, on s’ha- bitue», rigole le chroniqueur de «La Soupe» sur la RSR. Sur la terrasse de sa maison, avec sa femme Sonia et leur fils Maxime, Yann prend des forces au déjeuner. Tartines de Nutella et de confiture sont de mise. Même si l’artiste reconnaît avoir «un truc lourd sur l’estomac depuis quelques heures.» «C’est la première fois que ça me fait ça.» Les effets du trac sans doute. «Depuis mercredi, quand j’ai vu le chapi- teau, ça a commencé à monter! J’ai la sensation d’être coincé de partout, le

corps sent que quelque chose se trame

»,

raconte-t-il. Sourire apaisant de sa femme. «J’avoue que je suis un peu stres- sée pour lui», dira-t-elle en aparté.

Sound check express

9 h 30, l’heure du départ pour Nyon. Un dernier bisou à Maxime et Yann s’en va. «Nous n’avons que de 10 heures à midi pour installer la scène, et faire le sound check. Ça va être chaud.» L’humo- riste ne croit pas si bien dire. Le mon- tage des décors prend davantage de temps que prévu; il ne restera qu’un pe- tit quart d’heure à l’équipe pour le

qu’un pe- tit quart d’heure à l’équipe pour le 8 h 30. Déjeuner en famille, avec

8 h 30. Déjeuner en famille, avec sa femme Sonia et leur fils de 2 ans, Maxime.

sound check. «C’est la première fois que c’est si rapide. Heureusement que les so- norisateurs sont bons.» Mais les quatre musiciens et l’humo- riste sont de suite en osmose. «Comme on a joué vingt-cinq fois de suite ce spec- tacle sous le chapiteau Das Zelt, il y a quelques semaines, les automatismes re- viennent. Mon seul souhait est d’être suf- fisamment à l’aise sur scène pour savou- rer ce moment. Cela n’arrive pas souvent dans sa vie de se produire au Paléo. J’ai- merais pouvoir le vivre à fond», souligne Yann Lambiel.

Entre plaisanteries et trac

Le repas de midi est ingurgité en 40 minutes pour Yann Lambiel, interviews obligent. L’occasion de plaisanter en- core un peu, entre techniciens et artis- tes. «C’est écrit «I’m the one», sur mon T-shirt. J’ai hésité avec «I’m the best». Mais, là, avec les lunettes noires, ça le fait, non?», rigole Sandrine Viglino. L’après-midi s’organise. Le manager Raphaël Mailler donne les infos à l’équipe. «Et pour le ski nautique c’est à quelle heure?», demande soudain San- drine en riant. Pendant ce temps, Yann Lambiel enchaîne huit interviews pour la presse écrite, la radio et la TV. Am-

biance décontractée. Presque trop par- fois. «Oups, là, je crois que j’ai répondu une connerie sur Sarkozy à une télévi- sion française sur l’internet…», s’in- quiète soudain l’artiste. Mais le doute est vite passé. Il n’est que 15 heures. Le spectacle commence à 21 h 30. Il est donc temps de songer à une sieste. L’hu- moriste repère un espace de fauteuils et matelas. Dormir. Enfin, essayer. «C’est long quand même depuis 9 heures ce matin. Là, j’aurais envie qu’on y aille, qu’on puisse tout donner!» Il faudra pourtant patienter, tant bien que mal. Vers 19 heures, la tension gagne du terrain. «Il faut que j’aille dans ma loge répé- ter tout le texte une fois, comme ça je suis tranquille.» Le rythme prend soudain l’ascen- seur. Changement de costumes, coif- fure, maquillage, installation des mi- cros… C’est l’heure. «Et maintenant, place à un virtuose de l’imitation», lance la présentatrice du soir aux 9000 specta- teurs présents. Yann Lambiel entre en scène sous une tornade d’applaudisse- ments. En quelques secondes, il happe le public, «son» public. C’est parti pour une heure et quart de show, en vrai pro. Un beau roman.

pour une heure et quart de show, en vrai pro. Un beau roman. 10 h. Installation

10 h. Installation de la scène et sound check.

beau roman. 10 h. Installation de la scène et sound check. 16 h. Une sieste s’impose

16

h. Une sieste s’impose pour Yann (à droite), sur un gros coussin.

23 h.

Yann est

félicité par

Jean-Luc

Barbezat

(metteur

en scène,

à gauche)

et Frédéric

Recrosio.

un gros coussin. 23 h. Yann est félicité par Jean-Luc Barbezat (metteur en scène, à gauche)